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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Publication du Directoire homélitique

dominicanus
Publication du Directoire homélitique
Cité du Vatican, le 10 Février 2015 (VIS). La Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements publie aujourd'hui le Directoire homélitique, qui s'ouvre par un décret de son ancien Préfet, le Cardinal Antonio Cañizares Llovera, en date du 29 juin dernier: Il est significatif, écrit-il, "que le Pape François ait consacré une place considérable à l'homélie dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium. Le Synode des évêques avait mis en lumière les défauts en la matière sujet, à la suite d'ailleurs des exhortations post-synodales Verbum Domini et Sacramentum Caritatis de Benoît XVI. Le présent directoire a également pris en compte les indications de la Constitution concilaire Sacrosanctum Concilium, tout comme du Magistère successif ou des Praenotanda de l'Ordo Missae Lectionum et de l'Institutio Generalis Missalis Romani. Le présent Directoire homilétique est articulé en deux parties.
 
La première partie, intitulée L'homélie et le contexte liturgique, décrit la nature, le rôle, le contexte et certains de ses aspects: Le Ministre ordonné seul compétent, la référence à la Parole de Dieu, sa préparation et ses destinataires.
 
Dans la deuxième partie, Ars Praedicandi, fournit la méthodologie et la substance de ce que le prédicateur doit connaître et prendre en considération lors de la préparation de son homélie et de prononciation. Des clefs de lecture sont proposés, de manière indicative et non exhaustive, pour les messes du cycle dominical et festif selon l'année liturgique (Triduum et temps pascal, Carême, Avent, temps de Noël et temps ordinaire), avec des indications pour la messe quotidienne, la messe de mariage et la messe de funérailles. Sont explicités les exemples et critères mis en évidence dans la première partie, à savoir la typologie entre l'Ancien et le Nouveau Testament, l'importance de l'Evangile, l'ordre des lectures, les liens entre liturgie de la Parole et liturgie eucharistie, le message biblique, le rapport entre la célébration et la vie, entre l'écoute de Dieu et l'assemblée.
 
Le document est suivi de deux annexes. Dans la première, afin de montrer la relation entre l'homélie et la doctrine, on fournit des références prises dans le Catéchisme à propos des sujets des lectures du dimanche selon des trois cycles annuels. La deuxième annexe propose des références aux textes de documents du magistère relatifs à l'homélie.
 
Soumis à l'approbation des Membres de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, après avoir été examiné et approuvé lors des réunions ordinaires des 7 février et 20 mai 2014, le document a été présenté au Saint-Père, qui a approuvé sa publication. La Congrégation ose espérer que grâce au Directoire homélitique l'homélie soit toujours plus une expérience intense et heureuse de l'Esprit, une rencontre réconfortante avec la Parole, une source constante de renouveau et de croissance, ainsi que l'a recommandé Evangelii Gaudium. Chaque homélie, dans le sillage de l'Apôtre Paul, doit exprimer une conviction: Dans la mesure où Dieu nous a jugé aptes à recevoir en garde l'Evangile, nous ne devons pas plaire aux hommes, mais à Dieu, qui juge notre intentions.
 
 
A charge des Conférences épiscopales, les traductions dans les principales langues seront supervisés par le dicastère, et rendues définitives quelles que soient les objections contraires".
 
Publié VIS Archive

"Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales" - Homélie Baptême du Seigneur

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Quand Jean Baptiste entre en scène, il n'y avait plus eu de prophète en Israël depuis presque trois siècles. Jean était une figure tellement impressionnante que les gens croyaient qu'il pourrait bien être le Messie. Il avait une influence si grande que le Roi Hérode avait dû l'emprisonner afin d'éviter une révolte populaire suite à son comportement scandaleux (il avait épousé la femme de son frère), que Jean dénonçait. Cent ans après la Résurection du Christ les disciples de ce prophète continuaient à poursuivre sa mission de prêcher la repentance et le baptême.
 


Jésus lui-même avait appelé Jean "un prophète ... et bien plus qu'un prophète ... Parmi les hommes, il n'en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste" (Mt 11, 9...11). Il est donc clair que, sur l'échelle de la sainteté, Jean occupait un échelon très élevé. Et pourtant Jean lui-même indique que "Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi".

Puis il insiste, disant : "Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales". Enlever les sandales de quelqu'un, dans l'ancien Proche Orient, était une corvée réservée aux esclaves. Quand quelqu'un arrivait de voyage, la poussière des routes, mélangée aux excréments des nombreuses bêtes de somme et d'attelage, collait aux sandales. Le travail des esclaves consistait alors à les nettoyer, et pour ce faire, ils devaient bien sûr enlever les sandales.

"Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales." Quel n'est pas l'impact que ces paroles ont dû avoir sur la foule, qui tenait Jean en très haute estime. Cela me fait penser à certaines personnes qui, à la fin de leur vie, avouent avoir été profondément impressionnées par leur papa qui, lors de sa prière quotidienne à la maison, se mettait à genoux pour prier. Cela vaut mieux que beaucoup de discours pour l'éducation religieuse d'un petit enfant ! Pour un enfant, le papa, c'est le tout-puissant. Voir son papa se mettre à genoux impressionne tellement un enfant qu'il s'en souviendra jusqu'à la fin de sa vie. On peut dire la même chose de la foule quand elle entend Jean déclarer qu'il n'est pas digne de défaire la courroie des sandales de Jésus.

Ainsi donc, saint Jean Baptiste, le plus grand des prophètes et le plus grand des enfants des hommes, affirme qu'en comparaison avec la grandeur de Jésus, il est moins qu'un esclave. Jean Bapiste est celui qui, non seulement reconnaît l'humanité du Christ, mais aussi sa divinité. Par conséquent, sa relation avec lui est marquée non seulement par la confiance et la sincérité, mais aussi par le respect. Nous, qui sommes bien moins avancés en sainteté que Jean, nous devrions nous laisser enseigner par son exemple.

La sincérité de notre respect envers Dieu est un bon thermomètre de notre maturité spirituelle. Si, en arrivant dans une église, nous faisons une génuflexion bâclée, à la hâte, il est fort possible que nous ne nous souvenons même pas pourquoi nous la faisons. Si, à l'intérieur d'une église, nous bavardons avant, après, et même pendant la Messe, pendant que d'autres essaient de prier, c'est un signe qui montre que nous avons oublié à qui appartient cette maison. Si nous faisons un signe de croix comme pour chasser un moustique, cela signifie que notre amitié avec Jésus est devenue une affaire de routine. Alors à chacun de faire le point, et de voir quels sont les points qui nécessitent une vigilance particulière dans ce domaine, comme aussi notre manière de nous habiller pour venir à la messe, par exemple, notamment le dimanche.

À la fin du 17° siècle, Jésus est apparu à plusieurs reprises à une religieuse qui s'appelait Marguerite-Marie Alacoque. C'était un nouveau poin de départ pour la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus. La première fois qu'il lui est apparu était au milieu de la nuit. Soudain elle est réveillée par une voix intérieure qui lui dit d'aller à la chapelle. Il faut savoir que Marguerite-Marie était une religieuse de la Visitation de saint Vincent-de-Paul. Voici une description de leur habit :

 


Les sœurs étaient vêtues d’une jupe et d’un caraco (sorte de chemise simple) à manches longues et évasées, réalisées dans une grosse étoffe de laine de couleur bleu-gris et difficilement lavable. La jupe présentait à l’arrière neuf plis, larges de trois doigts et était fendue de poches de chaque côté. Elle était protégée par un tablier avec plastron confectionné dans la même étoffe et maintenu à la taille par de longs rubans qui se croisent dans le dos et se nouent devant. Elle était doublée d’une jupe noire qui recouvre elle-même un jupon blanc. Le caraco était recouvert d’un rabat en coton blanc croisé sur la poitrine. La sœur était coiffée d’une cornette réalisée dans un rectangle de coton blanc amidonné. Elle était fixée à l’arrière par une épingle de nourrice. Devant, le bec était formé au doigt pour rabattre les ailes de la cornette. En dessous, la tête était protégée par un bonnet de coton appelé toquois, plissé sur le front et dépassant de la cornette. Des bas de laine noire protègeaient les jambes jusqu’aux genoux...

 

Ce costume était en fait celui des femmes de la campagne. Simple voile à pans verticaux, vers 1750, la coiffe est ensuite devenue une cornette à bords plus larges dont les ailes amidonnées ont été relevées et ont formé à l’avant un bec. C'est ainsi que nous les connaissons encore aujourd'hui par certains spots publicitaires ... ou par les films avec Louis de Funès ...

Or, quand Marguerite-Marie s'aperçoit que le Seigneur veut qu'elle descende à la chapelle au milieu de la nuit, elle ne se contente pas d'enfiler en vitesse une robe de chambre par-dessus son pyjama. Non ! Il lui a alors fallu un quart d'heure pour s'habiller ! Et ce n'est qu'ensuite qu'elle va rencontrer le Seigneur. Comme Jean Baptiste, elle a compris que Jésus est son Ami le plus intime, mais aussi son Sauveur, son Rédempteur et son Dieu, digne d'un respect d'amour.

 


Parfois nous avons une fausse idée du respect, et cette fausse idée est alors un obstacle à l'évolution de notre amitié avec le Christ. Il y a deux sortes de mauvaises idées au sujet du respect.

D'abord, nous pourrions penser que le respect est un obstacle à l'amour. Mais le véritable amour et le respect authentique vont toujours de pair. Pensez aux parents à la naissance de leur premier enfant : ils sont remplis d'un amour profond, mais aussi d'un grand respect, d'une sorte d'effroi presque devant le mystère de ce petit enfant qui vient de naître. Pensez aussi au soldat qui est au front, loin de la maison, affrontant la mort à chaque instant. Va-t-il traiter la photo de sa femme et de ses enfants avec négligence, comme si c'était un vulgaire morceau de papier ? Non, il va la toucher avec respect, justement parce qu'il aime sa famille si profondément. De la même manière, un véritable respect fait partie intégrante de notre relation avec Jésus et n'empêche aucunement notre amour pour lui, bien au contraire.

La deuxième fausse idée est que le respect pourrait bloquer notre relation avec Jésus parce qu'il est trop formel. Comme catholiques, il est vrai, nous utilisons plusieurs gestes formels, mais ils ne doivent par être pour autant des "formalités". Par exemple, nous faisons la génuflexion quand nous arrivons en présence du Christ dans une église, ou au moment de la consécration. Si nous faisons une génuflexion à la va vite, ce geste perd sa signification et devient ridicule. Mais si nous faisons la génuflexion simplement, mais en y mettant tout notre coeur, elle devient une belle prière qui nous rend davantage conscient de la présence aimante de Dieu. Les gestes formels peuvent ainsi favoriser notre relation avec le Christ, en ouvrant nos coeurs à la puissance transformante de sa grâce, si nous le voulons bien.

Dans ce monde envahi par le relativisme, nous devons faire un sérieux effort pour développer un vrai sens du respect envers le Seigneur. Une excellente résolution, en cette fête du Baptême de Jésus, pourrait être d'ajouter pour cela deux fêtes à notre calendrier personnel. Voilà quelque chose qui n'est pas compliqué ! Cela nous rappelle que Dieu n'est pas contre la fête. Au contraire, c'est lui qui a inventé la fête !

Premièrement, nous devrions célébrer l'anniversaire de notre baptême avec au moins autant de joie que l'anniversaire de notre naissance. La naissance, c'est important, mais notre baptême encore davantage. C'est notre naissance à la vie éternelle. Le baptême est le sacrement qui fait de nous des enfants de Dieu et des citoyens sur Royaume du Christ. C'est l'entrée dans la vie éternelle. Quand Jésus se fait baptiser, cela montre qu'il veut partager notre nature humaine pour nous libérer de nos péchés en les prenant sur lui. Ce désir s'est réalisé pour chacun de nous au moment où nous avons reçu le sacrement du baptême. Quand nous avons été baptisés, nous avons échangé l'héritage du péché originel pour un partage de la vie même de Dieu. C'est le début d'une aventure éternelle.

Deuxièmement, nous devrions célébrer la fête de notre saint patron comme une grande fête. Le jour de notre baptême, nous avons été placés par nos parents sous la protection d'un saint patron (en principe, du moins), de quelqu'un qui, tout au long de son passage sur terre, a grandi dans l'amitié avec Jésus et qui veut nous aider à parvenir à bon port, nous aussi, dans l'éternité. Il peut nous enseigner à avoir un grand sens du respect de la bonté et de la majesté infinies de ce Dieu qui nous a créés et qui nous attend dans sa Maison pour une éternité de bonheur.

« Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

« Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

Lectures Baptême du Seigneur B

dominicanus

1ère lecture : « Venez, voici de l’eau ! Écoutez, et vous vivrez » (Is 55, 1-11)

 

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
Vous tous qui avez soif,
venez, voici de l’eau !
Même si vous n’avez pas d’argent,
venez acheter et consommer,
venez acheter du vin et du lait
sans argent, sans rien payer.
Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas,
vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?
Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses,
vous vous régalerez de viandes savoureuses !
Prêtez l’oreille ! Venez à moi !
Écoutez, et vous vivrez.
Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle :
ce sont les bienfaits garantis à David.
Lui, j’en ai fait un témoin pour les peuples,
pour les peuples, un guide et un chef.
Toi, tu appelleras une nation inconnue de toi ;
une nation qui ne te connaît pas accourra vers toi,
à cause du Seigneur ton Dieu,
à cause du Saint d’Israël, car il fait ta splendeur.

Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ;
invoquez-le tant qu’il est proche.
Que le méchant abandonne son chemin,
et l’homme perfide, ses pensées !
Qu’il revienne vers le Seigneur
qui lui montrera sa miséricorde,
vers notre Dieu
qui est riche en pardon.
Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
et vos chemins ne sont pas mes chemins,
– oracle du Seigneur.
Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre,
autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins,
et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

La pluie et la neige qui descendent des cieux
n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre,
sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer,
donnant la semence au semeur
et le pain à celui qui doit manger ;
ainsi ma parole, qui sort de ma bouche,
ne me reviendra pas sans résultat,
sans avoir fait ce qui me plaît,
sans avoir accompli sa mission.

– Parole du Seigneur.

cantique : (Is 12, 2, 4bcd, 5-6)

 

 

Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance, je n’ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.

Rendez grâce au Seigneur,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits !
Redites-le : « Sublime est son nom ! »

Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence,
et toute la terre le sait.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël !

2ème lecture : « L’Esprit, l’eau et le sang » (1 Jn 5, 1-9)

 

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
celui qui croit que Jésus est le Christ,
celui-là est né de Dieu ;
celui qui aime le Père qui a engendré
aime aussi le Fils qui est né de lui.
Voici comment nous reconnaissons
que nous aimons les enfants de Dieu :
lorsque nous aimons Dieu
et que nous accomplissons ses commandements.
Car tel est l’amour de Dieu :
garder ses commandements ;
et ses commandements ne sont pas un fardeau,
puisque tout être qui est né de Dieu
est vainqueur du monde.
Or la victoire remportée sur le monde,
c’est notre foi.
Qui donc est vainqueur du monde ?
N’est-ce pas celui qui croit
que Jésus est le Fils de Dieu ?
C’est lui, Jésus Christ,
qui est venu par l’eau et par le sang :
non pas seulement avec l’eau,
mais avec l’eau et avec le sang.
Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit,
car l’Esprit est la vérité.
En effet, ils sont trois qui rendent témoignage,
l’Esprit, l’eau et le sang,
et les trois n’en font qu’un.
Nous acceptons bien le témoignage des hommes ;
or, le témoignage de Dieu a plus de valeur,
puisque le témoignage de Dieu,
c’est celui qu’il rend à son Fils.

– Parole du Seigneur.

 

Evangile : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie » (Mc 1, 7-11)

 
Acclamation :

Alléluia. Alléluia.
Voyant Jésus venir à lui, Jean déclara :
« Voici l’Agneau de Dieu,
qui enlève le péché du monde. »
Alléluia.

(Jn 1, 29)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jean le Baptiste proclamait :
« Voici venir derrière moi
celui qui est plus fort que moi ;
je ne suis pas digne de m’abaisser
pour défaire la courroie de ses sandales.
Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ;
lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

En ces jours-là,
Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée,
et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.
Et aussitôt, en remontant de l’eau,
il vit les cieux se déchirer
et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe.
Il y eut une voix venant des cieux :
« Tu es mon Fils bien-aimé ;
en toi, je trouve ma joie. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales.

Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales.

L’Église catholique est indestructible - Homélie Dédicace Basilique du Latran

dominicanus

Habituellement, quand une fête liturgique tombe un dimanche, c’est la liturgie du dimanche qui prime. La raison est que le dimanche est le Jour du Seigneur, le jour ou nous faisons mémoire de la mort sacrificielle et de sa résurrection, de sa victoire sur le péché et sur le mal. Le dimanche est donc la pierre angulaire de la vie liturgique et spirituelle de l’Église. C’est pourquoi c’est un péché mortel de manquer volontairement la messe du dimanche. C’est comme si on disait à Dieu: « Merci pour tout, mais tu n’avais pas besoin de faire tout ça. »

 

Mais pourquoi alors la Dédicace de la Basilique du Latran, elle, prime-t-elle sur le dimanche? Pourquoi, en ce dimanche, plus d’un milliard de catholiques rendent-ils grâce à Dieu pour un évènement qui a eu lieu sous le pape Sylvestre Ier, en l’an 324? C’est parce que c’est la première église chrétienne de l’histoire, une église qui témoigne de manière tangible d’une vérité fondamentale de notre foi: l’Église catholique est indestructible. Jésus a promis d’être avec nous tous les jours, jusqu’à la fin de l’histoire, et que les puissances de l’enfer, malgré toutes les vicissitudes de l’histoire, ne prévaudront pas sur l’Église une, sainte, catholique et apostolique. La basilique du Latran apporte la preuve que Jésus tient sa promesse, et ceci pour deux raisons.

 

Premièrement, cette Basilique évoque la première victoire majeure de l’Église. Pendant les trois premiers siècles de l’histoire de l’Église, le fait d’être chrétien était illégal. Pendant tout ce temps, la famille des croyants a été marquée par des vagues successives de persécutions sanglantes. L’Empire romain voulait en finir avec la chrétienté, car les chrétiens refusaient d’adorer les idoles dans lesquelles ses dirigeants mettaient leur confiance. En adorant le Seigneur Jésus comme seul Seigneur, à l’exclusion de toutes les fausses divinités païennes, les chrétiens étaient considérés comme des ennemis de l’État, ce qui leur a valu d’atroces souffrances. Pendant ces trois premiers siècles, aucun édifice pour le culte public n’a pu être construit.

 

Cette situation a changé avec l’empereur Constantin, le fils de sainte Hélène. En l’an 312, sa petite armée a remporté une victoire éclatante contre celle, beaucoup plus puissante, de son rival, Maxence. Constantin a attribué cette victoire à Jésus Christ, qui lui avait donné d’avoir, peu avant cette bataille, une vision de la croix, portée par des anges, avec un monogramme éclatant des initiales de Jésus. Dans le ciel était apparu une inscription: « Dans ce signe, tu vaincras. » Constantin avait alors donné l’ordre de mettre ce monogramme sur les boucliers et les bannières de ses soldats. C’est ainsi que, étant devenu l’unique empereur, il a mis fin aux persécutions des chrétiens, légalisant le christianisme, et, même, en apportant son soutien à la construction des premiers édifices chrétiens publics, dont le premier fut la magnifique basilique dont nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire de la dédicace. 

 

En célébrant cette fête, nous célébrons donc la puissance de Dieu qui a vaincu l’Empire romain, le premier persécuteur des chrétiens.

 

 

Mais il y a une autre raison pour laquelle nous fêtons cette dédicace aujourd’hui. Cette basilique non seulement symbolise la première victoire majeure de l’histoire de l’Église, mais aussi la croissance de l’Église tout au long des siècles. Tout comme l’Église catholique elle-même, la basilique du Latran a survécu à un nombre impressionnant de désastres et de trahisons. En l’an 410 elle a été pillée par les Wisigoths, qui avaient envahi Rome en détruisant tout sur leur passage. En 455, c’est le tour des Vandales qui ont volé ses trésors, démoli les autels, et abattu les murs et les piliers, de construction récente. En 896, l’immense toit de bois a été endommagé par un tremblement de terre. En 1308, l’édifice reconstruit est ravagé par un incendie. L’année suivante, le pape quitte Rome pour établir sa résidence à Avignon pendant 70 ans. Le pape et les cardinaux partis, la basilique est tombée en ruines. Un autre incendie éclate en 1367, ne laissant plus qu’un tas de ruines. Quand le pape revient à Rome en 1377, la basilique était dans un état si lamentable qu’il ne se soucie même pas d’en reprendre possession. Il déménage au Vatican. 

 

Pendant les quatre siècles suivants, la basilique est réparée, embellie, restaurée et meublée peu à peu: le toit, la nef, le narthex, la façade, et enfin, en 1887, l’apsis. L’histoire des ces grandeurs et vicissitudes, de désastres et d’attaques, de rénovations et d’améliorations symbolisent l’histoire de l’Église catholique elle-même. C’est pourquoi la célébration de ce jour ne commémore pas seulement la première grande victoire de l’Église, mais la puissance de vie surnaturelle qui a fait que l’Église a survécu pendant plus de deux mille ans, en dépit des attaques de l’extérieur et la corruption de l’intérieur.

 

 

Voilà donc pourquoi, aujourd’hui, plus d’un milliard de catholiques célèbrent la dédicace de cet édifice ancien: parce cette basilique est l’église-mère de toutes les églises, la preuve tangible du fait que Jésus tient promesse, et que l’Église est indestructible. Dans quelques instants, mettons tout notre coeur à proclamer notre foi, nous souvenant que nous en sommes les pierres vivantes de l’édifice spirituel, comme saint Paul nous le rappelle dans la deuxième lecture, afin d’être, nous aussi, des signes vivants de la puissance et de l’amour de Dieu en ce monde, qui cherche désespérément des raisons d’espérer.

 

L’Église catholique est indestructible - Homélie Dédicace Basilique du Latran
L’Église catholique est indestructible - Homélie Dédicace Basilique du Latran
L’Église catholique est indestructible - Homélie Dédicace Basilique du Latran

Lectures Dédicace de la Basilique du Latran

dominicanus

1ère lecture : La source de vie qui jaillit du Temple de Dieu(Ez 47, 1-2.8-9.12)

 

1ère lecture : La source de vie qui jaillit du Temple de Dieu(Ez 47, 1-2.8-9.12)

 

 

Lecture du livre d’Ézékiel

 

Au cours d’une vision reçue du Seigneur, l'homme qui me guidait me fit revenir à l'entrée du Temple, et voici : sous le seuil du Temple, de l'eau jaillissait en direction de l'orient, puisque la façade du Temple était du côté de l'orient. L'eau descendait du côté droit de la façade du Temple, et passait au sud de l'autel. L'homme me fit sortir par la porte du nord et me fit faire le tour par l'extérieur, jusqu'à la porte qui regarde vers l'orient, et là encore l'eau coulait du côté droit. 
Il me dit : « Cette eau coule vers la région de l'orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux. En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu'elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent. Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d'arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède. »
 
 
 

Psaume : 45, 2-3, 5-6, 8-9a.10a

 

R/ Voici la demeure de Dieu 
parmi les hommes.

 
Dieu est pour nous refuge et force, 
secours dans la détresse, toujours offert. 
Nous serons sans crainte si la terre est secouée, 
si les montagnes s'effondrent au creux de la mer. 

Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu, 
la plus sainte des demeures du Très-Haut. 
Dieu s'y tient : elle est inébranlable ; 
quand renaît le matin, Dieu la secourt. 

Il est avec nous, le Seigneur de l'univers ; 
citadelle pour nous, le Dieu de Jacob ! 
Venez et voyez les actes du Seigneur, 
Il détruit la guerre jusqu'au bout du monde.
 
 
 

2ème lecture : Vous êtes le temple que Dieu construit (1 Co 3, 9b-11.16-17)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, 
vous êtes la maison que Dieu construit.
Comme un bon architecte, avec la grâce que Dieu m'a donnée, j'ai posé les fondations. D'autres poursuivent la construction ; mais que chacun prenne garde à la façon dont il construit.
Les fondations, personne ne peut en poser d'autres que celles qui existent déjà : ces fondations, c'est Jésus Christ.

N'oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous.
Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est vous.

 

 

Evangile : Le corps du Christ, nouveau temple de Dieu (Jn 2, 13-22)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. L'heure vient, et c'est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité. Alléluia. (Jn 4, 23-24)

 

Évangile de Jésus christ selon saint Jean

Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva installés dans le Temple les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment.
Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps. 

Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.

Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.

Note liturgique pour la commémoration des fidèles défunts 2014

dominicanus

Si le 2 novembre tombe un dimanche, l'ordre liturgique de préséance impose que cette Commémoration "prime" sur le dimanche per annum (dimanche du Temps Ordinaire).
Il n'y aura pas de Gloria ce Dimanche. Le Credo sera néanmoins conservé. Contrairement aux autres jours de la semaine où, "là où c'est la coutume", les ornements sont noirs, ils seront violets ce dimanche.

Dans la forme extraordinaire, la Commémoration est fixée au lundi.

Dimanche 28 septembre - Prière pour le Synode sur la Famille

dominicanus #Prières

 

 

" Le Saint-Père a décidé que, dans toute l’Église, le dimanche 28 septembre on prie pour la III Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Évêques qui s’ouvrira le dimanche 5 octobre sur le thème “Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation”.
Je vous envoie un bref feuillet-guide (pièce jointe) qui propose la prière pour le Synode écrite par le Pape François et l’indication de quelques intentions pour la prière universelle des Messes. "


Lorenzo Card. BALDISSERI Secrétaire Général

Journée de prière
pour la IIIe Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Évêques
Dimanche 28 septembre 2014

 


Le Dimanche 28 septembre 2014 sera consacré à la prière pour la IIIe Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Évêques qui se déroulera du 5 au 19 octobre et qui a pour thème « les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation ».
Les Églises particulières, les communautés paroissiales, les Instituts de vie consacrée, les associations et les mouvements sont invités à prier lors des Célébrations Eucharistiques et en d’autres moments de célébration, les jours précédents et durant les travaux synodaux. À Rome, on priera chaque jour en la Chapelle de la Salus Populi Romani de la Basilique Sainte Marie Majeure. Les fidèles, surtout les familles, peuvent s’unir à cette intention dans leur prière personnelle.
Il est suggéré que la Prière à la Sainte Famille pour le Synode, composée par le Pape François, et quelques intentions indicatives pour la prière universelle puissent être adoptées lors des Messes dominicales du 28 septembre, ainsi que lors du déroulement du Synode. On peut ajouter une intention aux Invocations des Laudes et aux Intercessions des Vêpres. On recommande, en outre, de prier aussi le Chapelet pour les travaux synodaux.

I - PRIERE A LA SAINTE FAMILLE POUR LE SYNODE

Jésus, Marie et Joseph
en vous nous contemplons
la splendeur de l’amour véritable,
à vous nous nous adressons avec confiance.
Sainte Famille de Nazareth,
fais aussi de nos familles
des lieux de communion et des cénacles de prière, des écoles authentiques de l’Évangile
et des petites Églises domestiques.
Sainte Famille de Nazareth,
que jamais plus dans les familles on fasse l’expérience de la violence, de la fermeture et de la division :
que quiconque a été blessé ou scandalisé
connaisse rapidement consolation et guérison.
Sainte Famille de Nazareth,
que le prochain Synode des Évêques
puisse réveiller en tous la conscience
du caractère sacré et inviolable de la famille, sa beauté dans le projet de Dieu.
Jésus, Marie et Joseph écoutez-nous, exaucez notre prière.

II - PRIERE UNIVERSELLE

Frères et sœurs,
Comme famille des fils de Dieu et animés par la foi élevons nos suppliques au Père afin que nos familles, soutenues par la grâce du Christ, deviennent d’authentiques Églises domestiques où l’on vit et témoigne l’amour de Dieu.


Prions ensemble et disons:


Seigneur, bénis et sanctifie nos famille

Pour le Pape François: Que le Seigneur qui l’a appelé à présider l’Église dans la charité, le soutienne dans son ministère au service de l’unité du Collège épiscopal et de tout le Peuple de Dieu, prions:


Pour les Pères Synodaux et les autres participants à la III Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Évêques: Que l’Esprit du Seigneur illumine leur esprit, afin que l’Église puisse répondre aux défis de la famille dans la fidélité au projet de Dieu, prions:

Pour ceux qui ont la responsabilité de gouverner des Nations: Que l’Esprit Saint inspire des projets qui valorisent la famille comme cellule fondamentale de la société, selon le dessein divin, et soutiennent les familles en difficulté, prions:

Pour les familles chrétiennes: Que le Seigneur qui a mis dans la communion des époux le sceau de sa présence, fasse de nos familles des cénacles de prières et des communautés intimes de vie et d’amour, à l’image de la Sainte Famille de Nazareth, prions:

Pour les conjoints en difficulté: Que le Seigneur riche en miséricorde, les accompagnent, à travers l’action maternelle de l’Église, avec compréhension et patience dans leur cheminement de pardon et de réconciliation, prions:

Pour les familles qui doivent abandonner leurs pays à cause de l’Évangile: Que le Seigneur qui a fait l’expérience avec Marie et Joseph de l’exil en Égypte, les conforte par sa grâce et leur ouvre des pistes de charité fraternelle et de solidarité humaine, prions:

Pour les grands-parents: Que le Seigneur qui a été accueilli au Temple par les Saints vieillards Siméon et Anne, les rende de sages collaborateurs des parents dans la transmission de la foi et dans l’éducation des enfants, prions:

Pour les enfants: Que le Seigneur de la vie, qui dans son ministère les a accueillis en faisant d’eux les modèles pour entrer dans le Royaume des cieux, suscite en tous le respect pour la vie naissante et inspire des projets éducatifs conformes à la vision chrétienne de la vie, prions:

Pour les jeunes: Que le Seigneur, qui a sanctifié les noces de Cana, leur fasse redécouvrir la beauté du caractère sacré et inviolable de la famille dans le dessein divin et soutienne le parcours des fiancés qui se préparent au mariage, prions:

O Dieu, qui n’abandonne pas l’œuvre de tes mains, écoute nos prières:
envoie l’Esprit de ton Fils illuminer l’Église au commencement du cheminement synodal, afin qu’en contemplant la splendeur de l’amour véritable qui resplendit dans la Sainte Famille de Nazareth, elle apprenne d’elle la liberté et l’obéissance pour répondre avec audace et miséricorde aux défis du monde d’aujourd’hui.
Par le Christ notre Seigneur.

L'enfant grandissait

L'enfant grandissait

Homélie pour la fête de la Croix Glorieuse

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)

Selon nos critères humains, Jésus était un râté. Il n'avait aucun diplôme, aucune éducation. Il n'a pas fait carrière. Durant les trois dernières années de sa vie d'adulte, il n'avait même aucun salaire, et donc très peu d'argent. Il vivait de dons. Il mendiait. Pas de coquette maison, ni de moyen de locomotion confortable. La plupart du temps il dormait à la belle étoile et se déplaçait à pied. Pas non plus de gens haut placés parmi ses amis, pas de relations dans le domaine de la culture, de la politique ou du monde des affaires. On le considérait comme un lunatique et un crimininel. Il n'avait même pas la côte parmi les gens de son pays, de sa ville natale. Quand il avait prêché dans leur synagogue il avait failli se faire lyncher. Dans tous les critères selon lesquels nous mesurons habituellement le succès de quelqu'un, la vie de Jésus était un échec sur toute la ligne.

Et pourtant, saint Paul peut écire dans la deuxième lecture que Dieu le Père lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, qu'il est le Seigneur devant qui tout genou doit fléchir. Pour quelle raison le Père a-t-il élevé Jésus sur le trône de gloire en l'exaltant à ce point, si a vie fut un échec ? La raison est que les critères de Dieu ne sont pas ceux des hommes. Selon les critères de Dieu, Jésus a triomphé dans la seule catégorie vraiment importante : celle de l'humilité.

Comme nous venons de l'entendre dans la lettre de saint Paul aux Romains, Jésus se dépouilla lui-même, en prenant la forme d'un esclave, il s'est humilié, devenant obéissant jusqu'à la mort sur une croix. C'est pour cette raison que Dieu l'a exalté. Voilà ce que l'Eglise célèbre en ce jour de la fête de la Croix Glorieuse, la victoire de l'humilité du Christ sur l'orgueil de Satan.

Jésus disait à ceux qui le suivaient : "Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur" (Mt 11, 29). Il n'a pas dit : "Apprenez de moi à changer l'eau en vin, à ressusciter les morts, à guérir les lépreux". Dans les béatitudes, la liste des huit secrets de Jésus pour être heureux, l'humilité est en tête liste : "Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume de Cieux est à eux" (Mt 5, 3). Être pauvre en esprit, c'est être humble, ne pas chercher avidement son bonheur en accaparant tout (l'argent ou ... l'estime), mais plutôt en nous donnant à Dieu et au prochain. Nous admettons bien qu'un athlète a besoin d'un entraîneur pour se dépasser, qu'un homme politique ne doit pas chercher ses intérêts personnels mais le bien commun de ses électeurs, qu'un patient doit suivre la prescription de son médecin, même si le remède est amer. Tout cela est du domaine de l'humilité.

Et pourtant, quand il s'agit de la vie elle-même, nous en voulons à Dieu quand il essaie de nous guider par sa Providence à travers les évènements et les circonstances de la vie, ou quand il nous demande de faire un sacrifice pour le bien des autres, ou encore, quand le médecin des âmes nous dit par les enseignements de l'Eglise, que certaines choses nous font du tort.

C'est pourtant à travers les croix et les privations que les hommes acquièrent peu à peu la sagesse et l'humilité. Saint Augustin disait que Dieu ne permet le mal qu'en vue d'en tirer un plus grand bien. Les humbles le reconnaissent et vivent sans crainte. Seuls les superbes et les égoïstes ne supportent pas que Dieu leur demande de lui passer le volant de leur voiture un moment.

Si l'humilité est le secret, la clé de la victoire du Christ sur le péché et le mal, alors l'humilité devrait être clé également pour ceux qui sont ses disciples. La question évidente qui se pose alors est : comment nous comportons-nous dans cet aspect de notre vie chrétienne ?

Ce qui est bien avec l'humilité, c'est qu'elle est assez facile à mesurer. Nous sommes humbles dans la mesure ou nous sommes capables de nous renier pour le bien des autres. La croix, c'est cela, en fait. C'est ainsi que Jésus caractérise la vie chrétienne : "Si quelqu'un veut être mon disciple, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive" (Mt 16, 24).

Dans nos conversations, sommes-nous prêts à faire des concessions, volontiers et sans murmurer, au lieu de toujours vouloir imposer notre volonté propre, nos petites opinions ? Dans nos responsabilités de chaque jour, sommes-nous prêts à travailler dur, à nous dépenser pour mener nos tâches à bien, sans pour autant chercher des approbations ou des contre-parties ? Quelle conception nous faisons-nous des vacances : sont-elles pour recharger nos batteries afin d'être davantage au service des autres, ou bien sommes-nous toujours en train de chercher à satisfaire nos propres envies, à en faire une priorité absolue, à tel point que nous devenons insupportables quand les besoins ou les préférences des autres nous amènent à devoir renoncer à ce que nous aurions voulu ?

A vous de continuer la liste des questions. Ce sont autant de critères qui nous permettent de jauger notre degré d'appartenance à Jésus et notre participation à sa Croix Glorieuse.

 

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,

Lectures du 14 septembre : La Croix Glorieuse

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

 

 

Livre des Nombres (Nb 21, 4b-9)21

 

 

4b  Au cours de sa marche à travers le désert, le peuple d'Israël, à bout de courage,
05  récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d'Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n'y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! »
06  Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d'Israël.
07  Le peuple vint vers Moïse et lui dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu'il éloigne de nous les serpents. »
08  Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent, et dresse-le au sommet d'un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu'ils le regardent, et ils vivront ! »
09  Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d'un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu'il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie !


Psaume (Ps 77, 3-4ac, 34-35, 36-37, 38ab.39)

R/ Par ta croix, Seigneur, tu nous rends la vie.

 
03  Nous avons entendu et nous savons
ce que nos pères nous ont raconté ;
4a  nous le redirons à l'âge qui vient,
4c  les titres de gloire du Seigneur,

34  Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient,
ils revenaient et se tournaient vers lui :
35  ils se souvenaient que Dieu est leur rocher,
et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur.

36  Mais de leur bouche ils le trompaient,
de leur langue ils lui mentaient.
37  Leur coeur n'était pas constant envers lui ;
ils n'étaient pas fidèles à son alliance.

38a  Et lui, miséricordieux,
38b  au lieu de détruire, il pardonnait ;
39  Il se rappelait : ils ne sont que chair,
un souffle qui s'en va sans retour.




 

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (Ph 2, 6-11)
 

2

06i  Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ;
07  mais au contraire, il se dépouilla lui-même
en prenant la condition de serviteur.
Devenu semblable aux hommes
et reconnu comme un homme à son comportement,
08  il s'est abaissé lui-même
en devenant obéissant jusqu'à mourir,
et à mourir sur une croix.
09  C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ;
il lui a conféré le Nom
qui surpasse tous les noms,
10  afin qu'au Nom de Jésus,
aux cieux, sur terre et dans l'abîme,
tout être vivant tombe à genoux,
11  et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est le Seigneur »,
pour la gloire de Dieu le Père.




Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 3, 13-17)

 

3

13i  Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme.
14  De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,
15  afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.
16  Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
17  Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.


 

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Lectures du 14 septembre : La Croix Glorieuse

Prions pour la succession épiscopale de l'archidiocèse de la Martinique

dominicanus #Prières
Chers amis,
En cette Solennité du Corps et du Sang du Seigneur, permettez-moi de faire un appel urgent à votre prière. Le Saint-Père doit prochainement (probablement pour le mois de septembre prochain) pourvoir à la succession épiscopale de l'archidiocèse de la Martinique.
Parce que nous nous devons de prier à cette intention, et parce que le Malin est à l'oeuvre, semant la zizanie comme lui seul sait le faire, je recrute donc de toute urgence des priants qui pourront s'inscrire sur le site "Hozana".
Une fois inscrit(e), vous pourrez aussi inviter d'autres à joindre cette chaîne de prière (par courrier électronique ou sur les réseaux sociaux).
La prière de la chaîne n'est autre que l'oraison de la messe pour l'élection d'un évêque. Vous pourrez donc suggérer à votre curé de célébrer cette messe de temps en temps. Il pourra le faire n'importe quel jour du Temps Ordinaire, sauf le dimanche et les jours de solennité, de fête et de mémoire obligatoire.
http://hozana.org/intent/328

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