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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Le péché, c’est sérieux. La miséricorde aussi! - Homélie 26° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

Il est bon, de temps en temps, de méditer les réalités qui nous dérangent. C’est ce à quoi nous invite la liturgie d’aujourd’hui. A travers les lectures de ce dimanche, elle met l’accent sur une vérité toute simple de notre foi catholique : le péché, c’est sérieux !

 

Dans la deuxième lecture saint Jacques nous explique clairement que si quelqu’un passe sa vie sur terre à exploiter les autres, mentant, trichant, accumulant des richesses, il pourra jouir des fruits de ses crimes pour un moment, mais il n’échappera pas au jugement pour toujours. Saint Jacques écrit qu’il pleurera et se lamentera à cause des malheurs qui l’attendent.

 

Jésus est tout aussi clair. Il enseigne que si quelqu’un commet un péché sans s’en repentir, il ira en enfer. Le terme "géhenne" se réfère à une vallée près de la ville de Jérusalem qui avait servi à des sacrifices humains à l’époque où les rois de l’Ancien Testament avaient apostasié.

 

 

Au temps de Jésus cette vallée était devenue une sorte d’incinérateur public en plein air. Les ordures, y compris les cadavres d’animaux et de criminels, étaient jetées dans la vallée et progressivement consumés par un feu couvant en permanence. C’est ainsi que la géhenne est devenue le symbole de l’état d’éternelle séparation de l’âme avec Dieu, et de la destruction qui l’accompagne. Selon Jésus, voilà où conduit le péché si on se repent pas.

 

Ces commentaires de saint Jacques et de Jésus n’ont pas pour but de nous culpabiliser. Il ne s’agit pas d’une quelconque technique de manipulation psychologique. Ils ne font que nous rendre attentifs aux faits : le péché, le fait de s’éloigner de Dieu volontairement et de s’écarter de ses commandements, a des conséquences. Ces conséquences ne sont pas bonnes, et nous devrions tous nous efforcer de les éviter.

 

Une des raisons pour lesquelles Jésus a voulu mourir comme il est mort est qu’il voulait nous montrer visuellement le caractère destructeur du péché. Strictement parlant, Jésus aurait pu nous sauver en ne versant qu’une seule goutte de son sang, et même par un seul acte d’obéissance. Comme il était vrai homme, cet acte d’obéissance aurait compensé l’acte de désobéissance d’Adam. Comme il était vrai Dieu, cet acte aurait eu un mérite et une valeur infinis, suffisants pour compenser la désobéissance d’Adam et pour restaurer la relation entre Dieu et la race humaine que le péché avait rompue.

 

Mais le projet de Dieu était autre. Il a choisi la voie de l’obéissance qui l’a conduit dans l’œil du cyclone dévastateur d’une douleur et d’une souffrance indescriptible que nous appelons la Passion.

 

En 2004 le film La Passion du Christ a voulu nous montrer combien les souffrances de la passion du Christ étaient horribles. Peu d’hommes aujourd’hui ont été témoins d’une flagellation ou d’une crucifixion. Ce film nous a permis de mieux nous rendre compte de tout ce que le Seigneur a voulu souffrir pour nous sauver de nos péchés.

 

 

 

 

Beaucoup de critiques de cinéma ont dit que le film était trop violent. Si on ne connaît pas les raisons des souffrances du Christ, ces critiques sont compréhensibles. Mais une de ces raisons est précisément qu’il voulait que nous sachions combien le péché est horrible. Le démon nous le fait miroiter sous des apparences séductrices, alors qu’en réalité le péché détruit et flagelle nos âmes, tout comme les fouets et la croix on détruit et lacéré le corps du Christ. Chaque fois que nous voyons un crucifix, nous devrions nous dire que nos péchés, c’est sérieux, qu’ils ont de graves conséquences.

 

Mais dans cette Eucharistie, l’Eglise nous rappelle également autre chose : que la miséricorde de Dieu, c’est sérieux aussi. Le péché est destructeur, terrible, diabolique. Mais Jésus a vaincu le péché. C’est pourquoi nous disons qu’il est notre Sauveur. Le Catéchisme (420) dit :

 

« La victoire sur le péché remportée par le Christ nous a donné des biens meilleurs que ceux que le péché nous avait ôtés : " La où le péché a abondé, la grâce a surabondé " (Rm 5, 20). »

 

La destruction causée par le péché dans notre vie n’est pas le dernier mot de l’histoire. Dieu peut nous pardonner – il n’est jamais trop tard. Il peut nous sauver. Il peut prendre les ruines laissées pas nos péchés et les rebâtir pour arriver à un résultat plus magnifique que nous puissions imaginer. Nous devons juste lui donner sa chance.

 

Comment cela ? Le premier pas est tellement simple, mais parfois si dur: aller se confesser à un prêtre. Dieu connaît déjà nos péchés ; il sait combien ils empêchent notre progrès spirituel et abîment notre âme ; il sait aussi que nous avons besoin de sa grâce pour les vaincre. C’est la raison pour laquelle il a inventé la confession, pour nous donner une chance de recommencer, aussi souvent que nous en avons besoin.

 

Beaucoup d’entre nous savent déjà cela, et recourent fréquemment au grand cadeau de la confession. Mais il  y a aussi beaucoup de gens qui ne le font pas – et pour cette raison souffrent beaucoup intérieurement, faisant l’éxpérience des ravages du péché. Peut-être qu’une parole d’encouragement, une invitation, un partage d’expérience de notre part est tout ce dont Dieu a besoin pour les ramener et leur donner ce nouveau départ.

 

Le péché, c’est sérieux, mais la miséricorde rédemptrice infinie est encore plus importante. Voilà le message de la Messe d’aujourd’hui et de chaque Messe. Cette semaine emportons ce message en sortant de la Messe, apportons-le au monde qui nous entoure, et permettons à la grâce de Dieu de remporter de nouvelles victoires.

Retour à la source - Homélie 22° dimanche T.O.B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
22-T.O.B-jpg
 
       Connaissez-vous Sainte Apparence ? C’'est, avec Saint Quendiraton, un des saints les plus universellement vénérés de la planète Terre.

       Je parle de la planète Terre. Car évidemment, chez les anges, Ste Apparence n’'a pas la cote. Les anges sont des êtres spirituels pour lesquels les apparences ne trompent pas. Aujourd'’hui, Jésus, le Seigneur des esprits, veut nous ouvrir les yeux à nous aussi, comme Saint Paul le fera après lui. Car cet évangile ne vise pas seulement les scribes et les pharisiens parmi les juifs, mais aussi dans l’'Église. C’'est en parlant d’'eux que S. Paul disait :
 
Ces sortes de gens sont des faux apôtres, des ouvriers trompeurs, qui se déguisent en apôtres du Christ. Et rien d'étonnant : Satan lui-même se déguise bien en ange de lumière. Rien donc de surprenant si ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice. Mais leur fin sera conforme à leurs œoeuvres (2 Co 11, 13-15).
 
Mais ce n’'est pas encore la fin. La fin, c'’est bientôt, mais ce n’'est pas encore. Et l’'évangile d'’aujourd’'hui nous concerne d’'autant plus que nous approchons de la fin :
 
L'Esprit dit clairement qu'aux derniers temps certains abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits trompeurs, à des enseignements de démons (1 Tm 4, 1).
 
Voilà assez pour rappeler l'’actualité de l’'évangile… de ce dimanche.

       En le méditant au début de la semaine dernière1, j'’apprenais le décès du Père Marie-Dominique Philippe. Le Père Maire-Do, comme on disait familièrement, est parmi les professeurs qui m'’ont le plus marqué au cours de ma vie d’'étudiant (et après). Il était professeur de philosophie à l’'université de Fribourg, mais je l’'ai d’abord connu à Paris, où il venait tous les mois nous expliquer la Prima Pars (première partie) de la Somme Théologique de S. Thomas d’'Aquin. Les années suivantes, à Fribourg, où j’'ai fait ma théologie, je faisais volontiers des heures supplémentaires pour suivre ses cours de métaphysique à la faculté de philosophie. J’'ai aussi suivi plusieurs retraites prêchées par lui sur Saint Jean, notamment sur l’'Apocalypse. Il est le fondateur de la Communauté Saint-Jean, qui compte trois branches : les frères, les soeœurs contemplatives et les sœoeurs apostoliques. La Communauté des frères de Saint-Jean compte aujourd’hui (2015) 550 frères de 35 nationalités différentes, dont 270 prêtres. Plus de 150 frères sont en formation, dont une cinquantaine de novices. Les frères sont répartis en une soixantaine de prieurés dans plus de 30 pays, sur les cinq continents.

       Pourquoi cette "digression" ? Eh bien, parce que tout au long de sa vie de chercheur de la Vérité, le Père Philippe n’'a cessé de chercher, en vrai apôtre, à lutter contre les fausses idéologies et à promouvoir une intelligence authentique de la personne humaine et de la foi. Un de ses derniers livres, Retour à la source (Fayard, 2005), présente sa réflexion philosophique sur ce sujet. Déjà dans Lettre à un ami (Éditions universitaires, 1992- nouvelle édition), il invitait chacun à s'interroger sur ce qu'il est comme personne humaine. Dépassant les idéologies pour retrouver le réalisme d'une authentique recherche de la vérité, il nous aidait à redécouvrir, à partir de nos propres expériences, ce qui donne un sens à notre vie. C'’est sans doute la grande pauvreté de la majorité des hommes en Occident aujourd'’hui : le manque de sens.

       Eh bien, l'’évangile d’'aujourd’'hui nous invite tous à un retour à la source, au-delà des apparences. Jésus n'’emploie pas les mots "corps" et "âme", mais les mots "lèvres", "mains" et "coeœur". Il veut corriger ceux qui honorent Dieu des lèvres, alors que leur coeœur est loin de lui, ceux qui se lavent soigneusement les mains, alors que de leur coeœur sortent les pensées perverses. L'’utilisation des mots "corps" et "âme" par l'’Église est aujourd’'hui très critiquée. Elle ne serait pas biblique (le mot "Trinité" non plus !), mais une contamination de la foi par la philosophie grecque. Or, "la notion de l’'âme telle que l’'ont utilisée la liturgie et la théologie jusqu’'à Vatican II n'’a pas plus à voir avec l’'Antiquité que l’'idée de résurrection." Celui qui parle ainsi, c’'est le Cardinal Ratzinger, qui continue :
 
"C'’est une notion strictement chrétienne ; elle n'’a donc pu être formulée que sur la base de la foi chrétienne dont elle exprime, en anthropologie, la conception de Dieu, du monde et de l’'homme. "
 
Ce dont acte. C’'est pourquoi le Concile Vatican II persiste et signe :
 
"Corps et âme, mais vraiment un, l’'homme, dans sa condition corporelle, rassemble en lui-même les éléments du monde matériel qui trouvent ainsi, en lui, leur sommet, et peuvent librement louer leur Créateur. Il est donc interdit à l'’homme de dédaigner la vie corporelle. Mais au contraire il doit estimer et respecter son corps qui a été créé par Dieu et doit ressusciter au dernier jour" (GS 14, 1).
 
Et le Catéchisme de 1992 (n. 365.368), tout en précisant que "l'’esprit et la matière, dans l’'homme, ne sont pas deux natures unies", mais que "leur union forme une unique nature", ajoute :
 
"La tradition spirituelle de l'’Église insiste aussi sur le coeœur, au sens biblique de fond de l’'être (Jr 31, 33) où la personne se décide ou non pour Dieu."
 

       Qui sommes-nous ? Qu'’est-ce que la personne humaine ? C'’est une créature qui se trouve au point de rencontre de toutes les créatures. Les anges sont de purs esprits. Les animaux, les végétaux et les minéraux n’'ont pas d’'âme spirituelle. L'’être humain est seul à unir le monde spirituel et le monde matériel. Il est comme un microcosme, un résumé de toute la création. C’est là sa grandeur. Mais comme il est difficile pour lui d'’être à la hauteur !

       Le concile, dans le passage cité plus haut, mettait en garde contre un spiritualisme exacerbé et un mépris du corps. Cela se retrouve à tous les niveaux de la vie humaine, jusque dans la réalité religieuse, et pas seulement au niveau biologique. Le Cardinal Ratzinger écrivait :
 
"Pour nous, hommes d’'aujourd'’hui, le scandale fondamental du christianisme consiste tout d'’abord simplement dans l’'extériorité dont la réalité religieuse paraît affectée. C'’est pour nous un scandale que Dieu doive être communiqué par tout un appareil extérieur : l’'Église, les sacrements, le dogme, ou même simplement la prédication."
 

       Dans l’'évangile d’'aujourd’'hui, c'’est plutôt la tendance inverse qui est fustigée. Mais c'’est toujours une déviation de la même vérité. Cette vérité, c’'est l’'unité du corps et de l’'âme. On peut divorcer l’'âme du corps, soit au mépris du corps, en surévaluant l’'âme, soit au mépris de l’'âme, en n’'attachant de l'’importance qu'’au corps. Celui dont le corps n’'exprime pas avec fidélité les mouvements de l’'âme, et dont l’'âme ne baigne pas dans la lumière de la grâce, celui-là est "hypocrite" et "impur".
 
      Non, il ne s’'agit pas ici seulement de ceux qui commettent "le péché de la chair", comme nous sommes encore trop enclins à le penser sous l'’influence du puritanisme, du jansénisme ! Jésus dit que l'’homme est rendu impur par adultères et débauches, bien sûr, mais aussi par inconduite, vols, meurtres, … cupidités, méchancetés, fraude, … envie, diffamation, orgueil et démesure.

       Et le Catéchisme (n. 2518), en rapprochant cet enseignement de Jésus de la béatitude des coeœurs purs, commente :
 
" Les coeœurs purs désignent ceux qui ont accordé leur intelligence et leur volonté aux exigences de la sainteté de Dieu, principalement en TROIS domaines : la charité, la chasteté ou rectitude sexuelle, l’'amour de la vérité et l’'orthodoxie de la foi. Il existe un lien entre la pureté de coeœur, du corps et de la foi."
 
Suit une citation admirable de S. Augustin, qui montre bien la nature de ce lien : les fidèles doivent croire les articles du Symbole,
 
"afin qu'’en croyant, ils obéissent à Dieu ; qu’'en obéissant, ils vivent bien ; qu’'en vivant bien, ils purifient leur coeœur et qu’'en purifiant leur coeœur, ils comprennent ce qu'’ils croient."
 

       Dans l’'Imitation de Jésus Christ on lit également :
 
"Deux ailes soulèvent l’'homme au-dessus des choses terrestres : la simplicité et la pureté. La simplicité doit être dans l’'intention, la pureté dans l'’affection. La simplicité tend vers Dieu ; la pureté l’'atteint et le goûte… Si ton cœoeur était simple et pur, tu verrais et tu comprendrais tout sans peine. Un coeœur pur pénètre le ciel et la terre. Comme on est, on juge."
 

"Oui, demain, nous verrons Dieu en face à face, mais dès maintenant le cœoeur pur voit selon Dieu. Il juge tout à la lumière de Dieu. Si simple est la vie quand on y vit de Dieu." (Jean-Louis Bruguès)

       Je vous ai parlé des anges. Dans l’'Apocalypse (18, 12) Jean voit un ange descendre du ciel. Il avait reçu une autorité si grande que la terre fut illuminée de sa gloire. Et il s'écria d'une voix puissante : "Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande ! La voilà devenue une tanière de démons, un repaire de tous les esprits impurs, un repaire de tous les oiseaux impurs, un repaire de toutes les bêtes impures et répugnantes !

       Maintenant à nous de choisir entre Dieu et le démon, entre Babylone et la Jérusalem nouvelle, entre sainte Apparence et Sainte Marie. Par le baptême nous sommes tous appelés à l’'évangélisation. Que Celle que l’'on invoque comme Étoile de l’'Évangélisation, la Vierge au coeœur pur, nous aide à nous purifier nous aussi et à nous convertir de faux en vrais apôtres ! Et puisque nous sommes dans la section des pains, n'’oublions pas que cela commence par l’'Eucharistie. Comment venons-nous communier à la messe : avec de belles apparences ou avec un coeœur pur ? Que ferons-nous après, tout au long de la semaine ? Que le Seigneur ne nous dise pas : Il est inutile le culte qu'’ils me rendent.… Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes.

 
1. Cette homélie a été donnée en 2006.
 L'’évangile d’'aujourd’'hui nous invite tous à un retour à la source, au-delà des apparences.

L'’évangile d’'aujourd’'hui nous invite tous à un retour à la source, au-delà des apparences.

O PURO E O IMPURO, OU SEJA : O VERDADEIRO E O FALSO APÓSTOLO

Walter Covens #homilias em português
O PURO E O IMPURO, OU SEJA : O VERDADEIRO E O FALSO APÓSTOLO
(Mc, 7,1-8a. 14-15.21-23) (traduction de RETOUR À LA SOURCE)

       Conheceis "Santa Aparência" ? Com Santa "Voz Pública", essa é uma das Santas mais universalmente honradas no Planeta Terra.

       Eu digo "Planeta Terra" ; pois, entre os Anjos, Sta Aparência não é conhecida. Os Anjos são criaturas espirituais para as quais as aparências não são enganadoras. Hoje, Jesus, o Senhor dos Espíritos, quer abrir os nossos olhos, como S.Paulo o fará a seguir. Pois, este evangelho não diz respeito só aos escribas e publicanos do povo israelita, mas também aos da Igreja. S.Paulo falava deles ao dizer : "Aqueles homens são apóstolos falsos, operários enganadores, disfarçados em apóstolos de Cristo. Nada de surpreendente nisso : o próprio Satanás disfarça-se em anjo de luz. Nada de surpreendente portanto se os servos dele se disfarçam em servidores da justiça. Mas o fim deles há-de ser conforme às suas obras" (2 Cor 11,13-15). Mas ainda não é o fim. O fim virá bevemente, mas ainda não está. O evangelho deste dia diz-nos respeito tanto mais que nos aproximamos do fim : o Espírito diz claramente que, nos últimos tempos alguns abandonarão a fé para seguir espíritos enganadores, ensinamentos de demónios (1 Tim 4,1). Isso basta para lembrar a actualidade do evangelho….

       Enquanto estava eu a meditar nisso no princípio da semana passada, chegou a notícia da morte do padre Marie-Dominique PHILIPPE. O Padre "Marie-Do", como se dizia familiarmente, é um dos professores que mais me marcaram durante a minha vida de estudante (e depois). Era professor de filosofia na Universidade de Friburgo (Suiça), mas conheci-o em Paris, onde vinha todos os meses para nos explicar a " Primeira pars " (= " 1a Parte ") da Soma Teológica de S.Tomas de Aquino. Nos anos seguintes, em Friburgo, onde estudei a teologia, gostava de fazer "horas suplementares" para seguir os seus cursos de metafísica na Faculdade de Filosofia. Frequentei também vários retiros pregados por ele sobre S. João, nomeadamente sobre o Apocalipse. É o fundador da "Comunidade São João", dividida em três "ramos" : os irmãos – as irmãs contemplativas – as irmãs apostólicas. No total : 531 irmãos , entre os quais 221 sacerdotes (40% estão em formação) e 550 irmãs. A idade média dos irmãos é de 37 anos. : não está mal, não é ? neste tempo de crise das vocações ?

       Porquê falar nisso ? Pois bem, porque, ao longo da sua vida de buscador da Verdade, o Pe Philippe não deixou de fazer todo o possível, como que um verdadeiro apóstolo, para lutar contra as ideologias falsas e para promover uma inteligência autêntica da pessoa humana e da fé. Um dos seus últimos livros, "Retour à la Source" (Fayard,2005), apresenta a sua reflexão filosófica sobre o assunto. Já na " Carta a um amigo " (Editions Universitaires, 1992, edição nova), ele convidava cada um a fazer-se a si próprio esta pergunta : Quem sou, enquanto pessoa humana ?. Além das ideologias, para recuperar o realismo duma autêntica procura da verdade, ajudava-nos a re-descobrir, a partir das nossas experiências, o que dá sentido à nossa vida. Sem dúvida essa é a grande pobreza da maioria dos homens do Ocidente, hoje em dia : a falta de sentido.

       Pois bem ! O evangelho de hoje convida-nos a todos para regressarmos à fonte, além das aparências. Jesus não usa das palavras "corpo" ou "alma", mas sim das palavras "lábios", mãos "e " coração ". Quer emendar aqueles que honram a Deus com os lábios, enquanto que o seu coração fica longe dEle, aqueles que se lavam cuidadosamente as mãos, enquanto que, do seu coração saem pensamentos perversos. O Uso das palavras "corpo" e "alma" pela Igreja moderna, hoje em dia, é muiito criticada. Dizem que não seria bíblica (a palavra "Trindade" também não é !), mas uma contaminação da fé pela filosofia grega. Ora,, "a noção de alma, tal como foi utilizada na liturgia e na teologia até a Vaticano II não tem mais relação com a Antiquidade do que a de Ressurreição". Quem fala assim é o Cardeal Ratzinger, que prossegue assim : "É uma noção estritamente cristã ; portanto, não pode ter sido formulada a não ser a partir da fé cristã : pois, ela manifesta, em antropologia, a conceição daquela fé sobre Deus, sobre o mundo e e sobre o homem". De acordo ! Por isso é que o Concílio Vaticano II persiste e assina : "Corpo e alma, mas realmente um só, o homem, na sua condição corporal, reune em si mesmo os elementos do mundo material, os quais encontram assim nele o seu cume e podem livremente louvar o seu Criador. Portanto, é proibido ao homem desdenhar a vida corporal. Pelo contrário, tem de estimar e respeitar o seu corpo, criado por Deus e prometido à ressurreição no último dia" "("GS 14,1). E o Catecismo de 1992 (n.365.368), precisa ao mesmo tempo que "o espírito e a matéria, no homem, não são duas naturas unidas" mas que "a sua união forma uma natura única", e acrescenta : "A tradição espiritual da Igreja insiste também no coração, no sentido bíblico de " fundo do ser humano (Jr 31,33) onde a pessoa opta ou não por Deus "

       Quem somos nós ? O que é uma pessoa humana ? É uma criatura que se encontra no ponto onde se reunem todas as criaturas. Os anjos são puros espíritos. Os animais, os vegetais e os minerais não têm alma espiritual. O ser humano só é quem une o mundo espiritual e o mundo material. É, por assim dizer, um " microcosmo ", um resumo de toda a criação. Aqui está a sua grandeza. Mas é muito difícil ele estar à altura do seu ser !.

       O Concílio, no trecho já citado advertia para se defender contra um espiritualismo exagerado e também contra um desprezo do corpo. Isso encontra-se a todos os níveis da vida humana, até à realidade religiosa, e não só ao nível biológico. O Cardeal Ratzinger escrevia : " Para nós, homems de hoje, o escândalo fundamental do cristianismo reside primeiro na exterioridade cuja vida religiosa aparece atacada. Para nós é um escândalo que Deus deva ser comunicado por meio dum sistema exterior : a Igreja, os sacramentos, o dogma, a simples pregação "

       No evangelho de hoje, é mais a tendência contrária que se encontra censurada. Mas sempre é o desvio da mesma verdade, a verdade que é a unidade do corpo e da alma.. Podem separar a alma e o corpo, seja menosprezando o corpo pela exaltação, seja menosprezando a alma por amor exagerado do corpo. Aquele cujo corpo não exprime com fidelidade os movimentos da alma, cuja alma não fica mergulhada na luz da graça, aquele é " hipócrita " e " impuro ". Não se trata aqui só daqueles que cometem " o pecado de carne ", como somos ainda demesiadamente tentados de pensar, por causa do puritanismo, do jansenismo ! Jesus diz que o homem se torna impuro pelos adultérios e pela libertinagem, está certo, mas também pelo mau comportamento, roubos, assassínios… cobiça, maldades, fraudes… inveja, difamação, orgulho e excessos.

       O Catecismo (n.2518), comparando este ensinamento de Jesus com a Bem-aventurança dos " corações puros ", comenta : "Os corações puros apontam aqueles que uniram a inteligência e a vontade às exigências da vontade de Deus, nomeadamente em TRÊS domínios : a caridade, a castidade ou rectidão sexual, o amor da verdade e a ortodoxia da fé. Há uma relação entre a pureza de coração, do corpo e da fé". Segue uma citação admirável de Sto Agostinho, que mostra bem a natureza daquela relação : os fiéis têm de acreditar nos artigos do Símbolo, "afim de que crendo, obedeçam a Deus ; obedecendo, vivam bem ; vivendo bem, purifiquem o seu coração, e purificando o coração, percebam o que crêem".

       Na Imitação de Jesus Cristo podemos ler também : "Duas asas levantam o homem por cima das coisas terrenas : a simplicidade e a pureza. A simplicidade deve estar na intenção, a pureza na afeição. A simplicidade orienta para Deus ; a pureza encontra-O e ama-O… Se o teu coração fosse simples e puro, verias e perceberias tudo sem dificuldade. Um coração puro penetra o Céu e a terra. Como está a gente, assim julga."

       "Sim, amanhã, veremos a Deus face a face, mas desde agora o coração puro vê à maneira de Deus. Julga tudo à luz de Deus. Tão simples é a vida quand nela se vive de Deu. " (Jean-Louis Bruguès)

       Ja falei nos anjos. No Apocalipse (18,12), João vê um anjo a descer do céu. Tinha recebido uma autoridade tão grande que a terra foi iluminada pela sua glória. E gritou duma voz poderosa : "Caiu, caiu, Babilónia a grande ! Eis que se tornou uma cova de demónios, uma cova de todas as aves impuras, uma cova de todas as feras impuras e repugnantes !"

       Agora cabe-nos de escolher Deus ou o demónio, entre Santa "Aparência" ou Santa Maria. Pelo baptismo somos todos chamados à evangelização. Que Aquela que é invocada como Estrela da Evangelização, a Virgem ao coração puro, nos ajude a nos purificar também e a nos converter de falsos para verdadeiros apóstolos!



Tradução : G.Jeuge

Liturgie de la Parole 26° Dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : L'Esprit de Dieu souffle où il veut (Nb 11, 25-29)


Lecture du livre des Nombres

Le Seigneur descendit dans la nuée pour s'entretenir avec Moïse. Il prit une part de l'esprit qui reposait sur celui-ci, et le mit sur les soixante-dix anciens du peuple. Dès que l'esprit reposa sur eux, ils se mirent à prophétiser, mais cela ne dura pas.
Or, deux hommes étaient restés dans le camp ; l'un s'appelait Eldad, et l'autre Médad. L'esprit reposa sur eux ; bien que n'étant pas venus à la tente de la Rencontre, ils comptaient parmi les anciens qui avaient été choisis, et c'est dans le camp qu'ils se mirent à prophétiser.
Un jeune homme courut annoncer à Moïse : « Eldad et Médad prophétisent dans le camp ! »
Josué, fils de Noun, serviteur de Moïse depuis sa jeunesse, prit la parole : « Moïse, mon maître, arrête-les ! »
Mais Moïse lui dit : « Serais-tu jaloux pour moi ? Ah ! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux, pour faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! »



Psaume : 18, 8, 10, 12-13, 14

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R/ La loi du Seigneur est joie pour le cœur.


La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ; 
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

La crainte qu'il inspire est pure,
elle est là pour toujours ; 
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables.

Aussi ton serviteur en est illuminé ;
à les garder, il trouve son profit.
Qui peut discerner ses erreurs ?
Purifie-moi de celles qui m'échappent.

Préserve aussi ton serviteur de l'orgueil :
qu'il n'ait sur moi aucune emprise. 
Alors je serai sans reproche,
pur d'un grand péché.



2ème lecture : Contre la richesse (Jc 5, 1-6)


Lecture de la lettre de saint Jacques

Écoutez-moi, vous, les gens riches ! Pleurez, lamentez-vous, car des malheurs vous attendent.
Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites,
votre or et votre argent sont rouillés. Cette rouille vous accusera, elle dévorera vos chairs comme un feu. Vous avez amassé de l'argent, alors que nous sommes dans les derniers temps !
Des travailleurs ont moissonné vos terres, et vous ne les avez pas payés ; leur salaire crie vengeance, et les revendications des moissonneurs sont arrivées aux oreilles du Seigneur de l'univers.
Vous avez recherché sur terre le plaisir et le luxe, et vous avez fait bombance pendant qu'on massacrait des gens.
Vous avez condamné le juste et vous l'avez tué, sans qu'il vous résiste.



Evangile : Contre le sectarisme et contre le scandale (Mc 9, 38-43.45.47-48)


Acclamation : Ta parole, Seigneur, est vérité : dans cette vérité, consacre-nous. (Jn 17, 17)



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jean, l'un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu'un chasser des esprits mauvais en ton nom ; nous avons voulu l'en empêcher, car il n'est pas de ceux qui nous suivent. »
Jésus répondit : « Ne l'empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
celui qui n'est pas contre nous est pour nous.
Et celui qui vous donnera un verre d'eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.
Celui qui entraînera la chute d'un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu'on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu'on le jette à la mer.
Et si ta main t'entraîne au péché, coupe-la. Il vaut mieux entrer manchot dans la vie éternelle que d'être jeté avec tes deux mains dans la géhenne, là où le feu ne s'éteint pas.
Si ton pied t'entraîne au péché, coupe-le. Il vaut mieux entrer estropié dans la vie éternelle que d'être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne.
Si ton oeil t'entraîne au péché, arrache-le. Il vaut mieux entrer borgne dans le royaume de Dieu que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne,
là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s'éteint pas. »

Copyright AELF - 1980 - 2009 - Tous droits réservés

De l'angoisse à la foi, quelle croisière! - Homélie 12° dimanche du TOB

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
De l'angoisse à la foi, quelle croisière! - Homélie 12° dimanche du TOB

Le Seigneur ne manque point d'humour. Il nous rappelle aujourd'hui que les tempêtes, aussi bien que les pêches miraculeuses, font bel et bien partie du "Temps Ordinaire" qui vient de recommencer. Après la longue cure de désintoxication du péché au cours du Carême, suivi du stage d’'entraînement à la vie éternelle du Temps pascal, notre foi devrait être bardée contre tout doute et tout adversaire pour nous permettre d'affirmer tranquillement : "Même pas peur!". 

Dans l’'itinéraire de l’'Évangile de S. Marc aussi, les Apôtres, durant plusieurs chapitres, ont été témoins des hauts faits et paroles du Seigneur. Dans une première étape, S. Marc nous avait présenté, en une double séquence, d'’abord une série d'’actes de Jésus dans la journée-type de Jésus (1, 21-45), puis une série de paroles de Jésus, dans le cadre de cinq controverses. La deuxième étape est composée de la même manière, mais dans un ordre inversé : après l'’institution des Douze (ch. 3), nous trouvons d’'abord une série de paroles de Jésus sous forme de paraboles (4, 1-34), puis une série de gestes puissants de Jésus (4, 35 – 6,6).

Les disciples qui, au lieu de se tenir "dehors" sans rien comprendre aux paraboles, se sont laissé ébranler par l’'enseignement de Jésus qui ouvre au mystère du Règne de Dieu, sont maintenant "entraînés" par lui dans une sorte de leçon de choses, par un enseignement, non plus en paraboles, mais en actes, au cours d'’une virée dans la région du Lac de Galilée. Après le stage en haute montagne, c'est l'heure des matchs préparatoires. Durant cette tournée, ils vont être témoins de l’'action puissante de leur Maître : il domine les éléments et les forces du mal (Satan), il arrache l’'humanité à la maladie et à la mort… C'’est ainsi que la crainte et la peur font place peu à peu à la foi. Notons que l’'évangile ne parle pas de miracles, mais de "dynameis" : des gestes puissants pleins de sens.

Mais ce véritable exode, qui part du doute et de la peur pour aboutir à la foi et la confiance, n’'est pas gagné d’avance. La non-foi aussi est possible. Voilà pourquoi S. Marc notera au passage l’'incroyance de l’'entourage et de la parenté de Jésus de Nazareth, qui entrave l'’action de Jésus. La question qui se pose alors, c'’est : où donc se situe en nos vies la frontière entre la foi et le doute ? Pas moyen de le savoir, sinon grâce aux épreuves que Dieu permet, non pas pour qu'’il puisse nous tester (il sait très bien), mais pour que nous sachions, nous, où nous en sommes, pour ne pas que nous soyons victimes du plus grand danger : celui de croire ... que nous croyons.

Et la première épreuve qui est proposée, c’'est la tempête. On apprend à l’'école que, sur l'ensemble de la superficie de la terre, les eaux recouvrent 361 millions de kilomètres carrés, soit 71% de la superficie du globe terrestre. Qui d'entre nous, à l'aube, ou au coucher du soleil, quand la mer fourmille de petites lumières qui sont comme des lucioles enchâssées sur l'étendue de l'eau, au clair de lune, de la véranda d'une maison, ou le long d'une plage, ne s'est pas arrêté pour contempler la mer, ou plutôt l'une des nombreuses mers ou océans qui recouvrent la surface de la terre avec une abondance si extraordinaire ? Peut-être même avons-nous eu le privilège de nous extasier devant la douce beauté du lac même sur lequel Jésus avait entraîné les siens… Mais qui d’'entre nous n’a pas, au moins par les images d'’un film de fiction, du journal télévisé ou d’'un documentaire, si ce n’est par sa propre expérience, été témoin aussi d’'une tempête, d'un ouragan, d'un cyclone ? Et lorsque la tempête survient, alors que l’'on se trouve, non pas sur la terre ferme, mais en pleine mer, cette expérience se transforme alors en cauchemar.

Les Apôtres, dont certains étaient pourtant des pêcheurs aguerris, mais dont la frêle embarcation n'’était qu'’un jouet pour la fureur des flots, se voyaient perdus. À leur décharge, il faut dire que la lecture de l'’Ancien Testament, où domine une attitude de crainte vis-à-vis de la mer, n’'avait pas de quoi les rassurer beaucoup. On y parle de l'’eau du déluge et d'’abîmes insondables, qui évoquent plus la mort et les tragédies qu’'une croisière de rêve au bord du Queen Mary II, quoi que...… Souvenons-nous de l’'aventure du Titanic ! Dans les mythologies païennes la mer est souvent divinisée. C’'est un moyen comme un autre pour exorciser sa peur, mais un moyen qui coûte cher, puisqu’'à l’'idole, il faut offrir des sacrifices, même humains. Nous autres, croyants du 21e siècle, avons de la peine à nous imaginer ce que doit être la furie des flots pour un athée qui s'’y trouve. Pourtant, c’'est une certitude scientifique (cf. la revue ‘Science et Vie’ d’'août 2005) : croire en Dieu augmente l’'espérance de vie sur terre (de 29 %, selon une synthèse, datant de 2002, de 42 études médicales, menées entre 1977 et 1999, concernant 126.000 personnes !), parce que la foi en Dieu permet de réduire l’'angoisse, parce que les religions apportent des réponses aux interrogations les plus profondes de l'’homme.

Est-ce une bonne nouvelle ? Pas franchement, car l’'article en question dit ceci :

"Peu importe le nom du dieu qu’'elles élisent, la genèse qu’'elles décrivent ou la nature du paradis qu’'elles promettent, toutes (les religions) produisent un discours qui, chacun à sa manière, apporte une réponse à ce qui étreint l’'homme lorsqu'’il songe à sa condition."

En d'’autres mots : peu importe si ces religions sont dans la vérité ou pas, pourvu qu’'on y croie.… C’'est un argument qui, mine de rien, peut se retourner, et qu’'on n'a pas manqué de retourner, contre la foi chrétienne. On l’'accuse d’'être une croyance pour les faibles, ("l’'opium du peuple") et, au contraire, on vante le mérite de l’'incroyant qui, lui, au moins, a le courage d’'affronter la dure réalité sans ingérer des anxiolytiques. C'’est vrai, peut-être, et dans une certaine mesure, pour les religions païennes. Est-ce vrai aussi pour la foi chrétienne ? La Bible souligne que seul Yahvé, le VRAI Dieu, peut se rendre maître de la fureur des flots qui impressionne tant et devant laquelle l'’homme se sent si petit (1e lecture). Pensons aussi aux grandes interventions de Dieu qui font échapper ses amis aux naufrages et aux inondations : le déluge, le passage de la mer Rouge, les Israélites qui avaient voyagé en mer (psaume 106). Et puis chacun connaît l’'histoire de Jonas. Tout cela les Apôtres le savaient, et sans doute mieux que le chrétien moyen aujourd'hui. Ce qu’'ils devaient encore apprendre, ou plutôt croire, c’'est que ce Dieu qui seul peut calmer la fureur des flots, et que ce Dieu, c’'est Jésus qui est avec eux dans la barque en train de dormir.

Pour l'instant, il n’'en sont encore qu’'à se poser des questions : "Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : ‘Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent ?’" Ou, plus exactement, ce Jésus, à qui ils s'’adressent dans leur angoisse, comme, dans le psaume, le naufragé s’'adresse à Dieu, réclame d’'eux ce que seul le vrai Dieu est en droit de réclamer de ses créatures humaines, à savoir : une confiance absolue et inconditionnelle, tempête apaisée ou non : "Jésus leur dit : ‘Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ?’" Et l’'on a vraiment l’'impression que si Jésus apaise la tempête, ce n’'est pas pour récompenser leur foi ; c’'est plutôt pour venir en aide à leur manque de foi, en espérant qu'’une prochaine fois, il n’'aura pas besoin de leur prouver de nouveau sa puissance.

Et c’'est ainsi seulement, de tempête apaisée à tempête non apaisée, que nous pouvons, peu à peu, très lentement - trop lentement - faire notre exode de l’'angoisse à la foi. Voilà donc le véritable courage, celui de la vérité, qui n'’est ni un opium ni un anxiolytique, mais qui rend vraiment libre, libre pour aimer, et pour perdre notre vie, afin de sauver celle de nos frères.

C’'est Jésus lui-même qui nous en donne un exemple parfait. Quand la tempête fait rage dans son Cœur au Jardin des Oliviers, il ne dédaigne pas "réveiller" son Père : "Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe." (Mc 14, 36) Mais il le fait en toute tranquillité, si j’'ose dire, comme la prière toute simple de la Vierge Marie à Cana : "Ils n’ont pas de vin" (Jn 2, 3). Et tout comme Jésus au Jardin de l'’Agonie ajoute : " …Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux", Marie dira aux serviteurs : "Faites tout ce qu'’il vous dira." (v. 5) Et pendant ce temps, qui dormait : Dieu ?… Ou les apôtres ?

Je pense aussi à S. Thomas More, dans sa prison de la Tour de Londres, méditant l’'agonie de Jésus ; et à l’'admirable dernière lettre de Giovanni Mazzucconi, né en 1826, de l'Institut Pontifical pour les Missions Étrangères de Milan (P.I.M.E.), et qui a été martyrisé en 1855 (il avait 29 ans) dans l'île Woodlark en Papouasie - Nouvelle-Guinée. Il a été béatifié par Jean-Paul II le 19 février 1984.

Mais en général, comme le dit la chanson : "Pour faire un homme, (un vrai, un croyant), mon Dieu, que c'’est long !". Et dire que Dieu, dans son atelier, ne s’'énerve pas pour autant….

"Fais-nous vivre à tout moment, Seigneur, dans l’'amour et le respect de ton saint nom, toi qui ne cesses jamais de guider ceux que tu enracines solidement dans ton amour." (prière d'’ouverture).

Les tempêtes, écoles de prière - Homélie 12° dimanche du T.O.B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

Pourquoi Jésus, qui est Dieu, et donc tout-puissant, s'est-il endormi juste au moment où ses disciples angoissés traversent une tempête ? Au jardin des Oliviers il se plaindra de ce que ses amis dorment au lieu de veiller avec lui, mais ici, c'est lui qui dort !

 

Voilà une question qui, comme un pavé dans la mare, n'a pas manqué de troubler plus d'un d'entre nous, même sans prendre le bateau (ou l'avion) ... Car chacun de nous, tôt ou tard, traverse des turbulences dans sa vie, pour emprunter une image au domaine de l'aviation. Certaines catastrophes aériennes sont encore fraîches dans nos mémoires.

 

En fait, dans cette vallée de larmes, dire que les tempêtes sont monnaie courante n'est pas exagéré. Elles sont la règle. Cela peut être la maladie longue et pénible d'un proche, la mort d'un enfant chéri, les dégâts causés par l'infidélité conjugale ou par la drogue dans telle famille, les ravages d'une guerre, une catastrophe naturelle, la faillite d'une entreprise, ou, tout simplement, une solitude insupportable.

 

Pourquoi le Tout-Puissant dort-il dans la barque de notre vie pendant que la tempête se déchaîne ?

 

Le Catéchisme (n. 324) nous enseigne sans ambages que nous ne pouvons pas comprendre pleinement la manière dont Dieu agit dans notre vie tant que nous ne le voyons pas face à face, c'est-à-dire après notre mort.

 

La permission divine du mal physique et du mal moral est un mystère que Dieu éclaire par son Fils, Jésus-Christ, mort et ressuscité pour vaincre le mal. La foi nous donne la certitude que Dieu ne permettrait pas le mal s'il ne faisait pas sortir le bien du mal même, par des voies que nous ne connaîtrons pleinement que dans la vie éternelle.

 

Mais nous pouvons comprendre Dieu partiellement si nous tenons compte de son planning dans nos vies. Le planning de Dieu pour notre bref séjour sur la terre n'est pas un confort parfait et une partie de plaisir ininterrompu. Dieu veut plutôt que nous parvenions à la vraie sagesse, le courage, la joie et l'équilibre intérieur d'une bonne maturité spirituelle. Et cela comprend l'apprentissage de la confiance en lui, plutôt qu'en nous-mêmes, apprentissage qui passe par l'expérience de nos limites. Nous ne sommes pas, nous, tout-puissants... Et c'est un apprentissage qui est dur, car il contredit tout ce que nous avons hérité du péché originel.

 

Et c'est pour cela que, parfois, Dieu s'endort dans nos barques alors que la tempête fait rage, pour que nous puissions apprendre à accepter la réalité de nos limites et la nécessité de notre dépendance radicale envers lui.

 

Voici, à titre d'exemple, une anecdote qui nous rappelle, si besoin est, les limites de nos possibilités humaines. Si, un jour, vous avez l'occasion d'aller à Boston, ne manquez pas d'y visiter le musée Gardiner. Vous pourrez  acheter, au magasin de souvenirs à l'accueil, le poster d'une magnifique peinture de Rembrandt qui dépeint justement la scène de l'évangile de ce jour. Dans ce chef d'œuvre le peintre représente, non pas une petite barque, mais un puissant navire, mais balloté par les vagues comme un petit bouchon, tandis que les Apôtres paniquent en voyant les voiles se déchirer. Jésus est montré au moment où il se réveille de son petit somme. Vous pouvez acheter le poster au magasin des souvenirs, mais si vous vous rendez à la galerie Rembrandt du musée pour admirer la peinture originale, vous aurez la mauvaise surprise de découvrir un cadre vide.

 

 

 

 

Que s'est-il passé ? Eh bien, le 18 mars 1990, vers deux heures du matin, cette peinture a été dérobée par deux voleurs déguisés en agents de police. Ils ont découpé la toile et l'ont emportée, de même que deux autres œuvres, pour une valeur totale d'à peu près 500 millions de dollars. C'est un des cambriolages les plus spectaculaires de l'histoire de l'art moderne. Aujourd'hui on cherche toujours les voleurs, malgré les efforts considérables de la FBI, avec l'assistance de Scotland Yard, de directeurs de musée, de marchands d'œuvres d'art, des autorités japonaises et françaises et une armée de détectives privés, en dépit aussi de centaines d'interviews, d'offres d'immunité, d'une récompense de 5 millions de dollars, de messages codés publiés par le musée dans le Boston Globe et des tonnes d'encre ainsi que des kilomètres de pellicule consacrés au sujet. Tous ces efforts humains à grand renfort de puissance, d'argent et d'intelligence des organisations culturelles et de lutte contre le crime sont restés vains.

 

Nous ne sommes pas tout-puissants. Nous avons besoin de la main de Dieu pour nous guider.

Apprendre à accepter ses limites et notre dépendance vis-à-vis de Dieu est difficile spécialement dans le monde moderne qui met une foi quasi-religieuse dans sa technologie avancée. Mais force est de constater que des problèmes restent sans solution. Le mythe du progrès scientifique tend alors à nous convaincre que ce n'est qu'une question de temps pour les résoudre, mais c'est un mirage, car nous ne pouvons pas faire le ciel sur la terre ; nous ne pouvons pas nous sauver nous-mêmes, pas même retrouver des œuvres d'art dérobées. La foi en la science nous séduit pour deux raisons :

 

Premièrement parce qu'elle est tellement répandue dans la culture moderne. On la retrouve partout, dans les campagnes publicitaires, sur les écrans de cinéma et dans les feuilletons de la télévision. Elle constitue même un argument pour les activistes qui s'efforcent de promouvoir l'avortement et le « mariage » homosexuel. C'est un effort de résoudre le problème des grossesses non désirées et les orientations sexuelles déréglées, non pas en cherchant le secours du Seigneur pour atteindre le bonheur qu'il a préparé pour nous, mais en s'efforçant de redéfinir (de fabriquer une nouvelle définition) de l'être humain.

 

La deuxième raison pour laquelle cette foi dans le progrès de la science est si séduisante est qu'elle nous flatte, à la manière du serpent qui avait dit à la femme : « Vous serez comme des dieux ». Mais c'est un mensonge aussi grotesque aujourd'hui qu'au commencement de l'humanité. Alors, Dieu continue de nous donner des occasions - des tempêtes - pour nous apprendre à mettre notre confiance en lui, pour lui remettre nos illusions d'auto-déification.

 

Comment pouvons-nous tirer profit au maximum de ces occasions ? Le moyen par excellence est la prière, c'est d'apprendre à mieux prier. C'est en se tournant vers Jésus, endormi à l'arrière de la barque, que les Apôtres ont découvert sa grandeur et ont survécu à la tempête. La prière, c'est notre manière à nous de nous tourner vers le Seigneur, pour découvrir la beauté et la sagesse qui se cachent dans le planning de Dieu. La prière, c'est l'école où nous exerçons et fortifions la foi qui permet à Jésus, le Prince de la Paix, de devenir le Seigneur de nos vies, pas seulement en théorie, mais aussi en pratique.

 

Aujourd'hui, alors que Jésus renouvelle son engagement envers nous dans cette Eucharistie, demandons-lui d'être notre force parmi les tempêtes de la vie, et promettons-lui de renouveler notre engagement à devenir des experts en prière.

 

 

 

Lectures 12° Dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Dieu maître de la mer (Jb 38, 1.8-11)

 

Lecture du livre de Job

Du milieu de la tempête, le Seigneur répondit à Job :
"Qui donc a retenu la mer avec des portes, quand elle jaillit du sein de l'abîme ;
quand je fis de la nuée son vêtement, et l'enveloppai de nuages pour lui servir de langes ; quand je lui imposai des limites, et que je disposai les portes et leurs verrous ? Je lui dis : 'Tu viendras jusqu'ici ! tu n'iras pas plus loin, ici s'arrêtera l'orgueil de tes flots !'"
 
 
 

Psaume : 106, 21a.22a.24, 25-26a.27b, 28-29, 30-31

R/ Rendons grâce au Seigneur qui seul fait des merveilles.

Qu'ils rendent grâce au Seigneur de son amour,
qu’ils offrent des sacrifices de louange,
ceux qui ont vu les oeuvres du Seigneur
et ses merveilles parmi les océans.

Il parle, et provoque la tempête,
un vent qui soulève les vagues :
portés jusqu'au ciel, retombant aux abîmes,
leur sagesse était engloutie.

Dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur,
et lui les a tirés de la détresse,
réduisant la tempête au silence,
faisant taire les vagues.

Ils se réjouissent de les voir s'apaiser,
d'être conduits au port qu'ils désiraient.
Qu'ils rendent grâce au Seigneur de son amour,
de ses merveilles pour les hommes.


 
 

2ème lecture : Créatures nouvelles en Jésus Christ (2Co 5, 14-17)

 

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, l'amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu'un seul est mort pour tous, et qu'ainsi tous ont passé par la mort.
Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n'aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux.
Désormais nous ne connaissons plus personne à la manière humaine : si nous avons compris le Christ à la manière humaine, maintenant nous ne le comprenons plus ainsi.
Si donc quelqu'un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s'en est allé, un monde nouveau est déjà né.


 

Evangile : La tempête apaisée (Mc 4, 35-41)

 
Acclamation : Venez et voyez les hauts faits de Dieu : la voix du Seigneur domine les vents, le Seigneur apaise le fracas de la mer. (Ps 65, 5 ; 28, 3 ; 64, 8)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule en paraboles. Le soir venu, il dit à ses disciples : « Passons sur l'autre rive. »
Quittant la foule, ils emmènent Jésus dans la barque, comme il était ; et d'autres barques le suivaient.
Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait d'eau.
Lui dormait sur le coussin à l'arrière. Ses compagnons le réveillent et lui crient : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il interpelle le vent avec vivacité et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit : « Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ? »
Saisis d'une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »
 


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 
Lectures 12° Dimanche du Temps Ordinaire B

Si Jésus revenait ... Mais il est là ! - Homélie 3 Pâques B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Aujourd’hui, S. Luc, à sa manière, montre que l’intelligence des Écritures est le plus grand don du Ressuscité, et que le plus grand fruit de cette intelligence, ou plutôt, cette intelligence elle-même, est de savoir que, quand il disparaît au regard, il demeure présent à la foi.

Aujourd’hui, S. Luc, à sa manière, montre que l’intelligence des Écritures est le plus grand don du Ressuscité, et que le plus grand fruit de cette intelligence, ou plutôt, cette intelligence elle-même, est de savoir que, quand il disparaît au regard, il demeure présent à la foi.

    Combien de fois n’avons-nous pas dit ou entendu dire : "Si Jésus revenait aujourd’hui…" ? Suit alors habituellement une énumération plus ou moins longue et (im)précise de choses que nous aimerions voir changer dans l’Église et dans le monde. L’erreur est fatale, et le chemin que nous voulions tracer sans issue, pour la simple raison que Jésus, IL EST LÀ !


    Un journaliste demandait un jour à Mère Teresa ce qu’il faudrait changer pour que cela aille mieux dans l’Église et dans le monde. La réponse est venue, simple et limpide : "Ce qu’il faudrait changer ? Mais vous et moi, cher monsieur !" Ce changement, nous l’appelons conversion :

 

Convertissez-vous donc, et revenez à Dieu pour que vos péchés soient effacés (1e lect).

    Cette conversion n’est pas d’abord morale. Se convertir signifie passer de l’incrédulité à la foi. C’est le mouvement fondamental de notre baptême, dont nous avons fait (pour les néophytes – ceux qui viennent d’être baptisés) ou renouvelé la profession durant la veillée pascale : "Renoncez-vous… ? – Croyez-vous… ?" Nous avons commencé ce mouvement ; il nous reste à le continuer ensemble. Étant passés de l’incrédulité à la foi, nous devons maintenant passer "de la foi à la foi" (Rm 1, 17), d’une foi d’enfant à une foi adulte … qui consiste à devenir comme des enfants. C’est-à-dire qu’après avoir appris à faire un pas, nous devons en faire une deuxième, puis un troisième. Et cela ne va pas sans tomber. Rien n’est jamais acquis.

    Les disciples venaient de reconnaître le Seigneur à la fraction du pain. Voilà qu’il réapparaît. Et S. Luc nous dit que "frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit." La veille au soir Jésus leur avait dit :

 

Vous n’avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire…

 

    Il constate qu’ils ont une connexion à bas débit et il leur conseille de prendre une connexion à haut débit. Ils n’ont pas (encore) suivi le conseil. Comme eux, il faut sans cesse nous relever et recommencer jusqu'à la "plénitude du Christ" :

 

Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ (Ép 4, 13).

 

    En ce troisième dimanche de Pâques n’allons donc pas faire comme les pharisiens. Ne disons pas : "Moi, ça y est ! Je suis converti. Je suis croyant." En parlant de la justification par la foi Luther remarquait :

 

Il y en a qui considèrent avec légèreté ces paroles concernant la grâce et disent témérairement : Qui ne sait que sans la grâce il n’y a rien de bon en nous ? Et ils croient bien comprendre ces choses. De plus, lorsqu’on leur demande s’ils considèrent comme une chose de rien leur justice, ils s’écrient aussitôt : Certainement, j’en suis sûr ! C’est un aveuglement lamentable et grave qu’ils s’estiment ainsi parvenus au plus haut degré de perfection, alors qu’ils n’en ont pas la moindre compréhension et n’en connaissent pas le goût. Comment un homme peut-il être plus orgueilleux que lorsqu’il ose s’affirmer pur de tout orgueil et de toutes inclinations mauvaises ?
    Reconnaissons donc que souvent nous avons, nous aussi, "agi dans l’ignorance" (1e lect.), et que notre ignorance est coupable (2e lect.). Reconnaissons aussi que le don du Ressuscité est de nous faire passer de cette ignorance coupable à "l’intelligence des Écritures" (Évangile).

    Dans l’Évangile de dimanche dernier, S. Jean nous a montré comment Jésus ressuscité amène ses disciples, et après eux les futurs croyants, à la maturité de la foi, à croire sans voir, mais non sans bonheur, en s’appuyant uniquement sur l’annonce des premiers témoins.

    Aujourd’hui, S. Luc, à sa manière, montre que l’intelligence des Écritures est le plus grand don du Ressuscité, et que le plus grand fruit de cette intelligence, ou plutôt, cette intelligence elle-même, est de savoir que, quand il disparaît au regard, il demeure présent à la foi.

    Non que la foi entraîne la présence ! C’est le contraire : c’est la présence du Ressuscité, et non pas une ou deux rencontres furtives seulement, qui provoque à la foi. Quand Jésus leur apparaît, il ne vient pas du dehors. Il n’entre pas : il était déjà présent. Quand il disparaît à leur regard, il ne s’en va pas : il reste avec eux.

    La communion de l’Église, nous rappelait Benoît XVI dans une catéchèse, n’est pas seulement une réalité qui s’étend dans l’espace. Elle s’étend aussi dans le temps. Jésus-Christ, le même hier, aujourd’hui, à jamais !

Procession des Rameaux - Année B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B
Procession des Rameaux - Année B

Evangile : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Mc 11, 1-10)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Lorsqu’ils approchent de Jérusalem,
vers Bethphagé et Béthanie,
près du mont des Oliviers,
Jésus envoie deux de ses disciples
              et leur dit :
« Allez au village qui est en face de vous.
Dès que vous y entrerez, vous trouverez un petit âne attaché,
sur lequel personne ne s’est encore assis.
Détachez-le et amenez-le.
                   Si l’on vous dit :
‘Que faites-vous là ?’,
répondez :
‘Le Seigneur en a besoin,
mais il vous le renverra aussitôt.’ »
          Ils partirent,
trouvèrent un petit âne attaché près d’une porte,
dehors, dans la rue,
et ils le détachèrent.
Des gens qui se trouvaient là leur demandaient :
« Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? »
          Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit,
et on les laissa faire.
          Ils amenèrent le petit âne à Jésus,
le couvrirent de leurs manteaux,
et Jésus s’assit dessus.
          Alors, beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin,
d’autres, des feuillages coupés dans les champs.
          Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient :
« Hosanna !
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
                   Béni soit le Règne qui vient,
celui de David, notre père.
Hosanna au plus haut des cieux ! »

          – Acclamons la Parole de Dieu.

 

OU BIEN

Evangile : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Jn 12, 12-16)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
quelques jours avant la Pâque,
          la grande foule venue pour la fête
apprit que Jésus arrivait à Jérusalem.
          Les gens prirent des branches de palmiers
et sortirent à sa rencontre.
Ils criaient :
« Hosanna !
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Béni soit le roi d’Israël ! » 
          Jésus, trouvant un petit âne, s’assit dessus,
comme il est écrit :
                   Ne crains pas, fille de Sion. 
Voici ton roi qui vient, 
assis sur le petit d’une ânesse. 
          Cela, ses disciples ne le comprirent pas sur le moment ;
mais, quand Jésus fut glorifié,
ils se rappelèrent que l’Écriture disait cela de lui :
c’était bien ce qu’on lui avait fait.

          – Acclamons la Parole de Dieu.

 
Procession des Rameaux - Année B

Publication du Directoire homélitique

dominicanus
Publication du Directoire homélitique
Cité du Vatican, le 10 Février 2015 (VIS). La Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements publie aujourd'hui le Directoire homélitique, qui s'ouvre par un décret de son ancien Préfet, le Cardinal Antonio Cañizares Llovera, en date du 29 juin dernier: Il est significatif, écrit-il, "que le Pape François ait consacré une place considérable à l'homélie dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium. Le Synode des évêques avait mis en lumière les défauts en la matière sujet, à la suite d'ailleurs des exhortations post-synodales Verbum Domini et Sacramentum Caritatis de Benoît XVI. Le présent directoire a également pris en compte les indications de la Constitution concilaire Sacrosanctum Concilium, tout comme du Magistère successif ou des Praenotanda de l'Ordo Missae Lectionum et de l'Institutio Generalis Missalis Romani. Le présent Directoire homilétique est articulé en deux parties.
 
La première partie, intitulée L'homélie et le contexte liturgique, décrit la nature, le rôle, le contexte et certains de ses aspects: Le Ministre ordonné seul compétent, la référence à la Parole de Dieu, sa préparation et ses destinataires.
 
Dans la deuxième partie, Ars Praedicandi, fournit la méthodologie et la substance de ce que le prédicateur doit connaître et prendre en considération lors de la préparation de son homélie et de prononciation. Des clefs de lecture sont proposés, de manière indicative et non exhaustive, pour les messes du cycle dominical et festif selon l'année liturgique (Triduum et temps pascal, Carême, Avent, temps de Noël et temps ordinaire), avec des indications pour la messe quotidienne, la messe de mariage et la messe de funérailles. Sont explicités les exemples et critères mis en évidence dans la première partie, à savoir la typologie entre l'Ancien et le Nouveau Testament, l'importance de l'Evangile, l'ordre des lectures, les liens entre liturgie de la Parole et liturgie eucharistie, le message biblique, le rapport entre la célébration et la vie, entre l'écoute de Dieu et l'assemblée.
 
Le document est suivi de deux annexes. Dans la première, afin de montrer la relation entre l'homélie et la doctrine, on fournit des références prises dans le Catéchisme à propos des sujets des lectures du dimanche selon des trois cycles annuels. La deuxième annexe propose des références aux textes de documents du magistère relatifs à l'homélie.
 
Soumis à l'approbation des Membres de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, après avoir été examiné et approuvé lors des réunions ordinaires des 7 février et 20 mai 2014, le document a été présenté au Saint-Père, qui a approuvé sa publication. La Congrégation ose espérer que grâce au Directoire homélitique l'homélie soit toujours plus une expérience intense et heureuse de l'Esprit, une rencontre réconfortante avec la Parole, une source constante de renouveau et de croissance, ainsi que l'a recommandé Evangelii Gaudium. Chaque homélie, dans le sillage de l'Apôtre Paul, doit exprimer une conviction: Dans la mesure où Dieu nous a jugé aptes à recevoir en garde l'Evangile, nous ne devons pas plaire aux hommes, mais à Dieu, qui juge notre intentions.
 
 
A charge des Conférences épiscopales, les traductions dans les principales langues seront supervisés par le dicastère, et rendues définitives quelles que soient les objections contraires".
 
Publié VIS Archive

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