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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Benoît XVI, Motu proprio pour encadrer le service de la charité

dominicanus #Il est vivant !

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Le service de la charité fait partie, selon le Pape, des priorités de l’Eglise, car il s’agit d’une « dimension constitutive » de sa mission. En 2005, Benoît XVI a consacré sa première encyclique Deus Caritas Est à la charité. Le Pape publie ce samedi un motu proprio sur ce même thème « Intima Ecclesiae natura ». Le Motu proprio Acte législatif pris et promulgué par le Pape, agissant de sa propre initiative, en pleine connaissance de cause, et non pour répondre à une sollicitation. Cet acte équivaut à un décret qui précise des règles d’administration et d’organisation dans l’Eglise. C’est dire l’importance qu’il attache à ce thème.

 
Le service de la charité est l’une des trois expressions de la nature profonde de l’Eglise, avec l’annonce de la Parole de Dieu et la célébration des Sacrements. Benoît XVI l’avait déjà écrit dans sa première encyclique et il le rappelle dès le début de ce nouveau document qui porte la date du 11 novembre. Or ce service exige une organisation pour un service communautaire ordonné. 


Un cadre juridique pour ordonner tout mouvement écclesial au service de la charité


Dans son encyclique Deus Caritas Est, Benoît XVI observait que « le Code de Droit canonique ne traitait pas expressément de la charité comme d’un domaine spécifique de l’activité épiscopale » et c’est pour remédier à cela que le Pape publie ce motu proprio. Il s’agit donc d’un cadre juridique organique, « qui soit plus apte à ordonner, dans leurs lignes générales, les différentes formes ecclésiales organisées du service de la charité, qui sont étroitement liées à la nature diaconale de l’Église et du ministère épiscopal ».


« Tous les fidèles ont le droit et le devoir de s’engager personnellement pour vivre du commandement nouveau que le Christ nous a laissé (cf Jn 15,12), en n’offrant pas à l’homme d’aujourd’hui uniquement une aide matérielle, mais également réconfort et soin de l’âme ». Le Pape donne ainsi un cadre à cet engagement. Selon l’article premier de ce motu proprio, « les fidèles ont le droit de s’associer et de fonder des organismes qui réalisent des services de charité spécifiques » mais, « ils doivent soumettre leur statuts à l’approbation de l’autorité ecclésiastique compétente » et doivent observer des normes précisées dans les articles suivant. Ils sont ainsi, par exemple, « tenus d’observer, dans le cadre de leurs activités, les principes de la doctrine catholique et ne peuvent accepter des engagements qui d’une façon ou d’une autre puissent conditionner l’observance de ces-dits principes ».


La part consacrée au devoir et aux responsabilités des évêques constitue la part la plus importante de ce motu proprio, car « les Évêques, en qualité de successeurs des Apôtres, portent la responsabilité première de la mise en œuvre » de la charité.


L’Evêque doit pourvoir à la formation théologique et pastorale des fidèles engagés

« L’Évêque diocésain exerce sa sollicitude pastorale à l’égard du service de la charité dans l’Église particulière qui lui a été confiée, en tant que pasteur, guide et premier responsable de ce service ». Il doit encourager et soutenir les initiatives et les œuvres au service du prochain dans sa propre Eglise « pour éduquer à l’esprit de partage et de charité authentique ».Il doit également veiller « à ce que l’activité et la gestion de ces organismes, respectent toujours les normes de droit universel et particulier de l’Église » et à ce que les fidèles et associations sous son autorité « observent les législations civiles légitimes en la matière ».


« Pour garantir le témoignage évangélique dans le service de la charité, l’Évêque diocésain doit veiller à ce que tous ceux qui œuvrent dans la pastorale caritative de l’Église, outre la compétence professionnelle nécessaire, témoignent d’une vie chrétienne et d’une formation du cœur qui manifeste une foi opérante dans la charité. A tel effet il devra pourvoir à leur formation y compris dans le domaine théologique et pastoral par des parcours spécifiques concertés avec les dirigeants des différents organismes et avec des propositions adéquates de vie spirituelle. »


L’évêque a enfin une autorité de coordination et de contrôle, moral et financier, des associations existantes. 


Ci-dessous le texte intégral du Motu proprio publié ce samedi 1er décembre

 



BENEDICTUS PP. XVI
BENOIT XVI Motu Proprio sur LE SERVICE DE LA CHARITE


Préambule


« La nature profonde de l’Église s’exprime dans une triple tâche: l’annonce de la Parole de Dieu (kerygma-martyria), la célébration des Sacrements (leitourgia), le service de la charité (diakonia). Ce sont trois tâches qui s’appellent l’une l’autre et qui ne peuvent être séparées l’une de l’autre » (Lett. enc. Deus caritas est, n. 25).


Le service de la charité est, lui aussi, une dimension constitutive de la mission de l’Église et il constitue une expression de son essence-même, à laquelle elle ne peut renoncer (cf ibidem) ; tous les fidèles ont le droit et le devoir de s’engager personnellement pour vivre du commandement nouveau que le Christ nous a laissé (cf Jn 15,12), en n’offrant pas à l’homme d’aujourd’hui uniquement une aide matérielle, mais également réconfort et soin de l’âme (cf. Lett. enc. Deus caritas est, n. 28). L’Église est appelée, également dans sa dimension communautaire, à l’exercice de la diakonia de la charité: depuis les communautés locales jusqu’aux Eglises particulières et à l’Église universelle; pour cela il faut également avoir une « organisation comme présupposé pour un service communautaire ordonné » (cf ibidem n. 20), une organisation qui soit articulée aussi par des expressions institutionnelles.


Concernant cette diakonia de la charité, je faisais remarquer, dans la lettre encyclique Deus caritas est, qu’« il découle (...) de la structure épiscopale de l’Église que, dans les Églises particulières, les Évêques, en qualité de successeurs des Apôtres, portent la responsabilité première de la mise en œuvre » de la charité (n . 32) et j’observais que « le Code de Droit canonique, dans les canons concernant le ministère épiscopal, ne traite pas expressément de la charité comme d’un domaine spécifique de l’activité épiscopale » (ibidem). Même si « le Directoire pour le ministère pastoral des Evêques a approfondi de manière plus concrète le devoir de la charité comme tâche intrinsèque de l’Église entière et de l’Évêque dans son diocèse » (ibidem), il restait toutefois la nécessité de combler cette lacune juridique de façon à pouvoir exprimer de manière adéquate, dans l’ordonnancement canonique, ce qui appartient à l’essence du service de la charité dans l’Église et de son rapport constitutif avec le ministère épiscopal, en mettant en évidence les profils juridiques, qu’un tel service requiert dans l’Église, surtout s’il est exercé de manière organisée et avec le soutien explicite des Pasteurs.


Dans cette optique, je désire donner un cadre juridique organique, par le présent Motu Proprio, qui soit plus apte à ordonner, dans leurs lignes générales, les différentes formes ecclésiales organisées du service de la charité, qui sont étroitement liées à la nature diaconale de l’Église et du ministère épiscopal.


Il est important toutefois de se rappeler que « l’action concrète demeure insuffisante si, en elle, l’amour pour l’homme n’est pas perceptible, un amour qui se nourrit de la rencontre avec le Christ » (ibid., n. 34). Par conséquent, dans l’exercice de l’activité caritative, les nombreuses organisations catholiques, ne doivent pas se limiter uniquement à récolter ou à distribuer des fonds, mais doivent toujours témoigner d’une attention spéciale envers la personne qui est dans le besoin, et exercer également une fonction pédagogique précieuse au sein de la communauté chrétienne qui favorise l’éducation au partage, au respect et à l’amour selon la logique de l’évangile du Christ. L’activité caritative de l’Église, en effet, à tous les niveaux, doit éviter le risque de se dissoudre dans une organisation commune d’assistance, en en devenant une simple variante (cf ibid., n. 31). 


Les initiatives organisées qui, dans le domaine de la charité, sont promues par les fidèles, en des lieux divers, sont très différentes entre elles et requièrent une gestion appropriée. Plus précisément, l’activité de la « Caritas », institution promue par la hiérarchie ecclésiastique, s’est développé à un niveau paroissial, diocésain, national et international et a mérité très justement l’appréciation et la confiance des fidèles et de tant d’autres personnes à travers le monde entier, tant pour son témoignage de foi généreux et cohérent que pour la réponse concrète apportées aux demandes de ceux qui sont dans le besoin. A côté de cette vaste initiative, soutenue officiellement par l’autorité de l’Église, de multiples autres initiatives ont vu le jour, dans des lieux variés, initiatives provenant de la liberté d’engagement des fidèles qui, sous des formes différentes, veulent contribuer, par leur propre effort, au témoignage concret de la charité envers ceux qui sont dans le besoin. Les unes et les autres sont des initiatives différentes par origine et par régime juridique, même si elles expriment toutes les deux une sensibilité et une volonté de répondre au même appel.


L’Église, en tant qu’institution ne peut se considérer comme étrangère aux initiatives promues de façon organisée et relevant de la libre expression de la sollicitude des baptisés envers les personnes et les populations dans le besoin. C’est pourquoi les Pasteurs doivent toujours les accueillir comme la manifestation de la participation de tous à la mission de l’Église, en respectant les caractéristiques et l’autonomie de gouvernement qui reviennent à chacune d’elles selon leur propre nature comme la manifestation de la liberté des baptisés. 


A côté de celles-ci, l’autorité ecclésiastique a promu, par sa propre initiative, des oeuvres spécifiques, grâces auxquelles elle pourvoit de façon institutionnelle à canaliser les dons des fidèles, selon des formes juridiques et opérationnelles adéquates permettant de solutionner plus efficacement les besoins concrets.


Toutefois dans la mesure où ces-dites activités sont promues par la hiérarchie elle-même, ou sont explicitement soutenues par l’autorité des Pasteurs, il faut s’assurer que leur gestion soit effectuée conformément aux exigences de l’enseignement de l’Église et à l’intention des fidèles, et qu’elles respectent également les normes légitimes promulguées par l’autorité civile. Face à ces exigences il devenait nécessaire de fixer dans le droit de l’Église quelques normes essentielles, inspirées des critères généraux de la discipline canonique, qui pouvaient expliciter dans ce secteur d’activités, les responsabilités juridiques, assumées en la matière, par les divers sujets impliqués, soulignant de façon particulière, la fonction d’autorité et de coordination qui revient à l’Évêque diocésain. Ces-dites normes devaient toutefois être assez générales pour inclure la diversité appréciable des institutions d’inspiration catholique, qui comme telles œuvrent dans ce secteur; celles créées sous l’impulsion de la Hiérarchie elle-même, et celles qui sont nées grâce à une initiative directe des fidèles et qui sont accueillies et encouragées par les Pasteurs du lieu. Bien qu’il fallût établir des normes à cet égard, il fallait toutefois tenir compte de ce qui était requis par la justice et par la responsabilité que les Pasteurs doivent exercer à l’égard de leurs fidèles, dans le respect de l’autonomie légitime de chaque entité.


Partie dispositive


Par conséquent, sur proposition du Cardinal Président du Conseil Pontifical Cor Unum, et ayant entendu le Conseil Pontifical pour les Textes Législatifs, j’établis et décrète ce qui suit:

Art. 1. - § 1. Les fidèles ont le droit de s’associer et de fonder des organismes qui réalisent des services de charité spécifiques, surtout en faveur des pauvres et de ceux qui souffrent. Dans la mesure où ils révèlent liés au service de la charité des Pasteurs de l’Église et/ou, en tant que tels, veulent employer la contribution des fidèles, ils doivent soumettre leur statuts à l’approbation de l’autorité ecclésiastique compétente et observer les normes suivantes.


§ 2. En ces mêmes termes, les fidèles ont le droit de constituer des fondations pour financer des initiatives caritatives concrètes, selon les canons 1303 CIC et 1047 CCEO. Si ce type de fondations répond aux caractéristiques mentionnées au §1, les présentes dispositions devront également être observées congrua congruis referendo (moyennant les adaptations nécessaires).


§ 3. Outre l’observation de l’ensemble de la législation canonique, les initiatives collectives de charité auxquelles se réfère ce Motu Proprio, sont également tenues d’observer, dans le cadre de leurs activités, les principes de la doctrine catholique et ne peuvent accepter des engagements qui d’une façon ou d’une autre puissent conditionner l’observance de ces-dits principes.


§ 4. Les organismes et les fondations promues à des fins caritatives par des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique, sont tenus d’observer ces normes ainsi que ce qui est prévu par les canons 312 §2 CIC et 575 §2 CCEO.


Art. 2. - § 1. Dans les statuts de chaque organisme caritatif auquel se réfère l’article précédent, outre les charges institutionnelles, et les structures de gouvernement selon le canon 95 §1 CIC, devront aussi être exprimés les principes inspirateurs et les finalités de l’initiative, les modes de gestion des fonds, le profil de ses propres collaborateurs, ainsi que les rapports et les informations devant être présentés à l’autorité ecclésiastique compétente.


§ 2. Un organisme caritatif ne peut utiliser la dénomination "catholique "qu’avec le consentement écrit de l’autorité compétente, comme indiqué par le canon 300 CIC.


§ 3. Les organismes érigés par des fidèles ayant une fin caritative peuvent avoir un conseiller spirituel nommé selon les propres statuts, selon les canons 324 §2 et 317 CIC. 


§ 4. En même temps, l’autorité ecclésiastique est tenue de réglementer l’exercice des droits des fidèles selon les canons 223 §2 CIC et 26 §3 CCEO afin d’éviter la multiplication des initiatives de charité au détriment de la mise en œuvre et de l’efficacité des fins poursuivies.


Art. 3. - § 1. Aux effets des articles précédents, la notion d’autorité compétente selon les niveaux respectifs, est telle qu’énoncée par les canons 312 CIC et 575 CCEO.


§ 2. En cas d’organismes qui n’ont pas été approuvés au niveau national, même s’ils opèrent dans divers diocèses, l’autorité compétente est l’Évêque diocésain du lieu du siège principal de l’entité. En tous cas, l’organisation a le devoir d’informer les Évêques des autres diocèses où elle œuvre, et de respecter leurs indications concernant les activités des différentes entités caritatives présentes dans les diocèses.


Art. 4. - § 1. L’Évêque diocésain (cf can. 134 §3 CIC et can. 987 CCEO) exerce sa sollicitude pastorale à l’égard du service de la charité dans l’Église particulière qui lui a été confiée, en tant que pasteur, guide et premier responsable de ce service.


§ 2. L’Evêque diocésain encourage et soutient les initiatives et les œuvres au service du prochain dans sa propre Eglise particulière, et suscite chez les fidèles la ferveur d’une charité active en tant qu’expression de la vie chrétienne et de la participation à la mission de l’Église, comme il est indiqué aux canons 215 et 222 CIC et 25 et 18 CCEO.


§ 3. Il revient à l’Évêque diocésain de veiller à ce que l’activité et la gestion de ces organismes, respectent toujours les normes de droit universel et particulier de l’Église, aussi bien que l’intention des fidèles qui auraient fait des dons ou des legs pour ces finalités spécifiques (cf can 1300 CIC et 1044 CCEO).


Art. 5. L’Évêque diocésain doit garantir à l’Église le droit d’exercer le service de la charité et il doit veiller à ce que les fidèles et les institutions soumises à sa vigilance, observent les législations civiles légitimes en la matière.


Art. 6. - L’Évêque diocésain, a pour tâche, comme il est indiqué aux canons 394 §1 CIC et 203 §1 CCEO, de coordonner, dans sa propre circonscription, les diverses œuvres de service de la charité, autant celles promues par la Hiérarchie elle-même que celles nées de l’initiative de fidèles, restant sauve l’autonomie qui leur reviendrait selon leurs propres statuts. En particulier il doit veiller à ce que leurs activités gardent vivant l’esprit évangélique.


Art. 7. § 1. Les entités mentionnées à l’art.1 §1, sont tenues à choisir leurs propres collaborateurs parmi des personnes qui partagent, ou au moins, respectent l’identité catholique de ces œuvres.


§ 2. Pour garantir le témoignage évangélique dans le service de la charité, l’Évêque diocésain doit veiller à ce que tous ceux qui œuvrent dans la pastorale caritative de l’Église, outre la compétence professionnelle nécessaire, témoignent d’une vie chrétienne et d’une formation du cœur qui manifeste une foi opérante dans la charité. A tel effet il devra pourvoir à leur formation y compris dans le domaine théologique et pastoral par des parcours spécifiques concertés avec les dirigeants des différents organismes et avec des propositions adéquates de vie spirituelle.


Art. 8. - Là où il s’avèrerait nécessaire, à cause du nombre ou de la diversité des initiatives, l’Évêque diocésain, devra établir, dans l’Église qui lui a été confiée, un bureau qui a pour but d’orienter et coordonner le service de la charité en son nom.

Art. 9. - § 1. L’Évêque doit encourager la création dans chaque paroisse de sa circonscription, d’un service de « Caritas » paroissiale ou analogue, qui promeuve également une activité pédagogique dans la communauté toute entière, pour éduquer à l’esprit de partage et de charité authentique. S’il s’avérait opportun, un tel service sera commun pour les différentes paroisses sur le même territoire.


§ 2. Il revient à l’Évêque et au curé de veiller qu’au sein de la paroisse, avec la « Caritas », d’autres initiatives concernant la charité puissent également coexister et se développer, sous la coordination générale du curé, en tenant compte toutefois de ce qui est indiqué à l’art. 2 §4.


§ 3. L’Évêque diocésain et les curés respectifs ont le devoir d’éviter, qu’en cette matière, les fidèles soient induits en erreur ou qu’il y ait des malentendus, aussi devront-ils empêcher que, par le biais de structures paroissiales ou diocésaines, soient promues des initiatives qui, bien que se présentant avec des fins caritatives, proposent des choix ou des méthodes contraires à l’enseignement de l’Église .


Art. 10. - § 1. Il revient à l’Évêque d’avoir la vigilance sur les biens ecclésiastiques des organismes de charité soumis à son autorité.


§ 2. L’Évêque diocésain est tenu de s’assurer que le fruit des collectes effectuées selon les can. 1265 et 1266 CIC ainsi que les can. 1014 et 1015 CCEO, soient affectés aux buts déterminés pour lesquels elles ont été effectuées (can. 1262 CIC, 1016 CCEO) .


§ 3. En particulier, l’Évêque diocésain doit éviter que des organismes de charité qui sont sous son autorité, soient financés par des entités ou des institutions qui poursuivent des buts contraires à la doctrine de l’Église. De même, afin d’éviter de scandaliser les fidèles, l’Évêque diocésain doit éviter que ces-dits organismes caritatifs acceptent des contributions en faveur d’initiatives qui, dans la finalité ou les moyens pour l’atteindre, ne sont pas en accord avec la doctrine de l’Église.


§ 4. Particulièrement, l’Evêque doit veiller à ce que la gestion des initiatives qui lui sont soumises donnent un témoignage de sobriété chrétienne. Pour cela, il veillera à ce que les salaires et les frais de gestion, bien que correspondant aux exigences de la justice et aux profils professionnels nécessaires, soient dûment en rapport avec des frais analogues de sa propre Curie diocésaine.


§ 5. Pour permettre que l’autorité ecclésiastique mentionnée à l’art. 3§1 puisse exercer son devoir de vigilance, les entités dont il est question à l’art. 1§1 sont tenues de présenter à l’Ordinaire compétent un compte-rendu annuel dans les formes requises par l’Ordinaire lui même.


Art. 11. - L’Évêque diocésain est tenu, si nécessaire, de porter à la connaissance de ses propres fidèles que l’activité d’un organisme de charité déterminé ne répond plus aux exigences du magistère de l’Église, en interdisant en conséquence l’usage du mot « catholique » et en adoptant les mesures nécessaires dans les cas de responsabilités personnelles.


Art. 12. - § 1. L’Évêque diocésain doit favoriser l’activité, au niveau national et international, des organismes de charité qui sont soumis à sa sollicitude, en particulier il doit favoriser la coopération avec les circonscriptions ecclésiastiques les plus pauvres, par analogie avec ce qui est prévu aux canons 1274 §3 CIC et 1021 §3 CCEO.


§ 2. La sollicitude pastorale à l’égard des oeuvres de charité, peut être exercée conjointement, selon les circonstances de temps et de lieux, par plusieurs Évêques voisins, à l’égard de plusieurs Églises, selon le droit. S’il s’agit de domaine international, le Dicastère du Saint-Siège compétent doit être consulté au préalable. Il est également opportun, en ce qui concerne des initiatives de charité au niveau national, que l’Évêque consulte l’organisme compétent de la Conférence épiscopale.


Art. 13. - Reste toujours sauf le droit de l’autorité ecclésiastique du lieu, de donner son consentement aux initiatives des organismes catholiques qui se déploient dans le domaine de sa compétence, dans le respect des normes canoniques et de l’identité propre de chaque organisme et c’est sa tâche de Pasteur de veiller à ce que les activités réalisées dans son propre diocèse se déploient conformément à la discipline ecclésiastique, en les interdisant ou en adoptant éventuellement des mesures nécessaires, si cette discipline n’était pas respectée.


Art. 14. - Là où il le jugera opportun, l’Évêque devra promouvoir des initiatives de service de charité en collaboration avec d’autres Églises ou communautés ecclésiales, restant sauves les particularités de chacun. 


Art. 15. - § 1. Le Conseil Pontifical Cor Unum, a pour tâche de promouvoir l’application de ces règles et de veiller à leur application à tous les niveaux, restant sauve la compétence du Conseil Pontifical pour les Laïcs, en ce qui concerne les associations de fidèles, selon l’art. 133 de la Constitution apostolique Pastor Bonus, ainsi que la compétence propre de la Section de la Secrétairerie d’Etat pour les Relations avec les Etats, restant sauves les compétences générales des autres Dicastères et Organismes de la Curie romaine. En particulier, le Conseil Pontifical Cor Unum devra veiller que le service de la charité des institutions catholiques au niveau international, se déploie toujours en communion avec les Églises particulières respectives.


§ 2. Il est également de la compétence du Conseil Pontifical Cor Unum d’ériger canoniquement des organismes de service de charité à un niveau international, et d’exercer en conséquence les taches disciplinaires et de promotion qui correspondent en droit. 


J’ordonne que, tout ce que j’ai décidé en cette Lettre apostolique en forme de Motu Proprio, soit observé en toutes ses parties, nonobstant toute chose contraire, même si elle est digne de mention spéciale, et je décide qu’il soit promulgué par la publication dans le quotidien « L’Osservatore Romano », entrant en vigueur le 10 décembre 2012


Donné au Vatican, le 11 novembre 2012 , en la huitième année de mon Pontificat. 


BENEDICTUS XVI.

Benoît XVI, Homélie pour la solennité du Christ Roi de l'Univers 2012

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

 

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Messieurs les Cardinaux,


Vénérés frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce,

Chers frères et sœurs,

La solennité du Christ-Roi de l’univers – couronnement de l’année liturgique – s’enrichit aujourd’hui de l’accueil dans le Collège cardinalice de six nouveaux Membres que, selon la tradition, j’ai invités à concélébrer avec moi l’Eucharistie, ce matin. À chacun d’eux, j’adresse mes plus cordiales salutations, en remerciant le Cardinal James Michael Harvey pour les paroles courtoises qu’il m’a adressées au nom de tous. Je salue les autres Cardinaux et tous les Prélats présents, ainsi que les illustres autorités, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, les prêtres, les religieux et tous les fidèles, particulièrement ceux venus des diocèses confiés à la charge pastorale des nouveaux Cardinaux.

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, l’Église nous invite à célébrer le Seigneur Jésus, Roi de l’univers. Elle nous appelle à tourner notre regard vers l’avenir, ou mieux plus profondément, vers la destination finale de l’histoire qui sera le règne définitif et éternel du Christ. Il était au commencement avec le Père, quand le monde a été créé, et il manifestera pleinement sa seigneurie à la fin des temps, quand il jugera tous les hommes. Les trois lectures d’aujourd’hui nous parlent de ce règne.

Dans le passage de l’évangile, tiré du récit de Saint Jean, que nous avons écouté, Jésus se trouve dans une situation humiliante – celle d’accusé – devant le pouvoir romain. Il a été arrêté, insulté, raillé, et ses ennemis espèrent obtenir maintenant sa condamnation au supplice de la croix. Ils l’ont présenté à Pilate comme quelqu’un qui aspire au pouvoir politique, comme le prétendu roi des juifs. Le procureur romain mène son enquête et interroge Jésus : « Es-tu le roi des Juifs ? » (Jn 18, 33). Répondant à cette demande, Jésus précise la nature de son règne et de sa messianité-même, qui n’est pas un pouvoir mondain, mais un amour qui sert ; il affirme que son règne ne doit pas être absolument confondu avec un règne politique quelconque : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ... Non, ma royauté ne vient pas d’ici » (v. 36).

Il est évident que Jésus n’a aucune ambition politique. Après la multiplication des pains, les gens, enthousiasmés par le miracle, voulaient s’emparer de lui pour le faire roi, afin de renverser le pouvoir romain et établir ainsi un nouveau règne politique, qui aurait été considéré comme le royaume de Dieu tant attendu. Mais Jésus sait que le royaume de Dieu est d’un genre tout autre, il ne se fonde pas sur les armes et sur la violence. C’est la multiplication des pains qui devient alors, d’une part, le signe de sa messianité, mais, d’autre part, un tournant dans son activité : à partir de ce moment, la marche vers la croix se fait plus évidente ; là, par un acte suprême d’amour, resplendira le règne promis, le règne de Dieu. Mais la foule ne comprend pas, elle est déçue et Jésus se retire, tout seul, dans la montagne pour prier (cf. Jn 6, 1-15).

Dans le récit de la passion, nous voyons comment les disciples aussi, tout en ayant partagé la vie avec Jésus et écouté ses paroles, pensaient à un royaume politique, instauré même avec l’aide de la force. À Gethsémani, Pierre avait tiré du fourreau son épée et avait commencé à combattre, mais Jésus l’avait empêché (cf. Jn 18, 10-11). Il ne veut pas être défendu par les armes, mais il veut accomplir jusqu’au bout la volonté de son Père et établir son royaume non pas par les armes et la violence, mais par la faiblesse apparente de l’amour qui donne la vie. Le royaume de Dieu est un royaume totalement différent des royaumes terrestres.

Et c’est pour cela que, face à un homme sans défense, fragile, humilié, comme l’est Jésus, un homme de pouvoir comme Pilate reste surpris ; surpris parce qu’il entend parler d’un royaume, de serviteurs. Et il pose une question qui lui semblera paradoxale : « Alors, tu es roi ? ». Quel genre de roi peut être un homme dans ces conditions-là ? Mais Jésus répond par l’affirmative : « C’est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité, écoute ma voix » (18, 37). Jésus parle de roi, de royaume, cependant, il ne se réfère pas à la domination, mais à la vérité. Pilate ne comprend pas : peut-il exister un pouvoir qui ne s’obtient pas par des moyens humains ? Un pouvoir qui ne réponde pas à la logique de la domination et de la force ? Jésus est venu révéler et apporter une nouvelle royauté, celle de Dieu ; il est venu rendre témoignage à la vérité d’un Dieu qui est amour (cf. 1 Jn 4, 8.16) et qui veut établir un royaume de justice, d’amour et de paix (cf. Préface). Celui qui est ouvert à l’amour, écoute ce témoignage et l’accueille avec foi, pour entrer dans le royaume de Dieu.

Nous retrouvons cette perspective dans la première lecture que nous venons d’écouter. Le prophète Daniel prédit le pouvoir d’un personnage mystérieux placé entre ciel et terre : « Je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite » (7, 13-14). Ces paroles annoncent un roi qui domine de la mer à la mer jusqu’aux bouts de la terre, grâce à un pouvoir absolu qui ne sera jamais détruit. Cette vision du prophète – une vision messianique – est éclairée et trouve sa réalisation dans le Christ : le pouvoir du vrai Messie – pouvoir qui ne décline jamais et qui ne sera jamais détruit – n’est pas celui des royaumes de la terre qui s’élèvent et s’écroulent, mais celui de la vérité et de l’amour. Cela nous fait comprendre comment la royauté annoncée par Jésus dans les paraboles et révélée ouvertement et explicitement devant le Procureur romain, est la royauté de la vérité, l’unique qui donne à toute chose sa lumière et sa grandeur.

Dans la deuxième lecture, l’auteur de l’Apocalypse affirme que nous aussi nous participons à la royauté du Christ. Dans l’acclamation adressée à « celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang », il déclare que celui-ci « a fait de nous le royaume et les prêtres de Dieu son Père » (1, 5-6). Il est clair ici aussi qu’il s’agit d’un royaume fondé sur la relation avec Dieu, avec la vérité, et non pas un royaume politique. Par son sacrifice, Jésus nous a ouvert le chemin pour une relation profonde avec Dieu : en lui, nous sommes devenus de véritables fils adoptifs, nous sommes rendus ainsi participants de sa royauté sur le monde. Être disciples de Jésus signifie donc ne pas se laisser séduire par la logique mondaine du pouvoir, mais apporter au monde la lumière de la vérité et de l’amour de Dieu. L’auteur de l’Apocalypse étend ensuite son regard à la deuxième venue de Jésus pour juger les hommes et établir pour toujours le règne divin, et il nous rappelle que la conversion, comme réponse à la grâce divine, est la condition pour l’instauration de ce royaume (cf. 1, 7).

C’est là une invitation pressante adressée à tous et à chacun : nous convertir toujours au règne de Dieu, à la seigneurie de Dieu et de la Vérité, dans notre vie. Chaque jour, nous l’invoquons dans la prière du ‘Notre Père’ avec les paroles : « Que ton règne vienne » ; cela revient à dire à Jésus : Seigneur fais-nous devenir tiens, vis en nous, rassemble l’humanité dispersée et souffrante, pour qu’en toi, tout soit soumis au Père de miséricorde et d’amour.

À vous, chers et vénérés frères Cardinaux – je pense particulièrement à ceux qui ont été créés hier – est confiée cette lourde responsabilité : rendre témoignage au règne de Dieu, à la vérité. Cela signifie faire émerger toujours la priorité de Dieu et de sa volonté face aux intérêts du monde et à ses puissances. Soyez les imitateurs de Jésus, qui, devant Pilate, dans la situation humiliante décrite par l’Évangile, a manifesté sa gloire : celle d’aimer jusqu’au bout, en donnant sa propre vie pour les personnes qu’il aime. C’est la révélation du règne de Jésus. Et c’est pourquoi, d’un seul cœur et d’une seule âme, prions : « Adveniat regnum tuum » (Que ton règne vienne). Amen.

 [Texte original: italien]

© Libreria Editrice Vaticana

 

SOLENIDADE DE CRISTO, REI DO UNIVERSO : DA APOSTASIA AO TESTEMUNHO (Jo 18, 33-37)

Walter Covens #homilias em português
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    A solenidade de Cristo, Rei do Universo, foi instaurada pelo Papa Pio XI no ano de 1925 em prolongamento das solenidades das festas do Corpo de Deus e do Sagrado Coração de Jesus, com o fim de trazer remédio às desordens que afligem o mundo. O Papa julgava que a criação duma solenidade podia ser mais capaz de produzir frutos duradouros do que a simples promulgação dum documento, mesmo que fosse uma encíclica.

    Todos os dias as informações trazem notícias de guerras, de assassínios. Mulheres são batidas pelo marido, crianças são matadas pela mãe, ministros são assassinados por serviços secretos, polícias são agredidos por « suportadores » de futebol e por jovens dos bairros . Tudo isso passa-se à nossa porta, quase diante dos nossos olhos…

    Quando a opinião fica comovida por causa dum acto julgado grave, nas oficinas de televisão, nas salas de redacção dos jornais, nos estúdios da rádio, procedem a muitos comentários. Especialistas são convidados para fazer analises sábias. Políticos tomam medidas e mandam votar leis. Candidatos às eleições declaram que vão fazer melhor do que os outros…

    Hoje, a Igreja diz-nos assim : a única solução é aceitar Crsto, não só como Rei dos nossos corações dentro da nossa intimidade, mas também como rei do Universo. Porquê será que a solenidade de Cristo Rei pode trazer uma resposta válida (a única) às calamidades a caír sobre o mundo, ainda hoje ? Pio XI responde : em primeiro lugar, porque essa profusão de males no universo são o resultado dos homens « terem afastado Jesus Cristo e a sua lei santíssima dos costumes da vida individual bem como da vida familiar  e pública » ; em segundo lugar porque é preciso « buscar a paz de Cristo por meio do Reino de Cristo » e porque, para restaurar e consolidar a paz, não há « meio mais eficaz do que restaurar a soberania de Nosso Senhor »

    Pois, temos que admitir esta evidência : como será possível espantar-se ao ver as leis desprezadas, os homens da lei agredidos (como aconteceu a um polícia da Martínica no fim dum desafio de futebol em Paris), enquanto ao mesmo tempo são votadas leis que atacam a dignidade humana, que troçam dela ? Pois várias leis atacam a vida humana no seu princípio e no seu fim, mediante o aborto e a eutanasia ; leis que atacam os alicerces da sociedade, da família, legalizando as uniões homosexuais como casamentos, instaurando o divórcio e até a poligamia (como na Holanda, onde agora é possível juntar um casamento com um « contrato de união » com outra pessoa !) Tantos sintomas que não enganam : são sinal certo duma doença chamada laicismo, « a pesta dos nossos tempos » (Pio XI)

« Deus e Jesus Cristo tendo sido excluidos da legislação e dos assuntos públicos, a autoridade já não recebendo a sua origem de Deus mas dos homens, aconteceu que… o  próprio fundamento da autoridade foi abolido enquanto suprimiam o motivo essencial do direito de mandar e de obedecer. Fatalmente o resultado foi o abalo da sociedade humana toda, já privada de sustentáculo e de apoio firmes (Pio XI, Ubi arcano, 23/12/1922) ».

    Há vários anos para trás, tinha sido nomeado capelão dum « Campus Universitário ». O que me tinha precedido tinha saido desde havia mais ou menos 10 anos. Durante um ano, com o auxílio do arcebispo, tinha  pedido às autoridades universitárias uma sala para receber os estudantes dentro do « campus ». Apesar de promessas bonitas, nunca consegui obter alguma sala. Quando me falaram no dogma da laïcidade, respondera que, se não quisessem capelão para os estudantes, brevemente teriam que chamar a polícia. E foi mesmo o que aconteceu… depois dum ano . Sim, como esperar a paz de Cristo se rejeitam o Reino de Cristo ?

    E porquê será que se rejeita o Reino de Cristo ? O que é que dá medo ? Não só Jesus não teve guardas que se batam para o libertar dos Judeus, mas quando os mesmos Judeus queriam apoderar-se dele pra o proclamar rei, fugiu. Diante de Pilatos ele afirma claramente : « O meu reino não é deste mundo ». Um hino para a festa da Epifania (Crudelis Herodes ) diz a Herodes e a todos quantos têm medo do Reino de Cristo :

« Não rouba as córoas efémeras, aquele que distribui as córoas do Céu ».

    Entramos no Reino de Cristo livremente, pelo baptismo. O Reino de Jesus não é contra os reinos do mundo. Só é contra o Reino de Satanás, mediante o Sangue derramado pelo Cordeiro. Mas aos baptizados Jesus pede para ser testemunhas suas sem medo, até derramar o seu sangue, se for preciso.

    Diante de Pilatos Cristo proclama que « veio ao mundo para testemunhar da verdade ». O dever dos cristãos é tomar parte na vida da Igreja que os incita a agir como testemunhas do Evangelho e das obrigações resultantes Esse testemunho é a transmissão da fé , em palavras e actos. O testemunhar é acto de justiça que estabelece ou mostra a verdade :

« Todos os cristãos, quer que seja o local onde moram, têm de manifestar… pelo exemplo da sua vida  e o testemunho da sua palavra, o homem novo que revestiram no baptismo, bem como a força do Esírito Santo que os fortaleceu pela Confirmação » (AG 11).

    Assim percebida, a solenidade  de Crsito Rei do Universo é um convite urgente para passar da apostasia ao testemunho :

« Os frutos muito amargos produzidos, tantas vezes e com tanta persistência, por esta apostasia dos indivíduos e dos Estados ao abandonar Cristo, (…) temos que os deplorar hoje novamente : frutos dessa apostasia, germes de ódio, semeados por toda a parte ; invejas,  rivalidades entre os povos, que nutrem as querelas internacionais e atrasam, mesmo agora, a vinda duma paz de reconciliação ; as ambições desencadeadas, que se disfarçam com a máscara do  « bem público » e do « amor pela pátria », com as suas tristes consequências : discórdias civis, egoismo cego e desmedido que, só procurando as satisfações e vantagens pessoais, percebe tudo conforme a medida do interesse próprio. Ainda frutos dessa apostasia, a paz doméstica  transtornada pelo abandono dos deveres e pela indiferença das consciências ; a união e a estabilidade das famílias desequilibradas ; toda a sociedade, afinal, abalada e ameaçada pela ruina ». (Pio XI Quas Primas)

    O martírio é o testemunho súpremo dado à verdade da fé : ele manifesta um testemunho que vai até à morte. O mártir dá testemunho de Cristo, morto e ressuscitado, a quem fica unido pela caridade. Dá testemunho  da verdade da fé e da doutrina cristã. Aguenta a morte graças a um acto de força « Deixai que seja a comida da feras. É por elas que poderei chegar a Deus » (S Inácio de Antioche, Rom.4,01).

«De nada me servirão os encantos do mundo nem dos reinos deste século. É melhor para mim morrer (para me unir) a Cristo Jesus do que reinar sobre as extremidades da terra. É Ele que procuro, que morreu por nós ; Ele que quero, que ressuscitou por nós. O meu parto está próximo… » (S.Inácio de Antioche, Rom. 6, 1-2).

« Eu bendigo-Te por me ter julgado digno deste dia e desta hora, digno de ser contado entre os teus mártires… Cumpriste a tua promessa, Deus da fidelidade e da verdade. Por essa graça e por todas as coisas, eu louvo-te, bendigo-te pelo eterno e celeste Sumo Sacerdote, Jesus Cristo, o teu Filho muito amado. Por ele, qui está contigo, glória te seja dada, agora e nos séculos.Amen » (S.Polycarpe, matr. 14, 2-3).

Congrégation pour le Clergé, Homélie pour la Solennité du Christ Roi de l'Univers B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

 

 

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« Tout subsiste en Lui ». Cette affirmation que Saint Paul répète à plusieurs reprises dans ses Epîtres, représente l’horizon que nous devons contempler afin de vivre la Fête de ce jour, car, dans sa brièveté, elle en exprime admirablement tout le sens. Il s’agit en effet ici de la vérité du mystère qui pénètre le monde, qui pénètre l’Univers tout entier, jusqu’au cœur de chacun, ce cœur qui bat en nous en ce moment. Le Christ est la consistance de tout, le « point de fugue » vers lequel converge toute la trajectoire de l’histoire humaine ; le Christ est le « juge » et la « mesure » des esprits et des cœurs, ainsi que le dit l’hymne de cette Fête.

En commentant ce « tout consiste en Lui » de S. Paul, J. Huby s’exprimait ainsi : « En Lui [dans le Christ] toutes les choses ont été créées comme dans le principe même de leur existence, le centre suprême de l’unité, de l’harmonie, de la cohésion qui confère au monde sa signification, sa valeur, et par cela, sa réalité. Ou bien, pour employer une autre métaphore, comme le siège, le point de rencontre où se réunissent et se coordonnent tous les fils conducteurs, tous les générateurs de l’univers. Quiconque aurait un point de vue instantané de l’univers total, passé, présent, futur, verrait tous les êtres suspendus ontologiquement au Christ, et non définitivement intelligibles, si ce n’est grâce à Lui » (J. Huby, Saint Paul. Les Epîtres de la captivité). Et le Christ-Roi, c’est cela !

Notre conscience devrait en être complètement dominée, parce que la raison est le « point humain » créé pour reconnaître la réunification que le Christ opère. La raison humaine a été créée pour reconnaître la Raison incréée : le Christ-Roi en quoi tout consiste.

Sans cette ouverture docile au mystère, la réalité apparaît réduite, exactement ainsi que la décrit le prophète Ezéchiel : un troupeau chaotique de brebis sans pasteur qui avance dans une journée nuageuse et brumeuse. Il se meut sans direction et sans but. On pourrait y voir la condition d’une grande partie de la culture contemporaine, résignée au « non-sens », à vivre sans but et à avancer sans direction précise. Dans ces conditions, si les brebis ne se transforment pas en loups féroces, elles risquent de se résigner, allant à la débandade.

Mais le Christ est venu afin de redonner à l’homme sa raison de vivre et Il l’a fait en donnant aux ténèbres la lumière, l’amour et une dernière possibilité de réelle miséricorde à ce sentiment insurmontable d’insuffisance, qui est propre à la raison créée. Ce n’est qu’en admettant ses limites et son insuffisance que la raison humaine se transforme en véritable affection envers soi et envers la réalité, laissant la porte grande ouverte à une ultime possibilité d’amour, à une ultime étreinte qui représente la victoire sur le mal et sur la mort.

Le Christ est le Roi de l’Univers ; Il l’a dominé et le domine par Son Amour ; en mourant pour les hommes il a anéanti la mort qui représente la dernière et la plus grande objection à laquelle s’affrontent notre raison et notre affection.

En se faisant donc principe suprême d’intelligibilité de la réalité le Christ est également principe suprême de moralité. Juge de toute action, juge aussi de ceux qui sans le connaître agissent « pour » ou « contre le mystère : « Seigneur, quand t’avons-nous vu affamé ou assoiffé ou étranger ou nu ou malade ou en prison sans T’avoir assisté ? […] en vérité je vous le dis : chaque fois que vous n’avez pas fait ces choses au plus petit de mes frères, vous ne les avez pas faites à moi […]. Loin de moi, maudits, vers le feu éternel ».

Mais à nous qui L’avons connu, que nous dira-t-Il donc si nous abandonnons la raison qu’Il nous a donnée gratuitement, si nous abandonnons l’affection qu’avec Sa miséricorde Il nous a offerte ?

Prions la Bienheureuse Vierge Marie, Reine de l’Univers, afin que nos esprits rebelles se soumettent docilement et amoureusement au Roi des Rois, afin que son amour nous réunisse dans le bercail de l’Eglise. Car nous sommes sa compagnie dans l’histoire, le point où, à l’intérieur de toute raison créée et de tous les pauvres cœurs si peu enclins à l’amour humain, se manifeste la Raison incréée et l’abîme de l’Amour incréé de la Miséricorde Divine.

Les Chrétiens représentent dans l’histoire l’instant où la paix commence à régner, grâce à l’humble reconnaissance de Son Autorité suprême : sur le Cosmos, sur l’Eglise, sur le cœur de chaque homme. Une souveraineté unique et vraiment libératrice.

 

 

Joseph Ratzinger - Benoît XVI, "L'enfance de Jésus", Editions Flammarion, 2012

dominicanus #Il est vivant !
L'enfant Jésus raconté par Joseph

L'ouvrage que Joseph Ratzinger a consacré à l'enfance du Messie dans les Évangiles arrive dans les librairies. C'est une "histoire vraie", affirme le pape, et pas une pure construction théologique 

 

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par Sandro Magister




ROME, le 20 novembre 2012 – "L'enfance de Jésus" de Joseph Ratzinger-Benoît XVI sera en vente à partir de demain, en allemand - c’est le texte original -  et en huit autres langues : italien, anglais, français, espagnol, portugais, brésilien, polonais, croate. Le tirage global de lancement est de plus d’un million d’exemplaires. Au cours des mois à venir, l’ouvrage sera traduit en onze autres langues et diffusé dans 72 pays.

C’est un livre court et écrit sous une forme simple et linéaire. Plus facile à lire que les deux autres tomes, plus volumineux, du "Jésus de Nazareth". Il est publié en dernier, mais l’auteur a déclaré que, selon son intention, l’ouvrage "est une sorte de petite 'entrée' qui introduit aux deux ouvrages précédents, consacrés à la figure et au message de Jésus de Nazareth".

Avant la publication du livre, la grande inconnue était la manière dont Benoît XVI allait répondre à la question de savoir si la naissance virginale, l'adoration des Mages et les autres récits de l'enfance de Jésus, dans les Évangiles de Matthieu et de Luc, sont "vraiment une histoire qui a eu lieu" ou bien "seulement une méditation théologique exprimée sous forme d’histoires".

L'auteur penche nettement en faveur de la première des deux réponses. Mais sans refuser le droit de cité dans l’Église à la seconde manière de voir.

À la fin du chapitre consacré aux Mages, Benoît XVI donne raison à Jean Daniélou qui écrivait dans "Les Évangiles de l'Enfance" :

"A la différence du récit de l'annonciation à Marie, l'adoration des Mages ne touche à aucun aspect essentiel pour la foi. Elle pourrait être une création de Matthieu, inspirée par une idée théologique : dans ce cas, rien ne s’écroulerait".

"Cependant Daniélou lui-même – ajoute le pape Ratzinger – arrive à la conviction qu’il s’agit d’événements historiques dont la signification a été interprétée théologiquement par la communauté judéo-chrétienne et par Matthieu".

Et il poursuit :

"Pour dire les choses simplement : c’est aussi ma conviction".

Benoît XVI reconnaît que, "au cours des cinquante dernières années", la tendance à ne pas admettre l’historicité de l'adoration des Mages s’est affirmée chez les exégètes. Cette opinion – note le pape – "ne se fonde pas sur de nouvelles connaissances historiques, mais sur une attitude différente envers la Sainte Écriture et envers le message chrétien dans son ensemble".

Pour prouver ce changement, le pape fait remarquer que, alors qu’en 1942, à l’entrée "Mágos" du "Theologisches Wörterbuch zum Neuen Testament", le protestant Gerhard Delling "considérait l’historicité du récit consacré aux Mages comme encore assurée de manière convaincante", par la suite "même des exégètes à l’orientation ecclésiale claire" comme les catholiques Ernst Nellessen ou Rudolf Pesch se sont déclarés "opposés à l’historicité" ou tout au moins ils ont "laissé cette question ouverte".

En tout cas, face à toutes ces remarques, Benoît XVI conseille de "prendre en considération de manière attentive" la manière de voir d’un autre exégète catholique contemporain, Klaus Berger, qui, dans le commentaire qu’il a consacré au Nouveau Testament en 2011, écrit :

"Il faut supposer – jusqu’à preuve du contraire – que les évangélistes n’ont pas l’intention de tromper leurs lecteurs, mais qu’ils veulent raconter des faits historiques. Contester, par pure suspicion, l’historicité de ce récit va au-delà de tout ce que l’on peut imaginer comme compétence d’historien".

Et il conclut :

"Je ne peux qu’être d’accord avec cette affirmation. Les deux chapitres du récit de l'enfance dans Matthieu ne sont pas une méditation exprimée sous forme d’histoires. Au contraire : Matthieu nous raconte la véritable histoire, qui a été méditée et interprétée théologiquement et, par là, il nous aide à comprendre plus profondément le mystère de Jésus".

On peut lire ci-dessous la dernière page du livre, à la fin du chapitre consacré à Jésus âgé de douze ans, perdu et retrouvé au temple.




LE MYSTÈRE DU VRAI HOMME ET VRAI DIEU


[...] Ce que dit Luc à propos de Jésus qui grandissait non seulement en âge mais aussi en sagesse est également important. D’une part, d’après la réponse de l’enfant de douze ans, il est évident qu’Il connaît le Père – Dieu – de l’intérieur. Lui seul connaît Dieu, pas seulement à travers des être humains qui témoignent de celui-ci, mais Il le reconnaît en lui-même. En tant que Fils, Il est intimement lié au Père. Il vit en sa présence. Il le voit. Jean dit qu’Il est l’Unique qui «est dans le sein du Père» et qui, pour cette raison, peut le faire connaître (Jn 1,18). C’est justement cela qui devient évident dans la réponse de l’enfant de douze ans : Il est auprès du Père, Il voit les choses et les hommes à sa lumière. 

Toutefois il est également vrai que sa sagesse augmente. En tant qu’homme, Il ne vit pas dans une omniscience abstraite, mais Il est enraciné dans une histoire concrète, dans un lieu et dans un temps, dans les différentes phases de la vie humaine, et c’est de celà qu’Il tire la forme concrète de son savoir. Il apparaît donc ici, de manière très claire, qu’Il a pensé et appris de manière humaine. 

Il devient vraiment clair qu’Il est vrai homme et vrai Dieu, pour reprendre l’expression de la foi de l’Église. Le lien profond entre une dimension et l’autre, en dernière analyse, nous ne pouvons pas le définir. Il reste un mystère et, pourtant, il apparaît de manière très concrète dans le bref récit consacré à l’enfant de douze ans – un récit qui ouvre ainsi, en même temps, la porte à l’ensemble de sa personne, qui nous est ensuite raconté par les Évangiles.




Le livre :

Joseph Ratzinger - Benoît XVI, "L'enfance de Jésus", Editions Flammarion, 2012.



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

Congrégation pour le Clergé, Homélie pour le 33° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

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« Quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte » (Marc 13,29). Aujourd’hui la Liturgie de l’Eglise semble diriger nos cœurs et nos regards vers le Dernier jour, vers Celui qui est l’Alpha et l’Omega, le Principe et la Fin de toute chose, vers Celui dont nous célébrerons Dimanche prochain la Royauté universelle : Jésus-Christ Dieu. Tout se résume en Lui, tout tend vers Lui, tout le cosmos et l’histoire convergent vers Lui, toute la création « geint dans les souffrances de l’enfantement » - dirait Saint Paul – et nous vivons nous-mêmes dans cette douce attente continue.

« Quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte ». Le Christ nous aime tant, Son cœur est si brûlant d’amour et de désir pour chacun de nous qu’Il nous annonce - avant de s’immoler sur la Croix – ce qui se passera dans les derniers jours. Et c’est le propre de celui qui aime vraiment de susciter chez la personne aimée l’attente de son retour, pour qu’en l’attendant elle le désire, et qu’en le désirant elle accomplisse tous les actes d’amour que son cœur lui inspire afin de se préparer à la rencontre, afin de l’accueillir dignement, de lui exprimant son amour et de lui plaire.

« Quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte ». Quand le cœur se gonfle dans l’attente de l’être aimé, il se produit en outre une chose singulière : tout ce qui nous entoure se transfigure presque à nos yeux et devient ainsi une occasion, un prétexte, un moyen d’aimer. Et c’est encore plus évident avec le Christ ! Quand dans nos cœurs l’amour et de désir du Christ se ravive et se renouvelle, tout a un sens, – chaque rencontre, chaque circonstance, chaque joie et chaque douleur, chaque tâche – tout a une saveur nouvelle, car ce cœur est illuminé, prend consistance et trouve son sens, grâce à Lui, notre Créateur et notre Rédempteur.

« Quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte ». Cependant, en nous parlant des derniers jours, le Seigneur ne nous indique pas une échéance temporelle précise ; Il ajoute, en effet : « Pour ce qui est du jour ou de l’heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul » (Marc 13,32). C’est pour cela qu’Il nous dit : « quand vous verrez arriver ces choses ». Il nous incite en fait à observer la réalité et nous invite à y lire les signes certains de Son retour. En effet, ce n’est pas en nous réfugiant dans une religiosité intimiste et subjective, inapte à soutenir la vie, incapable d’obéir à la réalité que nous pouvons nous préparer au Dernier Jour. Il faut plutôt que nous pénétrions de manière de plus en plus sûre dans la réalité, en ayant confiance en Celui qui l’a faite et qui l’a rachetée, en ayant donc confiance en elle et dans les signes du Mystère qui nous apparaîtront de plus en plus nombreux. La réalité, en effet, est un élément souverain dans le cheminement vers le Ciel, car – nous dit encore l’Apôtre – « la réalité, au contraire, est le Christ » (Epître aux Colossiens 2,17).

« Quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte ». Cependant notre attente, l’attente chrétienne ne concerne pas uniquement un avenir qui serait assuré mais lointain. Le Jour futur vers lequel nous tendons, ce Dernier Jour auquel tout nous renvoie appartient déjà au Présent ! Il arrive déjà car ce Jour est le Christ, le Fils Unique de Dieu qui vient nous visiter d’en-haut comme un Soleil levant (cf. Luc 1,78). Nous ne vivons pas cette attente dans la tristesse, comme si nous désirions un bien absent ; mais nous vivons l’attente dans la joie de Sa Présence, laquelle nous rejoint dans l’Eglise, en particulier à travers les Sacrements et l’annonce de Sa Parole. Une Présence dont nous pouvons faire l’expérience à travers cette communion avec nos frères, qui représente un don du Saint Esprit. Une Présence qui resplendit, de façon éminente, sur l’Autel où Lui, le Christ, notre Futur, entre dans le présent de notre vie pour nous attirer à Lui, à Son Cœur, et, à travers Lui, au Père !

« Quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte ». Faisons en sorte que l’attente de Sa Présence allume en nos cœurs le désir et qu’elle le dilate et le rende capable d’un amour attentif et prévenant, qui reconnaisse le Christ dans tous ses frères et qui s’épanouira au Jour qui n’aura plus de fin. Que la Très Sainte Vierge Marie, Femme de l’attente et Modèle d’amour inégalable, prépare de plus en plus notre cœur à cette rencontre avec son Fils, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Pierre Mourlon-Beernaert, L'obole d'une pauvre veuve

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
32et.o.b.xl.jpg    Un (...) visage de femme, d'une discrétion exemplaire et d'une générosité étonnante, est présenté par Marc et par Luc, tandis que Matthieu regroupe de longues invectives contre les scribes et les pharisiens (Mt 23). En contraste avec la vanité de ceux-ci et une certaine hypocrisie de leur part, dont parlent également Marc et Luc, voici le récit d'une pauvre femme qui vient faire son offrande au Trésor du Temple, sans regarder autour d'elle; mais Jésus, lui, l'a remarquée.

    Jésus est assis et, selon Marc, il regardait autour de lui (v. 41 = etheôrei); selon Luc, "levant les yeux, il vit ... et il vit" (21, 1-2). Ses disciples ne sont pas loin, puisque Jésus les appelle peu après (Mc 12, 43); mais apparemment, ils n'avaient pas prêté attention à la modeste offrande d'une femme, parmi les dons des "riches". Cette femme, veuve de son état, est présentée comme "pauvre" (Mc vv. 42-43; Lc v. 3) ou même "indigente" (Lc v. 2 = penichra); mais nous verrons qu'elle est d'autant plus généreuse.

    Le bref épisode se situe avant le discours sur la ruine du Temple de Jérusalem, en face du Tronc ou du Trésor, là où les juifs apportaient leur offrandes, non sans notifier au prêtre de service la destination et le montant de leur don. Cette scène est le dernier enseignement de Jésus dans le Temple qu'il va définitivement quitter; cet adieu est un regard compréhensif et admiratif pour le don d'une femme veuve.

    Une fois de plus, la scène est bâtie sur un contraste. Un même verbe y revient sans cesse, indiquant le geste de jeter ou de mettre son offrande (Mc 7 fois; Lc 5 fois = ballein) dans le Tronc. C'est qu'il y a bien des façons de donner, comme l'expérience le montre tous les jours encore:

  • * d'un côté, de nombreux riches "mettaient beaucoup" comme le précise Marc; en réalité, Jésus fera remarquer qu'ils "mettaient tous en prenant sur leur superflu" (Mc v. 44; Lc v. 4).
  • * de l'autre, cette veuve pauvre mit exactement "deux leptes" (Mc v. 42; Lc v. 2), soit deux piécettes, les plus petites en usage à l'époque. Et Marc prend la peine de traduire un quadrant ou un quart d'as pour ses lecteurs romains. Il s'agit de très peu de chose, de quelques sous: on a calculé que c'était l'équivalent d'un huitième de la ration quotidienne de pain distribuée aux pauvres. Mais Jésus a compris qu'elle avait pris cette modeste somme "sur sa misère" ou "de sa pénurie" et qu'elle avait mis "tout ce qu'elle avait pour vivre": sa subsistance entière (Mc v. 44: holon ton bion) ou toute sa subsistance (Lc v. 4: panta ton bion).


    Telle est la scène dans sa simplicité; elle invite à réfléchir: qui donc a donné le plus? (Mc v. 43; Lc v. 3 = pleion). Une fois encore, Jésus va inverser les pespectives: c'est celui qui donné le plus qui a donné le moins; c'est le premier qui est dernier; c'est le grand qui est petit... Parmi tous ceux qui jetaient leurs offrandes dans le Tronc, c'est cette pauvre veuve que Jésus a vue; et il a été ébloui par son geste. De suite il en parle à ses disciples et leur dit son admiration pour cette femme.

    En somme, ce qui importe vraiment, ce n'est pas de donner beaucoup ou peu, mais c'est de donner tout ou encore l'entièreté de ce qu'on a pour vivre. Car c'est alors qu'on peut paraître devant Dieu "les mains vides", prêts à tout recevoir du Père, retrouvant la disponibilité des enfants et celle de cette veuve. Sans doute peut-on aller jusqu'à suggérer, dans un second temps de lecture après Pâques, que ce qui a touché et ébloui Jésus dans une telle générosité, c'est que lui-même allait bientôt être amené à tout donner, à livrer toute sa vie; il est vrai que le croyant ajoute alors, avec respect, que son Père en sera ébloui! Une telle relecture n'est bien entendu ouverte que par la résurrection...

    En contraste avec l'univers de l'apparence et du calcul, présenté sous les traits des scries en grandes robes, qui peuvent aller jusqu'à dévorer les biens des veuves, l'univers qui plaît à Jésus et rend un son vraiment évangélique est celui de la gratuité et de la totalité, sans calcul et en toute discrétion. Cette femme, veuve et pauvre, aime son Dieu et aime tous les pauvres, en risquant la faim: elle prend et donne deux piécettes de son nécessaire. Don gratuit et un peu fou, mais don véritable: nous voici dans l'ordre de l'amour, qui ne doute de rien et obtient tout. La transparence de cette veuve dans son geste discret peut faire percevoir de quel côté se trouve la vraie vie. En donnant ce qui lui est nécessaire pour vivre, en donnant de sa vie même, elle indique déjà vraiment le chemin que Jésus va prendre lui-même dans sa passion. Cette femme continue à montrer sans cesse à l'Église le chemin que Jésus aime, celui qui a vraiment la saveur de l'Évangile.

Marthe, Marie et les autres, Les visages féninins de l'Évangile, Éd. Lumen Vitae 1992, p. 119-121

ESCUTAR E AMAR : A CONJUGAÇÃO DE JESUS » 31° DOMINGO DO TEMPO COMUM

Walter Covens #homilias em português
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    O trecho do evangelho que lemos hoje pertence ao « must » da Bíblia .Ele é objecto universal dum  plebiscito para fazer parte do « best of » dos evangelhos, (para utilizar mais um anglicismo). Fica presente em todas as memórias, é muito citado, a maior parte das vezes a torto e a direito, porque nunca fizeram o esforço necessário para escutar verdadeiramente o que Deus nos quer dizer naquela palavra. Sabe-se mais ou menos que se trata do verbo « amar », e a partir daí utilizam-no para lhe dar sentidos contrários, sem hesitação alguma. Isso é prático, rápido e  serve para dizer tudo e o contrário de tudo… mas nunca se toma o tempo da escuta real, e a gente fica com a sua fome : isso não alimenta um homem. É mesmo igual, espiritualmente, ao « mal-comer ». Escutar e amar, amar e escutar, amar escutar, escutar para amar : os dois verbos têm que ser conjugados juntos  .

    Toda a gente sabe que é questão de amar… mas amar o quê ? mas amar quem, exactamente ? Comecemos por notar que a palavra pertence a um diálogo entre Jesus e um escriba judeu de quem Jesus vai dizer que não está longe do Reino de Deus. Isso é bastante raro , sobretudo quando se trata dum escriba, e num contexto destes : por isso, vale a pena olhar, pelo menos rapidamente.

    No capítulo 11, e no princípio do cap. 12, S.Marcos fala numa série de discussões entre Jesus e as autoridades religiosas, começando pelo episódio dos vendedores expulsados do Templo (11,015-17). ( Coisa pouco  caritativa, conforme as ideias dos especialistas do « deposito-minuto do amor ». « Era sido melhor não dizer nada » dirão outros péritos do amor rápido ; «  se a atmosfera se torna azeda, a culpa é dele ». De facto, a reacção dos sumos sacerdotes e dos escribas chega depressa : « Procuravam a maneira de o mandar matar » (v.18). Mas esquece-se de sublinhar o amor de Jesus para com a casa do seu Pai, que deve ser uma « casa de oração para todas as nações ». Quando encontram Jesus novamente no Templo, os sumos sacerdotes, escribas e anciãos lhe pedem por que autoridade se atreve a fazer tais coisas (v.28). A resposta de Jesus é a parábola dos vinhateiros homicidas (12, 1-12). Os seus adversários percebem que Jesus fala deles (e é verdade !), então o sonho deles torna-se obsessão : « procuram fazer preso Jesus, mas tiveram medo do Povo » (V.12). A seguir, mais ataques,  agora velados, da parte dos fariseus, dos herodianos, dos saduceus, de toda a parte : começam por um cumprimento, mas esse não passa duma armadilha afim de o obrigar a falar. « Será permitido, sim ou não, pagar o imposto ao imperador ? » (v.14) e o que é que  acontecerá na ressurreição à mulher aos sete maridos sucessivos : de quem a mulher há-se ser a esposa ? (v.18-27)

    Nessa atmosfera pesada e azeda é que se situa o episódio do evangelho de hoje. Eis enfim um homem bem disposto ! « Um escriba, que tinha ouvido a discussão e notado como Jesus tinha bem respondido, adiantou… » Jesus já  pode respirar um bocado. Marcos só sublinha a boa fé e as boas intenções desse escriba (o que não fazem Mateus (22, 35) e Lucas (10, 25). Apesar de tudo, aquele escriba é uma excepção… mas ele manifesta que o judaismo se pode abrir à novidade de Jesus, o Amor encarnado.

    E nós, sabemos conjugar o verbo « amar » como Jesus ? Falamos a mesma lingua ? Usamos da mesma gramática ? ou a mesma gramática nos parece estranha ? A pergunta não é só retórica. Tereis notado que, na sua resposta à pergunta : « Qual é o primeiro de todos os mandamentos ? » Jesus responde : «Eis o primeiro… Eis o segundo » ? E depois acrescenta : »Não há maior mandamento (no singular) do que esses (no plural) » O amor de Deus e o amor do próximo não são dois amores concorrentes ou contrários. É um mesmo e só amor.

    Ora, nós, separamos o que Deus uniu. Às vezes, como os fariseus, pretextamos o amor de Deus para não cuidar do próximo. Neste caso, parecemo-nos com os escribas e fariseus, que prextavam as obrigações religiosas para não socorrer os seus pais : « E vós, dizeis : ‘Se alguém dizer ao pai ou à mãe : os bens com os quais te podia ajudar são corbane, isso é : oferenda sagrada’… E fazeis muitas coisas iguais » (Mc 7,011 ,13). Nesse caso, diz Jesus, « repelistes de verdade o mandamento de Deus para seguirdes a tradição dos homens » (v.8) S.Vicente de Paulo diz coisas maravilhosas sobre esse assunto…

    Às vezes pretextamos o amor do próximo para não fazer a vontade de Deus. Em ambos os casos trata-se duma fuga que mostra bem que não temos percebido o que é o amor na sua essência. Só há uma caridade, com a qual amamos aDeus por causa d’Ele próprio, e os outros, e o universo inteiro por causa d’Ele. Amar  aDeus por causa d’Ele, amar todas as coisas por causa de Deus, eis a única conjugação exacta do verbo « amar ». É impossível amar a Deus se não se ama ao próximo, mas o caminho mais curto para amar o próximo, é o que passa por Deus, pela Eucaristia, pela oração. Passar por Deus não é nenhum rodeio, uma perda de tempo, é o contrário !

    Madalena DELBRÊL (1904-1964), cujo centenário acabamos de celebrar, mostra que é difícil amar o próximo quando esse é alguém que quer destruir em vós as coisas mais queridas. Em Ivry, cidade comunista, onde viveu durante 25 anos, havia pessoas a atacar aquilo por que teria dado a vida : a Igreja, a missa, a confissão. Então como amar tais pessoas ? Impossível, a não ser em Deus, pela oração.

« Madalena nunca se afastou da acção humana, do compromisso temporal. Participou a campanhas retumbantes para libertar presos políticos ; às vezes foi sózinha até ao fim. Redigiu muitos folhetos, cartazes, colaborou para ajudar os grevistas, os desempregados. Respondia com muita energia às chamadas mais inesperadas. Portanto, conheceu as alegrias, as penas duma vida disponível, aberta a todos os ventos. Experimentou dois riscos extremos : mergulhar na acção, ficar desanimada. Como ser cristão, discípulo de Cristo idissoluvelmente unido ao seu Pai e aos homens ? Como manifestar pela nossa vida o amor vivo e recíproco que une Deus e os homens ? A resposta de Madalena, escrita em inumeráveis páginas e notas, nunca varia. É por uma prática fiel da oração » (Jacques Loew)

    A tentação moderna, a mais actual, é , sem dúvida, esta : « Fazer o bem para o homem », mas não para Deus (Ludwig Feuerbach, 1804-1872). Na sua obra principal, « A essência do cristianismo » (1841), aquele filósofo ateu, sem Deus, que vê em Jesus Cristo só um homem caritativo que deu a sua vida pelo próximo : « O momento mais importante da história virá quando o homem se tornar consciente que o único Deus é o próprio homem ».

    Claudel diz algures que a tentação do homem moderno não é fazer o mal, mas sim passar-se de Deus para fazer o bem. Eis o cume do orgulho humano : querer mostrar que somos capazes de fazer o bem sem Deus, enquanto que Jesus disse : « Eu sou a vinha e vós os sarmentos. Quem permanece em mim e em que permaneço , aquele dá muito fruto, pois fora de Mim, não podeis fazer nada » (Jo 15,5) Está aqui uma espécie de desafio ateu : dizeis que se deve amar a Deus para amar ao próximo ? Pois bem, vamos mostrar-vos que, para fazer o bem, não é preciso de Deus. Mas, sem o Criador, a criatura desaparece (cf. GS 36), e mais tarde ou mais cedo, é a desesperança. « A criatura não se pode afastar do seu Criador sem se encontrar em vias que levam à destruição, à autodestruição » (Card.CH. Journet). « O grande acto de fé, é quando o homem confessa que não é Deus » (O.W.Holmes)

    Então, verificais que a pegunta do escriba não é só uma questão académica, muito longe das nossas preocupações. Pelo contrário, é mesmo muito concreta e pratica. « Basta amar » : esse é o título dum livro sobre Sta Bernardete de Lurdes (autor : Gilbert Cesbron-1960), e também dum filme baseado sobre esse livro, realizado por Robert Darène (1961), título utilizado  pelo « Jour du Seigneur » na Televisão francesa, para uma entrevista com a Irmã Emmanuelle. Mas o amor não é uma desculpa para evitar o que é difícil e humanamente desconcertante, também não é uma ausência de discernimento, nem um « alibi » pela cobardia e pela preguice .Um teólogo americano com quem estudei   escreveu um livro sobre a hierarquia dos valores, uma noção muitas vezes mal percebida, como se algumas verdades de fé fossem negociáveis, ou menos verdadeiras do que as outras.

    Este perigo existe também na moral. Da mesma maneira como a Santíssima Trindade é o mistério donde emanam todos os demais mistérios, e não o mistério diante do qual os  outros todos desaparecem, da mesma maneira o amor é a virtude que arrasta todas as outras e não a que substitue as outras. O que é importante é ter consciência de que tudo está ligado, no dogma e na moral. O lugar da Virgem Maria está subordinado ao lugar de Jesus, mas se duvidamos da maternidade de Maria, tal como foi definida pelo Concílio de Éfeso,é mesmo a divindade de Cristo que se torna duvidosa. E se duvidarmos da divindade de Jesus, já não haverá mistério da Trindade. No domínio do agir cristão (a moral), é igual. S.Francisco de Sales diz que o amor é a rainha ; a fé  e a esperança são as que servem. Mas nesta terra, aquela rainha não pode reinar sem as que servem.

(tradução : Pe G.Jeuge)

Il y avait une fois un Roi qui avait quatre épouses (comte pour le 2 novembre, mais pas seulement)

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

Il y avait une fois un Roi qui avait quatre épouses.

 

Il aimait sa quatrième femme plus que toutes les autres.

 

Il lui donnait de jolis présents et l'entourait de beaucoup de soins. Il la comblait de ce qu'il avait de meilleur.

 

Il aimait également sa troisième femme et la présentait avec fierté aux Rois voisins. Mais il avait peur qu'elle ne parte un jour avec un autre Roi.

 

Il aimait aussi sa deuxième épouse. Elle était sa confidente: chaque fois qu'il avait un problème, il lui en parlait.

 

La première épouse du Roi était sa compagne la plus loyale; c'est avec elle qu'il a construit son royaume.

 

Cependant, il n'aimait pas suffisamment sa première épouse. Il lui accordait très peu d'importance.

 

Un jour, le Roi tomba gravement malade.

 

Sur le point de mourir, il se mit à réfléchir :

 

"J'ai quatre épouses, mais quand je vais mourir, je serai seul".

 

Il appela donc sa quatrième épouse et lui dit :

 

"Je t'ai aimée plus que toutes les autres. Je t'ai donné ce que j'ai de meilleur. Maintenant que je suis en train de mourir, voudrais-tu venir avec moi ? Voudrais-tu être ma compagne pour toujours ?"

 

"Tu es fou?",

demanda-t-elle, avant de s'éloigner, sans ajouter un mot. Sa réponse pénétra douloureusement dans le cœur du Roi comme un couteau aiguisé.

 

Le Roi dit ensuite à la troisième épouse :

 

"Je t'ai aimée toute ma vie. Maintenant que je suis en train de mourir, es-tu disposée à me suivre?"

 

"Non!" répondit-elle, "la vie est trop belle. Quand tu seras mort, je me remarierai!"

 

Cette réponse surprit le Roi et il en fut tout triste. Il dit alors à sa seconde épouse:

 

"Je suis toujours venu à toi dans mes moments difficiles. Et tu m'as toujours aidé. Maintenant que je vais mourir, veux-tu me suivre?"

 

Elle répondit :

 

"Je regrette vraiment de ne pouvoir te suivre, mais je promets de te faire un bel enterrement."

 

Le Roi fut désemparé, toute sa vie, il s'était trompé sur les sentiments de ses épouses. Il entendit alors une voix qui disait:

 

"Moi j'irai avec toi ; je te suivrai partout où tu iras."

 

C'était la première épouse qui venait de parler.

 

Le Roi la regarda et il eut honte: elle était maigre, malade, résignée. Il dit alors:

 

"C'est toi que j'aurai dû aimer plus que les autres lorsque j'en avais les moyens."

 

Et il pleura...

 

 ***

 

 

En réalité, chacun de nous a quatre épouses.

 

Notre quatrième épouse est notre corps. Quel que soit le soin que nous lui apportons, il nous laissera le jour de notre mort.

 

Notre troisième épouse est notre richesse et notre situation sociale. Elle peut nous quitter à tout instant et ne nous sera d'aucun secours à notre mort.

 

Notre deuxième épouse, ce sont nos amis et notre famille. Ils sont d'un grand appui pour nous, mais au jour de la mort, tout ce qu'ils peuvent faire pour nous, c'est organiser nos funérailles.

 

Notre première épouse c'est notre âme, que nous oublions souvent et que nous traitons si mal. Pourtant elle est la seule qui nous accompagnera en tout lieu. Jusqu'au ciel. Devant le Créateur de toutes choses.

 

Prenons le temps de la soigner et de l'entretenir, par la Parole de Dieu, afin qu'elle soit belle et saine, devant le Seigneur des seigneurs et qu'elle soit accueillie par ces belles paroles de Celui qui domine, pour l'éternité, sur toutes choses:

 

"Entre dans la joie de ton Maître, bon et fidèle serviteur!"

 

 

Ah ... encore une chose: le meilleur ami de votre première épouse, c'est le prêtre. Pourquoi attendre le jour de votre enterrement pour le rencontrer?

 

Auteur : Inconnu

 

 

 

TODOS OS SANTOS (1 DE NOVEMBRO)

Walter Covens #homilias em português
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    Celebramos hoje a solenidade de todos os Santos. É uma das festas mais populares na Tradição da Igreja Católica. Um sinal disso é o facto daquele dia ser um dia feriado na maior parte dos países. No entanto, o peso da secularização é cada vez maior também neste domínio. Nos últimos anos temos assistido a uma verdadeira profanação dessa festa. Todos ouvistes falar no « Halloween ». Alloween era, à partida, uma festa católica autêntica. Chamava-se « All Hallow’s Eve » (= a vigília da festa de Todos os Santos). Foram emigrantes irlandeses, com a sua grande devoção aos santos, que a importaram nos Estados Unidos. Só nos últimos anos foi que esta festa se encontrou  desfigurada, despojada do seu sentido cristão para ser transformada numa parodia lugubre da visão cristã do Além.. Portanto não foi só uma motivação comercial que fez dessa festa uma espécie de segundo carnaval. O dia 31 de Outubro é , para o ocultismo « a maior festa dos discípulos de Satanás ».

    Esse é mais um motivo para estudarmos mais a fundo o sentido autêntico da solenidade da festa de Todos os Santos, afim de não deixar perder o seu valor em relação a comemoração dos fiéis defuntos que chega no dia seguinte, 2 de Novembro. Está em questão a vitalidade da nossa fé. Não nos deixemos contaminar e manipular por forças escuras, mas contaminemos o mundo pela nossa fé ! Ora, a nossa fé é esta : CREIO NA SANTA IGREJA CATÓLICA. Mas, o que creio no fundo do meu coração, tenho também de fazer todo o possível para o comprender com a minha inteligência. A fé nunca é uma coisa evidente. É sim uma prova. O que seremos ainda não aparece claramente, diz S.João. É precisamente aqui que intervem a fé. A Santa Igreja não é uma Igreja sem pecadores. « Não vim para os sãos e os justos, mas sim para os doentes e os pecadores », disse Jesus. Acabamos de o confessar no princípio da missa : somos todos pecadores. Se fosse preciso ser santo antes de ser cristão, isso não faria sentido. Somos cristãos para nos tornarmos santos.

    Então, estais a ver a pergnta que temos de fazer todos para nós mesmos : eu, pobre pecador, poderei tornar-me santo (santa) ? Se por acaso digo que sou cristão, mas que não me quero tornar santo, é com certeza porque há mais um problema, pior do que o próprio pecado. Quando digo que não sou pecador, há um problema, porque digo que Deus é um mentiroso. Mas, sabendo que sou pecador, apesar de pertencer à Igreja, se não quero ser santo, também há um problema. É por isso que Jesus conta a parábola do trigo e do joio. O joio, não são os pecadores, são os pecadores que não se querem tornar santos. Jesus diz assim : « Deixai-os crescer juntos até à messe, e no tempo da messe, eu direi aos trabalhadores : tirai primeiro o joio, ligai-o, queimai-o ; quanto ao trigo, ponde-o no celeiro » (Mt 13,30). Portanto, nós, membros da Igreja, somos todos pecadores.

    Mas na Igreja não há só pecadores. Nós, cristãos, não é o pecado que nos torna membros da Igreja ; é sim a nossa caminhada em direcção à santidade, na graça do nosso baptismo e da nossa confirmação. Mediante esses sacramentos temos recebido um selo, um selo que o pecado nunca apagará. Enquanto fico na fé do meu baptismo, mesmo que peque por fraqueza, ainda pertenço à Igreja, mas se levar uma vida honrosa sem fé, então já não serei mais cristão. No momento da Comunhão, vou dizer esta oração admirável : « Senhor, não olhais aos meus pecados mas à fé da Vossa Igreja »… O Concílio de Trento disse assim :aqueles que dizem que um cristão em estado de pecado mortal já não pertence à Igreja são condenáveis… Mas, se tenho a fé, não vou dizer que tive razão em cometer o pecado que fiz.

    S.Paulo escreve aos Efésios : « Cristo amou a Igreja, entregou-se por Ela ; pois queria que fosse santa graças à purificação do baptismo e a palavra de Vida ; queria apresentá-la a si mesmo, aquela Igreja, resplandecente, sem mancha, nem ruga, nem defeito algum ; queria que fosse santa e irreprensível. Essa é a Igreja que saí do baptismo. S.Paulo sabe muito bem que há pecadores na Igreja. Aos Coríntios censura coisas gravíssimas. No entanto, diz que que a Igreja é santa. Ela está sem pecado, mas não sem pecadores. Teólogos belgas disseram isto :  Está certo, a Igreja é santa em alguns dos seus membros, mas é pecadora em outros. Da mesma maneira como se diz que Antuérpia é rica ! (o porto, os diamantes…) mesmo que haja muitos pobres. da mesma maneira como se diz que Lovaina é sábia por causa da sua Universidade, mesmo que haja muitos ignorantes, assim se dirá que a Igreja é santa, mesmo que possua nela muitos pecadores . Não !Em todos os membros da Igreja, enquanto não abandonaram a fé, enquanto ainda têm a fé, há uma santidade. Aquela fé não chegará para os santificar, mas eles sempre pertencem à Igreja. A Igreja não abandona os pecadores. Ela é como que uma mãe que tem uma criança muito doente : enquanto a criança fica viva, a mãe não a abandona. Quando morre, já não a guarda nos braços.

    Mas é prociso que a criança queira ficar junto da sua mãe. PÉGUY, num texto muito lindo, diz assim : O que é um cristão ? Um cristão é um pobre pecador, mas que toma a mão. E os Santos, os que celebramos hoje, quem são ? Os santos são aqueles que estendem a mão. Péguy diz : se tomardes a mão estendida, sois cristãos. Caso contrário, não sois cristãos. Isto quer dizer que a nossa santificação não vem dum esforço feito por nós, por admirável que seja. A nossa santificação vem duma mendicidade. Para sermos santos temos que mendigar. Todos os Santos foram mendigos. Mais mendigaram e mais receberam. Mais receberam, mais se sentiram dependentes da misericórdia de Deus.

    Então, não julguemos a Igreja a partir daquilo que não é. É o que nos diz Jacques MARITAIN : « Os católicos não são o catolicismo. As culpas, os pesos, as carências e os sonos dos católicos não comprometem o catolicismo. O catolicismo não tem missão para dar uma desculpa às faltas dos católicos. A melhor apologética não consiste em justificar os católicos quando não têm razão, mas pelo contrário em marcar os erros, quando não danificam a substância do catolicismo et só mostram a força duma religião sempre viva, apesar deles. A Igreja é um mistério. Tem a cabeça escondida no Céu, a sua visibilidade não se manifesta nitidamente. Se procureis o que a representa melhor, olhai para o Papa e os Bispos a ensinar a fé e os deveres ; olhai para os Santos do Céu e da terra ; não olheis para nós pecadores, ou, de preferência, olhai para o procedimento da Igreja para curar as nossas pragas e para nos guiar pouco a pouco até à vida eterna. A grande glória da Igreja é ser santa com membros pecadores. »

    Enquanto sou pobre pecador, tenho então de saber que há Santos para me ajudar, não só os do Céu, mas também os da terra. Então neste dia bonito de « Todos os santos », olhemos para o Céu, e não nos esquecemos de olhar também para a terra. Um bispo suiço, D.Charrière, que tinha ido de peregrinação a Ars, tinha lá encontrado um padre velhíssimo que tinha conhecido o Santo Cura de Ars . O bispo pediu ao padre se a santidade do Cura de Ars tinha sido reconhecida enquanto vivia. – Ô não, tinha respondido ; diziam que era um original. Assim aconteceu com Sta Bernardete de Lurdes e Sta Teresinha de Lisieux. Há tantos santos e tantas santas que nos estendem a mão, e não a tomamos, equanto que pecisamos tanto dela, porque não os conhecemos. Até os perseguimos : « felizes sereis si vos insultarem, se vos perseguirem e se dizerem mentiras contra vós, por causa de Mim… »

    Peçamos ao Espírito Santo que abra os nossos olhos afim de que possamos ver e respeitar a santidade da Igreja, a dos Santos, está certo, mas também a que fica em cada um de nós.

 


(tradução : Pe G.Jeuge)

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