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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Nouvel arrivage de poisson frais ! - Homélie 5° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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C'est aujourd'hui le dimanche des Journées chrétiennes de la Communication. Comme le faisait remarquer Mgr Léonard:

L'aventure de l'Evangile a commencé avec une "communication". Et l'Eglise a démarré avec l'utilisation des "médias" de l'époque: la prédication en direct, l'enseignement, l'écrit. Tout cela demeure actuel. Mais d'autres "toits" s'ouvrent aujourd'hui pour y "proclamer" ce que le Seigneur nous a glissé "au creux de l'oreille", il y a 20 siècles déjà.
Internet est l'un de ces lieux nouveaux où l'annonce de la foi peut retentir, alimenter la réflexion, susciter le dialogue. Que Jésus et son Eglise soient donc les très bienvenus sur le "réseau"!


 

C'est aussi, modestement, l'objectif de ce blog. La "toile" est ce filet que Jésus demande aux "pêcheurs d'hommes" d'aujourd'hui de jeter. S. Luc n'emploie pas le terme "pêcheurs". Il dit à Simon Pierre:


 

Désormais, ce sont des hommes que tu prendras.


Le mot grec traduit en français par "prendras" signifie: capturer vivant. Cela nous rappelle que la Toile est aussi un filet employé par les pêcheurs de la culture de la mort. D'où la responsabilité des parents et des éducateurs dans l'utilisation croissante de l'Internet par les enfants et les jeunes. "Qu'as-tu fait de ton frère?" C'est la question posée par Dieu à Caïn après le meurtre d'Abel. La question que le Seigneur pose aux parents est: "Qu'as-tu fait de tes enfants?"

Allez donc faire un tour sur le site e-enfance pour vous rendre compte du danger mortel que courent vos enfants quand vous les laissez surfer sur la Toile sans surveillance.

Côté vie, vous avez dans les liens que j'ai mis sur ce blog le site de Caté-Ouest, qui est très bien fait. Une idée pour le prochain Carême !

Le texte de l’Évangile du dimanche des Journées Chrétiennes de la Communication, est approprié puisqu’il s’agit de la pêche miraculeuse et de la vocation des apôtres. Choisis par Jésus, les apôtres sont appelés à communiquer la Bonne Nouvelle dans la confiance au Christ qui leur dit : « Ayez confiance, n’ayez pas peur ».

Les 3 textes proposés aujourd’hui sont des récits d’appel qui montrent bien que toute vocation est personnelle...

Isaïe est purifié pour sa mission de prophète juste avant d’être appelé ; Simon sera appelé Pierre en raison de son rôle primordial dans l’Eglise ; Paul est choisi comme apôtre, comme envoyé, pour transmettre et porter la Bonne Nouvelle à tous. Le Seigneur choisit et appelle chacun par son nom et lui confie une mission propre pour l’annonce de l’Evangile. Aujourd’hui encore, il continue à choisir et appeler...

Transmettre... Depuis quelques années l’Eglise de France est préoccupée par cet aspect essentiel de sa mission : dans la « lettre aux catholiques de France » (1996), les évêques de France ont diagnostiqué une « crise de transmission généralisée » dans notre société. Or la transmission est essentielle, vitale pour l’Eglise : c’est par la transmission de l’Evangile qu’elle suscite de nouveaux croyants.... La Parole de Dieu de ce dimanche nous rappelle que chacun est responsable, pour sa part, de transmettre ce qu’il a reçu ... et sans plus attendre au risque de fuir notre vocation...

La transmission de la Bonne Nouvelle suppose des signes concrets d’accueil, de partage, d’amour. Suivre le Christ c’est tâcher d’aimer les autres comme il nous aime. C’est révéler à tous les hommes un Seigneur de tendresse et les conduire à lui. Si l’Evangile est pour nous vraiment Bonne Nouvelle qui nous fait vivre, nous avons à coeur de le faire connaître, de le transmettre comme un cadeau de vie.


N’hésitons pas à nous échanger les bonnes nouvelles, les bons livres, les découvertes d’un reportage passionnant. N’hésitons pas non plus à « être attentifs au développement d’outils toujours plus performants : ils font partie de l’univers des jeunes, et des moins jeunes. Ils ont une influence sur la manière de vivre, de penser, d’aimer, de croire, de travailler.

 
La communication, la vraie, n’est pas l’outil mais le message ; le défi est de créer des relations nouvelles entre é́ducation et mé́dias pour permettre à tout enfant de grandir et non de subir. (d'un message de Mgr Di Falco)

Benoît XVI, Réseaux sociaux : portes de vérité et de foi ; nouveaux espaces pour l’évangélisation (Message pour la 47° Journée mondiale des Communications Sociales)

dominicanus #Il est vivant !

5 TOC ev

 

Chers frères et sœurs,

À l’approche de la Journée mondiale des Communications sociales de 2013, je voudrais proposer quelques réflexions sur une réalité toujours plus importante concernant la manière dont les personnes communiquent entre elles aujourd'hui. Je voudrais examiner le développement des réseaux sociaux numériques qui contribuent à mettre en évidence une nouvelle « agora », un espace public ouvert où les personnes partagent des idées, des informations, des opinions, et où peuvent naître aussi de nouvelles relations et formes de communauté.

Ces espaces, quand ils sont bien valorisés et de manière équilibrée, contribuent à promouvoir des formes de dialogue et de débat qui, si elles sont effectuées avec respect, attention pour la vie privée, responsabilité et dévouement à la vérité, peuvent renforcer les liens d'unité entre les personnes et promouvoir efficacement l'harmonie de la famille humaine. L'échange d'informations peut devenir une réelle communication, les liens peuvent se développer en amitié, les connexions faciliter la communion. Si les réseaux sont appelés à réaliser ce grand potentiel, les personnes qui y participent doivent s'efforcer d'être authentiques, parce que dans ces espaces on ne partage pas seulement des idées et des informations mais en définitive on se communique soi-même.

Le développement des réseaux sociaux exige de l’engagement : les personnes participent à construire des relations et à trouver de l'amitié, dans la recherche de réponses à leurs questions, en se divertissant mais aussi en se stimulant intellectuellement et dans le souci du partage des compétences et des connaissances. En unissant les personnes en fonction de ces besoins fondamentaux, les réseaux font de plus en plus partie du tissu social même. Les réseaux sociaux sont donc alimentés par des aspirations enracinées dans le cœur humain.

La culture des réseaux sociaux et les changements dans les formes et les styles de communication, posent des défis importants à ceux qui veulent parler de vérité et de valeurs. Souvent, comme c'est le cas pour d’autres médias sociaux, la signification et l'efficacité des différentes formes d'expression semblent plus déterminés par leur popularité que par leur importance intrinsèque et leur validité. La popularité est encore fréquemment liée à la célébrité ou à des stratégies de persuasion plutôt qu’à la logique de l'argumentation. Parfois, la voix discrète de la raison peut être dominée par la rumeur des informations excessives et ne parvient pas à éveiller l'attention qui est réservée par contre à qui s'exprime d’une manière plus persuasive. Les médias sociaux ont besoin donc de l'engagement de tous ceux qui sont conscients de l'importance du dialogue, du débat raisonné, de l’argumentation logique ; des personnes qui cherchent à cultiver des formes de discours et d'expression qui font appel aux plus nobles aspirations de ceux qui sont impliqués dans le processus de communication. Le dialogue et le débat peuvent s'épanouir et grandir aussi quand on converse et prend au sérieux ceux qui ont des idées différentes des nôtres. « Étant donné la diversité culturelle, il faut faire en sorte que les personnes, non seulement acceptent l’existence de la culture de l’autre, mais aspirent aussi à s’en enrichir et à lui offrir ce que l’on possède de bien, de vrai et de beau. »(Discours à la rencontre avec le monde de la culture, Belém, Lisbonne, 12 mai 2010)

Le défi que les réseaux sociaux doivent affronter est d’être effectivement inclusif : alors ils bénéficieront de la pleine participation des croyants qui souhaitent partager le message de Jésus et les valeurs de la dignité humaine promues dans son enseignement. En fait, les croyants ont de plus en plus ce sentiment que si la Bonne Nouvelle n’est pas connue aussi dans l'environnement numérique, elle pourrait être absente de l'expérience d'un grand nombre pour qui cet espace existentiel est important. L'environnement numérique n'est pas un monde parallèle ou purement virtuel, mais fait partie de la réalité quotidienne de nombreuses personnes, en particulier des plus jeunes. Les réseaux sociaux sont le résultat de l'interaction humaine, mais ils donnent à leur tour de nouvelles formes à la dynamique de la communication qui crée des relations : une compréhension approfondie de cet environnement est donc la condition préalable pour y assurer une présence significative.

La capacité d'utiliser les nouveaux langages est requise non pas tant pour être à la mode du temps, mais justement pour permettre à l’infinie richesse de l’Évangile de trouver des formes d'expression qui soient en mesure d'atteindre les esprits et les cœurs de tous. Dans l'environnement numérique la parole écrite est souvent accompagnée d'images et de sons. Une communication efficace, comme les paraboles de Jésus, nécessite l'implication de l'imagination et de la sensibilité émotionnelle de ceux que nous voulons inviter à la rencontre avec le mystère de l'amour de Dieu. En outre, nous savons que la tradition chrétienne a toujours été riche en signes et en symboles : je pense par exemple, à la croix, aux icônes, aux images de la Vierge Marie, à la crèche, aux vitraux et aux peintures des églises. Une partie importante du patrimoine artistique de l'humanité a d’ailleurs été réalisée par des artistes et des musiciens qui ont essayé d'exprimer les vérités de la foi.

L'authenticité des croyants dans les réseaux sociaux est mise en évidence par le partage de la source profonde de leur espérance et de leur joie : la foi en Dieu riche de miséricorde et d'amour révélé en Jésus Christ. Un tel partage consiste non seulement dans l'expression explicite de la foi, mais aussi dans le témoignage, c'est-à-dire dans la façon dont se communiquent « choix, préférences, jugements qui soient profondément cohérents avec l'Évangile, même lorsqu'on n’en parle pas explicitement. » (Message pour la Journée mondiale des Communications sociales, 2011). Une manière particulièrement significative de témoigner sera la volonté de se donner soi-même aux autres à travers la disponibilité à s'impliquer avec patience et respect dans leurs questions et leurs doutes, sur le chemin de la recherche de la vérité et du sens de l'existence humaine. L'émergence dans les réseaux sociaux du dialogue autour de la foi et des croyances, confirme l'importance et la pertinence de la religion dans le débat public et social.

Pour ceux qui ont accueilli d’un cœur ouvert le don de la foi, la réponse la plus radicale aux questions de l'homme sur l'amour, la vérité et le sens de la vie – questions qui ne sont en aucune façon absentes dans les réseaux sociaux – se trouve dans la personne de Jésus Christ. Il est naturel que celui qui a la foi désire, avec respect et sensibilité, la partager avec ceux qu'il rencontre dans l'environnement numérique. En définitive, cependant, si notre partage de l'Évangile est capable de donner de bons fruits, c'est toujours grâce à la force de la Parole de Dieu de toucher les cœurs, bien avant tout effort de notre part. La confiance dans la puissance de l'action de Dieu doit toujours dépasser toute sécurité mise dans l'utilisation de moyens humains. Même dans l'environnement numérique, où il est facile que s’élèvent des voix sur un ton trop vif et conflictuel et où parfois le sensationnalisme risque de l'emporter, nous sommes invités à un discernement attentif. Et rappelons-nous à cet égard, que Élie reconnut la voix de Dieu non dans le vent impétueux et fort, ni dans le tremblement de terre ou le feu, mais dans le « murmure d'une brise légère » (1 R 19, 11-12). Nous devons avoir confiance dans le fait que les désirs fondamentaux d’aimer et d’être aimé, de trouver sens et vérité – que Dieu lui-même a mis au cœur de l'être humain – maintiennent également les femmes et les hommes de notre temps toujours et de toute manière ouverts à ce que le Bienheureux Cardinal Newman appelle la « gentille lumière » de la foi.

Les réseaux sociaux, outre qu’instruments d'évangélisation, peuvent être un facteur de développement humain. Par exemple, dans certains contextes géographiques et culturels où les chrétiens se sentent isolés, les réseaux sociaux peuvent renforcer le sentiment de leur unité effective avec la communauté universelle des croyants. Les réseaux facilitent le partage des ressources spirituelles et liturgiques, rendant les personnes capables de prier avec un sens revigoré de proximité avec ceux qui professent la même foi. La participation authentique et interactive aux questions et aux doutes de ceux qui sont loin de la foi doit nous faire ressentir le besoin de nourrir avec la prière et la réflexion notre foi en la présence de Dieu, ainsi que notre charité active : « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. » (1 Co 13, 1).

Il existe des réseaux sociaux qui, dans l'environnement numérique, offrent à l'homme d'aujourd'hui des opportunités de prière, de méditation, ou de partage de la parole de Dieu. Mais ces réseaux peuvent aussi ouvrir des portes à d'autres dimensions de la foi. En effet, beaucoup de gens sont en train de découvrir, grâce à un contact au départ en ligne, l'importance de la rencontre directe, des expériences de communauté ou même de pèlerinage, éléments toujours importants dans le cheminement de foi. En nous efforçant de rendre l'Évangile présent dans l'environnement numérique, nous pouvons inviter les personnes à vivre des rencontres de prière ou des célébrations liturgiques dans des lieux concrets tels que des églises ou des chapelles. Il ne devrait pas y avoir manque de cohérence ou d'unité dans l'expression de notre foi et dans notre témoignage évangélique dans la réalité où nous sommes appelés à vivre, qu’elle soit physique ou numérique. Lorsque nous sommes en présence des autres, de toute manière, nous sommes appelés à faire connaître l'amour de Dieu jusqu'aux extrémités de la terre.

Je prie pour que l'Esprit de Dieu vous accompagne et vous éclaire toujours, et de tout cœur je vous bénis tous, afin que vous puissiez être vraiment les hérauts et les témoins de l'Evangile. « Allez dans le monde entier et proclamez l'Évangile à toute créature » (Mc 16, 15)

Du Vatican, le 24 janvier 2013, fête de saint François

 

BENEDICTUS PP. XVI

 

 

© Copyright 2013 - Libreria Editrice Vaticana

 

René Laurentin, Les noces de Cana (6) "Demeurer avec Jésus"

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
De Cana à Capharnaüm

2 TOC ev    Jean, le plus profond, mais aussi le plus concret des évangélistes, le plus symbolique mais aussi le plus historique avec siant Luc, et le plus pénétrant, conclut l'épisode en évoquant la suite de l'itinérance:

Après quoi, Jésus descendit à Capharnaüm,
avec sa mère et ses frères,
mais ils n'y demeurèrent que quelques jours (Jn 2, 12...).

    Ce verset négligé mais important, recoupe et rejoint le récit apparemment si différent des Évangiels synoptiques (Mc 1, 21; 2, 1 et parallèles) et manifeste à quel point ces récits, de source et de caractère si différents, se réfèrent bien à la même réalité historique: l'implantation précoce de Jésus à Capharnaüm.

"Demeurer avec Jésus"

    L'évangéliste (premier disciples et premier témoin oculaire de Jésus) caractérise l'essentiel de sa première expérience par le mot demeurer (cinq fois de 1, 32 à 1, 39, et ici en 2, 12):
- L'Esprit saint demeure sur Jésus en Jn 1, 32.
- Les premiers disciples demandent où il "demeure" et "demeurent" effectivement avec lui (quatre fois de 1, 33 à 1, 39),
- et, après les premier signe, "ils demeurent avec lui", mais aussi "avec ses frères" (les cousins du clan familial) et "Marie sa mère", que Jean l'évangéliste "prendra avec lui" (Jn 19, 25-27).

    Ce que l'évangéliste esquisse en tout cela, c'est l'invitation à demeurer avec Jésus, et il précisera progressivement: en Jésus, comme Jésus "demeure dans le Père et le Père en Lui"; ce sera une des leçons maîtresses du quatrième Évangile. Elle est seulement esquissée ici, dans les actes et dans les faits.

    Le petit groupe qui "demeure avec Jésus": les 5 premiers disciples, Marie et la famille, est comme une anticipation de ce que sera la communauté de la Pentecôte (Ac 1, 13-14), embryon de l'Église, décrite dans Ac 1, 14, pareillement composée des disciples et de la famille, dont "Marie, mère de Jésus".

Vie authentique de Jésus Christ, récit, éd. Fayard 1996, p. 95-96

René Laurentin, Les noces de Cana (5) Place primordiale des femmes dans la vie de Jésus

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
2 TOC ev    Cette scène manifeste le nouveau regard de Jésus sur les femmes. Elle commence à révéler le rôle spécifique et prioritaire qu'il leur attribue dans la dynamique de son Royaume spirituel. En Luc comme en Jean, elles sont là, au commencement de chaque étape majeure (la Naissance, la venue de Jésus au Temple, son ministère, la Croix, la Résurrection, la Pentecôte).

    Tout au long du 4e Évangile, elles seront là, avec leurs intuitions anticipatrices, pour suggérer, préparer, introduire, inaugurer les actes essentiels de la carrière de Jésus.

    Très précisément, deux épisodes féminins significatifs ouvrent et structurent chacun des trois livres du quatrième Évangile:

1. Livre des signes (Jn 2-10).
2. Livre de la Passion (10-19).
3. Livre de la Résurrection ((20-21).

1. Au début du premier livre,
- Marie provoque le premier signe de Jésus (Jn 2, 4 et 12),
- la Samaritaine annonce Jésus Messie au-delà des Juifs, chez les Samaritains: hérétiques et marginaux, souligne Jean (4, 29 et 41).

2. Au début du livre de la Passion,
- Marthe obiendra de Jésus la résurrection de son frère (Jn 11, 21-45)
- et Marie fera l'onction annonciatrice de sa sépulture (Jn 12, 1-8).

3. Au début du livre de la Résurrection,
- Madeleine sera la première au tombeau vie (Jn 20, 1)
- et la première à voir Jésus réssuscité (Jn 20, 11-18).

    Bref, à chaque pas, les femmes ont un rôle prioritaire et inaugural: généreux, intuitif, anticipateur, qui suggère, devance et accélère le dynamisme de l'Évangile. Cela traduit une certaine préférence de Dieu pour les femmes, que confirme l'histoire de la mystique et des charismes.

    C'est seulement après coup, et à longueur de temps que les oeuvres de Dieu révèlent leur sens, au-delà du tissu quotidien de la vie humaine. À Cana le maître du festin n'a pas vu si loin. Et la vie continue, ce jour-là, bien enracinée dans le terrestre, et l'euphorie du vin.

Vie authentique de Jésus Christ, récit, éd. Fayard 1996, p. 94-95

René Laurentin, Les noces de Cana (4) Le Sinaï et Cana comme Alliance

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
Le Sinaï et Cana comme Alliance

2 TOC ev    Jean raconte "le premier signe" de Jésus en référence au Sinaï, où Dieu a donné sa Loi à Moïse: ce que commémorait la fête juive de la Pentecôte. Le rapprochement manifeste Cana comme une autre théophanie (manifestation de Dieu): le signe d'une Nouvelle Alliance.

    Les deux événements sont respectivement situés "le troisième mois" (Ex 19, 1) et "le troisième jour" (Jn 2, 1): 3 est un chiffre symbolique. L'Alliance offerte par Dieu ne peut être conclue sans le consentement du peuple: sans l'accueil de sa réceptivité, l'Amour que Dieu propose. Dans le récit du Pentateuque, les Hébreux ratifient l'Alliance en répondant à Moïse par deux fois:

- TOUT CE QUE le Seigneur DIRA, nous le FERONS (Ex 19, 8 et 24, 3).

    Comme en écho, la Mère de Jésus dit aux serviteurs dociles:

- TOUT CE QU'IL VOUS DIRA, FAITES-le (Jn 2, 5).

    La Vierge Marie, fille de Sion, adhère et fait adhérer au Seigneur, après l'avoir invité à faire le premier signe d'une nouvelle Alliance.

Vie authentique de Jésus Christ, récit, éd. Fayard 1996, p. 94

René Laurentin, Les noces de Cana (3) Le sens

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
Le sens

2 TOC ev    Ce signe divin manifeste "la Gloire" du Fils, et fonde la foi de ses disciples (Jn 2, 12). C'est donc un événement instaurateur.

    Ici comme ailleurs, le récit de Jean, concret et réaliste, est riche en symboles mulitples et inépuisables.

    Il évoque ces noces campagnardes comme une parabole du mariage de Yahvé avec son peuple (Os 2; Éz 16; Cant) et de l'Incarnation (Jn 1, 14), par laquelle Jésus a épousé l'humanité, mais aussi sanctifié le mariage. Ce n'est pas par hasard que son premier miracle est dédié à la famille, à l'heure joyeuse des noces. L'Évangile n'est ni spiritualiste ni puritain. Jésus est humain et croit à l'amour. Il commence en refondant la famille sur l'amour humain, dans la fête. Dieu commence par les mystères joyeux, pour conduire aux mystères glorieux, à travers les mystères douloureux.

Vie authentique de Jésus Christ, récit, éd. Fayard 1996, p. 94

René Laurentin, Les noces de Cana (2), Le signe

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
Le signe

2 TOC ev    Jésus sort de sa réflexion. Il répond aux regards que Marie a tournés vers lui. Il commande:

-Emplissez d'eau les cuves!
Ils les remplissent jusqu'au bord.
Il leur dit:
- Puisez maintenant, et portez-en au maître du repas!
Ils en portèrent.
Le maître du repas gooûta l'eau changée en vin. Il ne savait pas, d'où venait (ce vin), mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l'eau. Alors le maître du repas appelle le mari et lui dit:
- Tout homme offre d'abord el bon vin, et quand les gens sont gais, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jurqu'à maintenant! (Jn 2, 6-10)

    Le récit est laconique, stylisé, réduit aux seuls traits significatifs. Il reste concret et proche de l'ambiance joyeuse. Les propos enjoués de l'ordonnateur des réjouissances ont valeur de parabole. Ils évoquent la manière paternelle de Dieu: en contraste avec le malin, qui ne séduit que pour décevoir, Dieu conduit par le sacrifice au bonheur, par l'ascèse à la joie parfaite. Telle est l'expérience chrétienne. L'évangéliste conclut:

Tel fut le premier signe de Jésus. Il l'accomplit à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en Lui (Jn 2, 11).

    Cette conclusion est de grande portée. Elle était annoncée par le verset qui précède le récit des noces de Cana:

Vous verrez les cieux ouverts et les anges de Dieu montant et descendant au-dessus du Fils de l'homme (Jn 1, 51: dernier verset de ce chapitre).

    Les anges qui montent et descendent signifient une théophanie, c'est-à-dire une manifestation de Dieu.

Vie authentique de Jésus Christ, récit, éd. Fayard 1996, p. 93

René Laurentin, Les noces de Cana, Invitation et frustration

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
2 TOC ev    Voici donc constitué le noyau des cinq premiers disciples: Jean, André, Pierre, Philippe et Nathanaël. Ils n'ont pas encore été formellement appelés, mais ils ont été guidés vers Jésus par la voix du Baptiste: d'abord Jean l'évangéliste et André. Ils en ont fait part, d'autres sont venus, ils ont vu, ils ont demeuré avec Lui. Ils ont éprouvé son attrait spirituel, au-delà de ses apparences d'homme du peuple, aux mains calleuses. Il y a tant d'hommes du peuple qui sont des seigneurs au sens humain du mot qu'on pourrait ne pas chercher plus loin. Mais, au-delà du rayonnement humain de Jésus, les premiers disciples entrevoient la stuture transcendante qui leur fait balbutier leurs premières professions de foi. Souvent, le Seigneur éveille très tôt dans les coeurs les perceptions fondamentales qu'on mettra toute une vie à réaliser.

    "LE TROISIÈME JOUR", qui achève cette semaine bienheureuse (Jn 2, 1), les voici à Cana de Galilée. Ces bons marcheurs n'ont mis que trois jours pour plus de 100 km. C'est là que va surgir le premier événement de la vie de Jésus.

    "Le troisième jour", donc, les six arrivent à Cana de Galilée:

Il y avait là un mariage et la mère de Jésus y était. Jésus et ses disciples furent invités, eux aussi à la noce (Jn 2, 1).

Invitation et frutration

    Marie n'était pas seule de la fête. Les "frères" de Jésus (ses cousins...) avaient été invités, eux aussi, par les amis de Cana (Jn 2, 12): sans doute "Jacques et Joset, Simon et Jude" (Mt 13, 55; Mc 6), les deux premiers étant les fils d'une autre Marie, peut-être parente de Joseph, qui suivra Jésus dans son ministère en Galilée (Mc 15, 40), et "toutes ses soeurs" (Mt 13, 55). Il était donc bien naturel d'inviter aussi Jésus, qui arrivait de chez le prophète Baptiste. Mais comment a-t-on invité ses compagnons de fraîche date? Sans doute dans l'ambiance d'une hospitalité campagnarde au coeur large. D'ailleurs, l'un d'eux, Nathanaël, était "de Cana en Galilée" (Jn 21, 2), et Philippe était de ses amis. Il était difficile de détailler. Tout le groupe est donc invité, et la fête bat son plein.

    Les noces sont l'heure de la générosité. Ces gens ont beaucoup économisé pour de beau jour. C'est l'heure du partage. Les maîtres de maison ne lésinent pas. Mais l'arrivée des six jeunes gaillards, à qui trois jours de marche ont creusé l'appétit et la soif, accélère le tarissement des provisions.

Le vin manqua (Jn 2, 3).

    En bonne ménagère, Mare s'en aperçoit la première. Elle est assise près de Jésus, qu'elle est si heureuse de retrouver! Elle a compassion des hôtes qui vont perdre la face devant leurs invités frustrés. Nul n'est plus doué qu'elle pour la compassion:

La mère de Jésus lui dit:
- Ils n'ont plus de vin:
Jésus répond:
- Qu'y a-t-il de toi à moi, femme?
Mon heure n'est pas encore venue (Jn 2, 2-4).

    Rien d'idyllique dans la réponse de Jésus. Elle n'est pas simplement interrogative, elle est triplement négative.

- La locution sémitique qui se traduit littéralement: "Quoi à toi et à moi?" fréquente dans la Bible, écarte une demande importune; c'est la formule que les démons emploieront, par la bouche des possédés, pour sommer Jésus de s'éloigner! (Mc 1, 24).

- La deuxième partie de la réponse de Jésus est encore plus formellement négative. "L'heure de Jésus", c'est sa mort: heure glorieuse selon le quatrième Évangile, car c'est l'heure du don total. Jésus entrevoit déjà cette heure. Il a peu de temps pour réaliser sa mission. Or l'éclat des miracles va durcir l'opposition et hâter la fin. Il ne veut pas devancer le temps: "L'heure n'est pas encore venue."

- Enfin Jésus dit à Marie: "femme". De la part d'un fils à sa mère, l'appellation est insolite. C'est "Mère" qu'il aurait dû dire, normalement, selon la coutume (1 Rois 2, 20 et Jr 15, 10). Cela convenait d'autant mieux ici, que le 4e Évangile ne désigne jamais Marie par son nom, mais toujours formellement comme "la Mère de Jésus". Elle est avec le disciple , un des deux grands anonymes de l'Évangile selon Jean. L'appellation, apparemment distante, semble référer Marie à Ève: "la femme" de la faute originelle, et à la prophétie de Gn 3, 15 adressée au Tentateur: "Je mettrai une inimitié entre toi et la femme... " non point Ève sa complice, mais la nouvelle Ève: Marie, à qui on doit la "Descendance" (dynastque) ennemie du serpent.

    Bref, d'un bout à l'autre, la réponse de Jésus sonne comme une prise de distance et un refus.

    Et pourtant, guidée par l'Esprit, Marie comprend que sa suggestion n'a pas été vaine. À notre étonnement, elle fait confiance à son Fils qui l'a repoussée. Mais n'a-t-il pas sa part de responsabilité dans la confusion de ces pauvres gens, dont le coeur accueillant avait été plus large que les moyens réunis pour la fête? Marie voit les tonneaux vides et les gens déçus devant la pénurie soudaine. Elle voit aussi les cuves qui sont là, non pour la fête, mais "pour la purification légale des Juifs".

Six jarres de pierre, contenant chacune deux ou trois mesures (c'est-à-dire une centaine de litres: Jn 2, 6).

    Elle voit aussi les serviteurs, inquiets et désemparés devant la pénurie. Elle leur montre Jésus, pensif:

Tout ce qu'il vous dira, faites-le! (Jn 2, 5)

    C'est ce qu'elle ne cesse de dire aux hommes jusqu'à ce jour.

Vie authentique de Jésus Christ, récit, éd. Fayard 1996, p. 90-93

Congrégation pour le Clergé, Homélie pour le 2° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C 2012-2013

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L’Eglise, qui est Mère, nous éduque de plus en plus à l’intérêt, à la passion pour le Christ. Après la manifestation de sa gloire aux nations, à travers le témoignage des Mages, après qu’Il se soit manifesté au Peuple d’Israël, sur les rives du Jourdain, par la voix, tout d’abord, du Baptiste, et encore davantage par la voix de Dieu le Père, aujourd’hui, en ce premier dimanche du Temps Ordinaire, c’est l’œuvre du Christ aux Noces de Cana qui témoigne de Lui, marquant ainsi le début de son ministère public. En observant la dynamique de ce premier grand signe public du Christ, nous nous arrêterons sur deux aspects seulement.

Tout d’abord, après être venu au monde pour notre salut, ce n’est pas Jésus qui, paradoxalement, prend l’initiative, mais sa Mère. Selon les paroles que nous avons écoutées, le Christ semble avoir toujours ’’conscience’’ du moment de la passion, il semble qu’Il porte toujours en son coeur le moment de son ’’heure’’, l’heure à laquelle tout sera accompli : sa mission, son amour pour nous, notre salut, la volonté du Père. Ce moment est tellement présent en Lui qu’à la requête sa Mère, Il répond en s’exclamant : « Femme, que veux-tu de moi ? Mon heure n’est pas encore arrivée » (Jean 2,3). Cependant son respect pour nous est tel qu’il attend que ce soit notre humanité à demander son intervention, et c’est à travers la Bienheureuse Vierge Marie que parvient au Christ la prière de l’humanité : « Ils n’ont plus de vin ! » (Jean 2,3).

Le Christ veut intervenir dans l’existence de l’homme, Il veut entrer dans notre vie pour la racheter, il est venu porter le ’’feu’’ sur la terre, et combien Il voudrait qu’il soit déjà allumé ! (Luc 12,49). Toutefois Il attend un signe de notre liberté, l’invitation d’une prière affligée, sentie, authentique. Le Christ attend que nous demandions son intervention, afin que notre cœur, rendu plus attentif par le désir, puisse l’accueillir avec davantage de disponibilité.

C’est pour cela que nous ne devons pas craindre de ’’prier’’ le Christ ni nous préoccuper de l’importuner, car Il attend notre invocation afin d’entrer de cette manière dans le monde et dans la vie à travers la porte de notre prière. Prions Jésus, mes très chers frères et sœurs, implorons son intervention en ayant toujours recours, sans hésiter, à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, notre Avocate, qui a toujours accès à Son fils et est toujours soucieuse de ce dont nous avons besoin.

Considérons, ensuite, le miracle en tant que tel. Tout d’abord, par la transformation de l’eau en vin, le pouvoir que le Christ Dieu exerce sur la matière apparaît ici, au point qu’il Lui est possible de changer l’essence des choses. Cela annonce, en quelque sorte et de manière évidente, le Sacrement de l’Eucharistie dans lequel ce n’est pas l’eau qui se transforme en vin, mais le pain et le vin, qui grâce à la prière de consécration que prononce le prêtre, deviennent par transsubstantiation corps et sang du Christ Seigneur.

Dans ce merveilleux tableau eucharistique, une autre grande vérité nous est suggérée : pour apprécier le vin nouveau, qui est le Christ, il n’est pas nécessaire d’être ignare en dégustation. Aux serviteurs qui avaient rempli les jarres, Jésus dit : « Puisez maintenant et portez-en à l’ordonnateur du repas » (Jean 2,8). Le vin nouveau dont le Christ nous fait don – ce vin nouveau qui est le Christ même – ne craint aucune comparaison, bien au contraire, il est immédiatement soumis au jugement du maître de la table, lequel, demandant l’attention de tous les convives, ne peut qu’en chanter les louanges !

Il n’est pas nécessaire d’être intellectuellement pauvre, socialement et économiquement fragile, humainement tiède pour accueillir le Christ avec joie, ainsi que voudraient le laisser entendre certains penseurs de tous temps, réduisant le Christianisme à un vague sentiment ou à un moralisme mortifiant. Non !

Bien au contraire, les plus ‘’’experts’’, ceux dont le cœur reste vigilant, ceux qui sont intellectuellement vifs, humainement attentifs – et même exigeants – ne peuvent que sursauter de joie dans leur rencontre avec le Christ et avec l’Eglise, qui en est le véritable Corps. Ils ne peuvent que reconnaître, en outre, combien face à toute ’’offre’’ du monde – même excellente – le vin du Christ est le seul, le vrai ’’bon vin’’ qui ait été gardé jusqu’à présent (cf. Jean 2,10).

Implorons la Bienheureuse Vierge Marie, devenue la voix de l’humanité lors du ’’oui’’ de l’Annonciation pour accueillir le Fils de Dieu, et lors de cette invocation, à la fois ferme et confiante, des noces de Cana, pour obtenir son intervention : qu’elle continue, avec son amour maternel, à nous indiquer Jésus et à nous répéter, ainsi qu’elle le fit aux serviteurs « Faites ce qu’Il vous dira » (Jean 2,5). Amen !   

 

 

Directoire sur la Piété populaire et la Liturgie, Épiphanie et Baptême du Seigneur

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
En plus de cet article, je vous invite à vous rendre sur mon blog MARIE, ÉTOILE DE L'ÉVANGÉLISATION.
Vour pourrez y regarder une video qui illustre bien, je crois, la "très grande joie" des Mages à la vue de "l'étoile"...
Bonne fête aussi du Baptême du Seigneur qui clôture ce Temps de Noël pour lequel nous rendons grâce à Dieu.

 

DIRECTOIRE
SUR LA PIÉTÉ POPULAIRE ET LA LITURGIE


PRINCIPES ET ORIENTATIONS
CONGRÉGATION POUR LE CULTE DIVIN
ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS
 

Cité du Vatican
Décembre 2001

La solennité de l'Épiphanie

118.    Le contenu très riche de la solennité de l’Épiphanie, dont l’origine remonte aux premiers siècles, a inspiré le développement de multiples traditions et de nombreuses expressions authentiques de la piété populaire. Parmi ces dernières, il convient de citer:


- l’annonce solennelle de la fête de Pâques et des principales fêtes de l’année; il est opportun de favoriser son rétablissement, qui est déjà notable en divers endroits, car elle aide les fidèles à mieux comprendre le lien existant entre l’Épiphanie et Pâques, ainsi que l’orientation de toutes les fêtes vers la solennité chrétienne la plus importante;

- L’échange des "cadeaux de l’Épiphanie"; cette tradition s’inspire du récit évangélique relatant les dons offerts par les Mages à l’enfant Jésus (cf. Mt 2, 11) et, plus profondément, elle évoque le don fait par le Père à l’humanité tout entière en la personne de l’Emmanuel, qui est né parmi nous (cf. Is 7, 14; 9, 6; Mt 1, 23). Toutefois, il est souhaitable que cet échange de cadeaux, à l’occasion de l’Épiphanie, conserve son caractère religieux en reliant cette tradition à l’évocation du récit évangélique: une telle référence explicite contribuera à faire de ces cadeaux un geste de piété chrétienne, et elle les détournera de certaines influences caractérisées par le luxe, le faste et le gaspillage, qui sont étrangères à l’origine de cette tradition;

- La bénédiction des maisons, sur les portes desquelles les fidèles ont placé la croix du Seigneur, le chiffre de l’année qui commence et les initiales des noms traditionnels des saints Mages (C+M+B), qui sont aussi celles de l’expression: "Christus mansionem benedicat", écrites avec de la craie bénite. Ces gestes, qui sont accomplis en présence de nombreux enfants accompagnés par les adultes, expriment le désir des fidèles de recevoir la bénédiction du Christ par l’intercession des saints Mages, et ils sont aussi l’occasion de recueillir des offrandes en faveur des œuvres caritatives et missionnaires;

- Les gestes de solidarité en faveur des hommes et des femmes qui, à l’exemple des Mages, proviennent de pays lointains. Ainsi, la piété populaire suscite chez les fidèles cette attitude d’accueil cordial et de solidarité concrète à l’égard de tous hommes, qu’ils soient chrétiens ou non.

- l’aide consentie à l’évangélisation des peuples. Au niveau de la piété populaire, la connotation missionnaire très forte de l’Épiphanie s’est traduite par la multiplication d’initiatives en faveur des missions, spécialement celles qui sont liées à "l’Œuvre missionnaire de la Sainte Enfance" instituée par le Siège Apostolique;

- La désignation de Saints Patrons. La coutume existe, dans de nombreuses communautés religieuses et confréries, d’assigner à chacun de leurs membres, un Saint, sous le patronage duquel il sera placé durant toute l’année.
 

La fête du Baptême du Seigneur

119.     Les mystères du Baptême de Jésus et de la manifestation de sa mission, lors des noces de Cana, sont étroitement liés à l’événement salvifique de l’Épiphanie du Seigneur.

    La fête du Baptême du Seigneur, dont l’importance a été soulignée à une époque récente, clôt le Temps de Noël; cela explique sans doute pourquoi elle ne donne pas lieu à des expressions particulières de la piété populaire. Elle peut néanmoins aider les fidèles à mieux prendre conscience de la signification du baptême et, en particulier, de leur propre naissance à la vie divine comme enfants de Dieu; il est donc recommandé de promouvoir les initiatives suivantes: l’emploi du Rite de l’aspersion d’eau bénite à toutes les messes de ce dimanche, qui se célèbrent avec le concours du peuple; l’évocation des thèmes et des symboles relatifs au baptême, au cours de l’homélie et dans l’enseignement catéchétique.

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