Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Affaire Florence Cassez : qui a menti ?

dominicanus #actualités

Florence-Cassez.jpg

 

Le cas de la jeune et jolie Française détenue au Mexique (Florence Cassez), sur lequel Sedcontra.fr a pris position depuis le début, en s'attirant de nombreuses menaces de représailles sur le Net, ce cas est en passe de devenir sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy une véritable affaire d'Etat. France contre Mexique. Justice contre Arbitraire. Vertu contre Corruption… Rien de moins !

 

(Voir ci-après la CONTRE-ENQUÊTE AU MEXIQUE de Sedcontra)

 

Permettez-moi de commencer ici par le plus simple et le plus évident : lorsqu’une femme est amoureuse d’un homme, peu de détails sauraient lui échapper. L’élu qui fume trop, multiplie honteusement les apéritifs, voire lorgne seulement d’un oeil sur le passage d’une fraîche silhouette dans la rue, cet homme-là n’a qu’à bien se tenir : elle sait. Au besoin, elle reniflera dès son retour, avec une science infaillible, tout ce qu’elle n’a pas vu… L’amour qui rend souvent aveugle les pauvres mâles a plutôt tendance à lui hypertrophier les dons de voyance et d’ubiquité !

 

Pour les avocats de la jeune Française si lourdement condamnée au Mexique, cette observation de simple bon sens n’a pas lieu d’être retenue : dans son cas, l’observation et l’intuition féminines ont miraculeusement disparu. La malheureuse a pu partager dans l’Etat de Mexico la vie, la couche et les caches d’un kidnappeur sanguinaire – Israel Vallarta, coupable d’enlèvements, d’amputation d’otages et d’assassinats –, elle a pu vivre longuement à ses côtés sans se douter une seconde que les occupations et les revenus de son amant sortaient de la légalité

 

C’est cette himalayesque invraisemblance qui nous a conduit à nous interroger de façon "politiquement incorrecte" sur l’affaire Florence Cassez : une interrogation qui ne s’interdisait pas de développer les éléments à charge, bien entendu, puisque toute la presse française, les partis politiques, les organisations humanitaires et le Palais de l’Elysée en faisaient et continuent d'en faire la victime parfaitement innocente d’une Justice mexicaine nécessairement aveugle et corrompue.

 

Seuls dans la presse française, nous avons donc donné la parole aux témoins, aux complices et aux dernières victimes du gang des “Zodiacos”, qui affirment que Florence Cassez s’occupait activement de surveiller, droguer et nourrir les otages de son compagnon. Libre à chacun de penser que tous ces témoignages sont sortis de la pure imagination des policiers et des magistrats mexicains, voire qu'ils ont été extorqués sous la torture dans le seul but de confondre une innocente exemplaire : Sainte Florence Cassez !

 

Cette contre-enquête nous a valu de nombreux messages de sympathie, signe que notre suspicion légitime se trouvait partagée par beaucoup, et aussi plusieurs courriels indignés, insultants, voire des appels au meurtre sur ma propre personne, émis par les défenseurs inconditionnels de la Bienheureuse et Martyre Florence Cassez.

 

L'argument principal qu'on nous oppose depuis plus de deux ans tient en un mot : l’arrestation de Florence Cassez et Israel Vallarta, en décembre 2005, avait fait l’objet d’une reconstitution spectaculaire face aux caméras de la télévision mexicaine, au lendemain des faits : la Justice et la police étaient trop contentes en effet de démontrer enfin leur efficacité face au fléau national des enlèvements crapuleux, assortis de tortures et d’assassinats… En quoi cet excès de zèle publicitaire, assorti d’une maladroite mise en scène, établirait-il pour toujours l’innocence de la Pure et Divine Florence Cassez ?

 

 

En fin de compte, nous entretenons – mes détracteurs et moi – deux convictions diamétralement différentes sur l’affaire Cassez. La position de la défense est soutenue depuis le début de l’affaire, avec force, par la presse et le gouvernement français. La mienne est partagée par de nombreux citoyens, mexicains ou français, qui estiment que la participation aux enlèvements constitue un crime et que les victimes aussi ont des droits. En quoi cette divergence d’opinion autoriserait-elle qui que ce soit à profiter d’une sorte "d’abus de position dominante" pour lancer l’anathème contre nos positions, nous menacer de représailles physiques ou judiciaires et nous exclure du débat ?

 

Hugues Kéraly

 


 

MOT DU JOUR

 

Un “fait divers” qui en dit long

Certains de nos lecteurs ne manqueront pas de s'étonner que le sinistre "fait divers" franco-mexicain de Florence Cassez puisse entrer en aussi bonne place, aujourd'hui, dans les éclairages de philosophie chrétienne du site des chercheurs de sens, Sedcontra.

 

Je leur réponds avec une main d'avance que l'affaire Cassez n'est plus un "fait divers", depuis que le président de la République en personne, son tonitruant ministre des Affaires étrangères et la numéro une du Parti Socialiste ont pris ensemble publiquement fait et cause pour cette malheureuse compagne de gangster, complice d'enlèvements crapuleux, en effet très (ou trop) lourdement condamnée par les tribunaux mexicains.

 

Les représailles des autorités françaises sont déjà programmées. Lourdement : elles prévoient d'interdire tout échange culturel ou manifestation d'amitié franco-mexicaine sur le territoire de notre pays… Rien de moins. On ne va pas renvoyer la Légion au Mexique, pour éviter un nouveau Camerone, mais nos ambassadeurs respectifs sont déjà "rappelés".

 

L'affaire Cassez n'est plus un "fait divers" depuis que des milliers d'étudiants désoeuvrés, d'enseignants surengagés, de militants pseudo-humanitaires, de clercs hyper-humanitaristes, d'évêques irresponsables, d'élus locaux en mal de publicité mensongère, d'associations sans but connu ni lucratif, de responsables médiatico-politiques, de journalistes interdits d'enquête… oui, depuis que tous ces Docteurs de la Loi en ont fait leur Affaire Dreyfus personnelle, avec fureur et détermination, au point de chercher à détruire ou faire interdire par la Justice française le seul site qui ose ouvertement donner la parole aux victimes, et leur porter la contradiction : SED CONTRA!

 

L'affaire Cassez est exemplaire, elle est symptomatique du plus grand mal dont nous souffrons en matière de politique internationale: celui de mépriser le témoignage et la parole des autres (en l'occurrence les "indigènes" du Mexique), pour faire la leçon au monde entier, lui indiquer les voies de la Vertu, de la Justice et de la Paix universelle, sans consacrer une seule seconde à l'examen des preuves et des situations concrètes dont on entend juger…

 

Les Mexicains n'acceptent plus qu'on enlève et torture leurs enfants, pour en obtenir rançon ? Même s'il s'agit d'une jolie Française ? Grand bien leur fasse ! – Boycottez-moi ce sale Mexique "corrompu", analphabète, sous-développé, christianophile en plus, rétrograde, et LIBEREZ FLORENCE CASSEZ !

 

En attendant, si vous faites partie de nos sympathisants (cela n'a rien d'obligatoire), considérez le risque énorme que nous venons de prendre, contre un adversaire que nous avons souvent défendu, un adversaire involontaire mais redoutable – Nicolas Sarkozy – et PROTÉGEZ SED CONTRA ! Soyez solidaires. Soyez généreux. Soyez cohérents. Si vous voulez continuer demain de nous lire, plutôt que de nous envoyer des oranges en prison, donnez-nous les moyens de nous défendre contre la gauche et la droite réunies en vous abonnant.

 

Gabriel de Seinemont

 


 

 

CONTRE-ENQUÊTE

 

Affaire Cassez : qui a menti ?

 

La presse, l'opposition et le gouvernement français continuent de présenter Florence Cassez comme la victime expiatoire d’une Justice mexicaine nécessairement aveugle et corrompue. Nicolas Sarkozy, Michèle Alliot-Marie, Bertrand Delanoé et Martine Aubry se sont mis d'accord la semaine dernière pour inscrire ensemble le Mexique entier au ban des nations… Leur conviction commune repose sur une méthode est très simple : il suffit en effet de faire abstraction de tous les éléments à charge, depuis les aveux des complices jusqu’aux témoignages des victimes, qui comptent ici pour rien !

 

Dans cette affaire, même les parents de Florence (Bertrand et Charlotte Cassez) n’ont pas hésité pour leur part à mentir à la presse et au Président de la République en affirmant qu’ils ignoraient tout eux aussi des activités criminelles d’Israel Vallarta Cisneros – l’amant de Florence, arrêté en même temps qu’elle le 9 décembre 2005 – au point de ne l’avoir jamais rencontré !

 

 

cassez-vallarta.jpg


 

Deux photos publiées dans la presse mexicaine (mais jamais dans la nôtre) prouvent exactement le contraire : sur la première, on découvre Bertrand Cassez et Israel Vallarta en train de trinquer ensemble, de façon fort conviviale, tandis que la seconde (prise un autre jour) atteste du très bon accueil réservé aux parents de Florence au sein du ranch “Las Chinitas”, à 29 km de Mexico…

 

 

parents-cassez.jpg

 

 

“On te sectionne une oreille, ou on te coupe un doigt ?”

 

“Las Chinitas” … Le ranch qui servait de repaire au gang “Los Zodiacos”, convaincu d’une dizaine d’enlèvements et de plusieurs assassinats, excusez du peu ! La maison où habitaient Florence (qui l'a reconnu, la police y ayant saisi tous ses effets personnels sous ses yeux) avec son amant, Israel Vallarta Cisneros, chef d’une bande de criminels spécialisés à Mexico dans le rapt des femmes et des enfants de bourgeois aisés… La maison même où Cristina Rios Valladares, son mari Raul et leur fils Christian (les derniers otages du gang) furent conduits le 19 octobre 2005, les yeux bandés, ligotés à l’arrière d’une grosse 4x4, après avoir été capturés par trois hommes armées de fusils de guerre dans une banlieue bourgeoise de la capitale mexicaine.

 

… Le ranch où Florence Cassez elle-même s’est occupée généreusement de nourrir les otages du gang et de leur administrer des calmants. Elle s’intéressait de près au petit Christian, 11 ans, dans le but évident d’accélérer le versement de la rançon : “– Qu’est-ce qui te ferait le plus mal, Christian, qu’on te sectionne une oreille ou qu’on te coupe un doigt ?” (Florence, beaucoup moins inhumaine qu’on pourrait le penser, se contentera finalement de prélever un peu de sang au garçon, pour y tremper une oreille sectionnée par le gang sur un petit cadavre, et faire porter le tout à la famille qui tardait imprudemment à s’exécuter!)

 

… Le ranch où Cristina Rios Valladares comprit très vite qu’elle avait affaire à la concubine d’Israel Vallarta. D’autant plus vite que le chef du gang provoquait chez sa compagne de formidables colères chaque fois qu’il venait bousculer sa victime et en abuser sexuellement : “Si tu continues à la sauter, je me vengerai sur elle, et tu n’auras pas ta rançon !”

 

 

Quand l’évidence compte pour rien

 

A qui fera-t-on croire en effet qu’une “fiancée” qui s’occupe de si près des affaires du gang “Los Zodiacos”, dans une maison bourrée d’armes de guerre et de munitions, une fiancée qui assiste au viol de la mère retenue en otage, lui administre des sédatifs et prélève le sang de son petit garçon, oui, à qui fera-t-on croire que cette femme ignorait tout des agissements criminels de ses compagnons ?

 

La réponse est simple : on le fait croire aux Français. On le fait croire à Nicolas Sarkozy, qui vient de recevoir pour la troisième fois les parents de Florence, et à Michèle Alliot-Marie, qui continue en vain de négocier avec le gouvernement mexicain le transfert en France de l’intéressée … L’homme qui s’est fait connaître par son courage personnel pour sauver la vie des enfants, lors d’une prise d’otages dans une école maternelle de Neuilly, assume aujourd’hui – sans le savoir, vraiment ? – la défense publique d’une complice amoureuse mais parfaitement consciente et extrêmement active d’odieux criminels mexicains !

 

Pour soutenir le contraire, il faudrait pouvoir invalider de façon définitive le témoignage de Cristina Rios, celui de son mari et celui de son enfant : une mère violée, un père fou de douleur et un enfant terrorisé, que ses parents conduisaient à l’école quand l’horreur a surgi. Invalider aussi celui d’un autre kidnappeur mexicain, David Orozco Hernández, qui soutient que Florence Cassez partageait la direction des “Zodiacos” avec son compagnon Israel Vallarta :

 

“Florence Cassez nous a rejoint en 2004, et son influence pour imposer et isoler le chef, ou plutôt s’isoler avec lui, ont largement contribué à semer la discorde au sein de l’organisation… Ses fonctions dans la bande consistaient à planifier les rapts et à organiser le recouvrement des rançons… Israel et la Francesa tenaient beaucoup à garder le secret, vis-à-vis des autres membres du groupe, sur les cibles potentielles des enlèvements et la réalité des sommes obtenues des familles d’otages… Ils estimaient que ces informations stratégiques n’avaient pas lieu d’être partagées.” (Sources : La Jornada, El Universal, Radio Trece, El Porvenir, 12-13 mai 2008, Mexico.) 

 

L’Agence France-Presse a publié aussitôt un communiqué qui se garde bien d’entrer dans le détail des révélations de David Orozco Hernández, mais donne très largement la parole aux avocats français et mexicains de Florence Cassez. Tous nos journaux ont emboité le pas, en rang par quatre, pour éviter d'avoir à s'interroger… Le mensonge par omission, sélection et orientation des faits, tel que le pratiquent chaque jour les plus grands médias, est bien le plus sournois de tous, parce qu’il nous prive sans le dire des éléments indispensables à l'objectivité et à la liberté de notre propre jugement.

 

 

Le mensonge par omission nous est devenu quotidien

 

A qui fera-t-on croire aussi qu’il ne se trouve même plus un seul journaliste, dans les salles de rédaction françaises, pour passer quelques coups de fil à ses correspondants mexicains et aller voir sur internet, en langue espagnole, comme nous l'avons fait, ce que nous disent les photos, les dates, les faits, les témoins ?

 

Une fois de plus, face au “mythe Cassez” – la belle Innocente contre une Police et une Justice mexicaines intégralement et nécessairement corrompues – les enquêtes de police, le témoignage des victimes, l’aveu des comparses et l’évidence elle-même comptent pour rien. Oui, la désinformation systématique est devenue notre pain quotidien.

 

Il fut un temps où Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur puis candidat à la magistrature suprême, rassurait beaucoup de Français en plaidant l’écoute privilégiée des victimes, et la fermeté sans faille des pouvoirs publics contre toutes les formes de délinquance ou de criminalité. N’aurait-t-il plus le choix des vraies causes à défendre, depuis qu’il est devenu Président, qu’il a épousé Carla et qu’il habite l’Elysée ?

 

©Hugues Kéraly/Sedcontra.fr

 

 

Témoignage écrit de la dernière victime du gang "Los Zodiacos" :

 

“Mon nom est Cristina Rios Valladares. J’ai été victime d’une prise d’otage, aux cotés de mon époux Raul et de mon fils qui avait 11 ans. Depuis ce jour notre vie a totalement changée… Ma famille est détruite. Ce que mon fils et moi avons vécu, du 19 octobre 2005 au 9 décembre de la même année, est indescriptible : 52 jours de captivité pendant lesquelles je fus victime d’abus sexuels et, avec mon enfant, de torture psychologique…

 

“Depuis notre libération, ma famille et moi nous vivons à l’étranger. Nous ne pouvons pas revenir à cause de la peur, car le reste de la bande n’a pas été arrêté… Nous avons appris la nouvelle de la peine de prison que Florence Cassez méritait, cette femme dont j’avais écouté la voix à de maintes reprises pendant ma captivité… Une voix d’origine française qui bourdonne encore aujourd’hui dans mes oreilles. Une voix que mon fils reconnaît comme celle de la femme qui lui pris du sang pour l’envoyer à mon époux, avec une oreille qui lui ferait penser qu’elle appartenait à son fils.

 

“Maintenant j’apprends que Florence réclame justice et clame son innocence. Et moi j’entends dans ces cris la voix de la femme qui, jalouse et furieuse, hurlait sur Israel Vallarta, son petit ami et chef de la bande, que s’il recommençait à s’approcher de moi, elle se vengerait sur ma personne. Florence raconte “le calvaire” de la prison, mais elle voit sa famille dans le pénitencier, elle émet des appels téléphoniques, elle réalise des interviews pour la presse et elle ne craint pas chaque seconde pour sa vie.”

 

(Lettre ouverte de Cristina Rios, traduite de l’espagnol par nos soins.)

 

Soutenez-nous contre les menaces physiques, informatiques et judiciaires,

qui se multiplient contre SEDCONTRA.

 

Ne laissez pas le monopole de l’édition en ligne aux manichéistes de droite ou de gauche et aux antichrétiens.

 

Faîtes crédit à la quête du sens et à la recherche de la vérité :

 

abonnez-vous en suivant ce LIEN !


Nouvelles églises. Le Vatican recale les évêques italiens

dominicanus #actualités

Dans "L'Osservatore Romano" le cardinal Ravasi et l'"architecte star" Paolo Portoghesi critiquent les nouveaux édifices sacrés construits en Italie avec l'approbation de la conférence des évêques. Parce qu'ils rompent avec la tradition et qu'ils déforment la liturgie. Un commentaire de Timothy Verdon

 

 

eglises.jpg

 

 

ROME, le 14 février 2011 – Les trois images qui sont présentées ci-dessus l’une à côté de l’autre représentent : la première, un détail de la porte en bois de la basilique Sainte-Sabine, à Rome, qui date du Ve siècle ; la deuxième, l'intérieur de l’église Saint-Etienne-le-Rond, à Rome, qui date elle aussi du Ve siècle ; et la troisième, un croquis d’une église inaugurée à Milan en 1981, celle de la paroisse Dieu le Père.

La question est inévitable : des constructions modernes comme la troisième représentée ci-dessus sont-elles en continuité ou en rupture avec la tradition architecturale, liturgique et théologique de l’Église ?

De nombreuses églises modernes sont construites selon un plan circulaire. De même que c’est la forme circulaire qui caractérise les deux exemples antiques d’art sacré reproduits ci-dessus. Mais cela suffit-il pour garantir la continuité avec la tradition ?

Ou bien les critères esthétiques suffisent-ils pour juger de la qualité d’une nouvelle église ?

En ce début d’année, la polémique a éclaté à Rome et en Italie et elle est pleine de vigueur. Et elle n’est pas uniquement une affaire de spécialistes. "L'Osservatore Romano", le quotidien du Saint-Siège, s’est jeté dans la bataille et il a critiqué sévèrement, dans de multiples interventions, quelques-uns des exemples les plus admirés de la nouvelle architecture sacrée qui ont été approuvés par l'épiscopat italien.


***


C’est le cardinal Gianfranco Ravasi, président du conseil pontifical pour la culture, qui a commencé, avec une "lectio magistralis" donnée à la faculté d’architecture de l'université "La Sapienza" de Rome et dont le texte a été reproduit intégralement par le journal du Vatican daté du 17-18 janvier.

Ravasi a lancé des attaques contre ces églises modernes "dans lesquelles on se sent perdu comme dans une salle de congrès, distrait comme dans un palais des sports, écrasé comme dans un sphéristère, abruti comme dans une maison prétentieuse et vulgaire".

Aucun nom n’était cité. Mais le 20 janvier, de nouveau dans "L'Osservatore Romano", l'architecte Paolo Portoghesi a pris pour cible, de manière explicite, les trois églises ayant remporté le concours national lancé en 2000 par la conférence des évêques d’Italie. Elles ont été réalisées respectivement à Foligno par Massimiliano Fuksas, à Catanzaro par Alessandro Pizzolato et à Modène par Mauro Galantino.

Portoghesi est lui-même un "architecte star" de réputation mondiale : la Grande Mosquée de Rome porte sa signature. Depuis un moment déjà, il critique quelques unes des nouvelles églises qui ont été construites par des architectes à la mode avec les applaudissements des hiérarchies. Parmi les plus connues et les plus discutées, on peut citer celle de Renzo Piano à San Giovanni Rotondo, édifiée sur la tombe de Padre Pio, et celle de Richard Meier dans le quartier de Tor Tre Teste, à Rome.

Cette fois-ci, dans "L'Osservatore Romano", c’est principalement à l’église de Jésus Rédempteur, à Modène, conçue par Galantino, que Portoghesi s’en prend. Il en reconnaît les qualités esthétiques, l'harmonie des volumes, la netteté rationaliste. Il reconnaît également l'intention de l'architecte de "donner davantage de dynamisme à l'événement liturgique".

Mais c’est pour se demander ensuite : "Où sont les signes sacrés qui rendent l’église reconnaissable en tant que telle ?". À l’extérieur – fait-il remarquer – il n’y en a aucun, en dehors des cloches "mais celles-ci pourraient également se trouver dans une mairie". Tandis qu’à l’intérieur "le rôle iconologique est confié à un 'jardin des oliviers' qui est situé derrière l’autel dans une courette exiguë et aux 'eaux du Jourdain' réduites à un petit canal d’eau stagnante qui est resserré entre deux murs et qui se termine dans le baptistère".

Mais le pire, d’après Portoghesi, se manifeste au cours de la célébration de la messe :

"La communauté des fidèles se trouve divisée en deux groupes qui sont disposés face à face, avec au centre un grand espace vide aux deux extrémités duquel sont placés l'autel et l'ambon. L’opposition des deux groupes l’un à l’autre et l’errance des célébrants entre ces deux pôles perturbent non seulement l’unité traditionnelle de la communauté qui prie mais également ce qui a constitué la grande conquête du concile Vatican II, l'image d’assemblée du peuple de Dieu en marche. Pourquoi les fidèles se regardent-ils les uns les autres ? Pourquoi ne regardent-ils pas ensemble en direction des lieux fondamentaux de la liturgie et l'image du Christ ? Pourquoi ces lieux de la liturgie, l'autel et l'ambon, sont-ils placés face à face plutôt que l’un à côté de l’autre ? Les fidèles, emprisonnés dans leurs bancs, divisés en secteurs comme les bataillons d’une armée, sont contraints, en restant immobiles, de tourner leurs regards tantôt vers la droite tantôt vers la gauche. La représentation du Crucifié est placée du côté de l’autel, correspondant au groupe de gauche, ce qui a comme conséquence inévitable qu’elle échappe au regard d’un grand nombre de fidèles, à moins que ceux-ci ne prennent le risque d’attraper un torticolis".

Portoghesi cite des phrases de Benoît XVI et poursuit en disant ceci :

"Il serait à souhaiter que ces interventions qui, de temps à autre, émanent de la chaire de Pierre fassent comprendre aux liturgistes et aux architectes que la ré-évangélisation passe également par les églises avec un 'c' minuscule et que, si l’effort créatif de l'innovation est nécessaire, il faut aussi une prise en considération attentive de la tradition, qui a toujours été non pas une conservation pure et simple, mais la transmission d’un héritage que l’on doit faire fructifier".

Et de conclure :

"La nouvelle église de Modène est la démonstration éclatante du fait que la qualité esthétique de l'architecture ne suffit pas pour qu’un espace devienne une véritable église, un lieu dans lequel les fidèles soient aidés à se percevoir comme les pierres vivantes d’un temple dont le Christ est la pierre angulaire".


***


Ces critiques ont reçu une réponse, dans le "Corriere della Sera" du 8 février, à la fois de la part de l'architecte Galantino et de celle de l’évêque Ernesto Mandara, responsable des nouvelles églises dans le diocèse de Rome.

Galantino a défendu ses choix architecturaux, en assurant qu’il avait voulu placer les fidèles "comme autour de la table, reconstituant symboliquement la dernière cène". Et il a rappelé qu’il avait mûri sa réflexion dans les années 80 à Milan, avec le cardinal Carlo Maria Martini.

(L’église milanaise représentée dans les illustrations du haut de cette page est l’un des résultats de cette atmosphère. Œuvre des architectes Giancarlo Ragazzi et Giuseppe Marvelli, elle a été, de l’aveu même de ses auteurs, conçue comme un "lieu de rencontre et de prière pour les croyants de toutes les religions", ne comportant de signes spécifiques ni à l’extérieur ni à l’intérieur. Son espace peut être divisé par des cloisons mobiles en trois parties, celle du centre étant destinée aux rites catholiques et les deux parties latérales étant prévues pour les juifs et les musulmans. Le curé actuel est en train de rendre, à grand’ peine, l’église à une utilisation entièrement catholique, avec deux croix à l’extérieur, des vitraux et des images chrétiennes à l’intérieur et un grand Christ en croix au-dessus de l’autel).

L’évêque Mandara a également défendu son œuvre et celle de la conférence des évêques d’Italie :

"Si l’on se tourne vers le passé on trouvera probablement des exemples de constructions très peu réussies qui donnent raison au cardinal Ravasi, mais je suis profondément satisfait des résultats de ces dernières années. Les églises réalisées au cours de cette période expriment très bien à la fois le sens du sacré et celui de l’accueil".

Le 9 février, "L'Osservatore Romano" a publié les déclarations de Galantino ainsi que celles de Mandara. Mais il a également redonné la parole à Portoghesi et celui-ci a affirmé :

"Après le concile, il y a eu beaucoup de fuites en avant, dans différentes directions. L’église a perdu sa spécificité, elle est devenue un bâtiment comme les autres. Or le fait d’être un bâtiment reconnaissable est un élément fondamental, c’est une étape de cette rechristianisation de l’Occident dont parle le pape. Quant à l'orientation de la prière liturgique, le peuple de Dieu en route vers le salut ne peut pas être statique, il se déplace dans une direction ; l’idéal serait d’orienter l’église vers l’est, du côté où le soleil se lève. Nous ne devons pas avoir peur de cette modernité que l’Église elle-même a contribué à créer ; chaque génération a le devoir de relire le contenu du passé, mais en considérant la tradition comme un élément de force où l’on peut puiser".

Ce n’est pas tout. Le 9 février et le jour suivant, "L'Osservatore Romano" est revenu sur le sujet, avec deux savantes interventions dues à deux experts, ayant l’une et l’autre pour but de mettre en évidence les caractères distinctifs de la tradition architecturale des églises chrétiennes.


***


La première des deux interventions est de Maria Antonietta Crippa, titulaire de la chaire d’architecture à l’École Polytechnique de Milan.

Elle y démontre comment la prééminence donnée par l'architecture chrétienne aux églises en forme de croix latine s’inspire à la fois du classicisme (Vitruve, avec l'analogie entre les proportions du corps et celles du temple) et surtout de la vision de l’Église comme corps du Christ, du Christ crucifié.

Mais à côté du carré, le cercle fait également partie de cette tradition architecturale. D’après les auteurs médiévaux, les églises chrétiennes "ont la forme d’une croix pour montrer que le peuple chrétien est crucifié au monde ; ou bien celle d’un cercle pour symboliser l'éternité".

Ou aussi d’une croix et d’un cercle à la fois. C’est ce qui s’est produit au XVIe siècle lorsque l’on a prolongé la nef de la nouvelle basilique Saint-Pierre, qui avait un plan centré dans le projet initial de Michel-Ange.


***



La seconde intervention, encore plus importante, parue dans "L'Osservatore Romano" du 10 février, est due à Timothy Verdon, Américain, historien de l’art et prêtre, professeur à Princeton et directeur du service pour l'art sacré du diocèse de Florence.

Son article est reproduit ci-dessous dans son intégralité. Et il montre comment les premières grandes églises de Rome ont été construites, au IVe siècle, précisément en interprétant dans une optique chrétienne deux modèles appartenant à l'architecture classique : le modèle longitudinal des basiliques et le modèle circulaire, à plan centré.

À Jérusalem, l’église du Saint-Sépulcre construite par l’empereur Constantin associe ces deux modèles. Mais, à Rome, la première grande église à plan centré, Saint-Étienne-le-Rond - qui fut construite au Ve siècle et dont on peut voir l’intérieur dans l'illustration qui figure en haut de cette page - se dresse également à l’intérieur d’une grande cour rectangulaire.

En tout cas, les églises à plan centré ne sont pas dépourvues d’une orientation, pas plus qu’elles n’amènent l'assemblée des fidèles à se replier sur elle-même. Les fidèles y entrent comme en suivant un parcours initiatique, jusqu’à la colonne de lumière qui se trouve au centre de l’édifice et qui est le Christ "lux mundi".

Ce Christ qui, dans le portail de Sainte-Sabine qui est de la même époque – voir l'illustration – apparaît au centre du cercle céleste et reçoit la prière "orientée" de la femme qui se trouve en-dessous de lui, l’Église qui est couronnée parce qu’elle est son épouse.

Voilà quelle est la grande tradition architecturale, liturgique et théologique des églises chrétiennes. D’hier, d’aujourd’hui et de toujours.

 

Sandro Magister



BASILIQUE ET CERCLE. LA TRADITION DES GRANDES ÉGLISES DE ROME

par Timothy Verdon



L’une des caractéristiques distinctives du christianisme occidental est la volonté de construire de grandes églises : actuellement encore, dans une Europe qui ne veut pas reconnaître officiellement ses racines chrétiennes, les bâtiments historiques les plus imposants que l’on puisse trouver dans les villes sont des cathédrales, des églises de monastères ou des sanctuaires. Comment est née cette tradition ?

La conception chrétienne du lieu de culte a connu une première transformation fondamentale, en Italie et particulièrement à Rome, à partir de la période constantinienne. 

Avant cette époque, comme nous l’apprennent les épîtres de saint Paul, l’Église était structurée, à Rome comme dans d’autres villes évangélisées, en petites communautés identifiables à partir des maisons privées dans lesquelles leurs membres se réunissaient. Dans son épître aux Romains, par exemple, lorsqu’il salue ses amis Aquila et Prisca, Paul salue également "la communauté qui se réunit dans leur maison" (Romains, 16, 3-5). 

Toutefois, parmi les maisons qui étaient utilisées à Rome au Ier siècle, il y avait également des "domus" patriciennes et peut-être même le "palatium" impérial : lorsqu’il écrira de Rome aux croyants de Philippes entre 61 et 63, saint Paul dira : "Tous les saints vous saluent, surtout ceux de la maison de César" (Philippiens, 4, 22). 

Lorsque les couches les plus élevées de la société se sont converties à la nouvelle foi, entre la fin du IIIe siècle et le commencement du IVe, certaines des "maisons" destinées de manière permanente au service de l’"ecclesia" étaient grandes et luxueuses : parmi elles il y avait une salle d’apparat de la résidence de l’impératrice mère Hélène, le Palais Sessorien, qui est devenue par la suite la basilique Sainte-Croix de Jérusalem. 

C’est surtout le fils d’Hélène, l’empereur Constantin, qui donnera une dignité officielle à cette tendance, en valorisant la nouvelle foi par la construction d’un véritable réseau de grandes églises conçues sur le modèle architectural des bâtiments publics ou impériaux de l’empire : les basiliques. 

De même que, pendant trois cents ans, les communautés chrétiennes avaient célébré leurs rites dans des salles ordinaires, dans les maisons privées et dans les "insulae" des villes gréco-romaines, sans ressentir une nécessité particulière de faire une distinction entre leurs lieux de culte et le monde qui les entourait, de même, y compris après l’ascension sociale de l’Église, les grandioses structures que le gouvernement impérial avait fait construire s’inséraient dans le tissu architectural existant des villes où elles se trouvaient.

Les constructions constantiniennes et celles du Ve siècle étaient nombreuses et vastes : Saint-Jean-de-Latran, dont les travaux étaient peut-être déjà lancés en 312-13, avait des dimensions titanesques : 98 mètres sur 56 ; la basilique Saint-Sébastien, sur la via Appia, était dotée d’un cimetière et mesurait 75 mètres de long ; la basilique Saint-Laurent-hors-les-Murs originelle, située sur la via Tiburtina, était longue de 98 mètres. 

Il y avait une basilique sur la via Labicana, contiguë au "martyrium" des saints Marcellin et Pierre qui contenait le mausolée de l’impératrice Hélène, et il y en avait une autre sur la via Nomentana, près du mémorial de sainte Agnès, où la fille de Constantin, Constance, avait fait construire son mausolée, l’actuelle église Sainte-Constance.

C’est surtout l’ancienne basilique Saint-Pierre qui était colossale, avec une façade large de quelque 64 mètres et un portique profond de 12 mètres. Les nefs, non comprise la zone presbytérale, mesuraient 90 mètres de long et la nef centrale était large de 23,50 mètres pour une hauteur de 32,50 mètres, tandis que les nefs latérales avaient respectivement une hauteur de 18 mètres et de 14,80 mètres. 

Puis, dans le cadre de la cour impériale, un pas très significatif pour l’histoire de l’architecture chrétienne fut franchi : l’adaptation à des fins liturgiques du bâtiment circulaire ou cylindrique caractéristique, dans le monde de la fin de l’antiquité, des mausolées de personnages illustres.

Pour la sensibilité gréco-romaine, la forme cylindrique-fermée suggérait en effet le mystère de la mort ; au IVe siècle, c’est précisément cette configuration qui avait été utilisée à Jérusalem pour la structure constantinienne de l’"Anastasis", qui contenait le tombeau vide du Christ. La même forme fut ensuite utilisée par la fille de Constantin pour son propre mausolée sur la via Nomentana, près de Sainte-Agnès, ancienne basilique à cimetière. 

Des structures circulaires semblables ont un symbolisme particulier. Tandis que les basiliques longitudinales, qui sont plus fréquentes, impliquent un cheminement – depuis l’entrée jusqu’à l’autel – la forme circulaire, qui est sans commencement et sans fin, a quelque chose d’infini : parvenir à son centre signifie la fin de la recherche, l’arrivée au port ardemment recherché. 

Au Saint-Sépulcre de Jérusalem, où l’on passait autrefois par une basilique longitudinale pour pénétrer ensuite – à travers une cour – dans la structure circulaire, l’ensemble de l’expérience spatiale était presque une métaphore de la recherche et de la découverte : du cheminement de la foi et de la certitude par laquelle Dieu met fin à la recherche de l’homme, en l’admettant dans la lumière infinie.

Au Ve siècle, la plus grande église à plan centré de Rome, Saint-Étienne-le-Rond, proposera une expérience nouvelle. La basilique longitudinale devient une immense cour rectangulaire autour de l’élément circulaire et celui-ci devient à son tour un labyrinthe concentrique comportant plusieurs entrées. À partir des chapelles, on passe ensuite à l’avant-dernier anneau, plus élevé que ceux qui sont à l’extérieur et plus lumineux, qui donne enfin accès à l’espace cylindrique central, très élevé, qui est un puits de lumière au cœur du bâtiment.

À Saint-Étienne-le-Rond, le sens du cheminement chrétien était donc organisé en termes mystagogiques, en termes d’initiation au mystère : non plus comme mouvement linéaire ni même comme simple arrivée, mais dans l’expérience d’une pénétration par degrés : depuis l’extérieur vers le centre, depuis les ténèbres vers la lumière, celle-ci constituant peut-être une métaphore de la vie d’une Église qui trouvait désormais la raison de sa communion non seulement dans la racine historique d’une "romanitas" partagée, mais dans la convergence vers Celui qui est la lumière des hommes. 

Il est en effet suggestif de confronter le plan circulaire de cette église avec une image de la même époque où le Christ s’élève dans le "clipeus" circulaire symbolisant la lumière, dans l’un des panneaux de bois des portes de la basilique Sainte-Sabine, sur l’Aventin. 

C’est le Christ de l’Apocalypse, l’Alpha et l’Oméga de l’histoire de l’humanité, présenté au milieu des symboles des quatre évangélistes, avec – en-dessous de lui – saint Pierre et saint Paul qui élèvent une couronne sur la tête d’une femme. Cette dernière, dont les bras sont levés en un geste de prière, symbolise l’Église elle-même qui aspire à rencontrer son Époux.

À Rome, pour la première fois, l’Église s’est identifiée concrètement à Celui qui, immolé, est désormais "digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la louange" (Apocalypse, 5, 12). Elle a occupé spontanément, en les transformant, les espaces architecturaux et conceptuels de l’empire antique, persuadée que Dieu, en plus de s’être manifesté dans la grandeur morale d’Israël, s’était également manifesté dans la splendeur matérielle de Rome. La magnificence marmoréenne de cette ville jadis païenne a été perçue comme une représentation de la cité de l’Apocalypse, la Jérusalem céleste dont les murs seront recouverts de pierres rares et précieuses. 

Rome est en effet la ville de l’Apocalypse – c’est-à-dire du dévoilement du sens caché de l’histoire – et, à partir du Ve siècle, les messages communiqués dans le décor iconographique des plus importantes églises romaines sont "apocalyptiques".

Le Christ revêtu de la toge dorée en tant que "Dominus dominantium", Seigneur des seigneurs, assis sur le trône ou bien debout et tenant en main le texte qui indique son pouvoir divin et, devant lui, les vingt-quatre vieillards qui l’adorent jour et nuit, brûlant l’encens qui symbolise les prières des saints : voilà les images qui figurent dans les presbytères des neuf grandes basiliques.

D’autre part, dans plusieurs de ces églises, les scènes qui révélaient l’éternité complétaient de grandioses cycles historiques représentés sur les murs latéraux, avec des épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament, insistant ainsi sur la gloire céleste comme conclusion de l’aventure terrestre. 

À Saint-Pierre au Vatican ce message fut annoncé d’avance dès l’extérieur, par une mosaïque monumentale qui couvrait la partie supérieure de la façade de la basilique (dessinée dans un codex du XIe siècle provenant de Farfa et actuellement conservé à l’Eton College de Windsor) et qui mettait sous les yeux des fidèles et des pèlerins l’Agneau, les vieillards et la multitude impossible à dénombrer de ceux qui sont "debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches" (Apocalypse, 7, 9).

La multitude, cette caractéristique de la vie de la capitale antique, prendra également des connotations apocalyptiques dans la Rome chrétienne. La ville dont les théâtres et les amphithéâtres avaient accueilli des foules immenses deviendra la Rome pontificale, qui accueille régulièrement des hommes et des femmes "de toute nation, race, peuple et langue" (Apocalypse, 7, 9). C’est là le phénomène qui explique la création – d’abord au Latran, puis au Vatican – d’espaces adéquats pour accueillir les foules de pèlerins provenant du monde entier, d’espaces qui expriment la continuité avec l’empire antique : la basilique Saint-Pierre et sa place sont en effet construits au-dessus d’un cirque réalisé au Ier siècle par les empereurs Caligula et Néron. 

Les théâtres et amphithéâtres gigantesques de Rome, qui témoignent encore aujourd’hui de la capacité de l’empire de diriger des marées humaines vers un point donné, font partie de l’expérience de l’Église primitive de Rome. Même si les convertis à la nouvelle foi ne devaient pas fréquenter assidûment les théâtres et les cirques, ils ne pouvaient certainement pas ignorer la fascination que ces lieux exerçaient sur leurs contemporains. 

Cela signifie que non seulement l’idée de magnifiques espaces de vie collective, mais également l’idée de spectacle – de rassemblements permettant de voir ensemble des événements qui unissent à travers l’émotion partagée par des centaines de milliers de personnes – faisait partie du bagage culturel et humain de l’Église romaine primitive.



L'article de Timothy Verdon reproduit ci-dessus a été publié dans "L'Osservatore Romano" du 10 février 2011 sous le titre : "La tradizione europea delle grandi chiese. Dagli angoli della vita al cerchio dell’eternità" :

> L'Osservatore Romano



L'article de Maria Antonietta Crippa paru dans "L'Osservatore Romano" du 9 février 2011 :

> La croce forma e sostanza della planimetria delle antiche basiliche


L'article de Paolo Portoghesi paru dans "L'Osservatore Romano" du 20 janvier 2011, reproduit sur le site de la paroisse Jésus Rédempteur, à Modène :

> Per avere pietre viventi l'estetica non basta


Et la "lectio magistralis" du cardinal Gianfranco Ravasi à l'université "La Sapienza" de Rome, publiée dans "L'Osservatore Romano" du 17-18 janvier 2011:

> Porte aperte tra il tempio e la piazza


L’article de www.chiesa consacré à l’église de Tor Tre Teste à Rome, construite par l'"architecte star" Richard Meier :

> A Tor Tre Teste è nata una chiesa bellissima. Ma smemorata e muta
(24.3.2006)



Tous les articles de www.chiesa à propos de ces questions :

> Focus ARTS ET MUSIQUE



www.chiesa
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Ceci n'est pas un gag

dominicanus #Il est vivant !

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du sixième dimanche du temps ordinaire A - 2

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

En ce sixième dimanche du temps ordinaire, Jésus aborde pour nous la position du croyant par rapport à la loi et son application morale dans les actes. 

 
« Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : Je ne suis pas venu abolir mais accomplir ». 

 
Jésus nous indique qu’il n’est pas venu pour abolir la Loi donnée par Dieu dans l’Ancienne Alliance, mais l’accomplir dans son sens primitif, pensé par Dieu. Et cela jusqu’au plus petit trait, c'est-à-dire au sens le plus intime que Dieu lui a donné. 

 
Ce sens a été donné au Sinaï : « vous êtes devenus saints, car je suis saint » (nous rappelle le Lv 11,44) et Jésus l’accentuera dans le sermon sur la montagne que nous avons entendu dans le prolongement des béatitudes : « Vous donc, vous serez parfaits comme votre père céleste est parfait » Mt 5,48. 


C’est là tout le sens des commandements : celui qui veut demeurer dans l’alliance avec Dieu doit correspondre à son attitude et à sa pensée. Et Jésus nous montre lui-même que cet accomplissement de la loi est possible. Il va en vivre devant nous, tout au long de son existence, le sens ultime, jusqu’à ce que tout, tout ce qui a été prophétisé se réalise : jusqu’à la croix et la résurrection. Il ne nous est rien demandé d’impossible, la première lecture nous le rappelle :

 

« Si tu veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle ».

 

Ainsi faire la volonté de Dieu n’est rien d’autre que « rester fidèle », c’est-à-dire faire effort pour correspondre à son offre d’amour totalement donné, avec reconnaissance et joie. Rien n’est en dehors de nos moyens ni hors de notre atteinte, « car la Parole est tout près de toi, elle est dans ton cœur ». Dès lors, être plongé dans la Parole et y rester fidèle en nos actes nous introduit dans la perfection de Dieu. 

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du sixième dimanche du temps ordinaire A - 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

  homelie

 

 

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 13 février, sixième du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 5, versets 17 à 37.


« Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : 

 
"Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir." »

 
Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

 

Lire le commentaire

 

(à suivre)

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du cinquième dimanche du temps ordinaire A - 3

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Le dernier écueil est la finalité de notre action qui ne peut être que Dieu : « Afin que les hommes, voyant vos bonnes œuvres, en rendent gloire à votre Père qui est dans les cieux ». Le danger serait d’être loué comme bons et saints chrétiens par le fait de nos bonnes œuvres. L’effacement doit accompagner toute nos actions. Le Christ, lui, n’a, jamais fait rayonner sa lumière et sa sagesse hors de son propre centre, mais toujours à partir de celui du Père. 


Et ainsi le chrétien lui aussi doit avoir la conscience la plus profonde que tout ce qu’il peut transmettre lui a été offert par Dieu pour les autres. 


Être sel, être lumière … est la destinée baptismale de chacun. Seigneur, apprends-nous à y correspondre selon TA volonté.

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du cinquième dimanche du temps ordinaire A - 2

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Mais cette vocation engage une responsabilité aux yeux de tous : de véritablement correspondre au signe présenté car sinon le contre témoignage devient flagrant. La défaillance provoque un détournement de la vérité. Ainsi le disciple qui doit être sel, peut perdre sa force de saler ; il n’assaisonne plus rien, et toute la nourriture a un goût fade pour la communauté qui l’entoure. 

 
En disant « vous êtes » Jésus s’adresse par-là à l’Église ou à la communauté dans son ensemble, et aussi bien au chrétien individuel. Un chrétien qui ne vit pas les béatitudes ne rayonne plus rien ; il ne doit pas s’étonner d’être jeté à la rue et piétiné. 

 
De même pour la lumière mise sous le boisseau. Cette lumière de la parole peut être détournée ou travestie car on peut abuser de son prestige et de sa sagesse pour son seul profit, la transformant en fausse lumière puisqu’elle ne renverrait plus la foi de la communauté, à la force et à la lumière de Dieu. Ainsi celui qui met la lumière sous le boisseau est celui qui se met en lumière ou utilise la lumière de Dieu pour son profit et du coup fait immédiatement s’éteindre la lumière de Dieu par manque d’air : notre « boisseau » l’étouffe. 

 

(à suivre)

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du cinquième dimanche du temps ordinaire A - 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

homelie

 

 

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 6 février, cinquième du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu chapitre 5, versets 13 à16.


Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :

 
« Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n'est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent. »

 

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3

 

Lire le commentaire

 
« Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde…. » Poursuivant son enseignement devant les foules, après avoir énoncé les Béatitudes, Jésus vient définir la condition de celui qui le suit, la responsabilité qui repose sur lui et la finalité de son action qui ne peut-être qu’action de grâce. 

 
Le chrétien a pour vocation d’être un signe, en ce monde, qui renvoie à Dieu. En suivant le Christ, il fait découvrir que ce Dieu est Père et il devient lui-même signe et compréhension de la révélation. 

 
Jésus, pour nous le faire comprendre, utilise trois images simples et évidentes. Elles indiquent toutes trois quelque chose de commun. Le sel n’est pas là pour lui-même mais pour assaisonner ; la lumière n’est pas là pour elle-même mais pour éclairer son entourage ; la ville sur la montagne est élevée afin d’être visible pour d’autres et indiquer le chemin. Le privilège de chacun consiste dans la possibilité de prodiguer quelque chose à d’autres êtres. Telle est la vocation de celui qui le suit : il devient un signe. 

 

(à suivre)

Congrégation pour le clergé, Homélie pour le 5e dimanche du Temps Ordinaire A - 3

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

La liturgie devient donc une célébration de la lumière, que l'homme juste peut rayonner dans le monde par son témoignage. Le juste, inondé de la lumière divine, devient à son tour un flambeau qui brille et qui réchauffe. Au contraire ceux qui malgré leur baptême, s'éloignent de la source de la lumière qu’est l'amour de Dieu, expriment l'absurdité d'une lumière suffoquée par le boisseau, le boisseau de leur incohérence et de leur défaut de mémoire dans la foi en un Dieu fait homme, qui a dit de lui-même : « Je suis la Lumière ».


Le témoignage de la foi ne passe pas seulement à travers les paroles, mais aussi à travers des oeuvres de paix et de justice. Le chrétien, sans se cacher ni devenir paresseux, doit être exposé à la lumière de Dieu, en particulier aux rayons bienfaisants du soleil eucharistique, pour s'en nourrir et, la Lumière une fois reçue, il ne doit pas « la capturer » ou l'emprisonner sous son « boisseau » personnel, mais il doit la rayonner sur tous ceux qui l'entourent.

Congrégation pour le clergé, Homélie pour le 5e dimanche du Temps Ordinaire A - 2

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

Dans l'Évangile enfin, Jésus lui-même compare ses disciples à une lampe qu’il faut mettre sur le lampadaire, pour qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.


La référence au boisseau, sous lequel on cache parfois la lumière, souligne l'absurdité du geste : la lampe ne peut pas rester cachée ou couverte, autrement elle perd son sens et sa fonction.


La lumière doit resplendir, et la « lumière des hommes » correspond avec leurs bonnes œuvres, c'est-à-dire avec les actes d'amour et de justice.

 

(à suivre)


 

Afficher plus d'articles

RSS Contact