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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Vatican II (SC), Modifier la liturgie relève de la hiérarchie

dominicanus #La vache qui rumine B 2009

Pour que le peuple chrétien obtienne plus sûrement des grâces abondantes dans la liturgie, la sainte Mère Église veut travailler sérieusement à la restauration générale de la liturgie elle-même. Car celle-ci comporte une partie immuable, celle qui est d'institution divine, et des parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent s'il s'y est introduit des éléments qui correspondent mal à la nature intime de la liturgie elle-même, ou si ces parties sont devenues inadaptées.


Cette restauration doit consister à organiser les textes et les rites de telle façon qu'ils expriment avec plus de clarté les réalités saintes qu'ils signifient, et que le peuple chrétien, autant qu'il est possible. puisse facilement les saisir et y participer par une célébration pleine, acttive et communautaire. C'est pourquoi le saint Concile a établi ces normes générales.


§ 1. Le gouvernement de la liturgie dépend uniquement de l'autorité de l'Église: il appartient au Siège apostolique et, dans les règles du droit, à l'évêque.

§ 2. En vertu du pouvoir donné par le droit, le gouvernement, en matière liturgique, appartient aussi, dans des limites fixées, aux diverses assemblées d'évêques légitimement constituées, compétentes sur un territoire donné.

§ 3. C'est pourquoi absolument personne d'autre, même prêtre, ne peut de son propre chef ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie. (fin)

Sacrosanctum Concilium 21-22

Vatican II (SC), Émissions radiodiffusées et télévisées

dominicanus #La vache qui rumine B 2009

Les transmissions d'actions sacrées par la radiophonie et la télévision, surtout s'il s'agit de la célébration du saint Sacrifice, se feront avec discrétion et dignité sous la conduite et la garantie d'une personne compétente. désignée à cette fonction par les évêques. (à suivre)

 

Sacrosanctum Concilium 20



Vatican II (SC), Formation liturgique du peuple par les pasteurs

dominicanus #La vache qui rumine B 2009

Les pasteurs d'âmes poursuivront avec zèle et patience la formation liturgique et aussi la participation active des fidèles, intérieure et extérieure, proportionnée à leur âge, leur condition, leur genre de vie à et leur degré de culture religieuse; ils acquitteront ainsi une des principales fonctions du fidèle dispensateur des mystères de Dieu; et en cette matière ils ne conduiront pas leur troupeau par la parole seulement, mais aussi par l'exemple. (à suivre)

 

Sacrosanctum Concilium 19




Mgr Simon, Qui avait intérêt à salir la réputation du pape ?

dominicanus #actualités

« Lettre ouverte à ceux qui veulent bien réfléchir... »




ROME, Lundi 2 février 2009 (ZENIT.org) - Dans  « Lettre ouverte à ceux qui veulent bien réfléchir... », Mgr Hippolyte Simon, archevêque de Clermont et vice-président de la conférence épiscopale française, demande:


Qui avait intérêt à salir la réputation du Pape ?


Je ne sais pas si je suis en colère ou si je suis malheureux : la vérité tient sans doute des deux. Mais trop, c'est trop, alors je dis : ça suffit ! Le déchaînement médiatique contre le Pape Benoît XVI, qui aurait réintégré quatre évêques intégristes, dont un négationniste avéré, ne relève pas de la critique, mais de la calomnie et de la désinformation. Car, quoi que l'on pense des décisions du Pape, il faut dire, répéter et souligner que ces quatre évêques n'ont pas été réintégrés. Et donc, Mgr Williamson, dont les propos tenus à la télévision suédoise sont effectivement intolérables, n'est toujours pas revenu au sein de l'Eglise catholique et il ne relève toujours pas de l'autorité du Pape. Les informations qui parlent  de réintégration reposent sur une confusion grave entre levée des excommunications et réintégration à part entière.


J'accorde volontiers mon indulgence à tous les journalistes et à tous les commentateurs qui ont pu confondre, de bonne foi, la levée de l'excommunication et la réintégration pure et simple. Les catégories utilisées par l'Eglise peuvent prêter à équivoque pour le grand public. Mais la vérité oblige à dire  que, selon le Droit de l'Eglise, ce n'est pas du tout la même chose. Si on confond les plans on devient victime de simplifications qui ne profitent qu'à ceux qui veulent faire de la provocation. Et on se fait complice, involontairement, de ces derniers. De façon habituelle, le grand public est en droit d'exiger d'un journaliste sportif qu'il sache distinguer, par exemple, entre un corner et un essai. Pourquoi l'Eglise n'aurait-elle pas le droit d'avoir aussi son vocabulaire « technique » et pourquoi devrait-on tolérer des approximations aussi graves simplement sous prétexte qu'il s'agit de religion ?


Reprenons donc exactement ce qui s'est passé. Suite à l'élection du Pape Benoît XVI, en Avril 2005, les évêques de la Fraternité Saint-Pie-X, fondée il y a plus de trente ans par Mgr Lefebvre, ont demandé à reprendre le dialogue avec Rome, mais ils avaient mis deux préalables: premièrement, la libéralisation du Missel de 1962, ce qui a été fait par le motu proprio, en juillet 2007 et, deuxièmement, la levée des excommunications.


Que signifie la levée des excommunications ? Pour prendre une comparaison familière, je dirai ceci : quand Mgr Lefebvre est sorti, c'est-à-dire quand il a désobéi en ordonnant quatre évêques malgré l'avis formel du Pape, c'est comme s'il y avait eu, automatiquement, une barrière qui était tombée et un feu qui s'était mis au rouge pour dire qu'il était sorti. Cela voulait dire que si, un jour, il voulait rentrer, il faudrait qu'il fasse d'abord amende honorable. Mgr Lefebvre est mort. Paix à son âme !  Aujourd'hui, ses successeurs, vingt ans après, disent au Pape : «Nous sommes prêts à reprendre le dialogue, mais il faut un geste symbolique de votre part. Levez la barrière et mettez le feu au clignotant orange !» Le Pape, pour mettre toutes les chances du côté du dialogue, a donc levé la barrière et a mis le feu au clignotant orange. Reste à savoir maintenant si ceux qui demandent à rentrer vont le faire. Est-ce qu'ils vont rentrer tous ? Quand ? Dans quelles conditions ? On ne sait pas. Comme le dit le cardinal Giovanni Battista Re [préfet de la Congrégation des évêques], dans son décret officiel : « il s'agit de stabiliser les conditions du dialogue ». Peut-être que le Pape, dans un délai que nous ne connaissons pas, leur donnera un statut canonique. Mais pour l'instant, ce n'est pas fait. Le préalable au dialogue est levé, mais le dialogue n'a pas encore commencé. Nous ne pouvons donc  pas juger les résultats du dialogue avant qu'il n'ait eu lieu.


Là-dessus, la veille du jour où devait être publié le décret du Cardinal RE, voici qu'une télévision suédoise publie ou republie les propos clairement négationnistes de l'un des quatre évêques concernés, Mgr Williamson. Le Pape, quand il a donné son feu vert à la signature du décret par le Cardinal pouvait-il connaître les discours de Mgr Williamson ? Très honnêtement, je crois pouvoir dire que non. Et c'est en un sens plutôt rassurant : c'est le signe que le Vatican n'a vraiment pas les moyens de faire surveiller tous les évêques et toutes les chaînes de télévision du monde ! C'est donc ici qu'il ne faut pas se tromper d'interprétation : que signifie cette coïncidence entre la signature d'un décret, prévue pour le 21 Janvier, et donc connue de Mgr Williamson, et la diffusion des propos télévisés du même personnage ?


Que chacun se demande : à qui profite le crime ? A qui profite le scandale provoqué par des propos d'une telle obscénité ? La réponse me semble limpide : à celui ou à ceux qui voulaient torpiller le processus inauguré par la signature du décret ! Or, pour peu que l'on suive un peu ces questions et les différentes interventions de Mgr Williamson depuis quelques années, il est clair que lui ne veut à aucun prix de la réconciliation avec Rome ! Cet évêque, dont je répète, qu'il n'a encore aujourd'hui aucun lien de subordination canonique vis-à-vis de Rome, a tout simplement utilisé la méthode des terroristes : il fait exploser une bombe (intellectuelle) en espérant que tout le processus de réconciliation va dérailler. Il fait comme tous les ultras de tous les temps : il préfère laisser un champ de ruines plutôt que de se réconcilier avec ceux qu'il considère comme des ennemis.


Alors je le dis avec tristesse à tous ceux qui ont relayé, - avec gourmandise ou avec douleur-, l'amalgame entre Benoît XVI et Mgr Williamson : vous avez fait le jeu, inconsciemment, d'un provocateur cynique ! Et, en prime, si j'ose dire, vous lui avez offert un second objectif qui ne pouvait que le ravir : salir de la pire des manières la réputation du Pape. Un pape dont il se méfie plus que de tout autre, car il voit bien que ce Pape ruine absolument tout l'argumentaire échafaudé jadis par Mgr Lefebvre. Je ne peux pas développer ici ce point. Je ne fais que renvoyer à un article que j'avais publié dans les colonnes du journal Le Monde, l'an dernier, au moment de la publication du Motu Proprio : « Quand je lis, un peu partout, que le Pape accorde tout aux intégristes et qu'il n'exige rien en contrepartie, je ne suis pas d'accord : il leur accorde tout sur la forme des rites, mais il ruine totalement leur argumentaire sur le fond. Tout l'argumentaire de Mgr Lefebvre reposait sur une prétendue différence substantielle entre le rite dit de Saint Pie V et le rite dit de Paul VI. Or, réaffirme Benoît XVI, il n'y a pas de sens à parler de deux rites. On pouvait, à la rigueur, légitimer une résistance au Concile si l'on pensait, en conscience, qu'il existait une différence substantielle entre deux rites. Peut-on légitimer cette résistance, et a fortiori un schisme, à partir d'une différence de formes ? »


Pour un fondamentaliste, et qui plus est, pour un négationniste forcené comme Mgr Williamson, Benoît XVI est infiniment plus redoutable que tous ceux qui font l'apologie de la « rupture » introduite par le Concile Vatican II. Car s'il y a rupture, alors il est conforté dans son opposition à la « nouveauté ». Mais celui qui démontre paisiblement que le Missel de Paul VI, la liberté religieuse et l'œcuménisme font partie intégrante de l'authentique Tradition Catholique, celui-là lui enlève toute justification.


J'ai bien conscience qu'il faudrait développer mon argumentation. Que chacun veuille bien me pardonner de renvoyer aux sites internet où tout ceci est visible. Mais je souhaite surtout que chacun veuille bien se méfier des provocations trop bien montées. Quant à ceux qui s'obstinent à répéter que Joseph Ratzinger a servi dans les Jeunesses hitlériennes, qu'ils veuillent bien relire le témoignage qu'il a donné à Caen, le 6 Juin 2004, pour le soixantième anniversaire du Débarquement en Normandie, et qu'ils se demandent ensuite ce qu'ils auraient fait à sa place. ..Quand on hurle un peu trop fort avec les loups d'aujourd'hui, on ne fait pas  bien la preuve que l'on eût été capable de se démarquer des loups de l'époque...


Reste un point qui est second mais cependant très grave : il faudra tout de même s'interroger sur la communication des instances romaines lorsqu'il s'agit de sujets aussi sensibles. Après la polémique de Ratisbonne (qui mériterait elle aussi d'être démontée attentivement..), j'espère - mais je me réserve d'en parler plutôt en interne - que les responsables de la Curie vont procéder à un sérieux débriefing  sur les ratés de leur communication. Pour le dire d'un mot, voici comment j'ai vécu les choses : Mercredi 21 janvier, les milieux intégristes italiens, qui croyaient triompher, « organisent une fuite » dans « Il Giornale ». Aussitôt le tam-tam médiatique, se met en route. Mais nous, membres des conférences épiscopales, nous ne savons absolument rien ! Et pendant trois jours les nouvelles - erronées, qui parlent à longueur de journée de réintégration - prolifèrent dans tous les sens comme un feu de brousse. Tout y passe. Arrive alors la « bombe » de Mgr Williamson... Et c'est seulement samedi matin, - trois jours  trop tard ! -, que nous recevons le communiqué officiel du Cardinal RE. Comment voulez-vous que nous puissions remettre le débat sur des bases correctes ? Le Cardinal Ricard s'y est employé, de très bonne façon, mais le feu était parti, et plus personne ne pouvait alors entendre une parole raisonnable.


Maintenant que la poussière commence à retomber, essayons de reprendre calmement nos esprits. Comme disait ma Grand-mère : d'un mal Dieu peut faire sortir du bien. Le mal c'est que le Pape Benoît XVI a une nouvelle fois été traîné dans la boue par une majorité de grands médias, excepté, Dieu Merci, La Croix et quelques autres. Beaucoup de catholiques, et beaucoup de gens de bonne volonté, sont dans l'incompréhension et la souffrance. Mais le bien, c'est que les masques sont tombés ! Si le dialogue continue malgré tout avec les évêques de la Fraternité Saint Pie X, - sous réserve, bien sûr, qu'ils passent  la barrière maintenant levée- , le discernement pourra se faire, car tout le monde sait un peu mieux  ce qu'ils pensent les uns et les autres.


Pour conclure, j'ai envie de m'adresser aux fidèles catholiques qui peuvent, non sans raison, avoir le sentiment d'être un peu trahis, pour ne pas dire méprisés, en cette affaire : méditez la parabole du Fils prodigue, et prolongez-la. Si le Fils aîné, qui avait d'abord refusé d'entrer dans la fête, dit qu'il veut rentrer, allez-vous le refuser ??? Ayez suffisamment confiance en vous-mêmes et en l'Esprit qui conduit l'Eglise, et qui a aussi guidé le Concile de Vatican II, pour penser que la seule présence de ce fils aîné ne suffira pas à étouffer la fête. Donnez  à ce dernier venu un peu de temps pour s'habituer à la lumière de l'Assemblée où vous vous tenez...


 + Hippolyte Simon, 

Archevêque de Clermont.

Vice-président de la Conférence des évêques de France

Lire aussi : Le point sur la levée de l'excommunication des 4 évêques de la FSSPX

Vatican II (SC), Modalités de la formation liturgique du clergé, suite

dominicanus #La vache qui rumine B 2009

Les clercs, dans les séminaires et les maisons religieuses, acquerront une formation liturgique à la vie spirituelle, par une bonne initiation qui leur donne l'intelligence des rites sacrés et y fasse participer de toute leur âme, et aussi par la célébration même des saints mystères et par les autres exercices de piété, imprégnés d'esprit liturgique; également, ils apprendront à observer lois liturgiques, de telle sorte que la vie des séminaires et des maisons de religieux soit profondément façonnée par l'esprit de la liturgie.


Les prêtres. séculiers ou religieux. déjà en activité dans la vigne du Seigneur, seront aidés par tous les moyens opportuns à comprendre toujours plus pleinement ce qu'ils accomplissent dans les fonctions sacrées, à vivre d'une vie liturgique et à la partager avec les fidèles qui leur sont confiés. (à suivre)

Sacrosanctum Concilium 17-18


Benoît XVI, Message de Carême 2009 - Redécouvrir le jeûne

dominicanus #Il est vivant !

Texte intégral


ROME, Mardi 3 février 2009 (ZENIT.org) - Nous reprenons ci-dessous le texte intégral du Message de carême du pape Benoît XVI publié ce mardi par la salle de presse du Saint-Siège.

*  *  *




Chers frères et sœurs !


Au commencement du Carême, qui constitue un chemin d'entraînement spirituel intense, la Liturgie nous propose à nouveau trois pratiques pénitentielles très chères à la tradition biblique et chrétienne - la prière, l'aumône et le jeûne - pour nous préparer à mieux célébrer la Pâque et faire ainsi l'expérience de la puissance de Dieu qui, comme nous l'entendrons au cours de la Veillée Pascale, « triomphe du mal, lave nos fautes, redonne l'innocence aux pécheurs, la joie aux affligés, dissipe la haine, nous apporte la paix et humilie l'orgueil du monde » (Annonce de la Pâque). En ce traditionnel Message du Carême, je souhaite cette année me pencher plus particulièrement sur la valeur et le sens du jeûne. Le Carême en effet nous rappelle les quarante jours de jeûne vécus par le Seigneur dans le désert, avant le commencement de sa mission publique. Nous lisons dans l'Evangile : « Jésus fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le démon. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim » (Mt 4,1-2). Comme Moïse avant de recevoir les Tables de la Loi, (cf. Ex 34,28), comme Élie avant de rencontrer le Seigneur sur le mont Horeb (cf. 1 R 19,8), de même Jésus, en priant et en jeûnant, se prépare à sa mission, dont le début fut marqué par une dure confrontation avec le tentateur.


Nous pouvons nous demander quelle valeur et quel sens peuvent avoir pour nous, chrétiens, le fait de se priver de quelque chose qui serait bon en soi et utile pour notre subsistance. Les Saintes Écritures et toute la tradition chrétienne enseignent que le jeûne est d'un grand secours pour éviter le péché et tout ce qui conduit à lui. C'est pourquoi, dans l'histoire du salut, l'invitation à jeûner revient régulièrement. Déjà dans les premières pages de la Sainte Écriture, le Seigneur commande à l'homme de s'abstenir de manger du fruit défendu : « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin, mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangera pas, car le jour où tu en mangeras, certainement tu mourras. » (Gn 2,16-17). En commentant l'injonction divine, saint Basile observe que « le jeûne a été prescrit dans le paradis terrestre », et « ce premier précepte été donné à Adam ». Il conclut ainsi : « Cette défense - 'tu ne mangeras pas' - est une loi de jeûne et d'abstinence » (cf. Homélie sur le jeûne : PG 31, 163, 98). Parce que tous nous sommes appesantis par le péché et ses conséquences, le jeûne nous est offert comme un moyen pour renouer notre amitié avec le Seigneur. C'est ce que fit Esdras avant le voyage du retour de l'exil en Terre promise, quand il invita le peuple réuni à jeûner « pour s'humilier - dit-il - devant notre Dieu » (8,21). Le Tout Puissant écouta leur prière et les assura de sa faveur et de sa protection. Les habitants de Ninive en firent autant quand, sensibles à l'appel de Jonas à la repentance, ils proclamèrent, comme témoignage de leur sincérité, un jeûne en disant: « Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s'il ne reviendra pas de l'ardeur de sa colère, en sorte que nous ne périssions point ? » (3,9). Là encore, Dieu vit leurs œuvres et les épargna.


Dans le Nouveau Testament, Jésus met en lumière la raison profonde du jeûne en stigmatisant l'attitude des pharisiens qui observaient avec scrupule les prescriptions imposées par la loi, alors que leurs cœurs étaient loin de Dieu. Le vrai jeûne, redit encore en d'autre lieux le divin Maître, consiste plutôt à faire la volonté du Père céleste, lequel « voit dans le secret et te récompensera » (Mt 6,18). Lui-même en donne l'exemple en répondant à Satan, au terme des quarante jours passés dans le désert : « Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4). Le vrai jeûne a donc pour but de manger « la vraie nourriture », qui consiste à faire la volonté du Père (cf. Jn 4,34). Si donc Adam désobéit à l'ordre du Seigneur « de ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal », le croyant entend par le jeûne se soumettre à Dieu avec humilité, en se confiant à sa bonté et à sa miséricorde.


La pratique du jeûne est très présente dans la première communauté chrétienne (cf. Act 13,3; 14,22; 27,21; 2 Cor 6,5). Les Pères de l'Église aussi parlent de la force du jeûne, capable de mettre un frein au péché, de réprimer les désirs du « vieil homme », et d'ouvrir dans le cœur du croyant le chemin vers Dieu. Le jeûne est en outre une pratique récurrente des saints, qui le recommandent. Saint Pierre Chrysologue écrit : « Le jeûne est l'âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Donc, celui qui prie doit jeûner ; celui qui jeûne doit avoir pitié ; qu'il écoute l'homme qui demande, et qui en demandant souhaite être écouté ; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d'entendre lorsqu'on le supplie » (Sermo 43: PL 52, 320. 332).


De nos jours, la pratique du jeûne semble avoir perdu un peu de sa valeur spirituelle et, dans une culture marquée par la recherche du bien-être matériel, elle a plutôt pris la valeur d'une pratique thérapeutique pour le soin du corps. Le jeûne est sans nul doute utile au bien-être physique, mais pour les croyants, il est en premier lieu une « thérapie » pour soigner tout ce qui les empêche de se conformer à la volonté de Dieu. Dans la Constitution apostolique Pænitemini de 1966, le Serviteur de Dieu Paul VI reconnaissait la nécessité de remettre le jeûne dans le contexte de l'appel de tout chrétien à « ne plus vivre pour soi-même, mais pour Celui qui l'a aimé et s'est donné pour lui, et... aussi à vivre pour ses frères » (cf. Ch. I). Ce Carême pourrait être l'occasion de reprendre les normes contenues dans cette Constitution apostolique, et de remettre en valeur la signification authentique et permanente de l'antique pratique pénitentielle, capable de nous aider à mortifier notre égoïsme et à ouvrir nos cœurs à l'amour de Dieu et du prochain, premier et suprême commandement de la Loi nouvelle et résumé de tout l'Évangile (cf. Mt 22,34-40).


La pratique fidèle du jeûne contribue en outre à l'unification de la personne humaine, corps et âme, en l'aidant à éviter le péché et à croître dans l'intimité du Seigneur. Saint Augustin qui connaissait bien ses inclinations négatives et les définissait comme « des nœuds tortueux et emmêlés » (Confessions, II, 10.18), écrivait dans son traité sur L'utilité du jeûne : « Je m'afflige certes un supplice, mais pour qu'Il me pardonne ; je me châtie de moi-même pour qu'Il m'aide, pour plaire à ses yeux, pour arriver à la délectation de sa douceur » (Sermon 400, 3, 3: PL 40, 708). Se priver de nourriture matérielle qui alimente le corps facilite la disposition intérieur à l'écoute du Christ et à se nourrir de sa parole de salut. Avec le jeûne et la prière, nous Lui permettons de venir rassasier une faim plus profonde que nous expérimentons au plus intime de nous : la faim et la soif de Dieu.


En même temps, le jeûne nous aide à prendre conscience de la situation dans laquelle vivent tant de nos frères. Dans sa Première Lettre, saint Jean met en garde : « Si quelqu'un possède des richesses de ce monde et, voyant son frère dans la nécessité, lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeurerait-il en lui ? » (3,17). Jeûner volontairement nous aide à suivre l'exemple du Bon Samaritain, qui se penche et va au secours du frère qui souffre (cf. Deus caritas est, 15). En choisissant librement de se priver de quelque chose pour aider les autres, nous montrons de manière concrète que le prochain en difficulté ne nous est pas étranger. C'est précisément pour maintenir vivante cette attitude d'accueil et d'attention à l'égard de nos frères que j'encourage les paroisses et toutes les communautés à intensifier pendant le Carême la pratique du jeûne personnel et communautaire, en cultivant aussi l'écoute de la Parole de Dieu, la prière et l'aumône. Ceci a été, dès le début, une caractéristique de la vie des communautés chrétiennes où se faisaient des collectes spéciales (cf. 2 Cor 8-9; Rm 15, 25-27), tandis que les fidèles étaient invités à donner aux pauvres ce qui, grâce au jeûne, avait été mis à part (cf. Didascalie Ap., V, 20,18). Même aujourd'hui, une telle pratique doit être redécouverte et encouragée, surtout pendant le temps liturgique du Carême.


Il ressort clairement de tout ce que je viens de dire, que le jeûne représente une pratique ascétique importante, une arme spirituelle pour lutter contre tous les attachements désordonnés. Se priver volontairement du plaisir de la nourriture et d'autres biens matériels, aide le disciple du Christ à contrôler les appétits de sa nature affaiblie par la faute originelle, et dont les effets négatifs investissent entièrement la personne humaine. Une hymne antique de la liturgie du Carême exhorte avec pertinence : « Utamur ergo parcius, / verbis, cibis et potibus, / somno, iocis et arctius / perstemus in custodia - Nous utilisons plus sobrement les paroles, les nourritures, les boissons, le sommeil et les jeux, et avec plus d'attention, nous demeurons vigilants ».


Chers frères et sœurs, à bien regarder, le jeûne a comme ultime finalité d'aider chacun d'entre nous, comme l'écrivait le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, à faire un don total de soi à Dieu (cf. Veritatis splendor, 21). Que le Carême soit donc mis en valeur dans toutes les familles et dans toutes les communautés chrétiennes, pour éloigner de tout ce qui distrait l'esprit et intensifier ce qui nourrit l'âme en l'ouvrant à l'amour de Dieu et du prochain. Je pense en particulier à un plus grand engagement dans la prière, la lectio divina, le recours au Sacrement de la Réconciliation et dans la participation active à l'Eucharistie, par dessus tout à la Messe dominicale. Avec cette disposition intérieure, nous entrons dans le climat de pénitence propre au Carême. Que la Bienheureuse Vierge Marie, Causa nostrae laetitiae nous accompagne et nous soutienne dans nos efforts pour libérer notre cœur de l'esclavage du péché et pour en faire toujours plus un « tabernacle vivant de Dieu ». En formulant ce souhait et en assurant de ma prière tous les croyants et chaque communauté ecclésiale afin que tous suivent avec profit l'itinéraire du Carême, j'accorde à tous et de tout cœur la Bénédiction Apostolique.


Du Vatican, le 11 décembre 2008

BENEDICTUS PP. XVI

[Texte original: Italien]


© Copyright : Librairie Editrice du Vatican

Vatican II (SC), Modalités de la formation liturgique du clergé

dominicanus #La vache qui rumine B 2009

Les maîtres qui soin préposés à l'enseignement de la liturgie dans les séminaires, les maisons d'études dos religieux et les facultés de théologie, doivent être dûment préparés à leur fonction dans des instituts spécialement destinés à cette tâche.


L'enseignement de la liturgie dans les séminaires et les maisons d'études des religieux doit être placé parmi les disciplines nécessaires et majeures, et dans les facultés de théologie parmi les disciplines principales; et il faut le donner dans sa perspective théologique et historique aussi bien que spirituelle, pastorale et juridique. En outre, les maîtres des autres disciplines, surtout de théologie dogmatique, d'Écriture sainte, de théologie spirituelle et pastorale se préoccuperont, selon les exigences intrinsèques de chaque objet propre, de faire ressortir le mystère du Christ et l'histoire du salut, si bien qu'on voie apparaître clairement le lien de ces disciplines avec la liturgie et l'unité de la formation sacerdotale. (à suivre)

Sacrosanctum Concilium 15-16



Le point sur la levée de l'excommunication des 4 évêques de la FSSPX

dominicanus #actualités
La voie étroite de l’unité de l’Église

30 janvier 2009 | François de Lacoste Lareymondie


Qui a intérêt à la confusion ? À qui profite le scandale ? La coïncidence des déclarations négationnistes de Mgr Williamson avec la publication du décret par lequel Benoit XVI a levé l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité sacerdotale saint Pie X (FSSPX) n’est pas fortuite*.


Ces déclarations avaient été prononcées au mois de novembre dernier, passant alors inaperçues ; le fait qu’elles soient remises au premier plan de l’actualité en ce moment précis ne constitue donc pas un hasard.

Elles ont donc produit l’effet attendu : indignation générale, et surtout amalgame avec l’ouverture exprimée en direction de la FSSPX, amalgame dont certains, y compris des évêques, ont tiré prétexte pour contester le principe même de la décision du Saint Père. À telle enseigne que celui-ci a dû procéder à une ferme mise au point qui n’est pourtant pas dans les habitudes du Saint-Siège en exprimant aux juifs sa pleine et indiscutable solidarité et en rappelant que « la mémoire de la Shoah doit être pour tous un avertissement contre l’oubli, contre la négation ou le réductionnisme… »


Les solides fondements d’une « paternelle miséricorde »

Le chemin de l’unité, comme celui du Ciel, est ardu et étroit quand la voie de la perdition est large et facile… Au cours de l’audience générale de mercredi dernier, Benoit XVI a donc donné les raisons profondes de sa décision. Elles sont fortes et, contrairement à ce que prétendent beaucoup, elles reposent sur de solides fondements :

« C'est pour accomplir ce service de l'unité, qui qualifie de façon spécifique mon ministère de Successeur de Pierre, que j'ai décidé il y a quelques jours, d'accorder la rémission de l'excommunication qu'avaient encourue les quatre évêques ordonnés en 1988 par Mgr Lefebvre sans mandat pontifical… J'ai accompli ce geste de miséricorde paternelle parce que ces prélats ont manifesté à plusieurs reprises leur vive souffrance du fait de la situation dans laquelle ils s'étaient retrouvés. »


Dans la lettre qu’il a adressée le 15 décembre 2008 au cardinal Castrillon Hoyos, président de la commission pontificale Ecclesia Dei, Mgr Fellay a sollicité la levée de l'excommunication en affirmant :

« Nous sommes toujours fermement déterminés dans notre volonté de rester catholiques et de mettre toutes nos forces au service de l'Église de Notre Seigneur Jésus Christ, qui est l'Église catholique romaine. Nous acceptons son enseignement dans un esprit filial. Nous croyons fermement à la Primauté de Pierre et à ses prérogatives, et c'est pour cela même que nous souffrons tant de l'actuelle situation. »


Sauf à ce que les mots n’aient pas de sens, cette affirmation exprimait, assez clairement pour être prise en compte, la volonté de revenir dans la communion, volonté qui ouvre le chemin du repentir et qui justifie la levée de l’excommunication.

En effet, l’excommunication n’est pas destinée à « chasser » celui qui l’encourt (pas plus que le Christ, l’Église ne rejette personne), mais à le mettre en face de la déchirure qu’il a provoquée et à l’inciter à s’engager dans la voie inverse. À ce stade, l’Église ne demande pas la perfection de la réparation, mais seulement le désir sérieux de s’y engager. Dans la demande du 15 décembre deux points méritent d’être soulignés :

- d’une part, c’est la première fois que la volonté de retour dans la communion de l’Église est expressément formulée dans un acte officiel du supérieur de la FSSPX adressé au Saint-Siège ;

- d’autre part, et ce n’est pas le moins important, Mgr Fellay s’est exprimé en sa qualité de supérieur de la Fraternité et au nom des trois autres évêques : il les engage donc tous.


Sa démarche rejoignait ainsi le souhait manifesté à Rome de ne laisser personne en chemin, notamment aucun des quatre évêques, malgré les divergences notoires qui existent entre eux sur certains points de doctrine, en particulier sur la primauté pontificale, sa détention et son exercice légitime par Benoit XVI et tous ses prédécesseurs. Laisser l’un des quatre évêques en dehors eût été renoncer par avance à réduire le schisme.



Communion, excommunication

Une précision s’impose : malgré la proximité terminologique, il faut se garder de rapprocher communion sacramentelle et excommunication, et par conséquent d’établir un parallèle entre l’accès à l’Eucharistie et la levée de la sanction.

La première consiste à recevoir le corps du Christ sous forme sacramentelle et à bénéficier des grâces qui y sont attachées ; elle est accessible à tout catholique qui en remplit les conditions. Ne pas remplir ces conditions (par exemple, être en état de péché mortel) empêche de communier validement, mais n'exclut pas de la communauté, et a fortiori n'empêche pas la réception des autres sacrements, à commencer par l'absolution de ses péchés qui est le canal par où l'Eucharistie redevient accessible.

La seconde sanctionne (dans les deux sens du terme) un acte public et délibéré de rupture d'avec la communauté ecclésiale. Comme le dit de façon expressive un canoniste, le péché (mortel) coupe de Dieu, et par voie de conséquence de l'Église, tandis que l'acte de rupture qui entraîne l'excommunication coupe de l'Église, et par voie de conséquence de Dieu. Sa levée ne rétablit pas le bénéficiaire dans la pleine communion : celle-ci reste à établir en mettant fin aux causes de la division.



Tenir compte des pesanteurs humaines

Dans l'histoire de l'Église (autant qu'il m'en souvienne), aucun schisme n’a été résolu par le dialogue et la négociation. On a toujours achoppé, parfois en arrivant tout près du but. Les raisons peuvent être multiples. Contrairement à ce que l’on imagine, elles ne sont souvent pas doctrinales.

Bien sûr, à la racine de tout échec comme de tout mal il y a l'orgueil dont nul n’est exempt. Interviennent également les maladresses psychologiques ou comportementales qui ruinent en un instant des années d’effort. Mais de ces échecs, les raisons qui tiennent à la difficulté personnelle de revenir sur ses propres actes, ou à l'image extérieure que l'on a donnée de soi et qu’il faudra corriger, ou à son propre statut social et au pouvoir que l'on exerce et dont on va se dépouiller, ou au risque à prendre de ne plus être entre soi mais dans une Église où les demeures sont nombreuses et où la cohabitation n’est pas toujours facile, etc., pour médiocres qu'elles apparaissent, ne sont pas les moindres. D'où la nécessité d'avancer avec douceur, pas à pas, sans ménager les concessions de forme pour faciliter les progrès de fond.

Quant au fond précisément, on sait que les questions relatives à la liberté de conscience, à l'œcuménisme et à l'ecclésiologie qui seront au cœur des discussions, sont complexes et rebelles à toute vision simplificatrice. Ceux qui ont eu à négocier un compromis positif et constructif entre deux parties profondément opposées sur des questions d’aussi grande importance savent que l'on y parvient (parfois) si l'on se plie à deux conditions :

- d'abord, éviter de partir du conflit cristallisé, mais plutôt remonter en amont, à un moment où l'accord existait, point d'accord amont à partir duquel on cherche à réexaminer la question litigieuse à frais nouveaux pour discerner les termes susceptibles de le restaurer (c'est la méthode que Benoit XVI a adoptée pour toutes les discussions théologiques que nécessite l'œcuménisme) ;

- ensuite, sur les points les plus critiques, rechercher des formulations qui évitent les termes conflictuels, formulations si possibles nouvelles dans lesquelles chacun puisse se retrouver, non de façon superficielle mais en vérité ; ce n'est pas facile, surtout quand l'un ou l'autre des protagonistes tranche en blanc et noir alors que les réponses sont en réalité nuancées ; il arrive assez souvent que ces formulations, lorsqu'on parvient à les trouver, semblent contournées, qu'elles comportent des obscurités, qu'elles cachent des arrière-pensées. L'accepter permet de franchir l'étape et de réapprendre à vivre en accord jusqu'à ce que le temps, l'apaisement des esprits et la poursuite de l'approfondissement finissent par faire surmonter ce qui semblait insurmontable.


C’est dans cette perspective qu’il faut considérer la lettre du 15 décembre ; d’autant que les termes en ont été très vraisemblablement « négociés » afin d’être mutuellement acceptables, à défaut d’être parfaits ; comme l’a sans doute été aussi la procédure qui a permis de contourner les obstacles prévisibles qui n’auraient pas manqué d’être placés sur la route si les quatre signatures avaient dû être directement apposées. On doit cependant observer que la présentation unilatérale, et canoniquement erronée, qui a été faite de la décision du Saint Père au sein de la FSSPX s’en départit au point d’alimenter facilement les préventions de ses adversaires et de susciter des interrogations sur les dispositions d’esprit qu’implique la recherche sincère d’un accord.



Éviter le piège de l’amalgame

À la lumière de ces réflexions on peut à présent reconsidérer les déclarations de Mgr Williamson. Elles ont permis, non sans de graves dégâts collatéraux, deux clarifications importantes et positives qui figurent dans le communiqué de désaveu et de rappel à l’ordre publié par Mgr Fellay le 27 janvier.

La première témoigne d’une des difficultés qu’il faudra surmonter clairement du côté de la FSSPX : celle de l’amalgame souvent opéré entre les questions doctrinales en jeu et les positions politiques. « Il est évident qu'un évêque catholique ne peut parler avec une autorité ecclésiastique que sur des questions concernant la foi et la morale. Notre Fraternité ne revendique aucune autorité sur les autres questions. » Cela va de soi, et encore mieux en le disant. L’objectivité oblige à constater que certains membres de l’Église qui ont saisi l’occasion de cette déclaration pour contester l’amorce du rapprochement sont tombés dans le piège qu’on leur a tendu et ont commis la même erreur.

La seconde se manifeste dans l’acte d’autorité que Mgr Fellay a été conduit à poser : « C'est avec une grande peine que nous constatons combien la transgression de (son) mandat peut porter tort à notre mission. Les affirmations de Mgr Williamson ne reflètent en aucun cas la position de notre société. C'est pourquoi je lui ai interdit, jusqu'à nouvel ordre, toute prise de position publique sur des questions politiques ou historiques. » Il fallait que cela fût fait.

Mgr Fellay termine sans équivoque : « Nous demandons pardon au Souverain Pontife, et à tous les hommes de bonne volonté, pour les conséquences dramatiques d'un tel acte. » En s’exprimant ainsi sans craindre le conflit au sein de sa communauté, il a confirmé la vérité de son engagement antérieur. Dont acte.

Cet épisode laissera néanmoins des traces. Il a brutalement projeté sur le devant de la scène les multiples clivages qui traversent la FSSPX, mais pas seulement elle ; les pesanteurs humaines qu’il faudra surmonter ; les bonnes et mauvaises volontés à l’œuvre des deux côtés ; et la violence de l’Adversaire qui déploiera toutes ses ruses et toutes ses attaques pour tenter de faire échec à l’Esprit Saint. L’issue positive n’est donc pas acquise d’avance, du moins à vues humaines. En cet instant, la seule question que nous ayons à nous poser, chacun en ce qui nous concerne, là où nous sommes, est la suivante : agirons-nous en enfants des Ténèbres ou en enfants de Lumière ?

 

 

* Cet article suppose la lecture complémentaire de plusieurs documents :

 

 Sur ce sujet, voir aussi :

Source : libertepolitique.com

Vatican II (SC), Nécessité d'une bonne formation liturgique du clergé

dominicanus #La vache qui rumine B 2009

La Mère Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui est, en vertu de son baptême, un droit et un devoir pour le peuple chrétien, "race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple racheté" (I Pierre 2, 9; cf. 2, 4-5).


Cette participation pleine et active de tout le peuple est ce qu'on doit viser de toutes ses forces dans la restauration et la mise en valeur de la liturgie. Elle est, en effet, la source première et indispensable à laquelle les fidèles doivent puiser un esprit vraiment chrétien; et c'est pourquoi elle doit être recherchée avec ardeur par les pasteurs d'âmes, dans toute l'action pastorale, avec la pédagogie nécessaire.


Mais il n'y a aucun espoir d'obtenir ce résultat, si d'abord les pasteurs eux-mêmes ne sont pas profondément imprégnés de l'esprit et de la force de la liturgie, et ne deviennent pas capables de l'enseigner; il est donc très nécessaire qu'on pourvoie en premier lieu à la formation liturgique du clergé. C'est pourquoi le saint Concile a décrété d'établir les points suivants. (à suivre)


Sacrosanctum Concilium 14



Homélie 4 TO.B 2009: La liturgie et l'autorité de l'Église

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
"L'Eucharistie, un grand mystère ! Mystère qui doit avant tout être bien célébré."

Ces paroles de Jean-Paul II (Mane nobiscum 17), ont-elles été suffisamment entendues ? Dans quelle mesure ont-elles été mises en pratique ? Il s'agit pourtant d'une priorité : "avant tout" ! Nous avons eu une Année de l'Eucharistie pour cela.


Jean-Paul II poursuit :


"Il faut que la Messe soit placée au centre de la vie chrétienne et que, dans chaque communauté, on fasse tout son possible pour qu'elle soit célébrée de manière digne, dans le respect des normes établies (...) avec une sérieuse attention au caractère sacré du chant et de la musique liturgique." (ibid.)


Très concrètement :


"Au cours de cette année de l'Eucharistie, dans chaque communauté paroissiale, un engagement concret pourrait consister à étudier de manière approfondie la Présentation générale du Missel romain." (ibid.)


C'était il y a cinq ans. Dans combien de paroisses, de communautés, ces paroles sont-elles tombées dans des oreilles de sourds ? Pendant les vacances ces cinq dernières années, j'ai eu l'occasion de voyager, en France et dans divers autres pays. Souvent, pour ne pas dire presque toujours, c'est toujours le même bricolage liturgique, dans l'ignorance, si ce n'est au mépris, de ce que l'Église demande. Dans mon diocèse, je viens aussi de changer de paroisse, et j'y retrouve toujours les mêmes abus, la même ignorance.


Les évêques devraient donner l'exemple. Or, même au cours de messes télévisées des entorses sont à déplorer. J'ai encore pu le constater à Noël.


Le Jeudi Saint 2003, Jean-Paul II avait déjà publié une encyclique sur le même sujet : Ecclesia de Eucharistia (L'Église vit de l'Eucharistie). Il concluait en écrivant (n. 52) :


"De ce qui vient d'être dit, on comprend la grande responsabilité qui, dans la Célébration eucharistique, incombe surtout aux prêtres, auxquels il revient de la présider in persona Christi, assurant un témoignage et un service de la communion non seulement pour la communauté qui participe directement à la célébration, mais aussi pour l'Église universelle, qui est toujours concernée par l'Eucharistie." (ibid.)


Pas question donc de ce cacher derrière l'alibi de l'Église particulière :


"Le Mystère de l'Eucharistie est trop grand «pour que quelqu'un puisse se permettre de le traiter à sa guise, en ne respectant ni son caractère sacré, ni sa dimension universelle». Au contraire, quiconque se comporte de cette manière, en préférant suivre ses inclinations personnelles, même s'il s'agit d'un prêtre, lèse gravement l'unité substantielle du Rite romain, sur laquelle il faut pourtant veiller sans relâche."( Redemptionis Sacramentum 11)


Ni derrière celui d'une réaction contre le formalisme ou le rubricisme. Comme dans le chant choral, ou pour le lancement de la fusée Ariane, il n'y a pas de détails sans importance. La moindre fausse note, le plus petit défaut, le moindre écart peut entraîner l'échec . Mais souvent, hélas, ce ne sont pas des détails mais des manquements gravissimes, par exemple des prières eucharistiques auto-bricolées d'un bout à l'autre, qui peuvent jusqu'à empêcher un prêtre d'aller jusqu'au bout d'une concélébration.


Les conséquences sont difficiles a cerner. Faisons quand même une tentative :


"Des actes de ce genre ne constituent absolument pas une réponse valable à la faim et à la soif du Dieu vivant, dont le peuple de notre époque fait l'expérience; de même, ils n'ont rien de commun avec le zèle pastoral authentique ou le véritable renouveau liturgique, mais ils ont plutôt pour conséquence de priver les fidèles de leur patrimoine et de leur héritage. En effet, ces actes arbitraires ne favorisent pas le véritable renouveau, mais ils lèsent gravement le droit authentique des fidèles de disposer d'une action liturgique, qui exprime la vie de l'Église selon sa tradition et sa discipline. De plus, ils introduisent des éléments d'altération et de discorde dans la célébration de l'Eucharistie elle-même, alors que cette dernière, par nature et d'une manière éminente, a pour but de signifier et de réaliser admirablement la communion de la vie divine et l'unité du peuple de Dieu. Ces actes provoquent l'incertitude doctrinale, le doute et le scandale dans le peuple de Dieu, et aussi, presque inévitablement, des oppositions violentes, qui troublent et attristent profondément de nombreux fidèles, alors qu'à notre époque, la vie chrétienne est souvent particulièrement difficile en raison du climat de «sécularisation»." (ibid.)


Ce climat est une raison supplémentaire de bien s'appliquer à célébrer l'eucharistie comme il convient. Il s'agit donc bien d'une réelle sollicitude pastorale :


"En revanche, tous les fidèles du Christ disposent du droit de bénéficier d'une véritable liturgie - et cela vaut tout particulièrement pour la célébration de la sainte Messe - qui soit conforme à ce que l'Église a voulu et établi, c'est-à-dire telle qu'elle est prescrite dans les livres liturgiques et dans les autres lois et normes. De même, le peuple catholique a le droit d'obtenir que le Sacrifice de la sainte Messe soit célébré sans subir d'altération d'aucune sorte, en pleine conformité avec la doctrine du Magistère de l'Église. Enfin, la communauté catholique a le droit d'obtenir que la très sainte Eucharistie soit célébrée de telle manière que celle-ci apparaisse vraiment comme le sacrement de l'unité, en excluant complètement toutes sortes de défauts et d'attitudes, qui pourraient susciter des divisions et la formation de groupes dissidents dans l'Église." (ibid. 12)


On est loin d'opposer le droit et la pastorale :


"L'ensemble des normes et des rappels exposés dans la présente Instruction se rattachent, selon des modes différents, au devoir de l'Église, à qui il revient de veiller sur la célébration conforme et digne de ce grand mystère. Le dernier chapitre de la présente Instruction expose les divers degrés, par lesquels les normes singulières se relient à la loi suprême de tout le droit ecclésiastique, qui est le soin du salut des âmes." (n. 13)


Autre faux alibi démasqué et banni, la créativité :


"Il faut malheureusement déplorer que, surtout à partir des années de la réforme liturgique post-conciliaire, en raison d'un sens mal compris de la créativité et de l'adaptation les abus n'ont pas manqué, et ils ont été des motifs de souffrance pour beaucoup. Une certaine réaction au « formalisme » a poussé quelques-uns, en particulier dans telle ou telle région, à estimer que les « formes » choisies par la grande tradition liturgique de l'Église et par son Magistère ne s'imposaient pas, et à introduire des innovations non autorisées et souvent de mauvais goût." (EdE 52)


Un motif de souffrance pour beaucoup ... Eh oui ! Plus on aime l'Eucharistie, plus on souffre de tous ces abus. Jean Paul II, Benoît XVI, Mère Teresa et tant d'autres "au coeur de l'Église" ont porté cette souffrance comme une épine dans leur vie. Mais aussi quel témoignage (= martyre !) de la part de prêtres courageux qui, contre vents et marées, s'engagent à fond pour promouvoir l'art de célébrer, au risque de se faire cataloguer, ostraciser ! Je pense, par exemple, à ce séminariste, renvoyé du séminaire par son évêque qui lui avait dit : "Avec toi, j'aurai des ennuis." Veut-on vraiment des prêtres ?


"À notre époque aussi, l'obéissance aux normes liturgiques devrait être redécouverte et mise en valeur comme un reflet et un témoignage de l'Église une et universelle, qui est rendue présente en toute célébration de l'Eucharistie. Le prêtre qui célèbre fidèlement la Messe selon les normes liturgiques et la communauté qui s'y conforme manifestent, de manière silencieuse mais éloquente, leur amour pour l'Église." (EdE 52)


Heureusement, Benoît XVI et ses proches colaborateurs ne cessent de donner l'exemple et de stimuler les efforts en ce sens. Les célébrations liturgiques à la basilique Saint-Pierre et ailleurs ont été modifiées, sont devenues plus dignes, plus recueillies. Les textes de la nouvelle édition du Missel Romain sont en cours de traduction dans les différentes langues vernaculaires. Les changements vont toujours dans le sens d'un plus grand respect. En français nous avons déjà la nouvelle Présentation Générale (PGMR). Les autres traductions devraient suivre. Elles devraient avoir une influence, sinon spectaculaire, du moins durable pour la promotion de vraies liturgies.


À la lumière des lectures de ce dimanche, il est bon de se souvenir que "le gouvernement de la sainte Liturgie dépend uniquement de l'autorité de l'Église : il appartient au Siège Apostolique et, dans les règles du droit, à l'Évêque" (Vatican II, Sacrosanctum Concilium 24).


Emboîtons donc le pas, et dans ce sillage prophétique, tendons l'oreille pour savoir ce que nous devons faire, mieux faire, pour célébrer les saint Mystères de notre foi selon toutes les règles de l'art. Je me propose donc, bien modestement, de poursuivre dans les homélies des prochains dimanches ce que j'avais déjà fait dans ma paroisse précédente, et que j'ai commencé à faire dans ma nouvelle paroisse, à savoir "étudier de manière approfondie la Présentation générale du Missel romain".


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