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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Saint Jean Chrysostome, Rien ne peut séparer le saint de Dieu (4)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
1502 2.Voyez-vous que de grâces il nous a accordées? Ne doutez donc point de l'avenir; car l'apôtre nous fait assez voir la Providence quand il nous parle de préfiguration. En effet, les hommes changent d'opinion d'après les événements; mais les pensées de Dieu et ses dispositions à notre égard sont anciennes. L'apôtre dit donc : « Et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés ». Il les a justifiés par la régénération du baptême. « Et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés (Rm 8,30) ». Il les a glorifiés par la grâce, par l'adoption. « Que dirons-nous donc après cela? » C'est comme s'il disait : Ne me parlez donc plus de périls, ni d'embûches dressées de toutes parts. Si quelques-uns doutent encore de l'avenir, au moins ne peuvent-ils nier les bienfaits déjà accordés, par exemple l'amour de Dieu pour nous, la justification, la gloire. Or il a accordé tout cela par des moyens qui semblaient fâcheux ; ce que vous regardiez comme un opprobre, la croix, la flagellation, les chaînes, c'est ce qui a restauré l'univers entier. Comme donc c'est par ses souffrances, en apparence si tristes, qu'il a procuré la liberté et le salut à tout le genre humain ; ainsi en agit-il avec vos propres souffrances, en les faisant tourner à votre gloire et à votre honneur. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous (Rm 8,31) ? »

Et qui n'est pas contre nous? dira-t-on. Nous avons contre nous le monde entier, les tyrans, les peuples, nos parents, nos concitoyens; et pourtant tous ces ennemis sont si loin de nous nuire qu'ils nous tressent malgré eux des couronnes, qu'ils nous procurent des biens infinis : la sagesse de Dieu tournant leurs embûches à notre gloire et à notre salut. Voyez-vous comme personne n'est contre nous? Ce qui a augmenté la gloire de Job c'est que le démon s'est armé contre lui. Le démon a en effet tout mis en oeuvre pour lui nuire : ses amis, sa femme, ses plaies, ses serviteurs; et rien de cela ne lui a fait de mal. Ce n'était pas encore beaucoup pour lui, bien que cela eût déjà une grande importance; mais ce qui était bien plus, c'est que tout a tourné à son profit. Car comme Dieu était pour lui, tout ce qui semblait être contre lui, lui est devenu avantageux. Ainsi en a-t-il été pour les apôtres. En effet les Juifs, les gentils, les faux frères, les princes, les peuples, la faim, la pauvreté, mille autres choses encore étaient contre eux, et pourtant rien n'était contre eux. C’est même là ce qui les a rendus glorieux, illustres et louables devant Dieu et devant les hommes. Pensez donc quelle grande parole Paul a prononcée en faveur des fidèles, de ceux qui sont vraiment crucifiés, parole que ne sauraient s'appliquer ceux mêmes qui sont ceints du diadème. En effet, contre un prince les barbares prennent les armes, les ennemis font irruption, les gardes du corps tendent des embûches, les sujets se révoltent souvent, mille autres dangers se présentent; mais contre le fidèle, attentif à observer exactement les lois de Dieu, l'homme ni le démon ne peuvent rien. En lui enlevant ses richesses, vous lui préparez une récompense ; en disant du mal de lui, vous le rendez par là même plus glorieux devant Dieu ; en le réduisant à la faim, vous augmentez sa gloire et sa récompense ; en le livrant à la mort, ce qui semble être le pire, vous lui tressez la couronne du martyre. Qu'y a-t-il donc de comparable à cette vie où rien ne peut nuire ; où ceux mêmes qui tendent des piéges ne sont pas moins utiles que des bienfaiteurs? Aussi Paul dit-il : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? »

Ensuite, non content de ce qu'il vient de dire, il rappelle encore le plus grand signe de l'amour de Dieu pour nous, celui qu'il ne perd jamais de vue : l'immolation du Fils. Non-seulement, nous dit-il, Dieu les a justifiés, glorifiés, rendus conformes à l'image de son Fils; mais il n'a pas même épargné ce Fils pour vous. Aussi ajoute-t-il-: « Lui qui n'a pas épargné même son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous aurait-il pas donné toutes choses avec lui (Rm 8,32) ? » L'apôtre emploie ici des expressions énergiques et brûlantes, pour faire comprendre l'amour divin. Comment donc Dieu nous abandonnerait-il, lui qui n'a pas ménagé son propre Fils, mais l'a livré pour nous tous? Et songez quelle bonté c'est de ne pas ménager son propre Fils, mais de le livrer, et de le livrer pour tous, pour des êtres sans valeur, pour des ingrats, des ennemis, des blasphémateurs: « Comment ne nous aurait-il pas donné toutes choses avec lui ? » L'apôtre veut dire : S'il nous a donné son Fils, non pas simplement donné, mais donné pour être immolé, comment mettrez-vous le reste en doute, quand vous avez reçu le Maître lui-même? Comment douterez-vous de la propriété, quand vous avez le propriétaire? Comment celui qui a donné le plus à des ennemis, refusera-t-il le moins à des amis? « Qui accusera les élus de Dieu?... (Rm 8,33) ».

1503 3. Ici Paul s'adresse à ceux qui disaient que la foi ne sert à rien, et qui ne croyaient pas à un changement soudain. Et voyez comme il leur ferme promptement la bouche en parlant de la dignité de celui qui a élu. Il ne dit pas Qui accusera les serviteurs de Dieu, ni : Les fidèles de Dieu, mais : « Les élus de Dieu » car l'élection est un signe de vertu. Si, en effet, quand un dompteur de chevaux choisit les poulains propres à la course, personne ne peut l'en blâmer à moins d'encourir le ridicule : à bien plus forte raison, quand Dieu choisit les âmes, serait-on ridicule de lui en faire un reproche. «C'est Dieu qui les justifie; qui est celui qui les condamnerait? » Il ne dit pas : C'est Dieu qui remet les péchés; mais, ce qui est beaucoup plus : « C'est Dieu qui les justifie ». Quand le suffrage du juge, et d'un tel juge, proclame quelqu'un juste; quelle sera la peine de l'accusateur? Donc il ne faut pas craindre les épreuves, car Dieu est pour nous, et il l'a assez prouvé par les faits; ni les niaiseries judaïques, car Dieu nous a Choisis et justifiés, et justifiés, chose étonnante ! par la mort de son Fils. Qui donc nous condamnera quand Dieu nous couronne, quand. le Christ a été immolé pour nous, et non-seulement a été immolé, mais intercède encore en notre faveur ? « C'est le Christ Jésus », nous dit-il, « qui est mort pour eux, qui de plus est ressuscité des morts, est à la droite du Père et qui même intercède pour nous (Rm 8,34) ».

Bien qu'en possession de sa dignité propre, il n'a point cessé de s'occuper de nous, mais il intercède en notre faveur, et nous conserve toujours la même affection. Car il ne s'est pas contenté d'être mis à mort; pour nous donner une plus grande preuve de son amour, il n'a pas seulement payé de sa personne, il en engage encore un autre à agir dans le même but. C'est là uniquement ce que Paul entend par le mot intercéder; employant une expression plus humaine, plus humble, pour désigner cet amour. Si on ne le prenait pas dans ce sens, le terme: « N'a pas épargné», entraînerait beaucoup d'absurdité. Et la preuve que c'est là ce qu'il veut dire, c'est qu'après avoir d'abord dit: « Est à la droite », il ajoute : « Il intercède pour nous » ; montrant par là tout à la fois que le Fils est égal au Père, et que son intercession n'est point un indice d'infériorité, mais uniquement une preuve de son amour. Car comment celui qui est la vie et la source de tous les biens, qui a la même puissance que le Père, qui ressuscite les morts, qui vivifie, et qui fait tout le reste, comment, dis-je, aurait-il besoin d'intercéder pour nous être utile? Comment celui qui, par sa propre puissance, a sauvé de la condamnation ceux qui étaient désespérés et condamnés, qui les a faits justes et enfants de Dieu, qui les a conduits aux suprêmes honneurs, qui a réalisé ce qu'on n'eût jamais osé espérer ; comment, après avoir accompli tout cela et avoir fait asseoir notre nature sur le trône royal, aurait-il eu besoin de prier pour des oeuvres plus faciles?

Voyez-vous comme il est démontré de toutes manières que Paul ne parle ici d'intercession que pour faire comprendre l'ardeur, la vivacité de l'amour du Christ pour nous ? En effet, il est dit aussi que le Père exhorte les hommes à se réconcilier avec lui. « Nous faisons donc les fonctions d'ambassadeurs pour le Christ, Dieu exhortant par notre bouche ». (2 Co 5,20) Et pourtant quand Dieu nous exhorte, quand des hommes font les fonctions d'ambassadeurs pour le Christ vis-à-vis d'autres hommes, nous ne voyons rien là qui soit indigne de la majesté divine; tout ce que nous en pouvons conclure, c'est l'étendue de l'amour de Dieu. Faisons de même ici. Si donc l'Esprit demande avec des gémissements inénarrables, si le Christ est mort, s'il intercède pour nous, si le Père n'a point ménagé pour vous son propre Fils, s'il vous a élu et justifié, que craignez-vous encore? Quand vous êtes l'objet d'un tel amour, d'une telle Providence, pourquoi tremblez-vous? Aussi, après avoir montré cette Providence, l'apôtre continue en toute liberté, et ne se contente plus de dire : Donc vous devez aussi l'aimer; mais, comme saisi d'enthousiasme à l'aspect de cette bonté infinie, il s'écrie : « Qui nous séparera de l'amour du Christ? » Il ne dit pas : De Dieu; tant il lui est indifférent de nommer le Christ ou Dieu. « Est-ce la tribulation? Est-ce l'angoisse? Est-ce la persécution? Est-ce la faim? Est-ce la nudité? « Est-ce le péril? Est-ce le glaive (Rm 8,35) ? »

Voyez la prudence de Paul : Il ne parle point des piéges où nous tombons tous les jours, de l'amour des richesses, de la passion de la gloire, de la tyrannie de la colère ; mais de choses bien plus tyranniques, qui font violence à la nature elle-même, qui ébranlent souvent malgré nous la fermeté du caractère, à savoir les tribulations et les angoisses. Bien que l'on puisse compter toutes ses expressions, néanmoins chacune d'elle renferme des milliers d'épreuves; ainsi quand il parle d'affliction, il entend la prison, les chaînes, la calomnie, l'exil, toutes les misères; d'un mot il parcourt un vaste océan de périls, d'une seule expression il indique tout ce qu'il y a de pénible pour l'homme. Et cependant il brave tout cela. Aussi procède-t-il par interrogation, comme si la contradiction était impossible, puisque rien ne peut séparer de l'objet de son amour celui qui est aimé à ce point et qui jouit du soin d'une telle Providence.


'Puisse la Chine s'ouvrir à l'Evangile' (Benoît XVI)

dominicanus #Il est vivant !
    Au cours de sa visite à Oies, lieu de naissance du missionnaire Saint Joseph Freinademetz, Benoît XVI fait de nouveau allusion à Pékin, en mettant l'accent sur le fait que "la foi n'est une aliénation pour aucune culture et pour aucun peuple".



    "Puisse la Chine s'ouvrir à l'Evangile". A la veille de l'ouverture des Jeux Olympiques, pour lesquels il souhaite, tout comme dimanche dernier, le plus grand succès, "eu égard à la dignité commune", Benoît XVI a abordé de nouveau hier après-midi le sujet de la liberté religieuse, cette fois de manière plus directe. C'était à l'occasion de sa visite à la ville de Oies, proche de Bressanone, dans les Alpes italiennes, où il passe ses vacances d'été. Oie évoque le souvenir de Saint Joseph Freinademetz, missionnaire de la Société du Verbe Divin (SVD) qui, en 1879, s'était rendu à Hong Kong pour vivre "comme Chinois parmi les Chinois", et qui, avant de mourir du typhus en 1908, avait écrivait à son ami : "Même au Paradis, je veux rester Chinois".

    Benoît XVI a dit qu'il est "un saint d'une très grande actualité, parce que nous savons que la Chine est en train de devenir de plus en plus importante dans la vie politique, économique et intellectuelle. Il est important que ce grand pays puisse s'ouvrir à l'Evangile.
Saint Joseph Freinademetz nous montre que la foi n'est une aliénation pour aucune culture ou pour aucun peuple, parce que toutes les cultures sont dans l'attente du Christ et ne sont pas détruites, mais plutôt portées à leur maturité par le Seigneur".


    Dans un petite église de montagne dédiée à un prêtre, représenté avec une longue barbe étroite et un chapeau rond, caractéristique des Chinois de son temps, le pape mettait l'accent sur le fait que "Saint Joseph désirait non seulement vivre et mourir comme un Chinois, mais voulait rester Chinois, même au ciel". "Ainsi", concluait-il, "il s'identifiait vraiment à ce peuple et à la certitude que ce peuple s'ouvrirait à la foi en Jésus Christ".

    Cette idée a été reprise par Benoît XVI également dans le livre d'or de la maison natale du saint : "Puisse le Seigneur donner, par l'intercession de Saint Joseph Freinademetz, beaucoup de vocations spirituelles et ouvrir la Chine de plus en plus à Jésus Christ".

    "La Chine", dans les notes introductives à la visite données par le directeur de Radio Vatican, le Père Federico Lombardi, "est présente à l'Eglise universelle. Le peuple chinois est tellement important pour toute l'humanité, et pour cette raison également pour la proclamation de la Parole de Dieu, que l'Eglise a toujours son coeur tourné vers la Chine, et le Saint-Père de même. La figure de Freinademetz est très importante : son itinéraire de compréhension et d'appréciation de la culture chinoise était telle qu'il était extrêmement aimé des Chinois, et c'est pourquoi je crois qu'il est une figure très significative, précisément pour la possibilité de se comprendre les uns les autres, de dialoguer, de porter le message spirituel à la Chine dans un total respect pour l'extraordinaire culture de ce grand pays".


Saint Jean Chrysostome, Rien ne peut séparer le saint de Dieu (3)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Après avoir établi que c'est là un grand bien, un avantage qui surpasse de beaucoup la nature humaine, comme cela semblait incroyable à un grand nombre, il le confirme par le passé, en disant: «Pour ceux qui, selon son décret, sont appelés ». Considérez qu'il parle ainsi en présupposant la vocation. Pourquoi Dieu n'a-t-il pas dès l'abord appelé tous les hommes, ou pourquoi n'a-t-il pas appelé Paul avec les autres apôtres, puisque ce délai semblait désavantageux? Et pourtant l'événement a prouvé que ce délai était utile. Il parle ici de décret, pour ne pas tout attribuer à la vocation, parce que les Gentils et les Juifs auraient pu le contredire. Si en effet la vocation avait suffi, pourquoi tous n'étaient-ils pas sauvés? Voilà pourquoi il dit que ce n'est pas la vocation seule, mais le décret, qui a opéré le salut des élus : car la vocation n'imposait aucune nécessité, ne faisait point de violence. Tous donc étaient appelés, mais tous n'ont pas obéi. « Car ceux qu'il a connus par sa prescience, il les a aussi prédestinés à être conformes à l'image de son Fils ». Voyez-vous ce comble d'honneur? Ce que le Fils unique était par nature, ceux-ci le deviennent par grâce. Et cependant il ne se contente pas de dire « Conforme » ; il y ajoute encore autre chose : « Afin qu'il fût lui-même le premier né (Rm 8,29) ». Et il ne se borne encore pas là, car il ajoute : « Entre beaucoup de frères », voulant en tout montrer le lien de parenté. Mais comprenez bien que tout ceci s'entend de l'Incarnation; car, selon la divinité, le Christ est Fils unique.


Asianews exclue pendant les Jeux Olympiques

dominicanus #actualités


    L'agence de presse catholique établie à Rome, Asianews, spécialisée dans les nouvelles en provenance de l'Asie, a été exclue de la Chine pendant la période des Jeux Olympiques. Avec des sites tels que celui de la BBC, Wikipedia et Amnesty International, Asianews est d'ailleurs en bonne compagnie.

    Suite aux protestations internationales, la Chine s'est pourtant engagée à rétablir l'accès à ces sites, bien qu'uniquement dans le Village Olympique et le centre de presse pour les Jeux, tandis qu'Asianews et de nombreux autres sites ont été bannis, même là. En Chine, leur accès est aussi rendu impossible par l'intermédiaire des moteurs de recherche tels que Google.



    Asianews est dirigée par Bernardo Cervellera (photo Rai Uno), qui a été des années durant à la tête de l'agence Fides, et compte parmi ses collaborateurs plusieurs missionnaires italiens. Depuis le début, cette agence de presse s'est développée en une des sources d'information les plus importantes pour tout ce qui concerne les chrétiens en Irak et en Asie.

    La Chine reproche à Asianews surtout ses informations au sujet du non respect des droits de l'homme dans ce pays.

Saint Jean Chrysostome, Rien ne peut séparer le saint de Dieu (2)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
A ces continuelles exhortations, il ajoute ce que nous venons de dire : un raisonnement propre à leur rendre le courage. « Nous savons », dit-il, « que tout coopère au bien pour ceux qui aiment Dieu». Or, ce mot : « Tout » renferme aussi les choses pénibles. Que ce soit l'affliction qui survienne, ou la pauvreté, ou la prison, ou la faim, ou la mort, ou toute autre chose, Dieu peut tourner tout cela en sens contraire, puisque son infinie puissance sait nous alléger et changer en moyen de salut tout ce qui nous semble pénible. Aussi l'apôtre ne dit-il point : l'adversité n'atteint pas ceux qui aiment Dieu, mais : « Coopère au bien » ; c'est-à-dire, Dieu fait tourner les périls à la gloire de ceux à qui on tend des embûches ; ce qui est bien plus que d'écarter le danger, ou d'en délivrer quand il (310) survient. C'est ce qu'il a fait dans la fournaise de Babylone. Il n'a pas empêché qu'on y jetât les trois saints, et quand ils y furent, il n'éteignit point la flamme ; mais il la laissa brûler pour les rendre par là même plus glorieux. A l'occasion des apôtres, il a fait constamment d'autres prodiges du même genre. S'il suffit à l'homme d'être sage pour savoir tourner en sens contraire la nature des choses, paraître au sein de la pauvreté plus à l'aise que les riches, et tirer de la gloire du mépris même dont ils sont l'objet; à bien plus forte raison Dieu peut-il en faire autant, et beaucoup plus encore, à l'égard de ceux qui l'aiment. Une seule chose est nécessaire : l'aimer sincèrement, et tout le reste vient à la suite. Et de même que les choses qui semblent nuisibles sont profitables à ceux qui l'aiment ; ainsi, celles qui sont utiles deviennent nuisibles à ceux qui ne l'aiment pas. Les miracles, la pureté des dogmes, la sagesse de la doctrine ont fait tort aux Juifs; à cause des miracles, ils appelaient le Christ démoniaque, à cause de sa doctrine ils le traitaient d'impie ; ils essayaient même de le faire mourir à raison de ses prodiges. D'autre part, le larron crucifié, percé de clous, accablé d'injures, souffrant des douleurs sans nombre, non-seulement n'en éprouva aucun dommage, mais en tira le plus grand profit. — Voyez-vous comme tout coopère au bien pour ceux qui aiment Dieu ?


Saint Jean Chrysostome, Rien ne peut séparer le saint de Dieu (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
1. Il me semble que tout ce passage est destiné à ceux qui sont dans les dangers ; et non-seulement ce passage, mais encore ceux qu'on a lus un peu plus haut. En effet cette phrase : « Les souffrances du temps présent n'ont point de proportion avec la gloire future qui sera révélée » ; et celle-ci : « Toutes les créatures gémissent » ; puis : « C'est en espérance que nous avons été sauvés » ; et encore : « Nous attendons par la patience »; et enfin : « Nous ne savons ce que nous devons demander dans la prière» : tous ces textes, dis-je, semblent aller à la même adresse. Paul leur apprend en effet que ce n'est point ce qu'ils jugent utile qui l'est réellement et qu'ils doivent toujours choisir, mais bien ce que l'Esprit leur inspire. Car beaucoup de choses qui leur paraissent avantageuses, leur sont quelquefois très-nuisibles. Le repos, par exemple, l'éloignement du danger, la sécurité de la vie, leur semblaient des avantages. Et comment s'étonner qu'ils jugeassent ainsi, quand le bienheureux Paul lui-même partageait cette opinion ? Et cependant il apprit plus tard que la situation contraire est celle qui procure les vrais avantages, et dès qu'il le sut, il s'y attacha. Ainsi, lui qui avait trois fois prié le Seigneur de le délivrer des périls, lui ayant entendu dire : « Ma grâce te suffit ; car ma puissance se montre tout entière dans la faiblesse », triomphait de joie plus tard quand il était persécuté, injurié, accablé de maux intolérables. « Je me complais », disait-il, « dans les persécutions, dans les outrages, dans les nécessités ».(2 Co 12,9) C'est pour cela qu'il disait: « Nous ne savons ce que nous devons demander dans la prière », et il les exhortait tous à s'en remettre là-dessus à l'Esprit. Car l'Esprit-Saint a grand soin de nous, et c'est le bon plaisir de Dieu.

P. Cantalamessa, Le pique-nique le plus joyeux de l’histoire du monde

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
Commentaire de l’évangile du dimanche 3 août


ROME, Jeudi 31 juillet 2008 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le commentaire de l'Evangile du dimanche 3 août, proposé par le père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale.

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 14, 13-21




Tous mangèrent et furent rassasiés

Un jour, Jésus se retira dans un lieu solitaire, le long du rivage de la mer de Galilée. Mais lorsqu'il voulut débarquer, il trouva une grande foule qui l'attendait. « Il fut saisi de pitié envers eux et guérit les infirmes ». Il leur parla du royaume de Dieu. Entre temps, le soir était venu. Les apôtres lui suggèrent de renvoyer la foule, afin qu'elle se procure à manger dans les villages voisins. Mais, à leur plus grand étonnement, Jésus leur dit, de façon à ce que tout le monde entende : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! ». « Nous n'avons là - lui répondent-ils déconcertés - que cinq pains et deux poissons ». Jésus ordonne de les lui porter. Il invite tout le monde à s'asseoir. Il prend les cinq pains et les deux poissons, prie, rend grâce au Père, puis ordonne de distribuer le tout à la foule. « Tous mangèrent à leur faim et, des morceaux qui restaient, on ramassa douze paniers pleins ». Il y avait 5000 hommes, sans compter, dit l'Evangile, les femmes et les enfants. Ce fut le pique-nique le plus joyeux de l'histoire du monde !

Que nous dit cet évangile ? Tout d'abord que Jésus se préoccupe et « prend pitié » de tout l'homme, corps et âme. Aux âmes il distribue la parole, aux corps la guérison et la nourriture. Vous me direz : alors pourquoi ne le fait-il pas aussi aujourd'hui ? Pourquoi ne multiplie-t-il pas le pain pour les millions d'affamés qui sont sur la terre ? L'évangile de la multiplication des pains contient un détail qui peut nous aider à trouver la réponse. Jésus ne claqua pas des doigts et ne fit pas apparaître, comme par magie, le pain et les poissons à volonté. Il leur demanda ce qu'ils avaient ; il les invita à partager le peu qu'ils avaient : cinq pains et deux poissons.

Il fait la même chose aujourd'hui. Il demande que nous mettions en commun toutes les ressources de la terre. On sait que, tout au moins du point de vue alimentaire, notre terre serait en mesure de faire vivre un nombre d'êtres humains plus élevé qu'actuellement. Mais comment pouvons-nous accuser Dieu de ne pas fournir suffisamment de pain pour tous, lorsque chaque année nous détruisons des millions de tonnes de réserves alimentaires, que nous appelons « excédents », pour ne pas baisser les prix ? Une meilleure distribution, une plus grande solidarité et partage : la solution est là.

Je le sais : ce n'est pas si simple. Il y a la manie des armements, il y a des gouvernants irresponsables qui contribuent à maintenir de nombreuses populations dans des situations de famine. Mais une part de responsabilité retombe également sur les pays riches. Nous sommes à présent cette personne anonyme (un jeune garçon, selon l'un des évangélistes) qui a cinq pains et deux poissons; mais nous les mettons de côté et nous nous gardons bien de les donner pour qu'ils soient partagés entre tous.

En raison du style de la description (« il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples »), la multiplication des pains et des poissons a toujours fait penser à la multiplication de cet autre pain qui est le corps du Christ. C'est pourquoi les plus anciennes représentations de l'Eucharistie nous montrent un panier avec cinq pains et, à côté, deux poissons, comme la mosaïque découverte à Tagba, en Palestine, dans l'église élevée sur le lieu de la multiplication des pains, ou la célèbre fresque des catacombes de Priscille.

Au fond, ce que nous accomplissons en ce moment est aussi une multiplication des pains : le pain de la parole de Dieu. J'ai fractionné le pain de la parole et internet a multiplié mes paroles, si bien que, cette fois aussi, plus de cinq mille hommes ont mangé et ont été rassasiés. Une tâche demeure : « ramasser les morceaux qui restent », faire parvenir la parole également à ceux qui n'ont pas participé au banquet. Se faire les « répétiteurs » et les témoins du message.

Card. Cl. Hummes, Message à l’occasion de la fête de S. J.-M. Vianney

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)



    Chers amis prêtres,

 

    À l’occasion de la fête de Saint Jean Marie Vianney, le Curé d’Ars, le 4 août prochain, je vous salue cordialement, de tout cœur, et vous envoie ce message fraternel.

    L’Église aujourd’hui sait qu’existe une urgence missionnaire, non seulement « ad gentes », mais aussi dans les régions et les milieux dans lesquels depuis des siècles la foi chrétienne a été prêchée, implantée, et où les communautés chrétiennes se sont établies. Il s’agit de la mission, ou de l’évangélisation missionnaire (Redemptoris Missio, 2), au sein du troupeau lui-même ; elle a pour destinataires ceux que nous avons baptisés mais que, pour diverses raisons, nous n’avons pas réussi à évangéliser suffisamment, ou ceux qui ont perdu leur première ferveur et se sont éloignés. La culture postmoderne de la société contemporaine – une culture relativiste, sécularisée, agnostique et laïciste – exerce une forte action d’érosion de la foi religieuse de beaucoup.

    L’Église est par nature missionnaire. « Le semeur est sorti semer » (Mt 13,3), dit Jésus. Il ne se limite pas à jeter la semence par la fenêtre, mais il sort de la maison. L’Église sait qu’elle ne peut rester inerte ni se limiter à accueillir et évangéliser ceux qui la cherchent, dans ses églises et ses communautés. Il faut se lever et aller là où résident les personnes et les familles, où ils vivent et travaillent. Aller vers tous : vers les entreprises, les organisations, les institutions et les divers milieux de la société humaine. À cette mission tous les membres de la communauté ecclésiale sont appelés : pasteurs, religieux et laïcs.

    Par ailleurs, l’Église reconnaît que les prêtres sont la grande force propulsive de la vie quotidienne des communautés locales. Quand les prêtres se remuent, l’Église se bouge. S’il n’en était pas ainsi, il serait très difficile de réaliser la mission.

    Vous, chers frères prêtres, vous êtes la grande richesse, le dynamisme, l’inspiration pastorale et missionnaire, au milieu des gens, là où vivent, en communautés, nos baptisés. Sans votre décision déterminante de « gagner au large » (« Duc in altum ») pour la pêche à laquelle le Seigneur nous convoque, il ne se passera que peu ou rien dans le domaine de cette mission urgente, tant « ad gentes » que dans les territoires d’ancienne évangélisation. Mais l’Église est certaine de pouvoir compter sur vous, parce qu’elle sait, et elle reconnaît explicitement, que l’énorme majorité des prêtres – malgré les faiblesses et les limites humaines que nous avons tous – sont des prêtres dignes, qui donnent chaque jour leur vie au Règne de Dieu, qui aiment Jésus-Christ et le peuple qui leur est confié ; qu’ils sont des prêtres qui se sanctifient dans l’exercice continuel de leur ministère, qui persévèrent jusqu’à la fin de la moisson du Seigneur. Une petite fraction des prêtres a gravement dévié. L’Église cherche à réparer le mal qu’ils ont accompli. Mais d’autre part elle se réjouit et elle est fière de l’immense majorité de ses prêtres, qui sont bons et méritent la louange au plus haut point.

    En cette année Saint Paul et en attendant le Synode des Évêques sur la Parole de Dieu, qui se déroulera à Rome en octobre prochain, nous voulons tous nous disposer à la mission urgente. Que l’Esprit Saint nous illumine, qu’il nous envoie, qu’il nous soutienne, afin que nous puissions aller et annoncer une fois de plus la personne de Jésus-Christ mort et ressuscité, et son règne !

    Je vous salue de nouveau, chers frères, en restant toujours à votre disposition. Je prie pour vous tous, spécialement ceux qui souffrent, pour les infirmes et pour les plus âgés.

    Du Vatican, le 15 juillet 2008

 

 

 

Cardinal Cláudio Hummes

Archevêque émérite de Saint Paul

Préfet de la Congrégation pour le Clergé

Les Fuwa, les mascottes des Jeux Olympiques de Pékin

dominicanus #actualités



Les Fuwa sont les mascottes officielles des Jeux Olympiques de Pékin 2008 et se veulent un message d’amitié, de paix et de bonne volonté de la Chine envers les enfants du monde entier.

Chaque mascotte des JO de Pékin porte un nom de deux syllabes, selon une coutume visant à exprimer son affection à un enfants. Nous avons Beibei: le poisson; Jingjing.. le panda. Huanhuan c’est la flamme olympique; Yingying… l’antilope tibétaine et Nini… l’hirondelle.

Quand les noms sont mis ensemble --Bei Jing Huan Ying Ni— cela veut dire “Pékin te souhaite la bienvenue ”.

Ce choix renvoie aux couleurs des cinq Anneaux olympiques (noir, rouge, jaune, vert et bleu) et aux cinq éléments traditionnels chinois: le métal, le bois, le feu, l’eau et la terre.

Une des vielles traditions de Chine consistait à transmettre les meilleurs vœux par des symboles et des signes. Ainsi, chaque mascotte représente un vœu différent à transmettre à tous les continents: prospérité, bonheur, passion, santé et chance.

01/08/2008 h2onews

Pour voir les images, se reporter au video player en bas de la page

CEC, La providence et le scandale du mal

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
309 Si Dieu le Père Tout-puissant, Créateur du monde ordonné et bon, prend soin de toutes ses créatures, pourquoi le mal existe-t-il ? A cette question aussi pressante qu’inévitable, aussi douloureuse que mystérieuse, aucune réponse rapide ne saura suffire. C’est l’ensemble de la foi chrétienne qui constitue la réponse à cette question : la bonté de la création, le drame du péché, l’amour patient de Dieu qui vient au devant de l’homme par ses alliances, par l’Incarnation rédemptrice de son Fils, par le don de l’Esprit, par le rassemblement de l’Église, par la force des sacrements, par l’appel à une vie bienheureuse à laquelle les créatures libres sont invitées d’avance à consentir, mais à laquelle elles peuvent aussi d’avance, par un mystère terrible, se dérober. Il n’y a pas un trait du message chrétien qui ne soit pour une part une réponse à la question du mal.

310 Mais pourquoi Dieu n’a-t-il pas créé un monde aussi parfait qu’aucun mal ne puisse y exister ? Selon sa puissance infinie, Dieu pourrait toujours créer quelque chose de meilleur (cf. S. Thomas d’A., s. th. 1, 25, 6). Cependant dans sa sagesse et sa bonté infinies, Dieu a voulu librement créer un monde " en état de voie " vers sa perfection ultime. Ce devenir comporte, dans le dessein de Dieu, avec l’apparition de certains êtres, la disparition d’autres, avec le plus parfait aussi le moins parfait, avec les constructions de la nature aussi les destructions. Avec le bien physique existe donc aussi le mal physique, aussi longtemps que la création n’a pas atteint sa perfection (cf. S. Thomas d’A., s. gent. 3, 71).


311 Les anges et les hommes, créatures intelligentes et libres, doivent cheminer vers leur destinée ultime par choix libre et amour de préférence. Ils peuvent donc se dévoyer. En fait, ils ont péché. C’est ainsi que le mal moral est entré dans le monde, sans commune mesure plus grave que le mal physique. Dieu n’est en aucune façon, ni directement ni indirectement, la cause du mal moral (cf. S. Augustin, lib. 1, 1, 1 : PL 32, 1221-1223 ; S. Thomas d’A., s. th. 1-2, 79, 1). Il le permet cependant, respectant la liberté de sa créature, et, mystérieusement, il sait en tirer le bien :

Car le Dieu Tout-puissant (...), puisqu’il est souverainement bon, ne laisserait jamais un mal quelconque exister dans ses œuvres s’il n’était assez puissant et bon pour faire sortir le bien du mal lui-même (S. Augustin, enchir. 11, 3).


312 Ainsi, avec le temps, on peut découvrir que Dieu, dans sa providence toute-puissante, peut tirer un bien des conséquences d’un mal, même moral, causé par ses créatures : " Ce n’est pas vous, dit Joseph à ses frères, qui m’avez envoyé ici, c’est Dieu ; (...) le mal que vous aviez dessein de me faire, le dessein de Dieu l’a tourné en bien afin de (...) sauver la vie d’un peuple nombreux " (Gn 45, 8 ; 50, 20 ; cf. Tb 2, 12-18 vulg.). Du mal moral le plus grand qui ait jamais été commis, le rejet et le meurtre du Fils de Dieu, causé par les péchés de tous les hommes, Dieu, par la surabondance de sa grâce (cf. Rm 5, 20), a tiré le plus grand des biens : la glorification du Christ et notre Rédemption. Le mal n’en devient pas pour autant un bien.


313 " Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu " (Rm 8, 28). Le témoignage des saints ne cesse de confirmer cette vérité :

Ainsi, S. Catherine de Sienne dit à " ceux qui se scandalisent et se révoltent de ce qui leur arrive " : " Tout procède de l’amour, tout est ordonné au salut de l’homme, Dieu ne fait rien que dans ce but " (dial. 4, 138).

Et S. Thomas More, peu avant son martyre, console sa fille : " Rien ne peut arriver que Dieu ne l’ait voulu. Or, tout ce qu’il veut, si mauvais que cela puisse nous paraître, est cependant ce qu’il y a de meilleur pour nous " (Margarita Roper, Epistula ad Aliciam Alington (mense augusti 1534).

Et Lady Julian of Norwich : " J’appris donc, par la grâce de Dieu, qu’il fallait m’en tenir fermement à la foi, et croire avec non moins de fermeté que toutes choses seront bonnes... Et tu verras que toutes choses seront bonnes ". " Thou shalt see thyself that all MANNER of thing shall be well " (rev. 13, 32).


314 Nous croyons fermement que Dieu est le Maître du monde et de l’histoire. Mais les chemins de sa providence nous sont souvent inconnus. Ce n’est qu’au terme, lorsque prendra fin notre connaissance partielle, lorsque nous verrons Dieu " face à face " (1 Co 13, 12), que les voies nous seront pleinement connues, par lesquelles, même à travers les drames du mal et du péché, Dieu aura conduit sa création jusqu’au repos de ce Sabbat (cf. Gn 2, 2) définitif, en vue duquel Il a créé le ciel et la terre.


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