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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du deuxième dimanche du temps ordinaire A - 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 16 janvier, deuxième dimanche du temps ordinaire. Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, chapitre 1, versets 29 à 34. 

 
Comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde »


Écoutez : >> RealAudioMP3 

 

homelie

 

 

En ce deuxième dimanche du temps ordinaire, nous réécoutons le récit du baptême du Christ car il est logique que, commençant le temps ordinaire, nous suivions les pas du Christ dès le commencement de son ministère public. Mais alors que Matthieu nous faisait témoin de la scène, Jean, lui, nous donne le point de vue du baptiste lui-même.

 

(à suivre)


Le purgatoire existe. Et il brûle

dominicanus #Il est vivant !

Mais d'un feu intérieur. Le feu de la justice et de la grâce de Dieu. Benoît XVI l'a expliqué au cours d'une audience à 7 000 pèlerins. Mais plus encore dans une page mémorable de l'encyclique "Spe salvi"

 

 

purgatoire.jpg

 

 

 

ROME, le 17 janvier 2011 – Lorsqu’il a parlé de la vie de sainte Catherine de Gênes, au cours de l'audience générale de mercredi dernier, Benoît XVI s’est appuyé sur la pensée de cette sainte pour expliquer ce qu’est le purgatoire.

À l'époque de Catherine, dans la seconde moitié du XVe siècle, l'image courante du purgatoire ressemblait à celle qui est représentée ci-dessus. C’était la montagne de purification chantée par Dante dans la "Divine Comédie".

La conviction que le purgatoire est un lieu physique est très ancienne et elle a persisté jusqu’à une époque récente.

Mais, pour Catherine, il n’en était pas ainsi. Pour elle, le feu du purgatoire était conçu essentiellement comme un feu intérieur.

Et Benoît XVI lui a donné pleinement raison.

Certains médias ont repris cette catéchèse du pape Joseph Ratzinger, en la plaçant parmi les bonnes nouvelles. Comme si le pape avait décrété non pas tellement le caractère intérieur du purgatoire, mais sa salutaire disparition. Une disparition d’ailleurs déjà largement effective dans la prédication courante de l’Église, depuis plusieurs décennies.

Mais l'enseignement de Benoît XVI dit exactement le contraire. Il ne parle pas de la disparition du purgatoire, mais de sa véritable réalité.

Presque personne ne l’a rappelé. Mais les pages les plus puissantes sur le purgatoire ont été écrites par Benoît XVI dans l'encyclique "Spe salvi", la plus personnelle des trois encycliques qu’il a publiées jusqu’à présent, la seule à être entièrement conçue et rédigée par lui, de la première à la dernière ligne.

On trouvera ci-dessous le passage de la catéchèse consacrée à sainte Catherine de Gênes où il est question du purgatoire.

Et, tout de suite après, les paragraphes de "Spe salvi" également consacrés au purgatoire, avec en arrière-plan le jugement de Dieu qui "est espérance aussi bien parce qu'il est justice que parce qu'il est grâce".

 

Sandro Magister

www.chiesa



"TEL EST LE PURGATOIRE, UN FEU INTÉRIEUR"

par Benoît XVI


Lors de l'audience générale du 12 janvier 2011


[...] La pensée de Catherine sur le purgatoire, pour laquelle elle est particulièrement connue, est condensée dans les deux dernières parties du livre cité au début : le "Traité sur le purgatoire" et le "Dialogue entre l'âme et le corps".

Il est important de noter que Catherine, dans son expérience mystique, n'a jamais de révélations spécifiques sur le purgatoire ou sur les âmes qui s'y purifient. Toutefois, dans les écrits inspirés par notre sainte, celui-ci est un élément central et la manière de le décrire possède des caractéristiques originales pour son époque.

Le premier élément original concerne le "lieu" de la purification des âmes. A son époque, on le représentait principalement en utilisant des images liées à l'espace : on pensait à un certain espace, où se trouverait le purgatoire. Chez Catherine, en revanche, le purgatoire n'est pas présenté comme un élément du paysage des entrailles de la terre : c'est un feu non extérieur, mais intérieur.

Tel est le purgatoire, un feu intérieur. La sainte parle du chemin de purification de l'âme vers la pleine communion avec Dieu, en partant de sa propre expérience de profonde douleur pour les péchés commis, face à l'amour infini de Dieu. Nous avons entendu parler du moment de la conversion, où Catherine ressent à l'improviste la bonté de Dieu, la distance infinie de sa propre vie de cette bonté et un feu brûlant à l'intérieur d'elle-même. Tel est le feu qui purifie, c'est le feu intérieur du purgatoire.

Il y a là aussi un élément original par rapport à la pensée de son temps. En effet, elle ne part pas de l'au-delà pour raconter les tourments du purgatoire – comme c'était l'usage à l'époque et peut-être encore aujourd'hui – puis indiquer le chemin de la purification ou de la conversion, mais notre sainte part de la propre expérience intérieure de sa vie en chemin vers l'éternité.

L'âme – dit Catherine – se présente à Dieu encore liée aux désirs et à la peine qui dérivent du péché, et cela l'empêche de jouir de la vision bienheureuse de Dieu. Catherine affirme que Dieu est si pur et si saint que l'âme avec les taches du péché ne peut se trouver en présence de la majesté divine. Et nous aussi nous sentons combien nous sommes distants, combien nous sommes emplis de tant de choses, qui ne nous laissent pas voir Dieu. L'âme est consciente de l'immense amour et de la parfaite justice de Dieu et, par conséquent, souffre de ne pas avoir répondu de manière correcte et parfaite à cet amour, et c'est précisément l'amour même pour Dieu qui devient flamme, l'amour lui-même la purifie de ses taches de péché.

On perçoit chez Catherine la présence de sources théologiques et mystiques auxquelles il était normal de puiser à son époque. On trouve en particulier une image typique de Denys l'Aréopagite, soit celle du fil d'or qui relie le cœur humain à Dieu lui-même. Quand Dieu a purifié l'homme, il le lie avec un très fin fil d'or qui est son amour, et il l'attire à lui avec une affection si forte, que l'homme est comme "dépassé et vaincu et tout hors de lui". Ainsi le cœur de l'homme est-il envahi par l'amour de Dieu qui devient le seul guide, le seul moteur de son existence.

Cette situation d'élévation vers Dieu et d'abandon à sa volonté, exprimée dans l'image du fil, est utilisée par Catherine pour exprimer l'action de la lumière divine sur les âmes du purgatoire, lumière qui les purifie et les élève vers les splendeurs des rayons fulgurants de Dieu.

Chers amis, les saints, dans leur expérience d'union avec Dieu, atteignent un "savoir" si profond des mystères divins, étant imprégnés de leur amour et de leur connaissance, qu'ils sont une aide pour les théologiens eux-mêmes dans leur travail d'étude, d'"intelligentia fidei", d'"intelligentia" des mystères de la foi, d'approfondissement réel des mystères, par exemple de ce qu'est le purgatoire. [...]



"ET LUI-MÊME SERA SAUVÉ, MAIS COMME S'IL ÉTAIT PASSÉ À TRAVERS UN FEU..."

par Benoît XVI


Extrait de l’encyclique "Spe Salvi" du 30 novembre 2007


[...] Je suis convaincu que la question de la justice constitue l'argument essentiel, en tout cas l'argument le plus fort, en faveur de la foi dans la vie éternelle. Le besoin seulement individuel d'une satisfaction qui dans cette vie nous est refusée, de l'immortalité de l'amour que nous attendons, est certainement un motif important pour croire que l'homme est fait pour l'éternité, mais seulement en liaison avec le fait qu'il est impossible que l'injustice de l'histoire soit la parole ultime, la nécessité du retour du Christ et de la vie nouvelle devient totalement convaincante.

44. La protestation contre Dieu au nom de la justice ne sert à rien. Un monde sans Dieu est un monde sans espérance (cf. Ep 2, 12). Seul Dieu peut créer la justice. Et la foi nous donne la certitude qu'Il le fait. L'image du Jugement final est en premier lieu non pas une image terrifiante, mais une image d'espérance ; pour nous peut-être même l'image décisive de l'espérance. Mais n'est-ce pas aussi une image de crainte? Je dirais : c'est une image qui appelle à la responsabilité. Une image, donc, de cette crainte dont saint Hilaire dit que chacune de nos craintes a sa place dans l'amour.

Dieu est justice et crée la justice. C'est cela notre consolation et notre espérance. Mais dans sa justice il y a aussi, en même temps, la grâce. Nous le savons en tournant notre regard vers le Christ crucifié et ressuscité. Justice et grâce doivent être vues toutes les deux dans leur juste relation intérieure. La grâce n'exclut pas la justice. Elle ne change pas le tort en droit. Ce n'est pas une éponge qui efface tout, de sorte que tout ce qui s'est fait sur la terre finisse par avoir toujours la même valeur. Par exemple, dans son roman "Les frères Karamazov", Dostoïevski a protesté avec raison contre une telle typologie du ciel et de la grâce.

À la fin, au banquet éternel, les méchants ne siégeront pas indistinctement à table à côté des victimes, comme si rien ne s'était passé. [...] Dans la parabole du riche bon vivant et du pauvre Lazare (cf. Lc 16, 19-31), Jésus nous a présenté en avertissement l'image d'une telle âme ravagée par l'arrogance et par l'opulence, qui a créé elle-même un fossé infranchissable entre elle et le pauvre ; le fossé de l'enfermement dans les plaisirs matériels ; le fossé de l'oubli de l'autre, de l'incapacité d’aimer, qui se transforme maintenant en une soif ardente et désormais irrémédiable. Nous devons relever ici que Jésus dans cette parabole ne parle pas du destin définitif après le Jugement universel, mais il reprend une conception qui se trouve, entre autres, dans le judaïsme ancien, à savoir la conception d'une condition intermédiaire entre mort et résurrection, un état dans lequel la sentence dernière manque encore.

45. Cette idée vétéro-juive de la condition intermédiaire inclut l'idée que les âmes ne se trouvent pas simplement dans une sorte de détention provisoire, mais subissent déjà une punition, comme le montre la parabole du riche bon vivant, ou au contraire jouissent déjà de formes provisoires de béatitude. Et enfin il y a aussi l'idée que, dans cet état, sont possibles des purifications et des guérisons qui rendent l'âme mûre pour la communion avec Dieu.

L'Église primitive a repris ces conceptions, à partir desquelles ensuite, dans l'Église occidentale, s'est développée petit à petit la doctrine du purgatoire. Nous n'avons pas besoin de faire ici un examen des chemins historiques compliqués de ce développement; demandons-nous seulement de quoi il s'agit réellement.

Avec la mort, le choix de vie fait par l'homme devient définitif – sa vie est devant le Juge. Son choix, qui au cours de toute sa vie a pris forme, peut avoir diverses caractéristiques. Il peut y avoir des personnes qui ont détruit totalement en elles le désir de la vérité et la disponibilité à l'amour. Des personnes en qui tout est devenu mensonge ; des personnes qui ont vécu pour la haine et qui en elles-mêmes ont piétiné l'amour. C'est une perspective terrible, mais certains personnages de notre histoire laissent entrevoir de façon effroyable des profils de ce genre. Dans de semblables individus, il n'y aurait plus rien de remédiable et la destruction du bien serait irrévocable : c'est cela qu'on indique par le mot "enfer". D'autre part, il peut y avoir des personnes très pures, qui se sont laissées entièrement pénétrer par Dieu et qui, par conséquent, sont totalement ouvertes au prochain – personnes dont la communion avec Dieu oriente dès maintenant l'être tout entier et dont le fait d'aller vers Dieu conduit seulement à l'accomplissement de ce qu'elles sont désormais.

46. Selon nos expériences, cependant, ni un cas ni l'autre ne sont la normalité dans l'existence humaine. Chez la plupart des hommes – comme nous pouvons le penser – demeure présente au plus profond de leur être une ultime ouverture intérieure pour la vérité, pour l'amour, pour Dieu. Mais, dans les choix concrets de vie, elle est recouverte depuis toujours de nouveaux compromis avec le mal – beaucoup de saleté recouvre la pureté, dont cependant la soif demeure et qui, malgré cela, émerge toujours de nouveau de toute la bassesse et demeure présente dans l'âme.

Qu'advient-il de tels individus lorsqu'ils comparaissent devant le juge ? Toutes les choses sales qu'ils ont accumulées dans leur vie deviendront-elles d'un coup insignifiantes ? Ou qu'arrivera-t-il d'autre ? Dans la Première lettre aux Corinthiens, saint Paul nous donne une idée de l'impact différent du jugement de Dieu sur l'homme selon son état. Il le fait avec des images qui veulent en quelque sorte exprimer l'invisible, sans que nous puissions transformer ces images en concepts – simplement parce que nous ne pouvons pas jeter un regard dans le monde d’au-delà de la mort et parce que nous n'en avons aucune expérience.

Paul dit avant tout de l'expérience chrétienne qu'elle est construite sur un fondement commun : Jésus Christ. Ce fondement résiste. Si nous sommes demeurés fermes sur ce fondement et que nous avons construit sur lui notre vie, nous savons que ce fondement ne peut plus être enlevé, pas même dans la mort. Puis Paul continue : "On peut poursuivre la construction avec de l'or, de l'argent ou de la belle pierre, avec du bois, de l'herbe ou du chaume, mais l'ouvrage de chacun sera mis en pleine lumière au jour du jugement. Car cette révélation se fera par le feu, et c'est le feu qui permettra d'apprécier la qualité de l'ouvrage de chacun. Si l'ouvrage construit par quelqu'un résiste, celui-là recevra un salaire ; s'il est détruit par le feu, il perdra son salaire. Et lui-même sera sauvé, mais comme s'il était passé à travers un feu" (3, 12-15).

Dans ce texte, en tout cas, il devient évident que le sauvetage des hommes peut avoir des formes diverses; que certaines choses édifiées peuvent brûler totalement; que pour se sauver il faut traverser soi-même le "feu" afin de devenir définitivement capable de Dieu et de pouvoir prendre place à la table du banquet nuptial éternel.

47. Certains théologiens récents sont de l'avis que le feu qui brûle et en même temps sauve est le Christ lui-même, le Juge et Sauveur. La rencontre avec Lui est l'acte décisif du Jugement. Devant son regard s'évanouit toute fausseté. C'est la rencontre avec Lui qui, en nous brûlant, nous transforme et nous libère pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes. Les choses édifiées durant la vie peuvent alors se révéler paille sèche, vantardise vide et s'écrouler. Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l'impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut. Le regard du Christ, le battement de son cœur nous guérissent grâce à une transformation assurément douloureuse, comme "par le feu". Cependant, c'est une heureuse souffrance, dans laquelle le saint pouvoir de son amour nous pénètre comme une flamme, nous permettant à la fin d'être totalement nous-mêmes et par là totalement de Dieu.

Ainsi se rend évidente aussi la compénétration de la justice et de la grâce : notre façon de vivre n'est pas insignifiante, mais notre saleté ne nous tache pas éternellement, si du moins nous sommes demeurés tendus vers le Christ, vers la vérité et vers l'amour. En fin de compte, cette saleté a déjà été brûlée dans la Passion du Christ. Au moment du Jugement, nous expérimentons et nous accueillons cette domination de son amour sur tout le mal dans le monde et en nous. La souffrance de l'amour devient notre salut et notre joie.

Il est clair que la "durée" de cette brûlure qui transforme, nous ne pouvons la calculer avec les mesures chronométriques de ce monde. Le "moment" transformant de cette rencontre échappe au chronométrage terrestre – c'est le temps du cœur, le temps du "passage" à la communion avec Dieu dans le Corps du Christ.

Le Jugement de Dieu est espérance, aussi bien parce qu'il est justice que parce qu'il est grâce. S'il était seulement grâce qui rend insignifiant tout ce qui est terrestre, Dieu resterait pour nous un débiteur de la réponse à la question concernant la justice – question décisive pour nous face à l'histoire et face à Dieu lui-même. S'il était pure justice, il ne pourrait être à la fin pour nous tous qu’un motif de peur.

L'incarnation de Dieu dans le Christ a tellement lié l'une à l'autre – justice et grâce – que la justice est établie avec fermeté : nous attendons tous notre salut "dans la crainte de Dieu et en tremblant" (Ph 2, 12). Malgré cela, la grâce nous permet à tous d'espérer et d'aller pleins de confiance à la rencontre du Juge que nous connaissons comme notre avocat, "parakletos" (cf. 1 Jn 2, 1).

48. Un motif doit encore être mentionné ici, parce qu'il est important pour la pratique de l'espérance chrétienne. Dans le judaïsme ancien, il existe aussi l'idée qu'on peut venir en aide aux défunts dans leur condition intermédiaire par la prière (cf. par exemple 2 M 12, 38-45: 1er s. av. JC). La pratique correspondante a été adoptée très spontanément par les chrétiens et elle est commune à l'Église orientale et occidentale.

L'Orient ignore la souffrance purificatrice et expiatrice des âmes dans "l'au-delà", mais il connaît divers degrés de béatitude ou aussi de souffrance dans la condition intermédiaire. Cependant, grâce à l'Eucharistie, à la prière et à l'aumône, "repos et fraîcheur" peuvent être donnés aux âmes des défunts. Que l'amour puisse parvenir jusqu'à l'au-delà, que soit possible un mutuel donner et recevoir, dans lequel les uns et les autres demeurent unis par des liens d'affection au delà des limites de la mort – cela a été une conviction fondamentale de la chrétienté à travers tous les siècles et reste aussi aujourd'hui une expérience réconfortante. Qui n'éprouverait le besoin de faire parvenir à ses proches déjà partis pour l'au-delà un signe de bonté, de gratitude ou encore de demande de pardon ?

À présent, on pourrait enfin se demander : si le "purgatoire" consiste simplement à être purifié par le feu dans la rencontre avec le Seigneur, Juge et Sauveur, comment alors une tierce personne peut-elle intervenir, même si elle est particulièrement proche de l'autre ? Quand nous posons une telle question, nous devrions nous rendre compte qu'aucun homme n'est une monade fermée sur elle-même. Nos existences sont en profonde communion entre elles, elles sont reliées l'une à l'autre au moyen de multiples interactions. Nul ne vit seul. Nul ne pèche seul. Nul n'est sauvé seul. Continuellement la vie des autres entre dans ma vie : en ce que je pense, je dis, je fais, je réalise. Et vice-versa, ma vie entre dans celle des autres: dans le mal comme dans le bien. Ainsi mon intercession pour quelqu'un n'est pas du tout quelque chose qui lui est étranger, extérieur, pas même après la mort. Dans l'interrelation de l'être, le remerciement que je lui adresse, ma prière pour lui peuvent signifier une petite étape de sa purification. Et avec cela il n'y a pas besoin de convertir le temps terrestre en temps de Dieu : dans la communion des âmes le simple temps terrestre est dépassé. Il n'est jamais trop tard pour toucher le cœur de l'autre et ce n'est jamais inutile.

Ainsi s'éclaire ultérieurement un élément important du concept chrétien d'espérance. Notre espérance est toujours essentiellement aussi espérance pour les autres; c'est seulement ainsi qu'elle est vraiment espérance pour moi. En tant que chrétiens, nous ne devrions jamais nous demander seulement : comment puis-je me sauver moi-même ? Nous devrions aussi nous demander : que puis-je faire pour que les autres soient sauvés et que surgisse aussi pour les autres l'étoile de l'espérance ? Alors j'aurai fait le maximum pour mon salut personnel. [...]


Le texte intégral de l’encyclique :

> "Spe salvi"


Le texte intégral de la catéchèse de Benoît XVI à propos de sainte Catherine de Gênes :

> Udienza generale del 12 gennaio 2011

 

Congrégation pour le clergé, Homélie pour le 2e dimanche du Temps Ordinaire A - 2

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

Concernant le style :


L'Evangile de Jean (cfr. Jn 3, 28-29) présente la figure du Baptiste à travers l'image de l'ami de l’époux. Il rend témoignage, mais il ne se met pas au premier plan. Son attestation est toute centrée sur le Christ.


Jean indique le Seigneur présent, et ensuite il se met de côté: « Moi, je ne suis pas le Christ » - affirme-t-il - « mais je suis celui qui a été envoyé devant lui. Celui qui a l’épouse est l’époux ; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il l'écoute, et la voix de l’époux le comble de joie. Telle est ma joie, elle est parfaite. Il faut qu’il grandisse et que je diminue » (Jn 3, 28-30).


L'Évangile d'aujourd'hui nous offre par conséquent un exemple éloquent à imiter pour êtrenous-mêmes des témoins dignes de foi. Le témoignage d'un croyant ne peut se définir comme influent que si, en lui, cohabitent en parfaite harmonie les deux qualités essentielles du témoignage du Baptiste : la connaissance du Christ, qui doit être cultivée à travers la prière, la vie sacramentelle et ecclésiale, les saines lectures, les relations édifiantes etc… ; et l'attitude constante de l'ami de l'époux, qui doit être cherchée à travers la vertu de l'humilité : pour que toujours, dans la vie de chacun, le Christ croisse et que nous diminuions !

Congrégation pour le clergé, Homélie pour le 2e dimanche du Temps Ordinaire A - 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

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La page de l'Évangile nous présente le Baptiste à titre d'exemple emblématique du « témoin parfait », de l'annonciateur excellent et exemplaire. L'éminence du témoignage du Baptiste est affirmée en un double sens : en ce qui concerne le contenu du témoignage, et en ce qui concerne son style.

 

Concernant le contenu :


Le Baptiste définit Jésus : « l'agneau de Dieu », venu enlever les péchés du monde. Le IVe évangéliste ouvre ainsi son récit, en anticipant vite le rôle messianique et salvifique de Jésus, à travers les paroles du Baptiste. L'agneau, en effet, renvoie à l'idée de salut : il est le don de la libération, que le peuple d'Israël immole après la fuite de l'Égypte ; l'agneau rappelle la figure du Serviteur du Seigneur, image messianique décrite par le prophète Isaïe au ch. 53 : « Comme un agneau mené à l’abattoir, comme une brebis muette devant ceux qui la tondent » ; l'agneau, enfin, rappelle l'image de l'agneau victorieux de l'Apocalypse, qui, lors de la clôture de l'histoire détruira définitivement le mal et le péché. Jean-Baptiste est par conséquent le témoin autorisé, qui connaît exactement l'identité de Jésus et le but de sa venue au milieu des hommes.

 

(à suivre)

 

 

Lundi 17 janvier 2011 - Appel à prier pour la paix et pour les chrétiens du Moyen-Orient

dominicanus #Prières

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Les attentats récents dont ont été victimes les chrétiens réunis en prière, les catholiques en Irak à Bagdad et les Coptes à Alexandrie en Egypte, ne peuvent nous laisser indifférents. Des appels ont été lancés aux autorités politiques pour leur protection.
 

 

Nous assistons impuissants au déchaînement des forces du mal. Mais ces frères chrétiens sont très sensibles à ce que nous les portions dans la prière. Le 17 janvier 1871 à Pontmain dans la Mayenne, en réponse à la prière persévérante pour la Paix des chrétiens de la paroisse, avec leur curé, le Père Guérin, le ciel s'est ouvert et l'apparition de la Vierge Marie a coïncidé avec l'arrêt de la guerre. Voici le message de Pontmain :
 

 

« Mais priez, mes enfants. Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher.»
 

 

Si Dieu a exaucé la prière des chrétiens de la paroisse de Pontmain, pourquoi n'écouterait-il pas nos prières aujourd'hui pour qu'advienne la Paix au Moyen-Orient, et que nos frères chrétiens soient protégés et puissent vivre en sécurité dans leur pays ?
 

 

En communion avec les 5000 pèlerins qui prieront Notre-Dame de la Paix au sanctuaire de Pontmain, nous invitons tous les chrétiens qui le désirent à organiser des temps de prière simple dans toutes les paroisses ou communautés religieuses.
 

 

Le temps de prière n'a pas besoin d'une longue préparation. Cela peut être l'intention de la messe paroissiale du jour, un office de la Prière des Heures, le chapelet, un temps de prière silencieuse, ou l'adoration eucharistique.
 

 

Tandis que Monseigneur Thierry Scherrer, évêque de Laval et Monseigneur Jean-Paul James, évêque de Nantes, présideront la prière des pèlerins à Pontmain, Monseigneur Michel Santier, évêque de Créteil, priera le chapelet avec les chrétiens d'Irak le 17 janvier à 17h15 à la chapelle Saint Léon à Maisons-Alfort, près du Centre France Terre d'Asile où ils sont hébergés.
 

 

Faîtes connaître cette invitation, par internet, facebook, courriel, SMS...
 

 

En communion de prière,
 

 

Mgr Thierry SCHERRER
Evêque de Laval

 

Mgr Michel SANTIER

Evêque de Créteil

Lectures Deuxième Dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

Livre d'Isaïe (Is 49, 3.5-6)

 

 

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49

 

03i  Parole du Serviteur de Dieu. Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je me glorifierai. »
05  Maintenant le Seigneur parle,
lui qui m'a formé dès le sein de ma mère
pour que je sois son serviteur,
que je lui ramène Jacob
et que je lui rassemble Israël.
Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur,
c'est mon Dieu qui est ma force.
06  Il parle ainsi :
«C'est trop peu que tu sois mon serviteur
pour relever les tribus de Jacob
et ramener les rescapés d'Israël :
je vais faire de toi la lumière des nations,
pour que mon salut
parvienne jusqu'aux extrémités de la terre.»

Lien vers les autres lectures

Benoît XVI, Homélie pour le Baptême du Christ - L'Eglise doit défendre la famille - 5

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

En recevant le baptême, ces enfants obtiennent le don d'un sceau spirituel indélébile, le « caractère » qui marque pour toujours leur appartenance au Seigneur, et fait d'eux des membres vivants de son corps mystique qui est l'Eglise. En commençant à faire partie du Peuple de Dieu, ces enfants commencent aujourd'hui un chemin de sainteté et de conformation à Jésus, une réalité qui est placée en eux comme la semence d'un arbre splendide que l'on doit faire grandir. C'est pourquoi, en comprenant la grandeur de ce don, dès les premiers siècles, on a pris soin de donner le baptême aux enfants à peine nés. Certainement, on aura ensuite besoin d'une adhésion libre et consciente à cette vie de foi et d'amour et c'est pour cela qu'il est nécessaire qu'après le baptême ils soient éduqués dans la foi, instruits selon la sagesse de la Sainte Ecriture, et les enseignements de l'Eglise, de façon à ce que grandisse en eux le germe de la foi qu'ils reçoivent aujourd'hui et qu'ils puissent atteindre la pleine maturité chrétienne. L'Eglise qui les accueille parmi ses enfants doit se charger, avec leurs parents et les parrains, de les accompagner sur ce chemin de croissance. La collaboration entre la communauté chrétienne et la famille est d'autant plus nécessaire dans le contexte social actuel où l'institution familiale est menacée de différents côtés, et doit faire face à des difficultés nombreuses dans sa mission d'éduquer à la foi. La disparition de références culturelles stables et la transformation rapide à laquelle la société est continuellement soumise rendent vraiment difficile l'engagement pour l'éducation. Il est par conséquent nécessaire que les paroisses agissent toujours pour le soutien des familles, petites Eglises domestiques, dans leur rôle de transmettre la foi.

Très chers parents, avec vous je remercie le Seigneur pour le don du baptême de vos petits enfants ; en élevant pour eux notre prière nous invoquons un don abondant de l'Esprit Saint, qui les consacre aujourd'hui à l'image du Christ prêtre, roi et prophète. En les confiant à l'intercession maternelle de la très sainte Vierge Marie, nous demandons pour eux la vie et la santé, afin qu'ils puissent grandir et mûrir dans la foi, et porter, par leur vie, des fruits de sainteté et d'amour. Amen !

© Copyright du texte original en italien : Libreria Editrice Vaticana

[Traduction française : Zenit]

Un nouveau Syllabus pour le XXIe siècle

dominicanus #Évènements

C'est-à-dire un document condamnant les erreurs d'interprétation du concile Vatican II. C'est un évêque du Kazakhstan qui l'a demandé lors d'un colloque à Rome avec d'autres évêques et cardinaux. Et l'annonce par Benoît XVI d'une nouvelle rencontre interreligieuse à Assise suscite également des réactions.

 

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ROME, le 14 janvier 2011 – L’annonce par Benoît XVI, à l’issue de l’Angélus du 1er janvier, de son déplacement à Assise en octobre prochain pour une nouvelle rencontre interreligieuse pour la paix, a ranimé les controverses à propos de ce que l’on appelle "l’esprit d’Assise" mais également à propos du concile Vatican II et de l’après-concile.

Le professeur Roberto de Mattei – qui a publié récemment une réécriture de l’histoire du concile qui culmine en une demande adressée à Benoît XVI de promouvoir "un nouvel examen" des documents conciliaires afin de dissiper le soupçon qu’ils aient rompu avec la doctrine traditionnelle de l’Église – a signé, avec d’autres personnalités catholiques, un appel au pape pour que la nouvelle rencontre d’Assise "ne rallume pas les confusions syncrétistes" de la première, qui avait eu lieu le 27 octobre 1986 dans la ville de saint François, à l’instigation de Jean-Paul II.

En effet, en 1986, celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger ne s’était pas rendu à cette première rencontre, qu’il avait critiquée. En revanche il participa à une rencontre semblable qui eut également lieu à Assise, le 24 janvier 2002, et à laquelle il adhéra "in extremis" après s’être assuré que les équivoques de la précédente n’y seraient pas renouvelées.

La principale équivoque alimentée par la rencontre d’Assise en 1986 a été que celle-ci mettait toutes les religions au même niveau en tant que sources de salut pour l'humanité. En 2000, la congrégation pour la doctrine de la foi publia contre cette équivoque la déclaration "Dominus Jesus", pour réaffirmer que tout homme n’a pas d’autre sauveur que Jésus.

Mais, en tant que pape, Ratzinger a également formulé une nouvelle mise en garde contre les confusions. Dans un message adressé à l’évêque d’Assise le 2 septembre 2006, il écrivait ceci :

"Pour ne pas se méprendre sur le sens de ce que Jean-Paul II a voulu réaliser en 1986 et que l’on appelle habituellement, en reprenant l'une de ses expressions, 'l’esprit d'Assise', il est important de ne pas oublier combien on a alors été attentif à ce que la rencontre interreligieuse de prière ne se prête à aucune interprétation syncrétiste, fondée sur une conception relativiste. [...] C'est pourquoi, même lorsque l'on se réunit afin de prier pour la paix, il faut que la prière se déroule selon les chemins distincts propres aux diverses religions. Tel fut le choix de 1986 et ce choix ne peut manquer d’être valable aujourd'hui encore. La convergence des différences ne doit pas donner l'impression que l’on cède au relativisme qui nie le sens même de la vérité et la possibilité d'y puiser".

Et, en visite à Assise le 17 juin 2007, le pape a déclaré dans son homélie :

"Le choix d’organiser cette rencontre à Assise a été dicté précisément par le témoignage de François comme homme de paix, lui que beaucoup de gens regardent avec sympathie même si leurs positions culturelles et religieuses sont différentes. En même temps, la lumière jetée par le 'Poverello' sur cette initiative était une garantie d’authenticité chrétienne, parce que sa vie et son message reposent si visiblement sur le choix du Christ qu’ils repoussent a priori toute tentation d’indifférentisme religieux, qui n’aurait rien à voir avec l’authentique dialogue interreligieux. [...] Il ne serait ni évangélique ni franciscain de ne pas réussir à associer l’accueil, le dialogue et le respect de tous avec la certitude de la foi que tout chrétien, comme le saint d’Assise, est tenu de pratiquer, en annonçant le Christ comme le chemin, la vérité et la vie de l’homme et comme l’unique sauveur du monde".

Pour en revenir à la controverse relative au concile Vatican II, il faut signaler un important colloque qui a eu lieu du 16 au 18 décembre dernier à Rome, à quelques pas de la basilique Saint-Pierre, "pour une herméneutique correcte du concile à la lumière de la Tradition de l’Église".

Ce qui était soumis au jugement critique des orateurs, c’était surtout la nature "pastorale" de Vatican II et les abus qui ont été commis en son nom.

Parmi les orateurs figuraient le professeur de Mattei et le théologien Brunero Gherardini, 85 ans, chanoine de la basilique Saint-Pierre, professeur émérite de l’Université Pontificale du Latran et directeur de la revue de théologie thomiste "Divinitas".

Gherardini est l’auteur d’un livre consacré au concile Vatican II qui se conclut par une "Supplique au Saint Père" demandant à celui-ci de soumettre les documents du concile à un réexamen, pour décider une fois pour toutes "si, en quel sens et jusqu’à quel point" Vatican II est ou non dans la continuité du précédent magistère de l’Église.

Ce livre de Gherardini est préfacé par Albert Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo et ancien secrétaire de la congrégation vaticane pour le culte divin, créé cardinal au consistoire du mois de novembre dernier.

Ranjith est l’un des deux évêques auxquels www.chiesa a consacré récemment un article intitulé :

> Les meilleurs élèves de Ratzinger sont au Sri Lanka et au Kazakhstan


Le second de ces deux évêques, Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de Karaganda, était présent en tant qu’orateur au colloque organisé à Rome du 16 au 18 décembre.

On trouvera ci-dessous la partie finale de sa conférence. En conclusion, il demande au pape deux remèdes contre les abus de l’après-concile : d’une part la publication d’un "Syllabus" contre les erreurs doctrinales d’interprétation de Vatican II et d’autre part la nomination d’évêques "saints, courageux et profondément enracinés dans la tradition de l’Église".

Des cardinaux, des dirigeants de la curie et des théologiens de haut niveau étaient là pour écouter Schneider. Nous nous contenterons d’indiquer que le cardinal Velasio de Paolis, l'archevêque Agostino Marchetto, l’évêque Luigi Negri et Mgr Florian Kolfhaus de la secrétairerie d’état du Vatican figuraient au nombre des orateurs.

L’auditoire comprenait un groupe nombreux de Franciscains de l'Immaculée, jeune congrégation religieuse - née dans le sillage de saint François, riche en vocations et d’orientation résolument orthodoxe, aux antipodes de "l’esprit d’Assise" - qui était l’organisatrice du colloque.


Sandro Magister




LE DÉFI DES INTERPRÉTATIONS CONTRADICTOIRES

par Athanasius Schneider



[...] Pour interpréter correctement le concile Vatican II, il est nécessaire de tenir compte des intentions manifestées dans les documents conciliaires eux-mêmes et dans ce qu’en ont dit spécifiquement les papes qui l’ont convoqué et présidé, Jean XXIII et Paul VI.

Il est par ailleurs nécessaire de découvrir quel est le fil conducteur de toute l’œuvre du concile, c’est-à-dire son intention pastorale. Or celle-ci est "salus animarum", le salut des âmes. À son tour celui-ci est dépendant et subordonné à la promotion du culte divin et de la gloire de Dieu, c’est-à-dire qu’il dépend de la primauté de Dieu.

Cette primauté de Dieu dans la vie de l’Église et dans toute son activité se manifeste sans équivoque dans le fait que la constitution sur la liturgie occupe intentionnellement et chronologiquement la première place dans la vaste œuvre du concile. [...]


***


Le concept de rupture dans l’interprétation des textes conciliaires se manifeste de manière la plus stéréotypée et la plus répandue dans la thèse d’un virage anthropocentrique, sécularisant ou naturaliste du concile Vatican II par rapport à la tradition ecclésiale précédente.

L’une des manifestations les plus connues d’une telle interprétation erronée a été, par exemple, ce que l’on appelle la théologie de la libération et la pratique pastorale dévastatrice qui en découle. Le contraste entre d’une part cette théologie de la libération et sa pratique et d’autre part le concile, apparaît de manière évidente dans l’enseignement conciliaire suivant : “La mission propre que le Christ a confiée à son Église n’est ni d’ordre politique, ni d’ordre économique ou social : le but qu’il lui a fixé est d'ordre religieux” (cf. "Gaudium et Spes", 42). [...]

Une interprétation de rupture moins lourde au point de vue doctrinal s’est manifestée dans le domaine pastoral-liturgique. On peut mentionner, à ce sujet, la diminution du caractère sacré et sublime de la liturgie et l’introduction d’éléments gestuels plus anthropocentriques.

Ce phénomène apparaît clairement dans trois pratiques liturgiques très connues et que l’on rencontre dans la quasi-totalité des paroisses du monde catholique : la disparition presque totale de l’utilisation du latin ; le fait que l’on reçoit le corps eucharistique du Christ directement dans la main et debout ; et le fait que l’on célèbre le sacrifice eucharistique en formant un cercle fermé dans lequel le prêtre et l’assemblée ne cessent de se regarder mutuellement.

Se tourner tous dans la même direction pour prier est une façon corporelle et symbolique plus naturelle d’exprimer cette vérité : tous sont tournés spirituellement vers Dieu dans le culte public. Ne pas le faire contredit la pratique observée par Jésus lui-même et par ses apôtres dans la prière publique, que ce soit au temple ou à la synagogue. De plus cela contredit le témoignage unanime des Pères de l’Église et de toute la tradition postérieure de l’Église en Orient et en Occident.

Ces trois pratiques pastorales et liturgiques - qui constituent une rupture éclatante avec les normes en matière de prière conservées par les générations de fidèles catholiques pendant un millénaire au moins - ne trouvent aucun appui dans les textes conciliaires. Au contraire elles sont plutôt en contradiction avec un texte spécifique du concile (à propos du latin : cf. "Sacrosanctum Concilium", 36 et 54) et avec la "mens", la véritable intention des pères conciliaires, comme on peut le vérifier dans les actes du concile.


***


Dans le tapage herméneutique des interprétations contradictoires et dans la confusion des applications pastorales et liturgiques, c’est le concile lui-même, en accord avec le pape, qui apparaît comme le seul interprète authentique des textes conciliaires.

On pourrait établir une analogie avec le climat herméneutique confus qui régnait aux premiers siècles de l’Église en raison d’interprétations bibliques et doctrinales arbitraires provenant de groupes hétérodoxes. Dans son célèbre ouvrage "De præscriptione hæreticorum" Tertullien pouvait opposer aux hérétiques de diverses tendances le fait que seule l’Église possède la "præscriptio", c’est-à-dire que seule l’Église est la légitime propriétaire de la foi, de la parole de Dieu et de la tradition. Cela permet à l’Église, dans les controverses relatives à la véritable interprétation, de repousser les hérétiques. D’après Tertullien, seule l’Église peut dire : “Ego sum hæres Apostolorum”, je suis l’héritière des apôtres. Pour parler par analogie, seul le magistère suprême du pape ou d’un éventuel concile œcuménique à venir pourra dire : “Ego sum hæres Concilii Vaticani II”.

Au cours des dernières décennies il a existé - et il existe encore à l’heure actuelle - au sein de l’Église des groupes qui ont énormément abusé du caractère pastoral du concile et de ses textes, textes écrits en fonction de cette intention pastorale, puisque le concile ne voulait pas présenter ses enseignements comme définitifs ou irréformables. Du fait même de la nature pastorale des textes du concile, il est évident que ces textes sont par principe susceptibles de compléments et de nouvelles précisions doctrinales. Si l’on tient compte de l’existence désormais pluri-décennale d’interprétations erronées au point de vue doctrinal et pastoral et contraires à la continuité bimillénaire de la doctrine et de la prière de la foi, on comprend qu’une intervention du magistère pontifical, spécifique et faisant autorité, est nécessaire et urgente pour assurer une interprétation authentique des textes conciliaires, avec des compléments et des précisions doctrinales : une sorte de "Syllabus" des erreurs en matière d'interprétation du concile Vatican II.

Un nouveau Syllabus est nécessaire, dirigé cette fois non pas tellement contre les erreurs provenant de l’extérieur de l’Église, mais contre celles que répandent à l’intérieur de l’Église ceux qui soutiennent la thèse de la discontinuité et de la rupture, avec ses applications doctrinales, liturgiques et pastorales.

Un tel Syllabus devrait être composé de deux parties : une partie qui signalerait les erreurs et une partie positive contenant des propositions d’éclaircissements, de compléments et de précisions doctrinales.


***


On constate l’existence de deux groupes qui soutiennent la théorie de la rupture. L’un de ces groupes essaie de "protestantiser" doctrinalement, liturgiquement et pastoralement la vie de l’Église. Du côté opposé il y a ces mouvements traditionnalistes qui, au nom de la tradition, rejettent le concile et se soustraient à la soumission au magistère suprême et vivant de l’Église, au chef visible de l’Église, au vicaire du Christ sur terre, et ne se soumettent pour le moment qu’au chef invisible de l’Église, en attendant des jours meilleurs. [...]

Il y a eu, au fond, deux obstacles qui se sont opposés à ce que la véritable intention du concile et son magistère puissent porter des fruits abondants et durables.

Le premier se trouvait hors de l’Église, dans le violent processus de révolution culturelle et sociale des années 60 qui, comme tout phénomène social fort, s’est répandu dans l’Église en transmettant son esprit de rupture à de vastes ensembles de personnes et d’institutions.

L’autre obstacle consistait en un manque de pasteurs de l’Église à la fois savants et intrépides, prêts à défendre la pureté et l’intégrité de la foi et de la vie liturgique et pastorale, en ne se laissant influencer ni par les louanges ni par la crainte. 

Déjà le concile de Trente affirmait dans l’un de ses derniers décrets portant sur la réforme générale de l’Église : “Le saint synode, préoccupé par les maux très graves qui tourmentent l’Église, ne peut pas ne pas rappeler que ce qui est le plus nécessaire à l’Église de Dieu, c’est de choisir des pasteurs excellents et capables ; et cela d’autant plus que Notre Seigneur Jésus-Christ demandera compte du sang des brebis qui auraient été amenées à mourir en raison du mauvais gouvernement de pasteurs négligents et oublieux de leur devoir” (Session XXIV, Décret "De reformatione", canon 1).

Le concile ajoutait : “Quant à tous ceux qui, pour quelque raison que ce soit, ont reçu du Saint-Siège un droit d’intervention dans la promotion des futurs prélats, ou à ceux qui y prendront part d’une autre manière, le saint concile les exhorte et les met en garde pour qu’ils se rappellent avant tout qu’ils ne peuvent rien faire de plus utile pour la gloire de Dieu et le salut des peuples que de s’employer à choisir des pasteurs bons et capables de gouverner l’Église”. 

Un Syllabus conciliaire ayant valeur doctrinale est donc vraiment nécessaire ; d’autre part il faut qu’augmente le nombre de pasteurs saints, courageux et profondément enracinés dans la tradition de l’Église, dépourvus de toute espèce d’esprit de rupture, que ce soit dans le domaine doctrinal ou dans le domaine liturgique.

Ces deux éléments sont la condition indispensable pour que la confusion doctrinale, liturgique et pastorale diminue notablement et que l’œuvre pastorale du concile Vatican II puisse porter des fruits nombreux et durables dans l’esprit de la tradition, qui nous rattache à l’esprit qui a régné en tout temps, partout et chez tous les vrais fils de l’Église catholique, qui est la seule et la vraie Église de Dieu sur terre.



Le texte intégral de la conférence de l’évêque Athanasius Schneider, donnée à Rome le 17 décembre 2010 :

> Il primato del culto di Dio come fondamento di ogni vera teologia pastorale. Proposte per una corretta lettura del Concilio Vaticano II

L'appel adressé le 11 janvier dernier à Benoît XVI contre les dangers doctrinaux d’une nouvelle rencontre interreligieuse à Assise :

> "Santo Padre Benedetto XVI, siamo alcuni cattolici gratissimi dell'opera da Lei compiuta..."


En ce qui concerne l’interprétation correcte de Vatican II, Benoît XVI a exprimé clairement sa pensée dans son mémorable discours à la curie du 22 décembre 2005, en excluant qu’il y ait dans les documents du concile des erreurs doctrinales et des points de rupture avec la tradition de l’Église :

> "Messieurs les Cardinaux..."

www.chiesa
Traduction française par Charles de Pechpeyrou

Benoît XVI, Homélie pour le Baptême du Christ - L'Eglise doit défendre la famille - 4

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

Chers amis, en nous donnant la foi, le Seigneur nous a donné ce qui est le plus précieux dans la vie, à savoir la raison de vivre la plus vraie et la plus belle : c'est par grâce que nous avons cru en Dieu, que nous avons connu son amour, par lequel il veut nous sauver et nous libérer du mal. Maintenant, vous, chers parents, parrains et marraines, vous demandez à l'Eglise d'accueillir ces enfants en son sein, de leur donner le baptême ; et cette demande vous la faites en raison du don de la foi que vous-mêmes vous avez à votre tour reçue. Avec le prophète Isaïe, chaque chrétien aime à répéter : « Le Seigneur m'a modelé dès le sein de ma mère pour être son serviteur » (cf. 49, 5) ; ainsi, chers parents, vos enfants sont un don précieux du Seigneur, lequel a réservé pour lui leur cœur, pour pouvoir le combler de son amour. Par le sacrement du baptême, il les consacre aujourd'hui et il les appelle à suivre Jésus, par la réalisation de leur vocation personnelle selon ce dessein d'amour particulier que le Père a à l'esprit pour chacun d'eux ; le but de ce pèlerinage terrestre sera la pleine communion avec Lui dans le bonheur éternel.


Benoît XVI, Homélie pour le Baptême du Christ - L'Eglise doit défendre la famille - 3

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Chers parents, le baptême que vous demandez aujourd'hui pour vos enfants les insère dans cet échange d'amour réciproque qui existe en Dieu entre le Père, le Fils et l'Esprit Saint ; par ce geste que je m'apprête à faire, l'amour de Dieu se déverse sur eux, les inondant de ses dons. Par le bain de l'eau, vos enfants sont insérés dans la vie même de Jésus qui est mort sur la croix pour nous libérer du péché et, en ressuscitant, a vaincu la mort. C'est pourquoi, plongés spirituellement dans sa mort et sa résurrection, ils sont libérés du péché originel et commence en eux la vie de la grâce, qui est la vie même de Jésus ressuscité. « Il s'est livré pour nous, affirme saint Paul, afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier un peuple qui lui appartienne en propre, zélé pour le bien » (Tite 2, 14).

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