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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Marthe Robin, De la Croix vers la Lumière 7

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Je me mets donc sous la garde de Jésus complètement à l'école de la Sainte Vierge pour pénétrer plus avant, pour mieux comprendre ces grands mystères de foi, espérance et charité.

 

Ô ma très bonne, ma très douce Mère !... Prenez ma volonté, je vous la donne, unissez-la à la vôtre qui est aussi celle de Jésus, afin que, comme vous, je me prête de toute mon âme à chacun des desseins de Dieu.

Mgr André-Joseph Léonard, La vérité vous rendra libres (Jn 8, 32)

dominicanus #Il est vivant !

 

leonard

 

 

Au moment de confier à Pierre la charge suprême de l’ensemble du troupeau, Jésus a interrogé Pierre sur son amour personnel pour lui : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? ». La triple répétition de la question évoquait immanquablement le triple reniement du futur pasteur de toutes les brebis. Pour instituer le premier pape, Jésus recrutait un pécheur, qui, encore à l’avenir, manifestera sa faiblesse autant que son courage. Une polémique allait, pour un temps, l’opposer à Paul sur la question de savoir si les chrétiens issus du paganisme devaient se soumettre également à la loi de Moïse. Avant de se rallier à l’ouverture de Paul – et de l’Esprit Saint – Pierre recourut encore à des subterfuges peu honorables. Même après sa rencontre avec Jésus ressuscité et l’effusion de l’Esprit Saint à la Pentecôte, Pierre demeurait un pauvre pécheur. Cela n’a pas empêché Jésus de le confirmer dans sa mission : « Pais mes brebis » - « Toi, suis-moi ! ».

 

 

Aujourd’hui encore la sainte Eglise de Dieu est composée de pécheurs. Depuis le Pape jusqu’au plus modeste des fidèles laïcs. Sans exception. S’il fallait réserver aux purs l’appartenance à l’Eglise, s’il fallait exiger de ses prêtres et de ses évêques une vie absolument irréprochable en tous points, non seulement il n’y aurait plus de ministres ordonnés, mais il n’y aurait plus de fidèles. Sur les registres de l’Eglise, on ne pourrait lire que les noms de Jésus, de Marie et des saints et saintes ! Et encore : ces derniers sont, simplement, des pécheurs pardonnés… Et brûlant ensuite d’un amour dévorant pour le Seigneur.

 

 

Nous avons vécu une épreuve terrible dans l’Eglise de Belgique, avec la démission d’un évêque pour abus sexuels sur mineur perpétrés avant son ordination épiscopale et même quelque temps encore par après. Comme toute épreuve, elle doit porter un fruit dans l’Eglise de notre pays. Un fruit de vérité et de cohérence. Certes, je le répète, nos évêques et nos prêtres seront toujours des pécheurs. Même les plus saints. Et cela vaut aussi pour les diacres, les personnes consacrées et les laïcs. Et un homme, une femme ont toujours, sur le plan personnel, droit à la conversion. Mais, sur le plan de la mission, il y a des incompatibilités que l’on ne peut tolérer. Spécialement quand il s’agit de délits graves aux yeux de la loi de l’Eglise ou de la loi civile. C’est pourquoi je lance solennellement les appels suivants :

 

 

 

1. Lors de l’enquête préalable à la nomination d’un évêque, que les personnes interrogées ne taisent jamais les délits graves qu’un candidat aurait commis en quelque matière que ce soit.

 

2. Durant les années de formation au diaconat ou au presbytérat, que l’on soit plus attentif que jamais à l’équilibre affectif des candidats et que l’on n’admette jamais à l’ordination un candidat qui aurait commis des délits graves, punissables par la loi ecclésiastique ou civile. Un candidat à l’ordination peut avoir eu des faiblesses en tel ou tel domaine et, à condition qu’il se soit amendé, il pourra éventuellement être ordonné. Mais jamais si l’on a connaissance de délits graves.

 

3. Dans le cas où un candidat à l’ordination a commis de tels délits, mais sans que la victime s’en plaigne et donc sans que personne n’en ait connaissance au dehors, je supplie ce candidat de refuser l’ordination si on la lui propose. De grâce, ne vous laissez jamais ordonner diacre, prêtre ou évêque avec un passé gravement punissable ! Vous pouvez être – et vous serez de toute manière – un diacre, un prêtre ou un évêque pécheur, mais vous ne pouvez pas être un ministre ordonné punissable, même si vous vous êtes convertis depuis lors. Un abuseur converti a sa place dans l’Eglise, car il y a une miséricorde pour tous, mais pas en portant une telle mission.

 

4. Je demande instamment aux personnes victimes d’abus de porter plainte devant la justice civile et je supplie les personnes en charge pastorale (prêtres, diacres, personnes consacrées ou laïcs) qui auraient commis de tels délits de se présenter spontanément à la justice. Les responsables de ces délits et leurs victimes peuvent aussi recourir au point de contact et à la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuel dans une relation pastorale. La Commission et le point de contact ont été érigés par les évêques, mais fonctionnent de manière tout à fait indépendante. Le numéro de téléphone du point de contact est le 078 15 30 70. L’adresse e-mail est commission@catho.be. L’adresse postale (de préférence par lettre recommandée) est : Justus Lipsiusstraat 71, 3000 Leuven. Le site est www.commissionabus.be. Elle pourra entendre aussi bien les abuseurs que les abusés, même quand il s’agit de faits prescrits aux yeux de la loi civile. Je demande aussi aux personnes qui ont une connaissance fondée, vérifiée, d’abus commis par des responsables pastoraux de le signaler à leurs responsables hiérarchiques, mais avec la droiture et la prudence requises, afin d’éviter toute délation calomnieuse.

 

 

 

J’ai conscience que les appels ici lancés sont exigeants pour tout le monde, mais c’est le prix à payer pour mériter la confiance de l’Eglise et de la société. Seule la vérité et le courage nous rendront libres et dignes de foi. Enfin, comme je l’ai dit lors de la conférence de presse du vendredi noir 23 avril, j’ose espérer que les fidèles et les citoyens de ce pays auront la sagesse de ne pas jeter le soupçon ou le discrédit sur l’ensemble des évêques ou des prêtres, ce qui serait aussi un grave abus sur le plan moral. Beaucoup de prêtres souffrent actuellement d’une certaine méfiance qu’ils sentent planer sur leur ministère. C’est injuste. C’est pourquoi je tiens ici à redire ma confiance et mon admiration à l’immense majorité des prêtres qui s’acquittent dignement et généreusement de leur belle et difficile mission.

 

 

+ André-Joseph Léonard,

 

Archevêque de Malines-Bruxelles

 

Le 27 avril 2010

Marthe Robin, De la Croix vers la Lumière 6

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Je sens bien tout ce que Jésus me donne en se donnant à moi. Je suis palpitante et toute saisie de respect et d'amour, me demandant ce que j'apporterai et donnerai, moi pauvre petite indigente, à ce Dieu qui me comble de grâces, de bonté et de miséricorde, à ce Dieu plein d'amour qui en se donnant à moi dépose en mon cœur  le sceau des élus.

Marthe Robin, De la Croix vers la Lumière 5

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Que sortira-t-il demain de ma petite misère, de mes épreuves chrétiennement, amoureusement supportées ? Il peut en sortir sûrement pour moi des grâces exceptionnelles de vertu et de sainteté, pour les êtres qui me sont si chers, des grâces éclatantes de conversion, et peut-être pour beaucoup, beaucoup d'autres âmes, des grâces merveilleuses de salut.

 

C'est peut-être par les épreuves qui semblent le plus m’anéantir, me réduire à l’incapacité que s'accomplira la réalisation de mes plus ardents désirs, tenait plus fervente prière, jamais plus suppliante demande.

 

 

Marthe Robin, De la Croix vers la Lumière 4

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Faites, ô Maître adoré, que je meure entièrement au monde et à moi-même. J'accepte avec amour et avec une toujours plus grande joie, les afflictions, les peines, les consolations, les souffrances, les sécheresses, les abandons, les trahisons, les mépris... Je les aime puisqu'elles me viennent de vous, qu'elles m’unissent à vous et me rendent un peu semblable à fou, au monde divin rédempteur.

 

 

 

Marthe Robin, De la Croix vers la Lumière 3

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Ô croix ! Croix de mon Sauveur, croix que j'aime et bénis, doux  trésor de mon âme, c'est par vous que je veux vivre et mourir, car en vous, en vous seul est ma voie, mon espérance et ma joie pour le temps de mon triste pèlerinage... Ô mon doux Jésus ! Là j’unis mes douleurs à vos douleurs, mes angoisses aux vôtres ; c'est là que j'attends le dernier trait de feu qui, en délivrant mon arme de sa prison de la terre, m’unira pour jamais à celui que mon cœur désire.

 

 

Le grand "pari". Comment refonder la Légion en repartant du début

dominicanus #Il est vivant !

Les fautes de Maciel. Le système de pouvoir qui couvrait sa vie indigne. Les autorités vaticanes accusent. Et dictent l'agenda de la reconstruction. Avec les pleins pouvoirs confiés à un cardinal délégué par le pape

par Sandro Magister


pape.legion.jpg

 



ROME, le 3 mai 2010 – Le communiqué émis il y a deux jours par le Saint-Siège à propos des Légionnaires du Christ est d’une portée très remarquable. Il est reproduit intégralement ci-dessous et doit être lu de la première à la dernière ligne. Mais, pour être tout à fait compris, il requiert quelques notes explicatives.

 

 

 

LA GENÈSE DU COMMUNIQUÉ

Les cinq évêques qui ont effectué la visite apostolique à la Légion – ce sont tous des prélats de premier plan dans leurs pays respectifs – ont remis leurs rapports aux autorités vaticanes au milieu du mois de mars dernier, après sept mois d’enquête dans les zones géographiques attribuées à chacun.

Sur la base de leurs rapports et en citant largement ceux-ci, la secrétairerie d’état du Vatican a préparé un document de travail.

Rappelés au Vatican à la fin du mois d’avril, les cinq visiteurs ont travaillé intensément, toute la journée du vendredi 30 avril et le matin du samedi 1er mai, sur la base de ce document. Ils l’ont fait sous la présidence du cardinal Tarcisio Bertone, avec le cardinal William J. Levada, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Franc Rodé, préfet de la congrégation pour les religieux, et l'archevêque Fernando Filoni, substitut de la secrétairerie d’état.

La rédaction du communiqué final a également fait partie des travaux.

 

 

 

LE RÔLE DU PAPE

Benedetto XVI a assisté en silence, pendant une heure et demie, aux travaux du groupe, le matin du vendredi 30 avril. Avant de s’en aller, il a encouragé les membres du groupe à lui présenter des propositions concrètes, à partir desquelles il prendrait  des décisions.

Mais ce n’était là qu’une énième manifestation du rôle essentiel joué par Joseph Ratzinger dans l’affaire des Légionnaires du Christ. C’est lui qui a ordonné, à la fin de 2004, une enquête sur leur fondateur, Marcial Maciel Degollado, alors que la curie de l'époque et le pape Jean-Paul II lui-même étaient généralement convaincus de l’innocence de celui-ci. C’est lui qui, étant pape, a émis en mai 2006 la sentence condamnant Maciel. C’est lui qui, à l’été 2009, a ordonné la visite apostolique à la Légion.

 

 

 

LE JUGEMENT SUR MACIEL

Le communiqué indique, pour la première fois dans un document officiel du Vatican, les fautes du fondateur des Légionnaires, fautes que même la condamnation de 2006 n’avait pas citées.

Elles sont qualifiées de "comportements très graves et objectivement immoraux" et parfois de "véritables délits", qui en sont arrivés à constituer "une vie dénuée de scrupules et d’un authentique sentiment religieux".

 

 

 

LA COMPLICITÉ DES CHEFS

Le communiqué émet également un jugement très sévère et sans précédents sur le "système de relations" construit autour de Maciel, sur le "silence de l’entourage", sur le "mécanisme de défense" de sa vie indigne.

En écrivant qu’"une grande partie des Légionnaires n’était pas au courant de cette vie", les auteurs du communiqué affirment implicitement que certains, au contraire, savaient.

Il n’y aura donc aucune indulgence pour le "système de pouvoir" qui a fait bloc autour de Maciel avant et après sa mort, c’est-à-dire pour les actuels dirigeants centraux et territoriaux de la Légion.

En particulier, il est tout à fait illusoire de penser que le couperet pourrait épargner les deux dirigeants suprêmes, le directeur général Álvaro Corcuera et le vicaire général Luís Garza Medina.

Ce dernier, qui est à ce jour le véritable numéro un de la Légion du point de vue financier, a tout fait, ces dernières semaines, pour se présenter comme un nouveau Talleyrand, capable de rester en selle en Thermidor après avoir secondé la Terreur.

Mais Maciel semblait lui aussi "inattaquable" – comme le rappelle le communiqué – et il a fini par sombrer.

 

 

 

LE "PARI" SUR L’AVENIR

Avec beaucoup de réalisme, le document de travail qui a servi de base à la discussion ne présentait pas comme assuré le succès du travail de reconstruction que la Légion va devoir accomplir. A propos de l’avenir, il employait le mot "pari".

Un point qui donne confiance – selon le communiqué – est le "grand nombre de religieux exemplaires", animés d’un "zèle authentique pour l’extension du Royaume de Dieu", qu’ont rencontrés les visiteurs.

Mais aujourd’hui, sur les 800 prêtres de la Légion, il n’y en a que 100 environ qui travaillent consciemment à une "démarche de profonde révision". Ils sont, pour la plupart, encore égarés, traumatisés par les révélations concernant le fondateur et soumis à l'autorité des dirigeants en qui ils voient leur unique ancrage.

 

 

 

L’AGENDA À VENIR

En plus de la nomination d’un commissaire, les autorités vaticanes annoncent dans le communiqué deux autres mesures.

La première était déjà prévue : c’est une visite apostolique supplémentaire portant sur Regnum Christi, l'association laïque associée aux Légionnaires, également fondée par Maciel.

La seconde est issue de la discussion de ces jours derniers. Une commission indépendante d’étude sur les constitutions de la Légion sera constituée, en particulier pour "revoir l’exercice de l’autorité".

 

 

 

QUI SERA LE COMMISSAIRE?

Quant au commissaire, ou plutôt au "délégué" pontifical qui aura les pleins pouvoirs dans la phase de reconstruction de la Légion, on prévoit que Benoît XVI le nommera avant l’été.

Il en a été question au cours de la réunion. Les qualités qu’il devra posséder ont été indiquées. Un nom a été cité, un seul pour le moment : celui du cardinal mexicain Juan Sandoval Íñiguez, archevêque de Guadalajara.

Le cardinal Sandoval connaît bien la Légion, dont le Mexique est la patrie historique. Il est aussi titulaire, à Rome, de l’église Notre-Dame de Guadalupe, qui appartient aux Légionnaires. Mais il ne s’est jamais associé à eux et à leurs intrigues, ni avec Maciel ni avec les dirigeants actuels. Âgé de 77 ans, il est sur le point d’abandonner la direction de son diocèse, car il a dépassé la limite d’âge : il pourra donc se consacrer à plein temps à ce dossier. Au Vatican, il est membre de la congrégation pour les religieux, de celle pour l'éducation catholique, et de la préfecture pour les affaires économiques du Saint-Siège. De plus, il fait partie de la commission cardinalice de surveillance de l'Institut pour les Œuvres de Religion (IOR). Il est considéré comme quelqu’un de très résolu et de toute confiance.

 

 

 

UN VIRAGE EN MATIÈRE DE COMMUNICATION

Une dernière remarque : avec ce communiqué, le Saint-Siège a renversé le schéma qui prédominait dans les médias, ces derniers temps, en matière de pédophilie. Cette fois, au lieu de se faire dicter l'agenda par les journaux, au lieu de répondre au cas par cas au martèlement des accusations, le Saint-Siège a pris l'initiative.

Dans le cas des Légionnaires, ce sont les médias qui doivent suivre les décisions des autorités vaticanes et, en premier lieu, du pape. Et ce sont des décisions difficilement contestables. Des décisions relevant typiquement de l’Église, qu’aucun tribunal terrestre ne peut remplacer. Des décisions visant non seulement à punir, mais surtout à assainir, conforter, purifier, reconstruire. Dans cet ordre de la grâce dont l’Église est dépositaire et gardienne.



COMMUNIQUÉ DU SAINT-SIÈGE

Le 1er mai 2010



1. Le 30 avril et le 1er mai, le cardinal secrétaire d’état a présidé au Vatican une réunion des cinq évêques chargés de la visite apostolique à la congrégation des Légionnaires du Christ (Mgr Ricardo Blázquez Pérez, archevêque de Valladolid ; Mgr Charles Joseph Chaput, OFM Cap., archevêque de Denver ; Mgr Ricardo Ezzati Andrello, SDB, archevêque di Concepción ; Mgr Giuseppe Versaldi, évêque d’Alessandria ; Mgr Ricardo Watty Urquidi, M.Sp.S., évêque de Tepic). Ont participé à cette réunion le préfet de la congrégation pour la Doctrine de la foi et celui de la congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, ainsi que le substitut pour les Affaires générales de la secrétairerie d’état.

L’une des sessions a eu lieu en présence du Saint-Père, auquel les visiteurs ont présenté une synthèse de leurs rapports, qu’ils avaient déjà envoyés antérieurement.

Au cours de la visite ils ont rencontré personnellement plus de 1 000 Légionnaires et passé au crible plusieurs centaines de témoignages écrits. Les visiteurs se sont rendus dans presque toutes les maisons religieuses et dans beaucoup des œuvres d’apostolat dirigées par la congrégation. Ils ont recueilli, verbalement ou par écrit, l’opinion de nombreux évêques diocésains des pays où opère la congrégation. Les visiteurs ont aussi rencontré beaucoup de membres du mouvement "Regnum Christi", bien que celui-ci n’ait pas été l’objet de la visite, en particulier des hommes et des femmes consacrés. Ils ont également reçu une assez importante correspondance provenant de laïcs engagés et de proches d’adhérents au mouvement.

Les cinq visiteurs ont fait état de l’accueil sincère qui leur a été réservé et de l’esprit de collaboration concrète manifesté par la congrégation et par les religieux individuellement. Bien qu’ayant agi indépendamment les uns des autres, ils sont arrivés à une évaluation largement convergente et à un jugement partagé. Ils ont affirmé qu’ils avaient rencontré un grand nombre de religieux exemplaires, honnêtes, pleins de talent, dont beaucoup de jeunes, qui cherchent le Christ avec un zèle authentique et qui offrent leur existence tout entière pour l’extension du Royaume de Dieu.

2. La visite apostolique a permis de constater que la conduite du P. Marcial Maciel Degollado a eu de graves conséquences sur la vie et la structure de la Légion, au point de rendre nécessaire une démarche de profonde révision.

Les comportements très graves et objectivement immoraux du P. Maciel, confirmés par des témoignages incontestables, constituent parfois de véritables délits et font apparaître une vie dénuée de scrupules et d’un authentique sentiment religieux. Une grande partie des Légionnaires n’était  pas au courant de cette vie, surtout en raison du système de relations mis au point par le P. Maciel, qui avait habilement su se créer des alibis, obtenir la confiance, la loyauté et le silence de son entourage et renforcer son propre rôle de fondateur charismatique.

Le regrettable discrédit et l’éloignement qui frappaient fréquemment ceux qui doutaient de la rectitude de son comportement, ainsi que la conviction erronée qu’il ne fallait pas nuire au bien qu’accomplissait la Légion, avaient créé autour de lui un mécanisme de défense qui l’a longtemps rendu inattaquable, ce qui rendait sa vraie vie très difficile à connaître.

3. À cause du zèle sincère de la majorité des Légionnaires, qui est également apparu lors des visites dans les maisons de la congrégation et dans beaucoup de leurs œuvres, très appréciées par un grand nombre de personnes, beaucoup de gens ont, dans le passé, pensé que les accusations de plus en plus insistantes qui étaient lancées ici et là ne pouvaient être que des calomnies.

C’est pourquoi la découverte et la connaissance de la vérité à propos du fondateur a provoqué, chez les membres de la Légion, une surprise, un désarroi et une douleur profonde qui ont été clairement mis en évidence par les visiteurs.

4. Les résultats de la visite apostolique ont fait apparaître clairement, entre autres éléments :

a) la nécessité de redéfinir le charisme de la congrégation des Légionnaires du Christ, en préservant son véritable noyau, celui de la "militia Christi", qui caractérise l’action apostolique et missionnaire de l’Église et qui ne peut être identifié à la recherche de l’efficacité à tout prix ;

b) la nécessité de revoir l’exercice de l’autorité, qui doit être associée à la vérité, pour respecter la conscience et se développer à la lumière de l’Évangile comme authentique service ecclésial ;

c) la nécessité de préserver l’enthousiasme de la foi des jeunes, le zèle missionnaire, le dynamisme apostolique, grâce à une formation adaptée. En effet, la déception à propos du fondateur pourrait remettre en question la vocation et ce noyau de charisme qui appartient aux Légionnaires du Christ et leur est propre.

5. Le Saint-Père entend rassurer tous les Légionnaires et les membres du mouvement "Regnum Christi", qui ne seront pas abandonnés : l’Église a la ferme volonté de les accompagner et de les aider dans la démarche de purification qui les attend. Celle-ci comportera notamment une confrontation sincère avec tous ceux qui, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Légion, ont été victimes des abus sexuels et du système de pouvoir mis en œuvre par le fondateur : c’est vers eux que vont en ce moment la pensée et la prière du Saint-Père, ainsi que sa gratitude pour ceux d’entre eux qui, même au milieu de grandes difficultés, ont eu le courage et la persévérance d’exiger la vérité.

6. Le Saint-Père, qui a remercié les visiteurs pour le travail délicat qu’ils ont effectué avec compétence, générosité et profonde sensibilité pastorale, s’est réservé d’indiquer prochainement les modalités de cet accompagnement, à commencer par la nomination d’un délégué qui le représentera et d’une commission d’étude sur les constitutions [de la Légion].

Le Saint-Père enverra un visiteur aux membres consacrés du mouvement "Regnum Christi", qui l’ont demandé avec insistance.

7. Enfin le Pape renouvelle à tous les Légionnaires du Christ, à leurs familles, aux laïcs engagés dans le mouvement "Regnum Christi", ses encouragements, en ce moment difficile pour la congrégation et pour chacun d’eux. Il les exhorte à ne pas perdre de vue que leur vocation, née de l’appel du Christ et animée par la volonté de témoigner son amour au monde, est un véritable don de Dieu, une richesse pour l’Église, la base indestructible sur laquelle doivent être construits leur avenir personnel et celui de la Légion.



Le site officiel des Légionnaires :

> Légionnaires du Christ


La liste de tous les articles de www.chiesa à propos des Légionnaires du Christ :

> Focus MOUVEMENTS CATHOLIQUES


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

Marthe Robin, De la Croix vers la Lumière 2

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Tout mon être vient de subir une heureuse transformation. Et mon âme hier encore ensevelie dans les plus désolantes ténèbres s'ouvre à des horizons nouveaux. Je me sens aussi toute renouvelée pour la lutte et pour la souffrance.

 

J'ai eu peur à un moment donné de n'avoir plus la force, plus la volonté à rien. Quelle angoisse! Mais Jésus m'a refaite en lui et uniquement pour lui seul. C'est comme une vie nouvelle… Je suis avide, j'ai vraiment faim et soif de travailler pour l'amour et la gloire de Dieu…

 

Ma résolution sera de vivre toujours unie à Dieu et de rendre cette union tous les jours plus intime et plus étroite, pour qu'elle devienne plus féconde.

 

 

Marthe Robin, De la Croix vers la Lumière 1

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

 

marthe-robin.jpg

 

 

Plus ma vie sera soumise à Dieu est conforme avec celle du Rédempteur, plus je participerai à l'achèvement de son œuvre. Ainsi, unissant à l'oblation de la victime infinie mon travail obscur, mes pauvres petites actions, mes prières inconnues des hommes, tous mes sacrifices, toutes mes souffrances et mes immolations, et même la stérilité apparente de ma vie, je suis sûre, non seulement de travailler à ma propre sanctification, mais de donner à Dieu une immense couronne d'élus.

 

 

André Manaranche, Pas de prêtrise si l'Eglise n'est pas du Christ 7

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

6. De cette grâce, Marie et la figure parfaite et la distributrice maternelle. Car si l'Ordre structure l'Eglise, il n'en est pas la substance. L'Eglise est une demeure mariale, car c'est la maison de Jean où habite la mère de Jésus (Jean 19, 27). C'est la maison du disciple ayant avant d'être le bureau de l'apôtre ; sinon ce serait un logement de fonction et l'on se trouverait dans une usine. Jean-Paul II le dit clairement : le profil marial de l'Eglise est plus fondamental que le profil pétrinien, tout en lui étant étroitement uni. Marie précède le ministère, parce que le munus apostolicum est là pour apporter une sainteté qui est toute préfigurée en Marie et qu'il ne détient pas lui-même. C'est pourquoi la Vierge ne possède pas les pouvoirs apostoliques : elle est au-dessus, « elle a autre chose et beaucoup plus » (Mulieris dignitatem, n° 27, note 55). En d'autres termes, Marie est fille de Pierre, mais elle est mère de Jean. L'oublier, c'est tomber dans le cléricalisme en pensant que la substance de l'Eglise est ministérielle. Alors la prise du pouvoir supplante la recherche de la communion, et c'est la foire d'empoigne.

 

De ce point de vue, il n'y a pas d'êtres plus cléricaux que les féministes, et par conséquent pas d’êtres moins... féminins. Pour ces personnes, Marie est une honte : parce qu'elle est vierge, parce qu'elle s'absorbe dans sa maternité et parce qu'elle n'est pas prêtre. Je l'ai souvent constaté, la mère de Jésus agace prodigieusement ses femmes en promotion.

 

Sans être apôtre, comme on le voit au cénacle (Actes 1, 14), Marie est reine des apôtres. Elle ne parle pas, et Pierre ne parle pas d'elle (pas encore), mais, à sa manière maternelle, elle assure la cohésion du groupe, d'une autre façon que le chef des Douze. Max. Thurian l'a bien compris. Or, disons-le franchement, il arrive trop souvent qu'un séminariste soit disqualifié à cause de son amour pour Marie, culte qui semble bien suspect. Certes, il existe des dévotions indiscrètes, mal équilibrées, sirupeuses, ou des phénomènes sans crédit parasitent la dogmatique, et je suis le premier à mettre en garde contre. Mais que Marie n'ait pas sa place dans la vie d'un futur prêtre, alors ce me semble trop. Je constate que la même suspicion atteint aussi ceux qui ont un amour de l'Eucharistie au-delà de la messe, surtout quand ils demandent une exposition du Saint-Sacrement. Tout récemment, au cours d'une retraite, un jeune papa, qui fait pratiquer l'adoration à ses petits-enfants, en faveur des vocations précisément, me disait l'opposition que soulevait son projet dans le lieu où il habitait. Comme il demandait une exposition, pour que le corps du Christ soit mieux concrétisé et que les enfants soient d'autant plus attentifs, il se vit répondre que ça irait aussi bien porte fermée. Et lui de répondre avec humour : « Est-ce que vous conversez avec vos amis à travers une porte ? Moi, jamais ! »...

 

Et aussi ceux qui aiment le Saint-Père. Alors je retrouve les fameuses trois blancheurs de don Bosco...

 

« L'Eglise apprend de Marie ce qu'est sa propre maternité » (Redemptoris Mater, n° 43), nous dit Jean-Paul II. En effet, les sacrements n'ont pas d'autre but que de donner, redonner et faire croître la vie. Ils culminent, bien sûr, dans l'Eucharistie, qui nous donne le corps du Christ en nourriture (ibid. n° 44). On comprend que cela puisse intéresser un séminariste, qui ne se voue pas à régenter mais à alimenter ! Nul doute aussi que Marie intervienne de tout son pouvoir dans l'éveil des vocations, afin que, suffisamment pourvue de pasteurs, l'Eglise puisse « engendrer le Christ dans les armes dévastées », et non pas photocopier des circulaires. Les appels d'offres rencontreront toujours le vide s'ils proposent aux jeunes un autre programme.

 

 

André Manaranche,

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