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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Marthe Robin, De la Croix vers la Lumière 6

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Je sens bien tout ce que Jésus me donne en se donnant à moi. Je suis palpitante et toute saisie de respect et d'amour, me demandant ce que j'apporterai et donnerai, moi pauvre petite indigente, à ce Dieu qui me comble de grâces, de bonté et de miséricorde, à ce Dieu plein d'amour qui en se donnant à moi dépose en mon cœur  le sceau des élus.

Marthe Robin, De la Croix vers la Lumière 5

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Que sortira-t-il demain de ma petite misère, de mes épreuves chrétiennement, amoureusement supportées ? Il peut en sortir sûrement pour moi des grâces exceptionnelles de vertu et de sainteté, pour les êtres qui me sont si chers, des grâces éclatantes de conversion, et peut-être pour beaucoup, beaucoup d'autres âmes, des grâces merveilleuses de salut.

 

C'est peut-être par les épreuves qui semblent le plus m’anéantir, me réduire à l’incapacité que s'accomplira la réalisation de mes plus ardents désirs, tenait plus fervente prière, jamais plus suppliante demande.

 

 

Marthe Robin, De la Croix vers la Lumière 4

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Faites, ô Maître adoré, que je meure entièrement au monde et à moi-même. J'accepte avec amour et avec une toujours plus grande joie, les afflictions, les peines, les consolations, les souffrances, les sécheresses, les abandons, les trahisons, les mépris... Je les aime puisqu'elles me viennent de vous, qu'elles m’unissent à vous et me rendent un peu semblable à fou, au monde divin rédempteur.

 

 

 

Marthe Robin, De la Croix vers la Lumière 3

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Ô croix ! Croix de mon Sauveur, croix que j'aime et bénis, doux  trésor de mon âme, c'est par vous que je veux vivre et mourir, car en vous, en vous seul est ma voie, mon espérance et ma joie pour le temps de mon triste pèlerinage... Ô mon doux Jésus ! Là j’unis mes douleurs à vos douleurs, mes angoisses aux vôtres ; c'est là que j'attends le dernier trait de feu qui, en délivrant mon arme de sa prison de la terre, m’unira pour jamais à celui que mon cœur désire.

 

 

Le grand "pari". Comment refonder la Légion en repartant du début

dominicanus #Il est vivant !

Les fautes de Maciel. Le système de pouvoir qui couvrait sa vie indigne. Les autorités vaticanes accusent. Et dictent l'agenda de la reconstruction. Avec les pleins pouvoirs confiés à un cardinal délégué par le pape

par Sandro Magister


pape.legion.jpg

 



ROME, le 3 mai 2010 – Le communiqué émis il y a deux jours par le Saint-Siège à propos des Légionnaires du Christ est d’une portée très remarquable. Il est reproduit intégralement ci-dessous et doit être lu de la première à la dernière ligne. Mais, pour être tout à fait compris, il requiert quelques notes explicatives.

 

 

 

LA GENÈSE DU COMMUNIQUÉ

Les cinq évêques qui ont effectué la visite apostolique à la Légion – ce sont tous des prélats de premier plan dans leurs pays respectifs – ont remis leurs rapports aux autorités vaticanes au milieu du mois de mars dernier, après sept mois d’enquête dans les zones géographiques attribuées à chacun.

Sur la base de leurs rapports et en citant largement ceux-ci, la secrétairerie d’état du Vatican a préparé un document de travail.

Rappelés au Vatican à la fin du mois d’avril, les cinq visiteurs ont travaillé intensément, toute la journée du vendredi 30 avril et le matin du samedi 1er mai, sur la base de ce document. Ils l’ont fait sous la présidence du cardinal Tarcisio Bertone, avec le cardinal William J. Levada, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Franc Rodé, préfet de la congrégation pour les religieux, et l'archevêque Fernando Filoni, substitut de la secrétairerie d’état.

La rédaction du communiqué final a également fait partie des travaux.

 

 

 

LE RÔLE DU PAPE

Benedetto XVI a assisté en silence, pendant une heure et demie, aux travaux du groupe, le matin du vendredi 30 avril. Avant de s’en aller, il a encouragé les membres du groupe à lui présenter des propositions concrètes, à partir desquelles il prendrait  des décisions.

Mais ce n’était là qu’une énième manifestation du rôle essentiel joué par Joseph Ratzinger dans l’affaire des Légionnaires du Christ. C’est lui qui a ordonné, à la fin de 2004, une enquête sur leur fondateur, Marcial Maciel Degollado, alors que la curie de l'époque et le pape Jean-Paul II lui-même étaient généralement convaincus de l’innocence de celui-ci. C’est lui qui, étant pape, a émis en mai 2006 la sentence condamnant Maciel. C’est lui qui, à l’été 2009, a ordonné la visite apostolique à la Légion.

 

 

 

LE JUGEMENT SUR MACIEL

Le communiqué indique, pour la première fois dans un document officiel du Vatican, les fautes du fondateur des Légionnaires, fautes que même la condamnation de 2006 n’avait pas citées.

Elles sont qualifiées de "comportements très graves et objectivement immoraux" et parfois de "véritables délits", qui en sont arrivés à constituer "une vie dénuée de scrupules et d’un authentique sentiment religieux".

 

 

 

LA COMPLICITÉ DES CHEFS

Le communiqué émet également un jugement très sévère et sans précédents sur le "système de relations" construit autour de Maciel, sur le "silence de l’entourage", sur le "mécanisme de défense" de sa vie indigne.

En écrivant qu’"une grande partie des Légionnaires n’était pas au courant de cette vie", les auteurs du communiqué affirment implicitement que certains, au contraire, savaient.

Il n’y aura donc aucune indulgence pour le "système de pouvoir" qui a fait bloc autour de Maciel avant et après sa mort, c’est-à-dire pour les actuels dirigeants centraux et territoriaux de la Légion.

En particulier, il est tout à fait illusoire de penser que le couperet pourrait épargner les deux dirigeants suprêmes, le directeur général Álvaro Corcuera et le vicaire général Luís Garza Medina.

Ce dernier, qui est à ce jour le véritable numéro un de la Légion du point de vue financier, a tout fait, ces dernières semaines, pour se présenter comme un nouveau Talleyrand, capable de rester en selle en Thermidor après avoir secondé la Terreur.

Mais Maciel semblait lui aussi "inattaquable" – comme le rappelle le communiqué – et il a fini par sombrer.

 

 

 

LE "PARI" SUR L’AVENIR

Avec beaucoup de réalisme, le document de travail qui a servi de base à la discussion ne présentait pas comme assuré le succès du travail de reconstruction que la Légion va devoir accomplir. A propos de l’avenir, il employait le mot "pari".

Un point qui donne confiance – selon le communiqué – est le "grand nombre de religieux exemplaires", animés d’un "zèle authentique pour l’extension du Royaume de Dieu", qu’ont rencontrés les visiteurs.

Mais aujourd’hui, sur les 800 prêtres de la Légion, il n’y en a que 100 environ qui travaillent consciemment à une "démarche de profonde révision". Ils sont, pour la plupart, encore égarés, traumatisés par les révélations concernant le fondateur et soumis à l'autorité des dirigeants en qui ils voient leur unique ancrage.

 

 

 

L’AGENDA À VENIR

En plus de la nomination d’un commissaire, les autorités vaticanes annoncent dans le communiqué deux autres mesures.

La première était déjà prévue : c’est une visite apostolique supplémentaire portant sur Regnum Christi, l'association laïque associée aux Légionnaires, également fondée par Maciel.

La seconde est issue de la discussion de ces jours derniers. Une commission indépendante d’étude sur les constitutions de la Légion sera constituée, en particulier pour "revoir l’exercice de l’autorité".

 

 

 

QUI SERA LE COMMISSAIRE?

Quant au commissaire, ou plutôt au "délégué" pontifical qui aura les pleins pouvoirs dans la phase de reconstruction de la Légion, on prévoit que Benoît XVI le nommera avant l’été.

Il en a été question au cours de la réunion. Les qualités qu’il devra posséder ont été indiquées. Un nom a été cité, un seul pour le moment : celui du cardinal mexicain Juan Sandoval Íñiguez, archevêque de Guadalajara.

Le cardinal Sandoval connaît bien la Légion, dont le Mexique est la patrie historique. Il est aussi titulaire, à Rome, de l’église Notre-Dame de Guadalupe, qui appartient aux Légionnaires. Mais il ne s’est jamais associé à eux et à leurs intrigues, ni avec Maciel ni avec les dirigeants actuels. Âgé de 77 ans, il est sur le point d’abandonner la direction de son diocèse, car il a dépassé la limite d’âge : il pourra donc se consacrer à plein temps à ce dossier. Au Vatican, il est membre de la congrégation pour les religieux, de celle pour l'éducation catholique, et de la préfecture pour les affaires économiques du Saint-Siège. De plus, il fait partie de la commission cardinalice de surveillance de l'Institut pour les Œuvres de Religion (IOR). Il est considéré comme quelqu’un de très résolu et de toute confiance.

 

 

 

UN VIRAGE EN MATIÈRE DE COMMUNICATION

Une dernière remarque : avec ce communiqué, le Saint-Siège a renversé le schéma qui prédominait dans les médias, ces derniers temps, en matière de pédophilie. Cette fois, au lieu de se faire dicter l'agenda par les journaux, au lieu de répondre au cas par cas au martèlement des accusations, le Saint-Siège a pris l'initiative.

Dans le cas des Légionnaires, ce sont les médias qui doivent suivre les décisions des autorités vaticanes et, en premier lieu, du pape. Et ce sont des décisions difficilement contestables. Des décisions relevant typiquement de l’Église, qu’aucun tribunal terrestre ne peut remplacer. Des décisions visant non seulement à punir, mais surtout à assainir, conforter, purifier, reconstruire. Dans cet ordre de la grâce dont l’Église est dépositaire et gardienne.



COMMUNIQUÉ DU SAINT-SIÈGE

Le 1er mai 2010



1. Le 30 avril et le 1er mai, le cardinal secrétaire d’état a présidé au Vatican une réunion des cinq évêques chargés de la visite apostolique à la congrégation des Légionnaires du Christ (Mgr Ricardo Blázquez Pérez, archevêque de Valladolid ; Mgr Charles Joseph Chaput, OFM Cap., archevêque de Denver ; Mgr Ricardo Ezzati Andrello, SDB, archevêque di Concepción ; Mgr Giuseppe Versaldi, évêque d’Alessandria ; Mgr Ricardo Watty Urquidi, M.Sp.S., évêque de Tepic). Ont participé à cette réunion le préfet de la congrégation pour la Doctrine de la foi et celui de la congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, ainsi que le substitut pour les Affaires générales de la secrétairerie d’état.

L’une des sessions a eu lieu en présence du Saint-Père, auquel les visiteurs ont présenté une synthèse de leurs rapports, qu’ils avaient déjà envoyés antérieurement.

Au cours de la visite ils ont rencontré personnellement plus de 1 000 Légionnaires et passé au crible plusieurs centaines de témoignages écrits. Les visiteurs se sont rendus dans presque toutes les maisons religieuses et dans beaucoup des œuvres d’apostolat dirigées par la congrégation. Ils ont recueilli, verbalement ou par écrit, l’opinion de nombreux évêques diocésains des pays où opère la congrégation. Les visiteurs ont aussi rencontré beaucoup de membres du mouvement "Regnum Christi", bien que celui-ci n’ait pas été l’objet de la visite, en particulier des hommes et des femmes consacrés. Ils ont également reçu une assez importante correspondance provenant de laïcs engagés et de proches d’adhérents au mouvement.

Les cinq visiteurs ont fait état de l’accueil sincère qui leur a été réservé et de l’esprit de collaboration concrète manifesté par la congrégation et par les religieux individuellement. Bien qu’ayant agi indépendamment les uns des autres, ils sont arrivés à une évaluation largement convergente et à un jugement partagé. Ils ont affirmé qu’ils avaient rencontré un grand nombre de religieux exemplaires, honnêtes, pleins de talent, dont beaucoup de jeunes, qui cherchent le Christ avec un zèle authentique et qui offrent leur existence tout entière pour l’extension du Royaume de Dieu.

2. La visite apostolique a permis de constater que la conduite du P. Marcial Maciel Degollado a eu de graves conséquences sur la vie et la structure de la Légion, au point de rendre nécessaire une démarche de profonde révision.

Les comportements très graves et objectivement immoraux du P. Maciel, confirmés par des témoignages incontestables, constituent parfois de véritables délits et font apparaître une vie dénuée de scrupules et d’un authentique sentiment religieux. Une grande partie des Légionnaires n’était  pas au courant de cette vie, surtout en raison du système de relations mis au point par le P. Maciel, qui avait habilement su se créer des alibis, obtenir la confiance, la loyauté et le silence de son entourage et renforcer son propre rôle de fondateur charismatique.

Le regrettable discrédit et l’éloignement qui frappaient fréquemment ceux qui doutaient de la rectitude de son comportement, ainsi que la conviction erronée qu’il ne fallait pas nuire au bien qu’accomplissait la Légion, avaient créé autour de lui un mécanisme de défense qui l’a longtemps rendu inattaquable, ce qui rendait sa vraie vie très difficile à connaître.

3. À cause du zèle sincère de la majorité des Légionnaires, qui est également apparu lors des visites dans les maisons de la congrégation et dans beaucoup de leurs œuvres, très appréciées par un grand nombre de personnes, beaucoup de gens ont, dans le passé, pensé que les accusations de plus en plus insistantes qui étaient lancées ici et là ne pouvaient être que des calomnies.

C’est pourquoi la découverte et la connaissance de la vérité à propos du fondateur a provoqué, chez les membres de la Légion, une surprise, un désarroi et une douleur profonde qui ont été clairement mis en évidence par les visiteurs.

4. Les résultats de la visite apostolique ont fait apparaître clairement, entre autres éléments :

a) la nécessité de redéfinir le charisme de la congrégation des Légionnaires du Christ, en préservant son véritable noyau, celui de la "militia Christi", qui caractérise l’action apostolique et missionnaire de l’Église et qui ne peut être identifié à la recherche de l’efficacité à tout prix ;

b) la nécessité de revoir l’exercice de l’autorité, qui doit être associée à la vérité, pour respecter la conscience et se développer à la lumière de l’Évangile comme authentique service ecclésial ;

c) la nécessité de préserver l’enthousiasme de la foi des jeunes, le zèle missionnaire, le dynamisme apostolique, grâce à une formation adaptée. En effet, la déception à propos du fondateur pourrait remettre en question la vocation et ce noyau de charisme qui appartient aux Légionnaires du Christ et leur est propre.

5. Le Saint-Père entend rassurer tous les Légionnaires et les membres du mouvement "Regnum Christi", qui ne seront pas abandonnés : l’Église a la ferme volonté de les accompagner et de les aider dans la démarche de purification qui les attend. Celle-ci comportera notamment une confrontation sincère avec tous ceux qui, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Légion, ont été victimes des abus sexuels et du système de pouvoir mis en œuvre par le fondateur : c’est vers eux que vont en ce moment la pensée et la prière du Saint-Père, ainsi que sa gratitude pour ceux d’entre eux qui, même au milieu de grandes difficultés, ont eu le courage et la persévérance d’exiger la vérité.

6. Le Saint-Père, qui a remercié les visiteurs pour le travail délicat qu’ils ont effectué avec compétence, générosité et profonde sensibilité pastorale, s’est réservé d’indiquer prochainement les modalités de cet accompagnement, à commencer par la nomination d’un délégué qui le représentera et d’une commission d’étude sur les constitutions [de la Légion].

Le Saint-Père enverra un visiteur aux membres consacrés du mouvement "Regnum Christi", qui l’ont demandé avec insistance.

7. Enfin le Pape renouvelle à tous les Légionnaires du Christ, à leurs familles, aux laïcs engagés dans le mouvement "Regnum Christi", ses encouragements, en ce moment difficile pour la congrégation et pour chacun d’eux. Il les exhorte à ne pas perdre de vue que leur vocation, née de l’appel du Christ et animée par la volonté de témoigner son amour au monde, est un véritable don de Dieu, une richesse pour l’Église, la base indestructible sur laquelle doivent être construits leur avenir personnel et celui de la Légion.



Le site officiel des Légionnaires :

> Légionnaires du Christ


La liste de tous les articles de www.chiesa à propos des Légionnaires du Christ :

> Focus MOUVEMENTS CATHOLIQUES


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

Marthe Robin, De la Croix vers la Lumière 2

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Tout mon être vient de subir une heureuse transformation. Et mon âme hier encore ensevelie dans les plus désolantes ténèbres s'ouvre à des horizons nouveaux. Je me sens aussi toute renouvelée pour la lutte et pour la souffrance.

 

J'ai eu peur à un moment donné de n'avoir plus la force, plus la volonté à rien. Quelle angoisse! Mais Jésus m'a refaite en lui et uniquement pour lui seul. C'est comme une vie nouvelle… Je suis avide, j'ai vraiment faim et soif de travailler pour l'amour et la gloire de Dieu…

 

Ma résolution sera de vivre toujours unie à Dieu et de rendre cette union tous les jours plus intime et plus étroite, pour qu'elle devienne plus féconde.

 

 

Marthe Robin, De la Croix vers la Lumière 1

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

 

marthe-robin.jpg

 

 

Plus ma vie sera soumise à Dieu est conforme avec celle du Rédempteur, plus je participerai à l'achèvement de son œuvre. Ainsi, unissant à l'oblation de la victime infinie mon travail obscur, mes pauvres petites actions, mes prières inconnues des hommes, tous mes sacrifices, toutes mes souffrances et mes immolations, et même la stérilité apparente de ma vie, je suis sûre, non seulement de travailler à ma propre sanctification, mais de donner à Dieu une immense couronne d'élus.

 

 

André Manaranche, Pas de prêtrise si l'Eglise n'est pas du Christ 7

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

6. De cette grâce, Marie et la figure parfaite et la distributrice maternelle. Car si l'Ordre structure l'Eglise, il n'en est pas la substance. L'Eglise est une demeure mariale, car c'est la maison de Jean où habite la mère de Jésus (Jean 19, 27). C'est la maison du disciple ayant avant d'être le bureau de l'apôtre ; sinon ce serait un logement de fonction et l'on se trouverait dans une usine. Jean-Paul II le dit clairement : le profil marial de l'Eglise est plus fondamental que le profil pétrinien, tout en lui étant étroitement uni. Marie précède le ministère, parce que le munus apostolicum est là pour apporter une sainteté qui est toute préfigurée en Marie et qu'il ne détient pas lui-même. C'est pourquoi la Vierge ne possède pas les pouvoirs apostoliques : elle est au-dessus, « elle a autre chose et beaucoup plus » (Mulieris dignitatem, n° 27, note 55). En d'autres termes, Marie est fille de Pierre, mais elle est mère de Jean. L'oublier, c'est tomber dans le cléricalisme en pensant que la substance de l'Eglise est ministérielle. Alors la prise du pouvoir supplante la recherche de la communion, et c'est la foire d'empoigne.

 

De ce point de vue, il n'y a pas d'êtres plus cléricaux que les féministes, et par conséquent pas d’êtres moins... féminins. Pour ces personnes, Marie est une honte : parce qu'elle est vierge, parce qu'elle s'absorbe dans sa maternité et parce qu'elle n'est pas prêtre. Je l'ai souvent constaté, la mère de Jésus agace prodigieusement ses femmes en promotion.

 

Sans être apôtre, comme on le voit au cénacle (Actes 1, 14), Marie est reine des apôtres. Elle ne parle pas, et Pierre ne parle pas d'elle (pas encore), mais, à sa manière maternelle, elle assure la cohésion du groupe, d'une autre façon que le chef des Douze. Max. Thurian l'a bien compris. Or, disons-le franchement, il arrive trop souvent qu'un séminariste soit disqualifié à cause de son amour pour Marie, culte qui semble bien suspect. Certes, il existe des dévotions indiscrètes, mal équilibrées, sirupeuses, ou des phénomènes sans crédit parasitent la dogmatique, et je suis le premier à mettre en garde contre. Mais que Marie n'ait pas sa place dans la vie d'un futur prêtre, alors ce me semble trop. Je constate que la même suspicion atteint aussi ceux qui ont un amour de l'Eucharistie au-delà de la messe, surtout quand ils demandent une exposition du Saint-Sacrement. Tout récemment, au cours d'une retraite, un jeune papa, qui fait pratiquer l'adoration à ses petits-enfants, en faveur des vocations précisément, me disait l'opposition que soulevait son projet dans le lieu où il habitait. Comme il demandait une exposition, pour que le corps du Christ soit mieux concrétisé et que les enfants soient d'autant plus attentifs, il se vit répondre que ça irait aussi bien porte fermée. Et lui de répondre avec humour : « Est-ce que vous conversez avec vos amis à travers une porte ? Moi, jamais ! »...

 

Et aussi ceux qui aiment le Saint-Père. Alors je retrouve les fameuses trois blancheurs de don Bosco...

 

« L'Eglise apprend de Marie ce qu'est sa propre maternité » (Redemptoris Mater, n° 43), nous dit Jean-Paul II. En effet, les sacrements n'ont pas d'autre but que de donner, redonner et faire croître la vie. Ils culminent, bien sûr, dans l'Eucharistie, qui nous donne le corps du Christ en nourriture (ibid. n° 44). On comprend que cela puisse intéresser un séminariste, qui ne se voue pas à régenter mais à alimenter ! Nul doute aussi que Marie intervienne de tout son pouvoir dans l'éveil des vocations, afin que, suffisamment pourvue de pasteurs, l'Eglise puisse « engendrer le Christ dans les armes dévastées », et non pas photocopier des circulaires. Les appels d'offres rencontreront toujours le vide s'ils proposent aux jeunes un autre programme.

 

 

André Manaranche,

Saint-Suaire, Passion du Christ, passion de l'homme

dominicanus #Il est vivant !

C'est la formule de présentation de l'ostension du Saint Suaire, qui a lieu actuellement à Turin. Le 2 mai, le pape lui-même s'unira aux millions de pèlerins venus du monde entier. En parallèle, une grande exposition sur le corps et le visage de Jésus dans l'art
 


par Sandro Magister


rubens.resurrection.jpg

 



ROME, le 30 avril 2010 – Le cinquième dimanche de Pâques, dans deux jours, Benoît XVI se rendra à Turin. L’après-midi, à la cathédrale, il s’agenouillera devant le Saint Suaire, le vénérable tissu marqué des mystérieuses empreintes d’un homme crucifié, d’un corps qui porte toutes les traces de la passion de Jésus.

Depuis le 10 avril, date du début de l’ostension du Suaire au public – il sera exposé jusqu’au 23 mai – une foule innombrable accourt pour le voir. Y compris des non-chrétiens, y compris des gens éloignés de Dieu, attirés malgré tout par le mystère que constitue la personne de Jésus, son corps, son visage.

Au désir de "voir" ce mystère répond une exposition artistique étudiée justement pour accompagner l'ostension du Suaire. Elle a lieu au palais royal de Venaria, à quelques kilomètres au nord de Turin et elle est intitulée : "Jésus. Son corps, son visage dans l'art".

Parmi les 180 œuvres d’art exposées se trouvent des chefs d’œuvre d’artistes tels que Donatello, Mantegna, Bellini, Giorgione, le Corrège, Véronèse, le Tintoret. Il y a aussi le merveilleux crucifix en bois sculpté par Michel-Ange pour la basilique du Saint-Esprit à Florence.

Le Suaire figure dans beaucoup de ces œuvres. Par exemple dans le Christ ressuscité de Pierre-Paul Rubens, reproduit ci-dessus, qui date de 1615 et est conservé au palais Pitti, à Florence. Un Jésus athlétique, au corps encore partiellement enveloppé dans le tissu, qui est assis triomphant sur le sépulcre vide. Comme on le chante dans la séquence de la messe de Pâques : "Mors et vita duello conflixere mirando, dux vitae mortuus regnat vivus". La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne.

Voici maintenant un guide de la vision du corps et du visage de Jésus, écrit par le commissaire de cette exposition, Timothy Verdon. Américain, il est historien d'art, prêtre du diocèse de Florence et directeur du bureau diocésain pour la catéchèse par l'art.

Ce texte est tiré du chapitre introductif du catalogue de l’exposition et d’une conférence du même Verdon à la cathédrale de Turin, le 26 avril dernier.



JÉSUS. SON CORPS, SON VISAGE DANS L'ART

par Timothy Verdon



À Turin, où l’on conserve et vénère depuis des siècles le grand morceau de tissu connu comme le Saint Suaire, il est naturel de réfléchir au corps et au visage de Jésus. Le Suaire appuie la conviction que Jésus a vraiment vécu et est vraiment mort, mais il invite à croire que Jésus est également ressuscité. Le drap abandonné au moment de sa résurrection serait en effet le signe de son passage à la vie nouvelle.

La possibilité de l’existence d’une telle relique est spécialement significative pour l’art, parce qu’elle confirme la visibilité et donc la représentabilité de l’homme qui se disait Fils de l’invisible Dieu d’Israël.

Au VIIIe siècle, saint Jean Damascène, évoquant l’interdiction biblique de toute représentation de la divinité, écrivait : "Autrefois, on ne pouvait faire aucune image d’un Dieu incorporel et sans contour physique. Mais maintenant que Dieu a été vu incarné et qu’il s’est mêlé à la vie des hommes, il est licite de faire une image de ce qui a été vu de Dieu", c’est-à-dire de l’homme Jésus. Écrivant dans le contexte de l’interdiction des images par l’empereur de Byzance, l’iconoclaste Léon III, cet auteur – né chrétien à Damas qui était alors sous contrôle musulman – voyait un lien entre le dogme théologique de l’incarnation et l’utilisation ecclésiastique d’images, surtout celles qui représentaient Jésus lui-même.

L’exposition met en évidence la persistance de ces idées à l’époque médiévale et moderne. Elle attire l’attention sur l’homme Jésus, dont le corps et le visage seraient tracés sur le vénérable tissu, indiquant comment les peintres et les sculpteurs des différentes époques l’ont visualisé.

Le christianisme a toujours représenté le corps en fonction de l’idée qu’il se faisait de l’être humain. À la différence des mythes païens, qui présentaient les dieux avec tous les défauts des hommes, la culture biblique judéo-chrétienne pense que l’homme doit aspirer à la perfection de Dieu et surtout à sa miséricorde. "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux" a en effet dit Jésus (Luc 6, 36) et cette miséricorde caractéristique de l’être humain avait une remarquable composante corporelle. Déjà, dans l’Ancien Testament, beaucoup de paroles du Dieu incorporel montraient qu’il était sensible au frisson du pauvre. Dans le même esprit, Jésus décrit comment, au jugement dernier, le Fils de l’homme récompensera ceux qui auront eu soin du corps de leur prochain : "J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli, j’étais nu et vous m’avez vêtu" (Matthieu 25, 35-36).

Pour ceux qui croient en lui, Jésus, Fils de Dieu, est devenu ce pauvre à qui il faut rendre un manteau avant la nuit : l’affamé, l’assoiffé, l’exclu, le sans-logis, l’homme nu qu’il faut habiller. Selon un théologien grec du IVe siècle, l’évêque saint Macaire : "Pour travailler la terre, le paysan choisit les instruments les plus adaptés et il porte aussi les vêtements qui conviennent le mieux à ce genre de travail. De même le Christ, roi des cieux et véritable agriculteur, a pris un corps humain et, portant sa croix comme outil de travail, il a défriché l’âme aride et inculte, il en a arraché les épines et les ronces des esprits mauvais, il a mis de côté l’ivraie du mal et jeté au feu toute la paille des péchés. Il l’a travaillée ainsi avec le bois de la croix et y a planté le jardin merveilleux de l’Esprit. Celui-ci produit toutes sortes de fruits doux et exquis pour Dieu, qui en est le maître".

Ainsi l’image de Dieu contemplée dans le corps souffrant de Jésus implique cette dynamique de purification et de croissance. Elle implique aussi un processus dans lequel le sujet humain se découvre et se comprend lui-même, comme le suggère un père de l’Église, Pierre Chrysologue, quand il imagine Jésus crucifié qui invite les croyants à reconnaître dans son corps sacrifié le sens moral de leur vie. "Voyez en moi votre corps, vos membres, votre cœur, votre sang, nous dit Jésus. Ô immense dignité du sacerdoce chrétien ! L’homme est devenu victime et prêtre pour lui-même. Il ne cherche pas en dehors de lui ce qu’il doit immoler à Dieu mais il porte avec lui et en lui ce qu’il sacrifie. Ô homme, sois sacrifice et prêtre, fais de ton cœur un autel et présente ainsi avec une ferme confiance ton corps comme victime à Dieu. Dieu cherche la foi, pas la mort. Il a soif de ta prière, pas de ton sang. Il est apaisé par la volonté, pas par la mort".

Ces citations sont utiles pour comprendre la conception de corporéité et de personnalité élaborée au cours des siècles à travers les images de Jésus : l’idée du corps comme lieu d’une dignité inscrite dans l’être humain – d’une capacité "sacerdotale" à s’offrir soi-même – et du visage comme miroir de la liberté consciente. En effet les œuvres exposées mettent le visiteur dans la situation de ces femmes et de ces hommes décrits dans le Nouveau Testament, pour qui le corps et le visage de Jésus étaient des lieux de découverte surprenante et même scandaleuse.

Lorsque, par exemple, Jésus revient du désert dans son village, Nazareth, et qu’à la synagogue il lit à haute voix les versets messianiques d’Isaïe, l’évangéliste Luc raconte que "dans la synagogue tous avaient les yeux fixés sur lui"  (Luc 4, 16-24). En effet, Jésus ajoute aux paroles d’Isaïe d’autres paroles, inattendues et certainement incompréhensibles pour ceux qui étaient là : "Aujourd’hui – dit-il – s’est accompli ce passage de l’Écriture que vous avez entendu de vos oreilles". Les yeux de ceux qui étaient là le regardaient, fixés sur son corps et sur son visage, parce que ce qu’il venait de dire, "aujourd’hui s’est accompli ce passage de l’Écriture", les obligeait à associer les anciennes promesses d’une future ère bénie à ce jeune homme assis au milieu d’eux : à lui comme présence physique, à son corps, à l’expression de son visage. "N’est-ce pas là le fils de Joseph ?" se demandent-ils immédiatement, incapables de voir en Jésus plus que ce qu’ils croyaient en connaître, de sorte qu’il commente : "Aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie".

Un épisode analogue, bien plus dramatique, est raconté au chapitre 6 de l’Évangile de Jean. Deux jours après sa miraculeuse multiplication des pains et des poissons pour nourrir une foule immense, Jésus explique que le vrai pain offert par le Père à l’humanité – le pain descendu du ciel – c’est lui-même. De nouveau ses auditeurs s’interrogent : "N’est-il pas ce Jésus, fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire : Je suis descendu du ciel ?”. Mais il insiste: "Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra à jamais et le pain que moi je donnerai, c’est ma chair pour la vie de l’homme". Et encore : "Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous, parce que ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui". L’évangéliste Jean décrit la réaction négative des auditeurs à ces paroles et comment "dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent et cessèrent de l’accompagner". On les comprend sans peine, parce que Jésus voulait qu’ils voient son corps comme un aliment, et aussi son visage : "Oui c’est la volonté de mon Père : que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi je le ressusciterai au dernier jour". Beaucoup d’œuvres exposées sont éclairées par ces affirmations, notamment parce qu’elles ont été exécutées originellement pour des autels, où le corps et le visage de Jésus représentés par l’artiste étaient vus à proximité du pain et du vin de l’eucharistie, corps et sang du Seigneur.

L’exposition invite donc à redécouvrir l’intensité particulière avec laquelle les croyants d’autrefois – commanditaires réels et bénéficiaires originels des œuvres exposées – regardaient un corps et un visage qu’ils considéraient comme une “vraie nourriture” et une “vraie boisson” ; un corps et un visage qui, intériorisés, allaient les transformer par le don de la “vie éternelle”. Cette expérience, qui n’est peut-être pleinement accessible qu’à la foi, peut aussi être imaginée par ceux qui ne croient pas ; ou plutôt, elle doit être imaginée, parce qu’elle constitue le contexte normal de compréhension de telles œuvres d’art, une composante incontournable de leur message.

La tension morale qui devait conditionner la lecture originelle de beaucoup d’œuvres présentées à l’exposition est également incontournable. En effet, dans les images liées à l’eucharistie, comme dans la célébration de la messe elle-même, le croyant cherche, au-delà de ce qu’il voit, quelque chose de plus et toute image associée au rite se pose comme "épiphanie" et "apocalypse", comme manifestation et révélation d’une transformation future. En effet, dans le lieu de culte, l’art éclaire l’attente des chrétiens et, dans les personnages et événements qu’il représente, les images sacrées s’offrent comme des miroirs de l’Image en laquelle les fidèles espèrent être transformés, Jésus-Christ.

L’exposition couvre la période qui correspond à la fin du Moyen Âge, à la Renaissance et au Baroque, période au cours de laquelle le corps et le visage de l’être humain redeviennent, dans l'art occidental, des porteurs essentiels de sens. Ces éléments figuratifs, mis au point par les Grecs cinq siècles avant le Christ, ont été, dans un premier temps, refusés par la culture chrétienne naissante, qui préférait au naturalisme païen un langage moins ambigu, avec le corps présenté comme un signe et le visage transfiguré par la foi. Ce refus du caractère physique et de la personnalité, qui reflétait aussi le jugement sévère des chrétiens sur l’amoralité et l’individualisme du monde païen, fut l’une des causes du désintérêt pour le corps et le visage comme sujets artistiques entre le Ve et le XIe siècle.

C’est la nouvelle spiritualité centrée sur l’homme – la spiritualité d’inspiration franciscaine des XIIIe et XIVe siècles – qui a fait redécouvrir l’art gréco-romain, si apte à décrire le corps et les émotions. Grâce à ce nouveau dialogue avec l’ancienne civilisation païenne, la chrétienté européenne a également créé un autre rapport avec l’histoire, dans lequel les valeurs considérées comme préparatoires à la foi en Jésus seront considérées comme des composantes d’une unique révélation confiée à l’être humain, abstraction faite de l’origine culturelle et religieuse. Le contenu central de cette révélation unique est l’humanité elle-même, reconnaissable dans l’éloquente beauté et dans la vulnérabilité du corps, dans la douleur et dans la joie peintes sur le visage ; ce qui démontre sa légitimité, c’est la conviction que le Fils de Dieu lui-même s’est fait homme.

Les sept parties du parcours de l’exposition suggèrent les thèmes suivants : le corps et la personne ; Dieu prend un corps ; l’homme Jésus ; un corps donné par amour ; le corps ressuscité ; le corps mystique ; le corps sacramentel. La mise en scène cherche à suggérer le contexte d’utilisation initial de la quasi-totalité des œuvres, le lieu liturgique catholique, en replaçant les peintures, sculptures, pièces d’orfèvrerie et ornements sacrés dans des espaces rappelant les églises. La forme des salles, l’éclairage et l’accompagnement musical de la visite ont été conçus en fonction de cet objectif, mais dans un but plus scientifique que religieux : celui de réhabiliter comme donnée historique le message théologique et émotionnel voulu par les artistes et par les commanditaires des œuvres. Certaines peintures sont même placées au-dessus d’autels, pour évoquer le rapport visuel entre image et rite : en effet l’impact d’une Descente de croix ou d’une Pietà n’est pas le même suivant qu’on les voit dans un musée ou au-dessus d’une table eucharistique ; dans le second cas, la perception du corps du Christ représenté est conditionnée par la conviction que ce corps lui-même est véritablement présent, même de manière invisible, dans le pain et le vin consacrés.

Les nombreuses œuvres d’art exposées suggèrent en outre quelque chose de la densité iconographique typique des églises catholiques d’autrefois. Cette accumulation d’images conférait un caractère visionnaire à ces lieux, où les représentations du Christ, de Marie et des saints donnaient de la couleur et de l’intérêt humain aux personnages et aux événements dont parlent les Écritures et la tradition, offrant une immersion si totale que le fidèle se percevait comme entouré par les personnages et participant aux événements, comme membre de l’unique communion des saints et partie prenante de l’unique histoire du salut.

Toutefois le sujet de l'expérience esthétique, comme de l'expérience cultuelle, reste l'homme. C’est à lui et à sa corporéité que parlent les couleurs et les formes. L'art qui fait voir le Christ – mais aussi de véritables "miroirs de son Évangile" comme le Suaire – invite à contempler le Christ qui prend forme en nous, espérance de gloire, beauté de vie éternelle. C’est en lui - l’ayant vu, connu et aimé - que nous comprendrons enfin le sens de notre vie, y compris physique, le sens de notre chair, de nos affections, de nos souvenirs, et du sang, le sien et le nôtre, celui de tout être humain trahi, sacrifié, tué. Le peu de sang qu’il y a dans le Suaire se révèlera alors une Mer Rouge, à travers laquelle le Christ nous conduit jusqu’à la terre promise.



Le site officiel de l'ostension du Suaire, en plusieurs langues :

> Saint Suaire



Le catalogue de l’exposition qui a lieu au palais royal de Venaria du 1er avril au 1er août 2010 :

"Gesù. Il corpo, il volto nell'arte" [Jésus. Son corps, son visage dans l’art], sous la direction de Timothy Verdon, Éditions Silvana, Milan, 2010, 336 pages, 35,00 euros.




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> Focus ARTS ET MUSIQUE



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

Hélène Bodenez, À propos du repos dominical, une bibliographie

dominicanus #Il est vivant !


dies-domini-le-jour-du-seigneur.jpg

  • Jean-Paul II, Dies Domini, Lettre apostolique, 1998.
  • Père Patrick Gourrier, Le dimanche c'est sacré !, Jour de Dieu, jour de l'homme, Paris, Lethielleux-DDB-La Vie, 2009.
  • Jean-François Froger, Le Maître du Shabbat, Méolans-en-Revel, Éditions grégoriennes, 2009.
  • Gaspard-Marie Janvier, Le Dernier dimanche, roman, Paris, Paris, Mille et une nuits, 2009.
  • Michel Fauquier, Lettre ouverte du dernier des chrétiens ou premier des Français, À propos de l'ouverture des magasins le dimanche, Perpignan, Tempora, 2009.
  • Dominique Rigaux, Le Christ du dimanche, Histoire d'une image médiévale, Paris, L’Harmattan, 2005, 502 p.
  • Robert Beck, L'Histoire du dimanche de 1700 à nos jours, Paris, Éditions de l'Atelier, 1997, 383 p. »

 

Revues

  • Communio (épuisé)

« Le dimanche », tome VII (1982) - n° 3 (mai-juin), Georges Chantraine s.j., « Trois conditions à un huitième jour éternel », Pierre Grelot, « Le jour du Seigneur », Jean-Yves Lacoste, « Le Temps d'être homme », Reinhold Bärenz, « Réapprendre le dimanche chrétien », Ambroise Thomas, « Dimanche, miséricorde ! », Alexander de Willebois, « Le sens d'un ennui », Marc Prunier, « Un temps pour aimer », Luigi Mezzadri, « Savoir faire la fête : Vincent de Paul ».

  • Liberté politique

Agnès Bastit, n° 30 (été 2005), « La vie du chrétien au centre du comsos et de l'histoire », A propos de la lettre apostolique de Jean Paul II, Dies Domini.

Hélène Bodenez, n° 47 (hiver 2009),« Le dimanche, jour cardinal », communication à la table ronde Vivement dimanche ! du 6 octobre 2009 au Centre Culturel de Franklin ; n° 44 (printemps 2009), dossier « À Dieu, le dimanche ! », « Pourquoi le dimanche ? Appel à la résistance des chrétiens ».

  • Esprit

« La querelle du dimanche », février 2009 : Jean-Pierre Peyroulou, « Joie du dimanche ».

 

26 Avril 2010

Bibliographie établie par Hélène Bodenez, avril 2010.

libertepolitique.com

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