Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Catéchisme de l'Eglise catholique - La prière comme Communion

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

2565 Dans la nouvelle Alliance, la prière est la relation vivante des enfants de Dieu avec leur Père infiniment bon, avec son Fils Jésus Christ et avec l’Esprit Saint. La grâce du Royaume est " l’union de la Sainte Trinité tout entière avec l’esprit tout entier " (S. Grégoire de Naz., or. 16, 9 : PG 35, 954C). La vie de prière est ainsi d’être habituellement en présence du Dieu trois fois Saint et en communion avec Lui. Cette communion de vie est toujours possible parce que, par le Baptême, nous sommes devenus un même être avec le Christ (cf. Rm 6, 5). La prière est chrétienne en tant qu’elle est communion au Christ et se dilate dans l’Église qui est son Corps. Ses dimensions sont celles de l’Amour du Christ (cf. Ep 3, 18-21).

Catéchisme de l'Eglise catholique - La prière comme don de Dieu

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

2559 " La prière est l’élévation de l’âme vers Dieu ou la demande à Dieu des biens convenables " (S. Jean Damascène, f. o. 3, 24 : PG 94, 1089D). D’où parlons-nous en priant ? De la hauteur de notre orgueil et de notre volonté propre, ou des " profondeurs " (Ps 130, 14) d’un cœur humble et contrit ? C’est celui qui s’abaisse qui est élevé (cf. Lc 18, 9-14). L’humilité est le fondement de la prière. " Nous ne savons que demander pour prier comme il faut " (Rm 8, 26). L’humilité est la disposition pour recevoir gratuitement le don de la prière : L’homme est un mendiant de Dieu (cf. S. Augustin, serm. 56, 6, 9 : PL 38, 381).


2560 " Si tu savais le don de Dieu ! " (Jn 4, 10). La merveille de la prière se révèle justement là, au bord des puits où nous venons chercher notre eau : là, le Christ vient à la rencontre de tout être humain, il est le premier à nous chercher et c’est lui qui demande à boire. Jésus a soif, sa demande vient des profondeurs de Dieu qui nous désire. La prière, que nous le sachions ou non, est la rencontre de la soif de Dieu et de la nôtre. Dieu a soif que nous ayons soif de Lui (cf. S. Augustin, quæst. 64, 4 : PL 40, 56).


2561 " C’est toi qui l’en aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive " (Jn 4, 10). Notre prière de demande est paradoxalement une réponse. Réponse à la plainte du Dieu vivant : " Ils m’ont abandonné, moi la Source d’eau vive, pour se creuser des citernes lézardées ! " (Jr 2, 13), réponse de foi à la promesse gratuite du salut (cf. Jn 7, 37-39 ; Is 12, 3 ; 51, 1), réponse d’amour à la soif du Fils unique (cf. Jn 19, 28 ; Za 12, 10 ; 13, 1).

Fraternité de Tibériade, L’argent dans la vie d’un chrétien (7)

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

C. Gérer son argent de manière responsable

 

Il y a dans l’Évangile de Luc cette parabole ou l’intendant du Maître qui est parti en voyage donne chaque jour ce qu’il faut aux serviteurs. Comme le dit l’expression consacrée : il gère en bon père de famille. C’est vrai qu’il faut penser à l’avenir des enfants, tout en confiant tout au Seigneur.

 

Ex: Cette mère de famille, veuve, qui se tracassait pour ses enfants au cas où elle viendrait à mourir prématurément. Un jour, en faisant la vaisselle, elle regarde par la fenêtre et voit un couple de moineaux installer un nid. Quelques semaines plus tard des oeufs sont pondus mais le mâle a disparu. C’est comme chez moi, se dit la mère de famille. Puis les petits oisillons sortent de l’oeuf et la maman fait des navettes innombrables pour nourrir les affamés. Un matin, maman moineau a disparu …. Mais ô miracle, un couple de mo ineaux qui avait son nid dans la même haie a pris le relais et vient nourrir les petits orphelins en plus de son propre nid. Ce spectacle remplit de joie la veuve inquiète qui avoua avoir compris mieux que jamais cette parole de Jésus: « Pourquoi vous inquiéter, vos cheveux sont comptés. Les oiseaux du ciel, pas un ne tombe sans que le Père du ciel le sache. Et vous valez bien plus qu’un moineau ».

 

Cette nécessaire gestion responsable de l’argent peut passer par des placements éthiques, des fonds de solidarité qui permettent de construire une économie solidaire.

 

 

D. La pauvreté comme signe

 

Si la pauvreté comme misère qui oppresse l’homme est un mal, toujours contraire à la volonté de Dieu, il reste néanmoins que l’évangile montre la pauvreté comme un signe. Car les pauvres n’ont rien d’autre à attendre que le secours de Dieu. Ils incarnent en quelque sorte, la vérité de l’homme qui est dépendant de Dieu et de ses frères. Aujourd’hui encore, à la suite du Christ, des hommes et des femmes choisissent la pauvreté. Le Fils de Dieu, nous explique St Paul, « de riche qu’il était, il s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté » (2 Co 8,9). Le Christ qui était riche en amour, a enrichi l’ humanité de sa capacité à se livrer et à s’abandonner totalement, par amour, pour le service de Dieu et des hommes. Voilà l’essentiel : se déposséder, pour que le Christ grandisse en nous. Voilà précisément ce que l’Apôtre Pierre disait dans les Actes des Apôtres à l’infirme de la Belle Porte : » De l’or ou de l’argent, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ, le Nazaréen, marche ! » (Ac 3,6).

 

 

Groupe de prière Saint-Damien, Fraternité de Tibériade, 5580 Lavaux-Ste-Anne, Belgium

Demandons la démission de Mme Chantal Jouanno

dominicanus #actualités

Famille et Liberté lance un appel à François Fillon et à Xavier Bertrand, afin qu'ils sanctionnent Chantal Jouanno, membre du gouvernement et tête de liste de l'UMP à Paris, pour les élections régionales, à la suite de la position qu'elle a prise en faveur de l'adoption par des couples homosexuels.


 

chantal-jouanno.jpg


 

Mme Chantal Jouanno (photo), secrétaire d’Etat chargée de l’écologie et tête de liste de l’UMP à Paris pour les élections régionales, vient de se déclarer favorable à l’adoption par des couples homosexuels, parce que, dit-elle, sans sembler s’apercevoir de ce qu’il peut y avoir de contradiction entre ces deux arguments, «Dans l’intérêt de l’enfant, il faut un couple stable» et il est nécessaire de «reconnaître la société telle qu’elle est» (Le Figaro du 4 février 2010).


Je vous invite à signer cette pétition à www.familleliberte.org

et à transmettre cet appel à votre carnet d'adresse.

Fraternité de Tibériade, L’argent dans la vie d’un chrétien (6)

dominicanus #La vache qui rumine C 2010
3. Quatre attitudes concrètes pour « servir Dieu » par le moyen de l’argent

 

Servir Dieu ne signifie donc pas mépriser l’argent, mais à en user librement et avec un sens de responsabilité.

 

Ex: quand une pièce d’un franc traîne par terre, je la ramasse, par respect pour tous les pauvres du monde qui ne gagnent que quelques francs par jour pour survivre. Y passer à côté en disant : « Ce n’est qu’un franc », serait faire preuve de mépris.

 

 

En regardant de près l’Évangile, on peut discerner quatre attitudes concrètes que Jésus nous enseigne quant à une bonne utilisation de notre argent :

 

A. Donner tout : son argent mais plus encore : toute sa vie

 

C’est l’interpellation au jeune homme riche. Tout quitter pour suivre Jésus. Ce jeune homme était pieux et un homme droit car il obéissait à tous les commandements, mais il n’a pas réussi à se détacher des ses richesses. Il s’en va tout triste. St François, pour sa part, est ce jeune homme riche qui a tout quitté et à fait l’ expérience d’une extraordinaire libération : Dieu pourvoira !

 

B. Vivre le don

 

Le don à une double dimension : donner à Dieu et donner au prochain.

 

- donner à Dieu : c’est la dîme qui était une institution de la Loi de l’Ancien Testament que l’Église a reprise : offrir à Dieu 10 % de ses revenus, comme action de grâce pour tous les biens qu’il nous procure. De plus, la dîme est fiscalement déductible ! Je vous lance un petit défi : expérimentez la dîme pendant 3 mois. Vous vivre un acte d’abandon qui vous procurera beaucoup de joie car vous découvrirez que vous aimés de Dieu notre Père, jusque dans nos besoins matériels.

 

Ex: Livre de Jean Pliya : donner comme un enfant de roi : « C’est Papa qui paie ! »

 

- L’aumône consiste à donner au prochain afin de rétablir la justice entre les hommes. J’ai peut-être reçu de Dieu beaucoup de talents : je suis beau, intelligent et fort et donc j’ai un bon poste et je gagne bien ma vie. Mais le défavorisé, issu d’une famille éclatée et un peu plus lent à comprendre qui se trouve au CPAS depuis des années. En vivant le partage avec lui, je lui signifie qu’il est réellement mon frère.

 

Le don permet de désacraliser l’argent, de quitter la logique de la rémunération et d’entrer dans la sphère de la gratuité qui est le propre de Dieu. Qui d’entre nous a mérité de vivre ? D’être en bonne santé ? D’être marié ? D’être religieux ? De vivre dans un pays d’abondance ? Tout cela sont des dons divins. En donnant, nous imitions le Père Céleste qui fait pleuvoir sur les bons et les méchants.

 

Un petit exemple : Le Père Lebbe, missionnaire belge en Chine raconte qu’un jour, dans la fougue d’une homélie il enguirlandait ses paroissiens agriculteurs qui travaillaient le dimanche. Dans son enthousiasme il proclama : « Je vous donnerai un sac de blé pour chaque grain que vous récolterez de moins que vos voisins non-chrétiens qui eux travaillent le jour du dimanche ». Puis après la messe, il se dit : « Aie, aie, aie ; Seigneur, il faudra assumer la promesse que j’ai faite en votre nom! ». Six mois plus tard, plein d’appréhension il retourne au village. Il rencontre un paysan non-chrétien qui a une tête dépitée. Celui-ci lui montre son champ rongé par un ver qui avait mangé tous les grains. Or chose incroyable, seuls les champs des chrétiens avaient été épargnés. Ceux-ci allaient engranger une très belle récolte. Alors, Dieu est-il sadique pour ceux qui l’ignorent ? Non, Dieu avait permis une telle récolte pour que les chrétiens puissent partager avec leurs voisins. C’est ce qui arriva et l’année suivant de nombreux païens, touchés par la générosité des chrétiens se firent baptiser.

 

Et moi, si j’ai des bons revenus, qu’est-ce que Dieu me demande d’en faire ? C’est comme la parabole des talents : Je suis musicien, orateur, médecin, à quoi vont servir mes talents ? Je suis issu d’une famille riche, qu’est-ce que Dieu attend de moi ?

 

Ex: Pier Giorgio Frassati, fils d’ambassadeur, directeur de la Stampa : Je suis intendant de mes richesses. Dieu me demandera ce que j’en aurai fais. Moi, je ne prête qu’au pauvres.

 

Si la tradition juive parle de la dîme, Jésus, lui, va beaucoup plus loin. En regardant la veuve qui déposait sa petite pièce dans le tronc du Temple, il déclarera qu’elle « a pris sur sa misère pour mettre tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre » (Mc 12,43-44). Il faut donc parfois donner de son nécessaire. Donner jusqu’à ce que cela fasse parfois un peu mal. Quand on aime, on est prêt à souffrir pour l’être aimé.

 

Ex: Cette histoire que m’a été racontée par un missionnaire au Mexique. Il construisait une chapelle dans un bidonville et avait sollicité la générosité de ses paroissiens déjà fort démuni. Une vieille femme vient le voir et lui donne un billet de 50 pesos. Le missionnaire veut refuser car cela représentait le salaire de 2-3 jours de travail. Elle insiste et dit avec fermeté : Père, ce n’est pas pour vous, c’est pour la maison de Dieu. Le missionnaire met le billet en poche. Le soir, il découvre que plié dans le billet de 50 pesos, il y avait un billet de 5000 pesos ! Elle avait donné tout ce qu’elle avait pour la construction de la maison de Dieu ! Le missionnaire me dit qu’ayant réalisé cela, il avait pleuré d’émotion et de honte car lui-même n’avait jamais été aussi loin dans le don et la confiance.

 

Parfois, il faut donner dans un acte de folie : Marie-Madeleine qui va jusqu’à dépenser l’équivalent de 300 journées de travail d’un ouvrier agricole pour parfumer les pieds de Jésus-Christ ! (Jn 12,1). Faisons le calcul, si un ouvrier gagne 1500 Fb/j, cela ferait 450.000 Fb de dépensé en quelques instants ! Nous, on raisonne comme Judas : elle aurait mieux fait de donner cet argent aux pauvres. Or Jésus dit : laisse-là faire : les pauvres vous en aurez toujours, mais le Fils de l’homme, un jour viendra où vous ne le verrez plus. Mais l’Évangile n’enseigne dans le rapport à l’argent que le don ? Non, bien sûr. Jésus souligne également une troisième attitude : ...

 

 

Fraternité de Tibériade, L’argent dans la vie d’un chrétien (5)

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

C. Choisir le bon investissement

 

Jésus, conseiller en placement ? Oui, comme le suggère le v. : « voilà ce qui arrive à celui qui amasse un trésor pour lui-même au lieu de s’enrichir auprès de Dieu » (Lc 12,21) qui est la conclusion de la parabole du riche insensé, que Jésus prolonge avec les conseils sur l’abandon à la Providence (Lc 12,22-23.30-34). Ainsi le Christ rappelle à ses auditeurs qu’ils ont des biens plus grands que la nourriture et le vêtement : c’est en Dieu que se trouve la vraie richesse.

 

Le secret du véritable enrichissement passe par un travail d’abandon et de dépossession. D’où cet avertissement de Jésus : «Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent » (Lc 16,13).

 

- soit on met sa foi en Dieu

- soit on met sa foi en ses richesses.

 

A celui qui s’imaginerait concilier les deux, Jésus explique qu’ils s’excluent. pourquoi ? Car ils traduisent deux manières opposés de conduire sa vie.

 

- soit on met sa foi en ses richesses et on se sert de l’argent pour échapper à la condition humaine et tricher avec ses limites. L’argent donne l’illusion de la toute-puissance. On devient alors ce qu’on possède : on s’identifie à sa fortune, à son train de vie. Dans un tel contexte, plus de place pour la gratuité. C’est souvent l’inverse, on court derrière le profit.

 

Est-on heureux ? Non, on a peur de manquer d’argent ou de moins en gagner. Alors on est condamné à se protéger, à cacher ce qu’on a : en Suisse ou dans son coffre-fort. De manière générale, on refuse de voir la vérité et on ne reconnaît pas les nouvelles frustrations qu’à fait naître l’argent.

 

- soit on pose un acte de foi en Dieu, vivant l’abandon. Ceci suppose la reconnaissance de la fragilité humaine. Le croyant accepte la dépendance d’amour envers Dieu, ce qui lui permet de se libérer de toutes les fausses sécurités.

 

Parce qu’il apprend à se recevoir du Dieu d’amour, le croyant découvre qu’à l’inverse de celui qui croit ne rien devoir à personne, lui, il n’aura jamais fini d’aimer.

 

« Là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur » (Mt 6, 21)

 

St Antoine de Padoue, un compagnon de St François, assistait un jour à un enterrement d’un riche. Au moment où le cercueil sort de l’église pour être enterré, il s’écrie : « Attendez, attendez, il n’y a pas tout ! Il n’y a pas son coeur dans le cercueil. Allez voir dans son coffre-fort, vous le trouverez là-bas ». Toute la ville se pressa dans la maison du riche et en effet, on trouva le coeur du riche au milieu d’un tas de pièces d’or ».

 

Conclusion : Dieu et l’argent sont-il incompatibles ?

 

Non, compris dans ce contexte de foi, les biens matériels deviennent des instruments qui ont leur source en Dieu et nous sont donnés pour le bonheur des hommes. Tel est le sens profond des nombreuses exhortations de Jésus de se libérer de l’idolâtrie de l’argent pour faire des biens matériels un instrument au service de la liberté et de la solidarité.

 

« Donnez et on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante qu’on vous versera dans le pan de votre vêtement, car c’est la mesure dont vous vous servez qui servira aussi de mesure pour vous » (Lc 6,38)

 

Vailankanni, le Lourdes de l’Orient

Au 16e siècle un jeune berger portait du lait à un homme très riche, comme il le faisait tous les jours, et il parcourait la route qui le mène de Vailankanni à Nagapattinam. Pendant le trajet, il se sentit un peu fatigué. Alors il s’installa sous un arbre, près d’un étang, et il mit le broc de lait qu’il transportait au pieds du tronc de l’arbre, puis il s’endormit. dans son rêve, le garçon eut la vision d’une belle dame qui se tenait devant lui avec un très bel enfant dans ses bras ; elle demande du lait pour son enfant au garçon qui le lu donna. A ce moment, le sourire de l’enfant et de la mère furent pour lui le seul merci. Par la suite, le garçon poursuivit sa route. Lorsqu’il arriva chez le riche personnage, celui-ci remarqua qu’il manquait un peu de lait dans le broc, mais il ne crut pas à l’explication du garçon. Et voilà que, à la stupeur de toutes les personnes présentes, le lait commença a augmenter de volume dans la broc et à déborder. Alors, tous se rendirent sur le lieu d’apparition ; le riche personnage et les autres, commencèrent à croire à la Dame céleste. On se mit à appeler cet étang « Our Lady’s Thank » : le « Merci de N.D. » (Lourdes Mag., n° 108, févr. 2002, p. 6)

 

Un superbe exemple de cette libération de l’idolâtrie de l’argent est la parabole de l’intendant avisé (Lc 18,1-16) qui au début détourne de l’argent de son maître, puis, devant le menace du licenciement, change totalement son optique et se fait des amis avec l’argent de son maître en trafiquant les quittances. La conclusion de Jésus nous surprend car il loue l’habileté de l’intendant. Jésus encourage-t-il le détournement de fonds et le mensonge ? Non, mais il admire la capacité de l’intendant de quitter son idolâtrie de l’argent pour se faire des amis. Jésus conclut alors : vous aussi, avec l’argent trompeur, faites-vous des amis qui vous accueilleront dans les demeures célestes.

 

 

Ainsi il devient clair que le choix entre Dieu et l’argent n’est pas une question économique ou morale (l’argent=mauvais), mais c’est une question de foi : en qui est-ce que je mets ma confiance ? Voilà pourquoi Jésus dit : «Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps. (…) Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. » (Mt 6,25.32)

 

 

Fraternité de Tibériade, L’argent dans la vie d’un chrétien (4)

dominicanus #La vache qui rumine C 2010
2. S’enrichir auprès de Dieu : le N.T.

 

L’argent occupe une place importante dans le N.T. Jésus en parle souvent. La nouveauté qu’il inaugure, c’est la perspective de l’au-delà résumé dans l’expression : « s’enrichir auprès de Dieu » par rapport « l’accumulation pour soi » .

 

A. Pas de vie sans argent, même dans celle du Christ.

 

* L’argent est présent tout au long de la vie de Jésus :

 

- dés sa naissance, les mages apportent de l’or (Mt 2,11)

- au terme de sa vie, Marie -Madeleine répand sur ses pieds un parfum de grand prix (Jn 12,7)

- pour payer l’impôt du temple, il envoie Pierre pécher le poisson au didrachme

- Judas touche le prix de sa trahison : trente pièces d’argent (Lc 12,5-6)

- Jésus a de nombreux amis riches qu’il fréquente : Joseph d’Arimathie, Nicodème, Simon le pharisien, Zachée, …

 

* Pour illustrer son enseignement, Jésus se sert de quantité de paraboles où l’argent joue un rôle important :

 

1. Le bon Samaritain qui se fait le prochain de la victime des brigands :

« Il tira deux deniers et les donna à l’hôtelier, en disant : « Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai, moi, à mon retour » (Lc 10,30-35). Voilà qu(il lui signe un chèque en blanc !

2. la pièce perdue et retrouvée par la femme pour exprimer la joie de Dieu qui voit ses fils se convertir et revenir à lui (Lc 15,10)

3. la parabole des talents ou Jésus exhorte ses auditeurs à se préparer à la venue du Royaume. Jésus va même jusqu’à reprocher à un des personnages de ne pas avoir fait fructifier l’argent qui lui avait été confiée (Mt 25,24-29)

 

* Deux autres scènes viennent compléter le rôle de l’argent dans la vie du Christ :

 

1. L’obole de la veuve : la générosité ne se mesure pas à la quantité d’argent qu’on donne : elle a donné de son nécessaire.

2. La controverse à propos de l’impôt : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mc 12,13-17). Ainsi chacun doit participer à la vie politique et économique avant même de servir Dieu.

 

Conclusion : Si Jésus ne dénonce pas l’usage quotidien de l’argent, il dénonce néanmoins l’attachement excessif et la folie de ne plus vivre que pour accumuler des richesses.

 

 

B. Les pièges de l’argent

 

Dans L’Evangile de Luc aux chap. 12-16, Jésus va dénoncer 2 pièges de l’argent trompeur.

 

1. Mettre sa sécurité dans ses biens

 

Dans la parabole du riche insensé5 (Lc 12,16-21) Jésus ne dénonce pas le fait qu’il se soit enrichi. Il ne dit pas non plus que sa richesse est injustement acquise. Il a simplement bénéficié d’une récolte record et il se croit dorénavant à l’abri. Il pourra se reposer, faire la fête mais il a oublié une réalité essentielle : la mort. Voilà le drame : s’il avait pris en compte la possibilité de mourir, il aurait sûrement agi autrement. Aveuglé par ses richesses, il a oublié la destinée mortelle de l’homme : « Voilà ce qui arrive à qui amasse un trésor pour lui-même au lieu de s’enrichir auprès de Dieu » conclut le Christ (Lc 12,21).

 

Conclusion : Premier piège : se croire en sécurité, oublier la destinée mortelle de l’homme.

 

 

2. L’aveuglement quant aux pauvres et sa propre richesse

 

La parabole du riche et du pauvre Lazare (Lc 16,19-31) est significatif à cet égard. Après sa mort, voyant sa situation et celle de Lazare, le riche voudrait avertir ses frères. Mais Abraham est formel : « s’ils n’écoutent pas Moïse, ni les prophètes, même si quelqu’un ressuscite des morts, ils ne seront pas convaincus ».

 

Cette réponse radicale montre le double danger que Jésus veut éviter à ses auditeurs :

 

- Celui qui est « possédé » par ses richesses finit un jour ou l’autre par ne plus voir les pauvres. Car le péché du riche n’est pas d’avoir refusé l’aumône mais d’avoir oublié jusqu’à son existence à sa propre porte. De plus, souvent les riches deviennent incapables de reconnaître leurs richesses. « Oui, mais Bill Gates est plus riche que moi, je ne suis pas si riche que cela ».

 

- Incapacité d’entendre une autre parole que celle de l’argent. Parce que l’argent est devenue l’unique mesure de la réalité, le riche devient incapable de se remettre en question :

Le jeune homme riche produit ce que peut produire un attachement excessif à l’argent : on préfère la tristesse de ses richesses que la recherche du vrai Bonheur.

 

Conclusion : Deuxième piège : - ne plus voir les pauvres + incapacité à se reconnaître riche

- incapacité à entendre la Parole de Dieu.

 

Dans un tel contexte, on comprend la plainte de Jésus : « Qu’il est difficile à ceux qui ont des richesses de parvenir dans le Royaume de Dieu ! » (Lc 18,24-25). Lorsque l’argent prend dans le coeur d’une personne une place démesurée, il devient une idole qui conduit à n’envisager la vie que sous l’angle des biens matériels or ses biens matériels ne sauvent pas ! (Lc 12,15). n méprisant les pauvres, le riche oublie qu’il est intendant. Que faire ?

 

 5 Cela fait penser à notre ami Gaspard : 400 vaches, travaillant jour et nuit … pour mourir d’un accident stupide en tombant à 2h du matin sur la pelle de son tracteur.


Benoît XVI, Les tentations du démon

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Angélus du dimanche 21 février : Les tentations du démon

Texte intégral


ROME, Dimanche 21 février 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de la méditation prononcée ce dimanche par le pape Benoît XVI, avant la prière de l'Angélus, depuis la fenêtre de son bureau, en présence de plusieurs milliers de pèlerins rassemblés place Saint-Pierre.

 

 

pape.angelus.jpg



AVANT L'ANGELUS


Chers frères et soeurs !


Mercredi dernier, avec le rite pénitentiel des Cendres, nous avons entamé le Carême, temps de renouvellement spirituel qui prépare à la célébration annuelle de Pâques. Mais que signifie entrer dans l'itinéraire du Carême ? L'Evangile de ce premier dimanche, avec le récit des tentations de Jésus dans le désert, en est une illustration. L'Evangéliste saint Luc raconte que Jésus, après avoir reçu le baptême de Jean, « rempli de l'Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l'Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l'épreuve par le démon » (Lc 4, 1-2). Il y a une insistance évidente sur le fait que les tentations ne furent pas un incident de parcours mais la conséquence du choix de Jésus de suivre la mission que lui avait confiée le Père, de vivre jusqu'au bout sa réalité de Fils bien-aimé, qui Lui fait totalement confiance. Le Christ est venu dans le monde pour nous libérer du péché et de la fascination ambiguë de projeter notre vie en faisant abstraction de Dieu. Il l'a fait, non pas avec des proclamations retentissantes, mais en luttant personnellement contre le Tentateur, jusqu'à la Croix. Cet exemple vaut pour tous : c'est en commençant par nous-mêmes que nous améliorons le monde, en changeant ce qui ne va pas dans notre vie, avec la grâce de Dieu.


La première des trois tentations auxquelles Satan soumet Jésus a son origine dans la faim, c'est-à-dire le besoin matériel : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain ». Mais Jésus répond avec les saintes Ecritures : « Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre » (Lc 4, 3-4 ; cf. Dt 8, 3). Puis le diable montre à Jésus tous les royaumes de la terre et dit : tout t'appartiendra si tu m'adores, en te prosternant. C'est la tromperie du pouvoir, et Jésus démasque cette tentative et la repousse : « Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c'est lui seul que tu adoreras » (cf. Lc 4, 5-8; Dt 6, 13). Non pas l'adoration du pouvoir mais uniquement de Dieu, de la vérité et de l'amour. Enfin, le Tentateur propose à Jésus d'accomplir un miracle spectaculaire : se jeter des hauts murs du Temple et se laisser sauver par les anges, afin que tous croient en Lui. Mais Jésus répond qu'on ne met jamais Dieu à l'épreuve (cf. Dt 6, 16). Nous ne pouvons pas « faire une expérience » dans laquelle Dieu doit répondre et prouver qu'il est Dieu : nous devons croire en Lui ! Nous ne devons pas faire de Dieu le « matériel » de « notre expérience » ! En faisant toujours référence aux saintes Ecritures, Jésus oppose aux critères humains le seul critère authentique : l'obéissance, la conformité à la volonté de Dieu, qui est le fondement de notre être. Ceci est également un enseignement fondamental pour nous : si nous conservons la Parole de Dieu dans notre intelligence et dans notre coeur, si elle entre dans notre vie, si nous avons confiance en Dieu, nous pouvons repousser toute sorte de tromperie du Tentateur. Par ailleurs, dans tout le récit apparaît clairement l'image du Christ nouvel Adam, Fils de Dieu, humble et obéissant au Père, contrairement à Adam et Eve qui, dans le jardin de l'Eden avaient succombé aux séductions de l'esprit du mal d'être immortels, sans Dieu.


Le Carême est comme une longue « retraite » pour rentrer en soi et écouter la voix de Dieu, pour vaincre les tentations du Malin et trouver la vérité de notre être. Un temps - pourrait-on dire - de « compétition » spirituelle à vivre avec Jésus, non pas avec orgueil et présomption, mais en utilisant les armes de la foi, c'est-à-dire la prière, l'écoute de la Parole de Dieu et la pénitence. Nous pourrons ainsi célébrer Pâques en vérité, prêts à renouveler les promesses de notre Baptême. Que la Vierge Marie nous aide, afin que guidés par l'Esprit Saint nous vivions dans la joie et de manière fructueuse ce temps de grâce. Qu'elle intercède en particulier pour moi et mes collaborateurs de la Curie romaine qui commencerons ce soir les Exercices spirituels.

Pèlerinage 'chrétiens élus publics' Lourdes 2010

dominicanus #Évènements
Seconde édition du pèlerinage « chrétien élu public », par le P. Rougé

Lourdes 2010 sur la rampe de lancement

 

chretiens-elus-public.jpg

Participants au premier pèlerinage (2009)



ROME, Lundi 22 février 2010 (ZENIT.org) - A l'initiative de plusieurs parlementaires français, le premier pèlerinage à Lourdes d'élus de tout niveau et de toute sensibilité politique a eu lieu en 2009. L'édition 2010 est sur la rampe de lancement. Le P. Matthieu Rougé a bien voulu la présenter aux lecteurs de Zenit.


Le P. Matthieu Rougé, curé  de la paroisse Sainte-Clotilde à Paris, est professeur de théologie à la Faculté Notre Dame (Collège des Bernardins). Il est aussi directeur du service pastoral d'études politiques et, à ce titre, assure une préPèlsence de l'Eglise auprès des députés et sénateurs.


Zenit - Père Rougé, comment est née l'idée d'un tel pèlerinage ? 


P. Matthieu Rougé - Des parlementaires se sont dit que, parmi les nombreux pèlerinages proposés à Lourdes, il était dommage qu'il n'y ait pas de proposition spécifique pour les élus. Lors des 150 ans de la première apparition de Marie à Bernadette, le 11 février 2008, une trentaine de parlementaires étaient à Lourdes : ce fut pour eux l'occasion de présenter leur projet à Mgr Perrier et de recevoir ses encouragements. Le modèle retenu a été celui des « congrès-pèlerinages » de médecins, alliant ressourcement, réflexion et échanges. Il a été décidé d'emblée d'inviter les élus de tout niveau : municipal, départemental, régional, national et européen. Le caractère universel de Lourdes a conduit tout naturellement à s'ouvrir aux élus d'autres pays.


Zenit - Quels ont été les réactions et les fruits ? 


P. Matthieu Rougé - La première édition du pèlerinage « chrétien élu public » a été un vrai moment de grâce, réunissant autour d'intervenants nourrissants - Mgr Perrier, Mgr Brouwet, le P. Quénardel, Abbé de Cîteaux...- une grosse centaine d'élus, dans un climat de grande fraternité, quel que soit le niveau de responsabilité de chacun (conseiller municipal d'un village de deux cents habitants ou ancien membre du gouvernement...). Tous ont souhaité que la proposition soit renouvelée dès l'année suivante. Par ailleurs, dans l'élan du premier pèlerinage à Lourdes et pour préparer le suivant, des réunions locales d'élus se sont développées, dans les diocèses du Havre, d'Angers, de Paris, par exemple.  


Zenit - Le groupe d'amitié France Saint-Siège du sénat vient aussi de faire un  voyage à  Rome : est-ce à dire que la « laïcité positive » fait son chemin ? 


P. Matthieu Rougé - Il faut distinguer le plan institutionnel auquel se situent les groupes d'amitié de l'assemblée et du sénat et le caractère d'abord spirituel du pèlerinage à Lourdes. Dans le premier cas, des parlementaires aux convictions variées rencontrent les responsables du Vatican pratiquement comme ils le feraient pour ceux d'autres Etats ; dans le second, des élus enracinés dans la foi ou en quête d'un enracinement plus profond,  prennent un temps de prière et de réflexion à la lumière de l'Evangile. Cela dit, les uns comme les autres manifestent leur intérêt pour la parole de l'Eglise, en particulier face aux enjeux de plus en plus lourds auxquels ils doivent faire face (bioéthique, migrants, éducation...). En dépit de crispations persistantes dans une partie de la société française, il y a en effet une liberté nouvelle vis-à-vis des questions spirituelles et des lumières que la foi peut apporter aux problèmes éthiques.


Zenit - Quel fruit attendre ? Y compris pour l'Europe : le président Hans-Gert Pöttering vient de participer à la présentation, au Vatican, du message de carême de Benoît XVI, à l'invitation du cardinal Paul Joseph Cordes, et il a évoqué les liens entre parlementaires chrétiens au Parlement européen... 


P. Matthieu Rougé - Il est vraiment important que les responsables de la cité aient, malgré le rythme trépidant imposé par leurs activités, des occasions de ressourcement, de formation et de fraternité : sans vie spirituelle, il est difficile d'être persévérant, courageux, audacieux dans l'espérance et la charité ; sans formation, il est impossible de procéder à des discernements éthiques vraiment ajustés ; sans occasions de fraternité, on se sent vite isolé. En revanche, ceux qui vivent de vrais moments de ressourcement, de formation et de fraternité ne peuvent pas ne pas en être marqués.


Zenit - Que réserve l'édition 2010 et comment s'inscrire ? 


P. Matthieu Rougé - Le pèlerinage 2010 aura lieu les 8-11 avril ; les principaux intervenants sont Mgr Dagens, le cardinal Barbarin et Marie-Hélène Mathieu. Mgr Claude Dagens, évêque d'Angoulême, membre de l'Académie française, parlera de « l'avenir cultuel et culturel des églises et de l'Eglise en France » ; Marie-Hélène Mathieu est la fondatrice de l'Office chrétiens des handicapés, de Foi et Lumière et du premier pèlerinage de personnes handicapées mentales à Lourdes en 1971 ; le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, proposera une réflexion sur « l'Eglise, servante de la personne tout entière ».


Un échange entre tous les participants sur la première encyclique sociale de Benoît XVI, L'amour dans la vérité (Caritas in veritate), sera introduit par un débat entre trois parlementaires de sensibilités politiques variées.


L'organisation de ce pèlerinage est coordonnée par l'association « Chrétien élu public », qui suscite également des rencontres d'élus au plan local. Elle est présidée par Charles Revet, sénateur de Seine-Maritime.


On peut s'inscrire en ligne grâce au lien : http://spep.typepad.fr/spep/ .


Propos recueillis par Anita S. Bourdin

Fraternité de Tibériade, L’argent dans la vie d’un chrétien (3)

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

C. Déjà, l’argent sale ! : le message des prophètes.

 

Vers l’an 1000 se constitue la royauté et des classes riches se forment : fonctionnaires de la cour, commerçants. Dans les villes, des quartiers riches vont se construire. Les prophètes vont réagir avec force contre l’exploitation des pauvres, le luxe des riches et le mauvais fonctionnement de la justice.

 

Amos est un des premiers à protester. Sur les marchés il est témoin d’innombrables injustices:


« Ecoutez ceci, vous qui vous acharnez pour anéantir les pauvres du pays, vous qui dites : quand donc la nouvelle lune sera-t-elle finie pour que nous puissions vendre du grain, et le sabbat, que nous puissions ouvrir les sacs de blé, diminuant l’épha, augmentant le sicle, faussant les balances menteuses, achetant les indigents pour de l’argent et un pauvre pour une paire de sandales ? Le Seigneur le jure par l’orgueil de Jacob : jamais je n’oublierai aucune de vos actions ! » (Am 8,4-6)

 

Amos s’en prend également aux femmes qui, pour satisfaire leurs caprices, poussent leurs maris aux pires exactions (4,1-2) ; où les juges qui bafouent la justice pour quelques pots de vin (5,7.10.12-15).

 

Michée critique les riches qui s’accaparent les biens des pauvres : « Malheureux, ceux qui projettent le méfait et qui manigancent le mal sur leurs lits ! Au points du jour, ils l’exécutent, car ils en ont le pouvoir. S’ils convoitent des champs, ils s’en emparent ; des maisons, ils les prennent : ils saisissent le maître avec sa maison, l’homme avec son héritage » (Mi 2,1-2)

 

Conclusion : A travers les manoeuvres des grands de ce monde, la richesse apparaît ici comme une source de violence et d’oppression. L’argent en lui-même n’est pas critiqué, mais bien les conséquences sociales lorsque le riche en profite pour écraser le pauvre. Les prophètes n’arrêtent pas de le proclamer : la jouissance des richesses matérielles risque à tout moment de se faire aux dépens du pauvre. On est alors «possédé » par ses biens. La fidélité à l’Alliance conclue avec Dieu disparaît au profit des corruptions et compromissions pour l’argent devenu idole.

 

 

D. Les richesses : une épreuve ? Les sages.

 

Au retour de l’Exil (358), les Sages vont, comme leurs prédécesseurs, reconnaître que les biens matériels correspondant au dessein bienveillant de Dieu qui veut que tous les hommes soient heureux. Mais parce qu’ils savent que les hommes tombent facilement dans le piège de la richesse, les Sages vont rappeler qu’une juste utilisation des richesses réclame modération, prudence et discernement. C’est à se demander si les richesses matérielles ne sont pas une épreuve !

 

Même si fondamentalement la richesse est un bien3, Qohélet va mettre en garde ses contemporains contre la force perverse qui pousse à l’accumulation des biens : « Qui aime l’argent ne se rassasiera pas d’argent, ni du revenu qui aime le luxe. Cela aussi est vanité » (Qo 5,9). Qohélet va encore plus loin en remettant en cause l’idée classique que la richesse engendre nécessairement la tranquillité. C’est tout le contraire : plus tu as de l’argent, plus tu as des soucis :

 

« Doux est le sommeil de l’ouvrier, qu’il ait mangé peu ou beaucoup ;

mais la satiété du riche, ne laisse pas dormir » (Qo 5,11 et Si 31,1)

 

Sans parler des voleurs, des débiteurs et des faillites imprévues. Qohélet pensait-il à « Lernout & Hauspie » ?

 

Les Proverbes montrent que d’expérience les richesses mènent à l’orgueil (Pr 28,11) ou un sentiment trompeur de sécurité qui détourne de la confiance en Dieu (Pr 30,9 ; 11,28 et Ps 52,9). Avec force, ils rappellent qu’il y a des biens supérieurs aux richesses :

 

« Bonne renommée vaut mieux que grande richesse,

faveur est meilleure qu’argent et or » (Pr 22,1)

 

« Mieux vaut un pauvre en bonne santé et de robuste constitution

qu’un riche dont le coeur est atteint. » (Si 30,14)

 

Ces quelques proverbes le montrent bien : ce n’est pas les richesses comme telles que les Sages accusent mais bien les conséquences : l’illusion du bonheur qui peut conduire au refus de Dieu et le mépris des frères. Cette illusion masque une vérité essentielle : personne n’emportera ses biens dans sa tombe. Les Sages expliquent que seule la Sagesse qui s’enracine dans la connaissance de Dieu peut conduire à une juste et féconde utilisation des biens matériels. C’est ce qu’exprime cette belle prière :

 

« Ne me donne ni indigence ni richesse,

dispense-moi seulement ma part de nourriture,

car, trop bien nourri, je pourrais te renier

en disant : « Qui est le Seigneur » (Pr 30,7-9)4

 

Bref, seule la Sagesse peut aider les hommes à surmonter l’épreuve des richesses, comme le dit le Siracide :

 

« Celui qui aime l’or ne saurait rester juste et celui qui poursuit le gain se laissera fourvoyer par lui. Beaucoup ont été livrés à la ruine à cause de l’or et leur perte est arrivée sur eux. C’est un piège pour ceux qui en sont entichés et tous les insensés s’y laissent attraper. heureux l’homme riche qu’on trouve irréprochable et qui n’a pas couru après l’or. »

 

Qui est-il, que nous le félicitions ? Car il s’est comporté de façon irréprochable parmi son peuple. Qui a subi cette épreuve et s’en est bien tiré ? Il a bien lieu d’en être fier. Qui a pu commettre une transgression et ne l’a pas commise, faire le mal et ne l’a pas fait ? Alors, il sera confirme dans sa prospérité et l’assemblée énumérera ses bienfaits » (Si 31,5-11).

 

Conclusion : Au terme de ce parcours dans l’A.T. il apparaît que pour les auteurs bibliques les richesses matérielles font partie du projet de Dieu qui veut que tout être humain soit heureux et ait une vie agréable. (= BENEDICTION)

 

Mais parce qu’elles renvoient à la liberté de chacun, elles réclament de chacun qu’il fasse preuve de discernement et de responsabilité. Le riche est en situation de danger de faire de ses richesses un absolu ou une fausse sécurité, le danger de ne reconnaître la valeur à sa propre existence et celle des autres en proportion des biens possédés : oubli de Dieu, l’unique richesse et mépris des pauvres. (= EPREUVE)

 

 

3 « Les biens du riche dont sa ville forte tandis que la pauvreté des petites gens est leur ruine » (Pr 10,15 ; 14,20 et Si 13,21)

4 Voir aussi: Qo 5,17-19 et Si 29,23


Afficher plus d'articles

RSS Contact