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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

P. Marie-Eugène de l’E.J., Au souffle de l’Esprit, Prière et Action, Éd. du Carmel, pp. 216-219 (1e partie)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
Je vous ai parlé d’arêtes lumineuses, de rayons lumineux qui fendent la nuit du moins un instant, et nous permettent d’aller très loin dans la prière du Christ, de voir suffisamment ce qu’elle a été et son utilité. De cela, tirons quelques conclusions pratiques. La première, c’est que nous devons beaucoup prier. Il ne faudrait pas que nous soyons de ces chrétiens qui croient qu’après avoir récité quelques prières vocales le matin et le soir, après avoir assisté vaguement ou même de façon fervente à la messe du dimanche, ils ont rempli un peu plus même que leur devoir, parce qu’ils voient à côté d’eux des gens qui ne font même pas cela… Notre vie véritable, celle qui ne finira pas, sera une vie d’union avec Dieu et nous sommes ici-bas pour nous exercer à cette vie du Ciel. Si nous arrivons dans le Ciel et que nous ne sachions pas prier, nous aurons probablement à l’apprendre, et nous risquons de manquer la porte parce que nous ne saurons pas faire. C’est un métier qu’on n’apprend pas dans le paradis ! Le bon Dieu dira : depuis cinquante ans, soixante ans, peut-être davantage, tu avais la grâce, tu avais les moyens de prier et de t’unir, et tu ne l’as pas fait ? tu as laissé ce talent, ce talent précieux, tu ne l’as pas exercé ? (cf. Mt 25, 14 s.) La vie chrétienne n’est pas seulement une vie morale, elle ne consiste pas seulement à éviter ceci ou cela ; elle consiste surtout à faire du positif. On ne développe pas sa vie en évitant les microbes, on développe sa vie par l’exercice des fonctions vitales, et en nourrissant ses énergies vitales par l’aliment approprié. Nos énergies vitales chrétiennes, c’est la grâce, c’est d’être enfant de Dieu. Cette fonction consiste à nous unir à Dieu et, avec Dieu le Père à spirer l’Amour, par conséquent, comme dit saint Jean de la Croix, à spirer déjà l’Esprit Saint. C’est là notre fonction principale. Permettez-moi d’insister : à notre époque, même les bons chrétiens sont parfois un peu trop orientés vers des fonctions qui sont importantes mais secondaires. On croit parfois que l’exercice de la charité, c’est surtout l’exercice de la charité sociale : ce n’est pas vrai. La charité sociale entre dans nos devoirs, mais c’est une fausse interprétation de l’Évangile de penser qu’être chrétien, c’est surtout faire cette charité sociale. La charité, c’est celle qui nous unit à Dieu. Quand Notre Seigneur nous demande de l’exercer à l’égard du prochain, c’est en la surnaturalisant, en voyant dans ce prochain le prolongement de Dieu, ou en exerçant cette charité pour conduire cette âme à ses opérations essentielles d’enfant de Dieu et l’introduire dans la Trinité sainte. Cette charité doit avoir un but d’apostolat : ramener cette âme dans la voie, non pas seulement à la messe du dimanche, mais lui montrer le chemin qui va dans la Trinité sainte. Nous devons donc donner à cette prière la place qu’elle doit avoir dans notre vie. Nous devrions retrouver l’atmosphère et les lumières dans lesquelles vivaient les premiers siècles du christianisme : la grande lumière qui devrait éclairer nos vies chrétiennes personnelles, notre vie familiale, notre vie sociale, c’est le dogme et la vie de la Trinité sainte. Ce n’est pas réservé à quelques spécialistes qui ont le temps, ou à quelques moines ou religieuses qui en ont le goût. C’est une vérité chrétienne. Il faut, par conséquent, donner à nos enfants le moyen, c’est-à-dire l’instruction qui les oriente vers cette vie trinitaire, à laquelle nous devons participer et qui est notre terme. Nous devons nous exercer à l’union, orienter notre vie familiale et notre vie sociale, notre vie personnelle vers ce terme qu’est notre participation à la vie trinitaire.

Élisabeth de la Trinité, Dernière retraite

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
" Comme la biche altérée soupire après les sources d’eau vive, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu ! Mon âme a soif du Dieu vivant ! Quand irai-je, et paraîtrai-je devant sa face ? " (Ps 41, 1-2) Et pourtant, comme " le passereau qui a trouvé un lieu pour s’y retirer, comme la tourterelle qui a trouvé un nid pour y placer ses petits " (Ps 83, 3), ainsi Laudem gloriae (Louange de gloire) a trouvé – en attendant d’être transférée en la sainte Jérusalem, beata pacis visio (bienheureuse vison de paix) – sa retraite, sa béatitude, son Ciel anticipé où elle commence sa vie d’éternité. " En Dieu mon âme est silencieuse ; c’est de Lui que j’attends ma délivrance. Oui, Il est le rocher où je trouve mon salut, ma citadelle, et je ne serai pas ébranlée !… " (Ps 61, 2-3). Voilà le mystère que chante aujourd’hui ma lyre ! Comme à Zachée, mon Maître m’a dit : " Hâte-toi de descendre, car il faut que je loge chez toi… " (Lc 19, 5). Hâte-toi de descendre, mais où ? Au plus profond de moi-même : après m’être quittée moi-même, séparée de moi-même, dépouillée de moi-même, en un mot, sans moi-même. " Il faut que je loge chez toi ! " C’est mon Maître qui m’exprime ce désir ! Mon Maître qui veut habiter en moi, avec le Père et son Esprit d’amour, pour que, selon l’expression du disciple bien-aimé, j’aie " société " (1 Jn 1, 3) avec Eux. " Vous n’êtes plus des hôtes ou des étrangers, mais vous êtes déjà de la maison de Dieu ", dit saint Paul (Ep 2, 19). Voilà comment j’entends être de la maison de Dieu : c’est en vivant au sein de la tranquille Trinité, en mon abîme intérieur, en cette " forteresse inexpugnable du saint recueillement " dont parle saint Jean de la Croix ! David chantait : " Mon âme tombe en défaillance en entrant dans les parvis du Seigneur " (Ps 83, 1). Il me semble que ce doit être l’attitude de toute âme qui rentre en ses parvis intérieurs pour y contempler son Dieu et pour y prendre fortement son contact : elle " tombe en défaillance ", dans un divin évanouissement en face de cet Amour tout-puissant, de cette Majesté infinie qui demeure en elle ! Ce n’est point la vie qui l’abandonne ; mais c’est elle qui méprise cette vie naturelle et qui s’en retire… Car elle sent qu’elle n’est pas digne de son essence si riche, et elle s’en va mourir et s’écouler en son Dieu. Oh ! qu’elle est belle, cette créature ainsi dépouillée, délivrée d’elle-même ! Elle est en état de " disposer des ascensions en son cœur pour passer de la vallée des larmes " (c’est-à-dire de tout ce qui est moindre que Dieu) " vers le lieu qui est son but " (Ps 83,6), ce " lieu spacieux " chanté par le psalmiste (Ps 17, 20), qui est, il me semble, l’insondable Trinité : " Immensus Pater, immensus Filius, immensus Spiritus sanctus !… " Elle monte, elle s’élève au-dessus des sens, de la nature ; elle se dépasse elle-même : elle surpasse aussi toute joie comme toute douleur et passe à travers les nuages, pour ne se reposer que lorsqu’elle aura pénétré " en l’intérieur " de Celui qu’elle aime et qui lui donnera Lui-même " le repos de l’abîme " (Ruysbroec). Et tout cela sans être sortie de la sainte forteresse ! Le Maître lui a dit : Hâte-toi de descendre… C’est encore sans sortir de là qu’elle vivra, à l’image de la Trinité immuable, en un éternel présent, " l’adorant toujours à cause d’Elle-même ", et devenant par un regard toujours plus simple, plus unitif, " la splendeur de sa gloire " (He 1, 3), autrement dit l’incessante louange de gloire de ses perfections adorables. (Conrad De Meester, Dans le Ciel de notre âme, Éd. du Cerf, 1992, p. 154-157)

Benoït XVI, " Dieu est Amour ", 16-18 (2e partie)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
18. L’amour du prochain se révèle ainsi possible au sens défini par la Bible, par Jésus. Il consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu’à toucher le sentiment. J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ. Son ami est mon ami. Au-delà de l’apparence extérieure de l’autre, jaillit son attente intérieure d’un geste d’amour, d’un geste d’attention, que je ne lui donne pas seulement à travers des organisations créées à cet effet, l’acceptant peut-être comme une nécessité politique. Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires: je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin. Ici apparaît l’interaction nécessaire entre amour de Dieu et amour du prochain, sur laquelle insiste tant la Première Lettre de Jean. Si le contact avec Dieu me fait complètement défaut dans ma vie, je ne peux jamais voir en l’autre que l’autre, et je ne réussis pas à reconnaître en lui l’image divine. Si par contre dans ma vie je néglige complètement l’attention à l’autre, désirant seulement être "pieux" et accomplir mes "devoirs religieux", alors même ma relation à Dieu se dessèche. Alors, cette relation est seulement "correcte", mais sans amour. Seule ma disponibilité à aller à la rencontre du prochain, à lui témoigner de l’amour, me rend aussi sensible devant Dieu. Seul le service du prochain ouvre mes yeux sur ce que Dieu fait pour moi et sur sa manière à Lui de m’aimer. Les saints – pensons par exemple à la bienheureuse Teresa de Calcutta – ont puisé dans la rencontre avec le Seigneur dans l’Eucharistie leur capacité à aimer le prochain de manière toujours nouvelle, et réciproquement cette rencontre a acquis son réalisme et sa profondeur précisément grâce à leur service des autres. Amour de Dieu et amour du prochain sont inséparables, c’est un unique commandement. Tous les deux cependant vivent de l’amour prévenant de Dieu qui nous a aimés le premier. Ainsi, il n’est plus question d’un "commandement" qui nous prescrit l’impossible de l’extérieur, mais au contraire d’une expérience de l’amour, donnée de l’intérieur, un amour qui, de par sa nature, doit par la suite être partagé à d’autres. L’amour grandit par l’amour. L’amour est "divin" parce qu’il vient de Dieu et qu’il nous unit à Dieu, et, à travers ce processus d’unification, il nous transforme en un Nous, qui surpasse nos divisions et qui nous fait devenir un, jusqu’à ce que, à la fin, Dieu soit "tout en tous" (1 Co 15, 28).

Benoït XVI, " Dieu est Amour ", 16-18 (1e partie)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
16. …Est-il vraiment possible d’aimer Dieu alors qu’on ne le voit pas ? Et puis: l’amour peut-il se commander ? Au double commandement de l’amour, on peut répliquer par une double objection, qui résonne dans ces questions. Dieu, nul ne l’a jamais vu – comment pourrions-nous l’aimer ? Et, d’autre part : l’amour ne peut pas se commander; c’est en définitive un sentiment qui peut être ou ne pas être, mais qui ne peut pas être créé par la volonté. L’Écriture semble confirmer la première objection quand elle dit: " Si quelqu’un dit: "J’aime Dieu", alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas " (1 Jn 4, 20). Mais ce texte n’exclut absolument pas l’amour de Dieu comme quelque chose d’impossible; au contraire, dans le contexte global de la Première Lettre de Jean, qui vient d’être citée, cet amour est explicitement requis. C’est le lien inséparable entre amour de Dieu et amour du prochain qui est souligné. Tous les deux s’appellent si étroitement que l’affirmation de l’amour de Dieu devient un mensonge si l’homme se ferme à son prochain ou plus encore s’il le hait. On doit plutôt interpréter le verset johannique dans le sens où aimer son prochain est aussi une route pour rencontrer Dieu, et où fermer les yeux sur son prochain rend aveugle aussi devant Dieu. 17. En effet, personne n’a jamais vu Dieu tel qu’il est en lui-même. Cependant, Dieu n’est pas pour nous totalement invisible, il n’est pas resté pour nous simplement inaccessible. Dieu nous a aimés le premier, dit la Lettre de Jean qui vient d’être citée (cf. 4, 10) et cet amour de Dieu s’est manifesté parmi nous, il s’est rendu visible car Il "a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui" (1 Jn 4, 9). Dieu s’est rendu visible: en Jésus nous pouvons voir le Père (cf. Jn 14, 9). En fait, Dieu se rend visible de multiples manières. Dans l’histoire d’amour que la Bible nous raconte, Il vient à notre rencontre, Il cherche à nous conquérir – jusqu’à la dernière Cène, jusqu’au Cœur transpercé sur la croix, jusqu’aux apparitions du Ressuscité et aux grandes œuvres par lesquelles, à travers l’action des Apôtres, Il a guidé le chemin de l’Église naissante. Et de même, par la suite, dans l’histoire de l’Église, le Seigneur n’a jamais été absent: il vient toujours de nouveau à notre rencontre – par des hommes à travers lesquels il transparaît, ainsi que par sa Parole, dans les Sacrements, spécialement dans l’Eucharistie. Dans la liturgie de l’Église, dans sa prière, dans la communauté vivante des croyants, nous faisons l’expérience de l’amour de Dieu, nous percevons sa présence et nous apprenons aussi de cette façon à la reconnaître dans notre vie quotidienne. Le premier, il nous a aimés et il continue à nous aimer le premier; c’est pourquoi, nous aussi, nous pouvons répondre par l’amour. Dieu ne nous prescrit pas un sentiment que nous ne pouvons pas susciter en nous-mêmes. Il nous aime, il nous fait voir son amour et nous pouvons l’éprouver, et à partir de cet "amour premier de Dieu", en réponse, l’amour peut aussi jaillir en nous. Dans le développement de cette rencontre, il apparaît clairement que l’amour n’est pas seulement un sentiment. Les sentiments vont et viennent. Le sentiment peut être une merveilleuse étincelle initiale, mais il n’est pas la totalité de l’amour. Au début, nous avons parlé du processus des purifications et des maturations, à travers lesquelles l’eros devient pleinement lui-même, devient amour au sens plein du terme. C’est le propre de la maturité de l’amour d’impliquer toutes les potentialités de l’homme, et d’inclure, pour ainsi dire, l’homme dans son intégralité. La rencontre des manifestations visibles de l’amour de Dieu peut susciter en nous un sentiment de joie, qui naît de l’expérience d’être aimé. Mais cette rencontre requiert aussi notre volonté et notre intelligence. La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement: l’amour n’est jamais "achevé" ni complet; il se transforme au cours de l’existence, il mûrit et c’est justement pour cela qu’il demeure fidèle à lui-même. Vouloir la même chose et ne pas vouloir la même chose (Salluste); voilà ce que les anciens ont reconnu comme l’authentique contenu de l’amour: devenir l’un semblable à l’autre, ce qui conduit à une communauté de volonté et de pensée. L’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste justement dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus: la volonté de Dieu n’est plus pour moi une volonté étrangère, que les commandements m’imposent de l’extérieur, mais elle est ma propre volonté, sur la base de l’expérience que, de fait, Dieu est plus intime à moi-même que je ne le suis à moi-même (S. Augustin). C’est alors que grandit l’abandon en Dieu et que Dieu devient notre joie (cf. Ps 72 [73], 23-28).

Catéchisme de l'Église catholique 2742-2745

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
2742 " Priez sans cesse " (1 Th 5, 17), " en tout temps et à tout propos, rendez grâces à Dieu le Père au Nom de notre Seigneur Jésus Christ " (Ep 5, 20), " vivez dans la prière et les supplications ; priez en tout temps dans l’Esprit, apportez-y une vigilance inlassable et intercédez pour tous les saints " (Ep 6, 18). " Il ne nous a pas été prescrit de travailler, de veiller et de jeûner constamment, tandis que c’est pour nous une loi de prier sans cesse " (Evagre). Cette ardeur inlassable ne peut venir que de l’amour. Contre notre pesanteur et notre paresse le combat de la prière est celui de l’amour humble, confiant et persévérant. Cet amour ouvre nos cœurs sur trois évidences de foi, lumineuses et vivifiantes : 2743 Prier est toujours possible : Le temps du chrétien est celui du Christ ressuscité qui est " avec nous, tous les jours " (Mt 28, 20), quelles que soient les tempêtes (cf. Lc 8, 24). Notre temps est dans la main de Dieu : Il est possible, même au marché ou dans une promenade solitaire, de faire une fréquente et fervente prière. Assis dans votre boutique, soit en train d’acheter ou de vendre, ou même de faire la cuisine (S. Jean Chrysostome). 2744 Prier est une nécessité vitale. La preuve par le contraire n’est pas moins convaincante : si nous ne laissons pas mener par l’Esprit, nous retombons sous l’esclavage du péché (cf. Ga 5, 16-25). Comment l’Esprit Saint peut-il être " notre Vie " si notre cœur est loin de lui ? Rien ne vaut la prière ; elle rend possible ce qui est impossible, facile ce qui est difficile. Il est impossible que l’homme qui prie puisse pécher (S. Jean Chrysostome). Qui prie, se sauve certainement ; qui ne prie pas se damne certainement (S. Alphonse de Liguori). 2745 Prière et vie chrétiennes sont inséparables car il s’agit du même amour et du même renoncement qui procède de l’amour. La même conformité filiale et aimante au Dessein d’amour du Père. La même union transformante dans l’Esprit Saint qui nous conforme toujours plus au Christ Jésus. Le même amour pour tous les hommes, de cet amour dont Jésus nous a aimés. " Tout ce que vous demanderez au Père en mon Nom, il vous l’accordera. Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres " (Jn 15, 16-17). Celui-là prie sans cesse qui unit la prière aux œuvres et les œuvres à la prière. Ainsi seulement nous pouvons considérer comme réalisable le principe de prier sans cesse (Origène).

Jean-Claude Sagne, Notre vie sous la conduite de Marie

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
Peut-être y a-t-il (encore) trois épreuves typiques de la vie mariale. C’est d’abord l’expérience d’une extrême fragilité, comme d’un enfant démuni. Chemin de patience et d’humiliation, le service de Marie passe souvent par le sentiment de l’anéantissement, qui est une école d’abandon. La deuxième épreuve typique est la vie cachée " à l’intérieur ", la vie cachée à nos propres yeux, de sorte qu’il n’y ait de connaissance distincte ni de grâces ni des lumières ni non plus des épreuves ou des purifications. L’épreuve consiste ici précisément dans l’enfouissement de tout le vécu spirituel sous le vécu humain le plus ordinaire, qu’il soit psychique ou somatique ou relationnel. Ce qu’il y a de difficile ici, c’est de consentir à une sorte d’inexistence personnelle au point de vue spirituel. Puis la troisième épreuve de la vie mariale serait une sorte d’affrontement aux puissances des ténèbres de façon inexplicable et insolite, sans doute parce qu’il y a recrudescence du combat pour le Royaume partout où l’on veut faire connaître et aimer Marie. La découverte de Marie dans notre vie de prière répond au dynamisme d’un approfondissement dans la relation à la mère. Elle nous attire du ressentie de la joie vers l’adhésion maintenue de la pure fidélité et nous fait passer de la fréquentation familière de l’enfant ou de l’homme jeune vers la présence quasi-imperceptible de l’embryon dans son milieu de vie nourricier. Ce qui provoque la décantation des notes sensibles du début, ce n’est pas la lassitude ni la désillusion, mais bien plutôt l’entrée dans la profondeur de la nuée lumineuse où Dieu habite. Quand parfois il n’y a même plus de parole à entendre, c’est que nous sommes davantage unis à ce qui est la condition première et indispensable de la parole humaine, telle que le Verbe a voulu la connaître au début de son Incarnation en se cachant dans le sein de Marie. Pour qu’un parole se donne à entendre, il faut d’abord qu’il y ait l’accueil du don de la vie… En ce qui concerne la vie mariale, l’évolution habituelle est significative. Dans un premier moment, Marie semble vouloir s’inscrire dans les attentes de notre imaginaire en les accomplissant. La suite de la route fait éprouver la perte de cette présence proche et ressentie. Le pivot est l’union à Jésus lui-même caché en Marie. L’Esprit nous introduit plus avant dans le mystère de la vie filiale de Jésus. L’horizon de lumière est la gloire de la vie filiale dans le cœur du Ressuscité devant le Père. L’aujourd’hui est notre vie cachée avec le Christ en Dieu. C’est l’intimité croissante avec Marie qui aboutit à une union plus profonde avec Jésus, caché dans le sein de Marie pour être de nouveau caché dans le sien du Père.

Adrienne von Speyr, Jean, Le discours d’adieu, 2e tome, éd. P. Lethielleux, p. 20…21

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
Le détourné " sera jeté dehors " : d’abord imperceptiblement par le Père, ensuite peut-être même publiquement par l’Église… Celui qui est exclu n’a plus accès aux sources vives, aux sacrements… Pour pouvoir revenir comme un vrai croyant, il lui faudrait devenir un homme tout autre que ce qu’il est actuellement. Mais il peut être jeté dehors uniquement par Dieu, sans que l’Église se sépare publiquement de lui. L’Église, comme institution visible et humaine, ne peut pas forcer l’accès aux consciences. Les sacrements qu’elle administre dépassent de loin par leur effet ce qu’elle peut en vérifier. Dans ceux-ci elle noue une alliance entre les âmes et Dieu, mais la vie intime de cette alliance lui reste en grande partie inconnue. Dans cette sphère, Dieu a déjà pu procéder à un rejet, tandis que dans la sphère accessible à l’Église tout semble encore en ordre.. Il se peut qu’extérieurement un chrétien participe à tout ce que l’Église lui demande, peut-être jusqu’à sa mort, mais intérieurement, dans la grande question essentielle que Dieu lui a posée, il a échoué ; ce point secret de son âme, indispensable à une relation vivante avec Dieu, est desséché et mort. Il peut avoir l’air d’un sarment de vigne florissant, voire fécond, mais en réalité toute cette vie n’est qu’apparence. Et lui-même en est conscient. Il ne saisit peut-être pas tout ce qui se rapporte à son état, mais il sait l’essentiel : que sur un point précis, une ou plusieurs fois dans sa vie, il a dit non à Dieu. Un non qui ne se laisse pas effacer par la contrition et la confession et qui décide du sens et de l’orientation de toute son existence. Cette part de lui-même qui importait à Dieu, il la lui a soustraite. C’est justement la partie par laquelle il aurait pu être fécond pour l’Église. Il s’agit de ce don tout à fait personnel qui, dans la communauté, aurait fait jaillir une source de vie. L’Église est incapable de constater d’où lui vient sa déficience ; elle ne dispose d’aucun contrôle sur les origines de la vie chrétienne en elle ; c’est Dieu qui y dépose le grain vivant. Mais celui qui dit non sait que par sa faute la vigne n’a pu faire pousser un sarment que Dieu avait prévu.

Saint Thomas d’Aquin, Commentaire sur saint Jean, ch 15, v. 3

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
"Déjà, vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée." En effet, en nous instruisant, la parole du Christ purifie d’abord des erreurs (cf. Tt 1, 9)… ; ensuite, elle purifie les cœurs des attachements terrestres en les enflammant pour les choses du ciel… ; enfin, la parole purifie par la force de la foi, car " il a purifié leur cœur par la foi " (Ac 15, 9).

Da Vinci Code de Dan Brown

Walter Covens #actualités
Selon "Newsweek ", l’événement le plus important de l’année 2006 sera la sortie ce 17 mai en introduction au festival de Cannes du film à gros budget inspiré du livre " Da Vinci Code ". Il s’agit d’une production de Sony-Columbia avec Tom Hanks et Audrey Tautou dans les rôles principaux. À cette occasion de nombreuses initiatives, fermes autant que pacifiques, ont été suscitées de la part de revues, de communautés et d'auteurs chrétiens. En voici quelques exemples : - Patrice de Plunkett, Opus dei, enquête sur le “monstre”, Presses de la renaissance, 17 mai 2006, 18,05 €. Sortie le 18 mai. - Roland Hureaux, Jésus et Marie-Madeleine, Perrin, "Tempus", 2006. - La revue "Famille chrétienne consacre aussi trois numéros à cette "mystification" : "Les élucubrations de Dan Brown sur les prétendus " secrets " de l'Eglise, la personne de Jésus, ses liens avec Marie Madeleine, " l'invention " du christianisme par l'empereur Constantin ou encore les noirs desseins prêtés à l’Opus Dei, auront un impact redoublé sur des spectateurs n’ayant, majoritairement, qu’une vague idée de la religion catholique. On peut s'en désoler. On peut se dire aussi qu'une opportunité nous est donnée de montrer le vrai visage de l’Eglise. Non seulement celle-ci n’a rien à cacher, mais elle s'expose pour annoncer le salut en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. D’ailleurs notre sondage montre aussi que si 30% des personnes ayant lu Da Vinci croient que son fondement est " plutôt vrai ", 30% le jugent " complètement faux ". Sans préjuger de l’effet que produira le film, ce " ballottage " n’ouvre-t-il pas des pistes à une stratégie de communication -ou pour mieux dire : d’évangélisation ? C’est dans l’esprit du judo – ce sport de combat non violent qui consiste à retourner contre lui la force de l'adversaire – que nous avons conçu notre réplique au Da Vinci Code. Ce feuilleton (enquêtes, interviews, chroniques…) courra sur quatre numéros (13, 20, 27 mai et 4 juin)." (P. Oswald, dans un entretien accordé à ZENIT.org le 5 mai 2006) On pourra les recevoir gratuitement en inscrivant sa demande sur le site www.davincicode-laverite.com/ (uniquement pour la France métropolitaine !). Le premier numéro vient de sortir. Vous pouvez le feuilleter en ligne à la même adresse. - La revue mensuelle " Il est vivant ! ", de la communauté de l'Emmanuel, propose un numéro spécial gratuit http://www.ilestvivant.com/actu/article.php3?id_article=179. - Le livre du Père Joseph-Marie VERLINDE, Les impostures anti-chrétiennes, Des apocroyphes au Da Vinci code, vient de paraître le 4 mai dernier aux Presses de la Renaissance. - Ensuite, Jean-Yves Riou publie : " Da Vinci Code, les coulisses d’une fiction ", Editions CLD, 200 pages, 17 euros en librairie le 11 mai). - Le Père Sesboüé publie " Da Vinci Code expliqué à ses lecteurs " (éditions du Seuil, 6 euros), un ouvrage " pour décoder Da Vinci Code sous l'angle du christianisme ". Pour en savoir plus, on peut écouter l’interview réalisée pour croire.com par Catherine Sesboüé (www.croire.com). - Le portail " jeunes " de la conférence des évêques de France signale différents points de rencontre en ligne, en papier, en direct ou non, pour rétablir la vérité par rapport aux inventions du romancier dan Brown (inxl6.org). - Le site de la conférence des évêques de France consacre également une page au phénomène de cette recherche de la vérité déchaînée par le succès de librairie et son adaptation au cinéma t (http://www.cef.fr/catho/actus/dossiers/2006/davincicode/index.php). - Un groupe de séminaristes de Caen ont fait un DVD que l'on peut commander au prix de 20 euros. Point de vente à Caen, librairie Publica, rue St Jean, 15 euros. Ce DVD a été produit par le centre d’études théologiques de Caen. Enfin un site web : http://www.davinci-codex.com Le roman autant que le film nous interpelle tous et nous provoque à un examen de conscience. Si Dan Brown connaît autant de succès, c'est aussi grâce à l'ignorance coupable de tant de chrétiens qui ne connaissent plus l'histoire de leur famille, l'Église. Mais comme vous le voyez, les occasions qui nous sont offertes pour combler les lacunes sont nombreuses. Si le portail " jeunes " de la conférence des évêques de France a pu titrer "Merci, Dan Brown", disons merci aussi à tous ceux qui nous aident par leur travaux à obéir à S. Pierre: "Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect." (1 P 3, 15-16)

Saint Augustin, Lettre 61 à Théodore

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
Donat soutenait que la validité d'un sacrement dépendait de la conduite morale de celui qui l'administrait. Les donatistes refusaient de réadmettre dans l'Église les "traditeurs", ceux qui avaient remis ("tradere" en latin) les livres des Saintes Écritures aux autorités civiles pour échapper à la persécution religieuse. Dans cette lettre, saint Augustin fait preuve de l'amour de la vérité autant que de la vérité de l'amour. "Tu m’as demandé comment nous recevrions les clercs donatistes qui voudraient rentrer dans l’Église catholique, à quoi je t’ai répondu par une lettre, afin que si quelqu’un t’interrogeait à ce sujet, tu puisses montrer, par un écrit de ma main, ce que nous pensons. Sache donc que nous ne détestons en eux que leur séparation qui les a rendus schismatiques ou hérétiques et qui les a éloignés de l’unité et de la vérité de l’Église catholique. Nous les condamnons parce qu’ils ne sont pas en paix avec le peuple de Dieu, répandu sur toute la terre, et qu’ils ne reconnaissent pas le baptême du Christ dans ceux qui l’ont reçu. Voilà le mal et l’erreur que nous blâmons en eux, mais en eux aussi nous reconnaissons, nous aimons, nous respectons ce qu’il y a de bien : le nom de Dieu et son sacrement. C’est cela qui nous afflige et nous fait désirer de les gagner à Dieu par l’amour du Christ, afin que ce sacrement qu’ils ont pour leur perte hors de la paix de l’Église, ils puissent l’avoir pour leur salut dans la paix de l’Église. Si on parvenait à détruire le mal qui vient des hommes, pour honorer dans les hommes le bien qui vient de Dieu, alors on verrait régner partout une concorde fraternelle, l’amitié, la paix, et la charité du Christ l’emporterait dans les cœurs aux suggestions du mauvais. Lorsque des donatistes viennent à nous, nous n’accueillons pas ce qu’il y a de mal, c’est-à-dire leur séparation, leur égarement, mais tout en rejetant leur hérésie comme un obstacle à la concorde, nous les embrassons comme des frères et nous demeurons avec eux, comme dit l’Apôtre, dans l’unité de l’esprit et dans le lien de la paix. Nous reconnaissons en eux les biens qui viennent de Dieu : la sainteté du baptême, la bénédiction d el’ordination, la profession du célibat, le vœu de chasteté, la foi en la Trinité. Ces dons spirituels et d’autres semblables demeuraient stériles en eux, parce qu’ils n’étaient pas vivifiés par la charité. Qui peut prétendre avoir la charité du Christ en ne gardant pas l’unité ?… En rentrant dans l’Église, ils reprennent racine dans la charité par le lien de la paix et l’unité de l’esprit… Les sarments ne doivent pas se glorifier d’être du bois de la vigne et non de celui des ronces, car s’ils ne sont pas unis à la racine, recevant d’elle leur sève et leur vie, ils seront, malgré l’apparence, jetés au feu. Mais l’Apôtre a dit de ces branches brisées que " Dieu est assez puissant pour les enter de nouveau " (Rm 2). Ainsi donc, très cher frère, si tu vois quelques clercs donatistes doutant du rang qu’ils occuperaient parmi nous, montre-leur cette lettre que tu reconnais bien comme écrite de ma main. Qu’ils la gardent même, s’ils le veulent. Car je prends Dieu à témoin, sur mon âme, que je les recevrai, en leur conservant non seulement le baptême du Christ qu’ils ont reçu, mais encore le rang qu’ils peuvent avoir dans l’ordination ou dans la profession du célibat."

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