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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Lectures Ascension A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 1, 1-11)

1
01  Mon cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement,
02  jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel après avoir, dans l'Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu'il avait choisis.
03  C'est à eux qu'il s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.
04  Au cours d'un repas qu'il prenait avec eux, il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis. Il leur disait : « C'est la promesse que vous avez entendue de ma bouche.
05  Jean a baptisé avec de l'eau ; mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici quelques jours. »
06  Réunis autour de lui, les Apôtres lui demandaient : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? »
07  Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père a fixés dans sa liberté souveraine.
08  Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »
09  Après ces paroles, ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée.
10  Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient :
11  « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel. »
 



Psaume (Ps 46, 2-3, 6-7, 8-9)

R/ Dieu monte parmi l'acclamation, le Seigneur aux éclats du cor
02  Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
03  Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre,

06  Dieu s'élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
07  Sonnez pour notre Dieu, sonnez,
sonnez pour notre roi, sonnez !

08  Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l'annoncent !
09  Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.


Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens (Ep 1, 17-23)

1
17i  Frères, que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse pour le découvrir et le connaître vraiment.
18  Qu'il ouvre votre coeur à sa lumière, pour vous faire comprendre l'espérance que donne son appel, la gloire sans prix de l'héritage que vous partagez avec les fidèles,
19  et la puissance infinie qu'il déploie pour nous, les croyants. C'est la force même, le pouvoir, la vigueur,
20  qu'il a mis en oeuvre dans le Christ quand il l'a ressuscité d'entre les morts et qu'il l'a fait asseoir à sa droite dans les cieux.
21  Il l'a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir.
22  Il lui a tout soumis et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l'Église
23  qui est son corps, et l'Église est l'accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude.




Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 28, 16-20)

28
16i  Au temps de Pâques, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
17  Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
18  Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre.
19  Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ;
20  et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. »
 
Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés

 
Lectures Ascension A

La fidélité aux commandements - Homélie 6ème dimanche de Pâques A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)

 

 
 

 
    Cela fait cinq semaines que nous célébrons le mystère de Pâques. Jeudi prochain c'est l'Ascension, et dans deux semaines la Pentecôte. Au début de cette eucharistie nous avons prié avec toute l'Eglise :
 

« Dieu tout-puissant, accorde-nous, en ces jours de fête, de célébrer avec ferveur le Christ ressuscité : Que le mystère de Pâques dont nous faisons mémoire reste présent dans notre vie et la transforme. »

    Que le mystère de Pâques reste présent dans notre vie et la transforme ...  Comment ?

    Dans la 2e lecture, saint Pierre nous dit :

 

  • « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous ... »

 

    Sommes-nous devenus, durant ce temps pascal, un peu plus expert de la foi et de l'espérance qui est en nous depuis notre baptême pour pouvoir en rendre compte ? La foi n'est pas une fleur sauvage qui pousse n'importe où n'importe comment. La foi est une fleur qu'il faut cultiver dans le jardin de l'Eglise. Pour la cultiver, il faut veiller à ce que les mauvaises herbes, qui, elles, poussent n'importe où, n'importe comment, ne l'étouffent pas. Il faut les arroser, leur donner de l'engrais, guider leur croissance.

    Qu'avons-nous fait pour cela devant tous ceux qui attendent la lumière que nous avons reçue au baptême ? C'est pour cela que le Seigneur nous a donné une langue ! C'est pour communiquer notre foi et notre espérance aux autres, en commençant par nos enfants.

    Si nous devons toujours être prêts à nous expliquer, nous avons aussi à témoigner par toute notre vie. Lors du baptême de vos petits enfants, le célébrant, en remettant aux familles le cierge du baptême, allumé au cierge pascal, dit aux familles :

 

  • « C'est à vous, leurs parents, leurs parrains et marraines, que cette lumière est confiée : Veillez à l'entretenir pour que vos enfants, illuminés pas le Christ, avancent dans la vie en enfants de lumière et persévèrent dans la foi ... »

 

    Or, Mgr Méranville, notre archevêque émérite, rendant compte d'une visite ad limina de la Conférence épiscopale des Antilles, mentionne la famille comme la première question abordée :

 

  • « La Famille, fragilisée et menacée dans notre région, avec pour corollaire des problèmes d'éducation et de vocations religieuses et sacerdotales. Car sans familles chrétiennes qui catéchisent les enfants par la parole mais surtout par l'exemple, il est difficile aux jeunes de connaître Jésus-Christ, de le rencontrer et de vouloir se mettre à sa suite. »

 

    Même constat pour le Service Diocésain de la Catéchèse, qui avait fait un sondage auprès des prêtres et des catéchistes du cheminement. Il en ressort que la plupart des familles n'assument pas leur place dans l'éducation chrétienne de leurs enfants. Tout le monde promet, mais les promesses ne sont pas tenues ! On se laisse prendre par des tas de soucis qu'on estime prioritaires, mais qu'y a-t-il de plus prioritaire que l'éducation chrétienne des enfants dans leur famille, par la parole et par l'exemple, par l'amour surtout ?

    Entendons-nous bien : l'amour dont Jésus parle dans l'évangile, ce n'est pas une affaire de sentiments. Rien à voir avec les chansons d'amour qui pullulent à la radio, la télévision, l'Internet ! Les chants de la Bible, on les appelle les psaumes. Celui qui est le plus long de tous, c'est un chant d'amour ... de la Loi.

 

  • « Vois combien j'aime tes préceptes, Seigneur, fais-moi vivre selon ton amour ! » (v. 59)
  • « Ton amour, Seigneur, emplit la terre ; apprends-moi tes commandements. » (v. 64)
  • « Fais-moi vivre selon ton amour : j'observerai les décrets de ta bouche. » (v. 88)
  • « De quel amour j'aime ta loi : tout le jour je la médite ! » (v. 97)

 

    Dans l'évangile Jésus dit :

 

« Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. »

 

    Jésus ne parle pas ici d'apparitions ou d'autres phénomènes extraordinaires. Il parle de ce qui se passe habituellement chez quelqu'un qui reste fidèle à ses commandements. Si nous ne sommes pas fidèles, nous pourrons avoir des idées au sujet de Jésus, mais Jésus ne se manifestera pas à nous. Il restera un étranger. Pouvons-nous dire que Jésus est vraiment quelqu'un qui s'est manifesté à nous ? Comment ? (cf. Deus caritas n. 17)

    De l'Esprit Saint, Jésus dit que « le monde ne peut pas le recevoir ». Et si nous, chrétiens, nous vivons « comme tout le monde », nous aurons beau être chrétiens, baptisés, confirmés, mariés à l'église, nous ne pourrons pas connaître l'Esprit Saint. Si nous ne connaissons pas l'Esprit Saint, comment alors témoigner de Jésus ? Cela n'est pas possible.

    C'est pour cela que l'Eglise demande la confirmation pour être parrain ou marraine (cf. 1e lect.) et aussi pour se marier : pour que les époux puissent être témoins de la foi l'un pour l'autre, pour que les parrains et les marraines le soient pour leur filleul(e).

    La confirmation n'est pas une simple formalité, après laquelle on peut envoyer tout promener ! La confirmation est le sacrement qui donne l'Esprit Saint pour pouvoir témoigner. Quelqu'un qui reçoit la confirmation sans vouloir témoigner, cela n'a pas de sens, pas davantage que celui qui veut témoigner mais qui néglige de recevoir la confirmation. Cela ne veut pas dire que l'Esprit Saint n'est pas donné au baptême (il est donné dans tous les sacrements), mais la première lecture montre que le baptême et la confirmation sont bien deux sacrements distincts, et que, tant qu'on n'a pas reçu la confirmation, la vie chrétienne reste inachevée. Pourquoi ? Parce que le témoignage fait partie inhérente des commandements de Jésus.

    Remarquez ici une chose importante : ce n'est pas la même chose de ne pas être confirmé si l'on n'est pas chrétien et de ne pas être confirmé si on l'est. Il y a eu dans l'histoire, et aujourd'hui encore, des hommes et des femmes qui n'ont jamais connu le Christ et qui ont donné un témoignage d'amour admirable. Mais on ne va pas dire qu'ils ont été des témoins de Jésus Christ ... Pensez ici au chapitre 25 de saint Matthieu : « J'avais faim, et vous m'avez donné à manger... » Cette parabole est racontée par Jésus pour nous faire comprendre ce qui va se passer lors du Jugement dernier. Ce ne sont pas seulement les chrétiens qui seront jugés par Jésus, mais tous les hommes. Eh bien, ceux qui, sans connaître Jésus, ont vécu en faisant du bien à leur prochain, ils seront sauvés par Jésus sans l'avoir connu sur la terre. Mais qu'on n'aille pas dire alors qu'ils étaient de bons chrétiens, « des chrétiens qui s'ignorent » !

    A ses disciples Jésus racontera une autre parabole. Saint Pierre demande alors si elle s'adresse « à nous ou à tout le monde ». Aux chrétiens, à ceux qui ont eu le privilège inouï d'avoir connu Jésus, d'avoir reçu la foi et le baptême, d'avoir connu la volonté du Père, il leur sera demandé davantage, et s'ils n'ont pas fait ce qui leur a été demandé, ils recevront « un grand nombre de coups » (cf. Lc 12, 35-48).

 

Lectures 6° dimanche de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 8, 5-8.14-17)

8
05i  Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ.
06  Les foules, d'un seul coeur, s'attachaient à ce que disait Philippe, car tous entendaient parler des signes qu'il accomplissait, ou même ils les voyaient.
07  Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits mauvais, qui les quittaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et d'infirmes furent guéris.
08  Et il y eut dans cette ville une grande joie.
14  Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils leur envoyèrent Pierre et Jean.
15  A leur arrivée, ceux-ci prièrent pour les Samaritains afin qu'ils reçoivent le Saint-Esprit ;
16  en effet, l'Esprit n'était encore venu sur aucun d'entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus.
17  Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils recevaient le Saint-Esprit.
 


Psaume (Ps 65, 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20)
 
R/ Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur !
01  Acclamez Dieu, toute la terre ; +
02  fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.
3a  Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables !

04  Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. »
05  Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.

06  Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu'il nous donne.
7a  Il règne à jamais par sa puissance.

16  Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu'il a fait pour mon âme ;
20  Béni soit Dieu +
qui n'a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !



Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 3, 15-18)

3
15  C'est le Seigneur, le Christ, que vous devez reconnaître dans vos coeurs comme le seul saint. Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous ;
16  mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, pour faire honte à vos adversaires au moment même où ils calomnient la vie droite que vous menez dans le Christ.
17  Car il vaudrait mieux souffrir pour avoir fait le bien, si c'était la volonté de Dieu, plutôt que pour avoir fait le mal.
18  C'est ainsi que le Christ est mort pour les péchés, une fois pour toutes ; lui, le juste, il est mort pour les coupables afin de vous introduire devant Dieu. Dans sa chair, il a été mis à mort ; dans l'esprit, il a été rendu à la vie.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 14, 15-21)

14
15i  À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements.
16  Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous :
17  c'est l'Esprit de vérité. Le monde est incapable de le recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez,
18  parce qu'il demeure auprès de vous, et qu'il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.
19  D'ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi.
20  En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous.
21  Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Copyright AELF - 1980 - 2007 - Tous droits réservés








 
Lectures 6° dimanche de Pâques A

La grandeur de l'Église - Homélie 5ème dimanche de Pâques A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 
 

 

    Dans ce passage de l'évangile que nous venons d'entendre, et qui se situe après le lavement des pieds et l'annonce de la trahison de Judas, mais que nous entendons aujourd'hui à la lumière du cierge pascal, Jésus adresse à ses disciples, troublés surtout par l'annonce du départ de leur Maître, des paroles de consolation et d'encouragement. Il leur dit qu'il ne les quitte pas. Il veut leur révéler sa présence invisible parmi eux, par la foi et dans l'amour.

    Dans ce temps qui suit Pâques - et qui est le temps de l'Église dans son cheminement terrestre - la foi est la condition essentielle de notre vie de croyants. Par la foi, nous sommes certains de la présence de Jésus ressuscité ; par elle, nous avons la certitude aussi de la présence du Père.

    L'évangile nous montre aussi que les paroles de Jésus ne rencontrent que de l'incompréhension, même de la part de ceux qui sont les mieux placés pour les comprendre : Pierre, Thomas, Philippe ... Il ne s'agit pas d'une difficulté simplement intellectuelle, comme quand un étudiant ne comprend pas une leçon de mathématiques. Non ! Il s'agit d'une incompréhension fondamentale : celle d'un manque de foi. Or la foi, c'est un don que Dieu donne à ceux qui sont bien disposés, aux humbles de coeur, aux pécheurs repentants. Les orgueilleux, eux, restent imperméables au don de Dieu. Ce qui nous empêche de croire, ou ce qui ralentit la croissance de notre foi, c'est le fait que nous cherchons principalement notre propre gloire.

 


"Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique !" (Jn 5, 44)
 


    Pour croire en Jésus, il faut être libéré de soi-même et de toutes ses fausses richesses dans lesquelles les hommes mettent leur confiance.

    Saint François de Borgia, qui, au 16e siècle est devenu le deuxième Général des Jésuites, après saint Ignace de Loyola, jusqu'à l'âge de 40 ans, ne se sentait pas trop concerné, ni par le Christ, ni par l'Église. Au lieu de cela, il vivait la vie brillante d'un noble espagnol. C'est ce que Pascal appelait la "grandeur d'établissement". Il était le cousin de l'empereur et jouissait de tous les privilèges de la royauté à cette époque de l'âge d'or en Espagne. En outre, deuxième grandeur, il était extrêmement doué intellectuellement, et abondait de vertus naturelles, telles que le courage. Il était parmi les courtiers impériaux les plus en vue de l'époque. Il était aussi un ami très proche et conseiller de la belle, sage et bien-aimée Impératrice Isabelle, la grande dame de l'Europe de cette époque, dans tous les sens du terme. Et donc, par nature, par les circonstances, et par son éducation, François de Borgia avait un avenir très prometteur devant lui.

    Mais un jour, l'Impératrice meurt, et l'on demande à François, âgé alors de 28 ans, d'escorter la dépouille mortelle à la ville de Grenade, où elle devait être enterrée. Au bout de ce long voyage, les magistrats de la ville ouvrent le cercueil pour authentifier le corps. Son visage était si défiguré et horrible à voir que personne ne pouvait l'identifier. La puanteur qui se dégageait de la dépouille en décomposition était si pénétrante que tout le monde s'empresse de quitter la pièce.

    François était en état de choc. Qu'étaient devenus ces yeux pétillants, cette élégance, ce charme, cet esprit, la douceur de son sourire ? Et pour la première fois, François comprend vraiment combien la vie est fragile et éphémère. Un jour elle était Reine d'Espagne et Impératrice du Saint-Empire, vénérée et enviée du monde entier, jouissant d'une fortune et d'un pouvoir pratiquement illimités. Le jour suivant elle était devenue un cadavre répugnant en état de putréfaction. C'est alors que François Borgia se met à réfléchir sérieusement à Jésus, se présentant comme le Chemin, la Vérité et la Vie, Vainqueur de la mort et source de vie éternelle. En regardant ce cadavre, il se dit à lui-même : "François, voilà ce que tu seras bientôt... À quoi te serviront les grandeurs de la terre ?"

    Dans la deuxième lecture, saint Pierre rappelle aux chrétiens quelle est leur vraie grandeur. Leur vraie grandeur c'est d'avoir été choisi par Dieu pour être des pierres vivantes pour la construction d'un Temple spirituel :

 

 

  • "Vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu."


    Voilà nos titres de noblesse ! Notre noblesse, à nous, c'est d'appartenir à l'Église catholique. Et ce n'est pas par hasard que Dieu nous a choisis. Pascal, voulant faire comprendre aux grands de ce monde combien leur condition supérieure n'est que le fruit du plus grand des hasards, leur raconte une petite histoire :

"Pour entrer dans la véritable connaissance de votre condition, considérez-la dans cette image. Un homme est jeté par la tempête dans une île inconnue, dont les habitants étaient en peine de trouver leur roi, qui s'était perdu ; et, ayant beaucoup de ressemblance de corps et de visage avec ce roi, il est pris pour lui, et reconnu en cette qualité par tout ce peuple.  D'abord il ne savait quel parti prendre ; mais il se résolut enfin de se prêter à sa bonne fortune. Il reçut tous les respects qu'on lui voulut rendre, et il se laissa traiter de roi."

    Pascal veut amener les grands de ce monde à réfléchir et à écouter les prédicateurs leur enseigner le chemin qui conduit aux biens spirituels de la charité, c'est à dire à l'amour. Il s'agit de les amener à la conversion, à se sauver de la damnation. Seul le salut compte. Mais ce salut exige de sortir de l'ignorance et de l'illusion, de s'éveiller, d'acquérir une connaissance véritable de sa condition, et ainsi à échapper à la confusion première par laquelle nous confondons les différentes valeurs, ce qui fait la grandeur des nobles et ce qui fait celle des héros, des savants, des gens admirables par leurs qualités naturelles et ce qu'ils en tirent, et celle des saints.

    Souvent ces ordres de grandeur sont confondus les uns avec les autres. Que n'a-t-on pas entendu à l'occasion du décès d'Aimé Césaire ? Un déluge de qualificatifs de toute sorte, un discours dithyrambique dans lequel on confond les ordres de grandeur ! Il ne fait aucun doute que celui que pleurait toute la Martinique n'est pas un inconnu dans le monde entier pour rien. Aimé Césaire était un grand homme : personne n'ose et ne peut le contester, un grand homme à plusieurs égards. Mais de là à en faire un saint ! ... Certains, qui disent avoir pour lui "une admiration sans faille", ont parlé de son "témoignage de foi", de "sa pensée théologique",  le qualifiant de "père spirituel", de "vaillant serviteur de la vie, de la grâce de la résurrection de son Fils Jesus-Christ" et de "prophète au sens biblique du mot", un homme qui "ne mourra jamais" ! Ceux qui se sont déplacés pour aller lui rendre un dernier hommage n'ont pas fait un voyage mais un "pèlerinage", etc ...

    Comprenez-moi bien, et ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : je ne me permettrai pas de juger l'illustre défunt, dont on sait qu'il fut baptisé, non pratiquant. Ce n'est pas mon propos. (J'ai moi-même publié
un hommage à Aimé Césaire.) Je ne peux cacher ma tristesse en apprenant qu'il est privé de funérailles religieuses de par la volonté de sa famille. Mais ce que je ne peux surtout pas passer sous silence, sous peine de complicité, c'est l'idolâtrie - le mot n'est pas trop fort - de la part de ceux et de celles qui confondent les différents ordres de grandeur et qui rendent un très mauvais service à la mémoire de ce grand homme.

    L'autre jour quelqu'un aux États-Unis qui s'emploie à défendre l'Église catholique (on appelle cela de l'apologétique) m'envoyait une vidéo dans laquelle l'Église était appelée la plus grande organisation humanitaire du monde. Ce qui est vrai, c'est qu'il n'y a aucune organisation humanitaire qui puisse se vanter d'avoir plus d'écoles, d'hôpitaux, de dispensaires, d'orphelinats, d'oeuvres de charité de toute sorte, que l'Église. Mais l'Église n'est pas une organisation humanitaire. Elle est le corps du Christ ! C'est autre chose ... C'est une grandeur d'un autre ordre.

    L'Eglise n'est pas un supplément dont on peut se passer, du moment qu'on a le Christ. Elle est le lieu de cette présence. Maintenant que Jésus est allé vers le Père, il est plus que jamais dans l'Église : voilà l'idée-force qui se dégage de l'Évangile d'aujourd'hui. Durant sa vie terrestre, les apôtres ont vécu avec lui sans le connaître ni le comprendre. Maintenant, dans la foi, sa présence, et celle du Père, est une réalité consciente. Et cette présence est efficace : les signes accomplis dans l'Église : signes des sacrements, signes donnés par l'Église en qui habite la puissance de l'Esprit, manifestent la présence et l'action du Ressuscité en elle, non pas seulement des oeuvres humanitaires, mais des oeuvres divines, des oeuvres divines plus grandes mêmes que celles que faisait Jésus. Quelle grandeur que celle de l'Église !

    Mais cette grandeur, comme celle du Christ, est méconnue, méprisée. Pas de discours dithyrambique à son sujet, pas d'éloges, mais des critiques à tout va. Quoi d'étonnant, avec un tel Maître ?

 

 

  • "Il est la pierre vivante que les hommes ont éliminée, mais que Dieu a choisie parce qu’il en connaît la valeur."


    De même l'Église :
 

 

  • "Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus."


    Alors à chacun de faire son choix en connaissance de cause :
 

 

  • "Celui qui lui donne sa foi ne connaîtra pas la honte. Ainsi donc, honneur à vous qui avez la foi, mais, pour ceux qui refusent de croire, l'Écriture dit : La pierre éliminée par les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle, une pierre sur laquelle on bute, un rocher qui fait tomber. Ces gens-là butent en refusant d'obéir à la Parole, et c'est bien ce qui devait leur arriver."


    Il faut donc choisir entre ou bien les éloges du monde et le mépris de Dieu, ou bien les éloges de Dieu et le mépris du monde.

Lectures 5ème dimanche de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 6, 1-7)

6
01  En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, les frères de langue grecque récriminèrent contre ceux de langue hébraïque : ils trouvaient que, dans les secours distribués quotidiennement, les veuves de leur groupe étaient désavantagées.
02  Les Douze convoquèrent alors l'assemblée des disciples et ils leur dirent : « Il n'est pas normal que nous délaissions la parole de Dieu pour le service des repas.
03  Cherchez plutôt, frères, sept d'entre vous, qui soient des hommes estimés de tous, remplis d'Esprit Saint et de sagesse, et nous leur confierons cette tâche.
04  Pour notre part, nous resterons fidèles à la prière et au service de la Parole. »
05  La proposition plut à tout le monde, et l'on choisit : Étienne, homme rempli de foi et d'Esprit Saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un païen originaire d'Antioche converti au judaïsme.
06  On les présenta aux Apôtres, et ceux-ci, après avoir prié, leur imposèrent les mains.
07  La parole du Seigneur était féconde, le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem, et une grande foule de prêtres juifs accueillaient la foi.
 



Psaume (Ps 32, 1.2b-3a, 4-5, 18-19)

R/ Seigneur, ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi !
01  Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
2b  jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.
3a  Chantez-lui le cantique nouveau,

04  Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu'il fait.
05  Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

18  Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
19  pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.


Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 2, 4-9)

2
04i  Frères, approchez-vous de Seigneur Jésus : il est la pierre vivante que les hommes ont éliminée, mais que Dieu a choisie parce qu’il en connaît la valeur.
05  Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus.
06  On lit en effet dans l'Écriture :
Voici que je pose en Sion une pierre angulaire,
une pierre choisie et de grande valeur ;
celui qui lui donne sa foi
ne connaîtra pas la honte.
07  Ainsi donc, honneur à vous qui avez la foi, mais, pour ceux qui refusent de croire, l'Écriture dit :
La pierre éliminée par les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle,
08  une pierre sur laquelle on bute,
un rocher qui fait tomber.
Ces gens-là butent en refusant d'obéir à la Parole, et c'est bien ce qui devait leur arriver.
09  Mais vous, vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu ; vous êtes donc chargés d'annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 14, 1-12)

14
01i  À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
02  Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ?
03  Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi.
04  Pour aller où je m'en vais, vous savez le chemin. »
05  Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
06  Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi.
07  Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu. »
08  Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
09  Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Père.
10  Comment peux-tu dire : 'Montre-nous le Père' ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais c'est le Père qui demeure en moi, et qui accomplit ses propres oeuvres.
11  Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne croyez pas ma parole, croyez au moins à cause des oeuvres.
12  Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi accomplira les mêmes oeuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père.
 
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Lectures 5ème dimanche de Pâques A

Pour que fleurissent les vocations, cultiver le terrain des familles - Homélie 4° dimanche de Pâques - Vocations

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.

Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.

 
 
 

 

    Le monde a besoin d’évangélisateurs. Il est urgent de promouvoir les vocations sacerdotales et religieuses. 

    C'est seulement dans un terrain spirituellement bien cultivé, écrivait Benoît XVI, que fleurissent les vocations au sacerdoce ministériel et à la vie consacrée :

 


"Pour que l'Église puisse continuer à accomplir la mission qui lui a été confiée par le Christ et qu’il y ait toujours les évangélisateurs dont le monde a besoin, il est nécessaire que l’on ne néglige jamais dans les communautés chrétiennes une constante éducation à la foi des enfants et des adultes ; il est nécessaire de maintenir vivant chez les fidèles un sens actif de la responsabilité missionnaire et de la participation solidaire avec les peuples de la terre. Le don de la foi appelle tous les chrétiens à coopérer à l'évangélisation."
 


    Et le Pape insistait :


"C'est seulement dans un terrain spirituellement bien cultivé que fleurissent les vocations au sacerdoce ministériel et à la vie consacrée."
 

    (C'est pour cette raison principalement que j'ai voulu que les confessions des enfants en préparation aux fêtes pascales se déroulent, non pas en groupes de catéchèse, mais en famille, non pas dans le cadre de la pastorale catéchétique, dont la mission consiste à préparer les enfants à la confession, mais dans celui de la pastorale familiale.)
 


    Le 31 mars 2008 Benoît XVI a adressé un discours aux membres du Chapitre Général de la Société Salésienne de Saint Jean Bosco (Salésiens), reçus en audience au Vatican, discours dans lequel il revient sur ce sujet. Dans la partie finale de son discours, le Saint-Père s’est arrêté sur la grande "urgence éducative" de notre temps, en soulignant l’importance pour la famille de participer activement à l’éducation des jeunes.
 


"La prédilection et l’engagement en faveur des jeunes, qui sont une caractéristique de Don Bosco, doivent se traduire en un même engagement pour l’implication des familles et pour leur formation. Votre pastorale des jeunes doit donc s’ouvrir de manière résolue à la pastorale des familles. Prendre soin des familles, ce n’est pas enlever des forces à leur travail pour les jeunes, au contraire, c’est le rendre plus durable et plus efficace."



    Cela veut dire - et j'ai pu le vérifier en parlant avec les enfants que leurs parents ont accompagnés à la confession pascale - que ce n'est pas au détriment de la pastorale des jeunes, et donc de la catéchèse et des vocations, que l'on s'investit dans la pastorale familiale. Au contraire : ce n'est qu'à cette condition que la pastorale des jeunes et des vocations sera "plus durable et plus efficace". (Le comble, c'est que quand un prêtre essaie de sensibiliser les parents  pour les impliquer un peu plus dans l'éducation chrétienne de leur(s) enfant(s), ne fût-ce qu'en l'accompagnant à la confession, il y a des catéchistes qui mettent des bâtons dans les roues !)

    L'importance de la famille et de l'éducation chrétienne, c'est encore ce sur quoi Benoît XVI avait insisté dans son discours aux évêques antillais, reçus en vsite ad limina de la même année, en définissant le mariage et la vie familiale comme une "source première de cohésion à l'intérieur des communautés". Or que font ceux qui devraient désencombrer la source pour que l'eau puisse jaillir plus abondamment ? Ils la bétonnent !

    Bien sûr, ce n'est pas toujours le cas. Heureusement ! Mais un constat s'impose : là où, malgré un invetissement catéchétique conséquent, les vocations sacerdotales et religieuses ne fleurissent pas - et nul ne pourra dire que je noircis le tableau en affirmant qu'elles ne fleurissent pas chez nous - cela est sans doute dû, au moins en grande partie, au fait que le terrain n'est pas "spirituellement bien cultivé", parce que la "constante éducation à la foi des enfants et des adultes" et "l'implication des familles" est insuffisante, voire inexistante, et que, donc, le mariage et la vie familiale sont dans notre communauté comme une source desséchée et la catéchèse stérile.

    La place des familles, la responsabilité que doivent assumer les parents, les grands-parents, les parrains et les marraines : il semble bien que ce soit là le grand point faible, le talon d'Achille de l'éducation en général, et de l'éducation chrétienne en particulier, de nos enfants et de nos jeunes. Ce que promettent ceux qui se marient, ce à quoi s'engagent les parents, les parrains et les marraines qui présentent leurs petits enfants au baptême, cela reste trop souvent lettre morte.

    Lorsque je faisais remarquer aux parents des enfants qui se préparent à leur profession de foi que leurs enfants ne savent même pas ce qui est célébré à Pâques, alors qu'on le leur a dit à de multiples reprises au cours de la catéchèse, mais sans que les parents le reprennent chez eux, à la maison, et lorsque je rappelais à ces parents les engagements qu'ils avaient pris à ce sujet, la réponse que j'ai obtenue est : "Oh, vous savez, ce n'est pas évident. On n'a pas le temps !"

    On n'a pas le temps ... On a le temps pour autre chose, mais pas pour ça ! Une maman m'a même dit : "Vous, vous ne savez pas ce que c'est, vous, que d'avoir des enfants !" Ce à quoi j'ai répondu : "Ma maman le savait ! Elle en a eu quatre, qu'elle a dû éduquer toute seule, depuis la mort de mon papa après à peine six ans de mariage." Et elle y est arrivée. Elle ne s'est pas excusée en disant : "Ce n'est pas évident". Et c'est grâce à son courage, ses sacrifices, sa foi, que je suis prêtre depuis maintenant 34 ans ... et pour l'éternité.

    Le comble, c'est que quand, par miracle, un enfant entend l'appel du Seigneur pour lui donner sa vie et qu'il en parle à ses parents, ses parents lui disent : "Tu n'y penses pas. Il n'en est pas question".

    Le comble, c'est que les parents qui, il y a trente ou quarante ans, obligeaient leurs enfants d'aller à la messe, disent maintenant à leurs enfants, devenus adultes, quand ceux-ci reviennent après plusieurs années d'absence à une pratique régulière : "Mais non, tu exagères ! Tu veux entrer au couvent ?"

    Ceux qui ont écouté les témoignages de ces femmes qui ont offert leurs prières et leurs souffrances pour les prêtres et pour les séminaristes savent que je ne suis pas un cas unique, et que là où l'on prend à coeur de le faire, là le Seigneur exauce toujours. Depuis sainte Monique jusqu'à la vénérable Conchita au Mexique, les témoignages sont innombrables, comme l'affirmait un saint Pie X : "Toute vocation sacerdotale provient du coeur de Dieu, mais elle passe par le coeur d'une mère".

    L'un des exemples les plus frappants est certainement le petit village (à peine quelques milliers d'habitants) de Lu, à 90 kilomètres à l'est de Turin où, dans une même génération, il y a eu 323 vocations : 152 prêtres et 171 religieuses. Il y avait dans plusieurs familles trois ou quatre vocations, et même une famille où il y en avait sept, dont le bienheureux Philippe Rinaldi, qui est devenu le troisième successeur de saint Jean Bosco. Il a été béatifié par Jean Paul II le 29 avril 1990. Que s'était-il passé ? Tout simplement, en 1881 les mères de famille de ce village ont décidé de se réunir tous les mardis avec leur curé pour adorer le Saint-Sacrement en priant pour les vocations, et de communier tous les premiers dimanches du mois à cette même intention, en priant, après la messe, une prière pour les vocations. Et c'est ainsi que s'est développé dans les familles de ce village un climat de joie profonde et de piété chrétienne qui a facilité l'éclosion des vocations dans le coeur des enfants.

    Voici la prière que récitaient les mamans :

 

"O Dieu,
Accordez-moi la grâce que l'un de mes fils puisse devenir prêtre !
Je veux moi-même vivre comme une bonne chrétienne
et conduire toujours mes enfants à faire ce qui est juste,
pour que je puisse recevoir la grâce , ô Dieu,
de pouvoir vous donner un saint prêtre ! Amen."

    Pourquoi pas chez nous ?
Comme il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac : c'étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

Comme il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac : c'étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

Lectures 4° dimanche de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 2, 14a.36-41)

2
14ai  Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, avait pris la parole; il disait d’une voix forte :
36  Que tout le peuple d'Israël en ait la certitude : ce même Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ. »

37  Ceux qui l'entendaient furent remués jusqu'au fond d'eux-mêmes ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? »
38  Pierre leur répondit : « Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.
39  C'est pour vous que Dieu a fait cette promesse, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera. »
40  Pierre trouva encore beaucoup d'autres paroles pour les adjurer, et il les exhortait ainsi : « Détournez-vous de cette génération égarée, et vous serez sauvés. »
41  Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre se firent baptiser. La communauté s'augmenta ce jour-là d'environ trois mille personnes.
 


Psaume (Ps 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

R/ Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer

 
01  Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien. *
2a  Sur des prés d'herbe fraîche,
2b  il me fait reposer.

2c  Il me mène vers les eaux tranquilles
03  et me fait revivre ; *
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.

04  Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal, *
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

05  Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ; *
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

06  Grâce et bonheur m'accompagnent
tous les jours de ma vie ; *
j'habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.


Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 2, 20-25)

2
20  Quel mérite y a-t-il à supporter des coups en ayant commis une faute ? Mais si on supporte la souffrance en ayant fait le bien, c'est une grâce aux yeux de Dieu.
21  C'est bien à cela que vous avez été appelés, puisque le Christ lui-même a souffert pour vous et vous a laissé son exemple afin que vous suiviez ses traces,
22  lui qui n'a jamais commis de péché ni proféré de mensonge :
23  couvert d'insultes, il n'insultait pas ; accablé de souffrances, il ne menaçait pas, mais il confiait sa cause à Celui qui juge avec justice.
24  Dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix, afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice : c'est par ses blessures que vous avez été guéris.
25  Vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes revenus vers le berger qui veille sur vous.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 10, 1-10)

10
01i  Jésus parlait ainsi aux pharisiens: "Amen, amen, je vous le dis: celui qui entre dans la begerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.
02  Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis.
03  Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.
04  Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix.
05  Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. »
06  Jésus employa cette parabole en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire.
07  C'est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis.
08  Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
09  Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage.
10  Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance.
 
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Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix.
Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix.

Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix.

Les "paroissiens" d'Emmaüs - Homélie 3° Pâques A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 
 
    Voilà deux disciples de Jésus qui n'ont rien compris. Ils avaient eu de l'estime pour leur Maître, "prophète puissant par ses actes et ses paroles". Mais il n'a pas répondu à leurs attentes. Selon eux il a lamentablement échoué. Leurs attentes se sont évanouies :

 

Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël !


    Est-ce Jésus qui a déçu ses disciples ? Non, c'est eux qui se sont trompés d'espérance. Ce sont les disciples qui ont déçu Jésus. Alors Jésus entreprend pour eux une catéchèse fondamentale, modèle de toute homélie, suivie d'un repas, la fraction du pain, "ce rite propre au repas juif", qui avait été "utilisé par Jésus lorsqu'il bénissait et distribuait le pain en maître de table, surtout lors de la dernière Cène". C'est ainsi que "les premiers chrétiens désigneront leurs assemblées eucharistiques. Ils signifieront par là que tous ceux qui mangent à l'unique pain rompu, le Christ, entrent en communion avec Lui et ne forment plus qu'un seul corps en Lui" (CEC 1329).

    Le récit d'Emmaüs nous apprend ce qu'est aujourd'hui la présence du Christ, ce que nous pouvons en attendre. Il nous met en face des mêmes égarements dans notre espérance, devant les mêmes incompréhensions, non seulement de l'Ancien, mais aussi du Nouveau Testament, de l'Évangile même, de l'Église aussi, de la manière dont Dieu conduit nos existences. À nous de faire, comme les deux disciples sur la route d'Emmaüs, un long chemin avec Jésus, cheminement de toute une vie qui passe par la méditation attentive de la Parole de Dieu (du texte écrit de la Bible, bien sûr, mais aussi de l'Histoire de l'Église, des paroles et évènements de notre vie de tous les jours ...), mais toujours pour aboutir à la fraction du pain dans la communauté de l'Église, fondée sur les apôtres, dont les successeurs sont les évêques, et en particulier, sur le témoignage de Pierre, dont le successeur est l'évêque de Rome.

    Nous aussi, nous devons reconnaître que depuis le temps que nous sommes avec Jésus (depuis notre baptême), notre coeur est "lent à comprendre". Il s'agit de Jésus, non pas d'un prophète, mais du Messie, annoncé par la Loi, les Prophètes et les autres Livres, disant que la souffrance et la mort font partie intégrante du programme mais n'ont pas le dernier mot. Tout cela s'accomplit dans l'Eucharistie. Si Jésus n'était pas ressuscité des morts, il n'y aurait pas d'Eucharistie, et donc pas d'Église. Mais aussi : si nous avons délaissé l'Eucharistie, si nous avons pris nos distances vis-à-vis de l'Église, c'est que nous avons oublié que ... Jésus est ressuscité.

    Mais justement, me direz-vous, aujourd'hui que Jésus est ressuscité, pourquoi y a-t-il encore la souffrance et la mort, pourquoi encore la persécution, les scandales, même, et peut-être surtout, à l'intérieur de l'Église ?

    Eh bien, ces pensées-là aussi attestent que nous sommes "lents à comprendre". Aujourd'hui, pas plus que hier, Jésus ne vient comme un organisateur génial de la société, ou comme un libérateur charismatique des opprimés. Il apporte essentiellement l'Esprit Saint qui accorde les hommes à Dieu, mais en les laissant à leur liberté inaliénable. C'est cela, l'intelligence des Écritures, qui est selon saint Luc le fruit pascal par excellence de l'action de l'Esprit Saint.

 


Je vous ai dit tout cela pour que vous trouviez en moi la paix. Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance : moi, je suis vainqueur du monde. (Jn 16, 33)
 


    Jésus ne nous met donc pas à l'abri de la détresse du monde. Au contraire, sa Parole nous y expose ; elle fait que le monde nous prend en haine :
 


Je leur ai fait don de ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu'ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde. (Jn 17, 14)
 


    Ils ne seront jamais nombreux, ceux qui veulent entendre cette vérité. Même s'ils l'étaient, ce n'est pas cela que nous devrions prendre en considération comme critère pour déterminer notre conduite. Ce que nous devons retenir, c'est que notre appartenance à la communauté des disciples de Jésus ressuscité doit être entière, définitive et inconditionnelle. Pour cela nous devons absolument nous abstenir de craindre le jugement des hommes. Pensons au martyre du Père Ragheed et de Mgr Rahho en Irak.

    Je lisais ces jours le récit des martyrs de la guerre civile en Espagne. J'ai été frappé notamment par le récit du martyre de Santiago Mosquera y Suárez de Figueroa. C'était un jeune de quinze-seize ans. Attaché à un pieu, il est sommé de blasphémer pour avoir la vie sauve. Maltraité avec sauvagerie, il répond : "Je préfère mourir plutôt que d'offenser Dieu". Son corps a été retrouvé miraculeusement. Il tenait son chapelet à la main droite. On a conservé de lui une relique. Il s'agit d'un brassard blanc avec l'inscription : "Souvenir de ma première communion". Dans le passé on portait ces brassards à la hauteur de l'épaule sur les habits de Première Communion. Son procès de Béatification a commencé en 2002.

    Ce que nous devons craindre, c'est le jugement de Dieu. Vivre dans la crainte de Dieu - c'est saint Pierre qui nous enseigne cela (cf. 2° lect) ! - ce n'est pas comme craindre les hommes. C'est le même mot mais il n'a pas le même sens. Il ne faut pas craindre les hommes. Cela veut dire qu'il ne faut pas avoir peur d'eux, de ce qu'ils vont penser de vous, de leur jugement, si vous faites telle chose (que les autres ne font pas) ou si vous ne faites pas telle chose (que presque tout le monde fait). C'est Dieu que nous devons craindre. "Craindre" ici veut dire : avoir peur d'offenser, d'attrister, de décevoir. La crainte du Seigneur est appelée "révérence filiale". C'est donc une crainte d'amour qui nous fait verser notre sang jusqu'à la dernière goutte plutôt que de déplaire à Dieu. La crainte servile, c'est le contraire : c'est éviter de faire quelque chose qui puisse nous valoir des ennnuis.

    Saint Pierre nous dit :

 


Frères, vous invoquez comme votre Père celui qui ne fait pas de différence entre les hommes, mais qui les juge chacun d’après ses actes ("celui qui juge impartialement chacun selon son œuvre") ; vivez donc, pendant votre séjour sur terre, dans la crainte de Dieu.


    La traduction du lectionnaire, dont le but est d'être facilement compréhensible, dilue pourtant la force de l'expression originale : "qui ne fait pas acception de personnes". Dieu ne se laisse pas tromper par les apparences, plus ou moins favorables, ce masque derrière lequel les hommes ont l'habitude de dissimuler leurs véritables sentiments ou intentions. Dieu est le Saint, on pourrait dire : "le Clairvoyant".

    Saint Pierre nous dit cela pour nous inviter à vivre dans les dispositions qui plaisent à Dieu sans faire semblant. Faire semblant, c'est mentir. Le Père ne reconnaît pour siens que ceux qui vivent dans une humble soumission (cf. v. 14 : Soyez comme des enfants obéissants ...). Vivons sans nous laisser gagner par les manières de juger de ce monde, où, de toute manière, nous séjournons temporairement, comme des étrangers, des pèlerins. C'est ce que nous rappelait aussi l'un des successeurs de Pierre, Benoît XVI, en expliquant l'étymologie du mot "paroisse" à propos d'un passage de la lettre aux Hébreux qui parle d'Abraham :

 


Il est vrai, que sur la terre, nous sommes tous de passage, comme nous le rappelle justement la seconde lecture de la liturgie d’aujourd’hui, extraite de la Lettre aux Hébreux. Elle nous présente Abraham en vêtement de pèlerin comme un nomade qui vit dans une tente et s’arrête dans une région étrangère. La foi est son guide. "C’est par la foi qu’Abraham, lors de sa vocation, obéit et partit pour un lieu qu’il devait recevoir en héritage, et qu’il partit sans savoir où il allait". (cf. He 11, 8). Sa vraie destination était en effet "la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur." (11, 10). La cité à laquelle on fait allusion, n’est pas de ce monde, mais elle est au paradis. La première communauté chrétienne qu’on considérait comme "étrangère" et dont on appelait ses noyaux résidant dans les villes, "paroisses", ce qui signifie colonies d’étrangers précisément [en grec pàroikoi] (cf. 1 P 2, 11), en était bien consciente. De cette manière, les premiers chrétiens exprimaient la caractéristique la plus importante de l’Église qui est l’attirance précisément vers le ciel. La liturgie de la Parole d’aujourd’hui veut nous inviter en conséquence à penser "à la vie du monde à venir", comme nous le répétons chaque fois, que nous faisons cette profession de foi dans le Credo. Une invitation à vivre notre existence de manière sage et prévoyante, à prendre en considération attentivement notre destinée, c’est-à-dire ces réalités que nous appelons ultimes : la mort, le jugement final, l’éternité, l’enfer et le paradis. (Benoît XVI, Angélus 12 août 2007)

Ils le reconnurent à la fraction du pain - De quoi parliez-vous ... ?
Ils le reconnurent à la fraction du pain - De quoi parliez-vous ... ?

Ils le reconnurent à la fraction du pain - De quoi parliez-vous ... ?

Lectures 3° dimanche de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 2, 14.22b-33)

2
14i  Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, prit la parole; il dit d’une voix forte : « Habitants de la Judée, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, comprenez ce qui se passe aujourd’hui, écoutez bien ce que je vais vous dire.
22b  Il s'agit de Jésus le Nazaréen, cet homme dont Dieu avait fait connaître la mission en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez bien.
23  Cet homme, livré selon le plan et la volonté de Dieu, vous l'avez fait mourir en le faisant clouer à la croix par la main des païens.
24  Or, Dieu l'a ressuscité en mettant fin aux douleurs de la mort, car il n'était pas possible qu'elle le retienne en son pouvoir.
25  En effet, c'est de lui que parle le psaume de David :
Je regardais le Seigneur sans relâche,
s'il est à mon côté, je ne tombe pas.
26  Oui, mon coeur est dans l'allégresse,
ma langue chante de joie ;
ma chair elle-même reposera dans l'espérance :
27  tu ne peux pas m'abandonner à la mort
ni laisser ton fidèle connaître la corruption.
28  Tu m'as montré le chemin de la vie,
tu me rempliras d'allégresse par ta présence.
29  Frères, au sujet de David notre père, on peut vous dire avec assurance qu'il est mort, qu'il a été enterré, et que son tombeau est encore aujourd'hui chez nous.
30  Mais il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un de ses descendants.
31  Il a vu d'avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : Il n'a pas été abandonné à la mort, et sa chair n'a pas connu la corruption.
32  Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins.
33  Élevé dans la gloire par la puissance de Dieu, il a reçu de son Père l'Esprit Saint qui était promis, et il l'a répandu sur nous : c'est cela que vous voyez et que vous entendez.
 



Psaume (Ps 15, 1-2a.5, 7-8, 9-10, 2b.11)

R/ Tu m'as montré, Seigneur, le chemin de la vie
01  Garde-moi, mon Dieu :
j'ai fait de toi mon refuge.
2a  J'ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
05  Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort.

07  Je bénis le Seigneur qui me conseille :
même la nuit mon coeur m'avertit.
08  Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

09  Mon coeur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
10  tu ne peux m'abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

2b  Je n'ai pas d'autre bonheur que toi. »
11  Tu m'apprends le chemin de la vie : +
devant ta face, débordement de joie !
A ta droite, éternité de délices !



Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 1, 17-21)

1
17i  Frères, vous invoquez comme votre Père celui qui ne fait pas de différence entre les hommes, mais qui les juge chacun d’après ses actes; viviez donc, pendant votre séjour sur terre, dans la crainte de Dieu.
18  Vous le savez : ce qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez à la suite de vos pères, ce n'est pas l'or et l'argent, car ils seront détruits ;
19  c'est le sang précieux du Christ, l'Agneau sans défaut et sans tache.
20  Dieu l'avait choisi dès avant la création du monde, et il l'a manifesté à cause de vous, en ces temps qui sont les derniers.
21  C'est par lui que vous croyez en Dieu, qui l'a ressuscité d'entre les morts et lui a donné la gloire ; ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 24, 13-35)

24
13i  Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,
14  et ils parlaient ensemble de tout ce qui s'était passé.
15  Or, tandis qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux.
16  Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas.
17  Jésus leur dit : « De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ? » Alors, ils s'arrêtèrent, tout tristes.
18  L'un des deux, nommé Cléophas, répondit : « Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci. »
19  Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple.
20  Les chefs des prêtres et nos dirigeants l'ont livré, ils l'ont fait condamner à mort et ils l'ont crucifié.
21  Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c'est arrivé.
22  A vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure,
23  et elles n'ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu'elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu'il est vivant.
24  Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu. »
25  Il leur dit alors : « Vous n'avez donc pas compris ! Comme votre coeur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes !
26  Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? »
27  Et, en partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur expliqua, dans toute l'Écriture, ce qui le concernait.
28  Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d'aller plus loin.
29  Mais ils s'efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
30  Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna.
31  Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
32  Alors ils se dirent l'un à l'autre : « Notre coeur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? »
33  A l'instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
34  « C'est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
35  A leur tour, ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.
 
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