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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Lectures 12ème dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre de Jérémie (Jr 20, 10-13)

20
10i  Moi, Jérémie, j’ai entendu les menaces de la foule : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, l’homme qui voit partout la terre ! » Mes amis eux-mêmes guettent mes faux pas et ils disent : « Peut-être se laissera-t-il séduire… Nous réussirons, et nous prendrons notre revanche ! »
11  Mais le Seigneur est avec moi, comme un guerrier redoutable :
mes persécuteurs s'écrouleront, impuissants.
Leur défaite les couvrira de honte,
d'une confusion éternelle, inoubliable.
12  Seigneur de l'univers, toi qui scrutes l'homme juste,
toi qui vois les reins et les coeurs,
montre-moi la revanche que tu prendras sur ces gens-là,
car c'est à toi que j'ai confié ma cause.
13  Chantez le Seigneur,
alléluia !
Il a délivré le pauvre
du pouvoir des méchants.
 


Psaume (Ps 68, 8, 10, 14, 30-31, 33-34)

R/ A vous qui cherchez Dieu : vie et bonheur !
08  C'est pour toi que j'endure l'insulte,
que la honte me couvre le visage :

10  L'amour de ta maison m'a perdu ;
on t'insulte, et l'insulte retombe sur moi.

14  Et moi, je te prie, Seigneur :
c'est l'heure de ta grâce ; *
dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
par ta vérité sauve-moi.

30  Et moi, humilié, meurtri,
que ton salut, Dieu, me redresse.
31  Et je louerai le nom de Dieu par un cantique,
je vais le magnifier, lui rendre grâce.

33  Les pauvres l'ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
34  Car le Seigneur écoute les humbles,
il n'oublie pas les siens emprisonnés.



Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 5, 12-15)

5
12i  Frères, par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché.
13  Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde. Certes, on dit que le péché ne peut être sanctionné quand il n'y a pas de loi ;
14  mais pourtant, depuis Adam jusqu'à Moïse, la mort a régné, même sur ceux qui n'avaient pas péché par désobéissance à la manière d'Adam. Or, Adam préfigurait celui qui devait venir.
15  Mais le don gratuit de Dieu et la faute n'ont pas la même mesure. En effet, si la mort a frappé la multitude des hommes par la faute d'un seul, combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 10, 26-33)

10
26i  Jésus disait aux douze Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu.
27  Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits.
28  Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps.
29  Est-ce qu'on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.
30  Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés.
31  Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.
32  Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.
33  Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux.



 
Lectures 12ème dimanche du Temps Ordinaire A

ANDREA CIONCI: LE CAS ETRANGE DE LA RENONCIATION DE BXVI. UNE NOUVELLE EXPLICATION

dominicanus #Benoit XVI, #actualités
ANDREA CIONCI: LE CAS ETRANGE DE LA RENONCIATION DE BXVI. UNE NOUVELLE EXPLICATION

Publié en italien par Marco Tosatti

Traduit de l'italien en anglais par Giuseppe Pellegrino

Traduction française autorisée : père Walter Covens

 


Chers amis et ennemis de Stilum Curiae, Giuseppe Pellegrino a traduit un article très intéressant d'Andrea Cionci, du quotidien italien Libero, sur la renonciation de Joseph Ratzinger. Andrea Cionci est historien de l'art et écrit sur l'histoire, l'archéologie et la religion. Il a fait des reportages au Liban et en Afghanistan. Vous trouverez d'abord le texte français, puis l'article original italien. Bonne lecture.

§§§


La "renonciation" a été intentionnellement mal rédigée par Ratzinger pour casser la banque

Un frère latiniste explique le vrai sens du texte latin qui a été falsifié par le Vatican

 Par Andrea Cionci

 

11 juin 2020 - Publié initialement dans Libero

Ces derniers jours, il y a eu une discussion sur Internet concernant la critique faite de la démission de Benoît XVI de la papauté par un latiniste franciscain italo-américain qui est expert en textes scolastiques et en argumentation canonique sur la démission papale. Frère Alexis Bugnolo, qui a traduit plus de 9000 pages de Saint Bonaventure à partir du latin original et qui maîtrise la langue de l'Église comme peu d'autres, a été interviewé sur YouTube par Decimo Toro.

Grâce à une lecture attentive du texte de la Declaratio de renonciation de Benoît XVI, suivant un fil rouge de logique, de droit canonique et de sens du latin original, le frère Bugnolo soutient que le texte a été écrit par Benoît, avec une habileté et une subtilité extrêmes, dans l'intention qu'il soit finalement découvert comme étant invalide. Ce faisant, Ratzinger a permis à la "Mafia de Saint-Gall", le lobby ecclésiastique maçonnique progressiste qui l'a forcé à abdiquer, à prendre le pouvoir à la hâte et à se montrer ainsi au grand jour. Benoît a démissionné de telle manière que tous les actes, nominations et changements de doctrine effectués par la "fausse église" puissent finalement être balayés d'un seul coup, précisément en raison de l'invalidité de sa renonciation à la papauté.

C'est pourquoi, selon le frère Bugnolo, le Vatican a délibérément falsifié les traductions de la Declaratio latine de Benoît, tentant de remédier à ses défauts intentionnels dans le texte original, mais démontrant en fait une nouvelle malveillance. Il y a quarante ans, Jean-Paul II et le cardinal Ratzinger de l'époque savaient déjà, grâce au Troisième secret de Fatima, que le lobby maçonnique gay du clergé tenterait de prendre le pouvoir, et c'est pourquoi ils ont modifié le Code de droit canonique à temps, en mettant en place un système d'urgence pour "casser la banque" en cas d'usurpation. C'est, en substance, la thèse de Bugnolo.

Afin de prévenir les accusations selon lesquelles sa reconstitution des événements est une théorie du complot, frère Alexis ne cite que les documents du site web du Vatican que nous avons joints ci-dessous. Ils peuvent tous être consultés sur le site du Vatican.

Il est évident que le texte de la Declaratio de Benoît XVI contient un certain nombre d'énormes erreurs grammaticales, qui ont déjà été relevées en 2013 par d'éminents classicistes tels que Luciano Canfora et Wilfried Stroh. L'absence du pluriel de majesté "nos" qui est toujours utilisé dans les documents officiels est déjà surprenante, mais le Frère Bugnolo, qui a traduit plus de 9000 pages de Saint Bonaventure, a identifié quarante autres imperfections linguistiques : des erreurs dans la déclinaison de verbes, l'utilisation de "decisionem" au lieu du correct "consilium", "vobis" au lieu de "vobiscum", l'utilisation erronée de "explorata" pour dire "investigué", etc. La liste complète peut être consultée ici.

Mais le plus grand problème est la construction du texte de Ratzinger qui rend la renonciation papale invalide. Depuis sa réforme par Jean-Paul II et Ratzinger en 1983, le Code de droit canonique exige la renonciation au "munus petrino" - l'office, la charge de la papauté qui vient de Dieu et de Saint Pierre. (Auparavant, le pape n'avait qu'à dire "renuntio" - "je démissionne" - et la modification de 1983 de cette exigence a probablement été ajoutée afin de renforcer d'éventuelles futures abdications papales).

Dans sa Declaratio, Ratzinger écrit que sa force, en raison de son âge avancé, "n'est plus adaptée à l'exercice adéquat du munus petrino". Cependant, il ne dit pas du tout qu'il y renonce, mais plutôt, "bien conscient de la gravité de cet acte, je déclare renoncer au ministère [c'est-à-dire à l'exercice] d'évêque de Rome - [declaro me MINISTERIO Episcopi Romae...renuntiare]. Ainsi, au début de la Declaratio, il cite le munus de manière générique, mais ensuite il déclare formellement renoncer uniquement au ministerium, ce qui, selon de nombreux experts, est complètement inutile pour la validité de l'acte. Ce serait comme si un roi qui abdiquait disait qu'il renonce à l'exercice de son pouvoir sans renoncer au trône qu'il a obtenu par droit divin.

Entre autres choses, Ratzinger n'écrit même pas "renuntio" mais plutôt "declaro renuntiare", ce qui n'implique pas que sa démission soit sincère, tout comme le fait de "déclarer l'amour" ne correspond pas nécessairement à "aimer". En supposant que Benoît ait été soumis à des pressions - face au choix, par exemple, de démissionner ou de mettre le Vatican en faillite (à ce sujet, il faut se référer à l'affaire bien connue de l'annulation du code SWIFT du Vatican et au blocage des comptes bancaires du Vatican qui a eu lieu dans les semaines précédant la démission en 2013) - il aurait pu choisir librement de "déclarer sa démission" - ce qui est bien différent de dire "je démissionne librement".

Une autre question soulevée par Bugnolo : Pourquoi Ratzinger a-t-il écrit que le siège serait vacant après 18 jours ? L'acte de démission devrait rendre le siège vacant soit au moment du décès, soit à celui de la démission du pape.

L'argument concernant le mot "munus" n'est pas nouveau, et il a été amplement traité par Vittorio Messori, Antonio Socci, et d'autres vaticanistes faisant autorité. Mais maintenant, frère Alexis, pour la première fois, a divulgué que dans toutes les traductions de la Declaratio (sur le site web du Vatican), le mot munus est aussi traduit par "ministère", réunissant ainsi en un seul sens deux prérogatives que le droit canonique distingue clairement. Frère Bugnolo explique : "Qui a autorisé ces traductions ? Le mot munus devrait être parfaitement traduisible dans toutes les langues. C'est la preuve que le Vatican a tenté d'annuler la distinction fondamentale que le pape Benoît, dans son récent livre-interview "Ein Leben", n'a fait que réaffirmer, déclarant qu'il conserve toujours "l'office spirituel" (spirituelle Zuordnung) après avoir renoncé à l'exercice concret (konkrete Vollmacht). Il est toujours le pontife régnant et il continue à porter la soutane blanche, à donner la bénédiction apostolique et à signer de son nom P.P., Pontifex Pontificum, le titre qui appartient au pape régnant". (Il convient de rappeler que la seule explication donnée par Ratzinger pour avoir maintenu la soutane papale blanche était qu'"il n'y avait pas de soutanes noires dans sa garde-robe").

En 2016, Mgr Giuseppe Sciacca, évêque-secrétaire de la Signature Apostolique, a répondu aux arguments sur le munus dans un article extrêmement technique et totalement incompréhensible pour les non-experts. "Comme un habile juriste", dit le frère Bugnolo, "Sciacca dit, à juste titre, que le pouvoir ne peut pas être divisé entre deux papes, mais il prend la validité de la démission pour acquise et ensuite il évite la vraie question. Il dit ensuite que la renonciation au ministerium incluait automatiquement la renonciation au munus, mais en fait ce n'est pas vrai, car Benoît aurait facilement pu nommer un vicaire pour gérer le ministerium tout en conservant sa propre charge, le munus, ce qui est également essentiel pour les questions théologiques et dogmatiques, et pas seulement pour les questions canoniques, dans la mesure où il vient directement de Dieu".

Ensuite, il y a d'autres anomalies très étranges dans les traductions publiées par le Vatican : "Je déclare que je renonce au ministère d'Évêque de Rome, Successeur de Saint-Pierre, qui m'a été confié par les Cardinaux le 19 avril 2005, DE SORTE QU'à partir du 28 février 2013, à 20 heures, le Siège de Rome, le Siège de Saint-Pierre, soit vacant". Comme le précise Frère Bugnolo, "De sorte que" est écrit par Ratzinger en latin comme "ut", qu'il faut cependant traduire par "POUR QUE". En revanche, "DE SORTE QUE" serait correctement rendu en latin par "quomodo".

Ce sont deux choses très différentes : "de sorte que" présuppose l'automatisme juridique absolu d'une relation acte-conséquence. En revanche, "pour que" peut également révéler une intention cachée ou un effet désiré qui est généré intentionnellement. C'est la différence entre une "manière" externe et naturelle par rapport à une "fin" subjective.

Par exemple, il n'est pas correct de dire : "Je mets l'appât dans le piège de sorte que la souris puisse être capturée", car il n'est pas acquis que la souris tombera dans le piège. Il faut plutôt le dire : "J'ai mis l'appât dans le piège pour que la souris puisse être capturée."

Imaginons un instant que Benoît ait en fait été obligé d'abdiquer : il écrit donc qu'il "déclare démissionner" de son "ministère" "DE SORTE QUE" le siège soit vacant... donc peut-être aussi par l'action des usurpateurs. S'il avait effectivement écrit "POUR QUE", il aurait implicitement admis la validité de sa démission. Mais en fait, il ne l'a pas fait.

Voici une autre anomalie : pourquoi Benoît écrit-il que le nouveau conclave devra être convoqué "PAR CEUX DONT C'EST LA COMPÉTENCE" et non "par vous, cardinaux" ? Cela ressemble à une délégitimation, puisque ce sont évidemment les cardinaux auxquels il s'adresse qui devront former le conclave. C'est comme si le président du Sénat, parlant d'un futur président de la République, disait qu'il "devra être élu par ceux dont c'est la compétence" et non, comme c'est évident, "par vous, les membres du Parlement".

En outre, Ratzinger ne précise pas la DATE PRÉCISE du nouveau et véritable conclave pour l'élection du Souverain Pontife. Il dit seulement qu'il devra être convoqué APRÈS QUE LE SIÈGE SERA VACANT, ce qui est, en réalité, le moment qui suit sa mort. C'est pourquoi l'élection valide du nouveau Pontife serait, dans ce cas, de la compétence exclusive de QUELQUES CARDINAUX, ceux qui ont été désignés avant la venue de Bergoglio et qui sont disposés à reconnaître le "coup" qui s'est produit. En fait, les cardinaux nommés par Bergoglio ne seraient pas juridiquement valides, parce qu'ils sont choisis par un pape invalide, parce que la renonciation n'était pas valide. Dans le cas où de nombreuses années passeraient et où les cardinaux "légitimes" créés par Benoît ou Jean-Paul II ne seraient plus vivants ou actifs, le nouveau pontife devrait être choisi par l'Église romaine, comme dans l'Antiquité. Vu sous cet angle, c'est pourquoi un nouveau conclave devrait être convoqué "par ceux dont c'est la compétence" et non par les cardinaux auxquels il s'adresse. La logique est sans faille.

S'agit-il d'une fiction politique ? Ou est-ce une Declaratio qui, tout en semblant bâclée, se révèle être, si on la lit correctement, un document d'une cohérence "ratzingérienne" implacable ?

Frère Bugnolo en est certain : les erreurs dans le latin ont été intentionnellement voulues par Ratzinger pour attirer l'attention sur la non-validité du document et pour que, lorsqu'il serait lu attentivement, la vérité émerge en temps voulu. Le même avis est partagé par l'avocat viennois Arthur H. Lambauer, un expert reconnu en droit international, qui avait déjà relevé les anomalies en 2013 : "Je crois que Benoît a délibérément commis des erreurs pour rendre son successeur invalide, de telle sorte qu'il ne créerait rien d'irrévocable (mariage homosexuel, diaconat féminin, etc.) et que, si nécessaire, le successeur pourrait être balayé".

Il y a surtout un fait objectif et incontestable : pendant ces étranges 18 jours qui se sont écoulés entre la "démission" et le siège vacant (qui, en règle générale, devrait partir de la démission), personne n'a pu ou voulu corriger la Declaratio si "mal" rédigée par Benoît. Pourquoi ? Et pourtant, il est de la compétence spécifique des cardinaux de corriger le pape de manière bienveillante et filiale, s'il est dans l'erreur. "Cela démontre, soutient le frère Bugnolo, que les cardinaux étaient déloyaux et aveuglés dans leur hâte de prendre le pouvoir, alors que d'autres fonctionnaires du Secrétariat Apostolique, qui ne pouvaient certainement pas ne pas remarquer certaines erreurs, étaient "complices" de Benoît qui était bien conscient de la ruse, et ils se sont tus pour qu'un jour "la bombe explose". Dans les deux cas, une usurpation est révélée".

Examinons quelques objections : "Peut-être que Ratzinger ne connaît pas assez bien le latin ou qu'il était déjà trop vieux pour bien l'écrire". Il est difficile de croire que le théologien allemand, qui a été pendant quatorze ans à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui est l'auteur d'écrits remarquables en latin, ne saurait pas maîtriser ce texte. De plus, le pape est entouré d'excellents latinistes qui auraient pu l'assister. En février 2013, il a été suffisamment lucide pour pouvoir donner un discours spontané de 58 minutes. "En tout cas," répond le frère Alexis, "l'invalidité demeurerait, car la renonciation exige non seulement une lucidité mentale totale mais aussi une connaissance absolue du droit canonique".

Une autre objection possible est : "Peut-être que quelqu'un d'autre qui ne connaît pas bien le latin l'a écrit". Mais si le document provient d'un coercitif ou d'un contrefacteur, pourquoi le construiraient-ils de telle manière qu'il serait canoniquement invalide ?

Une dernière critique possible : "Benoît XVI ne tromperait jamais personne." En fait, le pape Benoît n'a trompé personne, il a seulement écrit une démission du ministère. Selon le frère Bugnolo, il y a d'autres personnes qui n'ont pas voulu regarder ce qui a été réellement écrit et comment Benoît s'est comporté depuis 2013. Ainsi, ils se sont trompés par avidité de pouvoir.

À la première lecture, tout cela vous laisse perplexe : cela semble absurde, mais terriblement cohérent. Dans ce cas, il est inutile de lancer l'accusation habituelle de tout rejeter comme une "théorie du complot" car il y a ici des faits qui méritent une explication EGALEMENT logique et cohérente.

Dans le monde laïque, un héritage peut être contesté légalement pour bien moins que cela, et pourtant la question de la validité de la renonciation d'un pape du trône de Pierre a été admise très rapidement, voire peut-être trop rapidement. Que se passe-t-il ensuite ? Les arguments du frère Bugnolo se fondent sur les preuves et fournissent également un motif qui les explique. Peut-être seront-ils simplement ignorés et tournés en dérision, ou bien leur auteur commencera-t-il probablement à subir une série d'attaques ad personam. Nous verrons ce qui se passera.

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Version latine originale de Benoît XVI

 

Fratres carissimi

 

Non solum propter tres canonizationes ad hoc Consistorium vos convocavi, sed etiam ut vobis decisionem magni momenti pro Ecclesiae vita communicem. Conscientia mea iterum atque iterum coram Deo explorata ad cognitionem certam perveni vires meas ingravescente aetate non iam aptas esse ad MUNUS Petrinum aeque administrandum.

 

Bene conscius sum hoc munus secundum suam essentiam spiritualem non solum agendo et loquendo exsequi debere, sed non minus patiendo et orando. Attamen in mundo nostri temporis rapidis mutationibus subiecto et quaestionibus magni ponderis pro vita fidei perturbato ad navem Sancti Petri gubernandam et ad annuntiandum Evangelium etiam vigor quidam corporis et animae necessarius est, qui ultimis mensibus in me modo tali minuitur, ut incapacitatem meam ad ministerium mihi commissum bene administrandum agnoscere debeam. Quapropter bene conscius ponderis huius actus plena libertate declaro me MINISTERIO Episcopi Romae, Successoris Sancti Petri, mihi per manus Cardinalium die 19 aprilis MMV commisso renuntiare ita ut a die 28 februarii MMXIII, hora 20, sedes Romae, sedes Sancti Petri vacet et Conclave ad eligendum novum Summum Pontificem ab his quibus competit convocandum esse.

 

Fratres carissimi, ex toto corde gratias ago vobis pro omni amore et labore, quo mecum pondus ministerii mei portastis et veniam peto pro omnibus defectibus meis. Nunc autem Sanctam Dei Ecclesiam curae Summi eius Pastoris, Domini nostri Iesu Christi confidimus sanctamque eius Matrem Mariam imploramus, ut patribus Cardinalibus in eligendo novo Summo Pontifice materna sua bonitate assistat. Quod ad me attinet etiam in futuro vita orationi dedicata Sanctae Ecclesiae Dei toto ex corde servire velim.

 

Traduction française du site du Vatican

 

Frères très chers,

Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Église. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le MINISTÈRE pétrinien.

Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle,  doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Évangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le MINISTÈRE qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Évêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du  28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire.

Frères très chers, du fond du cœur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Église de Dieu au soin de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les Pères Cardinaux dans l’élection du Souverain Pontife. Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l’avenir, la Sainte Église de Dieu par une vie consacrée à la prière.

BENEDICTUS PP XVI

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LE TEXTE ORIGINAL ITALIEN DE L'ARTICLE

Da qualche giorno, circolano in rete le denunce di un francescano italoamericano, latinista, esperto in Scolastica e in argomentazioni canoniche sulla rinuncia papale, che, intervistato dallo youtuber Decimo Toro, sta diffondendo i contenuti esplosivi del suo sito www.fromrome.info.  Frà Alexis Bugnolo, questo il suo nome, ha tradotto oltre 9000 pagine latine da San Bonaventura e padroneggia la lingua della Chiesa come pochi.

 

Il frate, leggendo attentamente la Declaratio di rinuncia di Benedetto XVI, seguendo un filo rosso fra logica, diritto canonico e lingua latina, ritiene che sia stata da lui scritta, con estrema abilità e sottigliezza, appositamente perché nel tempo venisse scoperta invalida. In questo modo, Ratzinger ha permesso alla “Mafia di San Gallo”, la lobby massonico-progressista ecclesiastica che lo aveva costretto ad abdicare, di prendere frettolosamente il potere e di svelarsi. Benedetto ha fatto così in modo che tutti gli atti, le nomine e i cambiamenti nella dottrina operati dalla “falsa chiesa” possano essere spazzati via in un sol colpo proprio per l’invalidità della sua rinuncia al papato. Per questo il Vaticano– secondo frà Bugnolo – ha deliberatamente falsificato, nelle traduzioni in lingua straniera, la Declaratio latina di Benedetto, tentando di porre rimedio alle sue falle intenzionali, ma dimostrando, così, ulteriore dolo.  Quarant’anni fa, Giovanni Paolo II e l’allora card. Ratzinger sapevano già, dal terzo Segreto di Fatima, che le lobby gay-massoniche del clero avrebbero tentato di prendere il potere, per questo avevano cambiato per tempo il Codice di diritto canonico predisponendo un sistema di emergenza per far saltare il banco in caso di usurpazione.

Questa la tesi. Per prevenire le accuse di complottismo alla sua ricostruzione, frate Alexis  cita solo i documenti dal sito del Vaticano che copiamo-incolliamo di seguito. Tutti possono controllare con un clic su www.vatican.va.

E’ del tutto assodato che nel testo della Declaratio di Benedetto sono contenuti alcuni grossolani errori grammaticali, notati già nel 2013 da eminenti classicisti come Luciano Canfora e Wilfried Stroh. Se già stupisce la mancanza del plurale maiestatico usato nei documenti ufficiali, frà Bugnolo, già traduttore di oltre 9000 pagine di San  Bonaventura, ha però notato una quarantina di altre imperfezioni linguistiche: verbi declinati male, “decisionem” al posto del corretto “consilium”, “vobis” al posto di “vobiscum”, l’uso erroneo di “explorata” per dire “indagata”,  etc. Per l’elenco completo: https://fromrome.info/2020/06/10/clamorous-errors-in-the-latin-of-the-renunciation-2/

Ma il grosso problema è la costruzione del testo di Ratzinger che renderebbe invalida la rinuncia al papato. A partire dal 1983, infatti, il Diritto canonico esige la rinuncia al “MUNUS  petrino”, ovvero all’ufficio, alla carica  del Pontefice che deriva da Dio e da San Pietro. (Prima, al papa bastava solamente dire “rinuncio” e tale modifica fu aggiunta probabilmente per blindare  eventuali future abdicazioni papali).

Ratzinger scrive nella Declaratio che le sue forze, a causa dell’età, “non sono più adatte per esercitare in modo adeguato il MUNUS petrino”. Tuttavia, non scrive affatto di rinunciarvi, ma piuttosto: “ben consapevole della gravità di questo atto, DICHIARO DI RINUNCIARE AL “MINISTERO” (cioè all’esercizio) di Vescovo di Roma”. All’inizio, quindi, cita il Munus in modo generico, ma formalmente poi dichiara di rinunciare solo al Ministerium, a detta di molti, del tutto inutile per la validità dell’atto. Come se un re, abdicando, dicesse di rinunciare a esercitare il potere pratico senza rinunciare al trono ottenuto per diritto divino.

Tra l’altro, Ratzinger non scrive nemmeno “rinuncio”, bensì “dichiaro di rinunciare”, il che non implica che la sua rinuncia sia sincera, così come “dichiarare di amare”, non corrisponde per forza ad “amare”. Ipotizzando che Benedetto sia stato sottoposto a pressioni, posto di fronte a una scelta, ad esempio fra le dimissioni e la bancarotta vaticana (per questo si rimandi alla nota vicenda del codice swift e del blocco dei conti bancari vaticani) egli potrebbe aver LIBERAMENTE SCELTO DI “DICHIARARE DI RINUNCIARE”. Una cosa molto diversa dal dire “liberamente rinuncio”.

Altro interrogativo sollevato da Bugnolo: perché Ratzinger scrive che la sede sarà vacante dopo 18 giorni? Eppure la rinuncia dovrebbe rendere la sede vacante fin dalla morte o dall’atto di rinuncia del papa.

La polemica sul Munus non è nuova e se ne sono occupati ampiamente Vittorio Messori, Antonio Socci e autorevoli vaticanisti, ma Frà Alexis, per primo, ha divulgato che, in tutte le traduzioni della Declaratio (sul sito vaticano), anche il Munus viene tradotto con “ministero”, accorpando quindi in un unico significato due prerogative che il diritto canonico ha ben distinto. Spiega frà Bugnolo: “Chi li ha autorizzati? Munus sarebbe perfettamente traducibile in tutte le lingue. Questa è la prova che il Vaticano ha tentato di annullare la fondamentale distinzione che papa Benedetto, nella sua recente intervista “Ein Leben”, ha pure nuovamente ribadito dichiarando come tuttora egli mantenga per sé l’”incarico spirituale”(spirituelle Zuordnung) avendo rinunciato all’esercizio concreto (konkrete Vollmacht). E’ ancora il papa regnante e infatti continua a indossare la veste bianca, a impartire la benedizione apostolica e a firmarsi P.P., Pontifex Pontificum, titolo che spetta al papa regnante”. (Va ricordato che l’unica spiegazione fornita da Ratzinger per aver mantenuto la veste bianca fu che non “aveva vesti nere nel suo armadio”).

Alla querelle sul Munus aveva risposto nel 2016, in un articolo estremamente tecnico, del tutto incomprensibile per i non addetti ai lavori, Mons. Giuseppe Sciacca, vescovo e segretario della Segnatura apostolica. “Come un furbo avvocato – dice frà Bugnolo –  Sciacca dice, giustamente, che il potere non può essere diviso fra due papi, ma dà per scontata la validità della rinuncia ed elude la vera questione. Dice poi che rinunciare al Ministerium comporta rinunciare automaticamente anche al Munus, ma questo non è affatto vero perché Benedetto avrebbe potuto benissimo nominare un Vicario per gestire il Ministerium e mantenere la propria carica, il Munus, che è essenziale anche per questioni teologiche e dogmatiche, non solo canonistiche, in quanto proviene da Dio”.

Vi sono poi altre stranissime anomalie nella traduzione italiana pubblicata dal Vaticano: “dichiaro di rinunciare al ministero di Vescovo di Roma, Successore di San Pietro, a me affidato per mano dei Cardinali il 19 aprile 2005, IN MODO CHE, dal 28 febbraio 2013, alle ore 20,00, la sede di Roma, la sede di San Pietro, sarà vacante”.

Come specifica frà Bugnolo: “In modo che”, in latino è scritto da Ratzinger con UT che però deve essere tradotto con AFFINCHE’. Diversamente, “in modo che” si deve tradurre, invece, con “QUOMODO”.

Sono due cose molto differenti: “in modo che” presuppone l’assoluto, legale automatismo di un rapporto atto-conseguenza. “Affinché” invece può rivelare anche un intento nascosto o un effetto voluto, ingenerato appositamente. La differenza che passa tra un “modo” esterno e naturale rispetto a un “fine” soggettivo.

Ad esempio, non è corretto dire: “Metto l’esca nella trappola in modo che il topo sia catturato” perché non è detto che il topo caschi nell’inganno. Si deve piuttosto dire: “Metto l’esca nella trappola affinché il topo sia catturato”.

Immaginiamo per un attimo che, realmente, Benedetto sia stato costretto all’abdicazione: lui scrive quindi che “dichiara di rinunciare” al suo “ministero” “AFFINCHE’” la sede sia vacante… quindi forse anche per l’azione degli usurpatori. Se avesse scritto realmente “in modo che” avrebbe implicitamente ammesso la validità della sua rinuncia. Così, no.

Altra anomalia: perché Benedetto scrive che il nuovo conclave dovrà essere convocato “DA COLORO A CUI COMPETE” e non “da Voi cardinali”? Suona come una delegittimazione, dato che sarebbero ovviamente i cardinali a cui si rivolge a dover formare il conclave. Come se il presidente del Senato, parlando di un futuro presidente della Repubblica dicesse che questi “dovrà essere votato da coloro a cui compete” e non, come ovvio, “da voi parlamentari”.

Ratzinger, inoltre, non specifica la DATA PRECISA del nuovo, vero conclave per l’elezione del Pontefice. Dice solo che questo dovrà essere convocato DOPO CHE LA SEDE SARA’ VACANTE, cioè realmente, il momento successivo alla sua morte. Ecco perché l’elezione valida del nuovo Pontefice COMPETEREBBE, in quel caso, solo ad ALCUNI CARDINALI, quelli nominati prima dell’avvento di Bergoglio e disposti a riconoscere l’avvenuto “golpe”. Infatti le nomine cardinalizie di Bergoglio non sarebbero legalmente valide, perché emanate da un papa invalido, poiché invalida è stata la rinuncia. Nel caso passassero ancora molti anni e non rimanessero vivi e attivi cardinali “legittimi”, nominati da Benedetto o da Giovanni Paolo II, il nuovo Pontefice dovrebbe essere scelto dalla Chiesa romana, come nei tempi più antichi. Ecco perché, in questa ottica, un nuovo conclave dovrebbe essere convocato “da coloro a cui compete” e non ai cardinali cui lui si rivolge. Non fa una piega.

Fantapolitica o una Declaratio apparentemente pasticciata che, però letta nel modo giusto, si rivela di adamantina, “ratzingeriana” coerenza?

Frà Bugnolo è sicuro: gli errori di latino sono stati voluti apposta da Ratzinger per attirare l’attenzione sull’invalidità del documento e per far emergere, a una attenta lettura, la verità quando i tempi sarebbero stati maturi. Dello stesso avviso è l’avvocato viennese Arthur H. Lambauer, noto esperto di diritto internazionale, che già nel 2013, aveva notato le anomalie: “Ritengo che Benedetto abbia commesso errori di proposito per rendere invalido il successore in modo che non creasse nulla di irrevocabile (matrimoni gay, diaconato femminile etc.) e nel caso, spazzarlo via”.

Su tutto, un dato oggettivo e incontestabile: in quegli strani 18 giorni che passano dalla “rinuncia” alla sede vacante (che pure, a regola, dovrebbe scattare dalla rinuncia) nessuno ha potuto o voluto correggere la Declaratio scritta da Benedetto così “malamente”. Perché? Eppure è compito specifico dei cardinali correggere il papa, in modo premuroso e filiale, ove sbagliasse.  “Questo dimostra – sostiene frà Bugnolo – che i cardinali erano sleali e accecati dalla fretta di prendere il potere e che forse alcuni di loro, come anche alcuni funzionari della Segreteria Apostolica cui non potevano sfuggire certi errori, erano “complici” di Benedetto e, ben consapevoli del trucco, hanno taciuto affinché un giorno “scoppiasse la bomba”. In entrambi i casi si rivela un’usurpazione”.

E veniamo alle possibili obiezioni: “Ratzinger non conosce approfonditamente il latino o era già troppo anziano per scriverlo bene”. Difficile che il teologo tedesco, per 14 anni a capo della Congregazione per la Dottrina della fede, già autore di eccellenti scritti in latino, non sapesse padroneggiarlo. Peraltro, il papa è circondato da eccellenti latinisti che avrebbero potuto supportarlo. Nel febbraio 2013 era, poi,  lucido tanto da poter tenere un discorso a braccio di 58 minuti. “In ogni caso, l’invalidità resterebbe – risponde frate Alexis – perché la rinuncia impone non solo piena lucidità mentale, ma anche assoluta consapevolezza del diritto canonico”.

Altra prevedibile contestazione: “Glielo ha scritto qualcun altro che non sa bene il latino”. Ma se il documento provenisse da un coercitore o da un falsario, perché costruirlo in modo da essere canonicamente invalido?

Ultima critica eventuale: “Benedetto XVI non ingannerebbe mai nessuno”. Infatti, papa Benedetto non ha ingannato nessuno, ha solo scritto una rinuncia al ministerium. Secondo frà Bugnolo, sono altri che non hanno voluto vedere cosa c’era scritto realmente e come lui si è comportato fino ad oggi. Così, si sono ingannati da soli per la loro avidità di potere.

A una prima lettura, tutto ciò lascia frastornati: sembra assurdo, ma terribilmente coerente. A nulla vale, in questo caso, sbandierare la solita categoria difensiva del “complottismo” perché qui ci sono dati di fatto che meritano una spiegazione ALTRETTANTO logica e alternativa.

Nel mondo laico, a livello giuridico si possono impugnare dei lasciti per molto meno, eppure la questione sulla validità della rinuncia di un papa al soglio di Pietro è stata liquidata molto, forse troppo in fretta. Prossimi scenari? Le argomentazioni di frà Bugnolo, che hanno pure un loro perché e si appoggiano su evidenze, forse saranno semplicemente ignorate, derise o il loro autore probabilmente comincerà a subire una serie di attacchi ad personam. Staremo a vedere.

Première communion - Communion fidèle - Homélie Fête-Dieu

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
Première communion - Communion fidèle - Homélie Fête-Dieu


 


    Comme Jésus est bon ! Non content de se faire homme et de nous sauver par sa mort cruelle sur une croix, non content de nous plonger et de nous purifier par le baptême, il veut demeurer avec nous pour toujours !

    Et comme nous autres, nous sommes ingrats quand, au lieu de nous nourrir à la table de sa Parole et de son Eucharistie, nous le laissons seul si souvent. Combien de places vides dans l'église à l'heure de la messe du dimanche ! Combien arrivent en retard et sans aucun respect, sans aucun geste d'adoration ! Combien de tabernacles abandonnés, gardés seulement par la petite flamme d'une bougie (si ce n'est la lumière d'une ampoule électrique) ! Quelle misère dans nos coeurs !

    Et pourtant, tu continues de nous aimer, Jésus, depuis deux mille ans. Toi, tu ne nous abandonnes pas, car tu sais, toi, ce que c'est que d'aimer. Comme tu es bon, Seigneur Jésus !

    Un jour, un garçon d'à peine neuf ans, en visitant une église accompagné d'un prêtre, regarde les différents tableaux de l'église. À un moment donné il s'arrête devant l'immense crucifix dans le sanctuaire. Le garçon dit au prêtre :

"Regardez, Père, on dirait que Jésus est vivant, et pourtant il est mort. Et là (en montrant le tabernacle), on dirait qu'il est mort, et pourtant il est vivant !"

    Aujourd'hui, Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, nous fêtons Jésus vivant ! Nous nous rappelons que, comme je vous le disais au début, Jésus veut rester avec nous, qu'il est vraiment là, au milieu de nous, qu'il attend notre visite pour nous parler, pour nous écouter, pour nous nourrir du Pain de vie, pour nous encourager à faire le bien, mais aussi pour nous gronder quand nous faisons le mal et pour nous pardonner, pour brûler nos péchés dans le feu de son amour, bref, pour nous aider en toute occasion. Sa présence est le seul havre de paix dans un monde en guerre, le seul phare de vérité parmi les mensonges du monde, le seul feu d'amour qui ne s'éteint jamais.

    C'est un cadeau d'une valeur inestimable que vous recevez aujourd'hui pour la première fois, chers enfants. C'est un cadeau que nous pouvons recevoir tous les jours, ou au moins chaque dimanche, pour soutenir notre marche vers la maison du Père qui nous attend. Sans ce cadeau, inutile d'essayer : nous n'y arriverons jamais, mais avec lui, c'est ... un jeu d'enfant !

    Qu'est-ce que vous lui avez fait comme cadeau pour la fête des pères, à votre papa ? Qu'est-ce qui lui fait plaisir ? Moi, si j'étais papa - et je le suis - et si j'avais un enfant qui fait sa première communion, je dirais à Jésus : "Quel beau cadeau que celui-là ! Merci Seigneur !"

    Moi, j'ai eu aussi une maman en Belgique. Et voici la réflexion que je me suis faite : quand j'allais voir ma maman, je pouvais lui faire un cadeau que personne d'entre vous ici ne peut faire à sa maman. Je peux célébrer la messe et lui donner la communion. Quand je donne la communion à ma maman, je donne la vie du ciel à celle qui m'a donné la vie de la terre ! C'est bien le plus beau des cadeaux, celui-là. Et ce cadeau, le Seigneur m'a permis de le faire à ma maman, je ne dis pas le jour, ni à l'heure, mais à l'instant même de son grand passage ! C'est peut-être le souvenir le plus poignant de toute ma vie...
 Eh bien, c'est le cadeau que je souhaite à toutes les mamans et à tous les papas qui sont ici : qu'un jour un de leur fils devienne prêtre et puisse lui donner le Pain de Vie. Une petit-fils, c'est pas mal aussi (rires). 


    Mais pour l'instant, en ce si beau jour de fête, renouvelons tous l'engagement - ou, si nous ne l'avons pas encore fait, faisons-le maintenant - d'être de vrais amis pour Jésus, des amis fidèles, des amis qui se voient le plus souvent possible. Et demandons à la Vierge Marie, notre Maman du ciel, de nous garder fidèles.

Première communion - Communion fidèle - Homélie Fête-Dieu
Première communion - Communion fidèle - Homélie Fête-Dieu

Lectures Solennité du Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre du Deutéronome (Dt 8, 2-3.14b-16a)

8
02i  Moïse disait au peuple d’Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ?
 
03  Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne - cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue - pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur.
 
14b  N'oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage.
 
15  C'est lui qui t'a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif.
 
16a   C'est lui qui, dans le désert, t'a donné la manne - cette nourriture inconnue de tes pères .

 

 


 


 

 



Psaume (Ps 147, 12-13, 14-15, 19-20)

R/ Peuple de Dieu, célèbre ton Seigneur !

 

12  Glorifie le Seigneur, Jérusalem !
Célèbre ton Dieu, ô Sion !
13  Il a consolidé les barres de tes portes,
dans tes murs il a béni tes enfants ;

14  il fait régner la paix à tes frontières,
et d'un pain de froment te rassasie.
15  Il envoie sa parole sur la terre :
rapide, son verbe la parcourt.

19  Il révèle sa parole à Jacob,
ses volontés et ses lois à Israël.
20  Pas un peuple qu'il ait ainsi traité ;
nul autre n'a connu ses volontés.
Alléluia !

 


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 10, 16-17)

 

10
16i  Frères, la coupe d’action de grâce que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ?
17  Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain.

 

 

 


Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 6, 51-58)

6

 

51i  Après avoir nourri la foule avec cinq pains et deux poissons, Jésus disait : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »
52  Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
53  Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
54  Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
55  En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
56  Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.
57  De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.
58  Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

 

Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés

 

 

 

 

 

Lectures Solennité du Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur A

L'amour en ce monde est toujours crucifié - Homélie pour la Solennité de la Très Sainte Trinité, Année A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)


"Dieu est Amour" (1 Jn 4, 8).

Il est Amour parce qu'il est Trinité. La première encyclique de Benoît XVI est intitulée : "Dieu est Amour ". C'est quelque chose que nous avons entendu maintes fois et que nous ne nous privons pas de répéter à tort et à travers, même pour justifier ce qui est injustifiable : nos péchés, et pour renvoyer notre conversion aux calendes grecques. En fait, nous sommes devenus si habitués à entendre et à répéter : Dieu est Amour, que nous ne nous rendons même plus compte de ce que cette Révélation -- car c'est bien de cela qu'il s'agit, et non d'une conception humaine, ce à quoi nous la ramenons souvent -- a de révolutionnaire et d'unique, de dérangeant même. Car l'Amour dont il est question n'est pas un amour à dimension humaine, un amour que tout le monde apprécie et applaudit. C'est un Amour ... qui n'est pas aimé, un amour crucifié.

Il y a beaucoup de religions dans le monde, et beaucoup d'entre elles sont animées par un certain pressentiment de la bonté de Dieu. Mais leur point de départ est toujours la recherche de Dieu par l'homme, une recherche forcément limitée et entachée d'erreurs. La foi judéo-chrétienne, au contraire, trouve son point de départ dans une initiative divine : Jésus a été "envoyé par le Père pour guérir et sauver tous les hommes" (cf. préparation pénitentielle) et pour nous donner d'avoir part aux joies de la vie éternelle. C'est ainsi que ceux qui croient en lui ont l'insigne privilège de recevoir la révélation que Dieu fait de lui-même, le Père nous montrant par son Fils et dans l'Esprit qui il est en vérité et à quoi il ressemble :

 


"Qui me voit, voit le Père".
 


La caractéristique la plus fondamentale et essentielle de ce Dieu-là est l'amour. Non pas la puissance, ou la transcendance, mais l'amour. C'est la raison essentielle pour laquelle le Verbe s'est fait chair :



"Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle".
 


Cela nous fait comprendre aussi le mystère de la Très Sainte Trinité. Si Dieu était un Être suprême, mais solitaire, comment sa nature pourrait-elle se définir par l'amour ? L'amour suppose toujours une relation et un don de soi. Or Dieu n'a pas commencé à aimer à l'instant où a eu lieu l'Incarnation, même pas au commencement de la création. Dieu EST amour depuis toujours et pour toujours. Cela n'est possible que s'il est à la fois un et trine : trois personnes divines, vivant depuis toute éternité dans une unité parfaite d'amour mutuel. Dieu est amour. En d'autres mots, comme le dira le Catéchisme : Dieu est un, mais non solitaire (CEC n. 254).

Ceci est très important et a des conséquences très concrètes dans le domaine de la sexualité, par exemple. Le Catéchisme nous enseigne que le mystère de la Sainte Trinité est le mystère central non seulement de la foi mais de toute la vie chrétienne (cf. CEC n. 234), et donc, pas seulement pour nos âmes. La raison en est que nous avons été créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, comme il nous le révèle dans la Bible. Par conséquent, si la nature divine consiste essentiellement à aimer, alors nous aussi, nous sommes appelés à aimer. Nous sommes ainsi faits que nous sommes porteurs d'une pré-dispostion à nous ouvrir aux autres, au lieu de vivre en autarcie. Dans le domaine de l'économie politique, on entend parfois l'autarcie être présentée comme étant un idéal à atteindre. Non ! Par nous-mêmes (et cela vaut aussi pour les relations internationales) nous sommes incomplets. Nous sommes créés pour nous donner aux autres et pour accueillir les autres. Voilà aussi la vraie signification de la sexualité humaine, le sens théologique de nos corps.

Dieu nous a créés hommes et femmes. Quand un homme et une femme s'unissent dans le mariage, ils deviennent une seule chair ; ils se donnent l'un à l'autre totalement et pour toujours, sans aucune réserve. Voilà une image de la Sainte Trinité. Le Père, depuis toute éternité, aime le Fils et se donne au Fils ; et le Fils aime le Père en retour en se donnant totalement à lui ; et cet amour mutuel étant un amour substantiel, et pas seulement une qualité, une propriété, mais une relation subsistante, diront les théologiens, une Personne divine, le Saint Esprit qui procède du Père et du Fils.

Eh bien, toute famille humaine est une image de cet Amour trinitaire. Le mari se donne lui-même sans limite à sa femme, et la femme le reçoit et se donne en retour, sans limite. Et c'est par cet amour fait de don total réciproque que Dieu crée une nouvelle vie en ce monde : un enfant, appelé à entrer dans une relation d'amitié avec Dieu pour toujours. Voilà le caractère sacré et la beauté de l'amour conjugal, de l'amour sexuel. Mais voilà aussi la raison pour laquelle l'Église n'a jamais pu et ne pourra jamais négocier dans le domaine de la morale sexuelle, car la sexualité humaine a une signification théologique (qui est le fruit de la foi) que nous devons tous honorer si nous voulons avoir la vie éternelle.

Chaque fois que nous dissocions notre sexualité de cette signification, non seulement nous en abusons, mais nous nous rebellons contre l'amour de Dieu qui nous a créés à son image et à sa ressemblance : à la ressemblance de son oubli de soi pour se donner. Or, au lieu d'accueillir son amour, nous lui faisons la guerre ! L'amour n'est pas aimé, disais-je au début de cette homélie. C'est saint François d'Assise qui le dit, au moment où il rencontre le sultan (musulman).

Saint Francois avait déjà essayé par deux fois de se rendre en Terre Sainte pour faire connaître le Christ aux Musulmans, mais à chaque tentative, il tombait malade en cours de route et était obligé d'abandonner son projet. En 1219, la guerre fait rage entre les Croisés et l'Islam. Les deux armées se faisaient face. Le sultan El-Kamil avait même publié un décret promettant une forte récompense en or à quiconque apporterait la tête d'un chrétien. Les Croisés, commandés par Pélage, essayaient de prendre le port de Damiette avec l'intention de conquérir l'Égypte. Dans le camps des Croisés on prend François et son compagnon, Illuminé, pour des fous. On essaye de les empêcher de partir car on est sûr qu'ils se feront massacrer. Mais face à la détermination de Saint François, ils les laissent partir.

Contre toute attente, nos deux "fous" ont la vie sauve et arrivent à rencontrer le sultan. El-Kamil était un chef de guerre, un homme politique et un fin diplomate. Tous les dignitaires, conseillers ou théologiens prennent place de chaque côté du sultan. On amène alors François et Illuminé. Les bures rapiécées et décolorées des deux frères contrastaient avec le luxe oriental de cette salle d'audience. S'adressant alors aux deux inconnus, le sultan leur demande qui les envoyait, pourquoi et à quel titre, et comment ils avaient fait pour venir. Avec une belle assurance François lui répond qu'il avait été envoyé d'au-delà des mers, non par un homme, mais par le Dieu très haut pour lui indiquer, à lui et à son peuple, la voie du salut et leur annoncer l'évangile. Il se met tout simplement à prêcher au sultan Dieu-Trinité et Jésus, sauveur du monde.

Le sultan avait déjà entendu parler de la religion chrétienne. Pourtant une objection le pressait : pourquoi les chrétiens qui croient en un Dieu-Amour et qui ont toujours le mot charité à la bouche, s'acharnent-ils à nous faire la guerre ? Leurs moeurs ne sont pas douces. Ils veulent et Jérusalem et l'Egypte. Pourquoi ce désir brutal de domination ? Qu'ils lèvent le siège devant Damiette et nous croirons à leur volonté de paix. François avait baissé les yeux, le visage assombri, triste. Il sentait peser sur lui en cet instant comme un poids énorme. Là-bas, devant Damiette, il y avait toute cette machine de guerre des chrétiens, ce cercle de fer dans lequel ils s'efforçaient jour après jour d'étrangler la ville. François se borne à répondre humblement, gravement :

 

 

  • "Sire, l'Amour n'est pas aimé. L'Amour en ce monde est toujours crucifié."


Prions donc le Saint Esprit pour qu'il fortifie l'Amour qui a été répandu dans nos coeurs depuis notre baptême afin que nous cessions de crucifier l'Amour par nos péchés et que nous puissions témoigner devant ceux qui ne croient pas, par nos paroles et nos actes, que "Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique" ... quitte à nous faire crucifier.
 

L'Amour en ce monde est toujours crucifié.

L'Amour en ce monde est toujours crucifié.

Lectures pour la Solennité de la Tres Sainte Trinité A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

Livre de l'Exode (Ex 34, 4b-6.8-9)

34
4b  Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné.
05  Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer auprès de Moïse. Il proclama lui-même son nom ;
06  il passa devant Moïse et proclama : « YAHVÉ, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité,
08  Aussitôt Moïse se prosterna jusqu'à terre,
09  et il dit : « S'il est vrai, Seigneur, que j'ai trouvé grâce devant toi, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c'est un peuple à la tête dure ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous un peuple qui t'appartienne. »
 


Livre de Daniel (Dn 3, 52, 53, 54, 55, 56)

R/ A toi, louange et gloire éternellement!

3
52  Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères,
A toi, louange et gloire éternellement !
Béni soit ton nom de gloire et de sainteté,
A toi, louange et gloire éternellement !

53  Béni sois-tu au temple saint de ta gloire,
A toi, louange et gloire éternellement !

54  Béni sois-tu sur le trône de ton règne,
A toi, louange et gloire éternellement !

55  Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes,
A toi, louange et gloire éternellement !
Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim,
A toi, louange et gloire éternellement !

56  Béni sois-tu dans le ciel, au firmament,
A toi, louange et gloire éternellement !


Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (2Co 13, 11-13)

13
11i  Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous.
12  Exprimez votre amitié en échangeant le baiser de paix. Tous les fidèles vous disent leur amitié.
13  Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion de l'Esprit Saint soient avec vous tous.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 3, 16-18)

3
16i  Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
17  Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
18  Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.








 
Lectures pour la Solennité de la Tres Sainte Trinité A

À quand le Saint Esprit préoccupation n° 1 des Français (et de tous) ? - Homélie Pentecôte A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)


    Le mystère de la Pentecôte que nous célébrons aujourd'hui n'est pas seulement le dernier jour du Temps Pascal. C'est le dernier jour, parce que c'est l'accomplissement de tout ce qui précède, le but poursuivi par Dieu dès le début de l'histoire du salut. C'est pour nous donner part à l'Esprit Saint que Jésus s'est fait homme, qu'il a vécu parmi nous, d'abord trente ans dans son humble existence de fils de charpentier, et puis, pendant quelques années, en prêchant, en guérissant, en ressuscitant. C'est pour cela qu'il a souffert, qu'il est mort, qu'il a été enseveli et qu'il est ressuscité. C'est pour cela encore qu'il est monté au Ciel.

    Il faut même aller plus loin encore : c'est pour répandre l'Esprit que le monde a été créé, que Noé a été sauvé du déluge dans l'Arche, qu'Abraham a dû quitter son pays pour la terre promise, que Moïse a été envoyé vers Pharaon pour libérer les Hébreux de l'esclavage d'Égypte, et que Dieu a suscité des Juges, des Rois et des Prophètes.

    À cela il faut ajouter encore que c'est uniquement dans ce but que Jésus a fondé l'Église, qu'il a institué les sacrements et envoyé ses apôtres dans le monde entier. Pour tout cela, pour tout ce que Dieu a fait depuis le commencement et pour tout ce qu'il fera jusqu'à la fin, il n'y a pas d'autre raison que celle-ci : Dieu veut nous donner part à son Esprit ! C'est ce que les Pères de l'Église ont eu l'audace d'appeler la divinisation de l'homme. Dieu a voulu que les hommes et lui vivent du même Esprit, en formant un même Corps !

    Mais pour que ce grand dessein de l'Amour miséricordieux puisse aboutir, il faut que les hommes y correspondent. Dieu respecte la liberté humaine et ne veut rien lui imposer, même pas ce qu'il y a de meilleur. Pouvons-nous dire que tout ce que nous faisons, depuis que nous avons cru et que nous avons été baptisés, n'a eu d'autre but que de recevoir le Saint Esprit que Dieu désire tant nous donner, et d'aider Dieu à le transmettre autour de nous, puisqu'il nous le donne pour cela ? Quel est notre but dans la vie ? Si je vous avais distribué une feuille de papier sur laquelle est écrit seulement : "Je voudrais" en vous demandant de continuer la phrase, qu'est-ce que vous y mettriez ? Sans doute beaucoup de choses, et beaucoup de choses différentes, selon votre âge, votre sexe, vos convictions politiques, etc ...

    Ainsi, selon une enquête réalisée en France auprès des jeunes de 15 à 24 ans, arrivent en tête au hit-parade des valeurs : la famille, le travail, les amis - la famille et le travail surtout pour les filles. Les garçons, eux, accordent plus d'importance au sport et à la musique. Ceux qui font de la politique savent très bien qu'actuellement, la préoccupation majeure des Français dans leur ensemble, c'est le chômage (précarité de l'emploi), le terrorisme, la pauvreté, la santé et la délinquance.


    Mais pour nous qui sommes chrétiens, quelle est notre souci principal ? Combien auraient mis : "Je voudrais ... le Saint Esprit ? Or, pour un chrétien, c'est la seule et unique bonne manière de compléter la phrase. Combien de ceux qui se disent chrétiens savent seulement que c'est le souci principal de Dieu ?

    Souvenez-vous : quand, dans l'Évangile, Jésus veut nous éduquer à la confiance dans la prière, il dit :

 


"Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !"
 


    C'est la version selon saint Matthieu (7, 11). Quand Jésus dit : "de bonnes choses", ce serait intéressant de savoir à quoi il pense. C'est même très important, puisque c'est la condition pour être exaucé. En effet, si nous demandons de mauvaises choses, nous ne serons pas exaucés (et c'est tant mieux). On donnerait cher pour savoir quelles sont ces "bonnes choses" auxquelles pense Jésus.

    Eh bien, nous le savons, grâce à saint Luc, qui rapporte le même enseignement de Jésus sur la confiance dans la prière, mais avec la précision que nous voudrions avoir :

 


"Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent !" (Lc 11, 13)
 


    Voilà ! C'est donc l'Esprit Saint, la "bonne chose" que nous pouvons demander avec l'assurance d'être exaucés, parce que c'est lui que le Père veut nous donner. La prière étant un exercice de désir, il faut que notre désir corresponde au désir de Dieu.

    Notons au passage que pour prier, il n'est pas nécessaire d'être des saints, puisque Jésus s'adresse à ceux qui sont mauvais : "Vous qui êtes mauvais", votre Père vous donnera l'Esprit Saint si vous le lui demandez. Il n'est donc pas nécessaire d'être des saints pour cela. Les Apôtres et les nombreux disciples qui suivaient Jésus durant les années de sa vie publique n'avaient certainement pas beaucoup brillé par leur sainteté au moment où leur Maître fut arrêté et condamné à mort. Ce sont pourtant ces mêmes Apôtres, avec quelques femmes, qui, en entendant la promesse de Jésus de leur envoyer l'Esprit, l'ont reçu au bout de neuf jours de prière d'une manière peu banale. Quelle consolation pour nous !

    Par contre, ce qui est nécessaire, c'est de demander l'Esprit Saint (que Dieu nous promet à nous aussi), et pas n'importe quoi. Ensuite il est nécessaire de vouloir devenir des saints, puisque c'est pour cela que Dieu nous le donne.

    Saint Séraphim de Sarov est un des saints russes les plus connus et les plus populaires, non seulement parmi les orthodoxes, mais aussi parmi beaucoup de chrétiens d’autres confessions. Il naît en 1759 et entre au monastère de Sarov à l’âge de vingt ans, où il restera jusqu’à sa naissance au ciel en 1833. Pendant quarante-six ans il vit d’abord comme moine en communauté, puis, de 1794 à 1810, comme ermite, et en dernier lieu, comme reclus dans le monastère de Sarov. Durant toutes ces longues années il mène le dur combat pour la sainteté, bénéficiant de nombreuses grâces, notamment des apparitions de la Vierge Marie.

    Les dernières huit années de sa vie terrestre, il émerge de la solitude pour servir aux nombreux fidèles qui accourent vers lui en tant que starets (père spirituel). Chacun de ceux qui le visitent dans sa petite cellule - moines, moniales, prêtres, laïcs, hommes, femmes, riches, pauvres, empereurs ... - vient pour être conforté dans ses épreuves, pour entendre la parole de vie, pour recevoir le conseil nécessaire afin d'avancer sur le chemin vers Dieu. L’évènement le plus célèbre de la vie de saint Séraphim s’est produit un jour d’hiver en pleine forêt en 1830, lorsqu’il a été transfiguré, devant et avec son disciple Nicolas Motovilov, qui nous raconte ce qui s'est passé :


"C'était un jeudi. Le ciel était gris. La terre était couverte de neige et d'épais flocons continuaient à tourbillonner lorsque le Père Séraphim engagea notre conversation dans une clairière, près de son "Petit Ermitage" face à la rivière Sarovka coulant au pied de la colline. Il me fit asseoir sur le tronc d'un arbre qu'il venait d'abattre et lui-même s'accroupit en face de moi.

- Le Seigneur m'a révélé, dit le grand starets, que depuis votre enfance vous désiriez savoir quel était le but de la vie chrétienne et que vous aviez maintes fois interrogé à ce sujet des personnages même haut placés dans la hiérarchie de l'Église.

Je dois dire que dès l'âge de douze ans cette idée me poursuivait et qu'effectivement j'avais posé la question à plusieurs personnalités ecclésiastiques sans jamais recevoir de réponse satisfaisante. Le starets l'ignorait.

- Mais personne, continua le Père Séraphim, ne vous a rien dit de précis. On vous conseillait d'aller à l'église, de prier, de vivre selon les commandements de Dieu, de faire le bien - tel, disait-on, était le but de la vie chrétienne. Certains même désapprouvaient votre curiosité, la trouvant déplacée et impie. Mais ils avaient tort. Quant à moi, misérable Séraphim, je vous expliquerai maintenant en quoi ce but réellement consiste.

Le vrai but de la vie chrétienne consiste en l'acquisition du Saint-Esprit de Dieu. La prière, le jeûne, les veilles et autres activités chrétiennes, aussi bonnes qu'elles puissent paraître en elles-mêmes, ne constituent pas le but de la vie chrétienne, tout en aidant à y parvenir. Le vrai but de la vie chrétienne consiste en l'acquisition du Saint-Esprit de Dieu. Quant à la prière, au jeûne, aux veilles, à l'aumône et toute autre bonne action faite au nom du Christ, ce ne sont que des moyens pour l'acquisition du Saint-Esprit.



Donc : ne pas confondre le but et les moyens, même si ces moyens sont utiles, voire indispensables. Mais attention aussi à la confusion des grandeurs !

Remarquez que seule une bonne action faite au nom du Christ nous procure les fruits du Saint-Esprit. Tout ce qui n'est pas fait en son Nom, même le bien, ne nous procure aucune récompense dans le siècle à venir, et en cette vie non plus ne nous donne pas la grâce divine. C'est pourquoi le Seigneur Jésus Christ disait : "Celui qui n'amasse pas avec moi dissipe" (Lc 11, 23).

 

Lectures Pentecôte A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 2, 1-11)

2
01  Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
02  Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie.
03  Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
04  Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.
05  Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
06  Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue.
07  Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ?
08  Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
09  Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie,
10  de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici,
11  Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »
 



Psaume (Ps 103, 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34)

R/ O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !
1a  Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
1b  Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
24a  Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur ! +
24c  la terre s'emplit de tes biens.

29b  tu reprends leur souffle, ils expirent
29c  et retournent à leur poussière.
30  Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

31  Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses oeuvres !
34  Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur.


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 12, 3b-7.12-13)

12
03bi  Frère, sans le Saint-Esprit, personne n’est capable de dire : « Jésus est le Seigneur. »
04  Les dons de la grâce sont variés, mais c'est toujours le même Esprit.
05  Les fonctions dans l'Église sont variées, mais c'est toujours le même Seigneur.
06  Les activités sont variées, mais c'est toujours le même Dieu qui agit en tous.
07  Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous.
12  Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
13  Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 20, 19-23)

20
19i  C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
20  Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
21  Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
22  Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint.
23  Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »
 
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Lectures Pentecôte A

L'Église du Cénacle, exemple de concorde et de prière - Homélie 7ème dimanche Pâques A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 
 
 
 


    Dans liturgie de l'Ascension, jeudi dernier, nous avons entendu Jésus nous dire :
 


"Allez donc !" (Jn 28, 19) ... "vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre" (Ac 1, 8).
 


    C'est ce que nous appelons l'apostolat. Le mot "apostolat" vient d' "apôtre", qui veut dire "envoyé" (par le Christ, lui-même l'Envoyé du Père). Saint Luc nous donne leurs noms (cf. 1° lect.). S'y adjoindra Matthias (cf. Ac 1, 15-26), pour suppléer à la défection de Judas Iscariote (Iscariote, en araméen, veut dire : celui qui le trahit), et plus tard saint Paul. Est-ce à dire que l'apostolat est la chasse gardée des Douze, et éventuellement de leurs successeurs, les évêques, et des prêtres, qui les assistent ? Certainement pas ! Ce qui est vrai, c'est qu'aucun apostolat ne peut se faire en dehors de (ou contre) la communion avec eux.

    Vous avez entendu (cf.
1° lect.) saint Luc préciser que les Apôtres n'étaient pas seuls au Cénacle. Il y avait aussi des femmes ! Des membres de la famille charnelle de Jésus étaient là également. Mais, nous dit saint Luc, ils avaient "un seul coeur".

    Le Catéchisme nous explique que, quand, dans le Credo, nous disons que nous croyons que l'Église est "apostolique", il faut le comprendre dans un triple sens :

1. "elle a été et demeure bâtie sur 'le fondement des apôtres' ... témoins choisis et envoyés en mission par le Christ lui-même" ;
2. "elle garde et transmet, avec l’aide de l’Esprit qui habite en elle, l’enseignement ... le bon dépôt, les saines paroles entendues des apôtres" ;
3. "elle continue à être enseignée, sanctifiée et dirigée par les apôtres jusqu’au retour du Christ grâce à ceux qui leurs succèdent dans leur charge pastorale : le collège des évêques, 'assisté par les prêtres, en union avec le successeur de Pierre, pasteur suprême de l’Église' (AG 5)". (n. 857)

    Et un peu plus loin :

"Toute l’Église est apostolique en tant qu’elle demeure, à travers les successeurs de S. Pierre et des apôtres, en communion de foi et de vie avec son origine. Toute l’Église est apostolique en tant qu’elle est 'envoyée' dans le monde entier ; tous les membres de l’Église, toutefois de diverses manières, ont part à cet envoi. 'La vocation chrétienne est aussi par nature vocation à l’apostolat'. On appelle 'apostolat' 'toute activité du Corps mystique' qui tend à 'étendre le règne du Christ à toute la terre' (AA 2). (n. 863)

    Chaque baptisé est donc invité à travailler à la croissance du règne de Dieu parmi les hommes et les femmes de son temps. Mais l'Église n'est pas une entreprise humaine qui mettrait en oeuvre un projet "pastoral" qui serait le fruit d'une étude sociologique. La valeur d'un apôtre ne dépend pas de ses qualités humaines, même si chacun est appelé à les mettre au service des autres. Dieu se plaît d'ailleurs à choisir ce qui est faible (cf. 1 Co 1, 26-31). En cette année jubilaire des apparations de Lourdes, il est bon de s'en souvenir : c'est sainte Bernadette que la Vierge Marie a choisie pour porter au monde son message, et elle n'avait pas une santé de fer. Sainte Thérèse, co-patronne des missions, n'est pas morte centenaire non plus ! ...

    Il faut prier pour recevoir l'Esprit. Personne ne peut l'accaparer par la force. Seule la prière persévérante, unanime, nous configure au Christ, l'Envoyé du Père, et nous fait découvrir la joie chrétienne au coeur même de la soufrance endurée à cause de la Parole. Comment être apôtre lorsqu’on est malade ou infirme, quand on est en prison, ou, tout simplement, lorsque nous sommes accaparés par le travail et les soucis de la famille ? Et quand on ne sait pas parler en public, lorsqu’on ne connaît pas la théologie, et qu'on n'est pas un spécialiste de la Bible (mieux vaudrait quand même se lancer pour la lire), doit-on renoncer à annoncer le Royaume ?

    Au Puy-en-Velay (France) au 19° siècle, de jeunes jésuites, encore prisonniers de leurs livres et de leurs cours, auraient tant voulu déjà parcourir le monde en missionnaires. Ils étaient tout jeunes et pleins d'ardeur "apostolique". Ils rongeaient leurs freins, comme on dit : c'était de la bonne graine ! Mais le jour de la fête de St François Xavier, l'autre patron des missions, le 3 décembre 1844, le Père Gautrelet leur fait une conférence. Il leur dit qu’ils n’avaient pas besoin d’attendre la fin de leurs études pour être apôtres :

 


"Soyez déjà missionnaires par votre prière, par l’offrande de votre vie quotidienne. Priez pour les hommes que vous rencontrerez demain. Tout homme est sauveur avec Jésus Sauveur."
 


    Depuis ce moment, les journées de ces religieux ont été transformées. Ils ont redoublé d’ardeur et ont vécu profondément les travaux, les joies, les peines qui se présentent quotidiennement. (N'oublions pas l'exhortation de saint Pierre - cf. 2° lect. !) Dans la prière, ils offraient tout cela à Dieu pour les intentions qui étaient affichées au tableau de la communauté.

    Au Cénacle, entre l'Ascension et la Pentecôte, il n'y avait sans doute pas de tableau avec des intentions de prière. Mais
l'évangile de ce jour nous fait entendre un passage de la prière de Jésus, probablement dans le même lieu que celui où se trouvaient les premiers chrétiens après l'Ascension. Dans ce passage, il y a les paroles :



"Je prie pour eux ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés."
 


    Je ne sais pas si vous vous êtes déjà demandé ce que Jésus a bien pu vouloir dire à son Père : "ce n'est pas pour le monde que je prie". Un peu plus loin il nous met sur la piste :
 


"Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi."
 


    Jusqu'alors, c'est du milieu du monde que Jésus priait, dans ce "monde" qui représente à la fois l'humanité, et ce qui, en elle, refuse la Parole et hait les disciples (cf. v. 14 : "Je leur ai fait don de ta parole, et le monde les a pris en haine"). Si Jésus  ne prie plus pour le monde, ce n'est pas qu'il s'en désintéresse. C'est, au contraire, parce que sa prière sera relayée par les siens.

    Notre prière doit donc être "apostolique", d'abord dans le sens où elle doit être "dans la communion de toute l'Église" (cf. Prière eucharistique), pendant la messe, ou en priant la liturgie des heures, par exemple. Mais aussi, plus largement, en toute circonstance.

    Elle doit être apostolique aussi dans le sens où nous avons à prier spécialement pour le monde (prière "universelle"), et pour ceux qui nous haïssent à cause de la Parole que Jésus nous a donnée. C'est ainsi que Jésus a prié sur la croix, que saint Étienne a prié pendant qu'il était lapidé, ... et que Jean Paul II a prié pour Ali Agca.


 

Lectures 7° dimanche de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 1, 12-14)

1
12i  Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent du mont des Oliviers à Jérusalem, qui n’est pas loin. (La distance ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.)
13  Arrivés dans la ville, ils montèrent à l'étage de la maison ; c'est là qu'ils se tenaient tous : Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d'Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.
14  D'un seul coeur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères.
 


Psaume (Ps 26, 1, 4abcd, 7-8)

R/ Oui, nous verrons la bonté de Dieu sur la terre des vivants
01  Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ? *
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

4a  J'ai demandé une chose au Seigneur,
4b  la seule que je cherche :
4c  habiter la maison du Seigneur
4d  tous les jours de ma vie, *

07  Écoute, Seigneur, je t'appelle ! *
Pitié ! Réponds-moi !
08  Mon coeur m'a redit ta parole :
« Cherchez ma face. » *



Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 4, 13-16)

4
13i  Mes bien-aimés, puisque vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera.
14  Si l'on vous insulte à cause du nom du Christ, heureux êtes-vous, puisque l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous.
15  Si l'on fait souffrir l'un de vous, que ce ne soit pas comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme dénonciateur.
16  Mais si c'est comme chrétien, qu'il n'ait pas de honte, et qu'il rende gloire à Dieu à cause de ce nom de chrétien.




Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 17, 1-11)

17
01  Ainsi parla Jésus. Puis il leva les yeux au ciel et pria ainsi : « Père, l'heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie.
02  Ainsi, comme tu lui as donné autorité sur tout être vivant, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
03  Or, la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
04  Moi, je t'ai glorifié sur la terre en accomplissant l'oeuvre que tu m'avais confiée.
05  Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi : donne-moi la gloire que j'avais auprès de toi avant le commencement du monde.
06  J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé fidèlement ta parole.
07  Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m'as donné vient de toi,
08  car je leur ai donné les paroles que tu m'avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis venu d'auprès de toi, et ils ont cru que c'était toi qui m'avais envoyé.
09  Je prie pour eux ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés : ils sont à toi,
10  et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et je trouve ma gloire en eux.
11  Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.

Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes.
 
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Lectures 7° dimanche de Pâques A

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