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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Flash : En direct avec le curé de l'Euro 2008

dominicanus #actualités


Le "curé" autrichien de l'Euro 2008,
Christoph Pelczar, dresse un bilan positif de ce que les chrétiens ont pu réaliser pendant l'Euro 2008 en Autriche et en Suisse.

“Il est de notre devoir d'être présents là où se trouvent les gens",

dit Pelczar, qui est tout spécialement satisfait de la présence de l'Eglise catholique à l'EURO 2008.

“Nous nous sommes fait remarquer positivement par les médias, et nous étions aussi présents, là où se trouvaient les supporters après la victoire ou la défaite de leur équipe nationale. Je me réjouis de pouvoir prendre des vacances maintenant, mais notre mission a réussi."

(Kerknet)

Une année sur les pas de Saint Paul avec le diocèse de Versailles

dominicanus #La Parole à S. Paul

ROME, Vendredi 27 juin 2008 (ZENIT.org) - Dimanche 29 juin, en la fête des apôtres Pierre et Paul, Benoît XVI ouvrira la célébration d'une année dédiée à Saint Paul. L'occasion de (re) découvrir, grâce au site réalisé par le diocèse de Versailles, celui qui fut un géant de l'évangélisation et qui est aujourd'hui un témoin pour notre temps.

« Ce site vous propose pour chaque dimanche le texte de St Paul du jour, accompagné d'outils d'analyse et d'approfondissement : explication des mots-clefs, pistes de lectio divina, ouvertures théologiques tirées de la Tradition et du Magistère, sans oublier le 'coin des enfants' », expliquent les responsables du site.

« Vous pouvez aussi retrouver en permanence dans les rubriques de références une présentation générale de St Paul et de ses voyages, un lexique de son vocabulaire, ainsi que des pistes bibliographiques pour aller plus loin », précisent-ils.

Le site est réalisé par une équipe d'exégètes, de théologiens et de prédicateurs, coordonnée par le Service de Formation du Diocèse de Versailles.

Cf. http://www.anneesaintpaul.fr

Homélie Solennité Sts Pierre et Paul 2008: Ouverture année paulinienne

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
   
    Aujourd'hui commence un chapitre historique de la vie de l'Église : l'Année Paulinienne.

    Saint Paul était ce jeune pharisien fougueux, fer de lance de la violente persécution des tout premiers chrétiens aussitôt après la Pentecôte. Dans le feu de sa rage, Saul, alors qu'il était en route pour Damas, en Syrie, pour y arrêter les chrétiens, reçoit la manifestation du Seigneur. Cette rencontre a totalement bouleversé lsa vie et le cours de l'histoire. Il est devenu le grand Apôtre infatigable, parcourant la région de la Méditerranée pendant près de trente ans, prêchant et fondant des communautés chrétiennes partout où il passait, dans les douleurs de l'enfantement. Ses écrits forment une bonne partie du Nouveau Testament.

    Mais pour quelle raison notre Saint-Père, le Pape Benoît XVI a-t-il voulu dédier une année jubilaire à saint Paul ?

    La première raison, c'est bien sûr que Saul est né entre les années 7 et 10 de notre ère. C'est donc le moment de célébrer le bimillénaire de sa naissance. Une raison plus profonde provient du fait que les chrétiens d'aujourd'hui ont un urgent besoin de redécouvrir leur vocation baptismale. Chaque baptisé est appelé à être missionnaire et à donner sa vie pour étendre le Royaume de Dieu sur la terre, comme saint Paul l'a fait à l'aube du christianisme.

    Comme le disait Benoît XVI il y a un an, lors de la proclamation de l'année paulinienne :

"Chers frères et sœurs, comme aux commencements, aujourd'hui aussi le Christ a besoin d'apôtres prêts à se sacrifier eux-mêmes. Il a besoin de témoins et de martyrs comme saint Paul : autrefois violent persécuteur des chrétiens, lorsque sur le chemin de Damas il tomba à terre ébloui par la lumière divine, il passa sans hésitation du côté du Crucifié et il le suivit sans regret. Il vécut et travailla pour le Christ ; pour Lui, il souffrit et il mourut. Combien son exemple est aujourd'hui d'actualité !"

    Saint Paul a vécu et travaillé pour le Christ d'une manière extraordinaire, et nous sommes invités à mettre modestement mais avec conviction nos pas dans les siens. Voilà le but de cette année jubilaire. C'est le but de toute vie chrétienne : répandre partout l'évangile de Jésus, aider tout homme à le rencontrer.

"Malheur à moi si je n'évangélise pas" (1 Co 9, 16).

    Rien qu'à cette idée de ne pas être témoin du Christ, saint Paul était horrifié. Plus notre vie correspondra à ce programme, plus elle aura de sens, et plus nous connaîtrons le vrai bonheur. Aujourd'hui, au début de cette année paulinienne, nous devons tous nous poser la question : comment puis-je devenir un meilleur missionnaire (ou commencer à être missionnaire) ? Quand nous avons communié au Corps et au Sang du Christ, nous devrions lui demander de nous montrer comment vivre plus pleinement pour lui et son Royaume.

    Parmi les multiples difficultés qui se présentent à nous et qui nous empêchent de nous acquitter de notre mission d'évangélisation, la plus répandue est aussi la plus facile à surmonter. Souvent nous hésitons à affirmer notre foi parce que nous sommes ignorants. Le monde dans lequel nous vivons nous entraîne dans un tourbillon d'activités de toute sorte qui nous empêche de prendre le temps d'explorer les trésors de notre foi catholique. Alors, quand nous entendons parler d'un sujet comme l'homosexualité ou la contraception, par exemple, nous préférons nous réfugier dans le silence. À la rigueur, nous savons ce que l'Église enseigne à ce propos, mais nous ne savons pas pourquoi. Nous ne savons pas pourquoi les relations sexuelles avant le mariage ne plaisent pas à Dieu. Nous ne savons pas pour quelle raison l'avortement provoqué est toujours objectivement un péché d'une extrême gravité, même en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère.

    Autre exemple : quand des chrétiens non catholiques citent des versets de la bible qui semblent contredire ce qu'enseigne l'Église catholique, nous ne savons pas que répondre ... et nous rasons les murs pour ne pas nous faire repérer comme étant des catholiques.

    Cet obstacle est facile à surmonter ! Nous avons tant de moyens à notre disposition : des livres, des cassettes, des sessions, des retraites, des sites sur l'Internet ... tous ces instruments que nous pouvons mettre à profit tous les jours pour approfondir notre foi. Des formations sont proposées dans notre diocèse, dans notre paroisse ... Pour beaucoup le début de l'année paulinienne correspond avec le début des grandes vacances. Pourquoi l'approfondissement de la foi devrait-il s'arrêter avec la confirmation ? Le Seigneur veut se servir de nous comme il s'est servi de saint Pierre et de saint Paul. Donnons-lui une chance !

    Nous avons été appelés et équipés par Dieu pour que nous soyons ses témoins, ses ambassadeurs. Ce n'est qu'en nous acquittant de notre mission que nous pourrons être comblés par lui.

    Mais être témoin du Christ, ce n'est pas seulement parler de lui et expliquer l'enseignement de l'Église. C'est aussi être comme le Christ, permettre à son amour sauveur de transparaître dans nos vies pour toucher les coeurs. Combien de personnes peuvent dire de nous que nous les avons aidées à rencontrer, à connaître et à aimer Jésus ?

    Il y a au moins trois domaines dans lesquels nous avons à oeuvrer activement dans ce sens.

    D'abord, nous devons être missionnaires dans notre famille. Chaque famille chrétienne doit être une petite Église, un endroit où règnent la paix, le pardon, l'ordre, l'harmonie. Cela demande une prière quotidienne, un effort permanent, des sacrifices, des parents comme des enfants. Tous ceux qui l'ont fait peuvent dire que c'est un chemin de joie profonde ... même si les résultats ne sont jamais parfaits et toujours perfectibles.

    Ensuite nous avons à être missionnaires à l'école ou dans notre travail, dans nos loisirs aussi, dans le sport, par exemple. Nous rayonnons la gloire de Dieu quand nous nous montrons comme des gens à qui on peut faire confiance, des travailleurs consciencieux, compétents et honnêtes. Dieu veut que nous fassions fructifier les talents qu'il nous a donnés, chacun à sa manière. Il ne veut pas que nous soyons comme des arbres qui produisent des fruits véreux.

    En troisième lieu, Dieu nous appelle à être missionnaires dans notre paroisse. Une communauté paroissiale doit être comme un phare dans les ténèbres du monde, pour promouvoir le bien, combattre le mal, répandre la bonne odeur du Christ.

    En commençant cette année jubilaire consacrée à saint Paul, demandons à Jésus de montrer à chacun de nous comment mieux vivre la mission, pour qu'à la fin, au moment de mourir, nous puissions tous dire comme saint Paul (cf. 2° lect) :

"Je me suis bien battu, j'ai tenu jusqu'au bout de la course, je suis resté fidèle."

    Terminons par cette prière composée pour l'année paulinienne par
un évêque du Cameroun :


Seigneur notre Dieu,

Tu as choisi Saul de Tarse comme Apôtre

Pour qu'il porte ton nom au devant des nations.
 

Dès sa conversion sur le chemin de Damas

Saul, baptisé Paul, a fait connaître le Christ mort et ressuscité

À temps et contretemps

Par sa parole et ses lettres,

Tout à tous à Jérusalem, à Athènes, comme à Rome

Jusqu'à son martyre de gloire.
 

En cette année de grâces, avec Paul,

Donne-nous d'accueillir ta Parole révélée dans ses épîtres.

A son exemple, accorde nous de vivre avec le même zèle

Par le Christ, avec le Christ et seulement dans le Christ.

 
De la lumière du Resuscité de Pâques

Éclaire nos chemins

Par la force de l'Esprit Saint et avec l'intercession de la Vierge Marie, Reine des Apôtres, Patronne du Cameroun

Pour que nous devenions nous aussi dans l'église et la société

Des missionnaires de l'évangile et des témoins du Christ ressuscité.

Amen


Portugal: Numerosas iniciativas para celebrar o Ano Paulino

dominicanus #homilias em português

EUROPA/PORTUGAL - Numerosas iniciativas para celebrar o Ano Paulino: catequese "Um ano para caminhar com São Paulo", subsídios litúrgicos, encontros de estudo e uma exposição itinerante



    Lisboa (Agência Fides) - Todas as dioceses de Portugal mobilizaram-se para abrir nesse fim de semana as celebrações do Ano jubilar dedicado a São Paulo. Em nota publicada pela Conferência Episcopal de Portugal destaca-se que o Ano Paulino coincide com a celebração em outubro do Sínodo dos Bispos sobre a Palavra de Deus, para que Paulo o grande Apóstolo da Palavra “possa ser para nós um guia para descobrir mais profundamente o lugar da Palavra de Deus na vida e na missão da Igreja".

    Em seguida, os Bispos apresentam alguns frutos que poderão ser dados por este Ano Paulino na Igreja de Portugal, seguindo o exemplo desse grande Apóstolo. Os Bispos afirmam que São Paulo é um exemplo para ampliar os horizontes do anúncio do Evangelho e promover uma nova evangelização, porque hoje "a Igreja corre também o perigo, assim como na época de São Paulo, de limitar o anúncio de Jesus Cristo àqueles que estão no seu rebanho, compreendem a sua linguagem e conhecem as suas leis, e tem dificuldade de anunciar Jesus Cristo numa sociedade cada vez mais secularizada”.

    O Ano Paulino pode ajudar também a organizar a pastoral específica para ampliar o anúncio do Evangelho para aqueles que não crêem ou abandonaram a vida cristã, porque "Paulo foi o maior evangelizador de todos os tempos e continua a ser um exemplo inspirador de ardor na evangelização e da natureza específica do anúncio kerigmático". Além disso, continua a nota dos Bispos, "evangelizar não é uma estratégia e não se limita a um programa: é uma paixão de amor por Jesus Cristo e pelos irmãos" e justamente esta paixão por Jesus Cristo é aquela que "gera em Paulo a urgência da evangelização na qual se sente como cooperador de Deus”.

    Por outro lado, o Ano Paulino também pode oferecer um estímulo "para aperfeiçoar a nossa catequese e conceber a ação pastoral como um meio para aprofundar o processo contínuo de iniciação cristã", porque Paulo "não separa a vida pessoal do cristão da vida da Igreja na sua catequese". Por isso, este Ano Paulino nos oferece uma oportunidade também para refletir sobre a “verdade da Igreja e sobre o modo de construir a unidade na grande variedade de carismas que enriquecem a Igreja do nosso tempo".

    Para obter tudo isso, a Conferência Episcopal propõe alguns instrumentos pastorais, como "Um ano para caminhar com São Paulo", um itinerário catequético no qual se percorre as principais etapas da vida cristã por 52 semanas, tendo Paulo como guia. Propõe também viver com maior intensidade a Liturgia, levando mais em consideração os textos de São Paulo, principalmente nas homilias. Nesse sentido, a Comissão Nacional de Liturgia preparou alguns instrumentos que ajudam os Pastores a realizar este objetivo.

    Durante todo o Ano Jubilar, as Faculdades de Teologia e os Centros e Escolas afiliadas oferecerão sessões de estudos sobre São Paulo. Na festa da Conversão de São Paulo de 25 de janeiro de 2009, está prevista uma grande Celebração nacional na Igreja da Santíssima Trindade em Fátima.

    Além disso, as Edições São Paulo organizaram uma exposição itinerante chamada "Paulo, Apóstolo de Jesus Cristo" que percorrerá as dioceses de Portugal cujo objetivo é fazer conhecer de forma simples e didática, a figura e a obra do Santo. A exposição é composta por quatro módulos: Breve cronologia de São Paulo: a sua conversão, missão e as suas cartas; as viagens de São Paulo; algumas passagens das suas cartas lidas por personalidades da sociedade portuguesa e, finalmente, algumas perguntas e respostas sobre São Paulo.

www.ecclesia.pt/anopaulino
(Agência Fides 27/6/2008)

Comment le régime communiste roumain condamna 6 évêques à la sainteté

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    Une âpre bise balaie la cour du monastère orthodoxe de Caldarusani, et ne parvient pas même à soulever la neige, tant celle-ci est durcie par le gel. Le monastère est profondément silencieux, comme si le froid mordant de cet hiver roumain l'avait privé de vie. Ce calme absolu a quelque chose d'insolite en cette nuit de Noël 1949, alors que minuit approche. Mais, depuis que le rideau de fer du communisme s'est abattu sur l'Europe, et que la Roumanie vit sous la botte d'un régime "ami" de Moscou, il ne fait pas bon manifester ses croyances trop ouvertement. Les monastères orthodoxes ne sont pas persécutés, mais c'est au prix d'importantes concessions. Les moines s'abstiennent sagement de provoquer par des professions de foi le gouvernement qui les tient à l'oeil. La cloche du monastère reste silencieuse, comme engourdie par le froid.

    Il se passe pourtant quelque chose d'étrange dans l'église du couvent. Le sanctuaire est à peine éclairé par la lueur de quelques bougies qui soulignent la profondeur des ténèbres environnantes. Ces lumières vacillantes projettent sur les murs six ombres fantastiques : celles-ci grossissent ou s'amenuisent au gré des courants d'air qui font trembler les flammes.

    Les six hommes qui se tiennent dans la chapelle froide et obscure s'y sont rassemblés à l'insu des moines. L'on devine, à leurs chuchotements et aux précautions qu'ils prennent pour ne faire aucun geste brusque, que cette réunion est clandestine. À leurs pieds, un septième homme est allongé de tout son long, le visage contre terre, les bras en croix. Au moment où il se relève, ses six compagnons lui imposent les mains et lui donnent l'accolade. Ils échangent tous des sourires graves à la fin de cette cérémonie d'ordination à l'austère sobriété. Tite-Live Chinezu, jeune archiprêtre de Bucarest, incarcéré au monastère de Caldarusani, vient d'être sacré évêque, à la demande du pape Pie XII, par ses six compagons de captivité qui sont tous évêques eux-mêmes. Cette célébration solennelle a lieu au nez et à la barbe des autorités qui les ont fait emprisonner, et des moines chargés de les surveiller.

    C'est que l'Église catholique, même de rite grec, ne bénéficie pas de la même tolérance que l'Église orthodoxe, et représente aux yeux des communistes l'ennemi à abattre. N'est-elle pas à la solde de Rome ? Rome, ce fief de l'obscurantisme, ce bastion contre-révolutionnaire où l'on cultive l'"opium du peuple" ... Rome, située au beau milieu du camp que les Soviétiques ont appelé "impérialiste" ... Cette puissance morale et spirituelle haïssable qui prétend maintenir les masses laborieuses sous le joug des pires superstitions ... Aussi les autorités roumaines ne supportent-elles pas l'existence sur leur sol d'une Église qui vit en communion avec le Vatican.

    Comme ils prévoyaient que leur internement à Caldarusani n'était que la première étape du chemin de croix qu'on leur réservait, les six évêques prisonniers ont pris leurs précautions, en plein accord avec le Saint-Siège, pour assurer leur relève au cas où le pire se produirait. Ils ont choisi la nuit de Noël, celle où "le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière", pour cette cérémonie digne des catacombes de la Rome antique.

    Six des sept hommes dont les ombres dansent sur les murs, en cette grave nuit du 24 décembre 1949, vont être retranchés du nombre des vivants, pour n'avoir pas voulu rompre le lien filial qui les attachait au pape.

    Valeriu Traian Frentiu, évêque d'Oradia, est le doyen des successeurs des apôtres ainsi réunis dans le secret. Il a soixante-treize ans et une magnifique barbe blanche. Son port altier et sa réserve polie, qui rappellent les évêques de l'ancienne cour impériale de Vienne, cachent une âme de missionnaire prêt à donner sa vie pour ses ouailles. Il sera interné à Sighet, forteresse du XVIIIe siècle, qui est la plus terrible prison du pays. Là-bas, il stupéfiera ses gardiens : un jour où ceux-ci le souffleteront, ils se verront bénir par une main tremblante et une voix n'ayant rien perdu de sa fermeté. Il s'éteindra le 11 juillet 1952.

    À côté de lui se tient Alexandru Russu. Son sourire espiègle et son regard pétillant contrastent avec l'air plus grave de ses confrères : il est très satisfait d'avoir joué un tour pendable aux ennemis de l'Église de Rome. Évêque de Maramures, il fait figure de boute-en-train de l'épiscopat roumain. Célèbre pour le brio avec lequel il manie la plume lorsqu'il défend l'Église, il est aussi connu pour sa bonne humeur imperturbable. Condamné à 25 ans de travaux forcés alors qu'il a déjà 73 ans, il remercie chaleureusement ses juges au sujet de l'optimisme qu'ils manifestent quant à sa longévité. Ayant survécu aux rigueurs de Sighet, il mourra à Gherla, autre prison de sinistre mémoire.

    La troisième ombre qui danse sur le mur appartient à Ioan Suciu. Sa silhouette haute et frêle semble sortir d'une toile du Greco. Mgr Suciu est particulièrement aimé par les jeunes. Avant d'être immobilisé de force entre les murs d'un couvent orthodoxe, cet apôtre infatigable ne cessait de sillonner la Roumanie en tous sens pour donner des cours ou des conférences, organiser des randonnées en montagne, écouter confessions et confidences. Il écrivait beaucoup, et ne semblait vivre que pour éclairer les intelligences et les consciences. Il mourra en juin 1963, le dégel qui suivra la mort de Staline en mars n'aura pas atteint les prisons roumaines, et les murs moisis de Sighet auront été plus épais que jamais.

    Mgr Vasile Aftenie, qui se tient à sa droite, est l'évêque-vicaire de Bucarest, homme énergique d'une cinquantaine d'années. Son allure débonnaire, son humour et son ouverture d'esprit feront croire aux officiers de la Securitate qu'ils ont enfin trouvé dans l'Église catholique l'homme du compromis. C'est mal le connaître. Profondément conciliant, il estime qu'il est une chose sur laquelle on ne transige pas : la foi reçue des apôtres. En mai 1950, après quelques jours d'interrogatoire, les officiers auront l'impression que cet individu odieux a réussi à renverser les rôles, tant il a l'art de leur assener leurs quatre vérités. L'esprit de répartie dont il a toujours fait preuve, et qui détendait l'atmosphère dans des circonstances moins sinistres, fera s'amonceler un orage au-dessus de la pièce où l'interrogatoire a lieu. Le 10 mai, exaspérés par une réplique de l'évêque qu'ils estiment particulièrement cinglante, les officiers sortiront de leurs gonds et tueront l'accusé sans autre forme de procès.

    Mgr Anton Durcovici est d'origine autrichienne ; arrivé en Roumanie à l'âge de sept ans, il aime profondément sa patrie adoptive. C'est un jeune évêque aux yeux bleus, au teint clair, au manitien plein de grâce et de dignité, qui attirait tous les regards dans les grandes cérémonies, du temps que l'Église vivait à ciel ouvert. Il est très bel homme, mais c'est bien là le cadet de ses soucis, puisqu'il a donné sa vie à Dieu dès sa plus tendre enfance. Il puisait dans la prière contemplative la force de mener une vie très active, et en particulier d'assumer un ministère de direction spirituelle auquel il passait le plus clair de son temps. L'ascèse l'a préparé à la souffrance. Interné à Sighet, il étonnera par son endurance aussi bien ses tortionnaires que les prêtres qu'il continuera à former. Il mourra en décembre 1951, au coeur d'un hiver extrêmement rigoureux.

    C'est un autre hiver qui aura raison de son jeune ami Tite-Live Chinezu, cet archiprêtre qui vient d'être ordonné secrètement, et dont ses confrères espèrent qu'il leur survivra. Ce professeur de théologie doux et spirituel est connu pour l'étendue de sa culture. Ses deux passions sont saint Thomas d'Aquin et les mystiques du Carmel. Il mourra à Sighet le 15 janvier 1955. Au cours des interrogatoires qu'il subira là-bas, il trouvera toujours le mot qui le rendra insupportable aux jeunes officiers pétris de marxisme dont il brise les élans lyriques. Un jour, l'un d'eux, après avoir déployé tous ses talents d'orateur à tenter de le convaincre de quitter l'Église catholique pour l'Église orthodoxe restera sans voix devant la réponse de l'accusé : "Je m'étonne, Monsieur, de constater que le régime communiste, qui se déclare athée, manifeste un tel intérêt pour notre conversion."

    Le seul survivant de cette ordination cladestine est Mgr Juliu Hossu. Il n'était qu'un jeune curé gréco-catholique de trente-deux ans quand, le 3 mars 1917, le Saint-Siège l'avait nommé évêque de Gherla en Transylvanie. À la fin des années soixante, Paul VI le crée cardinal. Sachant que les autorités communistes lui interdiront le retour s'il part pour Rome, Mgr Hossu ne veut pas se rendre auprès du souverain pontife, et est donc cardinal in pectore, c'est-à-dire en secret ou dans le secret de son coeur. Après des années de captivité, sa silhouette frêle et voûtée se redresse, son visage marqué par la souffrance s'illumine, et sa voix reprend vie, quand il raconte les heures de gloire et de martyre de son Église et de son pays.

    Pourtant, cette persécution sanglante ne parvint pas à étouffer la foi de l'Église catholique roumaine. Les évêques roumains ne furent pas les seules victimes de cette terrrible répression. Des millions de chrétiens, hommes, femmes et enfants, furent sacrifiés dans l'ensemble des pays du bloc soviétique, parce qu'ils restaient fidèles à l'Église du Christ. La chute du régime communiste révéla que le sacrifice avait été fécond.

Le Livre des Merveilles, Mame-Plon 1999


Euro 2008 : de l’ennui et des nations

dominicanus #actualités


Chaque épreuve de football suscite des passions (sic) et des commentaires innombrables, chacun se prenant tour à tour pour le gardien de but imperturbable, l’attaquant maladroit ou le sélectionneur inapte. Je ferais donc les miens, en commençant par l’équipe plurielle de l’hexagone, et qui a perdu aux poings et aux coups de pied arrêtés.

Dans le domaine du jeu, nous avons été gâtés par un sélectionneur incapable et cynique, digne de la classe politique post-moderne qui est arrivée partout et en même temps au pouvoir. Domenech nous aura ennuyés à mourir, comme en 2004 et 2006, mais sans Zidane. Et il s’en fout, en profitant au passage pour annoncer son mariage avec non pas une top-model mais une journaliste de M6, devant la presse (italienne) habituée á Berlusconi et pourtant éberluée.

Dans le cas de l’Italie, nous sommes tombés sur une équipe championne du monde navrante d’ennui. Les Italiens ont surélevé le mur de leur défense, perdu leur vivacité technique et nous emmenés pour la millième fois de leur histoire aux penalties : comme au cours de l’euro 80, de l’euro 2000, comme au cours des Mondials 2002, mais aussi 1998, 1994 et 1990… une paille pour un pays quatre fois champion du monde. Pendant ce temps de l’autre côté de l’Atlantique le Brésil s’effondre et pourrait ne pas se qualifier pour le Mondial sud-africain. Mais le Brésil devient riche grâce à l’éthanol et à sa forêt plus très vierge. N’est-ce pas le plus important ?

Cette histoire de penalties avait suscité des commentaires passionnants à Jean Baudrillard en 1990, dans « La Guerre du Golfe n’aura pas lieu » (Libération, 4 janvier 1991). Je renverrai à ces textes sur cette passion pour le néant ou pour l’absence de spectacle qui caractérise notre époque. L’ennui est devenu la clé du divertissement.

La marche turque. Je n´aurais pas été surpris que les Turcs, qui avaient passé l’équipe suisse victorieuse à tabac au cours des qualifications du mondial 2006, remportent ce championnat d’Europe, sur ordre divin, pétrolifère ou autre, et que nous les fassions du même coup rentrer dans l’Union européenne. Les Allemands ont si mal joué la demi-finale que j´entendais en voix off la commission de Bruxelles leur commandant de perdre... Mais enfin, ce sont des hommes de devoir et ils ont mis leurs adversaires à la sublime porte de l´Europe.

L’affaire Hiddink. Guus Hiddink est une bonne affaire pour les sélections nationales, et le football est une bonne affaire pour Guus Hiddink. Il avait touché trois millions d’euros pour entraîner les Sud-Coréens, il touchera au moins deux millions et demi de dollars pour entraîner la brave et jeune équipe russe. On me dira qu’il mérite ce salaire de star (de plus en plus de gens touchent des salaires de stars, vu le cours du dollar), et je n’en doute pas une seconde. Le hic c’est que cette star de la mondialisation est poursuivie pour fraude fiscale dans son propre pays, la Hollande, qu’il a éliminé de ses propres neurones et des pieds des cosaques. La vengeance d’un contribuable…

Langue. J’ai aussi été frappé par la pub permanente : No to racism. D’abord on devrait l’imposer plutôt au Zimbabwe ou en Afrique du sud, car c’est là-bas que l’on tue d’autres races et ethnies, pas en Europe (l’Europe se contente de vouloir emprisonner dix-huit mois ou expulser avec âmes et bagages les chrétiens d’Amérique du sud qu’elle a envahis et volés il y a des siècles). Ensuite on devrait l’écrire dans une autre langue que l’anglais, attendu qu’il n’y avait même pas une équipe anglophone dans cet Euro post-historique. Ce problème de la langue est d’ailleurs pour moi la clé de l’échec de la construction européenne. Quand on n’a pas le talent polyglotte de Guuus Hiddink, il vaut mieux imposer comme langue scolaire une langue unique, fût-elle le latin, le français ou l’esperanto.

Espagne. Enfin nous pouvons féliciter l´Espagne et son entraîneur, Luis Aragones, pour l´excellence de son jeu et sa ténacité morale. Sous les yeux de l´héritier du trône et son épouse, elle aussi journaliste de télé, elle a joué un tournoi modèle, et la France devrait en prendre exemple. Gageons qu´elle ne le fera pas.

Nicolas Bonnal

(Décryptage)

Invitation au Christocentrisme

dominicanus #Il est vivant !

Rome (Agence Fides) - L’insistance, souvent unilatérale, à partir de l’élément humain et de son caractère central, y compris pour « faire de la théologie », plonge ses propres racines dans un rapport mal compris, presque d’opposition, entre les aspirations légitimes de l’homme, auxquelles il ne peut absolument pas renoncer, et les « demandes » de Dieu qui ne sont pas moins légitimes.

    Paradoxalement, près de deux mille ans de Christianisme n’ont pas encore immunisé suffisamment l’homme et sa pensée sur Dieu, contre la tentation de se concevoir en « opposition » à son propre Créateur, comme si la pleine réalisation de soi-même, son propre accomplissement humain, devaient ou pouvaient se réaliser « contre », ou « sans » Dieu. Dans la doctrine catholique, cette tentation a un nom très ancien, peut-être un peu oublié dans certaines prédications, mais qui est central pour élaborer n’importe quel discours théologique, anthropologique, et moral : il a pour nom, le péché originel.

    La réflexion sur cette donnée doctrinale, amplement présentée dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique (numéros 396-409), invite à montrer comment chaque « tournant anthropologique », qui prétend refonder la théologie en partant uniquement de l’homme, ou d’affirmer l’homme et ses exigences, « contre » les prétendues « prétentions » de Dieu, risque de manière presque inexorable de se transformer en un « tournant anthropocentrique » qui place l’homme, solitaire, au centre du cosmos, en en exploitant l’ouverture naturelle au Mystère infini.

    Au contraire, le Christocentrisme, comme on l’appelle, part de l’unique point de l’histoire dans lequel le caractère conflictuel entre l’homme et Dieu, est totalement dépassé, tant en lui-même, que comme effet salvifique unique et universel du sacrifice rédempteur du Christ Seigneur, dont les « fruits » sont offerts à la liberté de tous les hommes, et que, en conséquence, il est pour tous les hommes.

    Il serait très intéressant si, de nombreuses années après le « tournant anthropologique », l’on pouvait avoir enfin un grand « tournant Christologique », et même Christocentrique ! Le Concile Œcuménique Vatican II a certainement invité toute l’Eglise à parcourir cette voie ; et le Magistère récent des Pontifes, celui de Jean Paul II, celui de Benoît XVI invite constamment la pensée, la vie, et le cœur des fidèles à reconnaître et à faire sien ce caractère central.

    Redécouvrir Jésus de Nazareth Seigneur et Christ, comme vrai centre de l’histoire de l’humanité, de la vie de l’Eglise et, comme conséquence nécessaire (et à la fois cause), de la vie de chacun chrétien, serait la véritable « tournant anthropologique ». L’homme en serait éclairé en profondeur, consolé, libéré : en un mot, il pourrait une expérience effective de ce salut que le Christ nous a gagné, et qui est offert à la liberté de chacun ; et, en même temps, la théologie elle-même pourrait retrouver sa vocation originelle, présente de manière très lumineuse chez les Pères de l’Eglise, d’exposition des mystères du salut, de manière accessible et salutaire, pour l’intelligence de la vie elle-même. Personne d’autre que le Christ lui-même ne tient autant à l’homme : le Christocentrisme est le véritable « tournant anthropologique » de l’histoire. Jamais l’homme n’a été ainsi « au centre », comme il l’est avec le Christ Seigneur.

(Agence Fides, 26 juin 2008)

Le cardinal Wyszynski, Témoin de l'Église dans une Pologne en ruine

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    "Le cardinal veut me voir, moi ?" Le père Stefan ne sait comment prendre cette incroyable nouvelle. Pourquoi, en ce mois de mars 1946, alors que la Pologne dévastée et martyrisée par la guerre tente péniblement de revivre, le cardinal primat de Pologne August Hlond prendrait-il la peine de venir le voir ?

    Le cardinal, qui avait dû quitter la Pologne pendant le conflit, est rentré au cours de l'été 1945. Le pape Pie XII lui a confié tout pouvoir sur tout le territoire polonais, et la tâche est immense et délicate. Les frontières ont été profondément modifiées, et le découpage des diocèses doit être remodelé en conséquence, et surtout, un nouveau gouvernement, majoritairement communiste et inféodé à Moscou, s'est installé au pouvoir, tandis que le gouvernement légitime, exilé à Londres, se voit refuser tout retour. Les communistes ont d'ailleurs rompu, dès l'automne 1945, leurs relations diplomatiques avec le Saint-Siège, qui soutient les Polonais de Londres.

    Pourquoi donc le cardinal primat prendrait-il la peine de lui rendre visite, à lui, Stefan Wyszinski, simple prêtre ? Stefan s'interroge. Il est né au début du siècle dans une famille modeste, à une époque où l'on était polonais de coeur, mais pas de nationalité, puisque l'État polonais n'existait pas et que la terre de Pologne était partagée entre les deux géants qu'étaient la Russie tsariste et l'Allemagne impériale et prussienne. Il a été ordonné en 1924 : la Pologne était alors une jeune nation démocratique aux frontières fragiles, toujours coincée entre les deux géants, dont l'un était devenu communiste, et l'autre allait devenir nazi.

    Le père Stefan sourit intérieurement. À l'époque, on ne donnait pas cher de sa vie, ses poumons étaient si mal en point que le sacristain de la cathédrale s'était cru drôle en lui déclarant : "Avec une telle santé, vous feriez mieux de vous préparer à prendre le chemin du cimetière plutôt que d'entrer dans les ordres." Pourtant, il avait suvécu, même si au cours de l'ordination, alors qu'il était allongé sur le sol pendant la litanie des saints, il avait bien craint de ne jamais pouvoir se relever. Sa guérison, il la doit à Marie, il en est bien certain, c'est elle qui l'a soutenu et qui veille sur la Pologne, c'est d'ailleurs pourquoi il a célébré sa première messe à Czestochowa, le sanctuaire de la Vierge noire, mère de la Pologne et des Polonais. Bon, ce n'est pas à cause de sa guérison, même miraculeuse, que le cardinal s'annonce. À cause de la thèse qu'il a soutenue à l'université de Lublin, peut-être ? Il y traitait des "droits de la famille, de l'Église, de l'État concernant l'école". Compte tenu des relations entre l'État actuel, c'est improbable ou tout au moins prématuré.

    Le cardinal viendrait-il alors le consulter à propos du monde ouvrier et de la situation sociale ? C'est plus vraisemblable. tout au long des années trente, il a fait oeuvre de journalisme et a publié de nombreux articles sur le chômage, il même voyagé en France et en Belgique, s'est intéressé de très près à la JOC, au point qu'il a été qualifié de progressiste par de bonnes âmes qui n'en pensaient guère de bien. Stefan se redresse à l'occasion de ce souvenir. Les militants du mouvement Odrodzenie
(Renaissance) qui regroupait des intellectuels et au sein duquel il a milité ont été l'un des fers de lance de la résistance polonaise, il n'est que de demander aux nazis et à leurs amis les collaborateurs ce qu'ils en pensent. Stefan respire mieux, oui, c'est sans doute cela qui amène le cardinal.

    Le père Stefan Wyszynski a, tout à la foi, tort et raison. C'est tout à la fois cela et bien autre chose qui lui vaut la visite du cardinal.

    - Le pape Pie XII vous nomme évêque de Lublin.

    Quand il s'écrie incrédule : "Comment cela peut-il se faire ?", le cardinal Hlond pourrait, afin de justifier ce choix, reprendre point par point les éléments de sa biographie. et l'Église ne se trompe pas en appelant ce jeune prélat de quarante-cinq ans quii choisit comme devise : "À Dieu seul."

    Mgr Wyzsynski ne reste pas longtemps à Lublin. À la mort du cardinal Hlond, il lui succède à la tête du diocèse de Varsovie. Comme à Lublin, tout est à reconstruire, les murs, mais aussi les esprits. Dans les ruines de la cathédrale, lors de son installation, il déclare : "Le sang versé oblige tous les habitants de la capitale à être fidèles aux droits bénis de la nation, à défendre sa dignité nationale, son visage chrétien, son esprit de justice, de paix, de liberté." Pour Stefan Wyzsynski, le long face-à-face avec l'État communiste commence : il va durer plus de trente ans. Le nouvel archevêque de Varsovie ne peut bien sûr pas le deviner, mais il sait que la parite sera longue.

    À la grande surprise du Vatican, il signe dès 1950 un compromis avec le gouvernement, qui organise aussi bien que faire se peut les rapports de l'Église et de l'État. Les ordres religieux voient leur existence garantie. L'université catholique de Lublin, les facultés catholiques de Caracovie et de Varsovie demeurent ouvertes. L'Église catholique conserve ainsi des lieux de formation pour ses élites. Rome réprouve l'attitude de Wyzsynski, qu'elle trouve trop conciliante, et, au printemps 1951, le pape ne prend pas le temps de recevoir lui-même l'archevêque. Il est cependant élevé à la pourpre cardinalice en 1952. Ce soutien du Vatican ne sera pas de trop dans le bras de fer qui l'oppose au pouvoir communiste en 1953. Le 9 février, un décret impose un contrôle strict de l'État sur toutes les nominations à des fonctions ecclésiastiques. Le 8 mai, les évêques polonais refusent le diktat : "Nous ne pouvons pas céder." La tension est à son comble. L'évêque de Kielce est emprisonné à la suite d'un procès de style stalinien très pur que le cardinal primat dénonce en chaire dans un sermon enflammé. Cette fois, il est allé trop loin. Le 24 septembre, il est arrêté.

    "Le bourreau peut tuer mon corps. Rien au monde ne saurait tuer mon âme. On nous parle d'évêques criminels. Viendra un jour où l'Histoire les appellera saints." Le gouvernement n'osera pas aller jusque là, mais Wyzsynski restera incarcéré trois années. En même temps, les communistes suppriment la revue hebdomadaire catholique Tygodnik Poxszechny et le mensuel Znak, qui lui était lié. Autour de ces journaux gravitait un groupe d'intellectuels dont le jeune prêtre Karol Wojtyla. En 1956, le souffle de ce qui fut nommé "le printemps d'octobre" ouvre les portes de la prison du cardinal. L'énorme rassemblement populaire du mois d'août à Czestochowa a bien montré la vitalité des catholiques polonais et leur attachement indéfectible au cardinal Wyszynski. Même momentanément décapitée, l'Église polonaise a survécu. Les Polonais sont catholiques de toute leur âme, et ni le "gavage" idéologique ni la répression n'y peuvent rien changer. L'accalmie est de courte durée, mais l'Église polonaise et son primat n'ont pas résisté en vain. Le gouvernement sait qu'il doit désormais composer avec une Église dont la force morale ne faiblit pas, au contraire. Les églises ne désemplissent pas, les vocations sont nombreuses. Le décret de février 1953 est abrogé, l'enseignement religieux est autorisé dans les écoles pour les parents qui le souhaitent, les journaux reparaissent. Le cardinal Wyzsynski reçoit un renfort de choix en la personne de Karol Wojtyla, nommé archevêque de Cracovie en 1964 et élevé au cardinalat lui aussi en 1967. Les deux hommes savent qu'ils peuvent compter sur le pape Paul VI qui honore l'un et l'autre de son amitié. En 1951, alors qu'il n'était que le patriarche de Venise, Angelo Roncalli, le futur Jean XXIII, avait été l'un des seuls à manifester sa sympathie à Stefan Wyzsynski lors de sa pénible visite à Rome. Paul VI s'en souvient et offre au primat de Pologne l'anneau pontifical de Jean XXIII.

    En 1966, la célébration du millénaire de la Pologne fait éclater au grand jour "l'exception polonaise", et montre le visage d'une Église fidèle, ardente, unie autour de ses pasteurs et bénéficiant d'un immense et fervent soutien de toute la population.

    Le jour même de son accession au pontificat, Jean-Paul II rend à son frère dans l'épiscopat, Stefan Wyzsynski, ce vibrant hommage l "Sans toi, sans ton activité, sans ta foi indéfectible, jamais un pape polonais ne serait aujourd'hui sur le trône de Pierre." Le primat de Pologne est encore le témoin d'heures graves pour son pays et suit avec passion l'aventure su syndicat Solidarité. Il soutient avec force, malgré son grand âge et sa santé déclinante, les revendications de liberté et de dignité des travailleurs polonais. Lech Walesa dit de lui : "Ce fut un père pour nous." Le cardinal Wyzsynski s'éteint à l'automne 1981. Sa vie, l'évêque la vouait "à Dieu seul", et aussi à la Pologne.


Le Livre des Merveilles, Mame-Plon 1999

Lancement de la revue « Paulus », sur l’Apôtre des Nations

dominicanus #La Parole à S. Paul
Une initiative pour l’Année Saint-Paul



ROME, Mercredi 25 juin 2008 (ZENIT.org) - La première revue entièrement consacrée à l'Apôtre des Gentils a été lancée officiellement lundi à Rome. Il s'agit de la revue « Paulus », éditée par la Société Saint-Paul. Elle sera mensuelle. Son objectif est de sonder la personnalité de l'un des modèles les plus marquants de la chrétienté.


Cette initiative éditoriale s'insère dans le cadre des célébrations de l'Année Saint-Paul, instituée par le pape Benoît XVI pour le bimillénaire de la naissance de l'apôtre, et qu'il inaugurera en personne le 28 juin en la Basilique Saint-Paul-Hors-Les-Murs par la célébration des premières Vêpres des saints Pierre et Paul.


Il s'agit d'un magazine de 64 pages, en couleur, étudié pour répondre à l'invitation du pape qui souhaite un approfondissement des connaissances concernant la personnalité de Paul de Tarse. Benoît XVI encourage en particulier à développer la dimension œcuménique de son message tendant vers l'unité en Jésus Christ.


« Paulus » rassemble des articles et rubriques qui permettent de mettre en relation Paul avec les événements religieux et culturel de notre temps ; un dossier où l'on développe les contenus de ses Epitres, la mémoire des lieux qu'il a foulés ; des entretiens avec des personnalités du monde contemporain.


Juif orgueilleux de ses propres racines, grec par culture, latin par citoyenneté, voyageur inlassable par mission, Paul incarne l'universalité d'un christianisme toujours dynamique et toujours actuel.


Comme l'écrit dans le premier numéro de « Paulus », l'abbé Ampelio Crema, ssp, Supérieur provincial de la Société Saint-Paul, le but de l'initiative est de « vivre et faire vivre avec plus d'intensité le message toujours actuel de l'Apôtre des Nations: ‘Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ' » (1Co 11,1).


Cette revue a vu le jour en même temps que le projet www.paulusweb.net, un portail encore en phase de construction, conçu comme un lieu de connaissance et d'interaction à partir de trois grands espaces.


Ces trois grands espaces sont : une community virtuelle où des centaines de communautés Saint-Paul des 5 continents offriront du matériel multimédia sur Paul, des thèses, des études et des articles mis à jour régulièrement, ainsi qu'une section iconographique ; un blog de discussion sur des sujets de spiritualité, exégèses, théologies, liés aux problèmes de la vie quotidienne ; et une webzine, hormis les couvertures et sommaires de la revue sur papier, présentera les contenus inédits et les nouvelles multimédia mises à jour, en collaboration avec l'agence h2onews.org, qui suivra en particulier les événements de l'Année Saint-Paul dans le monde.


« Aujourd'hui, écrit le P. Angelo Colacrai, Directeur de la société Saint-Paul, dans l'éditorial du premier numéro, Paul créerait un portail de l'Eglise plus compréhensif que Google ou Wikipedia. Il parlerait à toutes les assemblées nationales. Il ne serait pas seulement un pasteur de brebis et d'agneaux déjà dans l'enceinte, protégés, mais il prendrait le large comme un pêcheur d'hommes et de femmes de toute espèce ».


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Les évêques allemands contre l'extermination des malades mentaux

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    Une belle journée de janvier 1940. Hospice de Pergine pour malades et déficients mentaux. Pour une fois Heinrich est content. Un large sourire éclaire son visage anguleux, déformé par un prognathisme sévère. Ses yeux bleus, généralement éteints et comme retirés du monde des vivants, luisent de plaisir. Il s'est fait beau et a soigneusement coiffé ses cheveux blonds. Les pensionnaires de l'institution ne sont pas souvent conviés à une randonnée surprise, qui, de surcroît, doit durer toute la journée. Où iront-ils donc ? Heinrich ne se pose pas la question. Les noms de lieux n'ont pas d'importance pour lui. Il ignore même qu'il vit depuis des années dans un hospice, l'hospice de Pergine.

    Non, Heinrich ne pense pas à cela. À vrai dire, il ne songe à rien. Depuis toujours son existence est semblable à la surface d'un étang qu'aucune brise n'effleure. Les jours, les heures et même les minutes glissent sur lui sans qu'il s'en aperçoive. Heinrich vit une étrange absence au temps, une sorte d'apesanteur scandée par quelques rires : le lever du matin, quand les premiers rayons du soleil viennent lécher les couvertures et que l'infirmier blanc distribue les pilules - il lui avait expliqué un jour qu'elles servaient à ce qu'il ne s'agite pas, mais il n'avait pas compris le sens de ces paroles -, la grande salle commune om l'on mange joyeusement, le goûter, les douches et les corps nus - cette différence de poitrine et de bas-ventre entre les hommes et les femmes, dont il ignore la signification, le surprend toujours -, le coucher et son entrée dans le néant.

    Heinrich se sent en sécurité à l'hospice. "Les gens comme lui" ont rarement pu avoir ce sentiment au cours de l'histoire. Il appartient à un peuple qui n'a jamais eu la conscience d'être un peuple, un peuple sans terre, sans racine, sans histoire, un peuple de silencieux, de damnés.

    À présent, ses yeux vont du groupe de ses camarades assis, comme lui, sur les bancs du hall d'entrée, à son ami Johann, qui s'est levé et qui tourne en rond à grandes enjambées, tout en tirant de sa pipe d'impressionnantes bouffées de fumée bleutée. Heinrich se demande toujours comment un tel exploit est possible.

    La porte claque. Deux infirmiers entrent. Ils semblent très affairés. Johann s'immobilise, c'est le signal du départ. Dehors, deux vieux bus attendent, moteurs allumés. Heinrich se lève précipitamment et, comme les autres, s'engouffre par la porte. Personne ne remarque la mine soucieuse du médecin chef, resté dans un coin du hall. Il est préoccupé. Pourquoi les responsables de l'institut voisin de Grafeneck lui ont-ils intimés l'ordre de rassembler une partie des pesionnaires pour les transférer dans un autre établissement ? C'est invraisemblable. Le Reich n'est-il pas en guerre ? Pourquoi perdre son temps dans des changements d'établissement ? De plus, un bruit court dans le milieu médical ; toutes les institutions seraient touchées par ces mesures. Il est manifeste que l'on se trouve devant une opération à grande échelle. Mais, ce qui l'inquiète le plus, c'est que les pensionnaires réquisitionnés pour la journée font tous partie de la même catégorie, celle des "inaptes au travail". Il a d'ailleurs lui-même rempli les formulaires envoyés par l'administration centrale. Il pense avoir fait pour le mieux. L'insistance sur les qualités au travail était celle qu'il craignait que ses pensionnaires ne fussent affectés à l'économie de guerre. Aussi en avait-il inscrit le plus grand nombre sous la rubrique "incapables de travailler".

    Les joyeux pensionnaires ne se posent pas ces questions. Ils montent allégrement dans les bus, sans même s'inquiéter de ce que les fenêtres sont obturées par des rideaux, comme si on voulait les empêcher de jouir du paysage. Les éclats de rire se succèdent. Certains battent des mains. D'autres tapent des pieds dans un vacarme assourdissant. Les deux infirmiers, toujours affairés, passent dans les allées centrales plongées dans la pénombre, distribuant des pilules blanches ux plus agités. Les deux lourds autobus s'ébranlent, faisant vibrer toutes leurs tôles. Le voyage est long mais les pilules blanches font leur effet et, bientôt, tous les voyageurs somnolent. Chaque infirmer, assis à l'avant, surveille son convoi du coin de l'oeil.

    Johann et Heinrich ignorent qu'ils vont bientôt être victimes d'une nouvelle violation de l'intégrité de leur peuple. Ce peuple qui a connu toutes les humiliations dans les ruses fangeuses de la Rome impériale ; nouveau-nés, ses membres ont été exposés par dizaines de milliers à la voracité des bêtes sauvages et des oiseaux de proie ; ils se sont trouvés livrés à la folie destructrice des invasions barbares, protégés vaille que vaille par quelques évêques compatissants ; ils ont traversé le Moyen Âge, foule anonyme dont le dénuement extrême est à l'origine des premiers hospices ; par milliers, ils ont été recueillis dans les rues de Paris par l'Apôtre de la charité, Vincent de Paul ; par millions, ils ont été abandonnés et enfermés dans des mourroirs dans l'Europe classique et romantique, engendrés par des filles sans le sou, par des femmes surchargées de marmaille, par des aristrocates pressées de se débarrasser, sans bruit, d'enfants indésirables. À vrai dire, ils ne furent pas toujours des gueux, et les gueux furent souvent plus intellligents qu'eux. Mais ils partagent avec les fous et les miséreux un privilège que notre culture ne leur contesta jamais : celui d'être des exclus.

    L'heure du goûter est depuis longtemps passée lorsque les bus arrivent enfin à destination. Les infirmiers réveillent les dormeurs. Tout le monde a envie de se dégourdir les jambes. Tous descendent rapidement des bus devant un château qu'ils n'ont jamais vus, pas même en photo, et qui - mais cela, ils l'ignorent tous - dépend de la Fondation des samaritains de Stuttgart qui l'ont reconverti en institution pour malades mentaux. Ce qu'ils ignorent aussi, c'est que ces bâtiments ont été repris par un service d'État en octobre 1939.

    L'ensemble est avenant. Les terrains qui entourent le château sont déserts. On aperçoit au loin des fils de fer barbelés qui empêchent les curieux d'approcher des bâtiments. De temps à autre, on distingue une patrouille armée. Les malades attendent au soleil depuis une demi-heure. Les infirmiers expliquent que des bonbonnes de gaz sont arrivées avec retard et qu'il faut achever de les installer. Il faut donc patienter un peu. Mais les malades sont contents de profiter de l'air pur. Ils s'emmitouflent dans leurs manteaux et se promènent par petits groupes. Ce sera le seul évènement saillant de leur journée.

    Brusquement des coups de sifflet retentissent. D'autres infirmiers viennent en aide aux deux premiers. Sans ménagement les pensionnaires de l'hospice de Pergine sont répartis en deux groupes identiques (même répartition par âge, sexe et handicap) et poussés vers un ancien hangar agricole coiffé d'une sinistre cheminée noire. Une peur atroce noue les entrailles des moins idiots. Tous sont conduits vers deux vestiaires et forcés de se déshabiller. Heinrich est rassuré, c'est l'heure de la douche. Certains s'amusent lorsqu'on vient les photographier de face d'abord, de profil ensuite. D'autres vont jusqu'à adresser un petit signe amical à l'appareil ou à celui qui le manipule. Ils passent maintenant à tour de rôle devant un médecin. La visite dure deux à trois minutes. Tout est soigneusement consigné par écrit. Lorsque le médecin a terminé, un infirmier appose au crayon de couleur un numéro sur le dos du malade. L'organisation de l'ensemble des opérations atteste, jusqu'à présent, un haut niveau de professionalisme.

    Toujours divisés en deux groupes, les malades et retardés mentaux sont conduits dans des salles d'attente. Heinrich est content : il est dans le même groupe que Johann. Il ne s'inquiète pas lorsque trois infirmiers entrent dans la pièce et leur demande de tendre le bras. Heinrich présente le sien spontanément. Il note avec satidfaction que Johann n'oppose lui non plus aucune résistance. Quelques-uns essaient de se dérober, mais ils sont contraints par la force de recevoir la piqûre. Quand toutes les injections sont faites, on les fait sortir, le savon à la main, la serviette sur l'avant-bras. Heinrich a juste le temps de distinguer une femme de l'autre groupe - qui, elle, n'a pas reçu d'injection, mais Heinrich ne le sait pas - avant que la porte ne se referme sur elle. Heinrich et Johann entrent dans la salle de douche de leur groupe presque la main dans la main. La porte se referme.

    Après quelques minutes, les effets de la piqûre se font ressentir. Les yeux s'alourdissent, les paupières se ferment, certains ont des vertiges, d'autres des nausées. Soudain, des coups violents portés sur les murs voisins et des cris se fraient à grand-peine un chemin dans leurs cerveaux engourdis. Dans l'autre groupe, certains ont compris qu'on les assassine et se révoltent. Les médecins qui observent la scène, impassibles, se disent que l'extermination des animaux est plus paisible. Cependant, aucun incident notable ne vient perturber la quiétude des opérations. Tout retombe brutalement dans le silence. Heinrich se sent glisser dans le néant. Il s'étonne. Pourquoi n'est-il pas dans son lit, sous sa douillette couverture à careaux écossais ? La porte s'ouvre. On les transporte dans l'autre salle, où on les jette sur les cadavres figés par la mort. Mais ils sont trop hébétés pour réagir. Les voici à nouveau enfermés. Quelques instants encore, et tout sera terminé.

    À l'extérieur, les médecins notent avec satisfaction que les résultats récemment obtenus à Brandenburg-Havel sont confirmés. Le monoxyde de carbone est bel et bien plus efficace que les cocktails lytiques. Un rapport officiel partira le soir même pour le responsable général de l'opération, le docteur Brandt, qui préconise le recours exclusif au gaz.

    Chaque famille reçoit une lettre officielle de condoléances. On les informe des causes du décès du cher disparu. Mais les meilleurs administrations commettent des erreurs : des proches reçurent des urnes vides, des avis de décès portant des dates manifestement erronées. Certains malades seraient morts deux fois dans des circonstances chaque fois différentes.

    Dès 1940, de nombreux évêques, alertés, s'élèvent contre cette barbarie ; en vain. Une lettre pastorale de juin 1941 rappelle cette protestation et condamne l'euthanasie : "Jamais, dans aucune circonstance, l'homme n'a le droit - en dehors de la guerre et de la légitime défense - de tuer un innocent". Cette lettre pastorale sera décisive. C'est en s'appuyant sur elle que Mgr von Galen, évêque de Münster, va réussir à bloquer la politique d'euthanasie. Comme son oncle, Mgr von Ketteler, Mgr von Galen est de ceux qui refusent de subir et qui savent convaincre. Du 13 juillet au 3 août 1941 il dénonce, dans une série de sermons, la politique nationale-socialiste, fustigeant les mesures contre les congrégations, l'anti-chrisitanisme nazi et les méthodes abjectes de la Gestapo. Il rappelle qu'il a porté plainte par lettre recommandée auprès du procureur du Reich du tribunal régional de Münster et du préfet de police de la même ville contre le meurtre des malades mentaux. Le 3 août, il s'en prend à "ce principe abominable qui se donne le droit de tuer un être improductif", et il ajoute : "Malheur aux hommes, malheur à notre peuple allemand si non seulement on transgresse mais on (...) viole impunément le principe divin". Ses sermons, interdits de publication, sont reproduits et distribués clandestinement dans toute l'Allemagne.

    L'émotion est immense. Des lettres de protestation arrivent de plus en plus nombreuses au 4 Tiergartenstrasse, où se trouve le centre administratif de cette opération, mieux connue sous son nom de code Aktion T4. Les plus hautes sphères du pouvoir nazi sont obligées de revoir leur position face au problème des déficients mentaux. Successeur des Apôtres envoyés par le Christ, Mgr von Galen seul a parlé publiquement.

    Hitler met fin au programme officiel d'euthanasie le 24 août 1941. Il y a eu déjà un peu plus de soixante-dix mille victimes. Les techniques de mise à mort qui allaient servir dans les camps d'extermination étaient au point.

Le Livre des Merveilles, Mame-Plon 1999

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