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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Benoît XVI, Trompés par l'athéisme, se laisser réveiller par la Parole

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
3. Des oeuvres créées on s'élève donc vers la grandeur de Dieu, vers sa miséricorde pleine d'amour. C'est ce que nous enseignent les Pères de l'Eglise, la Tradition chrétienne retentissant constamment à travers leur voix.

Ainsi, saint Basile le Grand, dans l'une des pages initiales de sa première homélie sur l'Hexaméron, dans laquelle il commente le récit de la création selon le premier chapitre de la Genèse, s'arrête pour prendre en considération la sage action de Dieu, et arrive à reconnaître dans la bonté divine le moteur de la création. Voici quelques-unes des expressions tirées d'une longue réflexion du saint Evêque de Césarée de Cappadoce:

""Au commencement Dieu créa le ciel et la terre". Ma parole s'abandonne,  écrasée  par la merveille de cette pensée" (1, 2, 1:  Sur la Genèse [Homélies sur l'Hexaméron], Milan 1990, pp. 9.11). En effet, même si certains, "trompés par l'athéisme qu'ils avaient en eux, imaginèrent l'univers privé de guide et d'ordre, comme en proie au hasard", le saint écrivain en revanche "nous a immédiatement illuminé l'esprit par le nom de Dieu au début du récit, en disant:  "Au commencement Dieu créa". Et quelle beauté dans cet ordre!" (1, 2, 4:  ibid., p. 11). "Donc, si le monde a un commencement et a été créé, cherche celui qui lui a donné son début et qui en est le Créateur... Moïse te l'a dit à travers son enseignement en imprimant dans nos âmes comme un sceau et un philactère le très saint nom de Dieu, et disant:  "Au commencement Dieu créa". La nature bienheureuse, la bonté exempte d'envie, celui qui est l'objet d'amour de la part de tous les êtres raisonnables, la beauté plus que tout autre désirable, le commencement des êtres, la source de la vie, la lumière de l'intellect, la sagesse inaccessible, en somme, "au début, il créa le ciel et la terre"" (1, 2, 6-7:  ibid., p. 13).

Je trouve que les paroles de ce Père du IVe siècle sont d'une surprenante actualité lorsqu'il dit:  "Certains, trompés par l'athéisme qu'ils avaient en eux, imaginèrent l'univers privé de guide et d'ordre, comme en proie au hasard". Combien sont-ils ces "certains" aujourd'hui. Ceux-ci, trompés par l'athéisme, croient qu'il est scientifique de penser que tout est privé de guide et d'ordre, comme en proie au hasard. A travers les Ecritures Saintes, le Seigneur réveille la raison qui dort et nous dit:  au commencement était la Parole créatrice. Au commencement, la Parole créatrice - cette Parole qui a tout créé, qui a créé ce projet intelligent qu'est le cosmos - est également amour.

Laissons-nous donc réveiller par cette Parole de Dieu; prions pour qu'elle illumine également notre esprit, afin que nous puissions percevoir le message du créé - inscrit également dans notre coeur - selon lequel le commencement de tout est la sagesse créatrice et cette sagesse est amour, est bonté:  "Car éternel est son amour".


Audience générale du 9 novembre 2005

Homélie du P. Thomas Rosica à Sydney, Veillée de prière et d’adoration

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
En présence des reliques du bienheureux Pier Giorgio Frassati

ROME, Mercredi 16 juillet 2008 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte de l'homélie prononcée par le père Thomas Rosica, président de la télévision catholique du Canada Sel et Lumière, lors de la veillée de prière et d'adoration qu'il a présidée lundi 14 juillet dans la Cathédrale St Mary à Sydney en présence de plus de 900 jeunes, à la veille de l'ouverture officielle des JMJ.

 


Chers amis,

Chère Wanda,

Nièce du bienheureux Pier Giorgio Frassati,

Quel honneur et quel privilège d'être avec vous ici ce soir à la cathédrale St. Mary de Sydney en Australie ! Conduits par un groupe de jeunes canadiens de CCO (Catholic Christian Outreach), l'un des mouvements étudiants catholiques les plus remarquables de notre nation, nous nous sommes rassemblés pour adorer Jésus, don de Dieu pour la vie du monde. Des jeunes du monde entier viennent aussi ici pour prier autour de la dépouille mortelle du bienheureux Pier Giorgio Frassati au cours des Journées mondiales de la jeunesse 2008.

Nous venons d'entendre quel est le plan pour le christianisme dans ce magnifique texte des Béatitudes de l'Évangile de Matthieu (5, 1-12). Les Béatitudes dans le sermon du Christ sur la montagne sont une recette pour la sainteté extrême. Chaque crise que l'Église affronte, chaque crise à laquelle le monde doit faire face, est une crise de la sainteté, est une crise de saints.

S'il y a une époque où les jeunes hommes et femmes ont besoin d'authentiques héros, c'est la nôtre. L'Église croit que les saints et les bienheureux, leurs prières et leurs vies, sont pour les personnes sur la terre, que la sainteté, comme un honneur terrestre n'est pas convoitée par les saints et les bienheureux eux-mêmes.

Qu'est-ce qui fait que le bienheureux Pier Giorgio Frassati est si unique et si spécial ? Il est né en 1901, au tournant du siècle dernier à Turin, en Italie. Le 4 juillet 2008 a marqué le 83ème anniversaire de l'entrée de Pier Giorgio Frassati dans la vie éternelle. Athlétique, plein de vie, toujours entouré d'amis qu'il inspirait par sa vie, Pier giorgio n'a pas choisi de devenir prêtre ou religieux, préférant donner témoignage à l'évangile comme laïc. Il n'a jamais fondé un ordre religieux ou initié un nouveau mouvement ecclésial. Il n'a pas dirigé d'armée et n'a jamais été élu à un poste public. La mort est venue avant qu'il ait pu recevoir son diplôme universitaire. (Le diplôme lui a été remis à titre posthume en 2001). Il n'a jamais eu la chance de commencer une carrière ; en fait, il n'avait pas même découvert ce que sa vocation pouvait être. C'était simplement un jeune homme amoureux de sa famille et de ses amis, amoureux des montagnes et de la mer, mais surtout amoureux de Dieu.

Grâce aux Journées mondiales de la jeunesse, Pier Giorgio est devenu un saint patron pour des millions de jeunes à travers le monde, et plus spécialement pour le mouvement « Catholic Christian Outreach » au Canada.

Regardons trois points saillants de la vie de ce jeune bienheureux qui combine de manière remarquable l'engagement politique, la solidarité, le travail pour la justice sociale, la piété et la dévotion, l'humanité et la bonté, la sainteté et la banalité, la foi et la vie.

 



La vie de prière de Pier Giorgio et son amour de l'Eucharistie

Pier Giorgio Frassati a développé une vie spirituelle profonde qu'il n'a jamais hésité à partager avec ses amis. Ses amis se souviennent qu'il disait : Vivre sans Foi, sans un héritage à défendre, sans constamment lutter pour la vérité, n'est pas vivre, mais « vivoter » ; nous ne devons jamais juste « vivoter ».

L'Eucharistie et la Vierge Marie étaient les deux pôles de sa vie spirituelle. Il a ressenti mystérieusement un grand désir d'être prêt du Saint Sacrement. Il l'a suivi dans les processions et pris part avec enthousiasme aux Congrès eucharistiques. Mais par-dessus tout, il aimait passer de longues heures en adoration nocturne. Et sa joie était tellement plus grande quand il réussissait à amener devant le Saint Sacrement, ses amis, les jeunes qu'il connaissait, et les pauvres dont il s'occupait. Au cours des veillées eucharistiques, le visage de Pier Giogio pouvait être transfiguré par la joie et la consolation de voir des centaines de jeunes hommes et femmes qui étaient venus à la communion.

Sa vie spirituelle, comme la nôtre, était fondée sur les sacrements. Mais il est allé au-delà de ce qui était simplement « demandé » : messe dominicale, la confession de pure forme avant Noël et/ou Pâques, et probablement une petite pénitence de carême comme le renoncement aux bonbons.

Le Rosaire, la Liturgie des heures, la lectio divina et les retraites annuelles faisaient autant partie de sa vie que le ski, l'escalade en montagne et le vélo. Sa vie de prière était son « pain quotidien », comme elle devrait l'être pour tous ceux qui désirent devenir des saints. C'était un athlète et il savait bien que pour « atteindre l'objectif », comme il aimait à le dire, il devait se pousser lui-même au-delà de l'ordinaire s'il voulait être un champion.

Dans une lettre qu'il a écrite (le 29 juillet 1923) aux membres de « la Jeunesse Catholique » de Pollone, un village de montagne au nord de Turin, Pier Giogio dit :

« ...Je vous exhorte avec toute la force de mon âme à vous approcher de la Table eucharistique aussi souvent que possible. Nourri de ce Pain des anges duquel vous tirerez la force de vaincre dans les luttes contre les passions et contre toutes adversités, parce que Jésus-Christ a promis à ceux qui se nourrissent de la très Sainte Eucharistie, la vie éternelle et les grâces nécessaires pour l'obtenir.

Et quand vous deviendrez totalement consumé par ce Feu eucharistique, vous serez capable de remercier avec une plus grande reconnaissance le Seigneur Dieu qui vous a appelé à faire partie de son troupeau, et vous allez recevoir une paix que ceux qui sont heureux selon le monde n'ont jamais goûtée. Parce que le vrai bonheur, jeunes gens, ne consiste pas dans les plaisirs du monde et les réalités de la terre, mais dans la paix de la conscience, que nous avons seulement si nous sommes pur dans le cœur et dans l'esprit. »

Ces mots démontrent une maturité spirituelle remarquable et un grand amour pour l'Eucharistie, en particulier compte tenu du fait qu'ils viennent d'un jeune homme qui avait seulement vingt-deux ans.


Le respect de Pier Giogio pour la vie et son sens de la justice sociale

À son époque, durant sa vie, Pier Giogio a affronté plusieurs de nos défis et de nos problèmes contemporains. Son amour de Dieu et son formidable sens de la solidarité l'ont rapproché des pauvres, des nécessiteux, des malades, des affamés et des sans-abris. Pier Giorgio Frassati avait un immense respect pour la vie humaine : de toute la vie, depuis les premiers moments jusqu'aux derniers. Il défendait constamment la vie là où elle était diminuée ou en état de siège.

À l'âge de 17 ans, en 1918, il a rejoint la Société Saint-Vincent-de-Paul et a consacré une grande partie de son temps libre pour servir les malades et les nécessiteux, les orphelins, et aidant les militaires démobilisé qui revenaient de la Première guerre mondiale. Le peu qu'il avait, Pier Giorgio l'a donné pour aider les pauvres, en utilisant même le prix de son billet de bus par charité et courant ensuite pour retourner chez lui afin d'être à l'heure pour les repas. Les pauvres et les souffrants étaient ses maîtres et il était littéralement leur serviteur, ce qu'il considérait comme un privilège. Il a souvent sacrifié ses vacances à la résidence d'été des Frassati à Pollone parce que, comme il disait, « si tout le monde quitte Turin, qui va prendre soin des pauvres ? »

Pier Giogio aimait les pauvres. Il ne s'agissait pas simplement de donner quelque chose aux personnes isolées, pauvres, malades - mais plutôt en se donnant tout entier. Il voyait Jésus en eux, et à un ami qui lui demandait comment il pouvait supporter d'entrer dans les lieux sales et malodorants où les pauvres vivaient, il répondit : « Rappelle-toi toujours que c'est à Jésus que tu vas : Je vois une lumière spéciale que nous ne devrions pas avoir autour des malades, des pauvres, des malheureux. »

Un journaliste allemand qui a observé le jeune Frassati à l'ambassade italienne a écrit, « Un soir à Berlin, avec une température de -12 °C, il a donné son manteau à un vieil homme pauvre frissonnant dans le froid. Son père, l'ambassadeur, l'a réprimandé, et lui a répondu simplement, « Mais tu vois Papa, il faisait froid. »

Dans la même lettre adressée aux membres de « la Jeunesse Catholique » de Pollone, Pier Giorgio a exhorté ses pairs en ces termes :

« L'apôtre saint Paul dit, « la charité du Christ a besoin de nous », et sans ce feu, qui petit à petit détruit notre personnalité jusqu'à ce que notre cœur ne batte que pour la peine des autres, nous ne serions pas chrétiens, et encore moins catholiques.

Enfin il y a l'apostolat de la persuasion. C'est l'un des plus beaux et des plus nécessaires. Vous les jeunes, approchez vos collègues de travail qui vivent leurs vies loin de l'Église et qui occupent leur temps libre non avec des passe-temps bénéfiques mais dans le vice. Persuadez ces gens malheureux de suivre les voies de Dieu, parsemées d'épines, mais aussi avec beaucoup de roses.

Mais si chacun de vous possédait ces dons au plus haut degré, et n'avait pas l'esprit de sacrifice dans l'abondance, vous ne seriez pas de bons catholiques. Nous devons tout sacrifier pour tout : nos ambitions et vraiment l'ensemble de nous-même, pour la cause de la Foi. »

Derrière le sourire extérieur de ce jeune homme énergique était dissimulée la vie extraordinaire d'un mystique. L'amour de Jésus motivait ses actions.


La souffrance de Pier Giorgio et sa mort

Juste avant de recevoir son diplôme universitaire en génie minier, il a contracté la poliomyélite, dont les médecins ont pronostiqué par la suite qu'il l'avait attrapé auprès des pauvres qu'il soignait. Sa maladie n'était pas connue. Ses parents, totalement pris par l'agonie, la mort et l'enterrement de sa grand-mère, n'avaient pas même soupçonné la paralysie. Deux jours avant la fin, sa mère lui a même reproché de ne pas l'aider dans ces moments difficiles.

Pas même ses derniers jours désespérant ne lui ont fait oublier ses amis les plus proches, les pauvres. Bien que couché sur son lit de mort, il a voulu leur apporter l'assistance matérielle habituelle. C'était le vendredi, le jour où il les visitait. Le 3 juillet 1925, un jour avant sa mort, la main déjà paralysée par la polio, Pier Giogio a demandé à sa sœur Luciana de prendre un petit paquet dans sa veste et avec une main à moitié paralysée il a écrit cette note pour Grimaldi : « Il y a ici les injections pour Converso. Le billet est pour Sappa. Je l'avais oublié ; renouvelle-le en mon nom ».

Nous savons que Pier Giorgio voulait tant voir Jésus qu'il disait : « Le jour de ma mort sera le plus beau jour de ma vie ». Le sacrifice de Pier Giogio fut accompli à sept heures du soir le 4 juillet 1925. Ses funérailles furent un triomphe. Les rues de Turin étaient remplies d'une multitude de personnes qui pleuraient et qui étaient inconnues de sa famille : le clergé et les étudiants, les pauvres et les nécessiteux qu'il avait servi généreusement pendant sept ans.

Dieu a donné a Pier Giorgio tous les attributs extérieurs qui auraient pu l'entraîner à faire les mauvais choix : une famille fortunée, une très belle allure, la virilité, la santé, être le seul héritier d'une famille puissante. Mais Pier Giorgio a entendu l'appel du Christ : « Viens et suis-moi » Il a anticipé de presque 50 ans la nouvelle compréhension et la nouvelle direction de l'Église quant au rôle des laïcs.

En béatifiant Pier Giorgio Frassati seul, place Saint-Pierre le 20 mai 1990, le pape Jean-Paul II l'a décrit comme « l'homme des huit Béatitudes » et il a dit dans son homélie :

« Par son exemple, il proclame qu'une vie vécue dans l'Esprit du Christ, L'Esprit des Béatitudes, est « bénie », et que seul celui qui devient un « homme ou une femme des Béatitudes » réussit à communiquer l'amour et la paix aux autres. Il répète qu'il faut vraiment renoncer à tout pour servir le Seigneur. Il témoigne que la sainteté est possible pour tous, et que seule la révolution de la charité peut susciter l'espoir d'un avenir meilleur dans le cœur des hommes. ...Il a quitté ce monde plutôt jeune, mais il a laissé une marque sur tout notre siècle, et pas seulement sur notre siècle. »


Conclusion

Ce soir, avec le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, le jeune alpiniste de Pollone est à la fenêtre de la maison du Père et nous sourit, comme il intercède pour nous et pour les jeunes du monde qui sont venus à Sydney pour découvrir le Seigneur et ses saints dans la vaste communion des saints et la communauté de l'Église. Permettez-moi de conclure en parlant directement quelques instants à Pier Giorgio en votre nom.

Carissimo Pier Giorgio,

Je n'ai jamais eu le privilège de te rencontrer en personne. Celui qui t'as rencontré sait que dans tes yeux, dans tes gestes et dans tes actions, tu as toujours porté un morceau du ciel. Tu as partagé cela avec ceux qui te connaissaient à ton époque, et maintenant avec ceux d'entre nous qui t'ont connu durant de dernier siècle.

Depuis 1925 quand tu as quitté cette terre pour retourner à la maison de ton Père, tu as continué ton œuvre en notre nom « dall'alto », d'en haut ! Quand tu étais en vie tu n'as jamais eu le privilège de venir à une Journée mondiale de la jeunesse. Tu les as regardées de loin, et bénies d'innombrables grâces.

Pendant de nombreuse année ton corps est resté caché dans la tombe familiale à Pollone, et ensuite il a été placé dans un coin sombre de la Cathédrale de Turin. Beaucoup de visiteurs n'ont même pas su que tu étais là ! J'étais l'un de ces visiteurs, il y a quelques années. Je ne pouvais simplement pas trouver où ils avaient laissé ton corps ! Un témoin si puissant et lumineux ne devrait jamais être caché, mais élevé pour qu'il inspire et qu'il soit imité.

Nous chrétiens catholiques croyons que le corps est le temps du Saint-Esprit, l'instrument de l'œuvre de Dieu, le cadre de la maison de Dieu en nous. Et nous savons, avec saint Paul, que « le corps, qui est notre demeure sur la terre, doit être détruit, mais que Dieu construit pour nous dans les cieux une demeure éternelle qui n'est pas l'oeuvre des hommes. En effet, actuellement nous crions notre souffrance, à cause de notre ardent désir de revêtir notre demeure céleste par-dessus l'autre, si toutefois le Seigneur doit nous trouver vêtus de notre corps, et non pas dévêtus. En effet, nous qui sommes dans cette demeure, nous sommes accablés et nous crions notre souffrance, car nous ne voudrions pas nous dévêtir, mais revêtir un vêtement par-dessus l'autre, pour que notre être mortel soit absorbé par la vie. (2 Corinthien 5, 2-4)

Ta présence parmi nous ce soir, à la fois aux cieux depuis ton point de vue à la fenêtre de la maison du Père et par l'intermédiaire de ta dépouille mortelle dans cette cathédrale, témoigne de ta mortalité qui a été engloutie par la vie nouvelle. Pier Giorgio, tu as failli ne pas être à Sydney ! Grâce à Dieu, l'Église d'Australie, avec l'aide de l'Esprit-Saint, l'a emporté sur toutes les forces qui ont tenté de t'empêcher d'assister à tes premières Journées mondiales de la jeunesse !

Comme nous vénérons ta dépouille mortelle, nous remercions le Seigneur Jésus qui t'as donné la vie, l'inspiration, la force, l'espérance et la couronne de gloire. Alors que nous réfléchissons sur ta jeunesse, ta simplicité, ta beauté, ta bonté et ton humanité, nous reconnaissons l'appel adressé à chacun de nous : être des hommes et des femmes des Béatitudes.

Merci Pier Giorgio d'avoir entendu les mots de Jésus et de les avoir fait tiens. Ton exemple m'a ému ainsi que des centaines de milliers d'autres et il nous a conduit à traduire les Béatitudes en Bonne Nouvelle dans nos propres vies. Sois avec nous pour cette grande expédition vers le ciel !

Pier Giorgio, aide-nous à œuvrer pour les cœurs simples, attentifs aux besoins des autres, et avec des liens d'amitié basés sur ce pacte qui ne connaît pas de frontières terrestres ou de limites dans le temps : l'union dans la prière. Si nous ne connaissons pas la route, et si nous abandonnons souvent le chemin, montre nous la voie « verso l'alto » qui monte vers le ciel !

Si en étant superficiel nous n'avons pas dans notre sac-à-dos tout ce dont nous avons besoin pour grimper, et si nous ne levons jamais notre regard parce que nous ne voulons pas franchir les premières étapes exigeantes pour rester sur le chemin, montre nous la voie « verso l'alto » qui monte vers le ciel !

S'il nous manque la force pour surmonter les passes les plus difficiles, ou si nous avons la force mais que nous préférons l'utiliser pour revenir en arrière, montre nous la voie « verso l'alto » qui monte vers le ciel !

Si nous ne nous arrêtons jamais pour nous nourrir du pain de la vie éternelle, et si nous n'épanchons pas notre soif à la fontaine de la prière, montre nous la voie « verso l'alto » qui monte vers le ciel !

Quand nous ne savons pas comment contempler la beauté des dons que nous avons reçus, et quand nous ne savons pas comment nous offrir nous-même aux autres, montre nous la voie « verso l'alto » qui monte vers le ciel !

Si nous avons commis de nombreux péchés, montre nous la voie « verso l'alto » qui monte vers le ciel !

Si nous manquons d'espérance, montre nous la voie « verso l'alto » qui monte vers le ciel !

Il y a trois ans, lors de la cérémonie d'ouverture des Journées mondiales de la jeunesse 2005 à Cologne en Allemagne, le pape Benoît XVI s'est adressé à la foule de jeunes du monde entier :

« Chers jeunes, l'Église a besoin de témoins authentiques pour la nouvelle évangélisation: des hommes et des femmes dont la vie a été transformée par la rencontre avec Jésus; des hommes et des femmes capables de communiquer cette expérience aux autres. L'Église a besoin de saints. Nous sommes tous appelés à la sainteté et seuls les saints peuvent rénover l'humanité. Beaucoup nous ont précédés sur ce chemin d'héroïsme évangélique et je vous exhorte à recourir souvent à leur intercession. »

C'est pourquoi nous sommes réunis dans cette grande cathédrale ! Que tous les jeunes qui ont voyagés à Sydney, et ceux d'entre nous qui ont été jeunes un certain temps, trouvent dans le bienheureux Pier Giorgio Frassati ce que le sermon de Jésus sur la colline de Galilée signifie véritablement.

Prie pour nous Pier Giorgio Frassati. Montre nous le chemin « verso l'alto », qui monte vers le ciel et au plus profond du cœur de Dieu. Apprends nous à être des saints pour l'Église et pour le monde !

Amen.

Benoît XVI, Le premier signe de l'amour de Dieu est dans la création

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
2. Le premier signe visible de cette charité divine - dit le Psalmiste - doit être recherché dans la création. Puis l'histoire entrera en scène. Le regard, rempli d'admiration et d'émerveillement, s'arrête tout d'abord sur la création:  les cieux, la terre, les eaux, la lune et les étoiles.

Avant encore de découvrir le Dieu qui se révèle dans l'histoire d'un peuple, il y a une révélation cosmique, ouverte à tous, offerte à toute l'humanité par l'unique Créateur, "Dieu des dieux" et "Seigneur des seigneurs" (cf. vv. 2-3).

Comme l'avait chanté le Psaume 18, "les cieux racontent la gloire de Dieu et l'oeuvre de ses mains, le firmament l'annonce; le jour au jour en publie le récit et la nuit à la nuit transmet la connaissance" (vv. 2-3). Il existe donc un message divin, secrètement inscrit dans la création et signe du hesed, de la fidélité amoureuse de Dieu qui donne à ses créatures l'existence et la vie, l'eau et la nourriture, la lumière et le temps.

Il faut avoir le regard limpide pour contempler cette révélation divine, en rappelant l'avertissement du Livre de la Sagesse, qui nous dit que "la grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, contempler leur Auteur" (Sg 13, 5; cf. Rm 1, 20). La louange de prière naît alors de la contemplation des "merveilles" de Dieu (cf. Ps 135, 4) déployées dans la création et se transforme en hymne joyeux de louange et d'action de grâce au Seigneur. (à suivre)


Audience générale du 9 novembre 2005



Entretien Mgr Nicola Bux, Le Pain de la Parole et de l’Eucharistie

dominicanus #Il est vivant !
ROME, Lundi 14 juillet 2008 (ZENIT.org) - Le synode sur la Parole pourra servir entre autres à clarifier ce que l'on entend par « unité du pain de la Parole et de l'Eucharistie », une expression facile à comprendre pour un théologien mais qui peut confondre les fidèles.


C'est ce qu'affirme le théologien Nicola Bux (photo), consulteur de la Congrégation pour la doctrine de la foi et de la Congrégation pour les causes des saints, et professeur d'œcuménisme à l'Institut de Théologie de Bari (Italie).

Le théologien, qui écrit habituellement sur des questions doctrinales pour l'agence Fides, rappelle, dans cet entretien à ZENIT que lorsque nous parlons des Ecritures il est important de se souvenir que le texte a besoin d'images et que les images doivent être davantage enseignées, dans les catéchèses aussi.


Zenit - Qu'attend un théologien comme vous de ce synode des évêques centré sur la Parole de Dieu ?

Mgr Bux - Je vous donne un exemple. Dans les Lineamenta du prochain synode publiés l'année dernière on parle de l'unité du pain de la Parole et de l'Eucharistie. Cette expression qu'un théologien et un fidèle avertis comprennent, résulte en réalité incompréhensible à la plupart et tend à confondre.

Nous savons que l'Ancien Testament dit que l'homme doit se nourrir de la parole qui sort de la bouche du Seigneur, mais dès l'instant où cette parole est devenue chair dans la personne divine-humaine de Jésus tout a changé : il n'existe pas deux paroles ni deux nourritures, cela devient un tout entre la chair et le sang de Jésus Christ.

Les pères disaient que c'est le verbum brevissimum. Tout comme il était dit, dans d'autres textes, pour l'expression « deux repas de la parole et de l'Eucharistie », qu'il s'agissait en fait d'« un seul et même repas ».

A notre époque, les messages doivent être plus que jamais simplifiés, non ambigus et rendus compréhensibles. Le catholique doit savoir que la Parole de Dieu entendue lors de la lecture des Ecritures est comme l'avant-goût d'un repas que l'on se prépare à prendre mais qui, sans ce repas au bout, reste en suspens. C'est pourquoi nous nous nourrissons de la Parole faite de cette chair qui est le Seigneur. Sans le sacrement, la Parole ne devient pas solide mais reste aériforme ou liquide. On peut appliquer à cela l'expression ‘pensée faible' ou ‘liquide'.

Donc, personnellement, je souhaite que le synode dissipe une telle ambigüité pour le bien de la vérité catholique.


Zenit - Les fidèles connaissent beaucoup mieux la Bible qu'il y a quarante ans mais les textes sont encore méconnus. Que peut-on faire, au niveau de la formation théologique, pour mieux faciliter l'approche du texte sacré ?

Mgr Bux - On fait déjà beaucoup, mais souvent en disséquant les textes et en mettant dans la tête des gens qu'en fin de compte ils ressemblent à n'importe quel autre texte historique ou littéraire. Essayez de leur demander s'ils savent qui en est l'auteur ou l'inspirateur. Difficilement vous les entendrez dire : Dieu.

De plus, dans la civilisation des images et des dvd on lit de moins en moins : il faudrait renouer avec cette habitude de lier le texte à l'image tant dans les catéchèses que dans la liturgie.

Car les images racontent et résument les personnes sacrées et saintes de l'histoire du salut. Mais aujourd'hui en occident les fidèles, comme le prêtre, ne prêtent pas attention aux images qui ornent l'Eglise à commencer par la croix, le plus souvent parce qu'elles sont laides et mal placées.

Il faut éduquer à l'image pour faire naître ce désir de mieux connaître les saintes Ecritures. En cela, l'abrégé du catéchisme de l'Eglise catholique est exemplaire.


Zenit - Quel est selon vous le défi le plus grand de ce synode, au plan même de l'œcuménisme ?

Mgr Bux - Un de mes amis prêtres, qui est théologien, mathématicien et expert en herméneutique, m'a fait remarquer que face à la sécularisation extérieure et au relativisme théologique interne, en substance, face à cet « athéisme déferlant » que l'on perçoit un peu partout, l'Eglise postconciliaire a manqué de développer une méthodologie intégrale en ce qui concerne l'étude des Saintes Ecritures.

Tout a commencé par un net refus des méthodes « modernes » sous St Pie X (sur la base d'analyses dont on devrait reconnaître aujourd'hui le caractère essentiellement prophétique de ce que cela aurait comporté ensuite concernant l'étude des Ecritures « et si Deus non daretur »).

Puis, sous Pie XII, l'ouverture (« Divino afflante Spiritu ») se poursuit, s'accentue. Mais il n'y a aucune intégration entre l'insistance sur la vérité de foi, que l'on estime fondée sur les Ecritures (dans la tradition) et les méthodologies « athées » (qui excluent d'emblée le surnaturel).

Seulement voilà, à chaque fois que l'étude, disons historique et critique, risque de franchir les limites fixées par la foi, il y a rappel à la fidélité. Mais il s'agit d'imposer des limites extrinsèques, en nous soustrayant à l'élaboration d'une méthodologie intégrale juste et adaptée au sujet.

Exemple: on pourrait aussi bien lire un livre de texte de physique nucléaire en utilisant la méthode faite pour l'étude des belles lettres, et en tirer quelque chose, mais ce n'est absolument pas une méthode adaptée au sujet. De cette manière, on arrive aussi par exemple au rétablissement de la « double vérité », à un Schillebeeckx, qui dit que celui qui croit en la conception virginale de Jésus, y croit parce que l'Eglise le lui enseigne, mais qu'il ne peut la tirer des Ecritures (où elle ne serait due qu'à un genre littéraire ou à une approche théologique et pédagogique, et ainsi de suite).

E. Schillebeeckx a été publiquement rappelé, mais c'est plus ou moins comme cela que l'on enseigne, effectivement, dans les séminaires et dans les facultés de théologie concernant tout ce qu'il y a de surnaturel dans les Ecritures.

Voilà, admettons et utilisons au maximum les méthodes dites « athées » en soi, mais sachons les cerner dans une méthodologie intégrale qui leur est propre !

Si les chrétiens d'Orient et d'Occident convergeaient sur ce point...


Zenit - Mais certains ne pourraient-ils pas trouver un peu contradictoire de rappeler l'importance des Ecritures tout en appliquant le « Summorum Pontificum » où la sainte Ecriture n'a pas la place que le Concile Vatican II lui a donnée ?

Mgr Bux - D'aucuns disent que le rite postconciliaire est plus riche de lectures, de prières eucharistiques, et que le missel de Pie V est pauvre, peu soigné. C'est une thèse anachronique car elle ne tient pas compte des quatre siècles d'écart ; c'est comme si l'on accusait les sacrements antérieurs de plusieurs siècles à ceux de Pie V.

On oublie par ailleurs que les péricopes de ce missel se sont formées sur la base des anciens capitulaires comme le Liber comitis de saint Jérôme daté de 471 ou de péricopes évangéliques ; une tradition commune à l'orient, comme l'atteste encore aujourd'hui la liturgie byzantine.

Et puis, l'attention des fidèles dure plus longtemps si la lecture est brève. Un peu comme dans la liturgie des Heures. Donc, il n'y a aucune contradiction.


Miriam Díez i Bosch

Traduit de l'italien par Isabelle Cousturié

Benoît XVI, 'Car éternel est son amour'

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Hymne pascal
Lecture:  Ps 135, 1-6

1. Il a été appelé "Le grand Hallel", c'est-à-dire la louange solennelle et grandiose qui, dans le judaïsme, était entonnée durant la liturgie pascale. Nous parlons du Psaume 135, dont nous venons d'écouter la première partie, selon la division proposée par la Liturgie des Vêpres (cf. vv. 1-9).

Arrêtons-nous tout d'abord sur le refrain:  "Car éternel est son amour". Au centre de la phrase retentit le mot "amour" qui, en réalité, est une traduction légitime, mais limitée, du terme originel hébreu hesed. En effet, celui-ci appartient au langage caractéristique utilisé par la Bible pour exprimer l'alliance qui existe entre le Seigneur et son peuple. Le terme cherche à définir les attitudes qui s'établissent au sein de cette relation:  la fidélité, la loyauté, l'amour et, bien sûr, l'amour de Dieu.

Nous avons ici la représentation synthétique du lien profond et interpersonnel instauré par le Créateur avec sa créature. Au sein de ce rapport, Dieu n'apparaît pas, dans la Bible, comme un Seigneur impassible et implacable, ni comme un être obscur et indéchiffrable, semblable au destin, contre la force mystérieuse duquel il est inutile de lutter. Il se manifeste en revanche comme une personne qui aime ses créatures, qui veille sur elles, les suit sur le chemin de l'histoire et souffre des infidélités que le peuple oppose souvent à son hesed, à son amour miséricordieux et paternel. (à suivre)


Audience générale du 9 novembre 2005

Jean Paul II, L'on devient aride par manque d'émerveillement

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
5. Et bien, face à la gloire de la Trinité dans la création, l'homme doit contempler, chanter, retrouver l'émerveillement. Dans la société contemporaine, l'on devient aride "non pas par manque de merveilles, mais par manque d'émerveillement" (G.K. Chesterton). Pour le croyant, contempler le créé est aussi écouter un message, entendre une voix paradoxale et silencieuse, comme nous le suggère le "Psaume du soleil":  "Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'oeuvre de ses mains, le firmament l'annonce; le jour au jour en publie le récit et la nuit à la nuit transmet la connaissance. Non point récit, non point langage, nulle voix qu'on puisse entendre, mais pour toute la terre en ressortent les lignes et les mots jusqu'aux limites du monde" (Ps 19 [18], 2-5).

La nature devient alors un Evangile qui nous parle de Dieu:  "La grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, contempler leur Auteur" (Sg 13, 5). Paul nous enseigne que "ce qu'il a d'invisible [Dieu] depuis la création du monde se laisse voir à l'intelligence à travers ses oeuvres, son éternelle puissance et sa divinité" (Rm 1, 20). Mais cette capacité de contemplation et de connaissance, cette découverte d'une présence transcendante dans le créé doit nous conduire également à redécouvrir notre fraternité avec la terre, à laquelle nous sommes liées à partir de notre création même (cf. Gn 2, 7). C'est précisément cet objectif que l'Ancien Testament souhaitait pour le Jubilé juif, alors que la terre reposait et que l'homme recueillait ce que la campagne lui offrait spontanément (cf. Lv 25, 11-12). Si la nature n'est pas violée et humiliée, elle redevient une soeur pour l'homme.

Audience générale du 26 janvier 2000

La présence de Jésus précède et demeure au-delà de l’Assemblée

dominicanus #Il est vivant !

Rome (Agence Fides) – Au début de la réforme liturgique, l’idée se répandit que le Tabernacle était un obstacle à la Messe célébrée « face au peuple », même si les Instructions considéraient qu’il était licite (cf. “Inter Oecumenici” n. 95 ed “Eucharisticum Mysterium” n. 54). On déclarait alors: Jésus-Christ devient présent par la Consécration lors de la Messe; le laisser sur l’autel veut dire faire naître un conflit de signes.



Cette idée, en vérité, a trouvé sa place dans cette même Instruction (cf. EM 55), et, en apparence, elle semble cohérente. Mais il s’est passé que, peu à peu, les « différents », ou les « principaux modes de la présence » de Jésus-Christ (cf. “Lumen Gentium” n. 48; Catéchisme de l’Eglise Catholique n. 1373; EM n. 9 et n. 55), ont été considérés, plus ou moins, comme équivalents : en somme, le relativisme s’est répandu, dans ce milieu, avant de se répandre ailleurs. Aujourd’hui encore, de nombreux fidèles ne sont pas en mesure de distinguer les différentes formes de la « présence du Christ » dans les Signes Saints.

Quand le concile était sur le point de commencer sa dernière Session, le Pape Paul VI a publié, le 3 septembre 1965, l’Encyclique « Mysterium Fidei ». Pour s’opposer à la réduction et à la négation de la Présence Réelle du Seigneur dans le Très Saint-Sacrement, il rappelait que Sacrifice et Sacrement sont un mystère unique inséparable, et que ce mystère est la Chair de Jésus-Christ Crucifié et Ressuscité ; que c’est le plus grand des miracles : que, grâce à la transsubstantiation, c’est une nouvelle réalité ontologique ; que le Très Saint-Sacrement doit être conservé dans des Temples et dans des oratoires comme étant le centre spirituel de chaque communauté, de toute l’Eglise et de toute l’humanité.

Mais cela ne fut pas suffisant. Alors que le Pape, avec l’Encyclique, prenait la défense de l’Eucharistie, la réduction symbolique avait pénétré dans l’Eglise, et l’on en voyait le premier effet, et le plus visible : le déplacement du Tabernacle, du centre de l’autel. Le motif apparent était précisément le « conflit des signes » entre Présence Permanente et Sacrifice de la Messe. Ce conflit apparent, avec les conséquences qui en découlent, est arrivé jusqu’à nous. Que faire ?

Il faut expliquer que le Christ est « toujours présent dans son Eglise (SC n. 7; CCC n. 1088), spécialement dans les Espèces Eucharistiques, dans lesquelles il l’est par antonomase, c’est-à-dire de manière corporelle et substantielle, comme Dieu et comme homme, tout entier et sans interruption. La formule classique toujours valable est la suivante : Corps, Sang, Ame et Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est le Très Saint-Sacrement (cf. MF in EM n. 10).

On doit aussi expliquer que, dans les Sacrements, Il est présent avec sa « force » ou puissance. En troisième lieu, on doit mettre en lumière que, dans le prêtre qui célèbre, dans l’Eglise réunie en prière, dans la Parole proclamée, Il est présent en esprit. Et donc, il n’y a pas des présences multiples, mais une unique présence permanente qui est, par définition, la Présence Eucharistique (SC n. 7; CCC nn. 1373-1374).

Dans le même temps, une autre théorie s’est répandue : la mise sur un pied d’égalité de la présence de Jésus-Christ dans le Très Saint-Sacrement et de la présence de Sa Parole. Et pourtant, le Concile Vatican II déclare qu’il y a présence du Christ dans la Parole « quand, dans l’église on lit la Sainte Ecriture » (SC n. 7), c’est-à-dire, à deux conditions : quand la Lecture est faite dans l’église, - la réalité composée de la hiérarchie et des fidèles – et non pas de manière privée, et quand « on lit » la Sainte Ecriture : il ne suffit donc pas qu’il y ait le livre sacré sur l’ambon ou sur l’autel. (Ou, désormais, en n’importe quel autre lieu, comme devant, voire même au-dessus, du tabernacle, ou au pied des statues.

La présence dans la Parole est liée à l’usage, elle est une présence « morale » liée à un acte de l’esprit, à la condition spirituelle de l’individu, et limitée dans le temps. Alors que la présence dans le Sacrement Eucharistique est substantielle et permanente. Et c’est pourquoi il est particulièrement important de rappeler le rapport dont il faut absolument tenir compte, et dans le même temps asymétrique, existant entre Parole et Eucharistie (cf. “Dei Verbum” n. 21, avec la note explicative indispensable)

En conclusion, on ne peut continuer à affirmer que la Présence Réelle dans l’Eucharistie est « liée à l’usage » et « finit avec lui », que c’est une question de degré et non pas de substance, sans tomber dans une grave erreur doctrinale. Récemment, après avoir opposé l’ecclésiologie de Vatican II à celle de Trente, on a encore écrit et parlé de présences et de gradualités différentes, en déplorant que la présence sacramentelle continue à être comprise de manière ontologique : ils ont sans doute oublié que Paul VI a déjà défini que, après la transsubstantiation, le pain et le vin « acquièrent une signification nouvelle et une fin nouvelle étant donné qu’ils contiennent une ‘réalité nouvelle’, que nous appelons à juste titre ontologique » (“Mysterium Fidei” n. 47).

Et ainsi, la présence de Jésus-Christ précède » l’assemblée liturgique, comme la colonne de feu qui précédait le peuple de Dieu en chemin, et « demeure » au-delà de l’assemblée, et « n’est pas produite » par l’assemblée.

(Agence Fides, 10 juillet 2008)

Jean Paul II, La création liée à la Parole - Le rôle de l'Esprit

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
3. Dans l'Ecriture Sainte, la création est souvent liée également à la Parole divine qui fait irruption et agit:  "Par la parole de Yahvé les cieux ont été faits, par le souffle de sa bouche, toute leur armée [...] Il parle et cela est, il commande et cela existe [...] Il envoie son verbe sur la terre, rapide court sa parole" (Ps 33 [32], 6.9.; 147 [146], 15). Dans les livres sapientiaux de l'Ancien Testament, c'est la Sagesse divine personnifiée qui donne origine à l'univers en réalisant le projet de l'esprit de Dieu (cf. Pr 8, 22-31). On a dit que Jean et Paul dans la parole et dans la Sagesse de Dieu verront l'annonce de l'action du Christ "par qui tout existe et par qui nous sommes" (1 Co 8, 6), car c'est "par lui aussi [que Dieu] a fait les siècles" (He 1, 2).


4. Enfin, d'autres fois, l'Ecriture souligne le rôle de l'Esprit de Dieu dans l'acte de création:  "Tu envoies ton souffle, ils sont créés, tu renouvelles la face de la terre" (Ps 104 [103], 30). Le même Esprit est représenté de façon symbolique par le souffle de la bouche de Dieu.  Il donne vie et conscience à l'homme (cf. Gn 2, 7) et le reporte à la vie dans la résurrection, comme l'annonce le prophète Ezéchiel dans une page suggestive, où l'Esprit est à l'oeuvre en faisant revivre des ossements désormais desséchés (cf. 37, 1-14). Le même esprit domine les eaux de la mer dans l'exode d'Israël de l'Egypte (cf. Ez 15, 8.10). C'est encore l'Esprit qui régénère la créature humaine, comme le dira Jésus dans le dialogue nocturne avec Nicodème:  "En vérité, en vérité, je te le dis:  à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit" (Jn 3, 5-6). (à suivre)


Audience générale du 26 janvier 2000

Clodovis et Leonardo Boff : deux frères séparés

dominicanus #Il est vivant !

Autrefois la théologie de la libération les unissait, aujourd'hui elle les sépare. Le premier la critique totalement et est passé du côté de Joseph Ratzinger. Le second continue de la défendre et se sent trahi. Les textes intégraux de la confrontation

par Sandro Magister

 


ROMA, le 14 juillet 2008 – Le premier coup date d’il y a quelques mois: un article publié dans une revue brésilienne de théologie par une célébrité de la théologie latino-américaine: Clodovis Boff (photo).

Mais c’est le deuxième coup qui a fait le plus de bruit. Une réponse véhémente à l’article de Clodovis Boff, écrite par son frère – encore plus célèbre – Leonardo.

Les routes des deux frères se sont séparées puis violemment recroisées précisément à cause de ce qui les unissait autrefois: la théologie de la libération.

C’est avec son essai publié à l’automne 2007 dans la "Revista Eclesiástica Brasileira" (gérée par les franciscains brésiliens et dirigée justement par son frère Leonardo de 1972 à 1986) que Clodovis Boff a rompu avec ce courant idéologique, ou mieux, avec “l’erreur de principe“ sur laquelle, selon lui, il est fondé.

En revanche, dans sa réponse diffusée fin mai, Leonardo Boff défend très fermement ce même principe: “Du moment que Dieu s’est fait homme-pauvre, l’homme-pauvre devient la mesure de toutes choses“.

Aujourd’hui, Leonardo Boff se définit comme un “theologus peregrinus“, sans domicile fixe. Depuis 1985, une sentence de la congrégation pour la doctrine de la foi lui interdit d’enseigner dans les facultés de théologie catholique. C’est principalement son livre “Eglise: charisme et pouvoir. Essai d’ecclésiologie militante“ qui est en cause. Leonardo Boff a quitté l’habit franciscain et s’est marié. Il vit à Petrópolis, dans l’état de Rio de Janeiro.

De son côté, Clodovis Boff appartient toujours aux Serves de Marie. Il vit à Curitiba, dans l’état du Paraná, où il enseigne à l’Université pontificale catholique. Il n’a jamais fait l’objet d’un procès de la part de la congrégation pour la doctrine de la foi. Cependant, dans les années 80, il a perdu sa chaire à l’Université pontificale catholique de Rio de Janeiro et on lui a interdit d’enseigner à la faculté de théologie “Marianum“, tenue par son ordre à Rome.

Son frère Leonardo se souvient de lui dans les années où il était un partisan fervent de la théologie de la libération: “Il passait la moitié de l’année dans les communautés de base, où il dispensait des cours populaires, en descendant et remontant les fleuves pour rendre visite aux peuples de la forêt. Il consacrait l’autre moitié de l’année à l’enseignement et à la production théorique à l’université de Rio“.

Mais aujourd’hui, toujours selon Leonardo, Clodovis soutient corps et âme “avec un optimisme ingénu et un enthousiasme juvénile“ la ligne définie par les évêques latino-américains lors de leur conférence continentale qui a eu lieu à l’Aparecida, au Brésil, en mai 2007, et a été inaugurée par Benoît XVI en personne.

Curieusement, c’est le successeur de Clodovis Boff à la chaire de théologie de Rio, l’Italien Filippo Santoro, aujourd’hui évêque de Petrópolis et membre de Communion et Libération, qui a le plus inspiré et suivi cette “conversion“ qui a duré plusieurs années et a abouti à l’essai publié dans la "Revista Eclesiástica Brasileira".

A sa parution, cet essai de Clodovis Boff n’a fait du bruit qu’au Brésil. Mais lorsque son frère Leonardo a diffusé sa réponse en mai dernier, la polémique a fait le tour du monde.

Fin juin, à Rome, “Avvenire“, le quotidien de la conférence des évêques d’Italie, a publié une brève sur la confrontation entre les deux célèbres frères. Mais c’est surtout l’agence catholique progressiste “Adista“ qui a donné de l’importance à l’évènement en y consacrant de nombreux articles.

Dans deux autres pages de www.chiesa, on trouvera l’intégralité de l’essai de Clodovis Boff et de la réponse de son frère Leonardo, dans la langue originale, le portugais.

Mais voici d’abord le titre, les premières lignes, les liens et un rapide résumé de chacun des deux textes:


1. Teologia da Libertação e volta ao fundamento

por Fr. Dr. Clodovis M. Boff, OSM

Queremos aqui, numa primeira parte, fazer um questionamento de fundo da Teologia da Libertação. A intenção não é desqualificar a TdL, mas, antes, defini-la de modo mais claro e refundá-la sobre bases originárias...

> Texte intégral


Dans la première partie de l’essai, Clodovis Boff critique le fondement de la théologie de la libération, non pas la théologie théorique mais celle “qui existe réellement“.

Selon lui, la théologie de la libération fait l’erreur “fatale“ de placer le pauvre comme “premier principe opérationnel de la théologie“, en le substituant à Dieu et à Jésus-Christ.

Et d’expliquer:

“Cette erreur de principe ne peut produire que des effets funestes. [...] Dès lors que le pauvre acquiert le statut de ‘primum’ épistémologique, qu’advient-il de la foi et de sa doctrine, au niveau théologique mais aussi pastoral? [...] Il en résulte inévitablement une politisation de la foi, réduite à être un instrument de libération sociale“.

Les conséquences sont graves également pour la vie de l’Eglise:

“La ‘pastorale de la libération’ devient une branche parmi tant d’autres du ‘mouvement populaire’. L’Eglise ressemble alors à une ONG et se vide aussi physiquement: elle perd ses forces vives, militants et fidèles. Ceux ‘du dehors’ sont peu attirés par une ‘Eglise de la libération’, car, pour le militantisme, ils ont déjà les ONG et, en ce qui concerne l’expérience religieuse, ils ont besoin de beaucoup plus qu’une simple libération sociale. De plus, ne percevant pas l’expansion et l’importance sociale de l’inquiétude spirituelle actuelle, la théologie de la libération se montre culturellement myope et historiquement anachronique, c’est-à-dire aliénée par son époque “.

Dans la seconde partie de l’essai, l’auteur montre que la théologie de la libération ne peut “se sauver“ avec ses fruits positifs qu’en revenant à ses fondements d’origine, qui se trouvent dans le document final de la conférence de l’Aparecida.

Ce document – écrit Clodovis Boff – est la “démonstration limpide“ que l’on peut associer correctement la foi et l’action libératrice. Contrairement à la théologie de la libération, qui “part du pauvre et rencontre le Christ“, Aparecida “part du Christ et rencontre le pauvre“, en sachant bien que “le principe-Christ inclut toujours le pauvre alors que le principe-pauvre n’inclut pas nécessairement le Christ. [...] La source d’origine de la théologie n’est autre que la foi dans le Christ“.


2. Pelos pobres, contra a estreiteza do método

por Leonardo Boff

Clodovis Boff acumulou muitos méritos no âmbito da Teologia da Libertação. Produziu uma reflexão de fôlego sobre o método da teologia, sobre a eclesiologia das comunidades eclesiais de base...

> Texte intégral


Dans sa réponse, Leonardo Boff rejette la thèse de son frère Clodovis, comme “ fausse, théologiquement erronée et pastoralement nuisible“. En effet, écrit-il, elle “court le risque de condamner l’Eglise et la théologie à l’insignifiance historique et à la stérilité pastorale“.

Selon Leonardo, la thèse de Clodovis doit être inversée:

“Il n’est pas vrai que la théologie de la libération substitue le pauvre au Christ et à Dieu. [...] C’est le Christ qui a voulu s’identifier aux pauvres. Là où est le pauvre, il y a un lieu de rencontre privilégié avec le Seigneur. Celui qui rencontre le pauvre rencontre inévitablement le Christ, encore sous la forme du Crucifié, qui demande à être détaché de la croix et à ressusciter“.

Concernant les conséquences de l’attaque lancée par Clodovis contre la théologie de la libération, Leonardo Boff écrit:

“Je crains que les critiques émises par Clodovis ne fournissent des armes aux autorités ecclésiastiques locales et romaines pour la condamner à nouveau et, qui sait, l’exclure définitivement de l’espace ecclésial. Ces critiques dévastatrices peuvent contribuer à cette opération regrettable, car elles viennent de l’intérieur, de l’un des représentants les plus connus de la théologie de la libération. [...] La position de Clodovis est une musique pour les oreilles de ceux qui, loin du monde des pauvres et de leur souffrance, ont cette théologie en horreur. Elle encourage ceux qui, dans la société et au Vatican, cherchent à l’éliminer, empêchent qu’elle soit étudiée ou interdisent qu’elle soit une référence pour la pratique pastorale avec les pauvres et les marginaux“.

Leonardo Boff admet que son frère n’entend pas nier en bloc la théologie de la libération mais “la replacer dans ses fondements d’origine, car ce n’est qu’ainsi qu’elle pourra être sauvée“.

Mais il ajoute:

“Pour moi, cette intention revient à dire: Mon frère, je te plante un poignard dans le cœur, mais sois tranquille, c’est pour ton salut“.


La revue dans laquelle Clodovis Boff a publié son essai:

> Revista Eclesiástica Brasileira

Et le site Internet où Leonardo Boff a publié sa réponse, le 27 mai 2008:

> Instituto Humanitas Unisinos


Au début de son essai, Clodovis Boff cite un célèbre théologien de la libération, le jésuite Jon Sobrino, qui a récemment fait l’objet d’une enquête de la congrégation pour la doctrine de la foi.

Il le cite justement pour montrer l’ambiguïté du langage “libérationniste“:

“Jon Sobrino dit que les pauvres sont l’entité qui donne la ‘direction fondamentale’ à la foi et son ‘lieu le plus décisif’ de cette dernière. De toute évidence, c’est avec peu d’attention que l’auteur utilise les deux adjectifs ‘fondamentale’ et ‘décisif’. Car, dans l’absolu, ils ne s’appliquent pas aux pauvres mais à la ‘foi apostolique transmise par l’Eglise’, comme le rappelle judicieusement la notification romaine qui critique certains points de la christologie de Sobrino“.

Dans un commentaire publié le 8 juin sur le site Internet qui a diffusé la réponse de Leonardo Boff, un autre théologien brésilien de la libération, le père Érico Hammes, parle d’un Jon Sobrino “profondément attristé“ par l’approbation explicite de Clodovis Boff à la condamnation de certaines de ses thèses par le Vatican:

> Teologia da Libertação após Aparecida volta ao fundamento? Entrevistas com Luiz Carlos Susin e Érico Hammes

La notification du Vatican contre Sobrino:

> "A seguito di un primo esame dei volumi..."

Et l’article de www.chiesa sur son cas:

> La sentence qui frappe le théologien Jon Sobrino vise tout un continent (20.3.2007)


L’instruction publiée en 1984 par la congrégation pour la doctrine de la foi sur la théologie de la libération, disponible sur le site du Vatican, en anglais uniquement:

> Instruction on certain aspects of the "theology of liberation"

Et celle de 1986, également en anglais exclusivement:

> Instruction on Christian freedom and liberation



Le document final de la Ve conférence générale de l’épiscopat d’Amérique Latine et des Caraïbes, qui s’est déroulée du 13 au 31 mai 2007 à l’Aparecida, au Brésil:

> Documento conclusivo




Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.
(www.chiesa)

Jean Paul II, La gloire de Dieu resplendit dans la création

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Lecture:  Is 40, 22-26

1. "Que toutes ses oeuvres sont aimables, comme une étincelle qu'on pourrait contempler [...] il n'a rien fait de déficient [...] Qui pourrait se lasser de contempler sa gloire? Nous pourrions nous étendre sans épuiser le sujet; en un mot:  Il est toutes choses. Où trouver la force de le glorifier? Car il est le Grand, au-dessus de toutes ses oeuvres" (Si 42, 22.24-25; 43, 27-28). A travers ces paroles pleines d'émerveillement, un sage biblique, le Siracide, se tenait face à la splendeur de la création, en chantant les louanges de Dieu. Il s'agit d'une petite partie de l'itinéraire de contemplation et de méditation qui parcourt toutes les Ecritures Saintes, à partir des premières lignes de la Genèse, lorsque dans le silence du néant naissent les créatures, convoquées par la Parole forte du Créateur.

"Dieu dit:  "Que la lumière soit" et la lumière fut" (Gn 1, 3). Déjà dans cette partie du premier récit de la création, on voit à l'action la Parole de Dieu, dont Jean dira:  "Au commencement était le Verbe [...] et le Verbe était Dieu [...] Tout fut fait par lui et sans lui rien ne fut" (Jn 1, 1.3). Paul répétera dans l'hymne de l'Epître aux Colossiens que "c'est en lui [le Christ] qu'ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, Trônes, Seigneuries, Principautés, Puissances; tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses et tout subsiste en lui" (Col 1, 16-17). Mais à l'instant initial de la création, l'Esprit apparaît lui aussi dissimulé:  "Un vent de Dieu tournoyait sur les eaux" (Gn 1, 2). Nous pouvons dire avec la tradition chrétienne que la gloire de Dieu resplendit dans la création".

2. En effet, il est possible, à la lumière de la Révélation, de voir comment l'acte de création est lié avant tout au "Père des lumières, chez qui n'existe aucun changement, ni l'ombre d'une variation" (Jc 1, 17). Il resplendit sur tout l'horizon, comme le chante le Psalmiste:  "Yahvé, notre Seigneur, qu'il est puissant ton nom par toute la terre! Lui qui redit ta majesté plus haute que les cieux" (Ps 8, 2). Avec Dieu "le monde est stable, point ne bronchera" (Ps 96 [95] 10) et face au néant, représenté de façon symbolique par les eaux tumultueuses qui déchaînent leur voix, le Créateur s'élève en apportant consistance et sécurité:  "Les fleuves déchaînent, ô Yahvé, les fleuves déchaînent leur voix, les fleuves déchaînent leur tracas; plus que la voix des eaux innombrables, plus superbe que le ressac de la mer, superbe est Yahvé dans les hauteurs" (Ps 93, 3-4). (à suivre)

Audience générale du 26 janvier 2000


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