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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

#la vache qui rumine (annees b - c)

Cardinal Marc Ouellet, "Il est descendu aux enfers"

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
    Dans son beau livre sur la Confession (*) qui a parfois inspiré le pape Jean Paul II, Adrienne von Speyr écrit qu’à la croix le Christ confesse en toute vérité le péché du monde et il reçoit du Père, à Pâques, l’absolution des péchés pour toute l’humanité. C’est pourquoi il peut disposer de l’absolution et en confier le ministère à ceux qu’il a choisi à cette fin. Cette vue profonde mérite d’être méditée pour mieux comprendre la portée du mystère pascal du Christ.

    En allant à la Croix par obéissance au Père, le Christ accepte de prendre sur lui le péché du monde et de le confesser devant le Père, pour nous, en exprimant à la fois notre peine, notre repentir et notre volonté de réparer le manque d’amour qui blesse le cœur de Dieu. En retour, le Père octroie l’absolution générale du péché du monde en ressuscitant le Christ d’entre les morts, le jour de Pâques, par la puissance de Son Esprit. Il confirme et certifie ainsi son Amour pour son Fils bien-aimé. Il déclare que le Christ a vraiment obtenu, par son sacrifice d’expiation, la rémission des péchés et qu’il apporte au monde entier un nouveau pacte d’Amour et de Paix dont l’Église est la messagère et le sacrement.

    Bref, le mystère pascal du Christ opère le salut du monde en fondant la Nouvelle Alliance, le Nouveau Pacte d’Amour entre Dieu et l’humanité.

    Quand nous contemplons le mystère pascal du Christ, nous voyons l’homme Jésus persécuté et subissant, comme presque tous les prophètes, le rejet de ses contemporains. Comme un Agneau mené à l’abattoir, il est condamné à mourir sur une croix infâme réservée aux criminels, d’où il est ensuite décloué et mis au tombeau. Au séjour des morts il atteint la pleine vérité de son incarnation en expérimentant jusqu'au bout tous les états de la condition humaine, incluant l’état de cadavre, l’être mort parmi les morts. Il est descendu aux enfers, nous dit le Credo. Quel mystère insondable!

    Le Fils de Dieu descend au royaume des morts pour prendre possession de ce royaume dont il est le Seigneur à cause de l’accomplissement de sa mission : l’œuvre de sa passion et de sa mort, son obéissance d’amour jusqu’à l’extrême qui réconcilie le monde avec Dieu et qui ouvre donc l’accès de la vie éternelle. Je reviendrai un jour sur ce profond mystère de la descente du Christ aux enfers, car notre monde a bien besoin de méditer ce mystère pour retrouver le sérieux de la vie et de la mort avec le fondement de la véritable Espérance. Pour l’instant je me limite à survoler ce mystère qui est un événement de salut, une des grandes merveilles de la miséricorde divine.

(*) Adrienne von Speyr, La Confession, Lethielleux, Culture et Vérité, 1988.

Cardinal Marc Ouellet

Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski, Tentations inimitables

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
   
Supposons qu'elles aient disparu des Écritures, qu'il faille les reconstituer, les imaginer à nouveau pour les y replacer, et qu'on réunisse à cet effet tous les sages de la terre, hommes d'États, prélats, savants, philosophes, poètes, en leur disant: Imaginez, rédigez trois questions qui non seulement correspondent à l'importance de l'événement, mais encore expriment en trois phrases toute l'histoire de l'humanité future, crois-tu que cet aréopage de la sagesse humaine pourrait imaginer rien d'aussi fort et d'aussi profond que les trois questions que te proposa alors le puissant Esprit? Ces trois questions prouvent à elles seules que l'on a affaire à l'Esprit éternel et absolu et non à un esprit humain transitoire. Car elles résument et prédisent en même temps toute l'histoire ultérieure de l'humanité.

Les frères Karamazov, La Pléiade, Éd. Gallimard, p. 273

René Laurentin, Les noces de Cana (6) "Demeurer avec Jésus"

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
De Cana à Capharnaüm

2 TOC ev    Jean, le plus profond, mais aussi le plus concret des évangélistes, le plus symbolique mais aussi le plus historique avec siant Luc, et le plus pénétrant, conclut l'épisode en évoquant la suite de l'itinérance:

Après quoi, Jésus descendit à Capharnaüm,
avec sa mère et ses frères,
mais ils n'y demeurèrent que quelques jours (Jn 2, 12...).

    Ce verset négligé mais important, recoupe et rejoint le récit apparemment si différent des Évangiels synoptiques (Mc 1, 21; 2, 1 et parallèles) et manifeste à quel point ces récits, de source et de caractère si différents, se réfèrent bien à la même réalité historique: l'implantation précoce de Jésus à Capharnaüm.

"Demeurer avec Jésus"

    L'évangéliste (premier disciples et premier témoin oculaire de Jésus) caractérise l'essentiel de sa première expérience par le mot demeurer (cinq fois de 1, 32 à 1, 39, et ici en 2, 12):
- L'Esprit saint demeure sur Jésus en Jn 1, 32.
- Les premiers disciples demandent où il "demeure" et "demeurent" effectivement avec lui (quatre fois de 1, 33 à 1, 39),
- et, après les premier signe, "ils demeurent avec lui", mais aussi "avec ses frères" (les cousins du clan familial) et "Marie sa mère", que Jean l'évangéliste "prendra avec lui" (Jn 19, 25-27).

    Ce que l'évangéliste esquisse en tout cela, c'est l'invitation à demeurer avec Jésus, et il précisera progressivement: en Jésus, comme Jésus "demeure dans le Père et le Père en Lui"; ce sera une des leçons maîtresses du quatrième Évangile. Elle est seulement esquissée ici, dans les actes et dans les faits.

    Le petit groupe qui "demeure avec Jésus": les 5 premiers disciples, Marie et la famille, est comme une anticipation de ce que sera la communauté de la Pentecôte (Ac 1, 13-14), embryon de l'Église, décrite dans Ac 1, 14, pareillement composée des disciples et de la famille, dont "Marie, mère de Jésus".

Vie authentique de Jésus Christ, récit, éd. Fayard 1996, p. 95-96

René Laurentin, Les noces de Cana (5) Place primordiale des femmes dans la vie de Jésus

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
2 TOC ev    Cette scène manifeste le nouveau regard de Jésus sur les femmes. Elle commence à révéler le rôle spécifique et prioritaire qu'il leur attribue dans la dynamique de son Royaume spirituel. En Luc comme en Jean, elles sont là, au commencement de chaque étape majeure (la Naissance, la venue de Jésus au Temple, son ministère, la Croix, la Résurrection, la Pentecôte).

    Tout au long du 4e Évangile, elles seront là, avec leurs intuitions anticipatrices, pour suggérer, préparer, introduire, inaugurer les actes essentiels de la carrière de Jésus.

    Très précisément, deux épisodes féminins significatifs ouvrent et structurent chacun des trois livres du quatrième Évangile:

1. Livre des signes (Jn 2-10).
2. Livre de la Passion (10-19).
3. Livre de la Résurrection ((20-21).

1. Au début du premier livre,
- Marie provoque le premier signe de Jésus (Jn 2, 4 et 12),
- la Samaritaine annonce Jésus Messie au-delà des Juifs, chez les Samaritains: hérétiques et marginaux, souligne Jean (4, 29 et 41).

2. Au début du livre de la Passion,
- Marthe obiendra de Jésus la résurrection de son frère (Jn 11, 21-45)
- et Marie fera l'onction annonciatrice de sa sépulture (Jn 12, 1-8).

3. Au début du livre de la Résurrection,
- Madeleine sera la première au tombeau vie (Jn 20, 1)
- et la première à voir Jésus réssuscité (Jn 20, 11-18).

    Bref, à chaque pas, les femmes ont un rôle prioritaire et inaugural: généreux, intuitif, anticipateur, qui suggère, devance et accélère le dynamisme de l'Évangile. Cela traduit une certaine préférence de Dieu pour les femmes, que confirme l'histoire de la mystique et des charismes.

    C'est seulement après coup, et à longueur de temps que les oeuvres de Dieu révèlent leur sens, au-delà du tissu quotidien de la vie humaine. À Cana le maître du festin n'a pas vu si loin. Et la vie continue, ce jour-là, bien enracinée dans le terrestre, et l'euphorie du vin.

Vie authentique de Jésus Christ, récit, éd. Fayard 1996, p. 94-95

René Laurentin, Les noces de Cana (4) Le Sinaï et Cana comme Alliance

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
Le Sinaï et Cana comme Alliance

2 TOC ev    Jean raconte "le premier signe" de Jésus en référence au Sinaï, où Dieu a donné sa Loi à Moïse: ce que commémorait la fête juive de la Pentecôte. Le rapprochement manifeste Cana comme une autre théophanie (manifestation de Dieu): le signe d'une Nouvelle Alliance.

    Les deux événements sont respectivement situés "le troisième mois" (Ex 19, 1) et "le troisième jour" (Jn 2, 1): 3 est un chiffre symbolique. L'Alliance offerte par Dieu ne peut être conclue sans le consentement du peuple: sans l'accueil de sa réceptivité, l'Amour que Dieu propose. Dans le récit du Pentateuque, les Hébreux ratifient l'Alliance en répondant à Moïse par deux fois:

- TOUT CE QUE le Seigneur DIRA, nous le FERONS (Ex 19, 8 et 24, 3).

    Comme en écho, la Mère de Jésus dit aux serviteurs dociles:

- TOUT CE QU'IL VOUS DIRA, FAITES-le (Jn 2, 5).

    La Vierge Marie, fille de Sion, adhère et fait adhérer au Seigneur, après l'avoir invité à faire le premier signe d'une nouvelle Alliance.

Vie authentique de Jésus Christ, récit, éd. Fayard 1996, p. 94

René Laurentin, Les noces de Cana (3) Le sens

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
Le sens

2 TOC ev    Ce signe divin manifeste "la Gloire" du Fils, et fonde la foi de ses disciples (Jn 2, 12). C'est donc un événement instaurateur.

    Ici comme ailleurs, le récit de Jean, concret et réaliste, est riche en symboles mulitples et inépuisables.

    Il évoque ces noces campagnardes comme une parabole du mariage de Yahvé avec son peuple (Os 2; Éz 16; Cant) et de l'Incarnation (Jn 1, 14), par laquelle Jésus a épousé l'humanité, mais aussi sanctifié le mariage. Ce n'est pas par hasard que son premier miracle est dédié à la famille, à l'heure joyeuse des noces. L'Évangile n'est ni spiritualiste ni puritain. Jésus est humain et croit à l'amour. Il commence en refondant la famille sur l'amour humain, dans la fête. Dieu commence par les mystères joyeux, pour conduire aux mystères glorieux, à travers les mystères douloureux.

Vie authentique de Jésus Christ, récit, éd. Fayard 1996, p. 94

René Laurentin, Les noces de Cana (2), Le signe

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
Le signe

2 TOC ev    Jésus sort de sa réflexion. Il répond aux regards que Marie a tournés vers lui. Il commande:

-Emplissez d'eau les cuves!
Ils les remplissent jusqu'au bord.
Il leur dit:
- Puisez maintenant, et portez-en au maître du repas!
Ils en portèrent.
Le maître du repas gooûta l'eau changée en vin. Il ne savait pas, d'où venait (ce vin), mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l'eau. Alors le maître du repas appelle le mari et lui dit:
- Tout homme offre d'abord el bon vin, et quand les gens sont gais, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jurqu'à maintenant! (Jn 2, 6-10)

    Le récit est laconique, stylisé, réduit aux seuls traits significatifs. Il reste concret et proche de l'ambiance joyeuse. Les propos enjoués de l'ordonnateur des réjouissances ont valeur de parabole. Ils évoquent la manière paternelle de Dieu: en contraste avec le malin, qui ne séduit que pour décevoir, Dieu conduit par le sacrifice au bonheur, par l'ascèse à la joie parfaite. Telle est l'expérience chrétienne. L'évangéliste conclut:

Tel fut le premier signe de Jésus. Il l'accomplit à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en Lui (Jn 2, 11).

    Cette conclusion est de grande portée. Elle était annoncée par le verset qui précède le récit des noces de Cana:

Vous verrez les cieux ouverts et les anges de Dieu montant et descendant au-dessus du Fils de l'homme (Jn 1, 51: dernier verset de ce chapitre).

    Les anges qui montent et descendent signifient une théophanie, c'est-à-dire une manifestation de Dieu.

Vie authentique de Jésus Christ, récit, éd. Fayard 1996, p. 93

René Laurentin, Les noces de Cana, Invitation et frustration

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
2 TOC ev    Voici donc constitué le noyau des cinq premiers disciples: Jean, André, Pierre, Philippe et Nathanaël. Ils n'ont pas encore été formellement appelés, mais ils ont été guidés vers Jésus par la voix du Baptiste: d'abord Jean l'évangéliste et André. Ils en ont fait part, d'autres sont venus, ils ont vu, ils ont demeuré avec Lui. Ils ont éprouvé son attrait spirituel, au-delà de ses apparences d'homme du peuple, aux mains calleuses. Il y a tant d'hommes du peuple qui sont des seigneurs au sens humain du mot qu'on pourrait ne pas chercher plus loin. Mais, au-delà du rayonnement humain de Jésus, les premiers disciples entrevoient la stuture transcendante qui leur fait balbutier leurs premières professions de foi. Souvent, le Seigneur éveille très tôt dans les coeurs les perceptions fondamentales qu'on mettra toute une vie à réaliser.

    "LE TROISIÈME JOUR", qui achève cette semaine bienheureuse (Jn 2, 1), les voici à Cana de Galilée. Ces bons marcheurs n'ont mis que trois jours pour plus de 100 km. C'est là que va surgir le premier événement de la vie de Jésus.

    "Le troisième jour", donc, les six arrivent à Cana de Galilée:

Il y avait là un mariage et la mère de Jésus y était. Jésus et ses disciples furent invités, eux aussi à la noce (Jn 2, 1).

Invitation et frutration

    Marie n'était pas seule de la fête. Les "frères" de Jésus (ses cousins...) avaient été invités, eux aussi, par les amis de Cana (Jn 2, 12): sans doute "Jacques et Joset, Simon et Jude" (Mt 13, 55; Mc 6), les deux premiers étant les fils d'une autre Marie, peut-être parente de Joseph, qui suivra Jésus dans son ministère en Galilée (Mc 15, 40), et "toutes ses soeurs" (Mt 13, 55). Il était donc bien naturel d'inviter aussi Jésus, qui arrivait de chez le prophète Baptiste. Mais comment a-t-on invité ses compagnons de fraîche date? Sans doute dans l'ambiance d'une hospitalité campagnarde au coeur large. D'ailleurs, l'un d'eux, Nathanaël, était "de Cana en Galilée" (Jn 21, 2), et Philippe était de ses amis. Il était difficile de détailler. Tout le groupe est donc invité, et la fête bat son plein.

    Les noces sont l'heure de la générosité. Ces gens ont beaucoup économisé pour de beau jour. C'est l'heure du partage. Les maîtres de maison ne lésinent pas. Mais l'arrivée des six jeunes gaillards, à qui trois jours de marche ont creusé l'appétit et la soif, accélère le tarissement des provisions.

Le vin manqua (Jn 2, 3).

    En bonne ménagère, Mare s'en aperçoit la première. Elle est assise près de Jésus, qu'elle est si heureuse de retrouver! Elle a compassion des hôtes qui vont perdre la face devant leurs invités frustrés. Nul n'est plus doué qu'elle pour la compassion:

La mère de Jésus lui dit:
- Ils n'ont plus de vin:
Jésus répond:
- Qu'y a-t-il de toi à moi, femme?
Mon heure n'est pas encore venue (Jn 2, 2-4).

    Rien d'idyllique dans la réponse de Jésus. Elle n'est pas simplement interrogative, elle est triplement négative.

- La locution sémitique qui se traduit littéralement: "Quoi à toi et à moi?" fréquente dans la Bible, écarte une demande importune; c'est la formule que les démons emploieront, par la bouche des possédés, pour sommer Jésus de s'éloigner! (Mc 1, 24).

- La deuxième partie de la réponse de Jésus est encore plus formellement négative. "L'heure de Jésus", c'est sa mort: heure glorieuse selon le quatrième Évangile, car c'est l'heure du don total. Jésus entrevoit déjà cette heure. Il a peu de temps pour réaliser sa mission. Or l'éclat des miracles va durcir l'opposition et hâter la fin. Il ne veut pas devancer le temps: "L'heure n'est pas encore venue."

- Enfin Jésus dit à Marie: "femme". De la part d'un fils à sa mère, l'appellation est insolite. C'est "Mère" qu'il aurait dû dire, normalement, selon la coutume (1 Rois 2, 20 et Jr 15, 10). Cela convenait d'autant mieux ici, que le 4e Évangile ne désigne jamais Marie par son nom, mais toujours formellement comme "la Mère de Jésus". Elle est avec le disciple , un des deux grands anonymes de l'Évangile selon Jean. L'appellation, apparemment distante, semble référer Marie à Ève: "la femme" de la faute originelle, et à la prophétie de Gn 3, 15 adressée au Tentateur: "Je mettrai une inimitié entre toi et la femme... " non point Ève sa complice, mais la nouvelle Ève: Marie, à qui on doit la "Descendance" (dynastque) ennemie du serpent.

    Bref, d'un bout à l'autre, la réponse de Jésus sonne comme une prise de distance et un refus.

    Et pourtant, guidée par l'Esprit, Marie comprend que sa suggestion n'a pas été vaine. À notre étonnement, elle fait confiance à son Fils qui l'a repoussée. Mais n'a-t-il pas sa part de responsabilité dans la confusion de ces pauvres gens, dont le coeur accueillant avait été plus large que les moyens réunis pour la fête? Marie voit les tonneaux vides et les gens déçus devant la pénurie soudaine. Elle voit aussi les cuves qui sont là, non pour la fête, mais "pour la purification légale des Juifs".

Six jarres de pierre, contenant chacune deux ou trois mesures (c'est-à-dire une centaine de litres: Jn 2, 6).

    Elle voit aussi les serviteurs, inquiets et désemparés devant la pénurie. Elle leur montre Jésus, pensif:

Tout ce qu'il vous dira, faites-le! (Jn 2, 5)

    C'est ce qu'elle ne cesse de dire aux hommes jusqu'à ce jour.

Vie authentique de Jésus Christ, récit, éd. Fayard 1996, p. 90-93

Directoire sur la Piété populaire et la Liturgie, Épiphanie et Baptême du Seigneur

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
En plus de cet article, je vous invite à vous rendre sur mon blog MARIE, ÉTOILE DE L'ÉVANGÉLISATION.
Vour pourrez y regarder une video qui illustre bien, je crois, la "très grande joie" des Mages à la vue de "l'étoile"...
Bonne fête aussi du Baptême du Seigneur qui clôture ce Temps de Noël pour lequel nous rendons grâce à Dieu.

 

DIRECTOIRE
SUR LA PIÉTÉ POPULAIRE ET LA LITURGIE


PRINCIPES ET ORIENTATIONS
CONGRÉGATION POUR LE CULTE DIVIN
ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS
 

Cité du Vatican
Décembre 2001

La solennité de l'Épiphanie

118.    Le contenu très riche de la solennité de l’Épiphanie, dont l’origine remonte aux premiers siècles, a inspiré le développement de multiples traditions et de nombreuses expressions authentiques de la piété populaire. Parmi ces dernières, il convient de citer:


- l’annonce solennelle de la fête de Pâques et des principales fêtes de l’année; il est opportun de favoriser son rétablissement, qui est déjà notable en divers endroits, car elle aide les fidèles à mieux comprendre le lien existant entre l’Épiphanie et Pâques, ainsi que l’orientation de toutes les fêtes vers la solennité chrétienne la plus importante;

- L’échange des "cadeaux de l’Épiphanie"; cette tradition s’inspire du récit évangélique relatant les dons offerts par les Mages à l’enfant Jésus (cf. Mt 2, 11) et, plus profondément, elle évoque le don fait par le Père à l’humanité tout entière en la personne de l’Emmanuel, qui est né parmi nous (cf. Is 7, 14; 9, 6; Mt 1, 23). Toutefois, il est souhaitable que cet échange de cadeaux, à l’occasion de l’Épiphanie, conserve son caractère religieux en reliant cette tradition à l’évocation du récit évangélique: une telle référence explicite contribuera à faire de ces cadeaux un geste de piété chrétienne, et elle les détournera de certaines influences caractérisées par le luxe, le faste et le gaspillage, qui sont étrangères à l’origine de cette tradition;

- La bénédiction des maisons, sur les portes desquelles les fidèles ont placé la croix du Seigneur, le chiffre de l’année qui commence et les initiales des noms traditionnels des saints Mages (C+M+B), qui sont aussi celles de l’expression: "Christus mansionem benedicat", écrites avec de la craie bénite. Ces gestes, qui sont accomplis en présence de nombreux enfants accompagnés par les adultes, expriment le désir des fidèles de recevoir la bénédiction du Christ par l’intercession des saints Mages, et ils sont aussi l’occasion de recueillir des offrandes en faveur des œuvres caritatives et missionnaires;

- Les gestes de solidarité en faveur des hommes et des femmes qui, à l’exemple des Mages, proviennent de pays lointains. Ainsi, la piété populaire suscite chez les fidèles cette attitude d’accueil cordial et de solidarité concrète à l’égard de tous hommes, qu’ils soient chrétiens ou non.

- l’aide consentie à l’évangélisation des peuples. Au niveau de la piété populaire, la connotation missionnaire très forte de l’Épiphanie s’est traduite par la multiplication d’initiatives en faveur des missions, spécialement celles qui sont liées à "l’Œuvre missionnaire de la Sainte Enfance" instituée par le Siège Apostolique;

- La désignation de Saints Patrons. La coutume existe, dans de nombreuses communautés religieuses et confréries, d’assigner à chacun de leurs membres, un Saint, sous le patronage duquel il sera placé durant toute l’année.
 

La fête du Baptême du Seigneur

119.     Les mystères du Baptême de Jésus et de la manifestation de sa mission, lors des noces de Cana, sont étroitement liés à l’événement salvifique de l’Épiphanie du Seigneur.

    La fête du Baptême du Seigneur, dont l’importance a été soulignée à une époque récente, clôt le Temps de Noël; cela explique sans doute pourquoi elle ne donne pas lieu à des expressions particulières de la piété populaire. Elle peut néanmoins aider les fidèles à mieux prendre conscience de la signification du baptême et, en particulier, de leur propre naissance à la vie divine comme enfants de Dieu; il est donc recommandé de promouvoir les initiatives suivantes: l’emploi du Rite de l’aspersion d’eau bénite à toutes les messes de ce dimanche, qui se célèbrent avec le concours du peuple; l’évocation des thèmes et des symboles relatifs au baptême, au cours de l’homélie et dans l’enseignement catéchétique.

Marie-Dominique Philippe, Crainte de Dieu et adoration

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
epiphanie evQuestion : Quand il est question dans l'Ecriture de "craindre Dieu", cela signifie-t-il adorer Dieu ?

Réponse :

    Pour répondre à cette question très importante il faut d'abord, avec saint Augustin (voir son Commentaire sur la Première Epître de saint Jean, IX,5-8 - SC pp 389-395), distinguer deux sortes de crainte : la crainte servile et la crainte «chaste». La crainte servile, c'est la crainte du gendarme. Il y en a qui ont peur de Dieu : «Je vais recevoir un coup de bâton» ; ou : «J'ai peur de Dieu parce qu'il y a l'enfer». La crainte servile fait de nous des êtres rampants ; on a peur de Dieu parce qu'on a peur qu'il nous punisse. Cette crainte, en soi, est mauvaise. La crainte chaste (cf. Ps 18,10 - Vulgate - : « La crainte du Seigneur est chaste, elle demeure pour les siècles des siècles. », au contraire, c'est celle de l'épouse qui craint que son époux s'écarte d'elle, qu'il ne soit pas assez présent - ce qui voudrait dire qu'il n'aime pas son épouse autant que celle-ci le désire. Cette crainte est donc aussi celle de tomber dans le péché, puisque seul le péché nous éloigne de Dieu (voir saint Augustin, op. cit., pp. 391-395). Cette crainte chaste est en même temps filiale, comme le souligne saint Thomas (Voir S. Th. II-II, q. 19, a. 2, ad 3 : cette crainte est à la fois filiale et chaste parce que, dans « l’amour de charité », Dieu est à la fois notre Père (Rm 8,15) et notre Epoux (2 Co 11,2). Cette crainte provient de l'amour, de la délicatesse de l'amour ; elle provient de l'adoration. Quand on adore Dieu, on entre progressivement dans une certaine connaissance de Dieu et donc dans une crainte chaste, filiale, à son égard.

    Il peut très bien se faire que la crainte servile nous conduise à l'adoration et que la crainte chaste, filiale, soit le fruit de l'adoration.

    L'adoration est, si j'ose dire, le geste de politesse élémentaire exprimant le respect qu'on doit à Dieu. On doit respecter Dieu, et on ne peut pas le respecter en dehors de l'adoration, puisque cela lui est dû. De ce point de vue-là, le geste d'adoration, par où nous respectons Dieu, nous met dans la vérité, il nous rend vrais pratiquement. Nous ne sommes vrais, pratiquement, que quand nous adorons. C'est en ce sens que l'adoration purifie notre coeur et notre intelligence. Et en nous mettant dans la vérité pratique, l'adoration nous fait comprendre la grandeur de l'amour de Dieu et donc elle nous donne cette crainte chaste, filiale.

    La crainte servile, au contraire, est la peur de Dieu. Cette peur peut nous replier complètement sur nous-mêmes, et en ce sens elle est mauvaise. Mais il peut y avoir une crainte servile dont Dieu se serve pour nous apprendre à l'adorer. "J'ai peur de Dieu, mais je comprends que la première chose que Dieu me demande, c'est de l'adorer." On est alors sur la bonne voie ; et la retraite qu'on aura décidé de faire par crainte de l'enfer et du «Dieu gendarme», on la fera finalement par désir de connaître et d'aimer Dieu davantage. Et on peut bien consacrer quelques jours de ses vacances à chercher Dieu davantage ! Cela, c'est la crainte chaste, aimante, celle qui nous incite à désirer faire pleinement la volonté de Dieu. L'adoration nous aide beaucoup à entrer dans cette attitude de crainte chaste, filiale, aimante.

Suivre l'Agneau, Retraite sur l'Evangile de saint Jean prêchée à des jeunes,
Ed. Saint-Paul 1995, Nouvelle édition revue et corrigée, p. 255-257

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