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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

#il est vivant !

Des pasteurs luthériens interpelés par Lourdes

dominicanus #Il est vivant !
Des pasteurs luthériens interpelés par Lourdes

Un groupe de théologiens luthériens de l'Allemagne de l'Est a publié en 1971 un manifeste qui contient des lignes d'une émouvante loyauté : 

 

“Le culte de la Vierge Marie, qui remonte aux premiers temps du Christianisme et qui n’a jamais cessé dans l’Eglise Catholique, a connu un grand essor après les révélations de Lourdes et de Fatima.

Ces apparitions eurent une résonance mondiale et leur influence atteignit son point culminant dans l’année mariale proclamée par Pie XII.

A Lourdes, à Fatima et en d’autres sanctuaires mariaux, la critique impartiale se trouve en présence de faits surnaturels qui ont une relation intime avec la Vierge Marie, soit à cause des apparitions, soit à cause des grâces miraculeuses demandées et obtenues par son intercession. Ce sont là des faits qui défient toute explication naturelle.

Nous savons, ou du moins nous devrions savoir, que les guérisons de Lourdes et de Fatima sont examinées avec une rigueur toute scientifique par des médecins qui ne sont pas tous catholiques. Nous savons aussi que l’Eglise catholique laisse passer un laps de temps considérable avant de déclarer miraculeuse une guérison.

Jusqu’à présent, 1200 guérisons opérées à Lourdes ont été reconnues par les médecins comme scientifiquement inexplicables. Mais l’Eglise catholique n’en a déclaré miraculeuse qu’une soixantaine.

Durant 30 ans, 11000 médecins sont passés par Lourdes. Tous les médecins ont libre accès au Bureau des Constatations Médicales, sans différence de religion ou d’opinions scientifiques. Une guérison miraculeuse possède donc la plus grande garantie possible.

Quel est le sens profond de ces faits miraculeux dans le plan de Dieu? Il semble qu’à travers ces faits Dieu veuille répondre d’une manière radicale à l’incrédulité moderne. Comment un incrédule, devant ces faits, pourrait-il persévérer de bonne foi dans son incrédulité? Un chrétien évangélique aurait-il le droit d’ignorer ces réalités pour la seule raison qu’elles se présentent dans l’Eglise catholique et non dans sa propre communauté religieuse? Ces faits ne devraient-ils pas plutôt nous porter à ramener la Mère de Dieu dans l’Eglise évangélique ?

Dieu seul peut disposer que Marie parle au monde par le moyen d’apparitions. … Tous ces faits ne sont-ils pas une preuve irrécusable du rôle décisif que Marie est appelée à jouer aujourd’hui pour notre salut ? …

C’est donc un devoir impérieux pour les chefs de l’Eglise luthérienne et pour les autres communautés chrétiennes d’examiner ces faits et de prendre position en toute objectivité. Ce devoir s’impose d’autant plus que la Mère de Dieu n’a pas été écartée de l’Eglise Réformée, mais qu’Elle a été chassée seulement après la guerre de Trente Ans et à l’époque des philosophes libres penseurs du milieu du XVIIIe siècle. En étouffant dans les coeurs évangéliques le culte de la Madone, ils ont détruit les sentiments les plus délicats de la piété chrétienne.

Dans son Magnificat, Marie déclare que toutes les générations la proclameront bienheureuse jusqu’à la fin des temps. Nous voyons cette prophétie s’accomplir dans l’Eglise catholique, en nos jours malheureux, avec plus de force que jamais. Dans l’Eglise évangélique, cette prophétie est tombée dans un oubli si complet qu’à peine en trouve-t-on quelque trace.”

Des pasteurs luthériens interpelés par Lourdes

Merci Benoît XVI

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Congrégation pour le Clergé, Lettre aux Prêtres pour le début du Carême 2013

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Chers prêtres

 

Le Carême est un temps de grâce durant lequel l'Église invite tous ses enfants à se préparer à mieux comprendre et recevoir la signification et les fruits du sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ dans le mystère de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection: « L'esprit du Seigneur Dieu est sur moi car le Seigneur m'a oint. Il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, panser les cœurs meurtris; annoncer la liberté aux esclaves et la délivrance aux prisonniers; annoncer une année de grâce de la part du Seigneur» (Is 61, 1-2). "Temps de grâce", c'est le temps dans lequel Dieu le Père, dans son infinie miséricorde, répand sur tous les hommes de bonne volonté, par le moyen du Saint-Esprit, tous les bienfaits spirituels et matériels utiles pour progresser encore sur le chemin de perfection chrétienne. Ce chemin est tension vers une assimilation totale et complète au Fils: « Et nous savons qu'avec ceux qui l'aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu'il a appelés selon son dessein. Car ceux que d'avance il a discernés, il les a aussi prédestinés à être conformes à l'image de son Fils » (Rm 8, 28-29). Pour que ce soit possible, Il veut Lui-même établir sa demeure dans notre vie. Il désire encore plus que notre personne se transfigure au point que, pourrions-nous dire, celui qui nous voit, doit pouvoir découvrir – dans notre pensée, dans notre action – les traits de Jésus: « Je suis crucifié avec le Christ; et si je vis, ce n'est plus moi, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré pour moi. Je n'annule pas le don de Dieu» (Ga 2, 19-21).

 

L'épisode du baptême dans le Jourdain (Mt 3, 13-17; Mc 1, 9-11; Lc 3, 21-22; Jn 1, 29-32) suivi de l'expérience des quarante jours dans le désert « pour être tenté par le diable » (Mt 4, 1), nous invite à penser que, pour marcher avec sécurité sur la voie de la sainteté et pour faire fructifier les trésors de grâce que nous a offerts l'Esprit, nous devons conquérir une réceptivité et une fertilité qui n'est pas déjà donnée. Au contraire, elle est en permanence menacée par la blessure du péché, elle doit être conquise jour par jour. Faire pénitence ne nous conquiert donc pas en soi le salut, mais c’est de toute façon une condition indispensable pour l'obtenir: « Tu n’as pas besoin de notre louange, mais, par un don de ton amour, tu nous appelles à te rendre grâce ; nos hymnes de bénédiction n’accroissent pas ta grandeur, mais nous obtiennent la grâce qui nous sauve, par le Christ notre Seigneur » (Missel Romain, Préface commune IV). Dieu lui-même contribue, à travers les difficultés de l'existence humaine (que, volontairement, il n'a pas entendu épargner à son Fils bien-aimé), à la purification nécessaire de notre pensée, de notre volonté et de notre action en vue d'un bien supérieur pour nous: « Je suis le vrai cep et mon Père est le vigneron. Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il le coupe, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il en porte encore plus » (Jn 15,1).

 

Tout cela doit, pour un ministre de Dieu, assumer une importance tout à fait particulière. Et non pas seulement parce que le prêtre doit simplement "donner le bon exemple" – « Moi donc je cours ainsi : je ne vais pas à l’aveuglette; et je boxe ainsi : je ne frappe pas dans le vide. Mais je traite durement mon corps et le tiens assujetti, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé » (1Co 9, 26-27) – mais aussi pour une raison théologique et surnaturelle beaucoup plus profonde. Le prêtre en effet n’est pas seulement appelé à administrer la grâce divine et à perpétuer dans le temps la mission du Christ, dans l'attente de sa venue. Il n'est pas un simple fonctionnaire du sacré. Malgré ses faiblesses, il est plus encore appelé, comme il ressort du célèbre passage déjà cité de l'épître aux Galates, à revivre dans son être, dans sa chair et dans son sang, l'être même du Christ qui se fait agneau immolé, victime d'amour.

 

De façon erronée, il peut sembler réducteur à certains de dire que ce qui connote plus que tout le prêtre, c'est la célébration de la Messe. Ce n'est pas là, certes, sa seule activité, mais on peut certainement dire que c'est la seule à travers laquelle le mystère du prêtre-autre Christ, qui à la fois immole et s'immole, est signifié et, en même temps, réalisé de la manière la plus haute et la plus efficace. La puissance du sacrement de l'Eucharistie transforme en effet l'Église à l'image de son Époux, à commencer par ceux qui, les premiers sont, de cet Époux, figure et Mystère, signe et Réalité. C'est pourquoi nous pouvons bien dire que la grandeur du prêtre est entièrement là. Et non dans la profondeur de sa culture, non dans son habileté pastorale, ni dans son esprit de piété, toutes choses nécessaires et qui imposent une préparation et un soin qui n'admettent aucune sorte de médiocrité. Mais rien de tout cela n'est comparable au fait d'être une mystérieuse participation au sacrifice du Christ. Cette participation, donc, vit, avant encore que dans l'action, dans l'être du ministre. Il s'ensuit que la célébration de la Messe, pour un prêtre, ne peut être comprise seulement comme une pratique de louange, de remerciement, d'intercession et d'expiation, à la manière d’un temps de prière quelconque ou de n'importe quelle pratique pénitentielle. Elle est, en tout et pour tout, la vie et la raison d'être du sacerdoce chrétien, la véritable "respiration" de tous ceux qui, à travers le sacrement de l'Ordre sacré, sont indissolublement et éternellement unis à Celui qui s'est fait don d'amour jusqu'à l'épuisement de ses forces: « Le Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces » (1P 2, 21).

 

Puisse donc ce temps de Carême être pour chaque prêtre un temps de pénitence et de purification, de miséricorde donnée et reçue, mais, plus encore, de redécouverte, dans la célébration quotidienne, de la valeur de l'Eucharistie et de son rapport avec elle, cette mystérieuse présence du mystère du Dieu Amour, source de vie pour lui et pour ses frères. Que Marie, Femme eucharistique parce que parfaite disciple de l'amour qui se fait sacrifice, nous aide à comprendre l'inestimable don qui nous a été fait, et à le vivre, à son exemple et sous sa protection, avec humilité, intensité et fidélité.

 

MAURO CARD. PIACENZA

 

Benoît XVI, Réseaux sociaux : portes de vérité et de foi ; nouveaux espaces pour l’évangélisation (Message pour la 47° Journée mondiale des Communications Sociales)

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Chers frères et sœurs,

À l’approche de la Journée mondiale des Communications sociales de 2013, je voudrais proposer quelques réflexions sur une réalité toujours plus importante concernant la manière dont les personnes communiquent entre elles aujourd'hui. Je voudrais examiner le développement des réseaux sociaux numériques qui contribuent à mettre en évidence une nouvelle « agora », un espace public ouvert où les personnes partagent des idées, des informations, des opinions, et où peuvent naître aussi de nouvelles relations et formes de communauté.

Ces espaces, quand ils sont bien valorisés et de manière équilibrée, contribuent à promouvoir des formes de dialogue et de débat qui, si elles sont effectuées avec respect, attention pour la vie privée, responsabilité et dévouement à la vérité, peuvent renforcer les liens d'unité entre les personnes et promouvoir efficacement l'harmonie de la famille humaine. L'échange d'informations peut devenir une réelle communication, les liens peuvent se développer en amitié, les connexions faciliter la communion. Si les réseaux sont appelés à réaliser ce grand potentiel, les personnes qui y participent doivent s'efforcer d'être authentiques, parce que dans ces espaces on ne partage pas seulement des idées et des informations mais en définitive on se communique soi-même.

Le développement des réseaux sociaux exige de l’engagement : les personnes participent à construire des relations et à trouver de l'amitié, dans la recherche de réponses à leurs questions, en se divertissant mais aussi en se stimulant intellectuellement et dans le souci du partage des compétences et des connaissances. En unissant les personnes en fonction de ces besoins fondamentaux, les réseaux font de plus en plus partie du tissu social même. Les réseaux sociaux sont donc alimentés par des aspirations enracinées dans le cœur humain.

La culture des réseaux sociaux et les changements dans les formes et les styles de communication, posent des défis importants à ceux qui veulent parler de vérité et de valeurs. Souvent, comme c'est le cas pour d’autres médias sociaux, la signification et l'efficacité des différentes formes d'expression semblent plus déterminés par leur popularité que par leur importance intrinsèque et leur validité. La popularité est encore fréquemment liée à la célébrité ou à des stratégies de persuasion plutôt qu’à la logique de l'argumentation. Parfois, la voix discrète de la raison peut être dominée par la rumeur des informations excessives et ne parvient pas à éveiller l'attention qui est réservée par contre à qui s'exprime d’une manière plus persuasive. Les médias sociaux ont besoin donc de l'engagement de tous ceux qui sont conscients de l'importance du dialogue, du débat raisonné, de l’argumentation logique ; des personnes qui cherchent à cultiver des formes de discours et d'expression qui font appel aux plus nobles aspirations de ceux qui sont impliqués dans le processus de communication. Le dialogue et le débat peuvent s'épanouir et grandir aussi quand on converse et prend au sérieux ceux qui ont des idées différentes des nôtres. « Étant donné la diversité culturelle, il faut faire en sorte que les personnes, non seulement acceptent l’existence de la culture de l’autre, mais aspirent aussi à s’en enrichir et à lui offrir ce que l’on possède de bien, de vrai et de beau. »(Discours à la rencontre avec le monde de la culture, Belém, Lisbonne, 12 mai 2010)

Le défi que les réseaux sociaux doivent affronter est d’être effectivement inclusif : alors ils bénéficieront de la pleine participation des croyants qui souhaitent partager le message de Jésus et les valeurs de la dignité humaine promues dans son enseignement. En fait, les croyants ont de plus en plus ce sentiment que si la Bonne Nouvelle n’est pas connue aussi dans l'environnement numérique, elle pourrait être absente de l'expérience d'un grand nombre pour qui cet espace existentiel est important. L'environnement numérique n'est pas un monde parallèle ou purement virtuel, mais fait partie de la réalité quotidienne de nombreuses personnes, en particulier des plus jeunes. Les réseaux sociaux sont le résultat de l'interaction humaine, mais ils donnent à leur tour de nouvelles formes à la dynamique de la communication qui crée des relations : une compréhension approfondie de cet environnement est donc la condition préalable pour y assurer une présence significative.

La capacité d'utiliser les nouveaux langages est requise non pas tant pour être à la mode du temps, mais justement pour permettre à l’infinie richesse de l’Évangile de trouver des formes d'expression qui soient en mesure d'atteindre les esprits et les cœurs de tous. Dans l'environnement numérique la parole écrite est souvent accompagnée d'images et de sons. Une communication efficace, comme les paraboles de Jésus, nécessite l'implication de l'imagination et de la sensibilité émotionnelle de ceux que nous voulons inviter à la rencontre avec le mystère de l'amour de Dieu. En outre, nous savons que la tradition chrétienne a toujours été riche en signes et en symboles : je pense par exemple, à la croix, aux icônes, aux images de la Vierge Marie, à la crèche, aux vitraux et aux peintures des églises. Une partie importante du patrimoine artistique de l'humanité a d’ailleurs été réalisée par des artistes et des musiciens qui ont essayé d'exprimer les vérités de la foi.

L'authenticité des croyants dans les réseaux sociaux est mise en évidence par le partage de la source profonde de leur espérance et de leur joie : la foi en Dieu riche de miséricorde et d'amour révélé en Jésus Christ. Un tel partage consiste non seulement dans l'expression explicite de la foi, mais aussi dans le témoignage, c'est-à-dire dans la façon dont se communiquent « choix, préférences, jugements qui soient profondément cohérents avec l'Évangile, même lorsqu'on n’en parle pas explicitement. » (Message pour la Journée mondiale des Communications sociales, 2011). Une manière particulièrement significative de témoigner sera la volonté de se donner soi-même aux autres à travers la disponibilité à s'impliquer avec patience et respect dans leurs questions et leurs doutes, sur le chemin de la recherche de la vérité et du sens de l'existence humaine. L'émergence dans les réseaux sociaux du dialogue autour de la foi et des croyances, confirme l'importance et la pertinence de la religion dans le débat public et social.

Pour ceux qui ont accueilli d’un cœur ouvert le don de la foi, la réponse la plus radicale aux questions de l'homme sur l'amour, la vérité et le sens de la vie – questions qui ne sont en aucune façon absentes dans les réseaux sociaux – se trouve dans la personne de Jésus Christ. Il est naturel que celui qui a la foi désire, avec respect et sensibilité, la partager avec ceux qu'il rencontre dans l'environnement numérique. En définitive, cependant, si notre partage de l'Évangile est capable de donner de bons fruits, c'est toujours grâce à la force de la Parole de Dieu de toucher les cœurs, bien avant tout effort de notre part. La confiance dans la puissance de l'action de Dieu doit toujours dépasser toute sécurité mise dans l'utilisation de moyens humains. Même dans l'environnement numérique, où il est facile que s’élèvent des voix sur un ton trop vif et conflictuel et où parfois le sensationnalisme risque de l'emporter, nous sommes invités à un discernement attentif. Et rappelons-nous à cet égard, que Élie reconnut la voix de Dieu non dans le vent impétueux et fort, ni dans le tremblement de terre ou le feu, mais dans le « murmure d'une brise légère » (1 R 19, 11-12). Nous devons avoir confiance dans le fait que les désirs fondamentaux d’aimer et d’être aimé, de trouver sens et vérité – que Dieu lui-même a mis au cœur de l'être humain – maintiennent également les femmes et les hommes de notre temps toujours et de toute manière ouverts à ce que le Bienheureux Cardinal Newman appelle la « gentille lumière » de la foi.

Les réseaux sociaux, outre qu’instruments d'évangélisation, peuvent être un facteur de développement humain. Par exemple, dans certains contextes géographiques et culturels où les chrétiens se sentent isolés, les réseaux sociaux peuvent renforcer le sentiment de leur unité effective avec la communauté universelle des croyants. Les réseaux facilitent le partage des ressources spirituelles et liturgiques, rendant les personnes capables de prier avec un sens revigoré de proximité avec ceux qui professent la même foi. La participation authentique et interactive aux questions et aux doutes de ceux qui sont loin de la foi doit nous faire ressentir le besoin de nourrir avec la prière et la réflexion notre foi en la présence de Dieu, ainsi que notre charité active : « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. » (1 Co 13, 1).

Il existe des réseaux sociaux qui, dans l'environnement numérique, offrent à l'homme d'aujourd'hui des opportunités de prière, de méditation, ou de partage de la parole de Dieu. Mais ces réseaux peuvent aussi ouvrir des portes à d'autres dimensions de la foi. En effet, beaucoup de gens sont en train de découvrir, grâce à un contact au départ en ligne, l'importance de la rencontre directe, des expériences de communauté ou même de pèlerinage, éléments toujours importants dans le cheminement de foi. En nous efforçant de rendre l'Évangile présent dans l'environnement numérique, nous pouvons inviter les personnes à vivre des rencontres de prière ou des célébrations liturgiques dans des lieux concrets tels que des églises ou des chapelles. Il ne devrait pas y avoir manque de cohérence ou d'unité dans l'expression de notre foi et dans notre témoignage évangélique dans la réalité où nous sommes appelés à vivre, qu’elle soit physique ou numérique. Lorsque nous sommes en présence des autres, de toute manière, nous sommes appelés à faire connaître l'amour de Dieu jusqu'aux extrémités de la terre.

Je prie pour que l'Esprit de Dieu vous accompagne et vous éclaire toujours, et de tout cœur je vous bénis tous, afin que vous puissiez être vraiment les hérauts et les témoins de l'Evangile. « Allez dans le monde entier et proclamez l'Évangile à toute créature » (Mc 16, 15)

Du Vatican, le 24 janvier 2013, fête de saint François

 

BENEDICTUS PP. XVI

 

 

© Copyright 2013 - Libreria Editrice Vaticana

 

Benoît XVI, Motu proprio pour encadrer le service de la charité

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Le service de la charité fait partie, selon le Pape, des priorités de l’Eglise, car il s’agit d’une « dimension constitutive » de sa mission. En 2005, Benoît XVI a consacré sa première encyclique Deus Caritas Est à la charité. Le Pape publie ce samedi un motu proprio sur ce même thème « Intima Ecclesiae natura ». Le Motu proprio Acte législatif pris et promulgué par le Pape, agissant de sa propre initiative, en pleine connaissance de cause, et non pour répondre à une sollicitation. Cet acte équivaut à un décret qui précise des règles d’administration et d’organisation dans l’Eglise. C’est dire l’importance qu’il attache à ce thème.

 
Le service de la charité est l’une des trois expressions de la nature profonde de l’Eglise, avec l’annonce de la Parole de Dieu et la célébration des Sacrements. Benoît XVI l’avait déjà écrit dans sa première encyclique et il le rappelle dès le début de ce nouveau document qui porte la date du 11 novembre. Or ce service exige une organisation pour un service communautaire ordonné. 


Un cadre juridique pour ordonner tout mouvement écclesial au service de la charité


Dans son encyclique Deus Caritas Est, Benoît XVI observait que « le Code de Droit canonique ne traitait pas expressément de la charité comme d’un domaine spécifique de l’activité épiscopale » et c’est pour remédier à cela que le Pape publie ce motu proprio. Il s’agit donc d’un cadre juridique organique, « qui soit plus apte à ordonner, dans leurs lignes générales, les différentes formes ecclésiales organisées du service de la charité, qui sont étroitement liées à la nature diaconale de l’Église et du ministère épiscopal ».


« Tous les fidèles ont le droit et le devoir de s’engager personnellement pour vivre du commandement nouveau que le Christ nous a laissé (cf Jn 15,12), en n’offrant pas à l’homme d’aujourd’hui uniquement une aide matérielle, mais également réconfort et soin de l’âme ». Le Pape donne ainsi un cadre à cet engagement. Selon l’article premier de ce motu proprio, « les fidèles ont le droit de s’associer et de fonder des organismes qui réalisent des services de charité spécifiques » mais, « ils doivent soumettre leur statuts à l’approbation de l’autorité ecclésiastique compétente » et doivent observer des normes précisées dans les articles suivant. Ils sont ainsi, par exemple, « tenus d’observer, dans le cadre de leurs activités, les principes de la doctrine catholique et ne peuvent accepter des engagements qui d’une façon ou d’une autre puissent conditionner l’observance de ces-dits principes ».


La part consacrée au devoir et aux responsabilités des évêques constitue la part la plus importante de ce motu proprio, car « les Évêques, en qualité de successeurs des Apôtres, portent la responsabilité première de la mise en œuvre » de la charité.


L’Evêque doit pourvoir à la formation théologique et pastorale des fidèles engagés

« L’Évêque diocésain exerce sa sollicitude pastorale à l’égard du service de la charité dans l’Église particulière qui lui a été confiée, en tant que pasteur, guide et premier responsable de ce service ». Il doit encourager et soutenir les initiatives et les œuvres au service du prochain dans sa propre Eglise « pour éduquer à l’esprit de partage et de charité authentique ».Il doit également veiller « à ce que l’activité et la gestion de ces organismes, respectent toujours les normes de droit universel et particulier de l’Église » et à ce que les fidèles et associations sous son autorité « observent les législations civiles légitimes en la matière ».


« Pour garantir le témoignage évangélique dans le service de la charité, l’Évêque diocésain doit veiller à ce que tous ceux qui œuvrent dans la pastorale caritative de l’Église, outre la compétence professionnelle nécessaire, témoignent d’une vie chrétienne et d’une formation du cœur qui manifeste une foi opérante dans la charité. A tel effet il devra pourvoir à leur formation y compris dans le domaine théologique et pastoral par des parcours spécifiques concertés avec les dirigeants des différents organismes et avec des propositions adéquates de vie spirituelle. »


L’évêque a enfin une autorité de coordination et de contrôle, moral et financier, des associations existantes. 


Ci-dessous le texte intégral du Motu proprio publié ce samedi 1er décembre

 



BENEDICTUS PP. XVI
BENOIT XVI Motu Proprio sur LE SERVICE DE LA CHARITE


Préambule


« La nature profonde de l’Église s’exprime dans une triple tâche: l’annonce de la Parole de Dieu (kerygma-martyria), la célébration des Sacrements (leitourgia), le service de la charité (diakonia). Ce sont trois tâches qui s’appellent l’une l’autre et qui ne peuvent être séparées l’une de l’autre » (Lett. enc. Deus caritas est, n. 25).


Le service de la charité est, lui aussi, une dimension constitutive de la mission de l’Église et il constitue une expression de son essence-même, à laquelle elle ne peut renoncer (cf ibidem) ; tous les fidèles ont le droit et le devoir de s’engager personnellement pour vivre du commandement nouveau que le Christ nous a laissé (cf Jn 15,12), en n’offrant pas à l’homme d’aujourd’hui uniquement une aide matérielle, mais également réconfort et soin de l’âme (cf. Lett. enc. Deus caritas est, n. 28). L’Église est appelée, également dans sa dimension communautaire, à l’exercice de la diakonia de la charité: depuis les communautés locales jusqu’aux Eglises particulières et à l’Église universelle; pour cela il faut également avoir une « organisation comme présupposé pour un service communautaire ordonné » (cf ibidem n. 20), une organisation qui soit articulée aussi par des expressions institutionnelles.


Concernant cette diakonia de la charité, je faisais remarquer, dans la lettre encyclique Deus caritas est, qu’« il découle (...) de la structure épiscopale de l’Église que, dans les Églises particulières, les Évêques, en qualité de successeurs des Apôtres, portent la responsabilité première de la mise en œuvre » de la charité (n . 32) et j’observais que « le Code de Droit canonique, dans les canons concernant le ministère épiscopal, ne traite pas expressément de la charité comme d’un domaine spécifique de l’activité épiscopale » (ibidem). Même si « le Directoire pour le ministère pastoral des Evêques a approfondi de manière plus concrète le devoir de la charité comme tâche intrinsèque de l’Église entière et de l’Évêque dans son diocèse » (ibidem), il restait toutefois la nécessité de combler cette lacune juridique de façon à pouvoir exprimer de manière adéquate, dans l’ordonnancement canonique, ce qui appartient à l’essence du service de la charité dans l’Église et de son rapport constitutif avec le ministère épiscopal, en mettant en évidence les profils juridiques, qu’un tel service requiert dans l’Église, surtout s’il est exercé de manière organisée et avec le soutien explicite des Pasteurs.


Dans cette optique, je désire donner un cadre juridique organique, par le présent Motu Proprio, qui soit plus apte à ordonner, dans leurs lignes générales, les différentes formes ecclésiales organisées du service de la charité, qui sont étroitement liées à la nature diaconale de l’Église et du ministère épiscopal.


Il est important toutefois de se rappeler que « l’action concrète demeure insuffisante si, en elle, l’amour pour l’homme n’est pas perceptible, un amour qui se nourrit de la rencontre avec le Christ » (ibid., n. 34). Par conséquent, dans l’exercice de l’activité caritative, les nombreuses organisations catholiques, ne doivent pas se limiter uniquement à récolter ou à distribuer des fonds, mais doivent toujours témoigner d’une attention spéciale envers la personne qui est dans le besoin, et exercer également une fonction pédagogique précieuse au sein de la communauté chrétienne qui favorise l’éducation au partage, au respect et à l’amour selon la logique de l’évangile du Christ. L’activité caritative de l’Église, en effet, à tous les niveaux, doit éviter le risque de se dissoudre dans une organisation commune d’assistance, en en devenant une simple variante (cf ibid., n. 31). 


Les initiatives organisées qui, dans le domaine de la charité, sont promues par les fidèles, en des lieux divers, sont très différentes entre elles et requièrent une gestion appropriée. Plus précisément, l’activité de la « Caritas », institution promue par la hiérarchie ecclésiastique, s’est développé à un niveau paroissial, diocésain, national et international et a mérité très justement l’appréciation et la confiance des fidèles et de tant d’autres personnes à travers le monde entier, tant pour son témoignage de foi généreux et cohérent que pour la réponse concrète apportées aux demandes de ceux qui sont dans le besoin. A côté de cette vaste initiative, soutenue officiellement par l’autorité de l’Église, de multiples autres initiatives ont vu le jour, dans des lieux variés, initiatives provenant de la liberté d’engagement des fidèles qui, sous des formes différentes, veulent contribuer, par leur propre effort, au témoignage concret de la charité envers ceux qui sont dans le besoin. Les unes et les autres sont des initiatives différentes par origine et par régime juridique, même si elles expriment toutes les deux une sensibilité et une volonté de répondre au même appel.


L’Église, en tant qu’institution ne peut se considérer comme étrangère aux initiatives promues de façon organisée et relevant de la libre expression de la sollicitude des baptisés envers les personnes et les populations dans le besoin. C’est pourquoi les Pasteurs doivent toujours les accueillir comme la manifestation de la participation de tous à la mission de l’Église, en respectant les caractéristiques et l’autonomie de gouvernement qui reviennent à chacune d’elles selon leur propre nature comme la manifestation de la liberté des baptisés. 


A côté de celles-ci, l’autorité ecclésiastique a promu, par sa propre initiative, des oeuvres spécifiques, grâces auxquelles elle pourvoit de façon institutionnelle à canaliser les dons des fidèles, selon des formes juridiques et opérationnelles adéquates permettant de solutionner plus efficacement les besoins concrets.


Toutefois dans la mesure où ces-dites activités sont promues par la hiérarchie elle-même, ou sont explicitement soutenues par l’autorité des Pasteurs, il faut s’assurer que leur gestion soit effectuée conformément aux exigences de l’enseignement de l’Église et à l’intention des fidèles, et qu’elles respectent également les normes légitimes promulguées par l’autorité civile. Face à ces exigences il devenait nécessaire de fixer dans le droit de l’Église quelques normes essentielles, inspirées des critères généraux de la discipline canonique, qui pouvaient expliciter dans ce secteur d’activités, les responsabilités juridiques, assumées en la matière, par les divers sujets impliqués, soulignant de façon particulière, la fonction d’autorité et de coordination qui revient à l’Évêque diocésain. Ces-dites normes devaient toutefois être assez générales pour inclure la diversité appréciable des institutions d’inspiration catholique, qui comme telles œuvrent dans ce secteur; celles créées sous l’impulsion de la Hiérarchie elle-même, et celles qui sont nées grâce à une initiative directe des fidèles et qui sont accueillies et encouragées par les Pasteurs du lieu. Bien qu’il fallût établir des normes à cet égard, il fallait toutefois tenir compte de ce qui était requis par la justice et par la responsabilité que les Pasteurs doivent exercer à l’égard de leurs fidèles, dans le respect de l’autonomie légitime de chaque entité.


Partie dispositive


Par conséquent, sur proposition du Cardinal Président du Conseil Pontifical Cor Unum, et ayant entendu le Conseil Pontifical pour les Textes Législatifs, j’établis et décrète ce qui suit:

Art. 1. - § 1. Les fidèles ont le droit de s’associer et de fonder des organismes qui réalisent des services de charité spécifiques, surtout en faveur des pauvres et de ceux qui souffrent. Dans la mesure où ils révèlent liés au service de la charité des Pasteurs de l’Église et/ou, en tant que tels, veulent employer la contribution des fidèles, ils doivent soumettre leur statuts à l’approbation de l’autorité ecclésiastique compétente et observer les normes suivantes.


§ 2. En ces mêmes termes, les fidèles ont le droit de constituer des fondations pour financer des initiatives caritatives concrètes, selon les canons 1303 CIC et 1047 CCEO. Si ce type de fondations répond aux caractéristiques mentionnées au §1, les présentes dispositions devront également être observées congrua congruis referendo (moyennant les adaptations nécessaires).


§ 3. Outre l’observation de l’ensemble de la législation canonique, les initiatives collectives de charité auxquelles se réfère ce Motu Proprio, sont également tenues d’observer, dans le cadre de leurs activités, les principes de la doctrine catholique et ne peuvent accepter des engagements qui d’une façon ou d’une autre puissent conditionner l’observance de ces-dits principes.


§ 4. Les organismes et les fondations promues à des fins caritatives par des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique, sont tenus d’observer ces normes ainsi que ce qui est prévu par les canons 312 §2 CIC et 575 §2 CCEO.


Art. 2. - § 1. Dans les statuts de chaque organisme caritatif auquel se réfère l’article précédent, outre les charges institutionnelles, et les structures de gouvernement selon le canon 95 §1 CIC, devront aussi être exprimés les principes inspirateurs et les finalités de l’initiative, les modes de gestion des fonds, le profil de ses propres collaborateurs, ainsi que les rapports et les informations devant être présentés à l’autorité ecclésiastique compétente.


§ 2. Un organisme caritatif ne peut utiliser la dénomination "catholique "qu’avec le consentement écrit de l’autorité compétente, comme indiqué par le canon 300 CIC.


§ 3. Les organismes érigés par des fidèles ayant une fin caritative peuvent avoir un conseiller spirituel nommé selon les propres statuts, selon les canons 324 §2 et 317 CIC. 


§ 4. En même temps, l’autorité ecclésiastique est tenue de réglementer l’exercice des droits des fidèles selon les canons 223 §2 CIC et 26 §3 CCEO afin d’éviter la multiplication des initiatives de charité au détriment de la mise en œuvre et de l’efficacité des fins poursuivies.


Art. 3. - § 1. Aux effets des articles précédents, la notion d’autorité compétente selon les niveaux respectifs, est telle qu’énoncée par les canons 312 CIC et 575 CCEO.


§ 2. En cas d’organismes qui n’ont pas été approuvés au niveau national, même s’ils opèrent dans divers diocèses, l’autorité compétente est l’Évêque diocésain du lieu du siège principal de l’entité. En tous cas, l’organisation a le devoir d’informer les Évêques des autres diocèses où elle œuvre, et de respecter leurs indications concernant les activités des différentes entités caritatives présentes dans les diocèses.


Art. 4. - § 1. L’Évêque diocésain (cf can. 134 §3 CIC et can. 987 CCEO) exerce sa sollicitude pastorale à l’égard du service de la charité dans l’Église particulière qui lui a été confiée, en tant que pasteur, guide et premier responsable de ce service.


§ 2. L’Evêque diocésain encourage et soutient les initiatives et les œuvres au service du prochain dans sa propre Eglise particulière, et suscite chez les fidèles la ferveur d’une charité active en tant qu’expression de la vie chrétienne et de la participation à la mission de l’Église, comme il est indiqué aux canons 215 et 222 CIC et 25 et 18 CCEO.


§ 3. Il revient à l’Évêque diocésain de veiller à ce que l’activité et la gestion de ces organismes, respectent toujours les normes de droit universel et particulier de l’Église, aussi bien que l’intention des fidèles qui auraient fait des dons ou des legs pour ces finalités spécifiques (cf can 1300 CIC et 1044 CCEO).


Art. 5. L’Évêque diocésain doit garantir à l’Église le droit d’exercer le service de la charité et il doit veiller à ce que les fidèles et les institutions soumises à sa vigilance, observent les législations civiles légitimes en la matière.


Art. 6. - L’Évêque diocésain, a pour tâche, comme il est indiqué aux canons 394 §1 CIC et 203 §1 CCEO, de coordonner, dans sa propre circonscription, les diverses œuvres de service de la charité, autant celles promues par la Hiérarchie elle-même que celles nées de l’initiative de fidèles, restant sauve l’autonomie qui leur reviendrait selon leurs propres statuts. En particulier il doit veiller à ce que leurs activités gardent vivant l’esprit évangélique.


Art. 7. § 1. Les entités mentionnées à l’art.1 §1, sont tenues à choisir leurs propres collaborateurs parmi des personnes qui partagent, ou au moins, respectent l’identité catholique de ces œuvres.


§ 2. Pour garantir le témoignage évangélique dans le service de la charité, l’Évêque diocésain doit veiller à ce que tous ceux qui œuvrent dans la pastorale caritative de l’Église, outre la compétence professionnelle nécessaire, témoignent d’une vie chrétienne et d’une formation du cœur qui manifeste une foi opérante dans la charité. A tel effet il devra pourvoir à leur formation y compris dans le domaine théologique et pastoral par des parcours spécifiques concertés avec les dirigeants des différents organismes et avec des propositions adéquates de vie spirituelle.


Art. 8. - Là où il s’avèrerait nécessaire, à cause du nombre ou de la diversité des initiatives, l’Évêque diocésain, devra établir, dans l’Église qui lui a été confiée, un bureau qui a pour but d’orienter et coordonner le service de la charité en son nom.

Art. 9. - § 1. L’Évêque doit encourager la création dans chaque paroisse de sa circonscription, d’un service de « Caritas » paroissiale ou analogue, qui promeuve également une activité pédagogique dans la communauté toute entière, pour éduquer à l’esprit de partage et de charité authentique. S’il s’avérait opportun, un tel service sera commun pour les différentes paroisses sur le même territoire.


§ 2. Il revient à l’Évêque et au curé de veiller qu’au sein de la paroisse, avec la « Caritas », d’autres initiatives concernant la charité puissent également coexister et se développer, sous la coordination générale du curé, en tenant compte toutefois de ce qui est indiqué à l’art. 2 §4.


§ 3. L’Évêque diocésain et les curés respectifs ont le devoir d’éviter, qu’en cette matière, les fidèles soient induits en erreur ou qu’il y ait des malentendus, aussi devront-ils empêcher que, par le biais de structures paroissiales ou diocésaines, soient promues des initiatives qui, bien que se présentant avec des fins caritatives, proposent des choix ou des méthodes contraires à l’enseignement de l’Église .


Art. 10. - § 1. Il revient à l’Évêque d’avoir la vigilance sur les biens ecclésiastiques des organismes de charité soumis à son autorité.


§ 2. L’Évêque diocésain est tenu de s’assurer que le fruit des collectes effectuées selon les can. 1265 et 1266 CIC ainsi que les can. 1014 et 1015 CCEO, soient affectés aux buts déterminés pour lesquels elles ont été effectuées (can. 1262 CIC, 1016 CCEO) .


§ 3. En particulier, l’Évêque diocésain doit éviter que des organismes de charité qui sont sous son autorité, soient financés par des entités ou des institutions qui poursuivent des buts contraires à la doctrine de l’Église. De même, afin d’éviter de scandaliser les fidèles, l’Évêque diocésain doit éviter que ces-dits organismes caritatifs acceptent des contributions en faveur d’initiatives qui, dans la finalité ou les moyens pour l’atteindre, ne sont pas en accord avec la doctrine de l’Église.


§ 4. Particulièrement, l’Evêque doit veiller à ce que la gestion des initiatives qui lui sont soumises donnent un témoignage de sobriété chrétienne. Pour cela, il veillera à ce que les salaires et les frais de gestion, bien que correspondant aux exigences de la justice et aux profils professionnels nécessaires, soient dûment en rapport avec des frais analogues de sa propre Curie diocésaine.


§ 5. Pour permettre que l’autorité ecclésiastique mentionnée à l’art. 3§1 puisse exercer son devoir de vigilance, les entités dont il est question à l’art. 1§1 sont tenues de présenter à l’Ordinaire compétent un compte-rendu annuel dans les formes requises par l’Ordinaire lui même.


Art. 11. - L’Évêque diocésain est tenu, si nécessaire, de porter à la connaissance de ses propres fidèles que l’activité d’un organisme de charité déterminé ne répond plus aux exigences du magistère de l’Église, en interdisant en conséquence l’usage du mot « catholique » et en adoptant les mesures nécessaires dans les cas de responsabilités personnelles.


Art. 12. - § 1. L’Évêque diocésain doit favoriser l’activité, au niveau national et international, des organismes de charité qui sont soumis à sa sollicitude, en particulier il doit favoriser la coopération avec les circonscriptions ecclésiastiques les plus pauvres, par analogie avec ce qui est prévu aux canons 1274 §3 CIC et 1021 §3 CCEO.


§ 2. La sollicitude pastorale à l’égard des oeuvres de charité, peut être exercée conjointement, selon les circonstances de temps et de lieux, par plusieurs Évêques voisins, à l’égard de plusieurs Églises, selon le droit. S’il s’agit de domaine international, le Dicastère du Saint-Siège compétent doit être consulté au préalable. Il est également opportun, en ce qui concerne des initiatives de charité au niveau national, que l’Évêque consulte l’organisme compétent de la Conférence épiscopale.


Art. 13. - Reste toujours sauf le droit de l’autorité ecclésiastique du lieu, de donner son consentement aux initiatives des organismes catholiques qui se déploient dans le domaine de sa compétence, dans le respect des normes canoniques et de l’identité propre de chaque organisme et c’est sa tâche de Pasteur de veiller à ce que les activités réalisées dans son propre diocèse se déploient conformément à la discipline ecclésiastique, en les interdisant ou en adoptant éventuellement des mesures nécessaires, si cette discipline n’était pas respectée.


Art. 14. - Là où il le jugera opportun, l’Évêque devra promouvoir des initiatives de service de charité en collaboration avec d’autres Églises ou communautés ecclésiales, restant sauves les particularités de chacun. 


Art. 15. - § 1. Le Conseil Pontifical Cor Unum, a pour tâche de promouvoir l’application de ces règles et de veiller à leur application à tous les niveaux, restant sauve la compétence du Conseil Pontifical pour les Laïcs, en ce qui concerne les associations de fidèles, selon l’art. 133 de la Constitution apostolique Pastor Bonus, ainsi que la compétence propre de la Section de la Secrétairerie d’Etat pour les Relations avec les Etats, restant sauves les compétences générales des autres Dicastères et Organismes de la Curie romaine. En particulier, le Conseil Pontifical Cor Unum devra veiller que le service de la charité des institutions catholiques au niveau international, se déploie toujours en communion avec les Églises particulières respectives.


§ 2. Il est également de la compétence du Conseil Pontifical Cor Unum d’ériger canoniquement des organismes de service de charité à un niveau international, et d’exercer en conséquence les taches disciplinaires et de promotion qui correspondent en droit. 


J’ordonne que, tout ce que j’ai décidé en cette Lettre apostolique en forme de Motu Proprio, soit observé en toutes ses parties, nonobstant toute chose contraire, même si elle est digne de mention spéciale, et je décide qu’il soit promulgué par la publication dans le quotidien « L’Osservatore Romano », entrant en vigueur le 10 décembre 2012


Donné au Vatican, le 11 novembre 2012 , en la huitième année de mon Pontificat. 


BENEDICTUS XVI.

Joseph Ratzinger - Benoît XVI, "L'enfance de Jésus", Editions Flammarion, 2012

dominicanus #Il est vivant !

L'enfant Jésus raconté par Joseph

L'ouvrage que Joseph Ratzinger a consacré à l'enfance du Messie dans les Évangiles arrive dans les librairies. C'est une "histoire vraie", affirme le pape, et pas une pure construction théologique 

 

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par Sandro Magister




ROME, le 20 novembre 2012 – "L'enfance de Jésus" de Joseph Ratzinger-Benoît XVI sera en vente à partir de demain, en allemand - c’est le texte original -  et en huit autres langues : italien, anglais, français, espagnol, portugais, brésilien, polonais, croate. Le tirage global de lancement est de plus d’un million d’exemplaires. Au cours des mois à venir, l’ouvrage sera traduit en onze autres langues et diffusé dans 72 pays.

C’est un livre court et écrit sous une forme simple et linéaire. Plus facile à lire que les deux autres tomes, plus volumineux, du "Jésus de Nazareth". Il est publié en dernier, mais l’auteur a déclaré que, selon son intention, l’ouvrage "est une sorte de petite 'entrée' qui introduit aux deux ouvrages précédents, consacrés à la figure et au message de Jésus de Nazareth".

Avant la publication du livre, la grande inconnue était la manière dont Benoît XVI allait répondre à la question de savoir si la naissance virginale, l'adoration des Mages et les autres récits de l'enfance de Jésus, dans les Évangiles de Matthieu et de Luc, sont "vraiment une histoire qui a eu lieu" ou bien "seulement une méditation théologique exprimée sous forme d’histoires".

L'auteur penche nettement en faveur de la première des deux réponses. Mais sans refuser le droit de cité dans l’Église à la seconde manière de voir.

À la fin du chapitre consacré aux Mages, Benoît XVI donne raison à Jean Daniélou qui écrivait dans "Les Évangiles de l'Enfance" :

"A la différence du récit de l'annonciation à Marie, l'adoration des Mages ne touche à aucun aspect essentiel pour la foi. Elle pourrait être une création de Matthieu, inspirée par une idée théologique : dans ce cas, rien ne s’écroulerait".

"Cependant Daniélou lui-même – ajoute le pape Ratzinger – arrive à la conviction qu’il s’agit d’événements historiques dont la signification a été interprétée théologiquement par la communauté judéo-chrétienne et par Matthieu".

Et il poursuit :

"Pour dire les choses simplement : c’est aussi ma conviction".

Benoît XVI reconnaît que, "au cours des cinquante dernières années", la tendance à ne pas admettre l’historicité de l'adoration des Mages s’est affirmée chez les exégètes. Cette opinion – note le pape – "ne se fonde pas sur de nouvelles connaissances historiques, mais sur une attitude différente envers la Sainte Écriture et envers le message chrétien dans son ensemble".

Pour prouver ce changement, le pape fait remarquer que, alors qu’en 1942, à l’entrée "Mágos" du "Theologisches Wörterbuch zum Neuen Testament", le protestant Gerhard Delling "considérait l’historicité du récit consacré aux Mages comme encore assurée de manière convaincante", par la suite "même des exégètes à l’orientation ecclésiale claire" comme les catholiques Ernst Nellessen ou Rudolf Pesch se sont déclarés "opposés à l’historicité" ou tout au moins ils ont "laissé cette question ouverte".

En tout cas, face à toutes ces remarques, Benoît XVI conseille de "prendre en considération de manière attentive" la manière de voir d’un autre exégète catholique contemporain, Klaus Berger, qui, dans le commentaire qu’il a consacré au Nouveau Testament en 2011, écrit :

"Il faut supposer – jusqu’à preuve du contraire – que les évangélistes n’ont pas l’intention de tromper leurs lecteurs, mais qu’ils veulent raconter des faits historiques. Contester, par pure suspicion, l’historicité de ce récit va au-delà de tout ce que l’on peut imaginer comme compétence d’historien".

Et il conclut :

"Je ne peux qu’être d’accord avec cette affirmation. Les deux chapitres du récit de l'enfance dans Matthieu ne sont pas une méditation exprimée sous forme d’histoires. Au contraire : Matthieu nous raconte la véritable histoire, qui a été méditée et interprétée théologiquement et, par là, il nous aide à comprendre plus profondément le mystère de Jésus".

On peut lire ci-dessous la dernière page du livre, à la fin du chapitre consacré à Jésus âgé de douze ans, perdu et retrouvé au temple.




LE MYSTÈRE DU VRAI HOMME ET VRAI DIEU


[...] Ce que dit Luc à propos de Jésus qui grandissait non seulement en âge mais aussi en sagesse est également important. D’une part, d’après la réponse de l’enfant de douze ans, il est évident qu’Il connaît le Père – Dieu – de l’intérieur. Lui seul connaît Dieu, pas seulement à travers des être humains qui témoignent de celui-ci, mais Il le reconnaît en lui-même. En tant que Fils, Il est intimement lié au Père. Il vit en sa présence. Il le voit. Jean dit qu’Il est l’Unique qui «est dans le sein du Père» et qui, pour cette raison, peut le faire connaître (Jn 1,18). C’est justement cela qui devient évident dans la réponse de l’enfant de douze ans : Il est auprès du Père, Il voit les choses et les hommes à sa lumière. 

Toutefois il est également vrai que sa sagesse augmente. En tant qu’homme, Il ne vit pas dans une omniscience abstraite, mais Il est enraciné dans une histoire concrète, dans un lieu et dans un temps, dans les différentes phases de la vie humaine, et c’est de celà qu’Il tire la forme concrète de son savoir. Il apparaît donc ici, de manière très claire, qu’Il a pensé et appris de manière humaine. 

Il devient vraiment clair qu’Il est vrai homme et vrai Dieu, pour reprendre l’expression de la foi de l’Église. Le lien profond entre une dimension et l’autre, en dernière analyse, nous ne pouvons pas le définir. Il reste un mystère et, pourtant, il apparaît de manière très concrète dans le bref récit consacré à l’enfant de douze ans – un récit qui ouvre ainsi, en même temps, la porte à l’ensemble de sa personne, qui nous est ensuite raconté par les Évangiles.




Le livre :

Joseph Ratzinger - Benoît XVI, "L'enfance de Jésus", Editions Flammarion, 2012.



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

Benoît XVI, La prédication des apôtres, fondement de la communion

dominicanus #Il est vivant !

Le pape a reçu une délégation du Patriarcat œcuménique de Constantinople à l’occasion de la solennité des saints apôtres Pierre et Paul (célébrée le 29 juin), ce 28 juin 2012 au Vatican. Benoît XVI a rendu grâce pour les fruits du Concile Vatican II et les avancées du dialogue entre catholiques et orthodoxes, avant d’inviter la délégation à déjeuner. Voici le texte intégral de son discours.


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« Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom » (Ps 34, 4)

Chers frères dans le Christ,

En cette joyeuse circonstance de la Fête des saints Pierre et Paul, patrons de la Ville et de l’Église de Rome, je suis particulièrement heureux de vous accueillir avec les paroles du psaume qui seront chantées au cours de la liturgie eucharistique solennelle en l’honneur de ces deux grands Apôtres et Martyrs. En vous adressant une chaleureuse bienvenue, je vous demande de porter à Sa Sainteté Bartolomée Ier et au Saint Synode mes sentiments d’affection fraternelle et de vive gratitude pour avoir voulu envoyer cette année aussi de dignes représentants pour participer à notre célébration, et de transmettre un salut cordial au clergé, aux moines et à tous les fidèles du Patriarcat œcuménique.

Votre présence ici à Rome à l’occasion de la fête liturgique des saints Pierre et Paul nous offre une opportunité particulière d’élever notre chant de louange pour les merveilles que la grâce divine, dont provient tout bien, a accomplies dans la vie des deux Apôtres, les rendant dignes d’entrer triomphants dans la gloire céleste après être passés par le bain régénérateur du martyre.

La fête des saints Pierre et Paul, nous donne, en outre, la possibilité de remercier ensemble le Seigneur pour les œuvres extraordinaires qu’il a accomplies et continue d’accomplir à travers les Apôtres dans la vie de l’Église. C’est leur prédication, scellée par le témoignage du martyr, qui est le fondement solide et pérenne sur lequel s’édifie l’Église, et c’est dans la fidélité au dépôt de la foi transmis par eux, que nous trouvons les racines de la communion dont nous faisons déjà l’expérience entre nous.

Vénérés frères, en notre rencontre d’aujourd’hui, tandis que nous confions à l’intercession des glorieux Apôtres et Martyrs Pierre et Paul notre supplication pour que le Seigneur, riche en miséricorde, nous accorde de parvenir bientôt au jour béni où nous pourrons partager la table eucharistique, nous élevons nos voix dans l’hymne à Dieu pour le chemin de paix et de réconciliation qu’il nous donne de parcourir ensemble. Cette année marque le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile œcuménique Vatican II, qui sera célébré solennellement le 11 octobre prochain. Et c’est en concomitance avec ce Concile, auquel, comme vous le savez bien, étaient présents certains représentants du Patriarcat œcuménique en qualité de Délégués fraternels, que commença une nouvelle phase importante des relations entre nos Églises. Nous voulons louer le Seigneur avant tout pour la redécouverte de la profonde fraternité qui nous lie, et aussi pour le chemin parcouru en ces années par la Commission Mixte Internationale pour le Dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe dans son ensemble, avec le souhait que des progrès puissent se réaliser aussi dans la phase actuelle.

Rappelant l’anniversaire du Concile Vatican II, il me semble juste de faire mémoire de la figure et de l’activité de l’inoubliable Patriarche œcuménique Athénagoras, dont ce sera, dans quelques jours, le quarantième anniversaire de la disparition. Le Patriarche Athénagoras, avec le Bienheureux Pape Jean XXIII et le Serviteur de Dieu le Pape Paul VI, animés par cette passion pour l’unité de l’Église qui jaillit de la foi au Christ Seigneur, se firent les promoteurs d’initiatives courageuses qui ont ouvert la voie à des relations renouvelées entre le Patriarcat œcuménique et l’Église catholique. C’est pour moi un motif de joie particulière de constater comment Sa Sainteté Bartholomée Ier suit, avec une fidélité renouvelée et une créativité féconde, le chemin tracé par ses prédécesseurs les Patriarches Athénagoras et Dimitrios, se distinguant au niveau international pour son ouverture au dialogue entre les chrétiens et pour l’engagement au service de l’annonce de l’Évangile dans le monde contemporain.

Éminence, chers membres de la délégation, vous remerciant encore une fois pour votre présence ici au milieu de nous, je vous assure de ma prière pour que le Seigneur accorde santé et force à Sa Sainteté Bartholomée Ier et donne prospérité et paix au Patriarcat œcuménique. Que Dieu tout-puissant nous fasse le don d’une communion toujours plus pleine selon sa volonté, pour que « d’un seul cœur et d’une seule âme » (Ac 4, 32), nous puissions toujours exalter son nom.

© Libreria Editrice Vaticana

Le père Jean-Joseph Lataste sera béatifié ce dimanche

dominicanus #Il est vivant !

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Béatification à Besançon ce dimanche 3 juin du Père Jean-Joseph Lataste. Dominicain du XIXème siècle et « Apôtre des Prisons ».

Né à Cadillac, près de Bordeaux, en gironde, il rentre à l’âge de 25 ans dans l’ordre dominicain. Au cours de son sacerdoce, lors d’une mission en prison, il reçoit l’inspiration de fonder une nouvelle famille religieuse : les dominicaines de Béthanie. Une congrégation où toutes les sœurs, quel que soit leur passé, sont unies dans un même amour et une même consécration. Son fondateur est aujourd’hui un exemple de charité pour tous les chrétiens.

La messe de béatification sera présidée à 15h par le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour la cause des saints. Il sera assisté notamment de Mgr André Lacrampe, archevêque de Besançon, diocèse de la fondation, et de Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique en France.

Charles Le Bourgeois (Radio Vatican) : >>   RealAudioMP3 

Jeanne la Pucelle - Les coulisses d'un album de bande dessinée

dominicanus #Il est vivant !

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Le dessinateur de bande dessinée Jean-François CELLIER nous présente les coulisses de la réalisation de l'album "Jeanne la Pucelle", sorti en avril 2012 aux éditions Soleil et qui raconte les premières années de la vie de Jeanne d'Arc, de sa naissance à son départ pour la cour.

 
Cette vidéo est le premier extrait d'un documentaire qui paraitra à l'occasion de la sortie du tirage de tête de l'album courant 2012..

 


Jeanne la Pucelle - Les coulisses d'un album de... by Optima_Video 

 


Scénario : Fabrice HADJADJ, Couleurs : Nicolas BASTIDE.

Retrouvez Jeanne la Pucelle et Jean-François CELLIER sur http://jeannedarcbloggercom.blogspot.com/

Dossier Jeanne la Pucelle : http://soleilprod.com/dossier/54/t/JEANNE+LA+PUCELLE

Deux statues de Jeanne d'Arc : http://photoperso.over-blog.fr/article-statue-equestre-de-sainte-jeanne-d-arc-a-paris-43679145.html

Chant grégorien. La revanche annoncée

dominicanus #Il est vivant !

La congrégation pour le culte divin veut prendre la direction de la renaissance de la grande musique sacrée. Voici son programme, rendu public pour la première fois par l'un de ses dirigeants. Mais la secrétairerie d'état a ses propres musiciens et elle freine 

 

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ROME, le 23 mai 2012 – Lors de la messe que Benoît XVI célèbrera à Milan le 3 juin, devant une immense foule de fidèles, à l’occasion de la Rencontre mondiale des familles, l’interprétation des chants grégoriens sera confiée au chœur que dirige le maestro Fulvio Rampi.

Il s’agit d’un chœur qui figure parmi les plus expérimentés en matière de chant grégorien. Et, pour l’étude et la pratique de ce qui est le chant "roi" de la liturgie latine, Rampi joue depuis de nombreuses années un rôle de premier ordre.

C’est précisément à ce chant qu’il a consacré, le 19 mai dernier, une conférence passionnante, à Lecce, dans le cadre d’une journée d’études dont le thème était la musique sacrée cinquante ans après le concile Vatican II et à la lumière du magistère de Benoît XVI :

> Il canto gregoriano: un estraneo in casa sua

On sait que le chant grégorien connaît actuellement des jours difficiles. Presque partout il a été banni, bien que le concile Vatican II, dans la constitution qu’il a consacrée à la liturgie, ait réaffirmé sa primauté en ces termes lapidaires :

“L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place”.

Si le grégorien a été banni, c’est parce que sa nature a été totalement oubliée. Par conséquent, pour qu’il puisse renaître, il faut avant tout qu’il soit redécouvert et compris.

Lors de sa conférence à Lecce, Rampi l’a défini à travers cinq traits caractéristiques :

1. Le grégorien est le chant "propre" de la liturgie latine. Par lui l’Église exprime sa pensée quant à la Parole de Dieu chantée.

2. Le grégorien est l’expression "sonore" de l'interprétation que l’Église fait de la Parole.

3. Le grégorien n’est pas un ornement, mais il est lui-même liturgie.

4. Le grégorien est liturgie dans ses temps et ses formes propres : depuis le chant d’entrée jusqu’au graduel et au chant de communion.

5. Le grégorien est un tout qui scande et englobe toute l’année liturgique, qui n’est intelligible que dans sa vision unitaire, comme les Saintes Écritures. C’est la forme musicale de la "lectio divina" de l’Église.
 

***

D’autres personnalités importantes dans le domaine de la musique liturgique ont également pris la parole lors de la journée d’études de Lecce.

Le cardinal Walter Brandmüller, président émérite du comité pontifical des sciences historiques, a évoqué les "prodromes historiques de la sensibilité liturgique de Joseph Ratzinger" en Allemagne au cours du XIXe siècle et en particulier à Ratisbonne.

Mgr Valentin Miserachs Grau, président sortant de l’Institut Pontifical de Musique Sacrée, a dénoncé les manques dans la formation liturgique et musicale dans les séminaires.

L’un des meilleurs disciples de Domenico Bartolucci – ancien maître de chœur de la Chapelle Sixtine et aujourd’hui cardinal –, le maestro Simone Baiocchi, a analysé de manière critique les récentes variations dans l’utilisation des chœurs religieux et des "scholæ cantorum".

Mgr Juan-Miguel Ferrer Grenesche, sous-secrétaire de la congrégation pour le culte divin, a procédé à un large tour d’horizon du magistère de l’Église en matière de musique sacrée, depuis le motu proprio "Tra le sollecitudini" publié par Pie X en 1903 jusqu’à aujourd’hui.

Ferrer en a tiré la conclusion qu’il y a en ce domaine un magistère "clair et précis". Mais on lui a désobéi et on l’a contredit tant et plus. Cela à cause d’une faute que la hiérarchie de l’Église a commise de son côté.

L’Église a parlé – a souligné Ferrer – mais il a manqué "une volonté concrète de faire appliquer la discipline en vigueur par ceux qui détenaient les responsabilités dans ce domaine ".

Ce péché par omission est largement imputable à la congrégation pour le culte divin, dont lui-même fait partie. Mais Ferrer a annoncé que l’on était en train d’y porter remède.

Cela sous l’impulsion d’un récent motu proprio de Benoît XVI, "Quærit semper", publié le 30 août 2011.

Dans la partie finale de son intervention, qui est reproduite ci-dessous, Ferrer a annoncé que la congrégation pour le culte divin allait se doter prochainement d’un service des arts et de la musique liturgique qui assurerait enfin la mise en œuvre, dans le monde entier, des prescriptions de l’Église non respectées jusqu’à présent et en premier lieu de la renaissance du chant grégorien.

Comme on pourra s’en rendre en lisant le texte ci-dessous, Ferrer donne beaucoup de détails lorsqu’il présente le futur programme d’action du nouveau service.

Toutefois il indique également que la création de ce nouveau service attend encore "d’être confirmée par la secrétairerie d’état" que préside le cardinal Tarcisio Bertone.

Et il ne dit pas – mais cela se sait – que le nouveau service a des concurrents à la curie. En effet le conseil pontifical pour la culture, qui est présidé par le cardinal Gianfranco Ravasi, a lui aussi l’ambition d’avoir voix au chapitre en matière d’art et de musique sacrée.

Par exemple, lorsque Ferrer indique que, parmi les missions du nouveau service de sa congrégation, il y aura "l'organisation de prix ou de concours internationaux de composition", il omet de préciser que le cardinal Ravasi a déjà organisé un de ces concours internationaux : pour une composition mettant en musique le "Credo apostolique".

La remise du prix aura lieu à la fin de l’été à Pérouse, dans le cadre de la Sagra Musicale Umbra. Et l’on peut noter que parmi les jurés figurera Mgr Massimo Palombella, l'actuel maître de chœur de la Chapelle Sixtine, très critiqué en raison du bas niveau de ses interprétations et défenseur d’une conception de la musique sacrée qui est loin, pour ne pas dire à l’opposé, de celle que représentent les intervenants de la journée d’études organisée à Lecce.

***

Palombella, Mgr Marco Frisina, maître de chœur de la basilique Saint-Jean-de-Latran, et les deux derniers responsables du service de la conférence des évêques d’Italie chargé de la musique liturgique, les prêtres Antonio Parisi et Vincenzo De Gregorio, constituent le quatuor qui ambitionne de prendre également le contrôle de l’Institut Pontifical de Musique Sacrée [IPMS].

Cette manœuvre – et la conception de la musique que représentent les quatre hommes – a déjà été évoquée par www.chiesa dans cet article publié le 30 mars dernier :

> Non pas de la musique sacrée, mais des bruits d'assaut

À cette date, la nomination du nouveau président de l’IPMS paraissait imminente. En réalité, elle n’a toujours pas eu lieu.

À la curie s’affrontent d’une part Mgr Palombella avec ses cardinaux de référence Bertone et Ravasi et d’autre part la congrégation pour le culte divin et celle de l'éducation catholique. Le cardinal préfet de cette dernière, Zenon Grocholewski, est également le grand chancelier de l’IPMS et il a considéré comme un camouflet le fait que la secrétairerie d’état ait rejeté son candidat à la présidence de l'institut, le Français Stéphane Quessard, choisi en continuité avec le président sortant Miserachs.

Le cardinal Bartolucci, âgé de 95 ans, appartient bien évidemment à cette seconde tendance. Et il en est de même pour le cardinal Brandmüller, compatriote du pape.

C’est un affrontement qui oppose deux conceptions antithétiques de l’avenir de la musique liturgique.

Si la décision finale – non seulement à propos de la direction de l’IPMS mais également à propos de la primauté de la congrégation pour le culte divin dans le domaine de la musique – était prise par Benoît XVI, il n’y a aucun doute quant à l'orientation qui aurait sa préférence.

Les choristes qui interpréteront des chants grégoriens sous la direction de Rampi, à l’occasion de sa messe du 3 juin à Milan, sont un exemple évident de cette orientation. 
Sandro Magister
www.chiesa


LES NOUVELLES MISSIONS DE LA CONGRÉGATION POUR LE CULTE DIVIN
EN MATIÈRE DE PROMOTION DE LA MUSIQUE SACRÉE
APRÈS LE MOTU PROPRIO "QUÆRIT SEMPER" DE BENOÎT XVI


par Juan-Miguel Ferrer Grenesche



Chacun sait avec quelle insistance le Saint-Père Benoît XVI a voulu donner, depuis le début de son pontificat, une place centrale à l’application correcte et authentique des enseignements du concile Vatican II. [...]

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le motu proprio "Quærit semper", publié au mois d’août 2011, par lequel le Saint-Père Benoît XVI a voulu concentrer encore davantage le travail de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements sur ses compétences spécifiquement liturgiques. Il affirme dans ce texte :

"Dans les circonstances présentes, il est apparu approprié que la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements s’attache principalement à donner une nouvelle impulsion à la promotion de la sainte liturgie dans l’Église, conformément au renouveau voulu par le concile Vatican II, à partir de la constitution 'Sacrosanctum Concilium'". [...]

La première conséquence du motu proprio "Quærit semper" a été l’élaboration d’un nouveau règlement interne pour la congrégation afin d’adapter la structure de celle-ci aux priorités indiquées par le Saint-Père, ainsi que le transfert d’une partie de ses compétences en matière de discipline des sacrements – en ce qui concerne le sacrement de l’ordre, il s’agit des cas de nullité de l’ordination et, en ce qui concerne le sacrement du mariage, il s’agit des cas de mariage "conclu et non consommé" – au tribunal de la Rote Romaine par création, au sein de celui-ci, d’une "section administrative". 

Notre congrégation, née de la fusion renouvelée de la congrégation pour le culte divin (ou pour la liturgie) avec celle de la discipline des sacrements, était composée de quatre sections ou services :

- le service liturgique I ;
- le service liturgique II ;
- le service matrimonial ;
- le service sacerdotal.

Le nouveau règlement, même s’il est encore en attente de confirmation par la secrétairerie d’état, prévoit le maintien de quatre sections, pour ne pas modifier les effectifs, mais qui seront en principe les suivantes :

- le service liturgique I;
- le service liturgique II; 
- le service disciplinaire, dans lequel sont réunies les compétences en matière de discipline liturgique et toutes celles qui concernent les sacramentaux ;
- le service des arts et de la musique liturgiques. 

En tout cas, quelle que soit la configuration finale de ce service des arts et de la musique, on prévoit qu’il s’occupera avec une certaine différenciation de compétences des questions de musique et des questions d’architecture, de peinture, de sculpture et de ce que l’on appelle les arts mineurs.

Cela rendra nécessaire la nomination d’une série de collaborateurs externes ou de consulteurs, ayant des compétences spécifiques dans ces domaines. 

Dans le domaine spécifique de la musique sacrée, des relations spécifiques seront de nouveau établies au niveau institutionnel avec l’Institut Pontifical de Musique Sacrée, ainsi qu’avec l’Abbaye Saint-Pierre de Solesmes et avec d’autres associations et institutions qui travaillent dans le domaine de la musique liturgique, que ce soit du point de vue scientifique ou du point de vue académique, ou dans la perspective de la création de nouvelles musiques ou bien dans celle de la pastorale. 

En ce qui concerne les objectifs ou défis immédiats, je voudrais en signaler quelques-uns qui sont certainement évidents :

a. Actualiser et compléter la série des livres de musique pour la liturgie en latin, que ce soit en ce qui concerne la sainte messe, ou pour l’office divin, les sacrements et les sacramentaux. Une fois que cet objectif aura été atteint, il conviendra probablement de réaliser une édition complète et plus facilement utilisable de beaucoup de ces matériaux, sous la forme d’une sorte de "liber usualis". 

b. Il semble également urgent de rassembler et de préciser les diverses normes et les orientations du magistère pontifical le plus récent en matière de musique sacrée, afin d’offrir un texte de base destiné à un guide pour le chant et la musique des célébrations liturgiques qui pourra être utilisé par les diverses conférences épiscopales, auxquelles revient la tâche d’élaborer des guides et des répertoires pour leurs pays respectifs.

Un tel guide, en ce qui concerne le chant grégorien, devra surmonter les oppositions entre les critères purement paléographiques et les critères pastoraux. Il devra également, en relation avec le dicastère compétent, poser les problèmes de l’utilisation du grégorien selon les éditions antérieures à 1962 dans ce que l’on appelle la "forme extraordinaire" du rite romain. 

c. Avec l’aide des institutions académiques et pastorales compétentes, il sera nécessaire de promouvoir, au moins dans les langues modernes les plus importantes ou les plus répandues, en harmonie avec les critères présentés dans un guide adapté, des modèles de nouvelles compositions qui aident à vérifier les propositions théoriques et à les discerner au niveau local.

Un doute subsiste quant à la meilleure stratégie à adopter pour parvenir à un tel résultat. Pour le moment, on attend que les nouveaux organismes institués au sein de la congrégation, les membres et les consulteurs, confrontent leurs points de vue à ce sujet, depuis l’édition de répertoires destinés aux célébrations internationales jusqu’à l’organisation de prix ou de concours internationaux de composition, à des cours pour compositeurs, chefs d’orchestre et interprètes, et à beaucoup d’autres propositions concrètes qu’il faut évaluer.

Pour récapituler, il est évident que, pour reconsidérer la question de la musique dans les célébrations liturgiques, la congrégation doit, en faisant siens les enseignements du pape Benoît XVI et de ses prédécesseurs immédiats en la matière, garantir :

1. la préparation d’outils actualisés et officiels pour pouvoir célébrer en chantant la liturgie romaine en latin ;

2. la clarté et la facilité pour la célébration du rite romain selon la forme ordinaire en langue vernaculaire, en chantant tout ou partie de l’ordinaire et/ou du propre de la messe ou de l’office divin sur des mélodies grégoriennes ou polyphoniques fondées sur le texte liturgique en latin ;

3. l’existence de critères actualisés permettant d’appliquer les principes de progression définis dans "Musicam sacram", aussi bien pour la célébration en latin que pour la célébration en langue vernaculaire (guide) ;

4. l’existence d’un cadre normatif sûr et répondant à l’objectif de créer des répertoires nationaux adaptés, destinés à prendre progressivement une valeur officielle, de telle sorte que l’emploi d’autres chants nécessite une autorisation "ad casum" à obtenir auprès de l’ordinaire concerné : cela faisant également partie du futur guide. 

Avec cela  [...] j’espère que l’application du motu proprio "Quærit semper" représentera pour la musique sacrée une nouvelle étape de splendeur et de beauté : sans elle, la liturgie se verrait privée de l’un de ses éléments d’expression les plus éloquents et les plus substantiels.



Le texte intégral de l’intervention de Juan-Miguel Ferrer Grenesche :

> I nuovi compiti della congregazione...


Le motu proprio publié par Benoît XVI le 30 août 2011 :

> "Quaerit semper"


Tous les articles de www.chiesa portant sur ces questions :

> Focus ARTS ET MUSIQUE




Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

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