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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

#homelies annee a 2010-2011

On ne badine pas avec l’Amour ! Homélie 24ème dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

24 TOA ev

 

Les rabbins enseignaient qu’il faut pardonner jusqu’à trois fois les offenses d’une même personne. Imaginez la perplexité de Simon Pierre, qui, plein de bonne volonté, se déclare prêt à placer la barre du pardon très haut, en la fixant à sept, quand il entend Jésus lui dire qu’il est encore très loin du compte ! Une parabole n’est pas de trop pour l’aider à revoir ses ambitions (ou plutôt sa foi, car à l'homme, cela est impossible!) à la hausse. En écoutant cette parabole, nous comprenons avec lui que mieux vaut ne pas compter du tout, et toujours recommencer, non seulement pour « ceux qui nous doivent », mais d’abord pour nous-mêmes.

Dans notre mentalité contemporaine, les esprits les plus généreux seront sans doute moins chiches que les érudits juifs d’il y a deux mille ans, et se fixeront volontiers comme idéal le pardon incessant et donc exigeant, préconisé par Jésus.

Notre perplexité à nous sera sans doute plutôt d'entendre Jésus affirmer à la fin de la parabole :

« Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait tout remboursé.


C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. »

 

Comment donc celui qui exige un pardon incessant peut-il faire preuve ensuite d’une si grande intransigeance ?

Le fait est que la plupart des commentateurs contemporains font de leur mieux pour édulcorer cette dernière phrase quand ils ne la passent pas tout simplement sous silence ! Si Jésus avait terminé ce récit avec les dernières paroles de la parabole, ils auraient eu au moins une excuse. Ils auraient pu dire que ce n’est qu’une parabole et que dans une parabole, il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre… Mais voilà : le Maître, doux et humble de cœur, a ajouté quelque chose qui ne fait pas partie de la parabole, mais qui en est la clé de lecture, la pointe, comme l’on dit aujourd’hui : « C’est ainsi (et pas autrement) que mon Père du ciel vous traitera… »

Si nous prenons Jésus au sérieux, nous, avec notre mentalité de gentils chrétiens, nous ne serons pas moins étonnés, voire scandalisés, à la fin de la parabole, que Pierre avec sa mentalité de bon petit juif au début. J’en veux pour preuve la réaction de ceux qui ont lu la réponse de Benoît XVI à la question d’un journaliste (Peter Seewald) à propos des abus sexuels commis par des prêtres et des religieux. Comment de tels abus non seulement ont pu être commis pas des ecclésiastiques, mais passés sous silence par leurs supérieurs ? Réponse du Saint-Père :

« La conscience dominante affirmait que l’Eglise ne devait plus être l’Eglise du droit mais l’Eglise de l’amour, elle ne devait pas punir. On avait perdu la conscience que la punition pouvait être un acte d’amour. »

« Dieu ne punit pas ! » Qui n’a pas entendu ces paroles péremptoires qui sont démenties par la Révélation biblique non moins que par les faits ? Pensez donc… un Dieu si gentil… Le Pape parle alors d’un « étrange obscurcissement de la pensée » :

« Il s’est produit aussi à cette époque (les années soixante), chez des gens très bons, un étrange obscurcissement de la pensée. »

Ce qui passe pour être la lumière du christianisme, Benoît XVI affirme que c’est une « obscurcissement de la pensée », une « altération de la conscience », qui va de pair avec un « obscurcissement du droit », causé par un « rétrécissement du concept d’amour ». Et il appelle à la conversion :

« Aujourd’hui, nous devons de nouveau apprendre que l’amour pour le pécheur et l’amour pour la victime sont maintenus dans un juste équilibre si je punis le pécheur sous une forme possible et adaptée. Il y a eu dans le passé une altération de la conscience qui a provoqué un obscurcissement du droit et marqué la nécessité de la punition. En fin de compte est aussi intervenu un rétrécissement du concept d’amour, qui n’est pas seulement gentillesse et amabilité, mais qui existe aussi dans la vérité. Et que je doive punir celui qui a péché contre le véritable amour fait aussi partie de la vérité. »

Nous nous sommes inventé un Dieu dont le pardon n’a rien à voir avec la vérité de l’amour, dans une tentative - souvent réussie, si l’on peut parler ici de réussite - d’endormir la conscience de nos propres fautes, même de notre manque de pardon, pour finir par dire le contraire de ce que dit Jésus dans l’Evangile : « Même si nous ne pardonnons pas aux autres, Dieu nous pardonnera toujours… »

 

Jésus a dit à Ste Faustine : « Je ne peux punir le plus grand pécheur… si celui-ci implore ma Miséricorde. » Mais il a dit aussi que les hommes, en ces jours qui sont les derniers, doivent profiter de sa Miséricorde parce que le jour de sa Justice approche. La Vierge avait dit à sœur Faustine que même les anges tremblaient en anticipation de ce jour terrible.

Benoît XVI parlait d’une altération de la conscience. A propos, dans le trésor de la prière catholique, il y a une prière, appelée le Dies irae. J’aimerais bien que vous me disiez quand vous l’avez priée la dernière fois, et quand vous en avez entendu parler récemment, dans une homélie, par exemple. Par qui ? Au bas de chaque publication de ce blog il y a la possibilité de laisser un commentaire. Pourriez-vous me faire l’amitié de répondre ? Merci d’avance.

« La conscience dominante affirmait que l’Eglise ne devait plus être l’Eglise du droit mais l’Eglise de l’amour, elle ne devait pas punir. On avait perdu la conscience que la punition pouvait être un acte d’amour. »

« La conscience dominante affirmait que l’Eglise ne devait plus être l’Eglise du droit mais l’Eglise de l’amour, elle ne devait pas punir. On avait perdu la conscience que la punition pouvait être un acte d’amour. »

Correction fraternelle, oui, mais dans l'ordre et avec charité, S.V.P. ! Homélie 23° dimanche du T.O. A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

Les textes de ce dimanche sont absolument déterminants pour la formation de l’Eglise, telle que Dieu la veut. La correction fraternelle y occupe une place centrale, puisque, membres de l’Eglise, nous n’en sommes pas pour autant moins personnellement pécheurs et solidaires du péché des autres. Il est donc du devoir de chaque chrétien de pratiquer la correction fraternelle. Nous sommes tous membres d’un même corps, et aucun membre de ce corps ne peut rester indifférent si un des autres membres se fait du tort gravement et cause des dégâts importants dans la vie de l’ensemble de ce corps.

Si quelqu’un est en danger sur la route, dans l’eau ou ailleurs, la loi nous fait un devoir de lui porter secours. Ce n’est pas une option, mais une obligation. Si nous ne le faisons pas, cela relève de la non-assistance à personnes en danger. Dans la communauté chrétienne il n’en va pas autrement. Au contraire, car ce qui nous unit en tant que chrétiens est plus fort que ce qui nous relie dans la communauté humaine.

Le prophète Ezéchiel a été établi comme « guetteur » pour la Maison d’Israël. Le guetteur, c’est celui qui veille, celui qui est attentif à ce que personne ne soit à danger. A l’occasion il peut être sauveteur.

L’admonition et – si nécessaire – la correction, peut, selon l’Evangile, seulement se faire en référence à la Révélation divine et la discipline de l’Eglise, voulue par le Christ. Celui qui corrige doit avoir l’humilité de ne pas s’ériger lui-même comme norme. Il doit se référer à la norme de la grâce de Dieu, et à son exigence. Cette exigence, selon S. Paul dans la 2e lecture, c’est la charité chrétienne, qui renferme tous les commandements. Il faut que la correction soit fraternelle, charitable. Si elle ne l’est pas, que le correcteur en herbe commence par se corriger lui-même ! (« Si ton frère a commis un péché… »). Qu’il enlève d’abord la poutre de son œil, avant de prétendre enlever la paille des yeux des autres ! C’est la charité qui « accomplit » toute la loi, y compris celle de la correction.

Mais l’homme reste libre. La correction, même la meilleure (pensons à celle du Christ à l’égard des … pharisiens, par exemple) – que ce soit en tête-à-tête, ou que ce soit d’une manière plus officielle par les autorités ecclésiales – respectez l’ordre S.V.P ! - peut essuyer une fin de non recevoir obstinée. Celui qui pêche contre l’unité, par exemple, ou contre le respect de la vie humaine, dira que c’est « par amour », par compassion… Alors il faut lui montrer que sa « version » de l’amour, loin d’être l’accomplissement de l’amour, en est une contrefaçon démoniaque, comme celle de Pierre vis-à-vis de Jésus (cf. évangile de dimanche dernier).

La 1e lecture de ce dimanche nous rappelle que si l’on a mis en garde quelqu’un qui n’est pas prêt pour autant à changer de comportement, on a fait son devoir et on a « sauvé » sa propre vie. La correction fraternelle relève strictement du devoir, mais Dieu ne promet pas la réussite ! En cas d’échec, il y a une ligne de séparation. Quand un pécheur se trouve de l’autre côté de cette ligne, il ne peut plus être considéré comme un membre de l’Eglise. Ce n’est pas l’Eglise qui le met à la porte. Il s’excommunie en quelque sorte lui-même. L’Eglise doit alors en prendre note, et le confirmer publiquement, afin que ce soit clair pour tout le monde. Cela se passait déjà comme cela dans l’Ancien Testament. Dans le Nouveau, où l’appartenance à la communauté ecclésiale du Seigneur est encore plus personnelle et exigeante, cela doit se faire de manière d’autant plus claire.

Dans les dernières paroles de l’Evangile d’aujourd’hui,  nous voyons combien la prière de la communauté de l’Eglise est exaucée par Dieu. Les deux promesses sont grandes : ce que deux hommes qui se mettent par amour devant le Seigneur Lui demandent, cela leur sera accordé. Là où deux ou trois sont réunis au nom de Jésus, Il est au milieu d’eux. Au temps de Jésus, les rabbins disaient ceci : « Quand deux hommes s’asseyent ensemble autour des paroles de la Torah, alors la Shekinah (la présence de Dieu dans le monde) est au milieu d’eux. Le Christ remplace le fait de s’asseoir autour des paroles de la Loi par la prière, la Loi elle-même par la Loi nouvelle et vivante, Jésus Christ, et la Shekinah par la présence eucharistique.

Ainsi, nous devons, par la charité, nous efforcer de ramener dans le mystère central de l’Eglise, c’est-à-dire l’Eucharistie (source et sommet de la vie de l’Eglise),  tous ceux qui s’égarent en qui se trouvent en danger de se perdre. Encore faut-il que notre présence à la messe du dimanche soit elle-même un acte de charité. C’est loin d’être toujours le cas ! C’est ce que déplorait déjà S. Jean Chrysostome au 4e siècle.

Parfois aussi, c’est tout une communauté qui peut se mettre en situation de péché. J’ai lu le témoignage d’un prêtre qui parlait de ses paroissiens : pris individuellement, chacun y est très généreux. Les uns et les autres sont assez doués dans le domaine où ils souhaitent s’investir. Mais dès qu’ils sont ensemble, ils ne peuvent pas se supporter. Ils sont incapables de partager des responsabilités. Ils ne parviennent pas à se parler pour résoudre leurs conflits. Comment une communauté aussi divisée peut-elle témoigner de l’Evangile ? Un jour, Jésus a dit : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples » (Jn 13, 35).

Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux.
Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux.
Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux.

Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux.

Le Rocher et les Clefs, c'est quelqu'un, et pas n'importe qui - Homélie 21° dimanche du temps ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce XXI° dimanche du temps ordinaire. 

 

21 TOA ev

 


EVANGILE - Matthieu 16, 13 – 20 
Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.

 
 >> RealAudioMP3 

Lire le commentaire :

Ce 21° dimanche du temps ordinaire nous relate la profession de foi de Pierre et la réponse de Jésus qui l’institue pierre sur laquelle il va fonder son Église.


Deux images vont dominer : celle du rocher et celle des clefs. Toutes deux ont leur origine dans l’Ancien Testament et trouvent leur accomplissement dans la fondation qu’est Jésus-Christ. 


En premier lieu, le Rocher. C’est le fondement sur lequel on peut s’appuyer sans condition et de nombreux psaumes signifient que c’est Dieu lui-même : « Dieu seul mon salut, mon Rocher » dit le psaume 62. 


Sa parole divine est ce qui est parfaitement sûr et quand elle devient homme et s’incarne, quand elle devient ainsi le sauveur du peuple, alors le force de Dieu, la force du Rocher devient visible à tous : « ce Rocher, c’est le Christ » proclamera St Paul dans la première lettre aux Corinthiens ( 1 Cor, 10,4). 


Mais bien loin de conserver ce caractère unique et propre pour lui-même, Jésus, après la réponse de Pierre inspirée par le Père, va en donner part à celui-ci : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ». L’Église aussi aura part à ce caractère sans condition : « Les portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle ». La transmission de cette propriété ne peut se réaliser que par la foi parfaite qui est due à la grâce du Père dans le ciel, et nullement par une bonne inspiration de Pierre. La foi en Dieu et dans le Christ, devient elle-même ferme comme le roc, uniquement par Dieu et le Christ eux-mêmes. C’est un fondement sur lequel non pas l’homme, mais le Christ bâtit son Église. 


En second lieu, les Clefs. La propriété d’être le rocher-fondement contient déjà le pouvoir des clefs car celui qui est fondé en Dieu reçoit le pouvoir d’exercer en son nom et il ne peut être lui-même que sûr, par la grâce de Dieu. Ainsi la clef de la maison de David est mise sur l’épaule d’Eliakim, choisi par Dieu, dans la première lecture : « s’il ouvre, personne ne fermera, s’il ferme, personne n’ouvrira ». Désormais c’est le Christ, qui, ayant reçu ce pouvoir du Père, donne part à l’homme Pierre, sur qui l’Église est bâtie, à ce pouvoir qui pénètre désormais dans l’au-delà : ce qu’il lie ou délie sera lié ou délié dans le ciel.


Mais il nous faut remarquer qu’aussi bien dans l’Ancienne que dans la Nouvelle alliance, chez le Christ et Pierre, c’est toujours une personne bien déterminée qui reçoit les clefs. Il ne s’agit pas d’une fonction impersonnelle comme pour une présidence, où, à la place du titulaire, un autre peut être choisi. Dans la fondation du Christ, il s’agit toujours d’une personne très déterminée qui détient les clefs : nul ne peut se procurer un passe-partout ou une clef de rechange qui pourrait ouvrir ou fermer. 


Cela s’applique aussi à tous ceux qui participent au ministère sacerdotal, dérivé des apôtres : dans une communauté, seul le curé (et ses auxiliaires ordonnés) détient la clef qu’il ne peut céder à personne, partager avec personne. Il peut répartir des tâches et des « ministères », mais ce n’est pas lui qui est bâti sur le rocher de la communauté. C’est la communauté, une partie de l’Église, qui est bâtie sur le rocher de Pierre, auxquels tous les ministres sacerdotaux ont part. 


Seigneur, donne-nous d’aimer la place que tu nous donnes et d’aimer l’Église telle que tu l’as fondée en nous confiant à la richesse de ta grâce qui la fait vivre et en accueillant ses manifestations de faiblesse humaine comme nos propres faiblesses.

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.
Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.

La foi change tout - Homélie 20° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce 20ème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon Saint Matthieu, chapitre 15, versets 21-28).

 

20 TOA ev


Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »

 
Ecoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

Lire le commentaire :

L’évangile de ce jour nous fait le récit de la rencontre de la cananéenne et de Jésus. Et l’attitude de Jésus nous semble très dure par rapport à cette femme qui demande l’aide d’une guérison pour sa fille possédée.
Bien qu’elle supplie, « Jésus ne répondit rien » nous dit l’évangile, comme s’il refusait de l’écouter. Nous avons bien du mal à imaginer Jésus méprisant. 
Ce n’est que lorsque les disciples sont agacés par ses cris que Jésus répond et objecte : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël ». Là encore nos réflexes altruistes butent sur cette réponse de Jésus. 
Mais la femme ne se décourage pas, elle vient bloquer ses pas en se prosternant devant lui. « Seigneur, viens à mon secours » 
Jésus répond : « il n’est pas bien de prendre le pain des petits enfants pour le donner aux petits chiens ». Là de même, l’incompréhension surgit dans notre réflexion : comment Jésus peut-il comparer la cananéenne à un petit chien ? 
Mais il nous faut resituer le contexte et surtout comprendre la mission de Jésus. « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël ». 
Nous oublions facilement que la mission terrestre de Jésus concerne réellement Israël : il est le peuple élu, autour duquel ensuite, une fois le peuple sauvé et parvenu à la vraie foi, les peuples païens devaient se rassembler et eux-mêmes découvrir le vrai Dieu et le salut. Et pour lui cette mission a un caractère exclusif : il a été envoyé pour cela et doit s’y consacrer entièrement.
C’est-à-dire qu’il ne peut pas agir en passant à côté de sa mission messianique mais uniquement à travers l’accomplissement de celle-ci.
Cette mission est accomplie à la croix, où rejeté par Israël, il souffre non seulement pour Israël, mais pour tous les pécheurs. Et le don de sa vie, dès lors, ne s’arrêtera plus à une communication de la révélation à un seul peuple mais à tous ceux qui vont croire en lui, en celui qui l’a envoyé et en son œuvre.

« C’est vrai Seigneur » réponds la cananéenne car elle voit la mission de Jésus et la comprend comme prépondérante. 
« Mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leur maître». Réponse merveilleuse qui achève de convaincre Jésus de la foi de cette femme : elle se met à la dernière place tout comme le centurion païen de capharnaüm : « Seigneur, ne te dérange pas davantage, je ne suis pas digne ».
Et la foi opère ce qui n’était pas prévu : « Femme, ta foi est grande, que tout se passe pour toi comme tu le veux ». 


La foi change tout et trouve toujours une réponse en Dieu.
Seigneur, suscite en nous cette foi si attentive qu’elle appelle ta tendresse de Père et nous rend visible le salut auquel tu nous destines.

La foi change tout et trouve toujours une réponse en Dieu.

La foi change tout et trouve toujours une réponse en Dieu.

Transformés par la Miséricorde de Dieu - Homélie 2 Pâques A (Fête de la Divine Miséricorde)

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

2 paques thomas

 

 

Qu’avons-nous fait pour mériter la résurrection du Christ d’entre les morts ? Saint Pierre nous dit dans la deuxième lecture que dans la Résurrection, nous trouvons « une vivante espérance » et « une joie inexprimable ».

Et c’est vrai. Parce que le Christ est ressuscité des morts, nous pouvons vivre dans l’espérance de vivre avec lui pour toujours au ciel.

Nous pouvons espérer le rassemblement de tous ceux qui ont cru au Christ et qui ont fait un sérieux effort pour le suivre durant leur vie sur la terre, rassemblement qui aura lieu à la fin de l’histoire.

Nous pouvons espérer « l’héritage qui ne connaîtra ni destruction, ni souillure, ni vieillissement ». Chaque fois que nous recevons la Sainte Eucharistie, le sacrement du Corps et du Sang glorifiés du Christ, cela nous rappelle que nous attendons un banquet céleste où seront abolis toute tristesse, toute souffrance, et la vie en plénitude que nous désirons, celle en vue de laquelle nous sommes créés, sera nôtre.

Ce n’est pas un rêve ou un comte de fée. C’est la promesse du Christ ressuscité, Seigneur de la vie et de l’histoire. Cette promesse est pour vous et pour moi, qui sommes ses disciples. Si Jésus n’était pas ressuscité des morts, nous ne pourrions espérer rien de tout cela. Mais il est ressuscité, et nous pouvons espérer tout cela.

Qu’avons-nous fait pour mériter un tel cadeau indescriptible ? Absolument rien. Tout comme les Apôtres, nous nous étions cachés derrière les portes closes de nos craintes, essayant de dissimuler nos péchés. Mais Jésus nous a tant aimés qu’il est entré dans notre vie malgré tout, qu’il a soufflé son Esprit Saint sur nous, et qu’il nous a adoptés comme ses frères et sœurs, pour partager sa propre vie avec nous.

Voilà la « grande miséricorde » de Dieu : nous n’avons rien mérité, et pourtant il nous a tout donné.

 

Ce qui est étonnant au sujet de la miséricorde de Dieu, c’est que, non seulement, nous sommes pardonnés, mais aussi transformés. Une des plus grandes souffrances de cette vie, c’est quand on nous fait du tort. Quand des gens mentent à notre sujet, qu’ils trompent, nous trahissent, cela peut déchirer notre cœur, détruire notre paix, même après réparation des dégâts matériels. Mais la miséricorde contagieuse de Dieu peut remplir même ces expériences les plus sombres de sa lumière rédemptrice.

Sainte Maria Goretti avait à peine vingt ans quand elle fut violemment assaillie par un jeune homme de son village. Quand elle résista à ses avances, il l’a poignardée plusieurs fois avant que des secours n’arrivent. Elle est conduite à la hâte vers l’hôpital, mais les blessures étaient trop nombreuses et trop graves, et elle a perdu lentement tout son sang. Au cours des vingt-quatre heures qui ont suivi, elle perd conscience plusieurs fois, puis elle meurt. Lors de l’un des moments où elle était conscience, cette jeune fille de vingt ans a donné explicitement et spontanément son pardon au jeune homme qui a mis fin à sa vie précocement d’une manière si brutale.

Durant la persécution des Catholiques par la reine Elisabeth en Angleterre, le prêtre et martyr, saint Edmond Campion, est trahi et arrêté. Quand il croupissait dans sa prison, celui qui l’avait trahi lui rend visite. Saint Edmond non seulement lui pardonne, mais l’encourage gentiment à quitter l’Angleterre, où sa propre vie pourrait être en danger. Il lui donne même une lettre de recommandation pour un noble catholique en Allemagne.

Voilà la puissance de la miséricorde de Dieu. Elle peut remplir nos cœurs d’une force et d’une paix surnaturelles, même quand nous sommes suspendus à la croix avec le Christ. Comme le disait un jour sainte Faustine Kowalska : "C’est quand nous pardonnons à notre prochain que nous ressemblons le plus à Dieu."

 

Voilà comment Dieu nous a traités, non pas à cause de nos mérites, mais parce que sa bonté est tellement puissante et débordante qu’il voulait nous faire le plus grand cadeau qu’il puisse nous faire : le partage de sa propre vie divine, une place pour chacun de nous dans sa demeure céleste, une réelle appartenance à sa famille divine pour toujours.

Aujourd’hui, l’Eglise, qui nous rappelle cela, nous invite à laisser déborder notre gratitude tout simplement, comme des enfants. L’Eucharistie est le gage que le Christ nous donne de la gloire qui doit se révéler entre nous. Aujourd’hui, en recevant ce gage dans la Sainte Communion, rendons grâce à Dieu du fond de notre cœur pour sa miséricorde si généreuse. Mais ne disons pas seulement merci en paroles. Si notre Seigneur et notre Dieu nous a traités avec une bonté si débordante, nous donnant plus que ce que nous méritons, nous devons faire la même chose avec ceux qui nous entourent.

Il y a trois manières toutes simples pour le faire, trois manières dont nous pouvons activer la grâce de Dieu pour être de vrais disciples du Christ, nous faisant des messagers de la miséricorde de Dieu.

D’abord nous pouvons pardonner à ceux qui nous offensent, nous font du mal, même si nous pensons qu’ils ne méritent pas notre pardon, exactement comme le fait le Christ, chaque fois que nous allons nous confesser.

Ensuite, nous pouvons faire un cadeau aux autres, leur donner une chance, leur témoigner de la gentillesse, même si nous pensons qu’ils n’ont rien fait pour le mériter, tout comme le Christ le fera pour nous aujourd’hui dans la Sainte Communion.

Enfin, nous pouvons patiemment supporter ceux qui nous énervent avec leurs bêtises, exactement comme le fait le Christ avec chacun de nous à chaque instant de notre vie.

Plus nous ressemblerons au Christ dans sa miséricorde, par la puissance de sa grâce, plus nous pourrons faire l’expérience de « joie inexprimable qui vous transfigure » que le Christ nous a obtenue par sa mort et sa résurrection.

"C’est quand nous pardonnons à notre prochain que nous ressemblons le plus à Dieu."
"C’est quand nous pardonnons à notre prochain que nous ressemblons le plus à Dieu."

"C’est quand nous pardonnons à notre prochain que nous ressemblons le plus à Dieu."

La loi fondamentale de la vie chrétienne - Homélie Pâques A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

paques vigile ev

 

 

Il y a deux jours à peine, le soir du Vendredi Saint, c’était la perspective d’un échec apparent qui s’imposait. Non seulement le Seigneur était-il mort et enterré, mais les Apôtres s’étaient cachés dans pièce fermée à double tour, craignant pour leur vie. Où étaient les miracles ? Que restait-il des belles paroles du Maître ? C’était comme si Dieu avait abandonné leur cause, offrant le spectacle d’un rêve naïf à souhait.

Mais maintenant pointe l’aurore du dimanche de Pâques et, avec elle, la victoire irréversible de la Résurrection. Le tombeau est vide. La pierre est roulée. L’ombre de la croix a été dissipée par la vive lumière de l’aube d’une nouvelle création. L’échec apparent du Christ s’est transformé en victoire, comme la semence n’est enfouie dans la terre que pour réapparaître avec une nouvelle fraîcheur.

C’est la loi fondamentale de la vie chrétienne, pour l’Eglise, pour les communautés chrétiennes, pour chacun de nous : les échecs apparents fleurissent en autant de victoires ; les Vendredi Saint deviennent des Dimanche de Pâques.

Si nous suivons le Christ, il nous conduit vers le sommet de la colline du Calvaire, où nous mourons à nous-mêmes dans un abandon douloureux à la volonté de Dieu, qui est notre Vendredi Saint. Mais c’est justement cette mort qui permet à la grâce de Dieu d’être à l’œuvre dans notre vie pour faire place à de nouvelles pousses de sagesse, de vertu et de bonheur, notre Dimanche de Pâques.

La vie chrétienne est constituée par un nombre incalculable de variations sur ce thème, que Dieu nous révèle en Jésus Christ : Vendredi Saint, Dimanche de Pâques, Vendredi Saint, Dimanche de Pâques, Vendredi Saint, Dimanche de Pâques…

Nous connaissons le programme avec exactitude. Si nous nous attendons à l’un sans l’autre, cela signifie que nous n’avons par appris la leçon fondamentale de l’Evangile. Quand, au contraire, nous acceptons ce rythme et que nous nous y adaptons, nous commençons à prendre de la vitesse sur la voie de la sagesse, de la sainteté et du bonheur durable.

En 2007 a été publié aux Etats-Unis un livre intitulé Made to Stick (trad. fr. 2009 : Ces Idées qui Collent). C’est une analyse intéressante des six caractéristiques qui font que les idées collent. Le livre a été écrit pour aider les enseignants et les professionnels du marketing à mieux communiquer. Une de ces six caractéristiques c’est le "storytelling", l’art de raconter les histoires. Les auteurs expliquent que ce sont les histoires qui font que les bonnes (ou les mauvaises) idées deviennent pratiques.

Les histoires sont comme des simulateurs de vol. Quand nous écoutons une histoire, c’est comme si on la vivait de l’intérieur, comme si nous avions à faire face aux défis pour les surmonter nous-mêmes. Certaines histoires nous donnent des petites leçons, comme les fables de La Fontaine, Le lièvre et la Tortue, par exemple. C’est une fable qui nous enseigne que pour mener une chose à bien, il vaut mieux agir calmement, de manière réfléchie, plutôt que d’agir précipitamment.  

Certaines histoires sont plus profondes encore. Ce sont des histoires qui font partie de notre subconscient et qui structurent notre vision du monde dans son ensemble. Elles créent comme une sorte de paysage spirituel dans le cadre duquel nous interprétons la réalité et prenons des décisions.

L’histoire globale du Christianisme, c’est la croix et la résurrection, c’est l’amour qui conduit au sacrifice, et le sacrifice qui conduit à la victoire. L’histoire globale qui s’est imposée à notre culture depuis une centaine d’années, l’histoire sans cesse racontée par les publicitaires, est presque exactement la même. Seul un détail a été modifié. Cette histoire est la suivante : achetez ce produit, et vous serez heureux. On raconte cette histoire en montrant le produit, quel qu’il soit, en même temps que quelque chose qui suscite des sensations agréables. Il n’y a qu’un seul petit détail qui différencie cette histoire de la foi chrétienne : elle nous promet le Dimanche de Pâques sans le Vendredi Saint.

Quelle est pour nous l’histoire globale ? Quel est le simulateur de vol avec lequel nous nous entraînons ? Est-ce que nous pensons que le bonheur vient du fait de suivre le Christ jusqu’à la croix en renonçant à nous-mêmes pour accomplir la volonté de Dieu ? Ou est-ce que nous poursuivons un bonheur qui viendrait d’un conjoint idéal, d’une maison idéale, d’un diplôme idéal, d’une amitié idéale, de vêtements idéaux, d’un compte en banque idéal ?

Aujourd’hui, le Christ nous rappelle que c’est son histoire qui est la vraie. Et il nous invite à nous l’approprier une fois de plus.

Les trois dons de Jésus le soir du Jeudi Saint - Homélie

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

jeudi.saint.lavement.jpg

 

Tout être humain éprouve deux besoins plus fondamentaux que n’importe quels autres. Nous avons besoin d’être aimés, et nous avons besoin d’aimer. La raison en est que nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, et Dieu est amour. La Très Sainte Trinité, c’est l’amour de Dieu, pleinement vivant, chaque Personne, Père, Fils et Saint Esprit aimant les autres et étant aimée des autres. C’est à cette image-là que nous sommes créés ; nous sommes faits pour suivre cet exemple.

Nous pouvons posséder tout l’or du monde, toute la popularité, la puissance et le succès possible et imaginable, mais si nous ne sommes pas aimés profondément, simplement pour ce que nous sommes, librement, et si nous n’aimons pas un(e) autre au point de nous sacrifier nous-mêmes pour lui (elle), nous serons des misérables.

Jésus connaît notre double besoin fondamental. Par sa souffrance et sa mort, sa Passion qui commence ce soir, il y a pourvu. Saint Jean nous dit :

« Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. »

Ceci veut dire que Jésus nous a donné la preuve ultime, par sa Passion, de son amour sans bornes pour chacun de nous. Et ce soir, en ce Jeudi Saint, il nous a fait trois dons dans le prolongement sa Passion tout au long de l’histoire.

  • -       Il nous a donné l’Eucharistie, sa Présence réelle qui nous nourrit en chaque tabernacle, lors de chaque communion.
  • -       Il nous a donné le sacrement de l’Ordre, comme une multiplication sacramentelle, à travers le temps et l’espace, de son propre amour miséricordieux.
  • -       Et il nous a donné le commandement du véritable amour, pour que nous sachions comment aimer en vérité, sans retour sur nous-mêmes, comme quand il a lavé les pieds de ses disciples.

 

Par ces dons éternels, inestimables, Dieu nous sauve, répondant aux deux besoins fondamentaux de tout cœur humain.

 

Chacun de ces dons répond à nos deux besoins les plus profonds. Prenons, par exemple, le sacrement de l’Ordre. Le sacerdoce, c’est la manière que Dieu a choisi pour être présent dans notre vie comme maître, comme père et comme guide, sans pour autant nous envahir. Il envoie sa grâce par les prêtres, des hommes en chair et en os avec qui nous pouvons entrer en relation. Plus question de coups de tonnerre et de nuées de feu et de fumée, comme dans l’Ancien Testament. Dieu se met à notre niveau, pour pouvoir nous élever à son niveau.

La veille des funérailles de Jean Paul II, Rome était envahie d’une foule de cinq millions de pèlerins, selon les estimations. La ville avait de la peine à héberger un tel nombre. Des milliers et milliers ont passé la nuit dans les rues. Et partout où il y avait du monde dans la ville, tout au long de la nuit, l’on pouvait voir des prêtres entendant les confessions dans des confessionnaux improvisés, avec des panneaux autour du cou pour indiquer les langues qu’ils parlaient. Tout au long de la nuit, Dieu prouvait son amour, répandant doucement la lumière de sa miséricorde par le sacrement de la confession.

Dans la matinée suivante, l’un de ces prêtres était interviewé par un journaliste pour un "talk show" américain. Le prêtre était fatigué, affamé, non rasé, mais ses yeux pétillaient de joie. Le journaliste lui demande ce qu’il avait fait toute la nuit. "J’ai entendu des confessions dans les rues de Rome", a-t-il répondu. "Des personnes âgées ?", demande le journaliste. "Certains âgés, mais la plupart des jeunes,", répond le prêtre. Le journaliste demande alors : "C’est bien connu que les jeunes aimaient Jean Paul II parce qu’il était une célébrité. Mais pourquoi veulent-ils se confesser ? Est-ce qu’ils ne veulent pas changer les enseignements de l’Eglise au sujet du péché ?" Le prêtre sourit, et dit : "Ce qu’ils veulent changer, c’est eux-mêmes. Et Jean Paul II leur a rappelé qu’avec la grâce de Dieu, ils en sont capables. Voilà pourquoi ils sont venus se confesser." Aussitôt l’interview a été interrompue pour faire place à un spot publicitaire.

Voilà le don que le Christ nous a laissé dans le sacrement de l’Ordre : une assistance puissante, sacramentelle, vivante tout au long du chemin difficile de la vie, un don qui, à la fois, prouve que nous sommes aimés et qui fortifie notre amour.

 

C’est au cours de cette nuit que Jésus nous a fait ces grands cadeaux.

La meilleure manière, peut-être, de le remercier, c’est de prendre du temps au cours des jours qui vont suivre, pour vraiment en profiter, pour en faire bon usage. C’est de permettre à ces dons de répondre à nos besoins les plus profonds en ouvrant notre cœur avec courage au Christ.

Le premier besoin, c’est celui d’être aimé. Si nous ne savons pas que nous sommes aimés de manière inconditionnelle, pleinement, de fond en comble, simplement pour ce que nous sommes, il est pratiquement impossible pour nous de pouvoir aimer en retour, comme nous y sommes appelés parce que nous sommes à l’image de Dieu. Et plus nous savons que nous sommes aimés, plus nous sommes fortifiés, et plus nous devenons capables d’aimer en retour. Nous avons tous pu en faire l’expérience, même au niveau purement humain. Quand nous nous savons aimés, nous sommes forts.

Eh bien, permettons à Jésus de nous assurer de son amour pour nous tout au long de ce temps, en priant, en lisant, en réfléchissant, en participant à la liturgie, en recevant les sacrements. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Nous tous qui sommes ici ce soir, nous avons tous pu faire déjà l’expérience de l’amour du Christ pour nous, au moins un peu, même si nous avons besoin d’en faire l’expérience toujours plus.

Mais je suis sûr que chacun de nous connaît quelqu’un qui n’en a jamais fait l’expérience, ou qui n’en a plus fait l’expérience depuis longtemps. Soyons des chrétiens véritables, authentiques pour ces gens, de vrais disciples du Christ en ce temps de Pâques. Prions pour eux, invitons-les à nos liturgies, ou allons à leur rencontre, en leur lavant les pieds d’une manière ou d’une autre, pour leur permettre de faire l’expérience de l’amour du Christ par notre amour à l’image de l’amour du Christ. Jésus n’est-il pas mort pour eux aussi ? Son amour qui sauve est beaucoup trop précieux pour les garder pour nous-mêmes.

Jan Tyranovski, l’ânon de Jean Paul II - Méditation pour le dimanche des Rameaux

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

rameaux

 

 

Aujourd’hui, le Roi vient prendre possession de son Royaume. Qui est ce Roi ? Le Fils unique de Dieu, Celui qui a reçu l’onction, le Messie, Jésus Christ.

Quel est son Royaume ? Le Royaume éternel où Dieu lui-même règne dans chaque cœur.

L’entrée triomphale de Roi dans Jérusalem est le premier acte du drame sacré de la plus grande œuvre du Christ : sa passion, sa mort et sa résurrection, par lesquelles il va sauver le monde et établir son Royaume sans fin.

Aujourd’hui, nous célébrons son triomphe avec le symbole ancien de la victoire : des branches de palmier. Et ce n’est que justice.

Mais sommes-nous seulement des spectateurs ? Non. Nous sommes appelés à participer à l’entrée triomphale du Christ dans Jérusalem. La clé de ce fait que nous appelés à être plus que des spectateurs, c’est la manière dont le Christ est entré à Jérusalem : sur le petit d’une ânesse.

Cela veut dire beaucoup de choses. Cela signifie que le Christ accomplit la volonté du Père, car Zacharie avait prophétisé que le Messie entrerait dans Jérusalem sur un ânon. Cela signifie aussi que le Christ est le Prince de la Paix, parce que quand les rois de l’Antiquité venaient avec un message de paix, ils montaient des ânes, mais s’ils étaient pour faire la guerre, ils montaient des chevaux. Mais le plus important, c’est que c’est une parabole.

Jérusalem représente le cœur de chaque homme. Et tout comme Jérusalem était une ville entourée de hautes murailles, ainsi chaque cœur humain est entouré de murs. Et Jésus veut passer par ses murs pour gagner ces cœurs. Il ne veut pas le faire tout seul. Il aurait pu entrer dans Jérusalem à pied, mais il ne l’a pas fait. Il a voulu choisir un ânon.

De la même manière, pour apporter son Royaume dans les cœurs des hommes de ce temps, il veut avoir besoin de vous et de moi. Nous sommes les ânons qui portent le Christ dans chaque ville du monde, dans tous les cœurs. Jésus veut conquérir le monde par nous. C’est la stratégie constante de Jésus. Il vient dans notre vie par des gens et des événements ordinaires, de tous les jours.

Demandez à n’importe quel prêtre ou religieux (religieuse) comment ils ont découvert leur vocation, et ils vous raconteront une histoire qui illustre cette stratégie.

Un illustre exemple de ceci est celui du Serviteur de Dieu, (béatifié le 1er mai 2011, canonisé le 27 avril 2014) Jean Paul II. Quand il était jeune universitaire avec un brillant avenir en perspective, il a fait la rencontre d’un humble tailleur, un laïc, appelé Jan Tyranovski. Jan avait mis sur pied un groupe de prière basé sur le Rosaire vivant. Jan était un homme ordinaire. Rien ne le distinguait de son entourage. Il ressemblait à tout le monde. Il vivait sa vie de tous les jours comme n’importe qui. Il faisait son travail comme tout un chacun. Il était comme un ânon ordinaire. Il était comme le pain ordinaire qui devient l’Hostie de la Messe. Mais c’est par son témoignage que le jeune Karol Wojtyla a entendu son appel au sacerdoce.

Voilà comment le Christ a choisi d’agir dans notre vie et dans le monde ; il apporte la victoire de sa grâce à la ville de Jérusalem en montant un petit ânon, par des gens et des événements ordinaires.

La seule chose qu’on demande à des ânes, c’est d’être dociles. Demandons donc d’être des ânes dociles pour l’entrée glorieuse de Jésus dans tous les cœurs, dans notre monde.

Jésus aurait pu entrer dans Jérusalem à pied, mais il ne l’a pas fait. Il a voulu choisir un ânon.

Jésus aurait pu entrer dans Jérusalem à pied, mais il ne l’a pas fait. Il a voulu choisir un ânon.

Le verset le plus court de la Bible et le plus grand miracle de Jésus - Homélie 5° dimanche du Carême A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011
Comme pour Marie et Marthe, il y a un moment où nous devons faire confiance à Jésus...

Comme pour Marie et Marthe, il y a un moment où nous devons faire confiance à Jésus...

Parfois notre attention se concentre tellement sur l’élément central de ce passage de l’évangile – la résurrection de Lazare – que nous risquons de négliger les autres perles qu’il contient. Imaginez la scène initiale. Les messagers arrivent fatigués, essoufflés. Sans délai, ils délivrent le message de Marthe et de Marie :

 

« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »

 

Toujours essoufflés, ils fixent le Christ dans une grande attente. Le regard des Apôtres va de Jésus aux messagers, des messagers à Jésus. Alors Jésus, regardant les messagers avec amour, sourit et donne sa réponse.

 

Cet échange nous offre une occasion privilégiée de mieux connaître le Cœur Sacré de Jésus. Le message de Marthe et de Marie est une prière parfaite. Elles auraient pu dire : "Seigneur, celui qui vous aime est malade", comme si Lazare méritait d’être guéri parce qu’il aimait Jésus. Mais quel est celui qui aimait davantage : Lazare, ou Jésus ? Le Christ aimait Lazare infiniment plus que Lazare n’avait pu aimer Jésus ! Faire appel à l’amour du Christ, c’était certainement la meilleure chose à faire.

 

Elles auraient pu dire encore : "Seigneur, viens guérir Lazare ; il est malade !" Mais cela aurait signifié dicter ce que Jésus devrait faire. Or, elles voulaient s’en remettre à lui pour la décision, sachant que son amour ferait tellement plus que ce qu’elles pourraient imaginer, et elles avaient raison.

 

C’était donc la prière parfaite par laquelle les deux sœurs déversaient tous leurs besoins, leurs espoirs et leurs tristesses dans l’océan sans fond de l’amour du Christ.

 

« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »

 

Le Cœur du Christ, aurait-il pu mépriser ou ignorer une telle prière ? Elle exprimait une confiance totale, sans réserve, en lui, cette confiance que son amour voudrait tant trouver en chacun de nos cœurs, cette confiance qui libère sa puissance et qui procure le plus grand miracle de son ministère.

 

Ce passage contient aussi le verset le plus court de tout le Nouveau Testament :

 

« Jésus pleura. »

 

Si la résurrection de Lazare ne suffit pas pour nous inspirer une confiance sans bornes en Jésus, ce verset serait amplement suffisant. Jésus est Dieu. Il sait tout, et il est tout-puissant. Et pourtant, à la vue de la mort de son ami, et de ses amies, Marthe et Marie, en deuil, il est ému jusqu’aux larmes. Jésus Christ n’est pas un Dieu distant. Jésus a pleuré, et il pleure toujours. Il pleure avec nous quand nous pleurons. Il demeure avec nous dans l’Eucharistie quand tous les autres nous abandonnent. Jésus a pleuré avec Marthe et Marie avant de ressusciter Lazare d’entre les morts, car il voulait nous donner l’assurance de sa présence permanente dans nos propres souffrances. Quand nous sommes tentés d’en vouloir à Dieu ou de nous sentir abandonnés de lui, nous n’avons qu’à nous souvenir du verset le plus court de tout le Nouveau Testament : « Jésus pleura ».

 

Tous les saints ont appris la leçon. Sainte Ludivine, qui était paralysée depuis l’âge de seize ans, suite à un accident de patins à glace, l’a apprise particulièrement bien. Pendant les trente-huit années qui lui restaient à vivre, elle est restée invalide, confinée à un méchant lit de planches, couverte d’ulcères, et en proie à une douleur permanente. Mais elle refusait de se plaindre, car elle savait que Jésus était avec elle, qu’il pleurait avec elle. Elle disait toujours : "Les yeux de Dieu sont sur moi ; il voit et il sait tout. Ca me suffit."

 

Quand Dieu permet que nous souffrions, par amour il nous donne la chance d’avoir part à sa croix rédemptrice. Comme l’écrivait sainte Thérèse de Lisieux : "Le plus grand honneur que Dieu puisse réserver à une âme, ce n’est pas de lui donner beaucoup, mais de lui demander beaucoup."

 

La meilleure façon d’exprimer cette confiance, c’est d’adhérer à l’enseignement de l’Eglise. Le Christ s’est engagé à paître son troupeau fidèlement par le ministère du pape et des évêques en communion avec lui. Il a tenu cet engagement pendant deux mille ans. Pendant tout ce temps, alors que des empires et des royaumes se sont levés et ont périclité, que les modes, les cultures et des civilisations entières ont apparu et disparu, l’Eglise du Christ a continué d’enseigner la même doctrine que celle que le Christ a enseignée, en l’appliquant fidèlement aux circonstances changeantes de l’histoire. Elle l’a fait en dépit des imperfections personnelles de certains papes et évêques. Quand il s’agit de sujets de foi, de liturgie et de morale, voilà la voix que nous écoutons.

 

En certaines parties du monde d’aujourd’hui, il est devenu de bon ton pour des catholiques de faire un tri et de choisir parmi les doctrines, comme si le Catéchisme était un buffet. C’est ce qui a donné naissance à des groupes qui se disent catholiques, mais qui sont en contradiction avec les enseignements fondamentaux de l’Eglise catholique, comme l’immoralité de l’avortement ou le "mariage" homosexuel.

 

Mais quand nous faisons un tri et que nous choisissons parmi les enseignements de l’Eglise, que faisons-nous, en fait ? Nous disons à Dieu que nous ne lui faisons pas confiance. Nous lui disons que nous faisons confiance à des psychologues, des docteurs, des philosophes davantage qu’à Jésus Christ, qui, seul, est mort et ressuscité pour nous sauver de nos péchés.

Jésus ne nous demande pas d’être déraisonnables. Il y a d’excellentes raisons à la base de tous les enseignements de l’Eglise, et nous devrions les étudier. Mais même des experts ont des opinions divergentes sur beaucoup de sujets. La raison humaine ne suffit pas pour nous guider au ciel, tout comme les efforts humains n’ont pas suffi pour sauver Lazare. Comme pour Marie et Marthe, il y a un moment où nous devons faire confiance à Jésus, et mettre notre vie, nos décisions, nos problèmes et nos espoirs entre ses mains expertes. Ce moment, c’est maintenant.

La foi chrétienne n’est pas une religion parmi d’autres - Homélie 4° dimanche du Carême A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

4 careme A ev

 

 

Notre culture a tendance à considérer que la religion relève de la sphère privée. Elle nous dit que les croyances religieuses ne sont pas objectivement vraies, comme le sont les lois scientifiques. La religion peut bien apporter un réconfort à certains, mais c’est d’un ordre purement subjectif. Tout comme certains se détendent avec une tasse de thé de tilleul, tandis que d’autres préfèrent se relaxer avec l’arôme du café, ainsi certains trouvent du réconfort dans Mohammed, d’autres en Bouddha, d’autres encore en Jésus Christ. Au fond, c’est la même chose, nous dit la culture ambiante.

C’est un point de vue assez séduisant, qui a l’apparence de la tolérance. Il est tellement séduisant que, même parmi nous qui sommes ici aujourd’hui – le petit pourcentage de catholiques du monde occidental qui vont encore à la messe – même nous, nous ne manquons pas d’être affectés par cette dévaluation de la foi chrétienne. N’est-ce pas la raison pour laquelle nous sommes si peu enclins à partager notre foi avec ceux qui nous entourent ? D’ailleurs, nous sommes embarrassés par ce que nous sommes supposés croire. Alors nous préférons ne pas en faire mention ou essayer de donner des explications. Après tout, nous disons-nous, nous ne voulons pas imposer notre foi aux autres.

Mais Mohammet n’est pas mort sur une croix pour réparer nos péchés. Il n’en avait même pas la prétention. Bouddha n’est pas ressuscité des morts pour prouver qu’il était capable de donner la vie éternelle en récompense. Il n’en avait même pas la prétention. Alors que nous approchons de la semaine la plus sainte de l’année – la "Semaine Sainte" – l’Eglise nous rappelle, une fois de plus, qui est vraiment Jésus :

  • -       Le « Fils de l’Homme » - le titre que donne l’Ancien Testament au Messie promis, le Sauveur du monde ;
  • -       La « Lumière du Monde » - la seule qui puisse vaincre - et qui vainc effectivement - les ténèbres du péché.

 

Voilà le message que l’Eglise nous remet en mémoire aujourd’hui, et nous en avons bien besoin, n’est-ce pas ?.

Dans l’Evangile de ce jour, Jésus revendique clairement son identité unique en paroles et en actes. En actes, il fait deux choses. D’abord, il défie les lois sacrées du Sabbat. Aucun travail, aucune guérison n’était autorisée le jour du Sabbat, selon la loi juive en vigueur. Or prendre de la terre pour en faire de la boue, pour l’appliquer sur les yeux de quelqu’un, c’est un travail. Ce faisant, Jésus montre que son autorité était supérieure à celle des Pharisiens et des Scribes qui avaient édicté ces lois, et même, qu’elle était égale à celle de Dieu, puisque Dieu lui-même avait fait du repos du Sabbat un commandement.

Deuxièmement, il guérit un aveugle-né. Comme le dira l’aveugle lui-même, on n’a jamais entendu dire pareille chose. C’était un miracle sans précédent qui montrait clairement l’action divine.

Et pour que personne ne puisse s’y méprendre, Jésus explique le sens de ces actions en paroles.

  • -       Il s’attribue à lui-même le titre messianique de « Fils de l’Homme ».
  • -       Il se dit lui-même la « Lumière du monde ».
  • -       Et il dit explicitement que son miracle est une révélation de la gloire de Dieu.

 

Pour quiconque lit ce passage avec honnêteté, il n’y a aucun doute sur le fait que Jésus prétend être plus qu’un prophète, qu'un maître ou qu'un gourou parmi d’autres. Il revendique le rang de Dieu, de Dieu fait homme.

Mais il y a d’autres détails de cette scène qui permettent d’aller plus loin encore dans la révélation de la nature et de la mission divines du Christ.

D’abord, Jésus envoie l’homme se laver dans la piscine de Siloé. La fin de la fête des Tentes (qui durait huit jours) était toute proche au moment où Jésus accomplit ce miracle. Cette fête comportait une cérémonie impressionnante qui commémorait l’eau que Moïse avait fait jaillir du rocher au cours de la traversée du désert d’Israël. Au cours de cette cérémonie, de grandes quantités d’eau étaient versées sur la pierre de l’autel qui se trouvait dans la cour intérieure du Temple, à tel point que l’eau coulait à travers le Temple tout entier. Cette eau cérémonielle était puisée à la piscine de Siloé, un bassin artificiel, alimenté uniquement par la seule source d’eau de la ville de Jérusalem. Cette source se trouvait à l’extérieur des murs de la ville, et c’est de là que l’eau était "envoyée" vers le piscine à travers un long tunnel creusé à grand peine dans le roc.

La Fête des Tentes comportait aussi une cérémonie grandiose de lumière. Tout le complexe du Temple, situé au sommet d’une colline à l’intérieur de la ville, était illuminé en pleine nuit, si bien qu’il pouvait être vu des kilomètres à la ronde. Cette cérémonie rappelait, elle, la Colonne de Lumière qui avait guidé les Israélites durant la nuit tout au long des quarante années de leur traversée du désert vers la Terre Promise.

C’est dans ce contexte-là que le miracle de Jésus révèle que la puissance qui est à l’œuvre en lui est la même que celle qui avait façonné et libéré le peuple d’Israël au temps de Moïse – la puissance du SEIGNEUR Dieu. Jésus est le nouveau Moïse, le Messie promis. Avec l’eau du rocher, il assouvit les hommes qui ont soif de liberté et de plénitude, et il illumine la voie de l’Exode spirituel qui conduit à l’amitié divine par la foi en lui, le Christ, le Sauveur.

Le fait de croire en Jésus Christ signifie donc beaucoup plus que ce que notre culture sécularisée voudrait nous faire croire. Cela signifie donner sa vie pour lui, le suivre quoi qu’il arrive, sans avoir peur de rendre témoignage à son amour, sa bonté, sa vérité, sa puissance.

Nous sommes ses disciples, ses ambassadeurs. Être fidèle à cette identité, c’est trouver notre joie éternelle. Dieu ne demandera pas à chacun de nous d’aller jusqu’au témoignage du martyre. Mais ce qu’il demande à chacun de nous, c’est de renouveler notre foi en Jésus Christ aujourd’hui. Dans quelques minutes, nous allons proclamer cette foi. Aujourd’hui, faisons-le avec une ferveur particulière, renouvelant notre foi en Jésus, Christ, Fils de Dieu, Lumière du Monde.

Et au moment où Jésus viendra de nouveau vers nous dans la Sainte Communion, remercions-le pour tout ce qu’il a fait pour nous, et adorons-le sans partage, à l’exemple de cet aveugle de naissance à qui Jésus a ouvert les yeux.

Jésus revendique le rang de Dieu, de Dieu fait homme.
Jésus revendique le rang de Dieu, de Dieu fait homme.

Jésus revendique le rang de Dieu, de Dieu fait homme.

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