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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

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L'immigration, l'Église et l'Occident. Une interview d'Ettore Gotti Tedeschi. Loin de la langue de bois, sur un sujet tabou

dominicanus #actualités
L'immigration, l'Église et l'Occident. Une interview d'Ettore Gotti Tedeschi. Loin de la langue de bois, sur un sujet tabou

Dans un récent billet traduit ici (Vers une nouvelle religion?), Antonio Socci évoquait le Huitième rapport sur la doctrine sociale de l'Église dans le monde, de l'Observatoire Cardinal Van Thuan publié dans un livre intitulé “Il caos delle migrazioni, le migrazioni nel caos” , et en particulier la contribution d'Ettore Gotti Tedeschi.


L'ex-banquier de l'IOR est interviewé à ce sujet dans la revue mensuelle en ligne "Formiche". Et ce qu'il dit n'est pas vraiment politiquement correct... Dommage qu'on n'entende pas plus souvent des propos de ce genre en France.

 

L'IMMIGRATION, L'ÉGLISE ET L'OCCIDENT. 
ETTORE GOTTI TEDESCHI PARLE

Giovanni Bucchi
20 février 2017

 


* * *
 


L'ex-banquier de l'IOR explique à <Formiche.net> que les causes réelles de la migration ne sont pas d'ordre économique
Les raisons économiques ne suffisent pas à expliquer l'immigration de masse. C'est un phénomène «prévu et voulu pour modifier la structure sociale et religieuse de notre civilisation, concrètement, pour redimensionner le catholicisme». Ce sont les mots écrit noir sur blanc par Ettore Gotti Tedeschi dans le « Huitième rapport sur la Doctrine Sociale de l'Eglise dans le monde», présenté par l'Observatoire international Cardinal Van Thuan sur le thème de l'immigration. L'économiste et banquier catholique, ex-président de l'IOR, a confié à un court essai son évaluation qui, après la présentation du rapport à Rome, a suscité quelques critiques mais aussi des commentaires positifs.

- Gotti Tedeschi, dans votre intervention, vous parlez d'une «correction fraternelle» à certaines institutions de l'Église qui n'auraient pas compris le problème de l'immigration. En quoi consiste cette correction?

-- J'étais préoccupé par le zèle humanitaire plein d'émotivité qui tend à ignorer les chiffres du phénomène et n'affronte pas les causes du problème. On pourrait dire en effet qu'il y a trois «tabous» qu'aujourd'hui, on ne peut pas ou ne veut pas traiter de façon rationnelle et globale: le problème de la natalité, de l'environnement et des migrations. Il semblerait qu'il y ait une volonté supérieure répandue et imposée, qui ne veut pas que ces trois tabous soient discutés. Tout comme on dirait qu'il y a des "contrôleurs" prêts à utiliser tous les moyens, y compris l'intimidation, afin que sur ces tabous, on accepte une pensée unique: assez de naissances parce que l'homme détruit l'environnement, facilitons donc l'immigration parce que c'est la meilleure solution. Il y a beaucoup de points obscurs sur les trois tabous, mais pour ne pas nous écarter du sujet, il est bon de savoir que les données et les informations sur l'immigration régulière sont influencées par des accords, ou par un "chantage économique" avec les pays de provenance des migrations. Les données et les informations sur l'immigration clandestine sont encore moins claires; pensons que les débarquements illégaux en Italie en 2016 (181436) étaient quarante fois supérieurs à ceux de 2010 (4406). Et nous nous rendons compte que le phénomène de l'immigration clandestine est en augmentation et hors de contrôle. En 2015, le statut de réfugié a été reconnu dans seulement 5% des cas, 36% ont reçu une aide humanitaire et 59% ont été refusés, mais personne ne sait où ils sont. Et il s'agit de plus de 100 mille personnes (sur 153842 débarqué). En 2016, le chiffre a augmenté, 181436 personnes sont arrivées par mer (18% de plus qu'en 2015) et les irréguliers expulsés raccompagnés vers leur pays d'origine étaient seulement 5%. Dans la pratique, l'immigration dite irrégulière se développe à un rythme de 100 mille unités par an, et les pays voisins refusent les expatriés. Ce sont des chiffres fournis par le Haut Commissaire des Nations Unies sur les réfugiés.

- Pourquoi les raisons économiques ne suffisent-elles pas pour expliquer le phénomène migratoire?

-- Le phénomène migratoire est expliqué, ou plutôt laissé à deviner, avec trois causes principales: les conflits, la pauvreté, le besoin de main-d'œuvre. Il est évident que ces trois causes existent, mais par quoi elles s'expliquent, et si elles peuvent être résolues, est rarement discuté. Prenons la première, les conflits. Jusqu'à il y a une dizaine d'années, ils étaient "éteints" pratiquement dans l'oeuf; par la suite, on dirait qu'ils ont été tolérés (ou même causés, pensons à la Libye), tandis que les ventes d'armes à plusieurs pays augmentaient et on pense que ces armes peuvent avoir servi à Daesch. Les conflits qui ont généré les migrations pouvaient-ils être étouffés, oui ou non? Prenons la deuxième causse, la croissance de la pauvreté. Le problème ne semble pas si vrai, si l'on regarde les flux migratoires. Ceux provenant de pays en difficultés économiques réelles représentent entre 5 et 10%. Mais il est important de noter que cette pauvreté est également due à nos manquements au cours des dix dernières années. Qu'on voie les conclusions du fameux G8 pour l' Afrique, où nous nous sommes engagés à soutenir les investissements et les exportations des pays pauvres; qu'avons-nous fait? Pratiquement rien. Enfin, le besoin de main-d'œuvre; le déficit (gap) de population dû à l'effondrement démographique rend-il les migrations nécessaires? Mais qui, ou quoi, a provoqué ce déficit qu'aujourd'hui on prétend gérer? Qui a imposé la baisse du taux de natalité en Occident et prévoit maintenant de le compenser par l'immigration? À une époque de crise économique, avec un taux de chômage dans notre pays comme l'actuel? Avec un coût de l'accueil si onéreux pour notre budget? 
J'ai parlé de la nécessité de clarifier les causes réelles du problème, qui sinon ne sera pas résolu et même s'aggravera. Les doutes à propos du fait qu'on veut ignorer ces causes réelles résident aussi dans la confusion qui règne en Europe. Se peut-il qu'on n'ait jamais réfléchi au fait que les migrants sont principalement des jeunes en bonne santé? Les moins jeunes ne craindraient-ils pas les conflits et la faim?

- Venons-en au fait. Vous avez écrit qu'il y a un plan pour «redimensionner le catholicisme», vous avez parlé d'un projet de re-ingéniérisation gnostique mondial qui a un ennemi déclaré: l'Eglise catholique, et vous l'avez fait en citant le secrétaire de l'ONU Ban Ki-moon et le Rapport Kissinger de 1974 [NSSM200] (*). Pourquoi l'Eglise catholique est-elle la cible?

-- Je pense que le phénomène des migrations est l'une des (pires) conséquences des échecs de ce qu'on appelle Nouvel ordre économique mondial, instauré dans les années soixante-dix pour réguler le nécessaire processus de la mondialisation. J'invite à réfléchir sur le fait que tous les objectifs du Nouvel Ordre, non seulement ne sont pas réalisés, mais il s'est produit exactement le contraire: on voulait éteindre toutes les causes des conflits, les inégalités, la pauvreté, l'intolérance religieuse, le totalitarisme, et c'est le résultat opposé qui s'est produit, incluant un processus de migration forcée. Le vrai grand «succès» du Nouvel Ordre est d'avoir créé une crise économique mondiale, à son tour origine d'autres conséquences néfastes. Nous devons aussi reconnaître qu'il y a eu un autre «vrai succès»: celui lié au processus déclaré de relativisation des croyances religieuses, visant à la laïcisation de celles-ci, avec comme conséquences l'effondrement des valeurs morales et les changements au sein de l'Eglise catholique. Si nous regardons les conséquences de ces faits observés, on ne peut pas ne pas réfléchir au risque (pour certains) ou à l'opportunité (pour d'autres) d'un processus de ré-ingéniérie socio-religieuse [l'ingénierie sociale est une pratique visant à modifier à grande échelle certains comportements de groupes sociaux, ndt] certainement inspirée, et je dirais même gérée. Si nous avions la patience d'aller relire les déclarations faites par des leaders internationaux dans les quarante dernières années, nous trouverions matière d'analyse sur le fait que «rien n'arrive par hasard». Nous ne parlons pas de théories du complot, nous parlons de faits.

- En lisant votre essai, on pourrait penser que l'Église catholique, qui est la cible d'attaque, ne comprend pas ce qui se passe. C'est le cas?

-- Le catholicisme est une foi absolue et dogmatique qui exige des devoirs envers le Créateur. Le monde laïciste ne tolère pas ces «devoirs». Voyez-vous, le projet du Nouvel Ordre Mondial prévoyait plus d'objectifs stratégiques, allant du contrôle des naissances aux nouveaux paradigmes éthiques pour les confessions religieuses les plus dogmatiques, afin d'avoir une grande religion universelle. Au cours des quarante dernières années, on n'a rien fait d'autre que discuter de nouveaux objectifs pour l'humanité, puis nous avons eu le 11 Septembre et tout a changé, on a géré l'urgence de façon opportuniste ... On a bien fait comprendre que les droits civils que méritait le monde n'avait rien à voir avec ceux enseignées par la morale catholique, au point que le directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé est allé jusqu'à expliquer que l'éthique chrétienne ne devrait plus être appliquées à l'avenir. Et Obama en 2009 a déclaré que la santé est le bien-être bio-psycho-social, d'où feu vert pour l'avortement sans restriction, l'euthanasie grâve à la limitation des soins, le déni du droit [d'objection] de conscience. Il était évident que le catholicisme était attaqué, non? Ensuite, le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, dans son discours historique devant les chefs religieux à New York en 2000, est allé jusqu'à parler de syncrétisme religieux pour créer une nouvelle religion universelle, expliquant que les processus d'immigration aideraient à ce projet ...

- L'Église est restée à regarder?

-- Je ne me permets pas de critiquer les institutions religieuses, ni le Pape; que pourrait dire d'autre le Pape, sinon exhorter à la charité? Eventuellement, je reste perplexe face à des déclarations faites par des membres éminents d'institutions qui semblent vouloir ignorer les causes et faire des propositions génériquement humanitaires, indépendamment de ces causes. Avez-vous déjà vu résoudre un problème en agissant sur les effets plutôt que les causes? Comment peut-on penser résoudre les problèmes de misère matérielle et sociale sans résoudre d'abord les problèmes moraux? Mais ces illustres ecclésiastiques, ont-ils lu et médité sur Caritas in Veritate et Lumen Fidei ? Et puis je trouve déplacé d'utiliser des considérations moralo-humanitaires en faisant référence au sacré.

- Certains vous ont attaqué en disant que vos théories vont à l'encontre du message du Pape François et se rapprochent des thèses de Trump et de Salvini [leader de la Ligue du Nord]. Comment réagissez-vous?

-- Vous aurez remarqué que depuis un certain temps dans notre pays deux sports se sont développés: l' «interprétation du Saint-Père» et la «chasse aux dissidents» (réels ou inventés) de la pensée du pape. Manquant d'arguments, on invente des similitudes évocatrices et offensantes.

 

Benoit-et-moi 2017

 

NDT

(*) Le document "NSSM 200", connu sous le nom de Rapport du National Security Council ou de Rapport Kissinger, a pour titre Implications of Worldwide Population Growth for U.S. Security and Overseas Interests. Il a été élaboré en 1974 à la demande d'Henry Kissinger, alors Secrétaire d'État, et a été rendu public quinze ans plus tard. Il offre des lumières troublantes sur le rôle des États-Unis dans la contention de la natalité. Tenu secret jusqu'en 1989, ce rapport estime indispensable pour la sécurité des États-Unis, de mettre en oeuvre une politique de contrôle démographique dans les pays du tiers-monde. À côté de la pilule et de la stérilisation, mention est également faite de l'avortement (source).

[Il est difficile d'en trouver des traces sur Internet].

Traduction partielle en français ICI

Abbé Guy Pagès, De l’égorgement du père Hamel et du nôtre…

dominicanus #actualités
Abbé Guy Pagès, De l’égorgement du père Hamel et du nôtre…

Le meurtre du père Hamel après le massacre de Nice confirme, s’il en était besoin, qu’Allah est insatiable… Comment expliquer que des jeunes gens, sortis de chez nous, souvent encore mineurs, acceptent de se laisser transformer en assassins, sinon parce que l’appel au jihad est enseigné dans le Coran, les hadiths, et toute la littérature ordinaire de l’islam, que tout un chacun peut aisément se procurer ? C’est pourquoi je trouve hypocrites les réactions apitoyées de tous ceux qui ne dénoncent pas l’islam en tant que tel. Dieu Se rit de ceux qui pleurent les conséquences dont ils chérissent les causes.

Que le cardinal Vingt-Trois ait souligné lors de la Messe d’hommage au père Hamel à la Cathédrale de  Paris que le « silence des élites devant les déviances des mœurs et la légalisation des déviances » façonne « les peurs multiples [qui] construisent la peur collective, et [que] la peur enferme. », ne suffisait certes pas à nommer l’islam, même si ces mots, évoquant sans doute d’autres réalités, pouvaient très bien dénoncer la complicité dont jouit l’islam et son caractère funeste. Le Pape François reconnaît que « le monde est en guerre », mais il en innocente l’islam, car pour lui « Toutes les religions veulent la paix »[1]… Mais si « la religion » n’était pas en cause dans ces actes abominables, pourquoi alors Mgr Dubost et le Vicaire général de Rouen, Philippe Maheut, veulent-ils renforcer le « dialogue inter-religieux » ? Pourquoi Anne Hildago tient-elle à dire que notre pays est « une terre de vivre-ensemble et de dialogue entre les religions » ? Hassan II, Roi du Maroc et Commandeur des croyants, a eu beau nous avertir queles musulmans ne s’intégreront jamais et ne deviendront jamais Français ; M. Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris et ex-directeur du CFCM a eu beau confesser que « L’islam est un phénomène socio-politique, une idéologie de lutte et d’agression (BFM-TV, 03.01.2011) », conformément à l’enseignement d’Allah qui commande : « Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que l’islam ! (Coran 2.193) », nous n’avons rien voulu entendre… La vérité est qu’« Il ne peut y avoir ni paix ni coexistence entre la religion islamique et des institutions politiques et sociales non-islamiques[…] Le soutien qu’un peuple musulman apporte effectivement à un régime en place est directement proportionnel au caractère islamique de ce dernier. […] Le mouvement islamique doit prendre le pouvoir dès qu’il est en situation morale et numérique suffisante pour lui permettre de renverser le gouvernement non-islamique. »[2]

Il est vain d’espérer que l’islam puisse jamais changer, puisqu’il est fondé sur le Coran, qui est la parole immuable d’Allah, et que d’autre part l’islam est dépourvu de magistère divinement institué, en sorte qu’aucune interprétation infaillible ne peut s’imposer légitimement à une conscience musulmane. De plus, alors que sa vie est remplie d’actes de barbarie des plus atroces, Mahomet est présenté comme des musulmans « le beau modèle (Coran 33.21) »… Les « terroristes » ne font que prendre au sérieux leur religion, et à la lettre ses enseignements.

Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, André Chassaigne, président du Groupe des députés Front de gauche, et tant d’autres personnalités ont dénoncé dans ces crimes une volonté deISLAM-RELIGION-DE-PAIX-ET-DE-DEMOCRATIE diviser les Français. Mais comment leurs incantations à conserver l’unité pourraient-elles ne pas rester vaines tant qu’Allah fera dire à tous les bons musulmans : « Entre nous et vous, c’est l’inimitié et la haine à jamais jusqu’à ce que vous croyez en Allah, seul ! (Coran 60.4) » ? Aussi, lorsque le Conseil français du culte musulman « appelle à nouveau la nation tout entière à l’unité et à la solidarité », ou que l’imam de la mosquée de Saint-Étienne-du-Rouvray se plaint de ce que l’islam soit instrumentalisé, que font-ils dautre sinon pratiquer la taqîya à l’adresse de tous les idiots utiles de l’islam ? Quel sens cela a-t-il de prétendre lutter contre « le radicalisme » tandis que l’on continue à entretenir la plante qui le produit ? 

Si donc ces jeunes Français ont voulu faire le djihad, et tuer le père Hamel au motif qu’il blasphémait en confessant le mystère de la Sainte Trinité, c’est parce qu’ils ont été convaincus, conformément à ce qu’enseigne le Coran, que c’était la seule façon pour eux d’être sûrs d’échapper à l’enfer promis aux mécréants, et de jouir au Paradis des houris promises. Allah s’est effet engagé à donner sa récompense à celui qui meurt au djihad (Coran 4.74,101). Car « Allah aime ceux qui vont jusqu’à tuer pour lui (Coran 61.4) ». Aussi, « Ceux qui combattent jusqu’à tuer dans la voie d’Allah, tuent et se font tuer.(Coran 9.111) ». Et pour finir d’aveugler le candidat au « martyr » (Quelle abomination d’user de ce mot si saint pour désigner un assassin !), l’héroïcité de son sacrifice est décuplée en libéralité par la promesse de sauver de l’enfer soixante dix membres de sa famille ! Comment résister à une offre si alléchante ? Voilà où est puisé le zèle de nos fervents musulmans. Pourquoi continuer à le nier ? 

Je ne comprends pas que le pape dise que cette guerre n’est pas religieuse, mais qu’elle relève de « questions d’intérêts, d’argent, d’accès aux ressources naturelles, de domination des peuples ». Est-ce pour de l’argent que ces deux gamins ont égorgé le père Hamel, ou bien pour plaire à Allah ? Allah commande-t-il la mort des non-musulmans et celle des chrétiens en particulier (Coran 9.5,14,29,111,124 ; 47.4…), oui ou non ? Que peut-on espérer des témoignages d’une misérable ignorance ou de honteux mensonges, suintant criminelles lâchetés et compromissions, sinon l’endurcissement dans le mépris et la haine ?

Que la France apostate, les États-Unis et les Franc-maçons appellent en la circonstance à « protéger la liberté religieuse pour tous les cultes » et sapent ainsi eux-mêmes les fondements de la vraie paix qui ne peut se trouver que dans la communion au Christ, mort et ressuscité, vainqueur de tout mal (Mt 28.20), n’a rien d’étonnant, mais que le Pape déclare que nous ne sommes pas engagés dans une guerre de religion, car « toutes les religions veulent la paix », ou que Mgr Pontier, Président, réélu, de la Conférence des évêques de France, dise que « ces fous qui sèment la mort ne peuvent pas vraiment se revendiquer de l’islam », voilà qui est pour moi incompréhensible ! Comment l’islam pourrait-il vouloir la paix en rejetant la Révélation chrétienne ? Le Coran est rempli de haine et d’appels au meurtre, et l’islam voudrait la paix ?! Le comportement de Mahomet, l’histoire, l’actualité, témoignent-ils en faveur du caractère irénique de l’islam ? En quel pays devenu musulman la liberté de conscience et de religion est-elle respectée ? Faut-il être aveugle ou menteur pour nier que « Cette religion monstrueuse a pour toute raison son ignorance, pour toute persuasion sa violence et sa tyrannie, pour tout miracle ses armes, qui font trembler le monde et rétablissent par force l’empire de Satan dans tout l’univers. »[3] !

Le premier pape tremblait de peur devant les proto-musulmans (déjà !) qu’étaient ces chrétiens voulant rester fidèles au judaïsme (Ga 2.11-14 ; Ac 11.3 ; 15.1+ ; 2 Co 11.13,26). De même que saint Pierre, un instant, s’était soumis à leurs vues[4], de même aujourd’hui certains croient bien faire, pour avoir la paix, de confesser la bonté de l’islam et d’encourager les musulmans à le pratiquer…

Mais ce qui m’inquiète plus que tout, ce n’est donc pas seulement le fait que les Pouvoirs publics continuent à favoriser l’islam, à l’instar de la paroisse qui avait cru bien faire que d’offrir le terrain pour la construction de la mosquée où grandirait l’assassin du père Hamel, mais que le Pape ne dise pas, uneLe-pape-Francois-recu-imam-Al-Azhar-lundi-23-Vatican_0_730_492 fois de plus[5], la vérité sur l’islam. Dire que toutes les religions veulent la paix revient à confesser leur bonté intrinsèque, car aucun arbre mauvais ne donne de bons fruits, et confesser la bonté de l’islam conduit sinon à le professer, du moins à en légitimer l’existence, car comment condamner ce qui est bon ? Or, qui peut venir APRÈS le Christ, sinon l’Antichrist (Ga 1.8-9 ; 1 Jn 2.22) ? Et que veut l’Antichrist sinon la mort de l’Église ? « Qu’Allah tue les chrétiens ! (Coran 9.30) » Prôner la bonté universelle des religions, et donc de l’islam en particulier, est suicidaire. Concomitamment, une telle affirmation occulte et l’annonce du caractère unique de la foi chrétienne, et sa nécessité absolue pour le salut… Comment un tel discours pourrait-il ne pas empêcher les musulmans de quitter l’islam, décontenancer ceux qui l’ont quitté pour devenir chrétiens, et ne pas conduire les chrétiens ignorants à embrasser « la dernière religion révélée », la « religion d’amour, de tolérance et de paix » ? Enfin, je crains que la profession du caractère également bon de toutes les religions ne participe à l’établissement de la « religion mondiale » composée de l’ensemble des religions, toutes nécessairement et également bonnes, de laquelle Shimon Pérès est justement un jour venu demander au Pape François d’assumer la direction (04.09.2014)… Cette nouvelle religion universelle ne serait-elle pas l’imposture religieuse qui doit survenir avant le retour du Christ, « apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité (Catéchisme de l’Eglise Catholique n°675) ? L’accueil toujours plus large en Europe de « migrants » musulmans, le brassage de populations et la destruction de leurs identités qu’il implique, tout comme la participation mutuelle des populations chrétiennes et musulmanes à leurs cultes respectifs, comment pourraient-ils ne pas être désirés par « la persécution qui accompagne le pèlerinage terrestre de l’Eglise (idem) » ? En tout cas, « la foi de nombreux croyants en est déjà bien ébranlée« … 

Le Magistère de l’Église ne peut que condamner « l’indifférentisme, cette opinion funeste répandue partout par la fourbe des méchants, [selon laquelle] on peut, par une profession de foi quelconque, obtenir le salut éternel de l’âme, pourvu qu’on ait des mœurs conformes à la justice et à la probité. L’Apôtre nous en avertit : « Il n’y a qu’un Dieu, qu’une foi, qu’un baptême (Ep 4.5) » ; qu’ils tremblent donc ceux qui s’imaginent que toute religion conduit par une voie facile au port de la félicité ; qu’ils réfléchissent sérieusement sur le témoignage du Sauveur lui-même : « qu’ils sont contre le Christ dès lors qu’ils ne sont pas avec le Christ (Lc 21.23) » ; qu’ils dissipent misérablement par là même qu’ils n’amassent point avec Lui, et que par conséquent, ils périront éternellement […] Ah ! « Quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l’erreur ! » disait saint Augustin. (Grégoire XVI, Mirari vos) » ; « Il s’en trouve beaucoup aujourd’hui pour oser enseigner que le meilleur régime politique et le progrès de la vie civile exigent absolument que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la Religion que si elle n’existait pas, ou du moins sans faire aucune différence entre la vraie et les fausses religions. (Pie IX[6]Quanta cura, n°5) ; « Convaincus qu’il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on les voit nourrir l’espoir qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences, religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. C’est pourquoi, ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre appréciable d’auditeurs, et, à leurs discussions, ils invitent tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ, et même ceux qui, par malheur, se sont séparés du Christ ou qui, avec âpreté et obstination, nient la divinité de sa nature et de sa mission. De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu’elles s’appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s’égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient […] (Pie XI, Mortalium animos) ; « Quand on ne confesse pas Jésus Christ, me vient la phrase de Léon Bloy : « Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable.«  (François, Homélie du 14 mars 2013) ».

Les participations respectives au culte des uns et des autres demandées par certaines autorités musulmanes et chrétiennes pour manifester un apparent désir de communion, ne sont-elles pas condamnées par ces enseignements ? Aux premiers temps de l’Église, pénitents et catéchumènes devaient quitter le saint lieu au moment de l’offrande du Sacrifice du Seigneur, parcequ’ils étaient reconnus spirituellement inaptes à y prendre part. Mais aujourd’hui, même ceux qui font profession de rejeter la foi chrétienne, considérée par eux comme l’abomination par excellence et le seul péché irrémissible (Coran 4.48), y sont invités… Comment ne pas voir là un signe éloquent que la perte de la foi fait venir l’islam ? Les Apôtres nous ont enseigné l’attitude à tenir à l’endroit de l’islam (2 Co 6.14-18 ; 2 Jn 1.7-11 ; Jude 1.23), dont la venue a été annoncée par Jésus (Mt 13.24-30, 36-43 ; Jn 16.2), mais qui se fait leur porte-voix ?

L’ignorance volontaire, la lâcheté, la couardise, et en fin de compte le manque de foi, mais aussi certainement un nombre encore insuffisant de victimes, empêchent les Pouvoirs publics de nommer et traiter à sa racine le problème de l’islam, en proscrivant définitivement son livre et son modèle. A leur décharge, il faut reconnaître qu’ils n’y sont pas aidés par l’Église, dont c’est pourtant une des missions. Si même l’Église est d’accord pour que l’islam se développe, qui pourrait trouver à y redire ?

Puissions-nous imiter la franchise de l’un des prédécesseurs de François, le pape Pie II, qui, écrivant au Sultan turc Mehmet II, ni ne louait la religion de celui-ci, ni ne se montrait dupe d’un accord possible entre eux : « La concorde ne sera que dans les mots ; mais sur le fond, c’est la guerre. »[7]

Abbé Guy Pagès

 

[1] Je passe sur le communiqué du Vatican disant que le pape François s’associait « à la douleur et à l’horreur ».
[2] In La Déclaration islamique d’Alija Izetbegovic, chef d’État de Bosnie-Herzégovine de 1990 à 2000.
[3] Bossuet, Panégyrique de saint Pierre Nolasque, Paris, église des Pères de la Merci, le 29 Janvier 1665.
[4] Musulman signifie soumis.
[5] Cf. La première et la seconde Lettre ouverte que je lui ai adressées.
[6] Je rappelle quelques condamnations du pape Pie IX, dans le Syllabus : « XV. Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il croit vraie d’après la lumière de la raison. XVI. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir le salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion. XVII. Au moins doit-on bien espérer du salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ. »
[7] Enea Silvio Piccolomini, Lettre à Mahomet II, Payot & Rivages, 2002, p.48.

 

Adil Kermiche et Abdel Malik Petitjean se sont filmés le mardi 26 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray avant de sortir affronter la BRI de Rouen et le RAID sur le parvis de l’église.

Adil Kermiche et Abdel Malik Petitjean se sont filmés le mardi 26 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray avant de sortir affronter la BRI de Rouen et le RAID sur le parvis de l’église.

Immaculée Conception

Walter Covens #actualités
Au sujet de la solennité de l'Immaculée Conception, vous trouverez une petite présentation sur mon blog

 

Joachim Véliocas, Ces maires qui courtisent l'islamisme (en France, s'il vous plaît)

dominicanus #actualités

 

sommaire_livre_islamisme_veliocas.png

"Ces maires qui courtisent l'islamisme" (en France, s'il vous plaît) de Joachim Véliocas

 

"Notre pays est vendu, morceau par morceau, par les politiques, prêts à tout pour accéder au pouvoir.
Nous vivons nos dernières années de "Français". Le pire reste à venir pour les enfants d'aujourd'hui et du futur...
Il faut que les citoyens de nos nations sachent que pour quelques bulletins de vote nos dirigeants sont prêts à toutes les compromissions !!!

 
Une enquête de 270 pages sur les subventions publiques aux islamistes censurée par les médias.
Une enquête, pourtant parue en librairie (Fnac, Virgin...) a démontré que des hautes personnalités politiques collaborent avec les Frères musulmans en France (incarnés par l'UOIF) en leur donnant des terrains publics pour des grandes mosquées ou subventionnant leurs "associations culturelles"...

Ce livre qui est une bombe politique aux effets potentiellement ravageurs pour l'UMP et le PS a été censuré par les grands médias. En effet, des élus comme Alain Juppé , Jean-Claude Gaudin ou Jean-Marc Ayrault sont gravement mis en cause par la révélation de documents inédits et irréfutables. Il s'agit du livre «Ces Maires qui courtisent l'islamisme», paru aux éditions Tatamis en octobre 2010, dont aucun journaliste ou "expert" de l'islam n'a pu contester les révélations. La meilleure preuve est sans doute l'absence de procès intenté à son auteur, Joachim Véliocas, pour diffamation par les hommes et formations politiques concernés, accusés ni plus ni moins de collaborer avec l'islamisme.

 
Des universitaires islamologues, tel le Palestinien Sami-Aldeeb, considéré comme un des meilleurs spécialistes du droit musulman, ont félicité l'auteur pour la qualité de son rigoureux travail d'enquête.


D'autres universitaires courageux se sont joints à l'auteur pour cosigner un appel à être ferme contre les Frères musulmans qui ont appelé à conquérir ROME depuis la France !


L'institut Hannah Arendt de l'université de Dresde, centre de recherche de référence en Allemagne sur l'analyse des totalitarismes, a commandé plusieurs exemplaires de l'ouvrage et va publier un compte-rendu dans sa revue...


En France, les groupes de presses, tous liés à des intérêts financiers et donc politiques, ont ostracisé sans surprise un livre qui pourrait bousculer les lignes politiques.


L'association Contribuables Associés (140 000 membres !), scandalisée, a consacré une page au livre dans son mensuel « Le Cri ».


L'ouvrage ne coûte que 19 euros, frais de port compris, pour 270 pages.


Après l'avoir lu, vous comprendrez comment l' UMP, PS, Modem, PCF sont prêts à brader toutes les valeurs de la république pour tenter d'obtenir les voix musulmanes aux élections !
Quitte à financer le diable, en l'occurrence ceux qui se réclament des Frères Musulmans, la plus grande nébuleuse islamiste du monde..."



> Tel : 03 87 50 30 34
> Fax: 03 87 56 10 63

Journal du Vatican / Les Italiens perdent quatre places

dominicanus #actualités

Les dernières nominations à la curie ont récompensé des hommes d'autres nationalités. De même, au prochain consistoire, les nouveaux cardinaux seront presque tous non-italiens. En ce qui concerne le secrétaire d'état, le moment du remplacement de Bertone semble s'éloigner 

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CITÉ DU VATICAN, le 23 juillet 2012 – La série de nominations à laquelle Benoît XVI a procédé, ces dernières semaines, à la curie romaine a été placée sous le signe d’une internationalisation accrue de celle-ci.

D’une part, les équilibres de nationalités entre les chefs de dicastère de la curie n’ont pas été modifiés par la nomination de l’Allemand Gerhard Ludwig Müller à la tête de la congrégation pour la doctrine de la foi, où il remplace l’Américain William J. Levada, et celle de l’Italien Vincenzo Paglia à la présidence du conseil pontifical pour la famille, où il succède à son compatriote Ennio Antonelli.

Mais, d’autre part, il y a trois cas où des ecclésiastiques italiens ont été remplacés par des non-italiens pour d’importantes fonctions curiales.

L’archevêque africain Protase Rugambwa a été rappelé de Tanzanie pour remplacer le lombard Pierluigi Vacchelli au poste de secrétaire adjoint de la congrégation "Propaganda Fide".

Le Polonais Krzysztof J. Nykiel a remplacé l’évêque franciscain conventuel italien Gianfranco Girotti comme régent de la pénitencerie apostolique.

Enfin un Espagnol, le père blanc Miguel Angel Ayuso Guixot, grand expert de l’islam, a succédé à l’archevêque toscan et ancien nonce Pierluigi Celata en tant que secrétaire du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Sans oublier que l’archevêque dominicain français Jean-Louis Bruguès a quitté ses fonctions de secrétaire de la congrégation pour l’éducation catholique et qu’il a remplacé le cardinal salésien italien Raffaele Farina en tant qu’Archiviste et Bibliothécaire de la Sainte Église Romaine (poste qui, en tout état de cause, ne fait pas partie de la curie romaine stricto sensu).

En conséquence, après ces changements intervenus aux postes de direction de la curie romaine proprement dite (secrétairerie d’état, congrégations, tribunaux, conseils pontificaux et trois services), les Italiens conservent une solide majorité. Ils occupent 13 de ces postes sur 28, soit 46,4 %, Alors que, au début du pontificat, en 2005, ils en occupaient 7 sur 27, soit 25,9 %.

En revanche, si l’on prend également en compte les numéros 2 (secrétaires et assimilés), la part des Italiens est en baisse significative : aujourd’hui ils sont 21 sur 58, soit 36,2 %, alors qu’en 2005 ils étaient 42 sur 83, soit 41,8 %. Et elle est également en baisse si l’on se réfère aux postes de dirigeants au niveau en-dessous (sous-secrétaires et assimilés) : ils sont 36 sur 88, soit 40,9 %, alors qu’en 2005 ils étaient 42 sur 83, soit 50,6 %.

Restent encore à attribuer, dans les organigrammes du Vatican, le poste de secrétaire de la congrégation pour l’éducation catholique (une candidature américaine semblait détenir la pole position, mais le cardinal préfet Zenon Grocholewski préférerait un latino-américain ayant sa confiance) et celui de sous-secrétaire du conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (poste vacant depuis la disparition, en 2010, de Mgr Eleuterio Fortino et pour lequel un Italien serait en course). Sans oublier le poste de régent de la maison pontificale, dont l’actuel détenteur, l’évêque Paolo De Nicolò, a atteint l’âge de 75 ans au mois de janvier et pourrait avoir comme successeur l’efficace père Leonardo Sapienza, religieux rogationiste du Cœur de Jésus.

Quoi qu’il en soit, en dehors de ces quelques postes qui sont encore à pourvoir, l'organigramme de la curie romaine paraît désormais largement stabilisé pour les deux ans à venir, étant donné que les prochains à atteindre l’âge de la retraite, 75 ans, seront les cardinaux Angelo Amato (causes des saints), Manuel Monteiro de Castro (pénitencerie), Antonio Maria Vegliò (migrants) et Francesco Coccopalmerio (textes législatifs) en 2013 et le cardinal Grocholewski en 2014. Mais, pour tous les cinq, on peut prévoir au moins une année de prorogation, conformément à la coutume.

Reste l’inconnue concernant le secrétaire d’état. Le cardinal Tarcisio Bertone aura 78 ans le 2 décembre et le petit mot de confirmation que le pape lui a fait parvenir au moment de partir pour Castel Gandolfo donne à penser qu’il est peu probable qu’il soit remplacé prochainement.

Il faut notamment avoir présent à l’esprit le fait que Benoît XVI a maintenu le précédent secrétaire d’état, le cardinal Angelo Sodano, dans ses fonctions jusqu’à l’âge de 78 ans et dix mois. Et, au cas où le pape ne voudrait pas congédier Bertone plus tôt que Sodano, l’actuel "premier ministre" pourrait conserver son poste jusqu’au mois d’octobre de l’année prochaine. 

Cette prolongation est rendue encore plus vraisemblable par le fait qu’il est encore difficile de définir le profil de l’ecclésiastique que le pape – se fondant sur l’estime, la connaissance et l’habitude de rapports personnels – pourrait appeler auprès de lui à la place de Bertone.

Corollaire de ce qui précède : le prochain consistoire pourrait avoir lieu alors que Bertone serait toujours secrétaire d’état, comme pour les trois consistoires précédents – ceux de novembre 2007, novembre 2010 et février 2012 – tandis que, pour celui de mars 2006, le secrétaire d’état était encore Sodano.

Lorsque le cardinal américain James F. Stafford atteindra l’âge de 80 ans, le 26 juillet prochain, le nombre de cardinaux ayant le droit de vote en cas de conclave redescendra à 120. Mais, étant donné que six autres prélats auront 80 ans au cours de l’année 2012, le nombre d’électeurs redescendra alors à 114. Et en 2013, le sacré collège ne comptera plus que 104 votants. Ainsi, dès la fin de cette année et plus encore l’année prochaine, l’effectif du collège cardinalice rendra possible un nouveau consistoire, le cinquième de ce pontificat, où Benoît XVI pourra créer de nouveaux cardinaux. Une dizaine si ce consistoire a lieu en novembre de cette année, une vingtaine s’il a lieu au cours du même mois en 2013.

Il s’agira en tout cas, selon toute probabilité, d’un consistoire plus international que les précédents. 

En effet, à la fin de 2012 – si l’on tient compte de la règle non écrite selon laquelle un cardinal ne peut être créé que dans les diocèses où il n’y en a pas déjà un autre ayant le droit de vote – des créations pourraient avoir lieu dans les sièges traditionnellement cardinalices que sont Bogota (Jesus Ruben Salazar Gomez), Rio de Janeiro (le cistercien Orani João Tempesta), Séoul (Andrew Yeom Soo-jung), Manille (Luis Antonio Tagle) et/ou Cebu (José Serofia Palma), Westminster (Vincent Nichols), Tolède (Braulio Rodriguez Plaza), Québec (Gérald Cyprien Lacroix, de l’Institut séculier Pie-X), Venise (Francesco Moraglia). 

Et à la fin de 2013 la pourpre pourrait être également attribuée aux archevêques de Turin (Cesare Nosiglia), São Salvador da Bahia (le dehonien Murilo Sebastiao Ramos Krieger), Santiago du Chili (le salésien Ricardo Ezzati Andrello), Malines-Bruxelles (André-Joseph Léonard), et Kiev-Haly? des Ukrainiens (Sviatoslav Schevchuk).

Au sein de la curie romaine l’Allemand Müller et le dominicain français Bruguès recevront certainement la pourpre.

En revanche on voit moins clairement s’il y aura des créations de cardinaux - et en faveur de qui - parmi les présidents de conseils pontificaux, fonctions qui, en elles-mêmes, n’entraînent pas automatiquement l’attribution de la pourpre.

Sont en course les Italiens Paglia et Rino Fisichella, ce dernier étant au conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation. Toutefois l’Italien Claudio Maria Celli (communications sociales) et le Polonais Zygmunt Zimowski (pastorale de la santé) ont plus d’ancienneté de services qu’eux.




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Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

Journal du Vatican / La congrégation dotée d'une porte à tambour

dominicanus #actualités

C'est la congrégation pour le culte divin, compétente en matière de liturgie. Ses derniers secrétaires ont tous été remplacés avant le délai normal. Et ils n'ont presque jamais été d'accord avec leur préfet et avec le pape. En ce qui concerne celui qui vient d'être nommé, l'Anglais Roche, les paris sont ouverts 

 

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CITÉ DU VATICAN, le 3 juillet 2012 – La nomination d’un nouveau secrétaire de la congrégation pour le culte divin a été annoncée la semaine dernière. Il s’agit de l’évêque anglais Arthur Roche.

Il remplace Joseph Augustine Di Noia, qui a déclaré à Catholic News Service, l'agence de presse en ligne de la conférence des évêques de son pays, les États-Unis, qu’il était "flabbergasted", stupéfait, de devoir quitter ce poste au bout de trois ans seulement.

En effet, en sept ans de pontificat de Benoît XVI, Di Noia est le troisième ecclésiastique à quitter le poste de numéro deux de ce dicastère du Vatican avant la fin du mandat canonique de cinq ans. Un record anormal. D’autant plus que le dicastère en question est celui qui a des compétences spécifiques en matière de liturgie, une question à laquelle Benoît XVI attache une extrême importance.

 

***


Entre 1996 et aujourd’hui la congrégation pour le culte divin a changé trois fois de préfet. C’est en 1996, en effet, que Jean-Paul II a appelé à la direction de ce dicastère l’évêque chilien Jorge Arturo Medina Estevez qui, créé cardinal en 1998, est resté à son poste jusqu’au 1° octobre 2002, date à laquelle il a été remplacé par le cardinal africain Francis Arinze, qui y est resté jusqu’au 9 décembre 2008, lorsque Benoît XVI lui a donné comme successeur l’actuel préfet, le cardinal espagnol Antonio Cañizares Llovera.

Il s’agissait là de changements réglementaires, intervenus quand les préfets en question avaient dépassé l’âge de 75 ans prévu par le droit canonique, Medina de huit mois et Arinze de treize mois.

Ces changements ont eu lieu sans grandes secousses dans la ligne de gouvernement. En effet les trois préfets ont été porteurs d’une correction de trajectoire par rapport aux abus liturgiques découlant de la réforme liturgique qui a suivi le concile Vatican II, même si cela s’est fait de manière différente. Le plus agressif a été Medina. En 2001, il a fortement voulu l’instruction "Liturgiam autenthicam" tendant à une tradition plus fidèle issue du latin et, en 2002, il a mené à bien une troisième "editio typica" en latin du Missel Romain et institué au sein de la congrégation le comité "Vox clara" pour les traductions liturgiques en anglais, en guise de contrepoids du Vatican à l’International Commission on English in the Liturgy, organisme de coordination entre les conférences épiscopales anglophones – dominé par les progressistes – qui en avait le monopole jusqu’alors. Arinze a été plus modéré. Cañizares s’est montré – au moins jusqu’à présent – fort en paroles mais doux dans les faits.


***


En revanche les choses se sont passées différemment pour la succession des secrétaires de cette congrégation, beaucoup plus tourmentée et discutée. Il faut se rappeler que dans un dicastère, si c’est le préfet qui donne les directives, c’est le secrétaire qui a le pouvoir de les mettre ensuite en application.

Quand Medina est devenu préfet, il a trouvé comme secrétaire, en poste depuis 1991, le Brésilien Geraldo Majella Agnelo, aux idées assez progressistes, qui fut assez rapidement nommé, en janvier 1999, archevêque de São Salvador da Bahia et créé cardinal.

Mais avant de retourner au Brésil, Agnelo autorisa – à l’insu de Medina qui était au Chili pour les fêtes de fin d’année – le transfert de toutes les archives de la congrégation aux Archives Secrètes du Vatican, ce qui a eu pour résultat de les rendre inaccessibles. Certains ont fait le lien entre cette initiative et le fait que le secrétaire particulier de Medina avait publié un livre, fondé sur les carnets intimes inédits du cardinal Fernando Antonelli, très critique à propos de la réforme liturgique et surtout du rôle qu’y avait joué l’archevêque Annibale Bugnini.


***


Le nouveau secrétaire fut nommé en février 1999. C’était le bénédictin italien Francesco Pio Tamburrino, 60 ans, lui aussi progressiste, avec des idées plus proches de celles d’Agnelo que de celles de Medina. Il resta à ce poste un peu plus de quatre ans, après quoi, le 2 août 2003, il fut transféré à l’archevêché – qui n’est certes pas de premier plan – de Foggia-Bovino, où il se trouve encore aujourd’hui.

Son poste fut attribué à un autre ecclésiastique, lui aussi italien et ayant également des idées en matière de liturgie proches de celles de son prédécesseur. Il s’agissait de Mgr Domenico Sorrentino, 55 ans, qui avait collaboré, au cours des années précédentes, avec le service qui rédige les discours des papes et qui était à l’époque coordonné par l’archevêque Paolo Sardi, aujourd’hui cardinal.

Mais Sorrentino ne resta pas longtemps à ce poste. Le 19 avril 2005, Benoît XVI avait été élu pape et il montra qu’il avait des idées très nettes en matières de liturgie, semblables à celles de Medina (c’est peut-être aussi pour cette raison que ce dernier avait l’air visiblement satisfait lorsque, en tant que cardinal protodiacre, il proclama "Habemus papam"). Et juste sept mois plus tard, le 19 novembre, Sorrentino fut nommé évêque du diocèse prestigieux – mais pas cardinalice – d’Assise. Il était resté un peu plus de deux ans.

Au sein de la conférence des évêques d’Italie, Sorrentino et Tamburrino font partie de la commission pour la liturgie, mais pas l’évêque d’Albenga, Mario Olivieri, qui est depuis des années membre de la congrégation vaticane pour le culte.


***


Mais revenons à 2005. Le 10 décembre, le pape Joseph Ratzinger nomme secrétaire de la congrégation pour le culte divin le Sri lankais Malcolm Ranjith Patabendige Don, 58 ans, qu’il fait revenir de la nonciature en Indonésie, où il avait été envoyé en “exil” en avril 2004 après une expérience malheureuse en tant que secrétaire adjoint de la congrégation "de Propaganda Fide", où il ne s’était pas bien entendu avec celui qui en était alors le préfet, le cardinal Crescenzio Sepe, que Benoît XVI nommera archevêque de Naples en mai 2006.

Ranjith a des idées très claires en matière de liturgie et il est très estimé y compris dans le monde traditionaliste. C’est pourquoi quand, en 2008, Cañizares arrive d’Espagne, comme préfet, avec une réputation de “petit Ratzinger”, les partisans d’une "réforme de la réforme" dans le domaine liturgique pensent que la congrégation qui devrait être le moteur de cette réforme va être enfin dirigée par un tandem d’une efficacité certaine.

Mais ce n’est pas ce qui va se passer. Le 16 juin 2009, après moins de quatre ans, Ranjith quitte lui aussi ce poste de secrétaire. Benoît XVI a été persuadé, en dépit de l’avis contraire de Cañizares, que sa présence était plus importante dans sa patrie, le Sri Lanka, qu’à Rome dans le domaine liturgique. C’est ainsi que Ranjith est nommé archevêque de Colombo, à la satisfaction à peine dissimulée des progressistes. Et il est remplacé par le dominicain américain Di Noia, 66 ans, qui travaille à Rome depuis 2002 comme sous-secrétaire de la congrégation pour la doctrine de la foi, mais qui ne parle pas encore couramment la langue de Dante bien qu’ayant des parents Italiens.

Mais le pape Ratzinger accorde à Ranjith l’honneur de la pourpre, que n’avaient pas obtenu ses deux prédécesseurs immédiats. Benoît XVI le crée cardinal au premier consistoire utile, celui du 20 novembre 2010. Aucun des deux précédents archevêques de Colombo n’avait été fait cardinal.


***


Avec le tandem Cañizares-Di Noia au sommet, la congrégation semble tomber dans un cône d’ombre. Di Noia n’a pas la détermination d’un Ranjith. Et le cardinal espagnol – qui, par ailleurs, ne cache pas sa sympathie pour les néocatéchumènes, manifestée dans son indulgence pour leurs étranges liturgies – ne dédaigne pas de revenir souvent dans son pays, peut-être avec un œil sur Madrid où le cardinal Antonio Maria Rouco Varela achèvera en 2014 son mandat de président de la conférence des évêques d’Espagne et devrait donc, à 78 ans, abandonner la direction de ce diocèse.

C’est ainsi que l’idée proclamée de constituer, au sein de la congrégation pour le culte divin, un service qui s’occuperait de l’architecture et de l’art liturgiques perd de sa force notamment à cause de l'opposition du cardinal Gianfranco Ravasi – théologiquement et liturgiquement moins en harmonie avec Ratzinger que Cañizares – qui revendique la compétence en la matière pour son conseil pontifical pour la culture, bien que celui-ci soit de rang inférieur.

Encore une fois, donc, la congrégation pour le culte divin semble ne pas fonctionner. Voilà pourquoi, pour la quatrième fois en sept ans, on assiste à un changement de secrétaire avant la date normale. Di Noia a été transféré à la vice-présidence de la commission pontificale "Ecclesia Dei", poste non prévu par l’organigramme de cet organisme, restructuré en 2009 par le motu proprio "Ecclesiæ unitatem", qui est chargé de suivre les communautés traditionalistes et de réduire la fracture avec le monde lefebvriste. Poste qui, en soi, n’est pas cardinalice.

Et c’est un changement qui pourrait présenter les mêmes problèmes que les précédents. En effet l’évêque anglais Roche, 62 ans, qui vient d’être nommé est un protégé du cardinal émérite de Westminster, le "liberal" Cormac Murphy O’Connor, dont il a été l’auxiliaire. Déjà dans le passé, à la grande préoccupation des milieux les plus conservateurs de la curie romaine, son nom avait circulé pour le poste qu’il vient d’obtenir. Il faut toutefois souligner que la fermeté avec laquelle Roche,  en tant que président de l'International Commission on English in the Liturgy entre 2003 et 2012, a défendu la nouvelle traduction du missel en anglais, rédigée sous le signe d’une fidélité vraiment accrue à l’"editio typica" en latin, lui a valu l’hostilité de la composante la plus progressiste de l’épiscopat anglophone.

Quand il arrivera à Rome, Roche, qui a étudié la théologie spirituelle à l’Université Pontificale Grégorienne au début des années 90, aura la possibilité de faire connaître plus clairement sa ligne.

Il sera intéressant, par exemple, de vérifier comment il réagira à l’engagement de la congrégation quand il faudra donner sa "recognitio", c’est-à-dire le feu vert après une révision, à la traduction italienne du Missel, qui, dans la version approuvée par les évêques de la conférence épiscopale italienne, s’éloigne plus que la traduction anglaise de l’original latin.

Sans compter, bien entendu, qu’il sera également intéressant de voir si – après les quatre essais infructueux de Tamburrino, Sorrentino, Ranjith et Di Noia – Roche réussira enfin à aller jusqu’au bout de ses cinq années de mandat.




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Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Des évêques sans pape. La voie chinoise vers le schisme

dominicanus #actualités

Encore un évêque ordonné en Chine sans l'approbation du pape. Les autorités de Pékin veulent absolument créer une Église indépendante de Rome. La diplomatie vaticane dans l’obscurité 

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ROME, le 9 juillet 2012 – Alors que la démarche de réconciliation entre l’Église catholique et la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X fondée par l'archevêque Marcel Lefebvre risque d’échouer au moment même où elle paraissait sur le point d’aboutir, il y a un autre schisme qui s’aggrave de jour en jour sur un autre front, celui de la Chine.

Le 6 juillet, à Harbin, ville de près de 10 millions d’habitants et chef-lieu de la province septentrionale du Heilongjiang, un évêque n’ayant pas obtenu l’approbation du pape a été ordonné de manière illicite.

Les cinq évêques qui l’ont ordonné étaient jusqu’à présent en communion avec Rome, mais, du fait de cette ordination, ils ont encouru eux aussi l’excommunication, venant ainsi s’ajouter au grand nombre d’évêques chinois en état de schisme.

L'ordination illicite qui a eu lieu à Harbin était annoncée depuis plusieurs mois. Au cours des deux dernières années, trois autres ordinations épiscopales illicites ont eu lieu, à Chengde, à Leshan (photo) et à Shantou. Elles ont été imposées par l'Association patriotique des catholiques chinois, organisme créé et étroitement contrôlé par le parti communiste, ayant pour but de constituer une Église nationale indépendante de Rome.

Pour y parvenir, les autorités communistes obligent non seulement les évêques qui sont déjà en état de schisme avec Rome mais également des évêques légitimes à participer aux ordinations illicites, contraignant ces derniers à rompre eux aussi avec le pape.

S’ils se repentent ou s’ils démontrent qu’ils ont cédé parce qu’ils y étaient contraints, Rome lève l’excommunication. Mais la position de chacun d’eux n’est pas toujours claire. Et cela augmente la confusion et les conflits entre le clergé, les fidèles et les évêques eux-mêmes.

 

***


Le 15 juin dernier, alors que l'ordination illicite de Harbin était sur le point d’avoir lieu, le secrétaire de la congrégation vaticane pour l'évangélisation des peuples, l'archevêque chinois Savio Hon Taifai a tenté de convaincre les autorités chinoises de renoncer à ce projet, dans une interview qu’il a accordée à l’agence "Asia News" de l’Institut Pontifical pour les Missions Étrangères.

Dans cette interview il disait, à propos des ordinations faites sans l’approbation du pape :

"Il y a différents problèmes. Le premier est que ces ordinations créent de la confusion et de la division au sein du peuple chrétien chinois, entre les officiels et les non-officiels. En particulier parmi les nouveaux baptisés, il y a ceux qui ne comprennent pas et qui restent perplexes. Malheureusement, cette confusion se manifeste aussi dans les communautés non officielles. Beaucoup d’entre elles ont toujours donné un magnifique témoignage de fidélité à l’Église. Mais il y en a qui ont du mal à pardonner ces situations, peut-être en raison de la fragilité humaine ou pour quelque autre motif, et elles se portent à l’autre extrême, qui n’est pas compatible avec les valeurs évangéliques.

"D’autre part une ordination illégitime porte atteinte aux espoirs de dialogue entre le gouvernement chinois et l’Église de Chine. Et le Saint-Siège reste lui aussi perplexe : la Chine d’aujourd’hui, tellement moderne et tolérante à bien des égards, continue en revanche à être en retard pour ce qui concerne le développement de l’Église catholique. Pékin ne parvient pas à comprendre que la nomination des évêques est une prérogative des catholiques et pas de l’État. S’il faut donner la liberté à l’Église en Chine, il faut aussi donner au pape la liberté de choisir les candidats à l'épiscopat. Tous ces gestes ont mis à mal l’espoir de relations entre le Saint-Siège et la Chine. Précédemment on apercevait peut-être une petite lueur, maintenant il n’y a plus que l’obscurité".

 

***


Initialement programmée pour le 29 juin, fête des saints Pierre et Paul, patrons de l’Église de Rome, l'ordination illicite de Harbin a été ensuite retardée de quelques jours.

Et, le 3 juillet, le Saint-Siège a fait une dernière tentative pour la faire annuler, par une note de la congrégation pour l'évangélisation des peuples qui mettait en garde aussi bien les évêques impliqués que les autorités chinoises contre les effets négatifs que ce geste comporterait.

Aux premiers il était rappelé qu’ils encourraient automatiquement l’excommunication. Aux secondes on disait :

"Les autorités gouvernementales ont été informées du fait que l'ordination épiscopale du Rév. Yue Fusheng n’a pas obtenu l'approbation du Saint-Père. Elle serait en contradiction avec les signes de ce dialogue, souhaité par la Chine et par le Saint-Siège, que l’on cherche à créer".


***


Mais même cette ultime pression est restée sans effet. Bien au contraire, depuis Pékin l'administration d’état chargée des affaires religieuses a répondu, le lendemain, à la note du Vatican par une déclaration qui liquidait comme "barbare et irrationnelle" la prise de position du Saint-Siège et qui accusait celui-ci de créer, par ses interférences, "des restrictions à la liberté et de l’intolérance, ce qui empêche un développement sain de l’Église catholique en Chine et n’apporte aucun bienfait à l’Église universelle".

Le prêtre Yue Fusheng a donc été ordonné évêque le 6 juillet à Harbin. Il avait été désigné par les autorités chinoises (par l’intermédiaire d’un comité local qui a voté pour sa nomination) sans l’approbation du pape.

Les cinq évêques qui l’ont ordonné sont Fang Xinyao de Linyi, dans le Shandong, Pei Junmin de Liaoning, Meng Qinglu de Hohhot, en Mongolie Intérieure, Wang Renlei de Xuzhou, dans le Jiangsu, et Yang Yongqiang de Zhoucun, dans le Shandong.

Le premier de ces cinq évêques est également président national de l'Association patriotique.

Tandis que le nouvel ordonné est vice-président de cette même organisation.

À côté d’eux, on trouve aujourd’hui dans le groupe dirigeant de l'Association patriotique quatre évêques n’ayant pas obtenu l'approbation du pape (Ma Yinglin, Lei Shiyin, Guo Jincai, Huang Bingzhang), deux évêques légitimement ordonnés mais ayant ensuite commis des actes graves de rupture avec Rome (Shen Bin de Haimen, Meng Qinglu de Hohhot), deux catholiques laïcs, Liu Yuanlong et Shu Nanwu, et une religieuse, Wu Lin.

Le nouvel évêque illicite, Yue Fusheng, 48 ans, a participé en 1995 aux Journées Mondiales de la Jeunesse de Manille, auxquelles une délégation chinoise avait été autorisée à se rendre, pour la première fois. Et, entre 1997 et 1998, il a été étudiant à l'université catholique de Louvain, en Belgique.

Il y a déjà, à Harbin, un administrateur apostolique reconnu par le Saint-Siège, Zhao Hongchun. Mais, en raison de son opposition à l'ordination du nouvel évêque, les autorités chinoises l’ont arrêté le 4 juillet et ne l’ont relâché qu’une fois cette ordination accomplie.


***


Les ordinations illicites de ces deux dernières années ont sérieusement compromis les efforts de l’Église de Rome pour amener la totalité des évêques chinois à la communion avec le pape.

Alors que, il y a trois ans, les évêques qui n’avaient pas obtenu l’approbation du pape se comptaient sur les doigts d’une seule main et semblaient en voie d’extinction, aujourd’hui leur nombre a fortement augmenté.

En Occident, on ne se rend pas bien compte de la gravité de ce schisme de fait, qui sépare de Rome une fraction non négligeable de l’Église chinoise.

Bien au contraire, on y constate une étrange tolérance vis-à-vis de cet abus de pouvoir des autorités d’état chinoises en ce qui concerne le choix des évêques. Une tolérance qui est exprimée précisément par des représentants de cette aile progressiste qui manifeste le plus son opposition à l’Église "constantinienne".

L’un d’eux est le professeur Alberto Melloni, chef de file de cette "école de Bologne" à laquelle on doit une histoire du concile Vatican II qui est la plus répandue et la plus influente de toutes celles qui ont été publiées jusqu’à présent.

Dans un article qui a été publié le 13 mars dernier par le "Corriere della Sera", Melloni a accusé le combatif cardinal Zen Zekiun, à cause de ses cris d’alarme à propos du schisme, "d’avoir fait preuve, vis-à-vis de Pékin, d’une fermeture si totale qu’il a mis en danger les résultats, parfois aussi petits qu’une semence, qui avaient été obtenus antérieurement par la diplomatie pontificale".

Et en ce qui concerne la prétention des autorités chinoises de choisir les évêques, il a fait comprendre qu’elle lui convenait, parce qu’il s’agit d’un choix "que, dans le monde chrétien, Rome a partagé avec les chapitres de cathédrales ou avec les monarchies catholiques et qui, dans la Chine de demain, ne pourra qu’être le fruit d’une sélection qualitative à plusieurs voix des candidats".

 

Sandro Magister

www.chiesa





L'interview accordée le 15 juin 2012 à "Asia News" par le secrétaire de la congrégation pour l'évangélisation des peuples :

> Mons. Savio Hon: Ordinazioni episcopali senza mandato del papa [Mgr Savio Hon : Ordinations épiscopales sans approbation du pape]

La note publiée le 3 juin 2012 par la congrégation pour l'évangélisation des peuples :

>> Note du Vatican relative à l’ordination épiscopale de Harbin, sans approbation du pape]

La réponse des autorités chinoises à la note du Vatican :

> Pechino: sull'ordinazione di Harbin il Vaticano è "barbaro e irrazionale" [Pékin : en ce qui concerne l’ordination de Harbin, le Vatican est "barbare et irrationnel"]

Pour d’autres détails à propos de l'ordination épiscopale de Harbin, sur "Asia News" :

> L'ordinazione illecita ad Harbin rafforza il partito degli "scomunicati" [L’ordination illicite à Harbin renforce le parti des "excommuniés"]



L'article d’Alberto Melloni paru dans le "Corriere della Sera" du 13 mars 2012 :

> Un cardinale per il dialogo con la Cina [Un cardinal pour le dialogue avec la Chine]




Du 23 au 25 avril derniers, la dernière session de la commission instituée par Benoît XVI pour examiner les questions concernant la vie de l’Église catholique en Chine a consacré une bonne partie de ses discussions précisément au risque d’un schisme, comme cela apparaît dans le communiqué final, publié en italien, en anglais et en chinois :

> Riunione plenaria della commissione per la Chiesa cattolica in Cina [Réunion plénière de la commission pour l’Église catholique en Chine]



Tous les articles de www.chiesa à ce sujet :

> Focus CHINE



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

Inquisitio : sexe, drogue et crime comme série de l’été sur France 2

dominicanus #actualités

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A quelques heures de la diffusion sur France du 1er épisode d’Inquisitio, présentée comme « série historique » sur l’Inquisition par les programmes télé, voici un premier petit billet pour se préparer psychologiquement. Accrochez vos ceintures de chasteté !

Lire le billet de Jean-Batiste Maillard (auteur de "Dieu et Internet")

L'Inquisition pour les nuls - Inquisitio, la vraie bande annonce

dominicanus #actualités

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Un mini-site vient d’être créé pour répondre aux questions que pose la série peu historique Inquisitio, diffusée sur France 2 à partir de ce mercredi 4 juillet. Budget : dix millions d'Euros, payés avec nos redevances télé... 

En voici une bande-annonce parodique, pour les nuls d’entre vous qui ne savent pas encore de quoi il s’agit :

 

 

 

La réaction de Mgr Bernard Podvin, porte-parole des évêques de France: 

A sujet délicat, traitement digne !


 

Lien vers le site pour répondre aux questions soulevées par la série Inquisitio, et toutes les questions sur l'Inquisition, sans complexe, sans préjugés, sans coups tordus, sans foutaise :

L'inquisition pour les nuls


Pour ceux qui sont sur Twitter :

http://twitter.com/SaturniNapator

 

Facebook : la page de Saturnin Napator

Conseiller auprès du Pape Clément VII at Palais des Papes Studied at Grand séminaire des pourfendeurs d'hérétiques Lives in Avignon, FranceIt's complicatedFrom Houilles, FranceBorn on April 1, 1966Knows Italian Language, Latin

Orientations pastorales pour la promotion des vocations au ministère sacerdotal

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INTRODUCTION

1. L’Assemblée plénière de la Congrégation pour l’Éducation Catholique a demandé la publication d’orientations pastorales afin de promouvoir les vocations au ministère sacerdotal.
Pour répondre à cette demande, l’Œuvre Pontificale pour les Vocations Sacerdotales, en collaboration avec ses consulteurs, avec des représentants des Congrégations pour l’Évangélisation des Peuples, pour les Églises Orientales, pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, et pour le Clergé, a réalisé une Enquête sur la pastorale des vocations sacerdotales afin d’avoir un cadre actualisé de la pastorale des vocations, en particulier au sacerdoce ministériel, dans les différentes régions du monde. 

 
L’Enquête a été envoyée le 15 mai 2008, à travers les Nonciatures, à tous les délégués de la pastorale des vocations des Conférences épiscopales et aux directeurs des Centres nationaux des vocations, afin qu’ils puissent fournir des informations sur la situation des vocations et formuler des propositions d’action pastorale.

 
L’examen des réponses à l’Enquête reçues par des Conférences épiscopales et des Centres nationaux, a fait ressortir une demande de lignes directrices de pastorale des vocations, basées sur une théologie claire et fondée de la vocation et de l’identité du sacerdoce ministériel.



I. LA PASTORALE DES VOCATIONS AU MINISTÈRE SACERDOTAL DANS LE MONDE

 

2. La situation des vocations sacerdotales dans le monde est aujourd’hui très contrastée, faite d’ombres et de lumières. Tandis que l’Occident doit faire face au problème de la diminution des vocations sacerdotales, les autres continents, malgré des moyens limités, connaissent une hausse prometteuse. 

 
Dans les pays de tradition chrétienne, la baisse préoccupante du nombre de prêtres, la hausse de leur moyenne d’âge et la demande d’une nouvelle évangélisation tracent les contours de la nouvelle situation ecclésiale. 

 
La diminution de la natalité contribue également à la baisse des vocations à une consécration particulière. La vie des fidèles catholiques subit le contrecoup de la recherche effrénée des biens matériels et de la diminution de la pratique religieuse, qui éloignent des choix courageux et exigeants de l’Évangile.


Comme l’écrit le Pape Benoît XVI : « À notre époque justement, nous connaissons bien le “non” de ceux qui ont été invités les premiers. En effet, dans la chrétienté occidentale, les nouveaux “premiers invités”, déclinent en grande partie l’invitation, ils n’ont pas de temps pour le Seigneur ». 


Même si la pastorale des vocations en Europe et dans les Amériques est structurée et créative, les résultats obtenus ne correspondent pas aux efforts fournis. Toutefois, à côté de situations difficiles, à regarder avec courage et vérité, on enregistre des signes de reprise, surtout là où existent des propositions claires et fortes de vie chrétienne. 


3. La prière de la communauté chrétienne a toujours renforcé dans le peuple de Dieu un souci partagé à l’égard des vocations, sous forme de “solidarité spirituelle”.


Partout où se développe et s’épanouit une pastorale intégrée, auprès des familles et des jeunes, ou de type missionnaire, en lien avec la pastorale des vocations, on assiste à une floraison de vocations sacerdotales. L’Église locale devient vraiment « responsable de la naissance et de la maturation des vocations sacerdotales ». La dimension vocationnelle ne se présente pas alors comme un simple ajout de programmes et de propositions, mais elle devient l’expression naturelle de l’ensemble de la communauté.


Les données statistiques de l’Église Catholique et les recherches sociologiques soulignent que des initiatives de nouvelle évangélisation dans les paroisses, les associations, les communautés ecclésiales et les mouvements, disposent les jeunes à une réponse à l’appel de Dieu et à une offrande de leur vie au service de l’Église. 


La famille reste la première communauté de transmission de la foi chrétienne. Partout, on constate que de nombreuses vocations sacerdotales naissent dans les familles où l’exemple d’une vie chrétienne cohérente et la pratique des vertus évangéliques font germer un désir de don total. L’attention aux vocations, de fait, suppose une pastorale familiale solide. 


Il convient d’ajouter que la question de la vocation au sacerdoce naît souvent chez les enfants et les jeunes, grâce au témoignage joyeux de prêtres. 


Le témoignage de prêtres unis au Christ, heureux dans leur ministère, et unis fraternellement entre eux, éveille chez les jeunes un fort attrait pour la vocation. Les évêques et les prêtres offrent aux jeunes une image élevée et attirante du sacerdoce ministériel. « La vie des prêtres, leur dévouement absolu au peuple de Dieu, leur témoignage de service d'amour pour le Seigneur et son Église - un témoignage marqué du signe de la croix, acceptée dans l'espérance et la joie pascale -, leur concorde fraternelle et leur zèle pour l'évangélisation du monde sont les premiers et les plus convaincants des facteurs de la fécondité des vocations ». 


De fait, les prêtres donnent souvent un témoignage de dévouement à l’Église, de générosité joyeuse, d’humble adaptation aux différentes situations où ils se trouvent amenés à servir. Leur exemple suscite le désir de s’engager avec générosité dans l’Église et la volonté de donner sa vie au Seigneur et aux frères. L’engagement des prêtres envers les personnes qui ont soif de Dieu, soif de valeurs religieuses, et qui sont en situation de grande pauvreté spirituelle, exerce notamment un fort attrait sur les jeunes. 


On remarque aussi que de nombreux jeunes découvrent un appel au sacerdoce et à la vie consacrée après avoir vécu une expérience de bénévolat, un service de charité auprès des personnes souffrantes, pauvres et dans le besoin, ou après avoir servi pendant un temps dans des missions catholiques.


L’école constitue pour les enfants et les jeunes un autre cadre de vie au sein duquel la rencontre avec un prêtre enseignant ou la participation à des initiatives d’approfondissement de la foi chrétienne peuvent ouvrir un chemin de discernement vocationnel. 



4. La diffusion d’une mentalité sécularisée dissuade les jeunes de répondre à l’invitation à suivre le Seigneur Jésus avec plus de radicalité et de générosité.


Les nombreuses réponses des Églises locales à l’Enquête réalisée par l’Œuvre Pontificale pour les Vocations Sacerdotales, ont permis de mettre en évidence une série de raisons pour lesquelles les jeunes détournent leur attention de la vocation sacerdotale ou la renvoient à un avenir imprécis. 


Par ailleurs, les parents, dans leurs attentes sur l’avenir de leurs enfants, laissent peu de place à la possibilité d’une vocation à une consécration particulière. 


Un autre aspect jouant en défaveur de la vocation au sacerdoce est sa marginalisation progressive de la vie sociale, avec comme conséquence la perte de visibilité dans l’espace public. En outre, différentes voix remettent en question le choix du célibat. Une mentalité sécularisée, mais aussi des opinions erronées au sein de l’Église tendent à déprécier le charisme et le choix du célibat, même si l’on ne peut nier les graves effets négatifs de l’incohérence et des scandales causés par l’infidélité aux devoirs du ministère sacerdotal, notamment les abus sexuels, semant le trouble chez des jeunes qui seraient pourtant prêts à répondre à l’appel du Seigneur. 


La vie des prêtres, parfois prise dans le tourbillon d’un activisme excessif, avec une surcharge de travail pastoral, peut éclipser ou affaiblir la luminosité du témoignage sacerdotal. Dans ce contexte, le suivi des chemins personnels et l’accompagnement spirituel des jeunes donnent l’occasion de proposer et de discerner la vocation, en particulier celle du sacerdoce.



II. VOCATION ET IDENTITÉ DU SACERDOCE MINISTÉRIEL



5. L’identité de la vocation au ministère sacerdotal se situe au cœur de l’identité chrétienne en tant que disciple du Christ. « L'histoire de toute vocation sacerdotale, comme d'ailleurs de toute vocation chrétienne, est l'histoire d'un ineffable dialogue entre Dieu et l'homme, entre l'amour de Dieu qui appelle et la liberté de l'homme qui, dans l'amour, répond à Dieu ». 


Les Évangiles présentent la vocation comme une merveilleuse rencontre d’amour entre Dieu et l’homme. C’est le mystère de l’appel, un mystère qui touche la vie de tout chrétien mais qui se manifeste encore plus clairement chez ceux que le Christ invite à tout laisser pour le suivre de plus près. Le Christ a toujours choisi des personnes pour collaborer plus étroitement avec lui à l’accomplissement du dessein salvifique du Père.


Jésus, avant d’appeler les disciples à une mission particulière, les invite à tout laisser pour vivre en profonde communion avec Lui, pour “être” avec Lui (Mc 3,14). 


Aujourd’hui encore, le Seigneur Ressuscité appelle les futurs prêtres pour en faire de véritables annonciateurs et témoins de sa présence salvifique dans le monde. 


C’est de cette expérience exemplaire que découle le besoin de devenir compagnon de voyage du Christ Ressuscité, d’entreprendre un parcours de vie où rien n’est joué d’avance mais où l’on s’ouvre avec docilité au Mystère de Dieu qui appelle.

6. Le Christ Pasteur est l’origine et le modèle du ministère sacerdotal. Lui-même a décidé de confier à certains de ses disciples la capacité d’offrir le sacrifice eucharistique et de pardonner les péchés.


« C’est ainsi que le Christ a envoyé ses Apôtres comme le Père l’avait envoyé, puis, par l’intermédiaire des Apôtres, il a fait participer à sa consécration et à sa mission les évêques, leurs successeurs, dont la fonction ministérielle a été transmise aux prêtres à un degré subordonné : ceux-ci sont donc établis dans l’Ordre du presbytérat pour être les coopérateurs de l’ordre épiscopal dans l’accomplissement de la mission apostolique confiée par le Christ ». 


C’est pourquoi le prêtre, comme l’affirme clairement la doctrine du caractère des Ordres sacrés, est configuré au Christ prêtre qui l’habilite à agir en la personne du Christ Chef et Pasteur. Son être et son action dans le ministère s’enracinent dans la fidélité à Dieu qui, par le don spirituel du sacrement de l’Ordre, établit sa demeure permanente chez le prêtre et le distingue des autres baptisés qui participent au sacerdoce commun. Le prêtre, en tant qu’uni à l’ordre épiscopal, participe en effet de l’autorité du Christ qui « fait grandir, sanctifie et gouverne son propre corps ». 


Le sacerdoce ministériel se différencie ainsi dans son essence du sacerdoce commun et est à son service. En effet, « celui qui a reçu le sacerdoce ministériel jouit d’un pouvoir sacré pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire, dans le rôle du Christ, le sacrifice eucharistique et l’offrir à Dieu au nom du peuple tout entier ; les fidèles eux, de par le sacerdoce royal qui est le leur, concourent à l’offrande de l’Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâces, le témoignage d’une vie sainte, leur renoncement et leur charité effective ». « C’est là qu’aboutit leur ministère, c’est là qu’il trouve son accomplissement ».


Il est clair que le don transmis par l’imposition des mains doit être toujours “ravivé” (cf. 2 Tm 1,6) afin que « dans les temps de prière et d’adoration comme dans l’annonce de la Parole, dans l’offrande du sacrifice eucharistique et l’administration des autres sacrements comme dans les différents ministères exercés au service des hommes, les prêtres contribuent à la fois à faire croître la gloire de Dieu et à faire avancer les hommes dans la vie divine ».


Cette première dimension, de caractère christologique, du sacrement de l’Ordre, fonde la dimension ecclésiologique. Dans la mesure où l’Église est convoquée par le Christ Ressuscité, les prêtres sont habilités, par le sacrement de l’Ordre, à être des instruments efficaces d’édification de l’Église, à travers l’annonce de la Parole, la célébration des sacrements et la conduite du peuple de Dieu. Sans ces dons, l’Église perdrait son identité. Le sacerdoce ministériel est donc un point névralgique, vital, pour l’existence de l’Église car il est le signe efficace du primat de la grâce par laquelle le Christ Ressuscité bâtit, dans l’Esprit, son Église. 


Les prêtres, qui représentent donc le Christ Pasteur, trouvent dans leur dévouement total à l’Église, l’élément unificateur de leur identité théologique et de leur vie spirituelle. C’est pourquoi, « la charité du prêtre se relie d'abord à celle de Jésus-Christ. C'est seulement si elle aime et sert le Christ, Tête et Époux, que la charité devient source, critère, mesure, impulsion de l'amour et du service du prêtre envers l'Église, corps et épouse du Christ ». Si le sacerdoce ne prend pas son origine dans cet amour, il se réduit à une prestation fonctionnelle au lieu d’être le service d’un pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. C’est donc l’amour pour le Christ qui constitue la motivation prioritaire de la vocation au sacerdoce.

7. Le ministère sacerdotal, conféré par le sacrement de l’Ordre, est marqué, dans sa nature, par la vie trinitaire, une vie qui est communiquée par le Christ et par son union avec le Père dans l’Esprit Saint. Celle-ci qualifie de manière essentielle l’identité sacerdotale. 


Chaque prêtre vit dans la communion réelle et ontologique du presbytérat uni à son évêque. En effet : « Le ministère ordonné, de par sa nature même, ne peut être accompli que pour autant que le prêtre est uni au Christ par l'insertion sacramentelle dans l'ordre presbytéral et donc pour autant qu'il est en communion hiérarchique avec son évêque. Le ministère ordonné est radicalement de “nature communautaire” et ne peut être rempli que comme “œuvre collective” ».


Le prêtre sert la communio de l’Église au nom de Jésus-Christ. Le Seigneur appelle le prêtre personnellement et l’invite à une relation personnelle avec lui, à une expérience de fraternité apostolique et à une mission pastorale d’origine éminemment trinitaire. Le “nous” apostolique, reflet et participation de la communion trinitaire, définit l’identité du ministère ordonné.


Le cheminement vocationnel et la formation devront, de toute évidence, reprendre les éléments essentiels de la vie trinitaire, qui caractérisent le ministère ordonné, puisque l’appel personnel du Christ est au service d’une vie de communion-mission, reflet de la vie trinitaire.


Une des tâches importantes de la pastorale des vocations consistera donc à proposer aux enfants et aux jeunes une expérience chrétienne, leur permettant de faire l’expérience de la réalité de Dieu dans la communion avec les frères et dans la mission évangélisatrice. Conscients de faire partie d’une même famille de fils et filles du même Père, qui les aime immensément, ils sont appelés à vivre en frères et sœurs et, en persévérant dans l’unité, à se mettre « au service de la nouvelle évangélisation pour proclamer la merveilleuse vérité de l’amour salvifique de Dieu ».


La pastorale de la vocation au ministère ordonné tend à générer des hommes de communion et de mission, capables de s’inspirer du “commandement nouveau” (Jn 13,34), source de la “spiritualité de communion”. 


La promotion des vocations et le discernement qui y fait suite ont en grande estime cette expérience chrétienne, fondement d’un chemin de grâce inscrit dans le sacrement de l’Ordre et condition d’une évangélisation authentique.

8. Il faudra mener opportunément un discernement prudent et sage à partir des conditions essentielles d’accès au sacerdoce afin d’évaluer l’aptitude des “appelés”. La pastorale des vocations est consciente que la réponse à l’appel se fonde sur l’harmonisation progressive de la personnalité dans ses différentes composantes : humaine et chrétienne, personnelle et communautaire, culturelle et pastorale. 


« La connaissance de la nature et de la mission du sacerdoce ministériel, selon Pastores dabo vobis, est le présupposé nécessaire et en même temps le guide le plus sûr et le stimulant le plus fort pour développer dans l'Église l'action pastorale, en vue de la promotion et du discernement des vocations sacerdotales et de la formation de ceux qui sont appelés au ministère ordonné ».


C’est pour cette raison qu’elle tend d’abord au développement de la personne dans sa totalité et son intégralité afin de préparer les “appelés” au sacerdoce à se conformer au Christ Pasteur, dans le cadre d’une expérience communautaire profonde. 


Chaque appelé doit recevoir les moyens de vivre une relation intime d’amour avec le Père qui l’appelle, avec le Fils qui le rend conforme à Lui, avec l’Esprit qui le façonne, à travers l’éducation à la prière, l’écoute de la Parole, la participation à l’Eucharistie, et le silence de l’adoration.
La proposition vocationnelle va de pair avec la prise en charge progressive par l’appelé de tâches, de choix et de responsabilités, qui permettent en outre un discernement large et profond de l’authenticité de la vocation. 


La maturité affective est une étape nécessaire pour accueillir la grâce du Sacrement. Il convient d’éviter de faire des propositions vocationnelles à des sujets qui, tout en ayant un chemin de conversion louable, sont marqués par de profondes fragilités humaines.
Il est important que l’appelé perçoive clairement les engagements qui devront être les siens, en particulier dans le célibat.


L’appel devrait s’enraciner dans un contexte ecclésial précis qui puisse donner consistance au choix vocationnel et contribuer à pallier ses possibles déviances individualistes. En ce sens, la qualité de l’expérience paroissiale et diocésaine ainsi que la fréquentation et la participation active à des associations et à des mouvements ecclésiaux revêtent une importance fondamentale.


Normalement, il convient de prévoir une expérience de vie communautaire avant que le jeune n’entre au séminaire. 



9. Les accompagnateurs vocationnels, à la suite du prêtre ayant favorisé et soutenu les débuts de la vocation, jouent un rôle décisif. La relation éducative avec les animateurs ainsi que le style de vie fraternel avec les autres appelés rendent le discernement du choix vocationnel plus authentique et plus valide.


La vie des prêtres et de l’ensemble du presbyterium diocésain, qui conjugue la figure idéale du prêtre avec les conditions du ministère dans la vie ordinaire, et lui donne une visibilité, favorise sans aucun doute le chemin de croissance de l’appel au ministère sacerdotal. 


Les diverses figures de prêtres vénérés comme saints, contribuent assurément à communiquer courage et générosité aux appelés. Les prêtres entièrement dévoués à l’exercice de leur ministère pastoral constituent des modèles de référence solides pour affermir les raisons du choix du ministère sacerdotal.


Il suffit d’évoquer saint Jean-Marie Vianney, le saint Curé d’Ars, présenté à tous les prêtres comme un modèle lumineux par le Pape Benoît XVI pendant l’année sacerdotale 2010. Avec lui, nous pourrions évoquer de nombreux prêtres exemplaires, qui ont accompagné avec abnégation le chemin du peuple de Dieu au cours du temps dans les Églises locales. 


Il est également important que les prêtres invoquent avec confiance et insistance la Vierge Marie, Mère des prêtres, pour qu’elle les aide à accueillir avec disponibilité le projet de Dieu dans leur vie et à prononcer avec foi et amour un “oui” au Seigneur qui appelle toujours de nouveaux ouvriers à annoncer le Royaume de Dieu.


10. La croissance et la maturité d’une vocation sacerdotale impliquent un amour concret pour l’Église particulière d’appartenance et une disponibilité totale à tous les services pastoraux, qui permettent de faire l’expérience d’une liberté intérieure et de ne pas se sentir maître de sa propre vocation. 


La participation active à la vie d’une communauté chrétienne peut contribuer à éviter de nouvelles formes de cléricalisme, les situations de centralisation pastorale inopportune, le travail pastoral à temps partiel et les choix ministériels taillés sur mesure en fonction de besoins individuels qui font perdre de vue la vie et l’unité de la communauté. 


Pour bâtir une Église en état de mission permanente, la vocation du prêtre est de faire grandir une communauté riche de ministères, dans laquelle un large espace est dévolu à la participation active et responsable des fidèles laïcs. 


Pour devenir capables d’animer et de soutenir une communauté, les jeunes qui discernent un appel au sacerdoce, doivent apprendre à collaborer, à se mesurer à l’ensemble de la communauté chrétienne et à avoir de l’estime pour toutes les vocations.


La dimension universelle est intrinsèque au ministère sacerdotal. L’ordination rend le prêtre apte à la mission, qui représente un aspect essentiel de l’identité sacerdotale.


En ce sens, il est important de former l’appelé à se préoccuper de ceux qui sont proches, tout en considérant aussi ceux qui sont loin. 


C’est la disponibilité à la mission qui définit la vérité du prêtre dans toutes ses activités. Cela implique de façonner une structure intérieure et, plus qu’une manière de faire, une manière d’être se caractérisant par le courage de sortir de tout particularisme pour ouvrir son cœur aux besoins de la nouvelle évangélisation.




III. PROPOSITIONS POUR LA PASTORALE DES VOCATIONS SACERDOTALES


11. Les vocations sacerdotales sont le fruit de l’action de l’Esprit Saint dans l’Église. Certains pays enregistrent une floraison vigoureuse et prometteuse des vocations sacerdotales, qui encourage à poursuivre dans la voie de la promotion des vocations. 


L’Église, consciente de la nécessité des vocations au sacerdoce, reconnaît qu’elles sont un don de Dieu et prie le Seigneur, dans une supplication incessante et confiante, de les accorder généreusement. 


« En réalité, c’est Dieu, le Maître de la moisson, qui choisit ses ouvriers en appelant les personnes à travers une décision toujours gratuite et surprenante. Cependant, dans le mystère de l’alliance qu’il a établi avec nous, nous sommes invités à coopérer avec sa providence en utilisant la grande force qu’il a placé entre nos mains : la prière ! C’est ce que Jésus nous a demandé : “Priez pour que le Maître de la moisson envoie des ouvriers !” ». 


La prière touche le cœur de Dieu. Pour le croyant, elle devient une grande école de vie, elle enseigne à regarder le monde et les besoins de tout être humain avec une sagesse évangélique. Plus encore, elle unit les cœurs à la charité et à la compassion du Christ envers l’humanité. 


L’expérience de tant d’Églises locales atteste que des jeunes, en grand nombre, perçoivent l’appel au sacerdoce ministériel, surtout dans les communautés où la prière constitue une dimension constante et profonde. 



12. L’Occident est dominé par une culture indifférente à la foi chrétienne et incapable de comprendre la valeur des vocations à une consécration particulière. 


Cependant, l’Église, appelée à vivre dans le temps, sait voir avec sagesse dans l’Histoire, la présence de Dieu qui accompagne, interpelle, appelle à l’alliance, même dans les moments apparemment moins féconds et fructueux. Elle regarde « le monde avec une immense sympathie parce que, quand bien même le monde se sentirait étranger au christianisme, l’Église ne pourrait se sentir étrangère au monde, quelle que soit l’attitude du monde envers l’Église ».


L’Église, encore aujourd’hui, continue à annoncer la Parole de Dieu et à communiquer la bonne nouvelle du salut avec le courage de la vérité. Elle cherche notamment à proposer aux enfants et aux jeunes la foi qui bouleverse la vie et qui répond à la soif de bonheur présente dans le cœur de l’homme. 


Il s’agit de proposer l’expérience de la foi comme relation personnelle, profonde, avec le Seigneur Jésus-Christ, révélateur du Mystère de Dieu.


D’une réponse de foi naît ensuite la découverte de la vocation, surtout quand elle est vécue au sein de communautés chrétiennes qui vivent la beauté de l’Évangile et qui disposent d’animateurs et d’éducateurs capables de déceler les signes de la vocation. 


Si l’ont veut faire une proposition de foi chrétienne susceptible de susciter des réponses vocationnelles, il faut, à travers l’œuvre d’éducateurs et d’accompagnateurs adultes dans la foi, favoriser des espaces authentiques de relations humaines, dans des milieux communautaires de vie chrétienne qui attirent et invitent à l’engagement.


Il est bon de proposer ouvertement la vie sacerdotale aux enfants et aux jeunes et, en même temps, il convient d’inviter les communautés chrétiennes à prier plus intensément “le Maître de la moisson” (Mt 9,38) pour qu’il suscite de nouveaux ministres et de nouvelles personnes consacrées. 


À cette fin, il est utile de soutenir, dans les Églises locales, une pastorale générale porteuse d’un élan évangélique, vocationnel et missionnaire. 



13. Tous les membres de l’Église sont responsables du soin des vocations sacerdotales. « Le Concile Vatican II a été aussi explicite que possible en affirmant que “le devoir de favoriser l'augmentation des vocations sacerdotales appartient à toute la communauté chrétienne, qui est tenue de s'acquitter de ce devoir avant tout par une vie pleinement chrétienne” (Optatam totius, n.2). C'est seulement sur la base de cette conviction que la pastorale des vocations pourra manifester son visage vraiment ecclésial et développer une action concertée, en se servant aussi d'organismes spéciaux et d'instruments adaptés de communion et de coresponsabilité ».


Le Saint-Siège a institué, il y a déjà 70 ans, l’Œuvre Pontificale pour les Vocations Sacerdotales dans le but de favoriser la collaboration entre le Saint-Siège et les Églises locales pour la promotion des vocations au ministère ordonné. 


Cet organisme s’emploie à diffuser et à faire connaître le Message pour la Journée de Prière pour les Vocations, que le Saint-Père adresse chaque année à toute l’Église. Il a également pour mission de recueillir et de diffuser les initiatives vocationnelles les plus significatives qui enrichissent les Églises locales. Il organise des congrès internationaux et collabore à la tenue de congrès continentaux, afin de favoriser une synergie entre tous les acteurs de la pastorale des vocations. 


L’expérience des dernières décennies montre que le Message du Saint-Père aide les Églises locales à définir, proposer et mettre en œuvre des programmes annuels de pastorale des vocations. 


Les évêques jouent un rôle central et prééminent dans la promotion des vocations, en particulier sacerdotales. « La première responsabilité de la pastorale orientée vers les vocations sacerdotales, c'est celle de l'évêque (Christus Dominus, n.15), qui est appelé à l'assumer personnellement, même s'il peut et doit susciter de multiples collaborations. Il est un père et un ami dans son presbyterium et il lui revient de “maintenir la continuité” du charisme et du ministère sacerdotal, en lui associant de nouvelles forces par l'imposition des mains. Il veillera à ce que la dimension des vocations soit toujours présente dans l'ensemble de la pastorale ordinaire, bien plus, à ce qu'elle s'intègre et s'identifie avec elle. C'est à lui qu'il appartient de promouvoir et de coordonner les diverses initiatives en faveur des vocations ».


Il incombe à l’évêque de confier la pastorale des jeunes et des vocations à des prêtres et des personnes capables de transmettre avec enthousiasme et par l’exemple de leur vie la joie de suivre le Seigneur Jésus à l’école de l’Évangile. 


Au niveau diocésain, l’évêque établit le Centre diocésain des vocations. Composé de prêtres, de consacré(e)s et de laïcs, c’est un organisme de communion au service de la pastorale des vocations des Églises locales, ayant pour mission de promouvoir les vocations à une consécration particulière, dans le cadre de l’ensemble des vocations. 


Le Centre diocésain des vocations s’occupe de la formation des animateurs de la pastorale des vocations, il suscite et répand dans le peuple de Dieu une culture vocationnelle, participe à l’élaboration du programme de pastorale diocésaine, collabore notamment avec les organismes diocésains responsables de la pastorale familiale, de la catéchèse et de la pastorale des jeunes.


Dans les diocèses et les paroisses, il convient d’encourager et de soutenir les groupes de vocations qui proposent des parcours d’éducation chrétienne et de premier discernement vocationnel.


Les Centres nationaux ou interdiocésains des vocations, sur mandat des Conférences épiscopales et, normalement, sous la conduite d’un évêque, sont chargés de coordonner les Centres diocésains des vocations.


14. La grâce de l’appel trouve un terrain fécond dans une Église qui, à travers ses communautés et tous ses fidèles, crée de bonnes conditions pour des réponses vocationnelles libres et généreuses.


Le Bienheureux Jean-Paul II a demandé aux évêques : « de redynamiser le tissu social de la communauté chrétienne à travers l’évangélisation de la famille, d’aider les laïcs à diffuser les valeurs de la cohérence, de la justice et de la charité dans le monde des jeunes ».


Le témoignage de communautés chrétiennes capables de rendre raison de leur foi devient, à notre époque, encore plus indispensable si l’on veut que les Chrétiens, engagés à la suite du Christ, puissent transmettre son amour. La communion des croyants dans le Christ, prépare à recevoir l’appel du Seigneur qui invite à la consécration et à la mission. 


La promotion de la vocation sacerdotale se fait déjà dans les familles chrétiennes. Si elles sont animées d’un esprit de foi, de charité et de piété, elles constituent comme un “premier séminaire” (Optatam totius, n.2) et continuent « à offrir les conditions favorables pour la naissance des vocations ».


Même si les familles chrétiennes cultivent un sentiment de respect pour la figure du prêtre, elles manifestent, surtout en Occident, une certaine difficulté à accueillir la vocation au ministère sacerdotal ou à la vie consacrée de l’un de leurs enfants. 


Il existe un espace éducatif commun à la pastorale des familles et à celle des vocations. En ce sens, il convient de responsabiliser les parents à leur ministère d’éducateurs de la foi, enraciné dans le sacrement du mariage, afin qu’au cœur de la famille, se développent les conditions humaines et surnaturelles favorables à la découverte d’une vocation sacerdotale. 


La paroisse est, quant à elle, le lieu par excellence pour proclamer l’Évangile de la vocation chrétienne et, en particulier, présenter l’idéal du sacerdoce ministériel. Elle est le terrain fertile où peuvent germer et mûrir les vocations, à condition d’être « la famille de Dieu, fraternité qui n’a qu’une âme par le Christ, dans l’Esprit » , caractérisée par le style de vie des premières communautés chrétiennes (cf. Ac 2,42 ; 4,32). 


La paroisse illustre de manière évidente la variété des vocations et sensibilise fortement à l’urgence des vocations sacerdotales, nécessaires pour assurer la célébration de l’Eucharistie et le Sacrement de la réconciliation. 


La communauté paroissiale est un vivier fécond, capable de contribuer grandement à la formation humaine et spirituelle de ceux qui sont en chemin vers le ministère sacerdotal. 


Le rôle des prêtres et des consacrés, surtout ceux qui œuvrent dans les communautés paroissiales, est décisif pour proposer de manière explicite la vocation sacerdotale aux enfants, aux adolescents et aux jeunes, à travers une action éducative sage et convaincante, capable de faire émerger la question de la vocation. 


Dans les paroisses, les catéchistes et les animateurs de la pastorale, tout en faisant une proposition globale du message chrétien, peuvent repérer et indiquer de précieuses passerelles entre les thèmes de la catéchèse et la présentation des vocations spécifiques, surtout celle au sacerdoce. « En particulier les catéchistes, les enseignants, les éducateurs, les animateurs de la pastorale des jeunes, chacun avec ses ressources et ses capacités propres, ont une grande importance dans la pastorale des vocations sacerdotales. En effet, plus ils approfondiront le sens de leur vocation et de leur mission dans l'Église, plus ils pourront reconnaître la valeur et le caractère irremplaçable de la vocation et de la mission sacerdotale ». 


15. Il convient de rappeler aux séminaristes une vérité pastorale confirmée : « Personne plus que les jeunes, n’est apte à évangéliser les jeunes. Les jeunes étudiants qui se préparent au sacerdoce, les jeunes gens et jeunes filles en formation religieuse et missionnaire, à titre personnel et communautaire sont, parmi les autres jeunes les premiers et plus immédiats apôtres de la vocation ». Il faut, par ailleurs, tenir compte des groupes ecclésiaux organisés, des mouvements et des associations, qui constituent de précieux lieux pédagogiques de la proposition sacerdotale. La rencontre avec le Christ y est favorisée par une attention aux personnes, une proposition spirituelle claire et centrée sur la prière. Un grand nombre de vocations naît à partir de ces expériences.


A l’école, les enseignants engagés dans un service qui, par sa nature, est vocation et mission, peuvent élargir l’œuvre éducative de la famille dans l’horizon de la culture sans jamais oublier la dimension vocationnelle de l’existence. 


Leur service peut ouvrir au choix d’une vie totalement donnée à Dieu et aux frères, en communiquant « dans l'esprit des enfants et des jeunes, le désir d'accomplir la volonté de Dieu dans l'état de vie le plus adapté à chacun, sans jamais exclure la vocation au ministère sacerdotal ».


Dans de nombreux pays, la période universitaire est devenue, pour les jeunes, un temps fécond pour les choix de vie personnels. Cela demande notre plus grande attention : les années de la jeunesse sont précieuses et décisives dans la recherche du sens plénier de l’existence. 


Quant aux animateurs des activités de loisirs et sportives dans les institutions ecclésiales, au-delà de leurs motivations spécifiques et des valeurs humaines que ces activités permettent de développer, ils sont invités à ne pas perdre de vue un objectif supérieur : la formation intégrale et harmonieuse de la personne. Dans la mesure où elle rejoint la proposition éducative chrétienne, une telle formation humaine représente, de fait, un terrain fertile pour proposer la vocation sacerdotale.


La direction spirituelle est une forme privilégiée de discernement et d’accompagnement de la vocation. Elle demande de la part des prêtres une vraie disponibilité à l’écoute et au dialogue, la capacité de susciter et de donner des réponses aux interrogations fondamentales de l’existence, une indéniable sagesse pour aborder les questions inhérentes aux choix de vie et à la vocation au ministère sacerdotal.


La direction spirituelle et le conseil vocationnel doivent faire l’objet d’une préparation spécifique dans la formation initiale et permanente des prêtres. 


16. La promotion de la vocation sacerdotale trouve ses points d’appui dans les propositions de formation à la vie chrétienne, fondées sur l’écoute de la Parole, la participation à l’Eucharistie et l’exercice de la charité.


L’annonce de la Parole passe par la prédication qui amorce et indique les modes et les formes de mise en œuvre de l’Évangile dans la vie des fidèles et des communautés ecclésiales. « Il faut une prédication directe sur le mystère de la vocation dans l'Église, sur la valeur du sacerdoce ministériel, sur son urgente nécessité pour le peuple de Dieu ».


La catéchèse aussi est une voie ordinaire de la promotion des vocations, lorsqu’elle aide les enfants et les jeunes à évaluer la vie comme une réponse à l’appel de Dieu et à accueillir dans la foi le don de la vocation personnelle.


La catéchèse de préparation au sacrement de la confirmation donne l’occasion de faire connaître aux confirmands les dons de l’Esprit, les charismes, les ministères et les différents appels qui leur sont liés. 


Aucune forme de catéchèse ne doit négliger la présentation de la vocation sacerdotale. « Une catéchèse organique et offerte à tous les membres de l'Église dissipe les doutes, combat les idées unilatérales et déviées sur le ministère sacerdotal, ouvre également les cœurs des croyants à l'attente du don et crée des conditions favorables pour la naissance de nouvelles vocations ». 


L’Eucharistie, centre de la vie du chrétien et de la communauté, favorise la proposition d’un itinéraire liturgique sacramentel, susceptible de nourrir ordinairement le chemin de toute vocation.


La fréquentation constante et régulière du Sacrement de la réconciliation s’avère décisive dans le discernement de la vocation au sacerdoce. 


L’Année liturgique constitue l’école de foi permanente de la communauté chrétienne, elle rythme les temps et les moments de sa vie ordinaire et accompagne la maturation vocationnelle des fidèles.


Les différentes initiatives de prière, surtout l’adoration eucharistique, préparées et réalisées de manière significative et avec un profond sens liturgique, peuvent mettre en évidence l’importance extraordinaire de la vocation sacerdotale pour l’Église. 


Le témoignage de la charité connaît, dans l’Église, une expression multiforme et surprenante. Il est fondamental que ces initiatives d’engagement soient renforcées par des parcours de formation précis, qui invitent à la gratuité et au service du Royaume de Dieu et tendent à une configuration personnelle et communautaire au Christ. 


Les jeunes sont davantage sensibles à la condition des plus faibles et des pauvres. Beaucoup se révèlent prêts à servir, à partager avec le prochain les joies et les fatigues de la vie. 


Certains choisissent le bénévolat caritatif pour servir les personnes souffrantes, âgées ou pauvres. D’autres s’engagent dans l’éducation des jeunes à travers la catéchèse, les associations catholiques, les activités de loisirs. S’ajoutent à eux, ceux qui donnent le témoignage précieux du bénévolat missionnaire qui peut bouleverser la vie d’une personne, en lui ouvrant les yeux sur les besoins matériels et spirituels graves et urgents, dans les pays en voie de développement.


Les vocations qui s’épanouissent dans le cadre du témoignage de la charité chrétienne se révèlent solides et authentiques, orientées en profondeur vers le service. 



17. Dans les communautés ecclésiales, il faut encourager un vrai mouvement de prière pour demander des vocations au Seigneur. De fait, « une catéchèse organique et offerte à tous les membres de l'Église dissipe les doutes, combat les idées unilatérales et déviées sur le ministère sacerdotal, ouvre également les cœurs des croyants à l'attente du don et crée des conditions favorables pour la naissance de nouvelles vocations ».


Il convient de soutenir et d’intensifier les initiatives qui donnent l’exemple d’une communauté unie dans la prière pour les vocations. 


Le Centre diocésain des vocations pourrait ainsi proposer et organiser l’initiative du monastère invisible, par laquelle de nombreuses personnes, de jour et de nuit, s’engagent à la prière continue pour les vocations sacerdotales. 


Le jeudi pour les vocations représente un moment traditionnel de prière communautaire mensuelle pour les prêtres et les vocations sacerdotales, centrée sur l’adoration eucharistique.
La Journée mondiale de prière pour les vocations et la Journée du Séminaire représentent deux moments forts de prière, de catéchèse et d’annonce vocationnelle dans les communautés chrétiennes. 


18. Le service de l’autel est souvent la prémisse à d’autres formes de service dans la communauté chrétienne. Cette expérience, articulée avec sagesse à l’éducation à la prière liturgique, à l’écoute de la Parole et à la vie sacramentelle, peut être structurée selon un véritable itinéraire ouvert à la vocation sacerdotale.


C’est pourquoi la pastorale des vocations sacerdotales accorde une attention particulière aux servants de messe. De nombreux prêtres et séminaristes, avant d’entrer au séminaire, ont fait partie de groupes de servants et se sont engagés au service de l’autel. 


Les retraites et les exercices spirituels vocationnels, organisés pour les jeunes, jouent un rôle décisif en leur permettant de vivre une expérience de silence, de prière prolongée et de dialogue avec la Parole de Dieu. Ils peuvent représenter des moments forts de réflexion sur le projet de vie en tant que découverte de l’appel personnel à une vocation.


Les “communautés vocationnelles résidentielles” aident également les jeunes à s’orienter et à discerner leur vocation en vue du séminaire. Elles représentent une sorte de “pré-séminaire”, avec la présence stable de prêtres bien préparés, qui proposent une règle de vie rythmée par des moments de vie fraternelle, d’étude personnelle, de partage de la Parole, de prière personnelle et communautaire, de célébration eucharistique, et de direction spirituelle.



19. Le Petit Séminaire offre à des adolescents la possibilité d’être accompagnés, éduqués et formés pour discerner le désir de devenir prêtres. Par ailleurs, « par sa nature et par sa mission, il serait bon que le petit séminaire devienne dans le diocèse un point de référence valable de la pastorale vocationnelle, avec d’opportunes expériences de formation pour les garçons qui sont à la recherche du sens de leur vie, de leur vocation, ou qui sont déjà décidés à entreprendre la route du sacerdoce ministériel, mais qui ne peuvent encore commencer un vrai chemin de formation ».



CONCLUSION


20. Le souci des vocations sacerdotales est un défi permanent pour l’Église. 


A l’occasion du 70ème anniversaire de sa fondation, l’Œuvre Pontificale pour les Vocations Sacerdotales, afin d’encourager toutes les communautés chrétiennes et en leur sein les personnes particulièrement engagées dans la pastorale des vocations, propose ce document aux Églises particulières, comme un compendium de la promotion des vocations au sacerdoce ministériel.


Le milieu le plus favorable à la vocation au sacerdoce est une communauté chrétienne qui écoute la parole de Dieu, qui prie par la liturgie et qui témoigne par la charité. C’est dans ce contexte que la mission du prêtre est perçue et reconnue avec le plus d’évidence.


Ce document veut soutenir les communautés ecclésiales, les associations, les mouvements dans leur engagement en faveur des vocations, et orienter leurs efforts vers une pastorale des vocations capable de porter à maturation tous les choix de don de soi, et de favoriser en particulier l’accueil de l’appel de Dieu au ministère sacerdotal.



Le Saint-Père, au cours de l’audience accordée au soussigné Préfet, a approuvé le présent document et en a autorisé la publication.

Rome, le 25 mars 2012, en la Solennité de l’Annonciation du Seigneur.

Zenon Cardinal Grocholewski
Préfet

+Jean-Louis Bruguès
Secrétaire



SOMMAIRE


INTRODUCTION p. 2


 

La pastorale des vocations au ministère sacerdotal dans le monde p. 3



Vocation et identité du sacerdoce ministériel p. 8



Propositions pour la pastorale des vocations sacerdotales p. 17




CONCLUSION p. 31


 

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