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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

#homelies annee a 2010-2011

Commentaire de l'Évangile du dimanche de la Pentecôte Année A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Mon homélie pour la Pentecôte Année A 2008 - À quand le Saint Esprit n° 1 à la SOFRES ?


Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 12 juin, dimanche de la Pentecôte. Évangile selon saint Jean, chapitre 20, versets 19 à 23.

 

pentecote A ev


C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

Lire le commentaire :


Nous voici cinquante jours après Pâques et la Résurrection de Jésus a insufflé dans nos cœurs la joie de Dieu. Les Apôtres sont préparés à son départ et il leur promet la venue de l’Esprit Saint. La première lecture de ce jour nous en fait le récit, montrant les multiples effets de cette présence et le courage dont ils sont désormais dotés. 


L’évangile en saint Jean se situe juste après le lavement des pieds et dans son long discours d’adieu, Jésus parle de sa mort et du don du Paraclet. La dramatique est là : il doit passer vers le Père et donc quitter ses disciples mais il ne les laisse pas vulnérables et seuls puis que le Paraclet sera donné à ceux qui l’aiment. L’Esprit Saint est caractérisé de deux manières. 


D’une part, il est paraclet, littéralement « Celui qui est appelé à l’aide », le Défenseur qui permettra aux chrétiens persécutés d’être inspirés d’un témoignage crédible. Mais il ne leur épargnera pas la possibilité de la souffrance comme le Christ. 


D’autre part, il est «L’esprit de vérité » qui enseignera la communauté chrétienne et lui permettra de se souvenir de Jésus lui-même, resté fidèle à sa mission jusqu’à la croix. De cette manière, il donnera aux chrétiens menacés, du courage et leur fera trouver les mots justes face à ceux qui les jugent. 


Ainsi nous est donné tout le sens de l’amour du Christ au travers de l’Esprit : Jésus a décidé d’aimer les siens quoiqu’il en coûte. Et c’est vraiment la question, l’enjeu qui nous est posé en ce jour : Aimerai-je le Christ quoiqu’il en coûte ? 


Si nous acceptons alors le Christ ne nous quittera plus ; mieux encore le Père se rendra présent : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui ». 


En ce jour de Pentecôte, laissons la fidélité d’amour au Christ nous envahir par son Esprit. 


Laissons nos cœurs ouverts aux dons du Défenseur :


Accueillons la SAGESSE, cette lumière intérieure de Dieu qui nous donne de regarder et de mesurer les choses de la création avec le regard aimant de Dieu.


Ouvrons-nous à l’INTELLIGENCE divine qui lit les choses de l’intérieur et petit à petit révèle le dessein de Dieu en éclairant toute activité humaine de la finalité limpide de son amour. 


Cultivons la SCIENCE de Dieu qui établit le rapport vrai entre le Créateur et ses créatures : nos limites sont bien là mais elles deviennent le lieu où prend corps l’infini de son amour. 


Embrassons son CONSEIL qui accroche sa vie en notre âme en l’illuminant sur ce qu’il faut faire, ce qui est vrai sous le regard de Dieu.


Laissons-nous toucher par sa FORCE, non la puissance vaniteuse, mais la vigueur de l’âme, illuminée par Dieu, qui n’accepte aucun compromis dans l’accomplissement de son devoir et qui mène à son achèvement notre vocation de fils de Dieu. 


Soyons remplis de sa PIETE, cette tendresse de Dieu qui nous montre ce que nous sommes et nous donne d’aimer les autres tels qu’ils sont. Elle suscite le désir de la grâce, du pardon et de la joie d’aimer et d’être aimer. 


Libérons-nous dans la CRAINTE DE DIEU, non pas la peur qui paralyse, mais cette réalité filiale qui nous donne un Père et dont l’horizon d’amour est infini. Qui y répond devient libre car son amour est sans limite si ce n’est Dieu lui-même. 


Merci, Esprit Saint, Alléluia 



Mon homélie pour la Pentecôte Année A 2008



Congrégation pour le Clergé, Homélie pour le 6° dimanche de Pâques Année A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Les lectures de ce sixième dimanche de Pâques nous permettent de proposer quelques considérations sur la « vie chrétienne » dans laquelle nous aussi, comme disciples du ressuscité, nous sommes appelés à « demeurer » (Cfr Jn 14.16).

Le passage des Actes des Apôtres nous suggère d'abord « de faire attention aux paroles » que l'Église nous annonce : il s’agit du premier pas nécessaire pour s'associer au corps mystique du Christ : c’est une action qui implique, comme on le spécifie ensuite, non seulement l’« écoute », mais surtout la vue des « signes » qui rendent évident le contenu du message chrétien (Cfr Ac 8.6). Il s’agit donc d'une « porte » qui, franchie une fois pour toutes à travers le Baptême, doit cependant être passée tous les jours, dans la « redécouverte » de ce que signifie vraiment être disciples.

C’est pour cela que Pierre et Jean décident de se diriger vers la Samarie pour imposer les mains aux disciples de Philippe, pour qu'ils puissent recevoir l'Esprit Saint (Cfr Ac 8,17), et donc cette force qui seule peut rendre l'homme capable « de proclamer la grande annonce » et « de la faire arriver jusqu’aux extrémités du monde », comme nous y invite Isaïe, dans l'antienne d'entrée (Cfr Is 48.20).

Les paroles du prophète nous introduisent, cependant, à un autre élément essentiel pour que l'existence d'un homme puisse être reconnue comme une « vie chrétienne ». L'Apôtre Pierre l'indique lorsqu’il affirme que nous devons être « prêts à répondre toujours à quiconque demande raison de l'espérance » qui est en nous (1P 3,15) « avec douceur et respect » (1Pt 3,16).

L'usage des termes « il faut » et « devoir », employés jusque-là, exige dès lors une explication : le christianisme n'est pas l'application d'une morale du devoir ! Le christianisme est, plutôt, la communion de ceux qui sont tombés amoureux du Christ : c’est en restant dans son amour, « en observant ses commandements » (Cfr Jn 14,21) que le croyant finit par accomplir des gestes qui autrement seraient inexplicables, humainement parlant.

Le chrétien, nous le comprenons très bien à la lecture de l'Évangile, ce n'est pas un homme qui doit s’efforcer de mettre en pratique des préceptes et des comportements dévots : si quelqu’un aime, alors il est porté presque naturellement à vivre ce que Jésus a indiqué. Redécouvrir son Baptême, sous la conduite de l'Esprit de vérité, signifie donc chercher à connaître chaque jour davantage la vie du Christ - à travers la lecture, la prière, les sacrements, la vie de communauté, pour qu’il soit plus facile de tomber amoureux de Lui !

De tout le parcours proposé jusqu'à présent, il ressort donc qu'aucune des objections à une telle « vie » ne résiste, même pas le fait que l’on ne peut pas voir Jésus en chair et en os. C’est encore l'Evangile de Jean qui le fait comprendre : « Encore un peu et le monde ne me verra plus ; vous par contre vous me verrez » (Jn 14,19). L'alternative entre le « vous » et le « monde » ne correspond pas à une division de type moral ou ethnique : il s'agit par contre d'une alternative qui réside dans le coeur de chacun de nous !

Si nous suivons, donc, la mentalité du monde, nous ne réussirons jamais à voir le Ressuscité ; mais si nous commençons à faire confiance en l’Église, notre mère, et à écouter ce qu’elle nous enseigne et nous suggère, alors nous découvrirons que vraiment le Seigneur est visible, et qu’il est une Présence tellement exceptionnelle et réelle qu’il suscite en nous un charme irrésistible, le seul et le vrai moteur de la « vie chrétienne ».

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du 6ème dimanche de Pâques

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 29 mai, sixième dimanche de Pâques. Évangile selon saint Jean, chapitre 14, versets 15 à 21.


A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. »


Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

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En ce sixième dimanche, Jésus prépare déjà ses disciples à la séparation de l’Ascension et à la Pentecôte.


« Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité ».


Jésus annonce qu’il va se séparer du visible et donc qu’il va laisser ses disciples avec une autre présence de lui-même. Et la seule condition qui permet de saisir ce nouveau don de Dieu, c’est l’amour. L’amour qui nous rendra fidèles à ses commandements. Et notre joie peut-être grande de ne plus avoir à concevoir les commandements de Dieu comme un impératif qui doit s’imposer, même de force, à notre volonté mais de les envisager comme découlant naturellement de ce qui nous maintient en vie : l’amour de Dieu. Saint Augustin l’a parfaitement compris lorsqu’il s’exclamera : « Aime et fais ce que tu voudras » car si c’est l’amour véritable qui est le moteur de notre vie, alors naturellement nos actions ne pourront pas être source ou se revêtir de quelque mal que ce soit. L’amour de Dieu présidera notre vie et l’Esprit de vérité en sera le moteur.


Jésus s’est lui-même désigné comme « la vérité » dans la mesure où en lui, l’essence du Père s’est déployée parfaitement et définitivement : sa vie, sa mort et sa résurrection ont prouvé la vérité de la formule inouïe : « Dieu est amour » en le laissant accomplir son destin humain pour sauver les hommes. 


Dieu n’est qu’amour. Et pour percevoir et s’approprier pleinement cette révélation au travers de Jésus, il faut être éclairé de l’Esprit de Vérité qui vient accomplir la foi. C’est pourquoi les disciples ne pouvaient pas saisir cette vérité qu’est le Christ, avant que « l’Esprit de vérité »n’ait été envoyé sur eux .


« Ce jour -là vous comprendrez » leur dit Jésus, l’unité de l’amour entre le Père et le Fils et l’unité entre le Christ et les hommes qui aiment.


Cette unité est l’Esprit, et il la crée. 


Seulement elle exige des hommes, admis dans l’amour de Dieu, qu’ils vivent eux-mêmes totalement pour l’amour, sinon ils ne pourraient pas être introduits, par l’Esprit, dans l’amour divin.


Car la grâce contient toujours l’exigence de la recevoir avec une volonté entiere et de lui correspondre. 


C’est là, souvent, notre écueil : notre volonté désire l’amour de Dieu mais ne lui correspond pas forcement, lorsque la grâce nécessite la pratique de l’amour de Dieu. Notre intention est pure mais sa finalisation pratique nous voit réticent ou consciemment inefficace. 


Et c’est là que l’Esprit d’amour et de vérité finalise ce que notre volonté élude, car il rappelle en nous cette volonté d’accomplissement du Christ. Si réellement j’aime et je compte sur la grâce alors la paix et l’unité viendront habiter en moi si pratiquement je finalise cette intention d’amour. 


Seigneur, que ta grâce pascale me donne d’aimer « non avec des paroles et des discours, mais en actes et en vérité » Alléluia !

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du 4ème dimanche de Pâques

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

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Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 15 mai, quatrième dimanche de Pâques. Évangile selon saint Jean, chapitre 10, versets 1 à 10.


Jésus parlait ainsi aux pharisiens : 
« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.

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Notre chemin pascal nous invite à approfondir notre adhésion de cœur et d’âme au Christ au travers du récit du Bon Pasteur.
Jésus est l’unique berger de ses brebis, c’est pourquoi, il les connaît et elles le connaissent, elles le suivent quand il les appelle, parmi la multitude des autres brebis se trouvant dans l’enclos, et il mène à un gras pâturage. 
Il est le berger légitime : loin d’agir comme d’autres qui sont des voleurs et des bandits, qui sautent la haie pour voler, détourner ou pour abattre, Lui, il entre par la bonne porte. 
Ses brebis se distinguent par leur flair pour ainsi dire instinctif pour le vrai berger. « Jamais elles ne suivront un étranger… parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers » nous rappelle l’évangile. 
Et elles reçoivent ce flair par le son de la voix du bon Pasteur, le son unique de la Parole de Dieu qui les atteint en Jésus.
Cette parole résonne tout autrement que tous les autres sons des conceptions du monde, religions, philosophies et idéologies purement humaines et Jésus sait que son appel n’est comparable à aucun autre. « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul va vers le Père sans passer par moi », nous rappellera-t-il dimanche prochain ; c’est pourquoi toutes les autres voies et les autres portes sont des chemins qui égarent.
En effet, Jésus, qui revendique pour lui toute la vérité venant du Père, ne peut faire connaître qu’une intolérance divine pour toutes les voies inventées par les hommes et qui ne mènent pas au pâturage éternel qui rassasie, à la maison du Père.
Beaucoup de gens, qui ne regardent pas dans le cœur des autres, mais qui se radicalisent au nom de Dieu, peuvent et doivent être tolérants, mais ils ne sont et ne seront jamais Le Berger, et La porte. Et ils devraient, au lieu de se chercher un chemin, d’une manière éclectique, ésotérique ou syncrétique, chercher l’instinct pour le son authentique de l’appel divin, le solliciter véritablement devant Dieu. 
Il est évident que le « Je suis, la porte des brebis » de Jésus, affirmant la vérité du Père, a indigné nombre de ses contemporains et continuent de le faire taxer d’intolérant encore aujourd’hui par ceux qui, dans notre monde postchrétien, oppose à cette soi-disant prétention légitime du Ressuscité, la doctrine de nombreuses autres voies et par-delà de nombreuses autres vérités au moins équivalentes à celle du Christ. 
Mais la vérité de Dieu est indivisible, elle est une, précisément lorsqu’elle se manifeste comme l’amour absolu : le Bon Pasteur donnera sa vie pour ses brebis : il n’existe pas de vérité plus haute, ni même seulement comparable.
Le Bon Pasteur nous indique et nous rappelle l’unique vérité : sa résurrection a fait jaillir la vie éternelle dans notre humanité et rien ne peut l’égaler. 
Laissons notre cœur écouter la voix du Bon Pasteur et apprendre à la reconnaître dans le brouhaha du monde car sa voix n’attend que de rassembler toutes les brebis dispersées. Alléluia !

Congrégation pour le Clergé, Homélie pour le 3° Dimanche de Pâques A 2011

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Le premier jour de la semaine, après la grande fête des Juifs, Jérusalem tente de reprendre son aspect de toujours ; les commerçants font le compte de leurs nombreux gains, les prêtres du Temple peuvent se dire plus que satisfaits – aussi parce qu’ils ont réussi à mettre à mort le « Galiléen » - et pour les disciples, comme en général pour tous ceux qui étaient « étrangers », il s’agit de revenir chez soi, à sa propre vie.

Après avoir tiré le rideau et éteint les lumières, non tant sur les célébrations solennelles de Jérusalem que sur cet homme dont tous espéraient « que ce serait lui qui libérerait Israël » (Lc 24.21), les deux disciples d'Emmaüs se retrouvent, chemin faisant, à parler avec « Jésus en personne » : « Pourtant leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître » (Lc 24.16) !

Mais pourquoi le Seigneur n'a-t-il pas dit tout de suite qui il était vraiment ? Au contraire, dans le dialogue que la liturgie nous propose aujourd'hui, on dirait presque que Jésus se donne du mal pour ne pas dévoiler son identité, d'abord en faisant semblant de ne pas savoir de quoi discutaient Cléophas et son camarade, ensuite en leur expliquant « dans toutes les Écritures ce qui le concernait » (Lc 24.27), mais sans faire de lien direct à sa propre personne !

Enfin, « il fit semblant d’aller plus loin » (Lc 24,28) : Jésus ne veut pas se moquer de ses disciples, mais il cherche à éduquer leur cœur - et le nôtre - pour qu'il ne soit pas « lent » ! Le coeur en effet, lorsque nous nous trouvons en sa Présence, est agile, il « brûle » en écoutant sa parole, plein de reconnaissance parce que « ce n’est pas au prix de choses éphémères » que nous avons été libérés « mais avec le sang précieux du Christ », Lui qui est l'Agneau « sans défauts et sans tache » (Cfr. 1Pt 1,19).

Quelle délicatesse le Ressuscité emploie à notre égard ! Il ne nous oblige pas « à croire », mais il nous offre les instruments pour que nous puissions arriver à juger, sur la base de la mesure infaillible de notre coeur, si ce que saint Augustin a déclaré de façon extraordinaire au début des Confessions est bien vrai : « Mon coeur est inquiet, tant qu’il ne repose pas en Toi ».

Mais il y a encore un détail qui rappelle notre attention et qui suscite beaucoup de questions : pourquoi, à un moment donné, pendant que les disciples se trouvaient à table avec Jésus, leurs yeux s'ouvrent-ils et le reconnaissent-ils ? Le contexte eucharistique est indéniable : les disciples sont à table ; le Seigneur est avec eux ; on prend du pain ; on dit la prière de bénédiction ; on rompt cette nourriture. C’est à partir de ce dernier geste que les compagnons de Jésus le reconnaissent : non pas seulement pour l'action en soi, mais bien plutôt parce qu’enfin Cléophas et son ami purent poser le regard sur ces mains, percées par les clous de la passion : elles étaient probablement restées couvertes jusqu’à cet instant par l’ample vêtement que l’on utilisait pour les longs parcours !

Pourtant, c’est à l'instant où ils reconnaissent qu’ils sont en présence du Crucifié qu'Il « disparaît à leurs regards » - avec son corps glorifié - (cfr. 24,31), tandis que les yeux des disciples restent fixés sur ce pain rompu abandonné « sur l'autel ». Ne serait-ce pas la même expérience que chacun de nous peut faire à chaque célébration eucharistique ?

Et ainsi « ils partirent sans tarder » (Lc 24,33) : arriver à comprendre que la mort n'est pas le dernier mot sur la vie de chacun d’entre nous, parce qu'il n'est pas possible qu’elle « nous tienne en son pouvoir » (cfr. At 2,24), c’est le début d'une espérance tellement grande qu’elle rend notre joie irrésistible ; et autant le chemin de Jérusalem - par les routes de chacun de nous – avait semblé long et fatiguant, autant maintenant, il apparaissait à leurs yeux comme la condition privilégiée pour pouvoir dire à tout le monde : « C’est vrai ! le Seigneur est ressuscité » (Cfr. Lc 24,34).

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du 3ème dimanche de Pâques

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

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Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 8 mai, troisième dimanche de Pâques. Évangile selon saint Luc, chapitre 24, versets 13 à 35.


Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s'était passé.


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Ce troisième dimanche de la Résurrection nous relate le récit de la rencontre de Jésus avec les disciples d’Emmaüs et cette visitation retentit en nos cœurs car nous pouvons nous identifier constamment avec Cléophas et son compagnon. 


Voilà ces deux disciples, déçus, choqués et désespérés des événements qui ont marqué la fin de Jésus. Et pour manifester leur perte d’espérance, ils quittent Jérusalem et s’éloignent, complétement désabusés de la vie. Chacun de nous a pu se trouver dans un tel isolement face aux autres, au monde et même à la vie. 


Et voilà qu’un inconnu les rejoint et les interroge sur leur détresse. Ils lui relatent alors les événements de ce Jésus, qu’ils ne considèrent désormais que comme un prophète alors qu’ils espéraient trouver en lui le Messie, le libérateur d’Israël. Et le témoignage de quelques femmes n’a pas suffi à supprimer leur découragement total. Et l’inconnu s’appuie sur ce qu’ils connaissent, l’Écriture, pour déployer à leurs yeux et à leur intelligence la vérité des faits que celle-ci annonçait. 


Ainsi, il ne s’agit pas d’un prophète, mais du Messie lui-même, et c’est sa mort et sa résurrection que les trois parties de l’Écriture, la Loi, les Prophètes et les autres livres (appelés par les juifs les Écritures) indiquaient de manière concentrique. Tout ce qui est raconté prophétiquement indique que souffrance et mort ne sont pas le dernier mot de Dieu sur l’homme, mais que l’homme archétypique et définitif, le Messie, mènera dans sa personne, tous les images humaines à la vérité définitive.


Les disciples comprennent alors qu’ils se sont trompés et que la clef de toutes les Écritures est bien ce Jésus dont leur parle l’inconnu. « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous tandis qu’ils nous faisaient comprendre les écritures ? ». Alors ils s’efforcent de le retenir tant leur compréhension de la foi pascale a été illuminée en eux. 


Et voici que l’inconnu prend le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donne. « Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leur regard ». 


Ce deuxième moment, celui de l’eucharistie, parachève en eux la certitude que Jésus est ressuscité et qu’il se tenait là au milieu d’eux. Et ils ne peuvent atteindre cet achèvement de leur foi au travers de l’eucharistie que parce qu’ils ont été éclairés par l’Écriture. 


Nous ne pouvons séparer l’Écriture de l’Eucharistie, elles sont toutes deux indissociables, consubstantielles à la foi dans le Christ ressuscité. 


Ce récit magnifique nous aide à re-étalonner notre foi : Jésus, comme les disciples, nous rejoint toujours quelque soient les événements de notre vie ; Pratiquer et scruter les Écritures offrent au Christ la joie de nous illuminer de la vérité de ce qu’il est : le sens et le salut de notre vie et du monde ; La fréquentation de l’Eucharistie nous le fait « voir et toucher », comme les disciples d’Emmaüs, et achève en nous le don de sa vie pour l’éternité. 


« Éveille-toi, ô toi qui dors, le jour a brillé, d’entre les morts relève-toi, sois illuminé, Alléluia ! »

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du 2ème dimanche de Pâques A - 3

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Et Jésus se trouve au milieu d’eux et les invite à la sérénité : « la paix soit avec vous ». La présence du Christ a vraiment pour critère la paix offerte. Il va leur redire trois fois, comme pour leur rappeler l’importance de la confiance que rien ne peut entamer tant qu’elle est ancrée en Dieu. 


Puis il leur envoie l’Esprit Saint dont la puissance va jusqu’à remettre les péchés. Ce sont eux désormais qui administreront ce pardon de Dieu, qu’antérieurement, seul Dieu pouvait donner. Et c’est par cette rémission de péchés que les Apôtres manifesteront le mieux que le Christ est vivant. Car le pécheur pardonné revient à la vie, il fait véritablement l’expérience d’une résurrection d’entre les morts. Il était mort à Dieu, à lui-même et aux autres et il découvre une vie nouvelle car ce pardon de Dieu le réintroduit nouvellement auprès de ses frères. Il ne peut plus être le même, car il sait que c’est par le Ressuscité qu’il possède désormais sa vie de pardonné. Elle est désormais inscrite en Lui, comme la vie de mon conjoint est inscrite en moi, comme la mienne en lui. 


Et Thomas n’est pas là. Il ne vit pas la présence de l’Esprit. Il ne vit pas la vie nouvelle du Ressuscité dont le pardon projette dans la vie de Dieu. Alors il en reste là : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque de ses clous etc. Non je ne croirai pas». Il s’accroche à son doute. Il refuse le témoignage des autres, et pauvre Thomas, ne fait confiance qu’à lui-même. 


Huit jours plus tard, Jésus est là. Et dans sa mise en présence, il ne cesse de donner sa paix. Puis il devance Thomas : « avance ton doigt ici ; mais ta main dans mon côté : cesse d’être incrédule, soit croyant ! » Jésus l’invite à une recréation car en touchant son côté, il revisite l’acte de création à partir d’Adam. Mais ici c’est le nouvel Adam et le propos de Jésus est d’introduire dans le Royaume. Et Jésus va provoquer Thomas pour l’inviter à découvrir ce royaume : « Iras-tu jusqu’à faire de ton doute un obstacle à me reconnaître ? Comment puis-je guérir ton incrédulité et pardonner ton égoïsme fourvoyé, si tu ne me laisses te toucher ? »


Thomas comprend alors qu’il ne peut reconnaître Jésus que s’il expérimente le pardon sincèrement, dans une profondeur de vie, telle que jamais ses sens et toute preuve matérielle ne pourront lui offrir. « Mon Seigneur et mon Dieu » : sa foi a décuplé la puissance de la révélation puisqu’il est le premier à donner le nom de Dieu à Jésus. 


Nous ne pouvons jamais rester des Thomas dans le doute ! Il faut avoir son courage et comme lui aller jusqu’au bout de la rencontre avec le Seigneur. Alors la paix du Christ sera notre réponse et sera aussi un appel à la foi pour nos frères. Que cette paix du Christ ressuscité transparaisse en nous, en chaque instant de ces jours de joie. Alléluia !

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du 2ème dimanche de Pâques A - 2

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Nous voici entrés dans le temps pascal et cette joie de la résurrection va modeler les apôtres et nous-mêmes, pour être aguerri au témoignage de notre foi. Ainsi ces sept semaines vont nous apporter un éclaircissement croissant de la résurrection : le doute va être vaincu en Thomas ; L’intelligence de la foi est donnée aux disciples d’Emmaüs; Jésus sera notre bon pasteur ; il est le chemin, la vérité et la vie; il enverra son Esprit et sa paix; il nous enverra en mission après la pentecôte. Pour qui le souhaite, le temps pascal est le temps de la renaissance de la foi car il nous est donné, avec les apôtres, de toucher le Ressuscité.


Laissons donc Jésus, en ce dimanche, vaincre le doute en Thomas et en nous. Les apôtres sont dans l’expectative : il y a eu les signes du tombeau vide mais ils restent dans la crainte de la persécution. Ils se trouvent dans une attitude d’attente et de disponibilité : c’est ce que nécessite la foi pour advenir. Leur crainte est compensée par une espérance folle : « serait-ce vrai ? » 

(à suivre)


Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du 2ème dimanche de Pâques A - 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

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Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 1er mai, deuxième dimanche de Pâques. Évangile selon saint Jean, chapitre 20, versets 19 à 31.


C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

 
Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

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(à suivre)

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du dimanche de Pâques A - 6

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Et nous ? Où en sommes-nous ? Dans l’attitude de Jean, Marie-Madeleine ou Pierre ? Est-ce l’important en ce saint jour ? Non, car là où ils en sont, le Christ va les rejoindre : chacun le verra réellement dans sa gloire de Ressuscité.


Quelle joie, quelle merveille que le Ressuscité nous rejoigne dans la mesure de notre foi, pour peu que nous osions entrer dans son mystère : vivre dans une confiance telle, que Dieu se laisse voir et toucher. Christ est ressuscité, Alléluia !

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