Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

#homelies annee a 2010-2011

Benoît XVI, Homélie Dimanche des Rameaux 2011

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

benoitxvi.rameaux.jpg

 

Chers frères et sœurs,

Chers jeunes ! 

Chaque année, le dimanche des Rameaux, nous sommes à nouveau émus de gravir avec Jésus le mont vers le sanctuaire, et de l'accompagner tout au long de ce chemin vers le haut. En ce jour, sur toute la face de la terre et à travers tous les siècles, jeunes et personnes de tout âge l'acclament en criant : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

Mais que faisons-nous vraiment lorsque nous nous insérons dans une telle procession - parmi la foule de ceux qui montaient avec Jésus à Jérusalem et l'acclamaient comme roi d'Israël ? Est-ce quelque chose de plus qu'une cérémonie, qu'une belle coutume ? Cela a-t-il quelque chose à voir avec la véritable réalité de notre vie, de notre monde ? Pour trouver la réponse, nous devons avant tout clarifier ce que Jésus lui-même a, en réalité, voulu et fait. Après la profession de foi, que Pierre avait faite à Césarée de Philippe, à l'extrême nord de la Terre Sainte, Jésus s'était mis en route, en pèlerin, vers Jérusalem pour les fêtes de la Pâque. Il est en chemin vers le Temple dans la Cité Sainte, vers ce lieu qui, pour Israël, garantissait de façon particulière la proximité de Dieu à l'égard de son peuple. Il est en chemin vers la fête commune de la Pâque, mémorial de la libération d'Égypte et signe de l'espérance dans la libération définitive. Il sait qu'une nouvelle Pâque l'attend et qu'il prendra lui-même la place des agneaux immolés, s'offrant lui-même sur la Croix. Il sait que, dans les dons mystérieux du pain et du vin, il se donnera pour toujours aux siens, il leur ouvrira la porte vers une nouvelle voie de libération, vers la communion avec le Dieu vivant. Il est en chemin vers la hauteur de la Croix, vers le moment de l'amour qui se donne. Le terme ultime de son pèlerinage est la hauteur de Dieu lui-même, à laquelle il veut élever l'être humain.

Notre procession d'aujourd'hui veut donc être l'image de quelque chose de plus profond, l'image du fait qu'avec Jésus, nous nous mettons en route pour le pèlerinage : par la voie haute vers le Dieu vivant. C'est de cette montée dont il s'agit. C'est le chemin auquel Jésus nous invite. Mais comment pouvons-nous maintenir l'allure dans cette montée ? Ne dépasse-t-elle pas nos forces ? Oui, elle est au-dessus de nos propres possibilités. Depuis toujours, les hommes ont été remplis - et aujourd'hui ils le sont plus que jamais - du désir d'"être comme Dieu", d'atteindre eux-mêmes la hauteur de Dieu. Dans toutes les inventions de l'esprit humain, on cherche, en fin de compte, à obtenir des ailes pour pouvoir s'élever à la hauteur de l'Être, pour devenir indépendants, totalement libres, comme Dieu l'est. Nombreuses sont les choses que l'humanité a pu réaliser : nous sommes capables de voler. Nous pouvons nous voir, nous écouter et nous parler d'un bout à l'autre du monde. Toutefois, la force de gravité qui nous tire vers le bas est puissante. Avec nos capacités, ce n'est pas seulement le bien qui a grandi. Les possibilités du mal ont aussi augmenté et se présentent comme des tempêtes menaçantes au dessus de l'histoire. Nos limites aussi sont restées : il suffit de penser aux catastrophes qui, ces derniers mois, ont affligé et continuent d'affliger l'humanité.

Les Pères ont dit que l'homme se tient au point d'intersection entre deux champs de gravitation. Il y a d'abord la force de gravité qui tire vers le bas - vers l'égoïsme, vers le mensonge et vers le mal ; la gravité qui nous abaisse et nous éloigne de la hauteur de Dieu. D'autre part, il y a la force de gravité de l'amour de Dieu : le fait d'être aimé de Dieu et la réponse de notre amour nous attirent vers le haut. L'homme se trouve au milieu de cette double force de gravité et tout dépend de sa fuite du champ de gravitation du mal pour devenir libre de se laisser totalement attirer par la force de gravité de Dieu, qui nous rend vrais, nous élève, nous donne la vraie liberté.

Après la Liturgie de la Parole, au début de la Prière eucharistique durant laquelle le Seigneur vient au milieu de nous, l'Eglise nous adresse l'invitation : "Sursum corda - Élevons notre cœur !" Selon la conception biblique et la façon de voir des Pères, le cœur est le centre de l'homme où s'unissent l'intellect, la volonté et le sentiment, le corps et l'âme. Ce centre, où l'esprit devient corps et le corps devient esprit ; où volonté, sentiment et intellect s'unissent dans la connaissance de Dieu et dans l'amour pour lui. Ce "cœur" doit être élevé. Mais encore une fois : tout seuls, nous sommes trop faibles pour élever notre cœur jusqu'à la hauteur de Dieu. Nous n'en sommes pas capables. Justement l'orgueil de pouvoir le faire tout seuls nous tire vers le bas et nous éloigne de Dieu. Dieu lui-même doit nous tirer vers le haut, et c'est ce que le Christ a commencé sur la Croix. Il est descendu jusqu'à l'extrême bassesse de l'existence humaine, pour nous tirer en haut vers lui, vers le Dieu vivant. Il est devenu humble, nous dit la deuxième Lecture. Ainsi seulement notre orgueil pouvait être surmonté : l'humilité de Dieu est la forme extrême de son amour, et cet amour humble attire vers le haut.

Le Psaume de procession 24, que l'Église nous propose comme « cantique de montée » pour la Liturgie d'aujourd'hui, indique quelques éléments concrets, qui appartiennent à notre montée et sans lesquels nous ne pouvons être élevés vers le haut : les mains innocentes, le cœur pur, le refus du mensonge, la recherche du visage de Dieu. Les grandes conquêtes de la technique ne nous rendent libres et ne sont des éléments du progrès de l'humanité que si elles sont unies à ces attitudes - si nos mains deviennent innocentes et notre cœur pur, si nous sommes à la recherche de la vérité, à la recherche de Dieu lui-même, et si nous nous laissons toucher et interpeller par son amour. Tous ces éléments de la montée sont efficaces seulement si nous reconnaissons avec humilité que nous devons être attirés vers le haut ; si nous abandonnons l'orgueil de vouloir nous-mêmes nous faire Dieu. Nous avons besoin de lui : il nous tire vers le haut, étant soutenus par ses mains - c'est-à-dire dans la foi - il nous donne la juste orientation et la force intérieure qui nous élève vers le haut. Nous avons besoin de l'humilité de la foi qui cherche le visage de Dieu et se confie à la vérité de son amour.

La question de savoir comment l'homme peut arriver en haut, devenir pleinement lui-même et vraiment semblable à Dieu, a depuis toujours occupé l'humanité. Elle a été discutée avec passion par les philosophes platoniciens du troisième et quatrième siècle. Leur question centrale était : comment trouver des moyens de purification, par lesquels l'homme puisse se libérer du lourd poids qui le tire vers le bas et s'élever à la hauteur de son être véritable, à la hauteur de la divinité. Pendant un certain temps, dans sa quête du droit chemin, saint Augustin a cherché un soutien dans ces philosophies. Mais à la fin il dut reconnaître que leur réponse n'était pas suffisante, qu'avec leurs méthodes, il ne serait pas vraiment parvenu à Dieu. Il dit à leurs représentants : Reconnaissez donc que la force de l'homme et de toutes ses purifications ne suffit pas pour le porter vraiment à la hauteur du divin, à la hauteur qui lui est appropriée. Et il dit qu'il aurait désespéré de lui-même et de l'existence humaine, s'il n'avait pas trouvé Celui qui fait ce que nous-mêmes nous ne pouvons faire ; Celui qui nous élève à la hauteur de Dieu, malgré toute notre misère : Jésus Christ qui, de Dieu, est descendu vers nous, et dans son amour crucifié, nous prend par la main et nous conduit vers le haut. 

Nous allons en pèlerinage avec le Seigneur vers le haut. Nous sommes à la recherche d'un cœur pur et de mains innocentes, nous sommes à la recherche de la vérité, nous cherchons le visage de Dieu. Nous manifestons au Seigneur notre désir de devenir justes et nous le prions : Attire-nous vers le haut ! Rends-nous purs ! Fais que soit valable pour nous la parole que nous chantons dans le Psaume de procession ; que nous puissions appartenir à la génération qui cherche Dieu, « qui recherche ta face, Dieu de Jacob » (Ps 24, 6). Amen.

 

Copyright 2011 : Libreria Editrice Vaticana

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du dimanche des Rameaux A - 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

homelie

 

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 17 avril, dimanche des Rameaux et de la Passion. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 26, versets 14 à 27, 66.


L'un des Douze, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d'argent.

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

Lire le commentaire

(à suivre)

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du cinquième dimanche du Carême A 3

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Elle introduit alors sa sœur Marie auprès du Maître. Mêmes reproches mais elle pleure. On pourrait croire que la situation s’inverse par rapport au récit de la première rencontre : Marthe se lamentait auprès de Jésus pendant que Marie écoutait et annonçait sa foi ; Ici, Marthe confesse sa foi et Marie se lamente. La foi ne sera jamais figée, elle est possible en toute situation et nécessite et contemplation et action. 


Jésus, à son tour pleure. Et il est comme le suggère les différentes traductions : bouleversé, consterné, irrité. Il affronte la mort qui nous touche si durement. Sans ces larmes au tombeau, Jésus ne serait pas l’homme qu’il est, comme nous. Il tient à toucher la mort, il veut se tenir face au tombeau. Il sait que dans peu de temps il sera devant cette même mort, alors il veut la voir en face directement. C’est pourquoi, il laisse expressément la mort venir en Lazare, malgré les demandes de ses amies : « Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura pourtant deux jours à l’endroit où il se trouvait ». 


En ce temps de carême, donne-nous, Seigneur, de savoir t’attendre sans récriminer et de comprendre, dans une foi revivifiée, que les explications et les solutions viennent dans le temps, en ton temps.

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du cinquième dimanche du Carême A 2

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

En ce cinquième dimanche de carême, l’évangile nous offre le récit de la résurrection de Lazare et la profession de foi magnifique en la résurrection que fait sa sœur Marthe. 


Quelle chemin a-t-elle fait, elle que l’on considère souvent comme l’activiste ménagère décalée de l’essentiel et rabrouée par Jésus. 


Si l’on écoute bien la Parole, Jésus l’amène, la première, à reconnaître qu’il est le maître de la vie : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? », « Oui, Seigneur ».


Auparavant, Jésus avait annoncé sa passion, sa mort et sa résurrection, mais qui avait véritablement perçu ce qu’était la résurrection et surtout qui pensait que Jésus en était capable ? Même ses disciples n’arrivaient pas à se représenter la conception de la résurrection, car bien qu’évoquée dans les textes bibliques elle restait l’attribut mystérieux de la puissance de Dieu. 


Et voilà que Marthe va donner à Jésus l’occasion de faire jaillir en nous la compréhension de cette résurrection. La mort est là, en son frère déjà enseveli. Et Marthe le reproche à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort » et puis elle ouvre une perspective, dans la foi, que bien peu d’entre nous aurait envisagé : « Mais je sais, que maintenant encore, Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas ». On a l’impression de retrouver le : « Faites tout ce qu’il vous dira » de la Vierge Marie à Cana. Mais ici, il reste à Marthe à attribuer cette capacité de vie, que possède Dieu, à Jésus alors que la vierge Marie n’en doutait pas.


« Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu qui vient dans le monde.» Tout est dit pour que tout puisse s’accomplir : oui, je crois que celui qui croit en toi ne mourra pas. Marthe répond par sa foi et sa reconnaissance du Messie et du Fils de Dieu est complète : Dieu peut agir. 


(à suivre)

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du cinquième dimanche du Carême A 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

homelie

 

 

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 10 avril, cinquième dimanche de carême. Évangile selon saint Jean, chapitre 11, versets 1 à 45.


Un homme était tombé malade. C'était Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe.

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

Lire le commentaire

 

(à suivre)

 


Congrégation pour le clergé, Homélie pour le 5° dimanche du Carême A - 3

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

La foi, enfin, nous dit que cette expérience extraordinaire du Christ, qui faisait en sorte que Marthe et Marie remettaient dans Lui toute leur confiance, même face à la mort de Lazare, n’est pas seulement un événement consolant raconté par la lettre des Évangiles, mais qu’elle nous est accessible aujourd'hui dans l'Église, depuis le jour de notre Baptême, c'est-à-dire lorsque nous avons été incorporés à Lui par l'Esprit qu’il nous a offerts : « Et si l'Esprit de Dieu, qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts donnera la vie aussi à vos corps mortels par le moyen de son Esprit qui habite en vous » (Rm 8.11). Veuille la Vierge de l’Assomption, la Mère du Ressuscité, nous donner la grâce de regarder et de tout vivre à la lumière de cette extraordinaire réalité. Amen.


Congrégation pour le clergé, Homélie pour le 5° dimanche du Carême A - 2

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

À l'arrivée de Jésus à Béthanie, ensuite, nous assistons à une « nouveauté », apparemment inexplicable : Marie d’abord, sa soeur Marthe ensuite, et après elle tous les Juifs qui s'étaient unis à leur deuil, vont vers le Seigneur Jésus, persuadés que s’il existait une réponse à leur douleur, elle aurait dû se trouver en cet Homme. Sans doute, il ne s'agissait pas de personnes impies. Ils avaient profondément assimilé la foi d'Israël en la résurrection finale, donc ce drame n'était pas « finalement » inexplicable ; en effet Marthe répond au Seigneur : « Je sais qu'il ressuscitera dans la résurrection du dernier jour ». Mais, ils savaient que, dans le rapport avec cet Homme extraordinaire, rien de ce qu'il y avait en eux d’authentiquement humain ne serait perdu, même pas ce cri de douleur, que seule la foi eschatologique et le temps auraient pu soulager quelque peu.

En ce dernier « signe » accompli par le Seigneur, avant l'entrée triomphale à Jérusalem, semble ainsi confluer toute cette « réalité nouvelle » inaugurée par l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous : en partageant notre existence même, il nous a aimés de cette passion suprême qu’est l'amour virginal, lequel ne cherche jamais à posséder le coeur de l'autre, mais l'aime dans la vérité, avec une délicate insistance, jusqu'à se sacrifier pour lui ; en cette infinie délicatesse, en cette attention pour chacun, capable même de s'émouvoir, les hommes qui entretenaient avec Lui les liens de l’amitié la plus profonde apercevaient ce « davantage » qui ne pouvait être autre chose que la présence de Dieu : « « Je suis la Résurrection et la Vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; qui conque vit et croit en Moi ne mourra pas pour l’éternité. Crois-tu cela ? ». Elle lui répondit : « Oui, Seigneur, je crois que Tu es le Christ, le Fils de Dieu, Celui qui vient dans le monde » » (Jn11.27).

Le Christ accomplit donc le grand miracle de la résurrection de Lazare. Il annonce ainsi, à travers les oeuvres de son Père, que Lui même, le Dieu-Homme, est la Vie et la Résurrection, le Seigneur y compris de la vie biologique, puisque Sa voix peut rejoindre aussi ceux qui, comme Lazare, ont passé le seuil de la mort depuis maintenant quatre jours. Face à ce signe, les paroles avec lesquelles il avait annoncé Sa mort et Sa Résurrection deviennent aussi plus claires : « Je donne ma vie, pour la reprendre à nouveau » (Jn10.18). Il peut vraiment le faire, puisqu'il est le Seigneur de la vie, et, si la résurrection de Lazare n’empêcha pas cet ami que le Seigneur aimait d'embrasser de nouveau « notre sœur la mort corporelle » - selon l'expression de Saint François - lorsque Dieu voulut l'appeler de cette vie, bien plus grande est la Vie que le Seigneur a gagné à Lazare et à chacun d’entre nous ; nous nous apprêtons à la célébrer dans peu de jours, dans le Mystère Pascal.

(à suivre)

Congrégation pour le clergé, Homélie pour le 5° dimanche du Carême A - 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

bible.jpg

 

« Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur ; Seigneur, écoute ma voix » (Ps 129). En ce cinquième Dimanche de Carême, l'Église nous invite à porter notre regard sur la réalité peut-être la plus « scandaleuse » de l'expérience humaine. Dans le passage évangélique à peine entendu, il est frappant de voir comment tous sont solidaires de Marthe et de Marie, les soeurs du défunt Lazare, en cet instant de grave deuil.

S’ouvre à nos yeux une scène de douleur inouïe. La nouvelle de la maladie de celui qu’Il aimait, Lazare, arrive au Seigneur Jésus ; c’est un message de la part des soeurs de Lazare, qui, face à la gravité de sa condition, avaient tenté l'unique chose possible, se tourner vers Celui dont on disait : « Il fait bien toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets ! » (Mc7.37). C’est le cri de chacun d’entre nous, nous voudrions que les personnes aimées vivent toujours, sans nous abandonner jamais.

Le Seigneur Jésus, inexplicablement, attend deux jours, pour ne se mettre finalement en route avec Ses disciples qu’à l'instant de la mort de son ami Lazare, qu’il apprenait de manière divine. Ce détail nous dit que le Verbe de Dieu s'est fait homme pour l’amour de chacun de nous, et que sur chacun, à tout instant, il pose Son regard d'amour, dans l'attente de cette rencontre de Joie immense que sera l'Éternité.

(à suivre)

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du quatrième dimanche du Carême A 3

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

« Ni lui ni ses parents ont péché mais l’action de Dieu devait se manifester en lui. » 


Ainsi seule la grâce peut rétablir la vérité de ce que je suis et me dissocier et me libérer de mon péché. En disant cela Jésus nous fait comprendre que l’action de Dieu soit se manifester : elle n’est pas un événement extraordinaire mais habituel de la vie du chrétien mais encore faut-il se laisser faire. En outre, si Dieu manifeste sa grâce et n’attend que de la manifester dans ce qui est touché par le péché, comment suis-je disponible à cette grâce pour moi-même et comment j’accepte que cette grâce prenne demeure dans celui que je considère pécheur ?

 
Là est la suite du chemin de notre conversion de carême : voir avec le regard de Dieu comme le fait l’aveugle de naissance. La guérison manifestée, il devient de plus en plus croyant jusqu’à reconnaitre dans le guérisseur le Messie et jusqu’à défier ses adversaires et être expulsé de la synagogue. 


Oui, celui qui reconnaît qu’il doit, sa vue, sa foi, au Christ, vient, par la pure grâce du Seigneur, définitivement à la lumière. En revanche, qui pense être voyant et bon croyant par lui-même et sans être redevable à la grâce, celui-là est déjà aveugle et risque de l’être définitivement.


Seigneur, ouvre mes yeux à tes merveilles, que percevant mon péché je coure après ton pardon et que le voyant en mes frères j’y recherche toujours ta grâce active.

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du quatrième dimanche du Carême A 2

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

« Si vous étiez des aveugles, vous n’auriez pas de péché ». Il est vrai que le péché implique la conscience de ce qu’on accomplit. Étant aveugle, on ne peut pas voir ce que l’on devrait faire et l’ignorance ne peut pas être condamnée : Il n’y a pas péché, à proprement parler. 

 
Mais lorsque l’on voit et que l’on ne veut pas reconnaître la réalité dans sa vérité, alors le péché persiste et demeure. C’est pourquoi Jésus conclut : « du moment que vous dites : "nous voyons ! votre péché demeure" ». 

Telle est la rhétorique de ce 4ème dimanche de carême qui voit Jésus guérir l’aveugle de naissance. Et tout au long du récit, Jésus va pourfendre les idées fausses, reçues et déformées. Il nous montre, en cette mi-carême, que bien souvent, là où l’homme pose et condamne le péché, il n’y a pas offense ou du moins il y a toujours de la miséricorde à exercer et là où tout semble être entendu par le respect d’une loi mal appliquée, là est le péché. 


L’aveugle de naissance est dès le départ, bien condamné par ses contemporains car puisqu’il est aveugle, c’est que lui ou ses parents ont péché. 


Répondant à ses disciples, Jésus dissocie la maladie du péché : il n’y a pas de conséquence directe. Bien souvent nous faisons, malgré nous, une association désastreuse entre péché et malheur, entre péché et pécheur : ils seraient indubitablement liés et donc méritent condamnation. Mais comment permettre à une personne de se relever si aucune issue de pardon n’est possible ? Si mon péché colle tellement à ma peau que l’on ne distingue plus ce que je suis mais seulement ce que j’ai fait, comment puis-je redevenir moi-même et être libéré de mon péché ? 

(à suivre)

Afficher plus d'articles

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>
RSS Contact