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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Des ténèbres jaillit la lumière - Homélie Dimanche de la Passion B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)



Le récit de la Passion nous est bien connu. Enfin, c'est ce que pensons. Mais cette connaissance est en réalité souvent très approximative. Nous connaissons à peu près l'enchaînement des évènements, et notre imagination se nourrit de certaines images toutes faites - comme une sorte de cinéma personnel, dans lequel nous faisons un amalgame des quatre récits, et dont nous extrayons comme un "reportage" des évènements de la Semaine Sainte.

Or il s'agit de bien autre chose. Nous avons tort de minimiser, de gommer même, les accents divers, spécifiques et très riches, de chacun des évangélistes. Voilà pourquoi il n'est pas superflu de reprendre le récit de saint Marc avec des yeux neufs, pour en dégager le mieux possible ce que l'auteur veut nous dire avec insistance.

Parmi les quatre récits de la Passion, celui de Marc est le plus triste et le plus bouleversant. Il n'a pas peur de nous heurter : le choc des faits présentés est rude, les paradoxes nettement marqués, si bien que nous en restons souvent à une impression déconcertante (A. Vanhoye). Cependant, pour Marc, cela ne fait aucun doute : si Jésus le Christ s'est engagé librement et volontairement sur le chemin de la Passion, c'est parce qu'il correspond à un dessein de Dieu bien précis, que les Écritures annoncent. Cela est exprimé de bien des manières, tout au long de l'évangile et du récit de la Passion.

En relisant la Passion, il ne nous faut donc jamais perdre de vue cette vison théologique des choses : c'est bien l'oeuvre du salut de Dieu qui s'accomplit dans les évènements realtés ; dessein divin incompris des hommes, comme Pierre en a fait l'expérience répétée ; destin évidemment douloureux (l'agonie de Jésus, les scènes d'outrages...), mais c'est l'oeuvre du Serviteur de Dieu, du Fils de l'homme souffrant, qui va jusqu'au bout de sa mission.

L'on a pu dire, non sans un peu d'exagération, que l'Évangile de Marc est en quelque sorte comme "une histoire de la Passion avec une longue introduction" (M. Kähler). Et, c'est vrai, l'ensemble de l'Évangile, surtout la deuxième partie (depuis la confession de foi de Pierre à Césarée) est présenté comme une longue montée à Jérusalem, où le Fils de l'homme va souffrir. Aux chapitres 14 et 15, que nous venons d'entendre, le récit nous conduit avec beacuoup de vivacité, et sans nous laisser le moindre répit, de Gethsémani au Sanhédrin, du Sanhédrin au Prétoire, du Prétoire au Golgotha.

Quelques versets de transition indiquent nettement les mouvements. Dans les mystères que les Exercices Spirituels proposent de contempler durant la troisième semaine, saint Ignace de Loyola est très sensible à ces mouvements du récit de la Passion :

- les mystères accomplis depuis la Cène jusqu'au jardin inclusivement ;
- les mystères accomplis depuis le jardin jusqu'à la maison d'Anne inclusivement ;
- les mystères accomplis depuis la maison d'Anne jusqu'à la maison de Caïphe inclusivement ;
- les mystères accomplis depuis la maison de Caïphe jusqu'à celle de Pilate ;
- les mystères accomplis depuis la maison de Pilate jusqu'à celle d'Hérode ;
- les mystères accomplis depuis la maison d'Hérode jusqu'à celle de Pilate ;
- les mystères accomplis depuis la maison de Pilate jusqu'à la croix inclusivement ;
- les mystères accomplis sur la croix ;
- les mystères depuis la croix jusqu'au sépulcre inclusivement.

Dans chacun de ces tableaux, "les divers personnages entrent en rapport direct avec Jésus, chacun vivant le mystère de son propre appel et de sa prise de position personnelle envers le Royaume" (Martini). Comme dans un chemin de croix, on peut alors retenir quatorze tableaux : 1. Jésus et Judas, 2. Jésus et les gardes, 3. Jésus et le Sanhédrin, 4. Jésus et Pierre, 5. Jésus et Pilate, 6. Jésus et Barabbas avec la foule, 7. Jésus et les soldats, 8. Jésus et Simon de Cyrène, 9. Jésus et les crucifiés, 10. Jésus et ceux qui le tournent en dérision, 11. Jésus et le Père, 12. Jésus et le centurion, 13. Jésus et les femmes au pied de la croix, 14. Jésus et ses amis.

Comme on peut le voir facilement, c'est Jésus qui occupe chaque fois le centre de ces tableaux, plus précisément, Jésus "livré à la mort". Effectivement, le récit de Marc met bien en valeur que Jésus est cans cesse livré au sens fort et précis du terme : dix fois le même verbe revient ici, comme il revient aussi au 4°chant du Serviteur souffrant dans le Second Isaïe : 'Le Seigneur l'a livré.... il a été livré à la mort'' (Is 53, 6.12bis)... Ainsi,

- Judas cherche à livrer Jésus aux grands-prêtres ;
- Jésus lui-meme annonce : "L'un de vous me livrera" ;
- Puis encore : "Le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs" ;
- Les grands-prêtres livrent Jésus à Pilate ;
- Pilate enfin livre Jésus afin qu'il soit crucifié.

Voilà donc un thème important qui se dégage : vraiment Jésus est "livré à la mort" pour la multitude, comme saint Marc le répète (10, 45 ; 14, 24).

De cette multitude se dégagent deux groupes ou ensembles : les juifs et les païens :

"La Passion de Jésus Christ Notre-Seigneur est vue successivement par le milieu juif, de nuit, à l'heure de l'accomplissement des Écritures, c'est-à-dire au moment où le Fils de l'homme vient dans la Souffrance, et ensuite par le monde, aux yeux de tous, au grand jour, celui de la manifestation du Roi des Juifs mourant en Croix sur une colline près de Jérusalem" (Mourlon Beernaert), dans l'attente d'un autre matin qui se prépare, l'aube de la Résurrection et du tombeau ouvert.

Il faut aller jusqu'à dire que l'ensemble du récit nous apporte la vraie révélation de Jésus, le Christ (question du Grand-Prêtre), le Fils de l'Homme (affirmation de Jésus devant le Sanhédrin, le Fils de Dieu (affirmation du centurion au pied de la croix). C'est vrai très particulièrement pour Marc : c'est des plus noires ténèbres que jaillit finalement la lumière.


Lectures pour le Dimanche de la Passion B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B
Livre d'Isaïe (Is 50, 4-7)

50
04  Dieu mon Seigneur m'a donné le langage d'un homme
qui se laisse instruire,
pour que je sache à mon tour
réconforter celui qui n'en peut plus.
La Parole me réveille chaque matin,
chaque matin elle me réveille
pour que j'écoute comme celui qui se laisse instruire.
05  Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille,
et moi, je ne me suis pas révolté,
je ne me suis pas dérobé.
06  J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,
et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe.
Je n'ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats.
07  Le Seigneur Dieu vient à mon secours ;
c'est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,
c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme pierre :
je sais que je ne serai pas confondu.


 



Psaume (21, 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a)
 
08  Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
09  « Il comptait sur le Seigneur : qu'il le délivre !
Qu'il le sauve, puisqu'il est son ami ! »

17  Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m'entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ;
18a  je peux compter tous mes os.

19  Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
20  Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !

22c  Tu m'as répondu ! +
23  Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
24a  Vous qui le craignez, louez le Seigneur, +

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (Ph 2, 6-11)

2
06i  Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ;
07  mais au contraire, il se dépouilla lui-même
en prenant la condition de serviteur.
Devenu semblable aux hommes
et reconnu comme un homme à son comportement,
08  il s'est abaissé lui-même
en devenant obéissant jusqu'à mourir,
et à mourir sur une croix.
09  C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ;
il lui a conféré le Nom
qui surpasse tous les noms,
10  afin qu'au Nom de Jésus,
aux cieux, sur terre et dans l'abîme,
tout être vivant tombe à genoux,
11  et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est le Seigneur »,
pour la gloire de Dieu le Père.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 14, 1-72; 15, 1-47)

14
01  La fête de la Pâque et des pains sans levain allait avoir lieu dans deux jours. Les chefs des prêtres et les scribes cherchaient le moyen d'arrêter Jésus par ruse, pour le faire mourir.
02  Car ils se disaient : « Pas en pleine fête, pour éviter une émeute dans le peuple. »
03  Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux. Pendant qu'il était à table, une femme entra, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très pur et de grande valeur. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tête.
04  Or, quelques-uns s'indignaient : « A quoi bon gaspiller ce parfum ?
05  On aurait pu le vendre pour plus de trois cents pièces d'argent et en faire don aux pauvres. » Et ils la critiquaient.
06  Mais Jésus leur dit : « Laissez-la ! Pourquoi la tourmenter ? C'est une action charitable qu'elle a faite envers moi.
07  Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et, quand vous voudrez, vous pourrez les secourir ; mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.
08  Elle a fait tout ce qu'elle pouvait faire. D'avance elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement.
09  Amen, je vous le dis : Partout où la Bonne Nouvelle sera proclamée dans le monde entier, on racontera, en souvenir d'elle, ce qu'elle vient de faire. »
10  Judas Iscariote, l'un des Douze, alla trouver les chefs des prêtres pour leur livrer Jésus.
11  A cette nouvelle, ils se réjouirent et promirent de lui donner de l'argent. Dès lors Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
12  Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l'on immolait l'agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal ? »
13  Il envoie deux disciples : « Allez à la ville ; vous y rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le.
14  Et là où il entrera, dites au propriétaire : 'Le maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?'
15  Il vous montrera, à l'étage, une grande pièce toute prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »
16  Les disciples partirent, allèrent en ville ; tout se passa comme Jésus le leur avait dit ; et ils préparèrent la Pâque.
17  Le soir venu, Jésus arrive avec les Douze.
18  Pendant qu'ils étaient à table et mangeaient, Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous, qui mange avec moi, va me livrer. »
19  Ils devinrent tout tristes, et ils lui demandaient l'un après l'autre : « Serait-ce moi ? »
20  Il leur répondit : « C'est l'un des Douze, qui se sert au même plat que moi.
21  Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui qui le livre ! Il vaudrait mieux pour lui qu'il ne soit pas né. »
22  Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps. »
23  Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.
24  Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude.
25  Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce jour où je boirai un vin nouveau dans le royaume de Dieu. »
26  Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
27  Jésus leur dit : « Vous allez tous être exposés à tomber, car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées.
28  Mais, après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. »
29  Pierre lui dit alors : « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne tomberai pas. »
30  Jésus lui répond : « Amen, je te le dis : toi, aujourd'hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. »
31  Mais lui reprenait de plus belle : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous disaient de même.






32  Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani. Jésus dit à ses disciples : « Restez ici ; moi, je vais prier. »
33  Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse.
34  Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Demeurez ici et veillez. »
35  S'écartant un peu, il tombait à terre et priait pour que, s'il était possible, cette heure s'éloigne de lui.
36  Il disait : « Abba... Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »
37  Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit à Pierre : « Simon, tu dors ! Tu n'as pas eu la force de veiller une heure ?
38  Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible. »
39  Il retourna prier, en répétant les mêmes paroles.
40  Quand il revint près des disciples, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis. Et ils ne savaient que lui dire.
41  Une troisième fois, il revient et leur dit : « Désormais vous pouvez dormir et vous reposer. C'est fait ; l'heure est venue : voici que le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs.
42  Levez-vous ! Allons ! Le voici tout proche, celui qui me livre. »


 


43  Jésus parlait encore quand Judas, l'un des Douze, arriva avec une bande armée d'épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres, les scribes et les anciens.
44  Or, le traître leur avait donné un signe convenu : « Celui que j'embrasserai, c'est lui : arrêtez-le, et emmenez-le sous bonne garde. »
45  A peine arrivé, Judas, s'approchant de Jésus, lui dit : « Rabbi ! » Et il l'embrassa.
46  Les autres lui mirent la main dessus et l'arrêtèrent.
47  Un de ceux qui étaient là tira son épée, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille.
48  Alors Jésus leur déclara : « Suis-je donc un bandit pour que vous soyez venus m'arrêter avec des épées et des bâtons ?
49  Chaque jour, j'étais parmi vous dans le Temple, où j'enseignais ; et vous ne m'avez pas arrêté. Mais il faut que les Écritures s'accomplissent. »
50  Les disciples l'abandonnèrent et s'enfuirent tous.
51  Or, un jeune homme suivait Jésus ; il n'avait pour vêtement qu'un drap. On le saisit.
52  Mais lui, lâchant le drap, se sauva tout nu.
53  Ils emmenèrent Jésus chez le grand prêtre, et tous les chefs des prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
54  Pierre avait suivi Jésus de loin, jusqu'à l'intérieur du palais du grand prêtre, et là, assis parmi les gardes, il se chauffait près du feu.
55  Les chefs des prêtres et tout le grand conseil cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire condamner à mort, et ils n'en trouvaient pas.
56  De fait, plusieurs portaient de faux témoignages contre Jésus, et ces témoignages ne concordaient même pas.
57  Quelques-uns se levaient pour porter contre lui ce faux témoignage :
58  « Nous l'avons entendu dire : 'Je détruirai ce temple fait de main d'homme, et en trois jours j'en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d'homme.' »
59  Et même sur ce point, ils n'étaient pas d'accord.
60  Alors le grand prêtre se leva devant l'assemblée et interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien à ce que ces gens déposent contre toi ? »
61  Mais lui gardait le silence, et il ne répondait rien. Le grand prêtre l'interroge de nouveau : « Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? »
62  Jésus lui dit : « Je le suis, et vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel. »
63  Alors, le grand prêtre déchire ses vêtements et dit : « Pourquoi nous faut-il encore des témoins ?
64  Vous avez entendu le blasphème. Quel est votre avis ? » Tous prononcèrent qu'il méritait la mort.
65  Quelques-uns se mirent à cracher sur lui, couvrirent son visage d'un voile, et le rouèrent de coups, en disant : « Fais le prophète ! » Et les gardes lui donnèrent des gifles.
66  Comme Pierre était en bas, dans la cour, arrive une servante du grand prêtre.
67  Elle le voit qui se chauffe, le dévisage et lui dit : « Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth ! »
68  Pierre le nia : « Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire. » Puis il sortit dans le vestibule.
69  La servante, l'ayant vu, recommença à dire à ceux qui se trouvaient là : « En voilà un qui est des leurs ! »
70  De nouveau, Pierre le niait. Un moment après, ceux qui étaient là lui disaient : « Sûrement tu en es ! D'ailleurs, tu es Galiléen. »
71  Alors il se mit à jurer en appelant sur lui la malédiction : « Je ne connais pas l'homme dont vous parlez. »
72  Et aussitôt, un coq chanta pour la seconde fois. Alors Pierre se souvint de la parole de Jésus : « Avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. » Et il se mit à pleurer.
 


15
01  Dès le matin, les chefs des prêtres convoquèrent les anciens et les scribes, et tout le grand conseil. Puis ils enchaînèrent Jésus et l'emmenèrent pour le livrer à Pilate.
02  Celui-ci l'interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répond : « C'est toi qui le dis. »
03  Les chefs des prêtres multipliaient contre lui les accusations.
04  Pilate lui demandait à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois toutes les accusations qu'ils portent contre toi. »
05  Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate s'en étonnait.
06  A chaque fête de Pâque, il relâchait un prisonnier, celui que la foule demandait.
07  Or, il y avait en prison un dénommé Barabbas, arrêté avec des émeutiers pour avoir tué un homme lors de l'émeute.
08  La foule monta donc, et se mit à demander à Pilate la grâce qu'il accordait d'habitude.
09  Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
10  (Il se rendait bien compte que c'était par jalousie que les chefs des prêtres l'avaient livré.)
11  Ces derniers excitèrent la foule à demander plutôt la grâce de Barabbas.
12  Et comme Pilate reprenait : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »,
13  ils crièrent de nouveau : « Crucifie-le ! »
14  Pilate leur disait : « Qu'a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils crièrent encore plus fort : « Crucifie-le ! »
15  Pilate, voulant contenter la foule, relâcha Barabbas, et après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour qu'il soit crucifié.
16  Les soldats l'emmenèrent à l'intérieur du Prétoire, c'est-à-dire dans le palais du gouverneur. Ils appellent toute la garde,
17  ils lui mettent un manteau rouge, et lui posent sur la tête une couronne d'épines qu'ils ont tressée.
18  Puis ils se mirent à lui faire des révérences : « Salut, roi des Juifs ! »
19  Ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et s'agenouillaient pour lui rendre hommage.
20  Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau rouge, et lui remirent ses vêtements.
Puis, ils l'emmenèrent pour le crucifier,
21  et ils réquisitionnent, pour porter la croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs.
22  Et ils amènent Jésus à l'endroit appelé Golgotha, c'est-à-dire : Lieu-du-Crâne, ou Calvaire.
23  Ils lui offraient du vin aromatisé de myrrhe ; mais il n'en prit pas.
24  Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir la part de chacun.
25  Il était neuf heures lorsqu'on le crucifia.


 



26  L'inscription indiquant le motif de sa condamnation portait ces mots : « Le roi des Juifs ».
27  Avec lui on crucifie deux bandits, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche.
28  

29  Les passants l'injuriaient en hochant la tête : « Hé ! toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours,
30  sauve-toi toi-même, descends de la croix ! »
31  De même, les chefs des prêtres se moquaient de lui avec les scribes, en disant entre eux : « Il en a sauvé d'autres, et il ne peut pas se sauver lui-même !
32  Que le Messie, le roi d'Israël, descende maintenant de la croix ; alors nous verrons et nous croirons. » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l'insultaient.
33  Quand arriva l'heure de midi, il y eut des ténèbres sur toute la terre jusque vers trois heures.
34  Et à trois heures, Jésus cria d'une voix forte : « Éloï, Éloï, lama sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »
35  Quelques-uns de ceux qui étaient là disaient en l'entendant : « Voilà qu'il appelle le prophète Élie ! »
36  L'un d'eux courut tremper une éponge dans une boisson vinaigrée, il la mit au bout d'un roseau, et il lui donnait à boire, en disant : « Attendez ! Nous verrons bien si Élie vient le descendre de là ! »
37  Mais Jésus, poussant un grand cri, expira.
38  Le rideau du Temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas.
39  Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, s'écria : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ! »
40  Il y avait aussi des femmes, qui regardaient de loin, et parmi elles, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques le petit et de José, et Salomé,
41  qui suivaient Jésus et le servaient quand il était en Galilée, et encore beaucoup d'autres, qui étaient montées avec lui à Jérusalem.


 



42  Déjà le soir était venu ; or, comme c'était la veille du sabbat, le jour où il faut tout préparer,
43  Joseph d'Arimathie intervint. C'était un homme influent, membre du Conseil, et il attendait lui aussi le royaume de Dieu. Il eut le courage d'aller chez Pilate pour demander le corps de Jésus.
44  Pilate, s'étonnant qu'il soit déjà mort, fit appeler le centurion, pour savoir depuis combien de temps Jésus était mort.
45  Sur le rapport du centurion, il permit à Joseph de prendre le corps.
46  Joseph acheta donc un linceul, il descendit Jésus de la croix, l'enveloppa dans le linceul et le déposa dans un sépulcre qui était creusé dans le roc. Puis il roula une pierre contre l'entrée du tombeau.
47  Or, Marie Madeleine et Marie, mère de José, regardaient l'endroit où on l'avait mis.




 
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Procession des Rameaux - Année B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B
Procession des Rameaux - Année B

Evangile : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Mc 11, 1-10)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Lorsqu’ils approchent de Jérusalem,
vers Bethphagé et Béthanie,
près du mont des Oliviers,
Jésus envoie deux de ses disciples
              et leur dit :
« Allez au village qui est en face de vous.
Dès que vous y entrerez, vous trouverez un petit âne attaché,
sur lequel personne ne s’est encore assis.
Détachez-le et amenez-le.
                   Si l’on vous dit :
‘Que faites-vous là ?’,
répondez :
‘Le Seigneur en a besoin,
mais il vous le renverra aussitôt.’ »
          Ils partirent,
trouvèrent un petit âne attaché près d’une porte,
dehors, dans la rue,
et ils le détachèrent.
Des gens qui se trouvaient là leur demandaient :
« Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? »
          Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit,
et on les laissa faire.
          Ils amenèrent le petit âne à Jésus,
le couvrirent de leurs manteaux,
et Jésus s’assit dessus.
          Alors, beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin,
d’autres, des feuillages coupés dans les champs.
          Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient :
« Hosanna !
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
                   Béni soit le Règne qui vient,
celui de David, notre père.
Hosanna au plus haut des cieux ! »

          – Acclamons la Parole de Dieu.

 

OU BIEN

Evangile : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Jn 12, 12-16)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
quelques jours avant la Pâque,
          la grande foule venue pour la fête
apprit que Jésus arrivait à Jérusalem.
          Les gens prirent des branches de palmiers
et sortirent à sa rencontre.
Ils criaient :
« Hosanna !
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Béni soit le roi d’Israël ! » 
          Jésus, trouvant un petit âne, s’assit dessus,
comme il est écrit :
                   Ne crains pas, fille de Sion. 
Voici ton roi qui vient, 
assis sur le petit d’une ânesse. 
          Cela, ses disciples ne le comprirent pas sur le moment ;
mais, quand Jésus fut glorifié,
ils se rappelèrent que l’Écriture disait cela de lui :
c’était bien ce qu’on lui avait fait.

          – Acclamons la Parole de Dieu.

 
Procession des Rameaux - Année B

Prélude à la Passion - Homélie 5° dimanche du Carême B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

Ce puissant évangile est le prélude de la passion. Des païens veulent voir Jésus : sa mission qui, au-delà d'Israël, englobe toutes les « nations », ne s'achève que dans la mort : c'est uniquement de la croix (comme le dit la fin de l'évangile) qu'il attirera à lui tous les hommes. C'est pourquoi le grain de blé doit mourir, sinon il ne porte pas de fruit abondant ; Jésus le dit pour lui-même, mais aussi avec une grande insistance pour tous ceux qui veulent le « servir » et le suivre.

Et devant une telle mort (chargé du péché du monde), il est troublé : l'angoisse du mont des Oliviers lui fait demander au Père s'il ne pourrait pas l'épargner ; il sait pourtant que toute l'incarnation n'a de sens que s'il souffre « l'heure », boit la coupe ; dès lors il dit : « Père, glorifie ton nom ». La voix du Père confirme que tout le plan du salut jusqu'à la croix et à la résurrection est une unique « glorification » de l'amour divin miséricordieux qui a remporté la victoire sur le mal (le « prince de ce monde »).

Chaque parole de cet évangile est si indissolublement entrelacée avec toutes les autres qu'y devient visible toute l'œuvre de salut de Dieu en face de la croix qui s'approche.

Dans l'
évangile, Jean adoucit les accents de souffrance ; pour lui tout, même le plus obscur, est déjà la manifestation de la gloire d'amour. L'épître aux Hébreux, dans la deuxième lecture, fait entendre des accents stridents de la passion : « une violente clameur et des larmes, des implorations et des supplications », c'est ce qu'apporte celui qui s'enfonce dans la nuit de la passion, devant Dieu « qui pouvait le sauver de la mort ».

Si obéissant que l'on puisse être, dans l'obscurité de la souffrance, tout homme, même le Christ, doit toujours réapprendre l'obéissance. Tout homme qui souffre physiquement et moralement l'a éprouvé : ce qu'on estime posséder habituellement doit devenir actuel, en étant réappris depuis le début.

Jésus crie vers son Père et le texte dit que le Père l'a « exaucé ». Assurément, mais pas maintenant, seulement à sa résurrection de la mort et des enfers. C'est seulement quand le Fils a « tout accompli » que la lumière de l'amour déjà cachée en toute souffrance peut briller ouvertement. Et c'est seulement quand tout a été souffert jusqu'à l'ultime et au plus bas, qu'on peut considérer fondée cette Nouvelle Alliance dont parle la première lecture.

Une « nouvelle alliance » est conclue par Dieu, après que celle d'abord conclue a été « rompue ». Il était difficile, peut-être à peine possible, de lui rester fidèle, tant que la souveraineté de Dieu était avant tout une souveraineté de puissance  - il avait conduit le peuple hors d'Égypte en le « prenant par la main » -  et que les hommes ne possédaient aucune vue intérieure dans l'essence de l'amour de Dieu. Pour eux, l'amour demandé était un peu comme un commandement, une loi, et l'homme a toujours envie de transgresser les lois, pour montrer qu'il est plus puissant qu'elles.

Mais si la loi de l'amour est maintenant enfoncée dans leur cœur et s'ils apprennent à comprendre de l'intérieur que Dieu est amour, puisqu'il a aimé les hommes jusqu'à porter leur faute sur la croix, alors l'alliance est devenue tout autre en étant intérieure ; chacun comprend maintenant du dedans, nul n'a plus besoin de l'apprendre de l'autre, comme on apprend quelque chose à des écoliers.

« Ils me connaîtront tous, des plus petits jusqu’au plus grands. »
Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.

Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.

Liturgie de la Parole 5° dimanche du Carême B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : La nouvelle Alliance (Jr 31, 31-34)

 
 

Lecture du livre de Jérémie

Voici venir des jours, déclare le Seigneur, où je conclurai avec la maison d'Israël et avec la maison de Juda une Alliance nouvelle.
Ce ne sera pas comme l'Alliance que j'ai conclue avec leurs pères, le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir d'Égypte : mon Alliance, c'est eux qui l'ont rompue, alors que moi, j'avais des droits sur eux.
Mais voici quelle sera l'Alliance que je conclurai avec la maison d'Israël quand ces jours-là seront passés, déclare le Seigneur. Je mettrai ma Loi au plus profond d'eux-mêmes ; je l'inscrirai dans leur coeur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.
Ils n'auront plus besoin d'instruire chacun son compagnon, ni chacun son frère en disant : « Apprends à connaître le Seigneur ! » Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu'aux plus grands, déclare le Seigneur. Je pardonnerai leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés.


 
 
 

Psaume : 50, 3-4, 12-13, 14-15

R/ Donne-nous, Seigneur, un coeur nouveau !

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d'être sauvé ;
que l'esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.




 

2ème lecture : La soumission du Christ, cause du salut éternel (He 5, 7-9)

 

Lecture de la lettre aux Hébreux

Le Christ pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et, parce qu'il s'est soumis en tout, il a été exaucé.
Bien qu'il soit le Fils, il a pourtant appris l'obéissance par les souffrances de sa Passion ;
et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.




 

Evangile : Jésus voit arriver son heure (Jn 12, 20-33)




 
Acclamation : Fils de l'homme, élevé sur la croix, par toi tous les hommes reçoivent la vie. (Jn 3, 14-15)
 

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean

Parmi les Grecs qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu durant la Pâque, quelques-uns abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée. Ils lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. »
Philippe va le dire à André ; et tous deux vont le dire à Jésus.
Alors Jésus leur déclare : « L'heure est venue pour le Fils de l'homme d'être glorifié.
Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit.
Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle.
Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera.
Maintenant je suis bouleversé. Que puis-je dire ? Dirai-je : Père, délivre-moi de cette heure ? - Mais non ! C'est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci !
Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l'ai glorifié et je le glorifierai encore. »
En l'entendant, la foule qui se tenait là disait que c'était un coup de tonnerre ; d'autres disaient : « C'est un ange qui lui a parlé. »
Mais Jésus leur répondit : « Ce n'est pas pour moi que cette voix s'est fait entendre, c'est pour vous.
Voici maintenant que ce monde est jugé ; voici maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes. »
Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.


 
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



 

La Bonne Nouvelle de l'amour de Dieu - Homélie 4° dimanche du Carême B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
La Bonne Nouvelle de l'amour de Dieu - Homélie 4° dimanche du Carême B

Pourquoi Dieu a-t-il permis au peuple juif de retourner à Jérusalem après leur exil, comme nous l'avons entendu dans la première lecture ? Les Juifs avaient été infidèles dans leur amitié avec le Seigneur. Ils s'étaient mis à rendre un culte idolâtre, enfreignant les commandements, désobéissant aux prophètes que Dieu leur envoyait.
 


"... tous les chefs des prêtres et le peuple multipliaient les infidélités, en imitant toutes les pratiques sacrilèges des nations païennes, et ils profanaient le temple de Jérusalem consacré par le Seigneur... Mais eux tournaient en dérision les envoyés de Dieu, méprisaient ses paroles, et se moquaient de ses prophètes."
 


Tant et si bien - si l'on peut dire - que "finalement, il n'y eut plus de remède à la colère grandissante du Seigneur contre son peuple".

Les Juifs ont été vaincus par les Babyloniens et exilés sur une terre étrangère. Et là, comme le psaume nous le laisse entendre, beaucoup d'entre eux ont complètement oublié le Seigneur et ses promesses.

Malgré toute cette ingratitude, Dieu n'abandonne pas son peuple. Il leur envoie des prophètes pour susciter l'espérance. Il promet une restauration. Le moment venu, il ramène ce peuple ingrat à Jérusalem et leur permet de rebâir le Temple, signe de paix durable et de prospérité.

Pourquoi ? Pourquoi l'amour de Dieu est-il si déraisonnable, si fou ? Parce que l'amour, la fidélité, la miséricorde de Dieu ne dépendent pas de notre dignité. Dieu ne nous aime pas en raison de notre perfection. Il nous rend parfaits en raison de son amour. Voilà la Bonne Nouvelle de ce dimanche :

 


"Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle."
 


Saint Paul, dans la deuxième lecture, est encore plus explicite. Il fait remarquer que notre salut est une grâce - le mot grec fait référence à un cadeau merveilleux, et non  à un mérite. Il écrit :
 


"Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a fait revivre avec le Christ."
 


Nous sommes trop habitués à ce mot "amour". Aujourd'hui rafraîchissons-nous la mémoire et voyons ce que aimer veut dire.

Le Nouveau Testament a été écrit en grec, et non en français. Et le grec possède au moins quatre termes différents pour exprimer ce que nous traduisons par "amour". Ces quatre mots ont en commun un lien, une connexion, une attraction, une estime entre quelqu'un qui aime et une chose ou une personne qui est aimée. Mais chacun de ces quatre termes possède une consonnance particulière.

Le premier terme, le plus fondamental, pour dire l'amour en grec ancien est le mot "storge". Ce terme signifie une affection naturelle, le lien qui se crée à cause d'une connexion naturelle. Ce sentiment peut être doux et superficiel, comme quand nous disons aimer la glace (à la vanille) ou un chien (Médor). Il peut s'agir aussi d'un sentiment plus profond, comme celui qui peut unir les membres d'une même famille. Même si des frères et des soeurs ont été séparés pendant de longues années, il y a toujours ce lien unique entre eux, une affection naturelle. Le mot qui décrit ce type d'affection naturelle n'est guère courant dans la Bible.

Le deuxième terme pour désigner l'amour est "eros". C'est le genre d'amour auquel nous pensons quand nous disons que quelqu'un est "tombé amoureux". C'est le genre de sentiment passionné qui nous emporte et nous remplit d'émotions intenses, apparemment incontrôlables, comme dans le cas d'une relation amoureuse, mais aussi d'un artiste pour son art, ou d'un sportif pour sa discipline sportive. Le dénominateur commun, ici, c'est le sentiment passionné qui nous emporte, et qui peut nous conduire à devenir déraisonnables et imprudents. Ce n'est pas obligatoire, mais dans un monde contaminé par le péché originel, il y a ce grand danger. Nous avons besoin de la grâce de Dieu pour canaliser et gouverner ces passions pour qu'elles conduisent au bonheur et non pas au désenchantement. Ce terme-là n'apparaît que deux fois dans la Bible, et seulement dans l'Ancien Testament.

Le trois!ème mot grec que nous traduisons en français par "amour" est "philia". Ce mot était utilisé pour décrire un lien formé entre deux personnes qui partagent un même intérêt ou un même indéal. La plupart du temps il est utilisé pour désigner une amitié. Au lieu d'être basée sur une affection instinctive ou une passion, l'amitié est basée sur la conscience et la décision de poursuivre un intérêt commun avec une autre personne. La caractéristique principale ici est que les deux amis qui partagent ce genre d'amour sont sur un pied d'égalité. "Philia" n'était pas habituellement utilisé pour décrire la relation entre un père et son fils, par exemple, ou entre un maître et un esclave bien-aimé : ils ne sont pas égaux. Ce mot apparaît dans le Nouveau Testament. C'est le terme utilisé dans le récit de la Dernière Cène :

 


"Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître." (Jn 15, 15)
 


La grâce de Dieu non seulement pardonne nos péchés, mais nous élève, nous rend semblables à Dieu. Imaginez un peu si nous pouvions donner à notre animal favori la capacité de parler, de rire, d'entrer en relation avec nous à un niveau humain. Eh bien, voilà ce que Dieu a fait avec nous. La nature animale est inférieure à la nature humaine, et la nature humaine inférieure à la nature divine. Mais dans sa bonté et par sa grâce, Dieu a élevé notre nature humaine pour nous rendre participants de sa nature divine. Nous sommes les amis de Jésus. Ainsi les vertus théologales "infuses" (la foi, l'espérance et la charité), nous permettent, quand nous les cultivons, de nous voir, de voir le monde et les autres, comme le Christ les voit.
 



 


Le quatrième mot du grec ancien que nous traduisons en français par "amour" est utilisé beaucoup plus fréquemment dans la Bible que tous les autres réunis. C'est le mot "agape", traduit aussi par "charité". L'on pourrait traduire ce mot par "amour christiforme", vu que le Christ nous en a révélé le sens par sa vie, sa mort et sa résurrection. C'est le terme utilisé dans les lectures de ce dimanche : "Dieu a tant aimé le monde (évangile) ...  à cause du grand amour dont il nous a aimés" (2° lect.). C'est également le terme utilisé par Jésus lors de la Dernière Cène, au moment où il nous donne le commandement nouveau : "aimes-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés".

Il est d'autant plus intéressant de constater la fréquence de ce mot dans le Nouveau Testament, quand on en compare l'usage dans les autres écrits en langue grecque de la même époque, dans lesquels l'utilsation de ce terme est rare.

Comme Benoît XVI le fait remarquer dans son encyclique sur l'amour :

 


"La mise de côté du mot eros, ainsi que la nouvelle vision de l'amour qui s'exprime à travers le mot agapè, dénotent sans aucun doute quelque chose d'essentiel ans la nouveauté du christianisme concernant précisément la compréhension de l'amour" (Deus caritas est, n. 3)
 


Quel est le noyau significatif de ce terme ? Quelle est cette "nouvelle vision" ?

D'abord l'oubli de soi. C'est un amour qui se focalise sur le bien des autres, le service, l'aide de ceux qui sont dans le besoin, peu importe ses propres sentiments à leur égard, ou ce que l'on peut espérer en retour. C'est un amour généreux, qui implique le sacrifice, le don de soi. C'est l'amour de Jésus dans la crèche de Bethléem, au désert, sur la croix ..., donnant sa vie, non pas parce que ce faisant, il connaîtrait l'extase, mais parce que nous en avons besoin, parce qu'il voulait restaurer nos coeurs coupables dans l'espérance pour nous ramener de notre exil vers la Maison du Père. Quand saint Jean, dans sa première lettre, écrit : "Dieu est amour", c'est ce mot-là qu'il emploie. Dieu s'oublie lui-même, et ne cherche que notre bien, notre bonheur, notre plénitude. C'est pour cela qu'il nous a créés : non pas pour son bonheur, mais pour le nôtre. Voilà pourquoi aussi il nous pardonne aussi souvent que nécessaire, et qu'il nous nourrit de son Corps et de son Sang dans l'Eucharistie. Voilà pourquoi encore il porte nos croix avec nous, ne nous laissant jamais seuls dans la souffrance. Et puisque nous avons été créés à son image, de ce Dieu, qui est amour, nous trouverons la plénitude que nous recherchons en apprenant progressivement à aimer de la même manière, dans l'oubli de nous-mêmes, à l'image du Christ.

Comme l'écrit Benoît XVI,

 


"ce terme exprime l’expérience de l’amour, qui devient alors une véritable découverte de l’autre, dépassant donc le caractère égoïste qui dominait clairement auparavant. L’amour devient maintenant soin de l’autre et pour l’autre. Il ne se cherche plus lui-même – l’immersion dans l’ivresse du bonheur – il cherche au contraire le bien de l’être aimé : il devient renoncement, il est prêt au sacrifice, il le recherche même." (Dieu est amour, n. 6)
 


L'amour de Dieu pour chacun de nous est personnel, actif, inconditionnel et illimité. Le crucifix, le signe de la croix, nous le rappellent sans cesse. Voiolà aussi ce que l'Église nous rappelle aujourd'hui. Au bout de trois semaines de pénitence, ayant devant les yeux nos péchés, notre égoïsme (la mauvaise nouvelle), il est temps de nous souvenir que c'est précisément à cause de ces péchés et de cet égoïsme, que le Christ est venu sur terre pour nous sauver (la Bonne Nouvelle). Voilà pourquoi ce dimanche est appelé "Laetare", le dimanche de la joie ("laetare" est le premier mot de l'antienne d'ouverture en latin). Voilà pourquoi le célébrant peut porter des vêtements litrugiques de couleur rose en ce jour. De même que l'horizon, au moment où le soleil se lève, au bout d'une longue nuit noire, se colorie d'un rose pale, de même l'amour de Dieu qui perce les ténèbres de nos péchés, chasse l'ombre de nos fautes par la lumière resplendissante du jour sans fin.

En ce jour où le Christ renouvelle son amour inconditionnel pour nous dans cette Eucharistie, spécialement au moment de la Communion, rendons-lui grâce pour ces dons. Et demandons-lui la grâce, non seulement de faire l'expérience de son amour, mais de pouvoir partager cette expérience avec d'autres, spécialement avec ceux qui vivent encore dans les ténèbres. Que tout au long de cette semaine, notre charité chrétienne, active, soit comme un lever de soleil dans leur coeur, pour les attirer à la fontaine salutaire de la grâce de Dieu.

Liturgie de la Parole 4° dimanche du Carême B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Châtiment et pardon : l'exil et le retour (2Ch 36, 14-16.19-23)

 

Lecture du second livre des Chroniques

Sous le règne de Sédécias, tous les chefs des prêtres et le peuple multipliaient les infidélités, en imitant toutes les pratiques sacrilèges des nations païennes, et ils profanaient le temple de Jérusalem consacré par le Seigneur.
Le Dieu de leurs pères, sans attendre et sans se lasser, leur envoyait des messagers, car il avait pitié de sa Demeure et de son peuple.
Mais eux tournaient en dérision les envoyés de Dieu, méprisaient ses paroles, et se moquaient de ses prophètes ; finalement, il n'y eut plus de remède à la colère grandissante du Seigneur contre son peuple.
Les Babyloniens brûlèrent le temple de Dieu, abattirent les murailles de Jérusalem, incendièrent et détruisirent ses palais, avec tous leurs objets précieux.
Nabucodonosor déporta à Babylone ceux qui avaient échappé au massacre ; ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils jusqu'au temps de la domination des Perses.
Ainsi s'accomplit la parole du Seigneur proclamée par Jérémie : La terre sera dévastée et elle se reposera durant soixante-dix ans, jusqu'à ce qu'elle ait compensé par ce repos tous les sabbats profanés.
Or, la première année de Cyrus, roi de Perse, pour que soit accomplie la parole proclamée par Jérémie, le Seigneur inspira Cyrus, roi de Perse. Et celui-ci fit publier dans tout son royaume - et même consigner par écrit - :
« Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : Le Seigneur, le Dieu du ciel, m'a donné tous les royaumes de la terre ; et il m'a chargé de lui bâtir un temple à Jérusalem, en Judée. Tous ceux d'entre vous qui font partie de son peuple, que le Seigneur leur Dieu soit avec eux, et qu'ils montent à Jérusalem ! »


 
 

Psaume : 136, 1-2, 3, 4-5, 6

R/ Jérusalem, au profond de mon coeur, Jérusalem, au plus haut de ma joie !


Au bord des fleuves de Babylone
nous étions assis et nous pleurions,
nous souvenant de Sion ;
aux saules des alentours
nous avions pendu nos harpes.

C'est là que nos vainqueurs
nous demandèrent des chansons,
et nos bourreaux, des airs joyeux :
« Chantez-nous, disaient-ils,
quelque chant de Sion. »

Comment chanterions-nous
un chant du Seigneur
sur une terre étrangère ?
Si je t'oublie, Jérusalem,
que ma main droite m'oublie !

Je veux que ma langue
s'attache à mon palais
si je perds ton souvenir,
si je n'élève Jérusalem,
au sommet de ma joie.



 

2ème lecture : Par grâce, Dieu nous fait revivre (Ep 2, 4-10)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens

Frères, Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a fait revivre avec le Christ : c'est bien par grâce que vous êtes sauvés.
Avec lui, il nous a ressuscités ; avec lui, il nous a fait régner aux cieux, dans le Christ Jésus. Par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus,
il voulait montrer, au long des âges futurs, la richesse infinie de sa grâce.
C'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu.
Cela ne vient pas de vos actes, il n'y a pas à en tirer orgueil. C'est Dieu qui nous a faits,
il nous a créés en Jésus Christ, pour que nos actes soient vraiment bons, conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous et que nous devons suivre.



 


 

Evangile : Dieu a envoyé son Fils pour sauver le monde (Jn 3, 14-21)

 
Acclamation : Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. Tout homme qui croit en lui possède la vie éternelle. (Jn 3, 16)
 

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.
Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises.
En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne lui soient reprochées ;
mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu. »
 
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé...

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé...

La Croix ... une folie ? - Homélie 3° dimanche du Carême B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 


1. « Détruisez ce sanctuaire. » La purification du Temple est racontée au milieu du Carême, afin que nous réfléchissions sur ce que sont un vrai culte et la vraie maison de Dieu. Deux accents principaux marquent l'évangile :
- le fouet inexorable de Jésus qui chasse tout trafic de la maison de prière de son Père,
- et la preuve qu'il offre de son pouvoir, preuve qui lui est réclamée : le vrai Temple, celui de son corps, détruit par les hommes, sera rebâti en trois jours.

Tant que cela n'est pas arrivé, tant que la mort et la résurrection sont encore à venir, l'ancienne maison de Dieu doit servir uniquement à la prière. Le Dieu de l'Ancienne Alliance ne pouvait pas tolérer à côté de lui des dieux étrangers, surtout pas le dieu Mammon.

Les deux lectures éclairent l'évangile, la première explique le premier accent, la seconde le deuxième accent.

2. « Car je suis un Dieu jaloux. » La grande révélation du Dieu de l'alliance par lui-même dans la première lecture, a deux parties (et une insertion) : dans la première, Dieu qui a prouvé sa vie et sa puissance en faisant sortir Israël d'Égypte, se présente comme le Dieu unique (cf. Dt 6, 4) ; c'est pourquoi il doit se réserver toute adoration et condamner par un châtiment toute idolâtrie. Dans le « décalogue » –  c'est la deuxième partie – il exige du peuple avec lequel il conclut l'alliance, de se comporter comme cela convient dans une alliance avec l'unique Majesté. Tous ces commandements ne sont pas des prescriptions de droit naturel ou simplement éthiques (ce qu'ils peuvent être aussi d'ailleurs), mais des exigences concernant la manière dont l'homme doit se conduire dans l'alliance avec Dieu. A été insérée dans la liste la loi du sabbat qui, dans ce contexte, indique avant tout que, parmi les jours des hommes, l'un est réservé et caractérisé comme la propriété de Dieu et contraint l'homme par le repos à en prendre toujours à nouveau conscience.

3. « Les Juifs demandent des signes. » La deuxième lecture éclaire le deuxième motif principal de l'évangile. Les Juifs y réclament une preuve de la puissance de Jésus : « Quel signe nous montres-tu pour agir ainsi ? » L'exigence de signe en vue de venir à la foi est tout à la fois repoussée par Jésus et cependant exaucée par le seul signe qui leur sera accordé : « Génération mauvaise et adultère ! Elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que celui du prophète Jonas » : trois jours et trois nuits dans le ventre du monstre marin, trois jours et trois nuits dans le sein de la terre (Mt 12, 38-40).

Exactement comme dans l'évangile : le Temple détruit et rebâti. Le seul signe que Dieu donne est pour les hommes « folie », « faiblesse », la croix : ce qui réclame la foi pour être acceptée, tandis que les Juifs veulent d'abord voir, pour ensuite accorder foi. Ainsi le signe qui leur a été donné reste un « scandale », tandis qu'il est pour ceux qui sont appelés à la foi « le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu », qui se manifeste dans le signe suprême, unique, de la mort et de la résurrection de Jésus.

Un jour, voulant retourner chez elle, une petite fille se perdit dans un quartier de Londres. Prise d'angoisse, elle se mit à pleurer. Un agent de police qui passait par là la vit, vint vers elle et lui demanda si elle se rappelait le nom de la rue où elle habitait. La fillette lui répondit : « Je ne sais pas le nom de la rue, mais ma maison est près du bâtiment qui a une croix sur le toit ». Le policier comprit qui le bâtiment surmonté d'une croix ne pouvait être que l'église, la seule église du quartier, et il put aider la petite à retrouver sa maison. La croix avait servi de repère. Aujourd'hui, comme jamais auparavant, le monde égaré a besoin de repères sûrs, il a besoin de regarder « la croix » de Jésus pour trouver la maison du Père.

Dans un film sur les pilotes d'avions de grandes lignes, le commentateur expliquait qu'une fois à bord, le pilote doit dépendre entièrement des appareils de guidage (les radars) au sol. Dans son avion, le pilote ne doit pas se fier à ses instincts personnels. Nuit et jour, il doit absolument suivre les signes et les instructions des instruments de bord, sinon il ira à la catastrophe.

 

Inutile de citer d'autres exemples pour illustrer l'égarement et la faiblesse de l'homme. L'homme moderne se glorifie de ses exploits scientifiques sans précédent.

Les Grecs se glorifiaient de leur philosophie. Les Grecs pouvaient se glorifier d’avoir donné à l’humanité des philosophes célèbres. C’est en grande partie grâce à eux que la culture hellénistique l’avait emporté sur la culture latine malgré les victoires politiques et militaires de Rome.

L’homme moderne place sa confiance dans ses « ressources humaines ». Il est fier de son indépendance et de son intelligence, de ses exploits sportifs. Mais aux yeux de Dieu l'homme est pauvre et misérable. Son problème fondamental ne peut être résolu en dehors de la croix de Jésus-Christ.

En parlant de sa mort, Jésus connaissait l'endroit où il souffrirait : sur une colline, une hauteur, afin que toute la ville puisse le voir. Sa mort ne se réduit pas à une erreur judiciaire, elle n'est pas une punition méritée, mais l'accomplissement de prophéties précises concernant le Messie. En mourant sur le bois dressé sur le Mont Calvaire, Jésus-Christ a pris le péché de tous les hommes sur lui. Ce que nous ne pouvons pas obtenir par nos propres moyens, Jésus l'a obtenu pour nous. Il a affronté la mort pour nous et il l'a vaincue. Au troisième jour après sa mort, il est sorti vivant du tombeau qui avait été scellé par une grosse pierre. C'est pourquoi la croix de Jésus est là comme le repère dans le temps et l'espace, la boussole qui conduit à la paix véritable et au salut éternel.

Le fleuve de l'histoire s'écoule.: la croix demeure. Quand les forts torturent les faibles, et que les riches méprisent les pauvres, quand les malheureux meurent dans la misère, et les mères demandent du pain en pleurant pour leurs enfants qui meurent de faim, quand les innocents souffrent dans les prisons, quand les soldats partent à la bataille, quand ceux qui sont dans les ténèbres réclament la lumière, la croix est toujours pour ceux qui mettent toute leur foi en Jésus-Christ le signe de la puissance de Dieu, plus sage et plus forte que les hommes.

La croix n'a, en elle-même, aucun pouvoir magique, mais elle est d'une importance capitale dans la mesure où elle est le signe de ce que le Christ a accompli, une fois pour toutes, pour nous tous. Pour nous, elle n'aura son sens que si nous accueillons le Christ comme notre Sauveur. Vous pouvez, vous aussi, dans notre monde troublé, posséder une paix qui surpasse toute intelligence et une joie qui ne peut vous être ôtée, si vous mettez votre confiance dans l'amour de Dieu manifesté sur la croix, en Jésus-Christ.

Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié… une folie ? Non, mille fois non; c'est là, au contraire, "la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire. "
 

Liturgie de la Parole 3° dimanche du Carême B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Livre de l'Exode (Ex 20, 1-17)

20
01i  Sur le Sinaï, Dieu prononça toutes les paroles que voici :
02  « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage.
03  Tu n'auras pas d'autres dieux que moi.
04  Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre.
05  Tu ne te prosterneras pas devant ces images, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu'à la troisième et la quatrième génération ;
06  mais ceux qui m'aiment et observent mes commandements, je leur garde ma fidélité jusqu'à la millième génération.
07  Tu n'invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque son nom pour le mal.
08  Tu feras du sabbat un mémorial, un jour sacré.
09  Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ;
10  mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l'honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l'immigré qui réside dans ta ville.
11  Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent, mais il s'est reposé le septième jour. C'est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l'a consacré.
12  Honore ton père et ta mère, afin d'avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.
13  Tu ne commettras pas de meurtre.
14  Tu ne commettras pas d'adultère.
15  Tu ne commettras pas de vol.
16  Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
17  Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient. »




Psaume
(18, 8, 9, 10, 11)

08  La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ; *
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

09  Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le coeur ; *
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

10  La crainte qu'il inspire est pure,
elle est là pour toujours ; *
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

11  plus désirables que l'or,
qu'une masse d'or fin, *
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens
(1Co 1, 22-25)

1
22i  Frères, alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse,
23  nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens.
24  Mais pour ceux que Dieu appelle, qu'ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie est puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
25  Car la folie de Dieu est plus sage que l'homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme.





Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean
(Jn 2, 13-25)

2
13  Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
14  Il trouva installés dans le Temple les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
15  Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs boeufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
16  et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
17  Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment.
18  Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
19  Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
20  Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
21  Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps.
22  Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
23  Pendant qu'il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en lui, à la vue des signes qu'il accomplissait.
24  Mais Jésus n'avait pas confiance en eux, parce qu'il les connaissait tous
25  et n'avait besoin d'aucun témoignage sur l'homme : il connaissait par lui-même ce qu'il y a dans l'homme.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Croire à la Transfiguration quand tout semble nous conduire à la mort - Homélie 2° dimanche du Carême B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 
 
 


En ce deuxième dimanche de Carême la liturgie nous propose chaque année, après le récit des tentations, celui de la transfiguration.

Six jours après…

Six jours
- après avoir évoqué pour la première fois sa passion
- après avoir rappelé ses disciples à le suivre dans le renoncement
- après la fête de Kippour (jour du Grand Pardon) : et donc le premier jour de la fête des Tentes.

La fête de Kippour est la plus importante de l’année pour les Juifs (elle est appelée Shabbat des shabbat au livre du Lévitique, 16, 31). On comprend qu’elle sert de référence dans le temps.

Kippour célèbre le jour de la repentance, de la conversion, du renoncement à soi-même dans le jeûne et la prière.

Quant à la fête des Tentes, elle fait mémoire du temps béni où le peuple, au désert, habitait sous des tentes et recevait tout de Dieu :

 


« Le séjour dans la frêle cabane rappelle le souvenir de la sortie d’Égypte, dont parle le prophète Jérémie, 2, 2 : "Je te garde le souvenir de l’affection de ta jeunesse, de ton amour au temps de tes fiançailles, quand tu me suivais dans le désert, dans une région inculte…" À cette heure où nous entrons dans la soucca (cabane), nous réalisons que le seul espoir pour Israël, c’est de s’en remettre à la protection de son Dieu et Roi, de Celui qui a créé le monde ! »
 

Éphéméride de l’année juive, Keren Hasefer Halimond, Paris 1976, Tome 1, p. 89

 


Jésus conduit ses disciples sur la montagne pour vivre avec eux la plus exceptionnelle fête des Tentes. Il choisit Pierre, Jacques et Jean qui seront aussi les témoins privilégiés de son agonie à Gethsémani. Trois, parce que c’est le chiffre de la divinité, le chiffre des patriarches, Abraham, Isaac et Jacob, qui, par leur histoire, sont comme autant de révélations de Dieu.

Jésus choisit :
- en Pierre celui à qui Il veut confier Son Église : « Tu es Pierre, et sur cette pierre Je bâtirai Mon Église » (Mt 16, 18) ;
- en Jacques (en hébreu : Jacob !) celui qui représente tout le peuple d’Israël ;
- en Jean, le témoin de la grâce de Dieu (en hébreu, Johanan veut dire : Dieu fait grâce).

 


Il a été transfiguré devant eux et ses vêtements sont devenus resplendissants, d’une telle blancheur qu’aucun foulon sur terre ne peut blanchir de la sorte.
 


En ce jour, Jésus dévoile aux Apôtres la gloire de sa divinité. Pour la première fois, des yeux de chair contemplent la gloire de Dieu resplendissant sur le visage du Christ : Jésus, vrai Dieu et vrai homme apparaît « revêtu de splendeur et de majesté, drapé de lumière comme d’un manteau » selon ce que David avait dit au Psaume 104.

La blancheur lumineuse de ses vêtements rappelle le premier vêtement d’Adam, avant le péché, alors qu’il était revêtu de la gloire de Dieu.

Jésus, par sa Transfiguration, veut nous rappeler ce à quoi nous sommes appelés : retrouver notre vêtement de gloire, être divinisés. C’est pour cela que le Verbe s’est fait chair, que Dieu est venu habiter parmi nous.

Selon la parole de Saint Paul, nous marchons tous vers notre transfiguration :

 


« Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transfigurés en cette même image, allant de gloire en gloire comme de par le Seigneur, qui est esprit. » (2 Co 3, 18)
 


Il s’agit aussi de rassurer les Apôtres et de conforter leur foi, juste après la première annonce de la Passion du Seigneur, comme le dit le pape Saint Léon le Grand :
 


« Par cette transfiguration, il voulait avant tout prémunir ses disciples contre le scandale de la croix et, en leur révélant toute la grandeur de sa dignité cachée, empêcher que les abaissements de sa passion volontaire ne bouleversent leur foi. »

(Liturgie des Heures, II, p. 101)


Élie leur apparût avec Moïse et ils s’entretenaient avec Jésus.
 


Lors de la fête des Tentes, après avoir construit une cabane en mémoire des tentes du peuple au désert, on invite les grands serviteurs de Dieu à entrer. Ici, sur la montagne, les invités sont là, alors que les cabanes ne sont pas encore construites ! Et quels invités ! Moïse et Élie, la Loi et les Prophètes, ceux qui représentent tout l’Ancien Testament, ceux qui sont évoqués ensemble à la fin de la Bible juive par le prophète Malachie : « Rappelez-vous la Loi de Moïse, mon serviteur (…) Voici que je vais envoyer Élie le prophète. (Ml 3, 22-23)

Ainsi, sous les yeux des trois Apôtres, l’Ancien Testament s’entretient avec le Nouveau. Jésus parle familièrement avec Moïse et Élie. L’Écriture est une, une est notre foi, appuyée sur la Parole de Dieu entendue par les prophètes, et contemplée en Jésus par les apôtres.

Pierre, conscient de la « bonté » de cette situation, s’écrie :

 


Rabbi, il est bon pour nous d’être ici, faisons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie.
 


Oui, ce qui se passe alors est bon, c’est la confirmation de la fidélité de Dieu, de la vérité de sa Parole ?
 


« Qu’y a-t-il de mieux établi, de plus solide que cette Parole ? La trompette de l’Ancien Testament et celle du Nouveau s’accordent à le proclamer ; et tout ce qui en a témoigné jadis s’accorde avec l’enseignement de l’Église. » (idem)
 


Voilà pourquoi Pierre estime juste de célébrer maintenant la fête des Tentes et il dit : « Faisons donc trois tentes. » Mais en réalité, Pierre, Jacques et Jean sont projetés pour un court instant dans l’éternité : ce n’est pas le moment de célébrer une liturgie terrestre mais bien de s’unir à la liturgie céleste, dont Dieu lui-même prend l’initiative :
 


Et une nuée survint qui les prit sous son ombre, et une voix parti de la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; écoutez-le. »
 


La nuée qui vient du ciel n’est pas sans rappeler celle qui accompagna le peuple lors de son séjour au désert, signe de la protection divine célébrée pendant la fête de Soukkot :
 


« À toutes leurs étapes, lorsque la nuée s’élevait au-dessus de la Demeure, les Israélites se mettaient en marche. Si la nuée ne s’élevait pas, ils ne se mettaient pas en marche jusqu’au jour où elle s’élevait. Car le jour, la nuée du Seigneur était sur la Demeure et, la nuit, il y avait dedans un feu, aux yeux de toute la maison d’Israël, à toutes leurs étapes. » (Ex 40, 36-38)
 


Sur la montagne de la transfiguration, Dieu manifeste aux yeux des disciples, prêts à fêter les Tentes, que la nuée repose déjà sur eux ; la réponse à la suggestion de Pierre : « Faisons donc trois tentes », c’est cette nuée qui les couvre de son ombre, comme elle avait recouvert la Vierge Marie au jour de l’Annonciation : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. » Nous devons comprendre qu’en Jésus, nous vivons la fête des Tentes d’une manière parfaite, car là où est Jésus, là est l’Esprit, là se fait entendre la voix du Père : Jésus est l’Un de la Très Sainte Trinité.

Ici encore la voix du Père retentit, comme lors du Baptême au Jourdain : elle nous enseigne que désormais la voix de Dieu passe par Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. »

Cependant, ce qui est ordinaire, c’est la vie dans la foi : croire que Jésus est pleinement Dieu, en contemplant un homme, un homme qui sera condamné à mort comme un malfaiteur, un homme qui sera compté pour rien. (Mc 9, 12) et croire que nous allons vers la Transfiguration quand tout semble nous conduire à la mort.


 

En Jésus, nous vivons la fête des Tentes d’une manière parfaite...

En Jésus, nous vivons la fête des Tentes d’une manière parfaite...

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