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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Chrétiens sans frontières - Homélie Pentecôte Année B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Chrétiens sans frontières - Homélie Pentecôte Année B

    L'Esprit Saint est la troisième Personne de la Très Sainte Trinité, celle qui nous paraît la plus mystérieuse, la plus mal connue. Ce n'est pas forcément la faute de l'Église, des prêtres. L'Esprit Saint Lui-même s'efface toujours, ne parle jamais de Lui.

    Mais attention : la Pentecôte n'est pas la fête de l'Esprit Saint ! Il n'y a pas non plus de fête du Père, et Noël n’est pas davantage la fête de Jésus ! Parce que toute fête chrétienne est trinitaire. Et notre profession de foi est trinitaire. Après avoir proclamé que nous croyons au Père tout-puissant, à son Fils Jésus Christ, le Seigneur, nous disons : je crois au Saint Esprit. Il est donc une Personne divine comme le Père et le Fils sont des personnes divines.

    Pour parler du Saint Esprit, l'on a recours à des images. Vous avez certainement encore quelques vagues souvenirs (?) de votre catéchisme : il y a le vent, le feu, la lumière, l’eau, la colombe, l'onction, le sceau. Mais le danger de ces symboles, c'est de réduire le Saint Esprit à un fluide, à un rayonnement, une onde positive, comme on dit aujourd'hui.

    L'important est moins d'en parler que d’en vivre. Le symbole, s'il donne à penser, donne surtout à faire. L'utilisation de ces symboles n'a de sens que pour celui qui les vit. L'Esprit Saint ne se laisse pas décrire à quelqu'un qui n'a pas la foi, à quelqu'un qui ne vit pas de sa foi. Vouloir parler de l'Esprit Saint à quelqu'un qui ne croit pas (ou qui ne croit plus), ce serait comme vouloir expliquer ce qu'est un baiser à celui qui n'a jamais fait l'expérience d'un baiser.

    Or, justement, pour évoquer l'Esprit Saint, on a eu recours aussi au ... baiser. Je ne crois pas que nous soyons comme ceux dont il est question dans les Actes des Apôtres et qui avaient reçu le baptême de Jean à Éphèse, mais qui n'avaient pas encore entendu parler de l'Esprit Saint (cf. Ac 19, 2). Nous avons entendu parler de l'Esprit, mais vivons-nous de l'Esprit ? Faisons-nous une expérience de la vie dans l'Esprit ?

    À propos du baiser, quelqu'un a écrit :

 

Il ne s'agit pas de conjuguer indéfiniment le verbe aimer, de bêler l'amour. L'amour est pauvreté et dépendance, don et accueil. Le baiser est le symbole du don et de l'accueil. J'accueille ton souffle et je te donne le mien. Ce qui veut dire : j'accueille ton âme et je te donne la mienne ; le souffle réciproque en est le symbole ; d'où la beauté du baiser. C'est pour cela qu'il ne faut pas l'abîmer, le prostituer pour en faire un jeu. Voilà des choses qu'il faudrait dire en matière de sexualité. C'est beau, le baiser, c'est l'échange, l'accueil et le don. C'est tout l'Évangile. (F. Varillon)

    C’est tout l’Évangile parce que c’est tout l’Esprit Saint. Et il faudrait dire aussi : il ne faut pas bêler l’Esprit Saint, le mettre à toutes les sauces. Ceux qui ont la bouche pleine de l’Esprit Saint, mais qui font n’importe quoi, n’ont qu’une foi de façade, une "spiritualité de castagnettes". Ceux-là abîment, ceux-là prostituent l’Esprit Saint comme il y en a qui abîment, qui prostituent le baiser. Il faut vivre dans l’Esprit comme un poisson dans l’eau. Comment faire ?

    Au risque de paraître trivial, je dirai : autant demander comment apprendre à nager, ou à essuyer la vaisselle. Jetez-vous à l’eau, ou prenez un torchon. Et mettez-vous au travail ! Tant mieux si vous avez un maître nageur (ou une maman) à côté de vous pour vous donner des conseils et pour vous assister dans votre apprentissage. Pour nous apprendre à vivre dans l’Esprit nous ne sommes pas tout seuls non plus, jamais ! Nous ne sommes pas orphelins , dit Jésus (cf. Jn 14, 18). Nous avons l’Esprit Saint.

 

Et nous avons aussi l’Église :

 

C’est à l’Église elle-même, en effet, qu’a été confié le Don de Dieu. (...) C’est en elle qu’a été déposée la communion avec le Christ, c’est-à-dire l’Esprit Saint, arrhes de l’incorruptibilité, confirmation de notre foi et échelle de notre ascension vers Dieu (...) Car là où est l’Église, là est aussi l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute grâce. (S. Irénée)
    Et pour recevoir le Saint Esprit, comment faire ? Nous l’avons déjà reçu. Encore faut-il déballer le cadeau. Et puis, nous avons seulement commencé à le recevoir ; nous n’aurons jamais fini de le recevoir. Dans l'Église, ce lieu où est "toute grâce" nous prions sans cesse : "Viens Esprit Saint". Jésus dit :
Demandez, vous obtiendrez… Celui qui demande reçoit… Vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! (Lc 11, 9…13)

    Or, dans l’évangile de dimanche dernier, nous avons vu Jésus en prière. Jésus vit dans l’Esprit Saint, et quand il prie, il prie dans l’Esprit Saint et il demande l’Esprit Saint pour nous. Et l’Esprit prend la prière de Jésus et Il nous la donne. Nous avons appelé cela la "Bonne Nouvelle de la prière chrétienne".

    Maintenant, regardez : après l’Ascension, ce sont les disciples qui sont en prière au Cénacle, à l’endroit même où Jésus a prié et où il a institué l’Eucharistie. Ils ont cru à la Bonne Nouvelle de la prière chrétienne. Ils n’étaient pas encore des saints. Non ! Ils avaient déjà commencé à recevoir l’Esprit Saint à Pâques, cinquante jours plus tôt (cf. Jn 20, 22). Et maintenant, ils prient, et ils prient en Église :

 

D'un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères. (Ac 1, 14)

    Et S. Luc nous dit aussitôt après qu’

 

en ces jours-là, les frères étaient réunis au nombre d’environ cent vingt (v. 15).

    Et c’est l’élection de Matthias pour prendre la place que Judas avait désertée. Cette élection se fait dans la prière :

 

Puis l’assemblée fit cette prière… (v. 24)

    Au début du chapitre 2 :

 

Quand arriva la Pentecôte, ils se trouvaient réunis tous ensemble. (v. 1)

    Et c’est là qu’ils reçoivent une nouvelle effusion de l’Esprit Saint. C’est là qu’ils font l’expérience de l’Esprit Saint, parce qu’après avoir fait l’expérience de leur péché et du pardon du Seigneur, ils ont fait l’expérience de la prière en Église. Ils avaient voulu faire les malins. Ils s’étaient disputés pour savoir lequel d’entre eux serait le plus grand (cf. Lc 22, 24). Maintenant ils reconnaissent qu’ils ne sont que "des pauvres types", tous dans le même sac, tous "logés à la même enseigne" et ils sont vraiment réunis, ils ne forment qu’un seul cœur. Ils prient en Église.

    Même quand nous nous retirons dans notre chambre, même quand nous prions en secret, nous devons prier en Église. S. Augustin disait :

 

Si donc vous voulez recevoir l’Esprit Saint, gardez la charité, aimez la vérité, désirez l’unité.

    Retenez bien ceci : non seulement notre indigence nous réduit à la mendicité. Par comble de malheur, nous sommes des mendiants qui ne savent pas mendier ! Comme elle est grande, notre misère ! Mais quand l’Esprit Saint, le "Père des pauvres", nous donne la prière de Jésus dans la foi, alors nous ne sommes plus des individus les uns à côté des autres. Alors l’union – notre union avec Jésus et l'union entre nous – fait notre force. Nous sommes tous réunis en un seul corps, dont Jésus est la tête, et dont nous sommes les membres.

 

C’est à l’Esprit du Christ comme à un principe caché qu’il faut attribuer que toutes les parties du Corps soient reliées, aussi bien entre elles qu’avec leur Tête suprême, puisqu’il réside tout entier dans la Tête, tout entier dans le Corps, tout entier dans chacun de ses membres. (Pie XII, Enc. Mystici Corporis)

    Notez bien qu’il ne s’agit pas d’une simple solidarité humaine. Vouloir faire l’unité de l’Église et la charité dans le monde au nom d’une simple solidarité humaine, en tournant le dos à l’action de l’Esprit Saint, c’est encore vouloir construire une tour de Babel. C’est le communisme, c’est aussi l’Union européenne qui renie ses racines chrétiennes, c’est Amnesty International qui veut prendre la défense des droits de l’homme, mais qui, maintenant, prend position pour l’avortement, etc…

    Cela ne veut pas dire que l’Esprit n’agit pas en dehors des frontières visibles de l’Église. D’ailleurs l’Église prie aussi pour cela ! Mais cela veut dire que quand on est chrétien, il faut l’être vraiment. La simple solidarité humaine n’est pas le monopole des chrétiens. Et quand nous en faisons preuve, nous ne faisons pas mieux que les païens et les publicains (cf. Mt 5, 46-47). Si cela suffisait, ce n’était pas la peine que Jésus vienne et qu’il nous donne son Esprit. Non !

 

Puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit

dit S. Paul (Ga 5, 25). Seul l’Esprit nous fait vivre. Autrement dit : seule la solidarité entre le Père et le Fils nous fait vivre. L’Esprit Saint est

 

le Principe de toute action vitale et vraiment salutaire en chacune des diverses parties du Corps (Pie XII, enc. Mystici Corporis).

Eh bien, cette solidarité entre le Père et le Fils, c’est aussi la solidarité entre Jésus et son Église, ce que nous rappelle encore S. Augustin :

 

Voilà le Christ total, Tête et Corps, un seul formé de beaucoup. (...) Que ce soit la Tête qui parle, que ce soit les membres, c’est le Christ qui parle. Il parle en tenant le rôle de la Tête (ex persona capitis) ou bien en tenant le rôle du Corps (ex persona corporis). Selon ce qui est écrit : "Ils seront deux en une seule chair. C’est là un grand mystère, je veux dire en rapport avec le Christ et l’Église" (Ep 5, 31-32). Et le Seigneur lui-même dans l’Évangile : "Non plus deux, mais une seule chair" (Mt 19, 6). Comme vous l’avez vu, il y a bien en fait deux personnes différentes, et cependant, elles ne font qu’un dans l’étreinte conjugale (voilà le baiser…). (...) En tant que Tête il se dit "Époux", en tant que Corps il se dit "Épouse" (S. Augustin).

    Solidarité conjugale, source et modèle de toutes les solidarités. Voilà la seule solidarité qui sauve le monde et que nous avons d’abord à accueillir dans notre pauvreté, pour ensuite en vivre ensemble. Voilà ce dont nous devons être les témoins, toute notre vie. Et elle ne cessera pas. Car cette solidarité continue au-delà de la mort. C’est la solidarité entre l’Église du ciel, celle de la terre, et celle du purgatoire. Elle rejoint tous ceux qui ont vécu avant nous et ceux qui vivront après nous. C’est vraiment la solidarité sans limites, sans frontières. Et c’est le don de Dieu. Personne d’autre ne pourra dire : "C’est moi qui l’ai fait."

 

Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : "Donne-moi à boire", c'est toi qui lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive. (Jn 4, 10)
Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur. En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint, l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Jésus. (Jn 7, 37-38)

L'Esprit Saint déploie ses ailes dans le silence - Homélie Pentecôte Année B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)



Nous aimons tous les feux d'artifice. Ils sont spectaculaires, impressionnants, exaltants. La première Pentecôte de l'Eglise fut accompagnée d'une sorte de feu d'artifice éblouissant. Les Apôtres et les autres chrétiens « se trouvaient réunis tous ensemble ». Nous ne savons pas avec certitude à quel endroit. C'était probablement à l'intérieur ou à proximité du Temple de Jérusalem, puisque, aussitôt après le feu d'artifice, la foule a commencé à se rassembler. Peut-être était-ce au même endroit où Jésus et les Apôtres avait mangé la Dernière Cène. Nous ne le savons pas avec certitude.

Ils se trouvaient donc à un même endroit, lorsque soudain « il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ensuite apparurent des flammes de feu, venues d'on ne sait où, flottant dans les airs et se posant sur chacun de ceux qui étaient présents.


Mais le feu d'artifice ne s'est pas arrêté là. Voilà que, tout à coup, les chrétiens commencèrent à parler des langues qu'ils ne connaissaient pas. Pendant ce temps, une foule, composée de pèlerins en provenance du monde entier et venus à Jérusalem pour la fête, s'était rassemblée. Chacun entendait les chrétiens annoncer l'Evangile dans sa propre langue. C'était un spectacle haut en couleurs.


Mais nous serions dans l'erreur si nous pensons que ce feu d'artifice est caractéristique de la manière dont l'Esprit Saint agit d'ordinaire. En fait, c'est exactement le contraire qui est vrai. La plupart du temps, l'action de Dieu dans notre vie est discrète, à peine perceptible. Si le Saint Esprit se manifeste sous la forme de flammes de feu., il est représenté aussi sous la forme d'une colombe. Or une colombe, pour pouvoir déployer ses ailes, a besoin d'espace. Et l'espace dont le Saint Esprit a besoin pour pouvoir déployer ses ailes est le silence.


De quelle manière Jésus envoie-t-il le Saint Esprit à ses Apôtres après sa résurrection ? Il souffle sur eux - doucement. Comment saint Paul décrit-il l'action de l'Esprit Saint dans l'Eglise ? Comme celle de l'âme dans le corps - puissamment, mais de manière imperceptible. Le Saint Esprit agit dans le silence.


La Bible nous relate que Marie était présente dans la Chambre Haute, attendant la venue du Saint Esprit avec les Apôtres. Elle est la maman qui avait enfanté la tête de l'Eglise, Jésus, à Bethléem. Et voilà que maintenant elle est la mère qui donne le jour au reste du corps de l'Eglise à la Pentecôte. Que faisait-elle ? Elle priait très certainement.


Mais elle était aussi celle qui les servait dans leur confusion, comme une maman. Ils ont pu lui poser des questions au sujet de Jésus, entendant, peut-être pour la première fois, le récit de sa naissance et de son enfance. C'était peut-être la première fois qu'ils entendirent parler de l'Annonciation, du jour où l'archange Gabriel est venu chez elle, lui expliquant que l'Esprit la couvrirait de son ombre pour donner naissance à un fils. Peut-être leur a-t-elle fait des confidences à propos des colloques qu'elle a eus dans son cœur avec le Saint Esprit durant les temps qui on suivi, ces temps auxquels saint Luc fait allusion quand il écrit que Marie gardait « tous ces évènements » et les méditait dans son cœur. Voilà la clé !


Méditer, c'est repasser dans le silence de son cœur une parole ou un évènement dans un colloque avec Dieu. C'est ce que Marie a toujours fait. Le fait d'être l'Epouse du Saint Esprit ne signifie pas que sa vie était un feu d'artifice permanent. Non ! Mais l'Esprit a donné un sens à sa vie. Cela lui a apporté sagesse et courage, des vertus qui s'enracinent et qui se fortifient au plus profond de l'âme, exactement comme des semences qui germent et grandissent dans les profondeurs cachées de la terre. Voilà comment œuvre le Saint Esprit dans les cœurs de manière cachée mais puissante, transformante et durable.


La bienheureuse Mère Teresa de Calcutta l'affirme de la même manière :


« Dieu est l'ami du silence. Voyez comme la nature - les arbres, les fleurs, l'herbe - pousse en silence ; regardez les étoiles, la lune et le soleil, comme ils se déplacent en silence... Nous avons besoin de silence pour pouvoir toucher les cœurs. »


Le don de l'Esprit Saint est assorti d'une seule condition. Pour expérimenter la présence transformante de Dieu dans notre vie, nous devons lui obéir par amour : "Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui", dit Jésus dans l'Evangile (Jn - 14 , 21)


C'est bien pour cela que nous venons à la messe. Mais certains obéissent avec amour, d'autres à contre-cœur, comme à regret, en rouspétant. Mais au fond, voilà ce que nous voulons tous. Sinon, nous ne serions pas ici.


Mais comment savoir quelle est la volonté de Dieu ? Le Saint Esprit nous le révèle doucement de deux manières. D'abord en inspirant et en guidant l'enseignement de l'Eglise.


Nous avons :

  • Les commandements de la Bible,
  • Les enseignements du Catéchisme,
  • L'exemple des saints,
  • La mise à jour permanente des encycliques du Pape.


Le Saint Esprit veut que nous sachions ce que nous devons croire, comment nous devons célébrer notre foi, comment nous devons prier, et comment nous devons en vivre. Alors il nous fait cadeau du Magistère de l'Eglise pour une mise à jour permanente. De cette manière, l'Eglise, sous la conduite du Pape, est comme celui qui dirige un orchestre symphonique. C'est sur lui que nous devons fixer notre regard si nous voulons jouer notre partition d'une manière qui est juste.


Mais l'Eglise ne peut que donner des commandements et des conseils qui s'appliquent à tout le monde. Ces instructions nous font connaître la volonté de Dieu dans, disons, 80% des cas. Mais le reste du temps nous sommes confrontés à des choix et des décisions qui nous sont personnels. Alors le Saint Esprit nous instruit de manière plus personnelle, par des inspirations, par ses sept dons, par des conseils avisés.


Mais que ce soit d'une manière ou d'une autre, le Saint Esprit travaille dur, de manière silencieuse mais efficace, nous aidant à construire notre bonheur et celui de ceux qui nous entourent.


Durant l'eucharistie de ce jour, au cours de laquelle il renouvelle son engagement à nous guider, renouvelons, nous aussi, notre engagement à le suivre et à lui obéir - non pas pour voir des feux d'artifice, mais pour attiser le feu de l'amour de Dieu dans nos cœurs, dont la lumière et la chaleur sont tellement nécessaires dans le monde d'aujourd'hui.

Lectures pour la Pentecôte - messe du jour

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : La venue de l'Esprit Saint sur les disciples (Ac 2, 1-11)

 

 

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie.
Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.
Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue.
Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie,
de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »


 

 

Psaume : 103, 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34

R/ O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur ! +
la terre s'emplit de tes biens.

Tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses oeuvres !
Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur.



 

2ème lecture : « Laissons-nous conduire par l'Esprit » (Ga 5, 16-25)

 

Lecture de la lettre de saint Paul aux Galates

Frères, je vous le dis : vivez sous la conduite de l'Esprit de Dieu ; alors vous n'obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair.
Car les tendances de la chair s'opposent à l'esprit, et les tendances de l'esprit s'opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez.

 

Mais en vous laissant conduire par l'Esprit, vous n'êtes plus sujets de la Loi.

 

On sait bien à quelles actions mène la chair : débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l'ai déjà fait : ceux qui agissent de cette manière ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu.
Mais voici ce que produit l'Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. Face à tout cela, il n'y a plus de loi qui tienne.
Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses tendances égoïstes. Puisque l'Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l'Esprit.

 

sequence :

 

Viens, Esprit-Saint, en nos cœurs,
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres.
Viens, dispensateur des dons.
Viens, lumière en nos cœurs.

Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes,
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos ;
dans la fièvre, la fraîcheur ;
dans les pleurs, le réconfort.

O lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu'à l'intime
le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine,
il n'est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

A tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient,
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu
donne le salut final
donne la joie éternelle.


 

Evangile : « L'Esprit de vérité vous guidera » (Jn 15, 26-27; 16, 12-15)

Acclamation : Viens, Esprit Saint ! Pénètre le coeur de tes fidèles ! Qu'ils soient brûlés au feu de ton amour !
 

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d'auprès du Père, lui, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous rendrez témoignage, vous qui êtes avec moi depuis le commencement.
J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter.
Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 

 

La bonne nouvelle de la prière chrétienne - Homélie 7° dimanche de Pâques B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
La bonne nouvelle de la prière chrétienne - Homélie 7° dimanche de Pâques B

 

 

    Quelques jours après l'Ascension et une semaine avant la Pentecôte nous vivons un temps d’attente dans la prière pour recevoir le don de l'Esprit Saint, promis par Jésus. Si nous avons pu appeler le temps qui s'écoule entre Pâques et l’'Ascension une "école d’'évangélisation" (cf. homélie de l'’Ascension), nous pourrions appeler le temps entre l'Ascension et la Pentecôte une "école de prière", étant bien entendu que ce ne sont nullement deux écoles différentes, car la prière est "l'âme de tout apostolat" (Dom Chautard). "La bonne nouvelle de la prière chrétienne" : c’est ainsi que l'on pourrait annoncer l'évangile (= Bonne Nouvelle) d’'aujourd’'hui.

    Car aujourd’hui –- et c’est très rare, tout compte fait - – les paroles de Jésus dans l'évangile ne sont pas des paroles que Jésus dit aux hommes. Ce sont des paroles qu'il adresse au Père. Ce ne sont pas des paroles où Jésus parle de son Père aux hommes, mais des paroles où Jésus parle des hommes à son Père. Et saint Jean, en nous transmettant ces paroles, nous permet d'entrer dans le mystère même de la prière de Jésus, qui n'est rien d'autre que le mystère trinitaire.

    Grâce aux Synoptiques nous savons que Jésus priait avec les Psaumes, sur la Croix notamment (Mt 27, 46 ; Lc 23, 46). Il récite le Hallel (Ps 113 – 118) à la fin du repas pascal (Mt 26, 30 et parall.). Les paroles du Notre Père attestent que plusieurs prières juives étaient familières à Jésus, comme le Qadddish (prière de la fin de l'office synagogal), le Shema (Dt 6, 4-9) et le Shémoné-Esré (les 18 bénédictions), deux prières que tout Juif adulte de sexe masculin récite tous les matins et soirs. Mais à part la prière de Gethsémani et les paroles sur la croix, tirées des psaumes, les Synoptiques ne nous rapportent que l'action de grâces rendue au Père d’avoir caché son mystère aux sages et de l’'avoir révélé aux petits (Mt 11, 25-27 ; Lc 10, 21-22).

    C’est ce mystère, précisément que le Père veut nous révéler au chapitre 17 de saint Jean. C'est la plus longue prière de Jésus que nous connaissions. Elle a été appelée, "à juste titre" (!), estime le Catéchisme de l'Église catholique (2747), la "prière sacerdotale" de Jésus. On l'a appelée aussi "prière de consécration", "prière de glorification", "prière de mission", "prière pour l'unité des chrétiens" ou "prière de l'Heure".

    Mais aujourd'hui, j'aimerais m’arrêter, plutôt qu'’aux paroles de cette prière de Jésus, au fait même que Jésus prie pour nous. Car, disons-le d'emblée, la prière de Jésus n'est pas à reléguer dans le passé.

 

Elle révèle la prière toujours actuelle de notre Grand Prêtre (CEC 2746)
car il vit pour toujours, afin d'intercéder en (notre) faveur (He 7, 25).

    La prière de l’évangile d’aujourd’hui est Parole de Dieu, elle est vivante, et elle ne passera pas. Jésus a prié pour nous : quelle consolation ! Jésus continue de prier pour nous : quelle sécurité ! Ce n’est pas tout.

 

Notre Grand Prêtre qui prie pour nous est aussi Celui qui prie en nous et le Dieu qui nous exauce. (CEC 2749)

    Non seulement Jésus prie pour nous à chaque instant. Il prie en nous. Saint Paul nous enseigne que notre corps est le temple de l’Esprit Saint (1 Co 6, 19), et que l’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables (Rm 8, 26). Mais l’Esprit Saint n’a pas deux manières différentes de prier : une manière en Jésus, et une autre manière en nous. 

 

Envoyé par Dieu, l'Esprit de son Fils est dans nos cœurs, et il crie vers le Père en l'appelant "Abba !" (Ga 4, 6).

    Et Jésus dit au sujet de l’Esprit :

 

Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. " (Jn 16, 14-15)

    Ce qui veut donc dire aussi : Il prendra ma prière et Il vous la donnera ! Si bien que nous pouvons dire en toute vérité : "Ce n’est plus moi qui prie, c’est le Christ qui prie en moi" (cf. Ga 2, 20). Alors nous pouvons être sûrs de toujours être exaucés !

    La prière chrétienne est toute simple. Rien à voir avec le yoga ! Une personne qui a la maladie d’Alzheimer peut le faire. Un malade qui a quarante degrés de fièvre peut le faire ; une maman surmenée peut le faire ; un homme d’affaire stressé peut le faire. Un jeune paumé peut le faire. Un petit bébé qui vient d’être baptisé le fait.

    Saint Augustin, en commentant le Psaume 85 (86), ("Écoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux"), disait déjà :

 

Notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu (est celui) qui, à la fois, prie pour nous, prie en nous et est prié par nous. Il prie pour nous comme prêtre, il prie en nous comme notre chef, il est prié par nous comme notre Dieu. Reconnaissons donc nos paroles en lui, et ses paroles en nous.

    Voilà donc qu’en écoutant l’évangile d’aujourd’hui, nous pouvons reconnaître notre voix en Jésus et la voix de Jésus en nous. Notre prière, reconnaissons-le, est bien pauvre.

 

Nous ne savons pas prier comme il faut.
    C’est justement pour cela que
l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse (Rm 8, 26)
en priant en nous la prière de Jésus, à condition que nous croyions en lui, c’est-à-dire, que nous ne jouions aux sages et aux savants, mais que nous soyons tout petits (cf. Mt 11, 25-27). Sainte Thérèse de Lisieux nous en offre un magnifique exemple.

    Mais qui, mieux que la Vierge Marie, a permis à Jésus de prier en elle pour les disciples de hier, d’aujourd’hui et de demain, dont elle est devenue Mère ? Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Demeurer dans l'amour - Homélie 7e Dimanche de Pâques B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)



Quand Jésus est monté au ciel, il ne nous a pas laissé une Bible. Il ne nous a pas même donné tout de suite le Saint Esprit ! Il nous a donné plutôt l'Eglise, le corps des croyants rassemblés sous la conduite des Apôtres qu'il avait choisis, les « Onze » comme ils sont désignés dans la première lecture de ce jour.

Plus tard, au moment où cette Eglise était réunie en prière lors de la Pentecôte, Jésus a envoyé le don du Saint Esprit, qui est devenu l'âme et le guide surnaturel de l'Eglise.


Plus tard encore, lorsque cette même Eglise croissait et se multipliait, toujours sous la conduite des Apôtres, elle a rassemblé les écrits inspirés qui ont fini par former la Bible.


Cette Eglise est devenue, avec la structure hiérarchique que le Christ lui-même a instituée, une extension dans le temps et dans l'espace de sa présence. Voilà ce qui était le projet du Seigneur depuis le commencement.


Comme il le dit dans l'évangile de ce jour, comme le Père a envoyé Jésus dans le monde pour le sauver, ainsi Jésus a envoyé ses Apôtres dans le monde pour construire l'Eglise et répandre ainsi la grâce de la rédemption.


Nous pouvons utiliser, comme saint Paul, l'analogie du corps. Jésus est la tête de l'Eglise ; le Saint Esprit en est le cœur, et les Apôtres sont les artères dont Dieu se sert pour nous donner la vie nouvelle, nous qui en formons les membres et les divers organes. Et au fur et à mesure que le corps grandit, ainsi aussi les artères, grâce à l'ordination d'évêques.


Dans la première lecture d'aujourd'hui, nous voyons saint Pierre et les autres Apôtres choisir Matthias pour prendre la place de Judas, qui avait abandonné la charge d'Apôtre dans l'Eglise. Ceci nous montre clairement que les Apôtres, exécutant les consignes du Christ, ont compris la structure hiérarchique de l'Eglise comme une partie essentielle de l'Eglise dès le départ. Cette structure n'a pas été inventée plus tard par des empereurs avides de pouvoir. Ce n'était pas une arrière-pensée, ajoutée par commodité.


Dans sa sagesse et son amour, Jésus a choisi de gouverner son Royaume par des représentants qui transmettent son enseignement et administrant ses sacrements. Chaque fois que nous proclamons notre foi, nous professons notre foi en l'Eglise, « une, sainte, catholique et apostolique ». L'unique raison pour laquelle nous puissions dire que l'Eglise est apostolique est qu'il existe une lignée ininterrompue d'ordinations qui relie nos évêques d'aujourd'hui jusqu'aux Apôtres.


L'unique raison qui nous permet de dire que l'Eglise est une, c'est-à-dire unie dans sa doctrine, dans son culte et dans son organisation, est que l'évêque de Rome d'aujourd'hui, le pape, continue d'assurer le même service d'unité que celui dont s'est acquitté saint Pierre. Voilà comment Jésus bâtit son Eglise, et voilà comment l'Eglise continue de grandir et de s'acquitter de sa mission dans le monde.


C'est seulement si nous comprenons et apprécions ce projet de Dieu sur l'Eglise que nous pouvons vivre d'une manière saine deux vertus catholiques essentielles, à l'encontre d'une mentalité démocratique : le respect et l'obéissance. Nous devons voir et traiter nos évêques, et spécialement le pape, avec respect.


Si le Président de la République envoyait un messager à notre domicile, chargé d'un message personnel du Président lui-même, comment recevrions nous ce messager ? Nous le traiterions avec respect, et avec une certaine révérence naturelle, parce qu'il représente la plus haute autorité de notre pays. Peut-être le messager est-il sympathique, intelligent, fort et sage ; peut-être est-il « grossomodo », laid et mou. Mais dans les deux cas, nous le traiterions avec révérence et respect, à cause de son office.


Or nos évêques sont les messagers du Christ. Le Christ leur a confié la charge spéciale de préserver et de transmettre ses enseignements et ses sacrements. Et le Christ est la plus haute autorité, non seulement d'un pays, mais de l'univers. Et il est plus qu'une autorité - il est notre Créateur et notre Sauveur ! Combien plus nos évêques méritent-ils notre respect et notre révérence, remplis de foi, non pas à cause de leur intelligence ou de leur personnalité, mais à cause de celui qu'ils représentent.


Le pape et les évêques qui sont en communion avec lui méritent aussi notre obéissance. Le Christ a promis que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Eglise. Cela signifie que si nous restons unis à lui par l'obéissance à l'enseignement officiel de l'Eglise en matière de foi, de liturgie et de morale, nous serons victorieux du péché, du mal et de la mort.

Cette obéissance n'est pas aveugle.


En premier lieu, elle ne s'étend pas à tous les domaines de notre vie : elle inclut notre vie de foi et de prière, ainsi que notre conduite morale fondamentale.


Et en deuxième lieu, si tel ou tel évêque, ou tel ou tel prêtre prenait le chemin de Judas et essayait de nous égarer, nous ne serions pas alors tenus de lui obéir. Nous pouvons savoir quand c'est le cas tout simplement en connaissant la foi de notre Catéchisme et en nous nourrissant de l'enseignement officiel des papes. S'il nous arrive d'être concerné par un enseignement qui nous est dur à comprendre et à admettre, nous devons alors prendre du temps pour étudier la question, non pas dans le journal local, mais en consultant des sources catholiques solides.


L'Eglise est le plus grand don de Dieu pour nous et pour le monde, parce qu'elle nous maintient dans en contact permanent avec lui. L'Eglise est en quelque sorte la manière dont Dieu se rend visible pour nous. Elle nous permet de « demeurer dans son amour », comme nous le dit la deuxième lecture.


Puissions-nous donc, au cours de cette Sainte Messe, rendre grâce à Dieu pour nous avoir fait membres de son Corps et pour nous avoir donné un guide sûr dans ce climat de confusion, de trouble, de bruit de ce monde déchu. Renouvelons notre engagement de rester unis à lui en considérant et en traitant ses représentants avec un respect et une obéissance inspirés par la foi.

Lectures 7° Dimanche de Pâques B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Élection de Matthias en remplacement de Judas (Ac 1, 15-17.20a.20c-26)

 
 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là, les frères étaient réunis au nombre d'environ cent vingt. Pierre se leva au milieu de l'assemblée et dit :
« Frères, il fallait que l'Écriture s'accomplisse : par la bouche de David, l'Esprit Saint avait d'avance parlé de Judas, qui en est venu à servir de guide aux gens qui ont arrêté Jésus, ce Judas qui pourtant était l'un de nous et avait reçu sa part de notre ministère.
Il est écrit au livre des Psaumes : Que sa charge passe à un autre.
Voici donc ce qu'il faut faire : il y a des hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous, depuis son baptême par Jean jusqu'au jour où il nous a été enlevé. Il faut donc que l'un d'entre eux devienne avec nous témoin de sa résurrection. »
On en présenta deux : Joseph Barsabbas, surnommé Justus, et Matthias. Puis l'assemblée fit cette prière : « Toi, Seigneur, qui connais le coeur de tous les hommes, montre-nous lequel des deux tu as choisi pour prendre place dans le ministère des Apôtres, que Judas a déserté en partant vers son destin. »
On tira au sort, et le sort tomba sur Matthias, qui fut dès lors associé aux onze Apôtres.



 

Psaume : 102, 1-2, 11-12, 19.22

R/ Gloire à toi, Seigneur, à la droite du Père !

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n'oublie aucun de ses bienfaits !

Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
aussi loin qu'est l'orient de l'occident,
il met loin de nous nos péchés.

Le Seigneur a son trône dans les cieux :
sa royauté s'étend sur l'univers.
Toutes les oeuvres du Seigneur, bénissez-le,
sur toute l'étendue de son empire !



 

2ème lecture : « Nous avons reconnu l'amour de Dieu » (1Jn 4, 11-16)

 

Lecture de la première lettre de saint Jean

Mes bien-aimés, puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres.
Dieu, personne ne l'a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour atteint en nous sa perfection.
Nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, à ce qu'il nous donne part à son Esprit.
Et nous qui avons vu, nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde.
Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu.
Et nous, nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous. Dieu est amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui.
 
 
 

Evangile : La grande prière de Jésus : « Consacre-les dans la vérité » (Jn 17, 11b-19)

 
Acclamation : Le Seigneur ne vous laisse pas orphelins : il reviendra vers vous, alors votre coeur connaîtra la joie. (Jn 14, 18)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m’as donné en partage, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j'étais avec eux, je les gardais dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné. J'ai veillé sur eux, et aucun ne s'est perdu, sauf celui qui s'en va à sa perte de sorte que l'Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, en ce monde, pour qu'ils aient en eux ma joie, et qu'ils en soient comblés.
Je leur ai fait don de ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu'ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde. Je ne demande pas que tu les retires du monde, mais que tu les gardes du Mauvais. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.
Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, consacrés par la vérité. »
 
 



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 
Lectures 7° Dimanche de Pâques B

L’'Ascension de Jésus dans le ciel de nos âmes - Homélie Ascension Année B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
L’'Ascension de Jésus dans le ciel de nos âmes - Homélie Ascension Année B
Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création.

Ces paroles de l’évangile constituent un commandement, non seulement pour les Apôtres, mais pour toute l’Église :

 

Ce mandat solennel d’annoncer la vérité qui sauve, l’Église l’a reçu des Apôtres pour qu’elle l’accomplisse jusqu’aux extrémités de la terre (cf. Ac 1, 2-8). Dès lors, elle fait siennes les paroles de l’Apôtre : "Malheur… à moi, si je n’évangélise pas" (1 Co 9, 16). (Vat. II, LG 17).

    Cela ne vaut pas seulement pour les prêtres :

 

À chacun des disciples du Christ incombe, pour sa part, la charge de jeter la semence de la foi (ibid.).

Jean-Paul II insiste :

 

Nous sommes tous appelés à évangéliser et en avons l’obligation, et cette mission de base, qui est la même pour tous les chrétiens, doit devenir une véritable obsession quotidienne et une préoccupation constante dans notre vie (Message pour la journée mondiale des missions, 11 juin 1991).

    Ce n’est donc pas quelque chose à prendre à la légère, et personne ne peut s’y dérober. Un jour, non seulement le Christ, mais ceux qui ne l’ont pas connu par notre faute, nous le reprocheraient. D’autant plus que nous avons reçu tout ce qu’il faut :

 

Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. (Mt 10, 8)

    Tout comme les Apôtres, nous avons pu vivre pendant quarante jours un temps fort pour notre vie chrétienne. Le Temps pascal a été une véritable école d'évangélisation pour toute l'Église. Maintenant, comme les Apôtres, nous devrions être mûrs, nous aussi, pour témoigner du Christ et relayer son témoignage à lui. Nous devrions savoir qu’ayant disparu à nos regards, le Christ reste présent à "toute la création", présent réellement, et pas seulement d’une manière figurée. Nous devons croire sans voir que le Bon Berger, c’est lui, qui par les Apôtres et leurs successeurs ne cesse de conduire et de nourrir son troupeau. Unis à lui, comme les sarments à la vigne, nous devons maintenant porter beaucoup de fruit, dans l’attente de la venue du Seigneur dans la gloire, dans l’espérance de l’accomplissement de la plénitude.

    Le temps pascal, qui touche à sa fin, n’est donc pas une fin. C’est un envoi en mission, tout comme l’eucharistie débouche sur un envoi en mission ! C’est d’ailleurs d’abord et avant tout par notre participation à l’eucharistie que nous permettons au Christ de poursuivre son œuvre d’évangélisation en nous et, par nous, dans le monde :

 

Pour l'accomplissement d'une si grande œuvre (celle de l’évangélisation), le Christ est toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice de la messe, et dans la personne du ministre, "le même offrant maintenant par le ministère des prêtres, qui s'offrit alors lui-même sur la croix" et, au plus haut point, sous les espèces eucharistiques. Il est présent par sa vertu dans les sacrements au point que lorsque quelqu'un baptise, c'est le Christ lui-même qui baptise. Il est là présent dans sa parole, car c'est lui qui parle tandis qu'on lit dans l'Église les Saintes Écritures. Enfin il est là présent lorsque l'Eglise prie et chante les psaumes, lui qui a promis : "Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d'eux". Effectivement, pour l'accomplissement de cette grande œuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s'associe toujours l'Église, son Épouse bien-aimée, qui l'invoque comme son Seigneur et qui passe par lui pour rendre son culte au Père éternel. (Vat. II, SC 7)

    N’allons donc pas dire, comme certains, que depuis le Concile Vatican II, les choses ont changé. Voici ce que j’ai entendu dire lors d’une conférence à la faculté de théologie de l’université de Fribourg, en Suisse, par un candidat à la succession du professeur de théologie dogmatique qui avait atteint l’âge de la retraite. Je résume : "Avant Vatican II l’Eucharistie était au centre de la vie de l’Église. Pour célébrer l’Eucharistie il faut des prêtres. Depuis le Concile, c’est n’est plus l’Eucharistie, c’est l’évangélisation qui est importante Or, tous les baptisés sont appelés à être missionnaires. Donc..." Je précise que ce candidat n’a pas été retenu pour la succession…
   
    Comment peut-on dire des énormités pareilles ? Et malheureusement, ce que ce "théologien" disait, beaucoup l’ont pensé, et le pensent encore. Or, le Concile n’a jamais dit cela. Bien au contraire ! Il n’y pas l’eucharistie d’un côté, et l’évangélisation de l’autre. Vatican II proclame que la participation active à la messe et à toute célébration liturgique est ce qu’il y a de plus efficace pour l’évangélisation. La raison est toute simple : c’est là "surtout" que le Christ est présent pour continuer son œuvre d’évangélisation en nous et par nous :

 

Par suite, toute célébration liturgique, en tant qu'œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l'Église, est l'action sacrée par excellence dont nulle autre action de l'Eglise ne peut atteindre l'efficacité au même titre et au même degré. (ibid.)

    C’est clair, et cela mérite d’être dit et répété. N’oublions pas ce que Jésus nous a dit :

 

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. (Jn 15, 5)

    Évidemment, l’eucharistie et les autres actions liturgiques ne sont pas le tout de l’œuvre d’évangélisation de l’Église, parce que ce n’est pas seulement dans la liturgie que le Christ, en dehors de qui nous ne pouvons rien faire, est présent :

 

La liturgie ne remplit pas toute l'activité de l'Eglise ; car, avant que les hommes puissent accéder à la liturgie, il est nécessaire qu'ils soient appelés à la foi et à la conversion : "Comment l'invoqueront-ils s'ils ne croient pas en lui ? Comment croiront-ils en lui s'ils ne l'entendent pas ? Comment entendront-ils sans prédicateur ? Et comment prêchera-t-on sans être envoyé ?" (Rm 10,14-15). C'est pourquoi l'Eglise annonce aux non-croyants la proclamation du salut, pour que tous les hommes connaissent le seul vrai Dieu et celui qu'il a envoyé, Jésus-Christ, et pour qu'ils changent de conduite en faisant pénitence. Quant aux croyants, elle doit toujours leur prêcher la foi et la pénitence ; elle doit en outre les disposer aux sacrements, leur enseigner à observer tout ce que le Christ a prescrit, et les engager à toutes les œuvres de charité, de piété et d'apostolat pour manifester par ces œuvres que, si les chrétiens ne sont pas de ce monde, ils sont pourtant la lumière du monde, et ils rendent gloire au Père devant les hommes. (SC 9)

    Mais c’est l’Eucharistie qui féconde en quelque sorte toutes les autres activités de l’Église :

 

C'est donc de la liturgie, et principalement de l'Eucharistie, comme d'une source, que la grâce découle en nous et qu'on obtient avec le maximum d'efficacité cette sanctification des hommes dans le Christ, et cette glorification de Dieu, que recherchent, comme leur fin, toutes les autres œuvres de l'Eglise. (SC 10)

    Faisons une dernière remarque très importante. S’il y a aussi la catéchèse, les œuvres de charité et de pénitence, si la liturgie ne constitue pas le tout de l’activité de l’Église, elle ne constitue pas non plus le tout de la vie spirituelle. Cette vie spirituelle, indispensable à celui qui veut évangéliser, nécessite aussi la prière personnelle. Nous en reparlerons dimanche prochain, si Dieu veut. Vatican II nous l’enseigne : notez-le dès maintenant :

 

Cependant, la vie spirituelle n'est pas enfermée dans la participation à la seule liturgie. Car le chrétien est appelé à prier en commun : néanmoins, il doit aussi entrer dans sa chambre pour prier le Père dans le secret, et, même, enseigne l'Apôtre, il doit prier sans relâche. Et l'Apôtre nous enseigne aussi à toujours porter dans notre corps la mortification de Jésus, pour que la vie de Jésus se manifeste, elle aussi, dans notre chair mortelle. C'est pourquoi dans le sacrifice de la messe nous demandons au Seigneur "qu'ayant agréé l'oblation du sacrifice spirituel" il fasse pour lui "de nous-mêmes une éternelle offrande". (SC 12)

    C'est cette prière dans le secret qui conditionne notre "participation active" à la liturgie comme moyen le plus efficace pour l'évangélisation. La participation active à la messe n'est pas réservée à ceux qui font des lectures, qui dirigent le chant, qui "font quelque chose", comme on dit. Et l'on peut très bien (ou très mal, plutôt) faire quantité de choses à la messe sans avoir participé activement. La qualité de notre participation active à la messe, et donc son efficacité pour l'évangélisation, dépend de la qualité de notre silence, de notre recueillement. C'est pour cela que le silence est un élément de la plus haute importance dans toute célébration liturgique.

    Concluons et disons, après ce temps fort de quarante jours qu’a été le Temps pascal, à la lumière du mystère de l’Ascension que nous célébrons aujourd’hui, et pour nous préparer à la solennité de la Pentecôte que nous célébrerons dans dix jours, que pour annoncer l’évangile à toute la création, ce que le Christ demande à tous les baptisés, - c’est d’être unis à Jésus, car "en dehors de lui, nous ne pouvons rien faire" ; - pour être unis à Jésus nous devons monter avec Jésus dans son Ascension ; - pour monter avec Jésus dans son Ascension, nous devons descendre en nous-mêmes, car le Ciel où il est monté n’est pas dans les nuages : il est au fond de notre cœur.

    C’est ce que nous enseigne Élisabeth de la Trinité dans sa dernière retraite. Durant toute sa vie, elle s’est efforcée de rejoindre la divine Présence dans le ciel de son âme. Soixante-dix jours plus tard, elle le rejoindra dans le Ciel de la gloire, laissant derrière elle un puissant sillage qui nous attire à sa suite. Sa mission n'est pas terminée. Pour les saints, la mort n'est pas la fin, c'est le moment ou leur mission prend un nouveau départ, une nouvelle ampleur.

 

Je passerai mon ciel a faire du bien sur la terre,

disait Thérèse de Lisieux, la patronne des missions.

 

Quant à eux, ils s'en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l'accompagnaient.

La toute-puissance et l'infinie bonté de notre Dieu - Homélie Ascension B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
La toute-puissance et l'infinie bonté de notre Dieu - Homélie Ascension B

Devant ses disciples les plus proches, quarante jours après sa resurrection des morts, Jésus Christ est monté, corps et âme, au ciel. Qu'est-ce que le mot Ascension veut dire exactement ?

 

Chaque année, le 15 août, nous célébrons une autre fête : l'Assomption de la Vierge Marie au ciel. Comme le dit le concile Vatican II :

 

" Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort " (LG 59 ; cf. la proclamation du dogme de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie par le Pape Pie XII en 1950 : DS 3903).

 

La différence entre le Christ et sa mère est que Jésus est monté au ciel, et que Marie a été élevée au ciel. Le Christ est Dieu, deuxième personne de la Très Sainte Trinité, qui s'est fait homme. Il est tout à la fois pleinement Dieu et pleinement homme. C'est un mystère qui nous dépasse. Marie est immaculée (sans la tache du péché originel). Elle est la Mère du Christ et est appelée à juste titre Mère de Dieu. Mais elle reste une créature et, à la différence de son Fils, ne possède pas la nature humaine. C'est pourquoi elle ne pouvait pas, comme son Fils, monter au ciel par ses propres forces. Dieu devait l'élever au ciel. C'est pourquoi elle ne pouvait pas monter au ciel par ses propres forces. Nous parlons alors de l'Assomption de la Vierge Marie.

 

Il s'en suit que l'Ascension du Christ, tout comme sa Résurrection, révèle sa divinité. Plusieurs personnes, au cours de l'histoire du salut ont été ressuscitées ou ont ressuscité des morts avec l'aide de la puissance de Dieu. Seul Jésus est ressuscité des morts par lui-même. Comme vrai Dieu, il a pouvoir sur la vie et la mort ; il est tout-puissant, comme nous le disons chaque semaine dans notre Credo. Comme vrai homme, Jésus a usé de cette toute-puissance pour conquérir la mort pour nous sauver. En associant sa nature humaine à son Ascension, il a montré que, en plus d'être tout-puissant, il est aussi tout-amour.

 

Le mystère de l'Ascension nous rappelle qu'il n'y a pas de limites à la confiance que nous pouvons faire à notre Dieu, parce qu'il n'y pas de limites à sa puissance et sa bonté.

 

 

 

 

En 1994 Hollywood a sorti un film appelé « Forrest Gump », avec Tom Hanks dans le rôle principal, rôle pour lequel il a reçu un Oscar. Le film est parfois assez vulgaire, mais il y a des éléments intéressants. A un moment donné de l'histoire, quand Forrest se sent rejeté par les personnes qu'il aime, il ressent subitement le besoin d'aller courir. Il franchit donc la porte et se met à courir sans s'arrêter. En fait, quand il rejoint l'océan et que la route s'arrête, il se retourne et court en sens inverse. Quand on lui demande pourquoi il court - « La paix dans le monde ? Le droit des femmes »  -  il répond : pour rien ». Malgré lui il va soulever une grand engouement dans tout le pays.

 

L'évènement comique et significatif qui va mettre fin à sa course se déroule en plein milieu du désert. Forrest s'arrête, et fait demi tour. La poignée de joggeurs en sueur qui l'ont suivi et chuchotent entre eux : « Chut, il va dire quelque chose. » « Je suis un peu fatigué », dit-il, « je pense que je vais retourner à la maison. » Forrest dépasse en silence le petit groupe de joggers, quand l'un d'eux demande : « Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? »

 

Tous les hommes cherchent les réponses aux questions les plus fondamentales de la vie. Mais étant donné que notre soif de vérité et de bonheur est infinie (c'est ainsi que Dieu nous faits), aucun bien créé ne peut nous assouvir. Les personnages du film qui, sans réfléchir Forrest personnifient cette quête de sens. Le fait que leur héros les abandonne sans aucune explication illustre l'incapacité des biens de ce monde (l'argent, la renommée, la politique, le plaisir) de donner ce sens ; finalement nous nous en lassons ; elles nous laissent tomber.

 

Seul le Christ est bonté, puissance, sagesse infinie : lui seul est « la Voie, la Vérité, et la Vie » que nous cherchons tous.

 

 

Aujourd'hui l'Eglise nous invite à méditer ce grand mystère de notre foi, l'Ascension de notre Seigneur au ciel. Cette méditation doit nous inspirer une confiance renouvelée et fortifiée en Dieu. Le Christ gouverne l'univers et l'histoire. Rien de ce qui nous arrive comme difficultés, injustices, problèmes en tant que personnes, familles et collectivités n'est étranger à la connaissance de sa puissance. Il est à l'œuvre en toute chose, même s'il nous est difficile parfois de voir exactement comment.

Comme nous le rappelle la Préface de l'Ascension I : « Il ne s'évade pas de notre condition humaine : mais en entrant le premier dans le Royaume, il donne aux membres de son corps l'espérance de le rejoindre un jour. »

 

Comment pouvons-nous exprimer cette espérance, cette confiance en Dieu ? En la partageant avec les autres. Jésus n'a pas dit à ses disciples qu'il était « une des nombreuses voies, vérités et vies dans le monde ». Et aucun des fondateurs des religions du monde n'est ressuscité de morts et monté aux cieux en présence de centaines de témoins. Le Christ seul est tout-puissant, omniscient, et toute bonté. Seule sa miséricorde peut guérir les cœurs blessés par le péché et le mal. Seule sa sagesse peut défaire les nœuds spirituels que notre culture sécularisée a noués dans les esprits de notre prochain. Et nous connaissons Jésus Christ ! Nous sommes de ceux qui peuvent partager la bonne nouvelle avec ceux qui ne le connaissent pas !

 

Quand le Christ est monté au ciel, il n'a pas emporté les membres de son Eglise avec lui. Mais il leur a confié sa mission : « Allez dans le monde entier... ! », a-t-il dit au moment de monter. Cette mission qui consiste à suivre le Christ et à aider les autres à le suivre, est toujours d'actualité aujourd'hui. Elle est en nos mains, et si nous faisons de notre mieux pour y répondre, Dieu fera certainement le reste.

 

Lectures pour la Solennité de l'Ascension B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : L'Ascension du Seigneur (Ac 1, 1-11)

 
 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Mon cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement, jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel après avoir, dans l'Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu'il avait choisis.
C'est à eux qu'il s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.
Au cours d'un repas qu'il prenait avec eux, il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis. Il leur disait : « C'est la promesse que vous avez entendue de ma bouche.
Jean a baptisé avec de l'eau ; mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici quelques jours. »
Réunis autour de lui, les Apôtres lui demandaient : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? »
Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père a fixés dans sa liberté souveraine.
Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »
Après ces paroles, ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée.
Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient :
« Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel. »



 

Psaume : 46, 2-3, 6-7, 8-9

R/ Dieu monte parmi l'acclamation, le Seigneur aux éclats du cor

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre,

Dieu s'élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu, sonnez,
sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l'annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.



 

2ème lecture : Nous sommes appelés à une seule espérance (Ep 4, 1-16)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens

Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous encourage à suivre fidèlement l'appel que vous avez reçu de Dieu : ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez à coeur de garder l'unité dans l'Esprit par le lien de la paix.
Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n'y a qu'un seul Corps et un seul Esprit.
Il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous.
Chacun d'entre nous a reçu le don de la grâce comme le Christ nous l'a partagée.
C'est pourquoi l'Écriture dit : Il est monté sur la hauteur, emmenant des prisonniers,il a fait des dons aux hommes.
Que veut dire : Il est monté ? - Cela veut dire qu'il était d'abord descendu jusqu'en bas sur la terre.
Et celui qui était descendu est le même qui est monté au plus haut des cieux pour combler tout l'univers.
Et les dons qu'il a faits aux hommes, ce sont d'abord les Apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l'Évangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent.
De cette manière, le peuple saint est organisé pour que les tâches du ministère soient accomplies, et que se construise le corps du Christ.
Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l'unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l'état de l'Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ. Alors, nous ne serons plus comme des enfants, nous laissant secouer et mener à la dérive par tous les courants d'idées, au gré des hommes, eux qui emploient leur astuce à nous entraîner dans l'erreur.
Au contraire, en vivant dans la vérité de l'amour, nous grandirons dans le Christ pour nous élever en tout jusqu'à lui, car il est la Tête.
Et par lui, dans l'harmonie et la cohésion, tout le corps poursuit sa croissance, grâce aux connexions internes qui le maintiennent, selon l'activité qui est à la mesure de chaque membre. Ainsi le corps se construit dans l'amour.



 

Evangile : Jésus donne ses dernières consignes aux Apôtres et monte au ciel (Mc 16, 15-20)

 
Acclamation : Le Seigneur s'élève parmi l'acclamation, il s'élève au plus haut des cieux. (Ps 46, 6.10)
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné.
Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ;
ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s'ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s'en trouveront bien. »
Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s'en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l'accompagnaient.
 
 


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris






 

Le coeur de la vie chrétienne - Homélie 6° dimanche de Pâques B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Le coeur de la vie chrétienne - Homélie 6° dimanche de Pâques B

    Les paroles de l'’évangile d'’aujourd’hui expriment ce qui est au cœur de la vie chrétienne :

 

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

    C’est de cela que dépend le sort des sarments, de leur attachement permanent ou non à la vigne.

 

Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour…

    Les sentiments ne sont pas mis hors-jeu, l’expérience mystique non plus. Mais ce qui compte, c’est la communion des volontés, même en l’absence de tout sentiment, même dans l’adversité, la tentation ou la persécution.

    La traduction française risque de nous induire en erreur :

Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

    Il ne s’agit pas seulement d’imiter un exemple, un modèle qui se tiendrait à distance. Il s’agit d’être connecté à la source.

 

Du Père au Fils, du Fils aux disciples, un seul amour, dont le jaillissement est continu (X. Léon-Dufour).
 

    Le Fils nous aime, non pas d’un amour quelconque, mais de l’amour même dont il est aimé par son Père ! Nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres, non pas d’un amour de philanthropie, aussi généreux soit-il, mais de cet amour même dont le Père aime son Fils, et dont le Fils nous aime, c’est-à-dire un amour éternel, infini ! Et cela change tout.

    Mais cela suppose donc la foi. Car la communion des volontés n’a rien de volontariste pour autant. C’est un don à accueillir dans la foi. Il s’agit avant tout de croire que Jésus nous aime de l’amour dont il est aimé par le Père, de se laisser aimer de cet Amour-là, d’accueillir son Amour gratuitement, comme des enfants. Sinon, comment voulons-nous savoir donner gratuitement ? Si nous croyons que le Seigneur nous aime seulement en fonction de nos mérites, de nos vertus, et de nos bonnes œuvres, alors nous ne devrons pas nous étonner de trouver que la vie en communauté est insupportable, et que le prochain, c’est l’enfer. ("L’enfer, c’est les autres", J.-P. Sartre).

    S. Irénée disait que

le propre de Dieu est de faire et pour l’homme de se laisser faire.

    Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. C’est la raison pour laquelle c’est un mystère inaccessible aux sages et aux savants, mais révélé aux tout petits. Ce qui ne veut pas dire que c’est facile. Mais l’obstacle n’est pas dans notre faiblesse, qu’elle soit physique ou morale ! Au contraire : notre faiblesse est un tremplin, une chance. La difficulté réside dans notre orgueil. Si nous sommes présomptueux, imbus de sous-mêmes, si nous cherchons notre propre gloire, nous n’y arriverons jamais et nous nous découragerons à la mesure de notre présomption. Car c’est la gloire de Dieu de pouvoir accomplir avec des instruments fragiles et misérables que nous sommes, cela même qui est impossible pour nous : nous aimer les uns les autres d’un amour éternel et infini.

    Cela vaut notamment pour cette forme éminente de la charité que nous appelons la politique. Or, le laïcisme prôné de plus en plus par la société politique française aujourd’hui est une de ces "très graves erreurs tendant à ruiner radicalement la religion" (Vat. II) en voulant singer la foi. Le paganisme et toutes les formes d’idolâtrie qu’elle entraîne sont des erreurs assez faciles à repérer. Mais le plagiat de la foi est beaucoup plus sournois.

    Par exemple, quand le pouvoir politique prétend parvenir sans le Christ aux perspectives esquissées par saint Paul :

 

Vous tous, en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n’y a plus ni Juif, ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus (Ga 3, 27-28).

 

    Autant construire la tour de Babel, autant vouloir porter les fruits de la vigne sans être connecté à la vigne. Saint Luc montre comment l’Esprit Saint lui-même a renversé les barrières que, dans un égoïsme inconscient, les premiers chrétiens dressaient entre Dieu et le monde (1e lect.).

    Voilà donc notre seul problème : reconnaître notre impuissance radicale à faire ce que Jésus nous commande – que ce soit individuellement ou politiquement – tout en espérant contre toute espérance, en croyant fermement qu’il le fera lui-même en nous.

 

L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné " (Rm 5, 5).

    Conséquence :

Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi. (Ga 2, 20).

    Ste Thérèse de Lisieux avait tout compris :

Lorsque Jésus fit à ses apôtres un commandement nouveau (…) ce n’est plus d’aimer le prochain comme soi-même qu’Il parle, mais de l’aimer comme Lui, Jésus, l’a aimé, comme Il l’aimera jusqu’à la consommation des siècles… Ah Seigneur (…) vous savez bien que jamais je ne pourrai aimer mes sœurs comme vous les aimez, si vous-même, ô mon Jésus, ne les aimiez encore en moi. C’est parce que vous vouliez m’accorder cette grâce que vous avez fait un commandement nouveau. Oh ! que je l’aime puisqu’il me donne l’assurance que votre volonté est d’aimer en moi tous ceux que vous me commandez d’aimer ! (C 12r/v.)
 

    Cet amour, il nous incombe d’y "demeurer".

Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? (1 Co 3, 16).
Si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. (Jn 14, 23)

    Cet amour consiste non pas en ce que nous avons aimé Dieu,

c’est lui qui nous a aimés (2e lect.).

    Mais cet amour fait de nous des amoureux. L’amour demande la réciprocité :

Nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui (1 Jn 4, 16).

Le propre de l’amitié, c’est de révéler à l’ami ses secrets ; car l’amitié crée la communion des volontés, et fait de deux cœurs un seul cœur. Voilà pourquoi le Seigneur pourra dire à ses disciples :

Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître.
La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul cœur et une seule âme (Ac 4, 32).

    L’ami non seulement livre à son ami ses secrets, mais il lui donne tout ce qu’il a.

Il n’y pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
Et personne ne se disait propriétaire de ce qu’il possédait, mais on mettait tout en commun (ibid.)

    Les dons que Jésus nous fait vont nous configurer à Dieu et nous rendre capables d’agir conformément à une sorte d’instinct qui nous est donné. Souvent on ne sait pas très bien quelle attitude adopter dans des circonstances difficiles : faut-il parler ou se taire, dire ou faire ceci, dire ou faire cela ? La réponse n’est pas une réponse toute faite, une recette miracle, une formule magique. La réponse est : unissez-vous autant que possible à la volonté de Dieu, en la préférant à tout le reste, et agissez alors selon votre instinct :

 

Aime, et fais ce que tu veux,

dira S. Augustin.

    Le propre de l’amitié, c’est aussi de converser avec l’ami. Comment converser avec Dieu ? Par les activités ? Non, par la contemplation :

Notre conversation est dans les cieux (Ph 3, 20).

    L’Esprit Saint fait de nous des amis de Dieu. C’est lui aussi qui fait de nous des contemplatifs de Dieu.

Nous reflétons tous la gloire du Seigneur, et nous sommes transfigurés en son image avec une gloire de plus en plus grande, par l'action du Seigneur qui est Esprit. (2 Co 3, 18)

    Pour contempler, il faut aimer, même dans la vie active. L’amour est toujours contemplatif. Dire que la contemplation est un exercice réservé à ceux et celles qui sont enfermés dans des monastères revient à dire que l’amour est le monopole des moines et des moniales. La contemplation est possible, même nécessaire, dans la vie active. Pour faire ce qu’a fait Ste Jeanne d’Arc, il fallait un esprit contemplatif d’une profondeur inouïe. L’amour, pour arriver à la perfection, devra s’accompagner de la contemplation. Non pas celle du philosophe, ni même de celle du théologien, mais une contemplation beaucoup plus cachée qui fait qu’on est devant Dieu comme le mendiant devant Celui qui est Don.

    Nous ne pouvons pas nous donner cette contemplation à nous-mêmes, mais nous pouvons nous y disposer par un grand désir. Cette contemplation pourra être évidente, manifeste, comme chez un saint Jean de la Croix ou une sainte Thérèse d’Avila. Mais dans la plupart des cas, elle sera ignorée de ceux qui la reçoivent, parce qu’ils ont une vocation à la vie active, et qu’ils ne peuvent faire autre chose que des prières vocales, réciter des chapelets. Elle nous sera pourtant d’un grand secours pour ne pas nous agiter, pour ne pas nous laisser submerger par nos occupations, et aussi pour ne pas vaciller à la moindre contradiction.

    Cette contemplation ne trouvera sa plénitude qu’au ciel, mais ce que nous ferons parfaitement et éternellement au ciel, nous devons commencer à nous y exercer dès cette terre, non pas d’autant moins que nos occupations sur cette terre sont nombreuses, mais d’autant plus que nos responsabilités sont grandes. Sinon, qu’est-ce que nous irions faire au ciel ?

    Enfin, l’amitié fait consentir à l’ami.

Si quelqu’un m’aime, il gardera mes commandements (Jn 14, 15).

    Mais étant amoureux de Dieu, comme lui est amoureux de nous, le contemplatif obéira sans contrainte, librement, avec joie.

En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : "Abba !" (Rm 8, 14-15).

    Ne faudrait-il pas parler ici des effets positifs … de l’évangélisation ? La véritable abolition de l’esclavage ne peut être que l’œuvre de Dieu. Si elle n’est qu’une œuvre humaine, elle conduira à d’autres formes d’aliénation, plus graves encore que la première. Et la vraie libération, le colonisateur en a besoin autant que le colonisé…

Ses commandements ne sont pas un fardeau, puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et ce qui nous a fait vaincre le monde, c'est notre foi. (1 Jn 5, 3)
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie.

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