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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

On ne badine pas avec l’Amour ! Homélie 24ème dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

24 TOA ev

 

Les rabbins enseignaient qu’il faut pardonner jusqu’à trois fois les offenses d’une même personne. Imaginez la perplexité de Simon Pierre, qui, plein de bonne volonté, se déclare prêt à placer la barre du pardon très haut, en la fixant à sept, quand il entend Jésus lui dire qu’il est encore très loin du compte ! Une parabole n’est pas de trop pour l’aider à revoir ses ambitions (ou plutôt sa foi, car à l'homme, cela est impossible!) à la hausse. En écoutant cette parabole, nous comprenons avec lui que mieux vaut ne pas compter du tout, et toujours recommencer, non seulement pour « ceux qui nous doivent », mais d’abord pour nous-mêmes.

Dans notre mentalité contemporaine, les esprits les plus généreux seront sans doute moins chiches que les érudits juifs d’il y a deux mille ans, et se fixeront volontiers comme idéal le pardon incessant et donc exigeant, préconisé par Jésus.

Notre perplexité à nous sera sans doute plutôt d'entendre Jésus affirmer à la fin de la parabole :

« Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait tout remboursé.


C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. »

 

Comment donc celui qui exige un pardon incessant peut-il faire preuve ensuite d’une si grande intransigeance ?

Le fait est que la plupart des commentateurs contemporains font de leur mieux pour édulcorer cette dernière phrase quand ils ne la passent pas tout simplement sous silence ! Si Jésus avait terminé ce récit avec les dernières paroles de la parabole, ils auraient eu au moins une excuse. Ils auraient pu dire que ce n’est qu’une parabole et que dans une parabole, il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre… Mais voilà : le Maître, doux et humble de cœur, a ajouté quelque chose qui ne fait pas partie de la parabole, mais qui en est la clé de lecture, la pointe, comme l’on dit aujourd’hui : « C’est ainsi (et pas autrement) que mon Père du ciel vous traitera… »

Si nous prenons Jésus au sérieux, nous, avec notre mentalité de gentils chrétiens, nous ne serons pas moins étonnés, voire scandalisés, à la fin de la parabole, que Pierre avec sa mentalité de bon petit juif au début. J’en veux pour preuve la réaction de ceux qui ont lu la réponse de Benoît XVI à la question d’un journaliste (Peter Seewald) à propos des abus sexuels commis par des prêtres et des religieux. Comment de tels abus non seulement ont pu être commis pas des ecclésiastiques, mais passés sous silence par leurs supérieurs ? Réponse du Saint-Père :

« La conscience dominante affirmait que l’Eglise ne devait plus être l’Eglise du droit mais l’Eglise de l’amour, elle ne devait pas punir. On avait perdu la conscience que la punition pouvait être un acte d’amour. »

« Dieu ne punit pas ! » Qui n’a pas entendu ces paroles péremptoires qui sont démenties par la Révélation biblique non moins que par les faits ? Pensez donc… un Dieu si gentil… Le Pape émérite parle alors d’un « étrange obscurcissement de la pensée » :

« Il s’est produit aussi à cette époque (les années soixante), chez des gens très bons, un étrange obscurcissement de la pensée. »

Ce qui passe pour être la lumière du christianisme, Benoît XVI affirme que c’est une « obscurcissement de la pensée », une « altération de la conscience », qui va de pair avec un « obscurcissement du droit », causé par un « rétrécissement du concept d’amour ». Et il appelle à la conversion :

« Aujourd’hui, nous devons de nouveau apprendre que l’amour pour le pécheur et l’amour pour la victime sont maintenus dans un juste équilibre si je punis le pécheur sous une forme possible et adaptée. Il y a eu dans le passé une altération de la conscience qui a provoqué un obscurcissement du droit et marqué la nécessité de la punition. En fin de compte est aussi intervenu un rétrécissement du concept d’amour, qui n’est pas seulement gentillesse et amabilité, mais qui existe aussi dans la vérité. Et que je doive punir celui qui a péché contre le véritable amour fait aussi partie de la vérité. »

Nous nous sommes inventé un Dieu dont le pardon n’a rien à voir avec la vérité de l’amour, dans une tentative - souvent réussie, si l’on peut parler ici de réussite - d’endormir la conscience de nos propres fautes, même de notre manque de pardon, pour finir par dire le contraire de ce que dit Jésus dans l’Evangile : « Même si nous ne pardonnons pas aux autres, Dieu nous pardonnera toujours… »

 

Jésus a dit à Ste Faustine : « Je ne peux punir le plus grand pécheur… si celui-ci implore ma Miséricorde. » Mais il a dit aussi que les hommes, en ces jours qui sont les derniers, doivent profiter de sa Miséricorde parce que le jour de sa Justice approche. La Vierge avait dit à sœur Faustine que même les anges tremblaient en anticipation de ce jour terrible.

Benoît XVI parlait d’une altération de la conscience. A propos, dans le trésor de la prière catholique, il y a une prière, appelée le Dies irae. J’aimerais bien que vous me disiez quand vous l’avez priée la dernière fois, et quand vous en avez entendu parler récemment, dans une homélie, par exemple. Par qui ? Au bas de chaque publication de ce blog il y a la possibilité de laisser un commentaire. Pourriez-vous me faire l’amitié de répondre ? Merci d’avance.

« La conscience dominante affirmait que l’Eglise ne devait plus être l’Eglise du droit mais l’Eglise de l’amour, elle ne devait pas punir. On avait perdu la conscience que la punition pouvait être un acte d’amour. »

« La conscience dominante affirmait que l’Eglise ne devait plus être l’Eglise du droit mais l’Eglise de l’amour, elle ne devait pas punir. On avait perdu la conscience que la punition pouvait être un acte d’amour. »

Lectures 24e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Comment un homme pécheur ne pardonnerait-il pas ? (Si 27, 30 ; 28, 1-7 )

Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Rancune et colère, voilà des choses abominables où le pécheur s'obstine. 
L'homme qui se venge éprouvera la vengeance du Seigneur ; celui-ci tiendra un compte rigoureux de ses péchés.
Pardonne à ton prochain le tort qu'il t'a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis.
Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ?
S'il n'a pas de pitié pour un homme, son semblable, comment peut-il supplier pour ses propres fautes ?
Lui qui est un pauvre mortel, il garde rancune ; qui donc lui pardonnera ses péchés ?
Pense à ton sort final et renonce à toute haine, pense à ton déclin et à ta mort, et demeure fidèle aux commandements.
Pense aux commandements et ne garde pas de rancune envers le prochain, pense à l'Alliance du Très-Haut et oublie l'erreur de ton prochain.

 

 

 

Psaume :  Ps 102, 1-2, 3-4, 9-10, 11-12

 

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié.

 

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
bénis son nom très saint, tout mon être ! 

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
n'oublie aucun de ses bienfaits ! 


Car il pardonne toutes tes offenses 
et te guérit de toute maladie ; 

il réclame ta vie à la tombe 
et te couronne d'amour et de tendresse.


Il n'est pas pour toujours en procès, 
ne maintient pas sans fin ses reproches ;
 

il n'agit pas envers nous selon nos fautes, 
ne nous rend pas selon nos offenses. 


Comme le ciel domine la terre, 
fort est son amour pour qui le craint ; 

aussi loin qu'est l'orient de l'occident, 
il met loin de nous nos péchés.

 

 

2ème lecture : Nous vivons et nous mourons pour le Seigneur (Rm 14, 7-9)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, 
aucun d'entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même :
si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur.
Car, si le Christ a connu la mort, puis la vie, c'est pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants.

 

 

Evangile : Instruction pour la vie de l'Église. Pardonner sans mesure. (Mt 18, 21-35)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur nous a laissé un commandement nouveau : "Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés." Alléluia. (cf. Jn 13, 34)
 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

24-TOA-ev.jpg
 
 
Pierre s'approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ? »
Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois.

En effet, le Royaume des cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait, quand on lui amena quelqu'un qui lui devait dix mille talents (c'est-à-dire soixante millions de pièces d'argent).
Comme cet homme n'avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.'
Saisi de pitié, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
Mais, en sortant, le serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d'argent. Il se jeta sur lui pour l'étrangler, en disant : 'Rembourse ta dette !'
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : 'Prends patience envers moi, et je te rembourserai.'
Mais l'autre refusa et le fit jeter en prison jusqu'à ce qu'il ait remboursé.
Ses compagnons, en voyant cela, furent profondément attristés et allèrent tout raconter à leur maître.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : 'Serviteur mauvais ! je t'avais remis toute cette dette parce que tu m'avais supplié.
e devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi ?'
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait tout remboursé.

C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son coeur. »
 

 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Correction fraternelle, oui, mais dans l'ordre et avec charité, S.V.P. ! Homélie 23° dimanche du T.O. A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

23 TOA ev

 

Les textes de ce dimanche sont absolument déterminants pour la formation de l’Eglise, telle que Dieu la veut. La correction fraternelle y occupe une place centrale, puisque, membres de l’Eglise, nous n’en sommes pas pour autant moins personnellement pécheurs et solidaires du péché des autres. Il est donc du devoir de chaque chrétien de pratiquer la correction fraternelle. Nous sommes tous membres d’un même corps, et aucun membre de ce corps ne peut rester indifférent si un des autres membres se fait du tort gravement et cause des dégâts importants dans la vie de l’ensemble de ce corps.

Si quelqu’un est en danger sur la route, dans l’eau ou ailleurs, la loi nous fait un devoir de lui porter secours. Ce n’est pas une option, mais une obligation. Si nous ne le faisons pas, cela relève de la non-assistance à personnes en danger. Dans la communauté chrétienne il n’en va pas autrement. Au contraire, car ce qui nous unit en tant que chrétiens est plus fort que ce qui nous relie dans la communauté humaine.

Le prophète Ezéchiel a été établi comme « guetteur » pour la Maison d’Israël. Le guetteur, c’est celui qui veille, celui qui est attentif à ce que personne ne soit à danger. A l’occasion il peut être sauveteur.

L’admonition et – si nécessaire – la correction, peut, selon l’Evangile, seulement se faire en référence à la Révélation divine et la discipline de l’Eglise, voulue par le Christ. Celui qui corrige doit avoir l’humilité de ne pas s’ériger lui-même comme norme. Il doit se référer à la norme de la grâce de Dieu, et à son exigence. Cette exigence, selon S. Paul dans la 2e lecture, c’est la charité chrétienne, qui renferme tous les commandements. Il faut que la correction soit fraternelle, charitable. Si elle ne l’est pas, que le correcteur en herbe commence par se corriger lui-même ! (« Si ton frère a commis un péché… »). Qu’il enlève d’abord la poutre de son œil, avant de prétendre enlever la paille des yeux des autres ! C’est la charité qui « accomplit » toute la loi, y compris celle de la correction.

Mais l’homme reste libre. La correction, même la meilleure (pensons à celle du Christ à l’égard des … pharisiens, par exemple) – que ce soit en tête-à-tête, ou que ce soit d’une manière plus officielle par les autorités ecclésiales – respectez l’ordre S.V.P ! - peut essuyer une fin de non recevoir obstinée. Celui qui pêche contre l’unité, par exemple, ou contre le respect de la vie humaine, dira que c’est « par amour », par compassion… Alors il faut lui montrer que sa « version » de l’amour, loin d’être l’accomplissement de l’amour, en est une contrefaçon démoniaque, comme celle de Pierre vis-à-vis de Jésus (cf. évangile de dimanche dernier).

La 1e lecture de ce dimanche nous rappelle que si l’on a mis en garde quelqu’un qui n’est pas prêt pour autant à changer de comportement, on a fait son devoir et on a « sauvé » sa propre vie. La correction fraternelle relève strictement du devoir, mais Dieu ne promet pas la réussite ! En cas d’échec, il y a une ligne de séparation. Quand un pécheur se trouve de l’autre côté de cette ligne, il ne peut plus être considéré comme un membre de l’Eglise. Ce n’est pas l’Eglise qui le met à la porte. Il s’excommunie en quelque sorte lui-même. L’Eglise doit alors en prendre note, et le confirmer publiquement, afin que ce soit clair pour tout le monde. Cela se passait déjà comme cela dans l’Ancien Testament. Dans le Nouveau, où l’appartenance à la communauté ecclésiale du Seigneur est encore plus personnelle et exigeante, cela doit se faire de manière d’autant plus claire.

Dans les dernières paroles de l’Evangile d’aujourd’hui,  nous voyons combien la prière de la communauté de l’Eglise est exaucée par Dieu. Les deux promesses sont grandes : ce que deux hommes qui se mettent par amour devant le Seigneur Lui demandent, cela leur sera accordé. Là où deux ou trois sont réunis au nom de Jésus, Il est au milieu d’eux. Au temps de Jésus, les rabbins disaient ceci : « Quand deux hommes s’asseyent ensemble autour des paroles de la Torah, alors la Shekinah (la présence de Dieu dans le monde) est au milieu d’eux. Le Christ remplace le fait de s’asseoir autour des paroles de la Loi par la prière, la Loi elle-même par la Loi nouvelle et vivante, Jésus Christ, et la Shekinah par la présence eucharistique.

Ainsi, nous devons, par la charité, nous efforcer de ramener dans le mystère central de l’Eglise, c’est-à-dire l’Eucharistie (source et sommet de la vie de l’Eglise),  tous ceux qui s’égarent en qui se trouvent en danger de se perdre. Encore faut-il que notre présence à la messe du dimanche soit elle-même un acte de charité. C’est loin d’être toujours le cas ! C’est ce que déplorait déjà S. Jean Chrysostome au 4e siècle.

Parfois aussi, c’est tout une communauté qui peut se mettre en situation de péché. J’ai lu le témoignage d’un prêtre qui parlait de ses paroissiens : pris individuellement, chacun y est très généreux. Les uns et les autres sont assez doués dans le domaine où ils souhaitent s’investir. Mais dès qu’ils sont ensemble, ils ne peuvent pas se supporter. Ils sont incapables de partager des responsabilités. Ils ne parviennent pas à se parler pour résoudre leurs conflits. Comment une communauté aussi divisée peut-elle témoigner de l’Evangile ? Un jour, Jésus a dit : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples » (Jn 13, 35).

Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux.
Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux.

Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux.

Lectures 23° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

°1ère lecture : Le prophète est responsable de ses frères (Ez 33, 7-9)

Lecture du livre d'Ezékiel

 

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La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d’homme, je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. Si je dis au méchant : 'Tu vas mourir', et que tu ne l'avertisses pas, si tu ne lui dis pas d'abandonner sa conduite mauvaise, lui, le méchant, mourra de son péché, mais à toi, je demanderai compte de son sang. Au contraire, si tu avertis le méchant d'abandonner sa conduite, et qu'il ne s'en détourne pas, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie. »
 
 

 

 

Psaume :  94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9

R/ Aujourd'hui, ne fermons pas notre coeur, mais écoutons la voix du Seigneur !

 

Venez, crions de joie pour le Seigneur, 
acclamons notre Rocher, notre salut ! 
Allons jusqu'à lui en rendant grâce, 
par nos hymnes de fête acclamons-le ! 

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, 
adorons le Seigneur qui nous a faits. 
Oui, il est notre Dieu ; 
nous sommes le peuple qu'il conduit.

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ? 
« Ne fermez pas votre coeur comme au désert, 
où vos pères m'ont tenté et provoqué, 
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

 

 

 

 

 

2ème lecture : « Celui qui aime les autres accomplit la Loi » (Rm 13, 8-10)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l'amour mutuel, car celui qui aime les autres a parfaitement accompli la Loi. Ce que dit la Loi : Tu ne commettras pas d'adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas de vol, tu ne convoiteras rien ; ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L'amour ne fait rien de mal au prochain. 
Donc, l'accomplissement parfait de la Loi, c'est l'amour.
 
 
 

 

 

Evangile : Instructions pour la vie de l'Église. Tout chrétien est responsable de ses frères (Mt 18, 15-20)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Dans le Christ, Dieu s'est réconcilié avec le monde. Il a déposé sur nos lèvres la parole de réconciliation Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)
 

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

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Jésus disait à ses disciples : 
 
« Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. S'il ne t'écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l'affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l'Église ; s'il refuse encore d'écouter l'Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. 

Encore une fois, je vous le dis : si deux d'entre vous sur la terre se mettent d'accord pour demander quelque chose, ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux. »

 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

 

 

Petit Traité de la Vraie Dévotion - Homélie 22° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
Saint Paul vécut au 1er siècle, à une époque où les principales religions étaient toutes païennes. Ces religons païennes étaient basées sur la croyance en l'efficacité magique de rituels purement extérieurs, comme, par exemple, des sacrifices d'animaux. On brûlait aussi des semences, on répandait du vin, ou encore on exécutait des danses, des prières, des musiques rituelles. Mais toujours, l'efficacité du culte, le supposé pouvoir d'attirer sur l'auteur de ces actions les faveurs du faux dieu, dépendait de l'exécution exacte du rituel, un peu comme les exercices imposés lors du concours de gymnastique ou de pâtinage sur glace aux Jeux Olympiques. Si le rituel n'était pas exécuté avec exactitude, l'auteur recevait une mauvaise note. La divinité était alors censée rester indifférente, voire se mettre en colère.

Cette insistance exclusive sur l'exactitude des rites avait aussi contaminé les pratiques juives de l'époque. C'est pourquoi, dans ses écrits, saint Paul met constamment en garde les premiers chrétiens contre les dangers du ritualisme. Il les invite à cultiver une relation, non pas purement formelle, mais personnelle avec Dieu. Voilà pourquoi,
comme nous venons de l'entendre, il exhorte les chrétiens de Rome à
 
"offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : c'est là pour vous l'adoration véritable".

En d'autres mots, la relation chrétienne avec Dieu ne se borne pas à quelques actions et prières rituelles. Tout ce que nous faisons doit être une adoration. Nos actions, nos paroles, nos décisions, notre manière de vivre de tous les jours et de chaque instant - toutes ces choses sont pour nous des occasions pour montrer à Jésus que nous l'aimons et que nous voulons le suivre.

C'est donc une conception radicalement révolutionnaire de la religion, une religion basée sur un lien d'amitié personnelle avec le seul vrai Dieu qui s'est fait homme en Jésus Christ. Cela requiert, comme l'écrit saint Paul une transformation profonde :

 
"transformez-vous en renouvelant votre façon de penser".

Cette nouvelle conception de la religion nous permet de comprendre et d'expliquer une tradition catholique que les protestants ont de la peine à admettre : notre dévotion pour les saints, et notamment pour la Vierge Marie. Beaucoup de protestants estiment que les statues et les images des saints dans nos églises et nos maisons sont la preuve que l'Église catholique pratique l'idolâtrie à la manière des païens. Cette conception n'a rien à voir avec la vraie dévotion catholique pour les saints. Nous utilisons les images des saints pour la même raison que nous utilisons des photos de ceux que nous aimons, pour nous souvenir de ces membres éminents de l'Église qui nous ont précédés. L'exemple de leur foi, de leur courage, de leur charité que ces images nous rappellent nous invitent à tendre nous aussi à la sainteté. Rien à voir avec l'adoration de statues.

Nous n'adorons pas non plus les saints réprésentés par ces statues. Nous savons qu'ils sont des créatures de Dieu, limitées tout comme nous, mais ils ont permis à la grâce de Dieu de faire irruption en eux et de les sanctifier. Ils ont reconnu que l'amitié que Dieu leur offrait dans le Christ pouvait faire d'eux non seuleùent de meilleurs chrétiens "pratiquants", mais aussi de meilleurs maris et femmes, artisans et ouvriers, pdg et employés, artistes et savants. Ils ont suivi le conseil de saint Paul, en essayant de transformer chacune de leurs activités, que ce soit de plier le linge ou d'écrire des livres de théologie, en en

 
"sacrifice saint, capable de plaire à Dieu".

Dans son "Traité de la Vraie Dévotion", saint Louis-Marie Grignion de Montfort écrit à propos de la fausse dévotion :

"Les dévots extérieurs sont des personnes qui font consister toute la dévotion à la très sainte Vierge en des pratiques extérieures, qui ne goûtent que l'extérieur de la dévotion, parce qu'ils n'ont point d'esprit intérieur. Ils diront force chapelets à la hâte, entendront plusieurs messes sans attention, iront aux processions sans dévotion, se mettront de toutes les confréries sans amendement de leur vie, sans violence à leurs passions et sans imitation des vertus de cette Vierge très sainte. Ils n'aiment que le sensible de la dévotion, sans en goûter le solide. S'ils n'ont pas de consolations sensibles dans leurs pratiques, ils croient qu'ils ne font plus rien, ils se détraquent, ils quittent tout, ou ils font tout à bâton rompu ! Le monde est plein de ces sortes de dévots extérieurs, et il n'y a pas de gens plus critiques des personnes d'oraison, qui s'appliquent à l'intérieur comme à l'essentiel, sans mépriser l'extérieur de modestie qui accompagne toujours la vraie dévotion."

Selon lui :

"la vraie dévotion à la sainte Vierge est intérieure, c'est-à-dire qu'elle part de l'esprit et du cœur, elle vient de l'estime qu'on fait de la sainte Vierge, de la haute idée qu'on s'est formée de ses grandeurs, et de l'amour qu'on lui porte."

Ce n'est pas non plus une dévotion purement sentimentale, affective, mais surtout effective, basée sur l'imitation de ses vertus :

"Elle porte une âme à éviter le péché et imiter les vertus de la sainte Vierge, particulièrement son humilité profonde, sa foi vive, son obéissance aveugle, son oraison continuelle, sa mortification universelle, sa pureté divine, sa charité ardente, sa patience héroïque, sa douceur angélique et sa sagesse divine."

La marque de la vraie dévotion consiste aussi, selon lui, à recourir à son intercession et sa protection en toute simplicité, avec confiance :

"(La vraie dévotion) est tendre, c'est-à-dire pleine de confiance en la sainte Vierge, comme d'un enfant en sa bonne mère. Elle fait qu'une âme recourt à elle dans tous ses besoins de corps et d'esprit, avec beaucoup de simplicité, de confiance et de tendresse. Elle implore l'aide de sa bonne Mère en tout temps, en tout lieu et en toute chose : dans ses doutes, pour en être éclaircie (éclairée), dans ses égarements pour être redressée, dans ses tentations pour être soutenue, dans ses faiblesses pour être fortifiée, dans ses chutes pour être relevée, dans ses découragements pour être encouragée, dans ses scrupules pour en être ôtée, dans ses croix, travaux et traverses de la vie pour être consolée. Marie est son recours ordinaire, sans crainte d'importuner cette bonne Mère et de déplaire à Jésus."

C'est la raison pour laquelle Notre-Dame de la Délivrande, que nous fêtons chaque année le 30 août, a été proclamée sainte patronne de la Martinique. C'est aussi la raison pour laquelle nous avons des saints patrons (à condition de choisir des prénoms chrétiens pour nos enfants !) et qu'il y a des patrons pour toutes les sortes d'activités humaines : sainte Barbara pour les mathématiciens, sainte Brigitte pour les sage-femmes, etc ... Ce n'est pas de la superstition ! Nous reconnaissons simplement que quand Dieu entre dans une vie, il a le pouvoir de remplir le moindre recoin d'une "valeur ajoutée", qui est éternelle.

Mais souvenez-vous toujours : notre relation avec Dieu n'est pas basée sur des rituels purement extérieurs mais sur une identité intérieure : par le baptême nous sommes devenus des membres de la famille même de Dieu.

Il y a deux domaines dans notre vie où cette vérité est particulièrement difficile à mettre en pratique, des domaines dans lesquels nous sommes facilement tentés de régresser dans un paganisme pratique où nous disons croire une chose en faisant exactement le contraire.

Le premier domaine est celui de la vie professionnelle. Vous avez tous, je pense, au moins entendu parler du célèbre homme d'affaires milliardaire américain de la première moitié du 20me siècle, John D. Rockefeller. Chaque dimanche matin il tenait les orgues à l'église, puis, à partir de lundi matin, devenait un loup qui terrorisait les petits commerçants. Ca, c'est de l'hypocrisie. Si Jésus Christ est vraiment notre Seigneur, nous devons avoir une attitude digne de lui le dimanche matin (ou le samedi soir), en venant à la messe, et le lundi matin, et tout au long de la semaine, en tout ce que nous faisons.

Nous entendons parfoi des hommes et des femmes politiques affirmer qu'ils sont personnellement opposés à l'avortement, mais politquement en faveur. Cela aussi est hypocrite. Ce qui est moralement bon ou mauvais ne change pas avec la politique. Ces politiciens ne disent jamais qu'ils sont personnellement opposés aux voleurs, mais que, politiquement, ils estiment que les gens devraient être libres de voler ou pas. Nous, chrétiens, nous avons la chance d'être éclairés davantage que les autres sur ce qui est bien ou mal. Garder cette lumière pous nous revient à priver un malade d'un remède qui pourrait le guérir.

Le deuxième domaine dans lequel nous sommes souvent tentés de nous relâcher est celui de nos relations familiales. Un homme peut être très organisé, poli, ponctuel et dévoué dans son travail, mais paresseux, égoïste et violent à la maison. Une femme peut être charmante, patiente, tolérante et délicieuse en société, mais agressive et insupportable avec son mari. Ce n'est pas digne d'un chrétien, d'une chrétienne. La manière chrétienne, c'est de faire un sérieux effort pour rayonner le Christ toujours et partout, de faire de toute notre vie un "sacrifice saint, capable de plaire à Dieu". Jésus a besoin pour cela de notre bonne volonté. Si nous la lui donnons, sa grâce fera le reste, par l'intercession de la Vierge Marie, des anges et de tous les saints.
Notre-Dame de la Délivrande au Morne-Rouge (Martinique)
Notre-Dame de la Délivrande au Morne-Rouge (Martinique)

Notre-Dame de la Délivrande au Morne-Rouge (Martinique)

Lectures 22° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre de Jérémie (Jr 20, 7-9)

20
07  Seigneur, tu as voulu me séduire, et je me suis laissé séduire ;
tu m'as fait subir ta puissance,
et tu l'as emporté.
A longueur de journée je suis en butte à la raillerie,
tout le monde se moque de moi.
08  Chaque fois que j'ai à dire la parole,
je dois crier,
je dois proclamer :
« Violence et pillage ! »
A longueur de journée, la parole du Seigneur
attire sur moi l'injure et la moquerie.
09  Je me disais : « Je ne penserai plus à lui,
je ne parlerai plus en son nom. »
Mais il y avait en moi comme un feu dévorant,
au plus profond de mon être.
Je m'épuisais à le maîtriser,
sans y réussir.






Psaume (Ps 62, 2, 3-4, 5-6, 8-9)

R/ Mon âme a soif de toi, Seigneur, mon Dieu

 

02  Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube :
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,
terre aride, altérée, sans eau.

03  Je t'ai contemplé au sanctuaire,
j'ai vu ta force et ta gloire.
04  Ton amour vaut mieux que la vie :
tu seras la louange de mes lèvres !

05  Toute ma vie je vais te bénir,
lever les mains en invoquant ton nom.
06  Comme par un festin je serai rassasié ;
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.

08  Oui, tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l'ombre de tes ailes.
09  Mon âme s'attache à toi,
ta main droite me soutient.



Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 12, 1-2)

12
01  Je vous exhorte, mes frères, par la tendresse de Dieu, à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : c'est là pour vous l'adoration véritable.
02  Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 16, 21-27)

16
21i  Pierre avait dit à Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. » À partir de ce moment, Jésus le Christ commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.
22  Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t'en garde, Seigneur ! cela ne t'arrivera pas. »
23  Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route ; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
24  Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive.
25  Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera.
26  Quel avantage en effet un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s'il le paye de sa vie ? Et quelle somme pourra-t-il verser en échange de sa vie ?
27  Car le Fils de l'homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite.
 
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« Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route ; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

« Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route ; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Le Rocher et les Clefs, c'est quelqu'un, et pas n'importe qui - Homélie 21° dimanche du temps ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce XXI° dimanche du temps ordinaire. 

 

21 TOA ev

 


EVANGILE - Matthieu 16, 13 – 20 
Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.

 
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Lire le commentaire :

Ce 21° dimanche du temps ordinaire nous relate la profession de foi de Pierre et la réponse de Jésus qui l’institue pierre sur laquelle il va fonder son Église.


Deux images vont dominer : celle du rocher et celle des clefs. Toutes deux ont leur origine dans l’Ancien Testament et trouvent leur accomplissement dans la fondation qu’est Jésus-Christ. 


En premier lieu, le Rocher. C’est le fondement sur lequel on peut s’appuyer sans condition et de nombreux psaumes signifient que c’est Dieu lui-même : « Dieu seul mon salut, mon Rocher » dit le psaume 62. 


Sa parole divine est ce qui est parfaitement sûr et quand elle devient homme et s’incarne, quand elle devient ainsi le sauveur du peuple, alors le force de Dieu, la force du Rocher devient visible à tous : « ce Rocher, c’est le Christ » proclamera St Paul dans la première lettre aux Corinthiens ( 1 Cor, 10,4). 


Mais bien loin de conserver ce caractère unique et propre pour lui-même, Jésus, après la réponse de Pierre inspirée par le Père, va en donner part à celui-ci : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ». L’Église aussi aura part à ce caractère sans condition : « Les portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle ». La transmission de cette propriété ne peut se réaliser que par la foi parfaite qui est due à la grâce du Père dans le ciel, et nullement par une bonne inspiration de Pierre. La foi en Dieu et dans le Christ, devient elle-même ferme comme le roc, uniquement par Dieu et le Christ eux-mêmes. C’est un fondement sur lequel non pas l’homme, mais le Christ bâtit son Église. 


En second lieu, les Clefs. La propriété d’être le rocher-fondement contient déjà le pouvoir des clefs car celui qui est fondé en Dieu reçoit le pouvoir d’exercer en son nom et il ne peut être lui-même que sûr, par la grâce de Dieu. Ainsi la clef de la maison de David est mise sur l’épaule d’Eliakim, choisi par Dieu, dans la première lecture : « s’il ouvre, personne ne fermera, s’il ferme, personne n’ouvrira ». Désormais c’est le Christ, qui, ayant reçu ce pouvoir du Père, donne part à l’homme Pierre, sur qui l’Église est bâtie, à ce pouvoir qui pénètre désormais dans l’au-delà : ce qu’il lie ou délie sera lié ou délié dans le ciel.


Mais il nous faut remarquer qu’aussi bien dans l’Ancienne que dans la Nouvelle alliance, chez le Christ et Pierre, c’est toujours une personne bien déterminée qui reçoit les clefs. Il ne s’agit pas d’une fonction impersonnelle comme pour une présidence, où, à la place du titulaire, un autre peut être choisi. Dans la fondation du Christ, il s’agit toujours d’une personne très déterminée qui détient les clefs : nul ne peut se procurer un passe-partout ou une clef de rechange qui pourrait ouvrir ou fermer. 


Cela s’applique aussi à tous ceux qui participent au ministère sacerdotal, dérivé des apôtres : dans une communauté, seul le curé (et ses auxiliaires ordonnés) détient la clef qu’il ne peut céder à personne, partager avec personne. Il peut répartir des tâches et des « ministères », mais ce n’est pas lui qui est bâti sur le rocher de la communauté. C’est la communauté, une partie de l’Église, qui est bâtie sur le rocher de Pierre, auxquels tous les ministres sacerdotaux ont part. 


Seigneur, donne-nous d’aimer la place que tu nous donnes et d’aimer l’Église telle que tu l’as fondée en nous confiant à la richesse de ta grâce qui la fait vivre et en accueillant ses manifestations de faiblesse humaine comme nos propres faiblesses.

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.
Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.

Lectures 21e dimanche du temps ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Je te confierai les clefs de la maison de David (Is 22, 19-23)

Lecture du livre d'Isaïe

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Parole du Seigneur adressée à Shebna le gouverneur : « Je vais te chasser de ton poste, t'expulser de ta place.
Et, ce jour-là, j'appellerai mon serviteur, Éliakim, fils de Hilkias.
Je le revêtirai de ta tunique, je le ceindrai de ton écharpe, je lui remettrai tes pouvoirs : il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda.
Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : s'il ouvre, personne ne fermera ; s'il ferme, personne n'ouvrira.
Je le rendrai stable comme un piquet qu'on enfonce dans un sol ferme ; il sera comme un trône de gloire pour la maison de son père. »
 
 
 

Psaume :  Ps 137, 1-2a, 2bc-3, 6a.8

R/ Toi, le Dieu fidèle, poursuis ton oeuvre d'amour

 
De tout mon coeur, Seigneur, je te rends grâce : 
tu as entendu les paroles de ma bouche. 
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne. 

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité, 
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel, 
tu fis grandir en mon âme la force.
 

Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble.
Le Seigneur fait tout pour moi. 
Seigneur, éternel est ton amour : 
n'arrête pas l'oeuvre de tes mains.
 
 
 

2ème lecture : Profondeur insondable du mystère du salut (Rm 11, 33-36)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu ! 
Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables !
Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ?
Qui lui a donné en premier, et mériterait de recevoir en retour ?
Car tout est de lui, et par lui, et pour lui. 
À lui la gloire pour l'éternité ! Amen.
 
 

Evangile : « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux »(Mt 16, 13-20)

 
 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Sur la foi de Pierre le Seigneur a bâti son Église, et les puissances du mal n'auront sur elle aucun pouvoir.Alléluia. (cf. Mt 16, 18)
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 
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Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? »
Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. »
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » 
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » 
Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Messie.
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

La foi change tout - Homélie 20° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce 20ème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon Saint Matthieu, chapitre 15, versets 21-28).

 

20 TOA ev


Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »

 
Ecoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

Lire le commentaire :

L’évangile de ce jour nous fait le récit de la rencontre de la cananéenne et de Jésus. Et l’attitude de Jésus nous semble très dure par rapport à cette femme qui demande l’aide d’une guérison pour sa fille possédée.
Bien qu’elle supplie, « Jésus ne répondit rien » nous dit l’évangile, comme s’il refusait de l’écouter. Nous avons bien du mal à imaginer Jésus méprisant. 
Ce n’est que lorsque les disciples sont agacés par ses cris que Jésus répond et objecte : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël ». Là encore nos réflexes altruistes butent sur cette réponse de Jésus. 
Mais la femme ne se décourage pas, elle vient bloquer ses pas en se prosternant devant lui. « Seigneur, viens à mon secours » 
Jésus répond : « il n’est pas bien de prendre le pain des petits enfants pour le donner aux petits chiens ». Là de même, l’incompréhension surgit dans notre réflexion : comment Jésus peut-il comparer la cananéenne à un petit chien ? 
Mais il nous faut resituer le contexte et surtout comprendre la mission de Jésus. « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël ». 
Nous oublions facilement que la mission terrestre de Jésus concerne réellement Israël : il est le peuple élu, autour duquel ensuite, une fois le peuple sauvé et parvenu à la vraie foi, les peuples païens devaient se rassembler et eux-mêmes découvrir le vrai Dieu et le salut. Et pour lui cette mission a un caractère exclusif : il a été envoyé pour cela et doit s’y consacrer entièrement.
C’est-à-dire qu’il ne peut pas agir en passant à côté de sa mission messianique mais uniquement à travers l’accomplissement de celle-ci.
Cette mission est accomplie à la croix, où rejeté par Israël, il souffre non seulement pour Israël, mais pour tous les pécheurs. Et le don de sa vie, dès lors, ne s’arrêtera plus à une communication de la révélation à un seul peuple mais à tous ceux qui vont croire en lui, en celui qui l’a envoyé et en son œuvre.

« C’est vrai Seigneur » réponds la cananéenne car elle voit la mission de Jésus et la comprend comme prépondérante. 
« Mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leur maître». Réponse merveilleuse qui achève de convaincre Jésus de la foi de cette femme : elle se met à la dernière place tout comme le centurion païen de capharnaüm : « Seigneur, ne te dérange pas davantage, je ne suis pas digne ».
Et la foi opère ce qui n’était pas prévu : « Femme, ta foi est grande, que tout se passe pour toi comme tu le veux ». 


La foi change tout et trouve toujours une réponse en Dieu.
Seigneur, suscite en nous cette foi si attentive qu’elle appelle ta tendresse de Père et nous rend visible le salut auquel tu nous destines.

La foi change tout et trouve toujours une réponse en Dieu.

La foi change tout et trouve toujours une réponse en Dieu.

Lectures 20e dimanche du Temps Ordinaire Année A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Dieu accueille les étrangers qui viennent le prier (Is 56, 1.6-7)

Lecture du livre d'Isaïe

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Parole du Seigneur :
Observez le droit, pratiquez la justice. Car mon salut est approche, il vient, et ma justice va se révéler.

Les étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur pour l'amour de son nom et sont devenus ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et s'attachent fermement à mon Alliance,
je les conduirai à ma montagne sainte. Je les rendrai heureux dans ma maison de prière, je ferai bon accueil, sur mon autel, à leurs holocaustes et à leurs sacrifices, car ma maison s'appellera « Maison de prière pour tous les peuples ».
 
 

 

Psaume :  Ps 66, 2b-3, 5abd, 7b-8

R/ Dieu, que les peuples t'acclament ! Qu'ils t'acclament, tous ensemble !

 
Que ton visage s'illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre, 
ton salut, parmi toutes les nations.

Que les nations chantent leur joie, 
car tu gouvernes le monde avec justice ; 
sur la terre, tu conduis les nations.
 

Dieu, notre Dieu, nous bénit. 

Que Dieu nous bénisse, 
et que la terre tout entière l'adore !
 
 
 

 

2ème lecture : Le rôle des Juifs dans la nouvelle Alliance (Rm 11, 13-15.29-32)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, 
je vous le dis à vous, qui étiez païens : dans la mesure même où je suis apôtre des païens, ce serait la gloire de mon ministère de rendre un jour jaloux mes frères de race, et d'en sauver quelques-uns.
Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu quand ils ont été mis à l'écart, qu'arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ? Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts !

Les dons de Dieu et son appel sont irrévocables.
Jadis, en effet, vous avez désobéi à Dieu, et maintenant, à cause de la désobéissance des fils d'Israël, vous avez obtenu miséricorde ; de même eux aussi, maintenant ils ont désobéi à cause de la miséricorde que vous avez obtenue, mais c'est pour que maintenant, eux aussi, ils obtiennent miséricorde.
Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous les hommes.
 
 

 

 

Evangile : Jésus exauce la prière d'une étrangère (Mt 15, 21-28)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur protège l'étranger. Heureux qui met en lui son espoir ! Alléluia. (Ps 145, 5.8-9)

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

20-TOA-ev.jpg
 
 
 
Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »
Mais il ne lui répondit rien. Les disciples s'approchèrent pour lui demander : « Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! »
Jésus répondit : « Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël. »
Mais elle vint se prosterner devant lui : « Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit : « Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. -
C'est vrai, Seigneur, reprit-elle ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »
Jésus répondit : « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! » Et, à l'heure même, sa fille fut guérie.

 

 

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