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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Si Jésus revenait ... Mais il est là ! - Homélie 3 Pâques B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Aujourd’hui, S. Luc, à sa manière, montre que l’intelligence des Écritures est le plus grand don du Ressuscité, et que le plus grand fruit de cette intelligence, ou plutôt, cette intelligence elle-même, est de savoir que, quand il disparaît au regard, il demeure présent à la foi.

Aujourd’hui, S. Luc, à sa manière, montre que l’intelligence des Écritures est le plus grand don du Ressuscité, et que le plus grand fruit de cette intelligence, ou plutôt, cette intelligence elle-même, est de savoir que, quand il disparaît au regard, il demeure présent à la foi.

    Combien de fois n’avons-nous pas dit ou entendu dire : "Si Jésus revenait aujourd’hui…" ? Suit alors habituellement une énumération plus ou moins longue et (im)précise de choses que nous aimerions voir changer dans l’Église et dans le monde. L’erreur est fatale, et le chemin que nous voulions tracer sans issue, pour la simple raison que Jésus, IL EST LÀ !


    Un journaliste demandait un jour à Mère Teresa ce qu’il faudrait changer pour que cela aille mieux dans l’Église et dans le monde. La réponse est venue, simple et limpide : "Ce qu’il faudrait changer ? Mais vous et moi, cher monsieur !" Ce changement, nous l’appelons conversion :

 

Convertissez-vous donc, et revenez à Dieu pour que vos péchés soient effacés (1e lect).

    Cette conversion n’est pas d’abord morale. Se convertir signifie passer de l’incrédulité à la foi. C’est le mouvement fondamental de notre baptême, dont nous avons fait (pour les néophytes – ceux qui viennent d’être baptisés) ou renouvelé la profession durant la veillée pascale : "Renoncez-vous… ? – Croyez-vous… ?" Nous avons commencé ce mouvement ; il nous reste à le continuer ensemble. Étant passés de l’incrédulité à la foi, nous devons maintenant passer "de la foi à la foi" (Rm 1, 17), d’une foi d’enfant à une foi adulte … qui consiste à devenir comme des enfants. C’est-à-dire qu’après avoir appris à faire un pas, nous devons en faire une deuxième, puis un troisième. Et cela ne va pas sans tomber. Rien n’est jamais acquis.

    Les disciples venaient de reconnaître le Seigneur à la fraction du pain. Voilà qu’il réapparaît. Et S. Luc nous dit que "frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit." La veille au soir Jésus leur avait dit :

 

Vous n’avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire…

 

    Il constate qu’ils ont une connexion à bas débit et il leur conseille de prendre une connexion à haut débit. Ils n’ont pas (encore) suivi le conseil. Comme eux, il faut sans cesse nous relever et recommencer jusqu'à la "plénitude du Christ" :

 

Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ (Ép 4, 13).

 

    En ce troisième dimanche de Pâques n’allons donc pas faire comme les pharisiens. Ne disons pas : "Moi, ça y est ! Je suis converti. Je suis croyant." En parlant de la justification par la foi Luther remarquait :

 

Il y en a qui considèrent avec légèreté ces paroles concernant la grâce et disent témérairement : Qui ne sait que sans la grâce il n’y a rien de bon en nous ? Et ils croient bien comprendre ces choses. De plus, lorsqu’on leur demande s’ils considèrent comme une chose de rien leur justice, ils s’écrient aussitôt : Certainement, j’en suis sûr ! C’est un aveuglement lamentable et grave qu’ils s’estiment ainsi parvenus au plus haut degré de perfection, alors qu’ils n’en ont pas la moindre compréhension et n’en connaissent pas le goût. Comment un homme peut-il être plus orgueilleux que lorsqu’il ose s’affirmer pur de tout orgueil et de toutes inclinations mauvaises ?
    Reconnaissons donc que souvent nous avons, nous aussi, "agi dans l’ignorance" (1e lect.), et que notre ignorance est coupable (2e lect.). Reconnaissons aussi que le don du Ressuscité est de nous faire passer de cette ignorance coupable à "l’intelligence des Écritures" (Évangile).

    Dans l’Évangile de dimanche dernier, S. Jean nous a montré comment Jésus ressuscité amène ses disciples, et après eux les futurs croyants, à la maturité de la foi, à croire sans voir, mais non sans bonheur, en s’appuyant uniquement sur l’annonce des premiers témoins.

    Aujourd’hui, S. Luc, à sa manière, montre que l’intelligence des Écritures est le plus grand don du Ressuscité, et que le plus grand fruit de cette intelligence, ou plutôt, cette intelligence elle-même, est de savoir que, quand il disparaît au regard, il demeure présent à la foi.

    Non que la foi entraîne la présence ! C’est le contraire : c’est la présence du Ressuscité, et non pas une ou deux rencontres furtives seulement, qui provoque à la foi. Quand Jésus leur apparaît, il ne vient pas du dehors. Il n’entre pas : il était déjà présent. Quand il disparaît à leur regard, il ne s’en va pas : il reste avec eux.

    La communion de l’Église, nous rappelait Benoît XVI dans une catéchèse, n’est pas seulement une réalité qui s’étend dans l’espace. Elle s’étend aussi dans le temps. Jésus-Christ, le même hier, aujourd’hui, à jamais !

Qu'as-tu fait de la paix du Christ ? - Homélie 3 Pâques B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 


Le mot préféré de Jésus après sa résurrection est le mot "paix". C'est une des premières paroles quand il apparaît à ses apôtres, comme dans le passage que nous venons d'entendre: "La paix soit avec vous!"

Chaque fois que la sainte messe est célébrée, nous entendons ces mêmes paroles qui s'adressent à nous dans notre vie de tous les jours, juste avant de recevoir le corps et le sang vivant, ressuscité, de Jésus dans la Communion, quand le célébrant dit :

 


"Seigneur Jésus Christ, tu as dit à tes apôtres: 'Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix' ; ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Église ; pour que ta volonté s'accomplisse, donne-lui toujours cette paix et conduis-là vers l'unité parfaite, toi qui règnes pour les siècles des siècles."  
 


L'assemblée répond alors : "Amen". Après quoi le prêtre ajoute :
 


"Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous."
 


L'assemblée répond :
 


"Et avec votre esprit."
 


Noez que Jésus n'a jamais prononcé cette salutation de paix avant sa résurrection. Mais après, il la répète sans cesse, parce qu'il sait que nous en avons besoin. La paix du Christ est l'antidote pour la maladie la plus endémique de notre société moderne et sécularisée : le stress, la dépression, l'angoisse. Nous tous, dans une mesure plus ou moins grande, en sommes affectés. Dans la mesure où notre amitié avec le Seigneur ressuscité s'approfondit, nous sommes peu à peu guéris de ces maladies, par sa paix qui agit à trois niveaux :

- D'abord la paix pour notre esprit. Quand nous contemplons les plaies de Jésus, ces plaies qui restent visibles dans le corps glorieux du Seigneur, nous savons avec certitude que son pardon est durable ; une fois qu'il pardonne nos péchés, nous sommes réellement pardonnés ; notre conscience est en paix.

- Deuxièmement, la paix pour nos coeurs. Quand nous voyons l'endroit des clous dans les mains et les pieds du Seigneur ressuscité, nous savons avec certitude que nous sommes aimés d'un amour qui ne passe pas, un amour inconditionnel, personnel, victorieux de tout mal : l'amour du Christ.

Troisièmement, la paix pour nos âmes. Le Christ est vivant, et il règne sur un Royaume éternel qui s'étend toujours davantage, et il nous invite chacun et chacune à travailler avec lui à l'extension de ce Règne. Nous avons à faire un travail qui compte, qui en vaut la peine, et qui répondra à notre quête de sens. La paix du Seigneur ressuscité est ce dont nous avons vraiment besoin. Le Psalmiste dit très bien :

 


"Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors,
car tu me donnes d'habiter, Seigneur,
seul, dans la confiance."

 


Cettte paix, celle de l'esprit, du coeur et de l'âme, je pense que nous voulons tous en faire l'expérience plus profondément. Et le Christ, bien plus que nous, désire la même chose. C'est pour cela qu'il a souffert, qu'il est mort et ressuscité. Mais si tel est le cas, pourquoi alors sommes-nous si facilement vaincus par le stress, l'angoisse, le découragement ? C'est parce que beaucoup d'obstacles peuvent empêcher la paix du Christ d'envahir notre vie. L'obstacle le plus évident est le péché.

Saint Jean le dit clairement dans la deuxième lecture :

 


"Celui qui dit : 'Je le connais', et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n'est pas en lui."
 


Souvent nous péchons par faiblesse. Ces échecs-là sont en général faciles à avouer et à regretter. Mais il peut arriver aussi que nous laissons subtilement des habitudes de péché s'enraciner dans notre vie. Par exemple, quand nous refusons d'accepter ce que l'Église nous enseigne en matière de foi et de morale, comme la présence réelle de Jésus dans le pain et le vin consacrés, ou l'Immaculée Conception de Marie, ou sa Maternité Virginale... En matère de morale, pensons aussi à l'avortement, la contraception, le mariage ou l'euthanasie. Pour nous justifier, nous avons recours aux arguments que nous entendons à longueur d'émissions à la radio ou à la télévision, par exemple. En réalité, lorque nous rejetons ce que l'Église nous enseigne officiellement (dans le Catéchisme de l'Église Catholique notamment), nous rejetons alors la vérité du Christ Sauveur. C'est comme si nous disoions à Dieu que nous nous fions à lui juste un peu, pour certaines choses, mais que nous faisons plus confiance aux journalistes pour d'autres.

Des habitudes subtiles de péché peuvent aussi prendre d'autres formes : comme, par exemple, de ne pas respecter ses engagements ou de fuir ses responsabilités, en faisant le minimum au lieu de faire de son mieux, ou en consacrant un temps exagéré à des amusements, des cancans, des commérages.

Des habitudes de péché peuvent aussi prendre des formes beaucoup moins subtiles, comme en témoignent les statistiques de la corruption financière, de l'évasion fiscale ou de la pornographie...

Un des obstacles les plus insidieux et les moins évidents se trouve dans notre bouche. C'est notre langue. Saint Jean nous rappelle aujourd'hui dans la deuxième lecture qu'à moins d'observer les commandements du Christ, la vérité de Dieu ne peut pas prendre racine en nous. Or le principal commandement du Seigneur est de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Nous y manquons tellement souvent avec nos paroles ! Notre culture médiatique nous pousse à dire n'importe quoi, que ce soit de vive voix, au téléphone, par courriel, SMS ou autre twitter. Étant donné que les internautes et bloggers passent une grande partie de leur temps à juger et à critiquer les autres, notre culture en arrive à considérer cela comme normal. Mais pour des disciples de Jésus ce n'est pas normal du tout. Nous avons été appelés à aimer les autres, que ce soient des politiciens, des évêques ou des prêtres, des vedettes du cinéma, du sport ou de la chanson, ou quelqu'un qui habite dans notre quartier. Cela signifie que nous ne sommes pas censés passer notre temps à jeter en pature leurs combats, leurs échecs, leurs fautes et leurs péchés. Aimerions-nous que les autres fassent cela avec nous ? Plus grave encore, mentir au sujet des autres, cela s'appelle le péché de la calomnie et de la diffamation. Mais dévoiler, sans aucune nécessité, les faiblesses et les péchés des autres, cela aussi est un péché, le péché qui consiste du "milan", comme on dit en créole, du commérage.

Dans une lettre (10 mars 2009) - adressée aux évêques (!) - concernant la levée de l'excommunication de quatre évêques consacrés par Mgr. Lefebvre, Benoît XVI écrivait :

 


"Chers Confrères, durant les jours où il m’est venu à l’esprit d’écrire cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j’ai dû interpréter et commenter le passage de Ga 5, 13-15. J’ai noté avec surprise la rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent: 'Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme; au contraire mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde: vous allez vous détruire les uns les autres !' J’ai toujours été porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être ainsi. Mais malheureusement ce 'mordre et dévorer' existe aussi aujourd’hui dans l’Église comme expression d’une liberté mal interprétée. Est-ce une surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates? Que tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations? Que nous devions toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté? Et que toujours de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême : l’amour?"
 


Si nous avons pris la mauvaise habitude d'user de notre langue pour faire mal, plutôt que pour rendre service,  alors nous avons une fuite dans notre coeur, et la paix du Christ s'en échappe. Si nous ne sommes pas toujours davantage des artisans de la paix du Christ ressuscité, sans doute devrions-nous faire un peu le ménage dans nos âmes. Le meilleur produit désinfectant est la confession. Demandons au Seigneur la grâce de pouvoir accueillir, garder et partager sa paix autour de nous.

Lectures 3° Dimanche de Pâques B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Dieu a donné sa gloire à son serviteur Jésus (Ac 3, 13-15.17-19)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Devant tout le peuple, Pierre prit la parole : « Hommes d’Israël, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a donné sa gloire à son serviteur Jésus, alors que vous, vous l'aviez livré ; devant Pilate, qui était d'avis de le relâcher, vous l'aviez rejeté.
Lui, le saint et le juste, vous l'avez rejeté, et vous avez demandé qu'on vous accorde la grâce d'un meurtrier.
Lui, le Chef des vivants, vous l'avez tué ; mais Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, nous en sommes témoins.
D'ailleurs, frères, je sais bien que vous avez agi dans l'ignorance, vous et vos chefs.
Mais Dieu qui, par la bouche de tous les prophètes, avait annoncé que son Messie souffrirait, accomplissait ainsi sa parole.
Convertissez-vous donc et revenez à Dieu pour que vos péchés soient effacés. »
 
 


 

Psaume : 4, 2, 7, 9

 

R/ Révèle-nous, Seigneur, ton visage de lumière

 

Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice ! 
Toi qui me libères dans la détresse, 
pitié pour moi, écoute ma prière !

Beaucoup demandent : 
« Qui nous fera voir le bonheur ? » 
Sur nous, Seigneur, que s'illumine ton visage !

Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors, 
car tu me donnes d'habiter, Seigneur, 
seul, dans la confiance.
 
 
 


 

2ème lecture : Le Christ victime offerte pour nos péchés (1Jn 2, 1-5a)

 

Lecture de la première lettre de saint Jean

Mes petits enfants, je vous écris pour que vous évitiez le péché.
Mais, si l'un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père :
Jésus Christ, le Juste.
Il est la victime offerte pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier.
Et voici comment nous pouvons savoir que nous le connaissons : c'est en gardant ses commandements.
Celui qui dit : « Je le connais », et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n'est pas en lui.
Mais en celui qui garde fidèlement sa parole, l'amour de Dieu atteint vraiment la perfection.
 
 



 

Evangile : Le Christ ressuscité envoie les Apôtres en mission (Lc 24, 35-48)


Acclamation : Le Seigneur ressucité est apparu à ses Apôtres, il leur a donné sa paix.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

 

 

 

 

Les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment ils avaient reconnu le Seigneur quand il avait rompu le pain.
Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ?
Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement.Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé.
Il le prit et le mangea devant eux. Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures.
Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour,
et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
C'est vous qui en êtes les témoins. »
 
 




Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 

La fête de la Miséricorde, ultime remède au péché - Homélie 2° dimanche de Pâques

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »

« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »

Il y a huit jours, nous avons contemplé dans l'émerveillement, avec le milliard trois cent millions de catholiques à travers le monde le mystère de la Résurrection du Seigneur.

Nous tournons maintenant les yeux vers ce petit groupe d'Apôtres qui, huit jours après Pâques, se retrouvent ensemble dans la chambre haute. Jésus leur apparaît encore une fois dans la gloire de son corps ressuscité.

Remarquons d’abord cette mention de la "peur des Juifs". On la retrouve un certain nombre de fois dans l’évangile de Jean. Chaque fois, il est question de l’incapacité ou du refus de parler du Christ ou de prêcher l'Évangile. Par exemple, lorsque que Jésus vient au Temple, le jour de la Fête des Tentes, incognito, parce qu'Hérode veut le tuer, les foules se demandent qui Il est, mais personne ne parle de lui ouvertement "par peur des Juifs". Lorsque Jésus guérit un homme né aveugle et que les Pharisiens interrogent les parents de cet homme, ils refusent de répondre, "par peur des Juifs". Joseph d'Arimathie, qui s'occupa de la mise au tombeau de Jésus, était un disciple de Jésus, mais en secret, "par peur des Juifs". Dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous voyons donc les disciples réunis, mais ne disant pas un mot de Jésus, "par peur des Juifs". C’est normal : ils n’ont pas encore reçu l’Esprit.

"Jésus vint, et il était là au milieu d'eux." Ensuite il regarde les Apôtres dans les yeux, souffle sur eux, et leur donne le pouvoir et la mission de pardonner les péchés en son nom. C'est le point de départ du sacrement de la confession, le sacrement qui permettra de ramener toutes les brebis égarées au bercail du Bon Pasteur.

Et huit jours plus tard, de nouveau : "Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux." La première chose que fait Jésus, c'est de partir à la recherche de la brebis égarée : il invite Thomas, en proie au doute, de toucher ses plaies glorieuses, purifiant misréricordieusement  son coeur de toute hésitation qui le séparait encore du reste de la petite Église naissante.


 


Près de vingt siècles après cette rencontre de Jésus ressuscité avec ses Apôtres, au cours du Grand Jubilé de l'An 2000, le Pape Jean Paul II établira le premier dimanche après Pâques comme une Fête en l'honneur de la Miséricorde divine dans l'Église universelle, pour donner suite à une requête du Seigneur lui-même au cours de plusieurs apparitions à une religieuse polonaise, sainte Faustine Kowalska.

Rien que la pensée de la Miséricorde de Notre Seigneur doit nous remplir de confiance et d'espérance ... mais aussi d'humilité ! Car si le Christ a tant désiré répandre la Bonne Nouvelle de sa Miséricorde sans bornes aujourd'hui, c'est parce que nous en avons bien besoin, et davantage qu'à d'autres époques ! C'est parce que le péché est une réalité désastreuse dans notre vie et dans notre monde, causant des dégâts si importants que le Christ seul peut les réparer. Voilà ce que l'on pourrait appeler le revers de la médaille de l'institution de la Fête de la Miséricorde divine il y a neuf ans : la réalité de notre péché, de notre péché d'aujourd'hui !

Au cours de ses confidences à Soeur Faustine, Jésus n'a jamais passé cet aspect peu reluisant de notre époque sous silence. Il lui disait :

 


- "Les âmes périssent malgré mon amère Passion. Je leur offre un dernière planche de salut : c'est la Fête de ma Miséricorde. Si elles n'adorent pas ma Miséricorde, elles périront pour l'éternité ... Écris, parle aux âmes de ma grande Miséricorde, car le jour terrible, le jour de ma justice est proche." (Journal 965)
 


Au cours d'un autre entretien, Jésus explique la puissance de sa Miséricorde en parlant de la laideur du péché :
 


- "Même si (une) âme était en décomposition comme un cadavre, et même si humainement parlant il n'y avait plus aucun espoir de retour à la vie, et que tout semblait perdu - il n'en est pas ainsi pour Dieu, le miracle de la miséricorde divine redonnera vie à cette âme dans toute sa plénitude. Ô malheureux, qui ne profitez pas maintenant de ce miracle de la miséricorde divine ; en vain vous appellerez, il sera déjà trop tard." (Journal 1448)
 


Le péché, notre refus de l'amitié de Dieu, nous sépare de lui, qui est la source de la vie. Un cadavre en putréfaction est la meilleure image pour décrire une âme qui est au pouvoir du péché. Mais l'aspect le plus redoutable du péché est que, à moins que le pécheur recherche le pardon de Dieu, toujours accessible et inconditionnel, il court tout droit vers l'éternelle séparation avec lui, c'est-à-dire l'enfer.

Soeur Faustine a reçu une vison de l'enfer. Au cours de cette vision, elle a vu les souffrances atroces des condamnés. Plus tard, elle écrira que si Dieu lui a permis de voir l'enfer, c'est "pour qu'aucune âme ne puisse inventer l'excuse de dire que l'enfer n'existe pas, ou que personne n'y est jamais allé, et que donc, personne ne peut dire à quoi il ressemble". Elle écit encore :

 


- "Je serais morte à la vue de ces terribles souffrances, si la toute-puissance de Dieu ne m'avait soutenue." (Journal 741)
 


Ainsi la Miséricorde du Christ est une véritable aubaine, parce que nos péchés sont si affreux. Mais la Miséricorde du Christ est plus grande que nos péchés même les plus horribles. Un jour Jésus dit à Sainte Faustine qu'en comparaison de sa Miséricorde, nos misères sont comme un petit rameau jeté dans une fournaise ardente. Jésus veut donc incinérer nos péchés et nos tendances égoïstes dans le feu de son amour. Pour cela nous n'avons qu'à jeter nos petits rameaux dans les flammes de son Coeur.

Voilà un rappel de choses difficiles, pas très agréables à entendre, mais dont nous avons d'autant plus besoin, dans un monde qui se bouche les oreilles. Ce rappel ne pourra porter du fruit dans notre vie que dans la mesure où nous suivons le B.A.-BA de la Miséricorde Divine :

D'abord supplier ! Le meilleur moyen d'implorer la Miséricorde pour nous-mêmes est d'avoir recours au sacrement de la confession, que Jésus a donné à son Église en ce jour même, il y a deux mille ans. Voici ce qu'll dit à Sainte Faustine à ce sujet :

 


- "Quand tu t'approches de la sainte confession, de cette source de ma miséricorde, le sang et l'eau qui sont sortis de mon coeur se déversent sur ton âme et l'ennoblissent. Chaque fois que tu te confesses, plonge-toi entièrement dans ma miséricorde avec grande confiance, pour que je puisse déverser en ton âme toutes les largesses de ma grâce. Quand tu vas te confesser, sache que c'est moi-même qui t'attends dans le confessionnal, je me dissimule seulement derrière le prêtre, mais c'est moi seul qui agis dans l'âme. Ici la misère de l'âme rencontre le Dieu de miséricorde." (Journal 1602)
 


Mais nous pouvons implorer la Miséricorde également pour les autres, spécialement en priant pour ceux qui ne croient pas ou qui ne font pas confiance à la Miséricorde du Christ.
 


Ensuite, être miséricordieux. Jésus dit à Soeur Faustine :
 


- "Je te demande des oeuvres de miséricorde... Tu dois faire preuve de miséricorde envers ton prochain toujours et partout."
 


Cela signifie qu'il faut faire de bonnes choses pour les autres, non pas parce qu'ils le méritent, ou pour obtenir une récompense, mais uniquement pour marcher dans les pas de Jésus Miséricordieux. Mais où pouvons-nous trouver la force de le faire ?

En faisant totalement confiance à Jésus. Lui-même nous accordera sa grâce, si nous le voulons bien. Il fera de nous des ambassadeurs de sa Miséricorde, comme il l'a fait pour les premiers Apôtres. Quand nous nous sentons incapables d'implorer la Miséricorde, ou trop faibles our faire miséricorde, nous devrions simplement réciter la prière que Jésus a demandé à Soeur Faustine d'inscrire au bas de l'icône de sa Divine Miséricorde : "JÉSUS, J'AI CONFIANCE EN VOUS."

Nous pouvons le faire tout de suite, durant cette eucharistie à laquelle Jésus nous fait la grâce de nous convoquer. Rien ne lui sera plus agréable.

Lectures 2° Dimanche de Pâques - Fête de la Miséricorde

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Le partage dans la communauté des premiers chrétiens (Ac 4, 32-35)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

 

 

 

 

La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul coeur et une seule âme ; et personne ne se disait propriétaire de ce qu'il possédait, mais on mettait tout en commun.
C'est avec une grande force que les Apôtres portaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et la puissance de la grâce était sur eux tous.
Aucun d'entre eux n'était dans la misère, car tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient,
et ils en apportaient le prix pour le mettre à la disposition des Apôtres. On en redistribuait une part à chacun des frères au fur et à mesure de ses besoins.
 
 


 

Psaume : 117, 1.4, 16-17, 22-23, 24-25

R/ Éternel est son amour !

 
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! 
Éternel est son amour !

Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !


Le bras du Seigneur se lève, 
le bras du Seigneur est fort ! 
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur :


La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle :
c'est là l'oeuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

 
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu'il soit pour nous jour de fête et de joie !
Donne, Seigneur, donne le salut !
Donne, Seigneur, donne la victoire !
 
 



 

2ème lecture : Celui qui croit est né de Dieu (1 Jn 5, 1-6)

 

Lecture de la première lettre de saint Jean

Tout homme qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est vraiment né de Dieu ; tout homme qui aime le Père aime aussi celui qui est né de lui.
Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieulorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements.
Car l'amour de Dieu, c'est cela : garder ses commandements. Ses commandements ne sont pas un fardeau,
puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et ce qui nous a fait vaincre le monde, c'est notre foi.
Qui donc est vainqueur du monde ? N'est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?
C'est lui, Jésus Christ, qui est venu par l'eau et par le sang : pas seulement l'eau, mais l'eau et le sang. Et celui qui rend témoignage, c'est l'Esprit, car l'Esprit est la vérité.
 
 


 

Evangile : Apparition du Christ huit jours après Pâques (Jn 20, 19-31)

 
Acclamation : Thomas a vu le Seigneur : il a cru.
Heureux celui qui croit sans avoir vu ! (cf. Jn 20, 29)
 


 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » 
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint.
Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »
Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. »
Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre.
Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.




Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Église des hommes, Église des femmes - Homélie Jour de Pâques

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)



ÉgIise des hommes, Église des femmes.
Dans l'évangile, les deux plus importants disciples, Pierre, le ministère ecclésial, et Jean, l'amour ecclésial, sont troublés par Marie de Magdala, qui, la première, a vu le tombeau ouvert. Les deux disciples courent « ensemble », est-il dit, et pourtant pas ensemble, parce que l'amour est plus rapide, plus insouciant, que le ministère, qui doit se soucier de beaucoup de choses. Mais l'amour cède le pas pour l'examen au ministère, c'est Pierre d'abord qui voit le suaire plié et juge qu'aucun vol ne peut avoir été commis ici. Cela suffit pour céder la place à l'amour qui « voit et croit » ; qui croit non pas a proprement parler à la résurrection, mais à la vérité de tout ce qui s'est passé avec Jésus. C'est jusque-là que parviennent les deux représentants symboliques de l'Église : ce sont, des choses vraies qui sont arrivées, la foi en Jésus est justifiée, malgré tout ce qui demeure impénétrable dans la situation.

Cette foi devient vraie foi en la résurrection d'abord seulement chez la femme qui ne « s'en retourne pas » chez elle, mais reste constamment à l'endroit où le mort a disparu et le cherche. La place vide devient lumineuse, délimitée par les deux anges qui se tiennent à la tête et aux pieds. Mais le vide lumineux ne suffit pas à l'amour de l'Église (ici la femme pardonnée tient sans doute la place de la femme tout court, celle de Marie, la Mère) : elle doit avoir l'unique aimé. Elle le reçoit dans l'appel de Jésus : Marie ! Par là tout est comblé, le cadavre cherché est l'Éternel Vivant. Mais il ne faut pas le saisir, car il est en route vers le Père : la terre ne doit pas le retenir, mais dire oui, comme jadis à son incarnation, maintenant à son retour au Père. Ce qui devient la chance de l'envoi aux frères : donner est plus béatifique que garder pour soi.


L'Église est au plus profond femme ; comme femme elle embrasse aussi bien le ministère que l'amour ecclésial qui sont inséparables. « La femme entourera l'homme » (Jr 31, 21-22) :


« Plante des signaux sur ton sentier, balise ton parcours, prends garde à la route, au chemin où tu vas : reviens vierge Israël, reviens ici vers tes villes ! Jusques à quand vas-tu rester bêtement à l'écart, fille apostate ? Le SEIGNEUR crée du nouveau sur la terre : la femme fait la cour à l'homme. » - Note TOB : « Litt. La femme entoure l'homme. L'expression, déconcertante, signifie peut-être que désormais ce sera la femme (= le peuple) qui cherchera à gagner les faveurs de l'homme (= Dieu), alors que présentement c'est le Seigneur qui fait la cour à son peuple. »).


Le ministère proclame. Dans la première lecture, Pierre prêche sur toute l'activité de Jésus ; il ne peut le faire de cette manière supérieure et victorieuse qu'à partir de l'évènement de la résurrection. Celle-ci jette la lumière décisive tout sur tout ce qui a précédé : par le baptême, Jésus, doté du Saint Esprit et de la force de Dieu, est devenu le bienfaiteur et le sauveur de tous, la passion apparaît presque comme un interlude, pour ce qui est plus important : le témoignage à partir de la résurrection. Car le témoignage doit exister, puisque l'apparition du Glorifié ne devait pas être un spectacle pour « tout le peuple », mais une charge confiée aux « témoins choisis d'avance » pour « annoncer au peuple » l'évènement, qui débouche sur un double résultat :


- pour les croyants, le Seigneur est « le pardon des péchés »,
- pour tous, il sera « le Juge établi par Dieu ».


La prédication du pape est la substance de la Bonne Nouvelle et la synthèse de la doctrine officielle.


« Chers frères et sœurs, pour une célébration fructueuse de Pâques, l'Eglise demande aux fidèles de s'approcher au cours de ces journées du sacrement de la Pénitence, qui est comme une espèce de mort et de résurrection pour chacun de nous. Dans l'antique communauté chrétienne, le Jeudi Saint se déroulait le rite de la Réconciliation des Pénitents présidé par l'évêque. Les conditions historiques ont certainement changé, mais se préparer à Pâques avec une bonne confession reste une pratique qu'il faut pleinement valoriser parce qu'elle nous offre la possibilité de recommencer à nouveau notre vie et de connaître véritablement un nouveau début dans la joie du Ressuscité et dans la communion du pardon qu'il nous a donné. Conscients d'être des pécheurs, mais confiants dans la miséricorde divine, laissons-nous réconcilier par le Christ pour goûter plus intensément la joie qu'Il nous communique avec sa résurrection. Le pardon, qui nous est donné par le Christ dans le sacrement de la Pénitence, est une source de paix intérieure et extérieure et fait de nous des apôtres de paix dans un monde où continuent malheureusement les divisions, les souffrances et les drames de l'injustice, de la haine et de la violence, de l'incapacité de se réconcilier pour recommencer de nouveau avec un pardon sincère. Nous savons cependant que le mal n'a pas le dernier mot, car le vainqueur est le Christ crucifié et ressuscité et son triomphe se manifeste avec la force de l'amour miséricordieux. Sa résurrection nous donne cette certitude : malgré toute l'obscurité que l'on trouve dans le monde, le mal n'a pas le dernier mot. Soutenus par cette certitude, nous pourrons nous engager avec plus de courage et d'enthousiasme afin que naisse un monde plus juste. »


L'apôtre explique. Dans la deuxième lecture, Paul tire la conclusion pour la vie chrétienne. La mort et la résurrection du Christ, qui sont toutes deux arrivées pour nous, nous ont réellement fait entrer en lui : « Vous êtes morts », « vous êtes ressuscités avec le Christ ». Puisque tout subsiste en lui (Col 1, 17), tout accomplit son mouvement en y participant.


Mais de même que l'être du Christ était déterminé par son obéissance au Père, ainsi notre être est inséparable de notre devoir. Notre être consiste en ce que notre vie est cachée avec le Christ en Dieu, soustraite au monde, et, par conséquent, on ne peut pas la montrer ; c'est seulement quand « paraîtra le Christ, notre vie », que notre vérité cachée pourra paraître avec lui à sa lumière. Mais puisque notre être est aussi un devoir, et implique la liberté qui nous est donnée, nous avons à diriger notre effort vers le ciel ; même quand nous avons à nous acquitter d'une tâche terrestre, il ne nous est pas permis d'y rester attachés, mais nous devons tendre résolument à ce qui est, pas seulement après la mort, mais déjà maintenant, notre plus profonde vérité. Dans le don de Pâques, se trouve l'exigence de Pâques, et celle-ci également est un pur don.


Lectures Jour de Pâques B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Les apôtres témoins de la Résurrection (Ac 10, 34a.37-43)

 
 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Quand Pierre arriva de Césarée chez un centurion de l'armée romaine, il prit la parole : « Vous savez ce qui s'est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean :
Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui.
Et nous, les Apôtres, nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l'ont fait mourir en le pendant au bois du supplice.
Et voici que Dieu l'a ressuscité le troisième jour.
Il lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts.
Il nous a chargés d'annoncer au peuple et de témoigner que Dieu l'a choisi comme Juge des vivants et des morts.
C'est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage : Tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés. »
 
 


 

Psaume : 117, 1-2, 3-4, 16-17, 22-23

 



 

R/ Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, alléluia !

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! *
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour ! +

Que le dise la maison d'Aaron :
Éternel est son amour ! *
Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

le bras du Seigneur se lève, *
le bras du Seigneur est fort ! »
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur :

La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle :
c'est là l'oeuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.


 

2ème lecture : Vivre avec le Christ ressucité (Col 3, 1-4)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre.
En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu.
Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.
 
 
 

sequence

À la victime pascale,
chrétiens, offrez le sacrifice de louange.
L’Agneau a racheté les brebis;
le Christ innocent a réconcilié l’homme pécheur avec le Père.
La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux.
Le Maître de la vie mourut; vivant, il règne.
“Dis-nous, Marie Madeleine,
qu’as-tu vu en chemin ?”
“J’ai vu le sépulcre du Christ vivant,
j’ai vu la gloire du Ressuscité.
J’ai vu les anges ses témoins,
le suaire et les vêtements.
Le Christ, mon espérance, est ressuscité !
Il vous précédera en Galilée.”
Nous le savons : le Christ
est vraiment ressuscité des morts.
Roi victorieux, prends-nous tous en pitié !
Amen.



 

Evangile : Le tombeau vide et la foi des Apôtres (Jn 20, 1-9)

 
Acclamation :

Notre Pâque immolée, c'est le Christ !

Rassasions-nous dans la joie

au festin du Seigneur !

 


Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. »
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là,
et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.



 
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Quand l'Église veille, Jésus précède - Homélie pour la Vigile Pascale B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)



Avec la mort de Jésus, la Parole de Dieu est à sa fin. L'Église a veillé silencieusement au tombeau, dans la fatigue de Marie transpercée par tous les glaives de la souffrance ; toute foi vivante, toute espérance vivante, a été déposée auprès de Dieu. Aucun alléluia prématuré ne retentit. L'Église qui veille et qui prie le temps de se remémorer le long chemin que Dieu, depuis la création du monde, a parcouru avec son peuple à travers toutes les étapes de l'histoire du salut ; sept évènements se déroulent devant son regard spirituel ; elle voit le salut même dans les situations les plus difficiles, comme dans le sacrifice d'Abraham, comme dans le passage étroit à travers la mer partagée, comme dans l'appel à revenir de l'exil, et l'Église comprend que c'étaient purement des évènements de la grâce. Même le sacrifice d'Isaac était la confirmation définitive de l'obéissance d'Abraham et de la promesse de Dieu, même l'ensevelissement apparent dans la mer était le salut d'Israël et la ruine des ennemis, même l'exil était une longue purification et un retour à Dieu.

Aussi l'Église, dans l'épître, reconnaît que sa propre mort dans le baptême est une mort avec Jésus, pour le salut définitif en lui : pour la résurrection en lui vers Dieu, comme nouvelle vie sans péché ni mort. Ce n'est pas une simple cérémonie qui réalise ce miracle, niais bien un véritable « être crucifié avec le Christ » du vieil homme pécheur d'où seulement une mort et un ensevelissement avec le Christ peuvent se produire. C'est là essentiellement un don fait par Dieu à celui qui reçoit le baptême, et une exigence de chaque jour qui lui est adressée de le vérifier à travers son existence. Les deux choses sont inséparables pour que le chrétien laisse pénétrer sa vie du don qui lui est fait dans le Christ : ce qu'il est, il doit le devenir ; ce qu'il a, il doit le développer. Ainsi le tournant du Samedi Saint à Pâques ne peut être que les deux choses en une : joie du don suprême reçu et décision de tenir sa promesse de baptême. C'est avec raison qu'elle est renouvelée dans sa célébration de la nuit pascale.


Les femmes qui (d'après Matthieu) s'étaient tenues comme représentantes de l'Église aimante au pied de la croix, continuent à jouer ce rôle au matin de Pâques. Il est au fond étonnant qu'elles ne se laissent pas décourager par les terribles évènements, et d'abord qu'elles ne pensent pas à l'impossibilité de leur entreprise : « Qui nous roulera la pierre ? », mais qu'elles poursuivent inébranlablement leur pieux projet d'embaumer le corps de Jésus pour le protéger pour ainsi dire, autant que c'était humainement possible, de la décomposition. Cela a quelque chose d'une naïve piété populaire qui, avec son instinct sûr, poursuit son chemin par-dessus tous les obstacles extérieurs et toutes les objections spirituelles. Et leur piété est récompensée par Dieu, car lui-même enlève les obstacles - la pierre est déjà écartée - et lorsque les femmes, à la fin de leur pèlerinage, sans façons et sans hésitations, pénètrent dans le sanctuaire du tombeau ouvert, l'explication qui les pacifiera devant le stupéfiant évènement leur est ainsi déjà préparée. Leur effroi est compréhensible, il est vraiment traditionnel dans la Sainte Écriture, toutes les fois que l'homme rencontre une manifestation du divin.


Le discours de l'ange est d'une beauté supraterrestre, on ne pourrait absolument pas parler d'une manière plus aimable et en même temps plus pertinente.


- La parole d'apaisement au début permet aux femmes de saisir ce qui est dit.
- Ensuite on insiste : l'ange sait ce qu'elles cherchent : cet homme déterminé, « Jésus de Nazareth », qui est mort avant-hier sur la croix.
- Vient alors l'affirmation simple, comme si cela allait de soi : « Il est ressuscité il n'est pas ici », comme si l'on disait à un visiteur : la personne que vous voudriez voir est sortie. Il y a quelque chose de divin dans cette assurance paisible : c'est dans la logique de la croix que la résurrection la suive. « Voici le lieu... », convainquez-vous vous-mêmes que celui que vous cherchez n'est plus là.
- Et finalement l'ordre d'annoncer la nouvelle aux disciples, et pour preuve que l'information est exacte, le recours à la parole même de Jésus : « Là vous le verrez, comme il vous l'a dit ». « En Galilée », là où vous êtes chez vous et où pour vous tout a commencé. C'est son pays, mais avant tout le vôtre, et vous le trouverez là où votre vie quotidienne se déroule.


Pendant que l'Église veille, le Seigneur précède.


« Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? »

« Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? »

Lectures Veillée Pascale

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

3ème lecture : La liberation d'Israël par le passage de la mer Rouge (Ex 14, 15-15, 1)

 

Lecture du livre de l'Exode

Les fils d'Israël, voyant les Egyptiens lancé à leur poursuite, étaient effrayés.

Le Seigneur dit à Moïse : « Pourquoi crier vers moi ? Ordonne aux fils d'Israël de se mettre en route !
Toi, lève ton bâton, étends le bras contre la mer, fends-la en deux, et que les fils d'Israël pénètrent dans la mer à pied sec.
Et moi, je vais endurcir le coeur des Égyptiens : ils pénétreront derrière eux dans la mer ; je triompherai, pour ma gloire, de Pharaon et de toute son armée, de ses chars et de ses guerriers.
Les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur, quand j'aurai triomphé, pour ma gloire, de Pharaon, de ses chars et de ses guerriers. »
L'ange de Dieu, qui marchait en avant d'Israël, changea de place et se porta à l'arrière. La colonne de nuée quitta l'avant-garde et vint se placer à l'arrière,
entre le camp des Égyptiens et le camp d'Israël. Cette nuée était à la fois ténèbres et lumière dans la nuit, si bien que, de toute la nuit, ils ne purent se rencontrer.
Moïse étendit le bras contre la mer. Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d'est, et il mit la mer à sec. Les eaux se fendirent,
et les fils d'Israël pénétrèrent dans la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.
Les Égyptiens les poursuivirent et pénétrèrent derrière eux - avec tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses guerriers - jusqu'au milieu de la mer.
Aux dernières heures de la nuit, le Seigneur observa, depuis la colonne de feu et de nuée, l'armée des Égyptiens, et il la mit en déroute.
Il faussa les roues de leurs chars, et ils eurent beaucoup de peine à les conduire. Les Égyptiens s'écrièrent : « Fuyons devant Israël, car c'est le Seigneur qui combat pour eux contre nous ! »
Le Seigneur dit à Moïse : « Étends le bras contre la mer : que les eaux reviennent sur les Égyptiens, leurs chars et leurs guerriers ! »
Moïse étendit le bras contre la mer. Au point du jour, la mer reprit sa place ; dans leur fuite, les Égyptiens s'y heurtèrent, et le Seigneur les précipita au milieu de la mer.
Les eaux refluèrent et recouvrirent toute l'armée de Pharaon, ses chars et ses guerriers, qui avaient pénétré dans la mer à la poursuite d'Israël. Il n'en resta pas un seul.
Mais les fils d'Israël avaient marché à pied sec au milieu de la mer, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.
Ce jour-là, le Seigneur sauva Israël de la main de l'Égypte, et Israël vit sur le bord de la mer les cadavres des Égyptiens.
Israël vit avec quelle main puissante le Seigneur avait agi contre l'Égypte. Le peuple craignit le Seigneur, il mit sa foi dans le Seigneur et dans son serviteur Moïse.
Alors Moïse et les fils d'Israël chantèrent ce cantique au Seigneur :



 

cantique : (Ex 15, 2-3, 4-5, 6.10a11, 17)

Ma force et mon chant, c'est le Seigneur :
il est pour moi le salut.
Il est mon Dieu, je le célèbre;
j'exalte le Dieu de mon père.
Le Seigneur est le guerrier des combats :
son nom est « Le Seigneur ».

Les chars du Pharaon et ses armées
il les lance dans la mer.
L'élite de leurs chefs
a sombré dans la mer Rouge.
L'abîme les recouvre :
ils descendent, comme la pierre, au fond des eaux.

Ta droite, Seigneur, magnifique en sa force,
ta droite, Seigneur, écrase l'ennemi.
Tu souffles ton haleine : la mer les recouvre.
Qui est comme toi, Seigneur, parmi les dieux ?
Qui est comme toi, magnifique en sainteté,
terrible en ses exploits, auteur de prodiges ?

Tu les amènes, tu les plantes
sur la montagne, ton héritage,
le lieu que tu as fait,
Seigneur, pour l'habiter,
le sanctuaire, Seigneur,
fondé par tes mains.


 

6ème lecture : Dieu offre aux hommes la vraie sagesse (Ba 3, 9-15.32-4,4)

 
 

 

Lecture du livre de Baruc

Écoute, Israël, les préceptes de vie,prête l'oreille pour acquérir la connaissance.
Pourquoi donc, Israël, pourquoi es-tu exilé chez tes ennemis,vieillissant sur une terre étrangère, souillé par le contact des cadavres,inscrit parmi les habitants du séjour des morts ?
- Parce que tu as abandonné la Source de la Sagesse !
Si tu avais suivi les chemins de Dieu,tu vivrais dans la paix pour toujours.
Apprends où se trouventet la connaissance, et la force, et l'intelligence ;apprends en même temps où se trouventde longues années de vie,la lumière de tes yeux, et la paix.
Mais qui donc a découvert la demeure de la Sagesse,qui a pénétré jusqu'à ses trésors ?

Celui qui sait tout en connaît le chemin,il l'a découvert par son intelligence.Il a pour toujours aménagé la terre,et l'a peuplée de troupeaux.
Il lance la lumière, et elle prend sa course ;il la rappelle, et elle obéit en tremblant.
Les étoiles brillent, joyeuses, à leur poste de veille ;
il les appelle, et elles répondent : « Nous voici ! »Elles brillent avec joie pour celui qui les a faites.
C'est lui qui est notre Dieu :aucun autre ne lui est comparable.
Il a découvert les chemins de la connaissance,et il les a confiés à Jacob, son serviteur,à Israël, son bien-aimé.
Ainsi la Sagesse est apparue sur la terre,elle a vécu parmi les hommes.

Elle est le livre des commandements de Dieu,la Loi qui demeure éternellement :tous ceux qui l'observent vivront,ceux qui l'abandonnent mourront.
Reviens à elle, Jacob, reçois-la ;à sa lumière, marche vers la splendeur :
ne laisse pas ta gloire à un autre,tes privilèges à un peuple étranger.
Heureux sommes-nous, Israël !Car ce qui plaît à Dieu, nous le connaissons.
 
 

Psaume : 18, 8, 9, 10, 11


R/ Dieu ! Tu as les paroles de vie éternelle.

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le coeur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu'il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l'or,
qu'une masse d'or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.




 

Epître : Le Baptême nous donne la vie nouvelle du Christ mort et ressucité (Rm 6, 3b-11)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés.
Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts.
Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne.
Nous le savons : l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que cet être de péché soit réduit à l'impuissance, et qu'ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché.
Car celui qui est mort est affranchi du péché.
Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
Nous le savons en effet : ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir.
Car lui qui est mort, c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant.
De même vous aussi : pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ.
 
 



 

 

 

 

 

 

 

 

Psaume : 117, 1.4, 16-17, 22-23

R/ Alléluia, alléuia, alléluia

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort ! »
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle :
c'est là l'oeuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.



 

Evangile : L'ange annonce aux femmes que le Christ est vivant (Mc 16, 1-8)

Acclamation : Le psaume 117 sert d'acclamation
 

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc

Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus.
De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au sépulcre au lever du soleil.
Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l'entrée du tombeau ? »
Au premier regard, elles s'aperçoivent qu'on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande.
En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de peur.
Mais il leur dit : « N'ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n'est pas ici. Voici l'endroit où on l'avait déposé.
Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : 'Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l'a dit.' »
Elles sortirent et s'enfuirent du tombeau, parce qu'elles étaient toutes tremblantes et hors d'elles-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. 
 
 



 
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



 
Lectures Veillée Pascale

Avançons-nous avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce - Homélie Vendredi Saint

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Jésus Christ, notre Sauveur, vrai Dieu et vrai Homme, a expérimenté les abîmes de la misère humaine. En contemplant sa Passion, il n’est pas permis d’en douter. Isaïe n’en a pas douté :

 

« Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se détourne. »

 

vendredi saint 1 lect1. 

 

 

Nous avons tous pu avoir cette impression dans notre vie, car nous vivons tous dans un monde de péché. Nous avons tous été malades, et trahis, et blessés. Et nous avons tous aussi fait souffrir les autres. Les conséquences du mal et du péché ont atteints et touchés chacun de nous, un peu comme les vagues dans l’eau atteignent le rivage quand on jette un caillou au milieu d’un étang. Le caillou, c’est le péché originel.

 

Jésus nous a sauvés en se mettant à notre niveau, en venant au cœur de nos douleurs et de nos détresses.

 

« C'étaient nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé. »

 

Il nous a sauvés, non pas en supprimant la souffrance, mais en souffrant avec et pour nous, en nous apprenant, par son propre exemple, à aimer et à faire confiance à Dieu au cœur de la souffrance.

 

Est-ce que nous réalisons pleinement la signification de cette vérité étonnante ? Cela veut dire que nous n’avons pas besoin de devenir parfaits pour pouvoir être amis de Dieu. Cela veut dire que, dans le Christ, nous pouvons nous rendre en présence de Dieu comme nous sommes, avec toutes nos misères et nos confusions, et nos blessures, et nos péchés. Les bras de Jésus sont étendus sur la croix, pour embrasser qui ? Ceux qui n’ont jamais péché ? Ceux qui sont déjà des saints ? Non! Nous!

 

La Lettre aux Hébreux nous le fait comprendre. Ecoutez à nouveau cette phrase impressionnante qui peut nous libérer de toute crainte et hésitation dans notre relation avec Dieu :

 

« Avançons-nous donc avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours. »

 

***

 

Le fait de faire l’expérience de cet amour de Dieu qui veut nous rencontrer là où nous sommes peut avoir une grande résonnance dans notre vie. Sir Alec Guinnes, l’acteur britannique aux nombreuses distinctions, en a fait l’expérience d’une manière très surprenante. Il se trouvait pour un tournage dans un vieux village en France. Il tournait un film où il jouait le rôle d’une prêtre catholique, bien que lui-même n’était pas catholique. Après une longue journée de tournage, il retournait vers son hôtel à pied à travers les rues du village, toujours en habits de prêtre. Soudain, une petite fille se précipite vers lui. Elle allait dans la même direction sur le chemin de retour vers la maison après avoir fait une course. En voyant l’acteur, mais pensant que c’était un vrai prêtre, elle lui prend la main dans sa petite main, et c’est ainsi qu’elle continue sa route, parlant avec lui comme si elle l’avait connu toute sa vie. L’acteur, ne connaissant pas un mot de français, ne savait pas ce qu’elle disait, était bien incapable de répondre quoique ce soit, mais pour la petite fille, ce n’était pas un problème. Elle continuait ainsi pendant quelques centaines de mètres, jusqu’à ce que elle devait tourner dans une autre direction. Sa main s’est détachée, s’est agitée pour dire au revoir, après quoi la petite fille a poursuivi sa route.

 

Alec Guinness est resté un moment perplexe. Il était intrigué par une religion qui pouvait inspirer autant de confiance et de joie. La petite fille l’avait pris pour un prêtre, et cela avait suffi pour le traiter comme s’ils avaient été des amis de longue date, bien qu’elle ne l’avait jamais rencontré avant durant toute sa vie ! Cette expérience non seulement a profondément influencé sa manière de jouer son rôle dans le film ; c’était le premier pas dans la voie qui l’a finalement conduit à devenir catholique.

 

Dans le Christ, Dieu – le Créateur de l’univers et celui qui maintient toute la Création dans l’existence, veut être aussi proche de nous. C’est pour cela qu’il est monté sur la Croix pour nous sauver par ses souffrances, pour pouvoir être proche de nous. Il veut que nous ayons avec lui la même confiance, la même simplicité que celle de la petite fille avec lui ! Il veut que nous avancions avec confiance vers le trône de sa grâce, comme nous sommes, tout simplement.

 

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Aujourd’hui, bien qu’attristés par les souffrances que notre Seigneur a du endurer pour nous sauver de nos péchés, nous sommes en même temps dans la joie, car nous savons que nous ne sommes pas seuls dans nos souffrances, et que nous ne serons jamais seuls. Il est tout près de nous. La porte de Dieu est toujours ouverte, ses bras sont toujours étendus pour nous accueillir. Le trône de Dieu est toujours à portée de notre prière. Ce soir, ne quittons pas cette église avant d’avoir remercié le Seigneur pour ce grand cadeau. Quand nous avancerons en procession pour vénérer la croix, faisons-le avec un coeur plein de reconnaissance.

 

Mais, en même temps, n’oublions pas que beaucoup n’ont toujours pas reçu ce cadeau. Beaucoup ne sont pas ici ce soir. Beaucoup n’ont pas entendu la Bonne Nouvelle. Beaucoup n’ont pas appris qu’ils peuvent avancer avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant. Beaucoup souffrent dans la solitude. Peut-être en connaissons-nous. Peut-être en connaissons-nous qui savaient, mais qui ont oublié. Peut-être connaissons-nous des personnes qui ont peur du Christ. Pourrions-nous procurer une plus grande joie au Seigneur que d’être de vrais disciples que de leur apporter la Bonne Nouvelle ?

 

"Contrairement à ce que nous pouvons penser, la plus grande difficulté des hommes n'est pas de croire à ce que l'Eglise enseigne au plan moral.
Le plus dur pour le monde postmoderne est de croire en Dieu et en son Fils unique."
(Cardinal Robert Sarah, Dieu ou rien)

 

 

Depuis hier soir, et jusqu’à demain soir, tous les tabernacle du monde sont vides, et tous les autels du monde sont nus. Où donc les hommes et les femmes qui souffrent en ce monde pourraient-ils aller pour être réconfortés par l’amour du Christ ? Nulle part ! Et donc, c’est nous qui devrons aller vers eux. Depuis maintenant et jusqu’à Pâques, nous sommes appelés à être des tabernacles vivants, nos cœurs devront être des autels où l’amour du Christ descend sur terre, en aimant notre prochain comme le Christ nous a aimés. Quand nous recevrons le Seigneur dans la Sainte Communion, prions humblement et avec confiance pour lui demander cette grâce.

 

"Contrairement à ce que nous pouvons penser, la plus grande difficulté des hommes n'est pas de croire à ce que l'Eglise enseigne au plan moral. Le plus dur pour le monde postmoderne est de croire en Dieu et en son fils unique." (Cardinal Robert Sarah, Dieu ou rien)

"Contrairement à ce que nous pouvons penser, la plus grande difficulté des hommes n'est pas de croire à ce que l'Eglise enseigne au plan moral. Le plus dur pour le monde postmoderne est de croire en Dieu et en son fils unique." (Cardinal Robert Sarah, Dieu ou rien)

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