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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

La grâce de Dieu peut transformer le coeur le plus endurci - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire B (conversion de saint Paul)

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 


La rencontre décisive de Jésus avec ses premiers disciples nous montre la puissance de la grâce de Dieu: elle a radicalement changé le sens de notre vie. Chaque année, le 25 janvier, l'Église célèbre aussi la mémoire d'une autre conversion radicale: celle de saint Paul.

 

La conversion de saint Paul est un des évènements les plus marquants de toute la Bible. Saul de Tarse était un jeune rabbi très en vue, très zélé pour défendre ses idées concernant le plan de salut de Dieu. L'incarnation, la passion, la mort et la résurrection de Jésus n'entraient pas dans ce plan. Quand il entend les Apôtres annoncer l'évangile, il est furieux, alors qu'ils ne faisaient qu'obéir à la dernière consigne de leur Maître pour "annoncer l'évangile à toute la création". Pour Saul, érudit, populaire et arrogant, cette doctrine est un blasphème. Il va mobiliser alors toute son intelligence, sa volonté et ses relations pour exterminer cette nouvelle religion, jusqu'à faire jeter en prison des hommes et des femmes. Impossible d'imaginer un adversaire plus virulent de Jésus Christ et de son Église.
 

Mais sur la route de Damas, tout cela va changer. Jésus lui apparaît, parle à son coeur. Un rayon de lumière pénètre le zèle mal éclairé et égocentrique du persécuteur. À partir de ce moment tout change. Paul est progressivement libéré de ses ambitions qui faisaient de lui un destructeur. Il devient peu à peu un ambassadeur de la grâce rédemptrice de Dieu, une lumière d'espérance et de miséricorde pour les pécheurs de tous les pays et de toute race, un messager fidèle de la bonté inconditionnelle de Dieu. À partir de ce moment, toutes ses ressources naturelles et surnaturelles seront mises à contribution pour la construction du Royaume, et non plus au service de ses propres ambitions, qui, comme il le dira dans la deuxième lecture de la mémoire, appartenaient à "ce monde tel que nous le voyons" qui "est en train de passer".

 

Quelle puissance que celle de la grâce de Dieu, de l'évangile, qui peut vraiment transformer une existence, de la façon la plus improbable et imprévisible ! Quelquefois nous avons de la peine à y croire, à cette puissance de transformation de la grâce, parce que nous avons au sujet de l'action de la grâce des idées erronées. Nous avons tendance à imaginer que cela devrait fonctionner par coup de baguette magique, ou comme au cinéma, comme à Hollywood.

 

Or l'action de la grâce de Dieu dans nos âmes requiert habituellement plus que deux heures. Quand Saul rencontre le Christ sur la route de Damas, c'est pour lui une expérience fulgurente, profondément transformante, mais ce n'est que le commencement d'une longue aventure spirituelle. Bien sûr, Saul cesse immédiatement de persécuter les chrétiens, mais il n'est devenu le prédicateur missionnaire charismatique qu'au bout d'une dizaine d'années. Durant cette période, il passe trois années en prière et en silence dans le désert d'Arabie, et ensuite encore six années dans sa ville d'origine, à Tarse, pratiquant son métier de fabricant de tentes, étudiant les Écritures à la lumière de ce qu'il avait appris de Jésus. Ce n'est qu'au bout de ces dix années de maturation, durant lesquelles l'Esprit Saint a pu toucher tous les coins et recoins de son esprit et de son coeur, qu'il reçoit un appel missionnaire.

 

Voilà comment fonctionne habituellement la grâce de Dieu. Voyez aussi l'exemple des Douze Apotres : Jésus a passé trois longues années, à plein temps, pour leur donner un enseignement, une formation, avant de leur donner la mission de convertir le monde, comme nous l'avons entendu dans l'évangile de la mémoire liturgique.

 

La puissance de transformation de la grâce est réelle, mais cela prend du temps. Jésus l'a dit à de multiples reprises dans ses paraboles. La grâce est comme une semence que Dieu sème dans la terre de nos coeurs. Elle germe et elle pousse lentement, du moins, si nous pensons à l'arroser régulièrement par la prière, si nous lui donnons suffisamment la lumière des sacrements, en y mettant aussi l'engrais de nos efforts pour connaître, aimer et suivre le Christ. Pour cette triple tâche, nous avons besoin de la patience du culitvateur qui cultive son champ (cf Jc 5, 7).

 

Si nous n'avons pas fait l'expérience de la puissance de transformation de l'évangile dans nos propres vies, la raison en est peut-être que nous n'en avons pas eu envie. Dieu, lui, est toujours aux aguets, mais il nous laisse la liberté d'être attentifs ou non. Avez-vous remarqué que même à l'occasion de la rencontre décisive avec saint Paul sur le chemin de Damas, Jésus, en fait, ne donne aucune instruction avant que Paul ne décide d'écouter. Dieu révèle sa présence, il fait le premier pas, mais il laisse à Saul la responsabilité de réagir positivement ou négativement. La réaction de saint Paul est positive. Dans la première lecture de ce jour (Actes 22) saint Luc nous précise qu'après la lumière aveuglante et la voix de Jésus, Saul répond : "Que dois-je faire, Seigneur ?" Il manifeste ainsi au Seigneur qu'il veut le suivre, qu'il veut courir le risque de le suivre, quelles qu'en soient les conséquences.

 

Ce "que dois-je faire ?" de Saul de Tarse évoque le "que devons-nous faire" des foules qui viennent se faire baptiser par Jean (Lc 3, 10.12.14). C'est la même question que nous retrouvons dans la bouche de ceux qui avaient écouté Pierre le matin de la Pentecôte (Ac 2, 37).

 

Dans la deuxième lecture, saint Paul nous dit ce que nous devons faire. Il nous rappelle que "ce monde tel que nous le voyons est en train de passer", et que "le temps est limité". Cela veut dire que nous devons mettre notre relation avec le Seigneur à la première place, et tout le reste à la seconde place ; cela veut dire que nous devons chercher notre bonheur, non pas dans notre compte en banque ou dans notre pouvoir d'achat, ni dans notre popularité ou nos passe-temps préférés, mais dans nos efforts pour mieux connaître et faire connaître, mieux aimer et faire aimer le Christ chaque jour. Si nous faisons cela, la puissance transformante de la grâce, la même que celle qui a changé le coeur de Saul et le cours de l'histoire, pourra donner toute sa mesure dans notre vie et dans la vie de ceux et de celles qui nous entourent.

 

Alors, aujourd'hui, demandons à Jésus, en célébrant cette eucharistie, de faire pour nous ce qu'il a fait pour Saul de Tarse, et d'éclairer nos esprits de la lumière de sa grâce. Demandons-lui de nous montrer concrètement ce que nous avons à faire pour rejeter tel désir, tel projet, telle ambition, telle habitude égoïste ... qui nous coupe de sa grâce transformante, et qui l'empêche d'agir. Parfois le Seigneur nous demande aussi d'accepter de ne rien pouvoir faire, d'accepter un échec, une épreuve, une maladie, qui nous paralysent et nous condamnent à l'inaction.

 

Mais quelles que soient les circonstances dans lesquelles l'appel de Dieu nous rejoint, nous pouvons toujours prier avec saint Nicolas de Flue, le saint patron de la Suisse :

 

"Seigneur Dieu, enlevez-moi tout ce qui m'éloigne de vous.
"Seigneur Dieu, donnez-moi tout ce qui me rapproche de vous.
"Prenez-moi à moi et donnez-moi tout à vous."

 

Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.

Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.

Lectures 3° Dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

 

1ère lecture : A l'appel du prophète, les païens se convertissent (Jon 3, 1-5.10)

 

Lecture du livre de Jonas

 

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La parole du Seigneur fut adressée de nouveau à Jonas :
« Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. »
Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser.
Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »
Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, prirent des vêtements de deuil.
En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.
 
 
 

 

 

Psaume : Ps 24, 4-5ab, 6-7, 8-9

 

R/ Fais-nous connaître tes chemins, Seigneur !

 

Seigneur, enseigne-moi tes voies, 
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, 
car tu es le Dieu qui me sauve. 

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, 
ton amour qui est de toujours. 

Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ; 
dans ton amour, ne m'oublie pas. 


Il est droit, il est bon, le Seigneur, 
lui qui montre aux pécheurs le chemin. 

Sa justice dirige les humbles, 
il enseigne aux humbles son chemin.
 
 
 

 

 

 

2ème lecture : Le monde passe : vivons ce temps pour le Seigneur (1Co 7, 29-31)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, 
je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s'ils n'avaient pas de femme, ceux qui pleurent, comme s'ils ne pleuraient pas, ceux qui sont heureux, comme s'ils n'étaient pas heureux, ceux qui font des achats, comme s'ils ne possédaient rien, ceux qui tirent profit de ce monde, comme s'ils n'en profitaient pas. Car ce monde tel que nous le voyons est en train de passer.
 
 
 
 

 

 

 

 

Evangile : Jésus invite les hommes à la conversion, et appelle ses premiers Apôtres (Mc 1, 14-20)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le règne de Dieu est venu jusqu'à vous ; croyez à la Bonne Nouvelle. Alléluia.  (Mc 1, 15)

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

 

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Après l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait :
« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

Passant au bord du lac de Galilée, il vit Simon et son frère André en train de jeter leurs filets : c'étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. »
Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent. 

Un peu plus loin, Jésus vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient aussi dans leur barque et préparaient leurs filets.
Jésus les appela aussitôt. Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils partirent derrière lui.
 
 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

"Que désirez-vous ?" - Être des hommes de désir ! Homélie 2° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)


- « Le lendemain du baptême de Jésus, Jean se trouvait encore là avec deux disciples. Regardant passer Jésus, il dit : "Voici l'Agneau de Dieu." »

En ce début du Temps Ordinaire, une semaine après la fête du Baptême, nous retrouvons aujourd'hui, dans le quatrième évangile, Jean, le Baptiste. Suite à l'homélie de dimanche dernier, nous pouvons lui demander - non pas comme en passant, mais avec insistance - de nous aider à célébrer l'Eucharistie comme le Seigneur le mérite, et comme l'Église nous le demande.

Jean le Baptiste est encore tout imprégné de la manifestation de l'Esprit Saint lors du Baptême de Jésus.  La voix du Père résonne encore dans son esprit.  Sans cesse il pense au Messie de Dieu venu sur terre pour révéler l'Amour du Père qui veut, en son Fils bien-aimé, prendre sur lui le péché du monde pour sauver tous les hommes !  Et le lendemain de ce jour mémorable où il fut choisi pour baptiser le Seigneur Jésus, Jean le Baptiste ne peut s'empêcher de crier, dans l'Esprit Saint : «Voici l'Agneau de Dieu !»

Jean pointe du doigt le Messie, le Sauveur, le Christ Jésus : il indique le Chemin à suivre, il montre où est la Porte du Ciel, il crie, à tous ceux qui veulent bien l'écouter, que l'Amour est là !  Déjà, le Cœur de Jésus est ouvert ; déjà, le Cœur de Dieu s'est entrouvert pour laisser voir quelle miséricorde attend tous ceux qui veulent bien s'approcher du Cœur du Christ !  Car, lorsque les cieux s'entrouvrirent et que la voix du Père se fit entendre, déjà, l'Amour de Dieu s'écoula du Cœur de Jésus, annonçant le sang et l'eau du baptême qui jaillirent sur la Croix du Calvaire (cf. Jn. 19, 34).

«Voici l'Agneau de Dieu !»  «Ecce Agnus Dei !»  C'est l'expression employée par le prêtre lors de la célébration eucharistique pour présenter l'hostie aux fidèles, avant la communion.  Mais cette expression se retrouve surtout dans le chant liturgique que l'Église proclame lors de la fraction du pain : «Agnus Dei, qui tollis pecata mundi, miserere nobis.»  «Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, prends pitié de nous.»  Vraiment, dans cette expression «Agneau de Dieu», c'est tout l'Amour de Dieu qui nous est révélé !  Vraiment, c'est le Pain de l'Amour qui est rompu pour nous !

- « Ses deux disciples l'entendirent et allèrent vers Jésus. »

Cette expression «Agneau de Dieu» possède une force telle qu'elle attire à Jésus tous les hommes et toutes les femmes de désir.  Jean l'a à peine prononcée, que ceux qui ont bien voulu l'écouter reçoivent une grâce particulière : celle de vouloir suivre le Christ !  «Ses deux disciples l'entendirent et allèrent vers Jésus.»  : n'est-ce pas ce que tous les fidèles font lors de la célébration eucharistique ?  À peine le prêtre a-t-il présenté aux fidèles l'hostie consacrée, que ceux-ci s'élancent à la suite du Maître et vont le retrouver dans son banquet nuptial !

- « Voyant qu'ils le suivaient, Jésus se retourne : "Que désirez-vous ?" dit-il. Ils répondirent : "Rabbi (ce mot signifie Maître), où demeures-tu ?"  "Venez voir", leur dit-il. Ils allèrent voir où il demeurait, et ils restèrent avec lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure. »

«Que désirez-vous ?»  Que désirons-nous ?  Sommes-nous, nous aussi, des gens "de désir" ?  Si oui, nous pourrions répondre, comme les disciples de Jean : «Maître, où demeures-tu ?»  Et il nous répondrait, maintenant : «Je suis dans le Ciel !»  N'est-ce pas pareil lorsque nous recevons en nous Jésus Eucharistie ?  Le Seigneur ne vient-il pas dans le Ciel de notre âme (cf. Bse Élisabeth de la Trinité) ?  Car alors, le Ciel est en nous !  Et, comme les disciples, nous resterons avec Jésus «ce jour-là» ; car chaque jour le prêtre rompt pour nous «le pain de chaque jour» !

« Prenez et mangez en tous » : la communion dans le Catéchisme de l'Église Catholique (CEC) :

1384 Le Seigneur nous adresse une invitation pressante à le recevoir dans le sacrement de l’Eucharistie : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la Chair du Fils de l’homme et ne buvez son Sang, vous n’aurez pas la vie en vous « (Jn 6, 53).

1389 L’Église fait obligation aux fidèles de participer les dimanches et les jours de fête à la divine liturgie (cf. OE 15) et de recevoir au moins une fois par an l’Eucharistie, si possible au temps pascal (cf. CIC, can. 920), préparés par le sacrement de la Réconciliation. Mais l’Église recommande vivement aux fidèles de recevoir la sainte Eucharistie les dimanches et les jours de fête, ou plus souvent encore, même tous les jours.


Les personnes qui sont empêchées de communier, soit à cause des obligations de leur devoir d'état, soit à cause d’une situation matrimoniale irrégulière, par exemple (mais pas seulement), et même celles qui communient régulièrement, peuvent toujours s'exercer à la communion de désir (pour ceux qui sont empêchés par leur devoir d'état ou par un autre cas de force majeure) ou au désir de la communion (pour ceux qui sont en état de péché mortel, afin de pouvoir, un jour, faire le pas, et renoncer au péché, se repentir, se confesser et recevoir l'absolution).

D’après S. Thomas d’Aquin, la communion spirituelle consiste dans un ardent désir de recevoir Jésus-Hostie et dans un acte d’amour tel qu’on le ferait si on l’avait reçu sacramentellement. À la fin de chaque visite au Saint Sacrement, la communion spirituelle est recommandée par S. Alphonse de Liguori.

Ces communions spirituelles sont très agréables à Dieu et procurent de grandes grâces : c’est ce que Notre Seigneur fit entendre à sa servante, la sœur Paola Maresca, fondatrice du monastère de sainte Catherine de Sienne, à Naples. Il lui montra deux vases précieux, l’un d’or et l’autre d’argent. « Dans le premier, lui dit-il, je conserve tes communions sacramentelles, et, dans le second, tes communions spirituelles. »


« À chacune de tes communions spirituelles, assura-t-il à la Bienheureuse Jeanne de la Croix, tu reçois une grâce analogue à celle que tu recevrais en communiant réellement. »


Le concile de Trente loue grandement la communion spirituelle, il engage les fidèles à le pratiquer : c’est la souveraine recommandation, qu’elle nous suffise.


La Bienheureuse Agathe de la Croix faisait chaque jour deux cents communions spirituelles !


Saint Pierre Favre, premier compagnon de S. Ignace, canonisé par le Pape François, disait que la communion spirituelle est une excellente préparation à la communion sacramentelle.


« La communion spirituelle, remarquait la Bienheureuse Jeanne de la Croix, n’attire l’attention de personne, ne réclame ni jeûne, ni permission du directeur ; nous pouvons la faire à toute heure, à notre gré : un acte d’amour, il n’en faut pas davantage. »

Voici les paroles de l'Acte pour la communion spirituelle de S. Alphonse de Liguori :

Mon Jésus, je crois à votre présence dans le très Saint Sacrement. Je vous aime plus que toute chose et je désire que vous veniez en mon âme. Je ne puis maintenant vous recevoir sacramentellement dans mon cœur : venez-y au moins spirituellement. Je vous embrasse comme si vous y étiez déjà venu, et je m’unis à vous tout entier. Ne permettez pas que j’aie jamais le malheur de me séparer de vous.

Il donnait aussi une formule plus courte, plus facile à retenir par coeur :

O Jésus, je vous crois présent dans le très Saint Sacrement, je vous aime et je vous désire. Venez dans mon cœur. Je vous embrasse, ne vous séparez plus de moi.

- « L'un des deux disciples qui avaient entendu les paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus, était André, le frère de Simon Pierre. Il alla aussitôt trouver son frère et lui dit : "Nous avons découvert le Messie (ce mot signifie Christ)." Il l'amena à Jésus qui le regarda et lui dit : "Tu es Simon, fils de Jean ; tu t'appelleras Képhas (ce mot signifie Pierre)." »

Pourquoi Simon changea-t-il de nom ?  Pourquoi Jésus a-t-il appelé Simon «Képhas» ou «Pierre» ?    Tout simplement parce que Simon avait écouté la voix de l'Esprit, qui lui disait d'aller vers Jésus, à la suite de son frère André.  Or, qu'est-ce qu'aller vers Jésus ?  C'est répondre à l'appel de la grâce de Dieu, c'est devenir enfant de Dieu et fils adoptif du Père : « Nul ne peut venir à moi si cela ne lui a été donné par le Père. » (Jn. 6, 65) « Tout ce que le Père me donne, viendra à moi. » (Jn. 6, 37)

Celui qui est devenu enfant du Père, celui-là a vaincu le Mal : il a remporté la victoire sur le Mauvais !  Celui qui est devenu enfant du Père en allant vers le Christ, celui-là mérite la récompense due aux enfants de Dieu : il mérite donc de recevoir un nom nouveau !

Souvenez-vous : la fin de mon homélie de dimanche dernier, je vous ai invité à fêter la date de votre baptême et celle de votre saint patron. Le dernier verset de l'évangile de ce dimanche est l'occasion pour nous d'écouter attentivement ce que nous enseigne le CEC à ce propos :

2156 Le sacrement de Baptême est conféré « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19). Dans le baptême, le nom du Seigneur sanctifie l’homme, et le chrétien reçoit son nom dans l’Église. Ce peut être celui d’un saint, c’est-à-dire d’un disciple qui a vécu une vie de fidélité exemplaire à son Seigneur. Le patronage du saint offre un modèle de charité et assure de son intercession. Le « nom de baptême » peut encore exprimer un mystère chrétien ou une vertu chrétienne. « Les parents, les parrains et le curé veilleront à ce que ne soit pas donné de prénom étranger au sens chrétien » (CIC, can. 855).

2157 Le chrétien commence sa journée, ses prières et ses actions par le signe de la croix, « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen ». Le baptisé voue la journée à la gloire de Dieu et fait appel à la grâce du Sauveur qui lui permet d’agir dans l’Esprit comme enfant du Père. Le signe de la croix nous fortifie dans les tentations et dans les difficultés.

2158 Dieu appelle chacun par son nom (cf. Is 43, 1 ; Jn 10, 3). Le nom de tout homme est sacré. Le nom est l’icône de la personne. Il exige le respect, en signe de la dignité de celui qui le porte.

2159 Le nom reçu est un nom d’éternité. Dans le royaume, le caractère mystérieux et unique de chaque personne marquée du nom de Dieu resplendira en pleine lumière. « Au vainqueur, ... je donnerai un caillou blanc, portant gravé un nom nouveau que nul ne connaît, hormis celui qui le reçoit » (Ap 2, 17). « Voici que l’Agneau apparut à mes yeux ; il se tenait sur le mont Sion, avec cent quarante-quatre milliers de gens portant, inscrits sur le front, son nom et le nom de son Père » (Ap 14, 1).


« Au vainqueur je donnerai de la manne cachée, et je lui remettrai un caillou blanc sur lequel est écrit un nom nouveau que nul ne connaît, sauf celui qui le reçoit.» Voilà pourquoi Simon reçoit le nom de Képha, ou Pierre : il reçoit un caillou blanc, une pierre blanche, un nom nouveau, qui est celui de «pierre» !

Tous, avec Simon Pierre, nous sommes des pierres vivantes destinées à édifier la construction spirituelle de l'Église.  En cette semaine de prière pour l'unité des chrétiens, que la Très Sainte Vierge Marie, qui par sa foi, est un peu comme le ciment qui unit toutes ces «pierres», nous vienne en aide, afin que notre communion de ce jour soit une communion éternelle qui nous établit pour toujours dans l'Amour du Père !

 

Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là.

Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là.

Lectures 2° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B
"Tu m’as appelé, me voici."

"Tu m’as appelé, me voici."

1ère lecture : Vocation de Samuel (1S 3, 3b-10.19)

 

Lecture du premier livre de Samuel

Samuel couchait dans le temple du Seigneur, où se trouvait l'arche de Dieu.
Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! »
Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m'as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je ne t'ai pas appelé. Retourne te coucher. » L'enfant alla se coucher.
De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d'Éli, et il dit : « Tu m'as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je ne t'ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. »
Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée.
Une troisième fois, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d'Éli, et il dit : « Tu m'as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c'était le Seigneur qui appelait l'enfant,
et il lui dit : « Retourne te coucher, et si l'on t'appelle, tu diras : 'Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.' » Samuel retourna se coucher.
Le Seigneur vint se placer près de lui et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »
Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et aucune de ses paroles ne demeura sans effet.


 

Psaume : 39, 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd

 

R/ Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté

D'un grand espoir j'espérais le Seigneur :
il s'est penché vers moi
En ma bouche il a mis un chant nouveau,
une louange à notre Dieu.

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j'ai dit : « Voici, je viens. »

Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j'aime :
ta loi me tient aux entrailles.

Vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.
J'ai dit ton amour et ta vérité
à la grande assemblée.


 


 

2ème lecture : Notre corps appartient au Seigneur (1Co 6, 13b-15a.17-20)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, notre corps n’est pas fait pour la débauche, il est pour le Seigneur Jésus, et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi.
Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Quand on s'unit au Seigneur, cela ne fait qu'un seul esprit.
Fuyez la débauche. Tous les péchés que l'homme peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais la débauche est un péché contre le corps lui-même.
Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l'Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur a payé le prix de votre rachat. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.


 

Evangile : Vocation des trois premiers disciples (Jn 1, 35-42)

 

Acclamation : En Jésus Christ, nous avons reconnu le Messie : par lui nous viennent grâce et vérité.

 

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean

 

Jean Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu. »
Les deux disciples entendirent cette parole, et ils suivirent Jésus. Celui-ci se retourna, vit qu'ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi (c'est-à-dire : Maître), où demeures-tu ? »
Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils l'accompagnèrent, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était vers quatre heures du soir.
André, le frère de Simon-Pierre, était l'un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus.
Il trouve d'abord son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie (autrement dit : le Christ).
André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t'appelleras Képha » (ce qui veut dire : pierre).


 
Crédits : Textes liturgiques © AELF, Paris
Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? »

Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? »

"Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales" - Homélie Baptême du Seigneur

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Quand Jean Baptiste entre en scène, il n'y avait plus eu de prophète en Israël depuis presque trois siècles. Jean était une figure tellement impressionnante que les gens croyaient qu'il pourrait bien être le Messie. Il avait une influence si grande que le Roi Hérode avait dû l'emprisonner afin d'éviter une révolte populaire suite à son comportement scandaleux (il avait épousé la femme de son frère), que Jean dénonçait. Cent ans après la Résurection du Christ les disciples de ce prophète continuaient à poursuivre sa mission de prêcher la repentance et le baptême.
 


Jésus lui-même avait appelé Jean "un prophète ... et bien plus qu'un prophète ... Parmi les hommes, il n'en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste" (Mt 11, 9...11). Il est donc clair que, sur l'échelle de la sainteté, Jean occupait un échelon très élevé. Et pourtant Jean lui-même indique que "Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi".

Puis il insiste, disant : "Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales". Enlever les sandales de quelqu'un, dans l'ancien Proche Orient, était une corvée réservée aux esclaves. Quand quelqu'un arrivait de voyage, la poussière des routes, mélangée aux excréments des nombreuses bêtes de somme et d'attelage, collait aux sandales. Le travail des esclaves consistait alors à les nettoyer, et pour ce faire, ils devaient bien sûr enlever les sandales.

"Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales." Quel n'est pas l'impact que ces paroles ont dû avoir sur la foule, qui tenait Jean en très haute estime. Cela me fait penser à certaines personnes qui, à la fin de leur vie, avouent avoir été profondément impressionnées par leur papa qui, lors de sa prière quotidienne à la maison, se mettait à genoux pour prier. Cela vaut mieux que beaucoup de discours pour l'éducation religieuse d'un petit enfant ! Pour un enfant, le papa, c'est le tout-puissant. Voir son papa se mettre à genoux impressionne tellement un enfant qu'il s'en souviendra jusqu'à la fin de sa vie. On peut dire la même chose de la foule quand elle entend Jean déclarer qu'il n'est pas digne de défaire la courroie des sandales de Jésus.

Ainsi donc, saint Jean Baptiste, le plus grand des prophètes et le plus grand des enfants des hommes, affirme qu'en comparaison avec la grandeur de Jésus, il est moins qu'un esclave. Jean Bapiste est celui qui, non seulement reconnaît l'humanité du Christ, mais aussi sa divinité. Par conséquent, sa relation avec lui est marquée non seulement par la confiance et la sincérité, mais aussi par le respect. Nous, qui sommes bien moins avancés en sainteté que Jean, nous devrions nous laisser enseigner par son exemple.

La sincérité de notre respect envers Dieu est un bon thermomètre de notre maturité spirituelle. Si, en arrivant dans une église, nous faisons une génuflexion bâclée, à la hâte, il est fort possible que nous ne nous souvenons même pas pourquoi nous la faisons. Si, à l'intérieur d'une église, nous bavardons avant, après, et même pendant la Messe, pendant que d'autres essaient de prier, c'est un signe qui montre que nous avons oublié à qui appartient cette maison. Si nous faisons un signe de croix comme pour chasser un moustique, cela signifie que notre amitié avec Jésus est devenue une affaire de routine. Alors à chacun de faire le point, et de voir quels sont les points qui nécessitent une vigilance particulière dans ce domaine, comme aussi notre manière de nous habiller pour venir à la messe, par exemple, notamment le dimanche.

À la fin du 17° siècle, Jésus est apparu à plusieurs reprises à une religieuse qui s'appelait Marguerite-Marie Alacoque. C'était un nouveau poin de départ pour la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus. La première fois qu'il lui est apparu était au milieu de la nuit. Soudain elle est réveillée par une voix intérieure qui lui dit d'aller à la chapelle. Il faut savoir que Marguerite-Marie était une religieuse de la Visitation de saint Vincent-de-Paul. Voici une description de leur habit :

 


Les sœurs étaient vêtues d’une jupe et d’un caraco (sorte de chemise simple) à manches longues et évasées, réalisées dans une grosse étoffe de laine de couleur bleu-gris et difficilement lavable. La jupe présentait à l’arrière neuf plis, larges de trois doigts et était fendue de poches de chaque côté. Elle était protégée par un tablier avec plastron confectionné dans la même étoffe et maintenu à la taille par de longs rubans qui se croisent dans le dos et se nouent devant. Elle était doublée d’une jupe noire qui recouvre elle-même un jupon blanc. Le caraco était recouvert d’un rabat en coton blanc croisé sur la poitrine. La sœur était coiffée d’une cornette réalisée dans un rectangle de coton blanc amidonné. Elle était fixée à l’arrière par une épingle de nourrice. Devant, le bec était formé au doigt pour rabattre les ailes de la cornette. En dessous, la tête était protégée par un bonnet de coton appelé toquois, plissé sur le front et dépassant de la cornette. Des bas de laine noire protègeaient les jambes jusqu’aux genoux...

 

Ce costume était en fait celui des femmes de la campagne. Simple voile à pans verticaux, vers 1750, la coiffe est ensuite devenue une cornette à bords plus larges dont les ailes amidonnées ont été relevées et ont formé à l’avant un bec. C'est ainsi que nous les connaissons encore aujourd'hui par certains spots publicitaires ... ou par les films avec Louis de Funès ...

Or, quand Marguerite-Marie s'aperçoit que le Seigneur veut qu'elle descende à la chapelle au milieu de la nuit, elle ne se contente pas d'enfiler en vitesse une robe de chambre par-dessus son pyjama. Non ! Il lui a alors fallu un quart d'heure pour s'habiller ! Et ce n'est qu'ensuite qu'elle va rencontrer le Seigneur. Comme Jean Baptiste, elle a compris que Jésus est son Ami le plus intime, mais aussi son Sauveur, son Rédempteur et son Dieu, digne d'un respect d'amour.

 


Parfois nous avons une fausse idée du respect, et cette fausse idée est alors un obstacle à l'évolution de notre amitié avec le Christ. Il y a deux sortes de mauvaises idées au sujet du respect.

D'abord, nous pourrions penser que le respect est un obstacle à l'amour. Mais le véritable amour et le respect authentique vont toujours de pair. Pensez aux parents à la naissance de leur premier enfant : ils sont remplis d'un amour profond, mais aussi d'un grand respect, d'une sorte d'effroi presque devant le mystère de ce petit enfant qui vient de naître. Pensez aussi au soldat qui est au front, loin de la maison, affrontant la mort à chaque instant. Va-t-il traiter la photo de sa femme et de ses enfants avec négligence, comme si c'était un vulgaire morceau de papier ? Non, il va la toucher avec respect, justement parce qu'il aime sa famille si profondément. De la même manière, un véritable respect fait partie intégrante de notre relation avec Jésus et n'empêche aucunement notre amour pour lui, bien au contraire.

La deuxième fausse idée est que le respect pourrait bloquer notre relation avec Jésus parce qu'il est trop formel. Comme catholiques, il est vrai, nous utilisons plusieurs gestes formels, mais ils ne doivent par être pour autant des "formalités". Par exemple, nous faisons la génuflexion quand nous arrivons en présence du Christ dans une église, ou au moment de la consécration. Si nous faisons une génuflexion à la va vite, ce geste perd sa signification et devient ridicule. Mais si nous faisons la génuflexion simplement, mais en y mettant tout notre coeur, elle devient une belle prière qui nous rend davantage conscient de la présence aimante de Dieu. Les gestes formels peuvent ainsi favoriser notre relation avec le Christ, en ouvrant nos coeurs à la puissance transformante de sa grâce, si nous le voulons bien.

Dans ce monde envahi par le relativisme, nous devons faire un sérieux effort pour développer un vrai sens du respect envers le Seigneur. Une excellente résolution, en cette fête du Baptême de Jésus, pourrait être d'ajouter pour cela deux fêtes à notre calendrier personnel. Voilà quelque chose qui n'est pas compliqué ! Cela nous rappelle que Dieu n'est pas contre la fête. Au contraire, c'est lui qui a inventé la fête !

Premièrement, nous devrions célébrer l'anniversaire de notre baptême avec au moins autant de joie que l'anniversaire de notre naissance. La naissance, c'est important, mais notre baptême encore davantage. C'est notre naissance à la vie éternelle. Le baptême est le sacrement qui fait de nous des enfants de Dieu et des citoyens sur Royaume du Christ. C'est l'entrée dans la vie éternelle. Quand Jésus se fait baptiser, cela montre qu'il veut partager notre nature humaine pour nous libérer de nos péchés en les prenant sur lui. Ce désir s'est réalisé pour chacun de nous au moment où nous avons reçu le sacrement du baptême. Quand nous avons été baptisés, nous avons échangé l'héritage du péché originel pour un partage de la vie même de Dieu. C'est le début d'une aventure éternelle.

Deuxièmement, nous devrions célébrer la fête de notre saint patron comme une grande fête. Le jour de notre baptême, nous avons été placés par nos parents sous la protection d'un saint patron (en principe, du moins), de quelqu'un qui, tout au long de son passage sur terre, a grandi dans l'amitié avec Jésus et qui veut nous aider à parvenir à bon port, nous aussi, dans l'éternité. Il peut nous enseigner à avoir un grand sens du respect de la bonté et de la majesté infinies de ce Dieu qui nous a créés et qui nous attend dans sa Maison pour une éternité de bonheur.

« Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

« Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

Lectures Baptême du Seigneur B

dominicanus

1ère lecture : « Venez, voici de l’eau ! Écoutez, et vous vivrez » (Is 55, 1-11)

 

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
Vous tous qui avez soif,
venez, voici de l’eau !
Même si vous n’avez pas d’argent,
venez acheter et consommer,
venez acheter du vin et du lait
sans argent, sans rien payer.
Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas,
vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?
Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses,
vous vous régalerez de viandes savoureuses !
Prêtez l’oreille ! Venez à moi !
Écoutez, et vous vivrez.
Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle :
ce sont les bienfaits garantis à David.
Lui, j’en ai fait un témoin pour les peuples,
pour les peuples, un guide et un chef.
Toi, tu appelleras une nation inconnue de toi ;
une nation qui ne te connaît pas accourra vers toi,
à cause du Seigneur ton Dieu,
à cause du Saint d’Israël, car il fait ta splendeur.

Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ;
invoquez-le tant qu’il est proche.
Que le méchant abandonne son chemin,
et l’homme perfide, ses pensées !
Qu’il revienne vers le Seigneur
qui lui montrera sa miséricorde,
vers notre Dieu
qui est riche en pardon.
Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
et vos chemins ne sont pas mes chemins,
– oracle du Seigneur.
Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre,
autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins,
et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

La pluie et la neige qui descendent des cieux
n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre,
sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer,
donnant la semence au semeur
et le pain à celui qui doit manger ;
ainsi ma parole, qui sort de ma bouche,
ne me reviendra pas sans résultat,
sans avoir fait ce qui me plaît,
sans avoir accompli sa mission.

– Parole du Seigneur.

cantique : (Is 12, 2, 4bcd, 5-6)

 

 

Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance, je n’ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.

Rendez grâce au Seigneur,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits !
Redites-le : « Sublime est son nom ! »

Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence,
et toute la terre le sait.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël !

2ème lecture : « L’Esprit, l’eau et le sang » (1 Jn 5, 1-9)

 

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
celui qui croit que Jésus est le Christ,
celui-là est né de Dieu ;
celui qui aime le Père qui a engendré
aime aussi le Fils qui est né de lui.
Voici comment nous reconnaissons
que nous aimons les enfants de Dieu :
lorsque nous aimons Dieu
et que nous accomplissons ses commandements.
Car tel est l’amour de Dieu :
garder ses commandements ;
et ses commandements ne sont pas un fardeau,
puisque tout être qui est né de Dieu
est vainqueur du monde.
Or la victoire remportée sur le monde,
c’est notre foi.
Qui donc est vainqueur du monde ?
N’est-ce pas celui qui croit
que Jésus est le Fils de Dieu ?
C’est lui, Jésus Christ,
qui est venu par l’eau et par le sang :
non pas seulement avec l’eau,
mais avec l’eau et avec le sang.
Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit,
car l’Esprit est la vérité.
En effet, ils sont trois qui rendent témoignage,
l’Esprit, l’eau et le sang,
et les trois n’en font qu’un.
Nous acceptons bien le témoignage des hommes ;
or, le témoignage de Dieu a plus de valeur,
puisque le témoignage de Dieu,
c’est celui qu’il rend à son Fils.

– Parole du Seigneur.

 

Evangile : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie » (Mc 1, 7-11)

 
Acclamation :

Alléluia. Alléluia.
Voyant Jésus venir à lui, Jean déclara :
« Voici l’Agneau de Dieu,
qui enlève le péché du monde. »
Alléluia.

(Jn 1, 29)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jean le Baptiste proclamait :
« Voici venir derrière moi
celui qui est plus fort que moi ;
je ne suis pas digne de m’abaisser
pour défaire la courroie de ses sandales.
Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ;
lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

En ces jours-là,
Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée,
et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.
Et aussitôt, en remontant de l’eau,
il vit les cieux se déchirer
et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe.
Il y eut une voix venant des cieux :
« Tu es mon Fils bien-aimé ;
en toi, je trouve ma joie. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales.

Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales.

Dieu est Roi ; il vient pour régner - Homélie Epiphanie

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Dieu est Roi ; il vient pour gouverner. Hérode a tremblé, parce qu’il le savait. Les Mages se sont réjoui, parce qu’ils le savaient.

 

Avant même que Jésus ne soit capable de parler, il nous enseigne une vérité très importante au sujet de nous-mêmes. Notre cœur est habité par deux réponses possibles à la venue de ce Roi : la réponse d’Hérode ou celle des Mages.

 

Hérode avait passé toute sa vie à massacrer, à extorquer et à édifier un royaume personnel qu’il puisse gouverner à sa convenance et pour sa propre gloire. Le Christ entre en scène, un Roi revêtu de l’autorité d’en haut. Hérode est immédiatement conscient du danger qui le menace : si le Christ n’est pas éliminé ou discrédité, cela pourrait signifier l’échec de tous ses efforts.

 

Les Mages, par contre, loin de craindre les exigences de ce nouveau Roi pour leur liberté personnelle, se réjouissent en sachant que le Sauveur envoyé par Dieu est enfin arrivé. Au lieu de mettre leurs trésors - les fruits du travail de toute une vie – en sécurité, ils les offrent généreusement au Christ pour rendre hommage à Celui qui est venu pour régner sur un Royaume éternel.

 

Chaque fois que le Christ entre dans notre vie - et il le fait chaque jour par la voix de notre conscience, les enseignements de l’Eglise et les desseins de sa Providence - nous avons à choisir quel exemple nous voulons suivre : celui d’Hérode ou celui des Mages. Allons-nous trembler, par peur de ce que Jésus pourrait nous demander, ou allons-nous nous réjouir, heureux de pouvoir suivre un tel Seigneur de gloire ? Nous portons les deux possibilités dans notre cœur. Nous sommes tous des Hérode ou des Mages en puissance.

 

Jésus espère bien sûr que nous allons nous réjouir. Il ne veut pas que nous tremblions de peur, puisqu’il est venu pour nous sauver.

 

 

L’obéissance est la vertu la plus difficile à pratiquer, mais c’est aussi la plus importante. La désobéissance est la cause de l’irruption du mal et de la souffrance dans le monde. L’obéissance du Christ a sauvé le monde. Notre obéissance au Christ nous permet de goûter aux fruits de la rédemption.

 

Alexandre le Grand, l’un des plus grands chefs militaires de l’histoire, avait conquis pratiquement le monde entier connu de son temps avec sa redoutable armée. Une nuit, alors qu’il était en campagne, il n’arrive pas à trouver le sommeil. Il sort de sa tente pour faire quelques pas dans le campement.

 

Voilà qu’en marchant, il rencontre un soldat en train de sommeiller, alors qu’il était censé monter la garde. C’était un manquement grave. La sanction qu’encourait un soldat surpris en train de dormir alors qu’il est de garde pouvait aller dans certains cas jusqu’à la peine de mort. Il est arrivé qu’un supérieur qui prenait un soldat de garde en flagrant délit de dormir l’arrose d’essence pour le brûler vif.

 

Mais voilà que le soldat qui dormait se réveille en entendant Alexandre le Grand s’approcher de lui. Le reconnaissant, le jeune homme craignait le pire.

 

-       Sais-tu quelle est la sanction pour un soldat de garde qui s’est endormi ?

 

demande Alexandre le Grand au soldat.

 

-       Oui, mon seigneur,

 

répond le soldat d’une voie tremblante.

 

-       Soldat, quel est ton nom ?

 

lui demande Alexandre le Grand.

 

-       Alexandre, mon seigneur.

 

Alexandre le Grand répète la question : "Quel est ton nom ?"

 

-       Je m’appelle Alexandre, mon seigneur.

 

Une troisième fois, Alexandre le Grand demande au soldat quel est son nom. Pour la troisième fois, le soldat répond doucement : "Je m’appelle Alexandre, mon seigneur."

 

Alexandre le Grand regarde alors le soldat droit dans les yeux.

 

-       Soldat, lui dit-il avec force, ou bien change ton nom, ou bien change ta conduite.

 

Nous tous qui portons le nom du Christ et qui nous disons chrétiens, nous devons faire en sorte de mériter de porter ce nom. Nous devons chercher le Christ pour le suivre, comme les Mages, et non pas l’ignorer, ou même, pire, supprimer sa vie dans notre cœur, comme Hérode, en désobéissant à sa volonté.

 

 

Qu’est-ce qui vous retient ? Quelle est la partie de votre vie où vous ne voulez pas que Jésus entre pour régner ? Quelle chambre de votre âme est toujours fermée à clé, alors que vous n’avez pas donné cette clé à Jésus ?

 

Cela peut être un but que vous vous êtes fixé. Peut-être pensez-vous que les grandes choses que vous accomplirez donneront un sens à votre vie. Non ! Seul le Christ peut donner un sens à votre vie. La seule chose qui ne passera pas consiste à accomplir sa volonté avec amour. Aujourd’hui, une fois pour toutes, déposez vos projets, les médailles d’or dont vous rêvez, aux pieds de l’Enfant Jésus, comme les Mages lui ont offert de l’or.

 

Peut-être ce seront les affections de votre cœur. Peut-être pensez-vous encore que telle relation puisse donner un sens à votre vie. Eh bien, non ! Il n’existe pas de bonnes relations sans le Christ. En fait, c’est lui qui confère à toute relation sa beauté durable, sa joie éternelle. Nous devons chercher de toutes nos forces à lui plaire d’abord à lui. Alors, il pourra rendre nos relations fructueuses au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Alors, en ce jour, déposons nos affections de notre cœur à ses pieds, tout comme les Mages ont offert au Seigneur la bonne odeur de leur encens.

 

Peut-être sont-ce nos souffrances. Peut-être êtes-vous encore fâché avec Dieu pour la blessure que vous portez dans votre cœur. Mais si le Seigneur a permis cela, c’est uniquement parce qu’il sait qu’il peut la guérir, la transformer en grâce. Déposez vos souffrances à ses pieds ; permettez-lui de conduire votre vie ; ne vous rebellez pas contre le Roi plein de sagesse. Donnez-lui votre vie, comme les Mages lui ont offert de la myrrhe, ce parfum épicé dont on se sert pour embaumer les corps pour l’ensevelissement.

 

Jésus veut être notre Roi, pour que nous puissions goûter la joie de pouvoir vivre et lutter pour son Royaume. Donnons-lui carte blanche.

Lectures pour la Solennité de l'Epiphanie

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Les nations païennes marchent vers la lumière de Jérusalem(Is 60, 1-6)


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Lecture du livre d'Isaïe

 Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi.
Regarde : l'obscurité recouvre la terre,l es ténèbres couvrent les peuples ; mais sur toi se lève le Seigneur, et sa gloire brille sur toi.
Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore.
Lève les yeux, regarde autour de toi : tous, ils se rassemblent, ils arrivent ;tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur les bras.
Alors tu verras, tu seras radieuse, ton coeur frémira et se dilatera. Les trésors d'au-delà des mers afflueront vers toi avec les richesses des nations.
Des foules de chameaux t'envahiront, des dromadaires de Madiane et d'Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l'or et l'encens et proclamant les louanges du Seigneur




Psaume : 71, 1-2, 7-8, 10-11, 12-13


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R/ Parmi toutes les nations, Seigneur, on connaîtra ton salut.


Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
 
Qu'il gouverne ton peuple avec justice,
qu'il fasse droit aux malheureux !
 

En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu'à la fin des lunes !
 
Qu'il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu'au bout de la terre !
 

Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents.
Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
 
Tous les rois se prosterneront devant lui,
tous les pays le serviront.
 

Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
 
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.



2ème lecture : L'appel au salut est universel (Ep 3, 2-3a.5-6)


Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens

Frères, vous avez appris en quoi consiste la grâce que Dieu m'a donnée pour vous :
par révélation, il m'a fait connaître le mystère du Christ.
Ce mystère, il ne l'avait pas fait connaître aux hommes des générations passées, comme il l'a révélé maintenant par l'Esprit à ses saints Apôtres et à ses prophètes.
Ce mystère, c'est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l'annonce de l'Évangile


Evangile : Les mages païens viennent se prosterner devant Jésus (Mt 2, 1-12)


Acclamation : Alléluia. Alléluia. Nous avons vu se lever son étoile, et nous sommes venus adorer le Seigneur. Alléluia. (cf. Mt 2, 2)


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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent :
« A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Sur ces paroles du roi, ils partirent.Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant.
Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie.
En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.


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Bon réveillon! Vœux pieux dans un pays en agonie - Homélie Sainte Marie, Mère de Dieu (Nouvel An)

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012
Marie est devenue Mère de Dieu en disant "fiat" au moment de l'Annonciation, mais ce "fiat", combien de fois n'a-t-elle pas dû le répéter en marchant sur le chemin étroit et escarpé de la volonté de Dieu tout au long de sa vie?

Marie est devenue Mère de Dieu en disant "fiat" au moment de l'Annonciation, mais ce "fiat", combien de fois n'a-t-elle pas dû le répéter en marchant sur le chemin étroit et escarpé de la volonté de Dieu tout au long de sa vie?

    Une semaine après Noël, et au lendemain de la Fête de la Sainte Famille, en ce premier janvier, nous voici à nouveau réunis près de la crèche. À l'occasion de Noël, déjà, et encore pour le Nouvel An (jusqu'au 31 janvier, nous dit-on) nous avons l'occasion d'échanger nos voeux à ceux que nous aimons ... plus ou moins, sincèrement ... Les hommes politiques et d'Église, la banque où nous avons placé nos petites économies (si nous en avons), les journalistes et les animateurs d'émissions télévisées, tous y vont de leur petite littérature. Les cadeaux, ça peut coûter cher. Les voeux, même "les meilleurs", ça ne coûte rien, sinon (et de moins en moins souvent, à l'ère de l'Internet) le prix d'une carte et d'un timbre poste. On s'ingénie à inventer de belles phrases, avec une mulitiplication d'adjectifs, de superlatifs: une vraie inflation, un feu d'artifice, comme ceux que nous avons pu voir à minuit, mais à bon marché!

Comme le disait le cardinal Martini dans une de ces homélies de Noël,

 


"Nous parlons de voeux sincères, cordiaux, très cordiaux, fervents, très fervents; les superlatifs trahissent la précarité des émotions, la distance qui sépare les paroles des sentiments qu'on voudrait réellement communiquer. Nous formulons de très beaux voeux de santé, de paix, de bonheur, mais il n'est pas rare que la langue trahisse la conscience que nous avons de la nature éphémère de ces belles paroles. En somme, nous avons l'impression embarrassante de donner dans un formalisme verbeux. Et nous nous demandons d'où vient cette tension, typique des grandes célébrations, entre le besoin anxieux de formuler des voeux et d'exprimer des sentiments puissants, et, à l'inverse, la retenue, voire la peur qui nous pousse à douter de la sincérité ou même de la courtoisie de ces formules."
 


    On parle même de "voeux pieux". Ce sont des voeux sans espoir de réalisation... Dans les voeux qu'adressait à ses ouailles Mgr Méranville, l'archevêque de la Martinique en décembre 2006, on trouve un certain écho de ce que disait l'ancien archevêque de Milan en 1990:
 


"Au seuil de la nouvelle année 2007 nous échangeons des voeux. Ce n'est pas simplement pour respecter les convenances. Car, au-delà de leur formalisme, ces voeux expriment surtout notre désir d'être heureux. Et parce que nous ignorons ce que l'année qui débute nous réserve, nous voulons pour ainsi dire, de cette mainère, conjurer le mauvais sort. Nous savons bien que les souhaits n'ont pas d'efficacité magique. Il ne suffit pas de les exprimer pour qu'ils se réalisent. Néanmoins, en les formulant, ils agissent un peu à la manière de la méthode Coué et gardent un indéniable pouvoir d'autosuggestion."
 


    Mêmes précautions oratoires quand il écrivait aux prêtres:
 


"Ces voeux et ses souhaits répétés chaque année peuvent ressembler à de simples formalités. D'autant qu'au fil des ans, loin de s'améliorer, les choses et la vie semblent aller de mal en pis. La contagion du défaitisme et la tentation de baisser les bras nous guettent tous."
 


Décidément, voilà deux analyses bien sombres de la tradition d'échanger nos voeux à Noël et au Nouvel An! Mais elles ne sont pas excessives. Elles reflètent bien une réalité vécue sur le terrain que l'on s'empresse à vouloir cacher. J'en veux pour preuve ce témoignage d'une pharmacienne à Paris (31 décembre 2014) :

 

Lexomil, temesta, valium ... Top des délivrances du jour. Le tout en dépannage de quelques comprimés avec la bénédiction de ma boss pour éviter les défenestrations intempestives de la Saint Sylvestre. 
Je mesure avec une certaine perplexité et une immense tristesse, la détresse qu'engendrent ces fêtes imposées car elles font resurgir la face la plus noire de l'âme humaine . 
Ma boss elle même était perplexe, en 40 ans de métier, elle n'avait pas vécu une telle journée . S'adressant à ma collègue: 
- V, par pitié, arrêtez de souhaiter un bon réveillon à ces gens au bord du suicide. 
- Vous m'ôtez les mots la bouche, madame .
- On ferme : là basta ! Ce pays est à l'agonie .

 

Il ne faut donc pas se débarrasser trop facilement de ce qui est incontestablement une réalité de plus en plus répandue. Ayons plutôt le courage de l'accueillir sereinement pour en faire notre profit. Ayons "le courage d'avoir peur" (M.D. Molinié). Cette peur que nous essayons, bien maladroitement, de manière presque dérisoire, d'exorciser par nos voeux, ne la nions pas, ne la fuyons pas. Regardons-la en face! C'est vrai que "nous sommes une génération traumatisée par tant de chocs", tant d'incertitudes... Et aujourd'hui, la mortification pour nous la plus nécessaire et la plus salutaire, ce n'est pas la mortification de la chair par des cilices, des flagellations... C'est la mortification de la confiance, de l'abandon à la Providence.


La Vierge Marie et saint Joseph, quand Jésus est né, ont dû souffrir bien des privations. Ils ont eu froid, ils ont eu faim. Mais le plus difficile, le plus exigeant pour eux, c'était l'abandon confiant au Père. Marie est devenue Mère de Dieu en disant "fiat" au moment de l'Annonciation, mais ce "fiat", combien de fois n'a-t-elle pas dû le répéter en marchant sur le chemin étroit et escarpé de la volonté de Dieu tout au long de sa vie? Saint François de Sales, que l'on appelle justement le Docteur de l'abandon, voit dans l'attitude de Jésus lui-même une école de l'abandon chrétien. Cet abandon n'est pas simplement l'abandon musulman, ni même la résignation de Job dans l'Ancien Testament. C'est l'abandon de celui qui est baptisé dans le Sang de Jésus.

 

Le 1er janvier 1931 (elle avait alors 28 ans, et était paralysée depuis l'adolescence, recroquevillée dans son petit divan), Marthe Robin faisait noter sans son journal intime:
 


"Que me réserve cette nouvelle année, je l'ignore et ne veux point le savoir non plus. (Si tout le monde en disait autant, ce serait la fin des horoscopes et des "diseuses de bonne aventure"!).
Je m'abandonne au secours qui jamais ne m'a manqué. Ma première pensée est un cri du coeur: "Mon Dieu, soyez béni dans tout ce que vous me demandez, j'accepte, j'aime tout. Celui qui est la Force aidera, enveloppera ma faiblesse. Ce qui importe c'est de ne rien vouloir et de tout accepter, rien demander, tout aimer. C'est le fiat chaque jour renouvelé... c'est l'ascension douloureuse mais joyeuse sans arrêt ou retour... c'est l'amour toujours plus sous le soleil de l'amour divin. (...) Je m'abandonne en toute simplicité et amour en Jésus miséricordieux. Il sait mieux que moi tous mes besoins et tout ce qu'Il Lui faut. Que cela me suffise. Ne rien regretter, de ce qui a été ou pas été, rien n'est inutile, tout sert à quelque chose. Je bénis et bénirai mon Dieu de tout ce que je suis, de tout ce que j'ai fait ou plutôt de tout ce qu'il a fait par moi... pour moi."

 


    On parle beaucoup d'engagement aujourd'hui. On dit: "Il faut s'engager, le chrétien doit s'engager". Or, écrit le Père Molinié, un vieux Père dominicain:
 


"La seule manière correcte d'inviter à l'engagement n'est pas de chanter les louanges de l'engagement, mais celles de l'objet envers lequel on s'engage. (...) Le véritable engagé ne parle pas de son engagement, il parle de son trésor, de la Réalité qui compte pour lui. (...) Ceux qui se raccrochent à la nature humaine, à ce qui reste de bon et de solide dans l'homme, s'appuient à mes yeux sur du sable. La génération actuelle connaît une telle mise en question, un tel désemparement, un tel effondrement de ce qui parraissait le plus solide, qu'au point de vue humain il n'y a plus de salut possible. L'équilibre nerveux est trop atteint, on ne sait plus ce que veut dire la fidélité à une parole donnée, à une promesse... Il est stérile de déplorer tout cela. Si nous aimions vraiment Jésus-Christ, nous nous réjouirions qu'il n'y ait pas de solution, mais qu'il n'y ait plus que Lui, le Sauveur. C'est la bonne manière d'être moderne, et c'est la seule. Même s'ils se laissent tromper par des mirages, les jeunes récament des réalités. La seule que nous puissions leur offrir, c'est l'amour de Dieu. Quand il n'y a plus rien à faire humainement, c'est la seule chose qu'on peut donner; si on ne l'a pas, on n'a rien, on mérite d'être balayé et foulé aux pieds. C'est vrai en face des mourants, des malades, des prisonniers, qui ont tout perdu, des désespérés en général. C'est vrai en fin de compte pour la génération actuelle. Si nous voulons être "actuels", il ne faut pas nous attacher aux valeurs humaines qui s'effondrent, si bonnes soient-elles. (...) Jeunes ou vieux, si nous n'allons pas vers le Sauveur et sa grâce, nous n'avons plus rien. C'est toujours une erreur de s'attacher à des valeurs humaines, mais aujourd'hui c'est mortel parce qu'elles s'écroulent. La pire manière d'être 'de son temps', c'est d'être humaniste. Il y a des époques où c'est possible, où ce n'est pas catastrophique. C'est après tout un bon chemin de commencer par aimer l'homme dans sa vérité, pour s'élever progressivement vers le Royaume. Mais aujourd'hui c'est peut-être une rêverie dangereuse car elle dispense de chercher le vrai remède. Cette génération déséquilibrée ne sera pas 'humaine': elle sera divine ou démoniaque, surnaturelle ou décomposée."
 


    Voilà un son de cloche qu'on n'entend pas tous les jours, surtout pas un premier janvier. Ce sont des paroles vigoureuses qui secouent. Mais je tenais à vous les livrer aujourd'hui. Je les confie à l'intercession de la Mère de Dieu qui est aussi notre Mère. La vocation du prêtre, n'est-elle pas de vous donner Jésus comme lui seul peut vous le donner Mais ce n'est pas la seule manière. Marie n'était pas prêtre. Joseph non plus. Ils ont donné Jésus, et rien d'autre, tout en faisant leur devoir d'état d'époux et d'épouse, de père et mère, de charpentier et de femme au foyer, fidèlement, jusqu'au bout.

    Alors, par leur intercession, et avec toute l'Église, prions, et demandons à Dieu, non pas comme le monde: "surtout la santé"; mais comme la liturgie nous l'apprend: surtout la fidélité à l'Évangile:

 


"Dieu qui es la vie sans commencement ni fin,nous te confions cette année nouvelle;
Demeure auprès de nous jusqu'à son terme:qu'elle nous soit, par ta grâce, un temps de bonheur,et plus encore, un temps de fidélité à l'Évangile."

(oraison de la messe pour commencer une année nouvelle)

Lectures Sainte Marie, Mère de Dieu - 1er janvier

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Vœux de paix et de bonheur (Nb 6, 22-27)


Lecture du livre des Nombres

Le Seigneur dit à Moïse :
« Voici comment Aaron et ses descendants béniront les fils d'Israël :
'Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu'il se penche vers toi ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu'il t'apporte la paix !' C'est ainsi que mon nom sera prononcé sur les fils d'Israël, et moi, je les bénirai. »


Psaume : 66, 2b.3, 5abd, 7.8b


R/ Que Dieu nous prenne en grâce et qu'il nous bénisse !


Que son visage s'illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre,
ton salut, parmi toutes les nations.

Que les nations chantent leur joie,
car tu gouvernes le monde avec justice ;
sur la terre, tu conduis les nations.

La terre a donné son fruit ;
Dieu, notre Dieu, nous bénit.
Et que la terre tout entière l'adore !



2ème lecture : Le Fils de Dieu, né d'une femme (Ga 4, 4-7)


Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates

Frères, lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils ; il est né d'une femme, il a été sous la domination de la loi de Moïse pour racheter ceux qui étaient sous la domination de la Loi et pour faire de nous des fils. Et voici la preuve que vous êtes des fils : envoyé par Dieu, l'Esprit de son Fils est dans nos coeurs, et il crie vers le Père en l'appelant « Abba ! ». Ainsi tu n'es plus esclave, mais fils, et comme fils, tu es héritier par la grâce de Dieu.




Evangile : Jésus fils de Marie (Lc 2, 16-21)


Acclamation : Jadis, par les prophètes, Dieu parlait à nos pères ; aujourd'hui sa parole vient à nous en son Fils. (He 1, 1-2)

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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand les bergers arrivèrent à Bethléem, ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tout le monde s'étonnait de ce que racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception.



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