Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Donner à César ce que Dieu veut que nous donnions à César - Homélie 29° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

 

29 TOA ev

 

L’Evangile de ce dimanche s’achève par une phrase lapidaire de Jésus, désormais bien connue :

 

« Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

 

Non pas ou bien César, ou bien Dieu, mais l’un et l’autre, chacun à son niveau. C’est le principe de la séparation entre religion et politique, jusqu’alors inséparables chez tous les peuples et sous tous les régimes.

 

Les juifs, eux aussi, étaient habitués à concevoir le futur règne de Dieu, instauré par le Messie, comme une théocratie, c’est-à-dire comme un gouvernement direct de Dieu sur la terre à travers son peuple. Le Christ, en revanche, révèle un règne de Dieu qui est dans le monde, mais pas de ce monde, un règne qui avance sur une longueur d’onde différente, et qui peut, par conséquent, coexister avec n’importe quel régime, qu’il soit de type sacré ou « laïc ».

 

Deux types différents de souveraineté de Dieu sur le monde sont ainsi révélés : la souveraineté spirituelle (le règne de Dieu, exercé directement en Jésus Christ), et la souveraineté temporelle ou politique que Dieu exerce indirectement, en la confiant au libre choix des personnes et au jeu des causes secondes.

 

César et Dieu ne sont toutefois pas situés sur le même plan, car César dépend lui aussi de Dieu et doit lui rendre des comptes, alors que Dieu ne dépend pas de lui, et n’a de compte à rendre à personne. « Rendre à César ce qui est à César », signifie donc : donner à César ce que Dieu lui-même veut que soit donné à César. C’est Dieu qui est le souverain ultime de tous, y compris de César.

 

Ainsi, nous ne sommes pas divisés entre deux appartenances. Nous ne sommes pas acculés à servir deux maîtres. Le chrétien doit obéir à l’Etat, mais il doit aussi lui résister, lorsque l’Etat s’oppose à Dieu et sa Loi, se prenant ainsi pour Dieu. Il n’est pas juste d’invoquer l’obéissance aux ordres reçus des supérieurs, comme ont l’habitude de le faire les responsables de crimes de guerre devant les tribunaux, par exemple. Avant d’obéir aux hommes, il faut obéir à Dieu et à sa conscience, éclairée par la Révélation. On ne peut pas donner à César ce qui ne lui appartient pas, à savoir l’âme humaine.

 

C’est S. Paul qui, le premier, a tiré les conséquences pratiques de cet enseignement. Il écrit :

 

« Que chacun se soumette aux autorités en charge. Car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent sont constituées pas Dieu. Si bien que celui qui résiste à l’autorité se rebelle contre l’ordre établi par Dieu. (…) N’est-ce pas pour cela même que vous payez des impôts ? Car il s’agit de fonctionnaires qui s’appliquent de par Dieu à cet office. » (Rm 13, 1ss.)

 

Payer loyalement ses impôts pour un chrétien (et pour tout homme de bonne volonté), c’est s’acquitter d’un devoir de justice, une obligation de conscience. En garantissant l’ordre, le commerce et tous les services, l’Etat met à la disposition des citoyens tout une infrastructure pour laquelle il a droit à une contrepartie, précisément afin de pouvoir continuer à rendre de tels services.

 

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique rappelle que l’évasion fiscale, lorsqu’elle atteint certaines proportions, est un péché mortel ! C’est un vol perpétré contre l’Etat, c’est-à-dire non pas contre personne, mais contre toute la communauté, contre tout le monde. Ceci suppose naturellement que l’Etat aussi soit juste et équitable dans ses critères d’imposition…

 

Mais la collaboration des chrétiens à la construction d’une société juste et pacifique ne se limite pas à payer des impôts. Elle doit s’étendre à la promotion des valeurs communes telles que la famille, la défense de la vie humaine depuis le début de la conception jusqu’à sa fin naturelle, la solidarité avec les plus pauvres, la paix… Les médecins et les infirmières peuvent et doivent exercer l'objection de conscience quand ce qu'on leur demande de faire est incompatible avec l'enseignement de l'Eglise. Un chrétien ne doit pas et ne peut pas voter pour un candidat qui ne se prononce pas clairement contre l'avortement et l'euthanasie.

 

Les chrétiens devraient apporter une contribution plus efficace dans le domaine de la politique, pas tant sur le plan des contenus que des méthodes, du style. Il est urgent de désenvenimer le climat de dispute incessant pour ramener davantage de respect et de dignité dans les relations entre partis politiques, et même entre candidats d’un même parti. Respect du prochain, douceur, capacité d’autocritique… sont des éléments qu’un disciple du Christ doit apporter dans tous les domaines, sans excepter celui de la politique. Se laisser aller à des insultes, au sarcasme, aux coups bas contre les adversaires, tout cela est indigne d’un chrétien. Si, comme le dit Jésus, celui qui traite son frère d’imbécile sera condamné à la Géhenne, qu’en sera-t-il de ceux et celles qui s’évertuent à discréditer systématiquement leurs adversaires en politique ou en d’autres domaines ?

 

Que la Parole que nous avons reçue et l’Eucharistie que nous allons célébrer nous aident à être, comme le disait Ste Jean d’Arc, « digne servante de Dieu et du Roi ».

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.

Lectures 29e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Les empires sont dans la main de Dieu (Is 45, 1.4-6a)

Lecture du livre d'Isaïe

 

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Parole du Seigneur au roi Cyrus, qu'il a consacré, qu'il a pris par la main, pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée : 

« A cause de mon serviteur Jacob et d'Israël mon élu, je t'ai appelé par ton nom, je t'ai décerné un titre, alors que tu ne me connaissais pas. 

Je suis le Seigneur, il n'y en a pas d'autre : en dehors de moi, il n'y a pas de Dieu. Je t'ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l'on sache, de l'orient à l'occident, qu'il n'y a rien en dehors de moi. »
 
 

 

 

Psaume :  95, 1a.3, 4.5b, 7-8a, 9a.10ac

 

R/ Au Seigneur notre Dieu, tout honneur et toute gloire

 

Chantez au Seigneur un chant nouveau, 
racontez à tous les peuples sa gloire, 
à toutes les nations ses merveilles ! 

Il est grand, le Seigneur, hautement loué, 
redoutable au-dessus de tous les dieux : 
lui, le Seigneur, a fait les cieux.

Rendez au Seigneur, familles des peuples, 
rendez au Seigneur la gloire et la puissance, 
rendez au Seigneur la gloire de son nom. 

Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté : 
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! » 
Il gouverne les peuples avec droiture.
 
 

 

 

 

2ème lecture : La foi, l'espérance et la charité de la communauté (1Th 1, 1-5b)

 

Commencement de la lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens

Nous, Paul, Silvain et Timothée, nous nous adressons à vous, l'Église de Thessalonique qui est en Dieu le Père et en Jésus Christ le Seigneur. Que la grâce et la paix soient avec vous. 

A tout instant, nous rendons grâce à Dieu à cause de vous tous, en faisant mention de vous dans nos prières. Sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père. Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. En effet, notre annonce de l'Évangile chez vous n'a pas été simple parole, mais puissance, action de l'Esprit Saint, certitude absolue.
 
 
 

 

 

 

Evangile : A César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Mt 22, 15-21)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Rendez au Seigneur, vous les dieux, rendez au Seigneur gloire et puissance, rendez au Seigneur la gloire de son nom. Alléluia. (cf. Ps 28, 1-2)

 

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 
 
 
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Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d'Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens. Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? » 
Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l'impôt. » 
Ils lui présentèrent une pièce d'argent. Il leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? - De l'empereur César », répondirent-ils. 
Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
 

 

 

 

 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

 

 

Devant la folie de l’Amour, comment rester indifférent ? - Homélie 28° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

 

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Faisons d’abord les présentations. Le roi de l’Evangile, c’est Dieu le Père. Il prépare un repas pour son Fils, un repas de noce. Ce repas est décrit dans la 1e lecture comme un repas de joie au temps messianique, car ce n’est pas seulement Israël, ce sont tous les peuples qui y sont invités. Le voile de tristesse qui enveloppait les païens est déchiré : tout ce qui pourrait rendre triste – même la mort – a disparu. Il ne demeure aucune ombre dans cette image de l’Ancien Testament.

 

L’image du Nouveau Testament, par contre, comporte bien des zones d’ombre. Demandons-nous d’abord quel est ce repas que Dieu le Père prépare pour son Fils. C’est un repas de noce, ce que l’Apocalypse appelle le « repas des noces de l’Agneau » (Ap. 19, 7 ; 21, 9ss.). L’Agneau, c’est le Fils, qui consomme son union avec son Epouse-Eglise sur la Croix, mais aussi dans son Eucharistie.

 

Les Pères aimaient voir dans le Baptême du Christ les fiançailles du Christ et de son Eglise. Ce jour-là, l’Ami de l’Epoux lui présente ses premiers disciples. Mais ces fiançailles s’achèvent  aux noces de Cana qui, le septième jour, préfigurent le jour de sa Résurrection et déjà le Ciel. Le Baptême évoque le bain purificateur, premier rite du mariage dans l’Antiquité. Cana évoque l’entrée dans la chambre nuptiale, la consommation finale. Toute la vie de l’Eglise est comme résumée en cette semaine qui s’écoule du Jourdain à Cana.

 

Or, la tradition chrétienne a toujours, et dès l’origine, interprété Cana dans un sens eucharistique. Dans la célébration eucharistique, le Père organise une fête :

 

« Voilà, mon repas est prêt. », fait-il proclamer, « venez au repas de noce ».

 

Dans la prière eucharistique, l’Eglise rend grâce au Père pour son cadeau le plus grand : son Fils, sous les apparences du pain et du vin. Cette action de grâce émane de l’Eglise qui, justement par ce repas, devient Epouse. Le Père donne ce qu’il a de meilleur, et il n’a rien d’autre à donner. Celui ou celle qui méprise ce don, ne peut plus rien espérer d’autre. Il se condamne lui-même, il est voué à la mort.

 

Ensuite il nous est montré qu’il y a deux manières de refuser l’invitation : ne pas y répondre (n’en faire aucun cas), et y participer, mais de manière indigne. Saint Matthieu relie ces deux manières de se rendre indigne de ce don suprême. La première manière, c’est l’indifférence : les invités ne font aucun cas de la grâce qui leur est offerte ; ils ont autre chose à faire, oh des choses honorables, pas des activités honteuses, mais des choses plus importantes à leurs yeux que de répondre à l’invitation du roi.

 

Dieu, qui a conclu une Alliance avec l’humanité, ne peut rester de marbre devant un tel mépris pour son invitation. Tout comme, dans l’Ancien Testament, Jérémie devait annoncer la destruction de Jérusalem, de même S. Matthieu prophétise la fin définitive de la Ville Sainte. Elle sera, en effet, réduite à la ruine et à la poussière par les Romains.

 

La deuxième manière de se rendre indigne consiste dans une tout autre forme d’indifférence : celle de l’homme qui se rend à l’invitation de l’Eucharistie, mais comme s’il entrait dans un bistrot. A quoi bon revêtir des vêtements de fête ? Le roi peut déjà être content de voir que je me suis dérangé, que je pratique encore, que je fais l’effort de quitter ma chaise pour aller prendre ce morceau de pain dans ma bouche.

 

Cet homme se fait interpeller : avez-vous la moindre notion du fait qu’en venant à la messe, vous participez à la plus belle fête du Roi de l’Univers, que vous mangez les mets les plus délicats que Lui seul peut vous offrir ?

 

« L’autre garda le silence. »

 

Dehors, il aura le temps de méditer ce à côté de quoi il est passé par son arrogance.

 

Dieu nous fait un cadeau d’une valeur inestimable. A nous d’apprendre à donner aux autres sans avarice et sans calcul mesquin.

 

Dans la 2e lecture, S. Paul se réjouit du fait que les chrétiens de la ville de Philippe aient compris cela. Il ne se réjouit pas tant à cause des cadeaux qu’il reçoit d’eux, que de ce que la communauté de Philippe ait appris à donner. C’est dans ce partage des chrétiens avec lui que le sens de l’Eucharistie s’accomplit.

 

Nous aussi, nous ne pourrons jamais assez remercier le Seigneur pour ses dons. Mais la meilleure façon de le faire, celle qui le réjouit le plus, c’est qu’à notre tour, nous nous laissions animer par l’Esprit-Don, en le traduisant, en l’incarnant dans nos actes.

Lectures 28° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Le festin messianique (Is 25, 6-9)

 

Lecture du livre d'Isaïe

Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l'univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations. Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l'humiliation de son peuple ; c'est lui qui l'a promis.

Et ce jour-là, on dira : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c'est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! »
 
 

Psaume : 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6

 

R/Près de toi, Seigneur,

sans fin nous vivrons.

 

 
Le Seigneur est mon berger : 
je ne manque de rien. 
Sur des prés d'herbe fraîche, 
il me fait reposer. 

Il me mène vers les eaux tranquilles 
et me fait revivre ; 
il me conduit par le juste chemin 
pour l'honneur de son nom. 

Si je traverse les ravins de la mort, 
je ne crains aucun mal, 
car tu es avec moi : 
ton bâton me guide et me rassure. 

Tu prépares la table pour moi 
devant mes ennemis ; 
tu répands le parfum sur ma tête, 
ma coupe est débordante. 

Grâce et bonheur m'accompagnent 
tous les jours de ma vie ; 
j'habiterai la maison du Seigneur 
pour la durée de mes jours.
 
 
 

2ème lecture : La vraie richesse dans le Christ (Ph 4, 12-14.19-20)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Frères, je sais vivre de peu, je sais aussi avoir tout ce qu'il me faut. Être rassasié et avoir faim, avoir tout ce qu'il me faut et manquer de tout, j'ai appris cela de toutes les façons. Je peux tout supporter avec celui qui me donne la force. Cependant, vous avez bien fait de m'aider tous ensemble quand j'étais dans la gêne. Et mon Dieu subviendra magnifiquement à tous vos besoins selon sa richesse, dans le Christ Jésus. 

Gloire à Dieu notre Père pour les siècles des siècles. Amen.
 
 
 

Evangile : Parabole des invités au festin (brève : 1-10) (Mt 22, 1-14)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Voici la Pâque du Seigneur au milieu de son peuple. Heureux les invités au festin du Royaume ! Alléluia.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus disait en paraboles : « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d'autres serviteurs dire aux invités : 'Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce.' Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : 'Le repas de noce est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce.' Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et lui dit : 'Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?' L'autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : 'Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.' 
Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. »
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008
 'Voilà : ... tout est prêt : venez au repas de noce.'

'Voilà : ... tout est prêt : venez au repas de noce.'

La déception de Dieu - Homélie 27° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

27 TOA ev

 

 

Jésus disait : « Ecoutez une autre parabole… » Première question : vous souvenez-vous de celle de dimanche dernier ? Si oui, quel est l’accueil que nous réserverons à celle-ci ?

 

« … Il y avait un père de famille, qui planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, il y creusa un pressoir et y bâtit une tour. Il la confia ensuite à des vignerons, et quitta le pays. »

 

Tout comme la parabole de dimanche dernier, celle de ce jour traite du nouvel Israël de Dieu, qui est l’Eglise. Cette parabole a été racontée par Jésus aux alentours du Mardi Saint, soit deux jours environ avant l’institution de l’Eucharistie, sacrement de la Nouvelle Alliance en son Sang. Ce n’est donc pas sans raison qu’il est question d’une vigne, la vigne de son Père, celle qui produit le vin que Jésus va boire dans peu de temps, auprès de son Père qui est aux cieux :

« Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où j’en boirai avec vous du nouveau dans le royaume de mon Père. » (Mt 26, 29).

Dans la parabole, le propriétaire de la vigne est fort désireux d’entrer en possession du produit de sa vigne. Il envoie plusieurs serviteurs, et enfin son propre fils. Personne ne réussit à rapporter au propriétaire ce fameux produit de la vigne : le vin. Car il s’agit bien de vin. Tout l’indique, en particulier le pressoir. Mais ce vin possède un fumet tout particulier, un fumet un peu désagréable même : ce vin a l’odeur du sang ! Car pour n’en avoir ne fût-ce qu’une seule goutte, le propriétaire aura été obligé de sacrifier jusqu’à la vie de son propre fils ! C’est donc par le sang du fils que le propriétaire, le père de ce fils bien-aimé, pourra, un jour, et pour la toute première fois, goûter le vin de sa vigne !

« Eh bien ! quand le maître de la vigne reviendra, comment va-t-il traiter ces vignerons ? »

On lui répondit :

« Il fera périr sans pitié ces misérables : il louera sa vigne à d’autres vignerons qui lui en donneront le produit en son temps. »

Selon la réponse des interlocuteurs de Jésus, le propriétaire de la vigne enverra, après son fils, d’autres vignerons, qui, eux, lui rapporteront enfin, pour la première fois, le produit de sa vigne, ce vin tant attendu. Mais pour le propriétaire, ce vin ne pourra avoir qu’un goût amer, à cause de l’odeur du sang de son fils, toujours présente dans ses narines. Que fera donc le propriétaire de la vigne ? Restera-t-il sans boire ce vin, qui lui aura coûté si cher ? Certainement pas ! Vraiment, ces nouveaux vignerons, ceux de la Nouvelle Alliance dans le Sang du Fils de Dieu, auront un visage nouveau, et donc aussi un nom nouveau, grâce au vin qu’ils apportent, grâce à l’Esprit-Saint qui enivre leur cœur et les transforme en serviteurs fidèles du Père éternel.

Mais ces envoyés de la Nouvelle Alliance seront-ils mieux traités que les prophètes de l’Ancienne Alliance ? L’histoire de l’Eglise, depuis vingt siècles, montre que non : beaucoup d’entre eux, papes, évêques, prêtres… vivent un vrai martyre à cause du rejet, du mépris, des fausses accusations…. Et si, après leur mort, on les canonise, alors on s’acharne encore à falsifier leur image, pour que cela plaise, pour que ce soit au goût de l’opinion publique. On a fait ainsi de S. François d’Assise un écolo et de Ste Thérèse une mièvre.

La parole de Jésus reste vraie aujourd’hui et au cours des siècles :

« Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison » (Mc 6, 4).

Chaque catholique doit donc se poser la question : ne suis-je pas personnellement concerné par la déception de Dieu dans la vigne qu’il a plantée avec tant de soin, si j’ai l’habitude de toujours critiquer l’Eglise :

« J’attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? »

Oui ! la déception de Dieu au sujet de tant de catholiques qui, en matière de foi, de morale, de liturgie… ont la prétention de savoir mieux que le Magistère de l’Eglise, que Dieu lui-même, avec sa Révélation désuète qu’il est décidément grand temps de mettre au goût du jour. Au lieu de le servir avec docilité, ils courent après les divinités étrangères : des célébrations eucharistiques qui visent principalement à flatter l’ego des « spectateurs » (qui applaudissent, quand ils sont contents…). Ce sont des choses comme cela qui faisaient que S. Paul s’inquiétait des chrétiens de Corinthe :

« J’ai bien peur que … votre intelligence des choses ne se corrompe en perdant la simplicité que l’on doit avoir envers le Christ » (1 Co 11, 3).

Mais de même - et beaucoup plus - que pour Israël, il subsistera toujours dans l’Eglise « un petit reste » qui, avec la Vierge Marie et tous les saints, ne se laisse pas corrompre par les idées à la mode. Ce sont les vrais fidèles que S. Paul décrit dans la 2e lecture. Quand, chez les chrétiens infidèles, règne une inquiétude permanente, une démangeaison de la nouveauté, une recherche de la facilité, en même temps règne dans le petit reste, persécuté, mais fidèle, « la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l’on peut imaginer ». Et quand S. Paul promet à ces chrétiens fidèles : « Le Dieu de la paix sera avec vous », cela veut dire que le vrai chrétien se reconnaît à la paix qui règne dans son cœur, même s’il déplore bien des abus dans sa communauté :

« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés. »

Jésus ajoute :

« N’avez-vous jamais lu dans les Ecritures : "La pierre mise au rebut par les maçons est devenue la pierre d’angle. C’est l’œuvre du Seigneur, et c’est merveille à nos yeux" (Ps. 117, 22-23) ? C’est pourquoi je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera ôté pour être remis à un peuple qui en produira les fruits. »

Si ceux qui se marient à l’église, qui demandent le baptême pour leurs enfants, et qui les inscrivent au catéchisme, ne s’engagent pas personnellement à leur donner une éducation religieuse, comme ils l’ont promis le jour de leur mariage et du baptême de leurs enfants, alors ils se préparent au désastre. Ces enfants non seulement ne grandiront pas dans la foi, mais ils risquent de devenir de vrais persécuteurs du Christ et de son Eglise.

Ceux qui, pas toujours sans raison, s’estiment déçus de l’Eglise catholique, et la quittent en demandant la radiation du registre des baptêmes, feraient bien de se souvenir que Jésus, lui, ayant des raisons bien plus valables d’être déçu des membres de l’Eglise, ne la quitte jamais, mais demeure fidèle à son poste de Sauveur. 

Lectures 27e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Le Seigneur est déçu par sa vigne bien-aimée (Is 5, 1-7)

Lecture du livre d'Isaïe

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Je chanterai pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. 

Mon ami avait une vigne sur un coteau plantureux. Il en retourna la terre et en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais. 

Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne ! Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? J'attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais vous apprendre ce que je vais faire de ma vigne : enlever sa clôture pour qu'elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu'elle soit piétinée. J'en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie. 

La vigne du Seigneur de l'univers, c'est la maison d'Israël. Le plant qu'il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici l'iniquité ; il en attendait la justice, et voici les cris de détresse.
 
 

 

Psaume :  79, 9-10, 13-14, 15-16a, 19-20

 

R/ Regarde ta vigne, Seigneur, viens sauver ton peuple

 

 

La vigne que tu as prise à l'Égypte, 
tu la replantes en chassant des nations. 
Tu déblaies le sol devant elle, 
tu l'enracines pour qu'elle emplisse le pays. 

Pourquoi as-tu percé sa clôture ? 
Tous les passants y grappillent en chemin ; 
le sanglier des forêts la ravage 
et les bêtes des champs la broutent. 

Dieu de l'univers revient !
Du haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu'a plantée ta main puissante.

Jamais plus nous n'irons loin de toi : 
fais-nous vivre et invoquer ton nom ! 
Dieu de l'univers, fais-nous revenir ; 
que ton visage s'éclaire, et nous serons sauvés !

 

 

 

 

2ème lecture : Dieu donne sa paix à ceux qui sont fidèles (Ph 4, 6-9)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l'action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera votre coeur et votre intelligence dans le Christ Jésus. 

Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le à votre compte. Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.
 
 
 

 

Evangile : Parabole des vignerons meurtriers (Mt 21, 33-43)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Aujourd'hui, Dieu nous parle en son Fils, lui qu'il a établi héritier de toute chose : c'est là l'oeuvre du Seigneur. Alléluia. (cf. He 1, 2 ; Mt 21, 42)
 

 

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

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Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils.' Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage !' Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » 
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu. » 
Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'oeuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit. »
 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Dimanche 28 septembre - Prière pour le Synode sur la Famille

dominicanus #Prières

 

 

" Le Saint-Père a décidé que, dans toute l’Église, le dimanche 28 septembre on prie pour la III Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Évêques qui s’ouvrira le dimanche 5 octobre sur le thème “Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation”.
Je vous envoie un bref feuillet-guide (pièce jointe) qui propose la prière pour le Synode écrite par le Pape François et l’indication de quelques intentions pour la prière universelle des Messes. "


Lorenzo Card. BALDISSERI Secrétaire Général

Journée de prière
pour la IIIe Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Évêques
Dimanche 28 septembre 2014

 


Le Dimanche 28 septembre 2014 sera consacré à la prière pour la IIIe Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Évêques qui se déroulera du 5 au 19 octobre et qui a pour thème « les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation ».
Les Églises particulières, les communautés paroissiales, les Instituts de vie consacrée, les associations et les mouvements sont invités à prier lors des Célébrations Eucharistiques et en d’autres moments de célébration, les jours précédents et durant les travaux synodaux. À Rome, on priera chaque jour en la Chapelle de la Salus Populi Romani de la Basilique Sainte Marie Majeure. Les fidèles, surtout les familles, peuvent s’unir à cette intention dans leur prière personnelle.
Il est suggéré que la Prière à la Sainte Famille pour le Synode, composée par le Pape François, et quelques intentions indicatives pour la prière universelle puissent être adoptées lors des Messes dominicales du 28 septembre, ainsi que lors du déroulement du Synode. On peut ajouter une intention aux Invocations des Laudes et aux Intercessions des Vêpres. On recommande, en outre, de prier aussi le Chapelet pour les travaux synodaux.

I - PRIERE A LA SAINTE FAMILLE POUR LE SYNODE

Jésus, Marie et Joseph
en vous nous contemplons
la splendeur de l’amour véritable,
à vous nous nous adressons avec confiance.
Sainte Famille de Nazareth,
fais aussi de nos familles
des lieux de communion et des cénacles de prière, des écoles authentiques de l’Évangile
et des petites Églises domestiques.
Sainte Famille de Nazareth,
que jamais plus dans les familles on fasse l’expérience de la violence, de la fermeture et de la division :
que quiconque a été blessé ou scandalisé
connaisse rapidement consolation et guérison.
Sainte Famille de Nazareth,
que le prochain Synode des Évêques
puisse réveiller en tous la conscience
du caractère sacré et inviolable de la famille, sa beauté dans le projet de Dieu.
Jésus, Marie et Joseph écoutez-nous, exaucez notre prière.

II - PRIERE UNIVERSELLE

Frères et sœurs,
Comme famille des fils de Dieu et animés par la foi élevons nos suppliques au Père afin que nos familles, soutenues par la grâce du Christ, deviennent d’authentiques Églises domestiques où l’on vit et témoigne l’amour de Dieu.


Prions ensemble et disons:


Seigneur, bénis et sanctifie nos famille

Pour le Pape François: Que le Seigneur qui l’a appelé à présider l’Église dans la charité, le soutienne dans son ministère au service de l’unité du Collège épiscopal et de tout le Peuple de Dieu, prions:


Pour les Pères Synodaux et les autres participants à la III Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Évêques: Que l’Esprit du Seigneur illumine leur esprit, afin que l’Église puisse répondre aux défis de la famille dans la fidélité au projet de Dieu, prions:

Pour ceux qui ont la responsabilité de gouverner des Nations: Que l’Esprit Saint inspire des projets qui valorisent la famille comme cellule fondamentale de la société, selon le dessein divin, et soutiennent les familles en difficulté, prions:

Pour les familles chrétiennes: Que le Seigneur qui a mis dans la communion des époux le sceau de sa présence, fasse de nos familles des cénacles de prières et des communautés intimes de vie et d’amour, à l’image de la Sainte Famille de Nazareth, prions:

Pour les conjoints en difficulté: Que le Seigneur riche en miséricorde, les accompagnent, à travers l’action maternelle de l’Église, avec compréhension et patience dans leur cheminement de pardon et de réconciliation, prions:

Pour les familles qui doivent abandonner leurs pays à cause de l’Évangile: Que le Seigneur qui a fait l’expérience avec Marie et Joseph de l’exil en Égypte, les conforte par sa grâce et leur ouvre des pistes de charité fraternelle et de solidarité humaine, prions:

Pour les grands-parents: Que le Seigneur qui a été accueilli au Temple par les Saints vieillards Siméon et Anne, les rende de sages collaborateurs des parents dans la transmission de la foi et dans l’éducation des enfants, prions:

Pour les enfants: Que le Seigneur de la vie, qui dans son ministère les a accueillis en faisant d’eux les modèles pour entrer dans le Royaume des cieux, suscite en tous le respect pour la vie naissante et inspire des projets éducatifs conformes à la vision chrétienne de la vie, prions:

Pour les jeunes: Que le Seigneur, qui a sanctifié les noces de Cana, leur fasse redécouvrir la beauté du caractère sacré et inviolable de la famille dans le dessein divin et soutienne le parcours des fiancés qui se préparent au mariage, prions:

O Dieu, qui n’abandonne pas l’œuvre de tes mains, écoute nos prières:
envoie l’Esprit de ton Fils illuminer l’Église au commencement du cheminement synodal, afin qu’en contemplant la splendeur de l’amour véritable qui resplendit dans la Sainte Famille de Nazareth, elle apprenne d’elle la liberté et l’obéissance pour répondre avec audace et miséricorde aux défis du monde d’aujourd’hui.
Par le Christ notre Seigneur.

L'enfant grandissait

L'enfant grandissait

Res non verba - Homélie 26° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

26 TOA ev

 

Ce matin, j'ai rencontré deux dames. Il ne m'a guère fallu de temps pour me rendre compte qu'elles étaient Témoins de Jéhovah. L'une d'entre elles prit aussitôt sa Bible. S.Pierre Canisius, qui n'avait pas affaire à des Témoins mais aux protestants, avait déjà écrit (au 16e siècle):



"Comment est-il possible que la parole de Dieu, si riche de sens, soit biaisée dans les contradictions et les contre-vérités? Comment est-il possible que les hommes rejettent orgueilleusement cette parole de Dieu, et en abusent avec tant ingéniosité, qu'ils lui prêtent délibérément des significations différentes pour la déchirer au détriment du royaume du Christ? Pourquoi y a-t-il des schismes de toute sorte? Quand y a-t-il eu autant de gens qui ont combattu les intérêts de l'Eglise, qui est la maison et l'arche de Dieu, en dehors de laquelle aucun salut n'est possible?"
 

Pourtant, l'Evangile de ce dimanche pose une autre question, une question que ne s'adresse ni aux protestants, ni aux Témoins de Jéhovah, mais à nous qui, dans l'Église catholique, forment une petite minorité (en Occident) de "fidèles". Et cette question est la suivante: vous dites que vous observez la Parole de Dieu, mais le faites-vous réellement?

Cette question vaut la peine de s'y attarder un peu ... L'ennemi le plus dangereux de l'Église n'est pas en dehors mais à l'intérieur de l'Eglise. Ce ne sont pas les protestants ou les Témoins de Jéhovah, les communistes ou les franc-maçons, mais les catholiques qui sont tous les dimanches et jours de semaine à la messe, mais qui, quand le Seigneur leur demande de se convertir, ne remuent même pas le petit doigt. C'est à nous que s'adresse Jésus quand il dit:

 

'Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu."

 

Vous n'avez pas cru à sa parole.

Vous n'avez pas cru à sa parole.

Lectures 26e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Dieu nous appelle chaque jour à nous convertir (Ez 18, 25-28)

 

Lecture du livre d'Ezékiel

Parole du Seigneur tout-puissant : Je ne désire pas la mort du méchant, et pourtant vous dites : « La conduite du Seigneur est étrange. » Écoutez donc, fils d'Israël : est-ce ma conduite qui est étrange ? N'est-ce pas plutôt la vôtre ? Si le juste se détourne de sa justice, se pervertit, et meurt dans cet état, c'est à cause de sa perversité qu'il mourra. Mais si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Parce qu'il a ouvert les yeux, parce qu'il s'est détourné de ses fautes, il ne mourra pas, il vivra.
 
 

 

 

 

Psaume :  24, 4-5ab, 6-7, 8-9

 

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R/ Souviens-toi, Seigneur, de ton amour

 
Seigneur, enseigne-moi tes voies, 
fais-moi connaître ta route. 
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, 
car tu es le Dieu qui me sauve. 

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, 
ton amour qui est de toujours. 
Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ; 
dans ton amour, ne m'oublie pas. 

Il est droit, il est bon, le Seigneur, 
lui qui montre aux pécheurs le chemin. 
Sa justice dirige les humbles, 
 
 

 

 

 

2ème lecture : L'unité dans l'amour à la suite du Christ (brève : 1-5) (Ph 2, 1-11)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

 
Frères, s'il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, si l'on s'encourage dans l'amour, si l'on est en communion dans l'Esprit, si l'on a de la tendresse et de la pitié, alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l'unité. Ne soyez jamais intrigants ni vantards, mais ayez assez d'humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même, mais aussi des autres. 

Ayez entre vous les dispositions que l'on doit avoir dans le Christ Jésus : lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droitd'être traité à l'égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-mêmeen prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix. 

C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père.
Evangile : Se convertir non en paroles, mais en actes (Mt 21, 28-32)
 
 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Aujourd'hui ne fermez pas votre coeur, mais écoutez la voix du Seigneur. Alléluia. (Ps 94, 8)
 

 

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 
 
 
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Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : 'Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne.' Celui-ci répondit : 'Je ne veux pas.' Mais ensuite, s'étant repenti, il y alla. Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : 'Oui, Seigneur !' et il n'y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier ».

Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n'avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole. »
 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

 

 

 

 

 

 

Le travail que Dieu nous demande - Homélie 25° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

25 TOA ev

 

Dans la parabole des ouvriers de la vigne, faisons attention à ce que Jésus veut nous dire. Ce qu’il veut nous dire d’abord, c’est que Dieu est souverainement libre :

« N’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? »

 

Le Royaume des cieux est le Royaume de Dieu, c’est son bien, pas le nôtre !

 

Ensuite, Jésus veut nous dire que Dieu est infiniment bon :

 

« Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? »

 

A qui ces deux questions sont-elles posées ? Qui remet en cause la souveraine liberté de Dieu ? Qui regarde Dieu de travers quand il fait preuve de bonté ?

D’après l’évangile, ce sont d’abord les scribes et les pharisiens qui reprochent à Jésus de manger et de boire avec les publicains et les prostituées, qui représentaient à leurs yeux les deux grandes catégories de pécheurs, de gens non fréquentables, de damnés…, qui n’ont aucun mérite à faire valoir, tandis que eux, ils ont toujours fidèlement observé la Loi, moyennant une ascèse impressionnante.

Mais ensuite, cette parabole s’adressera au peuple juif dans son ensemble, le peuple de la première alliance, appelé depuis Abraham à marcher dans les voies du Seigneur, qui ont accueilli Jésus comme Seigneur en devenant chrétiens à la Pentecôte. Après la Pentecôte, l’Esprit-Saint aura fort à faire pour leur faire admettre que les païens sont appelés à faire partie de l’Alliance eux aussi, sans qu’ils aient besoin d’observer toutes les prescriptions de la Loi de Moïse.

Enfin, cette parabole s’adresse à nous, chrétiens issus du paganisme, certes, mais baptisés de longue date, devenus, vaille que vaille, mais non sans peine, des chrétiens « militants », « engagés », « actifs » dans l’Eglise. C’est à nous que pensait S. Grégoire le Grand quand il disait :

 

« Les ouvriers sont appelés à la vigne à des heures différentes, comme pour signifier que l’on est appelé à la sainteté  au moment de son enfance, un autre dans sa jeunesse, un autre à son âge mûr, et un autre à un âge plus avancé. »

 

La parabole, en fin de compte, s’adresse donc à toutes les époques de l’histoire du Peuple de Dieu et à chaque peuple qui veut comprendre le fond de la pensée de Jésus. Et Jésus nous invite à penser comme Lui :

 

« Je vous le dis : si votre justice ne dépasse pas celles des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez sûrement pas dans le Royaume des cieux » (Mt 5, 20).

 

Attention ! Cela ne signifie certainement pas que Dieu, dans son amour miséricordieux, serait injuste. La justice, tout comme l’amour et la miséricorde, est un attribut de Dieu. Dans son discours sur la montagne, Jésus nous dit qu’il n’est pas venu abolir la Loi, mais pour l’accomplir, et qu’il n’y a pas la moindre prescription de la Loi qui ne passera, pour autant qu’elle vienne de Dieu. Toute présentation de la morale chrétienne qui oublie cela, est fausse. La justice de ce monde, qu’elle soit de nature publique ou privée, n’est pas abolie. Mais elle est dépassée par l’agir de Dieu dans le Christ et dans l’agir de la communauté de ceux qui le suivent.

La 1e lecture exprime combien la conception que Dieu se fait de la justice dépasse nos pauvres conceptions humaines : autant que le ciel est élevé au-dessus de la terre. Et la pensée et l’agir de Dieu portent précisément le sceau de la miséricorde et du pardon, qui comportent, bien entendu, une exigence de conversion. C’est cela qui est juste aux yeux de Dieu :

 

« Va, et ne pèche plus. »

 

(Voir aussi la parabole de dimanche dernier).

 

Dans la 2e lecture, S. Paul nous donne une magnifique illustration de ce que Jésus veut dire dans la parabole d’aujourd’hui. En quoi consiste pour lui la meilleure manière d’imiter la bonté de Dieu ? La plupart des hommes souhaitent une longue vie sur terre. Les vœux de Nouvel An comportent inévitablement des souhaits de bonne santé… Ce n’est pas ce que S. Paul souhaite. Il souhaite plutôt mourir pour être avec le Christ. Mais si Dieu veut qu’il reste encore sur la terre, pour travailler dans sa vigne, cela serait en opposition avec ce vœu ardent. Alors il ne choisit pas. Il laisse Dieu choisir ce qu’il y a de meilleur que lui et pour la communauté chrétienne.

De nouveau, ici, faisons bien attention ! Ce qu’il y a de mieux, ce n’est pas, comme beaucoup pourraient le penser, une accumulation de bonnes œuvres, une activité de plus en plus débordante, à la limite de la fébrilité, tout cela dans le but, bien entendu, de faire des conversions de plus en plus nombreuses et de remplir les églises. Non, le meilleur, c’est de faire la volonté de Dieu, dont les pensées et les projets dépassent infiniment les pensées et les projets de l’Apôtre, mais qui sont pourtant, pour lui et pour l’Eglise, les meilleures.

Pour S. Paul, concrètement, cela a pu être la prison. Pour tel ou telle parmi nous, cela peut être la maladie et l’hôpital, ou, en tout cas, l’une ou l’autre forme d’impuissance à travailler avec une efficacité humaine, dans l’entreprise « Eglise ».

Mais c’est alors, justement, que la fécondité devient la plus grande : quand, humblement, l’on accepte d’être réduit ainsi à l’impuissance en ce monde, alors même que l’on ne peut pas non plus déjà jouir de la plénitude du bonheur qui consiste à voir Dieu face à face. Le travail que Dieu nous demande, en fin de compte, c’est celui-là : mener « une vie digne de l’Evangile du Christ ».

Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne.'

Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne.'

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