Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

L'immigration, l'Église et l'Occident. Une interview d'Ettore Gotti Tedeschi. Loin de la langue de bois, sur un sujet tabou

dominicanus #actualités
L'immigration, l'Église et l'Occident. Une interview d'Ettore Gotti Tedeschi. Loin de la langue de bois, sur un sujet tabou

Dans un récent billet traduit ici (Vers une nouvelle religion?), Antonio Socci évoquait le Huitième rapport sur la doctrine sociale de l'Église dans le monde, de l'Observatoire Cardinal Van Thuan publié dans un livre intitulé “Il caos delle migrazioni, le migrazioni nel caos” , et en particulier la contribution d'Ettore Gotti Tedeschi.


L'ex-banquier de l'IOR est interviewé à ce sujet dans la revue mensuelle en ligne "Formiche". Et ce qu'il dit n'est pas vraiment politiquement correct... Dommage qu'on n'entende pas plus souvent des propos de ce genre en France.

 

L'IMMIGRATION, L'ÉGLISE ET L'OCCIDENT. 
ETTORE GOTTI TEDESCHI PARLE

Giovanni Bucchi
20 février 2017

 


* * *
 


L'ex-banquier de l'IOR explique à <Formiche.net> que les causes réelles de la migration ne sont pas d'ordre économique
Les raisons économiques ne suffisent pas à expliquer l'immigration de masse. C'est un phénomène «prévu et voulu pour modifier la structure sociale et religieuse de notre civilisation, concrètement, pour redimensionner le catholicisme». Ce sont les mots écrit noir sur blanc par Ettore Gotti Tedeschi dans le « Huitième rapport sur la Doctrine Sociale de l'Eglise dans le monde», présenté par l'Observatoire international Cardinal Van Thuan sur le thème de l'immigration. L'économiste et banquier catholique, ex-président de l'IOR, a confié à un court essai son évaluation qui, après la présentation du rapport à Rome, a suscité quelques critiques mais aussi des commentaires positifs.

- Gotti Tedeschi, dans votre intervention, vous parlez d'une «correction fraternelle» à certaines institutions de l'Église qui n'auraient pas compris le problème de l'immigration. En quoi consiste cette correction?

-- J'étais préoccupé par le zèle humanitaire plein d'émotivité qui tend à ignorer les chiffres du phénomène et n'affronte pas les causes du problème. On pourrait dire en effet qu'il y a trois «tabous» qu'aujourd'hui, on ne peut pas ou ne veut pas traiter de façon rationnelle et globale: le problème de la natalité, de l'environnement et des migrations. Il semblerait qu'il y ait une volonté supérieure répandue et imposée, qui ne veut pas que ces trois tabous soient discutés. Tout comme on dirait qu'il y a des "contrôleurs" prêts à utiliser tous les moyens, y compris l'intimidation, afin que sur ces tabous, on accepte une pensée unique: assez de naissances parce que l'homme détruit l'environnement, facilitons donc l'immigration parce que c'est la meilleure solution. Il y a beaucoup de points obscurs sur les trois tabous, mais pour ne pas nous écarter du sujet, il est bon de savoir que les données et les informations sur l'immigration régulière sont influencées par des accords, ou par un "chantage économique" avec les pays de provenance des migrations. Les données et les informations sur l'immigration clandestine sont encore moins claires; pensons que les débarquements illégaux en Italie en 2016 (181436) étaient quarante fois supérieurs à ceux de 2010 (4406). Et nous nous rendons compte que le phénomène de l'immigration clandestine est en augmentation et hors de contrôle. En 2015, le statut de réfugié a été reconnu dans seulement 5% des cas, 36% ont reçu une aide humanitaire et 59% ont été refusés, mais personne ne sait où ils sont. Et il s'agit de plus de 100 mille personnes (sur 153842 débarqué). En 2016, le chiffre a augmenté, 181436 personnes sont arrivées par mer (18% de plus qu'en 2015) et les irréguliers expulsés raccompagnés vers leur pays d'origine étaient seulement 5%. Dans la pratique, l'immigration dite irrégulière se développe à un rythme de 100 mille unités par an, et les pays voisins refusent les expatriés. Ce sont des chiffres fournis par le Haut Commissaire des Nations Unies sur les réfugiés.

- Pourquoi les raisons économiques ne suffisent-elles pas pour expliquer le phénomène migratoire?

-- Le phénomène migratoire est expliqué, ou plutôt laissé à deviner, avec trois causes principales: les conflits, la pauvreté, le besoin de main-d'œuvre. Il est évident que ces trois causes existent, mais par quoi elles s'expliquent, et si elles peuvent être résolues, est rarement discuté. Prenons la première, les conflits. Jusqu'à il y a une dizaine d'années, ils étaient "éteints" pratiquement dans l'oeuf; par la suite, on dirait qu'ils ont été tolérés (ou même causés, pensons à la Libye), tandis que les ventes d'armes à plusieurs pays augmentaient et on pense que ces armes peuvent avoir servi à Daesch. Les conflits qui ont généré les migrations pouvaient-ils être étouffés, oui ou non? Prenons la deuxième causse, la croissance de la pauvreté. Le problème ne semble pas si vrai, si l'on regarde les flux migratoires. Ceux provenant de pays en difficultés économiques réelles représentent entre 5 et 10%. Mais il est important de noter que cette pauvreté est également due à nos manquements au cours des dix dernières années. Qu'on voie les conclusions du fameux G8 pour l' Afrique, où nous nous sommes engagés à soutenir les investissements et les exportations des pays pauvres; qu'avons-nous fait? Pratiquement rien. Enfin, le besoin de main-d'œuvre; le déficit (gap) de population dû à l'effondrement démographique rend-il les migrations nécessaires? Mais qui, ou quoi, a provoqué ce déficit qu'aujourd'hui on prétend gérer? Qui a imposé la baisse du taux de natalité en Occident et prévoit maintenant de le compenser par l'immigration? À une époque de crise économique, avec un taux de chômage dans notre pays comme l'actuel? Avec un coût de l'accueil si onéreux pour notre budget? 
J'ai parlé de la nécessité de clarifier les causes réelles du problème, qui sinon ne sera pas résolu et même s'aggravera. Les doutes à propos du fait qu'on veut ignorer ces causes réelles résident aussi dans la confusion qui règne en Europe. Se peut-il qu'on n'ait jamais réfléchi au fait que les migrants sont principalement des jeunes en bonne santé? Les moins jeunes ne craindraient-ils pas les conflits et la faim?

- Venons-en au fait. Vous avez écrit qu'il y a un plan pour «redimensionner le catholicisme», vous avez parlé d'un projet de re-ingéniérisation gnostique mondial qui a un ennemi déclaré: l'Eglise catholique, et vous l'avez fait en citant le secrétaire de l'ONU Ban Ki-moon et le Rapport Kissinger de 1974 [NSSM200] (*). Pourquoi l'Eglise catholique est-elle la cible?

-- Je pense que le phénomène des migrations est l'une des (pires) conséquences des échecs de ce qu'on appelle Nouvel ordre économique mondial, instauré dans les années soixante-dix pour réguler le nécessaire processus de la mondialisation. J'invite à réfléchir sur le fait que tous les objectifs du Nouvel Ordre, non seulement ne sont pas réalisés, mais il s'est produit exactement le contraire: on voulait éteindre toutes les causes des conflits, les inégalités, la pauvreté, l'intolérance religieuse, le totalitarisme, et c'est le résultat opposé qui s'est produit, incluant un processus de migration forcée. Le vrai grand «succès» du Nouvel Ordre est d'avoir créé une crise économique mondiale, à son tour origine d'autres conséquences néfastes. Nous devons aussi reconnaître qu'il y a eu un autre «vrai succès»: celui lié au processus déclaré de relativisation des croyances religieuses, visant à la laïcisation de celles-ci, avec comme conséquences l'effondrement des valeurs morales et les changements au sein de l'Eglise catholique. Si nous regardons les conséquences de ces faits observés, on ne peut pas ne pas réfléchir au risque (pour certains) ou à l'opportunité (pour d'autres) d'un processus de ré-ingéniérie socio-religieuse [l'ingénierie sociale est une pratique visant à modifier à grande échelle certains comportements de groupes sociaux, ndt] certainement inspirée, et je dirais même gérée. Si nous avions la patience d'aller relire les déclarations faites par des leaders internationaux dans les quarante dernières années, nous trouverions matière d'analyse sur le fait que «rien n'arrive par hasard». Nous ne parlons pas de théories du complot, nous parlons de faits.

- En lisant votre essai, on pourrait penser que l'Église catholique, qui est la cible d'attaque, ne comprend pas ce qui se passe. C'est le cas?

-- Le catholicisme est une foi absolue et dogmatique qui exige des devoirs envers le Créateur. Le monde laïciste ne tolère pas ces «devoirs». Voyez-vous, le projet du Nouvel Ordre Mondial prévoyait plus d'objectifs stratégiques, allant du contrôle des naissances aux nouveaux paradigmes éthiques pour les confessions religieuses les plus dogmatiques, afin d'avoir une grande religion universelle. Au cours des quarante dernières années, on n'a rien fait d'autre que discuter de nouveaux objectifs pour l'humanité, puis nous avons eu le 11 Septembre et tout a changé, on a géré l'urgence de façon opportuniste ... On a bien fait comprendre que les droits civils que méritait le monde n'avait rien à voir avec ceux enseignées par la morale catholique, au point que le directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé est allé jusqu'à expliquer que l'éthique chrétienne ne devrait plus être appliquées à l'avenir. Et Obama en 2009 a déclaré que la santé est le bien-être bio-psycho-social, d'où feu vert pour l'avortement sans restriction, l'euthanasie grâve à la limitation des soins, le déni du droit [d'objection] de conscience. Il était évident que le catholicisme était attaqué, non? Ensuite, le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, dans son discours historique devant les chefs religieux à New York en 2000, est allé jusqu'à parler de syncrétisme religieux pour créer une nouvelle religion universelle, expliquant que les processus d'immigration aideraient à ce projet ...

- L'Église est restée à regarder?

-- Je ne me permets pas de critiquer les institutions religieuses, ni le Pape; que pourrait dire d'autre le Pape, sinon exhorter à la charité? Eventuellement, je reste perplexe face à des déclarations faites par des membres éminents d'institutions qui semblent vouloir ignorer les causes et faire des propositions génériquement humanitaires, indépendamment de ces causes. Avez-vous déjà vu résoudre un problème en agissant sur les effets plutôt que les causes? Comment peut-on penser résoudre les problèmes de misère matérielle et sociale sans résoudre d'abord les problèmes moraux? Mais ces illustres ecclésiastiques, ont-ils lu et médité sur Caritas in Veritate et Lumen Fidei ? Et puis je trouve déplacé d'utiliser des considérations moralo-humanitaires en faisant référence au sacré.

- Certains vous ont attaqué en disant que vos théories vont à l'encontre du message du Pape François et se rapprochent des thèses de Trump et de Salvini [leader de la Ligue du Nord]. Comment réagissez-vous?

-- Vous aurez remarqué que depuis un certain temps dans notre pays deux sports se sont développés: l' «interprétation du Saint-Père» et la «chasse aux dissidents» (réels ou inventés) de la pensée du pape. Manquant d'arguments, on invente des similitudes évocatrices et offensantes.

 

Benoit-et-moi 2017

 

NDT

(*) Le document "NSSM 200", connu sous le nom de Rapport du National Security Council ou de Rapport Kissinger, a pour titre Implications of Worldwide Population Growth for U.S. Security and Overseas Interests. Il a été élaboré en 1974 à la demande d'Henry Kissinger, alors Secrétaire d'État, et a été rendu public quinze ans plus tard. Il offre des lumières troublantes sur le rôle des États-Unis dans la contention de la natalité. Tenu secret jusqu'en 1989, ce rapport estime indispensable pour la sécurité des États-Unis, de mettre en oeuvre une politique de contrôle démographique dans les pays du tiers-monde. À côté de la pilule et de la stérilisation, mention est également faite de l'avortement (source).

[Il est difficile d'en trouver des traces sur Internet].

Traduction partielle en français ICI

Ce qu’il faut chercher pour trouver la paix du coeur - Homélie 8° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

8-TOA-ev.jpg

 

 

Nous voudrions être libres de tout souci et de toute angoisse. Mais les paroles du Christ dans le passage de l’évangile de ce dimanche semblent trop belles pour être vraies. Jésus nous dit de cesser de nous tracasser pour tout ce qui nous tracasse : les choses matérielles, les choses du monde, ce qu’il appelle "mammon". "Mammon" vient d’un mot grec qui désigne tous les biens matériels, les possessions, tout ce qui peut être acheté avec de l’argent. Le Christ nous dit donc de ne pas nous préoccuper de notre compte en banque, de nos hypothèques, de notre carrière, de notre travail, de notre réputation, de nos réussites et de nos succès. Il nous avertit que tout cela ne peut pas combler notre cœur, et que, si nous nous en soucions excessivement, ces choses peuvent nous séparer de Dieu et nous ôter la paix du cœur qui est le fruit d’une solide amitié avec le Christ.

 

Ensuite Jésus nous indique comment nous pouvons cesser de nous préoccuper de toutes ces choses. « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice », dit-il, « et tout cela vous sera donné de surcroît ». Le mot grec qui est traduit en français par "chercher" (zeteo) est un verbe très riche de sens. Il connote une recherche active, motivée, passionnée.

 

Nous tous, ici, nous croyons déjà au Christ. Mais aujourd’hui, Jésus nous demande dans quelle mesure, jusqu’à quel point. Quel est notre empressement à chercher son Royaume ? Dans quelle mesure poursuivons-nous la recherche de la justice, c’est-à-dire le succès aux yeux de Dieu, à l’opposé du succès aux yeux du monde ? Quand nos cœurs sont partagés, quand nous poursuivons la recherche du bonheur à la fois dans notre relation d’amitié avec le Christ et dans nos succès mondains, nous finissons par perdre tout, car nous ne pouvons servir deux maîtres. Si, par contre, nous cherchons d’abord son Royaume, alors « tout cela nous sera donné de surcroît ».

 

C’est pour cela que les pauvres trouvent la paix tandis que les riches sont tourmentés. Les statistiques montrent un taux de suicide plus élevé parmi les classes les plus aisées de la société. « Bienheureux les pauvres en esprit », dit Jésus, car ce sont eux qui se rendent compte que tous les biens de cette terre, que ce soit la fortune, les honneurs ou les succès, ne suffisent pas pour combler le cœur de l’homme. Si c’était le cas, alors plus on est riche, plus on serait heureux. Mais nous savons tous que ce n’est pas vrai. Ceux qui ont de la sagesse et qui sont en paix, les forts, sont ceux qui ont les yeux fixés sur le Christ.

 

Souvent, on dit que les chrétiens sont des gens tristes qui mènent une vie sérieuse, terne et sombre. La vérité, c’est que les saints sont parmi les gens les plus enjoués et créatifs de l’histoire, car c’est le péché, et non pas la foi, qui prive de la joie.

 

Saint Colomban, abbé, un jour demande à saint Deicolus : "Pourquoi est-ce que tu es toujours souriant ?" Deicolus répond : "Parce que personne ne peut arracher Dieu de mon cœur."

 

On raconte que le jour où saint Dominique Savio avait décidé de devenir un saint, il avait cessé de jouer avec les autres garçons et s’est mis à avoir une expression sérieuse. Saint Jean Bosco lui demande alors ce qui n’allait pas. Le garçon explique, et saint Jean Bosco l’a félicité pour son intention, tout en lui conseillant de rester joyeux et actif, car le fait de servir Dieu devrait nous rendre joyeux et spirituellement attrayants pour les autres. Il avait coutume de dire à tous ses garçons : "Amusez-vous autant que vous voulez, à condition de ne pas faire de péché."

 

Si nous cherchons d’abord le Royaume de Dieu, tout le reste nous sera donné de surcroît. C’est la promesse de Jésus. Mais que veut dire : « chercher d’abord le Royaume » ?

 

Cela veut dire au moins trois choses. D’abord, cela signifie obéir aux commandements de Dieu. Nous les trouvons dans la Bible et dans l’enseignement de l’Eglise. Nous les mettons en pratique dans notre vie par la voix de notre conscience. Dans le Notre Père, nous prions : « Que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite… » Le Christ est Roi. Il est celui qui règne. Et donc, ceux qui demeurent dans et qui profitent de son Royaume doivent obéir à ses lois.

 

Ensuite, chercher le Royaume du Christ signifie tendre constamment à mieux connaître Jésus par la prière et par la méditation chrétienne. Jésus est un Roi unique, car ce qu’il veut, c’est l’amitié de ses sujets. Il veut faire partie de notre vie, il veut marcher avec nous. Comme Benoît XVI le disait un jour à des séminaristes de New York, ce qui importe le plus, c’est que vous développiez une relation personnelle avec Dieu. Et cette relation s’exprime dans la prière.

 

Enfin, nous devons être sans cesse à l’affût d’occasions pour rapprocher les autres du Christ. Ce n’est pas aussi difficile que nous sommes portés à le penser. Tout ce que nous avons à faire, c’est de nous rappeler que Dieu est la vraie source du bonheur. Et alors, puisque nous voulons que ceux qui nous entourent trouvent le chemin du bonheur, il est tout à fait naturel de faire tout ce que nous pouvons dans ce sens.

 

Aujourd’hui, Jésus veut affermir notre relation avec lui au cours de cette Messe. Quand nous le recevrons dans la Sainte Communion, renouvelons l’engagement de notre baptême et promettons-lui de faire un effort spécial cette semaine pour chercher d’abord son Royaume.

Mais que veut dire : « chercher d’abord le Royaume » ?

Mais que veut dire : « chercher d’abord le Royaume » ?

Lectures 8e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Dieu ne peut pas oublier son peuple (Is 49, 14-15)

Lecture du livre d'Isaïe

 

Jérusalem disait : « Le Seigneur m'a abandonnée, le Seigneur m'a oubliée. »
Est-ce qu'une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l'oublier, moi, je ne t'oublierai pas. - Parole du Seigneur tout-puissant.
 
 
 
Psaume : 61, 2-3, 8, 9
 

R/En Dieu seul, le repos de notre âme.

 

Je n'ai de repos qu'en Dieu seul, 
mon salut vient de lui. 

Lui seul est mon rocher, mon salut, 
ma citadelle : je suis inébranlable.

Mon salut et ma gloire 
se trouvent près de Dieu. 
Chez Dieu, mon refuge, 
mon rocher imprenable !
 

Comptez sur lui en tous temps, 
vous, le peuple. 
Devant lui épanchez votre coeur : 
Dieu est pour nous un refuge.
 
 
 
2ème lecture : C'est Dieu qui juge : ne jugez pas (1 Co 4, 1-5)
 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

 

Frères, 
il faut que l'on nous regarde seulement comme les serviteurs du Christ et les intendants des mystères de Dieu.
Et ce que l'on demande aux intendants, c'est en somme de mériter confiance.
Pour ma part, je me soucie fort peu de votre jugement sur moi, ou de celui que prononceraient les hommes ; d'ailleurs, je ne me juge même pas moi-même.
Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n'est pas pour cela que je suis juste : celui qui me juge, c'est le Seigneur.
Alors, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il fera paraître les intentions secrètes. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu.
 
 
 
Evangile : Sermon sur la montagne. Confiance en Dieu notre Père (Mt 6, 24-34)
 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Cherchez d'abord le royaume de Dieu, et tout vous sera donné par surcroît. Alléluia. (Mt 6, 33)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

 

8-TOA-ev.jpg

 

 

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :

« Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent.

C'est pourquoi je vous dis : Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ?

Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ?

D'ailleurs, qui d'entre vous, à force de souci, peut prolonger tant soit peu son existence ?

Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.

Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'était pas habillé comme l'un d'eux.

Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs, qui est là aujourd'hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?

Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : 'Qu'allons-nous manger ?' ou bien : 'Qu'allons-nous boire ?' ou encore : 'Avec quoi nous habiller ?'

Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.

Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché.

Ne vous faites pas tant de souci pour demain : demain se souciera de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »

 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008
 

Pour les chrétiens, l’humble obéissance est une vertu - Homélie 7° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

7-TOA-ev.jpg

 

 

 

Quand Jésus dit : «  Vous avez appris qu'il a été dit », il fait clairement allusion à l’Ancien Testament, la Loi de Moïse. C’est la Loi qui conférait au peuple juif son statut particulier parmi toutes les nations de la terre, parce que c’est Dieu lui-même qui la leur avait donnée. C’est le « doigt de Dieu » qui l’avait gravée sur des tables de pierre.

 

Pendant 1500 ans, les prophètes et les rabbins d’Israël l’avaient interprétée, appliquée au gré des circonstances changeantes, en exhortant le peuple à l’observer. Mais jamais au cours de ces quinze siècles, un Israélite fidèle n’avait eu la prétention d’exercer une autorité sur elle. Après tout, la Loi provenait du directement du Seigneur. Qui donc pourrait prétendre avoir une autorité sur elle ?

 

Donc, quand Jésus dit : « … Eh bien moi, je vous dis… », suggérant un ajout à la Loi, ses auditeurs sont confrontés à quelque chose de totalement nouveau, à quelqu’un qui revendique une autorité sur la Loi de Moïse. Il réclame une nouvelle adhésion et fraie un chemin pour une Nouvelle Alliance.

 

Le Sermon sur la Montagne est révolutionnaire, non pas seulement en ce qui concerne les idées, mais dans l’autorité revendiquée par le Seigneur. Cette revendication,  implicite mais réelle, d’une autorité sur la loi divine, et donc du rang de Dieu, n’est pas sans conséquences. Cela signifie que ses commandements requièrent l’obéissance.

 

Dans le monde de l’Antiquité, l’obéissance due à celui qui gouverne était un concept familier. Dans le monde contemporain, dominé par les démocraties politiques, elle l’est beaucoup moins. En fait, la mentalité critique, indépendante, démocratique (si utile en politique) peut même s’infiltrer dans l’Eglise (où elle n’est pas à sa place).

 

La vérité du Christ ne change pas au gré des modes et des référendums. Dans notre relation avec Jésus et son Église, l’humble obéissance à l’autorité légitime est une vertu, et non pas un défaut.

 

Il faut plus de dix ans d’études intenses et de pratique pour devenir médecin. Les bons médecins voient parfois plus de 200 patients par mois. Un médecin qui pratique depuis plusieurs années possède donc une connaissance théorique, acquise par sa formation, enrichie d’une dose importante de connaissances pratiques, acquises par l’expérience. Quand nous sommes souffrants ou blessés et que nous consultons un médecin, nous nous attendons à ce qu’il sache ce que nous devons faire, en raison de ses connaissances et de son expérience, mieux que nous. Nous nous attendons à ce qu’il comprenne ce qui ne va pas chez nous, mieux que nous.

 

Quand le médecin nous prescrit ce qu’il faut faire pour guérir, la chose la plus intelligente à faire, c’est de lui obéir. Quand le médecin explique en termes simples quel est notre problème, cela est très appréciable. Mais nous n’exigeons tout de même pas de comprendre absolument tout ce qui concerne la maladie dont nous souffrons avant de lui obéir, pour la simple raison que nous n’avons pas autant de connaissances médicales que le médecin.

 

Jésus Christ est le médecin de nos âmes, qui ont été blessées par le péché originel, par nos péchés personnels, et par les péchés personnels des autres. Ses commandements, ses enseignements, et son exemple constituent les instructions qu’il nous donne pour que nous puissions guérir, grandir et murir spirituellement en avançant sur le chemin du vrai bonheur. Et Jésus est beaucoup plus compétent que même le plus brillant des médecins, parce qu’il est Dieu. Il est omniscient, il est notre créateur, et nous connaît tous de fond en comble.

 

Voilà pourquoi l’obéissance au Christ est une vertu, une bonne habitude, une règle de vie pleine de sagesse. Comme le dit le Livre des Proverbes au chapitre 28 :

 

« Qui se fie à son propre sens est un sot,

Qui chemine avec sagesse sera sauf. » (Proverbes 28, 26)

 

L’obéissance, pour les chrétiens, c’est une vertu. Mais à qui exactement devons-nous obéir ? Nous sommes appelés à obéir à Jésus, en le suivant là où il nous conduit ; il est le Verbe Incarné de Dieu, « la voie, la vérité et la vie ». Lui obéir signifie établir une relation d’amitié avec lui. Comme il le dit au cours de la Dernière Cène :

 

« Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. » (Jn 14, 15)

 

Mais là, il y a un problème… Car nous vivons 2000 ans après l’Ascension du Seigneur. Jésus ne nous a pas laissé des commandements spécifiques au sujet du clonage, de la contraception, de la recherche sur les cellules-souches embryonnaires ou d’autres points de la morale contemporaine. Alors, que doit faire un disciple du Christ pour toutes ces questions qui ne sont pas mentionnées explicitement dans la liste des Dix Commandements ?

 

Jésus savait bien qu’au cours des différentes périodes de l’histoire les hommes seraient confrontés à de nouveaux dilemmes. Et il a tout prévu pour cela : il a créé son Église, en déléguant son autorité pour enseigner à ce que nous appelons le « Magistère », pour qu’avec la garantie de l’assistance du Saint Esprit, nous, ses disciples, nous ne manquions jamais d’une règle de conduite claire.

 

Quand nous obéissons à l’enseignement officiel de l’Église – l’enseignement des papes et des évêques unis au pape – nous obéissons, en fait, à Jésus, et nous le suivons avec fidélité dans la voie d’un bonheur sans cesse croissant, ici sur terre, et du bonheur éternel au ciel.

 

L’Église fait même un pas de plus, s’efforçant toujours d’expliquer les raisons qui sous-tendent l’enseignement catholique, même si, trop souvent, nous ne faisons aucun effort pour comprendre ces raisons.

 

Aujourd’hui, en poursuivant la célébration de cette Eucharistie, et spécialement au moment où nous renouvelons notre foi au Christ et à son projet pour notre vie en récitant le Credo, renouvelons aussi notre engagement à obéir au Seigneur, qui est descendu du Ciel sur la terre pour nous montrer la voie vers notre véritable demeure.

Eh bien moi, je vous dis

Eh bien moi, je vous dis

Lectures 7e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Tu aimeras ton prochain, car je suis saint (Lv 19, 1-2.17-18)

 

Lecture du livre des Lévites

 

Le Seigneur adressa la parole à Moïse : 
« Parle à toute l'assemblée des fils d'Israël ; tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. 

Tu n'auras aucune pensée de haine contre ton frère. Mais tu n'hésiteras pas à réprimander ton compagnon, et ainsi tu ne partageras pas son péché.
Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. 
Je suis le Seigneur ! »
 
 
Psaume : 102, 1-2, 3-4; 8.10, 12-13
 

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié.

 

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
bénis son nom très saint, tout mon être ! 

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
n'oublie aucun de ses bienfaits ! 


Car il pardonne toutes tes offenses 
et te guérit de toute maladie ; 

il réclame ta vie à la tombe 
et te couronne d'amour et de tendresse.

Le Seigneur est tendresse et pitié, 
lent à la colère et plein d'amour ;
 
il n'agit pas envers nous selon nos fautes, 
ne nous rend pas selon nos offenses.
 

Aussi loin qu'est l'orient de l'occident, 
il met loin de nous nos péchés ;
 
comme la tendresse du père pour ses fils, 
la tendresse du Seigneur pour qui le craint !
 
 
 
2ème lecture : La sagesse véritable: appartenir tous ensemble au Christ (1 Co 3, 16-33)
 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

 

Frères,
n'oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous.
Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est vous.
Que personne ne s'y trompe : si quelqu'un parmi vous pense être un sage à la manière d'ici-bas, qu'il devienne fou pour devenir sage.
Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. L'Écriture le dit : C'est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté.
Elle dit encore : Le Seigneur connaît les raisonnements des sages : ce n'est que du vent !
Ainsi, il ne faut pas mettre son orgueil en des hommes dont on se réclame. Car tout vous appartient,
Paul et Apollos et Pierre, le monde et la vie et la mort, le présent et l'avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.
 
 
 
Evangile : Sermon sur la montagne. Aimez vos ennemis, soyez parfaits comme votre Père céleste (Mt 5, 38-48)
 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Celui qui garde la parole du Christ connaît l'amour de Dieu dans sa perfection. Alléluia. (cf. 1 Jn 2, 5)
 
 
7 TOA ev

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
« Vous avez appris qu'il a été dit : Oeil pour oeil, dent pour dent. Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre. 

Et si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu'un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t'emprunter. 

Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

 

Le ciel et l’enfer existent - Homélie 6° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

6 TOA ev

 

 

Dans l’évangile de ce jour, Jésus parle de la géhenne. Le mot est la transcription de l'hébreu Ge-Hinnon (Val de Hinnon), vallée située au sud de Jérusalem où l'on avait pratiqué des sacrifices d'enfants en l'honneur du dieu Moloch. Quand les juifs ont décidé de mettre fin à ses pratiques, ils en ont fait un lieu d’incinération (à ciel ouvert !) des immondices. Mais le feu de ces sacrifices humains était resté le symbole du châtiment de ceux qui refusent le salut de Dieu, et la Géhenne, dans le Nouveau Testament, est synonyme de lieu de malédiction. La symbolique de la Géhenne est souvent liée à celle de l’enfer.

 

Le fait que le Christ fait souvent mention de l’enfer dans les évangiles a fait dire à certains critiques que l’Eglise a manipulé les hommes faibles et les superstitieux par une peur irrationnelle. Ces reproches sont totalement infondés. Les mises en garde du Christ sont celles d’un ami. Jésus sait que nous ne pouvons connaître le bonheur de l’éternité que dans l’amitié avec Dieu. Il veut ce bonheur pour tous les hommes, et donc, il nous met en garde contre tout ce qui pourrait mettre en péril ou détruire cette amitié, et finalement nous entraîner à l’éternité sans Dieu.

 

C’est donc une perspective vraiment très douloureuse, car l’être humain a été créé pour vivre en union avec Dieu ; l’éternité sans Dieu, c’est la frustration par excellence.

 

Puisque Jésus nous aime, il nous dit la vérité, même si elle est dure. Mais il y a une autre facette de cette vérité. C’est ce deuxième aspect auquel se réfère saint Paul dans la deuxième lecture de ce dimanche. Il nous rappelle l’admirable sagesse du projet de Dieu, qui, si nous nous y soumettons, nous conduit au ciel. Le ciel, c’est cette condition d’un bonheur tellement grand et débordant que, comme nous l’explique saint Paul, il dépasse tout ce que nous pouvons voir, entendre ou même imaginer. L’enfer étant la privation éternelle de ce bonheur, vaut vraiment la peine d’une vigoureuse mise en garde. Le ciel, plénitude éternelle et inimaginable, est également une réalité et sera la récompense pour tous ceux qui meurent en amitié avec Dieu.

 

Certains reprochent à l’Eglise d’exploiter l’idée de l’enfer pour manipuler les gens. Mais le fond de commerce de Jésus n’est pas la manipulation mais la vérité. Et la vérité, c’est que dans ce monde où règne le péché, nous courons tous le danger de succomber à la tentation en faisant un mauvais usage de notre liberté, et de rejeter l’amitié que Dieu nous offre.

 

Si vous étiez dans la voiture de l’un de vos amis, et qu’il est sur le point de faire une collusion frontale avec un poids lourd, vous ne l’avertiriez pas pour qu’il évite l’accident ? Jésus nous parle de la réalité d’une éternité de privation de l’amitié divine, c’est-à-dire l’enfer, en nous avertissant. Il nous aime et désire que nous soyons ses amis, mais il ne peut pas nous forcer la main, car alors, ce ne serait plus de l’amitié. S’il nous révèle la réalité de l’enfer (et du ciel), c’est la preuve qu’il nous aime.

Demandez ce qu’en pense sainte Thérèse d’Avila, la réformatrice du Carmel au 16e siècle en Espagne. Alors qu’elle connaissait un temps de purification intérieure, Dieu lui a accordé la grâce de voir l’enfer. Voici comment elle décrit sa vision :

 

Déjà, depuis longtemps, Notre-Seigneur m’avait accordé la plupart des grâces dont j’ai parlé et d’autres encore fort insignes, lorsqu’un jour, étant en oraison, je me trouvai en un instant, sans savoir de quelle manière, transportée dans l’enfer. Je compris que Dieu voulait me faire voir la place que les démons m’y avaient préparée, et que j’avais méritée par mes péchés. Cela dura très peu ; mais quand je vivrais encore de longues années, il me serait impossible d’en perdre le souvenir.

 

L’entrée de ce lieu de tourments me parut semblable à une de ces petites rues très longues et étroites, ou, pour mieux dire, à un four extrêmement bas, obscur, resserré. Le sol me semblait être une eau fangeuse, très sale, d’une odeur pestilentielle, et remplie de reptiles venimeux. A l’extrémité s’élevait une muraille, dans laquelle on avait creusé un réduit très étroit où je me vis enfermer. Tout ce qui, jusqu’à ce moment, avait frappé ma vue, et dont je n’ai tracé qu’une faible peinture, était délicieux en comparaison de ce que je sentis dans ce cachot, Nulle parole ne peut donner la moindre idée d’un tel tourment, il est incompréhensible. Je sentis dans mon âme un feu dont, faute de termes, je ne puis décrire la nature, et mon corps était en même temps en proie à d’intolérables douleurs. J’avais enduré de très cruelles souffrances dans ma vie, et, de l’aveu des médecins, les plus grandes que l’on puisse endurer ici-bas ; j’avais vu tous mes nerfs se contracter à l’époque où je perdis l’usage de mes membres ; en outre, j’avais été assaillie par divers maux dont quelques-uns, comme je l’ai dit, avaient le démon pour auteur. Tout cela, néanmoins, n’est rien en comparaison des douleurs que je sentis alors ; et ce qui y mettait le comble, c’était la vue qu’elles seraient sans interruption et sans fin.

 

Mais ces tortures du corps ne sont rien à leur tour auprès de l’agonie de l’âme. C’est une étreinte une angoisse, une douleur si sensible, c’est en même temps une si désespérée et si amère tristesse, que j’essaierais en vain de les dépeindre. Si je dis qu’on se sent continuellement arracher l’âme, c’est peu ; car dans ce cas, c’est une puissance étrangère qui semble ôter la vie, mais ici, c’est l’âme qui se déchire elle-même. Non, jamais je ne pourrai trouver d’expression pour donner une idée de ce feu intérieur et de ce désespoir, qui sont comme le comble de tant de douleurs et de tourments. Je ne voyais pas qui me les faisait endurer, mais je me sentais brûler et comme hacher en mille morceaux : je ne crains pas de le dire, le supplice des supplices, c’est ce feu intérieur et ce désespoir de l’âme.

 

Toute espérance de consolation est éteinte dans ce pestilentiel séjour ; on ne peut ni s’asseoir ni se coucher, car l’espace manque dans cette sorte de trou pratiqué dans la muraille ; et les parois elles-mêmes, effroi des yeux, vous pressent de leurs poids. Là, tout vous étouffe ; point de lumière ; ce ne sont que ténèbres épaisses ; et cependant, ô mystère ! sans qu’aucune clarté brille, on aperçoit tout ce qui peut être pénible à la vue.

 

L’enfer existe. C’est une vérité qui fait partie de notre foi. Jésus nous aime, et il veut que nous mourions en amitié avec lui, pour que nous allions au ciel. Son avertissement dans le passage de l’évangile de ce dimanche est un avertissement d’amour. C’est ainsi que nous devons le comprendre.

 

Si Jésus nous dit la vérité au sujet du ciel et de l’enfer, c’est parce qu’il veut que nous sachions que nos choix de tous les jours ont des conséquences : ou bien ils nous font grandir dans l’amitié avec lui en nous faisant avancer sur le chemin vers le ciel, ou bien ils nous éloignent de lui, nous rendant plus vulnérables à la tentation pour finalement nous précipiter dans l’abîme de l’enfer. Nous serions fous si nous ne prenions pas cette mise en garde au sérieux.

 

Parmi tout ce qui peut nous aider, il y a la possibilité de faire un usage intelligent des saintes images. Les crucifix, les images de saints, les statues de la Vierge Marie, etc..., sont utiles pour nous rappeler la perspective de l’éternité dans ce monde agité et bruyant dans lequel nous vivons. Ils nous permettent de garder présent à notre esprit ce qui est vraiment important. Ils sont comme les photos de famille que les soldats portent sur eux dans la bataille.

 

Tous les fonctionnaires catholiques devraient avoir une pieuse image sur leur bureau pour leur rappeler que leur travail doit faire partie du projet de Dieu sur leur existence. Dans chaque foyer chrétien, il devrait y avoir un crucifix et une image de la Vierge Marie bien en vue, pour que personne n’oublie la grande famille dont nous faisons tous partie et la grande réunion de famille à laquelle nous sommes tous invités au ciel. Tous les catholiques devraient avoir dans leur voiture une pieuse image près du tableau de bord, parce que les petites distances que nous parcourons tous les jours sont des étapes de ce grand voyage de notre vie vers la maison du Père.

 

Alors que nous poursuivons la célébration de cette Messe, au cours de laquelle Jésus va se donner lui-même en nourriture pour la route, renouvelons notre désir de lui être fidèles chaque jour, chaque heure, chaque instant, pour que nous puissions entrevoir déjà l’inimaginable joie qu’il prépare pour tous ceux qui l’aiment.

Puisque Jésus nous aime, il nous dit la vérité, même si elle est dure.

Puisque Jésus nous aime, il nous dit la vérité, même si elle est dure.

Lectures 6e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : "Tu peux observer les commandements" (Si 15, 15-20) 

Lecture du livre de Ben Sirac le Sage

Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle.

Le Seigneur a mis devant toi l'eau et le feu : étends la main vers ce que tu préfères.

La vie et la mort sont proposées aux hommes, l'une ou l'autre leur est donnée selon leur choix.

Car la sagesse du Seigneur est grande, il est tout-puissant et il voit tout.

Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent, il connaît toutes les actions des hommes.

Il n'a commandé à personne d'être impie, il n'a permis à personne de pécher.

 

 

Psaume : 118, 1-2, 4-5, 17-18, 33-34

 

R/ Heureux qui règle ses pas sur la parole de Dieu.

 

Heureux les hommes intègres dans leurs voies

qui marchent suivant la loi du Seigneur !

Heureux ceux qui gardent ses exigences,

ils le cherchent de tout coeur !

 

Toi, tu promulgues des préceptes

à observer entièrement.

Puissent mes voies s'affermir

à observer tes commandements !

 

Sois bon pour ton serviteur, et je vivrai,

j'observerai ta parole.

Ouvre mes yeux,

que je contemple les merveilles de ta loi.

 

Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres ;

à les garder, j'aurai ma récompense.

Montre-moi comment garder ta loi,

que je l'observe de tout cœur.

 

 

2ème lecture : La sagesse de Dieu est ingorée du monde (1 Co 2, 6-10)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,

c'est bien une sagesse que nous proclamons devant ceux qui sont adultes dans la foi, mais ce n'est pas la sagesse de ce monde, la sagesse de ceux qui dominent le monde et qui déjà se détruisent.

Au contraire, nous proclamons la sagesse du mystère de Dieu, sagesse tenue cachée, prévue par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire.

Aucun de ceux qui dominent ce monde ne l'a connue, car, s'ils l'avaient connue, ils n'auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire.

Mais ce que nous proclamons, c'est, comme dit l'Écriture : ce que personne n'avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, ce que le coeur de l'homme n'avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu.

Et c'est à nous que Dieu, par l'Esprit, a révélé cette sagesse. Car l'Esprit voit le fond de toutes choses, et même les profondeurs de Dieu.

 

 

Evangile : Sermon sur la montagne. Surpasser la justice des scribes et des pharisiens (Mt 5, 17-37)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. La loi du Seigneur est joie pour le cœur, lumière pour les yeux. Alléluia. (cf. Ps 18, 9)

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

  6-TOA.jpg

 

 

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :

« Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux.

Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.

 

Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettras pas d'adultère. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà commis l'adultère avec elle dans son coeur. Si ton oeil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi : car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi : car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne s'en aille pas dans la géhenne.

Il a été dit encore : Si quelqu'un renvoie sa femme, qu'il lui donne un acte de répudiation. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d'union illégitime, la pousse à l'adultère ; et si quelqu'un épouse une femme renvoyée, il est adultère.

 

Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne feras pas de faux serments, mais tu t'acquitteras de tes serments envers le Seigneur. Eh bien moi, je vous dis de ne faire aucun serment, ni par le ciel, car c'est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Cité du grand Roi. Et tu ne jureras pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. Quand vous dites 'oui', que ce soit un 'oui', quand vous dites 'non', que ce soit un 'non'. Tout ce qui est en plus vient du Mauvais. »

 

 

 Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Des pasteurs luthériens interpelés par Lourdes

dominicanus #Il est vivant !
Des pasteurs luthériens interpelés par Lourdes

Un groupe de théologiens luthériens de l'Allemagne de l'Est a publié en 1971 un manifeste qui contient des lignes d'une émouvante loyauté : 

 

“Le culte de la Vierge Marie, qui remonte aux premiers temps du Christianisme et qui n’a jamais cessé dans l’Eglise Catholique, a connu un grand essor après les révélations de Lourdes et de Fatima.

Ces apparitions eurent une résonance mondiale et leur influence atteignit son point culminant dans l’année mariale proclamée par Pie XII.

A Lourdes, à Fatima et en d’autres sanctuaires mariaux, la critique impartiale se trouve en présence de faits surnaturels qui ont une relation intime avec la Vierge Marie, soit à cause des apparitions, soit à cause des grâces miraculeuses demandées et obtenues par son intercession. Ce sont là des faits qui défient toute explication naturelle.

Nous savons, ou du moins nous devrions savoir, que les guérisons de Lourdes et de Fatima sont examinées avec une rigueur toute scientifique par des médecins qui ne sont pas tous catholiques. Nous savons aussi que l’Eglise catholique laisse passer un laps de temps considérable avant de déclarer miraculeuse une guérison.

Jusqu’à présent, 1200 guérisons opérées à Lourdes ont été reconnues par les médecins comme scientifiquement inexplicables. Mais l’Eglise catholique n’en a déclaré miraculeuse qu’une soixantaine.

Durant 30 ans, 11000 médecins sont passés par Lourdes. Tous les médecins ont libre accès au Bureau des Constatations Médicales, sans différence de religion ou d’opinions scientifiques. Une guérison miraculeuse possède donc la plus grande garantie possible.

Quel est le sens profond de ces faits miraculeux dans le plan de Dieu? Il semble qu’à travers ces faits Dieu veuille répondre d’une manière radicale à l’incrédulité moderne. Comment un incrédule, devant ces faits, pourrait-il persévérer de bonne foi dans son incrédulité? Un chrétien évangélique aurait-il le droit d’ignorer ces réalités pour la seule raison qu’elles se présentent dans l’Eglise catholique et non dans sa propre communauté religieuse? Ces faits ne devraient-ils pas plutôt nous porter à ramener la Mère de Dieu dans l’Eglise évangélique ?

Dieu seul peut disposer que Marie parle au monde par le moyen d’apparitions. … Tous ces faits ne sont-ils pas une preuve irrécusable du rôle décisif que Marie est appelée à jouer aujourd’hui pour notre salut ? …

C’est donc un devoir impérieux pour les chefs de l’Eglise luthérienne et pour les autres communautés chrétiennes d’examiner ces faits et de prendre position en toute objectivité. Ce devoir s’impose d’autant plus que la Mère de Dieu n’a pas été écartée de l’Eglise Réformée, mais qu’Elle a été chassée seulement après la guerre de Trente Ans et à l’époque des philosophes libres penseurs du milieu du XVIIIe siècle. En étouffant dans les coeurs évangéliques le culte de la Madone, ils ont détruit les sentiments les plus délicats de la piété chrétienne.

Dans son Magnificat, Marie déclare que toutes les générations la proclameront bienheureuse jusqu’à la fin des temps. Nous voyons cette prophétie s’accomplir dans l’Eglise catholique, en nos jours malheureux, avec plus de force que jamais. Dans l’Eglise évangélique, cette prophétie est tombée dans un oubli si complet qu’à peine en trouve-t-on quelque trace.”

Des pasteurs luthériens interpelés par Lourdes

Notre mission est d’être sel et lumière - Homélie 5° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Jésus ne choisit pas ses paroles au hasard. Cela vaut aussi pour le passage de l’évangile que nous venons d’entendre. Elles font partie du célèbre Sermon sur la Montagne, qui est en quelque sorte la quintessence de tous ses sermons. Dans cette partie, il explique à ses auditeurs ce qu’il attend d’eux. C’est comme quand un entraîneur s’adresse  aux joueurs de son équipe avant le match décisif. Ici, c’est Jésus qui nous parle du jeu de la vie.

 

Autre comparaison : un général qui exhorte ses troupes avant le grand combat. Ici, c’est Jésus qui nous parle du combat de la vie.

 

Jésus nous parle de la mission de toute notre vie. Quelle est-elle ? Elle consiste à être sel et lumière dans le monde qui nous entoure.

 

Le sel avait deux fonctions dans le monde de l’Antiquité : il donnait de la saveur aux aliments, et il en permettait la conservation. Il n’y avait pas de réfrigérateurs à l’époque. On conservait la viande en la couvrant d’une fine couche de sel.

 

La lumière avait la même fonction qu’aujourd’hui : elle repousse les ténèbres, sauf qu’à l’époque, avant l’invention de l’électricité, les ténèbres constituaient une réalité beaucoup plus dramatique que pour nous. Les anciens avaient davantage conscience du fait que sans lumière, ils étaient impuissants. Nous autres, parce que la lumière de l’électricité est omniprésente, nous ne pensons que rarement à notre besoin de lumière.

 

Sel et lumière : voilà donc les comparaisons dont se sert Jésus pour nous expliquer quelle est la mission de notre vie. Quelle est la caractéristique commune du sel et de la lumière ? Tous les deux sont pour autre chose. Le sel n’est pas pour lui-même ; la lumière non plus. Voilà ce qui est important. La mission d’un chrétien dans le monde, tout comme celle du Christ, c’est d’avoir une influence positive sur les autres en leur apportant la puissance et l’illumination de l’évangile.

 

Cette mission nous permet d’entrevoir le cœur même de Dieu. Il désire que tout homme soit persuadé de sa bonté, pour que chacun puisse lui faire confiance et le suivre dans l’apprentissage du bonheur ici-bas, et pour le bonheur parfait au ciel. Ceci explique pourquoi, plus nous nous approchons de Dieu, et plus nous éprouvons le besoin de le communiquer à notre prochain, notre cœur brûlant du même feu que celui du Christ. Tous les saints le savent.

 

 

Saint-Elizabeth-Ann-Seton.jpg

 

 

Sainte Elisabeth Anne Seton, par exemple, a connu un long et difficile parcours pour arriver à la foi catholique. Elle vivait autour des années 1800, et faisait partie de la haute société de New York, aussi bien de naissance que par son mariage. Comme jeune épouse et maman, elle connut une profonde inquiétude spirituelle. En tant que chrétienne non catholique, elle aspirait à une relation plus profonde avec le Christ, mais ne savait pas où la trouver. Une série d’épreuves, parmi lesquelles la mort de son mari, l’ont amenée à l’Eglise catholique, et c’est là qu’elle a trouvé ce qu’elle cherchait, dans le sacrement de l’Eucharistie.

 

Sa conversion au catholicisme lui a valu d’être critiquée et abandonnée de ses amis, de son milieu social, et même de sa famille. Mais sa plus grande intimité avec le Christ en valait bien la peine. Au lieu de tomber dans le découragement et de se plaindre, elle s’est sentie poussée de commencer une nouvelle congrégation religieuse pour s’occuper de l’éducation des jeunes. C’est ainsi qu’elle a fondé les Sœurs de la Charité, répandues aujourd’hui aux Etats-Unis et au Canada. C’est le début du système de l’éducation catholique américain, qui comporte aujourd’hui, en 2011, plus de 7.000 écoles primaires et secondaires, rien qu’aux Etats-Unis.

 

Dieu veut mettre de la saveur et de la lumière dans le monde, et plus nous sommes proches de son Cœur, plus nos cœurs brûlerons de ce même désir.

 

Si Dieu nous appelle à avoir une influence décisive sur la vie des autres, alors il doit être possible de le réaliser. Mais comment ?

 

Pour nous mettre sur la voie, la 1e lecture nous donne une liste de différentes possibilités :

  • Partage ton pain avec celui qui a faim,
  • recueille chez toi le malheureux sans abri,
  • couvre celui que tu verras sans vêtement,
  • ne te dérobe pas à ton semblable.

Voilà des exemples de ce que la Tradition appelle les œuvres de miséricorde corporelle.

 

Nous pouvons trouver une autre liste des œuvres de miséricorde spirituelle :

  • conseiller ceux qui en ont besoin,
  • instruire les ignorants,
  • exhorter les pécheurs,
  • consoler les affligés,
  • pardonner les offenses,
  • supporter patiemment les personnes ennuyeuses,
  • prier pour les vivants et pour les morts.

 

Je suis certain qu’au cours de cette Messe, le Saint Esprit pourra traduire ces idées générales en quelques possibilités concrètes pour chacun de nous. Mais le Saint Esprit est extrêmement poli. Il ne veut pas que nous soyons ses esclaves, mais ses amis. Et donc, même s’il veut nous donner de bonnes idées, il ne nous forcera pas de les exécuter. Il nous laisse libre de dire oui ou non.

 

En poursuivant cette célébration du sacrifice du Christ, de son "oui" parfait au Père, disons-lui notre "oui". Que la beauté et la puissance de cette Messe nous donne le courage dont nous avons besoin pour vivre la mission de notre vie un peu mieux que la semaine dernière, pour être sel et lumière dans un monde cassé et paumé.

Le sel n’est pas pour lui-même ; la lumière non plus.

Le sel n’est pas pour lui-même ; la lumière non plus.

Lectures Cinquième Dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

 

1ère lecture : Celui qui donne aux malheureux est une lumière(Is 58, 7-10)

 

Lecture du livre d'Isaïe

Partager ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable.
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera.
Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Si tu fais disparaître de ton pays le joug, le geste de menace, la parole malfaisante, si tu donnes de bon coeur à celui qui a faim, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi.
 
 

Psaume : Ps 111, 1a.4, 5a.6, 7-8a, 9

R/ Dans la nuit de ce monde, brille la lumière du juste.

 

Heureux qui craint le Seigneur !
Lumière des cœurs droits, il s'est levé dans les ténèbres,
homme de justice, de tendresse et de pitié.

L'homme de bien a pitié, il partage ;
cet homme jamais ne tombera ;
toujours on fera mémoire du juste.

Il ne craint pas l'annonce d'un malheur :
le cœur ferme, il s'appuie sur le Seigneur.
Son cœur est confiant, il ne craint pas.

À pleines mains, il donne au pauvre ;
à jamais se maintiendra sa justice,
sa puissance grandira, et sa gloire !

 

 

 

2ème lecture : En guise de sagesse, Paul annonce un Messie crucifié (1 Co 2, 1-5)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage humain ou de la sagesse.
Parmi vous, je n'ai rien voulu connaître d'autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié.
Et c'est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, que je suis arrivé chez vous.
Mon langage, ma proclamation de l'Évangile, n'avaient rien à voir avec le langage d'une sagesse qui veut convaincre ; mais c'est l'Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi ne repose pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.
 
 

Evangile : Sermon sur la montagne. Le sel de la terre et la lumiière du monde (Mt 5, 13-16)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Lumière du monde, Jésus Christ, celui qui marche à ta suite aura la lumière de la vie. Alléluia. (cf. Jn 8, 12)

 

 

Vous-e-tes-la-lumie-re-du-monde.jpg

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
« Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n'est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent.

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »
 
Copyright AELF - 1980 - 2011 - Tous droits réservés

Afficher plus d'articles

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>
RSS Contact