Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Jésus veut nous associer à sa mission - Homélie 5° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Pourquoi donc Jésus veut-il avoir besoin de nous pour sauver le monde?

Pourquoi donc Jésus veut-il avoir besoin de nous pour sauver le monde?

 

Pourquoi Jésus est-il venu dans le monde ? Il est venu pour sauver le monde, englué dans le péché, pour payer le prix de nos péchés, et pour réintroduire chaque membre de la famille humaine dans l’amitié avec Dieu.

 

Ce sont des choses que nous savons, mais qu’il ne faut jamais perdre de vue. Ce qu’il ne faut pas oublier non plus, c’est que Jésus ne veut pas faire tout le travail tout seul. Comme le dit saint Augustin, Dieu nous a créés sans nous, mais il ne veut pas nous sauver sans nous. En d’autres mots, il veut accomplir l’œuvre de notre salut avec notre coopération. Chacun de nous, dès l’instant où  nous avons été baptisés, a été appelé par Dieu pour être co-missionnaires avec Jésus.

 

Voilà pourquoi, dans la première lecture, le prophète Isaïe entend Dieu lui poser la question :

 

« Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? »

 

Dieu veut que nous participions à sa mission de salut. Il nous offre l’occasion de nous unir à lui pour construire le Royaume éternel. Tout ce que nous avons à faire, c’est de dire, avec Isaïe :

 

« Moi, je serai ton messager : envoie-moi. »

 

Nous trouvons le même message dans la rencontre de Jésus avec ses Apôtres dans l’évangile de ce dimanche. D’abord, Jésus demande à Pierre de lui prêter son bateau, pour avoir un meilleur podium pour s’adresser à la foule nombreuse. Ce bateau, c’est le gagne-pain de Pierre, c’est sa vie. Jésus veut encore parler aux foules désespérées, découragées, d’aujourd’hui, depuis nos bateaux, par les paroles, les actes et les exemples de notre vie.

 

Et puis, après la pêche miraculeuse, Jésus invite Pierre à le suivre et à devenir « pêcheur d’hommes », co-missionnaires. La mission du Christ est de sauver le monde, mais il n’est pas comme Lucky Luke ("a lonesome cowboy" – un cowboy solitaire). Il a voulu s’associer une armée de volontaires, de co-missionnaires : Pierre, Jacques, Jean … et chacun de nous.

 

C’est une des raisons pour lesquelles nous disons dans le Credo que l’Eglise est "apostolique". Le mot "apôtre" vient d’un mot grec qui veut dire "envoyé“. Les Douze ont été envoyés dans le monde pour être missionnaires avec Jésus. Ils étaient les premiers mais pas les seuls. L’Eglise tout entière, y compris chacun de nous, est apostolique. Voici le commentaire du Catéchisme de l’Eglise catholique :

 

863 Toute l’Église est apostolique en tant qu’elle demeure, à travers les successeurs de S. Pierre et des apôtres, en communion de foi et de vie avec son origine. Toute l’Église est apostolique en tant qu’elle est "envoyée" dans le monde entier ; tous les membres de l’Église, toutefois de diverses manières, ont part à cet envoi. "La vocation chrétienne est aussi par nature vocation à l’apostolat". On appelle "apostolat" "toute activité du Corps mystique" qui tend à "étendre le règne du Christ à toute la terre".

 

Un des défis de l’apostolat chrétien est que le Christ ne suit pas toujours notre logique humaine. Par exemple, la co-patronne des missions est une religieuse qui a vécu cloîtrée pendant plusieurs années, et qui, de plus, est morte très jeune. Sainte Thérèse de Lisieux n’a pas parcouru le monde pour prêcher l’évangile. Alors pourquoi a-t-elle été proclamée patronne des missions ? Parce que son cœur était débordant d’esprit missionnaire ; parce qu’elle priait pour les prêtres missionnaires et qu’elle offrait des sacrifices pour leur travail ; parce que la logique de Dieu n’est pas toujours la même que notre logique humaine.

 

Jésus a révélé à sainte Thérèse que plus de 20.000 âmes étaient associées à sa vocation. Si elle demeurait fidèle à la volonté de Dieu dans sa vie, en dépit de toutes les difficultés et les tentations, elles en profiteraient toutes ; sinon pas. Aux yeux des médias et du monde, sainte Thérèse était insignifiante, mais aux yeux de Dieu, elle était précieuse.

 

Nous pouvons noter la même étrangeté de la logique divine à l’œuvre dans la vocation de saint Paul. Lui-même admet, dans la deuxième lecture de ce jour, que le choix de Dieu le concernant n’était pas un choix évident pour le poste d’apôtre. En fait, il a été le persécuteur le plus acharné de l’Eglise. Mais c’est lui que Dieu a choisi, « un avorton », un co-missionnaire né de manière anormale, pour devenir un grand saint.

 

Regardez aussi la logique à l’œuvre dans la rencontre entre Jésus et Pierre dans l’évangile de ce jour. Jésus dit à Pierre de s’éloigner du rivage et de jeter les filets pour prendre du poisson. Pierre est un pêcheur professionnel, un "expert". Lui sait très bien que ce n’est pas le bon moment pour pêcher du poisson, et il sait aussi qu’il n’y avait guère de poisson ce jour-là, puisqu’ils ont passé toute la nuit sans rien prendre. Mais Pierre fait un acte de foi, il permet à la logique de Dieu d’agir, et il obéit à l’ordre bizarre du Seigneur. Résultat : c’est la pêche la plus mémorable de toute sa carrière professionnelle.

 

Suivre la logique de Dieu et accepter d’être associé à la mission du Christ, c’est un vrai défi, mais ça vaut toujours la peine.

 

Pourquoi donc Jésus veut-il avoir besoin de nous pour sauver le monde? Ce n’est pas parce qu’il était incapable de le faire tout seul. Après tout, en tant que Dieu, il est tout-puissant. La raison est plutôt qu’il savait que c’est nécessaire pour nous. Nous avons besoin d’une mission, d’un but dans notre vie qui dépasse les contingences de la vie terrestre et qui nous enracine dans l’éternité. Jésus sait que nous avons besoin de transcendance, parce que nous sommes créés à l’image de Dieu et à sa ressemblance. Nous ne pourrons nous épanouir que si nous acceptons son invitation à être des associés actifs à sa mission au service du Royaume. Il y en a parmi nous qui ont déjà accepté cette invitation, mais peut-être pas encore aussi pleinement qu’il le faudrait. Et si c’est le cas, il est probable que vous ne faites pas encore pleinement l’expérience de ce que cela veut dire que d’être coopérateurs du Christ.

 

Qu’est-ce qui vous retient ? Peut-être est-ce cet élément qui est la raison principale pour laquelle il y a si peu d’ouvriers dans la moisson. Et cet élément, c’est l’humilité. Isaïe n’a pu entendre l’appel de Dieu et il n’a eu la grâce d’accepter qu’après avoir reconnu qu’il en était indigne, qu’il était « un homme aux lèvres impures ».

Pierre, de même, n’a pu comprendre ce que le Christ attendait de lui et il n’a pu avoir le courage de le suivre, qu’après avoir découvert et reconnu son propre péché :

 

« Seigneur, éloigne-toi de moi, disait-il au Seigneur après la pêche miraculeuse, car je suis un homme pécheur. »

 

Dans la deuxième lecture de ce jour, saint Paul montre que lui aussi a dû apprendre la leçon de l’humilité :

 

« Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé Apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu. »

 

Mais ensuite, il ajoute :

 

« Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu ».

 

C’est cette même grâce de Dieu qui vient à nous au cours de cette Messe, et cette grâce peut opérer en nos vies la même transformation, en dépit de toutes nos limitations, si nous le voulons bien.

Lecture 5° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Révélation du Dieu saint et vocation d'Isaïe (Is 6, 1-2a.3-8)

 
5t.o.c-2007xl.jpg
 

Lecture du livre d'Isaïe

L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple.
Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler.
Ils se criaient l'un à l'autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l'univers. Toute la terre est remplie de sa gloire. »
Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée.
Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l'univers ! »
L'un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu'il avait pris avec des pinces sur l'autel.
Il l'approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. »
J'entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? qui sera notre messager ? » Et j'ai répondu : « Moi, je serai ton messager : envoie-moi. »
 
 


 

Psaume : Ps 137, 1-2a, 2bc-3, 4-5, 7c-8

 

R/ Saint est le Seigneur notre Dieu !

 

De tout mon coeur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne.

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force.

Tous les rois de la terre te rendent grâce
quand ils entendent les paroles de ta bouche.
Ils chantent les chemins du Seigneur :
« Qu'elle est grande, la gloire du Seigneur ! »

Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre,
ta main s'abat sur mes ennemis en colère.
Ta droite me rend vainqueur.
Le Seigneur fait tout pour moi !
Seigneur, éternel est ton amour : n'arrête pas l'oeuvre de tes mains.
 
 
 


 

2ème lecture : La tradition de la foi au Christ mort et ressuscité (brève : 1...11) (1Co 15, 1-11)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l'avez reçu, et vous y restez attachés,
vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé ; autrement, c'est pour rien que vous êtes devenus croyants.
Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j'ai moi-même reçu :le Christ est mort pour nos péchésconformément aux Écritures,
et il a été mis au tombeau ;il est ressuscité le troisième jourconformément aux Écritures,
et il est apparu à Pierre, puis aux Douze ;
ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont morts -
ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.
Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l'avorton que je suis.
Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé Apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu.
Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il m'a comblé n'a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n'est pas moi, c'est la grâce de Dieu avec moi.
Bref, qu'il s'agisse de moi ou des autres, voilà notre message, et voilà votre foi.
 
 
 


 

Evangile : La pêche miraculeuse. La vocation des Apôtres (Lc 5, 1-11)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
La voix du Seigneur appelle :
« Venez, suivez-moi, je ferai de vous
des pêcheurs d'hommes. »
Alléluia. (Mt 4, 19)
 
 
5-TOC-ev.jpg
 
 

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

 



 

De misprezen naastenliefde van de profeet (Lc 4, 21-30)

Walter Covens #Homilieën in het Nederlands
4 TOC ev
    De dag na het feest van de bekering van Paulus hebben we Titus en Timotheus herdacht. Het is aan Timotheus dat Paulus de brief schrijft waaraan uw favoriete blog zijn naam ontleent: Homilieën, gelegen of ongelegen:
verkondig het woord, dring erop aan, gelegen of ongelegen, wederleg, bestraf en bemoedig met alle lankmoedigheid en onderrichting. (...)Blijf gij echter nuchter onder alles, aanvaard het lijden, doe het werk van een evangelist, verricht uw dienst ten volle. (2 Tm 4, 2.5; cf. Keervers van het Magnificat van 26 januari)

    Dit is wat men zou kunnen noemen de naastenliefde van de profeet, of de naastenliefde van de orthodoxie.
Er komt een tijd dat de mensen de gezonde leer niet (meer) zullen verdragen, (...) zij zullen hun oor van de waarheid afkeren en zich naar de verdichtsels keren. (v. 3a...4)

    Wie anders dan Jezus heeft de raad van Paulus in de praktijk omgezet? Was hij niet de eerste van de predikers? Met deze term doe ik u misschien denken aan de beruchte Amerikaanse televisie-evangelisten die hele zalen doen vollopen en waarbij de mensen op een gemakkelijke stoel plaatsnemen. Hun diensten worden trouwens voor veel geld doorverkocht aan televisiestations, niet enkel in de Verenigde Staten maar ook in de rest van de wereld.

    Welnu, Lucas schildert ons het beeld van Jezus in de synagoge van Nazareth waar de mensen zijn boodschap niet willen horen. Toch stelt hij hem ons voor als het model van de predikers: een "misbegrepen prediker".  Deze manier van doen is des te meer ontstellend omdat het hier niet gaat om één enkele episode, een soort uitzondering op de regel. Het is een episode die een heel programma is.

    Het doel zelf van het derde Evangelie is een soort handleiding te geven voor de perfecte prediker. Dat werd gesuggereerd in een doctoraatsthesis van een Amerikaans student aan het Pauselijk Bijbelinstituut, die aantoonde dat alle karakteristieke passages van Lucas waarschijnlijk gebaseerd zijn op de groep predikers die heel Israël en Syrië doorkruisten (cf. homelie van vorige zondag: de ontstaansgeschiedenis van de evangelies), en waarvan Lucas bijna zeker deel uitmaakte. Daarom schreef Lucas bij zijn Evangelie ook de Handelingen, om een reeks voorbeelden te geven van evangeliepredikingen in navolging van Jezus in de primitieve Kerk.

    Van in het begin, en niet enkel aan het einde van hun leven, werden deze jonge predikers vervolgd: eerst door de Joden, later door de Romeinen. En toch schrijft Paulus, die hiervan wel wat afwist:  "Er komt een tijd...". Hij ziet dus een toekomst die zich onderscheidt van het heden en van het verleden. Dat zet toch aan tot nadenken...

    En hoe gaat het vandaag? Nog nooit werd de Kerk zo erg vervolgd. Op geen enkel ander moment in de geschiedenis van de Kerk stootte de Blijde Boodschap op zoveel tegenstand. Nog nooit waren er zoveel martelaren die hun bloed vergieten voor het Evangelie. Maar in de zogezegd "vrije" landen is deze tegenstand heimelijker. Zo zet men bijvoorbeeld vrijwillig, uitdrukkelijk of impliciet, bewust of onbewust, de orthodoxie (de juiste leer) op tegen de orthopraxie (het juist handelen), door het eerste te onderwaarderen en het tweede te overwaarderen. Benedictus XVI merkte volkomen terecht op dat

diegene die de juiste leer volgt, een rechtlijnig hart lijkt te hebben, onbuigzaam lijkt te zijn, mogelijk onverdraagzaam. Alles zou afhangen van het juiste handelen, terwijl er altijd kan worden gesproken over de leer. Alleen de vruchten die de leer voortbrengt, zouden belangrijk zijn, terwijl de wegen waarlangs het juiste handelen wordt bereikt, van geen tel zijn.

    Voltaire zei al dat God niet bestaat, maar dat dit niet te vaak mag worden gezegd, want religie kan helpen om de orde in de samenleving te bewaren. Hij onthield dus uit het geloof enkel wat nuttig was: de christelijke waarden, zoals ze vandaag worden genoemd. Dat leidde uiteindelijk tot een atheïstisch humanisme, een naastenliefde zonder God en uiteindelijk tegen God. Dat heeft geleid tot het marxisme, maar ook het praktische atheïsme. Naar aanleiding van het overlijden van Abbé Pierre, de heisa van de media en de publieke opinie rond zijn persoon en zijn werk, ben ik beginnen na te denken. Op de dag van zijn overlijden zelf postte ik een artikel hierover waarin ik schreef:

We hebben net gehoord dat Abbé Pierre is overleden, een man die door de Fransen wordt vereerd als de meest geachte persoon in Frankrijk, na Zinédine Zidane (toch een eer!). Wat een prestatie voor een katholieke priester! Zijn publiek was aanzienlijk groter dan dt van eender welke Franse bisschop - zelfs kardinaal. Zijn inzet voor de minst bedeelden is onweerlegbaar. Ondanks en vooral dankzij het feit dat hij priester is ("is" omdat hij het zal blijven tot in de eeuwigheid), is zijn roem toch fel omstreden.

    Ik ging verder met de standpunten van Abbé Pierre voor homo-ouderschap (maar niet voor homoseksualiteit!), voorbehoedsmiddelen, priesterhuwelijken, priesterwijding van vrouwen, maar tegen de verplichting van de zondagseucharistie, tegen de dogma's van de Onbevlekte Ontvangenis en de Tenhemelopneming van de Maagd Maria, tegen de Heilige Vader en de manier waarop hij de Kerk leidt. Dat alles in naam van de naastenliefde. "Een streng oordeel" zeiden sommigen. Niet zo streng als het zijne, antwoordde ik. Een "ongelegen" oordeel, dat wel. Omdat ik nauwelijks iets anders hoorde dan de lofzangen op Abbé Pierre. Pas op het einde van de week hoorde ik een mening die in dezelfde lijn lag als de mijne:

Een trend naar de deconfessionalisering heeft het werk zelf van Abbé Pierre niet gespaard. Zonder hierover een definitief oordeel te willen vellen, wil ik op het moment van de verdwijning van de moderne apostel van naastenliefde wel benadrukken dat de menslievendheid, hoe achtenswaardig die ook is, niet noodzakelijk de ultieme maatregel van de mens is en, wat er ook van zij, de toekomst zal de meest bepalende betekenis van de eminente waardigheid van de armen nog steeds putten uit de Openbaring, aangezien die nauw verbonden is met de naastenliefde van een levende God. (Gérard Leclerc)

    Bepaalde christenen in Frankrijk, die erg nauw betrokken zijn bij de verkondiging van het Evangelie en die zichzelf min of meer afgezonderd voelden, zijn blij met de populariteit van Abbé Pierre en betreuren de toon van mijn artikel. Iemand mailde me het volgende:
Tegenwoordig is het in de mode om in de media het katholicisme zwaar af te breken, de minste aanleiding volstaat hiervoor. Voor één keer dat we eens een katholieke (media-)figuur hebben die het goed doet in de pers...

    Dat is waar: de Kerk doet het niet goed in de pers. Wanneer de media dan een uitzondering lijken te maken voor een figuur die zij "charismatisch" noemen, dan is het verleidelijk om mee op die wagen te springen. Is men dan echter niet het slachtoffer van de nostalgie naar een zeker triomfalisme, ondanks datgene wat Jezus ons tracht te leren?
Wee u, wanneer alle mensen wèl van u spreken; immers, op dezelfde wijze hebben hun vaderen met valse profeten gehandeld. (Lc 6, 26)

    En in het Evangelie van vandaag:

Geen profeet is aangenaam in zijn vaderstad.

    Jezus is hierin categoriek: GEEN. Wat is dat moeilijk te aanvaarden! Voor de inwoners van Nazareth was het moeilijk te aanvaarden dat het heil niet enkel voor hen was, maar ook voor "de meerderheid", ook voor de heidenen. Voor ons is het moeilijk te aanvaarden dat het heil voor de meerderheid slechts wordt ontvangen door de minderheid. De inwoners van Nazareth hadden liever het alleenrecht op Jezus gehad. Wij zouden willen dat de hele wereld applaudisseert voor zijn doortocht. De minderheid is nooit in de mode, want de mode, dat is gewoon doen (en zijn) "zoals iedereen". Ah! zo plotseling, als door ik weet niet welk wonder, begint de massa nu te schreeuwen: "Gezegend hij die komt in de naam des Heren", in plaats van: "Kruisig hem, kruisig hem"... Als de media nu ook eens van de ene op de andere dag een loflied zouden inzetten voor de katholieke Kerk, zoals ze dat hebben gedaan voor Abbé Pierre. Het is niet verboden dat te hopen en ervoor te bidden. Maar het valt nog te bezien of hun "Gezegend hij die komt" wordt geïnspireerd door het onthaal van de redding van de zondaar of door de winstberekening door de consument. Want, het is algemeen geweten: religie verkoopt,... net als bloot.

    Kardinaal Newman schreef:

De hele inhoud van de Heilige Geschriften laat ons immers geloven dat zijn waarheid (= die van Christus) niet zal kunnen rekenen op een warm onthaal van veel mensen, want ze druist in tegen de publieke opinie en de gemeenschappelijke gevoelens in de wereld; waar ze zal worden ontvangen door een mens, zal ze worden geweigerd door wat er in hem overblijft van zijn oude natuur, net zoals ze werd geweigerd door alle andere mensen die haar niet hebben ontvangen. "Het licht scheen in de duisternis" (Joh 1, 5) is het teken van het ware geloof.

    Het laatste deel van dit citaat herinnert ons eraan dat het in de eerste plaats om ons zelf gaat. Jezus wordt voortdurend in de minderheid gezet, niet alleen door de mensen, maar ook door de minderheid van diegenen die "de volgelingen" worden genoemd, en door de "oude man" in ieder van ons. Daarom moeten we terughoudend zijn als het gaat om zowel onze eigen geestdrift voor Jezus (welke Jezus: die uit onze dromen, of die "die is, was en zal zijn"?) als het vluchtige enthousiasme van de grote massa. Ik citeer Newman nog eenmaal:

Zelfs als er, ongetwijfeld, periodes zijn waarin een plots enthousiasme opwelt voor de waarheid, duurt een dergelijke populariteit nooit lang: ze komt plots op en verdwijnt weer even snel, ze kent geen regelmatige of duurzame groei. Enkel de dwaling neemt toe en wordt door velen met open armen onthaald... Inderdaad, de waarheid draagt in zich een kracht om de mens te verplichten haar te verkondigen; maar wanneer die zich klaarmaakt om te handelen, in plaats van de waarheid te gehoorzamen, vervangt hij ze door een of ander zinnebeeld.

Bijgevolg zal in een land, waar er veel over religie wordt gesproken, waar iedereen wordt gefeliciteerd met wat iedereen doet, een redelijke wijze geest zich afvragen of men niet bezig is met het vereren van een vervanger; of het niet de illusies zijn van de mens, en niet die van de waarheid van het Woord van God, die aanleiding geven tot een dergelijke populariteit; of de onthaalde vorm niet alleen waarheid in zich draagt wanneer ze kan worden aanvaard door de rede en het bewustzijn; kortom: of het niet Satan is die zich heeft vermomd in een engel van licht, en niet het Licht zelf, die zoveel volgelingen maakt.

    Is het verwonderlijk dat ook Newman zelf een profeet was waarvan de naastenliefde werd misprezen? In ieder geval werd Jezus, die is gekomen om een huis te geven aan de daklozen (het huis van de Heer), brood voor wie honger heeft (het brood van het Woord, van de Eucharistie en de wil van de Vader), vrijheid voor alle gevangenen die wij zijn (innerlijke vrijdheid van de kinderen van God), die Jezus werd door de zijnen tot aan de rand van de berg, waarop hun stad gebouwd was, gevoerd, om Hem van de steilte te storten. Die Jezus wordt door vele exegeten teruggevoerd op de Christus van het geloof, een puur vrome uitvinding.

    "Aan het einde van ons leven zullen we worden beoordeeld op de liefde" (Heilige Johannes van het Kruis), wordt graag herhaald. Maar om welke liefde gaat het hier? Zeker niet om een liefde zonder Jezus, of om een liefde tegen de Kerk. (Waarom verweet een bisschop, die zelf gekend staat voor zijn "non-conformistische" houding, het de Kerk dat ze Abbé Pierre wilde "terugkrijgen" bij zijn overlijden?) Naastenliefde zijn we in de eerste plaats verschuldigd aan de armen die Jezus en de Kerk zijn. Alles wat we ondernemen tegen Hem en tegen de Kerk, ondernemen we ook tegen de naastenliefde. Alles wat we ondernemen in de naam van de "naastenliefde" zonder Jezus en zonder de Kerk, is gedoemd om te verdwijnen, in de eerste plaats het geloof en de hoop.

    In de antieke Kerk, merkte Benedictus XVI op, betekende orthodoxie "helemaal niet de juiste leer, maar echte verering en verheerlijking van God." en hij gaat voort:

Men was ervan overtuigd dat alles afhing van juist en eerlijk te zijn in zijn relatie met God, van Hem die goed doet, te kennen en te weten hoe we hem op een juiste manier kunnen antwoorden. Daarom leefde Israël de wet na; het land deed wat de wil van God was; het land leefde rechtvaardig en toonde hoe God op een juiste manier kon worden vereerd: door zijn wil te doen geschieden, die orde brengt in de wereld, door haar open te stellen voor transcendentie. Het ging om de nieuwe vreugde van de christenen die dankzij Christus eindelijk wisten hoe God moet worden verheerlijkt en hoe, precies op die manier, de wereld rechtvaardig kan worden. In de Heilige Nacht hadden de engelen verkondigd dat beide zaken hand in hand gingen: "Eer aan God in den hoge en vrede op aarde aan alle mensen van goede wil", waren hun woorden (Lc 2, 14). De eer aan God en de vrede op aarde zijn onlosmakelijk met elkaar verbonden. Waar God wordt uitgesloten, daar brokkelt de vrede op aarde af, en geen enkele orthopraxie zonder God kan ons dan redden.

    Bij het horen van de woorden van het Evangelie van vandaag, net na die van Paulus in zijn loflied op de naastenliefde, kunnen we niet anders dan ons de vraag stellen: waarom is de Liefde niet geliefd (Franciscus van Assisi)? Dat is noodgedwongen zo omdat alles wat gebeurt in de naam van de liefde, geen liefde is, maar het zinnebeeld van de liefde. Dat is noodgedwongen zo omdat alles wat gebeurt in de naam van de liefde, niet wordt herkend als liefde.

    Een andere vraag waaraan we niet kunnen ontsnappen is de volgende: waarom is de Liefde zo moeilijk lief te hebben, waarom zijn er zo weinigen die haar liefhebben en vooral: waarom hebben we onszelf zo weinig lief? Is dat niet omdat we het moeilijk hebben om toe te geven dat we in de naam zelf van de liefde diegene die de enige is die ons de poorten van het Huis van de Heer kan openstellen, aan de deur zetten en van de steilte storten? De Blijde Boodschap zegt het volgende:

Wat betekent dan dit, dat er geschreven is: de steen, die de bouwlieden afgekeurd hadden, deze is tot een hoeksteen geworden? (Lc 20, 17)

A CARIDADE DESPREZADA DO PROFETA (Lc 4, 21-30)

Walter Covens #homilias em português
4 TOC ev
No dia seguinte à festa da conversão de S. Paulo, recordávamos S. Tito e S.Timoteu. Foi a Timoteu que .Paulo escreveu a carta na qual se encontra a palavra que me inspirou o título do vosso « Blog » preferido : « Homilias a tempo e a contratempo » :

« Proclama a Palavra, intervem a tempo e a contratempo, denuncia o mal, faz censuras, dá coragem, mas sempre com muita paciência e com a vontade de ensinar (…) Em todas as coisas, conserva o bom senso, suporta o sofrimento, trabalha ao anúncio do Evangelho, cumpre até ao fim o teu  ministério. (2 Tim 4, 2  .5 ; cf antífona do Magnificat do dia 26 de janeiro).

É isso que se podia  qualificar de « caridade do profeta » ou « caridade da ortodoxia ».

« Virá um tempo em que não suportarão mais o ensino sólido (…) Não aceitarão ouvir a verdade e olharão para lendas mitológicas ». (v. 3a…4).

Quem, melhor do que Jesus, praticou o conselho de S.Paulo ? Não será Jesus o primeiro dos evangelizadores ? Ao usar dessa palavra, lembro-vos talvez um daqueles famosos « televangelistas » americanos que enchem salas imensas onde as pessoas ficam sentadas em cadeiras muito confortáveis. Aliás, as celebrações deles são transmitidas a muito custo pelos canais da televisão, não só nos Estados Unidos, mas também no mundo inteiro.

Ora, S.Lucas mostra-nos Jesus na sinágoga de Nazaré… Jesus que conhece um fracasso pungente. No entanto, Lucas mostra-nos Jesus como o modelo dos evangelizadores : « um evangelizador falhado ». Isso é tanto mais estranho que não se trata dum episódio isolado, uma espécie de excepção à regra. É um episódio que é um programa autêntico.

O fim do terceiro Evangelho é este : ser uma espécie de manual do « evangelizador perfeito ». Isso foi sugerido numa tese de doutoramento proferida no Instituto Bíblico pontifical por um estudante americano, que mostrou como todos os passos característicos de Lucas se inspiram provavelmente do grupo de evangelizadores qui percorriam toda a região de Israel e da Siria (cf. homilia do domingo passado : a formação dos evangelhos), a quem, sem dúvida, S.Lucas pertencia . Foi isso que motivou Lucas para prolongar o seu Evangelho pelos Actos, de tal modo que possa dar muitos exemplos de evangelização , à moda de Jesus, na Igreja primitiva.


Desde o princípio, e não só no fim da sua vida, aqueles jovens evangelizadores encontraram a perseguição : em primeiro, da parte dos Judeus, a seguir da parte dos Romanos. No entanto, S.Paulo, que tinha uma grande experiência disso, escreve : « Um tempo virá… ». Portantp, já pensava num futuro diferente do presente e do passado. Isso dá para pensar…

Hoje em dia, qual é a situação ? Nunca a Igreja foi tão perseguida. Nunca, na história da Igreja, a Boa Nova encontrou tal oposição ; nunca houve tantos mártires a derramar o seu sangue pelo Evangelho. Mas, nos países, qualificados de « livres », a oposição mostra-se mais sensa. Por exemplo, é costume opôr, explicitamente ou não, conscientemente ou não, a ortodoxia ( a doutrina justa) e a ortopraxia ( a acção justa), minimizando a primeira e valorizando muito a secunda. Bento XVI notava bem que « aquele quem segue a doutrina justa parece ter um coração estreito, duro, possivelmente intolerante. Tudo dependeria,em fim de contas, da acção justa, enquanto que era possível discutir sobre a doutrina. Os frutos da doutrina seriam só o que é importante, enquanto que os meios usados para chegar à acção justa seriam indiferentes.

Voltaire já dizia que Deus não existe, mas que não se deve dizer muito, uma vez que a religião pode ser útil para manter a ordem na sociedade. Só conservava da fé o que é útil : os valores cristãos, como se diz agora. Foi disso que nasceu, em fim de contas, um humanismo ateu, uma caridade sem Deus e finalmente contra Deus. Disso, nasceu também o marxismo, e o ateismo prático.

Depois da morte do « Abbé Pierre », e no engasgamento dos medias e da opinião pública, meditei muito nisso. No dia mesmo da sua morte, publiquei um artigo a este respeito, no qual escrevia : « Acabamos de aprender o falecimento do Abbé Pierre, plebiscitado pelos Franceses, depois de Zinédine Zidane ( !!!), como sendo a figura mais estimada da França. Uma aposta para um padre católico !  A audiência era muito mais importante do que  a de qualquer bispo – ou até cardeal- francês. A acção dele a favor dos pobres é evidente ? No entanto, e principalmente por ser padre (« ser » porque « é » sacerdote para sempre), as trombetas da reputação são muito mal embocadas. »

Lembrava eu então as declarações do Abbé Pierre a favor da homoparentalidade (mas não da homosexualidade), da contracepção, do casamento dos padres, do sacerdócio das mulheres, mas contra a obrigação da Eucaristia dominical, contra o dogma da Imaculada Conceição e da Assunção da Virgem Maria, contra o Santo Padre e o modo como ele dirige a Igreja. Tudo isso em nome da caridade. « Julgamento severo » replicaram alguns. « Nem tanto como os deles », respondi. Julgamento a contratempo, está certo. Pois, não ouvi muitas vozes  a pôr um bemol ao concerto dos louvores. Só no fim da semana tive conhecimento dum aviso parecido com o meu :

« Uma tendência à deconfessionalização não protegeu a própria obra do Abbé Pierre. Sem querer emitir julgamento definitivo sobre isso, seja-nos permitido sublinhar, na hora da disparição do apóstolo moderno da caridade, que o humanitarismo, por honrável que seja, não toma necessariamente a medida mais ultima do homem, e que, apesar de tudo, o futuro tirará sempre na Revelação o sentido mais determinante da eminente dignidade dos pobres, uma vez que está ligada  intimamente à caridade dum Deus vivo » (Gérard Leclerc)

Vários cristãos de França, muito empenhados no anúncio do Evangelho, por se sentirem mais ou menos marginalizados, alegram-se da popularidade do Abbé Pierre, e deploram o conteúdo do meu artigo. Assim, alguém escreve-me, num correio electrónico :

« Hoje em dia, é costume entre os medias ‘inchar curas’, de todas as maneiras : todos os pretextos são bons. Enquanto temos uma figura católica –mediática – que tem boa fama… »

Isso é verdade : a Igreja não tem « boa fama ». Quando os medias fingem fazer uma excepção a favor duma figura estimada por eles « carismática », a tentação é grande, então, de seguir o movimento. Não seremos então vítimas da nostalgia dum certo triunfalismo, apesar do que Jesus nos deixa entrever ?

« Aí de vós quando todos os homens disserem bem de vós : foi assim que os pais deles trataram os falsos profetas » (Lc 6, 26)

E, no trecho do evangelho de hoje :
« Nenhum profeta é bem recebido no seu país »

Jesus é categórico : NENHUM. Quão é duro ouvir isso ! Para os habitantes de Nazaré, o que era duro, era acreditar que a salvação não era só para si, mas também para « a multidão », para os paganos também. Para nós, o que é duro, é que a salvação, que é para a multidão, só seja acolhida por uma menoridade. Os habitantes de Nazaré teriam gostado de ter o monopólio de Jesus. Nós, gostavamos que todo o mundo dê palmas aquando da sua passagem. A menoridade nunca está a moda, uma vez que a moda é precisamente fazer ( e ser) « como toda a gente ». Ah ! se de repente, por meio dum milagre qualquer, as multidões de hoje gritassem : « Bendito o que vem em nome do Senhor », em vez de : « Crucifica-O, crucifica-O »… Se, dum dia para outro os medias entoassem um hino em honra da Igreja Católica, como fizeram para o Abbé Pierre… Não é proibido desejar isso e rezar por isso. Mas era precso ver se o seu « Bendito aquele que vem » fosse motivado pelo acolhimento da salvação do pecado, ou pela ambição do benefício do consumidor. Pois, isso é muito conhecido : a religião, isso é que faz vender,… como as nádegas !

O Cardeal Newman, escrevia :
« Todo o conteúdo das Sagradas Escrituras, pois, leva-nos a crer que a sua verdade (a de Cristo) não receberá acolhimento caloroso pela maioria das pessoas, uma vez que vai contra a opinião pública e dos sentimentos partilhados por todos ; mesmo que fosse bem acolhida por um homem, seria recusada por aquilo que fica nele da sua natura antiga, exactamente como é recusada por todos os outros homens que não a acolheram. « A luz que resplendece nas trevas » (Jo 1,5) é sinal da religião verdadeira.

A última parte dessa citação lembra-nos que os primeiros a quem isso diz respeito, somos nós. Jesus é sempre posto na menoria, não só pela multidão dos homens, mas também no mais íntimo daqueles a quem se chama « fiéis », e pelo « homem velho » em cada um de nós. Por isso é que temos de desconfiar tanto dos nossos entusiasmos pessoais para com Jesus (que Jesus ? o dos nossos sonhos, ou aquele « que é, que era e que vem » ?) como que do entusiasmo efémero do povo… Cito Newman, mais uma vez :

« Mesmo que, sem dúvida, haja momentos em que um entusiasmo repentino jorra a fovor da verdade, uma popularidade destas não dura muito : acontece de repente e desaparece logo a seguir ; não conhece crescimento progressivo, nem duradouro. Só o erro cresce e é generosamente acolhido por um grande numero… Com efeito, a verdade tem um poder tão grande que pode obrigar o homem a proclamá-la em palavras ; mas quando este se prepara a agir, em vez de obedecer à verdade, substitui-a por um ídolo qualquer ».Segue então um trecho que se podia dizer de maneira textual a propósito daquilo que temos vivido em França depois da morte do Abbé Pierre, nestes últimos dias :

« Por conseguinte, num país, quando se fala muito em religião, quando se alegra por todo o mundo se ocupar dela, um espírito suficientemente sabio ficará inquieto por saber se, por acaso, não seriam a honrar qualquer substituto na vez dela ; se não são as ilusões do homen mais do que a verdade da palavra de Deus, que fazem nascer uma popularidade destas ; se a forma acolhida não tem como única verdade o que pode ser aceite pela razão e pela consiência ; em sumo, se não é Satanás tornado Anjo de Luz, em vez da própria Luz, que cria tantos discípulos. »

Newman, não é de admirar, era também um profeta cuja caridade foi desprezada. De qualquer maneira, Jesus, que veio para dar uma casa a todos os « SDF » (a do Pai), pão a todos os famintos (o da Palavra, da Eucaristia e da Vontade do Pai), a liberdade a todos os presos que somos (a liberdade interior dos filhos de Deus), aquele Jesus, os seus levaram-no « até à cima dum escarpamento da colina onde estaá construida a cidade, afim de o deitar abaixo ». Aquele Jesus, muitos exegetas de hoje reduzem-no ao Cristo da fé, mera invenção piedosa.


« No fim da nossa vida seremos julgados sobre o amor » (S. João da Cruz), repete-se muitas vezes. Mas de que amor é que se trata ? Com certeza que não se trata dum amor sem Jesus, nem dum amor contra a Igreja. (Porque será que um bispo, conhecido também ele, como não-conformista, se permitiu acusar a Igreja de tentar « recuperar » o Abbé Pierre quando falaceu ?) A caridade,devemo-la primeiro aos pobres que são Jesus e a Igreja, a sua Esposa. Todo o que poderemos fazer contra Ele e contra a Esposa dele, faremo-lo contra a caridade. Todo o que faremos sem Jesus e sem a Esposa dele é condenado a desaparecer, antes da fé da esperança até.

Na Igreja antiga, notava Bento XVI, a palavra « ortodoxia » não significava, de maneira alguma, a doutrina justa, mas autêntica adoração e glorificação de Deus ». E continua assim :
« Tinham a convicção de que tudo dependia do facto de ser justo na relação com Deus, de conhecer o que lhe agrada e como se pode responder de maneira justa. Por isso foi que Israel respeitou a Lei : ela mostrava a vontade de Deus ; indicava como viver com rectidão e como honrar a Deus de maneira justa : cumprindo a sua vontade, que faz reinar a ordem no mundo, abrindo-o à transcendência. Tratava-se de alegria nova dos cristãos que, a partir de Cristo, sabiam finalmente como é que Deus deve ser glorificado e como, deste modo, o mundo se torna justo. Durante a santa noite, os anjos tinham anunciado que as duas coisas andavam juntas : « Glória a Deus nas alturas e paz na terra aos homens de boa vontade », foram as palavras deles (Lc 2,14). A glória de Deus e a paz na terra são inseparáveis. No lugar donde Deus é excluido, a paz esboroa-se na terra, e nenhuma ortopraxia sem Deus nos pode salvar. »

Ao ouvir as palavras do Evangelho de hoje, logo a seguir às de S.Paulo no seu hino à caridade, não se pode deixar de fazer uma pergunta difícil : porquê será que o Amor não é amado (S.Fr. de Assis) ? É pecisamente porque todo quanto se faz em nome do amor não é amor, mas só aparência de amor. É necessariamente porque todo o que é realmente feito em nome do amor não é reconhecido como sendo  amor.

Mais uma pergunta a qual não se escapa é esta : porquê o Amor será tão difícil a amar, porquê haverá tão pouca gente capaz de amar, e sobretudo : porquê será que nós próprios o amamos tão pouco ? Não será porque é difícil admitir que, até em nome do amor, deitamos para fora e precipitamos para baixo aquele que só tem o poder de nos abrir as portas da Casa do Pai ? No entanto, aqui está a Boa Nova : « Que sentido a palavra escrita : ‘A pedra rejeitada pelos construtores tornou-se pedra angular’ ? » (Lc 20,17)

La caridad menospreciada del Profeta (Lc 4, 21-30)

Walter Covens #Homilías en español
4 TOC ev
    Al día siguiente de la fiesta de la conversión de San Pablo, recordábamos a San Tito y a San Timoteo. Es a Timoteo a quien Pablo escribe la carta en que encontramos las palabras que me inspiraron el título del blog preferido de ustedes : Homilías a tiempo y a destiempo :
Predica la palabra, insiste a tiempo y a destiempo, reprende, corrige, exhorta con paciencia y con preparación doctrinal.(…) Tú estate siempre alerta, soporta con paciencia los sufrimientos, predica el evangelio, cumple bien con tu trabajo (2 Tm 4, 2 ; 5 ; cf. antífona del Magnificat del 26 de enero).

    Es lo que podríamos llamar la caridad del profeta o la caridad de la ortodoxia.

Vendrá un tiempo en que ya no soportarán la enseñanza sólida. (…) Se negarán a oír la verdad para volverse hacia los relatos mitológicos. (v.3a…4)

    ¿Quién mejor que Jesús aplicó la consigna de San Pablo ? ¿No es acaso el primero de los evangelizadores? Usando este término, tal vez yo les haga pensar en uno de esos famosos “televangelistas” americanos que llenan salas inmensas donde la gente está cómodamente sentada en sillones acolchados. Sus oficios son transmitidos costosamente por canales de televisión, no sólo en los EE.UU. sino también por el mundo entero.

    Ahora bien, S. Lucas nos enseña a Jesús fracasando rotundamente dentro de la sinagoga de Nazaret. Sin embargo, nos lo presenta como el modelo de los evangelizadores. Un « evangelizador fracasado ». Esta manera de proceder es tanto más desconcertante, que no se trata pues, de un episodio aislado, una especie de excepción a la regla. Es un episodio que de por sí es un programa.

    El mismo propósito del tercer Evangelio es ser una especie de manual del evangelizador perfecto. Eso fue sugerido en una tesis de doctorado presentada en el Instituto Bíblico Pontifical por un estudiante norteamericano, quien demostró que todos los fragmentos propios de Lucas se inspiran probablemente de un grupo de evangelizadores que estaban recorriendo la región de Israel y de Siria (cf. la homilía del domingo pasado : la formación de los evangelios) y del que S. Lucas formaba parte, casi con seguridad. Es la razón por la cual Lucas prolongó su Evangelio por los Hechos de modo que diera una serie de ejemplos de evangelización, en seguimiento de Jesús, en la Iglesia de los primeros tiempos.

    Desde el principio, y no sólo al final de sus vidas, estos jóvenes evangelizadores en ciernes sufrieron persecusiones : primero la de los judíos, luego la de los romanos. Y, sin embargo, S. Pablo, que sabía algo de persecusiones escribió : « vendrá un tiempo… » O sea que piensa en un provenir distinto del presente y del pasado. Eso da que pensar.

    ¿Qué es de hoy en día ? Nunca la Iglesia ha sido tan perseguida. En ningún momento de la historia de la Iglesia ha encontrado la Buena Nueva semejante oposición. Nunca ha habido tantos mártires derramando su sangre por el Evangelio. Pero, en los países llamados « libres », esta oposición es más solapada. Por ejemplo, se opone de buena gana, explícita o implícitamente, consciente o inconscientemente la ortodoxia (la doctrina justa) a la ortopraxia (los actos justos), quitándole valor a la primera y agregándole valor a la segunda. Benedicto XVI notaba al respecto que

El que sigue la doctrina justa aparece como un ser de corazón estrecho, inflexible, potencialmente intolerante. Todo dependería en definitiva de la acción justa, cuando siempre se podría cuestionar la doctrina. Los frutos de la doctrina sería lo único importante mientras que las vías por las que uno efectúa la acción justa serían secundarias.

    Decía Voltaire que Dios no existe pero que no hay que decirlo mucho, pues la religión puede servir para mantener el orden en la sociedad. Sacaba de la fe únicamente lo útil : los valores cristianos, como decimos hoy en día. Eso desemboca en definitiva en un humanismo ateo, en una caridad sin Dios y finalmente en contra de Dios. Fue lo que dio lugar al marxismo y al ateísmo práctico. Luego de la muerte del Abate Pierre, y en medio del ambiente de entusiasmo de los medios de comunicación y de la opinión pública por su persona y por su obra, estuve pensando mucho en eso. El mismo día de su muerte, publiqué un artículo sobre el tema en el que escribía lo siguiente :

Acabamos de enterarnos de la muerte del Abate Pierre, plebiscitado por los franceses, después de Zinedine Zidane (¡Vaya !), como la figura más querida de Francia. ¡Algo increíble para un cura católico ! Su audiencia era mucho más importante que la de cualquier obispo –hasta de cualquier cardenal de Francia. Su acción en favor de los pobres es incuestionable. Sin embargo, porque es cura (digo « es », pues uno lo es por la eternidad), las trompetas de la fama del Abate Pierre están muy mal embocadas.

    Y yo recordaba, pues, las posiciones del Abate Pierre en favor de la adopción por homoxesuales (¡pero no en favor de la homosexualidad !), de la contracepción, del matrimonio de los curas, del sacerdocio de las mujeres y contra la obligación de la eucaristía de los domingos, contra los dogmas de la Inmaculada concepción y de la Asunción de la Virgen María, contra el Santo Padre y su manera de dirigir la Iglesia. Todo eso en nombre de la caridad. « ¡Qué juicio más severo ! » contestaron algunos. No tan severos como los suyos, contesté. Un juicio « a destiempo », claro que sí. Pues yo no he oído muchas voces que trataban de matizar el concierto de alabanzas. Sólo fue al final de la semana cuando pude leer una opinión que iba en el sentido en el que yo había escrito :

Una tendencia a la desconfesionalización que estuvo presente dentro de la misma obra del Abate Pierre. Sin pretender emitir juicio al respecto, permítannos sin embargo subrayar a la hora del fallecimiento del apóstol moderno de la caridad que el humanismo, por estimable que sea, no necesariamente toma la medida más última del hombre y sea lo que fuere, la historia futura siempre buscará en la revelación el sentido más determinante de la eminente dignidad de los pobres, ya que está asociada íntimamente a la caridad de un Dios vivo (Gérard Leclerc).

    Algunos cristianos en Francia, muy comprometidos en el anuncio del Evangelio, se sienten más o menos marginados y se alegran de la popularidad del Abate Pierre. También echan de menos el contenido de mi artículo. Así pues, alguien me escribe por correo electrónico :

    En estos tiempos, está de moda en todos los medios de comunicación el hablar mal de los católicos en todas ocasiones. Por una vez teníamos una figura católica – mediática — reconocida por la prensa… Es verdad, la Iglesia, por su parte no tiene buen cartel. Cuando los medios parecen hacer una excepción por una figura que a ellos les parece « carismática », la tentación de seguir el movimiento es grande… ¿Acaso no somos víctimas de la nostalgia de cierto triunfalismo, a pesar de todo lo que nos deja entrever Jesús ? ¡Ay de vosotros cuando os alaben todos lso hombres ! Así alababan sus padres a los falsos profetas (Lc 6, 26)

    Y en el pasaje del Evangelio de hoy :

Nadie es profeta en su tierra.

    Jesús es tajante : NADIE. ¡Qué difícil es oír eso ! Para los habitantes de Nazaret, lo que era difícil de oír, es que la salvación no sólo era para ellos, sino para la multitud, para los paganos también. Para nosotros, lo que es difícil de oír es que la salvación que es para la multitud, sólo está bien recibida por una minoría. A los habitantes de Nazaret les hubiera gustado tener el monopolio de Jesús. Nosotros quisiéramos que todos aplaudieran al verlo pasar. La minoría nunca está de moda, pues la moda consiste justmaente en hacer (y ser) « como todo el mundo ». ¡Ah, si de repente, por no sé qué milagro, las muchedumbres de hoy se pusieran a gritar : « Alabad al que viene en nombre del Señor », en vez de : « crucifícalo, crucifícalo »… Si de un día para otro, los medios empezaran a cantar un himno de alabanza de la Iglesia católica, como lo hicieron para el Abate Pierre. No es nada prohibido desearlo y rezar para eso. Sin embargo, hay que ver si su « alabad al que viene » sería motivado por la acogida de la salvación por el pecador o por el cálculo del provecho por el consumidor. Pues, es algo ampliamente conocido : la religión hace vender …como las nalgas.

    El Cardenal Newman escribía :

Todo el contenido de las Sagradas Escrituras, en efecto, nos lleva a creer que Su verdad (= la del Cristo) no tendrá buen recibimiento ante un gran número de personas, porque va en contra de la opinión pública y de los sentimientos del mundo. Aún cuando fuera recibida por un hombre, sería negada por lo que queda en él de su vieja naturaleza, exactamente como sucede con los demás hombres que no la recibieron. La luz que resplandece en medio de las tinieblas » (Jn 1, 5) es el signo de la verdadera religión.

    La última parte de la cita nos recuerda que los primeros interesados somos nosotros mismos. Jesús está constantemente puesto en minoría, no sólo por el conjunto de los hombres, sino en medio de esos a los que llamamos « los feligreses » y por « el hombre viejo » que está dentro de cada uno de nosotros. Por eso, hay que desconfiar tanto de nuestro entusiasmo por Jesús (¿Cuál Jesús ?¿El de nuestros sueños o el « que era, que es y que será » ?) como del entusiasmo efímero de las muchedumbres. Cito una vez más a Newman :

Aunque, sin duda alguna, hay períodos en que brota de repente el entusiasmo en favor de la verdad, dura poco semejante popularidad : ella llega repentinamente y desaparece enseguida, sin tener crecimiento regular ni duradero. Sólo el error crece y es generalmente acogido por una mayoría… En efecto, la verdad tiene en sí tanto poder que obliga al hombre a proclamarla con palabras, pero cuando éste se prepara para actuar, en vez de obedecer a la verdad, la substituye por cualquier ídolo.

Sigue entonces un pasaje que podríamos aplicar textualmente a lo que acabamos de vivir en Francia después del fallecimiento del Abate Pierre :

Por consiguiente, cuando, en un país, se habla mucho de religión, cuando se felicita la gente de que ella interese a todos, una mente bastante sabia tendrá que interrogarse sobre si no estamos rindiéndole homenaje a algún substituto, en vez de rendirlo a Él, si no son las ilusiones de los hombres antes que la verdad de la palabra de Dios, los que hacen nacer semejante popularidad, si la forma recibida no tiene más verdad en sí que la que puede ser aceptada por la razón y por la conciencia, si en definitiva, no es Satanás, disfrazado de ángel de luz, el que hace tantos discípulos, en vez que la misma luz.

    Newman, ¿por qué asombrarse de ello ?, también era un profeta cuya caridad fue menospreciada. En todo caso, a Jesús, quien vino para darles una casa a todos los que no tienen vivienda (la casa del Padre), darles pan a todos los hambrientos (el de la Palabra, de la Eucaristía y de la voluntad del Padre), darles libertad a todos los presos que somos (la libertad de los hijos de Dios), a ese Jesús, los suyos lo llevaron « a la cima dle monte sobre el que estaba edificada la ciudad para despeñarlo ». A ese Jesús, muchos exégetas de hoy lo reducen al Cristo de la fe, una mera invención piadosa.

    « Al final de nuestra vida seremos juzgados sobre el amor » (S.Juan de la Cruz), repetimos con buena gana. Pero, ¿de qué amor se trata ? Claro que no se trata de un amor sin Jesús ni de un amor en contra de la Iglesia. (¿Por qué un obispo, también conocido por su actitud « anti-conformista » se dignó acusar a la Iglesia de querer « recuperar » al Abate Pierre después de su muerte ?) La caridad, la debemos también a los pobres que son Jesús y la Iglesia, su Esposa. Todo lo que hagamos en contra de Él y en contra de su Esposa, lo haremos en contra de la caridad. Todo lo que hagamos de « caritativo » sin Jesús y sin la Iglesia está condenado a desaparecer, antes que la fe y la esperanza.

    En la Iglesia antigua, según hacía notar Benedicto XVI, la ortodoxia no significaba « para nada la doctrina justa, sino la auténtica adoración y glorificación de Dios ». Y sigue :

Estábamos convencidos de que todo dependía del hecho de ser justos en la relación con Dios, de saber lo que le agrada y cómo podemos responderle de manera justa.

    Por esa razón fue que Israel respetó la ley : ésta indicaba cuál era la voluntad de Dios ; ella indicaba cómo vivr rectamente y cómo honrar a Dios de forma justa : cumpliendo con su voluntad, que hacía reinar el orden en el mundo, y abriéndole éste a su trascendencia. Se trata de la alegría nueva de los cristianos que, a partir de Cristo saben finalmente cómo Dios debe ser glorificado y cómo, así precisamente, le mundo se vuelve justo. Durante la nochebuena, los ángeles habían anunciado que las dos cosas corrían parejo : »Gloria a Dios en el cielo y paz en la tierra a los hombres que él ama » (Lc 2, 14). La gloria de Dios y la paz en la tierra son inseparables. Donde Dios está excluido, la paz se desmorona en la tierra, y no hay ninguna ortopraxia sin Dios que pueda salvarnos.

    Oyendo las palabras del Evangelio de hoy , justo después de las de San Pablo en su himno a la caridad, no podemos dejar de preguntarnos : « por qué no es amado el Amor ? » (San Francisco de Asisis) Es indiscutiblemente porque todo lo que se hace en nombre del amor no es amor, sino amor en apariencia, nada más. Es indiscutiblemente porque todo lo que se hace realmente en nombre del amor no es reconocido como siendo verdadero amor.

Otra pregunta a la que no escapamos, es la siguiente : ¿Por qué el amor es tan difícil de amar ?, ¿Por qué hay tan poca gente que lo ama ? y sobre todo : ¿Por qué lo amamos nosotros tan poco ? ¿No será porque cuesta trabajo admitir que en nombre mismo del amor, echamos a la calle y precipitamos hacia abajo al que es el único en poder abrirnos las puertas de la Casa del Padre ? Sin embargo, aquí está la Buena Nueva :

¿Qué significa, pues, lo que está escrito :
La piedra que los constructores
desecharon
ésa ha venido a ser la piedra angular (Lc 20, 17) ?


Traducción de Jean-Louis Joachim

La charité méprisée du prophète - Homélie 4° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
4 TOC ev
 
 
 
    Le lendemain de la fête de la conversion de S. Paul, nous faisions mémoire de S. Tite et de S. Timothée. C'est à Timothée que Paul écrit la lettre de laquelle est tirée la parole qui m'a inspiré le titre de votre blog préféré Homélies à temps et à contretemps :
 
Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d'instruire. (...) En toutes choses garde ton bon sens, supporte la souffrance, travaille à l'annonce de l'Évangile, accomplis jusqu'au bout ton ministère. (2 Tm 4, 2.5; cf. antienne du Magnificat du 26 janvier)

    C'est ce que l'on pourrait appeler la charité du prophète ou la charité de l'orthodoxie.
 
Un temps viendra où l'on ne supportera plus l'enseignement solide (...) Ils refuseront d'entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques. (v. 3a...4)

    Qui mieux que Jésus a mis en pratique la consigne de S. Paul? N'est-il pas le premier des évangélisateurs? En utilisant ce terme, je vous fais peut-être penser à l'un de ces fameux "télévangélistes" américains, remplissant des salles immenses où les gens sont assis dans des sièges confortablement capitonnés. Leurs offices sont d'ailleurs retransmis à grands frais par des chaînes de télévision, non seulement aux États-Unis, mais dans le monde entier.

    Or S. Luc nous montre Jésus dans la synagogue de Nazareth essuyer un echec cuisant. Pourtant ill nous le présente comme le modèle des évangélisatieurs: un "évangélisateur manqué". Cette manière de faire est d'autant plus déconcertante qu'il ne s'agit pas ici d'un épisode isolé, une sorte d'exception à la règle. C'est un épisode qui est tout un programme.

    Le but même du troisième Évangile est d'être une sorte de manuel du parfait évangélisateur. Cela a été suggéré dans une thèse de doctorat soutenue à l'Institut Biblique Pontifical par un étudiant américain, qui a démontré que tous les passages caractéristiques de Luc s'inspirent probablement du groupe d'évangélisateurs qui parcouraient en tous sens la région d'Israël et de la Syrie (cf. homélie de dimanche dernier: la formation des évangiles), et dont S. Luc faisait presque certainement partie. C'est la raison pour laquelle Luc a prolongé son Évangile par les Actes, de façon à donner une série d'exemples d'évangélisation à la suite de Jésus dans l'Église primitive.

    Dès le début, et pas seulement à la fin de leur vie, ces jeunes évangélisateurs en herbe ont connu la persécution: d'abord la persécution des Juifs, ensuite celle des Romains. Et pourtant, S. Paul, qui en savait quelque chose en la matière, écrit: "Un temps viendra...". C'est donc qu'il envisage un avenir qui se distingue du présent et du passé. Cela laisse songeur...

    Qu'en est-il aujourd'hui? Jamais l'Église n'a été autant persécutée. À aucun moment de l'histoire de l'Église la Bonne Nouvelle n'a rencontré une telle oppostion. Jamais il n'y a eu autant de martyrs qui ont versé leur sang pour l'Évangile. Mais dans les pays dits "libres", cette opposition se révèle plus sournoise. Par exemple, on oppose volontiers, explicitement ou implicitement, consciemment ou inconsciemment, l'orthodoxie (la doctrine juste) à l'orthopraxie (l'action juste), en dévaluant la première et en surévaluant la seconde. Benoît XVI faisait très justement remarquer que
 
celui qui suit la doctrine juste apparaît comme ayant un coeur étroit, inflexible, potentiellement intolérant. Tout dépendrait en définitive de l'action juste, alors que l'on pourrait toujours discuter sur la doctrine. Les fruits que la doctrine produit seraient uniquement ce qu'il y a d'important, alors que les voies par lesquelles l'on parvient à l'action juste seraient indifférentes.

    Voltaire disait déjà que Dieu n'existe pas, mais qu'il ne faut pas trop le dire, car la religion peut servir au maintien de l'ordre dans la société. Il ne retenait alors de la foi que ce qui est utile: les valeurs chrétiennes, comme on dit aujourd'hui. Cela a abouti en fin de compte à un humanisme athée, une charité sans Dieu, et finalement contre Dieu. C'est ce qui a donné le marxisme, mais aussi l'athéisme pratique. Suite au décès de l'Abbé Pierre, et dans le climat de l'engouement des médias et de l'opinion publique pour sa personne et son oeuvre, j'avais beaucoup réfléchi à cela. Le jour même de son décès, j'ai publié un article à ce sujet dans lequel j'écrivais:
 
Nous venons d'apprendre le décès de l'Abbé Pierre, plébiscité par les Français, après Zinédine Zidane (quand même !), comme la figure la plus estimée de France. Une gageure pour un prêtre catholique! Son audience était de loin plus importante que celle de n'importe quel évêque - voire cardinal - français. Son action en faveur des déshérités est incontestable. Néanmoins, et surtout parce qu'il est prêtre ("est" parce que: "pour l'éternité"), les trompettes de la renommée de l'Abbé Pierre sont bien mal embouchées.

    Et je rappelais alors les prises de position de l'Abbé Pierre en faveur de l'homoparentalité (mais pas de l'homosexualité!), la contraception, le mariage des prêtres, le sacerdoce des femmes, mais contre l'obligation de l'eucharistie dominicale, contre les dogmes de l'Immaculée Conception et de l'Assomption de la Vierge Marie, contre le Saint-Père et sa manière de diriger l'Église. Tout cela au nom de la charité. "Jugement sévère" ont répliqué certains. Pas autant que les siens, ai-je répondu. Jugement "à contretemps", oui. Car je n'ai guère entendu d'autres voix mettant un bémol à la partition du concert de louanges. Ce n'est qu'à la fin de la semaine que j'ai eu connaissance d'un avis allant dans le sens où j'avais moi-même écrit:
 
Une tendance à la déconfessionnalisation n'a pas épargné l'œuvre même de l'abbé Pierre. Sans vouloir émettre de jugement définitif à ce sujet, on nous permettra quand même de souligner à l'heure de la disparition de l'apôtre moderne de la charité que l'humanitarisme, si estimable soit-il, ne prend pas forcément la mesure la plus ultime de l'homme et, quoi qu'il en soit, l'histoire future puisera toujours dans la Révélation le sens le plus déterminant de l'éminente dignité des pauvres, puisqu'elle est associée intimement à la charité d'un Dieu vivant. (Gérard Leclerc)

    Certains chrétiens en France, très engagés dans l'annonce de l'Évangile, se sentant eux-mêmes plus ou moins marginalisés, se réjouissent de la popularité de l'Abbé Pierre, en déplorant la teneur de mon article. Ainsi quelqu'un m'écrit dans un courrier électronique:
 
Par les temps qui courrent, il est à la mode pour tous les médias de "bouffer du catho" à toutes les sauces, le moindre prétexte y est bon. Pour une fois que l'on a une figure catholique - médiatique - qui ait bonne presse...

    C'est vrai: l'Église, elle, a mauvaise presse. Quand les médias semblent faire une exception pour une figure jugée par eux "charismatique", la tentation est alors grande de suivre le mouvement. N'est-on pas alors victime de la nostalgie d'un certain triomphalisme, en dépit de ce que Jésus nous laisse entrevoir?
 
Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous :
c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes. (Lc 6, 26)

    Et, dans le passage de l'Évangile d'aujourd'hui:
 
Aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.

    Jésus est catégorique: AUCUN. Comme c'est dur à entendre! Pour les habitants de Nazareth, ce qui était dur à entendre, c'est que le salut n'était pas seulement pour eux, mais pour "la multitude", pour les païens aussi. Pour nous, ce qui est dur à entendre, c'est que ce salut qui est pour la mulitude, n'est accueilli que par une minorité. Les habitants de Nazareth auraient aimé avoir le monopole de Jésus. Nous, nous voudrions que tout le monde applaudisse sur son passage. La minorité n'est jamais à la mode, puisque la mode, c'est justement de faire (et d'être) "comme tout le monde". Ah! si subitement, par je ne sais quel miracle, les foules d'aujourd'hui se mettaient à crier: "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur", au lieu de: "Crucifie-le, crucifie-le"... Si du jour au lendemain les médias se mettaient à entonner une hymne à la louange de l'Église catholique, comme ils l'ont fait pour l'Abbé Pierre. Il n'est pas défendu de le souhaiter et de prier pour cela. Encore faut-il voir si leur "Béni soit celui qui vient" serait motivé par l'accueil du salut par le pécheur, ou bien par le calcul du profit par le consommateur. Car, c'est largement connu: la religion, ça fait vendre, ... comme les fesses.

    Le Cardinal Newman écrivait:
 
Tout le contenu des Saintes Écritures, en effet, nous conduit à croire que sa vérité (= celle du Christ) ne recevra pas un accueil chaleureux auprès d'un grand nombre de personnes, parce qu'elle va à l'encontre de l'opinion publique et des sentiments communément partagés dans le monde; quand bien même elle serait accueillie par un homme, elle serait refusée par ce qui reste en lui de sa vieille nature, exactement comme elle est refusée par tous les autres hommes qui ne l'ont pas accueillie. "La lumière qui resplendit dans les ténèbres" (Jn 1, 5) est le signe de la vraie religion.

    La dernière partie de cette citation nous rappelle que les premiers concernés, c'est nous-mêmes. Jésus est constamment mis en minorité, non seulement par l'ensemble des hommes, mais à l'intérieur même de la minorité de ceux que l'on appelle "les fidèles", et par le "vieil homme" en chacun de nous. C'est pourquoi il faut se méfier autant de nos emballements personnels pour Jésus (quel Jésus: celui de nos rêves, ou "celui qui est, qui était et qui vient"?) que de l'enthousiasme éphémère des foules. Je cite encore Newman:
 
Même si, sans aucun doute, il y a des périodes où un enthousiasme soudain jaillit en faveur de la vérité, une telle popularité dure peu: elle arrive subitement et disparaît aussitôt après, ne connaît pas de croissance régulière, ni durable. Seule l'erreur croît et est généreusement accueillie par un grand nombre... En effet, la vérité a en elle un pouvoir tel qu'elle oblige l'homme à la proclamer en paroles; mais quand celui-ci s'apprête à agir, au lieu d'obéir à la vérité, il la remplace par quelque idole.
 
Par conséquent, dans un pays, quand on parle beaucoup de religion, quand on se félicite de ce que tout le monde s'en préoccupe, un esprit assez sage s'inquiétera de savoir si l'on ne serait pas en train d'honorer quelque substitut à sa place; si ce ne sont pas les illusions de l'homme, plutôt que la vérité de la Parole de Dieu, qui font naître une telle popularité; si la forme accueillie n'a de vérité en ellle que ce qui peut être accepté par la raison et par la conscience; bref, si ce n'est pas Satan transformé en ange de lumière, plutôt que la Lumère elle-même, qui fait tant de disciples.

    Newman, faut-il s'en étonner, était lui-même un prophète dont la charité fut méprisée. En tout cas, Jésus, qui est venu pour donner une maison pour tous les SDF (celle du Père), du pain pour tous les affamés (celui de la Parole, de l'Eucharistie et de la volonté dU Père), la liberté pour tous les prionniers que nous sommes(la liberté intérieure des enfants de Dieu), ce Jésus là, les siens l'ont mené "jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas." Ce Jésus-là, beaucoup d'exégètes aujourd'hui le réduisent au Christ de la foi, une pure invention pieuse.

    "À la fin de notre vie nous serons jugés sur l'amour" (S. Jean de la Croix), répète-t-on volontiers. Mais de quel amour s'agit-il? Certainement pas d'un amour sans Jésus, ni d'un amour contre l'Église. (Pourquoi un évêque, lui aussi connu pour son attitude "non-conformiste", s'est-il permis d'accuser l'Église de vouloir "récupérer" l'Abbé Pierre lors de son décès?) La charité, nous la devons d'abord aux pauvres que sont Jésus et l'Église, son Épouse. Tout ce que nous ferons contre Lui et contre son Épouse, nous le ferons contre la charité. Tout ce que nous ferons de "charitable" sans Jésus et sans l'Église est condamné à disparaître, avant même la foi et l'espérance.

    Dans l'Église antique, faisait remarquer Benoît XVI, l''orthodoxie ne signifiait "pas du tout la doctrine juste, mais authentique adoration et glorification de Dieu." Et il poursuit:
 
On était convaincu que tout dépendait du fait d'être juste dans la relation avec Dieu, de connaître ce qui lui plaît et comment on peut lui répondre d'une façon juste. C'est pour cette raison qu'Israël a respecté la loi: elle indiquait quelle est la volonté de Dieu; elle indiquait comment vivre avec rectitude et comment honorer Dieu d'une juste façon: en accomplissant sa volonté, qui fait régner l'ordre dans le monde, en l'ouvrant à la transcendance. Il s'agissait de la joie nouvelle des chrétiens qui, à partir du Christ, savaient finalement comment Dieu doit être glorifié et comment, précisément ainsi, le monde devient juste. Lors de la nuit sainte, les anges avaient annoncé que les deux choses allaient de pair: "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté", telles furent leurs paroles (Lc 2, 14). La gloire de Dieu et la paix sur la terre sont inséparables. Là où Dieu est exclu, la paix s'effrite sur la terre, et aucune orthopraxie sans Dieu ne peut nous sauver.

    En entendant les paroles de l'Évangile d'aujourd'hui, juste après celles de S. Paul dans son hymne à la charité on ne peut pas ne pas se poser la question: pourquoi l'Amour n'est-il pas aimé (S. François d'Assise)? C'est forcément parce que tout ce qui se fait au nom de l'amour n'est pas de l'amour, mais de l'amour en apparence seulement. C'est forcément parce que tout ce qui est réellement fait au nom de l'amour n'est pas reconnu comme étant de l'amour.

    Une autre question à laquelle on n'échappe pas est la suivante: pourquoi l'Amour est-il si difficile à aimer, pourquoi y en a-t-il si peu qui l'aiment, et surtout: pourquoi l'aimons-nous si peu nous-mêmes? N'est-ce pas parce qu'l est difficile d'admettre qu'au nom même de l'amour, nous mettons à la porte et nous précipitons en bas celui qui est le seul à pouvoir nous ouvrir les portes de la Maison du Père? Voilà pourtant la Bonne Nouvelle. Que signifie donc ce qui est écrit: "La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire"? (Lc 20, 17)

Appelés à être prophètes - Homélie 4° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

4 T.O.C

 

 

Nous aspirons tous à trouver la plénitude, le sens de notre vie. Et nous pressentons tous que ce qui donne un sens à notre vie vient entre autres du fait d’accomplir quelque chose de durable. C’est une illusion de croire que le bonheur durable nous tombera dessus dans un hamac avec un ti punch. Nous voulons accomplir quelque chose. Ce désir de vouloir faire quelque chose de notre vie vient de Dieu. Il nous a créés à son image et à sa ressemblance. Cela veut dire que nous sommes par nature des créateurs, des co-créateurs. Nous avons été faits pour apporter quelque chose dans ce monde, et nous ne trouverons jamais le vrai bonheur si nous ne le faisons pas. Cela fait partie de la mission de chacun de co-créer,  faire quelque chose de durable.

 

Mais nous savons que finalement, la seule chose qui soit vraiment durable, c’est le Royaume du Christ. C’est la foi que nous proclamons chaque dimanche : « Et son règne n’aura pas de fin ». Tous les autres royaumes et tous les exploits de ce monde disparaîtront comme le bruit d’un pétard. La seule manière de satisfaire notre profond désir de faire quelque chose de significatif est de bâtir le Royaume du Christ. Nous sommes ses soldats et ses ambassadeurs. Nous sommes, comme le dit le prophète Jérémie (1° lect.) ses prophètes.

 

Où est le Christ dans le monde d’aujourd’hui, sinon dans nos cœurs, en chacun de nous. Chaque chrétien doit annoncer la venue du Royaume du Christ. C’est cela que veut dire être prophète. L’ordre que Jérémie reçoit du Seigneur s’adresse à chacun de nous :

 

« Je fais de toi un prophète pour les peuples. Lève-toi, tu prononceras contre eux tout ce que je t'ordonnerai. »

 

Dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique nous lisons (n. 904-905) :

 

« Le Christ (...) accomplit sa fonction prophétique non seulement par la hiérarchie (...) mais aussi par les laïcs dont il fait pour cela des témoins en les pourvoyant du sens de la foi et de la grâce de la parole " (LG 35) :

 

Enseigner quelqu’un pour l’amener à la foi est la tâche de chaque prédicateur et même de chaque croyant (S. Thomas d’A., s. th. 3 71, 4, ad 3).

 

Leur mission prophétique, les laïcs l’accomplissent aussi par l’évangélisation, "c’est-à-dire l’annonce du Christ faite par le témoignage de la vie et par la parole". Chez les laïcs, "cette action évangélisatrice (...) prend un caractère spécifique et une particulière efficacité du fait qu’elle s’accomplit dans les conditions communes du siècle" (LG 35) :

 

Cet apostolat ne consiste pas dans le seul témoignage de la vie : le véritable apôtre cherche les occasions d’annoncer le Christ par la parole, soit aux incroyants (...), soit aux fidèles (AA 6 ; cf. AG 15).

 

Quelquefois notre mission prophétique nous requiert l’usage de la parole. D’autres fois, elle requiert que nous parlions par le témoignage de notre vie.

 

 

 

muggeridge-copie-1.jpg

 

 

Un des journalistes les plus connus du vingtième siècle est Malcolm Muggeridge (photo), qui a contribué à faire de la BBC l’un des medias les plus influents en Angleterre. Au début de sa carrière brillante, il était athée. Son travail et son exemple était un encouragement pour les athées. Mais ses voyages l’amènent à entrer en contact avec une pauvre religieuse d’Albanie, toute menue, qui dirigeait une petite communauté de sœurs qui soignaient les agonisants des rues de Calcutta. Le célèbre journaliste apprend à connaître la petite religieuse albanaise. Il observe comment elle et ses sœurs vont dans le rues pour ramasser les mourants, infestés par la vermine, hommes et femmes, jeunes et vieux, victimes de la dureté du monde moderne. Il observe les sœurs qui les lavent, les nourrissent, leur parlent, et leur donnent un lit propre pour pouvoir mourir en paix, sachant que quelqu’un les a aimés.

 

Les religieuses n’ont jamais eu une discussion avec Malcolm Muggeridge au sujet de la foi. Ce n’était pas leur mission. Cet athée orgueilleux qui paraissait si éloigné de Dieu était touché par la grâce en regardant ce qu’elles faisaient. Quelques années plus tard, le 27 novembre 1982, Malcolm Muggeridge est devenu catholique. L'influence de Mère Teresa a été déterminante. En même temps, c'est lui qui a fait connaître Mère Teresa en Occident par un documentaire qui a fait de Mère Teresa pratiquement du jour au lendemain une célébrité.

 

Quelquefois notre mission d’être prophètes du Christ consiste à témoigner par la parole, mais d’autres fois, notre témoignage par l’exemple peut obtenir bien davantage.

 

Le Christ nous a appelés et équipés pour que nous soyons ses prophètes. Seule cette mission peut donner un sens, un but, du sel à notre vie. Tous nous avons un réseau de relations. Pensez à tous ceux que vous avez côtoyés depuis votre baptême. Jésus essaie sans cesse d’atteindre tous ces gens à travers nous. Il y a toujours quelqu’un dans ce réseau qui a besoin de sa grâce et qui est prêt à l’accueillir. Nous pouvons être les instruments du Christ dans ce réseau, par notre parole et notre exemple. Qui dans votre vie, dans votre réseau de relations, a besoin d’entendre le message du Christ, de son amour, de son pardon ?

 

Décidons aujourd’hui, par amour pour le Christ, de faire passer le message. Quand Jésus vient à nous dans la Sainte Communion, promettons-lui d’avoir le courage de dire la vérité par amour. Si personne de particulier ne vous vient à l’esprit, promettons-lui au moins d’être attentifs aux occasions quand elles se présenterons, et demandons-lui de nous inspirer pour savoir quand il faut parler et ce qu’il faut dire. En ce qui concerne le témoignage par l’exemple, nous ne saurons peut-être jamais quelle est la personne que le Christ touchera à travers nous. Tout ce que nous avons à faire, c’est de témoigner.

 

Quel est le domaine de notre vie qui a besoin de conversion pour que nous puissions être prophètes ? Que ferait Jésus pour accueillir ce nouvel enfant à l’école ? Comment le Christ se comporterait-il au bureau, sur le terrain de football, dans un embouteillage, pendant le ménage à la maison ?

 

Au cours de cette Messe, demandons au Seigneur de nous le montrer, et de nous donner la force pour suivre son exemple dans tous les domaines de notre vie, afin que nous puissions découvrir à nouveau la joie d’être ses prophètes.

 

Lecture 4° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : « Je fais de toi un prophète pour les peuples » (Jr 1, 4-5.17-19)

 
4-T.O.C.jpg
 

Lecture du livre de Jérémie

Le Seigneur m'adressa la parole et me dit :
« Avant même de te former dans le sein de ta mère,
je te connaissais ;
avant que tu viennes au jour,
je t'ai consacré ;
je fais de toi un prophète pour les peuples. »
Lève-toi,
tu prononceras contre eux tout ce que je t'ordonnerai.
Ne tremble pas devant eux,
sinon, c'est moi qui te ferai trembler devant eux.
Moi, je fais de toi aujourd'hui une ville fortifiée,
une colonne de fer,
un rempart de bronze,
pour faire face à tout le pays,
aux rois de Juda et à ses chefs,
à ses prêtres et à tout le peuple.
Ils te combattront,
mais ils ne pourront rien contre toi,
car je suis avec toi pour te délivrer.
Parole du Seigneur. »
 
 


 

Psaume : Ps 70, 5-6ab, 7-8, 15ab.17, 19.6c

 

R/ Sans fin, je proclamerai
ta victoire et ton salut

 

Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
mon appui dès ma jeunesse.
Toi, mon soutien dès avant ma naissance,
tu m’as choisi dès le ventre de ma mère

Pour beaucoup, je fus comme un prodige ;
tu as été mon secours et ma force.
Je n’avais que ta louange à la bouche,
tout le jour, ta splendeur.

Ma bouche annonce tout le jour
tes actes de justice et de salut.
Mon Dieu, tu m'as instruit dès ma jeunesse,
et jusqu'ici, j'ai proclamé tes merveilles.

Si haute est ta justice, mon Dieu,
toi qui as fait de grandes choses :
Dieu, qui donc est comme toi ?
tu seras ma louange toujours !
 
 
 

2ème lecture : Hymne à la charité (1Co 12, 31; 13, 1-13)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
Parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres
J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.
J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien.
J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien.
L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ;
il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient pas de rancune ;
il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;
il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.
L'amour ne passera jamais. Un jour, les prophéties disparaîtront, le don des langues cessera, la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra.
En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles.
Quand viendra l'achèvement, ce qui est partiel disparaîtra.
Quand j'étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j'ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant. Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai vraiment, comme Dieu m'a connu. Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité.

 

 



 

Evangile : La mission de Jésus est universelle (Lc 4, 21-30)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
De L'Orient à l'Occident, parmi toutes les nations,
on reconnaîtra le salut de notre Dieu.
Alléluia. (Ps 66, 3)
 
 
4-TOC-ev.jpg
 
 

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d"Isaïe, Jésus déclara : « Cette parole de l"Écriture que vous venez d"entendre, c"est aujourd"hui qu"elle s"accomplit. »
Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : 'Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays !' »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.
 
 


Copyright AELF - 1980 - 2010 - Tous droits réservés

 

Een betrouwbaar evangelie voor een onderbouwde catechese - Homilie 3de zondag door het jaar C

Walter Covens #Homilieën in het Nederlands
3 TOC ev
    In mijn homilie van vorige zondag gingen we dieper in op de bruiloft van Kana en had ik het over de historische en symbolische betekenis van het evangelie van Johannes. Vandaag geeft Lucas in de proloog van zijn Evangelie blijk van dezelfde zorg om historische waarde, zoals hij nog eens herhaalt aan het begin van de Handelingen der Apostelen (Hand. 1, 1):
Mijn eerste boek heb ik gemaakt, Theófilus, over al wat Jezus begonnen is te doen en te leren...

    Johannes schrijft hetzelfde (1 Joh 1, 1-3):
Hetgeen was van den beginne, hetgeen wij gehoord hebben, hetgeen wij gezien hebben met onze eigen ogen, hetgeen wij aanschouwd hebben en onze handen getast hebben van het Woord des levens - het leven toch is geopenbaard en wij hebben gezien en getuigen en verkondigen u het eeuwige leven, dat bij de Vader was en aan ons geopenbaard is - hetgeen wij gezien en gehoord hebben, verkondigen wij ook u...

    Ons christelijke geloof is gebaseerd op historische feiten en niet op fabels, of op mythen, het is gebaseerd op de Geschiedenis, en niet op verhaaltjes!
Het Woord is vlees geworden, en het heeft onder ons gewoond (Joh 1, 14).

    Het verschil tussen Johannes en Lucas is dat Johannes ooggetuige is geweest. Lucas was dat niet, maar hij heeft zich "zorgvuldig geïnformeerd over alles wat was in het begin" bij diegenen "die sinds het begin ooggetuigen waren en de dienaars van het Woord zijn geworden", zodat iedereen zich "bewust kan worden van de gegrondheid van de leer". Ook Mattheüs was een ooggetuige, terwijl het Evangelie volgens Marcus de weerklank is van de verkondigingen van Petrus.

    We moeten de historische waarde van de Evangelies van Lucas en de drie andere evangelisten benadrukken, omdat de gegrondheid van ons geloof ervan afhangt. Vandaag de dag heerst er een trend om "Jezus van het geloof" tegenover "Jezus van de geschiedenis" te zetten. De "Jezus van het geloof" zou bijna niets te maken hebben met de "Jezus van de geschiedenis", van wie wordt beweerd dat er niet veel over bekend is. De "Jezus van het geloof" op zijn beurt zou dan weer niets te maken hebben met wetenschap en hij zou bijgevolg niet geloofwaardig zijn, wordt gezegd.

    Dit is een gevaarlijke tegenstelling, want ze leidt tot de afbrokkeling van het christelijke geloof. Volgens een peiling is de helft van de Fransen ervan overtuigd dat het bestaan zelf van Jezus twijfelachtig is, terwijl zijn bestaan een van de meest beschreven is. Er is geen enkele andere persoon uit de Oudheid waarover zoveel documentatie bestaat. En toch wordt getwijfeld aan het bestaan van Jezus, terwijl niemand er nog maar aan zou dénken om het bestaan van Julius Cesar te betwisten. Dit feit stemt tot nadenken maar is er niet zomaar gekomen. Het is het resultaat van veelvuldige pogingen om het geloof af te kraken, met de ene bestseller na de andere en dit al sinds het einde van de 18e eeuw tot op de dag van vandaag. Denken we maar aan de "Da Vinci Code"...
 
    Het toppunt is wanneer het geloof van de gelovigen op sleeptouw wordt genomen door de kritiek van de ongelovigen, alsof voor de beoordeling van de artistieke waarde van een schilderij of een muziekstuk geen beroep wordt gedaan op experts, maar op blinden en doven. De Evangelies werden geschreven door gelovigen voor gelovigen, en er is een minimum aan geloof nodig om ze te begrijpen.
Verdenkingen komen en gaan. Het Evangelie blijft. (R. Laurentin)

    Vandaag zijn de woorden aan het begin van het Evangelie van Lucas belangrijker dan ooit. Als we ze vergeten of negeren, steunt ons christelijke geloof niet meer op gegronde feiten en brokkelt het vroeg of laat af.
Het is inderdaad van het allergrootste belang: onze godsdienst is niet zomaar een "ideologie", een steevast betwistbare systematisering van mooie ideeën; aan de grondslag van onze godsdienst liggen feiten, verrassende feiten, maar wel naar behoren vastgestelde en gedocumenteerde feiten - het hele verdere verloop van de Evangelies toont dat aan - het gaat over het leven, de dood en de verrijzenis van Christus. En het hele "christondom" doet nooit anders dan er de gevolgen van beleven. (A. Feuillet)

    Om dit te begrijpen is het goed om precies te weten hoe de Evangelies tot ons zijn gekomen.    

1. Het beginpunt is Jezus, de feiten van zijn leven. Het gaat hier niet om een ideologie, maar om geschiedkundige gebeurtenissen. Deze gebeurtenissen speelden zich af "onder ons". Lucas maakte dan wel geen deel uit van de entourage van Jezus, maar op het moment waarop hij zijn Proloog schreef, waren er wel nog leerlingen in leven.    

2. Dan zijn er de getuigenissen van de apostelen. Van deze gebeurtenissen waren de Apostelen "ooggetuigen", geen vluchtige of tijdelijke, maar "sinds het begin", dat wil zeggen vanaf het Doopsel tot aan de Verrijzenis.    

3. Door dit eigenste feit zijn zij die gezien hebben, met Pinksteren "dienaars van het Woord" geworden. Dit is de overgang van "zien" naar "zeggen". Er is niets logischer dan deze overgang, aangezien de Jezus die zij hebben gezien, het vleesgeworden Woord is. Daarom ook zegt Origenus:
In de Exodus stond geschreven: "Het volk zag de stem van God". Zeker, de stem wordt gehoord vóór ze wordt gezien; maar dit werd geschreven om ons te tonen dat we andere ogen nodig hebben om de stem van God te zien; en zij die deze ogen hebben, zullen de stem zien. In het Evangelie van Lucas is het niet meer de stem die wordt gezien, maar het Woord: "zij die hebben gezien, werden dienaars van het Woord." En het Woord is meer dan alleen de stem. De Apostelen hebben dus het Woord gezien: niet omdat ze het lichaam van de Verlossende Heer met eigen ogen hebben gezien, maar omdat ze het Woord hebben gezien. Als het enkel draaide om de materie, zou Pilatus het Woord hebben gezien, en Judas, en al diegenen die riepen: "Kruisig hem!". De Verlosser zelf legt uit wat dat betekent, het Woord van God zien: "Hij die mij ziet, ziet ook de Vader die mij heeft gezonden."

4.Daar de christelijke Traditie door dit Woord van de Apostelen onlosmakelijk verbonden is met het Woord van Christus zelf, is het haar rol om wat ze heeft vernomen van de ooggetuigen "over te brengen". En het eerste werk in deze zin is "erover te schrijven... in een uiteenzetting".  Ook hier niets dan logica, aangezien het onderwerp van dit werk de gebeurtenissen zijn uit het leven en de dood van Jezus. De "toegevoegde waarde", als we dat zo mogen zeggen, is de "compositie", een zoektocht naar eenheid tussen verschillende fragmenten, wat volgens Lucas al velen vóór hem hadden gedaan.    

5. Deze Traditie van het Woord van God, dat vlees geworden is in Jezus Christus en dat herhaald werd door de Apostelen, vindt zijn definitieve "com-positie" in het werk van de vier Evangelisten. Lucas vertrouwt ons toe hoe hij tewerk ging: zijn methode steunde op "zorgvuldige" informatie ("acribôs", waarvan wetenschappers het woord "acribie" hebben afgeleid, wat betekent "uiterste nauwkeurigheid"!), "over alles", dus zo uitvoerig mogelijk, "sinds het begin", dus zijn kindertijd, nog voor zijn Doopsel. Hiervoor putte Lucas uit verschillende bronnen, niet enkel de "uiteenzettingen" die anderen vóór hem hadden opgesteld, maar ook "ooggetuigenverslagen" van de "dienaars van het Woord" die hij heeft kunnen ontmoeten, zonder te vergeten de Maagd Maria en de andere familieleden van Jezus. Dat alles "voor u, hoogedele Theófilus", dat wil zeggen voor alle volgelingen van Jezus die nog zullen volgen, zodat wij ons bewust worden van de gegrondheid van de gegeven leer (van de catechese - het Griekse woord dat Lucas gebruikt).

    Wat ik u vertel, werd bevestigd door honderdvijftig jaren van grondige bijbelverklaring over het ontstaan van de Evangelies. We moeten dus onze stem laten horen, tegen alles in, en de authenticiteit van deze geschriften, die zo belangrijk zijn voor ons geloof, verdedigen!

Maar het meest overtuigende argument voor de historische waarde van de Evangelies is toch de ervaring die wij er zelf uit putten, iedere keer dat we diep worden geraakt door een woord van Christus. Welk ander woord, oud of nieuw, heeft dat ooit gekund? (R. Cantalamessa)

UM EVANGELHO PARA UMA CATEQUESE SEGURA (Lc, 1, 1-4 ; 4, 14-21)

Walter Covens #homilias em português
3 TOC ev
    Na minha homilia do domingo passado, quando temos meditado no episódio das Bodas de Caná, tive a oportunidade de insistir no carácter ao mesmo tempo histórico e simbólico do evangelho de João. Hoje, no Prólogo do seu evangelho, S. Lucas manifesta a mesma vontade de pecisão histórica, como o lembra também no princípio dos Actos dos Apóstolos (Ac 1, 1) :

« Caro Teófilo, no meu primeiro livro, falei em tudo quanto Jesus fez e ensinou desde o princípio… »

    S. João escreve de manieira idêntica  (1 Jn 1, 1-3) :
« O que era desde o princípio, o que temos ouvido, o que temos contemplado com os nossos próprios olhos, o que temos visto e que as nossas mãos tocaram, é o Verbo, a Palavra da vida. Sim, a vida manifestou-se, temo-la contemplado, e somos testemunhas : anunciamo-vos aquela vida eterna que estava junto do Pai e que se manifestou a nós. O que temos contemplado, o que temos ouvido, anunciamo-lo também a vós… »

    A nossa fé cristã está baseada sobre factos históricos, e não sobre fábulas, mitos, sobre História e não  sobre « histórias !

« O Verbo fez-se carne e habitou entre nós » (Jo, 1,14).

    A diferença entre João e Lucas é esta : João é testemunha ocular. S.Lucas não o é, mas « informou-se cuidadosamente de tudo desdes as origens », junto « dos que foram, desde o princípio, as testemunhas oculares et se  tornaram servidores da Palavra » afim de que todos possam «  verificar a firmeza dos ensinamentos » recebidos. S. Mateus é o éco da pregação de S. Pedro.

    Se é necessário insistir no carácter histórico do Evangelho de S.Lucas, e dos outros três, é porque disso depende a firmeza da nossa fé. Hoje em dia, é costume opor o « Jesus da fé » ao « Jesus da História ». O « Jesus da fé » não teria nada a ver (ou quase nada) com o « Jesus da História », do qual se pretende que não se possa conhecer muita coisa. O « Jesus da Fé », ele, fica estrangeiro à toda a espécie de ciência, e portanto a toda qualquer credibilidade, dizem.

    Aquela oposição é perigosa, pois provoca a ruína da fé cristã. Conforme uma sondagem, a metade dos Franceses têm a convicção de que a própria existência de Jesus é duvidosa, enquanto que é muito bem atestada. De nenhuma personagem da Antiquidade temos documentação histórica tão abundante. No entanto, há duvidas sobre a existência de Jesus, mas ninguém teria a mínima dúvida acerca da existência de Júlio César. Esse facto deixa-nos a sonhar, mas não é um mero acaso. É mesmo o resultado das numerosas tentativas de destruir a fé, através de « best-sellers » que se seguem por dezenas desde o fim do século 18 até hoje. Pensemos no recente « Da Vinci Code »…

    O cúmulo aparece quando a fé dos crentes se deixa arrastar pela crítica dos descrentes, como se, em vez de chamar especialistas para estimar o valor artístico duma pintura ou duma composição musical, pedissem o aviso de pessoas cegas ou mudas. Os Evangelhos foram escritos por crentes para crentes, portanto um mínimo de fé é necessário para os perceber.

« As dúvidas passam. O Evangelho fica » (R.Laurentin)

    Hoje, as palavras do princípio de Evangelho de S.Lucas são portanto mais importantes do que nunca. Se nos esquecermos delas ou se não fizermos caso delas, a nossa fé cristã já não têm alicerces firmes e há-de desabar mais tarde ou mais cedo.

Issso é, pois, muito importante : a nossa religião não é só mais uma « ideologia », isso é : uma sistematização, cada vez mais contestável, de ideias, talvez muito bonitas ; já no princípio há factos, espantosos mas devidamente verificados e atestados – os evangelhos todos darão a prova disso - : é a vida, a morte, e a ressurreição de Cristo. Todo o « cristianismo » nunca haverá-de fazer outra coisa, a não ser tirar diso as consequências. (A.Feuillet)

    Para perceber isso, é bom ter uma ideia bastante precisa da maneira como que os Evangelhos chegaram até nós.

1. À partida há Jesus, os acontecimentos da vida dele. Não se trata de ideologia, mas de factos, inscritos na História. Esses factos realizaram-se « entre nós » : não por S.Lucas pertencer ao grupo dos amigos de Jesus, mas porque, quando escreveu o seu « Prólogo », ainda havia discípulos vivos.
2. A seguir, há o testemunho dos Apóstolos. Daqueles acontecimentos os Apóstolos foram testemunhas « oculares », não às escondidas, como quem passa depressa, ma sim « desde o princípio », isso é a partir do Baptismo até à Ressurreição.
3. Por causa disso, aqueles que viram tornaram-se « servidores da Palavra », logo a seguir ao Pentecostes : é a « passagem » do « ver » ao « dizer ». Essa passagem é muitíssimo lógica, uma vez que o Jesus que viram é o Verbo Encarnado. Por isso é que Origenes haverá-de dizer :

« Está escrito no Êxodo : ‘ O Povo via a voz de Deus ». Evidentemente que a Voz é ouvida antes de ser vista ; mas isso foi escrito para nos mostrar que, para ver a Voz de Deus, é preciso ter outros olhos ; podem vé-la aqueles a quem isso é dado. No evangelho de S. Lucas, já não é a Voz que é vista, mas sim a Palavra : « os que viram, e foram servidores da Palavra ». Ora, a Palavra é mais do que a Voz. Os Apóstolos portanto viram a Palavra : não por ter visto o corpo do Senhor Salvador, mas sim por ter visto o Verbo.
Se se tratasse só de matéria, Pilatos teria visto a Palavra, e Judas também, e todos quantos gritavam : « Crucifica-o ! ». Ver a Palavra de Deus, o Salvador explica o que é : « Aquele que me vê, também vê o Pai que me enviou ».

4.Estando a Tradição cristã firmemente ligada por essa Palavra dos Apóstolos ao próprio Cristo-Verbo, o papel dela é « transmitir » o que recebeu das testemunhas oculares. E o primeiro trabalho neste sentido é   « escrever sobre isso um relato coerente ». Aqui também, está tudo muito lógico, uma vez que o objecto desta composição são os acontecimentos da vida e da morte de Jesus. O « valor acrescentado », se se pode falar assim, é a composição », a procura da unidade entre fragmentos diversos, o  que, conforme o que diz S.Lucas, já tinha sido efectuado por alguns antes dele.
5.Aquela tradição da Palavra de Deus, encarnada em Jesus Cristo, repetida pelos Apóstolos, há-de encontrar a sua « com-posição » acabada pelo trabalho dos quatro Evangelistas. S.Lucas confia-nos qual foi o seu método : está baseado sobre uma informação « cuidadosa » (« ácribos », de que os péritos tiraram « acribia » para qualificar uma precisão científica !) « de tudo », portanto tão completa como possível, « desde as origens », isso é ,antes do Baptismo, a sua infância. Para isso, S.Lucas vai buscar nas fontes, não só nos « relatos coerentes » já redigidos por outros antes dele, mas também« nas testemunhas oculares », « os servidores da Palavra » que conseguiu encontrar, inclusivamente a Virgem Maria e demais membros da « família de Jesus »…. Tudo isso « para ti, caro Teófilo », o que significa : « para todos os futuros discípulos de Cristo, afim de que percebamos todos a firmeza dos ensinamentos (da catequese - essa é a palavra grega usada por S.Lucas) recebidos.

    O que digo foi confirmado pelas pesquisas de 150 anos de exegese encarniçada acerca da formação dos Evangelhos. Temos portanto que louvar alto e forte, contra ventos e marés, os louvores da autenticidade daqueles escritos essenciais para a nossa fé !

Mas o argumento mais convincente a favor da veracidade histórica fundamental dos Evangelhos fica a experiência que fazemos ; nós próprios, cada vez que somos tocados profundamente por uma palavra de Cristo. « Terá havido alguma palavra, antiga ou nova, que tivesse um poder destes ? » (R. Cantalamessa)


Afficher plus d'articles

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>
RSS Contact