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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Quelles sont nos attentes pour Noël? - Homélie 3° dimanche de l’Avent B

dominicanus

Aujourd’hui, c’est le dimanche Gaudete. En latin, ‘gaudete' signifie: ‘réjouissez-vous’. Ce dimanche fut appelé ainsi depuis l’époque de saint Grégoire le Grand, au 6e siècle. La couleur liturgique de ce dimanche est le rose.

 

La joie qui vient de Dieu est plus profonde que des émotions passagères. C’est une joie qui provient du fait que nous savons que Jésus est toujours avec nous pour nous guider, nous aimer, au milieu des tribulations de ce monde.

 

Mais si nous attendons de Jésus qu’il nous apporte le ciel sur la terre, nous risquons de ne pas pouvoir le reconnaître, parce que ce n’est pas pour cela qu’il est venu. Le passage de l’évangile de ce jour nous en fournit un exemple.

 

Les prêtres, lévites et pharisiens qui viennent pour mener leur enquête au sujet de Jean Baptiste, ce sont les mêmes qui rejetteront plus tard le Christ et qui ont conspiré pour l’exécuter. Quand ils entendent des rumeurs à propos de Jean qui attire de grandes foules à qui il prêche le Messie, ils se méfient. Puisqu’il n’était pas des leurs, il ne pouvait pas être un messager de Dieu. Et quand ils lui posent des questions, ils ne font même pas attention à ses réponses. Et donc ils sont incapables d’accueillir le Christ quand il vient. 

 

Pourquoi? Parce qu’ils attendaient un messie politique, et non pas celui qui sauverait son peuple de ses péchés. Tout ce que Jean a pu dire est passé par le filtre de leur agenda personnel, et ils sont complètement passés à côté. Leurs opinions préconçues les empêchent d’entendre la Parole de Dieu annoncée par Jean. Ils ont entendu ses prophéties, mais en vain. 

 

 

Puisque nous sommes au cœur de ce temps de l’Avent, nous pouvons nous examiner pour voir quelles sont nos attentes pour Noël. À un niveau purement humain, on peut s’attendre à recevoir des cadeaux. Mais ces cadeaux ne sont que des signes du don incomparable que Dieu nous fait de son amitié avec nous en Jésus Christ. Dieu veut déverser sur nous un torrent d’amour pour Noël, mais si ce n’est pas cela que nous désirons, nous ne serons pas prêts pour l’accueillir. Cela veut dire trois choses.

 

D’abord, cela veut dire que nous devons éviter l’écueil des pharisiens. Nous ne devons pas penser que nous savons déjà tout, que nous comprenons comment Dieu va s’y prendre, ou que nous ne sommes pas concernés par une vraie rencontre transformante avec le Dieu vivant. Nous devons être persuadés que Dieu peut nous surprendre. 

 

Ensuite, cela signifie que nous devons consacrer à la prière un temps conséquent. Nous devons « fixer notre attention sur Jésus » (Hébreux 3,1) … pour nous accorder à la longueur d’ondes de Dieu, et nous permettre d’entendre sa voix. 

 

Enfin, pour corriger nos attentes pour Noël, nous devons consacrer du temps pour aider ceux qui sont démunis, ceux qui sont dans le besoin. Que ce besoin soit matériel, spirituel ou affectif, le meilleur moyen pour préparer le chemin du Seigneur, comme Jean lors du premier Noël, consiste à permettre à d’autres de faire l’expérience de la bonté de Dieu. En leur tendant la main, nous débroussaillons le chemin du Seigneur vers nous. Comme Jésus le dit (Lc 6,38): « Donnez, et il vous sera donné. »

 

Dans quelques instants, Jésus va nous tendre la main dans le sacrifice de la messe. Attisons notre désir de mieux le connaître, et d’ouvrir toute grande la porte de notre cœur à tout ce qu’il voudra nous donner.

 

Au milieu de vous  se tient celui que vous ne connaissez pas...

Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas...

Lectures 3° dimanche de l'Avent B

dominicanus

1ère lecture : « Je tressaille de joie dans le Seigneur » (Is 61, 1-2a.10-11)

Lecture du livre du prophète Isaïe

L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, 
guérir ceux qui ont le cœur brisé,
proclamer aux captifs leur délivrance,
aux prisonniers leur libération,
proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.

Je tressaille de joie dans le Seigneur,
mon âme exulte en mon Dieu.
Car il m’a vêtue des vêtements du salut,
il m’a couverte du manteau de la justice,
comme le jeune marié orné du diadème,
la jeune mariée que parent ses joyaux.
Comme la terre fait éclore son germe,
et le jardin, germer ses semences,
le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange
devant toutes les nations.

– Parole du Seigneur.

 

cantique : (Luc 1, 46b-48, 49-50, 53-54)

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.

Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour

 

2ème lecture : « Que votre esprit, votre âme et votre corps soient gardés pour la venue du Seigneur » (1 Th 5, 16-24)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens

Frères,
soyez toujours dans la joie, 
priez sans relâche, 
rendez grâce en toute circonstance : 
c’est la volonté de Dieu à votre égard 
dans le Christ Jésus. 
N’éteignez pas l’Esprit, 
ne méprisez pas les prophéties, 
mais discernez la valeur de toute chose : 
ce qui est bien, gardez-le ; 
éloignez-vous de toute espèce de mal.
Que le Dieu de la paix lui-même 
vous sanctifie tout entiers ;
que votre esprit, votre âme et votre corps, 
soient tout entiers gardés sans reproche 
pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ. 
Il est fidèle, Celui qui vous appelle : 
tout cela, il le fera. 

– Parole du Seigneur.

 

Evangile : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas » (Jn 1, 6-8.19-28)

 

Alléluia. Alléluia. L’Esprit du Seigneur est sur moi : il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Alléluia.

(cf. Is 61, 1)

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Il y eut un homme envoyé par Dieu ;
son nom était Jean.
Il est venu comme témoin,
pour rendre témoignage à la Lumière,
afin que tous croient par lui.
Cet homme n’était pas la Lumière,
mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Voici le témoignage de Jean, 
quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem 
des prêtres et des lévites 
pour lui demander : 
« Qui es-tu ? » 
Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : 
« Je ne suis pas le Christ. » 
Ils lui demandèrent : 
« Alors qu’en est-il ? 
Es-tu le prophète Élie ? » 
Il répondit : 
« Je ne le suis pas. 
– Es-tu le Prophète annoncé ? » 
Il répondit : 
« Non. »
Alors ils lui dirent : 
« Qui es-tu ? 
Il faut que nous donnions une réponse 
à ceux qui nous ont envoyés. 
Que dis-tu sur toi-même ? » 
Il répondit : 
« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : 
Redressez le chemin du Seigneur, 
comme a dit le prophète Isaïe. » 
Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. 
Ils lui posèrent encore cette question : 
« Pourquoi donc baptises-tu, 
si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » 
Jean leur répondit : 
« Moi, je baptise dans l’eau. 
Mais au milieu de vous 
se tient celui que vous ne connaissez pas ; 
c’est lui qui vient derrière moi, 
et je ne suis pas digne 
de délier la courroie de sa sandale. » 

Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, 
à l’endroit où Jean baptisait.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean.

Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean.

Père Xavier Malle, L'Immaculée Conception, Marthe Robin, les enfants et la prière pour la France

dominicanus

Le 8 décembre 1947, fête de l’Immaculée Conception, dans la Drôme, le Père Finet entre dans la chambre de Marthe Robin vers 9h du matin et lui dit :« La France est foutue ! ». Marthe répond : « Non, Père, la Sainte Vierge va apparaître et demander la prière des petits enfants. » Ce même jour, à L’Ile-Bouchard, petit village de Touraine, un peu avant 13h, quatre petites filles entrent pour prier dans l’église paroissiale, sur la recommandation de leur maitresse. Elles témoigneront ensuite avoir vu « une belle Dame », qui leur a demandé de prier pour la France alors en grand danger et a promis du bonheur dans les familles. La demande de la prière pour la France et la promesse de bonheur dans les familles sont intimement liées et d’une brûlante actualité.

 

La Belle Dame confie à quatre jeunes enfants une question d’adulte : la situation de la France, à la veille d’une guerre civile. Elle va y revenir à quatre reprises pendant toute la semaine des évènements du 8 au 14 décembre 1947. Dès sa seconde manifestation, et ce sont ses premiers mots : « Dites aux petits enfants de prier pour la France qui en a grand besoin. » La quatrième fois, le mardi 9 à 13h, Marie réitère sa demande, sous une formulation légèrement différente : « Priez pour la France qui, ces jours-ci, est en grand danger. » Les enfants vont faire ce que la Belle Dame leur demande : inviter leurs amies de l’école à prier pour la France, et participer elles-mêmes à cette prière.

Est-il légitime de confier à la prière de petits enfants des questions de « grandes personnes » ? Demandez-vous à vos enfants de prier pour que papa ou maman retrouve un travail ? Pour dénicher la maison ou l’appartement dont vous avez besoin pour accueillir bébé à naître ? Bien sûr et vous avez raison !

- Il y a une pureté dans la demande des enfants, sans arrières pensées : ils prient pour leur pays, simplement, comme ils prient pour leur famille. C’est bien de cela qu’il s’agit ; notre pays est notre famille élargie.

- Il y a une foi spontanée dans leur prière. Ils ne doutent pas d’obtenir ce qu’ils demandent. Et effectivement la France a été sauvée : l’ordre de reprise du travail a été donné dès le mardi, sans qu’aujourd’hui encore on puisse en donner d’explication satisfaisante.

-Il y a une puissance de la prière des enfants sur le cœur de Dieu : « si vous ne redevenez comme ces petits enfants… » (Mt 18,3)

D’autant qu’en réalité, cette question de grande personne les regarde. C’était bien de leur avenir dont il s’agissait !

Comme en 1947, pense-t-on à demander plus particulièrement aux petits enfants de prier pour notre pays ? Pour allier les deux aspects évoqués au début, je vous propose de prier avec les petits enfants trois Je vous salue Marie pour les familles de France : un pour les papas, un pour les mamans et un pour les enfants.

Père Xavier Malle, L'Immaculée Conception, Marthe Robin, les enfants et la prière pour la France

Le Kérygme, Évangile du catéchumène - Homélie 2° dimanche de l'Avent B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

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L'Evangile selon S. Marc est l'Evangile du catéchumène. Pourquoi? Parce que c'est l'Evangile le plus ancien; c'est celui que l'Eglise primitive a composé en premier pour répondre à l'urgence de préparer les foules qui le demandaient au baptême. C'est aussi l'Evangile le plus court, qui contient l'essentiel des faits au sujet de Jésus.

Il est probable qu'il ait été composé pour les païens de Rome et qu'il soit l'écho de la prédication de S. Pierre. Il contient tout ce qu'un païen qui se prépare au baptême doit assimiler (et pas seulement savoir) et vivre pour franchir le seuil de la conversion.

L'Evangile de Matthieu, que nous avons médité l'an dernier (année liturgique A) est l'Evangile du catéchiste. Il rapporte beaucoup de paroles de Jésus en les présentant dans un certain ordre. Le tout est rassemblé en cinq grands discours: le Sermon sur la Montagne (ch. 5-7), l'envoi en mission (10), le discours en paraboles (13), le discours ecclésial (18) et le discours eschatologique (25).

Que doit faire le néophyte? Il doit faire la démarche d'entrer dans une communauté. Il doit se rendre compte que lors du baptême, il n'a pas seulement dit son 'oui' à Dieu, à Jésus, mais qu'il s'est engagé dans une communauté afin, justement, d'y trouver la présence de Dieu. Voici la phrase clé de l'Evangile de Matthieu:

 

"Et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde." (Mt 28, 20)



Matthieu nous donne un catéchisme raisonné du Règne de Dieu. A travers les cinq grands discours et les actions de Jésus, il nous donne de comprendre ce qu'est le Royaume de Dieu, comment on y entre, comment on l'accueille, quels sont les principaux devoirs de ceux qui y entrent. Ce catéchisme nous apprend la manière de vivre du chrétien (l'éthique chrétienne), la visée missionnaire de ce Royaume, ses difficultés internes aussi, et la charité, le pardon qui doivent s'y exercer, et sa fin eschatologique. Bref, c'est un long catéchisme qui veut inciter le baptisé à approfondir le sens de son appartenance à l'Eglise.

Tandis que l'Evangile de Matthieu est l'approfondissement de la vie chrétienne, la catéchèse de celui qui a déjà été baptisé, l'Evangile de Marc est la première annonce de la Bonne Nouvelle au païen (kérygme). Mais faisons bien attention!

"Il est plus difficile de devenir chrétien quand on l'est, que de le devenir quand on ne l'est pas." (Kierkegaard)

Une fois que nous sommes baptisés, nous ne sommes pas encore quittes avec le paganisme (le 'vieil homme'). Une fois baptisés, même de longue date, nous avons toujours besoin du kérygme. Tant le Directoire général pour la catéchèse (n. 258) que le Catéchisme de l'Eglise catholique (n. 1231) reconnaissent la nécessité d'un catéchuménat après le baptême. C'est là tout l'intérêt de l'Evangile selon S. Marc pour nous cette année.



"Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le Fils de Dieu" :



C'est une phrase programme qui, dans son extrême concision, caractéristique du kérygme, proclame néanmoins la même foi que celle de S. Jean, plus explicite.

"Commencement": comme en Jn 1, 1 et Gn 1, 1: c'est une nouvelle création, une nouvelle genèse.

"La Bonne Nouvelle": l'Evangile, au singulier! Avant d'être consigné dans les quatre livres que nous appelons "les évangiles", l'Evangile (au singulier) est annonce, kérygme. Il ne présente pas seulement un tableau de l'histoire du Christ, mais "il est une force de Dieu pour le salut de tout homme qui croit" (Rm 1, 16). Il est donc nécessaire que cette Bonne Nouvelle soit reçue dans la foi, et une foi qui engage: "Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route" (Mc 1, 2-3).

"... de Jésus Christ", appelée aussi "de Dieu (1, 14) ou Evangile de la grâce de Dieu (Ac 20, 24).

"Jésus Christ, Fils de Dieu": c'est d'une audace incroyable, vous voyez! N'oublions pas que nous sommes au tout début du premier Evangile. Et dès le début il y a cette affirmation: "Jésus, Fils de Dieu"! C'est tout l'Evangile de Marc qui est orienté vers la révélation progressive, d'abord secrète (Mc 3, 11-12), mais officialisée lors du procès (Mc 14, 61-62) et reconnu même des païens (Mc 15, 39). C'est donc tout son programme que Marc formule d'emblée, par le double titre davidique et divin, messianique et filial, concordant avec S. Luc (1, 32.35) et S. Paul (Rm 1, 3-4). Le kérygme, c'est l'assertion "autoritaire", qui ne se justifie pas par des raisonnements philosophiques ou apologétiques, mais dont la force vient de l'Esprit Saint. On accepte ou on n'accepte pas.

Au 2e siècle, le philosophe païen, Celse, écrit, indigné:

"Les païens se comportent comme ceux qui croient sans raison. Certains d'entre eux ne veulent même pas donner ou recevoir une raison autour de celui auquel ils croient et utilisent des formules comme celles-ci: 'Ne discute pas, mais crois; la foi te sauvera' ".

Celse aurait voulu que les chrétiens présentent leur foi dans une discussion pour la rendre acceptable philisophiquement. Bien sûr, le refus des chrétiens d'entrer dans la discussion ne concernait pas l'ensemble de l'itinéraire de la foi, mais uniquement le début. Sinon, ce serait du fidéisme. Les chrétiens ne fuyaient pas, même à cette époque, la confrontation et le fait de "donner raison de leur espérance" également aux Grecs (cf. 1 P 3, 15). Ils pensaient seulement que la foi ne pouvait pas naître de cette confrontation, mais devait la précéder, car elle est l'oeuvre de l'Esprit et non de la raison. La confrontation pouvait, tout au plus, la préparer et, une fois accueillie, en montrer la justesse.

Cela est d'une grande importance aussi dans notre contexte actuel. L'Eglise catholique possède une forte tradition théologique, mais elle risque d'être le parent pauvre, si, en dessous de l'immense patrimoine de doctrine, de lois et d'institutions, elle ne retrouve pas la force de ce noyau primordial, capable de susciter en lui-même la foi.

Pensons ici à David dans son combat contre Goliath. Voulant endosser une armure très lourde, il s'aperçoit qu'elle va le gêner plus qu'autre chose. Alors il la laisse de côté et affronte sans complexes le géant avec sa simple fronde de berger. Nombre de catholiques abandonnent l'Eglise pour d'autres groupes plus ou moins chrétiens parce qu'ils sont attirés par une annonce simple et efficace qui les met directement en contact avec le Christ et leur fait expérimenter la puissance de son Esprit, même si c'est groupes n'ont pas les moyens que possède l'Egllise catholique pour conduire les personnes à la perfection de la vie chrétienne.


La majorité d'entre nous n'est pas passée par le catéchuménat. Il faut donc que l'annonce fondamentale nous soit proposée d'une manière claire et essentielle après le baptême. C'est l'occasion que nous offre l'Evangile selon S. Marc tout au long de cette année qui commence. Profitons-en bien.

Lectures 2° dimanche de l'Avent B

dominicanus

1ère lecture : « Préparez le chemin du Seigneur » (Is 40, 1-5.9-11)

 

Lecture du livre du prophète Isaïe

Consolez, consolez mon peuple,
– dit votre Dieu – 
parlez au cœur de Jérusalem.
Proclamez que son service est accompli,
que son crime est expié, 
qu’elle a reçu de la main du Seigneur
le double pour toutes ses fautes.

Une voix proclame :
« Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; 
tracez droit, dans les terres arides, 
une route pour notre Dieu.
Que tout ravin soit comblé,
toute montagne et toute colline abaissées !
que les escarpements se changent en plaine,
et les sommets, en large vallée !
Alors se révélera la gloire du Seigneur, 
et tout être de chair verra
que la bouche du Seigneur a parlé. »

Monte sur une haute montagne, 
toi qui portes la bonne nouvelle à Sion.
Élève la voix avec force, 
toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem.
Élève la voix, ne crains pas.
Dis aux villes de Juda :
« Voici votre Dieu ! »
Voici le Seigneur Dieu !
Il vient avec puissance ;
son bras lui soumet tout.
Voici le fruit de son travail avec lui,
et devant lui, son ouvrage.
Comme un berger, il fait paître son troupeau :
son bras rassemble les agneaux,
il les porte sur son cœur,
il mène les brebis qui allaitent. 

– Parole du Seigneur.

 

 

Psaume : 84 (85), 9ab.10, 11-12, 13-14

 

R/ Fais-nous voir, Seigneur, ton amour,
et donne-nous ton salut.
84, 8

 

 

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles.
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui, 
et ses pas traceront le chemin.

 

2ème lecture : « Ce que nous attendons, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle » (2 P 3, 8-14)

 

Lecture de la deuxième lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés, 
il est une chose qui ne doit pas vous échapper : 
pour le Seigneur, 
un seul jour est comme mille ans, 
et mille ans sont comme un seul jour. 
Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, 
alors que certains prétendent qu’il a du retard. 
Au contraire, il prend patience envers vous, 
car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, 
mais il veut que tous parviennent à la conversion. 
Cependant le jour du Seigneur viendra, comme un voleur. 
Alors les cieux disparaîtront avec fracas, 
les éléments embrasés seront dissous, 
la terre, avec tout ce qu’on a fait ici-bas, ne pourra y échapper. 
Ainsi, puisque tout cela est en voie de dissolution, 
vous voyez quels hommes vous devez être, 
en vivant dans la sainteté et la piété, 
vous qui attendez, 
vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu, 
ce jour où les cieux enflammés seront dissous, 
où les éléments embrasés seront en fusion. 
Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, 
c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle 
où résidera la justice.
C’est pourquoi, bien-aimés, en attendant cela, 
faites tout pour qu’on vous trouve sans tache ni défaut, 
dans la paix.

– Parole du Seigneur.

 

Evangile : « Rendez droits les sentiers du Seigneur » (Mc 1, 1-8)

Acclamation :

Alléluia. Alléluia. Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers : tout être vivant verra le salut de Dieu. Alléluia.

(cf. Lc 3, 4.6)

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Commencement de l’Évangile de Jésus, 
Christ, Fils de Dieu.
Il est écrit dans Isaïe, le prophète :
Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,
pour ouvrir ton chemin.
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.
Alors Jean, celui qui baptisait, 
parut dans le désert. 
Il proclamait un baptême de conversion 
pour le pardon des péchés.

Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem 
se rendaient auprès de lui,
et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, 
en reconnaissant publiquement leurs péchés. 
Jean était vêtu de poil de chameau, 
avec une ceinture de cuir autour des reins ; 
il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. 
Il proclamait : 
« Voici venir derrière moi 
celui qui est plus fort que moi ; 
je ne suis pas digne de m’abaisser 
pour défaire la courroie de ses sandales. 
Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; 
lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Moi, je vous ai baptisés dans l'eau ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint

Moi, je vous ai baptisés dans l'eau ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint

La vie est un rêve - Homélie 1° dimanche de l'Avent B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

 

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En ce temps-là Jésus dit à ses disciples: "Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou a minuit, au chant du coq ou le matin. Il peut arriver à l'improviste et vous trouver endormis. Ce que je vous dis là, je le dis a tous: Veillez!"

Cette manière de parler de Jésus sous-entend une vision du monde bien précise: le temps présent est comme une longue nuit; la vie que nous y menons est comme un rêve. Nos activités souvent si frénétiques sont en réalité des rêves. C'est ce que disait déjà un écrivain espagnol du 17e siècle, Pedro Calderon de la Barca dans une pièce de théâtre célèbre: "La vie est un songe" (Vida es un sueño).

Notre vie se caractérise surtout par la brièveté de ce rêve. Le rêve se déroule comme en dehors du temps; dans le rêve, les choses ne durent pas comme dans la réalité. Des situations qui supposeraient des jours et des semaines, adviennent dans le rêve en quelques minutes. C'est une image de notre vie: lorsqu'on vieillit, on regarde en arrière et on a l'impression que tout s'est passé comme en un clin d'oeil.

Une autre caractéristique du rêve, c'est son aspect irréel ou vain. On peut rêver de se trouver à un banquet et de manger et boire à satiété, mais lorqu'on se réveille, la faim est toujours là...

Un jour, un pauvre rêve qu'il est devenu riche. Dans son rêve il exulte, il prend des airs importants, il méprise jusqu'à son propre père, faisant comme s'il ne le connaissait pas. Mais au réveil, il se retrouve aussi pauvre qu'avant!

C'est la même chose qui se passera lorsque nous sortirons du rêve de cette vie terrestre. On peut avoir été très riche ici-bas, mais à la mort, on se retrouve exactement dans la situation de ce pauvre qui se réveille après avoir rêvé qu'il était riche. Que lui reste-t-il de toutes ses richesses, s'il n'en a pas fait bon usage? Rien!

Il y a une caractéristique du rêve qui ne s'applique pas à la vie: l'absence de responsabilité. L'on peut avoir tué ou volé dans son rêve, mais au réveil on ne risque pas d'aller en prison: le casier judiciaire sera toujours vierge. Dans la vie, il n'en va pas de même, nous le savons bien. Ce que nous faisons dans la vie laisse des traces, et quelles traces! Il est écrit, en effet, que "Dieu rendra à chacun selon ses oeuvres" (Rm 2, 6).

Sur le plan physique, il existe des substances chimiques qui "suscitent" et favorisent le sommeil: les somnifères, que notre génération, malade de stress et d'insomnie, connaît bien. Sur le plan moral, également, il existe un terrible somnifère. Il a pour nom l'habitude. L'habitude est comme un vampire. Le vampire - si l'on en croit les histoires qui se racontent - s'attaque aux personnes qui dorment, et, tout en suçant leur sang, injecte en elles un liquide soporifique qui rend le sommeil encore plus agréable, si bien que le vampire peut tranquillement sucer tout le sang qu'il veut. De même, le vice, s'il devient une habitude, endort la conscience. On ne sent même plus le remords. On est persuadé d'aller très bien, et on ne se rend plus compte qu'on est en train de mourir spirituellement.

Le seul salut, quand ce "vampire" nous tombe dessus, c'est que quelque chose vienne brusquement nous tirer de notre sommeil. C'est ce que la Parole de Dieu veut faire avec nous avec ce cri qu'elle nous fait entendre plusieurs fois pendant ce temps de l'Avent: "Veillez!"

Terminons avec une parole de Jésus qui nous encourage:

"Heureux ces serviteurs que le maître en arrivant trouvera en train de veiller! En vérité, je vous le dis, il se ceindra, les fera mettre à table et, passant de l'un à l'autre, il les servira." (Lc 12, 37)

Veillez
Veillez

Veillez

Lectures 1er dimanche de l'Avent B

dominicanus

1ère lecture : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais ! » (Is 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7)

 

Lecture du livre du prophète Isaïe

C’est toi, Seigneur, notre père ;
« Notre rédempteur, depuis toujours », tel est ton nom.
Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer
hors de tes chemins ?
Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir
et ne plus te craindre ?
Reviens, à cause de tes serviteurs,
des tribus de ton héritage.
Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais,
les montagnes seraient ébranlées devant ta face.
Voici que tu es descendu :
les montagnes furent ébranlées devant ta face.
Jamais on n’a entendu,
jamais on n’a ouï dire,
nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi
agir ainsi pour celui qui l’attend.
Tu viens rencontrer
celui qui pratique avec joie la justice,
qui se souvient de toi
en suivant tes chemins.
Tu étais irrité, mais nous avons encore péché,
et nous nous sommes égarés.
Tous, nous étions comme des gens impurs,
et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés.
Tous, nous étions desséchés comme des feuilles,
et nos fautes, comme le vent, nous emportaient.
Personne n’invoque plus ton nom,
nul ne se réveille pour prendre appui sur toi.
Car tu nous as caché ton visage,
tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes.
Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père.
Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes :
nous sommes tous l’ouvrage de ta main.

– Parole du Seigneur.

 

 

Psaume : 79 (80), 2ac.3bc, 15-16a, 18-19

 

 

R/ Dieu, fais-nous revenir ;
que ton visage s’éclaire,
et nous serons sauvés !
79, 4

 

 

Berger d’Israël, écoute,
resplendis au-dessus des Kéroubim !
Réveille ta vaillance
et viens nous sauver.

Dieu de l’univers, reviens !
Du haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu’a plantée ta main puissante.

Que ta main soutienne ton protégé,
le fils de l’homme qui te doit sa force.
Jamais plus nous n’irons loin de toi :
fais-nous vivre et invoquer ton nom !

 

 

2ème lecture : Nous attendons de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ (1 Co 1, 3-9)

 

 

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
à vous, la grâce et la paix,
de la part de Dieu notre Père
et du Seigneur Jésus Christ.
Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet,
pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ;
en lui vous avez reçu toutes les richesses,
toutes celles de la parole
et de la connaissance de Dieu.
Car le témoignage rendu au Christ
s’est établi fermement parmi vous.
Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque,
à vous qui attendez
de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ.
C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout,
et vous serez sans reproche
au jour de notre Seigneur Jésus Christ.
Car Dieu est fidèle,
lui qui vous a appelés à vivre en communion
avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.

– Parole du Seigneur.

 

 

Evangile : « Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison » (Mc 13, 33-37)

 

Alléluia. Alléluia.
Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut.
Alléluia.

(Ps 84, 8)

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Prenez garde, restez éveillés :
car vous ne savez pas
quand ce sera le moment.
C’est comme un homme parti en voyage :
en quittant sa maison,
il a donné tout pouvoir à ses serviteurs,
fixé à chacun son travail,
et demandé au portier de veiller.
Veillez donc,
car vous ne savez pas
quand vient le maître de la maison,
le soir ou à minuit,
au chant du coq ou le matin ;
s’il arrive à l’improviste,
il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.
Ce que je vous dis là, je le dis à tous :
Veillez ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison

Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison

Le Christ, Berger ou Roi? - Homélie Solennité du Christ Roi de l'Univers A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

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La liturgie d'aujourd'hui nous fait redécouvrir le vrai sens du mot "roi". Le Christ est Roi, mais pas à la manière des rois ou des puissants de ce monde.

À vrai dire, l'on pourrait s'ètonner, en écoutant ces lectures, du fait que le thème principal de cette fête de l'année À est celui du berger, et non pas du roi. Il faudrait donc parler de la fête du Christ Berger, plutôt que de celle du Christ Roi.

En réalité, il n'y a aucune opposition entre le berger et le roi dans la culture biblique. Le couple de berger/roi est loin d'être inconnu: David lui-même, dont Jésus est le descendant, était berger et roi (1 S 17, 14-16).

C'est le berger qui fait le troupeau, rassemble les brebis dispersées, et les mène avec son bâton jusqu'aux verts påturages. Le sceptre des rois, de même que la crosse de l'évêque, n'est autre que le bâton du berger.

À l'époque de l'Exil, les rois d'Israel sont jugés sur leur capacité ou non d'avoir su rassembler le troupeau d'Israël. Il faut bien dire que le bilan n'était guère brillant. Aussi, le prophète se fait-il l'écho de Samuel, si réticent à répondre à la requête du peuple d'avoir un roi comme les autres nations.

Ici, c'est Dieu qui prend les rênes. Lui, qui est Seigneur et Roi, ne l'est pas à l'image de ces rois qui ont oublié leur mission première de berger. Dieu sera lui-même le Roi-Berger de son peuple pour le ramener à Sion, soigner les brebis affaiblies et faire le tri dans le troupeau.

 

On ne saurait trouver meilleure réponse à Ézéchiel que le psaume 23 (22). Aujourd'hui, parler d'un troupeau de moutons n'est guère un compliment. Mais à une époque où l'on sait que le seul moyen de survivre est de se rassembler, on est en quête de bergers qui puissent assurer la vie et la survie du troupeau. On n'est pas prêt à suivre n'importe qui: il faut que le chemin proposé soit celui de l'Alliance, celui de l'élection. Peu à peu, ce psaume en viendra à évoquer le Messie, le Roi-Berger choisi par Dieu pour apporter le repos à Israël auprès de sa maison en Sion, objet de toute l'espérance portée par les prophètes du retour de l'exil. Ce Roi-Berger est celui qui est avec le croyant. Celui-ci n'a donc rien à craindre: son bâton le guide et le rassure. Et même: il prépare la table (= l'Eucharistie) pour lui devant ses ennemis.

 

Saint Paul, lui, ne reprend pas l'image du Roi-Berger, mais celle du Roi-Serviteur, ce qui revient au même. Le Christ, le Messie, l'Élu, n'a pas conquis ni conservé la vie de son Peuple par la force des armes, mais en versant son sang, en s'abaissant par amour au rang d'esclave pour recevoir du Père le titre de Roi. "Le berger donne sa vie pour les brebis", dira le Christ en S. Jean. Pour S. Paul, l'exaltation du Christ dans la résurrection est la preuve irréfutable qu'il a reçu du Père un règne que nul roi en Israël, pas même David, n'avait jusqu'alors exercé, puisque ce règne d'amour est vainqueur même de la mort. Cette mort est l'ultime exil d'où le Christ rassemblera tous les hommes. Les frontières sont abolies: le salut est offert à toutes les nations.

 
Sören Kierkegaard, un philosophe luthérien, a écrit:

"L'au-delà, et donc le jugement, est devenu une plaisanterie, une exigence tellement incertaine que l'on se divertit même à la pensée qu'à une époque cette idée transformait la vie humaine tout entière."

 
On peut tenter de se réconforter en disant que, de toute façon, le jour du jugement est bien loin, peut-être à des millions d'années... C'est encore Jésus, à travers l'Évangile, qui répond:

 
"Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme" (Lc 12, 20).

 
Alors, Berger ou Roi: on a le droit d'avoir ses préférences. Ste Thérèse ne préférait-elle pas regarder la Vierge Marie comme mère plutôt que comme Reine? "Elle est Mère plus que Reine", disait-elle même. De même, on peut préférer invoquer le Christ comme Berger, plutôt que comme Roi. Mais la grande tentation, c'est d'ériger nos préférences en exclusivité absolue. Ste Thérèse ne niait pas que la Vierge Marie était Reine aussi. Si nous préférons l'image du Christ Berger à celle du Christ Roi, nous en avons le droit. Mais attention de ne pas rejeter ce que nous aimons moins entendre. Au cours du Temps pascal, il y a le dimanche du Bon Berger. Mais à la fin de l'année liturgique, c'est le dimanche du Christ-Roi. Cela fait donc partie de notre foi, et nous n'avons pas le droit de passer cette partie sous silence.


Par exemple, j'ai eu l'occasion de lire, dans un commentaire de cette fête, la réflexion suivante:


"On n'en finit pas avec les images de la puissance. Jésus a eu beau se faire tout petit, faible, meurtri, on nous parle encore de roi, le Christ Roi! On croyait déjà en avoir fini avec le Pére tout-puissant et voilà qu'il revient dans les prières et les formules de la messe d'aujourd'hui. Quand le christianisme aura-t-il tourné le dos à ce modèle autoritaire que Jésus est venu précisément contester? Dieu n'est qu'amour et sa seule puissance est la force désarmée du don de soi."


Eh bien, si vous prenez à votre compte ce genre de propos, vous n'êtes plus dans la foi catholique! Ces bêtises-là correspondent en gros au refus de l'image paternelle dans les années qui précédèrent et suivirent mai '68.


Je ne peux m'empêcher de penser à une anecdote qui en dit long sur cet état d'esprit. En Terre Sainte, à Bethphagé, sur le lieu où l'on situe le départ de la procession des Rameaux, il y a un bloc de pierre qu'on a longtemps considéré comme le soubassement qui avait servi au Christ pour monter sur l'âne qui devait le mener à Jérusalem. Or, voici que le peintre roman qui a décoré cette base à représenté Jésus ... à cheval. Pensez donc, quelle erreur! Jésus, qui n'avait voulu comme monture que le petit d'une ânesse, se voyait attribuer un destrier prêt à la bataille!


Plus d'un accompagnateur, guide diplômé, tout comme il faut, s'est gaussé de cette "méprise" et à glosé sur ce christianisme "mal éclairé". La vérite, c'est que si méprise il y a, ce n'est pas à l'artiste du Moyen-Âge mais au guide du 21e siècle qu'il faut l'attribuer. Le peintre, plus théologien que nombre de guides actuels, ne faisait qu'évoquer l'Apocalypse (19, 11-16). Je vous invite à lire ce passage, et à le graver dans votre mémoire.

 

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Lectures Solennité du Christ, Roi de l'Univers A

dominicanus

1ère lecture : Dieu, roi et berger d'Israël, jugera son peuple(Ez 34, 11-12.15-17)

 

Lecture du livre d'Ezékiel

 

Parole du Seigneur Dieu : Maintenant, j'irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j'irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de brouillard et d'obscurité. C'est moi qui ferai paître mon troupeau, et c'est moi qui le ferai reposer, déclare le Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l'égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la soignerai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître avec justice. Et toi, mon troupeau, déclare le Seigneur Dieu, apprends que je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs.
 
 

Psaume : 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6

 

R/ Le Seigneur est mon berger : 
rien ne saurait me manquer.

 

Le Seigneur est mon berger : 
je ne manque de rien. 
Sur des prés d'herbe fraîche, 
il me fait reposer. 

Il me mène vers les eaux tranquilles 
et me fait revivre ; 
il me conduit par le juste chemin 
pour l'honneur de son nom. 

Si je traverse les ravins de la mort, 
je ne crains aucun mal, 
car tu es avec moi : 
ton bâton me guide et me rassure. 

Tu prépares la table pour moi 
devant mes ennemis ; 
tu répands le parfum sur ma tête, 
ma coupe est débordante. 

Grâce et bonheur m'accompagnent 
tous les jours de ma vie ; 
j'habiterai la maison du Seigneur 
pour la durée de mes jours.
 
 
 

2ème lecture : La royauté universelle du Fils (1Co 15, 20-26.28)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Le Christ est ressuscité d'entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. Car, la mort étant venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la résurrection. En effet, c'est en Adam que meurent tous les hommes ; c'est dans le Christ que tous revivront, mais chacun à son rang : en premier, le Christ ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu'il reviendra. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal. C'est lui en effet qui doit régner jusqu'au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qu'il détruira, c'est la mort. Alors, quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous.
 
 
 

Evangile : La venue du Fils de l'homme, pasteur, roi et juge de l'univers (Mt 25, 31-46)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Béni soit le règne de David notre Père, le Royaume des temps nouveaux ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! Alléluia. (cf. Mc 11, 9-10)

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres : il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche. 

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : 'Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi !' 
Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu...? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ? tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?' 
Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.' 

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : 'Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité.' 
Alors ils répondront, eux aussi : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?' 
Il leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait.' 

Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008
 
"j'étais nu, et vous m'avez habillé"

"j'étais nu, et vous m'avez habillé"

Quelle idée de Dieu? - Homélie 33° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus

Le serviteur paresseux de la parabole est jeté dehors dans les ténèbres parce qu’il a failli à sa mission. Pourquoi a-t-il failli? Parce qu’il se faisait une mauvaise idée de son maître. Il le craignait comme un esclave craint son maître. Peut-être même avait-il une sourde rancune envers son maître parce qu’il n’avait reçu qu’un seul talent. Dans cette perspective égocentrique, sa mission semblait trop exigeante. Sa crainte et son égocentrisme le paralysaient et l’empêchaient d’accomplir son devoir. 

 

Nous pouvons tous succomber à la même tentation. C’est la tentation du démon dans le Jardin d’Eden. Considérer que Dieu est dur et irraisonnable fournit une excuse facile pour se complaire dans sa paresse et pour se victimiser. C’est un penchant de notre nature pécheresse. 

 

Jésus n’est pas un maître dur et injuste; il est un roi bon, généreux et tout-puissant! Il l’a prouvé en nous donnant sa vie sur la croix, mais aussi par la clarté de ses enseignements, comme celui de cette parabole, qui est une explication du sens de notre vie sans ambiguité aucune. Jésus nous montre que  notre mission consiste à faire un bon usage des dons que nous avons reçus, en transformant le monde qui nous entoure selon le désir du Christ. Il nous montre que notre sainteté dépend des réels efforts que nous faisons à nous acquitter de cette mission. À première vue, cette manière de nous parler sans ambages du ciel et de l’enfer pourrait paraître choquante, alors qu’elle découle de sa bonté et de son amour: il veut que nous sachions quel est le vrai sens et le véritable but de notre vie, car il veut que nous vivions de manière à pouvoir être avec lui pour toujours au ciel. Voilà le Dieu en qui nous croyons: un Dieu qui veut nous sauver et nous donner la joie, à condition que nous lui fassions suffisamment confiance pour le suivre là où il veut.

 

Prenons l’exemple de sainte Thérèse de Lisieux, cette jeune fille qui entre au couvent à l’âge de 15 ans et qui meurt à 24 ans. Elle n’est devenue célèbre qu’après sa mort en 1897, quand son autobiographie, Histoire d’une Âme, est publiée. En 1997, Jean Paul II la proclame docteur de l’Église. En quoi la vie de cette obscure carmélite était-elle si extraordinaire? C’est la conception exacte qu’elle se faisait de Dieu. Elle avait - et elle apprenait aux autres à voir - une extrême et totale confiance en Dieu, Père parfait, dont la bonté est absolument infinie. Elle disait qu’il faut reconnaître son néant en attendant tout de Dieu, comme un enfant attend tout de son papa… 

 

« On pourrait croire que c’est parce que je n’ai pas péché que j’ai une confiance si grande dans le bon Dieu. Dites bien, ma Mère, que , si j’avais commis tous les crimes possibles, j’aurais toujours la même confiance; je sens que toute cette multitude d’offenses serait comme une goutte d’eau jetée dans un brasier ardent.

Vous raconterez ensuite l’histoire de la pécheresse convertie qui est morte d’amour : les âmes comprendront tout de suite, car c’est un exemple si frappant de ce que je voudrais dire, mais ces choses ne peuvent s’exprimer. »

 

Cette confiance totale n’était pas que de la théorie. Elle dit que pendant des années, elle s’est souvent endormie pendant l’oraison et même après avoir communié. Elle aurait pu se décourager. 

 

« Je devais me désoler de dormir pendant mes oraisons et mes actions de grâces ; eh bien, je ne me désole pas… Je pense que les petits enfants plaisent autant à leurs parents lorsqu’ils dorment que lorsqu’ils sont éveillés, je pense que pour faire des opérations les médecins endorment leurs malades. Enfin je pense que le Seigneur voit notre fragilité, qu’Il se souvient que nous ne sommes que poussière. » (Ms B, 75 v°-76 r°)

 

Voilà la bonne image de Dieu. Voilà l’image que Dieu veut que nous ayons de lui.

 

L’un des meilleurs moyens de purifier notre imagination des mauvaises conceptions que nous nous faisons de Dieu est de passer du temps avec Jésus dans l’Eucharistie. Le fait que Jésus a choisi de rester avec nous, présent dans le tabernacle en dehors de la messe, nous montre quel Dieu il est pour nous. Il ne veut pas nous effrayer avec sa toute-puissance, ni nous intimider par sa connaissance, ni nous en jeter plein la vue avec sa gloire. Non! Il veut nous fortifier de son Pain divin, tout comme le pain ordinaire nourrit notre corps par la communion. Mais il veut aussi nous tenir compagnie, nous écouter, simplement rester avec nous. C’est pour cela qu’après la messe, les hosties non consommées sont conservées dans un ciboire au tabernacle. Et pendant tout le reste de la semaine, Jésus attend là, patiemment, humblement, tranquillement. Il pense à nous tout le temps. Il continue de s’offrir en sacrifice au Père pour nous. Et c’est là que nous pouvons aller lui rendre visite n’importe quand, pendant cinq minutes ou plusieurs heures, pour partager nos joies et nos peines, pour lui demander de nous aider, priant et méditant, nous tenant en sa présence tout simplement, pour nous laisser pénétrer de sa grâce.

 

Tout cela nous aide à progressivement guérir des suspicions que nous nourrissons envers Dieu, et à devenir de meilleurs disciples de Jésus. Alors, remercions-le de nous donner ce puissant aide-mémoire de la bonté et de la générosité de Dieu dans l’Eucharistie, et promettons-lui d’en faire un fréquent usage.

Quelle idée de Dieu? - Homélie 33° dimanche du Temps Ordinaire A

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