Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Le Rocher et les Clefs, c'est quelqu'un, et pas n'importe qui - Homélie 21° dimanche du temps ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce XXI° dimanche du temps ordinaire. 

 

21 TOA ev

 


EVANGILE - Matthieu 16, 13 – 20 
Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.

 
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Lire le commentaire :

Ce 21° dimanche du temps ordinaire nous relate la profession de foi de Pierre et la réponse de Jésus qui l’institue pierre sur laquelle il va fonder son Église.


Deux images vont dominer : celle du rocher et celle des clefs. Toutes deux ont leur origine dans l’Ancien Testament et trouvent leur accomplissement dans la fondation qu’est Jésus-Christ. 


En premier lieu, le Rocher. C’est le fondement sur lequel on peut s’appuyer sans condition et de nombreux psaumes signifient que c’est Dieu lui-même : « Dieu seul mon salut, mon Rocher » dit le psaume 62. 


Sa parole divine est ce qui est parfaitement sûr et quand elle devient homme et s’incarne, quand elle devient ainsi le sauveur du peuple, alors le force de Dieu, la force du Rocher devient visible à tous : « ce Rocher, c’est le Christ » proclamera St Paul dans la première lettre aux Corinthiens ( 1 Cor, 10,4). 


Mais bien loin de conserver ce caractère unique et propre pour lui-même, Jésus, après la réponse de Pierre inspirée par le Père, va en donner part à celui-ci : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ». L’Église aussi aura part à ce caractère sans condition : « Les portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle ». La transmission de cette propriété ne peut se réaliser que par la foi parfaite qui est due à la grâce du Père dans le ciel, et nullement par une bonne inspiration de Pierre. La foi en Dieu et dans le Christ, devient elle-même ferme comme le roc, uniquement par Dieu et le Christ eux-mêmes. C’est un fondement sur lequel non pas l’homme, mais le Christ bâtit son Église. 


En second lieu, les Clefs. La propriété d’être le rocher-fondement contient déjà le pouvoir des clefs car celui qui est fondé en Dieu reçoit le pouvoir d’exercer en son nom et il ne peut être lui-même que sûr, par la grâce de Dieu. Ainsi la clef de la maison de David est mise sur l’épaule d’Eliakim, choisi par Dieu, dans la première lecture : « s’il ouvre, personne ne fermera, s’il ferme, personne n’ouvrira ». Désormais c’est le Christ, qui, ayant reçu ce pouvoir du Père, donne part à l’homme Pierre, sur qui l’Église est bâtie, à ce pouvoir qui pénètre désormais dans l’au-delà : ce qu’il lie ou délie sera lié ou délié dans le ciel.


Mais il nous faut remarquer qu’aussi bien dans l’Ancienne que dans la Nouvelle alliance, chez le Christ et Pierre, c’est toujours une personne bien déterminée qui reçoit les clefs. Il ne s’agit pas d’une fonction impersonnelle comme pour une présidence, où, à la place du titulaire, un autre peut être choisi. Dans la fondation du Christ, il s’agit toujours d’une personne très déterminée qui détient les clefs : nul ne peut se procurer un passe-partout ou une clef de rechange qui pourrait ouvrir ou fermer. 


Cela s’applique aussi à tous ceux qui participent au ministère sacerdotal, dérivé des apôtres : dans une communauté, seul le curé (et ses auxiliaires ordonnés) détient la clef qu’il ne peut céder à personne, partager avec personne. Il peut répartir des tâches et des « ministères », mais ce n’est pas lui qui est bâti sur le rocher de la communauté. C’est la communauté, une partie de l’Église, qui est bâtie sur le rocher de Pierre, auxquels tous les ministres sacerdotaux ont part. 


Seigneur, donne-nous d’aimer la place que tu nous donnes et d’aimer l’Église telle que tu l’as fondée en nous confiant à la richesse de ta grâce qui la fait vivre et en accueillant ses manifestations de faiblesse humaine comme nos propres faiblesses.

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.

Lectures 21e dimanche du temps ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Je te confierai les clefs de la maison de David (Is 22, 19-23)

Lecture du livre d'Isaïe

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Parole du Seigneur adressée à Shebna le gouverneur : « Je vais te chasser de ton poste, t'expulser de ta place.
Et, ce jour-là, j'appellerai mon serviteur, Éliakim, fils de Hilkias.
Je le revêtirai de ta tunique, je le ceindrai de ton écharpe, je lui remettrai tes pouvoirs : il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda.
Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : s'il ouvre, personne ne fermera ; s'il ferme, personne n'ouvrira.
Je le rendrai stable comme un piquet qu'on enfonce dans un sol ferme ; il sera comme un trône de gloire pour la maison de son père. »
 
 
 

Psaume :  Ps 137, 1-2a, 2bc-3, 6a.8

R/ Toi, le Dieu fidèle, poursuis ton oeuvre d'amour

 
De tout mon coeur, Seigneur, je te rends grâce : 
tu as entendu les paroles de ma bouche. 
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne. 

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité, 
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel, 
tu fis grandir en mon âme la force.
 

Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble.
Le Seigneur fait tout pour moi. 
Seigneur, éternel est ton amour : 
n'arrête pas l'oeuvre de tes mains.
 
 
 

2ème lecture : Profondeur insondable du mystère du salut (Rm 11, 33-36)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu ! 
Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables !
Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ?
Qui lui a donné en premier, et mériterait de recevoir en retour ?
Car tout est de lui, et par lui, et pour lui. 
À lui la gloire pour l'éternité ! Amen.
 
 

Evangile : « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux »(Mt 16, 13-20)

 
 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Sur la foi de Pierre le Seigneur a bâti son Église, et les puissances du mal n'auront sur elle aucun pouvoir.Alléluia. (cf. Mt 16, 18)
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 
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Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? »
Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. »
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » 
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » 
Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Messie.
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

La foi change tout - Homélie 20° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce 20ème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon Saint Matthieu, chapitre 15, versets 21-28).

 

20 TOA ev


Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »

 
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Lire le commentaire :

L’évangile de ce jour nous fait le récit de la rencontre de la cananéenne et de Jésus. Et l’attitude de Jésus nous semble très dure par rapport à cette femme qui demande l’aide d’une guérison pour sa fille possédée.
Bien qu’elle supplie, « Jésus ne répondit rien » nous dit l’évangile, comme s’il refusait de l’écouter. Nous avons bien du mal à imaginer Jésus méprisant. 
Ce n’est que lorsque les disciples sont agacés par ses cris que Jésus répond et objecte : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël ». Là encore nos réflexes altruistes butent sur cette réponse de Jésus. 
Mais la femme ne se décourage pas, elle vient bloquer ses pas en se prosternant devant lui. « Seigneur, viens à mon secours » 
Jésus répond : « il n’est pas bien de prendre le pain des petits enfants pour le donner aux petits chiens ». Là de même, l’incompréhension surgit dans notre réflexion : comment Jésus peut-il comparer la cananéenne à un petit chien ? 
Mais il nous faut resituer le contexte et surtout comprendre la mission de Jésus. « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël ». 
Nous oublions facilement que la mission terrestre de Jésus concerne réellement Israël : il est le peuple élu, autour duquel ensuite, une fois le peuple sauvé et parvenu à la vraie foi, les peuples païens devaient se rassembler et eux-mêmes découvrir le vrai Dieu et le salut. Et pour lui cette mission a un caractère exclusif : il a été envoyé pour cela et doit s’y consacrer entièrement.
C’est-à-dire qu’il ne peut pas agir en passant à côté de sa mission messianique mais uniquement à travers l’accomplissement de celle-ci.
Cette mission est accomplie à la croix, où rejeté par Israël, il souffre non seulement pour Israël, mais pour tous les pécheurs. Et le don de sa vie, dès lors, ne s’arrêtera plus à une communication de la révélation à un seul peuple mais à tous ceux qui vont croire en lui, en celui qui l’a envoyé et en son œuvre.

« C’est vrai Seigneur » réponds la cananéenne car elle voit la mission de Jésus et la comprend comme prépondérante. 
« Mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leur maître». Réponse merveilleuse qui achève de convaincre Jésus de la foi de cette femme : elle se met à la dernière place tout comme le centurion païen de capharnaüm : « Seigneur, ne te dérange pas davantage, je ne suis pas digne ».
Et la foi opère ce qui n’était pas prévu : « Femme, ta foi est grande, que tout se passe pour toi comme tu le veux ». 


La foi change tout et trouve toujours une réponse en Dieu.
Seigneur, suscite en nous cette foi si attentive qu’elle appelle ta tendresse de Père et nous rend visible le salut auquel tu nous destines.

Lectures 20e dimanche du Temps Ordinaire Année A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Dieu accueille les étrangers qui viennent le prier (Is 56, 1.6-7)

Lecture du livre d'Isaïe

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Parole du Seigneur :
Observez le droit, pratiquez la justice. Car mon salut est approche, il vient, et ma justice va se révéler.

Les étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur pour l'amour de son nom et sont devenus ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et s'attachent fermement à mon Alliance,
je les conduirai à ma montagne sainte. Je les rendrai heureux dans ma maison de prière, je ferai bon accueil, sur mon autel, à leurs holocaustes et à leurs sacrifices, car ma maison s'appellera « Maison de prière pour tous les peuples ».
 
 

 

Psaume :  Ps 66, 2b-3, 5abd, 7b-8

R/ Dieu, que les peuples t'acclament ! Qu'ils t'acclament, tous ensemble !

 
Que ton visage s'illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre, 
ton salut, parmi toutes les nations.

Que les nations chantent leur joie, 
car tu gouvernes le monde avec justice ; 
sur la terre, tu conduis les nations.
 

Dieu, notre Dieu, nous bénit. 

Que Dieu nous bénisse, 
et que la terre tout entière l'adore !
 
 
 

 

2ème lecture : Le rôle des Juifs dans la nouvelle Alliance (Rm 11, 13-15.29-32)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, 
je vous le dis à vous, qui étiez païens : dans la mesure même où je suis apôtre des païens, ce serait la gloire de mon ministère de rendre un jour jaloux mes frères de race, et d'en sauver quelques-uns.
Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu quand ils ont été mis à l'écart, qu'arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ? Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts !

Les dons de Dieu et son appel sont irrévocables.
Jadis, en effet, vous avez désobéi à Dieu, et maintenant, à cause de la désobéissance des fils d'Israël, vous avez obtenu miséricorde ; de même eux aussi, maintenant ils ont désobéi à cause de la miséricorde que vous avez obtenue, mais c'est pour que maintenant, eux aussi, ils obtiennent miséricorde.
Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous les hommes.
 
 

 

 

Evangile : Jésus exauce la prière d'une étrangère (Mt 15, 21-28)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur protège l'étranger. Heureux qui met en lui son espoir ! Alléluia. (Ps 145, 5.8-9)

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

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Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »
Mais il ne lui répondit rien. Les disciples s'approchèrent pour lui demander : « Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! »
Jésus répondit : « Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël. »
Mais elle vint se prosterner devant lui : « Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit : « Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. -
C'est vrai, Seigneur, reprit-elle ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »
Jésus répondit : « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! » Et, à l'heure même, sa fille fut guérie.

 

 

Assomption de la Vierge Marie : mythe olympique ou mystère chrétien ?

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)


    Le Seigneur Jésus a posé les fondations de son Royaume, mais la construction n'est pas terminée. Les frontières sont encore à élargir pour rassembler tous les hommes autant que possibble. C'est la mission de l'Église militante, l'Église de la terre, de construire le Royaume du Christ, d'inviter de plus en plus d'hommes à entrer dans son amitié, pour qu'ils le suivent et découvrent ainsi le sens de leur vie.

    Mais qu'arrivera-t-il à la fin de l'histoire ? Que deviendra l'Église quand le temps de la construction sera terminé ? La solennité de ce jour apporte une réponse à cette question. Les chrétiens ont toujours vu en la Vierge Marie une image de l'Église. Marie est celle qui a donné Jésus au monde au jour du premier Noël, celle qui a pris soin de lui durant les années de sa croissance, et celle qui l'a accompagné durant le temps de sa mission.

    L'Église, dont la Vierge Marie fait partie, a une relation similaire envers chaque chrétien, membre du corps du Christ. Continuellement elle donne Jésus au monde par ses multiples oeuvres de charité et d'apostolat, et, spécialement, en "mettant  au monde" des chrétiens par le baptême. Par son enseignement et par les six autres sacrements, l'Église prend soin de ses membres et les accompagne dans leur croissance et leur mission vers la maturité. Et ainsi, de même que Dieu a "assumé" la Vierge Marie au ciel, corps et âme, à la fin de sa mission à elle, Dieu élèvera-t-il l'Église tout entière à la communion parfaite avec lui-même au ciel à la fin de l'histoire.

    Ainsi l'Assomption de la Vierge Marie apparaît-elle comme une promesse pour nous. Tout chrétien qui marche sur la voie de l'humilité et de la fidélité à la volonté du Père peut espérer la suivre aussi dans la gloire et dans les joies de l'éternité.

    Il est important d'avoir devant les yeux cette vision d'ensemble. C'est une des raisons pour lesquelles l'Église célèbre l'Assomption de la Vierge Marie avec tant de solennité. L'Église veut fortifier la foi de ses enfants, pour qu'elle soit comme la foi de la Vierge Marie. Elle veut que nous nous souvenions que Dieu est tout-puissant, magnificent, et qu'il fait des merveilles dans, par et pour ceux qui se confient vraiment en lui, comme Marie l'a fait. Voici une anecdote qui illustre l'importance d'avoir présent à l'esprit cet horizon de notre foi.

    Deux hommes s'en allaient à la pêche. Le premier était un pêcheur expérimenté, l'autre non. Chaque fois que le pêcheur expérimenté prenait un gros poisson, il le mettait dans sa glacière, bien au frais. Chaque fois que le pêcheur débutant en attrapait un, il le rejetait dans la mer.

- Pourquoi rejettes-tu toujours les gros poissons que tu prends, demanda-t-il ?

    Et le pêcheur inexpérimenté répliquait :

- Parce que je n'ai qu'une petite poële à frire !

    Parfois, comme ce pêcheur débutant, nous rejetons les grands projets, les larges possibilités que le Seigneur nous présente, parce que notre foi est trop petite. Nous nous moquons de ce pêcheur inexpérimenté parce qu'il ne comprenait pas que ce qu'il aurait dû faire, c'est s'acheter une poële plus grande. Mais nous-mêmes, nous ne nous rendons pas compte que nous ne faisons rien pour augmenter la dimension de notre foi. Dieu nourrit des grandes espérances à notre égard : King size, comme le disent les anglophones, à la dimensions du Roi de l'Univers. En voyant comment les projets de Dieu se sont si merveilleusement réalisés pour la Vierge Marie, cela devrait nous aider à grandir dans notre foi, à augmenter la dimension de notre poële à frire. Comme le disait l'ange Gabriel à Marie, longtemps avant son Assomption,

"rien n'est impossible à Dieu" (Lc 1, 37).

    L'une des images préférées de l'Église pour les artistes de l'Antiquité chrétienne est un grand navire. L'Église est comme une version spirituelle de l'Arche de Noé. Ce monde de péché est sinistré par le péché, la tentation, la souffrance. Mais Dieu nous a envoyé un navire fiable pour nous permettre d'échapper aux flots destructeurs. Le navire lui-même est fait de matériaux normaux, terrestres : des êtres humains, avec leurs limites et leurs défauts. Mais il tient bon, protégé et guidé par une réalité invisible et indestructible : le Saint Esprit.

    Aussi longtemps que nous restons à bord de ce navire - dans l'Église - en communion avec le pape et les évêques qui sont en communion avec lui, nous sommes en sécurité, et nos vies porteront du fruit, auront du sens, ici, sur terre, et plus tard, au ciel, pour l'éternité. Soley ka chofé, van ka souflé, lapli ka tombé (créole pour : le soleil chauffe, la tempête souffle, la pluie tombe) ... Certains passagers et même des membres d'équipage, quitteront le navire, comme cela est arrivé tant de fois dans le passé. Ils construiront des radeaux pour essayer de rejoindre le port par leurs propres forces. Mais seule la barque de Pierre a la garantie divine de rejoindre le port du ciel en toute sécurité.

    C'est ce que Jésus promet au chapitre 16 de Saint Matthieu :

"Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les puissances de l'enfer ne prévaudront pas contre elle."

    Comme nous l'avons entendu dans la
deuxième lecture, Dieu sauvera le Christ et son Église des griffes du dragon. C'est sa promesse, et sa garantie. Et pour que les difficultés et les souffrances de cette vie ne nous enfoncent pas dans le doute et le découragement, Jésus a ratifié cette garantie et prouvé sa fidélité en prenant sa Mère, la Mère de l'Église, la première des chrétiens, au ciel, corps et âme. Voilà ce que nous célébrons aujourd'hui, en cette sainte solennité de l'Assomption.

    Dans la préface de cette fête le célébrant dit :

"Aujourd'hui, la Vierge Marie, la Mère de Dieu, est élevée dans la gloire du ciel: parfaite image de l'Église à venir, aurore de l'Église triomphante, elle guide et soutient l'espérance de ton peuple encore en chemin."

    Nous sommes encore en chemin. Nous ne sommes pas encore au ciel. Nos vies sont une succession de doutes, difficultés, souffrances et douleurs. Dans nos efforts pour suivre le Christ nous rencontrons bien des obstacles. Nous ne comprenons pas pourquoi Dieu ne résout pas les problèmes. Nous sommes dans les ténèbres, comme des aveugles, et nous ne voyons pas comment nous allons nous en sortir. Nous vivons dans un monde de péché. Et notre foi ne dissipe pas les ténèbres, ne nous fait pas faire l'économie de la croix. La Vierge Marie elle-même n'a pas été épargnée. Les saints non plus. Mais notre foi nous montre que la première des chrétiens, la Mère de tous les chrétiens, a été enlevée au ciel à la fin de sa vie terrestre.

    C'est une certitude de foi, et non pas une simple croyance, et encore moins un mythe. Le mont Olympe (du grec ancien Ὄλυμπος / Olympos) est la plus haute montagne de Grèce, avec un sommet à 2917 mètres. L'Olympe est le domaine des dieux de la mythologie grecque. Puisque son sommet reste caché aux mortels par les nuages, l'Olympe est aussi un lieu de villégiature sur laquelle les dieux grecs avaient élu domicile pour passer leur temps à festoyer (leur boisson favorite est le célèbre nectar et ils consomment l'ambroisie qui les rend immortels) et à contempler le monde. Homère décrit ce lieu comme un endroit idéal et paisible, isolé des intempéries telles que la pluie, la neige ou le vent, où les dieux pouvaient vivre dans un parfait bonheur. Ceux-ci y avaient élu domicile après avoir évincé les Titans, Ophion et Typhon.

    Nous sommes loin du mystère qui émerveille les anges eux-mêmes ! Ceux qui voudraient réduire l'Assomption de la Vierge Marie à un mythe de ce genre ont raison de s'insurger. Une telle histoire pourrait bien exciter la fantaisie de tel romancier, ou l'imagination de tel peintre. Mais je pense qu'un croyant n'a aucune peine pour mesurer la distance qui sépare ces deux visions. Quand nous levons nos yeux vers la Vierge Marie, à la droite de son Fils, nous avons l'assurance que notre Dieu est fidèle. Si nous sommes fidèles envers lui, il sera fidèle envers nous. Ainsi, l'Assomption de la Vierge Marie nous réconforte et fortifie notre espérance quand nous trébuchons sur les chemins de cette vie. Cela nous permet de persévérer malgré tout au milieu des épreuves, comme elle, et de nous réjouir dans le Seigneur, alors même que le monde nous fait pleurer.

    Quand, tout à l'heure, nous communierons au Corps de son Fils, puissions-nous expérimenter ce réconfort et cette espérance. Puissions-nous être assurés que cette espérance n'est pas une illusion, un mythe, mais la vérité sans fin. Que nos frères séparés, chrétiens non catholiques, qui aiment sincèrement Jésus, mais ne font pas attention à sa Mère, et même ont peur de la regarder pour ne pas enlever quoi que ce soit au rôle du Christ, comprendre que l'Assomption est la preuve que ce n'est pas vrai. Le Christ lui-même a chosi, librement et à dessein, d'attribuer un rôle spécial à sa Mère. Il ne sera certainement pas fâché si nous reconnaissons ce rôle. Cela n'enlève rien au rôle du Christ, bien au contraire, si nous reconnaissons et apprécions les merveilles qu'il a faites pour sa Mère ! Nous le glorifions quand nous reconnaissons la puissance de sa grâce qui est à l'oeuvre en elle et par elle. C'est la raison pour laquelle elle-même a prophéitsé que toutes les générations la proclameront bienheureuse.

    Aujourd'hui, rendons grâce à Dieu pour les merveilles qu'il a accomplies en Marie. souvenons-nous qu'il veut en faire en nous et par nous aussi. Demandons au Christ de nous donner la sagesse et le courage de parler de sa Mère en vérité et avec confiance, pour que tous les hommes puissent le connaître en connaissant celle qui le connaît le mieux.

Dieu veille toujours - Homélie Assomption de la Vierge Marie

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Nous autres, humains, nous sommes des créatures bizarres. Nous avons la capacité d’anticiper et de faire des projets. Nous sommes capables de nous souvenir des événements du passé. Nous pouvons rêvasser, faire preuve d’imagination et résoudre des problèmes. De toutes ces diverses manières, et de bien d’autres encore, nous sommes en mesure de poser des actes qui transcendent les limites du temps et de l’espace.


La raison en est que nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Nos âmes sont spirituelles, nous avons une conscience, nous sommes capables de connaissance et d’appréhender les vérités éternelles.


Mais nous ne sommes pas que spirituels. Nous sommes des esprits incarnés. Notre intelligence et notre volonté sont unies à notre corps. Par conséquent, nous sommes bel et bien limités par le temps et l’espace. Nous ne sommes pas en mesure de penser sans interruption à quelqu’un que nous aimons. Nous sommes dans l’obligation de nous occuper d’autres choses.


Dieu n’a pas ce problème. Il pense toujours à chacun de nous. Sa sollicitude pour chacun de nous ne souffre d’aucun répit. Regardez Jean Baptiste… Dès avant sa naissance, il s’acquitte déjà d’une mission que Dieu lui a confiée. Dieu s’occupait déjà de lui.


 

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La Vierge Marie, elle aussi, avait reçu une mission, non seulement avant sa naissance, mais dès avant sa conception même. Elle était présente dans la pensée de Dieu et elle a été conçue sans péché. C’est une des raisons pour lesquelles il convenait que Dieu, au terme de sa mission terrestre, l’assume au ciel avec son corps et son âme. C’est ce que nous célébrons en ce jour.


Dans le livre de l’Apocalypse, si haut en couleurs, nous voyons comment Dieu intervient exactement au moment où la femme enfante, en sauvant l’enfant de l’appétit de destruction du dragon. Dans le genre littéraire symbolique de l’Apocalypse, cela veut dire que Dieu veille tout le temps. Rien n’échappe à sa sollicitude aimante.


Dieu prend soin de chacun de nous, bien avant que nous nous en apercevions, exactement  comme il l’a fait pour Jean Baptiste, pour la Vierge Marie et pour l’enfant que le dragon voulait dévorer.


C’est un thème récurant chez Natalia Tsarkova, l’un des plus grands peintres contemporains. Âgée d’une quarantaine d’années, elle travaille à Rome. Après avoir obtenu son diplôme à l’Académie des Beaux Arts à Moscou, elle a émigré vers l’Italie. Sa renommée se répand très rapidement, et elle reçoit une commande du Vatican pour peindre le portrait officiel du pape Jean Paul II. Le résultat donnant entière satisfaction, on lui demande de peindre un portrait posthume de Jean Paul Ier, qui était décédé trop tôt pour avoir un portrait de son vivant. Au cours du printemps 2007 elle a achevé une troisième commande : le portrait de Benoît XVI. Elle fait partie sans aucun doute des plus grands artistes de notre temps.


Dans deux des ses compositions les plus remarquables, elle illustre cette vérité cruciale que Dieu veille toujours sur chacun de nous, comme il l’a fait pour la Vierge Marie, depuis son Immaculée Conception jusqu’à sa glorieuse Assomption. L’un de ces tableaux est une représentation magnifique de la Dernière Cène. L’autre est appelé Notre-Dame de Lumière, le premier d’une série de peintures représentant les vingt mystères du Rosaire tels que Jean Paul II les avait institués.

 

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Les deux tableaux ont ceci de commun qu’ils comportent une multiplicité de personnages, avec beaucoup d’action, de mouvement. Il y a un autre point commun : dans les deux cas, le visage de Jésus est détourné de l’action débordante, et se dirige vers celui qui regarde le tableau. Son regard est vigilant, presque hypnotisant, tout à la fois réconfortant et étrangement exigeant. C’est comme s’il disait : "Oui, je m’occupe de tout l’univers, mais en ce moment, je ne pense qu’à toi." Et c’est la vérité. Jésus s’occupe de l’univers entier, mais en cet instant, à chaque instant, il ne pense qu’à toi.


Il y a une application très concrète de cette vérité de notre foi à propos de la prière. La prière est une conversation avec Dieu. Elle implique toujours deux personnes : nous et Dieu. Si nous n’étions pas sûrs que Dieu était toujours à notre écoute, toujours attentif à nous, notre vie de prière serait pleine de tensions et d’hésitations. Sans cette assurance, notre vie de prière ressemblerait à quelqu’un qui voudrait s’asseoir sur une chaise qui ne pourrait pas supporter notre poids.


C’était le problème permanent des religions pré-chrétiennes. Dans l’Antiquité gréco-romaine, et dans le paganisme en général, il n’y avait aucune assurance que les dieux parlent et écoutent ce qu’on leur disait. Dans ces conditions, la prière était comme un jeu de hasard, un pari, un jeu de poker. La relation avec la divinité avait un caractère d’instabilité et manquait de fiabilité.


Pour un chrétien, par contre, la prière est une relation bâtie sur le roc, une relation d’amitié et de confiance avec le Christ. Dans toutes les circonstances de notre vie, que ce soit dans un bouchon sur la route, dans la maladie, à l’école ou au travail, sur un terrain de sport, etc... nous pouvons toujours nous mettre à l’écoute de ce que Dieu veut nous dire, et lui dire à notre tour ce que nous avons sur le cœur, car nous savons qu’il fait toujours attention à nous. Il est toujours là pour nous guider, nous enseigner ou nous demander de faire quelque chose pour son Royaume, exactement comme pour la Vierge Marie jusqu’au dernier souffle de sa vie sur terre.


La Vierge Marie l’avait compris. L’Evangile nous la montre toujours comme quelqu’un qui parle avec Dieu et qui écoute ce que Dieu lui dit dans son cœur. Dans sa rencontre avec Elisabeth, le Seigneur nous laisse entrevoir les fruits d’une telle vie de prière que sont la joie et la sagesse.


Cette semaine, suivons son exemple. Nous savons que nous sommes toujours l’objet de la sollicitude de Dieu. Prenons la résolution, cette semaine, de faire davantage attention à lui tout au long de la journée, et pas seulement quand nous "récitons nos prières" du matin et du soir. Dieu saura l’apprécier, car il nous aime, et il voudrait tant donner libre cours à la puissance de son amour dans notre vie.

Désormais tous les anges me diront bienheureuse - Homélie pour l'Assomption de la Vierge Marie

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
assomption ev2
 
Non, dans le titre ce n'est pas une faute de distraction. Voici l'antienne d'ouverture de la messe de la Vigile de l'Assomption : "Nous célébrons les merveilles que le Seigneur a faites pour la Vierge Marie : la voici élevée bien au-dessus des anges, elle partage aujourd’hui le triomphe du Christ, et règne pour toujours avec lui."

       Jaloux, les anges ? Non, bien au contraire ! Voici l'antienne d'ouverture de la messe du jour : "Les anges se réjouissent avec nous de cette fête ; ils en glorifient le Fils de Dieu." Les anges sont "avec nous". Nous l’'oublions trop souvent, durant nos célébrations liturgiques, comme dans toute notre vie, qui doit être un sacrifice saint, capable de plaire à Dieu (Rm 12, 1). Sachons-le, et ne l’'oublions pas : aujourd’'hui les anges se réjouissent "avec nous". Puisque les anges se réjouissent avec nous, ne nous réjouissons pas sans eux. "Tous ensemble, réjouissons-nous" –dit encore l’'antienne–, puis : "Les anges se réjouissent avec nous." C’est cela : l'’Église.

       Marie est appelée Arche de la Nouvelle Alliance. Si David mettait tant d’'ardeur à rassembler tout Israël pour introduire l’'Arche de l'Ancienne Alliance dans la Jérusalem de la terre, combien ne devons-nous pas mettre d’'ardeur à célébrer Dieu qui rassemble son peuple pour célébrer l’'entrée de Marie dans la Jérusalem céleste (cf. 1e lect. de la vigile et 1e lect. du jour) ? Mikal, la femme de David récriminait contre lui. Elle demeurera stérile jusqu’à la fin de ses jours (2 S 6, 20-23)….

       Dans une homélie (DE L’'IRONIE JOHANNIQUE À THÉRÈSE DE LISIEUX – Jn 6, 41-51), citant Thérèse, qui, elle-même, citait le Psaume 70 : Vous m’'avez instruite dès ma jeunesse et jusqu’'à présent j'’ai annoncé vos merveilles..., j’'avais dit : "Quel contraste avec ceux qui se trouvaient dans la synagogue de Capharnaüm ! Ils récriminaient contre Jésus." Et Jésus leur dit : Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’'attire vers moi. Ou bien : rendre grâce "avec les anges" et annoncer les merveilles du Père qui a attiré la petite Marie de Nazareth vers Jésus sur la terre comme au ciel ; ou bien : récriminer contre l’'Église, donc contre Jésus, donc contre Dieu, qui, pourtant, en l’'attirant vers Jésus, nous donne Marie comme il nous donne le Pain du ciel : qu’'allons-nous faire "aujourd’hui" ?

       Entre nous et les anges qui se réjouissent "avec nous", il y a pourtant une différence : les anges voient ; nous, nous croyons. En effet, depuis le premier novembre 1950, l’'Assomption de la Vierge Marie est devenue un dogme de notre foi. Que cette différence ne nous décourage pas. Les anges n’ont pas attendu cette date pour se réjouir. Les chrétiens non plus ! En Occident, la fête est célébrée au moins depuis le 7e siècle ! Depuis 1950 quelque chose, pourtant, a changé : "aujourd’hui" nous devons nous réjouir, parce qu’'aujourd’hui nous devons croire. C'’est un devoir, un doux devoir, mais un devoir vital. La foi qui voit, ce n’'est plus la foi. La foi qui ne se réjouit pas, ce n'’est pas encore la foi. Heureux ceux qui croient sans avoir vu (Jn 21, 29). Au ciel, nous verrons, si aujourd’hui, nous croyons, et si, croyant, nous nous réjouissons.

       Autre chose : l’'Assomption de Marie, ça ne se trouve pas dans la Bible, disent les adversaires. Et alors ? L’'Écriture, que je sache, n’'est pas la seule autorité sur laquelle est basée notre foi. Sinon, les premiers chrétiens qui, pendant des décennies, n’'ont pas eu de Nouveau Testament, n'’auraient pas cru beaucoup de vérités fondamentales de notre foi, à commencer par le dogme de la Trinité, qui, d’'ailleurs, n’'est pas explicitement affirmé dans le Nouveau Testament non plus. Alors oui, c’'est vrai, et il faut le dire sans honte, mais avec fierté : le Pape Pie XII, pour fonder la foi en l’'Assomption de Marie, n’'a pas fait appel à une argumentation purement scripturaire. Dans les lectures de cette solennité, aucun texte n’'affirme explicitement que Marie n’'a pas connu la corruption du tombeau.

       Que ceux qui affirment que nous ne devrions croire que ce qui est explicitement affirmé dans la Bible me montrent où cette affirmation (qu'’il faut croire seulement cela) se trouve dans la Bible. Soyons clairs : ce qui se trouve contenu de façon implicite dans l’'Écriture n’'est pas moins certain que ce qui s'’y trouve contenu explicitement. C'’est toute l’'importance du sensus fidei, cet instinct très sûr qui guide la foi des chrétiens, comme nous le rappelle Vatican II. Je vous signale que Pie XII, avant de définir le dogme de l’'Assomption, a procédé à une très large consultation des évêques du monde entier.

       En nous demandant de croire ce qui n'’est pas explicitement affirmé dans la Bible, le Seigneur nous fait un grand honneur. C’est l’'honneur qu’'il a fait à Simon-Pierre quand il lui a demandé de marcher sur l’'eau. Nous sommes bien d’'accord : il est plus facile de marcher sur la terre ferme que de marcher sur l’'eau (surtout dans une tempête), comme il est plus facile de croire ce qui est explicitement affirmé dans l’'Écriture (surtout quand la foi est contestée). À la suite de Pierre, n’'ayons pas peur de marcher sur l’'eau pour aller vers Jésus avec confiance.

       Vous connaissez sans doute le cantique : "Au ciel, au ciel, au ciel, j’'irai la voir un jour". Est-ce trop demander de croire joyeusement pour une si grande récompense ? Si vous dites que les anges ont bien de la chance, je réponds : les anges ne sont pas jaloux de nous ; ne soyez pas jaloux d’'eux non plus. Les anges ne sont pas jaloux de Marie ; ne soyez pas jaloux d’'elle non plus. Car la mort est entrée dans le monde par la jalousie du démon, (écoutez bien la suite) et ceux qui se rangent dans son parti en font l'expérience. (Sg 2, 24)

       Même Pilate se rendrait compte que la raison de tant de récriminations contre l’'Église et le dogme de l’'Assomption de Marie (comme contre l’'Eucharistie) c’'est la jalousie (cf. Mc 15, 10), la jalousie du démon et de ceux qui se rangent dans son parti. Or, dit S. Paul, non sans ironie : Vous ne pouvez pas en même temps boire à la coupe du Seigneur et à celle des esprits mauvais ; vous ne pouvez pas en même temps prendre part à la table du Seigneur et à celle des esprits mauvais. Voudrions-nous provoquer la jalousie du Seigneur ? Sommes-nous donc plus forts que lui ? (1 Co 10, 12)

       La jalousie vient d’'un manque d’'humilité, d'’un manque de pauvreté, et elle engendre la mort. Le Seigneur dit à Angèle de Foligno : "Moi, si la pauvreté n’'eût pas été si heureuse, je ne l’'aurais pas aimée ; et si elle eût été moins glorieuse, je ne l'’aurais pas prise. Car l’'orgueil ne peut trouver place qu’'en ceux qui possèdent ou croient posséder. L’'homme et l’'ange tombèrent, et tombèrent par orgueil car ils crurent posséder. Ni l’'homme ni l’'ange ne possèdent rien. Tout appartient à Dieu. L'’humilité n’'habite qu’'en ceux qui se voient destitués de tout. La pauvreté d’'esprit est le bien suprême."

       La jalousie, l’'orgueil et la mort, d'’un côté ; de l’'autre : la pauvreté, la joie et la vie. Aujourd’'hui, que Marie nous aide à faire le bon choix. Car entre les deux camps, il y a un vrai combat (cf. 1e lect. du jour). "Dans l’'Apocalypse, Marie devient l’'Église…. L’'Église se situe désormais entre le crachat du dragon et la nourriture céleste…. Tout au long de l’'histoire du monde, l’'Église devra se souvenir qu'’elle reçoit de Dieu assez de nourriture pour ne pas périr au désert, et qu'’elle se tient à distance suffisante du serpent pour ne pas être emportée par le flot qu'’il vomit. Cela doit suffire." (von Balthasar)

       Dans une lettre datée du 6 novembre 1950 et adressée à un couple du Canada, endeuillé par la mort précoce de leur petit garçon, Georges-Michel, quinze jours auparavant (une semaine avant la proclamation du dogme de l’'Assomption), et dont Marthe Robin avait accepté d’'être la marraine, le Père Finet, qui avait assisté à la proclamation du dogme Place Saint-Pierre, écrit ces lignes prophétiques :

"Aussi, avec vous, sentons-nous tomber abondantes les grâces du Ciel (…...) De ces grâces, j’'en ai vu les prémices sur la place Saint-Pierre, à la définition du dogme. Avec les petits innocents, nous sommes entrés dans la première réalisation de la conception de Dieu : Dieu parmi nous par l’'Incarnation. Avec la multitude de nos petits innocents de 1950, de l’'Année Sainte, nous entrons dans la seconde partie de la réalisation de la conception de Dieu, l’'humanité en Assomption à la suite de Jésus et de Marie. C’'est la défaite du communisme, du laïcisme, de l’'athéisme, du matérialisme, qui tous nient le grand retour et l’'espérance théologale pour nous proposer un but uniquement à la hauteur de l’'homme, une humanité désacrée qui ne fait pas retour en Dieu et dont le bonheur n’'est que terrestre. Et voici qu’'une fois de plus Marie triomphe de l’'erreur, écrase la tête du serpent et rouvre la route qui fait renaître l'’humanité en Dieu par son Assomption pour le bonheur éternel dans la Jérusalem céleste."


       BONNE FÊTE !

Lectures pour l'Assomption de la Vierge Marie

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre de l'Apocalypse (Ap 11, 19a; 12, 1-6a.10ab)

11
19ai  Le Temple qui est dans le ciel s’ouvrit, et l’arche de l’Alliance du Seigneur apparut dans son Temple.

12
01  Un signe grandiose apparut dans le ciel :
une Femme,
ayant le soleil pour manteau,
la lune sous les pieds,
et sur la tête une couronne de douze étoiles.
02  Elle était enceinte et elle criait,
torturée par les douleurs de l'enfantement.
03  Un autre signe apparut dans le ciel :
un énorme dragon, rouge feu,
avec sept têtes et dix cornes,
et sur chaque tête un diadème.
04  Sa queue balayait le tiers des étoiles du ciel,
et les précipita sur la terre.
Le Dragon se tenait devant la femme qui allait enfanter,
afin de dévorer l'enfant dès sa naissance.
05  Or, la Femme mit au monde un fils, un enfant mâle,
celui qui sera le berger de toutes les nations,
les menant avec un sceptre de fer.
L'enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son Trône,
6a  et la Femme s'enfuit au désert,
où Dieu lui a préparé une place.
10a  Alors j'entendis dans le ciel une voix puissante,
qui proclamait :
10b  « Voici maintenant le salut,
la puissance et la royauté de notre Dieu,
et le pouvoir de son Christ ! »



Psaume (Ps 44, 11-12a, 12b-13, 14-15a, 15b-16)

R/ Heureuse es-tu, Vierge Marie, dans la gloire de ton Fils.
11  Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
12a  le roi sera séduit par ta beauté.

12b  Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.
13  Alors, fille de Tyr, les plus riches du peuple,
chargés de présents, quêteront ton sourire.

14  Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
vêtue d'étoffes d'or ;
15a  on la conduit, toute parée, vers le roi.

15b  Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
16  on les conduit parmi les chants de fête :
elles entrent au palais du roi.


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 15, 20-27a)

15
20i  Le Christ est ressuscité d’entre les morts pour être parmi les morts le premier ressuscité.
21  Car, la mort étant venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la résurrection.
22  En effet, c'est en Adam que meurent tous les hommes ; c'est dans le Christ que tous revivront,
23  mais chacun à son rang : en premier, le Christ ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu'il reviendra.
24  Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal.
25  C'est lui en effet qui doit régner jusqu'au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis.
26  Et le dernier ennemi qu'il détruira, c'est la mort,
27a  car il a tout mis sous ses pieds.

Palma le Vieux (Iacopo Nigretti)
(Italie, 1480-1528)
Assomption


Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 1, 39-56)

1
39  En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
40  Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
41  Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
42  et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
43  Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
44  Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
45  Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
46  Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
47  mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
48  Il s'est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
49  Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
50  Son amour s'étend d'âge en âge
sur ceux qui le craignent.
51  Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
52  Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
53  Il comble de bien les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
54  Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
55  de la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
56  Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.


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« Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ;Saint est son nom ! Son amour s'étend d'âge en âgesur ceux qui le craignent. » (Lc 1, 46, 50)

« Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ;Saint est son nom ! Son amour s'étend d'âge en âgesur ceux qui le craignent. » (Lc 1, 46, 50)

La foi : don gratuit - Homélie 19° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 

    Alors que nous venons de fêter Édith Stein (9 août), devenue sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, nous arrivons aujourd'hui au début du chapitre 9 des Romains. Les chapitres 9, 10 et 11 de la lettre de saint Paul aux Romains sont un casse-tête, une croix pour les exégètes. Dans ces chapitres, saint Paul traite d'un problème douloureux pour lui, personnellement, sur le plan affectif, et pour les théologiens aussi, sur le plan intellectuel. Il s'agit du mystère de la non acceptation de Jésus comme Messie par le peuple juif dans son ensemble.

    Dieu avait préparé les juifs  à la venue du Messie, avec beaucoup de patience, pendant près de 2000 ans. Pourtant, quand Jésus est venu, il a suscité la controverse et le rejet, plus que l'accueil chaleureux. Paul énumère tous les privilèges dont le Peuple Élu avait bénéficié en exclusivité tout au long de l'Ancien Testament. Il rappelle le rôle unique que Dieu avait imparti au Peuple d'Israel dans l'Histoire du salut, en le préparant progressivement à donner au monde son Sauveur. Mais ensuite il consacre le reste de ces chapitres à affronter la réalité mystérieuse de cette nation, qui, dans son ensemble, n'a pas reconnu ni accepté le Messie lors de sa venue.

    De nombreux Juifs l'ont accueilli, parmi lesquels saint Paul lui-même, la Vierge Marie aussi, et les autres Apôtres, mais pas la communauté des Israélites en tant que communauté. Pourquoi pas ? Dieu a-t-il été infidèle à ses promesses, a-t-il abandonné le Peuple Élu, n'aurait-il pas pu changer leurs coeurs ? Durant les dimanches à venir nous allons suivre les réflexions et les conclusions de l'auteur, mais déjà aujourd'hui nous pouvons voir une implication de cette mystérieuse réalité : la foi, la foi qui nous met dans une vraie relation avec Dieu, mais qui n'est pas quelque chose d'automatique, et qui relève de la responsabilité personnelle de chacun. Sinon, vu de l'extériieur, nous pourrions paraître proches de Dieu, mais en reallité très éloignés de lui.

    Ceci est une des raisons pour lesquelles plusieurs confessions chrétiennes non catholiques rejettent la pratique du baptême des petits enfants. Pour ces chrétiens, la foi est un engagement personnel à suivre Jésus Christ, et le baptême symbolise cet engagement. C'est pourquoi, pour eux, cela n'a pas de sens de baptiser un bébé, parce que celui-ci est incapable d'un engagement personnel. Ils oublient que la foi (et le baptême) est beaucoup plus qu'un "engagement personnel", bien que la foi (et le baptême) soit aussi cela ! La foi est d'abord, et surtout, un don de Dieu, un effet de la grâce de Dieu. C'est ce qui fait que la foi n'est pas une "auto-médication", une manière de se sauver soi-même.

    Jésus nous a sauvés alors que nous étions encore pécheurs, et c'est son amour sauveur qui change nos coeurs, et non pas l'inverse. Voilà pourquoi l'Église catholique baptise les enfants en bas âge : à cause de la générosité inconditionnelle avec laquelle Dieu nous offre le salut, non pas comme une récompense pour quelque chose que nous aurions accompli, mais uniquement grâce à son amour pour nous.

    Comme chaque sacrement, le baptême, c'est Dieu qui agit principalement, c'est lui qui s'engage, et non pas l'homme. C'est la même confusion qui règne à propos de la confirmation. Quand je demande ce qu'est la confirmation, la plupart du temps, la réponse est : c'est quand on confirme son baptême. "On", ici, c'est l'homme. Même chose pour le mariage : si les mariés oublient que c'est Dieu d'abord qui s'engage dans leur mariage, et non pas eux, il n'est plus question de la grâce. Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner que l'engagement des époux ne tienne pas la route.

    Les Évangiles nous rapportent que plusieurs parents demandaient à Jésus de venir guérir leurs enfants malades ou mourants, alors que ces enfants eux-mêmes n'avaient rien demandé. Eh bien, de la même manière les parents catholiques, en demandant le baptême pour leur nouveau-né, demandent à Dieu de venir donner à leur enfant ce don de la grâce, alors qu'ils sont trop petits pour le demander eux-mêmes. Les chrétiens non catholiques qui critiquent le baptême des petits enfants sont dans l'erreur. Ils oublient que l'amitié avec Jésus commence avec un don gratuit : la grâce de Dieu.

    Par contre, ils ont raison de critiquer les Catholiques qui ne s'attachent qu'à un rituel purement extérieur sans entretenir une relation personnelle avec Jésus, sans prendre leur place dans la communauté de l'Église. Des parents qui demandent le baptême pour leurs enfants, mais qui ne leur donnent pas l'exemple d'une vie chrétienne authentique, qui ne leur apprennent pas à prier, qui ne particpent pas à la vie de leur paroisse et de la cité, etc ... ne font leur devoir qu'à moitié. Et nos frères chrétiens séparés ont raison alors de les rappeler à leur devoir. Si nous ne faisons rien pour développer personnellement la foi reçue au baptême, nous passerons inévitablement à côté de ce que Dieu a préparé pour nous dans son amour infini.

    Maintenant, il est possible que Dieu appelle certains d'entre nous à une intimité particulière avec lui, à une vocation particulière dans l'Église. Comme il l'a fait avec Élie dans la première lecture, et avec saint Paul lui-même, Dieu appelle certains à devenir des soldats spirituels dont la prière, le témoignage et le ministère protège et renouvelle constamment l'alliance conclue par Dieu avec son Peuple Élu, l'Église. Ce sont les prêtres, les missionnaires, les moines et moniales, religieux et religieuses, les laïcs consacrés ... qui sont autant de rappels pour les autres baptisés et pour le monde entier de l'amour que Dieu a pour chacun en particulier et de son action inlassable dans l'histoire des hommes.

    Si vous entendez cet appel - et cela peut être très jeune, dès l'âge de trois au quatre ans pour certains - n'attendez pas, ne doutez pas ! Allez trouver un prêtre, allez rencontrer le ou la responsable de telle communauté religieuse, de tel séminaire. Dieu atttend votre réponse ! Si elle est généreuse, Dieu ne se laissera pas vaincre en générosité. Et si vous en connaissez qui pensent être appelés par Dieu, priez pour eux, encouragez-les, soutenez-les. Et vous les parents, s'il s'agit de l'un (ou de plusieurs) de vos enfants, ne le(s) découragez jamais ! Cela peut être un sacrifice pour vous, surtout si Dieu les appelle dès leur plus jeune âge, mais, souvenez-vous, ces enfants ne vous appartiennent pas. Ils vous ont été confiés par Dieu et ils sont d'abord ses enfants à lui. Dieu vous les prête seulement; et s'il appelle votre fils ou votre fille à le suivre de plus près, lui-même prendra leur place dans votre famille, il vous bénira, car il est fidèle. Quant à vous tous, même si vous n'êtes pas appelés à consacrer votre vie à la prière et à l'apostolat, et si Dieu n'appelle aucun de vos enfants à lui donner leur vie d'une manière aussi radicale, vous devez néanmoins tous prier et servir, prendre une place active dans la vie de l'Église et de la société.

    Durant cette Eucharistie, comme lors de chaque messe, écoutons attentivement cette "voix d'un fin silence" (c'est la traduction du texte hébreu, rendu par la Septante par le "murmure d'une brise légère"), tout comme Élie, saint Paul, la Vierge Marie, dont nous allons célébrer l'Assomption dans quelques jours, pour que Dieu puisse parler à notre coeur sur la montagne où il nous a tous appelés. Et si notre foi est sur le point de sombrer, dans les tempêtes de ce monde, crions vers Jésus : 
« Seigneur, sauve-moi ! » 
 
« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

Lectures 19° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Premier livre des Rois (1R 19, 9a.11-13a)

19
09ai  Lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit.
11  La parole du Seigneur lui fut adressée : « Sors dans la montagne et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer. » A l'approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu'il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n'était pas dans l'ouragan ; et après l'ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre ;
12  et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n'était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d'une brise légère.
13a  Aussitôt qu'il l'entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne.
 


Psaume (Ps 84, 9ab-10, 11-12, 13-14)

R/ Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut
9a  J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ? +
9b  Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles ; *
10  Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

11  Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s'embrassent ;
12  la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

13  Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
14  La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 9, 1-5)

9
01i  Frères, j’affirme ceci dans le Christ, car c’est la vérité, je ne mens pas, et ma conscience m’en rend témoignage dans l’Esprit Saint.
02  J'ai dans le coeur une grande tristesse, une douleur incessante.
03  Pour les Juifs, mes frères de race, je souhaiterais même être maudit, séparé du Christ :
04  ils sont en effet les fils d'Israël, ayant pour eux l'adoption, la gloire, les alliances, la Loi, le culte, les promesses de Dieu ;
05  ils ont les patriarches, et c'est de leur race que le Christ est né, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement. Amen.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 14, 22-33)

14
22i  Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules.
23  Quand il les eut renvoyées, il se rendit dans la montagne, à l'écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.
24  La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
25  Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
26  En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils disaient : « C'est un fantôme », et la peur leur fit pousser des cris.
27  Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c'est moi ; n'ayez pas peur ! »
28  Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l'eau. »
29  Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
30  Mais, voyant qu'il y avait du vent, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »
31  Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
32  Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
33  Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
 
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« Seigneur, sauve-moi ! »

« Seigneur, sauve-moi ! »

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