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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Soigner les apparences ou le cœur? - Homélie 22° dimanche T.O.B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
La vie intérieure, c’est l’intérieur de la vie.

La vie intérieure, c’est l’intérieur de la vie.

La vie intérieure, c’est l’intérieur de la vie. Voilà ce qui intéresse Dieu, bien plus que l’extérieur. Ce qu’il veut, ce sont nos cœurs. Voilà ce que Jésus essaie d’expliquer aux Pharisiens, à tous ses disciples, à nous-mêmes aussi.

 

Il est tout à fait possible d’apparaître comme un chrétien irréprochable aux yeux des autres tout en étant au fond de parfaits égoïstes. On peut aller à la Messe régulièrement, en évitant tous les péchés publics, récitant des prières pour se faire voir par les autres, faire tout cela extérieurement, et pendant ce temps nourrir des pensées mauvaises et des désirs égoïstes dans notre cœur.

 

Mais ce comportement schizophrène, appelé hypocrisie, ne peut pas durer. Comme le dit l’adage, à moins de vivre comme on pense, on finira tôt ou tard par penser comme on vit. Ou, comme le dit Jésus ailleurs dans les Évangiles (df. Mt 6, 21), là où est notre cœur, là aussi sera notre trésor.

 

Les vrais disciples de Jésus ne peuvent jamais se satisfaire d’une piété purement extérieure, ou, pour le dire autrement, nous ne pouvons pas nous estimer supérieurs aux autres, uniquement parce que nos péchés se voient moins. Voilà pourtant ce que faisaient les Pharisiens, et ils en étaient devenus aveugles pour l’amour de Dieu. En fait, cela a fait d’eux des ennemis de Dieu. La vraie religion comporte évidemment des manifestations extérieures, mais elles devraient être le fruit et l’expression de l’expérience du cœur.

 

Le cœur est le lieu où nous décidons en harmonie ou en opposition avec notre conscience, pour ou contre la volonté de Dieu. Notre amitié avec le Christ, et l’énergie, la force et la vigueur qui en découlent, dépendent de notre attachement intérieur à lui, et ne pourront jamais être remplacés par une petite couche de vernis. Jésus ne se soucie pas de l’impression que nous faisons aux autres, mais de ce que nous sommes en vérité. Nous devrions en faire autant.

 

De temps à autre, l’on entend des critiques au sujet de l’Église catholique à propos de cette hypocrisie par rapport au sacrement de la confession. On prétend que la confession est comme un feu vert pour toutes sortes de péchés. Un catholique peut, dit-on, commettre tous les péchés possibles et imaginables le samedi soir, car il sait qu’il peut aller se confesser le dimanche matin, prier quelques Je vous salue en pénitence, et aller communier tranquillement. Cette critique a fait son chemin même dans la littérature populaire.

 

Ken Follett, un auteur de bestsellers du New York Times, a écrit un roman sur les bâtisseurs de cathédrales au Moyen Âge. Mais Mr Follett n’étant pas chrétien lui-même, sa description de la foi catholique n’est pas parfaitement pertinente. Dans un chapitre, un groupe de chevaliers va se confesser juste avant la bataille, pour que le prêtre leur pardonne d’avance pour tous ceux qu’ils étaient sur le point de massacrer. Voilà quelque chose d’apparemment hypocrite : leur pardonner d’avance pour un péché qu’ils auraient pu éviter, s’ils l’avaient voulu.

 

Mais ces critiques ne font que s’en prendre à des fausses idées de la confession. S’il y a des catholiques pour penser qu’une confession effacera leurs péchés sans contrition aucune, ils sont dans l’erreur. Dieu nous a donné le sacrement de la confession, car il sait que nous vivons dans un monde déchu, et ce n’est pas facile. Il veut nous assurer de son vouloir et de son pouvoir à pardonner même les péchés les plus graves. Mais ce sacrement n’agit pas comme un distributeur automatique de boissons gazeuses ou de billets de banque, indépendamment de l’attitude intérieure, pourvu que nous y mettions le pièce d’argent exacte. Si un pécheur va se confesser, sans avoir la contrition de ses péchés, il ne peut pas recevoir dans son cœur le pardon de Dieu, tout comme un mendiant ne peut pas recevoir une aumône s’il n’ouvre pas les mains.

 

Nous tous ici, nous nous disons catholiques. Et donc, nous devons nous efforcer de vivre comme des catholiques. Cela veut dire au moins deux choses. Cela veut dire d’abord que nous ne cessons jamais de penser, de parler et de nous comporter comme Jésus le veut. Il ne s’agit pas d’éliminer toutes nos attitudes, paroles et actions égoïstes et peccamineuses en un clin d’œil, mais plutôt d’un effort permanent. Notre vie spirituelle ressemble en un sens à un jardin. Un bon jardinier ne peut jamais abandonner purement et simplement le jardin à lui-même, même si les plantes sont vigoureuses et saines. Pour que le jardin puisse porte des fruits, le jardinier doit régulièrement l’arroser, mettre de l’engrais, protéger et en arracher les mauvaises herbes. Nous aussi, nous devons faire constamment des efforts pour mieux connaître le Christ et conformer notre vie à ses exigences. Si nous baissons la garde, les mauvaises herbes prendront le dessus.

 

Deuxièmement, cela signifie que nous devons accepter et adhérer à tous les enseignements officiels, et non pas les morceaux choisis qui nous plaisent particulièrement. Un catholique de façade, qui choisit et qui sélectionne parmi la doctrine catholique comme on choisit ce qu’on achète dans un supermarché, n’est pas un catholique fidèle. Nous devons certainement nous former au sujet de tout ce que le Catéchisme nous enseigne, et cela veut dire honnêtement faire face, quelquefois, à certaines difficultés. Mais cette doctrine n’est pas au choix. Elle fait partie du dépôt de la foi, que Dieu nous a donné pour notre salut. Il est le médecin, nous sommes les patients. Notre santé et notre bonheur dépendent de la manière dont nous observons les prescriptions du médecin.

 

Au moment où Jésus s’apprête à renouveler son engagement envers nous, renouvelons aussi le nôtre envers lui en lui disant avec force et détermination notre volonté de vivre comme des catholiques de cœur, comme disciples fidèles et consciencieux du Christ, et non des pharisiens hypocrites.

Lectures 22° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Valeur incomparable de la loi du Seigneur (Dt 4, 1-2.6-8)

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple : « Maintenant, Israël, écoute les commandements et les décrets que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. Ainsi vous vivrez, et vous entrerez en possession du pays que vous donne le Seigneur, le Dieu de vos pères.
Vous n'ajouterez rien à ce que je vous ordonne, et vous n'y enlèverez rien, mais vous garderez les ordres du Seigneur votre Dieu tels que je vous les prescris.
Vous les garderez, vous les mettrez en pratique ; ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. Quand ceux-ci entendront parler de tous ces commandements, ils s'écrieront : « Il n'y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation ! »
Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous chaque fois que nous l'invoquons ?
Et quelle est la grande nation dont les commandements et les décrets soient aussi justes que toute cette Loi que je vous présente aujourd'hui ? »
 

Psaume : 14, 1a.2, 3bc-4ab, 5

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R/ Tu es proche, Seigneur ; fais-nous vivre avec toi.

 

Seigneur, qui séjournera sous ta tente ? 
Celui qui se conduit parfaitement, 
qui agit avec justice
et dit la vérité selon son coeur. 

Il ne fait pas de tort à son frère
et n'outrage pas son prochain. 
A ses yeux, le réprouvé est méprisable
mais il honore les fidèles du Seigneur.

Il prête son argent sans intérêt, 
n'accepte rien qui nuise à l'innocent.
L'homme qui fait ainsi
demeure inébranlable.

 

2ème lecture : La parole de Dieu, semence de la vie chrétienne (Jc 1, 17-18.21b-22.27)

Lecture de la lettre de saint Jacques

Frères bien-aimés, les dons les meilleurs, les présents merveilleux, viennent d'en haut, ils descendent tous d'auprès du Père de toutes les lumières, lui qui n'est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses passagères.
Il a voulu nous donner la vie par sa parole de vérité, pour faire de nous les premiers appelés de toutes ses créatures.
Accueillez donc humblement la parole de Dieu semée en vous ; elle est capable de vous sauver.
Mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l'écouter : ce serait vous faire illusion.
Devant Dieu notre Père, la manière pure et irréprochable de pratiquer la religion, c'est de venir en aide aux orphelins et aux veuves dans leur malheur, et de se garder propre au milieu du monde.


 

Evangile : Loi divine et traditions humaines (Mc 7, 1-8.14-15.21-23)

 
Acclamation : Dieu ne regarde pas l'apparence, comme font les hommes : il sonde les reins et les cœurs. (1 S 16, 7)
 


 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées. -
Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ;
et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d'autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. -
Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. »
Jésus leur répond : « Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l'Écriture : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi.
Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Puis Jésus appela de nouveau la foule et lui dit : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. »
Il disait encore à ses disciples, à l'écart de la foule : « C'est du dedans, du coeur de l'homme, que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres,
adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure.
Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur. »

Copyright AELF - 1980 - 2009 - Tous droits réservés



 

Il est grand, le mystère de la foi! - Homélie 21° dimanche du Temps Ordianaire B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait.

Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait.

 
 
       "Il est grand le mystère de la foi !" Cette affirmation, vous la connaissez pour l’'avoir entendue quantité de fois à la messe, tout juste après la consécration. Et non seulement vous l’'avez entendue, mais vous avez répondu : "Nous proclamons ta mort, Seigneur, Jésus ; nous célébrons ta résurrection ; nous attendons ta venue dans la gloire".

       "Il est grand le mystère de la foi !" C’'est vrai de la foi tout court, de la foi théologale comme telle. La foi est un grand mystère. C’'est le mystère de l'’infini respect de Dieu pour notre liberté humaine, d'’un Dieu qui, pourtant, n’a qu'’un désir : que tous les hommes soient sauvés, mais qui ne veut pas que ce salut soit imposé. La foi est le remède proposé par le Médecin divin à tous ceux qui sont atteints par la maladie qui fait plus de victimes que le cancer, le Sida et les accidents de la route réunis : la maladie du péché originel, qui nous éloigne du paradis, du bonheur que Dieu a préparé pour nous. Puisque la cause de la maladie est le doute, le remède doit être la foi.

       La foi est un remède qui n’'est pas seulement accessible aux riches, mais à la portée de tous. Il faut même un cœoeur de pauvre pour l’'accueillir. C'’est Dieu qui en a payé le prix, par amour pour nous. Répondre à son invitation, c’'est abandonner toute complaisance en soi-même et dans le monde visible, et accepter de n’'être aimé qu’'au titre de sa misère, gratuitement. Les riches éprouveront plus de résistance que les pauvres avant de capituler devant la miséricorde.

       On dit quelquefois que croire est un risque : "Au risque de croire", c’'est le titre d’'un livre. "Au risque d'’aimer" aussi. Mais attention : ce n’'est pas une loterie, surtout pas une loterie où on gagne même dans le désordre. Si Pascal a pu dire que croire est un pari, c'’est pour débouter les libertins par un raisonnement à leur hauteur. Je ne crois pas en Dieu au risque de me tromper, car il ne peut ni se tromper ni nous tromper. La foi est un risque, oui, mais surtout pour Dieu, le risque d’'être méprisé, ignoré, rejeté, trahi par ses créatures…

       Disons plutôt que, pour nous, la foi est une chance et, en même temps, une épreuve. Car Dieu demande la collaboration du malade. La foi obligatoire, cela n'’existe pas. La foi évidente non plus, même si elle peut apparaître comme telle pendant un certain temps. La foi se donne à un Dieu qui se révèle progressivement en se faisant de plus en plus proche, jusqu’à s'’incarner, jusqu'’à donner sa vie pour nous, jusqu'’à se donner à manger et à boire par des hommes qui, eux, doivent grandir peu à peu dans la foi. Plus la Révélation de l’'Amour se fait intense, plus l’'acte de foi demandé est grand. C’'est toute la pédagogie de la Révélation divine. Benoît XVI faisait remarquer :
 
"On dirait qu'’au fond, les gens ne veulent pas avoir Dieu si proche, si à portée de main, si participant de leur histoire. Les gens le veulent grand, et en définitive, plutôt loin d’'eux. On soulève alors des questions voulant démonter qu’'une telle chose est finalement impossible."


       Un jour, dans l'’église des Frères Mineurs de Foligno, la bienheureuse Angèle voit la Vierge Marie déposer Jésus Enfant dans ses bras en disant : "Ô toi qui aimes mon Fils, reçois Celui que tu aimes." Jésus dormait. Tout à coup, en s’'éveillant, Jésus lui apparaît dans sa majesté immense, et lui dit : "Celui qui ne m'’aura pas vu petit ne me verra pas grand." (Cf. dans l'’évangile d’'aujourd’hui : Et quand vous verrez le Fils de l’'homme monter là où il était auparavant ?) Et il ajoute : "Je suis venu à toi, et je m’'offre à toi, pour que tu t’'offres à moi." C’'est pour cela aussi que l’'on fait tout pour évacuer le mystère de l’'Eucharistie : parce qu'’il exige une réciprocité. Jésus se fait Eucharistie pour que nous menions une vie eucharistique.

       C'’est pourquoi l'’Eucharistie est le mystère le plus difficile à croire, parce qu'’il est le plus grand et le plus exigeant, celui qui incarne le plus la miséricorde de Dieu. Ce n’'est pas moi qui vous le dis, c’'est S. Bonaventure, docteur de l’'Église. Et c’'est Paul VI qui le réaffirme dans son encyclique sur l’'Eucharistie (Mysterium fidei).

       Mais la foi en l’'Eucharistie suppose la totalité de la foi. Un lien très intime unit la foi théologale à l'Eucharistie. Jésus a d'abord parlé de croire au pain de la vie, et ensuite de le manger. Pour que le Corps et le Sang de Jésus nous transforment, il faut que nous soyons nourris des enseignements de Jésus. C'’est l'’intelligence de la foi. Nous, catholiques, nous ne faisons presque rien pour former notre intelligence au service de la foi. Le piétisme est une maladie de la foi aussi grave que le scientisme.

       L'Eucharistie est le mystère de la foi par excellence. Le test le meilleur de la profondeur de notre foi au Christ, c'est notre foi en sa présence dans l'Eucharistie. Chaque fois que la foi en général s'affaiblit, on peut dire que s'affaiblissent par le fait même le respect de l'Eucharistie et le réalisme de la foi en la présence eucharistique. Selon un sondage récent, deux tiers des Français se déclarent catholiques. Or, dans ces deux tiers, ils sont moins de 5 % à déclarer assister à la messe chaque dimanche, alors qu’'un quart se qualifie comme pratiquant. Les sociologues en concluent que l’'on peut être catholique pratiquant sans aller à la messe. Voire...…
 
      Cela ne veut pas dire que tous ceux qui vont à la messe sont de bons catholiques. Parmi ces 5 %, combien se confessent régulièrement ? Même parmi les Douze, il y avait un traître ! En tout cas, ne nous laissons pas impressionner par les chiffres. "La force n’'est pas dans la quantité mais dans l’'unité" (Manaranche).

       On le voit dès le début, dès l’'Évangile, dès le chapitre 6 de S. Jean : au début il y a une foule nombreuse. À la fin, il n'’y a plus que les Douze dont le porte-parole est Simon-Pierre, qui dit : Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Les autres, ce n'’est plus une foule nombreuse, ce sont les disciples, qui se caractérisent par leurs récriminations. Ils s’'écrient : Ce qu'’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l’'écouter !

       Pourtant, en présence du scandale que cause son enseignement, Jésus ne réagit pas en sociologue, en faisant des distinctions spécieuses entre pratiquants et "messalisants". Il ne retire rien non plus de son enseignement, pour s’'adapter à son époque ou à son auditoire. Je me souviens d’'un prêtre qui s’'est fait proprement "expulser" d'’une paroisse en Suisse. Motif invoqué par ses confrères : "Il dit des choses contraires à l’'expression de la foi d'’aujourd'’hui !" Amalgame bizarre entre le fond ("des choses"), et la forme ("l’'expression de la foi")… Jésus fait cette réponse : C'est l'Esprit qui fait vivre, la chair n’'est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie (6, 63). Qu'est-ce que cela veut dire ? Ces paroles sont surprenantes dans la bouche de celui qui vient d'’affirmer la nécessité de manger sa chair. Elles ne le sont que si on les interprète de travers. Il n'’y a que deux manières légitimes de les comprendre (selon le Père Feuillet) :

Première interprétation : la chair du Christ ne servirait de rien sans l'Esprit divin qui l'anime. La nourriture eucharistique n'’est pas la chair du Christ dans son état terrestre (nous serions des cannibales !), mais dans sa Résurrection et son Ascension. L’'action de l’'Esprit Saint est ici essentielle. Elle est signifiée au cours de la liturgie de la messe par l'’épiclèse avant la consécration, l’'invocation qui a pour but d'’obtenir le don de l’'Esprit Saint pour la transformation du pain et du vin dans le corps et le sang du Christ.

Deuxième interprétation : ici le mot chair n’'est pas la chair du Christ, c'’est l'homme réduit à ses seules forces naturelles, l'homme charnel, ne peut que trouver absurdes les paroles de Jésus. Les paroles de Jésus sur l'Eucharistie sont esprit et vie. Elles présupposent pour être reçues l'action de l'Esprit Saint. La communion eucharistique elle-même ne portera aucun fruit sans l’'assistance de l’'Esprit Saint. C’'est pourquoi, après la consécration, une deuxième épiclèse invoque l’'action de l’'Esprit Saint sur l’'assemblée. Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. Et le don du Père, c'’est l’'Esprit.

       Terminons en donnant la parole à Jean Paul II (Ecclesia de Eucharistia, 59) :
 
Frères et sœoeurs très chers, permettez que, dans un élan de joie intime, en union avec votre foi et pour la confirmer, je donne mon propre témoignage de foi en la très sainte Eucharistie. "Ave verum corpus natum de Maria Virgine, / vere passum, immolatum, in cruce pro homine !". Ici se trouve le trésor de l'Église, le cœoeur du monde, le gage du terme auquel aspire tout homme, même inconsciemment. Il est grand ce mystère, assurément il nous dépasse et il met à rude épreuve les possibilités de notre esprit d'aller au-delà des apparences. Ici, nos sens défaillent – "visus, tactus, gustus in te fallitur", est-il dit dans l'hymne Adoro te devote –, mais notre foi seule, enracinée dans la parole du Christ transmise par les Apôtres, nous suffit. Permettez que, comme Pierre à la fin du discours eucharistique dans l'Évangile de Jean, je redise au Christ, au nom de toute l'Église, au nom de chacun d'entre vous: "Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle" (Jn 6, 68).

Un temps de crise - Homélie pour le 21° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

Aujourd’hui nous sommes en présence d’un grand mystère, un mystère qui dérange. Saint Jean nous dit dans l’Evangile de ce dimanche, que l’enseignement du Seigneur, cette longue instruction à propos de l’Eucharistie que nous avons méditée au cours des dimanches précédents, était si difficile, si choquante, que « beaucoup de ses disciples » refusaient tout simplement de l’accepter. Ils ont cessé de suivre Jésus et sont retournés vaquer à leurs occupations.

 

Imaginez la scène. Une grande foule de gens entoure notre Seigneur dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup d’entre eux ont été témoins du signe des pains de la veille. Et pourtant, quand Jésus leur parle de l’Eucharistie, de son projet de se rendre réellement présent sous les apparences du pain et du vin pour que sa vie divine nous soit une nourriture, les gens lui tournent le dos. Les créatures tournent le dos au Créateur !

 

Nous ne pouvons pas imaginer la douleur que Jésus a ressentie à ce moment-là... Alors il regarde ses disciples les plus proches, les Douze, ceux qu’il avait choisis pour être les fondations de son Eglise. Il ne leur fournit pas une espèce d’explication diluée de l’Eucharistie pour les dissuader de partir, eux aussi. Il leur demande simplement :

 

« Voulez-vous partir, vous aussi ? »

 

 

 

C’est un temps de crise. Les Douze, pas plus que les autres, ne comprenaient pas rationnellement la doctrine mystérieuse de l’Eucharistie. Alors pourquoi ont-ils continué à suivre le Seigneur ? Parce qu’ils lui faisaient confiance, à lui, à sa personne. Ils faisaient confiance au Seigneur, davantage qu’à leur capacité forcément limitée de comprendre Dieu. C’était exactement ce qu’il fallait faire.

 

En faisant consciemment un acte de foi en pleine crise, au lieu de se fier à eux-mêmes, avec leur intelligence limitée, sujette aux erreurs, ils ont pu atteindre un niveau plus élevé dans leur maturité spirituelle. Saint Basile le Grand disait :

 

« Comme le pilote d’un navire est mis à l’épreuve dans la tempête, un lutteur dans l’arène, un soldat au champ de bataille, un héros dans l’adversité, ainsi le chrétien est éprouvé par la tentation. »

 

Dans la célèbre Frick Collection, la galerie d’art qui se trouve à la Fifth Avenue de New York, on peut admirer un petit chef-d’œuvre de mon compatriote, Jan van Eyck, qui illustre cela à merveille.

 

 

Au centre du tableau, devant un trône, la Vierge Marie, vêtue d’une robe maginifique, tient l’enfant Jésus dans ses bras. A genoux devant l’Enfant et sa Mère, dans une attitude d’imploration, se trouve représenté le moine chartreux qui a financé le tableau. Il intercède probablement pour le monastère dont il est le supérieur et où le tableau se trouvait à l’origine.

 

Dans la composition se trouvent également deux saints. A gauche est représentée sainte Barbara, une vierge martyre de l’antiquité, dont la dévotion était très répandue au Moyen Age. Pour décourager les hommes qui lui faisaient la cour, son père jaloux et colérique l’avait enfermé dans une tour. C’est là qu’elle apprend à connaître Jésus et qu’elle devient croyante. Elle avait fait insérer trois fenêtres au sommet de la tour en l’honneur de la Très Sainte Trinité. Ces trois fenêtres sont devenues l’un des symboles pour représenter la sainte dans l’art. Son père était furieux d’apprendre qu’elle était devenue chrétienne, et était allé jusqu’à la faire torturer pour la faire abdiquer de sa foi, mais en vain. Il ira alors jusqu’à la décapiter de ses propres mains, mourant peu de temps plus tard, terrassé par un coup d’éclair. Dans l’art chrétien, la palme, signe de victoire, symbolise le martyre. Dans ce tableau, sainte Barbara tend une palme à la Vierge et à l’Enfant.

 

De l’autre côté du tableau se trouve représentée sainte Elisabeth de Hongrie, une femme de la noblesse au Moyen Âge, devenue veuve très jeune. Elle était si belle qu’elle était convoitée par les princes et les rois. Même l’empereur cherchait à l’épouser à la mort de son mari. Mais elle déclinait toutes les propositions – même celle de l’empereur – car elle sentait que Dieu l’appelait à servir les pauvres. Elle a donc consacré le reste de sa courte vie comme tertiaire de l’Ordre franciscain, nourrissant, habillant et servant les pauvres et les nécessiteux du royaume de son défunt mari. Dans le tableau, elle tend à Marie et Jésus une couronne impériale incrustée de pierres précieuses, la couronne qui aurait pu être la sienne.

 

Telles que représentées dans le tableau, les deux saintes se joignent au moine pour implorer le Seigneur. Or, qu’est-ce qui donne du poids à leur prière ? Les symboles de leurs souffrances, ce à quoi elles ont renoncé par amour pour le Christ. La foi de sainte Barbara avait été éprouvée par le martyre, et celle d’Elisabeth par la proposition de l’Empereur. Et maintenant, au Ciel, ces épreuves sont leur plus grande gloire. Quand nous demeurons fermement attachés au Christ dans les difficultés, les tentations et les épreuves, nous aussi, nous grandissons en sainteté et en bonheur sur la terre, en accumulant des trésors pour l’éternité au Ciel. Les temps d’épreuve sont des temps de croissance spirituelle.

 

Quand la foi grandit dans le Coeur d’un chrétien, de nombreuses autres vertus se développent en même temps : la sagesse, l’humilité, l’espérance, la charité chrétienne. Si nous aussi, nous voulons grandir dans ces vertus, notre foi a besoin de devenir plus consciente, plus mûre. Comment pouvons-nous y arriver ? Pas autrement que saint Pierre et les autres apôtres. Ce moment de crise s’est déclaré alors qu’ils avaient vécu et voyagé avec Jésus pendant deux années. Pendant ce temps ils avaient appris à connaître Jésus personnellement. Le Seigneur n’était pas pour eux quelqu’un de distant, une abstraction. Il était un compagnon, un maître, un ami avec qui ils avaient une relation personnelle. Quand la crise est survenue, et que leur foi a été mise à l’épreuve, ils étaient près à répondre. Même s’ils ne comprenaient pas, ils croyaient que Jésus pouvait et voulait être leur guide.

 

Tôt ou tard, chaque catholique doit faire face à une crise de la foi, une situation dans laquelle sa foi est mise à l’épreuve, et où nous ne comprenons pas bien pourquoi Dieu fait ce qu’il fait ou demande ce qu’il demande. C’est l’occasion qui nous est offerte pour atteindre une plus grande maturité spirituelle, à condition d’avoir nourri notre foi par une fréquentation assidue de Jésus en personne, par une vie de prière personnelle et la participation aux sacrements. Si pour nous, la foi catholique se réduit à suivre une liste de lois et d’habitudes routinières, il nous sera beaucoup plus difficile de survivre et à dépasser ces moments d’épreuve. Bien sûr, Dieu ne nous abandonnera jamais, mais à moins d’avoir une vraie relation avec lui, c’est nous qui l’abandonnerons. Et c’est ce qui pourrait nous arriver de pire.

 

Durant cette Messe, notre Seigneur nous demande ce qu’il a demandé aux Douze: "Voulez-vous me quitter … comme tant d’autres l’ont fait?"

 

Non, nous ne voulons pas; nous croyons en Celui qui est mort pour nous; disons-le lui tout de suite et montrons-le lui tout au long de la semaine.

Lectures 21° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Fidélité des tribus au Dieu unique (Jos 24, 1-2a.15-17.18b)

 

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Lecture du livre de Josué

Josué réunit toutes les tribus d'Israël à Sichem ; puis il appela les anciens d'Israël, avec les chefs, les juges et les commissaires ; ensemble ils se présentèrent devant Dieu.
Josué dit alors à tout le peuple : « S'il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir : les dieux que vos pères servaient au-delà de l'Euphrate, ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur. »
Le peuple répondit : « Plutôt mourir que d'abandonner le Seigneur pour servir d'autres dieux !
C'est le Seigneur notre Dieu qui nous a fait monter, nous et nos pères, du pays d'Égypte, cette maison d'esclavage ; c'est lui qui, sous nos yeux, a opéré tous ces grands prodiges et nous a protégés tout le long du chemin que nous avons parcouru, chez tous les peuples au milieu desquels nous sommes passés.
Nous aussi, nous voulons servir le Seigneur, car c'est lui notre Dieu. »


Psaume : 33, 2-3, 16-17, 20-21, 22-23

R/ Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur !


Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m'entendent et soient en fête !

Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.

Malheur sur malheur pour le juste,
mais le Seigneur chaque fois le délivre.
Il veille sur chacun de ses os :
pas un ne sera brisé.

Le mal tuera les méchants ;
ils seront châtiés d'avoir haï le juste.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs :
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.


2ème lecture : Le grand mystère du Christ, époux de son Église (Ep 5, 21-32)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens

Frères,
par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ;
les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ;
car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l'Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps.
Eh bien ! si l'Église se soumet au Christ, qu'il en soit toujours de même pour les femmes à l'égard de leur mari.
Vous, les hommes, aimez votre femme à l'exemple du Christ : il a aimé l'Église, il s'est livré pour elle ;
il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie ;
il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut ; il la voulait sainte et irréprochable.
C'est comme cela que le mari doit aimer sa femme : comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime soi-même.
Jamais personne n'a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C'est ce que fait le Christ pour l'Église,
parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l'Écriture :
A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un.
Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l'Église.




Evangile : Fidélité des Douze et confession de foi de Simon-Pierre (Jn 6, 60-69)


Acclamation : Tes paroles, Seigneur, sont pour nous l'esprit et la vie. Tu as les paroles de la vie éternelle. (Jn 6, 63.68)



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus avait dit dans la synagogue de Capharnaüm : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. »
Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s'écrièrent : « Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l'écouter ! »
Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit : « Cela vous heurte ?
Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant ?...
C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait.
Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
A partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s'en allèrent et cessèrent de marcher avec lui.
Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. »


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Le pain que je donnerai, c'est ma chair - Homélie 20° dimanche du Temps Ordinaire B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
20 TOB 1lec
On mange le bon pain ; on mange (ou on boit) les paroles de quelqu'’un qui dit des choses intéressantes ; les amoureux se disent : je voudrais te manger, même si, en général, ils ne vont pas jusque là...… Tous ces emplois du verbe manger (et boire) se retrouvent dans l'’Écriture. Aucun sens n’'est étranger à la Révélation.

       Le repas a une valeur déjà en soi, non seulement pour sustenter le corps, mais également une valeur sociale. Mépriser ce sens littéral –- disons terre-à-terre– - en parlant de l'’Eucharistie, c'’est s'’exposer à construire un édifice sur des bases branlantes. Jésus lui-même, contrairement à Jean-Baptiste, prenait volontiers un repas :
 
Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l'on dit : "C'est un possédé" ! Le Fils de l'homme est venu : il mange et il boit, et l'on dit : "C'est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs." Mais la sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu'elle fait. (Mt 11, 18-19)
 
Notez ici le scandale, assorti d’une allusion à la sagesse.

       Exalter l’'Eucharistie et bâcler les repas serait contradictoire et n'’a rien de vertueux. S'’entêter à vouloir jeûner un jour de fête non plus. Un évêque haïtien, très pieux, et très porté sur l’'ascèse, et bibliste de surcroît (c’'est lui qui a traduit toute la Bible en créole haïtien) était reçu avec ses confrères en visite ad limina au Vatican par Jean-Paul II. Au cours du repas pris ensemble, il avait décidé de jeûner, pour la gloire de Dieu, sans doute. Jean-Paul II, ayant remarqué son peu d'’appétit, lui demande pourquoi il mangeait si peu. Notre évêque, gêné, de répondre qu'’il voulait jeûner. Le Saint-Père a dû faire usage de son autorité et lui dire : "Monseigneur, mangez !"
 
       S. François de Sales, au cours d'un repas, avait scandalisé quelqu’'un. Son détracteur lui avait reproché d’'avoir un bon coup de fourchette. Mr de Genève lui avait répondu : "Quand je jeûne, je jeûne ; quand je mange, je mange !" Savoir apprécier un bon repas, en famille et sous le regard du Seigneur, c’'est déjà une préparation à l’'Eucharistie. Même les Chartreux, les dimanches et jours de fête, prennent leur repas ensemble. Je n'’y ai jamais été invité, mais je suis sûr qu'’ils mangent bien, aussi sûr qu'’ils jeûnent bien.

       Mais un Juif ne pouvait ignorer le rôle du repas dans ses relations avec Dieu. Il y avait des repas sacrés. Dans l’'Ancien Testament déjà, chaque fois que Dieu conclut une alliance, c’'est dans le cadre d’un repas. Et puisque prendre un repas avec quelqu’'un signifie nouer des relations étroites avec lui, le repas sacré avait comme "valeur ajoutée" l’'accès à l’'intimité avec Dieu. L'’initiative de ces repas vient toujours de Dieu. C'’est lui qui convoque. Manger et boire, c'’est alors manger et boire en sa présence, et donc "nourrir" des relations d'’amitié avec lui.

       La joie est un élément essentiel de ces repas. Et pour favoriser cette joie, Dieu prévoit un menu de fête. Pas de restrictions alimentaires, pas d'’interdiction d’'alcool non plus, comme c'est le cas encore aujourd’'hui dans certaines confessions protestantes. Non, Dieu veut voir ceux qu'’il invite à sa table heureux de manger et de boire avec lui. Le synoptiques nous rapportent ainsi que l'’Eucharistie a été instituée le soir du Jeudi Saint au cours du repas pascal. Et ce n'’est pas de l’'eau que Jésus a pris pour nous donner son sang à boire, c’'est bien du vin. Si le pain représente la nourriture indispensable, le vin, lui, représente la surabondance. Vivre sans pain, c’'est difficile. Vivre sans vin, c’'est possible. Mais un repas sans vin, ce n’'est pas un repas de fête. Même pour décrire ce qui doit arriver à la fin, le Seigneur a eu recours au repas. Le bonheur éternel consistera à manger des viandes grasses et à boire des vins plantureux en présence de celui qui est appelé Messie ou Fils de l'’homme. Mais là, nous sommes dans la métaphore, bien sûr.

       Tout comme dans la première lecture d’'aujourd'’hui : ici, l'’invitation consiste à manger le pain et à boire le vin de la Sagesse, dont non seulement la valeur nutritive, mais aussi le caractère festif, est bien supérieure aux nourritures terrestres. S. Paul, de même (2e lect.) nous invite à ne pas nous enivrer de vin mais de l'’Esprit Saint. La prévention routière (en France) utilise une traduction plus libre (et plus libérale) : "Boire ou conduire : il faut choisir !", ou encore (à la Martinique) : "Si ou boulé, pa woulé". Pour S. Paul le choix n’'est pas entre boire et conduire, mais entre s’'enivrer de vin ou s'’enivrer de l’'Esprit Saint, que l’'on soit au volant ou pas. Mais revenons à nos moutons….

       Toute cette richesse de sens, sans en négliger aucun, trouve son accomplissement dans le Christ, la sagesse de Dieu qui se révèle juste à travers ce qu'elle fait. Pour manger la Sagesse et s’'enivrer de l'’Esprit Saint, comment faire ? Comment accomplir le sens littéral, sans l’'abolir ? Peut-on exalter l'’Esprit sans renier le corps, célébrer le Corps sans renier le pain et le vin ?

       À ces questions, une seule réponse : l’'Eucharistie. Dans l’'Eucharistie Dieu nous divinise sans rien déshumaniser, bien au contraire. Car l’'Eucharistie, c’'est Dieu qui s’'anéantit au plus bas : l’'apparence du pain. C'’est la poursuite jusqu’'au bout de l'’anéantissement de l'’Incarnation et de la Croix, par amour pour l’'homme sans intelligence.
 
      S. Alphonse de Liguori écrit : "Le pain est un aliment qui se consomme quand on le mange et se conserve quand on le garde. C’'est pour ce motif (…...) que Jésus Christ voulut se laisser à nous sous les espèces du pain ; elles lui permettent, non seulement d’'être consommé dans la communion, par les âmes aimantes auxquelles il s'’unit, mais encore d’'être conservé dans le tabernacle, de nous procurer la joie de sa présence et le perpétuel souvenir de son immense amour." Et en citant S. Paul : Il s’'est anéanti lui-même en prenant la condition de serviteur (Ph 2, 7), il s’exclame : "Mais que dirons-nous en le voyant prendre l’'apparence du pain ?" Et c’'est cet anéantissement qui permet aux pécheurs que nous sommes d’'oser nous approcher de lui. Qui le ferait sinon ? Personne !

       Et voilà ce qui scandalise les âmes bien pensantes d’'hier et de toujours. Au nom de la "religion", elles ne veulent entendre parler d’'un tel abaissement. Elles ne comprennent pas que c’'est le propre de l’'amour de s'’abaisser. En refusant l'’abaissement, c'’est l'’amour qu’'elles refusent. Alors elles se réfugient dans des explications soi-disant "spirituelles" de l'’eucharistie, basées sur une interprétation exclusivement métaphorique des paroles de Jésus, dans le chapitre 6 de S. Jean notamment.

       Ceci dit, gardons-nous tout autant d'’une interprétation trop matérielle. Quand vous communiez au corps et au sang de Jésus vous n’'êtes ni des anthropophages (ce dont les premiers chrétiens ont bien été accusés par les païens), ni des vampires !
 
       Je me souviens, étant enfant, quand je me préparais à ma première communion. La brave catéchiste nous mettait en demeure de ne jamais croquer la sainte hostie avec les dents. Il fallait la laisser fondre dans la bouche, pour ne pas faire de mal à Jésus, nous disait-elle. Cette personne, sans doute très pieuse, mais mal éclairée, ignorait que Jésus, dans le passage de l’'évangile d’'aujourd'’hui, emploie sept fois l’'expression manger ma chair, dont trois fois sous la forme très crue de trogô, qui veut dire… croquer, mastiquer, broyer. La présence du Christ, sous les apparences du pain et du vin, est une présence réelle, mais spirituelle.
 
       La liturgie de la préparation des dons emploie ce qualificatif. En présentant le pain, le célébrant dit : "il deviendra le pain de la vie" (ex quo nobis fiet panis vitae) ; en présentant le vin, il dit : ex quo nobis fiet potus spiritális (= boisson spirituelle), ce que la traduction française ne rend qu'’approximativement en disant : "il deviendra le vin du Royaume éternel". Ce qui est là, après la consécration, c’'est un être corporel, le Christ ; mais il est là de façon non corporelle, et, en ce sens, spirituelle.

       Le caractère spirituel de la présence réelle signifie notamment que c'’est une présence indivisible. Quand le célébrant accomplit la fraction du pain, non seulement il ne fait pas de mal à Jésus, mais il ne le divise pas. Le Christ est tout entier dans chacune des parties. C’'est le signe seulement qui est rompu.

       Il exclut aussi absolument l’'imagination selon laquelle l’'hostie et le vin consacrés constitueraient une sorte de réceptacle minuscule dans lequel le Christ serait "à l’'étroit".

       Il faut dire de même que le Christ n’'est pas localisé dans l'’Eucharistie. Il est pourtant lié au lieu où se trouvent les espèces, ce qui faisait l’'émerveillement du S. Curé d’Ars. Le Christ est là où sont les saintes espèces. Mais il est là sans être localisé, ce qui exclut le faux problème de la "multilocation".

       C'’est aussi la raison pour laquelle le corps du Christ est là sans pouvoir agir physiquement, et que le corps eucharistique est une présence invisible, inodore et sans goût. Ne disons pas non plus que les espèces "cachent" le Christ à la manière d’'un rideau. Elles manifestent sa présence, au contraire, aux yeux de la foi.

       Enfin, n'’oublions jamais que si le Christ se donne en vraie nourriture, c’'est pour s'’unir spirituellement à nous, croyants. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. Celui ou celle qui se contente de manger matériellement le corps du Christ, tout en "demeurant" ... dans le péché, au lieu de vouloir "demeurer en lui", commet un sacrilège, car cela fait du sacrement un signe menteur. La vraie doctrine catholique ne veut pas favoriser les scrupules paralysants, mais pas davantage l'’immobilisme et la paresse spirituelle de celui qui s'’installe dans un péché grave, encore moins le contentement de soi et le mépris pharisaïque des pécheurs, quels qu'’ils soient. Pour les péchés dits véniels, l'’eucharistie a pour effet de les remettre, et surtout d'’en purifier le croyant, dans la mesure où il s’'en repent sincèrement. Le désir de communier doit être accompagné du désir de la sainteté, et le désir de la sainteté du renoncement au péché. Quand Jésus dit à ses disciples : J'’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir (Lc 22, 15), il a dû renoncer à bien plus que cela.

Le prêtre, garant d’un culte objectif - Homélie 20° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)




Quand Jésus dit qu’il est “le pain vivant qui est descend du ciel”, ce n’est pas pour faire de la poésie. Il nous parle du sacrement de l’Eucharistie par lequel il se rend vraiment present – corps, sang, âme et divinité – sous les apparences du pain et du vin.

Les autres sacrements nous donnent la grâce de Dieu, mais le sacrement de l’Eucharistie nous donne Dieu lui-même en nourriture. Voilà ce que Jésus veut dire quand il dit :

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. »

Jésus répète ce message à sept reprises en l’espace de sept versets, comme pour enfoncer le clou. L’Eucharistie est la nourriture « super-substantielle » qui nous soutient dans la voie difficile du salut et du « développement durable ».

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ».

Ce court passage du discours du Seigneur, dans lequel il met l’accent sur la centralité de l’Eucharistie dans la vie du chrétien, nous aide à vraiment comprendre le commandement de l’Eglise de participer à la Messe chaque dimanche et jour d’obligation. Aujourd’hui l’on aurait facilement tendance à considérer ce commandement comme arbitraire et vieux-jeu, comme si l’Eglise voulait en fait exercer son contrôle, son pouvoir, sur ses « adeptes ». Loin de là ! La Messe est la célébration de l’Eucharistie, et l’Eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne sur terre.

La Messe est l’ancre de notre vie spirituelle et morale ; c’est elle qui permet à  tout le reste de se maintenir solidement. Si nous levons cette ancre, tôt ou tard le reste de notre vie partira à la dérive, emporté par le puissant courant de l’égoïsme et de la tentation.

Plus nous comprendrons la raison pour laquelle la Messe est si centrale, plus nous pourrons vivre la Messe en profondeur, et plus nous pourrons aider nos amis et les membres de notre famille qui ont cessé d’y participer, à revenir.

La célébration de la Messe est l’activité qui est au cœur de chaque prêtre. Aujourd’hui je voudrais insister sur un des aspects de la Messe : son objectivité

Nous savons tous que nous avons besoin d’entrer en relation avec Dieu pour trouver l’accomplissement de notre vie. Comme l’enseigne le Catéchisme (n. 45) :

« L’homme est fait pour vivre en communion avec Dieu en qui il trouve son bonheur : " Quand tout entier je serai en Toi, il n’y aura plus jamais de chagrin et d’épreuve ; tout entière pleine de Toi, ma vie sera accomplie " (S. Augustin, conf. 10, 28, 39). »

Eh bien, c’est la Messe qui est notre ancre, parce que c’est elle qui nous met objectivement en contact avec Dieu. D’autres manières de rencontrer Dieu sont précieuses aussi, et même nécessaires, mais isolées de la Messe, elles perdent leur objectivité. Souvent elles dépendent de nos sentiments ou d’autres facteurs externes. Par exemple, si nous participons à une soirée de louange et que nous nous y sentons bien, nous pensons que nous sommes en contact avec Dieu, mais si nous y allons, et que nous nous sentons mal à l’aise, nous nous posons des questions. Quand nous prenons du temps pour la prière personnelle, nous avons souvent des distractions, ou même nous nous endormons, ou ne savons plus quoi dire, et nous ne savons plus si nous prions comme il faut.

Cela ne veut pas dire que nous ne devrions pas participer à ce genre d’actvités ; cela ne fait que mettre en relief la nécessité d’une manière objective de nous approcher de Dieu, une voie qui ne dépende pas d’abord de nos propres idées et sentiments. C’est exactement le cas pour la Messe : la Messe est l’acte du culte parfait, la prière parfaite – objectivement parfaite, car la Messe est la prière même de Jésus Christ, c’est son sacrifice de la Croix, sa manière à lui de rendre un culte au Père, rendue présente pour nous – que nous ayons des sensations agréables ou non.

Le prêtre qui célèbre la Messe en est le garant. Il a été configuré au Christ au plus profond de son être par le sacrement de l’Ordre. Dieu l’a mis à part pour âgir « in persona Christi », en représentant le Christ, si bien que nous puissions être certains que ce culte est bien le culte du Christ lui-même.

Les oraisons, les lectures et les rubriques de la Messe promulguées par l’Eglise sont tout aussi objectives : elles expriment adéquatement les vérités de la foi et les sentiments du Christ lui-même. Ce faisant, elles sont objectivement agréables à Dieu ; elles mettent le doigt exactement là où il faut. Même si le prêtre a l’air un peu désinvolte (grossomodo), même si le bâtiment de l’église est laid, même si le chant sonne faux, même si l’assembée est disparate, même alors, quand nous participons à la Messe, nos modestes efforts pour servir Dieu sont sublimés par le service parfait que le Christ rend au Père.

Comment cela est-il possible ? Nous pouvons considérer la Messe comme une machine à remonter le temps. A chaque Messe Jésus ouvre un chemin à travers l’histoire, en reliant trois choses :

 

  • L’ici et le maintenant de notre vie quotidienne, avec tous nos combats, nos joies et nos peines ;
  • Le sacrifice historique de son propre corps et de son propre sang sur la croix du Calvaire, par lequel il a réparé les dégâts causés par la désobéissance à Dieu d’Adam et d’Eve ;
  • Et l’offrande qu’il fait éternellement de lui-même au ciel, où il intercède toujours pour nous, comme notre chef et notre grand prêtre, en présence de Dieu le Père.

 

 

  Comme le dit le Catéchisme (n. 1410),

« C’est le Christ lui-même, grand prêtre éternel de la nouvelle Alliance, qui, agissant par le ministère des prêtres, offre le sacrifice eucharistique. Et c’est encore le même Christ, réellement présent sous les espèces du pain et du vin, qui est l’offrande du sacrifice eucharistique. »

En d’autres mots, à la Messe nous connectons notre vie terrestre à l’éternité. Nous avons la chance de pouvoir appliquer la grâce du Christ à notre réseau d’expériences, de projets, de relations, comme on met de l’huile dans les charnières ou un baume sur une blessure.

Voilà la raison pour laquelle, tout au long de l’histoire, des catholiques ont consenti tant de sacrifices pour pouvoir venir à la Messe. Aujourd’hui l’Eglise demande d’être à jeun au moins une heure avant de communier. Mais avant Vatican II, le jeûne requis était beaucoup plus exigeant, à partir de minuit, quelle que soit l’heure de la Messe !

Durant la Deuxième Guerre Mondiale, des soldats au front, exténués physiquement et psychologiquement par les horreurs de la guerre, restaient à jeun depuis minuit jusqu’au soir suivant, pour pouvoir recevoir la Communion à le Messe que l’aumônier militaire ne pouvait pas célébrer le matin !

La bienheureuse Pierina Morosini, une jeune femme de l’Italie du Nord, près de Bergame, morte comme martyre de la pureté, comme Maria Goretti, à l’âge de 26 ans, après la mort de son père, devait travailler à l’usine, alors qu’elle voulait devenir religieuse. Cela ne l’a pas empêché de trouver du temps pour faire le catéchisme, visiter les malades, et participer activement à la pastorale des jeunes de sa paroisse, mais aussi pour aller à la Messe chaque jour. Pour cela elle se levait à quatre heures, et après la Messe, elle commençait son travail à l’usine à six heures.

La Messe relie notre vie terrestre à la vie céleste, lui donnant un sens, bien au-delà du sens que nous pourrions lui donner nous-mêmes. L’objectivité de la Messe dominicale, la garantie qu’elle nous offre d’une prière parfaite, indépendamment de nos sentiments et de nos états d’âme, en font l’accomplissement de la semaine qui se termine, et aussi le lancement de la semaine qui commence.

A la présentation des dons, nous offrons à Dieu tout notre travail, nos souffrances, nos joies de la semaine qui se termine, nous donnons à tout cela une valeur d’éternité, nous le déposons à la banque du Ciel. Nous le présentons spirituellement à Dieu, avec le pain et le vin. Cela est symbolisé par l’offrande de la collecte. Et ensuite, vers la fin de la Messe, nous recevons la Sainte Communion, l’offrande que Dieu fait de sa propre vie pour nous, son réconfort, sa grâce, sa présence, pour nous fortifier en vue des combats et des défis de la semaine à venir.

Voilà pourquoi Jésus est fou de joie quand nous obéissons au commandement de l’Eglise en venant à la Messe le dimanche. Voilà pourquoi aussi il souffre tant, quand nous désertons la Messe. Jésus voudrait tant augmenter notre avoir en banque céleste pour nous remplir de sa grâce. Quand nous venons à la Messe, comme nous l’avons fait ce matin, voilà ce que nous lui permettons de faire pour nous.

Lectures 20° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Le banquet de la Sagesse (Pr 9, 1-6)

 

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Lecture du livre des Proverbes

La Sagesse a bâti sa maison, elle a sculpté sept colonnes.
Elle a tué ses bêtes, apprêté son vin, dressé sa table,
et envoyé ses servantes. Elle proclame sur les hauteurs de la cité :

« Si vous manquez de sagesse, venez à moi ! » A l'homme sans intelligence elle dit :
« Venez manger mon pain, et boire le vin que j'ai apprêté !
Quittez votre folie et vous vivrez, suivez le chemin de l'intelligence. »



 

Psaume : 33, 2-3, 10-11, 12-13, 14-15

R/ Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur !

 

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m'entendent et soient en fête !

Saints du Seigneur, adorez-le :
rien ne manque à ceux qui le craignent.
Des riches ont tout perdu, ils ont faim ;
qui cherche le Seigneur ne manquera d'aucun bien.

Venez, mes fils, écoutez-moi,
que je vous enseigne la crainte du Seigneur.
Qui donc aime la vie
et désire les jours où il verra le bonheur ?

Garde ta langue du mal
et tes lèvres des paroles perfides.
Évite le mal, fais ce qui est bien,
poursuis la paix, recherche-la.



 

2ème lecture : Vivre en chrétiens dans l'action de grâce (Ep 5, 15-20)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens

Prenez bien garde à votre conduite : ne vivez pas comme des fous, mais comme des sages.
Tirez parti du temps présent, car nous traversons des jours mauvais.

Ne soyez donc pas irréfléchis, mais comprenez bien quelle est la volonté du Seigneur.
Ne vous enivrez pas, car le vin porte à la débauche. Laissez-vous plutôt remplir par l'Esprit Saint.
Dites entre vous des psaumes, des hymnes et de libres louanges, chantez le Seigneur et célébrez-le de tout votre coeur.
A tout moment et pour toutes choses, rendez grâce à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ.



 

Evangile : Jésus est la vraie nourriture (Jn 6, 51-58)

 
Acclamation : Les yeux sur toi, Seigneur, tous espèrent, et tu leur donnes la nourriture au temps voulu : la chair et le sang de l'Agneau immolé. (Ps 144, 15)

 

 

 

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »

Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
 

Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.
Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »


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Dieu veille toujours - Homélie Assomption de la Vierge Marie

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Nous autres, humains, nous sommes des créatures bizarres. Nous avons la capacité d’anticiper et de faire des projets. Nous sommes capables de nous souvenir des événements du passé. Nous pouvons rêvasser, faire preuve d’imagination et résoudre des problèmes. De toutes ces diverses manières, et de bien d’autres encore, nous sommes en mesure de poser des actes qui transcendent les limites du temps et de l’espace.


La raison en est que nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Nos âmes sont spirituelles, nous avons une conscience, nous sommes capables de connaissance et d’appréhender les vérités éternelles.


Mais nous ne sommes pas que spirituels. Nous sommes des esprits incarnés. Notre intelligence et notre volonté sont unies à notre corps. Par conséquent, nous sommes bel et bien limités par le temps et l’espace. Nous ne sommes pas en mesure de penser sans interruption à quelqu’un que nous aimons. Nous sommes dans l’obligation de nous occuper d’autres choses.


Dieu n’a pas ce problème. Il pense toujours à chacun de nous. Sa sollicitude pour chacun de nous ne souffre d’aucun répit. Regardez Jean Baptiste… Dès avant sa naissance, il s’acquitte déjà d’une mission que Dieu lui a confiée. Dieu s’occupait déjà de lui.


 

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La Vierge Marie, elle aussi, avait reçu une mission, non seulement avant sa naissance, mais dès avant sa conception même. Elle était présente dans la pensée de Dieu et elle a été conçue sans péché. C’est une des raisons pour lesquelles il convenait que Dieu, au terme de sa mission terrestre, l’assume au ciel avec son corps et son âme. C’est ce que nous célébrons en ce jour.


Dans le livre de l’Apocalypse, si haut en couleurs, nous voyons comment Dieu intervient exactement au moment où la femme enfante, en sauvant l’enfant de l’appétit de destruction du dragon. Dans le genre littéraire symbolique de l’Apocalypse, cela veut dire que Dieu veille tout le temps. Rien n’échappe à sa sollicitude aimante.


Dieu prend soin de chacun de nous, bien avant que nous nous en apercevions, exactement  comme il l’a fait pour Jean Baptiste, pour la Vierge Marie et pour l’enfant que le dragon voulait dévorer.


C’est un thème récurant chez Natalia Tsarkova, l’un des plus grands peintres contemporains. Âgée d’une quarantaine d’années, elle travaille à Rome. Après avoir obtenu son diplôme à l’Académie des Beaux Arts à Moscou, elle a émigré vers l’Italie. Sa renommée se répand très rapidement, et elle reçoit une commande du Vatican pour peindre le portrait officiel du pape Jean Paul II. Le résultat donnant entière satisfaction, on lui demande de peindre un portrait posthume de Jean Paul Ier, qui était décédé trop tôt pour avoir un portrait de son vivant. Au cours du printemps 2007 elle a achevé une troisième commande : le portrait de Benoît XVI. Elle fait partie sans aucun doute des plus grands artistes de notre temps.


Dans deux des ses compositions les plus remarquables, elle illustre cette vérité cruciale que Dieu veille toujours sur chacun de nous, comme il l’a fait pour la Vierge Marie, depuis son Immaculée Conception jusqu’à sa glorieuse Assomption. L’un de ces tableaux est une représentation magnifique de la Dernière Cène. L’autre est appelé Notre-Dame de Lumière, le premier d’une série de peintures représentant les vingt mystères du Rosaire tels que Jean Paul II les avait institués.

 

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Les deux tableaux ont ceci de commun qu’ils comportent une multiplicité de personnages, avec beaucoup d’action, de mouvement. Il y a un autre point commun : dans les deux cas, le visage de Jésus est détourné de l’action débordante, et se dirige vers celui qui regarde le tableau. Son regard est vigilant, presque hypnotisant, tout à la fois réconfortant et étrangement exigeant. C’est comme s’il disait : "Oui, je m’occupe de tout l’univers, mais en ce moment, je ne pense qu’à toi." Et c’est la vérité. Jésus s’occupe de l’univers entier, mais en cet instant, à chaque instant, il ne pense qu’à toi.


Il y a une application très concrète de cette vérité de notre foi à propos de la prière. La prière est une conversation avec Dieu. Elle implique toujours deux personnes : nous et Dieu. Si nous n’étions pas sûrs que Dieu était toujours à notre écoute, toujours attentif à nous, notre vie de prière serait pleine de tensions et d’hésitations. Sans cette assurance, notre vie de prière ressemblerait à quelqu’un qui voudrait s’asseoir sur une chaise qui ne pourrait pas supporter notre poids.


C’était le problème permanent des religions pré-chrétiennes. Dans l’Antiquité gréco-romaine, et dans le paganisme en général, il n’y avait aucune assurance que les dieux parlent et écoutent ce qu’on leur disait. Dans ces conditions, la prière était comme un jeu de hasard, un pari, un jeu de poker. La relation avec la divinité avait un caractère d’instabilité et manquait de fiabilité.


Pour un chrétien, par contre, la prière est une relation bâtie sur le roc, une relation d’amitié et de confiance avec le Christ. Dans toutes les circonstances de notre vie, que ce soit dans un bouchon sur la route, dans la maladie, à l’école ou au travail, sur un terrain de sport, etc... nous pouvons toujours nous mettre à l’écoute de ce que Dieu veut nous dire, et lui dire à notre tour ce que nous avons sur le cœur, car nous savons qu’il fait toujours attention à nous. Il est toujours là pour nous guider, nous enseigner ou nous demander de faire quelque chose pour son Royaume, exactement comme pour la Vierge Marie jusqu’au dernier souffle de sa vie sur terre.


La Vierge Marie l’avait compris. L’Evangile nous la montre toujours comme quelqu’un qui parle avec Dieu et qui écoute ce que Dieu lui dit dans son cœur. Dans sa rencontre avec Elisabeth, le Seigneur nous laisse entrevoir les fruits d’une telle vie de prière que sont la joie et la sagesse.


Cette semaine, suivons son exemple. Nous savons que nous sommes toujours l’objet de la sollicitude de Dieu. Prenons la résolution, cette semaine, de faire davantage attention à lui tout au long de la journée, et pas seulement quand nous "récitons nos prières" du matin et du soir. Dieu saura l’apprécier, car il nous aime, et il voudrait tant donner libre cours à la puissance de son amour dans notre vie.

Désormais tous les anges me diront bienheureuse - Homélie pour l'Assomption de la Vierge Marie

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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Non, dans le titre ce n'est pas une faute de distraction. Voici l'antienne d'ouverture de la messe de la Vigile de l'Assomption : "Nous célébrons les merveilles que le Seigneur a faites pour la Vierge Marie : la voici élevée bien au-dessus des anges, elle partage aujourd’hui le triomphe du Christ, et règne pour toujours avec lui."

       Jaloux, les anges ? Non, bien au contraire ! Voici l'antienne d'ouverture de la messe du jour : "Les anges se réjouissent avec nous de cette fête ; ils en glorifient le Fils de Dieu." Les anges sont "avec nous". Nous l’'oublions trop souvent, durant nos célébrations liturgiques, comme dans toute notre vie, qui doit être un sacrifice saint, capable de plaire à Dieu (Rm 12, 1). Sachons-le, et ne l’'oublions pas : aujourd’'hui les anges se réjouissent "avec nous". Puisque les anges se réjouissent avec nous, ne nous réjouissons pas sans eux. "Tous ensemble, réjouissons-nous" –dit encore l’'antienne–, puis : "Les anges se réjouissent avec nous." C’est cela : l'’Église.

       Marie est appelée Arche de la Nouvelle Alliance. Si David mettait tant d’'ardeur à rassembler tout Israël pour introduire l’'Arche de l'Ancienne Alliance dans la Jérusalem de la terre, combien ne devons-nous pas mettre d’'ardeur à célébrer Dieu qui rassemble son peuple pour célébrer l’'entrée de Marie dans la Jérusalem céleste (cf. 1e lect. de la vigile et 1e lect. du jour) ? Mikal, la femme de David récriminait contre lui. Elle demeurera stérile jusqu’à la fin de ses jours (2 S 6, 20-23)….

       Dans une homélie (DE L’'IRONIE JOHANNIQUE À THÉRÈSE DE LISIEUX – Jn 6, 41-51), citant Thérèse, qui, elle-même, citait le Psaume 70 : Vous m’'avez instruite dès ma jeunesse et jusqu’'à présent j'’ai annoncé vos merveilles..., j’'avais dit : "Quel contraste avec ceux qui se trouvaient dans la synagogue de Capharnaüm ! Ils récriminaient contre Jésus." Et Jésus leur dit : Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’'attire vers moi. Ou bien : rendre grâce "avec les anges" et annoncer les merveilles du Père qui a attiré la petite Marie de Nazareth vers Jésus sur la terre comme au ciel ; ou bien : récriminer contre l’'Église, donc contre Jésus, donc contre Dieu, qui, pourtant, en l’'attirant vers Jésus, nous donne Marie comme il nous donne le Pain du ciel : qu’'allons-nous faire "aujourd’hui" ?

       Entre nous et les anges qui se réjouissent "avec nous", il y a pourtant une différence : les anges voient ; nous, nous croyons. En effet, depuis le premier novembre 1950, l’'Assomption de la Vierge Marie est devenue un dogme de notre foi. Que cette différence ne nous décourage pas. Les anges n’ont pas attendu cette date pour se réjouir. Les chrétiens non plus ! En Occident, la fête est célébrée au moins depuis le 7e siècle ! Depuis 1950 quelque chose, pourtant, a changé : "aujourd’hui" nous devons nous réjouir, parce qu’'aujourd’hui nous devons croire. C'’est un devoir, un doux devoir, mais un devoir vital. La foi qui voit, ce n’'est plus la foi. La foi qui ne se réjouit pas, ce n'’est pas encore la foi. Heureux ceux qui croient sans avoir vu (Jn 21, 29). Au ciel, nous verrons, si aujourd’hui, nous croyons, et si, croyant, nous nous réjouissons.

       Autre chose : l’'Assomption de Marie, ça ne se trouve pas dans la Bible, disent les adversaires. Et alors ? L’'Écriture, que je sache, n’'est pas la seule autorité sur laquelle est basée notre foi. Sinon, les premiers chrétiens qui, pendant des décennies, n’'ont pas eu de Nouveau Testament, n'’auraient pas cru beaucoup de vérités fondamentales de notre foi, à commencer par le dogme de la Trinité, qui, d’'ailleurs, n’'est pas explicitement affirmé dans le Nouveau Testament non plus. Alors oui, c’'est vrai, et il faut le dire sans honte, mais avec fierté : le Pape Pie XII, pour fonder la foi en l’'Assomption de Marie, n’'a pas fait appel à une argumentation purement scripturaire. Dans les lectures de cette solennité, aucun texte n’'affirme explicitement que Marie n’'a pas connu la corruption du tombeau.

       Que ceux qui affirment que nous ne devrions croire que ce qui est explicitement affirmé dans la Bible me montrent où cette affirmation (qu'’il faut croire seulement cela) se trouve dans la Bible. Soyons clairs : ce qui se trouve contenu de façon implicite dans l’'Écriture n’'est pas moins certain que ce qui s'’y trouve contenu explicitement. C'’est toute l’'importance du sensus fidei, cet instinct très sûr qui guide la foi des chrétiens, comme nous le rappelle Vatican II. Je vous signale que Pie XII, avant de définir le dogme de l’'Assomption, a procédé à une très large consultation des évêques du monde entier.

       En nous demandant de croire ce qui n'’est pas explicitement affirmé dans la Bible, le Seigneur nous fait un grand honneur. C’est l’'honneur qu’'il a fait à Simon-Pierre quand il lui a demandé de marcher sur l’'eau. Nous sommes bien d’'accord : il est plus facile de marcher sur la terre ferme que de marcher sur l’'eau (surtout dans une tempête), comme il est plus facile de croire ce qui est explicitement affirmé dans l’'Écriture (surtout quand la foi est contestée). À la suite de Pierre, n’'ayons pas peur de marcher sur l’'eau pour aller vers Jésus avec confiance.

       Vous connaissez sans doute le cantique : "Au ciel, au ciel, au ciel, j’'irai la voir un jour". Est-ce trop demander de croire joyeusement pour une si grande récompense ? Si vous dites que les anges ont bien de la chance, je réponds : les anges ne sont pas jaloux de nous ; ne soyez pas jaloux d’'eux non plus. Les anges ne sont pas jaloux de Marie ; ne soyez pas jaloux d’'elle non plus. Car la mort est entrée dans le monde par la jalousie du démon, (écoutez bien la suite) et ceux qui se rangent dans son parti en font l'expérience. (Sg 2, 24)

       Même Pilate se rendrait compte que la raison de tant de récriminations contre l’'Église et le dogme de l’'Assomption de Marie (comme contre l’'Eucharistie) c’'est la jalousie (cf. Mc 15, 10), la jalousie du démon et de ceux qui se rangent dans son parti. Or, dit S. Paul, non sans ironie : Vous ne pouvez pas en même temps boire à la coupe du Seigneur et à celle des esprits mauvais ; vous ne pouvez pas en même temps prendre part à la table du Seigneur et à celle des esprits mauvais. Voudrions-nous provoquer la jalousie du Seigneur ? Sommes-nous donc plus forts que lui ? (1 Co 10, 12)

       La jalousie vient d’'un manque d’'humilité, d'’un manque de pauvreté, et elle engendre la mort. Le Seigneur dit à Angèle de Foligno : "Moi, si la pauvreté n’'eût pas été si heureuse, je ne l’'aurais pas aimée ; et si elle eût été moins glorieuse, je ne l'’aurais pas prise. Car l’'orgueil ne peut trouver place qu’'en ceux qui possèdent ou croient posséder. L’'homme et l’'ange tombèrent, et tombèrent par orgueil car ils crurent posséder. Ni l’'homme ni l’'ange ne possèdent rien. Tout appartient à Dieu. L'’humilité n’'habite qu’'en ceux qui se voient destitués de tout. La pauvreté d’'esprit est le bien suprême."

       La jalousie, l’'orgueil et la mort, d'’un côté ; de l’'autre : la pauvreté, la joie et la vie. Aujourd’'hui, que Marie nous aide à faire le bon choix. Car entre les deux camps, il y a un vrai combat (cf. 1e lect. du jour). "Dans l’'Apocalypse, Marie devient l’'Église…. L’'Église se situe désormais entre le crachat du dragon et la nourriture céleste…. Tout au long de l’'histoire du monde, l’'Église devra se souvenir qu'’elle reçoit de Dieu assez de nourriture pour ne pas périr au désert, et qu'’elle se tient à distance suffisante du serpent pour ne pas être emportée par le flot qu'’il vomit. Cela doit suffire." (von Balthasar)

       Dans une lettre datée du 6 novembre 1950 et adressée à un couple du Canada, endeuillé par la mort précoce de leur petit garçon, Georges-Michel, quinze jours auparavant (une semaine avant la proclamation du dogme de l’'Assomption), et dont Marthe Robin avait accepté d’'être la marraine, le Père Finet, qui avait assisté à la proclamation du dogme Place Saint-Pierre, écrit ces lignes prophétiques :

"Aussi, avec vous, sentons-nous tomber abondantes les grâces du Ciel (…...) De ces grâces, j’'en ai vu les prémices sur la place Saint-Pierre, à la définition du dogme. Avec les petits innocents, nous sommes entrés dans la première réalisation de la conception de Dieu : Dieu parmi nous par l’'Incarnation. Avec la multitude de nos petits innocents de 1950, de l’'Année Sainte, nous entrons dans la seconde partie de la réalisation de la conception de Dieu, l’'humanité en Assomption à la suite de Jésus et de Marie. C’'est la défaite du communisme, du laïcisme, de l’'athéisme, du matérialisme, qui tous nient le grand retour et l’'espérance théologale pour nous proposer un but uniquement à la hauteur de l’'homme, une humanité désacrée qui ne fait pas retour en Dieu et dont le bonheur n’'est que terrestre. Et voici qu’'une fois de plus Marie triomphe de l’'erreur, écrase la tête du serpent et rouvre la route qui fait renaître l'’humanité en Dieu par son Assomption pour le bonheur éternel dans la Jérusalem céleste."


       BONNE FÊTE !

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