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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Être humble ne veut pas dire être malheureux - Homélie 22° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi » (saint Augustin).

« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi » (saint Augustin).

 

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A première vue, la leçon qui se dégage de ce passage de l’évangile est claire et simple ; mais à y regarder de près, il y a de quoi être ébranlé.

 

La première impression, c’est que c’est un plaidoyer en faveur de l’humilité et de la générosité : ne soyez pas imbus de votre importance en occupant les places d’honneur de votre propre initiative ; n’offrez pas l’hospitalité à ceux qui peuvent vous payer en retour.

 

Je ne dis pas que l’intention de Jésus n’était pas d’enseigner cela, et les pharisiens, si remplis de pompeuse vanité, tout comme nous, avaient certainement besoin de l’entendre, mais il s’agit ici de quelque chose de plus.

 

Il est intéressant de remarquer que Jésus ne dit pas : "Ne cherchez jamais à être honorés", ou : "Ne cherchez pas de récompense pour vos bonnes actions". C’est ce que les humanistes modernes nous diraient. La vraie vertu, disent-ils, suppose un détachement absolu, même du désir d’être heureux. En fait, certains philosophes modernes reprochent aux chrétiens même de vouloir faire le bien, car c’est en faisant le bien que l’on devient heureux.

 

Cette critique est totalement dépourvue de fondement. Nous ne pouvons pas tuer notre désir de parvenir à nous épanouir. Ce désir est inné, c’est Dieu qui l’a mis en nous, comme une boussole qui nous indique à tout moment le chemin qui conduit vers lui :

 

« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi » (saint Augustin).

 

Le Christ ne condamne donc pas le désir naturel des honneurs et des récompenses, mais il l’élève. Il nous appelle à chercher la vraie récompense d’un bonheur durable qui est le fruit d’une vie d’amitié avec Dieu. Cela implique l’humilité, puisque seuls les humbles sont capables d’une amitié authentique. Nous devrions choisir « la dernière place » maintenant, en servant les autres tant que nous le pouvons, pour être élevés plus tard.

 

Il n’y pas plus réaliste que Jésus. Il connaît le cœur de l’homme (après tout, c’est lui qui l’a fait), et il cherche, non pas à l’étouffer, mais à le libérer.

 

L’humilité nous libère pour que les talents que Dieu nous a accordés puissent donner toute leur mesure, car l’humilité nous libère de la peur du qu’en dira-t-on. L’histoire de l’art, de la musique, abonde en exemples. Les vrais artistes ont travaillé dur pour développer leur génie créateur, quelles que soient les éloges ou la reconnaissance des critiques. Beaucoup de chefs-d’œuvre du répertoire de la musique classique, par exemple, n’ont jamais été reconnus comme tels du vivant de leurs compositeurs, mais longtemps après leur mort seulement.

 

La géniale Messe en Si Mineur de Bach, l’une des plus belles messes de tous les temps, n’a jamais été exécutée du vivant de son auteur. Bach était un protestant, mais puisque la Messe était catholique, il n’était pas question d’exécuter cette Messe dans un temple protestant. Or, cette Messe nécessitait un petit orchestre, et en ce temps-là, les orchestres étaient interdits dans les églises catholiques…

 

De même, les Variations Goldberg figurent parmi les œuvres les plus jouées dans les salles actuellement. Mais le genre de concert qui rend possible son exécution n’a pas existé jusqu’à plus de cent ans après la mort du compositeur.

 

Beethoven a connu un sort semblable. C’est de son vivant que le piano moderne a vu le jour. Parmi ses œuvres majeures figurent les trente-deux sonates pour piano. Mais, en fait, seuls deux de ces sonates ont été jouées en concert du vivant de Beethoven.

 

Si Bach et Beethoven avaient recherché « les places d’honneur » aux yeux du public au lieu de répondre à leur vocation de musiciens, ces œuvres immortelles n’auraient jamais vu le jour. L’humilité n’étouffe pas le cœur humain, mais le libère.

 

Jésus veut que nous cherchions la vraie grandeur, le succès durable, la gloire éternelle, et il nous enseigne que pour cela, nous devons apprendre à être humbles.

 

Mais l’humilité, à quoi ressemble-t-elle ? C’est à cette question que répond le passage du Livre de Ben Sirac le Sage. Nous y trouvons les trois visages de l’humilité.

 

D’abord, l’humilité consiste à admettre que nous ne savons pas tout :

 

« Ne cherche pas ce qui est trop difficile pour toi. »

 

(Ce verset a été omis dans le découpage liturgique, mais est cité par saint Thomas d’Aquin dans la première question de la 1a Pars de sa Somme Théologique, ainsi que par saint Louis-Marie Grignion de Montfort en conclusion de son Traité sur L’amour de la Sagesse Eternelle.)

 

Est-ce que nous nous souvenons de la dernière fois que nous avons admis ne pas connaître la réponse à une question ou la solution d’un problème ? Notre nature pécheresse nous pousse à agir comme si nous avions réponse à tout. Cette tendance engendre forcément des tensions et des angoisses. Alors, au cours de cette semaine, n’ayons pas peur d’admettre que nous ne savons pas tout.

 

Deuxièmement, l’humilité ne s’entête pas à vouloir faire les choses chacun à sa manière. Elle consiste à demeurer ouverts aux avis et aux idées des autres :

 

« L'idéal du sage, c'est une oreille qui écoute. »

 

Notre nature pécheresse nous pousse à être des "têtes de mule". Nous voulons n’en faire qu’à notre tête. Mais cela entraîne encore plus de tensions que ceux qui prétendent tout savoir. Alors, cette semaine, ayons « une oreille qui écoute » pour connaître la joie de la sagesse.

 

Enfin, l’humilité sert les autres au lieu de chercher à être servi par les autres :

 

« L’eau éteint les flammes, l’aumône remet les péchés. » (v. 30, omis dans le découpage liturgique)

 

Quand nous faisons l’aumône, quand nous donnons de notre temps, de nos talents et de nos trésors pour aider ceux qui sont dans le besoin, nous abolissons la malédiction du péché qui est un véritable fléau pour nous et pour le monde dans lequel nous vivons. Sœur Prema, la supérieure des Missionnaires de la Charité, disait à l’occasion du centième anniversaire de la naissance de Mère Teresa que si Dieu permet les catastrophes naturelles telles que le tremblement de terre à Haïti ou les inondations au Pakistan, c’est parce que ces événements peuvent faire de nous des hommes meilleurs et plus profonds. Alors, cette semaine, cherchons à donner, plus qu’à recevoir.

 

Prendre les trois résolutions (admettre que nous ne savons pas tout, avoir une oreille qui écoute, et chercher à donner, plus qu’à recevoir) est peut-être trop demander à la fois. Jésus est réaliste. Il sait de quoi nous sommes faits. Durant cette Messe, demandons-lui dans lequel parmi ces trois visages de l’humilité, il veut que nous devenions plus ressemblants à lui cette semaine. Si nous le lui demandons, il nous le dira. Il veut ce qu’il y a de meilleur pour nous, plus que nous-mêmes.

Lectures 22° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Exhortation à l'humilité (Si 3, 17-18.20.28-29)

 

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Lecture du livre de Ben Siras le Sage

Mon fils, accomplis toute chose dans l'humilité, et tu seras aimé plus qu'un bienfaiteur.
Plus tu es grand, plus il faut t'abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur.
La puissance du Seigneur est grande, et les humbles lui rendent gloire.
La condition de l'orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui.
L'homme sensé médite les maximes de la sagesse ; l'idéal du sage, c'est une oreille qui écoute.
 
 

 

 

Psaume : Ps 67, 4-5ac, 6-7ab, 10-11

R/ Béni soit le Seigneur : il élève les humbles

 

Les justes sont en fête, ils exultent ;
devant la face de Dieu ils dansent de joie.
Chantez pour Dieu, jouez pour son nom.
Son nom est Le Seigneur ; dansez devant sa face.

Père des orphelins, défenseur des veuves,
tel est Dieu dans sa sainte demeure. 

A l'isolé, Dieu accorde une maison ; 
aux captifs, il rend la liberté.

Tu répandais sur ton héritage une pluie généreuse,
et quand il défaillait, toi, tu le soutenais.
 
Sur les lieux où campait ton troupeau,
tu le soutenais, Dieu qui es bon pour le pauvre.
 
 

 

 

 

2ème lecture : La fête éternelle sur la montagne de la nouvelle Alliance (He 12, 18-19.22-24a)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
quand vous êtes venus vers Dieu, il n'y avait rien de matériel comme au Sinaï, pas de feu qui brûle, pas d'obscurité, de ténèbres, ni d'ouragan,
pas de son de trompettes, pas de paroles prononcées par cette voix que les fils d'Israël demandèrent à ne plus entendre.
Mais vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, vers des milliers d'anges en fête
et vers l'assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous les hommes, et vers les âmes des justes arrivés à la perfection.
Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d'une Alliance nouvelle.
 
 

 

 

 

Evangile : Pour avoir part au royaume de Dieu : choisir la dernière place, inviter les pauvres (Lc 14, 1a.7-14)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Heureux les invités à la table de Dieu : il comble de biens les affamés, il élève les humbles. Alléluia. (cf. Lc 1, 52-53)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas.
Remarquant que les invités choisissaient les premières places, il leur dit cette parabole :
« Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place, car on peut avoir invité quelqu'un de plus important que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendrait te dire : 'Cède-lui ta place',
et tu irais, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : 'Mon ami, avance plus haut', et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi.
Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »
Jésus disait aussi à celui qui l'avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi t'inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue.
Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ;
et tu seras heureux, parce qu'ils n'ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »
 
 

 

 

Copyright AELF - 1980 - 2010 - Tous droits réservés

Luttez pour entrer par la porte étroite - Homélie 21° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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Aujourd’hui l’Eglise nous rappelle trois choses à travers les passages de l’Evangile.

 

D’abord, le Ciel existe. C’est le banquet dans le Royaume des Cieux, la manière dont Jésus décrit le salut, la vie éternelle.

 

Ensuite, l’enfer existe. C’est tout ce qui est « dehors », là où il y a « des pleurs et des grincements de dents ». Ce sont des images qui expriment la frustration désespérée éprouvée par celui qui s’est coupé pour toujours de l’amitié avec Dieu.

 

Enfin, pour avoir accès au ciel, nous devons sans cesse faire des efforts. Il ne suffit pas d’avoir une connaissance superficielle du Christ, comme les gens qui disaient :

 

« Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places. »

 

Nous devons plutôt cultiver une relation d’amitié vivante, durable, de plus en plus étroite, avec le Christ. C’est dans ce but que nous sommes créés, et c’est ce qui nous conduira à la vraie vie.

 

L’amitié implique toujours un effort, un sacrifice de soi, un investissement de temps et d’énergie. Cela vaut aussi pour notre amitié avec Jésus. Notre salut est conditionné par la manière dont nous le suivons, par les efforts que nous faisons pour mieux le connaître et pour vivre selon ses enseignements. C’est ce que Jésus veut dire par « la porte étroite » qui conduit au salut. Pour passer par la porte étroite, il faut laisser derrière soi tout bagage superflu. Il faut vraiment le vouloir.

 

On peut être étiqueté comme chrétien selon les apparences, sans vraiment faire des efforts pour vivre comme un chrétien de tout son cœur. Il est possible de venir à la Messe, d’être engagé dans des activités paroissiales, sans pour autant se laisser vraiment transformer de l’intérieur par une relation personnelle avec le Christ. Jésus sait que le fait d’éprouver des sentiments ne suffit pas. Nous devons permettre à sa grâce de transformer notre vie.

 

Le dialogue où Jésus parle du nombre de ceux qui sont sauvés n’est pas facile à avaler. On peut imaginer Jésus se reposant après une longue journée de voyage, assis sur un rocher ou une souche d’arbre à l’extérieur de la ville, ou peut-être sur un muret sur la place de la ville. Il est entouré d’une foule de disciples et de gens qui sont à la recherche de quelque chose de sensationnel. Il leur parle de Dieu et du sens de la vie. Quelqu’un lui pose alors la question sur le nombre des sauvés. Nous ne savons rien sur celui qui pose cette question : un veuf, une maman qui vient de perdre un enfant peut-être ?

 

En tout cas, c’était quelqu’un qui croyait à la vie éternelle, mais qui se posait la question si c’était difficile d’y arriver, comme les pharisiens le disaient selon l’opinion la plus courante de l’époque. Dans notre culture, c’est l’opinion contraire qui prévaut. De nos jours on pense volontiers que la grande majorité des gens sont gentils, et iront donc au ciel.

 

Mais que dit Jésus ? Il ne répond pas directement. Il ne dit pas que peu seulement seront sauvés, comme les Pharisiens l’enseignaient. Il ne dit pas non plus que tout le monde sera sauvé, comme la culture dominante l’estime aujourd’hui. Jésus change l’accent mis sur les statistiques pour parler de la personne individuelle. Il regarde celui qui lui pose la question et dit :

 

« Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite… »

 

Et il enchaîne avec la parabole qui renforce encore l’accent mis sur la responsabilité personnelle de chacun (en contraste avec les apparences générales) en montrant qu’au Jour du Jugement, il y aura beaucoup de surprises :

 

« Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

 

Ce que Jésus veut nous faire comprendre est clair. Il veut que nous prenions l’aventure de notre vie au sérieux, que nous fassions des choix responsables. Il veut nous conduire tous au Ciel, mais il ne peut le faire que si nous prenons la décision de le suivre.

 

Nous ne pouvons pas considérer notre amitié avec Jésus comme un acquis. Nous devons consciemment et continuellement nous efforcer d’entrer par la porte étroite. Voilà ce que le Seigneur nous dit aujourd’hui.

 

Nous devons donc nous poser la question : est-ce que le verbe ‘s’efforcer’ est celui qui caractérise le mieux notre vie chrétienne ? Le verbe grec est « agonizomai ». Ce terme grec a une connotation d’effort suprême. C’est ce verbe qui a donné en français le verbe ‘agoniser’ et le substantif ‘agonie’. Les Grecs utilisaient ce terme pour décrire les compétitions de leurs Jeux Olympiques, et aussi pour le combat corps-à-corps avec l’ennemi. Il faudrait donc traduire plutôt : "Luttez pour entrer par la porte étroite" (Osty ; BJ). C’est le thème du combat spirituel.

 

Aujourd’hui, Jésus nous regarde intensément, nous invitant à rompre avec nos habitudes de confort pour commencer à le suivre de manière plus ... étroite. Il nous le demande seulement parce qu’il nous aime, et quand on aime, on veut toujours ce qu’il y a de meilleur pour celui qu’on aime. Nous devons tous examiner notre cœur pour voir les occasions où nous nous sommes laissé prendre par la routine, la paresse…

 

Peut-être voyez-vous tout de suite en quoi vous êtes concernés. Sinon, voici une petite suggestion. Nous ne pouvons pas lutter pour suivre le Christ si nous ne le connaissons pas. Cette semaine, pourquoi ne pas prendre la résolution d’apprendre à mieux connaître le Seigneur ? Nous pouvons réaliser cela de bien des manières : participer à l’adoration eucharistique, lire la Bible ou un bonne vie de saint, renouveler votre vie de prière… Quelle que soit notre résolution, ce qui est important, c’est d’en prendre une, en nous appuyant, non pas sur notre propre force, mais sur la grâce de Dieu. Jésus ne demande qu’à nous aider d’entrer par la porte étroite, mais il ne peut faire sa part que si nous nous efforçons de faire la nôtre.

'Agonizomai': les Grecs utilisaient ce terme pour décrire les compétitions de leurs Jeux Olympiques

'Agonizomai': les Grecs utilisaient ce terme pour décrire les compétitions de leurs Jeux Olympiques

Lectures 21° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Dieu vient rassembler toutes les nations (Is 66, 18-21)

 

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Lecture du livre d'Isaïe

Parole du Seigneur : Je viens rassembler les hommes de toute nation et de toute langue. Ils viendront et ils verront ma gloire :
je mettrai un signe au milieu d'eux ! J'enverrai des rescapés de mon peuple vers les nations les plus éloignées, vers les îles lointaines qui n'ont pas entendu parler de moi et qui n'ont pas vu ma gloire : ces messagers de mon peuple annonceront ma gloire parmi les nations.
Et, de toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères, en offrande au Seigneur, sur des chevaux ou dans des chariots, en litière, à dos de mulets ou de dromadaires. Ils les conduiront jusqu'à ma montagne sainte, à Jérusalem, comme les fils d'Israël apportent l'offrande, dans des vases purs, au temple du Seigneur.
Et même je prendrai des prêtres et des lévites parmi eux. Parole du Seigneur.
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 116, 1, 2

R/ Allez par le monde entier proclamer la Bonne Nouvelle

 

Louez le Seigneur, tous les peuples ;
fêtez-le, tous les pays ! 


Son amour envers nous s'est montré le plus fort ;
éternelle est la fidélité du Seigneur !
 
 

 

 

 

2ème lecture : Dieu corrige ceux qu'il aime (He 12, 5-7.11-13)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
n'oubliez pas cette parole de réconfort, qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur, ne te décourage pas quand il te fait des reproches.
Quand le Seigneur aime quelqu'un, il lui donne de bonnes leçons ; il corrige tous ceux qu'il reconnaît comme ses fils.
Ce que vous endurez est une leçon. Dieu se comporte envers vous comme envers des fils ; et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ?
Quand on vient de recevoir une leçon, on ne se sent pas joyeux, mais plutôt triste. Par contre, quand on s'est repris grâce à la leçon, plus tard, on trouve la paix et l'on devient juste.
C'est pourquoi il est écrit : Redonnez de la vigueur aux mains défaillantes et aux genoux qui fléchissent,
et : Nivelez la piste pour y marcher. Ainsi, celui qui boite ne se tordra pas le pied ; bien plus, il sera guéri.
 
 

 

 

 

Evangile : L'appel universel au salut et la porte étroite (Lc 13, 22-30)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. De l'Orient à l'Occident, tous les peuples de la terre prendront place à la table de Dieu. Alléluia. (cf. Lc 13, 29)
 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Dans sa marche vers Jérusalem, Jésus passait par les villes et les villages en enseignant.
Quelqu'un lui demanda : « Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? » Jésus leur dit :
« Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas.
Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : 'Seigneur, ouvre-nous', il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes.'
Alors vous vous mettrez à dire : 'Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.'
Il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal.'
Il y aura des pleurs et des grincements de dents quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors.
Alors on viendra de l'orient et de l'occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu.
Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »
 
 

 

Copyright AELF - 1980 - 2010 - Tous droits réservés

Assomption de la Vierge Marie : mythe olympique ou mystère chrétien ?

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)


    Le Seigneur Jésus a posé les fondations de son Royaume, mais la construction n'est pas terminée. Les frontières sont encore à élargir pour rassembler tous les hommes autant que possibble. C'est la mission de l'Église militante, l'Église de la terre, de construire le Royaume du Christ, d'inviter de plus en plus d'hommes à entrer dans son amitié, pour qu'ils le suivent et découvrent ainsi le sens de leur vie.

    Mais qu'arrivera-t-il à la fin de l'histoire ? Que deviendra l'Église quand le temps de la construction sera terminé ? La solennité de ce jour apporte une réponse à cette question. Les chrétiens ont toujours vu en la Vierge Marie une image de l'Église. Marie est celle qui a donné Jésus au monde au jour du premier Noël, celle qui a pris soin de lui durant les années de sa croissance, et celle qui l'a accompagné durant le temps de sa mission.

    L'Église, dont la Vierge Marie fait partie, a une relation similaire envers chaque chrétien, membre du corps du Christ. Continuellement elle donne Jésus au monde par ses multiples oeuvres de charité et d'apostolat, et, spécialement, en "mettant  au monde" des chrétiens par le baptême. Par son enseignement et par les six autres sacrements, l'Église prend soin de ses membres et les accompagne dans leur croissance et leur mission vers la maturité. Et ainsi, de même que Dieu a "assumé" la Vierge Marie au ciel, corps et âme, à la fin de sa mission à elle, Dieu élèvera-t-il l'Église tout entière à la communion parfaite avec lui-même au ciel à la fin de l'histoire.

    Ainsi l'Assomption de la Vierge Marie apparaît-elle comme une promesse pour nous. Tout chrétien qui marche sur la voie de l'humilité et de la fidélité à la volonté du Père peut espérer la suivre aussi dans la gloire et dans les joies de l'éternité.

    Il est important d'avoir devant les yeux cette vision d'ensemble. C'est une des raisons pour lesquelles l'Église célèbre l'Assomption de la Vierge Marie avec tant de solennité. L'Église veut fortifier la foi de ses enfants, pour qu'elle soit comme la foi de la Vierge Marie. Elle veut que nous nous souvenions que Dieu est tout-puissant, magnificent, et qu'il fait des merveilles dans, par et pour ceux qui se confient vraiment en lui, comme Marie l'a fait. Voici une anecdote qui illustre l'importance d'avoir présent à l'esprit cet horizon de notre foi.

    Deux hommes s'en allaient à la pêche. Le premier était un pêcheur expérimenté, l'autre non. Chaque fois que le pêcheur expérimenté prenait un gros poisson, il le mettait dans sa glacière, bien au frais. Chaque fois que le pêcheur débutant en attrapait un, il le rejetait dans la mer.

- Pourquoi rejettes-tu toujours les gros poissons que tu prends, demanda-t-il ?

    Et le pêcheur inexpérimenté répliquait :

- Parce que je n'ai qu'une petite poële à frire !

    Parfois, comme ce pêcheur débutant, nous rejetons les grands projets, les larges possibilités que le Seigneur nous présente, parce que notre foi est trop petite. Nous nous moquons de ce pêcheur inexpérimenté parce qu'il ne comprenait pas que ce qu'il aurait dû faire, c'est s'acheter une poële plus grande. Mais nous-mêmes, nous ne nous rendons pas compte que nous ne faisons rien pour augmenter la dimension de notre foi. Dieu nourrit des grandes espérances à notre égard : King size, comme le disent les anglophones, à la dimensions du Roi de l'Univers. En voyant comment les projets de Dieu se sont si merveilleusement réalisés pour la Vierge Marie, cela devrait nous aider à grandir dans notre foi, à augmenter la dimension de notre poële à frire. Comme le disait l'ange Gabriel à Marie, longtemps avant son Assomption,

"rien n'est impossible à Dieu" (Lc 1, 37).

    L'une des images préférées de l'Église pour les artistes de l'Antiquité chrétienne est un grand navire. L'Église est comme une version spirituelle de l'Arche de Noé. Ce monde de péché est sinistré par le péché, la tentation, la souffrance. Mais Dieu nous a envoyé un navire fiable pour nous permettre d'échapper aux flots destructeurs. Le navire lui-même est fait de matériaux normaux, terrestres : des êtres humains, avec leurs limites et leurs défauts. Mais il tient bon, protégé et guidé par une réalité invisible et indestructible : le Saint Esprit.

    Aussi longtemps que nous restons à bord de ce navire - dans l'Église - en communion avec le pape et les évêques qui sont en communion avec lui, nous sommes en sécurité, et nos vies porteront du fruit, auront du sens, ici, sur terre, et plus tard, au ciel, pour l'éternité. Soley ka chofé, van ka souflé, lapli ka tombé (créole pour : le soleil chauffe, la tempête souffle, la pluie tombe) ... Certains passagers et même des membres d'équipage, quitteront le navire, comme cela est arrivé tant de fois dans le passé. Ils construiront des radeaux pour essayer de rejoindre le port par leurs propres forces. Mais seule la barque de Pierre a la garantie divine de rejoindre le port du ciel en toute sécurité.

    C'est ce que Jésus promet au chapitre 16 de Saint Matthieu :

"Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les puissances de l'enfer ne prévaudront pas contre elle."

    Comme nous l'avons entendu dans la
deuxième lecture, Dieu sauvera le Christ et son Église des griffes du dragon. C'est sa promesse, et sa garantie. Et pour que les difficultés et les souffrances de cette vie ne nous enfoncent pas dans le doute et le découragement, Jésus a ratifié cette garantie et prouvé sa fidélité en prenant sa Mère, la Mère de l'Église, la première des chrétiens, au ciel, corps et âme. Voilà ce que nous célébrons aujourd'hui, en cette sainte solennité de l'Assomption.

    Dans la préface de cette fête le célébrant dit :

"Aujourd'hui, la Vierge Marie, la Mère de Dieu, est élevée dans la gloire du ciel: parfaite image de l'Église à venir, aurore de l'Église triomphante, elle guide et soutient l'espérance de ton peuple encore en chemin."

    Nous sommes encore en chemin. Nous ne sommes pas encore au ciel. Nos vies sont une succession de doutes, difficultés, souffrances et douleurs. Dans nos efforts pour suivre le Christ nous rencontrons bien des obstacles. Nous ne comprenons pas pourquoi Dieu ne résout pas les problèmes. Nous sommes dans les ténèbres, comme des aveugles, et nous ne voyons pas comment nous allons nous en sortir. Nous vivons dans un monde de péché. Et notre foi ne dissipe pas les ténèbres, ne nous fait pas faire l'économie de la croix. La Vierge Marie elle-même n'a pas été épargnée. Les saints non plus. Mais notre foi nous montre que la première des chrétiens, la Mère de tous les chrétiens, a été enlevée au ciel à la fin de sa vie terrestre.

    C'est une certitude de foi, et non pas une simple croyance, et encore moins un mythe. Le mont Olympe (du grec ancien Ὄλυμπος / Olympos) est la plus haute montagne de Grèce, avec un sommet à 2917 mètres. L'Olympe est le domaine des dieux de la mythologie grecque. Puisque son sommet reste caché aux mortels par les nuages, l'Olympe est aussi un lieu de villégiature sur laquelle les dieux grecs avaient élu domicile pour passer leur temps à festoyer (leur boisson favorite est le célèbre nectar et ils consomment l'ambroisie qui les rend immortels) et à contempler le monde. Homère décrit ce lieu comme un endroit idéal et paisible, isolé des intempéries telles que la pluie, la neige ou le vent, où les dieux pouvaient vivre dans un parfait bonheur. Ceux-ci y avaient élu domicile après avoir évincé les Titans, Ophion et Typhon.

    Nous sommes loin du mystère qui émerveille les anges eux-mêmes ! Ceux qui voudraient réduire l'Assomption de la Vierge Marie à un mythe de ce genre ont raison de s'insurger. Une telle histoire pourrait bien exciter la fantaisie de tel romancier, ou l'imagination de tel peintre. Mais je pense qu'un croyant n'a aucune peine pour mesurer la distance qui sépare ces deux visions. Quand nous levons nos yeux vers la Vierge Marie, à la droite de son Fils, nous avons l'assurance que notre Dieu est fidèle. Si nous sommes fidèles envers lui, il sera fidèle envers nous. Ainsi, l'Assomption de la Vierge Marie nous réconforte et fortifie notre espérance quand nous trébuchons sur les chemins de cette vie. Cela nous permet de persévérer malgré tout au milieu des épreuves, comme elle, et de nous réjouir dans le Seigneur, alors même que le monde nous fait pleurer.

    Quand, tout à l'heure, nous communierons au Corps de son Fils, puissions-nous expérimenter ce réconfort et cette espérance. Puissions-nous être assurés que cette espérance n'est pas une illusion, un mythe, mais la vérité sans fin. Que nos frères séparés, chrétiens non catholiques, qui aiment sincèrement Jésus, mais ne font pas attention à sa Mère, et même ont peur de la regarder pour ne pas enlever quoi que ce soit au rôle du Christ, comprendre que l'Assomption est la preuve que ce n'est pas vrai. Le Christ lui-même a chosi, librement et à dessein, d'attribuer un rôle spécial à sa Mère. Il ne sera certainement pas fâché si nous reconnaissons ce rôle. Cela n'enlève rien au rôle du Christ, bien au contraire, si nous reconnaissons et apprécions les merveilles qu'il a faites pour sa Mère ! Nous le glorifions quand nous reconnaissons la puissance de sa grâce qui est à l'oeuvre en elle et par elle. C'est la raison pour laquelle elle-même a prophéitsé que toutes les générations la proclameront bienheureuse.

    Aujourd'hui, rendons grâce à Dieu pour les merveilles qu'il a accomplies en Marie. souvenons-nous qu'il veut en faire en nous et par nous aussi. Demandons au Christ de nous donner la sagesse et le courage de parler de sa Mère en vérité et avec confiance, pour que tous les hommes puissent le connaître en connaissant celle qui le connaît le mieux.

Lectures pour la solennité de l'Assomption de la Vierge Marie

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

Livre de l'Apocalypse (Ap 11, 19a; 12, 1-6a.10ab)

11

19ai  Le Temple qui est dans le ciel s’ouvrit, et l’arche de l’Alliance du Seigneur apparut dans son Temple.

12

01  Un signe grandiose apparut dans le ciel :
une Femme,
ayant le soleil pour manteau,
la lune sous les pieds,
et sur la tête une couronne de douze étoiles.
02  Elle était enceinte et elle criait,
torturée par les douleurs de l'enfantement.
03  Un autre signe apparut dans le ciel :
un énorme dragon, rouge feu,
avec sept têtes et dix cornes,
et sur chaque tête un diadème.
04  Sa queue balayait le tiers des étoiles du ciel,
et les précipita sur la terre.
Le Dragon se tenait devant la femme qui allait enfanter,
afin de dévorer l'enfant dès sa naissance.
05  Or, la Femme mit au monde un fils, un enfant mâle,
celui qui sera le berger de toutes les nations,
les menant avec un sceptre de fer.
L'enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son Trône,
6a  et la Femme s'enfuit au désert,
où Dieu lui a préparé une place.
10a  Alors j'entendis dans le ciel une voix puissante,
qui proclamait :
10b  « Voici maintenant le salut,
la puissance et la royauté de notre Dieu,
et le pouvoir de son Christ ! »




Psaume (Ps 44, 11-12a, 12b-13, 14-15a, 15b-16)

R/ Heureuse es-tu, Vierge Marie, dans la gloire de ton Fils.

11  Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
12a  le roi sera séduit par ta beauté.

12b  Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.
13  Alors, fille de Tyr, les plus riches du peuple,
chargés de présents, quêteront ton sourire.

14  Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
vêtue d'étoffes d'or ;
15a  on la conduit, toute parée, vers le roi.

15b  Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
16  on les conduit parmi les chants de fête :
elles entrent au palais du roi.



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 15, 20-27a)

15

20i  Le Christ est ressuscité d’entre les morts pour être parmi les morts le premier ressuscité.
21  Car, la mort étant venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la résurrection.
22  En effet, c'est en Adam que meurent tous les hommes ; c'est dans le Christ que tous revivront,
23  mais chacun à son rang : en premier, le Christ ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu'il reviendra.
24  Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal.
25  C'est lui en effet qui doit régner jusqu'au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis.
26  Et le dernier ennemi qu'il détruira, c'est la mort,
27a  car il a tout mis sous ses pieds.

Palma le Vieux (Iacopo Nigretti)
(Italie, 1480-1528)
Assomption



Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 1, 39-56)

1

39  En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
40  Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
41  Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
42  et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
43  Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
44  Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
45  Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
46  Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
47  mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
48  Il s'est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
49  Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
50  Son amour s'étend d'âge en âge
sur ceux qui le craignent.
51  Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
52  Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
53  Il comble de bien les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
54  Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
55  de la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
56  Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.


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Souffrir en ami du Christ - Homélie 20° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C 2012-2013

 

20 TOC 1 lec

 

Rien n'est plus important que notre amitié avec le Christ. Pourquoi? Le Catéchisme nous enseigne que nous sommes créés pour vivre en communion avec Dieu (n. 45), et que c'est en lui que nous trouvons le bonheur. En d'autres mots, nous ne pouvons pas avoir accès à la plénitude à laquelle nous aspirons dans notre vie, si ce n'est en vivant en communion avec Dieu. 

 

Mais comment y parvenir? Avant le péché originel, la vie en communion avec Dieu était naturelle. Mais le péché originel a détruit cette communion. Le péché, la souffrance, les conflits, la mort et toutes les frustrations qui les accompagnent, ont envahi la famille humaine.

 

Mais Dieu est venu à notre secours. Il nous a envoyé son Fils, Jésus Christ, pour reconstruire le pont que le péché originel avait détruit. C'est par l'amitié avec Jésus que nous pouvons à nouveau vivre en communion avec Dieu et atteindre au bonheur pour lequel nous sommes créés. Voilà pourquoi rien n'est plus important que notre amitié avec le Christ.

 

Mais être ami(e) du Christ suppose bien plus que simplement faire quelques prières et aller à la messe, même si ce sont des choses essentielles. Etre ami(e) du Christ veut dire aussi le suivre. Cela suppose une écoute de tous les instants à sa voix qui nous appelle, et une prompte obéissance. C'est cela qui nous est difficile. Car obéir au Christ veut dire aller à contre-courant du monde, au risque de nous trouver en conflit avec les tendances à la mode, avec ce que les gens attendent de nous, et surtout avec notre propre nature pécheresse.

 

Il ne s'agit pas de chercher les conflits, mais de chercher à découvrir et exécuter le projet de Dieu. Mais le Christ ne veut pas que nous soyons naïfs non plus. Vivre en vérité avec lui n'est pas toujours facile. Cela pourra affecter jusqu'à nos relations les plus étroites, comme Jésus le laisse entendre dans la passage de l'évangile de ce dimanche. Quand il nous fait connaître sa volonté, même les liens familiaux ne doivent nous retenir de le suivre. Dans l'esprit du Christ, il vaut la peine de tout sacrifier pour lui.

 

Comme nous l'avons entendu dans la première lecture, le prophète Jérémie a bien retenu la leçon. Il a vécu à une époque mouvementée dans l'histoire d'Israel, aux alentours de 600 avant Jésus Christ. Le nord d'Israel avait été conquis par l'Assyrie, mais le sud, la Judée, là où se trouve Jérusalem et où vécut Jérémie, était encore libre au moment où Jérémie est né. Mais la Judée se trouvait coincée entre deux empires puissants qui s'efforçaient de conquérir la région tout enière: l'Egypte au sud, et Babylone au nord. Dieu avait donné à Jérémie la mission d'être propète, de rappeler au peuple et à ses dirigenats en permanence la nécessité de faire confiance à Dieu. S'ils obéissaient aux commandements et aux instructions de Dieu, Dieu les protégerait. 

 

Malheureusement, ni les dirigeants, ni le peuple, n'ont voulu en entendre parler. Ils voulaient prendre les choses eux-mêmes en main, mener leurs propres batailles, négocier leurs propres traités de paix. La dernière chose qu'ils voulaient faire était de dépendre de Dieu et de lui obéir. Chaque fois que le Roi de Judée demandait conseil à Jérémie, Jérémie priait, recevait des instructions, et en informait le Roi, et le Roi faisait exactement le contraire. Ensuite Dieu demandait à Jérémie de donner des avertissements au Roi, et d'appeler le peuple à la repentance, tout cela en vain.

 

C'est ainsi que Babylone a fini par conquérir la Judée, Jérusalem fut mise à sac, et les Juifs emmenés en exil, tandis que Jérémie ne récoltait que le mépris du bouc émissaire. Des mensonges se répandaient à son sujet, on se moquait de lui, ses écrits brûlés, et il fut jeté en prison. Et quand cela ne suffisait pas pour le réduire au silence, il fut jeté dans un puits pour le faire mourir de faim. Pourquoi? Simplement parce qu'il était fidèle à ce que Dieu lui demandait.

 

Ceci nous rappelle que suivre le Christ dans un mondé déchu n'est pas sans conséquences, et Dieu veut que nous les assumions.

 

Cela devrait nous aider, par exemple, à comprendre l'enseignement de l'Eglise à propos de l'euthanasie. Le Catéchisme (n. 2277) définit l'euthanasie comme étant la volonté de mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. A la télévision et dans la presse, on fait souvent l'apologie de cette pratique. On nous dit que si la vie est douloureuse, on peut donner la mort par pitié. Mais cette pitié est fausse. Elle n'est qu'une manière habile de camoufler le péché de meurtre, une manière si habile que même des catholques se laissent piéger.

 

Mais aujourd'hui, le Saint Esprit nous rappelle que la souffrance et les tribulations n'enlèvent rien au sens de la vie. Ce n'est pas Dieu qui a inventé la souffrance. La souffrance est une conséquence du péché. Mais Dieu a pris la souffrance sur lui par amour. En demeurant fidèle à Dieu au milieu des épreuves, comme Jérémie, nous montrons notre amour pour lui, et nous pouvons grandir dans cet amour. Ces épreuves deviennent alors des moments privilégiés dans la croissance de notre amitié avec Jésus. On peut euthanasier des animaux, car les animaux n'ont pas part à cette amitié. Les êtres humains, par contre, sont créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, qui les aime comme ses enfants et amis. Si Dieu permet que la souffrance nous mette à genoux, il nous donne en même temps la force pour la supporter et la lumière pour lui donner un sens.

 

Voilà le message vraiment réconfortant et fortifiant que nous devons croire nous-mêmes et nous efforcer de transmettre à tous ceux qui souffrent. S'ils se savent aimés, ils pourront souffrir avec amour, et ils pourront découvrir que leur croix et la plus grande bénédiction. Et n'oublions pas que c'est la croix du Christ qui a valu à l'Eglise son plus grand trésor: l'Eucharistie. C'est cela, la meilleure réponse à l'euthanasie.

 

Car obéir au Christ veut dire aller à contre-courant du monde...

Car obéir au Christ veut dire aller à contre-courant du monde...

Lectures 20° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

 

1ère lecture : Le prophète signe de contradiction (Jr 38, 4-6.8-10)

 

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Lecture du livre de Jérémie

Pendant le siège de Jérusalem, les chefs qui tenaient Jérémie en prison dirent au roi Sédécias : « Que cet homme soit mis à mort : en parlant comme il le fait, il démoralise tout ce qui reste de combattant dans la ville, et toute la population. Ce n'est pas le bonheur du peuple qu'il cherche, mais son malheur. »
Le roi répondit : « Il est déjà entre vos mains, et le roi ne peut rien contre vous ! »
Alors ils se saisirent de Jérémie et le jetèrent dans la citerne du prince Melkias, dans la cour de la prison. On le descendit avec des cordes. Dans cette citerne il n'y avait pas d'eau, mais de la boue, et Jérémie s'enfonça dans la boue.
Un officier du palais, l'Éthiopien Ébed-Mélek, vint trouver le roi : « Mon Seigneur le roi, ce qu'ils ont fait au prophète Jérémie, c'est mal ! Ils l'ont jeté dans la citerne, il va y mourir de faim ! »
Alors le roi donna cet ordre à l'Éthiopien Ébed-Mélek : « Prends trois hommes avec toi, et retire de la citerne le prophète Jérémie avant qu'il ne meure. »
 
 

Psaume :  39, 2, 3, 4, 18

 

R/ Seigneur, à mon aide ! Viens à mon secours !

 

D'un grand espoir 
   j'espérais le Seigneur : 
il s'est penché vers moi 
   pour entendre mon cri. 

Il m'a tiré de l'horreur du gouffre, 
   de la vase et de la boue ; 
il m'a fait reprendre pied sur le roc, 
   il a raffermi mes pas. 

Dans ma bouche il a mis un chant nouveau, 
   une louange à notre Dieu. 
Beaucoup d'hommes verront, ils craindront, 
   ils auront foi dans le Seigneur. 

Je suis pauvre et malheureux, 
   mais le Seigneur pense à moi. 
Tu es mon secours, mon libérateur : 
   mon Dieu, ne tarde pas !
 
 

2ème lecture : Le combat dans la foi à l'exemple de Jésus (He 12, 1-4)

 

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères, ceux qui ont vécu dans la foi, foule immense de témoins, sont là qui nous entoure. Comme eux, débarrassons-nous de tout ce qui nous alourdit, et d'abord du péché qui nous entrave si bien ; alors nous courrons avec endurance l'épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l'origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré, sans avoir de honte, l'humiliation de la croix, et, assis à la droite de Dieu, il règne avec lui.
Méditez l'exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement. Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang dans votre lutte contre le péché.
 
 
 

Evangile : Jésus, cause de division entre les hommes (Lc 12, 49-53)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Jésus, le bon Pasteur, connaît ses brebis et ses brebis le connaissent : pour elles il a donné sa vie.Alléluia. (cf. Jn 10, 14-15)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé !
Je dois recevoir un baptême, et comme il m'en coûte d'attendre qu'il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division.
Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ;
ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »
 
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008
Lectures 20° dimanche du Temps Ordinaire C

La maisonnée du Christ - Homélie 19° dimanche du TEmps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

19 TOC

 

 

Les paraboles de l’évangile de ce dimanche forment une image assez nette du Christ et de son Église. Plus cette image sera claire pour nous, et mieux nous pourrons vivre en chrétiens.

 

Dans ces paraboles, le Christ se dépeint lui-même comme un maître de maison, à la tête d’un grand domaine. On peut imaginer une belle habitation, entourée d’un jardin luxuriant, où se croisent les membres de la famille, les serviteurs, les servantes et les visiteurs. Dans la parabole, les serviteurs, ce sont les disciples du Christ : non pas quelque chose de vague, de froid et d’impersonnel, mais un ménage, un lieu de vie et de communion, de travail et de détente.

 

Même quand le Maître est absent du domaine, il attend de ses serviteurs qu’ils s’occupent du domaine d’une manière responsable et énergique. C’est une image de l’Église dans ce monde, au cœur de l’histoire des hommes, avant la venue du Christ pour juger les vivants et les morts, et pour établir des cieux nouveaux et une terre nouvelle.

 

Durant cette période, Jésus a délégué son autorité à des intendants, les Apôtres et leurs successeurs, les évêques, qui sont chargés de superviser le travail de tous les disciples du Christ. Cela en dit long au sujet du style de gouvernement du Christ. Il veut que nous soyons ses collaborateurs, ses amis, de vrais membres de sa famille, et non pas des robots ou des esclaves.

 

Et pourtant, le Christ demeure le Maître. C’est lui, le Créateur, le Rédempteur, à qui appartient l’univers tout entier. Cet univers n’est pas une démocratie. Le Christ n’est pas un élu dont on pourrait se débarrasser en temps voulu. Non, le Seigneur est Seigneur par nature. Il est le Tout-Puissant, le Tout-Sage, le Tout-Aimant. Et nous sommes ses disciples.

 

C’est la raison pour laquelle, en tant que chrétiens, nous nous mettons à genoux à certains moments pendant la Messe, par exemple, au moment de la Consécration, au cœur de chaque Eucharistie, quand Jésus se rend réellement présent sur l’autel. Le simple fait de se mettre à genoux est une prière en elle-même.

 

Se mettre à genoux devant quelqu’un, cela veut dire reconnaître deux choses dans la relation avec cette personne.

D’abord cela signifie reconnaître une dépendance. Le fait de s’agenouiller signifie que l’on a besoin du secours et du soutien de celui devant qui l’on se met à genoux. C’est reconnaître la supériorité, la puissance de cette personne.

 

Ensuite, le fait de se mettre à genoux exprime la confiance. Se mettre à genoux, c’est se mettre dans une position de vulnérabilité. Au Moyen Âge, quand un chevalier faisait allégeance à un roi ou à un suzerain, il se mettait à genoux devant lui, et le roi posait une épée sur l’épaule du chevalier. Pour le chevalier, cela signifiait qu’il prenait un risque. Quelqu’un qui se met à genoux ne peut pas se défendre en cas d’attaque. Il est littéralement à la merci de l’autre, à une époque où les chevaliers et les nobles cherchaient constamment à renforcer leur pouvoir et leur domination, souvent au mépris de toute loi. C’est pourquoi, en s’agenouillant devant un puissant seigneur, un chevalier exprimait sa confiance en la bonté, la loyauté, et la justice de ce seigneur.

 

L’agenouillement n’a jamais été la seule attitude de prière des chrétiens, mais cela a toujours été l’une des attitudes les plus expressives. Le Christ est vraiment notre Seigneur et notre Maître, comme il l’affirme dans les paraboles du passage de l’évangile de ce jour. Nous dépendons de lui en toute chose pour notre existence, pour notre rédemption et pour notre bonheur. Et il est vraiment digne de notre confiance, comme il l’a prouvé en mourant pour nous sur une croix et en ressuscitant, comme il l’avait dit. Il est le Seigneur tout-puissant, plein d’amour, de la vie et de l’histoire.

 

Une application concrète de cette certitude dans notre vie, consiste à obéir humblement aux enseignements de l’Eglise. Le Christ est le Seigneur, le Maître du Domaine, et il a promis de nous guider sans cesse par le ministère de ses intendants, le pape et les évêques en communion avec lui. Par conséquent, la fidélité au Christ implique la fidélité à l’Église. Ce serait une contradiction d’affirmer croire au Christ, et ensuite de faire un tri dans ce que nous enseigne son Église.

 

L’Église n’est pas une cafétéria. C’est une maisonnée, la maisonnée du Christ. Dire que l’on croit au Père et au Fils, mais pas au Saint Esprit, n’aurait aucun sens, pas plus que de dire que l’on croit à l’Incarnation, mais pas à la Résurrection. Le Christ nous a fait don de l’enseignement du Magistère de l’Église pour nous éviter de tomber dans ce genre d'aberrations. Cela n’aurait aucun sens d’accepter les enseignements de l’Église au sujet de la justice et de la charité, en rejetant ceux qui concernent la chasteté et le respect de la vie humaine. C’est pourtant la tentation à laquelle nous sommes confrontés sans cesse dans une société qui a érigé l’individualisme en dogme.

 

Aujourd’hui, Jésus nous rappelle que nous ne sommes pas des électrons libres dans l’univers. Nous sommes membres de sa maisonnée. Il tient en réserve des choses merveilleuses pour nous. Mais il attend de nous que nous soyons humbles, et que nous fassions de notre mieux pour approfondir et mettre en pratique la doctrine chrétienne, et, surtout, de faire preuve d’obéissance.

 

Dans quelques instants, nous allons professer notre foi. Faisons en sorte d’en faire une démarche sincère. Faisons-le de tout notre cœur, en renouvelant notre engagement envers ce Dieu qui nous a tant aimés qu’il continue de nous donner son Fils unique, encore et encore, dans chaque Eucharistie.

 La fidélité au Christ implique la fidélité à l’Église

La fidélité au Christ implique la fidélité à l’Église

Lectures 19° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Dieu vient la nuit sauver son peuple (Sg 18, 6-9)

Lecture du livre de la Sagesse

La nuit de la délivrance pascale avait été connue d'avance par nos Pères ; assurés des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie.
Et ton peuple accueillit à la fois le salut des justes et la ruine de leurs ennemis.
En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais pour nous donner ta gloire.
Dans le secret de leurs maisons, les fidèles descendants des justes offraient un sacrifice, et ils consacrèrent d'un commun accord cette loi divine : que les saints partageraient aussi bien le meilleur que le pire ; et déjà ils entonnaient les chants de louange des Pères.
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 32, 1.12, 18-19, 20.22

R/ Bienheureux le peuple de Dieu !

 

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange  !
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu'il s'est choisie pour domaine  !

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
 
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.
 

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
 
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !

 

 

 

 

 

2ème lecture : La foi d'Abraham, modèle de la nôtre (brève : 1-2.8-12) (He 11, 1-2.8-19)

 

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Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères, la foi est le moyen de posséder déjà ce qu'on espère, et de connaître des réalités qu'on ne voit pas.
Et quand l'Écriture rend témoignage aux anciens, c'est à cause de leur foi.
Grâce à la foi, Abraham obéit à l'appel de Dieu : il partit vers un pays qui devait lui être donné comme héritage. Et il partit sans savoir où il allait.
Grâce à la foi, il vint séjourner comme étranger dans la Terre promise ; c'est dans un campement qu'il vivait, ainsi qu'Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse que lui,
car il attendait la cité qui aurait de vraies fondations, celle dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l'architecte.
Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d'avoir une descendance parce qu'elle avait pensé que Dieu serait fidèle à sa promesse.
C'est pourquoi, d'un seul homme, déjà marqué par la mort, ont pu naître des hommes aussi nombreux que les étoiles dans le ciel et les grains de sable au bord de la mer, que personne ne peut compter.
C'est dans la foi qu'ils sont tous morts sans avoir connu la réalisation des promesses ; mais ils l'avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs.
Or, parler ainsi, c'est montrer clairement qu'on est à la recherche d'une patrie.
S'ils avaient pensé à celle qu'ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d'y revenir.
En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Et Dieu n'a pas refusé d'être invoqué comme leur Dieu, puisqu'il leur a préparé une cité céleste.
Grâce à la foi, quand il fut soumis à l'épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice. Et il offrait le fils unique, alors qu'il avait reçu les promesses
et entendu cette parole :C'est d'Isaac que naîtraune descendance qui portera ton nom.
Il pensait en effet que Dieu peut aller jusqu'à ressusciter les morts : c'est pourquoi son fils lui fut rendu ; et c'était prophétique.
 
 

 

 

Evangile : Se tenir prêts pour le retour du Seigneur (brève : 35-40) (Lc 12, 32-48)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Soyez vigilants et demeurez prêts : vous ne connaissez pas l'heure où le Fils de l'homme viendra. Alléluia. (cf. Mt 24, 42.44)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.
Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s'use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n'approche pas, où la mite ne ronge pas.
Car là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur.
Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées.
Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte.
Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour.
S'il revient vers minuit ou plus tard encore et qu'il les trouve ainsi, heureux sont-ils !
Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l'heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s'adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? »
Le Seigneur répond : « Quel est donc l'intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ?
Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail.
Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens.
Mais si le même serviteur se dit : 'Mon maître tarde à venir', et s'il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s'enivrer,
son maître viendra le jour où il ne l'attend pas et à l'heure qu'il n'a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles.
Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n'a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups.
Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n'en recevra qu'un petit nombre. A qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »
 
 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

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