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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

ATTENTION ! L'argent peut entraîner la mort - Homélie 26° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Aujourd'hui, vous vous en doutez, je vais encore vous parler d'argent. Dimanche dernier, nous avons vu que l'amour de l'argent était "l''ennemi public numéro un" de l'Église, de la communauté des disciples que Jésus veut former, et qui doit être une communauté où l'argent doit servir à se faire des amis par la remise de leurs dettes. Aujourd'hui encore, le Seigneur nous le répète : l'argent est dangereux pour la santé, plus que le tabac, par exemple.

    Pour lutter contre le tabagisme, aux termes d’un arrêté modifié du 26 avril 1991, les fabriquants de cigarettes doivent faire figurer sur les emballages en France "un avertissement général couvrant au moins 30 % de la superficie externe de la surface correspondante de l'unité de conditionnement de tabac sur laquelle il est imprimé". Cette mention devra être entourée "d'un bord noir, d'une épaisseur minimale de 3 mm, n'interférant en aucune façon avec le texte de l'information donnée" et être choisie par une liste fixée par un arrêté du 25 avril 2002, par exemple : "Fumer peut entraîner une mort lente et douloureuse".

    Mon but, dans cette homélie, n'est pas de vous exhorter à arrêter de fumer, bien que ce serait une très bonne chose. Je me pose seulement la question suivante : pourquoi mettre en garde contre les dangers du tabac, alors que pour les jeux de hasard, les paris et autres loteries, on fait de la publicité à outrance ? Après avoir entendu l'évangile de ce dimanche, je dis qu'il faudrait faire passer un arrêté selon lequel doit figurer sur tous les billets de banque et sur toutes les pièces de monnaie, la mention : "Attention ! L'argent peut entraîner la mort !"

    Il est à prévoir que cette proposition, si elle est entendue, sera reçue avec pas mal de scepticisme et de moqueries, qu'elle risque de ne jamais être adoptée, ni dans la Communauté Européenne, ni ailleurs dans le monde (peut-être qu'au Vatican. Peut-être ...). Ce n'est pas étonnant. La raison c'est que très souvent, l'Écriture en général, et l'Évangile en particulier, et, par conséquent, Dieu lui-même, n'est pas pris au sérieux. Car si nous prenions Dieu au sérieux, nous comprendrions qu'il y a au moins autant de raisons de mettre en garde contre l'argent (et les loteries) que contre le tabac, la drogue, et l'abus d'alcool.

    Vous souvenez-vous de ce que le Seigneur nous a dit dimanche dernier ? Après avoir raconté à ses disciples la parabole de l'intendant malhonnête, il avait conclu en disant :
 
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent.

    Avez-vous entendu ce qu'il nous dit encore aujoud'hui ? Il raconte la parabole du riche et du pauvre Lazare. Elle s'adresse, non pas aux disciples, mais aux pharisiens "qui aimaient l'argent" et qui "ricanaient à son sujet" (v. 14).

    Les pharisiens sont présentés par saint Luc comme étant à l'extrême opposé de ce que Jésus attend de ses disciples, l'antithèse en quelque sorte, et ce malgré les apparences :

 

Vous êtes, vous, ceux qui se présentent comme des justes aux yeux des hommes, mais Dieu connaît vos coeurs, car ce qui est prestigieux chez les hommes est une chose abominable aux yeux de Dieu. (v. 15)
    Décidément, Jésus n'est pas gentil. En lisant son verdict sévère et implacable à propos des pharisiens je ne peux pas m'empêcher de penser à un épisode très douloureux de la vie du saint Pade Pio, dont je vous ai parlé dimanche dernier.

    Revenons au chapitre 16 de saint Luc : les deux paraboles se répondent. Dans la première Jésus nous dit ce qu'il faut faire pour être sauvé. La deuxième, au contraire, est une parabole de damnation pour les riches qui n'ont rien voulu entendre et qui ne se préoccupent pas des pauvres. Dans la première, Jésus trace la voie à la communauté fraternelle des disciples, telle que nous la voyons se former dans les Actes des Apôtres après la Pentecôte. Dans la seconde, il dénonce l'hypocrisie pharisaïque. Mais dans les deux paraboles, ce sont les mêmes thèmes qui sont abordés : salut, relation aux autres, destination universelle des richesses. Dans les deux paraboles, ceux avec qui on a vécu sur la terre soit accueillent, soit n'accueillent pas dans le monde à venir.

    Concentrons-nous maintenant sur la deuxième parabole, celle de l'évangile du jour. Du riche il est dit qu'il "portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux". Là encore, vous risquez de vous dire : - Alors, mon Père, je ne suis pas concerné. Je n'achète que du prêt-à-porter en soldes, et quant aux festins somptueux, oui, de temps en temps une petite fête avec une bouteille (ou deux) de champagne, mais est-ce un péché ? À ce propos, savez-vous ce que disait le Père Raniero Cantalamessa, capucin et prédicateur de la Maison pontificale ? Il avait écrit un livre sur la chasteté, et un autre sur l'obéissance. Alors on lui pose la question : Pourquoi vous n'ecrivez rien sur la pauvreté ? Sa réponse :
 
"Jeûner toute la vie au pain et à l'eau serait pour nous le maximum de l'austérité, alors que pour des millions de personnes avoir le pain et l'eau assurés serait déjà comme un rêve."
 
Or combien parmi nous jeûnent au pain et à l'eau ne fût-ce qu'un jour sur sept ? Même si nous le faisions tous les jours de l'année, ce serait toujours, aux yeux de millions de personnes qui crèvent de misère un festin somptueux. Même si nous nous habillions chez les chifonniers d'Emmaüs, ce seraient encore des vêtements de luxe aux yeux d'une grande partie de la population monidale. L'évangile que nous venons d'entendre n'est donc pas seulement une mise en garde qui s'adresse aux millionnaires et aux milliardaires !

    Jésus veut donc nous sensibiliser tous et chacun aux dangers que constitue l'argent : il rend sourd et aveugle ! Vous voyez bien que l'argent est vraiment dangereux pour la santé ! Il rend sourd à la Parole de Dieu : Moïse et le Prophètes, Jésus, même ressuscité d'entre les morts ; et il rend aveugle à la misère des autres : le riche n'a même pas vu le pauvre Lazare, qui se trouvait pourtant devant sa porte.

    La surdité et la cécité sont deux maladies très graves qui peuvent entraîner la mort, la mienne et celle des autres ("mes frères", dit le riche, un peu tard, dans la parabole). À propos du tabac, je lisais dans un article daté du 17 août de cette année dont voici les termes exacts :

 
Les fumeurs et les victimes de tabagisme passif ont un risque plus élevé de développer une maladie de la vue connue sous le nom de dégénérescence maculaire liée à l'âge ou DMLA. Rappelons qu'en France, près de 1,3 million de personnes sont atteintes de dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA). C'est la première cause de cécité chez les personnes âgées de plus de 50 ans.
L'étude conduite par l'équipe de Jennifer Tan de l'Université de Sydney sur près de 2 500 Australiens pendant plus de dix ans a estimé que le risque de développer la maladie est multiplié par quatre chez les fumeurs et par trois chez les anciens fumeurs.
En résumé, ces résultats tendent à prouver une relation causale entre le tabagisme et le risque sur le long terme de développer un DMLA.


    Et l'article ce termine par ce conseil :

 

Alors pour préserver vos yeux (mais aussi votre coeur, vos poumons...), laissez tomber la cigarette !


    La science et l'État nous mettent en garde contre les mulitples méfaits du tabac et nous invitent à laisser tomber la cigarette. Jésus, lui, met en garde contre le danger tellement plus grand des richesses, et il nous invite à donner aux pauvres qui sont devant notre porte les miettes qui tombent de notre table. Il nous invite à donner chaque semaine aux pauvres, par exemple, le prix d'un paquet de cigarettes. (Si, en même temps, on s'arrêtait de fumer, ce serait faire d'une pierre deux coups.) Jésus nous invite, au lieu de rêver à gagner le gros lot et de perdre des sommes considérables, à donner chaque semaine l'équivalent à ceux qui n'ont même pas de quoi s'offrir un verre d'eau ou une tranche de pain.

 

S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus.
    Ne nous faisons pas d'illusions : si nous ne sommes pas convaincus maintenant, nous ne le serons sans doute jamais. Et si nous le sommes, convertissons-nous pour l'amour des pauvres qui crèvent de faim et de froid, pour l'amour de nous-mêmes et de nos enfants, vicitmes d'un "capitalisme passif", pour l'amour de Dieu, qui s'est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté.
 
ATTENTION ! L'argent peut entraîner la mort !

ATTENTION ! L'argent peut entraîner la mort !

Lectures 26° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Contre le gaspillage insolent des riches (Am 6, 1a.4-7)

 

Lecture du livre d'Amos

Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Jérusalem, et à ceux qui se croient en sécurité sur la montagne de Samarie. 
Couchés sur des lits d'ivoire, vautrés sur leurs divans, ils mangent les meilleurs agneaux du troupeau, les veaux les plus tendres ; ils improvisent au son de la harpe, ils inventent, comme David, des instruments de musique ; ils boivent le vin à même les amphores, ils se frottent avec des parfums de luxe, mais ils ne se tourmentent guère du désastre d'Israël !
C'est pourquoi maintenant ils vont être déportés, ils seront les premiers des déportés ; et la bande des vautrés n'existera plus.
 
 
 

 

Psaume :  Ps 145, 5a.6c.7ab, 7c-8, 9-10a

 

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R/ Chantons le Seigneur : il comble les pauvres !

 

Heureux qui s'appuie sur le Seigneur son Dieu ;
il garde à jamais sa fidélité,
il fait justice aux opprimés,
aux affamés, il donne le pain.

Le Seigneur délie les enchaînés,
le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, 
le Seigneur redresse les accablés, 
le Seigneur aime les justes.

Le Seigneur protège l'étranger, 
il soutient la veuve et l'orphelin,
il égare les pas du méchant.
D'âge en âge, le Seigneur régnera !
 
 
 
 

 

 

2ème lecture : Vivre la foi au Christ (1Tm 6, 11-16)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Toi, l'homme de Dieu, cherche à être juste et religieux, vis dans la foi et l'amour, la persévérance et la douceur. Continue à bien te battre pour la foi, et tu obtiendras la vie éternelle ; c'est à elle que tu as été appelé, c'est pour elle que tu as été capable d'une si belle affirmation de ta foi devant de nombreux témoins.

Et maintenant, en présence de Dieu qui donne vie à toutes choses, et en présence du Christ Jésus qui a témoigné devant Ponce Pilate par une si belle affirmation, voici ce que je t'ordonne : garde le commandement du Seigneur, en demeurant irréprochable et droit jusqu'au moment où se manifestera notre Seigneur Jésus Christ. Celui qui fera paraître le Christ au temps fixé, c'est le Souverain unique et bienheureux, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, le seul qui possède l'immortalité, lui qui habite la lumière inaccessible, lui que personne n'a jamais vu, et que personne ne peut voir. À lui, honneur et puissance éternelle. Amen.
 
 
 
 

 

 

Evangile : Parabole du riche et de Lazare (Lc 16, 19-31)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Jésus Christ s'est fait pauvre, lui qui était riche, pour qu'en sa pauvreté vous trouviez la richesse. Alléluia. (2 Co 8, 9)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus disait cette parabole : 
« Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux. Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c'étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies.

Or le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui.
Alors il cria : 'Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. 
— Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c'est ton tour de souffrir.
De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous.'
Le riche répliqua : 'Eh bien ! père, je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père. J'ai cinq frères : qu'il les avertisse pour qu'ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture !"
Abraham lui dit : 'Ils ont Moïse et les Prophètes : qu'ils les écoutent ! 
— Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.'
Abraham répondit : 'S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus.' »
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

L'ennemi public numéro un - Homélie 25° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Nous allons aujourd'hui parler d'argent. Mais pour bien comprendre de quoi il s'agit, revenons un peu en arrière pour bien nous remettre en mémoire le contexte. La semaine dernière, Jésus, en s'adressant aux pharisiens, a révélé la miséricorde du Père vis-à-vis de son fils qui avait revendiqué sa "part d'héritage" et qui avait "dépensé (son) bien avec des filles" (Lc 15). Il nous avait invité à entrer dans cette logique divine (ch. 14) au lieu de rester dehors comme le fils aîné de la parabole. Le chapitre 16, dont nous venons d'entendre une première partie, va brosser en paraboles un tableau de la situation qui est celle de fils égarés devenus ses disciples dans la maison du Père.

    Dans l'évangile d'aujourd'hui Jésus s'adresse donc, non plus aux pharisiens, mais à ses disciples. Dans une parabole qui évoque le salut, il trace la voie à la fraternité qui doit régner parmi eux. Nous y retrouvons l'intendant fidèle et avisé du chapitre 12 à qui il est demandé de "donner à chacun" selon la mesure chrétienne (12, 42), cette mesure qui est celle de la miséricorde (6, 36), mesure débordante (6, 38). Ici, au chapitre 16, l'intendant avisé est présenté comme celui qui "acquitte" les autres de leurs dettes. Alors qu'au chapitre 12 la fidélité consistait à agir en accord avec la surabondance de la vie offerte par Dieu ici, l'intendant fidèle (5 fois) est celui qui épouse assez l'intention de Dieu pour remettre aux autres leurs dettes.

    Au chapitre 15 l'accent était mis sur la joie que Dieu a à retrouver "ce qui est perdu". Dans la parabole d'aujourd'hui, ce qui ressort surtout c'est le climat d'urgence : le temps presse ! Pas question donc de remettre sa conversion à plus tard ! Se convertir ne signifie pas seulement renoncer aux écarts et aux égarements de sa vie passée. Se convertir, c'est faire le choix d'une attitude qui bouleverse totalement notre manière d'agir. Pour être à la hauteur de la miséricorde du Père, il nous faut vivre l'aujourd'hui du pardon qui nous est fait en nous inspirant de la perspicacité avec laquelle l'intendant de la parabole a saisi sa propre situation, c'est-à-dire en jouant le tout pour le tout.

    Être disciples de Jésus signifie prendre conscience que les biens qui nous ont été confiés vont nous être repris. Cela signifie ensuite profiter du répit qui nous est accordé pour nous faire des amis avec ceux dont nous disposons encore aujourd'hui. Car ce sont les amis que nous nous faisons maintenant avec ces biens-là qui nous accueilleront un jour dans le monde à venir.

    À la suite de la parabole, Jésus va davantage préciser sa pensée :

- Première précision : le temps présent est un temps de répit dont nous devons profiter pour assurer notre avenir d'éternité.
- Deuxième précision : c'est dans la manière de nous comporter avec les autres, en passant d'une relation de droits à une relation d'amitié, que notre avenir se joue : l'amitié qu'on se donne est une manière de se donner mutuellement le salut éternel.
- Enfin, troisième précision : les biens dont nous disposons sont la propriété de Dieu et de personne d'autre ; nous en sommes, non pas les propriétaires, mais les intendants, appelés à servir la fraternité entre les hommes.

    L'argent que l'on s'approprie devient "malhonnête", c'est-à-dire injuste, car opposé à Dieu, d'abord parce qu'il n'appartient qu'à Dieu (l'argent n'est donc pas mauvais en soi, il est bon !), et ensuite parce que se l'approprier, c'est le détourner de sa véritable destination, qui est d'être au service de l'amitié dans une gratuité qui manifeste la grâce que nous vivons dans la maison du Père.

    La conclusion qui s'impose est qu'ou bien on est intendant et fidèle à Dieu, ou bien on est infidèle à Dieu et attaché au Mammon (Mammon est un mot araméen qui signifie "argent", "richesse"). Impossible de courir après deux lièvres à la fois ! Être fidèle à Dieu c'est renoncer à agir en propriétaire, c'est reconnaître à qui appartiennent les biens dont nous disposons et les gérer selon l'intention de Dieu. Au contraire, se considérer comme propriétaire, revendiquer ses droits, cela revient  à renier celui dont nous sommes les intendants, renier notre Père qui nous a dit : "Tout ce qui est à moi est à toi". C'est renoncer à être fils de ce Père au milieu de nos frères.

    Ces dernières semaines nous avons fait mémoire de plusieurs saints qui illustrent parfaitement ce que le Seigneur attend de nous dans l'usage que nous faisons de notre argent, de nos richesses en général. Je pense ici en particulier au saint Padre Pio. Comme cela a été le cas pour sainte Mère Teresa, par ses mains a passé beaucoup d'argent, mais il ne possédait rien. Tout était pour soulager la souffrance des pauvres, ce qui lui vaudra beaucoup d'ennuis.

    Alors que tout jeune prêtre il n’était pas encore entré au couvent de San Giovanni Rotondo, le vendredi 28 mars 1913, il eut une vision prophétique. Défiguré de coups, le Christ s’avança vers lui, montrant un grand nombre de prêtres réguliers et séculiers, parmi lesquels divers dignitaires et prélats. Certains étaient en train de célébrer, d’autres se paraient de vêtements sacrés, d’autres encore les enlevaient. Padre Pio témoigne :

 
La peine de Jésus me causa une grande douleur. Aussi je voulus lui demander pourquoi il souffrait tant. Je n’eus aucune réponse. Cependant son regard se dirigeait vers ces prêtres, et comme s’il était las de les regarder, il détacha son regard vers moi. À ma grande douleur, je vis deux larmes lui sillonner les joues. Il s’éloigna de cette multitude de prêtres, une expression d’immense amertume sur le visage, en s’écriant : "Bouchers !" Et se tournant vers moi, il me dit : "Mon fils, ne crois pas que mon Agonie n’ait duré que trois heures, non ! À cause des âmes que j’ai le plus comblées, je serai en Agonie jusqu’à la fin du monde ... L’ingratitude et la somnolence de mes ministres me rendent plus pénible mon Agonie. Hélas ! Comme ils répondent mal à mon amour ! Ce qui m’afflige le plus, c’est que ceux-ci ajoutent à leur indifférence, le mépris et l’incrédulité. Que de fois ai-je été sur le point de les foudroyer, si je n’avais pas été retenu par les anges et les âmes qui m’adorent.

    Ces jours-ci nous faisons mémoire de Notre-Dame de la Salette. Dans l’introduction du Secret de La Salette délivré par la Sainte-Vierge aux deux petits bergers, le 19 septembre 1846, elle dit :
 
Les prêtres, ministres de mon Fils, les prêtres par leur mauvaise vie, par leurs irrévérences et leur impiété à célébrer les saints mystères, par l’amour de l’argent, l’amour de l’honneur et des plaisirs, les prêtres sont devenus des cloaques d’impureté ... il n’y a plus d’âmes généreuses, il n’y a plus personne digne d’offrir la Victime sans tache à l’Eternel en faveur du monde. Dieu va frapper d’une manière sans exemple ...

    Et Benoît XVI, encore Cardinal, de s’exclamer pathétiquement lors de la célébration du chemin de Croix, le 22 mars 2005 :
 
Que de souillures dans l’Eglise, particulièrement ceux qui dans le sacerdoce devraient lui appartenir totalement ! Combien d’orgueil et d’autosuffisance ! Les vêtements et le visage si sales de ton Eglise nous effraient ... Satan s’en réjouit !

    Comment ne pas être bouleversés par de telles paroles ! Et, au lieu de juger et de condamner, comment ne pas, comme le demande saint Paul à Timothée, intercéder pour ceux qui nous gouvernent, pour ceux qui gouvernent l'Église comme pour ceux qui gouvernent le monde.

    Je lisais que chaque année l’Afrique perd 148 milliards de dollars à cause de la corruption. C’est ce qu’affirment les Nations Unies et la Banque Mondiale qui ont lancé une initiative commune pour récupérer les richesses soustraites de façon illicite aux habitants du continent, la “Stolen Assets Recovery Initiative” (Initiative de Recouvrement des Biens Volés - STAR).

    "Le vol des biens publics dans les pays en voie de développement est un problème grave et préoccupant" a affirmé, au cours de la présentation de l’initiative au Palais de verre à New York, le secrétaire général de l’ONU, Ban ki Moon, qui était accompagné du président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick. Ce dernier a souligné que l’argent volé des comptes publics était soustrait aux dépenses des programmes sociaux et donc surtout au détriment des couches les plus pauvres des populations.

    Selon les données de la Banque Mondiale, de 20 à 40 milliards de dollars sont empochés chaque année par les hommes politiques et les administrateurs corrompus des pays les plus pauvres ; un chiffre équivalent à 40% des fonds que ces pays reçoivent en aide des États les plus développés. Le président de la Banque mondiale a montré un exemple de l’utilisation possible des fonds récupérés par la corruption et la malversation :

 
Avec 100 millions de dollars on peut vacciner 4 millions d’enfants, fournir de l’eau potable à 250.000 habitations ou offrir un cycle complet de traitement pendant un an à 600.000 séropositifs et malades du SIDA.

    Non ! Il ne suffit pas de s'indigner des scandales financiers dans l'Église et dans le monde ! Ce serait trop facile pour se donner bonne conscience. Nous sommes aussi chefs d'un gouvernement. Nous aussi nous avons des sommes d'argent à gérer. Posons-nous alors la question : que faisons-nous de cet argent ? Comment le dépensons-nous ? Le Padre Pio disait :
 
Faites un usage chrétien de votre argent et économies, alors tant de misère pourra disparaître, tant de corps souffrants et d’êtres affligés pourront trouver de l’aide et du réconfort.

    Mais faisons-le, non pas simplement dans un esprit d'entre-aide humanitaire, mais dans l'Esprit de l'incroyable miséricorde du Père dont nous pouvons, comme disciples de Jésus, nous dire des fils.

    Pour terminer, je voudrais vous rapporter la teneur d'une conversation qui a eu lieu entre le Père Georges Finet et Marthe Robin. Le Père Finet demandait à Marthe : "Marthe, quel est le plus grand ennemi de l'Église ? Le communisme ... ? (C'était l'époque de Brejniev.)  ... La franc-maçonnerie ... ? (C'était l'époque de la légalisation de l'avortement en France.) Voici la réponse de Marthe : "Non, Père, le plus grand ennemi de l'Église, c'est l'Argent !"

    Comprenons : l'amour de l'argent, l'idolatrie de l'Argent (Mammon). C'est dans ce sens que saint Paul écrivait à Timothée :

 
La racine de tous les maux, c'est l'amour de l'argent. Pour s'y être livrés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont transpercé l'âme de tourments sans nombre. (1 Tm 6, 10)

     L'amour de l'argent : voilà l'ennemi que nous devons redouter le plus. Et quand je dis "nous", cela veut dire : TOUS ! Cela veut dire : CHACUN ! CHACUNE !
 
"le plus grand ennemi de l'Église, c'est l'Argent !"

"le plus grand ennemi de l'Église, c'est l'Argent !"

Lectures 25° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Les mauvais riches (Am 8, 4-7)

 

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Lecture du livre d'Amos

Écoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre pour anéantir les humbles du pays, car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix, et fausser les balances. Nous pourrons acheter le malheureux pour un peu d'argent, le pauvre pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu'aux déchets du froment ! »
Le Seigneur le jure par la Fierté d'Israël : Non, jamais je n'oublierai aucun de leurs méfaits. »
 
 

Psaume :  Ps 112, 1-2, 5-6, 7-8

 

R/ Béni sois-tu Seigneur, toi qui relèves le pauvre.

 

Louez, serviteurs du Seigneur, 
louez le nom du Seigneur !
Béni soit le nom du Seigneur, 
maintenant et pour les siècles des siècles !

Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ? 
Lui, il siège là-haut. 

Mais il abaisse son regard 
vers le ciel et vers la terre. 


De la poussière il relève le faible, 
il retire le pauvre de la cendre 

pour qu'il siège parmi les princes, 
parmi les princes de son peuple.
 
 
 

 

 

2ème lecture : La prière universelle (1Tm 2, 1-8)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

J'insiste avant tout pour qu'on fasse des prières de demande, d'intercession et d'action de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d'État et tous ceux qui ont des responsabilités, afin que nous puissions mener notre vie dans le calme et la sécurité, en hommes religieux et sérieux. Voilà une vraie prière, que Dieu, notre Sauveur, peut accepter, car il veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité. 
En effet, il n'y a qu'un seul Dieu, il n'y a qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous les hommes. Au temps fixé, il a rendu ce témoignage pour lequel j'ai reçu la charge de messager et d'Apôtre — je le dis en toute vérité — moi qui enseigne aux nations païennes la foi et la vérité. Je voudrais donc qu'en tout lieu les hommes prient en levant les mains vers le ciel, saintement, sans colère ni mauvaises intentions.
 
 

Evangile : L'argent trompeur (brève : 10-13) (Lc 16, 1-13)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Jésus Christ s'est fait pauvre, lui qui était riche, pour qu'en sa pauvreté vous trouviez la richesse. Alléluia. (2 Co 8, 9)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé parce qu'il gaspillait ses biens. Il le convoqua et lui dit : 'Qu'est-ce que j'entends dire de toi ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires.'
Le gérant pensa : 'Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Travailler la terre ? Je n'ai pas la force. Mendier ? J'aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu'une fois renvoyé de ma gérance, je trouve des gens pour m'accueillir.'
Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : 'Combien dois-tu à mon maître ? — Cent barils d'huile.' Le gérant lui dit : 'Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.'
Puis il demanda à un autre : 'Et toi, combien dois-tu ? — Cent sacs de blé.' Le gérant lui dit : 'Voici ton reçu, écris quatre-vingts.'
Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s'était montré habile, car les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l'Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est trompeur dans une petite affaire est trompeur aussi dans une grande. Si vous n'avez pas été dignes de confiance avec l'Argent trompeur, qui vous confiera le bien véritable ? Et si vous n'avez pas été dignes de confiance pour des biens étrangers, le vôtre, qui vous le donnera ? Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera le premier, et aimera le second ; ou bien il s'attachera au premier, et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. »
 
 

Le danger d’une foi superficielle - Homélie 24° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
“Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”

“Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”

 

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La parabole du Fils Prodigue est comme un kaléidoscope : elle présente des perspectives innombrables qui nous aident à comprendre ce que suivre le Christ veut dire.

 

Une de ces perspectives qui nous échappent la plupart du temps concerne le plus grand danger qui nous guette en tant que soi-disant "catholiques pratiquants" : celui qui consiste à vivre notre foi de manière purement superficielle, sans la laisser pénétrer dans les profondeurs de notre cœur.

 

Cette parabole nous enseigne qu’il est possible de vivre « dans la maison du Père » sans vraiment connaître le Père. Le fils cadet ne connaissait pas vraiment le Père. Il ignorait combien son père l’aimait et combien celui-ci voulait le combler de tous les biens. Cette ignorance le fait infliger à son père une grave insulte quand il lui demande sa part d’héritage alors que son père est encore en vie. C’était une manière de lui dire qu’il vaudrait mieux qu’il soit déjà mort.

 

Le fils aîné ne valait pas mieux. Selon les apparences, il faisait tout bien comme il faut, mais il n’avait aucune idée de l’amour de son père pour lui non plus, et il en voulait à son père de fêter le retour de son frère.

 

Bien qu’ils aient vécu leur vie entière sous le même toit, les deux frères n’avaient jamais ouvert leur cœur à leur père. Ils s’étaient enfermés dans le pauvre petit monde de leur égoïsme.

 

Nous pouvons facilement faire la même chose, tout en étant des catholiques "pratiquants" pendant toute notre vie, faisant notre devoir d’état comme il faut selon les apparences, mais sans ouvrir notre cœur à Dieu, et sans le connaître d’une manière intime et personnelle. Nous courons ainsi le risque d’être séparés du Père pour toujours, mangeant les gousses dont se nourrissent les porcs, et passant à complètement à côté de la célébration joyeuse de l’amour du Père.

 

L’un des saints dont nous célébrons la mémoire ces jours-ci, le 16 septembre, c'est saint Cyprien. Il était évêque en Afrique du Nord. Il est mort en 258. Il a été témoin de l’une des crises les plus graves dans l’Eglise sous l’Empire romain, une crise causée par la vie chrétienne superficielle contre laquelle le Seigneur nous met en garde aujourd’hui. Saint Cyprien a exercé son épiscopat lors d’une longue période de paix entre deux vagues de persécutions romaines. Pendant cette période de paix, beaucoup de chrétiens sont tombés dans la routine, et beaucoup de nouveaux convertis se contentaient d’un copinage avec le Christ. Au moment où une nouvelle vague de persécutions a déferlé sous l’Empereur Décius (249), des centaines, voire des milliers de ces chrétiens routiniers ont renié leur foi, parfois publiquement, sous la torture, l’exil et les exécutions, pour sauver leur peau. Parfois aussi ils ont acheté des faux documents certifiant qu’ils avaient renié leur foi. Dans les deux cas, ces chrétiens ont préféré éviter de souffrir pour le Christ, plutôt que de rester fidèles à l’amitié avec le Christ. Quand cette vague de persécutions a passé, l’Eglise était confrontée à un grave problème. Ces milliers de "lapsi" (ceux qui étaient "tombés" sous la persécution) voulaient revenir à l’Eglise. Mais beaucoup de ceux qui n’étaient pas tombés (et parmi eux de nombreux évêques) estimaient que le péché de ces "lapsi" était impardonnable. Il y a eu des divisions, des hérésies, et avant que saint Cyprien et le pape saint Corneille n’aient pu ramener la paix, des communautés entières de chrétiens s’étaient séparés de l’Eglise catholique. Certains historiens disent même que les divisions qui ont résulté de ces chrétiens infidèles ont favorisé l’extension de l’Islam en isolant beaucoup de communautés chrétiennes.

 

La miséricorde de Dieu est infinie, c’est vrai, mais cela ne veut pas dire que nous sommes dispensés de faire notre part pour devenir des chrétiens authentiques.

 

En méditant sur les deux frères de la parabole, il y a de quoi être effrayé. Tous les deux pensaient connaître leur père. Aucun des deux ne se rendait compte combien ils étaient aveuglés par leur égoïsme.

 

Comment pouvons-nous éviter de tomber dans cette même situation tragique, vivant dans la Maison du Père sans pour autant permettre à la grâce du Père de toucher nos cœurs ?

 

D’abord, nous devons humblement demander à Dieu de nous aider à reconnaître nos fautes, pour que nous puissions nous en corriger. Une manière très simple pour ce faire consiste à vivre notre célébration de l’Eucharistie dominicale plus consciemment, en faisant l’effort ensemble de vraiment vivre les paroles que nous prononçons au cours de la Messe, et en adhérant à celles qui sont prononcées par le prêtre. Les paroles de la liturgie sont pleines du mystère de Dieu. Elles sont pour nous le modèle d’une vraie relation avec le Père. Si nous faisons consciemment l’effort de les écouter et de les prononcer avec notre cœur, elles deviennent une source de lumière et de renouveau, un rempart contre la routine.

 

Une des manières pour favoriser cet effort, c’est d’arriver à la Messe quelques minutes en avance, le temps de laisser mourir les bruits de ce monde avant que commence la célébration des Saints Mystères.

Lectures 24° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Moïse obtient le pardon pour le peuple infidèle (Ex 32, 7-11.13-14)

 

 

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Lecture du livre de l'Exode

Moïse était encore sur la montagne du Sinaï. Le Seigneur lui dit : « Va, descends, ton peuple s'est perverti, lui que tu as fait monter du pays d'Égypte. Ils n'auront pas mis longtemps à quitter le chemin que je leur avais prescrit ! Ils se sont fabriqué un veau en métal fondu. Ils se sont prosternés devant lui, ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : 'Israël, voici tes dieux, qui t'ont fait monter du pays d'Égypte.' »
Le Seigneur dit encore à Moïse : « Je vois que ce peuple est un peuple à la tête dure.
Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s'enflammer contre eux et je vais les engloutir ! Mais, de toi, je ferai une grande nation. » 
Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Égypte par la vigueur de ton bras et la puissance de ta main ? Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Jacob, à qui tu as juré par toi-même : 'Je rendrai votre descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, je donnerai à vos descendants tout ce pays que j'avais promis, et il sera pour toujours leur héritage.' »
Le Seigneur renonça au mal qu'il avait voulu faire à son peuple.
 
 

 

Psaume :  Ps 50, 3-4, 12-13, 17.19

 

R/ Oui, je me lèverai, et j'irai vers mon Père.

 

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, 
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, 
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, 
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face, 
ne me reprends pas ton esprit saint.

Seigneur, ouvre mes lèvres, 
et ma bouche annoncera ta louange.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; 
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.
 
 

2ème lecture : Action de grâce du pécheur pardonné (1Tm 1, 12-17)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Je suis plein de reconnaissance pour celui qui me donne la force, Jésus Christ notre Seigneur, car il m'a fait confiance en me chargeant du ministère, moi qui autrefois ne savais que blasphémer, persécuter, insulter. Mais le Christ m'a pardonné : ce que je faisais, c'était par ignorance, car je n'avais pas la foi ; mais la grâce de notre Seigneur a été encore plus forte, avec la foi et l'amour dans le Christ Jésus.

Voici une parole sûre, et qui mérite d'être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et moi le premier, je suis pécheur, mais si le Christ Jésus m'a pardonné, c'est pour que je sois le premier en qui toute sa générosité se manifesterait ; je devais être le premier exemple de ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle.

Honneur et gloire au roi des siècles, au Dieu unique, invisible et immortel, pour les siècles des siècles. Amen.
 
 

 

Evangile : Paraboles de la brebis perdue, de la drachme perdue (et du fils perdu) : la joie du pardon (brève : 1-10) (Lc 15, 1-32)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Toi qui es bon et qui pardonnes, toi qui recherches la brebis égarée, rends-nous, Seigneur, la joie d'être sauvés.Alléluia. (cf. Ps 85, 5 ; Lc 15, 4 ; Ps 50, 14)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ?
Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !'
Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion.

Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? Quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue !'
De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.'
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...'
Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.' Et ils commencèrent la fête.

Le fils aîné était aux champs. À son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé.'
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !'
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Suivre le Christ: plus qu'une affaire de sentiments - Homélie 23° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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Aujourd’hui, Jésus clarifie deux choses pour nous. D’abord, il ne veut pas qu’en le suivant, nous nous fassions des illusions. La voie dans laquelle il nous engage n’est pas une voie facile. Nous sommes pécheurs, et même avec sa grâce, il est dur de nous relever de nos chutes. Un esprit de sacrifice est nécessaire, et il faudra souffrir :

 

« Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. »

 

Voilà l’enseignement évident de ce passage de l’Evangile. Impossible de l’oublier.

 

Mais il y a aussi une autre leçon qui mérite notre attention tout autant. Jésus enseigne que pour le suivre, il faut plus que des sentiments et une vague inspiration. Nous devons nous servir de notre intelligence, mettre notre créativité et notre intelligence au service de cette aventure qui consiste à suivre le Christ. C’est ce qui ressort clairement des exemples donnés par Jésus.

 

Le constructeur de la tour et le roi guerrier devaient filtrer leur enthousiasme avec la raison objective. Les chrétiens doivent faire de même. L’emballement des sentiments après une retraite, un pèlerinage ou encore le coup de foudre d’une rencontre enthousiasmante avec le Seigneur, c’est comme la floraison d’un arbre fruitier. Cette floraison survient de manière soudaine et remplit nos âmes d’un parfum très doux. Mais ensuite vient un été qui se prolonge, et nous avons besoin de persévérance et de patience pour que le fruit se forme et arrive à maturité selon les lois objectives de la vie spirituelle et apostolique.

 

L’amour, même l’amour durable qui est la marque de l’amitié avec le Christ, est un fruit dont l’éclosion s’accompagne fréquemment d’émotions intenses. Mais ce fruit n’arrive à maturité qu’en passant par la chaleur et la souffrance, qui ne peuvent être supportés qu’avec l’aide de la raison et de la conviction, qui sont plus profondes que des sensations éphémères.

 

Suivre le Christ est bien plus que suivre un caprice ; c’est un projet à long terme qui demande l’engagement de tout notre être.

 

Il est très étonnant que beaucoup d’entre nous acceptent le fait que le succès dans les autres projets de vie exige beaucoup de travail, alors que l’on pense qu’être un chrétien fidèle devrait aller sans efforts.

 

George Lucas, le créateur de la saga cinématographique Star Wars, a décrit le travail que lui a demandé le scénario de Star Wars :

 

“J’ai grandi dans une famille de la classe moyenne dans une ville du Midwest américain avec la conception du travail correspondant. Je suis assis à mon bureau pendant huit heures par jour, quoi qu’il arrive, même si je n’écris rien. C’est un mode de vie assez terrible, mais voilà ce que je fais : je suis assis et je le fais. Je ne peux pas me lever de ma chaise avant cinq heures, cinq heures et demie du soir, quand c’est l’heure des nouvelles… C’est la seule manière pour se forcer à écrire. Je travaille au crayon et du papier ligné. Au mur il y a un calendrier. Mardi je dois être à la page 25, mercredi à la page 30, etc. Et tous les jours je fais une croix pour marquer que j’ai écrit ces cinq pages. Si je terminais mes cinq pages en avance, je m’arrêterais. Mais cela n’arrive jamais. A quatre heures de l’après-midi je n’ai qu’une page, et durant l’heure qui suit, j’écris habituellement le reste."

 

Quand Jésus disait à ses disciples qu’ils doivent être comme un roi qui veut partir à la guerre, ou à un bâtisseur qui veut construire un palais, voilà ce qu’il veut dire. Nous devons nous décider à prendre notre vie chrétienne suffisamment au sérieux pour y travailler avec l’engagement de tout notre être.

 

Y a-t-il une solution pratique pour rendre notre vie spirituelle plus stable et plus robuste ? Nous pouvons faire beaucoup de choses, mais il n’y a pas de raccourcis. Rocky (Robert Balboa, joué par Sylvester Stallone), un bon à rien, a pu devenir un boxeur champion du monde en quelques heures, mais la vie réelle demande un effort plus soutenu que la vie au cinéma.

 

Une chose assez simple que nous pourrions faire pour arriver à une plus grande maturité spirituelle, c’est de persévérer dans nos résolutions. Il nous est tous arrivé de prendre l’une ou l’autre résolution. Par exemple, le jour du Nouvel An ou à la fin d’une retraite, nous avons décidé de prier le chapelet tous les jours. Peut-être qu’à l’occasion d’un échec, nous avons promis à Dieu de ne plus nous y laisser prendre. Mais ensuite, le train-train de la vie, les distractions ou tout simplement une tendance à la paresse ont fait que, peu à peu, notre enthousiasme s’est refroidi et notre engagement évanoui.

 

Il n’est pas trop tard pour recommencer. En fait, c’est probablement une très bonne idée de recommencer. C’est une façon de se démarquer de la spiritualité des feuilletons télévisés. C’est aussi une manière de dire à Jésus que nous sommes reconnaissants pour tout ce qu’il a fait pour nous dans notre vie, et de l’assurer que nous avons le désir qu’il fasse davantage.

 

Si vous n’arrivez pas à vous souvenir d’une résolution prise dans le passé, vous pourriez commencer par renouveler votre confiance dans l’amour du Christ par la dévotion des premiers vendredis du mois. Cette dévotion a été suggérée à sainte Marguerite-Marie Alacoque par le Seigneur lui-même. Elle consiste à recevoir la Sainte Communion dans un esprit de reconnaissance durant neuf premiers vendredis du mois consécutifs. C’est seulement un petit effort, mais un effort substantiel, et un moyen sûr pour dépasser les vagues sentiments, qui ne durent généralement pas pendant neuf mois de suite.

Ou bien, en préparation au centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fatima, vous pourrez vous attacher à faire la communion réparatrice des premiers samedi du mois.

Les demandes de Notre-Dame

C’est au cours de l’apparition du 13 juillet 1917 que Notre-Dame parla pour la première fois des premiers samedis du mois en révélant aux petits voyants : « Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. » 
Notons que la Sainte Vierge parle des premiers samedis du mois de façon générale, sans en préciser le nombre. Ce n’est que le 10 décembre 1925 à Pontevedra qu’elle le fera. Voici les paroles de Notre-Dame que sœur Lucie entendit ce jour-là (tirées d’une lettre à son confesseur, le père Aparicio) : 

Vois, ma fille, mon Cœur entouré des épines que les hommes m’enfoncent à chaque instant, par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui,
- pendant cinq mois, le premier samedi,
- se confesseront,
- recevront la sainte Communion,
- réciteront un chapelet
- et me tiendront compagnie pendant quinze minutes, en méditant sur les quinze mystères du Rosaire
- en esprit de réparation,
je promets de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme.

Les assouplissements de l’Enfant-Jésus

Deux mois plus tard, le 15 février 1926, l’Enfant Jésus apparut à sœur Lucie et assouplit les conditions posées par Notre-Dame. Voici un extrait du dialogue qui s’établit entre eux (tiré d’une lettre à Mgr Pereira Lopès, un de ces anciens confesseurs) :

— Mon confesseur disait dans sa lettre que cette dévotion ne faisait pas défaut dans le monde, parce qu’il y avait déjà beaucoup d’âmes qui Vous recevaient chaque premier samedi, en l’honneur de Notre-Dame et des quinze mystères du Rosaire.
— C’est vrai ma fille, que beaucoup d’âmes commencent, mais peu vont jusqu’au bout et celles qui persévèrent, le font pour recevoir les grâces qui y sont promises. Les âmes qui font les cinq premiers samedis avec ferveur et dans le but de faire réparation au Cœur de ta Mère du Ciel me plaisent davantage que celles qui en font quinze, tièdes et indifférents.
— Mon Jésus ! Bien des âmes ont de la difficulté à se confesser le samedi. Si vous permettiez que la confession dans les huit jours soit valide ?
— Oui. Elle peut être faite même au-delà, pourvu que les âmes soient en état de grâce le premier samedi lorsqu’elles me recevront, et que, dans cette confession antérieure, elles aient l’intention de faire ainsi réparation au Sacré-Cœur de Marie.
— Mon Jésus ! Et celles qui oublieront de formuler cette intention ?
— Elles pourront la formuler à la confession suivante, profitant de la première occasion qu’elles auront pour se confesser.

Les précisions de Notre-Seigneur

Quatre ans plus tard, le père Gonçalvès, qui avait remplacé le père Aparicio comme confesseur, demanda à sœur Lucie de répondre par écrit à cinq questions sur la dévotion des premiers samedis du mois. Voici ses réponses (extrait de la lettre envoyée au père Gonzalès) :

1. Quand ? Le 10 décembre 1925.
Comment ? Par une apparition de Notre-Seigneur et de la Très Sainte Vierge qui me montra son Cœur Immaculé entouré d’épines et demandant réparation.
Où ? À Pontevedra (Passage Isabelle II). La première apparition (eut lieu) dans ma chambre, la seconde près du portail du jardin où je travaillais.

2. Les conditions requises ?
Durant cinq mois, le premier samedi, recevoir la Sainte Communion, dire le chapelet, tenir compagnie quinze minutes à Notre-Dame en méditant les mystères du Rosaire, et se confesser avec la même intention. La confession peut se faire un autre jour, pourvu qu’on soit en état de grâce en recevant la Sainte Communion.

3. Avantages ou promesses.
« Aux âmes qui chercheront à me faire réparation de cette manière (dit Notre-Dame), je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires au salut ».

4. Pourquoi cinq samedis et non neuf, ou sept en l’honneur des douleurs de Notre-Dame ?
Me trouvant dans la chapelle avec Notre-Seigneur une partie de la nuit du 29 au 30 de ce mois de mai 1930, et parlant à Notre-Seigneur des questions quatre et cinq, je me sentis soudain possédée plus intimement par la divine présence et, si je ne me trompe, voici ce qui m’a été révélé :
« Ma fille, le motif en est simple. Il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie :
1) les blasphèmes contre l’Immaculée Conception,
2) les blasphèmes contre sa virginité,
3) les blasphèmes contre sa maternité divine, en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes,
4) les blasphèmes de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le cœur des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine à l’égard de cette Mère Immaculée,
5) les offenses de ceux qui l’outragent directement dans ses saintes images.
Voilà, ma fille, le motif pour lequel le Cœur Immaculé de Marie m’a inspiré de demander cette petite réparation, et, en considération de celle-ci, d’émouvoir ma miséricorde pour pardonner aux âmes qui ont eu le malheur de l’offenser. Quant à toi, cherche sans cesse, par tes prières et tes sacrifices, à émouvoir ma miséricorde à l’égard de ces pauvres âmes ».

5. Ceux qui ne pourront accomplir les conditions le samedi, ne peuvent-ils y satisfaire le dimanche ?
« La pratique de cette dévotion sera également acceptée le dimanche qui suit le premier samedi, quand mes prêtres, pour de justes motifs, le permettront aux âmes ».

L’esprit de la dévotion

Pour bien comprendre le but des premiers samedis du mois, il est important de bien noter les points suivants.

Dans la réponse à la quatrième question, Notre-Seigneur dit à sœur Lucie que c’est Lui qui demande cette dévotion : « … le Cœur Immaculé de Marie M’a inspiré de demander cette petite réparation et, en considération de celle-ci, d’émouvoir Ma miséricorde ».

Si la possibilité de choisir un autre jour que le premier samedi pour la confession est laissé au libre arbitre de chacun, la possibilité de communier le lendemain ne peut être accordée que par un prêtre. Toutefois, il est clair que ce ne sont que des exceptions : la règle générale fixée par le Ciel est de se confesser et de communier le samedi. Pour pouvoir le faire un autre jour, il faut un empêchement réel.

Le point le plus important, celui du quel cette dévotion tire toute son efficacité, c’est la volonté de réparer les outrages subis par Notre-Dame de la part des pécheurs. C’est l’un des points essentiels du message de Fatima : réparer les offenses commises envers les saints cœurs de Jésus et Marie. En octobre 1928, dans une lettre adressée à son évêque, Mgr da Silva, sœur Lucie écrivit :

Le bon Dieu, dans son infinie miséricorde, se plaint de ne pouvoir supporter plus longtemps les offenses qui se commettent contre l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge. Il dit qu’à cause de ce péché, un grand nombre d’âmes tombent en enfer, et il promet de les sauver, dans la mesure où l’on pratiquera la dévotion suivante [les premiers samedis du mois], avec l’intention de faire réparation au Cœur Immaculé de notre très Sainte Mère.

Sœur Lucie confia également au père Aparicio (lettre du 19 mars 1939) :

De la pratique de cette dévotion, unie à la consécration au Cœur Immaculé de Marie, dépendent pour le monde la paix ou la guerre. C’est pourquoi j’ai tant désiré sa propagation ; et puis, surtout parce que telle est la volonté de notre bon Dieu et de notre si chère Mère du Ciel.

Plus tard, sœur Lucie indiqua qu’il fallait pratiquer cette dévotion chaque premier samedi du mois, car à chaque fois, nous pouvions obtenir la conversion d’un plus grand nombre de pécheurs :

Voici ma façon de faire les méditations sur les mystères du rosaire, les premiers samedis. Premier mystère : l’annonciation de l’ange Gabriel à Notre-Dame. (…) [Ici, sœur Lucie donne sa méthode pour méditer sur un mystère.]
Le deuxième mois, je fais la méditation du deuxième mystère joyeux. Le troisième, du troisième et ainsi de suite, en suivant la même méthode pour méditer. Quand j’ai fini ces cinq premiers samedis, j’en recommence cinq autres et je médite les mystères douloureux, ensuite les glorieux et, quand je les ai terminés, je recommence les joyeux.

Cette précision de sœur Lucie indique bien qu’il faut accomplir cette dévotion chaque premier samedi du mois et non pas uniquement cinq fois, car cette pratique est avant tout pour sauver des âmes. C’est d’ailleurs le sens de la première demande de Notre-Dame le 13 juillet 1917 : « Je viendrai demander (…) la communion réparatrice des premiers samedis du mois ».
La pratique des cinq samedis successifs accorde une grâce supplémentaire, celle de l’assistance de Notre-Dame au moment de notre mort. Mais il ne faut pas confondre la pratique générale et la grâce supplémentaire accordée à ceux qui la font cinq premiers samedis de suite. Cette grâce si extraordinaire est avant tout la marque que le Ciel attache une très grande importance à cette dévotion.

Il n’est pas trop tard pour recommencer.

Il n’est pas trop tard pour recommencer.

Lectures 23° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : C'est Dieu qui donne la vraie sagesse (Sg 9, 13-18)

 

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Lecture du livre de la Sagesse

Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ?
Les réflexions des mortels sont mesquines, et nos pensées, chancelantes ;
car un corps périssable appesantit notre âme, et cette enveloppe d'argilealourdit notre esprit aux mille pensées.
Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre, et nous trouvons avec effort ce qui est à portée de la main ; qui donc a découvert ce qui est dans les cieux ?
Et qui aurait connu ta volonté, si tu n'avais pas donné la Sagesseet envoyé d'en haut ton Esprit saint ?
C'est ainsi que les chemins des habitants de la terre sont devenus droits ; c'est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaîtet, par la Sagesse, ont été sauvés.
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 89, 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc

R/ D'âge en âge, Seigneur, tu as été notre refuge

 

Tu fais retourner l'homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d'Adam ! »
A tes yeux, mille ans sont comme hier,
c'est un jour qui s'en va, une heure dans la nuit.

Tu les as balayés : ce n'est qu'un songe ;
dès le matin, c'est une herbe changeante : 

elle fleurit le matin, elle change ;
le soir, elle est fanée, desséchée.


Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos coeurs pénètrent la sagesse. 

Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs. 


Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.

Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !

Consolide pour nous l'ouvrage de nos mains.
 
 

 

 

 

2ème lecture : Ton esclave est devenu ton frère (Phm 1, 9b-10.12-17)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre à Philémon

Fils bien-aimé,
moi, Paul, qui suis un vieil homme, moi qui suis aujourd'hui en prison à cause du Christ Jésus,
j'ai quelque chose à te demander pour Onésime, mon enfant à qui, dans ma prison, j'ai donné la vie du Christ.
Je te le renvoie, lui qui est une part de moi-même.
Je l'aurais volontiers gardé auprès de moi, pour qu'il me rende des services en ton nom, à moi qui suis en prison à cause de l'Évangile.
Mais je n'ai rien voulu faire sans ton accord, pour que tu accomplisses librement ce qui est bien, sans y être plus ou moins forcé.
S'il a été éloigné de toi pendant quelque temps, c'est peut-être pour que tu le retrouves définitivement,
non plus comme un esclave, mais, bien mieux qu'un esclave, comme un frère bien-aimé : il l'est vraiment pour moi, il le sera plus encore pour toi, aussi bien humainement que dans le Seigneur.
Donc, si tu penses être en communion avec moi, accueille-le comme si c'était moi.
 
 

 

 

 

Evangile : La vraie sagesse, c'est de renoncer à tout pour le Christ (Lc 14, 25-33)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Répands sur nous, Seigneur, la lumière de ton visage, apprends-nous tes volontés. Alléluia. (cf. Ps 118, 135)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :
« Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple.
Quel est celui d'entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ?
Car, s'il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui :
'Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever !'
Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s'asseoir pour voir s'il peut, avec dix mille hommes, affronter l'autre qui vient l'attaquer avec vingt mille ?
S'il ne le peut pas, il envoie, pendant que l'autre est encore loin, une délégation pour demander la paix.
De même, celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »
 
 

 

 

 

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Être humble ne veut pas dire être malheureux - Homélie 22° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi » (saint Augustin).

« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi » (saint Augustin).

 

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A première vue, la leçon qui se dégage de ce passage de l’évangile est claire et simple ; mais à y regarder de près, il y a de quoi être ébranlé.

 

La première impression, c’est que c’est un plaidoyer en faveur de l’humilité et de la générosité : ne soyez pas imbus de votre importance en occupant les places d’honneur de votre propre initiative ; n’offrez pas l’hospitalité à ceux qui peuvent vous payer en retour.

 

Je ne dis pas que l’intention de Jésus n’était pas d’enseigner cela, et les pharisiens, si remplis de pompeuse vanité, tout comme nous, avaient certainement besoin de l’entendre, mais il s’agit ici de quelque chose de plus.

 

Il est intéressant de remarquer que Jésus ne dit pas : "Ne cherchez jamais à être honorés", ou : "Ne cherchez pas de récompense pour vos bonnes actions". C’est ce que les humanistes modernes nous diraient. La vraie vertu, disent-ils, suppose un détachement absolu, même du désir d’être heureux. En fait, certains philosophes modernes reprochent aux chrétiens même de vouloir faire le bien, car c’est en faisant le bien que l’on devient heureux.

 

Cette critique est totalement dépourvue de fondement. Nous ne pouvons pas tuer notre désir de parvenir à nous épanouir. Ce désir est inné, c’est Dieu qui l’a mis en nous, comme une boussole qui nous indique à tout moment le chemin qui conduit vers lui :

 

« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi » (saint Augustin).

 

Le Christ ne condamne donc pas le désir naturel des honneurs et des récompenses, mais il l’élève. Il nous appelle à chercher la vraie récompense d’un bonheur durable qui est le fruit d’une vie d’amitié avec Dieu. Cela implique l’humilité, puisque seuls les humbles sont capables d’une amitié authentique. Nous devrions choisir « la dernière place » maintenant, en servant les autres tant que nous le pouvons, pour être élevés plus tard.

 

Il n’y pas plus réaliste que Jésus. Il connaît le cœur de l’homme (après tout, c’est lui qui l’a fait), et il cherche, non pas à l’étouffer, mais à le libérer.

 

L’humilité nous libère pour que les talents que Dieu nous a accordés puissent donner toute leur mesure, car l’humilité nous libère de la peur du qu’en dira-t-on. L’histoire de l’art, de la musique, abonde en exemples. Les vrais artistes ont travaillé dur pour développer leur génie créateur, quelles que soient les éloges ou la reconnaissance des critiques. Beaucoup de chefs-d’œuvre du répertoire de la musique classique, par exemple, n’ont jamais été reconnus comme tels du vivant de leurs compositeurs, mais longtemps après leur mort seulement.

 

La géniale Messe en Si Mineur de Bach, l’une des plus belles messes de tous les temps, n’a jamais été exécutée du vivant de son auteur. Bach était un protestant, mais puisque la Messe était catholique, il n’était pas question d’exécuter cette Messe dans un temple protestant. Or, cette Messe nécessitait un petit orchestre, et en ce temps-là, les orchestres étaient interdits dans les églises catholiques…

 

De même, les Variations Goldberg figurent parmi les œuvres les plus jouées dans les salles actuellement. Mais le genre de concert qui rend possible son exécution n’a pas existé jusqu’à plus de cent ans après la mort du compositeur.

 

Beethoven a connu un sort semblable. C’est de son vivant que le piano moderne a vu le jour. Parmi ses œuvres majeures figurent les trente-deux sonates pour piano. Mais, en fait, seuls deux de ces sonates ont été jouées en concert du vivant de Beethoven.

 

Si Bach et Beethoven avaient recherché « les places d’honneur » aux yeux du public au lieu de répondre à leur vocation de musiciens, ces œuvres immortelles n’auraient jamais vu le jour. L’humilité n’étouffe pas le cœur humain, mais le libère.

 

Jésus veut que nous cherchions la vraie grandeur, le succès durable, la gloire éternelle, et il nous enseigne que pour cela, nous devons apprendre à être humbles.

 

Mais l’humilité, à quoi ressemble-t-elle ? C’est à cette question que répond le passage du Livre de Ben Sirac le Sage. Nous y trouvons les trois visages de l’humilité.

 

D’abord, l’humilité consiste à admettre que nous ne savons pas tout :

 

« Ne cherche pas ce qui est trop difficile pour toi. »

 

(Ce verset a été omis dans le découpage liturgique, mais est cité par saint Thomas d’Aquin dans la première question de la 1a Pars de sa Somme Théologique, ainsi que par saint Louis-Marie Grignion de Montfort en conclusion de son Traité sur L’amour de la Sagesse Eternelle.)

 

Est-ce que nous nous souvenons de la dernière fois que nous avons admis ne pas connaître la réponse à une question ou la solution d’un problème ? Notre nature pécheresse nous pousse à agir comme si nous avions réponse à tout. Cette tendance engendre forcément des tensions et des angoisses. Alors, au cours de cette semaine, n’ayons pas peur d’admettre que nous ne savons pas tout.

 

Deuxièmement, l’humilité ne s’entête pas à vouloir faire les choses chacun à sa manière. Elle consiste à demeurer ouverts aux avis et aux idées des autres :

 

« L'idéal du sage, c'est une oreille qui écoute. »

 

Notre nature pécheresse nous pousse à être des "têtes de mule". Nous voulons n’en faire qu’à notre tête. Mais cela entraîne encore plus de tensions que ceux qui prétendent tout savoir. Alors, cette semaine, ayons « une oreille qui écoute » pour connaître la joie de la sagesse.

 

Enfin, l’humilité sert les autres au lieu de chercher à être servi par les autres :

 

« L’eau éteint les flammes, l’aumône remet les péchés. » (v. 30, omis dans le découpage liturgique)

 

Quand nous faisons l’aumône, quand nous donnons de notre temps, de nos talents et de nos trésors pour aider ceux qui sont dans le besoin, nous abolissons la malédiction du péché qui est un véritable fléau pour nous et pour le monde dans lequel nous vivons. Sœur Prema, la supérieure des Missionnaires de la Charité, disait à l’occasion du centième anniversaire de la naissance de Mère Teresa que si Dieu permet les catastrophes naturelles telles que le tremblement de terre à Haïti ou les inondations au Pakistan, c’est parce que ces événements peuvent faire de nous des hommes meilleurs et plus profonds. Alors, cette semaine, cherchons à donner, plus qu’à recevoir.

 

Prendre les trois résolutions (admettre que nous ne savons pas tout, avoir une oreille qui écoute, et chercher à donner, plus qu’à recevoir) est peut-être trop demander à la fois. Jésus est réaliste. Il sait de quoi nous sommes faits. Durant cette Messe, demandons-lui dans lequel parmi ces trois visages de l’humilité, il veut que nous devenions plus ressemblants à lui cette semaine. Si nous le lui demandons, il nous le dira. Il veut ce qu’il y a de meilleur pour nous, plus que nous-mêmes.

Lectures 22° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Exhortation à l'humilité (Si 3, 17-18.20.28-29)

 

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Lecture du livre de Ben Siras le Sage

Mon fils, accomplis toute chose dans l'humilité, et tu seras aimé plus qu'un bienfaiteur.
Plus tu es grand, plus il faut t'abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur.
La puissance du Seigneur est grande, et les humbles lui rendent gloire.
La condition de l'orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui.
L'homme sensé médite les maximes de la sagesse ; l'idéal du sage, c'est une oreille qui écoute.
 
 

 

 

Psaume : Ps 67, 4-5ac, 6-7ab, 10-11

R/ Béni soit le Seigneur : il élève les humbles

 

Les justes sont en fête, ils exultent ;
devant la face de Dieu ils dansent de joie.
Chantez pour Dieu, jouez pour son nom.
Son nom est Le Seigneur ; dansez devant sa face.

Père des orphelins, défenseur des veuves,
tel est Dieu dans sa sainte demeure. 

A l'isolé, Dieu accorde une maison ; 
aux captifs, il rend la liberté.

Tu répandais sur ton héritage une pluie généreuse,
et quand il défaillait, toi, tu le soutenais.
 
Sur les lieux où campait ton troupeau,
tu le soutenais, Dieu qui es bon pour le pauvre.
 
 

 

 

 

2ème lecture : La fête éternelle sur la montagne de la nouvelle Alliance (He 12, 18-19.22-24a)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
quand vous êtes venus vers Dieu, il n'y avait rien de matériel comme au Sinaï, pas de feu qui brûle, pas d'obscurité, de ténèbres, ni d'ouragan,
pas de son de trompettes, pas de paroles prononcées par cette voix que les fils d'Israël demandèrent à ne plus entendre.
Mais vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, vers des milliers d'anges en fête
et vers l'assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous les hommes, et vers les âmes des justes arrivés à la perfection.
Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d'une Alliance nouvelle.
 
 

 

 

 

Evangile : Pour avoir part au royaume de Dieu : choisir la dernière place, inviter les pauvres (Lc 14, 1a.7-14)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Heureux les invités à la table de Dieu : il comble de biens les affamés, il élève les humbles. Alléluia. (cf. Lc 1, 52-53)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas.
Remarquant que les invités choisissaient les premières places, il leur dit cette parabole :
« Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place, car on peut avoir invité quelqu'un de plus important que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendrait te dire : 'Cède-lui ta place',
et tu irais, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : 'Mon ami, avance plus haut', et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi.
Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »
Jésus disait aussi à celui qui l'avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi t'inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue.
Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ;
et tu seras heureux, parce qu'ils n'ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »
 
 

 

 

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