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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Victoire sur la tentation du messianisme terrestre - Homélie 1° dimanche du Carême B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

Chaque année, on lit, le premier dimanche du Carême, l'un des récits synoptiques des tentations de Jésus au désert. Jésus n'a pas choisi d'être là ; le Tentateur fait son métier, les anges aussi ; les bêtes sauvages sont là puisqu'on est au désert. Il n'y a aucun être humain ... On en déduit que Jésus sort victorieux de la tentation parce que les bêtes ne l'ont pas attaqué et que le récit s'achève sur l'activité des anges.

Ce que les évangiles nous disent concernant la vie de Jésus nous permet d'entrevoir qu'il fut soumis, tant de la part de ses adversaires que de ses disciples, à une tentation continuelle. D'ailleurs, si l'on considère les évangiles du premier et du dernier dimanches du Carême, on s'aperçoit qu'ils vont du début à la fin de la vie publique de Jésus.

Jésus serait-il un Messie à la manière dont les hommes, y compris ses propres disciples, le concevaient ? L'époque qui a immédiatement précédé la naissance de Jésus, traversée par de multiples courants messianiques, a vu chaque groupement développer une idée originale de ce messianisme. Par la suite, à chaque époque de l'histoire de l'église, c'est toujours la même tendance qui se manifeste. Les foules ont constamment demandé des signes à Jésus. Ses disciples l'ont continuellement mis à l'épreuve par leur désir d'un messianisme terrestre. Le récit de la tentation de Jésus, placé au début des évangiles synoptiques, éclaire cet aspect crucial de toute la vie de Jésus.

Le récit de Marc est le plus bref. Qui a consulté une synopse a été frappé par l'extrême sobriété de la péricope de Marc face à son ampleur chez Matthieu et Luc. Marc ne raconte pas le détail des « trois » tentations (nombre superlatif), ne fait pas allusion à un jeûne du Christ et ne cite aucun texte scripturaire. Il conviendrait que nous respections cette discrétion...

Jésus (« l'Esprit ») a voulu se retirer au désert avant de commencer son ministère. La chose n'est pas seulement normale mais conforme à l'eschatologie des prophètes. En effet, dans la tradition prophétique, le désert est le lieu idéal de la rencontre de l'homme avec son Dieu. On pensait ainsi que le salut final serait la réplique de l'expérience accordée à Israël lors de son pèlerinage au désert : le retour à ces conditions de vie précéderait, comme pour une ultime retraite, la restauration des derniers temps. En se retirant au désert, Jésus a donc inauguré l'ère de la rénovation universelle.

En outre, le
texte de Marc semble évoquer la victoire du Messie, et par lui, de l'humanité, sur les puissances du mal. En effet, la tradition juive considérait les « bêtes sauvages » comme les suppôts des démons qui fréquentent le désert. Le service des anges suggère aussi cette victoire du Christ, car, dans la Bible, les anges sont au service de Dieu et des justes. Jésus est donc l'homme restauré dans sa dignité. Qu'on relise le Ps 91 (90), 11-13 :
 
« Il donne mission à ses anges
« de te garder sur tous tes chemins
« ils te porteront sur leurs mains
« pour que ton pied ne heurte les pierres ;
« tu marcheras sur la vipère et le scorpion,
« tu écraseras le lion et le Dragon. »

Mais sur cette idée ancienne la version Mt/Lc a greffé une autre réalité théologique, celle de la tentation. Le texte de Marc y fait discrètement allusion. La tentation indique le choix que Jésus a dû faire tout au long de sa mission. C'est pour y être resté fidèle que finalement il a été rejeté par ses compatriotes.

À la fin de leur ouvrage, les évangélistes reviendront une dernière fois sur la tentation de Jésus. Ce sera Gethsémani et la nuit d'agonie. Père, que cette coupe s'éloigne de moi, si c'est possible. Jésus en sortira vainqueur, il est le nouvel Adam. Avec lui se réalisent la victoire sur Satan et la défaite de son règne. Mais déjà le premier acte de Jésus, enfoui au désert, instituait le règne de Dieu. Désormais, Jésus pourrait l'annoncer et le construire par ses miracles.

Les trois synoptiques sont d'accord pour faire revenir Jésus en Galilée après son baptême et sa retraite au désert. Les vv. 14-15 rapportent une formule de la communauté palestinienne qui résumait la prédication aux païens. Cette formule souligne les thèmes fondamentaux et les exigences de la prédication missionnaire :
« Les temps sont accomplis ; le Règne de Dieu est là. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

En prêtant à Jésus ce résumé de la prédication missionnaire, Marc veut montrer que celle-ci est bien identique à ce que Jésus disait et qu'elle remonte jusqu'à lui. Il est vrai que Jésus n'a jamais appliqué le terme d'Évangile au message du Salut ; ce sont les païens convertis de la Diaspora, qui parlaient grec et s'adressaient aux païens, qui ont introduit le terme Euaggelion. Cette application était préparée par la traduction grecque du second-Isaïe, où le salut eschatologique désigne la venue du Seigneur.

Dans la vie, tout ce qui est important se prépare. Dès le début de l'Église, c'est par une préparation d'un jour de jeûne absolu, puis de deux jours au IIIe siècle et, finalement de quarante jours à partir du IVe, que l'importance de la fête de Pâques a été signifiée chez les chrétiens. Cette quarantaine porte le nom de quadragesima, d'où découle notre mot français Carême. Elle fut, au VIe siècle, avancée au mercredi des Cendres pour qu'il y ait effectivement quarante jours de jeûne, puisque les dimanches en étaient exempts. Peu à peu, le Carême s'organise selon trois axes :

- pour tous les chrétiens, c'est un temps de préparation spirituelle à la fête de Pâques, un temps de conversion à l'écoute de la Parole de Dieu en pratiquant le jeûne, le partage et la prière ;
- pour les catéchumènes, c'est la dernière étape de la préparation à leur baptême qui aura lieu au cours de la veillée pascale ;
- pour les pénitents, c'est la préparation de leur « réconciliation ».

Le Carême correspond à ce temps de retraite que Jésus a pris, sous la motion de l'Esprit. Ce que nous avons dit permet de conclure que si le Carême est un temps de retraite, de recueillement, de désert, c'est parce que c'est le temps de préparer la mission, de la préparer, non pas dans une perspective de messianisme terrestre, mais selon les désirs de l'Esprit. Le Carême est alors le temps où, comme disciples du Christ, nous pouvons choisir Dieu en laissant nos appuis et nos masques trop humains. Quel est notre désert cette année ?
Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert  et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan.

Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan.

Liturgie de la Parole 1° dimanche du Carême B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Dieu fait une alliance avec l'homme (Gn 9, 8-15)

 

Lecture du livre de la Genèse

Après le déluge, Dieu dit à Noé et à ses fils : « Voici que moi, j'établis mon alliance avec vous, avec tous vos descendants, et avec tous les êtres vivants qui sont autour de vous : les oiseaux, les animaux domestiques, toutes les bêtes sauvages, tout ce qui est sorti de l'arche pour repeupler la terre. Oui, j'établis mon alliance avec vous : aucun être vivant ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n'y aura plus de déluge pour ravager la terre. » Dieu dit encore : « Voici le signe de l'alliance que j'établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants qui sont autour de vous, pour toutes les générations à venir : je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu'il soit le signe de l'alliance entre moi et la terre.
Lorsque je rassemblerai les nuages au-dessus de la terre, et que l'arc-en-ciel paraîtra au milieu des nuages, je me souviendrai de mon alliance avec vous et avec tous les êtres vivants, et les eaux ne produiront plus le déluge, qui détruit tout être vivant. »
 
 


 
 

Psaume : 24, 4-5ab, 6-7, 8-9, 10.14

R/ Tes chemins, Seigneur, sont amour et vérité pour qui garde ton alliance

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ;
dans ton amour, ne m'oublie pas.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.



 

2ème lecture : L'eau du baptême nous sauve de nos péchés (1P 3, 18-22)

 

Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre

Frères, le Christ est mort pour les péchés, une fois pour toutes; lui, le juste, il est mort pour les coupables afin de vous introduire devant Dieu. Dans sa chair, il a été mis à mort; dans l'esprit, il a été rendu à la vie.
C'est ainsi qu'il est allé proclamer son message à ceux qui étaient prisonniers de la mort. Ceux-ci, jadis, s'étaient révoltés au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l'arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, huit en tout, furent sauvées à travers l'eau.
C'était une image du baptême qui vous sauve maintenant : être baptisé, ce n'est pas être purifié de souillures extérieures, mais s'engager envers Dieu avec une conscience droite, et participer ainsi à la résurrection de Jésus Christ qui est monté au ciel, au-dessus des anges et de toutes les puissances invisibles, à la droite de Dieu.
 
 



 

Evangile : Jésus au début de sa mission (Mc 1, 12-15)

 
Acclamation : L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole venant de la bouche de Dieu. (Mt 4, 4)
 

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert.
Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. Après l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »
 
 


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.

Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.

Participation du corps à la liturgie - Homélie 6° dimanche du T.O.B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 


Nos liturgies sont trop bavardes, non pas, évidemment, que la Parole ne doive pas y trouver sa place, mais que cette place ne doit pas devenir un monopole. Nous l'avions déjà vu la semaine dernière avec l'importance du silence dans la liturgie. Aujourd'hui, parlons de la participation du corps à la liturgie, avec les différentes attitudes et gestes demandés à des moments précis de son déroulement : signes de croix, debout, assis, à genoux, inclinations, mais aussi les processions, voire aussi - même si c'est plus discuté - la danse.

Trop souvent nos liturgies sont devenues désincarnées, comme si nous étions des anges, et les attitudes du corps se limitent à la position assise avec le danger de la passivité (cf. Bouyer : "Une assemblée assise est forcément passive"), et debout, la position à genoux étant passée à la trappe, comme si elle avait été proscrite. Or, rien que depuis Noël on ne compte plus le nombre de fois où, dans l'évangile, ceux et celles qui s'approchent de Jésus se prosternent en adoration ou en supplication pour marquer leur foi, comme c'est le cas encore aujourd'hui, avec le lépreux.

Loin d'être une attitude dégradante ou aliénante, cette attitude est l'occasion, au contraire, d'une libération, comme l'a fait remarquer Benoît XVI. En outre, quand nous nous agenouillons en entrant dans une église, ou au moment de la consécration ou encore devant le Saint-Sacrement, nous ne nous écrasons pas devant un tyran qui nous regarde avec dédain du haut de son trône, comme pour les musulmans, mais "devant un Dieu qui le premier s'est incliné vers l'homme comme un bon Samaritain, pour le secourir et lui redonner la vie" (Benoît XVI).

Tout cela pose donc, en plus de la participation du corps à la prière liturgique, la question du réalisme de la foi. C'est la foi qui commande, non seulement les dispositions de l'âme, mais aussi les attitudes du corps. "L'homme n'a pas d'âme, mais il est une âme, dans la mesure où celle-ci anime le corps, c'est-à-dire où le 'coeur' s'extériorise à travers lui afin d'engager des relations" (Kunzler), (cf. Evdokimov, citant saint Grégoire de Palamas : "quand la grâce pénètre dans les chambres du coeur, elle guide tous les membres et toutes les pensées").

C'est pourquoi la Présentation Générale du Missel Romain (PGMR) invite tout le monde à "être attentif aux normes de cette Présentation générale et à la pratique reçue du rite romain ainsi qu'au bien commun spirituel du peuple de Dieu, plutôt qu'à ses goûts personnels et à son propre jugement" (n. 42).

Trop souvent l'on observe dans nos assemblées liturgiques que les uns restent debout quand tout le monde devrait être à genoux, comme au moment de la consécration, et que les autres, faisant montre d'une piété déplacée, restent à genoux au moment où tout le monde aurait dû se lever. Non seulement l'importance des attitudes communes à toute l'assemblée se vérifie comme l'expression d'une unité, mais encore pour développer celle-ci :

 


"Les attitudes communes à observer par tous les participants sont un signe de l'unité des membres de la communauté chrétienne rassemblée dans la sainte liturgie ; en effet, elles expriment et dévelopent l'esprit et la sensibilité des participants." (ibid.)
 


Il suffit d'en faire l'expérience afin d'être convaincu. Mais pour cela il faut que tout le monde s'y mette ! Or les mauvaises habitudes ne sont pas faciles à changer. C'est à une véritable conversion, communautaire autant qu'individuelle, que nous invite la liturgie.

Sans parler ici des danses liturgiques - sauf erreur, la PGMR ne les mentionne pas - , relevons aussi l'importance des processions. L'idéal serait que toute l'assemblée participe à la procession d'entrée et de sortie, celle des offrandes et de la communion. Hélas, cela n'est pas toujours possible. Remarquons tout de même qu'à certaines occasions (mais pourquoi s'y limiter ?) les processions d'entrée avec participation de toute l'assemblée  sont d'usage assez généralisé, comme pour la Présentation au Temple ou la Veillée pascale. Il faudrait qu'au minimum, la procession des offrandes soit une vértable procession durant laquelle des fidèles apportent les dons jusque devant l'autel.

L'apparition des bancs dans les églises (depuis le 17e siècle seulement !) ne facilite pas la participation de l'assemblée aux processions. Serait-il pensable aujourd'hui de les supprimer ? Et pourtant dans les liturgies orthodoxes c'est debout que tout le monde particpe encore aujourd'hui à des offices qui durent bien plus longtemps que les nôtres ! Une assemblée assise, par contre, est difficile à entraîner dans la louange et l'action de grâce. Chez les protestants, l'assemblée devient un groupe d' "auditeurs" d'une instruction, chez les catholiques des "spectateurs" curieux : "même lorsqu'elle s'agenouille pour prier, c'est pour une prière privée, et non pas pour une supplication commune" (Bouyer). Quel dommage !

Liturgie de la Parole 6° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B
N'oublie pas, Seigneur, le cri des malheureux

N'oublie pas, Seigneur, le cri des malheureux

1ère lecture : La loi ancienne sur les lépreux (Lv 13, 1-2.45-46)

 

Lecture du livre des Lévites

Le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron :
« Quand un homme aura sur la peau une tumeur, une inflammation ou une tache, qui soit une marque de lèpre, on l'amènera au prêtre Aaron ou à l'un des prêtres ses fils.
Le lépreux atteint de cette plaie portera des vêtements déchirés et les cheveux en désordre, il se couvrira le haut du visage jusqu'aux lèvres, et il criera : 'Impur ! Impur !'
Tant qu'il gardera cette plaie, il sera impur. C'est pourquoi il habitera à l'écart, sa demeure sera hors du camp. »



 

Psaume : 101, 2-3ab, 4-5, 6.13, 20-21

R/ N'oublie pas, Seigneur, le cri des malheureux


Seigneur, entends ma prière :
que mon cri parvienne jusqu'à toi !
Ne me cache pas ton visage
le jour où je suis en détresse !

Mes jours s'en vont en fumée,
mes os comme un brasier sont en feu ;
mon coeur se dessèche comme l'herbe fauchée,
j'oublie de manger mon pain ;

A force de crier ma plainte,
ma peau colle à mes os.
Mais toi, Seigneur, tu es là pour toujours ;
d'âge en âge on fera mémoire de toi.

« Des hauteurs, son sanctuaire, le Seigneur s'est penché ;
du ciel, il regarde la terre
pour entendre la plainte des captifs
et libérer ceux qui devaient mourir. »


 

2ème lecture : Ne scandaliser personne (1Co 10, 31-33; 11, 1)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, tout ce que vous faites : manger, boire, ou n'importe quoi d'autre, faites-le pour la gloire de Dieu.
Ne soyez un obstacle pour personne, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni pour l'Église de Dieu.
Faites comme moi : en toutes circonstances je tâche de m'adapter à tout le monde ; je ne cherche pas mon intérêt personnel, mais celui de la multitude des hommes, pour qu'ils soient sauvés.
Prenez-moi pour modèle ; mon modèle à moi, c'est le Christ.

 

 

 

 

Evangile : Guérison d'un lépreux (Mc 1, 40-45)

 
Acclamation : Un grand prophète s'est levé parmi nous : Dieu a visité son peuple. (Lc 7, 16)

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc

Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »
A l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié.
Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère :
« Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Publication du Directoire homélitique

dominicanus
Publication du Directoire homélitique
Cité du Vatican, le 10 Février 2015 (VIS). La Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements publie aujourd'hui le Directoire homélitique, qui s'ouvre par un décret de son ancien Préfet, le Cardinal Antonio Cañizares Llovera, en date du 29 juin dernier: Il est significatif, écrit-il, "que le Pape François ait consacré une place considérable à l'homélie dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium. Le Synode des évêques avait mis en lumière les défauts en la matière sujet, à la suite d'ailleurs des exhortations post-synodales Verbum Domini et Sacramentum Caritatis de Benoît XVI. Le présent directoire a également pris en compte les indications de la Constitution concilaire Sacrosanctum Concilium, tout comme du Magistère successif ou des Praenotanda de l'Ordo Missae Lectionum et de l'Institutio Generalis Missalis Romani. Le présent Directoire homilétique est articulé en deux parties.
 
La première partie, intitulée L'homélie et le contexte liturgique, décrit la nature, le rôle, le contexte et certains de ses aspects: Le Ministre ordonné seul compétent, la référence à la Parole de Dieu, sa préparation et ses destinataires.
 
Dans la deuxième partie, Ars Praedicandi, fournit la méthodologie et la substance de ce que le prédicateur doit connaître et prendre en considération lors de la préparation de son homélie et de prononciation. Des clefs de lecture sont proposés, de manière indicative et non exhaustive, pour les messes du cycle dominical et festif selon l'année liturgique (Triduum et temps pascal, Carême, Avent, temps de Noël et temps ordinaire), avec des indications pour la messe quotidienne, la messe de mariage et la messe de funérailles. Sont explicités les exemples et critères mis en évidence dans la première partie, à savoir la typologie entre l'Ancien et le Nouveau Testament, l'importance de l'Evangile, l'ordre des lectures, les liens entre liturgie de la Parole et liturgie eucharistie, le message biblique, le rapport entre la célébration et la vie, entre l'écoute de Dieu et l'assemblée.
 
Le document est suivi de deux annexes. Dans la première, afin de montrer la relation entre l'homélie et la doctrine, on fournit des références prises dans le Catéchisme à propos des sujets des lectures du dimanche selon des trois cycles annuels. La deuxième annexe propose des références aux textes de documents du magistère relatifs à l'homélie.
 
Soumis à l'approbation des Membres de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, après avoir été examiné et approuvé lors des réunions ordinaires des 7 février et 20 mai 2014, le document a été présenté au Saint-Père, qui a approuvé sa publication. La Congrégation ose espérer que grâce au Directoire homélitique l'homélie soit toujours plus une expérience intense et heureuse de l'Esprit, une rencontre réconfortante avec la Parole, une source constante de renouveau et de croissance, ainsi que l'a recommandé Evangelii Gaudium. Chaque homélie, dans le sillage de l'Apôtre Paul, doit exprimer une conviction: Dans la mesure où Dieu nous a jugé aptes à recevoir en garde l'Evangile, nous ne devons pas plaire aux hommes, mais à Dieu, qui juge notre intentions.
 
 
A charge des Conférences épiscopales, les traductions dans les principales langues seront supervisés par le dicastère, et rendues définitives quelles que soient les objections contraires".
 
Publié VIS Archive

La prière de Jésus dans le silence de la liturgie - Homélie 5° dimanche du T.O.B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait.

Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait.

"Le silence sacré fait partie de la célébration : il doit aussi être observé en son temps." (PGMR 45)


Dans l'évangile de ce dimanche nous voyons que de nombreux malades sont amenés auprès de Jésus pour qu'il les guérisse. Je ne peux m'empêcher de voir dans cette foule de malades la liturgie même  telle qu'elle est célébrée en beaucoup d'endroits. Il est grand temps pour nous de nous approcher de Jésus pour le supplier de la guérir. Un des  principaux symptomes d'une liturgie malade est le manque de silence. Comme le faisait remarquer Jean-Paul II, nos liturgies ne retrouveront leur santé spirituelle que dans la mesure où elles quitteront le vacarme tapageur du monde pour rejoindre la prière silencieuse de Jésus :


"Un aspect qu'il faut cultiver avec une plus grande application au sein de nos communautés est l'expérience du silence. Nous avons besoin de celui-ci 'pour accueillir dans nos coeurs la pleine résonance de la voix de l'Esprit Saint, et pour unir plus étroitement la prière personnelle à la Parole de Dieu et à la voix publique de l'Eglise'. Dans une société qui vit de manière toujours plus frénétique, souvent étourdie par le bruit et distraite par l'éphémère, redécouvrir la valeur du silence est vital. Ce n'est pas un hasard si, même en dehors du culte chrétien, se diffusent des pratiques de méditation qui accordent de l'importance au recueillement."
 

Après le diagnostic, voici la prescription, avec référence explicite à l'évangile de ce dimanche :
 

"Pourquoi ne pas lancer, avec audace pédagogique, une éducation spécifique au silence au sein même des propres paramètres de l'expérience chrétienne ? Nous devons avoir à l'esprit l'exemple de Jésus, qui 'sortit et s'en alla dans un lieu désert, et là il priait' (Mc 1, 35). La Liturgie, dans ses divers moments et ses diverses manifestations, ne peut pas négliger celui du silence." (Lettre apostolique Spiritus et Sponsa 13)
 

Alors prenons du temps pour suivre Jésus dans sa prière silencieuse, en dehors, mais aussi pendant la messe. Il ne manquerait plus que cela, que l'on ne puisse même plus avoir un peu de silence pendant une célébration eucharistique ! Une messe sans silence est comme un trésor qui reste fermé. Combien de messes célébrées à la va-vite ou dans une débauche de paroles, de chants et d'actions, au nom d'une compréhension erronnée de la "participation active" dans la liturgie. Le Père Daniel Ange écrit :
 

"Le dialogue des Personnes divines s'exprime en silence. Face à ce silence de mystère, la louange des anges et des hommes la plus festive sera célébration silencieuse."
 

C'est exactement le poids de ce silence qui dit l'infinie réalité de Dieu : l'univers ne saurait annoncer sa présence d'une autre manière. Malheur à moi si je n'évangélise pas par le silence (cf. 2° lect) ! Malheur aux célébrants dont les messes  tiennent plus d'un spectacle mondain que d'une liturgie catholique ! Nul événement n'a la grandeur, la pureté, la solitude d'un silence dans lequel tout l'univers se précipite. Pourquoi s'en priver ? Le mystère de l'eucharistie, c'est l'ouverture du septième sceau de l'Apocalypse (8, 1) :
 

"Et quand il a ouvert le septième sceau, il y eut dans le ciel un silence d'environ une demi-heure."
 

Divo Barsotti de commenter :
 

"C'est le silence de la liturgie. Mais précisément le silence de la liturgie quand elle anticipe en quelque sorte cette venue. La messe n'est pas seulement la présence actuelle du Mystère de la croix et du Mystère de la rédemption ; elle est aussi l'anticipation réelle, et non pas seulement prophétique, de la fin de tout en présence du Christ. Chaque fois que la messe se dit, le monde finit ; toute la création en quelque manière se transporte dans le Christ, et il n'y a plus que Lui. Mais si la messe anticipe cette fin, c'est précisément dans le silence qu'elle l'anticipe. Quand arrive la consécration, au moment le plus solennel, le silence se fait : la solennité du moment est comme scandée par le silence. Avant, on peut acclamer et chanter, mais quand Il vient, l'homme se tait."
 

Et de faire référence à Job (cf. 1° lect.) :
 

"Job le disait : Auparavant je te connaissais pour avoir entendu parler de toi, mais maintenant que Tu es là, je me prosterne dans la poussière et je me tais. L'homme peut interroger Dieu quand Dieu est loin, il peut discuter avec lui, il peut l'appeler en justice - comme faisait Job - mais quand Dieu se rend présent, l'homme n'a plus de raison à opposer, il n'a plus à demander des explications, il ne peut qu'adorer. Alors tombe toute envie de contester, toute objection. Silence. Ce n'est pas seulement le silence de l'homme, c'est le silence de l'univers entier. Comme le disait déjà le prophète Sophonie : Au jour de Iahweh que tout fasse silence, le ciel et la terre."
 

Le silence de l'univers entier : c'est cela aussi que veut dire le mot 'catholique'.

Dans une conférence intitulée "La vie liturgique dans les communautés quinze ans après le Concile" et donnée à Fulda, auprès du tombeau de saint Boniface, le cardinal Ratzinger - qui avait remarqué avec amertume, dans son cahier de 1963 sur la première session, qu'on pourrait jauger le succès du concile à la manière dont la messe de clôture différerait de celle d'ouverture - disait déjà de manière assez nuancée :

 

"Qu'en est-il donc aujourd'hui de la vie liturgique chez nous ? Poser cette question c'est s'exposer à éprouver des sentiments quelque peu partagés. D'un côté, il y a la joie née d'une conscience nouvelle de la responsabilité commune ; d'une expérience nouvelle de la communauté et de la participation communautaire au mystère eucharistique; d'une compréhension nouvelle, du fait que la liturgie de l'Église, sortant des voiles de l'histoire, nous est apparue à nouveau dans sa simplicité et sa grandeur, Mais d'un autre côté, il y a aussi ce que nous savons des disputes et des divisions nées à cause de la liturgie et en son sein, il y a un sentiment de malaise devant trop de paroles, pas assez de silence et pas assez de beauté ; le souvenir de maintes initiatives arbitraires qui ont rabaissé la dignité de l'institution du Seigneur jusqu'à n'être plus que navrante autofabrication. Nous avons donc des raisons de rendre grâce, mais non moins de raisons de nous livrer à un examen de conscience ..."
 

Prions pour que le Seigneur nous donne des célébrations liturgiques dignes de ce nom.

Lectures 5° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Détresse de l'homme qui souffre (Jb 7, 1-4.6-7)

 

Lecture du livre de Job

« Vraiment, la vie de l'homme sur la terre est une corvée, il fait des journées de manoeuvre.
Comme l'esclave qui désire un peu d'ombre, comme le manoeuvre qui attend sa paye, depuis des mois je n'y ai gagné que du néant, je ne compte que des nuits de souffrance.
A peine couché, je me dis :'Quand pourrai-je me lever ? 'Le soir n'en finit pas : je suis envahi de cauchemars jusqu'à l'aube.
Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s'achèvent quand il n'y a plus de fil.
Souviens-toi, Seigneur : ma vie n'est qu'un souffle, mes yeux ne verront plus le bonheur. »


 

Psaume : 146, 1.3, 4-5, 6-7


R/ Bénissons le Seigneur qui guérit nos blessures ! Ou Alléluia

Il est bon de fêter notre Dieu,
il est beau de chanter sa louange !
il guérit les coeurs brisés
et soigne leurs blessures.

Il compte le nombre des étoiles,
il donne à chacune un nom ;
il est grand, il est fort, notre Maître :
nul n'a mesuré son intelligence.

Le Seigneur élève les humbles
et rabaisse jusqu'à terre les impies.
Entonnez pour le Seigneur l'action de grâce,
jouez pour notre Dieu sur la cithare !




 

2ème lecture : L'Apôtre se fait tout à tous (1Co 9, 16-19.22-23)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, si j'annonce l'Évangile, je n'ai pas à en tirer orgueil, c'est une nécessité qui s'impose à moi ; malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile !
Certes, si je le faisais de moi-même, je recevrais une récompense du Seigneur. Mais je ne le fais pas de moi-même, je m'acquitte de la charge que Dieu m'a confiée.
Alors, pourquoi recevrai-je une récompense ? Parce que j'annonce l'Évangile sans rechercher aucun avantage matériel, ni faire valoir mes droits de prédicateur de l'Évangile.
Oui, libre à l'égard de tous, je me suis fait le serviteur de tous afin d'en gagner le plus grand nombre possible.
Avec les faibles, j'ai été faible, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns.
Et tout cela, je le fais à cause de l'Évangile, pour bénéficier, moi aussi, du salut.

 

 

Evangile : Une journée de Jésus au milieu des malades (Mc 1, 29-39)

 
Acclamation : Jésus a pris sur lui notre faiblesse, il s'est chargé de nos douleurs. (Mt 8, 17)
 

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc

En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade.
Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait.
Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche.
Quand ils l'ont trouvé, ils lui disent : « Tout le monde te cherche. »
Mais Jésus leur répond : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c'est pour cela que je suis sorti. »
Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais.


 
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

La valeur du célibat - Homélie 4° dimanche du T.O.B

dominicanus
La valeur du célibat - Homélie 4° dimanche du T.O.B

Corinthe était une ville animée et prospère, une capitale économique et culturell. Comme dans toutes les grandes villes, le vice y était florissant. Les premiers chrétiens de Corinthe ont dû se battre vaillamment pour mener une vie chrétienne au milieu d’une société corrompue. Ça vous rappelle quelque chose?

 

Certains de ces chrétiens baptisés récemment pensaient qu’il serait plus facile d’éviter toute cette corruption s’ils abandonnaient leurs familles, leur travail, leurs relations sociales, pour mener une vie de type monacal. Souvenons-nous que la plupart de ces chrétiens étaient des adultes de conversion récente, qui n’avaient donc eu aucune éducation chrétienne pendant leur enfance.

 

Au chapitre 7 de la Première Lettre aux Corinthiens, saint Paul les encourage à ne pas abandonner leur vie normale, mais à continuer de vivre dans l’état de vie qu’ils menaient avant leur conversion. La grâce du Christ nous transforme de l’intérieur, nous fortifie pour nous rendre capables de mener une vie authentiquement chrétienne, même au milieu d’une société païenne.

 

Mais dans le contexte de la discussion, saint Paul poursuit en donnant son opinion sur un sujet très controversé à l’époque et encore aujourd’hui: le célibat à cause du Royaume du Seigneur.

 

Contrairement à ce qu’essaient de nous faire croire certains romans contemporains, Jésus ne s’est jamais marié. Son épouse, c’est l’Église, et c’est pour elle qu’il s’est livré tout entier. Paul a marché dans les pas du Christ, et il recommande que les chrétiens célibataires de Corinthe en fassent de même. C’est ainsi que, dès le début de l’Église, nous voyons la vie consacrée dans le célibat et la virginité présentée comme une belle vocation dans l’Église.

 

Est-ce ainsi que nous la voyons? Ou bien la considérons-nous comme un fardeau insupportable, inhumain, comme tant de nos contemporains non catholiques? 

 

À la lumière de l’exhortation de saint Paul, nous pouvons déceler plusieurs raisons pour lesquelles la vie consacrée est un don merveilleux pour le monde. Je n’en retiendrai qu’une seule pour aujourd’hui: c’est ce que les théologiens appellent la raison christologique. Je m’explique: la vie consacrée dans le célibat et la virginité est un rappel et un signe de qui est le Christ réellement. 

 

Une femme qui répond à l’appel personnel de Dieu en se donnant corps et âme au Christ rappelle au monde que Jésus est quelqu’un, et non pas un idéal mythique, que Jésus est quelqu’un qui aime et qui peut être aimé. 

 

Sainte Catherine de Sienne, par exemple, a perçu son appel quand elle n’avait encore que six ans, et elle a dû surmonter de nombreux obstacles et difficultés pour y répondre. Après des années d’une fidélité douloureuse, le Seigneur lui est apparu dans toute sa splendeur céleste, avec la Vierge Marie à côté de lui. La Sainte Vierge a pris la main de Catherine pour la donner à Jésus, qui a glissé une alliance à son doigt qui est restée visible pour Catherine jusqu’à la fin de sa vie. 

 

Jésus est vraiment quelqu’un qui nous aime vraiment et qui désire vraiment que nous l’aimions en retour. La vocation à la vie consacrée en est un rappel permanent.

 

Un homme qui reçoit et accepte la grâce du célibat sacerdotal montre au monde un autre aspect de l’amour du Christ, son côté pastoral, paternel. Par l’ordination sacerdotale, c’est le Christ lui-même qui est le Pasteur de son troupeau, le nourrissant de l’Eucharistie, intercédant pour lui par la Messe et par le Liturgie des Heures, le guérissant par les sacrements de la Réconciliation et l’Onction des malades.

 

C’est la raison pour laquelle là où l’on essaie d’éliminer l’Église catholique, on commence presque toujours par bannir ou assassiner les prêtres et les évêques. On oublie, par exemple, souvent que l’Holocauste du nazisme a visé des milliers de prêtres catholiques, que la révolution anti-catholique au Mexique au début du 20ème siècle a commencé par l’expulsion des prêtres et des évêques. En 1925 il y avait 4500 prêtres au service de l’Église au Mexique. Dix années plus tard, il n’en restait que 334, autorisés par le gouvernement pour s’occuper de 15 millions de catholiques. Le reste a été éliminé par l’émigration, l’expulsion et l’assassinat. Dans 17 états mexicains, il ne restait plus aucun prêtre! On peut en dire autant de la Révolution française…

 

Quand un prêtre s’engage dans le célibat, il ne renonce pas à sa capacité d’aimer. Il la vit au contraire en plénitude en se dévouant pour la petite portion de l’Église qui lui a été confiée, à l’image et l’imitation du Christ célibataire, Époux de l’Église. 

 

Comme saint Paul nous le rappelle, Dieu n’appelle pas tout le monde à la vie consacrée. Mais en appelant certains de ses enfants à chaque époque à le suivre sur le chemin de la virginité consacrée, il fait un merveilleux cadeau à l’Église et au monde, un cadeau qui nous rappelle son amour personnel pour chacun de nous (c’est la raison christologique), un cadeau qui nous encourage sur le chemin escarpé du bonheur éternel au ciel (c’est la raison eschatologique), qui nous rappelle aussi la beauté et la profondeur du sacrement de mariage, nous donnant des hommes et des femmes qui sont prêts à guider les hommes et les femmes et à prier pour eux au nom du Seigneur (c’est la raison ecclésiale).

 

Au cours de cette eucharistie, remercions le Seigneur pour ce don merveilleux, et prions pour que tous ceux et toutes celles que le Christ appelle dans cette voie soient assez courageux et généreux pour le suivre.

 

 

 

 

Lectures 4° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Moïse annonce le prophète des temps à venir (Dt 18, 15-20)

 

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse dit au peuple d'Israël : « Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l'écouterez.
C'est bien ce que vous avez demandé au Seigneur votre Dieu, au mont Horeb, le jour de l'assemblée, quand vous disiez : « Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur mon Dieu, je ne veux plus voir cette grande flamme, je ne veux pas mourir ! »
Et le Seigneur me dit alors : « Ils ont raison. Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai.
Si quelqu'un n'écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, moi-même je lui en demanderai compte.
Mais un prophète qui oserait dire en mon nom une parole que je ne lui aurais pas prescrite, ou qui parlerait au nom d'autres dieux, ce prophète-là mourra. »


 
 

Psaume : 94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9

 

R/ Aujourd'hui, ne fermons pas notre coeur, mais écoutons la voix du Seigneur

 

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu'à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu'il conduit,

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre coeur comme au désert,
où vos pères m'ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit.
 
 


 

2ème lecture : La virginité pour le Seigneur (1Co 7, 32-35)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, j'aimerais vous voir libres de tout souci. Celui qui n'est pas marié a le souci des affaires du Seigneur, il cherche comment plaire au Seigneur.
Celui qui est marié a le souci des affaires de cette vie, il cherche comment plaire à sa femme, et il se trouve divisé.
La femme sans mari, ou celle qui reste vierge, a le souci des affaires du Seigneur ; elle veut lui consacrer son corps et son esprit. Celle qui est mariée a le souci des affaires de cette vie, elle cherche comment plaire à son mari.
En disant cela, c'est votre intérêt à vous que je cherche ; je ne veux pas vous prendre au piège, mais vous proposer ce qui est bien, pour que vous soyez attachés au Seigneur sans partage.




 

Evangile : Jésus est le Prophète qui enseigne avec autorité (Mc 1, 21-28)

 
Acclamation : Béni soit le Seigneur notre Dieu : sur ceux qui habitent les ténèbres, il a fait resplendir sa lumière. (Lc 1, 68.79)
 

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit mauvais, qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. »
Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme. »
L'esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui en poussant un grand cri.
Saisis de frayeur, tous s'interrogeaient : « Qu'est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. »
Dès lors, sa renommée se répandit dans toute la région de la Galilée.


 
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
« Silence ! Sors de cet homme. »

« Silence ! Sors de cet homme. »

La grâce de Dieu peut transformer le coeur le plus endurci - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire B (conversion de saint Paul)

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 


La rencontre décisive de Jésus avec ses premiers disciples nous montre la puissance de la grâce de Dieu: elle a radicalement changé le sens de notre vie. Chaque année, le 25 janvier, l'Église célèbre aussi la mémoire d'une autre conversion radicale: celle de saint Paul.

 

La conversion de saint Paul est un des évènements les plus marquants de toute la Bible. Saul de Tarse était un jeune rabbi très en vue, très zélé pour défendre ses idées concernant le plan de salut de Dieu. L'incarnation, la passion, la mort et la résurrection de Jésus n'entraient pas dans ce plan. Quand il entend les Apôtres annoncer l'évangile, il est furieux, alors qu'ils ne faisaient qu'obéir à la dernière consigne de leur Maître pour "annoncer l'évangile à toute la création". Pour Saul, érudit, populaire et arrogant, cette doctrine est un blasphème. Il va mobiliser alors toute son intelligence, sa volonté et ses relations pour exterminer cette nouvelle religion, jusqu'à faire jeter en prison des hommes et des femmes. Impossible d'imaginer un adversaire plus virulent de Jésus Christ et de son Église.
 

Mais sur la route de Damas, tout cela va changer. Jésus lui apparaît, parle à son coeur. Un rayon de lumière pénètre le zèle mal éclairé et égocentrique du persécuteur. À partir de ce moment tout change. Paul est progressivement libéré de ses ambitions qui faisaient de lui un destructeur. Il devient peu à peu un ambassadeur de la grâce rédemptrice de Dieu, une lumière d'espérance et de miséricorde pour les pécheurs de tous les pays et de toute race, un messager fidèle de la bonté inconditionnelle de Dieu. À partir de ce moment, toutes ses ressources naturelles et surnaturelles seront mises à contribution pour la construction du Royaume, et non plus au service de ses propres ambitions, qui, comme il le dira dans la deuxième lecture de la mémoire, appartenaient à "ce monde tel que nous le voyons" qui "est en train de passer".

 

Quelle puissance que celle de la grâce de Dieu, de l'évangile, qui peut vraiment transformer une existence, de la façon la plus improbable et imprévisible ! Quelquefois nous avons de la peine à y croire, à cette puissance de transformation de la grâce, parce que nous avons au sujet de l'action de la grâce des idées erronées. Nous avons tendance à imaginer que cela devrait fonctionner par coup de baguette magique, ou comme au cinéma, comme à Hollywood.

 

Or l'action de la grâce de Dieu dans nos âmes requiert habituellement plus que deux heures. Quand Saul rencontre le Christ sur la route de Damas, c'est pour lui une expérience fulgurente, profondément transformante, mais ce n'est que le commencement d'une longue aventure spirituelle. Bien sûr, Saul cesse immédiatement de persécuter les chrétiens, mais il n'est devenu le prédicateur missionnaire charismatique qu'au bout d'une dizaine d'années. Durant cette période, il passe trois années en prière et en silence dans le désert d'Arabie, et ensuite encore six années dans sa ville d'origine, à Tarse, pratiquant son métier de fabricant de tentes, étudiant les Écritures à la lumière de ce qu'il avait appris de Jésus. Ce n'est qu'au bout de ces dix années de maturation, durant lesquelles l'Esprit Saint a pu toucher tous les coins et recoins de son esprit et de son coeur, qu'il reçoit un appel missionnaire.

 

Voilà comment fonctionne habituellement la grâce de Dieu. Voyez aussi l'exemple des Douze Apotres : Jésus a passé trois longues années, à plein temps, pour leur donner un enseignement, une formation, avant de leur donner la mission de convertir le monde, comme nous l'avons entendu dans l'évangile de la mémoire liturgique.

 

La puissance de transformation de la grâce est réelle, mais cela prend du temps. Jésus l'a dit à de multiples reprises dans ses paraboles. La grâce est comme une semence que Dieu sème dans la terre de nos coeurs. Elle germe et elle pousse lentement, du moins, si nous pensons à l'arroser régulièrement par la prière, si nous lui donnons suffisamment la lumière des sacrements, en y mettant aussi l'engrais de nos efforts pour connaître, aimer et suivre le Christ. Pour cette triple tâche, nous avons besoin de la patience du culitvateur qui cultive son champ (cf Jc 5, 7).

 

Si nous n'avons pas fait l'expérience de la puissance de transformation de l'évangile dans nos propres vies, la raison en est peut-être que nous n'en avons pas eu envie. Dieu, lui, est toujours aux aguets, mais il nous laisse la liberté d'être attentifs ou non. Avez-vous remarqué que même à l'occasion de la rencontre décisive avec saint Paul sur le chemin de Damas, Jésus, en fait, ne donne aucune instruction avant que Paul ne décide d'écouter. Dieu révèle sa présence, il fait le premier pas, mais il laisse à Saul la responsabilité de réagir positivement ou négativement. La réaction de saint Paul est positive. Dans la première lecture de ce jour (Actes 22) saint Luc nous précise qu'après la lumière aveuglante et la voix de Jésus, Saul répond : "Que dois-je faire, Seigneur ?" Il manifeste ainsi au Seigneur qu'il veut le suivre, qu'il veut courir le risque de le suivre, quelles qu'en soient les conséquences.

 

Ce "que dois-je faire ?" de Saul de Tarse évoque le "que devons-nous faire" des foules qui viennent se faire baptiser par Jean (Lc 3, 10.12.14). C'est la même question que nous retrouvons dans la bouche de ceux qui avaient écouté Pierre le matin de la Pentecôte (Ac 2, 37).

 

Dans la deuxième lecture, saint Paul nous dit ce que nous devons faire. Il nous rappelle que "ce monde tel que nous le voyons est en train de passer", et que "le temps est limité". Cela veut dire que nous devons mettre notre relation avec le Seigneur à la première place, et tout le reste à la seconde place ; cela veut dire que nous devons chercher notre bonheur, non pas dans notre compte en banque ou dans notre pouvoir d'achat, ni dans notre popularité ou nos passe-temps préférés, mais dans nos efforts pour mieux connaître et faire connaître, mieux aimer et faire aimer le Christ chaque jour. Si nous faisons cela, la puissance transformante de la grâce, la même que celle qui a changé le coeur de Saul et le cours de l'histoire, pourra donner toute sa mesure dans notre vie et dans la vie de ceux et de celles qui nous entourent.

 

Alors, aujourd'hui, demandons à Jésus, en célébrant cette eucharistie, de faire pour nous ce qu'il a fait pour Saul de Tarse, et d'éclairer nos esprits de la lumière de sa grâce. Demandons-lui de nous montrer concrètement ce que nous avons à faire pour rejeter tel désir, tel projet, telle ambition, telle habitude égoïste ... qui nous coupe de sa grâce transformante, et qui l'empêche d'agir. Parfois le Seigneur nous demande aussi d'accepter de ne rien pouvoir faire, d'accepter un échec, une épreuve, une maladie, qui nous paralysent et nous condamnent à l'inaction.

 

Mais quelles que soient les circonstances dans lesquelles l'appel de Dieu nous rejoint, nous pouvons toujours prier avec saint Nicolas de Flue, le saint patron de la Suisse :

 

"Seigneur Dieu, enlevez-moi tout ce qui m'éloigne de vous.
"Seigneur Dieu, donnez-moi tout ce qui me rapproche de vous.
"Prenez-moi à moi et donnez-moi tout à vous."

 

Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.

Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.

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