Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Le travail que Dieu nous demande - Homélie 25° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

25 TOA ev

 

Dans la parabole des ouvriers de la vigne, faisons attention à ce que Jésus veut nous dire. Ce qu’il veut nous dire d’abord, c’est que Dieu est souverainement libre :

« N’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? »

 

Le Royaume des cieux est le Royaume de Dieu, c’est son bien, pas le nôtre !

 

Ensuite, Jésus veut nous dire que Dieu est infiniment bon :

 

« Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? »

 

A qui ces deux questions sont-elles posées ? Qui remet en cause la souveraine liberté de Dieu ? Qui regarde Dieu de travers quand il fait preuve de bonté ?

D’après l’évangile, ce sont d’abord les scribes et les pharisiens qui reprochent à Jésus de manger et de boire avec les publicains et les prostituées, qui représentaient à leurs yeux les deux grandes catégories de pécheurs, de gens non fréquentables, de damnés…, qui n’ont aucun mérite à faire valoir, tandis que eux, ils ont toujours fidèlement observé la Loi, moyennant une ascèse impressionnante.

Mais ensuite, cette parabole s’adressera au peuple juif dans son ensemble, le peuple de la première alliance, appelé depuis Abraham à marcher dans les voies du Seigneur, qui ont accueilli Jésus comme Seigneur en devenant chrétiens à la Pentecôte. Après la Pentecôte, l’Esprit-Saint aura fort à faire pour leur faire admettre que les païens sont appelés à faire partie de l’Alliance eux aussi, sans qu’ils aient besoin d’observer toutes les prescriptions de la Loi de Moïse.

Enfin, cette parabole s’adresse à nous, chrétiens issus du paganisme, certes, mais baptisés de longue date, devenus, vaille que vaille, mais non sans peine, des chrétiens « militants », « engagés », « actifs » dans l’Eglise. C’est à nous que pensait S. Grégoire le Grand quand il disait :

 

« Les ouvriers sont appelés à la vigne à des heures différentes, comme pour signifier que l’on est appelé à la sainteté  au moment de son enfance, un autre dans sa jeunesse, un autre à son âge mûr, et un autre à un âge plus avancé. »

 

La parabole, en fin de compte, s’adresse donc à toutes les époques de l’histoire du Peuple de Dieu et à chaque peuple qui veut comprendre le fond de la pensée de Jésus. Et Jésus nous invite à penser comme Lui :

 

« Je vous le dis : si votre justice ne dépasse pas celles des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez sûrement pas dans le Royaume des cieux » (Mt 5, 20).

 

Attention ! Cela ne signifie certainement pas que Dieu, dans son amour miséricordieux, serait injuste. La justice, tout comme l’amour et la miséricorde, est un attribut de Dieu. Dans son discours sur la montagne, Jésus nous dit qu’il n’est pas venu abolir la Loi, mais pour l’accomplir, et qu’il n’y a pas la moindre prescription de la Loi qui ne passera, pour autant qu’elle vienne de Dieu. Toute présentation de la morale chrétienne qui oublie cela, est fausse. La justice de ce monde, qu’elle soit de nature publique ou privée, n’est pas abolie. Mais elle est dépassée par l’agir de Dieu dans le Christ et dans l’agir de la communauté de ceux qui le suivent.

La 1e lecture exprime combien la conception que Dieu se fait de la justice dépasse nos pauvres conceptions humaines : autant que le ciel est élevé au-dessus de la terre. Et la pensée et l’agir de Dieu portent précisément le sceau de la miséricorde et du pardon, qui comportent, bien entendu, une exigence de conversion. C’est cela qui est juste aux yeux de Dieu :

 

« Va, et ne pèche plus. »

 

(Voir aussi la parabole de dimanche dernier).

 

Dans la 2e lecture, S. Paul nous donne une magnifique illustration de ce que Jésus veut dire dans la parabole d’aujourd’hui. En quoi consiste pour lui la meilleure manière d’imiter la bonté de Dieu ? La plupart des hommes souhaitent une longue vie sur terre. Les vœux de Nouvel An comportent inévitablement des souhaits de bonne santé… Ce n’est pas ce que S. Paul souhaite. Il souhaite plutôt mourir pour être avec le Christ. Mais si Dieu veut qu’il reste encore sur la terre, pour travailler dans sa vigne, cela serait en opposition avec ce vœu ardent. Alors il ne choisit pas. Il laisse Dieu choisir ce qu’il y a de meilleur que lui et pour la communauté chrétienne.

De nouveau, ici, faisons bien attention ! Ce qu’il y a de mieux, ce n’est pas, comme beaucoup pourraient le penser, une accumulation de bonnes œuvres, une activité de plus en plus débordante, à la limite de la fébrilité, tout cela dans le but, bien entendu, de faire des conversions de plus en plus nombreuses et de remplir les églises. Non, le meilleur, c’est de faire la volonté de Dieu, dont les pensées et les projets dépassent infiniment les pensées et les projets de l’Apôtre, mais qui sont pourtant, pour lui et pour l’Eglise, les meilleures.

Pour S. Paul, concrètement, cela a pu être la prison. Pour tel ou telle parmi nous, cela peut être la maladie et l’hôpital, ou, en tout cas, l’une ou l’autre forme d’impuissance à travailler avec une efficacité humaine, dans l’entreprise « Eglise ».

Mais c’est alors, justement, que la fécondité devient la plus grande : quand, humblement, l’on accepte d’être réduit ainsi à l’impuissance en ce monde, alors même que l’on ne peut pas non plus déjà jouir de la plénitude du bonheur qui consiste à voir Dieu face à face. Le travail que Dieu nous demande, en fin de compte, c’est celui-là : mener « une vie digne de l’Evangile du Christ ».

Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne.'

Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne.'

Lectures 25e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : « Mes pensées ne sont pas vos pensées » (Is 55, 6-9)

Lecture du livre d'Isaïe

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Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu'il est proche. Que le méchant abandonne son chemin,et l'homme pervers, ses pensées ! Qu'il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.
 
 
 

 

 

Psaume :  144, 2-3, 8-9, 17-18

 

R/ Proche est le Seigneur de ceux qui l'invoquent

 

Chaque jour je te bénirai, 
je louerai ton nom toujours et à jamais. 
Il est grand, le Seigneur, hautement loué ; 
à sa grandeur, il n'est pas de limite. 

Le Seigneur est tendresse et pitié, 
lent à la colère et plein d'amour ; 
la bonté du Seigneur est pour tous, 
sa tendresse, pour toutes ses oeuvres. 

Le Seigneur est juste en toutes ses voies, 
fidèle en tout ce qu'il fait. 
Il est proche de ceux qui l'invoquent, 
de tous ceux qui l'invoquent en vérité.

 

 

2ème lecture : « Pour moi, vivre c'est le Christ » (1, 20c-24.27a)

 

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Frères, soit que je vive, soit que je meure, la grandeur du Christ sera manifestée dans mon corps. En effet, pour moi, vivre c'est le Christ, et mourir est un avantage. Mais si, en vivant en ce monde, j'arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je voudrais bien partir pour être avec le Christ, car c'est bien cela le meilleur ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire. Quant à vous, menez une vie digne de l'Évangile du Christ.
 
 
 
 
 
Evangile : La générosité de Dieu dépasse notre justice (Mt 20, 1-16)
 
 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. La bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses oeuvres : tous acclameront sa justice.Alléluia. (cf. Ps 144, 7-9)

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

 

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Jésus disait cette parabole : 

« le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d'accord avec eux sur un salaire d'une pièce d'argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d'autres qui étaient là, sur la place, sans travail. Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.' Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d'autres qui étaient là et leur dit : 'Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?' Ils lui répondirent : 'Parce que personne ne nous a embauchés.' Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne.' 

Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : 'Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.' Ceux qui n'avaient commencé qu'à cinq heures s'avancèrent et reçurent chacun une pièce d'argent. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : 'Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !' Mais le maître répondit à l'un d'entre eux : 'Mon ami, je ne te fais aucun tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour une pièce d'argent ? Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi : n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un oeil mauvais parce que moi, je suis bon ?' 
Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »
 

 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Homélie pour la fête de la Croix Glorieuse

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)

Selon nos critères humains, Jésus était un râté. Il n'avait aucun diplôme, aucune éducation. Il n'a pas fait carrière. Durant les trois dernières années de sa vie d'adulte, il n'avait même aucun salaire, et donc très peu d'argent. Il vivait de dons. Il mendiait. Pas de coquette maison, ni de moyen de locomotion confortable. La plupart du temps il dormait à la belle étoile et se déplaçait à pied. Pas non plus de gens haut placés parmi ses amis, pas de relations dans le domaine de la culture, de la politique ou du monde des affaires. On le considérait comme un lunatique et un crimininel. Il n'avait même pas la côte parmi les gens de son pays, de sa ville natale. Quand il avait prêché dans leur synagogue il avait failli se faire lyncher. Dans tous les critères selon lesquels nous mesurons habituellement le succès de quelqu'un, la vie de Jésus était un échec sur toute la ligne.

Et pourtant, saint Paul peut écire dans la deuxième lecture que Dieu le Père lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, qu'il est le Seigneur devant qui tout genou doit fléchir. Pour quelle raison le Père a-t-il élevé Jésus sur le trône de gloire en l'exaltant à ce point, si a vie fut un échec ? La raison est que les critères de Dieu ne sont pas ceux des hommes. Selon les critères de Dieu, Jésus a triomphé dans la seule catégorie vraiment importante : celle de l'humilité.

Comme nous venons de l'entendre dans la lettre de saint Paul aux Romains, Jésus se dépouilla lui-même, en prenant la forme d'un esclave, il s'est humilié, devenant obéissant jusqu'à la mort sur une croix. C'est pour cette raison que Dieu l'a exalté. Voilà ce que l'Eglise célèbre en ce jour de la fête de la Croix Glorieuse, la victoire de l'humilité du Christ sur l'orgueil de Satan.

Jésus disait à ceux qui le suivaient : "Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur" (Mt 11, 29). Il n'a pas dit : "Apprenez de moi à changer l'eau en vin, à ressusciter les morts, à guérir les lépreux". Dans les béatitudes, la liste des huit secrets de Jésus pour être heureux, l'humilité est en tête liste : "Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume de Cieux est à eux" (Mt 5, 3). Être pauvre en esprit, c'est être humble, ne pas chercher avidement son bonheur en accaparant tout (l'argent ou ... l'estime), mais plutôt en nous donnant à Dieu et au prochain. Nous admettons bien qu'un athlète a besoin d'un entraîneur pour se dépasser, qu'un homme politique ne doit pas chercher ses intérêts personnels mais le bien commun de ses électeurs, qu'un patient doit suivre la prescription de son médecin, même si le remède est amer. Tout cela est du domaine de l'humilité.

Et pourtant, quand il s'agit de la vie elle-même, nous en voulons à Dieu quand il essaie de nous guider par sa Providence à travers les évènements et les circonstances de la vie, ou quand il nous demande de faire un sacrifice pour le bien des autres, ou encore, quand le médecin des âmes nous dit par les enseignements de l'Eglise, que certaines choses nous font du tort.

C'est pourtant à travers les croix et les privations que les hommes acquièrent peu à peu la sagesse et l'humilité. Saint Augustin disait que Dieu ne permet le mal qu'en vue d'en tirer un plus grand bien. Les humbles le reconnaissent et vivent sans crainte. Seuls les superbes et les égoïstes ne supportent pas que Dieu leur demande de lui passer le volant de leur voiture un moment.

Si l'humilité est le secret, la clé de la victoire du Christ sur le péché et le mal, alors l'humilité devrait être clé également pour ceux qui sont ses disciples. La question évidente qui se pose alors est : comment nous comportons-nous dans cet aspect de notre vie chrétienne ?

Ce qui est bien avec l'humilité, c'est qu'elle est assez facile à mesurer. Nous sommes humbles dans la mesure ou nous sommes capables de nous renier pour le bien des autres. La croix, c'est cela, en fait. C'est ainsi que Jésus caractérise la vie chrétienne : "Si quelqu'un veut être mon disciple, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive" (Mt 16, 24).

Dans nos conversations, sommes-nous prêts à faire des concessions, volontiers et sans murmurer, au lieu de toujours vouloir imposer notre volonté propre, nos petites opinions ? Dans nos responsabilités de chaque jour, sommes-nous prêts à travailler dur, à nous dépenser pour mener nos tâches à bien, sans pour autant chercher des approbations ou des contre-parties ? Quelle conception nous faisons-nous des vacances : sont-elles pour recharger nos batteries afin d'être davantage au service des autres, ou bien sommes-nous toujours en train de chercher à satisfaire nos propres envies, à en faire une priorité absolue, à tel point que nous devenons insupportables quand les besoins ou les préférences des autres nous amènent à devoir renoncer à ce que nous aurions voulu ?

A vous de continuer la liste des questions. Ce sont autant de critères qui nous permettent de jauger notre degré d'appartenance à Jésus et notre participation à sa Croix Glorieuse.

 

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,

Lectures du 14 septembre : La Croix Glorieuse

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

 

 

Livre des Nombres (Nb 21, 4b-9)21

 

 

4b  Au cours de sa marche à travers le désert, le peuple d'Israël, à bout de courage,
05  récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d'Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n'y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! »
06  Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d'Israël.
07  Le peuple vint vers Moïse et lui dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu'il éloigne de nous les serpents. »
08  Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent, et dresse-le au sommet d'un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu'ils le regardent, et ils vivront ! »
09  Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d'un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu'il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie !


Psaume (Ps 77, 3-4ac, 34-35, 36-37, 38ab.39)

R/ Par ta croix, Seigneur, tu nous rends la vie.

 
03  Nous avons entendu et nous savons
ce que nos pères nous ont raconté ;
4a  nous le redirons à l'âge qui vient,
4c  les titres de gloire du Seigneur,

34  Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient,
ils revenaient et se tournaient vers lui :
35  ils se souvenaient que Dieu est leur rocher,
et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur.

36  Mais de leur bouche ils le trompaient,
de leur langue ils lui mentaient.
37  Leur coeur n'était pas constant envers lui ;
ils n'étaient pas fidèles à son alliance.

38a  Et lui, miséricordieux,
38b  au lieu de détruire, il pardonnait ;
39  Il se rappelait : ils ne sont que chair,
un souffle qui s'en va sans retour.




 

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (Ph 2, 6-11)
 

2

06i  Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ;
07  mais au contraire, il se dépouilla lui-même
en prenant la condition de serviteur.
Devenu semblable aux hommes
et reconnu comme un homme à son comportement,
08  il s'est abaissé lui-même
en devenant obéissant jusqu'à mourir,
et à mourir sur une croix.
09  C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ;
il lui a conféré le Nom
qui surpasse tous les noms,
10  afin qu'au Nom de Jésus,
aux cieux, sur terre et dans l'abîme,
tout être vivant tombe à genoux,
11  et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est le Seigneur »,
pour la gloire de Dieu le Père.




Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 3, 13-17)

 

3

13i  Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme.
14  De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,
15  afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.
16  Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
17  Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.


 

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Lectures du 14 septembre : La Croix Glorieuse

Correction fraternelle, oui, mais dans l'ordre et avec charité, S.V.P. ! Homélie 23° dimanche du T.O. A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

23 TOA ev

 

Les textes de ce dimanche sont absolument déterminants pour la formation de l’Eglise, telle que Dieu la veut. La correction fraternelle y occupe une place centrale, puisque, membres de l’Eglise, nous n’en sommes pas pour autant moins personnellement pécheurs et solidaires du péché des autres. Il est donc du devoir de chaque chrétien de pratiquer la correction fraternelle. Nous sommes tous membres d’un même corps, et aucun membre de ce corps ne peut rester indifférent si un des autres membres se fait du tort gravement et cause des dégâts importants dans la vie de l’ensemble de ce corps.

Si quelqu’un est en danger sur la route, dans l’eau ou ailleurs, la loi nous fait un devoir de lui porter secours. Ce n’est pas une option, mais une obligation. Si nous ne le faisons pas, cela relève de la non-assistance à personnes en danger. Dans la communauté chrétienne il n’en va pas autrement. Au contraire, car ce qui nous unit en tant que chrétiens est plus fort que ce qui nous relie dans la communauté humaine.

Le prophète Ezéchiel a été établi comme « guetteur » pour la Maison d’Israël. Le guetteur, c’est celui qui veille, celui qui est attentif à ce que personne ne soit à danger. A l’occasion il peut être sauveteur.

L’admonition et – si nécessaire – la correction, peut, selon l’Evangile, seulement se faire en référence à la Révélation divine et la discipline de l’Eglise, voulue par le Christ. Celui qui corrige doit avoir l’humilité de ne pas s’ériger lui-même comme norme. Il doit se référer à la norme de la grâce de Dieu, et à son exigence. Cette exigence, selon S. Paul dans la 2e lecture, c’est la charité chrétienne, qui renferme tous les commandements. Il faut que la correction soit fraternelle, charitable. Si elle ne l’est pas, que le correcteur en herbe commence par se corriger lui-même ! (« Si ton frère a commis un péché… »). Qu’il enlève d’abord la poutre de son œil, avant de prétendre enlever la paille des yeux des autres ! C’est la charité qui « accomplit » toute la loi, y compris celle de la correction.

Mais l’homme reste libre. La correction, même la meilleure (pensons à celle du Christ à l’égard des … pharisiens, par exemple) – que ce soit en tête-à-tête, ou que ce soit d’une manière plus officielle par les autorités ecclésiales – respectez l’ordre S.V.P ! - peut essuyer une fin de non recevoir obstinée. Celui qui pêche contre l’unité, par exemple, ou contre le respect de la vie humaine, dira que c’est « par amour », par compassion… Alors il faut lui montrer que sa « version » de l’amour, loin d’être l’accomplissement de l’amour, en est une contrefaçon démoniaque, comme celle de Pierre vis-à-vis de Jésus (cf. évangile de dimanche dernier).

La 1e lecture de ce dimanche nous rappelle que si l’on a mis en garde quelqu’un qui n’est pas prêt pour autant à changer de comportement, on a fait son devoir et on a « sauvé » sa propre vie. La correction fraternelle relève strictement du devoir, mais Dieu ne promet pas la réussite ! En cas d’échec, il y a une ligne de séparation. Quand un pécheur se trouve de l’autre côté de cette ligne, il ne peut plus être considéré comme un membre de l’Eglise. Ce n’est pas l’Eglise qui le met à la porte. Il s’excommunie en quelque sorte lui-même. L’Eglise doit alors en prendre note, et le confirmer publiquement, afin que ce soit clair pour tout le monde. Cela se passait déjà comme cela dans l’Ancien Testament. Dans le Nouveau, où l’appartenance à la communauté ecclésiale du Seigneur est encore plus personnelle et exigeante, cela doit se faire de manière d’autant plus claire.

Dans les dernières paroles de l’Evangile d’aujourd’hui,  nous voyons combien la prière de la communauté de l’Eglise est exaucée par Dieu. Les deux promesses sont grandes : ce que deux hommes qui se mettent par amour devant le Seigneur Lui demandent, cela leur sera accordé. Là où deux ou trois sont réunis au nom de Jésus, Il est au milieu d’eux. Au temps de Jésus, les rabbins disaient ceci : « Quand deux hommes s’asseyent ensemble autour des paroles de la Torah, alors la Shekinah (la présence de Dieu dans le monde) est au milieu d’eux. Le Christ remplace le fait de s’asseoir autour des paroles de la Loi par la prière, la Loi elle-même par la Loi nouvelle et vivante, Jésus Christ, et la Shekinah par la présence eucharistique.

Ainsi, nous devons, par la charité, nous efforcer de ramener dans le mystère central de l’Eglise, c’est-à-dire l’Eucharistie (source et sommet de la vie de l’Eglise),  tous ceux qui s’égarent en qui se trouvent en danger de se perdre. Encore faut-il que notre présence à la messe du dimanche soit elle-même un acte de charité. C’est loin d’être toujours le cas ! C’est ce que déplorait déjà S. Jean Chrysostome au 4e siècle.

Parfois aussi, c’est tout une communauté qui peut se mettre en situation de péché. J’ai lu le témoignage d’un prêtre qui parlait de ses paroissiens : pris individuellement, chacun y est très généreux. Les uns et les autres sont assez doués dans le domaine où ils souhaitent s’investir. Mais dès qu’ils sont ensemble, ils ne peuvent pas se supporter. Ils sont incapables de partager des responsabilités. Ils ne parviennent pas à se parler pour résoudre leurs conflits. Comment une communauté aussi divisée peut-elle témoigner de l’Evangile ? Un jour, Jésus a dit : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples » (Jn 13, 35).

Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux.

Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux.

Lectures 23° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

°1ère lecture : Le prophète est responsable de ses frères (Ez 33, 7-9)

Lecture du livre d'Ezékiel

 

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La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d’homme, je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. Si je dis au méchant : 'Tu vas mourir', et que tu ne l'avertisses pas, si tu ne lui dis pas d'abandonner sa conduite mauvaise, lui, le méchant, mourra de son péché, mais à toi, je demanderai compte de son sang. Au contraire, si tu avertis le méchant d'abandonner sa conduite, et qu'il ne s'en détourne pas, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie. »
 
 

 

 

Psaume :  94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9

R/ Aujourd'hui, ne fermons pas notre coeur, mais écoutons la voix du Seigneur !

 

Venez, crions de joie pour le Seigneur, 
acclamons notre Rocher, notre salut ! 
Allons jusqu'à lui en rendant grâce, 
par nos hymnes de fête acclamons-le ! 

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, 
adorons le Seigneur qui nous a faits. 
Oui, il est notre Dieu ; 
nous sommes le peuple qu'il conduit.

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ? 
« Ne fermez pas votre coeur comme au désert, 
où vos pères m'ont tenté et provoqué, 
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

 

 

 

 

 

2ème lecture : « Celui qui aime les autres accomplit la Loi » (Rm 13, 8-10)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l'amour mutuel, car celui qui aime les autres a parfaitement accompli la Loi. Ce que dit la Loi : Tu ne commettras pas d'adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas de vol, tu ne convoiteras rien ; ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L'amour ne fait rien de mal au prochain. 
Donc, l'accomplissement parfait de la Loi, c'est l'amour.
 
 
 

 

 

Evangile : Instructions pour la vie de l'Église. Tout chrétien est responsable de ses frères (Mt 18, 15-20)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Dans le Christ, Dieu s'est réconcilié avec le monde. Il a déposé sur nos lèvres la parole de réconciliation Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)
 

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

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Jésus disait à ses disciples : 
 
« Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. S'il ne t'écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l'affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l'Église ; s'il refuse encore d'écouter l'Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. 

Encore une fois, je vous le dis : si deux d'entre vous sur la terre se mettent d'accord pour demander quelque chose, ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux. »

 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

 

 

Petit Traité de la Vraie Dévotion - Homélie 22° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
Saint Paul vécut au 1er siècle, à une époque où les principales religions étaient toutes païennes. Ces religons païennes étaient basées sur la croyance en l'efficacité magique de rituels purement extérieurs, comme, par exemple, des sacrifices d'animaux. On brûlait aussi des semences, on répandait du vin, ou encore on exécutait des danses, des prières, des musiques rituelles. Mais toujours, l'efficacité du culte, le supposé pouvoir d'attirer sur l'auteur de ces actions les faveurs du faux dieu, dépendait de l'exécution exacte du rituel, un peu comme les exercices imposés lors du concours de gymnastique ou de pâtinage sur glace aux Jeux Olympiques. Si le rituel n'était pas exécuté avec exactitude, l'auteur recevait une mauvaise note. La divinité était alors censée rester indifférente, voire se mettre en colère.

Cette insistance exclusive sur l'exactitude des rites avait aussi contaminé les pratiques juives de l'époque. C'est pourquoi, dans ses écrits, saint Paul met constamment en garde les premiers chrétiens contre les dangers du ritualisme. Il les invite à cultiver une relation, non pas purement formelle, mais personnelle avec Dieu. Voilà pourquoi,
comme nous venons de l'entendre, il exhorte les chrétiens de Rome à
 
"offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : c'est là pour vous l'adoration véritable".

En d'autres mots, la relation chrétienne avec Dieu ne se borne pas à quelques actions et prières rituelles. Tout ce que nous faisons doit être une adoration. Nos actions, nos paroles, nos décisions, notre manière de vivre de tous les jours et de chaque instant - toutes ces choses sont pour nous des occasions pour montrer à Jésus que nous l'aimons et que nous voulons le suivre.

C'est donc une conception radicalement révolutionnaire de la religion, une religion basée sur un lien d'amitié personnelle avec le seul vrai Dieu qui s'est fait homme en Jésus Christ. Cela requiert, comme l'écrit saint Paul une transformation profonde :

 
"transformez-vous en renouvelant votre façon de penser".

Cette nouvelle conception de la religion nous permet de comprendre et d'expliquer une tradition catholique que les protestants ont de la peine à admettre : notre dévotion pour les saints, et notamment pour la Vierge Marie. Beaucoup de protestants estiment que les statues et les images des saints dans nos églises et nos maisons sont la preuve que l'Église catholique pratique l'idolâtrie à la manière des païens. Cette conception n'a rien à voir avec la vraie dévotion catholique pour les saints. Nous utilisons les images des saints pour la même raison que nous utilisons des photos de ceux que nous aimons, pour nous souvenir de ces membres éminents de l'Église qui nous ont précédés. L'exemple de leur foi, de leur courage, de leur charité que ces images nous rappellent nous invitent à tendre nous aussi à la sainteté. Rien à voir avec l'adoration de statues.

Nous n'adorons pas non plus les saints réprésentés par ces statues. Nous savons qu'ils sont des créatures de Dieu, limitées tout comme nous, mais ils ont permis à la grâce de Dieu de faire irruption en eux et de les sanctifier. Ils ont reconnu que l'amitié que Dieu leur offrait dans le Christ pouvait faire d'eux non seuleùent de meilleurs chrétiens "pratiquants", mais aussi de meilleurs maris et femmes, artisans et ouvriers, pdg et employés, artistes et savants. Ils ont suivi le conseil de saint Paul, en essayant de transformer chacune de leurs activités, que ce soit de plier le linge ou d'écrire des livres de théologie, en en

 
"sacrifice saint, capable de plaire à Dieu".

Dans son "Traité de la Vraie Dévotion", saint Louis-Marie Grignion de Montfort écrit à propos de la fausse dévotion :

"Les dévots extérieurs sont des personnes qui font consister toute la dévotion à la très sainte Vierge en des pratiques extérieures, qui ne goûtent que l'extérieur de la dévotion, parce qu'ils n'ont point d'esprit intérieur. Ils diront force chapelets à la hâte, entendront plusieurs messes sans attention, iront aux processions sans dévotion, se mettront de toutes les confréries sans amendement de leur vie, sans violence à leurs passions et sans imitation des vertus de cette Vierge très sainte. Ils n'aiment que le sensible de la dévotion, sans en goûter le solide. S'ils n'ont pas de consolations sensibles dans leurs pratiques, ils croient qu'ils ne font plus rien, ils se détraquent, ils quittent tout, ou ils font tout à bâton rompu ! Le monde est plein de ces sortes de dévots extérieurs, et il n'y a pas de gens plus critiques des personnes d'oraison, qui s'appliquent à l'intérieur comme à l'essentiel, sans mépriser l'extérieur de modestie qui accompagne toujours la vraie dévotion."

Selon lui :

"la vraie dévotion à la sainte Vierge est intérieure, c'est-à-dire qu'elle part de l'esprit et du cœur, elle vient de l'estime qu'on fait de la sainte Vierge, de la haute idée qu'on s'est formée de ses grandeurs, et de l'amour qu'on lui porte."

Ce n'est pas non plus une dévotion purement sentimentale, affective, mais surtout effective, basée sur l'imitation de ses vertus :

"Elle porte une âme à éviter le péché et imiter les vertus de la sainte Vierge, particulièrement son humilité profonde, sa foi vive, son obéissance aveugle, son oraison continuelle, sa mortification universelle, sa pureté divine, sa charité ardente, sa patience héroïque, sa douceur angélique et sa sagesse divine."

La marque de la vraie dévotion consiste aussi, selon lui, à recourir à son intercession et sa protection en toute simplicité, avec confiance :

"(La vraie dévotion) est tendre, c'est-à-dire pleine de confiance en la sainte Vierge, comme d'un enfant en sa bonne mère. Elle fait qu'une âme recourt à elle dans tous ses besoins de corps et d'esprit, avec beaucoup de simplicité, de confiance et de tendresse. Elle implore l'aide de sa bonne Mère en tout temps, en tout lieu et en toute chose : dans ses doutes, pour en être éclaircie (éclairée), dans ses égarements pour être redressée, dans ses tentations pour être soutenue, dans ses faiblesses pour être fortifiée, dans ses chutes pour être relevée, dans ses découragements pour être encouragée, dans ses scrupules pour en être ôtée, dans ses croix, travaux et traverses de la vie pour être consolée. Marie est son recours ordinaire, sans crainte d'importuner cette bonne Mère et de déplaire à Jésus."

C'est la raison pour laquelle Notre-Dame de la Délivrande, que nous fêtons chaque année le 30 août, a été proclamée sainte patronne de la Martinique. C'est aussi la raison pour laquelle nous avons des saints patrons (à condition de choisir des prénoms chrétiens pour nos enfants !) et qu'il y a des patrons pour toutes les sortes d'activités humaines : sainte Barbara pour les mathématiciens, sainte Brigitte pour les sage-femmes, etc ... Ce n'est pas de la superstition ! Nous reconnaissons simplement que quand Dieu entre dans une vie, il a le pouvoir de remplir le moindre recoin d'une "valeur ajoutée", qui est éternelle.

Mais souvenez-vous toujours : notre relation avec Dieu n'est pas basée sur des rituels purement extérieurs mais sur une identité intérieure : par le baptême nous sommes devenus des membres de la famille même de Dieu.

Il y a deux domaines dans notre vie où cette vérité est particulièrement difficile à mettre en pratique, des domaines dans lesquels nous sommes facilement tentés de régresser dans un paganisme pratique où nous disons croire une chose en faisant exactement le contraire.

Le premier domaine est celui de la vie professionnelle. Vous avez tous, je pense, au moins entendu parler du célèbre homme d'affaires milliardaire américain de la première moitié du 20me siècle, John D. Rockefeller. Chaque dimanche matin il tenait les orgues à l'église, puis, à partir de lundi matin, devenait un loup qui terrorisait les petits commerçants. Ca, c'est de l'hypocrisie. Si Jésus Christ est vraiment notre Seigneur, nous devons avoir une attitude digne de lui le dimanche matin (ou le samedi soir), en venant à la messe, et le lundi matin, et tout au long de la semaine, en tout ce que nous faisons.

Nous entendons parfoi des hommes et des femmes politiques affirmer qu'ils sont personnellement opposés à l'avortement, mais politquement en faveur. Cela aussi est hypocrite. Ce qui est moralement bon ou mauvais ne change pas avec la politique. Ces politiciens ne disent jamais qu'ils sont personnellement opposés aux voleurs, mais que, politiquement, ils estiment que les gens devraient être libres de voler ou pas. Nous, chrétiens, nous avons la chance d'être éclairés davantage que les autres sur ce qui est bien ou mal. Garder cette lumière pous nous revient à priver un malade d'un remède qui pourrait le guérir.

Le deuxième domaine dans lequel nous sommes souvent tentés de nous relâcher est celui de nos relations familiales. Un homme peut être très organisé, poli, ponctuel et dévoué dans son travail, mais paresseux, égoïste et violent à la maison. Une femme peut être charmante, patiente, tolérante et délicieuse en société, mais agressive et insupportable avec son mari. Ce n'est pas digne d'un chrétien, d'une chrétienne. La manière chrétienne, c'est de faire un sérieux effort pour rayonner le Christ toujours et partout, de faire de toute notre vie un "sacrifice saint, capable de plaire à Dieu". Jésus a besoin pour cela de notre bonne volonté. Si nous la lui donnons, sa grâce fera le reste, par l'intercession de la Vierge Marie, des anges et de tous les saints.
Notre-Dame de la Délivrande au Morne-Rouge (Martinique)

Notre-Dame de la Délivrande au Morne-Rouge (Martinique)

Lectures 22° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre de Jérémie (Jr 20, 7-9)

20
07  Seigneur, tu as voulu me séduire, et je me suis laissé séduire ;
tu m'as fait subir ta puissance,
et tu l'as emporté.
A longueur de journée je suis en butte à la raillerie,
tout le monde se moque de moi.
08  Chaque fois que j'ai à dire la parole,
je dois crier,
je dois proclamer :
« Violence et pillage ! »
A longueur de journée, la parole du Seigneur
attire sur moi l'injure et la moquerie.
09  Je me disais : « Je ne penserai plus à lui,
je ne parlerai plus en son nom. »
Mais il y avait en moi comme un feu dévorant,
au plus profond de mon être.
Je m'épuisais à le maîtriser,
sans y réussir.






Psaume (Ps 62, 2, 3-4, 5-6, 8-9)

R/ Mon âme a soif de toi, Seigneur, mon Dieu

 

02  Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube :
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,
terre aride, altérée, sans eau.

03  Je t'ai contemplé au sanctuaire,
j'ai vu ta force et ta gloire.
04  Ton amour vaut mieux que la vie :
tu seras la louange de mes lèvres !

05  Toute ma vie je vais te bénir,
lever les mains en invoquant ton nom.
06  Comme par un festin je serai rassasié ;
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.

08  Oui, tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l'ombre de tes ailes.
09  Mon âme s'attache à toi,
ta main droite me soutient.



Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 12, 1-2)

12
01  Je vous exhorte, mes frères, par la tendresse de Dieu, à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : c'est là pour vous l'adoration véritable.
02  Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 16, 21-27)

16
21i  Pierre avait dit à Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. » À partir de ce moment, Jésus le Christ commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.
22  Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t'en garde, Seigneur ! cela ne t'arrivera pas. »
23  Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route ; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
24  Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive.
25  Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera.
26  Quel avantage en effet un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s'il le paye de sa vie ? Et quelle somme pourra-t-il verser en échange de sa vie ?
27  Car le Fils de l'homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite.
 
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« Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route ; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

« Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route ; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Le Rocher et les Clefs, c'est quelqu'un, et pas n'importe qui - Homélie 21° dimanche du temps ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce XXI° dimanche du temps ordinaire. 

 

21 TOA ev

 


EVANGILE - Matthieu 16, 13 – 20 
Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.

 
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Lire le commentaire :

Ce 21° dimanche du temps ordinaire nous relate la profession de foi de Pierre et la réponse de Jésus qui l’institue pierre sur laquelle il va fonder son Église.


Deux images vont dominer : celle du rocher et celle des clefs. Toutes deux ont leur origine dans l’Ancien Testament et trouvent leur accomplissement dans la fondation qu’est Jésus-Christ. 


En premier lieu, le Rocher. C’est le fondement sur lequel on peut s’appuyer sans condition et de nombreux psaumes signifient que c’est Dieu lui-même : « Dieu seul mon salut, mon Rocher » dit le psaume 62. 


Sa parole divine est ce qui est parfaitement sûr et quand elle devient homme et s’incarne, quand elle devient ainsi le sauveur du peuple, alors le force de Dieu, la force du Rocher devient visible à tous : « ce Rocher, c’est le Christ » proclamera St Paul dans la première lettre aux Corinthiens ( 1 Cor, 10,4). 


Mais bien loin de conserver ce caractère unique et propre pour lui-même, Jésus, après la réponse de Pierre inspirée par le Père, va en donner part à celui-ci : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ». L’Église aussi aura part à ce caractère sans condition : « Les portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle ». La transmission de cette propriété ne peut se réaliser que par la foi parfaite qui est due à la grâce du Père dans le ciel, et nullement par une bonne inspiration de Pierre. La foi en Dieu et dans le Christ, devient elle-même ferme comme le roc, uniquement par Dieu et le Christ eux-mêmes. C’est un fondement sur lequel non pas l’homme, mais le Christ bâtit son Église. 


En second lieu, les Clefs. La propriété d’être le rocher-fondement contient déjà le pouvoir des clefs car celui qui est fondé en Dieu reçoit le pouvoir d’exercer en son nom et il ne peut être lui-même que sûr, par la grâce de Dieu. Ainsi la clef de la maison de David est mise sur l’épaule d’Eliakim, choisi par Dieu, dans la première lecture : « s’il ouvre, personne ne fermera, s’il ferme, personne n’ouvrira ». Désormais c’est le Christ, qui, ayant reçu ce pouvoir du Père, donne part à l’homme Pierre, sur qui l’Église est bâtie, à ce pouvoir qui pénètre désormais dans l’au-delà : ce qu’il lie ou délie sera lié ou délié dans le ciel.


Mais il nous faut remarquer qu’aussi bien dans l’Ancienne que dans la Nouvelle alliance, chez le Christ et Pierre, c’est toujours une personne bien déterminée qui reçoit les clefs. Il ne s’agit pas d’une fonction impersonnelle comme pour une présidence, où, à la place du titulaire, un autre peut être choisi. Dans la fondation du Christ, il s’agit toujours d’une personne très déterminée qui détient les clefs : nul ne peut se procurer un passe-partout ou une clef de rechange qui pourrait ouvrir ou fermer. 


Cela s’applique aussi à tous ceux qui participent au ministère sacerdotal, dérivé des apôtres : dans une communauté, seul le curé (et ses auxiliaires ordonnés) détient la clef qu’il ne peut céder à personne, partager avec personne. Il peut répartir des tâches et des « ministères », mais ce n’est pas lui qui est bâti sur le rocher de la communauté. C’est la communauté, une partie de l’Église, qui est bâtie sur le rocher de Pierre, auxquels tous les ministres sacerdotaux ont part. 


Seigneur, donne-nous d’aimer la place que tu nous donnes et d’aimer l’Église telle que tu l’as fondée en nous confiant à la richesse de ta grâce qui la fait vivre et en accueillant ses manifestations de faiblesse humaine comme nos propres faiblesses.

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.

Lectures 21e dimanche du temps ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Je te confierai les clefs de la maison de David (Is 22, 19-23)

Lecture du livre d'Isaïe

21-TOA-1lec.jpg
 
 
Parole du Seigneur adressée à Shebna le gouverneur : « Je vais te chasser de ton poste, t'expulser de ta place.
Et, ce jour-là, j'appellerai mon serviteur, Éliakim, fils de Hilkias.
Je le revêtirai de ta tunique, je le ceindrai de ton écharpe, je lui remettrai tes pouvoirs : il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda.
Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : s'il ouvre, personne ne fermera ; s'il ferme, personne n'ouvrira.
Je le rendrai stable comme un piquet qu'on enfonce dans un sol ferme ; il sera comme un trône de gloire pour la maison de son père. »
 
 
 

Psaume :  Ps 137, 1-2a, 2bc-3, 6a.8

R/ Toi, le Dieu fidèle, poursuis ton oeuvre d'amour

 
De tout mon coeur, Seigneur, je te rends grâce : 
tu as entendu les paroles de ma bouche. 
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne. 

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité, 
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel, 
tu fis grandir en mon âme la force.
 

Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble.
Le Seigneur fait tout pour moi. 
Seigneur, éternel est ton amour : 
n'arrête pas l'oeuvre de tes mains.
 
 
 

2ème lecture : Profondeur insondable du mystère du salut (Rm 11, 33-36)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu ! 
Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables !
Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ?
Qui lui a donné en premier, et mériterait de recevoir en retour ?
Car tout est de lui, et par lui, et pour lui. 
À lui la gloire pour l'éternité ! Amen.
 
 

Evangile : « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux »(Mt 16, 13-20)

 
 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Sur la foi de Pierre le Seigneur a bâti son Église, et les puissances du mal n'auront sur elle aucun pouvoir.Alléluia. (cf. Mt 16, 18)
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 
21-TOA-ev.jpg
 
 
Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? »
Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. »
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » 
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » 
Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Messie.
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

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