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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Les âmes du purgatoire, spécialistes de l'espérance - Homélie Commémoration des défunts

dominicanus

En cette commémoration des fidèles défunts, au lendemain de la Solennité de Tous les Saints, nous tournons le regard de notre foi vers le purgatoire. Nous ne le 'voyons' pas au sens où on entend le verbe 'voir' d'ordinaire, mais nous savons qu'il existe. Il existe, et il brûle, comme nous l'a rappelé Benoît XVI. 

 

Les âmes du purgatoire ne peuvent rien pour atténuer ou mettre fin à ce feu. C'est l'Église souffrante. Mais cette souffrance est comme soulagée par une certitude que nous, qui sommes sur cette terre, n'avons pas: celle d'être sauvé. Au purgatoire, il n'y qu'une seule porte de sortie: celle qui va au ciel. C'est pourquoi on peut dire que les âmes du purgatoire sont les spécialistes de l'Espérance. Elles n'ont plus la foi, puisqu'elles ont vu Dieu (jugement dit particulier), et c'est en voyant Dieu, tel qu'il est, qu'elles ont vu en même temps l'énormité de leurs fautes, et donc leur indignité à entrer en pleine communion avec lui et leur besoin de purification.

 

Au ciel, il n'y a plus ni foi ni espérance. Il ne reste que la charité, "la plus grande des trois" (1 Co 13,13). Les saints que nous avons fêté hier, c'est l'Église triomphante. Ce sont les spécialistes de la charité.

 

On aimerait bien que, dès cette terre, nous puissions faire l'économie de la foi et de l'espérance, mais ce n'est pas possible. C'est une dangereuse tentation! Saint François de Sales dit à peu près ceci : "D'accord, la charité, c'est la plus grande des trois. C'est la reine. Mais cette reine ne peut pas régner sur la terre sans ses deux servantes, la foi et l'éspérance.

 

Or, on entend de ci, de là, des personnes qui disent que Jean Paul II, c'est le Pape de l'espérance, Benoît XVI le Pape de la foi, et François celui de la charité. Je n'aime pas beaucoup cette manière de voir parce qu'elle est réductrice et qu'elle repose sur une confusion. Oui, je sais, de tels rapprochements ont été faits pour les saints, faisant le lien entre tel saint ou telle sainte, et telle béatitude, ou tel don du Saint-Esprit ou charisme. Mais justement, la différence entre les vertus théologales et les charismes, par exemple, c'est que personne n'a tous les charismes, alors que les trois vertus théologales sont indispensables pour être sauvé dans l'Église pérégrinante. Benoît XVI a rendu hommage à son prédécesseur Jean Paul II, un homme à la "foi forte comme un roc", à l'"espérance lumineuse" et à la "charité fervente", au cours d'une messe commémorant le 5e anniversaire de la mort du pape polonais. La vie de Jean Paul II s'est déroulée "sous le signe de la charité, de la capacité de faire généreusement don de soi, sans réserve, sans mesure, sans calcul".

 

Ne confondons donc pas les vertus théologales, d'une part, et les dons de Saint-Esprit et les charismes, d'autre part. Ne mettons pas tout sur le même plan.

 

Par contre, ce que j'ai dit à propose de la foi, de l'espérance et de la charité en lien avec l'Église de la terre, du purgatoire et du ciel est beaucoup plus éclairant. C'est cela que j'ai voulu proposer à votre méditation. Si notre espérance est malade - et elle l'est très souvent -, ayons donc recours aux âmes du purgatoire, nous souvenant qu'elles aussi ont besoin de notre supplication. Quand nous invoquons les saints, n'oublions surtout pas de leur demander une plus ardente charité. Et quand notre foi est malade? Eh bien, c'est là que le Seigneur nous a donné le ministère de Pierre et de ses successeurs, ainsi que des évêques en communion avec lui. Si notre foi chancelle, ce n'est pas vers le purgatoire ni vers le ciel qu'il faut regarder; c'est vers celui que sainte Catherine de Sienne appelait notre "doux Christ sur la terre", qu'il s'appelle Jean Paul, Benoît ou François.

Fra Angelico, Le Jugement dernier, 1435. Musée de San Marco, Florence.  Source  The York Project: 10.000 Meisterwerke der Malerei, DVD-ROM, 2002.

Fra Angelico, Le Jugement dernier, 1435. Musée de San Marco, Florence. Source The York Project: 10.000 Meisterwerke der Malerei, DVD-ROM, 2002.

Lectures pour la commémoration des défunts (2 novembre)

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C
Livre de la Sagesse (Sg 4, 7-15)

4
07  Même s'il meurt avant l'âge,
le juste trouvera le repos.
08  La dignité du vieillard ne tient pas au grand âge,
elle ne se mesure pas au nombre des années.
09  Pour l'homme, la sagesse surpasse les cheveux blancs,
une vie sans tache vaut une longue vieillesse.
10  Il a su plaire à Dieu,
et Dieu l'a aimé ;
il vivait dans ce monde pécheur :
il en fut retiré.
11  Il a été repris,
de peur que le mal ne corrompe sa conscience,
pour que le mensonge n'égare pas son âme.
12  Car les séductions faciles font perdre de vue le bien,
et l'entraînement de la passion trouble un coeur innocent.
13  Arrivé au but en peu de temps,
il a couvert une longue route.
14  Parce qu'il plaisait au Seigneur,
celui-ci, sans attendre, l'a retiré d'un monde mauvais.
Les gens voient cela sans comprendre ;
il ne leur vient pas à l'esprit
15  que Dieu accorde à ses élus grâce et miséricorde,
et qu'il veille sur ses amis.
 

PSAUME 129

R/ Je mets mon espoir dans le Seigneur,
je suis sûr de sa parole.
1Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
2Seigneur, écoute mon appel ! *
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !

3Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ? *
4Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.

5J’espère le Seigneur de toute mon âme ; *
je l’espère, et j’attends sa parole.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens (1Th 4, 13-18)

4
13  Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n'ont pas d'espérance.
14  Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons, ceux qui se sont endormis, Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils.
15  Car, sur la parole du Seigneur, nous vous déclarons ceci : nous les vivants, nous qui sommes encore là pour attendre le retour du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis.
16  Au signal donné par la voix de l'archange, à l'appel de Dieu, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et les morts unis au Christ ressusciteront d'abord.
17  Ensuite, nous les vivants, nous qui sommes encore là, nous serons emportés sur les nuées du ciel, en même temps qu'eux, à la rencontre du Seigneur. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur.
18  Retenez ce que je viens de dire, et réconfortez-vous les uns les autres.
 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 11, 17-27)

11
17  Quand Jésus arriva, il trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
18  Comme Béthanie était tout près de Jérusalem - à une demi-heure de marche environ -
19  beaucoup de Juifs étaient venus manifester leur sympathie à Marthe et à Marie, dans leur deuil.
20  Lorsque Marthe apprit l'arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait à la maison.
21  Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort.
22  Mais je sais que, maintenant encore, Dieu t'accordera tout ce que tu lui demanderas. »
23  Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »
24  Marthe reprit : « Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection. »
25  Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ;
26  et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
27  Elle répondit : « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »

 

Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés

 



 

Je crois la Sainte Église Catholique - Homélie Solennité de Tous les Saints

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
   


    Nous célébrons aujourd'hui la solennité de tous les saints. C'est une des fêtes les plus populaires dans la Tradition de l'Église catholique. Le fait que dans la plupart de nos pays, elle soit une fête chômée en est un signe. Mais là aussi, les assauts de la sécularisation se font sentir de plus en plus. Ces dernières années on a pu assister à une véritable profanation de cette fête. Vous avez tous entendu parler de Halloween. Halloween était à l'origine une authentique fête catholique. Elle s'appelait All Hallow's Eve, la vigile de la Toussaint. Ce sont les  émigrés Irlandais, avec leur grande dévotion pour les saints, qui l'ont importée aux États-Unis. Ce n'est que durant ces dernières années que cettte fête a été défigurée, dépouillée de sons sens chrétien, pour être transformée en une parodie lugubre de la vision chrétienne de l'au-delà. Ce n'est donc pas seulement une motivation commerciale qui a fait de cette fête comme un deuxième carnaval. Le 31 octobre est pour l'occultisme "la fête la plus importante pour les disciples de Satan".

    C'est une raison de plus pour nous d'approfondir le sens authentique de la solennité de tous les saints, et pour ne pas la laisser se dévaluer par rapport à la commémoration des fidèles défunts qui a lieu le lendemain, le 2 novembre. Il y va de la vitalité de notre foi. Ne nous laissons pas contaminer et manipuler par des forces obscures, mais contaminons le monde par notre foi ! Et notre foi c'est ceci : JE CROIS À LA SAINTE ÉGLISE CATHOLIQUE.
 
    Seulement, ce que je crois du fond de mon coeur, je dois aussi essayer de le comprendre avec toute mon intelligence. La foi n'est jamais une chose évidente. Elle est une épreuve. Ce que nous serons ne paraît pas encore clairement, nous dit S. Jean. C'est là justement que la foi intervient. La sainte Église n'est pas une Église sans pécheurs. Je ne suis pas venu pour les bien portants ni pour les justes, mais pour les malades et les pécheurs, dit Jésus. Nous venons de le reconnaître au début de la messe : nous sommes tous pécheurs. S'il fallait être un saint avant de devenir chrétien, cela n'aurait aucun sens. On est chrétien pour le devenir.

    Alors vous voyez la question que nous devons tous nous poser aujourd'hui : moi qui suis pécheur, est-ce que je veux devenir un(e) saint(e) ? Si je dis que je suis chrétien, mais que je ne veux pas devenir saint, c'est alors qu'il y a un autre problème, plus grave que le péché lui-même. Quand je nie que je suis pécheur, il y a un problème, parce que je fais de Dieu un menteur. Mais sachant que je suis pécheur tout en faisant partie de l'Église, si je ne veux pas devenir un saint, il y a un problème aussi. C'est à ce propos que Jésus raconte la parabole du bon grain et de l'ivraie. L'ivraie, ce ne sont pas les pécheurs, ce sont les pécheurs qui ne veulent pas devenir des saints. Jésus dit dans la parabole : Laissez-les pousser ensemble jusqu'à la moisson, et au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Enlevez d'abord l'ivraie, liez-la en bottes pour la brûler; quant au blé, rentrez-le dans mon grenier (Mt 13, 30). Donc nous qui sommes membres de l'Eglise, nous sommes tous pécheurs.

    Mais dans l'Église il n'y pas que des pécheurs. Et nous qui sommes chrétiens, ce n'est pas dans la mesure où nous péchons que nous sommes membres de l'Église; c'est dans la mesure où nous avançons sur le chemin de la sainteté, dans la grâce de notre baptême et de notre confirmation. Par ces deux sacrements nous avons reçu un sceau, un sceau que le péché n'efface pas. Tant que je garde la foi de mon baptême, même si je me conduis mal par faiblesse,  je fais encore partie de l'Église, alors que si j'ai une conduite honorable, mais que je n'ai plus la foi, je ne suis plus chrétien. Tout à l'heure, avant la communion, je dirai cette admirable prière: "Seigneur, ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Église"... Le Concile de Trente dira: ceux qui disent qu'un chrétien en état de péché mortel ne fait plus partie de l'Église, qu'ils soient anathèmes! ! Seulement, si j'ai la foi, je ne dirai pas que j'ai eu raison de commettre ce péché que j'ai fait.

    S. Paul écrit aux Éphésiens: (Le Christ) a aimé l'Église, il s'est livré pour elle; il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut; il la voulait sainte et irréprochable. C'est l'Église qui sort du baptême. S. Paul sait bien qu'il y a des pécheurs dans l'Église. Aux Corinthiens il reproche des choses très graves. Et pourtant il dit que l'Église est sainte. Elle est sans péché, mais elle n'est pas sans pécheurs. Des théologiens belges ont dit ceci: Bien sûr, l'Église est sainte dans quelques-uns de ses membres, mais elle est pécheresse dans d'autres. De même qu'on dit qu'Anvers est riche (le port, les diamants...) même s'il y a beaucoup de pauvres; de même qu'on dit que Louvain est savante à cause de son université, même s'il s'y trouve beaucoup d'ignorants, ainsi on dira que l'Église est sainte même s'il y a en elle beaucoup de pécheurs. Non ! Dans tous les membres de l'Église, tant qu'ils n'ont pas apostasié, tant qu'ils ont encore la foi, il y a de la sainteté. Cette foi ne sera pas suffisante pour les sanctifier, mais ils font toujours partie de l'Église. L'Église n'abandonne pas les pécheurs. Elle est comme une maman dont l'enfant est gravement malade: tant qu'il est encore en vie, elle ne l'abandonne pas. Au moment où il est mort, elle ne va plus le garder dans ses bras.

    Mais il faut que l'enfant veuille rester près de sa maman. Pèguy, dans un très beau passage, dit ceci: Qu'est-ce qu'un chrétien? Un chrétien c'est un pauvre pécheur, mais qui prend la main. Et les saints, ceux que nous fêtons aujourd'hui, ce sont qui? Les saints, ce sont ceux qui donnent la main. Péguy dit: si vous prenez la main  qui vous est tendue, vous êtes chrétien. Si vous ne prenez pas la main qui vous est tendue, vous n'êtes pas chrétien. Cela veut dire que notre sanctification ne vient pas d'un effort que nous pourrions faire, aussi admrable soit-il. Notre sanctification vient d'une mendicité. Pour devenir un saint, il faut mendier. Tous les saints ont été des mendiants. Et plus ils ont mendié, plus ils ont reçu. Plus ils ont reçu, plus ils se sont sentis dépendants à l'égard de la miséricorde de Dieu.

    Alors ne jugeons pas l'Église sur ce qu'elle n'est pas. C'est ce que nous dit Jacques Maritain:

 
"Les catholiques ne sont pas le catholicisme. Les fautes, les lourdeurs, les carences et les sommeils des catholiques n'engagent pas le catholicisme. Le catholicisme n'est pas chargé de fournir un alibi aux manquements des catholiques. La meilleure apologétique ne consiste pas à justifier les catholiques quand ils ont tort, mais au contraire à marquer ces torts, et qu'ils ne touchent pas à la substance du catholicisme et qu'ils ne mettent que mieux en lumière la vertu d'une religion toujours vivante en dépit d'eux. L'Église est un mystère. Elle a sa tête cachée dans le ciel, sa visibilité ne la manifeste pas adéquatement. Si vous cherchez ce qui la représente sans la trahir, regardez le pape et l'épiscopat enseignant la foi et les moeurs, regardez les saints au ciel et sur la terre; ne nous regardez pas nous autres, pécheurs, ou plutôt regardez comment l'Église panse nos plaies et nous conduit clopin-clopant à la vie éternelle. La grande gloire de l'Église, c'est d'être sainte avec des membres pécheurs."

    En tant que pauvre pécheur, je dois alors savoir qu'il y a des saints qui sont là pour m'aider à m'en sortir, des saints, pas seulement ceux du ciel, mais aussi ceux de la terre. Alors, en ce beau jour de la Toussaint, regardons le ciel, mais n'oublions pas de regarder la terre aussi. Un évêque suisse, Mgr Charrière, qui était allé en pèlerinage à Ars, y avait rencontré un très vieux prêtre qui avait rencontre le curé d'Ars. L'évêque demande alors au prêtre si on avait reconnu la sainteté du curé de son vivant. - Oh non, avait-il répondu, on disait: c'est un original! De même pour Ste Bernadette de Lourdes et Ste Thérèse de Lisieux. Il y a tant de saints et de saintes qui nous tendent la main, et nous ne la saisissons pas, alors que nous en avons tant besoin, parce que nous ne les reconnaissons pas. Nous les persécutons même: Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi...

    Demandons à l'Esprit Saint d'ouvrir nos yeux afin que nous puissions voir et respecter la sainteté de l'Église, dans les saints, bien sûr, mais aussi en chacun de nous.

 
Bienheureux...

Bienheureux...

Lectures de la Solennité de Tous les Saints (Toussaint)

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

Livre de l'Apocalypse (Ap 7, 2-4.9-14)

7

02i  Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et la mer :
03  « Ne dévastez pas la terre, ni la mer, ni les arbres,
avant que nous ayons marqué du sceau
le front des serviteurs de notre Dieu. »
04  Et j'entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau :
ils étaient cent quarante-quatre mille,
de toutes les tribus des fils d'Israël.
09  Après cela, j'ai vu une foule immense,
que nul ne pouvait dénombrer,
une foule de toutes nations, races, peuples et langues.
Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l'Agneau,
en vêtements blancs,
avec des palmes à la main.
10  Et ils proclamaient d'une voix forte :
« Le salut est donné par notre Dieu,
lui qui siège sur le Trône,
et par l'Agneau ! »
11  Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône,
autour des Anciens et des quatre Vivants,
se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre,
pour adorer Dieu.
12  Et ils disaient :
« Amen !
Louange, gloire, sagesse et action de grâce,
honneur, puissance et force
à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »
13  L'un des Anciens prit alors la parole et me dit :
« Tous ces gens vêtus de blanc,
qui sont-ils, et d'où viennent-ils ? »
14  Je lui répondis :
« C'est toi qui le sais, mon seigneur. »
Il reprit :
« Ils viennent de la grande épreuve ;
ils ont lavé leurs vêtements,
ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau.


Psaume (Ps 23, 1-2, 3-4ab, 5-6)

 

Toussaint-C-Ps.jpg



                R/ Voici le peuple immense de ceux qui t'ont cherché.

01  Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
02  C'est lui qui l'a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

03  Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
4a  L'homme au coeur pur, aux mains innocentes,
4b  qui ne livre pas son âme aux idoles

05  Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
06  Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !



Première lettre de saint Jean (1Jn 3, 1-3)

3

01i  Mes bien-aimés,
voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu’il n’a pas découvert Dieu.
02  Bien-aimés,
dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu,
mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement.
Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra,
nous serons semblables à lui
parce que nous le verrons tel qu'il est.
03  Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance
se rend pur comme lui-même est pur.
 

Toussaint.jpg


Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 1-12)

5

01i  Quand Jésus vit la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent.
02  Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
03  « Heureux les pauvres de coeur :
le Royaume des cieux est à eux !
04  Heureux les doux :
ils obtiendront la terre promise !
05  Heureux ceux qui pleurent :
ils seront consolés !
06  Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :
ils seront rassasiés !
07  Heureux les miséricordieux :
ils obtiendront miséricorde !
08  Heureux les coeurs purs :
ils verront Dieu !
09  Heureux les artisans de paix :
ils seront appelés fils de Dieu !
10  Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :
le Royaume des cieux est à eux !
11  Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
12  Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

 

Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés

Note liturgique pour la commémoration des fidèles défunts 2014

dominicanus

Si le 2 novembre tombe un dimanche, l'ordre liturgique de préséance impose que cette Commémoration "prime" sur le dimanche per annum (dimanche du Temps Ordinaire).
Il n'y aura pas de Gloria ce Dimanche. Le Credo sera néanmoins conservé. Contrairement aux autres jours de la semaine où, "là où c'est la coutume", les ornements sont noirs, ils seront violets ce dimanche.

Dans la forme extraordinaire, la Commémoration est fixée au lundi.

Benoît XVI, Homélie lors de la clôture du synode sur la Parole (30° TOA)

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 

Chers frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,

Chers frères et sœurs!

 

 

           La Parole du Seigneur, qui vient de retentir dans l'Evangile, nous a rappelé que toute la Loi divine se résume dans l'amour. L'Evangéliste Matthieu raconte que les Pharisiens, après que Jésus a répondu aux Sadducéens en les faisant taire, se réunirent pour le mettre à l'épreuve (cf. 22, 34-35). L'un d'eux, un docteur de la loi, lui demanda: «Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi?» (22, 36). La question laisse transparaître la préoccupation, qui est présente dans l'ancienne tradition judaïque, de trouver un principe qui puisse unifier les différentes formulations de la volonté de Dieu. Ce n'était pas une question facile, vu que dans la Loi de Moïse, 613 préceptes et interdictions sont énoncés. Parmi ceux-ci, comment y discerner le plus grand? Mais Jésus, lui, n'a quant à lui aucune hésitation et répond ainsi promptement: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit: voilà le plus grand et le premier commandement» (22, 37-38). Dans sa réponse, Jésus cite le Shemà, la prière que le juif pieux récite plusieurs fois par jour, surtout le matin et le soir (cf. Dt 6, 4-9; 11, 13-21; Nb 15, 37-41): la proclamation de l'amour intégral et total dû à Dieu, en tant qu'unique Seigneur. L'accent est mis sur la totalité de ce dévouement à Dieu, en énumérant les trois facultés qui définissent l'homme dans ses structures psychologiques profondes : le cœur, l'âme et l'esprit. Le terme esprit, diánoia, contient l'élément rationnel. Dieu est non seulement l'objet de l'amour, de l'engagement, de la volonté et du sentiment, mais également de l'intellect qui cependant ne doit donc pas être exclu de ce domaine. Plus encore, c'est notre propre pensée qui se configurer à la pensée de Dieu. Mais, toutefois, Jésus ajoute quelque chose qui, en vérité, n'avait pas été demandé par le docteur de la loi: «Le second lui est semblable: tu aimeras ton prochain comme toi-même» (22, 39). L'aspect surprenant de la réponse de Jésus tient en ce qu'il établit une relation de ressemblance entre le premier et le second commandement, qui est cette fois encore défini avec une formule biblique déduite du code lévitique de sainteté (cf. Lv 19, 18). Et voici donc que, dans la conclusion du récit, les deux commandements sont associés dans le rôle de principe fondamental sur lequel repose toute la Révélation biblique: «A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes» (22, 40).

 

 

            La page évangélique sur laquelle nous méditons met en lumière le fait qu'être des disciples du Christ signifie mettre en pratique ses enseignements qui se résument dans le premier et le plus grand commandement de la Loi divine, à savoir le commandement de l'amour. Même la première Lecture, extraite du livre de l'Exode, insiste sur le devoir de l'amour; un amour témoigné de façon concrète dans les relations entre les personnes: il doit s'agir de relations fondées sur le respect, la collaboration et l'aide généreuse. Le prochain à aimer est également l'étranger, l'orphelin, la veuve et l'indigent, autrement dit ces citoyens qui n'ont aucun «défenseur». L'auteur sacré rentre dans les détails, comme c'est le cas pour l'objet donné en gage par un de ces pauvres (cf. Ex 20, 25-26). Dans ce cas, c'est Dieu lui-même qui se porte garant de la situation de ce prochain.

 

 

            Dans la seconde Lecture, nous pouvons voir une application concrète du commandement souverain de l'amour au sein d'une des premières communautés chrétiennes. Saint Paul écrit aux Thessaloniciens en leur laissant comprendre que, même en les ayant connu depuis peu, il les apprécie et les porte avec affection dans son cœur. C'est pour cette raison qu'il les montre comme «un modèle pour tous les croyants de Macédoine et d'Achaïe» (1 Th 1, 6-7). Au sein de cette communauté récemment fondée ne manquent certes pas les faiblesses et les difficultés, mais c'est l'amour qui dépasse tout, qui rénove tout, qui vainc tout: l'amour de celui qui, conscient de ses propres limites, suit docilement les paroles du Christ, Maître divin, transmises par un de ses fidèles disciples. «Et vous, vous vous êtes mis à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la parole, parmi bien des tribulations» écrit saint Paul. «De chez vous, en effet, la parole du Seigneur a retenti, et pas seulement en Macédoine et en Achaïe, mais de tous côtés votre foi en Dieu s'est répandue, si bien que nous n'avons plus besoin d'en rien dire» continue encore l'Apôtre (1 Th 1, 6-8). L'enseignement que nous tirons de cette expérience des Thessaloniciens, une expérience qui unit en vérité toute authentique communauté chrétienne, c'est que l'amour envers le prochain naît de l'écoute docile de la Parole divine. C'est un amour qui accepte aussi de dures épreuves pour la vérité de la Parole divine, et c'est précisément ainsi que le véritable amour grandit et que la vérité resplendit dans tout son éclat. Combien il est alors important d'écouter la Parole et de l'incarner dans l'existence personnelle et communautaire!

 

 

            Dans cette célébration eucharistique, qui conclut les travaux synodaux, nous ressentons de façon singulière le lien qui existe entre l'écoute aimante de la Parole de Dieu et le service désintéressé envers ses frères. Combien de fois, au cours de ces derniers jours, nous avons écouté des expériences et des réflexions qui mettent en évidence le besoin qui apparaît aujourd'hui d'une écoute plus intime de Dieu, d'une connaissance plus vraie de sa parole de salut, d'un partage plus sincère de la foi qui se nourrit en permanence à la table de la parole divine! Chers et vénérés frères, merci de la contribution que chacun de vous a offert à l'approfondissement du thème du Synode: «La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Eglise». Je vous salue tous avec affection. J'adresse mes salutations spéciales à Messieurs les cardinaux présidents délégués du synode, au secrétaire général, que je remercie pour leur dévouement constant. A vous aussi, chers frères et sœurs qui êtes venus de tous les continents en apportant votre expérience si enrichissante, j'adresse mes salutations. En rentrant chez vous, transmettez à tous les salutations affectueuses de l'Evêque de Rome. J'adresse également mes salutations aux délégués fraternels, aux experts, aux auditeurs et aux invités spéciaux: les membres du secrétariat général du synode et tous ceux qui se sont occupés des relations avec la presse. Une pensée particulière va aux évêques de Chine continentale qui n'ont pas pu être représentés au sein de cette assemblée synodale. Je désire me faire l'interprète, et en rendre grâce à Dieu, de leur amour pour le Christ, de leur communion avec l'Eglise universelle et de leur fidélité au Successeur de l'Apôtre Pierre. Ils sont présents dans notre prière, tout comme les fidèles qui sont confiés à leurs soins pastoraux. Demandons au «Pasteur suprême» (1 P 5, 4) de leur donner la joie, la force et le zèle apostolique afin de guider avec sagesse et clairvoyance la communauté catholique en Chine, qui nous est si chère à tous.

 

 

            Nous tous, qui avons pris part aux travaux synodaux, portons en nous la conscience renouvelée qu'un des devoirs prioritaires de l'Eglise, au début de ce nouveau millénaire, est avant tout de se nourrir de la Parole de Dieu, pour rendre efficace l'engagement de la nouvelle évangélisation. Il faut à présent que cette expérience ecclésiale soit apportée dans toutes les communautés; il est nécessaire que l'on comprenne la nécessité de traduire en gestes d'amour la parole écoutée, car ce n'est qu'ainsi que l'annonce de l'Evangile devient crédible, malgré les fragilités humaines qui marquent les personnes. Cela demande en premier lieu une connaissance plus intime du Christ et une écoute toujours docile de sa parole.

 

 

            En cette année paulinienne, en faisant nôtres les paroles de l'Apôtre: «Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile!» (1 Co 9, 16), je souhaite de tout cœur que, dans toutes les communautés, on ressente avec une conviction plus ferme ce souffle de Paul comme vocation au service de l'Evangile pour le monde. Je rappelais au début des travaux synodaux l'appel de Jésus: «La moisson est abondante» (Mt 9, 37), appel auquel nous ne devons jamais nous lasser de répondre malgré les difficultés que nous pouvons rencontrer. Il y tant de personnes qui sont à la recherche, parfois même sans s'en rendre compte, de la rencontre avec le Christ et avec son Evangile; tant de personnes qui ont besoin de retrouver en Lui le sens de leur vie. Donner un témoignage clair et partagé d'une vie qui suit la Parole de Dieu, dont Jésus témoigne, devient donc un critère indispensable de vérification de la mission de l'Eglise.

 

 

            Les lectures que la liturgie offre aujourd'hui à notre méditation nous rappellent que la plénitude de la Loi, comme de toutes les Ecritures divines, c'est l'amour. Qui donc croit avoir compris les Ecritures, ou au moins une partie d'entre elles, sans s'engager à construire, grâce à cette compréhension,  le double amour de Dieu et du prochain, démontre en réalité d'être encore éloigné de son sens profond. Mais comment mettre en pratique ce commandement, comment vivre l'amour de Dieu et de nos frères sans un contact vivant et intense avec les Saintes Ecritures? Le Concile Vatican II affirme qu'«il faut que l'accès à la Sainte Ecriture soit largement ouvert aux chrétiens» (Constitution Dei Verbum, n.22), pour que les fidèles, en rencontrant la vérité, puissent grandir dans l'amour authentique. Il s'agit d'une condition aujourd'hui indispensable à l'évangélisation. Et comme la rencontre avec l'Ecriture, assez fréquemment, risque de ne pas être «un fait» d'Eglise, mais d'être exposée au subjectivisme et à l'arbitraire, une promotion pastorale robuste et crédible dans la connaissance des Saintes Ecritures devient indispensable pour annoncer, célébrer et vivre la Parole dans la communauté chrétienne, en dialoguant avec les cultures de notre époque, en se mettant au service de la vérité et non des idéologies courantes et en accroissant le dialogue que Dieu veut avoir avec tous les hommes (cf. ibid., n.21). A cette fin, il faut soigner d'une manière particulière la préparation des pasteurs, qui sont par la suite préposés à la diffusion indispensable de la pratique biblique à l'aide de moyens adaptés. Il faut encourager les efforts en cours pour susciter le mouvement biblique parmi les laïcs, la formation des animateurs de groupes, avec une attention particulière aux jeunes. Il faut également soutenir l'effort de faire connaître la foi au moyen de la Parole de Dieu à ceux qui sont «loin» et particulièrement à ceux qui sont à la recherche sincère du sens de la vie.

 

 

            Je voudrais ajouter bien d'autres réflexions, mais je me limite enfin à souligner que le lieu privilégié où retentit la Parole de Dieu, qui édifie l'Eglise, comme cela a été dit tant de fois au cours du synode, est sans aucun doute la liturgie. Il apparaît en elle que la Bible est le livre d'un peuple et pour un peuple; un héritage, un testament remis aux lecteurs, pour qu'ils mettent en acte dans leur vie l'histoire du salut témoignée par l'écrit. Il y a donc un rapport d'appartenance réciproque vitale entre le peuple et le Livre: la Bible reste un livre vivant avec le peuple, son sujet, qui le lit; le peuple ne subsiste pas sans le Livre, parce qu'en lui il trouve sa raison d'être, sa vocation, son identité. Cette appartenance mutuelle entre le peuple et l'Ecriture Sainte est célébrée dans chaque assemblée liturgique, laquelle, grâce à l'Esprit Saint, écoute le Christ, car c'est Lui qui parle quand dans l'Eglise on lit l'Ecriture et on accueille l'alliance que Dieu renouvelle avec son peuple. Ecriture et liturgie convergent, donc, dans l'unique but d'amener le peuple à dialoguer avec le Seigneur. La Parole sortie de la bouche de Dieu et dont témoignent les Ecritures Lui revient sous la forme d'une réponse orante, d'une réponse vécue, d'une réponse débordante d'amour (cf. Is 55, 10-11).

 

 

            Chers frères et sœurs, prions pour que, de l'écoute renouvelée de la Parole de Dieu, sous l'action de l'Esprit Saint, puisse jaillir un renouveau authentique dans l'Eglise universelle, et dans toutes les communautés chrétiennes. Confions les fruits de cette assemblée synodale à l'intercession maternelle de la Vierge Marie. Je Lui confie également la iie assemblée spéciale du synode pour l'Afrique, qui se déroulera à Rome au mois d'octobre de l'année prochaine. J'ai l'intention de me rendre en mars prochain au Cameroun pour remettre aux représentants des conférences épiscopales d'Afrique, l'Instrumentum laboris de cette Assemblée synodale. De là, s'il plaît à Dieu, je poursuivrai mon voyage, en Angola, pour y célébrer solennellement le 500e anniversaire de l'évangélisation de ce pays. Que la Très Sainte Vierge Marie, qui a offert sa vie comme «servante du Seigneur» pour que tout advienne selon la parole divine (cf. Lc 1, 38) et qui a appelé à faire tout ce que Jésus dirait (cf. Jn 2, 5), nous enseigne à reconnaître dans notre vie le primat de la Parole qui seule peut nous apporter le salut. Ainsi soit-il!

 

 

© Copyright : Librairie Editrice du Vatican

26 octobre 2008

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »

Lectures 30° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre de l'Exode (Ex 22, 20-26)

22
20  « Tu ne maltraiteras point l'immigré qui réside chez toi, tu ne l'opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte.
21  Vous n'accablerez pas la veuve et l'orphelin.
22  Si tu les accables et qu'ils crient vers moi, j'écouterai leur cri.
23  Ma colère s'enflammera et je vous ferai périr par l'épée : vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins.
24  Si tu prêtes de l'argent à quelqu'un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n'agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d'intérêts.
25  Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil.
26  C'est tout ce qu'il a pour se couvrir ; c'est le manteau dont il s'enveloppe, la seule couverture qu'il ait pour dormir. S'il crie vers moi, je l'écouterai, car moi, je suis compatissant ! »
 



Psaume (Ps 17, 2-3, 4.20, 47.51ab)

R/ Je t'aime, Seigneur, Dieu qui me rends fort !
02  Je t'aime, Seigneur, ma force :
Seigneur, mon roc, ma forteresse,
03  Dieu mon libérateur, le rocher qui m'abrite,
mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

04  Louange à Dieu ! +
Quand je fais appel au Seigneur,
je suis sauvé de tous mes ennemis.
20  Et lui m'a dégagé, mis au large,
il m'a libéré, car il m'aime.

47  Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher !
Qu'il triomphe, le Dieu de ma victoire,
51a  Il donne à son roi de grandes victoires,
51b  il se montre fidèle à son messie,



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens (1Th 1, 5-10)

1
05  En effet, notre annonce de l'Évangile chez vous n'a pas été simple parole, mais puissance, action de l'Esprit Saint, certitude absolue : vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien.
06  Et vous, vous avez commencé à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves avec la joie de l'Esprit Saint.
07  Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et de toute la Grèce.
08  Et ce n'est pas seulement en Macédoine et dans toute la Grèce qu'à partir de chez vous la parole du Seigneur a retenti, mais la nouvelle de votre foi en Dieu s'est si bien répandue partout que nous n'avons plus rien à en dire.
09  En effet, quand les gens parlent de nous, ils racontent l'accueil que vous nous avez fait ; ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable,
10  et afin d'attendre des cieux son Fils qu'il a ressuscité d'entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 22, 34-40)

22
34i  Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent,
35  et l'un d'entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l'épreuve :
36  « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
37  Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
38  Voilà le grand, le premier commandement.
39  Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
40  Tout ce qu'il y a dans l'Écriture - dans la Loi et les Prophètes - dépend de ces deux commandements. »
 
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Donner à César ce que Dieu veut que nous donnions à César - Homélie 29° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

 

29 TOA ev

 

L’Evangile de ce dimanche s’achève par une phrase lapidaire de Jésus, désormais bien connue :

 

« Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

 

Non pas ou bien César, ou bien Dieu, mais l’un et l’autre, chacun à son niveau. C’est le principe de la séparation entre religion et politique, jusqu’alors inséparables chez tous les peuples et sous tous les régimes.

 

Les juifs, eux aussi, étaient habitués à concevoir le futur règne de Dieu, instauré par le Messie, comme une théocratie, c’est-à-dire comme un gouvernement direct de Dieu sur la terre à travers son peuple. Le Christ, en revanche, révèle un règne de Dieu qui est dans le monde, mais pas de ce monde, un règne qui avance sur une longueur d’onde différente, et qui peut, par conséquent, coexister avec n’importe quel régime, qu’il soit de type sacré ou « laïc ».

 

Deux types différents de souveraineté de Dieu sur le monde sont ainsi révélés : la souveraineté spirituelle (le règne de Dieu, exercé directement en Jésus Christ), et la souveraineté temporelle ou politique que Dieu exerce indirectement, en la confiant au libre choix des personnes et au jeu des causes secondes.

 

César et Dieu ne sont toutefois pas situés sur le même plan, car César dépend lui aussi de Dieu et doit lui rendre des comptes, alors que Dieu ne dépend pas de lui, et n’a de compte à rendre à personne. « Rendre à César ce qui est à César », signifie donc : donner à César ce que Dieu lui-même veut que soit donné à César. C’est Dieu qui est le souverain ultime de tous, y compris de César.

 

Ainsi, nous ne sommes pas divisés entre deux appartenances. Nous ne sommes pas acculés à servir deux maîtres. Le chrétien doit obéir à l’Etat, mais il doit aussi lui résister, lorsque l’Etat s’oppose à Dieu et sa Loi, se prenant ainsi pour Dieu. Il n’est pas juste d’invoquer l’obéissance aux ordres reçus des supérieurs, comme ont l’habitude de le faire les responsables de crimes de guerre devant les tribunaux, par exemple. Avant d’obéir aux hommes, il faut obéir à Dieu et à sa conscience, éclairée par la Révélation. On ne peut pas donner à César ce qui ne lui appartient pas, à savoir l’âme humaine.

 

C’est S. Paul qui, le premier, a tiré les conséquences pratiques de cet enseignement. Il écrit :

 

« Que chacun se soumette aux autorités en charge. Car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent sont constituées pas Dieu. Si bien que celui qui résiste à l’autorité se rebelle contre l’ordre établi par Dieu. (…) N’est-ce pas pour cela même que vous payez des impôts ? Car il s’agit de fonctionnaires qui s’appliquent de par Dieu à cet office. » (Rm 13, 1ss.)

 

Payer loyalement ses impôts pour un chrétien (et pour tout homme de bonne volonté), c’est s’acquitter d’un devoir de justice, une obligation de conscience. En garantissant l’ordre, le commerce et tous les services, l’Etat met à la disposition des citoyens tout une infrastructure pour laquelle il a droit à une contrepartie, précisément afin de pouvoir continuer à rendre de tels services.

 

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique rappelle que l’évasion fiscale, lorsqu’elle atteint certaines proportions, est un péché mortel ! C’est un vol perpétré contre l’Etat, c’est-à-dire non pas contre personne, mais contre toute la communauté, contre tout le monde. Ceci suppose naturellement que l’Etat aussi soit juste et équitable dans ses critères d’imposition…

 

Mais la collaboration des chrétiens à la construction d’une société juste et pacifique ne se limite pas à payer des impôts. Elle doit s’étendre à la promotion des valeurs communes telles que la famille, la défense de la vie humaine depuis le début de la conception jusqu’à sa fin naturelle, la solidarité avec les plus pauvres, la paix… Les médecins et les infirmières peuvent et doivent exercer l'objection de conscience quand ce qu'on leur demande de faire est incompatible avec l'enseignement de l'Eglise. Un chrétien ne doit pas et ne peut pas voter pour un candidat qui ne se prononce pas clairement contre l'avortement et l'euthanasie.

 

Les chrétiens devraient apporter une contribution plus efficace dans le domaine de la politique, pas tant sur le plan des contenus que des méthodes, du style. Il est urgent de désenvenimer le climat de dispute incessant pour ramener davantage de respect et de dignité dans les relations entre partis politiques, et même entre candidats d’un même parti. Respect du prochain, douceur, capacité d’autocritique… sont des éléments qu’un disciple du Christ doit apporter dans tous les domaines, sans excepter celui de la politique. Se laisser aller à des insultes, au sarcasme, aux coups bas contre les adversaires, tout cela est indigne d’un chrétien. Si, comme le dit Jésus, celui qui traite son frère d’imbécile sera condamné à la Géhenne, qu’en sera-t-il de ceux et celles qui s’évertuent à discréditer systématiquement leurs adversaires en politique ou en d’autres domaines ?

 

Que la Parole que nous avons reçue et l’Eucharistie que nous allons célébrer nous aident à être, comme le disait Ste Jean d’Arc, « digne servante de Dieu et du Roi ».

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.

Lectures 29e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Les empires sont dans la main de Dieu (Is 45, 1.4-6a)

Lecture du livre d'Isaïe

 

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Parole du Seigneur au roi Cyrus, qu'il a consacré, qu'il a pris par la main, pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée : 

« A cause de mon serviteur Jacob et d'Israël mon élu, je t'ai appelé par ton nom, je t'ai décerné un titre, alors que tu ne me connaissais pas. 

Je suis le Seigneur, il n'y en a pas d'autre : en dehors de moi, il n'y a pas de Dieu. Je t'ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l'on sache, de l'orient à l'occident, qu'il n'y a rien en dehors de moi. »
 
 

 

 

Psaume :  95, 1a.3, 4.5b, 7-8a, 9a.10ac

 

R/ Au Seigneur notre Dieu, tout honneur et toute gloire

 

Chantez au Seigneur un chant nouveau, 
racontez à tous les peuples sa gloire, 
à toutes les nations ses merveilles ! 

Il est grand, le Seigneur, hautement loué, 
redoutable au-dessus de tous les dieux : 
lui, le Seigneur, a fait les cieux.

Rendez au Seigneur, familles des peuples, 
rendez au Seigneur la gloire et la puissance, 
rendez au Seigneur la gloire de son nom. 

Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté : 
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! » 
Il gouverne les peuples avec droiture.
 
 

 

 

 

2ème lecture : La foi, l'espérance et la charité de la communauté (1Th 1, 1-5b)

 

Commencement de la lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens

Nous, Paul, Silvain et Timothée, nous nous adressons à vous, l'Église de Thessalonique qui est en Dieu le Père et en Jésus Christ le Seigneur. Que la grâce et la paix soient avec vous. 

A tout instant, nous rendons grâce à Dieu à cause de vous tous, en faisant mention de vous dans nos prières. Sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père. Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. En effet, notre annonce de l'Évangile chez vous n'a pas été simple parole, mais puissance, action de l'Esprit Saint, certitude absolue.
 
 
 

 

 

 

Evangile : A César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Mt 22, 15-21)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Rendez au Seigneur, vous les dieux, rendez au Seigneur gloire et puissance, rendez au Seigneur la gloire de son nom. Alléluia. (cf. Ps 28, 1-2)

 

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 
 
 
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Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d'Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens. Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? » 
Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l'impôt. » 
Ils lui présentèrent une pièce d'argent. Il leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? - De l'empereur César », répondirent-ils. 
Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
 

 

 

 

 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

 

 

Devant la folie de l’Amour, comment rester indifférent ? - Homélie 28° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

 

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Faisons d’abord les présentations. Le roi de l’Evangile, c’est Dieu le Père. Il prépare un repas pour son Fils, un repas de noce. Ce repas est décrit dans la 1e lecture comme un repas de joie au temps messianique, car ce n’est pas seulement Israël, ce sont tous les peuples qui y sont invités. Le voile de tristesse qui enveloppait les païens est déchiré : tout ce qui pourrait rendre triste – même la mort – a disparu. Il ne demeure aucune ombre dans cette image de l’Ancien Testament.

 

L’image du Nouveau Testament, par contre, comporte bien des zones d’ombre. Demandons-nous d’abord quel est ce repas que Dieu le Père prépare pour son Fils. C’est un repas de noce, ce que l’Apocalypse appelle le « repas des noces de l’Agneau » (Ap. 19, 7 ; 21, 9ss.). L’Agneau, c’est le Fils, qui consomme son union avec son Epouse-Eglise sur la Croix, mais aussi dans son Eucharistie.

 

Les Pères aimaient voir dans le Baptême du Christ les fiançailles du Christ et de son Eglise. Ce jour-là, l’Ami de l’Epoux lui présente ses premiers disciples. Mais ces fiançailles s’achèvent  aux noces de Cana qui, le septième jour, préfigurent le jour de sa Résurrection et déjà le Ciel. Le Baptême évoque le bain purificateur, premier rite du mariage dans l’Antiquité. Cana évoque l’entrée dans la chambre nuptiale, la consommation finale. Toute la vie de l’Eglise est comme résumée en cette semaine qui s’écoule du Jourdain à Cana.

 

Or, la tradition chrétienne a toujours, et dès l’origine, interprété Cana dans un sens eucharistique. Dans la célébration eucharistique, le Père organise une fête :

 

« Voilà, mon repas est prêt. », fait-il proclamer, « venez au repas de noce ».

 

Dans la prière eucharistique, l’Eglise rend grâce au Père pour son cadeau le plus grand : son Fils, sous les apparences du pain et du vin. Cette action de grâce émane de l’Eglise qui, justement par ce repas, devient Epouse. Le Père donne ce qu’il a de meilleur, et il n’a rien d’autre à donner. Celui ou celle qui méprise ce don, ne peut plus rien espérer d’autre. Il se condamne lui-même, il est voué à la mort.

 

Ensuite il nous est montré qu’il y a deux manières de refuser l’invitation : ne pas y répondre (n’en faire aucun cas), et y participer, mais de manière indigne. Saint Matthieu relie ces deux manières de se rendre indigne de ce don suprême. La première manière, c’est l’indifférence : les invités ne font aucun cas de la grâce qui leur est offerte ; ils ont autre chose à faire, oh des choses honorables, pas des activités honteuses, mais des choses plus importantes à leurs yeux que de répondre à l’invitation du roi.

 

Dieu, qui a conclu une Alliance avec l’humanité, ne peut rester de marbre devant un tel mépris pour son invitation. Tout comme, dans l’Ancien Testament, Jérémie devait annoncer la destruction de Jérusalem, de même S. Matthieu prophétise la fin définitive de la Ville Sainte. Elle sera, en effet, réduite à la ruine et à la poussière par les Romains.

 

La deuxième manière de se rendre indigne consiste dans une tout autre forme d’indifférence : celle de l’homme qui se rend à l’invitation de l’Eucharistie, mais comme s’il entrait dans un bistrot. A quoi bon revêtir des vêtements de fête ? Le roi peut déjà être content de voir que je me suis dérangé, que je pratique encore, que je fais l’effort de quitter ma chaise pour aller prendre ce morceau de pain dans ma bouche.

 

Cet homme se fait interpeller : avez-vous la moindre notion du fait qu’en venant à la messe, vous participez à la plus belle fête du Roi de l’Univers, que vous mangez les mets les plus délicats que Lui seul peut vous offrir ?

 

« L’autre garda le silence. »

 

Dehors, il aura le temps de méditer ce à côté de quoi il est passé par son arrogance.

 

Dieu nous fait un cadeau d’une valeur inestimable. A nous d’apprendre à donner aux autres sans avarice et sans calcul mesquin.

 

Dans la 2e lecture, S. Paul se réjouit du fait que les chrétiens de la ville de Philippe aient compris cela. Il ne se réjouit pas tant à cause des cadeaux qu’il reçoit d’eux, que de ce que la communauté de Philippe ait appris à donner. C’est dans ce partage des chrétiens avec lui que le sens de l’Eucharistie s’accomplit.

 

Nous aussi, nous ne pourrons jamais assez remercier le Seigneur pour ses dons. Mais la meilleure façon de le faire, celle qui le réjouit le plus, c’est qu’à notre tour, nous nous laissions animer par l’Esprit-Don, en le traduisant, en l’incarnant dans nos actes.

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