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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Vénérable François Libermann, Jésus, la foule et les disciples

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
17 TOB evJésus étant en Galilée, toujours faisant des miracles, il prit aux environs de Pâque le chemin de la Judée et traversa la mer de Galilée. C’'était le lac de Tibériade.

       Une grande foule suivait ses traces et se rendait auprès de lui, à cause du grand nombre de miracles qu'’il faisait sans cesse sur les malades. Cette foule le suivait ainsi, partie par curiosité judaïque de voir faire des miracles, partie peut-être par bonne intention, touchée de ses miracles et voulant profiter même de ses paroles ; tous avec une haute estime de sa parole, à cause de ce grand nombre de miracles qu'’il opérait sans cesse.

       Cette foule ne le suivait pas toujours, seulement par circonstance ; mais il avait, outre cette grande foule de peuple, un certain nombre de disciples plus ou moins assidus, qui le suivaient de plus près et qui avait la foi plus ou moins forte. Jésus sachant donc que la foule le suivait ainsi, alla sur une montagne avec ses disciples, afin d’'avoir de la place pour prêcher à tout ce peuple. En même temps, ses vues se portaient plus loin, il prévoyait qu'’il ferait un miracle éclatant pour tout ce peuple. La multitude qui le suivait de près, ne le perdait pas de vue, s’'approchait et venait à Lui.

       L'’évangéliste explique pourquoi cette grande foule était ainsi à la suite de Notre-Seigneur et le suivait à la montagne, dans un endroit désert, et ensuite de l’'autre côté du lac. C’'est que la fête de la Pâque approchait, et tout ce monde venait à Jérusalem ; et, sachant que Jésus y allait et était aux environs, ils le suivirent avec empressement comme à l’'ordinaire. Il y avait toujours beaucoup de monde avec lui des endroits où il se trouvait et des environs ; mais on ne le suivait pas précisément de la Galilée en Judée, excepté ses disciples.
Commentaire de saint Jean, Nouvelle Cité, 1987, p. 263-264

Journal du Vatican / Les Italiens perdent quatre places

dominicanus #actualités

Les dernières nominations à la curie ont récompensé des hommes d'autres nationalités. De même, au prochain consistoire, les nouveaux cardinaux seront presque tous non-italiens. En ce qui concerne le secrétaire d'état, le moment du remplacement de Bertone semble s'éloigner 

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CITÉ DU VATICAN, le 23 juillet 2012 – La série de nominations à laquelle Benoît XVI a procédé, ces dernières semaines, à la curie romaine a été placée sous le signe d’une internationalisation accrue de celle-ci.

D’une part, les équilibres de nationalités entre les chefs de dicastère de la curie n’ont pas été modifiés par la nomination de l’Allemand Gerhard Ludwig Müller à la tête de la congrégation pour la doctrine de la foi, où il remplace l’Américain William J. Levada, et celle de l’Italien Vincenzo Paglia à la présidence du conseil pontifical pour la famille, où il succède à son compatriote Ennio Antonelli.

Mais, d’autre part, il y a trois cas où des ecclésiastiques italiens ont été remplacés par des non-italiens pour d’importantes fonctions curiales.

L’archevêque africain Protase Rugambwa a été rappelé de Tanzanie pour remplacer le lombard Pierluigi Vacchelli au poste de secrétaire adjoint de la congrégation "Propaganda Fide".

Le Polonais Krzysztof J. Nykiel a remplacé l’évêque franciscain conventuel italien Gianfranco Girotti comme régent de la pénitencerie apostolique.

Enfin un Espagnol, le père blanc Miguel Angel Ayuso Guixot, grand expert de l’islam, a succédé à l’archevêque toscan et ancien nonce Pierluigi Celata en tant que secrétaire du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Sans oublier que l’archevêque dominicain français Jean-Louis Bruguès a quitté ses fonctions de secrétaire de la congrégation pour l’éducation catholique et qu’il a remplacé le cardinal salésien italien Raffaele Farina en tant qu’Archiviste et Bibliothécaire de la Sainte Église Romaine (poste qui, en tout état de cause, ne fait pas partie de la curie romaine stricto sensu).

En conséquence, après ces changements intervenus aux postes de direction de la curie romaine proprement dite (secrétairerie d’état, congrégations, tribunaux, conseils pontificaux et trois services), les Italiens conservent une solide majorité. Ils occupent 13 de ces postes sur 28, soit 46,4 %, Alors que, au début du pontificat, en 2005, ils en occupaient 7 sur 27, soit 25,9 %.

En revanche, si l’on prend également en compte les numéros 2 (secrétaires et assimilés), la part des Italiens est en baisse significative : aujourd’hui ils sont 21 sur 58, soit 36,2 %, alors qu’en 2005 ils étaient 42 sur 83, soit 41,8 %. Et elle est également en baisse si l’on se réfère aux postes de dirigeants au niveau en-dessous (sous-secrétaires et assimilés) : ils sont 36 sur 88, soit 40,9 %, alors qu’en 2005 ils étaient 42 sur 83, soit 50,6 %.

Restent encore à attribuer, dans les organigrammes du Vatican, le poste de secrétaire de la congrégation pour l’éducation catholique (une candidature américaine semblait détenir la pole position, mais le cardinal préfet Zenon Grocholewski préférerait un latino-américain ayant sa confiance) et celui de sous-secrétaire du conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (poste vacant depuis la disparition, en 2010, de Mgr Eleuterio Fortino et pour lequel un Italien serait en course). Sans oublier le poste de régent de la maison pontificale, dont l’actuel détenteur, l’évêque Paolo De Nicolò, a atteint l’âge de 75 ans au mois de janvier et pourrait avoir comme successeur l’efficace père Leonardo Sapienza, religieux rogationiste du Cœur de Jésus.

Quoi qu’il en soit, en dehors de ces quelques postes qui sont encore à pourvoir, l'organigramme de la curie romaine paraît désormais largement stabilisé pour les deux ans à venir, étant donné que les prochains à atteindre l’âge de la retraite, 75 ans, seront les cardinaux Angelo Amato (causes des saints), Manuel Monteiro de Castro (pénitencerie), Antonio Maria Vegliò (migrants) et Francesco Coccopalmerio (textes législatifs) en 2013 et le cardinal Grocholewski en 2014. Mais, pour tous les cinq, on peut prévoir au moins une année de prorogation, conformément à la coutume.

Reste l’inconnue concernant le secrétaire d’état. Le cardinal Tarcisio Bertone aura 78 ans le 2 décembre et le petit mot de confirmation que le pape lui a fait parvenir au moment de partir pour Castel Gandolfo donne à penser qu’il est peu probable qu’il soit remplacé prochainement.

Il faut notamment avoir présent à l’esprit le fait que Benoît XVI a maintenu le précédent secrétaire d’état, le cardinal Angelo Sodano, dans ses fonctions jusqu’à l’âge de 78 ans et dix mois. Et, au cas où le pape ne voudrait pas congédier Bertone plus tôt que Sodano, l’actuel "premier ministre" pourrait conserver son poste jusqu’au mois d’octobre de l’année prochaine. 

Cette prolongation est rendue encore plus vraisemblable par le fait qu’il est encore difficile de définir le profil de l’ecclésiastique que le pape – se fondant sur l’estime, la connaissance et l’habitude de rapports personnels – pourrait appeler auprès de lui à la place de Bertone.

Corollaire de ce qui précède : le prochain consistoire pourrait avoir lieu alors que Bertone serait toujours secrétaire d’état, comme pour les trois consistoires précédents – ceux de novembre 2007, novembre 2010 et février 2012 – tandis que, pour celui de mars 2006, le secrétaire d’état était encore Sodano.

Lorsque le cardinal américain James F. Stafford atteindra l’âge de 80 ans, le 26 juillet prochain, le nombre de cardinaux ayant le droit de vote en cas de conclave redescendra à 120. Mais, étant donné que six autres prélats auront 80 ans au cours de l’année 2012, le nombre d’électeurs redescendra alors à 114. Et en 2013, le sacré collège ne comptera plus que 104 votants. Ainsi, dès la fin de cette année et plus encore l’année prochaine, l’effectif du collège cardinalice rendra possible un nouveau consistoire, le cinquième de ce pontificat, où Benoît XVI pourra créer de nouveaux cardinaux. Une dizaine si ce consistoire a lieu en novembre de cette année, une vingtaine s’il a lieu au cours du même mois en 2013.

Il s’agira en tout cas, selon toute probabilité, d’un consistoire plus international que les précédents. 

En effet, à la fin de 2012 – si l’on tient compte de la règle non écrite selon laquelle un cardinal ne peut être créé que dans les diocèses où il n’y en a pas déjà un autre ayant le droit de vote – des créations pourraient avoir lieu dans les sièges traditionnellement cardinalices que sont Bogota (Jesus Ruben Salazar Gomez), Rio de Janeiro (le cistercien Orani João Tempesta), Séoul (Andrew Yeom Soo-jung), Manille (Luis Antonio Tagle) et/ou Cebu (José Serofia Palma), Westminster (Vincent Nichols), Tolède (Braulio Rodriguez Plaza), Québec (Gérald Cyprien Lacroix, de l’Institut séculier Pie-X), Venise (Francesco Moraglia). 

Et à la fin de 2013 la pourpre pourrait être également attribuée aux archevêques de Turin (Cesare Nosiglia), São Salvador da Bahia (le dehonien Murilo Sebastiao Ramos Krieger), Santiago du Chili (le salésien Ricardo Ezzati Andrello), Malines-Bruxelles (André-Joseph Léonard), et Kiev-Haly? des Ukrainiens (Sviatoslav Schevchuk).

Au sein de la curie romaine l’Allemand Müller et le dominicain français Bruguès recevront certainement la pourpre.

En revanche on voit moins clairement s’il y aura des créations de cardinaux - et en faveur de qui - parmi les présidents de conseils pontificaux, fonctions qui, en elles-mêmes, n’entraînent pas automatiquement l’attribution de la pourpre.

Sont en course les Italiens Paglia et Rino Fisichella, ce dernier étant au conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation. Toutefois l’Italien Claudio Maria Celli (communications sociales) et le Polonais Zygmunt Zimowski (pastorale de la santé) ont plus d’ancienneté de services qu’eux.




Tous les articles de www.chiesa à propos du gouvernement central de l’Église catholique :

> Focus VATICAN


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

Divo Barsotti, La Parole extérieure et la Parole intérieure

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
16 TOB evCe qui différencie l’économie chrétienne par rapport à l’Ancien Testament, ce n’est pas seulement que "la Parole s’est faite chair" (Jn 1, 14) : en soi l’incarnation du Verbe ne marque pas le début du christianisme. Cela peut sembler paradoxal, mais c’est la vérité : l’incarnation à elle seule ne suffit pas à fonder l’Église, à inaugurer le christianisme ; ce qui inaugure le christianisme et fait naître l’Église, c’est le don de l’Esprit par lequel la Parole de Dieu se fait intime à l’homme ; non seulement la Parole de Dieu assume une nature humaine, mais elle devient intime à tout cœur vivant: Christum habitare per fidem in cordibus vestris, écrit saint Paul.

       La Parole ne résonne plus seulement de l’extérieur : elle se fait intérieure à nous ; mais pas si intérieure qu’elle ne doive avoir pour garantie la parole extérieure du magistère.

       Puisque cette intériorité de la Parole n’implique jamais pour chacun de nous une parfaite connaturalitas de notre être avec le Christ, une parfaite identification de chacun de nous avec lui, il est nécessaire que la parole intérieure soit toujours confrontée avec la parole qui demeure dans l’Église à l’abri du péril de notre corruption, de notre appauvrissement, d’une traduction inexacte. Le Christ est présent dans l’Église ; et la présence du Christ dans l’Église (parole de Jésus dans le magistère, présence de Jésus dans le sacrement), garantit la vérité de la présence du Christ dans notre vie.

       Le Christ est Un. La certitude, si relative soit-elle, de sa présence en nous a sa norme dans la présence certaine du Christ dans l’Église ; ce Christ qui vit en moi vit aussi en dehors de moi ; et c’est seulement dans la mesure où il ne vit pas encore assez en moi que la parole intérieure ne correspond pas à la parole extérieure. Quand le Christ vit pleinement dans l’âme de l’homme, la coïncidence est parfaite, et toute tension entre charisme et magistère, entre autorité visible et autorité intérieure de la Parole, est dépassée. Plus nous tendons vers la sainteté, plus nous surmontons cette tension.

       Pour qui ne vit pas la vie chrétienne, pour qui ne vit pas dans la grâce, tout est pour ainsi dire à l’extérieur : pouvoir de juridiction, pouvoir du magistère, pouvoir d’ordre (pape, évêques) ; tout lui est extérieur, étranger, sans rapport avec lui. La vie spirituelle commence quand Dieu suscite en nous un attrait mystérieux. À mesure que la vie spirituelle grandit et prend vigueur, Dieu se fait intérieur à l’âme et l’instruit, la guide, la meut.

       Alors naît le péril : l’âme risque de se confier au magistère intérieur de l’esprit, revendiquant une liberté d’agir qui pourrait l’opposer au magistère extérieur, aux directives de l’Église. Le danger existe aussi longtemps que l’âme n’est pas arrivée à la sainteté. Ce n’est pas parce qu’elle est étrangère à Dieu qu’elle peut tomber dans l’hérésie, pencher vers une liberté qui risque de compromettre son union avec l’Église : c’est au contraire parce qu’elle grandit en sainteté. L’âme qui s’aperçoit de l’action de Dieu en elle commence à s’y confier, mais sans bien discerner encore ce qui reste d’humain et de peccamineux dans ses impulsions. Celui qui vit en dehors de l’Église ne saurait évidemment faire naître un schisme ou une hérésie : quand au contraire la Parole devient présente à l’âme, une tension se fait jour dans la mesure où la parole intérieure, dans l’homme, ne coïncide par parfaitement avec la parole extérieure. Or l’assimilation de l’âme au Verbe n’est jamais parfaite ; c’est pourquoi l’obéissance à l’Église s’impose toujours ici-bas.

       Quand l’homme sera parfaitement saint, toute tension est dépassée ; mais avant d’atteindre la sainteté, on rencontre inévitablement des périls, des épreuves. L’autorité ne comprend pas les saints, et bienheureux si elle se contente de les mettre de côté! Quant à ceux qui ne sont pas encore des saints, ils ont l’impression de ne trouver dans l’Église qu’un empêchement à la liberté des fils de Dieu. C’est inévitable. Mais à travers ces épreuves, l’âme, si elle garde l’humilité, si elle vit dans l’obéissance, avance de purification en purification, et toujours davantage s’assimile au Verbe. Au lieu de se séparer de l’Église, elle s’y enracine de plus en plus : sa transformation dans le Christ implique pour l’âme son identification mystique avec l’Église.

       "Écoute, Israël." La vie spirituelle, la vie chrétienne, exige avant tout d’accueillir le Verbe pour qu’il demeure dans l’âme, et implique une assimilation de l’âme au Verbe comme une assomption de tout l’homme par le Verbe. L’Église n’est pas autre chose que le prolongement de l’Incarnation divine ; l’histoire de l’Église n’est pas autre chose que l’actualisation de ce mystère de l’Incarnation à partir duquel la Parole t’assume et te transforme en elle.
Dieu est Dieu, Téqui 1980, p. 18-20

Saint Ephrem, Ils ont mangé un aliment spirituel

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
16 TOB evQui est capable de comprendre toute la richesse d’'une seule de tes paroles, ô Dieu? Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons, tout comme les gens assoiffés qui s’'abreuvent à une source. Les perspectives de ta parole sont nombreuses, comme sont nombreuses les perspectives de ceux qui l’'étudient.

       Le Seigneur a coloré sa parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu'’il aime. Et il a caché dans sa parole tous les trésors pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu'’il médite. Sa parole est un arbre de vie qui, de toutes parts, te tend des fruits bénis ; elle est comme ce rocher ouvert dans le désert, qui devient pour tout homme, de toutes parts, une boisson spirituelle : "Ils ont mangé un aliment spirituel, et ils ont bu un breuvage spirituel" (1Co 10,3-4).

       Que celui qui obtient en partage une de ces richesses n'aille pas croire qu'il n'y a dans la parole de Dieu que ce qu'il y trouve ; qu'il se rende compte plutôt qu'il n'a été capable d'y découvrir qu'une seule chose parmi bien d'autres. Enrichi par la parole, qu'il ne croie pas que celle-ci est appauvrie ; incapable d'épuiser sa richesse, qu'il rende grâces pour sa grandeur.

       Réjouis-toi, parce que tu es rassasié, mais ne t'attriste pas de ce que la richesse de la parole te dépasse. Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s'attriste pas de son impuissance à épuiser la source. Mieux vaut que la source apaise ta soif, plutôt que ta soif n'épuise la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau, chaque fois que tu auras soif. Si, au contraire, en te rassasiant, tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur.

       Rends grâces pour ce que tu as reçu et ne murmure pas pour ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part ; mais ce qui reste est aussi ton héritage. Ce que tu n'’as pas pu recevoir aussitôt à cause de ta faiblesse, reçois-le à d'’autres moments grâce à ta persévérance. N'’aie l’impudence, ni de vouloir prendre d'’un seul trait ce qui ne peut être pris en une fois ni de t’'écarter de ce que tu pouvais recevoir peu à peu.
Diatessaron, I, 18-19, Sources Chrétiennes 121, p. 52-53

Lectures et Homélie pour le 16e dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Les bons pasteurs du peuple de Dieu (Jr 23, 1-6)

Lecture du livre de Jérémie

Parole du Seigneur. Misérables bergers, qui laissent périr et se disperser les brebis de mon pâturage ! C'est pourquoi — ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël, contre les pasteurs qui conduisent mon peuple — : À cause de vous, mes brebis se sont égarées et dispersées, et vous ne vous êtes pas occupés d'elles. Eh bien ! Moi je vais m'occuper de vous, à cause de vos méfaits, déclare le Seigneur. Puis je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis de tous les pays où je les ai dispersées. Je les ramènerai dans leurs pâturages, elles seront fécondes et se multiplieront. Je leur donnerai des pasteurs qui les conduiront ; elles ne seront plus apeurées et accablées, et aucune ne sera perdue, déclare le Seigneur. 

Voici venir des jours, déclare le Seigneur, où je donnerai à David un Germe juste : il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice. Sous son règne, le royaume de Juda sera sauvé, et Israël habitera sur sa terre en sécurité. Voici le nom qu'on lui donnera : « Le-Seigneur-est-notre-justice »

Psaume :  22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6

 

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R/ Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.


Le Seigneur est mon berger : 
je ne manque de rien. 
Sur des prés d'herbe fraîche, 
il me fait reposer. 

Il me mène vers les eaux tranquilles 
et me fait revivre ; 
il me conduit par le juste chemin 
pour l'honneur de son nom. 

Si je traverse les ravins de la mort, 
je ne crains aucun mal, 
car tu es avec moi : 
ton bâton me guide et me rassure. 

Tu prépares la table pour moi 
devant mes ennemis ; 
tu répands le parfum sur ma tête, 
ma coupe est débordante. 

Grâce et bonheur m'accompagnent 
tous les jours de ma vie ; 
j'habiterai la maison du Seigneur 
pour la durée de mes jours.

2ème lecture : Jésus est la Paix pour tous les hommes (Ep 2, 13-18)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens

Frères, vous qui autrefois étiez loin du Dieu de l’Alliance, vous êtes maintenant devenus proches par le sang du Christ.
C'est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, Israël et les païens, il a fait un seul peuple ; par sa chair crucifiée, il a fait tomber ce qui les séparait, le mur de la haine,
en supprimant les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Il voulait ainsi rassembler les uns et les autres en faisant la paix, et créer en lui un seul Homme nouveau.
Les uns comme les autres, réunis en un seul corps, il voulait les réconcilier avec Dieu par la croix : en sa personne, il a tué la haine.
Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches.
Par lui, en effet, les uns et les autres, nous avons accès auprès du Père, dans un seul Esprit.

Evangile : Jésus a pitié de la foule (Mc 6, 30-34)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Jésus, le bon Pasteur, connaît ses brebis et ses brebis le connaissent : pour elles il a donné sa vie.Alléluia. (cf. Jn 10, 14-15)

 

16 TOB ev

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Après leur première mission, les Apôtres se réunissent auprès de Jésus, et lui rapportent tout ce qu'ils ont fait et enseigné.
Il leur dit : « Venez à l'écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux qu'on n'avait même pas le temps de manger.
Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l'écart.
Les gens les virent s'éloigner, et beaucoup les reconnurent. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux.
En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de pitié envers eux, parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement.
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

La France reste plus que jamais une terre de mission

dominicanus #La vache qui rumine B 2012

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Dimanche, lors d'une messe célébrée à Frascati, aux abords de Rome, le Pape, se basant sur l’Evangile du jour, a parlé de la mission, alors que Jésus envoie ses disciples pour porter la Bonne Nouvelle de l’Evangile. 

 
La France est plus que jamais un pays de mission, surtout dans les milieux ouvriers et ruraux ; c’est ce constat que fait en 1941, Mgr Suhard, archevêque de Paris. Il crée alors une communauté de prêtres et de laïcs pour évangéliser les lieux déchristianisés : ainsi naît la Mission de France. Aujourd’hui encore, elle continue à envoyer des prêtres qui vivent dans les mêmes conditions de travail que les habitants. Laïcs et ecclésiastiques composent cette prélature territoriale de 700 membres, un quasi diocèse, mené par un évêque, Mgr Yves Patenôtre.


L’assemblée générale de la Mission de France, qui s’est tenue ce week-end près d’Angers, n’a lieu que tous les cinq ans. Ses orientations pour les prochaines années : se rapprocher des personnes en situation de précarité, cultiver une dimension internationale, et s’interroger sur les effets de la sécularisation de la société.


Ecoutons le Père Dominique Fontaine, Vicaire général de la communauté. Il est interrogé par Solange Pinilla (Radio Vatican) : >> RealAudioMP3 

Journal du Vatican / La congrégation dotée d'une porte à tambour

dominicanus #actualités

C'est la congrégation pour le culte divin, compétente en matière de liturgie. Ses derniers secrétaires ont tous été remplacés avant le délai normal. Et ils n'ont presque jamais été d'accord avec leur préfet et avec le pape. En ce qui concerne celui qui vient d'être nommé, l'Anglais Roche, les paris sont ouverts 

 

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CITÉ DU VATICAN, le 3 juillet 2012 – La nomination d’un nouveau secrétaire de la congrégation pour le culte divin a été annoncée la semaine dernière. Il s’agit de l’évêque anglais Arthur Roche.

Il remplace Joseph Augustine Di Noia, qui a déclaré à Catholic News Service, l'agence de presse en ligne de la conférence des évêques de son pays, les États-Unis, qu’il était "flabbergasted", stupéfait, de devoir quitter ce poste au bout de trois ans seulement.

En effet, en sept ans de pontificat de Benoît XVI, Di Noia est le troisième ecclésiastique à quitter le poste de numéro deux de ce dicastère du Vatican avant la fin du mandat canonique de cinq ans. Un record anormal. D’autant plus que le dicastère en question est celui qui a des compétences spécifiques en matière de liturgie, une question à laquelle Benoît XVI attache une extrême importance.

 

***


Entre 1996 et aujourd’hui la congrégation pour le culte divin a changé trois fois de préfet. C’est en 1996, en effet, que Jean-Paul II a appelé à la direction de ce dicastère l’évêque chilien Jorge Arturo Medina Estevez qui, créé cardinal en 1998, est resté à son poste jusqu’au 1° octobre 2002, date à laquelle il a été remplacé par le cardinal africain Francis Arinze, qui y est resté jusqu’au 9 décembre 2008, lorsque Benoît XVI lui a donné comme successeur l’actuel préfet, le cardinal espagnol Antonio Cañizares Llovera.

Il s’agissait là de changements réglementaires, intervenus quand les préfets en question avaient dépassé l’âge de 75 ans prévu par le droit canonique, Medina de huit mois et Arinze de treize mois.

Ces changements ont eu lieu sans grandes secousses dans la ligne de gouvernement. En effet les trois préfets ont été porteurs d’une correction de trajectoire par rapport aux abus liturgiques découlant de la réforme liturgique qui a suivi le concile Vatican II, même si cela s’est fait de manière différente. Le plus agressif a été Medina. En 2001, il a fortement voulu l’instruction "Liturgiam autenthicam" tendant à une tradition plus fidèle issue du latin et, en 2002, il a mené à bien une troisième "editio typica" en latin du Missel Romain et institué au sein de la congrégation le comité "Vox clara" pour les traductions liturgiques en anglais, en guise de contrepoids du Vatican à l’International Commission on English in the Liturgy, organisme de coordination entre les conférences épiscopales anglophones – dominé par les progressistes – qui en avait le monopole jusqu’alors. Arinze a été plus modéré. Cañizares s’est montré – au moins jusqu’à présent – fort en paroles mais doux dans les faits.


***


En revanche les choses se sont passées différemment pour la succession des secrétaires de cette congrégation, beaucoup plus tourmentée et discutée. Il faut se rappeler que dans un dicastère, si c’est le préfet qui donne les directives, c’est le secrétaire qui a le pouvoir de les mettre ensuite en application.

Quand Medina est devenu préfet, il a trouvé comme secrétaire, en poste depuis 1991, le Brésilien Geraldo Majella Agnelo, aux idées assez progressistes, qui fut assez rapidement nommé, en janvier 1999, archevêque de São Salvador da Bahia et créé cardinal.

Mais avant de retourner au Brésil, Agnelo autorisa – à l’insu de Medina qui était au Chili pour les fêtes de fin d’année – le transfert de toutes les archives de la congrégation aux Archives Secrètes du Vatican, ce qui a eu pour résultat de les rendre inaccessibles. Certains ont fait le lien entre cette initiative et le fait que le secrétaire particulier de Medina avait publié un livre, fondé sur les carnets intimes inédits du cardinal Fernando Antonelli, très critique à propos de la réforme liturgique et surtout du rôle qu’y avait joué l’archevêque Annibale Bugnini.


***


Le nouveau secrétaire fut nommé en février 1999. C’était le bénédictin italien Francesco Pio Tamburrino, 60 ans, lui aussi progressiste, avec des idées plus proches de celles d’Agnelo que de celles de Medina. Il resta à ce poste un peu plus de quatre ans, après quoi, le 2 août 2003, il fut transféré à l’archevêché – qui n’est certes pas de premier plan – de Foggia-Bovino, où il se trouve encore aujourd’hui.

Son poste fut attribué à un autre ecclésiastique, lui aussi italien et ayant également des idées en matière de liturgie proches de celles de son prédécesseur. Il s’agissait de Mgr Domenico Sorrentino, 55 ans, qui avait collaboré, au cours des années précédentes, avec le service qui rédige les discours des papes et qui était à l’époque coordonné par l’archevêque Paolo Sardi, aujourd’hui cardinal.

Mais Sorrentino ne resta pas longtemps à ce poste. Le 19 avril 2005, Benoît XVI avait été élu pape et il montra qu’il avait des idées très nettes en matières de liturgie, semblables à celles de Medina (c’est peut-être aussi pour cette raison que ce dernier avait l’air visiblement satisfait lorsque, en tant que cardinal protodiacre, il proclama "Habemus papam"). Et juste sept mois plus tard, le 19 novembre, Sorrentino fut nommé évêque du diocèse prestigieux – mais pas cardinalice – d’Assise. Il était resté un peu plus de deux ans.

Au sein de la conférence des évêques d’Italie, Sorrentino et Tamburrino font partie de la commission pour la liturgie, mais pas l’évêque d’Albenga, Mario Olivieri, qui est depuis des années membre de la congrégation vaticane pour le culte.


***


Mais revenons à 2005. Le 10 décembre, le pape Joseph Ratzinger nomme secrétaire de la congrégation pour le culte divin le Sri lankais Malcolm Ranjith Patabendige Don, 58 ans, qu’il fait revenir de la nonciature en Indonésie, où il avait été envoyé en “exil” en avril 2004 après une expérience malheureuse en tant que secrétaire adjoint de la congrégation "de Propaganda Fide", où il ne s’était pas bien entendu avec celui qui en était alors le préfet, le cardinal Crescenzio Sepe, que Benoît XVI nommera archevêque de Naples en mai 2006.

Ranjith a des idées très claires en matière de liturgie et il est très estimé y compris dans le monde traditionaliste. C’est pourquoi quand, en 2008, Cañizares arrive d’Espagne, comme préfet, avec une réputation de “petit Ratzinger”, les partisans d’une "réforme de la réforme" dans le domaine liturgique pensent que la congrégation qui devrait être le moteur de cette réforme va être enfin dirigée par un tandem d’une efficacité certaine.

Mais ce n’est pas ce qui va se passer. Le 16 juin 2009, après moins de quatre ans, Ranjith quitte lui aussi ce poste de secrétaire. Benoît XVI a été persuadé, en dépit de l’avis contraire de Cañizares, que sa présence était plus importante dans sa patrie, le Sri Lanka, qu’à Rome dans le domaine liturgique. C’est ainsi que Ranjith est nommé archevêque de Colombo, à la satisfaction à peine dissimulée des progressistes. Et il est remplacé par le dominicain américain Di Noia, 66 ans, qui travaille à Rome depuis 2002 comme sous-secrétaire de la congrégation pour la doctrine de la foi, mais qui ne parle pas encore couramment la langue de Dante bien qu’ayant des parents Italiens.

Mais le pape Ratzinger accorde à Ranjith l’honneur de la pourpre, que n’avaient pas obtenu ses deux prédécesseurs immédiats. Benoît XVI le crée cardinal au premier consistoire utile, celui du 20 novembre 2010. Aucun des deux précédents archevêques de Colombo n’avait été fait cardinal.


***


Avec le tandem Cañizares-Di Noia au sommet, la congrégation semble tomber dans un cône d’ombre. Di Noia n’a pas la détermination d’un Ranjith. Et le cardinal espagnol – qui, par ailleurs, ne cache pas sa sympathie pour les néocatéchumènes, manifestée dans son indulgence pour leurs étranges liturgies – ne dédaigne pas de revenir souvent dans son pays, peut-être avec un œil sur Madrid où le cardinal Antonio Maria Rouco Varela achèvera en 2014 son mandat de président de la conférence des évêques d’Espagne et devrait donc, à 78 ans, abandonner la direction de ce diocèse.

C’est ainsi que l’idée proclamée de constituer, au sein de la congrégation pour le culte divin, un service qui s’occuperait de l’architecture et de l’art liturgiques perd de sa force notamment à cause de l'opposition du cardinal Gianfranco Ravasi – théologiquement et liturgiquement moins en harmonie avec Ratzinger que Cañizares – qui revendique la compétence en la matière pour son conseil pontifical pour la culture, bien que celui-ci soit de rang inférieur.

Encore une fois, donc, la congrégation pour le culte divin semble ne pas fonctionner. Voilà pourquoi, pour la quatrième fois en sept ans, on assiste à un changement de secrétaire avant la date normale. Di Noia a été transféré à la vice-présidence de la commission pontificale "Ecclesia Dei", poste non prévu par l’organigramme de cet organisme, restructuré en 2009 par le motu proprio "Ecclesiæ unitatem", qui est chargé de suivre les communautés traditionalistes et de réduire la fracture avec le monde lefebvriste. Poste qui, en soi, n’est pas cardinalice.

Et c’est un changement qui pourrait présenter les mêmes problèmes que les précédents. En effet l’évêque anglais Roche, 62 ans, qui vient d’être nommé est un protégé du cardinal émérite de Westminster, le "liberal" Cormac Murphy O’Connor, dont il a été l’auxiliaire. Déjà dans le passé, à la grande préoccupation des milieux les plus conservateurs de la curie romaine, son nom avait circulé pour le poste qu’il vient d’obtenir. Il faut toutefois souligner que la fermeté avec laquelle Roche,  en tant que président de l'International Commission on English in the Liturgy entre 2003 et 2012, a défendu la nouvelle traduction du missel en anglais, rédigée sous le signe d’une fidélité vraiment accrue à l’"editio typica" en latin, lui a valu l’hostilité de la composante la plus progressiste de l’épiscopat anglophone.

Quand il arrivera à Rome, Roche, qui a étudié la théologie spirituelle à l’Université Pontificale Grégorienne au début des années 90, aura la possibilité de faire connaître plus clairement sa ligne.

Il sera intéressant, par exemple, de vérifier comment il réagira à l’engagement de la congrégation quand il faudra donner sa "recognitio", c’est-à-dire le feu vert après une révision, à la traduction italienne du Missel, qui, dans la version approuvée par les évêques de la conférence épiscopale italienne, s’éloigne plus que la traduction anglaise de l’original latin.

Sans compter, bien entendu, qu’il sera également intéressant de voir si – après les quatre essais infructueux de Tamburrino, Sorrentino, Ranjith et Di Noia – Roche réussira enfin à aller jusqu’au bout de ses cinq années de mandat.




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Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Joseph Ratzinger (Benoît XVI), Structures de la réalité chrétienne: Le principe "pour"

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)

15 TOB ev        Parce que la foi chrétienne exige l'’engagement de l'’individu, mais en lui demandant d’'être pour l’'ensemble et non pour lui-même, le mot " pour " exprime la véritable loi fondamentale de l’'existence chrétienne : c'’est la conclusion qui découle logiquement de ce qui précède. C’'est pourquoi dans le sacrement principal, celui qui forme le centre du culte chrétien, l'’existence de Jésus-Christ est présentée comme une existence " pour la multitude " -- " pour vous ", comme l’'existence ouverte qui rend possible et opère la communication de tous entre eux par la communication en Lui. C’'est pour cela que l’'existence du Christ, comme nous l’'avons vu, s’'accomplit et se réalise comme existence exemplaire lorsqu'’il est " ouvert " sur la croix. C'’est pour cela que, annonçant et expliquant sa mort, il peut dire : " Je m’'en vais et je viens vers vous " (Jn 14, 28) : du fait que je pars, la cloison de mon existence qui me limite maintenant, est brisée ; et ainsi mon départ est véritablement ma venue, dans laquelle je réalise ce que je suis réellement, c’'est-à-dire celui qui rassemble tous les hommes dans l'’unité de son nouvel être, celui qui n'’est pas limité, mais unité.

       Les Pères de l'’Église ont interprété en ce sens les bras étendus du Christ en croix. Ils y voient tout d'’abord la forme primitive du geste de la prière chrétienne, de l’'attitude de l’'orante, telle que nous la rencontrons dans les représentations émouvantes des catacombes. Les bras du Crucifié montrent donc en lui l’'adorateur, mais en donnant en même temps à l’'adoration une nouvelle dimension, qui fait la spécificité de la glorification chrétienne de Dieu : ses bras ouverts sont aussi expression d'’adoration précisément parce qu'’ils expriment le don total aux hommes, parce qu'’ils sont le geste de l’'étreinte, de la fraternité pleine et sans réserve. Par référence à la croix, la théologie des Pères a pu voir représentées symboliquement dans l’'attitude chrétienne de la prière, la coïncidence de l’'adoration et de la fraternité, l’'inséparabilité du service des hommes et de la glorification de Dieu.

       Être chrétien signifie essentiellement passer de l’'être pour soi à l’'être pour les autres. Par là s'’exprime aussi le sens réel de la notion d’'élection (choix parmi plusieurs), qui nous paraît souvent si étrange. Elle n’'est pas synonyme d'’une préférence pour tel individu particulier, qui le laisserait enfermé en lui-même et séparé des autres, elle veut dire au contraire l’'entrée dans la tâche commune, dont nous parlions tout à l’'heure. Aussi l'’engagement chrétien fondamental, l'’accueil du christianisme, représentent-ils l’'abandon de tout égocentrisme et l’'adhésion à l’'existence, toute tournée vers l’'ensemble, de Jésus-Christ. Dans le même sens, le mot de Jésus qui nous exhorte à porter la croix à sa suite n’'exprime nullement une dévotion privée, mais l’'exigence, que l'’homme abandonne l'’isolement et la tranquillité de son " Moi ", et sorte de lui-même pour suivre le Crucifié, en mettant une croix sur son " Moi ", et en vivant pour les autres. D'’une manière générale, d’'ailleurs, les grandes images de l’'histoire du salut, qui constituent en même temps les grands symboles fondamentaux du culte chrétien, sont des formes d’'expression de ce principe du " pour ". Pensons par exemple à l’'image de l’'exode (sortie), qui depuis Abraham, et bien au-delà de l’'Exode classique de l’'histoire du salut, - la sortie d'’Égypte –- reste l'’idée fondamentale qui régit l’'existence du peuple de Dieu et de ses membres : ceux-ci sont appelés à l’'exode permanent du dépassement d'’eux-mêmes. Le même thème est sous-jacent à l’'image de la Pâque –- passage -, dans laquelle la foi chrétienne a exprimé la connexion du mystère de la croix et de la résurrection de Jésus avec l’'idée de " sortie " de l’'Ancien Testament.

       Jean a rendu le tout dans une image empruntée à la nature. Par là l’'horizon s’'élargit au-delà de l’'anthropologie et de l’'histoire du salut jusqu'’au cosmique : ce qui est présenté ici comme une structure fondamentale de la vie chrétienne est au fond déjà la marque de la création : " En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt, il reste seul ; s'’il meurt, il porte beaucoup de fruit " (Jn 12, 24). C'’est une loi déjà dans le domaine cosmique, que la vie ne prend naissance qu'’à travers la mort, à travers la perte de soi-même. Ce que la création préfigure s’'accomplit en l'’homme et finalement en l’'homme exemplaire Jésus-Christ : en partageant le destin du grain de blé, en passant par le sacrifice, en acceptant d’'être livré et de se perdre, il inaugure la vraie vie. En partant des expériences de l’'histoire des religions, qui sur ce point précisément rejoignent de très près le témoignage de la Bible, on pourrait aussi dire que le sacrifice alimente la vie du monde. Les grands mythes qui prétendent que le cosmos serait issu d'’un sacrifice primordial et ne pourrait vivre qu'’en mourant perpétuellement à lui-même, voué au sacrifice, ces mythes trouvent ici leur vérité et leur valeur. À travers ces images mythiques apparaît le principe chrétien de l’'exode : " Qui aime sa vie la perd ; et qui haït sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle " (Jn 12, 25).

       Il faut ajouter, en terminant, que tous les dépassements opérés par l'’homme lui-même ne pourront jamais suffire. Celui qui ne veut que donner et n’'est pas prêt à recevoir, qui ne veut que vivre pour les autres, sans reconnaître que lui-même vit du don et du sacrifice des autres, don qu'’il n’est pas en droit d’'attendre ni d’'exiger, celui-là méconnaît le mode d’'être fondamental de l’'homme et altère nécessairement le vrai sens de ce qu’'est vivre les uns pour les autres. Pour être féconds, tous les dépassements de nous-mêmes exigent que nous sachions aussi recevoir de l’'autre et en fin de compte de cet autre qui est véritablement autre par rapport à toute l’'humanité, et en même temps pleinement uni à elle : l'’homme-Dieu Jésus-Christ.

 

La foi chrétienne hier et aujourd’hui, Éd. du Cerf, 1996, p. 172-175

Joseph Ratzinger (Benoît XVI), Structures de la réalité chrétienne: L"individu et le tout

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)

15 TOB ev        Pour nous, hommes d’'aujourd’hui, le scandale fondamental du christianisme consiste tout d’abord simplement dans l'’extériorité dont la réalité religieuse paraît affectée. C'’est pour nous un scandale que Dieu doive être communiqué par tout un appareil extérieur : l’'Église, les sacrements, le dogme, ou même simplement la prédication (kérygme), dans laquelle on se réfugie volontiers pour atténuer le scandale, et qui cependant est aussi quelque chose d’'extérieur. Face à tout cela se pose la question : Dieu habite-t-il donc dans les institutions, des événements ou des paroles ? Est-ce que l'’Éternel n’'atteint pas chacun de nous de l'’intérieur ? À cela il faut d’'abord répondre simplement par l’'affirmative, en ajoutant : s'’il n’'y avait que Dieu dans une somme d'’individus, on n'’aurait que faire du christianisme. Le salut de l'’individu, en tant qu'’individu, peut et pourrait être opéré par Dieu directement et immédiatement, et c'’est bien ce qui arrive sans cesse. Dieu n’a pas besoin d'’intermédiaire pour pénétrer dans l’'âme de l'’individu, auquel il est plus intime que celui-ci ne l’'est à lui-même ; rien ne saurait pénétrer plus profondément dans l'’homme que lui, qui atteint cette créature au plus intime de son intériorité. Pour ne sauver qu'’un individu, on n’'aurait besoin ni d’'une Église, ni d’'une histoire du salut, ni d’'une incarnation, ni d’'une passion de Dieu dans le monde. Mais c’'est ici précisément qu'’il faut ajouter l’'affirmation ultérieure : la foi chrétienne ne part pas de l’'individu atomisé, elle procède de la constatation que l’'individu pur et simple n’'existe pas, que l'’homme ne devient lui-même que par son insertion dans le tout : dans l’'humanité, dans l'’histoire, dans le cosmos, comme il convient et comme il est essentiel à un " esprit dans un corps ".

        Le principe " corps " et " corporalité " qui régit la condition humaine signifie deux choses : d’une part, le corps sépare les hommes les uns des autres. Le corps en tant que forme remplissant un espace et posant des limites, empêche que l’'un soit entièrement dans l’'autre ; il dresse une ligne de séparation, qui signifie distance et limite, il nous condamne à vivre séparés les uns des autres et de ce point de vue, il est un principe de dissociation. Mais en même temps, être dans la corporalité implique nécessairement aussi histoire et communauté ; car si le pur esprit peut, à la rigueur, être conçu comme étant pour soi, la corporalité, elle, implique l’'origine à partir d’'un autre : les hommes vivent dans un sens très réel et en même temps très complexe, les uns des autres. Car si la dépendance mutuelle est entendue tout d'’abord au sens physique (depuis la naissance jusqu'’aux multiples réseaux de l’'assistance matérielle réciproque), elle signifie, pour celui qui est esprit incarné, que l’'esprit lui aussi – donc tout l’'homme – est marqué très profondément par son appartenance à l’'ensemble de l'’humanité, de l’'unique " Adam ".

        Ainsi l’'homme apparaît comme un être qui ne peut exister qu’'en dépendance d’'un autre ; ou pour reprendre un mot du grand théologien Möhler de Tübingen : " L’'homme, en tant qu’'être totalement relationnel, ne se réalise pas par lui-même, quoique non plus sans lui-même. " Franz von Baader, contemporain de Möhler, a exprimé la même chose d‘'une manière encore plus nette, en disant qu'’il était aussi insensé " de déduire la connaissance de Dieu, et de tous les êtres doués ou non d’'intelligence, à partir de la connaissance de soi (de la conscience de soi), que de vouloir déduire tout amour de l’'amour de soi ". Ici est repoussé catégoriquement le principe de Descartes qui, en fondant la philosophie sur la connaissance (cogito, ergo sum : je pense, donc je suis), a déterminé le destin de la pensée moderne jusque dans les formes actuelles de la philosophie transcendantale. De même que l’'amour de soi n’'est pas la forme originelle de l’'amour, mais tout au plus une forme dérivée, de même que l’'on ne peut arriver à saisir le propre de l’'amour qu’'en le concevant comme relation, c’'est-à-dire à partir de l’'autre, de même la connaissance humaine n’'est réalité que dans le sens de " être connu ", " être amené à connaître ", c’'est-à-dire là aussi " à partir de l'’autre ". L’'homme véritable n’'entre même pas dans mon champ de vision, si je ne fais que sonder la solitude du Moi, de la perception que j'’ai de moi, car alors j’'élimine d'’emblée le point de départ de la possibilité de devenir moi-même, et par le fait même sa caractéristique essentielle. C’'est pourquoi Baader a délibérément transformé, et sans doute avec raison, le " cogito, ergo sum " de Descartes en un " cogitor, ergo sum ", non pas : " Je pense, donc je suis, " mais, " Je suis pensé, c’'est pourquoi je suis ". Connaître, pour l’'homme, c’'est d'’abord être connu ; c’'est de là qu'’il faut nécessairement partir si l’'on veut comprendre sa connaissance et le comprendre lui-même.

        Faisons un pas de plus : être-homme, c’'est " être-avec " (Mit-Sein), et cela dans tous les sens ; en tout homme, il y a non seulement le présent hic et nunc, mais aussi à la fois le passé et l'’avenir de l'’humanité, celle-ci se révélant de plus en plus, lorsqu'’on y regarde de près, comme un unique " Adam ". Nous ne pouvons ici entrer dans les détails. Contentons-nous de quelques indications. Il suffit de penser que toute la vie de notre esprit dépend du langage, en ajoutant que le langage ne date pas d'’aujourd’hui : il vient de loin, toute l’'histoire a contribué à le tisser et elle s’'introduit en nous, grâce à lui, comme présupposé indispensable de notre présent, et même comme élément permanent de ce présent. Inversement, l’'homme est l’'être tendu vers l’'avenir qui, dans le " souci ", se projette sans cesse au-delà du moment présent et qui serait incapable d'’exister plus longtemps, s’'il se voyait subitement privé d'’avenir. Nous devons donc dire que le simple individu, l'’homme-monade de la Renaissance, l’'être qui serait pur " cogito, ergo sum " n’'existe pas. L’'homme n’'est vraiment homme qu'’à l'’intérieur de la trame totale de l’'histoire qui affecte, à travers le langage et la communication sociale, chaque individu, celui-ci, de son côté, trouvant de quoi réaliser son existence dans ce modèle collectif, où il est par avance déjà compris et qui constitue la sphère de son épanouissement. Il n'’est pas vrai que chaque homme se construit à neuf, à partir du point zéro de sa liberté, comme le voulait l’'idéalisme allemand. Il n’'est pas un être qui recommence toujours au point zéro ; il ne peut réaliser ce qu'’il a de propre et de neuf qu'’en s’'intégrant dans la totalité du donné humain qui le précède, le marque et le façonne.

        Par là, nous revenons à la question du départ et nous pouvons maintenant affirmer : l’'Église et le christianisme ont affaire à l’'homme ainsi compris. Ils n'’auraient pas de raison d’'être, s'’il n'’y avait que la monade-homme, l’'être du cogito-ergo-sum. Ils sont ordonnés à l’'homme, qui est " être-avec " et qui n’'existe que dans les interrelations collectives découlant du principe de la corporalité. L'’Église et le christianisme en général sont là à cause de l’'histoire, à cause de la trame des rapports collectifs qui façonnent l'’homme. C'’est à ce niveau qu'’il faut les comprendre. Leur sens, c’'est d’'être au service de l’'histoire en tant qu’'histoire, de percer ou de transformer la grille collective qui forme le lieu de l'’existence humaine. Selon la lettre aux Éphésiens, l'oe’œuvre de salut accomplie par le Christ a consisté dans l'’asservissement des principautés et des puissances, lesquelles, selon l'’interprétation développée d’'Origène, sont les puissances collectives qui enserrent l’'homme : la puissance du milieu ambiant, de la tradition nationale, cet " on " qui pèse sur l'’homme et le détruit. Des catégories telles que péché originel, résurrection de la chair, jugement universel, ne peuvent se comprendre que dans cette optique. Le péché originel réside précisément dans ce filet collectif qui précède l’'existence individuelle comme donnée morale préalable, et non pas dans une certaine hérédité biologique entre individus totalement isolés par ailleurs. Parler du péché originel, c'’est dire que nul homme ne peut plus commencer au point zéro, dans un " status integritatis ", un état d'’intégrité (= non affecté par l’histoire). Nul ne se trouve dans cet état initial d'’intégrité, où il n’'aurait qu'’à s’'épanouir et à entreprendre le bien qu'’il projette ; chacun vit dans un réseau de relations qui constituent une partie de son existence. Le jugement universel, de son côté, est la réponse à ces interrelations collectives. La résurrection exprime l'’idée que l'’immortalité de l’'homme ne peut exister et être conçue que dans la communion des hommes, dans l’'homme en tant qu'’être communautaire, comme nous aurons encore à le voir de plus près. Enfin le concept de rédemption, comme nous l'’avons déjà dit, n'’a de sens qu'’à ce niveau ; il ne se rapporte pas à un destin monadique et isolé de l’'individu. S'’il faut donc chercher là le niveau de la réalité du christianisme, dans ce que, faute d’'un mot plus adéquat, nous appellerons en résumé le domaine de l’'historicité, nous pouvons ajouter pour préciser : être chrétien, c’'est, comme orientation première, non pas un charisme individuel mais social ; on n’est pas chrétien parce que seuls les chrétiens seront sauvés, mais on est chrétien parce que, pour l'’histoire, la diaconie chrétienne a un sens et est indispensable.

        Ici se présente une nouvelle donnée très importante qui, à première vue, semble aller exactement en sens contraire, mais qui est réalité conséquence nécessaire des réflexions précédentes. En effet, si l’'on est chrétien pour participer à une diaconie en faveur de la collectivité, cela signifie en même temps qu’'à cause justement de cette relation à l’'ensemble, le christianisme vit de l’'individu et pour l'’individu ; car c’'est à partir de l'’individu seulement que peut se réaliser la transformation de l’'histoire et la rupture de la dictature du milieu ambiant. À mon sens, c’'est là que se trouve le fondement de ce qui, pour les autres religions et l’'homme d'’aujourd’hui, demeure incompréhensible ; à savoir que dans le christianisme, tout en définitive, dépend d’'un seul, de l’'homme Jésus de Nazareth, celui que le milieu ambiant – l’'opinion publique – a crucifié et qui, sur la croix, a brisé la puissance du " on ", la puissance de l'’anonymat, dont l’'homme est prisonnier. Face à cette puissance se dresse désormais le nom de cet homme particulier Jésus-Christ, qui appelle les hommes à le suivre, c'’est-à-dire à porter comme lui la croix, à triompher du monde sur la croix et à contribuer au renouvellement de l'’histoire. C’'est parce que le christianisme envisage l’'histoire en son entier que l’'appel du Christ s’'adresse radicalement à l’'individu ; c'’est pour cette raison que le christianisme dépend entièrement de l’'homme particulier et unique en qui s’'est réalisé la trouée à travers l'’état d’'asservissement aux puissances et aux principautés. Autrement dit : parce que le christianisme est ordonné à l’'ensemble, et ne peut être conçu qu’'à partir de la communauté et pour elle, parce qu'’il n’'est pas salut pour l’'individu isolé, mais service de l’'ensemble auquel l’'individu ne peut ni ne doit se dérober, pour cette raison même, il comporte un principe du " particulier ". Le scandale inouï, qu'’un individu unique et particulier, Jésus-Christ, soit reconnu par la foi comme le salut du monde, trouve ici le fondement de sa nécessité interne. L'’individu particulier est le salut de l’'ensemble, et l’'ensemble ne reçoit son salut que de cet homme particulier qui est véritablement le salut et qui par là même cesse d'être pour lui seul. À mon avis, on peut comprendre aussi à partir de là qu'’il n'’y ait pas eu un pareil recours à l'’individu particulier dans d’'autres religions. L'’hindouisme ne vise pas en fin de compte l’'ensemble, mais l'’individu qui opère son salut personnel, en s’'évadant hors du monde, hors de la roue du Maya. Parce que dans son intention la plus profonde, il ne cherche pas l’'ensemble, mais voudrait seulement arracher l’'individu à la perdition, il ne peut reconnaître un autre individu particulier qui ait pour moi une signification et un rôle de salut décisifs. En dévalorisant le tout, il en vient ainsi à dévaloriser également l’'individu, parce que la catégorie du " pour " disparaît.

        En résumé, les réflexions précédentes nous auront permis de constater que le christianisme procède du principe de " corporalité " (historicité) ; qu'’il doit être pensé au plan de l’'ensemble et n’'a de sens qu'’à ce niveau-là, mais que pour cette raison même, il pose et doit poser un principe du " particulier ", qui constitue son scandale et qui pourtant apparaît ici intrinsèquement nécessaire et rationnel. 

 

La foi chrétienne hier et aujourd’hui, Éd. du Cerf, 1996, p. 167-172

Lectures et Homélie pour le 15e dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

1ère lecture : La mission divine du prophète (Am 7, 12-15)

Lecture du livre d'Amos

 

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Amazias, prêtre de Béthel, dit au prophète Amos : « Va-t'en d'ici avec tes visions, enfuis-toi au pays de Juda ; c'est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; car c'est un sanctuaire royal, un temple du royaume. »
Amos répondit à Amazias : « Je n'étais pas prophète ni fils de prophète ; j'étais bouvier, et je soignais les figuiers. Mais le Seigneur m'a saisi quand j'étais derrière le troupeau, et c'est lui qui m'a dit : 'Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.' »

Psaume :  84, 9ab.10, 11-12, 13-14

R/ Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut


J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ? 
Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple. 
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s'embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.

2ème lecture : Dieu nous a choisis depuis toujours (brève : 3-10) (Ep 1, 3-14)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Dans les cieux, il nous a comblés de sa bénédiction spirituelle en Jésus Christ. En lui, il nous a choisis avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l'amour, saints et irréprochables sous son regard. Il nous a d'avance destinés à devenir pour lui des fils par Jésus Christ : voilà ce qu'il a voulu dans sa bienveillance, à la louange de sa gloire, de cette grâce dont il nous a comblés en son Fils bien-aimé, qui nous obtient par son sang la rédemption, le pardon de nos fautes.Elle est inépuisable, la grâce par laquelle Dieu nous a remplis de sagesse et d'intelligence en nous dévoilant le mystère de sa volonté, de ce qu'il prévoyait dans le Christ pour le moment où les temps seraient accomplis ; dans sa bienveillance, il projetait de saisir l'univers entier, ce qui est au ciel et ce qui est sur la terre, en réunissant tout sous un seul chef, le Christ. 
En lui, Dieu nous a d'avance destinés à devenir son peuple ; car lui, qui réalise tout ce qu'il a décidé, il a voulu que nous soyons ceux qui d'avance avaient espéré dans le Christ, à la louange de sa gloire. Dans le Christ, vous aussi, vous avez écouté la parole de vérité, la Bonne Nouvelle de votre salut ; en lui, devenus des croyants, vous avez reçu la marque de l'Esprit Saint. Et l'Esprit que Dieu avait promis, c'est la première avance qu'il nous a faitesur l'héritage dont nous prendrons possession au jour de la délivrance finale, à la louange de sa gloire.

Evangile : Jésus envoie les Douze appeler les hommes à la conversion (Mc 6, 7-13)

Acclamation : Alléluia.Alléluia. Sur toute la terre esr proclamée la Parole, et la Bonne Nouvelle aux limites du monde. Alléluia. (cf. Ps 18, 5)

 

15 TOB ev

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais, et il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route, si ce n'est un bâton ; de n'avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l'hospitalité dans une maison, restez-y jusqu'à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu'il fallait se convertir.
Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient.

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

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