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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Joseph Ratzinger - Benoît XVI, "L'enfance de Jésus", Editions Flammarion, 2012

dominicanus #Il est vivant !

L'enfant Jésus raconté par Joseph

L'ouvrage que Joseph Ratzinger a consacré à l'enfance du Messie dans les Évangiles arrive dans les librairies. C'est une "histoire vraie", affirme le pape, et pas une pure construction théologique 

 

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par Sandro Magister




ROME, le 20 novembre 2012 – "L'enfance de Jésus" de Joseph Ratzinger-Benoît XVI sera en vente à partir de demain, en allemand - c’est le texte original -  et en huit autres langues : italien, anglais, français, espagnol, portugais, brésilien, polonais, croate. Le tirage global de lancement est de plus d’un million d’exemplaires. Au cours des mois à venir, l’ouvrage sera traduit en onze autres langues et diffusé dans 72 pays.

C’est un livre court et écrit sous une forme simple et linéaire. Plus facile à lire que les deux autres tomes, plus volumineux, du "Jésus de Nazareth". Il est publié en dernier, mais l’auteur a déclaré que, selon son intention, l’ouvrage "est une sorte de petite 'entrée' qui introduit aux deux ouvrages précédents, consacrés à la figure et au message de Jésus de Nazareth".

Avant la publication du livre, la grande inconnue était la manière dont Benoît XVI allait répondre à la question de savoir si la naissance virginale, l'adoration des Mages et les autres récits de l'enfance de Jésus, dans les Évangiles de Matthieu et de Luc, sont "vraiment une histoire qui a eu lieu" ou bien "seulement une méditation théologique exprimée sous forme d’histoires".

L'auteur penche nettement en faveur de la première des deux réponses. Mais sans refuser le droit de cité dans l’Église à la seconde manière de voir.

À la fin du chapitre consacré aux Mages, Benoît XVI donne raison à Jean Daniélou qui écrivait dans "Les Évangiles de l'Enfance" :

"A la différence du récit de l'annonciation à Marie, l'adoration des Mages ne touche à aucun aspect essentiel pour la foi. Elle pourrait être une création de Matthieu, inspirée par une idée théologique : dans ce cas, rien ne s’écroulerait".

"Cependant Daniélou lui-même – ajoute le pape Ratzinger – arrive à la conviction qu’il s’agit d’événements historiques dont la signification a été interprétée théologiquement par la communauté judéo-chrétienne et par Matthieu".

Et il poursuit :

"Pour dire les choses simplement : c’est aussi ma conviction".

Benoît XVI reconnaît que, "au cours des cinquante dernières années", la tendance à ne pas admettre l’historicité de l'adoration des Mages s’est affirmée chez les exégètes. Cette opinion – note le pape – "ne se fonde pas sur de nouvelles connaissances historiques, mais sur une attitude différente envers la Sainte Écriture et envers le message chrétien dans son ensemble".

Pour prouver ce changement, le pape fait remarquer que, alors qu’en 1942, à l’entrée "Mágos" du "Theologisches Wörterbuch zum Neuen Testament", le protestant Gerhard Delling "considérait l’historicité du récit consacré aux Mages comme encore assurée de manière convaincante", par la suite "même des exégètes à l’orientation ecclésiale claire" comme les catholiques Ernst Nellessen ou Rudolf Pesch se sont déclarés "opposés à l’historicité" ou tout au moins ils ont "laissé cette question ouverte".

En tout cas, face à toutes ces remarques, Benoît XVI conseille de "prendre en considération de manière attentive" la manière de voir d’un autre exégète catholique contemporain, Klaus Berger, qui, dans le commentaire qu’il a consacré au Nouveau Testament en 2011, écrit :

"Il faut supposer – jusqu’à preuve du contraire – que les évangélistes n’ont pas l’intention de tromper leurs lecteurs, mais qu’ils veulent raconter des faits historiques. Contester, par pure suspicion, l’historicité de ce récit va au-delà de tout ce que l’on peut imaginer comme compétence d’historien".

Et il conclut :

"Je ne peux qu’être d’accord avec cette affirmation. Les deux chapitres du récit de l'enfance dans Matthieu ne sont pas une méditation exprimée sous forme d’histoires. Au contraire : Matthieu nous raconte la véritable histoire, qui a été méditée et interprétée théologiquement et, par là, il nous aide à comprendre plus profondément le mystère de Jésus".

On peut lire ci-dessous la dernière page du livre, à la fin du chapitre consacré à Jésus âgé de douze ans, perdu et retrouvé au temple.




LE MYSTÈRE DU VRAI HOMME ET VRAI DIEU


[...] Ce que dit Luc à propos de Jésus qui grandissait non seulement en âge mais aussi en sagesse est également important. D’une part, d’après la réponse de l’enfant de douze ans, il est évident qu’Il connaît le Père – Dieu – de l’intérieur. Lui seul connaît Dieu, pas seulement à travers des être humains qui témoignent de celui-ci, mais Il le reconnaît en lui-même. En tant que Fils, Il est intimement lié au Père. Il vit en sa présence. Il le voit. Jean dit qu’Il est l’Unique qui «est dans le sein du Père» et qui, pour cette raison, peut le faire connaître (Jn 1,18). C’est justement cela qui devient évident dans la réponse de l’enfant de douze ans : Il est auprès du Père, Il voit les choses et les hommes à sa lumière. 

Toutefois il est également vrai que sa sagesse augmente. En tant qu’homme, Il ne vit pas dans une omniscience abstraite, mais Il est enraciné dans une histoire concrète, dans un lieu et dans un temps, dans les différentes phases de la vie humaine, et c’est de celà qu’Il tire la forme concrète de son savoir. Il apparaît donc ici, de manière très claire, qu’Il a pensé et appris de manière humaine. 

Il devient vraiment clair qu’Il est vrai homme et vrai Dieu, pour reprendre l’expression de la foi de l’Église. Le lien profond entre une dimension et l’autre, en dernière analyse, nous ne pouvons pas le définir. Il reste un mystère et, pourtant, il apparaît de manière très concrète dans le bref récit consacré à l’enfant de douze ans – un récit qui ouvre ainsi, en même temps, la porte à l’ensemble de sa personne, qui nous est ensuite raconté par les Évangiles.




Le livre :

Joseph Ratzinger - Benoît XVI, "L'enfance de Jésus", Editions Flammarion, 2012.



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

Congrégation pour le Clergé, Homélie pour le 33° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

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« Quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte » (Marc 13,29). Aujourd’hui la Liturgie de l’Eglise semble diriger nos cœurs et nos regards vers le Dernier jour, vers Celui qui est l’Alpha et l’Omega, le Principe et la Fin de toute chose, vers Celui dont nous célébrerons Dimanche prochain la Royauté universelle : Jésus-Christ Dieu. Tout se résume en Lui, tout tend vers Lui, tout le cosmos et l’histoire convergent vers Lui, toute la création « geint dans les souffrances de l’enfantement » - dirait Saint Paul – et nous vivons nous-mêmes dans cette douce attente continue.

« Quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte ». Le Christ nous aime tant, Son cœur est si brûlant d’amour et de désir pour chacun de nous qu’Il nous annonce - avant de s’immoler sur la Croix – ce qui se passera dans les derniers jours. Et c’est le propre de celui qui aime vraiment de susciter chez la personne aimée l’attente de son retour, pour qu’en l’attendant elle le désire, et qu’en le désirant elle accomplisse tous les actes d’amour que son cœur lui inspire afin de se préparer à la rencontre, afin de l’accueillir dignement, de lui exprimant son amour et de lui plaire.

« Quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte ». Quand le cœur se gonfle dans l’attente de l’être aimé, il se produit en outre une chose singulière : tout ce qui nous entoure se transfigure presque à nos yeux et devient ainsi une occasion, un prétexte, un moyen d’aimer. Et c’est encore plus évident avec le Christ ! Quand dans nos cœurs l’amour et de désir du Christ se ravive et se renouvelle, tout a un sens, – chaque rencontre, chaque circonstance, chaque joie et chaque douleur, chaque tâche – tout a une saveur nouvelle, car ce cœur est illuminé, prend consistance et trouve son sens, grâce à Lui, notre Créateur et notre Rédempteur.

« Quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte ». Cependant, en nous parlant des derniers jours, le Seigneur ne nous indique pas une échéance temporelle précise ; Il ajoute, en effet : « Pour ce qui est du jour ou de l’heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul » (Marc 13,32). C’est pour cela qu’Il nous dit : « quand vous verrez arriver ces choses ». Il nous incite en fait à observer la réalité et nous invite à y lire les signes certains de Son retour. En effet, ce n’est pas en nous réfugiant dans une religiosité intimiste et subjective, inapte à soutenir la vie, incapable d’obéir à la réalité que nous pouvons nous préparer au Dernier Jour. Il faut plutôt que nous pénétrions de manière de plus en plus sûre dans la réalité, en ayant confiance en Celui qui l’a faite et qui l’a rachetée, en ayant donc confiance en elle et dans les signes du Mystère qui nous apparaîtront de plus en plus nombreux. La réalité, en effet, est un élément souverain dans le cheminement vers le Ciel, car – nous dit encore l’Apôtre – « la réalité, au contraire, est le Christ » (Epître aux Colossiens 2,17).

« Quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte ». Cependant notre attente, l’attente chrétienne ne concerne pas uniquement un avenir qui serait assuré mais lointain. Le Jour futur vers lequel nous tendons, ce Dernier Jour auquel tout nous renvoie appartient déjà au Présent ! Il arrive déjà car ce Jour est le Christ, le Fils Unique de Dieu qui vient nous visiter d’en-haut comme un Soleil levant (cf. Luc 1,78). Nous ne vivons pas cette attente dans la tristesse, comme si nous désirions un bien absent ; mais nous vivons l’attente dans la joie de Sa Présence, laquelle nous rejoint dans l’Eglise, en particulier à travers les Sacrements et l’annonce de Sa Parole. Une Présence dont nous pouvons faire l’expérience à travers cette communion avec nos frères, qui représente un don du Saint Esprit. Une Présence qui resplendit, de façon éminente, sur l’Autel où Lui, le Christ, notre Futur, entre dans le présent de notre vie pour nous attirer à Lui, à Son Cœur, et, à travers Lui, au Père !

« Quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte ». Faisons en sorte que l’attente de Sa Présence allume en nos cœurs le désir et qu’elle le dilate et le rende capable d’un amour attentif et prévenant, qui reconnaisse le Christ dans tous ses frères et qui s’épanouira au Jour qui n’aura plus de fin. Que la Très Sainte Vierge Marie, Femme de l’attente et Modèle d’amour inégalable, prépare de plus en plus notre cœur à cette rencontre avec son Fils, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Pierre Mourlon-Beernaert, L'obole d'une pauvre veuve

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
32et.o.b.xl.jpg    Un (...) visage de femme, d'une discrétion exemplaire et d'une générosité étonnante, est présenté par Marc et par Luc, tandis que Matthieu regroupe de longues invectives contre les scribes et les pharisiens (Mt 23). En contraste avec la vanité de ceux-ci et une certaine hypocrisie de leur part, dont parlent également Marc et Luc, voici le récit d'une pauvre femme qui vient faire son offrande au Trésor du Temple, sans regarder autour d'elle; mais Jésus, lui, l'a remarquée.

    Jésus est assis et, selon Marc, il regardait autour de lui (v. 41 = etheôrei); selon Luc, "levant les yeux, il vit ... et il vit" (21, 1-2). Ses disciples ne sont pas loin, puisque Jésus les appelle peu après (Mc 12, 43); mais apparemment, ils n'avaient pas prêté attention à la modeste offrande d'une femme, parmi les dons des "riches". Cette femme, veuve de son état, est présentée comme "pauvre" (Mc vv. 42-43; Lc v. 3) ou même "indigente" (Lc v. 2 = penichra); mais nous verrons qu'elle est d'autant plus généreuse.

    Le bref épisode se situe avant le discours sur la ruine du Temple de Jérusalem, en face du Tronc ou du Trésor, là où les juifs apportaient leur offrandes, non sans notifier au prêtre de service la destination et le montant de leur don. Cette scène est le dernier enseignement de Jésus dans le Temple qu'il va définitivement quitter; cet adieu est un regard compréhensif et admiratif pour le don d'une femme veuve.

    Une fois de plus, la scène est bâtie sur un contraste. Un même verbe y revient sans cesse, indiquant le geste de jeter ou de mettre son offrande (Mc 7 fois; Lc 5 fois = ballein) dans le Tronc. C'est qu'il y a bien des façons de donner, comme l'expérience le montre tous les jours encore:

  • * d'un côté, de nombreux riches "mettaient beaucoup" comme le précise Marc; en réalité, Jésus fera remarquer qu'ils "mettaient tous en prenant sur leur superflu" (Mc v. 44; Lc v. 4).
  • * de l'autre, cette veuve pauvre mit exactement "deux leptes" (Mc v. 42; Lc v. 2), soit deux piécettes, les plus petites en usage à l'époque. Et Marc prend la peine de traduire un quadrant ou un quart d'as pour ses lecteurs romains. Il s'agit de très peu de chose, de quelques sous: on a calculé que c'était l'équivalent d'un huitième de la ration quotidienne de pain distribuée aux pauvres. Mais Jésus a compris qu'elle avait pris cette modeste somme "sur sa misère" ou "de sa pénurie" et qu'elle avait mis "tout ce qu'elle avait pour vivre": sa subsistance entière (Mc v. 44: holon ton bion) ou toute sa subsistance (Lc v. 4: panta ton bion).


    Telle est la scène dans sa simplicité; elle invite à réfléchir: qui donc a donné le plus? (Mc v. 43; Lc v. 3 = pleion). Une fois encore, Jésus va inverser les pespectives: c'est celui qui donné le plus qui a donné le moins; c'est le premier qui est dernier; c'est le grand qui est petit... Parmi tous ceux qui jetaient leurs offrandes dans le Tronc, c'est cette pauvre veuve que Jésus a vue; et il a été ébloui par son geste. De suite il en parle à ses disciples et leur dit son admiration pour cette femme.

    En somme, ce qui importe vraiment, ce n'est pas de donner beaucoup ou peu, mais c'est de donner tout ou encore l'entièreté de ce qu'on a pour vivre. Car c'est alors qu'on peut paraître devant Dieu "les mains vides", prêts à tout recevoir du Père, retrouvant la disponibilité des enfants et celle de cette veuve. Sans doute peut-on aller jusqu'à suggérer, dans un second temps de lecture après Pâques, que ce qui a touché et ébloui Jésus dans une telle générosité, c'est que lui-même allait bientôt être amené à tout donner, à livrer toute sa vie; il est vrai que le croyant ajoute alors, avec respect, que son Père en sera ébloui! Une telle relecture n'est bien entendu ouverte que par la résurrection...

    En contraste avec l'univers de l'apparence et du calcul, présenté sous les traits des scries en grandes robes, qui peuvent aller jusqu'à dévorer les biens des veuves, l'univers qui plaît à Jésus et rend un son vraiment évangélique est celui de la gratuité et de la totalité, sans calcul et en toute discrétion. Cette femme, veuve et pauvre, aime son Dieu et aime tous les pauvres, en risquant la faim: elle prend et donne deux piécettes de son nécessaire. Don gratuit et un peu fou, mais don véritable: nous voici dans l'ordre de l'amour, qui ne doute de rien et obtient tout. La transparence de cette veuve dans son geste discret peut faire percevoir de quel côté se trouve la vraie vie. En donnant ce qui lui est nécessaire pour vivre, en donnant de sa vie même, elle indique déjà vraiment le chemin que Jésus va prendre lui-même dans sa passion. Cette femme continue à montrer sans cesse à l'Église le chemin que Jésus aime, celui qui a vraiment la saveur de l'Évangile.

Marthe, Marie et les autres, Les visages féninins de l'Évangile, Éd. Lumen Vitae 1992, p. 119-121

ESCUTAR E AMAR : A CONJUGAÇÃO DE JESUS » 31° DOMINGO DO TEMPO COMUM

Walter Covens #homilias em português
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    O trecho do evangelho que lemos hoje pertence ao « must » da Bíblia .Ele é objecto universal dum  plebiscito para fazer parte do « best of » dos evangelhos, (para utilizar mais um anglicismo). Fica presente em todas as memórias, é muito citado, a maior parte das vezes a torto e a direito, porque nunca fizeram o esforço necessário para escutar verdadeiramente o que Deus nos quer dizer naquela palavra. Sabe-se mais ou menos que se trata do verbo « amar », e a partir daí utilizam-no para lhe dar sentidos contrários, sem hesitação alguma. Isso é prático, rápido e  serve para dizer tudo e o contrário de tudo… mas nunca se toma o tempo da escuta real, e a gente fica com a sua fome : isso não alimenta um homem. É mesmo igual, espiritualmente, ao « mal-comer ». Escutar e amar, amar e escutar, amar escutar, escutar para amar : os dois verbos têm que ser conjugados juntos  .

    Toda a gente sabe que é questão de amar… mas amar o quê ? mas amar quem, exactamente ? Comecemos por notar que a palavra pertence a um diálogo entre Jesus e um escriba judeu de quem Jesus vai dizer que não está longe do Reino de Deus. Isso é bastante raro , sobretudo quando se trata dum escriba, e num contexto destes : por isso, vale a pena olhar, pelo menos rapidamente.

    No capítulo 11, e no princípio do cap. 12, S.Marcos fala numa série de discussões entre Jesus e as autoridades religiosas, começando pelo episódio dos vendedores expulsados do Templo (11,015-17). ( Coisa pouco  caritativa, conforme as ideias dos especialistas do « deposito-minuto do amor ». « Era sido melhor não dizer nada » dirão outros péritos do amor rápido ; «  se a atmosfera se torna azeda, a culpa é dele ». De facto, a reacção dos sumos sacerdotes e dos escribas chega depressa : « Procuravam a maneira de o mandar matar » (v.18). Mas esquece-se de sublinhar o amor de Jesus para com a casa do seu Pai, que deve ser uma « casa de oração para todas as nações ». Quando encontram Jesus novamente no Templo, os sumos sacerdotes, escribas e anciãos lhe pedem por que autoridade se atreve a fazer tais coisas (v.28). A resposta de Jesus é a parábola dos vinhateiros homicidas (12, 1-12). Os seus adversários percebem que Jesus fala deles (e é verdade !), então o sonho deles torna-se obsessão : « procuram fazer preso Jesus, mas tiveram medo do Povo » (V.12). A seguir, mais ataques,  agora velados, da parte dos fariseus, dos herodianos, dos saduceus, de toda a parte : começam por um cumprimento, mas esse não passa duma armadilha afim de o obrigar a falar. « Será permitido, sim ou não, pagar o imposto ao imperador ? » (v.14) e o que é que  acontecerá na ressurreição à mulher aos sete maridos sucessivos : de quem a mulher há-se ser a esposa ? (v.18-27)

    Nessa atmosfera pesada e azeda é que se situa o episódio do evangelho de hoje. Eis enfim um homem bem disposto ! « Um escriba, que tinha ouvido a discussão e notado como Jesus tinha bem respondido, adiantou… » Jesus já  pode respirar um bocado. Marcos só sublinha a boa fé e as boas intenções desse escriba (o que não fazem Mateus (22, 35) e Lucas (10, 25). Apesar de tudo, aquele escriba é uma excepção… mas ele manifesta que o judaismo se pode abrir à novidade de Jesus, o Amor encarnado.

    E nós, sabemos conjugar o verbo « amar » como Jesus ? Falamos a mesma lingua ? Usamos da mesma gramática ? ou a mesma gramática nos parece estranha ? A pergunta não é só retórica. Tereis notado que, na sua resposta à pergunta : « Qual é o primeiro de todos os mandamentos ? » Jesus responde : «Eis o primeiro… Eis o segundo » ? E depois acrescenta : »Não há maior mandamento (no singular) do que esses (no plural) » O amor de Deus e o amor do próximo não são dois amores concorrentes ou contrários. É um mesmo e só amor.

    Ora, nós, separamos o que Deus uniu. Às vezes, como os fariseus, pretextamos o amor de Deus para não cuidar do próximo. Neste caso, parecemo-nos com os escribas e fariseus, que prextavam as obrigações religiosas para não socorrer os seus pais : « E vós, dizeis : ‘Se alguém dizer ao pai ou à mãe : os bens com os quais te podia ajudar são corbane, isso é : oferenda sagrada’… E fazeis muitas coisas iguais » (Mc 7,011 ,13). Nesse caso, diz Jesus, « repelistes de verdade o mandamento de Deus para seguirdes a tradição dos homens » (v.8) S.Vicente de Paulo diz coisas maravilhosas sobre esse assunto…

    Às vezes pretextamos o amor do próximo para não fazer a vontade de Deus. Em ambos os casos trata-se duma fuga que mostra bem que não temos percebido o que é o amor na sua essência. Só há uma caridade, com a qual amamos aDeus por causa d’Ele próprio, e os outros, e o universo inteiro por causa d’Ele. Amar  aDeus por causa d’Ele, amar todas as coisas por causa de Deus, eis a única conjugação exacta do verbo « amar ». É impossível amar a Deus se não se ama ao próximo, mas o caminho mais curto para amar o próximo, é o que passa por Deus, pela Eucaristia, pela oração. Passar por Deus não é nenhum rodeio, uma perda de tempo, é o contrário !

    Madalena DELBRÊL (1904-1964), cujo centenário acabamos de celebrar, mostra que é difícil amar o próximo quando esse é alguém que quer destruir em vós as coisas mais queridas. Em Ivry, cidade comunista, onde viveu durante 25 anos, havia pessoas a atacar aquilo por que teria dado a vida : a Igreja, a missa, a confissão. Então como amar tais pessoas ? Impossível, a não ser em Deus, pela oração.

« Madalena nunca se afastou da acção humana, do compromisso temporal. Participou a campanhas retumbantes para libertar presos políticos ; às vezes foi sózinha até ao fim. Redigiu muitos folhetos, cartazes, colaborou para ajudar os grevistas, os desempregados. Respondia com muita energia às chamadas mais inesperadas. Portanto, conheceu as alegrias, as penas duma vida disponível, aberta a todos os ventos. Experimentou dois riscos extremos : mergulhar na acção, ficar desanimada. Como ser cristão, discípulo de Cristo idissoluvelmente unido ao seu Pai e aos homens ? Como manifestar pela nossa vida o amor vivo e recíproco que une Deus e os homens ? A resposta de Madalena, escrita em inumeráveis páginas e notas, nunca varia. É por uma prática fiel da oração » (Jacques Loew)

    A tentação moderna, a mais actual, é , sem dúvida, esta : « Fazer o bem para o homem », mas não para Deus (Ludwig Feuerbach, 1804-1872). Na sua obra principal, « A essência do cristianismo » (1841), aquele filósofo ateu, sem Deus, que vê em Jesus Cristo só um homem caritativo que deu a sua vida pelo próximo : « O momento mais importante da história virá quando o homem se tornar consciente que o único Deus é o próprio homem ».

    Claudel diz algures que a tentação do homem moderno não é fazer o mal, mas sim passar-se de Deus para fazer o bem. Eis o cume do orgulho humano : querer mostrar que somos capazes de fazer o bem sem Deus, enquanto que Jesus disse : « Eu sou a vinha e vós os sarmentos. Quem permanece em mim e em que permaneço , aquele dá muito fruto, pois fora de Mim, não podeis fazer nada » (Jo 15,5) Está aqui uma espécie de desafio ateu : dizeis que se deve amar a Deus para amar ao próximo ? Pois bem, vamos mostrar-vos que, para fazer o bem, não é preciso de Deus. Mas, sem o Criador, a criatura desaparece (cf. GS 36), e mais tarde ou mais cedo, é a desesperança. « A criatura não se pode afastar do seu Criador sem se encontrar em vias que levam à destruição, à autodestruição » (Card.CH. Journet). « O grande acto de fé, é quando o homem confessa que não é Deus » (O.W.Holmes)

    Então, verificais que a pegunta do escriba não é só uma questão académica, muito longe das nossas preocupações. Pelo contrário, é mesmo muito concreta e pratica. « Basta amar » : esse é o título dum livro sobre Sta Bernardete de Lurdes (autor : Gilbert Cesbron-1960), e também dum filme baseado sobre esse livro, realizado por Robert Darène (1961), título utilizado  pelo « Jour du Seigneur » na Televisão francesa, para uma entrevista com a Irmã Emmanuelle. Mas o amor não é uma desculpa para evitar o que é difícil e humanamente desconcertante, também não é uma ausência de discernimento, nem um « alibi » pela cobardia e pela preguice .Um teólogo americano com quem estudei   escreveu um livro sobre a hierarquia dos valores, uma noção muitas vezes mal percebida, como se algumas verdades de fé fossem negociáveis, ou menos verdadeiras do que as outras.

    Este perigo existe também na moral. Da mesma maneira como a Santíssima Trindade é o mistério donde emanam todos os demais mistérios, e não o mistério diante do qual os  outros todos desaparecem, da mesma maneira o amor é a virtude que arrasta todas as outras e não a que substitue as outras. O que é importante é ter consciência de que tudo está ligado, no dogma e na moral. O lugar da Virgem Maria está subordinado ao lugar de Jesus, mas se duvidamos da maternidade de Maria, tal como foi definida pelo Concílio de Éfeso,é mesmo a divindade de Cristo que se torna duvidosa. E se duvidarmos da divindade de Jesus, já não haverá mistério da Trindade. No domínio do agir cristão (a moral), é igual. S.Francisco de Sales diz que o amor é a rainha ; a fé  e a esperança são as que servem. Mas nesta terra, aquela rainha não pode reinar sem as que servem.

(tradução : Pe G.Jeuge)

Écouter et aimer : la conjugaison de Jésus - Homélie 31° dimanche du Temps Ordinaire

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Ce passage de l'évangile fait partie du « must » de la Bible. Il est universellement plébiscité pour faire partie du « best of » des évangiles, pour utiliser un autre anglicisme. Il traîne dans toutes les mémoires, et est fréquemment cité, la plupart du temps à tort et à travers, parce qu'on n'a pas pris la peine d'écouter vraiment ce que Dieu veut nous dire dans cette parole. On a vaguement retenu qu'il s'agit du verbe aimer, et on s'en sert pour le mettre à toutes les sauces, sans façon. C'est pratique, c'est rapide et ça passe partout..., mais on n'a pas vraiment pris le temps d'écouter, et on reste sur sa faim, cela ne nourrit pas son homme. C'est l'équivalent spirituel du fléau de la malbouffe... Écouter et aimer, aimer écouter, écouter pour aimer: les deux verbes doivent être conjugués au même temps.

    Tout le monde a retenu qu'il est question d'aimer, mais quoi, mais qui au juste? Commençons par remarquer que cette parole s'insère dans un dialogue entre Jésus et un scribe juif dont Jésus nous dira qu'il n'est pas loin du Royaume. C'est assez rare, sachant qu'il s'agit d'un scribe, surtout compte tenu du contexte, qu'il vaut la peine de regarder, au moins rapidement.

    Dans le chapitre 11, et le début du chapitre 12, S. Marc rapporte toute une série de disputes entre Jésus et les autorités religieuses, avec en tête le récit des vendeurs chassés du Temple (11, 15-17). Très peu charitable, selon les critères des spécialistes du pose-minute de l'amour. « Il aurait mieux fait de se taire », diront d'autres experts de l'amour rapide; « c'est de sa faute si l'atmosphère s'envenime ». En effet, la réaction des grands prêtres et des scribes ne se fait pas attendre: « Ils cherchaient comment le faire mourir » (v. 18). Mais on oublie de souligner l'amour de Jésus pour la maison de son Père qui doit être « maison de prière pour toutes les nations ». Quand ils le rencontrent de nouveau dans le Temple, les grands prêtres, scribes et anciens lui demandent par quelle autorité il se permet de faire des choses pareilles (v. 28). Pour toute réponse, Jésus raconte la parabole des vignerons homicides (12, 1-12). Ses adversaires se sentent visés (à bon droit), et leur rêve devient une obsession: ils « cherchent à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule » (v. 12). Ensuite nouvelles attaques, voilées cette fois, de la part des pharisiens, des hérodiens, puis des sadducéens, tous azimuts: on commence par un compliment, mais ce n'est qu'un piège pour le faire parler. « Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur? » (v. 14) et comment ça se passera à la résurrection des morts pour la femme au sept maris successifs: de qui cette femme sera-t-elle l'épouse (v. 18-27)?

    C'est dans cet atmosphère pesante et empoisonnée que se situe l'épisode de l'évangile d'aujourd'hui. Voilà un homme bienveillant, enfin! « Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s'avança... » Le pauvre Jésus peut enfin respirer un peu. Marc est le seul à souligner la bonne foi et les intentions bienveillantes de ce scribe, contrairement à Matthieu (22, 35) et Luc (10, 25). Il fait tout de même figure d'exception, ce scribe, mais il manifeste au moins que le judaïsme peut s'ouvrir à la nouveauté de Jésus, l'Amour incarné.

    Et nous, savons-nous conjuguer le verbe « aimer » comme Jésus? Parlons-nous le même langage? Avons-nous la même grammaire que Jésus, ou cette grammaire nous apparaît-elle comme bizarre? La question n'est pas seulement rhétorique. Avez-vous remarqué que dans sa réponse à la question: « Quel est le premier de tous les commandements? » Jésus répond: « Voici le premier ... Voici le second »? Et il ajoute: « Il n'y a pas de commandement (au singulier) plus grand que ceux-là (au pluriel) ». L'amour de Dieu et l'amour du prochain ne sont pas deux amours qui sont en concurrence ou en conflit. C'est un seul et même amour.

    Or, nous, nous séparons ce que Dieu a uni. Soit, comme les pharisiens nous prétextons l'amour de Dieu pour ne pas nous occuper du prochain. Nous faisons alors comme ces scribes et ces pharisiens qui prétextaient de leurs obligations religieuses pour ne pas venir au secours de leurs parents: « Et vous, vous dites : 'Supposons qu'un homme déclare à son père ou à sa mère : Les ressources qui m'auraient permis de t'aider sont corbane, c'est-à-dire offrande sacrée.' ... Et vous faites beaucoup de choses du même genre » (Mc 7, 11.13). Mais dans ce cas, dit Jésus, « vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes » (v. 8). Saint Vincent de Paul a une page mémorable à ce sujet...

    Soit nous prétextons l'amour du prochain pour nous débarrasser de Dieu. Dans les deux cas c'est une fuite qui montre que nous n'avons pas compris en quoi consiste l'amour dans son essence. Il n'y a qu'une charité, par laquelle nous aimons Dieu pour lui, et les autres et l'univers tout entier à cause de lui. Aimer Dieu pour Dieu, et aimer toutes choses à cause de Dieu: voilà la seule conjugaison correcte du verbe « aimer ». Pas moyen d'aimer Dieu si on n'aime pas son prochain, mais le chemin le plus court pour aimer le prochain, c'est le chemin qui passe par Dieu, par l'eucharistie, par la prière. Passer par Dieu n'est pas un détour, une perte de temps, bien au contraire!

    Madeleine Delbrêl (1904-1964) montre que c'est difficile d'aimer le prochain quand le prochain est quelqu'un qui veut détruire en vous les choses qui sont les plus chères. À Ivry, fief communiste, où elle a vécu pendant vingt-cinq ans, il y avait des gens qui attaquaient ce pourquoi elle aurait donné sa vie: l'Église, la messe, la confession. Alors comment les aimer? Impossible, sinon en Dieu, par la prière.

« Madeleine n'a jamais boudé l'action humaine, l'engagement temporel. Elle a participé à des campagnes retentissantes pour libérer des prisonniers politiques, et, parfois seule, elle a été jusqu'au bout. Elle a rédigé de multiples tracts, affiches, collaboré à l'aide aux grévistes, aux chômeurs. Et elle répondait avec autant d'énergie aux appels les plus inattendus. Elle connaît donc les joies, les peines d'une vie disponible, ouverte à tout vent. Elle a expérimenté les deux risques extrêmes : s'engloutir dans l'action, se décourager. Comment être chrétien, disciple de Jésus-Christ indissolublement uni à son Père et aux hommes ? Comment traduire dans notre vie quotidienne l'amour vivant et réciproque qui unit Dieu et les siens ? La réponse de Madeleine, inscrite dans d'innombrables pages et notes, ne varie jamais. C'est par une pratique fidèle de la prière. »                               (Jacques Loew)

    La tentation moderne, la plus actuelle, c'est bien celle-ci: « Faire le bien pour l'homme », mais pas pour Dieu (Ludwig Feuerbach, 1804-1872). Dans son oeuvre majeure, « L'Essence du christianisme » (1841), ce philosophe proclame la grandeur du christianisme, mais d'un christianisme athée, sans Dieu, qui ne voit en Jésus qu'un homme charitable qui a donné sa vie pour le prochain: « Le grand tournant de l'histoire sera le moment où l'homme prendra conscience que le seul Dieu de l'homme est l'homme lui-même. »

    Claudel dit quelque part que la tentation de l'homme moderne, ce n'est pas de faire le mal, c'est de vouloir se passer de Dieu pour faire le bien. Voilà jusqu'où va l'orgueil humain: vouloir montrer qu'on peut faire le bien sans Dieu, alors que Jésus a dit: « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5 ). Il y a là comme un défi athée: vous dites qu'il faut aimer Dieu pour aimer le prochain? Eh bien, nous allons vous montrer que pour faire le bien, on n'a pas besoin de Dieu. Mais sans le Créateur, la créature s'évanouit (cf. GS 36), et tôt ou tard, c'est le désespoir: « La créature ne peut pas se détourner de son Créateur sans se trouver sur des voies qui s'en vont vers la destruction, l'autodestruction » (Card. Ch. Journet). « Le grand acte de foi, c'est lorsque l'homme décide qu'il n'est pas Dieu » (O. W. Holmes). Le voilà, le grand tournant de l'histoire!

    Alors, vous voyez que la question du scribe n'est pas seulement une question académique qui serait très éloignée de nos préoccupations. C'est tout ce qu'il y a de plus concret et pratique. « Il suffit d'aimer », c'est le titre d'un livre sur Bernadette de Lourdes par Gilbert Cesbron (1960) et aussi d'un film basé sur ce récit, réalisé par Robert Darène (1961), titre repris ensuite par « Le Jour du Seigneur » à la télévision française pour un entretien avec Soeur Emmanuelle. Mais l'amour n'est pas un dédouanement de tout ce qu'il y a de difficile et d'humainement déconcertant, ni une absence de discernement, ni un alibi pour la lâcheté et la paresse. Un théologien américain avec qui j'ai fait mes études a écrit un livre sur la hiérarchie des vérités, une notion souvent mal comprise, comme si certaines vérités de la foi étaient négociables, ou moins vraies que les autres.

    Ce danger existe aussi en morale. Tout comme la Très Sainte Trinité est le mystère duquel tous les autres mystères découlent, et non pas le mystère devant lequel tous les autres disparaissent, ainsi l'amour est la vertu qui entraîne toutes les autres, et non pas la vertu qui remplace toutes les autres. Ce qui est important c'est de se rendre compte que tout se tient, en dogme comme en morale. La place de la Vierge Marie est subordonnée à la place de Jésus, mais si l'on met en doute la maternité divine de Marie, telle que définie au Concile d'Éphèse, c'est la divinité du Christ qui est remise en cause. Et si l'on remet en cause la divinité de Jésus, il n'y a plus de mystère de la Trinité. Dans le domaine de l'agir chrétien (la morale) il en va de même. S. François de Sales dit que l'amour est la reine; la foi et l'espérance sont des servantes. Mais sur cette terre, cette reine ne peut pas régner sans les servantes.

Lectures 31° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)

 

1ère lecture : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu » (Dt 6, 2-6)

 

 

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple d'Israël :
« Tu craindras le Seigneur ton Dieu. Tous les jours de ta vie, toi, ainsi que ton fils et le fils de ton fils, tu observeras tous ses commandements et ses ordres, que je te prescris aujourd'hui, et tu auras longue vie.
Israël, tu écouteras, tu veilleras à mettre en pratique ce qui t'apportera bonheur et fécondité, dans un pays où ruissellent le lait et le miel, comme te l'a promis le Seigneur, le Dieu de tes pères.
Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'Unique.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.
Ces commandements que je te donne aujourd'hui resteront dans ton cœur. » 

 

 

Psaume :  118, 97.99, 101-102, 103-104, 105-106

 

 

R/ Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et tu auras la vie.


De quel amour j'aime ta loi :
tout le jour je la médite !
Je surpasse en sagesse tous mes maîtres,
car je médite tes exigences.

Des chemins du mal, je détourne mes pas, 
afin d'observer ta parole. 

De tes décisions, je ne veux pas m'écarter, 
car c'est toi qui m'enseignes. 


Qu'elle est douce à mon palais ta promesse : 
le miel a moins de saveur dans ma bouche ! 

Tes préceptes m'ont donné l'intelligence : 
je hais tout chemin de mensonge. 


Ta parole est la lumière de mes pas, 
la lampe de ma route. 

Je l'ai juré, je tiendrai mon serment, 
j'observerai tes justes décisions.

2ème lecture : « Le sacerdoce qui ne passe pas » (He 7, 23-28)

  

Lecture de la lettre aux Hébreux

Dans l'ancienne Alliance, un grand nombre de prêtres se sont succédé parce que la mort les empêchait de durer toujours.
Jésus, lui, puisqu'il demeure éternellement, possède le sacerdoce qui ne passe pas.
C'est pourquoi il est en mesure de sauver d'une manière définitive ceux qui s'avancent vers Dieu grâce à lui, car il vit pour toujours, afin d'intercéder en leur faveur.
C'était bien le grand prêtre qu'il nous fallait : saint, sans tache, sans aucune faute ; séparé maintenant des pécheurs, il est désormais plus haut que les cieux.
Il n'a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d'offrir chaque jour des sacrifices, d'abord pour ses péchés personnels, puis pour ceux du peuple ; cela, il l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui-même.
Dans la loi de Moïse, ce sont des hommes remplis de faiblesse qui sont désignés comme grands prêtres. Mais plus tard, quand Dieu s'engage par serment, il désigne son Fils qu'il a pour toujours mené à sa perfection.

Evangile : Le grand commandement (Mc 12, 28b-34)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Dieu est amour. Celui qui aime est né de Dieu : il connaît Dieu. Alléluia. (1 Jn 4, 8.7)
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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Un scribe s'avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008 

Il y avait une fois un Roi qui avait quatre épouses (comte pour le 2 novembre, mais pas seulement)

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

Il y avait une fois un Roi qui avait quatre épouses.

 

Il aimait sa quatrième femme plus que toutes les autres.

 

Il lui donnait de jolis présents et l'entourait de beaucoup de soins. Il la comblait de ce qu'il avait de meilleur.

 

Il aimait également sa troisième femme et la présentait avec fierté aux Rois voisins. Mais il avait peur qu'elle ne parte un jour avec un autre Roi.

 

Il aimait aussi sa deuxième épouse. Elle était sa confidente: chaque fois qu'il avait un problème, il lui en parlait.

 

La première épouse du Roi était sa compagne la plus loyale; c'est avec elle qu'il a construit son royaume.

 

Cependant, il n'aimait pas suffisamment sa première épouse. Il lui accordait très peu d'importance.

 

Un jour, le Roi tomba gravement malade.

 

Sur le point de mourir, il se mit à réfléchir :

 

"J'ai quatre épouses, mais quand je vais mourir, je serai seul".

 

Il appela donc sa quatrième épouse et lui dit :

 

"Je t'ai aimée plus que toutes les autres. Je t'ai donné ce que j'ai de meilleur. Maintenant que je suis en train de mourir, voudrais-tu venir avec moi ? Voudrais-tu être ma compagne pour toujours ?"

 

"Tu es fou?",

demanda-t-elle, avant de s'éloigner, sans ajouter un mot. Sa réponse pénétra douloureusement dans le cœur du Roi comme un couteau aiguisé.

 

Le Roi dit ensuite à la troisième épouse :

 

"Je t'ai aimée toute ma vie. Maintenant que je suis en train de mourir, es-tu disposée à me suivre?"

 

"Non!" répondit-elle, "la vie est trop belle. Quand tu seras mort, je me remarierai!"

 

Cette réponse surprit le Roi et il en fut tout triste. Il dit alors à sa seconde épouse:

 

"Je suis toujours venu à toi dans mes moments difficiles. Et tu m'as toujours aidé. Maintenant que je vais mourir, veux-tu me suivre?"

 

Elle répondit :

 

"Je regrette vraiment de ne pouvoir te suivre, mais je promets de te faire un bel enterrement."

 

Le Roi fut désemparé, toute sa vie, il s'était trompé sur les sentiments de ses épouses. Il entendit alors une voix qui disait:

 

"Moi j'irai avec toi ; je te suivrai partout où tu iras."

 

C'était la première épouse qui venait de parler.

 

Le Roi la regarda et il eut honte: elle était maigre, malade, résignée. Il dit alors:

 

"C'est toi que j'aurai dû aimer plus que les autres lorsque j'en avais les moyens."

 

Et il pleura...

 

 ***

 

 

En réalité, chacun de nous a quatre épouses.

 

Notre quatrième épouse est notre corps. Quel que soit le soin que nous lui apportons, il nous laissera le jour de notre mort.

 

Notre troisième épouse est notre richesse et notre situation sociale. Elle peut nous quitter à tout instant et ne nous sera d'aucun secours à notre mort.

 

Notre deuxième épouse, ce sont nos amis et notre famille. Ils sont d'un grand appui pour nous, mais au jour de la mort, tout ce qu'ils peuvent faire pour nous, c'est organiser nos funérailles.

 

Notre première épouse c'est notre âme, que nous oublions souvent et que nous traitons si mal. Pourtant elle est la seule qui nous accompagnera en tout lieu. Jusqu'au ciel. Devant le Créateur de toutes choses.

 

Prenons le temps de la soigner et de l'entretenir, par la Parole de Dieu, afin qu'elle soit belle et saine, devant le Seigneur des seigneurs et qu'elle soit accueillie par ces belles paroles de Celui qui domine, pour l'éternité, sur toutes choses:

 

"Entre dans la joie de ton Maître, bon et fidèle serviteur!"

 

 

Ah ... encore une chose: le meilleur ami de votre première épouse, c'est le prêtre. Pourquoi attendre le jour de votre enterrement pour le rencontrer?

 

Auteur : Inconnu

 

 

 

TODOS OS SANTOS (1 DE NOVEMBRO)

Walter Covens #homilias em português
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    Celebramos hoje a solenidade de todos os Santos. É uma das festas mais populares na Tradição da Igreja Católica. Um sinal disso é o facto daquele dia ser um dia feriado na maior parte dos países. No entanto, o peso da secularização é cada vez maior também neste domínio. Nos últimos anos temos assistido a uma verdadeira profanação dessa festa. Todos ouvistes falar no « Halloween ». Alloween era, à partida, uma festa católica autêntica. Chamava-se « All Hallow’s Eve » (= a vigília da festa de Todos os Santos). Foram emigrantes irlandeses, com a sua grande devoção aos santos, que a importaram nos Estados Unidos. Só nos últimos anos foi que esta festa se encontrou  desfigurada, despojada do seu sentido cristão para ser transformada numa parodia lugubre da visão cristã do Além.. Portanto não foi só uma motivação comercial que fez dessa festa uma espécie de segundo carnaval. O dia 31 de Outubro é , para o ocultismo « a maior festa dos discípulos de Satanás ».

    Esse é mais um motivo para estudarmos mais a fundo o sentido autêntico da solenidade da festa de Todos os Santos, afim de não deixar perder o seu valor em relação a comemoração dos fiéis defuntos que chega no dia seguinte, 2 de Novembro. Está em questão a vitalidade da nossa fé. Não nos deixemos contaminar e manipular por forças escuras, mas contaminemos o mundo pela nossa fé ! Ora, a nossa fé é esta : CREIO NA SANTA IGREJA CATÓLICA. Mas, o que creio no fundo do meu coração, tenho também de fazer todo o possível para o comprender com a minha inteligência. A fé nunca é uma coisa evidente. É sim uma prova. O que seremos ainda não aparece claramente, diz S.João. É precisamente aqui que intervem a fé. A Santa Igreja não é uma Igreja sem pecadores. « Não vim para os sãos e os justos, mas sim para os doentes e os pecadores », disse Jesus. Acabamos de o confessar no princípio da missa : somos todos pecadores. Se fosse preciso ser santo antes de ser cristão, isso não faria sentido. Somos cristãos para nos tornarmos santos.

    Então, estais a ver a pergnta que temos de fazer todos para nós mesmos : eu, pobre pecador, poderei tornar-me santo (santa) ? Se por acaso digo que sou cristão, mas que não me quero tornar santo, é com certeza porque há mais um problema, pior do que o próprio pecado. Quando digo que não sou pecador, há um problema, porque digo que Deus é um mentiroso. Mas, sabendo que sou pecador, apesar de pertencer à Igreja, se não quero ser santo, também há um problema. É por isso que Jesus conta a parábola do trigo e do joio. O joio, não são os pecadores, são os pecadores que não se querem tornar santos. Jesus diz assim : « Deixai-os crescer juntos até à messe, e no tempo da messe, eu direi aos trabalhadores : tirai primeiro o joio, ligai-o, queimai-o ; quanto ao trigo, ponde-o no celeiro » (Mt 13,30). Portanto, nós, membros da Igreja, somos todos pecadores.

    Mas na Igreja não há só pecadores. Nós, cristãos, não é o pecado que nos torna membros da Igreja ; é sim a nossa caminhada em direcção à santidade, na graça do nosso baptismo e da nossa confirmação. Mediante esses sacramentos temos recebido um selo, um selo que o pecado nunca apagará. Enquanto fico na fé do meu baptismo, mesmo que peque por fraqueza, ainda pertenço à Igreja, mas se levar uma vida honrosa sem fé, então já não serei mais cristão. No momento da Comunhão, vou dizer esta oração admirável : « Senhor, não olhais aos meus pecados mas à fé da Vossa Igreja »… O Concílio de Trento disse assim :aqueles que dizem que um cristão em estado de pecado mortal já não pertence à Igreja são condenáveis… Mas, se tenho a fé, não vou dizer que tive razão em cometer o pecado que fiz.

    S.Paulo escreve aos Efésios : « Cristo amou a Igreja, entregou-se por Ela ; pois queria que fosse santa graças à purificação do baptismo e a palavra de Vida ; queria apresentá-la a si mesmo, aquela Igreja, resplandecente, sem mancha, nem ruga, nem defeito algum ; queria que fosse santa e irreprensível. Essa é a Igreja que saí do baptismo. S.Paulo sabe muito bem que há pecadores na Igreja. Aos Coríntios censura coisas gravíssimas. No entanto, diz que que a Igreja é santa. Ela está sem pecado, mas não sem pecadores. Teólogos belgas disseram isto :  Está certo, a Igreja é santa em alguns dos seus membros, mas é pecadora em outros. Da mesma maneira como se diz que Antuérpia é rica ! (o porto, os diamantes…) mesmo que haja muitos pobres. da mesma maneira como se diz que Lovaina é sábia por causa da sua Universidade, mesmo que haja muitos ignorantes, assim se dirá que a Igreja é santa, mesmo que possua nela muitos pecadores . Não !Em todos os membros da Igreja, enquanto não abandonaram a fé, enquanto ainda têm a fé, há uma santidade. Aquela fé não chegará para os santificar, mas eles sempre pertencem à Igreja. A Igreja não abandona os pecadores. Ela é como que uma mãe que tem uma criança muito doente : enquanto a criança fica viva, a mãe não a abandona. Quando morre, já não a guarda nos braços.

    Mas é prociso que a criança queira ficar junto da sua mãe. PÉGUY, num texto muito lindo, diz assim : O que é um cristão ? Um cristão é um pobre pecador, mas que toma a mão. E os Santos, os que celebramos hoje, quem são ? Os santos são aqueles que estendem a mão. Péguy diz : se tomardes a mão estendida, sois cristãos. Caso contrário, não sois cristãos. Isto quer dizer que a nossa santificação não vem dum esforço feito por nós, por admirável que seja. A nossa santificação vem duma mendicidade. Para sermos santos temos que mendigar. Todos os Santos foram mendigos. Mais mendigaram e mais receberam. Mais receberam, mais se sentiram dependentes da misericórdia de Deus.

    Então, não julguemos a Igreja a partir daquilo que não é. É o que nos diz Jacques MARITAIN : « Os católicos não são o catolicismo. As culpas, os pesos, as carências e os sonos dos católicos não comprometem o catolicismo. O catolicismo não tem missão para dar uma desculpa às faltas dos católicos. A melhor apologética não consiste em justificar os católicos quando não têm razão, mas pelo contrário em marcar os erros, quando não danificam a substância do catolicismo et só mostram a força duma religião sempre viva, apesar deles. A Igreja é um mistério. Tem a cabeça escondida no Céu, a sua visibilidade não se manifesta nitidamente. Se procureis o que a representa melhor, olhai para o Papa e os Bispos a ensinar a fé e os deveres ; olhai para os Santos do Céu e da terra ; não olheis para nós pecadores, ou, de preferência, olhai para o procedimento da Igreja para curar as nossas pragas e para nos guiar pouco a pouco até à vida eterna. A grande glória da Igreja é ser santa com membros pecadores. »

    Enquanto sou pobre pecador, tenho então de saber que há Santos para me ajudar, não só os do Céu, mas também os da terra. Então neste dia bonito de « Todos os santos », olhemos para o Céu, e não nos esquecemos de olhar também para a terra. Um bispo suiço, D.Charrière, que tinha ido de peregrinação a Ars, tinha lá encontrado um padre velhíssimo que tinha conhecido o Santo Cura de Ars . O bispo pediu ao padre se a santidade do Cura de Ars tinha sido reconhecida enquanto vivia. – Ô não, tinha respondido ; diziam que era um original. Assim aconteceu com Sta Bernardete de Lurdes e Sta Teresinha de Lisieux. Há tantos santos e tantas santas que nos estendem a mão, e não a tomamos, equanto que pecisamos tanto dela, porque não os conhecemos. Até os perseguimos : « felizes sereis si vos insultarem, se vos perseguirem e se dizerem mentiras contra vós, por causa de Mim… »

    Peçamos ao Espírito Santo que abra os nossos olhos afim de que possamos ver e respeitar a santidade da Igreja, a dos Santos, está certo, mas também a que fica em cada um de nós.

 


(tradução : Pe G.Jeuge)

Benoît XVI, Le Fils de l’homme est venu pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude - Homélie pour la Journée Missionnaire Mondiale

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

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Le Fils de l’homme est venu pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude (cf. Mc 10,45)

Vénérés frères,

Chers frères et sœurs !

Aujourd’hui l’Église écoute une nouvelle fois ces paroles de Jésus prononcées sur la route de Jérusalem, où devait s’accomplir son mystère de passion de mort et de résurrection. Ce sont des paroles qui contiennent le sens de la mission du Christ sur la terre, marquée par son immolation, par sa donation totale. En ce troisième dimanche d’octobre, où l’on célèbre la Journée Missionnaire Mondiale, l’Église les écoute avec une particulière attention et ravive sa conscience d’être tout entière dans un indéfectible état de service de l’homme et de l’Évangile, comme Celui qui s’est offert lui-même jusqu’au sacrifice de sa vie.

J’adresse mon cordial salut à vous tous qui remplissez la Place Saint Pierre, en particulier aux délégations officielles et aux pèlerins venus pour fêter les sept nouveaux saints. Je salue affectueusement les Cardinaux et les Évêques qui participent ces jours-ci à l’Assemblée synodale sur la Nouvelle Évangélisation. La coïncidence entre cette Assise et la Journée Missionnaire est heureuse ; et la Parole de Dieu que nous avons écouté se révèle éclairante pour les deux. Celle-ci montre le style de l’évangélisateur, appelé à témoigner et annoncer le message chrétien en se conformant à Jésus-Christ et en suivant sa vie. Ceci vaut aussi bien pour la mission ad gentes, que pour la nouvelle évangélisation dans les régions de vieille chrétienté.

 

Le Fils de l’homme est venu pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude (cf. Mc 10,45)

Ces paroles ont constitué le programme de vie des sept Bienheureux, que l’Église inscrit solennellement aujourd’hui au rang glorieux des Saints. Avec un courage héroïque, ceux-ci ont dépensé leur existence dans une totale consécration à Dieu et dans un généreux service à leurs frères. Ce sont des fils et des filles de l’Église, qui ont choisi la vie du service en suivant le Seigneur. La sainteté dans l’Église a toujours sa source dans le mystère de la Rédemption, qui est préfiguré par le prophète Isaïe dans la première lecture : le Serviteur du Seigneur est le Juste qui « justifiera les multitudes en s’accablant lui-même de leurs fautes » (Is 53, 11). Ce Serviteur est Jésus-Christ, crucifié, ressuscité et vivant dans la gloire. La canonisation d’aujourd’hui représente une confirmation éloquente de cette mystérieuse réalité salvifique. La tenace profession de foi de ces sept généreux disciples du Christ, leur conformation au Fils de l’Homme resplendit aujourd’hui dans toute l’Église.

Jacques Berthieu, né en 1838, en France, fut très tôt passionné de Jésus-Christ. Durant son ministère de paroisse, il eut le désir ardent de sauver les âmes. Devenu jésuite, il voulait parcourir le monde pour la gloire de Dieu. Pasteur infatigable dans l’île Sainte Marie puis à Madagascar, il lutta contre l’injustice, tout en soulageant les pauvres et les malades. Les Malgaches le considéraient comme un prêtre venu du ciel, disant : Vous êtes notre «  père et mère ! » Il se fit tout à tous, puisant dans la prière et dans l’amour du Cœur de Jésus la force humaine et sacerdotale d’aller jusqu’au martyre en 1896. Il mourut en disant : « Je préfère mourir plutôt que renoncer à ma foi ». Chers amis, que la vie de cet évangélisateur soit un encouragement et un modèle pour les prêtres, afin qu’ils soient des hommes de Dieu comme lui ! Que son exemple aide les nombreux chrétiens persécutés aujourd’hui à cause de leur foi ! Puisse en cette Année de la foi, son intercession porter des fruits pour Madagascar et le continent africain ! Que Dieu bénisse le peuple malgache !

Pedro Calungsod est né vers l’année 1654, dans l’archipel des Visayas aux Philippines. Son amour pour le Christ l’a poussé à se former comme catéchiste auprès des jésuites missionnaires qui y vivaient. En 1668, avec d’autres jeunes catéchistes, il accompagna le Père Diego Luis de San Vitores aux Îles Mariannes pour évangéliser le peuple Chamorro. La vie y était dure et les missionnaires devaient faire face aux persécutions provoquées par des jalousies et des calomnies. Pedro, cependant, faisait preuve d’une grande foi et charité et il continuait à catéchiser ses nombreux convertis, témoignant du Christ par une vie authentique, dédiée à l’Évangile. Son plus grand désir était de gagner des âmes au Christ, ce qui renforça sa détermination d’accepter le martyr. Il mourut le 2 avril 1672. Des témoignages rapportent que Pedro aurait pu fuir pour sa sécurité mais qu’il choisit de rester aux côtés du Père Diego. Le prêtre put donner l’absolution à Pedro avant d’être lui-même tué. Que cet exemple et ce témoignage courageux de Pedro Calungsod inspire le cher peuple des Philippines à annoncer avec courage le Royaume et à gagner des âmes à Dieu !

Jean-Baptiste Piamarta, prêtre du diocèse de Brescia, fut un grand apôtre de la charité et de la jeunesse. Il percevait l’exigence d’une présence culturelle et sociale du catholicisme dans le monde moderne, c’est pourquoi il se consacra à l’élévation chrétienne, morale et professionnelle des nouvelles générations, illuminé par une vigueur pleine d’humanité et de bonté. Animé d’une confiance inébranlable en la Providence divine et par un profond esprit de sacrifice, il affronta des difficultés et souffrances pour donner vie à plusieurs œuvres apostoliques, parmi lesquelles : l’institut des Artigianelli, la maison d’édition Queriniana, la congrégation masculine de la Sainte Famille de Nazareth et la congrégation des Humbles Servantes du Seigneur. Le secret de sa vie intense et active réside dans les longues heures qu’il consacrait à la prière. Quand il était surchargé de travail, il augmentait son temps de rencontre cœur à cœur avec le Seigneur. Il préférait les haltes devant le Saint Sacrement, méditant la passion, la mort et la résurrection du Christ pour y puiser la force spirituelle et repartir à la conquête du cœur des personnes, surtout des jeunes, pour les reconduire aux sources de la vie à travers des initiatives pastorales toujours nouvelles.

« Seigneur, que ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi ». Avec ces paroles, la liturgie nous invite à faire nôtre cet hymne au Dieu créateur et provident, en acceptant son dessein sur nos vies. Ainsi l’a fait María del Carmelo Sallés y Barangueras, religieuse née en 1848 à Vic en Espagne. Voyant son espérance comblée après de nombreuses épreuves, et devant le progrès de la Congrégation des Religieuses Conceptionnistes Missionnaires de l’Enseignement, qu’elle a fondée en 1892, elle a pu chanter avec la Mère de Dieu : « Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent ». Confiée à la Vierge Immaculée, son œuvre éducatrice se poursuivit en donnant des fruits abondants pour la jeunesse, grâce au don généreux de ses filles, qui, comme elle, se confient à Dieu qui peut tout.

J’en viens maintenant à Marianne Cope, né en 1838, à Heppenheim, en Allemagne. Elle avait un an seulement, quand elle fut emmenée aux États-Unis. En 1862, elle entra dans le Tiers Ordre Régulier de Saint-François à Syracuse, New-York. Plus tard, devenue Supérieure Générale de sa congrégation, Mère Marianne, suivit volontiers l’appel à soigner les lépreux d’Hawaï après le refus de nombreuses autres personnes. Avec six de ses sœurs, elle alla diriger elle-même l’hôpital à Oahu, fondant ensuite l’hôpital Malulani à Maui et ouvrant une maison pour les jeunes filles dont les parents étaient lépreux. Cinq ans après, elle accepta l’invitation à ouvrir une maison pour femmes et jeunes filles sur l’île même de Molokai, s’y rendant courageusement elle-même et mettant ainsi effectivement fin à ses contacts avec le monde extérieur. Elle s’y occupa du Père Damien, déjà connu pour son travail héroïque auprès des lépreux, le soignant jusqu’à sa mort et elle prit la direction de son œuvre auprès des hommes lépreux. À une époque où l’on pouvait faire bien peu pour soulager les souffrances de cette terrible maladie, Marianne Cope fit preuve de l’amour le plus élevé, de courage et d’enthousiasme. Elle est un exemple lumineux et énergique de la fine fleur de la tradition des sœurs infirmières catholiques et de l’esprit de son bien-aimé saint François.

Kateri Tekakwitha est née en 1656 dans l’actuel État de New-York, d’un père mohawk et d’une mère algonquine chrétienne qui lui donna le sens de Dieu. Baptisée à l’âge de 20 ans, et pour échapper à la persécution, elle se réfugia à la Mission Saint François Xavier, près de Montréal. Là, elle travailla, partageant les coutumes des siens, mais en ne renonçant jamais à ses convictions religieuses jusqu’à sa mort, à l’âge de 24 ans. Dans une vie tout ordinaire, Kateri resta fidèle à l’amour de Jésus, à la prière et à l’Eucharistie quotidienne. Son but était de connaître et de faire ce qui est agréable à Dieu. Kateri nous impressionne par l’action de la grâce dans sa vie en l’absence de soutiens extérieurs, et par son courage dans sa vocation si particulière dans sa culture. En elle, foi et culture s’enrichissent mutuellement ! Que son exemple nous aide à vivre là où nous sommes, sans renier qui nous sommes, en aimant Jésus ! Sainte Kateri, protectrice du Canada et première sainte amérindienne, nous te confions le renouveau de la foi dans les Premières Nations et dans toute l’Amérique du Nord ! Que Dieu bénisse les Premières Nations !

Jeune, Anna Schäffer, de Mindelstetten, voulait entrer dans une congrégation missionnaire. Née dans d’humbles conditions, elle chercha comme domestique à gagner la dot nécessaire pour pouvoir entrer au couvent. Dans cet emploi, elle eut un accident grave avec des brulures inguérissables aux pieds, qui la cloueront au lit pour le reste de ses jours. C’est ainsi que la chambre de malade se transforma en cellule conventuelle, et la souffrance en service missionnaire. Tout d’abord elle se révolta contre son destin, mais ensuite, elle comprit que sa situation était comme un appel plein d’amour du Crucifié à le suivre. Fortifiée par la communion quotidienne elle devint un intercesseur infatigable par la prière, et un miroir de l’amour de Dieu pour les nombreuses personnes en recherche de conseil. Que son apostolat de la prière et de la souffrance, de l’offrande et de l’expiation soit pour les croyants de sa terre un exemple lumineux ! Puisse son intercession fortifier l’apostolat chrétien hospitalier dans son agir plein de bénédictions !

Chers frères et sœurs ! Ces nouveaux Saints, divers par leur origine, leur langue, leur nation et leur condition sociale, sont unis les uns aux autres et avec l’ensemble du Peuple de Dieu dans le mystère de salut du Christ, le Rédempteur. Avec eux, nous aussi réunis ici avec les Pères synodaux venus de toutes les parties du monde, avec les paroles du Psalmiste, proclamons au Seigneur que « notre secours et bouclier, c’est lui », et invoquons-le : « Sur nous soit ton amour, Seigneur, comme notre espoir est en toi » (Ps 32, 20 ; 22). Que le témoignage des nouveaux Saints, de leur vie généreusement offerte par amour du Christ, parle aujourd’hui à toute l’Église, et que leur intercession la consolide et la soutienne dans sa mission d’annoncer l’Évangile au monde entier.

[01359-03.01] [Texte original: Plurilingue]

 

Cardinal Journet, Le martyre

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
29-T.O.B.jpg    Ne jugez pas étrange l'incendie qui sévit au milieu de vous. Donc, Pierre, à ce moment (...) est à Rome, prisonnier. Et ils sont les premiers, les apôtres, à subir la persécution après Jésus.

    ... Comme s'il vous survenait quelque chose d'étrange. Il ne faut pas vous étonner... À ce moment-là, être chrétien cela voulait dire ce que cela signifie maintenant de l'autre côté du rideau de fer ou partout ailleurs où il y a la persécution, c'est-à-dire la situation que vous pouvez rencontrer dans le premier chapitre de Soljénitsyne sur L'archipel du Goulag. On peut vous arrêter à n'importe quel moment. - Pourquoi donc? Qu'est-ce que j'ai fait? On ne vous dit rien. On vous culpabilise tout de suite, et plus vous vous défendrez, plus on vous accusera. Et cela, c'est déjà angoissant pour chacun. Pendant la nuit, on pourra sonner à votre porte, à n'importe quelle heure. Quelquefois, on vous laissera en place, mais on emportera de chez vous une machine à écrire ou autre chose. Cette situation d'incertitude est déjà très angoissante pour une personne individuelle; mais si vous êtes père de famille et que vous avez des enfants, le fait que vous êtes chrétien les empêche d'aller aux écoles de l'État et va rompre leur avenir; ils ne pourront pas aller dans les écoles supérieures, à moins qu'ils ne choisissent le système contre vous. Cela pose des questions quasi insolubles, avec la nécessité du témoignage jusqu'au martyre s'il le faut. À ce moment, l'Église est toute belle aux yeux de Dieu et des anges; elle vit l'héroïsme qui donnera l'Esprit Saint. Par Esprit Saint, je n'entends pas ce mouvement charismatique dont on parle aujourd'hui, c'est tout autre chose; j'entends la sainteté de l'Église.

    Très chers, ne jugez pas étrange l'incendie qui sévit au milieu de vous pour vous éprouver, comme s'il vous survenait quelque chose d'étrange. C'est normal. Le mot martyre veut dire témoignage. Le témoignage jusqu'y compris la mort, si elle est le seul moyen de rester fidèle; c'est l'état normal. Cette vue-là a été beaucoup étudiée par Peterson, un compagnon de Karl Barth à l'université de Bonn et qui s'est converti à l'Église catholique. Il a beaucoup étudié les origines chrétiennes. Il s'est converti et a connu la pauvreté à partir du jour où il est devenu catholique. J'ai connu des cas semblables. Newman a souffert davantage après sa conversion à l'Église qu'auparavant, parce qu'il était comme soupçonné de ... on ne comprenait pas ... Il y aura sûrement la canonisation e Newman, elle viendra. Mais il avait en face de lui un homme qui était certainement un esprit de grande envergure, Manning, et qui était d'un tout autre esprit. Il s'occupait surtout du côté social et ouvrier. Et en face de Newman, il a toujours gardé une certaine réserve, une certaine crainte. Il ne lui a jamais fait totalement confiance. Newman venait d'assez loin, et puis il montait; quand il s'exprimait, il y avait tout un langage à créer. Et il fallait lui faire confiance. C'est Léon XIII qui lui a fait confiance à la fin en le nommant cardinal. Donc, c'est normal que vous soyez persécutés, mais il faut être attaqués non pas parce que nous aurions commis des fautes contre la morale, mais à cause du Christ, du témoignage du Christ. (On parle maintenant de Mgr Capucci, mais il méritait d'être condamné. Il transportait des armes du Liban en Cisjordanie, des armes explosives. Il était prêtre, il ne devait pas faire cela. On ne peut pas défendre une action comme celle-là, surtout un prêtre et un évêque. Et on lui faisait confiance parce qu'il était chargé d'une mission diplomatique. Alors, il ne faut pas tricher). Si vous me faites confiance, je ne dois pas tricher.

    Alors, saint Pierre: Ne jugez pas étrange l'incendie qui sévit au milieu de vous pour vous éprouver, comme s'il vous survenait quelque chose d'étrange - d'anormal -. Mais, dans la mesure où vous participerez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l'allégresse. (1 P 4, 12-13).

    La mesure de l'intensité de la fidélité dans la souffrance de Jésus sera la mesure de la splendeur de la gloire au moment de la Résurrection. Réjouissez-vous et incendie. Il a parlé d'un incendie qui sévit, et puis: Réjouissez-vous, c'est l'occasion de grandes choses. Réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l'allégresse.
 
Extrait d'une série de conférences données à Genève sur les lettres de Saint Pierre en 1974-1975

 

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