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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

L’Eglise pour toujours - Homélie 3° dimanche de Pâques C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Au moment où saint Jean écrit son évangile, les premières persécutions faisaient déjà rage. Les Empereurs romains avait entrepris d’exécuter les chrétiens pour trahison, car ils refusaient d’adorer les dieux des Romains. Un des principaux thèmes dans les écrits de saint Jean, c’est la capacité de l’Eglise de grandir et de tenir bon dans les épreuves, même en temps de persécution.

 

 

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Ceci ressort du passage de l’évangile que nous venons d’entendre, dans l’image du filet plein de poissons – une analogie de l’Eglise qui apparaît plus d’une fois dans les Evangiles. Les Apôtres se sentent totalement paumés en ces jours qui suivent la Résurrection avant de recevoir le Saint Esprit. Alors ils décident de partir à la pêche. Puis le Seigneur se manifeste à eux et leur fait cadeau d’une pêche miraculeuse, comme il l’avait déjà fait trois années auparavant. Au moment où Pierre tire le filet sur le rivage, saint Jean mentionne un détail curieux : le filet contient cent cinquante-trois gros poissons. Et malgré ce nombre, le filet qui est "plein à craquer" ne craque pas. C’est un miracle dans le miracle ! Normalement, autant de gros poissons auraient dû déchirer le filet, mais le filet a tenu.

 

Le filet, c’est l’Eglise. Il est rempli de croyants que le Christ rassemble dans l’océan du temps et de l’histoire par le ministère de Pierre et de ses successeurs, les papes. Et c’est Pierre qui tire cette communauté surnaturelle sur les rivages de l’éternité à la fin du temps, quand tous feront la fête avec le Seigneur.

 

Malgré les souffrances, les scandales et les péchés, en dépit des obstacles, des défis et des persécutions, l’Eglise de Jésus Christ continuera sa croissance, son expansion par le ministère de Pierre, et elle demeurera intacte jusqu’à l’heure où elle parviendra aux rivages du ciel. Le filet de Pierre ne se déchirera pas.

 

 

***

 

 

Notre culture est tellement obnibulée par l’actualité et les manchettes des journaux, que nous perdons facilement de vue cette perspective. Quelques brefs rappels historiques pourront suffire pour rétablir la bonne perspective.

 

Le simple fait que l’Eglise a tenu bon depuis vingt siècles, en restant fidèle à la même doctrine, les mêmes formes de culte (les sept sacrements) et la même structure (les évêques, unis sous la direction du pape, au service des croyants) tient, hors conteste, de l’ordre du miracle. Et ce miracle apparaît d’autant plus merveilleux si l’on jette un rapide coup d’œil sur les obstacles et les adversaires qu’elle a surmontés.

 

L’Empire romain a essayé d’éradiquer la chrétienté pendant trois siècles. L’Empire s’est écroulé, l’Eglise a tenu bon.

 

Au Moyen Âge, l’Empire de l’Islam s’est étendu sur un territoire plus grand que celui de Rome et a conquis de nombreux territoires chrétiens. Il a envahi l’Europe et essayé d’exterminer l’Eglise. Cet Empire a périclité, mais l’Eglise a tenu bon.

 

Au 16e siècle, la plus grand partie de l’Europe du Nord s’est rebellée contre l’Eglise catholique. C’est ce qu’on a appelé la Réforme protestante. Dans certains pays, être catholique était passible de peine de mort. Pourtant, aujourd’hui, l’Eglise catholique demeure la plus importante communauté chrétienne, et même en Europe du Nord, l’Eglise catholique tient bon.

 

Au 17e siècle, un nouvel Empire islamique, celui des Turcs, essaie de nouveau d’écraser la civilisation chrétienne. Cet Empire a disparu, l’Eglise demeure.

 

Au 18e siècle, la Révolution française a essayé à son tour de faire disparaître l’Eglise en France, faisant des centaines, voire des milliers de martyrs. La tempête de la Révolution a passé, l’Eglise a tenu bon.

 

Au 19e siècle, voilà Napoléon qui part à la conquête du continent européen. Il usurpe la hiérarchie de l’Eglise, et emprisonne deux papes dans ses efforts de mettre la main sur l’Eglise catholique. Napoléon et son Empire ont passé, l’Eglise demeure.

 

Au 20e siècle, le communisme soviétique a essayé de faire table rase de l’Eglise catholique sur l’ensemble de son territoire, tout comme Hitler et le nazisme. Ces régimes se sont écroulés, l’Eglise demeure.

 

Aujourd’hui, la saga continue en Afrique, au Moyen Orient, en Chine, au Vietnam, à Cuba… En Occident ce sont les médias qui font tout ce qu’ils peuvent pour discréditer l’Eglise catholique. L’Eglise a tenu bon, et elle tiendra toujours bon, comme le Christ l’a promis. Pierre tirera le filet sur le rivage, plein de gros poissons, et le filet ne se déchirera pas.

 

***

 

Comment faire pour rester à l’intérieur de l’Eglise qui demeurera jusqu’à la fin ? Comment être sûr de ne jamais se perdre ? Le Christ a fait en sorte que le suivre, c’est suivre Pierre. C’est à Pierre et à ses successeurs, les papes, que le Christ a confié la tâche de paître le troupeau. Et pourtant, aujourd’hui encore, il y a dans le monde beaucoup de chrétiens qui veulent sincèrement suivre le Christ sans suivre Pierre. Il ne nous appartient pas de les juger, ces chrétiens qui ne sont pas catholiques. Mais nous savons une chose : c’est que la volonté du Christ était, et est toujours, que ceux qui croient en lui le suivent en suivant Pierre. Alors, pourquoi y a-t-il tant de chrétiens qui ne suivent pas Pierre ?

 

Une des raisons est qu’ils voient que beaucoup de chrétiens qui disent suivre Pierre ne vivent pas en vrais chrétiens. Et, malheureusement, c’est vrai : souvent nous faisons comme s’il suffisait d’avoir l’étiquette, d’avoir sa carte de membre. Mais si nous suivons Pierre, si nous nous appelons chrétiens catholiques, c’est parce que le Christ nous le demande ; c’est parce que le Christ a confié la responsabilité du troupeau à Pierre ; c’est parce que le Christ a rempli le filet de Pierre de poissons et que ce filet le s’est pas déchiré, et que c’est encore Pierre qui a tiré le filet sur le rivage.

 

Nous devrions désirer attirer tous les hommes dans le filet de Pierre, car c’est ce filet seul qui est garanti sans déchirures. Cela n’est possible que si nous-mêmes nous suivons Pierre pour la bonne raison : pour que, dans nos cœurs, nos paroles et nos actions, nous ne égarions jamais de la voie du Christ.

 

Aujourd’hui, en accueillant Jésus dans nos cœurs une nouvelle fois grâce au ministère de l’Eglise, cette Eglise qui a enduré vingt siècles de tempêtes sous la conduite sûre de Pierre, promettons de ne jamais sauter par-dessus bord, et d’être les témoins fidèles de cette vérité que la voie de Pierre est la voie assurée vers le Christ.

Lectures pour le 3° dimanche de Pâques C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Les Apôtres persécutés à Jérusalem (Ac 5, 27b-32.40b-41)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Les Apôtres comparaissaient devant le grand conseil ; le grand prêtre les interrogea :
« Nous vous avions formellement interdit d'enseigner le nom de cet homme-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Voulez-vous donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ? »
Pierre, avec les Apôtres, répondit alors : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.
Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le pendant au bois du supplice.
C'est lui que Dieu, par sa puissance, a élevé en faisant de lui le Chef, le Sauveur, pour apporter à Israël la conversion et le pardon des péchés.
Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l'Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »
Les Apôtres comparaissaient devant le grand conseil ; le grand prêtre les interrogea :
On interdit alors aux Apôtres, après les avoir fouettés, de parler au nom de Jésus, puis on les relâcha.
Mais eux, en sortant du grand conseil, repartaient tout joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus.
 
 

 

 

Psaume : Ps 29, 3-4, 5-6ab, 6cd.12, 13

 

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R/ Je t'exalte, Seigneur, toi qui me relèves

Quand j'ai crié vers toi, Seigneur,
mon Dieu, tu m'as guéri ;
Seigneur, tu m'as fait remonter de l'abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu'un instant,
sa bonté toute la vie.

Avec le soir viennent les larmes,
mais au matin, les cris de joie !
Tu as changé mon deuil en une danse,
mes habits funèbres en parure de joie !

Que mon cœur ne se taise pas,
qu'il soit en fête pour toi ;
et que sans fin, Seigneur, mon Dieu,
je te rende grâce !

 

 

 

 

 

2ème lecture : Gloire à l'Agneau immolé ! (Ap 5, 11-14)

 

Lecture de l'Apocalypse de saint Jean

Moi, Jean, dans ma vision, j'ai entendu la voix d'une multitude d'anges qui entouraient le Trône, les Vivants et les Anciens :i ls étaient des millions, des centaines de millions.
Ils criaient à pleine voix : « Lui, l'Agneau immolé, il est digne de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et bénédiction. »
Et j'entendis l'acclamation de toutes les créatures au ciel, sur terre, sous terre et sur mer ; tous les êtres qui s'y trouvent proclamaient :« A celui qui siège sur le Trône, et à l'Agneau,bénédiction, honneur, gloire et dominationpour les siècles des siècles. »
Et les quatre Vivants disaient : « Amen ! » et les Anciens se prosternèrent pour adorer.
 
 

 

 

Evangile : Apparition au bord du lac : la pèche miraculeuse (brève : 1-14)(Jn 21, 1-19)

Acclamation :

Alléluia. Alléluia. Le Christ est ressuscité, le Créateur de l'univers, le Sauveur des hommes. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples.
Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.
Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui.
Jésus les appelle : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. »
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n'arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre l'entendit déclarer que c'était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se jeta à l'eau.
 
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Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons ; la terre n'était qu'à une centaine de mètres.
En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré.
Jésus dit alors : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur.
Jésus s'approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson.
C'était la troisième fois que Jésus ressuscité d'entre les morts se manifestait à ses disciples.
Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m'aimes ? » Pierre fut peiné parce que, pour la troisième fois, il lui demandait : « Est-ce que tu m'aimes ? » et il répondit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
 
 
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Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c'est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t'emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il lui dit encore : « Suis-moi. »
 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Louer Dieu pour sa Miséricorde - Homélie 2° dimanche de Pâques C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Nous célébrons aujourd'hui le dimanche de la Divine Miséricorde. Pourquoi Jean-Paul II a-t-il voulu instituer cette fête? D'abord parce que Jésus lui-même a chargé une femme, Soeur Faustine Kowalska, religieuse polonaise, d'en demander l'instauration au Souverain Pontife. Souvenons-nous de la présence des femmes dans le mystère pascal. C'est à elles que le Seigneur ressuscité est apparu en premier. Ce sont elles aussi qui sont vénérées par l'Église byzantine en ce deuxième dimanche de Pâques, appelé le "dimanche des Myrophores" (porteuses d'aromates).

    Mais ensuite Jésus est apparu à des hommes, ceux qu'il avait choisi d'avance pour en faire les ministres de sa miséricorde, pour leur donner le pouvoir de pardonner les péchés, d'abord par le baptême: "Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés". La semaine dernière nous avons eu la joie de célébrer la miséricorde de Dieu par le baptême de nombreux adultes, jeunes et enfants dans le monde entier. 

    Mais la miséricorde de Dieu ne se manifeste pas seulement au début de notre vie chrétienne. Ceux qui ont déjà reçu les sacrements de l'initiation ont gardé leur fragilité et leur faiblesse, l'inclination au péché appelée concupiscence. La conversion n'est pas le combat d'un jour. C'est le combat de la seconde conversion, qui est un combat permanent et qui fait que nous avons de plus en plus besoin de la miséricorde.

    Quel est le péché le plus grave aux yeux de Dieu? La réponse donnée par saint Jean tout au long de son Évangile, c'est : le manque de foi ! C'est ce péché que Jésus ressuscité reproche à ses disciples. Il ne leur reproche pas de s'être enfui, et de l'avoir laissé tomber. Il leur reproche de ne pas croire en lui, même après sa résurrection : "Cesse d'être incrédule, sois croyant", dit-il à Thomas. Voilà la conversion pascale qui nous est demandée : cesser d'être incrédule et devenir croyant. Être incrédule : voilà une tentation bien moderne. Ne pas croire en la miséricorde parce que ce serait trop beau ou trop facile, ou trop humiliant, pas assez glorieux pour l'homme. L'Évangile selon saint Jean nous a été donné pour cela. Il a été écrit "pour que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom".
 
Cet effort de conversion n'est pas seulement une oeuvre humaine. Il est le mouvement du coeur contrit attiré et mu par la grâce à répondre à l'amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimé le premier." (CEC 1428)

    À nous de croire à son Amour premier. Nous sommes donc invités en ce jour à rendre grâce pour la miséricorde de Dieu dont les hommes bénéficient gratuitement, non seulement pour les péchés commis avant le baptême, mais également après, par le sacrement de la réconciliation:
 
Les fidèles, dont l'âme éprouve une profonde affection, sont incités pour cette raison à commémorer les mystères du pardon divin et à les célébrer pleinement, et ils comprennent clairement la grande nécessité, ou plutôt le devoir que le peuple de Dieu loue la Divine Miséricorde à travers des formules de prière particulières et, dans le même temps, après avoir accompli avec une âme reconnaissante les oeuvres demandées et en ayant rempli les conditions requises, qu'il obtienne les avantages spirituels dérivant du Trésor de l'Eglise.

    Si nous n'éprouvons pas comme un besoin impérieux de louer Dieu pour sa Miséricorde infinie, c'est le signe que nous en abusons, que nous ne l'apprécions pas à sa juste valeur, que nous n'avons rien compris. Soit nous n'y avons même pas recours, soit nous nous en prévalons sans un repentir sincère et une ferme résolution de ne plus offenser le Seigneur.

    Saint Augustin avait déjà mis en garde contre ce deuxième danger quand il disait:
 
Parce que vous vous êtes confessé, parce que vous avez reçu l'absolution, vous croyez pouvoir mourir en sécurité : et moi, je vous dis que je suis beaucoup moins sûr que vous de votre avenir !

    En ce qui concerne le premier danger, qui consiste à vouloir remettre toujours à plus tard, jusqu'à l'heure de la mort, il disait:
 
Le repentir d'un malade est faible comme celui qui l'exprime ; et le repentir d'un moribond, comme je crains qu'il n'ait déjà perdu toute vie ! Mes chers enfants, celui d'entre vous qui veut trouver miséricorde devant Dieu, qu'il fasse pénitence dès maintenant, dans la force de l'âge, afin d’entrer aussi sain dans l'éternité !

    Dans les deux cas, l'homme pèche par manque de foi. Il ne fait pas confiance: il calcule. Le Saint Siège enseigne que
 
la Miséricorde Divine ... invite les fidèles à ressentir une douleur surnaturelle, et non pas purement psychologique, de leurs propres péchés, de sorte que, toujours avec l'aide de la grâce divine, ils formulent la ferme intention de ne plus pécher.

    Le repentir doit s'exprimer en action de grâce, non seulement par des prières, mais aussi par des oeuvres de charité :
 
Ainsi, les fidèles observeront plus parfaitement l'Esprit de l'Evangile, en accueillant en eux le renouveau illustré et introduit par le Concile oecuménique Vatican II: "Se souvenant de la parole du Seigneur: 'En ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres' (Jn 13, 35), les chrétiens ne peuvent pas former de souhait plus vif que celui de rendre service aux hommes de leur temps... Car la volonté du Père est qu'en tout homme, nous reconnaissions le Christ notre frère et que nous aimions chacun pour de bon, en action et en parole" (Const. past. Gaudium et spes, n. 93).

    Les bonnes oeuvres dont il nous sera demandé un compte particulier au jour du jugement sont les oeuvres de miséricorde. Voici, pour mémoire, la liste traditionnelle des oeuvres par lesquelles l'homme répond à la miséricorde divine et par lesquelles il secourt les besoins spirituels ou corporels du prochain.

    Les oeuvres de miséricorde corporelle sont :
 
1. donner à manger à ceux qui ont faim,
2. donner à boire à ceux qui ont soif,
3. vêtir ceux qui sont nus,
4. abriter les étrangers,
5. visiter les infirmes,
6. visiter les prisonniers,
7. ensevelir les morts.

    Les oeuvres de miséricorde spirituelle sont :
 
1. conseiller ceux qui en ont besoin,
2. instruire les ignorants,
3. exhorter les pécheurs
4. consoler les affligés
5. pardonner les offenses
6. supporter patiemment les personnes ennuyeuses
7. prier Dieu pour les vivants et pour les morts
Voilà la conversion pascale qui nous est demandée : cesser d'être incrédule et devenir croyant.

Voilà la conversion pascale qui nous est demandée : cesser d'être incrédule et devenir croyant.

L’ultime révélation de la miséricorde divine - Homélie 2° dimanche de Pâques C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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Pourquoi est-ce aujourd’hui le dimanche de la Miséricorde? Le 30 avril 2000, saint Jean Paul II a canonisé sœur Marie Faustine Kowalska, une religieuse polonaise qui avait reçu du Christ au début du vingtième siècle des révélations étonnantes au sujet de la divine miséricorde. Au cours de cette cérémonie, le pape a répondu à une des demandes que le Christ avait faites dans ces révélations : que l’Eglise tout entière réserve le deuxième dimanche de Pâques pour honorer et commémorer la miséricorde infinie de Dieu.

 

Comment cette miséricorde nous est-elle révélée dans les lectures de ce jour ? Tout d’abord, nous la voyons à l’œuvre dans l’attitude du Christ envers les hommes qui sont les apôtres qu’il avait choisis, mais qui l’avaient abandonné l’avant-veille. Ils l’avaient abandonné juste à moment le plus difficile, mais Jésus, lui, n’allait pas les abandonner. Il ne se laisse pas arrêter par les portes fermées, ni par celles du lieu où ils se tenaient, ni celles de leurs cœurs angoissés. Il ne les a pas livré à leur sort. Il leur apporte la paix. Et il leur renouvelle sa confiance en les confirmant dans leur mission :

 

« De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »

 

Nous voyons la miséricorde de Dieu dans la réaction du Christ envers les hommes qui l’avaient crucifié. Est-ce qu’il les anéantit en guise de vengeance ? Non. Au contraire, il leur envoie ses apôtres pour leur dire, à eux et à tous les pécheurs, à tous ceux qui, par leurs péchés, ont crucifié leur Dieu, qu’ils peuvent être sauvés, que Dieu ne les condamne pas :

 

« De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »

 

Et ensuite, pour que l’Eglise soit pleinement équipée pour communiquer ce message, Jésus leur donne l’ultime révélation de la miséricorde divine : il délègue aux apôtres le pouvoir divin de remettre les péchés :

 

« Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »

 

C’est l’institution explicite du sacrement de la confession, le sacrement grâce auquel l’océan infini de la miséricorde divine couvre les flaques boueuses de notre misère. C’est l’ultime révélation de la miséricorde divine.

 

 

Si on lit les récits des conversions à la foi catholique, ou des retours à la foi catholique, le thème qui revient tout le temps, c’est l’expérience de la miséricorde de Dieu dans le sacrement de la confession. Un des exemples dont j’ai eu connaissance ces jours-ci est particulièrement éloquent. Ca s’est passé en France, durant les années qui ont suivi la Révolution française.

 

Il s’agit d’un homme qui boîtait. Il avait été un soldat estimé dans l’armée de Napoléon, mais les blessures de guerre avait entraîné une fin précoce de sa carrière prometteuse. Alors il allait de village en village pour faire quelque chose qu’il détestait cordialement : mendier. Un soir il arrive dans un village de l’Ouest de la France et se dirige vers les marches de la porte d’entrée de l’église pour quémander quelques pièces auprès de ceux qui allaient à la messe, tout en les méprisant profondément pour leur foi en un Dieu qui avait pu laisser commettre les crimes abominables dont il avait été témoin.

 

Le lendemain matin, le prêtre trouvait le mendiant sur les marches de l’église, enveloppé d’un drap usagé. Après la messe, il l’invite à prendre le petit déjeuner chez lui, au presbytère. Le vieux soldat accepte à contrecœur, comme toujours quand on lui faisait la charité. Mais la faim, ainsi que la gentillesse du prêtre, le pressaient d’accepter.

 

Il est resté là plusieurs jours. La gentillesse du prêtre ne se démentait jamais. Le vieux soldat n’avait jamais rencontré autant d’amour désintéressé. Et il ne s’était jamais senti aussi misérable. Finalement il demande à se confesser. Un de ses péchés sortait du lot. Ce mendiant avait été l’homme de confiance au service d’une famille aristocratique. Le chef de cette famille s’était opposé sans succès à la Révolution. Sa femme et ses enfants ont confié leur vie au serviteur. Mais celui-ci, pour quelques pièces d’or, trahit la femme et les enfants de son maître et les voit un par un guillotinés. Seul le plus jeune parvient à s’enfuir par miracle, et personne ne l’avait jamais revu.

 

Les yeux baignés de larmes, l’étranger termine ainsi sa confession. Le prêtre lui donne l’absolution, le relève et l’embrasse. En levant les yeux, le pénitent aperçoit un portrait fixé au mur. C’était le portrait de la famille qu’il avait trahie. Choqué, il a un mouvement de recul. "Qui êtes-vous ?", demande-t-il. "Où avez-vous trouvé ce portrait ?" Le prêtre souriait. "Je suis le fils qui est resté en vie, mon ami. Et je te pardonne."

 

Le trésor le plus précieux, à nous, catholiques, c’est la révélation du Christ, une révélation de l’infinie miséricorde de Dieu, la seule force capable de pénétrer les murs de la douleur, de la haine, de la peur, du ressentiment… que nous avons érigé tout autour de nos cœurs.

 

 

 

 

Nous sommes les enfants de ce Dieu dont la miséricorde, la bonté et la puissance n’ont pas de frontières et sont inépuisables. Mais les enfants doivent ressembler à leurs parents. Nous avons connu la grâce de  pouvoir faire l’expérience de la miséricorde divine, par les sacrements, la prière, le fait de pouvoir entendre la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Mais il y a beaucoup de gens autour de nous qui n’ont pas reçu cette grâce, et qui l’ont oubliée.

 

On ne peut pas imaginer quelque chose qui ferait plaisir à Dieu davantage que notre engagement à répandre cette miséricorde tout au long de cette semaine, ne fût-ce qu’un tout petit peu. Nous avons tous des relations qui ne sont pas vraiment marqués par la miséricorde, des relations qui sont entachées par l’indifférence, l’envie et le ressentiment. Pourquoi ne pas, cette semaine, faire un premier pas vers la réconciliation, avec la prière, les paroles, les actions ? Pourquoi ne pas mettre nos pas dans ceux de Jésus, sans attendre que les autres le fassent, mais en témoignant par le courage et l’humilité de la miséricorde de Notre Seigneur ?

 

Dans ses conversations avec sainte Faustine, Jésus a promis de déverser sur la monde un torrent de miséricorde. C’est ce qu’il a fait et qu’il continue de faire. Mais ce torrent n’a pas encore atteint tous les cœurs. Durant cette semaine, soyons les canaux conscients de ce torrent de miséricorde pour irriguer un cœur flétri et desséché.

 

Si, au cours de cette messe, nous nous mettons au service du Christ pour cela, je suis certain qu’il nous donnera plein d’occasions pour le faire. Tout ce que nous avons à faire, c’est de garder sur nos lèvres, et surtout dans notre cœur, la prière qu’il a lui-même enseigné à sainte Faustine :

 

Jésus, j’ai confiance en toi.

Lectures pour le 2° dimanche de Pâques (de la Miséricorde)

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : La communauté des premiers chrétiens (Ac 5, 12-16)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

 
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À Jérusalem, par les mains des Apôtres, beaucoup de signes et de prodiges se réalisaient dans le peuple. Tous les croyants, d'un seul coeur, se tenaient sous la colonnade de Salomon.
Personne d'autre n'osait se joindre à eux ; cependant tout le peuple faisait leur éloge,
et des hommes et des femmes de plus en plus nombreux adhéraient au Seigneur par la foi.
On allait jusqu'à sortir les malades sur les places, en les mettant sur des lits et des brancards : ainsi, quand Pierre passerait, il toucherait l'un ou l'autre de son ombre.
Et même, une foule venue des villages voisins de Jérusalem amenait des gens malades ou tourmentés par des esprits mauvais. Et tous, ils étaient guéris.
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 117, 1.4, 22-23, 24-25, 26ab.27a.29

R/ Éternel est son amour !

 

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle :
 
c'est là l'oeuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
 

Voici le jour que fit le Seigneur,
qu'il soit pour nous jour de fête et de joie !
 
Donne, Seigneur, donne le salut !
Donne, Seigneur, donne la victoire !
 

Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! 
Dieu, le Seigneur, nous illumine.
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
 
 

 

 

 

2ème lecture : « Je suis le Vivant : écris ce que tu vois » (Ap 1, 9-11a.12-13.17-19)

Lecture de l'Apocalypse de saint Jean

Moi, Jean,votre frère et compagnon dans la persécution, la royauté et l'endurance avec Jésus, je me trouvais dans l'île de Patmos à cause de la parole de Dieu et du témoignage pour Jésus.
C'était le jour du Seigneur ; je fus inspiré par l'Esprit, et j'entendis derrière moi une voix puissante, pareille au son d'une trompette.
Elle disait :« Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept Églises : à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée. »
Elle disait :« Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept Églises qui sont en Asie mineure. »
Je me retournai pour voir qui me parlait. Quand je me fus retourné, je vis sept chandeliers d'or ;
et au milieu d'eux comme un fils d'homme, vêtu d'une longue tunique ;une ceinture d'or lui serrait la poitrine ;
Quand je le vis, je tombai comme mort à ses pieds, mais il posa sur moi sa main droite, en disant : « Sois sans crainte. Je suis le Premier et le Dernier,
je suis le Vivant : j'étais mort,mais me voici vivant pour les siècles des siècles, et je détiens les clés de la mort et du séjour des morts.
Écris donc ce que tu auras vu : ce qui arrive maintenant, et ce qui arrivera ensuite. »
 
 

 

 

Evangile : Apparition du Christ huit jours après Pâques (Jn 20, 19-31)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Thomas a vu le Seigneur : il a cru. Heureux celui qui croit sans avoir vu ! Alléluia. (cf. Jn 20, 29)
 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint.
Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »
Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. »
Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
1l y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre.
Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.
 
 

 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

La Résurrection du Christ, une victoire totale, irréfutable, et irréversible - Homélie Jour de Pâques

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Si le Christ n’est pas ressuscité des morts, il n’a pas plus d’autorité sur nous que Socrate ou Confucius ou Bouddha ou Mohammet

Si le Christ n’est pas ressuscité des morts, il n’a pas plus d’autorité sur nous que Socrate ou Confucius ou Bouddha ou Mohammet

 

Jésus, le crucifié, est maintenant ressuscité des morts. Il est vivant. La défaite la plus radicale a été transformée en une victoire irréversible. La mort s’est acharnée contre l’Oint de Dieu, le Messie. Elle a fait tout ce qu’elle pouvait pour réduire à néant le courage et la fidélité du Sauveur. Elle a tiré toutes ses flèches, tout son arsenal de haine, d’injustice, d’humiliation, de douleur. Elle a livré une bataille impressionnante, sanglante, mais le Messie de Dieu est sorti vainqueur du tombeau.

 

Qu’est-ce que cela veut dire pour nous ? Cela veut tout dire, absolument tout. La résurrection est le sceau qui valide tout ce que Jésus a dit et fait : sa prétention d’être Fils de Dieu, d’avoir autorité pour pardonner les péchés et pour rétablir la communion entre Dieu et l’homme ; son appel universel à nous défaire de l’égocentrisme pour aimer Dieu et notre prochain comme une voie vers le bonheur véritable ; sa promesse de donner sa grâce par l’Eglise qui demeurera jusqu’à la fin. Si Jésus n’était pas ressuscité de morts, aucune de ces prétentions ne mériterait que l’on s’y arrête. Dans ce cas, Jésus aurait été l’un de ces hommes, un de plus, bien intentionné sans doute, mais un doux rêveur dont les rêves auraient été anéantis par la dure réalité de la vie.

 

Avez-vous remarqué que chaque fois que des gens se mettent à vivre en ignorant les enseignements et l’exemple du Christ, ils finissent toujours par mettre en doute le réalisme de sa résurrection? Après tout, si le Christ n’est pas ressuscité des morts, il n’a pas plus d’autorité sur nous que Socrate ou Confucius ou Bouddha ou Mohammet …

 

Mais Jésus est bel et bien ressuscité des morts. Sa victoire sur le mal et le mensonge, sur l’injustice et la souffrance est totale, irréfutable, et irréversible. Personne ne peut nier qu’en vingt siècles d’histoire on a pu voir un flot ininterrompu de saints, une croissance durable de l’Eglise catholique et une vitalité chrétienne qui ne se dément pas, quoi qu'en disent les médias en Occident...

 

 

***

 

Tous les grands conquérants de l’histoire auraient aimé vivre pour toujours, mais aucun d’entre eux n’a pu vaincre son plus grand ennemi : la mort. Le Christ seul l’a fait. L’un des plus fameux d’entre eux a essayé, d’une certaine manière, de le faire. Il s’appelait Napoléon Bonaparte. Il était un officier militaire qui a pris le pouvoir en France pour rétablir l’ordre après la Révolution française. Mais il avait des ambitions qui dépassaient les frontières françaises. Il se considérait comme une sorte de Messie, destiné à établir un Empire français aussi étendu et durable que l’Empire romain.

 

Pendant un certain temps, il semblait pouvoir réussir. En l’espace de seulement trois années son armée avait conquis toute l’Europe continentale, depuis la frontière russe jusqu’à la Grande Bretagne. Mais la Russie et l’Angleterre résistaient. En 1812 Napoléon entreprit une nouvelle campagne et envahissait la Russie avec une armée de 600.000 hommes venant de toute l’Europe. Cette campagne fut un désastre, et bientôt une alliance des nations conquises repoussera les armées impériales pour envoyer l’Empereur en exil. Et c’est là que les choses deviennent intéressantes…

 

Durant les douze mois qui ont suivi, le général encore jeune arrange secrètement une évasion de son exil, rassemble son ancienne armée et reconquiert la ville de Paris. Sans prendre le temps de se reposer et de savourer son succès, il lance une nouvelle attaque contre ses adversaires internationaux. Il semble alors renouer avec son invincibilité. Et voilà que toute l’Europe tremble à nouveau devant l’ombre de l’Empereur. C’était comme une résurrection.

 

Mais au centième jour après son retour, Napoléon connaît une lourde défaite, lourde et défintive, cette fois, lors de la bataille de Waterloo. Il est renvoyé en exil, et meurt six années plus tard, âgé de 52 ans.

 

C’est le sort de tous les royaumes terrestres, qu’ils soient militaires, politiques, académiques, économiques ou sportifs. Après une centaine de jours, ils s’évanouissent comme la fumée. Seul le Christ a fait un retour gagnant définitif, lui seul a remporté une victoire irréversible. De lui seul on peut dire : "Son règne n’aura pas de fin".

 

***

 

Aujourd’hui savourons donc cette joie pascale, et rendons grâce à Dieu de nous permettre d’avoir part à cette victoire, pour le don de l’espérance. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Ne nous contentons pas de nous réjouir, mais changeons nos cœurs. La résurrection du Christ n’est pas seulement une belle idée; c’est la puissance de la vie éternelle qui est à l’œuvre en chacun de nous. Alors pourquoi ne pas prendre une bonne résolution pour les huit semaines du Temps pascal pour nous connecter à cette source d'énergie durable?

 

Nous avons à peu près tous, je pense, pris des résolutions de Carême. Nous avons pu faire des sacrifices. C’était un moyen pratique de permettre à Dieu d’agir par sa grâce dans nos cœurs. Alors, si nous avons fait des sacrifices, si nous avons renoncé à quelque chose durant le temps de pénitence du Carême, pourquoi ne pas maintenant accueillir quelque chose comme une façon de vivre la joie du Temps pascal ?

 

Dans la deuxième lecture, saint Paul nous a encourages à tendre vers « les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre ». Pourquoi ne pas prendre une résolution pascale qui pourra nous aider à le faire, qui nous aidera à garder en mémoire la vie éternelle dans le Christ qui nous attend, si nous lui sommes fidèles ? Pas besoin de compliquer les choses : par exemple, en invitant un(e) ami(e) ou un membre de notre famille qui a oublié la victoire du Christ à venir à la messe un dimanche, et ensuite à déjeuner à la maison ; ou bien en regardant un beau film ensemble, en famille, chaque dimanche jusqu’à la Pentecôte, un film joyeux, qui fait du bien ; ou bien encore en prenant le temps de lire ou de relire un bon livre, un livre qui est une nourriture pour l'âme et pour l'esprit…

 

Si nous demandons au Saint Esprit de nous éclairer, il ne manquera pas de le faire. Il suffit de décider de faire quelque chose pour permettre à la grâce pascale de transformer nos cœurs. Cette grâce de Pâques, nous en avons besoin autant que de la grâce du Carême, celle de la pénitence et de la contrition. L’Eglise est une maman qui fait preuve de sagesse en nous donnant six semaines de Carême et huit semaines de Temps pascal. Aujourd’hui, en communiant au Christ ressuscité dans l’Eucharistie, promettons-lui de trouver un moyen de bénéficier de cette sagesse.

 

Lectures Messe du jour de Pâques

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Les Apôtres témoins de la Résurrection (Ac 10, 34a.37-43)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

 

 

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Quand Pierre arriva de Césarée chez un centurion de l'armée romaine, il prit la parole : « Vous savez ce qui s'est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean :
Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui.
Et nous, les Apôtres, nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l'ont fait mourir en le pendant au bois du supplice.
Et voici que Dieu l'a ressuscité le troisième jour.
Il lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts.
Il nous a chargés d'annoncer au peuple et de témoigner que Dieu l'a choisi comme Juge des vivants et des morts.
C'est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage : Tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés. »
 
 

 

 

 

 

Psaume : Ps 117, 1-2, 3-4, 16-17, 22-23

 

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R/ Ce jour que fit le Seigneur
est un jour de joie, alléluia!

 

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Que le dise la maison d'Aaron :
Éternel est son amour !
Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur :

La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle :
c'est là l'oeuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
 
 

 

 

 

 

2ème lecture : Vivre avec le Christ ressuscité (Col 3, 1-4)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre.
En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu.
Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.

 

 

 

 

 

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À la victime pascale,
chrétiens, offrez le sacrifice de louange.
L’Agneau a racheté les brebis;
le Christ innocent a réconcilié l’homme pécheur avec le Père.
La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux.
Le Maître de la vie mourut; vivant, il règne.
“Dis-nous, Marie Madeleine,
qu’as-tu vu en chemin ?”
“J’ai vu le sépulcre du Christ vivant,
j’ai vu la gloire du Ressuscité.
J’ai vu les anges ses témoins,
le suaire et les vêtements.
Le Christ, mon espérance, est ressuscité !
Il vous précédera en Galilée.”
Nous le savons : le Christ
est vraiment ressuscité des morts.
Roi victorieux, prends-nous tous en pitié !
Amen.

 

 

 

Evangile : Le tombeau vide et la foi des Apôtres (Jn 20, 1-9)

Acclamation : Alleluia ! Alleluia !
Notre Pâque immolée, c'est le Christ !
Rassasions-nous dans la joie
au festin du Seigneur !
Alleluia !

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

 

 

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Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. »
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là,
et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
 
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C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.
 
 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Cardinal Marc Ouellet, "Il est descendu aux enfers"

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
    Dans son beau livre sur la Confession (*) qui a parfois inspiré le pape Jean Paul II, Adrienne von Speyr écrit qu’à la croix le Christ confesse en toute vérité le péché du monde et il reçoit du Père, à Pâques, l’absolution des péchés pour toute l’humanité. C’est pourquoi il peut disposer de l’absolution et en confier le ministère à ceux qu’il a choisi à cette fin. Cette vue profonde mérite d’être méditée pour mieux comprendre la portée du mystère pascal du Christ.

    En allant à la Croix par obéissance au Père, le Christ accepte de prendre sur lui le péché du monde et de le confesser devant le Père, pour nous, en exprimant à la fois notre peine, notre repentir et notre volonté de réparer le manque d’amour qui blesse le cœur de Dieu. En retour, le Père octroie l’absolution générale du péché du monde en ressuscitant le Christ d’entre les morts, le jour de Pâques, par la puissance de Son Esprit. Il confirme et certifie ainsi son Amour pour son Fils bien-aimé. Il déclare que le Christ a vraiment obtenu, par son sacrifice d’expiation, la rémission des péchés et qu’il apporte au monde entier un nouveau pacte d’Amour et de Paix dont l’Église est la messagère et le sacrement.

    Bref, le mystère pascal du Christ opère le salut du monde en fondant la Nouvelle Alliance, le Nouveau Pacte d’Amour entre Dieu et l’humanité.

    Quand nous contemplons le mystère pascal du Christ, nous voyons l’homme Jésus persécuté et subissant, comme presque tous les prophètes, le rejet de ses contemporains. Comme un Agneau mené à l’abattoir, il est condamné à mourir sur une croix infâme réservée aux criminels, d’où il est ensuite décloué et mis au tombeau. Au séjour des morts il atteint la pleine vérité de son incarnation en expérimentant jusqu'au bout tous les états de la condition humaine, incluant l’état de cadavre, l’être mort parmi les morts. Il est descendu aux enfers, nous dit le Credo. Quel mystère insondable!

    Le Fils de Dieu descend au royaume des morts pour prendre possession de ce royaume dont il est le Seigneur à cause de l’accomplissement de sa mission : l’œuvre de sa passion et de sa mort, son obéissance d’amour jusqu’à l’extrême qui réconcilie le monde avec Dieu et qui ouvre donc l’accès de la vie éternelle. Je reviendrai un jour sur ce profond mystère de la descente du Christ aux enfers, car notre monde a bien besoin de méditer ce mystère pour retrouver le sérieux de la vie et de la mort avec le fondement de la véritable Espérance. Pour l’instant je me limite à survoler ce mystère qui est un événement de salut, une des grandes merveilles de la miséricorde divine.

(*) Adrienne von Speyr, La Confession, Lethielleux, Culture et Vérité, 1988.

Cardinal Marc Ouellet

Joseph Ratzinger (né et baptisé un Samedi Saint), Extrait des Méditations sur la Semaine Sainte

dominicanus
Joseph Ratzinger (né et baptisé un Samedi Saint), Extrait des Méditations sur la Semaine Sainte

 

Si l’on essaye de caractériser d’un mot la liturgie du Samedi Saint, ce qui frappe, c’est la paix profonde qu’elle respire. Le Christ est entré dans l’obscurité, mais, au milieu de la nuit impénétrable, il est allé rejoindre le havre de sécurité, bien plus, il est devenu lui-même notre ultime sécurité. C’est maintenant que se vérifie enfin la parole audacieuse du Psalmiste : "Même si j’allais me cacher aux enfers, tu es encore là". Cette liturgie, à mesure qu’elle se déploie, est traversée comme de lueurs d’une aube qui approche ; les premiers rayons du matin de Pâques y brillent déjà. Si le Vendredi Saint nous présente la figure défaite de Jésus transpercé, la liturgie du Samedi Saint évoque plutôt l’image de la croix dans l’Église ancienne : la croix toute rayonnante de lumières, signe à la fois de la mort et de la résurrection.

Ainsi le Samedi Saint peut nous rappeler une forme de piété chrétienne, peut-être trop perdue de vue au cours des temps. Lorsque nous regardons la croix aujourd’hui, nous pensons presque exclusivement à la passion historique du Seigneur sur le Calvaire. En réalité, l’origine de la dévotion à la croix est tout autre : pour prier, les chrétiens se tournaient vers l’Orient en signe de leur espérance dans le Christ, le vrai Soleil qui dominera l’histoire, en signe donc de leur foi au retour du Seigneur. À l’origine, la croix était étroitement liée à cette prière dirigée vers l’Orient : la croix représente en quelque sorte l’étendard porté devant le roi à sa venue ; elle est comme la tête du cortège déjà arrivée au milieu de l’assemblée en prières. Pour les premiers chrétiens, la croix est avant tout le signe de l’espérance ; il s’agissait moins d’un regard vers un passé révolu que d’un regard en avant vers la venue du Seigneur. Sans doute, avec le temps, la nécessité d’un regard rétrospectif vers le calvaire se fit sentir. Contre toute fuite dans le spirituel, contre la négation de l’incarnation de Dieu, il fallait défendre la bouleversante prodigalité de l’amour de Dieu qui, pour l’amour de la misérable créature humaine, était devenu lui-même homme - et quel homme ! Il fallait défendre la sainte folie de Dieu qui ne s’est pas contenté de prononcer une parole de puissance, mais qui a choisi le chemin de l’impuissance pour confondre notre rêve de domination et en triompher de l’intérieur.

Mais, par là même, nous avons trop oublié le lien qui, dans la réalité chrétienne, existe entre la croix et l’espérance, entre la direction de la croix et la direction de l’Orient, entre le passé et l’avenir. Le souffle d’espérance qui court à travers les prières du Samedi Saint devrait imprégner à nouveau tout notre être chrétien. Le christianisme n’est pas seulement une religion tournée vers le passé, son regard se porte aussi en avant vers l’avenir. Sa foi est en même temps espérance, car le Christ n’est pas seulement Celui qui est mort et ressuscité, il est aussi Celui qui vient.
Fais luire, Seigneur, dans nos cœurs, ce mystère de l’espérance, fais-nous connaître la lumière qui jaillit de ta croix ; fais-nous avancer en chrétiens à la rencontre de ton aurore.

 

Joseph Ratzinger, né et baptisé un Samedi Saint (extrait des Méditations sur la Semaine Sainte, publiées à Freising en 1969, traduites en français dans Un seul Seigneur, une seule foi, en 1971)

De quel bois se chauffer? - Homélie Vendredi Saint

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

portement de croix

Pour les lectures liturgiques du Vendredi Saint, cliquer sur l'image ci-dessus

 

 

Une ancienne légende roumaine raconte l’histoire d’un groupe de soldats qui s’étaient perdus une nuit d’hiver dans une terrible tempête de neige. Ils ne savaient pas dans quelle direction aller, et donc ils décident de camper pour la nuit. Mais le froid mordant rendait leur petit feu presqu’inutile. Il n’y avait pas de bois, pas d’arbres, pas de clôtures. Ils savaient qu’ils mourraient de froid s’ils ne trouvaient pas du bois pour faire du feu. L’un d’entre eux se porte volontaire pour aller en chercher. Il s’éloigne et disparaît bientôt dans l’épais rideau de neige. Il arrive dans un cimetière et finit par y trouver une croix en bois. L’extrême nécessité le poussait à la prendre, mais le respect lui commandait de la laisser. Il finit quand même par l’emmener vers le groupe. Le chef dit : "Nous ne pouvons pas brûler une croix, même si nous avons un urgent besoin de nous chauffer." Un à un, les hommes s’endorment, sauf le jeune qui avait trouvé la croix de bois. Comme hébété, il restait assis de longues heures dans la nuit. Soudain il voit une lueur, faible en vacillante. Elle se dirigeait vers lui. Il finit par distinguer une silhouette : c’était Jésus lui-même, portant une lourde croix. Il se dirigeait tout droit et posait sa croix sur les braises de feu sur le point de s’éteindre. Les flammes jaillissantes et la chaleur brûlante réveille les autres. Le chef demande qui a mis la croix de bois dans le feu, mais le jeune qui avait vu Jésus le faire s’était agenouillé dans la neige, comme s’il voyait toujours quelqu’un…

Quand nous mettons notre foi dans le sens que le Christ a voulu donner à la croix, comme les soldats qui ont voulu la traiter avec respect, elle devient alors un grand feu de sagesse et d’amour, capable de surmonter, de faire fondre toute la froide indifférence et l’égoïsme qui tuent notre cœur.

Comme le disait saint Ignace de Loyola, "Il n’y a pas de bois plus utile pour ranimer et alimenter le feu de l’amour divin que le bois de la croix."

Et saint François d’Assise : “Je vous exhorte, frères, à avoir continuellement présent à votre esprit la Passion bienheureuse de notre Seigneur, Jésus Christ. Elle vous fortifiera, et vous encouragera pour souffrir plus généreusement par amour pour lui."

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