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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

La Visitation. Le cri silencieux de Jean Baptiste - Homélie 4° dimanche de l'Avent

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Toutes les découvertes scientifiques sur la vie de l'enfant in utero jettent une lumière bouleversante d'authenticité sur l'événement de la Visitation.

Toutes les découvertes scientifiques sur la vie de l'enfant in utero jettent une lumière bouleversante d'authenticité sur l'événement de la Visitation.

 
 
    Après Jean-Baptiste - ou plutôt avant lui - la grande figure de l'Avent qui nous aide à "préparer les chemins du Seigneur", c'est Marie. Dans les égises de rite byzantin l'iconostase (une cloison qui sépare les lieux où se tient le clergé célébrant du reste de l'église) est percée de trois entrées. Celle du centre est fermée par une porte à deux battants qu'on appelle "les portes royales". Elles donnent accès à l'autel et présentent l'image de l'Annonciation avec celles des quatre évangélistes. Sur les deux portes latérales figurent les archanges Michel et Gabriel. À droite (au sud) des portes royales, se trouve l'icône du Christ bénissant. À gauche, celle de la Vierge Marie tenant le Christ. À côté de l'icône du Christ se trouve celle de saint Jean-Baptiste.

    Dans l'Évangile de ce dernier dimanche de l'Avent nous voyons la rencontre au sommet de Jésus, porté par Marie, et de Jean, le Baptiste en herbe, encore dans le sein maternel, dans le ventre d'Élisabeth, "la stérile", ayant été conçu six mois avant Jésus. Pour comprendre autant que faire se peut ce mystère de la Visitation, il est bon de s'attarder quelques instants sur sa dimension humaine. Je me permets ici de citer le Père Daniel-Ange, qui lui-même se réfère à un petit livre de Luc Lannoye: Le tout-petit, éditions Fidélité, 1997. Il montre que "toutes les découvertes scientifiques sur la vie de l'enfant in utero jettent une lumière bouleversante d'authenticité sur l'événement de la Visitation". Jugez-en plutôt.
 
Mais comment est-il, ce petit Jean? Au début de ce sixième mois, Jean a 25 centimètres et pèse 500 grammes. Le sang circule à un rythme accéléré dans ses vaisseaux sanguins. Le coeur bat rapidement. Nageant dans sa bulle, il suce déjà son pouce. Il répond aux stimulations tactiles, quand son papa palpe doucement le ventre déjà arrondi de sa maman. Depuis quelques semaines il perçoit nettement les sons extérieurs. Ses minuscules oreilles bien formées sont comme continuellement aux aguets.

Les expériences psychophoniques par ultrasons ont montré comment, entre la seizième et la trente-deuxième semaine de gestation, l'enfant réagit aux différents sons par des mouvements de ses yeux, de ses petites paupières déjà formées. Dès le quatrième mois, ses oreilles fonctionnent. Vivant dans le liquide amniotique, il n'a pas besoin de coussin d'air dans le canal auditif protégeant le tambour, et l'eau est un meilleur conducteur du son que l'air. Il entend tout, et d'abord les battement sourds du coeur de sa mère. Il entend un bruit très fort dans l'utérus, qui est le son rythmé de la circulation du sang de sa mère, ainsi que les bruits des nerfs qui passent à travers son intestin. Mais il perçoit aussi tous les bruits extérieurs, comme le claquement d'une porte ou une musique très forte. Il y réagit. Bref, son monde phonique est déjà organisé.

À partir du septième mois, il entend les composantes des voix. Après seulement quelques jours suivant sa naissance, il saura déjà distinguer entre une langue étrangère et la langue maternelle déjà longuement entendue. Il y est donc familiarisé. Tant d'expériences scientifiques ont prouvé cette sensibilité de l'enfant aux différents sons: tel chef d'orchestre était étonné qu'il connaisse déjà comme telle une partition, et qu'il l'apprenne plus facilement que les autres; comme s'il rejoignait quelque chose en lui. Effectivement, il apprendra que sa mère, lorsqu'il était encore in sinu, lui chantait souvent ce morceau.

Surtout, à partir de ce sixième mois, l'enfant est sensible au contenu même des chants et musiques. Telle maman avoue avoir dû sortir d'une disco où elle aurait aimé rester, parce que son enfant en elle manifestait un rejet de cette musique violente. Le hard rock l'agite, une berceuse l'apaise. À ce stade, il commence déjà à mémoriser. Son inconscient trame tout ce qu'il entend, tout ce qui se passe autour de la mère.

Des scientifiques anglais ont montré qu'un enfant reconnaît mêmes des histoires lues par la maman. Un foetus de quatre à cinq mois sent parfaitement bien si la musique est pacifiante ou agressive. Il se relaxe en entendant du Vivaldi. Le génial Yehudi Menuhin a démontré qu'il était possible par la musique de faire en quelque sorte vibrer l'enfant encore non né. Par ailleurs, l'enfant est déjà ultrasensible à la lumière: si un spot trop intense est braqué sur l'abdomen de la maman, le battement de coeur de l'enfant s'accélère.

Dès le début du sixième mois, il commence à faire ses premiers mouvements bien perceptibles, ses premières déglutitions. Il est surtout actif la nuit, lorsque la mère est couchée. Ses poumons sont déjà formés, il commence à faire certains mouvements respiratoires.

    Beauté de la création... Splendeur de la vie humaine... Aujourd'hui, dans ce domaine, nous sommes des témoins privilégiés par rapport à toutes les générations qui nous ont précédés! Jamais auparavant on n'avait pu avoir une connaissance aussi précise de la vie de l'embryon et de son "cri silencieux". Je fais allusion ici au film, réalisé par le Dr Bernard Nathanson, ardent promoteur de la légalisation de l'avortement aux États-Unis, repenti en voyant l'échographie d'un avortement, et devenu dès lors un ardent apôtre de l'abolition de la légalisation de l'avortement.

    Dans l'épisode de la Visitation c'est aussi un cri silencieux, mais un cri de joie, celui de Jean, un embryon de six mois. Ensuite c'est le cri sonore d'Élisabeth, sa mère, qui "s'écria d'une voix forte" : "Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi? ... Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur."

    Comment Élisabeth a-t-elle pu entendre le cri silencieux de Jean? Parce que ce cri est accompagné d'un tressaillement sensible, d'une danse devant l'auteur de la vie porté par Marie, Arche de la Nouvelle Alliance, Tabernacle de la Vie, ostensoir de la Présence Réelle. Jean qui entend la salutation de Marie, Élisabeth qui perçoit le tressaillement de Jean: tout cela est confirmé aujourd'hui par la science et doit susciter notre émerveillement, notre respect devant la splendeur de la vie humaine avant la naissance.

    Mais au lieu de cela, on préfère se boucher les oreilles, se voiler la face. Alors que le foetus perçoit la lumière et entend les sons dès le sixième mois, les grands de ce monde (les adultes) refusent de voir la lumière, ne veulent pas entendre parler Dieu et de Dieu. Nathanson a été calomnié. La vérité de son film a été confirmée par la justice (le 25 février 1992). Rien n'y fait: le 28 décembre 1997 a été inauguré en France le premier "Mémorial du Milliard" (un milliard d'avortements selon les statistiques de l'ONU.) On compte environ 42 million d'avortements chaque année dans le monde !!!

    L'avortement est-il, oui ou non, « un crime abominable » ? Si oui, nous devons le dire. Et il faut aller plus loin, il faut le montrer. L'avortement n'est pas une simple disparition, c'est un meurtre, nous disait Jean-Paul II. Alors il faut le montrer. Le choc des photos est aussi important que le poids des mots.

    Avez-vous remarqué qu'au cours des débats sur l'avortement à la télévision, on n'aperçoit que des adultes et des enfants? Ceux dont il s'agit, les embryons, sont les grands absents de ces émissions alors qu'elles portent essentiellement sur le sort qui leur est réservé.

On ne les présente jamais :
 
* ni dans les états successifs de leur développement,

* ni dans leur état de victime,

* ni dans leur combat pour sauvegarder leur existence.

Or, ici encore moins qu'ailleurs, on ne peut faire l'économie des images.
 
* Fait-on l'économie des images dans les reportages sur les camps d'extermination nazis, alors que ce sont des images à peine soutenables?

* Fait-on l'économie des images dans la présentation de certains accidents de la route quand on veut justement prévenir les conducteurs pour éviter de pareilles catastrophes? Pourtant la sécurité de la vie en ses débuts vaut bien la sécurité routière.

* Fait-on cette économie des images lorsqu'on veut mettre en garde la jeunesse contre l'usage de la drogue en montrant l'état de déchéance où elle conduit?

    Après avoir vu « Le Cri Silencieux » du Dr Nathanson, Jean - Paul II a dit: "J'ai eu l'occasion de voir un tel film et aujourd'hui encore je ne puis me libérer de son souvenir. Je ne puis m'en libérer. Il est difficile d'imaginer ce drame horrible avec toute son éloquence morale et humaine" (4 juin 1991).

    Il ne s'agit pas de condamner qui que ce soit. Dieu seul est juge, mais il s'agit de dénoncer un scandale qu'un silence et des omissions coupables tendent à banaliser. Des femmes de 20 à 30 ans, après avoir subi l'avortement, ont déclaré « avoir été dupées » sur sa nature. On leur a fait croire qu'il s'agissait de l'ablation d'une tumeur bénigne. On peut et on doit militer pour le respect de la vie, sans pour autant être taxé d'agressivité ou de manichéisme. On ne peut pas, on ne doit pas taire l'enseignement moral de l'Église, à condition, bien sûr, d'accepter de se reconnaître soi-même pécheur et jugé par cette vérité. Les saints ont cette humilité : « Seigneur, méfie-toi de Philippe, disait Philippe Neri, ce soir même il pourrait être musulman". Nous pouvons dire, nous aussi: Seigneur, méfie-toi de moi. Je pourrais moi-même être tenté d'avorter, ou de pousser quelqu'un (ma fille, ma maîtresse...) à avorter.

    Une récente initiative (voir article précédent) invite tous les prêtres de France à sonner le glas le 28 décembre, fête des saints Innocents, à 18h00, avant ou après l'Angelus. Elle demande aussi à tous les fidèles d'inviter leurs prêtres à le faire. Portons ce geste symbolique, mais siginificatif, cherchant à sensibiliser une opinion publique à la peau d'éléphant, dans notre prière, et, à l'occasion de Noël, donnons du poids à notre prière en allégeant notre porte-monnaie au bénéfice de telle ou telle oeuvre qui se consacre à l'aide des mamans en détresse. Sauver une vie, cela n'a pas de prix! Vous direz peut-être que ça ne va rien changer. Le pire serait qu'un jour on puisse nous reprocher de n'avoir rien fait. Une chose est certaine : avec nous ou sans nous, la Lumière vaincra les ténèbres!
 

Jésus a sauvé le monde par son obéissance - Homélie 4 Avent C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
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Jésus est venu pour être notre paix, comme nous l’apprend la première lecture. Le contraire de la paix, c’est la guerre. Ainsi, si Jésus est venu pour être notre paix, il a dû y avoir une sorte de guerre qui a été arrêtée. Laquelle ? La rébellion de la race humaine contre Dieu. A l’aube de l’histoire, le démon tenta nos premiers parents d’essayer d’arriver au Bonheur, non pas en suivant les commandements de Dieu et en vivant en amitié avec lui, mais en désobéissant à ses commandements et en se rebellant contre lui. C’est ainsi qu’ils ont mangé du "fruit défendu". Et dès ce moment-là, ce monde, que Dieu avait créé dans l’harmonie, est devenu un champ de bataille entre le bien et le mal.

 

Dieu est notre créateur, nous sommes faits à son image et à sa ressemblance. Quand nous nous rebellons contre lui – et tout péché est une rébellion contre Dieu – nous sommes comme un poisson contre l’eau, ou comme la terre qui se rebelle contre le soleil : c’est marcher sur la voie de l’autodestruction. Dès lors, l’instant où la famille humaine s’est coupée de l’amitié avec Dieu, elle est dans une situation périlleuse. Personne n’était en mesure d’en réparer les dégâts, pas plus qu’un enfant ne pourrait recoller les morceaux d’une vitrine qu’il a fait voler en éclats. Nous avions besoin d’un Sauveur, quelqu’un qui était à la fois homme, comme nous-mêmes, et Dieu, avec la puissance pour reconstruire notre relation avec Dieu.

 

Ce Sauveur, c’est Jésus. Et il a accompli notre rédemption, notre salut, la réparation des dommages causés par nos péchés, par son obéissance à la volonté du Père. Là où Adam s’était rebellé contre les commandements de Dieu, Jésus, par amour pour nous, a obéi jusqu’à la fin sur la croix. C’est la signification de la phrase mystérieuse de la deuxième lecture de ce jour :

 

« Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté ».

 

Il est notre paix, car c’est lui qui a mis fin à notre rébellion.

 

L’obéissance n’est pas une valeur très estimée dans la culture populaire contemporaine. Dans la mentalité moderne, démocratique, individualiste, l’obéissance est considérée comme suspecte. Nous pensons que c’est une insulte à la créativité humaine. C’est comme si nous n’étions pas capables de nous débrouiller par nous-mêmes. Pourtant, l’obéissance du Christ n’est pas suspecte. Ce n’est pas une obéissance aveugle, c’est l’obéissance de l’amour et de la sagesse. C’est l’obéissance qui consiste à ne pas résister à la nature des choses.

 

Voici comment nous devrions raisonner… Quand un homme de sciences veut trouver le remède à une maladie, ou envoyer une navette spatiale vers Jupiter, ou encore découvrir une nouvelle source d’énergie, quelle est la première chose qu’il doit faire ? La première chose qu’il doit faire, c’est d’essayer de comprendre les lois de la biologie, de la physique, de la thermodynamique.

 

L’obéissance à des lois n’inhibe pas la liberté d’un homme de science pour développer son potentiel ; c’est ce qui, en fait, rend possible cette liberté. De même, l’obéissance du Christ à la volonté du Père, ne rabaisse pas notre nature humaine, elle la répare.

 

Et quand nous prenons l’obéissance du Christ comme modèle et comme guide, nous faisons l’expérience de cette réparation dans notre cœur.

 

L’obéissance du Christ est comme l’anticorps au virus spirituel du péché. Ce virus a infecté tout le monde, mais au lieu de causer une fièvre physique, il cause une fièvre spirituelle : angoisses, conflits intérieurs, comportements autodestructrices, injustice, dépressions, craintes de toute sorte.

 

Notre foi en Jésus Christ, si elle est authentique et saine, est antipyrétique (ce qui fait tomber la fièvre), car elle permet à son obéissance de couler dans nos veines spirituelles, nous apportant la paix, l’espérance et le courage.

 

C’est ce qu’avait bien compris le Bienheureux Jean XXIII. C’est la raison pour laquelle il a choisi comme devise "Obedientia et pax", obéissance et paix. Nous ne pouvons pas avoir la paix sans obéissance. C’est ce que nous enseigne Jésus en vivant selon sa devise à lui :

 

« Me voici, je suis venu pour faire ta volonté ».

 

Durant cette Messe, le Christ va rendre présent, une fois de plus, son acte sauveur d’obéissance, son “oui" définitif à la volonté du Père. Si, au lieu de nous rebeller, nous permettons à ce "oui" de faire écho dans notre propre cœur tout au long de la semaine qui commence, nous ferons aussi l’expérience de la paix intérieure qui est le fruit de l’obéissance à Dieu. Cette semaine, à l’approche de Noël, nous rencontrerons tous au moins deux situations qui mettront cette obéissance à l’épreuve, dans lesquelles nous serons tentés de désobéir au commandement de Dieu d’aimer notre prochain comme nous-mêmes.

 

D’abord, nous aurons l’occasion de rencontrer des membres de nos familles avec lesquels nous avons été en conflit, avec qui il y a eu des étincelles, qui nous ont blessés par le passé. Noël est une époque où les familles se rassemblent. C’est une belle tradition, mais il y a des écueils. Prenons la décision, aujourd’hui, au cours de cette Eucharistie, de nous tourner vers Jésus, chaque fois que nous risquons de nous emporter, pour que nous puissions activer sa grâce, lui permettre de faire écho à son "oui" dans nos cœurs, même si cela nous cloue à la croix.

 

Ensuite, il y aura le défi de l’activisme. Nous serons tous très occupés durant ces jours, et il nous sera difficile de trouver du temps pour être seul à seul, en silence, avec Dieu. Mais si nous ne sommes pas décidés en priorité à trouver au moins cinq ou dix minutes pour cela, comment Dieu pourra-t-il faire couler sa grâce en nos cœurs ? L’excitation de cette période de l’année peut ou bien nous épuiser, ou bien nous ragaillardir, nous rendre joyeux. Si nous essayons de passer ces jours en nous appuyant sur nos ressources uniquement, nous serons épuisés. Mais si nous restons proches de Dieu, en renouvelant notre oui à lui en passant du temps avec lui tous les jours, en exploitant sa grâce, nous serons ragaillardis.

Lectures 4° dimanche de l'Avent C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Le Messie viendra de Bethléem (Mi 5, 1-4)

 
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Lecture du livre de Michée

Parole du Seigneur :
Toi, Bethléem Ephrata,le plus petit des clans de Juda, c'est de toi que je ferai sortir celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, à l'aube des siècles.
Après un temps de délaissement, viendra un jour où enfantera celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les enfants d'Israël.
Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom de son Dieu. Ils vivront en sécurité, car désormaissa puissance s'étendra jusqu'aux extrémités de la terre, et lui-même, il sera la paix !
 
 



 

Psaume : Ps 79, 2.3bc, 15-16a, 18-19

 

R/ Dieu, fais-nous revenir ; que ton visage s'éclaire, et nous serons sauvés !

 

Berger d'Israël, écoute,
toi qui conduis ton troupeau, resplendis !
Réveille ta vaillance
et viens nous sauver.

Dieu de l'univers, reviens !
Deu haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu'a plantée ta main puissante.

Que ta main soutienne ton protégé,
le fils de l'homme qui te doit sa force.
Jamais plus nous n'irons loin de toi :
fais-nous vivre et invoquer ton nom !

 

 



 

2ème lecture : « Je suis venu pour faire ta volonté » (He 10, 5-10)

 

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
en entrant dans le monde, le Christ dit, d'après le Psaume : Tu n'as pas voulu de sacrifices ni d'offrandes, mais tu m'as fait un corps.
Tu n'as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour le péché ;
alors, je t'ai dit : Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté,c ar c'est bien de moi que parle l'Écriture.
Le Christ commence donc par dire : Tu n'as pas voulu ni accepté les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les expiations pour le péché que la Loi prescrit d'offrir.
Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime l'ancien culte pour établir le nouveau.
Et c'est par cette volonté de Dieu que nous sommes sanctifiés, grâce à l'offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.
 
 


 

Evangile : La Visitation (Lc 1, 39-45)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Chante et réjouis-toi, Vierge Marie : celui que l'univers ne peut contenir demeure en toi. Alléluia. (cf. So 3, 14.17)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
 
 


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SÃO JOÃO BAPTISTA, SERVIDOR DA VOSSA ALEGRIA ( Lc, 3, 10-18)

Walter Covens #homilias em português
3 avent c 1lecbis
O Cardeal Ratzinger publicou no ano de 1988 um opúsculo sobre a espiritualidade sacerdotal. Deu-lhe o título de « Diener eurer Freude », « Servidores da vossa alegria, meditações sobre a espiritualidade sacerdotal ». « O fio condutor  destas meditações, escreve, é a alegria que vem do Evangelho. Por isso espero que esse opúsculo possa contribuir um pouco ao ‘serviço da alegria’, e asdim responder ao sentido profundo da espiritualidade sacerdotal ». Espontaneamente, cada vez que ouvimos falar em alegria, até no sentido biíblico, não pensamos logo em João Baptista. Entre as duas primeiras leituras e o Cântico de Isaias, e o Evangelho, que relação ? No entanto, João Baptista disse assim : « O esposo é aquele a quem pertence a esposa ; quanto ao amigo do esposo, está cá, ouve a voz do esposo e fica muito alegre. Essa é a minha alegria, e estou muito satisfeito ». (Jn 3, 29). S.Lucas mostra-no-lo vibrante de alegria enquanto está no seio da sua mãe (1, 44)


Hoje é o Domingo da alegria (« Gaudete »). Mais uma vez encontramos a figura de João Baptista que S.Lucas sublinha particularmente ao mostrar ao mesmo tempo a sua grandeza e a sua inferioridade, ou melhor, a sua subordinação a Jesus. A grandeza de João é precisamente não fazer sentido, a não ser em relação ao Messias cuja vinda há-de preparar. No Domingo passado, com João Paulo II, tivemos a oportunidade de olhar para ele, como sendo o modelo dos catequistas. Por altura do grande Jubileu do ano 2000, dizia-lhes :

« Na pessoa de João Baptista, encontrais hoje os sinais fundamentais do vosso serviço eclesial. Em frente dele, ficais animados a efectuar uma verificação da missão que a Igreja vos confia ». Quem é João Baptista ? Antes de mais nada, é um crente empenhado pessoalmente num caminho espiritual exigente, feito duma escuta atenta e constante da Palavra de salvação . Além disso, é testemunha dum estilo de vida desprendido et pobre ; mostra uma grande coragem ao proclamar a todos a vontade de Deus, até às consequências mais extremas. Não caí na tentação fácil de desempenhar um papel de primeira, mas humilia-se para exaltar Jesus.

Hoje, João Baptista apresenta-se como modelo dos Apóstolos e dos Mensageiros que o Senhor manda « por grupos de dois diante dele por todas as vilas e localidades aonde ele próprio queria ir » (Lc, 10, 1). Os Apóstolos são doze, os enviados do capítulo 10 de S. Lucas são setenta e dois . Portanto, João é só e único, o primeiro duma multidão. É o mestre da sua aprendizagem. Ao mandar os Doze, e depois os Setenta e dois, é como se Jesus lhes dizesse :

« Agora, é a vossa vez de fazer como fez João Baptista para mim ! João formou-vos, caros João e André ! Agora, fazei como ele fez. Ele já está no céu ; agora sois os sucessores dele, sois a continuação dele. Sereis vós também os meus pequenos precursores. O que foi João, vós o sereis por vossa vez ! » (Padre Daniel-Ange)


Os Apóstolos repetiram isso àqueles que escolheram para continuar a missão recebida. Tito, Timóteu e os demais. Se os Apóstolos são o « tipo » do pregador, João é o « protótipo ».

Para nos limitar ao trecho do evangelho que acabamos de ouvir, eis os pontos essenciais da pregação de João Baptista, que são de salientar.

Em primeiro, João é um pregador universal. A missão dele vale para todos os tempos e todos os países. Ele fala para todos, não só para uma categoria de pessoas. S.Lucas mostra bem isso ao enumerar os vários grupos de pessoas que fazem sempre a mesma pergunta : » O que é que devemos fazer ? » (cf. Ac 2, 37 : é a mesma pergunta que será provocada pela pregação de Pedro, no dia de Pentecostes, quando está reunida uma multidão vinda de todo o Império). Há em primeiro « as multidões » sem precisão, a gente do povo ; a seguir, os « publicanos », empregados dos impostos, odiados pelo povo, mais do que os fiscais de hoje, uma vez que colaboravam com os « ocupantes romanos » ; afinal, os soldados, pouco amados também, pois a profissão deles era interdita aos Judeus, (talvez eram mecenarios pagãos, ao serviço de Herodes Anttipas). É verdade, « qualquer homem verá a salvação de Deus » (v. 6) !

A pregação de João atravessa os séculos e as fronteiras. Não tem nada de comum com a espiritualidade dos « Essénios » (= os « filhos da Luz »-, uma seita que se julgava a fina-flor da espiritualidade do tempo e que tinha fugido o « mundo mau », proclamando que só eles haviam-de ser salvos. Nada a ver também com os « fariseus » (= « os separados») que, apesar de não irem para o deserto, viviam num desprezo total para com aquela « escória » de pecadores. João só foi para o deserto afim de melhor se preparar para ir aos pecadores de toda a espécie.

É de notar também que João, apesar de viver como um asceta rigoroso, não começa por impor exigências muito severas aos que vêm a ele. Não lhes pede para comer como ele, nem para se vestir como ele. Mas, por outro lado, não gostava de mediocridade. Não ! Não julga a moral como coisa de pouca importância, especialmente no que diz respeito ao dinheiro, o « nervo da guerra ». Notastes como, na sua resposta à pergunta « O que é que devemos fazer ? » só fala no uso correcto da riqueza (v. 10-1111) e no perigo de se tornar rico injustamente (v. 12-13 ; 14) ?

Pelo contrário, não pede para mudar de profissão, nem aos publicanos sequer, nem aos soldados. S.Lucas não fala aqui nas prostitutas que não aparecem… Aos « pornocratas » de hoje, João teria ,com certeza, respondido outra coisa !  Além disso, que teria dito a todos quantos olham o dinheiro como seu deus, sacrificando tudo afim de obter lugares « imortantes » e obter promoções profissionais, ao preço de muitos sacrificios, incluido o tempo devido a Deus (por exemplo, a missa dominical) bem como à sua família ?

Coisa importante para o nosso tempo : a sua moral não é só uma moral individual (ou individualista). A pregação dele dirige-se a grupos de pessoas , à profissões, ao Povo de Deus na sua totalidade, à sociedade toda. A conversão exigida não é só  a das pessoas na sua individualidade. Tem uma dimensão social.

O ecrã entre o homem e Deus, escreve o cardeal Daniélou, não é só a má vontade individual ; é também ume espécie se « sedimentarização » sociológica constituida por um conjunto de costumes e de compromissos, tanto mais difícil de conhecer que tem um carácter colectivo.

« Toda a gente faz assim »… Desculpa bonita ! A palavra de João, hoje, se dirige por exemplo aos polícias, aos guardas-republicanos, aos militares, bem como aos « pequenos » e grandes roubos, aos juizes e aos advogados, aos sindicalistas como aos empresários. Dirige-se à multidão dos cristãos que vivem na tibieza. Dirige-se também à totalidade da sociedade que, aos poucos, se tem « mediocrizada », a todos quantos, na Martínica e noutros lugares, adoptaram como palavra de ordem : « Débouya pa péché » (o que quer dizer na lingua da Martínica : « O desembaraçar-se não é pecado »), mediante algumas excepções por um lado, um compromisso por outro lado, com algumas pequenas cobardias… e generosidades do mesmo tamanho. Mas quando se trata de prestar serviço, de assumir uma responsabilidade para o bem comum, de responder a uma chamada ao socorro, então, de repente, já não se « desembaraçam », mas encontram, isso sim, muitas desculpas para fugir…

João faz uma chamada que soa como que um grito de alarme ao ver aquela multidão enorme que não espera por isso e se arrasta na sua existência medíocre no momento em que vai ter que se encontrar frente ao esplendor deslumbrante, maravilhoso, ardente da Glória (Daniélou).

João não impõe nada, não tem medo de propor. Não obriga, mas desperta ímpetos de conversão. Consegue encontrar falhas no muro de betão armado que nós elevamos para nos tornar impermeáveis às propostas do Amor misericordioso do Cordeiro. Não desanima diante do revés e da adversidade. Não tem medo de desagradar, pois não quer agradar. Continua correndo até ao fim. A sua pregação é suave e violenta ao mesmo tempo. A sua cólera só é o outro lado do amor. Desaparece diante de Cristo, mas a humildade dele não o impede de falar com autoridade.

Assim, João há-de denunciar sem cessar a vinda do Inimigo, o mal presente. Mas sempre e só com o fim de anunciar, de proclamar, de testemunhar.

Hoje, mais do que nunca, neste princípio do milenário, os profetas precisam dessa coragem, para diagnosticar o mal, dar nome ao erro, avisar do perigo, estigmatizar o inimigo, descobrir os seus ataques e afastar os seus estratagemas. Isso faz parte do papel de « araúto de verdade » no qual João é o nosso Mestre.

A Misericórdia não se terá batido de mãos nuas contra o Ódio, para arrancar os seus filhos às garras dele ?
Hoje mais do que nunca temos que gritar para salvar as crianças e os jovens de todo aquilo que os destroí, os perverte, os mata….. Caso contrário ficaremos com sangue nas mãos. (Pe Daniel-Ange)

João-Baptista, servidor da nossa alegria ? Sim, mas não duma alegria fácil, da alegria de Deus. É mesmo a alegria da Encarnação redentora. Peçamos aquela graça ao Senhor por intercessão de João-Baptista, e rezemos para que os pregadores do Evangelho sejam, como ele, ao serviço da verdadeira alegria de todo o povo : « Dirige a nossa alegria para a alegria dum Mistério tão grande … » (oração da abertura da missa).

Le message de Jean Baptiste, serviteur de notre joie - Homélie 3° dimanche de l'Avent C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Jean Baptiste est dépeint comme un prédicateur au caractère colérique, qui faisait peur aux gens pour les amener au repentir. C’est une caricature !

Jean Baptiste est dépeint comme un prédicateur au caractère colérique, qui faisait peur aux gens pour les amener au repentir. C’est une caricature !

Une fois de plus aujourd’hui, comme c’est fréquemment le cas au cours de l’Avent, saint Jean Baptiste est sous les feux de la rampe. Souvent, par exemple dans les tableaux et les films, Jean Baptiste est dépeint comme un prédicateur au caractère colérique, qui faisait peur aux gens pour les amener au repentir. C’est une caricature ! Tout d’abord cette conception n’explique pas comment il a été capable d’attirer à lui des foules si nombreuses et de gagner tant de cœurs. Et ensuite, cette conception passe à côté de l’essentiel de son message qui est que le salut est tout proche, sur le point de se réaliser. C’est exactement à l’opposé d’un message prétendument noir, pessimiste, menaçant.

 

En fait, pour peu que nous voulions bien comprendre et l'admettre, le message de Jean est source d’une joie bien plus profonde que n’importe quelle autre joie que nous pourrions expérimenter dans notre vie. C’est cela que la célébration liturgique de ce troisième dimanche de l’Avent voudrait nous aider à comprendre et à vivre. Ce dimanche est appelé "dimanche Gaudete", le dimanche de la réjouissance. Le mot "joie" et ses dérivés ainsi que ses synonymes (allégresse) se trouvent douze fois dans les lectures de ce jour.

 

Jésus n’est pas venu pour nous intimider et nous opprimer ; il est venu pour nous sauver, pour nous apporter le salut, l’amitié avec Dieu, la plénitude et la sécurité de la vie en communion avec lui, notre Créateur et notre Rédempteur, pour nous rassembler dans les "greniers" de son Royaume éternel… Voilà le message de Noël, le message que nous méditons tout au long de ce temps de l’Avent.

 

Dans la deuxième lecture de ce jour, saint Paul nous commande d’être « toujours dans la joie du Seigneur ». Et au cas où nous serions tentés de croire qu’il exagère, aussitôt après, il dit :

« Laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie ».

 

Nous ne pouvons être toujours dans la joie du Seigneur si notre joie est fondée sur les plaisirs éphémères de ce monde. Sur quoi alors la baser ? Le salut, l’amitié avec Dieu, quelque chose qui ne passe pas, et que personne ne peut nous enlever. C’est la source de la joie chrétienne, et c’est cette joie que Jésus nous apporte.

 

La joie de notre Seigneur et Sauveur diffère des joies du monde de trois manières.

 

D’abord elle ne passe pas. La raison en est qu’elle provient d’une réalité vivante : notre relation avec le Christ. L’arbre de Noël est un arbre toujours vert. Pendant l’hiver en Europe et ailleurs, tous les autres arbres perdent leurs feuilles et entrent "en sommeil". Pas le sapin ! La verdure du sapin symbolise l’espérance au cœur de l’hiver avec ses journées froides et privées de lumière.

 

Ensuite, la joie du Christ s’intensifie au fur et à mesure que nous avançons dans notre pèlerinage de foi. C’est la raison pour laquelle la couleur liturgique de ce jour est normalement le rose. Le rose rappelle la couleur du ciel au petit matin, au moment où le soleil se lève. Pour les chrétiens fidèles, la vie est comme une longue aurore, et la mort l’entrée dans la splendeur de la lumière éternelle.

 

Enfin, plus nous donnons de la joie aux autres, plus nous serons nous-mêmes dans la joie. D’où la coutume d’échanger des cadeaux de Noël. Jésus lui-même nous assure qu’il y « plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20, 35). Nous avons tous pu en faire l’expérience : même si cela nous coûte et nous demande des sacrifices, nous éprouvons alors une grande joie. Mais lorsqu’au contraire, nous cédons à nos tendances égoïstes, nous devenons tout ratatinés, comme Ebenezer Scrooge, le personnage principal du roman de Charles Dickens, roman qui est devenu un des comtes de Noël les plus connus (A Christmas Carol), ainsi que l’un des personnages les plus célèbres de l’univers de Donald Duck, Balthazar Picsou (Scrooge McDuck en anglais). C’est ce même personnage qui a été adapté plusieurs fois au cinéma, et encore dans le film Le Drôle de Noël de Scrooge

 

C’est à une autre expérience que la liturgie de la nuit de Noël nous invite. En transmettant la lumière, en aidant les autres à allumer leur cierge à l’aide de la flamme de la nôtre, nous ne perdons rien ; au contraire, nous gagnons davantage de lumière et de chaleur que si nous avions gardé notre flamme pour nous-mêmes.

 

Voilà la joie que Jésus veut nous apporter : une joie qui demeure, qui grandit, qui se multiplie et qui vient de l’acceptation de Celui que le Père nous donne comme Sauveur.

 

Si l’amitié avec Jésus Christ est source de joie éternelle, alors plus cette amitié s’approfondit et mûrit, et plus nous ferons l’expérience de la joie éternelle. Les meilleurs auteurs spirituels de l’Eglise catholique sont tous d’accord pour dire que cette joie dépend de trois choses : connaître, aimer et imiter Jésus Christ. Le fait que nous soyons ici aujourd’hui montre que, du moins dans une certaine mesure, nous connaissons et nous aimons Jésus. Mais est-ce que nous l’imitons ? Si quelqu’un nous suivait avec une caméra vidéo depuis le moment où nous quittons l’église jusqu’au moment où nous revenons dimanche prochain, quel genre de comportements pourrait-il enregistrer ? Notre vie quotidienne serait-elle un fidèle reflet de l’honnêteté, de l’intégrité, de la pureté de Jésus, des sacrifices auxquels Jésus a consenti pour pouvoir nous aimer ? Le Temps de l’Avent dure encore deux semaines. Faisons en sorte de mieux imiter Jésus pendant les deux semaines à venir que durant les semaines précédentes.

 

Je crois que nous savons tous comment il faut nous y prendre. D’abord, il nous faut commencer chaque jour par la prière, car sans l’aide de Dieu, nous ne pouvons rien faire. Ensuite nous devons faire un sérieux effort pour traiter notre prochain comme nous voudrions qu’il nous traite : d’abord les membres de notre famille, ensuite les amis, les collègues, les étrangers… Nous ne voudrions pas qu’ils nous critiquent et nous calomnient dès que nous avons le dos tourné. Nous ne voudrions pas qu’ils fassent semblant de ne pas voir nos besoins et nos difficultés. Nous ne voudrions pas qu’ils nourrissent de la haine et du ressentiment à notre égard, même si nous le méritons.

 

Si nous essayons de connaître, d’aimer et d’imiter le Christ chaque jour un peu plus, notre amitié avec lui ne se refroidirait jamais, et, peu à peu, notre vie deviendra une vraie fontaine de joie chrétienne.

Gaudete. Saint Jean Baptiste, serviteur de notre joie - Homélie pour le 3° dimanche de l'Avent C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Le cardinal Ratzinger a publié en 1988 un petit livre sur la spiritualité sacerdotale. Il l'a intitulé: "Diener eurer Freude", "Serviteurs de votre joie, méditations sur la spiritualité sacerdotale1. "Le fil conducteur de ces méditations, écrit-il lui-même, c'est la joie qui vient de l'Évangile. Aussi ai-je l'espoir que cet opuscule pourra contribuer quelque peu au 'service de la joie', et ainsi répondre au sens profond de la spiritualité sacerdotale".

    Spontanément, quand on entend parler de joie, même au sens biblique, on ne pense pas tout de suite à Jean-Baptiste. Entre les deux premières lectures (et le Cantique d'Isaïe), et l'Évangile, quel rapport ? Et pourtant, Jean-Baptiste a dit de lui-même: "L'époux, c'est celui à qui l'épouse appartient ; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il entend la voix de l'époux, et il en est tout joyeux. C'est ma joie, et j'en suis comblé." (Jn 3, 29) Saint Luc nous le montre tressaillant de joie alors qu'il est encore dans le sein de sa mère (1, 44).

    C'est aujourd'hui le dimanche de la joie (Gaudete). Nous retrouvons la figure de Jean-Baptiste que saint Luc met particulièrement en lumière en montrant à la fois sa grandeur et son infériorité, ou mieux, sa relativité par rapport à Jésus. La grandeur de Jean c'est précisément de n'avoir aucun sens, sinon par rapport au Messie, dont il prépare la venue. Dimanche dernier, avec saint Jean-Paul II, nous avons eu l'occasion de le regarder comme modèle des catéchistes. Lors du Grand Jubilé de l'an 2000, il leur disait:
 
Dans la personne du Baptiste, vous retrouvez aujourd'hui les traits fondamentaux de votre service ecclésial. En vous confrontant à lui, vous êtes encouragés à effectuer un contrôle de la mission que l'Eglise vous confie. Qui est Jean-Baptiste? Il est tout d'abord un croyant engagé en première personne sur un chemin spirituel exigeant, fait d'une écoute attentive et constante de la Parole de salut. En outre, il témoigne d'un style de vie détaché et pauvre; il démontre un grand courage en proclamant à tous la volonté de Dieu, jusqu'aux conséquences les plus extrêmes. Il ne cède pas à la tentation facile de jouer un rôle de premier plan, mais avec humilité, il s'abaisse pour exalter Jésus.

    Aujourd'hui le Baptiste se présente comme modèle des Apôtres et des messagers que le Seigneur envoie "deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller" (Lc 10, 1). Les Apôtres sont douze, les envoyés du chapitre 10 de saint Luc sont soixante-douze. Jean, lui, est seul et donc unique, le premier d'une multitude. Il est leur maître d'apprentissage. En envoyant les Douze, puis les Soixante-Douze, c'est comme si Jésus leur disait:
 
"Maintenant à votre tour de faire comme Jean-Baptiste a fait pour moi! Jean vous a formés tous les deux, cher Jean, cher André! Et maintenant, faites comme lui. Lui est déjà au ciel; Maintenant vous le relayez, vous êtes sa relève. Vous serez aussi mes petits précurseurs. Ce que Jean a été, vous le serez à votre tour!" (Père Daniel-Ange)

    Les apôtres ont répété cela à leur tour à ceux qu'ils ont désignés pour continuer la mission reçue: Tite, Timothée et les autres. Si les Apôtres sont le "type" même du prédicateur, Jean en est le "prototype". Jean-Baptiste est en quelque sorte le "serviteur des serviteurs de votre joie"!

    Pour nous en tenir au passage de l'évangile que nous venons d'entendre, voici les traits essentiels de sa prédication qui s'en dégagent.

    D'abord, Jean est un prédicateur universel. Sa mission vaut pour tous les temps et pour tous les pays. Il prêche pour tout le monde, pas seulement pour une catégorie de personnes. Saint Luc nous le fait remarquer en faisant état des différents groupes de gens qui lui posent toujours la même question: "Que devons-nous faire?" (Cf. Ac 2, 37: c'est la même question qui sera suscitée par la prédication de Pierre, le jour de la Pentecôte, où était rassemblée une foule venant de tout l'Empire.) Il y a là d'abord "les foules" sans autre précision, le "tout-venant"; ensuite "des publicains", des agents du fisc très mal vus par le peuple, plus que les contrôleurs des impôts d'aujourd'hui, puisqu'ils collaboraient avec l'occupation romaine; et enfin "des soldats", pas très populaires non plus, car ils exerçaient une profession interdite aux Juifs, et étaient probablement des mercenaires païens, au service d'Hérode Antipas. Oui, vraiment, "tout homme verra le salut de Dieu" (v. 6) !

    La prédication de Jean traverse et les siècles et les frontières. Rien à voir avec la spiritualité des Esséniens (les "fils de la lumière"), une secte qui se prenait pour l'élite spirituelle de l'époque et qui avait fui "le monde mauvais" en proclamant qu'eux seuls seraient sauvés. Rien à voir non plus avec les pharisiens ("les séparés") qui, sans se retirer dans le désert, vivaient dans un mépris souverain de toute cette "racaille" de pécheurs, qu'ils évitaient comme la peste. Jean, lui, n'est allé dans le désert que pour mieux se préparer à aller vers les pécheurs de tout bord.

    Remarquez aussi que Jean, qui vivait dans une ascèse plutôt rigoureuse, ne commence pas par imposer des exigences exorbitantes à ceux qui viennent vers lui. Il ne leur demande ni de suivre son régime alimentaire, ni d'adopter son mode vestimentaire. (Il ne leur donne pas non plus des tas de prières à réciter...) Mais se contenter de médiocrité, ce n'était pas son genre non plus. Non ! Il ne prend pas la morale à la légère, notamment dans le domaine de l'argent, le "nerf de la guerre". Avez-vous remarqué que dans ses réponses à la question "Que devons-nous faire?", il ne parle que du bon usage de la richesse (v. 10-11) et du danger de l'acquérir de manière injuste (v. 12-13; 14).

    Aux publicains et aux soldats, il ne demande pas de changer de profession. Saint Luc ne mentionne pas ici les prostituées, qui, elles, ne sont pas dans le même cas de figure... Aux pornocrates d'aujourd'hui Jean aurait certainement répondu autre chose ! Mais qu'aurait-il dit à tous ceux qui, aujourd'hui, font de l'argent leur dieu, en sacrifiant tout pour pouvoir faire carrière et avoir des promotions professionnelles, au prix de multiples sacrifices, y compris du temps consacré à Dieu (par exemple la messe du dimanche) et à leur famille? Qu'aurait-il dit aux politiques candidats aux élections? Et à ceux qui, de près ou de loin, se rendent complices d'avortements, de fécondation in vitro, d'euthanasie?

    Chose importante pour aujourd'hui : sa morale n'est pas seulement une morale individuelle (ou individualiste). Sa prédication s'adresse à des groupes de personnes, à des corps de métier, au Peuple de Dieu dans son ensemble, à la société tout entière. La conversion demandée n'est pas seulement celle des personnes prises individuellement. Elle a une dimension sociale.
 
L'écran entre l'homme et Dieu, écrit le cardinal Daniélou, n'est pas seulement la mauvaise volonté individuelle. C'est aussi cette sorte de sédimentarisation sociologique constituée d'un ensemble d'habitudes et de compromis, et qui est d'autant plus difficile à percer qu'elle a un caractère collectif.

    "Tout le monde fait comme ça..." Ah la belle excuse ! La spiritualité du plus petit dénominateur commun, où tout le monde se cache derrière tout le monde... Jean, lui, prévient que Jésus "tient dans sa main la pelle à vanner pour nettoyer son aire de blé". Il ne manquera pas de faire la distinction entre le grain et la paille.

    La parole de Jean aujourd'hui s'adresse par exemple aux policiers, aux gendarmes, aux militaires, comme aux auteurs de "petits" et de grands larcins, aux juges comme aux avocats, aux syndicalistes autant qu'aux chefs d'entreprise. Elle s'adresse à la multitude des chrétiens vivant dans la tiédeur. Elle s'adresse aussi à l'ensemble de la société qui s'est peu à peu "médiocrisée", à tous ceux, à la Martinique ou ailleurs, qui ont adopté comme devise : "Débouya pa péché" (la débrouillardise n'est pas un défaut), avec quelques entorses par ci, une compromission par là, avec des petites lâchetés ... et des générosités de la même taille. Mais quand il s'agit de rendre un service, d'assumer une responsabilité pour le bien commun, dans l'Église et dans le monde, de répondre à un appel au secours, là, subitement, on ne se "débrouille" plus, sinon pour trouver toutes sortes d'excuses pour se défiler.
 
Jean lance un appel qui retentit comme un cri d'alarme en voyant cette immense foule qui ne s'y attend pas et se traîne dans sa médiocre existence au moment d'être affrontée à l'éclat éblouissant, ravissant, dévorant de la Gloire (Daniélou).

    Jean n'impose rien, mais il n'a pas peur de proposer. Il ne force pas la main, mais il suscite des élans de conversion. Il arrive à trouver des failles dans le mur de béton armé que nous érigeons pour nous rendre imperméables aux avances de l'Amour miséricordieux de l'Agneau. Il ne se décourage pas pour autant devant les échecs et les adversités. Il n'a pas peur de déplaire, car il ne cherche pas à plaire. Il continue sa course jusqu'au bout. Sa prédication est douce et violente à la fois. Sa colère n'est que l'envers de l'amour. Il s'efface tout entier devant le Christ, mais son humilité ne l'empêche pas de parler avec autorité.
 
Ainsi, Jean va dénoncer sans relâche la venue de l'Ennemi, dénoncer le mal à l'œuvre. Mais toujours et uniquement en vue d'annoncer, de proclamer, d'attester.
Aujourd'hui, plus que jamais, en ce début du millénaire, il faut aux prophètes ce courage d'oser diagnostiquer le mal, nommer l'erreur, avertir du danger, stigmatiser l'ennemi, repérer ses attaques et déjouer ses stratagèmes. Cela fait partie intégrante de ce rôle de crieur de vérité où Jean est notre maître. La Miséricorde ne s'est-elle pas battue les mains nues contre la Haine, pour arracher ses enfants à ses griffes?
Aujourd'hui, plus que jamais, il faut hurler pour sauver les enfants et les jeunes de tout ce qui les détruit, les pervertit, les tue... Sinon nous aurons du sang sur les mains. (Père Daniel-Ange)

    Jean-Baptiste, serviteur de notre joie? Oui, mais pas d'une joie facile, de la joie de Dieu. C'est la joie de l'Incarnation rédemptrice, une joie exigente. Demandons cette grâce au Seigneur par l'intercession de Jean-Baptiste, et demandons pour les prédicateurs de l'Évangile d'être, comme lui, au service de la vraie joie de tout le peuple : "Dirige notre joie vers la joie d'un si grand mystère..." (prière d'ouverture de la messe).

1. Verlag Herder Freiburg, 1988 pour l'édition allemande; Librairie Arthème Fayard 1990 pour l'édition française.

Lectures 3° dimanche de l'Avent C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : « Fille de Sion, réjouis-toi, car le Seigneur est en toi » (So 3, 14-18)

 

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Lecture du livre de Sophonie

Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, tressaille d'allégresse, fille de Jérusalem !
Le Seigneur a écarté tes accusateurs, il a fait rebrousser chemin à ton ennemi. Le roi d'Israël, le Seigneur, est en toi. Tu n'as plus à craindre le malheur.
Ce jour-là, on dira à Jérusalem : « Ne crains pas, Sion ! Ne laisse pas tes mains défaillir !
Le Seigneur ton Dieu est en toi, c'est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête. »


 

Psaume : Is 12, 2, 4bcde, 5-6

R/ Laissons éclater notre joie : Dieu est au milieu de nous.

 

Voici le Dieu qui me sauve :
j'ai confiance, je n'ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c'est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.

Rendez grâce au Seigneur,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits !
Redites-le : "Sublime est son nom !"

Jouez pour le Seigneur,
car il a fait des prodiges que toute la terre connaît.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi, le Saint d'Israël !
 
 
 

2ème lecture : Soyez dans la joie : le Seigneur est proche (Ph 4, 4-7)

 

Lecture de la lettre de saint Paul aux Philippiens

Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie.
Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche.
Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l'action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes.
Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera votre coeur et votre intelligence dans le Christ Jésus.
 
 


 

Evangile : Jean Baptiste prépare les foules à la venue du Messie (Lc 3, 10-18)

 
Acclamation : Alléluia, alléluia. Prophète du Très-Haut, Jean est venu préparer la route devant le Seigneur et porter témoignage à la Lumière. Alléluia.
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même ! »
Des publicains (collecteurs d'impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit : « N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
A leur tour, des soldats lui demandaient : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde. »
Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était pas le Messie.
Jean s'adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l'eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas. »
Par ces exhortations et bien d'autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

 






 

SÃO JOÃO BAPTISTA, PADROEIRO DOS CATEQUISTAS ? (Lc 3, 1-6)

Walter Covens #homilias em português
2 Avent C 1lec
    « A palavra de Deus foi dirigida no deserto a João , filho de Zacarias » . O Evangelho deste dia, bem como o do domingo que vem, apresenta-nos a figura de João Baptista. Aliás, é todo o tempo do Advento que está repleto da presença desse santo que, com o « bom ladrão » é o único que foi canonizado pelo próprio Jesus. Também é, com a Virgem Maria, o único santo que seja celebrado, fora do tempo do Advento, não só pela sua nascença no Céu (dia 29 de Agosto), mas também pela sua nascença na terra (24 de Junho). No entanto, com o Padre Daniel-Ange, « fico dolorosamente surpreendido ao verificar como João está pouco conhecido, pouco celebrado, pouco amado dentro do povo cristão, talvez sobretudo no Ocidente » ; parece que a importância que lhe dá a liturgia não encontra eco algum no coração dos cristãos.

    Há também, é verdade, pessoas a ser zelozas demais . Da comunidade formada à volta de João Baptista, nasceu uma religião muito minoritária que o confessa como único profeta e julga Jesus Cristo, e também Mafoma (em francês : « Mahomet ») como sendo usurpadores. (Aquela religião tem a obrigação de viver junto dos rios, afim de poder baptizar os fiéis. É por isso, principalmente, que ficou confidencial ao ponto de sobreviver apenas em poucas zonas do Irão e do Iraque.)

    Lembremo-nos também de que João Baptista é o Padroeiro do Québec e de todos os Canadianos. Pois foi no dia 24 de Junho (Natividade de João Baptista), no « Rio dos Prados » que foi celebrada a primeira Missa no Canadá. No dia 25 de Fevereiro, o Papa São Pio X confirmou a devoção popular ao proclamar S.João Baptista padroeiro dos canadianos francófonos. Vários santos, tal como o Sto Cura deArs, lhe tinham uma grande devoção.

    Apesar disso, « na sociedade e na cultura do cristão ordinário , no pensamento e na teologia ocidentais, João está como que  escamoteado. (Padre Daniel-Ange ). Para a multidão dos cristãos, João baptista, um dos maiores santos, também é um dos santos mais desconhecidos. Com o fim de o fazer subir  no « hit-parad » dos santos mais amados, o Padre Daniel-Ange escreveu um livro : « João-Baptista. Para o novo milenário, o Profeta da luz » (Ed. des Béatitudes), no qual enumera cinco aspectos da vida de João que tornam a missão dele muito actual :

a)Frente ao novo paganismo religioso, é urgente mandar pelas estradas milhares de pequenos precursores, para levar uma multidão a viver a experiência dum encontro pessoal com Jesus. Ora, João não será precisamente o primeiro dos missionários, dos monges e dos contemplativos ?
b)Num mundo abatido pela tristeza, João é por excelência o Profeta da alegria. Nesses anos jubilares, contagiosa  é a dança dele ao acolher Maria e o seu Filho !
c)Frente aos « virus » da suspeita que minam o organismo da nossa fé, ele é o primeiro a proclamar a identidade divina do Menino, quando diz que Maria é Mãe de Deus.
d)Frente aos « virus » de morte que matam a vida, ele grita que, desde a sua conceição, o embrião é um ser imortal.
e)Frente às prostituições do amor, ao desabamento das famílias, ele derrama o seu sangue para proclamar a verdade ao tirano adúltero e incestuoso. Ele protege o matrimónio humano que é o sinal mais bonito do amor. Ele salva a sexualidade, pela contemplação da Trindade.

    Tudo isso é muitíssimo importante ! Cada aspecto merecia muitos comentários. Neste  2° Domingo do Advento, gostava de falar só no primeiro. No recente « Compemdium do Catecismo da Igreja Católica, encontra-se esta pergunta (n. 102) : Quais foram as preparações dos mistérios de Jesus ? ( é mesmo o tema do Advento). Eis a resposta :

Antes de mais nada, é de notar que houve durante muitos séculos uma longa esperança, que vivemos novamente no tempo litúrgico do Advento . Além da espera escura que depositou no coração dos pagãos,Deus preparou a vinda do seu Filho através da Antiga Aliança, até João-Baptista, que é o último e o maior dos profetas.

    A esperança foi o tema da minha homilia de domingo passado. A resposta do « Compendium » mostra bem a relação entre a esperança e a figura de João-Baptista, que é testemunha da esperança no seu apogeu, o último preparador da vinda do Salvador. No deserto da região do Jordão, ele proclama que chegou o tempo do cumprimento das promessas e que o Reino de Deus está próximo : « Preparai o caminho do Senhor, aplanai as suas veredas ! »

    Na sua solidão, João não é nenhum santo que queira trabalhar sózinho, no seu canto. Poderá, como S.Paulo (cf. 2a Leitura) dar graças « por tudo quanto tendes feito pelo Evangelho » ? Como Paulo, João está à procura de colaboradores, ainda hoje : « Preparai o caminho do Senhor, aplanai as suas veredas ! » Aquelas palavras nos são dirigidas a nós, hoje. Qual será a nossa resposta ? Não será uma resposta só pronunciada com os lábios, decorada como que uma resposta do catecismo. A resposta é esta : ser, tornar-se cada vez mais catequistas.

    Há seis anos para trás, no segundo domingo do Advento, João-Paulo II celebrava o Jubileu dos catequistas para os ajudar a entrar no terceiro milenário. Nesta ocasião deu-lhes, por assim dizer, João Baptista como padroeiro :

« Que figura podia ser mais adaptada do que a de João-Baptista para o vosso Jubileu, carissimos catequistas e ensinantes da religião católica ? (…) Na pessoa do Baptista,  encontrais hoje os exemplos fundamentais do vosso serviço eclesial. Ao confrontar-vos com ele, encontrais coragem para realizar a verificação da missão que a Igreja vos confia. (…)

A página evangélica de hoje convida-nos a um exame de consciência sério. S.Lucas fala-nos em « veredas a endireitar », em « vales a encher », em « montes » e « colinas a baixar », para que cada homem possa ver a salvação de Deus (cf. Lc 3, 4-6) . Aqueles « vales » lembram a distância que se verifica, às vezes, nalguns, entre a fé que professam e a sua vida no dia a dia. O Concílio situou essa distância « entre as faltas mais graves do nosso tempo » (Gaudium et Spes, n. 43).

    Aquelas palavras do Concílio e de João Paulo II : João-Baptista para o terceiro milenário, interrogam-nos :  o que é que fizemos com elas ? Desde o princípio deste novo milenário, desde o grande Jubileu do Ano 2000, que efeitos produziram ? escutemos ainda o que se segue :

As « veredas » a endireitar lembram, além disso, a condição de certos cristãos que, do património integral e imutável da fé, destacam elementos escolhidos de maneira subjectiva, talvez à luz da mentalidade dominante, e que se afastam do caminho justo da espiritualidade evangélica, para se referir a valores incertas inspiradas por um moralismo convencional .

Na verdade, por viver numa sociedade multi-etnica e multi-religiosa, o cristão não pode deixar de sentir a urgência da missão apostólica que levava S.Paulo a proclamar : « Aí de mim, se não anunciar o Evangelho ! » (1 Co 9, 16). Em cada situação, em cada meio de vida, seja favorável ou não, devemos propor corajosamente o Evangelho de Cristo, anúncio da felicidade para cada pessoa de cada idade, de cada categoria, de cada cultura e de cada país.

    Os próprios Pastores da Igreja, seja ao nível universal, nacional ou diocesano, comprometeram-se nesta profunda renovação da catequese em condições sempre evolutivas. Roma já tinha publicado, em 1977 o » Directório geral da Catequese ». Desde o ano de 2000, a Conferência episcopal francesa tinha começado uma obre comprida para pôr em marcha esse « Directório ». Depois de um ano de vai-e-vem entre Roma e França acaba de ser aprovado por Roma o « Texto Nacional para a orientação da catequese em França » (7/11/2006). « Trata-se agora de propôr a fé, quer dizer, não só de a manter, mas de a fazer nascer » (Mgr Dufour, Bispo de Limoges, presidente da Comissão episcopal da catequese e do catecumenato).

    A « bala » está agora no « campo » de cada bispo. Durante a Assembleia do Clero, no dia 3 de Outubro passado, o nosso arcebispo deu-nos uma primeira ideia. Nomeou como nova responsável pela catequese a Irmã Jeanne-Marie CHROMÉ, auxiliada pelo Padre Bruno Latour, pároco do François. À volta deles será constituida, durante  um ano de reflexão, uma equipa diocesana. Na Quinta-Feira, dia 30 de novembro passado, o arcebispo já convocou um primeiro encontro com os delegados dos padres e dos catequistas de cada « arciprestado ». A nossa paróquia  era representada por Madame Danielle Césaire. Aqui memso um encontro há-de ser organizado com o Sr Paroco e todas as responsáveis de ano de catequese da paróquia no dia 30 de Janeiro de 2007 às 18,00h. Obrigado por marcar desde já essa data.

    Mas a educação cristã não é o dominio reservado dos (das) catequistas. Também e antes de mais nada é o dever dos pais, da família. Também é uma tarefa que diz respeito a toda a comunidade cristã, em primeiro lugar aos que frequentam a assembleia dominical. « Da mesma maneira que a transmissão da escritura e da leitura não se faz só pelo ensino, da mesma maneira não podemos ficar satisfeitos por ter explicado às crianças o que é a primeira Comunhão : elas têm que fazer uma experiência : este é o papel fundamental de iniciação pela comunidade cristã reunida no domingo » (Mgr Dufour)

    O fim da catequese é evidentemente ajudar a realizar um encontro pessoal e vivo com Jesus, dentro da comunidade cristã. Para que esse encontro se possa realizar, não só S. João Baptista e S. Paulo, mas também o próprio Jesus precisam de colaboradores, de mediadores. Oxalá S. João Baptista nos ajude a respondermos à sua chamada com generosidade e fidelidade.


(tradução : Pe G.Jeuge)

Saint Jean Baptiste, patron des catéchistes ? - Homélie pour le 2° dimanche de l'Avent C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    "La parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie". L'Évangile d'aujourd'hui, comme celui de dimanche prochain, nous présente la figure Jean-Baptiste. Mais c'est tout le temps de l'Avent qui est pénétré de la présence de ce saint qui, avec le "bon larron" est le seul à avoir été canonisé par Jésus lui-même. C'est aussi, avec la Vierge Marie, le seul saint à être fêté, en dehors du temps de l'Avent, non seulement pour sa naissance au ciel (le 29 août), mais aussi pour sa naissance sur la terre (le 24 juin). Pourtant, avec le Père Daniel-Ange, "je demeure douloureusement surpris en constatant combien Jean est peu connu, peu célébré, peu aimé dans le peuple chrétien, et peut-être surtout en Occident", comme si l'importance qui lui est donnée dans la liturgie ne trouvait aucun écho dans les coeurs des chrétiens.

    Il y a aussi ceux qui font de l'excès de zèle. De la communauté qui s'est formée autour de Jean-Baptiste est née une religion ultra-minoritaire qui le reconnaît comme seul prophète et considère Jésus-Christ, et aussi Mahomet, comme des usurpateurs. (Cette religion a pour obligation de vivre auprès des fleuves pour pouvoir baptiser les fidèles. C'est en partie à cause de cette particularité qu'elle est restée confidentielle, et qu'elle ne subsiste que dans quelques régions d'Iran et d'Irak.)

    Rappelons aussi qu'il est le saint patron du Québec et de tous les Canadiens francophones. C’est en effet en la fête de la Nativité de saint Jean Baptiste, le 24 juin 1615, à la Rivière des Prairies, que fut célébrée la première Messe au Canada. Le 25 février 1908, le pape saint Pie X confirmait la dévotion populaire en déclarant saint Jean-Baptiste patron spécial des Canadiens francophones. D'autres saints, comme le saint curé d'Ars, avaient pour lui une grande dévotion.

    N'empêche que "dans la piété et la culture du chrétien moyen, dans la pensée et la théologie occidentales, Jean est comme escamoté" (Père Daniel-Ange). Pour l'immense majorité des chrétiens, Jean-Baptiste, un des plus grands saints, est aussi un des saints les plus ignorés. Pour faire en sorte qu'il puissse remonter dans le hit parade des saints les plus aimés, le Père Daniel-Ange, a écrit un livre: Jean-Baptiste - Pour le nouveau millénaire, le prophète de la lumière (Éd. des Béatitudes), dans lequel il dénombre cinq aspects de la vie de Jean qui rendent sa mission d'une brûlante actualité.
 
- Face au nouveau paganisme religieux, l'urgence est de lancer sur les routes des petits précurseurs par milliers, pour conduire une multitude à vivre l'expérience d'une rencontre personnelle avec Jésus. Or, Jean n'est-il pas justement le premier des missionnaires, des moines et des contemplatifs ?
- Dans un monde écrasé de tristesse, il est par excellence le prophète de la joie. En ces années jubilaires, contagieuse est sa danse de joie pour accueillir Marie et son Enfant !
- Face aux virus du soupçon minant l'organisme de notre foi, il est le premier à proclamer l'identité divine de l'Enfant, quand il affirme que Marie est Mère de Dieu.
- Face aux virus de mort bradant la vie, il clame que, dès sa conception, l'embryon est un enfant immortel.
- Face aux prostitutions de l'amour, à l'écroulement de la famille, il verse son sang pour clamer la vérité au tyran adultère et incestueux. Il protège la nuptialité humaine qui en est le plus beau signe. Il sauve la sexualité, parce qu'il contemple la Trinité.

    Ce n'est pas rien! Et chaque point mériterait un long développement. Dans le cadre de ce deuxième dimanche de l'Avent, je voudrais aujourd'hui m'arrêter au premier. Dans le Compendium du Catéchisme de l'Église Catholique, il y a cette question (n. 102): Quelles ont été les préparations des Mystères de Jésus? (Nous sommes bien dans le thème de l'Avent.) Voici la réponse:
 
Avant tout, il y eut durant de nombreux siècles une longue espérance, que nous revivons pendant la célébration liturgique du temps de l’Avent. Outre l’attente obscure qu’il a établie dans le cœur des païens, Dieu a préparé la venue de son Fils à travers l’Ancienne Alliance, jusqu’à Jean-Baptiste, qui est le dernier et le plus grand des prophètes.

    L'espérance, c'était le thème de mon homélie de dimanche dernier. La réponse du Compendium montre bien le lien entre l'espérance et la figure de Jean-Baptiste, qui est le témoin de l'espérance à son apogée, le dernier préparateur de la venue du Sauveur. Dans le désert de la région du Jourdain, il proclame que le moment de l'accomplissement des promesses est arrivé et que le Royaume de Dieu est proche: "Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route!"

    Dans sa solitude, Jean n'est pas un saint qui veut travailler tout seul, dans son coin. Pourra-t-il, comme saint Paul (cf. deuxième lecture) rendre grâce "à cause de ce que vous avez fait pour l'Évangile"? Comme Paul, Jean cherche des collaborateurs, encore aujourd'hui: "Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route!" Ces paroles, c'est à nous qu'ellles s'adressent aujourd'hui. Quelle sera notre réponse? C'est une réponse qu'il ne suffit pas de donner du bout des lèvres, de réciter comme une réponse de catéchisme. La réponse, c'est d'être, c'est de devenir davantage des catéchistes.

    C'était un deuxième dimanche de l'Avent que Jean-Paul II célébrait le Jubilé des Catéchistes pour les aider à entrer dans le troisième millénaire. À cette occasion, il leur a donné en quelque sorte Jean-Baptiste comme patron:
 
Quelle figure pouvait être plus adaptée que celle de Jean-Baptiste pour votre Jubilé, très chers catéchistes et enseignants de religion catholique? (...) Dans la personne du Baptiste, vous retrouvez aujourd'hui les traits fondamentaux de votre service ecclésial. En vous confrontant à lui, vous êtes encouragés à effectuer un contrôle de la mission que l'Eglise vous confie. (...)
La page évangélique d'aujourd'hui nous invite à un examen de conscience approfondi. Saint Luc nous parle de "sentiers à rendre droits", de "ravins à combler" de "montagnes" et de "collines à abaisser", pour que chaque homme puisse voir le salut de Dieu (cf. Lc 3, 4-6). Ces "ravins" font penser à l'écart, que l'on constate chez certains, entre la foi qu'ils professent et la vie quotidienne qu'ils mènent: le Concile a situé cet écart "parmi les plus graves fautes de notre temps" (Gaudium et spes, n. 43).

    Ces paroles du Concile et de Jean-Paul II, Jean-Baptiste pour le troisième millénaire, nous interpellent. Qu'en avons-nous fait? Depuis le début de ce nouveau millénaire, depuis le grand Jubilé de l'An 2000, ont-elles été suivies d'effet? Écoutons encore la suite:
 
Les "sentiers à rendre droits" rappellent, en outre, la condition de certains croyants qui, du patrimoine intégral et immuable de la foi, détachent des éléments choisis de façon subjective, peut-être à la lumière de la mentalité dominante, et qui s'éloignent de la juste route de la spiritualité évangélique, pour faire référence à de vagues valeurs s'inspirant d'un moralisme conventionnel et iréniste.
En réalité, tout en vivant dans une société multi-ethnique et multi-religieuse, le chrétien ne peut pas ne pas ressentir l'urgence du mandat missionnaire qui poussait saint Paul à s'exclamer "Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile!" (1 Co 9, 16). En chaque circonstance, en chaque milieu, qu'il soit favorable ou pas, on doit proposer avec courage l'Evangile du Christ, annonce de bonheur pour chaque personne de tout âge, catégorie, culture et pays.

    Les Pasteurs de l'Église eux-mêmes, que ce soit à l'échelon universel, national ou diocésain, se sont engagés dans ce profond renouveau de la catéchèse dans un monde en mutation. Rome avait publié en 1997 déjà le "Directoire général de la catéchèse". Depuis l'an 2000 la Conférence épiscopale française avait entamé un long chantier pour la mise en oeuvre de ce Directoire. Après une année de navette entre Rome et la France a été approuvé par Rome le "Texte national pour l'orientation de la catéchèse en France" (7 novembre 2006). "Il s'agit désormais de proposer la foi, c'est-à-dire non plus seulement de l'entretenir, mais de la faire naître" (Mgr Dufour, évêque de Limoges, président de la Commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat).


    Mais l'éducation chrétienne n'est pas la chasse gardée des catéchistes. C'est d'abord le devoir des parents, de la famille. C'est aussi une tâche qui concerne toute la communauté chrétienne, à commencer par ceux qui participent à l'assemblée dominicale: "De la même manière que la transmission de l'écriture et de la lecture ne se fait pas seulement par l'enseignement, on ne peut pas se contenter de dire aux enfants ce qu'est la première communion, ils doivent vivre une expérience: il y a là un rôle fondamental d'initiation par la communauté chrétienne rassemblée le dimanche" (Mgr Dufour).

    Le but de la catéchèse est bel et bien d'aider à faire une rencontre personnelle vivante avec Jésus à l'intérieur de la communauté chrétienne. Pour que cette rencontre puisse avoir lieu, non seulement saint Jean-Baptiste et saint Paul, mais Jésus lui-même a besoin de collaborateurs, de médiateurs. Puisse saint Jean-Baptiste nous aider à répondre à son appel avec générosité et avec fidélité.

Préparer la Venue du Seigneur - Homélie 2° dimanche de l'Avent C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Il nous appartient à nous d’aplanir les montagnes et de combler les ravins qui peuvent tenir notre Sauveur loin de nous.

Il nous appartient à nous d’aplanir les montagnes et de combler les ravins qui peuvent tenir notre Sauveur loin de nous.

 
 

Les grands personnages annoncent leur visite officielle à l’avance… Cela permet aux gens de se préparer à leur visite, afin d’être prêts… Quand le Président d’un pays se rend en visite officielle quelque part, les agents chargés de la sécurité, les journalistes et les diplomates le précèdent pour que tout soit prêt. C’est vrai aussi pour le Pape quand il fait une visite pastorale... Pour les Journées Mondiales de la Jeunesse les préparatifs durent deux ans. Lorsque nous-mêmes recevons quelqu’un d’important à manger, nous ne commençons pas à faire les préparatifs au dernier moment non plus. Nous voulons que ça se passe bien, nous ne voulons pas que notre hôte soit incommodé par notre manque d’attention ou de négligence.

 

C’est exactement ce qui se passe dans l’Evangile de ce jour. Jean Baptiste est le précurseur du Christ, celui qui est envoyé pour annoncer sa venue et préparer le peuple à l’accueillir. C’est pourquoi Jean joue un rôle central dans la liturgie de l’Avent, car l’Avent est le temps où l’Eglise fait mémoire de la première venue du Christ, se prépare à sa nouvelle venue spirituelle pour Noël de cette année, et désire sa venue définitive dans la gloire à la fin de l’histoire.

 

Le mot "avent", en fait, vient du mot latin qui veut dire “venant vers“… Jésus est celui qui vient vers nous d’une nouvelle manière ce Noël, et le message de Jean Baptiste est là pour nous aider à être prêts…. Saint Luc accentue l’importance de la venue du Christ en rappelant que l’Ancien Testament a prophétisé non seulement  la venue du Christ, mais même l’apparition de son précurseur, Jean… Et cette prophétie, qui résume le message de Jean, nous offre deux enseignements.

 

D’abord elle nous dit ce que nous avons à faire pour nous préparer à la venue du Christ dans notre vie et dans la vie de ceux qui nous entourent. Nous avons à préparer la voie, en comblant les ravins, en aplanissant les collines et les montagnes, en rendant droit les passages tortueux et en aplanissant les routes déformées. Ces images proviennent d’une scène typique du monde ancien, avant l’apparition du béton et de l’asphalte. Quand un roi ou un empereur faisait le tour de ses territoires, ses officiels le précédaient pour s’assurer que les routes soient sûres et sans danger (au temps d’Isaïe, bien avant l’avènement de l’Empire romain, les routes étaient notoirement dangereuses)… pour que le roi ne soit pas retardé et moins exposé aux embuscades de l’ennemi…

 

De la même manière, nous sommes régulièrement appelés à examiner notre cœur, notamment dans le temps, joyeux mais pénitentiel, de l’Avent… Il nous faut prendre du temps pour bannir le bruit et le stress de notre monde. Nous devons regarder notre cœur pour voir où l’égoïsme a mis des obstacles à notre relation avec Dieu et le prochain. Nous avons à voir où des habitudes de paresse et de sybaritisme ont affaibli notre autodiscipline. Chacun de nous a besoin de boucher les nids de poule et d’enlever les débris, pour que la grâce que Dieu tient en réserve pour nous durant cet Avent puisse s’écouler dans nos cœurs sans obstacles. Le cœur est la route que Dieu veut emprunter pour entrer dans notre vie et la transformer ; à nous de faire le nécessaire pour que cela puisse se faire. Il n’y a pas de meilleur moyen pour cela que de se préparer à faire une bonne confession.

 

Deuxièmement, Isaïe nous dit pourquoi nous devons nous préparer à la venue du Christ. Il dit que « tout homme verra le salut de Dieu ». Quel merveilleux rappel du fait que nous avons tous besoin de la grâce de Dieu, nous et toute la famille humaine. La paix du cœur, la joie à laquelle nous aspirons plus que tout, est hors de notre portée de pécheurs. Nous avons besoin de quelqu’un pour nous l’apporter dans ce désert de notre exil sur cette terre et pour nous donner accès aux eaux de la vie éternelle.

 

Nous avons besoin d’un Sauveur. Si ce n’était pas le cas, si nous étions capables d’y arriver par nous-mêmes, alors Jésus n’aurait pas eu besoin de venir sur terre. Dieu n’aurait pas dû inventer Noël. Nous n’aurions pas besoin de l’Avent, ni de la religion tout court d’ailleurs.

 

Mais le fait est que en avons bien besoin. Ce monde et notre nature humaine déchus ont été empoisonnés par le péché, et seul Dieu a l’antidote : sa grâce. Jésus vient en permanence dans nos vies avec sa grâce pour nous sauver, comme il l’a fait de manière si étonnante il y a deux mille ans lors du premier Noël. Il veut toujours nous rapprocher de Dieu, de la plénitude de vie à laquelle nous aspirons tous. Mais il ne veut pas forcer la porte. Il nous respecte bien trop pour cela. C’est pour cela que nous devons préparer nos cœurs pour l’accueillir.

 

Le même mystère de ce divin partenariat entre nous et Dieu, qui est toujours prêt et capable de se mobiliser dans notre vie, est à l’œuvre dans le sacrement de l’Eucharistie. Jésus est réellement présent dans l’Eucharistie pour nous donner la grâce qui sauve chaque fois que nous venons l’adorer dans le tabernacle ou le recevoir dans la sainte communion. Sa présence vivante dans ce sacrement est signifié par la flamme vive de la lampe du sanctuaire. Mais pour que cette présence puisse se réaliser, l’Eucharistie requiert à la fois l’action de Dieu et la nôtre. Seul un prêtre ordonné peut célébrer la Messe et rendre le Christ présent dans l’Eucharistie, car seul un prêtre ordonné a reçu de Dieu par le sacrement de l’ordre le pouvoir de le faire. Mais même un prêtre ordonné ne peut pas faire l’Eucharistie à partir de rien. Il a besoin pour cela de pain et de vin, fruit de la terre, de la vigne, et du travail des hommes. Le sacerdoce lui-même illustre également ce même partenariat mystérieux : seul Dieu peut infuser le pouvoir du sacerdoce dans une âme humaine, par l’imposition des mains de l’évêque. Mais même si Dieu appelle un jeune homme à devenir prêtre, pour offrir au monde une autre échelle, cette ordination n’aura jamais lieu sans l’accord du jeune homme pour monter l’échelle du sacerdoce.

 

Oui, vraiment, nous avons besoin d’un Sauveur ; nous ne pouvons pas atteindre nous-mêmes au bonheur auquel nous aspirons. Mais en même temps, il nous appartient à nous d’aplanir les montagnes et de combler les ravins qui peuvent tenir notre Sauveur loin de nous. Voilà le message de saint Jean Baptiste, le message que l’Eglise veut nous donner durant ce temps de l’Avent.

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