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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Lectures 15° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : La loi de Dieu dans le coeur de l'homme (Dt 30, 10-14)

 

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Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple d"Israël : « Écoute la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses ordres et ses commandements inscrits dans ce livre de la Loi ; reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme.
Car cette loi que je te prescris aujourd'hui n'est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte.
Elle n'est pas dans les cieux, pour que tu dises : « Qui montera aux cieux nous la chercher et nous la faire entendre, afin que nous la mettions en pratique ? »
Elle n'est pas au-delà des mers, pour que tu dises : « Qui se rendra au-delà des mers nous la chercher et nous la faire entendre, afin que nous la mettions en pratique ? »
Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton coeur afin que tu la mettes en pratique. »
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 18, 8, 9, 10, 11

R/ Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance !

 

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ; 
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.
 

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le coeur ; 
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.
 

La crainte qu'il inspire est pure,
elle est là pour toujours ; 
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :
 

plus désirables que l'or,
qu'une masse d'or fin, 
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.
 
 

 

 

 

2ème lecture : Primauté du Christ dans la création et dans l'Église (Col 1, 15-20)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

Le Christ est l'image du Dieu invisible, le premier-né par rapport à toute créature,
car c'est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles et les puissances invisibles :tout est créé par lui et pour lui.
Il est avant tous les êtres, et tout subsiste en lui.
Il est aussi la tête du corps, c'est-à-dire de l'Église. Il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, puisqu'il devait avoir en tout la primauté.
Car Dieu a voulu que dans le Christ toute chose ait son accomplissement total.
Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui,sur la terre et dans les cieux,en faisant la paix par le sang de sa croix.
 
 

 

 

 

Evangile : La loi d'amour : le bon Samaritain (Lc 10, 25-37)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Voici le commandement nouveau : Celui qui aime Dieu, qu'il aime aussi son frère. Alléluia. (cf. Jn 5, 21)

 

 

15 TOC

 

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? »
L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. »
Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? »
Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié.
Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : 'Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.'
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »
 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Qu'est devenu l'impératif missionnaire dans l'Instrumentum Laboris du prochain synode sur l'Amazonie?

dominicanus

Non, les tribus d'Amazonie ne sont pas les « bons sauvages » que dépeignent le Document préparatoire et l'Instrumentum Laboris pour le synode pan-amazonien qui se déroulera à Rome au mois d'octobre. Ces textes voudraient faire passer la colonisation pour responsable de la perte de l'équilibre et du « bien vivre » que ces peuples autochtones auraient trouvé dans leurs rapports avec la nature. 

Le sociologue américain Steve Mosher, a tenu à réduire à néant ce mythe des tribus « pacifiques » corrompues par l'Occident. Son texte est roboratif.

 

 

Steve Mosher est le premier sociologue américain à avoir pu se rendre en Chine pour constater l'œuvre de la révolution culturelle : il était alors athée et pro-avortement. L'assistance à un avortement forcé l'avait bouleversé ; il s'est converti à la religion catholique et, toujours spécialiste de la Chine, a également fondé le Population Research Institute qui lutte contre les entreprises malthusiennes de contrôle de la population à travers le monde.

A l'approche du Synode pan-amazonien de 2019, prévu en octobre, les organisateurs révèlent de pus en plus ouvertement leurs objectifs. Au nom de ce qu'il faudrait apprendre des peuples tribaux d'Amazonie et de leur protection, le synode semble vouloir promouvoir un écologisme radical qui confine au culte de la nature, sans parler d’une présentation romantique des chasseurs-cueilleurs eux-même, promus au rang de Bons Sauvages.

Les peuples autochtones vivant dans le bassin amazonien offrent, selon le Document préparatoire, « modèle de développement alternatif, intégral et solidaire, basé sur une éthique qui inclut la responsabilité pour une authentique écologie naturelle et humaine ». Et surtout, poursuit le document, ils méritent d'être loués pour leur supposée « spiritualité et sagesse » :

« Pour les peuples autochtones d’Amazonie, le “bien vivre” existe lorsqu’ils sont en communion avec les autres personnes, avec le monde, avec les êtres qui les entourent, et avec le Créateur. Les peuples autochtones, en effet, vivent dans la maison que Dieu lui-même a créée et leur a donné en cadeau : la Terre. Leurs diverses spiritualités et croyances les incitent à vivre en communion avec la terre, avec l’eau, avec les arbres, avec les animaux, avec le jour et la nuit. Les anciens sages, appelées indifféremment payésmestreswayanga ou chamanes – entre autres – encouragent l’harmonie des personnes entre elles et avec le cosmos » [Pape François, Discours à Puerto Maldonado, NDT].

C’est du lourd.  On pourrait presque y voir la description d’une sorte de jardin d'Eden – avant la faute, bien sûr – un jardin peuplé exclusivement de nouveaux Adam et de nouvelles Eve.

Mais la forêt amazonienne est-elle vraiment une sorte de paradis sur terre ? Et les chasseurs-cueilleurs primitifs qui y vivent depuis des siècles – en harmonie avec le cosmos lui-même, nous dit-on – sont-ils réellement les êtres sages et spirituels qu’on nous décrit? Sont-ils plus purs, plus nobles ou tout simplement meilleurs que nous, Occidentaux enténébrés ?

En tant qu’anthropologue ayant vécu dans le monde moins développé pendant de nombreuses années et qui ai visité des peuples tribaux en Papouasie-Nouvelle-Guinée et ailleurs, je dis qu’il y a tricherie.

Certaines parties du Document préparatoire sont vraies ; d'autres sont nouvelles. Malheureusement, les parties qui sont vraies ne sont pas propres aux Amazoniens, alors que les parties qui leur attribuent des vertus nouvelles et uniques sont tout simplement fausses.

Prenons l’affirmation selon laquelle les habitants de la forêt tropicale vivent dans une sorte de « communion » avec le « sol, l’eau, les arbres et les animaux », qui serait unique parmi les peuples. Il est clair que cette attitude générale de respect de la nature n’est pas l’apanage des Amazoniens. Tous les chrétiens croyants sont conscients de vivre « dans la maison que Dieu lui-même a créée et leur a donné en cadeau ».

Je crois me rappeler que c'est un catholique italien, et non un « sage » amazonien, qui a le mieux exprimé cette attitude de louange et d'action de grâce pour les merveilles de la création de Dieu que nous admirons tous. On pourrait penser qu’un Vatican dirigé par un admirateur de saint François le comprenne.

L’affirmation selon laquelle les Amazoniens sont en quelque sorte en droit de revendiquer une vertu unique est tout aussi frauduleuse. Il se peut qu’il y ait d’« anciens sages » – il s’agit invariablement d’hommes, soit dit en passant – qui courent dans la forêt tropicale pour promouvoir l'harmonie des gens entre eux et avec le cosmos (quoi que cela veuille dire), mais l'histoire suggère le contraire.

Lors de leur première arrivée au XVIe siècle, les Européens ont trouvé les tribus amazoniennes dans un état de guerre constante. De « sages aînés » menaient des raids sur les colonies voisines, dans le but de capturer des femmes et des territoires. La pratique du cannibalisme n'était pas rare et fournissait un autre motif pour faire la guerre aux peuples voisins.

Selon une étude réalisée en 2012 par l'anthropologue Robert Walker de l’Université du Missouri, environ un tiers de tous les décès parmi les tribus amazoniennes avant l'arrivée des Européens étaient dus à des conflits violents. « Les mêmes raisons – la vengeance, l'honneur, le territoire et la jalousie à à propos des femmes – qui ont alimenté les conflits meurtriers en Amazonie continuent d’alimenter la violence dans le monde d'aujourd’hui », affirme Walker.

En d’autres termes, les peuples de l’Amazonie, plutôt que d’être des avatars représentant ce que notre nature a de meilleur, étaient frappés des mêmes insuffisances pécheresses que l'humanité en général. Ils n’étaient – et ne sont – ni meilleurs ni pires que nous tous.

Alors, qu’est-ce qui a mis fin à ce cycle mortel de violence et de mort ?

Selon Walker, ce n’est rien d'autre que « la propagation du christianisme et l'imposition de structures juridiques nationales ».

A mesure que les missionnaires européens commençaient à atteindre l’intérieur des terres, le niveau de violence a commencé à baisser, alors que bon nombre de ces tribus primitives ont appris le Cinquième Commandement et se sont converties au catholicisme. Le « tu ne tueras point » a été renforcé par la mise en place de gouvernements nationaux – Brésil, Pérou, Venezuela, etc. – qui fronçaient également les sourcils lorsque les peuples sous leur juridiction s’entretuaient et, dans certains cas, se dévoraient entre eux.

En d’autres termes, ce qui a mis fin à la violence, c’est l'arrivée de la civilisation chrétienne.
Aujourd'hui, les descendants actuels de ces mêmes missionnaires, des prélats comme le cardinal Pedro Barreto, veulent inverser ce processus. Au lieu de continuer à convertir les peuples amazoniens, ils veulent, sous des aspects importants, que le peuple amazonien nous convertisse.
Ce manque d’engagement pour l’évangélisation s’illustre le mieux dans le point de vue des organisateurs du Synode sur ce que l’on appelle « les peuples autochtones en isolement volontaire ». (PIAV). Ce sont des tribus qui se sont retirées dans les endroits les plus inaccessibles de la forêt tropicale afin d’éviter tout contact avec le monde extérieur. On estime à environ 150 le nombre de ces tribus, dont la plupart comptent quelques centaines de personnes.

Le Réseau ecclésial pan-amazonien (REPAM), qui organise le Synode amazonien, a consacré beaucoup de temps et d’énergie à promouvoir le droit de ces tribus à vivre dans un isolement total. De fait, le principal objectif de la réunion du REPAM l’an dernier à Puerto Maldonado, au Pérou, était précisément de discuter de la manière de faire en sorte que les tribus indigènes qui se coupent du reste du monde puissent être « protégées » des contacts avec la société, y compris l'Eglise catholique, afin de « vivre en liberté ».

C’est une prise de position qui me semble très étrange de la part d’un membre de l’Eglise catholique – une Eglise qui existe pour le salut des âmes. Le REPAM soutiendrait-il que saint François Xavier a eu tort d’essayer d'évangéliser la Chine, qui à l'époque préférait vivre dans l'isolement ?
La tâche d’évangélisation qu’impose le « grand envoi en mission » ne souffre pas qu’il y ait des exceptions à ce que l’on appelle à juste titre le « principe d' "universalité". Jésus-Christ n'a pas dit : « Faites de toutes les nations des disciples, mais laissez tomber les peuples qui choisissent de vivre dans l'isolement. »

Pourtant, les organisateurs du Synode amazonien croient apparemment qu’il vaut mieux laisser tranquilles les bons sauvages – pour reprendre l’expression de Rousseau – de la forêt amazonienne. L'idée semble être qu’il vaut mieux les aider à maintenir leur propre identité ethnique, culturelle et religieuse, les rites païens et tout le reste, plutôt que de leur enseigner, à eux et à leurs enfants, la grâce salvifique de l'Evangile.

Il n’est donc pas surprenant que l’aspect de l’Amazonie dont les organisateurs du synode sont particulièrement amoureux est que ses centaines de tribus et de langues différentes en font un paradis « multi-ethnique, multiculturel et multi-religieux ».

On pourrait imaginer que le fait d’être « multireligieux » ne soit pas le genre de chose que des cardinaux catholiques comme Barreto puissent applaudir, puisque l’Église existe pour proclamer « l’unique vraie foi ».

Mais ce n’est plus, apparemment, ce que certains dirigeants de l’Eglise croient aujourd'hui.  Si « toutes les religions sont voulues par Dieu », alors il est évidemment ethnocentrique de donner la primauté à la sienne.

Je suppose que nul parmi nous ne devrait en être surpris. Après tout, il est clair depuis longtemps que le principal centre d'intérêt du synode n’est pas du tout la foi catholique, mais plutôt l’élaboration de ce que l’on appelle « une éthique qui inclut la responsabilité pour une authentique écologie naturelle et humaine ».

A la lecture du Document préparatoire, un tel « code éthique » sonne presque comme une religion à part entière.

Pour beaucoup, bien sûr, c'est le cas.

 

Steve Mosher
 
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.

Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.

Lectures 14° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : La joie de l'ère messianique (Is 66, 10-14)

Lecture du livre d'Isaïe

Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d'elle, vous tous qui l'aimez ! Avec elle soyez pleins d'allégresse, vous tous qui portiez son deuil !
Ainsi vous serez nourris et rassasiés du lait de ses consolations, et vous puiserez avec délices à l'abondance de sa gloire.
Voici ce que dit le Seigneur : Je dirigerai vers elle la paix comme un fleuve, et la gloire des nations comme un torrent qui déborde. Vous serez comme des nourrissons que l'on porte sur son bras, que l'on caresse sur ses genoux.
De même qu'une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai, dans Jérusalem vous serez consolés.
Vous le verrez, et votre coeur se réjouira ; vos membres, comme l'herbe nouvelle, seront rajeunis. Et le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs.
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 65, 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20

R/ Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur

 

 

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Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.
Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »

Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom.
 
Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.
 

Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu'il nous donne.
 
Il règne à jamais par sa puissance.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu'il a fait pour mon âme.
Béni soit Dieu, qui n'a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !
 
 
 
 

 

 

 

2ème lecture : La croix du Christ, orgueil du chrétien (Ga 6, 14-18)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates

Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil. Par elle, le monde est à jamais crucifié pour moi, et moi pour le monde.
Ce qui compte, ce n'est pas d'avoir ou de ne pas avoir la circoncision, c'est la création nouvelle.
Pour tous ceux qui suivent cette règle de vie et pour le véritable Israël de Dieu, paix et miséricorde.
Dès lors, que personne ne vienne me tourmenter. Car moi, je porte dans mon corps la marque des souffrances de Jésus.
Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. Amen.
 
 
 

 

 

 

Evangile : Les soixante-douze en mission annoncent la joie du règne de Dieu (brève : 1-9) (Lc 10, 1-12.17-20)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Sur toute la terre est proclamé la Parole, et la Bonne Nouvelle aux limites du monde. Alléluia. (cf. Ps 18, 5)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.
Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : 'Paix à cette maison.'
S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira.
Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : 'Le règne de Dieu est tout proche de vous.'
Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, sortez sur les places et dites :
'Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser. Pourtant sachez-le : le règne de Dieu est tout proche.'
Je vous le déclare : au jour du Jugement, Sodome sera traitée moins sévèrement que cette ville. »
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient : « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. »
Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair.
Vous, je vous ai donné pouvoir d'écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l'Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal.
Cependant, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »
 
 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

La Règle d’Or pour une vraie liberté - Homélie 13° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

 

13 TOC

 

 

Deux parmi les disciples les plus proches de Jésus, Jacques et Jean, n’ont toujours pas compris leur Maître. Même au moment où celui-ci prend « prend avec courage la route de Jérusalem », pour accepter de se faire rejeter, humilier, torturer et exécuter, ils en étaient toujours au point de vouloir défendre sa seigneurie par la violence et la force. Ils ne manquaient pas de raisons. Jésus est le Seigneur, et il mérite le plus grand respect. Et donc, en le rejetant, la ville des Samaritains méritait un châtiment.

 

Mais, d’autre part, le Christ avait expliqué à de multiples reprises qu’il prenait la route de Jérusalem précisément pour se soumettre à ce rejet de la part de tout le peuple. C’est ainsi qu’il allait nous manifester la profondeur de son amour, par sa patience et son pardon inlassable, en s’abstenant de traiter ses ennemis comme ils le méritent. Si Jacques et Jean avaient détruit la ville, ils auraient pris exactement le chemin opposé. Ils se seraient empêtrés dans les chaînes de la vengeance et des représailles.

 

Jésus ne le leur permet pas. Il leur rappelle que sa mission ne consiste pas à condamner les pécheurs, mais uniquement à annoncer la Bonne Nouvelle par la parole et par l’exemple. Il ne détruit pas son prochain comme son prochain veut le détruire. Il lui donne encore une chance.

 

Voilà la vraie liberté de la vie dans l’Esprit, comme l’affirme saint Paul. Le Christ vit pour le Royaume de Dieu, et non pas pour un royaume d’égoïsme. Il n’est donc pas esclave de la soif de popularité, de puissance et de succès mondain qui, si souvent, perpétuent le cycle de la violence dans notre monde déchu. En d’autres mots, Jésus enseigne la Règle d’Or en paroles, mais aussi par l’exemple, dans tout ce qu’il fait. Aujourd’hui, l’Eglise nous invite à faire de même.

 

Saint Paul s’efforce d’inculquer la même leçon dans les cœurs des Chrétiens de Galatie. Il a consacré les quatre premiers chapitres de sa lettre pour les convaincre de ne pas retourner à l’esclavage des lois de l’Ancien Testament, qui n’étaient qu’une préparation à la loi de l’Evangile, la loi de la liberté authentique.

 

Mais il se rend compte que certains risquent d’interpréter cette liberté de travers, la voyant comme un affranchissement de toute restriction morale, une liberté de suivre toutes leurs tendances égoïstes. Ce n’est pas ça du tout, évidemment. Le péché, l’égoïsme sous toutes ses formes sont des types d’esclavage. Voilà ce que saint Paul s’attache à expliquer. Chaque fois que les membres d’une communauté s’attachent à vouloir suivre leurs inclinations égoïstes, ils finissent par se mordre, se dévorer, se détruire les uns les autres. Au lieu d’être dociles à l’enseignement de Paul, les Galates sombrent dans les dissensions internes. Alors saint Paul les exhorte à se mettre « par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

 

Combien de fois nous est-il arrivé d’oublier cette règle fondamentale de la foi, quand, comme les Galates, nous nous mettons à compliquer les choses plus que de raison. Or, si suivre le Christ était compliqué, seuls les professeurs et les génies pourraient devenir des saints, ce qui n’est pas le cas du tout. La vie chrétienne n’est pas réservée aux super-intelligents. Elle est pour tout le monde, y compris vous et moi.

 

Nous reconnaissons tous la vérité derrière la Règle d’Or, et nous voulons faire l’expérience plus pleinement de la liberté qui en résulte. Mais personne d’entre nous ne la suit d’une manière parfaite. Comme Jacques et Jean, nous ne vivons pas intégralement selon la loi de l’Esprit. Quand d’autres nous maltraitent ou nous importunent, nous voulons les détruire. Habituellement nous n’appelons pas le feu du ciel sur eux, mais nous critiquons et nous jugeons les autres dans notre cœur et avec notre langue. Trop souvent, nous succombons à la tentation de dire du mal des autres, au sujet de ceux que nous connaissons personnellement ou des personnalités publiques que nous n’avons jamais rencontrées. Nous prenons du plaisir quand ils connaissent l’échec. Nous les considérons comme des adversaires, au lieu de les voir comme des frères et sœurs bien-aimés dans le Christ.

 

 

Changerons-nous un jour ? Le temps viendra-t-il où nous serons davantage semblables au Christ, donnant aux autres une nouvelle chance, autant qu’ils en ont besoin, comme Jésus le fait avec nous ? Nous le pouvons, avec la grâce de Dieu. Il a planté la semence de la vertu chrétienne en nos âmes, et il veut la faire grandir.

 

 

Une chose que nous pouvons faire pour la faire grandir plus rapidement est de faire attention à cet aspect de notre vie quand nous allons nous confesser. Dans ce sacrement, Dieu pardonne nos péchés et nous remplit de sa grâce sanctifiante au sein de notre faiblesse, exactement comme notre corps envoie du calcium vers un bras que nous avons cassé. Souvent, dans la confession, nous nous concentrons exclusivement sur les péchés évidents. A partir de maintenant, confessons aussi nos péchés plus subtils, les pensées destructives que nous entretenons, et les critiques destructives que nous répandons inutilement.

 

Si nous faisons cela, le Christ pourra nous envoyer sa grâce bienfaisante, là où nous en avons le plus besoin, pour que nous puissions mieux suivre son exemple, et ainsi faire l’expérience plus pleinement de la vraie liberté dans l’Esprit.

 

Deux parmi les disciples les plus proches de Jésus, Jacques et Jean, n’ont toujours pas compris leur Maître.
Deux parmi les disciples les plus proches de Jésus, Jacques et Jean, n’ont toujours pas compris leur Maître.

Deux parmi les disciples les plus proches de Jésus, Jacques et Jean, n’ont toujours pas compris leur Maître.

Lectures 13° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Élisée abandonne tout pour suivre Élie (1R 19, 16b.19-21)

 

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Lecture du premier livre des Rois

Le Seigneur avait dit au prophète Élie : « Tu consacreras Élisée, fils de Shafate, comme profète pour te succéder. »
Élie s'en alla. Il trouva Élisée, fils de Shafate, en train de labourer. Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Élie passa près de lui et jeta vers lui son manteau.
Alors Élisée quitta ses boeufs, courut derrière Élie, et lui dit : « Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai. » Élie répondit : «Va-t'en, retourne là-bas ! Je n'ai rien fait. »
Alors Élisée s'en retourna ; mais il prit la paire de boeufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l'attelage, et les donna à manger aux gens. Puis il se leva, partit à la suite d'Élie et se mit à son service.
 
 

 

 

Psaume : Ps 15, 1.2a.5, 7-8, 9-10, 2b-11

R/ Dieu, mon bonheur et ma joie !

 

Garde-moi, mon Dieu : j'ai fait  de toi mon refuge.
J'ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort. »

Je bénis le Seigneur qui me conseille :
même la nuit mon cœur m'avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m'abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

Je n'ai pas d'autre bonheur que toi.
Tu m'apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !
 
 

 

 

2ème lecture : L'Esprit s'oppose à la chair et nous rend libres (Ga 5, 1.13-18)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates

Frères,
si le Christ nous a libérés,
c'est pour que nous soyons vraiment libres. Alors tenez bon, et ne reprenez pas les chaînes de votre ancien esclavage.
Vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres.
Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici :Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres.
Je vous le dis : vivez sous la conduite de l'Esprit de Dieu ; alors vous n'obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair.
Car les tendances de la chair s'opposent à l'esprit, et les tendances de l'esprit s'opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez.
Mais en vous laissant conduire par l'Esprit, vous n'êtes plus sujets de la Loi.
 
 

 

 

Evangile : Suivre Jésus sans condition sur la route de la Croix (Lc 9, 51-62)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Aujourd'hui le Seigneur nous appelle. Suivons-le sur les chemins de l'Évangile. Alléluia. (cf. 1 S 3, 9 ; Lc 9, 59)
 

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem.
Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem.
Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? »
Mais Jésus se retourna et les interpella vivement.
Et ils partirent pour un autre village.
En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête. »
Il dit à un autre : « Suis-moi. » L'homme répondit : « Permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. »
Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu. »
Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »
Jésus lui répondit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu. »
 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Fête-Dieu : du pain et des jeux - Homélie

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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"Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ?" (Jn 3, 12)

"Ils vont tous à leur perte. Leur dieu, c'est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne tendent que vers les choses de la terre." (Ph 3, 19)

"Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes; nous te le présentons: il deviendra le pain de la vie."
"Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes; nous te le présentons: il deviendra le vin du Royaume éternel." (Missel romain)

    Ces quelques citations que vous venez d'entendre, vous les connaissez. Mais il est bon de se les remettre en mémoire pour les ruminer, pour les repasser dans notre coeur, spécialement aujourd'hui, en cette Solennité du Corps et du Sang du Seigneur.

    Et puisque nous sommes des hommes et des femmes de peu de foi, demandons au Seigneur la grâce de ne pas tendre que vers les choses de la terre, mais en appréciant les choses de la terre selon la sagesse de Dieu, c'est-à-dire en les relativisant au lieu d'en faire des valeurs absolues, des priorités, de nous élever un petit peu vers les réalités d'en haut, vers les choses du ciel.

    L'Eucharistie est un admirable exemple de la pédagogie que Dieu met en oeuvre pour nous aider dans cette élévation. Elle est faite à partir de pain et de vin. Commençons par le pain.

    Tous les peuples qui ont goûté le pain l’ont adopté. Ensuite, plus question de s’en passer. Le manque de pain peut provoquer révoltes et révolutions. Les gouvernants en avaient conscience. Au fil des siècles, le pain a acquis une dimension symbolique essentielle : il symbolise le sacré, la justice, la stabilité, mais aussi le travail. Le boulanger possède une dimension sociale essentielle à la vie dans la cité.

    Le pain est la nourriture essentielle de l’homme et donne à l’homme l’énergie physique dont il a besoin. C’est la raison pour laquelle, sous une forme ou sous une autre, la plupart des civilisations l’ont élevé à la hauteur d’un symbole de vie, l’ont considéré comme la marque de la générosité des divinités envers les hommes.

    Dans les traditions religieuses, dans les légendes, les mythes et les coutumes, on peut remonter jusqu’à l’origine lointaine du thème du pain, c’est-à-dire aux temps où l’homme prenait conscience de sa dépendance vis-à-vis des forces de la nature et appelait au secours des forces "surnaturelles" pour combattre les mauvaises récoltes et les famines.

    C’est ainsi que les plus grandes divinités de l’humanité sont personnifiées par le pain. Il y a plus de 5000 ans, Osiris est présenté comme le pain de vie des enfants de l’Égypte. Il "apprit "aux hommes à cultiver le blé, à faire la farine et préparer le pain : le pain fut toujours considéré comme divin et sacré par les Égyptiens.

    Quelque 3000 ans plus tard, Jésus-Christ "consacre" le pain et demande à ses disciples de le faire en mémoire de lui.

    La Bible compte environ quatre cents références au pain. Bethléem signifie maison du pain. Le Christ est le pain de vie, il procède à la multiplication des pains. La symbolique chrétienne du pain est présente dans la prière: "Père, donne nous aujourd’hui notre pain quotidien".

    C’est un symbole spirituel fort : il accompagne les fêtes et les rites religieux. Dans l’Ancien Testament Dieu envoya la manne aux Hébreux pendant qu’ils traversaient le désert (Exode). Cet aliment symbolise le pain et préfigure l’eucharistie.

    Le pain azyme est un pain sans levain que les Juifs mangent pour commémorer cet événement. Dans la liturgie de l'Église catholique, le pain azyme est utilisé pour confectionner les hosties qui sont consacrées au cours de la messe.

    Dans l’Antiquité, selon Ovide (1er siècle avant J.-C.), lorsque les Gaulois assiégèrent Rome, les Romains invoquèrent Jupiter et ils jetèrent par-dessus les murs ce qu’ils avaient de plus précieux. Ils confectionnèrent alors avec leur reste de farine, des miches de pains qu’ils lancèrent contre les assaillants qui pensèrent que Rome était largement approvisionnée et possédait de quoi tenir un très long siège. À cause de cela, ils abandonnèrent leur assaut. En reconnaissance, les Romains édifièrent un temple à Jupiter Pistor (Jupiter Boulanger) ce qui associait le symbolisme du blé (vie, mort et renaissance) à la destinée de la ville.

    Au gré des caprices de la nature et des campagnes militaires, le pain est signe d’opulence ou de misère, de servitude ou de liberté.

    En politique, le thème du pain a souvent été habilement utilisé comme le symbole de la sécurité et de la prospérité. Chez les anciens Romains, "le pain et les jeux" servaient déjà à représenter les promesses électorales pour favoriser la bonne humeur du peuple.

    Il existe une célèbre citation de Marie-Antoinette, épouse du roi de France Louis XVI, connue pour sa prodigalité. Quand on lui a annoncé que le peuple avait faim et qu’il réclamait du pain, la souveraine a déclaré : "S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche !". La Révolution française a éclaté peu de temps après. De nos jours, la citation cynique de Marie-Antoinette est encore utilisée pour signaler l’éloignement des gouvernants des préoccupations du peuple ou pour attirer l’attention sur les inégalités sociales.


    "Du pain et des jeux": voilà ce que demande le peuple. Le pain symbolise le nécessaire. Il est indispensable à la vie. Le vin, lui aussi, est vital, mais pas pour les mêmes raisons. Physiquement l'on peut très bien vivre sans vin. Mais le vin représente la joie, et l'on ne peut pas vivre sans joie (les jeux) ! D'où l'importance du vin.

    Il est aujourd´hui certain qu´un peu partout les hommes ont procédé à des vinifications accidentelles effectuées sur des raisins issus de vignes à l´état sauvage. L'histoire de la vigne et du vin est si ancienne qu’elle se confond avec l'histoire de l’homme. La Bible fait remonter la culture de la vigne à Noé, qui "fut le premier agriculteur. Il planta une vigne et il en but le vin." (Gn 9, 20-21) et la plus vieille œuvre littéraire connue, un récit babylonien vieux de 4000 ans, parle déjà du vin.

    D’une certaine façon, la vigne et le vin ont évolué avec les sociétés occidentales, et en ont imprégné les cultures. Le vin, au cours du temps, se charge d'une valeur autre que commerciale, il est synonyme de fête, d'ivresse, de convivialité. Il est aujourd'hui présent dans la plupart des pays du monde et son existence est le fruit d’une histoire longue et mouvementée.

    Les archéologues sont aujourd´hui capables de dire à partir de pépins de raisin retrouvés sur certains sites, s´ils sont issus d´une vigne cultivée ou sauvage. Des pépins de raisins issus d´une vigne cultivée et datant d'il y a sept mille ans ont ainsi été retrouvés dans le Caucase. C´est dans cette vaste région allant de la Géorgie à la Turquie en passant par l´Arménie, qu´il faut rechercher la trace du premier vignoble du monde...

    C´est en 2700 avant J.-C., que des inscriptions mentionnent la déesse sumérienne Gestin, dont le nom signifie 'mère-cep'. La civilisation sumérienne ne manque d´ailleurs pas de dieux, puisque Pa-gestin-dug ('bon cep') a pour épouse Nin-kasi, la 'dame du fruit enivrant'.

    Un peu plus tard en Egypte, Osiris est considéré comme le dieu du vin. Dionyos, quant à lui, et plus tard Bacchus chez les Romains, est un dieu bien dévergondé, dieu des réjouissances, des bacchanales, festivités... Le culte de Bacchus s´étend au cours de la période romaine à toutes les classes sociales, et aucun empereur romain ne parviendra à l´interdire.

    La culture de la vigne s'est, au cours des millénaires, propagée dans le monde entier.

    En voici, les grandes étapes :

 
- Phénicie et Égypte : certainement 3000 à 4000 ans avant J.-C.
- Grèce : 2000 ans avant J.-C.
- Italie, Sicile et Afrique du Nord : 1000 ans avant J.-C.
- Espagne, Portugal et sud de la France (le long de la Narbonnaise) : 500 ans avant J.-C.
- nord de lInde et Chine : 200 ans avant J.-C.

- Europe centrale, Allemagne et Angleterre : 100 à 400 ans après J.-C.
- Japon et Mexique : début du XVI° siècle
- Chili et Pérou : 1548
- Argentine : 1557
- Californie : vers 1600
- Afrique du Sud : 1655
- Australie et Nouvelle Zélande : vers 1815-1820

    La vigne fait partie de la civilisation grecque, puis romaine. Le Dionysos grec laisse peu à peu place au Bacchus romain. On estime que cela correspond à la période de colonisation de l'Italie du Sud, vers 800 avant J.-C. Déja, du temps des Étrusques on avait un dieu du vin, du nom de Fufluns.

    Pline Ancien (23-79), est un des auteurs qui a le plus parlé de la culture de la vigne (Histoire naturelle). Cependant, les vins de la Rome antique, avaient certainement peu de points communs avec ceux que nous connaissons aujourd´hui. Ils étaient résinés, sucrés, aromatisés, puis on leur additionnait souvent de l´eau tiède ou de l´eau de mer avant de les déguster ! Le problème résidait dans la conservation des vins !

    Pour les collectionneurs, amateurs d´enchères, recherchez le millésime 121 avant J.-C.: on le dit d´excellente qualité ... mais aussi fort rare !

    Le christianisme fait de nombreuses références au vin. Le Christ dit : "Je suis la vraie vigne".


    "Du pain et des jeux": si ces choses de la terre sont indispensables à la vie humaine, combien plus le Pain de Vie et le Vin du Royaume éternel sont-elles indispensables à la vie du monde !

    Dans la conclusion de Sacramentum caritatis (n. 95), Benoît XVI insiste sur l’importance vitale d’aller à la messe chaque dimanche:

 
Au commencement du quatrième siècle, le culte chrétien était encore interdit par les autorités impériales. Certains chrétiens d'Afrique du Nord, qui se sentaient poussés à célébrer le Jour du Seigneur, défièrent l'interdiction. Ils furent martyrisés alors qu'ils déclaraient qu'il ne leur était pas possible de vivre sans l'Eucharistie, nourriture du Seigneur: Sine dominico non possumus.

    "Sans la messe du dimanche, sans l’eucharistie, les chrétiens ne peuvent pas vivre en Irak."

    Ce sont ces mêmes paroles prononcées par le père Ragheed dans une communauté habituée à voir chaque jour la mort en face, cette même mort qui l’attendait au retour de la messe de dimanche dernier. Après avoir nourri ses fidèles du corps et du sang du Christ, il a offert aussi son propre sang, sa vie, pour l’unité de l’Irak et l’avenir de son Eglise.

    Ce jeune prêtre avait choisi, tout à fait consciemment, de rester à côté de ses fidèles, dans sa paroisse consacrée à l’Esprit Saint, à Mossoul, la ville considérée comme la plus dangereuse en Irak après Bagdad. La raison est simple: sans lui, sans son pasteur, le troupeau se serait égaré. Dans la barbarie des kamikazes et des bombes une chose au moins était certaine et donnait la force de résister:

 
Le Christ avec son amour sans limites défie le mal, nous garde unis, et nous donne, à travers l’Eucharistie, la vie que les terroristes essaient de nous ôter.

    Quelques jours seulement avant d'être assassiné, il déclarait:
 
Les jeunes organisent la surveillance après les attentats déjà subis par la paroisse, après les enlèvements et les menaces permanentes qui visent les religieux. Les prêtres célèbrent la messe parmi les ruines causées par bombes. Les mères voient avec inquiétude leurs enfants défier les dangers et se rendre au catéchisme avec enthousiasme. Les vieux confient à Dieu leurs familles qui fuient l’Irak, ce pays qu’ils ne veulent pas quitter, solidement enracinés dans ces maisons qu’ils ont construites pendant des années à la sueur de leur front et qu’il n’est pas question d’abandonner.

    Ragheed était comme eux, comme un père fort qui veut protéger ses enfants:
 
Notre devoir est de ne pas désespérer. Dieu écoutera nos supplications pour la paix en Irak.

    Il était l’objet de menaces répétées et de tentatives d’attentat depuis 2004, il avait vu des parents souffrir et des amis partir. Il avait cependant continué jusqu’à la fin de rappeler que cette souffrance, ce massacre, cette anarchie de la violence avaient aussi un sens: il fallait les offrir. Après l’attaque contre sa paroisse le 1er avril, dimanche des Rameaux, il disait:
 
Nous nous sommes sentis semblables à Jésus quand il entre à Jérusalem, sachant que la conséquence de Son amour pour les hommes sera la Croix. Nous avons également offert notre souffrance, pendant que les projectiles transperçaient les vitres de l’église, comme signe d’amour pour Jésus.

    Il racontait encore :
 
Nous attendons chaque jour l’attaque décisive mais nous n’arrêterons pas de célébrer la messe. Nous le ferons aussi sous terre, où nous sommes plus à l’abri. Je suis encouragé par mes paroissiens à suivre cette décision. Il s’agit de guerre, de vraie guerre, mais nous espérons porter cette Croix jusqu’à la fin avec l’aide de la Grâce divine.

    Et parmi les difficultés quotidiennes il s’étonnait lui-même de réussir ainsi à comprendre d’une façon plus profonde "la grande valeur du dimanche, jour de la rencontre avec Jésus ressuscité, jour de l’unité et de l’amour entre tous, du soutien et de l’entraide".

    Ensuite les voitures remplies d’explosifs se sont multipliées; les enlèvements de prêtres à Bagdad et à Mossoul sont devenus de plus en plus fréquents; les sunnites ont commencé à demander un impôt aux chrétiens qui voulaient rester dans leurs maisons, sous peine de les voir confisquées par des miliciens. L’eau, l’électricité, continuent à manquer, les liaisons téléphoniques sont difficiles. Ragheed commence à être fatigué, son enthousiasme faiblit. Jusqu’à admettre, dans son dernier mail à "Asia News", agence dont il était le crrespondant en Irak, le 28 mai 2007 : "Nous sommes sur le point de nous écrouler". Il parle de la dernière bombe qui est tombée sur l’église du Saint Esprit, juste après les célébrations du jour de la Pentecôte, le 27 mai; de la "guerre" qui a éclaté une semaine plus tôt, avec 7 voitures et 10 engins explosifs en quelques heures; du couvre-feu qui pendant trois jours "nous a gardés prisonniers dans nos propres maisons", sans pouvoir célébrer la fête de l’Ascension, le 20 mai.

    Il se demande dans quelle direction son pays se dirige:

 
Dans un Irak sectaire et confessionnel, quelle place sera attribuée aux chrétiens? Nous n’avons pas de soutien, aucun groupe ne se bat pour notre cause, nous sommes seuls dans ce désastre. L’Irak est déjà divisé et ne sera plus jamais le même. Quel avenir pour notre Eglise?.

    Mais il confirme aussitôt la force de sa foi, éprouvée mais intacte:
 
Je peux me tromper, mais une chose, une seule chose, j’ai la certitude qu’elle est vraie, pour toujours: l’Esprit Saint continuera à illuminer des personnes afin qu’elles œuvrent pour le bien de l’humanité, dans ce monde si plein de mal.

    L'Eucharistie est notre pain "supersubstantiel". Sans l'Eucharistie du dimanche nous ne pouvons pas vivre. L'Eucharistie est le pain nécessaire à la vie divine que nous avons reçue au baptême. Si nous manquons la messe du dimanche volontairement, ou par négligence, ne fût-ce qu'une seule fois, nous sommes morts, et nous avons besoin du sacrement de la réconcilation pour ressusciter et pour pouvoir communier de nouveau.

    Mais si l'Eucharistie est notre pain nécessaire, elle est aussi notre vin essentiel, la source de toute joie en dehors de laquelle il n'y a aucune vraie joie, une joie sans laquelle toutes les autres joies ne sont que tristesse et déception. Écoutons S. Bernard :

 
Une fois admise à boire la coupe de la Sagesse, celle dont il est dit: "Mon calice, qu'il est beau!", quoi d'étonnant si l'âme s'enivre alors de l'abondance de la Maison de Dieu? Là, en effet, la morsure de tout souci personnel a disparu, l'âme boit en sécurité le vin nouveau avec le Christ, dans le Royaume du Père. La Sagesse dresse là un triple banquet; ce qu'elle sert à tous, c'est l'Amour; la Charité nourrit ceux qui peinent, elle désaltère ceux qui se reposent, elle enivre ceux qui règnent...
Oui, ils sont les bien-aimés, ceux qui s'enivrent de Charité! Oui, ils sont enivrés de joie, ceux qui ont le bonheur d'être introduits aux Noces de l'Agneau. Ils sont les bien-aimés enivrés de joie, ceux qui mangent et boivent à la table de l'Agneau, dans son Royaume, quand il fait paraître devant lui l'Église glorieuse, sans tache ni ride, sans imperfection quelconque.
Alors l'Agneau enivre ses bien-aimés du torrent de sa joie. Et de cette chaste étreinte de l'Époux et de l'Épouse dans le Royaume, jaillit un fleuve impétueux qui répand le bonheur dans la cité de Dieu.
Ce torrent de joie n'est autre chose que le Fils de Dieu lui-même, "le Festin des justes, leur joie en la présence de Dieu".
De là ce rassemblement sans dégoût, cette curiosité insatiable sans inquiétude, ce désir sans fin, cette sobre ivresse toujours ardente pour Lui. (Traité de l'Amour de Dieu, 32)
Sans l'Eucharistie du dimanche nous ne pouvons pas vivre.
Sans l'Eucharistie du dimanche nous ne pouvons pas vivre.

Sans l'Eucharistie du dimanche nous ne pouvons pas vivre.

Jésus est là pour nous sauver - Homélie Fête-Dieu C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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Saint Luc nous dresse un tableau très réaliste de Jésus qui marche sur les routes poussiéreuses de son pays, pour parler « du règne de Dieu à la foule », guérissant « ceux qui en avaient besoin », s’assurant même qu’ils avaient suffisamment à manger. Ce tableau nous montre combien Jésus désire être près de chacun de nous. Voilà le message central de la Solennité de la Fête-Dieu que nous célébrons aujourd’hui.

 

Dans son pays, et à son époque, Jésus a passé tout son temps à faire des choses pour les autres. Toute sa vie était pour les autres, pour nous. Il est venu pour nous, pour être notre Sauveur et l’Ami qui ne nous laisse jamais tomber. Et il a voulu s’assurer que nous ne l’oublierons jamais. Il a trouvé un moyen pour rester avec nous, même après sa mort, sa résurrection et son ascension. Il est resté avec nous, pas seulement dans les Saintes Ecritures, pas seulement dans l’Eglise, et par l’exemple des saints, mais aussi sous les humbles et silencieuses apparences du pain et du vin.

 

C’est grâce à l’Eucharistie que Jésus est aussi proche de nous qu’il l’a été pour les gens qui ont marché avec lui sur les routes poussiéreuses de son pays. Ou plutôt, il est encore plus proche de nous. Car dans le passage de l’Evangile que nous venons d’entendre, les gens ont reçu du pain de ses mains, mais nous, nous recevons le Seigneur lui-même dans la Sainte Communion.

 

Qu’est-ce que Jésus aurait pu faire de plus pour nous montrer avec quel amour passionné il veut être proche de nous, pour nous guider, nous fortifier ? Depuis le jour où il a multiplié les pains pour la foule affamée, Jésus n’a pas changé. Il n’est pas devenu, d’un jour à l’autre, égoïste, dur et impitoyable. Il est toujours aussi bon et généreux maintenant qu’alors.

 

Dans sa dernière encyclique, saint Jean Paul II avait mis l’accent sur le désir du Christ de demeurer proche de nous, un désir qui se manifeste par excellence dans l’Eucharistie. Dès les premières lignes de l’encyclique il écrit comment

 

"dans l'Eucharistie, par la transformation du pain et du vin en corps et sang du Seigneur, (l’Eglise) jouit de cette présence avec une intensité unique. " (n. 1)

 

Dans son Exhortation Sacramentum caritatis Benoît XVI revient sur son thème préféré. Pour lui, l’amour de Dieu est la solution à chaque problème personnel et communautaire, et en même temps la réponse au désir de chaque cœur humain. Et il explique aussi, dès le début de son message, que l’Eucharistie est la manifestation ultime de cet amour. Voici ses propres paroles :

 

« Sacrement de l'amour,  la sainte Eucharistie est le don que Jésus Christ fait de lui-même, nous révélant l'amour infini de Dieu pour tout homme… Jésus continue de nous aimer "jusqu'au bout", jusqu'au don de son corps et de son sang. Quel émerveillement dut saisir le cœur des disciples face aux gestes et aux paroles du Seigneur au cours de la Cène! Quelle merveille doit susciter aussi dans notre cœur le Mystère eucharistique!

 

« Dans le Sacrement de l'autel, le Seigneur vient à la rencontre de l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, se faisant son compagnon de route. En effet, dans ce Sacrement, le Seigneur se fait nourriture pour l'homme assoiffé de vérité et de liberté. Puisque seule la vérité peut nous rendre vraiment libres, le Christ se fait pour nous nourriture de Vérité. » (n. 1-2)

 

Ce n’est pas seulement de la théorie. C’est la réalité. La présence intime de Jésus qui se manifeste par excellence dans l’Eucharistie, nous donne la force pour la mission et nous permet de trouver le bonheur qu’il désire pour nous. Comme le disait la Bienheureuse Mère Teresa, l’Eucharistie "est la nourriture spirituelle qui me soutient – sans laquelle je n’arriverais pas au bout d’une seule journée ou une seule heure de ma vie."

 

La présence réelle de l’Eucharistie est la manière pour Jésus de rester proche de ceux qui, comme nous, croient en lui. Mais comment reste-t-il proche de ceux qui ne croient pas en lui ? Comment fait-il connaître sa présence aux gens autour de nous qui cherchent le bonheur là où il ne se trouve pas ? Il le fait par nous. Par l’Eucharistie, Jésus vient habiter en nous, et ensuite, c’est à nous de le porter aux autres, par notre exemple, nos paroles, nos actions. Voilà pourquoi les premiers chrétiens disaient souvent que chaque chrétien, chaque disciple du Christ, est un autre Christ. L’Eucharistie est cette nourriture extraordinaire qui rend cela possible. La nourriture ordinaire est absorbée par nous et est transformée en notre corps. Mais quand nous recevons l’Eucharistie, c’est Jésus qui nous absorbe et nous transforme en lui-même, pour faire de nous des membres vivants de son corps.

 

Nous sommes donc des collaborateurs de Dieu. Dieu nous a faits pour que nous mettions nos talents à sa disposition, pour construire son Royaume. Et c’est alors, si nous prenons cette mission au sérieux, que nous trouvons le sens, la fécondité de notre vie. Voici comment la bienheureuse Mère Teresa disait cela :

 

"Chacun de nous est un collaborateur du Christ. Nous devons travailler dur pour le porter dans les cœurs de ceux qui ne le connaissent pas et ne l’aiment pas encore. Mais si  nous n’avons pas Jésus, nous ne pouvons pas le donner. C’est pour cela que nous avons besoin de l’Eucharistie. Passez le plus possible de temps à adorer le Très Saint Sacrement, et il vous remplira de sa force et de sa puissance."

 

Aujourd’hui, Jésus vient de nouveau vers nous dans la Sainte Communion. Remercions-le pour ce grand cadeau de sa Présence, et promettons-lui d’en faire un meilleur usage. Renouvelons notre engagement à être de fidèles collaborateurs de Dieu, grâce à la présence de Jésus.

Lectures pour la Solennité de la Fête-Dieu Année C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Melkisédek offre à Dieu le pain et le vin (Gn 14, 18-20)

Lecture du livre de la Genèse

Comme Abraham revenait d'une expédition victorieuse contre quatre rois, Melkisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu très-haut.
Il prononça cette bénédiction :« Béni soit Abram par le Dieu très-haut, qui a fait le ciel et la terre ;
et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains. »
Et Abram lui fit hommage du dixième de tout ce qu'il avait pris.
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 109, 1, 2, 3, 4

R/ Tu es prêtre à jamais, Christ et Seigneur!

Oracle du Seigneur à mon seigneur :
« Siège à ma droite, 
et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône. »
 

De Sion, le Seigneur te présente
le sceptre de ta force : 
« Domine jusqu'au coeur de l'ennemi. »
 

Le jour où paraît ta puissance,
tu es prince, éblouissant de sainteté : 
« Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré. »
 

Le Seigneur l'a juré dans un serment irrévocable : 
« Tu es prêtre à jamais
selon l'ordre du roi Melkisédek. »
 
 

 

 

 

2ème lecture : Institution de l’Eucharistie (1Co 11, 23-26)

 

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Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, moi, Paul, je vous ai transmis ce que j"ai reçu de la tradition qui vient du Seigneur : la nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain,
puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. »
Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.
 
 

 

 

Evangile : Le Christ nourrit son peuple (Lc 9, 11b-17)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Tu es le pain vivant venu du ciel, Seigneur Jésus. Qui mange de ce pain vivra pour toujours. Alléluia. (cf. Jn 6, 51-52)
 

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus parlait du règne de Dieu à la foule, et il guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser. Les Douze s'approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule, ils pourront aller dans les villages et les fermes des environs pour y loger et trouver de quoi manger : ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n'avons pas plus de cinq pains et deux poissons... à moins d'aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce monde. »
Il y avait bien cinq mille hommes.Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante. »
Ils obéirent et firent asseoir tout le monde.
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il les bénit, les rompit et les donna à ses disciples pour qu'ils distribuent à tout le monde.
Tous mangèrent à leur faim, et l'on ramassa les morceaux qui restaient : cela remplit douze paniers.
 
 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Si tu vois l'amour, tu vois la Trinité - Homélie pour la Solennité de la Trinité C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
 

"J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter."

 

Ces paroles de Jésus que nous venons d'entendre, l'Église, en les choisissant pour la Solennité que nous célébrons aujourd'hui, une semaine après la Pentecôte, nous suggère de les comprendre comme étant relatives au mystère de la Très Sainte Trinité. Elles ont été prononcées il y a deux mille ans. Mais combien elles demeurent d'actualité pour les chrétiens charnels que nous sommes.

 

"Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître."

 

Où en sommes-nous dans notre vie chrétienne qui est trinitaire par essence ? Souvent, pour ne pas dire presque toujours, nous vivons encore comme les disciples de Jésus avant la Pentecôte. Souvent même, nous croyons être de bons chrétiens alors que nous sommes (peut-être ?) tout juste de bons Juifs de l'Ancien Testament, si ce n'est de bons païens !

 

C'est particulièrement clair au moment où nous célébrons les funérailles de quelqu'un que nous avons connu. De tous les compliments que nous lui faisons "post mortem" - comme de toutes les qualités que nous admirons tant ... en nous-mêmes -, Jésus a pu dire: "Même les pécheurs en font autant" (Lc 6, 33).

 

Si ce que nous faisons et vivons ne vaut pas mieux que ce que vivent et font les païens, c'est donc que notre foi n'est pas chrétienne mais païenne. Nous croyons que Dieu existe, disons-nous fièrement. Oui, mais le démon le croit aussi, rétorque S. Jacques: "Tu crois qu'il y a un seul Dieu ? Tu as raison. Les démons, eux aussi, le croient, mais ils tremblent de peur" (Jc 2, 19).

 

Cette lenteur à croire, que Jésus avait encore reprochée aux disciples qui battaient la retraite le jour de Pâques, était pour eux beaucoup plus excusable que pour nous, qui avons la chance inouïe de pouvoir puiser dans le trésor de deux mille ans de christianisme. Mais nous n'y puisons pas, ou si peu. Notre vie de foi s'est arrêtée, comme je le disais dimanche dernier, à notre profession de foi et notre confirmation. C'était "le début de la fin". Depuis, nous nous sommes crus en règle, au point, diplômés.

 

Mais voila justement ce qui est admirable si l'on considère notre médiocrité du point de vue de Dieu, de l'action de l'Esprit Saint dont parle Jésus: "il vous guidera vers la vérité tout entière". On n'a pas vu que les disciples à qui Jésus faisait cette promesse, étaient devenus plus intelligents et plus vertueux, pour qu'ensuite l'Esprit Saint ait pu commencer son travail. Non ! Les disciples que Jésus s'était choisis au départ ne valaient pas mieux que nous. Je ne dis pas cela pour vous tranquilliser, pour vous endormir après vous avoir secoué. Je le dis pour vous inciter à adorer le mystère de la miséricorde, de la patience de Dieu qui nous a aimés le premier en nous donnant part à son Esprit, qui est appelé le Père des pauvres.

 

C'est vrai: les chrétiens du premier siècle et ceux des siècles suivants ne valaient pas mieux que nous. Mais nous, au XXIe siècle, nous pouvons pourtant constater l'action de l'Esprit Saint qui donne toute sa mesure dans notre faiblesse (cf. 2 Co 12, 9). Ce qui est vrai pour S. Paul est vrai pour chacun de nous, et vaut surtout pour l'Église dans son ensemble: notre misère à nous tous n'empêche pas l'Esprit Saint d'agir et de conduire l'Église à la vérité tout entière. Au contraire: notre misère est la raison d'être même de l'action de l'Esprit Saint, son terrain de prédilection, en quelque sorte.

 

Voici un fait qui m'a beaucoup amusé. Après avoir écrit "une grosse brique" sur la Trinité (La Trinité, mystère et lumière, plus de 600 pages), le Père Laurentin, à peine un an plus tard, et après cinquante ans de recherche, en écrit un deuxième (Traité sur la Trinité, moins de 400 pages). Pourquoi? Il s'en explique lui-même:

 

"Pourquoi un deuxième livre sur la Trinité, guère plus d'un an après le premier? La Trinité m'a donné, contre toute attente, la lumière universelle et simple que je cherchais depuis plus d'un demi-siècle, par mes travaux de fourmi: sectoriels et minutieux. Cette lumière, celle de l'Amour qui définit Dieu, révèle non seulement l'homme et la société créés à son image, la théologie et la spiritualité ainsi unifiées, mais aussi la philosophie et même les sciences. Car Dieu crée à son image un monde intrinsèquement un et multiple, et surtout l'homme, personne et société, fondé sur l'amour qui est l'enjeu de toute vie, d'ici-bas et au-delà. (Traité sur la Trinité)."

 

Depuis le De Trinitate de saint Augustin jusqu'au Dieu est Amour de Benoît XVI, ce sera la découverte difficile mais émerveillée de tant et tant de croyants grâce à l'action toujours neuve de l'Esprit Saint qui guide "vers la vérité tout entière".

 

"Ce qui va venir, il vous le fera connaître."

 

Adrienne von Speyr commente:

 

"Il ne le fera pas comme le Fils, qui a parlé sur terre comme un messager (...), mais il parlera immédiatement du lieu où il entend: du sein de la Trinité. Et lorsqu'il annoncera les choses à venir, il s'agira moins d'événements particuliers de l'avenir que du caractère futur de la vérité en général. Ce qu'il annonce, il l'annoncera de manière à le faire apparaître comme une chose qui est en train d'arriver et de se réaliser dans l'Esprit. Sa prophétie concernera le développement de l'Église, de la communauté et, en elle, l'épanouissement de l'individu particulier. Et cela ne se fera pas à l'aide de dates et de détails historiques, comme cela plaît tant à la curiosité humaine, mais de manière à rendre évidentes les exigences essentielles de la vie chrétienne. Il fera voir par exemple à ceux qui savent écouter ses prophéties ce qu'une communauté, un pays, un peuple peuvent devenir, s'ils s'ouvrent à la grâce de Dieu. Ou inversement: de quels châtiments sont menacés ceux qui se ferment à la grâce.

 

"Tout ce qui est dogme et règle dans l'Église entre également dans sa prophétie; dans l'Église, il ne sera pas d'abord l'amour visible, mais la structure solide, son objectivité à travers le temps, le cadre fermé à l'intérieur duquel la vie ecclésiale se développe. Bien que tout cela soit apparemment figé et actuel, nullement vivant et à venir, c'est justement là que l'Esprit prophétise. Car tout ce qui est vivant ne cesse d'y prendre sa source. Toute vérité nouvellement reconnue apparaît dans l'Église comme une déduction de ce qui était déjà connu. C'est l'Esprit qui fait pousser du tronc du dogme des branches et des fleurs toujours nouvelles. C'est lui qui fait comprendre aux fidèles les lois nécessaires à l'existence de l'Église à une époque pour qu'elle mène à Dieu les hommes de tout temps. Il donne l'interprétation toujours exacte de l'Évangile. En tout temps, il sert de médiateur entre la structure solide de la Tradition et les exigences variables de l'époque. C'est en cela que consistera sa prophétie. (...)

 

"Dans les discours et les actes du Seigneur, tout n'était qu'appel à l'amour. Seul l'Esprit nous dira clairement comment réaliser l'amour dans chaque cas particulier. Cela ne signifie pas un appauvrissement de l'amour, mais au contraire son enrichissement. Car dorénavant, il sera possible, à l'aide de lois claires, d'expliquer à d'autres quels sont les chemins qui mènent à l'amour et comment on peut y persévérer. C'est comme si le Seigneur avait fait cadeau aux siens d'un bout de terrain, avec l'ordre de le cultiver. Mais c'est l'Esprit qui défriche, qui trace les chemins, qui plante, taille, arrose, sème et récolte."

 

Voilà, je crois, ce que voulait dire saint Augustin quand il disait : "Si tu vois l'amour, tu vois la Trinité".

 

Si nous ne voyons pas l'amour dans l'Eucharistie, qui est "le sacrement de l'amour", comment pourrions-nous le voir ailleurs sans nous tromper lourdement ? Le monde se meurt en cherchant l'amour là où il n'est pas, et en le méprisant là où il se donne en vérité et dans toute sa plénitude. Demandons au Seigneur de pouvoir accueillir, célébrer et adorer le don qu'il nous fait de son amour dans l'Eucharistie, les autres sacrements et dans toute la vie de l'Église. Dimanche prochain soyons nombreux à mettre tout notre coeur à lui témoigner l'hommage de notre reconnaissance à l'occasion de la messe et ensuite de la procession du Très Saint Sacrement dans les rues de nos villes et de nos villages.

 

Ce qui va venir, il vous le fera connaître.

Ce qui va venir, il vous le fera connaître.

La Création raconte la Gloire de Dieu - Homélie Trinité Année C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Un des exemples préférés de Benoît XVI pour parler de l’existence de Dieu est l’analogie de l’électricité. Personne, ne dit-il, ne voit l’électricité, mais nous voyons ses effets, et c’est ainsi que nous savons que Dieu existe : l’ampoule s’allume, l’aspirateur se met en marche, le réveil sonne. De la même manière, personne ne voit Dieu directement, face à face, mais nous pouvons voir les œuvres de Dieu : l’Eglise, les saints, et, bien sûr, les beautés merveilleuses de la création qui nous entoure.

 

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Un ami me disait un jour avoir été émerveillé avec sa famille par les chutes de Foz Do Iguaçu (80 mètres de dénivellation, contre 56 pour les chutes du Niagara !), situées sur la triple frontière Brésil – Argentine – Paraguay, avec le barrage hydro-électrique, le plus puissant du monde (en attendant la fin de la construction du barrage des 3 gorges en Chine), qui peut fournir trois fois plus d'énergie que le barrage d'Assouan en Egypte. Il alimente en électricité tout le sud du Brésil et l’ensemble du Paraguay.

 

Le Psaume qui nous a aidés à prier après la 1e lecture exprime ce sens de l’émerveillement que nous avons tous pu expérimenter à un moment donné de notre vie en admirant tel ou tel paysage de notre petite planète, ou même de l’univers que l’on commence tout juste à explorer.

 

 

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Cela a pu être un magnifique coucher de soleil ou un lever de lune, ou une vue sur l’océan qui nous a coupé le souffle. C’est l’expérience que décrit le psalmiste :

 

« A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,

la lune et les étoiles que tu fixas,

qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui,

le fils d'un homme, que tu en prennes souci ? »

 

C’est le même sentiment qui est évoqué dans la 1e lecture du Livre des Proverbes. Dans ce célèbre passage du chapitre 8, la Sagesse de Dieu est personnifiée et se décrit elle-même comme préexistant à toutes les merveilles mystérieuses du monde visible : les montagnes et les collines, les océans et les cieux, même les fondations de la terre…

 

Avant que tout cela n’existe, la Sagesse de Dieu était déjà à l’œuvre. Ce que l’auteur de ce livre veut dire, c’est que toutes ces choses magnifiques et merveilleuses, pour impressionnantes qu’elles soient, ne sont qu’un pâle reflet de la beauté de Dieu qui les a faites. Le soleil n’est que l’ombre de Dieu !

 

Aujourd’hui, l’Eglise nous invite à contempler la nature intime de Dieu lui-même, la Très Sainte Trinité, et elle le fait en nous demandant de nous émerveiller devant les splendeurs de la création.

 

C’est une chose que dont les saints ont toujours eu une conscience aigüe. Nous avons tous entendu les récits autour de S. François d’Assise, qui trouvait en chaque aspect de la création un frère ou une sœur. Il lui arrivait même de se baisser pour écarter de la route un vers de terre pour ne pas qu’il se fasse écraser. Il se souvenait du passage de la Bible qui dit que Jésus sur la Croix était considéré comme un vers, non comme un homme.

 

Cette capacité de voir Dieu dans sa création relève de l’un des sept dons du Saint Esprit, le don de science. Puisque tous les saints sont particulièrement dociles au Saint Esprit, ils sont aussi très sensibles à l’éloquence silencieuse de la nature pour parler de Dieu.

 

 

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Un exemple parmi d’autres est S. Jean Gualbert (fin 10e – début 11e siècle), abbé fondateur de la congrégation de Vallombreuse que le pape Pie XII a déclaré saint patron des forestiers italiens en 1951 et des forestiers brésiliens en 1957. C’était un noble de la région de Florence, en Italie, soldat violent jusqu’au jour où  il découvre sa vocation de commencer un monastère pour restaurer la vie monastique de la région dans sa pureté originelle. En ce qui concerne l’emplacement de ce monastère, il y avait un avantage et un inconvénient. L’avantage était que c’était à l’écart des bruits de la ville en plein essor. L’inconvénient était que le terrain était inculte et désert, sans aucun attrait. Jean était d’avis que si le terrain était mieux entretenu, cela faciliterait la contemplation et la vie spirituelle. Alors il engage les moines à planter des arbres (pins et sapins) partout dans la propriété pour en faire un parc, une réserve naturelle, et ainsi favoriser la prière. On peut encore visiter les lieux aujourd’hui.

 

 

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Voilà le sens de la beauté de la création : Dieu nous l’a donnée pour nous attirer à lui davantage.

 

Dieu nous a fait ce merveilleux cadeau de la création. Comment pouvons-nous en faire un meilleur usage ? D’abord en évitant deux extrêmes.

 

Le premier extrême, c’est de traiter la nature sans aucun respect, et de ne penser qu’à l’exploiter sauvagement. L’Eglise nous rappelle fréquemment que Dieu a fait des hommes les gardiens de la création. Cela veut dire que nous aurions tort d’abuser des ressources de la nature sans nous soucier d’en sauvegarder les richesses. Ca, c’est le premier extrême.

 

Mais il y en a un autre que nous devons éviter avec autant de soin. C’est celui de traiter la nature avec trop de respect. Nous vivons dans un monde qui passe. Ce monde ne durera pas. Chaque personne humaine durera davantage que les océans et les montagnes. Nous sommes tous appelés à ressusciter à la fin de l’histoire. Ceux qui seront morts en amitié avec le Christ ressusciteront pour la vie ; ceux qui meurent en dehors de cette amitié avec le Christ ressusciteront pour la mort éternelle. Le monde qui passe est un don de Dieu pour nous. Nous ne devons pas avoir peur d’en user, d’en profiter, de le cultiver. Les êtres humains ne sont pas des parasites de la planète terre. Nous en sommes les gardiens, les jardiniers. Ne faisons pas de la nature une idole. Ce qu’il y a de plus précieux dans la création, c’est l’être humain !

 

A l’approche des grandes vacances, et alors que le Christ va venir en nous par la Sainte Communion, par le "fruit de la terre" et le "fruit de la vigne", remercions-le de nous entourer avec tant de beauté. Et demandons-lui de nous ouvrir les yeux pour voir la planète terre (et l’univers tout entier) pour ce qu’elle est : une révélation de sa sagesse et de sa bonté.

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