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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Lectures 4° dimanche du Carême C (Laetare)

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : L'arrivée en Terre Promise et la célébration de la Pâque (Jos 5, 10-12)

 

Lecture du livre de Josué

Après le passage du Jourdain, les fils d'Israël campèrent à Guilgal et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, vers le soir, dans la plaine de Jéricho.
Le lendemain de la Pâque, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés.
A partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu'ils mangeaient les produits de la terre. Il n'y avait plus de manne pour les fils d'Israël, qui mangèrent cette année-là ce qu'ils récoltèrent sur la terre de Canaan.



 

Psaume : Ps 33, 2-3, 4-5, 6-7

 
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R/ Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur

 

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m'entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.
 
 
 

2ème lecture : Réconciliés avec Dieu par le Christ (2 Co 5, 17-21)

 

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, si quelqu'un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s'en est allé, un monde nouveau est déjà né.
Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation.
Car c'est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui ; il effaçait pour tous les hommes le compte de leurs péchés, et il mettait dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Celui qui n'a pas connu le péché, Dieu l'a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu.
Frères, si quelqu"un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s"en est allé, un monde nouveau est déjà né
Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c"est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
 
 


 

Evangile : Parabole du père et de ses deux fils (Lc 15, 1-3.11-32)

 
Acclamation : Comme la tendresse d'un père pour son enfant, le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour. (Ps 102, 8.13)
 
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
Jésus disait cette parabole : « Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.
Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi.
Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.'
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...'
Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.' Et ils commencèrent la fête.
Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé.'
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !'
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
 
 


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Se convertir ou périr - Homélie 3° dimanche du Carême C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Jésus laisse à Dieu la difficile décision du jugement ultime: "Sinon tu le couperas".

Jésus laisse à Dieu la difficile décision du jugement ultime: "Sinon tu le couperas".

 
 
 
    Après avoir été poussé par l'Esprit à suivre Jésus dans le désert par la prière, le jeûne et le combat contre les tentations, nous avons entendu l'appel du Père à écouter son Fils sur la montagne des Écritures. Aujourd'hui nous sommes appelés à méditer le mystère de la miséricorde de Dieu qui, en Jésus, nous appelle à la conversion, à revenir à Dieu de tout notre coeur, de tout notre esprit, de toutes nos forces.

    L'épisode que nous venons d'entendre se situe au coeur de la montée vers Jérusalem que Jésus entreprend avec décision, sachant que c'est là que s'accomplira sa passion, sa mort et sa résurrection. Jésus vient tout juste de corriger la foule en leur disant: "Esprits faux! l'aspect de la terre et du ciel, vous savez le juger, mais les temps où nous sommes, pourquoi ne savez-vous pas le juger?" (Lc 12, 56) Et voilà que certains lui signalent un de ces faits d'actualité tragiques qui arrivent encore de nos jours: "l'affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu'ils offraient un sacrifice". La mentalité religieuse du temps voyait en des évènements comme ceux-là la marque d'un jugement et d'une punition divine pour les péchés des victimes.

    Jésus, au contraire, leur enseigne à regarder cet évènement dans la foi, et à y percevoir une invitation à la conversion. Il le dit très clairement : "Pensez-vous que ces hommes étaient de plus grands pécheurs que les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort? Eh bien non, je vous le dis, et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux". Et ensuite il cite un autre grave incident: l'écroulement de la tour de Siloë, qui avait causé la mort de dix-huit personnes, en faisant le même commentaire: "Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière".

    Dans la vie de ce monde Dieu ne punit pas les injustes, tandis qu'il épargne les justes. La vérité est autre: nous sommes tous pécheurs, ceux qui sont en vie comme ceux qui meurent. "Celui qui se croit solide, qu'il fasse attention à ne pas tomber" (1 Co 10, 12). Jésus ne veut effrayer personne, mais il veut nous enseigner que chaque évènement demande une compréhension profonde, riche de sagesse: il faut le lire avec son coeur, non pas comme un simple fait divers, mais en le plaçant dans l'histoire, dans l'histoire du salut, que Dieu accomplit de manière invisible chaque jour. Ce n'est qu'ainsi que chacun pourra comprendre, avant tout pour lui-même, que Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais "qu'il se détourne de sa conduite et qu'il vive" (cf. Ez 18, 23 ; 33, 11).
 

 
 
    Pour que ceci soit bien clair, Jésus raconte la parabole du figuier stérile, une parabole qui nous parle de ce que vit Jésus lui-même. Dieu, le maître de la vigne (cf. Ps 79 ; Is 5), plante un figuier dans sa vigne ; pendant trois longues années il vient chercher les fruits - ces "fruits de conversion" (Lc 3, 8), déjà réclamés par Jean-Baptiste. Mais il n'en trouve pas. Alors, dit Jésus, le maître demande au vigneron de couper ce figuier, parce qu'il risque d'épuiser inutilement le terrain. Il s'agit d'une mesure de justice, à laquelle cependant le vigneron répond : "Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier". Le vigneron (Jésus) ne se borne pas à demander un délai, mais il intercède avec force, en demandant au Maître de la vigne (son Père) de renoncer à la menace, comme l'avaient fait les prophètes d'Israël, de Moïse (cf. Is 34, 9) à Amos (cf. Am 7, 2), et tant d'autres. Il ne se borne pas non plus à intercéder: il s'engage à travailler avec encore plus de soin en faisant tout son possible pour donner au figuier (chacun de nous) toutes les chances pour porter du fruit…

    En tout cas, Jésus laisse à Dieu la difficile décision du jugement ultime: "Sinon tu le couperas". Dans cette conclusion nous pouvons recueillir la grandeur de la misericorde et de la patience de Jésus, celui qui avec toute sa vie nous a révélé le Dieu qui est "YAHVÉ, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité" (Ex 34, 6). Maintenant, si Jésus ne veut condamner personne, pour toujours offrir toute la possibilité et l'espoir de la conversion, qui sommes-nous pour juger de la fécondité ou de la stérilité des autres? Voilà pourquoi, comme il arrive souvent dans les paraboles, même celle-ci reste ouverte. Elle appelle chacun de nous à porter des fruits de conversion.

    Jésus sait bien que "la miséricorde se moque du jugement". (Jc 2, 13). Et c'est vraiment la connaissance de cette misericorde de Dieu, plus forte que nos péchés, qui peut nous pousser à la conversion. Oui, chaque jour le chrétien devrait dire avec conviction : "Aujourd'hui je recommence, aujourd'hui je peux recommencer", sans présumer de ses forces, et sans jamais poser des limites à la misericorde de Dieu.

    La miséricorde de Dieu n'est pas un oreiller de paresse. Se prévaloir de la miséricorde de Dieu pour remettre sa conversion à plus tard, ce n'est pas connaître la miséricorde de Dieu. Encore faut-il savoir ce que veut dire: se convertir. À ce sujet quantité d'idées fausses risquent d'hypohéquer l'issue, ou même le commencement de l'entreprise. Faisons donc la chasse aux idées fausses sur la conversion.
 
La conversion, c'est quelque chose pour moi : ça n'arrive pas qu'aux autres.
La conversion, c'est le cœur de l'Évangile. Lire le texte sacré sans ressentir en soi cet appel, c'est passer à côté.
La conversion, ce n’est pas la case-départ, mais une exigence permanente. La sainteté ne consiste pas à se passer le plus tôt possible de la Miséricorde, mais à s’y plonger de plus en plus.
La conversion n'est pas mon œuvre: c'est un évènement inattendu que je ne puis pas programmer dans ma recherche.
La conversion, ce n'est pas Dieu se déduisant de mes réflexions: c'est la rencontre de Quelqu'un. Dieu se dit comme il se donne.
La conversion, ce n’est pas d'aller au souk du sacré pour faire des emplettes curieuses que l'on jouira de collectionner dans son musée personnel. Dieu n'est pas en ma possession, pour mon usage personnel, au gré de mes états d'âme.
La conversion, c'est l'accueil du gratuit. C'est tout le contraire d'une conquête du divin (par le savoir, la magie, la méthode de prière). L'idole, ce n'est pas l'image comme telle: c'est une relation à Dieu qui est faussée, c'est le moyen automatique de mettre la main sur une Énergie convoitée. C'est la religion à l'envers.
La conversion, ce n'est pas de découverte de Dieu, mais l'entrée dans l'Alliance. Le monothéisme biblique n’est pas la seule quantité du divin qui soit convenable, mais l’évidente qualité d'un Dieu dont la tendresse est incomparable. Il ne s'établit pas avec la règle de calcul: il se vérifie dans l'histoire et dans mon cœur. Unique est celui qui me comble. Un seul Dieu, comme un seul Epoux.
La conversion, ce n’est pas de posséder le portrait robot d'un Dieu wanted : c'est de fréquenter une Personne qui a pris les devants pour se faire connaître elle-même, librement, à sa guise.
La conversion, c'est de cesser de recourir à des religions d'appoint pour boucher les trous, pour se sécuriser. C'est cesser de manger à plusieurs râteliers des nourritures contradictoires dont le mélange est détonant.
La conversion. c'est, dans le malheur, de résister à la tentation de revenir au Jupiter païen pour pouvoir lui faire des reproches véhéments qu'il est impossible d'adresser sur le Calvaire à un Dieu crucifié.
La conversion, c'est bien le rejet du péché: mais de quel péché? Le péché moral, bien sûr, mais est-ce le plus grave? Je puis ne pas être un pirate, mais n'avoir pourtant rien d'un amoureux. Je puis faire le bien sans tendresse, être vertueux sans joie. Je puis mener ma vie quotidienne comme on enfile des perles, sans âme.
La conversion, c'est souvent une réanimation. Il est bon de ne pas pécher, encore faut-il respirer. En Dieu-Trinité, il y a du souffle: l'Esprit-Saint.
La conversion, ce n’est pas de fuir, mais de s'attacher. Ce n'est pas une répulsion, mais une attraction. Ce n'est pas une évasion, mais une séduction. Ce n'est pas une peur, sinon la peur d'être séparé de son Amour.
La conversion, c’est, dans l’attachement à Jésus, le seul moyen de ne pas vivre seulement au niveau de sa fonction, mais d’être en état de vocation. C’est de vivre le métier comme une amitié, parce que le métier est de dire l’Amour.
(Père André Manaranche)

N.B.: Le Père Manaranche développe et explique chacun de ces points.

L’importance du repentir - Homélie 3° dimanche du Carême C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
3 careme C ev
Le commentaire de Jésus à propos des gens qui sont morts tragiquement, massacrés par les soldats romains et par la chute de la tour de Siloé a dû beaucoup surprendre ses auditeurs. Il était communément admis à cette époque (seulement ?) qu’il y avait un lien de causalité entre les souffrances d’une personne et les péchés qu’elle avait commis. Selon cette logique, les Galiléens tués par les soldats de Pilate l’avaient bien mérité car ils avaient dû commettre quelque péché particulièrement grave.

 

Les spécialistes ne sont pas d’accord à propos de l’incident auquel Jésus se réfère. Mais la majorité pense qu’il s’agit de la réaction de Pilate face à une manifestation à Jérusalem. Les manifestants s’étaient rassemblés dans le Temple de Jérusalem pour protester contre l’usage par Pilate de la monnaie du Temple pour construire de nouveaux aqueducs. Pilate envoya alors des soldats en civil, qui, au signal, dispersèrent la foule avec des bâtons, tuant beaucoup plus de monde que Pilate ne l’avait anticipé.

 

De la même manière, on pensait que les victimes de la chute de la tour de Siloé (certains pensent qu’il s’agit d’une tour qui faisait partie de ces mêmes aqueducs) étaient châtiés pour leurs péchés.

 

Pour Jésus, l’approche est toute différente. Il assure que tous ceux qui refusent de se repentir (le figuier stérile représente quelqu’un qui ne produit pas des fruits de repentir) sera séparé de Dieu. S’ils meurent dans un tel état d’aliénation (la mort pouvant survenir à tout instant), cette séparation sera définitive, irrévocable :

 

« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. »

 

Même si les conséquences de nos actions ne se font pas toujours totalement sentir en cette vie, ce sera le cas à la fin, pour le meilleur ou pour le pire. Les tragédies dont nous entendons parler dans l’actualité (tremblements de terre, inondations, accidents de train et d’avion…) tout autant que dans le passage de l’évangile de ce dimanche, devraient nous rappeler le caractère passager de notre vie sur terre.

 

Ce n’est pas une vérité agréable à entendre, mais c’est une vérité que l’Eglise nous engage à méditer sérieusement, en particulier durant ce temps de pénitence du Carême. Nous devons nous repentir de nos péchés. Dieu est toujours prêt à nous pardonner, si nous le lui demandons. Nous sommes appelés à vivre en communion avec Dieu à chaque instant, car chaque instant peut être le dernier de notre vie sur terre.

 

Nous repentir de nos péchés, échanger nos habitudes égocentriques contre des habitudes de don de soi, voilà une nécessité si nous voulons grandir dans l’amitié avec Dieu, mais aussi dans notre vie tout court. Chaque péché, chaque épine d’égoïsme dans nos cœurs, empêche notre épanouissement non seulement en tant que chrétiens, mais en tant qu’êtres humains, tout simplement.

 

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Léonard De Vinci a appris cette leçon quand il était en train de peindre sa fameuse "Dernière Cène" à Milan. Pendant qu’il travaillait à ce tableau, il a eu un désaccord très amer avec un autre peintre, un ennemi qu’il avait toujours méprisé. Pour donner libre cours à sa colère contre cet autre artiste, De Vinci n’a pas trouvé mieux que de prendre ce peintre pour modèle pour le visage de Judas, l’apôtre qui a trahi le Seigneur. Léonard De Vinci éprouva un malin plaisir à la pensée de l’humiliation qu’allait éprouver son ennemi juré quand tous ses collègues reconnaîtraient en Judas ses propres traits, et que cette humiliation traverserait les siècles. Mais voilà, en travaillant aux visages des autres Apôtres, il essaya en vain de peindre aussi le visage de Jésus.


Alors qu’il n’avait aucune peine à avancer les portraits des autres Apôtres, il ne réussit pas à ébaucher celui de Jésus. De plus en plus frustré et confus, il finit alors par se rendre compte qu’il avait tort. La haine qu’il éprouva envers l’autres peintre l’empêcha de mener à bonne fin le visage de Jésus. Il était incapable de se représenter ce visage dans toute sa clarté. Ce n’est qu’après avoir fait la paix avec son collègue peintre et avoir recommencé le visage de Judas, qu’il était enfin capable de peindre celui de Jésus et ainsi de mener à bonne fin son chef-d’œuvre.

 

Nous ne sommes pas faits pour le péché, la haine, l’égoïsme. Le repentir nous libère pour que nous puissions voir le Christ et devenir celui ou celle que le Seigneur veut que nous soyons.

 

Nous avons tous besoin de nous rappeler cette vérité, de l’importance du repentir de nos péchés. Nous devrions tous prier aussi pour tous ces gens qui ne sont pas venus à l’église aujourd’hui, et qui devraient se souvenir de cela autant que nous.

 

En tant que chrétiens catholiques, nous avons la chance d’avoir à notre disposition une manière très lumineuse et concrète pour nous repentir, aussi souvent que nécessaire : le sacrement de la confession. Dans ce sacrement, si nous le vivons de tout notre cœur, nous nous blottissons à nouveau dans les bras de notre Père céleste, ne lui cachant rien, avouant librement notre besoin de sa paternité. La confession ouvre tout grand nos âmes à la grâce du Christ. Elle lui permet de prendre toute la place qu’il faut pour transformer nos cœurs. Dans la confession, Jésus purifie nos cœurs, guérit nos blessures, et éclaire nos esprits. La confession nous donne l’assurance du pardon de Dieu et toutes les grâces dont nous avons besoin. La confession, c’est le cadeau de Dieu pour nous, tout autant que l’Eucharistie, le baptême, et l’Eglise elle-même.


Jésus veut que nous ayons recours à ce sacrement, à la portée de tous, pour vivre en communion avec lui en tout temps. Il veut que nous puissions entendre de nos oreilles, et pas seulement dans notre imagination, ses paroles de pardon et d’encouragement. Si chacun de nous n’avait pas besoin de se repentir, Dieu n’aurait pas eu besoin de nous rappeler l’importance du repentir aujourd’hui. Souvent, et à juste titre, nous demandons à Dieu de faire en sorte que nous soyons heureux. Aujourd’hui, c’est lui qui nous demande de le laisser nous rendre heureux, par le repentir, en nous détournant de nos péchés, de notre égoïsme, en lui permettant de nous serrer dans ses bras. Ne le décevons pas.

 

Lectures 3° dimanche du Carême C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Le Dieu Sauveur se révèle à Moïse (Ex 3, 1-8a.10.13-15)

 
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Lecture du livre de l'Exode

Moïse gardait le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à l'Horeb, la montagne de Dieu.
L'ange du Seigneur lui apparut au milieu d'un feu qui sortait d'un buisson. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer.
Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? »
Le Seigneur vit qu'il avait fait un détour pour venir regarder, et Dieu l'appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! »
Dieu dit alors : « N'approche pas d'ici ! Retire tes sandales, car le lieu que foulent tes pieds est une terre sainte !
Je suis le Dieu de ton père, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu.
Le Seigneur dit à Moïse : « J'ai vu, oui, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j'ai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances.
Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre spacieuse et fertile, vers une terre ruisselant de lait et de miel, vers le pays de Canaan.
Et maintenant, va ! Je t'envoie chez Pharaon : tu feras sortir d'Égypte mon peuple, les fils d'Israël. »
Moïse répondit : « J'irai donc trouver les fils d'Israël, et je leur dirai : 'Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous.' Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? »
Dieu dit à Moïse : « Je suis celui qui suis. Tu parleras ainsi aux fils d'Israël :'Celui qui m'a envoyé vers vous, c'est : JE-SUIS.' »
Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d'Israël : 'Celui qui m'a envoyé vers vous, c'est YAHVÉ, c'est LE SEIGNEUR, le Dieu de vos pères, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob.' C'est là mon nom pour toujours, c'est le mémorial par lequel vous me célébrerez, d'âge en âge.
 
 
 

 

 

Psaume : Ps 102, 1-2, 3-4, 6-7, 8.11

 

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié

 

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n'oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d'amour et de tendresse.


Le Seigneur fait oeuvre de justice,
il défend le droit des opprimés.
Il révèle ses desseins à Moïse,
aux enfants d'Israël ses hauts faits.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint.
 
 
 


 

2ème lecture : Les leçons de l'exode : appel à la conversion (1Co 10, 1-6.10-12)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, je ne voudrais pas vous laisser ignorer ce qui s'est passé lors de la sortie d'Égypte. Nos ancêtres ont tous été sous la protection de la colonne de nuée, et tous ils ont passé la mer Rouge.
Tous, ils ont été pour ainsi dire baptisés en Moïse, dans la nuée et dans la mer ;
tous, ils ont mangé la même nourriture, qui était spirituelle ;
tous, ils ont bu à la même source, qui était spirituelle ; car ils buvaient à un rocher qui les accompagnait, et ce rocher, c'était déjà le Christ.
Cependant, la plupart n'ont fait que déplaire à Dieu, et ils sont tombés au désert.
Ces événements étaient destinés à nous servir d'exemple, pour nous empêcher de désirer le mal comme l'ont fait nos pères.
Cessez de récriminer contre Dieu comme l'ont fait certains d'entre eux : ils ont été exterminés.
Leur histoire devait servir d'exemple, et l'Écriture l'a racontée pour nous avertir, nous qui voyons arriver la fin des temps.
Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu'il fasse attention à ne pas tomber.
 
 
 


 

Evangile : Sans cesse, Dieu nous invite à nous convertir (Lc 13, 1-9)

 
Acclamation : Ouvre nos coeurs à ton appel, Seigneur, rends-nous la joie d'être sauvés. (Ps 50, 14)
 
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus l'affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu'ils offraient un sacrifice.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. »
Jésus leur disait encore cette parabole : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n'en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : 'Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ?'
Mais le vigneron lui répondit : 'Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. Sinon, tu le couperas.' »




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Réanimation sur la montagne sainte - Homélie 2° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
"Celui-ci est mon Fils, celui que jai choisi, écoutez-le". Que cet appel du Ciel ne reste pas sans réponse.

"Celui-ci est mon Fils, celui que jai choisi, écoutez-le". Que cet appel du Ciel ne reste pas sans réponse.

 
    En ce deuxième dimanche du Carême, l'Église nous donne à entendre l'évangile de la Transfiguration. Nous ne fêtons pas la Transfiguration aujourd'hui pour autant. Cette fête est fixée au 6 août. La couleur liturgique de ce jour est bien le violet, non le blanc. C'est donc dans une démarche de pénitence, mais illuminés déjà par la gloire du Christ, qu'après avoir suivi Jésus dans le désert, nous le suivons maintenant sur la montagne.

    Dans la tentation au désert Jésus nous rappelait cette vérité fondamentale pour notre vie: "Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre". Le pain que Jésus nous invite à demander au Père chaque jour, ce n'est donc pas seulement le pain matériel, qui est pourtant considéré, dans notre culture, comme la nourriture de base pour notre subsistance. Jésus ne fait pas de la théorie. Il s'est lui-même volontairement privé de pain et de toute autre nourriture pendant quarante jours.

    De plus en plus de chrétiens renouent avec la tradition du jeûne, en pratiquant, non pas, comme Jésus, un jeûne absolu, mais en ne mangeant que du pain, et ne buvant que de l'eau. Cette privation n'a de sens qu'en vue d'une plénitude, la plénitude d'une autre nourriture, plus nécessaire que le pain pour la vie de l'homme. L'homme ne vit pas seulement de pain, parce que l'homme n'est pas seulement un corps. L'homme est aussi une âme spirituelle, qui, elle aussi, a besoin d'une nourriture substantielle.

    Le temps du Carême est un temps de jeûne pour tout ce qui concerne les nourritures terrestres, celles du ventre, mais aussi celles des yeux, des oreilles, etc... Moins de télévision, moins de musique, moins de téléphone, moins de divertissement. Pourquoi et pour quoi?

- Pourquoi? Parce ce que durant tout le reste de l'année nous imposons un jeûne tellement rigoureux à notre âme, en la privant de sa nourriture fondamentale, qu'à force d'être sous-alimentée, elle en est devenue tout affaiblie et malade.

- Pour quoi? Pour que nous ayons plus de temps à consacrer à nourrir notre âme de ce qui est capable de lui redonner vigueur: la Parole de Dieu.

    Rien à voir, donc, avec un régime amaigrissant. Bien qu'elle ne soit pas à exclure, la perspective, ici, n'est pas non plus d'abord de jeûner pour partager avec ceux qui n'ont jamais de quoi manger à leur faim, de se priver pour pouvoir faire l'aumône aux pauvres. C'est plutôt de rejoindre le camp de ceux qui dont le ventre n'est pas leur dieu (cf. 2e lect.), ceux qui ne vivent pas comme des païens, mais comme des croyants qui vivent selon les commandements, et qui, par conséquent bien sûr, partagent avec ceux qui n'ont rien à se mettre sous les dents.

    Si nous faisons jeûner notre corps, c'est pour cela. Ce que Jésus répond au tentateur qui lui propose, après quarante jours de jeûne, de changer une pierre en pain, est une citation partielle d'un passage du Deutéronome. Il vaut la peine de lire ce passage dans son contexte:
 
Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l'a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le coeur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ? Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne - cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue - pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. (Dt 8, 2-3)

    Ce passage nous montre bien "la pédagogie de la faim", de la pauvreté, mise en oeuvre par le Seigneur: apprendre à son peuple à garder "ses commandements", en l'invitant à se nourrir davantage "de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur".

    Avant de devenir archevêque de Cantorbéry et de jouer un rôle majeur dans l’histoire de l’Angleterre, Étienne Langton (vers 1150-1228) a été l’un des maîtres les plus importants des écoles parisiennes. Le fruit de son enseignement est notamment un commentaire de toute la Bible. Son exégèse de l’Exode contient un texte qui rappelle que, la Parole divine s’adressant à toutes les générations, chacun est invité à y rechercher une réponse à ses propres interrogations:
 
Au matin, de la rosée était répandue tout autour du camp. (…) Ayant vu cela, les enfants d’Israël se dirent l’un à l’autre: Manhu ? ce qui signifie : "Qu’est-ce que cela ?" Ils ignoraient ce que c’était. Moïse leur dit : "Ceci est le pain que le Seigneur vous a donné pour nourriture" (Ex 16, 13-15).
La rosée est la sainte Écriture. De même que la rosée est suave, cachée et rafraîchissante, de même la sainte Écriture est douce, cachée, profonde et fraîche, puisqu’elle a de quoi apaiser les brûlures des vices. La rosée descend le matin, c’est-à-dire dans la lumière de la grâce… Elle a recouvert la surface de la terre : l’Écriture fait disparaître en nous toute lourdeur terrestre… La rosée apparaît dans la solitude du désert parce que c’est dans notre solitude intérieure que doit être accueillie l’Écriture sainte et non dans la bousculade des soucis matériels... Manhu, c’est-à-dire : "Qu’est-ce que cela ?" Parce que, comme le dit Grégoire, la puissance de ce mot nous invite sans cesse à apprendre : quand tu entends réciter la Loi de Dieu, tu ne peux que rechercher et constamment demander aux doctes : "Qu’est-ce que cela ?"


    Voilà pour le désert. Sur la montagne, c'est le même thème qui revient, quand, "de la nuée, une voix se fit entendre: Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le". Ici encore, la nourriture que Dieu lui-même a choisie pour nous, la nourriture "de choix" donc, c'est tout ce qui vient de sa bouche. Mais la bouche de Dieu, ce n'est plus ici un anthropomorphisme, une simple manière de parler; c'est la bouche du Verbe fait chair. Écouter tout ce qui sort de cette bouche-là, et s'en nourrir, c'est donc non seulement un "bouche à oreille", c'est littéralement un "bouche-à-bouche" avec le Seigneur qui nous permet d'être réanimé et de prendre des forces pour le suivre sur le chemin de la volonté du Père, sur la route vers Jérusalem, pour nous livrer nous-mêmes avec lui en pâture aux hommes, pour devenir nous-mêmes une nourriture substantielle pour tous ceux qui meurent de faim.


 

 
    Voilà donc un beau programme de Carême. Mais dans la pratique, des questions se posent inévitablement. Comment le Fils nous parle-t-il, et comment l'écouter aujourd'hui? Qu'est-ce que la Parole de Dieu? Est-ce la même chose que l'Écriture, la Bible? Écouter le Fils, dès lors, cela revient-il à lire la Bible? Comment lire la Bible?

    Impossible de répondre à toutes ces questions en quelques minutes. Je me contenterai de proposer à votre méditation quelques points qui me paraissent importants.

    D'abord, une lecture chrétienne des Écritures est, dès les origines, une relecture christique. Ainsi pour saint Irénée de Lyon (2e siècle), le Christ est le trésor caché dans l’Écriture:
 
Patriarches et prophètes ont semé la parole concernant le Christ, et l’Église a moissonné, c’est-à-dire recueilli le fruit. (…) Si donc quelqu’un lit les Écritures de cette manière, il y trouvera une parole concernant le Christ et une préfiguration de la vocation nouvelle. (…) Lue par les chrétiens, (la prophétie) est ce trésor naguère caché dans le champ, mais que la Croix du Christ révèle et explique.

    Il s'agit donc de chercher une réalité qui ne saute pas aux yeux. Manger la Parole de Dieu qu'est le Christ, ce n'est pas de la restauration rapide! C'est au contraire une entreprise laborieuse qui nécessite une longue recherche d'une réalité cachée.

    Origène lui non plus ne nie pas la complexité de l’entreprise. Il dit que c’est un problème de clés. Celles-ci sont à chercher dans toute l’Écriture:
 
L’ensemble de l’Écriture divinement inspirée, à cause de l’obscurité qui est en elle, ressemble à un grand nombre de pièces fermées à clé, dans une maison unique ; auprès de chaque pièce est posée une clé, mais non pas celle qui lui correspond. (…) C’est un très grand travail que de trouver les clés et de les faire correspondre aux pièces qu’elles peuvent ouvrir (…) puisqu’elles ont leur principe interprétatif dispersé parmi elles.

    Devant une telle complexité, comment faire? En fait, la difficulté n'est pas d'abord d'ordre technique. Le problème est d'ordre spirituel. La lecture et la compréhension de l’Écriture exigent un effort de l'intelligence, c'est entendu, mais avant tout une conversion du cœur pour accueillir la parole de Dieu, comme le rappelle encore Origène:
 

    La raison pour laquelle les lectures qu’on nous fait peuvent être comprises ou non, l’Apôtre l’indique en bref quand il déclare que "le voile de l’Ancien Testament" peut "être enlevé" des yeux de celui qui "s’est converti au Seigneur"; par là il a voulu qu’on sache qu’elles nous sont d’autant moins claires que notre conversion à Dieu est moins sérieuse.
 

    En fait, l’Écriture n’est pas en elle-même et immédiatement la parole de Dieu, mais la parole de Dieu se révèle dans l’Écriture, dans l’acte de lecture conduit par l’Esprit-Saint dans l'Église:
 
Par la Tradition, le canon intégral des Livres saints se fait connaître à l’Église, tandis que ces Textes saints y sont compris de manière de plus en plus profonde et qu’ils y sont sans cesse rendus agissants. (Dei Verbum, 8)

    Le protestantisme, dans certains de ses mouvements, a parfois tendance à prendre l’Écriture pour un "morceau de Dieu", tombé du ciel, comme le Coran pour les musulmans. Le récit fondateur des Mormons, par exemple, raconte que John Smith aurait découvert sous un rocher, grâce aux indications d’un ange, des plaques en or où était gravée la parole de Dieu adressée aux pionniers d’Amérique.

    Ce n'est pas comme cela que Dieu nous parle. Quand on étudie la formation du canon biblique, on est amené sans cesse à saisir le poids des médiations humaines dans la constitution des Écritures. Si Dieu nous parle, c'est toujours dans un Peuple, avec son histoire et toutes ses péripéties, avec toutes les médiations humaines que cela suppose. Impossible donc d'interpéter correctement la Bible, sinon dans un Peuple, puisque sans ce Peuple, il n'y aurait jamias eu de Bible. Même s'il y en avait eu une, elle serait tombée dans l'oubli général depuis bien longtemps.


    C'est à l'intérieur d'un Peuple, l'Église, que le Christ nous parle et que nous devons l'écouter. C'est aussi en Église que le Christ nous appelle à devenir médiateur dans l'unique médiateur, "collaborateur de Dieu dans la prédication de l’Évangile" (1 Th 3, 2).

    Enfin, dans une perspective oecuménique, Benoît XVI faisait remarquer:
 
L’action spirituelle qui exprime et nourrit la vie et la mission de l’Église se fonde obligatoirement sur la Parole. Destinée à tous les disciples du Seigneur, ainsi que nous l’a rappelé la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, la Parole de Dieu requiert vénération et obéissance, pour répondre au pressant appel à la pleine communion de tous les fidèles du Christ.

    "Celui-ci est mon Fils, celui que jai choisi, écoutez-le". Que cet appel du Ciel ne reste pas sans réponse. Que sans tarder nous nous mettions, en Église, tous ensemble, à chercher le trésor caché dans la Bible, et les bonnes clés pour le trouver.

La Prière, le secret pour un Carême vivant - Homélie 2° dimanche du Carême C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

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Dans la nature, les saisons impriment un rythme à la vie. Chaque saison apporte à la nature quelque chose qui pourvoit à sa croissance. C’est la même chose dans l’Eglise avec les saisons liturgiques. A chaque temps liturgique Dieu envoie les grâces dont nous avons besoin pour pouvoir grandir en sagesse, en sainteté, dans le bonheur. Mais nous ne bénéficions pas de ces grâces de manière automatique, à la manière dont les plantes bénéficient de la lumière du soleil. Ces grâces, nous devons les accueillir volontairement.

 

Mais comment ? Comment nous exposer à cette lumière surnaturelle qui nous fait grandir, qui transforme nos cœurs, durant de ce temps du Carême ? Aujourd’hui l’Eglise nous rappelle la méthode la plus efficace qui est à notre disposition pour accueillir toutes les grâces que Dieu veut nous accorder durant ce Carême : la prière.

 

Dans la première lecture de ce dimanche nous apprenons que

 

« Le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. »

 

Elle nous rapporte le dialogue qui s’en est suivi. La prière, c’est cela. Il n’est pas nécessaire d’avoir des visions. Mais nous devons dialoguer avec Dieu dans la foi d’Abraham.

 

Le Psaume nous donne l’exemple d’une prière du roi David en face du danger :

 

« C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face. »

 

 

Saint Paul, dans la deuxième lecture, rappelle aux chrétiens de Philippes qu’alors que la plupart des gens « ne tendent que vers les choses de la terre … nous sommes citoyens des cieux ». Nous nous occupons de Dieu – c’est la prière.

 

Enfin, dans l’Evangile, Jésus emmène avec lui trois de ses plus proches disciples à l’écart de l’agitation du monde, sur une haute montagne, pour y être seul avec eux, et leur enseigner la prière.

 

Posons-nous la question : où en sommes-nous dans notre vie de prière. Dans quel état est-elle ? Depuis un ou dix ans, avons-nous fait du progrès ? Si notre vie de prière n’est pas ce qu’elle devrait être, nous serons incapables d’assimiler toutes les grâces que le Seigneur veut nous accorder durant ces quarante jours, ces grâces dont nous avons vraiment besoin.

 

Les chrétiens de l’Antiquité ont réalisé des œuvres d’art magnifiques pour exprimer l’importance et les bienfaits de la prière. Une œuvre particulièrement remarquable se trouve à la Basilique Saint-Apollinaire in Class à Ravenne.



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Ravenne était la capitale occidentale de l’Empire byzantin durant le Haut Moyen Âge. Les églises de cette époque reflétaient la grandeur à la fois de l’Empire et de l’Eglise. Elles comportent l’ensemble de mosaïques le plus important d’Europe. Une de ces mosaïques représente une petite fontaine blanche en marbre comme un charmant abreuvoir à oiseaux.

 

Le bord de la fontaine est décoré d’une lisière dorée. La fontaine est remplie d’une eau bleue limpide. Deux colombes sont perchées de chaque côté. L’une d’entre elles se penche pour boire, tandis que l’autre lève la tête pour regarder tout autour.

 

C’est la simplicité du tableau qui fait tout le charme de cette scène : tout juste quelques figures, élégamment arrangées, avec des couleurs pures, éclatantes. La beauté symbolique de l’image provient de sa signification profonde. La fontaine en marbre, c’est l’Eglise. L’eau limpide dans la fontaine, c’est le Christ, l’eau vive. La colombe qui s’abreuve, c’est l’âme chrétienne, qui se remplit de la grâce. L’autre colombe représente le Saint Esprit, qui veille sur chacun de nous et qui nous accompagne.

 

C’est la prière qui vivifie et qui rafraîchit nos âmes, tout comme l’eau pour la colombe. La mosaïque montre la place centrale de la prière dans la vie d’un chrétien : l’Eglise, le Christ, le Saint Esprit, l’âme humaine – tous se rejoignent dans l’unité vivifiante de la prière.

 

Le Catéchisme de l’Eglise catholique va jusqu’à affirmer que la prière est constitutive de notre relation vitale personnelle avec Dieu, et pour autant, notre bonheur dépend directement de la qualité de notre vie de prière :


2558 " Il est grand le Mystère de la foi ". L’Église le professe dans le Symbole des Apôtres (Première Partie) et elle le célèbre dans la Liturgie sacramentelle (Deuxième Partie), afin que la vie des fidèles soit conformée au Christ dans l’Esprit Saint à la gloire de Dieu le Père (Troisième Partie). Ce Mystère exige donc que les fidèles y croient, le célèbrent et en vivent dans une relation vivante et personnelle avec le Dieu vivant et vrai. Cette relation est la prière.


Tous, nous devons nous interroger au sujet de notre vie de prière en toute honnêteté. Si notre vie de prière ne s’est pas améliorée depuis un an, nous devons prendre les mesures qui s’imposent. Il y a encore tant de choses que Dieu veut faire dans nos vies. Améliorer notre vie de prière signifie : lui permettre de le faire.

 

Un moyen tout simple consiste à programmer tous les jours un temps de silence. Nous ne laissons jamais passer un jour sans prendre au moins une douche, car nous savons que notre corps en a besoin. Nous ne restons jamais une journée sans manger, car notre corps a besoin de nourriture. Beaucoup de sportifs prennent du temps tous les jours pour s’entraîner, car ils savent que leur corps a besoin d’exercices.

 

Pourquoi n’en faisons-nous pas autant pour nos âmes ? C’est à cela que sert un temps de silence quotidien. C’est un rendez-vous en tête à tête avec le Seigneur, pour lui permettre de rafraîchir, de nourrir et d’entraîner notre âme.

 

Ce n’est pas compliqué du tout ! Il suffit pour cela de choisir un moment et un endroit où l’on ne risque pas d’être dérangé. Ensuite il faut faire trois choses :

 

D’abord, faire mémoire. Se souvenir que Jésus est avec vous et veut être tout près de vous. Pensez à toutes les grâces qu’il vous a déjà accordées.

 

Puis, lire. Prendre un livre : la Bible, ou un livre de prière, et lire un ou deux paragraphes, lentement, sans précipitation. Prenez, par exemple, l’Introduction à la Vie Dévote, de saint François de Sales.

 

Enfin, réfléchir. Méditer ce que vous avez lu. Ecouter ce que Dieu veut vous dire à travers ce que vous venez de lire. Et l’appliquer à votre vie.

 

Se souvenir, lire, réfléchir. Vous ne verrez pas passer le temps. Les quinze minutes seront écoulées, et Dieu vous aura donné une parole d’encouragement pour vous aider à vivre comme il l’attend de vous.

 

La prière est le secret pour boire toutes les grâces que Dieu tient en réserve pour vous. Aujourd’hui il espère que nous deviendrions de meilleurs priants. Ne le décevons pas.


Lectures 2° dimanche du Carême C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : L'Alliance de Dieu avec Abraham (Gn 15, 5-12.17-18a)

 
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Lecture du livre de la Genèse

Le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... » Et il déclara : « Vois quelle descendance tu auras ! »
Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu'il était juste.
Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t'ai fait sortir d'Our en Chaldée pour te mettre en possession de ce pays. »
Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que j'en ai la possession ? »
Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. »
Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l'autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux.
Comme les rapaces descendaient sur les morceaux, Abram les écarta.
Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux s'empara d'Abram, une sombre et profonde frayeur le saisit.
Le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... » Et il déclara : « Vois quelle descendance tu auras ! »
Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les quartiers d'animaux.
Ce jour-là, le Seigneur conclut une Alliance avec Abram en ces termes :« A ta descendance je donne le pays que voici. »
 
 


 

Psaume : Ps 26, 1, 7-8, 9abcd, 13-14

 

R/ Le Seigneur est lumière et salut

 

Le Seigneur est ma lumière et mon salut,
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie,
devant qui tremblerais-je ?

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon coeur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »

C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
N’écarte pas ton serviteur avec colère,
tu restes mon secours.

J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »
 
 


 

2ème lecture : Le Christ nous transfigurera (brève : 3, 20 - 4, 1) (Ph 3, 17-21; 4, 1)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Frères, prenez-moi tous pour modèle, et regardez bien ceux qui vivent selon l'exemple que nous vous donnons.
Car je vous l'ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens vivent en ennemis de la croix du Christ.
Ils vont tous à leur perte. Leur dieu, c'est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne tendent que vers les choses de la terre.
Mais nous, nous sommes citoyens des cieux ; c'est à ce titre que nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ,
lui qui transformera nos pauvres corps à l'image de son corps glorieux, avec la puissance qui le rend capable aussi de tout dominer.
 
 


 

Evangile : La Transfiguration (Lc 9, 28-36)

 
Acclamation : Du sein de la nuée resplendissante, la voix du Père a retenti : « Voici mon Fils, mon bien-aimé, écoutez-le ! »
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il alla sur la montagne pour prier. Pendant qu'il priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d'une blancheur éclatante.
Et deux hommes s'entretenaient avec lui : c'étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, se réveillant, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s'en allaient, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu'il disait.
Pierre n'avait pas fini de parler, qu'une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu'ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le. »
Quand la voix eut retenti, on ne vit plus que Jésus seul.Les disciples gardèrent le silence et, de ce qu'ils avaient vu, ils ne dirent rien à personne à ce moment-là.

 

 




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Payer la dîme : une question de justice et d’espérance - Homélie 1° dimanche du Carême C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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La tradition d’offrir à Dieu les prémices des récoltes, instaurée par Moïse dans la première lecture de ce dimanche, était une pratique spirituelle fondamentale en Israël. C’était une manière de demeurer en communion avec Dieu. Chaque fois que cette pratique tendait à être négligée, le peuple s’éloignait du Seigneur et était attaqué par ses ennemis.

 

Quelles étaient ces prémices que Moïse enseignait au peuple à offrir à Dieu ? C’étaient les fruits des premières récoltes de l’année. Que ce soient les olives, les raisins ou du blé, au moment de la récolté, les agriculteurs en apportaient au tabernacle, ou au Temple, les premiers fruits pour les offrir à Dieu. Ils offraient non pas "les restes", mais les prémices !

 

Moïse justifie cette pratique par deux raisons : la justice et l’espérance. C’était une question de justice, car la terre qui produisait ces récoltes, la Terre Promise, avait été donnée par Dieu aux Israélites de manière miraculeuse. Israël était redevable de tout à Dieu. Lui donner les premiers fruits était une question de reconnaissance.

 

C’était aussi une question d’espérance. Le bonheur auquel ils aspiraient ne pouvait venir que de Dieu, et non d’une quelconque richesse ou prospérité. Le fait d’offrir à Dieu était également pour eux une manière de reconnaître qu’aucune richesse matérielle ou plaisir terrestre ne pouvait leur assurer la plénitude qu’apporte l’amitié dvine.

 

En d’autres mots, le fait d’offrir les prémices permettait aux Israélites de se souvenir du vrai contexte de leur vie. Leur vie faisait partie d’une histoire, celle du salut de Dieu, une histoire qui plonge ses racines dans le passé et qui atteindra son accomplissement dans le futur. Ainsi, en faisant mémoire du passé, ils assuraient leur avenir.

 

La même chose vaut pour nous aujourd’hui. Nous faisons partie, nous aussi, d’une histoire, de l’histoire du salut. Le Carême est le temps favorable pour nous souvenir de ce vaste horizon de notre vie. Dans son message pour le Carême de 2010, Benoît XVI avait insisté sur ce point : les biens matériels ne peuvent pas nous procurer ce que nous désirons le plus :

 

« Ce qui est essentiel pour l’homme ne peut être garanti par la loi. Pour qu’il puisse jouir d’une vie en plénitude il lui faut quelque chose de plus intime, de plus personnel et qui ne peut être accordé que gratuitement : nous pourrions dire qu’il s’agit pour l’homme de vivre de cet amour que Dieu seul peut lui communiquer, l’ayant créé à son image et à sa ressemblance. Certes les biens matériels sont utiles et nécessaires. D’ailleurs, Jésus lui-même a pris soin des malades, il a nourri les foules qui le suivaient et, sans aucun doute, il réprouve cette indifférence qui, aujourd’hui encore, condamne à mort des centaines de millions d’êtres humains faute de nourriture suffisante, d’eau et de soins. Cependant, la justice distributive ne rend pas à l’être humain tout ce qui lui est dû. L’homme a, en fait, essentiellement besoin de vivre de Dieu parce que ce qui lui est dû dépasse infiniment le pain. »

 

Garder présent à l’esprit ce vaste horizon de notre foi est important pour notre croissance dans la maturité spirituelle. Nous avons vu dans l’Evangile de ce dimanche que le démon s’intéresse à Jésus. Il voulait le détourner de sa mission, ou, en tout cas, anéantir ses efforts pour assumer sa mission. Ce même démon s’intéresse aussi à chacun de nous pour ralentir notre croissance spirituelle et nous détourner de notre mission à nous aussi. Il veut nous faire oublier qu’il y a un combat spirituel qui fait rage autour de nous, et que nous avons un rôle à jouer dans la construction du Royaume du Christ.

 

Pour ce faire, il utilise la même tactique avec nous que celle à laquelle il a eu recours avec Jésus. Il veut que nous nous préoccupions uniquement de plaisirs éphémères. Jésus avait faim ; Jésus voulait construire son Royaume ; Jésus voulait gagner les cœurs des hommes : voilà les objectifs immédiats de Jésus. C’est sur ces objectifs que portent les tentations du démon.

 

Mais Jésus avait aussi d’autres désirs, des désirs à long terme. Il voulait nous apprendre à servir les autres au lieu de se servir soi-même ; il voulait être fidèle à son Père ; il voulait faire de nous ses amis, et pas seulement devenir une célébrité.

 

Ses désirs immédiats ne rendaient pas compte du vaste horizon de sa mission. Son objectif n’était pas de se faire plaisir. C’est en ayant présent à l’esprit toute l’ampleur de sa mission qu’il a pu résister à la tentation et maîtriser ces désirs primaires.

 

A chaque tentation Jésus répond par une citation de la Bible, et la Bible, c’est la chronique de l’histoire de notre salut. C’est la Parole de Dieu au sujet du grand projet de Dieu. Chaque dimanche, en nous mettant en contact avec cette Parole, l’Eglise fait pour nous ce que Jésus a fait : nous rappeler le vaste horizon de notre vie chrétienne, pour que nous aussi, nous puissions résister aux tentations qui nous assaillirons au cours de la semaine à venir.

 

L’Eglise fait sa part pour nous rappeler cela : la Messe dominicale, avec les lectures, les temps liturgiques comme le Carême… L’Eglise fait sa part pour nous rappeler toute l’ampleur de notre mission en tant que chrétiens, pour nous éviter de tomber dans les pièges du démon, pour que nous ne nous laissions pas détourner de notre vraie mission : aimer Dieu et aimer notre prochain.

 

Mais nous aussi, nous avons notre part à faire. Nous devons accepter ce rappel. Nous devons l’accepter en théorie, mais aussi en pratique, d’une manière très concrète, comme les Juifs. Une façon d’accepter ce rappel, c’est de s’acquitter de la dîme.

 

Payer la dîme, c’est la façon moderne de donner les prémices au Seigneur, non pas en nature, mais en espèces. Cela consiste à donner les premiers dix pour cent de nos revenus, quel qu’en soit le montant, à Dieu. Chaque baptisé a le devoir, la responsabilité, de contribuer à soutenir les efforts d’évangélisation du monde par l’Eglise. C’est une des raisons pour lesquelles il y a une collecte chaque dimanche.

 

Nous pourrions avoir tendance à penser que ce soutien est comme une donation à une œuvre charitable comme la Croix Rouge ou le Secours Catholique. C’est faux ! C’est un acte de religion. La corbeille qui passe au milieu de vous chaque dimanche est comme la corbeille que Moïse a placée devant le Seigneur. Cette corbeille doit être remplie de dons significatifs, des dons qui expriment la justice et l’espérance, des dons qui expriment le fait que vous prenez conscience que toutes les bonnes choses dans votre vie viennent de Dieu (c’est la justice), et que l’accomplissement, la plénitude à laquelle nous aspirons en cette vie, viendra aussi de lui (c’est l’espérance).

 

En d’autres mots, payer la dîme nous aide à vérifier si nous ne donnons pas au Seigneur que nos restes.

Élection au désert - Homélie 1° dimanche du Carême C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Seigneur, avec toi nous irons au désert

Seigneur, avec toi nous irons au désert

 
 

Seigneur, avec toi nous irons au désert,
Poussés comme toi, par l'Esprit.
Et nous mangerons la Parole de Dieu,
Et nous choisirons notre Dieu.
Et nous fêterons notre Pâque au désert:
Nous vivrons le désert avec toi! (G 229, J. Servel - J. Gelineau)

    C'est en chantant ces paroles que nous avons commencé le temps du Carême. C'est tout un programme! Il répond bien à ce que le Seigneur nous dit dans l'Évangile de ce jour. Pourvu que ce ne soient pas seulement de belles promesses "électorales". Puissions-nous les vivre effectivement.

    Alors, arrêtons-nous quelques instants pour réfléchir à ce que le Seigneur nous promet, et à ce que nous, nous avons répondu au Seigneur, pour en calculer le "coût" et les économies pour les "financer", comme le font les bons gestionnaires.

Nous irons au désert

    D'abord, nous avons promis d'aller au désert. Lequel: celui de Judée, du Sahel, de l'Irak, du Nouveau Mexique? Celui d'une île ... déserte?
 
Tout au long de l’histoire, des foules d’hommes et de femmes ont choisi d’imiter ce Jésus qui se retire dans le désert. En Orient, à commencer par saint Antoine Abbé, ils se retiraient dans les déserts d’Égypte ou de Palestine ; en Occident, où il n’existait pas de déserts de sable, ils se retiraient dans des lieux isolés, des montagnes ou des vallées à l’écart du monde. (R. Cantalamessa)

    Nous sommes donc bien d'accord: le désert dont il est question n'est pas nécessairement un endroit où il n'y a que du sable. Mais est-ce nécessairement un endroit où il n'y pas de monde? Comme le disait assez justement quelqu'un: "Plus nous sommes nombreux, plus je risque de parler dans un désert". Albert Camus, lui, disait: "Comme remède à la vie en société, je suggère les grandes villes : c'est le seul désert à notre portée."

    Aujourd'hui, il existe une communauté nouvelle qui s'appelle les "Fraternités monastiques de Jérusalem". Ce sont des moines et des moniales "au cœur de la ville", insérés dans le monde du travail à mi-temps, locataires, et dont la clôture est vécue autrement que dans les ordres traditionnels. Ces moines et moniales nous rappellent que nous pouvons tous suivre Jésus dans le désert, même en habitant une grande ville comme Paris.
 
L’invitation à suivre Jésus dans le désert s’adresse à tous. Les moines et les ermites ont choisi un espace de désert. Nous devons quant à nous choisir au moins un temps de désert. Vivre un temps de désert signifie faire un peu de vide et de silence autour de nous, retrouver le chemin de notre cœur, nous soustraire au vacarme et aux sollicitations extérieures, pour entrer en contact avec les sources les plus profondes de notre être. (R. Cantalamessa)

    Aller dans le désert, pour nous aujourd'hui, c'est quitter le monde des feuilletons américains, brésiliens ou mexicains, c'est quitter l'univers du show biz, de ces spectacles de divertissement et de ces jeux télévisés, qui envahissent nos maisons du matin jusqu'au soir, presque sans interruption. Aller dans le désert, surtout pour les enfants et les jeunes aujourd'hui, c'est quitter le bruit de walkmans, des lecteurs MP3; c'est quitter le monde virtuel des jeux électroniques. Pour faire cela, pas besoin d'acheter un billet d'avion vers un pays lointain. Il suffit de tourner le bouton pour éteindre la télévision, son lecteur MP3 ou son game-boy, pour rentrer chez soi, pour rentrer en soi.
 
Saint François d’Assise nous fait à cet égard, une suggestion pratique. « Nous avons, disait-il, un ermitage toujours avec nous, où que nous allions, et chaque fois que nous le souhaitons nous pouvons nous y enfermer comme des ermites. L’ermitage est notre corps et l’âme est l’ermite qui y habite ! » Nous pouvons entrer dans cet ermitage « portable » sans attirer l’attention de quiconque, même dans un bus bondé. Le tout est de savoir de temps à autre « rentrer en nous-mêmes ». (R. Cantalamessa)

    Jusque là donc, les dépenses de notre côté sont limitées. Alors pourquoi hésiter? Mais n'oublions pas les promesses du Seigneur. Sinon elles risquent de grimper en flèche.

Seigneur, avec toi...

    Irons-nous donc faire du yoga, ou de la méditation, dite transcendantale, à la force du poignet ou de la concentration? Ne sommes-nous pas baptisés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit? Quel effort, quel travail, quelle concentration avons-nous dû fournir pour cela? Aucune! Rien que la foi (cf. 2e lect.). Et encore... Car si nous avons été baptisés tout petits, c'est la foi de nos parents, parrains et marraines qui nous a portés à ce moment-là. C'est la foi qui nous unit à Jésus; c'est elle qui nous permet de le suivre au désert de notre coeur. Car il nous y a précédés. Et il nous attend, depuis si longtemps, comme un amant attend sa bien-aimée. Croire cela, que Jésus nous aime et qu'il nous attend au désert, est-ce trop demander?

Poussés comme toi par l'Esprit

    La foi est un don de Dieu. Cadeau! Gratuit! Mais elle nécessite l'action de l'Esprit Saint, lui-même le don du Père. Rien à voir avec de la concentration, pas plus qu'avec des contorsions. Par la foi Dieu nous dit que nous sommes un temple de Dieu (Ga 5, 25) et que l'Esprit de Dieu habite en nous (1Co 3, 16). Jésus lui-même fut "conduit par l'Esprit" à travers le désert.
 
« Je ne sais pas méditer, moi », s'exclame pourtant sainte Bernadette. Soyons vrais : aucun d'entre nous ne le sait davantage ! Saint Paul lui-même l'avoue : Nous ne savons pas prier comme il faut. Mais la merveille, c'est que quelqu'un est là, qui nous aide aussitôt, pour peu que nous le laissions faire ou, plus exactement encore, que notre prière veuille bien rejoindre la sienne. (…) On peut alors se laisser porter par les ailes de cette prière dont l'Écriture nous laisse entendre qu'elles ont la puissance de l'aigle et la douceur de la colombe. Comme le dit si joliment saint Thomas d'Aquin, « l'Esprit Saint fait de nous les amants de Dieu » en effet. (Pierre-Marie Delfieux, fondateur des Fraternités monastiques de Jérusalem)

    Se laisser porter par les ailes de l'Esprit qui prie en nous, et qui fait de nous les amants de celui qui est notre amant: quoi de plus simple? Oui, mais voilà, me direz-vous: - Dans le désert il y a aussi le démon! C'est dangereux le désert! Il vaut mieux rester chez soi... Je vous l'ai déjà dit: il ne s'agit pas ou bien de rester chez soi, ou bien d'aller au désert. Aller au désert, c'est rentrer en soi-même. Tant que nous ne rentrons pas en nous-mêmes, le démon nous laisse tranquilles, ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas là. Il est là, mais il ne se manifeste pas parce qu'il estime que ce n'est pas nécessaire, puisque nous nous égarons loin du Seigneur. Ce sont les deux premières règles du discernement spirituel de S. Ignace de Loyola:
 
Chez ceux qui vont de péché mortel en péché mortel, l'ennemi, en général, a coutume de leur proposer des plaisirs apparents. (...) Chez ceux-là le bon esprit utilise une manière de faire inverse: il les aiguillonne et mord leur conscience par le sens moral de la raison.
Chez ceux qui se purifient intensément de leurs péchés et qui, dans le service de Dieu notre Seigneur, s'élèvent du bien vers le mieux, c'est la manière de faire inverse de celle de la première règle. Car, alors, le propre du mauvais esprit est de mordre, d'attrister et de mettre des obstacles, en inquiétant par de fausses raisons pour qu'on n'aille pas plus loin. et le propre du bon esprit est de donner courage et forces, consolations, larmes, inspirations et quiétude, en rendant les choses faciles et en écartant tous les obstacles, pour qu'on aille plus avant dans la pratique du bien.

    Élémentaire, mon cher Watson, dirait un détective bien connu de tous. Élémentaire, et pourtant ignoré de tant et tant de chrétiens. C'est la raison pour laquelle certains se trompent en estimant et en proclamant que le démon n'existe pas, et que parler du démon n'est qu'une manière de parler du mal. Ils le disent parce qu'ils n'ont jamais expérimenté son adversité. Et s'ils n'ont jamais expérimenté son adversité, ne serait-ce pas parce qu'ils vont "de péché mortel en péché mortel", ou, du moins, qu'il n'avancent pas beaucoup sur le chemin de la sainteté? Ce n'est pas un Curé d'Ars, ou un Saint Padre Pio ou une Marthe Robin qui diraient que le démon est une manière de parler. Dire aujourd'hui que les possédés dont il est question dans l'Évangile ne sont en fait que des malades mentaux ou des épileptiques est de bon ton. Dira-t-on alors que Jésus est, lui aussi, un malade mental ou un épileptique?

    Je rappelle aussi la douzième règle. S. Ignace y compare le comportement du démon à celui d'une femme. Cela passe mal aujourd'hui. Je saute donc ce petit passage. Si cela vous intéresse vous irez voir vous-mêmes:
 
C'est le propre de l'ennemi de faiblir et de perdre courage, de fuir avec ses tentations, lorsque celui qui s'exerce dans les choses spirituelles tient tête résolument aux tentations de l'ennemi, faisant 'diamétralement' l'opposé. À l'inverse, si celui qui s'exerce commence à avoir peur et à perdre courage lorsqu'il subit les tentations, il n'y pas sur la face de la terre de bête si féroce que l'ennemi de la nature humaine pour poursuivre son intention maudite avec une si grande malice.

    Avoir peur du démon, c'est lui donner de la force. Arrêter de faire oraison, par exemple, parce que, depuis qu'on a commencé à le faire, on a des tentations qu'on n'avait pas avant, c'est faire le jeu du démon.

Et nous mangerons la Parole de Dieu

    "Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre". Voilà comment Jésus tient tête au démon qui lui suggère de changer une pierre en pain. Se nourrir de la Parole de Dieu, voilà une nécessité absolument vitale pour notre vie. C'est une nourriture fondamentale. Je vous signale que c'est le thème que Benoît XVI avait choisi pour le premier Synode des Évêques de son Pontificat (du 5 au 26 octobre 2008): "La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église". Il a estimé que la constitution conciliaire Dei Verbum est "un des documents les plus importants du concile Vatican II":
 
L’Eglise ne vit pas d’elle-même mais de l’Évangile et c’est de l’Évangile toujours et à nouveau qu’elle tire des orientations pour sa marche. C’est une remarque que tout chrétien doit recueillir, et mettre en application : seul celui qui se met avant tout à l’écoute de la Parole peut l’annoncer. En effet, on ne doit pas enseigner sa propre sagesse, mais la sagesse de Dieu, qui apparaît souvent folie aux yeux du monde.

    Et il a précisé que "l’Église et la Parole de Dieu sont intrinsèquement liées" parce que, comme le dit saint Pierre, "aucune Écriture prophétique n’est sujette à une interprétation privée". L'Évangile d'aujourd'hui nous montre que le démon lui aussi sait se servir de la Bible, mais en l'interprétant à sa manière, pour nous tenter. Combien sont-ils, ceux qui se réclament de la Bible pour parler et agir soi-disant "au nom de Jésus" mais contre l'Église et contre les moeurs?

Et nous choisirons notre Dieu

    Après l'écoute de la Parole vient la pratique de la Parole. La Parole nous montre quelle est la volonté de Dieu, pour que nous puissions la mettre en pratique. C'est ce que S. Ignace appelle "l'élection". Pour faire le bon choix, une bonne élection, il faut d'abord, "dans la mesure où cela dépend de nous", que "l'oeil de notre intention (soit) simple, regardant uniquement ce pour quoi je suis créé: pour la louange de Dieu notre Seigneur et le salut de mon âme."

    Il s'agit de soumettre non pas la fin aux moyens, mais les moyens à la fin:
 
Il arrive, par exemple, que beaucoup choisissent en premier lieu de se marier, ce qui est un moyen, et en second lieu de servir Dieu notre Seigneur dans le mariage, alors que servir Dieu est la fin. (...) De la sorte ceux-là ne vont pas droit à Dieu, mais veulent que Dieu vienne droit à leurs attachements désordonnés; par conséquent, ils font de la fin un moyen et du moyen une fin, de sorte que ce qu'ils devaient mettre en premier, il le mettent en dernier.

    La victoire dans le combat du désert est à ce prix-là...

Et nous fêterons notre Pâque au désert:
Nous vivrons le désert avec toi!

    N'oublions donc pas ce qui est le but, le sens de tout cela: fêter notre Pâque. La Pâque, c'est de passer de ce monde au Père, comme S. Jean le dit à propos de Jésus dans l'Évangile (Jn 13, 1...). Mais cette Pâque n'est pas seulement à la fin de notre vie. Elle est une Pâque dès aujourd'hui. Et si nous ne la vivons pas tous les jours, nous ne pourrons pas non plus la vivre à la fin de notre vie. Cela vaut aussi pour le Carême. Pâques, ce n'est pas seulement une fête qui est au bout des quarante jours du Carême. Pâques, c'est dans notre désert d'aujourd'hui!

Lectures 1° dimanche du Carême C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : La profession de foi du peuple d'Israël (Dt 26, 4-10)

 

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple d'Israël : Lorsque tu présenteras les prémices de tes récoltes, le prêtre recevra de tes mains la corbeille et la déposera devant l'autel du Seigneur ton Dieu.
Tu prononceras ces paroles devant le Seigneur ton Dieu : « Mon père était un Araméen vagabond, qui descendit en Égypte : il y vécut en immigré avec son petit clan. C'est là qu'il est devenu une grande nation, puissante et nombreuse.
Les Égyptiens nous ont maltraités, et réduits à la pauvreté ; ils nous ont imposé un dur esclavage.
Nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères. Il a entendu notre voix, il a vu que nous étions pauvres, malheureux, opprimés.
Le Seigneur nous a fait sortir d'Égypte par la force de sa main et la vigueur de son bras, par des actions terrifiantes, des signes et des prodiges.
Il nous a conduits dans ce lieu et nous a donné ce pays, un pays ruisselant de lait et de miel.
Et voici maintenant que j'apporte les prémices des produits du sol que tu m'as donné, Seigneur. »
 
 



 

Psaume : Ps 90, 1-2, 10-11, 12-13, 14-15ab

 
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R/ Reste avec nous, Seigneur, dans notre épreuve

 

Quand je me tiens sous l'abri du Très Haut
et repose à l'ombre du Puissant
Je dis au Seigneur: " Mon Refuge
mon Rempart, mon Dieu, dont je suis sûr !"

Le malheur ne pourra te toucher
ni le danger approcher de ta demeure
Il donne mission à Ses anges
de te garder sur tous tes chemins

Ils te porteront sur leurs mains
pour que ton pied ne heurte les pierres
tu marcheras sur la vipère et le scorpion
tu écraseras le lion et le dragon

"Puisqu'il s'attache à Moi, Je le délivre
Je le défends car il connaît Mon Nom
il m'appelle et Moi Je lui réponds
Je suis avec lui dans son épreuve "
 
 



 

2ème lecture : La profession de foi en Jésus Christ (Rm 10, 8-13)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frère, nous lisons dans l'Ecriture : La Parole est près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton coeur. Cette Parole, c'est le message de la foi que nous proclamons.
Donc, si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur, si tu crois dans ton coeur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, alors tu seras sauvé.
Celui qui croit du fond de son coeur devient juste ; celui qui, de sa bouche, affirme sa foi parvient au salut.
En effet, l'Écriture dit : Lors du jugement, aucun de ceux qui croient en lui n'aura à le regretter.
Ainsi, entre les Juifs et les païens, il n'y a pas de différence : tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui l'invoquent.
Il est écrit en effet, tous ceux qui invoqueront le nom du Seigneur seront sauvés.
 
 
 


 

Evangile : La tentation de Jésus (Lc 4, 1-13)

 
Acclamation : L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole venant de la bouche de Dieu (Mt 4, 4)
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Après son baptême, Jésus, rempli de l"Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l"Esprit à travers le désert
où, pendant quarante jours, il fut mis à l'épreuve par le démon. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.
Le démon lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »
Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre. »
Le démon l'emmena alors plus haut, et lui fit voir d'un seul regard tous les royaumes de la terre.
Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m'appartient et je le donne à qui je veux.
Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »
Jésus lui répondit : « Il est écrit : Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c'est lui seul que tu adoreras. »
Puis le démon le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ;
car il est écrit : Il donnera pour toi à ses anges l'ordre de te garder ;
et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus répondit : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le démon s'éloigna de Jésus jusqu'au moment fixé.




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