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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Benoît XVI, Homélie Dimanche des Rameaux 2011

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

benoitxvi.rameaux.jpg

 

Chers frères et sœurs,

Chers jeunes ! 

Chaque année, le dimanche des Rameaux, nous sommes à nouveau émus de gravir avec Jésus le mont vers le sanctuaire, et de l'accompagner tout au long de ce chemin vers le haut. En ce jour, sur toute la face de la terre et à travers tous les siècles, jeunes et personnes de tout âge l'acclament en criant : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

Mais que faisons-nous vraiment lorsque nous nous insérons dans une telle procession - parmi la foule de ceux qui montaient avec Jésus à Jérusalem et l'acclamaient comme roi d'Israël ? Est-ce quelque chose de plus qu'une cérémonie, qu'une belle coutume ? Cela a-t-il quelque chose à voir avec la véritable réalité de notre vie, de notre monde ? Pour trouver la réponse, nous devons avant tout clarifier ce que Jésus lui-même a, en réalité, voulu et fait. Après la profession de foi, que Pierre avait faite à Césarée de Philippe, à l'extrême nord de la Terre Sainte, Jésus s'était mis en route, en pèlerin, vers Jérusalem pour les fêtes de la Pâque. Il est en chemin vers le Temple dans la Cité Sainte, vers ce lieu qui, pour Israël, garantissait de façon particulière la proximité de Dieu à l'égard de son peuple. Il est en chemin vers la fête commune de la Pâque, mémorial de la libération d'Égypte et signe de l'espérance dans la libération définitive. Il sait qu'une nouvelle Pâque l'attend et qu'il prendra lui-même la place des agneaux immolés, s'offrant lui-même sur la Croix. Il sait que, dans les dons mystérieux du pain et du vin, il se donnera pour toujours aux siens, il leur ouvrira la porte vers une nouvelle voie de libération, vers la communion avec le Dieu vivant. Il est en chemin vers la hauteur de la Croix, vers le moment de l'amour qui se donne. Le terme ultime de son pèlerinage est la hauteur de Dieu lui-même, à laquelle il veut élever l'être humain.

Notre procession d'aujourd'hui veut donc être l'image de quelque chose de plus profond, l'image du fait qu'avec Jésus, nous nous mettons en route pour le pèlerinage : par la voie haute vers le Dieu vivant. C'est de cette montée dont il s'agit. C'est le chemin auquel Jésus nous invite. Mais comment pouvons-nous maintenir l'allure dans cette montée ? Ne dépasse-t-elle pas nos forces ? Oui, elle est au-dessus de nos propres possibilités. Depuis toujours, les hommes ont été remplis - et aujourd'hui ils le sont plus que jamais - du désir d'"être comme Dieu", d'atteindre eux-mêmes la hauteur de Dieu. Dans toutes les inventions de l'esprit humain, on cherche, en fin de compte, à obtenir des ailes pour pouvoir s'élever à la hauteur de l'Être, pour devenir indépendants, totalement libres, comme Dieu l'est. Nombreuses sont les choses que l'humanité a pu réaliser : nous sommes capables de voler. Nous pouvons nous voir, nous écouter et nous parler d'un bout à l'autre du monde. Toutefois, la force de gravité qui nous tire vers le bas est puissante. Avec nos capacités, ce n'est pas seulement le bien qui a grandi. Les possibilités du mal ont aussi augmenté et se présentent comme des tempêtes menaçantes au dessus de l'histoire. Nos limites aussi sont restées : il suffit de penser aux catastrophes qui, ces derniers mois, ont affligé et continuent d'affliger l'humanité.

Les Pères ont dit que l'homme se tient au point d'intersection entre deux champs de gravitation. Il y a d'abord la force de gravité qui tire vers le bas - vers l'égoïsme, vers le mensonge et vers le mal ; la gravité qui nous abaisse et nous éloigne de la hauteur de Dieu. D'autre part, il y a la force de gravité de l'amour de Dieu : le fait d'être aimé de Dieu et la réponse de notre amour nous attirent vers le haut. L'homme se trouve au milieu de cette double force de gravité et tout dépend de sa fuite du champ de gravitation du mal pour devenir libre de se laisser totalement attirer par la force de gravité de Dieu, qui nous rend vrais, nous élève, nous donne la vraie liberté.

Après la Liturgie de la Parole, au début de la Prière eucharistique durant laquelle le Seigneur vient au milieu de nous, l'Eglise nous adresse l'invitation : "Sursum corda - Élevons notre cœur !" Selon la conception biblique et la façon de voir des Pères, le cœur est le centre de l'homme où s'unissent l'intellect, la volonté et le sentiment, le corps et l'âme. Ce centre, où l'esprit devient corps et le corps devient esprit ; où volonté, sentiment et intellect s'unissent dans la connaissance de Dieu et dans l'amour pour lui. Ce "cœur" doit être élevé. Mais encore une fois : tout seuls, nous sommes trop faibles pour élever notre cœur jusqu'à la hauteur de Dieu. Nous n'en sommes pas capables. Justement l'orgueil de pouvoir le faire tout seuls nous tire vers le bas et nous éloigne de Dieu. Dieu lui-même doit nous tirer vers le haut, et c'est ce que le Christ a commencé sur la Croix. Il est descendu jusqu'à l'extrême bassesse de l'existence humaine, pour nous tirer en haut vers lui, vers le Dieu vivant. Il est devenu humble, nous dit la deuxième Lecture. Ainsi seulement notre orgueil pouvait être surmonté : l'humilité de Dieu est la forme extrême de son amour, et cet amour humble attire vers le haut.

Le Psaume de procession 24, que l'Église nous propose comme « cantique de montée » pour la Liturgie d'aujourd'hui, indique quelques éléments concrets, qui appartiennent à notre montée et sans lesquels nous ne pouvons être élevés vers le haut : les mains innocentes, le cœur pur, le refus du mensonge, la recherche du visage de Dieu. Les grandes conquêtes de la technique ne nous rendent libres et ne sont des éléments du progrès de l'humanité que si elles sont unies à ces attitudes - si nos mains deviennent innocentes et notre cœur pur, si nous sommes à la recherche de la vérité, à la recherche de Dieu lui-même, et si nous nous laissons toucher et interpeller par son amour. Tous ces éléments de la montée sont efficaces seulement si nous reconnaissons avec humilité que nous devons être attirés vers le haut ; si nous abandonnons l'orgueil de vouloir nous-mêmes nous faire Dieu. Nous avons besoin de lui : il nous tire vers le haut, étant soutenus par ses mains - c'est-à-dire dans la foi - il nous donne la juste orientation et la force intérieure qui nous élève vers le haut. Nous avons besoin de l'humilité de la foi qui cherche le visage de Dieu et se confie à la vérité de son amour.

La question de savoir comment l'homme peut arriver en haut, devenir pleinement lui-même et vraiment semblable à Dieu, a depuis toujours occupé l'humanité. Elle a été discutée avec passion par les philosophes platoniciens du troisième et quatrième siècle. Leur question centrale était : comment trouver des moyens de purification, par lesquels l'homme puisse se libérer du lourd poids qui le tire vers le bas et s'élever à la hauteur de son être véritable, à la hauteur de la divinité. Pendant un certain temps, dans sa quête du droit chemin, saint Augustin a cherché un soutien dans ces philosophies. Mais à la fin il dut reconnaître que leur réponse n'était pas suffisante, qu'avec leurs méthodes, il ne serait pas vraiment parvenu à Dieu. Il dit à leurs représentants : Reconnaissez donc que la force de l'homme et de toutes ses purifications ne suffit pas pour le porter vraiment à la hauteur du divin, à la hauteur qui lui est appropriée. Et il dit qu'il aurait désespéré de lui-même et de l'existence humaine, s'il n'avait pas trouvé Celui qui fait ce que nous-mêmes nous ne pouvons faire ; Celui qui nous élève à la hauteur de Dieu, malgré toute notre misère : Jésus Christ qui, de Dieu, est descendu vers nous, et dans son amour crucifié, nous prend par la main et nous conduit vers le haut. 

Nous allons en pèlerinage avec le Seigneur vers le haut. Nous sommes à la recherche d'un cœur pur et de mains innocentes, nous sommes à la recherche de la vérité, nous cherchons le visage de Dieu. Nous manifestons au Seigneur notre désir de devenir justes et nous le prions : Attire-nous vers le haut ! Rends-nous purs ! Fais que soit valable pour nous la parole que nous chantons dans le Psaume de procession ; que nous puissions appartenir à la génération qui cherche Dieu, « qui recherche ta face, Dieu de Jacob » (Ps 24, 6). Amen.

 

Copyright 2011 : Libreria Editrice Vaticana

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du dimanche des Rameaux A - 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

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Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 17 avril, dimanche des Rameaux et de la Passion. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 26, versets 14 à 27, 66.


L'un des Douze, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d'argent.

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

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(à suivre)

Lectures Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 26, 14-75; 27, 1-66) (brève : 11-54)

26
14i  L. L’un des douze Apôtres de Jésus, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres
15  et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d'argent.
16  Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
17  Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ? »
18  Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : 'Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.'»
19  Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
20  Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.
21  Pendant le repas, il leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous va me livrer. »
22  Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre : « Serait-ce moi, Seigneur ? »
23  Il leur répondit : « Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer.
24  Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! »
25  Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ! »
26  Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »
27  Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, en disant :
28  « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés.
29  Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où je boirai un vin nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. »
30  Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
31  Alors Jésus leur dit : « Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées.
32  Mais après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. »
33  Pierre lui dit : « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. »
34  Jésus reprit : « Amen, je te le dis : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois. »
35  Pierre lui dit : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les disciples en dirent autant.
36  Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit : « Restez ici, pendant que je m'en vais là-bas pour prier. »
37  Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse.
38  Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi. »
39  Il s'écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. »
40  Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre : « Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ?
41  Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l'esprit est ardent, mais la chair est faible. »
42  Il retourna prier une deuxième fois : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! »
43  Revenu près des disciples, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil.
44  Il les laissa et retourna prier pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles.
45  Alors il revient vers les disciples et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer ! La voici toute proche, l'heure où le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs !
46  Levez-vous ! Allons ! Le voici tout proche, celui qui me livre. »
47  Jésus parlait encore, lorsque Judas, l'un des Douze, arriva, avec une grande foule armée d'épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres et les anciens du peuple.
48  Le traître leur avait donné un signe : « Celui que j'embrasserai, c'est lui : arrêtez-le. »
49  Aussitôt, s'approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi ! », et il l'embrassa.
50  Jésus lui dit : « Mon ami, fais ta besogne. » Alors ils s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent.
51  Un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille.
52  Jésus lui dit : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée.
53  Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père, qui mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d'anges ?
54  Mais alors, comment s'accompliraient les Écritures ? D'après elles, c'est ainsi que tout doit se passer. »
55  A ce moment-là, Jésus dit aux foules : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus m'arrêter avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j'étais assis dans le Temple où j'enseignais, et vous ne m'avez pas arrêté.
56  Mais tout cela est arrivé pour que s'accomplissent les écrits des prophètes. » Alors les disciples l'abandonnèrent tous et s'enfuirent.
57  Ceux qui avaient arrêté Jésus l'amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre, chez qui s'étaient réunis les scribes et les anciens.
58  Quant à Pierre, il le suivait de loin, jusqu'au palais du grand prêtre ; il entra dans la cour et s'assit avec les serviteurs pour voir comment cela finirait.
59  Les chefs des prêtres et tout le grand conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire condamner à mort.
60  Ils n'en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s'étaient présentés. Finalement il s'en présenta deux,
61  qui déclarèrent : « Cet homme a dit : 'Je peux détruire le Temple de Dieu et, en trois jours, le rebâtir.' »
62  Alors le grand prêtre se leva et lui dit : « Tu ne réponds rien à tous ces témoignages portés contre toi ? »
63  Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit : « Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Messie, le Fils de Dieu. »
64  Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ; mais en tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel.»
65  Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : « Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d'entendre le blasphème !
66  Quel est votre avis ? » Ils répondirent : « Il mérite la mort. »
67  Alors ils lui crachèrent au visage et le rouèrent de coups ; d'autres le giflèrent
68  en disant : « Fais-nous le prophète, Messie ! qui est-ce qui t'a frappé ? »
69  Quant à Pierre, il était assis dehors dans la cour. Une servante s'approcha de lui : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen ! »
70  Mais il nia devant tout le monde : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. »
71  Comme il se retirait vers le portail, une autre le vit et dit aux gens qui étaient là : « Celui-ci était avec Jésus de Nazareth. »
72  De nouveau, Pierre le nia : « Je jure que je ne connais pas cet homme. »
73  Peu après, ceux qui se tenaient là s'approchèrent de Pierre : « Sûrement, toi aussi, tu fais partie de ces gens-là ; d'ailleurs ton accent te trahit. »
74  Alors, il se mit à protester violemment et à jurer : « Je ne connais pas cet homme. » Aussitôt un coq chanta.
75  Et Pierre se rappela ce que Jésus lui avait dit : « Avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois. » Il sortit et pleura amèrement.
27
01  Le matin venu, tous les chefs des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire condamner à mort.
02  Après l'avoir ligoté, ils l'emmenèrent pour le livrer à Pilate, le gouverneur.
03  Alors Judas, le traître, fut pris de remords en le voyant condamné ; il rapporta les trente pièces d'argent aux chefs des prêtres et aux anciens.
04  Il leur dit : « J'ai péché en livrant à la mort un innocent. » Ils répliquèrent : « Qu'est-ce que cela nous fait ? Cela te regarde ! »
05  Jetant alors les pièces d'argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre.
06  Les chefs des prêtres ramassèrent l'argent et se dirent : « Il n'est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c'est le prix du sang. »
07  Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le Champ-du-Potier pour y enterrer les étrangers.
08  Voilà pourquoi ce champ a été appelé jusqu'à ce jour le Champ-du-Sang.
09  Alors s'est accomplie la parole transmise par le prophète Jérémie : Ils prirent les trente pièces d'argent, le prix de celui qui fut mis à prix par les enfants d'Israël,
10  et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'avait ordonné.
11  On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l'interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C'est toi qui le dis. »
12  Mais, tandis que les chefs des prêtres et les anciens l'accusaient, il ne répondit rien.
13  Alors Pilate lui dit : « Tu n'entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »
14  Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur était très étonné.
15  Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait.
16  Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.
17  La foule s'étant donc rassemblée, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus qu'on appelle le Messie ? »
18  Il savait en effet que c'était par jalousie qu'on l'avait livré.
19  Tandis qu'il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l'affaire de ce juste, car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »
20  Les chefs des prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus.
21  Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! »
22  Il reprit : « Que ferai-je donc de Jésus, celui qu'on appelle le Messie ? » Ils répondirent tous : « Qu'on le crucifie ! »
23  Il poursuivit : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu'on le crucifie ! »
24  Pilate vit que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le désordre ; alors il prit de l'eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je ne suis pas responsable du sang de cet homme : cela vous regarde ! »
25  Tout le peuple répondit : « Son sang, qu'il soit sur nous et sur nos enfants ! »
26  Il leur relâcha donc Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et le leur livra pour qu'il soit crucifié.
27  Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde.
28  Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d'un manteau rouge.
29  Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s'agenouillaient en lui disant : « Salut, roi des Juifs ! »
30  Et, crachant sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête.
31  Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier.
32  En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix.
33  Arrivés à l'endroit appelé Golgotha, c'est-à-dire : Lieu-du-Crâne, ou Calvaire,
34  ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire.
35  Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;
36  et ils restaient là, assis, à le garder.
37  Au-dessus de sa tête on inscrivit le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »
38  En même temps, on crucifie avec lui deux bandits, l'un à droite et l'autre à gauche.
39  Les passants l'injuriaient en hochant la tête :
40  « Toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! »
41  De même, les chefs des prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens, en disant :
42  « Il en a sauvé d'autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! C'est le roi d'Israël : qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui !
43  Il a mis sa confiance en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant s'il l'aime ! Car il a dit : 'Je suis Fils de Dieu.' »
44  Les bandits crucifiés avec lui l'insultaient de la même manière.
45  A partir de midi, l'obscurité se fit sur toute la terre jusqu'à trois heures.
46  Vers trois heures, Jésus cria d'une voix forte : « Éli, Éli, lama sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »
47  Quelques-uns de ceux qui étaient là disaient en l'entendant : « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
48  Aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge qu'il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d'un roseau, et il lui donnait à boire.
49  Les autres dirent : « Attends ! nous verrons bien si Élie va venir le sauver. »
50  Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l'esprit.
51  Et voici que le rideau du Temple se déchira en deux, du haut en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent.
52  Les tombeaux s'ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
53  et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens.
54  A la vue du tremblement de terre et de tous ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d'une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu ! »
55  Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient à distance : elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir.
56  Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

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57  Le soir venu, arriva un homme riche, originaire d'Arimathie, qui s'appelait Joseph, et qui était devenu lui aussi disciple de Jésus.
58  Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre.
59  Prenant le corps, Joseph l'enveloppa dans un linceul neuf,
60  et le déposa dans le tombeau qu'il venait de se faire tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla.
61  Cependant Marie Madeleine et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau.
62  Quand la journée des préparatifs de la fête fut achevée, les chefs des prêtres et les pharisiens s'assemblèrent chez Pilate,
63  en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : 'Trois jours après, je ressusciterai.'
64  Donne donc l'ordre que le tombeau soit étroitement surveillé jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple : 'Il est ressuscité d'entre les morts.' Cette dernière imposture serait pire que la première. »
65  Pilate leur déclara : « Je vous donne une garde ; allez, organisez la surveillance comme vous l'entendez. »
66  Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du tombeau en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.


Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du cinquième dimanche du Carême A 3

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Elle introduit alors sa sœur Marie auprès du Maître. Mêmes reproches mais elle pleure. On pourrait croire que la situation s’inverse par rapport au récit de la première rencontre : Marthe se lamentait auprès de Jésus pendant que Marie écoutait et annonçait sa foi ; Ici, Marthe confesse sa foi et Marie se lamente. La foi ne sera jamais figée, elle est possible en toute situation et nécessite et contemplation et action. 


Jésus, à son tour pleure. Et il est comme le suggère les différentes traductions : bouleversé, consterné, irrité. Il affronte la mort qui nous touche si durement. Sans ces larmes au tombeau, Jésus ne serait pas l’homme qu’il est, comme nous. Il tient à toucher la mort, il veut se tenir face au tombeau. Il sait que dans peu de temps il sera devant cette même mort, alors il veut la voir en face directement. C’est pourquoi, il laisse expressément la mort venir en Lazare, malgré les demandes de ses amies : « Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura pourtant deux jours à l’endroit où il se trouvait ». 


En ce temps de carême, donne-nous, Seigneur, de savoir t’attendre sans récriminer et de comprendre, dans une foi revivifiée, que les explications et les solutions viennent dans le temps, en ton temps.

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du cinquième dimanche du Carême A 2

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

En ce cinquième dimanche de carême, l’évangile nous offre le récit de la résurrection de Lazare et la profession de foi magnifique en la résurrection que fait sa sœur Marthe. 


Quelle chemin a-t-elle fait, elle que l’on considère souvent comme l’activiste ménagère décalée de l’essentiel et rabrouée par Jésus. 


Si l’on écoute bien la Parole, Jésus l’amène, la première, à reconnaître qu’il est le maître de la vie : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? », « Oui, Seigneur ».


Auparavant, Jésus avait annoncé sa passion, sa mort et sa résurrection, mais qui avait véritablement perçu ce qu’était la résurrection et surtout qui pensait que Jésus en était capable ? Même ses disciples n’arrivaient pas à se représenter la conception de la résurrection, car bien qu’évoquée dans les textes bibliques elle restait l’attribut mystérieux de la puissance de Dieu. 


Et voilà que Marthe va donner à Jésus l’occasion de faire jaillir en nous la compréhension de cette résurrection. La mort est là, en son frère déjà enseveli. Et Marthe le reproche à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort » et puis elle ouvre une perspective, dans la foi, que bien peu d’entre nous aurait envisagé : « Mais je sais, que maintenant encore, Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas ». On a l’impression de retrouver le : « Faites tout ce qu’il vous dira » de la Vierge Marie à Cana. Mais ici, il reste à Marthe à attribuer cette capacité de vie, que possède Dieu, à Jésus alors que la vierge Marie n’en doutait pas.


« Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu qui vient dans le monde.» Tout est dit pour que tout puisse s’accomplir : oui, je crois que celui qui croit en toi ne mourra pas. Marthe répond par sa foi et sa reconnaissance du Messie et du Fils de Dieu est complète : Dieu peut agir. 


(à suivre)

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du cinquième dimanche du Carême A 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

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Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 10 avril, cinquième dimanche de carême. Évangile selon saint Jean, chapitre 11, versets 1 à 45.


Un homme était tombé malade. C'était Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe.

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(à suivre)

 


Congrégation pour le clergé, Homélie pour le 5° dimanche du Carême A - 3

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

La foi, enfin, nous dit que cette expérience extraordinaire du Christ, qui faisait en sorte que Marthe et Marie remettaient dans Lui toute leur confiance, même face à la mort de Lazare, n’est pas seulement un événement consolant raconté par la lettre des Évangiles, mais qu’elle nous est accessible aujourd'hui dans l'Église, depuis le jour de notre Baptême, c'est-à-dire lorsque nous avons été incorporés à Lui par l'Esprit qu’il nous a offerts : « Et si l'Esprit de Dieu, qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts donnera la vie aussi à vos corps mortels par le moyen de son Esprit qui habite en vous » (Rm 8.11). Veuille la Vierge de l’Assomption, la Mère du Ressuscité, nous donner la grâce de regarder et de tout vivre à la lumière de cette extraordinaire réalité. Amen.


Congrégation pour le clergé, Homélie pour le 5° dimanche du Carême A - 2

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

À l'arrivée de Jésus à Béthanie, ensuite, nous assistons à une « nouveauté », apparemment inexplicable : Marie d’abord, sa soeur Marthe ensuite, et après elle tous les Juifs qui s'étaient unis à leur deuil, vont vers le Seigneur Jésus, persuadés que s’il existait une réponse à leur douleur, elle aurait dû se trouver en cet Homme. Sans doute, il ne s'agissait pas de personnes impies. Ils avaient profondément assimilé la foi d'Israël en la résurrection finale, donc ce drame n'était pas « finalement » inexplicable ; en effet Marthe répond au Seigneur : « Je sais qu'il ressuscitera dans la résurrection du dernier jour ». Mais, ils savaient que, dans le rapport avec cet Homme extraordinaire, rien de ce qu'il y avait en eux d’authentiquement humain ne serait perdu, même pas ce cri de douleur, que seule la foi eschatologique et le temps auraient pu soulager quelque peu.

En ce dernier « signe » accompli par le Seigneur, avant l'entrée triomphale à Jérusalem, semble ainsi confluer toute cette « réalité nouvelle » inaugurée par l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous : en partageant notre existence même, il nous a aimés de cette passion suprême qu’est l'amour virginal, lequel ne cherche jamais à posséder le coeur de l'autre, mais l'aime dans la vérité, avec une délicate insistance, jusqu'à se sacrifier pour lui ; en cette infinie délicatesse, en cette attention pour chacun, capable même de s'émouvoir, les hommes qui entretenaient avec Lui les liens de l’amitié la plus profonde apercevaient ce « davantage » qui ne pouvait être autre chose que la présence de Dieu : « « Je suis la Résurrection et la Vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; qui conque vit et croit en Moi ne mourra pas pour l’éternité. Crois-tu cela ? ». Elle lui répondit : « Oui, Seigneur, je crois que Tu es le Christ, le Fils de Dieu, Celui qui vient dans le monde » » (Jn11.27).

Le Christ accomplit donc le grand miracle de la résurrection de Lazare. Il annonce ainsi, à travers les oeuvres de son Père, que Lui même, le Dieu-Homme, est la Vie et la Résurrection, le Seigneur y compris de la vie biologique, puisque Sa voix peut rejoindre aussi ceux qui, comme Lazare, ont passé le seuil de la mort depuis maintenant quatre jours. Face à ce signe, les paroles avec lesquelles il avait annoncé Sa mort et Sa Résurrection deviennent aussi plus claires : « Je donne ma vie, pour la reprendre à nouveau » (Jn10.18). Il peut vraiment le faire, puisqu'il est le Seigneur de la vie, et, si la résurrection de Lazare n’empêcha pas cet ami que le Seigneur aimait d'embrasser de nouveau « notre sœur la mort corporelle » - selon l'expression de Saint François - lorsque Dieu voulut l'appeler de cette vie, bien plus grande est la Vie que le Seigneur a gagné à Lazare et à chacun d’entre nous ; nous nous apprêtons à la célébrer dans peu de jours, dans le Mystère Pascal.

(à suivre)

Louis-Joseph CHIAVARINO - La cause principale de la damnation

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

Le Disciple. – Mon Père, voudriez vous bien me dire le pourquoi du titre de ce livre * ?


Le Maître. – Voici : On raconte qu’une jeune fille, étant malheureusement tombée dans un des péchés les plus honteux, menait une vie toute triste et désolée. Plusieurs mois se passèrent de la sorte, sans qu’aucune des ses compagnes réussit à connaître la cause de son affliction. Entre temps, sa plus chère amie, une jeune fille vertueuse et très pieuse, vint à mourir, d’une mort de prédestinée ; Quelques jours après l’enterrement, une nuit, pendant que la jeune fille dormait, elle entend qu’on l’appelle par son nom, et reconnaît la voix de son amie morte, qui lui dit, à plusieurs reprises : « Confesse-toi bien…. Si tu savais comme Jésus est bon ! » La jeune fille écouta cette voix comme une invitation du Ciel ; elle s’arma de courage et, résolument, alla confesser le péché qui lui causait tant de honte et pour lequel elle avait versé tant de larmes. Dès ce moment, elle éprouva un tel soulagement et une telle consolation, qu’elle raconta la chose à tout le monde, répétant à son tour : « Essayez ! vous verrez combien Jésus est bon !... »


Le Disciple. – Pour moi, j’y crois fermement, car j’ai expérimenté mille fois cette vérité.


Le Maître. – Remercies-en le Bon Dieu et continue à bien te confesser. Malheur à qui commence à cheminer dans la voie des sacrilèges qui conduit certainement à l’Enfer !


Le Disciple. – Une confession mal faite est donc un si grand mal ?!


Le Maître. – Sûrement ! C’est la cause principale de la damnation !


Le Disciple. – Vraiment ? mon Père ?


Le Maître. – Hélas ! Oui ! Les confessions mal faites sont souvent la cause de la perte d’une âme.


Le Disciple. – Mais c’est de l’exagération !


Le Maître. – Pas du tout ! Je n’exagère pas. D’ailleurs, ce n’est pas moi qui le dis, mais les Saints les plus habitués au maniement des âmes l’affirment, et sainte Thérèse d’Avila en a eu la révélation.

 


Sainte Thérèse était un jour en prière, et voilà que tout à coup, un abîme très profond rempli de feu et de flammes s’ouvre devant ses yeux ! Les pauvres âmes y tombaient, comme tombent à terre les flocons de neige.


Effrayée, la Sainte lève les yeux au Ciel, en s’écriant : « Mon Dieu ! Que vois-je ? Qui sont ces âmes qui tombent en Enfer ? Peut-être sont-ce des âmes de Turcs, de Juifs ou d’infidèles ! »

Non, Thérèse, non ! lui répondit le Seigneur. Les âmes que tu vois tomber ainsi en Enfer sont toutes des âmes chrétiennes comme toi.


Mais alors, ce sont des âmes de personnes non pratiquantes, qui n’allaient jamais se confesser, ni communier !


Non, Thérèse, non ! Ce sont toutes des âmes de chrétiens baptisés comme toi, croyantes et pratiquantes lorsqu’elles étaient sur la terre.


Mais alors, elles ne se sont jamais confessées, même à l’heure de la mort.

Si, si ! Elles se sont confessées avant de mourir…


Mais alors, mon Dieu, pourquoi se damnent-elles ?


Parce qu’elles se sont mal confessées… Va, Thérèse, raconte cette vision, et conjure les Evêques et les Prêtres de ne jamais cesser de prêcher sur l’importance de la Confession et le danger des confessions mal faites, afin que les chrétiens, mes fils très chers, ne changent point le remède en poison, en se servant mal de ce Sacrement qui est le Sacrement de la miséricorde et du pardon.


Le Disciple. – Pauvre cher Jésus !... il y a donc beaucoup de confessions mal faites ?!


Le Maître. – Saint Alphonse, saint Philippe Néri, saint Léonard de Port-Maurice s’accordent à dire que, malheureusement, les confessions mal faites sont innombrables. Leur vie se passait au confessionnal et auprès des mourants, aussi savaient-ils ce qu’ils disaient. Et nous aussi, qui allons d’un pays à l’autre, d’une ville à l’autre, prêchant Exercices et Missions, nous devons affirmer la même chose. Le Père Sarnelli, religieux très connu, s’écrie dans son livre intitulé : « Le monde sanctifié » : « Hélas ! Les âmes qui font des sacrilèges en Confession sont innombrables ! Les Missionnaires qui ont une longue expérience le savent bien, et chacun l’apprendra avec stupeur dans la Vallée de Josaphat. Ce n’est pas seulement dans les villes, mais dans les petits villages, voire même dans les communautés, et parmi les personnes qu’on croit pieuses, que les sacrilèges se commettent à foison ».

 


Le Père Tranquillini, de la Compagnie de Jésus, appelé auprès d’une dame gravement malade, y accourt avec empressement, et la confesse, mais au moment de l’absoudre, il sent comme une main de fer l’arrêter.


Madame, dit-il, vous avez peut-être oublié quelque chose…


Mais non, mon Père, voilà huit jours que je me prépare.


Après une courte prière, le Père recommence, mais voilà que la même main de fer l’arrête de nouveau.


Pardon, Madame… Peut-être n’osez-vous point accuser quelque péché…


Que dites-vous, mon Père ! Vous me blessez au vif. Pouvez-vous supposer que je me confesse en faisant un sacrilège ?


Le Père essaie une troisième fois de l’absoudre, mais il en est encore empêché. Ne pouvant arriver à comprendre ce mystère si extraordinaire, il se jette à genoux en pleurant et il supplie la dame de ne pas trahir son âme, de ne pas se damner.


Mon Père, s’écrie-t-elle alors, voilà quinze ans que je me confesse mal !

 


Vous voyez donc qu’il n’est pas difficile de trouver quelqu’un qui se confesse mal !


Le Disciple. – De grâce, mon Père ! Taisez-vous ! Vous m’effrayez !


Le Maître. – Il est préférable d’avoir peur ici-bas, que de brûler en Enfer !...


Tenez ! Il me vient à la pensée le témoignage de saint Jean Bosco, qui, dans l’un de ses petits traités, ayant rapport à la confession, nous dit textuellement : « Je vous assure que pendant que je vous écris, ma main tremble en pensant au nombre de chrétiens qui se perdent, rien que pour s’être tus en confession sur certains péchés, ou bien pour ne pas les avoir accusés sincèrement ».


Le Disciple. – Vous dîtes : « même pour ne pas les avoir accusés sincèrement ? »


Le Maître. – Bien sûr ! Par exemple ce lui qui ne s’accuserait que des pensées mauvaises, tandis qu’il aurait commis des actes, par exemple des actes impurs ; celui qui confesserait les avoir commis tout seul, tandis qu’il les aurait commis avec d’autres ; celui qui omet d’accuser leur nombre connu, ou les circonstances des péchés même ; ou bien qui ne répond pas sincèrement à ce que le confesseur lui demande… tous ceux-là font de mauvaises confessions.


Le Disciple. – A quoi pensent-ils ?


Le Maître. – Ils pensent réparer à l’avenir, c’est-à-dire, ainsi que le note saint Philippe Néri, ils se confessent pour vivre, tandis que chaque confession devrait être faite comme si c’était la dernière.

 

Un jour, une bonne femme du peuple se confesse à un missionnaire ; en revenant du confessionnal, elle trébuche et tombe sur une pierre sépulcrale. Cette pierre, usée par le temps, cède brusquement, et la bonne femme passe sous le pavé, se retrouvant ainsi parmi les restes des morts que la pierre recouvrait.


Pensez quelle épouvante pour tous, mais pour elle surtout !... On finit par la retirer de sa prison ; et cette femme qui, grâce à Dieu, ne s’était fait pas trop de mal, se précipita de nouveau au confessionnal en s’écriant : « Mon Père ! mon Père ! Jusqu’à présent je m’étais toujours confessé pour vivre, mais maintenant  j’ai vu la mort de si près, que je veux me confesser pour mourir ». Aussi voulut-elle refaire la confession qu’elle disait avoir faite.


Le Disciple. – Oh ! la pensée de la mort est, en effet, bien terrible !


Le Maître. – Oui, mais en même temps, très salutaire : nous devrions l’avoir présente chaque fois que nous allons à confesse.

 


Pour plusieurs faits merveilleux qu’on raconte de saint Jean Bosco, on lit celui-ci :


A l’Oratoire Salésien de Turin, on était en train de prêcher les Saints Exercices, et pendant que tous, élèves et autres, suivaient la retraite avec grande attention et tâchaient d’en tirer le plus grand profit, un jeune homme, résistant à toutes les exhortations et aux appels les plus affectueux de D. Bosco et des autres supérieurs, s’obstinait à ne vouloir point se confesser dans cette circonstance. Les bons Pères avaient fait de leur mieux pour le faire changer d’avis, mais inutilement !... Il répétait sans cesse : « Une autre fois ! Cette fois, non !... »


J’y penserai… Je ne puis m’y résoudre pour le moment !...


Sur ces entrefaites, le dernier jour de la Retraite était arrivé : alors, D. Bosco recourut à un piège innocent. Il prit un bout de papier et y traça ces mots : « Si je mourrais cette nuit ?... » Puis il alla le glisser entre les draps et l’oreiller du lit de ce pauvre jeune homme. Le soir venu, tous vont se coucher, et notre étourdi en fait autant : mais voilà qu’au moment de se glisser dans son lit, le petit bout de papier apparaît.


Oh ! », s’écrie le jeune homme stupéfait. Il prend le papier, l’examine et y lit ces mots : « Si je mourrais cette nuit ?!... D. Bosco ».


Qu’est-ce ?... a cette heure !... Ah ! c’est toi !... que veux-tu ?


Oh ! D. Bosco, je veux me confesser !


Viens, viens, mon cher enfant. Si tu savais avec quel cœur je t’ai attendu !

 

Une fois introduit dans l’antichambre, je jeune homme se jette à genoux : il fait sa douloureuse et sincère confession et puis retourne se coucher, rempli de consolation, avec le pardon de Jésus au cœur. Il ne craint plus ! La mort ne l’effraie plus, et il s’écrie : « Que je suis donc content ! Si même je devais mourir, que m’importe ?! Je suis en grâce avec Jésus. Je suis l’ami de Jésus ». Tranquillement il s’endort et il rêve au Paradis ouvert… aux anges qui le fêtent, en volant vers lui et en chantant leurs plus beaux cantiques, et leurs hymnes les plus joyeuses.


Le Disciple. – Heureux jeune homme !


Le Maître. – Heureux comme tous ceux qui croient au bienfait immense de la Confession et qui en profitent, évitant ainsi leur propre damnation, ce qui, hélas ! n’arriva pas à la misérable dont nous allons parler !

 


Saint Léonard de Port-Maurice appelé auprès d’une mourante, y accourut aussitôt, accompagné d’un frère laïc. Une fois la malade confessée, il sort tranquillement et, rejoignant son compagnon qui l’attendant dans l’antichambre, il s’achemine vers la sortie lorsque ce dernier, tout enrayé et triste, lui dit : « Père Léonard, que signifie ce que je viens de voir ? »


Qu’as-tu vu ?


J’ai vu une main horriblement noire, qui tournoyait dans l’antichambre et qui, à peine étiez-vous sorti de la chambre de la malade, y est entrée, rapide comme un éclair.


Saint Léonard, entendant cela, revient auprès de la malade mourante et voit en effet que cette horrible main étranglait la malheureuse qui, les yeux hors de l’orbite et la langue pendante, se mourrait en s’écriant : « Maudits sacrilèges ! maudits sacrilèges !... »


Le Disciple. – Oh, Père ! c’est donc vrai que les confessions mal faites sont la cause principale de la Damnation !


Le Maître. – Guerre au mensonge, mon enfant, et sincérité parfaite à confesse !


 

* Abbé Louis-Joseph CHIAVARINO, Pour réussir une bonne et sainte confession – Editons Saint-Jean – Librairie Chrétienne 2007

ISBN 978 6 2 6 916075 6 19 68

Congrégation pour le clergé, Homélie pour le 5° dimanche du Carême A - 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

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« Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur ; Seigneur, écoute ma voix » (Ps 129). En ce cinquième Dimanche de Carême, l'Église nous invite à porter notre regard sur la réalité peut-être la plus « scandaleuse » de l'expérience humaine. Dans le passage évangélique à peine entendu, il est frappant de voir comment tous sont solidaires de Marthe et de Marie, les soeurs du défunt Lazare, en cet instant de grave deuil.

S’ouvre à nos yeux une scène de douleur inouïe. La nouvelle de la maladie de celui qu’Il aimait, Lazare, arrive au Seigneur Jésus ; c’est un message de la part des soeurs de Lazare, qui, face à la gravité de sa condition, avaient tenté l'unique chose possible, se tourner vers Celui dont on disait : « Il fait bien toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets ! » (Mc7.37). C’est le cri de chacun d’entre nous, nous voudrions que les personnes aimées vivent toujours, sans nous abandonner jamais.

Le Seigneur Jésus, inexplicablement, attend deux jours, pour ne se mettre finalement en route avec Ses disciples qu’à l'instant de la mort de son ami Lazare, qu’il apprenait de manière divine. Ce détail nous dit que le Verbe de Dieu s'est fait homme pour l’amour de chacun de nous, et que sur chacun, à tout instant, il pose Son regard d'amour, dans l'attente de cette rencontre de Joie immense que sera l'Éternité.

(à suivre)

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