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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du huitième dimanche du temps ordinaire A - 3

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Ainsi je peux me satisfaire de moi-même, de ma petite « foi » que j’aurai bien construite et qui ne me reprochera rien. Rien de la nécessité de me faire pardonner, rien de vérifier si ce que je crois correspond au vrai Dieu, rien des exigences de l’amour, avec mes frères, vécues en Eglise. 


Ainsi, Jésus nous manifeste que l’homme ne peut avoir en même temps deux biens suprêmes, deux buts ultimes, il doit choisir. Il doit les hiérarchiser de telle sorte que, dans le cas d’une épreuve décisive, il apparaisse clairement quel bien il préfère. 


Seigneur, réinstaure en nos âmes et nos cœurs lorsque nous dérivons, le choix de ton amour.

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du huitième dimanche du temps ordinaire A - 2

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

« Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous faites pas de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements ».


Cet évangile du 8ème dimanche ordinaire peut nous paraître difficile à comprendre : qui en effet ne doit pas se soucier du lendemain, s’il ne veut pas mourir de faim ? Qui ne doit pas prendre sur lui ce souci, au moins au regard des siens, de sa famille ? 

 
Et Jésus de surenchérir : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles, ni moissons et votre père céleste les nourrit. ». 


Notre juste question peut être, face à ces propos : Si Dieu nourrit les oiseaux et revêt les fleurs, pourquoi laisse-t-il tant d’homme mourir de faim ou végéter dans une misère indicible ?


Mais Jésus ne vient pas répondre à une question à résoudre d’un coup de baguette magique mais il pose la question fondamentale de l’attitude de l’homme à qui tout a été donné pour répondre aux problèmes : nul ne peut servir deux maîtres !


Et il est vrai que, dans leur disposition de fond, ces deux maitres sont inconciliables et donc il nous faut choisir l’un comme notre maître, que nous servirons. 


L’un des maîtres est Dieu, de qui proviennent tous les biens. Dieu qui, rappelons-nous la parabole des talents, nous remet aussi ses biens à administrer pour les recevoir de nous-mêmes en retour, augmentés, avec les intérêts. A quoi servirait donc la vertu de bonté si nous n’étions pas de plus en plus bons et enclin à plus de partage ? L’amour a cette qualité de n’exister que s’il se renouvelle, que s’il s’amplifie sans cesse sinon il se dénature et plus personne n’y trouve sa raison de vivre. Dieu n’a de cesse, qu’avec lui notre amour s’amplifie jusqu’à aimer à sa mesure, c’est-à-dire sans mesure.


L’autre maître est le bien-être comme valeur suprême, et un bien suprême est toujours élevé au rang d’une divinité. Une divinité que l’on cultive, que l’on identifie à sa propre image et que l’on l’affuble même parfois du nom de Dieu.

 

(à suivre)

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du huitième dimanche du temps ordinaire A - 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

homelie

 

 

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 27 février, huitième du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 6, versets 24 à 34.

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :

« Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. 

 

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

Lire le commentaire (à suivre)



Congrégation pour le Clergé, Homélie pour le 8e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Nous poursuivons le discours sur la montagne que la liturgie nous a déjà présenté les dimanches précédents.


Cette partie du discours s’inscrit dans le cadre d'une attention remarquable à la création, comme signe et présence du Mystère Créateur. Jésus y renouvelle son appel, l’invitation à se remettre totalement à Dieu, plutôt qu’aux choses et aux dynamiques du monde ; c’est là que se trouve réellement le coeur de l'abandon confiant et de la vie nouvelle qu’il a introduite dans le monde.


Le disciple qui se laisse absorber entièrement, presque de façon obsédante, par la matérialité de l'existence, (par l'obsession pour « la nourriture » et pour « le vêtement »), révèle une foi incertaine et tergiversante, qui n'a pas encore fait l’expérience de l'amour paternel de Dieu, et donc ne considère pas comme il se doit cet amour : alors qu’il prend soin de ses enfants avec l'amour et la tendresse d'une mère, bien au-delà de toute attente humaine, comme personne d’autre ne saurait le faire.


En réalité, pour faire écho au texte d'Isaïe de la première lecture, nous pourrions affirmer que l'attention de Dieu pour l'homme dépasse celle d'une mère. Nous y lisons en effet : « Même si [une femme] pouvait l’oublier, moi je ne t'oublierai pas ».


Le chrétien est donc continuellement appelé à veiller sur la tentation « d'attacher son coeur » à ce qui ne peut pas suffire à la vie, sur la nécessité d'opérer un choix : fonder son existence illusoire sur le mensonge des « choses du monde », ou se confier totalement à Celui qui l'aime plus que tout autre, et qui dans sa paternité pourvoira même à ses besoins, dans l'optique de l’usage des biens de la terre au service du Royaume.


Telle est la seule pauvreté que l'Église vit et propose à tous les hommes depuis deux mille ans. La page d'Évangile s'ouvre avec un avertissement qui en constitue la clé herméneutique: on ne peut servir deux maîtres à la fois, parce que l’on finira inévitablement par aimer l’un et haïr l'autre.


L'homme agrippé aux choses du monde risque de finir esclave du monde, parce que le monde demande toujours un prix en échange de ce qu’il offre faussement ; tandis que celui qui choisit de servir le Seigneur expérimentera la vraie liberté, puisque l'unique « maître » qui libère est seulement le Dieu de la vie.


Celui qui choisit le premier chemin pourra même se retrouver riche, mais il sera essoufflé dans son coeur et dans sa conscience ; celui qui par contre suit le second peut découvrir une saveur particulière à la vie, une sorte d’assouvissement heureux et une liberté inespérée, faite de joie et de paix intérieure.


Du reste, quelle personne de bon sens pourrait penser réalistement que la possession d’un quelconque objet matériel puisse changer quelque chose à ce qu'elle est ?

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du septième dimanche du temps ordinaire A - 4

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

La justice de Dieu ne pourra donc jamais être et s’arrêter au : « Œil pour œil, dent pour dent ». Mais si l’homme, lui, ne s’arrête qu’à cette justice pénale nécessaire de l’Œil pour œil, dent pour dent, il ne comprend pas Dieu et donc aussi ne veut pas être auprès de Dieu. 


Dieu n’aime pas partiellement, il aime totalement, il aime totalement jusqu’à son ennemi comme il le fait à la passion. C’est le seul moyen de sauver l’homme : l’amour qui rompt la haine, la vie qui rompt la mort même si elle doit passer par elle. 


Seigneur, tu nous rappelles « Vous donc, soyez parfaits comme votre père céleste est parfait » ; Que cette perfection de l’amour, jusqu’à l’ennemi remplace notre perfection du simplement meilleur, pour moi-même, malgré les autres.

Saint Augustin et Benoît XVI : Bas les masques, comédien !

dominicanus #Il est vivant !

La critique de la société du spectacle par le christianisme, depuis les Pères de l'Église jusqu’à Benoît XVI. Les nouveaux dangers de l'ère numérique. Comment glorifier ou détruire quelqu'un à coups d’image.

 

 

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ROME, le 20 février 2011 – Le message de Benoît XVI pour la journée mondiale des communications, qui a été publié le jour de la fête du patron des journalistes, saint François de Sales, a attiré l'attention sur une question d’une très grande actualité, rendue plus brûlante encore par certains événements nationaux et internationaux récents.

Cette question, c’est celle du respect de la "vérité" des faits et des personnes dans le tourbillon des communications. Cette vérité est déjà difficile à saisir dans les relations directes entre les hommes, face à face, dans lesquelles ce qui est authentique est bien souvent masqué par la représentation que chacun d’entre nous a tendance à donner de lui-même. Mais elle est encore plus en danger lorsqu’elle est filtrée par les médias et encore davantage par internet, parce que la possibilité pour quiconque de modeler à sa guise une ou plusieurs identités s’y dilate jusqu’à l’extrême.

La rébellion populaire qui, depuis plusieurs semaines, envahit les places de différents pays musulmans d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient a été déclenchée et propagée dans une large mesure grâce à internet. Mais c’est précisément pour cette raison qu’elle est plus difficile à comprendre et que son résultat politique est plus incertain. Dans le monde du virtuel, la frontière entre la réalité et l’artifice est plus que jamais fuyante.

En Italie, cela fait plusieurs mois que les pouvoirs se livrent une bataille féroce, elle aussi marquée profondément par ces ambiguïtés. Son épicentre, c’est la vie privée libertine du premier ministre, Silvio Berlusconi, qui est en même temps un magnat de la télévision. Et les instruments contondants qui y sont employés font eux-mêmes partie d’un "reality show" – non pas télévisuel mais qui se joue dans la société elle-même – dans lequel vérité et mensonge, réalité et fiction, public et privé, personnes réelles et "personæ" au sens latin de masques sont mélangés en un enchevêtrement inextricable.

Commentant ces faits avec compétence, le 24 janvier dernier, le cardinal Angelo Bagnasco, président de la conférence des évêques d’Italie, a fait état du "désarroi" qui saisit ceux qui, dans une telle situation, "regardent les acteurs présents sur la scène publique".

La métaphore du théâtre est plus que jamais appropriée. Parce que les dangers que l’on trouve dans une "société du spectacle" ne se manifestent pas seulement aujourd’hui, pas plus qu’ils n’appartiennent uniquement au monde virtuel, mais qu’ils accompagnent la totalité de l’histoire de l’homme, la vie de celui-ci étant également toujours du théâtre.


***


En effet le christianisme de l’antiquité considérait lui aussi le théâtre comme un thème donnant lieu à de fortes réflexions critiques. Et de nombreux Pères de l’Église, parmi lesquels Augustin, ont écrit à ce sujet des choses remarquables qui, lorsqu’on les relit aujourd’hui, impressionnent par leur actualité.

Un spécialiste de l’œuvre littéraire des Pères, le professeur Leonardo Lugaresi, enseignant à Bologne et à Paris, a fait paraître dans "L'Osservatore Romano" du 16 février dernier une revue raisonnée des critiques que le christianisme de l’antiquité adressait à la société du spectacle.

Lugaresi y soutient que "la question de fond reste toujours la même : c’est celle de l’authenticité de l’expérience humaine, c’est-à-dire, en définitive, celle de l’identité".

Benoît XVI, dans son message pour la journée mondiale des communications, insiste sur le même concept, lorsqu’il invite à relever "le défi d'être authentique, fidèle à soi-même, sans céder à l'illusion de construire artificiellement son 'profil' public".

Un appel qui s’applique également à la tentation diabolique – du diable comme "simulateur" – de fabriquer de fausses images non seulement de soi-même mais aussi d’autres personnes, soit pour glorifier soit pour détruire.

Un exemple spectaculaire de destruction d’un individu à partir d’images de lui qui sont fausses est celle qui a frappé, il y a deux ans, Dino Boffo, qui était alors directeur d’"Avvenire", le quotidien de la conférence des évêques d’Italie (CEI). Il n’a été réhabilité que plusieurs mois plus tard, avec sa nomination en tant que directeur des programmes de TV2000, la chaîne de télévision qui appartient à cette même CEI.

Cette attaque a été menée par plusieurs personnes et sur différents terrains : médiatique, politique, ecclésiastique. Le pape lui-même a été mis en cause à tort dans l’affaire. Le jeu des artifices a été tel que, aujourd’hui encore, certains aspects de cette histoire demeurent obscurs, même si l’essentiel de l’affaire a été résumé par www.chiesa dans l’article suivant :

> Italie, États-Unis, Brésil. Du Vatican à la conquête du monde (11.2.2010)


***

Ces jours derniers, en Italie mais également dans quelques pays étrangers, une autre foire aux illusions a été constituée par les manifestations qui se sont déroulées sur de nombreuses places publiques "pour la défense de la dignité de la femme", contre la vie privée libertine du premier ministre Berlusconi.

Dans ce cas-là le langage a atteint un niveau extraordinaire d’altération de la vérité. Au point que les propos sincères et sages que certaines personnes et certaines fractions du monde catholique lui-même ont cru devoir tenir sur la place publique et au public ont été immédiatement modifiés, eux aussi, de manière erronée.

"La mise en scène de la vie quotidienne" est le titre d’un célèbre livre d’Erving Goffman. 

Dans son message pour la journée mondiale des communications, Benoît XVI demande à tout le monde que la "mise en scène" publique de soi et des autres, réelle et virtuelle, soit fidèle à la vérité.

Mais voici tout de suite l'article très éclairant du professeur Lugaresi qui a été publié dans "L'Osservatore Romano" du 16 février 2011.




LES PÈRES DE L’ÉGLISE ENTRE THÉÂTRE ET INTERNET

par Leonardo Lugaresi



Le message de Benoît XVI pour la journée mondiale des communications sociales, rendu public le 24 janvier, attire notre attention sur les problèmes que posent "certaines limites typiques de la communication numérique : la partialité de l'interaction, la tendance à communiquer seulement quelques aspects de son monde intérieur, le risque de tomber dans une sorte de construction de l'image de soi qui peut conduire à l’auto-complaisance". [...]

Il est intéressant de remarquer que le rappel qui a été formulé par le pape, même s’il se réfère à un phénomène totalement nouveau, présente des analogies significatives avec une question très ancienne, sur laquelle la réflexion critique des Pères de l’Église s’est exercée de manière magistrale et dont il peut donc être utile de reprendre quelques éléments, pour comprendre de manière plus approfondie cet enseignement de Benoît XVI.

Bien évidemment, les Pères n’ont pas connu internet, mais pour eux le "monde virtuel" dont il fallait tenir compte était constitué – dans une "société du spectacle" comme l’était dans une large mesure la société gréco-romaine de l’époque impériale – par la dimension du "ludus", c’est-à-dire de la représentation scénique et plus largement de cette théâtralité qui envahissait tant d’aspects de la vie civile à la fin de la période antique, y compris en dehors des murs des théâtres, amphithéâtres et cirques et des nombreuses festivités du calendrier.

En effet la condamnation des spectacles - si nette et sans nuances dans l’Église de l’antiquité - est motivée, en fin de compte, non pas par leur contenu idolâtre ou immoral, comme on le répète encore souvent, mais par une profonde préoccupation face à la menace qu’ils constituent pour ce que Tertullien, dans son "De spectaculis", appelle la "ratio veritatis", le critère de la vérité. 

En effet les spectacles se présentaient aux yeux des Pères comme une réalité profondément ambivalente, dans laquelle le vrai et le faux se confondaient au point de rendre incertaine la validité même de cette opposition. Il suffit de se rappeler qu’un acteur, lorsqu’il interprète un personnage, est "vrai" précisément en ce qu’il est "faux", dans la mesure où il est et en même temps n’est pas le personnage qu’il représente. 

L’aptitude de l’être humain à se transformer en surmontant toutes les limites "normales" créées par les distinctions d’âge, de genre, de "status" - grâce à quoi le même individu pourra être, selon les moments, homme ou femme, jeune ou vieux, roi ou esclave - apparaît donc comme une menace dangereuse contre l’identité naturelle de l’homme : comme si l’ombre multiforme de Protée se levait pour cacher le visage d’Adam.

Le thème de la critique de l’ambivalence de la représentation est d’empreinte platonicienne, mais il trouve dans le christianisme un approfondissement décisif. En effet l’identité qui est menacée est perçue comme une identité de créature, dans la mesure où l’image originelle que Dieu y a imprimée se reflète dans la nature de chaque être humain.

C’est pourquoi la pensée des Pères de l’Église reconnaît, dans ce bouleversement de la réalité naturelle opéré par la "fictio" du spectacle et dans la construction de pseudo-réalités aussi capables de susciter des passions et des émotions chez les spectateurs qu’elles sont dépourvues de consistance ontologique, la main du diable, c’est-à-dire la main de celui qui est par définition le "mauvais imitateur" de Dieu, la "simia Dei", et qui, incapable de créer, peut seulement corrompre la nature créée par Dieu. À ce sujet Tertullien parle explicitement du diable comme d’un "æmulator" et "interpolator" de l’œuvre divine.

Lorsque le pape soulève avec franchise la question de l’authenticité de l’amitié dans le monde virtuel, on perçoit dans ses propos l’écho d’une profonde réflexion patristique.

Dans une page très connue de ses "Confessions" (3, 2), Augustin, se souvenant combien, lorsqu’il était jeune, il fréquentait passionnément les théâtres, note avec beaucoup de finesse que les spectateurs se plaisent à souffrir en voyant se dérouler sur scène des histoires douloureuses et tragiques qui devraient susciter leur pitié s’ils les rencontraient dans la vie réelle. Il se demande "quelle est, en définitive, la pitié que l’on éprouve en ce qui concerne les fictions théâtrales. En effet le spectateur n’est pas incité à porter secours, il est seulement invité à s’apitoyer et plus on apprécie l’acteur qui joue ces scènes, plus on souffre". 

Ce passage mériterait une exégèse approfondie mais le point essentiel est très clair : pour Augustin, une relation véritablement humaine ne se réalise que lorsqu’il y a responsabilité. L’autre, au moment où je le rencontre, me rend en quelque sorte responsable, au sens que rend parfaitement clair la parabole du Bon Samaritain par laquelle Jésus répond à la question même que Benoît XVI – et ce n’est pas par hasard – nous pose à son tour en se référant au monde virtuel : "Qui est mon prochain ?". 

La relation avec le prochain, la seule qui soit véritablement humaine, implique toujours cet élément qu’est la responsabilité, en ce sens que l’autre m’interpelle du fait même de son existence et qu’il constitue pour moi un défi auquel je dois répondre. 

Augustin affirme précisément que cela ne peut pas se produire dans la pseudo-relation entre le spectateur et l’acteur et certainement nous ne pouvons que lui donner raison si nous appliquons son analyse à la télévision, le média qui par excellence nous met en position de "fausse proximité" vis-à-vis de la réalité, puisque nous y voyons tout, mais en tant que spectateurs totalement passifs et déresponsabilisés. 

Internet, nous dit-on, c’est autre chose et, de fait, c’est précisément l’interaction très ramifiée et très répandue - avec la possibilité pour chaque utilisateur d’être un sujet actif au sein du réseau de communication dans lequel il entre - qui paraît être sa caractéristique la plus innovante et la plus séduisante.

Il y a toutefois une condition incontournable pour que cela ait lieu : c’est l’engagement pour la vérité et avec la vérité. "La vérité qui est le Christ – nous rappelle le pape – est en dernière analyse la réponse pleine et authentique à ce désir humain de relation, de communion et de sens qui émerge même dans la participation massive aux divers réseaux sociaux".

Mais l’engagement avec la vérité exige continuité de l’attention, sens du concret, concentration sur ce qui est essentiel. Ici entre en jeu un autre facteur d’ambivalence qui est typique du monde virtuel.
    
Certes l’énorme multiplicité des centres d’intérêt, des occasions, des attractions et l’extraordinaire facilité avec laquelle on peut établir des liens avec les domaines les plus divers de l’expérience humaine – dans une dimension qui semble annuler les obstacles placés par le temps et par l’espace dans le monde réel – sont une grande richesse. Mais elles constituent également une très puissante incitation à la distraction, ou plutôt à la dispersion du je qui passe du "dedans" au "dehors" de soi (selon une dynamique psychologique bien connue de tous ceux qui naviguent sur le web, lorsqu’ils se rendent compte que, de connexion en connexion, ils ont perdu des heures précieuses, mais qui n’a peut-être jamais été analysée avec autant de lucidité que par Augustin).

C’est cette maladie de l’esprit que la pensée antique avait diagnostiquée sous le nom de "polypragmosynè", "curiositas", et à propos de laquelle – dans le cadre de la polémique contre les spectacles – les Pères de l’Église ont également dit des choses mémorables. Il suffit de rappeler la formule éloquente par laquelle Tertullien, dans son "De praescriptione haereticorum" (7, 12) indique en quoi le point de vue chrétien est nouveau : "Nobis curiositate opus non est post Christum Jesum nec inquisitione post evangelium". Après la rencontre avec la bonne nouvelle qu’est Jésus-Christ, il n’y a plus de place pour la "curiositas" et nous n’avons plus besoin de Google pour savoir qui nous sommes.

La vieille condamnation du théâtre par le christianisme ne peut certes plus être proposée aujourd’hui, pas plus que l’Église ne veut prendre ses distances par rapport à internet, qu’elle regarde au contraire avec une sympathie sincère.

Mais certaines des raisons sur lesquelles  les Pères se sont appuyés, avec une grande force de pensée, pour formuler ce jugement méritent encore aujourd’hui de faire l’objet de notre réflexion, afin de nous aider à incarner ce "style chrétien de présence au monde numérique" que souhaite le pape.



Le texte intégral du message de Benoît XVI pour la journée mondiale des communications, le 5 juin 2011 :

> Vérité, annonce et authenticité de vie à l’ère du numérique




À propos des manifestations du 13 janvier en Italie, les opinions différentes de l'éditorialiste du quotidien de la conférence des évêques d’Italie "Avvenire", Marina Corradi, et du directeur du même journal, Marco Tarquinio, qui avaient été placées l’une à côté de l’autre sur la première page de l'édition de la veille : 

> Corradi : Io non ci andrò, e rifletto

> Tarquinio : Io ci andrei, per poter dire

Et la réponse de Tarquinio aux lecteurs du journal, après les manifestations :

> Ascoltare, capire, esser chiari


www.chiesa
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du septième dimanche du temps ordinaire A - 3

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Si Dieu est amour, il ne peut rien haïr de ce qu’il a créé. Son amour ne se laisse pas déconcerter par la haine, l’aversion, l’indifférence de l’homme. Il fait régner sa grâce sur tous, les bons comme les méchants. Il tolère même qu’on l’accuse, qu’on l’insulte ou qu’on le nie tout simplement. 

 
Mais s’il tolère cela, ce n’est pas en vertu d’une indifférence sublime divine qui le rendrait totalement insensible. Au contraire, la Bible et l’Évangile ne font que rappeler qu’il se laisse toucher au plus profond de lui-même par l’affection ou l’aversion de l’homme.


Non, quand un homme repousse d’une manière bien arrêtée l’amour de Dieu, ce n’est pas Dieu qui le condamne, mais l’homme lui-même qui se condamne, parce qu’il ne veut pas pratiquer ce que Dieu est, l’amour.

 

(à suivre)

Benoît XVI, Message pour le Carême 2011

dominicanus #Il est vivant !

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«Ensevelis avec le Christ lors du Baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui» (Cf. Col 2, 12)

Chers Frères et Sœurs,

Le Carême, qui nous conduit à la célébration de la Pâques très Sainte, constitue pour l'Eglise un temps liturgique vraiment précieux et important. Aussi est-ce avec plaisir que je vous adresse ce message, afin que ce Carême puisse être vécu avec toute l'ardeur nécessaire. Dans l'attente de la rencontre définitive avec son Epoux lors de la Pâque éternelle, laCommunauté ecclésiale intensifie son chemin de purification dans l'esprit, par une prière assidue et une charité active, afin de puiser avec plus d'abondance, dans le Mystère de la Rédemption, la vie nouvelle qui est dans le Christ Seigneur (cf. Préface I de Carême).

1. Cette vie nous a déjà été transmise le jour de notre Baptême lorsque, «devenus participants de la mort et de la résurrection du Christ», nous avons commencé «l'aventure joyeuse et exaltante du disciple» (Homélie en la Fête du Baptême du Seigneur, 10 janvier 2010). Dans ses épîtres, Saint Paul insiste à plusieurs reprises sur la communion toute particulière avec le Fils de Dieu, qui se réalise au moment de l'immersion dans les eaux baptismales. Le fait que le Baptême soit reçu le plus souvent en bas-âge, nous indique clairement qu'il est un don de Dieu: Nul ne mérite la vie éternelle par ses propres forces. La miséricorde de Dieu, qui efface le péché et nous donne de vivre notre existence avec «les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus» (Ph 2,5), est communiquée à l'homme gratuitement.

Dans sa lettre aux Philippiens, l'Apôtre des Gentils nous éclaire sur le sens de la transformation qui s'effectue par la participation à la mort et à la résurrection du Christ, en nous indiquant le but poursuivi: «le connaître lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, afin de parvenir si possible à ressusciter d'entre les morts» (Ph 3, 10-11). Le Baptême n'est donc pas un rite du passé, il est la rencontre avec le Christ qui donne forme à l'existence toute entière du baptisé, lui transmet la vie divine et l'appelle à une conversion sincère, mue et soutenue par la Grâce, lui permettant ainsi de parvenir à la stature adulte du Christ.

Un lien spécifique unit le Baptême au Carême en tant que période favorable pour expérimenter la grâce qui sauve. Les Pères du Concile Vatican II ont lancé un appel à tous les Pasteurs de l'Eglise pour que soient «employés plus abondamment les éléments baptismaux de la liturgie quadragésimale» (Const. Sacrosanctum Concilium, 109). En effet, dès ses origines, l'Eglise a uni la Veillée Pascale et la célébration du Baptême: dans ce sacrement s'accomplit le grand Mystère où l'homme meurt au péché, devient participant de la vie nouvelle dans le Christ ressuscité, et reçoit ce même Esprit de Dieu qui a ressuscité Jésus d'entre les morts (cf. Rm 8,11). Ce don gratuit doit être constamment ravivé en chacun de nous, et le Carême nous offre un parcours analogue à celui du catéchuménat qui, pour les chrétiens de l'Eglise primitive comme pour ceux d'aujourd'hui, est un lieu d'apprentissage indispensable de foi et de vie chrétienne: ils vivent vraiment leur Baptême comme un acte décisif pour toute leur existence.

2. Pour emprunter sérieusement le chemin vers Pâques et nous préparer à célébrer la Résurrection du Seigneur - qui est la fête la plus joyeuse et solennelle de l'année liturgique -, qu'est-ce qui pourrait être le plus adapté si ce n'est de nous laisser guider par la Parole de Dieu? C'est pourquoi l'Eglise, à travers les textes évangéliques proclamés lors des dimanches de Carême, nous conduit-elle à une rencontre particulièrement profonde avec le Seigneur, nous faisant parcourir à nouveau les étapes de l'initiation chrétienne: pour les catéchumènes en vue de recevoir le sacrement de la nouvelle naissance; pour ceux qui sont déjà baptisés, en vue d'opérer de nouveaux pas décisifs à la suite du Christ, dans un don plus plénier.

Le premier dimanche de l'itinéraire quadragésimal éclaire notre condition terrestre. Le combat victorieux de Jésus sur les tentations qui inaugure le temps de sa mission, est un appel à prendre conscience de notre fragilité pour accueillir la Grâce qui nous libère du péché et nous fortifie d'une façon nouvelle dans le Christ, chemin, vérité et vie (cf. Ordo Initiationis Christianae Adultorum, n. 25). C'est une invitation pressante à nous rappeler, à l'exemple du Christ et en union avec lui, que la foi chrétienne implique une lutte contre les «Puissances de ce monde de ténèbres» (Ep 6,12) où le démon est à l'œuvre et ne cesse, même de nos jours, de tenter tout homme qui veut s'approcher du Seigneur: le Christ sort vainqueur de cette lutte, également pour ouvrir notre cœur à l'espérance et nous conduire à la victoire sur les séductions du mal.

L'évangile de la Transfiguration du Seigneur nous fait contempler la gloire du Christ qui anticipe la résurrection et annonce la divinisation de l'homme. La communauté chrétienne découvre qu'à la suite des apôtres Pierre, Jacques et Jean, elle est conduite «dans un lieu à part, sur une haute montagne» (Mt 17,1) afin d'accueillir d'une façon nouvelle, dans le Christ, en tant que fils dans le Fils, le don de la Grâce de Dieu: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le» (v.5). Ces paroles nous invitent à quitter la rumeur du quotidien pour nous plonger dans la présence de Dieu: Il veut nous transmettre chaque jour une Parole qui nous pénètre au plus profond de l'esprit, là où elle discerne le bien et le mal (cf. He 4,12) et affermit notre volonté de suivre le Seigneur.

«Donne-moi à boire» (Jn 4,7). Cette demande de Jésus à la Samaritaine, qui nous est rapportée dans la liturgie du troisième dimanche, exprime la passion de Dieu pour tout homme et veut susciter en notre cœur le désir du don de «l'eau jaillissant en vie éternelle» (v.14): C'est le don de l'Esprit Saint qui fait des chrétiens de «vrais adorateurs», capables de prier le Père «en esprit et en vérité» (v.23). Seule cette eau peut assouvir notre soif de bien, de vérité et de beauté! Seule cette eau, qui nous est donnée par le Fils, peut irriguer les déserts de l'âme inquiète et insatisfaite «tant qu'elle ne repose en Dieu», selon la célèbre expression de saint Augustin.

Le dimanche de l'aveugle-né nous présente le Christ comme la lumière du monde. L'Evangile interpelle chacun de nous: «Crois-tu au Fils de l'homme?» «Oui, je crois Seigneur!» (Jn 9, 35-38), répond joyeusement l'aveugle-né qui parle au nom de tout croyant. Le miracle de cette guérison est le signe que le Christ, en rendant la vue, veut ouvrir également notre regard intérieur afin que notre foi soit de plus en plus profonde et que nous puissions reconnaître en lui notre unique Sauveur. Le Christ illumine toutes les ténèbres de la vie et donne à l'homme de vivre en «enfant de lumière».

Lorsque l'évangile du cinquième dimanche proclame la résurrection de Lazare, nous nous trouvons face au mystère ultime de notre existence: «Je suis la résurrection et la vie... le crois-tu?» (Jn 11, 25-26). A la suite de Marthe, le temps est venu pour la communauté chrétienne de placer, à nouveau et en conscience, toute son espérance en Jésus de Nazareth: «Oui Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde» (v.27). La communion avec le Christ, en cette vie, nous prépare à franchir l'obstacle de la mort pour vivre éternellement en Lui. La foi en la résurrection des morts et l'espérance en la vie éternelle ouvrent notre intelligence au sens ultime de notre existence: Dieu a créé l'homme pour la résurrection et la vie; cette vérité confère une dimension authentique et définitive à l'histoire humaine, à l'existence personnelle, à la vie sociale, à la culture, à la politique, à l'économie. Privé de la lumière de la foi, l'univers entier périt, prisonnier d'un sépulcre sans avenir ni espérance.

Le parcours du Carême trouve son achèvement dans le Triduum Pascal, plus particulièrement dans la Grande Vigile de la Nuit Sainte: en renouvelant les promesses du Baptême, nous proclamons à nouveau que le Christ est le Seigneur de notre vie, de cette vie que Dieu nous a donnée lorsque nous sommes renés «de l'eau et de l'Esprit Saint», et nous réaffirmons notre ferme propos de correspondre à l'action de la Grâce pour être ses disciples.

3. Notre immersion dans la mort et la résurrection du Christ, par le sacrement du Baptême, nous pousse chaque jour à libérer notre cœur du poids des choses matérielles, du lien égoïste avec la «terre», qui nous appauvrit et nous empêche d'être disponibles et accueillants à Dieu et au prochain. Dans le Christ, Dieu s'est révélé Amour (cf. 1 Jn 4,7-10). La Croix du Christ, le «langage de la Croix» manifeste la puissance salvifique de Dieu (cf. 1 Cor 1,18) qui se donne pour relever l'homme et le conduire au salut: il s'agit de la forme la plus radicale de l'amour (cf. Enc. Deus caritas est, 12). Par la pratique traditionnelle du jeûne, de l'aumône et de la prière, signes de notre volonté de conversion, le Carême nous apprend à vivre de façon toujours plus radicale l'amour du Christ. Le jeûne, qui peut avoir des motivations diverses, a pour le chrétien une signification profondément religieuse: en appauvrissant notre table, nous apprenons à vaincre notre égoïsme pour vivre la logique du don et de l'amour; en acceptant la privation de quelque chose - qui ne soit pas seulement du superflu -, nous apprenons à détourner notre regard de notre «moi» pour découvrir Quelqu'un à côté de nous et reconnaître Dieu sur le visage de tant de nos frères. Pour le chrétien, la pratique du jeûne n'a rien d'intimiste, mais ouvre tellement à Dieu et à la détresse des hommes; elle fait en sorte que l'amour pour Dieu devienne aussi amour pour le prochain (cf. Mc 12,31).

Sur notre chemin, nous nous heurtons également à la tentation de la possession, de l'amour de l'argent, qui s'oppose à la primauté de Dieu dans notre vie. L'avidité de la possession engendre la violence, la prévarication et la mort; c'est pour cela que l'Eglise, spécialement en temps de Carême, appelle à la pratique de l'aumône, c'est à dire au partage. L'idolâtrie des biens, au contraire, non seulement nous sépare des autres mais vide la personne humaine en la laissant malheureuse, en lui mentant et en la trompant sans réaliser ce qu'elle lui promet, puisqu'elle substitue les biens matériels à Dieu, l'unique source de vie. Comment pourrions-nous donc comprendre la bonté paternelle de Dieu si notre cœur est plein de lui-même et de nos projets qui donnent l'illusion de pouvoir assurer notre avenir? La tentation consiste à penser comme le riche de la parabole: «Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années...». Nous savons ce que répond le Seigneur: «Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme...» (Lc 19,19-20). La pratique de l'aumône nous ramène à la primauté de Dieu et à l'attention envers l'autre, elle nous fait découvrir à nouveau la bonté du Père et recevoir sa miséricorde.

Pendant toute la période du Carême, l'Eglise nous offre avec grande abondance la Parole de Dieu. En la méditant et en l'intériorisant pour l'incarner au quotidien, nous découvrons une forme de prière qui est précieuse et irremplaçable. En effet l'écoute attentive de Dieu qui parle sans cesse à notre cœur, nourrit le chemin de foi que nous avons commencé le jour de notre Baptême. La prière nous permet également d'entrer dans une nouvelle perception du temps: Sans la perspective de l'éternité et de la transcendance, en effet, le temps n'est qu'une cadence qui rythme nos pas vers un horizon sans avenir. En priant, au contraire, nous prenons du temps pour Dieu, pour découvrir que ses «paroles ne passeront pas» (Mc 13,31), pour entrer en cette communion intime avec Lui «que personne ne pourra nous enlever» (cf. Jn 16,22), qui nous ouvre à l'espérance qui ne déçoit pas, à la vie éternelle.

En résumé, le parcours du Carême, où nous sommes invités à contempler le mystère de la Croix, consiste à nous rendre «conformes au Christ dans sa mort» (Ph 3,10), pour opérer une profonde conversion de notre vie: nous laisser transformer par l'action de l'Esprit Saint, comme saint Paul sur le chemin de Damas; mener fermement notre existence selon la volonté de Dieu; nous libérer de notre égoïsme en dépassant l'instinct de domination des autres et en nous ouvrant à la charité du Christ. La période du Carême est un temps favorable pour reconnaître notre fragilité, pour accueillir, à travers une sincère révision de vie, la Grâce rénovatrice du Sacrement de Pénitence et marcher résolument vers le Christ.

Chers Frères et Sœurs, par la rencontre personnelle avec notre Rédempteur et par la pratique du jeûne, de l'aumône et de la prière, le chemin de conversion vers Pâques nous conduit à découvrir d'une façon nouvelle notre Baptême. Accueillons à nouveau, en ce temps de Carême, la Grâce que Dieu nous a donnée au moment de notre Baptême, afin qu'elle illumine et guide toutes nos actions. Ce que ce Sacrement signifie et réalise, nous sommes appelés à le vivre jour après jour, en suivant le Christ avec toujours plus de générosité et d'authenticité. En ce cheminement, nous nous confions à la Vierge Marie qui a enfanté le Verbe de Dieu dans sa foi et dans sa chair, pour nous plonger comme Elle dans la mort et la résurrection de son Fils Jésus et avoir la vie éternelle.

Du Vatican, le 4 novembre 2010

BENEDICTUS PP XVI

© Copyright 2011 : Libreria Editrice Vaticana

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du septième dimanche du temps ordinaire A - 2

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Poursuivant le discours sur la montagne, Jésus aborde le problème de la justice et ses conséquences humaines : « Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent. Eh bien, moi je vous dis de ne pas riposter au méchant… Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi ; Eh bien, moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez, pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ». 

 
Ces propos nous semblent dénués de tout réalisme, tant notre monde fonctionne selon le mode de l’action-réaction et il nous semble légitime que tout propos agressif ou dépréciateur reçoive une réponse proportionnée de rétorsion. 

 
Mais Dieu semble vouloir dans la Nouvelle Alliance nous faire franchir un pas décisif. 


Au point de départ, la réaction humaine fut souvent disproportionnée. Elle donna naissance à la vengeance amplifiée, la vendetta, où, pour une attaque, on répondait par un effet multiplié par dix ou plus, pour frapper les esprits, et soi-disant empêcher toute velléité de surenchère. L’escalade, hélas, ne s’arrête jamais. La loi du Talion vint proportionner la réponse pour éviter l’emballement des effets, et la justice semble vraie lorsqu’elle est de cet ordre : « Œil pour œil, dent pour dent ». 


Mais Jésus vient nous faire toucher du doigt que même cette solution ne peut résoudre les choses ni même être de l’ordre de Dieu. 

 

(à suivre)

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du septième dimanche du temps ordinaire A - 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

homelie

 

 

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 20 février, septième du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 5, versets 38 à 48.


Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
« Vous avez appris qu'il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent. Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre.»

 
Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

Lire le commentaire : à suivre


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