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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Jan Tyranovski, l’ânon de Jean Paul II - Méditation pour le dimanche des Rameaux

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

rameaux

 

 

Aujourd’hui, le Roi vient prendre possession de son Royaume. Qui est ce Roi ? Le Fils unique de Dieu, Celui qui a reçu l’onction, le Messie, Jésus Christ.

Quel est son Royaume ? Le Royaume éternel où Dieu lui-même règne dans chaque cœur.

L’entrée triomphale de Roi dans Jérusalem est le premier acte du drame sacré de la plus grande œuvre du Christ : sa passion, sa mort et sa résurrection, par lesquelles il va sauver le monde et établir son Royaume sans fin.

Aujourd’hui, nous célébrons son triomphe avec le symbole ancien de la victoire : des branches de palmier. Et ce n’est que justice.

Mais sommes-nous seulement des spectateurs ? Non. Nous sommes appelés à participer à l’entrée triomphale du Christ dans Jérusalem. La clé de ce fait que nous appelés à être plus que des spectateurs, c’est la manière dont le Christ est entré à Jérusalem : sur le petit d’une ânesse.

Cela veut dire beaucoup de choses. Cela signifie que le Christ accomplit la volonté du Père, car Zacharie avait prophétisé que le Messie entrerait dans Jérusalem sur un ânon. Cela signifie aussi que le Christ est le Prince de la Paix, parce que quand les rois de l’Antiquité venaient avec un message de paix, ils montaient des ânes, mais s’ils étaient pour faire la guerre, ils montaient des chevaux. Mais le plus important, c’est que c’est une parabole.

Jérusalem représente le cœur de chaque homme. Et tout comme Jérusalem était une ville entourée de hautes murailles, ainsi chaque cœur humain est entouré de murs. Et Jésus veut passer par ses murs pour gagner ces cœurs. Il ne veut pas le faire tout seul. Il aurait pu entrer dans Jérusalem à pied, mais il ne l’a pas fait. Il a voulu choisir un ânon.

De la même manière, pour apporter son Royaume dans les cœurs des hommes de ce temps, il veut avoir besoin de vous et de moi. Nous sommes les ânons qui portent le Christ dans chaque ville du monde, dans tous les cœurs. Jésus veut conquérir le monde par nous. C’est la stratégie constante de Jésus. Il vient dans notre vie par des gens et des événements ordinaires, de tous les jours.

Demandez à n’importe quel prêtre ou religieux (religieuse) comment ils ont découvert leur vocation, et ils vous raconteront une histoire qui illustre cette stratégie.

Un illustre exemple de ceci est celui du Serviteur de Dieu, (béatifié le 1er mai 2011, canonisé le 27 avril 2014) Jean Paul II. Quand il était jeune universitaire avec un brillant avenir en perspective, il a fait la rencontre d’un humble tailleur, un laïc, appelé Jan Tyranovski. Jan avait mis sur pied un groupe de prière basé sur le Rosaire vivant. Jan était un homme ordinaire. Rien ne le distinguait de son entourage. Il ressemblait à tout le monde. Il vivait sa vie de tous les jours comme n’importe qui. Il faisait son travail comme tout un chacun. Il était comme un ânon ordinaire. Il était comme le pain ordinaire qui devient l’Hostie de la Messe. Mais c’est par son témoignage que le jeune Karol Wojtyla a entendu son appel au sacerdoce.

Voilà comment le Christ a choisi d’agir dans notre vie et dans le monde ; il apporte la victoire de sa grâce à la ville de Jérusalem en montant un petit ânon, par des gens et des événements ordinaires.

La seule chose qu’on demande à des ânes, c’est d’être dociles. Demandons donc d’être des ânes dociles pour l’entrée glorieuse de Jésus dans tous les cœurs, dans notre monde.

Jésus aurait pu entrer dans Jérusalem à pied, mais il ne l’a pas fait. Il a voulu choisir un ânon.

Jésus aurait pu entrer dans Jérusalem à pied, mais il ne l’a pas fait. Il a voulu choisir un ânon.

Lectures Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

 

 

 

Livre d'Isaïe (Is 50, 4-7)

 


50
04  Dieu mon Seigneur m'a donné le langage d'un homme
qui se laisse instruire,
pour que je sache à mon tour
réconforter celui qui n'en peut plus.
La Parole me réveille chaque matin,
chaque matin elle me réveille
pour que j'écoute comme celui qui se laisse instruire.
05  Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille,
et moi, je ne me suis pas révolté,
je ne me suis pas dérobé.
06  J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,
et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe.
Je n'ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats.
07  Le Seigneur Dieu vient à mon secours ;
c'est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,
c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme pierre :
je sais que je ne serai pas confondu.
 
rameaux-A-2008.jpg



Psaume (Ps 21, 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a)

R/ Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
08  Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
09  « Il comptait sur le Seigneur : qu'il le délivre !
Qu'il le sauve, puisqu'il est son ami ! »

17  Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m'entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ;
18a  je peux compter tous mes os.

19  Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
20  Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !

22c  Tu m'as répondu ! +
23  Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
24a  Vous qui le craignez, louez le Seigneur, +



Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (Ph 2, 6-11)

2
06i  Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ;
07  mais au contraire, il se dépouilla lui-même
en prenant la condition de serviteur.
Devenu semblable aux hommes
et reconnu comme un homme à son comportement,
08  il s'est abaissé lui-même
en devenant obéissant jusqu'à mourir,
et à mourir sur une croix.
09  C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ;
il lui a conféré le Nom
qui surpasse tous les noms,
10  afin qu'au Nom de Jésus,
aux cieux, sur terre et dans l'abîme,
tout être vivant tombe à genoux,
11  et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est le Seigneur »,
pour la gloire de Dieu le Père.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 26, 14-75; 27, 1-66) (brève : 11-54)

26
14i  L. L’un des douze Apôtres de Jésus, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres
15  et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d'argent.
16  Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
17  Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ? »
18  Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : 'Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.'»
19  Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
20  Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.
21  Pendant le repas, il leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous va me livrer. »
22  Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre : « Serait-ce moi, Seigneur ? »
23  Il leur répondit : « Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer.
24  Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! »
25  Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ! »
26  Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »
27  Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, en disant :
28  « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés.
29  Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où je boirai un vin nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. »
30  Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
31  Alors Jésus leur dit : « Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées.
32  Mais après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. »
33  Pierre lui dit : « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. »
34  Jésus reprit : « Amen, je te le dis : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois. »
35  Pierre lui dit : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les disciples en dirent autant.
36  Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit : « Restez ici, pendant que je m'en vais là-bas pour prier. »
37  Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse.
38  Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi. »
39  Il s'écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. »
40  Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre : « Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ?
41  Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l'esprit est ardent, mais la chair est faible. »
42  Il retourna prier une deuxième fois : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! »
43  Revenu près des disciples, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil.
44  Il les laissa et retourna prier pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles.
45  Alors il revient vers les disciples et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer ! La voici toute proche, l'heure où le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs !
46  Levez-vous ! Allons ! Le voici tout proche, celui qui me livre. »
47  Jésus parlait encore, lorsque Judas, l'un des Douze, arriva, avec une grande foule armée d'épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres et les anciens du peuple.
48  Le traître leur avait donné un signe : « Celui que j'embrasserai, c'est lui : arrêtez-le. »
49  Aussitôt, s'approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi ! », et il l'embrassa.
50  Jésus lui dit : « Mon ami, fais ta besogne. » Alors ils s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent.
51  Un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille.
52  Jésus lui dit : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée.
53  Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père, qui mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d'anges ?
54  Mais alors, comment s'accompliraient les Écritures ? D'après elles, c'est ainsi que tout doit se passer. »
55  A ce moment-là, Jésus dit aux foules : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus m'arrêter avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j'étais assis dans le Temple où j'enseignais, et vous ne m'avez pas arrêté.
56  Mais tout cela est arrivé pour que s'accomplissent les écrits des prophètes. » Alors les disciples l'abandonnèrent tous et s'enfuirent.
57  Ceux qui avaient arrêté Jésus l'amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre, chez qui s'étaient réunis les scribes et les anciens.
58  Quant à Pierre, il le suivait de loin, jusqu'au palais du grand prêtre ; il entra dans la cour et s'assit avec les serviteurs pour voir comment cela finirait.
59  Les chefs des prêtres et tout le grand conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire condamner à mort.
60  Ils n'en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s'étaient présentés. Finalement il s'en présenta deux,
61  qui déclarèrent : « Cet homme a dit : 'Je peux détruire le Temple de Dieu et, en trois jours, le rebâtir.' »
62  Alors le grand prêtre se leva et lui dit : « Tu ne réponds rien à tous ces témoignages portés contre toi ? »
63  Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit : « Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Messie, le Fils de Dieu. »
64  Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ; mais en tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. »
65  Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : « Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d'entendre le blasphème !
66  Quel est votre avis ? » Ils répondirent : « Il mérite la mort. »
67  Alors ils lui crachèrent au visage et le rouèrent de coups ; d'autres le giflèrent
68  en disant : « Fais-nous le prophète, Messie ! qui est-ce qui t'a frappé ? »
69  Quant à Pierre, il était assis dehors dans la cour. Une servante s'approcha de lui : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen ! »
70  Mais il nia devant tout le monde : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. »
71  Comme il se retirait vers le portail, une autre le vit et dit aux gens qui étaient là : « Celui-ci était avec Jésus de Nazareth. »
72  De nouveau, Pierre le nia : « Je jure que je ne connais pas cet homme. »
73  Peu après, ceux qui se tenaient là s'approchèrent de Pierre : « Sûrement, toi aussi, tu fais partie de ces gens-là ; d'ailleurs ton accent te trahit. »
74  Alors, il se mit à protester violemment et à jurer : « Je ne connais pas cet homme. » Aussitôt un coq chanta.
75  Et Pierre se rappela ce que Jésus lui avait dit : « Avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois. » Il sortit et pleura amèrement.
27
01  Le matin venu, tous les chefs des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire condamner à mort.
02  Après l'avoir ligoté, ils l'emmenèrent pour le livrer à Pilate, le gouverneur.
03  Alors Judas, le traître, fut pris de remords en le voyant condamné ; il rapporta les trente pièces d'argent aux chefs des prêtres et aux anciens.
04  Il leur dit : « J'ai péché en livrant à la mort un innocent. » Ils répliquèrent : « Qu'est-ce que cela nous fait ? Cela te regarde ! »
05  Jetant alors les pièces d'argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre.
06  Les chefs des prêtres ramassèrent l'argent et se dirent : « Il n'est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c'est le prix du sang. »
07  Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le Champ-du-Potier pour y enterrer les étrangers.
08  Voilà pourquoi ce champ a été appelé jusqu'à ce jour le Champ-du-Sang.
09  Alors s'est accomplie la parole transmise par le prophète Jérémie : Ils prirent les trente pièces d'argent, le prix de celui qui fut mis à prix par les enfants d'Israël,
10  et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'avait ordonné.
11  On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l'interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C'est toi qui le dis. »
12  Mais, tandis que les chefs des prêtres et les anciens l'accusaient, il ne répondit rien.
13  Alors Pilate lui dit : « Tu n'entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »
14  Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur était très étonné.
15  Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait.
16  Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.
17  La foule s'étant donc rassemblée, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus qu'on appelle le Messie ? »
18  Il savait en effet que c'était par jalousie qu'on l'avait livré.
19  Tandis qu'il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l'affaire de ce juste, car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »
20  Les chefs des prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus.
21  Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! »
22  Il reprit : « Que ferai-je donc de Jésus, celui qu'on appelle le Messie ? » Ils répondirent tous : « Qu'on le crucifie ! »
23  Il poursuivit : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu'on le crucifie ! »
24  Pilate vit que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le désordre ; alors il prit de l'eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je ne suis pas responsable du sang de cet homme : cela vous regarde ! »
25  Tout le peuple répondit : « Son sang, qu'il soit sur nous et sur nos enfants ! »
26  Il leur relâcha donc Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et le leur livra pour qu'il soit crucifié.
27  Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde.
28  Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d'un manteau rouge.
29  Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s'agenouillaient en lui disant : « Salut, roi des Juifs ! »
30  Et, crachant sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête.
31  Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier.
32  En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix.
33  Arrivés à l'endroit appelé Golgotha, c'est-à-dire : Lieu-du-Crâne, ou Calvaire,
34  ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire.
35  Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;
36  et ils restaient là, assis, à le garder.
37  Au-dessus de sa tête on inscrivit le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »
38  En même temps, on crucifie avec lui deux bandits, l'un à droite et l'autre à gauche.
39  Les passants l'injuriaient en hochant la tête :
40  « Toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! »
41  De même, les chefs des prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens, en disant :
42  « Il en a sauvé d'autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! C'est le roi d'Israël : qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui !
43  Il a mis sa confiance en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant s'il l'aime ! Car il a dit : 'Je suis Fils de Dieu.' »
44  Les bandits crucifiés avec lui l'insultaient de la même manière.
45  A partir de midi, l'obscurité se fit sur toute la terre jusqu'à trois heures.
46  Vers trois heures, Jésus cria d'une voix forte : « Éli, Éli, lama sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »
47  Quelques-uns de ceux qui étaient là disaient en l'entendant : « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
48  Aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge qu'il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d'un roseau, et il lui donnait à boire.
49  Les autres dirent : « Attends ! nous verrons bien si Élie va venir le sauver. »
50  Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l'esprit.
51  Et voici que le rideau du Temple se déchira en deux, du haut en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent.
52  Les tombeaux s'ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
53  et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens.
54  A la vue du tremblement de terre et de tous ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d'une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu ! »
55  Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient à distance : elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir.
56  Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

 
Passion-A-2005s.jpg
 
 

57  Le soir venu, arriva un homme riche, originaire d'Arimathie, qui s'appelait Joseph, et qui était devenu lui aussi disciple de Jésus.
58  Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre.
59  Prenant le corps, Joseph l'enveloppa dans un linceul neuf,
60  et le déposa dans le tombeau qu'il venait de se faire tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla.
61  Cependant Marie Madeleine et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau.
62  Quand la journée des préparatifs de la fête fut achevée, les chefs des prêtres et les pharisiens s'assemblèrent chez Pilate,
63  en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : 'Trois jours après, je ressusciterai.'
64  Donne donc l'ordre que le tombeau soit étroitement surveillé jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple : 'Il est ressuscité d'entre les morts.' Cette dernière imposture serait pire que la première. »
65  Pilate leur déclara : « Je vous donne une garde ; allez, organisez la surveillance comme vous l'entendez. »
66  Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du tombeau en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.

 

 

 

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Dimanche des Rameaux

Dimanche des Rameaux

Le verset le plus court de la Bible et le plus grand miracle de Jésus - Homélie 5° dimanche du Carême A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011
Comme pour Marie et Marthe, il y a un moment où nous devons faire confiance à Jésus...

Comme pour Marie et Marthe, il y a un moment où nous devons faire confiance à Jésus...

Parfois notre attention se concentre tellement sur l’élément central de ce passage de l’évangile – la résurrection de Lazare – que nous risquons de négliger les autres perles qu’il contient. Imaginez la scène initiale. Les messagers arrivent fatigués, essoufflés. Sans délai, ils délivrent le message de Marthe et de Marie :

 

« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »

 

Toujours essoufflés, ils fixent le Christ dans une grande attente. Le regard des Apôtres va de Jésus aux messagers, des messagers à Jésus. Alors Jésus, regardant les messagers avec amour, sourit et donne sa réponse.

 

Cet échange nous offre une occasion privilégiée de mieux connaître le Cœur Sacré de Jésus. Le message de Marthe et de Marie est une prière parfaite. Elles auraient pu dire : "Seigneur, celui qui vous aime est malade", comme si Lazare méritait d’être guéri parce qu’il aimait Jésus. Mais quel est celui qui aimait davantage : Lazare, ou Jésus ? Le Christ aimait Lazare infiniment plus que Lazare n’avait pu aimer Jésus ! Faire appel à l’amour du Christ, c’était certainement la meilleure chose à faire.

 

Elles auraient pu dire encore : "Seigneur, viens guérir Lazare ; il est malade !" Mais cela aurait signifié dicter ce que Jésus devrait faire. Or, elles voulaient s’en remettre à lui pour la décision, sachant que son amour ferait tellement plus que ce qu’elles pourraient imaginer, et elles avaient raison.

 

C’était donc la prière parfaite par laquelle les deux sœurs déversaient tous leurs besoins, leurs espoirs et leurs tristesses dans l’océan sans fond de l’amour du Christ.

 

« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »

 

Le Cœur du Christ, aurait-il pu mépriser ou ignorer une telle prière ? Elle exprimait une confiance totale, sans réserve, en lui, cette confiance que son amour voudrait tant trouver en chacun de nos cœurs, cette confiance qui libère sa puissance et qui procure le plus grand miracle de son ministère.

 

Ce passage contient aussi le verset le plus court de tout le Nouveau Testament :

 

« Jésus pleura. »

 

Si la résurrection de Lazare ne suffit pas pour nous inspirer une confiance sans bornes en Jésus, ce verset serait amplement suffisant. Jésus est Dieu. Il sait tout, et il est tout-puissant. Et pourtant, à la vue de la mort de son ami, et de ses amies, Marthe et Marie, en deuil, il est ému jusqu’aux larmes. Jésus Christ n’est pas un Dieu distant. Jésus a pleuré, et il pleure toujours. Il pleure avec nous quand nous pleurons. Il demeure avec nous dans l’Eucharistie quand tous les autres nous abandonnent. Jésus a pleuré avec Marthe et Marie avant de ressusciter Lazare d’entre les morts, car il voulait nous donner l’assurance de sa présence permanente dans nos propres souffrances. Quand nous sommes tentés d’en vouloir à Dieu ou de nous sentir abandonnés de lui, nous n’avons qu’à nous souvenir du verset le plus court de tout le Nouveau Testament : « Jésus pleura ».

 

Tous les saints ont appris la leçon. Sainte Ludivine, qui était paralysée depuis l’âge de seize ans, suite à un accident de patins à glace, l’a apprise particulièrement bien. Pendant les trente-huit années qui lui restaient à vivre, elle est restée invalide, confinée à un méchant lit de planches, couverte d’ulcères, et en proie à une douleur permanente. Mais elle refusait de se plaindre, car elle savait que Jésus était avec elle, qu’il pleurait avec elle. Elle disait toujours : "Les yeux de Dieu sont sur moi ; il voit et il sait tout. Ca me suffit."

 

Quand Dieu permet que nous souffrions, par amour il nous donne la chance d’avoir part à sa croix rédemptrice. Comme l’écrivait sainte Thérèse de Lisieux : "Le plus grand honneur que Dieu puisse réserver à une âme, ce n’est pas de lui donner beaucoup, mais de lui demander beaucoup."

 

La meilleure façon d’exprimer cette confiance, c’est d’adhérer à l’enseignement de l’Eglise. Le Christ s’est engagé à paître son troupeau fidèlement par le ministère du pape et des évêques en communion avec lui. Il a tenu cet engagement pendant deux mille ans. Pendant tout ce temps, alors que des empires et des royaumes se sont levés et ont périclité, que les modes, les cultures et des civilisations entières ont apparu et disparu, l’Eglise du Christ a continué d’enseigner la même doctrine que celle que le Christ a enseignée, en l’appliquant fidèlement aux circonstances changeantes de l’histoire. Elle l’a fait en dépit des imperfections personnelles de certains papes et évêques. Quand il s’agit de sujets de foi, de liturgie et de morale, voilà la voix que nous écoutons.

 

En certaines parties du monde d’aujourd’hui, il est devenu de bon ton pour des catholiques de faire un tri et de choisir parmi les doctrines, comme si le Catéchisme était un buffet. C’est ce qui a donné naissance à des groupes qui se disent catholiques, mais qui sont en contradiction avec les enseignements fondamentaux de l’Eglise catholique, comme l’immoralité de l’avortement ou le "mariage" homosexuel.

 

Mais quand nous faisons un tri et que nous choisissons parmi les enseignements de l’Eglise, que faisons-nous, en fait ? Nous disons à Dieu que nous ne lui faisons pas confiance. Nous lui disons que nous faisons confiance à des psychologues, des docteurs, des philosophes davantage qu’à Jésus Christ, qui, seul, est mort et ressuscité pour nous sauver de nos péchés.

Jésus ne nous demande pas d’être déraisonnables. Il y a d’excellentes raisons à la base de tous les enseignements de l’Eglise, et nous devrions les étudier. Mais même des experts ont des opinions divergentes sur beaucoup de sujets. La raison humaine ne suffit pas pour nous guider au ciel, tout comme les efforts humains n’ont pas suffi pour sauver Lazare. Comme pour Marie et Marthe, il y a un moment où nous devons faire confiance à Jésus, et mettre notre vie, nos décisions, nos problèmes et nos espoirs entre ses mains expertes. Ce moment, c’est maintenant.

« Lazare, viens dehors ! » Homélie 5° dimanche du Carême A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
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"Le carême est un temps propice s'il en est pour méditer sur la réalité du péché à la lumière de l'infinie miséricorde de Dieu, que le sacrement de la Pénitence manifeste dans sa forme la plus haute.

    Ces paroles ont été prononcées par Benoît XVI dans un discours adressé le vendredi 7 mars 2014 aux participants d'un cours sur le sacrement de la réconciliation. C'est à la lumière de l'infinie miséricorde puissamment à l'oeuvre dans la résurrection de Lazare que nous pouvons méditer, en ce dernier dimanche de carême, sur ce sacrement qui nous est proposé tout au long de l'année, mais particulièrement durant cette semaine qui commence.

    "Lazare" signifie : celui qui est "secouru par le Seigneur". Saint Thomas d'Aquin voyait en lui le type même de tous ceux qui ont la foi, mais qui souffrent de la maladie du péché et qui espèrent le secours de Dieu. Nous avons été baptisés "pour la rémission des péchés", comme nous l'affirmons dans notre profession de foi. Mais la vie nouvelle reçue  au baptême et dans les deux autres sacrements de l'initiation (confirmation et eucharistie) ne suppriment pas "la fragilité et la faiblesse de la nature humaine, ni l'inclination au péché". Elles nous sont laissées pour que nous fassions nos preuves "dans le combat de la vie chrétienne aidés par la grâce du Christ. Ce combat est celui de la conversion en vue de la sainteté et de la vie éternelle à laquelle le Seigneur ne cesse de nous appeler." (CEC 1426)

    Le baptême est le "lieu principal de la conversion première et fondamentale. C'est par la foi en la Bonne Nouvelle et par le Baptême que l'on renonce au mal et qu'on acquiert le salut, c'est-à-dire la rémission de tous les péchés et le don de la vie nouvelle" (ibid. 1427).

    Mais l'appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie de ceux qui ont été baptisés. "Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour toute l'Église" et elle "a aussi une dimension communautaire. Cela apparaît dans l'appel du Seigneur à toute une Église : 'Repens-toi !' (Ap 2, 5.16)" (ibid. 1428.1429).

 
Saint Ambroise dit des deux conversions que, dans l'Église, "il y a l'eau et les larmes : l'eau du Baptême et les larmes de la Pénitence". (ibid. 1429)

    Lazare habite à Béthanie. Si "Lazare" signifie celui qui est "secouru par le Seigneur" et qu'il représente tous les baptisés avec leur fragilité par rapport à la maladie du péché, selon saint Thomas, "Béthanie" signifie "maison de l'obéissance". Le docteur angélique commente :
 
Par là est donné à entendre que si un malade obéit à Dieu, il peut être guéri facilement par lui, de même que le malade obéissant au médecin obtient le bienfait de la Santé plus facilement.

    Et il cite l'exemple de Naaman, le Syrien, qui ne comprend pas pourquoi il se baignerait dans les eaux du Jourdain pour être purifié, alors que dans son pays, il y a des fleuves bien plus grands. Mais ses serviteurs insistent :
 
Père, si le prophète t'avait ordonné quelque chose de difficile, tu l’aurais fait, n'est-ce pas ? (2 R 5, 13)

    Voilà pourquoi Naaman, le général syrien, obéit.

    Aujourd'hui, l'eau du Jourdain, c'est le prêtre. Les fleuves de la Syrie, ce sont tous ceux que l'on appelle des "psys". C'est aussi toute la mentalité ambiante dans laquelle nous "baignons", qui perd de plus en plus le sens du péché et qui voudrait nous faire croire que le péché est une invention de l'Église.

    Pourquoi faut-il se confesser ? Pourquoi faut-il aller dire ses péchés à un prêtre et pourquoi ne peut-on pas le faire directement avec Dieu ? Le péché existe-t-il vraiment ou est-ce une invention des prêtres pour que nous restions sages ? C’est Dieu lui-même qui nous fait comprendre qu’il est nécessaire de confesser ses péchés devant un prêtre :

 
En choisissant d’envoyer Son Fils dans notre chair, il montre qu'il veut nous rencontrer à travers un contact direct qui passe par les signes et les langages de notre condition humaine. De même qu’Il est sorti de lui-même par amour pour nous et est venu nous "toucher" par sa chair, nous sommes nous aussi appelés à sortir de nous-mêmes par amour pour Lui et à aller humblement et dans la foi vers celui qui peut nous donner le pardon en Son nom, par la parole et le geste. (Mgr Forte)

    Celui qui croit sait bien qu'il peut, dans ce sacrement, faire une rencontre personnelle avec Dieu et faire une expérience vivante de sa miséricorde. On ne se confesse pas pour "vider son sac", mais celui qui, humblement et sincèrement, reconnaît ses péchés connaîtra la paix au-dedans de lui-même. Il aura le cœur touché par un amour qui guérit, qui vient d’en haut et nous transforme.

    Dans son discours, déjà évoqué au début, Benoît XVI mentionne deux tendances qui se manifestent assez fréquemment et qui empêchent de faire cette expérience :

 
Le temps du carême, dans lequel nous nous trouvons, nous rappelle que notre vie chrétienne doit tendre toujours à la conversion et lorsque l'on a souvent recours au sacrement de la Réconciliation, l'aspiration à la perfection évangélique reste vivante chez le croyant. Si cette aspiration incessante disparaît, la célébration du sacrement risque hélas de devenir quelque chose de formel qui n'a pas d'incidence sur le tissu de la vie quotidienne. D'autre part, si, tout en étant animés par le désir de suivre Jésus, on ne se confesse pas régulièrement, on risque peu à peu de ralentir le rythme spirituel jusqu'à l'affaiblir toujours davantage et peut-être même l'éteindre.

    Saint Augustin, dans son commentaire de la parole de Jésus, pleine d'autorité, "Lazare, viens dehors !", s'écrie :
 
La voix du Seigneur a été entendue par Lazare à travers la pierre : qu'elle pénètre nos coeurs de pierre.


    Et saint Thomas d'Aquin :
 
Il crie donc en disant : Lazare, viens dehors ! Il appelle celui-ci par son nom propre, parce que si grande était la puissance de sa voix qu’ensemble tous les morts auraient été contraints de sortir si, par l’expression du nom, il n’eût pas déterminé sa puissance vers un seul (...) Aussi est-il donné par là à entendre que le Christ appelle les pécheurs à sortir de la fréquentation du péché.

    Puissions-nous, nous aussi entendre la voix du Christ nous réveiller d'un sommeil mortifère, et sortir de nos tombeaux pour nous laisser délier des bandelettes de nos péchés, selon ce que dit Jésus à ses apôtres le soir de Pâques :
 
Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. (Jn 20, 23)

Lectures 5e dimanche du Carême A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Le peuple mort va revivre (Ez 37, 12-14)

Lecture du livre d'Ézékiel

 

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Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai sortir, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d'Israël.
Vous saurez que je suis le Seigneur, quand j'ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai sortir, ô mon peuple !
Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous installerai sur votre terre, et vous saurez que je suis le Seigneur : je l'ai dit, et je le ferai. 
- Parole du Seigneur.
 
 
 
Psaume : Ps 129, 1-2, 3-4, 5-6ab, 7bc-8

 

R/ Auprès du Seigneur est la grâce, la pleine délivrance

 

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel ! 
Que ton oreille se fasse attentive 
au cri de ma prière !

Si tu retiens les fautes, Seigneur, 
Seigneur, qui subsistera ? 

Mais près de toi se trouve le pardon 
pour que l'homme te craigne.
 


J'espère le Seigneur de toute mon âme ; 
je l'espère, et j'attends sa parole. 

Mon âme attend le Seigneur 
plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.  


Oui, près du Seigneur, est l'amour ; 
près de lui, abonde le rachat. 

C'est lui qui rachètera Israël 
de toutes ses fautes.
 
 
 
 
2ème lecture : Celui qui a ressuscité Jésus vous donnera la vie(Rm 8, 8-11)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
sous l'emprise de la chair, on ne peut pas plaire à Dieu.
Or, vous, vous n'êtes pas sous l'emprise de la chair, mais sous l'emprise de l'Esprit, puisque l'Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas.
Mais si le Christ est en vous, votre corps a beau être voué à la mort à cause du péché, l'Esprit est votre vie, parce que vous êtes devenus des justes.
Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
 
 
 
Evangile : Mort et résurrection de Lazare (Lecture brève : 11, 3-7.20-27.34-35) (Jn 11, 1-45)
 
Acclamation : Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi. Tu es la Résurrection, tu es la Vie, Seigneur Jésus ! Celui qui croit en toi ne mourra jamais. Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi. (cf. Jn 11, 25-26)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

 

 

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Un homme était tombé malade. C"était Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe.
(Marie est celle qui versa du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. Lazare, le malade, était son frère.)
Donc, les deux soeurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
Jésus aimait Marthe et sa soeur, ainsi que Lazare.
Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura pourtant deux jours à l'endroit où il se trouvait ; alors seulement il dit aux disciples : « Revenons en Judée. »
Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas ? »
Jésus répondit : « Ne fait-il pas jour pendant douze heures ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n'est pas en lui. »
Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s'est endormi ; mais je m'en vais le tirer de ce sommeil. »
Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s'il s'est endormi, il sera sauvé. »
Car ils pensaient que Jésus voulait parler du sommeil, tandis qu'il parlait de la mort.
Alors il leur dit clairement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n'avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! »
Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) dit aux autres disciples : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui ! »

Quand Jésus arriva, il trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Comme Béthanie était tout près de Jérusalem - à une demi-heure de marche environ - beaucoup de Juifs étaient venus manifester leur sympathie à Marthe et à Marie, dans leur deuil.
Lorsque Marthe apprit l'arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait à la maison.
Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais que, maintenant encore, Dieu t'accordera tout ce que tu lui demanderas. »
Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit : « Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection. »
Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
Elle répondit : « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »
Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa soeur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t'appelle. »
Marie, dès qu'elle l'entendit, se leva aussitôt et partit rejoindre Jésus.
Il n'était pas encore entré dans le village ; il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe l'avait rencontré.
Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie, et lui manifestaient leur sympathie, quand ils la virent se lever et sortir si vite, la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer.
Elle arriva à l'endroit où se trouvait Jésus ; dès qu'elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. »
Quand il vit qu'elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus fut bouleversé d'une émotion profonde.
Il demanda : « Où l'avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Viens voir, Seigneur. »
Alors Jésus pleura.
Les Juifs se dirent : « Voyez comme il l'aimait ! »
Mais certains d'entre eux disaient : « Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l'émotion, arriva au tombeau. C'était une grotte fermée par une pierre.
Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la soeur du mort, lui dit : « Mais, Seigneur, il sent déjà ; voilà quatre jours qu'il est là. »
Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l'ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : 
« Père, je te rends grâce parce que tu m'as exaucé. Je savais bien, moi, que tu m'exauces toujours ; mais si j'ai parlé, c'est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé. »
Après cela, il cria d'une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » 

Les nombreux Juifs, qui étaient venus entourer Marie et avaient donc vu ce que faisait Jésus, crurent en lui.
 
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

La foi chrétienne n’est pas une religion parmi d’autres - Homélie 4° dimanche du Carême A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Notre culture a tendance à considérer que la religion relève de la sphère privée. Elle nous dit que les croyances religieuses ne sont pas objectivement vraies, comme le sont les lois scientifiques. La religion peut bien apporter un réconfort à certains, mais c’est d’un ordre purement subjectif. Tout comme certains se détendent avec une tasse de thé de tilleul, tandis que d’autres préfèrent se relaxer avec l’arôme du café, ainsi certains trouvent du réconfort dans Mohammed, d’autres en Bouddha, d’autres encore en Jésus Christ. Au fond, c’est la même chose, nous dit la culture ambiante.

C’est un point de vue assez séduisant, qui a l’apparence de la tolérance. Il est tellement séduisant que, même parmi nous qui sommes ici aujourd’hui – le petit pourcentage de catholiques du monde occidental qui vont encore à la messe – même nous, nous ne manquons pas d’être affectés par cette dévaluation de la foi chrétienne. N’est-ce pas la raison pour laquelle nous sommes si peu enclins à partager notre foi avec ceux qui nous entourent ? D’ailleurs, nous sommes embarrassés par ce que nous sommes supposés croire. Alors nous préférons ne pas en faire mention ou essayer de donner des explications. Après tout, nous disons-nous, nous ne voulons pas imposer notre foi aux autres.

Mais Mohammet n’est pas mort sur une croix pour réparer nos péchés. Il n’en avait même pas la prétention. Bouddha n’est pas ressuscité des morts pour prouver qu’il était capable de donner la vie éternelle en récompense. Il n’en avait même pas la prétention. Alors que nous approchons de la semaine la plus sainte de l’année – la "Semaine Sainte" – l’Eglise nous rappelle, une fois de plus, qui est vraiment Jésus :

  • -       Le « Fils de l’Homme » - le titre que donne l’Ancien Testament au Messie promis, le Sauveur du monde ;
  • -       La « Lumière du Monde » - la seule qui puisse vaincre - et qui vainc effectivement - les ténèbres du péché.

 

Voilà le message que l’Eglise nous remet en mémoire aujourd’hui, et nous en avons bien besoin, n’est-ce pas ?.

Dans l’Evangile de ce jour, Jésus revendique clairement son identité unique en paroles et en actes. En actes, il fait deux choses. D’abord, il défie les lois sacrées du Sabbat. Aucun travail, aucune guérison n’était autorisée le jour du Sabbat, selon la loi juive en vigueur. Or prendre de la terre pour en faire de la boue, pour l’appliquer sur les yeux de quelqu’un, c’est un travail. Ce faisant, Jésus montre que son autorité était supérieure à celle des Pharisiens et des Scribes qui avaient édicté ces lois, et même, qu’elle était égale à celle de Dieu, puisque Dieu lui-même avait fait du repos du Sabbat un commandement.

Deuxièmement, il guérit un aveugle-né. Comme le dira l’aveugle lui-même, on n’a jamais entendu dire pareille chose. C’était un miracle sans précédent qui montrait clairement l’action divine.

Et pour que personne ne puisse s’y méprendre, Jésus explique le sens de ces actions en paroles.

  • -       Il s’attribue à lui-même le titre messianique de « Fils de l’Homme ».
  • -       Il se dit lui-même la « Lumière du monde ».
  • -       Et il dit explicitement que son miracle est une révélation de la gloire de Dieu.

 

Pour quiconque lit ce passage avec honnêteté, il n’y a aucun doute sur le fait que Jésus prétend être plus qu’un prophète, un maître ou un gourou parmi d’autres. Il revendique le rang de Dieu, de Dieu fait homme.

Mais il y a d’autres détails de cette scène qui permettent d’aller plus loin encore dans la révélation de la nature et de la mission divines du Christ.

D’abord, Jésus envoie l’homme se laver dans la piscine de Siloé. La fin de la fête des Tentes (qui durait huit jours) était toute proche au moment où Jésus accomplit ce miracle. Cette fête comportait une cérémonie impressionnante qui commémorait l’eau que Moïse avait fait jaillir du rocher au cours de la traversée du désert d’Israël. Au cours de cette cérémonie, de grandes quantités d’eau étaient versées sur la pierre de l’autel qui se trouvait dans la cour intérieure du Temple, à tel point que l’eau coulait à travers le Temple tout entier. Cette eau cérémonielle était puisée à la piscine de Siloé, un bassin artificiel, alimenté uniquement par la seule source d’eau de la ville de Jérusalem. Cette source se trouvait à l’extérieur des murs de la ville, et c’est de là que l’eau était "envoyée" vers le piscine à travers un long tunnel creusé à grand peine dans le roc.

La Fête des Tentes comportait aussi une cérémonie grandiose de lumière. Tout le complexe du Temple, situé au sommet d’une colline à l’intérieur de la ville, était illuminé en pleine nuit, si bien qu’il pouvait être vu des kilomètres à la ronde. Cette cérémonie rappelait, elle, la Colonne de Lumière qui avait guidé les Israélites durant la nuit tout au long des quarante années de leur traversée du désert vers la Terre Promise.

C’est dans ce contexte-là que le miracle de Jésus révèle que la puissance qui est à l’œuvre en lui est la même que celle qui avait façonné et libéré le peuple d’Israël au temps de Moïse – la puissance du SEIGNEUR Dieu. Jésus est le nouveau Moïse, le Messie promis. Avec l’eau du rocher, il assouvit les hommes qui ont soif de liberté et de plénitude, et il illumine la voie de l’Exode spirituel qui conduit à l’amitié divine par la foi en lui, le Christ, le Sauveur.

Le fait de croire en Jésus Christ signifie donc beaucoup plus que ce que notre culture sécularisée voudrait nous faire croire. Cela signifie donner sa vie pour lui, le suivre quoi qu’il arrive, sans avoir peur de rendre témoignage à son amour, sa bonté, sa vérité, sa puissance.

Nous sommes ses disciples, ses ambassadeurs. Être fidèle à cette identité, c’est trouver notre joie éternelle. Dieu ne demandera pas à chacun de nous d’aller jusqu’au témoignage du martyre. Mais ce qu’il demande à chacun de nous, c’est de renouveler notre foi en Jésus Christ aujourd’hui. Dans quelques minutes, nous allons proclamer cette foi. Aujourd’hui, faisons-le avec une ferveur particulière, renouvelant notre foi en Jésus, Christ, Fils de Dieu, Lumière du Monde.

Et au moment où Jésus viendra de nouveau vers nous dans la Sainte Communion, remercions-le pour tout ce qu’il a fait pour nous, et adorons-le sans partage, à l’exemple de cet aveugle de naissance à qui Jésus a ouvert les yeux.

Jésus revendique le rang de Dieu, de Dieu fait homme.

Jésus revendique le rang de Dieu, de Dieu fait homme.

Baptisé dans le Christ et jeté dehors - Homélie 4° dimanche du Carême A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
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        L'Évangile de saint Jean donne déjà aux trois derniers dimanches du Carême de l'année A une couleur baptismale. Lors de ces dimanches les catéchumènes sont invités à vivre les scrutins. Ce sont pour eux des étapes importantes, comme une marche qui les emmène vers l'intégration plénière dans l'Église lors de la célébration des sacrements de l'initiation.

    Dimanche dernier, avec le dialogue entre Jésus et la Samaritaine, nous avons entendu Jésus annoncer le don de l'eau vive. Aujourd'hui, avec l'aveugle-né, c'est l'eau de la piscine de Siloé (= "envoyé") qui va lui donner la lumière. Mais à la différence de dimanche dernier, nous sommes aujourd'hui en milieu juif, près du Temple, un jour du sabbat. La guérison que Jésus accomplit est un signe qui nous montre que le Seigneur vient guérir les hommes de leur aveuglement en leur apportant la lumière. Les interprétations divergent. Les voisins, et surtout les pharisiens en discutent. Jésus rendra son jugement à la fin :
 
Si vous étiez des aveugles, vous n'auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : "Nous voyons !" votre péché demeure.

    Saint Augustin souligne la portée baptismale de cette eau en commentant :
 
Il lava ses yeux dans la piscine de l'Envoyé, il fut baptisé dans le Christ.

    Le passage dans l'eau du baptême nous fait passer des ténèbres du péché à la lumière du Christ et nous ouvre, par la foi, à la grâce de Dieu. L'Église nous l'enseigne :
 
"Ce bain (du baptême) est appelé illumination, parce que ceux qui reçoivent cet enseignement (catéchétique) ont l'esprit illuminé" (saint Justin). Ayant reçu dans le Baptême le Verbe, "la lumière véritable qui illumine tout homme" (Jn 1, 9), le baptisé, après avoir été illuminé est devenu fils de lumière, et "lumière" lui-même (Ép 5, 8). (CEC 1216)

    C'est aux Éphésiens déjà baptisés que saint Paul rappelait cela. C'est à nous que le Seigneur le dit aujourd'hui.
 
Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière ...

    "Autrefois", cela veut dire : avant votre baptême. "Maintenant", c'est après le baptême. "Vous êtes devenus lumière" : nous sommes bien d'accord. Mais ce n'est pas tout. Saint Paul continue :
... vivez comme des fils de la lumière,

    Vivre comme des fils de la lumière, qu'est-ce à dire ? Saint Paul va le préciser. Il s'agit d'avoir une fécondité spirituelle, un peu comme la lune par rapport au soleil :

 
... or la lumière produit tout ce qui est bonté, justice et vérité - et sachez reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur. Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt.

    Ce n'est pas par un uniforme que les chrétiens se distinguent des autres. Dès le 1er siècle, la foi chrétienne s'est répandue rapidement à Rome et dans le monde, non seulement par son originalité et son universalité, mais aussi et surtout par le témoignage de ferveur, d'amour fraternel et de charité envers tous, manifesté par les chrétiens.

    Or, les autorités civiles et le peuple même, d'abord indifférents, se sont montrés très vite hostiles à la nouvelle religion, parce que les chrétiens refusaient le culte de l'empereur et l'adoration des divinités païennes de Rome. Pour cette raison, les chrétiens ont été accusés de manque de loyauté envers la patrie, d'athéisme, de haine envers le genre humain, de délits occultes comme l'inceste, l'infanticide et le cannibalisme rituel. Les chrétiens ont été accusés d'être la cause des calamités naturelles, telles que la peste, les inondations, les famines, etc.

    La religion chrétienne a été déclarée étrange et illicite (décret sénatorial de l'an 35), pernicieuse ("exitialis", Tacite), perverse et excessive ("prava et immodica", Pline), neuve et maléfique ("nova et malefica", Suétone), obscure et ennemie de la lumière ("tenebrosa et lucifuga", de l'Octavius de Minucius), détestable ("detestabilis", Tacite). Elle a donc été mise hors la loi et poursuivie comme l'ennemi le plus dangereux du pouvoir romain, qui était fondé sur l'ancienne religion nationale et sur le culte de l'empereur, instrument et symbole de la puissance et de l'unité de l'Empire. On reconnaît sans peine la situation de l'aveugle-né de l'évangile :

 
Et ils le jetèrent dehors.


    On peut y reconnaître également les attaques du laïcisme contre l'Église catholique notamment en France ...

    Les trois premiers siècles ont été l'époque des martyrs, qui s'achève en 313 avec l'édit de Milan, par lequel les empereurs Constantin et Licinius concédèrent la liberté à l'Église. Dans la très grande majorité des cas, les chrétiens ont affronté avec courage, souvent avec héroïsme, l'épreuve des persécutions, sans toutefois la subir passivement. Ils se sont défendus avec force en dénonçant le manque de fondement des accusations de délits occultes ou publics qui leur étaient adressées, en présentant la teneur de leur foi ("ce en quoi nous croyons") et en décrivant leur identité ("qui nous sommes"), exactement comme l'avait fait l'aveugle-né devant les pharisiens.

    Aujourd'hui encore, et plus que jamais, pour beaucoup, le baptême d'eau entraîne inexorablement le baptême de sang, par exemple en Irak. 


    Dans les "Apologies" (plaidoyers de défense) des écrivains chrétiens des premiers siècles, adressées aux empereurs, les chrétiens demandaient de ne pas être condamnés injustement, sans être entendus et sans preuves. Le principe de la loi sénatoriale ("Non licet vos esse" - Il ne vous est pas permis d'exister) était jugé injuste et illégal par les Apologistes, parce que les chrétiens étaient d'honnêtes citoyens, respectueux des lois, dévoués à l'empereur, actifs et exemplaires dans la vie privée et publique.

    Les catacombes contiennent le témoignage et la confirmation de la vie admirable des chrétiens, telle qu'elle est décrite par les apologistes. Dans la Lettre à Diognète (apologie d'un auteur inconnu des 2°-3° siècles), il y a  comme une carte d'identité des chrétiens des premiers temps (voir textes durant la semaine).

    Nous avons la chance de pouvoir accompagner les enfants qui cheminent vers le baptême dans notre paroisse sans être persécutés, du moins ouvertement et de manière sanglante. Mais les chrétiens, aujourd'hui, y compris chez nous, doivent souvent faire face aux critiques, aux moqueries, aux quolibets, non seulement de l'extérieur mais aussi de l'intérieur, de la part d'autres chrétiens ! L'aveugle-né, une fois guéri, sans crainte des pharisiens, leur répond avec son simple bon sens et il proclame sa foi en Jésus, le Fils de Dieu, contrairement à ses parents, qui ne veulent pas trop se mouiller. Nous aussi, plongés dans l'eau du baptême, nous avons reçu la lumière du Christ, et nous devons proclamer notre foi en lui.

    Si le Carême est bien le temps de la préparation ultime des catéchumènes, il est aussi pour tous les baptisés le temps de la conversion qui prépare à la grande fête pascale. L’un, d’ailleurs, ne va pas sans l’autre : c’est parce qu’il est "temps de la purification et de l’illumination" pour ceux qui s’apprêtent à recevoir les sacrements de la Pâque, que le Carême est "temps d’effort, de prière et de partage" pour tous les fidèles qui s’apprêtent à être renouvelés dans leur existence de baptisé.

    Aussi, c’est une chance pour nos paroisses, que des catéchumènes se préparent au baptême. Grâce à eux, grâce à leur démarche, aux rites qui leurs sont destinés ce matin, nous pouvons tous entrer davantage dans le mystère du salut que nous offre le Christ et que nous célébrons à Pâques. La possiblité pour recevoir le pardon du Seigneur dans le sacrement de pénitence nous sera largement offerte ces prochaines semaines. Ne manquons pas d'en profiter.

    Avec les catéchumènes, chacun est ensuite appelé à faire des choix dans sa vie pour mieux suivre le Christ, au-delà de ses faiblesses et de ses misères. Pour les catéchumènes, nous sommes tous invités à marcher à leur côté, à les soutenir, à les accompagner, à commencer, bien sûr, par leurs parents, parrains et marraines, et leurs catéchistes. Mais pas eux tous seuls !

    Je rappelle que quand on se marie ou quand on demande le baptême pour ses enfants, on s'engage solennellement à prendre au sérieux l'éducation religieuse de ces enfants, et ceci dès leur plus jeune âge, par la parole et par l'exemple, par la participation fidèle à l'eucharistie dominicale, par une vie chrétienne authentique. Pour aider les parents il faut aussi des catéchistes. Il faut des parents pour aider les autres parents. Je l'ai déjà dit et répété : nous manquons de catéchistes !

    Il faut aussi que les parents et les catéchistes eux-mêmes, pour qu'ils puissent aider les enfants à grandir dans la foi, et à avancer vers la lumière, acceptent de se former en permanence. 

    Pour terminer je vous laisse méditer cette parole de saint Jean (3, 20-21) :

Tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne lui soient reprochées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu.





 

Lectures 4e dimanche du Carême A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Dieu choisit David comme roi de son peuple (1S 16, 1b.6-7.10-13a)

Lecture du premier livre de Samuel

Le Seigneur dit à Samuel : « J'ai rejeté Saül. Il ne règnera plus sur Isaraël. Je t'envoie chez Jessé de Bethléem, car j'ai découvert un roi parmi ses fils. Prends une corne que tu rempliras d'huile, et pars ! »
En arrivant, Samuel aperçut Éliab, un des fils de Jessé, et il se dit : « Sûrement, c'est celui que le Seigneur a en vue pour lui donner l'onction ! »
Mais le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l'ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le coeur. »
Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit : « Le Seigneur n'a choisi aucun de ceux-là. N'as-tu pas d'autres garçons ? » 
Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. » 
Alors Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher : nous ne nous mettrons pas à table tant qu'il ne sera pas arrivé. »
Jessé l'envoya chercher : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. 
Le Seigneur dit alors : « C'est lui ! donne-lui l'onction. »
Samuel prit la corne pleine d'huile, et lui donna l'onction au milieu de ses frères. 
 
 

Psaume :  Ps 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6

 

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R/ Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer

 

Le Seigneur est mon berger : 
je ne manque de rien. 
Sur des prés d'herbe fraîche, 
il me fait reposer. 

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ; 
il me conduit par le juste chemin 
pour l'honneur de son nom. 


Si je traverse les ravins de la mort, 
je ne crains aucun mal, 
car tu es avec moi : 
ton bâton me guide et me rassure. 


Tu prépares la table pour moi 
devant mes ennemis ; 
tu répands le parfum sur ma tête, 
ma coupe est débordante. 


Grâce et bonheur m'accompagnent 
tous les jours de ma vie ; 
j'habiterai la maison du Seigneur 
pour la durée de mes jours.
 
 

2ème lecture : Vivre dans la lumière (Ep 5, 8-14)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtres aux Éphésiens

Frères,
autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière ; vivez comme des fils de la lumière - or la lumière produit tout ce qui est bonté, justice et vérité - et sachez reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur.
Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt.
Ce que ces gens-là font en cachette, on a honte d'en parler.
Mais quand ces choses-là sont démasquées, leur réalité apparaît grâce à la lumière, et tout ce qui apparaît ainsi devient lumière. C'est pourquoi l'on chante : 
Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera.
 
 
 
Evangile : L'aveugle-né (Jn 9, 1-41 [Lecture brève : 9, 1.6-9.13-17.34-38])
 
Acclamation : Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. Lumière du monde, Jésus Christ, celui qui marche à ta suite aura la lumière de la vie. Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. (cf. Jn 8, 12)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

 

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En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance.
Ses disciples l'interrogèrent : « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? »
Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents. Mais l'action de Dieu devait se manifester en lui.
Il nous faut réaliser l'action de celui qui m'a envoyé, pendant qu'il fait encore jour ; déjà la nuit approche, et personne ne pourra plus agir.
Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »
Cela dit, il cracha sur le sol et, avec la salive, il fit de la boue qu'il appliqua sur les yeux de l'aveugle, et il lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » (ce nom signifie : Envoyé). L'aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.

Ses voisins, et ceux qui étaient habitués à le rencontrer - car il était mendiant - dirent alors : « N'est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »
Les uns disaient : « C'est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c'est quelqu'un qui lui ressemble. » Mais lui affirmait : « C'est bien moi. »
Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-il ouverts ? »
Il répondit : « L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, il m'en a frotté les yeux et il m'a dit : 'Va te laver à la piscine de Siloé.' J'y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j'ai vu. »
Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. »

On amène aux pharisiens cet homme qui avait été aveugle.
Or, c'était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux.
A leur tour, les pharisiens lui demandèrent : « Comment se fait-il que tu voies ? » Il leur répondit : « Il m'a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et maintenant je vois. »
Certains pharisiens disaient : « Celui-là ne vient pas de Dieu, puisqu'il n'observe pas le repos du sabbat. » D'autres répliquaient : « Comment un homme pécheur pourrait-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés.
Alors ils s'adressent de nouveau à l'aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu'il t'a ouvert les yeux ? » Il dit : « C'est un prophète. »
Les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme, qui maintenant voyait, avait été aveugle. C'est pourquoi ils convoquèrent ses parents
et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu'il est né aveugle ? Comment se fait-il qu'il voie maintenant ? »
Les parents répondirent : « Nous savons que c'est bien notre fils, et qu'il est né aveugle.
Mais comment peut-il voir à présent, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s'expliquer. »
Ses parents parlaient ainsi parce qu'ils avaient peur des Juifs. En effet, les Juifs s'étaient déjà mis d'accord pour exclure de la synagogue tous ceux qui déclareraient que Jésus est le Messie.
Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »

Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l'homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »
Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n'en sais rien ; mais il y a une chose que je sais : j'étais aveugle, et maintenant je vois. »
Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t'ouvrir les yeux ? »
Il leur répondit : « Je vous l'ai déjà dit, et vous n'avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m'entendre encore une fois ? Serait-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples ? »
Ils se mirent à l'injurier : « C'est toi qui es son disciple ; nous, c'est de Moïse que nous sommes les disciples. Moïse, nous savons que Dieu lui a parlé ; quant à celui-là, nous ne savons pas d'où il est. »
L'homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d'où il est, et pourtant il m'a ouvert les yeux. Comme chacun sait, Dieu n'exauce pas les pécheurs, mais si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, il l'exauce. Jamais encore on n'avait entendu dire qu'un homme ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si cet homme-là ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »
Ils répliquèrent : « Tu es tout entier plongé dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.

Jésus apprit qu'ils l'avaient expulsé. Alors il vint le trouver et lui dit : « Crois-tu au Fils de l'homme ? »
Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »
Jésus lui dit : « Tu le vois, et c'est lui qui te parle. »
Il dit : « Je crois, Seigneur ! », et il se prosterna devant lui.
Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. »
Des pharisiens qui se trouvaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous des aveugles, nous aussi ? »
Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n'auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : 'Nous voyons !' votre péché demeure. »
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

La Samaritaine: Vous tous qui avez soif, venez boire à la source du baptême - Homélie 3° dimanche du Carême A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
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   Après le désert, la faim et ses tentations, après la Montagne et la contemplation de la Transfiguration, nous voici, en ce troisième dimanche de Carême, auprès d'un puits. Il est midi. Jésus a soif. C'est normal. La Samaritaine aussi. Ce qui n'est pas normal, c'est qu'elle vient puiser de l'eau en plein soleil. Tout le monde fait cela tôt le matin, ou en fin de journée, lorsque le soleil se fait moins ardent.

    De quelle soif s'agit-il ? D'une soif d'eau, bien sûr. Mais tout l'art de saint Jean consiste à suggérer, au-delà de cette soif d'eau, une autre soif : la soif d'une eau encore plus indispensable. Plus loin dans le récit, nous apprenons que cette femme, une Samaritaine, a eu une vie sentimentale plutôt tumultueuse, comme on dirait aujourd'hui. Comme tout le monde, elle avait eu soif d'être aimée. Personne n'a pu désaltérer cette soif (et elle-même n'a pu désaltérer la soif de personne). Au contraire, plus elle avançait dans sa vie, plus elle faisait l'expérience de ce manque d'amour. Alors que le milieu de l'époque ne tolérait tout au plus que trois mariages successifs, elle avait passé dans les bras de six hommes diférents, et elle en était restée de plus en plus frustrée. Jésus va lui révéler quelle est l'eau capable de désaltérer sa soif fondamentale et qu'aucun homme ne pourra lui donner, cette eau qu'elle n'avait même pas eu idée de demander : c'est le don de Dieu.

    Mais il y a ici plus qu'une simple question de morale conjugale et sexuelle. Par un détour inattendu, le dialogue prend subitement une autre tournure, qui rejoint d'une autre manière l'attente secrète de cette femme. Du fait que Jésus lui a dévoilé son comportement répréhensible, alors qu'il ne la connaissait pas, cette femme voit en lui un prophète. C'est pourquoi, elle lui soumet spontanément une question religieuse, à première vue sans aucun rapport avec sa vie sentimentale. Pourtant le désordre sexuel de cette femme va évoquer l'infidélité religieuse du peuple des Samaritains tout entier. Ses aventures conjugales (et extra-conjugales) évoquent l'infidélité religieuse des Samaritains. Les cinq maris correspondent aux cinq divinités introduites en Samarie après la conquête des Assyriens en 721. Dans la Bible, la compromission avec les cultes païens en abandonnant la foi au Dieu unique et un revient à vivre dans l'adultère. En invitant la femme à "appeler" son mari, Jésus la provoque à invoquer de nouveau le vrai Dieu. En lui répondant : "Je n'ai pas de mari", la femme avoue donc son a-théisme. Elle est sans Dieu, comme elle est sans mari, et le dieu qu'elle adore n'est pas son Dieu. La Samarie n'a pas de mari. C'est le peuple juif que Dieu a épousé. C'est avec ce peuple qu'il a fait alliance.

    La soif de la femme n'était donc pas seulement matérielle, ni même simplement sentimentale, mais spirituelle. Jésus ne fait que l'aider à exprimer cette soif-là, en l'invitant ensuite, elle et son peuple, à passer d'un culte païen lié à un endroit, aussi vénérable qu'il soit, à l'adoration du Père en esprit et vérité, en esprit parce qu'en vérité. En d'autres mots, une adoration n'est authentique que si elle est produite par l'Esprit Saint qui dit la Vérité du Christ. C'est donc une adoration trinitaire.

    L'eau vive et l'adoration du Père ne sont donc pas des réalités différentes. L'eau vive symbolise la révélation de Jésus et, tout autant, de l'Esprit Saint. La véritable adoration est le fruit de cette révélation. Voilà le don que nous recevons au baptême. Ce que Dieu attend, ce que le Père cherche en ceux qui sont baptisés, c'est la louange et l'action de grâce, non pas seulement en paroles, en certains endroits et à certains moments, mais dans notre vie tout entière, toujours et partout. En recevant la révélation du Dieu unique et un, adoré en esprit et vérité, comment encore vivre dès lors dans les désordres moraux de toute sorte ?

    La séparation entre la foi (le dogme) et la morale, entre les vertus théologales et les vertus morales, est toujours fallacieuse, une sorte de schizophrénie. La foi catholique sans morale serait comme une âme sans corps ; une morale sans dogme comme un corps sans âme. La morale chrétienne ne se réduit pas à un ensemble de règles déduites de quelques principes abstraits, plus ou moins communément admis, mais toujours négociable. La morale chrétienne, c'est le chemin pour connaître Dieu, pour comprendre quelles sont ses vues sur l'homme, et pour comprendre comment les hommes doivent être à la gloire de Dieu, selon ce qu'écrit saint Paul aux Romains (12, 1) :

Je vous exhorte, mes frères, par la tendresse de Dieu, à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : c'est là pour vous l'adoration véritable.

    À la fin de son dialogue avec Jésus, ce n'est pas avec une simple formule de circonstance que la femme exprime sa foi nouvelle. C'est en laissant la cruche qui lui servait pour puiser l'eau du puits de Jacob, puisqu'elle n'en avait plus besoin (4, 15). La cruche dit, sans paroles, que la Samaritaine ne compte plus que sur la promesse de Jésus, qu'elle s'en remet totalement à lui.

    C'est par une vie droite, fondée sur une confiance absolue en Jésus, que nous aussi, nous proclamerons aux autres quelle est notre foi.

    Saint Paul, après avoir expliqué ce qu'est l'adoration véritable, précise :

Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. (Rm 12, 2)

    Par son exemple et son enseignement, Jésus nous montre aussi qu'agir ainsi, c'est en même temps pour nous une nourriture, une nourriture que nous ne connaissons pas, mais que nous devons apprendre à connaître :

Ma nourriture, c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son oeuvre.

    La foi de notre baptême, c'est une foi droite qui agit de manière droite. Saint Paul, en se présentant comme Apôtre de Jésus Christ, affirme qu'il est "chargé de conduire ceux que Dieu a choisis vers la foi et la connaissance de la vérité dans une religion vécue" (Tt 1, 1).

    Je voudrais terminer en citant un passage d'un livre du chanoine Lallement, intitulé "Vivre en chrétiens dans notre temps" :

On n'a pas compris ce qu'est le christianisme - et donc pas non plus ce qu'est la morale chrétienne - tant que l'on pense plus ou moins confusément qu'être chrétien, c'est seulement, ou principalement, une certaine manière de vivre avec Jésus une vie de la terre. Vivre avec Jésus une vie d'homme sur la terre, cela même n'est vraiment compris que si l'on sait que le Christ est venu nous ouvrir à une vie proprement divine, ou pour employer un langage précis : à une vie théologale. (...)

Les Chrétiens les plus simples, qui ont vraiment un sens surnaturel par l'action de l'Esprit-Saint, même s'ils n'ont pas de formation théologique, savent que vivre avec Jésus, vivre de la grâce de Jésus, c'est surtout une certaine intimité avec le Père des cieux, notre Père. Ces chrétiens sont conduits pas l'Esprit de charité théologale dans le détail de leur vie humaine personnelle et sociale. Et c'est ainsi que vitalement ils pratiquent avec amour, avec divin amour, la morale chrétienne. C'est infiniment autre chose qu'un certain conformisme à des règles de convenance, à des habitudes d'un certain milieu.

À la condition qu'il y ait toujours ce même simple amour filial, cette charité se nourrit mieux encore cependant d'une connaissance plus approfondie de la Révélation, connaissance que donne une vraie théologie. Alors nous discernons que l'intention de Dieu pour l'homme est ceci : faire partager sa propre vie divine, le propre bonheur éternel, divin, des Personnes de la Sainte-Trinité, par des personnes qui sont aux prises avec toutes les difficultés, toutes les contingences de la matière.

    C'est cela, je crois, qui est admirablement résumé dans la préface de ce jour et que je vous invite à retenir :

En demandant à la Samaritaine de lui donner à boire, Jésus faisait à cette femme le don de la foi. Il avait un si grand désir d'éveiller la foi dans son coeur, qu'il fit naître en elle l'amour même de Dieu.

Puisse ce désir de Jésus se réaliser aussi en chacun(e) de nous. Amen.






La source de l’estime de soi d’un chrétien - Homélie 3° dimanche du Carême A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

3 careme A ev

 

 

L’estime de soi est un thème très en vogue ces derniers temps parmi les psychologues et les éducateurs. Ils rappellent l’importance, spécialement pour les enfants, d’avoir une attitude positive envers eux-mêmes. Cela leur donne le courage de prendre des risques pour développer leurs talents et leur personnalité. Pour développer l’estime de soi, beaucoup d’écoles psychologiques recommandent que les enfants ne devraient jamais être critiqués ou corrigés, puisque cela pourrait endommager l’image positive qu’ils ont d’eux-mêmes. La supposition à la base de cette théorie est qu’une bonne estime de soi provient des compliments reçus d’autres personnes.

Cette approche de la psychologie humaine est en partie vraie, et en partie fausse. Ce qui est vrai, c’est que la crainte, l’insécurité et le pessimisme peuvent freiner notre potentiel. Mais c’est une erreur de croire qu’il faut baser notre estime de soi sur ce que les autres pensent de nous, ou sur la reconnaissance de ce que nous faisons par d’autres. Il nous faut comprendre pourquoi cela constitue une base fragile pour l’estime de soi. Alors nous pourrons aussi comprendre que l’explication inspirée de saint Paul fournit une base plus solide.

 

Le cœur de l’homme a un grand besoin d’amitié, d’encouragement, et d’acceptation de ses pairs, parents, amis et collègues. C’est naturel. Nous ne sommes pas auto-suffisants. Nous sommes faits pour vivre en communauté, en relation, puisque nous sommes créés à l’image de Dieu, et que Dieu est Trinité. Mais même alors, l’opinion des autres n’est pas une base solide pour une saine estime de soi, pour deux raisons.

D’abord, les autres ne peuvent pas nous connaître à fond. Il y a toujours des facettes de nous-mêmes que nous avons peur de révéler, ou que nous ne savons pas comment révéler. Pour cette raison, nous savons bien, au fond de notre cœur, que l’opinion que les autres ont de nous n’est jamais parfaitement informée.

Ensuite, l’opinion que les autres se font de nous n’est pas fondamentalement objective. Elle est affectée par de préférences et des préjugés subjectifs. Cette opinion peut varier selon les variations d’humeur, les jalousies, des intérêts personnels, les circonstances. Et même dans le cas où il s’agit d’une personne rare qui nous connaît à fond et qui nous apprécie de manière objective, il y a toujours la mort, qui peut nous enlever cette personne.

Si nous basons notre estime de nous-mêmes, notre conception de notre valeur personnelle, sur les opinions versatiles et superficielles des autres, même bienveillants, nous nous condamnons à l’instabilité. Nous serons sans cesse préoccupés de plaire aux autres, toujours sous la tension de devoir faire toujours plus pour ne pas perdre leur bonne opinion, toujours anxieux à l’idée qu’ils pourraient un jour découvrir l’autre visage de ce que nous sommes, la face sombre.

Dieu ne veut pas que nous vivions constamment dans l’angoisse et la crainte d’un échec ou d’un rejet. Dieu veut que nos cœurs soient en paix, capables de résister aux tempêtes de la vie et aux incertitudes des relations dans un monde où règne le péché. Et pour cela il se donne lui-même à nous. Lui seul nous connaît à fond. Lui seul est parfaitement objectif, complètement dépourvu d’ignorance et d’influences. Nous connaissant profondément, il continue de nous aimer, il nous estime sans conditions, simplement parce que nous sommes ses enfants, et parce qu’il veut que nous partagions sa gloire. Voilà la merveilleuse Bonne Nouvelle de l’évangile.

Avec Dieu, nous n’avons pas besoin d’avoir peur de nos échecs. Son amour pour nous ne dépend pas de nos succès. Avec Dieu, nous n’avons pas besoin d’avoir peur qu’un jour il découvre nos vices cachés, nos péchés et nos fautes. Il les voit mieux que nous-mêmes, et il continue de désirer notre amitié, à tel point qu’il était prêt à souffrir et mourir sur une croix, uniquement pour nous montrer que, quoi que nous fassions, même si nous le crucifions, son amour est solide comme une montagne.

C’est ce que saint Paul nous dit dans la 2e lecture :

« Alors que nous n'étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les coupables que nous étions. »

Nous ne méritons pas l’amour de Dieu en étant bons. Nous pouvons devenir bons parce que Dieu nous aime, nous pardonne, nous tend la main ! Nous avons besoin d’une bonne estime de soi, c’est vrai. Mais il est tout aussi vrai que cette estime doit être basée sur quelqu’un de plus grand, de plus fiable que nous-mêmes, que notre nature humaine faillible, et ce "quelqu’un", c’est Jésus Christ.

« nous sommes ainsi en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ… »

Chacun de nous, nous avons pu faire l’expérience de l’amour inconditionnel de Dieu dans notre vie, les uns plus, les autres un peu moins. C’est pour cela que nous sommes ici. Nous avons besoin d’approfondir cette expérience, et de construire notre vie dessus. Nous sommes encore trop influencés par les opinions des autres. Nous avons besoin d’être pénétrés de l’amour inconditionnel et sauveur de Dieu dans le Christ jusqu’au fond de nous-mêmes. C’est pour cela que Dieu nous a envoyé le Saint Esprit, dont saint Paul nous dit que c’est par lui qu’il a répandu son amour dans nos cœurs.

Nous avons un réservoir de force et de courage dans nos cœurs, établi par le baptême, élargi par la confirmation. Nous devons puiser l’eau de ce réservoir pour irriguer tous les domaines de notre vie : nos relations, nos espoirs, nos craintes, nos rêves, nos difficultés, nos péchés, notre fragilité.

Nous ne pouvons le faire que par la prière. Si la prière n’est pas la plus haute priorité de notre programme de tous les jours, alors le réservoir stagne. Un colloque intime, cœur à cœur, quotidien, avec Jésus, notre Sauveur, permet à sa grâce de couler librement en nous et à travers nous. C’est ce qu’a découvert la Samaritaine quand elle rencontre Jésus au puits. Jésus nous attend au puits de la prière, comme il attendait cette femme. Il a soif de répandre sa paix, son courage, et une bonne estime de soi dans nos cœurs, comme lui seul sait le faire. Alors, aujourd’hui, renouvelons notre résolution de le rencontrer chaque jour, en commençant cette semaine, quoi qu’il arrive, au puits de la prière.

Jésus nous attend au puits de la prière...

Jésus nous attend au puits de la prière...

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