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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Lectures 20e dimanche du Temps Ordinaire Année A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Dieu accueille les étrangers qui viennent le prier (Is 56, 1.6-7)

Lecture du livre d'Isaïe

20-TOA-1lec.jpg
Parole du Seigneur :
Observez le droit, pratiquez la justice. Car mon salut est approche, il vient, et ma justice va se révéler.

Les étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur pour l'amour de son nom et sont devenus ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et s'attachent fermement à mon Alliance,
je les conduirai à ma montagne sainte. Je les rendrai heureux dans ma maison de prière, je ferai bon accueil, sur mon autel, à leurs holocaustes et à leurs sacrifices, car ma maison s'appellera « Maison de prière pour tous les peuples ».
 
 

 

Psaume :  Ps 66, 2b-3, 5abd, 7b-8

R/ Dieu, que les peuples t'acclament ! Qu'ils t'acclament, tous ensemble !

 
Que ton visage s'illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre, 
ton salut, parmi toutes les nations.

Que les nations chantent leur joie, 
car tu gouvernes le monde avec justice ; 
sur la terre, tu conduis les nations.
 

Dieu, notre Dieu, nous bénit. 

Que Dieu nous bénisse, 
et que la terre tout entière l'adore !
 
 
 

 

2ème lecture : Le rôle des Juifs dans la nouvelle Alliance (Rm 11, 13-15.29-32)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, 
je vous le dis à vous, qui étiez païens : dans la mesure même où je suis apôtre des païens, ce serait la gloire de mon ministère de rendre un jour jaloux mes frères de race, et d'en sauver quelques-uns.
Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu quand ils ont été mis à l'écart, qu'arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ? Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts !

Les dons de Dieu et son appel sont irrévocables.
Jadis, en effet, vous avez désobéi à Dieu, et maintenant, à cause de la désobéissance des fils d'Israël, vous avez obtenu miséricorde ; de même eux aussi, maintenant ils ont désobéi à cause de la miséricorde que vous avez obtenue, mais c'est pour que maintenant, eux aussi, ils obtiennent miséricorde.
Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous les hommes.
 
 

 

 

Evangile : Jésus exauce la prière d'une étrangère (Mt 15, 21-28)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur protège l'étranger. Heureux qui met en lui son espoir ! Alléluia. (Ps 145, 5.8-9)

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

20-TOA-ev.jpg
 
 
 
Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »
Mais il ne lui répondit rien. Les disciples s'approchèrent pour lui demander : « Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! »
Jésus répondit : « Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël. »
Mais elle vint se prosterner devant lui : « Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit : « Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. -
C'est vrai, Seigneur, reprit-elle ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »
Jésus répondit : « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! » Et, à l'heure même, sa fille fut guérie.

 

 

Désormais tous les anges me diront bienheureuse - Homélie pour l'Assomption de la Vierge Marie

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
assomption ev2
 
Non, dans le titre ce n'est pas une faute de distraction. Voici l'antienne d'ouverture de la messe de la Vigile de l'Assomption : "Nous célébrons les merveilles que le Seigneur a faites pour la Vierge Marie : la voici élevée bien au-dessus des anges, elle partage aujourd'hui le triomphe du Christ, et règne pour toujours avec lui."

       Jaloux, les anges ? Non, bien au contraire ! Voici l'antienne d'ouverture de la messe du jour : "Les anges se réjouissent avec nous de cette fête ; ils en glorifient le Fils de Dieu." Les anges sont "avec nous". Nous l'oublions trop souvent, durant nos célébrations liturgiques, comme dans toute notre vie, qui doit être un sacrifice saint, capable de plaire à Dieu (Rm 12, 1). Sachons-le, et ne l'oublions pas : aujourd'hui les anges se réjouissent "avec nous". Puisque les anges se réjouissent avec nous, ne nous réjouissons pas sans eux. "Tous ensemble, réjouissons-nous" –dit encore l'antienne, puis : "Les anges se réjouissent avec nous." C'est cela : l'Église.

       Marie est appelée Arche de la Nouvelle Alliance. Si David mettait tant d'ardeur à rassembler tout Israël pour introduire l'Arche de l'Ancienne Alliance dans la Jérusalem de la terre, combien ne devons-nous pas mettre d'ardeur à célébrer Dieu qui rassemble son peuple pour célébrer l'entrée de Marie dans la Jérusalem céleste (cf. 1e lect. de la vigile et 1e lect. du jour) ? Mikal, la femme de David récriminait contre lui. Elle demeurera stérile jusqu'à la fin de ses jours (2 S 6, 20-23)….

       Dans une homélie (DE L’'IRONIE JOHANNIQUE À THÉRÈSE DE LISIEUX – Jn 6, 41-51), citant Thérèse, qui, elle-même, citait le Psaume 70 : Vous m'avez instruite dès ma jeunesse et jusqu'à présent j'ai annoncé vos merveilles..., j'avais dit : "Quel contraste avec ceux qui se trouvaient dans la synagogue de Capharnaüm ! Ils récriminaient contre Jésus." Et Jésus leur dit : Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire vers moi. Ou bien : rendre grâce "avec les anges" et annoncer les merveilles du Père qui a attiré la petite Marie de Nazareth vers Jésus sur la terre comme au ciel ; ou bien : récriminer contre l'Église, donc contre Jésus, donc contre Dieu, qui, pourtant, en l'attirant vers Jésus, nous donne Marie comme il nous donne le Pain du ciel : qu'allons-nous faire "aujourd'hui" ?

       Entre nous et les anges qui se réjouissent "avec nous", il y a pourtant une différence : les anges voient ; nous, nous croyons. En effet, depuis le premier novembre 1950, l'Assomption de la Vierge Marie est devenue un dogme de notre foi. Que cette différence ne nous décourage pas. Les anges n'ont pas attendu cette date pour se réjouir. Les chrétiens non plus ! En Occident, la fête est célébrée au moins depuis le 7e siècle ! Depuis 1950 quelque chose, pourtant, a changé : "aujourd'hui" nous devons nous réjouir, parce qu’'aujourd'hui nous devons croire. C'est un devoir, un doux devoir, mais un devoir vital. La foi qui voit, ce n'est plus la foi. La foi qui ne se réjouit pas, ce n'est pas encore la foi. Heureux ceux qui croient sans avoir vu (Jn 21, 29). Au ciel, nous verrons, si aujourd'hui, nous croyons, et si, croyant, nous nous réjouissons.

       Autre chose : l'Assomption de Marie, ça ne se trouve pas dans la Bible, disent les adversaires. Et alors ? L'Écriture, que je sache, n'est pas la seule autorité sur laquelle est basée notre foi. Sinon, les premiers chrétiens qui, pendant des décennies, n'ont pas eu de Nouveau Testament, n'auraient pas cru beaucoup de vérités fondamentales de notre foi, à commencer par le dogme de la Trinité, qui, d'ailleurs, n'est pas explicitement affirmé dans le Nouveau Testament non plus. Alors oui, c'est vrai, et il faut le dire sans honte, mais avec fierté : le Pape Pie XII, pour fonder la foi en l'Assomption de Marie, n'a pas fait appel à une argumentation purement scripturaire. Dans les lectures de cette solennité, aucun texte n'affirme explicitement que Marie n'a pas connu la corruption du tombeau.

       Que ceux qui affirment que nous ne devrions croire que ce qui est explicitement affirmé dans la Bible me montrent où cette affirmation (qu'il faut croire seulement cela) se trouve dans la Bible. Soyons clairs : ce qui se trouve contenu de façon implicite dans l'Écriture n'est pas moins certain que ce qui s'y trouve contenu explicitement. C'est toute l'importance du sensus fidei, cet instinct très sûr qui guide la foi des chrétiens, comme nous le rappelle Vatican II. Je vous signale que Pie XII, avant de définir le dogme de l'Assomption, a procédé à une très large consultation des évêques du monde entier.

       En nous demandant de croire ce qui n'est pas explicitement affirmé dans la Bible, le Seigneur nous fait un grand honneur. C'est l'honneur qu'il a fait à Simon-Pierre quand il lui a demandé de marcher sur l'eau. Nous sommes bien d'accord : il est plus facile de marcher sur la terre ferme que de marcher sur l'eau (surtout dans une tempête), comme il est plus facile de croire ce qui est explicitement affirmé dans l'Écriture (surtout quand la foi est contestée). À la suite de Pierre, n'ayons pas peur de marcher sur l'eau pour aller vers Jésus avec confiance.

       Vous connaissez sans doute le cantique : "Au ciel, au ciel, au ciel, j'irai la voir un jour". Est-ce trop demander de croire joyeusement pour une si grande récompense ? Si vous dites que les anges ont bien de la chance, je réponds : les anges ne sont pas jaloux de nous ; ne soyez pas jaloux d'eux non plus. Les anges ne sont pas jaloux de Marie ; ne soyez pas jaloux d'elle non plus. Car la mort est entrée dans le monde par la jalousie du démon, (écoutez bien la suite) et ceux qui se rangent dans son parti en font l'expérience. (Sg 2, 24)

       Même Ponce Pilate se rendrait compte que la raison de tant de récriminations contre l'Église et le dogme de l'Assomption de Marie (comme contre l'Eucharistie) c'est la jalousie (cf. Mc 15, 10), la jalousie du démon et de ceux qui se rangent dans son parti. Or, dit S. Paul, non sans ironie : Vous ne pouvez pas en même temps boire à la coupe du Seigneur et à celle des esprits mauvais ; vous ne pouvez pas en même temps prendre part à la table du Seigneur et à celle des esprits mauvais. Voudrions-nous provoquer la jalousie du Seigneur ? Sommes-nous donc plus forts que lui ? (1 Co 10, 12)

       La jalousie vient d'un manque d'humilité, d'un manque de pauvreté, et elle engendre la mort. Le Seigneur dit à Angèle de Foligno : "Moi, si la pauvreté n'eût pas été si heureuse, je ne l'aurais pas aimée ; et si elle eût été moins glorieuse, je ne l'aurais pas prise. Car l'orgueil ne peut trouver place qu'en ceux qui possèdent ou croient posséder. L'homme et l'ange tombèrent, et tombèrent par orgueil car ils crurent posséder. Ni l'homme ni l'ange ne possèdent rien. Tout appartient à Dieu. L'humilité n'habite qu'en ceux qui se voient destitués de tout. La pauvreté d'esprit est le bien suprême."

       La jalousie, l'orgueil et la mort, d'un côté ; de l'autre : la pauvreté, la joie et la vie. Aujourd'hui, que Marie nous aide à faire le bon choix. Car entre les deux camps, il y a un vrai combat (cf. 1e lect. du jour). "Dans l'Apocalypse, Marie devient l'Église... L'Église se situe désormais entre le crachat du dragon et la nourriture céleste... Tout au long de l'histoire du monde, l'Église devra se souvenir qu'elle reçoit de Dieu assez de nourriture pour ne pas périr au désert, et qu'elle se tient à distance suffisante du serpent pour ne pas être emportée par le flot qu'il vomit. Cela doit suffire." (von Balthasar)

       Dans une lettre datée du 6 novembre 1950 et adressée à un couple du Canada, endeuillé par la mort précoce de leur petit garçon, Georges-Michel, quinze jours auparavant (une semaine avant la proclamation du dogme de l'Assomption), et dont Marthe Robin avait accepté d'être la marraine, le Père Finet, qui avait assisté à la proclamation du dogme Place Saint-Pierre, écrit ces lignes prophétiques :

"Aussi, avec vous, sentons-nous tomber abondantes les grâces du Ciel (…...) De ces grâces, j'en ai vu les prémices sur la place Saint-Pierre, à la définition du dogme. Avec les petits innocents, nous sommes entrés dans la première réalisation de la conception de Dieu : Dieu parmi nous par l'Incarnation. Avec la multitude de nos petits innocents de 1950, de l'Année Sainte, nous entrons dans la seconde partie de la réalisation de la conception de Dieu, l'humanité en Assomption à la suite de Jésus et de Marie. C'est la défaite du communisme, du laïcisme, de l'athéisme, du matérialisme, qui tous nient le grand retour et l'espérance théologale pour nous proposer un but uniquement à la hauteur de l'homme, une humanité désacrée qui ne fait pas retour en Dieu et dont le bonheur n'est que terrestre. Et voici qu'une fois de plus Marie triomphe de l'erreur, écrase la tête du serpent et rouvre la route qui fait renaître l'humanité en Dieu par son Assomption pour le bonheur éternel dans la Jérusalem céleste."


       BONNE FÊTE !

Lectures pour l'Assomption de la Vierge Marie

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre de l'Apocalypse (Ap 11, 19a; 12, 1-6a.10ab)

11
19ai  Le Temple qui est dans le ciel s’ouvrit, et l’arche de l’Alliance du Seigneur apparut dans son Temple.

12
01  Un signe grandiose apparut dans le ciel :
une Femme,
ayant le soleil pour manteau,
la lune sous les pieds,
et sur la tête une couronne de douze étoiles.
02  Elle était enceinte et elle criait,
torturée par les douleurs de l'enfantement.
03  Un autre signe apparut dans le ciel :
un énorme dragon, rouge feu,
avec sept têtes et dix cornes,
et sur chaque tête un diadème.
04  Sa queue balayait le tiers des étoiles du ciel,
et les précipita sur la terre.
Le Dragon se tenait devant la femme qui allait enfanter,
afin de dévorer l'enfant dès sa naissance.
05  Or, la Femme mit au monde un fils, un enfant mâle,
celui qui sera le berger de toutes les nations,
les menant avec un sceptre de fer.
L'enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son Trône,
6a  et la Femme s'enfuit au désert,
où Dieu lui a préparé une place.
10a  Alors j'entendis dans le ciel une voix puissante,
qui proclamait :
10b  « Voici maintenant le salut,
la puissance et la royauté de notre Dieu,
et le pouvoir de son Christ ! »



Psaume (Ps 44, 11-12a, 12b-13, 14-15a, 15b-16)

R/ Heureuse es-tu, Vierge Marie, dans la gloire de ton Fils.
11  Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
12a  le roi sera séduit par ta beauté.

12b  Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.
13  Alors, fille de Tyr, les plus riches du peuple,
chargés de présents, quêteront ton sourire.

14  Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
vêtue d'étoffes d'or ;
15a  on la conduit, toute parée, vers le roi.

15b  Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
16  on les conduit parmi les chants de fête :
elles entrent au palais du roi.


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 15, 20-27a)

15
20i  Le Christ est ressuscité d’entre les morts pour être parmi les morts le premier ressuscité.
21  Car, la mort étant venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la résurrection.
22  En effet, c'est en Adam que meurent tous les hommes ; c'est dans le Christ que tous revivront,
23  mais chacun à son rang : en premier, le Christ ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu'il reviendra.
24  Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal.
25  C'est lui en effet qui doit régner jusqu'au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis.
26  Et le dernier ennemi qu'il détruira, c'est la mort,
27a  car il a tout mis sous ses pieds.

Palma le Vieux (Iacopo Nigretti)
(Italie, 1480-1528)
Assomption


Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 1, 39-56)

1
39  En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
40  Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
41  Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
42  et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
43  Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
44  Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
45  Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
46  Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
47  mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
48  Il s'est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
49  Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
50  Son amour s'étend d'âge en âge
sur ceux qui le craignent.
51  Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
52  Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
53  Il comble de bien les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
54  Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
55  de la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
56  Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.


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« Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ;Saint est son nom ! Son amour s'étend d'âge en âgesur ceux qui le craignent. » (Lc 1, 46, 50)

« Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ;Saint est son nom ! Son amour s'étend d'âge en âgesur ceux qui le craignent. » (Lc 1, 46, 50)

La foi : don gratuit - Homélie 19° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 

    Alors que l'Église fait mémoire d'Édith Stein (9 août), devenue sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, nous arrivons aujourd'hui au début du chapitre 9 des Romains. Les chapitres 9, 10 et 11 de la lettre de saint Paul aux Romains sont un casse-tête, une croix pour les exégètes. Dans ces chapitres, saint Paul traite d'un problème douloureux pour lui, personnellement, sur le plan affectif, et pour les théologiens aussi, sur le plan intellectuel. Il s'agit du mystère de la non acceptation de Jésus comme Messie par le peuple juif dans son ensemble.

    Dieu avait préparé les juifs  à la venue du Messie, avec beaucoup de patience, pendant près de 2000 ans. Pourtant, quand Jésus est venu, il a suscité la controverse et le rejet, plus que l'accueil chaleureux. Paul énumère tous les privilèges dont le Peuple Élu avait bénéficié en exclusivité tout au long de l'Ancien Testament. Il rappelle le rôle unique que Dieu avait imparti au Peuple d'Israel dans l'Histoire du salut, en le préparant progressivement à donner au monde son Sauveur. Mais ensuite il consacre le reste de ces chapitres à affronter la réalité mystérieuse de cette nation, qui, dans son ensemble, n'a pas reconnu ni accepté le Messie lors de sa venue.

    De nombreux Juifs l'ont accueilli, parmi lesquels saint Paul lui-même, la Vierge Marie aussi, et les autres Apôtres, mais pas la communauté des Israélites en tant que communauté. Pourquoi pas ? Dieu a-t-il été infidèle à ses promesses, a-t-il abandonné le Peuple Élu, n'aurait-il pas pu changer leurs coeurs ? Durant les dimanches à venir nous allons suivre les réflexions et les conclusions de l'auteur, mais déjà aujourd'hui nous pouvons voir une implication de cette mystérieuse réalité : la foi, la foi qui nous met dans une vraie relation avec Dieu, mais qui n'est pas quelque chose d'automatique, et qui relève de la responsabilité personnelle de chacun. Sinon, vu de l'extérieur, nous pourrions paraître proches de Dieu, mais en réalité très éloignés de lui.

    Ceci est une des raisons pour lesquelles plusieurs confessions chrétiennes non catholiques rejettent la pratique du baptême des petits enfants. Pour ces chrétiens, la foi est un engagement personnel à suivre Jésus Christ, et le baptême symbolise cet engagement. C'est pourquoi, pour eux, cela n'a pas de sens de baptiser un bébé, parce que celui-ci est incapable d'un engagement personnel. Ils oublient que la foi (et le baptême) est beaucoup plus qu'un "engagement personnel", bien que la foi (et le baptême) soit aussi cela ! La foi est d'abord, et surtout, un don de Dieu, un effet de la grâce de Dieu. C'est ce qui fait que la foi n'est pas une "auto-médication", une manière de se sauver soi-même.

    Jésus nous a sauvés alors que nous étions encore pécheurs, et c'est son amour sauveur qui change nos coeurs, et non pas l'inverse. Voilà pourquoi l'Église catholique baptise les enfants en bas âge : à cause de la générosité inconditionnelle avec laquelle Dieu nous offre le salut, non pas comme une récompense pour quelque chose que nous aurions accompli, mais uniquement grâce à son amour pour nous.

    Comme chaque sacrement, le baptême, c'est Dieu qui agit principalement, c'est lui qui s'engage, et non pas l'homme. C'est la même confusion qui règne à propos de la confirmation. Quand je demande ce qu'est la confirmation, la plupart du temps, la réponse est : c'est quand on confirme son baptême. "On", ici, c'est l'homme. Même chose pour le mariage : si les mariés oublient que c'est Dieu d'abord qui s'engage dans leur mariage, et non pas eux, il n'est plus question de la grâce. Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner que l'engagement des époux ne tienne pas la route.

    Les Évangiles nous rapportent que plusieurs parents demandaient à Jésus de venir guérir leurs enfants malades ou mourants, alors que ces enfants eux-mêmes n'avaient rien demandé. Eh bien, de la même manière les parents catholiques, en demandant le baptême pour leur nouveau-né, demandent à Dieu de venir donner à leur enfant ce don de la grâce, alors qu'ils sont trop petits pour le demander eux-mêmes. Les chrétiens non catholiques qui critiquent le baptême des petits enfants sont dans l'erreur. Ils oublient que l'amitié avec Jésus commence avec un don gratuit : la grâce de Dieu.

    Par contre, ils ont raison de critiquer les Catholiques qui ne s'attachent qu'à un rituel purement extérieur sans entretenir une relation personnelle avec Jésus, sans prendre leur place dans la communauté de l'Église. Des parents qui demandent le baptême pour leurs enfants, mais qui ne leur donnent pas l'exemple d'une vie chrétienne authentique, qui ne leur apprennent pas à prier, qui ne participent pas à la vie de leur paroisse et de la cité, etc ... ne font leur devoir qu'à moitié. Et nos frères chrétiens séparés ont raison alors de les rappeler à leur devoir. Si nous ne faisons rien pour développer personnellement la foi reçue au baptême, nous passerons inévitablement à côté de ce que Dieu a préparé pour nous dans son amour infini.

    Maintenant, il est possible que Dieu appelle certains d'entre nous à une intimité particulière avec lui, à une vocation particulière dans l'Église. Comme il l'a fait avec Élie dans la première lecture, et avec saint Paul lui-même, Dieu appelle certains à devenir des soldats spirituels dont la prière, le témoignage et le ministère protège et renouvelle constamment l'alliance conclue par Dieu avec son Peuple Élu, l'Église. Ce sont les prêtres, les missionnaires, les moines et moniales, religieux et religieuses, les laïcs consacrés ... qui sont autant de rappels pour les autres baptisés et pour le monde entier de l'amour que Dieu a pour chacun en particulier et de son action inlassable dans l'histoire des hommes.

    Si vous entendez cet appel - et cela peut être très jeune, dès l'âge de trois au quatre ans pour certains - n'attendez pas, ne doutez pas ! Allez trouver un prêtre, allez rencontrer le ou la responsable de telle communauté religieuse, de tel séminaire. Dieu atttend votre réponse ! Si elle est généreuse, Dieu ne se laissera pas vaincre en générosité. Et si vous en connaissez qui pensent être appelés par Dieu, priez pour eux, encouragez-les, soutenez-les. Et vous les parents, s'il s'agit de l'un (ou de plusieurs) de vos enfants, ne le(s) découragez jamais ! Cela peut être un sacrifice pour vous, surtout si Dieu les appelle dès leur plus jeune âge, mais, souvenez-vous, ces enfants ne vous appartiennent pas. Ils vous ont été confiés par Dieu et ils sont d'abord ses enfants à lui. Dieu vous les prête seulement; et s'il appelle votre fils ou votre fille à le suivre de plus près, lui-même prendra leur place dans votre famille, il vous bénira, car il est fidèle. Quant à vous tous, même si vous n'êtes pas appelés à consacrer votre vie à la prière et à l'apostolat, et si Dieu n'appelle aucun de vos enfants à lui donner leur vie d'une manière aussi radicale, vous devez néanmoins tous prier et servir, prendre une place active dans la vie de l'Église et de la société.

    Durant cette Eucharistie, comme lors de chaque messe, écoutons attentivement cette "voix d'un fin silence" (c'est la traduction du texte hébreu, rendu par la Septante par le "murmure d'une brise légère"), tout comme Élie, saint Paul, la Vierge Marie, dont nous allons célébrer l'Assomption dans quelques jours, pour que Dieu puisse parler à notre coeur sur la montagne où il nous a tous appelés. Et si notre foi est sur le point de sombrer, dans les tempêtes de ce monde, crions vers Jésus : 
« Seigneur, sauve-moi ! » 
 
« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

Lectures 19° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Premier livre des Rois (1R 19, 9a.11-13a)

19
09ai  Lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit.
11  La parole du Seigneur lui fut adressée : « Sors dans la montagne et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer. » A l'approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu'il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n'était pas dans l'ouragan ; et après l'ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre ;
12  et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n'était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d'une brise légère.
13a  Aussitôt qu'il l'entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne.
 


Psaume (Ps 84, 9ab-10, 11-12, 13-14)

R/ Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut
9a  J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ? +
9b  Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles ; *
10  Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

11  Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s'embrassent ;
12  la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

13  Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
14  La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 9, 1-5)

9
01i  Frères, j’affirme ceci dans le Christ, car c’est la vérité, je ne mens pas, et ma conscience m’en rend témoignage dans l’Esprit Saint.
02  J'ai dans le coeur une grande tristesse, une douleur incessante.
03  Pour les Juifs, mes frères de race, je souhaiterais même être maudit, séparé du Christ :
04  ils sont en effet les fils d'Israël, ayant pour eux l'adoption, la gloire, les alliances, la Loi, le culte, les promesses de Dieu ;
05  ils ont les patriarches, et c'est de leur race que le Christ est né, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement. Amen.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 14, 22-33)

14
22i  Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules.
23  Quand il les eut renvoyées, il se rendit dans la montagne, à l'écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.
24  La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
25  Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
26  En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils disaient : « C'est un fantôme », et la peur leur fit pousser des cris.
27  Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c'est moi ; n'ayez pas peur ! »
28  Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l'eau. »
29  Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
30  Mais, voyant qu'il y avait du vent, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »
31  Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
32  Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
33  Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
 
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« Seigneur, sauve-moi ! »

« Seigneur, sauve-moi ! »

Homélie pour la Transfiguration du Seigneur

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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La fête de la Transfiguration ne fut officiellement généralisée en Occident qu'au 15e siècle, en 1457, après la prise de Constantinople (1453), pour remercier Dieu de la victoire remportée sur les Turcs à Belgrade. 


Nos frères des Églises d'Orient célèbrent toujours la Transfiguration avec plus de ferveur que nous. D'une manière générale, d'ailleurs, on l'a remarqué, l'Église d'Occident met davantage l'accent sur l'imitation de Jésus dans sa souffrance, tandis que l'Église d'Orient vit davantage de la gloire de Jésus. Qu'il suffise d'évoquer deux figures emblématiques : d'une part François d'Assise ; d'autre part S. Séraphim de Sarov. De même que François a été configuré jusque dans sa chair au Christ souffrant par les stigmates visibles, de même Séraphim a été littéralement transfiguré dans son corps aux yeux de ses contemporains.

Mais Jean-Paul II nous a demandé d'apprendre à respirer de nos deux poumons : le poumon occidental et le poumon oriental. Il nous a lui-même indiqué la voie et nous a concrètement invités à nous imprégner fréquemment de la grâce de cet évènement en méditant le quatrième mystère lumineux du Rosaire.

Ce n'est pas uniquement pour imiter les chrétiens d'Orient ou par obéissance au Saint Père que nous devons nous hâter avec amour pour suivre Jésus sur la montagne. C'est avant tout par fidélité à l'Évangile. Comment ne pas être frappé par l'importance de ce récit dans les trois évangiles synoptiques ? La Transfiguration n'y apparaît pas seulement comme une coupure bienvenue dans le labeur apostolique, encore moins comme une occasion pour les tire-aux-flancs d'avoir une bonne excuse pour ne rien faire  Elle revêt une importance exceptionnelle qui a fait la joie de tous ceux qui se sont laissé attirer par sa lumière.

C'est chez S. Marc qu'elle est présentée de la manière la plus nette comme un véritable tournant dans la vie publique de Jésus : après la profession de foi de Pierre, Jésus annonce à ses disciples, pour la première fois, l'avenir de souffrance qui est le sien et les exigences du renoncement pour qui veut vraiment être son disciple. Vient ensuite le récit de la Transfiguration, puis la guérison de l'enfant épileptique et la deuxième annonce de la Passion. S. Marc nous montre ainsi que c'est celui qui, par notre manque de foi et notre rejet, va être défiguré dans la souffrance qui est transfiguré dans la gloire par le Père.

Là non plus, n'oublions pas l'héritage de Jean-Paul II qui a légué l'icône de la Transfiguration en quelque sorte comme un cadeau à toutes les personnes consacrées, en faisant remarquer que la Transfiguration n'est pas seulement une révélation de la gloire du Christ, mais une préparation à accepter sa Croix (Vita Consecrata 14).

Si la richesse des trois récits évangéliques de la Transfiguration est déjà tellement éblouissante qu'elle ne manque pas d'embarrasser les meilleurs exégètes, que dire de la réalité telle que l'ont vécue Pierre, Jacques et Jean, et tant d'autres à leur suite ? Et si la deuxième lettre de Pierre nous dit : Vous avez raison de fixer votre attention sur (la parole des prophètes), comme sur une lampe brillant dans l'obscurité... combien plus aurons nous raison de la fixer aujourd'hui sur l'évangile ! Contentons-nous modestement de porter notre attention sur les éléments propres à S. Marc.

Dans son récit, S. Matthieu met l'accent sur la voix du ciel qui veut nous faire comprendre que ce n'est plus le moment d'être disciple de Moïse, d'Élie ou d'un autre prophète, mais que c'est Jésus qu'il faut écouter. S. Luc insiste sur la nuée comme signe de la présence de Dieu et de la Gloire. S. Marc, lui, met l'accent sur la personne de Jésus, le Messie, dont la transfiguration en présence des trois disciples est comme le prélude et le gage de la Résurrection à venir. Mais même si nous voudrions demeurer dans la tente de la présence transfigurante de Jésus, elle nous échappe, et nous voici dans la frayeur et dans l'incompréhension : Il ne savait que dire tant était grande leur frayeur. S. Marc utilisera la même expression pour décrire la réaction de ces mêmes disciples sur au Mont des Oliviers (Mc 14, 40).

Il est aussi le seul à souligner : Personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. C'est comme s'il nous disait : soyons indulgents devant l'incompréhension des trois disciples, car ce qu'ils ont vu sort vraiment de l'ordinaire ; personne ne l'avait vu avant eux. Ils ont été les premiers !

Marc est aussi le seul à faire remarquer à la fin : Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

Et enfin : Ils restèrent fermement attachés à cette consigne (de ne raconter à personne ce qu'ils avaient vu... ), tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : "ressusciter d'entre les morts".
 

C'est à cause de toutes ces insistances propres à S. Marc que c'est son récit, comme celui de la Passion, qui nous secoue le plus. Devant tant de lumière, nous restons vraiment bien bêtes ababa, comme on dit en créole). La frayeur de Pierre, de Jacques et de Jean devient alors la nôtre, et c'est salutaire. Elle nous guérira de cette terrible maladie qui nous guette tous : celle d'être tellement habitués à entendre l'évangile, que nous ne savons même plus qui nous écoutons ; celle de répéter mécaniquement "Seigneur, Seigneur", alors que nous ne savons même plus ce que nous disons ; celle d'aller à la messe, "pour nous débarrasser du bon Dieu", comme le disait joliment le Curé d'Ars ; celle d'aller communier sans savoir qui nous recevons... et finalement celle de vivre sans savoir pourquoi et pour qui nous vivons.

 Harvey Cox a écrit que nous, chrétiens, nous avons tellement dilapidé l'héritage de la gloire du Christ que nous ne voyons plus qu'avec un regard éteint un Jésus au regard éteint. Une enquête menée aux États-Unis entre 2001 et 2005 auprès d'adolescents et de leurs parents a révélé que la soi-disant éducation chrétienne que la majorité des parents chrétiens transmettent à leurs enfants n'est plus qu'un vague déisme moralisateur, du style : "Si tu n'es pas sage, Jésus va te punir."

Alors, hâtons nous de prendre le remède indiqué par le psaume : Qui regarde vers lui resplendira sans ombre ni trouble au visage... Goûtez et voyez comme il est bon, le Seigneur ! Heureux l'homme qui s'abrite en lui ! Un long regard sur une icône de la Transfiguration (ou une autre), un temps d'adoration devant le Très Saint Sacrement, une dizaine de chapelet en méditant l'évangile : voilà autant de remèdes pour cette maladie qui fait tant de morts et de défigurés aujourd'hui. Comme le disait encore Jean-Paul II :

 

Ce n'est que dans une purification progressive de la connaissance de communion que l'homme et Dieu se rencontreront et reconnaîtront dans l'étreinte éternelle leur connaturalité d'amour jamais effacée (...) Il ne faut pas confondre cela avec un mysticisme obscur dans lequel l'homme se perd dans des réalités impersonnelles énigmatiques (...) C'est surtout en se laissant éduquer à un silence d'adoration que l'on peut approcher cette présence, car au sommet de la connaissance et de l 'expérience de Dieu, il y a sa transcendance absolue. Plus qu'à travers une méditation systématique, on y parvient à travers l'assimilation orante de l'Écriture et de la Liturgie (Orientale Lumen, 16).



 

Transfiguration du Seigneur - Année A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

PREMIÈRE LECTURE

« Son habit était blanc comme la neige » (Dn 7, 9-10.13-14)

Lecture du livre du prophète Daniel

La nuit, au cours d’une vision,
    moi, Daniel, je regardais :
des trônes furent disposés,
et un Vieillard prit place ;
son habit était blanc comme la neige,
et les cheveux de sa tête, comme de la laine immaculée ;
son trône était fait de flammes de feu,
avec des roues de feu ardent.
    Un fleuve de feu coulait, qui jaillissait devant lui.
Des milliers de milliers le servaient,
des myriades de myriades se tenaient devant lui.
Le tribunal prit place et l’on ouvrit des livres.


    Je regardais, au cours des visions de la nuit,
et je voyais venir, avec les nuées du ciel,
comme un Fils d’homme ;
il parvint jusqu’au Vieillard,
et on le fit avancer devant lui.
    Et il lui fut donné
domination, gloire et royauté ;
tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues
le servirent.
Sa domination est une domination éternelle,
qui ne passera pas,
et sa royauté,
une royauté qui ne sera pas détruite.


    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 96, 1-2, 4-5, 6.9)

R/ Le Seigneur est roi,
le Très-Haut sur toute la terre
 (Ps 96, 1a.9a)


Le Seigneur est roi ! Exulte la terre !
Joie pour les îles sans nombre !
Ténèbre et nuée l'entourent,
justice et droit sont l'appui de son trône.

 

Quand ses éclairs illuminèrent le monde,
la terre le vit et s'affola ;
les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur,
devant le Maître de toute la terre.

 

Les cieux ont proclamé sa justice,
et tous les peuples ont vu sa gloire.
Tu es, Seigneur, le Très-Haut sur toute la terre,
tu domines de haut tous les dieux.

DEUXIÈME LECTURE

« Cette voix venant du ciel, nous l’avons nous-mêmes entendue » (2 P 1, 16-19)

Lecture de la deuxième lettre de saint Pierre Apôtre

Bien-aimés,
    ce n’est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués
que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue
de notre Seigneur Jésus Christ,
mais c’est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur.
    Car il a reçu de Dieu le Père l’honneur et la gloire
quand, depuis la Gloire magnifique,
lui parvint une voix qui disait :
Celui-ci est mon Fils, mon bien-aimé ;
en lui j’ai toute ma joie.

    Cette voix venant du ciel,
nous l’avons nous-mêmes entendue
quand nous étions avec lui sur la montagne sainte.
    Et ainsi se confirme pour nous la parole prophétique ;
vous faites bien de fixer votre attention sur elle,
comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur
jusqu’à ce que paraisse le jour
et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs.


    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 1-9)

Alléluia. Alléluia. 
Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le !
Alléluia. (Mt 17, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

          En ce temps-là,
  Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
  Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
  Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui.
  Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
  Il parlait encore,
lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! »
  Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre
et furent saisis d’une grande crainte.
  Jésus s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
  Levant les yeux,
ils ne virent plus personne,
sinon lui, Jésus, seul.
  En descendant de la montagne,
Jésus leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts. »

          – Acclamons la Parole de Dieu.

Transfiguration du Seigneur - Année A

Grands vainqueurs ! - Homélie 18° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 

“Malheureusement beaucoup de catholiques ne connaissent rien d’autre de saint Paul que les extraits tirés de ses Lettres qui sont proclamés le dimanche en deuxième lecture à la messe. Ces textes, sortis de leur contexte, ne laissent pas beaucoup de trace dans la mémoire de ceux qui les écoutent, et encore moins dans leur façon de vivre. Cette année jubilaire (de saint Paul) devra donc être, avant tout et pour nous tous, l'occasion de relire ou de lire les Actes des Apôtres et les Lettres de saint Paul”.

    C’est ce que recommandait Son Exc. Mgr Hubert Coppenrath, Archevêque de Papeete (Tahiti), dans les colonnes du périodique catholique polynésien Le Semeur Tahitien” en parlant de l’Année paulinienne (
28 juin 2008 - 29 juin 2009).

    Les quelques versets de la Lettre de saint Paul aux Romains de la
deuxième lecture de ce dimanche sont parmi les plus mémorables qu'il ait jamais écrits. Il estime qu'aucune puissance de l'univers n'est capable de nous séparer de l'amour du Christ. En d'autres mots, Dieu, qui connaît chacun de nos péchés et chacune de nos inclinations au péché (que nous-mêmes, nous ignorons la plupart du temps) ne cesse jamais de nous aimer !

    Mais ce n'est pas tout. Suit une liste impressionnante de souffrances et de calamités, comme, par exemple la guerre, la faim, l'injustice, la mort, la misère, la peur et la dépression. Et il proclame que l'amour de Dieu est plus fort que toutes ces horreurs, hélas quotidiennes et banalisées dans notre monde de péché.

    Remarquez que saint Paul ne blâme pas Dieu pour ces tragédies, pour ces souffrances. Il ne lève pas la main contre Dieu en disant : "Seigneur, pourquoi permets-tu tout cela ?", ou bien :  "Si tu existais, tout cela n'arriverait pas !", ou bien encore : "Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu ?". Dans sa sagesse, saint Paul comprend que même les plus innocents, les plus saints parmi le peuple, sont non seulement affectés mais infectés par le péché.

    Mais ce qui importe avant tout, plus que la souffrance, c'est que Dieu nous aime avec fidélité. Le démon veut se servir de la souffrance et du mal pour nous éloigner de Dieu et pour nous entraîner dans l'amertume, le désespoir, l'égocentrisme et la dureté de coeur. Un chrétien saura se déjouer de ces pièges. Il sait que les souffrances en ce monde sont temporaires, que la gloire attend ceux qui persévèrent jusqu'au bout avec le Christ par-delà le Vendredi Saint jusqu'au Dimanche de Pâques. C'est ainsi qu'un chrétien, confronté à la souffrance, ne répond pas au mal par la vengeance mais par l'amour, à la souffrance non par le désespoir, mais par la persévérance, par l'espérance, dans les pas du Seigneur, qui lui donne part à sa victoire sur le mal :

"Oui, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés."

    Il y a eu, dans l'histoire de la basilique de Saint-Paul-hors-les-murs à Rome, un évènement hautement symbolique qui illustre bien cette vérité.  Il y a bientôt deux cents ans, cette magnifique basilique a été entièrement détruite par un incendie. C'est de cette basilique que notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a vait ouvert l'année paulinienne. Après l'incendie de 1823, elle a été entièrement reconstruite au-dessus du tombeau de saint Paul. Le feu avait commencé dans la toiture, faite de grosses poutres de bois. Un ouvrier qui était en train de réparer les poutres à l'intérieur de la basilique a renversé sa lanterne à huile. Rapidement le feu s'est répandu et a transformé l'édifice en un four géant. La température était si élevée que les grosses colonnes de marbre qui soutenaient la toiture ont éclaté et se sont écrasées. En l'espace de quelques heures l'antique basilique était réduite en un tas de ruines fumantes. Elle avait résisté à des tremblements de terre, aux invasions des barbares et aux inondations pendant quatorze siècles. La voilà maintenant anéantie, sauf ...

    Comme dans beaucoup de basiliques antiques, dans la basilique Saint-Paul il y avait un grand arc de triomphe au-dessus de l'autel, et sur cette arche une mosaïque du Christ en gloire, entouré d'anges, de saints, de martyrs. Quand la fumée s'est enfin dissipée et que l'on commençait à voir un peu clair dans ce tas de ruines l'on s'est aperçu avec étonnement que l'arc était resté debout, solide et inébranlable, au beau milieu des ruines, comme pour rappeler au monde entier que, quelles que soient les tragédies qui s'abattent sur cette terre, l'amour du Christ n'abandonne jamais les hommes, que cet amour, tel un puissante colonne, soutiendra l'Église de l'Eucharistie jusqu'à l'heure de la victoire finale sur la souffrance, la mort et toute forme de mal.

    Cela ne veut pas dire que nous sommes censés aimer les souffrances et les catastrophes qui s'abattent sur le monde, et dont nous avons tous notre part. Cela signifie simplement que dans le Christ, par l'assurance que nous avons de son amour tout-puissant, nous sommes à même de souffrir avec dignité et noblesse, sachant que cette souffrance a un sens. Chaque chrétien prie comme en écho la prière de Jésus à Gethsémani :


"Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux." (Mt 26, 39)

    Quand tout va bien, c'est facile de croire que rien ne peut nous séparer de l'amour de Dieu. Mais quand les malheurs s'abattent sur nous, notre foi est mise à rude épreuve. Il importe donc de nous y préparer, comme les sportifs se préparent pour la Coupe du Monde, le tour de France (et de la Martinique), des yoles rondes, ou pour les Jeux Olympiques.

    Saint Paul y fait explicitement allusion :

"Vous savez bien que, dans les courses du stade, tous les coureurs prennent le départ, mais un seul gagne le prix. Alors, vous, courez de manière à l'emporter. Tous les athlètes à l'entraînement s'imposent une discipline sévère ; ils le font pour gagner une couronne de laurier qui va se faner, et nous, pour une couronne qui ne se fane pas. Moi, si je cours, ce n'est pas sans fixer le but ; si je fais de la lutte, ce n'est pas en frappant dans le vide. Mais je traite durement mon corps, et je le réduis en esclavage, pour ne pas être moi-même disqualifié après avoir annoncé aux autres la Bonne Nouvelle." (1 Co 9, 24-27)

    Les chasseurs de talents, que ce soit dans le domaine du sport ou de l'art, l'ont compris : il importe de commencer jeune, même très jeune, mais progressivement. Alors, ce que je vais dire, cela regarde aussi les enfants, sans excès, bien sûr, pour eux comme pour nous !

    Le premier entraînement consiste à faire chaque jour des petits sacrifices en les unissant au grand sacrifice du Christ sur la Croix. Ceci nous apprendra à voir les choses comme Jésus les voit et à trouver la présence du Seigneur même dans les ténèbres de la souffrance. L'idée est très simple : trouver quelque chose à offrir à Jésus comme un petit cadeau, tout comme lui a choisi la Croix par amour pour nous. Par exemple, éteindre la radio ou la télévision pendant quelques minutes, ou boire de l'eau plate au lieu d'une boisson gazeuse ou d'un verre de vin au déjeuner.

    Le deuxième exercice consiste à fortifier notre coeur en allant vers ceux qui, comme nous, connaissent la souffrance, pour les aider à porter leur croix. Nous avons facilement tendance à nous isoler des autres quand ils souffrent (et quand nous souffrons nous-mêmes). Mais ce n'est pas notre vocation. Notre vocation est d'être comme le Christ, qui a franchi la distance entre le ciel et la terre pour nous réconforter, nous fortifier et nous sauver. Si nous avons des membres de notre famille ou des personnes de notre entourage qui sont âgés ou malades, nous devons les entourer avec amour, prendre soin d'eux et les encourager. Quand des amis, des collègues, des copains d'école encaissent des coups durs, nous devrions être les premiers pour être à leurs côtés, pour qu'ils sachent que Dieu ne les a pas abandonnés et ne les abandonnera jamais.

    Troisième exercice, et non le moindre : rester joyeux dans nos épreuves. Quand un sportif ou une équipe de sportifs gagne un championnat ou une épreuve, ils éxpérimentent la joie de la victoire. Mais dans ce monde déchu, ces victoires sont éphémères et après de grands triomphes on peut connaître des échecs retentissants. Et même au lendemain d'un succès, on aspire à remporter d'autres victoires. Telle yole pourra bien remporter quatre ou cinq victoires d'étape, si elle n'a pas la victoire finale, l'équipage sera frustré et aura des regrets. Un champion de la Martinique voudra devenir champion de France, et un champion de France voudra être champion d'Europe, voire du monde. Un champion du monde ne sera pas heureux s'il ne peut pas devenir champion olympique. Et celui qui est tout cela, il ne le sera pas toujours. Le jour viendra ou un 'jeune loup" le détrônera. Cela ne vaut pas que pour les sportifs. Même la joie terrestre la plus grande, celle d'aimer et d'être aimé, est éphémère, parfois à cause d'une infidélité, toujours par la mort. Voilà pourquoi les joies terrestres, même les plus nobles et les plus intenses, sont des sentiments qui passent.

    La joie chrétienne, elle, est plus qu'un sentiment. C'est une vertu (du latin 'virtus' = force). Elle est fondée sur cette assurance que rien, absolument rien, ne peut nous séparer de l'amour du Christ. Lui ne sera jamais infidèle. Il ne mourra jamais. Il est toujours avec nous pour nous aimer. Voilà pourquoi la joie d'être aimé par lui ne passera jamais. Voilà pourquoi les saints sont dans la joie, même au milieu des épreuves les plus douloureuses. Voilà pourquoi les martyrs rayonnent de joie au moment de leur exécution. Ils savent que l'amour du Christ est plus fort que tout mal et plus durable que toute souffrance.

    Au cours de cette eucharistie, Jésus va renouveler concrètement cet amour pour chacun de nous dans la Sainte Communion, dont le miracle des pains de
l'évangile n'est qu'un signe annonciateur. Ne manquons pas de lui rendre grâce, et demandons-lui d'augmenter notre foi en lui, pour que nous puissions vivre et répandre dans ce monde en détresse le feu brûlant de la vraie joie chrétienne, la joie de la victoire finale.
 
Grands vainqueurs ! - Homélie 18° dimanche du Temps Ordinaire A
Grands vainqueurs ! - Homélie 18° dimanche du Temps Ordinaire A

Lectures 18° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre d'Isaïe (Is 55, 1-3)

55
01  Vous tous qui avez soif, venez, voici de l'eau !
Même si vous n'avez pas d'argent, venez acheter et consommer,
venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer.
02  Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas,
vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?
Écoutez-moi donc : mangez de bonnes choses,
régalez-vous de viandes savoureuses !
03  Prêtez l'oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez.
Je ferai avec vous une Alliance éternelle,
qui confirmera ma bienveillance envers David.
 



Psaume (Ps 144, 8-9, 15-16, 17-18)

R/ Tu ouvres la main : nous voici rassasiés
08  Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
09  la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses oeuvres.

15  Les yeux sur toi, tous, ils espèrent :
tu leur donnes la nourriture au temps voulu ;
16  tu ouvres ta main :
tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.

17  Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu'il fait.
18  Il est proche de ceux qui l'invoquent,
de tous ceux qui l'invoquent en vérité.



Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 8, 35.37-39)

8
35i  Frères, qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le supplice ?
37  Oui, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés.
38  J'en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l'avenir,
39  ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 14, 13-21)

14
13i  Jésus partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
14  En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de pitié envers eux et guérit les infirmes.
15  Le soir venu, les disciples s'approchèrent et lui dirent : « L'endroit est désert et il se fait tard. Renvoie donc la foule : qu'ils aillent dans les villages s'acheter à manger ! »
16  Mais Jésus leur dit : « Ils n'ont pas besoin de s'en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
17  Alors ils lui disent : « Nous n'avons là que cinq pains et deux poissons. »
18  Jésus dit : « Apportez-les moi ici. »
19  Puis, ordonnant à la foule de s'asseoir sur l'herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule.
20  Tous mangèrent à leur faim et, des morceaux qui restaient, on ramassa douze paniers pleins.
21  Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.


 
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Ils n'ont pas besoin de s'en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger.

Ils n'ont pas besoin de s'en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger.

Départ pour les vacances sur l'autoroute du bonheur ! - Homélie 17° dimanche du Temps Ordinaire

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)


    C'est encore un extrait très bref mais dense du chaptre 8 de la lettre de saint Paul aux Romains que nous venons d'entendre. Dimanche dernier nous nous sommes rappelés que l'Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, notamment dans la prière, car "nous ne savons pas prier comme il faut". Aujourd'hui, saint Paul nous assure que Dieu fait tout contribuer au bien des hommes, s'ils aiment Dieu.

    Si nous nous contentons d'une lecture superficielle, cela pourrait nous faire penser à tort que la vie chrétienne est une vie sans problèmes, comme une autoroute tracée d'avance à travers un paysage merveilleux vers un pays de rêve. Bonnes vacances ... Oui, mais ... Il suffit de relire ce qui précède au chapitre 8 pour se rendre compte que ce n'est pas vrai. Quand saint Paul dit que Dieu fait "tout" contribuer au bien de ceux qui l'aiment, ce "tout", c'est, dans l'immédiat (le temps présent), surtout des évènements ou des situations qui sont l'occasion de beaucoup de souffrances et d'angoisses :

"J'estime qu'il n'y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous" (v. 18).
"Nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance ... Et elle n'est pas la seule. Nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance" (v. 22.23).

    Plus loin, il cite le psaume 44, 23, qui dit :

"C'est pour toi qu'on nous massacre sans arrêt, on nous prend pour des moutons d'abattoir" (v. 36).

    Nous vivons à une époque où tout une légion de marchands de bonheur (les apôtres de la "prosperity theology" notamment) nous promet le succès dans la facilité, par des méthodes "sans peine", et pas seulement pour l'apprentissage des langues étrangères. Ce sont des menteurs. Saint Paul n'est pas de ceux-là ! Il n'est pas non plus celui qui broie du noir. Il nous parle d'espérance :

"Car nous avons été sauvés, mais c'est en espérance ; voir ce qu'on espère, ce n'est plus espérer : ce que l'on voit, comment peut-on l'espérer encore ? Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec persévérance" (v. 24-25).

    Il y a 150 ans, la Vierge Marie promettait à la petite Bernadette de la rendre heureuse, "non pas en ce monde, mais dans l'autre". Toutes les épreuves qu'elle a connues sur terre, sa maladie, les persécutions, les incompréhensions, les moqueries, mais surtout la souffrance de ne plus voir celle qu'elle avait vue ..., tout cela, le Seigneur l'a fait contribuer à son bien, et ce bien, Bernadette l'a attendu avec persévérance.

 
 

    Puisque, dans l'évangile, nous sommes dans les paraboles, voici une parabole de saison, une parabole des temps modernes :

    Le Royaume de Dieu est semblable à une famille du nord de la France qui part en vacances à la Côte d'Azur. Les jours précédant le départ ont été très stressants. Il fallait que tout soit près, et il y avait encore tant à faire. Voilà enfin arrivé le grand jour tant attendu ! Tous les bagages sont chargés, les enfants installés. Au début tout va bien. Quelle chance de pouvoir partir. Quel soulagement ! Seulement, voilà, on l'avait oublié : ce jour-là, Bison futé voyait rouge. Avec des centaines de kilomètres de bouchons, la route n'en finit pas. Les nerfs, déjà fatigués, sont mis à rude épreuve. Un moment d'inattention ... On a failli louper une bretelle d'autoroute. On a même frôlé l'accident ! Une pause s'impose. Il faut faire le plein de carburant. Le chauffeur doit se reposer, les enfants se dégourdir les jambes. Madame en profite pour lancer un petit coup de fil à ses parents :

- Allo maman ?
- Vous êtes déjà arrivés ?
- Oh non ... nous sommes encore très loin ... Il y a plein d'embouteillages ! On n'avance pas ... Mais, tant pis, on est content. C'est les vacances !

 
http://terresacree.org/images/embouteillages3.jpg

"Frères, nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour.
Ceux qu'il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l'image de son Fils, pour faire de ce Fils l'aîné d'une multitude de frères.
Ceux qu'il destinait à cette ressemblance, il les a aussi appelés ; ceux qu'il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu'il a justifiés, il leur a donné sa gloire."

    Nous connaissons la (pré)destination. Mais la route de la transformation à l'image du Fils crucifié et ressuscité est encore longue. En attendant, être dans les bras de la Providence, c'est déjà les vacances, même si on n'est pas encore arrivé ! Bonne route avec la sagesse de Salomon et la joie de l'homme qui a trouvé un trésor caché !
Départ pour les vacances sur l'autoroute du bonheur ! - Homélie 17° dimanche du Temps Ordinaire
Départ pour les vacances sur l'autoroute du bonheur ! - Homélie 17° dimanche du Temps Ordinaire
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