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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Quand s'installe l'erreur, que nous proclamions la vérité - Homélie 24° dimanche du TOB

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Qui donc est Jésus?

Qui donc est Jésus?

       Avec l’'évangile de S. Marc, nous franchissons aujourd’hui une étape décisive dans le cheminement de la foi comme réponse à la question : Qui donc est Jésus ? La réponse, il ne suffit pas de la réciter du bout des lèvres. Souvenez-vous : Ce peuple m'’honore des lèvres, mais son coeœur est loin de moi (Mc 7, 6). Ce n'’est pas seulement le "par cœoeur" d'’une formule récitée, c’'est le "par cœoeur" d'’une vie donnée que le Seigneur attend de nous. D'’où l'’importance de la mise au point de Jésus dans la deuxième partie de l’'évangile de ce dimanche.

       J’'aime beaucoup la manière dont S. Marc commence son Évangile, comme sur des chapeaux de roue, en "pole-position", en écrivant, dès le premier verset : Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le fils de Dieu. Rivaliser avec Ralph Schumacher ou Lewis Hamilton sur un circuit de Formule 1, ce n’'est pas donné à tout le monde, mais croire dans le sillage de S. Marc, c’'est un don de Dieu pour tous. À condition de se souvenir que la foi, c’'est comme la Bible (cf. homélie : L'’ÉVANGILE FRAIS OU EN CONSERVES) : elle ne se laisse pas couper en petits morceaux, et si on le fait quand même, on n'’y comprend plus rien. La foi, c'’est à prendre ou à laisser. Elle n’'est pas la conclusion d’'un raisonnement, ni le résultat d'’une enquête d'’opinion. Elle n’'est pas objet de discussion ; elle ne se laisse pas négocier. Pour qui prenons-nous le Seigneur ? Il vient pour nous sauver, et nous, qui sommes dans le pétrin du péché, nous irions lui imposer des conditions et des négociations, comme ces séminaristes, qui, dans un élan soudain de zèle intellectuel, avaient organisé un carrefour sur les anges, pour arriver à la conclusion ... qu'’ils n’'existent pas ?

       C'’est ainsi qu'’à la fin de l'’évangile, S. Marc nous montre la foi du centurion comme étant le modèle de la foi du chrétien : Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ! (15, 39) Ce centurion était un païen. Et voilà qu'’en voyant Jésus mourir sur une croix, il fait sa profession de foi. Admirable !

       Pourtant, au chapitre 8, la foi des Douze, eux qui étaient avec Jésus depuis déjà un certain temps, cette foi que proclame Simon-Pierre dans l’'évangile d'’aujourd’'hui, n’'en est pas encore là. S. Marc nous montre là tout un cheminement, un itinéraire avec des étapes successives. Mais ce cheminement se distingue nettement de celui de la foule, d’'une part, et des opposants de Jésus (Hérode, les pharisiens, les scribes), d'’autre part.

       Tous sont mis devant une question qui les taraude, inévitable : Qui donc est Jésus ? Cette question est déjà posée au chapitre 6 (v.14-16) :
 
Comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait : "C’'est Jean le Baptiste qui est ressuscité d’'entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles". Certains disaient : "C'’est le prophète Élie". D'’autres disaient encore : "C'’est un prophète comme ceux de jadis." Hérode entendait ces propos et disait : "Celui que j’'ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité !"
 

       Vous y reconnaissez sans peine la réponse à la première question de Jésus dans l’'évangile d’'aujourd’'hui au chapitre 8. C'’est ce qu’'on appelle une inclusion.
 
"L'’inclusion sémitique est un procédé littéraire par lequel une même pensée est exposée en formules fortement semblables, au début et à la fin d’'une ou de plusieurs péricopes ; elle limite ainsi clairement le début et la fin d’'une unité littéraire." (H. Van de Bussche)
 
Par ce procédé de l’'inclusion, S. Marc nous fait comprendre que c’'est bien la grande question qui se pose en cette section des pains. Se distinguant nettement des opinions courantes, la foi de Pierre et des Douze n’'est pas une foi qui jaillit comme un geyser (la foi du centurion), mais une foi que se développe lentement, par étapes successives.

       Voici, dans la bouche de Jésus, quelques expressions significatives :
 

- Écoutez-moi tous et comprenez bien… (7, 14) ;
- Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'’écoutez pas ? Vous ne vous rappelez pas ?… (8, 18).
- Vous ne comprenez pas encore ?… (8, 21) ;
 

       Ces incompréhensions s’'enracinent finalement dans les coeœurs :
 
- Ils n’'avaient pas compris la signification du miracle des pains : leur cœoeur était aveuglé… (6, 52) ;
- Ce peuple m'’honore des lèvres, mais son coeœur est loin de moi… (7, 6) ;
- Anisi, vous aussi, vous êtes incapables de comprendre ? (7, 18) ;
- C’'est du dedans, du cœoeur de l'’homme, que sortent les pensées perverses…. (7, 21) ;
- Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain ? Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le coeœur aveuglé ? (8, 17).
 

       Cette lenteur dans le cheminement de la foi chez les uns, cet endurcissement aussi, ce refus de croire chez d’autres, ces différentes attiudes, S. Marc les présente comme un miroir dans lequel les chrétiens de sa communauté à Rome pouvaient se reconnaître, un miroir dans lequel nous aussi, nous pouvons nous regarder nous-mêmes, pour peu que nous acceptions de nous remettre en cause. Dans cette ligne, permettez-moi de vous soumettre trois questions.

       La première, c’'est : Ce Jésus que je rencontre dans l’'Eucharistie du dimanche, qui est-il ? Qui est-il pour les hommes ? Qui est-il pour moi : le même, ou quelqu’'un d'’absolument unique ? Autrement dit : ma foi en Jésus-Eucharistie se distingue-t-elle résolument des opinions courantes et à la mode, même si elle n’'est pas encore parfaite ?

       La deuxième : Quel est mon cheminement dans cette foi ? Cette foi grandit-elle, lentement sans doute, mais sûrement ? Ou bien, devient-elle de plus en plus tiède et diluée, du bout des lèvres ?

       La troisième : Qu'’est-ce que je fais pour grandir dans "l'’intelligence de la foi" ?

       Je ne crois pas dans la mesure où je comprends, c’'est entendu ; car c’'est une mesure bien trop étroite pour Dieu. Il serait plus exact de dire que je comprends dans la mesure où je crois. Car comprendre n'’est tout de même pas contraire à la dignité de l'’homme, que je sache. Ne pas agir conformément à la raison est contraire à la nature de Dieu. C'’est ce que Benoît XVI n'a cessé de nous rappeler.

       La foi chrétienne trouve son origine en Orient, mais elle n'’a pu se développer que grâce à la rencontre avec la philosophie grecque. Benoît XVI, lors de son voyage en Bavière, avait cité Théodore Khoury, théologien à Münster qui a édité une partie du dialogue de l'’empereur byzantin Michel Paléologue avec un Persan cultivé sur le christianisme et l’'islam et sur la vérité de chacun d’eux. C’'était vers la fin du 14e siècle. Dans ce contexte, Khoury cite une œoeuvre du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui explique que Ibn Hazn va jusqu'à déclarer que Dieu ne serait pas même lié par sa propre parole et que rien ne l'obligerait à nous révéler la vérité. Si cela était sa volonté, l'homme devrait même pratiquer l'idolâtrie.

       Selon cette présentation de la foi de l'’islam, il n'’y a rien à comprendre à Dieu. Il n'’y a qu'’à croire, et puis c’'est tout. Or, cette vision de la foi, non seulement Benoît XVI n'’a jamais dit qu'’elle était celle de tout musulman, mais il a ajouté qu'’elle s’'est infiltrée dans la foi des chrétiens. Benoît XVI fait remarquer que, depuis la fin du Moyen Age jusqu'’à aujourd'’hui, en passant par la Réforme protestante et les Lumières, des tendances se sont développées dans la théologie catholique qui rompaient la synthèse entre esprit grec et esprit chrétien. Et il ajoute :

"En opposition à cela, la foi de l'Eglise s'est toujours tenue à la conviction qu'entre Dieu et nous, entre son Esprit créateur éternel et notre raison créée, il existe une vraie analogie dans laquelle — comme le dit le IVe Concile du Latran en 1215 — les dissemblances sont certes assurément plus grandes que les ressemblances, mais toutefois pas au point d'abolir l'analogie et son langage. Dieu ne devient pas plus divin du fait que nous le repoussons loin de nous dans un pur et impénétrable volontarisme, mais le Dieu véritablement divin est ce Dieu qui s'est montré comme logos et comme logos a agi et continue d'agir plein d'amour en notre faveur. Bien sûr, l'amour, comme le dit Paul, "dépasse" la connaissance et c'est pour cette raison qu'il est capable de percevoir davantage que la simple pensée (cf. Ép 3, 19), mais il demeure l'amour du Dieu-Logos, pour lequel le culte chrétien est, comme le dit encore Paul logikè latreia —: un culte qui s'accorde avec le Verbe éternel et avec notre raison (cf. Rm 12, 1)."


       Cette partie de son discours, personne n’'y a prêté attention, évidemment, et c’'est pourtant là que nous sommes personnellement concernés.
 
         Toutes ces réflexions peuvent paraître très éloignées de l'’horizon de notre foi de tous les jours. Détrompez-vous. Car cette tendance à vouloir dénier à la foi son caractère raisonnable s’'est infiltrée dans les conceptions de beaucoup, sans même qu'’ils s’'en aperçoivent. Quand on dit : "Je crois en Dieu, mais je ne sais pas Dieu", comme je l’'ai lu sous la plume d'’une dame qui se présente comme catholique engagée dans un mouvement d’'Église, alors on s’'engage tête baissée dans un divorce entre foi et raison, sans en mesurer les conséquences désastreuses.
 
        Une de ces conséquences, c’'est que l’'on n’a plus aucune base solide pour témoigner de sa foi dans un dialogue inter-religieux franc et serein. On en est réduit alors à dire que Dieu se chargera bien lui-même de ce travail en temps voulu, qu'’il n'’y a qu'’à lui faire confiance, et tout cela au nom de la charité chrétienne, dont l’'institution de l’'Église catholique n'’a décidément rien compris. "Face à l’'erreur, la première charité est de dire la vérité" , disait quelqu'’un qui n’'est pas encore contaminé par le virus du fidéisme. C’'est ce que dit aussi cette prière bien connue, faussement attribuée à S. François d’Assise, mais reprise dans la Liturgie des Heures : "Quand s’'installe l’'erreur, que nous proclamions la vérité".

       Dans la deuxième partie de l'’évangile, Jésus, qui a dit face au païen Pilate : Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix (Jn 18, 37), ce même Jésus nous rappelle que cela ne peut se faire qu’'au prix de sa vie. Tu es le Messie, disait Pierre. Nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens, précise Paul (1 Co 1, 23). C'’est ce que nous sommes tous appelés à faire en Église.
Quand s'installe l'erreur, que nous proclamions la vérité - Homélie 24° dimanche du TOB

Des amis pour suivre Jésus - Homélie 24° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

 

Ma foi est-elle morte ou vivante ? C’est une question qui dérange, mais le Seigneur nous la pose dans la deuxième lecture. Saint Jacques nous explique que si quelqu’un croit vraiment en Jésus Christ, cette personne va suivre Jésus en aimant Dieu et son prochain, comme Jésus nous l’a commandé. Nous sommes tous là aujourd’hui parce que nous croyons en Jésus Christ, son Eglise et ses enseignements. Donc nous pouvons tous dire que notre foi est vivante, n’est-ce pas ? Pas trop vite ! La lettre de saint Jacques s’adresse à des croyants qui allaient à la messe chaque dimanche. Et pourtant il les met en garde contre le danger d’une foi morte. Ceci devrait nous faire réfléchir.


Le curieux dialogue de l’Evangile de ce jour nous incite aussi à la réflexion. D’un côté saint Pierre professe sa foi en Jésus, en l’appelant le Christ. Jésus semble enchanté de cette réponse, en lui donnant raison. Il semblerait donc que la foi de Pierre est vivante. Mais dès que Jésus explique que pour s’acquitter de sa mission de Sauveur, il devra être rejeté, souffrir, puis mourir, Pierre se rebiffe. La réplique de Jésus est sévère qui stigmatise Pierre pour son manque de foi ! Pierre avait la foi, mais sa foi n’était pas aussi vivante qu’il n'y paraît.. Il voulait bien suivre Jésus accomplissant des miracles et prêchant devant des foules nombreuses, mais pas sur la croix. Sa foi n’était pas tout à fait morte, mais pas non plus aussi vivante qu’il le faudrait.


Ne disons donc pas trop rapidement que notre foi à nous est vivante. Une foi forte, mature, celle qui nous remplit d’une joie et d’une sagesse chrétiennes authentiques ne peut s’acquérir que par la fidélité dans les épreuves. La foi qui ne produit pas des œuvres de fidélité est morte.

 

 

La bienheureuse Mère Teresa est un exemple éloquent de quelqu’un qui a montré sa foi dans sa manière de vivre et à travers ce qu’elle faisait, et non pas seulement à travers ce qu’elle disait. Elle a été souvent accusée de prosélytisme, de forcer les pauvres et les mourants en Inde, en majorité hindouistes, à devenir catholiques. Il y a eu – et il y a toujours - des conversions parmi les gens dont le sœurs s’occupent, mais pas parce qu’ils était forcés ou trompés. Ils ont été – et ils sont toujours – gagnés au Christ par la sincérité et la gentillesse des soins prodigués par les sœurs. Ces sœurs croient exactement la même chose que nous, que chaque être humain, quelle que soit sa taille ou sa santé, est créé à l’image de Dieu et aimé par lui. Et elles témoignent de cette foi par leurs actions.


 

La premier hôpital de Mère Teresa était un ancien abri pour des pèlerins hindous. Elle l’a transformé en un hôpital pour les pauvres et les mourants. Mais les dirigeants hindous de l’endroit n’étaient pas contents du tout de voir qu’un ancien abri pour pèlerins était devenu un refuge pour les pauvres et les mourants, devenant ainsi à leurs yeux un lieu de prosélytisme catholique. Ils suspectaient les sœurs d’y baptiser en cachette des hindous et des musulmans. Des bandes d’hindous hostiles harcelaient les sœurs lorsque celles-ci faisaient des tournées dans les taudis de Calcutta pur ramasser les mourants dans les égouts. Des gens du voisinage jetèrent des bâtons, des pierres et toute sorte de saleté sur les sœurs au moment où celles-ci portaient leurs pauvres patients. Finalement un commissaire de police a fait fermer l’hôpital.


Alors Mère Teresa l’a invité. Il est venu et il a vu le sol plein de pauvres malades et de mourants. Il a pu observer les sœurs à genoux auprès de tous ces gens abandonnés, non pour leur prêcher, mais pour soigner leurs plaies et pour les nourrir. Elles communiquaient leur foi, mais pas par les astuces de l’argumentation, mais uniquement par un amour désintéressé. Le commissaire abasourdi et sorti pour disperser la foule en colère, leur disant qu’il n’arrêterait Mère Teresa que si les gens du voisinage persuadaient leurs épouses et leurs sœurs de poursuivre le travail commencé par les religieuses.


Si nous avons une foi vivante en Jésus Christ, une foi qui a un impact réel sur notre manière de vivre, alors nous ferons davantage l’expérience de la signification profonde de la vie que Dieu désire nous donner. Alors la question que nous devons nous poser est celle-ci : que faire pour garder notre foi vivante et pour grandir dans la foi ?


Les auteurs spirituels de toutes les époques sont d’accord pour dire que cela est pratiquement impossible si nous n’avons pas au moins un ou deux ami(e)s qui sont vraiment engagés dans la foi catholique. L’amitié chrétienne est une des plus grandes joies de la vie. Aristote disait déjà que l’amitié, c’est une âme en deux corps. Un véritable ami, c’est quelqu’un qui nous connaît et nous estime. Etre connu et estimé, ce sont deux besoins parmi les plus profonds de l’âme humaine. Des amis s’encouragent mutuellement à la poursuite d’un objectif commun. Demandez à des sportifs de haut niveau s’ils auraient pu battre des records sans le soutien d’un autre champion. Deux artistes amis se stimuleront l’un l’autre pour atteindre un niveau qu’ils n’auraient jamais pu atteindre chacun séparément. Comme le dit l’Ecclésiastique (Si 6, 17), « tel on est, tel est l’ami qu’on a ».


Donc si nous voulons vraiment garder une foi robuste, nous ferons tout pour construire des amitiés avec des personnes qui ont les mêmes priorités, en évitant soigneusement celles qui risqueraient de nous en éloigner. La crainte de Dieu doit être le ciment d’une amitié authentique, dit la BJ en note du passage cité. Nous pouvons faire cela en étudiant ensemble la Bible ou le catéchisme, en priant en commun, en s’engageant dans des activités inspirées par la foi ensemble…


L’amitié la plus importante pour notre vie est bien sûr notre amitié avec Jésus Christ. Aujourd’hui, au moment où nous renouvelons cette amitié dans l’eucharistie dominicale, faisons le point sur nos autres amitiés pour voir dans quelle mesure notre foi est réellement vivante.

Lectures 24° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Prophétie du Serviteur souffrant (Is 50, 5-9a)

 
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Lecture du livre d'Isaïe

Parole du Serviteur de Dieu : Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé.
J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe. Je n'ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats.
Le Seigneur Dieu vient à mon secours ; c'est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme pierre :je sais que je ne serai pas confondu.
Il est proche, celui qui me justifie. Quelqu'un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble. Quelqu'un a-t-il une accusation à porter contre moi ? Qu'il s'avance !
Voici le Seigneur Dieu qui vient prendre ma défense : qui donc me condamnera ?
 
 
 

Psaume : 114, 1-2, 3ac-4, 5-6, 8ac-9

 

R/ Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants.

 

J'aime le Seigneur :
il entend le cri de ma prière ;
il incline vers moi son oreille :
toute ma vie, je l'invoquerai.

J'étais pris dans les filets de la mort,
j'éprouvais la tristesse et l'angoisse ;
j'ai invoqué le nom du Seigneur :
« Seigneur, je t'en prie, délivre-moi ! »

Le Seigneur est justice et pitié,
notre Dieu est tendresse.
Le Seigneur défend les petits :
j'étais faible, il m'a sauvé.

Il a sauvé mon âme de la mort,
gardé mes pieds du faux pas.
Je marcherai en présence du Seigneur
sur la terre des vivants.
 
 
 
 

2ème lecture : Pas de vraie foi sans les actes (Jc 2, 14-18)

 

Lecture de la lettre de saint Jacques

Mes frères, si quelqu'un prétend avoir la foi, alors qu'il n'agit pas, à quoi cela sert-il ? Cet homme-là peut-il être sauvé par sa foi ?
Supposons que l'un de nos frères ou l'une de nos soeurs n'aient pas de quoi s'habiller, ni de quoi manger tous les jours ;
si l'un de vous leur dit : « Rentrez tranquillement chez vous ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » et si vous ne leur donnez pas ce que réclame leur corps, à quoi cela sert-il ?
Ainsi donc, celui qui n'agit pas, sa foi est bel et bien morte,
et on peut lui dire : « Tu prétends avoir la foi, moi je la mets en pratique. Montre-moi donc ta foi qui n'agit pas ; moi, c'est par mes actes que je te montrerai ma foi. »


 

Evangile : Confession de foi de saint Pierre et première annonce de la Passion (Mc 8, 27-35)

 
Acclamation : Notre seule fierté, c'est la croix du Seigneur ! En lui, le monde est crucifié à nos yeux, et nous, aux yeux du monde. (Ga 6, 14)
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages situés dans la région de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il les interrogeait : « Pour les gens, qui suis-je ? »
Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un des prophètes. »
Il les interrogeait de nouveau : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prend la parole et répond : « Tu es le Messie. »
Il leur défendit alors vivement de parler de lui à personne.
Et, pour la première fois, il leur enseigna qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
Jésus disait cela ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.
Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l'Évangile la sauvera. »



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23° DOMINGO DO TEMPO COMUM (ANO B) (Mc 7,31-37)

Walter Covens #homilias em português
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       Depois da controvérsia com os Fariseus a respeito da pureeza ritual, Jesus junta os actos com as palavras : vá para uma terra pagã, portanto impura, na região de Tiro, no actual Libano. É naquela terra que vai expulsar o demónio da filha duma mulher siro-feniciana : o pão não é reservado só aos filhos ( os Judeus, os " puros "), mas é também oferecido aos cãezinhos (os pagãos, os " impuros ").

       A seguir, Jesus segue para o levante, " em pleno território da Decápola, isso é na Jordânia actual. Fica, portanto ntre os pagãos. É mesmo o evangelho deste dia. Depois disso, S.Marco situa a segunda multiplicação dos pães. Portanto, Jesus realiza para os pagãos o mesmo sinal do que para os Judeus, junto à riba do lago de Galileia.

       Assim percebemos melhor o alcance da discussão sobre o puro e o impuro, quando se trata de comer o Pão que Deus dá sem distinção a uns e outros. Os impuros não são aqueles a quem se pensa ! Os impuros são aqueles que não acreditam, aqueles que têm o coração endurecido. À partida, consequência do pecado dos primeiros pais, todos os homens são impuros. Mas encontram-se também homens que, indo a Jesus, confessam a sua impureza, e se deixam purificar por Ele . Pelo contrário há pessoas a pensar que são puras e que não precisam de ser purificadas. Ficam afastadas dos outros com desprezo (" fariseu " quer dizer : " separado "), e portanto ficam afastadas, elas também da Mesa do Reino.

       Na Igreja, Povo de Deus no qual Deus fez cair aquilo que os separava, o muro do ódio, ao suprimir as prescrições jurídicas da Lei de Moisés (Ep 2,14-15), todos podem participar nessa Mesa. É preciso ler aqui todo o capítulo 2 da carta de S.Paulo aos Efésios, onde S.Paulo, o Judeu convertido, fala aos pagãos da cidade pagã. S.Paulo começa assim : " E vós, outrora estavais mortos, por causa das culpas e dos pecados nos quais estavais a viver (v. 1-2-. Mas continua logo assim : " Também nós, eramos daqueles, quando seguiamos as tendências egoistas da nossa carne, conforme os caprichos da nossa carne e dos nossos raciocínios ; eramos, nós próprios, destinados à cólera como todos os outros. "

       S. Marco, ele, escreve para os cristãos de Roma, e quer mostrar-lhes que " a fracção do pão " eucarístico (o pão que a Igreja agora partilha com todos) encontra o seu fundamento histórico concreto na vida de Jesus com os seus : já como Pastor do seu Povo, ele reunia-os a todos e partilhava -lhes o pão " (Mourlon Beernaert).

       Mas atenção ! isso não implica a abolição de toda a exigência ! pelo contrário, é uma exigência muito mais importante que se encontra imposta : a exigência do coração puro. É mais exigente purificar o coração do que se lavar as mãos. " Creio num só baptismo para a remissão dos pecados ". Essa é a fé que proclamamos depois da homilia.

       S. Marco mostra-nos que aquele baptismo, também ele, está enraizado nas palavras e nos gestos históricos de Jesus. Os catecúmenos que hoje em dia se preparam ao baptismo aprendem isso. O evangelho de hoje lembra-nos isto : o rito do Effétah " exprime a necessidade da graça para ouvir a palavra de Deus, e para a proclamar em vista á salvação " (Ritual da iniciação cristã para os adultos, n. 194). Durante esse rito, " o celebrante toca com o polegar a orelha direita e a orelha esquerda, depois os lábios de cada catecúmeno, dizendo : " Efféta (o que que dizer) : abre-te, afin de proclamares a fé que ouviste para o louvor e a glória de Deus " (ibid.N.196)

       Só uma coisa feita por Jesus não se faz agor a: o facto de tomar saliva. (Para os Judeus, e até agora, a saliva tem fama de possuir um poder curativo , quando se trata de feridas sem gravidade).

       " As orelhas dele abriram-se : loge a sua lingua foi desligada e começou a falar correctamente ". Evidentemente, aquela cura não é só uma cura corporal –mais uma ! - além da cura ele manifesta o poder da graça de Deus para Israel e para todos os homens. Vede os gestos feitos por Jesus : não só põe os dedos nas orelhas e não só toca a lingua do surdo-mudo, mas " de olhos levantados para o Céu, suspirou e disse : Effata !, isto é : Abre-te ! "

       Se Jesus levanta os olhos para o Céu, é para maifestar a origem de todo o poder de criação e de restauração no qual participa em seu corpo, e que pode comunicar àquele que se deixa formar como que um recém-nascido " (Radermakers).. O Céu, é o Pai que " está nos Céus ".

       Lembremo-nos também que o dedo de Deus é o Espírito Santo. O suspiro de Jesus evoca, também ele, estes gemidos inefáveis do Espírito Santo, que vem ao socorro da nossa fraqueza e que intercede por nós…

       Assim é toda a Trindade que está a agir atrvés dos gestos mais simples de Jesus, nos simples ritos do baptismo e que nos torna capazes da Eucaristia.

       A ponta do relato, o mais espantoso de toda a história é isto : ao olharmos com atenção, os pagãos são tocados mais facilmente pela graça do que os Judeus, do que os discípulos. Os Doze até nem sempre são curados da sua surdez e da sua cegueira. Ainda terão que percorrer muito caminho. S.Marco não deixa de evidenciar a lentidão deles par " ouvir " e " ver ", isto é : para perceber e acreditar (4,13 ; 4,40-41 ; 8,18 ; 16,14). No Domingo que vem, no entanto, vamos ver que Simão-Pedro não é impermeável a tantas palavras e gestos de Jesus.

       Até là, temos que reflectir ; não tenhamos receio de confessar que, muitas vezes, nós os cristãos praticantes – melhor : " missalisantes " (= fiéis à missa dominical), nós que ouvimos a Palavra de Deus todos os domingos, que nos aproximamos da Mesa Eucarística em cada Missa, temos nós também o espírito bem tapado, enquanto que outros, ao que parece, mais afastados do Senhor, deixam-se mais facilmente tocar pela sua Palavra e transformar pela sua Eucaristia. Afinal, para nós, qual há-de ser a importância e a influência da missa do domingo sobre a nossa vida desta semana que começa ? Como dizia o teólogo von Balthasar de maneira atrevida para os especialistas da Bíblia : " Muito poucas pessoas , agora, neste século da " acribia filológica e da arte do recorte, savem que a Bíblia tem Deus como Autor e assim como Origenes não deixa de repetir, deve necesssariamente ter um significado digno de Deus, ou então ter significado nenhum " (" Esprit et feu ", p.49). E um dos discípulos dele para os teólogos : " A nossa teologia muitas vezes retrogradou para o simples monoteismo, mais ou menos polvilhado de citações evangélicas. Eis o que nos da para pensar " (A.Manaranche, " Je crois en Jésus-Christ aujourd’hui ". Aquela frase foi escrita em 1968. Acho que não deixa de ser actual.


 

(Tradução : G.Jeuge)

Dieu agit dans le monde - Homélie 23° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Jésus est celui qui « fait entendre les sourds et parler les muets ».

Jésus est celui qui « fait entendre les sourds et parler les muets ».

Un des piliers caractéristiques de la foi catholique est la foi en l’incarnation. L’incarnation est la doctrine selon laquelle Dieu, pour sauver le monde déchu, s’est fait homme. Jésus Christ, comme nous le proclamons chaque semaine dans le Credo, est vrai homme et vrai Dieu. Il est le fils de la Vierge Marie et le Fils du Père éternel.

 

Avant ce jour mémorable, il y a deux mille ans, quand l’ange Gabriel visita la Bienheureuse Vierge Marie et qu’elle conçut du Saint Esprit, Dieu paraissait lointain. Il était celui qui gouverne l’univers et veille sur la famille humaine, mais comme à distance. Bien sûr, il avait envoyé des prophètes en Israël, en guidant particulièrement le Peuple élu de l’Ancien Testament. Mais quand la deuxième Personne de la Très Sainte Trinité se fit homme dans le sein de la Vierge Marie, ce fut le début d’une ère nouvelle. C’est la raison pour laquelle nous datons les évènements de l’histoire de l’humanité selon qu’ils ont eu lieu avant ou après Jésus Christ.

 

Par son Incarnation, Dieu s’est rendu activement présent dans sa création. Même les anciens mythes de divinités qui entrent en relation avec les hommes n’ont jamais pu concevoir que le seul vrai Dieu, Créateur de toutes choses, ait aimé le monde au point de s’incarner, se faisant l’un des nôtres, pour qu’il puisse prendre un sourd-muet par la main, l’emmener à l’écart, loin de la foule, lui toucher la langue et les oreilles, et – d’une manière si humaine, physique – le guérir, accomplissant ainsi les merveilleuses prophéties que nous avons entendues dans la première lecture… Jamais personne n’avait pu imaginer que Dieu irait jusqu’à se salir pour nous purifier. Voilà la foi chrétienne, voilà la vision catholique, merveilleuse et unique, de Dieu.

 

Cette activité aimante incessante de Dieu dans le monde, construisant son Royaume et nous guidant dans la voie du salut, nous permet de répondre à une objection courante à la foi chrétienne. Dès les temps apostoliques, l’Eglise a été accusée de tellement attirer l’attention des hommes sur le ciel, que les chrétiens en deviennent inutiles sur la terre. Rien n’est plus éloigné de la vérité ! Notre Dieu est un Dieu actif, incarné, et de ce fait, ses disciples aussi. Pensez à saint Grégoire le Grand, dont nous venons de faire mémoire, ou, plus près de nous, saint Jean Paul II, ou la bienheureuse Mère Teresa...

 

 

Le 17 septembre nous ferons mémoire de saint Robert Bellarmin, qui fut cardinal dans la première partie du 17e siècle. Sa vie témoigne clairement du fait que notre foi en Jésus Christ, bien loin de les saper, libère toutes les potentialités humaines. Saint Robert apprit à maîtriser toutes les langues anciennes durant son temps libre, il enseigna presque tous les sujets abordés dans les universités de l’époque. Il écrivit deux catéchismes qui furent traduits dans presqu’autant de langues que la Bible elle-même. Ses « Controverses » sur la foi catholique furent un bestseller international durant toute la durée de sa vie. Il fut Recteur du Collège Romain (l’institut théologique le plus éminent de l’époque), théologien personnel de deux papes, à la tête de la Bibliothèque du Vatican, membre de pratiquement toutes les congrégations romaines, auteur prolifique de pamphlets pour défendre la vraie foi contre les bruyants détracteurs de l’Ecosse jusqu’à Venise, de Paris jusque Palerme. Pour compléter le programme, il entreprit diverses missions diplomatiques au nom de l’Eglise, fut Provincial des Jésuites, passa trois années entières à appliquer les réformes du Concile de Trente dans l’archidiocèse de Capoue (1602-1605), s’y montrant un pasteur exemplaire, et exerça la fonction de directeur spirituel des Jésuites à Rome. Il pourrait bien être le candidat idéal pour devenir le saint patron de la gestion du temps. Sans aucun doute, son infatigable activité dans l’Eglise trouva sa source dans et fut le reflet de l’amour actif qui a poussé Dieu à s’incarner pour nous conduire au salut.

 

Voilà pourquoi  nous pouvons être certains que le découragement ne provient jamais du Saint Esprit. Pour un catholique, l’espérance n’est pas un rêve, mais une réalité. Ceci est important pour nous de deux manières.

 

Premièrement, au regard de notre combat spirituel. Souvent, nous avons l’impression de stagner spirituellement, d’être incapable de faire des progrès, de surmonter des défauts ou des habitudes de péché. Nous risquons alors de sombrer dans le découragement. C’est exactement ce que cherche le démon, car le découragement nous amène à rendre les armes, à ne plus faire aucun effort pour suivre le Christ, pour prier et pour pratiquer l’ascèse. C’est le moment que le diable attend pour nous faire chuter gravement, nous entraînant dans une relation ou une activité peccamineuse qui fait obstacle au flux de la grâce de Dieu dans et au travers de notre vie. C’est la raison pour laquelle, quand nous entendons le découragement frapper à la porte de notre cœur, quand nous avons l’impression de faire du « sur place » dans notre vie spirituelle, nous devons laisser Jésus nous prendre par la main, loin de la foule, pour nous renouveler intérieurement. Cela peut vouloir dire faire une retraite ou un pèlerinage, ou simplement prendre plus de temps de silence pour être avec le Seigneur…

 

Deuxièmement, la présence active de Dieu dans le monde nous remplit d’une espérance sans bornes pour les autres. Aucun pécheur n’est trop endurci pour être transformé par l’amour miséricordieux du Christ. Les plus grands pécheurs deviennent souvent de grands saints. Même si quelqu’un semble être sourd à la Parole de Vie et incapable de répondre aux motions intérieures du Saint Esprit, notre confiance ne doit jamais en être ébranlée, car Jésus est celui qui « fait entendre les sourds et parler les muets ».

 

En poursuivant cette Eucharistie, renouvelons notre confiance en ce Dieu qui s’est fait chair, et qui agit dans le monde. Permettons-lui de toucher nos cœurs blessés, et prions pour ceux qui ne prient plus depuis longtemps.

De quoi réfléchir - Homélie 23° dimanche du Temps Ordinaire B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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       Après la controverse avec les pharisiens sur la pureté rituelle, Jésus joint les actes aux paroles, et il se rend en territoire païen (donc impur), dans la région de Tyr, dans l’'actuel Liban... C’'est là qu'’il expulse le démon de la fille d'’une femme de nationalité syro-phénicienne : le pain n'’est pas seulement pour les enfants (les Juifs, les purs), mais aussi pour les petits chiens (les païens, les impurs).

       Ensuite, Jésus passe à l’'est, en plein territoire de la Décapole, c'’est-à-dire dans l’'actuelle Jordanie. Il reste donc chez les païens. C’'est l’'évangile d’'aujourd’'hui, propre à S. Marc. Et c’'est après cela qu’'il situe la deuxième multiplication des pains. Il accomplit pour les païens le même signe que pour les Juifs sur le rivage du lac de Galilée.

       C'’est ainsi que nous comprenons mieux toute la portée de la dispute sur le pur et l’'impur (cf. homélie de dimanche dernier), quand il s’'agit de manger le Pain que Dieu donne indistinctement aux uns et aux autres. Les impurs ne sont pas ceux qu'’on croit ! Les impurs, ce sont ceux qui ne croient pas, ceux qui ont le coeœur endurci, même –- et surtout –- quand ils sont juifs. Au départ, suite au péché de leurs premiers parents, tous les hommes sont impurs. Mais il y a ceux qui, en allant vers Jésus, ou en laissant Jésus venir vers eux, reconnaissent leur impureté, et se laissent purifier par lui ; et il y a ceux qui pensent qu'’ils sont purs et qu'’ils n'’ont pas besoin d’'être purifiés. Ils se tiennent bien à l’'écart des autres avec mépris ("pharisien" veut dire : séparé), et, de ce fait, ils seront tenus eux-mêmes à l’'écart de la Table du Royaume.

       Dans l'’Église, peuple où Dieu a fait tomber ce qui les séparait, le mur de la haine, en supprimant les prescriptions juridiques de la loi de Moïse (Ep 2, 14-15), tous peuvent prendre place à cette Table. Il faut relire ici tout le chapitre 2 de la lettre de S. Paul aux Éphésiens, où Paul, le pharisien converti, s’'adresse aux païens de la ville d’'Éphèse. Il commence par leur dire : Et vous, autrefois vous étiez des morts, à cause des fautes et des péchés dans lesquels vous viviez (v. 1-2). Mais il ajoute au verset suivant : Et nous aussi, nous étions tous de ceux-là, quand nous vivions suivant les tendances égoïstes de notre chair, cédant aux caprices de notre chair et de nos raisonnements ; et nous étions, de nous-mêmes, voués à la colère comme tous les autres. Belle confession…...

       S. Marc, lui, écrit pour les chrétiens de Rome, et il tient à leur montrer que "le partage du pain eucharistique (le pain que l’'Église aujourd’'hui rompt pour tous) trouve son enracinement historique concret dans la vie de Jésus avec les siens : déjà en pasteur de son peuple, il les rassemblait tous et leur rompait le pain" (Pierre Mourlon Beernaert).

       Mais, attention, cela n'’implique pas l’'abolition de toute exigence ! Au contraire, c’'est une exigence autrement plus grande qui est imposée : l'’exigence du cœoeur pur. Il est plus facile d'’avoir les mains pures que d’'avoir un coeœur pur. Il est plus exigeant de purifier son coeœur que de se laver les mains.

       "Je crois en un seul baptême pour le pardon des péchés". C’'est la foi que nous allons proclamer ensemble après l’'homélie. S. Marc nous montre que ce baptême, lui aussi, s'’enracine dans les paroles et dans les gestes historiques de Jésus. Les catéchumènes qui aujourd’'hui se préparent au baptême en sont instruits. L'’Évangile d’'aujourd’'hui nous le rappelle à nous tous : le rite de l'’Effétah "exprime la nécessité de la grâce pour entendre la parole de Dieu, et la proclamer pour le salut" (Rituel de l'’initiation chrétienne des adultes, n. 194). Au cours de ce rite, "le célébrant touche avec son pouce l'’oreille droite et l’'oreille gauche, puis les lèvres de chaque catéchumène, en disant : Effétah (c'’est-à-dire) : ouvre-toi, afin que tu proclames la foi que tu as entendue pour la louange et la gloire de Dieu (ibid. n. 196).

       La seule chose que Jésus a faite et que le célébrant aujourd’'hui ne fait pas, c’'est de prendre de la salive. (Pour les Juifs, même encore aujourd’'hui, la salive est réputée avoir une vertu curative pour les petites plaies, mais aujourd’'hui, ce qui prime, c'’est l’'hygiène.)

       Ses oreilles s’'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement. Il est bien évident que cette guérison n’'est pas simplement corporelle... une guérison de plus, mais qu'’elle exprime un effet de la grâce de Dieu pour Israël et pour tous les hommes. Voyez les gestes que Jésus accomplit : non seulement il met les doigts dans les oreilles et touche la langue du sourd-muet, mais les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : Effata !, c’'est-à-dire : Ouvre-toi...

       "Si Jésus lève les yeux au ciel, c’'est pour manifester l'’origine de toute puissance de création et de restauration à laquelle, en son corps, il participe, et qu'’il peut communiquer à celui qui se laisse façonner comme un nouveau-né" (Radermakers). Le ciel, c'’est le Père qui est "aux cieux". Jésus est ce nouveau-né à l’'image duquel nous devons être transformés.

       Souvenons-nous aussi que le doigt de Dieu, c'’est l’'Esprit Saint. Le soupir de Jésus évoque lui aussi ces gémissements ineffables de l’'Esprit Saint, qui vient au secours de notre faiblesse, et qui intercède pour nous...

       Ainsi c’'est la Trinité tout entière qui est à l’œ'oeuvre dans les simples gestes de Jésus, dans les simples rites du baptême aussi, et qui nous rend "capables" de l’'Eucharistie.

       La pointe du récit, le plus étonnant de toute l'’histoire, c'’est qu'’à y regarder de près, les païens sont touchés plus facilement par la grâce que les Juifs, que les disciples. Même les Douze ne sont toujours pas guéris de leur surdité et de leur cécité. Ils auront encore du chemin à faire. S. Marc ne cesse de mettre en évidence leur lenteur à "entendre" et à "voir", à comprendre et à croire (4, 13 ; 4, 40-41 ; 8, 18 ; 16, 14). Ici, ils sont étrangement absents du récit, alors que nous savons qu'’ils sont avec Jésus durant tout son périple en territoire païen. Dimanche prochain, pourtant, nous verrons que Simon-Pierre n’'est pas totalement imperméable à tant de paroles et de gestes de Jésus.

       En attendant, réfléchissons, et n’'ayons pas peur de reconnaître que souvent, nous qui sommes des chrétiens pratiquants –- que dis-je:– "messalisants", nous qui entendons la Parole de Dieu tous les dimanches, et qui nous approchons de la table de l’'Eucharistie à chaque messe depuis tant d’'années, nous avons, nous aussi, l’'esprit bien bouché, alors que d'’autres, apparemment plus éloignés du Seigneur, se laissent plus facilement toucher par sa Parole et transformer par son Eucharistie. Finalement, pour nous, quelle sera l’'importance et l'influence de la messe de ce dimanche sur notre vie de la semaine qui commence ? Comme le disait le théologien von Balthasar de manière un peu insolente à l'’adresse des spécialistes de la Bible : "Bien peu de personnes aujourd’'hui, en ce siècle de l’'acribie philologique et de l'’art du découpage, savent que la Bible a Dieu pour auteur et, comme Origène ne cesse de le répéter, doit nécessairement avoir un sens digne de Dieu, ou alors pas de sens du tout" (Esprit et Feu, p. 49). Et un de ses disciples, à l’'adresse des théologiens, écrit dans le même sens : "Notre théologie a souvent rétrogradé au simple monothéisme, plus ou moins saupoudré de citations évangéliques. Voilà qui doit nous donner à réfléchir" (A. Manaranche, Je crois en Jésus Christ aujourd’'hui). Cette phrase a été écrite en 1968. Je ne pense pas qu’'elle ne soit plus d’'actualité. Alors, réfléchissons…..., et prions.
Les impurs, ce sont ceux qui ne croient pas, ceux qui ont le coeœur endurci, même –- et surtout –- quand ils sont juifs.

Les impurs, ce sont ceux qui ne croient pas, ceux qui ont le coeœur endurci, même –- et surtout –- quand ils sont juifs.

Lectures 23° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Les merveilles du salut à venir (Is 35, 4-7a)

 

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Lecture du livre d'Isaïe

Dites aux gens qui s'affolent : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-mêmeet va vous sauver. »
Alors s'ouvriront les yeux des aveugleset les oreilles des sourds.
Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. L'eau jaillira dans le désert, des torrents dans les terres arides.
Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie.
Le pays torride se changera en lac, la terre de la soif en eaux jaillissantes.
 
 



 

Psaume : 145, 7, 8, 9ab.10b

 

R/ Je te chanterai, Seigneur, tant que je vivrai.

 

Le Seigneur fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes.

Le Seigneur protège l'étranger.
Il soutient la veuve et l'orphelin.
Le Seigneur est ton Dieu pour toujours !
 
 





 

2ème lecture : La dignité des pauvres dans l'Église (Jc 2, 1-5)


 

Lecture de la lettre de saint Jacques

Mes frères, ne mêlez pas des considérations de personnes avec la foi en Jésus Christ, notre Seigneur de gloire.
Imaginons que, dans votre assemblée, arrivent en même temps un homme aux vêtements rutilants, portant des bagues en or, et un homme pauvre aux vêtements sales.
Vous vous tournez vers l'homme qui porte des vêtements rutilants et vous lui dites : « Prends ce siège, et installe-toi bien » ; et vous dites au pauvre : « Toi, reste là debout », ou bien : « Assieds-toi par terre à mes pieds ».


Agir ainsi, n'est-ce pas faire des différences entre vous, et juger selon des valeurs fausses ?

Écoutez donc, mes frères bien-aimés ! Dieu, lui, n'a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ? Il les a faits riches de la foi, il les a faits héritiers du Royaume qu'il a promis à ceux qui l'auront aimé.
 
 



 

Evangile : Guérison d'un sourd-muet (Mc 7, 31-37)

 

 

Acclamation : Jésus proclamai la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissait son peuple de toute maladie. (Mt 4, 23)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.
On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui.
Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c'est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement.
Alors Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient.
Très vivement frappés, ils disaient : « Tout ce qu'il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets. »


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QUANDO SE INSTALA O ERRO, POSSAMOS PROCLAMAR A VERDADE ! (24° Dom. Comum)

Walter Covens #homilias em português
 
       Com o evangelho de S.Marcos, chegamos hoje a uma étapa na caminhada da fé enquanto resposta à pergunta : " Afinal, quem é Jesus ? ".

       A resposta. Não basta recitá-la só com os lábios . Lembrai-vos : " Aquele povo honra-me com os lábios, mas o coração dele fica longe de mim (Mc 7,6). Não é só a recitação mecánica duma fórmula, mas sim o coração duma vida dada que o Senhor espera de nós. Daí a importância da precisão na resposta de Jesus, na segunda parte do evangelho deste domingo.

       Gosto muito da maneira usada por S.Marcos para começar o seu Evangelho, maneira muito rápida, muito incisiva, por assim dizer " sobre as chavetas de rodas " (como dizem os Franceses !), ou ainda em " pole-position " conforme a expressão usada nas corridas de carros. Encontramos, pois logo no 1° versículo : " Princípio da Boa Nova de Jesus Cristo, o Filho de Deus ". Rivalizar com o Ralph Schumacher no circuito de " Formula 1 " isso não é ao alcance de todos… Mas crer como S.Marcos, isso é um dom de Deus para todos. Com a condição de se lembrar de que a fé é como a Bíblia (cf.homilia : " O Evangelho, fresco ou em conserva " : ela não pode ser recortada em pedaços pequenos, e quem quiser fazer assim já não perceberá mais nada. A fé tem de se aceitar ou recusar. Não é a conclusão dum raciocínio, nem o resultado dum inquérito de opinião. Não é um assunto para discutir ; não há negociação possível. Como tratamos o Senhor ? Ele vem para nos salvar, e nós, mergulhados no pecado, haviamos-de lhe impôr condições e negociações, como aqueles seminaristas que, num elo repentino de zelo intelectual tinham organizado uma discussão sobre os anjos, para chegarem à conclusão que não existiam ?

       No fim do seu evangelho, S.Marcos mostra-nos a fé do centurião como sendo o modelo da fé cristã : " Realmente, aquele homem era o Filho de Deus ! " (15,39). Este homem era pagão… Ora, ao ver Jesus a morer na Cruz, ele faz a sua profissão de fé. Admirável !

       No entanto, no capítulo 8, a fé dos Doze, daqueles que estavam com Jesus desde havia já bastante tempo, esta fé proclamada por Simão Pedro no evangelho de hoje, ainda não chegou a este ponto. S.Marcos mostra-nos uma caminhada, um itinerário com étapas sucessivas. Mas essa caminhada é differente da caminhada do povo, bem como dos opositores de Jesus (Herodes, os fariseus, os escribas) .

       Todos são confrontados com uma pergunta que os inquieta, que é inevitável : Quem é Jesus ? Essa pergunta já é feita no capítulo 6(14-16) : " Como o nome de Jesus tornava-se célebre, o rei Herodes ouviu falar nele. Diziam : " É João Baptista : ressuscitou dentre os mortos… por isso é que tem o poder de fazer milagres ". Outros diziam : " É o Profeta Elias ". Outros ainda : " É um Profeta como os de outrora ". Herodes ouvia essas palavras e dizia : " Aquele a quem mandei cortar a cabeça, João, eis que ressuscitou ! "

       Nessas palavras, reonheceis com certeza a resposta à primeira pergunta de Jesus no evangelho de hoje (cap.8) . Isso é que qualificamos de " inclusão " : " A inclusão semítica é um procedimento literário pelo qual uma ideia idêntica é exprimida com fórmulas muito semelhantes, no princípio e no fim de um (ou vários) trecho(s) ; assim fica evidente o princípio e o fim duma unidade literária " (H. Van de Busssche). Mediante este procedimento da inclusão, S.Marcos dá a perceber que essa é mesma a pergunta esencial que se pode fazer naquela " secção dos pães. Ao contrário das opiniões comuns, a fé de Pedro e dos Doze não é uma fé que brota como que um géiser (a fé do centurião), mas sim uma fé que cresce lentamente, por étapas sucessivas.

       Assim, encontramos, na boca de Jesus, algumas expressões significativas :, como estas :

- Escutai-me todos e percebei bem…. (7,14) ;
- Tendes olhos e não olhais, tendes orelhas e não escutais ? Não vos lembrais ? … (8,18) ;
- Ainda não percebeis ? … (8,21) ;

       Aquelas incompreensões têm afinal as suas raízes nos corações :

- Ainda não tinham percebido o significado do milagre dos pães : o coração deles estava obcecado … (6,52)
- Aquele povo honra-me com os lábios, mas o seu coração fica longe de mim … (7,6)
- Portanto, também vós sois incapazes de perceber ? (7,18)
- É de dentro, do coração do homem, que saem os pensamentos perversos … (7,21) ;
- Porquê é que discutais sobre esta falta de pão ? Não vedes ? Ainda não percebeis ? O vosso coração ainda está obcecado ? ;;; (8,17)

       Aquele lentidão de alguns na caminhada da fé , este endurecimento também, esta recusa de acreditar da parte de outros, todas aquelas atitudes, S.Marcos as apresenta como que uma espécie de espelho no qual os cristãos da sua comunidade de Roma se podiam reconhecer… um espelho no qual também nos podemos nos olhar a nós mesmos, na medida em que aceitamos um exame sério do nosso coração. Nesta perspectiva, deixai que vos faça três pergunatas.

       1a – Aquele Jesus que encontro na Eucaristia do domingo, quem é ? Quem é para os homens ? Quem é para mim : o mesmo, ou alguém totalmente único ? Ou seja : a minha fé em Jesus-Eucaristia será ou não totalmente diferente des ideias comuns , na moda do tempo actual ? … ainda que não seja já perfeita.

       2a – Qual é a minha caminhada na fé ? Essa fé estará a crescer, lentamente talvez mas certamente ? Ou tornar-se-á cada vez mais morna e diluida, só " dos lábios " ?

       3a – O que é que faço eu para crescer na " inteligência da fé "?

       Não creio na medida em que comprendo, claro ; pois essa medida é muito estreita para Deus. Era mais exacto dizer que eu comprendo na medida em que creio. Com efeito compreender não é nada contrário à dignidade do homem ! Não agir conforme a razão, isso é que é contrario à natureza de Deus. Foi mesmo isso que Bento XVI acaba de lembrar durante a sua viagem na Baviera.

       Reparastes que essa viagem não chamou muito o interesse dos " medias " - uma vez que era bem recebido, não tinha nada de interessante ! – até ao momento em que teve a audâcia de falar na verdade do cristianismo, baseado na fé, mas na fé que não exclui a razão, ao contrário do Islão, o qual, por esse motivo, é mais acessível à tentação de usar da violência para converter os " descrentres ".

       A fé cristã tem a sua origem no Oriente, mas só conseguiu desenvolver-se graças ao encontro com a filosofia grega. O Papa citou Théodore Khoury, theólogo em Münster, quem publicou uma parte do diálogo entre o imperador bizantino Michel Paléologue com um Persa culto acerca do cristianismo e do Islão, e sobre a verdade de cada qual, no fim do século XIV. Neste contexto, Khoury cita uma obra do célebre islamólogo francês R.Arnaldez ; esse explica que Ibn Hazn declara que Deus não está ligado pela sua própria palavra e que nada o podia obrigar a dizer-nos a verdade. Se Ele quisesse, o homem deveria praticar até a idolatria.

       Conforme esta apresentação de fé do Islão, nada de Deus se pode comprender. Temos que crer, e mais nada. Ora, essa visão da fé, não só Bento XVI nunca disse que era a de todos os muçulmanos, mas acrescentou que ela se conseguiu infiltrar na fé cristã. Bento XVI reparou que no fim da Idade Média e até hoje, através da Reforma protestante e das Luzes, algumas tendências se desenvolveram na teologia católica, de maneira a romper a síntese do espírito grego e do cristão. (Aqui o Papa acrescenta – longamente - então que a Igreja sempre defendeu uma analogia entre Deus e o homem, entre o Espírito criador e a nossa razão criada)

       … Aquela parte do discurso não chamou a atençõ dos ouvintes, evidentemente… No entanto , é essa que nos diz mais respeito a cada um de nós. Todas estas reflexões parecem possivelmente muito longe da nossa fé de cada dia. Mas não é verdade Pois aquela tendência de querer recusar o carácter razoável da fé infiltrou-se na mente de muitos, até sem eles dar por isso.

       Quando se diz : " Creio em Deus, mas não sei Deus ", o que já li eu recentemente escrito por uma senhora que se apresenta como católica praticante empenhada num movimento de Igreja, então vai-se bem depressa para um divórcio entre fé e razão, sem medir as consequências desastrosas. Uma dessas consequências é esta : já não há base firme para dar testemunho da sua fé num diálogo inter-religioso sereno. Chega-se a pensar que Deus poderá fazer o trabalho em tempo oportuno, que basta fiar-se nele, e tudo isso em nome da caridade cristã, na qual a instituição da Igreja católica não percebeu absolutamente nada. " Frente ao error, a primeira caridade é dizer a verdade " dizia alguém ainda não contaminado pelo " virus " do fideismo. Também é isso que se diz numa oração conhecida, (atribuida por erro a S.Francisco de Assis), usada na Liturgia das Horas : " Qunado se instala o erro, possamos proclamar a verdade "

       Na 2a parte do evangelho, Jesus, que disse a Pilatos : " Eu nasci, e vim no mundo para isto : dar testemunho à verdade. Quem pertence à verdade escuta a minha voz (Jo 18,37) ", aquele Jesus lembra-nos que isso só é possível com a condição de dar a sua vida. " Tu és o Messias " dizia Pedro. " Nós proclamamos um Messias cucificado, escândalo para os Judeus, loucura para os pagãos ", precisa S.Paulo (1 Co 1,23). É mesmo o que faz o Papa. E é isso que somos todos chamados a fazer com ele.


 

(Tradução : G.Jeuge)

Soigner les apparences ou le cœur? - Homélie 22° dimanche T.O.B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
La vie intérieure, c’est l’intérieur de la vie.

La vie intérieure, c’est l’intérieur de la vie.

La vie intérieure, c’est l’intérieur de la vie. Voilà ce qui intéresse Dieu, bien plus que l’extérieur. Ce qu’il veut, ce sont nos cœurs. Voilà ce que Jésus essaie d’expliquer aux Pharisiens, à tous ses disciples, à nous-mêmes aussi.

 

Il est tout à fait possible d’apparaître comme un chrétien irréprochable aux yeux des autres tout en étant au fond de parfaits égoïstes. On peut aller à la Messe régulièrement, en évitant tous les péchés publics, récitant des prières pour se faire voir par les autres, faire tout cela extérieurement, et pendant ce temps nourrir des pensées mauvaises et des désirs égoïstes dans notre cœur.

 

Mais ce comportement schizophrène, appelé hypocrisie, ne peut pas durer. Comme le dit l’adage, à moins de vivre comme on pense, on finira tôt ou tard par penser comme on vit. Ou, comme le dit Jésus ailleurs dans les Évangiles (df. Mt 6, 21), là où est notre cœur, là aussi sera notre trésor.

 

Les vrais disciples de Jésus ne peuvent jamais se satisfaire d’une piété purement extérieure, ou, pour le dire autrement, nous ne pouvons pas nous estimer supérieurs aux autres, uniquement parce que nos péchés se voient moins. Voilà pourtant ce que faisaient les Pharisiens, et ils en étaient devenus aveugles pour l’amour de Dieu. En fait, cela a fait d’eux des ennemis de Dieu. La vraie religion comporte évidemment des manifestations extérieures, mais elles devraient être le fruit et l’expression de l’expérience du cœur.

 

Le cœur est le lieu où nous décidons en harmonie ou en opposition avec notre conscience, pour ou contre la volonté de Dieu. Notre amitié avec le Christ, et l’énergie, la force et la vigueur qui en découlent, dépendent de notre attachement intérieur à lui, et ne pourront jamais être remplacés par une petite couche de vernis. Jésus ne se soucie pas de l’impression que nous faisons aux autres, mais de ce que nous sommes en vérité. Nous devrions en faire autant.

 

De temps à autre, l’on entend des critiques au sujet de l’Église catholique à propos de cette hypocrisie par rapport au sacrement de la confession. On prétend que la confession est comme un feu vert pour toutes sortes de péchés. Un catholique peut, dit-on, commettre tous les péchés possibles et imaginables le samedi soir, car il sait qu’il peut aller se confesser le dimanche matin, prier quelques Je vous salue en pénitence, et aller communier tranquillement. Cette critique a fait son chemin même dans la littérature populaire.

 

Ken Follett, un auteur de bestsellers du New York Times, a écrit un roman sur les bâtisseurs de cathédrales au Moyen Âge. Mais Mr Follett n’étant pas chrétien lui-même, sa description de la foi catholique n’est pas parfaitement pertinente. Dans un chapitre, un groupe de chevaliers va se confesser juste avant la bataille, pour que le prêtre leur pardonne d’avance pour tous ceux qu’ils étaient sur le point de massacrer. Voilà quelque chose d’apparemment hypocrite : leur pardonner d’avance pour un péché qu’ils auraient pu éviter, s’ils l’avaient voulu.

 

Mais ces critiques ne font que s’en prendre à des fausses idées de la confession. S’il y a des catholiques pour penser qu’une confession effacera leurs péchés sans contrition aucune, ils sont dans l’erreur. Dieu nous a donné le sacrement de la confession, car il sait que nous vivons dans un monde déchu, et ce n’est pas facile. Il veut nous assurer de son vouloir et de son pouvoir à pardonner même les péchés les plus graves. Mais ce sacrement n’agit pas comme un distributeur automatique de boissons gazeuses ou de billets de banque, indépendamment de l’attitude intérieure, pourvu que nous y mettions le pièce d’argent exacte. Si un pécheur va se confesser, sans avoir la contrition de ses péchés, il ne peut pas recevoir dans son cœur le pardon de Dieu, tout comme un mendiant ne peut pas recevoir une aumône s’il n’ouvre pas les mains.

 

Nous tous ici, nous nous disons catholiques. Et donc, nous devons nous efforcer de vivre comme des catholiques. Cela veut dire au moins deux choses. Cela veut dire d’abord que nous ne cessons jamais de penser, de parler et de nous comporter comme Jésus le veut. Il ne s’agit pas d’éliminer toutes nos attitudes, paroles et actions égoïstes et peccamineuses en un clin d’œil, mais plutôt d’un effort permanent. Notre vie spirituelle ressemble en un sens à un jardin. Un bon jardinier ne peut jamais abandonner purement et simplement le jardin à lui-même, même si les plantes sont vigoureuses et saines. Pour que le jardin puisse porte des fruits, le jardinier doit régulièrement l’arroser, mettre de l’engrais, protéger et en arracher les mauvaises herbes. Nous aussi, nous devons faire constamment des efforts pour mieux connaître le Christ et conformer notre vie à ses exigences. Si nous baissons la garde, les mauvaises herbes prendront le dessus.

 

Deuxièmement, cela signifie que nous devons accepter et adhérer à tous les enseignements officiels, et non pas les morceaux choisis qui nous plaisent particulièrement. Un catholique de façade, qui choisit et qui sélectionne parmi la doctrine catholique comme on choisit ce qu’on achète dans un supermarché, n’est pas un catholique fidèle. Nous devons certainement nous former au sujet de tout ce que le Catéchisme nous enseigne, et cela veut dire honnêtement faire face, quelquefois, à certaines difficultés. Mais cette doctrine n’est pas au choix. Elle fait partie du dépôt de la foi, que Dieu nous a donné pour notre salut. Il est le médecin, nous sommes les patients. Notre santé et notre bonheur dépendent de la manière dont nous observons les prescriptions du médecin.

 

Au moment où Jésus s’apprête à renouveler son engagement envers nous, renouvelons aussi le nôtre envers lui en lui disant avec force et détermination notre volonté de vivre comme des catholiques de cœur, comme disciples fidèles et consciencieux du Christ, et non des pharisiens hypocrites.

Les vrais disciples de Jésus ne peuvent jamais se satisfaire d’une piété purement extérieure...

Les vrais disciples de Jésus ne peuvent jamais se satisfaire d’une piété purement extérieure...

Lectures 22° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Valeur incomparable de la loi du Seigneur (Dt 4, 1-2.6-8)

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple : « Maintenant, Israël, écoute les commandements et les décrets que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. Ainsi vous vivrez, et vous entrerez en possession du pays que vous donne le Seigneur, le Dieu de vos pères.
Vous n'ajouterez rien à ce que je vous ordonne, et vous n'y enlèverez rien, mais vous garderez les ordres du Seigneur votre Dieu tels que je vous les prescris.
Vous les garderez, vous les mettrez en pratique ; ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. Quand ceux-ci entendront parler de tous ces commandements, ils s'écrieront : « Il n'y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation ! »
Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous chaque fois que nous l'invoquons ?
Et quelle est la grande nation dont les commandements et les décrets soient aussi justes que toute cette Loi que je vous présente aujourd'hui ? »
 

Psaume : 14, 1a.2, 3bc-4ab, 5

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R/ Tu es proche, Seigneur ; fais-nous vivre avec toi.

 

Seigneur, qui séjournera sous ta tente ? 
Celui qui se conduit parfaitement, 
qui agit avec justice
et dit la vérité selon son coeur. 

Il ne fait pas de tort à son frère
et n'outrage pas son prochain. 
A ses yeux, le réprouvé est méprisable
mais il honore les fidèles du Seigneur.

Il prête son argent sans intérêt, 
n'accepte rien qui nuise à l'innocent.
L'homme qui fait ainsi
demeure inébranlable.

 

2ème lecture : La parole de Dieu, semence de la vie chrétienne (Jc 1, 17-18.21b-22.27)

Lecture de la lettre de saint Jacques

Frères bien-aimés, les dons les meilleurs, les présents merveilleux, viennent d'en haut, ils descendent tous d'auprès du Père de toutes les lumières, lui qui n'est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses passagères.
Il a voulu nous donner la vie par sa parole de vérité, pour faire de nous les premiers appelés de toutes ses créatures.
Accueillez donc humblement la parole de Dieu semée en vous ; elle est capable de vous sauver.
Mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l'écouter : ce serait vous faire illusion.
Devant Dieu notre Père, la manière pure et irréprochable de pratiquer la religion, c'est de venir en aide aux orphelins et aux veuves dans leur malheur, et de se garder propre au milieu du monde.


 

Evangile : Loi divine et traditions humaines (Mc 7, 1-8.14-15.21-23)

 
Acclamation : Dieu ne regarde pas l'apparence, comme font les hommes : il sonde les reins et les cœurs. (1 S 16, 7)
 


 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées. -
Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ;
et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d'autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. -
Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. »
Jésus leur répond : « Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l'Écriture : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi.
Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Puis Jésus appela de nouveau la foule et lui dit : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. »
Il disait encore à ses disciples, à l'écart de la foule : « C'est du dedans, du coeur de l'homme, que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres,
adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure.
Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur. »

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