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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Le trésor de la pauvre veuve - Homélie 32° dimanche du Temps Ordinaire B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
 
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    Je vous lirai d'abord, à propos de l'évangile que nous venons d'entendre, ce qui se trouve dans un commentaire des quatre Évangiles: "La leçon est trop claire pour nécessiter un commentaire. Il faut plutôt en tirer personnellement la conclusion pratique, sagement (cf. 2 Co 8, 13), mais généreusement." Voilà tout ! Or, le livre en question compte plus de huit cents pages ... dont seulement trois petites lignes pour la pauvre veuve. Oui, la leçon est claire: elle est vraiment pauvre, cette veuve...

    Alors que pourra dire un "pauvre" prédicateur comme moi, chargé de vous faire l'homélie au sujet de cette veuve? Eh bien, d'abord que cet évangile me touche beaucoup personnellement. Ma maman a vécu le veuvage pendant plus de cinquante ans. Quand papa est mort après cinq ans de mariage, elle est restée avec quatre enfants sur les bras, dont le dernier, une fille, venait de naître. En grandissant comme aîné de la famille, je remarquais plus d'une fois que les fins de mois étaient très difficiles pour maman, et que quand nous avions besoin d'une fourniture scolaire quelconque, par exemple, elle se trouvait dans la gêne en comptant les derniers sous de son porte-monnaie.

    Mais la pauvre veuve de l'évangile était encore plus pauvre. Car ma maman avait pu bénéficier d'une petite assurance-vie que papa avait contractée, ainsi que d'une pension de veuve versée par l'État belge. Au temps de Jésus à Jérusalem, il n'y avait rien de semblable. Les veuves ne pouvaient même pas hériter de leurs maris défunts. En mettant ses deux piécettes dans le Trésor du Temple, la veuve de l'Évangile ne se dit pas: - Tant pis, demain c'est le jour où le facteur va m'apporter mon chèque. Oui, vraiment, "elle a tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre". L'obole de cette veuve est d'autant plus remarquable que S. Marc a pris soin de nous signaler que les scribes, eux, "dévorent les biens des veuves". Le contraste est criant entre la voracité des scribes et la générosité de cette femme.

    Là aussi j'ai des souvenirs d'enfance que je ne suis pas près d'oublier. Dans notre jardin il y avait un cognassier. La quantité de fruits dépendait de la pluie. C'est un arbre qui a besoin de beaucoup d'eau. Cette année-là, comme souvent en Belgique, la pluie avait été généreuse, et il y avait abondance de coings. Comme c'est un fruit qui ne se mange pas cru, maman en avait fait de la gelée, très prisée notamment pour soigner les diarrhées. Et apparemment, nous n'étions pas les seuls à présenter de temps en temps ces petits troubles intestinaux, car nos voisins étaient très intéressés par la production artisanale de maman; et ils l'avaient suppliée de leur en vendre quelques bocaux. Les voisins ont donc reçu leurs bocaux de gelée ... mais maman n'a jamais reçu son argent.

    Cette anecdote montre bien qu'aujourd'hui encore, les veuves, même avec l'aide de l'État, demeurent une proie facile dans un monde où prévaut souvent la loi du plus fort, et où l'argent est roi. Si les scribes dévoraient ses maigres biens, la veuve de l'évangile aurait très bien pu s'en prévaloir pour ne rien mettre dans le trésor du Temple. En y laissant tomber ses deux piécettes, elle ne pouvait même pas espérer récolter une certaine admiratiion ou reconnaissance comme salaire de son geste. Ce qu'elle a fait était entièrement gratuit, par pur amour pour le Seigneur et sans rancune contre les hommes.

    Alors, oui, tirons-en "personnellement la conclusion pratique, sagement, mais généreusement". "Sagement" selon la recommandation de S. Paul, à l'occasion d'une collecte pour l'Église de Jérusalem: "Il ne s'agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, il s'agit d'égalité"; mais aussi "généreusement". S. Paul, avant de préciser avec sagesse aux chrétiens de Corinthe qu'il ne leur demandait pas de donner de leur nécessaire, mais de leur superflu, fait appel à leur générosité pour ne pas qu'ils se croient trop facilement excusés de ne pas donner tout ce qu'ils pouvaient donner. Il leur dit: "Vous connaissez en effet la générosité de notre Seigneur Jésus-Christ: lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. (...) Maintenant, allez jusqu'au bout de la réalisation; ainsi comme vous avez mis votre coeur à décider, vous irez jusqu'au bout de vos possibilités." Sans donner de ce dont on a réellement besoin pour vivre, mais en allant jusqu'au bout de ses possibilités, voilà la leçon que nous pouvons retenir. Peu importe si on ne peut donner plus: "Quand on y met tout son coeur, on est accepté pour ce que l'on a; peu importe ce que l'on n'a pas" (2 Co 8, 9-14).

    Ajoutons que "ce que l'on a", ce n'est pas seulement de l'argent. On peut aussi donner de son temps, de son travail. On peut donner de ses enfants. J'ignore ce que ma maman mettait dans le tronc de l'église ou à la collecte de la messe. Ce que je sais, c'est qu'elle a donné au Seigneur et à l'Église un fils prêtre, un autre diacre permanent, et une fille consacrée dans une communauté... On peut surtout donner de son amour. Ce qui compte, en matière d'argent, de temps, de travail ou en quoi que ce soit d'autre que nous puissions donner, ce n'est pas la quantité, mais la qualité. Et si nous nous vantons sans cesse de la quantité, c'est le signe d'une piètre qualité: "Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à sortir en robes solennelles et qui aiment les salutations sur les places publiques, les premiers rangs dans les synagogues et les places d'honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et affectent de prier longuement: ils seront d'autant plus sévèrement condamnés". Mère Teresa disait: "Nous ne serons pas jugés sur la somme du travail accompli, mais sur le poids d'amour que nous aurons mis".

    "Condamnés", "jugés": il s'agit bien ici d'un jugement. Ce jugement, c'est le jugement de Dieu sur chacun de nous. L'Écriture parle dans plusieurs passages d'un jugement "général", à la fin du monde, et aussi d'un jugement particulier, à la fin de notre vie. Mais ces deux jugements sont miséricordieusement anticipés par Jésus pour qu'à la fin de notre vie et à la fin du monde, nous ne tombions pas des nues, et pour que nous ayons le temps de nous convertir dans notre manière de donner. Dans la section de l'Évangile de S. Marc que nous sommes en train de méditer, Jésus se présente comme celui qui juge Jérusalem dès à présent. Ce jugement est donné en actes et en paroles. Le jugement de Jérusalem en actes commence avec l'entrée de Jésus dans la ville. Il se poursuit avec le figuier stérile et desséché et la purification du Temple. Le jugement de Jérusalem en paroles, ce sont les disputes théologiques au Temple au sujet de son autorité, de la manière de lire l'Écriture, de la question de l'impôt, de la résurrection des morts et du discernement de ce qu'il y a de plus important dans les commandements, ainsi que la question de Jésus qui restera sans réponse. L'évangile que nous avons entendu aujourd'hui est la conclusion de ce jugement. C'est le dernier enseignement de Jésus dans le Temple de Jérusalem. Il n'y remettra plus les pieds. Quelques jours plus tard il sera jugé injustement par ceux-là même qu'il a jugé si justement. Au lieu de se convertir grâce à ce jugement, ils se sont endurcis.

    C'est par rapport à Jésus lui-même que chacun se trouve interpellé et situé. C'est face à Jésus que chacun est mis en jugement, dès maintenant, comme à la fin de notre vie, comme à la fin du monde. C'est par sa Parole et par son Eucharistie où il se donne totalement à nous que nous sommes jugés. Les divers groupes d'adversaires de Jésus n'ont trouvé d'autre échappatoire que dans le silence et la non-foi. Quelle est notre réaction après avoir entendu la Parole de jugement d'aujourd'hui? Comment décidons-nous de ce que nous allons mettre dans la collecte qui fait partie de la messe? Quelle sera notre réponse à Jésus qui livre son Corps et qui verse son Sang pour nous, quand le célébrant dira à l'issue de cette célébration: "Allez dans la paix du Christ"? Quel sera notre engagement dans le monde, dans l'Église au cours de la semaine qui commence?

    Demandons à la pauvre veuve de l'évangile de nous enseigner que la seule réponse que nous pouvons faire à Celui qui s'est fait pauvre pour nous enrichir, c'est d'aller jusqu'au bout de nos possibilités. Demandons-le aussi à la Vierge Marie, la veuve par excellence. Car c'est elle qui a vraiment tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre, c'est-à-dire Jésus, son Fils Lui-même. En cela elle est un signe dans l'Église. Dans un très beau commentaire de la Présentation au Temple, Martin Luther écrit:
 
Que signifie le fait que Siméon s'adresse seulement et personnellement à Marie, sa mère, et non pas à Joseph? Cela signifie sans doute que l'Église chrétienne reste sur la terre la Vierge Marie spirituelle, et qu'elle ne sera pas détruite, quand bien même ses prédicateurs, sa foi, son évangile, le Christ spirituel, seront persécutés. Bien que Joseph mourra d'abord, puis que le Christ sera martyrisé, que Marie deviendra veuve et qu'elle sera dépouillée de son Fils, cependant elle restera, et toute cette grande détresse traverse son coeur. Ainsi l'Église chrétienne reste toujours une veuve et son coeur est transpercé de ce que Joseph, les saints Pères et son fils meurent, et de ce que l'évangile soit persécuté; elle doit souffrir le glaive et cependant rester toujours jusqu'au dernier jour.

    L'Église est donc elle aussi comme une veuve constamment dépouillée de ses biens par un monde qui la persécute, mais qui ne cesse pas pour autant de donner à Dieu tout ce qu'elle a: Jésus.
L'Église est donc elle aussi comme une veuve constamment dépouillée de ses biens par un monde qui la persécute

L'Église est donc elle aussi comme une veuve constamment dépouillée de ses biens par un monde qui la persécute

L’unique Sacerdoce du Christ - Homélie 32° dimanche du Temps Ordinaire

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

 

 

Selon les statistiques, l’Eglise catholique compte environ quatre cent mille prêtres ordonnés à l’œuvre actuellement dans le monde entier. Comment accorder ce nombre en apparence si grand avec ce que dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique (n. 1545) qui parle de « l’unique sacerdoce du Christ » ? Y a-t-il un seul prêtre, Jésus Christ, ou y en a-t-il près d’un demi-million ? 

 

A vrai dire, c’est une question-piège. La question n’est pas de savoir s’il y a ou bien un seul vrai prêtre, ou bien plus de quatre cent mille prêtres. La réalité, c’est que les deux affirmations sont vraies. Il est juste de dire qu’il n’y a qu’un seul vrai grand prêtre, Jésus Christ. Mais il est tout aussi juste d’affirmer qu’il y a quatre cent mille prêtres dans l’Eglise catholique. La solution de l’énigme se trouve dans le fait que le sacerdoce de ces quatre cent mille prêtres ne fait pas nombre avec le sacerdoce du Christ, n’est pas indépendant de lui. Les prêtres sont les ministres du Christ, ses représentants. De par leur ordination sacramentelle ils participent d’une manière spéciale de son unique sacerdoce. Le Catéchisme (n. 1545) l’exprime en ces termes :

 

« l’unique sacerdoce du Christ (…) est rendu présent par le sacerdoce ministériel sans que soit diminuée l’unicité du sacerdoce du Christ : "Aussi le Christ est-Il le seul vrai prêtre, les autres n’étant que ses ministres" (S. Thomas d’A., Hebr. 7, 4). »

 

Voilà ce que les théologiens veulent dire quand ils affirment que les prêtres ordonnés agissent « in persona Christi », dans la personne du Christ. Quand un prêtre s’acquitte de ses devoirs sacerdotaux, comme, par exemple, la célébration de la Messe ou du Sacrement de Pénitence, c’est le Christ qui agit par eux.

 

Le passage de la Lettre aux Hébreux que nous venons d’entendre nous aide à comprendre le caractère unique du sacerdoce du Christ. C’est aussi en méditant ce passage que nous pourrons mieux apprécier la profondeur de la sagesse et la puissance de l’amour de Dieu pour nous. La lecture met en lumière trois aspects de l’unique sacerdoce du Christ.

 

Tout d’abord, elle nous rappelle que Jésus est entré dans l’unique vrai sanctuaire : le trône céleste du Père. Ceci s’est réalisé par son Ascension, quarante jours après sa Résurrection, quand il est monté au ciel, pour s’asseoir à la droite du Père. Il nous est difficile de comprendre la signification de l’Ascension. Une analogie peut nous y aider.

 

Représentons-nous le sacerdoce comme un pont. Une extrémité de ce pont repose sur la terre, où les pécheurs que nous sommes tous se battent pour retrouver le bonheur perdu et la vie éternelle pour laquelle nous avons été crées. L’autre extrémité de ce pont se trouve au ciel, qui est la présence de Dieu, source intarissable de vie, de bonheur. Ce pont, c’est Jésus qui l’a construit par sa Passion et sa Résurrection. Il a solidement établi une extrémité de ce pont sur la terre en fondant l’Eglise, et la deuxième extrémité au ciel par son Ascension. Sans l’Ascension le pont ne serait pas achevé, ou, en tout cas, impraticable. En d’autres mots, Jésus est réellement présent au ciel, avec son corps ressuscité et glorifié, avec aussi sa Mère, la Bienheureuse Vierge Marie dans la gloire de son Assomption.

 

Mais il est présent aussi sur terre, grâce aux sacrements de son Eglise, administrés par les prêtres ordonnés dans la puissance du Saint Esprit. Quand nous recevons ces sacrements, chacun de nous se trouve incorporé à  ce pont, pour ainsi dire comme une extension, une bretelle d’accès, pour rayonner cette présence à l’endroit où nous vivons. Voilà ce que veut dire l’expression "sacerdoce commun des fidèles".

 

Cette vérité de notre foi, nous la proclamons chaque fois que l’Eucharistie est célébrée. Le prêtre, proclamant la Parole de Dieu, représente Dieu qui se révèle par sa Parole. Lors de la présentation des dons (l’offertoire), le prêtre vient du sanctuaire pour recevoir les offrandes du peuple, de même que le Christ est venu du ciel pour prendre notre nature humaine par l’incarnation. Ensuite, le prêtre apporte ces dons, qui représentent notre vie, nos souffrances, notre travail, dans le sanctuaire sur l’autel, où il les offre (in persona Christi) à Dieu en notre nom, tout comme le Christ a emporté notre nature humaine au ciel à l’Ascension, « afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu », comme nous le rappelle la deuxième lecture.

 

Ainsi, le premier aspect de l’unique sacerdoce du Seigneur est le fait qu’il a établi une extrémité du pont au ciel, ce que lui seul a pu faire, car lui seul est ressuscité de morts et monté au ciel.

 

Le deuxième aspect mis en lumière par la deuxième lecture de ce dimanche, c’est la manière dont Jésus a construit ce pont du salut. Le passage nous dit que « (Jésus) s'est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice ». Nous avons tellement l’habitude d’entendre cette affirmation qu’elle ne nous étonne plus. Le péché est une révolte contre Dieu. Le péché, c’est toute parole, action ou désir librement choisi en opposition à la loi éternelle (cf. CEC 1859). Le péché revient à tourner le dos à Dieu pour lui faire comprendre que nous voulons trouver notre bonheur sans lui, ce qui est, bien sûr, impossible. Cette rébellion s’est déroulée pour la première fois au Jardin de l’Eden, au moment où nos premiers parents ont commis le péché originel sous l’instigation du démon. De là cette rébellion s’est répandue, comme la grippe H1N1, partout où il y a des hommes. Notre nature humaine s’en est trouvée infectée. Mais Dieu ne nous a pas abandonné à notre maladie. Il nous a envoyé un Sauveur, Jésus Christ.

 

Jésus est né de la Vierge Marie, Immaculée Conception, pour que la nature humaine de son Fils soit libre de toute infection du péché. Et quand il fut tenté par le démon, au désert, au commencement de son ministère public, et puis durant sa Passion, il est resté fidèle à la volonté du Père. Au lieu de se rebeller contre la Loi divine il l’a acceptée et embrassée, même jusqu’à l’humiliation suprême et la douleur de la crucifixion. En d’autres mots, bien qu’il n’ait jamais péché, il a pris sur lui la culpabilité et le châtiment de tous nos péchés, pour nous permettre de renaître, grâce à cette seconde chance que nous offre la rédemption. Il s’est sacrifié lui-même pour renverser et défaire la rébellion de l’humanité contre Dieu. Vrai Dieu et vrai homme, il a dit "oui" à son Père, en réparant tous les "non" que l’humanité pécheresse a accumulés tout au long de son histoire.

 

Mais ce sacrifice pour enlever tous nos péchés a eu lieu il y a deux mille ans. Comment pouvons-nous en bénéficier ? Comment pouvons-nous y connecter notre vie aujourd’hui ?

 

Par l’Eucharistie. La Messe n’est pas uniquement un souvenir, comme une cérémonie commémorative du 11 novembre ; c’est une célébration sacramentelle. Par le prêtre ordonné, agissant "dans la personne du Christ", le Saint Esprit fait de chaque Messe « l’actualisation et l’offrande sacramentelle de son unique sacrifice (celui du Christ), dans la liturgie de l’Église qui est son Corps » (CEC 1362). Au moment où le prêtre prononce les paroles de la consécration : « ceci est mon corps… ceci est mon sang… », c’est Jésus lui-même qui se rend réellement présent sous les apparences du pain et du vin. Par la consécration d’abord du pain, et ensuite du vin, le sacrifice de la Croix est rendu présent, où Jésus a offert son propre corps, duquel a coulé son sang en sacrifice pour nos péchés.

 

Ainsi, chaque fois que nous participons à la Messe, pour unir attentivement notre cœur et notre esprit aux prières prononcées par le prêtre, nous connectons notre vie au sacrifice rédempteur du Christ. En recevant la Sainte Communion, nous permettons à la puissance du "oui" du Christ d’entrer dans notre âme et de nous purifier de nos tendance égoïste, pécheresse qui consiste à dire "non" à Dieu. A chaque messe nous traversons le pont entre ce monde perdu par le péché et le Royaume des Cieux. Voilà ce que dit le prêtre, juste avant la communion : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde… Heureux les invités au repas du Seigneur ».

 

Le troisième aspect de l’unique sacerdoce du Christ mis en lumière dans la deuxième lecture de ce dimanche regarde l’avenir. Ce sacerdoce, exercé par les ministres ordonnés ici, sur terre, transfuse sa grâce salutaire dans notre vie pour nous donner accès au sanctuaire éternel et nous permettre de bénéficier de son sacrifice sauveur. Et pourtant, le monde dans lequel nous vivons, est un monde déchu. Notre nature humaine est toujours blessée et remplie de tendances égoïstes, pécheresses. Un jour serons-nous complètement guéris du péché et de toutes ses conséquences ? Y aura-t-il un ciel nouveau et une terre nouvelle, où nous pourrons contempler Dieu face à face, au lieu de le voir sous le voile de la foi ? Oui ! « le Christ … apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l'attendent ».

 

Nous vivons la phase finale de l’histoire dans laquelle le Royaume du Christ s’étend graduellement et mystérieusement jusqu’aux extrémités de la terre par l’extension de l’Eglise qui doit toujours combattre, souffrir, comme le Seigneur lui-même. Mais au moment fixé par lui, ce combat, cette souffrance prendront fin : le pont de la rédemption aura atteint sa raison d’être, et Dieu notre Père rassemblera tous ses enfants fidèles dans sa demeure céleste, là où tous les désirs seront exaucés au-delà de toute espérance. Voilà ce que nous disons chaque dimanche quand nous proclamons notre foi dans "la résurrection de la chair" et "la vie éternelle".

 

Vraiment, Jésus Christ, l’unique vrai grand prêtre de toute l’humanité, est venu pour nous sauver par son incarnation rédemptrice, continue de nous purifier et fortifier par le sacerdoce sacramentel de l’Eglise, et viendra de nouveau à la fin des temps pour essuyer toute larme et pour guérir toute blessure. Dans cette Messe, renouvelons notre foi en un Sauveur si grand ; remercions-le pour son unique sacerdoce, et promettons-lui de ne jamais nous écarter de la voie du salut.

Lectures 32° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : La veuve de Sarepta (1R 17, 10-16)

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Lecture du premier livre des Rois

Le prophète Élie partit pour Sarepta, et il parvint à l'entrée de la ville. Une veuve ramassait du bois ; il l'appela et lui dit : « Veux-tu me puiser, avec ta cruche, un peu d'eau pour que je boive ? »
Elle alla en puiser. Il lui dit encore : « Apporte-moi aussi un morceau de pain. »
Elle répondit : « Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu : je n'ai pas de pain. J'ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine, et un peu d'huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste. Nous le mangerons, et puis nous mourrons. »
Élie lui dit alors : « N'aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. Mais d'abord cuis-moi un petit pain et apporte-le moi, ensuite tu feras du pain pour toi et ton fils.
Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d'Israël : Jarre de farine point ne s'épuisera, vase d'huile point ne se videra, jusqu'au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre. »
La femme alla faire ce qu'Élie lui avait demandé, et longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger.
Et la jarre de farine ne s'épuisa pas, et le vase d'huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l'avait annoncé par la bouche d'Élie.
 
 


 

Psaume : 145, 5-6a, 6c-7ab, 8bc-9a, 9b.10

 

R/ Je te chanterai, Seigneur, tant que je vivrai.

 

Heureux qui s'appuie sur le Dieu de Jacob,
qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu,
 
lui qui a fait le ciel et la terre.

Il garde à jamais sa fidélité,
 
il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain.

 
Le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,
 
le Seigneur protège l'étranger.

Il soutient la veuve et l'orphelin.

D'âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !
 
 
 

2ème lecture : Le sacerdoce du ciel (He 9, 24-28)

 

Lecture de la lettre aux Hébreux

Le Christ n'est pas entré dans un sanctuaire construit par les hommes, qui ne peut être qu'une copie du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu.
Il n'a pas à recommencer plusieurs fois son sacrifice, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n'était pas le sien ;
car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis le commencement du monde. Mais c'est une fois pour toutes, au temps de l'accomplissement, qu'il s'est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice.
Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois, puis de comparaître pour le jugement,
ainsi le Christ, après s'être offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude, apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l'attendent.
 
 


 

 

 

 

Evangile : L'ostentation des scribes - L'aumône de la pauvre veuve (brève : 41-44) (Mc 12, 38-44)

 
Acclamation : Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux ! (Mt 5, 3)
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à sortir en robes solennelles et qui aiment les salutations sur les places publiques,
les premiers rangs dans les synagogues, et les places d'honneur dans les dîners.
Ils dévorent les biens des veuves et affectent de prier longuement : ils seront d'autant plus sévèrement condamnés. »
Jésus s'était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait la foule déposer de l'argent dans le tronc. Beaucoup de gens riches y mettaient de grosses sommes.
Une pauvre veuve s'avança et déposa deux piécettes.
Jésus s'adressa à ses disciples : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde.
Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre. »
 
 


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Calendrier 2018 - Année saint Luc

dominicanus

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Écouter et aimer : la conjugaison de Jésus - Homélie 31° dimanche du Temps Ordinaire

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Ce passage de l'évangile fait partie du « must » de la Bible. Il est universellement plébiscité pour faire partie du « best of » des évangiles, pour utiliser un autre anglicisme. Il traîne dans toutes les mémoires, et est fréquemment cité, la plupart du temps à tort et à travers, parce qu'on n'a pas pris la peine d'écouter vraiment ce que Dieu veut nous dire dans cette parole. On a vaguement retenu qu'il s'agit du verbe aimer, et on s'en sert pour le mettre à toutes les sauces, sans façon. C'est pratique, c'est rapide et ça passe partout..., mais on n'a pas vraiment pris le temps d'écouter, et on reste sur sa faim, cela ne nourrit pas son homme. C'est l'équivalent spirituel du fléau de la malbouffe... Écouter et aimer, aimer écouter, écouter pour aimer: les deux verbes doivent être conjugués au même temps.

    Tout le monde a retenu qu'il est question d'aimer, mais quoi, mais qui au juste? Commençons par remarquer que cette parole s'insère dans un dialogue entre Jésus et un scribe juif dont Jésus nous dira qu'il n'est pas loin du Royaume. C'est assez rare, sachant qu'il s'agit d'un scribe, surtout compte tenu du contexte, qu'il vaut la peine de regarder, au moins rapidement.

    Dans le chapitre 11, et le début du chapitre 12, S. Marc rapporte toute une série de disputes entre Jésus et les autorités religieuses, avec en tête le récit des vendeurs chassés du Temple (11, 15-17). Très peu charitable, selon les critères des spécialistes du pose-minute de l'amour. « Il aurait mieux fait de se taire », diront d'autres experts de l'amour rapide; « c'est de sa faute si l'atmosphère s'envenime ». En effet, la réaction des grands prêtres et des scribes ne se fait pas attendre: « Ils cherchaient comment le faire mourir » (v. 18). Mais on oublie de souligner l'amour de Jésus pour la maison de son Père qui doit être « maison de prière pour toutes les nations ». Quand ils le rencontrent de nouveau dans le Temple, les grands prêtres, scribes et anciens lui demandent par quelle autorité il se permet de faire des choses pareilles (v. 28). Pour toute réponse, Jésus raconte la parabole des vignerons homicides (12, 1-12). Ses adversaires se sentent visés (à bon droit), et leur rêve devient une obsession: ils « cherchent à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule » (v. 12). Ensuite nouvelles attaques, voilées cette fois, de la part des pharisiens, des hérodiens, puis des sadducéens, tous azimuts: on commence par un compliment, mais ce n'est qu'un piège pour le faire parler. « Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur? » (v. 14) et comment ça se passera à la résurrection des morts pour la femme au sept maris successifs: de qui cette femme sera-t-elle l'épouse (v. 18-27)?

    C'est dans cet atmosphère pesante et empoisonnée que se situe l'épisode de l'évangile d'aujourd'hui. Voilà un homme bienveillant, enfin! « Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s'avança... » Le pauvre Jésus peut enfin respirer un peu. Marc est le seul à souligner la bonne foi et les intentions bienveillantes de ce scribe, contrairement à Matthieu (22, 35) et Luc (10, 25). Il fait tout de même figure d'exception, ce scribe, mais il manifeste au moins que le judaïsme peut s'ouvrir à la nouveauté de Jésus, l'Amour incarné.

    Et nous, savons-nous conjuguer le verbe « aimer » comme Jésus? Parlons-nous le même langage? Avons-nous la même grammaire que Jésus, ou cette grammaire nous apparaît-elle comme bizarre? La question n'est pas seulement rhétorique. Avez-vous remarqué que dans sa réponse à la question: « Quel est le premier de tous les commandements? » Jésus répond: « Voici le premier ... Voici le second »? Et il ajoute: « Il n'y a pas de commandement (au singulier) plus grand que ceux-là (au pluriel) ». L'amour de Dieu et l'amour du prochain ne sont pas deux amours qui sont en concurrence ou en conflit. C'est un seul et même amour.

    Or, nous, nous séparons ce que Dieu a uni. Soit, comme les pharisiens nous prétextons l'amour de Dieu pour ne pas nous occuper du prochain. Nous faisons alors comme ces scribes et ces pharisiens qui prétextaient de leurs obligations religieuses pour ne pas venir au secours de leurs parents: « Et vous, vous dites : 'Supposons qu'un homme déclare à son père ou à sa mère : Les ressources qui m'auraient permis de t'aider sont corbane, c'est-à-dire offrande sacrée.' ... Et vous faites beaucoup de choses du même genre » (Mc 7, 11.13). Mais dans ce cas, dit Jésus, « vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes » (v. 8). Saint Vincent de Paul a une page mémorable à ce sujet...

    Soit nous prétextons l'amour du prochain pour nous débarrasser de Dieu. Dans les deux cas c'est une fuite qui montre que nous n'avons pas compris en quoi consiste l'amour dans son essence. Il n'y a qu'une charité, par laquelle nous aimons Dieu pour lui, et les autres et l'univers tout entier à cause de lui. Aimer Dieu pour Dieu, et aimer toutes choses à cause de Dieu: voilà la seule conjugaison correcte du verbe « aimer ». Pas moyen d'aimer Dieu si on n'aime pas son prochain, mais le chemin le plus court pour aimer le prochain, c'est le chemin qui passe par Dieu, par l'eucharistie, par la prière. Passer par Dieu n'est pas un détour, une perte de temps, bien au contraire!

    Madeleine Delbrêl (1904-1964) montre que c'est difficile d'aimer le prochain quand le prochain est quelqu'un qui veut détruire en vous les choses qui sont les plus chères. À Ivry, fief communiste, où elle a vécu pendant vingt-cinq ans, il y avait des gens qui attaquaient ce pourquoi elle aurait donné sa vie: l'Église, la messe, la confession. Alors comment les aimer? Impossible, sinon en Dieu, par la prière.

« Madeleine n'a jamais boudé l'action humaine, l'engagement temporel. Elle a participé à des campagnes retentissantes pour libérer des prisonniers politiques, et, parfois seule, elle a été jusqu'au bout. Elle a rédigé de multiples tracts, affiches, collaboré à l'aide aux grévistes, aux chômeurs. Et elle répondait avec autant d'énergie aux appels les plus inattendus. Elle connaît donc les joies, les peines d'une vie disponible, ouverte à tout vent. Elle a expérimenté les deux risques extrêmes : s'engloutir dans l'action, se décourager. Comment être chrétien, disciple de Jésus-Christ indissolublement uni à son Père et aux hommes ? Comment traduire dans notre vie quotidienne l'amour vivant et réciproque qui unit Dieu et les siens ? La réponse de Madeleine, inscrite dans d'innombrables pages et notes, ne varie jamais. C'est par une pratique fidèle de la prière. »                               (Jacques Loew)

    La tentation moderne, la plus actuelle, c'est bien celle-ci: « Faire le bien pour l'homme », mais pas pour Dieu (Ludwig Feuerbach, 1804-1872). Dans son oeuvre majeure, « L'Essence du christianisme » (1841), ce philosophe proclame la grandeur du christianisme, mais d'un christianisme athée, sans Dieu, qui ne voit en Jésus qu'un homme charitable qui a donné sa vie pour le prochain: « Le grand tournant de l'histoire sera le moment où l'homme prendra conscience que le seul Dieu de l'homme est l'homme lui-même. »

    Claudel dit quelque part que la tentation de l'homme moderne, ce n'est pas de faire le mal, c'est de vouloir se passer de Dieu pour faire le bien. Voilà jusqu'où va l'orgueil humain: vouloir montrer qu'on peut faire le bien sans Dieu, alors que Jésus a dit: « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5 ). Il y a là comme un défi athée: vous dites qu'il faut aimer Dieu pour aimer le prochain? Eh bien, nous allons vous montrer que pour faire le bien, on n'a pas besoin de Dieu. Mais sans le Créateur, la créature s'évanouit (cf. GS 36), et tôt ou tard, c'est le désespoir: « La créature ne peut pas se détourner de son Créateur sans se trouver sur des voies qui s'en vont vers la destruction, l'autodestruction » (Card. Ch. Journet). « Le grand acte de foi, c'est lorsque l'homme décide qu'il n'est pas Dieu » (O. W. Holmes). Le voilà, le grand tournant de l'histoire!

    Alors, vous voyez que la question du scribe n'est pas seulement une question académique qui serait très éloignée de nos préoccupations. C'est tout ce qu'il y a de plus concret et pratique. « Il suffit d'aimer », c'est le titre d'un livre sur Bernadette de Lourdes par Gilbert Cesbron (1960) et aussi d'un film basé sur ce récit, réalisé par Robert Darène (1961), titre repris ensuite par « Le Jour du Seigneur » à la télévision française pour un entretien avec Soeur Emmanuelle. Mais l'amour n'est pas un dédouanement de tout ce qu'il y a de difficile et d'humainement déconcertant, ni une absence de discernement, ni un alibi pour la lâcheté et la paresse. Un théologien américain avec qui j'ai fait mes études a écrit un livre sur la hiérarchie des vérités, une notion souvent mal comprise, comme si certaines vérités de la foi étaient négociables, ou moins vraies que les autres.

    Ce danger existe aussi en morale. Tout comme la Très Sainte Trinité est le mystère duquel tous les autres mystères découlent, et non pas le mystère devant lequel tous les autres disparaissent, ainsi l'amour est la vertu qui entraîne toutes les autres, et non pas la vertu qui remplace toutes les autres. Ce qui est important c'est de se rendre compte que tout se tient, en dogme comme en morale. La place de la Vierge Marie est subordonnée à la place de Jésus, mais si l'on met en doute la maternité divine de Marie, telle que définie au Concile d'Éphèse, c'est la divinité du Christ qui est remise en cause. Et si l'on remet en cause la divinité de Jésus, il n'y a plus de mystère de la Trinité. Dans le domaine de l'agir chrétien (la morale) il en va de même. S. François de Sales dit que l'amour est la reine; la foi et l'espérance sont des servantes. Mais sur cette terre, cette reine ne peut pas régner sans les servantes.
Écouter et aimer : la conjugaison de Jésus - Homélie 31° dimanche du Temps Ordinaire

Lectures 31° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)

 

1ère lecture : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu » (Dt 6, 2-6)

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple d'Israël :
« Tu craindras le Seigneur ton Dieu. Tous les jours de ta vie, toi, ainsi que ton fils et le fils de ton fils, tu observeras tous ses commandements et ses ordres, que je te prescris aujourd'hui, et tu auras longue vie.

Israël, tu écouteras, tu veilleras à mettre en pratique ce qui t'apportera bonheur et fécondité, dans un pays où ruissellent le lait et le miel, comme te l'a promis le Seigneur, le Dieu de tes pères.

Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'Unique.

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.

Ces commandements que je te donne aujourd'hui resteront dans ton cœur. » 

 

 

Psaume :  118, 97.99, 101-102, 103-104, 105-106

R/ Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et tu auras la vie.

De quel amour j'aime ta loi :
tout le jour je la médite !
Je surpasse en sagesse tous mes maîtres,
car je médite tes exigences.

Des chemins du mal, je détourne mes pas, 
afin d'observer ta parole. 
De tes décisions, je ne veux pas m'écarter, 
car c'est toi qui m'enseignes. 

Qu'elle est douce à mon palais ta promesse : 
le miel a moins de saveur dans ma bouche ! 
Tes préceptes m'ont donné l'intelligence : 
je hais tout chemin de mensonge. 

Ta parole est la lumière de mes pas, 
la lampe de ma route. 
Je l'ai juré, je tiendrai mon serment, 
j'observerai tes justes décisions.

 

2ème lecture : « Le sacerdoce qui ne passe pas » (He 7, 23-28)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Dans l'ancienne Alliance, un grand nombre de prêtres se sont succédé parce que la mort les empêchait de durer toujours.

Jésus, lui, puisqu'il demeure éternellement, possède le sacerdoce qui ne passe pas.

C'est pourquoi il est en mesure de sauver d'une manière définitive ceux qui s'avancent vers Dieu grâce à lui, car il vit pour toujours, afin d'intercéder en leur faveur.

C'était bien le grand prêtre qu'il nous fallait : saint, sans tache, sans aucune faute ; séparé maintenant des pécheurs, il est désormais plus haut que les cieux.

Il n'a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d'offrir chaque jour des sacrifices, d'abord pour ses péchés personnels, puis pour ceux du peuple ; cela, il l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui-même.

Dans la loi de Moïse, ce sont des hommes remplis de faiblesse qui sont désignés comme grands prêtres. Mais plus tard, quand Dieu s'engage par serment, il désigne son Fils qu'il a pour toujours mené à sa perfection.

 

Evangile : Le grand commandement (Mc 12, 28b-34)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Dieu est amour. Celui qui aime est né de Dieu : il connaît Dieu. Alléluia. (1 Jn 4, 8.7)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Un scribe s'avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »

Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »

Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »

Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008 

Je crois la Sainte Eglise Catholique - Homélie pour la Solennité de Tous les Saints

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
La grande gloire de l'Église, c'est d'être sainte avec des membres pécheurs.

La grande gloire de l'Église, c'est d'être sainte avec des membres pécheurs.

   


    Nous célébrons aujourd'hui la solennité de tous les saints. C'est une des fêtes les plus populaires dans la Tradition de l'Église catholique. Le fait que dans la plupart de nos pays, elle soit une fête chômée en est un signe. Mais là aussi, les assauts de la sécularisation se font sentir de plus en plus. Ces dernières années on a pu assister à une véritable profanation de cette fête. Vous avez tous entendu parler de Halloween. Halloween était à l'origine une authentique fête catholique. Elle s'appelait All Hallow's Eve, la vigile de la Toussaint. Ce sont les  émigrés Irlandais, avec leur grande dévotion pour les saints, qui l'ont importée aux États-Unis. Ce n'est que durant ces dernières années que cettte fête a été défigurée, dépouillée de son sens chrétien, pour être transformée en une parodie lugubre de la vision chrétienne de l'au-delà. Ce n'est donc pas seulement une motivation commerciale qui a fait de cette fête comme un deuxième carnaval. Le 31 octobre est pour l'occultisme "la fête la plus importante pour les disciples de Satan".

    C'est une raison de plus pour nous d'approfondir le sens authentique de la solennité de tous les saints, et pour ne pas la laisser se dévaluer par rapport à la commémoration des fidèles défunts qui a lieu le lendemain, le 2 novembre. Il y va de la vitalité de notre foi. Ne nous laissons pas contaminer et manipuler par des forces obscures, mais contaminons le monde par notre foi ! Et notre foi c'est ceci :
 
JE CROIS À LA SAINTE ÉGLISE CATHOLIQUE.
 
Seulement, ce que je crois du fond de mon coeur, je dois aussi essayer de le comprendre avec toute mon intelligence. La foi n'est jamais une chose évidente. Elle est une épreuve. Ce que nous serons ne paraît pas encore clairement, nous dit S. Jean. C'est là justement que la foi intervient. La sainte Église n'est pas une Église sans pécheurs. Je ne suis pas venu pour les bien portants ni pour les justes, mais pour les malades et les pécheurs, dit Jésus. Nous venons de le reconnaître au début de la messe : nous sommes tous pécheurs. S'il fallait être un saint avant de devenir chrétien, cela n'aurait aucun sens. On est chrétien pour le devenir.

    Alors vous voyez la question que nous devons tous nous poser aujourd'hui : moi qui suis pécheur, est-ce que je veux devenir un(e) saint(e) ? Si je dis que je suis chrétien, mais que je ne veux pas devenir saint, c'est alors qu'il y a un autre problème, plus grave que le péché lui-même. Quand je nie que je suis pécheur, il y a un problème, parce que je fais de Dieu un menteur. Mais sachant que je suis pécheur tout en faisant partie de l'Église, si je ne veux pas devenir un saint, il y a un problème aussi. C'est à ce propos que Jésus raconte la parabole du bon grain et de l'ivraie. L'ivraie, ce ne sont pas les pécheurs, ce sont les pécheurs qui ne veulent pas devenir des saints. Jésus dit dans la parabole :
 
Laissez-les pousser ensemble jusqu'à la moisson, et au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Enlevez d'abord l'ivraie, liez-la en bottes pour la brûler; quant au blé, rentrez-le dans mon grenier (Mt 13, 30).
 
Donc nous qui sommes membres de l'Eglise, nous sommes tous pécheurs.

    Mais dans l'Église il n'y pas que des pécheurs. Et nous qui sommes chrétiens, ce n'est pas dans la mesure où nous péchons que nous sommes membres de l'Église; c'est dans la mesure où nous avançons sur le chemin de la sainteté, dans la grâce de notre baptême et de notre confirmation. Par ces deux sacrements nous avons reçu un sceau, un sceau que le péché n'efface pas. Tant que je garde la foi de mon baptême, même si je me conduis mal par faiblesse,  je fais encore partie de l'Église, alors que si j'ai une conduite honorable, mais que je n'ai plus la foi, je ne suis plus chrétien. Tout à l'heure, avant la communion, je dirai cette admirable prière: "Seigneur, ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Église"... Le Concile de Trente dira: ceux qui disent qu'un chrétien en état de péché mortel ne fait plus partie de l'Église, qu'ils soient anathèmes! ! Seulement, si j'ai la foi, je ne dirai pas que j'ai eu raison de commettre ce péché que j'ai fait.

    S. Paul écrit aux Éphésiens:
 
(Le Christ) a aimé l'Église, il s'est livré pour elle; il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut; il la voulait sainte et irréprochable.
 
C'est l'Église qui sort du baptême. S. Paul sait bien qu'il y a des pécheurs dans l'Église. Aux Corinthiens il reproche des choses très graves. Et pourtant il dit que l'Église est sainte. Elle est sans péché, mais elle n'est pas sans pécheurs. Des théologiens belges ont dit ceci: Bien sûr, l'Église est sainte dans quelques-uns de ses membres, mais elle est pécheresse dans d'autres. De même qu'on dit qu'Anvers est riche (le port, les diamants...) même s'il y a beaucoup de pauvres; de même qu'on dit que Louvain est savante à cause de son université, même s'il s'y trouve beaucoup d'ignorants, ainsi on dira que l'Église est sainte même s'il y a en elle beaucoup de pécheurs. Non ! Dans tous les membres de l'Église, tant qu'ils n'ont pas apostasié, tant qu'ils ont encore la foi, il y a de la sainteté. Cette foi ne sera pas suffisante pour les sanctifier, mais ils font toujours partie de l'Église. L'Église n'abandonne pas les pécheurs. Elle est comme une maman dont l'enfant est gravement malade: tant qu'il est encore en vie, elle ne l'abandonne pas. Au moment où il est mort, elle ne va plus le garder dans ses bras.

    Mais il faut que l'enfant veuille rester près de sa maman. Pèguy, dans un très beau passage, dit ceci: Qu'est-ce qu'un chrétien? Un chrétien c'est un pauvre pécheur, mais qui prend la main. Et les saints, ceux que nous fêtons aujourd'hui, ce sont qui? Les saints, ce sont ceux qui donnent la main. Péguy dit: si vous prenez la main  qui vous est tendue, vous êtes chrétien. Si vous ne prenez pas la main qui vous est tendue, vous n'êtes pas chrétien. Cela veut dire que notre sanctification ne vient pas d'un effort que nous pourrions faire, aussi admirable soit-il. Notre sanctification vient d'une mendicité. Pour devenir un saint, il faut mendier. Tous les saints ont été des mendiants. Et plus ils ont mendié, plus ils ont reçu. Plus ils ont reçu, plus ils se sont sentis dépendants à l'égard de la miséricorde de Dieu.

    Alors ne jugeons pas l'Église sur ce qu'elle n'est pas. C'est ce que nous dit Jacques Maritain:

 
"Les catholiques ne sont pas le catholicisme. Les fautes, les lourdeurs, les carences et les sommeils des catholiques n'engagent pas le catholicisme. Le catholicisme n'est pas chargé de fournir un alibi aux manquements des catholiques. La meilleure apologétique ne consiste pas à justifier les catholiques quand ils ont tort, mais au contraire à marquer ces torts, et qu'ils ne touchent pas à la substance du catholicisme et qu'ils ne mettent que mieux en lumière la vertu d'une religion toujours vivante en dépit d'eux. L'Église est un mystère. Elle a sa tête cachée dans le ciel, sa visibilité ne la manifeste pas adéquatement. Si vous cherchez ce qui la représente sans la trahir, regardez le pape et l'épiscopat enseignant la foi et les moeurs, regardez les saints au ciel et sur la terre; ne nous regardez pas nous autres, pécheurs, ou plutôt regardez comment l'Église panse nos plaies et nous conduit clopin-clopant à la vie éternelle. La grande gloire de l'Église, c'est d'être sainte avec des membres pécheurs."

    En tant que pauvre pécheur, je dois alors savoir qu'il y a des saints qui sont là pour m'aider à m'en sortir, des saints, pas seulement ceux du ciel, mais aussi ceux de la terre. Alors, en ce beau jour de la Toussaint, regardons le ciel, mais n'oublions pas de regarder la terre aussi. Un évêque suisse, Mgr Charrière, qui était allé en pèlerinage à Ars, y avait rencontré un très vieux prêtre qui avait rencontre le curé d'Ars. L'évêque demande alors au prêtre si on avait reconnu la sainteté du curé de son vivant. - Oh non, avait-il répondu, on disait: c'est un original! De même pour Ste Bernadette de Lourdes et Ste Thérèse de Lisieux. Il y a tant de saints et de saintes qui nous tendent la main, et nous ne la saisissons pas, alors que nous en avons tant besoin, parce que nous ne les reconnaissons pas. Nous les persécutons même: Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi...

    Demandons à l'Esprit Saint d'ouvrir nos yeux afin que nous puissions voir et respecter la sainteté de l'Église, dans les saints, bien sûr, mais aussi en chacun de nous.

 
Mais il faut que l'enfant veuille rester près de sa maman.

Mais il faut que l'enfant veuille rester près de sa maman.

Lectures pour la Solennité de Tous les Saints

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : La foule immense des rachetés (Ap 7, 2-4.9-14)

 

Lecture de l'Apocalypse de saint Jean

Moi, Jean, j'ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d'une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et la mer :
« Ne dévastez pas la terre, ni la mer, ni les arbres,avant que nous ayons marqué du sceaule front des serviteurs de notre Dieu. »
Et j'entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d'Israël.
Après cela, j'ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l'Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main.
Et ils proclamaient d'une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l'Agneau ! »
Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu.
Et ils disaient : « Amen !Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et forceà notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »
L'un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d'où viennent-ils ? »
Je lui répondis : « C'est toi qui le sais, mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements,ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau. »
 
 


 

Psaume : 23, 1-2, 3-4ab, 5-6

 

R/ Voici le peuple immense de ceux qui t'ont cherché.

 

Toussaint ps

 

Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants ! 

C'est lui qui l'a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

 
Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
 
L'homme au coeur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.


Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
 
Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
qui rechechent la face de Dieu !
 
 


 

2ème lecture : Nous sommes enfants de Dieu et nous lui serons semblables (1 Jn 3, 1-3)

 

Lecture de la première lettre de saint Jean

Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu - et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu'il n'a pas découvert Dieu.
Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est.
Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.


 

 

 

 

Evangile : Les Béatitudes (Mt 5, 1-12a)

 
Acclamation : Venez au Seigneur, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau : il vous donnera le repos. (Mt 11, 28)
 


 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent.
Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les pauvres de coeur : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
Heureux les coeurs purs : ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! »
 
 

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Dédicace, oeuvre de Dieu oubliée (dernier dimanche d'octobre)

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)

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    Aujourd'hui, en France et en Belgique, nous célébrons la solennité de la dédicace des églises dont on ignore la date de consécration (le 25 octobre, ou bien le dernier dimanche d'octobre). 

    Permettez-moi de commencer en vous posant quatre questions. Attention: seuls ceux qui pourront répondre aux quatre questions auront gagné!
 
Première question: Connaissez-vous votre date de naissance?

Deuxième question: Connaissez-vous votre date de bapême?

Troisième question: Connaissez-vous la date de construction de votre église paroissiale?

Quatrième question: Connaissez-vous la date de la dédicace de votre église paroissiale?

    Je sais déjà que, sauf révélation de dernière minute, personne n'a gagné. Car la quatrième question, je vous l'ai déjà posée il y a plusieurs mois, et je n'ai eu aucune réponse, sauf celle d'une paroissienne, qui s'est renseignée un peu partout, même à l'archevêché, et qui n'a pas trouvé la réponse. Cette personne mérite donc une mention honorable.

    Trouvez-vous cela normal? Et je n'ose pas imaginer le nombre de personnes qui ne connaissent pas non plus la date de leur baptême. Quand, de temps à autre, je pose la question, on me répond: - Mais, mon Père, j'étais tout(e) petit(e), et je ne m'en souviens pas!... Merci de me le rappeler, mais je sais fort bien que l'être humain n'a aucun souvenir de ce qui s'est passé durant les deux à trois premières années de son existence. Mais il y a un évènement qui a précédé notre baptême, et dont pourtant, je pense, tout le monde connaît la date: c'est la naissance. Pourquoi tout le monde connaît-il sa date de naissance? Parce que nos parents nous l'ont dit, parce que c'est inscrit sur nos papiers d'identité, et parce que déjà tout petits, nous ne manquions pas de fêter chaque année notre anniversaire.

    Si nous ne connaissons pas la date de notre baptême, c'est donc qu'aucun de ces aide-mémoire n'a fonctionné:

- nos parents, parrains et marraines ne nous ont jamais rien dit;

- le livret de famille n'a pas été complété ou consulté, ou a été égaré;

- et on n'a jamais non plus fêté l'anniversaire de son baptême.

    Mais en tout état de cause, nous avons une responsabilité personnelle. Car si nous nous étions inquiété de savoir, on aurait su. Il aurait suffi de demander à ceux qui ont participé à la célébration de notre baptême et qui, eux, avaient plus de trois ans. Et si aucune de ces sources de renseignements ne peut répondre, vous pouvez toujours vous adresser au bureau paroissial ... si, du moins, vous connaissez l'endroit où vous avez été baptisé.

    Si on a le courage de se demander sincèrement pourquoi on ne connaît pas la date de son baptème, alors qu'on connaît celle de sa naissance, qui était pourtant antérieure, on est obligé de répondre en gros ceci: - C'est parce que je vis comme un païen! Qu'est-ce que j'entends pas "vivre comme un païen"? Cela ne veut pas dire que vous êtes méchants (il y a des païens très genitls); non plus que vous n'allez pas à la messe (vous y êtes). Par "vivre comme un païen", j'entends d'une manière générale: accorder plus d'importance à ce que fait l'homme qu'à ce que fait Dieu.

    Je ne peux pas développer cela comme il faudrait dans le cadre de cette homélie, cela nous emmènerait trop loin. Je vous rappelle seulement ceci: David dit à Dieu (au prophète Nathan): - Je vais te construire une maison. - Fort bien, félicitations! lui répond le prophète. Mais ensuite le Seigneur dit à Nathan ce qu'il en pense, lui. - C'est moi qui te construirai une maison, lui dit-il. C'est Salomon, son fils et successeur sur le trône, qui entreprendra ce travail. Et David est obligé d'abandonner son idée, si généreuse pourtant, pour se concentrer sur un autre travail, tellement plus important: croire que Dieu fera ce qu'il a promis. À quoi cela servirait-il de faire des tas de choses "pour Dieu", si on n'accueille pas dans la foi ce que Dieu fait "pour nous"? Cela ne servirait qu'à nous éloigner de Dieu, et à nous enfoncer encore davantage dans notre orgueil. Et on finit pas penser que c'est nous qui allons sauver Dieu, alors que c'est lui qui nous sauve.

    Le Temple bâti par Salomon sera profané puis détruit lors de l'Exil, reconstruit une première fois sous Esdras, profané à nouveau sans être détruit sous Antiochus IV Épiphane, purifié ensuite par Judas Macchabée. Il était en cours de reconstruction au temps de Jésus par l'initative d'Hérode (une manière comme une autre de bien se faire voir par le peuple et les autorités religieuses).

    Revenons à nos moutons (nous ne les avons pas quittés, d'ailleurs): faire un enfant, même pour Dieu, c'est bien. Et on ne peut pas faire un enfant sans lui, seulement avec lui. Mais si on le fait réellement pour lui, en ayant conscience de le faire avec lui, et si, en plus, on est chrétien, on ne pourra pas faire autrement que de demander pour cet enfant la grâce du baptème le plus tôt possible. Et le baptème, ce n'est pas tant ce que nous faisons pour Dieu; c'est surtout ce que Dieu fait pour nous. Et si on est baptisé, mais qu'on n'y accorde aucune importance (puisqu'on ne se souvient même plus de la date), alors cela veut dire que ce qu nous faisons pour Dieu nous paraît tellement plus important que ce que Dieu fait pour nous.

    J'ai dit il y a un instant: Revenons à nos moutons. "Nos moutons", ce n'est pas seulement le baptême. Nos moutons, c'est aussi la dédicace de notre église. Eh bien, c'est la même histoire! Attention: je n'ai pas dit que la dédicace d'une église, c'est un baptême. Il y en a qui confondent tout: baptême, consécration, bénédiction... Mais passons... Je dis qu'il y a une analogie, une analogie entre naissance et baptême, d'une part, et construction d'une église et dédicace de cette église, d'autre part. La construction d'une église, c'est l'oeuvre des hommes. La dédicace d'une église, c'est l'oeuvre de Dieu. En gros, on peut dire cela. Alors, vous voyez l'analogie?

    En vertu de cette analogie, je peux vous dire que, de même que beaucoup d'entre nous ne connaissent pas la date de leur baptême, alors que tout le monde connaît celle de sa naissance (même quelqu'un qui est aujourd'hui centenaire connaît la date de sa naissance...), de même personne, même pas à l'archevêché, ne connaît la date de la dédicace de notre église, alors que l'on connaît très bien la date de sa construction. Pour la construction, on a très bien pu me fournir les renseignements. Notre église n'est pas même centenaire1. On se souvient que la construction de cette église a commencé en 1930. On connaît les noms des personnes qui ont été à l'origine de cette initiative, avec force détails que je ne peux pas reprendre ici: M. Morinière, qui travaillait alors à l'usine du Robert et qui habitait le Vert-Pré, où il construira une distillerie dont les ruines sont restés encore visibles longtemps sur le "terrain des ananas", aujourd'hui devenue la "Cité des Ananas"; deux Bretons ensuite: M. Leray, un pionnier de l'installation de l'école au Vert-Pré, et M. Maignan, qui était propriétaire des terres où se dresse aujourd'hui l'église. Le récit que j'ai lu et dont je tiens ces renseignements, et qui date de 1994, dit entre autres encore ceci:

    Quant à la construction de l'église elle-même, elle fût le résultat d'une solidarité exemplaire (l'évêché, qui avait été sollicité pour une aide financière avait répondu qu'il ne faillait pas y compter) comme malheureusement on n'en voit presque plus aujourd'hui au Vert-Pré. Il est vrai qu'à cette époque on s'entraidait sans calcul, sans aririère-pensées. Les pierres qui allaient servir à la construction étaient rassemblées dans chaque quartier. Puis le soir, quand la pile était devenue conséquente, tous les habitants - une cinquantaine environ - allaient les chercher pour les ramener, qui dans les mains, qui sur la tête, en chantant gaiement des cantiques religieux. C'était une immense procession d'hommes et de femmes, heureux de ce qu'ils faisaient, qui travaillaient jusqu'à épuisement de la pile. On passait alors la pile au quartier suivant. quels travaux d'Hercule quand on pense à la distance parcourue et aux sentiers boueux de l'époque!

    Et les travaux avançaient. Des charpentiers bénévoles s'attelaient pendant ce temps à la construction des bancs. (...) Et l'argent? Eh bien quelques rares personnes ont pu donner quelques francs et sous mais il faut bien savoir qu'à l'époque on n'était pas riche à la capagne...

    Dans ces conditions difficiles, il aura fallu quatre ans pour la construire, cette église. C'est admirable, et tout cela, on le sait très bien, même si beaucoup aussi l'ont oublié aujourd'hui. Mais de la dédicace, rien du tout! Voilà l'anomalie. On a vite fait d'oublier que pour les préparatifs du baptême de son enfant, Dieu s'y est pris depuis avant la création du monde, en passant par Abraham, Moïse, les Prophètes... pour arriver à Jésus Christ qui est descendu du ciel, est né de la Vierge Marie et qui a versé son sang pour nous sous Ponce Pilate. On a vite fait d'oublier qu'ensuite les Apôtres, aidés de beaucoup d'autres sont parti annoncer cette Bonne Nouvelle dans le monde entier, et que, finalement, la foi catholique a été implantée ici il y a cinq cents ans environ, au prix de tant de sang et de sacrifices, de renoncements, jusqu'à aujourd'hui encore ... Tout cela, c'est le travail de l'Esprit Saint, sans lequel les hommes travaillent en vain. Mais on n'oublie pas le repas de fête qu'on a préparé à l'occasion d'un baptême pour tout une liste d'invités, avec une sono assourdissante et avec tout ce qu'on juge indispensable "pour qu'il y ait de l'ambiance".

    Or, quand ce que fait l'homme devient plus important à nos yeux que ce que fait Dieu, cela a les mêmes conséquences qu'il y a deux mille ans dans le Temple de Jérusalem, quand Jésus est obligé d'intervenir manu militari pour remettre de l'ordre dans la maison de son Père, parce qu'elle est devenue une maison de trafic. Entre la première lecture (la dédicace du Temple, avec la prière de Salomon - il faudrait la lire tout entière) et la scène de l'évangile, quelle différence, quelle déchéance! Et à ceux qui ne sont pas contents, Jésus dira: "Détruisez ce Temple, et en trois jours, je le rélèverai." Ce à quoi ses adversaires répliquent: "Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple (c'est encore frais dans toutes les mémoires, mais cette reconstruction, que valait-elle aux yeux de Dieu?), et toi, en trois jours tu le relèverais!" Vous voyez l'oeuvre de l'homme (quarante-six ans: c'est bien plus que pour l'église du Vert-Pré!) et l'oeuve de Dieu (trois jours) en qui on ne croit pas quand il envoie son Fils unique.

    Je terminerai cette homélie en citant un extrait du Cardinal Ratzinger qui date de 1975 dans sa version originale allemande (je publierai le texte en entier tout au long de cette semaine):
 
"C'est l'Esprit qui édifie les pierres, non l'inverse. L'Esprit ne peut être remplacé par l'argent ou par l'histoire. Là où ce n'est pas l'Esprit qui construit, les pierres en deviennent muettes. Là où l'Esprit n'est pas vivant, où il n'agit et ne règne pas, les cathédrales deviennent des musées, des monuments commémoratifs du passé (ou des salles de concert...; on a appris ces derniers jours que la Sainte Chapelle à Paris est même devenue le "théâtre" d'un défilé de mode!), d'une beauté triste parce que morte. (...) La grandeur de notre histoire et nos possibilités financières ne nous apportent pas le salut; elles peuvent devenir gravats sous lesquels nous étouffons. Si ce n'est pas l'Esprit qui construit, l'argent construit en vain (les efforts humains aussi). La foi seule peut garder vivante les cathédrales et la cathédrale millénaire nous interpelle: avons-nous la force de la foi, qui seule peut donner présent et avenir? En fin de compte, ce n'est pas le service de protection des monuments - quelque important et précieux qu'il soit - qui pourra entretenir la cathédrale, mais bien l'Esprit qui l'a créée."

    Ce qui vaut pour les cathédrales vaut aussi pour les églises: "Toutes les églises sont fondamentalement interchangeables et d'égale dignité" (Card. Ratzinger). Permettons donc à l'Esprit d'édifier notre église en nous aidant à croire en Jésus, la pierre rejetée par les bâtisseurs, mais devenue pierre d'angle.
 
 
1. À l'époque où j'ai prononcé cette homélie, je desservais la paroisse du Vert-Pré (Martinique)

Lectures 30° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Retour joyeux des rescapés d'Israël (Jr 31, 7-9)

30 TOB 1lec

 

Lecture du livre de Jérémie

Ainsi parle le Seigneur : Poussez des cris de joie pour Jacob, acclamez la première des nations ! Faites résonner vos louanges et criez tous : « Seigneur, sauve ton peuple, le reste d'Israël ! »
Voici que je les fais revenir du pays du Nord, et que je les rassemble des extrémités du monde. Il y a même parmi eux l'aveugle et le boiteux, la femme enceinte et la jeune accouchée ; c'est une grande assemblée qui revient.
Ils étaient partis dans les larmes, dans les consolations je les ramène ; je vais les conduire aux eaux courantespar un bon chemin où ils ne trébucheront pas. Car je suis un père pour Israël, Éphraïm est mon fils aîné. Parole du Seigneur.
 


 

Psaume : 125, 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6

 

R/ Le Seigneur a fait merveille : nous voici dans la joie.

 

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
 
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie ; 


Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! » 

Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !
 

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
 
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie.


Il s'en va, il s'en va en pleurant,
il jette la semence ; 
il s'en vient, il s'en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes.

 




 

2ème lecture : Jésus, grand prêtre à la manière de Melkisédek (He 5, 1-6)

 

Lecture de la lettre aux Hébreux

Le grand prêtre est toujours pris parmi les hommes, et chargé d'intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu ; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés.
Il est en mesure de comprendre ceux qui pèchent par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse ;
et, à cause de cette faiblesse, il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés comme pour ceux du peuple.
On ne s'attribue pas cet honneur à soi-même, on le reçoit par appel de Dieu, comme Aaron.
Il en est bien ainsi pour le Christ : quand il est devenu grand prêtre, ce n'est pas lui-même qui s'est donné cette gloire ; il l'a reçue de Dieu, qui lui a dit : Tu es mon Fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré,
et qui déclare dans un autre psaume : Tu es prêtre pour toujours selon le sacerdoce de Melkisédek.
 



 

Evangile : Guérison d'un aveugle à Jéricho (Mc 10, 46-52)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Béni soit le Seigneur notre Dieu : sur ceux qui habitent les ténèbres, il a fait resplendir sa lumière. Alléluia. (Lc 1, 68.79)
 
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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, un mendiant aveugle, Bartimée, le fils de Timée, était assis au bord de la route.
Apprenant que c'était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »
Beaucoup de gens l'interpellaient vivement pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! »
Jésus s'arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l'aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t'appelle. »
L'aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.
Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? — Rabbouni, que je voie. »
Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t'a sauvé. » Aussitôt l'homme se mit à voir, et il suivait Jésus sur la route.
 


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« Va, ta foi t’a sauvé. »

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