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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Jean-Côme About, commentaire Evangile du 31e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce dimanche 30 octobre, XXXIème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 23, versets 1 à 12.


31 TOA evJésus déclara à la foule et à ses disciples : 
« Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. 
Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas. »

Écoutez Radio Vatican : >>RealAudioMP3 

31ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Ce 31ème dimanche nous offre des textes qui réinvitent le clergé à une place juste dans son ministère. 


Jésus, dans l’évangile, s’insurge contre l’exemple faux et pernicieux des scribes et des pharisiens qu’il cloue au pilori pour leurs hypocrisies. Ils enseignent sans doute la loi de Dieu, mais ils ne l’observent pas, chargent les hommes de lourds fardeaux, qu’eux-mêmes ne portent pas. Ils savent par ambition s’assurer partout les premières places et les marques d’honneur.

« Vous êtes tous frères… vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux… vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. »


Jésus va ainsi définir son église comme un peuple de frères, une communion en Dieu, le seul Père et Seigneur, dans le Christ, le seul maître. Et quand Jésus fonde son Église sur Pierre et sur les apôtres, et quand il leur transmet les pleins pouvoirs, que tout le monde n’a pas, c’est pour être au service des frères et entièrement.


Le ministère qu’il a fondé est dans son essence la plus intime, un ministère de service, un service de table où l’on sert et l’on ne cherche pas à être servi. Car la tentation est grande de retomber dans un clergé de caste, comme dans l’Ancien Testament, conférant une position élevée qui s’éloigne facilement de l’évangile pour n’exercer qu’un pouvoir typiquement humain. On sacralise l’homme et on dévitalise le ministère de sa nature de service ou alors, on désacralise Dieu pour ne retenir que l’humain et prôner un ministère démocratisé qui n’a plus rien du Christ. 


Jésus nous met en garde : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur » il l’a vécu jusqu’à la croix pour le prouver. 


Car il est facile de dénaturer le ministère de service qu’il a fondé et l’Église à qui il revient de le gérer. Ce ministère de service peut être vicié par trois écueils : le premier, de ne plus mettre l’honneur de Dieu à la première place mais prêcher une morale psychologique et sociologique qui plait au monde ; le deuxième, par l’ignorance ou la facilité de se départir du surnaturel, d’empêcher un grand nombre d’accéder et de découvrir la religion, en les laissant se distancier ou renier Dieu ; le troisième de ne regarder qu’à la personne, on se crée des petits groupes, on favorise une certaine dynamique de personnes choisies et on laisse tomber le reste. 


Non, le ministère implique que le pasteur aime sa communauté, qu’il ne se comporte pas comme un fonctionnaire mais fasse participer ses frères à sa vie comme le !e Christ avec ses apôtres. Sa plus grande joie consiste en ce que les gens reconnaissent ce qu’il est réellement un serviteur, au service de la Parole de Dieu qui seule subsiste. Comme le dit St Paul dans la 2° lecture, ce qu’il cherche, c’est que la Parole de Dieu « reste active en vous, les croyants ». 

Homélie 31 TOA 2011 – Grandeur et misère du sacerdoce ministériel

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

  

 

31 TOA ev

 

Tous les textes d’aujourd’hui traitent de la place du clergé dans le peuple de Dieu. Dans l’Evangile, c’est l’exemple mauvais et pernicieux des scribes et des pharisiens qui est critiqué. Ils enseignent la Loi de Dieu, mais ils ne l’observent pas eux-mêmes. Ils imposent aux gens de lourds fardeaux, qu’ils ne portent pas eux-mêmes. Ils réussissent même, dans leur vanité, à occuper partout les places d’honneur, et ils convoitent les titres honorifiques.

Mais l’Eglise du Christ est un peuple de frères, en communion avec Dieu, qui seul est Père, dans le Christ, qui seul est Maître. Si Jésus bâtit son Eglise sur Pierre et sur les autres Apôtres, et leur confie à eux seuls les pleins pouvoirs, c’est – comme Jésus le montre constamment par son enseignement et par son exemple – pour être au service de leurs frères. Cela s’appelle le sacerdoce « ministériel », ce qui veut dire que ce sacerdoce, même s’il est un honneur pour celui qui le reçoit, est un honneur parce qu’il est un service, un service de table !

Peut-on dire que les membres du clergé en sont plus conscients aujourd’hui que jadis ? Dieu seul le sait. Il est vrai que rares sont ceux qui deviennent prêtres aujourd’hui, du moins dans le monde occidental en vue d’une promotion sociale, comme c’était le cas il y a encore cinquante ans, et qui, voyant l’évolution de la mentalité peu respectueuse dont l’opinion publique entoure les prêtres maintenant, ne se cachaient pas pour dire, que si c’était à recommencer, ils auraient choisi une autre voie … Si l’on fait encore des reproches de ce genre à des prêtres, c’est souvent en vertu d’une fausse conception de la démocratie dans l’Eglise, un néo-cléricalisme, en quelque sorte, tout aussi éloigné de l’Evangile.

Pourtant il n’est pas rare que certains, n’ayant pas cherché à se faire ordonner, poussés par cette soif de pouvoir, par la suite se laissent prendre par la tentation du carriérisme, que Jésus reproche aux pharisiens, dans le but d’exercer un pouvoir qu’ils n’ont jamais reçu…

Ce qui est dénoncé dans la 1e lecture atteste que ce cléricalisme est de tous les temps. Nous sommes ici 450 ans avant JC, environ. Ce qui est reproché par Dieu aux prêtres de cette époque est toujours d’actualité. Le fondement est le même que dans l’Evangile : nous avons tous le même Père, et nous sommes tous frères. C’est l’oubli de cette double vérité qui entraîne trois reproches faits aux prêtres :

Ils ne prennent « pas à cœur de glorifier mon Nom ». Ils ne mettent pas l’honneur de Dieu à la première place. Ils proclament une morale psychologique et sociale axée sur le monde et qui plaît au peuple ;

Ils ont fait de la Loi de Dieu « une occasion de chute » ; ils ne comprennent plus la religion de l’Alliance, ils s’en éloignent, et même, s’en écartent tout à fait. Les psaumes les plus tardifs en fournissent une indication très claire ;

Ils agissent « avec partialité, en accommodant la Loi » : on travaille avec des petits groupes sélectionnés, on fait de la psychologie de groupe et autres choses de ce genre, en abandonnant les autres à leur sort.

Les menaces que Dieu profère l’encontre de ces méthodes « pastorales » sont sévères : ces prêtres profanent « l’Alliance de nos pères ». « A mon tour, je vous ai déconsidérés, abaissés devant tout le peuple », déclare le Seigneur.

Dans la 2e lect., S. Paul nous dresse, par contre, le tableau du prêtre idéal : il aime la communauté qui lui est confiée comme une mère aime son enfant. Sa relation avec elle n’est pas une relation de fonctionnaire, mais une relation personnelle. Il permet à ses frères de partager avec lui sa vie, comme le Christ l’a fait. Il ne veut pas être à la charge de la communauté. Donc il travaille. Sa plus grande joie consiste en ce que les gens le reconnaissent comme un serviteur, qu’il est réellement, et qu’ils comprennent sa prédication comme une pure transmission de la Parole de Dieu, « ce qu’elle est réellement », et non pas comme une parole humaine, même si c’est la parole d’un saint. Il ne cherche pas à avoir un rôle influent dans la communauté. La seule chose qu’il cherche, c’est que cette Parole soit « à l’œuvre en vous, les croyants ».

Ce qui ne l’empêchera pas d’être la victime de fausses accusations, dictées par la prétention et la soif de pouvoir… Mais il sait que cela fait partie de son ministère :

« Les gens nous insultent, nous les bénissons. Ils nous persécutent, nous supportons. Ils nous calomnient, nous avons des paroles d’apaisement. Jusqu’à maintenant, nous sommes pour ainsi dire les balayures du monde, le rebut de l’humanité. Je ne vous écris pas cela pour vous faire honte, mais pour vous reprendre comme des enfants bien-aimés. »

Et S. Paul ajoute alors une phrase qui paraît en contradiction avec les paroles du Christ, mais qui, en réalité n’est qu’une contradiction de l’interprétation que l’on en fait, dans certains milieux évangéliques, par exemple :

« Car vous auriez beau avoir dix mille surveillants pour vous mener dans le Christ, vous n’avez pas plusieurs pères : c’est moi qui, par l’annonce de l’Evangile, vous ai fait renaître à la vie du Christ Jésus. » (1 Co 4, 12-15)

Lectures 31e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

 

1ère lecture : Dieu reproche aux prêtres de son Temple leur infidélité (Ml 1, 14b; 2, 2b.8-10)

Lecture du livre de Malachie

Je suis le Grand Roi, dit le Seigneur de l'univers, et mon Nom inspire la crainte parmi les nations.
Maintenant, prêtres, à vous cet avertissement :
Si vous n'écoutez pas, si vous ne prenez pas à cœur de glorifier mon Nom - déclare le Seigneur de l'univers - j'enverrai sur vous la malédiction, je maudirai les bénédiction que vous prononcerez.
Vous vous êtes écartés de la route, vous avez fait de la Loi une occasion de chute pour la multitude, vous avez perverti mon Alliance avec vous, déclare le Seigneur de l'univers.
A mon tour je vous ai déconsidérés, abaissés devant tout le peuple, puisque vous n'avez pas suivi mes chemins, mais agi avec partialité en accommodant la Loi. 
Et nous, le peuple de Dieu, n'avons-nous pas tous un seul Père ? N'est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ? Pourquoi nous trahir les uns les autres, profanant ainsi l'Alliance de nos pères ?

 

 

 

Psaume :  130, 1, 2, 3

 

 

31-TOA-ps.jpg

 

 

R/ Garde mon âme dans la paix près de toi, Seigneur.

Seigneur, je n'ai pas le coeur fier 
ni le regard ambitieux ; 
je ne poursuis ni grands desseins, 
ni merveilles qui me dépassent. 


Non, mais je tiens mon âme 
égale et silencieuse ; 
mon âme est en moi comme un enfant, 
comme un petit enfant contre sa mère. 


Attends le Seigneur, Israël, 
maintenant et à jamais.

 

 

 

2ème lecture : L'Apôtre et la communauté (1 Th 2, 7b-9.13)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens

Frères,
avec vous nous avons été pleins de douceur, comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons.
Ayant pour vous une telle affection, nous voudrions vous donner non seulement l'Évangile de Dieu, mais tout ce que nous sommes, car vous nous êtes devenus très chers.
Vous vous rappelez, frères, nos peines et nos fatigues : c'est en travaillant nuit et jour, pour n'être à la charge d'aucun d'entre vous, que nous vous avons annoncé l'Évangile de Dieu.
Et voici pourquoi nous ne cessons de rendre grâce à Dieu. Quand vous avez reçu de notre bouche la parole de Dieu, vous l'avez accueillie pour ce qu'elle est réellement : non pas une parole d'hommes, mais la parole de Dieu qui est à l'oeuvre en vous, les croyants.

 

 

 

Evangile : Reproches de Jésus aux scribes et aux pharisiens (Mt 23, 1-12)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Vous n'avez qu'un seul Père, votre Père au ciel ; vous n'avez qu'un seul maître, c'est le Christ. Alléluia. (cf. Mt 23, 9-10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

31-TOA-ev.jpg
Jésus déclara à la foule et à ses disciples :
« Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. 
Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas.
Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes : ils portent sur eux des phylactères très larges et des franges très longues ;
ils aiment les places d'honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues,
les salutations sur les places publiques, ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n'avez qu'un seul enseignant, et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus appeler maîtres, car vous n'avez qu'un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé. »

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

 

 

 

Lectures 30e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

Avec le retard dû au décès de mon frère, voici le lien pour les lectures de dimanche dernier :

Lectures 30° dimanche du Temps Ordinaire A

Assise bis. Mais revu et corrigé

dominicanus #Il est vivant !

L'invitation a été adressée aussi aux non-croyants et la prière se fera dans le secret des chambres. Ce sont les deux nouveautés de la nouvelle édition de ce meeting. En arrière-plan: l'année de la foi et le martyre des chrétiens dans le monde 

 

 

assise

 

 

ROME, le 26 octobre 2011 – Benoît XVI a introduit deux nouveautés dans la "journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde" qu’il a ordonnée pour demain à Assise, vingt-cinq ans après la première édition, très discutée, qu’avait organisée le pape précédent.

La première nouveauté est que l’invitation a été adressée non seulement à des représentants des religions du monde entier mais également à des non-croyants. Du fait de leur présence, la journée d’Assise prendra la forme d’un "parvis des gentils" symbolique, animé non seulement par "ceux qui craignent Dieu" mais aussi par ceux qui ne croient pas en Dieu sans pour autant renoncer à le chercher.

Les non-croyants qui ont accepté de prendre part à la journée d’Assise sont le philosophe italien Remo Bodei, le philosophe mexicain Guillermo Hurtado, l'économiste autrichien Walter Baier et la philosophe et psychanalyste française Julia Kristeva. Celle-ci sera la dernière à prendre la parole lors de la phase initiale de la rencontre, après une série de huit interventions confiées à des responsables religieux parmi lesquels le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier et le rabbin David Rosen du Grand Rabbinat d’Israël.

Après Julia Kristeva, c’est Benoît XVI qui parlera, pour ce qui sera son unique discours de la journée.

 

***


La seconde nouveauté est qu’il n’y aura aucun moment de prière visible et organisée pour les personnes présentes, ni en commun ni en parallèle, contrairement à ce qui avait été fait en 1986, où les différents groupes religieux s’étaient réunis pour prier en divers endroits de la ville de saint François.

Demain, simplement, après le "repas frugal" pris au couvent Sainte-Marie-des-Anges, les quelque trois cents invités se verront attribuer autant de chambrettes individuelles, à l’hôtellerie adjacente au couvent, pour un "temps de silence, pour la réflexion et/ou la prière personnelles".

Ce temps de silence durera environ une heure et demie. Il fait penser à ce passage du Discours sur la Montagne dans lequel Jésus dit : "Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera" (Matthieu 6, 6).


***


Ces deux nouveautés font que la journée d’Assise décidée par Benoît XVI sera différente de la première - celle qui avait été organisée par Jean-Paul II - et des reprises ultérieures de celle-ci, qu’elles aient été dues au pape, en 1993 et en 2002, ou à la Communauté de Sant'Egidio, presque une par an, la dernière ayant eu lieu à Munich au mois de septembre dernier.

Joseph Ratzinger, qui était alors cardinal, n’avait pas participé à la rencontre d’Assise en 1986. Il ne l’a jamais critiquée en public, mais son absence a été interprétée comme une prise de distance par rapport aux équivoques que cette initiative avait incontestablement produites, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Église catholique.

La rencontre de 1986 a fait naître une formule qui a provoqué l’enthousiasme d’une partie du monde catholique, mais également de sérieuses réserves chez beaucoup d’autres : "l’esprit d’Assise".

Jean-Paul II a employé cette formule pour la première fois peu de temps après la première rencontre d’Assise et il l’a réutilisée à de nombreuses reprises par la suite.

Benoît XVI, au contraire, en a fait un usage extrêmement contrôlé : sauf erreur, pas plus de deux fois, et la première fois justement pour la débarrasser de mauvaises interprétations.

C’était en septembre 2006 et la Communauté de Sant'Egidio avait organisé sa réunion interreligieuse annuelle précisément à Assise, à l’occasion du huitième centenaire de la mort de saint François.

Benoît XVI, qui avait été invité à y participer, avait décliné l’invitation. Mais il avait fait parvenir une lettre à l’évêque d’Assise, au moment même de l’ouverture de la journée.

À un moment donné, on peut lire dans cette lettre :

"Pour ne pas se méprendre sur le sens de ce que, en 1986, Jean-Paul II voulut réaliser et que l’on a l'habitude de qualifier, en reprenant l'une de ses expressions même, d’'esprit d'Assise', il est important de ne pas oublier l'attention dont on fit alors preuve afin que la rencontre interreligieuse de prière ne se prête à aucune interprétation syncrétiste, fondée sur une conception relativiste. 

"C'est précisément pour cela que, dès ses premières paroles, Jean-Paul II déclara : 'Le fait que nous soyons venus ici n'implique aucune intention de rechercher un consensus religieux entre nous, de mener une négociation sur nos convictions de foi. Il ne signifie pas non plus que les religions peuvent être réconciliées sur le plan d'un engagement commun dans un projet terrestre qui les dépasserait toutes. Il n'est pas non plus une concession au relativisme des croyances religieuses'.

"Je désire réaffirmer ce principe, qui constitue le présupposé de ce dialogue entre les religions que, il y a quarante ans, le concile Vatican II souhaita dans la Déclaration sur les Relations de l'Église avec les Religions non-chrétiennes (cf. Nostra ætate, n. 2).

"Je saisis volontiers l'occasion pour saluer les représentants des autres religions qui prennent part à l'une ou l'autre des commémorations d'Assise. Comme nous, chrétiens, eux aussi savent que c'est dans la prière qu'il est possible de faire une expérience particulière de Dieu et d'en tirer des encouragements efficaces dans le dévouement à la cause de la paix.

"Toutefois il est également nécessaire, ici, d'éviter les confusions inopportunes. C'est pourquoi, même lorsque l'on se retrouve ensemble pour prier pour la paix, il faut que la prière se déroule selon les chemins distincts propres aux diverses religions. Tel fut le choix de 1986 et ce choix ne peut manquer de demeurer valable aujourd'hui également. La convergence des différences ne doit pas donner l'impression de céder au relativisme, qui nie le sens même de la vérité et la possibilité d'y puiser".

 

***


Mais ce n’est pas tout. Pour comprendre la signification que Benoît XVI entend donner à la journée d’Assise, il faut avoir au moins deux autres faits présents à l’esprit.

Le premier est que, à la veille du rendez-vous d’Assise, le pape Joseph Ratzinger a annoncé une "année de la foi". Le pape fera coïncider celle-ci non seulement avec le cinquantenaire du début du concile Vatican II mais aussi et davantage encore avec le vingtième anniversaire du lancement de cet abécédaire de la doctrine de la foi qu’est le Catéchisme de l’Église catholique, audacieusement voulu par Jean-Paul II et trop négligé encore aujourd’hui.

Le lancement de l’"année de la foi" est étroitement lié à une autre décision qui caractérise ce pontificat : celle de la "nouvelle évangélisation". Celle-ci ne concerne pas uniquement les pays de vieille tradition chrétienne qui sont atteints par la vague de la sécularisation, y compris l'Amérique latine, mais également les endroits où le christianisme n’est jamais arrivé et qui ont besoin d’un nouvel élan missionnaire.

Il est évident que cet objectif prioritaire du pontificat de Benoît XVI est incompatible avec un "esprit d’Assise" qui, par amour de la paix, se traduirait par un abandon de l'annonce de la foi en Jésus-Christ unique sauveur.


***


De plus, le rassemblement pacifique de représentants des religions à Assise ne fait pas disparaître le fait que, en différents points du globe, les croyances soient en conflit et que les chrétiens, en particulier, soient parmi les plus menacés.

Deux faits récents symbolisent cette réalité dramatique : au Caire, le massacre de dizaines de chrétiens coptes par des extrémistes musulmans et par l’armée elle-même ; aux Philippines, l'assassinat d’un missionnaire, le père Fausto Tentorio.

Le baiser de paix d’Assise a d’autant plus de valeur dans ce contexte.

De même qu’ont de la valeur d’autres signes de paix analogues. On a pu en voir un à Milan le 21 octobre dernier.

Au moment même où, dans un grand nombre de villes du monde, les "indignés" étaient en ébullition, quatre mille jeunes ont parcouru pacifiquement les rues de Milan pour demander aux États de prendre des initiatives en faveur des peuples affamés.

Et ils défilaient sous l'effigie du père Tentorio, le dernier des martyrs, dont la vie a été consacrée à l'annonce du Royaume de Dieu aux pauvres, un saint François d’aujourd’hui.

 

Sandro Magister

www.chiesa





Le programme détaillé de la journée d’Assise, le 27 octobre 2011 :

> "Pèlerins de la verité, pèlerins de la paix"



> La lettre apostolique par laquelle Benoît XVI a lancé l'année de la foi :

> "Porta fidei"



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

In Memoriam mon frère, Herman Covens, diacre permanent

dominicanus #actualités

 

 Herman

 

En ce dimanche des Missions, j'ai la douleur de vous faire part de décès de mon frère cadet, Herman (58 ans), marié, père de quatre enfants . Il avait fait des études d'horticulture, mais après avoir travaillé pendant quelque temps, d'abord dans une entreprise privée, puis à la ville de Namur (Belgique), il s'est engagé comme sapeur-pompier dans cette même ville.

Homme de foi, marié à une femme de foi, il avait reçu l'ordination au diaconat permanent le 16 décembre 1995. C'est Mgr Léonard, alors évêque de Namur, qui lui avait imposé les mains. Sa grande joie était de pouvoir officier à l'autel de la cathédrale aux messes pontificales.

C'était un homme droit, soucieux de l'orthodoxie et de la beauté de la liturgie. Quelqu'un qui lui avait apporté la communion dans ses derniers jours, alors qu'il arrivait encore à peine à articuler quelques syllabes tout au plus, me confiait hier, jour de ses funérailles, qu'il était en train de regarder une messe télévisée au moment où le célébrant, disant les paroles de la consécration "... il le rompit ...", joignant le geste à la parole, comme l'on dit, rompait le pain effectivement, alors qu'il ne doit le faire qu'au moment de l'Agnus. "Ce n'est pas un mime", avait lancé alors mon frère avec force.

En même temps, il était bon vivant, sachant apprécier, avec modération, les bonnes choses de la vie: le vin, la bière... A la maison, c'était lui qui faisait le café et faisait cuire la viande.

Trois ans après le décès de notre maman (papa étant décédé après cinq ans de mariage déjà), c'est le premier d'une fratrie de quatre qui tire sa révérence dans cette vallée de larmes pour aller rejoindre la patrie céleste. Prions pour qu'il y trouve, avec tous ceux qui l'ont précédé sur cette terre, le repos éternel.

J'espère pouvoir reprendre le fil des homélies dominicales pour dimanche prochain. Merci de votre compréhension.

 


Herman Covens, diacre permanent, s'en est allé

Porta fidei : un Motu proprio du Pape Benoît XVI pour l'Année de la Foi

dominicanus #Porta fidei

Lettre Apostolique en forme de Motu proprio Porta fidei du Souverain Pontife Benoît XVI par laquelle est promulguée l’Année de la foi

 

porta fidei




1. « La porte de la foi » (cf. Ac 14, 27) qui introduit à la vie de communion avec Dieu et permet l’entrée dans son Église est toujours ouverte pour nous. Il est possible de franchir ce seuil quand la Parole de Dieu est annoncée et que le cœur se laisse modeler par la grâce qui transforme. Traverser cette porte implique de s’engager sur un chemin qui dure toute la vie. Il commence par le baptême (cf. Rm 6, 4), par lequel nous pouvons appeler Dieu du nom de Père, et s’achève par le passage de la mort à la vie éternelle, fruit de la résurrection du Seigneur Jésus qui, par le don de l’Esprit Saint, a voulu associer à sa gloire elle-même tous ceux qui croient en lui (cf. Jn 17, 22). Professer la foi dans la Trinité – Père, Fils et Saint-Esprit – équivaut à croire en un seul Dieu qui est Amour (cf. 1 Jn 4, 8) : le Père, qui dans la plénitude des temps a envoyé son Fils pour notre salut ; Jésus-Christ, qui dans le mystère de sa mort et de sa résurrection a racheté le monde ; le Saint-Esprit, qui conduit l’Église à travers les siècles dans l’attente du retour glorieux du Seigneur.

2. Depuis le commencement de mon ministère comme Successeur de Pierre, j’ai rappelé l’exigence de redécouvrir le chemin de la foi pour mettre en lumière de façon toujours plus évidente la joie et l’enthousiasme renouvelé de la rencontre avec le Christ. Dans l’homélie de la messe pour l’inauguration de mon pontificat je disais : « L’Église dans son ensemble, et les pasteurs en son sein, doivent, comme le Christ, se mettre en route, pour conduire les hommes hors du désert, vers le lieu de la vie, vers l’amitié avec le Fils de Dieu, vers celui qui nous donne la vie, la vie en plénitude ». Il arrive désormais fréquemment que les chrétiens se préoccupent davantage pour les conséquences sociales, culturelles et politiques de leur engagement, continuant à penser la foi comme un présupposé évident du vivre en commun. En effet, ce présupposé non seulement n’est plus tel mais souvent il est même nié. Alors que dans le passé il était possible de reconnaître un tissu culturel unitaire, largement admis dans son renvoi aux contenus de la foi et aux valeurs inspirées par elle, aujourd’hui il ne semble plus en être ainsi dans de grands secteurs de la société, en raison d’une profonde crise de la foi qui a touché de nombreuses personnes.

3. Nous ne pouvons accepter que le sel devienne insipide et que la lumière soit tenue cachée (cf. Mt 5, 13-16). Comme la samaritaine, l’homme d’aujourd’hui peut aussi sentir de nouveau le besoin de se rendre au puits pour écouter Jésus qui invite à croire en lui et à puiser à sa source, jaillissante d’eau vive (cf. Jn 4, 14). Nous devons retrouver le goût de nous nourrir de la Parole de Dieu, transmise par l’Église de façon fidèle, et du Pain de la vie, offerts en soutien de tous ceux qui sont ses disciples (cf. Jn 6, 51). L’enseignement de Jésus, en effet, résonne encore de nos jours avec la même force : « Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle » (Jn 6, 27). L’interrogation posée par tous ceux qui l’écoutaient est la même aussi pour nous aujourd’hui : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » (Jn 6, 28). Nous connaissons la réponse de Jésus : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qui l’a envoyé » (Jn 6, 29). Croire en Jésus Christ est donc le chemin pour pouvoir atteindre de façon définitive le salut.

4. A la lumière de tout ceci j’ai décidé de promulguer une Année de la foi. Elle commencera le 11 octobre 2012, lors du cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, et se terminera en la solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ Roi de l’univers, le 24 novembre 2013. Le 11 octobre 2012, aura lieu aussi le vingtième anniversaire de la publication du Catéchisme de l’Église catholique, texte promulgué par mon Prédécesseur, le Bienheureux Pape Jean-Paul II, dans le but d’exposer à tous les fidèles la force et la beauté de la foi. Ce document, fruit authentique du Concile Vatican II, fut souhaité par le Synode extraordinaire des Évêques de 1985 comme instrument au service de la catéchèse et fut réalisé grâce à la collaboration de tout l’épiscopat de l’Église catholique. Et j’ai précisément convoqué l’Assemblée générale du Synode des Évêques, au mois d’octobre 2012, sur le thème de La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. Ce sera une occasion propice pour introduire la structure ecclésiale tout entière à un temps de réflexion particulière et de redécouverte de la foi. Ce n’est pas la première fois que l’Église est appelée à célébrer une Année de la foi. Mon vénéré Prédécesseur, le Serviteur de Dieu Paul VI en avait décidée une semblable en 1967, pour faire mémoire du martyre des Apôtres Pierre et Paul à l’occasion du dix-neuvième centenaire de leur témoignage suprême. Il la pensa comme un moment solennel pour que dans toute l’Église il y eut « une profession authentique et sincère de la même foi » ; en outre, il voulut que celle-ci soit confirmée de manière « individuelle et collective, libre et consciente, intérieure et extérieure, humble et franche ». Il pensait que de cette façon l’Église tout entière pourrait reprendre « une conscience plus nette de sa foi, pour la raviver, la purifier, la confirmer et la proclamer ». Les grands bouleversements qui se produiront en cette Année, ont rendu encore plus évidente la nécessité d’une telle célébration. Elle s’est conclue par la Profession de foi du Peuple de Dieu, pour attester combien les contenus essentiels qui depuis des siècles constituent le patrimoine de tous les croyants ont besoin d’être confirmés, compris et approfondis de manière toujours nouvelle afin de donner un témoignage cohérent dans des conditions historiques différentes du passé. 

5. Pour certains aspects, mon Vénéré Prédécesseur a vu cette Année comme une « conséquence et une exigence de l’après-Concile », bien conscient des graves difficultés du temps, surtout en ce qui concerne la profession de la vraie foi et sa juste interprétation. J’ai considéré que faire commencer l’Année de la foi en coïncidence avec le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II peut être une occasion propice pour comprendre que les textes laissés en héritage par les Pères conciliaires, selon les paroles du bienheureux Jean Paul II, « ne perdent rien de leur valeur ni de leur éclat. Il est nécessaire qu’ils soient lus de manière appropriée, qu’ils soient connus et assimilés, comme des textes qualifiés et normatifs du Magistère, à l’intérieur de la Tradition de l’Église… Je sens plus que jamais le devoir d’indiquer le Concile comme la grande grâce dont l’Église a bénéficié au vingtième siècle : il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence ». Moi aussi j’entends redire avec force tout ce que j’ai eu à dire à propos du Concile quelques mois après mon élection comme Successeur de Pierre : « Si nous le lisons et le recevons guidés par une juste herméneutique, il peut être et devenir toujours davantage une grande force pour le renouveau, toujours nécessaire, de l’Église ».

6. Le renouveau de l’Église passe aussi à travers le témoignage offert par la vie des croyants : par leur existence elle-même dans le monde les chrétiens sont en effet appelés à faire resplendir la Parole de vérité que le Seigneur Jésus nous a laissée. Justement le Concile, dans la Constitution dogmatique Lumen gentium affirmait : « Tandis que le Christ, ‘saint, innocent, sans tâche’ (He 7, 26), n’a pas connu le péché (cf. 2 Co 5, 21), venant seulement expier les péchés du peuple (cf. He 2, 17), l’Église, elle, qui enferme des pécheurs dans son propre sein, est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement. ‘L’Église avance dans son pèlerinage à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu’, annonçant la croix et la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne (cf. 1 Co 11, 26). La vertu du Seigneur ressuscité est sa force pour lui permettre de vaincre dans la patience et la charité les afflictions et les difficultés qui lui viennent à la fois du dehors et du dedans, et de révéler fidèlement au milieu du monde le mystère du Seigneur, encore enveloppé d’ombre, jusqu’au jour où, finalement, il éclatera dans la pleine lumière ». 

Dans cette perspective, l’Année de la foi est une invitation à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, unique Sauveur du monde. Dans le mystère de sa mort et de sa résurrection, Dieu a révélé en plénitude l’Amour qui sauve et qui appelle les hommes à convertir leur vie par la rémission des péchés (cf. Ac 5, 31). Pour l’Apôtre Paul, cet Amour introduit l’homme à une vie nouvelle : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle » (Rm 6, 4). Grâce à la foi, cette vie nouvelle modèle toute l’existence humaine sur la nouveauté radicale de la résurrection. Dans la mesure de sa libre disponibilité, les pensées et les sentiments, la mentalité et le comportement de l’homme sont lentement purifiés et transformés, sur un chemin jamais complètement terminé en cette vie. La « foi opérant par la charité » (Ga 5, 6) devient un nouveau critère d’intelligence et d’action qui change toute la vie de l’homme (cf. Rm 12, 2 ; Col 3, 9-10 ; Ep 4, 20-29 ; 2 Co 5, 17). 

7. « Caritas Christi urget nos » (2 Co 5, 14) : c’est l’amour du Christ qui remplit nos cœurs et nous pousse à évangéliser. Aujourd’hui comme alors, il nous envoie par les routes du monde pour proclamer son Évangile à tous les peuples de la terre (cf. Mt 28, 19). Par son amour, Jésus-Christ attire à lui les hommes de toutes générations : en tous temps il convoque l’Église lui confiant l’annonce de l’Évangile, avec un mandat qui est toujours nouveau. C’est pourquoi aujourd’hui aussi un engagement ecclésial plus convaincu en faveur d’une nouvelle évangélisation pour redécouvrir la joie de croire et retrouver l’enthousiasme de communiquer la foi est nécessaire. L’engagement missionnaire des croyants, qui ne peut jamais manquer, puise force et vigueur dans la redécouverte quotidienne de son amour. En effet, la foi grandit quand elle est vécue comme expérience d’un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie. Elle rend fécond, parce qu’elle élargit le cœur dans l’espérance et permet d’offrir un témoignage capable d’engendrer : en effet elle ouvre le cœur et l’esprit de tous ceux qui écoutent à accueillir l’invitation du Seigneur à adhérer à sa Parole pour devenir ses disciples. Les croyants, atteste saint Augustin, « se fortifient en croyant ». Le saint Évêque d’Hippone avait de bonnes raisons pour s’exprimer de cette façon. Comme nous le savons, sa vie fut une recherche continuelle de la beauté de la foi jusqu’à ce que son cœur ne trouve le repos en Dieu. Ses nombreux écrits, dans lesquels sont expliquées l’importance de croire et la vérité de la foi, demeurent jusqu’à nos jours comme un patrimoine de richesse inégalable et permettent encore à de nombreuses personnes en recherche de Dieu de trouver le juste parcours pour accéder à la « porte de la foi ». 

Donc, la foi grandit et se renforce seulement en croyant; il n’y a pas d’autre possibilité pour posséder une certitude sur sa propre vie sinon de s’abandonner, dans un crescendo continu, entre les mains d’un amour qui s’expérimente toujours plus grand parce qu’il a son origine en Dieu.

8. En cette heureuse occasion, j’entends inviter les confrères Évêques du monde entier à s’unir au Successeur de Pierre, en ce temps de grâce spirituelle que le Seigneur nous offre, pour faire mémoire du don précieux de la foi. Nous voudrons célébrer cette Année de manière digne et féconde. La réflexion sur la foi devra s’intensifier pour aider tous ceux qui croient au Christ à rendre plus consciente et à revigorer leur adhésion à l’Évangile, surtout en un moment de profond changement comme celui que l’humanité est en train de vivre. Nous aurons l’opportunité de confesser la foi dans le Seigneur ressuscité dans nos cathédrales et dans les églises du monde entier ; dans nos maisons et auprès de nos familles, pour que chacun ressente avec force l’exigence de mieux connaître et de transmettre aux générations futures la foi de toujours. Les communautés religieuses comme celles des paroisses, et toutes les réalités ecclésiales anciennes et nouvelles, trouveront la façon, en cette Année, de rendre une profession publique du Credo.

9. Nous désirons que cette Année suscite en chaque croyant l’aspiration à confesser la foi en plénitude et avec une conviction renouvelée, avec confiance et espérance. Ce sera aussi une occasion propice pour intensifier la célébration de la foi dans la liturgie, et en particulier dans l’Eucharistie, qui est « le sommet auquel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa force ». En même temps, nous souhaitons que le témoignage de vie des croyants grandisse en crédibilité. Redécouvrir les contenus de la foi professée, célébrée, vécue et priée, et réfléchir sur l’acte lui-même par lequel on croit, est un engagement que chaque croyant doit faire sien, surtout en cette Année. 

Ce n’est pas par hasard que dans les premiers siècles les chrétiens étaient tenus d’apprendre de mémoire le Credo. Ceci leur servait de prière quotidienne pour ne pas oublier l’engagement pris par le baptême. Avec des paroles denses de signification saint Augustin le rappelle quand dans une Homélie sur la redditio symboli, la remise du Credo, il dit : « Le symbole du saint témoignage qui vous a été donné à tous ensemble et que vous avez récité aujourd’hui chacun en particulier, est l’expression de la foi de l’Église notre mère, foi établie solidement sur le fondement inébranlable, sur Jésus-Christ Notre Seigneur …On vous a donc donné à apprendre et vous avez récité ce que vous devez avoir toujours dans l’âme et dans le cœur, répéter sur votre couche, méditer sur les places publiques, ne pas oublier en prenant votre nourriture, murmurer même intérieurement durant votre sommeil ».

10. Je voudrais, à ce point, esquisser un parcours qui aide à comprendre de façon plus profonde non seulement les contenus de la foi, mais avec ceux-ci aussi l’acte par lequel nous décidons de nous en remettre totalement à Dieu, en pleine liberté. En effet, il existe une unité profonde entre l’acte par lequel on croit et les contenus auxquels nous donnons notre assentiment. L’Apôtre Paul permet d’entrer à l’intérieur de cette réalité quand il écrit : « La foi du cœur obtient la justice, et la confession des lèvres le salut » (Rm, 10, 10). Le cœur indique que le premier acte par lequel on vient à la foi est don de Dieu et action de la grâce qui agit et transforme la personne jusqu’au plus profond d’elle-même. 

L’exemple de Lydie est tout à fait éloquent à ce sujet. Saint Luc raconte que Paul, alors qu’il se trouvait à Philippes, alla un samedi annoncer l’Évangile à quelques femmes ; parmi elles se trouvait Lydie et « le Seigneur lui ouvrit le cœur, de sorte qu’elle s’attacha aux paroles de Paul » (Ac 16, 14). Le sens renfermé dans l’expression est important. Saint Luc enseigne que la connaissance des contenus à croire n’est pas suffisante si ensuite le cœur, authentique sanctuaire de la personne, n’est pas ouvert par la grâce qui permet d’avoir des yeux pour regarder en profondeur et comprendre que ce qui a été annoncé est la Parole de Dieu. 

Professer par la bouche, à son tour, indique que la foi implique un témoignage et un engagement publics. Le chrétien ne peut jamais penser que croire est un fait privé. La foi, c’est décider d’être avec le Seigneur pour vivre avec lui. Et ce « être avec lui » introduit à la compréhension des raisons pour lesquelles on croit. La foi, parce qu’elle est vraiment un acte de la liberté, exige aussi la responsabilité sociale de ce qui est cru. L’Église au jour de la Pentecôte montre avec toute évidence cette dimension publique du croire et du fait d’annoncer sans crainte sa propre foi à toute personne. C’est le don de l’Esprit Saint qui habilite à la mission et fortifie notre témoignage, le rendant franc et courageux. 

La profession de la foi elle-même est un acte personnel et en même temps communautaire. En effet, c’est l’Église le premier sujet de la foi. Dans la foi de la communauté chrétienne chacun reçoit le baptême, signe efficace de l’entrée dans le peuple des croyants pour obtenir le salut. Comme atteste le Catéchisme de l’Église catholique : « ‘Je crois’ ; c’est la foi de l’Église professée personnellement par chaque croyant, principalement lors du Baptême. ‘Nous croyons’ : c’est la foi de l’Église confessée par les Évêques assemblés en Concile ou, plus généralement, par l’assemblée liturgique des croyants. ‘Je crois’ : c’est aussi l’Église, notre Mère, qui répond à Dieu par sa foi et qui nous apprend à dire : ‘Je crois’, ‘Nous croyons’ ». 

Comme on peut l’observer, la connaissance des contenus de foi est essentielle pour donner son propre assentiment, c'est-à-dire pour adhérer pleinement avec l’intelligence et la volonté à tout ce qui est proposé par l’Église. La connaissance de la foi introduit à la totalité du mystère salvifique révélé par Dieu. L’assentiment qui est prêté implique donc que, quand on croit, on accepte librement tout le mystère de la foi, parce que Dieu lui-même qui se révèle et permet de connaître son mystère d’amour, est garant de sa vérité. 

D’autre part, nous ne pouvons pas oublier que dans notre contexte culturel de nombreuses personnes, bien que ne reconnaissant pas en soi le don de la foi, sont quand même dans une recherche sincère du sens ultime et de la vérité définitive sur leur existence et sur le monde. Cette recherche est un authentique « préambule » à la foi, parce qu’elle met en mouvement les personnes sur le chemin qui conduit au mystère de Dieu. La raison de l’homme elle-même, en effet, porte innée l’exigence de « ce qui a de la valeur et demeure toujours ». Cette exigence constitue une invitation permanente, inscrite de façon indélébile dans le cœur humain, à se mettre en chemin pour trouver Celui que nous ne chercherions pas s’il n’était pas déjà venu à notre rencontre. La foi nous invite justement à cette rencontre et nous y ouvre pleinement.

11. Pour accéder à une connaissance systématique des contenus de la foi, tous peuvent trouver dans le Catéchisme de l’Église catholique une aide précieuse et indispensable. Il constitue un des fruits les plus importants du Concile Vatican II. Dans la Constitution apostolique Fidei depositum signée, et ce n’est pas par hasard, à l’occasion du trentième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, le Bienheureux Jean-Paul II écrivait : « Ce Catéchisme apportera une contribution très importante à l’œuvre de renouveau de toute la vie ecclésiale… Je le reconnais comme un instrument valable et autorisé au service de la communion ecclésiale et comme une norme sûre pour l’enseignement de la foi ». 

C’est justement sur cet horizon que l’Année de la foi devra exprimer un engagement général pour la redécouverte et l’étude des contenus fondamentaux de la foi qui trouvent dans le Catéchisme de l’Église catholique leur synthèse systématique et organique. Ici, en effet, émerge la richesse d’enseignement que l’Église a accueilli, gardé et offert au cours de ses deux mille ans d’histoire. De la sainte Écriture aux Pères de l’Église, des Maîtres de théologie aux Saints qui ont traversé les siècles, le Catéchisme offre une mémoire permanente des nombreuses façons dans lesquelles l’Église a médité sur la foi et produit un progrès dans la doctrine pour donner certitude aux croyants dans leur vie de foi. 

Dans sa structure elle-même, le Catéchisme de l’Église catholique présente le développement de la foi jusqu’à toucher les grands thèmes de la vie quotidienne. Page après page on découvre que tout ce qui est présenté, n’est pas une théorie, mais la rencontre avec une Personne qui vit dans l’Église. À la profession de foi, en effet, succède l’explication de la vie sacramentelle, dans laquelle le Christ est présent, agissant et continue à construire son Église. Sans la liturgie et les sacrements, la profession de foi n’aurait pas d’efficacité, parce qu’elle manquerait de la grâce qui soutient le témoignage des chrétiens. De la même manière, l’enseignement du Catéchisme sur la vie morale acquiert toute sa signification s’il est mis en relation avec la foi, la liturgie et la prière.

12. En cette Année, par conséquent, le Catéchisme de l’Église catholique, pourra être un véritable instrument pour soutenir la foi, surtout pour tous ceux qui ont à cœur la formation des chrétiens, si déterminante dans notre contexte culturel. Dans ce but, j’ai invité la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, en accord avec les Dicastères compétents du Saint-Siège, à rédiger une Note, par laquelle offrir à l’Église et aux croyants quelques indications pour vivre cette Année de la foi de manière plus efficace et appropriée, au service du croire et de l’évangélisation. 

En effet, la foi, se trouve être soumise plus que dans le passé à une série d’interrogations qui proviennent d’une mentalité changée qui, particulièrement aujourd’hui, réduit le domaine des certitudes rationnelles à celui des conquêtes scientifiques et technologiques. Toutefois, l’Église n’a jamais eu peur de montrer comment entre foi et science authentique il ne peut y avoir aucun conflit parce que les deux, même si c’est par des chemins différents, tendent à la vérité.

13. Il sera décisif au cours de cette Année de parcourir de nouveau l’histoire de notre foi, laquelle voit le mystère insondable de l’entrelacement entre sainteté et péché. Alors que la première met en évidence le grand apport que les hommes et les femmes ont offert à la croissance et au développement de la communauté par le témoignage de leur vie, le second doit provoquer en chacun une sincère et permanente œuvre de conversion pour faire l’expérience de la miséricorde du Père qui va à la rencontre de tous. 

En ce temps nous tiendrons le regard fixé sur Jésus Christ « à l’origine et au terme de la foi » (He 12, 2) : en lui trouve son achèvement tout tourment et toute aspiration du cœur humain. La joie de l’amour, la réponse au drame de la souffrance et de la douleur, la force du pardon devant l’offense reçue et la victoire de la vie face au vide de la mort, tout trouve son achèvement dans le mystère de son Incarnation, du fait qu’il s’est fait homme, qu’il a partagé avec nous la faiblesse humaine pour la transformer par la puissance de sa résurrection. En lui, mort et ressuscité pour notre salut, trouvent pleine lumière les exemples de foi qui ont marqué ces deux mille ans de notre histoire de salut. 

Par la foi, Marie a accueilli la parole de l’Ange et elle a cru à l’annonce qu’elle serait devenue Mère de Dieu dans l’obéissance de son dévouement (cf. Lc 1, 38). Visitant Elisabeth elle éleva son cantique de louange vers le Très-Haut pour les merveilles qu’il accomplissait en tous ceux qui s’en remettent à lui (cf. Lc 1, 46-55). Avec joie et anxiété elle met au jour son fils unique, maintenant intacte sa virginité (cf. Lc 2, 6-7). Comptant sur Joseph son Époux, elle porta Jésus en Égypte pour le sauver de la persécution d’Hérode (cf. Mt 2, 13-15). Avec la même foi elle a suivi le Seigneur dans sa prédication et elle demeura avec lui jusque sur le Golgotha (cf. Jn 19, 25-27). Avec foi Marie goûta les fruits de la résurrection de Jésus et, conservant chaque souvenir dans son cœur (cf. Lc 2, 19.51), elle les transmit aux Douze réunis avec elle au Cénacle pour recevoir l’Esprit-Saint (cf. Ac 1, 14 ; 2, 1-4). 

Par la foi, les Apôtres laissèrent tout pour suivre le Maître (cf. Mc 10, 28). Ils crurent aux paroles par lesquelles il annonçait le Royaume de Dieu présent et réalisé dans sa personne (cf. Lc 11, 20). Ils vécurent en communion de vie avec Jésus qui les instruisait par son enseignement, leur laissant une nouvelle règle de vie par laquelle ils auraient été reconnus comme ses disciples après sa mort (cf. Jn 13, 34-35). Par la foi, ils allèrent dans le monde entier, suivant le mandat de porter l’Évangile à toute créature (cf. Mc 16, 15) et, sans aucune crainte, ils annoncèrent à tous la joie de la résurrection dont ils furent de fidèles témoins. 

Par la foi, les disciples formèrent la première communauté regroupée autour de l’enseignement des Apôtres, dans la prière, dans la célébration de l’Eucharistie, mettant en commun tout ce qu’ils possédaient pour subvenir aux besoins des frères (cf. Ac 2, 42-47). 

Par la foi, les martyrs donnèrent leur vie, pour témoigner de la vérité de l’Évangile qui les avait transformés et rendus capables de parvenir au don le plus grand de l’amour avec le pardon de leurs propres persécuteurs. 

Par la foi, des hommes et des femmes ont consacré leur vie au Christ, laissant tout pour vivre dans la simplicité évangélique l’obéissance, la pauvreté et la chasteté, signes concrets de l’attente du Seigneur qui ne tarde pas à venir. Par la foi, de nombreux chrétiens ont promu une action en faveur de la justice pour rendre concrète la parole du Seigneur venu annoncer la libération de l’oppression et une année de grâce pour tous (cf. Lc 4, 18-19). 

Par la foi, au cours des siècles, des hommes et des femmes de tous les âges, dont le nom est inscrit au Livre de vie (cf. Ap 7, 9 ; 13, 8), ont confessé la beauté de suivre le Seigneur Jésus là où ils étaient appelés à donner le témoignage de leur être chrétiens : dans la famille, dans la profession, dans la vie publique, dans l’exercice des charismes et des ministères auxquels ils furent appelés. 

Par la foi, nous vivons nous aussi : par la reconnaissance vivante du Seigneur Jésus, présent dans notre existence et dans l’histoire.

14. L’Année de la foi sera aussi une occasion propice pour intensifier le témoignage de la charité. Saint Paul rappelle : « Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d’entre elles, c’est la charité » (1 Co 13, 13). Avec des paroles encore plus fortes – qui depuis toujours engagent les chrétiens – l’Apôtre Jacques affirmait : « A quoi cela sert-il, mes frères, que quelqu’un dise : ‘J’ai la foi’, s’il n’a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus, s’ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l’un d’entre vous leur dise : ‘Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous’, sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? Ainsi en est-il de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est tout à fait morte. Au contraire, on dira : ‘Toi, tu as la foi, et moi, j’ai les œuvres ? Montre-moi ta foi sans les œuvres ; moi c’est par les œuvres que je te montrerai ma foi’ » (Jc 2, 14-18). 

La foi sans la charité ne porte pas de fruit et la charité sans la foi serait un sentiment à la merci constante du doute. Foi et charité se réclament réciproquement, si bien que l’une permet à l’autre de réaliser son chemin. En effet de nombreux chrétiens consacrent leur vie avec amour à celui qui est seul, marginal ou exclus comme à celui qui est le premier vers qui aller et le plus important à soutenir, parce que justement en lui se reflète le visage même du Christ. Grâce à la foi nous pouvons reconnaître en tous ceux qui demandent notre amour, le visage du Seigneur ressuscité. « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40) : ces paroles du Seigneur sont un avertissement à ne pas oublier et une invitation permanente à redonner cet amour par lequel il prend soin de nous. C’est la foi qui permet de reconnaître le Christ et c’est son amour lui-même qui pousse à le secourir chaque fois qu’il se fait notre prochain sur le chemin de la vie. Soutenus par la foi, regardons avec espérance notre engagement dans le monde, en attente « d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle où résidera la justice » (2 Pi 3, 13 ; cf. Ap 21, 1).

15. Parvenu désormais au terme de sa vie, l’Apôtre Paul demande à son disciple Timothée de « rechercher la foi » (2 Tm 2, 22) avec la même constance que lorsqu’il était jeune (cf. 2 Tm 3, 15). Entendons cette invitation adressée à chacun de nous, pour que personne ne devienne paresseux dans la foi. Elle est une compagne de vie qui permet de percevoir avec un regard toujours nouveau les merveilles que Dieu réalise pour nous. Engagée à saisir les signes des temps dans l’aujourd’hui de l’histoire, la foi incite chacun de nous à devenir signe vivant de la présence du Ressuscité dans le monde. Ce dont le monde aujourd’hui a particulièrement besoin c’est du témoignage crédible de tous ceux qui, éclairés dans l’esprit et dans le cœur par la Parole du Seigneur, sont capables d’ouvrir le cœur et l’esprit de beaucoup au désir de Dieu et de la vraie vie, celle qui n’a pas de fin. 

« Que la Parole du Seigneur accomplisse sa course et soit glorifiée » (2 Th 3, 1) : puisse cette Année de la foi rendre toujours plus solide la relation avec le Christ Seigneur, puisque seulement en lui se trouve la certitude pour regarder vers l’avenir et la garantie d’un amour authentique et durable. Les paroles de l’Apôtre Pierre jettent un dernier rayon de lumière sur la foi : « Vous en tressaillez de joie, bien qu’il vous faille encore quelque temps être affligés par diverses épreuves, afin que, bien éprouvée, votre foi, plus précieuse que l’or périssable que l’on vérifie par le feu, devienne un sujet de louange, de gloire et d’honneur, lors de la Révélation de Jésus Christ. Sans l’avoir vu vous l’aimez ; sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d’une joie indicible et pleine de gloire, sûrs d’obtenir l’objet de votre foi : le salut des âmes » (1 Pi 1, 6-9). La vie des chrétiens connaît l’expérience de la joie et celle de la souffrance. Combien de saints ont vécu la solitude ! Combien de croyants, même de nos jours, sont éprouvés par le silence de Dieu alors qu’ils voudraient écouter sa voix consolante ! Les épreuves de la vie, alors qu’elles permettent de comprendre le mystère de la croix et de participer aux souffrances du Christ (cf. Col 1, 24), sont un prélude à la joie et à l’espérance où conduit la foi : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12, 10). Nous croyons avec une ferme certitude que le Seigneur Jésus a vaincu le mal et la mort. Avec cette confiance assurée nous nous en remettons à lui : présent au milieu de nous, il vainc le pouvoir du malin (cf. Lc 11, 20) et l’Église, communauté visible de sa miséricorde, subsiste en lui comme signe de la réconciliation définitive avec le Père. 

Confions à la Mère de Dieu, proclamée « bienheureuse parce qu’elle a cru » (Lc 1, 45), ce temps de grâce.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 11 octobre 2011, en la septième année de mon Pontificat. 

 

(Radio Vatican)

Pope Benedict: Year of Faith "summons to...conversion to the Lord"

dominicanus #Porta fidei

A new "Motu Proprio" has been released on the "Year of Faith" Pope Benedict announced on Sunday. In his letter, Pope Benedict writes the "Year of Faith "is a summons to an authentic and renewed conversion to the Lord, the one Saviour of the world."

 

porta-fidei.jpg

 

 

Apostolic Letter “Motu Proprio data”

Porta Fidei

of the Supreme Pontiff Benedict XVI

for the Indiction of the Year of Faith

 

The “door of faith” (Acts 14:27) is always open for us, ushering us into the life of communion with God and offering entry into his Church. It is possible to cross that threshold when the word of God is proclaimed and the heart allows itself to be shaped by transforming grace. To enter through that door is to set out on a journey that lasts a lifetime. It begins with baptism (cf. Rom 6:4), through which we can address God as Father, and it ends with the passage through death to eternal life, fruit of the resurrection of the Lord Jesus, whose will it was, by the gift of the Holy Spirit, to draw those who believe in him into his own glory (cf. Jn 17:22). To profess faith in the Trinity – Father, Son and Holy Spirit – is to believe in one God who is Love (cf. 1 Jn 4:8): the Father, who in the fullness of time sent his Son for our salvation; Jesus Christ, who in the mystery of his death and resurrection redeemed the world; the Holy Spirit, who leads the Church across the centuries as we await the Lord’s glorious return.
Ever since the start of my ministry as Successor of Peter, I have spoken of the need to rediscover the journey of faith so as to shed ever clearer light on the joy and renewed enthusiasm of the encounter with Christ. During the homily at the Mass marking the inauguration of my pontificate I said: “The Church as a whole and all her Pastors, like Christ, must set out to lead people out of the desert, towards the place of life, towards friendship with the Son of God, towards the One who gives us life, and life in abundance.” It often happens that Christians are more concerned for the social, cultural and political consequences of their commitment, continuing to think of the faith as a self-evident presupposition for life in society. In reality, not only can this presupposition no longer be taken for granted, but it is often openly denied. Whereas in the past it was possible to recognize a unitary cultural matrix, broadly accepted in its appeal to the content of the faith and the values inspired by it, today this no longer seems to be the case in large swathes of society, because of a profound crisis of faith that has affected many people.
We cannot accept that salt should become tasteless or the light be kept hidden (cf. Mt 5:13-16). The people of today can still experience the need to go to the well, like the Samaritan woman, in order to hear Jesus, who invites us to believe in him and to draw upon the source of living water welling up within him (cf. Jn 4:14). We must rediscover a taste for feeding ourselves on the word of God, faithfully handed down by the Church, and on the bread of life, offered as sustenance for his disciples (cf. Jn 6:51). Indeed, the teaching of Jesus still resounds in our day with the same power: “Do not labour for the food which perishes, but for the food which endures to eternal life” (Jn 6:27). The question posed by his listeners is the same that we ask today: “What must we do, to be doing the works of God?” (Jn 6:28). We know Jesus’ reply: “This is the work of God, that you believe in him whom he has sent” (Jn 6:29). Belief in Jesus Christ, then, is the way to arrive definitively at salvation.
In the light of all this, I have decided to announce a Year of Faith. It will begin on 11 October 2012, the fiftieth anniversary of the opening of the Second Vatican Council, and it will end on the Solemnity of Our Lord Jesus Christ, Universal King, on 24 November 2013. The starting date of 11 October 2012 also marks the twentieth anniversary of the publication of the Catechism of the Catholic Church, a text promulgated by my Predecessor, Blessed John Paul II, with a view to illustrating for all the faithful the power and beauty of the faith. This document, an authentic fruit of the Second Vatican Council, was requested by the Extraordinary Synod of Bishops in 1985 as an instrument at the service of catechesis and it was produced in collaboration with all the bishops of the Catholic Church. Moreover, the theme of the General Assembly of the Synod of Bishops that I have convoked for October 2012 is “The New Evangelization for the Transmission of the Christian Faith”. This will be a good opportunity to usher the whole Church into a time of particular reflection and rediscovery of the faith. It is not the first time that the Church has been called to celebrate a Year of Faith. My venerable Predecessor the Servant of God Paul VI announced one in 1967, to commemorate the martyrdom of Saints Peter and Paul on the 19th centenary of their supreme act of witness. He thought of it as a solemn moment for the whole Church to make “an authentic and sincere profession of the same faith”; moreover, he wanted this to be confirmed in a way that was “individual and collective, free and conscious, inward and outward, humble and frank”. He thought that in this way the whole Church could reappropriate “exact knowledge of the faith, so as to reinvigorate it, purify it, confirm it, and confess it”. The great upheavals of that year made even more evident the need for a celebration of this kind. It concluded with the Credo of the People of God, intended to show how much the essential content that for centuries has formed the heritage of all believers needs to be confirmed, understood and explored ever anew, so as to bear consistent witness in historical circumstances very different from those of the past.
In some respects, my venerable predecessor saw this Year as a “consequence and a necessity of the postconciliar period”, fully conscious of the grave difficulties of the time, especially with regard to the profession of the true faith and its correct interpretation. It seemed to me that timing the launch of the Year of Faith to coincide with the fiftieth anniversary of the opening of the Second Vatican Council would provide a good opportunity to help people understand that the texts bequeathed by the Council Fathers, in the words of Blessed John Paul II, “have lost nothing of their value or brilliance. They need to be read correctly, to be widely known and taken to heart as important and normative texts of the Magisterium, within the Church's Tradition ... I feel more than ever in duty bound to point to the Council as the great grace bestowed on the Church in the twentieth century: there we find a sure compass by which to take our bearings in the century now beginning.” I would also like to emphasize strongly what I had occasion to say concerning the Council a few months after my election as Successor of Peter: “if we interpret and implement it guided by a right hermeneutic, it can be and can become increasingly powerful for the ever necessary renewal of the Church.”
The renewal of the Church is also achieved through the witness offered by the lives of believers: by their very existence in the world, Christians are called to radiate the word of truth that the Lord Jesus has left us. The Council itself, in the Dogmatic Constitution Lumen Gentium, said this: While “Christ, ‘holy, innocent and undefiled’ (Heb 7:26) knew nothing of sin (cf. 2 Cor 5:21), but came only to expiate the sins of the people (cf. Heb 2:17)... the Church ... clasping sinners to its bosom, at once holy and always in need of purification, follows constantly the path of penance and renewal. The Church, ‘like a stranger in a foreign land, presses forward amid the persecutions of the world and the consolations of God’, announcing the cross and death of the Lord until he comes (cf. 1 Cor 11:26). But by the power of the risen Lord it is given strength to overcome, in patience and in love, its sorrow and its difficulties, both those that are from within and those that are from without, so that it may reveal in the world, faithfully, although with shadows, the mystery of its Lord until, in the end, it shall be manifested in full light.”


The Year of Faith, from this perspective, is a summons to an authentic and renewed conversion to the Lord, the one Saviour of the world. In the mystery of his death and resurrection, God has revealed in its fullness the Love that saves and calls us to conversion of life through the forgiveness of sins (cf. Acts 5:31). For Saint Paul, this Love ushers us into a new life: “We were buried ... with him by baptism into death, so that as Christ was raised from the dead by the glory of the Father, we too might walk in newness of life” (Rom 6:4). Through faith, this new life shapes the whole of human existence according to the radical new reality of the resurrection. To the extent that he freely cooperates, man’s thoughts and affections, mentality and conduct are slowly purified and transformed, on a journey that is never completely finished in this life. “Faith working through love” (Gal 5:6) becomes a new criterion of understanding and action that changes the whole of man’s life (cf. Rom 12:2; Col 3:9-10; Eph 4:20-29; 2 Cor 5:17).

“Caritas Christi urget nos” (2 Cor 5:14): it is the love of Christ that fills our hearts and impels us to evangelize. Today as in the past, he sends us through the highways of the world to proclaim his Gospel to all the peoples of the earth (cf. Mt 28:19). Through his love, Jesus Christ attracts to himself the people of every generation: in every age he convokes the Church, entrusting her with the proclamation of the Gospel by a mandate that is ever new. Today too, there is a need for stronger ecclesial commitment to new evangelization in order to rediscover the joy of believing and the enthusiasm for communicating the faith. In rediscovering his love day by day, the missionary commitment of believers attains force and vigour that can never fade away. Faith grows when it is lived as an experience of love received and when it is communicated as an experience of grace and joy. It makes us fruitful, because it expands our hearts in hope and enables us to bear life-giving witness: indeed, it opens the hearts and minds of those who listen to respond to the Lord’s invitation to adhere to his word and become his disciples. Believers, so Saint Augustine tells us, “strengthen themselves by believing”. The saintly Bishop of Hippo had good reason to express himself in this way. As we know, his life was a continual search for the beauty of the faith until such time as his heart would find rest in God. His extensive writings, in which he explains the importance of believing and the truth of the faith, continue even now to form a heritage of incomparable riches, and they still help many people in search of God to find the right path towards the “door of faith”.


Only through believing, then, does faith grow and become stronger; there is no other possibility for possessing certitude with regard to one’s life apart from self-abandonment, in a continuous crescendo, into the hands of a love that seems to grow constantly because it has its origin in God. 

On this happy occasion, I wish to invite my brother bishops from all over the world to join the Successor of Peter, during this time of spiritual grace that the Lord offers us, in recalling the precious gift of faith. We want to celebrate this Year in a worthy and fruitful manner. Reflection on the faith will have to be intensified, so as to help all believers in Christ to acquire a more conscious and vigorous adherence to the Gospel, especially at a time of profound change such as humanity is currently experiencing. We will have the opportunity to profess our faith in the Risen Lord in our cathedrals and in the churches of the whole world; in our homes and among our families, so that everyone may feel a strong need to know better and to transmit to future generations the faith of all times. Religious communities as well as parish communities, and all ecclesial bodies old and new, are to find a way, during this Year, to make a public profession of the Credo. 
We want this Year to arouse in every believer the aspiration to profess the faith in fullness and with renewed conviction, with confidence and hope. It will also be a good opportunity to intensify the celebration of the faith in the liturgy, especially in the Eucharist, which is “the summit towards which the activity of the Church is directed; ... and also the source from which all its power flows.” At the same time, we make it our prayer that believers’ witness of life may grow in credibility. To rediscover the content of the faith that is professed, celebrated, lived and prayed, and to reflect on the act of faith, is a task that every believer must make his own, especially in the course of this Year.


Not without reason, Christians in the early centuries were required to learn the creed from memory. It served them as a daily prayer not to forget the commitment they had undertaken in baptism. With words rich in meaning, Saint Augustine speaks of this in a homily on the redditio symboli, the handing over of the creed: “the symbol of the holy mystery that you have all received together and that today you have recited one by one, are the words on which the faith of Mother Church is firmly built above the stable foundation that is Christ the Lord. You have received it and recited it, but in your minds and hearts you must keep it ever present, you must repeat it in your beds, recall it in the public squares and not forget it during meals: even when your body is asleep, you must watch over it with your hearts.”

At this point I would like to sketch a path intended to help us understand more profoundly not only the content of the faith, but also the act by which we choose to entrust ourselves fully to God, in complete freedom. In fact, there exists a profound unity between the act by which we believe and the content to which we give our assent. Saint Paul helps us to enter into this reality when he writes: “Man believes with his heart and so is justified, and he confesses with his lips and so is saved” (Rom 10:10). The heart indicates that the first act by which one comes to faith is God’s gift and the action of grace which acts and transforms the person deep within.


The example of Lydia is particularly eloquent in this regard. Saint Luke recounts that, while he was at Philippi, Paul went on the Sabbath to proclaim the Gospel to some women; among them was Lydia and “the Lord opened her heart to give heed to what was said by Paul” (Acts 16:14). There is an important meaning contained within this expression. Saint Luke teaches that knowing the content to be believed is not sufficient unless the heart, the authentic sacred space within the person, is opened by grace that allows the eyes to see below the surface and to understand that what has been proclaimed is the word of God.
Confessing with the lips indicates in turn that faith implies public testimony and commitment. A Christian may never think of belief as a private act. Faith is choosing to stand with the Lord so as to live with him. This “standing with him” points towards an understanding of the reasons for believing. Faith, precisely because it is a free act, also demands social responsibility for what one believes. The Church on the day of Pentecost demonstrates with utter clarity this public dimension of believing and proclaiming one’s faith fearlessly to every person. It is the gift of the Holy Spirit that makes us fit for mission and strengthens our witness, making it frank and courageous.
Profession of faith is an act both personal and communitarian. It is the Church that is the primary subject of faith. In the faith of the Christian community, each individual receives baptism, an effective sign of entry into the people of believers in order to obtain salvation. As we read in the Catechism of the Catholic Church: “ ‘I believe’ is the faith of the Church professed personally by each believer, principally during baptism. ‘We believe’ is the faith of the Church confessed by the bishops assembled in council or more generally by the liturgical assembly of believers. ‘I believe’ is also the Church, our mother, responding to God by faith as she teaches us to say both ‘I believe’ and ‘we believe’.”
Evidently, knowledge of the content of faith is essential for giving one’s own assent, that is to say for adhering fully with intellect and will to what the Church proposes. Knowledge of faith opens a door into the fullness of the saving mystery revealed by God. The giving of assent implies that, when we believe, we freely accept the whole mystery of faith, because the guarantor of its truth is God who reveals himself and allows us to know his mystery of love.
On the other hand, we must not forget that in our cultural context, very many people, while not claiming to have the gift of faith, are nevertheless sincerely searching for the ultimate meaning and definitive truth of their lives and of the world. This search is an authentic “preamble” to the faith, because it guides people onto the path that leads to the mystery of God. Human reason, in fact, bears within itself a demand for “what is perennially valid and lasting”. This demand constitutes a permanent summons, indelibly written into the human heart, to set out to find the One whom we would not be seeking had he not already set out to meet us. To this encounter, faith invites us and it opens us in fullness.

In order to arrive at a systematic knowledge of the content of the faith, all can find in the Catechism of the Catholic Church a precious and indispensable tool. It is one of the most important fruits of the Second Vatican Council. In the Apostolic Constitution Fidei Depositum, signed, not by accident, on the thirtieth anniversary of the opening of the Second Vatican Council, Blessed John Paul II wrote: “this catechism will make a very important contribution to that work of renewing the whole life of the Church ... I declare it to be a valid and legitimate instrument for ecclesial communion and a sure norm for teaching the faith.”


It is in this sense that that the Year of Faith will have to see a concerted effort to rediscover and study the fundamental content of the faith that receives its systematic and organic synthesis in the Catechism of the Catholic Church. Here, in fact, we see the wealth of teaching that the Church has received, safeguarded and proposed in her two thousand years of history. From Sacred Scripture to the Fathers of the Church, from theological masters to the saints across the centuries, the Catechism provides a permanent record of the many ways in which the Church has meditated on the faith and made progress in doctrine so as to offer certitude to believers in their lives of faith.
In its very structure, the Catechism of the Catholic Church follows the development of the faith right up to the great themes of daily life. On page after page, we find that what is presented here is no theory, but an encounter with a Person who lives within the Church. The profession of faith is followed by an account of sacramental life, in which Christ is present, operative and continues to build his Church. Without the liturgy and the sacraments, the profession of faith would lack efficacy, because it would lack the grace which supports Christian witness. By the same criterion, the teaching of the Catechism on the moral life acquires its full meaning if placed in relationship with faith, liturgy and prayer.

In this Year, then, the Catechism of the Catholic Church will serve as a tool providing real support for the faith, especially for those concerned with the formation of Christians, so crucial in our cultural context. To this end, I have invited the Congregation for the Doctrine of the Faith, by agreement with the competent Dicasteries of the Holy See, to draw up a Note, providing the Church and individual believers with some guidelines on how to live this Year of Faith in the most effective and appropriate ways, at the service of belief and evangelization.


To a greater extent than in the past, faith is now being subjected to a series of questions arising from a changed mentality which, especially today, limits the field of rational certainties to that of scientific and technological discoveries. Nevertheless, the Church has never been afraid of demonstrating that there cannot be any conflict between faith and genuine science, because both, albeit via different routes, tend towards the truth. 
13. One thing that will be of decisive importance in this Year is retracing the history of our faith, marked as it is by the unfathomable mystery of the interweaving of holiness and sin. While the former highlights the great contribution that men and women have made to the growth and development of the community through the witness of their lives, the latter must provoke in each person a sincere and continuing work of conversion in order to experience the mercy of the Father which is held out to everyone.
During this time we will need to keep our gaze fixed upon Jesus Christ, the “pioneer and perfecter of our faith” (Heb 12:2): in him, all the anguish and all the longing of the human heart finds fulfilment. The joy of love, the answer to the drama of suffering and pain, the power of forgiveness in the face of an offence received and the victory of life over the emptiness of death: all this finds fulfilment in the mystery of his Incarnation, in his becoming man, in his sharing our human weakness so as to transform it by the power of his resurrection. In him who died and rose again for our salvation, the examples of faith that have marked these two thousand years of our salvation history are brought into the fullness of light.
By faith, Mary accepted the Angel’s word and believed the message that she was to become the Mother of God in the obedience of her devotion (cf. Lk 1:38). Visiting Elizabeth, she raised her hymn of praise to the Most High for the marvels he worked in those who trust him (cf. Lk 1:46-55). With joy and trepidation she gave birth to her only son, keeping her virginity intact (cf. Lk 2:6-7). Trusting in Joseph, her husband, she took Jesus to Egypt to save him from Herod’s persecution (cf. Mt 2:13-15). With the same faith, she followed the Lord in his preaching and remained with him all the way to Golgotha (cf. Jn 19:25-27). By faith, Mary tasted the fruits of Jesus’ resurrection, and treasuring every memory in her heart (cf. Lk 2:19, 51), she passed them on to the Twelve assembled with her in the Upper Room to receive the Holy Spirit (cf. Acts 1:14; 2:1-4).
By faith, the Apostles left everything to follow their Master (cf. Mk 10:28). They believed the words with which he proclaimed the Kingdom of God present and fulfilled in his person (cf. Lk 11:20). They lived in communion of life with Jesus who instructed them with his teaching, leaving them a new rule of life, by which they would be recognized as his disciples after his death (cf. Jn 13:34-35). By faith, they went out to the whole world, following the command to bring the Gospel to all creation (cf. Mk 16:15) and they fearlessly proclaimed to all the joy of the resurrection, of which they were faithful witnesses.
By faith, the disciples formed the first community, gathered around the teaching of the Apostles, in prayer, in celebration of the Eucharist, holding their possessions in common so as to meet the needs of the brethren (cf. Acts 2:42-47).
By faith, the martyrs gave their lives, bearing witness to the truth of the Gospel that had transformed them and made them capable of attaining to the greatest gift of love: the forgiveness of their persecutors.
By faith, men and women have consecrated their lives to Christ, leaving all things behind so as to live obedience, poverty and chastity with Gospel simplicity, concrete signs of waiting for the Lord who comes without delay. By faith, countless Christians have promoted action for justice so as to put into practice the word of the Lord, who came to proclaim deliverance from oppression and a year of favour for all (cf. Lk 4:18-19).
By faith, across the centuries, men and women of all ages, whose names are written in the Book of Life (cf. Rev 7:9, 13:8), have confessed the beauty of following the Lord Jesus wherever they were called to bear witness to the fact that they were Christian: in the family, in the workplace, in public life, in the exercise of the charisms and ministries to which they were called.
By faith, we too live: by the living recognition of the Lord Jesus, present in our lives and in our history.
14. The Year of Faith will also be a good opportunity to intensify the witness of charity. As Saint Paul reminds us: “So faith, hope, love abide, these three; but the greatest of these is love” (1 Cor 13:13). With even stronger words – which have always placed Christians under obligation – Saint James said: “What does it profit, my brethren, if a man says he has faith but has not works? Can his faith save him? If a brother or sister is ill-clad and in lack of daily food, and one of you says to them, ‘Go in peace, be warmed and filled’, without giving them the things needed for the body, what does it profit? So faith by itself, if it has no works, is dead. But some one will say, ‘You have faith and I have works.’ Show me your faith apart from your works, and I by my works will show you my faith” (Jas 2:14-18).
Faith without charity bears no fruit, while charity without faith would be a sentiment constantly at the mercy of doubt. Faith and charity each require the other, in such a way that each allows the other to set out along its respective path. Indeed, many Christians dedicate their lives with love to those who are lonely, marginalized or excluded, as to those who are the first with a claim on our attention and the most important for us to support, because it is in them that the reflection of Christ’s own face is seen. Through faith, we can recognize the face of the risen Lord in those who ask for our love. “As you did it to one of the least of these my brethren, you did it to me” (Mt 25:40). These words are a warning that must not be forgotten and a perennial invitation to return the love by which he takes care of us. It is faith that enables us to recognize Christ and it is his love that impels us to assist him whenever he becomes our neighbour along the journey of life. Supported by faith, let us look with hope at our commitment in the world, as we await “new heavens and a new earth in which righteousness dwells” (2 Pet 3:13; cf. Rev 21:1).

Having reached the end of his life, Saint Paul asks his disciple Timothy to “aim at faith” (2 Tim 2:22) with the same constancy as when he was a boy (cf. 2 Tim 3:15). We hear this invitation directed to each of us, that none of us grow lazy in the faith. It is the lifelong companion that makes it possible to perceive, ever anew, the marvels that God works for us. Intent on gathering the signs of the times in the present of history, faith commits every one of us to become a living sign of the presence of the Risen Lord in the world. What the world is in particular need of today is the credible witness of people enlightened in mind and heart by the word of the Lord, and capable of opening the hearts and minds of many to the desire for God and for true life, life without end.


“That the word of the Lord may speed on and triumph” (2 Th 3:1): may this Year of Faith make our relationship with Christ the Lord increasingly firm, since only in him is there the certitude for looking to the future and the guarantee of an authentic and lasting love. The words of Saint Peter shed one final ray of light on faith: “In this you rejoice, though now for a little while you may have to suffer various trials, so that the genuineness of your faith, more precious than gold which though perishable is tested by fire, may redound to praise and glory and honour at the revelation of Jesus Christ. Without having seen him you love him; though you do not now see him you believe in him and rejoice with unutterable and exalted joy. As the outcome of your faith you obtain the salvation of your souls” (1 Pet 1:6-9). The life of Christians knows the experience of joy as well as the experience of suffering. How many of the saints have lived in solitude! How many believers, even in our own day, are tested by God’s silence when they would rather hear his consoling voice! The trials of life, while helping us to understand the mystery of the Cross and to participate in the sufferings of Christ (cf. Col 1:24), are a prelude to the joy and hope to which faith leads: “when I am weak, then I am strong” (2 Cor 12:10). We believe with firm certitude that the Lord Jesus has conquered evil and death. With this sure confidence we entrust ourselves to him: he, present in our midst, overcomes the power of the evil one (cf. Lk 11:20); and the Church, the visible community of his mercy, abides in him as a sign of definitive reconciliation with the Father.
Let us entrust this time of grace to the Mother of God, proclaimed “blessed because she believed” (Lk 1:45).


Given in Rome, at Saint Peter’s, on 11 October in the year 2011, the seventh of my Pontificate.
BENEDICTUS PP. XVI

 

 

(Vatican Radio)

Council Under Construction. But Some Are Folding Their Arms

dominicanus #homilies in English

Cardinal Cottier, the jurist Ceccanti, the theologian Cantoni are defending the innovations of Vatican II. But the Lefebvrists are not giving in, and the traditionalists are stepping up their criticisms. The latest developments in a fiery dispute 

 

cottier

 

 

ROME, October 17, 2011 – The controversy over the interpretation of Vatican Council II and the changes in the magisterium of the Church has in recent weeks registered new developments, including at the top level.

The first is the "Doctrinal Preamble" that the congregation for the doctrine of the faith delivered last September 14 to the Lefebvrists of the schismatic Priestly Fraternity of St. Pius X, as a basis for reconciliation.

The text of the "Preamble" is secret. But it was described in this way in the official statement that accompanied its delivery:

"This Preamble enunciates some doctrinal principles and criteria of the interpretation of Catholic doctrine necessary to guarantee fidelity to the magisterium of the Church and the 'sentire cum Ecclesia,' at the same time leaving for legitimate discussion the study and theological explanation of individual expressions or formulations present in the documents of Vatican Council II and of the subsequent magisterium."


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A second development is the participation of Cardinal Georges Cottier (in the photo) in the discussion that has been underway for several months on www.chiesa and on "Settimo cielo."

Cottier, 89, Swiss, a member of the Dominican order, is theologian emeritus of the pontifical household. He published his contribution in the latest issue of the international magazine "30 Days."

In it, he replies to the theses upheld on www.chiesa by the historian Enrico Morini, according to whom the Church intended to use Vatican Council II to reattach itself to the tradition of the first millennium.

Cardinal Cottier warns against the idea that the second millennium was a period of decline and departure from the Gospel for the Church.

At the same time, however, he acknowledges that Vatican II was right to reinvigorate the vision of the Church that was particularly vibrant in the first millennium: not as a subject standing on its own, but as a reflection of the light of Christ. And he considers the concrete consequences that stem from this correct vision.

Cardinal Cottier's text is reproduced in its entirety further below on this page.


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A third development of the discussion regards a thesis of Vatican II that is particularly contested by the traditionalists: that of religious freedom.

In effect, there is an unquestionable rupture between the statements in this regard from Vatican II and the previous condemnations of liberalism made by the popes of the nineteenth century.

But "behind those condemnations there was in reality a specific form of liberalism, that of continental statism, with its claims of monistic and absolute sovereignty that were seen as limiting the independence necessary for the mission of the Church."

While instead "the practical reconciliation brought to completion by Vatican II took place through the pluralism of another liberal model, the Anglo-Saxon one, which radically relativizes the claims of the state to the point of making it not the monopolist of the common good, but a limited reality of public offices at the service of the community. The clash between two exclusive models was followed by encounter under the banner of pluralism."

The previous citations are taken from an essay that Stefano Ceccanti, a professor of public law at the University of Rome "La Sapienza" and a senator of the Partito democratico, is preparing to publish in the magazine "Quaderni Costituzionali."

In the essay, Ceccanti analyzes the two important speeches delivered by Benedict XVI last September 22 at the Bundestag in Berlin and on September 17, 2010 at Westminster Hall, to show how both speeches "are in strict continuity with the reconciliation effected by the Council."

As soon as Ceccanti's essay is published in "Quaderni Costituzionali," www.chiesa will make it available to its readers.

 

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A fourth development is the release of this book in Italy:

Pietro Cantoni, "Riforma nella continuità. Vaticano II e anticonciliarismo", Sugarco Edizioni, Milano, 2011.

The book reviews the most controversial texts of Vatican Council II, to demonstrate that they can all be read and explained in the light of the tradition and the grand theology of the Church, including Saint Thomas.

The author, Fr. Pietro Cantoni – after spending a few years as a young man  in the Lefebvrist community of Ecône in Switzerland – was educated in Rome at the feet of one of the greatest masters of Thomistic theology, Monsignor Brunero Gherardini.

But it is precisely against his master that he aims the criticisms of this book. Gherardini is one of the "anti-conciliarists" most under fire. 

In effect, in his most recent volumes Monsignor Gherardini has advanced serious reservations over the fidelity to tradition of some of the affirmations of Vatican Council II: in the dogmatic constitution "Dei Verbum" on the sources of the faith, in the decree "Unitatis Redintegratio" on ecumenism, in the declaration "Dignitatis Humanae" on religious freedom.

"La Civiltà Cattolica," the magazine of the Rome Jesuits printed after inspection by the Vatican secretariat of state, in a review of one of his books in September attributed to the elderly and authoritative theologian a "sincere attachment to the Church." 

But this does not prevent Gherardini from aiming his biting criticisms at Benedict XVI himself, guilty, in his view, of an exaltation of the Council that "clips the wings of critical analysis" and "prevents one from looking at Vatican II with a more penetrating and less dazzled eye."

For two years, Gherardini has been waiting in vain for the pope to do what he asked him in a public "appeal": to submit the documents of the Council for reexamination, and clarify in definite and definitive form "if, in what sense, and to what extent" Vatican II was or was not in continuity with the previous magisterium of the Church.

In March of 2012, he announced the release of a new book of his on Vatican Council II, which is expected to be even more critical than the previous ones. 

As for the book by Pietro Cantoni, a commentary on it by Francesco Arzillo is presented further below on this page, after the article by Cardinal Cottier.

 

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Another new development is the Acqui Storia prize that will be awarded next October 22 to Roberto de Mattei for the volume "Il Concilio Vaticano II. Una storia mai scritta [Vatican Council II. A history never written]," published by Lindau and covered by www.chiesa at its publication.

The Acqui prize is one of the most prestigious in the field of historical studies. The jury that decided to award it to de Mattei is made up of scholars of various perspectives, Catholics and non-Catholics.

Their president, however, Professor Guido Pescosolido of the University of Rome "La Sapienza," resigned from his position precisely in order to dissociate himself from this decision.

In the view of Professor Pescosolido, de Mattei's book is spoiled by a militant anti-conciliar spirit, incompatible with the canons of scientific historiography.

Professor Pescosolido has received support from a statement released by the SISSCO, the Society for the Study of Contemporary History, headed by Professor Agostino Giovagnoli, a leading representative of the community of Saint Egidio, and from another representative of the same community, Professor Adriano Rocucci.

And in "Corriere della Sera," Professor Alberto Melloni – coauthor of another famous history of Vatican II, also staunchly "militant," but on the progressive side, the one produced by the "school of Bologna" of Fr. Giuseppe Dossetti and Giuseppe Alberigo, and translated into various languages – even insulted de Mattei.  While acknowledging that he had enriched the reconstruction of the history of the Council with previously unpublished documents, he equated his book with "just some anti-conciliar pamphlet" unworthy of consideration.

In comparison, the tranquility with which Professor de Mattei has endured  such affronts has been a lesson in style for everyone. 

 

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Finally, also in the interpretive vein of Monsignor Gherardini and Professor de Mattei, another book was released in Italy on October 7 that identifies in Vatican Council II itself the problems that would come to light in the postcouncil:

Alessandro Gnocchi, Mario Palmaro, "La Bella addormentata. Perché col Vaticano II la Chiesa è entrata in crisi. Perché si risveglierà [Sleeping beauty. Why with Vatican Council II the Church entered into crisis. Why it will reawaken]", Vallecchi, Firenze, 2011.

The two authors are neither historians nor theologians, but they support their thesis with competency and with communicative efficacy, for a readership much more vast than the one reached by the specialists.

On the side opposite the traditionalists, the theologian Carlo Molari has also expanded the range of the discussion in a series of articles in the magazine "La Rocca" of Pro Civitate Christiana in Assisi, in which he examined and discussed the contributions that have appeared on www.chiesa and on "Settimo cielo."

Thanks in part to them, it is therefore likely that the controversy over Vatican II will be extended to the general public. Precisely on the eve of the fiftieth anniversary of the opening of the grand assembly, in 2012.

For the occasion, the Pontifical Committee of Historical Sciences is preparing a scholarly conference from October 3-6 of next year on how the bishops who participated in the Council described it in their diaries and personal archives.

And on October 11 of 2012, the anniversary of the opening of the Council, a special "year of faith" will begin, which will end on November 24 of the following year, the solemnity of Christ the King of the Universe. Benedict XVI made the announcement on October 16, during the homily of the Mass he celebrated at the basilica of Saint Peter with thousands of proclaimers ready to work for the "new evangelization." 

Sandro Magister

www.chiesa


THE PERCEPTION OF THE CHURCH AS "REFLECTED LIGHT" THAT UNITES THE FATHERS OF THE FIRST MILLENNIUM AND VATICAN COUNCIL II

by Georges Cottier



In 2012, which is close upon us, there will be the fiftieth anniversary of Vatican Council II. Half a century later, what has been a major event in the life of the Church continues to provoke debate – which probably will intensify in the coming months – on the most suitable interpretation to give to that Council assembly.

Disputes of a hermeneutical nature, important though they be, risk becoming controversies among experts. Whereas it may be of interest to everyone, especially in the present moment, to rediscover what the source was of the inspiration that animated Vatican Council II.

The most common response acknowledges that the event was motivated by the desire to renew the inner life of the Church and also to adapt its discipline to the new exigencies so as to repropose with renewed vigor the requirements of its mission in the modern world, alert in the faith to the ‘signs of the times’. But to get to the root, we need to grasp the inner countenance of the Church that the Council sought to recognize and re-present to the world in its effort to come up to date.

The title and the first lines of the Dogmatic Constitution "Lumen gentium", devoted to the Church, are here illuminating in their clarity and simplicity: “Christ is the Light of nations. Because this is so, this Sacred Synod gathered together in the Holy Spirit eagerly desires, by proclaiming the Gospel to every creature, to bring the light of Christ to all men, a light brightly visible on the countenance of the Church”. At the start of its most important document, the last Council recognizes that the wellspring of the Church is not the Church itself, but the living presence of Christ Himself who personally builds the Church. The light that is Christ reflects itself in the Church as in a mirror.

The consciousness of this elementary given (the Church in the world is a reflection of the presence and action of Christ) illuminates all that the last Council said about the Church. The Belgian theologian Gérard Philips, who was chief drafter of the Constitution "Lumen gentium", emphasized precisely this datum at the beginning of his monumental commentary on the Council text.

According to him, “the Constitution on the Church adopts from the very beginning the Christocentric perspective, a perspective which is insistently affirmed throughout the development. The Church is profoundly convinced of it: the light of the Gentiles radiates not from her but from her divine Founder: yet, the Church well knows, that being reflected on her countenance, this irradiation reaches the whole of humanity”. A perspective taken through to the last lines of the same commentary, in which Philips repeated that “it is not for us to prophesy the future of the Church, its setbacks and developments. The future of this Church, of which God decided to make a reflection of Christ, Light of the Gentiles, is in His hands”.

The perception of the Church as reflection of the light of Christ unites Vatican Council II to the Fathers of the Church, who from the early centuries made use of the image of the "mysterium lunae", the mystery of the moon, to suggest the nature of the Church and the behavior that befits it. Like the moon, ‘the Church does not shine by its own light but by that of Christ’ (‘fulget Ecclesia non suo sed Christi lumine’), says Saint Ambrose. While for Cyril of Alexandria ‘the Church is bathed in the divine light of Christ, which is the only light in the realm of souls. Thus there is one single light: in this single light, however, the Church also shines, but it is not Christ himself however’.

On this point, the evaluation recently offered by the historian Enrico Morini in a discourse hosted on the site www.chiesa.espressonline.it, edited by Sandro Magister, deserves attention.

According to Morini –  professor of the History of Christianity and the Churches at the University of Bologna – Vatican Council II set itself ‘in the perspective of absolute continuity with the tradition of the first millennium, following a periodization not purely mathematical, but essential, since the first millennium of the history of the Church is that of the Church of the seven councils, still undivided... Encouraging the renewal of the Church, the Council did not intend to introduce something new – as  progressives and conservatives respectively desire and fear – but to get back to what had been lost’.

The observation might create misunderstanding, if confused with the historiographic myth that sees the history of the Church as a progressive decline and a growing estrangement from Christ and the Gospel. Nor can one pay heed to artificial criticisms such as that the dogmatic development of the second millennium does not conform to the Tradition shared during the first millennium of the undivided Church. As Cardinal Charles Journet highlighted, in reference to the Blessed John Henry Newman and his essay on the development of dogma, the "depositum" we have received is not a dead deposit, but a living deposit. And everything alive remains so by growing.

At the same time, the correspondence between the perception of the Church as expressed in "Lumen gentium" and that already shared in the early centuries of Christianity must be understood as an objective fact. That is, the Church is not assumed as a subject in itself, as pre-established. The Church keeps to the fact that its presence in the world flourishes and perdures as a recognition of the presence and action of Christ.

Sometimes, even in the most recent happenings in the Church, this perception of the wellspring of the Church seems to become blurred for many Christians, and a sort of reversal seems to occur: from reflection of the presence of Christ (who by the gift of His Spirit builds the Church) there is a shift to perceiving the Church as a body materially and conceptually committed to attesting and establishing its presence in history by itself.

This second model of perception of the nature of the Church, which does not conform to the faith, leads to real consequences.

If, as it must, the Church perceives itself in the world as a reflection of the presence of Christ, the preaching of the Gospel can only be done through dialogue and freedom, in the abandonment of all means of coercion, both material and spiritual. This is the path indicated by Paul VI in his first encyclical "Ecclesiam suam", published in 1964, which perfectly expresses the Council’s view of the Church.

The survey that the Council also made of the divisions between Christians and then of believers of other religions, reflected the same perception of the Church. Thus the plea for forgiveness for the sins of Christians, which shocked and caused debate within the body of the Church when it was presented by John Paul II, is also perfectly consonant with the consciousness of the Church described so far. The Church asks forgiveness not in line with the logic of worldly honor, but because it recognizes that the sins of its sons dim the light of Christ that it is called to reflect in its countenance. All its sons are sinners called to holiness by the workings of grace. A sanctification that is always a gift of God’s mercy, for He desires that no sinner – however horrendous the sin –­ be snatched by the evil one on the road to perdition. So one sees the point of Cardinal Journet’s formulation: the Church is without sin, but not without sinners.

The reference to the true nature of the Church as a reflection of the light of Christ also has immediate pastoral implications. Unfortunately, in the present context, there is the tendency on the part of bishops to exercise their magisterium through pronouncements in the media, in which they often provide, instructions and guidance on what Christians should or should not do. As if the presence of Christians in the world were the outcome of strategies and prescriptions and did not spring from faith, that is from the recognition of the presence of Christ and His message.

Perhaps, in today’s world, it would be easier and more comforting for everyone to listen to pastors who speak to everyone without presupposing the faith. As  Benedict XVI recognized during his homily in Lisbon on 11 May, 2010, “Often we are anxiously preoccupied with the social, cultural and political consequences of the faith, taking for granted that faith is present, which unfortunately is less and less realistic”.

(English translation of "30 Days")



A GOOD BOOK AND TWO CATECHISMS FOR COMPARISON

by Francesco Arzillo



The release of the book  by Pietro Cantoni "Riforma nella continuità. Vaticano II e anticonciliarismo" is an event that deserves to be noted with approval. This is, in fact, an example of the rigorous exercise of a hermeneutic of continuity: excellent medicine for the disease represented by the polarization underway in ecclesial public opinion, as emerges above all from debates in the media fostered by minorities that are "committed" but little present in the life of the average Catholic parish, or among the large majority of the faithful.

The non-theologian reader is guided by Cantoni in reading some of the most famous controversial passages of the texts of the Council, to discover in the end that there is nothing in them that cannot be read and explained in the light of the tradition and the grand theology of the Church, including Saint Thomas.

It is unfortunate to have to point out that this attitude could be interpreted – by some – as a sort of a priori defense of Vatican II, which would prejudice the proper effort against the irritations and problems of a part of postconciliar theology and practice.

But then, how could a Catholic not defend an ecumenical council? On what theological or magisterial source could such an attitude be based? Could a Catholic select the teachings of the pastors by cherry-picking them according to his own sensibilities and cultural or religious tendencies?

The great impact of Vatican Council II has yet to be explored in the depths of its manifold richness, which certainly poses problems of interpretation, but also raises hopes and efforts toward an ever better understanding of the mystery of the Christian faith.

But what is the role of the ordinary believer in all of this? One certainly cannot expect him to join one of the activist theological-liturgical-ecclesial parties, sharing its idiosyncracies and its often unilateral and aprioristic assumptions.

Nor can one reasonably expect that the ordinary believer would be led, for example, to rank the Mass of Paul VI below the Mass of Saint Pius V or vice versa; or to rank Saint Edith Stein below Saint Teresa of Avila, or vice versa. That would mean depriving the Church of the centuries-spanning dimension of catholicity, and endorsing the crypto-apocalyptic conception of rupture believed to be seen in the modern era (whatever chronology and interpretation, positive or negative, one might like to give to this rupture).

The traditionalist world above all seems not to realize the fact that adherence – even in the form of opposition – to the conception of modernity as rupture represents an evident form of ideological subordination to the adversary, whose starting presupposition is accepted in the end.

The urge comes to suggest, in this regard, an exercise even more simple than the one reserved for theologians. We suggest that one read, for example, at least some part of the Catechism of St. Pius X in parallel with the "Compendium" of Benedict XVI.

Such a reading leads to exciting discoveries. It clearly shows not only how there is no contradiction whatsoever between the two catechisms, but also how their respective contents illustrate one another in an enhancement that is circular but not self-referential, because it is oriented to the ultimate point of reference, which is the Holy Mystery in its objective and transcendent reality.

This obviously does not mean not seeing the problems – some of them serious – of the present time, including the problem of the shortcomings of epistemology and content in the most widespread forms of theology (the subject of an exhaustive study in a book by the philosopher Fr. Antonio Livi, to be published soon).

It means, however, seeing these problems in the proper light, or rather, in the final analysis, seeing them in the Spirit who animates the Church, mother and teacher, and who has not ceased to support it in the contemporary era as well: the Spirit of Jesus Christ, who is with us all days, until the end of the world (cf. Mt 28:20).



The magazine that published the contribution of Cardinal Cottier:

> 30 Days


A commentary by Brunero Gherardini on the criticisms of Pietro Cantoni:

> Risposta a don Cantoni: fra teologia e amarezza


An interview with Gnocchi and Palmaro on their new book:

> Concilio Vaticano II: il mito di un "superdogma" da cui uscire


The speech of Benedict XVI on December 22, 2005 that ignited the discussion of the hermeneutic of the Council:

> "Your Eminences..."


On www.chiesa and on the blog "Settimo cielo," the discussion has been underway for several months. It has seen repeated participation from Francesco Agnoli, Francesco Arzillo, Inos Biffi, Giovanni Cavalcoli, Stefano Ceccanti, Georges Cottier, Roberto de Mattei, Masssimo Introvigne, Agostino Marchetto, Alessandro Martinetti, Enrico Morini, Enrico Maria Radaelli, Fulvio Rampi, Martin Rhonheimer, Basile Valuet, David Werling, Giovanni Onofrio Zagloba.

In order, here are the previous installments of the dispute, on www.chiesa: 

> High Up, Let Down by Pope Benedict (8.4.2011)

> The Disappointed Have Spoken. The Vatican responds (18.4.2011)

> Who's Betraying Tradition. The Grand Dispute (28.4.2011)

> The Church Is Infallible, But Not Vatican II (5.5.2011)

> Benedict XVI the "Reformist." The Prosecution Rests (11.5.2011)

> Religious Freedom. Was the Church Also Right When It Condemned It?
(26.5.2011)


> A "Disappointed Great" Breaks His Silence. With an Appeal to the Pope(16..6.2011)

> Bologna Speaks: Tradition Is Also Made of "Ruptures" (21.6.2011)

And more, on the blog SETTIMO CIELO:

> Francesco Agnoli: il funesto ottimismo del Vaticano II (8.4.2011)

> La Chiesa può cambiare la sua dottrina? La parola a Ceccanti e a Kasper
(29.5.2011)


> Ancora su Stato e Chiesa. Dom Valuet risponde a Ceccanti (30.5.2011)

> Padre Cavalcoli scrive da Bologna. E chiama in causa i "bolognesi"(31.5.2011)

> Può la Chiesa cambiare dottrina? Il professor "Zagloba" risponde (6.6.2011)

> Tra le novità del Concilio ce n'è qualcuna infallibile? San Domenico dice di sì
(8.6.2011)


> Esami d'infallibilità per il Vaticano II. Il quizzone del professor Martinetti(27.6.2011)

> Il bolognese Morini insiste: la Chiesa ritorni al primo millennio
 (15.7.2011)


> La Tradizione abita di più in Occidente. Padre Cavalcoli ribatte a Morini(27.7.2011)

> Rampi: come cantare il gregoriano nel secolo XXI (3.8.2011)




English translation by Matthew Sherry, Ballwin, Missouri, U.S.A.

 

 

 

Concile, le chantier est ouvert. Mais certains se croisent les bras

dominicanus #Il est vivant !

Le cardinal Cottier, le juriste Ceccanti, le théologien Cantoni défendent les nouveautés de Vatican II. Mais les lefebvristes ne cèdent pas et les traditionalistes accentuent leurs critiques. Les derniers développements d'une controverse enflammée 

 

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ROME, le 17 octobre 2011 – La controverse relative à l'interprétation du concile Vatican II et aux changements dans le magistère de l’Église a connu de nouveaux développements ces dernières semaines, y compris à haut niveau.

Le premier développement est le "Préambule doctrinal" que la congrégation pour la doctrine de la foi a remis, le 14 septembre dernier, aux lefebvristes de la schismatique Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, comme base pour une réconciliation.

Le texte du "Préambule" est secret. Mais, dans le communiqué officiel qui l’accompagnait lorsqu’il a été remis, il est décrit de la manière suivante :

"Ce préambule énonce certains des principes doctrinaux et des critères d’interprétation de la doctrine catholique nécessaires pour garantir la fidélité au magistère de l’Église et au “sentire cum Ecclesia”, tout en laissant ouvertes à une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du concile Vatican II et du magistère qui a suivi".

 

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Un second développement est l'intervention du cardinal Georges Cottier (photo) dans la discussion qui est en cours depuis quelques mois sur www.chiesa et sur "Settimo cielo".

Cottier, 89 ans, Suisse, appartenant à l'ordre des dominicains, est théologien émérite de la maison pontificale. Son intervention a été publiée dans le dernier numéro de la revue internationale "30 Jours".

Dans ce texte, il répond à la thèse qui a été soutenue sur www.chiesa par l’historien Enrico Morini, selon laquelle avec le concile Vatican II l’Église a voulu se rattacher à la tradition du premier millénaire.

Le cardinal Cottier met en garde contre l’idée que le deuxième millénaire ait été pour l’Église une période de décadence et d’éloignement par rapport à l’Évangile.

Toutefois il reconnaît, dans le même temps, que Vatican II a eu raison de redonner force à une manière de percevoir l’Église qui a été particulièrement vivante au cours du premier millénaire : non pas comme sujet en soi, mais comme reflet de la lumière du Christ. Et il traite des conséquences concrètes qui découlent de cette perception juste.

Le texte du cardinal Cottier est reproduit intégralement sur cette page, on le trouvera ci-dessous.


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Un troisième développement de la discussion concerne une thèse de Vatican II qui est particulièrement contestée par les traditionalistes : la thèse de la liberté religieuse.

En effet, il y a indiscutablement une rupture entre les affirmations de Vatican II à ce sujet et les précédentes condamnations du libéralisme formulées par les papes du XIXe siècle.

Mais "derrière ces condamnations, il y avait en réalité un libéralisme spécifique, le libéralisme étatiste continental, avec ses prétentions à la souveraineté moniste et absolue, qui était ressenti comme une limitation de l'indépendance nécessaire à la mission de l’Église".

Alors que, au contraire, "la réconciliation concrète qui a été menée à son terme par Vatican II a été réalisée à travers le pluralisme d’un autre modèle libéral, le modèle anglo-saxon, qui relativise de manière radicale les prétentions de l’État, au point de faire de ce dernier non pas le responsable monopoliste du bien commun, mais un ensemble limité de services publics qui sont mis au service de la communauté. À l’opposition entre deux exclusivismes a succédé une rencontre placée sous le signe du pluralisme".

Les citations rapportées ici sont tirées d’un essai que Stefano Ceccanti, professeur de droit public à l'Université de Rome "La Sapienza" et sénateur du Parti Démocratique, s’apprête à publier dans la revue "Quaderni Costituzionali".

Dans cet essai, Ceccanti analyse les deux discours importants que Benoît XVI a prononcés le 22 septembre dernier au Bundestag à Berlin et le 17 septembre 2010 à Westminster Hall, pour montrer que ces deux discours "sont en pleine continuité avec cette réconciliation opérée par le concile".

Dès que l’essai de Ceccanti sera publié dans les "Quaderni Costituzionali", www.chiesa ne manquera pas de le mettre à la disposition de ses lecteurs.

 

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Un quatrième développement est la parution en Italie du livre suivant :

Pietro Cantoni, "Riforma nella continuità. Vaticano II e anticonciliarismo", [Réforme dans la continuité. Vatican II et l’anticonciliarisme], Sugarco Edizioni, Milan, 2011.

Le livre passe en revue les textes les plus controversés du concile Vatican II pour montrer que, dans ces textes, tout peut être lu et expliqué à la lumière de la tradition et de la grande théologie de l’Église, y compris saint Thomas.

L'auteur, Pietro Cantoni, est un prêtre qui – après avoir passé, dans sa jeunesse, plusieurs années en Suisse dans la communauté lefebvriste d’Écône et en être sorti – s’est formé, à Rome, à l’école de l’un des plus grands maîtres de la théologie thomiste, Mgr Brunero Gherardini.

Mais c’est précisément contre son maître que sont dirigées les critiques contenues dans son livre. Gherardini est l’un des "anticonciliaires" qu’il prend le plus pour cible.

En effet, Mgr Gherardini a formulé dans ses derniers ouvrages de sérieuses réserves quant à la fidélité de certaines affirmations du concile Vatican II à la Tradition : dans la constitution dogmatique "Dei Verbum" à propos des sources de la foi, dans le décret "Unitatis redintegratio" à propos de l'œcuménisme, dans la déclaration "Dignitatis humanae" à propos de la liberté religieuse.

Rendant compte de l’un de ses livres au mois de septembre, "La Civiltà Cattolica", la revue des jésuites de Rome qui est n’imprimée qu’après avoir été contrôlée par la secrétairerie d’état du Vatican, a reconnu à ce vieux théologien qui fait autorité un "sincère attachement à l’Église".

Mais cela n’empêche pas Gherardini d’égratigner de ses critiques Benoît XVI lui-même, coupable à ses yeux d’une exaltation du concile qui "rogne les ailes à l'analyse critique" et "empêche de regarder Vatican II avec des yeux plus pénétrants et moins éblouis".

Cela fait deux ans que Gherardini attend en vain du pape ce qu’il lui a demandé dans une "supplique" publique : qu’il soumette les documents du concile à un réexamen et qu’il clarifie de manière directive et définitive le point de savoir "si, en quel sens et jusqu’à quel point" Vatican II est ou non dans la continuité du précédent magistère de l’Église.

Il a annoncé qu’il publierait en mars 2012, à propos du concile Vatican II, un nouveau livre, dont on prévoit qu’il sera encore plus critique que les précédents.

En ce qui concerne le livre de Pietro Cantoni, on pourra en lire ci-dessous, après l'article du cardinal Cottier, un commentaire dû à Francesco Arzillo.

 

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Une autre information est que, le 22 octobre prochain, le prix Acqui Storia sera remis à Roberto de Mattei pour son ouvrage "Il Concilio Vaticano II. Una storia mai scritta" [Le concile Vatican II. Une histoire jamais écrite], publié aux éditions Lindau et dont www.chiesa a rendu compte en son temps.

Le prix Acqui est l’un des plus prestigieux dans le domaine des études historiques. Le jury qui a pris la décision de le conférer à de Mattei est composé d’universitaires d’orientations diverses, catholiques et non catholiques.

Mais son président, le professeur Guido Pescosolido de l'Université de Rome "La Sapienza", a démissionné de sa charge justement pour se désolidariser de cette décision.

D’après le professeur Pescosolido, le livre de de Mattei serait gâté par un esprit de militantisme anti-conciliaire incompatible avec les canons de l’historiographie scientifique.

Le professeur Pescosolido a reçu, par le biais d’un communiqué, le soutien de la SISSCO, Société Italienne pour l’Étude de l’Histoire Contemporaine, qui est présidée par le professeur Agostino Giovagnoli, représentant bien connu de la communauté de Sant'Egidio, et qui compte parmi ses dirigeants un autre représentant de cette même communauté, le professeur Adriano Roccucci.

Et dans le "Corriere della Sera" le professeur Alberto Melloni – co-auteur d’une autre histoire bien connue de Vatican II, certainement "militante" elle aussi mais du côté progressiste, celle qui a été écrite par "l’école de Bologne" du père Giuseppe Dossetti et de Giuseppe Alberigo et qui a été traduite en plusieurs langues – a carrément maltraité de Mattei. S’il lui a bien reconnu le mérite d’avoir enrichi de documents inédits la reconstitution de l’histoire du concile, il a comparé son livre à "un ramassis d’opuscules anti-conciliaires" ne méritant pas d’être pris en considération.

Par comparaison, le calme avec lequel le professeur de Mattei a supporté de tels affronts a été pour tous une leçon d’élégance.



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Enfin, toujours dans la ligne d’interprétation de Mgr Gherardini et du professeur de Mattei, un autre livre qui distingue déjà dans le concile Vatican II les dysfonctionnements apparus après le concile est sorti en librairie le 7 octobre en Italie :

Alessandro Gnocchi, Mario Palmaro, "La Bella addormentata. Perché col Vaticano II la Chiesa è entrata in crisi. Perché si risveglierà", [La Belle endormie. Pourquoi l’Église est entrée en crise avec Vatican II. Pourquoi elle se réveillera] Vallecchi, Florence, 2011.

Les deux auteurs ne sont ni historiens ni théologiens, mais ils soutiennent leur thèse avec compétence et avec une efficacité communicative, pour un public de lecteurs plus large que celui qu’atteignent les spécialistes.

Du côté opposé aux traditionalistes, le théologien Carlo Molari a lui aussi élargi le cadre de la discussion par une série d’articles qui ont été publiés dans la revue "La Rocca" de l’association Pro Civitate Christiana d’Assise et dans lesquels il a repris et discuté les interventions parues sur www.chiesa et sur "Settimo cielo".

Grâce à eux aussi, on peut donc prévoir que la controverse relative à Vatican II atteindra un vaste public. Et cela justement à la veille du cinquantième anniversaire, en 2012, de l’ouverture de cette grande assemblée.

En vue de cet événement, qui sera célébré du 3 au 6 octobre de l'année prochaine, le Comité Pontifical des Sciences Historiques a mis en chantier un colloque destiné à étudier comment les évêques qui ont participé au concile ont décrit celui-ci dans leurs journaux intimes et dans leurs archives personnelles.

Et le 11 octobre 2012, jour anniversaire de l’ouverture du concile, sera le début d’une "année de la foi" spéciale, qui se terminera le 24 novembre de l'année suivante, en la solennité du Christ Roi de l'Univers. Benoît XVI l’a annoncé le 16 octobre, au cours de l’homélie de la messe qu’il a célébrée à la basilique Saint-Pierre devant plusieurs milliers de responsables prêts à travailler à la "nouvelle évangélisation".

Sandro Magister

www.chiesa



CETTE PERCEPTION DE L'ÉGLISE COME "LUMIÈRE RÉFLÉCHIE" QUI UNIT LES PÈRES DU PREMIER MILLÉNAIRE ET LE CONCILE VATICAN II

par Georges Cottier


Le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II tombera en 2012, année désormais proche. Un demi-siècle plus tard, ce qui a été un événement majeur de la vie de l’Église continue à susciter des débats – qui s’intensifieront probablement dans les prochains mois – sur la question de savoir quelle est l’interprétation la plus juste de cette assemblée conciliaire.

Les disputes de caractère herméneutique, importantes certainement, risquent pourtant de devenir des controverses pour spécialistes. En revanche, il peut intéresser tout le monde, dans le moment présent surtout, de redécouvrir la source de l’inspiration qui a animé le Concile Vatican II.

La réponse la plus commune reconnaît que cet événement est né du désir de renouveler la vie intérieure de l’Église et d’adapter sa discipline aux nouvelles exigences, pour proposer à nouveau, avec une nouvelle vigueur, sa mission dans le monde actuel, mission attentive dans la foi "aux signes des temps". Mais plus profondément, il faut chercher à saisir quel était le visage le plus intime de l’Église que le Concile se proposait de reconnaître et de représenter au monde, dans son dessein de mise à jour.

Le titre et les premières lignes de la constitution dogmatique conciliaire "Lumen gentium", consacrée à l’Église, sont en ce sens éclairantes dans leur limpidité et dans leur simplicité: "Le Christ est la lumière des peuples; réuni dans l’Esprit Saint, le saint Concile souhaite donc ardemment, en annonçant à toutes les créatures la bonne nouvelle de l’Évangile, répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Église". Dans l’incipit de son document le plus important, le dernier Concile reconnaît que ce qui constitue la source de l’Église n’est pas l’Église elle-même mais la présence vivante du Christ qui édifie personnellement l’Église. La lumière qu’est le Christ se reflète dans l’Église comme dans un miroir.

La conscience de cette donnée élémentaire (l’Église est le reflet dans le monde de la présence et de l’action du Christ) éclaire tout ce que le dernier Concile a dit sur l’Église. Le théologien belge Gérard Philips, qui fut le principal rédacteur de la constitution "Lumen gentium", mit justement en évidence cette donnée dans son monumental commentaire du texte conciliaire.

Selon lui, "la constitution sur l’Église adopte dès le départ la perspective christocentrique, perspective qui s’affirmera fortement au cours de toute l’exposition. L’Église en est profondément convaincue: la lumière des peuples rayonne non à partir de l’Église mais de son divin Fondateur: et pourtant l’Église sait bien que, se reflétant sur son visage, ce rayonnement atteint l’humanité entière". Une perspective reprise jusque dans les dernières lignes du même commentaire dans lesquelles Philips répète que "ce n’est pas à nous de prophétiser sur l’avenir de l’Église, sur ses insuccès et ses développements. L’avenir de cette Église, dont Dieu a voulu faire le reflet du Christ, Lumière des Peuples, est dans Ses mains".

La perception de l’Église comme reflet de la lumière du Christ rapproche le Concile Vatican II des Pères de l’Église qui, dès les premiers siècles, recouraient à l’image du "mysterium lunae", le mystère de la lune, pour suggérer quelle était la nature de l’Église et l’action qui lui convient. Comme la lune, "l’Église brille non de sa lumière propre mais de celle du Christ" ("fulget Ecclesia non suo sed Christi lumine"), dit saint Ambroise. Tandis que, pour Cyrille d’Alexandrie, "l’Église est auréolée de la lumière divine du Christ, qui est l’unique lumière dans le royaume des âmes. Il y a donc une seule lumière: l’Église brille aussi cependant dans cette seule lumière, mais elle n’est pas le Christ lui-même".

En ce sens, mérite attention la réflexion présentée récemment par l’historien Enrico Morini dans une intervention recueillie sur le site www.chiesa.espressonline.it dont s’occupe Sandro Magister.

Selon Morini – qui est professeur d’Histoire du christianisme et des Églises à l’Université de Bologne –, le Concile Vatican II s’est mis "dans la perspective de la continuité la plus absolue avec la tradition du premier millénaire, selon une périodisation qui n’est pas purement mathématique mais qui porte sur le fond des choses, le premier millénaire d’histoire de l’Église étant celui de l’Église des sept Conciles, de l’Église encore indivise […]. En promouvant le renouvellement de l’Église le Concile n’a pas cherché à introduire quelque chose de nouveau – comme le désirent et le craignent respectivement les progressistes et les conservateurs – mais à retourner à ce qui s’est perdu".

Cette observation peut créer des équivoques si elle est assimilée au mythe historiographique qui voit le déroulement de l’histoire de l’Église comme une décadence progressive et un éloignement croissant du Christ et de l’Évangile. On ne peut pas non plus accréditer les oppositions artificieuses selon lesquelles le développement dogmatique du second millénaire ne serait pas conforme à la Tradition partagée durant le premier millénaire de l’Église indivise. Comme l’a souligné le cardinal Charles Journet, en se référant entre autres au bienheureux John Henry Newman et à son essai sur le développement du dogme, le "depositum" que nous avons reçu n’est pas un dépôt mort mais un dépôt vivant. Et tout ce qui est vivant se maintient en vie en se développant.

Il faut en même temps considérer comme un fait objectif la correspondance entre la perception de l’Église exprimée dans la "Lumen gentium" et celle qui était déjà partagée dans les premiers siècles du christianisme. C’est-à-dire que l’Église n’est pas présupposée comme un sujet distinct, préétabli. L’Église s’en tient au fait que sa présence dans le monde fleurit et subsiste comme reconnaissance de la présence et de l’action du Christ.

Dans notre plus récente actualité ecclésiale, cette perception de ce qui constitue la source de l’Église  semble parfois s’obscurcir pour beaucoup de chrétiens et une sorte de renversement paraît se produire: de reflet de la présence du Christ (qui, avec le don de Son Esprit, édifie l’Église), on passe à une perception de l’Église comme une réalité qui s’emploie matériellement et idéalement à attester et réaliser par elle-même sa présence dans l’histoire.

De ce second modèle de perception de la nature de l’Église, qui n’est pas conforme à la foi, découlent des conséquences concrètes.

Si, comme il le faut, l’Église se perçoit dans le monde comme reflet de la présence du Christ, l’annonce de l’Évangile ne peut s’effectuer que dans le dialogue et dans la liberté et doit renoncer à tout moyen de coercition aussi bien matériel que spirituel. C’est la voie indiquée par Paul VI dans sa première encyclique "Ecclesiam suam"¸ publiée en 1964, qui exprime parfaitement le regard que le Concile porte sur l’Église.

Le regard que le Concile a porté sur les divisions entre chrétiens et ensuite sur les croyants des autres religions reflétait lui aussi la même perception de l’Église. Ainsi la demande de pardon pour les fautes des chrétiens, demande qui a étonné et fait discuter au sein du corps ecclésial quand elle fut présentée par Jean Paul II, est parfaitement en accord avec la conscience de l’Église décrite jusqu’à présent. Si l’Église demande pardon ce n’est pas pour se conformer aux usages du monde mais parce qu’elle reconnaît que les péchés de ses enfants obscurcissent la lumière du Christ qu’elle est appelée à laisser se réfléchir sur son visage. Tous ses enfants sont des pécheurs appelés par l’action de la grâce à la sainteté. Une sanctification qui est toujours un don de la miséricorde de Dieu, lequel désire qu’aucun pécheur – aussi horrible soit son péché – ne soit entraîné par le Malin sur la voie de la perdition. On comprend ainsi la formule du cardinal Journet: l’Église est sans péché mais non sans pécheurs.

Le référence à la vraie nature de l’Église comme reflet de la lumière du Christ a aussi des implications pastorales immédiates. On enregistre malheureusement dans le contexte actuel la tendance de certains évêques à exercer leur magistère à travers des déclarations faites dans les media, dans lesquelles sont souvent fournies des prescriptions et des indications sur ce que doivent ou ne doivent pas faire les chrétiens. Comme si la présence des chrétiens dans le monde était le produit de stratégies et de prescriptions et ne naissait pas de la foi, c’est-à-dire de la reconnaissance de la présence du Christ et de son message.

Peut-être, dans le monde actuel, serait-il plus simple et réconfortant pour tout le monde d’écouter des pasteurs qui parlent à tout le monde sans donner la foi comme présupposée. Comme l’a reconnu Benoît XVI dans son homélie à Lisbonne, le 11 mai 2010, "souvent nous nous préoccupons fébrilement des conséquences sociales, culturelles et politiques de la foi, escomptant que cette foi existe, ce qui malheureusement s’avère de jour en jour moins réaliste".

(Traduction française de "30 Jours")



UN BON LIVRE ET DEUX CATÉCHISMES À CONFRONTER

par Francesco Arzillo


La parution du livre de Pietro Cantoni "Réforme dans la continuité. Vatican II et l’anticonciliarisme" est un événement qui mérite d’être signalé avec éloge. Il s’agit, en effet, d’un exemple de rigoureux exercice d’une "herméneutique de la continuité" : excellent remède contre la maladie que constitue la "polarisation" existant dans l'opinion publique ecclésiale, telle qu’elle se manifeste principalement dans des débats publics alimentés par des minorités "engagées" mais très peu présents dans la vie des catholiques de paroisse moyens, c’est-à-dire de la grande majorité des fidèles.

Guidé par Cantoni dans la lecture de quelques-uns des plus célèbres passages controversés des textes conciliaires, le lecteur non théologien va découvrir que ceux-ci, en fin de compte, ne contiennent rien qui ne puisse être lu et expliqué à la lumière de la Tradition et de la grande théologie de l’Église, y compris saint Thomas.

On note avec regret que cette attitude a pu être interprétée – par certains – comme une sorte de défense a priori de Vatican II, qui porterait préjudice au juste engagement contre les excès et les dysfonctionnements d’une partie de la théologie et des pratiques postconciliaires.

Mais, par ailleurs, comment un catholique pourrait-il ne pas défendre un concile œcuménique ? Sur quelle source théologique ou magistérielle une telle attitude pourrait-elle s’appuyer ? Un catholique pourrait-il sélectionner les enseignements des pasteurs en choisissant ce qui lui paraît le meilleur en fonction de sa propre sensibilité et de ses tendances culturelles ou religieuses ?

On attend encore que la grande portée du concile Vatican II soit explorée à fond dans sa richesse multiforme, qui pose certainement des problèmes d’interprétation mais qui suscite aussi des espoirs et des incitations à chercher une compréhension toujours meilleure du mystère de la foi chrétienne.

Mais, dans tout cela, quel est le rôle du simple fidèle ? On ne peut certainement pas attendre de lui qu’il s’inscrive à l’un des partis théologico-liturgico-ecclésiaux présents sur la place publique et qu’il en partage les caractères spécifiques et les présupposés souvent unilatéraux et pleins d’a priori.

On ne peut pas non plus souhaiter raisonnablement que le simple fidèle soit conduit, par exemple, à sous-estimer la Messe de Paul VI par rapport à la Messe de saint Pie V ou inversement ; ou encore à sous-estimer sainte Edith Stein par rapport à sainte Thérèse d'Avila ou inversement. Cela reviendrait à priver l’Église de la dimension étendue dans les siècles de la catholicité et à céder à la conception crypto-apocalyptique de la rupture qui se serait produite à l’époque moderne (quelles que soient la datation et la lecture, positive ou négative, que l’on veut donner de cette rupture).

On a surtout l’impression que le monde traditionaliste ne se rend pas compte du fait qu’adhérer – même sous la forme d’une opposition – à la conception de la modernité comme rupture représente une forme évidente de subordination idéologique par rapport à l'adversaire, dont on finit par accepter le présupposé de départ.

Cela donne envie de suggérer, à cet égard, un exercice plus simple que celui qui est réservé aux théologiens. Nous suggérons de lire, par exemple, au moins quelques parties du Catéchisme de saint Pie X en parallèle avec le "Compendium" de Benoît XVI.

Une telle lecture permet de faire des découvertes enthousiasmantes. Elle fait voir clairement non seulement qu’il n’y a aucune contradiction entre les deux catéchismes, mais que les contenus des deux textes s’éclairent réciproquement en un enrichissement qui est circulaire mais non autoréférentiel, parce qu’il est orienté vers le référent ultime, qui est le Saint Mystère dans sa réalité objective et transcendante.

Bien évidemment, cela ne signifie pas ne pas voir les problèmes – graves aussi – qui se posent à l’époque actuelle, parmi lesquels figure notamment le problème des carences en termes d’épistémologie et de contenu que connaissent les théologies les plus répandues (c’est là une question qui fera l’objet d’une enquête approfondie dans un livre du prêtre et philosophe Antonio Livi à paraître prochainement).

Mais cela signifie voir ces problèmes dans la juste lumière, autrement dit, en dernière analyse, les voir dans l’Esprit qui anime l’Église mère et maîtresse et qui n’a pas cessé de la soutenir, même à l’époque contemporaine : l’Esprit de Jésus-Christ, qui est avec nous "tous les jours, jusqu’à la fin du monde" (Mt 28, 20).



La revue qui a publié l'intervention du cardinal Cottier :

> 30 Jours
http://www.30giorni.it/index_l4.htm



Un commentaire de Brunero Gherardini à propos des critiques formulées par Pietro Cantoni :

> Risposta a don Cantoni : fra teologia e amarezza
http://www.unavox.it/ArtDiversi/DIV206_Interv_Gherardini_su_Cantoni.html


Une interview de Gnocchi et Palmaro à propos de leur nouveau livre :

> Concilio Vaticano II: il mito di un "superdogma" da cui uscire
http://blog.messainlatino.it/2011/09/intervista-gnocchi-e-palmaro-sul-loro.html


Le discours prononcé par Benoît XVI le 22 décembre 2005 qui a lancé la discussion relative à l'herméneutique du concile :

> "Messieurs les Cardinaux..."
http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2005/december/documents/hf_ben_xvi_spe_20051222_roman-curia_fr.html


Sur www.chiesa et sur le blog "Settimo cielo", la discussion est en cours depuis plusieurs mois. Y sont intervenus à de nombreuses reprises Francesco Agnoli, Francesco Arzillo, Inos Biffi, Giovanni Cavalcoli, Stefano Ceccanti, Georges Cottier, Roberto de Mattei, Massimo Introvigne, Agostino Marchetto, Alessandro Martinetti, Enrico Morini, Enrico Maria Radaelli, Fulvio Rampi, Martin Rhonheimer, Basile Valuet, David Werling, Giovanni Onofrio Zagloba.

Voici, dans l’ordre, les précédents chapitres de la discussion, sur www.chiesa :  

> Les grands déçus du pape Benoît (8.4.2011)

> Les déçus ont parlé. Le Vatican répond (18.4.2011)

> Qui trahit la tradition ? Le grand débat (28.4.2011)

> L'Église est infaillible mais Vatican II ne l'est pas (5.5.2011)

> Benoît XVI "réformiste". La parole est à la défense (11.5.2011)

> Liberté religieuse. L'Église avait-elle raison même quand elle la condamnait? (26.5.2011)

> Un "grand déçu" rompt le silence. Par un appel au pape (16..6.2011)

> Bologne parle: la tradition est aussi faite de "ruptures" (21.6.2011)
http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1348361?fr=y

Et aussi, sur le blog SETTIMO CIELO :

> Francesco Agnoli: il funesto ottimismo del Vaticano II (8.4.2011)

> La Chiesa può cambiare la sua dottrina? La parola a Ceccanti e a Kasper (29.5.2011)

> Ancora su Stato e Chiesa. Dom Valuet risponde a Ceccanti (30.5.2011)

> Padre Cavalcoli scrive da Bologna. E chiama in causa i "bolognesi" (31.5.2011)

> Può la Chiesa cambiare dottrina? Il professor "Zagloba" risponde (6.6.2011)

> Tra le novità del Concilio ce n'è qualcuna infallibile? San Domenico dice di sì (8.6.2011)

> Esami d'infallibilità per il Vaticano II. Il quizzone del professor Martinetti (27.6.2011)
http://magister.blogautore.espresso.repubblica.it/2011/06/27/esami-dinfallibilita-per-il-vaticano-ii-il-quizzone-del-professor-martinetti/

> Il bolognese Morini insiste: la Chiesa ritorni al primo millennio (15.7.2011)
http://magister.blogautore.espresso.repubblica.it/2011/07/15/il-bolognese-morini-insiste-la-chiesa-ritorni-al-primo-millennio/

> La Tradizione abita di più in Occidente. Padre Cavalcoli ribatte a Morini (27.7.2011)
http://magister.blogautore.espresso.repubblica.it/2011/07/27/la-tradizione-abita-di-piu-in-occidente-padre-cavalcoli-ribatte-a-morini/

> Rampi: come cantare il gregoriano nel secolo XXI (3.8.2011)
http://magister.blogautore.espresso.repubblica.it/2011/08/03/rampi-come-cantare-il-gregoriano-nel-secolo-xxi/


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

 

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