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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Pourquoi Dieu attend-il? - Homélie 3° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

  

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Cela fait environ deux mille ans que Jésus est né. C’était le premier Noël. Et pourtant, depuis lors, le monde a continué d’être déchiré par des guerres, des catastrophes naturelles, du racisme, et d’innombrables autres formes de misère, d’injustice et de souffrance.

 

Cela fait deux mille ans que les chrétiens célèbrent Noël, la venue de notre Sauveur. Mais où est le salut ?

 

De la même manière, Jésus est entré dans notre vie personnelle depuis de nombreuses années. Notre baptême a été comme un Noël pour notre vie. Et depuis lors, nous avons reçu l’Eucharistie de nombreuses fois, nous avons été confirmés, nous avons pu nous confesser. Et pourtant, si nous nous examinons sincèrement, nous pouvons remarquer que nous sommes toujours égoïstes, faibles, insatisfaits.

 

Nous avons tous célébré Noël un certain nombre de fois au cours de notre existence. Sommes-nous devenus meilleurs pour autant ? Avons-nous fait du progrès dans notre vie spirituelle ?

 

Quelle est la réponse de Dieu à ces questions ? Il y a deux mille ans, Dieu a semé la semence de la grâce dans le monde, et depuis lors, elle n’a cessé de croître. L’Eglise n’a cessé de grandir, donnant des saints, fécondant la culture humaine de l’intérieur par des innombrables fondations telles qu’orphelinats, hôpitaux, universités, écoles…

 

Il y a un certain nombre d’années, Dieu a semé la semence de la grâce dans notre cœur, le jour de notre baptême, et cette semence a produit les fruits de l’espérance, de la foi, d’une conscience éclairée… que n’ont pas ceux qui ne connaissent pas le Christ.

 

Dans les deux cas, la transformation a été progressive, comme celle des plantes qui poussent, jour après jour, dans le champ du cultivateur, comme saint Jacques nous l’explique (2e lect.). C’est bien comme cela que Dieu travaille, peu à peu, progressivement, lentement mais sûrement, car il sait que s’il voulait aller plus vite, nous ne pourrions pas suivre.

 

Jésus adopte la même manière de faire dans la vie de chacun de nous. Il ne fait pas de nous des saints en un jour habituellement. Il ne nous fait pas connaître le bonheur parfait tout de suite. Il entre dans notre vie comme compagnon et comme guide, comme un ami plein de sagesse. Et il nous invite à le suivre tout au long du chemin de la vie. C’est la raison pour laquelle cela nous prend du temps pour arriver à la maturité spirituelle. Jésus ne nous manipule pas comme des robots. Il ne nous programme pas comme des ordinateurs, faisant de nous des êtres parfaits instantanément, en faisant tout le travail à lui tout seul. Non, il veut que nous soyons ses amis. Il veut que nous contribuions à notre propre croissance spirituelle.

 

Jésus est comme un entraîneur qui ne se contente pas de vaincre lors d’une course. Il veut que nous soyons vainqueurs pour toujours. Sainte Thérèse d’Avila, par exemple, docteur de l’Eglise et réformatrice du Carmel, a été une mauviette, une religieuse médiocre et mesquine, pendant vingt ans. Il a fallu qu’elle fasse un entraînement spirituel et une réhabilitation pendant deux décennies avant de pouvoir atteindre son vrai potentiel.

 

Il a fallu trente ans pour qu’avec le secours de la Vierge Marie un petit bébé, nommé Jésus, puisse grandir et remplir la mission de sa vie. De la même manière, la grâce de Dieu suppose du temps et le concours de nos propres efforts pour pouvoir grandir et remplir notre vie de la lumière du Christ.

 

Dans la vie de chaque chrétien, le soleil commence à lever le jour du baptême, mais contrairement à ce qui se passe dans la nature, il ne pourra atteindre le zénith que si nous le voulons pleinement, si nous choisissons de suivre le Christ et de vivre en amitié avec lui.

 

Dieu achèvera son ouvrage dans l’histoire. Il achèvera son ouvrage dans notre cœur. C’est la promesse de l’Avent, la promesse que saint Jacques reprend dans la deuxième lecture :

« Voyez : le Juge est à notre porte. »

 

Mais cet ouvrage, Dieu l’achèvera selon son propre planning, et ce planning est régi par sa sagesse, sa bonté, sa puissance et son amour. Quant à nous autres, nous sommes exhortés à la patience et à la persévérance. Saint Jacques nous dit que nous devons être comme des cultivateurs qui attendent patiemment que la récolte soit arrivée à maturité. Imaginez un cultivateur se tenant au bord de son champ et criant aux plantes qu’elles doivent pousser plus vite. Ce serait absurde. S’il fournit l’eau et les engrais, la Providence divine s’occupera du reste.

 

Nous, de même, nous devons faire notre part. Nous devons arroser avec l’eau de la prière et épandre l’engrais des sacrements, mais nous devons aussi faire confiance à Dieu qui fait sa part. Si nous perdons patience avec Dieu, et que nous désobéissons à ses commandements, que nous faisons fi de notre conscience, que notre amitié avec le Christ s’affadit, c’est comme si nous étions en train de crier à la récolte de la grâce de pousser plus vite. Alors nous ne sommes pas disposés à attendre la croissance du fruit du bonheur durable selon le planning de Dieu. Nous la voulons pour tout de suite !

 

Aujourd’hui, tournons les yeux vers le Soleil levant, le Fils de Dieu, et renouvelons notre confiance en lui, en renouvelant notre engagement à suivre ses commandements.

 

 

Espérer un bonheur sans fin et pour tous - Homélie 3° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)

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    Les lectures que l'Église nous fait entendre dimanche après dimanche ne sont pas choisies au hasard, par tirage au sort. Surtout entre la première et celle de l'évangile, il y a toujours une relation étroite. Pour l'évangile de saint Matthieu, il n'est pas bien difficile de s'en apercevoir. Il fait souvent des allusions à l'Ancien Testament. Dans le passage d'aujourd'hui, Jésus dit aux disciples que Jean lui avait envoyés depuis sa prison :
 
Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.

    En Isaïe, nos avons entendu :
 
Alors s'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds.
Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie.
 
    Ce qui est annoncé par le prophète se réalise dans la personne de Jésus. L'Ancien Testament est le temps des promesses, le Nouveau celui de l'accomplissement.

    Dieu nous promet "un bonheur sans fin". Très bien. Le bonheur, qui ne le veut pas ? Mais voilà : ce bonheur ne nous intéresse guère. Ce qui nous intéresse, ce n'est pas le bonheur que Dieu nous propose. On dit que c'est abstrait, lointain. On veut du concret, et tout de suite.

    Quelle est notre idée du bonheur ? Quand on écoute ce qui se dit dans les nouvelles, quand on regarde ce qui se passe dans l'actualité, on ne voit nulle part des chefs d'état, des hommes politiques, nous promettre "un bonheur sans fin", c'est-à-dire l'éternité auprès de Dieu. Et on ne voit nulle part des syndicats déposer des préavis de grève pour le réclamer. Ce qui nous intéresse, c'est le pouvoir d'achat (surtout en période de fin d'année !). Les commerçants, eux, le savent bien : c'est en cette péiode qu'ils font leur meilleur chiffre d'affaires de l'année. Certains revendiquent même la possiblité d'ouvrir le dimanche. Ainsi, le dimanche ne sera plus le jour "du Seigneur", mais le jour "des achats" ... et des ventes, avec notre complicité, si nous ne réagissons pas.

    Ce qui nous intéresse, en somme, ce que nous espérons, c'est le paradis sur terre. L'éternité, en comparaison, nous paraît non seulement quelque chose de lointain et de vague, mais d'ennuyeux même. C'est ce que disait Benoît XVI dans "Spe salvi" (n° 10) :


    Mais alors se fait jour la question suivante : voulons-nous vraiment cela – vivre éternellement ? Peut-être aujourd'hui de nombreuses personnes refusent-elles la foi simplement parce que la vie éternelle ne leur semble pas quelque chose de désirable. Ils ne veulent nullement la vie éternelle, mais la vie présente, et la foi en la vie éternelle semble, dans ce but, plutôt un obstacle. Continuer à vivre éternellement – sans fin – apparaît plus comme une condamnation que comme un don. Bien sûr, on voudrait renvoyer la mort le plus loin possible. Mais vivre toujours, sans fin – en définitive, cela peut être seulement ennuyeux et en fin de compte insupportable.


    Vive la réincarnation ! Là, au moins, le menu est varié. On risque donc moins de s'ennuyer. Et puis, moyennant l'euthanasie et un peu de compassion humaine, cela permet sans trop de problèmes de mettre fin à ses jours dès qu'avec l'âge, la maladie devient trop pénalisante, pour pouvoir recommencer en pleine forme dans une autre. Pourquoi n'y a-t-on pas pensé avant ? J'exagère à peine.

    Un peu plus loin (n° 11), Benoît XVI écrit :

 
Il y a clairement une contradiction dans notre attitude, qui renvoie à une contradiction intérieure de notre existence elle-même. D'une part, nous ne voulons pas mourir ; surtout celui qui nous aime ne veut pas que nous mourions. D'autre part, il est vrai que nous ne désirons pas non plus continuer à exister de manière illimitée et même la terre n'a pas été créée dans cette perspective. Alors, que voulons-nous vraiment ?


    Oui, que voulons-nous vraiment ? Vivre longtemps, et donc voir sa santé se détériorer, ou mourir rapidement , alors qu'il y a encore tellement de choses à faire ?

    On pourrait ajouter à cela le fait que dans l'esprit de beaucoup de gens, encore aujourd'hui, la perspective d'une vie éternelle est synonyme de l'accomplissement d'un devoir, d'une obéissance à des commandements plus pénibles les uns que les autres, une corvée en somme. C'est en partie la faute des théologiens, influencés par la morale de Kant. Mon professeur de théologie morale fondamentale a été parmi ceux qui ont le plus réagi contre cette déviation :

 
La principale tâche qui incombe aux moralistes, de nos jours est de rétablir pleinement la communication entre la théologie morale et la Parole de Dieu. Il faut saisir cette grâce que nous offre le Concile (Vatican II).

    Quand Dieu parle, c'est pour nous promettre le bonheur !

    Dans le prologue de son ouvrage "Aux sources de la morale", c'est ainsi que le Père Pinckaers ouvre la voie à une présentation de morale chrétienne comme un traité du bonheur et des vertus, en fidélité à la pensée de Thomas d'Aquin, et non uniquement soumise à des impératifs ou des obligations. En effet, aux 17e et 18e siècles, la morale casuistique et la morale kantienne ont axé l'agir humain sur le sentiment de l'obligation et l'impératif catégorique, créant une suprématie de la loi et de la norme au détriment de l'amour de Dieu et du prochain. Ce n'est pas étonnant si cela n'intéresse personne. Mais cette manière de voir ne correspond pas à la vérité de la Révélation.

    Cela ne veut pas dire que l'on peut se permettre de faire des entorses aux commandements sans problèmes, ni que la vie chrétienne est un jardin de roses sans épines. L'espérance, même humaine, même quand elle s'étend au plan des choses d'ici-bas, porte toujours sur un bien qui nous attire (à la différence de la crainte qui consiste à fuir le mal). On peut dire que c'est une tendance commune à tous les êtres vivants : les plantes se tournent vers la lumière, les poules cherchent des vers toute la journée. Mais l'espérance porte sur un bien "ardu", difficile à obtenir. On désire, par exemple, avoir une belle maison, ou une salle paroissiale. C'est difficile ! Depuis le temps ... Il y a des désirs qui sont plus faciles à réaliser, mais quand on parle de l'espérance, il s'agit toujours de quelque chose de difficile et pourtant possible.

    L'espérance, dit Aristote, c'est la spécialité des jeunes, de ceux qui sont dans une sorte d'état d'ivresse ... et de naïveté. On rêve et on ne se rend pas compte des difficultés. Mais ensuite viennent les déceptions, les désillusions, et puis le désenchantement. L'expérience, la patience (cf. 2e lect.) et la persévérance, elles, sont la spécialité des aînés. Tout l'art pour un jeune consiste à espérer sans impatience et pour un adulte à être patient sans revoir son espérance à la baisse.

    Mais voilà : il y a des gens qu'on dit "avertis", qui ont de l'expérience et qui ont appris à se débrouiller dans la vie. Ils dégagent une assurance que d'autres leur envient. Et lorsque ceux qui envient sont honnêtes et ceux qui sont enviés malhonnêtes, alors ceux qui envient sont scandalisés. Comment se fait-il que ... ? Comment Dieu permet-il que ... ? C'est ce que Jean a pu se dire à lui-même. Voilà un homme (un jeune !) qui a vécu dans la justice, et il se trouve en prison. En voilà un autre qui mène une vie dissolue, et il habite dans un palace (sans parler des résidences secondaires) !

    Mais nous oublions trop facilement que le combat que nous avons à mener n'est pas seulement pour réussir "dans la vie". L'issue du combat n'est pas seulement d'être pauvre ou riche, de vivre ou de mourir. L'issue c'est le ciel ou l'enfer ! Pour espérer le ciel, dans le combat de la vie, il ne suffit pas de savoir se débrouiller. Cela dépasse nos forces humaines. Il y faut le secours de Dieu. C'est la grâce de l'Esprit Saint, reçue au baptême, affermie par la confirmation, nourrie par l'Eucharistie.

    Vous souvenez-vous de sainte Joséphine Bakhita ? Après quelques mois de catéchuménat, elle reçut le Sacrement de l'Initiation chrétienne et donc le nouveau nom de Giuseppina (Joséphine). C'était le 9 janvier 1890. Ce jour-là, elle ne savait pas comment exprimer sa joie. Ses grands yeux expressifs étincelaient, révélant une émotion intense. Ensuite on la vit souvent baiser les fonts baptismaux et dire : "Ici, je suis devenue fille de Dieu !" Pour rien au monde elle n'aurait voulu échanger son baptême contre le luxe. Elle aurait préféré être esclave jusqu'à la fin de sa vie, plutôt que d'être libre sans baptême.

    Il y a un autre scandale, bien plus redoutable encore : le scandale de Dieu lui-même ! Celui qui nous promet un bonheur sans fin, ne nous dit-il pas dans l'Évangile :

 
Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi !

    Quel est donc ce bonheur qui consiste à ne pas tomber, non pas à cause d'une adversité humaine, mais à cause de Dieu lui-même ? Bien évidemment, le but de Jésus n'est pas de nous "faire" tomber. Ce serait monstrueux. Le danger est que notre espérance chrétienne soit trop humaine et pas assez théologale. C'est le danger de la confusion entre nos rêves, notre imagination (à partir de la Parole de Dieu et de tout ce que vous voulez) et la sagesse de Dieu qui dépasse infiniment tout ce que nous pouvons concevoir et désirer (cf. Ép 3, 20 ; Ph 4, 7). Le Coeur infini de Dieu est tellement déroutant pour notre pauvre coeur ! Là aussi, nous avons bien besoin du secours de Dieu pour pouvoir passer de nos "petites espérances" à la grande espérance qui vient de Dieu.

    Souvenez-vous encore de ce qu'écrivait BenoÎt XVI à propos de sainte Joséphine :

 
Désormais, elle avait une "espérance" – non seulement la petite espérance de trouver des maîtres moins cruels, mais la grande espérance : je suis définitivement aimée et quel que soit ce qui m'arrive, je suis attendue par cet Amour. Et ainsi ma vie est bonne. Par la connaissance de cette espérance, elle était "rachetée", elle ne se sentait plus une esclave, mais une fille de Dieu libre. Elle comprenait ce que Paul entendait lorsqu'il rappelait aux Éphésiens qu'avant ils étaient sans espérance et sans Dieu dans le monde – sans espérance parce que sans Dieu. (n° 3)

    Un troisième aspect de la vie chrétienne dans l'espérance qui est souvent escamoté est son aspect communautaire. Notre espérance à nous est beaucoup trop individualiste. Pourvu qu'on soit sauvé, nous et ceux que nous aimons. Pour cela, on fait nos petites prières, nos petites affaires avec Dieu, voire même avec le prochain ... que nous avons soigneusement "sélectionné".

L'Église, dit le Concile Vatican II, est une communauté d'espérance (cf. LG. n° 8, cit. CEC n° 771). Notre espérance est tellement petite et étriquée !

 
Élargis l'espace de ta tente, déploie sans hésiter la toile de ta demeure, allonge tes cordages, renforce tes piquets ! (Is 54, 2)

    Nous vivons à une époque où le monde est devenu un village. Si, nous chrétiens, nous offrons à ceux qui vivent sans Dieu le spectacle d'une petite espérance individualiste, il ne faudra pas s'étonner s'ils se moquent de nous. Au 19e siècle, saint Joséphine vivait l'espérance, non pas seulement pour elle-même et pour sa famille restée au Soudan. Elle ressentait le besoin impérieux d'espérer pour tous, y compris pour ceux qui l'avaient vendue comme esclave à plusieurs reprises et pour ceux qui l'avaient battue tous les jours jusqu'au sang.

    Le monde dans lequel nous vivons est un monde qui a voulu remplacer l'espérance chrétienne par le mythe du progrès : le progrès de la science, de la technique, des performances sportives et autres, de la consommation à outrance, du pouvoir d'achat ... Mais ce monde est devenu un monde désenchanté qui se rend compte que le progrès n'est pas celui qui avait été espéré : c'est "le progrès qui va de la fronde à la mégabombe" (n° 22).

 
Ce n'est pas la science qui rachète l'homme. L'homme est racheté par l'amour. (n° 26)

    Et donc pas l'homme individuel, mais l'homme dans sa relation avec Dieu et avec les autres :
 
La relation avec Dieu s'établit par la communion avec Jésus – seuls et avec nos seules possibilités nous n'y arrivons pas. La relation avec Jésus, toutefois, est une relation avec Celui qui s'est donné lui-même en rançon pour nous tous (cf. 1 Tm 2, 6). Le fait d'être en communion avec Jésus Christ nous implique dans son être "pour tous", il en fait notre façon d'être. Il nous engage pour les autres, mais c'est seulement dans la communion avec Lui qu'il nous devient possible d'être vraiment pour les autres, pour l'ensemble.  (n° 28)

    Un peu plus loin, avant de passer à la partie de l'encyclique que nous évoquerons dimanche prochain, Benoît XVI fait le point (n° 30-31) :
 
Résumons ce que nous avons découvert jusqu'à présent au cours de nos réflexions. Tout au long des jours, l'homme a de nombreuses espérances – les plus petites ou les plus grandes –, variées selon les diverses périodes de sa vie. Parfois il peut sembler qu'une de ces espérances le satisfasse totalement et qu'il n'ait pas besoin d'autres espérances. Dans sa jeunesse, ce peut être l'espérance d'un grand amour qui le comble ; l'espérance d'une certaine position dans sa profession, de tel ou tel succès déterminant pour le reste de la vie. Cependant, quand ces espérances se réalisent, il apparaît clairement qu'en réalité ce n'était pas la totalité. Il paraît évident que l'homme a besoin d'une espérance qui va au-delà. Il paraît évident que seul peut lui suffire quelque chose d'infini, quelque chose qui sera toujours plus que tout ce qu'il peut atteindre. En ce sens, les temps modernes ont fait grandir l'espérance de l'instauration d'un monde parfait qui, grâce aux connaissances de la science et à une politique scientifiquement fondée, semblait être devenue réalisable. Ainsi l'espérance biblique du règne de Dieu a été remplacée par l'espérance du règne de l'homme, par l'espérance d'un monde meilleur qui serait le véritable "règne de Dieu". Cela semblait finalement l'espérance, grande et réaliste, dont l'homme avait besoin. Elle était en mesure de mobiliser – pour un certain temps – toutes les énergies de l'homme; ce grand objectif semblait mériter tous les engagements. Mais au cours du temps il parut clair que cette espérance s'éloignait toujours plus. On se rendit compte avant tout que c'était peut-être une espérance pour les hommes d'après-demain, mais non une espérance pour moi. Et bien que le "pour tous" fasse partie de la grande espérance – je ne puis en effet devenir heureux contre les autres et sans eux – il reste vrai qu'une espérance qui ne me concerne pas personnellement n'est pas non plus une véritable espérance. Et il est devenu évident qu'il s'agissait d'une espérance contre la liberté, parce que la situation des choses humaines dépend pour chaque génération, de manière renouvelée, de la libre décision des hommes qui la composent. Si, en raison des conditions et des structures, cette liberté leur était enlevée, le monde, en définitive, ne serait pas bon, parce qu'un monde sans liberté n'est en rien un monde bon. Ainsi, bien qu'un engagement continu pour l'amélioration du monde soit nécessaire, le monde meilleur de demain ne peut être le contenu spécifique et suffisant de notre espérance. Et toujours à ce propos se pose la question : Quand le monde est-il "meilleur" ? Qu'est ce qui le rend bon ? Selon quel critère peut-on évaluer le fait qu'il soit bon ? Et par quels chemins peut-on parvenir à cette "bonté" ?

Encore une chose: nous avons besoin des espérances – des plus petites ou des plus grandes – qui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin. Mais sans la grande espérance, qui doit dépasser tout le reste, elles ne suffisent pas. Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l'univers et qui peut nous proposer et nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons atteindre. Précisément, le fait d'être gratifié d'un don fait partie de l'espérance. Dieu est le fondement de l'espérance – non pas n'importe quel dieu, mais le Dieu qui possède un visage humain et qui nous a aimés jusqu'au bout – chacun individuellement et l'humanité tout entière. Son Règne n'est pas un au-delà imaginaire, placé dans un avenir qui ne se réalise jamais ; son règne est présent là où il est aimé et où son amour nous atteint. Seul son amour nous donne la possibilité de persévérer avec sobriété jour après jour, sans perdre l'élan de l'espérance, dans un monde qui, par nature, est imparfait. Et, en même temps, son amour est pour nous la garantie qu'existe ce que nous pressentons vaguement et que, cependant, nous attendons au plus profond de nous-mêmes : la vie qui est "vraiment" vie.

Lectures 3° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

 

1ère lecture : Les merveilles du salut à venir (Is 35, 1-6a.10)

 

Lecture du livre d'Isaïe

 

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Le désert et la terre de la soif, qu'ils se réjouissent ! Le pays aride, qu'il exulte et fleurisse,
qu'il se couvre de fleurs des champs, qu'il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et de Sarône. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu.
Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent,
dites aux gens qui s'affolent : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. »
Alors s'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds.
Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. Ils reviendront, les captifs rachetés par le Seigneur, ils arriveront à Jérusalem dans une clameur de joie, un bonheur sans fin illuminera leur visage ; allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s'enfuiront.
 
 

Psaume :  Ps 145, 7, 8, 9ab.10a

 

R/ Viens, Seigneur, et sauve-nous !

Le Seigneur fait justice aux opprimés ; 
aux affamés, il donne le pain, 
le Seigneur délie les enchaînés. 


Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, 
le Seigneur redresse les accablés, 
le Seigneur aime les justes.


Le Seigneur protège l'étranger. 
Il soutient la veuve et l'orphelin.
D'âge en âge, le Seigneur régnera.
 
 

2ème lecture : “Ayez de la patience : la venue du Seigneur est proche “ (Jc 5, 7-10)

 

Lecture de la lettre de saint Jacques

Frères, en attendant la venue du Seigneur, ayez de la patience. Voyez le cultivateur : il attend les produits précieux de la terre avec patience, jusqu'à ce qu'il ait fait la première et la dernière récoltes.
Ayez de la patience vous aussi, et soyez fermes, car la venue du Seigneur est proche.
Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte.
Frères, prenez pour modèles d'endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.
 
 

Evangile : Jean Baptiste et Jésus (Mt 11, 2-11)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Prophète du Très-Haut, Jean est venu préparer la route devant le Seigneur et rendre témoignage à la Lumière.Alléluia. (cf. Lc 1, 76 ; Jn 1, 7)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

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Jean le Baptiste, dans sa prison, avait appris ce que faisait le Christ. Il lui envoya demander par ses disciples :
« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.
Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » 
Tandis que les envoyés de Jean se retiraient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu'êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ?...
Alors, qu'êtes-vous donc allés voir ? un homme aux vêtements luxueux ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois.
Qu'êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu'un prophète.
C'est de lui qu'il est écrit : Voici que j'envoie mon messager en avant de toi, pour qu'il prépare le chemin devant toi.
Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n'en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. »
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Homélie 2 Avent A – Les catholiques sont appelés à être chrétiens

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Le titre de cette homélie peut sembler quelque peu énigmatique, voire provocateur. Permettez-moi de préciser ma pensée.

 

Il y a deux manières de vivre notre foi catholique. Nous pouvons la vivre passivement ou personnellement. Si nous vivons notre foi de manière passive, nous sommes comme les Pharisiens et les Sadducéens qui étaient venus se faire baptiser par Jean dans le Jourdain. Ils étaient des personnages très en vue, religieusement et socialement parlant, en Israël. Ils comptaient, dirait-on aujourd’hui, parmi les membres les plus actifs de leur paroisse. Ils savaient ce qu’il convenait de faire quand ils allaient à l’église, ils connaissaient toutes les prières. Aux yeux des autres, ils apparaissaient comme des modèles de la religion. Ils se targuaient d’être les enfants d’Abraham. Bref, culturellement parlant, ils étaient de bons Juifs. Ils étaient issus de familles juives et observaient les coutumes juives.

 

Mais voilà qu’arrive Jean Baptiste. Il les avertit qu’être de culture juive n’est pas suffisant :

 

« Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion,  et n'allez pas dire en vous-mêmes : 'Nous avons Abraham pour père' ; car, je vous le dis : avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. »

 

Leur religion était une religion de façade, illusoire, car sans conversion réelle.

 

Nous sommes constamment tentés de faire la même erreur. Nous sommes facilement victimes de la même illusion. Et le démon le sait très bien. Peu à peu, nous pouvons nous complaire en nous-mêmes parce que nous allons à la messe, que nous recevons les sacrements, que nous faisons partie de tel mouvement d’Eglise, parce que les autres nous considèrent comme de bons catholiques.

 

Mais la foi catholique, c’est beaucoup plus que cela. Etre catholique, c’est être "chrétien", c’est être un authentique disciple du Christ ; c’est cultiver des liens d’amitié avec Jésus, d’une amitié qui soit en même temps personnelle et ecclésiale, car de même qu’on n’honore pas le Dieu d’Abraham si on rejette le Christ, de même on n’honore pas le Christ si on rejette l’Eglise.

Une foi de façade ressemble à ces fleurs artificielles qui sont très bien faites, à tel point qu’on dirait qu’elles sont vraies, mais qui ne portent jamais de fruits. Jean Baptiste nous appelle aujourd’hui de la part du Seigneur à ne pas nous contenter des apparences, et à nous convertir en profondeur. C’est alors seulement que nous pourrons changer le monde. C’est si nous changeons d’abord nos cœurs. Quand nous mourrons, nous voudrions tous laisser derrière nous une famille, une commune, un pays, une paroisse plus beaux. Nous avons tous le désir de faire de notre vie quelque chose de durable. C’est un désir naturel, car c’est Dieu qui l’a mis dans nos cœurs. C’est pour cela que la description d’un monde nouveau que nous avons entendue dans la 1e lecture est si parlante :

 

« Le loup habitera avec l'agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l'ourse auront même pâturage, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s'amusera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère l'enfant étendra la main. »

 

Aux Etats-Unis un jeune est entré dans un ordre religieux et a commencé une marche longue et difficile vers le sacerdoce. Avant d’entrer au séminaire, il a composé un petit mémoire dans lequel il décrit les raisons qui l’ont poussé à vouloir devenir prêtre :

 

"Une petite voix disait très doucement au fond de moi qu’il se pourrait que j’aie la vocation. Ma réponse initiale était un ‘non’ catégorique. Mais avec le temps, spécialement lors des attentats terroristes dans mon pays, je me suis mis à réfléchir beaucoup sur le vrai sens de la vie, sur ce qui valait vraiment la peine d’être vécu…"

 

Ce jeune, voyant les problèmes du monde, a ressenti le désir de faire quelque chose pour que ça change. Et la grâce de Dieu lui a montré ce que Dieu nous montre aujourd’hui : changer le monde d’une manière durable, cela signifie l’aider à correspondre à la volonté de Dieu qui est de tout réunir dans le Christ. C’est lui seul qui peut faire en sorte que le loup habite avec l’agneau. Et seuls les vrais chrétiens, et non pas les chrétiens pharisaïques, superficiels, peuvent rapprocher les autres du Christ.

 

Une manière de vivre notre foi en profondeur, c’est de cultiver une vertu qui est au cœur du Temps de l’Avent. Saint Paul met cette vertu en lumière dans la 2e lecture, tirée de la lettre aux Romains :

 

« … tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire, afin que nous possédions l’espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture. »

 

En d’autres mots, l’intervention de Dieu dans l’histoire du monde que nous méditons durant l’Avent devrait nous remplir d’un optimisme surnaturel, ce que saint Paul appelle l’espérance. L’espérance, c’est tout le contraire du découragement et du pessimisme. L’espérance, c’est la confiance que, quelles que soient les ténèbres qui nous entourent, la lumière du Christ ne s’éteindra jamais. Le démon a horreur de l’espérance. Ce qu’il aime, c’est le découragement, car le découragement engendre le cynisme et le désespoir. Le démon fait tout ce qu’il peut pour fixer notre attention sur les ténèbres, sur tout ce qui ne tourne pas rond en ce monde et dans notre entourage.

 

Le découragement, c’est le plus paralysant de tous les vices. Si nous cédons au découragement, notre foi devient comme morte, purement routinière. Alors, comment faire pour faire échec au démon, et pour se prémunir de la paralysie du cynisme et du découragement ? C’est très simple : en arrêtant de critiquer et de se plaindre. Il y a beaucoup de choses qui ne tournent pas rond dans le monde, dans l’Eglise, dans notre propre vie. Mais les critiques et les complaintes ne servent à rien, sinon à faire de nous des obsédés des ténèbres.

 

Pour faire partie de l’Eglise, il faut “entrer dans l’espérance”, comme le disait Jean Paul II, et Benoît XVI après lui, dans Spe salvi, nous devons apprendre à arrêter de nous plaindre pour commencer à faire quelque chose de constructif, en Eglise, car il n’y a pas de problèmes sans solution. C’est ainsi que pensent et que vivent les vrais chrétiens, en vrais disciples du Christ, dont la puissance et la sagesse sont sans limites.

 

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Lectures du 2° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre d'Isaïe (Is 11, 1-10)

11
01  Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David,
un rejeton jaillira de ses racines.
02  Sur lui reposera l'esprit du Seigneur :
esprit de sagesse et de discernement,
esprit de conseil et de force,
esprit de connaissance et de crainte du Seigneur,
03  qui lui inspirera la crainte du Seigneur.
Il ne jugera pas d'après les apparences,
il ne tranchera pas d'après ce qu'il entend dire.
04  Il jugera les petits avec justice,
il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays.
Comme un bâton, sa parole frappera le pays,
le souffle de ses lèvres fera mourir le méchant.
05  Justice est la ceinture de ses hanches ;
fidélité, le baudrier de ses reins.
06  Le loup habitera avec l'agneau,
le léopard se couchera près du chevreau,
le veau et le lionceau seront nourris ensemble,
un petit garçon les conduira.
07  La vache et l'ourse auront même pâturage,
leurs petits auront même gîte.
Le lion, comme le boeuf, mangera du fourrage.
08  Le nourrisson s'amusera sur le nid du cobra,
sur le trou de la vipère l'enfant étendra la main.
09  Il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu
sur ma montagne sainte ;
car la connaissance du Seigneur remplira le pays
comme les eaux recouvrent le fond de la mer.
10  Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David,
sera dressée comme un étendard pour les peuples,
les nations la chercheront,
et la gloire sera sa demeure.
 


Psaume (Ps 71, 1-2, 7-8, 12-13, 17)

              
R/ Voici venir un jour sans fin de justice et de paix
01  Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
02  Qu'il gouverne ton peuple avec justice,
qu'il fasse droit aux malheureux !

07  En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu'à la fin des lunes !
08  Qu'il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu'au bout de la terre !

12  Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
13  Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.

17  Que son nom dure toujours ;
sous le soleil, que subsiste son nom !
En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ;
que tous les pays le disent bienheureux !

 

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 15, 4-9)

15
04i  Frères, tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire, afin que nous possédions l’espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture.
05  Que le Dieu de la persévérance et du courage vous donne d'être d'accord entre vous selon l'esprit du Christ Jésus.
06  Ainsi, d'un même coeur, d'une même voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.
07  Accueillez-vous donc les uns les autres comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu, vous qui étiez païens.
08  Si le Christ s'est fait le serviteur des Juifs, c'est en raison de la fidélité de Dieu, pour garantir les promesses faites à nos pères ; mais, je vous le déclare,
09  c'est en raison de la miséricorde de Dieu que les nations païennes peuvent lui rendre gloire ; comme le dit l'Écriture :
Je te louerai parmi les nations,
je chanterai ton nom.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 3, 1-12)

3
01  En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :
02  « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. »
03  Jean est celui que désignait la parole transmise par le prophète Isaïe :
A travers le désert, une voix crie :
Préparez le chemin du Seigneur,
aplanissez sa route.

04  Jean portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
05  Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain venaient à lui,
06  et ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.
07  Voyant des pharisiens et des sadducéens venir en grand nombre à ce baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
08  Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion,
09  et n'allez pas dire en vous-mêmes : 'Nous avons Abraham pour père' ; car, je vous le dis : avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
10  Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.
11  Moi, je vous baptise dans l'eau, pour vous amener à la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu ;
12  il tient la pelle à vanner dans sa main, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier. Quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas. »
 
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Un Avent différent - Homélie 1er dimanche de l'Avent A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Cet Avent est différent de tous les autres Avents que nous avons vécus tout au long de notre vie. Il est différent, parce que nous sommes différents. Au cours de cette dernière année nous avons changé. Nous avons vécu bien des événements en un an. C’était peut-être, une année de succès, de joies, de progrès, ou une année d’échecs et de péchés, ou encore une année de souffrances et d’épreuves. En tout cas, quels que soient les événements que nous avons pu vivre, ils nous ont affectés. Nous avons acquis de nouvelles expériences, de nouvelles connaissances, et, espérons-le, un peu plus de sagesse et un amour plus profond pour Dieu et notre prochain.

 

Quand, une fois encore, nous tournons les yeux vers l’Avent, vers les trois venues du Christ : sa première venue il y a 2000 ans ; sa dernière venue, le jour que nous ne connaissons pas ; et sa venue permanente, par sa grâce, sa providence, les sacrements – quand nous tournons notre regard vers ces trois venues du Christ, nous verrons quelque chose de nouveau, de différent.

 

Jésus Christ est Dieu, beauté, puissance, bonté et vérité infinies. Nous ne pourrons jamais le connaître totalement. Il est un trésor inépuisable de grandeur. Grâce à l’expérience de la vie que nous avons acquise au cours de cette année écoulée, nous sommes prêts maintenant pour découvrir des nouvelles facettes de ce trésor, de nouvelles dimensions de sagesse, de force et de joie.

 

La Providence divine nous a préparés tout au long de cette année écoulée, pour que nous puissions apprendre du nouveau sur Dieu et son projet de salut, des choses qu’il ne pouvait pas nous montrer avant, parce que nous n’étions pas prêts.

 

Les trois venues du Christ ont toutes le même but : restaurer et approfondir notre amitié avec Dieu. Jésus n’a de cesse d’approfondir notre amitié avec lui durant ces semaines à venir.

 

Une des choses que vous avez certainement déjà remarquées quand vous voyagez, c’est que les habitudes engendrent l’indifférence. Quand nous visitons une ville comme Paris, par exemple, comme touriste ou comme pèlerin, nous sommes touchés par la beauté des anciennes églises, monuments, œuvres d’art. On a tendance à penser que les Parisiens connaissent et apprécient ces trésors qui les entourent encore davantage que nous, puisqu’ils ils sont à leur porte. En fait, si vous leur posez la question, vous vous apercevez bien vite que, souvent, vous qui avez passé quelques jours en tant que touriste ou pèlerin, vous en savez plus que ceux qui habitent sur place ! Quel dommage ! Ceux qui ont le plus d’opportunités pour profiter de ces trésors les ignorent souvent totalement !

 

La même chose peut nous arriver à nous, non seulement en tant que Martiniquais, mais en tant que catholiques, dans un sens spirituel. Nous pouvons nous habituer aux vérités révélées et aux œuvres de Dieu à tel point que nous oublions combien elles sont admirables, merveilleuses, étonnantes. On dit souvent que les convertis de fraîche date sont les catholiques les plus fervents, justement parce qu’ils voient la beauté et la valeur de notre foi avec un regard neuf.

 

L’Avent, c’est l’Eglise qui nous invite à rafraîchir notre manière de voir les merveilles que Dieu a faites, qu’il fait et qu’il fera.

 

Nous tous qui sommes ici aujourd’hui, nous croyons que Dieu a des nouvelles choses à nous montrer durant cet Avent, qu’il a de nouvelles énergies à nous accorder, une nouvelle sagesse à nous enseigner. Sinon, à quoi bon être ici ?

 

Mais en même temps, nous sommes bien placés pour savoir comment nous sommes. Nous savons que, par le passé, nos temps de l’Avent n’ont pas été aussi enrichissants qu’ils auraient dû l’être. Que pouvons-nous faire pour que cet Avent soit différent, pour qu’il réponde aux attentes de Dieu ? Dieu fera sa part, mais comment faire la nôtre ?

 

Notre part consiste à faire deux choses. D’abord, nous devons renouveler notre engagement à passer du temps chaque jour avec Jésus pour prier. Cela peut être très simple, ne fût-ce que dix ou quinze minutes pour lire un bon livre, ou pour méditer un passage de la Bible. Si nous ne prenons même pas ce temps très court pour être uniquement avec Dieu, il sera pratiquement impossible de l’entendre parler à notre cœur.

 

Ensuite, nous devons partager notre foi. La meilleure façon de rafraîchir notre conscience de tout ce que Dieu a fait dans l’histoire du monde et de notre vie, c’est de le partager avec d’autres. Tant de nos voisins, de nos collègues, de membres de notre famille sont éloignés du Christ ! Leur vie est dépourvue de l’espérance et du sens que le Christ seul peut donner. Durant cet Avent, nous devrions être les messagers de Dieu, tout comme les anges ont été les messagers de Dieu pour les bergers la première nuit de Noël, pour leur la Bonne Nouvelle avec nos paroles et notre souci actif des autres.

 

Dans quelques instants, Jésus va une nouvelle fois se donner à nous dans la Sainte Communion. Promettons-lui alors de suivre son exemple avec courage en le donnant aux autres durant ce temps de l’Avent.

 

 


Et toujours d'actualité : mon homélie de 2007 - Laisons-nous plonger dans le bain de l'espérance

 

 

L’Avent, c’est l’Eglise qui nous invite à rafraîchir notre manière de voir les merveilles que Dieu a faites, qu’il fait et qu’il fera.

L’Avent, c’est l’Eglise qui nous invite à rafraîchir notre manière de voir les merveilles que Dieu a faites, qu’il fait et qu’il fera.

Lectures du 1° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Le Seigneur rassemble toutes les nations dans la paix éternelle du royaume de Dieu (Is 2, 1-5)

 

Lecture du livre du prophète Isaïe

    Parole d’Isaïe,
– ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem.


    Il arrivera dans les derniers jours
que la montagne de la maison du Seigneur
se tiendra plus haut que les monts,
s’élèvera au-dessus des collines.
Vers elle afflueront toutes les nations
    et viendront des peuples nombreux.
Ils diront : « Venez !
montons à la montagne du Seigneur,
à la maison du Dieu de Jacob !
Qu’il nous enseigne ses chemins,
et nous irons par ses sentiers. »
Oui, la loi sortira de Sion,
et de Jérusalem, la parole du Seigneur.


    Il sera juge entre les nations
et l’arbitre de peuples nombreux.
De leurs épées, ils forgeront des socs,
et de leurs lances, des faucilles.
Jamais nation contre nation
ne lèvera l’épée ;
ils n’apprendront plus la guerre.


    Venez, maison de Jacob !
Marchons à la lumière du Seigneur.


    – Parole du Seigneur.

 

 

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Psaume : Ps 121 (122), 1-2, 3-4ab, 4cd-5, 6-7, 8-9

 

R/ Dans la joie, nous irons
à la maison du Seigneur.

(cf. Ps 121, 1)

 

Quelle joie quand on m’a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !

 

Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu’un !
C’est là que montent les tribus,
les tribus du Seigneur.

 

C’est là qu’Israël doit rendre grâce
au nom du Seigneur.
C’est là le siège du droit,
le siège de la maison de David.

 

Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t’aiment !
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais ! »

 

À cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : « Paix sur toi ! »
À cause de la maison du Seigneur notre Dieu,
je désire ton bien.

 


Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 13, 11-14)

13

11i  Frères, vous le savez : c’est le moment, l’heure est venue de sortir de votre sommeil.
Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants.
12  La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière.
13  Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans ripailles ni beuveries, sans orgies ni débauches, sans dispute ni jalousie,
14  mais revêtez le Seigneur Jésus Christ ; ne vous abandonnez pas aux préoccupations de la chair pour satisfaire ses tendances égoïstes.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 24, 37-44)
 
 
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24
37i  Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « L’avènement du Fils de l’homme ressemblera à ce qui s’est passé à l’époque de Noé.
38  A cette époque, avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche.
39  Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu'au déluge qui les a tous engloutis : tel sera aussi l'avènement du Fils de l'homme.
40  Deux hommes seront aux champs : l'un est pris, l'autre laissé.
41  Deux femmes seront au moulin : l'une est prise, l'autre laissée.
42  Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra.
43  Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n'aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
44  Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra.
 
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Homélie 34 T.O.C. 2007: En un mot: tout ! - Christ Roi de l'Univers (Lc 23, 35-43)

dominicanus #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)


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   Comme je vous l'avais déjà rappelé l'année dernière la solennité du Christ Roi, qui termine l'année liturgique, a été instituée par le Pape Pie XI, pour affirmer la souveraine autorité du Christ sur les hommes et les institutions. Pie XI l'avait fixée au dimanche qui précède la Toussaint. Mais Paul VI l'a transférée au dernier dimanche de l'année liturgique pour mettre l'accent sur le caractère cosmique et eschatologique de la royauté du Christ.

Cette dimension cosmique et eschatologique est magnifiquement exprimée par saint Paul (cf. 2° lect.), d'abord dans l'ordre de la rédemption :

Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres, il nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé,
par qui nous sommes rachetés et par qui nos péchés sont pardonnés.

Et plus loin :
Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui,
sur la terre et dans les cieux,
en faisant la paix par le sang de sa croix.

Cet aspect trouve un écho dans la préface de la solennité :
Tu as consacré Prêtre éternel et Roi de l'univers ton Fils unique, Jésus Christ, notre Seigneur, afin qu'il s'offre lui-même sur l'autel de la Croix en victime pure et pacifique, pour accomplir les mystères de notre rédemption.

Saint Paul chante aussi la royauté du Christ dans l'ordre de la création :
c'est en lui que tout a été créé
dans les cieux et sur la terre,
les êtres visibles
et les puissances invisibles :
tout est créé par lui et pour lui.

En lui ... par lui et pour lui : cela évoque la conclusion de la prière eucharistique, la doxologie finale, où le célébrant dit (ou chante) :
Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puisssant, dans l'unité du Saint Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles.
Et l'assemblée répond :
Amen !

    Chaque eucharistie est ainsi une célébration du Christ Roi en tant qu'auteur souverain de la rédemption et de la création. Elle actualise cette royauté, en la rendant accessible à tous. Ne pas être fidèle à l'eucharistie dominicale, cela revient à ne pas accepter et à rejeter la royauté du Christ ! Car celui qui est notre Roi, celui qui est le Roi de l'univers, ce n'est pas un roi lointain ou absent ; c'est un roi qui s'est fait chair et qui est venu camper parmi nous (cf. Jn 1, 14) ; en nous voyant il nous dit : "Aujourd'hui il faut que j'aille demeurer chez toi !" (Lc 19, 5) ; il est venu marcher sur nos chemins afin que nous lui demandions de rester avec nous (cf. Lc 24, 29).

    Encore faut-il, quand nous le célébrons, que nous ne l'honorions pas des lèvres seulement, mais de tout notre coeur (cf. Is 29, 13 ; Mc 7, 6). Considérer la participation (ou "l'assistance" !) à la messe du dimanche comme une manière de se débarrasser du bon Dieu
pour le reste de la semaine, ainsi que le disait le curé d'Ars à ses paroissiens, c'est de l'hypocrisie. L'hypocrisie n'honore pas Dieu, et elle ne sauve personne. Les chrétiens, c'est comme les automobilistes :  s'ils sont seulement "du dimanche", ils ne savent pas conduire, ils ne savent pas SE conduire.

    Entrer dans une église et faire une profonde génuflexion (que beaucoup ne font même plus), ça n'est pas quelque chose d'anodin, vous voyez ! C'est reconnaître que celui qui est là dans le tabernacle est notre roi et vouloir se soumettre à lui. Quand nous faisons cette génuflexion nous exprimons par l'attitude de notre corps que nous nous engageons à faire sa volonté et à vivre selon ses commandements avec tout l'amour de notre pauvre coeur et à chaque instant de notre vie.

    Venir à la messe, ce n'est pas s'engager envers le Christ pendant une heure, une heure et demie ou deux heures et demie (ça dépend de l'endroit) et parce qu'on est "obligé". Non ! c'est s'engager envers lui pendant toute la semaine, pendant toute notre vie et de tout notre coeur, parce qu'il est celui qui nous a sauvés, celui qui nous a pardonné, celui "de qui nous tenons la vie, la croissance et l'être" (6° préface des dimanches), c'est-à-dire tout.

    Tout ... Voilà le mot clé, le mot de passe, en quelque sorte, pour entrer dans le Royaume du Christ. Un bon petit exercice que vous pouvez tous faire aujourd'hui, chez vous, en famille, pourquoi pas, c'est de reprendre d'abord la deuxième lecture et de regarder combien de fois ce mot "tout" revient. Ensuite, vous pouvez aller plus loin en essayant de repérer dans les textes de la bible et de la messe d'aujourd'hui et de la liturgie dans son ensemble d'autres exemples où ce mot est utilisé par rapport à Dieu, au Christ, et à nous.

    Tout, c'est le mot qui dit tout ! C'est tout l'ordre de la rédemption. C'est tout l'ordre de la création. Jésus est le Roi de tous les hommes de tout âge, de toute race, de tous les pays. Il est le roi de tout l'homme, corps et âme. Il est le roi, non seulement des hommes, mais de l'univers, c'est-à-dire du monde minéral, végétal, animal ... Voyez comment cela s'exprime dans la liturgie : les pierres, les fleurs ... Il y a des églises où le chien du curé est couché près de l'autel pendant toute la messe. Chez nous le monde animal est représenté seulement par les moustiques. Chacun ses goûts ! Il est le roi de l'univers. Y-a-t-il d'autres planètes où il y a une forme de vie que la terre ? L'Église ne l'exclut pas. Mais si c'est le cas, nous savons déjà que le Christ en est le roi !

    Voyez aussi comment la liturgie implique tout notre corps. Je vous ai parlé de la génuflexion. Il y a la position assise et debout. À certaines occasions, il y a même la position couchée, le vendredi saint, et au moment de la litanie des saints pour les ordinations.

    La liturgie parle à nos cinq sens : la vue et l'ouïe, le toucher et l'odorat, le goût. Tout cela, c'est la royauté universelle du Christ.

    Dans le temps aussi, la royauté du Christ s'étend à toutes les époques de l'univers, à toutes les périodes de notre vie aussi. Il y en a qui disent : Oui, je veux bien, mais pas tout ... de suite. Et ils se réclament de l'exemple du bon larron de l'évangile. Jésus, disent-ils, est miséricordieux. On aura toujours le temps de s'arranger avec lui. Pour l'instant, profitons de la vie ! Cela aussi est de l'hypocrisie. S'ils croient que Jésus est si bon, pourquoi continuent-ils d'enfoncer des clous dans sa chair par leur vie de péché ?

    Ce qu'ils oublient, c'est que le bon larron n'a rencontré son roi qu'à la fin de sa vie, au moment de mourir. Nous, nous l'avons rencontré depuis quand ? - Depuis notre baptême ! Très bien. C'est le jour de notre baptême que Dieu "nous a arrachés au pouvoir des ténèbres" et qu'il "nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé" (2° lect.). Ce qu'ils oublient aussi, c'est que pendant le temps qui lui restait à vivre, le bon larron a reconnu ses péchés, supporté sa souffrance et défendu le Christ contre les moqueries de son compagnon de ténèbres. Alors faisons-en autant.

    Est-ce que vous vous souvenez de ce que nous avons demandé au Seigneur dimanche dernier dans la prière d'ouverture de la messe ?


 
Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité:
Car c'est un bonheur durable et profond de servir constamment le créateur de tout bien.

Et le jour de la Présentation de la Vierge Marie :
 
Puisque nous célébrons la mémoire de la très sainte Vierge Marie,
Accorde-nous, Seigneur, par son intercession, le bonheur de vivre dès maintenant en ta présence et d'avoir part un jour à la plénitude de ta grâce.

Et aujourd'hui :
 
Dieu éternel, tu as voulu fonder toutes choses en ton Fils bien-aimé, le Roi de l'univers;
Fais que toute la création, libérée de la servitude, reconnaisse ta puissance et te glorifie sans fin.
   
    Vous voyez, ces prières-là, nous ne pouvons pas les réciter du bout des lèvres. Cela n'aurait aucun sens.

 

Pour lire l'homélie de l'année dernière :

SOLENNITÉ DU CHRIST ROI DE L'UNIVERS: DE L'APOSTASIE AU TÉMOIGNAGE (Jn 18, 33-37)


 

 

Le bon larron a reconnu ses péchés, supporté sa souffrance et défendu le Christ contre les moqueries de son compagnon de ténèbres.

Le bon larron a reconnu ses péchés, supporté sa souffrance et défendu le Christ contre les moqueries de son compagnon de ténèbres.

Lectures du 34° dimanche du temps ordinaire C - Christ Roi de l'Univers

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

Deuxième livre de Samuel (2S 5, 1-3)

5

01  Toutes les tribus d'Israël vinrent trouver David à Hébron et lui dirent : « Nous sommes du même sang que toi !
02  Dans le passé déjà, quand Saül était notre roi, tu dirigeais les mouvements de l'armée d'Israël, et le Seigneur t'a dit : 'Tu seras le pasteur d'Israël mon peuple, tu seras le chef d'Israël.' »
03  C'est ainsi que tous les anciens d'Israël vinrent trouver le roi à Hébron. Le roi David fit alliance avec eux, à Hébron, devant le Seigneur. Ils donnèrent l'onction à David pour le faire roi sur Israël.


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Psaume (Ps 121, 1-2, 3-4, 5-6a.7a)

            
R/ Ton règne, Seigneur, est un règne de paix

01  Quelle joie quand on m'a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
02  Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !

03  Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu'un!
04  C'est là que montent les tribus,
les tribus du Seigneur, *
là qu'Israël doit rendre grâce
au nom du Seigneur.

05  C'est là le siège du droit, *
le siège de la maison de David.
6a  Appelez le bonheur sur Jérusalem
7a  Que la paix règne dans tes murs

 


Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens (Col 1, 12-20)

1

 

12i  Frères, rendez grâce à Dieu le Père, qui vous a rendus capables d’avoir part, dans la lumière,à l’héritage du peuple saint.
13  Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres, il nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé,
14  par qui nous sommes rachetés et par qui nos péchés sont pardonnés.
15  Il est l'image du Dieu invisible,
le premier-né par rapport à toute créature,
16  car c'est en lui que tout a été créé
dans les cieux et sur la terre,
les êtres visibles
et les puissances invisibles :
tout est créé par lui et pour lui.
17  Il est avant tous les êtres,
et tout subsiste en lui.
18  Il est aussi la tête du corps,
c'est-à-dire de l'Église.
Il est le commencement,
le premier-né d'entre les morts,
puisqu'il devait avoir en tout la primauté.
19  Car Dieu a voulu que dans le Christ
toute chose ait son accomplissement total.
20  Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui,
sur la terre et dans les cieux,
en faisant la paix par le sang de sa croix.

 

 


Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 23, 35-43)

23

 

 

35i  On venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
36  Les soldats aussi se moquaient de lui. S'approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée,
37  ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »
38  Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
39  L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : « N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! »
40  Mais l'autre lui fit de vifs reproches : « Tu n'as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
41  Et puis, pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal. »
42  Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. »
43  Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

 

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Les trois confidences de Jésus à propos de l’avenir - Homélie 33° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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L’Eglise nous rappelle aujourd’hui la signification de cette petite phrase du Credo que nous professons solennellement dans le Symbole des Apôtres : "Il (Jésus) viendra juger les vivants et les morts". C’est l’heure à laquelle toutes les injustices de l’histoire des hommes seront rectifiées une fois pour toutes. Ceux qui ont refusé l’amitié du Christ et qui ont méprisé ou abusé de leur prochain ne trouveront pas de place dans le monde de la rédemption qu’ils ont fui. Ceux qui auront porté leur croix avec le Christ seront guéris de toutes leurs blessures et ils recevront la plénitude de la vie.

 

Mais les Apôtres voulaient aussi savoir le jour et l’heure. Ils demandent :

 

« Maître, quand cela arrivera-t-il ? »

 

Ils étaient curieux, tout comme nous. Jésus ne répond pas directement. Mais il donne la trame des événements qui se répéteront tout au long de la période finale de l’histoire humaine, l’âge de l’Eglise. C’est ainsi qu’il indique les trois points critiques qui concernent l’avenir.

  1. Il reviendra dans la gloire pour parachever le Royaume éternel qu’il a fondé par l’Eglise.
  2. En attendant, il envoie ses disciples – les Apôtres et les chrétiens de tous les âges – pour inviter tous les hommes au festin du Royaume.
  3. Bien que cette mission rencontrera bien des obstacles et des oppositions, et occasionnera beaucoup de souffrances et d’humiliations, il continuera de travailler dans et par ses disciples fidèles avec la puissance du Saint Esprit.

Voilà les confidences que fait le Seigneur de la vie et de l’histoire à ses fidèles disciples. Voilà exactement ce que nous avons besoin de savoir à propos de l’avenir. Cela suffit pour que nous puissions affronter les inévitables épreuves de la vie avec confiance et avec joie, en restant attentifs à ce qui est vraiment important : suivre le Christ et aider les autres à le suivre.

 

Dans les cultures préchrétiennes et non chrétiennes, on peut remarquer un vif intérêt et une grande angoisse pour tout ce qui concerne l’avenir. C’est tout à fait normal. Nous avons été créés pour la vie éternelle en communion avec Dieu. Le péché originel nous a coupés de cette vie. Mais notre désir profond est toujours là. Il se manifeste dans tous les efforts que nous faisons pour soulever le voile de la mort et du temps.

 

Malheureusement, le démon essaie souvent de corrompre cette curiosité, en suscitant un désir malsain de prévoir et de contrôler l’avenir. En fait, l’intérêt croissant pour toutes les pratiques qui relèvent de l’occulte et de la superstition et qui s’accompagnent de fausses promesses d’une connaissance cachée et d’une maîtrise de l’avenir, constitue un des signes qui témoignent d’une déchristianisation de notre société actuelle. Des librairies respectées proposent à la vente tout une littérature sur le tarot, des prophéties célestes, le spiritisme, le Wicca, le Magick, le néo-paganisme et autres techniques pour un "contrôle cosmique". Ces pratiques sont considérées maintenant comme étant socialement acceptables, voire même populaires, y compris par un certain nombre de catholiques.

 

Or, Jésus nous a déjà dit tout ce que nous avons besoin de savoir concernant l’avenir. Il nous a enseigné tout ce qu’il faut savoir pour pouvoir influencer notre avenir. Faire des pactes avec des puissances occultes pour en savoir plus équivaut à gifler le Seigneur. C’est une offense contre le premier commandement, qui nous prescrit d’aimer le Dieu un et unique de tout notre cœur, et de lui accorder toute notre confiance.

 

Sans doute que la révélation du Christ n’apparaît pas toujours de manière aussi "tape à l’œil" que les mensonges du démon. Sans doute que suivre le Seigneur demande plus de maîtrise de soi et exige moins de complaisance envers soi-même. Mais au bout du compte, le Christ apporte la vie, et le démon la mort.

 

Il y a un danger qui vient de la connaissance même de ce que le Christ nous a enseigné concernant l’avenir. Les chrétiens de Thessalonique - ceux à qui saint Paul adresse la lettre dont nous avons entendu un extrait dans la deuxième lecture – ont été les premiers d’une longue liste de chrétiens tout au long de l’histoire de l’Eglise, qui ont été menacés par ce danger. Ils croyaient fermement dans la seconde venue du Christ. Ils étaient persuadés que cette venue pourrait avoir lieu n’importe quel jour. Le résultat, c’est que certains ont commencé à être paresseux. Ils ont négligé leurs responsabilités familiales, sociales et spirituelles. Ils se disaient : "Si Jésus vient bientôt, à quoi bon se fatiguer pour gagner sa vie, pour promouvoir une société plus juste et pour annoncer l’évangile ? De toute manière, bientôt ce sera le dernier jour."

 

Dans la deuxième lecture, saint Paul corrige cette interprétation erronée. Il dit à ces gens-là de se mettre au travail et de cesser de semer le désordre. Nous sommes exposés, nous aussi, à une tentation similaire. Nous pouvons abuser de notre connaissance privilégiée de l’amour de Dieu et de ses projets pour l’avenir en nous en servant comme une excuse pour être paresseux. Au lieu de nous acquitter de notre mission de rendre témoignage dans le monde par une foi authentique et vécue, nous nous disons que Dieu est miséricordieux et qu’il aura pitié de tout le monde. Au lieu de nous efforcer de combattre et de vaincre le péché en suivant le Christ, nous nous persuadons que Dieu nous pardonnera bien. Au lieu de faire fructifier au maximum les talents que nous avons reçus pour en faire bénéficier l’Eglise et toute la société, nous les détournons de leur but pour construire chacun son petit royaume égoïste et confortable.

 

Jésus nous a fait connaître l’avenir, non pas pour nous fournir une excuse pour notre paresse, mais afin de nous stimuler et nous encourager pour promouvoir ce qui est vrai et bon avec toutes les ressources de notre amour. Alors, aujourd’hui, en renouvelant notre profession de foi dans le Royaume qui vient, renouvelons aussi notre engagement à l’édifier avec le secours de l'Esprit Saint.

 

« Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »

« Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »

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