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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Le Christ apporte la Joie et la Paix Véritables - Homélie pour la Nativité

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Le plus grand obstacle à la grâce du Christ dans notre vie, c’est une idée, une fausse idée.

Le plus grand obstacle à la grâce du Christ dans notre vie, c’est une idée, une fausse idée.

Les anges annoncent aux bergers qu’un Sauveur leur est né. Ils disent que c’est « une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple », puisque ce Sauveur apporte « paix sur terre aux hommes qu’il aime ».

 

La paix que le Christ apporte est la source de cette joie. Les deux vont toujours de pair. La joie est l’émotion que nous ressentons quand nous entrons en possession de bonnes choses. Mais si nous n’avons pas la paix, nous ne pouvons pas vraiment posséder quoi que ce soit. Sans la paix, il y a un conflit. Conflit, cela signifie que quelqu’un essaie de nous enlever les bonnes choses que nous possédons. L’agression engendre le trouble, l’instabilité, c’est-à-dire le contraire de la paix. Sans la paix il n’y a pas de joie. Le Christ est né pour nous donner la vraie joie, une joie durable, parce qu’il est venu pour établir une paix durable. Le Christ est Roi, tout-puissant, omniscient, et toute bonté. Quand quelqu’un devient son sujet, il ne doit plus rien craindre, car Dieu est son protecteur. Mais le Royaume du Christ n’est pas un royaume matériel, c’est un Royaume spirituel. Il n’est pas né dans un palais (ou un palace), il est né dans une étable…

 

La paix que le Christ apporte est intérieure, une paix spirituelle qui provient d’une conscience purifiée par son pardon, et d’un cœur qui sait que notre Père céleste nous aime. Personne ne peut enlever une conscience en paix ou la connaissance du fait que Dieu nous aime. Voilà la paix du Christ est durable, inviolable.

 

Cette paix intérieure peut aussi déborder et devenir une paix "politique", dès lors que suffisamment de personnes dans une communauté en sont remplis. Mais dans la perspective du Christ, cela est secondaire. Les royaumes terrestres et les conflits de ce monde passeront. Mais le Royaume du Christ, la communauté de ceux qui le suivent, l’Eglise, est pour toujours. Et donc, les anges n’hésitent pas à annoncer leur « bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple », car ils savent que Jésus Christ apporte vraiment une paix durable à quiconque lui permet d’être son Roi.

 

Benoît XVI écrit :

 

« Si personne ne m'écoute plus, Dieu m'écoute encore. Si je ne peux plus parler avec personne, si je ne peux plus invoquer personne – je peux toujours parler à Dieu. S'il n'y a plus personne qui peut m'aider – là où il s'agit d'une nécessité ou d'une attente qui dépasse la capacité humaine d'espérer, Lui peut m'aider. » (Spe salvi, 32)

 

Rien sur terre ne peut nous donner la paix intérieure et la joie que le Christ peut nous donner. Nous connaissons tous la belle histoire de Balthazar Picsou (Scrooge McDuck dans la version originale, elle-même basée sur "Un comte de Noël" de Charles Dickens). Scrooge était l’homme le plus riche de la ville. Il avait assez d’argent pour pouvoir acheter tout ce que le monde avait à offrir. Mais était-il heureux ? Etait-il en paix ? Pas du tout ! Il vivait constamment dans la crainte de perdre son argent. Il avait mis sa confiance dans l’argent, et donc il en accumulait tant qu’il pouvait. Il avait tout misé sur l’argent, et donc il était devenu misérable. Il ne pouvait pas apprécier ce qu’il possédait, parce qu’il avait peur de le perdre. Il ne voulait rien dépenser, parce qu’il avait peur de ne pas pouvoir récupérer la mise.

 

Tous les trésors matériels de ce monde sont comme ça. Que ce soit l’argent, une position sociale, la beauté, la réputation – tous ces trésors peuvent être perdus. Ils peuvent disparaître comme neige au soleil. Ils peuvent être volés ou cassés. Ils sont intrinsèquement passagers, et donc, si nous nous y attachons, quand nous y mettons notre confiance, nous devenons comme tonton Picsou – tendus, colériques, et hyper sensibles. En-dessous de la surface de la prospérité, nous devenons misérables.

 

Mais le Christ est notre trésor spirituel, et son Royaume est un Royaume spirituel, éternel. Le Christ s’est fait homme pour pouvoir devenir notre ami, une personne vivante dans notre vie, une présence vivante, spirituelle, qui ne nous laissera jamais tomber. Quand nous nous attachons à lui, quand nous comptons sur lui, marchant à sa suite, quand nous lui permettons d’être le Roi de notre vie, alors les soucis et les épreuves de ce monde ne peuvent pas nous enlever notre paix intérieure.

 

Scrooge McDuck a trouvé la paix intérieure et la joie quand, à l’exemple du Christ, il a partagé ses richesses avec ceux qui étaient dans le besoin, tout comme Jésus s’est donné à nous à Noël, pour être notre Sauveur.

 

Jésus ne veut pas seulement nous donner la joie de la paix véritable. Il nous montre aussi comment accepter le don de la grâce. Le plus grand obstacle à la grâce du Christ dans notre vie, c’est une idée, une fausse idée.

 

Notre monde moderne fait des progrès énormes dans les domaines de la science, de la technologie, des médias, de la médecine. Nous baignons dans une culture qui nous dit des centaines de fois par jour, dans la publicité, le cinéma, les médias, que nous pouvons avoir le ciel sur la terre. La possession d’une combinaison de tel et de tel produit, de tel article, nous vaudra une vie tranquille, agréable, à peu près sans peine. C’est un mensonge, mais nous le respirons comme l’air qui nous entoure, et nul  n’échappe à son influence.

 

C’est un mensonge car il relègue Jésus dans un compartiment, le compartiment religieux de notre vie, tandis que nous, nous demeurons au centre. Le mensonge consiste à nous promettre que le bonheur est au bout de nos efforts, à dimension humaine. C’est le même mensonge dont s’est servi le démon avec Adam et Eve au commencement de l’humanité.

 

Non ! Nous ne pouvons pas avoir le ciel sur la terre. Nous ne pouvons pas atteindre la joie et la paix profondes pour laquelle nous avons été créés à la force du poignet. Nous devons céder le siège du conducteur à Jésus. Le Roi, ce n’est pas nous, c’est lui. Et Jésus nous montre comment il est roi.

 

De même qu’il s’est dessaisi de sa gloire et des richesses célestes pour naître dans une étable obscure, nous devons nous dessaisir de nos désirs égoïstes et de nos petites priorités personnelles et passer notre vie à apporter le bonheur à tous ceux qui nous entourent. Croire en Jésus veut dire : le suivre, suivre ses commandements et son exemple.

 

Aujourd’hui nous allons réaffirmer notre foi en Jésus. Avec l’aide de sa grâce, engageons-nous aussi à sa suite.

Le Roi, ce n’est pas nous, c’est lui. Et Jésus nous montre comment il est roi.

Le Roi, ce n’est pas nous, c’est lui. Et Jésus nous montre comment il est roi.

Un cadeau à nul autre pareil - Homélie pour la nuit de Noël

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)

 
 
    En prenant mon repas de midi (ou plutôt celui de 14h00) en cette veille de Noël, je regardais les nouvelles à la télévision. Évidemment il y avait un sujet sur Noël: des enfants à qui les journalistes posaient la question ce qu'ils attendaient du Père Noël. Il y a eu des réponses de toute sorte, comme vous pouvez l'imaginer. Mais parmi toutes les réponses, il y en avait une qui m'a frappé: celle de l'enfant (c'était une petite fille) qui disait qu'en tout cas, si le Père Noël ne lui apportait pas de cadeau, elle ferait "un scandale!" C'était le dernier enfant interrogé. Ensuite la caméra est revenue sur la journaliste qui présentait les nouvelles, et qui, ayant entendu la réponse de cet enfant, avait un regard attendri et souriant. Moi, je n'ai pas souri. Je n'ai pas été attendri. Je me suis demandé simplement ce que deviendrait cet enfant plus tard, avec cette mentalité apparemment déjà bien ancrée de revendiquer ses droits et de rouspéter si rien ne vientt... et de ne pas assumer ses devoirs et responsabilités.

    En cette nuit, avec les chrétiens du monde entier, nous célébrons dans la joie la Nativité de Notre Seigneur. Même le monde fête Noël, à sa manière. En France un maire s'est insurgé contre le fait qu'une crèche avait été installée sur la place publique, près de la mairie. Il en a publié la photo sur son blog, et il a écrit: "Cherchez l'erreur." Alors on a trouvé la solution pour fêter Noël "laïquement" en mettant Jésus à la porte et en le remplaçant par le Père Noël. C'est non seulement conforme aux dogmes du laïcisme; en plus c'est pratique, parce que le Père Noël, paraît-il, c'est celui qui apporte des cadeaux. En tout cas, c'est tout ce qu'on lui demande alors que lui ne nous demande rien. Tandis que Jésus, lui, il vient tout nu, il faut qu'on l'habille, qu'on le nourrisse, qu'on le réchauffe. Il est tout pauvre, et il ne nous apporte rien ... et il nous demande tout! C'est du moins comme cela que l'on se représente les choses, plus ou moins consciemment.

    Une fable raconte qu'un jour Jésus retourna visiblement sur terre. C'était au temps où le Père Noël n'était pas encore tellement à la mode. Mais déjà on avait fait de l'enfant Jésus un distributeur de cadeaux à tout va. C'était un jour de Noël, il y avait beaucoup d'enfants réunis à une fête. Il se présenta au milieu d'eux. Les enfants le reconnurent et l'acclamèrent. Puis l'un d'eux demanda quel cadeau Jésus lui avait apporté, et tous les enfants lui demandèrent tour à tour quel cadeau il leur apportait. Jésus ne répondit pas, mais il ouvrit les bras...

    Ici, j'interromps l'histoire. Jésus vient parmi des enfants. Ces enfants, à leur niveau, parlent comme des adultes. Ils ont été contaminés par la mentalité des adultes, cette mentalité qui consiste à revendiquer pour soi, et que Jean-Baptiste a voulu corriger quand les gens lui demandaient: "Que devons-nous faire?" Réponse (aux foules): "Celui qui a deux vêtements, celui qui a de quoi manger... qu'il partage"; (aux publicains): "N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé"; (aux soldats): ... Contentez-vous de votre solde".

    Mais il y autre chose. Quand ces enfants, contaminés par la mentalité des adultes, voient Jésus ouvrir les bras, à quoi pensent-ils? Quelle est leur réaction inconsciente? N'est-ce pas de se dire: "Qu'est-ce qu'il va nous demander? Non seulement il ne nous apporte pas de cadeaux, mais il va nous demander des sacrifices!"

    Alors, continue la fable, un enfant dit: "Voyez, il ne nous a rien apporté. Mon père a raison de dire que la religion ne sert à rien, qu'elle ne nous donne rien, qu'elle ne nous apporte aucun cadeau!" Mais un autre enfant répondit: "en ouvrant ses bras, Jésus veut dire qu'il nous apporte lui-même; c'est lui qui se donne comme notre frère, Fils de Dieu pour nous rendre fils de Dieu comme lui."

    La réponse de cet enfant, ce n'est pas une fable. C'est exactement ce que nous dit Saint Paul dans la lettre à Tite (2e lect.): "La grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes", dit-il. La grâce, c'est le cadeau par excellence, le cadeau de l'amour. Jésus dira qu'il n'y en a pas de plus grand que celui de "donner sa vie pour ceux qu'on aime". "Donner sa vie", cela veut dire ici, non pas simplement un homme qui donne sa vie pour un autre homme, c'est Dieu qui nous donne sa vie de Dieu, pour nous rendre participants de sa divinité!

    Or, de cette grâce inouïe, cadeau à nul autre pareil, saint Paul nous dit que "c'est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d'ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux" ... "pour faire de nous son peuple", et il précise: "un peuple ardent à faire le bien".

    Alors oui, il y aura des sacrifices à faire, mais ce n'est pas ce qui est premier. Ce qui est premier, c'est la grâce. La grâce, c'est l'oeuvre de Dieu, merveilleux cadeau que nous devons seulement apprendre à accueillir. Le reste vient ensuite et s'apprend peu à peu. Car la grâce nous "apprend", elle nous enseigne, elle nous transforme.

    C'est ce que disait saint Augustin, quand lui aussi était épouvanté par les exigences de la morale chrétienne, notamment en matière de chasteté. Mais après un long combat intérieur, éclairé par l'Esprit Saint, il a dit au Seigneur : "Seigneur, demande-moi ce que tu veux, mais donne-moi ce que tu me demandes."

    Accueillons donc la grâce de Noël. C'est Jésus qui se donne. C'est le Père qui le donne, dans la dynamique de l'Esprit Saint. Et laissons-nous transformer par elle à son image et à sa ressemblance. Alors nous ferons l'expérience de la vérité des paroles de Jésus quand il disait: "Il y a plus de joie à donner qu'à recevoir".

Lectures de Noël - Messe du Jour

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : La bonne nouvelle (Is 52, 7-10)

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Lecture du livre d'Isaïe

Comme il est beau de voir courir sur les montagnes le messager qui annonce la paix, le messager de la bonne nouvelle, qui annonce le salut ,celui qui vient dire à la cité sainte : « Il est roi, ton Dieu ! »
Écoutez la voix des guetteurs, leur appel retentit, c'est un seul cri de joie ; ils voient de leurs yeux le Seigneur qui revient à Sion.
Éclatez en cris de joie, ruines de Jérusalem, car le Seigneur a consolé son peuple, il rachète Jérusalem !
Le Seigneur a montré la force divine de son brasaux yeux de toutes les nations. Et, d'un bout à l'autre de la terre, elles verront le salut de notre Dieu.



 

Psaume : 97, 1, 2-3ab, 3cd-4, 5-6

R/ La terre entière a vu
le Sauveur que Dieu nous donne.

 

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s'est assuré la victoire.
 

Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
 
il s'est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d'Israël.

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
 
Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez !


Jouez pour le Seigneur sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments ;
 
au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !
 
 


 

2ème lecture : Le Fils, révélation définitive de Dieu (He 1, 1-6)

 

Commencement de la lettre aux Hébreux

Souvent, dans le passé, Dieu a parlé à nos pères par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées ;
mais, dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes, il nous a parlé par ce Fils qu'il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes.
Reflet resplendissant de la gloire du Père, expression parfaite de son être, ce Fils, qui porte toutes choses par sa parole puissante, après avoir accompli la purification des péchés, s'est assis à la droite de la Majesté divine au plus haut des cieux ;
et il est placé bien au-dessus des anges, car il possède par héritage un nom bien plus grand que les leurs.
En effet, Dieu n'a jamais dit à un ange :Tu es mon Fils,aujourd'hui je t'ai engendré. Ou bien encore :Je serai pour lui un père,il sera pour moi un fils.
Au contraire, au moment d'introduire le Premier-né dans le monde à venir, il dit : Que tous les anges de Dieuse prosternent devant lui.
 
 
 


 

Evangile : Le Verbe s'est fait chair (Jn 1, 1-18 (lecture brève : 1, 1-5.9-14))

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Aujourd'hui la lumière a brillé sur la terre. Peuples de l'univers, entrez dans la clarté de Dieu ; venez tous adorez le Seigneur. Alléluia.
 
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Commencement de l'Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu ,et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
Par lui, tout s'est fait,et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean.
Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.
Cet homme n'était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.

 
 
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Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.
Il était dans le monde, lui par qui le monde s'était fait, mais le monde ne l'a pas reconnu.
Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu.
Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu.
Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme :ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s'est fait chair,i l a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son Pèrecomme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Jean Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « Voici celui dont j'ai dit : Lui qui vient derrière moi, il a pris place devant moi, car avant moi il était. »
Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce :
après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
Dieu, personne ne l'a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui a conduit à le connaître.



Copyright AELF - 1980 - 2009 - Tous droits réservés

 
Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

Lectures de Noël - Messe de l'aurore

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : "Voici ton Sauveur qui vient" (Is 62, 11-12)

 

Lecture du livre d'Isaïe

Voici la parole que le Seigneur fait retentirj usqu'aux extrémités de la terre ; Dites à la fille de Sion : Voici ton Sauveur qui vient ,le fruit de sa victoire l'accompagne et ses trophées le précèdent.
On vous appellera : « Peuple-saint », « Rachetés-par-le-Seigneur », et toi, on t'appellera : « La-Désirée », « La-Ville-qui-n'est-plus-délaissée ».



 

Psaume : 96, 1.6, 11-12

 

R/ La lumière aujourd'hui a resplendi sur nous :
un Sauveur nous est né !

 

Le Seigneur est roi ! Exulte la terre !
Joie pour les îles sans nombre !
Les cieux ont proclamé sa justice,
et tous les peuples ont vu sa gloire.

Une lumière est semée pour le juste,
et pour le cœur simple, une joie.
Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes ;
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
 
 


 

2ème lecture : Dieu a manifesté sa tendresse pour les humains (Tt 3, 4-7)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre à Tite

Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et sa tendresse pour les homme ;
il nous a sauvés. Il l'a fait dans sa miséricorde, et non pas à cause d'actes méritoires que nous aurions accomplis par nous-mêmes. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l'Esprit Saint.
Cet Esprit, Dieu l'a répandu sur nous avec abondance, par Jésus Christ notre Sauveur ;
ainsi, par sa grâce, nous sommes devenus des justes, et nous possédons dans l'espérance l'héritage de la vie éternelle.
 
 


 

Evangile : Les bergers à la crèche (Lc 2, 15-20)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. Alléluia. (Lc 2, 14)
 
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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu'à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, et que le Seigneur nous a fait connaître. »
Ils se hâtèrent d'y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.
Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
Et tout le monde s'étonnait de ce que racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur.
Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé.
 
 


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Lectures de Noël - Messe de la nuit

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Le prince de la paix (Is 9, 1-6)

 

Lecture du livre d'Isaïe

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre, une lumière a resplendi.
Tu as prodigué l'allégresse, tu as fait grandir la joie : ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit en faisant la moisson, comme on exulte en partageant les dépouilles des vaincus.
Car le joug qui pesait sur eux, le bâton qui meurtrissait leurs épaules, le fouet du chef de corvée, tu les as brisés comme au jour de la victoire sur Madiane.
Toutes les chaussures des soldats qui piétinaient bruyamment le sol, tous leurs manteaux couverts de sang, les voilà brûlés : le feu les a dévorés.
Oui ! un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l'insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort,Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».
Ainsi le pouvoir s'étendra, la paix sera sans fin pour David et pour son royaume. Il sera solidement établi sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Voilà ce que fait l'amour invincible du Seigneur de l'univers.



 

Psaume : 95, 1-2a, 2b-3, 11-12a, 12b-13a.c

 
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R/ Aujourd'hui, un Sauveur nous est né :
c'est le Christ, le Seigneur.

 

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
pour gouverner le monde avec justice.
 
 


 

2ème lecture : La grâce de Dieu s'est manifestée (Tt 2, 11-14)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre à Tite

La grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes.
C'est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d'ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnable, justes et religieux,
et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur.
Car il s'est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien
 
 



 

Evangile : Naissance de Jésus (Lc 2, 1-14)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Je vous annonce une grande joie. Aujourd'hui nous est né un Sauveur : c'est le Messie, le Seigneur ! Alléluia. (cf. Lc 2, 10-11)
 
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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre — ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. —
Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David.
Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.


 
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Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte,
mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »



Copyright AELF - 1980 - 2009 - Tous droits réservés

Lectures de Noël - Messe de la veille au soir

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Le bonheur de Sion, épousée par son Dieu (Is 62, 1-5)

 

Lecture du livre d'Isaïe

Pour la cause de Jérusalem je ne me tairai pas, pour Sion je ne prendrai pas de repos, avant que sa justice ne se lève comme l'aurore et que son salut ne flamboie comme une torche.
Les nations verront ta justice, tous les rois verront ta gloire. On t'appellera d'un nom nouveau, donné par le Seigneur lui-même.
Tu seras une couronne resplendissanteentre les doigts du Seigneur, un diadème royal dans la main de ton Dieu.
On ne t'appellera plus : « La délaissée », on n'appellera plus ta contrée : « Terre déserte », mais on te nommera : « Ma préférée », on nommera ta contrée : « Mon épouse », car le Seigneur met en toi sa préférence et ta contrée aura un époux.
Comme un jeune homme épouse une jeune fille, celui qui t'a construite t'épousera. Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu.
 
 


 

Psaume : 88, 20ab.21, 27-28, 29-30

 

R/ Dieu ! Tu as les paroles d'alliance éternelle.

 

Autrefois, tu as parlé à tes amis,
dans une vision tu leur as dit :
« J'ai trouvé David, mon serviteur,
je l'ai sacré avec mon huile sainte.

 
« Il me dira : Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !
 
Et moi, j'en ferai mon fils aîné,
le plus grand des rois de la terre !
 

« Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle ;
 
je fonderai sa dynastie pour toujours,
son trône aussi durable que les cieux.
»
 
 


 

2ème lecture : L'histoire du salut aboutit au Christ (Ac 13, 16-17.22-25)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Invité à prendre la parole dans la synagogue d'Antioche de Pisidie, Paul se leva, fit un signe de la main et dit : « Hommes d'lsraël, et vous aussi qui adorez notre Dieu, écoutez :
Le Dieu d'Israël a choisi nos pères ; il a fait grandir son peuple pendant le séjour en Égypte et, par la vigueur de son bras, il l'en a fait sortir.
Plus tard il a suscité David pour le faire roi, et il lui a rendu ce témoignage : J'ai trouvé David, fils de Jessé, c'est un homme selon mon coeur ; il accomplira toutes mes volontés.
Et, comme il l'avait promis, Dieu a fait sortir de sa descendance un sauveur pour Israël : c'est Jésus,
dont Jean Baptiste a préparé la venue en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d'Israël.
Au moment d'achever sa route, Jean disait : 'Celui auquel vous pensez, ce n'est pas moi. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de lui défaire ses sandales.' »
 
 


 

Evangile : Les origines de Jésus Christ (Mt 1, 1-25 (lecture brève 1, 18-25))

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Demain sera détruit le péché de la terre, et sur nous régnera le Sauveur du monde. Alléluia.
 
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Commencement de l'Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Voici la table des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham :
Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères,
Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram,
Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone,
Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé,
Jessé engendra le roi David. David, de son union avec la femme d'Ourias, engendra Salomon,
Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa,
Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias,
Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias,
Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias,
Josias engendra Jékonias et ses frères à l'époque de l'exil à Babylone.
Après l'exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel,
Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim ,Éliakim engendra Azor,
Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud,
Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob,
Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l'on appelle Christ (ou Messie).
Le nombre total des générations est donc : quatorze d'Abraham jusqu'à David, quatorze de David jusqu'à l'exil à Babylone, quatorze de l'exil à Babylone jusqu'au Christ.
Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret.
Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ;
elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela arriva pour que s'accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d'Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse,
mais il n'eut pas de rapports avec elle ; elle enfanta un fils, auquel il donna le nom de Jésus.


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Respirez ! Espérez ! Enfantez ! - Homélie 4° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
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    Le Père Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, dans une homélie, dit que l'on pourrait appeler ce dimanche le "Dimanche des naissances". En effet, dans les trois lectures de ce jour il est question d'enfantement, de naissance, d'origine. Puis il pose la question : pourquoi en Italie (et dans tant d'autres pays) y a-t-il si peu de naissances, si peu d'enfants ? On pourrait ajouter : et tant d'avortements ? La raison principale n'est certainement pas d'ordre économique :
Sinon, les naissances devraient augmenter à mesure que l'on se rapproche des couches plus aisées de la société, ou à mesure que l'on remonte du sud vers le nord du monde, alors que nous savons que c'est exactement le contraire.

    La vraie raison, estime le prédicateur, est plus profonde.
C'est le manque d'espérance, avec ce que cela comporte : confiance dans l'avenir, élan vital, créativité, poésie et joie de vivre. Si se marier est toujours un acte de foi, mettre au monde un enfant est toujours un acte d'espérance. Rien ne se fait dans le monde sans espérance. Nous avons besoin de l'espérance comme nous avons besoin de l'oxygène pour respirer.

    "Spe salvi" : voilà donc le ballon d'oxygène dont le monde a tant besoin ! Depuis le début de l'Avent, pendant trois dimanches de suite, nous avons ainsi pu réapprendre à respirer. En ce quatrième et dernier dimanche, il nous faut maintenant passer aux premiers exercices pratiques. Benoît XVI va donc nous montrer les lieux d'apprentissage et d'exercice de l'espérance. Suivez le guide !

    Première salle d'exercices : la salle de la prière. Nous y faisons connaissance du Cardinal Nguyên Van Thuan, qui a obtenu son diplôme de prière dans les prisons du Vietnam. En 1975, il est nommé par le Saint-Siège archevêque coadjuteur du diocèse de Saigon. Sa nomination est refusée par le nouveau pouvoir qui, le 15 août 1975, le convoque au palais de l’indépendance. Il est placé en résidence surveillée, puis interné pendant plus de treize ans : en 1976, le cachot de la prison de Phu Khanh, puis le camp de rééducation de Vinh Phu au Nord Vietnam, la résidence surveillée dans la petite chrétienté de Giang Xa, et enfin les locaux de la Sûreté de Hanoi. Lorsque son internement prend fin le 21 novembre 1988, il est assigné à résidence dans les bâtiments de l’archevêché de Hanoi. Lors d’un séjour à Rome en septembre 1991, il apprend que le gouvernement ne souhaite pas son retour au pays. C'est en 1994 que Mgr Van Thuân a été appelé à Rome par Jean-Paul II, qui l'a alors nommé vice-président de la Conseil pontifical "Justice et Paix".
De ses treize années de prison, dont neuf en isolement, l'inoubliable Cardinal Nguyên Van Thuan nous a laissé un précieux petit livre : Prières d'espérance. Durant treize années de prison, dans une situation de désespoir apparemment total, l'écoute de Dieu, le fait de pouvoir lui parler, devint pour lui une force croissante d'espérance qui, après sa libération, lui a permis de devenir pour les hommes, dans le monde entier, un témoin de l'espérance – de la grande espérance qui ne passe pas, même dans les nuits de la solitude. (Spes salvi, n° 32)

    La prière, la vraie, agit comme un décapant. Elle nous purifie de tous nos péchés, même de ceux qui nous échappent.
"Qui peut discerner ses erreurs ? Purifie-moi de celles qui m'échappent", prie le Psalmiste (18 [19], 13).

    Comment peut-on se confesser une fois ou deux par an, et après avoir dit au prêtre un ou deux péchés, terminer en disant : "C'est tout !" Que penser alors de tous ceux qui ne se confessent jamais, mais qui vont communier en masse à Noël et à une ou deux autres occasions dans l'année ? Comment peut-on dire qu'on n'a pas de péchés "parce qu'on prie tout le temps" ? Quand nous prions en vérité - non pas comme le pharisien mais comme le publicain de la parabole - Dieu éclaire notre conscience et nous montre nos péchés.

    L'ange dit à Joseph :
(Ton épouse) mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.

    Sommes-nous convaincus que nous avons radicalement besoin d'être sauvés quand nous allons nous confesser ?
La non-reconnaissance de la faute, l'illusion d'innocence ne me justifient pas et ne me sauvent pas, parce que l'engourdissement de la conscience, l'incapacité de reconnaître le mal comme tel en moi, telle est ma faute. (n° 33)

    Quel est le Dieu en face de qui nous nous mettons en confessant nos péchés ?
S'il n'y a pas de Dieu, je dois peut-être me réfugier dans de tels mensonges, parce qu'il n'y a personne qui puisse me pardonner, personne qui soit la mesure véritable. Au contraire, la rencontre avec Dieu réveille ma conscience parce qu'elle ne me fournit plus d'auto-justification, qu'elle n'est plus une influence de moi-même et de mes contemporains qui me conditionnent, mais qu'elle devient capacité d'écoute du Bien lui-même. (ibid.)

    "Dans la nuit tous les chats sont gris", dit le proverbe. Par la prière nous quittons nos ténèbres et nous allons vers la lumière. Dans cette lumière, par l'action de l'Esprit Saint, nous découvrons progressivement combien nous sommes pécheurs et combien nous avons besoin de la miséricorde de Dieu. Nous savons alors que les péchés que nous confessions auparavant de manière routinière ne sont en réalité que la pointe de l'iceberg. Si, à ce moment-là, le Seigneur ne venait pas à notre secours en nous montrant sa miséricorde, nous serions morts de frayeur. Tous !

    La première raison pour laquelle nos supposées prières ne font que nous bercer dans notre bonne conscience illusoire est qu'elles ne sont pas l'expression d'une rencontre vivante avec Dieu qui nous parle, qui nous invite à un dialogue amoureux et qui nous ouvre des horizons que nous n'avions jamais soupçonnés auparavant. C'est là que nous prenons vite conscience des limites de nos soi-disant vertus.

    Une deuxième raison est que notre prière, telle une petite flamme, n'est pas assez alimentée par le grand feu de la prière liturgique de l'Église, de la prière des saints :
Dans son livre d'Exercices spirituels, le Cardinal Nguyên Van Thuan a raconté comment dans sa vie il y avait eu de longues périodes d'incapacité de prier et comment il s'était accroché aux paroles de la prière de l'Église : au Notre Père, à l'Ave Maria et aux prières de la liturgie. Dans la prière, il doit toujours y avoir une association entre prière publique et prière personnelle. Ainsi nous pouvons parler à Dieu, ainsi Dieu nous parle. De cette façon se réalisent en nous les purifications grâce auxquelles nous devenons capables de Dieu et aptes au service des hommes. Ainsi, nous devenons capables de la grande espérance et nous devenons ministres de l'espérance pour les autres... (n° 34)
    Dans un autre livre (J'ai suivi Jésus ... un évêque témoigne, Médiaspaul 1997, p. 40), le Cardinal écrit :
Quand j’ai été arrêté, j’ai dû m’en aller tout de suite, les mains vides. Le lendemain on me permit d’écrire pour demander les choses les plus nécessaires : vêtements, dentifrice … J’ai écrit à mon destinataire : "S’il vous plaît, pouvez-vous m’envoyer un peu de vin comme médicament contre les maux d’estomac ?" Les fidèles comprirent ce que cela voulait dire et ils m’envoyèrent une petite bouteille de vin pour la messe avec l’étiquette "Médicament contre les maux d’estomac" et des hosties dans un flacon étanche. Je ne pourrai jamais exprimer ma grande joie : chaque jour, avec trois gouttes de vin et une goutte d’eau dans le creux de ma main, je célèbre la messe.
    Écoutez aussi le Père Nicolas Buttet, fondateur de la communauté Eucharistein, en Suisse. C'était en 2006 :
Je rentre d’un pèlerinage d’un mois en Chine et au Tibet. J’ai eu l’occasion de rencontrer des communautés catholiques privées de prêtres, privées d’Eucharistie pendant des mois, des années pour certaines paroisses. J’étais bouleversé par leur faim et leur soif de Jésus-Eucharistie. Je me souviens de cette messe célébrée dans ce petit village du Tibet. J’avais informé une seule personne que j’étais prêtre et que je pouvais célébrer la messe le soir. 120 personnes sont venues pour y participer ! Elles ont attendu 2 heures que les négociations avec les autorités se terminent pour obtenir l’autorisation de célébrer. C’est vers 10h.00 du soir que nous avons pu commencer la célébration qui a duré plus d’une heure et demi. Tous étaient présents, dans la joie des chants, la ferveur du mystère.

    Vous comprenez maintenant que l'exercice de la prière est un exercice risqué. Il nous révèle les péchés qui nous échappent ; il nous sort du petit individualisme étroit dans lequel nous nous complaisions ; il nous met en face de notre pauvreté, de notre faim essentielle ... Mais tout cela pour nous pousser dans les bras de Dieu, pour que, libérés de nos illusions, nous jetions en lui l'ancre de notre espérance :
Pour notre âme, cette espérance est sûre et solide comme une ancre fixée au-delà du rideau du Temple, dans le Sanctuaire même. (He 6, 19)
 
    Conclusion : Respirez ! Espérez ! Enfantez !

Les trois noms du Christ - Homélie 4° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

 

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Noël est très proche maintenant. La joie de la venue du Christ illumine déjà nos cœurs. Mais Notre Seigneur veut les illuminer encore davantage. Aujourd’hui il nous révèle ses trois noms. Nous avons déjà eu l’occasion de les entendre souvent, mais nous avons besoin de les méditer à nouveau pour les approfondir. Les noms dégagent une force, et les noms du Christ, si nous les comprenons réellement, ont assez d’énergie et de puissance pour élever notre relation avec Dieu à un degré radicalement nouveau.

Les parents choisissent toujours le prénom de leurs enfants avec soin. Ils veulent que ce nom ait un sens, qu’il signifie l’importance qu’ils attachent à la vie nouvelle qui leur est donnée. Dieu le Père, lui aussi, a choisi un nom pour son Fils avec beaucoup de soin. Il n’a pas permis à Marie et à Joseph de donner libre cours à leur créativité pour choisir eux-mêmes un nom pour son Fils. Il l’a choisi lui-même, et il a envoyé un ange pour faire connaître son choix à Marie et à Joseph.

Dans l’Ancien Testament, Dieu change quelquefois le nom des gens, surtout quand ils sont investis d’une mission spéciale dans l’histoire du salut, comme Abram et Jacob. Quand Dieu décide d’appeler Abram "Abraham" et Jacob "Israël", ce changement de nom signifiait un changement de rôle dans le projet de Dieu. Mais quand Dieu ordonne à Joseph d’appeler le fils de Marie "Jésus", dès avant sa naissance, cela montre que Jésus n’est pas seulement un prophète de plus. Le Père fait comprendre que Jésus est son propre Fils d’une manière tout à fait unique – si bien que Dieu le Père a le droit de choisir son nom dès le début de son existence humaine.

Et que signifie ce nom ? En hébreu, Jésus signifie "Dieu sauve". Ce nom révèle donc la mission du Christ. Contrairement aux prophètes de l’Ancien Testament, Jésus n’est pas venu dans le monde seulement pour annoncer le projet de Dieu qui consiste à sauver les hommes du péché et de tout mal ; il est venu pour mettre ce projet en œuvre, et de réaliser ce salut.

 

Mais Dieu nous révèle encore un autre nom : Emmanuel. Ce nom avait déjà été annoncé par Isaïe, et saint Matthieu applique explicitement ce nom à Jésus. "Emmanuel" en hébreu signifie : "Dieu est avec/parmi nous". Le nom de "Jésus" est une référence à la mission du Christ, ce qu’il est venu faire.  "Emmanuel" se réfère à son identité, à qui il est. Il y a évidemment un lien entre les deux. L’unique raison pour laquelle Jésus est capable de procurer le salut pour tout le genre humain est précisément qu’il est tout à la fois vrai homme et vrai Dieu. Le péché originel avait exclu la race humaine de l’amitié avec Dieu. Il a fait des hommes les esclaves du démon. Adam et Eve ont librement choisi de désobéir à Dieu et d’obéir au démon, et ainsi ils se sont mis, eux et leur descendance (c’est-à-dire chacun d’entre nous) sous le pouvoir et l’influence du démon. C’est cela, l’origine du mal dans le monde.

Nous ne pouvions pas rétablir nous-mêmes la relation d’amitié avec Dieu. Il fallait que ce soit Dieu en Personne qui prenne l’initiative. Nous avions besoin d’un Sauveur capable de réconcilier Dieu et la famille humaine. Jésus est ce Sauveur. Il réconcilie Dieu et les hommes en sa propre personne. Son Père est Dieu, et lui-même est pleinement Dieu. Sa mère est Marie, et lui-même est pleinement homme. Et ainsi, parce qu’il est "Emmanuel" (Dieu parmi nous), il peut être aussi "Jésus" (Dieu sauve).

Dieu qui se fait homme pour sauver l’humanité, voilà la plus grande histoire jamais racontée, une histoire plus fantastique que tous les contes les plus beaux qui soient, et pourtant une histoire aussi vraie que l’air que nous respirons. Voilà le vrai sens de Noël.

 

Et pourtant il y a encore un autre nom que l’Eglise nous rappelle aujourd’hui. Dans la deuxième lecture, saint Paul résume la mission extraordinaire du Christ en se réfèrant à lui comme notre "Seigneur". "Jésus" et "Emmanuel" sont des noms que Dieu seul pouvait donner, mais "Seigneur" est un nom que nous seuls pouvions donner. "Seigneur" est la traduction de l’hébreu "Adonaï", fréquemment utilisé dans l’Ancien Testament. C’est une altération grammaticale du mot "adoni", qui se rapporte aux rois, à ceux qui possédaient des esclaves, aux maîtres de maison… Tous ceux qui avaient une autorité sur d’autres personnes, et pas seulement sur des choses ou des animaux, étaient appelés "adoni". Mais Dieu seul est appelé "Adonaï". Toute autorité humaine est une autorité reçue de quelqu’un ou de quelque chose, comme, par exemple, une position sociale, une autorité supérieure ou une tradition culturelle.

Dieu, lui, ne reçoit son autorité de personne. Il est lui-même la source ultime de tout ordre, de tout pouvoir, de toute grandeur. Il est Adonaï, c’est-à-dire Seigneur par nature. Quand nous appelons Jésus "Seigneur", nous affirmons qu’il est bien plus qu’un de ces grands leaders religieux. Nous confessons, que vraiment, Jésus est le Sauveur, qu’il est vraiment Emmanuel, Dieu avec nous, et qu’il est digne de notre foi et de notre obéissance.

Quand nous appelons Jésus "Seigneur", nous prenons en fait une décision. Nous nous engageons à le suivre et à lui obéir. Dieu ne peut pas s’appeler Seigneur lui-même, car il ne peut pas se soumettre à lui-même. Il n’y a que nous qui puissions donner ce nom à Jésus, car il n’y a que nous qui puissions librement choisir de nous soumettre à son autorité, d’être ses disciples, d’être chrétiens.

Aujourd’hui, Jésus, Emmanuel, viendra à nous encore une fois dans la Sainte Communion. Au moment où il le fera, renouvelons notre foi et notre confiance en l’appelant "Seigneur". Et durant ces quelques jours qui nous restent avant Noël, gardons ces trois noms dans nos cœurs et sur nos lèvres, comme le font tous les vrais amoureux.

‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’

‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’

Lectures du 4° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre d'Isaïe (Is 7, 10-16)

7
10i  Le Seigneur envoya le prophète Isaïe dire au roi Acaz :
11  « Demande pour toi un signe venant du Seigneur ton Dieu, demande-le au fond des vallées ou bien en haut sur les sommets. »
12  Acaz répondit : « Non, je n'en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l'épreuve. »
13  Isaïe dit alors :
« Écoutez, maison de David !
Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes :
il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu !
14  Eh bien ! Le Seigneur lui-même
vous donnera un signe :
Voici que la jeune femme est enceinte,
elle enfantera un fils,
et on l'appellera Emmanuel,
(c'est-à-dire : Dieu-avec-nous).
15  De crème et de miel il se nourrira,
et il saura rejeter le mal et choisir le bien.
16  Avant même que cet enfant sache rejeter le mal
et choisir le bien,
elle sera abandonnée,
la terre dont les deux rois te font trembler. »

 

 

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Psaume (Ps 23, 1-2, 3-4ab, 5-6)
 
R/ Qu'il vienne, le Seigneur : c'est lui, le roi de gloire !
01  Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
02  C'est lui qui l'a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

03  Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
4a  L'homme au coeur pur, aux mains innocentes,
4b  qui ne livre pas son âme aux idoles

05  Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
06  Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !


Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 1, 1-7)

1
01  Moi Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé par Dieu pour être Apôtre, mis à part pour annoncer la Bonne Nouvelle
02  que Dieu avait déjà promise par ses prophètes dans les saintes Écritures, je m'adresse à vous, bien-aimés de Dieu qui êtes à Rome.
03  Cette Bonne Nouvelle concerne son Fils : selon la chair, il est né de la race de David ;
04  selon l'Esprit qui sanctifie, il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d'entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur.
05  Pour que son nom soit honoré, nous avons reçu par lui grâce et mission d'Apôtre afin d'amener à l'obéissance de la foi toutes les nations païennes,
06  dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés.
07  Vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint, que la grâce et la paix soient avec vous tous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 1, 18-24)
 
 
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1
18  Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ.
Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.
19  Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret.
20  Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ;
21  elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
22  Tout cela arriva pour que s'accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
23  Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d'Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».
24  Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse,
 
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Pourquoi Dieu attend-il? - Homélie 3° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

  

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Cela fait environ deux mille ans que Jésus est né. C’était le premier Noël. Et pourtant, depuis lors, le monde a continué d’être déchiré par des guerres, des catastrophes naturelles, du racisme, et d’innombrables autres formes de misère, d’injustice et de souffrance.

 

Cela fait deux mille ans que les chrétiens célèbrent Noël, la venue de notre Sauveur. Mais où est le salut ?

 

De la même manière, Jésus est entré dans notre vie personnelle depuis de nombreuses années. Notre baptême a été comme un Noël pour notre vie. Et depuis lors, nous avons reçu l’Eucharistie de nombreuses fois, nous avons été confirmés, nous avons pu nous confesser. Et pourtant, si nous nous examinons sincèrement, nous pouvons remarquer que nous sommes toujours égoïstes, faibles, insatisfaits.

 

Nous avons tous célébré Noël un certain nombre de fois au cours de notre existence. Sommes-nous devenus meilleurs pour autant ? Avons-nous fait du progrès dans notre vie spirituelle ?

 

Quelle est la réponse de Dieu à ces questions ? Il y a deux mille ans, Dieu a semé la semence de la grâce dans le monde, et depuis lors, elle n’a cessé de croître. L’Eglise n’a cessé de grandir, donnant des saints, fécondant la culture humaine de l’intérieur par des innombrables fondations telles qu’orphelinats, hôpitaux, universités, écoles…

 

Il y a un certain nombre d’années, Dieu a semé la semence de la grâce dans notre cœur, le jour de notre baptême, et cette semence a produit les fruits de l’espérance, de la foi, d’une conscience éclairée… que n’ont pas ceux qui ne connaissent pas le Christ.

 

Dans les deux cas, la transformation a été progressive, comme celle des plantes qui poussent, jour après jour, dans le champ du cultivateur, comme saint Jacques nous l’explique (2e lect.). C’est bien comme cela que Dieu travaille, peu à peu, progressivement, lentement mais sûrement, car il sait que s’il voulait aller plus vite, nous ne pourrions pas suivre.

 

Jésus adopte la même manière de faire dans la vie de chacun de nous. Il ne fait pas de nous des saints en un jour habituellement. Il ne nous fait pas connaître le bonheur parfait tout de suite. Il entre dans notre vie comme compagnon et comme guide, comme un ami plein de sagesse. Et il nous invite à le suivre tout au long du chemin de la vie. C’est la raison pour laquelle cela nous prend du temps pour arriver à la maturité spirituelle. Jésus ne nous manipule pas comme des robots. Il ne nous programme pas comme des ordinateurs, faisant de nous des êtres parfaits instantanément, en faisant tout le travail à lui tout seul. Non, il veut que nous soyons ses amis. Il veut que nous contribuions à notre propre croissance spirituelle.

 

Jésus est comme un entraîneur qui ne se contente pas de vaincre lors d’une course. Il veut que nous soyons vainqueurs pour toujours. Sainte Thérèse d’Avila, par exemple, docteur de l’Eglise et réformatrice du Carmel, a été une mauviette, une religieuse médiocre et mesquine, pendant vingt ans. Il a fallu qu’elle fasse un entraînement spirituel et une réhabilitation pendant deux décennies avant de pouvoir atteindre son vrai potentiel.

 

Il a fallu trente ans pour qu’avec le secours de la Vierge Marie un petit bébé, nommé Jésus, puisse grandir et remplir la mission de sa vie. De la même manière, la grâce de Dieu suppose du temps et le concours de nos propres efforts pour pouvoir grandir et remplir notre vie de la lumière du Christ.

 

Dans la vie de chaque chrétien, le soleil commence à lever le jour du baptême, mais contrairement à ce qui se passe dans la nature, il ne pourra atteindre le zénith que si nous le voulons pleinement, si nous choisissons de suivre le Christ et de vivre en amitié avec lui.

 

Dieu achèvera son ouvrage dans l’histoire. Il achèvera son ouvrage dans notre cœur. C’est la promesse de l’Avent, la promesse que saint Jacques reprend dans la deuxième lecture :

« Voyez : le Juge est à notre porte. »

 

Mais cet ouvrage, Dieu l’achèvera selon son propre planning, et ce planning est régi par sa sagesse, sa bonté, sa puissance et son amour. Quant à nous autres, nous sommes exhortés à la patience et à la persévérance. Saint Jacques nous dit que nous devons être comme des cultivateurs qui attendent patiemment que la récolte soit arrivée à maturité. Imaginez un cultivateur se tenant au bord de son champ et criant aux plantes qu’elles doivent pousser plus vite. Ce serait absurde. S’il fournit l’eau et les engrais, la Providence divine s’occupera du reste.

 

Nous, de même, nous devons faire notre part. Nous devons arroser avec l’eau de la prière et épandre l’engrais des sacrements, mais nous devons aussi faire confiance à Dieu qui fait sa part. Si nous perdons patience avec Dieu, et que nous désobéissons à ses commandements, que nous faisons fi de notre conscience, que notre amitié avec le Christ s’affadit, c’est comme si nous étions en train de crier à la récolte de la grâce de pousser plus vite. Alors nous ne sommes pas disposés à attendre la croissance du fruit du bonheur durable selon le planning de Dieu. Nous la voulons pour tout de suite !

 

Aujourd’hui, tournons les yeux vers le Soleil levant, le Fils de Dieu, et renouvelons notre confiance en lui, en renouvelant notre engagement à suivre ses commandements.

 

 

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