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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Notre mission est d’être sel et lumière - Homélie 5° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Jésus ne choisit pas ses paroles au hasard. Cela vaut aussi pour le passage de l’évangile que nous venons d’entendre. Elles font partie du célèbre Sermon sur la Montagne, qui est en quelque sorte la quintessence de tous ses sermons. Dans cette partie, il explique à ses auditeurs ce qu’il attend d’eux. C’est comme quand un entraîneur s’adresse  aux joueurs de son équipe avant le match décisif. Ici, c’est Jésus qui nous parle du jeu de la vie.

 

Autre comparaison : un général qui exhorte ses troupes avant le grand combat. Ici, c’est Jésus qui nous parle du combat de la vie.

 

Jésus nous parle de la mission de toute notre vie. Quelle est-elle ? Elle consiste à être sel et lumière dans le monde qui nous entoure.

 

Le sel avait deux fonctions dans le monde de l’Antiquité : il donnait de la saveur aux aliments, et il en permettait la conservation. Il n’y avait pas de réfrigérateurs à l’époque. On conservait la viande en la couvrant d’une fine couche de sel.

 

La lumière avait la même fonction qu’aujourd’hui : elle repousse les ténèbres, sauf qu’à l’époque, avant l’invention de l’électricité, les ténèbres constituaient une réalité beaucoup plus dramatique que pour nous. Les anciens avaient davantage conscience du fait que sans lumière, ils étaient impuissants. Nous autres, parce que la lumière de l’électricité est omniprésente, nous ne pensons que rarement à notre besoin de lumière.

 

Sel et lumière : voilà donc les comparaisons dont se sert Jésus pour nous expliquer quelle est la mission de notre vie. Quelle est la caractéristique commune du sel et de la lumière ? Tous les deux sont pour autre chose. Le sel n’est pas pour lui-même ; la lumière non plus. Voilà ce qui est important. La mission d’un chrétien dans le monde, tout comme celle du Christ, c’est d’avoir une influence positive sur les autres en leur apportant la puissance et l’illumination de l’évangile.

 

Cette mission nous permet d’entrevoir le cœur même de Dieu. Il désire que tout homme soit persuadé de sa bonté, pour que chacun puisse lui faire confiance et le suivre dans l’apprentissage du bonheur ici-bas, et pour le bonheur parfait au ciel. Ceci explique pourquoi, plus nous nous approchons de Dieu, et plus nous éprouvons le besoin de le communiquer à notre prochain, notre cœur brûlant du même feu que celui du Christ. Tous les saints le savent.

 

 

Saint-Elizabeth-Ann-Seton.jpg

 

 

Sainte Elisabeth Anne Seton, par exemple, a connu un long et difficile parcours pour arriver à la foi catholique. Elle vivait autour des années 1800, et faisait partie de la haute société de New York, aussi bien de naissance que par son mariage. Comme jeune épouse et maman, elle connut une profonde inquiétude spirituelle. En tant que chrétienne non catholique, elle aspirait à une relation plus profonde avec le Christ, mais ne savait pas où la trouver. Une série d’épreuves, parmi lesquelles la mort de son mari, l’ont amenée à l’Eglise catholique, et c’est là qu’elle a trouvé ce qu’elle cherchait, dans le sacrement de l’Eucharistie.

 

Sa conversion au catholicisme lui a valu d’être critiquée et abandonnée de ses amis, de son milieu social, et même de sa famille. Mais sa plus grande intimité avec le Christ en valait bien la peine. Au lieu de tomber dans le découragement et de se plaindre, elle s’est sentie poussée de commencer une nouvelle congrégation religieuse pour s’occuper de l’éducation des jeunes. C’est ainsi qu’elle a fondé les Sœurs de la Charité, répandues aujourd’hui aux Etats-Unis et au Canada. C’est le début du système de l’éducation catholique américain, qui comporte aujourd’hui, en 2011, plus de 7.000 écoles primaires et secondaires, rien qu’aux Etats-Unis.

 

Dieu veut mettre de la saveur et de la lumière dans le monde, et plus nous sommes proches de son Cœur, plus nos cœurs brûlerons de ce même désir.

 

Si Dieu nous appelle à avoir une influence décisive sur la vie des autres, alors il doit être possible de le réaliser. Mais comment ?

 

Pour nous mettre sur la voie, la 1e lecture nous donne une liste de différentes possibilités :

  • Partage ton pain avec celui qui a faim,
  • recueille chez toi le malheureux sans abri,
  • couvre celui que tu verras sans vêtement,
  • ne te dérobe pas à ton semblable.

Voilà des exemples de ce que la Tradition appelle les œuvres de miséricorde corporelle.

 

Nous pouvons trouver une autre liste des œuvres de miséricorde spirituelle :

  • conseiller ceux qui en ont besoin,
  • instruire les ignorants,
  • exhorter les pécheurs,
  • consoler les affligés,
  • pardonner les offenses,
  • supporter patiemment les personnes ennuyeuses,
  • prier pour les vivants et pour les morts.

 

Je suis certain qu’au cours de cette Messe, le Saint Esprit pourra traduire ces idées générales en quelques possibilités concrètes pour chacun de nous. Mais le Saint Esprit est extrêmement poli. Il ne veut pas que nous soyons ses esclaves, mais ses amis. Et donc, même s’il veut nous donner de bonnes idées, il ne nous forcera pas de les exécuter. Il nous laisse libre de dire oui ou non.

 

En poursuivant cette célébration du sacrifice du Christ, de son "oui" parfait au Père, disons-lui notre "oui". Que la beauté et la puissance de cette Messe nous donne le courage dont nous avons besoin pour vivre la mission de notre vie un peu mieux que la semaine dernière, pour être sel et lumière dans un monde cassé et paumé.

Le sel n’est pas pour lui-même ; la lumière non plus.

Le sel n’est pas pour lui-même ; la lumière non plus.

LA BIENHEUREUSE CATHERINE EMMERICH, PATRONNE CÉLESTE DE TOUS DANS LE DISCERNEMENT DU VRAI PAPE Par le Frère Alexis Bugnolo

dominicanus #Fêtes

Demain, 9 février, est la fête de la bienheureuse Anna-Katerina Emmerich (en français: Anne-Catherine Emmerich).

 

Les origines, l'enfance et l'appel de la grâce

Anna-Katerina est née dans une famille pauvre d'agriculteurs en Allemagne, le jour de la fête de la Nativité de la Vierge, en 1774, à Flamschen, à Coesfeld, une petite ville agricole de Westphalie, dans le diocèse de Münster.

Enfant, elle travaillait dans les champs pour aider ses parents et ses neuf frères et sœurs. En grandissant, elle est allée travailler pendant trois années dans une ferme plus grande pour gagner de l'argent pour sa famille. Elle est ensuite devenue couturière, pour les mêmes raisons. Elle a reçu très peu d'éducation, mais dès son enfance, elle s'est consacrée à la prière.

Sentant l'appel à se consacrer au Christ comme l'une de ses vierges fidèles, elle a cherché à être admise dans plusieurs couvents. Dans ces années-là, les couvents exigeaient que les futures vocations apportent avec elles les nécessités de base de la vie, et parfois même de l'argent. C'est ce qu'on appelait la dot du couvent. Étant pauvre, elle ne pouvait pas se le permettre. Alors, elle a pris un emploi dans une famille voisine, pour gagner l'argent nécessaire. Et sa charité était si grande qu'en voyant la pauvreté de cette famille, elle l'a aidée plutôt que d'économiser de l'argent, et a donc retardé de quelques années son entrée au couvent.

Finalement, à l'âge de 28 ans, avec une des filles de la même famille, elle fut admise chez les Sœurs Augustines à Agnetenburg, à Dülmen, dans le même diocèse de Münster. Bientôt, elle fera preuve, comme beaucoup de vocations tardives qui ont persévéré à travers de nombreuses épreuves pour aboutir, d'une vertu exceptionnelle.

 

 

Virginité et dévotion, chemin vers la sainteté

Après une année de formation, elle a prononcé ses vœux. À l'époque, les vœux perpétuels étaient prononcés au bout d'un an seulement. C'était une bonne pratique pour les âmes sincères car cela leur permettait d'avoir plus de certitude concernant leur vocation et les protégeait de nombreux doutes qui détournent beaucoup de vocations dans le système actuel de 3 à 5 ans de noviciat.

Elle était connue pour sa stricte observance de la Règle du Couvent, chose qui caractérise tout Saint de l'Eglise ayant été moine ou moniale ou frère ou sœur. Et bientôt, en récompense de sa véritable dévotion à ses devoirs de vierge-épouse du Christ, elle fut gratifiée d'une vie mystique exceptionnelle et de fréquentes extases. Ses pénitences et jeûnes extrêmes lui ont également valu une mauvaise santé. Et ces deux circonstances ont fait d'elle l'objet de nombreux malentendus de la part de ses consœurs.

En 1812, l'impie Jérôme Bonaparte, alors roi de l'État fantoche français de Westphalie, dissout les monastères et saisit les biens de son couvent. Elle fut forcée de se réfugier chez une veuve locale. Vous pouvez voir ci-dessous une photo de la maison où elle allait vivre pendant près de 12 ans.

 

En 1815, le Seigneur Jésus lui a donné ses stigmates - des blessures produites mystiquement qui reproduisent certaines de celles qu'il a endurées pour notre salut.  Ses blessures ont saigné et sont restées sur son corps jusqu'en 1818. Leur nature miraculeuse et leur durée inexplicable ont suscité un étonnement certain chez les médecins et les scientifiques de la région, et sont restées une source de grande controverse. Un prêtre de la région la considérait comme une folle auto-infligée, car la forme d'une de ses blessures était celle de la croix d'une église locale ! A un moment donné, l'hystérie au sujet de ses blessures était telle que les autorités locales l'ont détenue pendant trois semaines sous surveillance constante, et voyant que les blessures n'avaient pas de cause naturelle ni ne se refermaient, l'ont laissée partir.

 

 

Une vie mystique

Anna Katerina, dans son lit de malade.

 

Dans l'Église catholique, le mysticisme se réfère aux rencontres personnelles de l'âme avec Dieu et les Saints dans des événements extraordinaires visibles, audibles ou physiques. Grâce à ses écrits, nous savons que la bienheureuse Catherine Emmerich a eu des visions de Jésus lorsqu'elle était petite fille et qu'elle a parlé avec les âmes au Purgatoire. Elle a reçu la grâce immense et très rare de contempler la Très Sainte Trinité sous la forme d'une forme angélique et iconique, de trois cercles, concentriques les uns par rapport aux autres.

De ses visions, c'est à Clemens Brentano qu'elle a le mieux tenté d’en faire la description. Il n'est donc pas surprenant que certaines de ses descriptions soient très enfantines ou s'inspirent de la tradition et de la légende locales pour tenter d'expliquer ce qu'elle a vu.

Ce que la plupart des catholiques ne savent pas, c'est que lorsque les saints ont des visions, ce sont presque toujours des choses imaginaires, audibles ou même physiques, produites par les Saints Anges, qui sont suggérées aux saints pour les aider à comprendre les choses divines d'une manière simple et enfantine. Tous les saints ne comprennent pas ce qu'ils voient, parce que c'est une grâce distincte qui requiert également une certaine intelligence naturelle. Et c'est pourquoi la Sainte Mère l'Église est très prudente lorsqu'elle propose d'accorder une quelconque crédibilité à des visions de toute sorte, car elles sont très difficiles à interpréter, étant causées par des intelligences angéliques bien supérieures aux nôtres, des intelligences qui ont une parfaite connaissance de la symbolique et des Écritures, dont peu de théologiens, même les plus savants, n'ont la moindre idée.

Mais son caractère et sa sainteté personnelle ont démontré sa crédibilité et elle a rapidement acquis auprès de ses amis, le père Clemens von Droest, futur archevêque de Cologne, et Johan Saller, évêque de Ratisbonne (une totale confiance). Parmi ses nobles partisans figuraient le prince archevêque, Karl Theodor Anton Maria von Dalberg de Ratisbonne, l'archichancelier et électeur du Saint-Empire romain.

 

 

Auteur

Esquisse d'Anna Katerina en tant que religieuse.

 

La bienheureuse Catherine Emmerich, en raison de son éducation déficiente, a été inspirée par Dieu pour demander à Clemens Brentano d'écrire ses visions, lorsqu'il lui a rendu visite, après de nombreuses années, en 1818. Attaqué et vilipendé par tous les ennemis de la Bienheureuse, Brentano a accompli la tâche si fidèlement qu'il est devenu depuis l'objet du mépris de tous ceux qui veulent discréditer Anna-Katerina et les grâces que Jésus lui a accordées.

Après dix années de dictée et de réédition, il a publié en 1833, la monumentale Vie du Christ de la bienheureuse Catherine Emmerich, intitulée La Passion douloureuse de Notre Seigneur Jésus-Christ selon les méditations d'Anne Catherine Emmerich. Il commença alors son deuxième livre, mais mourut avant qu'il ne soit achevé. Il a été publié dix ans après sa mort en 1852, sous le titre La Vie de la Sainte Vierge Marie d'après les Visions d'Anne Catherine Emmerich.

Demain, 9 février, sera le 1996ème anniversaire du passage de la bienheureuse Anna-Katerina à la gloire éternelle, puisqu'elle est morte le 9 février 1824 à Dülmen, où se trouvait son couvent.

 

 

Les vraies prophéties

Bien que les œuvres de Brentano aient été sévèrement critiquées et que leur authenticité ait été attaquée et rejetée par beaucoup, les informations relatées par la Bienheureuse Catherine Emmerich sont sans aucun doute prophétiques.

La première confirmation remonte à 1881, lorsque le père Julien Gouyet, un prêtre français, croyant en ses visions, telles que transcrites par Brentano, redécouvrit la maison de Notre-Dame d'Éphèse, en utilisant les informations rapportées par Anna-Katerina. Cette ancienne structure, qui était vénérée par les chrétiens grecs dans les premiers siècles, en tant que résidence de la Vierge, lorsque l'apôtre saint Jean prêchait à Éphèse, avait été perdue et oubliée pendant des centaines d'années, sans qu'aucune trace de son emplacement exact ne soit connue des chercheurs de cette époque.

 

 

Les ennemis attaquent et sont vaincus

Une reconstitution de ce à quoi ressemblait la chambre d'Anna-Katerina au moment de sa mort.

 

Sa cause de béatification a été entamée en 1892, mais elle a été arrêtée en 1925 par le Vatican en raison des critiques formulées à l'égard de l'œuvre de Brentano, que l'on croyait être davantage sa propre production que celle de la Bienheureuse. Par la suite, cependant, le Vatican a mis de côté ses écrits et a repris son procès, en 1973, en se basant uniquement sur ses vertus et son exemple personnels.

La Congrégation pour les Saints a approuvé la reconnaissance d'un miracle attribué à son intercession en juillet 2003. Elle a été béatifiée par le pape Jean-Paul II lors de la vigile de saint François d'Assise, en 2004, seize années avant la date des abominables rituels idolâtres au Vatican, qu'elle avait en partie prévus. - Cela semble indiquer que le pape avait lu ses écrits et qu'il avait mis une foi profonde dans ce qu'elle avait dit sur la guerre à venir entre l'Église de la lumière et l'Église des ténèbres.

Ses écrits ont inspiré Mel Gibson dans sa manière de représenter La Passion du Christ dans son film.

 

 

Dieu récompense la Foi, l'Espérance et la Charité par la prophétie

La grande leçon de la vie de la bienheureuse Anna-Katerina est que Dieu récompense ses fidèles serviteurs par la connaissance des choses divines et futures. Il fait cela pour nous consoler, nous conduire au Ciel et nous aider à connaître les problèmes à venir ici sur Terre afin que nous puissions les reconnaître comme tels lorsqu'ils arriveront. Nous sommes bénis si nous les acceptons avec la même foi simple que celle de la bienheureuse Catherine Emmerich au moment de recevoir ses inspirations.

C'est dans cette confiance enfantine en ses prophéties concernant la basilique de Sainte-Marie-Majeure que Veri Catholici, l'association internationale des catholiques opposés à la mafia de Saint-Gall, a parrainé les 40 Jours de Prière contre l'Église des Ténèbres, que FromRome.Info Video présente chaque soir à 23h52, heure de Rome, sur sa chaîne vidéo et avec un post à FromRome.Info.

 

 

Lire aussi :

>> LA RENONCIATION DU PAPE BENOÎT XVI à la lumière du Magistère du Pape Jean Paul II

>> Le Pape Benoît XVI est toujours Pape - Brian Murphy

 

 

Lectures Cinquième Dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

 

1ère lecture : Celui qui donne aux malheureux est une lumière(Is 58, 7-10)

 

Lecture du livre d'Isaïe

Partager ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable.
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera.
Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Si tu fais disparaître de ton pays le joug, le geste de menace, la parole malfaisante, si tu donnes de bon coeur à celui qui a faim, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi.
 
 

Psaume : Ps 111, 1a.4, 5a.6, 7-8a, 9

R/ Dans la nuit de ce monde, brille la lumière du juste.

 

Heureux qui craint le Seigneur !
Lumière des cœurs droits, il s'est levé dans les ténèbres,
homme de justice, de tendresse et de pitié.

L'homme de bien a pitié, il partage ;
cet homme jamais ne tombera ;
toujours on fera mémoire du juste.

Il ne craint pas l'annonce d'un malheur :
le cœur ferme, il s'appuie sur le Seigneur.
Son cœur est confiant, il ne craint pas.

À pleines mains, il donne au pauvre ;
à jamais se maintiendra sa justice,
sa puissance grandira, et sa gloire !

 

 

 

2ème lecture : En guise de sagesse, Paul annonce un Messie crucifié (1 Co 2, 1-5)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage humain ou de la sagesse.
Parmi vous, je n'ai rien voulu connaître d'autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié.
Et c'est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, que je suis arrivé chez vous.
Mon langage, ma proclamation de l'Évangile, n'avaient rien à voir avec le langage d'une sagesse qui veut convaincre ; mais c'est l'Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi ne repose pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.
 
 

Evangile : Sermon sur la montagne. Le sel de la terre et la lumiière du monde (Mt 5, 13-16)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Lumière du monde, Jésus Christ, celui qui marche à ta suite aura la lumière de la vie. Alléluia. (cf. Jn 8, 12)

 

 

Vous-e-tes-la-lumie-re-du-monde.jpg

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
« Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n'est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent.

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »
 
Copyright AELF - 1980 - 2011 - Tous droits réservés

Dieu est pro-vie - Homélie pour la Présentation du Seigneur au Temple

dominicanus #Fêtes

 

Présentation au temple

 

 

Les deux rituels de la tradition juive que Marie et Joseph ont observés après la naissance de Jésus ne nous sont guère familiers. Mais leur signification profonde est toujours valable pour nous aujourd’hui. C’est pour cela que le Saint Esprit nous en a conservé la narration dans l’évangile.

 

Quelle est ce sens profond? Pour le dire simplement, voici: toute vie humaine est un don précieux que Dieu nous fait, et ce don, nous devons l’accueillir avec révérence et respect.

 

Quand saint Luc raconte que Marie et Joseph « consacrent » Jésus au Seigneur, il se réfère au premier rituel. Il consistait à offrir un don à Dieu en échange symbolique de leur enfant, pour reconnaître que les enfants sont le don de Dieu, et lui appartiennent en fin de compte. Il y a une allusion à la Pâque, quand Dieu anéantit les premier-nés des enfants d’Égypte en épargnant ceux d’Israël. 

 

Le deuxième rituel rappelle la sainteté de la maternité. Après avoir enfanté, les femmes devaient se soumettre à la loi juive qui stipulait qu’elles devaient attendre un certain temps avant de pouvoir entrer dans le Temple pour participer à une quelconque cérémonie religieuse. Une fois ce laps de temps écoulé, elles pouvaient se joindre à la prière de la communauté en offrant deux sacrifices (le couple de tourterelles). Cette prescription reflète, elle aussi, la valeur religieuse de toute vie humaine. C’était une manière de reconnaître le caractère sacré de la vie humaine.

 

Quand une femme enfante, elle participe à un mystère qui touche Dieu directement, puisqu’il il est celui qui crée la vie, en particulier la vie humaine, image et ressemblance de Dieu, et la conserve dans l’existence. Il était donc approprié que la femme soit empêchée de participer à toutes les activités ordinaires aussitôt après l’enfantement. C’était comme un signe pour exprimer qu’elle avait été impliquée en quelque chose de sacré.

 

La soumission à ces lois religieuses exprime donc le respect pour toute vie humaine. Tout enfant, toute vie humaine, est un don de Dieu, une participation au mystère de sa toute-puissance et de son amour infini. Jésus est pro-vie, car il est l’auteur et le protecteur de la vie humaine, de notre vie à chacun.

 

 

La fête de la Présentation du Seigneur au Temple n’est pas toujours célébrée un dimanche. Mais quelque soit le jour, elle est associée à une longue tradition qui commémore à cette occasion les vocations à la vie consacrée. Ce jour-là, le Pape célèbre une liturgie spéciale à la Basilique Saint-Pierre à Rome, à laquelle il invite tous les membres des ordres, des congrégations religieuses et des instituts de vie consacrée qui sont à Rome, c’est-à-dire des milliers d’hommes et de femmes.

 

La vocation à la vie consacrée est associée au passage de l’évangile de ce jour parce que, quand des hommes ou des femmes consacrent totalement leur vie au service du Seigneur et de son Église, ils s’offrent d’une manière qui s’apparente à la manière dont Marie et Joseph ont consacré Jésus. Ils se présentent eux-mêmes à Dieu, en réponse à un appel qu’ils ont perçu au plus profond de leur cœur, en lui abandonnant leur vie, promettant de vivre dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance pour toute la vie.

 

Le fait que Dieu appelle certains d’entre nous à le suivre de manière radicale constitue une preuve supplémentaire de son amour, de son respect pour toute vie humaine. Nous sommes  vraiment importants à ses yeux!

 

Peu de choses témoignent de la réalité de l’amour de Dieu pour nous autant que le témoignage de la vie consacrée, que le fait que tant d’hommes et de femmes renoncent à tout ce qui est précieux pour le monde, uniquement pour suivre Dieu de plus près.

 

 

 

Le fait que toute vie humaine est un don de Dieu, et est ainsi une réalité sacrée, a des conséquences très concrètes et pratiques. La plus importante et pratique est que nous devons prendre soin de notre vie. Nous sommes marqués d’un caractère royal, membres de la famille de Dieu, appelés à remplir une mission dans le projet de Dieu pour sauver le monde. C’est important! Et nous devons en tenir compte. Nous devons nous préserver de tout péché, en ayant fréquemment recours à la prière, à la sainte communion, à la confession. Nous devons nous garder des multiples tentations en exerçant une auto-discipline dans notre manière de disposer de notre temps, de notre argent, de nos talents… Nous devons nous rappeler que le démon « rôde autour de la maison, cherchant qui dévorer », comme le dit la Bible (1 P 5, 8). Il veut nous éloigner de Dieu, justement parce qu’il sait combien nous sommes précieux à ses yeux.

 

 

La deuxième conséquence pratique regarde ceux et celles qui nous entourent, surtout les plus proches de nous. Nous pouvons si facilement nous laisser aveugler par leurs échecs, leurs imperfections, leurs limites... que nous finissons par ne plus les apprécier pour ce qu’ils sont aux yeux de Dieu, qui les prend tous par la main, en les aimant sans condamner, sur le chemin de la rédemption. Nous sommes appelés à faire de même, et à être les messagers de Dieu, signes vivants de son amour pour notre prochain par notre attitude envers eux.

 

Dans cette eucharistie, Dieu rejoint chacun de nous, en dépit de nos manquements, péchés, et infidélités. Il va au-delà des apparences et nous regarde tels que nous sommes en vérité: créés à son image et à sa ressemblance, et destinés à sa gloire sans fin. Demandons-lui de faire comme lui.

 

Lectures Présentation du Seigneur au Temple

dominicanus #Fêtes
Lectures Présentation du Seigneur au Temple

PREMIÈRE LECTURE

« Soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez » (Ml 3, 1-4)

Lecture du livre du prophète Malachie

Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Voici que j’envoie mon messager
pour qu’il prépare le chemin devant moi ;
et soudain viendra dans son Temple
le Seigneur que vous cherchez.
Le messager de l’Alliance que vous désirez,
le voici qui vient – dit le Seigneur de l’univers.
Qui pourra soutenir le jour de sa venue ?
Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ?
Car il est pareil au feu du fondeur,
pareil à la lessive des blanchisseurs.
Il s’installera pour fondre et purifier :
il purifiera les fils de Lévi,
il les affinera comme l’or et l’argent ;
ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur,
présenter l’offrande en toute justice.
Alors, l’offrande de Juda et de Jérusalem
sera bien accueillie du Seigneur,
comme il en fut aux jours anciens,
dans les années d’autrefois.

— Parole du Seigneur.

 

PSAUME

(Ps 23 (24), 7, 8, 9, 10)

R/ C’est le Seigneur, Dieu de l’univers ;
c’est lui, le roi de gloire.
 
 (Ps 23, 10bc)

Portes, levez vos frontons,
élevez-vous, portes éternelles :
qu’il entre, le roi de gloire !

Qui est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur, le fort, le vaillant,
le Seigneur, le vaillant des combats.

Portes, levez vos frontons,
levez-les, portes éternelles :
qu’il entre, le roi de gloire !

Qui donc est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur, Dieu de l’univers ;
c’est lui, le roi de gloire.

DEUXIÈME LECTURE

« Il lui fallait se rendre en tout semblable à ses frères » (He 2, 14-18)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair,
Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition :
ainsi, par sa mort, il a pu réduire à l’impuissance
celui qui possédait le pouvoir de la mort,
c’est-à-dire le diable,
    et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort,
passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves.
    Car ceux qu’il prend en charge, ce ne sont pas les anges,
c’est la descendance d’Abraham.
    Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères,
pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi
pour les relations avec Dieu,
afin d’enlever les péchés du peuple.
    Et parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion,
il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve.

    – Parole du Seigneur.

 

ÉVANGILE

« Mes yeux ont vu ton salut » (Lc 2, 22-40)

Alléluia. Alléluia.
Lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël.
Alléluia. (Lc 2, 32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin
sera consacré au Seigneur.

Ils venaient aussi offrir
le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles
ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux,
qui attendait la Consolation d’Israël,
et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus
pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras,
et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

Le père et la mère de l’enfant
s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit,
puis il dit à Marie sa mère :
« Voici que cet enfant
provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.
Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – :
ainsi seront dévoilées
les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Il y avait aussi une femme prophète,
Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser.
Elle était très avancée en âge ;
après sept ans de mariage,
demeurée veuve,
elle était arrivée à l’âge de 84 ans.
Elle ne s’éloignait pas du Temple,
servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
Survenant à cette heure même,
elle proclamait les louanges de Dieu
et parlait de l’enfant
à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Lorsqu’ils eurent achevé
tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,
ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.

L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,
rempli de sagesse,
et la grâce de Dieu était sur lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

OU LECTURE BREVE

 

ÉVANGILE

(Lc 2, 22-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin
sera consacré au Seigneur.

Ils venaient aussi offrir
le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles
ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux,
qui attendait la Consolation d’Israël,
et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus
pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras,
et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Jésus ne fait rien tout seul - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

3 TOA 1ev

 

 

L’arrestation de Jean Baptiste, mentionnée au début du passage de l’évangile de ce dimanche, a été pour Jésus un moment de transition. Avant cela, Jésus avait commencé à rassembler ses Apôtres et à prêcher, mais seulement à temps partiel. Tant que Jean pouvait continuer à prêcher et à baptiser, Jésus était resté effacé. Mais l’arrestation de Jean était pour lui un signe. Le dernier des prophètes avait été réduit au silence, et l’heure était venue pour Jésus, le Messie annoncé par tous les prophètes, d’apparaître au centre de la scène.


Saint Matthieu nous dit que dès ce moment-là, Jésus s’est établi à Capharnaüm, une ville plus cosmopolite que Nazareth. C’est là, à Capharnaüm, qu’il appelle ses premiers Apôtres. Pierre, André, Jacques et Jean avaient déjà rencontré Jésus auparavant, quand ils étaient encore disciples de Jean Baptiste. Ils avaient passé du temps avec lui. Ils avaient été là, à Cana, quand Jésus a accompli le premier des signes, changeant l’eau en vin pour les invités de la noce. Ils avaient commencé à faire sa connaissance. L’évangile de Jean nous dit même qu’ils avaient commencé à croire qu’il était le Messie.


Mais pour Jésus, cela ne suffit pas. Il voulait leur montrer davantage, et leur demander davantage. Et c’est ainsi qu’à ce moment crucial, quand il est prêt pour commencer son ministère à plein temps, que Jésus va à la rencontre de ces pêcheurs qui étaient en train de jeter leurs filets dans la Mer de Galilée, qu’il les appelle chacun par leur nom, et qu’il les invite à le seconder pour construire son Royaume.


Jésus n’a pas commencé sa mission tout seul, et il ne la poursuit pas tout seul. Il établit son Eglise, et il commence son œuvre de salut avec l’aide de ces apôtres qu’il choisit. Aujourd’hui il continue sa mission de la même manière, en appelant des pêcheurs normaux, des gens comme vous et moi, à devenir ses apôtres.


 

Le fait que Dieu ne veut rien faire tout seul est très révélateur de ce qu’est la nature humaine. Nous sommes à la fois dépendants et autonomes. Les autres créatures visibles de Dieu sont seulement dépendants. Les objets inanimés dépendent totalement des lois de la physique et de la chimie. Les plantes et les animaux dépendent aussi des lois de la biologie. Les animaux dépendent en outre de leur instinct. Dans tous ces cas, la dépendance est totale. Le comportement de ces créatures est entièrement déterminé par leur Créateur.


Les êtres humains, eux, ne sont que partiellement dépendants des lois de la physique, de la chimie, de la biologie et de l’instinct, parce que Dieu nous a donné quelque chose qu’il n’a donné à aucune de ses créatures visibles : une âme spirituelle.


Cela veut dire d’abord que nous sommes conscients de ce que nous faisons ; nous sommes capables de réfléchir à la réalité qui nous entoure et à notre expérience. Il n’y a que les êtres humains qui tiennent des journaux intimes. C’est parce que nous avons cette conscience de nous-mêmes que nous avons également dans une grande mesure la capacité de nous autodéterminer. C’est ce qu’on appelle le libre arbitre. C’est là qu’intervient notre autonomie.


Les oiseaux agissent par instinct, automatiquement. Les êtres humains, en analysant les pulsions qu’ils ressentent, peuvent choisir leur manière de réagir, en les suivant, en les rejetant, ou en les canalisant. Ce n’est qu’en vertu de la conscience que nous avons de nous-mêmes et de notre capacité à l’autodétermination que nous sommes capables de nous connaître et d’aimer Dieu et le prochain profondément. C’est pour cela qu’il est écrit que Dieu nous a faits à son image et à sa ressemblance.


Le péché originel a obscurci cette ressemblance. Quand le Christ l’a restaurée, il a été logique. Il nous a créés avec la capacité de l’autodétermination, et il ne nous l’a pas enlevée pour nous sauver. Non ! Il requiert notre coopération. En nous invitant à collaborer avec lui à la mission de l’Eglise de sauver le monde, au lieu de tout faire tout seul, il nous montre la dignité de notre nature, en même temps que son désir de notre amitié.


 

Jésus appelle chacun, chacune à le suivre, comme nous le rappelle le Catéchisme de l’Eglise Catholique (n. 30) :


" Si l’homme peut oublier ou refuser Dieu, Dieu, Lui, ne cesse d’appeler tout homme à Le chercher pour qu’il vive et trouve le bonheur. Mais cette quête exige de l’homme tout l’effort de son intelligence, la rectitude de sa volonté, ‘un cœur droit’, et aussi le témoignage des autres qui lui apprennent à chercher Dieu."


Mais il appelle certaines personnes à le servir dans l’Eglise d’une manière particulière. Il appelle certains à la prêtrise, et certains hommes et femmes à la vie consacrée. Saint Jean Bosco disait souvent qu’une personne sur quatre était appelé à cette vie de prière, de sacrifice et de service héroïque. Il ne fait aucun doute que Dieu appelle certains jeunes dans notre communauté paroissiale ou autre à cette mission spéciale. Il les appelle à renoncer à leurs projets personnels et à mettre leur confiance en lui exclusivement, tout comme Pierre et André ont laissé derrière eux leurs barques, leurs filets et leurs affaires. Jésus les appelle à renoncer aux belles joies de la vie de famille pour donner leur cœur à lui entièrement, tout comme Jacques et Jean ont quitté leur père Zébédée dans la barque.


Ces vocations particulières touchent notre vie à nous tous ; l’Eglise ne peut pas s’en passer ; le Christ les désire ardemment.


Et pourtant il n’y a aucun automatisme. Le Christ ne force personne à répondre oui à son invitation. S’il vous appelle, n’ayez pas peur. Faites un pas. N’attendez pas. L”évangile nous dit que les premiers apôtres ont tout laissé « aussitôt ». Laissez derrière vous les filets, la barque, les affections : Jésus ne vous laissera jamais tomber. Il est Dieu, il mérite votre confiance.


Pour tous les autres, alors que Jésus renouvelle le don total qu’il nous fait de lui-même dans cette Eucharistie, promettez-lui de le suivre de plus près aussi, en étant ses témoins courageux là où nous vivons, en aidant les autres à entendre et à suivre son appel dans leur vie.

Nous laisser conduire de nos ténèbres à la lumière - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
3 TOA 1ev
 
 
    Nous retrouvons à partir de ce dimanche la lecture de l'Évangile de saint Matthieu. Arrêtons-nous donc un instant pour nous rappeler des choses fondamentales qu'il est indispensable d'avoir en mémoire pour bien comprendre cet évangile. Écoutons ce que nous en dit un exégète averti, le cardinal Martini (Bible et vocation, p. 109 ss.) :
L'Église a toujours considéré la vocation chrétienne comme une suite d'initiations au mystère chrétien : initiations qui s'étendent depuis un point de départ jusqu'à un point d'arrivée, en franchissant des étapes intermédiaires. À mon avis, tout cela est très bien exprimé dans les quatre évangiles considérés comme "manuels" pour ces différents moments ou étapes de l'initiation chrétienne.


    Jésus dit que "le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat" (Mc 2, 27). Nous pourrions dire la même chose des évangiles : les évangiles ont été faits pour l'homme et non pas l'homme pour les évangiles ! Et c'est pour cela qu'il y en a quatre, parce que cela correspond à un besoin humain. Écoutons encore le cardinal Martini :

Nous pouvons retrouver dans le mystère chrétien quatre étapes d'une ascèse, étapes qui se rattachent facilement aux quatre évangiles. La première étape est celle du catéchuménat qu'on peut mettre en relation avec l'évangile de Marc, ou évangile de l' "initiation catéchuménale". La deuxième étape est celle de l' "illumination" (retenez bien ce mot !) ou du baptême, en relation avec l'évangile de Matthieu ou "évangile de l'Église", parce qu'il contient tout ce qui est nécessaire pour insérer le nouveau baptisé dans la communauté. La troisième étape est celle de l' "évangélisation" ou du témoignage, en relation à l'évangile de Luc et aux Actes des Apôtres, dans lesquels est contenu tout ce qui contribue à la formation de l'évangélisateur. La quatrième étape est celle du "sacerdoce" ou du "christianisme adulte", en relation à l'évangile de Jean parce que celui-ci contient ce qui peut éduquer à la maturité de la foi, au "sacerdoce" chrétien. (pour l'Évangile de Jean cf. Cardinal Martini, Voici votre roi.)


    L'Évangile de saint Marc est probablement le plus ancien, et a été utilisé dès le début pour annoncer le Christ aux non-croyants, pour les acheminer vers la conversion et le baptême. Il fait comprendre aux catéchumènes quel chemin ils sont appelés à faire. C'est le manuel de la préparation au baptême. C'est aussi ce manuel que nous devons sans cesse reprendre pour ne pas tomber dans la routine, pour ne pas nous contenter d'une connaissance superficielle du mystère chrétien, pour une "nouvelle évangélisation", comme on dit aujourd'hui. L'évangélisation de ceux qui sont déjà baptisés, mais qui ne vivent pas leur baptême, parce qu'ils sont tombés dans la routine, est une tâche très importante pour l'Église aujourd'hui.

    Cette première étape est exigeante, mais la deuxième ne l'est certainement pas moins (cf. deuxième lect.), et toujours à remettre en chantier aussi. C'est pour nous aider à la parcourir que nous est donné l'évangile de saint Matthieu, qui est l'"Évangile de l'Église".

L'évangile de Matthieu aide le catéchiste à donner au nouveau baptisé une connaissance ordonnée, systématique et organique du mystère chrétien. Il offre au nouveau baptisé toute l'instruction nécessaire pour sa pleine insertion dans la communauté. (Martini)


    Pour comprendre, il suffit de lire la finale de cet évangile :

Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. (Mt 28, 19-20)


    Ce qui est demandé au catéchumène, c'est principalement de reconnaître Dieu dans la personne de Jésus. Ce qui est demandé au néophyte, c'est de reconnaître la personne de Jésus dans l'Église. Combien y a-t-il de baptisés qui n'ont jamais fait ce pas, ou qui ne le font que timidement, avec bien des hésitations. Voilà donc "la sauce" à laquelle nous allons être mangés durant cette année A du cycle liturgique, qui revient tous les trois ans. Et nous en avons bien besoin !

Le Christ est la Lumière des nations ; aussi, en annonçant l'Évangile à toute créature (cf. Mc 16, 15), le saint Concile réuni dans l'Esprit-Saint désire-t-il ardemment illuminer tous les hommes de la lumière du Christ qui resplendit sur le visage de l'Église.


    Vous avez reconnu là une affirmation que j'ai déjà citée et que vous avez donc pu reconnaître assez facilement : c'est le début de la constitution dogmatique sur l'Église du Concile Vatican II (Lumen gentium). Ce désir de l'Esprit, c'est un ordre pour l'Église :

Ce devoir, les conditions actuelles l'imposent à l'Église avec une urgence accrue : il importe en effet que la communauté humaine, toujours plus étroitement unifiée par de multiples liens sociaux, techniques, culturels, puisse atteindre également sa pleine unité dans le Christ.


    Il y a les États-Unis d'Amérique, les Nations Unies, l'Union Européenne. Et que dire de l'Internet (la toile mondiale) ? ...

    Un peu plus loin (n. 2) le Concile affirme :

Par une disposition tout à fait libre et mystérieuse de sa sagesse et de sa bonté, le Père éternel a créé l'univers. Il a voulu élever les hommes jusqu'au partage de la vie divine. Et une fois qu'ils eurent péché en Adam, il ne les abandonna pas ; sans cesse il leur offrit des secours pour leur salut en considération du Christ rédempteur, "qui est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature" (Col. 1, 15).


    Voilà, si l'on suit l'analyse du Cardinal Martini, le propos de l'Évangile de saint Marc. Voici celui de saint Matthieu (c'est la suite de la constitution conciliaire) :

D'autre part, ceux qu'il a choisis, le Père avant tous les siècles les "a d'avance connus et prédestinés à reproduire l'image de son Fils, pour que celui-ci soit le premier-né d'un grand nombre de frères" (Rom. 8, 29). Et ceux qui ont foi dans le Christ, il a voulu les rassembler en la sainte Église qui, préfigurée dès l'origine du monde, admirablement préparée dans l'histoire du peuple d'Israël et l'ancienne Alliance, établie en ces temps qui sont les derniers, a été manifestée par l'effusion de l'Esprit et sera glorieusement achevée à la fin des siècles. Alors seulement, comme on peut le lire dans les saints Pères, tous les justes depuis Adam, "depuis le juste Abel jusqu'au dernier élu" seront rassemblés auprès du Père dans l'Église universelle.

    Ce passage du Concile est, me semble-t-il, un très beau commentaire de l'évangile que nous venons d'entendre, et notamment du verset qui est une citation du Livre d'Isaïe que nous avons entendu dans la première lecture :

Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée, toi le carrefour des païens : le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l'ombre et de la mort, une lumière s'est levée.


    Cette lumière, dit le Concile, c'est "la lumière du Christ", mais elle "resplendit sur le visage de l'Église", dont l'Esprit Saint désire "illuminer tous les hommes" (le "pays de Zabulon et de Nephtali ... le carrefour des païens).

    Un soir, ou plutôt une nuit, j'avais laissé un commentaire sur un blog français, dont l'auteur était en train de dormir (décalage horaire !), mais qui, avant de s'endormir, avait souhaité une bonne nuit à tous ces lecteurs. Dans mon commentaire j'écrivais que je lui envoyais mon ange pour aider le sien à la garder sur tous ses chemins. Ce matin, en me réveillant, je me suis aperçu que la personne avait posté une réponse sur l'un de mes blogs :

Je voulais juste vous dire pour qu'il n'y ait pas de rejet ou méprise de votre part que je suis athée et de façon irrévocable ce qui ne m'empêche nullement de vous lire et d'avoir un profond respect pour la religion et ceux ou celles qui ont la foi.


    "Athée" ... "de façon irrévocable" ... Nous nous trouvons bien au carrefour des païens d'aujourd'hui...

    Eh bien, que voyons-nous dans la suite du passage de l'évangile ? Saint Matthieu nous y résume non seulement l'activité missionnaire de Jésus, mais il nous montre Jésus appelant à lui ses premiers disciples. En fait, ils ne sont pas encore appelés "disciples". Jésus leur demande seulement de venir derrière lui, mais en ajoutant qu'il fera d'eux des pêcheurs d'hommes, des pêcheurs de païens. D'emblée, Jésus les associe à sa mission.

    La façon dont saint Matthieu nous présente la scène est une façon d'affirmer que la communauté chrétienne pour laquelle il écrit, aux confins de la Syrie et de la Palestine, s'origine dans la prédication de Jésus, et dans nulle autre, et qu'écouter cette prédication engage à faire du Royaume la préoccupation essentielle. Le Royaume, c'est Jésus qui nous libère, qui nous invite à quitter le tout de notre vie quotidienne pour qu'il puisse la transfigurer.

Commencer à le suivre, c'est venir lui présenter nos maladies, nos tourments, nos aliénations, nos paralysies, afin qu'il les guérisse. N'est-ce pas dans cette situation concrète que la célébration eucharistique, chaque dimanche, nous rassemble ? Savons-nous discerner l'absolu du Royaume et nous laisser conduire de nos ténèbres à la lumière ? (Jean Radermakers)
Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.

Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.

Lectures 3° dimanche du Temps Ordinaire Année A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre d'Isaïe (Is 8, 23 - 9,3)

8
23  Dans les temps anciens,
le Seigneur a couvert de honte
le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ;
mais ensuite,
il a couvert de gloire
la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain,
et la Galilée, carrefour des païens.
9
Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière;
    sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre une lumière a resplendi.
2  Tu as prodigué l'allégresse, tu as fait grandir la joie;
    ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit en faisant la moisson,
    comme on exulte en partageant les dépuilles des vaincus.
Car le joug qui pesait sur eux, le bâton qui meurtrissait leurs épaules,
    le fouet du chef de corvée,
    tu les as brisés comme au jour de la victoire sur Madiane.

 
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Psaume (Ps 26, 1, 4abcd, 13-14)
R/ Le Seigneur est lumière et salut
01  Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ? *
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

4a  J'ai demandé une chose au Seigneur,
4b  la seule que je cherche :
4c  habiter la maison du Seigneur
4d  tous les jours de ma vie, *

13  Mais j'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants. *
14  « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »



 
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 1, 10-13.17)

1
10  Frères, je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ à être tous vraiment d'accord ; qu'il n'y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et de sentiments.
11  J'ai entendu parler de vous, mes frères, par les gens de chez Cloé : on dit qu'il y a des disputes entre vous.
12  Je m'explique. Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j'appartiens à Paul », ou bien : « J'appartiens à Apollos », ou bien : « J'appartiens à Pierre », ou bien : « J'appartiens au Christ ».
13  Le Christ est-il donc divisé ? Est-ce donc Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ?
17  D'ailleurs, le Christ ne m'a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l'Évangile, et sans avoir recours à la sagesse du langage humain, ce qui viderait de son sens la croix du Christ.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 4, 12-23)
3 TOA 1ev


4
12  Quand Jésus apprit l'arrestation de Jean Baptiste, il se retira en Galilée.
13  Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord du lac, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
14  Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe :
15  Pays de Zabulon et pays de Nephtali,
route de la mer et pays au-delà du Jourdain,
Galilée, toi le carrefour des païens :
16  le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu se lever une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient dans le pays de l'ombre et de la mort,
une lumière s'est levée.
17  A partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. »
18  Comme il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac : c'étaient des pêcheurs.
19  Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. »
20  Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
21  Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Il les appela.
22  Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.
23  Jésus, parcourant toute la Galilée, enseignait dans leurs synagogues, proclamait la Bonne Nouvelle du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

 
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Tous appelés à la sainteté - Homélie 2° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

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La mission de Jean Baptiste consistait à aider le peuple d’Israël à se préparer pour pouvoir reconnaître et recevoir Jésus comme le Messie annoncé. Dieu avait équipé Jean pour cette mission en lui permettant de voir le Saint Esprit descendre sur le Christ à l’occasion de son baptême. Cela avait été pour Jean une vision décisive.

 

Des siècles auparavant, à l’époque où Israël avait été infidèle au Seigneur, lors de la destruction du premier Temple, le prophète Ezéchiel avait déjà vu la présence, la gloire de Dieu quitter le Temple. Avec Jean Baptiste, le dernier d’une longue lignée de prophètes, cette présence divine revient enfin. Jean voit la présence visible de Dieu qui revient vers Israël au moment où le Saint Esprit descend sur le Christ sous la forme d’une colombe. L’Ancienne Alliance, fondée sur la Loi, n’avait pas pu rétablir la pleine communion entre Dieu et l’homme. Mais dans le Christ, une Alliance Nouvelle a été instaurée, et cette communion est devenue permanente.

 

Quand des chrétiens sont baptisés, ils entrent dans cette communion. Nous avons été oints avec le Saint-Chrême, qui symbolise le venue de ce même Esprit en nos cœurs, tout comme il était descendu sur le Christ lors de son baptême. Et à la confirmation, une deuxième onction avec ce même Chrême est l’instrument de la pleine effusion du Saint Esprit, tout comme il est descendu sur le Apôtres à la Pentecôte. Sous l’Ancienne Alliance, le Temple matériel avait été rempli de la présence et de la gloire de Dieu. Sous la Nouvelle Alliance, durant le temps de l’Eglise, chaque chrétien devient, dans le Christ, un Temple de la présence de Dieu sur la terre.

 

C’est pourquoi tous les chrétiens partagent la même vocation fondamentale : celle qui consiste à devenir saints, à conformer notre vie à l’Esprit-Saint qui habite en nos cœurs. C’est exactement ce que saint Paul veut dire quand il écrit aux Corinthiens :

 

« vous qui avez été sanctifiés dans le Christ Jésus, vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint… »

 

Le mot employé par saint Paul et qui est traduit en français par "saint" est le mot grec "hagios", qui veut dire littéralement "mis à part", "séparé". Dans l’Antiquité, ce mot évoquait tout ce qui est exclusivement réservé à Dieu, tout ce qui revêt de ce fait une beauté particulière et nécessite un respect spécial, comme, par exemple, les églises. Aujourd’hui, les rues de Rome sont à peu près comme les rues de toute grande ville moderne : remplie de trafic de voitures, de cris et de bruits de tout genre. Mais en vous promenant dans quelque rue étroite, voilà que vous débouchez soudain sur une vaste place, et une façade de marbre resplendissant se dresse en face de vous, majestueuse, noble, et exerce sur vous un pouvoir d’attraction mystérieux.

 

Si vous poussez la porte d’entrée, le bruit de la ville s’estompe, et vous voilà pris par une force, une impression d’ordre et d’harmonie. Vous respirez la bonne odeur de l’encens et vous êtes envahi par un silence invitant à la prière, au respect, à la révérence. Les magnifiques statues, les piliers impressionnants, les tableaux de maître et les mosaïques, tout vous parle et vous invite à l’humilité. En regardant devant vous, vous yeux découvrent le point d’attraction central de tout l’édifice, le tabernacle, la présence réelle de Jésus Christ dans l’Eucharistie.

 

Notre monde est plein de bruit, de corruption, d’activité frénétique, et voilà que vous rencontrez un chrétien. C’est comme quand vous voyez une magnifique façade en marbre qui se dégage dans la grisaille. Vous avez rencontré quelqu’un qui n’est pas comme les autres, quelqu’un de simple, de noble, qui exerce sur vous une attraction mystérieuse. Si vous faites sa connaissance, vous constatez une belle harmonie de vertus, de maîtrise de soi, de considération, de foi et d’espérance, d’humilité et de sagesse… Et puis vous découvrez la source de toutes ces vertus : Jésus Christ. C’est cela, la sainteté à laquelle nous sommes appelés. Nous sommes les Temples du Dieu vivant, et ce Dieu vivant veut faire de nous des édifices durables à sa gloire.

 

Comment pouvons-nous grandir dans cette sainteté à laquelle nous sommes appelés ? Uniquement en suivant l’exemple d’humilité de Jean Baptiste. Saint Jean disait aux gens qui venaient se faire baptiser par lui :

 

« Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était. »

 

Il acceptait tout simplement le fait de ne pas être Dieu, de ne pas être le Seigneur. Il reconnaissait que Jésus est plus grand que lui, et il l’acceptait. Jésus est plus grand que nous. C’est lui, le Roi, pas nous. C’est lui, le Seigneur, et nous sommes ses amis, ses frères et ses sœurs, ses ambassadeurs, mais pas ses égaux. Il a plus de sagesse que nous, et nous devons le suivre. Le suivre, cela veut dire : lui obéir, obéir à son commandement d’aimer Dieu et notre prochain comme nous-mêmes, de pardonner à ceux qui nous ont offensés, d’être dociles aux enseignements de l’Eglise, même ceux qui sont contraires à l’esprit de notre époque, comme ceux qui concernent le mariage et la morale sexuelle.

 

90% du temps, nous pouvons savoir exactement ce que Dieu veut que nous fassions. Notre conscience nous le dit, le Catéchisme nous l’apprend, les Dix Commandements nous le rappellent. 10% du temps, nous devons prendre le temps de réfléchir, de prier, de demander conseil, parce que nous ne voyons pas clair.

 

Si nous obéissons à la volonté du Seigneur, même si ça fait mal, si nous reconnaissons sa seigneurie et si nous le suivons, au lieu de vouloir que ce soit lui qui nous suive, alors nous découvrirons et nous pourrons rayonner les joies indescriptibles de la sainteté.

 

Aujourd’hui, quand Jésus renouvelle le don qu’il nous fait dans la Sainte Communion, renouvelons aussi le don de nous-mêmes, et prions de tout notre cœur : Que ton Règne vienne, pas le mien ; que ta volonté soit faite dans ma vie, comme au ciel.

Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu.

Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu.

Lectures 2° dimanche du Temps Ordinaire Année A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre d'Isaïe (Is 49, 3.5-6)
 
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49
03i  Parole du Serviteur de Dieu. Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je me glorifierai. »
05  Maintenant le Seigneur parle,
lui qui m'a formé dès le sein de ma mère
pour que je sois son serviteur,
que je lui ramène Jacob
et que je lui rassemble Israël.
Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur,
c'est mon Dieu qui est ma force.
06  Il parle ainsi :
«C'est trop peu que tu sois mon serviteur
pour relever les tribus de Jacob
et ramener les rescapés d'Israël :
je vais faire de toi la lumière des nations,
pour que mon salut
parvienne jusqu'aux extrémités de la terre.»



Psaume (Ps 39, 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd)
 
 
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                  R/ Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté
2a  D'un grand espoir
2b  j'espérais le Seigneur : *
2c  il s'est penché vers moi
4a  Dans ma bouche il a mis un chant nouveau,
4b  une louange à notre Dieu. *

07  Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ; *
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
8a  alors j'ai dit : « Voici, je viens.

8b  « Dans le livre, est écrit pour moi
09  ce que tu veux que je fasse. *
Mon Dieu, voilà ce que j'aime :
ta loi me tient aux entrailles. »

10c  vois, je ne retiens pas mes lèvres,
10d  Seigneur, tu le sais.
11c  j'ai dit ton amour et ta vérité
11d  à la grande assemblée.

 
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 1, 1-3)

1
01  Moi, Paul, appelé par la volonté de Dieu pour être Apôtre du Christ Jésus, avec Sosthène notre frère, je m'adresse à vous
02  qui êtes, à Corinthe, l'Église de Dieu, vous qui avez été sanctifiés dans le Christ Jésus, vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint, avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre.
03  Que la grâce et la paix soient avec vous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 1, 29-34)
 
 
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1
29i  Comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;
30  c'est de lui que j'ai dit : Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était.
31  Je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l'eau, c'est pour qu'il soit manifesté au peuple d'Israël. »
32  Alors Jean rendit ce témoignage : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui.
33  Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : 'L'homme sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est celui-là qui baptise dans l'Esprit Saint.'
34  Oui, j'ai vu, et je rends ce témoignage : c'est lui le Fils de Dieu. »
 
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