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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Fête-Dieu : du pain et des jeux - Homélie

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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"Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ?" (Jn 3, 12)

"Ils vont tous à leur perte. Leur dieu, c'est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne tendent que vers les choses de la terre." (Ph 3, 19)

"Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes; nous te le présentons: il deviendra le pain de la vie."
"Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes; nous te le présentons: il deviendra le vin du Royaume éternel." (Missel romain)

    Ces quelques citations que vous venez d'entendre, vous les connaissez. Mais il est bon de se les remettre en mémoire pour les ruminer, pour les repasser dans notre coeur, spécialement aujourd'hui, en cette Solennité du Corps et du Sang du Seigneur.

    Et puisque nous sommes des hommes et des femmes de peu de foi, demandons au Seigneur la grâce de ne pas tendre que vers les choses de la terre, mais en appréciant les choses de la terre selon la sagesse de Dieu, c'est-à-dire en les relativisant au lieu d'en faire des valeurs absolues, des priorités, de nous élever un petit peu vers les réalités d'en haut, vers les choses du ciel.

    L'Eucharistie est un admirable exemple de la pédagogie que Dieu met en oeuvre pour nous aider dans cette élévation. Elle est faite à partir de pain et de vin. Commençons par le pain.

    Tous les peuples qui ont goûté le pain l’ont adopté. Ensuite, plus question de s’en passer. Le manque de pain peut provoquer révoltes et révolutions. Les gouvernants en avaient conscience. Au fil des siècles, le pain a acquis une dimension symbolique essentielle : il symbolise le sacré, la justice, la stabilité, mais aussi le travail. Le boulanger possède une dimension sociale essentielle à la vie dans la cité.

    Le pain est la nourriture essentielle de l’homme et donne à l’homme l’énergie physique dont il a besoin. C’est la raison pour laquelle, sous une forme ou sous une autre, la plupart des civilisations l’ont élevé à la hauteur d’un symbole de vie, l’ont considéré comme la marque de la générosité des divinités envers les hommes.

    Dans les traditions religieuses, dans les légendes, les mythes et les coutumes, on peut remonter jusqu’à l’origine lointaine du thème du pain, c’est-à-dire aux temps où l’homme prenait conscience de sa dépendance vis-à-vis des forces de la nature et appelait au secours des forces "surnaturelles" pour combattre les mauvaises récoltes et les famines.

    C’est ainsi que les plus grandes divinités de l’humanité sont personnifiées par le pain. Il y a plus de 5000 ans, Osiris est présenté comme le pain de vie des enfants de l’Égypte. Il "apprit "aux hommes à cultiver le blé, à faire la farine et préparer le pain : le pain fut toujours considéré comme divin et sacré par les Égyptiens.

    Quelque 3000 ans plus tard, Jésus-Christ "consacre" le pain et demande à ses disciples de le faire en mémoire de lui.

    La Bible compte environ quatre cents références au pain. Bethléem signifie maison du pain. Le Christ est le pain de vie, il procède à la multiplication des pains. La symbolique chrétienne du pain est présente dans la prière: "Père, donne nous aujourd’hui notre pain quotidien".

    C’est un symbole spirituel fort : il accompagne les fêtes et les rites religieux. Dans l’Ancien Testament Dieu envoya la manne aux Hébreux pendant qu’ils traversaient le désert (Exode). Cet aliment symbolise le pain et préfigure l’eucharistie.

    Le pain azyme est un pain sans levain que les Juifs mangent pour commémorer cet événement. Dans la liturgie de l'Église catholique, le pain azyme est utilisé pour confectionner les hosties qui sont consacrées au cours de la messe.

    Dans l’Antiquité, selon Ovide (1er siècle avant J.-C.), lorsque les Gaulois assiégèrent Rome, les Romains invoquèrent Jupiter et ils jetèrent par-dessus les murs ce qu’ils avaient de plus précieux. Ils confectionnèrent alors avec leur reste de farine, des miches de pains qu’ils lancèrent contre les assaillants qui pensèrent que Rome était largement approvisionnée et possédait de quoi tenir un très long siège. À cause de cela, ils abandonnèrent leur assaut. En reconnaissance, les Romains édifièrent un temple à Jupiter Pistor (Jupiter Boulanger) ce qui associait le symbolisme du blé (vie, mort et renaissance) à la destinée de la ville.

    Au gré des caprices de la nature et des campagnes militaires, le pain est signe d’opulence ou de misère, de servitude ou de liberté.

    En politique, le thème du pain a souvent été habilement utilisé comme le symbole de la sécurité et de la prospérité. Chez les anciens Romains, "le pain et les jeux" servaient déjà à représenter les promesses électorales pour favoriser la bonne humeur du peuple.

    Il existe une célèbre citation de Marie-Antoinette, épouse du roi de France Louis XVI, connue pour sa prodigalité. Quand on lui a annoncé que le peuple avait faim et qu’il réclamait du pain, la souveraine a déclaré : "S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche !". La Révolution française a éclaté peu de temps après. De nos jours, la citation cynique de Marie-Antoinette est encore utilisée pour signaler l’éloignement des gouvernants des préoccupations du peuple ou pour attirer l’attention sur les inégalités sociales.


    "Du pain et des jeux": voilà ce que demande le peuple. Le pain symbolise le nécessaire. Il est indispensable à la vie. Le vin, lui aussi, est vital, mais pas pour les mêmes raisons. Physiquement l'on peut très bien vivre sans vin. Mais le vin représente la joie, et l'on ne peut pas vivre sans joie (les jeux) ! D'où l'importance du vin.

    Il est aujourd´hui certain qu´un peu partout les hommes ont procédé à des vinifications accidentelles effectuées sur des raisins issus de vignes à l´état sauvage. L'histoire de la vigne et du vin est si ancienne qu’elle se confond avec l'histoire de l’homme. La Bible fait remonter la culture de la vigne à Noé, qui "fut le premier agriculteur. Il planta une vigne et il en but le vin." (Gn 9, 20-21) et la plus vieille œuvre littéraire connue, un récit babylonien vieux de 4000 ans, parle déjà du vin.

    D’une certaine façon, la vigne et le vin ont évolué avec les sociétés occidentales, et en ont imprégné les cultures. Le vin, au cours du temps, se charge d'une valeur autre que commerciale, il est synonyme de fête, d'ivresse, de convivialité. Il est aujourd'hui présent dans la plupart des pays du monde et son existence est le fruit d’une histoire longue et mouvementée.

    Les archéologues sont aujourd´hui capables de dire à partir de pépins de raisin retrouvés sur certains sites, s´ils sont issus d´une vigne cultivée ou sauvage. Des pépins de raisins issus d´une vigne cultivée et datant d'il y a sept mille ans ont ainsi été retrouvés dans le Caucase. C´est dans cette vaste région allant de la Géorgie à la Turquie en passant par l´Arménie, qu´il faut rechercher la trace du premier vignoble du monde...

    C´est en 2700 avant J.-C., que des inscriptions mentionnent la déesse sumérienne Gestin, dont le nom signifie 'mère-cep'. La civilisation sumérienne ne manque d´ailleurs pas de dieux, puisque Pa-gestin-dug ('bon cep') a pour épouse Nin-kasi, la 'dame du fruit enivrant'.

    Un peu plus tard en Egypte, Osiris est considéré comme le dieu du vin. Dionyos, quant à lui, et plus tard Bacchus chez les Romains, est un dieu bien dévergondé, dieu des réjouissances, des bacchanales, festivités... Le culte de Bacchus s´étend au cours de la période romaine à toutes les classes sociales, et aucun empereur romain ne parviendra à l´interdire.

    La culture de la vigne s'est, au cours des millénaires, propagée dans le monde entier.

    En voici, les grandes étapes :

 
- Phénicie et Égypte : certainement 3000 à 4000 ans avant J.-C.
- Grèce : 2000 ans avant J.-C.
- Italie, Sicile et Afrique du Nord : 1000 ans avant J.-C.
- Espagne, Portugal et sud de la France (le long de la Narbonnaise) : 500 ans avant J.-C.
- nord de lInde et Chine : 200 ans avant J.-C.

- Europe centrale, Allemagne et Angleterre : 100 à 400 ans après J.-C.
- Japon et Mexique : début du XVI° siècle
- Chili et Pérou : 1548
- Argentine : 1557
- Californie : vers 1600
- Afrique du Sud : 1655
- Australie et Nouvelle Zélande : vers 1815-1820

    La vigne fait partie de la civilisation grecque, puis romaine. Le Dionysos grec laisse peu à peu place au Bacchus romain. On estime que cela correspond à la période de colonisation de l'Italie du Sud, vers 800 avant J.-C. Déja, du temps des Étrusques on avait un dieu du vin, du nom de Fufluns.

    Pline Ancien (23-79), est un des auteurs qui a le plus parlé de la culture de la vigne (Histoire naturelle). Cependant, les vins de la Rome antique, avaient certainement peu de points communs avec ceux que nous connaissons aujourd´hui. Ils étaient résinés, sucrés, aromatisés, puis on leur additionnait souvent de l´eau tiède ou de l´eau de mer avant de les déguster ! Le problème résidait dans la conservation des vins !

    Pour les collectionneurs, amateurs d´enchères, recherchez le millésime 121 avant J.-C.: on le dit d´excellente qualité ... mais aussi fort rare !

    Le christianisme fait de nombreuses références au vin. Le Christ dit : "Je suis la vraie vigne".


    "Du pain et des jeux": si ces choses de la terre sont indispensables à la vie humaine, combien plus le Pain de Vie et le Vin du Royaume éternel sont-elles indispensables à la vie du monde !

    Dans la conclusion de Sacramentum caritatis (n. 95), Benoît XVI insiste sur l’importance vitale d’aller à la messe chaque dimanche:

 
Au commencement du quatrième siècle, le culte chrétien était encore interdit par les autorités impériales. Certains chrétiens d'Afrique du Nord, qui se sentaient poussés à célébrer le Jour du Seigneur, défièrent l'interdiction. Ils furent martyrisés alors qu'ils déclaraient qu'il ne leur était pas possible de vivre sans l'Eucharistie, nourriture du Seigneur: Sine dominico non possumus.

    "Sans la messe du dimanche, sans l’eucharistie, les chrétiens ne peuvent pas vivre en Irak."

    Ce sont ces mêmes paroles prononcées par le père Ragheed dans une communauté habituée à voir chaque jour la mort en face, cette même mort qui l’attendait au retour de la messe de dimanche dernier. Après avoir nourri ses fidèles du corps et du sang du Christ, il a offert aussi son propre sang, sa vie, pour l’unité de l’Irak et l’avenir de son Eglise.

    Ce jeune prêtre avait choisi, tout à fait consciemment, de rester à côté de ses fidèles, dans sa paroisse consacrée à l’Esprit Saint, à Mossoul, la ville considérée comme la plus dangereuse en Irak après Bagdad. La raison est simple: sans lui, sans son pasteur, le troupeau se serait égaré. Dans la barbarie des kamikazes et des bombes une chose au moins était certaine et donnait la force de résister:

 
Le Christ avec son amour sans limites défie le mal, nous garde unis, et nous donne, à travers l’Eucharistie, la vie que les terroristes essaient de nous ôter.

    Quelques jours seulement avant d'être assassiné, il déclarait:
 
Les jeunes organisent la surveillance après les attentats déjà subis par la paroisse, après les enlèvements et les menaces permanentes qui visent les religieux. Les prêtres célèbrent la messe parmi les ruines causées par bombes. Les mères voient avec inquiétude leurs enfants défier les dangers et se rendre au catéchisme avec enthousiasme. Les vieux confient à Dieu leurs familles qui fuient l’Irak, ce pays qu’ils ne veulent pas quitter, solidement enracinés dans ces maisons qu’ils ont construites pendant des années à la sueur de leur front et qu’il n’est pas question d’abandonner.

    Ragheed était comme eux, comme un père fort qui veut protéger ses enfants:
 
Notre devoir est de ne pas désespérer. Dieu écoutera nos supplications pour la paix en Irak.

    Il était l’objet de menaces répétées et de tentatives d’attentat depuis 2004, il avait vu des parents souffrir et des amis partir. Il avait cependant continué jusqu’à la fin de rappeler que cette souffrance, ce massacre, cette anarchie de la violence avaient aussi un sens: il fallait les offrir. Après l’attaque contre sa paroisse le 1er avril, dimanche des Rameaux, il disait:
 
Nous nous sommes sentis semblables à Jésus quand il entre à Jérusalem, sachant que la conséquence de Son amour pour les hommes sera la Croix. Nous avons également offert notre souffrance, pendant que les projectiles transperçaient les vitres de l’église, comme signe d’amour pour Jésus.

    Il racontait encore :
 
Nous attendons chaque jour l’attaque décisive mais nous n’arrêterons pas de célébrer la messe. Nous le ferons aussi sous terre, où nous sommes plus à l’abri. Je suis encouragé par mes paroissiens à suivre cette décision. Il s’agit de guerre, de vraie guerre, mais nous espérons porter cette Croix jusqu’à la fin avec l’aide de la Grâce divine.

    Et parmi les difficultés quotidiennes il s’étonnait lui-même de réussir ainsi à comprendre d’une façon plus profonde "la grande valeur du dimanche, jour de la rencontre avec Jésus ressuscité, jour de l’unité et de l’amour entre tous, du soutien et de l’entraide".

    Ensuite les voitures remplies d’explosifs se sont multipliées; les enlèvements de prêtres à Bagdad et à Mossoul sont devenus de plus en plus fréquents; les sunnites ont commencé à demander un impôt aux chrétiens qui voulaient rester dans leurs maisons, sous peine de les voir confisquées par des miliciens. L’eau, l’électricité, continuent à manquer, les liaisons téléphoniques sont difficiles. Ragheed commence à être fatigué, son enthousiasme faiblit. Jusqu’à admettre, dans son dernier mail à "Asia News", agence dont il était le crrespondant en Irak, le 28 mai 2007 : "Nous sommes sur le point de nous écrouler". Il parle de la dernière bombe qui est tombée sur l’église du Saint Esprit, juste après les célébrations du jour de la Pentecôte, le 27 mai; de la "guerre" qui a éclaté une semaine plus tôt, avec 7 voitures et 10 engins explosifs en quelques heures; du couvre-feu qui pendant trois jours "nous a gardés prisonniers dans nos propres maisons", sans pouvoir célébrer la fête de l’Ascension, le 20 mai.

    Il se demande dans quelle direction son pays se dirige:

 
Dans un Irak sectaire et confessionnel, quelle place sera attribuée aux chrétiens? Nous n’avons pas de soutien, aucun groupe ne se bat pour notre cause, nous sommes seuls dans ce désastre. L’Irak est déjà divisé et ne sera plus jamais le même. Quel avenir pour notre Eglise?.

    Mais il confirme aussitôt la force de sa foi, éprouvée mais intacte:
 
Je peux me tromper, mais une chose, une seule chose, j’ai la certitude qu’elle est vraie, pour toujours: l’Esprit Saint continuera à illuminer des personnes afin qu’elles œuvrent pour le bien de l’humanité, dans ce monde si plein de mal.

    L'Eucharistie est notre pain "supersubstantiel". Sans l'Eucharistie du dimanche nous ne pouvons pas vivre. L'Eucharistie est le pain nécessaire à la vie divine que nous avons reçue au baptême. Si nous manquons la messe du dimanche volontairement, ou par négligence, ne fût-ce qu'une seule fois, nous sommes morts, et nous avons besoin du sacrement de la réconcilation pour ressusciter et pour pouvoir communier de nouveau.

    Mais si l'Eucharistie est notre pain nécessaire, elle est aussi notre vin essentiel, la source de toute joie en dehors de laquelle il n'y a aucune vraie joie, une joie sans laquelle toutes les autres joies ne sont que tristesse et déception. Écoutons S. Bernard :

 
Une fois admise à boire la coupe de la Sagesse, celle dont il est dit: "Mon calice, qu'il est beau!", quoi d'étonnant si l'âme s'enivre alors de l'abondance de la Maison de Dieu? Là, en effet, la morsure de tout souci personnel a disparu, l'âme boit en sécurité le vin nouveau avec le Christ, dans le Royaume du Père. La Sagesse dresse là un triple banquet; ce qu'elle sert à tous, c'est l'Amour; la Charité nourrit ceux qui peinent, elle désaltère ceux qui se reposent, elle enivre ceux qui règnent...
Oui, ils sont les bien-aimés, ceux qui s'enivrent de Charité! Oui, ils sont enivrés de joie, ceux qui ont le bonheur d'être introduits aux Noces de l'Agneau. Ils sont les bien-aimés enivrés de joie, ceux qui mangent et boivent à la table de l'Agneau, dans son Royaume, quand il fait paraître devant lui l'Église glorieuse, sans tache ni ride, sans imperfection quelconque.
Alors l'Agneau enivre ses bien-aimés du torrent de sa joie. Et de cette chaste étreinte de l'Époux et de l'Épouse dans le Royaume, jaillit un fleuve impétueux qui répand le bonheur dans la cité de Dieu.
Ce torrent de joie n'est autre chose que le Fils de Dieu lui-même, "le Festin des justes, leur joie en la présence de Dieu".
De là ce rassemblement sans dégoût, cette curiosité insatiable sans inquiétude, ce désir sans fin, cette sobre ivresse toujours ardente pour Lui. (Traité de l'Amour de Dieu, 32)
Sans l'Eucharistie du dimanche nous ne pouvons pas vivre.

Sans l'Eucharistie du dimanche nous ne pouvons pas vivre.

Jésus est là pour nous sauver - Homélie Fête-Dieu C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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Saint Luc nous dresse un tableau très réaliste de Jésus qui marche sur les routes poussiéreuses de son pays, pour parler « du règne de Dieu à la foule », guérissant « ceux qui en avaient besoin », s’assurant même qu’ils avaient suffisamment à manger. Ce tableau nous montre combien Jésus désire être près de chacun de nous. Voilà le message central de la Solennité de la Fête-Dieu que nous célébrons aujourd’hui.

 

Dans son pays, et à son époque, Jésus a passé tout son temps à faire des choses pour les autres. Toute sa vie était pour les autres, pour nous. Il est venu pour nous, pour être notre Sauveur et l’Ami qui ne nous laisse jamais tomber. Et il a voulu s’assurer que nous ne l’oublierons jamais. Il a trouvé un moyen pour rester avec nous, même après sa mort, sa résurrection et son ascension. Il est resté avec nous, pas seulement dans les Saintes Ecritures, pas seulement dans l’Eglise, et par l’exemple des saints, mais aussi sous les humbles et silencieuses apparences du pain et du vin.

 

C’est grâce à l’Eucharistie que Jésus est aussi proche de nous qu’il l’a été pour les gens qui ont marché avec lui sur les routes poussiéreuses de son pays. Ou plutôt, il est encore plus proche de nous. Car dans le passage de l’Evangile que nous venons d’entendre, les gens ont reçu du pain de ses mains, mais nous, nous recevons le Seigneur lui-même dans la Sainte Communion.

 

Qu’est-ce que Jésus aurait pu faire de plus pour nous montrer avec quel amour passionné il veut être proche de nous, pour nous guider, nous fortifier ? Depuis le jour où il a multiplié les pains pour la foule affamée, Jésus n’a pas changé. Il n’est pas devenu, d’un jour à l’autre, égoïste, dur et impitoyable. Il est toujours aussi bon et généreux maintenant qu’alors.

 

Dans sa dernière encyclique, saint Jean Paul II avait mis l’accent sur le désir du Christ de demeurer proche de nous, un désir qui se manifeste par excellence dans l’Eucharistie. Dès les premières lignes de l’encyclique il écrit comment

 

"dans l'Eucharistie, par la transformation du pain et du vin en corps et sang du Seigneur, (l’Eglise) jouit de cette présence avec une intensité unique. " (n. 1)

 

Dans son Exhortation Sacramentum caritatis Benoît XVI revient sur son thème préféré. Pour lui, l’amour de Dieu est la solution à chaque problème personnel et communautaire, et en même temps la réponse au désir de chaque cœur humain. Et il explique aussi, dès le début de son message, que l’Eucharistie est la manifestation ultime de cet amour. Voici ses propres paroles :

 

« Sacrement de l'amour,  la sainte Eucharistie est le don que Jésus Christ fait de lui-même, nous révélant l'amour infini de Dieu pour tout homme… Jésus continue de nous aimer "jusqu'au bout", jusqu'au don de son corps et de son sang. Quel émerveillement dut saisir le cœur des disciples face aux gestes et aux paroles du Seigneur au cours de la Cène! Quelle merveille doit susciter aussi dans notre cœur le Mystère eucharistique!

 

« Dans le Sacrement de l'autel, le Seigneur vient à la rencontre de l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, se faisant son compagnon de route. En effet, dans ce Sacrement, le Seigneur se fait nourriture pour l'homme assoiffé de vérité et de liberté. Puisque seule la vérité peut nous rendre vraiment libres, le Christ se fait pour nous nourriture de Vérité. » (n. 1-2)

 

Ce n’est pas seulement de la théorie. C’est la réalité. La présence intime de Jésus qui se manifeste par excellence dans l’Eucharistie, nous donne la force pour la mission et nous permet de trouver le bonheur qu’il désire pour nous. Comme le disait la Bienheureuse Mère Teresa, l’Eucharistie "est la nourriture spirituelle qui me soutient – sans laquelle je n’arriverais pas au bout d’une seule journée ou une seule heure de ma vie."

 

La présence réelle de l’Eucharistie est la manière pour Jésus de rester proche de ceux qui, comme nous, croient en lui. Mais comment reste-t-il proche de ceux qui ne croient pas en lui ? Comment fait-il connaître sa présence aux gens autour de nous qui cherchent le bonheur là où il ne se trouve pas ? Il le fait par nous. Par l’Eucharistie, Jésus vient habiter en nous, et ensuite, c’est à nous de le porter aux autres, par notre exemple, nos paroles, nos actions. Voilà pourquoi les premiers chrétiens disaient souvent que chaque chrétien, chaque disciple du Christ, est un autre Christ. L’Eucharistie est cette nourriture extraordinaire qui rend cela possible. La nourriture ordinaire est absorbée par nous et est transformée en notre corps. Mais quand nous recevons l’Eucharistie, c’est Jésus qui nous absorbe et nous transforme en lui-même, pour faire de nous des membres vivants de son corps.

 

Nous sommes donc des collaborateurs de Dieu. Dieu nous a faits pour que nous mettions nos talents à sa disposition, pour construire son Royaume. Et c’est alors, si nous prenons cette mission au sérieux, que nous trouvons le sens, la fécondité de notre vie. Voici comment la bienheureuse Mère Teresa disait cela :

 

"Chacun de nous est un collaborateur du Christ. Nous devons travailler dur pour le porter dans les cœurs de ceux qui ne le connaissent pas et ne l’aiment pas encore. Mais si  nous n’avons pas Jésus, nous ne pouvons pas le donner. C’est pour cela que nous avons besoin de l’Eucharistie. Passez le plus possible de temps à adorer le Très Saint Sacrement, et il vous remplira de sa force et de sa puissance."

 

Aujourd’hui, Jésus vient de nouveau vers nous dans la Sainte Communion. Remercions-le pour ce grand cadeau de sa Présence, et promettons-lui d’en faire un meilleur usage. Renouvelons notre engagement à être de fidèles collaborateurs de Dieu, grâce à la présence de Jésus.

Lectures pour la Solennité de la Fête-Dieu Année C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Melkisédek offre à Dieu le pain et le vin (Gn 14, 18-20)

Lecture du livre de la Genèse

Comme Abraham revenait d'une expédition victorieuse contre quatre rois, Melkisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu très-haut.
Il prononça cette bénédiction :« Béni soit Abram par le Dieu très-haut, qui a fait le ciel et la terre ;
et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains. »
Et Abram lui fit hommage du dixième de tout ce qu'il avait pris.
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 109, 1, 2, 3, 4

R/ Tu es prêtre à jamais, Christ et Seigneur!

Oracle du Seigneur à mon seigneur :
« Siège à ma droite, 
et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône. »
 

De Sion, le Seigneur te présente
le sceptre de ta force : 
« Domine jusqu'au coeur de l'ennemi. »
 

Le jour où paraît ta puissance,
tu es prince, éblouissant de sainteté : 
« Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré. »
 

Le Seigneur l'a juré dans un serment irrévocable : 
« Tu es prêtre à jamais
selon l'ordre du roi Melkisédek. »
 
 

 

 

 

2ème lecture : Institution de l’Eucharistie (1Co 11, 23-26)

 

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Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, moi, Paul, je vous ai transmis ce que j"ai reçu de la tradition qui vient du Seigneur : la nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain,
puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. »
Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.
 
 

 

 

Evangile : Le Christ nourrit son peuple (Lc 9, 11b-17)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Tu es le pain vivant venu du ciel, Seigneur Jésus. Qui mange de ce pain vivra pour toujours. Alléluia. (cf. Jn 6, 51-52)
 

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus parlait du règne de Dieu à la foule, et il guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser. Les Douze s'approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule, ils pourront aller dans les villages et les fermes des environs pour y loger et trouver de quoi manger : ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n'avons pas plus de cinq pains et deux poissons... à moins d'aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce monde. »
Il y avait bien cinq mille hommes.Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante. »
Ils obéirent et firent asseoir tout le monde.
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il les bénit, les rompit et les donna à ses disciples pour qu'ils distribuent à tout le monde.
Tous mangèrent à leur faim, et l'on ramassa les morceaux qui restaient : cela remplit douze paniers.
 
 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Si tu vois l'amour, tu vois la Trinité - Homélie pour la Solennité de la Trinité C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
 

"J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter."

 

Ces paroles de Jésus que nous venons d'entendre, l'Église, en les choisissant pour la Solennité que nous célébrons aujourd'hui, une semaine après la Pentecôte, nous suggère de les comprendre comme étant relatives au mystère de la Très Sainte Trinité. Elles ont été prononcées il y a deux mille ans. Mais combien elles demeurent d'actualité pour les chrétiens charnels que nous sommes.

 

"Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître."

 

Où en sommes-nous dans notre vie chrétienne qui est trinitaire par essence ? Souvent, pour ne pas dire presque toujours, nous vivons encore comme les disciples de Jésus avant la Pentecôte. Souvent même, nous croyons être de bons chrétiens alors que nous sommes (peut-être ?) tout juste de bons Juifs de l'Ancien Testament, si ce n'est de bons païens !

 

C'est particulièrement clair au moment où nous célébrons les funérailles de quelqu'un que nous avons connu. De tous les compliments que nous lui faisons "post mortem" - comme de toutes les qualités que nous admirons tant ... en nous-mêmes -, Jésus a pu dire: "Même les pécheurs en font autant" (Lc 6, 33).

 

Si ce que nous faisons et vivons ne vaut pas mieux que ce que vivent et font les païens, c'est donc que notre foi n'est pas chrétienne mais païenne. Nous croyons que Dieu existe, disons-nous fièrement. Oui, mais le démon le croit aussi, rétorque S. Jacques: "Tu crois qu'il y a un seul Dieu ? Tu as raison. Les démons, eux aussi, le croient, mais ils tremblent de peur" (Jc 2, 19).

 

Cette lenteur à croire, que Jésus avait encore reprochée aux disciples qui battaient la retraite le jour de Pâques, était pour eux beaucoup plus excusable que pour nous, qui avons la chance inouïe de pouvoir puiser dans le trésor de deux mille ans de christianisme. Mais nous n'y puisons pas, ou si peu. Notre vie de foi s'est arrêtée, comme je le disais dimanche dernier, à notre profession de foi et notre confirmation. C'était "le début de la fin". Depuis, nous nous sommes crus en règle, au point, diplômés.

 

Mais voila justement ce qui est admirable si l'on considère notre médiocrité du point de vue de Dieu, de l'action de l'Esprit Saint dont parle Jésus: "il vous guidera vers la vérité tout entière". On n'a pas vu que les disciples à qui Jésus faisait cette promesse, étaient devenus plus intelligents et plus vertueux, pour qu'ensuite l'Esprit Saint ait pu commencer son travail. Non ! Les disciples que Jésus s'était choisis au départ ne valaient pas mieux que nous. Je ne dis pas cela pour vous tranquilliser, pour vous endormir après vous avoir secoué. Je le dis pour vous inciter à adorer le mystère de la miséricorde, de la patience de Dieu qui nous a aimés le premier en nous donnant part à son Esprit, qui est appelé le Père des pauvres.

 

C'est vrai: les chrétiens du premier siècle et ceux des siècles suivants ne valaient pas mieux que nous. Mais nous, au XXIe siècle, nous pouvons pourtant constater l'action de l'Esprit Saint qui donne toute sa mesure dans notre faiblesse (cf. 2 Co 12, 9). Ce qui est vrai pour S. Paul est vrai pour chacun de nous, et vaut surtout pour l'Église dans son ensemble: notre misère à nous tous n'empêche pas l'Esprit Saint d'agir et de conduire l'Église à la vérité tout entière. Au contraire: notre misère est la raison d'être même de l'action de l'Esprit Saint, son terrain de prédilection, en quelque sorte.

 

Voici un fait qui m'a beaucoup amusé. Après avoir écrit "une grosse brique" sur la Trinité (La Trinité, mystère et lumière, plus de 600 pages), le Père Laurentin, à peine un an plus tard, et après cinquante ans de recherche, en écrit un deuxième (Traité sur la Trinité, moins de 400 pages). Pourquoi? Il s'en explique lui-même:

 

"Pourquoi un deuxième livre sur la Trinité, guère plus d'un an après le premier? La Trinité m'a donné, contre toute attente, la lumière universelle et simple que je cherchais depuis plus d'un demi-siècle, par mes travaux de fourmi: sectoriels et minutieux. Cette lumière, celle de l'Amour qui définit Dieu, révèle non seulement l'homme et la société créés à son image, la théologie et la spiritualité ainsi unifiées, mais aussi la philosophie et même les sciences. Car Dieu crée à son image un monde intrinsèquement un et multiple, et surtout l'homme, personne et société, fondé sur l'amour qui est l'enjeu de toute vie, d'ici-bas et au-delà. (Traité sur la Trinité)."

 

Depuis le De Trinitate de saint Augustin jusqu'au Dieu est Amour de Benoît XVI, ce sera la découverte difficile mais émerveillée de tant et tant de croyants grâce à l'action toujours neuve de l'Esprit Saint qui guide "vers la vérité tout entière".

 

"Ce qui va venir, il vous le fera connaître."

 

Adrienne von Speyr commente:

 

"Il ne le fera pas comme le Fils, qui a parlé sur terre comme un messager (...), mais il parlera immédiatement du lieu où il entend: du sein de la Trinité. Et lorsqu'il annoncera les choses à venir, il s'agira moins d'événements particuliers de l'avenir que du caractère futur de la vérité en général. Ce qu'il annonce, il l'annoncera de manière à le faire apparaître comme une chose qui est en train d'arriver et de se réaliser dans l'Esprit. Sa prophétie concernera le développement de l'Église, de la communauté et, en elle, l'épanouissement de l'individu particulier. Et cela ne se fera pas à l'aide de dates et de détails historiques, comme cela plaît tant à la curiosité humaine, mais de manière à rendre évidentes les exigences essentielles de la vie chrétienne. Il fera voir par exemple à ceux qui savent écouter ses prophéties ce qu'une communauté, un pays, un peuple peuvent devenir, s'ils s'ouvrent à la grâce de Dieu. Ou inversement: de quels châtiments sont menacés ceux qui se ferment à la grâce.

 

"Tout ce qui est dogme et règle dans l'Église entre également dans sa prophétie; dans l'Église, il ne sera pas d'abord l'amour visible, mais la structure solide, son objectivité à travers le temps, le cadre fermé à l'intérieur duquel la vie ecclésiale se développe. Bien que tout cela soit apparemment figé et actuel, nullement vivant et à venir, c'est justement là que l'Esprit prophétise. Car tout ce qui est vivant ne cesse d'y prendre sa source. Toute vérité nouvellement reconnue apparaît dans l'Église comme une déduction de ce qui était déjà connu. C'est l'Esprit qui fait pousser du tronc du dogme des branches et des fleurs toujours nouvelles. C'est lui qui fait comprendre aux fidèles les lois nécessaires à l'existence de l'Église à une époque pour qu'elle mène à Dieu les hommes de tout temps. Il donne l'interprétation toujours exacte de l'Évangile. En tout temps, il sert de médiateur entre la structure solide de la Tradition et les exigences variables de l'époque. C'est en cela que consistera sa prophétie. (...)

 

"Dans les discours et les actes du Seigneur, tout n'était qu'appel à l'amour. Seul l'Esprit nous dira clairement comment réaliser l'amour dans chaque cas particulier. Cela ne signifie pas un appauvrissement de l'amour, mais au contraire son enrichissement. Car dorénavant, il sera possible, à l'aide de lois claires, d'expliquer à d'autres quels sont les chemins qui mènent à l'amour et comment on peut y persévérer. C'est comme si le Seigneur avait fait cadeau aux siens d'un bout de terrain, avec l'ordre de le cultiver. Mais c'est l'Esprit qui défriche, qui trace les chemins, qui plante, taille, arrose, sème et récolte."

 

Voilà, je crois, ce que voulait dire saint Augustin quand il disait : "Si tu vois l'amour, tu vois la Trinité".

 

Si nous ne voyons pas l'amour dans l'Eucharistie, qui est "le sacrement de l'amour", comment pourrions-nous le voir ailleurs sans nous tromper lourdement ? Le monde se meurt en cherchant l'amour là où il n'est pas, et en le méprisant là où il se donne en vérité et dans toute sa plénitude. Demandons au Seigneur de pouvoir accueillir, célébrer et adorer le don qu'il nous fait de son amour dans l'Eucharistie, les autres sacrements et dans toute la vie de l'Église. Dimanche prochain soyons nombreux à mettre tout notre coeur à lui témoigner l'hommage de notre reconnaissance à l'occasion de la messe et ensuite de la procession du Très Saint Sacrement dans les rues de nos villes et de nos villages.

 

Ce qui va venir, il vous le fera connaître.

Ce qui va venir, il vous le fera connaître.

La Création raconte la Gloire de Dieu - Homélie Trinité Année C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Un des exemples préférés de Benoît XVI pour parler de l’existence de Dieu est l’analogie de l’électricité. Personne, ne dit-il, ne voit l’électricité, mais nous voyons ses effets, et c’est ainsi que nous savons que Dieu existe : l’ampoule s’allume, l’aspirateur se met en marche, le réveil sonne. De la même manière, personne ne voit Dieu directement, face à face, mais nous pouvons voir les œuvres de Dieu : l’Eglise, les saints, et, bien sûr, les beautés merveilleuses de la création qui nous entoure.

 

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Un ami me disait un jour avoir été émerveillé avec sa famille par les chutes de Foz Do Iguaçu (80 mètres de dénivellation, contre 56 pour les chutes du Niagara !), situées sur la triple frontière Brésil – Argentine – Paraguay, avec le barrage hydro-électrique, le plus puissant du monde (en attendant la fin de la construction du barrage des 3 gorges en Chine), qui peut fournir trois fois plus d'énergie que le barrage d'Assouan en Egypte. Il alimente en électricité tout le sud du Brésil et l’ensemble du Paraguay.

 

Le Psaume qui nous a aidés à prier après la 1e lecture exprime ce sens de l’émerveillement que nous avons tous pu expérimenter à un moment donné de notre vie en admirant tel ou tel paysage de notre petite planète, ou même de l’univers que l’on commence tout juste à explorer.

 

 

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Cela a pu être un magnifique coucher de soleil ou un lever de lune, ou une vue sur l’océan qui nous a coupé le souffle. C’est l’expérience que décrit le psalmiste :

 

« A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,

la lune et les étoiles que tu fixas,

qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui,

le fils d'un homme, que tu en prennes souci ? »

 

C’est le même sentiment qui est évoqué dans la 1e lecture du Livre des Proverbes. Dans ce célèbre passage du chapitre 8, la Sagesse de Dieu est personnifiée et se décrit elle-même comme préexistant à toutes les merveilles mystérieuses du monde visible : les montagnes et les collines, les océans et les cieux, même les fondations de la terre…

 

Avant que tout cela n’existe, la Sagesse de Dieu était déjà à l’œuvre. Ce que l’auteur de ce livre veut dire, c’est que toutes ces choses magnifiques et merveilleuses, pour impressionnantes qu’elles soient, ne sont qu’un pâle reflet de la beauté de Dieu qui les a faites. Le soleil n’est que l’ombre de Dieu !

 

Aujourd’hui, l’Eglise nous invite à contempler la nature intime de Dieu lui-même, la Très Sainte Trinité, et elle le fait en nous demandant de nous émerveiller devant les splendeurs de la création.

 

C’est une chose que dont les saints ont toujours eu une conscience aigüe. Nous avons tous entendu les récits autour de S. François d’Assise, qui trouvait en chaque aspect de la création un frère ou une sœur. Il lui arrivait même de se baisser pour écarter de la route un vers de terre pour ne pas qu’il se fasse écraser. Il se souvenait du passage de la Bible qui dit que Jésus sur la Croix était considéré comme un vers, non comme un homme.

 

Cette capacité de voir Dieu dans sa création relève de l’un des sept dons du Saint Esprit, le don de science. Puisque tous les saints sont particulièrement dociles au Saint Esprit, ils sont aussi très sensibles à l’éloquence silencieuse de la nature pour parler de Dieu.

 

 

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Un exemple parmi d’autres est S. Jean Gualbert (fin 10e – début 11e siècle), abbé fondateur de la congrégation de Vallombreuse que le pape Pie XII a déclaré saint patron des forestiers italiens en 1951 et des forestiers brésiliens en 1957. C’était un noble de la région de Florence, en Italie, soldat violent jusqu’au jour où  il découvre sa vocation de commencer un monastère pour restaurer la vie monastique de la région dans sa pureté originelle. En ce qui concerne l’emplacement de ce monastère, il y avait un avantage et un inconvénient. L’avantage était que c’était à l’écart des bruits de la ville en plein essor. L’inconvénient était que le terrain était inculte et désert, sans aucun attrait. Jean était d’avis que si le terrain était mieux entretenu, cela faciliterait la contemplation et la vie spirituelle. Alors il engage les moines à planter des arbres (pins et sapins) partout dans la propriété pour en faire un parc, une réserve naturelle, et ainsi favoriser la prière. On peut encore visiter les lieux aujourd’hui.

 

 

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Voilà le sens de la beauté de la création : Dieu nous l’a donnée pour nous attirer à lui davantage.

 

Dieu nous a fait ce merveilleux cadeau de la création. Comment pouvons-nous en faire un meilleur usage ? D’abord en évitant deux extrêmes.

 

Le premier extrême, c’est de traiter la nature sans aucun respect, et de ne penser qu’à l’exploiter sauvagement. L’Eglise nous rappelle fréquemment que Dieu a fait des hommes les gardiens de la création. Cela veut dire que nous aurions tort d’abuser des ressources de la nature sans nous soucier d’en sauvegarder les richesses. Ca, c’est le premier extrême.

 

Mais il y en a un autre que nous devons éviter avec autant de soin. C’est celui de traiter la nature avec trop de respect. Nous vivons dans un monde qui passe. Ce monde ne durera pas. Chaque personne humaine durera davantage que les océans et les montagnes. Nous sommes tous appelés à ressusciter à la fin de l’histoire. Ceux qui seront morts en amitié avec le Christ ressusciteront pour la vie ; ceux qui meurent en dehors de cette amitié avec le Christ ressusciteront pour la mort éternelle. Le monde qui passe est un don de Dieu pour nous. Nous ne devons pas avoir peur d’en user, d’en profiter, de le cultiver. Les êtres humains ne sont pas des parasites de la planète terre. Nous en sommes les gardiens, les jardiniers. Ne faisons pas de la nature une idole. Ce qu’il y a de plus précieux dans la création, c’est l’être humain !

 

A l’approche des grandes vacances, et alors que le Christ va venir en nous par la Sainte Communion, par le "fruit de la terre" et le "fruit de la vigne", remercions-le de nous entourer avec tant de beauté. Et demandons-lui de nous ouvrir les yeux pour voir la planète terre (et l’univers tout entier) pour ce qu’elle est : une révélation de sa sagesse et de sa bonté.

Lectures pour la Solennité de la Très Sainte Trinité C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : La Sagesse est avec Dieu dès le commencement (Pr 8, 22-31)

 

 

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Lecture du livre des Proverbes

Écoutez ce que déclare la Sagesse : "Le Seigneur m'a faite pour lui au commencement de son action, avant ses oeuvres les plus anciennes.
Avant les siècles j'ai été fondée, dès le commencement, avant l'apparition de la terre.
Quand les abîmes n'existaient pas encore, qu'il n'y avait pas encore les sources jaillissantes, je fus enfantée.
Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée.
Alors que Dieu n'avait fait ni la terre, ni les champs, ni l'argile primitive du monde,
lorsqu'il affermissait les cieux, j'étais là. Lorsqu'il traçait l'horizon à la surface de l'abîme,
chargeait de puissance les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l'abîme,
lorsqu'il imposait à la mer ses limites, pour que les eaux n'en franchissent pas les rivages, lorsqu'il établissait les fondements de la terre,
j'étais à ses côtés comme un maître d'oeuvre. J'y trouvais mes délices jour après jour, jouant devant lui à tout instant,
jouant sur toute la terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes."
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 8, 4-5, 6-7, 8-9

R/ O Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand, ton nom, par tout l’univers

A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
la lune et les étoiles que tu fixas, 

qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui,
le fils d'un homme, que tu en prennes souci ?
 

Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu,
le couronnant de gloire et d'honneur ; 

tu l'établis sur les oeuvres de tes mains,
tu mets toute chose à ses pieds.


Les troupeaux de boeufs et de brebis,
et même les bêtes sauvages, 

les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
tout ce qui va son chemin dans les eaux.

 

 

 

 

2ème lecture : Dans l’Esprit nous sommes en paix avec Dieu par le Christ (Rm 5, 1-5)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, Dieu a fait de nous des justes par la foi ; nous sommes ainsi en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ,
qui nous a donné, par la foi, l'accès au monde de la grâce dans lequel nous sommes établis ; et notre orgueil à nous, c'est d'espérer avoir part à la gloire de Dieu.
Mais ce n'est pas tout : la détresse elle-même fait notre orgueil, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ;
la persévérance produit la valeur éprouvée ; la valeur éprouvée produit l'espérance ;
et l'espérance ne trompe pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné.
 
 

 

 

Evangile : L’Esprit nous conduira vers le mystère de Dieu (Jn 16, 12-15)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient ! Alléluia. (cf. Ap 1, 8)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

À l"heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « J"aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l"instant vous n"avez pas la force de les porter.
Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »
 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

 

 

Être disciple et missionnaire du Christ - Homélie Pentecôte - Profession de foi

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Etre disciple et missionnaire du Christ afin que les pays aient vie en lui

Etre disciple et missionnaire du Christ afin que les pays aient vie en lui

 
    Avec la confirmation et la première communion, en cette solennité de la Pentecôte, de nombreuses paroisses célèbrent ces jours-ci la profession de foi solennelle.

    Cette décision, réfléchie au cours de plusieurs années de catéchisme, et, tout particulièrement durant la semaine écoulée pendant un temps de retraite, ne peut que réjouir la communauté paroissiale que nous formons tous.

    Malheureusement, cette joie que j'évoquais à l'instant est sérieusement tempérée par le fait que la majorité des jeunes, sûrement influencés par leurs familles, vivent ces différentes étapes de la vie chrétienne uniquement comme des rites, comme des fêtes païennes avec une petice couche de venis chrétien, et considèrent la profession de foi et la confirmation comme "le début de la fin", ainsi que l'avait écrit naïvement un jeune confirmand à notre archevêque dans sa "lettre de motivation".

    Dans l'ordre actuel des évènements qui marquent la vie de nos jeunes de chez nous, la profession de foi se situe entre le baptême et la première communion qu'ils ont déjà célébrés, et la confirmation qu'ils sont appelés à recevoir dès l'année prochaine.

    Peut-être serait-il préférable de prévoir, dans un ordre normal, la profession de foi après la confirmation, car la confirmation, comme le baptême, et avant même l'eucharistie, fait partie des sacrements "de l'initiation", c'est-à-dire des sacrements "des débutants". L'élitisme qui tendrait à réserver la confirmation aux baptisés engagés dans un mouvement ou un service d'Église est certainement à éviter. Il est de la nature d'une initiation d'être proposée à tous les débutants. Mais la profession de foi, elle, qui n'est pas un sacrement, mais l'engagement personnel à vivre dans la fidélité la foi de son baptême dans l'Église catholique jusqu'à la fin de sa vie, pourrait être réservée aux jeunes réellement pratiquants et célébré à un âge plus avancé.

    Il n'est pas concevable, par exemple, qu'un jeune (et nous l'avons tous été...) qui a fait sa profession de foi, ne participe pas ensuite à la messe dominicale chaque semaine et ne s'engage pas à témoigner de sa foi par sa vie de chaque jour en se nourrissant de la Parole de Dieu comme d'un "pain quotidien". Faire sa profession de foi un dimanche, et le dimanche suivant manquer la messe parce qu'on est resté au lit, devant la télévision ou sur un terrain de sport, cela n'a aucun sens. C'est une contradiction.

Lors d'une audience générale Benoît XVI avait encouragé les évêques, "à poursuivre et à renforcer l'engagement de la nouvelle évangélisation, en les exhortant à développer de manière ramifiée et méthodique la diffusion de la Parole de Dieu, afin que la religiosité innée et diffuse des populations puisse être approfondie et devenir une foi mûre, une adhésion personnelle et communautaire au Dieu de Jésus Christ".

    Lors du concert offert pour ses quatre-vingts ans, il avait ajouté que pour tout croyant et pour toute communauté ecclésiale "la rencontre avec le Crucifié ressuscité est de la plus haute importance : sans cette expérience, sans cette amitié avec Jésus, la foi est superficielle et stérile".

    À Aparecida, le grand lieu de pèlerinage marial du Brésil, la Ve Conférence générale des Évêques de l'Amérique latine et des Antilles avait pour thème “Etre disciple et missionnaire du Christ afin que les pays aient vie en lui”. En approfondissant ce thème les évêques ont été amenés à voir le déroulement de la vie chrétienne en trois étapes: vocation, formation et mission, en deux dimensions: personnelle et communautaire, et en trois phases: attraction pour les choses divines, scandale de la croix et victoire de la vie.

    Le baptême est le temps de la vocation. C'est un appel à suivre le Christ. La formation correspond au cheminement, à la catéchèse. Cette catéchèse répond à un besoin permanent (une formation permanente) et ne se limite donc pas au catéchisme donné aux enfants. L'appel et la formation doivent nous mettre en état de mission, doivent nous permettre d'être des témoins de Jésus mort et réssuscité, à la fois de manière personnelle et communautaire. Tout cela exige une conversion, un amour et une passion pour le Règne de Dieu.

    La première phase de cette formation est “l’attraction pour les choses de Dieu, qui dans la vie de Jésus est constituée par la prédication en Galilée : dans ce moment de la vie publique du Christ, les apôtres se sentirent attirés par la capacité de Jésus de “faire des miracles et de séduire les multitudes par sa prédication. C’est l’évidence du pouvoir de Dieu qui enthousiasme ses disciples”.

    Le second moment dans la phase de l’apostolat est “le scandale de la croix, route qui conduit à Jérusalem”, étape “la plus dure et la plus douloureuse de la formation” qui signifie "l'épreuve de la foi, la Kénosis personnelle et communautaire”, et implique une réponse radicale.

    La troisième étape est la “victoire de la vie, Emmaüs et Pentecôte”, phase de maturité du disciple qui a compris “le scandale de voir le Messie crucifié”.

    Suivre ce processus conduit à faire en sorte que le “disciple mûr devienne apôtre et maître”, capable de “renoncer à lui-même, d’embrasser la croix de chaque jour et de se mettre entre les mains de Dieu pour accomplir la volonté du Père”.

    L’un des grands défis pour l'Église est alors “l’adaptation des structures ecclésiales, en particulier de la paroisse", afin que la paroisse soit non seulement "le centre d’attention pour les chrétiens qui s’y rendent habituellement", mais qu'elle devienne aussi "centre de mission qui cherche les catholiques éloignés ou distants” ainsi que tous ceux qui ne connaissent pas le Christ.

    Ce grand défi est devant nous. Ce n'est pas le moment ni de baisser les bras pour ceux et celles qui sont déjà sur le terrain, ni de déserter pour ceux et celles qui se contentent d'être des spectateurs passifs ou de purs consommateurs. C'est le moment d'unir toutes nos forces, avec l'aide et sous la conduite de l'Esprit Saint et de ceux qu'il a choisis pour être pasteurs du troupeau, pour être, chacun et chacune avec les dons qu'il ou elle a reçus, des témoins audacieux et fidèles de Jésus dans le monde d'aujourd'hui.

    À propos de Jeanne d'Arc le Père Guy Bedouelle, qui a été mon professeur d'Histoire de l'Église, écrivait:
 
Il n'y a sans doute pas dans l'histoire de l'Église de destin plus paradoxal et plus déconcertant que celui de la bergère de Domrémy. Comment cette jeune fille illettrée a-t-elle pu avoir un tel rôle politique, donnant, dans sa vie et dans sa mort, un exemple d'innocence et de vertu, célébrée de son vivant par Gerson, et par la postérité, tout particulièrement par Charles Péguy, en passant par Shakespeare, Voltaire, G.B. Shaw, Anouilh, par Dreyer et Bresson, et tant d'autres?
Dans la France occupée en majeure partie par les Anglais soutenus par les Bourguignons, dans la profonde confusion d'une guerre civile et le découragement du roi Charles VII et de son entourage, Jeanne d'Arc ravive les énergies et arrive à faire reconnaître la mission qui lui a été dictée par ses "voix": S. Michel, Ste Catherine et Ste Marguerite. En habit d'homme, sans porter les armes, accompagnée de son étendard qui porte de symbole de la Trinité et les mots "Jesus Maria", par sa seule présence, elle donne courage et assure la victoire.
(...) La similitude de sa passion avec celle du Christ, la simplicité avec laquelle elle a exercé les vertus théologales, son absolue confiance en Dieu, sa dévotion à l'Eucharistie, font de Ste Jeanne d'Arc une des figures les plus lumineuses et pures d'une histoire pleine d'ombres et d'horreurs.
 
(Dictionnaire d'Histoire de l'Église, Éd. C.L.D.)

    Puisse son exemple et sa prière être pour vous, les jeunes, et pour nos paroisses et nos communautés, une source d'inspiration et d'action. Nous en avons grand besoin. La Martinique en a grand besoin. La France en a grand besoin. Le monde entier en a grand besoin. Il n'y a pas de temps à perdre: "La moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux".

Là où il y a un chrétien, il y a de l’espoir - Homélie pour la Pentecôte C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Lectures de la Vigile de Pentecôte

Lectures du jour

 

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Durant sept semaines nous avons vu la flamme du cierge pascal dans le sanctuaire chaque fois que l’eucharistie était célébrée. Cette vive flamme du cierge pascal nous a rappelé que le Christ est vivant, qu’il s’est levé d’entre les morts, tout comme le soleil, chaque matin, se lève pour mettre fin aux ténèbres de la nuit. La flamme de ce grand cierge blanc nous a rappelé la fidélité de Dieu à travers l’histoire. Ce cierge symbolise les deux colonnes – de fumée pendant le jour, et de feu pendant la nuit – qui ont guidé les Israélites dans leur sortie d’Egypte, et tout au long de leur traversée du désert jusqu’à la Terre Promise. Maintenant c’est le Christ, Seigneur ressuscité, qui est pour nous colonne de fumée et colonne de feu pour nous guider tout au long de notre libération de l’esclavage du péché, dans ce monde d’épreuves et de tentations, vers le Terre Promise du Ciel.


Demain, le cierge pascal ne sera plus là. Jusqu’à Pâques de l’année prochaine, il ne sera utilisé que pour les baptêmes et les funérailles. Cela signifie-t-il que le Christ ne sera plus avec nous ? Non ! La lampe du sanctuaire auprès du tabernacle nous rappelle que Jésus n’est pas parti en vacances. La  solennité de la Pentecôte, c’est le jour où la vie du Christ ressuscité est confiée à l’Eglise par le don du Saint Esprit, la troisième Personne de la Très Sainte Trinité, qui est descendu sous la forme de langues de feu sur le Apôtres, neuf jours après l’Ascension du Seigneur Jésus.


Cette nouvelle période dans la vie de l’Eglise correspond à un nouveau temps liturgique, le Temps Ordinaire. Le cierge pascal est retiré du sanctuaire, parce que nous-mêmes sommes devenus des lumières de Pâques, des vives flammes de sagesse, des colonnes de foi et d’amour pour répandre l’espérance du Christ dans le monde.


Là où il y a un chrétien, il y a de l’espoir, car Dieu lui-même est présent dans l’âme de ce chrétien. Cela signifie qu’un seul chrétien suffit pour commencer une révolution de la rédemption dans une famille, une communauté, ou même dans un tout un pays.


 

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Sainte Nina en est un exemple éloquent. Nina était une esclave chrétienne du 4e siècle en Géorgie, au sud de la Russie.  Elle était une servante modèle, très appliquée, et elle impressionnait tous ceux qui la fréquentaient par sa tempérance joyeuse, sa chasteté et sa piété. Quand on lui posait la question de sa foi, elle répondait tout simplement : "J’adore le Christ comme Dieu".


Un jour, une maman lui apporte un bébé malade, lui demandant que faire. Nina prend l’enfant dans ses bras, l’enveloppe de son manteau, et invoque le nom du Seigneur. Quand elle rend l’enfant à sa mère, il était parfaitement guéri.


La reine de Géorgie, qui souffrait d’une maladie mystérieuse et invalidante, entend parler du miracle, en envoie chercher Nina pour venir la guérir. Nina refuse. Alors, la reine, faisant un acte d’humilité et de foi, se rend auprès de la jeune vierge, et elle aussi est guérie. Elle en fait part au roi, qui, peu de temps après, est sauvé lui aussi après un accident de chasse. Le roi et la reine font alors publiquement part de leur décision de devenir chrétiens. Ils sont instruits par Nina, et ils envoient chercher un évêque et des prêtres à Constantinople et commencent la construction de la première église chrétienne en Géorgie.

Là où il y a un chrétien, il y a de l’espoir, parce que Dieu lui-même est présent. C’est là le sens de la Pentecôte.


Alors, comment pouvons-nous, nous aussi, devenir un cierge pascal pour le monde ? D’abord, nous devons garder la flamme allumée dans nos cœurs, en particulier par la prière quotidienne et une fréquentation fervente des sacrements. Mais la lumière, nous devons aussi la répandre. C’est pour cela qu’il y a la confirmation. Un auteur spirituel écrit que chaque chrétien doit apprendre à suivre son "saint mécontentement". Nous savons tous que beaucoup de choses vont de travers en ce monde. Mais nous ne sommes pas touchés par toutes les misères du monde avec la même intensité. Nous avons tous des domaines auxquels nous sommes particulièrement sensibles. Pour les uns, ce sont les sans abris ; pour d’autres ce sont les victimes de l’avortement, ou la question du "mariage pour tous", ou encore ceux qui manquent d’une solide formation chrétienne. Sans doute Dieu nous a-t-il donné une sensibilité particulière dans ce domaine pour que nous y fassions briller sa lumière.


Si, cette année, chacun de nous prenait l’engagement d’apporter la lumière du Christ dans une de ces parties ténébreuses du monde, pensez donc combien ce monde pourrait être plus lumineux dans douze mois.


Les chrétiens n’ont pas vocation à se plaindre sans arrêt. Les chrétiens sont appelés à être conquérants, comme le Christ. Nous sommes appelés à vaincre le mal et les ténèbres avec la puissance de vie de la Résurrection, avec le feu que le Saint Esprit vient allumer dans nos cœurs.


Prions aujourd’hui pour une nouvelle Pentecôte dans notre vie, notre paroisse, notre monde, et promettons de faire tout ce que nous pouvons, chacun sa part, pour que cette prière soit exaucée.

 

 

Lectures pour le jour de la Pentecôte Année C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : La venue de l'Esprit Saint sur les disciples (Ac 2, 1-11)

 

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Lecture du livre des Actes des Apôtres

Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie.
Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.
Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue.
Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ?
Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie,
de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici,
Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 103, 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34

R/ O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !

 

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
La terre s'emplit de tes biens.

Tu reprends leur souffle, il expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses œuvres !
Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur.

 

 

 

 

 

2ème lecture : « L'Esprit fait de nous des fils » (Rm 8, 8-17)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, sous l'emprise de la chair, on ne peut pas plaire à Dieu.
Or, vous, vous n'êtes pas sous l'emprise de la chair, mais sous l'emprise de l'Esprit, puisque l'Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas.
Mais si le Christ est en vous, votre corps a beau être voué à la mort à cause du péché, l'Esprit est votre vie, parce que vous êtes devenus des justes.
Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais ce n'est pas envers la chair : nous n'avons pas à vivre sous l'emprise de la chair.
Car si vous vivez sous l'emprise de la chair, vous devez mourir ; mais si, par l'Esprit, vous tuez les désordres de l'homme pécheur, vous vivrez.
En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu.
L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : « Abba ! »
C'est donc l'Esprit Saint lui-même qui affirme à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.
Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers ; héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire.
 
 

 

 

 

Séquence

Viens, Esprit-Saint, en nos cœurs,
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres.
Viens, dispensateur des dons.
Viens, lumière en nos cœurs.

Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes,
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos ;
dans la fièvre, la fraîcheur ;
dans les pleurs, le réconfort.

O lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu'à l'intime
le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine,
il n'est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

A tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient,
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu
donne le salut final
donne la joie éternelle.

 

 

 

Evangile : « L'Esprit Saint vous enseignera tout» (Jn 14, 15-16.23b-26)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Viens, Esprit Saint ! Pénètre le cœur de tes fidèles ! Qu'ils soient brûlés au feu de ton amour ! Alléluia.

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

À l"heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Si vous m"aimez, vous resterez fidèles à mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l'Esprit de vérité.
Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui.
Celui qui ne m'aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n'est pas de moi : elle est du Père, qui m'a envoyé.
Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ;
mais le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »
 
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Lectures pour la Vigile de la Pentecôte Année C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Babel : les hommes révoltés ne parlent plus le même langage (Gn 11, 1-9)

Lecture du livre de la Genèse

 

 

Toute la terre avait alors le même langage et les mêmes mots.
Au cours de leurs déplacements du côté de l'orient, les hommes découvrirent une plaine en Mésopotamie, et ils s'y installèrent.
Ils se dirent l'un à l'autre : « Allons ! fabriquons des briques et mettons-les à cuire ! » Les briques leur servaient de pierres, et le bitume, de mortier.
Ils dirent : « Allons ! bâtissons une ville, avec une tour dont le sommet soit dans les cieux. Nous travaillerons à notre renommée, pour n'être pas dispersés sur toute la terre. »
Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties.
Et le Seigneur dit : « Ils sont un seul peuple, ils ont tous le même langage : s'ils commencent ainsi, rien ne les empêchera désormais de faire tout ce qu'ils décideront.
Eh bien ! descendons, embrouillons leur langage : qu'ils ne se comprennent plus les uns les autres. »
De là, le Seigneur les dispersa sur toute l'étendue de la terre. Ils cessèrent donc de bâtir la ville.
C'est pourquoi on l'appela Babel (Babylone), car c'est là que le Seigneur embrouilla le langage des habitants de toute la terre ; et c'est de là qu'il les dispersa sur toute l'étendue de la terre.
 
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 103, 1-2a, 1a.24, 27-28, 29bc-30

R/ O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !

 

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Revêtu de magnificence,

Tu as pour manteau la lumière !

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur !
Tout cela, ta sagesse l'a fait ; 
la terre s'emplit de tes biens.


Tous les vivants comptent sur toi
pour recevoir leur nourriture au temps voulu.
Tu donnes : eux, ils ramassent ;
tu ouvres la main : ils sont comblés.

Tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.

Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

 

 

 

 

 

2ème lecture : L'Esprit vien au secours de notre faiblesse (Rm 8, 22-27)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore.
Et elle n'est pas seule. Nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance ; nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit, mais nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps.
Car nous avons été sauvés, mais c'est en espérance ; voir ce qu'on espère, ce n'est plus espérer : ce que l'on voit, comment peut-on l'espérer encore ?
Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec persévérance.
Bien plus, l'Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L'Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables.
Et Dieu, qui voit le fond des coeurs, connaît les intentions de l'Esprit : il sait qu'en intervenant pour les fidèles, l'Esprit veut ce que Dieu veut.

 

 

 

 

 

Evangile : Jésus promet l'Esprit aux croyants (Jn 7, 37-39)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Viens, Esprit Saint ! Pénètre le cœur de tes fidèles ! Qu'ils soient brûlés au feu de ton amour ! Alléluia.

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C'était le jour solennel où se terminait la fête des Tentes. Jésus, debout, s'écria : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l'Écriture : Des fleuves d'eau vive jailliront de son coeur. »
En disant cela, il parlait de l'Esprit Saint, l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Jésus. En effet, l'Esprit Saint n'avait pas encore été donné, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié par le Père.

 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

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