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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Samedi Saint: mystère de prédication missionnaire

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 3, 19-22)

3

19 C'est ainsi qu'il est allé proclamer son message à ceux qui étaient prisonniers de la mort.
20 Ceux-ci, jadis, s'étaient révoltés au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l'arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, huit en tout, furent sauvées à travers l'eau.
21 C'était une image du baptême qui vous sauve maintenant : être baptisé, ce n'est pas être purifié de souillures extérieures, mais s'engager envers Dieu avec une conscience droite, et participer ainsi à la résurrection de Jésus Christ
22 qui est monté au ciel, au-dessus des anges et de toutes les puissances invisibles, à la droite de Dieu.

 
Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés

 

 

 

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Rubens, La Résurrection


    Le samedi saint n'est pas seulement le silence du tombeau, l'absence d'un Dieu K.O. se remettant lentement de ses blessures. Le samedi saint, c'est le mystère du Christ dont nous croyons avec toute l'Eglise qu' "il est descendu aux enfers"...

    Avez-vous remarqué que dans le Symbole de Nicée-Constantinople, plus long pourtant que le Symbole des Apôtres, ce mystère n'est pas mentionné? (Cela montre bien que le Symbole des Apôtres ne doit pas être considéré comme un simple résumé du Symbole de Nicée-Constantinople.)

    Il n'en demeure pas moins que la descente de Jésus aux enfers fait partie intégrante du noyau central de notre foi:
 
Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j'ai moi-même reçu: le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Ecritures, et il a été mis au tombeau; il est ressuscité le troisième jour conformémént aux Ecritures, et il est apparu à Pierre, puis aux Douze.
Bref, qu'il s'agisse de moi ou des autres, voilà notre message, et voilà notre foi. (1 Co 15, 3-5.11)

    Ce qui est frappant, ce n'est pas le silence du tombeau; c'est notre silence au sujet de ce mystère. La Liturgie des Heures, pour l'Office des Lectures du Samedi Saint, donne une homélie ancienne du IIe siècle :
 
Il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles.
Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue.
Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis
dans les ténèbres et à l’ombre de la mort.
Il va pour délivrer de leurs douleurs Adam dans les liens et Eve, captive avec lui

    Cela fait beaucoup de travail ! Et ce travail, dit saint Pierre, c'est un travail de prédication, d'annonce, de kérygme. Le comment de ce travail n'est pas notre affaire, mais celle du Christ. Il suffit de connaître le fait.

    Or, ce fait ne concerne pas seulement "les enfers", ceux qui jadis se sont révoltés, et qui attendent leur délivrance. Il nous concerne aussi: "C'est une image du baptême", écrit saint Pierre. Il concerne donc aussi ceux qui vivent dans l'attente du baptême (les catéchumènes, mais encore ceux qui, sans en être conscients, vivent dans un secret désir d'être baptisés); il concerne donc aussi tous ceux qui sont déjà baptisés, et qui doivent s'associer au Christ dans ce travail de prédication missionnaire jusqu'aux confins du monde, du monde extérieur, mais aussi intérieur, de tous les mondes connus et inconnus. Il concerne même ceux qui sont déjà baptisés, mais qui, s'étant révoltés, vivent déjà comme aux enfers.

    C'est la vocation de Ste Thérèse de Lisieux: être missionnaire de l'amour sans frontières, non seulement dans l'espace, en extension et en profondeur, mais aussi dans le temps.

    C'est la vocation de tous les baptisés. "Suis-moi", dit Jésus en appelant des premiers disciples au début de sa vie publique. Enseveli au tombeau et descendu aux enfers, il nous le dit encore. Mais qui veut passer par la porte étroite pour suivre Jésus dans sa mise au tombeau et sa descente aux enfers ? Ici, plus que jamais, "la moisson est abondante, et les ouvriers peu nombreux..." Le Cardinal Ouellet écrit que:
 
notre monde a bien besoin de méditer ce mystère pour retrouver le sérieux de la vie et de la mort avec le fondement de la véritable Espérance.

    Prions donc le Maître de la moisson, qu'il envoie des ouvriers à sa moisson.

Benoît XVI, Méditation sur le Samedi Saint devant le Saint-Suaire de Turin

dominicanus #La vache qui rumine B 2012

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Chers amis,

C'est pour moi un moment très attendu. En diverses autres occasions, je me suis trouvé face au Saint-Suaire, mais cette fois, je vis ce pèlerinage et cette halte avec une intensité particulière:  sans doute parce que les années qui passent me rendent encore plus sensible au message de cet extraordinaire Icône; sans doute, et je dirais surtout, parce que je suis ici en tant que Successeur de Pierre, et que je porte dans mon cœur toute l'Eglise, et même toute l'humanité. Je rends grâce à Dieu pour le don de ce pèlerinage et également pour l'occasion de partager avec vous une brève méditation qui m'a été suggérée par le sous-titre de cette Ostension solennelle:  "Le mystère du Samedi Saint".

On peut dire que le Saint-Suaire est l'Icône de ce mystère, l'Icône du Samedi Saint. En effet, il s'agit d'un linceul qui a enveloppé la dépouille d'un homme crucifié correspondant en tout point à ce que les Evangiles nous rapportent de Jésus, qui, crucifié vers midi, expira vers trois heures de l'après-midi. Le soir venu, comme c'était la Parascève, c'est-à-dire la veille du sabbat solennel de Pâques, Joseph d'Arimathie, un riche et influent membre du Sanhédrin, demanda courageusement à Ponce Pilate de pouvoir enterrer Jésus dans son tombeau neuf, qu'il avait fait creuser dans le roc à peu de distance du Golgotha. Ayant obtenu l'autorisation, il acheta un linceul et, ayant descendu le corps de Jésus de la croix, l'enveloppa dans ce linceul et le déposa dans le tombeau (cf. Mc 15, 42-46). C'est ce que rapporte l'Evangile de saint Marc, et les autres évangélistes concordent avec lui. A partir de ce moment, Jésus demeura dans le sépulcre jusqu'à l'aube du jour après le sabbat, et le Saint-Suaire de Turin nous offre l'image de ce qu'était son corps étendu dans le tombeau au cours de cette période, qui fut chronologiquement brève (environ un jour et demi), mais qui fut immense, infinie dans sa valeur et sa signification.

Le Samedi Saint est le jour où Dieu est caché, comme on le lit dans une ancienne Homélie:  "Que se passe-t-il? Aujourd'hui, un grand silence enveloppe la terre. Un grand silence et un grand calme. Un grand silence parce que le Roi dort... Dieu s'est endormi dans la chair, et il réveille ceux qui étaient dans les enfers" (Homélie pour le Samedi Saint, PG 43, 439). Dans le Credo, nous professons que Jésus Christ "a été crucifié sous Ponce Pilate, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers. Le troisième jour est ressuscité des morts".

Chers frères et sœurs, à notre époque, en particulier après avoir traversé le siècle dernier, l'humanité est devenue particulièrement sensible au mystère du Samedi Saint. Dieu caché fait partie de la spiritualité de l'homme contemporain, de façon existentielle, presque inconsciente, comme un vide dans le cœur qui s'est élargi toujours plus. Vers la fin du xix siècle, Nietzsche écrivait:  "Dieu est mort! Et c'est nous qui l'avons tué!". Cette célèbre expression est, si nous regardons bien, prise presque à la lettre par la tradition chrétienne, nous la répétons souvent dans la Via Crucis, peut-être sans nous rendre pleinement compte de ce que nous disons. Après les deux guerres mondiales, les lager et les goulagHiroshima et Nagasaki, notre époque est devenue dans une mesure toujours plus grande un Samedi Saint:  l'obscurité de ce jour interpelle tous ceux qui s'interrogent sur la vie, et de façon particulière nous interpelle, nous croyants. Nous aussi nous avons affaire avec cette obscurité.

Et toutefois, la mort du Fils de Dieu, de Jésus de Nazareth a un aspect opposé, totalement positif, source de réconfort et d'espérance. Et cela me fait penser au fait que le Saint-Suaire se présente comme un document "photographique", doté d'un "positif" et d'un "négatif". Et en effet, c'est précisément le cas:  le mystère le plus obscur de la foi est dans le même temps le signe le plus lumineux d'une espérance qui ne connaît pas de limite. Le Samedi Saint est une "terre qui n'appartient à personne" entre la mort et la résurrection, mais dans cette "terre qui n'appartient à personne" est entré l'Un, l'Unique qui l'a traversée avec les signes de sa Passion pour l'homme:  "Passio Christi. Passio hominis". Et le Saint-Suaire nous parle exactement de ce moment, il témoigne précisément de l'intervalle unique et qu'on ne peut répéter dans l'histoire de l'humanité et de l'univers, dans lequel Dieu, dans Jésus Christ, a partagé non seulement notre mort, mais également le fait que nous demeurions dans la mort. La solidarité la plus radicale.

Dans ce "temps-au-delà-du temps", Jésus Christ "est descendu aux enfers". Que signifie cette expression? Elle signifie que Dieu, s'étant fait homme, est arrivé au point d'entrer dans la solitude extrême et absolue de l'homme, où n'arrive aucun rayon d'amour, où règne l'abandon total sans aucune parole de réconfort:  "les enfers". Jésus Christ, demeurant dans la mort, a franchi la porte de cette ultime solitude pour nous guider également à la franchir avec Lui. Nous avons tous parfois ressenti une terrible sensation d'abandon, et ce qui nous fait le plus peur dans la mort, est précisément cela, comme des enfants, nous avons peur de rester seuls dans l'obscurité, et seule la présence d'une personne qui nous aime peut nous rassurer. Voilà, c'est précisément ce qui est arrivé le jour du Samedi Saint:  dans le royaume de la mort a retenti la voix de Dieu. L'impensable a eu lieu:  c'est-à-dire que l'Amour a pénétré "dans les enfers":  dans l'obscurité extrême de la solitude humaine la plus absolue également, nous pouvons écouter une voix qui nous appelle et trouver une main qui nous prend et nous conduit au dehors. L'être humain vit pour le fait qu'il est aimé et qu'il peut aimer; et si dans l'espace de la mort également, a pénétré l'amour, alors là aussi est arrivée la vie. A l'heure de la solitude extrême, nous ne serons jamais seuls:  "Passio Christi. Passio hominis".

Tel est le mystère du Samedi Saint! Précisément de là, de l'obscurité de la mort du Fils de Dieu est apparue la lumière d'une espérance nouvelle:  la lumière de la Résurrection. Et bien, il me semble qu'en regardant ce saint linceul avec les yeux de la foi, on perçoit quelque chose de cette lumière. En effet, le Saint-Suaire a été immergé dans cette obscurité profonde, mais il est dans le même temps lumineux; et je pense que si des milliers et des milliers de personnes viennent le vénérer, sans compter celles qui le contemplent à travers les images - c'est parce qu'en lui, elles ne voient pas seulement l'obscurité, mais également la lumière; pas tant l'échec de la vie et de l'amour, mais plutôt la victoire, la victoire de la vie sur la mort, de l'amour sur la haine; elles voient bien la mort de Jésus, mais elles entrevoient sa Résurrection; au sein de la mort bat à présent la vie, car l'amour y habite. Tel est le pouvoir du Saint-Suaire:  du visage de cet "Homme des douleurs", qui porte sur lui la passion de l'homme de tout temps et de tout lieu, nos passions, nos souffrances, nos difficultés, nos péchés également - "Passio Christi. Passio hominis" - de ce visage émane une majesté solennelle, une grandeur paradoxale. Ce visage, ces mains et ces pieds, ce côté, tout ce corps parle, il est lui-même une parole que nous pouvons écouter dans le silence. Que nous dit le Saint-Suaire? Il parle avec le sang, et le sang est la vie! Le Saint-Suaire est une Icône écrite avec le sang; le sang d'un homme flagellé, couronné d'épines, crucifié et transpercé au côté droit. L'image imprimée sur le Saint-Suaire est celle d'un mort, mais le sang parle de sa vie. Chaque trace de sang parle d'amour et de vie. En particulier cette tâche abondante à proximité du flanc, faite de sang et d'eau ayant coulé avec abondance par une large blessure procurée par un coup de lance romaine, ce sang et cette eau parlent de vie. C'est comme une source qui murmure dans le silence, et nous, nous pouvons l'entendre, nous pouvons l'écouter, dans le silence du Samedi Saint.

Chers amis, rendons toujours gloire au Seigneur pour son amour fidèle et miséricordieux. En partant de ce lieu saint, portons dans les yeux l'image du Saint-Suaire, portons dans le cœur cette parole d'amour, et louons Dieu avec une vie pleine de foi, d'espérance et de charité. Merci.

 

© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana

 

(Vidéo)

Vendredi Saint : L'amour sans peur de souffrir (Joris Van Ael)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

Pourquoi représenter la passion du Seigneur ? Pourquoi la représentation explicite du récit de la passion est-elle une tradition pleine de sens dans nos communautés de croyants ?

 

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 Joris Van Ael, Notre-Dame des Douleurs

 

Dieu parachève son "exode" à Jérusalem

La souffrance et la mort du Christ sont au coeur de la grande aventure de Dieu avec ses créatures. C'est l'achèvement de son grand Exode. C'est l'épnouissement final de son amour extatique (un amour ouvert sur autrui), qui trouve son expression la plus profonde dans la passion : "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses frères" (Jn 15, 13).

L'Exode de Dieu a commencé le premier jour, quand il fit sortir l'ordre du chaos et fit apparaitres sa création. Son Exode a continué dans les Ecritures et dans le ministère de son Incarnation. Il s'est achévé à Jérudalem.

Les scènes de la Passion nous manifestent l'accomplissement de cette Grande Venue. Elles nous montrent l'ultime descente de Dieu par laquelle il se fait proche en tout de sa créature. Ils manifestent la volonté et le désir de Dieu de suivre sa créature jusqu'au bout de ses chemins de traverses. Afin de lui donner la chance de rencontrer le grand Amour, où qu'il se trouve, aussi loin qu'il soit. Ni l'obscurité de la souffrance de l'innocent, ni celle de la torture ou de l'horreur, ni celle de la tombe ne l'empêchent d'être proche de sa créature. En tout, il devient semblable à nous, il adopte tout l'humain et il montre par là qu'aucune réalité n'est privée de sa lumière, à part le péché.

La souffrance et la mort du Dieu Christ sont donc bien le signe de son amour qui va jusqu'au bout. Un amour qui cherche à nous donner répit, soulagement, et qui ouvre sur l'avenir. Un amour qui nous cherche et qui désire nous embrasser.

 

La souffrance, un écheveau qui nous éloigne de l'amour

Les Pères de l'Eglise ont mis en lumière la passibilité humaine, une des séquelles du péché originel : la sensibilité à la souffrance, le fait d'être sans cesse exposé à la douleur, un spectre qui nous hante.

Pour nous, la souffrance n'est que rarement un sol favorable à la croissance de l'amour. En première instance, il s'agit d'une réalité qui nous éloigne de l'amour, qui nous prive d'amour et qui en dérange et en défigure l'expérience.

La peur de la souffrance, quelle qu'elle soit, nous pousse dans de multiples mécanismes de sauvegarde. Quelle n'est pas notre inventivité pour les dresser tout autour de nous, telles des défenses face aux souffrances toujours à l'affût. Certes, il n'y a pas là à s'en formaliser. Il n'est pas sain d'adopter des comportements risqués vis à vis de la souffrance. Mais la peur endémique de la souffrance nous fait exagérer notre souci de nous en préserver. Notre propre sécurité se fait alors au dépens de celle d'autrui et devient ainsi involontairement la source de souffrances supplémentaires et variées.

Nous pouvons en donner de nombreux exemples. Un premier exemple se situe dans l'immense domaine de la propriété et de l'économie. Notre richesse, les aménagements exagérés de notre vie quotidienne et de notre habitat sont souvent des réactions superflues face à une souffrance éventuelle. Il arrive que, par peur de la souffrance, nous ayons de la peine à garder la juste mesure des choses et que nous allions trop loin. C'est ainsi que notre bien-être occidental est démesuré devant la pauvreté du reste du monde. La sécurisation et l'aménagement de ma vie se fait aux dépens de la vie d'autrui. La sécurité offerte par toute propriété, spirituelle aussi bien que matérielle, est bien souvent un parapet, un rempart contre l'ennemi de toujours qu'est la souffrance. Il doit obturer pour nous l'affliction de l'humiliation, de la précarité et de la faiblesse.

Prenons aussi un exemple à plus petite échelle : la personne qui me fait de la peine, qui me blesse et me désavantage, n'est-elle pas souvent une source de ressentiment ? La peine qu'elle m'occasionne ne me pousse-t-elle pas souvent à la rancune, à la rupture, à la médisance ? A creuser la distance ?

C'est ainsi que la peur de la souffrance et de toute forme de mort est source fondamentale d'inégalité dans notre monde, la raison pour laquelle les hommes ont tant de peine à vivre ensemble dans la paix. La menace d'une souffrance éventuelle nous fait continuellement ériger des murs, des fortifications pour nous mettre sans cesse à l'abri de la souffrance que les autres pourraient nous causer. La continuelle vulnérabilité à la souffrance me cache les sentiers de l'amour, fait que j'ai peur d'aimer. L'amour, en effet, est tellement vulnérable, et l'amour blessé fait mal deux fois.

 

L'amour authentique ne connaît pas la peur

Cependant l'amour cherche toujours le risque. Son dynamisme est d'une force inouïe. Il vainc sans cesse la peur. L'amour authentique et plénier ne connaît pas la peur, il est plus fort que toute forme de peur, il est même plus fort que la mort. L'amour vrai cherche à aimer, toujours, en toutes circonstances, ni plus ni moins. Il ne se laisse pas enfermer dans des spéculations exagérées de sécurité et d'assurances. Par ailleurs, les hommes demeurent confrontés à cette réalité : la peur que suscite la vulnérabilité à la souffrance et qui risque sans cesse de nous faire quitter l'amour, de voiler, de déformer, de fausser ses exigences et ses visées. Voilà pourquoi notre regard est trouble, voilà pourquoi nous ne pouvons porter de jugement juste et vrai sur les choses et les situations, et que nous faisons des choix erronnés ou incomplets. Ceux-ci, à leur tour, engendreront, dans notre vie et dans celle d'autrui d'autres maux, nouveaux et différents.

Il est clair que la souffrance et la peur de souffrir repandent sur nos vies une sorte de brouillard. C'est comme un nuage bas qui nous enveloppe. Devant cette réalité fondamentale, il nous faut prendre attitude et passer peu à peu de la peur à l'amour.

Finalement se pose la question : la croix perçue comme symbole de toute expérience pénible n'est-elle pas le terrain d'élection sur lequel l'amour peut se frayer un chemin ?

 

Jésus souffre par amour et souffre en aimant

Dans nos églises, nous représentons la souffrance de Jésus. Parce que lui, il a continué à aimer au coeur de la souffrance. Jusque sur la croix, il a évité le piège qui pouvait hypothéquer l'amour : sa grande mission et son désir suprême. C'est par amour qu'il a pris sur lui la souffrance, mais c'est aussi au coeur de la souffrance qu'il a continué à aimer. Il n'est pas seulement mort par amour, mais il a aussi persévéré dans l'amour. Il a souffert en aimant. C'est ainsi qu'il a voulu manifester la plénitude de l'amour. La première Lettre de saint PIerre (1 P 2, 21-23) l'exprime admirablement :

Car le Christ aussi a souffert pour vous,

vous laissant un modèle

afin que vous suiviez ses traces,

- lui qui n'a pas commis de faute -

et il ne s'est pas trouvé de fourberie dans sa bouche ;

lui qui, insulté, ne rendait pas l'insulte,

souffrant, ne menaçait pas,

mais s'en remettait à Celui qui juge avec justice.

 

En cela, le Seigneur nous indique une voie. Une voie qui finit par vaincre la mort et la souffrance. Un cheminement qui nous libérera de notre peur, de notre tendance irrésistible à élaborer des zones de sécurité pour nous-mêmes, pour les nôtres, pour notre peuple et notre patrie, pour notre race et notre religion.

En cela consiste la voie : que le Seigneur, au coeur de la souffrance, n'a laissé aucune chance au Malin et n'a pas admis le moindre mouvement qui ternirait l'amour. Ainsi sa mort a-t-elle été une mort sans cause véritable, sans raison véritable. Ainsi, le corps mort du Seigneur, en qui l'immense amour de Dieu s'est donné à l'extrême, s'est transformé en appât pour le Malin ; c'est ainsi que le Seigneur a vaincu la mort par sa mort ; par sa mort, subie en aimant, il a tué la mort. L'amour est la force profonde qui est à même de détruire en même temps la mort et le péché. Voilà pourquoi les ténèbres du tombeau ont éclaté en Lumière. En effet, qu'ont en commun les ténèbres et le Lumière ? La mort et l'amour sont pour moi des ennemis. "Je les hais d'une haine parfaite", déclare le psalmiste (Ps 139, 22).

Aussi cela a-t-il du sens pour montrer explicitement dans nos lieux de rencontre le chemin de la passion, la mort et l'ensevelissement du Seigneur. Ils nous rappellent que le Seigneur a obtenu durement la victoire sur la mort en passant par la souffrance. "Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans la gloire ?" (Lc 24, 26). Ils nous rappellent, à nous chrétiens, que nous devons veiller à ne pas transformer la douleur et la menace permanente de la souffrance en terreau qui mûrit des pensées, des actions et des mouvements affectifs et rationnels empêchant l'amour, ou même changeant l'amour en haine. Les images de la passion du Seigneur nous montrent que, dans la souffrance et la douleur, l'amour est éprouvé et purifié, et qu'en fin de compte, il est rendu parfait dans le mystère d'abandon et de don de soi, libre de tout reproche, capable de pardonner, libre de toute amertume. La souffrance et la douleur sont le champ de bataille où l'amour est conquérant, mais où, finalement, il remportera la victoire.

L'appel que nous lancent à chacun les scènes de la passion, nous pouvons sans doute le formuler ainsi : fais de la souffrance un évènement d'amour et découvre, à la contemplations des scènes de ma souffrance et de ma mort, l'histoire de mon chemin de croix comme une histoire d'amour. Un amour qui se fait proche de toi, de chacun. Afin d'être à tes côtés, fragile humain.

Joris Van Ael, Le récit de la Passion en 16 icônes, Ed. Fidélité 2007, p. 23 ss

 

Le sommeil des apôtres et le nôtre - Homélie pour le Jeudi Saint

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)

Parmi les épisodes que nous méditons, durant les jours de la Passion du Seigneur, il y a celui du sommeil des trois Apôtres, Pierre, Jacques et Jean, au Jardin des Oliviers, alors que Jésus souffre une agonie des plus terribles. Le Seigneur leur avait demandé de « veiller », de lui faire compagnie, mais en vain. Ils étaient tombés dans un profond sommeil, comme cela arrive quand les instincts de la « chair » ont le dessus sur les désirs de « l’esprit ». Jésus ne leur fait pas de reproches, quand il les rappelle à la réalité ; en réveillant Pierre, il fait seulement une constatation concernant ce sommeil :

« Simon, tu dors ? Tu n’as pu veiller une heure seulement ? Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est prompt mais la chair est faible » (Marc 14, 37b-38).
Michel.CIRY.Le-sommeil.des.apotres.jpg
Michel Ciry, Le sommeil des apôtres
(Source:
catholique-rouen.cef.fr)
 
« Veillez » ! Il ne suffit pas de prier, il faut veiller sur soi-même, sur ses propres pensées, sur ses propres émotions, sur ses propres humeurs, sur ses propres désirs, parce que les hommes sont toujours prêts à « descendre » du plan spirituel au plan purement matériel, en faisant « glisser » le disciple du Christ dans des attitudes « terre à terre » qui ont bien peu à voir avec « l’esprit », ou mieux encore, qui n’ont rien à faire avec lui. On ne peut trop se fier à son propre coeur de chair, parce que, comme le déclare la Sainte Ecriture, « il est difficilement guérissable » (Jérémie 17, 9). Il faut maintenir, sans cesse, le difficile équilibre entre l’esprit et la manière, entre l’âme et le corps, entre les exigences de l’une et de l’autre, en donnant toujours la préséance à l’esprit, parce que, comme le dit Jésus, « la chair est faible » et, si elle n’est pas soumise à l’esprit, elle entraîne vers la terre !

Le disciple doit marcher en regardant vers le Seigneur, pour ne pas se replier vers le bas, prisonnier de ses propres instincts, comme ceux qui se refusent de lever la tête pour s’émerveiller du bleu du ciel, pour respirer le parfum de la Pâque. Le chrétien doit faire un exode continu de soi-même pour se conformer à Son Rédempteur, en L’imitant.

Dans l’un de ses admirables commentaires sur la Passion du Christ, le Pape Saint Léon le Grand déclarait :
 
« Le peuple chrétien est invité aux richesses du Paradis. Pour tous les baptisés, s’ouvre le passage pour le retour à la patrie perdue, à moins que quelqu’un ne veuille se barrer lui-même cette voie, qui ouvre pourtant à la foi du Larron. Tâchons que les activités de la vie présente ne créent pas en nous ou trop d’anxiété, ou trop de présomption, au point d’annuler l’engagement de nous conformer à notre Rédempteur, dans l’imitation de ses exemples. Il ne fit rien et il ne souffrit rien en effet si ce n’est pour notre salut, pour que la vertu, qui était dans le Chef, soit possédée aussi par le Corps… ».
Les Apôtres, comme nous, se précipitent « vers le bas » parce qu’ils ne sont pas vigilants, qu’ils se laissent dominer par les instincts de « survie », face à ce qui, humainement parlant, était un malheur : La Passion ! Un malheur, oui, mais relatif ; en effet, elle était le prélude à un triomphe absolu, lui aussi annoncé d’avance par Jésus ; le triomphe de la Résurrection ;
 
« Le Fils de l’Homme va être remis entre les mains des hommes, et ils mettront à mort ; mais, une fois mort, il ressuscitera trois jours plus tard » (Marc 9, 31).
La raison de la crise de la foi qui traverse le monde chrétien, est celle de toujours : le manque de vie intérieure, c’es-à-dire d’une vie spirituelle dans laquelle le caractère matériel de l’existence humaine est soumis à la nette supériorité de l’Esprit. Combien de fois le Seigneur l’avait recommandé à ses disciples :
 
« Mon Royaume n’est pas de ce monde » (Jean 18, 36) ;
« Vous n’êtes pas de ce monde » (Jean 15, 19).
Le Royaume de Dieu ne peut tirer sa force de ce qui est terrestre, parce qu’il est éminemment spirituel. Que de fois le Seigneur avait rappelé la supériorité de l’âme sur le corps, de l’esprit sur le monde :
 
« A quoi cela sert-il en effet à l’homme de gagner le monde entier, s’il en vient à perdre sa propre âme ? » (Marc 8, 36).
Rester vigilants veut dire maintenir la priorité absolue de la relation de l’âme avec Dieu, parce que « Dieu est Esprit » (Jean 4, 24), il n’est pas matière ! « Dieu s’est fait homme comme nous, pour nous faire devenir comme Lui », si nous le voulons, si nous accueillons ses Commandements :
 
« Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit complète » (Jean 15, 11).
Jésus parle d’une joie spirituelle, qui pénètre l’âme et la remplit de sens, une joie que les sens de la chair, appesantis par le péché, ne sont pas capables de comprendre ni même de percevoir ; voilà pourquoi il faut les renier, en les soumettant à l’Esprit.

Benoît XVI a mis en garde contre la menace de la « sécularisation », même au sein de l’Eglise :
 
« Cette sécularisation n’est pas seulement une menace extérieure pour les croyants, mais elle se manifeste déjà depuis longtemps au sein de l’Eglise elle-même. Elle dénature de l’intérieur et en profondeur la foi chrétienne, et, en conséquence, le style de vie et le comportement quotidien des croyants. Ils vivent dans le monde et sont souvent marqués, voire même conditionnés par la culture de l’image qui impose des modèles et des impulsions contradictoires, dans la négation pratique de Dieu : Il n’y a plus besoin de Dieu, de penser à Lui, et de retourner à Lui. En outre, la mentalité hédoniste et la mentalité de consommation prédominante, favorise, chez les fidèles mais aussi chez les pasteurs, une dérive vers une superficialité et un égocentrisme qui nuit à la vie ecclésiale » (Benoît XVI, Discours à la Plénière du Conseil Pontifical pour la culture, 8 mars 2008).
On s’endort, au lieu de faire compagnie à Jésus, quand on se laisse conditionner par le monde, en mettant en lui le bonheur, au dépens de l’esprit, comme le dit Saint Paul :
 
« Le désir de la chair, c’est la mort, tandis que le désir de l’esprit, c’est la vie et la paix… Ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu. Vous, vous n’êtes pas dans la chair mais dans l’esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous » (Romains 8, 6-9, pss.).
 
La Passion de Notre Seigneur serait vaine si nous ne nous décidions pas de vivre « selon l’Esprit ». Puisse la Mère de Dieu avoir la joie, lors de la Pâque qui est proche, d’accompagner vers le Seigneur de nombreux disciples qui se sont convertis à Lui !
 
(Source : Agence Fides, 12 mars 2008)
 

Les trois dons de Jésus le soir du Jeudi Saint - Homélie

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Tout être humain éprouve deux besoins plus fondamentaux que n’importe quels autres. Nous avons besoin d’être aimés, et nous avons besoin d’aimer. La raison en est que nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, et Dieu est amour. La Très Sainte Trinité, c’est l’amour de Dieu, pleinement vivant, chaque Personne, Père, Fils et Saint Esprit aimant les autres et étant aimée des autres. C’est à cette image-là que nous sommes créés ; nous sommes faits pour suivre cet exemple.

Nous pouvons posséder tout l’or du monde, toute la popularité, la puissance et le succès possible et imaginable, mais si nous ne sommes pas aimés profondément, simplement pour ce que nous sommes, librement, et si nous n’aimons pas un(e) autre au point de nous sacrifier nous-mêmes pour lui (elle), nous serons des misérables.

Jésus connaît notre double besoin fondamental. Par sa souffrance et sa mort, sa Passion qui commence ce soir, il y a pourvu. Saint Jean nous dit :

« Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. »

Ceci veut dire que Jésus nous a donné la preuve ultime, par sa Passion, de son amour sans bornes pour chacun de nous. Et ce soir, en ce Jeudi Saint, il nous a fait trois dons dans le prolongement sa Passion tout au long de l’histoire.

  • -       Il nous a donné l’Eucharistie, sa Présence réelle qui nous nourrit en chaque tabernacle, lors de chaque communion.
  • -       Il nous a donné le sacrement de l’Ordre, comme une multiplication sacramentelle, à travers le temps et l’espace, de son propre amour miséricordieux.
  • -       Et il nous a donné le commandement du véritable amour, pour que nous sachions comment aimer en vérité, sans retour sur nous-mêmes, comme quand il a lavé les pieds de ses disciples.

 

Par ces dons éternels, inestimables, Dieu nous sauve, répondant aux deux besoins fondamentaux de tout cœur humain.

 

Chacun de ces dons répond à nos deux besoins les plus profonds. Prenons, par exemple, le sacrement de l’Ordre. Le sacerdoce, c’est la manière que Dieu a choisi pour être présent dans notre vie comme maître, comme père et comme guide, sans pour autant nous envahir. Il envoie sa grâce par les prêtres, des hommes en chair et en os avec qui nous pouvons entrer en relation. Plus question de coups de tonnerre et de nuées de feu et de fumée, comme dans l’Ancien Testament. Dieu se met à notre niveau, pour pouvoir nous élever à son niveau.

La veille des funérailles de Jean Paul II, Rome était envahie d’une foule de cinq millions de pèlerins, selon les estimations. La ville avait de la peine à héberger un tel nombre. Des milliers et milliers ont passé la nuit dans les rues. Et partout où il y avait du monde dans la ville, tout au long de la nuit, l’on pouvait voir des prêtres entendant les confessions dans des confessionnaux improvisés, avec des panneaux autour du cou pour indiquer les langues qu’ils parlaient. Tout au long de la nuit, Dieu prouvait son amour, répandant doucement la lumière de sa miséricorde par le sacrement de la confession.

Dans la matinée suivante, l’un de ces prêtres était interviewé par un journaliste pour un "talk show" américain. Le prêtre était fatigué, affamé, non rasé, mais ses yeux pétillaient de joie. Le journaliste lui demande ce qu’il avait fait toute la nuit. "J’ai entendu des confessions dans les rues de Rome", a-t-il répondu. "Des personnes âgées ?", demande le journaliste. "Certains âgés, mais la plupart des jeunes,", répond le prêtre. Le journaliste demande alors : "C’est bien connu que les jeunes aimaient Jean Paul II parce qu’il était une célébrité. Mais pourquoi veulent-ils se confesser ? Est-ce qu’ils ne veulent pas changer les enseignements de l’Eglise au sujet du péché ?" Le prêtre sourit, et dit : "Ce qu’ils veulent changer, c’est eux-mêmes. Et Jean Paul II leur a rappelé qu’avec la grâce de Dieu, ils en sont capables. Voilà pourquoi ils sont venus se confesser." Aussitôt l’interview a été interrompue pour faire place à un spot publicitaire.

Voilà le don que le Christ nous a laissé dans le sacrement de l’Ordre : une assistance puissante, sacramentelle, vivante tout au long du chemin difficile de la vie, un don qui, à la fois, prouve que nous sommes aimés et qui fortifie notre amour.

 

C’est au cours de cette nuit que Jésus nous a fait ces grands cadeaux.

La meilleure manière, peut-être, de le remercier, c’est de prendre du temps au cours des jours qui vont suivre, pour vraiment en profiter, pour en faire bon usage. C’est de permettre à ces dons de répondre à nos besoins les plus profonds en ouvrant notre cœur avec courage au Christ.

Le premier besoin, c’est celui d’être aimé. Si nous ne savons pas que nous sommes aimés de manière inconditionnelle, pleinement, de fond en comble, simplement pour ce que nous sommes, il est pratiquement impossible pour nous de pouvoir aimer en retour, comme nous y sommes appelés parce que nous sommes à l’image de Dieu. Et plus nous savons que nous sommes aimés, plus nous sommes fortifiés, et plus nous devenons capables d’aimer en retour. Nous avons tous pu en faire l’expérience, même au niveau purement humain. Quand nous nous savons aimés, nous sommes forts.

Eh bien, permettons à Jésus de nous assurer de son amour pour nous tout au long de ce temps, en priant, en lisant, en réfléchissant, en participant à la liturgie, en recevant les sacrements. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Nous tous qui sommes ici ce soir, nous avons tous pu faire déjà l’expérience de l’amour du Christ pour nous, au moins un peu, même si nous avons besoin d’en faire l’expérience toujours plus.

Mais je suis sûr que chacun de nous connaît quelqu’un qui n’en a jamais fait l’expérience, ou qui n’en a plus fait l’expérience depuis longtemps. Soyons des chrétiens véritables, authentiques pour ces gens, de vrais disciples du Christ en ce temps de Pâques. Prions pour eux, invitons-les à nos liturgies, ou allons à leur rencontre, en leur lavant les pieds d’une manière ou d’une autre, pour leur permettre de faire l’expérience de l’amour du Christ par notre amour à l’image de l’amour du Christ. Jésus n’est-il pas mort pour eux aussi ? Son amour qui sauve est beaucoup trop précieux pour les garder pour nous-mêmes.

Nous avons besoin d’aide-mémoire - Homélie pour le Jeudi Saint

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

La célébration du Jeudi Saint nous met en contact avec trois mille cinq cents années d’histoire du salut. En célébrant cette messe nous obéissons au commandement de Jésus lors de la Dernière Cène, comme nous le rappelle la deuxième lecture :


« Faites cela en mémoire de moi. »


Lors de cette Dernière Cène, il y a deux mille ans, Jésus a donné un nouveau sens à ce repas rituel que les Juifs avaient célébré – et célèbrent toujours – depuis le temps de Moïse, en l’an 1500 avant Jésus Christ – la Pâque.


 

jeudi saint.lect.1.1


La Pâque juive était un jour saint que Dieu lui-même avait établi, comme nous le rappelle la première lecture. Dieu avait donné l’ordre aux Hébreux de célébrer la Pâque pour qu’ils n’oublient jamais tout ce que Dieu a fait pour eux en les libérant de l’esclavage d’Egypte et les conduisant en Terre Promise. La Pâque est un mémorial, un mémorial sacré, car il les renouvelait dans  leur relation privilégiée avec Dieu. D’une manière similaire, Jésus commande à son Eglise de continuer d’ordonner des prêtres pour célébrer l’Eucharistie.


L’Eucharistie est un mémorial de son œuvre de rédemption, par laquelle il nous a délivré du péché et ouvert la voie vers la vie éternelle. Comme mémorial sacré, elle rend présent le sacrifice éternel du Christ. Notre liturgie n’est pas seulement une photo d’un événement du passé ; elle ouvre le rideau du temps et de l’espace de sorte que l’événement du passé est rendu présent pour nous aujourd’hui.


Pourquoi Dieu tient-il tellement à nous rappeler tout ce qu’il a fait pour nous ? Il y a deux raisons à cela.


***

 

Nous avons besoin qu’on nous rappelle l’amour infini de Dieu qui a livré son propre Fils pour nous sauver. Les épreuves de la vie tendent à former autour de nos yeux des œillères. Disons-le franchement : la vie n’est pas facile. Nous avons pas mal  de joies et de plaisirs, mais ils n’éliminent pas nos croix. Nous vivons dans un monde de péché, plein d’injustice, de défaites. Cela fait mal, parfois. Parfois cela fait très mal. Nous-mêmes sommes des pécheurs. Nous nous mettons en colère, nous cédons à la tentation, nous nous laissons prendre dans les filets de l’injustice sous toutes ses formes. Et ensuite nous sommes incapables de concevoir que Dieu ne nous abandonne jamais et qu’il est capable de transformer nos Vendredis Saints en Dimanches de Pâques. Voilà pourquoi nous avons besoin d’aide-mémoire, tels que la belle liturgie de ce jour.


***

 

Mais il y a une autre raison pour notre constant besoin d’aide-mémoire : nous ne savons pas écouter. Dieu nous envoie des rappels de sa bonté, de sa sagesse, tout le temps : les splendeurs de la nature, la beauté de l’art, de la musique, la joie de l’amitié et du soin que les autres prennent de nous, la satisfaction d’un travail bien fait… Tout ce qui est bon autour de nous est un peu un miroir de l’amour, de la miséricorde et de la générosité de Dieu. Nous sommes entourés de ces aide-mémoire. Mais nous ne savons pas bien écouter. Vous avez remarqué combien facilement nous sommes distraits au moment de la prière.


Quand nous entendons la Parole de Dieu dans nos cœurs, elle nous donne du réconfort et du courage, mais cette Parole nous invite à changer nos cœurs, pour vivre une vie plus semblable à celle du Christ. Ce n’est pas toujours facile. Alors nous préférons garder la radio allumée, ou les écouteurs dans les oreilles, ou tchatcher sur nos téléphones cellulaires. Même quand nous voulons bien écouter, la pollution sonore dans laquelle nous vivons nous rend la tâche quasiment impossible. Dieu doit se battre pour se faire entendre dans tout ce vacarme. Plus il nous donne des aide-mémoire, plus il a la chance de capter notre attention. La liturgie de ce soir est un des plus beaux aide-mémoire qu’il nous ait donnés.


***


Dieu est heureux de nous voir rassemblés pour cette célébration, du fait que nous sommes ensemble pour faire « cela en mémoire de lui ». Il sait que nous avons besoin de rappels du fait qu’il prend soin de nous, qu’il ne nous a pas abandonnés, et qu’il ne nous abandonnera jamais.


Participons donc à cette célébration avec beaucoup de reconnaissance, une grande attention. Permettons à Dieu de parler à notre cœur et de nous dire ce qu’il a envie de nous dire. Continuons d’être à l’écoute tout au long de ces prochains jours, qui sont les plus saints de l’année. Cela peut signifier que nous devons prendre advantage de temps pour la prière, pour aller veiller une heure avec Jésus. Il faudra prendre du temps pour participer au chemin de croix et l’office de la Passion du Vendredi Saint, ainsi que pour la Vigile Pascale. Il peut être bon de tourner le bouton de la télévision pendant les prochaines 24 heures. Comme le disait Benoît XVI lors de sa visite aux Etats-Unis en 2008, n’ayons pas peur du silence. Dieu ne se laisse pas vaincre en générosité. Si nous lui accordons une attention spéciale durant ces jours saints, il nous fera signe, il aura un message personnel pour chacun de nous, provenant directement de son Cœur Sacré et s’adressant à nos cœurs nécessiteux.

 

Lectures Jeudi Saint: Messe chrismale - Messe du soir

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
« Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »

« Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »

MESSE CHRISMALE

PREMIÈRE LECTURE

Le Seigneur m’a consacré par l’onction, il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, et leur donner l’huile de joie (Is 61, 1-3a.6a.8b-9)

Lecture du livre du prophète Isaïe

L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles,
guérir ceux qui ont le cœur brisé,
proclamer aux captifs leur délivrance,
aux prisonniers leur libération,
proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur,
et un jour de vengeance pour notre Dieu,
consoler tous ceux qui sont en deuil,
ceux qui sont en deuil dans Sion,
mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre,
l’huile de joie au lieu du deuil,
un habit de fête au lieu d’un esprit abattu.
Vous serez appelés « Prêtres du Seigneur » ;
on vous dira « Servants de notre Dieu ».
Loyalement, je vous donnerai la récompense,
je conclurai avec vous une alliance éternelle.
Vos descendants seront connus parmi les nations,
et votre postérité, au milieu des peuples.
Qui les verra pourra reconnaître
la descendance bénie du Seigneur.


– Parole du Seigneur.

PSAUME

(88 (89), 20ab.21, 22.25, 27.29)

R/ Ton amour, Seigneur,
sans fin je le chante ! (cf. 88, 2a)

Autrefois, tu as parlé à tes amis,
dans une vision tu leur as dit :
« J’ai trouvé David, mon serviteur,
je l’ai sacré avec mon huile sainte.


« Ma main sera pour toujours avec lui,
mon bras fortifiera son courage.
Mon amour et ma fidélité sont avec lui,
mon nom accroît sa vigueur.


« Il me dira : “Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !”
Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle. »

 

DEUXIÈME LECTURE

« Il a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père » (Ap 1, 5-8)

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean

Que la grâce et la paix vous soient données
de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle,
le premier-né des morts,
le prince des rois de la terre.


À lui qui nous aime,
qui nous a délivrés de nos péchés par son sang,
qui a fait de nous un royaume
et des prêtres pour son Dieu et Père,
à lui, la gloire et la souveraineté
pour les siècles des siècles. Amen.
Voici qu’il vient avec les nuées,
tout œil le verra,
ils le verront, ceux qui l’ont transpercé ;
et sur lui se lamenteront toutes les tribus de la terre.
Oui ! Amen !


Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga,
dit le Seigneur Dieu,
Celui qui est, qui était et qui vient,
le Souverain de l’univers.


– Parole du Seigneur.

 

 

ÉVANGILE

« L’Esprit du Seigneur est sur moi ; il m’a consacré par l’onction » (Lc 4, 16-21)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
L’Esprit du Seigneur est sur moi :
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (cf. Is 61, 1)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé.
Selon son habitude,
il entra dans la synagogue le jour du sabbat,
et il se leva pour faire la lecture.
On lui remit le livre du prophète Isaïe.
Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L’Esprit du Seigneur est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération,
et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue,
remettre en liberté les opprimés,
annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.


Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit.
Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire :
« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture
que vous venez d’entendre. »


– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

MESSE DU SOIR

PREMIÈRE LECTURE

Prescriptions concernant le repas pascal (Ex 12, 1-8.11-14)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, dans le pays d’Égypte,
le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron :
« Ce mois-ci
sera pour vous le premier des mois,
il marquera pour vous le commencement de l’année.
Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël :
le dix de ce mois,
que l’on prenne un agneau par famille,
un agneau par maison.
Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau,
elle le prendra avec son voisin le plus proche,
selon le nombre des personnes.
Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger.
Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année.
Vous prendrez un agneau ou un chevreau.
Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois.
Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël,
on l’immolera au coucher du soleil.
On prendra du sang,
que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau
des maisons où on le mangera.
On mangera sa chair cette nuit-là,
on la mangera rôtie au feu,
avec des pains sans levain et des herbes amères.
Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins,
les sandales aux pieds,
le bâton à la main.
Vous mangerez en toute hâte :
c’est la Pâque du Seigneur.
Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ;
je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte,
depuis les hommes jusqu’au bétail.
Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements :
Je suis le Seigneur.
Le sang sera pour vous un signe,
sur les maisons où vous serez.
Je verrai le sang, et je passerai :
vous ne serez pas atteints par le fléau
dont je frapperai le pays d’Égypte.


Ce jour-là
sera pour vous un mémorial.
Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage.
C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »


– Parole du Seigneur.

 

PSAUME

(115 (116b), 12-13, 15-16ac, 17-18)

R/ La coupe de bénédiction
est communion au sang du Christ. (cf. 1 Co 10, 16)

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.


Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?


Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple.

 

DEUXIÈME LECTURE

« Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur » (1 Co 11, 23-26)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur,
et je vous l’ai transmis :
la nuit où il était livré,
le Seigneur Jésus prit du pain,
puis, ayant rendu grâce,
il le rompit, et dit :
« Ceci est mon corps, qui est pour vous.
Faites cela en mémoire de moi. »
Après le repas, il fit de même avec la coupe,
en disant :
« Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang.
Chaque fois que vous en boirez,
faites cela en mémoire de moi. »


Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain
et que vous buvez cette coupe,
vous proclamez la mort du Seigneur,
jusqu’à ce qu’il vienne.


– Parole du Seigneur.

 

ÉVANGILE

« Il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1-15)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés. »
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Avant la fête de la Pâque,
sachant que l’heure était venue pour lui
de passer de ce monde à son Père,
Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde,
les aima jusqu’au bout.


Au cours du repas,
alors que le diable
a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote,
l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains,
qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement,
et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin.
Alors il se mit à laver les pieds des disciples
et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre,
qui lui dit :
« C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit :
« Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ;
plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit :
« Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! »
Jésus lui répondit :
« Si je ne te lave pas,
tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre
lui dit :
« Alors, Seigneur, pas seulement les pieds,
mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit :
« Quand on vient de prendre un bain,
on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds :
on est pur tout entier.
Vous-mêmes,
vous êtes purs,
mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ;
et c’est pourquoi il disait :
« Vous n’êtes pas tous purs. »


Quand il leur eut lavé les pieds,
il reprit son vêtement, se remit à table
et leur dit :
« Comprenez-vous
ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”,
et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître,
je vous ai lavé les pieds,
vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné
afin que vous fassiez, vous aussi,
comme j’ai fait pour vous. »


– Acclamons la Parole de Dieu.

Jan Tyranovski, l’ânon de Jean Paul II - Méditation pour le dimanche des Rameaux

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

rameaux

 

 

Aujourd’hui, le Roi vient prendre possession de son Royaume. Qui est ce Roi ? Le Fils unique de Dieu, Celui qui a reçu l’onction, le Messie, Jésus Christ.

Quel est son Royaume ? Le Royaume éternel où Dieu lui-même règne dans chaque cœur.

L’entrée triomphale de Roi dans Jérusalem est le premier acte du drame sacré de la plus grande œuvre du Christ : sa passion, sa mort et sa résurrection, par lesquelles il va sauver le monde et établir son Royaume sans fin.

Aujourd’hui, nous célébrons son triomphe avec le symbole ancien de la victoire : des branches de palmier. Et ce n’est que justice.

Mais sommes-nous seulement des spectateurs ? Non. Nous sommes appelés à participer à l’entrée triomphale du Christ dans Jérusalem. La clé de ce fait que nous appelés à être plus que des spectateurs, c’est la manière dont le Christ est entré à Jérusalem : sur le petit d’une ânesse.

Cela veut dire beaucoup de choses. Cela signifie que le Christ accomplit la volonté du Père, car Zacharie avait prophétisé que le Messie entrerait dans Jérusalem sur un ânon. Cela signifie aussi que le Christ est le Prince de la Paix, parce que quand les rois de l’Antiquité venaient avec un message de paix, ils montaient des ânes, mais s’ils étaient pour faire la guerre, ils montaient des chevaux. Mais le plus important, c’est que c’est une parabole.

Jérusalem représente le cœur de chaque homme. Et tout comme Jérusalem était une ville entourée de hautes murailles, ainsi chaque cœur humain est entouré de murs. Et Jésus veut passer par ses murs pour gagner ces cœurs. Il ne veut pas le faire tout seul. Il aurait pu entrer dans Jérusalem à pied, mais il ne l’a pas fait. Il a voulu choisir un ânon.

De la même manière, pour apporter son Royaume dans les cœurs des hommes de ce temps, il veut avoir besoin de vous et de moi. Nous sommes les ânons qui portent le Christ dans chaque ville du monde, dans tous les cœurs. Jésus veut conquérir le monde par nous. C’est la stratégie constante de Jésus. Il vient dans notre vie par des gens et des événements ordinaires, de tous les jours.

Demandez à n’importe quel prêtre ou religieux (religieuse) comment ils ont découvert leur vocation, et ils vous raconteront une histoire qui illustre cette stratégie.

Un illustre exemple de ceci est celui du Serviteur de Dieu, (béatifié le 1er mai 2011, canonisé le 27 avril 2014) Jean Paul II. Quand il était jeune universitaire avec un brillant avenir en perspective, il a fait la rencontre d’un humble tailleur, un laïc, appelé Jan Tyranovski. Jan avait mis sur pied un groupe de prière basé sur le Rosaire vivant. Jan était un homme ordinaire. Rien ne le distinguait de son entourage. Il ressemblait à tout le monde. Il vivait sa vie de tous les jours comme n’importe qui. Il faisait son travail comme tout un chacun. Il était comme un ânon ordinaire. Il était comme le pain ordinaire qui devient l’Hostie de la Messe. Mais c’est par son témoignage que le jeune Karol Wojtyla a entendu son appel au sacerdoce.

Voilà comment le Christ a choisi d’agir dans notre vie et dans le monde ; il apporte la victoire de sa grâce à la ville de Jérusalem en montant un petit ânon, par des gens et des événements ordinaires.

La seule chose qu’on demande à des ânes, c’est d’être dociles. Demandons donc d’être des ânes dociles pour l’entrée glorieuse de Jésus dans tous les cœurs, dans notre monde.

Jésus aurait pu entrer dans Jérusalem à pied, mais il ne l’a pas fait. Il a voulu choisir un ânon.

Jésus aurait pu entrer dans Jérusalem à pied, mais il ne l’a pas fait. Il a voulu choisir un ânon.

Lectures Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

 

 

 

Livre d'Isaïe (Is 50, 4-7)

 


50
04  Dieu mon Seigneur m'a donné le langage d'un homme
qui se laisse instruire,
pour que je sache à mon tour
réconforter celui qui n'en peut plus.
La Parole me réveille chaque matin,
chaque matin elle me réveille
pour que j'écoute comme celui qui se laisse instruire.
05  Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille,
et moi, je ne me suis pas révolté,
je ne me suis pas dérobé.
06  J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,
et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe.
Je n'ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats.
07  Le Seigneur Dieu vient à mon secours ;
c'est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,
c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme pierre :
je sais que je ne serai pas confondu.
 
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Psaume (Ps 21, 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a)

R/ Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
08  Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
09  « Il comptait sur le Seigneur : qu'il le délivre !
Qu'il le sauve, puisqu'il est son ami ! »

17  Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m'entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ;
18a  je peux compter tous mes os.

19  Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
20  Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !

22c  Tu m'as répondu ! +
23  Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
24a  Vous qui le craignez, louez le Seigneur, +



Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (Ph 2, 6-11)

2
06i  Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ;
07  mais au contraire, il se dépouilla lui-même
en prenant la condition de serviteur.
Devenu semblable aux hommes
et reconnu comme un homme à son comportement,
08  il s'est abaissé lui-même
en devenant obéissant jusqu'à mourir,
et à mourir sur une croix.
09  C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ;
il lui a conféré le Nom
qui surpasse tous les noms,
10  afin qu'au Nom de Jésus,
aux cieux, sur terre et dans l'abîme,
tout être vivant tombe à genoux,
11  et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est le Seigneur »,
pour la gloire de Dieu le Père.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 26, 14-75; 27, 1-66) (brève : 11-54)

26
14i  L. L’un des douze Apôtres de Jésus, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres
15  et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d'argent.
16  Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
17  Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ? »
18  Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : 'Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.'»
19  Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
20  Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.
21  Pendant le repas, il leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous va me livrer. »
22  Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre : « Serait-ce moi, Seigneur ? »
23  Il leur répondit : « Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer.
24  Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! »
25  Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ! »
26  Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »
27  Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, en disant :
28  « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés.
29  Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où je boirai un vin nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. »
30  Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
31  Alors Jésus leur dit : « Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées.
32  Mais après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. »
33  Pierre lui dit : « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. »
34  Jésus reprit : « Amen, je te le dis : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois. »
35  Pierre lui dit : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les disciples en dirent autant.
36  Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit : « Restez ici, pendant que je m'en vais là-bas pour prier. »
37  Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse.
38  Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi. »
39  Il s'écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. »
40  Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre : « Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ?
41  Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l'esprit est ardent, mais la chair est faible. »
42  Il retourna prier une deuxième fois : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! »
43  Revenu près des disciples, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil.
44  Il les laissa et retourna prier pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles.
45  Alors il revient vers les disciples et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer ! La voici toute proche, l'heure où le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs !
46  Levez-vous ! Allons ! Le voici tout proche, celui qui me livre. »
47  Jésus parlait encore, lorsque Judas, l'un des Douze, arriva, avec une grande foule armée d'épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres et les anciens du peuple.
48  Le traître leur avait donné un signe : « Celui que j'embrasserai, c'est lui : arrêtez-le. »
49  Aussitôt, s'approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi ! », et il l'embrassa.
50  Jésus lui dit : « Mon ami, fais ta besogne. » Alors ils s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent.
51  Un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille.
52  Jésus lui dit : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée.
53  Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père, qui mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d'anges ?
54  Mais alors, comment s'accompliraient les Écritures ? D'après elles, c'est ainsi que tout doit se passer. »
55  A ce moment-là, Jésus dit aux foules : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus m'arrêter avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j'étais assis dans le Temple où j'enseignais, et vous ne m'avez pas arrêté.
56  Mais tout cela est arrivé pour que s'accomplissent les écrits des prophètes. » Alors les disciples l'abandonnèrent tous et s'enfuirent.
57  Ceux qui avaient arrêté Jésus l'amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre, chez qui s'étaient réunis les scribes et les anciens.
58  Quant à Pierre, il le suivait de loin, jusqu'au palais du grand prêtre ; il entra dans la cour et s'assit avec les serviteurs pour voir comment cela finirait.
59  Les chefs des prêtres et tout le grand conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire condamner à mort.
60  Ils n'en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s'étaient présentés. Finalement il s'en présenta deux,
61  qui déclarèrent : « Cet homme a dit : 'Je peux détruire le Temple de Dieu et, en trois jours, le rebâtir.' »
62  Alors le grand prêtre se leva et lui dit : « Tu ne réponds rien à tous ces témoignages portés contre toi ? »
63  Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit : « Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Messie, le Fils de Dieu. »
64  Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ; mais en tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. »
65  Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : « Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d'entendre le blasphème !
66  Quel est votre avis ? » Ils répondirent : « Il mérite la mort. »
67  Alors ils lui crachèrent au visage et le rouèrent de coups ; d'autres le giflèrent
68  en disant : « Fais-nous le prophète, Messie ! qui est-ce qui t'a frappé ? »
69  Quant à Pierre, il était assis dehors dans la cour. Une servante s'approcha de lui : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen ! »
70  Mais il nia devant tout le monde : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. »
71  Comme il se retirait vers le portail, une autre le vit et dit aux gens qui étaient là : « Celui-ci était avec Jésus de Nazareth. »
72  De nouveau, Pierre le nia : « Je jure que je ne connais pas cet homme. »
73  Peu après, ceux qui se tenaient là s'approchèrent de Pierre : « Sûrement, toi aussi, tu fais partie de ces gens-là ; d'ailleurs ton accent te trahit. »
74  Alors, il se mit à protester violemment et à jurer : « Je ne connais pas cet homme. » Aussitôt un coq chanta.
75  Et Pierre se rappela ce que Jésus lui avait dit : « Avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois. » Il sortit et pleura amèrement.
27
01  Le matin venu, tous les chefs des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire condamner à mort.
02  Après l'avoir ligoté, ils l'emmenèrent pour le livrer à Pilate, le gouverneur.
03  Alors Judas, le traître, fut pris de remords en le voyant condamné ; il rapporta les trente pièces d'argent aux chefs des prêtres et aux anciens.
04  Il leur dit : « J'ai péché en livrant à la mort un innocent. » Ils répliquèrent : « Qu'est-ce que cela nous fait ? Cela te regarde ! »
05  Jetant alors les pièces d'argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre.
06  Les chefs des prêtres ramassèrent l'argent et se dirent : « Il n'est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c'est le prix du sang. »
07  Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le Champ-du-Potier pour y enterrer les étrangers.
08  Voilà pourquoi ce champ a été appelé jusqu'à ce jour le Champ-du-Sang.
09  Alors s'est accomplie la parole transmise par le prophète Jérémie : Ils prirent les trente pièces d'argent, le prix de celui qui fut mis à prix par les enfants d'Israël,
10  et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'avait ordonné.
11  On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l'interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C'est toi qui le dis. »
12  Mais, tandis que les chefs des prêtres et les anciens l'accusaient, il ne répondit rien.
13  Alors Pilate lui dit : « Tu n'entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »
14  Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur était très étonné.
15  Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait.
16  Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.
17  La foule s'étant donc rassemblée, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus qu'on appelle le Messie ? »
18  Il savait en effet que c'était par jalousie qu'on l'avait livré.
19  Tandis qu'il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l'affaire de ce juste, car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »
20  Les chefs des prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus.
21  Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! »
22  Il reprit : « Que ferai-je donc de Jésus, celui qu'on appelle le Messie ? » Ils répondirent tous : « Qu'on le crucifie ! »
23  Il poursuivit : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu'on le crucifie ! »
24  Pilate vit que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le désordre ; alors il prit de l'eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je ne suis pas responsable du sang de cet homme : cela vous regarde ! »
25  Tout le peuple répondit : « Son sang, qu'il soit sur nous et sur nos enfants ! »
26  Il leur relâcha donc Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et le leur livra pour qu'il soit crucifié.
27  Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde.
28  Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d'un manteau rouge.
29  Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s'agenouillaient en lui disant : « Salut, roi des Juifs ! »
30  Et, crachant sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête.
31  Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier.
32  En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix.
33  Arrivés à l'endroit appelé Golgotha, c'est-à-dire : Lieu-du-Crâne, ou Calvaire,
34  ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire.
35  Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;
36  et ils restaient là, assis, à le garder.
37  Au-dessus de sa tête on inscrivit le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »
38  En même temps, on crucifie avec lui deux bandits, l'un à droite et l'autre à gauche.
39  Les passants l'injuriaient en hochant la tête :
40  « Toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! »
41  De même, les chefs des prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens, en disant :
42  « Il en a sauvé d'autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! C'est le roi d'Israël : qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui !
43  Il a mis sa confiance en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant s'il l'aime ! Car il a dit : 'Je suis Fils de Dieu.' »
44  Les bandits crucifiés avec lui l'insultaient de la même manière.
45  A partir de midi, l'obscurité se fit sur toute la terre jusqu'à trois heures.
46  Vers trois heures, Jésus cria d'une voix forte : « Éli, Éli, lama sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »
47  Quelques-uns de ceux qui étaient là disaient en l'entendant : « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
48  Aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge qu'il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d'un roseau, et il lui donnait à boire.
49  Les autres dirent : « Attends ! nous verrons bien si Élie va venir le sauver. »
50  Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l'esprit.
51  Et voici que le rideau du Temple se déchira en deux, du haut en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent.
52  Les tombeaux s'ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
53  et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens.
54  A la vue du tremblement de terre et de tous ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d'une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu ! »
55  Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient à distance : elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir.
56  Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

 
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57  Le soir venu, arriva un homme riche, originaire d'Arimathie, qui s'appelait Joseph, et qui était devenu lui aussi disciple de Jésus.
58  Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre.
59  Prenant le corps, Joseph l'enveloppa dans un linceul neuf,
60  et le déposa dans le tombeau qu'il venait de se faire tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla.
61  Cependant Marie Madeleine et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau.
62  Quand la journée des préparatifs de la fête fut achevée, les chefs des prêtres et les pharisiens s'assemblèrent chez Pilate,
63  en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : 'Trois jours après, je ressusciterai.'
64  Donne donc l'ordre que le tombeau soit étroitement surveillé jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple : 'Il est ressuscité d'entre les morts.' Cette dernière imposture serait pire que la première. »
65  Pilate leur déclara : « Je vous donne une garde ; allez, organisez la surveillance comme vous l'entendez. »
66  Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du tombeau en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.

 

 

 

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Dimanche des Rameaux

Dimanche des Rameaux

Le verset le plus court de la Bible et le plus grand miracle de Jésus - Homélie 5° dimanche du Carême A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011
Comme pour Marie et Marthe, il y a un moment où nous devons faire confiance à Jésus...

Comme pour Marie et Marthe, il y a un moment où nous devons faire confiance à Jésus...

Parfois notre attention se concentre tellement sur l’élément central de ce passage de l’évangile – la résurrection de Lazare – que nous risquons de négliger les autres perles qu’il contient. Imaginez la scène initiale. Les messagers arrivent fatigués, essoufflés. Sans délai, ils délivrent le message de Marthe et de Marie :

 

« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »

 

Toujours essoufflés, ils fixent le Christ dans une grande attente. Le regard des Apôtres va de Jésus aux messagers, des messagers à Jésus. Alors Jésus, regardant les messagers avec amour, sourit et donne sa réponse.

 

Cet échange nous offre une occasion privilégiée de mieux connaître le Cœur Sacré de Jésus. Le message de Marthe et de Marie est une prière parfaite. Elles auraient pu dire : "Seigneur, celui qui vous aime est malade", comme si Lazare méritait d’être guéri parce qu’il aimait Jésus. Mais quel est celui qui aimait davantage : Lazare, ou Jésus ? Le Christ aimait Lazare infiniment plus que Lazare n’avait pu aimer Jésus ! Faire appel à l’amour du Christ, c’était certainement la meilleure chose à faire.

 

Elles auraient pu dire encore : "Seigneur, viens guérir Lazare ; il est malade !" Mais cela aurait signifié dicter ce que Jésus devrait faire. Or, elles voulaient s’en remettre à lui pour la décision, sachant que son amour ferait tellement plus que ce qu’elles pourraient imaginer, et elles avaient raison.

 

C’était donc la prière parfaite par laquelle les deux sœurs déversaient tous leurs besoins, leurs espoirs et leurs tristesses dans l’océan sans fond de l’amour du Christ.

 

« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »

 

Le Cœur du Christ, aurait-il pu mépriser ou ignorer une telle prière ? Elle exprimait une confiance totale, sans réserve, en lui, cette confiance que son amour voudrait tant trouver en chacun de nos cœurs, cette confiance qui libère sa puissance et qui procure le plus grand miracle de son ministère.

 

Ce passage contient aussi le verset le plus court de tout le Nouveau Testament :

 

« Jésus pleura. »

 

Si la résurrection de Lazare ne suffit pas pour nous inspirer une confiance sans bornes en Jésus, ce verset serait amplement suffisant. Jésus est Dieu. Il sait tout, et il est tout-puissant. Et pourtant, à la vue de la mort de son ami, et de ses amies, Marthe et Marie, en deuil, il est ému jusqu’aux larmes. Jésus Christ n’est pas un Dieu distant. Jésus a pleuré, et il pleure toujours. Il pleure avec nous quand nous pleurons. Il demeure avec nous dans l’Eucharistie quand tous les autres nous abandonnent. Jésus a pleuré avec Marthe et Marie avant de ressusciter Lazare d’entre les morts, car il voulait nous donner l’assurance de sa présence permanente dans nos propres souffrances. Quand nous sommes tentés d’en vouloir à Dieu ou de nous sentir abandonnés de lui, nous n’avons qu’à nous souvenir du verset le plus court de tout le Nouveau Testament : « Jésus pleura ».

 

Tous les saints ont appris la leçon. Sainte Ludivine, qui était paralysée depuis l’âge de seize ans, suite à un accident de patins à glace, l’a apprise particulièrement bien. Pendant les trente-huit années qui lui restaient à vivre, elle est restée invalide, confinée à un méchant lit de planches, couverte d’ulcères, et en proie à une douleur permanente. Mais elle refusait de se plaindre, car elle savait que Jésus était avec elle, qu’il pleurait avec elle. Elle disait toujours : "Les yeux de Dieu sont sur moi ; il voit et il sait tout. Ca me suffit."

 

Quand Dieu permet que nous souffrions, par amour il nous donne la chance d’avoir part à sa croix rédemptrice. Comme l’écrivait sainte Thérèse de Lisieux : "Le plus grand honneur que Dieu puisse réserver à une âme, ce n’est pas de lui donner beaucoup, mais de lui demander beaucoup."

 

La meilleure façon d’exprimer cette confiance, c’est d’adhérer à l’enseignement de l’Eglise. Le Christ s’est engagé à paître son troupeau fidèlement par le ministère du pape et des évêques en communion avec lui. Il a tenu cet engagement pendant deux mille ans. Pendant tout ce temps, alors que des empires et des royaumes se sont levés et ont périclité, que les modes, les cultures et des civilisations entières ont apparu et disparu, l’Eglise du Christ a continué d’enseigner la même doctrine que celle que le Christ a enseignée, en l’appliquant fidèlement aux circonstances changeantes de l’histoire. Elle l’a fait en dépit des imperfections personnelles de certains papes et évêques. Quand il s’agit de sujets de foi, de liturgie et de morale, voilà la voix que nous écoutons.

 

En certaines parties du monde d’aujourd’hui, il est devenu de bon ton pour des catholiques de faire un tri et de choisir parmi les doctrines, comme si le Catéchisme était un buffet. C’est ce qui a donné naissance à des groupes qui se disent catholiques, mais qui sont en contradiction avec les enseignements fondamentaux de l’Eglise catholique, comme l’immoralité de l’avortement ou le "mariage" homosexuel.

 

Mais quand nous faisons un tri et que nous choisissons parmi les enseignements de l’Eglise, que faisons-nous, en fait ? Nous disons à Dieu que nous ne lui faisons pas confiance. Nous lui disons que nous faisons confiance à des psychologues, des docteurs, des philosophes davantage qu’à Jésus Christ, qui, seul, est mort et ressuscité pour nous sauver de nos péchés.

Jésus ne nous demande pas d’être déraisonnables. Il y a d’excellentes raisons à la base de tous les enseignements de l’Eglise, et nous devrions les étudier. Mais même des experts ont des opinions divergentes sur beaucoup de sujets. La raison humaine ne suffit pas pour nous guider au ciel, tout comme les efforts humains n’ont pas suffi pour sauver Lazare. Comme pour Marie et Marthe, il y a un moment où nous devons faire confiance à Jésus, et mettre notre vie, nos décisions, nos problèmes et nos espoirs entre ses mains expertes. Ce moment, c’est maintenant.

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