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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Lectures 12ème dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre de Jérémie (Jr 20, 10-13)

20
10i  Moi, Jérémie, j’ai entendu les menaces de la foule : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, l’homme qui voit partout la terre ! » Mes amis eux-mêmes guettent mes faux pas et ils disent : « Peut-être se laissera-t-il séduire… Nous réussirons, et nous prendrons notre revanche ! »
11  Mais le Seigneur est avec moi, comme un guerrier redoutable :
mes persécuteurs s'écrouleront, impuissants.
Leur défaite les couvrira de honte,
d'une confusion éternelle, inoubliable.
12  Seigneur de l'univers, toi qui scrutes l'homme juste,
toi qui vois les reins et les coeurs,
montre-moi la revanche que tu prendras sur ces gens-là,
car c'est à toi que j'ai confié ma cause.
13  Chantez le Seigneur,
alléluia !
Il a délivré le pauvre
du pouvoir des méchants.
 


Psaume (Ps 68, 8, 10, 14, 30-31, 33-34)

R/ A vous qui cherchez Dieu : vie et bonheur !
08  C'est pour toi que j'endure l'insulte,
que la honte me couvre le visage :

10  L'amour de ta maison m'a perdu ;
on t'insulte, et l'insulte retombe sur moi.

14  Et moi, je te prie, Seigneur :
c'est l'heure de ta grâce ; *
dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
par ta vérité sauve-moi.

30  Et moi, humilié, meurtri,
que ton salut, Dieu, me redresse.
31  Et je louerai le nom de Dieu par un cantique,
je vais le magnifier, lui rendre grâce.

33  Les pauvres l'ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
34  Car le Seigneur écoute les humbles,
il n'oublie pas les siens emprisonnés.



Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 5, 12-15)

5
12i  Frères, par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché.
13  Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde. Certes, on dit que le péché ne peut être sanctionné quand il n'y a pas de loi ;
14  mais pourtant, depuis Adam jusqu'à Moïse, la mort a régné, même sur ceux qui n'avaient pas péché par désobéissance à la manière d'Adam. Or, Adam préfigurait celui qui devait venir.
15  Mais le don gratuit de Dieu et la faute n'ont pas la même mesure. En effet, si la mort a frappé la multitude des hommes par la faute d'un seul, combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 10, 26-33)

10
26i  Jésus disait aux douze Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu.
27  Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits.
28  Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps.
29  Est-ce qu'on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.
30  Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés.
31  Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.
32  Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.
33  Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux.



 
Lectures 12ème dimanche du Temps Ordinaire A

Première communion - Communion fidèle - Homélie Fête-Dieu

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)


 


    Comme Jésus est bon ! Non content de se faire homme et de nous sauver par sa mort cruelle sur une croix, non content de nous plonger et de nous purifier par le baptême, il veut demeurer avec nous pour toujours !

    Et comme nous autres, nous sommes ingrats quand, au lieu de nous nourrir à la table de sa Parole et de son Eucharistie, nous le laissons seul si souvent. Combien de places vides dans l'église à l'heure de la messe du dimanche ! Combien arrivent en retard et sans aucun respect, sans aucun geste d'adoration ! Combien de tabernacles abandonnés, gardés seulement par la petite flamme d'une bougie (si ce n'est la lumière d'une ampoule électrique) ! Quelle misère dans nos coeurs !

    Et pourtant, tu continues de nous aimer, Jésus, depuis deux mille ans. Toi, tu ne nous abandonnes pas, car tu sais, toi, ce que c'est que d'aimer. Comme tu es bon, Seigneur Jésus !

    Un jour, un garçon d'à peine neuf ans, en visitant une église accompagné d'un prêtre, regarde les différents tableaux de l'église. À un moment donné il s'arrête devant l'immense crucifix dans le sanctuaire. Le garçon dit au prêtre :

"Regardez, Père, on dirait que Jésus est vivant, et pourtant il est mort. Et là (en montrant le tabernacle), on dirait qu'il est mort, et pourtant il est vivant !"

    Aujourd'hui, Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, nous fêtons Jésus vivant ! Nous nous rappelons que, comme je vous le disais au début, Jésus veut rester avec nous, qu'il est vraiment là, au milieu de nous, qu'il attend notre visite pour nous parler, pour nous écouter, pour nous nourrir du Pain de vie, pour nous encourager à faire le bien, mais aussi pour nous gronder quand nous faisons le mal et pour nous pardonner, pour brûler nos péchés dans le feu de son amour, bref, pour nous aider en toute occasion. Sa présence est le seul havre de paix dans un monde en guerre, le seul phare de vérité parmi les mensonges du monde, le seul feu d'amour qui ne s'éteint jamais.

    C'est un cadeau d'une valeur inestimable que vous recevez aujourd'hui pour la première fois, chers enfants. C'est un cadeau que nous pouvons recevoir tous les jours, ou au moins chaque dimanche, pour soutenir notre marche vers la maison du Père qui nous attend. Sans ce cadeau, inutile d'essayer : nous n'y arriverons jamais, mais avec lui, c'est ... un jeu d'enfant !

    Qu'est-ce que vous lui avez fait comme cadeau pour la fête des pères, à votre papa ? Qu'est-ce qui lui fait plaisir ? Moi, si j'étais papa - et je le suis - et si j'avais un enfant qui fait sa première communion, je dirais à Jésus : "Quel beau cadeau que celui-là ! Merci Seigneur !"

    Moi, j'ai eu aussi une maman en Belgique. Et voici la réflexion que je me suis faite : quand j'allais voir ma maman, je pouvais lui faire un cadeau que personne d'entre vous ici ne peut faire à sa maman. Je peux célébrer la messe et lui donner la communion. Quand je donne la communion à ma maman, je donne la vie du ciel à celle qui m'a donné la vie de la terre ! C'est bien le plus beau des cadeaux, celui-là. Et ce cadeau, le Seigneur m'a permis de le faire à ma maman, je ne dis pas le jour, ni à l'heure, mais à l'instant même de son grand passage ! C'est peut-être le souvenir le plus poignant de toute ma vie...
 Eh bien, c'est le cadeau que je souhaite à toutes les mamans et à tous les papas qui sont ici : qu'un jour un de leur fils devienne prêtre et puisse lui donner le Pain de Vie. Une petit-fils, c'est pas mal aussi (rires). 


    Mais pour l'instant, en ce si beau jour de fête, renouvelons tous l'engagement - ou, si nous ne l'avons pas encore fait, faisons-le maintenant - d'être de vrais amis pour Jésus, des amis fidèles, des amis qui se voient le plus souvent possible. Et demandons à la Vierge Marie, notre Maman du ciel, de nous garder fidèles.

Première communion - Communion fidèle - Homélie Fête-Dieu
Première communion - Communion fidèle - Homélie Fête-Dieu

Lectures Solennité du Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre du Deutéronome (Dt 8, 2-3.14b-16a)

8
02i  Moïse disait au peuple d’Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ?
 
03  Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne - cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue - pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur.
 
14b  N'oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage.
 
15  C'est lui qui t'a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif.
 
16a   C'est lui qui, dans le désert, t'a donné la manne - cette nourriture inconnue de tes pères .

 

 


 


 

 



Psaume (Ps 147, 12-13, 14-15, 19-20)

R/ Peuple de Dieu, célèbre ton Seigneur !

 

12  Glorifie le Seigneur, Jérusalem !
Célèbre ton Dieu, ô Sion !
13  Il a consolidé les barres de tes portes,
dans tes murs il a béni tes enfants ;

14  il fait régner la paix à tes frontières,
et d'un pain de froment te rassasie.
15  Il envoie sa parole sur la terre :
rapide, son verbe la parcourt.

19  Il révèle sa parole à Jacob,
ses volontés et ses lois à Israël.
20  Pas un peuple qu'il ait ainsi traité ;
nul autre n'a connu ses volontés.
Alléluia !

 


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 10, 16-17)

 

10
16i  Frères, la coupe d’action de grâce que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ?
17  Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain.

 

 

 


Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 6, 51-58)

6

 

51i  Après avoir nourri la foule avec cinq pains et deux poissons, Jésus disait : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »
52  Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
53  Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
54  Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
55  En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
56  Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.
57  De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.
58  Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

 

Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés

 

 

 

 

 

Lectures Solennité du Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur A

L'amour en ce monde est toujours crucifié - Homélie pour la Solennité de la Très Sainte Trinité, Année A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)


"Dieu est Amour" (1 Jn 4, 8).

Il est Amour parce qu'il est Trinité. La première encyclique de Benoît XVI est intitulée : "Dieu est Amour ". C'est quelque chose que nous avons entendu maintes fois et que nous ne nous privons pas de répéter à tort et à travers, même pour justifier ce qui est injustifiable : nos péchés, et pour renvoyer notre conversion aux calendes grecques. En fait, nous sommes devenus si habitués à entendre et à répéter : Dieu est Amour, que nous ne nous rendons même plus compte de ce que cette Révélation -- car c'est bien de cela qu'il s'agit, et non d'une conception humaine, ce à quoi nous la ramenons souvent -- a de révolutionnaire et d'unique, de dérangeant même. Car l'Amour dont il est question n'est pas un amour à dimension humaine, un amour que tout le monde apprécie et applaudit. C'est un Amour ... qui n'est pas aimé, un amour crucifié.

Il y a beaucoup de religions dans le monde, et beaucoup d'entre elles sont animées par un certain pressentiment de la bonté de Dieu. Mais leur point de départ est toujours la recherche de Dieu par l'homme, une recherche forcément limitée et entachée d'erreurs. La foi judéo-chrétienne, au contraire, trouve son point de départ dans une initiative divine : Jésus a été "envoyé par le Père pour guérir et sauver tous les hommes" (cf. préparation pénitentielle) et pour nous donner d'avoir part aux joies de la vie éternelle. C'est ainsi que ceux qui croient en lui ont l'insigne privilège de recevoir la révélation que Dieu fait de lui-même, le Père nous montrant par son Fils et dans l'Esprit qui il est en vérité et à quoi il ressemble :

 


"Qui me voit, voit le Père".
 


La caractéristique la plus fondamentale et essentielle de ce Dieu-là est l'amour. Non pas la puissance, ou la transcendance, mais l'amour. C'est la raison essentielle pour laquelle le Verbe s'est fait chair :



"Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle".
 


Cela nous fait comprendre aussi le mystère de la Très Sainte Trinité. Si Dieu était un Être suprême, mais solitaire, comment sa nature pourrait-elle se définir par l'amour ? L'amour suppose toujours une relation et un don de soi. Or Dieu n'a pas commencé à aimer à l'instant où a eu lieu l'Incarnation, même pas au commencement de la création. Dieu EST amour depuis toujours et pour toujours. Cela n'est possible que s'il est à la fois un et trine : trois personnes divines, vivant depuis toute éternité dans une unité parfaite d'amour mutuel. Dieu est amour. En d'autres mots, comme le dira le Catéchisme : Dieu est un, mais non solitaire (CEC n. 254).

Ceci est très important et a des conséquences très concrètes dans le domaine de la sexualité, par exemple. Le Catéchisme nous enseigne que le mystère de la Sainte Trinité est le mystère central non seulement de la foi mais de toute la vie chrétienne (cf. CEC n. 234), et donc, pas seulement pour nos âmes. La raison en est que nous avons été créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, comme il nous le révèle dans la Bible. Par conséquent, si la nature divine consiste essentiellement à aimer, alors nous aussi, nous sommes appelés à aimer. Nous sommes ainsi faits que nous sommes porteurs d'une pré-dispostion à nous ouvrir aux autres, au lieu de vivre en autarcie. Dans le domaine de l'économie politique, on entend parfois l'autarcie être présentée comme étant un idéal à atteindre. Non ! Par nous-mêmes (et cela vaut aussi pour les relations internationales) nous sommes incomplets. Nous sommes créés pour nous donner aux autres et pour accueillir les autres. Voilà aussi la vraie signification de la sexualité humaine, le sens théologique de nos corps.

Dieu nous a créés hommes et femmes. Quand un homme et une femme s'unissent dans le mariage, ils deviennent une seule chair ; ils se donnent l'un à l'autre totalement et pour toujours, sans aucune réserve. Voilà une image de la Sainte Trinité. Le Père, depuis toute éternité, aime le Fils et se donne au Fils ; et le Fils aime le Père en retour en se donnant totalement à lui ; et cet amour mutuel étant un amour substantiel, et pas seulement une qualité, une propriété, mais une relation subsistante, diront les théologiens, une Personne divine, le Saint Esprit qui procède du Père et du Fils.

Eh bien, toute famille humaine est une image de cet Amour trinitaire. Le mari se donne lui-même sans limite à sa femme, et la femme le reçoit et se donne en retour, sans limite. Et c'est par cet amour fait de don total réciproque que Dieu crée une nouvelle vie en ce monde : un enfant, appelé à entrer dans une relation d'amitié avec Dieu pour toujours. Voilà le caractère sacré et la beauté de l'amour conjugal, de l'amour sexuel. Mais voilà aussi la raison pour laquelle l'Église n'a jamais pu et ne pourra jamais négocier dans le domaine de la morale sexuelle, car la sexualité humaine a une signification théologique (qui est le fruit de la foi) que nous devons tous honorer si nous voulons avoir la vie éternelle.

Chaque fois que nous dissocions notre sexualité de cette signification, non seulement nous en abusons, mais nous nous rebellons contre l'amour de Dieu qui nous a créés à son image et à sa ressemblance : à la ressemblance de son oubli de soi pour se donner. Or, au lieu d'accueillir son amour, nous lui faisons la guerre ! L'amour n'est pas aimé, disais-je au début de cette homélie. C'est saint François d'Assise qui le dit, au moment où il rencontre le sultan (musulman).

Saint Francois avait déjà essayé par deux fois de se rendre en Terre Sainte pour faire connaître le Christ aux Musulmans, mais à chaque tentative, il tombait malade en cours de route et était obligé d'abandonner son projet. En 1219, la guerre fait rage entre les Croisés et l'Islam. Les deux armées se faisaient face. Le sultan El-Kamil avait même publié un décret promettant une forte récompense en or à quiconque apporterait la tête d'un chrétien. Les Croisés, commandés par Pélage, essayaient de prendre le port de Damiette avec l'intention de conquérir l'Égypte. Dans le camps des Croisés on prend François et son compagnon, Illuminé, pour des fous. On essaye de les empêcher de partir car on est sûr qu'ils se feront massacrer. Mais face à la détermination de Saint François, ils les laissent partir.

Contre toute attente, nos deux "fous" ont la vie sauve et arrivent à rencontrer le sultan. El-Kamil était un chef de guerre, un homme politique et un fin diplomate. Tous les dignitaires, conseillers ou théologiens prennent place de chaque côté du sultan. On amène alors François et Illuminé. Les bures rapiécées et décolorées des deux frères contrastaient avec le luxe oriental de cette salle d'audience. S'adressant alors aux deux inconnus, le sultan leur demande qui les envoyait, pourquoi et à quel titre, et comment ils avaient fait pour venir. Avec une belle assurance François lui répond qu'il avait été envoyé d'au-delà des mers, non par un homme, mais par le Dieu très haut pour lui indiquer, à lui et à son peuple, la voie du salut et leur annoncer l'évangile. Il se met tout simplement à prêcher au sultan Dieu-Trinité et Jésus, sauveur du monde.

Le sultan avait déjà entendu parler de la religion chrétienne. Pourtant une objection le pressait : pourquoi les chrétiens qui croient en un Dieu-Amour et qui ont toujours le mot charité à la bouche, s'acharnent-ils à nous faire la guerre ? Leurs moeurs ne sont pas douces. Ils veulent et Jérusalem et l'Egypte. Pourquoi ce désir brutal de domination ? Qu'ils lèvent le siège devant Damiette et nous croirons à leur volonté de paix. François avait baissé les yeux, le visage assombri, triste. Il sentait peser sur lui en cet instant comme un poids énorme. Là-bas, devant Damiette, il y avait toute cette machine de guerre des chrétiens, ce cercle de fer dans lequel ils s'efforçaient jour après jour d'étrangler la ville. François se borne à répondre humblement, gravement :

 

 

  • "Sire, l'Amour n'est pas aimé. L'Amour en ce monde est toujours crucifié."


Prions donc le Saint Esprit pour qu'il fortifie l'Amour qui a été répandu dans nos coeurs depuis notre baptême afin que nous cessions de crucifier l'Amour par nos péchés et que nous puissions témoigner devant ceux qui ne croient pas, par nos paroles et nos actes, que "Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique" ... quitte à nous faire crucifier.
 

L'Amour en ce monde est toujours crucifié.

L'Amour en ce monde est toujours crucifié.

Lectures pour la Solennité de la Tres Sainte Trinité A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

Livre de l'Exode (Ex 34, 4b-6.8-9)

34
4b  Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné.
05  Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer auprès de Moïse. Il proclama lui-même son nom ;
06  il passa devant Moïse et proclama : « YAHVÉ, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité,
08  Aussitôt Moïse se prosterna jusqu'à terre,
09  et il dit : « S'il est vrai, Seigneur, que j'ai trouvé grâce devant toi, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c'est un peuple à la tête dure ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous un peuple qui t'appartienne. »
 


Livre de Daniel (Dn 3, 52, 53, 54, 55, 56)

R/ A toi, louange et gloire éternellement!

3
52  Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères,
A toi, louange et gloire éternellement !
Béni soit ton nom de gloire et de sainteté,
A toi, louange et gloire éternellement !

53  Béni sois-tu au temple saint de ta gloire,
A toi, louange et gloire éternellement !

54  Béni sois-tu sur le trône de ton règne,
A toi, louange et gloire éternellement !

55  Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes,
A toi, louange et gloire éternellement !
Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim,
A toi, louange et gloire éternellement !

56  Béni sois-tu dans le ciel, au firmament,
A toi, louange et gloire éternellement !


Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (2Co 13, 11-13)

13
11i  Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous.
12  Exprimez votre amitié en échangeant le baiser de paix. Tous les fidèles vous disent leur amitié.
13  Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion de l'Esprit Saint soient avec vous tous.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 3, 16-18)

3
16i  Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
17  Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
18  Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.








 
Lectures pour la Solennité de la Tres Sainte Trinité A

À quand le Saint Esprit préoccupation n° 1 des Français (et de tous) ? - Homélie Pentecôte A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)


    Le mystère de la Pentecôte que nous célébrons aujourd'hui n'est pas seulement le dernier jour du Temps Pascal. C'est le dernier jour, parce que c'est l'accomplissement de tout ce qui précède, le but poursuivi par Dieu dès le début de l'histoire du salut. C'est pour nous donner part à l'Esprit Saint que Jésus s'est fait homme, qu'il a vécu parmi nous, d'abord trente ans dans son humble existence de fils de charpentier, et puis, pendant quelques années, en prêchant, en guérissant, en ressuscitant. C'est pour cela qu'il a souffert, qu'il est mort, qu'il a été enseveli et qu'il est ressuscité. C'est pour cela encore qu'il est monté au Ciel.

    Il faut même aller plus loin encore : c'est pour répandre l'Esprit que le monde a été créé, que Noé a été sauvé du déluge dans l'Arche, qu'Abraham a dû quitter son pays pour la terre promise, que Moïse a été envoyé vers Pharaon pour libérer les Hébreux de l'esclavage d'Égypte, et que Dieu a suscité des Juges, des Rois et des Prophètes.

    À cela il faut ajouter encore que c'est uniquement dans ce but que Jésus a fondé l'Église, qu'il a institué les sacrements et envoyé ses apôtres dans le monde entier. Pour tout cela, pour tout ce que Dieu a fait depuis le commencement et pour tout ce qu'il fera jusqu'à la fin, il n'y a pas d'autre raison que celle-ci : Dieu veut nous donner part à son Esprit ! C'est ce que les Pères de l'Église ont eu l'audace d'appeler la divinisation de l'homme. Dieu a voulu que les hommes et lui vivent du même Esprit, en formant un même Corps !

    Mais pour que ce grand dessein de l'Amour miséricordieux puisse aboutir, il faut que les hommes y correspondent. Dieu respecte la liberté humaine et ne veut rien lui imposer, même pas ce qu'il y a de meilleur. Pouvons-nous dire que tout ce que nous faisons, depuis que nous avons cru et que nous avons été baptisés, n'a eu d'autre but que de recevoir le Saint Esprit que Dieu désire tant nous donner, et d'aider Dieu à le transmettre autour de nous, puisqu'il nous le donne pour cela ? Quel est notre but dans la vie ? Si je vous avais distribué une feuille de papier sur laquelle est écrit seulement : "Je voudrais" en vous demandant de continuer la phrase, qu'est-ce que vous y mettriez ? Sans doute beaucoup de choses, et beaucoup de choses différentes, selon votre âge, votre sexe, vos convictions politiques, etc ...

    Ainsi, selon une enquête réalisée en France auprès des jeunes de 15 à 24 ans, arrivent en tête au hit-parade des valeurs : la famille, le travail, les amis - la famille et le travail surtout pour les filles. Les garçons, eux, accordent plus d'importance au sport et à la musique. Ceux qui font de la politique savent très bien qu'actuellement, la préoccupation majeure des Français dans leur ensemble, c'est le chômage (précarité de l'emploi), le terrorisme, la pauvreté, la santé et la délinquance.


    Mais pour nous qui sommes chrétiens, quelle est notre souci principal ? Combien auraient mis : "Je voudrais ... le Saint Esprit ? Or, pour un chrétien, c'est la seule et unique bonne manière de compléter la phrase. Combien de ceux qui se disent chrétiens savent seulement que c'est le souci principal de Dieu ?

    Souvenez-vous : quand, dans l'Évangile, Jésus veut nous éduquer à la confiance dans la prière, il dit :

 


"Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !"
 


    C'est la version selon saint Matthieu (7, 11). Quand Jésus dit : "de bonnes choses", ce serait intéressant de savoir à quoi il pense. C'est même très important, puisque c'est la condition pour être exaucé. En effet, si nous demandons de mauvaises choses, nous ne serons pas exaucés (et c'est tant mieux). On donnerait cher pour savoir quelles sont ces "bonnes choses" auxquelles pense Jésus.

    Eh bien, nous le savons, grâce à saint Luc, qui rapporte le même enseignement de Jésus sur la confiance dans la prière, mais avec la précision que nous voudrions avoir :

 


"Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent !" (Lc 11, 13)
 


    Voilà ! C'est donc l'Esprit Saint, la "bonne chose" que nous pouvons demander avec l'assurance d'être exaucés, parce que c'est lui que le Père veut nous donner. La prière étant un exercice de désir, il faut que notre désir corresponde au désir de Dieu.

    Notons au passage que pour prier, il n'est pas nécessaire d'être des saints, puisque Jésus s'adresse à ceux qui sont mauvais : "Vous qui êtes mauvais", votre Père vous donnera l'Esprit Saint si vous le lui demandez. Il n'est donc pas nécessaire d'être des saints pour cela. Les Apôtres et les nombreux disciples qui suivaient Jésus durant les années de sa vie publique n'avaient certainement pas beaucoup brillé par leur sainteté au moment où leur Maître fut arrêté et condamné à mort. Ce sont pourtant ces mêmes Apôtres, avec quelques femmes, qui, en entendant la promesse de Jésus de leur envoyer l'Esprit, l'ont reçu au bout de neuf jours de prière d'une manière peu banale. Quelle consolation pour nous !

    Par contre, ce qui est nécessaire, c'est de demander l'Esprit Saint (que Dieu nous promet à nous aussi), et pas n'importe quoi. Ensuite il est nécessaire de vouloir devenir des saints, puisque c'est pour cela que Dieu nous le donne.

    Saint Séraphim de Sarov est un des saints russes les plus connus et les plus populaires, non seulement parmi les orthodoxes, mais aussi parmi beaucoup de chrétiens d’autres confessions. Il naît en 1759 et entre au monastère de Sarov à l’âge de vingt ans, où il restera jusqu’à sa naissance au ciel en 1833. Pendant quarante-six ans il vit d’abord comme moine en communauté, puis, de 1794 à 1810, comme ermite, et en dernier lieu, comme reclus dans le monastère de Sarov. Durant toutes ces longues années il mène le dur combat pour la sainteté, bénéficiant de nombreuses grâces, notamment des apparitions de la Vierge Marie.

    Les dernières huit années de sa vie terrestre, il émerge de la solitude pour servir aux nombreux fidèles qui accourent vers lui en tant que starets (père spirituel). Chacun de ceux qui le visitent dans sa petite cellule - moines, moniales, prêtres, laïcs, hommes, femmes, riches, pauvres, empereurs ... - vient pour être conforté dans ses épreuves, pour entendre la parole de vie, pour recevoir le conseil nécessaire afin d'avancer sur le chemin vers Dieu. L’évènement le plus célèbre de la vie de saint Séraphim s’est produit un jour d’hiver en pleine forêt en 1830, lorsqu’il a été transfiguré, devant et avec son disciple Nicolas Motovilov, qui nous raconte ce qui s'est passé :


"C'était un jeudi. Le ciel était gris. La terre était couverte de neige et d'épais flocons continuaient à tourbillonner lorsque le Père Séraphim engagea notre conversation dans une clairière, près de son "Petit Ermitage" face à la rivière Sarovka coulant au pied de la colline. Il me fit asseoir sur le tronc d'un arbre qu'il venait d'abattre et lui-même s'accroupit en face de moi.

- Le Seigneur m'a révélé, dit le grand starets, que depuis votre enfance vous désiriez savoir quel était le but de la vie chrétienne et que vous aviez maintes fois interrogé à ce sujet des personnages même haut placés dans la hiérarchie de l'Église.

Je dois dire que dès l'âge de douze ans cette idée me poursuivait et qu'effectivement j'avais posé la question à plusieurs personnalités ecclésiastiques sans jamais recevoir de réponse satisfaisante. Le starets l'ignorait.

- Mais personne, continua le Père Séraphim, ne vous a rien dit de précis. On vous conseillait d'aller à l'église, de prier, de vivre selon les commandements de Dieu, de faire le bien - tel, disait-on, était le but de la vie chrétienne. Certains même désapprouvaient votre curiosité, la trouvant déplacée et impie. Mais ils avaient tort. Quant à moi, misérable Séraphim, je vous expliquerai maintenant en quoi ce but réellement consiste.

Le vrai but de la vie chrétienne consiste en l'acquisition du Saint-Esprit de Dieu. La prière, le jeûne, les veilles et autres activités chrétiennes, aussi bonnes qu'elles puissent paraître en elles-mêmes, ne constituent pas le but de la vie chrétienne, tout en aidant à y parvenir. Le vrai but de la vie chrétienne consiste en l'acquisition du Saint-Esprit de Dieu. Quant à la prière, au jeûne, aux veilles, à l'aumône et toute autre bonne action faite au nom du Christ, ce ne sont que des moyens pour l'acquisition du Saint-Esprit.



Donc : ne pas confondre le but et les moyens, même si ces moyens sont utiles, voire indispensables. Mais attention aussi à la confusion des grandeurs !

Remarquez que seule une bonne action faite au nom du Christ nous procure les fruits du Saint-Esprit. Tout ce qui n'est pas fait en son Nom, même le bien, ne nous procure aucune récompense dans le siècle à venir, et en cette vie non plus ne nous donne pas la grâce divine. C'est pourquoi le Seigneur Jésus Christ disait : "Celui qui n'amasse pas avec moi dissipe" (Lc 11, 23).

 

Lectures Pentecôte A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 2, 1-11)

2
01  Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
02  Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie.
03  Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
04  Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.
05  Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
06  Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue.
07  Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ?
08  Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
09  Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie,
10  de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici,
11  Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »
 



Psaume (Ps 103, 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34)

R/ O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !
1a  Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
1b  Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
24a  Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur ! +
24c  la terre s'emplit de tes biens.

29b  tu reprends leur souffle, ils expirent
29c  et retournent à leur poussière.
30  Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

31  Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses oeuvres !
34  Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur.


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 12, 3b-7.12-13)

12
03bi  Frère, sans le Saint-Esprit, personne n’est capable de dire : « Jésus est le Seigneur. »
04  Les dons de la grâce sont variés, mais c'est toujours le même Esprit.
05  Les fonctions dans l'Église sont variées, mais c'est toujours le même Seigneur.
06  Les activités sont variées, mais c'est toujours le même Dieu qui agit en tous.
07  Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous.
12  Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
13  Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 20, 19-23)

20
19i  C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
20  Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
21  Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
22  Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint.
23  Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »
 
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Lectures Pentecôte A

L'Église du Cénacle, exemple de concorde et de prière - Homélie 7ème dimanche Pâques A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 
 
 
 


    Dans liturgie de l'Ascension, jeudi dernier, nous avons entendu Jésus nous dire :
 


"Allez donc !" (Jn 28, 19) ... "vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre" (Ac 1, 8).
 


    C'est ce que nous appelons l'apostolat. Le mot "apostolat" vient d' "apôtre", qui veut dire "envoyé" (par le Christ, lui-même l'Envoyé du Père). Saint Luc nous donne leurs noms (cf. 1° lect.). S'y adjoindra Matthias (cf. Ac 1, 15-26), pour suppléer à la défection de Judas Iscariote (Iscariote, en araméen, veut dire : celui qui le trahit), et plus tard saint Paul. Est-ce à dire que l'apostolat est la chasse gardée des Douze, et éventuellement de leurs successeurs, les évêques, et des prêtres, qui les assistent ? Certainement pas ! Ce qui est vrai, c'est qu'aucun apostolat ne peut se faire en dehors de (ou contre) la communion avec eux.

    Vous avez entendu (cf.
1° lect.) saint Luc préciser que les Apôtres n'étaient pas seuls au Cénacle. Il y avait aussi des femmes ! Des membres de la famille charnelle de Jésus étaient là également. Mais, nous dit saint Luc, ils avaient "un seul coeur".

    Le Catéchisme nous explique que, quand, dans le Credo, nous disons que nous croyons que l'Église est "apostolique", il faut le comprendre dans un triple sens :

1. "elle a été et demeure bâtie sur 'le fondement des apôtres' ... témoins choisis et envoyés en mission par le Christ lui-même" ;
2. "elle garde et transmet, avec l’aide de l’Esprit qui habite en elle, l’enseignement ... le bon dépôt, les saines paroles entendues des apôtres" ;
3. "elle continue à être enseignée, sanctifiée et dirigée par les apôtres jusqu’au retour du Christ grâce à ceux qui leurs succèdent dans leur charge pastorale : le collège des évêques, 'assisté par les prêtres, en union avec le successeur de Pierre, pasteur suprême de l’Église' (AG 5)". (n. 857)

    Et un peu plus loin :

"Toute l’Église est apostolique en tant qu’elle demeure, à travers les successeurs de S. Pierre et des apôtres, en communion de foi et de vie avec son origine. Toute l’Église est apostolique en tant qu’elle est 'envoyée' dans le monde entier ; tous les membres de l’Église, toutefois de diverses manières, ont part à cet envoi. 'La vocation chrétienne est aussi par nature vocation à l’apostolat'. On appelle 'apostolat' 'toute activité du Corps mystique' qui tend à 'étendre le règne du Christ à toute la terre' (AA 2). (n. 863)

    Chaque baptisé est donc invité à travailler à la croissance du règne de Dieu parmi les hommes et les femmes de son temps. Mais l'Église n'est pas une entreprise humaine qui mettrait en oeuvre un projet "pastoral" qui serait le fruit d'une étude sociologique. La valeur d'un apôtre ne dépend pas de ses qualités humaines, même si chacun est appelé à les mettre au service des autres. Dieu se plaît d'ailleurs à choisir ce qui est faible (cf. 1 Co 1, 26-31). En cette année jubilaire des apparations de Lourdes, il est bon de s'en souvenir : c'est sainte Bernadette que la Vierge Marie a choisie pour porter au monde son message, et elle n'avait pas une santé de fer. Sainte Thérèse, co-patronne des missions, n'est pas morte centenaire non plus ! ...

    Il faut prier pour recevoir l'Esprit. Personne ne peut l'accaparer par la force. Seule la prière persévérante, unanime, nous configure au Christ, l'Envoyé du Père, et nous fait découvrir la joie chrétienne au coeur même de la soufrance endurée à cause de la Parole. Comment être apôtre lorsqu’on est malade ou infirme, quand on est en prison, ou, tout simplement, lorsque nous sommes accaparés par le travail et les soucis de la famille ? Et quand on ne sait pas parler en public, lorsqu’on ne connaît pas la théologie, et qu'on n'est pas un spécialiste de la Bible (mieux vaudrait quand même se lancer pour la lire), doit-on renoncer à annoncer le Royaume ?

    Au Puy-en-Velay (France) au 19° siècle, de jeunes jésuites, encore prisonniers de leurs livres et de leurs cours, auraient tant voulu déjà parcourir le monde en missionnaires. Ils étaient tout jeunes et pleins d'ardeur "apostolique". Ils rongeaient leurs freins, comme on dit : c'était de la bonne graine ! Mais le jour de la fête de St François Xavier, l'autre patron des missions, le 3 décembre 1844, le Père Gautrelet leur fait une conférence. Il leur dit qu’ils n’avaient pas besoin d’attendre la fin de leurs études pour être apôtres :

 


"Soyez déjà missionnaires par votre prière, par l’offrande de votre vie quotidienne. Priez pour les hommes que vous rencontrerez demain. Tout homme est sauveur avec Jésus Sauveur."
 


    Depuis ce moment, les journées de ces religieux ont été transformées. Ils ont redoublé d’ardeur et ont vécu profondément les travaux, les joies, les peines qui se présentent quotidiennement. (N'oublions pas l'exhortation de saint Pierre - cf. 2° lect. !) Dans la prière, ils offraient tout cela à Dieu pour les intentions qui étaient affichées au tableau de la communauté.

    Au Cénacle, entre l'Ascension et la Pentecôte, il n'y avait sans doute pas de tableau avec des intentions de prière. Mais
l'évangile de ce jour nous fait entendre un passage de la prière de Jésus, probablement dans le même lieu que celui où se trouvaient les premiers chrétiens après l'Ascension. Dans ce passage, il y a les paroles :



"Je prie pour eux ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés."
 


    Je ne sais pas si vous vous êtes déjà demandé ce que Jésus a bien pu vouloir dire à son Père : "ce n'est pas pour le monde que je prie". Un peu plus loin il nous met sur la piste :
 


"Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi."
 


    Jusqu'alors, c'est du milieu du monde que Jésus priait, dans ce "monde" qui représente à la fois l'humanité, et ce qui, en elle, refuse la Parole et hait les disciples (cf. v. 14 : "Je leur ai fait don de ta parole, et le monde les a pris en haine"). Si Jésus  ne prie plus pour le monde, ce n'est pas qu'il s'en désintéresse. C'est, au contraire, parce que sa prière sera relayée par les siens.

    Notre prière doit donc être "apostolique", d'abord dans le sens où elle doit être "dans la communion de toute l'Église" (cf. Prière eucharistique), pendant la messe, ou en priant la liturgie des heures, par exemple. Mais aussi, plus largement, en toute circonstance.

    Elle doit être apostolique aussi dans le sens où nous avons à prier spécialement pour le monde (prière "universelle"), et pour ceux qui nous haïssent à cause de la Parole que Jésus nous a donnée. C'est ainsi que Jésus a prié sur la croix, que saint Étienne a prié pendant qu'il était lapidé, ... et que Jean Paul II a prié pour Ali Agca.


 

Lectures 7° dimanche de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 1, 12-14)

1
12i  Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent du mont des Oliviers à Jérusalem, qui n’est pas loin. (La distance ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.)
13  Arrivés dans la ville, ils montèrent à l'étage de la maison ; c'est là qu'ils se tenaient tous : Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d'Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.
14  D'un seul coeur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères.
 


Psaume (Ps 26, 1, 4abcd, 7-8)

R/ Oui, nous verrons la bonté de Dieu sur la terre des vivants
01  Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ? *
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

4a  J'ai demandé une chose au Seigneur,
4b  la seule que je cherche :
4c  habiter la maison du Seigneur
4d  tous les jours de ma vie, *

07  Écoute, Seigneur, je t'appelle ! *
Pitié ! Réponds-moi !
08  Mon coeur m'a redit ta parole :
« Cherchez ma face. » *



Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 4, 13-16)

4
13i  Mes bien-aimés, puisque vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera.
14  Si l'on vous insulte à cause du nom du Christ, heureux êtes-vous, puisque l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous.
15  Si l'on fait souffrir l'un de vous, que ce ne soit pas comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme dénonciateur.
16  Mais si c'est comme chrétien, qu'il n'ait pas de honte, et qu'il rende gloire à Dieu à cause de ce nom de chrétien.




Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 17, 1-11)

17
01  Ainsi parla Jésus. Puis il leva les yeux au ciel et pria ainsi : « Père, l'heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie.
02  Ainsi, comme tu lui as donné autorité sur tout être vivant, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
03  Or, la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
04  Moi, je t'ai glorifié sur la terre en accomplissant l'oeuvre que tu m'avais confiée.
05  Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi : donne-moi la gloire que j'avais auprès de toi avant le commencement du monde.
06  J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé fidèlement ta parole.
07  Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m'as donné vient de toi,
08  car je leur ai donné les paroles que tu m'avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis venu d'auprès de toi, et ils ont cru que c'était toi qui m'avais envoyé.
09  Je prie pour eux ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés : ils sont à toi,
10  et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et je trouve ma gloire en eux.
11  Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.

Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes.
 
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Lectures 7° dimanche de Pâques A

Homélie Ascension : Évangéliser en 4x4 pour une mission tout-terrain !

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
   
 
 
 
 


    L'Ascension est un mystère largement ignoré par la majorité des chrétiens. Pourtant il fait partie de notre profession de foi. Seuls ceux qui prient régulièrement le Rosaire le méditent assidument comme un évènement crucial, le moment culminant de la vie et de la mission du Christ, déterminant aussi pour l'Église, intimement liée au Christ. Trop souvent les chrétiens se représentent l'Ascension de Jésus comme le départ d'un être cher qu'on accompagne à l'aéroport. Quelle misère ! Quel sous-développement ! Puissions-nous donc, nous dont la foi est sous-développée, être des chrétiens "en voie de développement". Que l'Esprit Saint, promis par Jésus à l'Église, nous y aide ... et les anges aussi.

    Dans la première lecture
, saint Luc traduit pour ses lecteurs l'expérience de ceux qui ont été témoins de la dernière manifestation visible de Jésus. Ce passage se trouve dans l'introduction des Actes des Apôtres, dont le but est de montrer à tout "ami de Dieu" (c'est le sens de "Théophile") comment l'Esprit Saint, présent dans la vie de Jésus tout au long de l'évangile, déterminera les apôtres à devenir les témoins de Jésus Seigneur. C'est d'eux qu'il s'agira désormais (leurs noms seront cités au v. 13). L'histoire qu'ils vont vivre se déroulera grâce au dynamisme du même Esprit et grâce à l'action permanente de Jésus ressuscité.

    Si Jésus n'est plus visible comme autrefois, il est pourtant présent. Mais il faut avoir la foi pour le voir.

    Dans
l'évangile, la finale de saint Matthieu, on trouve comme en écho l'annonce du début, où Jésus est présenté comme l'Emmanuel, Dieu avec nous (1, 23), ce qui nous fait déjà pressentir la dimension universelle de Jésus, dont l'existence concerne tous les hommes, puisque chacun d'eux est destiné à reproduire son image en sa propre vie. Avec son autorité divine, le Ressuscité envoie tous ceux qui entendent son appel vers "toutes les Nations", pour en faire des disciples.

    Pourtant, c'est une Église très pauvre, un petit groupe, amputé par le défection de l'un des leurs, onze hommes de peu de foi, encore traumatisés par les évènements des dernières semaines. La scène reprend les récits de vocation de l'Ancien Testament. En conférant aux disciples l'investiture prophétique qu'il avait lui-même reçue après son baptême, Jésus les revêt de "toute autorité", celle qui lui a été donnée "au ciel et sur la terre".

    "Allez donc" : Ils reçoivent à leur tour l'extraordinaire pouvoir d'opérer le rassemblement universel des nouveaux disciples par le baptême et l'enseignement, les deux éléments constitutifs du chrétien.

    Le baptême "au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit" manifeste l'entrée du chrétien dans le Royaume. La formule trinitaire, empruntée sans doute par saint Matthieu au rituel baptismal déjà en vigueur dans les communautés de son temps, est significative d'une pratique ecclésiale rattachée au baptême du Christ, qui était déjà une épiphanie trinitaire (cf. Mt 3, 16-17).

    Mais au commandement de baptiser est joint celui d'enseigner. Le commandement ultime du Christ est double : baptiser et enseigner. L'Église ne peut donc pas se contenter de baptiser à tout-va. Et quand elle baptise des petits enfants, les parents, parrains et marraines doivent promettre de pourvoir à une éducation religieuse conforme à l'enseignement de l'Église. C'est aussi le rôle de la catéchèse. Mais les premiers catéchistes doivent être les parents eux-mêmes. Il ne s'agit pas seulement d'une leçon à faire apprendre par coeur aux enfants (bien que la mémoire doit aussi jouer son rôle), mais de la bonne Nouvelle du Royaume (la présence même de Jésus ressuscité) dont il faut se laisser pénétrer pour pouvoir la leur transmettre.

    L'enseignement doit ainsi se traduire par un comportement : "garder tout ce que je vous ai prescrit". C'est l'Évangile tout entier qui devient ainsi enseignement de vie pour les disciples, signifié sacramentellement dans le baptême et déployé humainement dans l'existence quotidienne. La morale chrétienne, c'est la Bonne Nouvelle en acte de rayonnement. C'est une condition essentielle pour une catéchèse efficace. Les parents d'abord, et les catéchistes ensuite, se doivent de donner aux enfants un exemple de vie conforme aux exigences de l'Évangile.

    Donner une éducation authentiquement et intégralement chrétienne à ses enfants : voilà une nécessité primordiale. Encore faut-il se garder d'oublier que cet enseignement, revêtu de TOUTE autorité, concernant TOUT ce qu'il a prescrit, s'adresse à TOUTES les nations. TOUS les chrétiens partagent la responsabilité de cet appel. C'est par ce quadruple "tout" que saint Matthieu exprime la totalité de l'action divine prenant corps dans la totalité de l'agir humain, selon la totalité du temps et de l'espace. Le chiffre quatre, on le sait, symbolise le monde créé, composé de quatre éléments fondamentaux (air, terre, eau, feu) et désigné par les quatre points cardinaux. C'est l'évangélisation en 4x4 : la traction (ou l'attraction) intégrale pour une mission tout-terrain !

    Chaque baptisé devient responsable de tous ses frères en humanité, parce que l'Évangile est un message destiné au monde entier. "La promesse faite à Abraham" (Gn 12, 3 ; cf. le Magnificat), rappelée par les prophètes (Jr 4, 2), et accomplie en Jésus, se manifeste à travers la communauté des disciples qui marchent dans les pas de leur Maître sous la conduite des apôtres, et de leurs successeurs, les évêques.

    Ainsi l'Église grandit et se fortifie en vivant et en disant Jésus, qui rassemble toutes les nations du monde et les plonge dans sa vie et sa mort, afin de leur faire partager la vie et l'action du Père, dans l'Esprit. L'Église, dans toute sa faiblesse humaine, subsiste grâce à la présence en elle de la divinité.

    Dieu, dit
saint Paul, a établi son Fils


"au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir. Il lui a tout soumis et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l'Église qui est son corps, et l'Église est l'accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude."
 


    Pour saint Matthieu, également, l'Église apparaît comme le lieu où s'atteste la présence universelle de Jésus, englobant l'espace et le temps, comme le trait d'union entre terre et ciel, dans la particularité de l' "ici" et du "maintenant".

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