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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Le service des services dans l'action de grâce et la fidélité - Homélie 28° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)

28 TOC ev

 

 

Messe de rentrée de la catéchèse

    Dimanche dernier, si vous vous en souvenez, (je devrais peut-être dire aussi : si vous étiez à la messe...), le Seigneur Jésus nous a fait prendre conscience qu'avant de manger et de boire à la table du Royaume, il y a un service à accomplir, un fameux labeur, et nous avions dit que ce labeur, c'était, au fond, l'édification des communautés chrétiennes, fondées sur le pardon mutuel.

    Dans l'évangile de ce 28° dimanche, le Seigneur, par la guérison des dix lépreux, nous rappelle que dans ces communautés d'Église, tous les hommes sont appelés, mais que tous ne répondent pas. Seul le Samaritain revient sur ses pas pour rendre grâce, alors que les neuf autres ont été touchés par la grâce, autant que lui. Il n'est pas difficile de repérer que la guérison des dix lépreux, comme celle de Naaman, le Syrien, est une allusion au baptême. En tout cas, c'est ce qu'ont compris les chrétiens dès les premiers siècles. Revenir pour rendre grâce, n'est-ce pas alors ce que nous faisons chaque dimanche quand nous célébrons l'eucharistie ? "Eucharistie", vous le savez, veut dire justement : "action de grâce".

    Bien sûr, ce mot "eucharistie" n'exprime pas toute la richesse du mystère de ce sacrement, mais il en évoque un aspect très important. Bien sûr, le temps de l'eucharistie n'est pas le seul moment pour rendre grâce, mais c'est un temps "primordial" qui doit ensuite se prolonger tout au long de la semaine. L'Eucharistie, c'est d'abord l'action de grâce - parfaite - de Jésus lui-même, à laquelle nous sommes associés comme les membres de son corps.

    Dans ce contexte, nous ne pouvons pas ne pas être frappé par ce qui arrive dans la scène de l'évangile que nous venons d'entendre : un lépreux sur dix qui revient sur ses pas pour rendre grâce. Les neuf autres n'ont pas su reconnaître "celui qui vient au nom du Seigneur". Ainsi s'annonce déjà maintenant la terrible incompréhension (et ingratitude) qui va marquer la venue du Fils de l'homme et alourdir de plus en plus l'atmosphère des chapitres 17 à 21. Ce Samaritain impur qui s'entend dire: "Lève-toi et va, ta foi t'a sauvé", est donc une promesse de salut pour tous, quels que soient leur race ou leur passé. Mais quel avertissement dans la parole si douloureuse de Jésus :

 
Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vu revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n'y a que cet étranger !


    Voilà le ton donné à tout ce qui va suivre, non seulement dans les chapitres suivants de l'évangile selon saint Luc, mais encore aujourd'hui, chez nous. Un sur dix, cela fait 10 % ... N'est-ce pas, en étant très optimiste  (!), le même pourcentage de baptisés qui est fidèle aux messes dominicales ?

    Dans les paroisses, c'est la rentrée de la catéchèse. Peut-être qu'aujourd'hui - en tout cas, j'ose l'espérer - la proportion est un peu plus élevée. En tout cas, elle est insuffisante. Et qu'en sera-t-il les dimanches suivants ? Qu'en est-il de ceux et de celles qui ont fait leur profession de foi quelques semaines avant les grandes vacances, lors de la solennité de la Pentecôte ? Ont-ils été fidèles, et dans quelle proportion ? Le seront-ils davantage qu'auparavant ?

    La question prend encore une ampleur plus grande quand on sait tout le soin que Jésus (et son Église) avait apporté (et continue d'apporter) à former, à éduquer ses disciples, à leur apprendre à devenir des hommes et des femmes responsables, capables de discerner les besoins et les souffrances des autres, comme Pierre le résume en disant :

 

Jésus ... a passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient tombés au pouvoir du diable (Ac 10, 38).
    Par ses nombreux miracles, Jésus fait partager à ses disciples sa compassion sensible, son aptitude à discerner les souffrances et les malheurs d'autrui. Mais cela ne suffit pas pour être chrétien. Encore aujourd'hui nous voyons des jeunes qui n'ont pas la foi s'engager spontanément pour des causes humanitaires, ou, plus modestement, être toujours prêts à rendre tel ou tel service précis, lorsque le besoin s'en fait sentir ou lorque l'on fait appel à eux. Et ce n'est pas rien. C'est une dimension importante dans l'éducation humaine et les parents chrétiens doivent veiller à apprendre cela à leurs enfants dès leur plus jeune âge.

    Je vous l'ai déjà dit : l'éducation humaine, tout comme la catéchèse de vos enfants, doit commencer dès leur plus jeune âge. C'est dès leur plus jeune âge que vous, les parents, vous devez apprendre à vos enfants à rendre de menus services.

    Une année, pendant mes vacances, j'ai eu l'occasion de rendre visite à un couple de mes amis qui a deux enfants. Dans la cuisine était affichée une lettre format A4 avec les différents services que l'on peut demander à des enfants en tenant compte de leur âge. Cela m'avait frappé, et, en pensant à vous, j'avais demandé une copie de cette feuille. Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai découvert que ce même texte venait de paraître dans le dernier numéro de la revue "Familles chrétiennes". Je pense que cela pourra vous donner de bonnes idées. Alors voici cette liste :

 
- 2-5 ans : porter les serviettes de table, le sel et le poivre... du rangement très présis.
- 6 ans : arroser les plantes, mettre le couvert, prendre le courrier, sortir les petites courses du coffre de la voiture, aider celui qui en a besoin.

- 7 ans : faire son lit, animer la prière ou dire le bénédicité, laver son bol, enlever la poussière ou faire quelques vitres, rendre service à table, mettre les emballages dans la poubelle, les épluchures sur le compost, décorer le coin-prière, aider à plier du linge, confectionner un gâteau, de la vinaigrette, laver la salade...

- 8 ans : ranger le petit-déjeuner, aller chercher du pain, donner à manger au chatn nettoyer la cage..., ranger son linge, cueillir ou éplucher des légumes, ranger sa chambre.

- 9 ans : faire le lit d'un petit, passer l'aspirateur, desservir.

- 12 ans : nettoyer les sanitaires.

- 12 ans et plus : sortir le chien, repasser, rentrer du bois pour la cheminée (très peu à la Martinique), nettoyer la cuisine.


    Cette éducation-là est fondamentale dans le cadre d'une éducation chrétienne. Mais elle ne suffit pas. Et alors que nous voyons que dans la première partie de l'évangile selon saint Luc, jusqu'au chapitre 9, 51, Jésus fait de nombreux miracles, à partir de ce moment on en voit beaucoup moins. Et après la guérison de l'aveugle de Jéricho (18, 35-43) il n'y en a plus aucun. Par contre, dans cette deuxième grande partie de l'évangile, Jésus s'attache à donner à ses disciples une catéchèse plus poussée : c'est toujours la formation au service, mais à une autre forme de service, le service de l'évangile proprement dit.

    Pour vous faire comprendre la distinction, il y a un passage dans un livre du cardinal Martini où il distingue la diaconie "ex fide" (à partir de la foi) de la diaconie "fidei" (de la foi).

    La dicaconie de la foi, c'est ce que dans une précédente homélie au début de cette année j'avais appelé "la charité du prophète". C'est une charité souvent méprisée, contrairement à la charité "ex fide". La charité "ex fide", c'est (ou c'était) celle d'un Abbé Pierre, par exemple, ou d'un Coluche. C'est une charité largement appréciée et universellement acclamée. Celle d'un Benoît XVI, "coopérateur (serviteur) de la vérité", l'est beaucoup moins... Elle est même souvent décriée et contestée.

    Mais si vous n'apprenez pas à vos enfants à rendre les services qu'ils peuvent déjà rendre à leur âge, comment voulez-vous que plus tard ils rendent des services plus importants et plus difficiles ? Vous en feriez des petits pachas qui croient que tout leur est dû et qui eux-mêmes ne font jamais rien pour les autres.

    Lors d'une visite que je rendais à une famille (c'était un mois de juin et les vacances scolaires avaient déjà commencé), je demandais à la jeune fille ce qu'elle faisait de ses vacances. - Rien, me répondit-elle, je reste à la maison. - Mais qu'est-ce que tu fais à la maison ? C'est sa maman qui a répondu : - Deux choses, mon Père : s'occuper de ses cheveux, et regarder la télévision.

    Cela promet pour plus tard... Pour tout vous dire, la jeune fille en question avait quand même confectionné quelques petits gateaux pour l'occasion. Mais comment voulez-vous que ces enfants-là, devenus grands, deviennent catéchistes, par exemple, si à la maison, ils n'ont jamais pris en main un balai et si leur maman a passé toute sa vie à ranger leur chambre ? Ce serait un petit miracle !

    En écoutant l'évangile de ce jour, le Seigneur nous dit que le premier service qu'il nous demande pour qu'il puisse nous guérir de la lèpre du péché, c'est celui de l'obéissance de la foi :

 

Allez vous montrer aux prêtres.

    Jésus leur demande de faire ce que la loi prescrivait aux lépreux en cas de guérison, alors même qu'ils n'étaient pas encore guéris. Ils l'ont été en cours de route. C'est la foi qui sauve, ce ne sont pas nos oeuvres.

    Jésus dit :

 

Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. Celui qui refusera de croire sera condamné. (Mc 16, 16)

    Le deuxième service, c'est celui de l'action de grâce : revenir vers Jésus "en glorifiant Dieu", dans la communauté des croyants. L'absence d'action de grâce est vu par saint Paul comme étant l'opposé de la foi :
 
Ils n'ont donc pas d'excuse, puisqu'ils ont connu Dieu sans lui rendre la gloire et l'action de grâce que l'on doit à Dieu. (Rm 1, 20-21)


    Là encore, permettez-moi de vous poser quelques questions, à vous, parents. Qu'est-ce qui vous a motivé pour demander le baptême pour vos enfants ? Et qu'est-ce qui vous motive pour les inscrire à la catéchèse ? Est-ce vraiment une démarche de votre foi et avec le souci de faire grandir la foi de vos enfants ? Ou bien, est-ce une démarche purement sociologique (pour faire comme tout le monde), voire même magique (pour qu'ils puissent réussir dans la vie et gagner beaucoup d'argent), ou bien encore, pour être en règle tout simplement ? Et si c'est vraiment dans une démarche de foi, comment se fait-il que vous soyez si nombreux à délaisser la messe du dimanche ? Et pourquoi ne vivez-vous pas davantage dans l'action de grâce ?

    Une année, à mon retour de vacances, j'ai appris quelque chose qui m'a fait très mal. Et je crois que Jésus a eu encore plus mal que moi. Des parents qui étaient convoqués à une réunion de préparation au baptême de leur enfant après la messe du dimanche ne savaient même pas que pendant les vacances cette messe n'était pas à 08h00 mais à 09h00. Comme ils n'avaient pas le moins du monde l'intention de participer à l'eucharistie, pas plus que les dimanches précédents, ils sont arrivés vers 09h30, et ils ont attendu la fin de la messe, dehors, pendant une heure, en rouspétant à haute voix, tant et si bien que le prêtre célébrant a dû sortir pour leur demander un peu de silence. Ces parents-là, qu'ont-ils donc fait ? Non seulement ils n'ont pas participé à l'action de grâce eucharistique de la communauté dans laquelle leurs enfants allaient être accueillis, mais ils ont perturbé le déroulement de la messe comme il n'est pas permis.

    L'évangile de ce jour nous rappelle que pour entrer dans la communauté des sauvés, toutes les portes sont ouvertes, largement ouvertes, quelle que soit notre origine ou notre passé. De plus, dans la deuxième lecture, saint Paul nous enseigne si nous sommes infidèles, Dieu lui reste fidèle, "car il ne peut se renier lui-même". Si, après avoir été baptisés et catéchisés, confirmés, etc., nous sommes infidèles, nous pourrons toujours revenir, non pas pour être baptisés à nouveau, mais pour recevoir le pardon du Seigneur dans le sacrement de la réconciliation. Mais saint Paul dit aussi que si nous le rejetons - et nous le rejetons si nous refusons de faire cette démarche - alors, lui aussi nous rejettera. Le Seigneur ne ferme jamais sa porte, mais jamais non plus il ne forcera la nôtre si elle reste fermée.

    Pour terminer, je voudrais dire un mot à toutes celles qui sont engagées dans la catéchèse, et aussi aux parents qui prennent à coeur l'éducation humaine et chrétienne de leurs enfants. Ne vous laissez pas décourager ! Ne baissez jamais les bras ! Vous rencontrez des difficultés pour faire passer le message ? Jésus a eu des difficultés bien plus que vous. Vous vous heurtez à l'indifférence et à l'incompréhension ? Jésus a été incompris bien plus que vous. Là encore, saint Paul nous dit aujourd'hui ce qu'il écrivit jadis à Timothée :

 

Voici une parole sûre : Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous supportons l'épreuve, avec lui nous régnerons.
    Alors tous, enfants, parents, catéchistes, tous en route pour cette nouvelle année de catéchèse, en route derrière Jésus qui monte à Jérusalem pour y mourir, mais aussi pour y ressusciter. Amen !
Revenir pour rendre grâce, n'est-ce pas alors ce que nous faisons chaque dimanche quand nous célébrons l'eucharistie ?

Revenir pour rendre grâce, n'est-ce pas alors ce que nous faisons chaque dimanche quand nous célébrons l'eucharistie ?

Lectures 28° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Guéri de sa lèpre, Naaman le Syrien croit au Dieu d'Israël (2R 5, 14-17)

 

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Lecture du second livre des Rois

Le général syrien Naaman, qui était lépreux descendit jusqu'au Jourdain et s'y plongea sept fois, pour obéir à l'ordre d'Élisée ; alors sa chair redevint semblable à celle d'un petit enfant : il était purifié !
Il retourna chez l'homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Je le sais désormais : il n'y a pas d'autre Dieu, sur toute la terre, que celui d'Israël ! Je t'en prie, accepte un présent de ton serviteur. »
Mais Élisée répondit : « Par la vie du Seigneur que je sers, je n'accepterai rien. » Naaman le pressa d'accepter, mais il refusa.
Naaman dit alors : « Puisque c'est ainsi, permets que ton serviteur emporte de la terre de ce pays autant que deux mulets peuvent en transporter, car je ne veux plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d'autres dieux qu'au Seigneur Dieu d'Israël. »
 
 
 

 

 

Psaume :  Ps 97, 1, 2-3ab, 3cd-4a.6b

 

R/ Dieu révèle sa puissance à toutes les nations.

 

Chantez au Seigneur un chant nouveau, 
car il a fait des merveilles ; 
par son bras très saint, par sa main puissante, 
il s'est assuré la victoire. 


Le Seigneur a fait connaître sa victoire 
et révélé sa justice aux nations ; 

il s'est rappelé sa fidélité, son amour, 
en faveur de la maison d'Israël. 

La terre tout entière a vu 
la victoire de notre Dieu. 

Acclamez le Seigneur, terre entière.
Acclamez votre roi, le Seigneur !

 

 

 

 

2ème lecture : Être fidèles au Christ toujours fidèle (2Tm 2, 8-13)

 

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Souviens-toi de Jésus Christ, le descendant de David : il est ressuscité d'entre les morts, voilà mon Évangile. C'est pour lui que je souffre, jusqu'à être enchaîné comme un malfaiteur. Mais on n'enchaîne pas la parole de Dieu ! C'est pourquoi je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis, afin qu'ils obtiennent eux aussi le salut par Jésus Christ, avec la gloire éternelle.

Voici une parole sûre : « Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous supportons l'épreuve, avec lui nous régnerons. Si nous le rejetons, lui aussi nous rejettera. Si nous sommes infidèles, lui, il restera fidèle, car il ne peut se rejeter lui-même. »
 
 

Evangile : Guéri de sa lèpre, un Samaritain rend gloire à Dieu (Lc 17, 11-19)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Rendez grâce au Seigneur de son amour, de ses merveilles pour les hommes. Alléluia. (Ps 106, 8)

 

28 TOCev

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »
En les voyant, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » 

En cours de route, ils furent purifiés.
L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain.
Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n'y a que cet étranger ! »
Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé. »
 
 

Serviteurs de la prière, serviteurs inutiles - Homélie 27° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Nous sommes à présent au chapitre 17 de saint Luc. Dès le début de ce chapitre (dont le découpage liturgique a sauté les premiers versets) le ton change. Dans la ligne des paraboles du chapitre précédent, voici maintenant pour les disciples et les apôtres des orientations bien précises. D'abord le pardon (v. 1-4) : quand Jésus dit : "Méfiez-vous" (v. 3a), c'est un discret renvoi à 12, 1:
 
Comme la foule s'était rassemblée par dizaines de milliers, au point qu'on s'écrasait, Jésus se mit à dire, en s'adressant d'abord à ses disciples : Méfiez-vous bien à cause du levain des pharisiens, c'est-à-dire de leur hypocrisie.

    L'hypocrisie (jugement perverti) des pharisiens qui n'acceptent pas que tout soit donné (ch. 12) est ainsi rapprochée du scandale de celui qui n'accepte pas le pardon. Le fait que ces deux réalités de notre vie chrétienne soient intimement liées ressort bien de la prière du Notre Père :
 
Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour. Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes nous pardonnons à tous ceux qui ont des torts envers nous.  (11, 3-4)

    Être ouvert au don comme au pardon, c'est cela, se garder de l'hypocrisie et du scandale. Mais vivre le pardon entre frères est une chose, fonder une communauté où la gratuité et le pardon puissent régner en est une autre. Aussi les Apôtres demandent-ils au "Seigneur", le Seigneur de l'Église :
 
Augmente en nous la foi !

    Ce qui, dans l'évangile de Marc  était dit par le père de l'épileptique, marquant mieux les deux degrés de la foi : "Je crois ! Viens en aide à mon incrédulité" (Mc 9,28-29), Luc le met donc dans la bouche non seulement des disciples, mais précise-t-il "des Apôtres". C'est souligner combien les Douze, qui ont à être témoins du Christ, doivent les premiers être solides dans leur foi — et plus encore qu'eux tous, Simon Pierre. Lors du repas pascal, Jésus dira explicitement à Pierre :
 
Mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne sombre pas. Toi donc, quand tu sera revenu, affermis tes frères. (Lc 22, 32)

    Mais c'est dire aussi qu'ils croient déjà, puisque non seulement ils donnent à Jésus ce titre divin de "Seigneur", mais lui demandent d'augmenter leur foi, ce que Dieu seul peut faire. La foi, et davantage encore, la croissance et la persévérance dans la foi, n'est possible qu'à condition d'être confirmé par la parole et la prière de Jésus.

    Les versets qui suivent reprennent les deux thèmes centraux du Royaume et de la gratuité. Ils tracent tout un programme. Avant de manger et de boire à la table du Seigneur dans le Royaume, il y a un service à faire, une tache qui est rude : il faut édifier des communautés. Mais attention : ces communautés ne sont pas la communauté de Pierre, ou de Paul, ou d'Apollos... C'est l'Église de Jésus Christ. Les apôtres ne sont là que comme des serviteurs, "serviteurs quelconques" (inutiles), totalement dépassés pas la grâce qui leur est faite, à eux comme aux autres, conscients que chaque apôtre, un jour doit remettre sa communauté "à Dieu et à la Parole de sa grâce, qui a la puissance de bâtir l'édifice (Ac 20, 32).

    Cela n'arrive pas qu'au moment de mourir ou de partir à la retraite. Quand un évêque donne à l'un de ses prêtres une nouvelle nomination et lui demande de changer de paroisse, ce prêtre, s'il se dit serviteur inutile, quittera volontiers sa paroisse, même s'il a le coeur lourd, pour aller là où son évêque l'envoie. De même, lorsqu'un prêtre demande à une paroissienne de cesser de rendre tel ou tel service pour laisser la place à quelqu'un d'autre, cette personne, si elle se dit servante inutile, ne prendra pas ombrage, et, comme Sainte Bernadette, qui disait qu'elle voulait être comme un balai que l'on prend quand on en a besoin et que l'on range derrière la porte quand il ne sert plus, elle s'éclipsera sans ronchonner.

    L'expression "serviteurs inutiles" demande néanmoins à être bien comprise. Dans certains commentaires on lit, par exemple : "Jésus nous dit que nous sommes des serviteurs inutiles ..." Non ! Jésus ne dit pas cela du tout. Ce n'est pas dans le texte ! Ce qui est dans le texte, c'est que Jésus demande aux apôtres, et aussi à chacun des ouvriers dans le Royaume, de se dire serviteur inutile. Ce n'est pas la même chose. Il faut bien le voir, cela. Sinon on risque de comprendre tout de travers. On risque de prendre Dieu pour un patron arbitraire, difficile à contenter, pas très porté à la gratitude... Ce qui est faux, évidemment. Pour mieux comprendre, rapprochons ce passage d'un autre où Jésus s'adresse aux pharisiens, et vous verrez tout de suite, je crois, la différence :

 
Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains. (Mc 7, 7)


    Ici, Jésus dit effectivement que les pharisiens sont des serviteurs inutiles. Mais la raison est évidemment différente. Vous voyez qu'il s'agit ici de tout autre chose. Il ne faut pas confondre.

    Mais alors, qu'est-ce qui fait que Jésus nous demande de nous considérer comme des serviteurs inutiles (alors que lui ne le dit pas, si, du moins, notre service n'est pas hypocrite, comme celui des pharisiens) ?

    Saint Jean Paul II disait que le chapelet était sa prière préférée. Nous avons vu au début que l'évangile de ce dimanche est situé dans un contexte de prière : la prière des apôtres ("Augmente en nous la foi"), mais aussi la prière que Jésus nous a enseignée (le Notre Père), et la prière de Jésus au soir de sa vie ("J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne sombre pas").

    Le service de la prière est une forme importante de service dans le Royaume de Dieu (mais pas la seule). Ce qui est vrai pour ce service vaut aussi pour les autres formes de service : nourir les affamés, consoler les affligés, le service de la Parole ... Mais je prends l'exemple de la prière parce que dans le cas de la prière, les choses sont particulièrement claires.

    La prière chrétenne est décentrement de soi pour chercher le bien de l'autre. Après la présentation des dons, le célébrant dira :

 

- Prions ensemble au moment d'offrir le sacrifice de toute l'Église

L'Eucharistie est le sommet de la prière, c'est objectivement la plus haute forme de service qui soit. Et que répond l'assemblée ?

 

- Pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

Ce n'est pas comme cela que les pharisiens priaient. L'acte de servir (de prier) n'est vraiment chrétien que dans la mesure où le service est désintéressé, "pour la gloire de Dieu et le salut du monde". Voilà ce qui est difficile à notre pauvre nature humaine blessée par le péché : on veut bien servir, mais il faut qu'on s'y retrouve, d'une manière ou d'une autre, pas seulement en vue d'un avantage pécunier, mais, par exemple, pour être estimé, honoré par les autres, ou encore (c'est le cas surtout chez des peuples qui sont très religieux par nature) pour se sentir bien et, si possible, avoir quelques frissons mystiques.

    Par ailleurs, celui qui prie avec foi doit se dire serviteur inutile aussi parce que sinon il s'attribue à lui-même ce qu'il demande à Dieu. S'attribuer à soi-même ce qu'on demande à Dieu est évidemment contradictoire. Pourquoi est-ce que je prie Dieu ? Parce que je sais que sans lui, je ne peux rien faire. Or le danger existe bel et bien : on prie, on est exaucé et on se dit : j'ai été exaucé parce que j'ai bien prié, parce que je suis quelqu'un de bien, je suis un saint ... Et on s'admire un peu ... et on devient insupportable. Ou bien on n'est pas exaucé, du moins pas tout de suite et visiblement (parce que Dieu n'est pas sourd ; il exauce toujours, mais il a le droit de nous faire attendre, même au-delà de la mort, pour nous purifier). Si on se considère pas comme des serviteurs inutiles que ne font que leur devoir, alors on "perd la foi". En fait, il vaudrait mieux dire qu'on ne l'avait pas au point de départ.

 

Dans ton amour inépuisable, Dieu éternel et tout-puissant, tu combles ceux qui t'implorent, bien au-delà de leurs mérites et de leurs désirs ; Répands sur nous ta miséricorde en délivrant notre conscience de ce qui l'inquiète et en donnant plus que nous n'osons demander.

    Voilà comment la foi de l'Église, qui s'exprime dans la prière d'ouverture de cette eucharistie, nous porte et nous apprend à prier dans la droiture, sans le levain des pharisiens.

    Puisque, quand nous prions le chapelet, nous prions celle qui s'est dite la "servante du Seigneur", terminons par cette belle prière de Jean-Paul II à la fin de son Message pour la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations (2003), dont le thème était "La vocation au service" :

 
Marie, humble servante du Très-Haut,
le Fils que tu as engendré t'a établie servante de l'humanité.
Ta vie a été un service humble et généreux :
Tu as été servante de la Parole
quand l'ange t'a annoncé le dessein divin du salut.
Tu as été servante du Fils, en lui donnant la vie
et en demeurant accueillante à son mystère.
Tu as été servante de la Rédemption,
« en te tenant debout » courageusement au pied de la croix,
à côté du Serviteur et de l'Agneau souffrant,
qui s'immolait par amour pour nous.
Tu as été servante de l'Église, le jour de la Pentecôte
et, par ton intercession, tu continues de l'engendrer dans chaque croyant,
même en nos temps difficiles et tourmentés.
Que les jeunes du troisième millénaire
se tournent avec confiance vers toi, jeune fille d'Israël,
qui as connu le bouleversement de ton jeune cœur
devant la proposition de l'Éternel.
Rends-les capables d'accueillir l'invitation de ton Fils
à faire de leur vie un don total pour la gloire de Dieu.
Fais-leur comprendre que le service de Dieu comble le cœur,
qu'on se réalise selon le dessein divin
seulement dans ce service de Dieu et de son royaume,
et que la vie devient alors une hymne de gloire à la Très Sainte Trinité.
Amen.

 

Lectures 27° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : « Le juste vivra par sa fidélité » (Ha 1, 2-3; 2, 2-4)

 

Lecture du livre d'Habacuc

« Combien de temps, Seigneur, vais-je t'appeler au secours, et tu n'entends pas, crier contre la violence, et tu ne délivres pas ! Pourquoi m'obliges-tu à voir l'abomination et restes-tu à regarder notre misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent. Je guetterai ce que dira le Seigneur. »

Alors le Seigneur me répondit : « Tu vas mettre par écrit la vision, bien clairement sur des tablettes, pour qu'on puisse la lire couramment. Cette vision se réalisera, mais seulement au temps fixé ; elle tend vers son accomplissement, elle ne décevra pas. Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, à son heure. 

Celui qui est insolent n'a pas l'âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité. »
 
 
 

 

 

Psaume :  Ps 94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9

 

R/ Aujourd'hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur !

 

Venez, crions de joie pour le Seigneur, 
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu'à lui en rendant grâce, 
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, 
adorons le Seigneur qui nous a faits. 

Oui, il est notre Dieu ; 
nous sommes le peuple qu'il conduit. 

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ? 

« Ne fermez pas votre cœur comme au désert, 
où vos pères m'ont tenté et provoqué, 
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »
 
 

2ème lecture : Le chef de communauté doit rester fidèle dans le service de l'Évangile (2Tm 1, 6-8.13-14)

 

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Fils bien-aimé, 
je te rappelle que tu dois réveiller en toi le don de Dieu que tu as reçu quand je t'ai imposé les mains.
Car ce n'est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de raison.
N'aie pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n'aie pas honte de moi, qui suis en prison à cause de lui ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part de souffrance pour l'annonce de l'Évangile.
Règle ta doctrine sur l'enseignement solide que tu as reçu de moi, dans la foi et dans l'amour que nous avons en Jésus Christ.
Tu es le dépositaire de l'Évangile ; garde-le dans toute sa pureté, grâce à l'Esprit Saint qui habite en nous.
 
 

Evangile : La puissance de la foi — L'humilité dans le service (Lc 17, 5-10)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Dieu nous a fait renaître d'une semence impérisable : sa parole vivante qui demeure pour toujours.Alléluia. (cf. 1 P 1, 23)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : 'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait. 
Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : 'Viens vite à table' ?
Ne lui dira-t-il pas plutôt : 'Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.'
Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ?
De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir.' »
 
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

ATTENTION ! L'argent peut entraîner la mort - Homélie 26° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Aujourd'hui, vous vous en doutez, je vais encore vous parler d'argent. Dimanche dernier, nous avons vu que l'amour de l'argent était "l''ennemi public numéro un" de l'Église, de la communauté des disciples que Jésus veut former, et qui doit être une communauté où l'argent doit servir à se faire des amis par la remise de leurs dettes. Aujourd'hui encore, le Seigneur nous le répète : l'argent est dangereux pour la santé, plus que le tabac, par exemple.

    Pour lutter contre le tabagisme, aux termes d’un arrêté modifié du 26 avril 1991, les fabriquants de cigarettes doivent faire figurer sur les emballages en France "un avertissement général couvrant au moins 30 % de la superficie externe de la surface correspondante de l'unité de conditionnement de tabac sur laquelle il est imprimé". Cette mention devra être entourée "d'un bord noir, d'une épaisseur minimale de 3 mm, n'interférant en aucune façon avec le texte de l'information donnée" et être choisie par une liste fixée par un arrêté du 25 avril 2002, par exemple : "Fumer peut entraîner une mort lente et douloureuse".

    Mon but, dans cette homélie, n'est pas de vous exhorter à arrêter de fumer, bien que ce serait une très bonne chose. Je me pose seulement la question suivante : pourquoi mettre en garde contre les dangers du tabac, alors que pour les jeux de hasard, les paris et autres loteries, on fait de la publicité à outrance ? Après avoir entendu l'évangile de ce dimanche, je dis qu'il faudrait faire passer un arrêté selon lequel doit figurer sur tous les billets de banque et sur toutes les pièces de monnaie, la mention : "Attention ! L'argent peut entraîner la mort !"

    Il est à prévoir que cette proposition, si elle est entendue, sera reçue avec pas mal de scepticisme et de moqueries, qu'elle risque de ne jamais être adoptée, ni dans la Communauté Européenne, ni ailleurs dans le monde (peut-être qu'au Vatican. Peut-être ...). Ce n'est pas étonnant. La raison c'est que très souvent, l'Écriture en général, et l'Évangile en particulier, et, par conséquent, Dieu lui-même, n'est pas pris au sérieux. Car si nous prenions Dieu au sérieux, nous comprendrions qu'il y a au moins autant de raisons de mettre en garde contre l'argent (et les loteries) que contre le tabac, la drogue, et l'abus d'alcool.

    Vous souvenez-vous de ce que le Seigneur nous a dit dimanche dernier ? Après avoir raconté à ses disciples la parabole de l'intendant malhonnête, il avait conclu en disant :
 
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent.

    Avez-vous entendu ce qu'il nous dit encore aujoud'hui ? Il raconte la parabole du riche et du pauvre Lazare. Elle s'adresse, non pas aux disciples, mais aux pharisiens "qui aimaient l'argent" et qui "ricanaient à son sujet" (v. 14).

    Les pharisiens sont présentés par saint Luc comme étant à l'extrême opposé de ce que Jésus attend de ses disciples, l'antithèse en quelque sorte, et ce malgré les apparences :

 

Vous êtes, vous, ceux qui se présentent comme des justes aux yeux des hommes, mais Dieu connaît vos coeurs, car ce qui est prestigieux chez les hommes est une chose abominable aux yeux de Dieu. (v. 15)
    Décidément, Jésus n'est pas gentil. En lisant son verdict sévère et implacable à propos des pharisiens je ne peux pas m'empêcher de penser à un épisode très douloureux de la vie du saint Pade Pio, dont je vous ai parlé dimanche dernier.

    Revenons au chapitre 16 de saint Luc : les deux paraboles se répondent. Dans la première Jésus nous dit ce qu'il faut faire pour être sauvé. La deuxième, au contraire, est une parabole de damnation pour les riches qui n'ont rien voulu entendre et qui ne se préoccupent pas des pauvres. Dans la première, Jésus trace la voie à la communauté fraternelle des disciples, telle que nous la voyons se former dans les Actes des Apôtres après la Pentecôte. Dans la seconde, il dénonce l'hypocrisie pharisaïque. Mais dans les deux paraboles, ce sont les mêmes thèmes qui sont abordés : salut, relation aux autres, destination universelle des richesses. Dans les deux paraboles, ceux avec qui on a vécu sur la terre soit accueillent, soit n'accueillent pas dans le monde à venir.

    Concentrons-nous maintenant sur la deuxième parabole, celle de l'évangile du jour. Du riche il est dit qu'il "portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux". Là encore, vous risquez de vous dire : - Alors, mon Père, je ne suis pas concerné. Je n'achète que du prêt-à-porter en soldes, et quant aux festins somptueux, oui, de temps en temps une petite fête avec une bouteille (ou deux) de champagne, mais est-ce un péché ? À ce propos, savez-vous ce que disait le Père Raniero Cantalamessa, capucin et prédicateur de la Maison pontificale ? Il avait écrit un livre sur la chasteté, et un autre sur l'obéissance. Alors on lui pose la question : Pourquoi vous n'ecrivez rien sur la pauvreté ? Sa réponse :
 
"Jeûner toute la vie au pain et à l'eau serait pour nous le maximum de l'austérité, alors que pour des millions de personnes avoir le pain et l'eau assurés serait déjà comme un rêve."
 
Or combien parmi nous jeûnent au pain et à l'eau ne fût-ce qu'un jour sur sept ? Même si nous le faisions tous les jours de l'année, ce serait toujours, aux yeux de millions de personnes qui crèvent de misère un festin somptueux. Même si nous nous habillions chez les chifonniers d'Emmaüs, ce seraient encore des vêtements de luxe aux yeux d'une grande partie de la population monidale. L'évangile que nous venons d'entendre n'est donc pas seulement une mise en garde qui s'adresse aux millionnaires et aux milliardaires !

    Jésus veut donc nous sensibiliser tous et chacun aux dangers que constitue l'argent : il rend sourd et aveugle ! Vous voyez bien que l'argent est vraiment dangereux pour la santé ! Il rend sourd à la Parole de Dieu : Moïse et le Prophètes, Jésus, même ressuscité d'entre les morts ; et il rend aveugle à la misère des autres : le riche n'a même pas vu le pauvre Lazare, qui se trouvait pourtant devant sa porte.

    La surdité et la cécité sont deux maladies très graves qui peuvent entraîner la mort, la mienne et celle des autres ("mes frères", dit le riche, un peu tard, dans la parabole). À propos du tabac, je lisais dans un article daté du 17 août de cette année dont voici les termes exacts :

 
Les fumeurs et les victimes de tabagisme passif ont un risque plus élevé de développer une maladie de la vue connue sous le nom de dégénérescence maculaire liée à l'âge ou DMLA. Rappelons qu'en France, près de 1,3 million de personnes sont atteintes de dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA). C'est la première cause de cécité chez les personnes âgées de plus de 50 ans.
L'étude conduite par l'équipe de Jennifer Tan de l'Université de Sydney sur près de 2 500 Australiens pendant plus de dix ans a estimé que le risque de développer la maladie est multiplié par quatre chez les fumeurs et par trois chez les anciens fumeurs.
En résumé, ces résultats tendent à prouver une relation causale entre le tabagisme et le risque sur le long terme de développer un DMLA.


    Et l'article ce termine par ce conseil :

 

Alors pour préserver vos yeux (mais aussi votre coeur, vos poumons...), laissez tomber la cigarette !


    La science et l'État nous mettent en garde contre les mulitples méfaits du tabac et nous invitent à laisser tomber la cigarette. Jésus, lui, met en garde contre le danger tellement plus grand des richesses, et il nous invite à donner aux pauvres qui sont devant notre porte les miettes qui tombent de notre table. Il nous invite à donner chaque semaine aux pauvres, par exemple, le prix d'un paquet de cigarettes. (Si, en même temps, on s'arrêtait de fumer, ce serait faire d'une pierre deux coups.) Jésus nous invite, au lieu de rêver à gagner le gros lot et de perdre des sommes considérables, à donner chaque semaine l'équivalent à ceux qui n'ont même pas de quoi s'offrir un verre d'eau ou une tranche de pain.

 

S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus.
    Ne nous faisons pas d'illusions : si nous ne sommes pas convaincus maintenant, nous ne le serons sans doute jamais. Et si nous le sommes, convertissons-nous pour l'amour des pauvres qui crèvent de faim et de froid, pour l'amour de nous-mêmes et de nos enfants, vicitmes d'un "capitalisme passif", pour l'amour de Dieu, qui s'est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté.
 
ATTENTION ! L'argent peut entraîner la mort !

ATTENTION ! L'argent peut entraîner la mort !

Lectures 26° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Contre le gaspillage insolent des riches (Am 6, 1a.4-7)

 

Lecture du livre d'Amos

Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Jérusalem, et à ceux qui se croient en sécurité sur la montagne de Samarie. 
Couchés sur des lits d'ivoire, vautrés sur leurs divans, ils mangent les meilleurs agneaux du troupeau, les veaux les plus tendres ; ils improvisent au son de la harpe, ils inventent, comme David, des instruments de musique ; ils boivent le vin à même les amphores, ils se frottent avec des parfums de luxe, mais ils ne se tourmentent guère du désastre d'Israël !
C'est pourquoi maintenant ils vont être déportés, ils seront les premiers des déportés ; et la bande des vautrés n'existera plus.
 
 
 

 

Psaume :  Ps 145, 5a.6c.7ab, 7c-8, 9-10a

 

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R/ Chantons le Seigneur : il comble les pauvres !

 

Heureux qui s'appuie sur le Seigneur son Dieu ;
il garde à jamais sa fidélité,
il fait justice aux opprimés,
aux affamés, il donne le pain.

Le Seigneur délie les enchaînés,
le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, 
le Seigneur redresse les accablés, 
le Seigneur aime les justes.

Le Seigneur protège l'étranger, 
il soutient la veuve et l'orphelin,
il égare les pas du méchant.
D'âge en âge, le Seigneur régnera !
 
 
 
 

 

 

2ème lecture : Vivre la foi au Christ (1Tm 6, 11-16)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Toi, l'homme de Dieu, cherche à être juste et religieux, vis dans la foi et l'amour, la persévérance et la douceur. Continue à bien te battre pour la foi, et tu obtiendras la vie éternelle ; c'est à elle que tu as été appelé, c'est pour elle que tu as été capable d'une si belle affirmation de ta foi devant de nombreux témoins.

Et maintenant, en présence de Dieu qui donne vie à toutes choses, et en présence du Christ Jésus qui a témoigné devant Ponce Pilate par une si belle affirmation, voici ce que je t'ordonne : garde le commandement du Seigneur, en demeurant irréprochable et droit jusqu'au moment où se manifestera notre Seigneur Jésus Christ. Celui qui fera paraître le Christ au temps fixé, c'est le Souverain unique et bienheureux, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, le seul qui possède l'immortalité, lui qui habite la lumière inaccessible, lui que personne n'a jamais vu, et que personne ne peut voir. À lui, honneur et puissance éternelle. Amen.
 
 
 
 

 

 

Evangile : Parabole du riche et de Lazare (Lc 16, 19-31)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Jésus Christ s'est fait pauvre, lui qui était riche, pour qu'en sa pauvreté vous trouviez la richesse. Alléluia. (2 Co 8, 9)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus disait cette parabole : 
« Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux. Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c'étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies.

Or le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui.
Alors il cria : 'Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. 
— Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c'est ton tour de souffrir.
De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous.'
Le riche répliqua : 'Eh bien ! père, je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père. J'ai cinq frères : qu'il les avertisse pour qu'ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture !"
Abraham lui dit : 'Ils ont Moïse et les Prophètes : qu'ils les écoutent ! 
— Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.'
Abraham répondit : 'S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus.' »
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

L'ennemi public numéro un - Homélie 25° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Nous allons aujourd'hui parler d'argent. Mais pour bien comprendre de quoi il s'agit, revenons un peu en arrière pour bien nous remettre en mémoire le contexte. La semaine dernière, Jésus, en s'adressant aux pharisiens, a révélé la miséricorde du Père vis-à-vis de son fils qui avait revendiqué sa "part d'héritage" et qui avait "dépensé (son) bien avec des filles" (Lc 15). Il nous avait invité à entrer dans cette logique divine (ch. 14) au lieu de rester dehors comme le fils aîné de la parabole. Le chapitre 16, dont nous venons d'entendre une première partie, va brosser en paraboles un tableau de la situation qui est celle de fils égarés devenus ses disciples dans la maison du Père.

    Dans l'évangile d'aujourd'hui Jésus s'adresse donc, non plus aux pharisiens, mais à ses disciples. Dans une parabole qui évoque le salut, il trace la voie à la fraternité qui doit régner parmi eux. Nous y retrouvons l'intendant fidèle et avisé du chapitre 12 à qui il est demandé de "donner à chacun" selon la mesure chrétienne (12, 42), cette mesure qui est celle de la miséricorde (6, 36), mesure débordante (6, 38). Ici, au chapitre 16, l'intendant avisé est présenté comme celui qui "acquitte" les autres de leurs dettes. Alors qu'au chapitre 12 la fidélité consistait à agir en accord avec la surabondance de la vie offerte par Dieu ici, l'intendant fidèle (5 fois) est celui qui épouse assez l'intention de Dieu pour remettre aux autres leurs dettes.

    Au chapitre 15 l'accent était mis sur la joie que Dieu a à retrouver "ce qui est perdu". Dans la parabole d'aujourd'hui, ce qui ressort surtout c'est le climat d'urgence : le temps presse ! Pas question donc de remettre sa conversion à plus tard ! Se convertir ne signifie pas seulement renoncer aux écarts et aux égarements de sa vie passée. Se convertir, c'est faire le choix d'une attitude qui bouleverse totalement notre manière d'agir. Pour être à la hauteur de la miséricorde du Père, il nous faut vivre l'aujourd'hui du pardon qui nous est fait en nous inspirant de la perspicacité avec laquelle l'intendant de la parabole a saisi sa propre situation, c'est-à-dire en jouant le tout pour le tout.

    Être disciples de Jésus signifie prendre conscience que les biens qui nous ont été confiés vont nous être repris. Cela signifie ensuite profiter du répit qui nous est accordé pour nous faire des amis avec ceux dont nous disposons encore aujourd'hui. Car ce sont les amis que nous nous faisons maintenant avec ces biens-là qui nous accueilleront un jour dans le monde à venir.

    À la suite de la parabole, Jésus va davantage préciser sa pensée :

- Première précision : le temps présent est un temps de répit dont nous devons profiter pour assurer notre avenir d'éternité.
- Deuxième précision : c'est dans la manière de nous comporter avec les autres, en passant d'une relation de droits à une relation d'amitié, que notre avenir se joue : l'amitié qu'on se donne est une manière de se donner mutuellement le salut éternel.
- Enfin, troisième précision : les biens dont nous disposons sont la propriété de Dieu et de personne d'autre ; nous en sommes, non pas les propriétaires, mais les intendants, appelés à servir la fraternité entre les hommes.

    L'argent que l'on s'approprie devient "malhonnête", c'est-à-dire injuste, car opposé à Dieu, d'abord parce qu'il n'appartient qu'à Dieu (l'argent n'est donc pas mauvais en soi, il est bon !), et ensuite parce que se l'approprier, c'est le détourner de sa véritable destination, qui est d'être au service de l'amitié dans une gratuité qui manifeste la grâce que nous vivons dans la maison du Père.

    La conclusion qui s'impose est qu'ou bien on est intendant et fidèle à Dieu, ou bien on est infidèle à Dieu et attaché au Mammon (Mammon est un mot araméen qui signifie "argent", "richesse"). Impossible de courir après deux lièvres à la fois ! Être fidèle à Dieu c'est renoncer à agir en propriétaire, c'est reconnaître à qui appartiennent les biens dont nous disposons et les gérer selon l'intention de Dieu. Au contraire, se considérer comme propriétaire, revendiquer ses droits, cela revient  à renier celui dont nous sommes les intendants, renier notre Père qui nous a dit : "Tout ce qui est à moi est à toi". C'est renoncer à être fils de ce Père au milieu de nos frères.

    Ces dernières semaines nous avons fait mémoire de plusieurs saints qui illustrent parfaitement ce que le Seigneur attend de nous dans l'usage que nous faisons de notre argent, de nos richesses en général. Je pense ici en particulier au saint Padre Pio. Comme cela a été le cas pour sainte Mère Teresa, par ses mains a passé beaucoup d'argent, mais il ne possédait rien. Tout était pour soulager la souffrance des pauvres, ce qui lui vaudra beaucoup d'ennuis.

    Alors que tout jeune prêtre il n’était pas encore entré au couvent de San Giovanni Rotondo, le vendredi 28 mars 1913, il eut une vision prophétique. Défiguré de coups, le Christ s’avança vers lui, montrant un grand nombre de prêtres réguliers et séculiers, parmi lesquels divers dignitaires et prélats. Certains étaient en train de célébrer, d’autres se paraient de vêtements sacrés, d’autres encore les enlevaient. Padre Pio témoigne :

 
La peine de Jésus me causa une grande douleur. Aussi je voulus lui demander pourquoi il souffrait tant. Je n’eus aucune réponse. Cependant son regard se dirigeait vers ces prêtres, et comme s’il était las de les regarder, il détacha son regard vers moi. À ma grande douleur, je vis deux larmes lui sillonner les joues. Il s’éloigna de cette multitude de prêtres, une expression d’immense amertume sur le visage, en s’écriant : "Bouchers !" Et se tournant vers moi, il me dit : "Mon fils, ne crois pas que mon Agonie n’ait duré que trois heures, non ! À cause des âmes que j’ai le plus comblées, je serai en Agonie jusqu’à la fin du monde ... L’ingratitude et la somnolence de mes ministres me rendent plus pénible mon Agonie. Hélas ! Comme ils répondent mal à mon amour ! Ce qui m’afflige le plus, c’est que ceux-ci ajoutent à leur indifférence, le mépris et l’incrédulité. Que de fois ai-je été sur le point de les foudroyer, si je n’avais pas été retenu par les anges et les âmes qui m’adorent.

    Ces jours-ci nous faisons mémoire de Notre-Dame de la Salette. Dans l’introduction du Secret de La Salette délivré par la Sainte-Vierge aux deux petits bergers, le 19 septembre 1846, elle dit :
 
Les prêtres, ministres de mon Fils, les prêtres par leur mauvaise vie, par leurs irrévérences et leur impiété à célébrer les saints mystères, par l’amour de l’argent, l’amour de l’honneur et des plaisirs, les prêtres sont devenus des cloaques d’impureté ... il n’y a plus d’âmes généreuses, il n’y a plus personne digne d’offrir la Victime sans tache à l’Eternel en faveur du monde. Dieu va frapper d’une manière sans exemple ...

    Et Benoît XVI, encore Cardinal, de s’exclamer pathétiquement lors de la célébration du chemin de Croix, le 22 mars 2005 :
 
Que de souillures dans l’Eglise, particulièrement ceux qui dans le sacerdoce devraient lui appartenir totalement ! Combien d’orgueil et d’autosuffisance ! Les vêtements et le visage si sales de ton Eglise nous effraient ... Satan s’en réjouit !

    Comment ne pas être bouleversés par de telles paroles ! Et, au lieu de juger et de condamner, comment ne pas, comme le demande saint Paul à Timothée, intercéder pour ceux qui nous gouvernent, pour ceux qui gouvernent l'Église comme pour ceux qui gouvernent le monde.

    Je lisais que chaque année l’Afrique perd 148 milliards de dollars à cause de la corruption. C’est ce qu’affirment les Nations Unies et la Banque Mondiale qui ont lancé une initiative commune pour récupérer les richesses soustraites de façon illicite aux habitants du continent, la “Stolen Assets Recovery Initiative” (Initiative de Recouvrement des Biens Volés - STAR).

    "Le vol des biens publics dans les pays en voie de développement est un problème grave et préoccupant" a affirmé, au cours de la présentation de l’initiative au Palais de verre à New York, le secrétaire général de l’ONU, Ban ki Moon, qui était accompagné du président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick. Ce dernier a souligné que l’argent volé des comptes publics était soustrait aux dépenses des programmes sociaux et donc surtout au détriment des couches les plus pauvres des populations.

    Selon les données de la Banque Mondiale, de 20 à 40 milliards de dollars sont empochés chaque année par les hommes politiques et les administrateurs corrompus des pays les plus pauvres ; un chiffre équivalent à 40% des fonds que ces pays reçoivent en aide des États les plus développés. Le président de la Banque mondiale a montré un exemple de l’utilisation possible des fonds récupérés par la corruption et la malversation :

 
Avec 100 millions de dollars on peut vacciner 4 millions d’enfants, fournir de l’eau potable à 250.000 habitations ou offrir un cycle complet de traitement pendant un an à 600.000 séropositifs et malades du SIDA.

    Non ! Il ne suffit pas de s'indigner des scandales financiers dans l'Église et dans le monde ! Ce serait trop facile pour se donner bonne conscience. Nous sommes aussi chefs d'un gouvernement. Nous aussi nous avons des sommes d'argent à gérer. Posons-nous alors la question : que faisons-nous de cet argent ? Comment le dépensons-nous ? Le Padre Pio disait :
 
Faites un usage chrétien de votre argent et économies, alors tant de misère pourra disparaître, tant de corps souffrants et d’êtres affligés pourront trouver de l’aide et du réconfort.

    Mais faisons-le, non pas simplement dans un esprit d'entre-aide humanitaire, mais dans l'Esprit de l'incroyable miséricorde du Père dont nous pouvons, comme disciples de Jésus, nous dire des fils.

    Pour terminer, je voudrais vous rapporter la teneur d'une conversation qui a eu lieu entre le Père Georges Finet et Marthe Robin. Le Père Finet demandait à Marthe : "Marthe, quel est le plus grand ennemi de l'Église ? Le communisme ... ? (C'était l'époque de Brejniev.)  ... La franc-maçonnerie ... ? (C'était l'époque de la légalisation de l'avortement en France.) Voici la réponse de Marthe : "Non, Père, le plus grand ennemi de l'Église, c'est l'Argent !"

    Comprenons : l'amour de l'argent, l'idolatrie de l'Argent (Mammon). C'est dans ce sens que saint Paul écrivait à Timothée :

 
La racine de tous les maux, c'est l'amour de l'argent. Pour s'y être livrés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont transpercé l'âme de tourments sans nombre. (1 Tm 6, 10)

     L'amour de l'argent : voilà l'ennemi que nous devons redouter le plus. Et quand je dis "nous", cela veut dire : TOUS ! Cela veut dire : CHACUN ! CHACUNE !
 
"le plus grand ennemi de l'Église, c'est l'Argent !"

"le plus grand ennemi de l'Église, c'est l'Argent !"

Lectures 25° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Les mauvais riches (Am 8, 4-7)

 

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Lecture du livre d'Amos

Écoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre pour anéantir les humbles du pays, car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix, et fausser les balances. Nous pourrons acheter le malheureux pour un peu d'argent, le pauvre pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu'aux déchets du froment ! »
Le Seigneur le jure par la Fierté d'Israël : Non, jamais je n'oublierai aucun de leurs méfaits. »
 
 

Psaume :  Ps 112, 1-2, 5-6, 7-8

 

R/ Béni sois-tu Seigneur, toi qui relèves le pauvre.

 

Louez, serviteurs du Seigneur, 
louez le nom du Seigneur !
Béni soit le nom du Seigneur, 
maintenant et pour les siècles des siècles !

Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ? 
Lui, il siège là-haut. 

Mais il abaisse son regard 
vers le ciel et vers la terre. 


De la poussière il relève le faible, 
il retire le pauvre de la cendre 

pour qu'il siège parmi les princes, 
parmi les princes de son peuple.
 
 
 

 

 

2ème lecture : La prière universelle (1Tm 2, 1-8)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

J'insiste avant tout pour qu'on fasse des prières de demande, d'intercession et d'action de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d'État et tous ceux qui ont des responsabilités, afin que nous puissions mener notre vie dans le calme et la sécurité, en hommes religieux et sérieux. Voilà une vraie prière, que Dieu, notre Sauveur, peut accepter, car il veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité. 
En effet, il n'y a qu'un seul Dieu, il n'y a qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous les hommes. Au temps fixé, il a rendu ce témoignage pour lequel j'ai reçu la charge de messager et d'Apôtre — je le dis en toute vérité — moi qui enseigne aux nations païennes la foi et la vérité. Je voudrais donc qu'en tout lieu les hommes prient en levant les mains vers le ciel, saintement, sans colère ni mauvaises intentions.
 
 

Evangile : L'argent trompeur (brève : 10-13) (Lc 16, 1-13)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Jésus Christ s'est fait pauvre, lui qui était riche, pour qu'en sa pauvreté vous trouviez la richesse. Alléluia. (2 Co 8, 9)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé parce qu'il gaspillait ses biens. Il le convoqua et lui dit : 'Qu'est-ce que j'entends dire de toi ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires.'
Le gérant pensa : 'Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Travailler la terre ? Je n'ai pas la force. Mendier ? J'aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu'une fois renvoyé de ma gérance, je trouve des gens pour m'accueillir.'
Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : 'Combien dois-tu à mon maître ? — Cent barils d'huile.' Le gérant lui dit : 'Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.'
Puis il demanda à un autre : 'Et toi, combien dois-tu ? — Cent sacs de blé.' Le gérant lui dit : 'Voici ton reçu, écris quatre-vingts.'
Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s'était montré habile, car les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l'Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est trompeur dans une petite affaire est trompeur aussi dans une grande. Si vous n'avez pas été dignes de confiance avec l'Argent trompeur, qui vous confiera le bien véritable ? Et si vous n'avez pas été dignes de confiance pour des biens étrangers, le vôtre, qui vous le donnera ? Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera le premier, et aimera le second ; ou bien il s'attachera au premier, et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. »
 
 

Le danger d’une foi superficielle - Homélie 24° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
“Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”

“Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”

 

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La parabole du Fils Prodigue est comme un kaléidoscope : elle présente des perspectives innombrables qui nous aident à comprendre ce que suivre le Christ veut dire.

 

Une de ces perspectives qui nous échappent la plupart du temps concerne le plus grand danger qui nous guette en tant que soi-disant "catholiques pratiquants" : celui qui consiste à vivre notre foi de manière purement superficielle, sans la laisser pénétrer dans les profondeurs de notre cœur.

 

Cette parabole nous enseigne qu’il est possible de vivre « dans la maison du Père » sans vraiment connaître le Père. Le fils cadet ne connaissait pas vraiment le Père. Il ignorait combien son père l’aimait et combien celui-ci voulait le combler de tous les biens. Cette ignorance le fait infliger à son père une grave insulte quand il lui demande sa part d’héritage alors que son père est encore en vie. C’était une manière de lui dire qu’il vaudrait mieux qu’il soit déjà mort.

 

Le fils aîné ne valait pas mieux. Selon les apparences, il faisait tout bien comme il faut, mais il n’avait aucune idée de l’amour de son père pour lui non plus, et il en voulait à son père de fêter le retour de son frère.

 

Bien qu’ils aient vécu leur vie entière sous le même toit, les deux frères n’avaient jamais ouvert leur cœur à leur père. Ils s’étaient enfermés dans le pauvre petit monde de leur égoïsme.

 

Nous pouvons facilement faire la même chose, tout en étant des catholiques "pratiquants" pendant toute notre vie, faisant notre devoir d’état comme il faut selon les apparences, mais sans ouvrir notre cœur à Dieu, et sans le connaître d’une manière intime et personnelle. Nous courons ainsi le risque d’être séparés du Père pour toujours, mangeant les gousses dont se nourrissent les porcs, et passant à complètement à côté de la célébration joyeuse de l’amour du Père.

 

L’un des saints dont nous célébrons la mémoire ces jours-ci, le 16 septembre, c'est saint Cyprien. Il était évêque en Afrique du Nord. Il est mort en 258. Il a été témoin de l’une des crises les plus graves dans l’Eglise sous l’Empire romain, une crise causée par la vie chrétienne superficielle contre laquelle le Seigneur nous met en garde aujourd’hui. Saint Cyprien a exercé son épiscopat lors d’une longue période de paix entre deux vagues de persécutions romaines. Pendant cette période de paix, beaucoup de chrétiens sont tombés dans la routine, et beaucoup de nouveaux convertis se contentaient d’un copinage avec le Christ. Au moment où une nouvelle vague de persécutions a déferlé sous l’Empereur Décius (249), des centaines, voire des milliers de ces chrétiens routiniers ont renié leur foi, parfois publiquement, sous la torture, l’exil et les exécutions, pour sauver leur peau. Parfois aussi ils ont acheté des faux documents certifiant qu’ils avaient renié leur foi. Dans les deux cas, ces chrétiens ont préféré éviter de souffrir pour le Christ, plutôt que de rester fidèles à l’amitié avec le Christ. Quand cette vague de persécutions a passé, l’Eglise était confrontée à un grave problème. Ces milliers de "lapsi" (ceux qui étaient "tombés" sous la persécution) voulaient revenir à l’Eglise. Mais beaucoup de ceux qui n’étaient pas tombés (et parmi eux de nombreux évêques) estimaient que le péché de ces "lapsi" était impardonnable. Il y a eu des divisions, des hérésies, et avant que saint Cyprien et le pape saint Corneille n’aient pu ramener la paix, des communautés entières de chrétiens s’étaient séparés de l’Eglise catholique. Certains historiens disent même que les divisions qui ont résulté de ces chrétiens infidèles ont favorisé l’extension de l’Islam en isolant beaucoup de communautés chrétiennes.

 

La miséricorde de Dieu est infinie, c’est vrai, mais cela ne veut pas dire que nous sommes dispensés de faire notre part pour devenir des chrétiens authentiques.

 

En méditant sur les deux frères de la parabole, il y a de quoi être effrayé. Tous les deux pensaient connaître leur père. Aucun des deux ne se rendait compte combien ils étaient aveuglés par leur égoïsme.

 

Comment pouvons-nous éviter de tomber dans cette même situation tragique, vivant dans la Maison du Père sans pour autant permettre à la grâce du Père de toucher nos cœurs ?

 

D’abord, nous devons humblement demander à Dieu de nous aider à reconnaître nos fautes, pour que nous puissions nous en corriger. Une manière très simple pour ce faire consiste à vivre notre célébration de l’Eucharistie dominicale plus consciemment, en faisant l’effort ensemble de vraiment vivre les paroles que nous prononçons au cours de la Messe, et en adhérant à celles qui sont prononcées par le prêtre. Les paroles de la liturgie sont pleines du mystère de Dieu. Elles sont pour nous le modèle d’une vraie relation avec le Père. Si nous faisons consciemment l’effort de les écouter et de les prononcer avec notre cœur, elles deviennent une source de lumière et de renouveau, un rempart contre la routine.

 

Une des manières pour favoriser cet effort, c’est d’arriver à la Messe quelques minutes en avance, le temps de laisser mourir les bruits de ce monde avant que commence la célébration des Saints Mystères.

Lectures 24° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Moïse obtient le pardon pour le peuple infidèle (Ex 32, 7-11.13-14)

 

 

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Lecture du livre de l'Exode

Moïse était encore sur la montagne du Sinaï. Le Seigneur lui dit : « Va, descends, ton peuple s'est perverti, lui que tu as fait monter du pays d'Égypte. Ils n'auront pas mis longtemps à quitter le chemin que je leur avais prescrit ! Ils se sont fabriqué un veau en métal fondu. Ils se sont prosternés devant lui, ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : 'Israël, voici tes dieux, qui t'ont fait monter du pays d'Égypte.' »
Le Seigneur dit encore à Moïse : « Je vois que ce peuple est un peuple à la tête dure.
Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s'enflammer contre eux et je vais les engloutir ! Mais, de toi, je ferai une grande nation. » 
Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Égypte par la vigueur de ton bras et la puissance de ta main ? Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Jacob, à qui tu as juré par toi-même : 'Je rendrai votre descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, je donnerai à vos descendants tout ce pays que j'avais promis, et il sera pour toujours leur héritage.' »
Le Seigneur renonça au mal qu'il avait voulu faire à son peuple.
 
 

 

Psaume :  Ps 50, 3-4, 12-13, 17.19

 

R/ Oui, je me lèverai, et j'irai vers mon Père.

 

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, 
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, 
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, 
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face, 
ne me reprends pas ton esprit saint.

Seigneur, ouvre mes lèvres, 
et ma bouche annoncera ta louange.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; 
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.
 
 

2ème lecture : Action de grâce du pécheur pardonné (1Tm 1, 12-17)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Je suis plein de reconnaissance pour celui qui me donne la force, Jésus Christ notre Seigneur, car il m'a fait confiance en me chargeant du ministère, moi qui autrefois ne savais que blasphémer, persécuter, insulter. Mais le Christ m'a pardonné : ce que je faisais, c'était par ignorance, car je n'avais pas la foi ; mais la grâce de notre Seigneur a été encore plus forte, avec la foi et l'amour dans le Christ Jésus.

Voici une parole sûre, et qui mérite d'être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et moi le premier, je suis pécheur, mais si le Christ Jésus m'a pardonné, c'est pour que je sois le premier en qui toute sa générosité se manifesterait ; je devais être le premier exemple de ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle.

Honneur et gloire au roi des siècles, au Dieu unique, invisible et immortel, pour les siècles des siècles. Amen.
 
 

 

Evangile : Paraboles de la brebis perdue, de la drachme perdue (et du fils perdu) : la joie du pardon (brève : 1-10) (Lc 15, 1-32)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Toi qui es bon et qui pardonnes, toi qui recherches la brebis égarée, rends-nous, Seigneur, la joie d'être sauvés.Alléluia. (cf. Ps 85, 5 ; Lc 15, 4 ; Ps 50, 14)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ?
Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !'
Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion.

Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? Quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue !'
De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.'
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...'
Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.' Et ils commencèrent la fête.

Le fils aîné était aux champs. À son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé.'
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !'
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

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