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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

#homelies annee a (2007-2008)

Benoît XVI, Homélie lors de la clôture du synode sur la Parole (30° TOA)

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 

Chers frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,

Chers frères et sœurs!

 

 

           La Parole du Seigneur, qui vient de retentir dans l'Evangile, nous a rappelé que toute la Loi divine se résume dans l'amour. L'Evangéliste Matthieu raconte que les Pharisiens, après que Jésus a répondu aux Sadducéens en les faisant taire, se réunirent pour le mettre à l'épreuve (cf. 22, 34-35). L'un d'eux, un docteur de la loi, lui demanda: «Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi?» (22, 36). La question laisse transparaître la préoccupation, qui est présente dans l'ancienne tradition judaïque, de trouver un principe qui puisse unifier les différentes formulations de la volonté de Dieu. Ce n'était pas une question facile, vu que dans la Loi de Moïse, 613 préceptes et interdictions sont énoncés. Parmi ceux-ci, comment y discerner le plus grand? Mais Jésus, lui, n'a quant à lui aucune hésitation et répond ainsi promptement: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit: voilà le plus grand et le premier commandement» (22, 37-38). Dans sa réponse, Jésus cite le Shemà, la prière que le juif pieux récite plusieurs fois par jour, surtout le matin et le soir (cf. Dt 6, 4-9; 11, 13-21; Nb 15, 37-41): la proclamation de l'amour intégral et total dû à Dieu, en tant qu'unique Seigneur. L'accent est mis sur la totalité de ce dévouement à Dieu, en énumérant les trois facultés qui définissent l'homme dans ses structures psychologiques profondes : le cœur, l'âme et l'esprit. Le terme esprit, diánoia, contient l'élément rationnel. Dieu est non seulement l'objet de l'amour, de l'engagement, de la volonté et du sentiment, mais également de l'intellect qui cependant ne doit donc pas être exclu de ce domaine. Plus encore, c'est notre propre pensée qui se configurer à la pensée de Dieu. Mais, toutefois, Jésus ajoute quelque chose qui, en vérité, n'avait pas été demandé par le docteur de la loi: «Le second lui est semblable: tu aimeras ton prochain comme toi-même» (22, 39). L'aspect surprenant de la réponse de Jésus tient en ce qu'il établit une relation de ressemblance entre le premier et le second commandement, qui est cette fois encore défini avec une formule biblique déduite du code lévitique de sainteté (cf. Lv 19, 18). Et voici donc que, dans la conclusion du récit, les deux commandements sont associés dans le rôle de principe fondamental sur lequel repose toute la Révélation biblique: «A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes» (22, 40).

 

 

            La page évangélique sur laquelle nous méditons met en lumière le fait qu'être des disciples du Christ signifie mettre en pratique ses enseignements qui se résument dans le premier et le plus grand commandement de la Loi divine, à savoir le commandement de l'amour. Même la première Lecture, extraite du livre de l'Exode, insiste sur le devoir de l'amour; un amour témoigné de façon concrète dans les relations entre les personnes: il doit s'agir de relations fondées sur le respect, la collaboration et l'aide généreuse. Le prochain à aimer est également l'étranger, l'orphelin, la veuve et l'indigent, autrement dit ces citoyens qui n'ont aucun «défenseur». L'auteur sacré rentre dans les détails, comme c'est le cas pour l'objet donné en gage par un de ces pauvres (cf. Ex 20, 25-26). Dans ce cas, c'est Dieu lui-même qui se porte garant de la situation de ce prochain.

 

 

            Dans la seconde Lecture, nous pouvons voir une application concrète du commandement souverain de l'amour au sein d'une des premières communautés chrétiennes. Saint Paul écrit aux Thessaloniciens en leur laissant comprendre que, même en les ayant connu depuis peu, il les apprécie et les porte avec affection dans son cœur. C'est pour cette raison qu'il les montre comme «un modèle pour tous les croyants de Macédoine et d'Achaïe» (1 Th 1, 6-7). Au sein de cette communauté récemment fondée ne manquent certes pas les faiblesses et les difficultés, mais c'est l'amour qui dépasse tout, qui rénove tout, qui vainc tout: l'amour de celui qui, conscient de ses propres limites, suit docilement les paroles du Christ, Maître divin, transmises par un de ses fidèles disciples. «Et vous, vous vous êtes mis à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la parole, parmi bien des tribulations» écrit saint Paul. «De chez vous, en effet, la parole du Seigneur a retenti, et pas seulement en Macédoine et en Achaïe, mais de tous côtés votre foi en Dieu s'est répandue, si bien que nous n'avons plus besoin d'en rien dire» continue encore l'Apôtre (1 Th 1, 6-8). L'enseignement que nous tirons de cette expérience des Thessaloniciens, une expérience qui unit en vérité toute authentique communauté chrétienne, c'est que l'amour envers le prochain naît de l'écoute docile de la Parole divine. C'est un amour qui accepte aussi de dures épreuves pour la vérité de la Parole divine, et c'est précisément ainsi que le véritable amour grandit et que la vérité resplendit dans tout son éclat. Combien il est alors important d'écouter la Parole et de l'incarner dans l'existence personnelle et communautaire!

 

 

            Dans cette célébration eucharistique, qui conclut les travaux synodaux, nous ressentons de façon singulière le lien qui existe entre l'écoute aimante de la Parole de Dieu et le service désintéressé envers ses frères. Combien de fois, au cours de ces derniers jours, nous avons écouté des expériences et des réflexions qui mettent en évidence le besoin qui apparaît aujourd'hui d'une écoute plus intime de Dieu, d'une connaissance plus vraie de sa parole de salut, d'un partage plus sincère de la foi qui se nourrit en permanence à la table de la parole divine! Chers et vénérés frères, merci de la contribution que chacun de vous a offert à l'approfondissement du thème du Synode: «La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Eglise». Je vous salue tous avec affection. J'adresse mes salutations spéciales à Messieurs les cardinaux présidents délégués du synode, au secrétaire général, que je remercie pour leur dévouement constant. A vous aussi, chers frères et sœurs qui êtes venus de tous les continents en apportant votre expérience si enrichissante, j'adresse mes salutations. En rentrant chez vous, transmettez à tous les salutations affectueuses de l'Evêque de Rome. J'adresse également mes salutations aux délégués fraternels, aux experts, aux auditeurs et aux invités spéciaux: les membres du secrétariat général du synode et tous ceux qui se sont occupés des relations avec la presse. Une pensée particulière va aux évêques de Chine continentale qui n'ont pas pu être représentés au sein de cette assemblée synodale. Je désire me faire l'interprète, et en rendre grâce à Dieu, de leur amour pour le Christ, de leur communion avec l'Eglise universelle et de leur fidélité au Successeur de l'Apôtre Pierre. Ils sont présents dans notre prière, tout comme les fidèles qui sont confiés à leurs soins pastoraux. Demandons au «Pasteur suprême» (1 P 5, 4) de leur donner la joie, la force et le zèle apostolique afin de guider avec sagesse et clairvoyance la communauté catholique en Chine, qui nous est si chère à tous.

 

 

            Nous tous, qui avons pris part aux travaux synodaux, portons en nous la conscience renouvelée qu'un des devoirs prioritaires de l'Eglise, au début de ce nouveau millénaire, est avant tout de se nourrir de la Parole de Dieu, pour rendre efficace l'engagement de la nouvelle évangélisation. Il faut à présent que cette expérience ecclésiale soit apportée dans toutes les communautés; il est nécessaire que l'on comprenne la nécessité de traduire en gestes d'amour la parole écoutée, car ce n'est qu'ainsi que l'annonce de l'Evangile devient crédible, malgré les fragilités humaines qui marquent les personnes. Cela demande en premier lieu une connaissance plus intime du Christ et une écoute toujours docile de sa parole.

 

 

            En cette année paulinienne, en faisant nôtres les paroles de l'Apôtre: «Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile!» (1 Co 9, 16), je souhaite de tout cœur que, dans toutes les communautés, on ressente avec une conviction plus ferme ce souffle de Paul comme vocation au service de l'Evangile pour le monde. Je rappelais au début des travaux synodaux l'appel de Jésus: «La moisson est abondante» (Mt 9, 37), appel auquel nous ne devons jamais nous lasser de répondre malgré les difficultés que nous pouvons rencontrer. Il y tant de personnes qui sont à la recherche, parfois même sans s'en rendre compte, de la rencontre avec le Christ et avec son Evangile; tant de personnes qui ont besoin de retrouver en Lui le sens de leur vie. Donner un témoignage clair et partagé d'une vie qui suit la Parole de Dieu, dont Jésus témoigne, devient donc un critère indispensable de vérification de la mission de l'Eglise.

 

 

            Les lectures que la liturgie offre aujourd'hui à notre méditation nous rappellent que la plénitude de la Loi, comme de toutes les Ecritures divines, c'est l'amour. Qui donc croit avoir compris les Ecritures, ou au moins une partie d'entre elles, sans s'engager à construire, grâce à cette compréhension,  le double amour de Dieu et du prochain, démontre en réalité d'être encore éloigné de son sens profond. Mais comment mettre en pratique ce commandement, comment vivre l'amour de Dieu et de nos frères sans un contact vivant et intense avec les Saintes Ecritures? Le Concile Vatican II affirme qu'«il faut que l'accès à la Sainte Ecriture soit largement ouvert aux chrétiens» (Constitution Dei Verbum, n.22), pour que les fidèles, en rencontrant la vérité, puissent grandir dans l'amour authentique. Il s'agit d'une condition aujourd'hui indispensable à l'évangélisation. Et comme la rencontre avec l'Ecriture, assez fréquemment, risque de ne pas être «un fait» d'Eglise, mais d'être exposée au subjectivisme et à l'arbitraire, une promotion pastorale robuste et crédible dans la connaissance des Saintes Ecritures devient indispensable pour annoncer, célébrer et vivre la Parole dans la communauté chrétienne, en dialoguant avec les cultures de notre époque, en se mettant au service de la vérité et non des idéologies courantes et en accroissant le dialogue que Dieu veut avoir avec tous les hommes (cf. ibid., n.21). A cette fin, il faut soigner d'une manière particulière la préparation des pasteurs, qui sont par la suite préposés à la diffusion indispensable de la pratique biblique à l'aide de moyens adaptés. Il faut encourager les efforts en cours pour susciter le mouvement biblique parmi les laïcs, la formation des animateurs de groupes, avec une attention particulière aux jeunes. Il faut également soutenir l'effort de faire connaître la foi au moyen de la Parole de Dieu à ceux qui sont «loin» et particulièrement à ceux qui sont à la recherche sincère du sens de la vie.

 

 

            Je voudrais ajouter bien d'autres réflexions, mais je me limite enfin à souligner que le lieu privilégié où retentit la Parole de Dieu, qui édifie l'Eglise, comme cela a été dit tant de fois au cours du synode, est sans aucun doute la liturgie. Il apparaît en elle que la Bible est le livre d'un peuple et pour un peuple; un héritage, un testament remis aux lecteurs, pour qu'ils mettent en acte dans leur vie l'histoire du salut témoignée par l'écrit. Il y a donc un rapport d'appartenance réciproque vitale entre le peuple et le Livre: la Bible reste un livre vivant avec le peuple, son sujet, qui le lit; le peuple ne subsiste pas sans le Livre, parce qu'en lui il trouve sa raison d'être, sa vocation, son identité. Cette appartenance mutuelle entre le peuple et l'Ecriture Sainte est célébrée dans chaque assemblée liturgique, laquelle, grâce à l'Esprit Saint, écoute le Christ, car c'est Lui qui parle quand dans l'Eglise on lit l'Ecriture et on accueille l'alliance que Dieu renouvelle avec son peuple. Ecriture et liturgie convergent, donc, dans l'unique but d'amener le peuple à dialoguer avec le Seigneur. La Parole sortie de la bouche de Dieu et dont témoignent les Ecritures Lui revient sous la forme d'une réponse orante, d'une réponse vécue, d'une réponse débordante d'amour (cf. Is 55, 10-11).

 

 

            Chers frères et sœurs, prions pour que, de l'écoute renouvelée de la Parole de Dieu, sous l'action de l'Esprit Saint, puisse jaillir un renouveau authentique dans l'Eglise universelle, et dans toutes les communautés chrétiennes. Confions les fruits de cette assemblée synodale à l'intercession maternelle de la Vierge Marie. Je Lui confie également la iie assemblée spéciale du synode pour l'Afrique, qui se déroulera à Rome au mois d'octobre de l'année prochaine. J'ai l'intention de me rendre en mars prochain au Cameroun pour remettre aux représentants des conférences épiscopales d'Afrique, l'Instrumentum laboris de cette Assemblée synodale. De là, s'il plaît à Dieu, je poursuivrai mon voyage, en Angola, pour y célébrer solennellement le 500e anniversaire de l'évangélisation de ce pays. Que la Très Sainte Vierge Marie, qui a offert sa vie comme «servante du Seigneur» pour que tout advienne selon la parole divine (cf. Lc 1, 38) et qui a appelé à faire tout ce que Jésus dirait (cf. Jn 2, 5), nous enseigne à reconnaître dans notre vie le primat de la Parole qui seule peut nous apporter le salut. Ainsi soit-il!

 

 

© Copyright : Librairie Editrice du Vatican

26 octobre 2008

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »

Petit Traité de la Vraie Dévotion - Homélie 22° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
Saint Paul vécut au 1er siècle, à une époque où les principales religions étaient toutes païennes. Ces religons païennes étaient basées sur la croyance en l'efficacité magique de rituels purement extérieurs, comme, par exemple, des sacrifices d'animaux. On brûlait aussi des semences, on répandait du vin, ou encore on exécutait des danses, des prières, des musiques rituelles. Mais toujours, l'efficacité du culte, le supposé pouvoir d'attirer sur l'auteur de ces actions les faveurs du faux dieu, dépendait de l'exécution exacte du rituel, un peu comme les exercices imposés lors du concours de gymnastique ou de pâtinage sur glace aux Jeux Olympiques. Si le rituel n'était pas exécuté avec exactitude, l'auteur recevait une mauvaise note. La divinité était alors censée rester indifférente, voire se mettre en colère.

Cette insistance exclusive sur l'exactitude des rites avait aussi contaminé les pratiques juives de l'époque. C'est pourquoi, dans ses écrits, saint Paul met constamment en garde les premiers chrétiens contre les dangers du ritualisme. Il les invite à cultiver une relation, non pas purement formelle, mais personnelle avec Dieu. Voilà pourquoi,
comme nous venons de l'entendre, il exhorte les chrétiens de Rome à
 
"offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : c'est là pour vous l'adoration véritable".

En d'autres mots, la relation chrétienne avec Dieu ne se borne pas à quelques actions et prières rituelles. Tout ce que nous faisons doit être une adoration. Nos actions, nos paroles, nos décisions, notre manière de vivre de tous les jours et de chaque instant - toutes ces choses sont pour nous des occasions pour montrer à Jésus que nous l'aimons et que nous voulons le suivre.

C'est donc une conception radicalement révolutionnaire de la religion, une religion basée sur un lien d'amitié personnelle avec le seul vrai Dieu qui s'est fait homme en Jésus Christ. Cela requiert, comme l'écrit saint Paul une transformation profonde :

 
"transformez-vous en renouvelant votre façon de penser".

Cette nouvelle conception de la religion nous permet de comprendre et d'expliquer une tradition catholique que les protestants ont de la peine à admettre : notre dévotion pour les saints, et notamment pour la Vierge Marie. Beaucoup de protestants estiment que les statues et les images des saints dans nos églises et nos maisons sont la preuve que l'Église catholique pratique l'idolâtrie à la manière des païens. Cette conception n'a rien à voir avec la vraie dévotion catholique pour les saints. Nous utilisons les images des saints pour la même raison que nous utilisons des photos de ceux que nous aimons, pour nous souvenir de ces membres éminents de l'Église qui nous ont précédés. L'exemple de leur foi, de leur courage, de leur charité que ces images nous rappellent nous invitent à tendre nous aussi à la sainteté. Rien à voir avec l'adoration de statues.

Nous n'adorons pas non plus les saints réprésentés par ces statues. Nous savons qu'ils sont des créatures de Dieu, limitées tout comme nous, mais ils ont permis à la grâce de Dieu de faire irruption en eux et de les sanctifier. Ils ont reconnu que l'amitié que Dieu leur offrait dans le Christ pouvait faire d'eux non seuleùent de meilleurs chrétiens "pratiquants", mais aussi de meilleurs maris et femmes, artisans et ouvriers, pdg et employés, artistes et savants. Ils ont suivi le conseil de saint Paul, en essayant de transformer chacune de leurs activités, que ce soit de plier le linge ou d'écrire des livres de théologie, en en

 
"sacrifice saint, capable de plaire à Dieu".

Dans son "Traité de la Vraie Dévotion", saint Louis-Marie Grignion de Montfort écrit à propos de la fausse dévotion :

"Les dévots extérieurs sont des personnes qui font consister toute la dévotion à la très sainte Vierge en des pratiques extérieures, qui ne goûtent que l'extérieur de la dévotion, parce qu'ils n'ont point d'esprit intérieur. Ils diront force chapelets à la hâte, entendront plusieurs messes sans attention, iront aux processions sans dévotion, se mettront de toutes les confréries sans amendement de leur vie, sans violence à leurs passions et sans imitation des vertus de cette Vierge très sainte. Ils n'aiment que le sensible de la dévotion, sans en goûter le solide. S'ils n'ont pas de consolations sensibles dans leurs pratiques, ils croient qu'ils ne font plus rien, ils se détraquent, ils quittent tout, ou ils font tout à bâton rompu ! Le monde est plein de ces sortes de dévots extérieurs, et il n'y a pas de gens plus critiques des personnes d'oraison, qui s'appliquent à l'intérieur comme à l'essentiel, sans mépriser l'extérieur de modestie qui accompagne toujours la vraie dévotion."

Selon lui :

"la vraie dévotion à la sainte Vierge est intérieure, c'est-à-dire qu'elle part de l'esprit et du cœur, elle vient de l'estime qu'on fait de la sainte Vierge, de la haute idée qu'on s'est formée de ses grandeurs, et de l'amour qu'on lui porte."

Ce n'est pas non plus une dévotion purement sentimentale, affective, mais surtout effective, basée sur l'imitation de ses vertus :

"Elle porte une âme à éviter le péché et imiter les vertus de la sainte Vierge, particulièrement son humilité profonde, sa foi vive, son obéissance aveugle, son oraison continuelle, sa mortification universelle, sa pureté divine, sa charité ardente, sa patience héroïque, sa douceur angélique et sa sagesse divine."

La marque de la vraie dévotion consiste aussi, selon lui, à recourir à son intercession et sa protection en toute simplicité, avec confiance :

"(La vraie dévotion) est tendre, c'est-à-dire pleine de confiance en la sainte Vierge, comme d'un enfant en sa bonne mère. Elle fait qu'une âme recourt à elle dans tous ses besoins de corps et d'esprit, avec beaucoup de simplicité, de confiance et de tendresse. Elle implore l'aide de sa bonne Mère en tout temps, en tout lieu et en toute chose : dans ses doutes, pour en être éclaircie (éclairée), dans ses égarements pour être redressée, dans ses tentations pour être soutenue, dans ses faiblesses pour être fortifiée, dans ses chutes pour être relevée, dans ses découragements pour être encouragée, dans ses scrupules pour en être ôtée, dans ses croix, travaux et traverses de la vie pour être consolée. Marie est son recours ordinaire, sans crainte d'importuner cette bonne Mère et de déplaire à Jésus."

C'est la raison pour laquelle Notre-Dame de la Délivrande, que nous fêtons chaque année le 30 août, a été proclamée sainte patronne de la Martinique. C'est aussi la raison pour laquelle nous avons des saints patrons (à condition de choisir des prénoms chrétiens pour nos enfants !) et qu'il y a des patrons pour toutes les sortes d'activités humaines : sainte Barbara pour les mathématiciens, sainte Brigitte pour les sage-femmes, etc ... Ce n'est pas de la superstition ! Nous reconnaissons simplement que quand Dieu entre dans une vie, il a le pouvoir de remplir le moindre recoin d'une "valeur ajoutée", qui est éternelle.

Mais souvenez-vous toujours : notre relation avec Dieu n'est pas basée sur des rituels purement extérieurs mais sur une identité intérieure : par le baptême nous sommes devenus des membres de la famille même de Dieu.

Il y a deux domaines dans notre vie où cette vérité est particulièrement difficile à mettre en pratique, des domaines dans lesquels nous sommes facilement tentés de régresser dans un paganisme pratique où nous disons croire une chose en faisant exactement le contraire.

Le premier domaine est celui de la vie professionnelle. Vous avez tous, je pense, au moins entendu parler du célèbre homme d'affaires milliardaire américain de la première moitié du 20me siècle, John D. Rockefeller. Chaque dimanche matin il tenait les orgues à l'église, puis, à partir de lundi matin, devenait un loup qui terrorisait les petits commerçants. Ca, c'est de l'hypocrisie. Si Jésus Christ est vraiment notre Seigneur, nous devons avoir une attitude digne de lui le dimanche matin (ou le samedi soir), en venant à la messe, et le lundi matin, et tout au long de la semaine, en tout ce que nous faisons.

Nous entendons parfoi des hommes et des femmes politiques affirmer qu'ils sont personnellement opposés à l'avortement, mais politquement en faveur. Cela aussi est hypocrite. Ce qui est moralement bon ou mauvais ne change pas avec la politique. Ces politiciens ne disent jamais qu'ils sont personnellement opposés aux voleurs, mais que, politiquement, ils estiment que les gens devraient être libres de voler ou pas. Nous, chrétiens, nous avons la chance d'être éclairés davantage que les autres sur ce qui est bien ou mal. Garder cette lumière pous nous revient à priver un malade d'un remède qui pourrait le guérir.

Le deuxième domaine dans lequel nous sommes souvent tentés de nous relâcher est celui de nos relations familiales. Un homme peut être très organisé, poli, ponctuel et dévoué dans son travail, mais paresseux, égoïste et violent à la maison. Une femme peut être charmante, patiente, tolérante et délicieuse en société, mais agressive et insupportable avec son mari. Ce n'est pas digne d'un chrétien, d'une chrétienne. La manière chrétienne, c'est de faire un sérieux effort pour rayonner le Christ toujours et partout, de faire de toute notre vie un "sacrifice saint, capable de plaire à Dieu". Jésus a besoin pour cela de notre bonne volonté. Si nous la lui donnons, sa grâce fera le reste, par l'intercession de la Vierge Marie, des anges et de tous les saints.
Notre-Dame de la Délivrande au Morne-Rouge (Martinique)
Notre-Dame de la Délivrande au Morne-Rouge (Martinique)

Notre-Dame de la Délivrande au Morne-Rouge (Martinique)

La foi : don gratuit - Homélie 19° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 

    Alors que l'Église fait mémoire d'Édith Stein (9 août), devenue sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, nous arrivons aujourd'hui au début du chapitre 9 des Romains. Les chapitres 9, 10 et 11 de la lettre de saint Paul aux Romains sont un casse-tête, une croix pour les exégètes. Dans ces chapitres, saint Paul traite d'un problème douloureux pour lui, personnellement, sur le plan affectif, et pour les théologiens aussi, sur le plan intellectuel. Il s'agit du mystère de la non acceptation de Jésus comme Messie par le peuple juif dans son ensemble.

    Dieu avait préparé les juifs  à la venue du Messie, avec beaucoup de patience, pendant près de 2000 ans. Pourtant, quand Jésus est venu, il a suscité la controverse et le rejet, plus que l'accueil chaleureux. Paul énumère tous les privilèges dont le Peuple Élu avait bénéficié en exclusivité tout au long de l'Ancien Testament. Il rappelle le rôle unique que Dieu avait imparti au Peuple d'Israel dans l'Histoire du salut, en le préparant progressivement à donner au monde son Sauveur. Mais ensuite il consacre le reste de ces chapitres à affronter la réalité mystérieuse de cette nation, qui, dans son ensemble, n'a pas reconnu ni accepté le Messie lors de sa venue.

    De nombreux Juifs l'ont accueilli, parmi lesquels saint Paul lui-même, la Vierge Marie aussi, et les autres Apôtres, mais pas la communauté des Israélites en tant que communauté. Pourquoi pas ? Dieu a-t-il été infidèle à ses promesses, a-t-il abandonné le Peuple Élu, n'aurait-il pas pu changer leurs coeurs ? Durant les dimanches à venir nous allons suivre les réflexions et les conclusions de l'auteur, mais déjà aujourd'hui nous pouvons voir une implication de cette mystérieuse réalité : la foi, la foi qui nous met dans une vraie relation avec Dieu, mais qui n'est pas quelque chose d'automatique, et qui relève de la responsabilité personnelle de chacun. Sinon, vu de l'extérieur, nous pourrions paraître proches de Dieu, mais en réalité très éloignés de lui.

    Ceci est une des raisons pour lesquelles plusieurs confessions chrétiennes non catholiques rejettent la pratique du baptême des petits enfants. Pour ces chrétiens, la foi est un engagement personnel à suivre Jésus Christ, et le baptême symbolise cet engagement. C'est pourquoi, pour eux, cela n'a pas de sens de baptiser un bébé, parce que celui-ci est incapable d'un engagement personnel. Ils oublient que la foi (et le baptême) est beaucoup plus qu'un "engagement personnel", bien que la foi (et le baptême) soit aussi cela ! La foi est d'abord, et surtout, un don de Dieu, un effet de la grâce de Dieu. C'est ce qui fait que la foi n'est pas une "auto-médication", une manière de se sauver soi-même.

    Jésus nous a sauvés alors que nous étions encore pécheurs, et c'est son amour sauveur qui change nos coeurs, et non pas l'inverse. Voilà pourquoi l'Église catholique baptise les enfants en bas âge : à cause de la générosité inconditionnelle avec laquelle Dieu nous offre le salut, non pas comme une récompense pour quelque chose que nous aurions accompli, mais uniquement grâce à son amour pour nous.

    Comme chaque sacrement, le baptême, c'est Dieu qui agit principalement, c'est lui qui s'engage, et non pas l'homme. C'est la même confusion qui règne à propos de la confirmation. Quand je demande ce qu'est la confirmation, la plupart du temps, la réponse est : c'est quand on confirme son baptême. "On", ici, c'est l'homme. Même chose pour le mariage : si les mariés oublient que c'est Dieu d'abord qui s'engage dans leur mariage, et non pas eux, il n'est plus question de la grâce. Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner que l'engagement des époux ne tienne pas la route.

    Les Évangiles nous rapportent que plusieurs parents demandaient à Jésus de venir guérir leurs enfants malades ou mourants, alors que ces enfants eux-mêmes n'avaient rien demandé. Eh bien, de la même manière les parents catholiques, en demandant le baptême pour leur nouveau-né, demandent à Dieu de venir donner à leur enfant ce don de la grâce, alors qu'ils sont trop petits pour le demander eux-mêmes. Les chrétiens non catholiques qui critiquent le baptême des petits enfants sont dans l'erreur. Ils oublient que l'amitié avec Jésus commence avec un don gratuit : la grâce de Dieu.

    Par contre, ils ont raison de critiquer les Catholiques qui ne s'attachent qu'à un rituel purement extérieur sans entretenir une relation personnelle avec Jésus, sans prendre leur place dans la communauté de l'Église. Des parents qui demandent le baptême pour leurs enfants, mais qui ne leur donnent pas l'exemple d'une vie chrétienne authentique, qui ne leur apprennent pas à prier, qui ne participent pas à la vie de leur paroisse et de la cité, etc ... ne font leur devoir qu'à moitié. Et nos frères chrétiens séparés ont raison alors de les rappeler à leur devoir. Si nous ne faisons rien pour développer personnellement la foi reçue au baptême, nous passerons inévitablement à côté de ce que Dieu a préparé pour nous dans son amour infini.

    Maintenant, il est possible que Dieu appelle certains d'entre nous à une intimité particulière avec lui, à une vocation particulière dans l'Église. Comme il l'a fait avec Élie dans la première lecture, et avec saint Paul lui-même, Dieu appelle certains à devenir des soldats spirituels dont la prière, le témoignage et le ministère protège et renouvelle constamment l'alliance conclue par Dieu avec son Peuple Élu, l'Église. Ce sont les prêtres, les missionnaires, les moines et moniales, religieux et religieuses, les laïcs consacrés ... qui sont autant de rappels pour les autres baptisés et pour le monde entier de l'amour que Dieu a pour chacun en particulier et de son action inlassable dans l'histoire des hommes.

    Si vous entendez cet appel - et cela peut être très jeune, dès l'âge de trois au quatre ans pour certains - n'attendez pas, ne doutez pas ! Allez trouver un prêtre, allez rencontrer le ou la responsable de telle communauté religieuse, de tel séminaire. Dieu atttend votre réponse ! Si elle est généreuse, Dieu ne se laissera pas vaincre en générosité. Et si vous en connaissez qui pensent être appelés par Dieu, priez pour eux, encouragez-les, soutenez-les. Et vous les parents, s'il s'agit de l'un (ou de plusieurs) de vos enfants, ne le(s) découragez jamais ! Cela peut être un sacrifice pour vous, surtout si Dieu les appelle dès leur plus jeune âge, mais, souvenez-vous, ces enfants ne vous appartiennent pas. Ils vous ont été confiés par Dieu et ils sont d'abord ses enfants à lui. Dieu vous les prête seulement; et s'il appelle votre fils ou votre fille à le suivre de plus près, lui-même prendra leur place dans votre famille, il vous bénira, car il est fidèle. Quant à vous tous, même si vous n'êtes pas appelés à consacrer votre vie à la prière et à l'apostolat, et si Dieu n'appelle aucun de vos enfants à lui donner leur vie d'une manière aussi radicale, vous devez néanmoins tous prier et servir, prendre une place active dans la vie de l'Église et de la société.

    Durant cette Eucharistie, comme lors de chaque messe, écoutons attentivement cette "voix d'un fin silence" (c'est la traduction du texte hébreu, rendu par la Septante par le "murmure d'une brise légère"), tout comme Élie, saint Paul, la Vierge Marie, dont nous allons célébrer l'Assomption dans quelques jours, pour que Dieu puisse parler à notre coeur sur la montagne où il nous a tous appelés. Et si notre foi est sur le point de sombrer, dans les tempêtes de ce monde, crions vers Jésus : 
« Seigneur, sauve-moi ! » 
 
« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

Grands vainqueurs ! - Homélie 18° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 

“Malheureusement beaucoup de catholiques ne connaissent rien d’autre de saint Paul que les extraits tirés de ses Lettres qui sont proclamés le dimanche en deuxième lecture à la messe. Ces textes, sortis de leur contexte, ne laissent pas beaucoup de trace dans la mémoire de ceux qui les écoutent, et encore moins dans leur façon de vivre. Cette année jubilaire (de saint Paul) devra donc être, avant tout et pour nous tous, l'occasion de relire ou de lire les Actes des Apôtres et les Lettres de saint Paul”.

    C’est ce que recommandait Son Exc. Mgr Hubert Coppenrath, Archevêque de Papeete (Tahiti), dans les colonnes du périodique catholique polynésien Le Semeur Tahitien” en parlant de l’Année paulinienne (
28 juin 2008 - 29 juin 2009).

    Les quelques versets de la Lettre de saint Paul aux Romains de la
deuxième lecture de ce dimanche sont parmi les plus mémorables qu'il ait jamais écrits. Il estime qu'aucune puissance de l'univers n'est capable de nous séparer de l'amour du Christ. En d'autres mots, Dieu, qui connaît chacun de nos péchés et chacune de nos inclinations au péché (que nous-mêmes, nous ignorons la plupart du temps) ne cesse jamais de nous aimer !

    Mais ce n'est pas tout. Suit une liste impressionnante de souffrances et de calamités, comme, par exemple la guerre, la faim, l'injustice, la mort, la misère, la peur et la dépression. Et il proclame que l'amour de Dieu est plus fort que toutes ces horreurs, hélas quotidiennes et banalisées dans notre monde de péché.

    Remarquez que saint Paul ne blâme pas Dieu pour ces tragédies, pour ces souffrances. Il ne lève pas la main contre Dieu en disant : "Seigneur, pourquoi permets-tu tout cela ?", ou bien :  "Si tu existais, tout cela n'arriverait pas !", ou bien encore : "Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu ?". Dans sa sagesse, saint Paul comprend que même les plus innocents, les plus saints parmi le peuple, sont non seulement affectés mais infectés par le péché.

    Mais ce qui importe avant tout, plus que la souffrance, c'est que Dieu nous aime avec fidélité. Le démon veut se servir de la souffrance et du mal pour nous éloigner de Dieu et pour nous entraîner dans l'amertume, le désespoir, l'égocentrisme et la dureté de coeur. Un chrétien saura se déjouer de ces pièges. Il sait que les souffrances en ce monde sont temporaires, que la gloire attend ceux qui persévèrent jusqu'au bout avec le Christ par-delà le Vendredi Saint jusqu'au Dimanche de Pâques. C'est ainsi qu'un chrétien, confronté à la souffrance, ne répond pas au mal par la vengeance mais par l'amour, à la souffrance non par le désespoir, mais par la persévérance, par l'espérance, dans les pas du Seigneur, qui lui donne part à sa victoire sur le mal :

"Oui, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés."

    Il y a eu, dans l'histoire de la basilique de Saint-Paul-hors-les-murs à Rome, un évènement hautement symbolique qui illustre bien cette vérité.  Il y a bientôt deux cents ans, cette magnifique basilique a été entièrement détruite par un incendie. C'est de cette basilique que notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a vait ouvert l'année paulinienne. Après l'incendie de 1823, elle a été entièrement reconstruite au-dessus du tombeau de saint Paul. Le feu avait commencé dans la toiture, faite de grosses poutres de bois. Un ouvrier qui était en train de réparer les poutres à l'intérieur de la basilique a renversé sa lanterne à huile. Rapidement le feu s'est répandu et a transformé l'édifice en un four géant. La température était si élevée que les grosses colonnes de marbre qui soutenaient la toiture ont éclaté et se sont écrasées. En l'espace de quelques heures l'antique basilique était réduite en un tas de ruines fumantes. Elle avait résisté à des tremblements de terre, aux invasions des barbares et aux inondations pendant quatorze siècles. La voilà maintenant anéantie, sauf ...

    Comme dans beaucoup de basiliques antiques, dans la basilique Saint-Paul il y avait un grand arc de triomphe au-dessus de l'autel, et sur cette arche une mosaïque du Christ en gloire, entouré d'anges, de saints, de martyrs. Quand la fumée s'est enfin dissipée et que l'on commençait à voir un peu clair dans ce tas de ruines l'on s'est aperçu avec étonnement que l'arc était resté debout, solide et inébranlable, au beau milieu des ruines, comme pour rappeler au monde entier que, quelles que soient les tragédies qui s'abattent sur cette terre, l'amour du Christ n'abandonne jamais les hommes, que cet amour, tel un puissante colonne, soutiendra l'Église de l'Eucharistie jusqu'à l'heure de la victoire finale sur la souffrance, la mort et toute forme de mal.

    Cela ne veut pas dire que nous sommes censés aimer les souffrances et les catastrophes qui s'abattent sur le monde, et dont nous avons tous notre part. Cela signifie simplement que dans le Christ, par l'assurance que nous avons de son amour tout-puissant, nous sommes à même de souffrir avec dignité et noblesse, sachant que cette souffrance a un sens. Chaque chrétien prie comme en écho la prière de Jésus à Gethsémani :


"Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux." (Mt 26, 39)

    Quand tout va bien, c'est facile de croire que rien ne peut nous séparer de l'amour de Dieu. Mais quand les malheurs s'abattent sur nous, notre foi est mise à rude épreuve. Il importe donc de nous y préparer, comme les sportifs se préparent pour la Coupe du Monde, le tour de France (et de la Martinique), des yoles rondes, ou pour les Jeux Olympiques.

    Saint Paul y fait explicitement allusion :

"Vous savez bien que, dans les courses du stade, tous les coureurs prennent le départ, mais un seul gagne le prix. Alors, vous, courez de manière à l'emporter. Tous les athlètes à l'entraînement s'imposent une discipline sévère ; ils le font pour gagner une couronne de laurier qui va se faner, et nous, pour une couronne qui ne se fane pas. Moi, si je cours, ce n'est pas sans fixer le but ; si je fais de la lutte, ce n'est pas en frappant dans le vide. Mais je traite durement mon corps, et je le réduis en esclavage, pour ne pas être moi-même disqualifié après avoir annoncé aux autres la Bonne Nouvelle." (1 Co 9, 24-27)

    Les chasseurs de talents, que ce soit dans le domaine du sport ou de l'art, l'ont compris : il importe de commencer jeune, même très jeune, mais progressivement. Alors, ce que je vais dire, cela regarde aussi les enfants, sans excès, bien sûr, pour eux comme pour nous !

    Le premier entraînement consiste à faire chaque jour des petits sacrifices en les unissant au grand sacrifice du Christ sur la Croix. Ceci nous apprendra à voir les choses comme Jésus les voit et à trouver la présence du Seigneur même dans les ténèbres de la souffrance. L'idée est très simple : trouver quelque chose à offrir à Jésus comme un petit cadeau, tout comme lui a choisi la Croix par amour pour nous. Par exemple, éteindre la radio ou la télévision pendant quelques minutes, ou boire de l'eau plate au lieu d'une boisson gazeuse ou d'un verre de vin au déjeuner.

    Le deuxième exercice consiste à fortifier notre coeur en allant vers ceux qui, comme nous, connaissent la souffrance, pour les aider à porter leur croix. Nous avons facilement tendance à nous isoler des autres quand ils souffrent (et quand nous souffrons nous-mêmes). Mais ce n'est pas notre vocation. Notre vocation est d'être comme le Christ, qui a franchi la distance entre le ciel et la terre pour nous réconforter, nous fortifier et nous sauver. Si nous avons des membres de notre famille ou des personnes de notre entourage qui sont âgés ou malades, nous devons les entourer avec amour, prendre soin d'eux et les encourager. Quand des amis, des collègues, des copains d'école encaissent des coups durs, nous devrions être les premiers pour être à leurs côtés, pour qu'ils sachent que Dieu ne les a pas abandonnés et ne les abandonnera jamais.

    Troisième exercice, et non le moindre : rester joyeux dans nos épreuves. Quand un sportif ou une équipe de sportifs gagne un championnat ou une épreuve, ils éxpérimentent la joie de la victoire. Mais dans ce monde déchu, ces victoires sont éphémères et après de grands triomphes on peut connaître des échecs retentissants. Et même au lendemain d'un succès, on aspire à remporter d'autres victoires. Telle yole pourra bien remporter quatre ou cinq victoires d'étape, si elle n'a pas la victoire finale, l'équipage sera frustré et aura des regrets. Un champion de la Martinique voudra devenir champion de France, et un champion de France voudra être champion d'Europe, voire du monde. Un champion du monde ne sera pas heureux s'il ne peut pas devenir champion olympique. Et celui qui est tout cela, il ne le sera pas toujours. Le jour viendra ou un 'jeune loup" le détrônera. Cela ne vaut pas que pour les sportifs. Même la joie terrestre la plus grande, celle d'aimer et d'être aimé, est éphémère, parfois à cause d'une infidélité, toujours par la mort. Voilà pourquoi les joies terrestres, même les plus nobles et les plus intenses, sont des sentiments qui passent.

    La joie chrétienne, elle, est plus qu'un sentiment. C'est une vertu (du latin 'virtus' = force). Elle est fondée sur cette assurance que rien, absolument rien, ne peut nous séparer de l'amour du Christ. Lui ne sera jamais infidèle. Il ne mourra jamais. Il est toujours avec nous pour nous aimer. Voilà pourquoi la joie d'être aimé par lui ne passera jamais. Voilà pourquoi les saints sont dans la joie, même au milieu des épreuves les plus douloureuses. Voilà pourquoi les martyrs rayonnent de joie au moment de leur exécution. Ils savent que l'amour du Christ est plus fort que tout mal et plus durable que toute souffrance.

    Au cours de cette eucharistie, Jésus va renouveler concrètement cet amour pour chacun de nous dans la Sainte Communion, dont le miracle des pains de
l'évangile n'est qu'un signe annonciateur. Ne manquons pas de lui rendre grâce, et demandons-lui d'augmenter notre foi en lui, pour que nous puissions vivre et répandre dans ce monde en détresse le feu brûlant de la vraie joie chrétienne, la joie de la victoire finale.
 
Grands vainqueurs ! - Homélie 18° dimanche du Temps Ordinaire A
Grands vainqueurs ! - Homélie 18° dimanche du Temps Ordinaire A

Départ pour les vacances sur l'autoroute du bonheur ! - Homélie 17° dimanche du Temps Ordinaire

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)


    C'est encore un extrait très bref mais dense du chaptre 8 de la lettre de saint Paul aux Romains que nous venons d'entendre. Dimanche dernier nous nous sommes rappelés que l'Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, notamment dans la prière, car "nous ne savons pas prier comme il faut". Aujourd'hui, saint Paul nous assure que Dieu fait tout contribuer au bien des hommes, s'ils aiment Dieu.

    Si nous nous contentons d'une lecture superficielle, cela pourrait nous faire penser à tort que la vie chrétienne est une vie sans problèmes, comme une autoroute tracée d'avance à travers un paysage merveilleux vers un pays de rêve. Bonnes vacances ... Oui, mais ... Il suffit de relire ce qui précède au chapitre 8 pour se rendre compte que ce n'est pas vrai. Quand saint Paul dit que Dieu fait "tout" contribuer au bien de ceux qui l'aiment, ce "tout", c'est, dans l'immédiat (le temps présent), surtout des évènements ou des situations qui sont l'occasion de beaucoup de souffrances et d'angoisses :

"J'estime qu'il n'y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous" (v. 18).
"Nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance ... Et elle n'est pas la seule. Nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance" (v. 22.23).

    Plus loin, il cite le psaume 44, 23, qui dit :

"C'est pour toi qu'on nous massacre sans arrêt, on nous prend pour des moutons d'abattoir" (v. 36).

    Nous vivons à une époque où tout une légion de marchands de bonheur (les apôtres de la "prosperity theology" notamment) nous promet le succès dans la facilité, par des méthodes "sans peine", et pas seulement pour l'apprentissage des langues étrangères. Ce sont des menteurs. Saint Paul n'est pas de ceux-là ! Il n'est pas non plus celui qui broie du noir. Il nous parle d'espérance :

"Car nous avons été sauvés, mais c'est en espérance ; voir ce qu'on espère, ce n'est plus espérer : ce que l'on voit, comment peut-on l'espérer encore ? Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec persévérance" (v. 24-25).

    Il y a 150 ans, la Vierge Marie promettait à la petite Bernadette de la rendre heureuse, "non pas en ce monde, mais dans l'autre". Toutes les épreuves qu'elle a connues sur terre, sa maladie, les persécutions, les incompréhensions, les moqueries, mais surtout la souffrance de ne plus voir celle qu'elle avait vue ..., tout cela, le Seigneur l'a fait contribuer à son bien, et ce bien, Bernadette l'a attendu avec persévérance.

 
 

    Puisque, dans l'évangile, nous sommes dans les paraboles, voici une parabole de saison, une parabole des temps modernes :

    Le Royaume de Dieu est semblable à une famille du nord de la France qui part en vacances à la Côte d'Azur. Les jours précédant le départ ont été très stressants. Il fallait que tout soit près, et il y avait encore tant à faire. Voilà enfin arrivé le grand jour tant attendu ! Tous les bagages sont chargés, les enfants installés. Au début tout va bien. Quelle chance de pouvoir partir. Quel soulagement ! Seulement, voilà, on l'avait oublié : ce jour-là, Bison futé voyait rouge. Avec des centaines de kilomètres de bouchons, la route n'en finit pas. Les nerfs, déjà fatigués, sont mis à rude épreuve. Un moment d'inattention ... On a failli louper une bretelle d'autoroute. On a même frôlé l'accident ! Une pause s'impose. Il faut faire le plein de carburant. Le chauffeur doit se reposer, les enfants se dégourdir les jambes. Madame en profite pour lancer un petit coup de fil à ses parents :

- Allo maman ?
- Vous êtes déjà arrivés ?
- Oh non ... nous sommes encore très loin ... Il y a plein d'embouteillages ! On n'avance pas ... Mais, tant pis, on est content. C'est les vacances !

 
http://terresacree.org/images/embouteillages3.jpg

"Frères, nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour.
Ceux qu'il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l'image de son Fils, pour faire de ce Fils l'aîné d'une multitude de frères.
Ceux qu'il destinait à cette ressemblance, il les a aussi appelés ; ceux qu'il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu'il a justifiés, il leur a donné sa gloire."

    Nous connaissons la (pré)destination. Mais la route de la transformation à l'image du Fils crucifié et ressuscité est encore longue. En attendant, être dans les bras de la Providence, c'est déjà les vacances, même si on n'est pas encore arrivé ! Bonne route avec la sagesse de Salomon et la joie de l'homme qui a trouvé un trésor caché !
Départ pour les vacances sur l'autoroute du bonheur ! - Homélie 17° dimanche du Temps Ordinaire
Départ pour les vacances sur l'autoroute du bonheur ! - Homélie 17° dimanche du Temps Ordinaire
Départ pour les vacances sur l'autoroute du bonheur ! - Homélie 17° dimanche du Temps Ordinaire

Le bon grain et l'ivraie dans le champ de la prière - Homélie 16° dimanche du T.O.

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 

    "Au secours, Esprit Saint !" Voilà un cri qu'il ne nous est peut-être jamais arrivé de pousser, et qui pourtant nous est suggéré par saint Paul aujourd'hui. Encore faut-il que nous soyons d'abord bien persuadés que "nous ne savons par prier comme il faut", et, ensuite, que ce n'est pas une formule magique ou la manifestation d'un fantôme qui va nous tirer d'affaire, comme par enchantement.

    D'abord donc, autant le dire tout de suite : de nous-mêmes, nous sommes parfaitement incapables de prier. C'est la radicale impuissance de la chair, dont il était question
il y a quinze jours. De même que Jésus dit que sans lui nous ne pouvons rien faire, de même, sans l'Esprit Saint, nous pouvons bien réciter des kilomètres de formules, mais nous n'aurons pas commencé à prier. C'est une découverte douloureuse et humiliante, qui "renverse les puissants de leur trône" (Lc 1, 52). C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la prière n'est révélée par le Père qu'aux seuls petits, tandis qu'elle reste cachée aux sages et aux savants. Les saints sont peu à peu devenus conscients de cette impuissance de la chair. Voici, par exemple, comment sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein), s'adressait à l'Esprit Saint :
 
Qui es-tu, douce lumière, qui me remplis
et llumines la ténèbre de mon cœur ?
 
Comme la main d’une mère, tu me conduis
et, si tu me lâchais, je ne saurais faire un pas de plus.
 
Tu es l’espace enveloppant mon être
et l’abritant en toi.
 
Le rejetterais-tu,
il coulerait à pic dans l’abîme du néant
d’où tu le tiras pour l’élever vers la lumière.

    Les images sont parlantes et sans exagération aucune. Il faudrait plutôt dire qu'elles demeurent en deçà de la réalité. C'est dire que la prière n'est pas une question de performances ni de diplômes. C'est l'art de devenir comme des enfants. La chirurgie esthétique est à la mode et a fait des progrès impressionnants. On peut se faire faire un "lifting" pour avoir l'air plus jeune. Mais par quelle intervention chirurgicale pourrons-nous recevoir ce coeur nouveau qui nous confère l'éternelle jeunesse des saints et qui nous donne de participer à la prière même de Dieu ?
 
Qui es-tu, douce lumière, qui me remplis
et illumines la ténèbre de mon cœur ?


    Remarquez que ce n'est pas un cri de désespoir. Aucun symptome d'une frustratrion, pas l'ombre d'une déprime. C'est en raison même des ténèbres de nos coeurs que la douce lumière de l'Esprit nous est donnée, car "ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades" (Mt 9, 12). On dirait même que ce n'est qu'en présence de la lumière que l'on prend conscience des ténèbres, en présence du médecin que l'on se découvre malade. Je me croyais en bonne sante, et je ne me doutais de rien. C'est le médecin qui me "révèle" simultanément que je suis malade, et que je peux guérir.

    "L'Esprit vient au secours de notre faiblesse", dit saint Paul, "car nous ne savons pas prier comme il faut", de même qu'une maman vient au secours de son enfant parce qu'il est trop petit pour marcher tout seul. Dès que l'enfant sait marcher, sa maman n'a plus besoin d'être constamment à côté de lui (sinon pour l'empêcher de faire des bêtises). Mais dans la vie spirituelle, le progrès, la croissance ne consiste pas à apprendre à se passer de l'Esprit Saint, mais de découvrir de plus en plus combien on en a besoin.

    Cette découverte est de l'ordre, non pas de la science, mais de l'expérience. Saint Bonaventure dans son "Itinéraire de l'âme vers Dieu" nous dit :

"En cette traversée, si l'on veut être parfait, il importe de laisser là toute spéculation intellectuelle. Toute la pointe du désir doit être transportée et transformée en Dieu. Voilà le secret des secrets, que personne ne connaît sauf celui qui le reçoit, que nul ne reçoit sauf celui qui le désire, que nul ne désire sauf celui qui au plus profond est enflammé par l'Esprit Saint que le Christ a envoyé sur la terre. Et c'est pourquoi l'Apôtre dit que cette mystérieuse sagesse est révélée par l'Esprit Saint. Si tu cherches comment cela se produit, interroge la grâce et non le savoir, ton aspiration profonde et non pas ton intellect, le gémissement de ta prière et non ta passion pour la lecture ; interroge l'Époux et non le professeur, Dieu et non l'homme, l'obscurité et non la clarté ; non point ce qui luit mais le feu qui embrase tout l'être et le transporte en Dieu avec une onction sublime et un élan plein d'ardeur."

    C'est donc le Saint Esprit qui donne les "explications", là où l'entendement humain ne suffit pas. L'homme, même chrétien, peut être perplexe devant la question : comment se tourner vers Dieu ? Notre expérience nous dit que même notre prière est un mélange où tout n'est pas pur et n'est pas ce qu'il faudrait. Nous entons bien que nous ne pouvons pas la faire monter vers Dieu tel quelle. Mais "l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse". Lui sait quelle est la prière agréable à Dieu, et il la prie pour nous, mais non sans nous, au plus profond de nos coeurs. Par conséquent, quand le Père entend cette prière, il entend inséparablement la prière de son Esprit et celle de nos coeurs. Dans cette unité, il n'entend plus que la "bonne prière" à laquelle nous participons quand nous prions à la fois "dans l'Esprit", mais non sans notre intelligence.

    Écoutons encore cet enseignement de saint Paul :

 


"Je souhaite que vous parliez tous en langues, mais surtout que vous ayez le don de prophétie. Car prophétiser vaut mieux que parler en langues, à moins qu'on n'interprète ce qu'on dit en langues : ainsi, on aide à la construction de l'Église. Eh bien, frères, si j'arrive chez vous pour parler en langues, en quoi vous rendrai-je service si ma parole ne vous apporte ni révélation, ni connaissance de Dieu, ni prophétie, ni enseignement ?
"Ainsi, quand des objets inanimés comme la flûte ou la cithare produisent des sons, s'ils ne donnent pas des notes distinctes, comment reconnaître l'air joué par l'instrument ? Et si la trompette produit des sons confus, qui pourra se préparer au combat ?
"Vous de même, si par votre langue vous ne produisez pas un message intelligible, comment reconnaître ce qui est dit ? Vous ne serez que des gens qui parlent pour le vent. Il y a dans le monde je ne sais combien d'espèces de mots, et aucune n'est sans signification. Or si je ne connais pas la valeur du mot, je serai un barbare pour celui qui parle et il le sera pour moi.
"Alors, vous, puisque vous recherchez les phénomènes spirituels, recherchez-les en vue de construire l'Église, de manière à progresser. Et donc, celui qui parle en langues, qu'il prie pour être capable d'interpréter. Si je prie dans une langue inconnue, mon esprit a beau être en prière, mon intelligence ne produit rien. Que vais-je donc faire ? Je vais prier avec mon esprit, mais aussi avec mon intelligence, chanter avec mon esprit, mais aussi avec mon intelligence. En effet, si tu dis une prière de bénédiction avec ton esprit seulement, alors celui qui est là et n'y connaît rien, comment va-t-il répondre « Amen » à ton action de grâce, puisqu'il ne sait pas ce que tu dis ? Toi, bien sûr, tu fais une belle action de grâce, mais ce n'est pas constructif pour l'autre.
"Je parle en langues plus que vous tous, et j'en rends grâce à Dieu ; mais, quand l'Église est rassemblée, je préfère dire cinq paroles avec mon intelligence de manière à instruire les autres, plutôt que d'en dire dix mille en langues." (1 Co 14, 5-19)

 


    Voilà comment saint Paul priait et enseignait la prière. N'allons donc pas penser que l'Esprit est le bon grain et notre intelligence l'ivraie. Benoît XVI n'a cessé d'insister sur l'alliance qu'il doit y avoir entre religion et raison, entre foi et intelligence. Voilà le bon grain. L'ivraie, la spiritualité du Mauvais, c'est dans la séparation : la foi sans l'intelligence, ou l'intelligence sans la foi.

    Revenons à la prière de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix. En voici la suite :

Toi, qui m’es plus proche que je ne le suis moi-même,
qui m’es plus intérieur que mon propre cœur,
et pourtant insaisissable, inconcevable,
au-delà de tout nom,
Saint-Esprit, éternel Amour !

    Qu'elle est belle aux oreilles du Père, la prière des saints, la prière de l'Église, la prière des pauvres pécheurs que nous sommes, quand nous sommes rassemblés dans l'Église pour l'Eucharistie !
 
L'ivraie, la spiritualité du Mauvais, c'est dans la séparation : la foi sans l'intelligence, ou l'intelligence sans la foi.
L'ivraie, la spiritualité du Mauvais, c'est dans la séparation : la foi sans l'intelligence, ou l'intelligence sans la foi.

L'ivraie, la spiritualité du Mauvais, c'est dans la séparation : la foi sans l'intelligence, ou l'intelligence sans la foi.

Quand souffrance rime avec espérance, vacances et Tour de France - Homélie 15° dimanche du T.O.A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)


    Le chapitre 8 de saint Paul aux Romains est un des chapitres les plus célèbres de tout le Nouveau Testament. Dans les chapitres précédents, l'auteur a expliqué que la Loi de l'Ancien Testament n'a aucun pouvoir pour nous sauver du péché. Son utilité est de nous aider à découvrir que nous avons besoin de la grâce de Dieu. Cette grâce est venue dans le monde, plus abondante que ce que quiconque aurait pu imaginer, en Jésus Christ.

    Au chapitre 8, Paul poursuit en expliquant les conséquences de tout cela pour le
combat spirituel dans un monde déchu. Son message peut se résumer en deux mots : espérance illimitée. Tant que nous sommes unis à la grâce de Dieu, et que nous nous efforçons à vivre en amis du Christ par la prière, les sacrements et les exercices des vertus, absolument rien ne doit affaiblir notre confiance en Dieu. Voilà le coeur du message de Romains, chapitre 8.

    Dans le
passage que nous venons d'entendre, saint Paul applique cette espérance surnaturelle à quelque chose qui nous est familier : la souffrance. Dans ces versets, il explique comment il y a fait face. Il écrit :
 


"J’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous."
 


    Il ne nie pas la douleur que la souffrance peut engendrer - lui-même a été calomnié, flagellé, emprisonné, lapidé, naufragé, rejeté et trahi tout au long de son apostolat. Il sait ce que souffrir veut dire. Mais il nous montre comment regarder nos souffrances : dans la perpective de la gloire. Ce que Dieu réserve pour ceux qui le suivent fidèlement est incomparablement plus grand et durable que les pires des souffrances imaginables de cette vie ! Voilà le point de vue de saint Paul, que chaque chrétien peut et doit partager. Alors, souvenons-nous toujours que souffrance rime avec espérance.

    Il n'a rien inventé, saint Paul. Il le tient de Jésus. Dans les quatre évangiles, les quatre premiers livres du Nouveau Testament, le mot "cieux" apparaît 122 fois. Dans presque toutes ses paraboles, Jésus nous encourage à regarder plus loin que le bout de notre nez. Dans celle que nous venons d'entendre, par exemple, la motivation est dans les fruits abondants que finit par produire le grain qui est tombé dans la bonne terre. Cette semence doit faire face à trois obstacles principaux : les oiseaux, le sol pierreux, et les ronces. Jésus nous explique que ces trois obstacles représentent trois types de souffrance :
    - les attaques du démon usant de ses tromperies et ses mensonges ;
   - nos propres tendances égoïstes qui risquent de nous décourager quand il devient difficile de suivre le Christ ;
    - le monde qui nous entoure, qui peut saper notre énergie par ses soucis et ses séductions.

    Comment Jésus stimule-t-il ses auditeurs à le suivre en dépit de toutes les difficultés et les épreuves que cela comporte ? Il tourne leur regard vers le résultat, la moisson, la vie éternelle. C'est toujours ce qu'il fait. Souvenez-vous des béatitudes : "Bienheureux ceux qui pleurent, ils seront consolés ; bienheureux ceux qui ont un coeur pur, car ils verront Dieu ..." Chaque béatitude nous enseigne à considérer nos souffrances à la lumière de la gloire à venir. L'Église fait de même. À chaque eucharistie, nous prions, par exemple :

    Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps ;
    par ta miséricorde, libère-nous du péché, rassure-nous devant les épreuves
    en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets
    et l'avènement de Jésus Christ, notre Sauveur.
            (expectantes beatam spem et adventus Salvatoris nostri Iesu Christi.)

    Nous pourrons surmonter la souffrance, en trouver le sens et y puiser la force seulement si nous la mettons dans la perspective de l'éternité.

    Nous pouvons probablement tous être d'accord avec le fait que la perspective du ciel pourrait être comme un antidote au découragement qui nous guette dans les multiples épreuves de la vie. La question qui se pose est : comment garder cette perspective présente à notre esprit ? Nous n'y sommes jamais allés, au ciel !

   
Les autres lectures peuvent nous suggérer une tactique pour y arriver. Dans la première, Dieu compare sa grâce à la pluie. De même que la pluie ne manque jamais de faire pousser les récoltes, la grâce fait se lever en nos coeurs toutes sortes de fruits Le Psaume nous décrit le cycle mystérieux des saisons. Dans l'Évangile, de même, Jésus emploie une image empruntée au domaine de la nature pour nous enseigner une vérité concernant le Royaume des Cieux. Le commun dénominateur saute aux yeux : les beautés et les merveilles de la création sont des indices de la beauté de Dieu lui-même, des reflets de la gloire du ciel.

    Lorsque, dans la foi, nous admirons les merveilles de la création, celles-ci nous rappellent que Dieu est tout-puissant, omniscient et toute bonté. C'est ainsi qu'elles nous aident à considérer nos souffrances et nos combats dans la perspective dont nous parle saint Paul. Toutes ces merveilles sont l'oeuvre de Dieu, des reflets de la gloire du ciel.

    Comme le disait le pape Benoît XVI (audience du 9 novembre 2005) :

 


"Le premier signe visible de cette charité divine - dit le Psalmiste - doit être recherché dans la création (...) Le regard, rempli d'admiration et d'émerveillement, s'arrête tout d'abord sur la création :  les cieux, la terre, les eaux, la lune et les étoiles (...) il y a une révélation cosmique, ouverte à tous, offerte à toute l'humanité par l'unique Créateur (...) Il existe donc un message divin, secrètement inscrit dans la création et signe du hesed, de la fidélité amoureuse de Dieu qui donne à ses créatures l'existence et la vie, l'eau et la nourriture, la lumière et le temps."
 


    Voilà ce qu'on découvert tous les saints. Saint Augustin l'exprime admirablement :
 


"Interroge la beauté de la terre, interroge la beauté de la mer, interroge la beauté de l’air qui se dilate et se diffuse, interroge la beauté du ciel (...) interroge toutes ces réalités. Toutes te répondent : Vois, nous sommes belles. Leur beauté est une profession (confessio). Ces beautés sujettes au changement, qui les a faites sinon le Beau (Pulcher), non sujet au changement ? " (Serm. 241, 2, cité par le CEC n. 32).
 


    Jean Paul II, lui aussi, en avait une conscience très aigüe :
 


"Et bien, face à la gloire de la Trinité dans la création, l'homme doit contempler, chanter, retrouver l'émerveillement. Dans la société contemporaine, l'on devient aride 'non pas par manque de merveilles, mais par manque d'émerveillement' (G.K. Chesterton). Pour le croyant, contempler le créé est aussi écouter un message, entendre une voix paradoxale et silencieuse (...) La nature devient alors un Évangile qui nous parle de Dieu :  'La grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, contempler leur Auteur' (Sg 13, 5). Paul nous enseigne que 'ce qu'il a d'invisible [Dieu] depuis la création du monde se laisse voir à l'intelligence à travers ses oeuvres, son éternelle puissance et sa divinité' (Rm 1, 20). Mais cette capacité de contemplation et de connaissance, cette découverte d'une présence transcendante dans le créé doit nous conduire également à redécouvrir notre fraternité avec la terre, à laquelle nous sommes liées à partir de notre création même (cf. Gn 2, 7). (Audience du 26 janvier 2000)
 


    Tout à l'heure je vous faisais remarquer que souffrance rime avec espérance. Je pourrais maintenant ajouter : ... et avec vacances. Petits ou grands, pendant ce temps de loisirs, nous avons tous, d'une manière ou d'une autre, l'opportunité de faire cet exercice qui n'est quand même pas trop fastidieux : saisir toutes les occasions qui nous sont offertes pour nous mettre à l'écoute du langage silencieux de la création, nous émerveiller de toutes les beautés qui s'y trouvent et en rendre grâce au Seigneur. C'est un agréable devoir de vacances, dont nous ne manquerons pas de tirer beaucoup de fruits !

    Et puis, je sais que certains d'entre vous suivent de près la plus grande des courses cyclistes de l'année : Tour de France, ça rime aussi avec souffrance. Les coureurs qui prennent le départ, voient-ils la ligne d'arrivée ? Non ! Même au bout d'une semaine, ils ne sont pas encore près de la voir. Pourtant, que de souffrances ! Ils "attaquent" les Alpes et les Pyrénées, tout cela pourquoi ? Dans l'espérance de remporter la victoire finale, ou, du moins, pour pouvoir revêtir l'un des maillots, ou pour que leur chef de file puisse en remporter un. Or, personne n'est sûr de gagner. Avec le Seigneur au moins, au milieu des souffrances qui sont les nôtres, nous avons tous la certitude de remporter la victoire finale.

Quand souffrance rime avec espérance, vacances et Tour de France - Homélie 15° dimanche du T.O.A

Le combat spirituel - la chair et l'Esprit - Homélie 14° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)


    Les lettres de saint Paul occupent une place importante dans le Nouveau Testament. Depuis sa conversion saint Paul a passé une grande partie de sa vie à parcourir l'Empire romain pour annoncer "son" Évangile et fonder des communautés chrétiennes. Une fois la communauté établie, il se rendait dans une autre localité pour y fonder une autre, maintenant le contact avec les précédentes par le moyen de lettres. Au moins treize de ces lettres ont été plus tard reconnues par le Magistère comme étant "canoniques", c'est-à-dire écrites sous l'inspiration du Saint Esprit. Chaque lettre est désignée par le nom de la ville (ou de la personne) à laquelle il écrivait : "Éphésiens" veut dire la lettre de saint Paul à la communauté chrétienne de la ville d'Éphèse, par exemple.

    La lettre aux Romains, dont nous avons entendu
un extrait, est la plus longue de toutes. Elle est unique en ceci surtout qu'elle est la seule que Paul ait écrite à une communauté chrétienne qu'il n'avait pas fondée lui-même. La foi chrétienne était déjà enracinée à Rome avant qu'il n'arrive. Mais c'était son grand désir de s'y rendre, puisque c'était la capitale de l'Empire. Il a écrit sa lettre pour se présenter et pour faire connaître son enseignement à cette communauté respectée de tous. Pour cette raison, la lettre aux Romains est théologiquement la plus systématique de toutes. Les autres lettres traitent de problèmes spécifiques auxquelles les communautés devaient faire face. La lettre aux Romains est plutôt une présentation synthétique de la sagesse théologique de l'auteur.

    Le passage que nous venons d'entendre touche à l'un des thèmes favoris de Paul : la dynamique du combat spirituel. Mieux nous comprendrons les tenants et les aboutissants de ce combat, et mieux nous pourrons mener le combat que nous avons à mener en tant que chrétiens, et même, tout simplement, en tant qu'êtres humains tout court.

    Saint Paul avait commencé sa lettre par une discussion assez serrée au sujet de la nécessité du salut, et le rôle de la foi pour l'accueillir. Au chapitre 8, d'où le passage de ce jour est extrait, il envisage l'expérience de quelqu'un qui mène déjà cette vie de croyant. C'est par la foi que nous recevons la grâce de Dieu. Dieu nous envoie son Esprit qui fait de nous des enfants du Père, des créatures nouvelles dans le Christ, en un mot : des chrétiens. Ainsi nous expérimentons la puissance de la grâce, qui nous pousse à suivre le Christ et à mener une vie semblable à la sienne, pleine de courage, de sagesse, de bienveillance, de joie et d'abnégation.

 


"Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur."
 


    Comme le dit saint Paul, nous sommes "dans l'Esprit", "nous appartenons au Christ" parce que "nous avons l'Esprit du Christ", et son Esprit "demeure" en nous. La vie selon (ou dans) l'Esprit : voilà encore une expression coutumière de saint Paul qui résume la manière de vivre en chrétien.

    Dans l'ordre de la nature, nous reconnaissons les membres d'une même famille grâce à leurs traits communs, leur manière de parler et de faire, leurs habitudes. Exactement de la même manière, nous dit saint Paul, le monde devrait pourvoir reconnaître un chrétien en voyant la même humilité, la même force d'âme, le même amour, la même douceur (à ne pas confondre avec la mollesse) que celle du Christ. Voilà la puissance positive dans la vie chrétienne. Comme une jeune pousse plantée dans une bonne terre, notre identité chrétienne a été implantée dans nos coeurs par le baptême. Lentement mais sûrement la pousse se développe, s'épanouit et se transforme en un arbre majestueux. Exactement de la même manière la grâce s'affermit en nous pour que notre être puisse arriver à maturité. Cette maturité n'est rien d'autre que la sainteté. Un saint, c'est un chrétien arrivé à maturité.

    Et pourtant notre expérience nous montre tous les jours qu'il ne suffit pas d'être chrétien pour vivre le ciel sur la terre. Nous croyons au Christ, nous avons été baptisés et confirmés, nous sommes nourris par l'Eucharistie et guéris de nos blessures par le sacrement de la Réconciliation. Mais même avec tous ces secours spirituels, nous expérimentons tous les jours les pulsions de l'égoïsme, de la paresse, de l'envie, du découragement et de toutes les autres tentations qui proviennent du monde du péché et de la mort. L'Esprit est à l'oeuvre en nous, mais le péché aussi. La vie dans l'Esprit n'est que la puînée, la cadette de la vie selon la chair, et le péché ne cesse de réclamer son droit d'aînesse. Notre nature humaine déchue nous tire vers le bas et nous résistons à l'oeuvre de l'Esprit. Lorsque nous cédons à ces mouvements vers le bas, nous nous détournons de la vie dans l'Esprit et nous nous abandonnons à la vie selon la chair.

    Attention : le mot "chair" est l'un des termes employés par saint Paul et très souvent compris de travers. Quand saint Paul parle de la "chair" (charnel), il se réfère à cette tendance égoïste que nous portons tous en nous. Il ne dit pas que notre corps est mauvais, et que les plaisirs que le corps nous procure sont suspects. Comment le seraient-ils, puisque ils sont voulus par Dieu ? Ce que saint Paul veut dire, c'est que, à cause du péché originel, nous avons tous tendance à nous complaire exagérément et égoïstement dans ces plaisirs. C'est cela, vivre selon la chair. Le démon et les structures de péché dans lesquels nous baignons nous poussent constamment en ce sens.

    La chair et l'esprit ici ne signifient donc pas le corps opposé à l'âme. La chair désigne la créature (l'âme aussi bien que le corps !) laissée à elle-même, à ses propres forces, sans le secours de l'Esprit Saint.

    Pensons ici à ce que dit Jésus à Simon Pierre après sa profession de foi :

 


"Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux." (Mt 16, 17)
 


    ou encore :
 


"C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien." (Jn 6, 63)
 


    Mais avec saint Paul , à cette idée biblique traditionnelle va s'ajouter celle de la perversion de l'homme naturel, due à son péché. Le péché ne se confond évidemment pas avec sa condition de créature, et pas davantage avec sa corporéité. Mais il se manifeste dans une préférence malheureusement accordée au désir égoïste de la jouissance immédiate, plutôt qu'à l'obéissance à la Parole de Dieu, qui nous incite à une foi par laquelle nous aurions rejoint le Dieu invisible. Ainsi la "chair", devenant esclave de l'esprit du mal par le péché, va-t-elle, d'une part, apparaître comme non seulement étrangère mais carrément opposée à l'Esprit de Dieu ; et, d'autre part, sans du tout se confondre avec le corps, deviendra-t-elle caractérisée par le dérèglement de ses désirs naturels. C'est pour cela que saint Paul dira :
 


"Je traite durement mon corps, et je le réduis en esclavage." (1 Co 9, 27)
 


    C'est la vie dans l'Esprit, et non la vie charnelle, qui nous mène à une plus grande communion avec Dieu, et c'est cette communion que est la source du vrai bonheur, d'un bonheur durable. Ainsi, saint Paul nous encourage-t-il à vivre dans l'Esprit et non pas selon la chair :
 


"Car si vous vivez sous l'emprise de la chair, vous devez mourir ; mais si, par l'Esprit, vous tuez les désordres de l'homme pécheur, vous vivrez."
 


    Par la chair - non seulement nos péchés, mais nos propres efforts pour le vaincre, même par l'ascèse la plus rigoureuse, comme dans le boudhisme - nous ne sommes capables de rien. Puisque c'est l'âme qui a péché, le corps n'étant que son instrument, c'est l'âme elle-même qui a le plus besoin d'être sauvée. Seul l'Esprit de Dieu pourra, en la délivrant de l'esclavage de ses désirs orgueilleux, restaurer avec elle le corps dans la gloire finale à laquelle Dieu destine l'homme tout entier.
 


"Mais si le Christ est en vous, votre corps a beau être voué à la mort à cause du péché, l'Esprit est votre vie, parce que vous êtes devenus des justes ...
 


(Ce verset  a été sauté dans le découpage liturgique !)
 


"... Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous."
 


    Nous voyons poindre ici l'expérience personnelle de saint Paul sur le chemin de Damas, expérience fondamentale qui a bouleversé sa vie et qu'il n'a cessé d'approfondir. Il n'était coupable d'aucun "péché de la chair", selon le sens que nous donnons spontanément à cete expression, d'aucun écart à la loi. Il avait, pensait-il, parfaitement dompté son corps et ses désirs déréglés. Mais son esprit rempli d'orgueil l'empêchait d'accueillir la grâce du salut par la foi. Il voulait se sauver par les oeuvres.

    Un jour, j'ai reçu les confidences d'un jeune, très généreux, un modèle de vertu et de maîtrise de soi peu commune. Dans sa prière, il avait dit à Dieu que, contrairement à tous ses camarades, il voulait rester chaste, mais - et c'est ici que le bât blesse - qu'il ne voulait pas que Dieu vienne à son secours par la grâce pour l'aider à tenir son engagement. C'était sa manière à lui de prouver à Dieu qu'il l'aimait. Mais quel orgueil, caché sous cette apparente générosité !

    - Eh bien, me dit-il, je suis tombé dans le panneau. Je suis tombé dans les bras d'une fille.

    J'ai pensé alors à la parole de Jésus :

 


"En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire" (Jn 15, 5).
 


    Vivre selon la chair, c'est vouloir se sauver soi-même ; c'est dire à Jésus : - Moi, je n'ai pas besoin de toi, car je suis quelqu'un de bien, pas comme les autres. Je suis gentil, je rends service, je suis honnête, je ne fais rien de mal. Alors, je n'ai pas besoin de prier, d'aller à la messe, de me confesser. Je n'ai pas besoin de l'Église. Je n'ai pas besoin de Jésus.

    Dans l'évangile nous voyons Jésus exulter de joie sous l'action de l'Esprit Saint :

 


"Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits."
 


    Avant sa rencontre avec Jésus Saul de Tarse était ce sage, ce savant, très doué, généreux à l'extrême, mais étranger au mystère de la foi et à la vie dans l'Esprit. Ensuite il est devenu l'un de ces "tout-petits" à qui le Père à révélé ce mystère, et par qui le Père le révèle aujourd'hui à nous.

"Personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler."

    Saint Pierre, de même était l'un de ces petits :

 


"Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle." (Mt 16, 17-18)
 


    Comme c'est fatiguant de vouloir se battre en ne comptant que sur soi-même, dans une sorte de course à l'auto-glorification ! Comme c'est reposant de savoir que le démon n'aura pas le dernier mot ...
 


"Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos."
 


    Voilà le combat spirituel. Voilà le terrain sur lequel se déroule quotidiennement le drame de notre salut, dans chacune de nos vies, alors que l'Esprit et la chair se disputent notre adhésion. Aujourd'hui, alors qu'une fois encore, Jésus nous affermit dans la vie selon l'Esprit en nous nourrissant par sa Parole et par son Eucharistie, renouvelons notre foi et notre confiance en lui, et demandons-lui humblement et avec confiance de nous aider à combattre pour son Royaume en menant cette semaine, et chaque semaine qui nous reste à vivre, avec courage la vie dans l'Esprit.

Le combat spirituel - la chair et l'Esprit - Homélie 14° dimanche du Temps Ordinaire A

Dieu et le courage - Homélie 12ème dimanche du T.O. A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 

   
 
Pour rappel, le 11ème dimanche du T.O., c'était l'envoi en mission des Douze. Aujourd'hui, Jésus leur dit qui ils ne doivent pas craindre. Ce ne sont pas des paroles en l'air. Entre ces deux passages, Jésus avait dit :
 

"Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups (...) Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez traînés devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi (...) Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ..."
 

    Et c’est ici que commence l'évangile d’aujourd’hui. C'est alors que Jésus poursuit en disant : "Ne craignez pas les hommes ...".

    L'envoyé du Seigneur ne peut pas annoncer la Parole "à te
mps et à contretemps", selon l'expression de saint Paul, sans s'attirer l'inimitié du monde. Inévitablement il sera persécuté. Mais c'est cette même Parole qui lui donne la force de persévérer jusqu'au bout (cf. 1° lect).

    Pour nous, ces mots évoquent irrésistiblement la figure de Jean Paul II (1920-2005), le Pape dont tout l'héritage pourrait se résumer en ces mots du début de son pontificat : "N'ayez pas peur". Ils vont donner le ton de ses 25 ans de pontificat. Ils sont devenus célèbres. Rien qu'en français, on en a fait le titre d'un livre, d'un DVD et d'un spectacle.

    Ce qu'on a peut-être tendance à oublier, comme pour tous les mots célèbres, ce sont les circonstances dans lesquelles ils ont été prononcés. Le dimanche 22 octobre 1978, quelques jours après son élection sur le trône de Saint-Pierre, Karol Wojtila, devenu Jean Paul II, s'adresse à 250.000 fidèles réunis sur la place Saint-Pierre ainsi qu'aux délégations diplomatiques et aux télévisions du monde entier :

 

"Frères et soeurs, n'ayez pas peur d'accueillir le Christ et d'accepter son pouvoir ! N'ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice, ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. N'ayez pas peur ! Le Christ sait ce qu'il y a dans l'homme ! Et lui seul le sait !"
 

    Le message est adressé par le pape aux catholiques du monde entier et surtout à ses compatriotes de Pologne et à l'ensemble des Européens de l'Est qui vivaient encore sous le joug soviétique. Appelant chacun à ne plus avoir peur de qui que ce soit, y compris de soi-même, le jeune pape - il n'a alors que 58 ans ! - sonne le glas des régimes communistes européens.

    Plus tard, il opérera un retour sur l'Histoire en évoquant avec force et lucidité les totalitarismes païens du XXe siècle :

 

"On ne peut pas oublier que c'est la négation de Dieu et de ses commandements qui a créé au siècle passé la tyrannie des idoles, exprimée dans la glorification d'une race, d'une classe, d'un parti, de l'État ou de la nation. Si l'on supprime les droits de Dieu, les droits de l'homme ne sont plus respectés." (16 décembre 2002)
 

    Dans "Levez-vous ! Allons !", livre dans lequel le pape slave médite sur la vocation épiscopale, et plus précisément dans la sixième et dernière partie intitulée "Dieu et le courage", Jean Paul II rappelle la mémoire de "tant d’évêques intrépides". Pour comprendre les sources de son célèbre "N’ayez pas peur", relisons le passage où il honore la dette qu’il avait à l’égard de Mgr Wyszynski, quand il reprend à son compte ses paroles de feu :
 

"Pour un évêque le manque de force est le début de la défaite. Peut-il continuer à être apôtre ? Pour un apôtre en effet, le témoignage rendu à la vérité est essentiel. Et exige toujours la force."
 

    Et encore :
 

"La plus grande faiblesse de l’apôtre est la peur. C’est le manque de foi dans la puissance du Maître qui réveille la peur ; cette dernière oppresse le cœur et serre la gorge. L’apôtre cesse alors de professer. Reste-t-il apôtre ? Les disciples, qui abandonnèrent le maître, augmentèrent le courage des bourreaux. Celui qui se tait face aux ennemis d’une cause enhardit ces derniers. La peur de l’apôtre est le premier allié des ennemis de la cause. 'Par la peur contraindre à se taire', telle est la première besogne de la stratégie des impies. La terreur utilisée par toute dictature est calculée sur la peur des apôtres. Le silence ne possède son éloquence apostolique que lorsqu’il ne détourne pas son visage devant celui qui le frappe. C’est ce que fit le Christ en se taisant. Mais par ce signe, il démontra sa propre force. Le Christ ne s’est jamais laissé terroriser par les hommes. Sorti dans la foule, il dit avec courage : 'C’est moi.'"
 

    Le cardinal Dziwisz, dans "Une Vie avec Karol", revient également sur le "N’ayez pas peur" inaugural du pontificat, "appel inoubliable", "défi … sans précédent". Pour le fidèle Stanislaw, il y avait là contenu "tout son projet de vie, le projet de son cœur, de sa piété et, en même temps, le projet du service pastoral qu’il était, en digne successeur de Pierre, en train de bâtir pour l’Église universelle". La "devise de sa vie", devint par là même les "lignes directrices de son pontificat".
 

"Derrière ces paroles se cachait la volonté d’insuffler de la force et du courage, en particulier aux nations réduites en l’esclavage auxquelles il faisait découvrir la liberté."
 

    Les Soviétiques ont pu croire un temps, analysant à tort de manière politique cette élection de tous les dangers pour eux, qu’il serait certainement possible de neutraliser ce pape venu de l’Est. Mais c’était oublier, nous rappelle Mgr Dziwisz, que le "fameux N’ayez pas peur" ne venait pas d’une idéologie mais "de l’application de l’Évangile, de l’imitation du Christ".

    Toute la vérité de sa force s’explique par la force de la vérité elle-même.

 

"Riche de ces paroles, le nouveau pape commença à parcourir le monde et, sous mes yeux, à le transformer."
 

    La vocation universelle à laquelle Jean-Paul II a si bien répondu et en même temps appelé tout homme de bonne volonté, vocation mondialiste, pourrait-on presque dire, cette vocation si large faisait partie de sa mémoire, de son histoire, de l’héritage de sa foi et de sa culture qu’il avait emporté de sa patrie jusque sur la chaire de Pierre. De cette devise naîtra la grande intuition développée dans la toute première encyclique :
 

"Il faut constamment remonter au 'N’ayez pas peur', car il est source de l’inspiration de Jean-Paul II pour identifier l’idée maîtresse de Redemptor hominis : l’homme, puisqu’il a été racheté par le Christ, est la 'route' de l’Église, l’homme dans son intégrité d’âme et de corps, dans sa tension constante entre vérité et liberté. Oui, au moins à ce moment-là, au moins dans certains milieux, dans une situation ecclésiale encore marquée par certaines peurs du passé, il se peut que cette notion ait aussi surpris, déconcerté. Mais elle a fini par s’imposer comme le programme de toute l’Église, le programme du pontificat et aujourd’hui, encore, elle n’a rien perdu de son actualité. Elle fait partie de son magistère, de la mission de la communauté ecclésiale".
 

    Ce 'N’ayez pas peur' est en effet non pas enterré avec celui qui l'a prononcé, ni avec Jésus, ni avec Jean Paul II, mais poursuit sa course, telle une fusée une fois lancée sur orbite. Elle atteint le cœur de tous ceux qui veulent être fidèles à l’esprit de Jean-Paul II et, au-delà de lui, à son successeur. Car Benoît XVI a repris le témoin et a fait entendre de manière nouvelle une devise devenue un mot d'ordre pour toute l'Église, élargissant l’appel de Jean-Paul II, l’extirpant de son  interprétation historique immédiate et de son conditionnement communiste, même si des pays comme la Chine, la Corée du Nord ou Cuba, par exemple, restent encore tributaires de ce premier sens-là. Voici comment Benoît XVI concluait l’homélie de la messe inaugurale de son pontificat :
 

"En ce moment, je me souviens du 22 octobre 1978, quand le Pape Jean-Paul II commença son ministère ici, sur la Place Saint-Pierre. Les paroles qu’il prononça alors résonnent encore et continuellement à mes oreilles : 'N’ayez pas peur, au contraire, ouvrez tout grand les portes au Christ'. Le Pape parlait aux forts, aux puissants du monde, qui avaient peur que le Christ les dépossède d’une part de leur pouvoir, s’ils l’avaient laissé entrer et s’ils avaient concédé la liberté à la foi. Oui, il les aurait certainement dépossédés de quelque chose : de la domination de la corruption, du détournement du droit, de l’arbitraire. Mais il ne les aurait nullement dépossédés de ce qui appartient à la liberté de l’homme, à sa dignité, à l’édification d’une société juste. Le Pape parlait en outre à tous les hommes, surtout aux jeunes.

"En quelque sorte, n’avons-nous pas tous peur – si nous laissons entrer le Christ totalement en nous, si nous nous ouvrons totalement à lui – peur qu’il puisse nous déposséder d’une part de notre vie ? N’avons-nous pas peur de renoncer à quelque chose de grand, d’unique, qui rend la vie si belle ? Ne risquons-nous pas de nous trouver ensuite dans l’angoisse et privés de liberté ? Et encore une fois le Pape voulait dire: Non ! Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien – absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non ! Dans cette amitié seulement s’ouvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seulement se dévoilent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette amitié seulement nous faisons l’expérience de ce qui est beau et de ce qui libère. Ainsi, aujourd’hui, je voudrais, avec une grande force et une grande conviction, à partir d’une longue expérience de vie personnelle, vous dire, à vous les jeunes : n’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ – et vous trouverez la vraie vie. Amen."

 

    Puis, aux jeunes de Cologne en 2005, le pape allemand a repris, une nouvelle fois et de manière nouvelle, les paroles de "son vénéré prédécesseur" :
 

"Mais vous, chers jeunes, n’ayez pas peur de proclamer l’Évangile de la Croix en toutes circonstances. N’ayez pas peur d’aller à contre-courant !"
 

    N'ayez pas peur ! Levez-vous ! Allons ! Avance au large et jetez les filets ! Tous ces impératifs divins se tiennent et s'appellent. Demandons au Seigneur de nous délivrer de toute crainte servile, non pas pour notre tranquillité personnelle, afin de nous installer, mais en vue de la mission dans un monde en pleine tempête.
29  Est-ce qu'on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. 30  Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. 31  Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.

29 Est-ce qu'on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. 30 Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. 31 Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.

Première communion - Communion fidèle - Homélie Fête-Dieu

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
Première communion - Communion fidèle - Homélie Fête-Dieu


 


    Comme Jésus est bon ! Non content de se faire homme et de nous sauver par sa mort cruelle sur une croix, non content de nous plonger et de nous purifier par le baptême, il veut demeurer avec nous pour toujours !

    Et comme nous autres, nous sommes ingrats quand, au lieu de nous nourrir à la table de sa Parole et de son Eucharistie, nous le laissons seul si souvent. Combien de places vides dans l'église à l'heure de la messe du dimanche ! Combien arrivent en retard et sans aucun respect, sans aucun geste d'adoration ! Combien de tabernacles abandonnés, gardés seulement par la petite flamme d'une bougie (si ce n'est la lumière d'une ampoule électrique) ! Quelle misère dans nos coeurs !

    Et pourtant, tu continues de nous aimer, Jésus, depuis deux mille ans. Toi, tu ne nous abandonnes pas, car tu sais, toi, ce que c'est que d'aimer. Comme tu es bon, Seigneur Jésus !

    Un jour, un garçon d'à peine neuf ans, en visitant une église accompagné d'un prêtre, regarde les différents tableaux de l'église. À un moment donné il s'arrête devant l'immense crucifix dans le sanctuaire. Le garçon dit au prêtre :

"Regardez, Père, on dirait que Jésus est vivant, et pourtant il est mort. Et là (en montrant le tabernacle), on dirait qu'il est mort, et pourtant il est vivant !"

    Aujourd'hui, Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, nous fêtons Jésus vivant ! Nous nous rappelons que, comme je vous le disais au début, Jésus veut rester avec nous, qu'il est vraiment là, au milieu de nous, qu'il attend notre visite pour nous parler, pour nous écouter, pour nous nourrir du Pain de vie, pour nous encourager à faire le bien, mais aussi pour nous gronder quand nous faisons le mal et pour nous pardonner, pour brûler nos péchés dans le feu de son amour, bref, pour nous aider en toute occasion. Sa présence est le seul havre de paix dans un monde en guerre, le seul phare de vérité parmi les mensonges du monde, le seul feu d'amour qui ne s'éteint jamais.

    C'est un cadeau d'une valeur inestimable que vous recevez aujourd'hui pour la première fois, chers enfants. C'est un cadeau que nous pouvons recevoir tous les jours, ou au moins chaque dimanche, pour soutenir notre marche vers la maison du Père qui nous attend. Sans ce cadeau, inutile d'essayer : nous n'y arriverons jamais, mais avec lui, c'est ... un jeu d'enfant !

    Qu'est-ce que vous lui avez fait comme cadeau pour la fête des pères, à votre papa ? Qu'est-ce qui lui fait plaisir ? Moi, si j'étais papa - et je le suis - et si j'avais un enfant qui fait sa première communion, je dirais à Jésus : "Quel beau cadeau que celui-là ! Merci Seigneur !"

    Moi, j'ai eu aussi une maman en Belgique. Et voici la réflexion que je me suis faite : quand j'allais voir ma maman, je pouvais lui faire un cadeau que personne d'entre vous ici ne peut faire à sa maman. Je peux célébrer la messe et lui donner la communion. Quand je donne la communion à ma maman, je donne la vie du ciel à celle qui m'a donné la vie de la terre ! C'est bien le plus beau des cadeaux, celui-là. Et ce cadeau, le Seigneur m'a permis de le faire à ma maman, je ne dis pas le jour, ni à l'heure, mais à l'instant même de son grand passage ! C'est peut-être le souvenir le plus poignant de toute ma vie...
 Eh bien, c'est le cadeau que je souhaite à toutes les mamans et à tous les papas qui sont ici : qu'un jour un de leur fils devienne prêtre et puisse lui donner le Pain de Vie. Une petit-fils, c'est pas mal aussi (rires). 


    Mais pour l'instant, en ce si beau jour de fête, renouvelons tous l'engagement - ou, si nous ne l'avons pas encore fait, faisons-le maintenant - d'être de vrais amis pour Jésus, des amis fidèles, des amis qui se voient le plus souvent possible. Et demandons à la Vierge Marie, notre Maman du ciel, de nous garder fidèles.

Première communion - Communion fidèle - Homélie Fête-Dieu
Première communion - Communion fidèle - Homélie Fête-Dieu

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