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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

il est vivant !

CIONCI RÉPOND À LA QUESTION DE VALLI : POURQUOI BENOÎT XVI AURAIT-IL DÉMISSIONNÉ INVALIDEMENT?

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #Porta fidei, #actualités


* 07.05.2021


Après l'article d'il y a quelques jours (traduit en quatre langues) sur un message sans équivoque de Benoît XVI identifié dans "Dernières conversations" (Seewald-Ratzinger 2016), de plus en plus de personnes sont convaincues que Ratzinger non seulement n'a jamais abdiqué, mais qu'en 2013 il a délibérément organisé une démission invalide, comme le soutient également la juriste Estefania Acosta dans son livre "Benoît XVI : pape émérite ?

 

 

(NDTR: On parlait de démission invalide depuis 2013, mais seulement l’année dernière, sur Libero, a été publiée la thèse du Frère Alexis Bugnolo qui montrait pour la première fois que les erreurs latines insérées dans la Déclaration de "démission » avaient été insérées par le pape, non pas par hasard, mais pour attirer l’attention sur une abdication qui n’a jamais eu lieu : ANDREA CIONCI: LE CAS ETRANGE DE LA RENONCIATION DE BXVI. UNE NOUVELLE EXPLICATION. Dès lors, il y a eu une émergence continue d’indices de plus en plus évidents et palpitants sur le fait que toute l’opération aurait pu être organisée à dessein par Ratzinger, une hypothèse qui a culminé dans le livre de la juriste Estefania Acosta, Benoît XVI : pape émérite?.)

 

L'ensemble de l'opération "Plan B" a été "reconstruit" (NDTR: traduction française ici) , en ordonnant des faits et des documents et, même ceux qui n'étaient pas convaincus, n'ont cependant pas été en mesure de le contester en apportant des arguments qui pourraient fournir une explication alternative aux faits rapportés. Et ceci, pour l'instant, constitue un problème auquel s'ajoute le fait que ni les démentis, ni - chose étrange à dire - les attaques personnelles qui sont une réaction typique dans ces cas, ne sont venus.  Mais nous sommes confiants.

Pour les observateurs intellectuellement honnêtes, une dernière hésitation demeure avant tout :

 

"Oui, d'accord, mais pourquoi Ratzinger aurait-il préparé tout cela ?".

 

Nous en avons parlé sur le blog Duc in Altum d'Aldo Maria Valli qui nous a gentiment accueillis. Honneur au collègue faisant autorité qui aborde au moins la question en permettant - espérons-le - un débat équitable dans lequel des arguments solides et opposés sont apportés.

 

En attendant, nous pourrions nous arrêter aux faits - qui sont suffisants et avancent - mais, cependant, nous pouvons déjà hasarder quelques hypothèses sur les raisons pour lesquelles Benoît XVI aurait donné au peuple catholique huit ans de vacances (au sens large du terme) avec une démission spécifiquement invalide.

 

Depuis au moins 2500 ans, un moment de grande crise est annoncé pour l'Église, avec une prise de pouvoir par des forces dites anti-christiques. Nous avons l'avènement d'un "berger idolâtre" (le prophète Zacharie dans l'Ancien Testament), d'un "faux prophète" (Apocalypse de saint Jean), d'une "fausse église extravagante" (la bienheureuse Katharina Emmerich), d'un "siège de l'Antéchrist à Rome" (Notre-Dame de la Salette), d'un "évêque vêtu de blanc" (Fatima), d'un "pape de l'église de propagande" (Fr. Julio Meinvielle), de "la fumée de Satan est entrée dans l'Eglise" (Paul VI), d'une "épreuve finale avec l'apostasie de l'intérieur" (Art. 675 du Catéchisme de 1992), d'une "Anti-Eglise et d'un anti-évangile" (St. Jean Paul II) de "Satan au sommet de l'Eglise" (Don Stefano Gobbi) ...

 

En bref, la possibilité d'un coup d'État anti-christique n'est certainement pas nouvelle et est connue dans l'Église depuis un certain temps. Nous signalons également le récent roman d'un prêtre, Don Sabino Decorato, qui s'intitule "GOLPE IN VATICAN". Ils ont écrit à ce sujet sur Stilum Curiae.

 

Donc nous voulons croire que le card. Ratzinger et Saint Jean-Paul II étaient restés inertes sans préparer un plan "B", une urgence ?

 

Déjà en 1983, ils ont élaboré (peut-être par anticipation ?) la diversification "hypnotique" entre munus et ministerium de la fonction papale : si efficace qu'aujourd'hui encore, même les experts, parfois, s'y perdent. Sur Libero, nous avons émis l'hypothèse qu'il pourrait s'agir d'un "mécanisme de miroir entre le vrai et le faux" inspiré par la vision dans le miroir de "l'évêque vêtu de blanc" des enfants bergers de Fatima.

 

Par conséquent, si l'on considère que les attaques (documentées) de la mafia de Saint-Gall provenaient de l'intérieur de l'Église, et si l'on suppose qu'elles étaient l'expression de ce qui a été prophétisé depuis 2000 ans, d'un point de vue stratégique, le meilleur système de réaction pour le pape Ratzinger ne pouvait certainement PAS être celui d'une CONTRAPOSITION FRONTALE ET ASYMÉTRIQUE. Peut-on imaginer - comme l'auraient voulu certains sédévacantistes - Benoît XVI en 2005, avec le monde entier qui le dépeint comme un pape sinistre, obscurantiste et rétrograde, décidé à faire pleuvoir les excommunications sur les modernistes, à suspendre par ci, à mettre dehors par là ? Absurde.

 

Cela aurait été un suicide politique : il n'aurait fait que renforcer la propagande de ses ennemis, à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église, se condamnant lui-même, mais aussi préparant, peut-être, en réaction, une succession légale avec un pape moderniste.

 

Lorsque Mgr Viganò identifie le Concile comme la racine de la dérive actuelle, il n'a pas tort et, certainement, en 2013, la métastase du modernisme néo-arien-luthérien, (avec une homosexualité du clergé désormais endémique) avait désormais atteint un état qui exigeait une décision drastique. Vatileaks avait même mis en évidence une guerre féroce entre les factions et avait même allégué des plans pour éliminer physiquement le Pape.

 

Lorsque le moment est arrivé, Benoît XVI a probablement tiré le "levier d'urgence" sans hésitation, volontairement, en toute bonne conscience.  La manière la plus intelligente, la plus efficace et la moins sanglante de réagir était celle d'une retraite (un mot qu'il utilise souvent), pas avant d'avoir "miné" le terrain d'invasion ennemi. Dans les études stratégiques, cela s'appellerait un "plan de déception" avec "retraite élastique" et "fausse cible". 

 

Il faut sortir d'une vision irénique et doucereuse d'une Église tout en roses et en fleurs : il y avait et il y a toujours un GUERRE féroce et totale. Et Benoît, malgré son apparence douce et fragile, s'est révélé être un super-combattant.

 

Ratzinger a nourri les loups qui l'assiégeaient du "L'APPÂT" du ministerium en leur faisant croire que cela équivalait à une abdication et, se retirant dans un rôle de prétendu pape émérite, il a préservé le munus, donnant aux forces ennemies au sein de l'Église un temps d'expérimentation, pour se révéler, afin que le peuple catholique puisse comprendre de près le vide et le contenu théologiquement destructeur du modernisme maçonnique asservi au globalisme. 

 

Les fidèles ont dû voir l'idole païenne trônant à Saint-Pierre, la "Madone métisse, secours des migrants", les bouleversements doctrinaux, les modifications politiquement correctes du missel, la rosée ésotérico-maçonnique dans la prière eucharistique, et mille autres inversions inouïes de la saine doctrine. 

 

L'Église, esclave du "monde", amie des avorteurs et des homosexualistes, devait être révélée, les catholiques devaient toucher le fond, comme le fils prodigue, ils devaient finir par "être des porcs" avant de prendre conscience et de revenir dans la maison ... du Pape.

 

En 2013 - si l'on s'en souvient - personne, parmi les intellectuels, les théologiens, les vaticanistes et les simples fidèles n'était aussi exaspéré, ni animé d'un "zèle héroïque". Personne n'aurait risqué sa carrière, des prêtres se seraient fait excommunier, comme don Minutella et don Bernasconi, pour n'en citer que quelques-uns, et des groupes de résistance se seraient coagulés comme dans une "nouvelle croisade des pauvres". Personne n'aurait compris la réalité et accepté les vérités de la foi catholique s'il n'avait pas été exaspéré, scandalisé, outragé, épuisé par le nouveau cours des choses.

 

Ratzinger savait comment les choses allaient se passer, et il avait tout sécurisé : sa démission n'était absolument pas valable et on le découvrirait au fur et à mesure que les différents Enzo Bianchi imploseraient d'eux-mêmes, que la " fausse Église " se noyait dans de féroces conflits internes, dans des scandales financiers et sexuels, dans des gaffes grotesques et des contradictions patentes.

 

Et la démission de Benoît serait à jamais invalide, même après sa mort. Un plan définitif pour séparer le bon grain de l'ivraie.

 

Risqué ? Pour l'instant - à l'heure où nous écrivons ces lignes - le plan a fonctionné, du moins dans sa première partie. Son jeu a été découvert, huit ans trop tard, mais la vérité - jusqu'ici incontestée et peut-être indiscutable - de certains faits fait le tour du monde. Et Benoît XVI est toujours vivant et lucide, mais précisément le problème subsistera même à son départ.  

 

Il est entendu que l'Eglise est sur le point d'être définitivement purifiée, au prix d'un SCHISME, cette fois-ci utile et nécessaire, aussi douloureux soit-il. Nous en avons parlé en février et, après avoir été assaillis de critiques, aujourd'hui personne ne parle d'autre chose. La différence, c'est qu'avant le schisme, on pouvait se mettre d'accord, aujourd'hui, avec la question de la bénédiction des couples homosexuels, on en est venu aux mains : mors tua, vita mea. Le dernier affrontement porterait précisément sur la sexualité et la famille, comme l'ont prédit divers mystiques.

 

 

Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre pour voir si ce sont les traditionalistes ou les modernistes qui quitteront l'Église (en tant que siège). 

 

Et le pivot de tout cela est, une fois de plus, l'invalidité de la démission de Benoît XVI.

 

Si Ratzinger ne démissionne pas, Bergoglio, ses cardinaux, ses théologiens, ses nominations, ses innovations doctrinales disparaîtront dans un souffle, comme la poussière dans le vent, "brûlés eschatologiquement" par le droit canonique. Ils formeront, tout au plus, une nouvelle "Église maçonnique", luthérienne et mondialiste, et rejoindront les protestants européens. Ils deviendront sans objet d'ici quelques années, comme toutes les églises protestantes.

 

Sinon, si personne n'aura la force de vérifier la démission, ce sera à l'Église romaine d'abandonner le siège, de quitter les cathédrales, les basiliques, les églises, les abbayes, les couvents et les palais, de reprendre au moins la foi, comme saint Athanase, de retourner dans les catacombes, comme l'a également prédit Ratzinger.

 

En tout cas, ce sera un schisme purificateur, à espérer, dira-t-on. En effet, nous sommes non seulement en présence de deux RELIGIONS DIFFÉRENTES, mais aussi complètement ANTI-THÉTIQUES qui ne peuvent plus coexister.

 

Maintenant, à ce stade, les évêques et les cardinaux ne devraient pas nécessairement faire un choix décisif de terrain, comme beaucoup l'invoquent. Ce n'est pas encore nécessaire. Il leur suffirait de demander une clarification, de manière neutre, une OPÉRATION DE VÉRITÉ sur la "démission" de Benoît XVI.

 

Si Bergoglio n'est pas le pape, il ne pourrait certainement pas excommunier un cardinal qui a demandé la vérification de l'abdication - ou de la renonciation - de Ratzinger, à moins qu'il ne sorte du bois.

 

Dans ce cas, se demander pourquoi Benoît XVI ne parle pas directement et spontanément n'a aucun sens : il ne serait pas libre, mais plutôt un "otage" de l'antagoniste.

 

Ce qu'il faut donc, pour dissiper toute ombre, c'est une CONFÉRENCE DE PRESSE PUBLIQUE de Benoît XVI avec des garanties médicales et de sécurité. Ou une confrontation publique entre canonistes, ou un synode avec des cardinaux nommés avant 2013. Une opération de transparence absolue et rigoureuse devrait être d'abord dans l'intérêt de Bergoglio, s'il est le vrai pape, et aussi de son successeur, étant donné que l'ombre de la renonciation de Benoît XVI assombrirait même un futur pontife.

 

Bien sûr, cette fois-ci, on ne peut pas s'en sortir avec les titres de Vatican News  avec des petites lettres rapportées par tel ou tel et jamais montrées dans l'original, ou en appelant l'habituel journaliste d'un quotidien pro-Bergoglio qui interprète à sa façon des paroles d'une ambivalence raffinée.

 

La vérité de l'opération devra être claire, nette, au-dessus de tout soupçon et définitive. Et ensuite, quand on aura compris quelle faction devra "faire ses valises", chacun ira droit devant soi, et tout le monde sera heureux.

 

L'histoire révélera de manière "darwinienne" laquelle des deux églises était la vraie.

 

*Dans la photo d'en-tête : Etude du portrait d'Innocent X par Francis Bacon - Portrait de Benoît XVI par Natalia Tsarkova


 

"Aucun pape n'a démissionné depuis 1000 ans...". Benoît XVI explique qu'il n'a jamais abdiqué

dominicanus #Benoit XVI, #actualités, #Il est vivant !, #Porta fidei
"Aucun pape n'a démissionné depuis 1000 ans...". Benoît XVI explique qu'il n'a jamais abdiqué

Si un pape n'abdique pas, il ne peut y avoir de nouveau conclave. Bergoglio serait invalide.

Nous n'aurions pas deux papes, mais un "demi-pape" : un pape sans exercice concret du pouvoir.

 

par Andrea Cionci, Libero Quotidiano, 4 mai 2021

Traduction autorisée du père Walter Covens

 

"Il n'y a qu'un seul pape", répète Benoît XVI depuis huit ans, sans jamais expliquer duquel il s'agit.

 

 

"Il n'y a qu'un seul pape", répète Benoît XVI depuis huit ans, sans jamais expliquer duquel il s'agit. Au sujet de sa démission qui fait débat, beaucoup demandent, avec impatience : "S'il est toujours le pape, pourquoi ne le dit-il pas ouvertement ?"

 

Peut-être ne le peut-il pas, mais nous avons repéré un texte où Ratzinger explique que, si avec la Declaratio de 2013 il a démissionné, renonçant à son "ministerium", ses fonctions pratiques, à l'inverse il n'a pas du tout abdiqué son "munus", le titre divin de pape. (Les mots sont importants : démissionner, c'est abandonner ses fonctions, abdiquer, c'est renoncer au titre de souverain).

 

Des "légalismes cléricaux" ennuyeux, comme le dit Bergoglio ? Non. Il s'agit d'un énorme problème - qui est soigneusement évité dans le débat public - car si un pape vivant n'abdique pas son munus en se dépouillant complètement, un autre conclave ne peut être convoqué. Toujours d'un point de vue théologique, le Saint-Esprit ne dirige pas l'élection du pape lors d'un conclave illégitime, ni ne l'assiste. Le "pape François" n'aurait donc jamais existé, il ne serait qu'un "évêque vêtu de blanc", comme dans le troisième secret de Fatima, et personne d'autre dans sa ligne de succession ne serait un vrai pape. Il vaut donc la peine de s'y intéresser.

 

Mais venons-en au document : à la page 26 de "Dernières conversations" (Fayard 2016), un livre-interview de Peter Seewald, le journaliste demande à Benoît XVI : " Avec vous, pour la première fois dans l'histoire de l'Église, un pontife dans l'exercice plein et effectif de ses fonctions a démissionné de son "office". Y avait-il un conflit intérieur autour de cette décision ?".

 

Réponse du pape Ratzinger : "Ce n'est pas si simple, bien sûr. Aucun pape n'a démissionné depuis mille ans et même au premier millénaire, c'était une exception : une telle décision doit donc être longuement réfléchie. Pour moi, cependant, cela semblait si évident qu'il n'y avait pas de conflit intérieur douloureux".

 

UNE AFFIRMATION ABSURDE, si l'on prend le mot "démission" dans le sens qu'il a dans le langage courant : au cours des mille dernières années (1016-2016), pas moins de quatre papes ont renoncé au trône (dont le célèbre Célestin V, en 1294) et, au cours du premier millénaire de la papauté (33-1033), il y en a eu six autres. Peut-être Ratzinger ne connaît-il pas bien l'histoire de l'Église ?

 

Sa phrase a, au contraire, un sens parfaitement cohérent si l'on comprend que "démissionner" du ministerium - comme l'a fait Ratzinger - ne signifie pas du tout "abdiquer" le munus. Cela peut même être le contraire. La distinction - vaguement (et peut-être intentionnellement) hypnotique ICI - entre munus et ministerium a été formalisée au niveau canonique en 1983, mais il est utile à Benoît XVI de faire passer un message très clair : lui, en effet, ne nous parle pas des papes qui ont abdiqué, mais de ceux qui ont démissionné comme lui, c'est-à-dire ceux qui ont perdu le ministerium, les fonctions, SANS ABDIQUER.

 

Tout concorde : l'"exception" du premier millénaire dont parle Ratzinger est celle de BENOÎT VIII, connu sous le nom de THÉOPHYLACTE DE TUSCULUM qui, évincé en 1012 par l'antipape Grégoire VI, en fuite, dut renoncer au ministerium pendant quelques mois, mais ne perdit pas du tout le munus de pape, au point d'être ensuite rétabli sur le trône par le saint empereur Henri II. Au cours du deuxième millénaire, cependant, aucun pape n'a jamais renoncé au seul ministerium, tandis que quatre pontifes ont, au contraire, abdiqué, renonçant au munus.

 

Consulté sur la question historique, le professeur Francesco Mores, professeur d'histoire de l'Église à l'université de Milan, confirme : "Il y a bien cette différence entre le premier et le deuxième millénaire. La jonction décisive est la réforme "grégorienne" (de 1073). Bien qu'en conflit avec les pouvoirs séculiers, les papes du deuxième millénaire ont toujours maintenu un minimum d'exercice pratique de leur pouvoir (c'est pourquoi ils n'ont pas renoncé au ministerium (note de l'éd.), à la différence de très rares cas dans le premier millénaire : Pontien, Silvère, mais surtout Benoît VIII".

 

Benoît XVI nous dit clairement qu'il a dû renoncer au ministerium comme son ancien prédécesseur homonyme et qu'aucun d'eux n'a jamais abdiqué le munus.

 

Si ce n'était pas le cas, comment Ratzinger pourrait-il affirmer qu'en démissionnant comme il l'a fait, aucun pape n'a démissionné au cours du deuxième millénaire et qu'au cours du premier millénaire, il s'agissait d'une exception ?

Aucune échappatoire.

 

 

Une autre confirmation vient de l'autre livre d'entretiens de Seewald, "Ein Leben", où, à la page 1204, Benoît XVI prend ses distances avec Célestin V, qui a légalement abdiqué au cours du deuxième millénaire (1294) : "La situation de Célestin V était extrêmement particulière et ne pouvait en aucun cas être invoquée comme (mon) précédent".

 

Toujours dans Ein Leben, le mot "abdication" apparaît huit fois - neuf dans l'édition allemande ("Abdankung") - et ne fait jamais référence à Ratzinger, mais uniquement aux papes qui ont abdiqué pour de bon, comme Célestin, ou qui ont voulu le faire sérieusement, comme Pie XII pour échapper aux nazis. Pour Ratzinger, en revanche, il n'est question que de démission ("Rücktritt").

 

Aujourd'hui, nous n'aurions donc pas "deux papes", mais un "demi" pape : seulement Benoît XVI, dépourvu de pouvoir pratique. C'est pourquoi il continue à porter du blanc (mais sans la mozzetta), à se signer P.P. (Pontifex Pontificum), à vivre au Vatican et à jouir inexplicablement d'autres prérogatives pontificales. Y a-t-il d'autres explications ?

 

La question ne peut pas passer à la trappe : 1,285 milliard de catholiques ont le droit de savoir qui est le pape. ICI Peut-être une conférence de presse du pape Benoît, par exemple, ou un synode avec une discussion publique entre les évêques et les cardinaux nommés avant 2013 : la clarification - de manière absolument transparente - ne peut plus être différée.

    

***

 

APPROFONDISSEMENT

 

(Le paragraphe suivant, tiré du blog Stilum Curiae du vaticaniste renommé Marco Tosatti ICI est réservé à ceux qui veulent reconstruire avec plus de détails, mais la lecture peut aussi se poursuivre directement en allant au dernier "aparté" sur les prophéties de la bienheureuse Katharina Emmerich).

 

Répondant à Seewald, à propos de la démission de sa charge, Ratzinger précise aussitôt, en effet : "Ce n'est pas si "simple"", c'est-à-dire que "la charge papale n'est pas "d'un seul tenant"" car en 1983, la distinction a été faite, en droit canonique, entre munus et ministerium, c'est-à-dire entre titre divin et exercice pratique. Certains canonistes bergogliens prétendent que Benoît XVI a démissionné parce que le ministerium et le munus sont inséparables. Bien sûr : ceux-ci ne sont inséparables qu'en tant que " droit initial " du pontife, en ce sens qu'un pape nouvellement élu a, en plus du titre, par nécessité, le droit d'exercer aussi le ministerium, le pouvoir pratique. Cependant, les deux entités ne sont pas équivalentes, ni inséparables, étant donné que si un pape renonce au munus il perd évidemment aussi le ministerium, et vice versa il peut très bien renoncer au ministerium tout en gardant le munus et en restant pape.

 

Un exemple ? Un nouveau père a certes le droit inaliénable d'éduquer son fils, mais s'il ne peut le faire pour diverses raisons, il peut déléguer cette tâche à d'autres. Mais il reste toujours le père.

 

Ratzinger lui-même dans "Dernières conversations" à la page 33 cite l'exemple : "Même un père cesse d'agir comme un père. Il ne cesse pas de l'être, mais il quitte les responsabilités concrètes. Il continue à être un père dans un sens plus profond, plus intime, avec une relation et une responsabilité particulières, mais sans les tâches d'un père".

 

Revenons à la référence historique et nous verrons que les comptes s'additionnent.

 

Ratzinger a ensuite résumé dans sa phrase comment aucun pape n'a abandonné le ministerium (restant ainsi pape à toutes fins utiles) en mille ans (entre 1016 et 2016) alors que, dans le premier millénaire (33-1033), c'était une exception. C'est vrai. Il renonce au ministerium seul comme ces quelques papes du premier millénaire, la différence étant qu'il le fait volontairement. La propre question de M. Seewald le précise : "Avec vous, pour la première fois dans l'histoire de l'Église, un pontife dans l'exercice plein et effectif de ses fonctions a démissionné de sa charge".

 

Et voici l'explication complète du professeur Francesco Mores, professeur d'histoire de l'Église à l'université de Milan : "Il y a effectivement cette différence entre le premier et le deuxième millénaire concernant le fonctionnement de l'institution papale. La jonction décisive est la réforme du XIe siècle, que nous appelons aussi "grégorienne" (par le pape Grégoire VII, évêque de l'Église de Rome de 1073 à 1085) : un renforcement dans un sens hiérarchique du rôle du pape. Avec l'institution d'une première forme de "clergé cardinal", à partir de 1059, les papes ont pu structurer et contrôler certains offices, grâce aussi à la création d'une hiérarchie officielle. Bien qu'en conflit avec les pouvoirs séculiers, les évêques de l'Église de Rome ont toujours maintenu un minimum d'exercice pratique de leur pouvoir, à l'exception de très rares cas au cours du premier millénaire : ceux des papes Pontien et Silvère - qui furent peut-être déposés à l'initiative du pouvoir impérial - et du pape Benoît VIII, qui fut soutenu par Henri II contre l'" antipape " Grégoire, soutenu par la famille romaine des Crescenzi. Élu peut-être en 1012, Benoît VIII ne se trouve pas par hasard au seuil de la transformation de l'institution papale qui s'est produite entre le premier et le deuxième millénaire".

 

En guise de confirmation supplémentaire, le médiéviste Roberto Rusconi écrit dans son livre " Il Gran rifiuto " (Morcelliana 2013) : " Dans les premiers siècles, les renonciations des papes étaient provoquées de manière forcée dans le contexte de la persécution impériale [...] Il s'agissait parfois de renonciations explicites, parfois de suppressions de facto ".

 

Le professeur Agostino Paravicini Baragliani, l'un des plus grands spécialistes de la papauté, ajoute : "[Pour les papes à partir de 1016] il ne me semble pas que le problème de la perte de leur fonction puisse être posé, certainement pas pour les papes qui ont été victorieux".

 

La déclaration de Benoît XVI n'est donc parfaitement correcte que si l'on comprend sa "démission" comme une renonciation au ministerium, sans abdication du munus, comme il l'a en fait écrit dans la Declaratio.

 

Et nous en arrivons à ces "exceptions" de papes qui ont "démissionné" comme Benoît XVI : le pape Pontien (?-235), qui fut déporté en Sardaigne et renonça pendant quelques mois au ministère avant d'abdiquer spontanément et légalement, abandonnant la fonction. Le pape Silvère, (480-537), déporté dans l'île de Patare, qui fut privé du ministerium du 11 mars au 11 novembre 537, jusqu'à ce qu'il abdique volontairement. Le cas le plus significatif concerne un autre Benoît VIII, né Théophylacte II des comtes de Tusculum

 

En 1012, il fut évincé par l'antipape Grégoire VI et contraint de fuir Rome, laissant le ministerium aux mains de son adversaire pendant quelques mois, jusqu'à ce que le saint empereur Henri II fasse justice en évinçant l'antipape Grégoire et en le réinstallant sur le trône de Pierre. Benoît VIII est donc resté TOUJOURS LE PAPE, et s'il a été contraint pendant quelques mois d'abandonner le ministère, il n'a jamais abdiqué.

 

 

En conclusion

Avec sa réponse à Seewald, Benoît XVI a mis noir sur blanc, avec une référence historique sans équivoque, bien que liée à une distinctio de 1983, qu'il a annoncé qu'il renonce au seul ministerium et que, n'ayant pas abdiqué, il est toujours le seul et unique pape. C'est pourquoi il ne cesse de dire qu'il n'y a qu'un seul pape sans expliquer lequel.

 

S'il avait démissionné dans le sens d'"abdiquer", Ratzinger n'aurait jamais pu affirmer que "dans les mille dernières années, aucun pape n'a démissionné", puisqu'il existe le cas bien connu du refus de Célestin V (1294). Et voici, en effet, comme preuve supplémentaire, ce que Ratzinger déclare dans le livre d'entretiens "Ein Leben" de Peter Seewald (2020).

 

Question de Seewald : "En 2009, vous vous êtes rendu sur la tombe du pape Célestin V, le seul pape avant vous à avoir démissionné ; aujourd'hui encore, on s'interroge sur la signification de cette visite. Qu'y avait-il derrière ?"

 

Réponse de Benoît XVI : "La visite à la tombe du pape Célestin V a été en fait un événement fortuit ; de toute façon, j'étais bien conscient du fait que la situation de Célestin V était extrêmement particulière et ne pouvait donc en aucun cas être invoquée comme un précédent".

 

Célestin abdique en effet en écrivant : "... j'abandonne librement et spontanément le pontificat et renonce expressément au trône, à la dignité, à la charge et à l'honneur qu'il comporte".

 

Au lieu de cela, Ratzinger a déclaré "renoncer au ministère(ium) d'évêque de Rome". Ainsi, il conserve la robe blanche et diverses autres prérogatives pontificales car il n'a jamais abdiqué.

 

 

Une dernière considération

En marge, une note à prendre sous bénéfice d'inventaire toujours nécessaire lorsqu'on parle de prophéties, mais aussi de saints et de mystiques reconnus par l'Église. Le langage imagé de ces messages ne se prête pas à des interprétations littérales, mais on ne peut manquer de noter comment dans les prophéties de la mystique Katharina Emmerich, béatifiée par Jean-Paul II, il y a des références qui peuvent être adaptées à l'histoire et à la figure du pape Benoît VIII de Tusculum, dont la "redécouverte", comme nous l'avons vu, pourrait avoir des conséquences perturbatrices.

 

Emmerich note : "J'ai eu une vision du saint empereur Henri II. Je l'ai vu la nuit, seul, à genoux au pied du maître-autel d'une grande et belle église... et j'ai vu la Sainte Vierge descendre seule. Elle étendit sur l'autel une nappe rouge recouverte de lin blanc, plaça un livre incrusté de pierres précieuses et alluma les cierges et la lampe perpétuelle".

 

La mystique fait également référence à une sorte de grand pontife qui viendra remettre les choses en ordre dans l'Église : "J'ai vu un nouveau pape qui sera très strict. Il s'aliénera les évêques froids et tièdes. Il n'est pas romain, mais il est italien. Il vient d'un endroit qui n'est pas loin de Rome, et je crois qu'il vient d'une famille pieuse de sang royal. Mais pendant un certain temps encore, il y aura beaucoup de conflits et d'agitation." (27 janvier 1822).

 

La figure d'un pape fort et sauveur se retrouve également dans le message de Notre Dame du Bon Succès, reconnu par l'Eglise, (apparition de 1594 à Quito). "Nombreux seront les facteurs qui coopéreront à la vengeance de Marie et à la restauration de l'Église et de la chrétienté, mais un seul, décisif, est énoncé par la Vierge : le rôle qu'aura un homme privilégié, un "grand prélat".

 

Or, c'est l'empereur Henri II qui a remis sur le trône le vrai pape Benoît VIII, Théophylacte des comtes de Tusculum, seigneurs féodaux de Tusculum, à quelques kilomètres de Rome.

 

Théophylacte était un descendant d'un autre pape, Jean XII de Tusculum, et était apparenté à Hugues de Provence, roi d'Italie de 926 à 947 : peut-être était-il donc de sang "royal" ?

 

Benoît VIII fut un pape très ferme : il s'engagea dans la mer Tyrrhénienne contre les Sarrasins, soutint les révoltes anti-byzantines en Italie du Sud, condamna la simonie et... réaffirma le célibat du clergé. Cela vous semble familier ?

 

On pourrait aussi fantasmer que Notre-Dame arrivant "dans la nuit de l'Église" pour répondre aux prières d'Henri II veuille montrer un cardinal abusivement vêtu de blanc, (le tissu rouge couvert par le lin blanc) et que le livre précieux soit le Code de droit canonique et la lampe, la lumière de la raison ou de la dévotion pour un pape défunt.

 

L'"arrivée" de ce "grand prélat salvateur" serait-elle donc dans la redécouverte de cette référence nodale à Benoît VIII ? D'autres prophéties font référence à une église qui, comme un aigle aux yeux bandés et ligotés, attend d'être libérée pour prendre son envol. Et dans les armoiries de Benoît VIII, on trouve justement un aigle (l'animal de Saint Jean) noir sur un champ d'or.

 

Après tout, vous semble-t-il réaliste que dans les prochaines années, un évêque de sang royal puisse émerger de Bracciano, Marino, Monteporzio ou d'une autre ville proche de Rome ?

 

Évidemment, ce ne sont que des suppositions, et il ne pourrait en être autrement s'agissant des prophéties. Certes, la redécouverte du cas exceptionnel du pape Benoît VIII évoqué par Ratzinger pourrait générer une série de phénomènes en chaîne. Si le grand prélat est Théophylacte, l'histoire nous le dira.

 

Traduction anglaise : https://www.fromrome.info/2021/05/04/pope-benedict-xvi-i-have-not-abdicated/

Traduction espagnole : https://katejon.com.br/.../2021/05/4_5805264602581175211.pdf

Traduction portugaise : https://katejon.com.br/wordpress/?p=1849

Marthe Robin - Pauvre évêque, pauvres prêtres...

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Marthe Robin - Pauvre évêque, pauvres prêtres...

Lu dans Vénérable Marthe Robin - des témoins réagissent et parlent (p. 115) :

 

"notre pauvre Mgr (Pic) qui part quelquefois trop vite, sans assez réfléchir, quitte après à tout briser, le vrai avec le faux". Elle m'en parle au sujet de certains prêtres. Pourquoi vouloir faire nombre? En prenant n'importe qui, on aboutit à scandaliser les paroisses. S'ils ont cru être appelés, c'est un effet de leur imagination. Le bon Dieu n'appelle pas les anormaux. Il fallait les écarter. C'est grave, ça. Le bon Dieu est bon, mais il ne peut pas permettre qu'on rabaisse le sacerdoce. Et puis les prêtres sont trop isolés, trop seuls. L'Évêque ne devrait pas se disperser à s'occuper des fidèles, à perdre de longues heures avec les gens qui viennent le voir. Il devrait s'occuper surtout de ses prêtres, les former, les guider, les aider, leur donner des récollections. C'est eux qui atteindraient les fidèles, et les sanctifieraient beaucoup plus s'ils étaient davantage formés par leur évêque...

Père Xavier Malle, L'Immaculée Conception, Marthe Robin, les enfants et la prière pour la France

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Père Xavier Malle, L'Immaculée Conception, Marthe Robin, les enfants et la prière pour la France

Le 8 décembre 1947, fête de l’Immaculée Conception, dans la Drôme, le Père Finet entre dans la chambre de Marthe Robin vers 9h du matin et lui dit :« La France est foutue ! ». Marthe répond : « Non, Père, la Sainte Vierge va apparaître et demander la prière des petits enfants. » Ce même jour, à L’Ile-Bouchard, petit village de Touraine, un peu avant 13h, quatre petites filles entrent pour prier dans l’église paroissiale, sur la recommandation de leur maitresse. Elles témoigneront ensuite avoir vu « une belle Dame », qui leur a demandé de prier pour la France alors en grand danger et a promis du bonheur dans les familles. La demande de la prière pour la France et la promesse de bonheur dans les familles sont intimement liées et d’une brûlante actualité.

 

La Belle Dame confie à quatre jeunes enfants une question d’adulte : la situation de la France, à la veille d’une guerre civile. Elle va y revenir à quatre reprises pendant toute la semaine des évènements du 8 au 14 décembre 1947. Dès sa seconde manifestation, et ce sont ses premiers mots : « Dites aux petits enfants de prier pour la France qui en a grand besoin. » La quatrième fois, le mardi 9 à 13h, Marie réitère sa demande, sous une formulation légèrement différente : « Priez pour la France qui, ces jours-ci, est en grand danger. » Les enfants vont faire ce que la Belle Dame leur demande : inviter leurs amies de l’école à prier pour la France, et participer elles-mêmes à cette prière.

Est-il légitime de confier à la prière de petits enfants des questions de « grandes personnes » ? Demandez-vous à vos enfants de prier pour que papa ou maman retrouve un travail ? Pour dénicher la maison ou l’appartement dont vous avez besoin pour accueillir bébé à naître ? Bien sûr et vous avez raison !

- Il y a une pureté dans la demande des enfants, sans arrières pensées : ils prient pour leur pays, simplement, comme ils prient pour leur famille. C’est bien de cela qu’il s’agit ; notre pays est notre famille élargie.

- Il y a une foi spontanée dans leur prière. Ils ne doutent pas d’obtenir ce qu’ils demandent. Et effectivement la France a été sauvée : l’ordre de reprise du travail a été donné dès le mardi, sans qu’aujourd’hui encore on puisse en donner d’explication satisfaisante.

-Il y a une puissance de la prière des enfants sur le cœur de Dieu : « si vous ne redevenez comme ces petits enfants… » (Mt 18,3)

D’autant qu’en réalité, cette question de grandes personnes les regarde. C’était bien de leur avenir dont il s’agissait !

Comme en 1947, pense-t-on à demander plus particulièrement aux petits enfants de prier pour notre pays ? Pour allier les deux aspects évoqués au début, je vous propose de prier avec les petits enfants trois Je vous salue Marie pour les familles de France : un pour les papas, un pour les mamans et un pour les enfants.

Père Xavier Malle, L'Immaculée Conception, Marthe Robin, les enfants et la prière pour la France

Livre bleu du Mouvement Sacerdotal Marial Message - 83 Soyez dans la joie

dominicanus #actualités, #Il est vivant !
Livre bleu du Mouvement Sacerdotal Marial Message - 83 Soyez dans la joie

Chers amis lecteurs,

 

Dimanche dernier, quatrième dimanche de Carême, l'antienne de la messe d'ouverture nous exhortait à être dans la joie: "Réjouissez-vous avec Jérusalem". C'est la raison pour laquelle ce dimanche est appelé Laetare, premier mot de l'introït grégorien. 

 

Et demain, 25 mars, nous célébrons le mystère de l'Annonciation, premier mystère joyeux du Rosaire.

 

Il me semble que dans les temps de battage médiatique autour du coronavirus (COVID-19), cette double invitation revêt un caractère éminemment prophétique.

 

Je vous propose dans ce contexte de méditer la locution reçue par Don Gobbi le 18 Octobre 1975 Fête de St Luc, évangéliste, intitulée: SOYEZ DANS LA JOIE. C'est la dernière locution commentée par Don Gobbi avant de mourir, et dans son commentaire il avait dit que c'était le résumé de tous les messages.

 

Je fais partie du Mouvement Sacerdotal Marial depuis le 8 décembre 1975. Je venais de commencer ma formation préparatoire au sacerdoce. C'est donc avec une joie non dissimulée que je vous invite à méditer ce message.

 

***

 

18 Octobre 1975 Fête de St Luc, évangéliste


a « Je t'ai choisi, mon fils, pour cette simple raison : parce que tu es le plus pauvre, le plus petit, le plus limité, humainement le plus dépourvu.
b Je t'ai choisi parce que, dans ta vie, mon Adversaire avait désormais réussi à chanter victoire ; Dans ton existence, Je t'ai fait vivre comme une anticipation de tout ce que Je ferai Moi­-même au moment de mon plus grand triomphe.
c Un jour, mon Adversaire croira pouvoir chanter sa victoire totale : sur le monde, sur l'Église, sur les âmes.
d C'est alors seulement que J'interviendrai — terrible et victorieuse — afin que sa défaite soit d'autant plus grande que plus assurée aura été sa certitude d'avoir vaincu pour toujours.
e Ce qui se prépare est tellement grand qu'il n'y a jamais eu rien de tel depuis la création du monde : c'est pourquoi tout a déjà été prédit dans la Bible.
f Celle­-ci a déjà annoncé la lutte terrible entre Moi — « la Femme revêtue du soleil » — et le Dragon rouge, Satan, qui réussit à séduire beaucoup de monde même par l'erreur de l'athéisme marxiste. Elle a également annoncé la lutte des anges et de mes enfants, contre les partisans du Dragon, conduits par les anges rebelles. Elle a surtout clairement annoncé ma victoire complète.
g Vous, mes fils, vous êtes appelés à vivre ces événements.
h C'est le moment où vous devez savoir cela pour vous préparer à la bataille en connaissance de cause. Il est temps que Je commence à vous révéler une partie de mon plan.
i Avant tout, il est nécessaire que mon Ennemi ait l'impression d'avoir tout conquis, d'avoir désormais toute chose en ses mains. C'est pourquoi il lui sera permis de s'introduire à l'intérieur de mon Église et il réussira à obscurcir le sanctuaire de Dieu. Il moissonnera les victimes les plus nombreuses parmi les ministres du sanctuaire.
j Ce sera en effet le moment des grandes chutes pour mes fils de prédilection, pour mes Prêtres.
k Satan tendra aux uns l'embûche de l'orgueil, à d'autres celle de la passion de la chair, à d'autres celle du doute ou de l'incrédulité, à


(107 sur 1174)

 

d'autres encore celles du découragement et de la solitude.
l Combien alors douteront de mon Fils et de Moi et croiront que c'est la fin de mon Église !
m Prêtres consacrés à mon Cœur Immaculé, mes fils chéris que Je suis en train de rassembler pour cet
te grande bataille : la première arme que vous devez utiliser, c'est la confiance en Moi, c'est votre abandon le plus complet.
n Surmontez la tentation de la peur, du découragement, de la tristesse. Le découragement paralyse vos activités et cela favorise mon Adversaire.
o Soyez sereins, soyez dans la joie.
p Ce n'est pas la fin pour mon Église ; mais c'est le début de son total et merveilleux renouvellement qui se prépare.
q Le Vicaire de mon Fils, par un don venu de Moi, arrive déjà à l'entrevoir et, même dans la tristesse du moment présent, il vous invite à être dans la joie.
r Dans la joie ? Me demanderez­-vous, étonnés.
s Oui, mes enfants, dans la joie de mon Cœur Immaculé qui vous enclôt tous. Mon Cœur de Maman sera pour vous le lieu de votre paix, alors qu'au dehors, se déchaînera la plus grande tempête.
t Même si vous avez été blessés, même si vous êtes souvent tombés, même si vous avez douté, même si, à certains moments, vous avez trahi, ne vous découragez pas, parce que Je vous aime.
u Mon amour pour vous sera d'autant plus grand que mon Adversaire se sera davantage acharné sur vous.
v Je suis Maman, mes enfants, et Je vous aime davantage, parce que vous m'avez été arrachés.
w Et ma joie est de faire de chacun de vous, Prêtres chéris de mon Cœur Immaculé, des fils tellement purifiés et fortifiés qu'à l'avenir, plus personne ne réussisse à vous arracher à l'Amour de mon Fils Jésus.
x Je ferai de vous des copies vivantes de mon Fils Jésus.
y Soyez donc heureux, soyez confiants, soyez totalement abandonnés à Moi. Soyez toujours en prière avec Moi.
z L'arme que J'utiliserai, mes enfants, pour combattre et pour gagner cette bataille sera votre prière et votre souffrance.
A Alors, vous serez, vous aussi, oui, sur la Croix, avec Moi et avec mon Fils Jésus, auprès de sa Maman et la vôtre. (...) »

 

***

 

Vous pouvez télécharger l'intégralité des messages au format PDF ici :

 

Des pasteurs luthériens interpelés par Lourdes

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Des pasteurs luthériens interpelés par Lourdes

Un groupe de théologiens luthériens de l'Allemagne de l'Est a publié en 1971 un manifeste qui contient des lignes d'une émouvante loyauté : 

 

“Le culte de la Vierge Marie, qui remonte aux premiers temps du Christianisme et qui n’a jamais cessé dans l’Eglise Catholique, a connu un grand essor après les révélations de Lourdes et de Fatima.

Ces apparitions eurent une résonance mondiale et leur influence atteignit son point culminant dans l’année mariale proclamée par Pie XII.

A Lourdes, à Fatima et en d’autres sanctuaires mariaux, la critique impartiale se trouve en présence de faits surnaturels qui ont une relation intime avec la Vierge Marie, soit à cause des apparitions, soit à cause des grâces miraculeuses demandées et obtenues par son intercession. Ce sont là des faits qui défient toute explication naturelle.

Nous savons, ou du moins nous devrions savoir, que les guérisons de Lourdes et de Fatima sont examinées avec une rigueur toute scientifique par des médecins qui ne sont pas tous catholiques. Nous savons aussi que l’Eglise catholique laisse passer un laps de temps considérable avant de déclarer miraculeuse une guérison.

Jusqu’à présent, 1200 guérisons opérées à Lourdes ont été reconnues par les médecins comme scientifiquement inexplicables. Mais l’Eglise catholique n’en a déclaré miraculeuse qu’une soixantaine.

Durant 30 ans, 11000 médecins sont passés par Lourdes. Tous les médecins ont libre accès au Bureau des Constatations Médicales, sans différence de religion ou d’opinions scientifiques. Une guérison miraculeuse possède donc la plus grande garantie possible.

Quel est le sens profond de ces faits miraculeux dans le plan de Dieu? Il semble qu’à travers ces faits Dieu veuille répondre d’une manière radicale à l’incrédulité moderne. Comment un incrédule, devant ces faits, pourrait-il persévérer de bonne foi dans son incrédulité? Un chrétien évangélique aurait-il le droit d’ignorer ces réalités pour la seule raison qu’elles se présentent dans l’Eglise catholique et non dans sa propre communauté religieuse? Ces faits ne devraient-ils pas plutôt nous porter à ramener la Mère de Dieu dans l’Eglise évangélique ?

Dieu seul peut disposer que Marie parle au monde par le moyen d’apparitions. … Tous ces faits ne sont-ils pas une preuve irrécusable du rôle décisif que Marie est appelée à jouer aujourd’hui pour notre salut ? …

C’est donc un devoir impérieux pour les chefs de l’Eglise luthérienne et pour les autres communautés chrétiennes d’examiner ces faits et de prendre position en toute objectivité. Ce devoir s’impose d’autant plus que la Mère de Dieu n’a pas été écartée de l’Eglise Réformée, mais qu’Elle a été chassée seulement après la guerre de Trente Ans et à l’époque des philosophes libres penseurs du milieu du XVIIIe siècle. En étouffant dans les coeurs évangéliques le culte de la Madone, ils ont détruit les sentiments les plus délicats de la piété chrétienne.

Dans son Magnificat, Marie déclare que toutes les générations la proclameront bienheureuse jusqu’à la fin des temps. Nous voyons cette prophétie s’accomplir dans l’Eglise catholique, en nos jours malheureux, avec plus de force que jamais. Dans l’Eglise évangélique, cette prophétie est tombée dans un oubli si complet qu’à peine en trouve-t-on quelque trace.”

Des pasteurs luthériens interpelés par Lourdes

Merci Benoît XVI

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Congrégation pour le Clergé, Lettre aux Prêtres pour le début du Carême 2013

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Chers prêtres

 

Le Carême est un temps de grâce durant lequel l'Église invite tous ses enfants à se préparer à mieux comprendre et recevoir la signification et les fruits du sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ dans le mystère de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection: « L'esprit du Seigneur Dieu est sur moi car le Seigneur m'a oint. Il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, panser les cœurs meurtris; annoncer la liberté aux esclaves et la délivrance aux prisonniers; annoncer une année de grâce de la part du Seigneur» (Is 61, 1-2). "Temps de grâce", c'est le temps dans lequel Dieu le Père, dans son infinie miséricorde, répand sur tous les hommes de bonne volonté, par le moyen du Saint-Esprit, tous les bienfaits spirituels et matériels utiles pour progresser encore sur le chemin de perfection chrétienne. Ce chemin est tension vers une assimilation totale et complète au Fils: « Et nous savons qu'avec ceux qui l'aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu'il a appelés selon son dessein. Car ceux que d'avance il a discernés, il les a aussi prédestinés à être conformes à l'image de son Fils » (Rm 8, 28-29). Pour que ce soit possible, Il veut Lui-même établir sa demeure dans notre vie. Il désire encore plus que notre personne se transfigure au point que, pourrions-nous dire, celui qui nous voit, doit pouvoir découvrir – dans notre pensée, dans notre action – les traits de Jésus: « Je suis crucifié avec le Christ; et si je vis, ce n'est plus moi, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré pour moi. Je n'annule pas le don de Dieu» (Ga 2, 19-21).

 

L'épisode du baptême dans le Jourdain (Mt 3, 13-17; Mc 1, 9-11; Lc 3, 21-22; Jn 1, 29-32) suivi de l'expérience des quarante jours dans le désert « pour être tenté par le diable » (Mt 4, 1), nous invite à penser que, pour marcher avec sécurité sur la voie de la sainteté et pour faire fructifier les trésors de grâce que nous a offerts l'Esprit, nous devons conquérir une réceptivité et une fertilité qui n'est pas déjà donnée. Au contraire, elle est en permanence menacée par la blessure du péché, elle doit être conquise jour par jour. Faire pénitence ne nous conquiert donc pas en soi le salut, mais c’est de toute façon une condition indispensable pour l'obtenir: « Tu n’as pas besoin de notre louange, mais, par un don de ton amour, tu nous appelles à te rendre grâce ; nos hymnes de bénédiction n’accroissent pas ta grandeur, mais nous obtiennent la grâce qui nous sauve, par le Christ notre Seigneur » (Missel Romain, Préface commune IV). Dieu lui-même contribue, à travers les difficultés de l'existence humaine (que, volontairement, il n'a pas entendu épargner à son Fils bien-aimé), à la purification nécessaire de notre pensée, de notre volonté et de notre action en vue d'un bien supérieur pour nous: « Je suis le vrai cep et mon Père est le vigneron. Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il le coupe, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il en porte encore plus » (Jn 15,1).

 

Tout cela doit, pour un ministre de Dieu, assumer une importance tout à fait particulière. Et non pas seulement parce que le prêtre doit simplement "donner le bon exemple" – « Moi donc je cours ainsi : je ne vais pas à l’aveuglette; et je boxe ainsi : je ne frappe pas dans le vide. Mais je traite durement mon corps et le tiens assujetti, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé » (1Co 9, 26-27) – mais aussi pour une raison théologique et surnaturelle beaucoup plus profonde. Le prêtre en effet n’est pas seulement appelé à administrer la grâce divine et à perpétuer dans le temps la mission du Christ, dans l'attente de sa venue. Il n'est pas un simple fonctionnaire du sacré. Malgré ses faiblesses, il est plus encore appelé, comme il ressort du célèbre passage déjà cité de l'épître aux Galates, à revivre dans son être, dans sa chair et dans son sang, l'être même du Christ qui se fait agneau immolé, victime d'amour.

 

De façon erronée, il peut sembler réducteur à certains de dire que ce qui connote plus que tout le prêtre, c'est la célébration de la Messe. Ce n'est pas là, certes, sa seule activité, mais on peut certainement dire que c'est la seule à travers laquelle le mystère du prêtre-autre Christ, qui à la fois immole et s'immole, est signifié et, en même temps, réalisé de la manière la plus haute et la plus efficace. La puissance du sacrement de l'Eucharistie transforme en effet l'Église à l'image de son Époux, à commencer par ceux qui, les premiers sont, de cet Époux, figure et Mystère, signe et Réalité. C'est pourquoi nous pouvons bien dire que la grandeur du prêtre est entièrement là. Et non dans la profondeur de sa culture, non dans son habileté pastorale, ni dans son esprit de piété, toutes choses nécessaires et qui imposent une préparation et un soin qui n'admettent aucune sorte de médiocrité. Mais rien de tout cela n'est comparable au fait d'être une mystérieuse participation au sacrifice du Christ. Cette participation, donc, vit, avant encore que dans l'action, dans l'être du ministre. Il s'ensuit que la célébration de la Messe, pour un prêtre, ne peut être comprise seulement comme une pratique de louange, de remerciement, d'intercession et d'expiation, à la manière d’un temps de prière quelconque ou de n'importe quelle pratique pénitentielle. Elle est, en tout et pour tout, la vie et la raison d'être du sacerdoce chrétien, la véritable "respiration" de tous ceux qui, à travers le sacrement de l'Ordre sacré, sont indissolublement et éternellement unis à Celui qui s'est fait don d'amour jusqu'à l'épuisement de ses forces: « Le Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces » (1P 2, 21).

 

Puisse donc ce temps de Carême être pour chaque prêtre un temps de pénitence et de purification, de miséricorde donnée et reçue, mais, plus encore, de redécouverte, dans la célébration quotidienne, de la valeur de l'Eucharistie et de son rapport avec elle, cette mystérieuse présence du mystère du Dieu Amour, source de vie pour lui et pour ses frères. Que Marie, Femme eucharistique parce que parfaite disciple de l'amour qui se fait sacrifice, nous aide à comprendre l'inestimable don qui nous a été fait, et à le vivre, à son exemple et sous sa protection, avec humilité, intensité et fidélité.

 

MAURO CARD. PIACENZA

 

Benoît XVI, Réseaux sociaux : portes de vérité et de foi ; nouveaux espaces pour l’évangélisation (Message pour la 47° Journée mondiale des Communications Sociales)

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Chers frères et sœurs,

À l’approche de la Journée mondiale des Communications sociales de 2013, je voudrais proposer quelques réflexions sur une réalité toujours plus importante concernant la manière dont les personnes communiquent entre elles aujourd'hui. Je voudrais examiner le développement des réseaux sociaux numériques qui contribuent à mettre en évidence une nouvelle « agora », un espace public ouvert où les personnes partagent des idées, des informations, des opinions, et où peuvent naître aussi de nouvelles relations et formes de communauté.

Ces espaces, quand ils sont bien valorisés et de manière équilibrée, contribuent à promouvoir des formes de dialogue et de débat qui, si elles sont effectuées avec respect, attention pour la vie privée, responsabilité et dévouement à la vérité, peuvent renforcer les liens d'unité entre les personnes et promouvoir efficacement l'harmonie de la famille humaine. L'échange d'informations peut devenir une réelle communication, les liens peuvent se développer en amitié, les connexions faciliter la communion. Si les réseaux sont appelés à réaliser ce grand potentiel, les personnes qui y participent doivent s'efforcer d'être authentiques, parce que dans ces espaces on ne partage pas seulement des idées et des informations mais en définitive on se communique soi-même.

Le développement des réseaux sociaux exige de l’engagement : les personnes participent à construire des relations et à trouver de l'amitié, dans la recherche de réponses à leurs questions, en se divertissant mais aussi en se stimulant intellectuellement et dans le souci du partage des compétences et des connaissances. En unissant les personnes en fonction de ces besoins fondamentaux, les réseaux font de plus en plus partie du tissu social même. Les réseaux sociaux sont donc alimentés par des aspirations enracinées dans le cœur humain.

La culture des réseaux sociaux et les changements dans les formes et les styles de communication, posent des défis importants à ceux qui veulent parler de vérité et de valeurs. Souvent, comme c'est le cas pour d’autres médias sociaux, la signification et l'efficacité des différentes formes d'expression semblent plus déterminés par leur popularité que par leur importance intrinsèque et leur validité. La popularité est encore fréquemment liée à la célébrité ou à des stratégies de persuasion plutôt qu’à la logique de l'argumentation. Parfois, la voix discrète de la raison peut être dominée par la rumeur des informations excessives et ne parvient pas à éveiller l'attention qui est réservée par contre à qui s'exprime d’une manière plus persuasive. Les médias sociaux ont besoin donc de l'engagement de tous ceux qui sont conscients de l'importance du dialogue, du débat raisonné, de l’argumentation logique ; des personnes qui cherchent à cultiver des formes de discours et d'expression qui font appel aux plus nobles aspirations de ceux qui sont impliqués dans le processus de communication. Le dialogue et le débat peuvent s'épanouir et grandir aussi quand on converse et prend au sérieux ceux qui ont des idées différentes des nôtres. « Étant donné la diversité culturelle, il faut faire en sorte que les personnes, non seulement acceptent l’existence de la culture de l’autre, mais aspirent aussi à s’en enrichir et à lui offrir ce que l’on possède de bien, de vrai et de beau. »(Discours à la rencontre avec le monde de la culture, Belém, Lisbonne, 12 mai 2010)

Le défi que les réseaux sociaux doivent affronter est d’être effectivement inclusif : alors ils bénéficieront de la pleine participation des croyants qui souhaitent partager le message de Jésus et les valeurs de la dignité humaine promues dans son enseignement. En fait, les croyants ont de plus en plus ce sentiment que si la Bonne Nouvelle n’est pas connue aussi dans l'environnement numérique, elle pourrait être absente de l'expérience d'un grand nombre pour qui cet espace existentiel est important. L'environnement numérique n'est pas un monde parallèle ou purement virtuel, mais fait partie de la réalité quotidienne de nombreuses personnes, en particulier des plus jeunes. Les réseaux sociaux sont le résultat de l'interaction humaine, mais ils donnent à leur tour de nouvelles formes à la dynamique de la communication qui crée des relations : une compréhension approfondie de cet environnement est donc la condition préalable pour y assurer une présence significative.

La capacité d'utiliser les nouveaux langages est requise non pas tant pour être à la mode du temps, mais justement pour permettre à l’infinie richesse de l’Évangile de trouver des formes d'expression qui soient en mesure d'atteindre les esprits et les cœurs de tous. Dans l'environnement numérique la parole écrite est souvent accompagnée d'images et de sons. Une communication efficace, comme les paraboles de Jésus, nécessite l'implication de l'imagination et de la sensibilité émotionnelle de ceux que nous voulons inviter à la rencontre avec le mystère de l'amour de Dieu. En outre, nous savons que la tradition chrétienne a toujours été riche en signes et en symboles : je pense par exemple, à la croix, aux icônes, aux images de la Vierge Marie, à la crèche, aux vitraux et aux peintures des églises. Une partie importante du patrimoine artistique de l'humanité a d’ailleurs été réalisée par des artistes et des musiciens qui ont essayé d'exprimer les vérités de la foi.

L'authenticité des croyants dans les réseaux sociaux est mise en évidence par le partage de la source profonde de leur espérance et de leur joie : la foi en Dieu riche de miséricorde et d'amour révélé en Jésus Christ. Un tel partage consiste non seulement dans l'expression explicite de la foi, mais aussi dans le témoignage, c'est-à-dire dans la façon dont se communiquent « choix, préférences, jugements qui soient profondément cohérents avec l'Évangile, même lorsqu'on n’en parle pas explicitement. » (Message pour la Journée mondiale des Communications sociales, 2011). Une manière particulièrement significative de témoigner sera la volonté de se donner soi-même aux autres à travers la disponibilité à s'impliquer avec patience et respect dans leurs questions et leurs doutes, sur le chemin de la recherche de la vérité et du sens de l'existence humaine. L'émergence dans les réseaux sociaux du dialogue autour de la foi et des croyances, confirme l'importance et la pertinence de la religion dans le débat public et social.

Pour ceux qui ont accueilli d’un cœur ouvert le don de la foi, la réponse la plus radicale aux questions de l'homme sur l'amour, la vérité et le sens de la vie – questions qui ne sont en aucune façon absentes dans les réseaux sociaux – se trouve dans la personne de Jésus Christ. Il est naturel que celui qui a la foi désire, avec respect et sensibilité, la partager avec ceux qu'il rencontre dans l'environnement numérique. En définitive, cependant, si notre partage de l'Évangile est capable de donner de bons fruits, c'est toujours grâce à la force de la Parole de Dieu de toucher les cœurs, bien avant tout effort de notre part. La confiance dans la puissance de l'action de Dieu doit toujours dépasser toute sécurité mise dans l'utilisation de moyens humains. Même dans l'environnement numérique, où il est facile que s’élèvent des voix sur un ton trop vif et conflictuel et où parfois le sensationnalisme risque de l'emporter, nous sommes invités à un discernement attentif. Et rappelons-nous à cet égard, que Élie reconnut la voix de Dieu non dans le vent impétueux et fort, ni dans le tremblement de terre ou le feu, mais dans le « murmure d'une brise légère » (1 R 19, 11-12). Nous devons avoir confiance dans le fait que les désirs fondamentaux d’aimer et d’être aimé, de trouver sens et vérité – que Dieu lui-même a mis au cœur de l'être humain – maintiennent également les femmes et les hommes de notre temps toujours et de toute manière ouverts à ce que le Bienheureux Cardinal Newman appelle la « gentille lumière » de la foi.

Les réseaux sociaux, outre qu’instruments d'évangélisation, peuvent être un facteur de développement humain. Par exemple, dans certains contextes géographiques et culturels où les chrétiens se sentent isolés, les réseaux sociaux peuvent renforcer le sentiment de leur unité effective avec la communauté universelle des croyants. Les réseaux facilitent le partage des ressources spirituelles et liturgiques, rendant les personnes capables de prier avec un sens revigoré de proximité avec ceux qui professent la même foi. La participation authentique et interactive aux questions et aux doutes de ceux qui sont loin de la foi doit nous faire ressentir le besoin de nourrir avec la prière et la réflexion notre foi en la présence de Dieu, ainsi que notre charité active : « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. » (1 Co 13, 1).

Il existe des réseaux sociaux qui, dans l'environnement numérique, offrent à l'homme d'aujourd'hui des opportunités de prière, de méditation, ou de partage de la parole de Dieu. Mais ces réseaux peuvent aussi ouvrir des portes à d'autres dimensions de la foi. En effet, beaucoup de gens sont en train de découvrir, grâce à un contact au départ en ligne, l'importance de la rencontre directe, des expériences de communauté ou même de pèlerinage, éléments toujours importants dans le cheminement de foi. En nous efforçant de rendre l'Évangile présent dans l'environnement numérique, nous pouvons inviter les personnes à vivre des rencontres de prière ou des célébrations liturgiques dans des lieux concrets tels que des églises ou des chapelles. Il ne devrait pas y avoir manque de cohérence ou d'unité dans l'expression de notre foi et dans notre témoignage évangélique dans la réalité où nous sommes appelés à vivre, qu’elle soit physique ou numérique. Lorsque nous sommes en présence des autres, de toute manière, nous sommes appelés à faire connaître l'amour de Dieu jusqu'aux extrémités de la terre.

Je prie pour que l'Esprit de Dieu vous accompagne et vous éclaire toujours, et de tout cœur je vous bénis tous, afin que vous puissiez être vraiment les hérauts et les témoins de l'Evangile. « Allez dans le monde entier et proclamez l'Évangile à toute créature » (Mc 16, 15)

Du Vatican, le 24 janvier 2013, fête de saint François

 

BENEDICTUS PP. XVI

 

 

© Copyright 2013 - Libreria Editrice Vaticana

 

Benoît XVI, Motu proprio pour encadrer le service de la charité

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Le service de la charité fait partie, selon le Pape, des priorités de l’Eglise, car il s’agit d’une « dimension constitutive » de sa mission. En 2005, Benoît XVI a consacré sa première encyclique Deus Caritas Est à la charité. Le Pape publie ce samedi un motu proprio sur ce même thème « Intima Ecclesiae natura ». Le Motu proprio Acte législatif pris et promulgué par le Pape, agissant de sa propre initiative, en pleine connaissance de cause, et non pour répondre à une sollicitation. Cet acte équivaut à un décret qui précise des règles d’administration et d’organisation dans l’Eglise. C’est dire l’importance qu’il attache à ce thème.

 
Le service de la charité est l’une des trois expressions de la nature profonde de l’Eglise, avec l’annonce de la Parole de Dieu et la célébration des Sacrements. Benoît XVI l’avait déjà écrit dans sa première encyclique et il le rappelle dès le début de ce nouveau document qui porte la date du 11 novembre. Or ce service exige une organisation pour un service communautaire ordonné. 


Un cadre juridique pour ordonner tout mouvement écclesial au service de la charité


Dans son encyclique Deus Caritas Est, Benoît XVI observait que « le Code de Droit canonique ne traitait pas expressément de la charité comme d’un domaine spécifique de l’activité épiscopale » et c’est pour remédier à cela que le Pape publie ce motu proprio. Il s’agit donc d’un cadre juridique organique, « qui soit plus apte à ordonner, dans leurs lignes générales, les différentes formes ecclésiales organisées du service de la charité, qui sont étroitement liées à la nature diaconale de l’Église et du ministère épiscopal ».


« Tous les fidèles ont le droit et le devoir de s’engager personnellement pour vivre du commandement nouveau que le Christ nous a laissé (cf Jn 15,12), en n’offrant pas à l’homme d’aujourd’hui uniquement une aide matérielle, mais également réconfort et soin de l’âme ». Le Pape donne ainsi un cadre à cet engagement. Selon l’article premier de ce motu proprio, « les fidèles ont le droit de s’associer et de fonder des organismes qui réalisent des services de charité spécifiques » mais, « ils doivent soumettre leur statuts à l’approbation de l’autorité ecclésiastique compétente » et doivent observer des normes précisées dans les articles suivant. Ils sont ainsi, par exemple, « tenus d’observer, dans le cadre de leurs activités, les principes de la doctrine catholique et ne peuvent accepter des engagements qui d’une façon ou d’une autre puissent conditionner l’observance de ces-dits principes ».


La part consacrée au devoir et aux responsabilités des évêques constitue la part la plus importante de ce motu proprio, car « les Évêques, en qualité de successeurs des Apôtres, portent la responsabilité première de la mise en œuvre » de la charité.


L’Evêque doit pourvoir à la formation théologique et pastorale des fidèles engagés

« L’Évêque diocésain exerce sa sollicitude pastorale à l’égard du service de la charité dans l’Église particulière qui lui a été confiée, en tant que pasteur, guide et premier responsable de ce service ». Il doit encourager et soutenir les initiatives et les œuvres au service du prochain dans sa propre Eglise « pour éduquer à l’esprit de partage et de charité authentique ».Il doit également veiller « à ce que l’activité et la gestion de ces organismes, respectent toujours les normes de droit universel et particulier de l’Église » et à ce que les fidèles et associations sous son autorité « observent les législations civiles légitimes en la matière ».


« Pour garantir le témoignage évangélique dans le service de la charité, l’Évêque diocésain doit veiller à ce que tous ceux qui œuvrent dans la pastorale caritative de l’Église, outre la compétence professionnelle nécessaire, témoignent d’une vie chrétienne et d’une formation du cœur qui manifeste une foi opérante dans la charité. A tel effet il devra pourvoir à leur formation y compris dans le domaine théologique et pastoral par des parcours spécifiques concertés avec les dirigeants des différents organismes et avec des propositions adéquates de vie spirituelle. »


L’évêque a enfin une autorité de coordination et de contrôle, moral et financier, des associations existantes. 


Ci-dessous le texte intégral du Motu proprio publié ce samedi 1er décembre

 



BENEDICTUS PP. XVI
BENOIT XVI Motu Proprio sur LE SERVICE DE LA CHARITE


Préambule


« La nature profonde de l’Église s’exprime dans une triple tâche: l’annonce de la Parole de Dieu (kerygma-martyria), la célébration des Sacrements (leitourgia), le service de la charité (diakonia). Ce sont trois tâches qui s’appellent l’une l’autre et qui ne peuvent être séparées l’une de l’autre » (Lett. enc. Deus caritas est, n. 25).


Le service de la charité est, lui aussi, une dimension constitutive de la mission de l’Église et il constitue une expression de son essence-même, à laquelle elle ne peut renoncer (cf ibidem) ; tous les fidèles ont le droit et le devoir de s’engager personnellement pour vivre du commandement nouveau que le Christ nous a laissé (cf Jn 15,12), en n’offrant pas à l’homme d’aujourd’hui uniquement une aide matérielle, mais également réconfort et soin de l’âme (cf. Lett. enc. Deus caritas est, n. 28). L’Église est appelée, également dans sa dimension communautaire, à l’exercice de la diakonia de la charité: depuis les communautés locales jusqu’aux Eglises particulières et à l’Église universelle; pour cela il faut également avoir une « organisation comme présupposé pour un service communautaire ordonné » (cf ibidem n. 20), une organisation qui soit articulée aussi par des expressions institutionnelles.


Concernant cette diakonia de la charité, je faisais remarquer, dans la lettre encyclique Deus caritas est, qu’« il découle (...) de la structure épiscopale de l’Église que, dans les Églises particulières, les Évêques, en qualité de successeurs des Apôtres, portent la responsabilité première de la mise en œuvre » de la charité (n . 32) et j’observais que « le Code de Droit canonique, dans les canons concernant le ministère épiscopal, ne traite pas expressément de la charité comme d’un domaine spécifique de l’activité épiscopale » (ibidem). Même si « le Directoire pour le ministère pastoral des Evêques a approfondi de manière plus concrète le devoir de la charité comme tâche intrinsèque de l’Église entière et de l’Évêque dans son diocèse » (ibidem), il restait toutefois la nécessité de combler cette lacune juridique de façon à pouvoir exprimer de manière adéquate, dans l’ordonnancement canonique, ce qui appartient à l’essence du service de la charité dans l’Église et de son rapport constitutif avec le ministère épiscopal, en mettant en évidence les profils juridiques, qu’un tel service requiert dans l’Église, surtout s’il est exercé de manière organisée et avec le soutien explicite des Pasteurs.


Dans cette optique, je désire donner un cadre juridique organique, par le présent Motu Proprio, qui soit plus apte à ordonner, dans leurs lignes générales, les différentes formes ecclésiales organisées du service de la charité, qui sont étroitement liées à la nature diaconale de l’Église et du ministère épiscopal.


Il est important toutefois de se rappeler que « l’action concrète demeure insuffisante si, en elle, l’amour pour l’homme n’est pas perceptible, un amour qui se nourrit de la rencontre avec le Christ » (ibid., n. 34). Par conséquent, dans l’exercice de l’activité caritative, les nombreuses organisations catholiques, ne doivent pas se limiter uniquement à récolter ou à distribuer des fonds, mais doivent toujours témoigner d’une attention spéciale envers la personne qui est dans le besoin, et exercer également une fonction pédagogique précieuse au sein de la communauté chrétienne qui favorise l’éducation au partage, au respect et à l’amour selon la logique de l’évangile du Christ. L’activité caritative de l’Église, en effet, à tous les niveaux, doit éviter le risque de se dissoudre dans une organisation commune d’assistance, en en devenant une simple variante (cf ibid., n. 31). 


Les initiatives organisées qui, dans le domaine de la charité, sont promues par les fidèles, en des lieux divers, sont très différentes entre elles et requièrent une gestion appropriée. Plus précisément, l’activité de la « Caritas », institution promue par la hiérarchie ecclésiastique, s’est développé à un niveau paroissial, diocésain, national et international et a mérité très justement l’appréciation et la confiance des fidèles et de tant d’autres personnes à travers le monde entier, tant pour son témoignage de foi généreux et cohérent que pour la réponse concrète apportées aux demandes de ceux qui sont dans le besoin. A côté de cette vaste initiative, soutenue officiellement par l’autorité de l’Église, de multiples autres initiatives ont vu le jour, dans des lieux variés, initiatives provenant de la liberté d’engagement des fidèles qui, sous des formes différentes, veulent contribuer, par leur propre effort, au témoignage concret de la charité envers ceux qui sont dans le besoin. Les unes et les autres sont des initiatives différentes par origine et par régime juridique, même si elles expriment toutes les deux une sensibilité et une volonté de répondre au même appel.


L’Église, en tant qu’institution ne peut se considérer comme étrangère aux initiatives promues de façon organisée et relevant de la libre expression de la sollicitude des baptisés envers les personnes et les populations dans le besoin. C’est pourquoi les Pasteurs doivent toujours les accueillir comme la manifestation de la participation de tous à la mission de l’Église, en respectant les caractéristiques et l’autonomie de gouvernement qui reviennent à chacune d’elles selon leur propre nature comme la manifestation de la liberté des baptisés. 


A côté de celles-ci, l’autorité ecclésiastique a promu, par sa propre initiative, des oeuvres spécifiques, grâces auxquelles elle pourvoit de façon institutionnelle à canaliser les dons des fidèles, selon des formes juridiques et opérationnelles adéquates permettant de solutionner plus efficacement les besoins concrets.


Toutefois dans la mesure où ces-dites activités sont promues par la hiérarchie elle-même, ou sont explicitement soutenues par l’autorité des Pasteurs, il faut s’assurer que leur gestion soit effectuée conformément aux exigences de l’enseignement de l’Église et à l’intention des fidèles, et qu’elles respectent également les normes légitimes promulguées par l’autorité civile. Face à ces exigences il devenait nécessaire de fixer dans le droit de l’Église quelques normes essentielles, inspirées des critères généraux de la discipline canonique, qui pouvaient expliciter dans ce secteur d’activités, les responsabilités juridiques, assumées en la matière, par les divers sujets impliqués, soulignant de façon particulière, la fonction d’autorité et de coordination qui revient à l’Évêque diocésain. Ces-dites normes devaient toutefois être assez générales pour inclure la diversité appréciable des institutions d’inspiration catholique, qui comme telles œuvrent dans ce secteur; celles créées sous l’impulsion de la Hiérarchie elle-même, et celles qui sont nées grâce à une initiative directe des fidèles et qui sont accueillies et encouragées par les Pasteurs du lieu. Bien qu’il fallût établir des normes à cet égard, il fallait toutefois tenir compte de ce qui était requis par la justice et par la responsabilité que les Pasteurs doivent exercer à l’égard de leurs fidèles, dans le respect de l’autonomie légitime de chaque entité.


Partie dispositive


Par conséquent, sur proposition du Cardinal Président du Conseil Pontifical Cor Unum, et ayant entendu le Conseil Pontifical pour les Textes Législatifs, j’établis et décrète ce qui suit:

Art. 1. - § 1. Les fidèles ont le droit de s’associer et de fonder des organismes qui réalisent des services de charité spécifiques, surtout en faveur des pauvres et de ceux qui souffrent. Dans la mesure où ils révèlent liés au service de la charité des Pasteurs de l’Église et/ou, en tant que tels, veulent employer la contribution des fidèles, ils doivent soumettre leur statuts à l’approbation de l’autorité ecclésiastique compétente et observer les normes suivantes.


§ 2. En ces mêmes termes, les fidèles ont le droit de constituer des fondations pour financer des initiatives caritatives concrètes, selon les canons 1303 CIC et 1047 CCEO. Si ce type de fondations répond aux caractéristiques mentionnées au §1, les présentes dispositions devront également être observées congrua congruis referendo (moyennant les adaptations nécessaires).


§ 3. Outre l’observation de l’ensemble de la législation canonique, les initiatives collectives de charité auxquelles se réfère ce Motu Proprio, sont également tenues d’observer, dans le cadre de leurs activités, les principes de la doctrine catholique et ne peuvent accepter des engagements qui d’une façon ou d’une autre puissent conditionner l’observance de ces-dits principes.


§ 4. Les organismes et les fondations promues à des fins caritatives par des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique, sont tenus d’observer ces normes ainsi que ce qui est prévu par les canons 312 §2 CIC et 575 §2 CCEO.


Art. 2. - § 1. Dans les statuts de chaque organisme caritatif auquel se réfère l’article précédent, outre les charges institutionnelles, et les structures de gouvernement selon le canon 95 §1 CIC, devront aussi être exprimés les principes inspirateurs et les finalités de l’initiative, les modes de gestion des fonds, le profil de ses propres collaborateurs, ainsi que les rapports et les informations devant être présentés à l’autorité ecclésiastique compétente.


§ 2. Un organisme caritatif ne peut utiliser la dénomination "catholique "qu’avec le consentement écrit de l’autorité compétente, comme indiqué par le canon 300 CIC.


§ 3. Les organismes érigés par des fidèles ayant une fin caritative peuvent avoir un conseiller spirituel nommé selon les propres statuts, selon les canons 324 §2 et 317 CIC. 


§ 4. En même temps, l’autorité ecclésiastique est tenue de réglementer l’exercice des droits des fidèles selon les canons 223 §2 CIC et 26 §3 CCEO afin d’éviter la multiplication des initiatives de charité au détriment de la mise en œuvre et de l’efficacité des fins poursuivies.


Art. 3. - § 1. Aux effets des articles précédents, la notion d’autorité compétente selon les niveaux respectifs, est telle qu’énoncée par les canons 312 CIC et 575 CCEO.


§ 2. En cas d’organismes qui n’ont pas été approuvés au niveau national, même s’ils opèrent dans divers diocèses, l’autorité compétente est l’Évêque diocésain du lieu du siège principal de l’entité. En tous cas, l’organisation a le devoir d’informer les Évêques des autres diocèses où elle œuvre, et de respecter leurs indications concernant les activités des différentes entités caritatives présentes dans les diocèses.


Art. 4. - § 1. L’Évêque diocésain (cf can. 134 §3 CIC et can. 987 CCEO) exerce sa sollicitude pastorale à l’égard du service de la charité dans l’Église particulière qui lui a été confiée, en tant que pasteur, guide et premier responsable de ce service.


§ 2. L’Evêque diocésain encourage et soutient les initiatives et les œuvres au service du prochain dans sa propre Eglise particulière, et suscite chez les fidèles la ferveur d’une charité active en tant qu’expression de la vie chrétienne et de la participation à la mission de l’Église, comme il est indiqué aux canons 215 et 222 CIC et 25 et 18 CCEO.


§ 3. Il revient à l’Évêque diocésain de veiller à ce que l’activité et la gestion de ces organismes, respectent toujours les normes de droit universel et particulier de l’Église, aussi bien que l’intention des fidèles qui auraient fait des dons ou des legs pour ces finalités spécifiques (cf can 1300 CIC et 1044 CCEO).


Art. 5. L’Évêque diocésain doit garantir à l’Église le droit d’exercer le service de la charité et il doit veiller à ce que les fidèles et les institutions soumises à sa vigilance, observent les législations civiles légitimes en la matière.


Art. 6. - L’Évêque diocésain, a pour tâche, comme il est indiqué aux canons 394 §1 CIC et 203 §1 CCEO, de coordonner, dans sa propre circonscription, les diverses œuvres de service de la charité, autant celles promues par la Hiérarchie elle-même que celles nées de l’initiative de fidèles, restant sauve l’autonomie qui leur reviendrait selon leurs propres statuts. En particulier il doit veiller à ce que leurs activités gardent vivant l’esprit évangélique.


Art. 7. § 1. Les entités mentionnées à l’art.1 §1, sont tenues à choisir leurs propres collaborateurs parmi des personnes qui partagent, ou au moins, respectent l’identité catholique de ces œuvres.


§ 2. Pour garantir le témoignage évangélique dans le service de la charité, l’Évêque diocésain doit veiller à ce que tous ceux qui œuvrent dans la pastorale caritative de l’Église, outre la compétence professionnelle nécessaire, témoignent d’une vie chrétienne et d’une formation du cœur qui manifeste une foi opérante dans la charité. A tel effet il devra pourvoir à leur formation y compris dans le domaine théologique et pastoral par des parcours spécifiques concertés avec les dirigeants des différents organismes et avec des propositions adéquates de vie spirituelle.


Art. 8. - Là où il s’avèrerait nécessaire, à cause du nombre ou de la diversité des initiatives, l’Évêque diocésain, devra établir, dans l’Église qui lui a été confiée, un bureau qui a pour but d’orienter et coordonner le service de la charité en son nom.

Art. 9. - § 1. L’Évêque doit encourager la création dans chaque paroisse de sa circonscription, d’un service de « Caritas » paroissiale ou analogue, qui promeuve également une activité pédagogique dans la communauté toute entière, pour éduquer à l’esprit de partage et de charité authentique. S’il s’avérait opportun, un tel service sera commun pour les différentes paroisses sur le même territoire.


§ 2. Il revient à l’Évêque et au curé de veiller qu’au sein de la paroisse, avec la « Caritas », d’autres initiatives concernant la charité puissent également coexister et se développer, sous la coordination générale du curé, en tenant compte toutefois de ce qui est indiqué à l’art. 2 §4.


§ 3. L’Évêque diocésain et les curés respectifs ont le devoir d’éviter, qu’en cette matière, les fidèles soient induits en erreur ou qu’il y ait des malentendus, aussi devront-ils empêcher que, par le biais de structures paroissiales ou diocésaines, soient promues des initiatives qui, bien que se présentant avec des fins caritatives, proposent des choix ou des méthodes contraires à l’enseignement de l’Église .


Art. 10. - § 1. Il revient à l’Évêque d’avoir la vigilance sur les biens ecclésiastiques des organismes de charité soumis à son autorité.


§ 2. L’Évêque diocésain est tenu de s’assurer que le fruit des collectes effectuées selon les can. 1265 et 1266 CIC ainsi que les can. 1014 et 1015 CCEO, soient affectés aux buts déterminés pour lesquels elles ont été effectuées (can. 1262 CIC, 1016 CCEO) .


§ 3. En particulier, l’Évêque diocésain doit éviter que des organismes de charité qui sont sous son autorité, soient financés par des entités ou des institutions qui poursuivent des buts contraires à la doctrine de l’Église. De même, afin d’éviter de scandaliser les fidèles, l’Évêque diocésain doit éviter que ces-dits organismes caritatifs acceptent des contributions en faveur d’initiatives qui, dans la finalité ou les moyens pour l’atteindre, ne sont pas en accord avec la doctrine de l’Église.


§ 4. Particulièrement, l’Evêque doit veiller à ce que la gestion des initiatives qui lui sont soumises donnent un témoignage de sobriété chrétienne. Pour cela, il veillera à ce que les salaires et les frais de gestion, bien que correspondant aux exigences de la justice et aux profils professionnels nécessaires, soient dûment en rapport avec des frais analogues de sa propre Curie diocésaine.


§ 5. Pour permettre que l’autorité ecclésiastique mentionnée à l’art. 3§1 puisse exercer son devoir de vigilance, les entités dont il est question à l’art. 1§1 sont tenues de présenter à l’Ordinaire compétent un compte-rendu annuel dans les formes requises par l’Ordinaire lui même.


Art. 11. - L’Évêque diocésain est tenu, si nécessaire, de porter à la connaissance de ses propres fidèles que l’activité d’un organisme de charité déterminé ne répond plus aux exigences du magistère de l’Église, en interdisant en conséquence l’usage du mot « catholique » et en adoptant les mesures nécessaires dans les cas de responsabilités personnelles.


Art. 12. - § 1. L’Évêque diocésain doit favoriser l’activité, au niveau national et international, des organismes de charité qui sont soumis à sa sollicitude, en particulier il doit favoriser la coopération avec les circonscriptions ecclésiastiques les plus pauvres, par analogie avec ce qui est prévu aux canons 1274 §3 CIC et 1021 §3 CCEO.


§ 2. La sollicitude pastorale à l’égard des oeuvres de charité, peut être exercée conjointement, selon les circonstances de temps et de lieux, par plusieurs Évêques voisins, à l’égard de plusieurs Églises, selon le droit. S’il s’agit de domaine international, le Dicastère du Saint-Siège compétent doit être consulté au préalable. Il est également opportun, en ce qui concerne des initiatives de charité au niveau national, que l’Évêque consulte l’organisme compétent de la Conférence épiscopale.


Art. 13. - Reste toujours sauf le droit de l’autorité ecclésiastique du lieu, de donner son consentement aux initiatives des organismes catholiques qui se déploient dans le domaine de sa compétence, dans le respect des normes canoniques et de l’identité propre de chaque organisme et c’est sa tâche de Pasteur de veiller à ce que les activités réalisées dans son propre diocèse se déploient conformément à la discipline ecclésiastique, en les interdisant ou en adoptant éventuellement des mesures nécessaires, si cette discipline n’était pas respectée.


Art. 14. - Là où il le jugera opportun, l’Évêque devra promouvoir des initiatives de service de charité en collaboration avec d’autres Églises ou communautés ecclésiales, restant sauves les particularités de chacun. 


Art. 15. - § 1. Le Conseil Pontifical Cor Unum, a pour tâche de promouvoir l’application de ces règles et de veiller à leur application à tous les niveaux, restant sauve la compétence du Conseil Pontifical pour les Laïcs, en ce qui concerne les associations de fidèles, selon l’art. 133 de la Constitution apostolique Pastor Bonus, ainsi que la compétence propre de la Section de la Secrétairerie d’Etat pour les Relations avec les Etats, restant sauves les compétences générales des autres Dicastères et Organismes de la Curie romaine. En particulier, le Conseil Pontifical Cor Unum devra veiller que le service de la charité des institutions catholiques au niveau international, se déploie toujours en communion avec les Églises particulières respectives.


§ 2. Il est également de la compétence du Conseil Pontifical Cor Unum d’ériger canoniquement des organismes de service de charité à un niveau international, et d’exercer en conséquence les taches disciplinaires et de promotion qui correspondent en droit. 


J’ordonne que, tout ce que j’ai décidé en cette Lettre apostolique en forme de Motu Proprio, soit observé en toutes ses parties, nonobstant toute chose contraire, même si elle est digne de mention spéciale, et je décide qu’il soit promulgué par la publication dans le quotidien « L’Osservatore Romano », entrant en vigueur le 10 décembre 2012


Donné au Vatican, le 11 novembre 2012 , en la huitième année de mon Pontificat. 


BENEDICTUS XVI.

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