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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

actualites

Inquisitio : sexe, drogue et crime comme série de l’été sur France 2

dominicanus #actualités

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A quelques heures de la diffusion sur France du 1er épisode d’Inquisitio, présentée comme « série historique » sur l’Inquisition par les programmes télé, voici un premier petit billet pour se préparer psychologiquement. Accrochez vos ceintures de chasteté !

Lire le billet de Jean-Batiste Maillard (auteur de "Dieu et Internet")

L'Inquisition pour les nuls - Inquisitio, la vraie bande annonce

dominicanus #actualités

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Un mini-site vient d’être créé pour répondre aux questions que pose la série peu historique Inquisitio, diffusée sur France 2 à partir de ce mercredi 4 juillet. Budget : dix millions d'Euros, payés avec nos redevances télé... 

En voici une bande-annonce parodique, pour les nuls d’entre vous qui ne savent pas encore de quoi il s’agit :

 

 

 

La réaction de Mgr Bernard Podvin, porte-parole des évêques de France: 

A sujet délicat, traitement digne !


 

Lien vers le site pour répondre aux questions soulevées par la série Inquisitio, et toutes les questions sur l'Inquisition, sans complexe, sans préjugés, sans coups tordus, sans foutaise :

L'inquisition pour les nuls


Pour ceux qui sont sur Twitter :

http://twitter.com/SaturniNapator

 

Facebook : la page de Saturnin Napator

Conseiller auprès du Pape Clément VII at Palais des Papes Studied at Grand séminaire des pourfendeurs d'hérétiques Lives in Avignon, FranceIt's complicatedFrom Houilles, FranceBorn on April 1, 1966Knows Italian Language, Latin

Orientations pastorales pour la promotion des vocations au ministère sacerdotal

dominicanus #actualités

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INTRODUCTION

1. L’Assemblée plénière de la Congrégation pour l’Éducation Catholique a demandé la publication d’orientations pastorales afin de promouvoir les vocations au ministère sacerdotal.
Pour répondre à cette demande, l’Œuvre Pontificale pour les Vocations Sacerdotales, en collaboration avec ses consulteurs, avec des représentants des Congrégations pour l’Évangélisation des Peuples, pour les Églises Orientales, pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, et pour le Clergé, a réalisé une Enquête sur la pastorale des vocations sacerdotales afin d’avoir un cadre actualisé de la pastorale des vocations, en particulier au sacerdoce ministériel, dans les différentes régions du monde. 

 
L’Enquête a été envoyée le 15 mai 2008, à travers les Nonciatures, à tous les délégués de la pastorale des vocations des Conférences épiscopales et aux directeurs des Centres nationaux des vocations, afin qu’ils puissent fournir des informations sur la situation des vocations et formuler des propositions d’action pastorale.

 
L’examen des réponses à l’Enquête reçues par des Conférences épiscopales et des Centres nationaux, a fait ressortir une demande de lignes directrices de pastorale des vocations, basées sur une théologie claire et fondée de la vocation et de l’identité du sacerdoce ministériel.



I. LA PASTORALE DES VOCATIONS AU MINISTÈRE SACERDOTAL DANS LE MONDE

 

2. La situation des vocations sacerdotales dans le monde est aujourd’hui très contrastée, faite d’ombres et de lumières. Tandis que l’Occident doit faire face au problème de la diminution des vocations sacerdotales, les autres continents, malgré des moyens limités, connaissent une hausse prometteuse. 

 
Dans les pays de tradition chrétienne, la baisse préoccupante du nombre de prêtres, la hausse de leur moyenne d’âge et la demande d’une nouvelle évangélisation tracent les contours de la nouvelle situation ecclésiale. 

 
La diminution de la natalité contribue également à la baisse des vocations à une consécration particulière. La vie des fidèles catholiques subit le contrecoup de la recherche effrénée des biens matériels et de la diminution de la pratique religieuse, qui éloignent des choix courageux et exigeants de l’Évangile.


Comme l’écrit le Pape Benoît XVI : « À notre époque justement, nous connaissons bien le “non” de ceux qui ont été invités les premiers. En effet, dans la chrétienté occidentale, les nouveaux “premiers invités”, déclinent en grande partie l’invitation, ils n’ont pas de temps pour le Seigneur ». 


Même si la pastorale des vocations en Europe et dans les Amériques est structurée et créative, les résultats obtenus ne correspondent pas aux efforts fournis. Toutefois, à côté de situations difficiles, à regarder avec courage et vérité, on enregistre des signes de reprise, surtout là où existent des propositions claires et fortes de vie chrétienne. 


3. La prière de la communauté chrétienne a toujours renforcé dans le peuple de Dieu un souci partagé à l’égard des vocations, sous forme de “solidarité spirituelle”.


Partout où se développe et s’épanouit une pastorale intégrée, auprès des familles et des jeunes, ou de type missionnaire, en lien avec la pastorale des vocations, on assiste à une floraison de vocations sacerdotales. L’Église locale devient vraiment « responsable de la naissance et de la maturation des vocations sacerdotales ». La dimension vocationnelle ne se présente pas alors comme un simple ajout de programmes et de propositions, mais elle devient l’expression naturelle de l’ensemble de la communauté.


Les données statistiques de l’Église Catholique et les recherches sociologiques soulignent que des initiatives de nouvelle évangélisation dans les paroisses, les associations, les communautés ecclésiales et les mouvements, disposent les jeunes à une réponse à l’appel de Dieu et à une offrande de leur vie au service de l’Église. 


La famille reste la première communauté de transmission de la foi chrétienne. Partout, on constate que de nombreuses vocations sacerdotales naissent dans les familles où l’exemple d’une vie chrétienne cohérente et la pratique des vertus évangéliques font germer un désir de don total. L’attention aux vocations, de fait, suppose une pastorale familiale solide. 


Il convient d’ajouter que la question de la vocation au sacerdoce naît souvent chez les enfants et les jeunes, grâce au témoignage joyeux de prêtres. 


Le témoignage de prêtres unis au Christ, heureux dans leur ministère, et unis fraternellement entre eux, éveille chez les jeunes un fort attrait pour la vocation. Les évêques et les prêtres offrent aux jeunes une image élevée et attirante du sacerdoce ministériel. « La vie des prêtres, leur dévouement absolu au peuple de Dieu, leur témoignage de service d'amour pour le Seigneur et son Église - un témoignage marqué du signe de la croix, acceptée dans l'espérance et la joie pascale -, leur concorde fraternelle et leur zèle pour l'évangélisation du monde sont les premiers et les plus convaincants des facteurs de la fécondité des vocations ». 


De fait, les prêtres donnent souvent un témoignage de dévouement à l’Église, de générosité joyeuse, d’humble adaptation aux différentes situations où ils se trouvent amenés à servir. Leur exemple suscite le désir de s’engager avec générosité dans l’Église et la volonté de donner sa vie au Seigneur et aux frères. L’engagement des prêtres envers les personnes qui ont soif de Dieu, soif de valeurs religieuses, et qui sont en situation de grande pauvreté spirituelle, exerce notamment un fort attrait sur les jeunes. 


On remarque aussi que de nombreux jeunes découvrent un appel au sacerdoce et à la vie consacrée après avoir vécu une expérience de bénévolat, un service de charité auprès des personnes souffrantes, pauvres et dans le besoin, ou après avoir servi pendant un temps dans des missions catholiques.


L’école constitue pour les enfants et les jeunes un autre cadre de vie au sein duquel la rencontre avec un prêtre enseignant ou la participation à des initiatives d’approfondissement de la foi chrétienne peuvent ouvrir un chemin de discernement vocationnel. 



4. La diffusion d’une mentalité sécularisée dissuade les jeunes de répondre à l’invitation à suivre le Seigneur Jésus avec plus de radicalité et de générosité.


Les nombreuses réponses des Églises locales à l’Enquête réalisée par l’Œuvre Pontificale pour les Vocations Sacerdotales, ont permis de mettre en évidence une série de raisons pour lesquelles les jeunes détournent leur attention de la vocation sacerdotale ou la renvoient à un avenir imprécis. 


Par ailleurs, les parents, dans leurs attentes sur l’avenir de leurs enfants, laissent peu de place à la possibilité d’une vocation à une consécration particulière. 


Un autre aspect jouant en défaveur de la vocation au sacerdoce est sa marginalisation progressive de la vie sociale, avec comme conséquence la perte de visibilité dans l’espace public. En outre, différentes voix remettent en question le choix du célibat. Une mentalité sécularisée, mais aussi des opinions erronées au sein de l’Église tendent à déprécier le charisme et le choix du célibat, même si l’on ne peut nier les graves effets négatifs de l’incohérence et des scandales causés par l’infidélité aux devoirs du ministère sacerdotal, notamment les abus sexuels, semant le trouble chez des jeunes qui seraient pourtant prêts à répondre à l’appel du Seigneur. 


La vie des prêtres, parfois prise dans le tourbillon d’un activisme excessif, avec une surcharge de travail pastoral, peut éclipser ou affaiblir la luminosité du témoignage sacerdotal. Dans ce contexte, le suivi des chemins personnels et l’accompagnement spirituel des jeunes donnent l’occasion de proposer et de discerner la vocation, en particulier celle du sacerdoce.



II. VOCATION ET IDENTITÉ DU SACERDOCE MINISTÉRIEL



5. L’identité de la vocation au ministère sacerdotal se situe au cœur de l’identité chrétienne en tant que disciple du Christ. « L'histoire de toute vocation sacerdotale, comme d'ailleurs de toute vocation chrétienne, est l'histoire d'un ineffable dialogue entre Dieu et l'homme, entre l'amour de Dieu qui appelle et la liberté de l'homme qui, dans l'amour, répond à Dieu ». 


Les Évangiles présentent la vocation comme une merveilleuse rencontre d’amour entre Dieu et l’homme. C’est le mystère de l’appel, un mystère qui touche la vie de tout chrétien mais qui se manifeste encore plus clairement chez ceux que le Christ invite à tout laisser pour le suivre de plus près. Le Christ a toujours choisi des personnes pour collaborer plus étroitement avec lui à l’accomplissement du dessein salvifique du Père.


Jésus, avant d’appeler les disciples à une mission particulière, les invite à tout laisser pour vivre en profonde communion avec Lui, pour “être” avec Lui (Mc 3,14). 


Aujourd’hui encore, le Seigneur Ressuscité appelle les futurs prêtres pour en faire de véritables annonciateurs et témoins de sa présence salvifique dans le monde. 


C’est de cette expérience exemplaire que découle le besoin de devenir compagnon de voyage du Christ Ressuscité, d’entreprendre un parcours de vie où rien n’est joué d’avance mais où l’on s’ouvre avec docilité au Mystère de Dieu qui appelle.

6. Le Christ Pasteur est l’origine et le modèle du ministère sacerdotal. Lui-même a décidé de confier à certains de ses disciples la capacité d’offrir le sacrifice eucharistique et de pardonner les péchés.


« C’est ainsi que le Christ a envoyé ses Apôtres comme le Père l’avait envoyé, puis, par l’intermédiaire des Apôtres, il a fait participer à sa consécration et à sa mission les évêques, leurs successeurs, dont la fonction ministérielle a été transmise aux prêtres à un degré subordonné : ceux-ci sont donc établis dans l’Ordre du presbytérat pour être les coopérateurs de l’ordre épiscopal dans l’accomplissement de la mission apostolique confiée par le Christ ». 


C’est pourquoi le prêtre, comme l’affirme clairement la doctrine du caractère des Ordres sacrés, est configuré au Christ prêtre qui l’habilite à agir en la personne du Christ Chef et Pasteur. Son être et son action dans le ministère s’enracinent dans la fidélité à Dieu qui, par le don spirituel du sacrement de l’Ordre, établit sa demeure permanente chez le prêtre et le distingue des autres baptisés qui participent au sacerdoce commun. Le prêtre, en tant qu’uni à l’ordre épiscopal, participe en effet de l’autorité du Christ qui « fait grandir, sanctifie et gouverne son propre corps ». 


Le sacerdoce ministériel se différencie ainsi dans son essence du sacerdoce commun et est à son service. En effet, « celui qui a reçu le sacerdoce ministériel jouit d’un pouvoir sacré pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire, dans le rôle du Christ, le sacrifice eucharistique et l’offrir à Dieu au nom du peuple tout entier ; les fidèles eux, de par le sacerdoce royal qui est le leur, concourent à l’offrande de l’Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâces, le témoignage d’une vie sainte, leur renoncement et leur charité effective ». « C’est là qu’aboutit leur ministère, c’est là qu’il trouve son accomplissement ».


Il est clair que le don transmis par l’imposition des mains doit être toujours “ravivé” (cf. 2 Tm 1,6) afin que « dans les temps de prière et d’adoration comme dans l’annonce de la Parole, dans l’offrande du sacrifice eucharistique et l’administration des autres sacrements comme dans les différents ministères exercés au service des hommes, les prêtres contribuent à la fois à faire croître la gloire de Dieu et à faire avancer les hommes dans la vie divine ».


Cette première dimension, de caractère christologique, du sacrement de l’Ordre, fonde la dimension ecclésiologique. Dans la mesure où l’Église est convoquée par le Christ Ressuscité, les prêtres sont habilités, par le sacrement de l’Ordre, à être des instruments efficaces d’édification de l’Église, à travers l’annonce de la Parole, la célébration des sacrements et la conduite du peuple de Dieu. Sans ces dons, l’Église perdrait son identité. Le sacerdoce ministériel est donc un point névralgique, vital, pour l’existence de l’Église car il est le signe efficace du primat de la grâce par laquelle le Christ Ressuscité bâtit, dans l’Esprit, son Église. 


Les prêtres, qui représentent donc le Christ Pasteur, trouvent dans leur dévouement total à l’Église, l’élément unificateur de leur identité théologique et de leur vie spirituelle. C’est pourquoi, « la charité du prêtre se relie d'abord à celle de Jésus-Christ. C'est seulement si elle aime et sert le Christ, Tête et Époux, que la charité devient source, critère, mesure, impulsion de l'amour et du service du prêtre envers l'Église, corps et épouse du Christ ». Si le sacerdoce ne prend pas son origine dans cet amour, il se réduit à une prestation fonctionnelle au lieu d’être le service d’un pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. C’est donc l’amour pour le Christ qui constitue la motivation prioritaire de la vocation au sacerdoce.

7. Le ministère sacerdotal, conféré par le sacrement de l’Ordre, est marqué, dans sa nature, par la vie trinitaire, une vie qui est communiquée par le Christ et par son union avec le Père dans l’Esprit Saint. Celle-ci qualifie de manière essentielle l’identité sacerdotale. 


Chaque prêtre vit dans la communion réelle et ontologique du presbytérat uni à son évêque. En effet : « Le ministère ordonné, de par sa nature même, ne peut être accompli que pour autant que le prêtre est uni au Christ par l'insertion sacramentelle dans l'ordre presbytéral et donc pour autant qu'il est en communion hiérarchique avec son évêque. Le ministère ordonné est radicalement de “nature communautaire” et ne peut être rempli que comme “œuvre collective” ».


Le prêtre sert la communio de l’Église au nom de Jésus-Christ. Le Seigneur appelle le prêtre personnellement et l’invite à une relation personnelle avec lui, à une expérience de fraternité apostolique et à une mission pastorale d’origine éminemment trinitaire. Le “nous” apostolique, reflet et participation de la communion trinitaire, définit l’identité du ministère ordonné.


Le cheminement vocationnel et la formation devront, de toute évidence, reprendre les éléments essentiels de la vie trinitaire, qui caractérisent le ministère ordonné, puisque l’appel personnel du Christ est au service d’une vie de communion-mission, reflet de la vie trinitaire.


Une des tâches importantes de la pastorale des vocations consistera donc à proposer aux enfants et aux jeunes une expérience chrétienne, leur permettant de faire l’expérience de la réalité de Dieu dans la communion avec les frères et dans la mission évangélisatrice. Conscients de faire partie d’une même famille de fils et filles du même Père, qui les aime immensément, ils sont appelés à vivre en frères et sœurs et, en persévérant dans l’unité, à se mettre « au service de la nouvelle évangélisation pour proclamer la merveilleuse vérité de l’amour salvifique de Dieu ».


La pastorale de la vocation au ministère ordonné tend à générer des hommes de communion et de mission, capables de s’inspirer du “commandement nouveau” (Jn 13,34), source de la “spiritualité de communion”. 


La promotion des vocations et le discernement qui y fait suite ont en grande estime cette expérience chrétienne, fondement d’un chemin de grâce inscrit dans le sacrement de l’Ordre et condition d’une évangélisation authentique.

8. Il faudra mener opportunément un discernement prudent et sage à partir des conditions essentielles d’accès au sacerdoce afin d’évaluer l’aptitude des “appelés”. La pastorale des vocations est consciente que la réponse à l’appel se fonde sur l’harmonisation progressive de la personnalité dans ses différentes composantes : humaine et chrétienne, personnelle et communautaire, culturelle et pastorale. 


« La connaissance de la nature et de la mission du sacerdoce ministériel, selon Pastores dabo vobis, est le présupposé nécessaire et en même temps le guide le plus sûr et le stimulant le plus fort pour développer dans l'Église l'action pastorale, en vue de la promotion et du discernement des vocations sacerdotales et de la formation de ceux qui sont appelés au ministère ordonné ».


C’est pour cette raison qu’elle tend d’abord au développement de la personne dans sa totalité et son intégralité afin de préparer les “appelés” au sacerdoce à se conformer au Christ Pasteur, dans le cadre d’une expérience communautaire profonde. 


Chaque appelé doit recevoir les moyens de vivre une relation intime d’amour avec le Père qui l’appelle, avec le Fils qui le rend conforme à Lui, avec l’Esprit qui le façonne, à travers l’éducation à la prière, l’écoute de la Parole, la participation à l’Eucharistie, et le silence de l’adoration.
La proposition vocationnelle va de pair avec la prise en charge progressive par l’appelé de tâches, de choix et de responsabilités, qui permettent en outre un discernement large et profond de l’authenticité de la vocation. 


La maturité affective est une étape nécessaire pour accueillir la grâce du Sacrement. Il convient d’éviter de faire des propositions vocationnelles à des sujets qui, tout en ayant un chemin de conversion louable, sont marqués par de profondes fragilités humaines.
Il est important que l’appelé perçoive clairement les engagements qui devront être les siens, en particulier dans le célibat.


L’appel devrait s’enraciner dans un contexte ecclésial précis qui puisse donner consistance au choix vocationnel et contribuer à pallier ses possibles déviances individualistes. En ce sens, la qualité de l’expérience paroissiale et diocésaine ainsi que la fréquentation et la participation active à des associations et à des mouvements ecclésiaux revêtent une importance fondamentale.


Normalement, il convient de prévoir une expérience de vie communautaire avant que le jeune n’entre au séminaire. 



9. Les accompagnateurs vocationnels, à la suite du prêtre ayant favorisé et soutenu les débuts de la vocation, jouent un rôle décisif. La relation éducative avec les animateurs ainsi que le style de vie fraternel avec les autres appelés rendent le discernement du choix vocationnel plus authentique et plus valide.


La vie des prêtres et de l’ensemble du presbyterium diocésain, qui conjugue la figure idéale du prêtre avec les conditions du ministère dans la vie ordinaire, et lui donne une visibilité, favorise sans aucun doute le chemin de croissance de l’appel au ministère sacerdotal. 


Les diverses figures de prêtres vénérés comme saints, contribuent assurément à communiquer courage et générosité aux appelés. Les prêtres entièrement dévoués à l’exercice de leur ministère pastoral constituent des modèles de référence solides pour affermir les raisons du choix du ministère sacerdotal.


Il suffit d’évoquer saint Jean-Marie Vianney, le saint Curé d’Ars, présenté à tous les prêtres comme un modèle lumineux par le Pape Benoît XVI pendant l’année sacerdotale 2010. Avec lui, nous pourrions évoquer de nombreux prêtres exemplaires, qui ont accompagné avec abnégation le chemin du peuple de Dieu au cours du temps dans les Églises locales. 


Il est également important que les prêtres invoquent avec confiance et insistance la Vierge Marie, Mère des prêtres, pour qu’elle les aide à accueillir avec disponibilité le projet de Dieu dans leur vie et à prononcer avec foi et amour un “oui” au Seigneur qui appelle toujours de nouveaux ouvriers à annoncer le Royaume de Dieu.


10. La croissance et la maturité d’une vocation sacerdotale impliquent un amour concret pour l’Église particulière d’appartenance et une disponibilité totale à tous les services pastoraux, qui permettent de faire l’expérience d’une liberté intérieure et de ne pas se sentir maître de sa propre vocation. 


La participation active à la vie d’une communauté chrétienne peut contribuer à éviter de nouvelles formes de cléricalisme, les situations de centralisation pastorale inopportune, le travail pastoral à temps partiel et les choix ministériels taillés sur mesure en fonction de besoins individuels qui font perdre de vue la vie et l’unité de la communauté. 


Pour bâtir une Église en état de mission permanente, la vocation du prêtre est de faire grandir une communauté riche de ministères, dans laquelle un large espace est dévolu à la participation active et responsable des fidèles laïcs. 


Pour devenir capables d’animer et de soutenir une communauté, les jeunes qui discernent un appel au sacerdoce, doivent apprendre à collaborer, à se mesurer à l’ensemble de la communauté chrétienne et à avoir de l’estime pour toutes les vocations.


La dimension universelle est intrinsèque au ministère sacerdotal. L’ordination rend le prêtre apte à la mission, qui représente un aspect essentiel de l’identité sacerdotale.


En ce sens, il est important de former l’appelé à se préoccuper de ceux qui sont proches, tout en considérant aussi ceux qui sont loin. 


C’est la disponibilité à la mission qui définit la vérité du prêtre dans toutes ses activités. Cela implique de façonner une structure intérieure et, plus qu’une manière de faire, une manière d’être se caractérisant par le courage de sortir de tout particularisme pour ouvrir son cœur aux besoins de la nouvelle évangélisation.




III. PROPOSITIONS POUR LA PASTORALE DES VOCATIONS SACERDOTALES


11. Les vocations sacerdotales sont le fruit de l’action de l’Esprit Saint dans l’Église. Certains pays enregistrent une floraison vigoureuse et prometteuse des vocations sacerdotales, qui encourage à poursuivre dans la voie de la promotion des vocations. 


L’Église, consciente de la nécessité des vocations au sacerdoce, reconnaît qu’elles sont un don de Dieu et prie le Seigneur, dans une supplication incessante et confiante, de les accorder généreusement. 


« En réalité, c’est Dieu, le Maître de la moisson, qui choisit ses ouvriers en appelant les personnes à travers une décision toujours gratuite et surprenante. Cependant, dans le mystère de l’alliance qu’il a établi avec nous, nous sommes invités à coopérer avec sa providence en utilisant la grande force qu’il a placé entre nos mains : la prière ! C’est ce que Jésus nous a demandé : “Priez pour que le Maître de la moisson envoie des ouvriers !” ». 


La prière touche le cœur de Dieu. Pour le croyant, elle devient une grande école de vie, elle enseigne à regarder le monde et les besoins de tout être humain avec une sagesse évangélique. Plus encore, elle unit les cœurs à la charité et à la compassion du Christ envers l’humanité. 


L’expérience de tant d’Églises locales atteste que des jeunes, en grand nombre, perçoivent l’appel au sacerdoce ministériel, surtout dans les communautés où la prière constitue une dimension constante et profonde. 



12. L’Occident est dominé par une culture indifférente à la foi chrétienne et incapable de comprendre la valeur des vocations à une consécration particulière. 


Cependant, l’Église, appelée à vivre dans le temps, sait voir avec sagesse dans l’Histoire, la présence de Dieu qui accompagne, interpelle, appelle à l’alliance, même dans les moments apparemment moins féconds et fructueux. Elle regarde « le monde avec une immense sympathie parce que, quand bien même le monde se sentirait étranger au christianisme, l’Église ne pourrait se sentir étrangère au monde, quelle que soit l’attitude du monde envers l’Église ».


L’Église, encore aujourd’hui, continue à annoncer la Parole de Dieu et à communiquer la bonne nouvelle du salut avec le courage de la vérité. Elle cherche notamment à proposer aux enfants et aux jeunes la foi qui bouleverse la vie et qui répond à la soif de bonheur présente dans le cœur de l’homme. 


Il s’agit de proposer l’expérience de la foi comme relation personnelle, profonde, avec le Seigneur Jésus-Christ, révélateur du Mystère de Dieu.


D’une réponse de foi naît ensuite la découverte de la vocation, surtout quand elle est vécue au sein de communautés chrétiennes qui vivent la beauté de l’Évangile et qui disposent d’animateurs et d’éducateurs capables de déceler les signes de la vocation. 


Si l’ont veut faire une proposition de foi chrétienne susceptible de susciter des réponses vocationnelles, il faut, à travers l’œuvre d’éducateurs et d’accompagnateurs adultes dans la foi, favoriser des espaces authentiques de relations humaines, dans des milieux communautaires de vie chrétienne qui attirent et invitent à l’engagement.


Il est bon de proposer ouvertement la vie sacerdotale aux enfants et aux jeunes et, en même temps, il convient d’inviter les communautés chrétiennes à prier plus intensément “le Maître de la moisson” (Mt 9,38) pour qu’il suscite de nouveaux ministres et de nouvelles personnes consacrées. 


À cette fin, il est utile de soutenir, dans les Églises locales, une pastorale générale porteuse d’un élan évangélique, vocationnel et missionnaire. 



13. Tous les membres de l’Église sont responsables du soin des vocations sacerdotales. « Le Concile Vatican II a été aussi explicite que possible en affirmant que “le devoir de favoriser l'augmentation des vocations sacerdotales appartient à toute la communauté chrétienne, qui est tenue de s'acquitter de ce devoir avant tout par une vie pleinement chrétienne” (Optatam totius, n.2). C'est seulement sur la base de cette conviction que la pastorale des vocations pourra manifester son visage vraiment ecclésial et développer une action concertée, en se servant aussi d'organismes spéciaux et d'instruments adaptés de communion et de coresponsabilité ».


Le Saint-Siège a institué, il y a déjà 70 ans, l’Œuvre Pontificale pour les Vocations Sacerdotales dans le but de favoriser la collaboration entre le Saint-Siège et les Églises locales pour la promotion des vocations au ministère ordonné. 


Cet organisme s’emploie à diffuser et à faire connaître le Message pour la Journée de Prière pour les Vocations, que le Saint-Père adresse chaque année à toute l’Église. Il a également pour mission de recueillir et de diffuser les initiatives vocationnelles les plus significatives qui enrichissent les Églises locales. Il organise des congrès internationaux et collabore à la tenue de congrès continentaux, afin de favoriser une synergie entre tous les acteurs de la pastorale des vocations. 


L’expérience des dernières décennies montre que le Message du Saint-Père aide les Églises locales à définir, proposer et mettre en œuvre des programmes annuels de pastorale des vocations. 


Les évêques jouent un rôle central et prééminent dans la promotion des vocations, en particulier sacerdotales. « La première responsabilité de la pastorale orientée vers les vocations sacerdotales, c'est celle de l'évêque (Christus Dominus, n.15), qui est appelé à l'assumer personnellement, même s'il peut et doit susciter de multiples collaborations. Il est un père et un ami dans son presbyterium et il lui revient de “maintenir la continuité” du charisme et du ministère sacerdotal, en lui associant de nouvelles forces par l'imposition des mains. Il veillera à ce que la dimension des vocations soit toujours présente dans l'ensemble de la pastorale ordinaire, bien plus, à ce qu'elle s'intègre et s'identifie avec elle. C'est à lui qu'il appartient de promouvoir et de coordonner les diverses initiatives en faveur des vocations ».


Il incombe à l’évêque de confier la pastorale des jeunes et des vocations à des prêtres et des personnes capables de transmettre avec enthousiasme et par l’exemple de leur vie la joie de suivre le Seigneur Jésus à l’école de l’Évangile. 


Au niveau diocésain, l’évêque établit le Centre diocésain des vocations. Composé de prêtres, de consacré(e)s et de laïcs, c’est un organisme de communion au service de la pastorale des vocations des Églises locales, ayant pour mission de promouvoir les vocations à une consécration particulière, dans le cadre de l’ensemble des vocations. 


Le Centre diocésain des vocations s’occupe de la formation des animateurs de la pastorale des vocations, il suscite et répand dans le peuple de Dieu une culture vocationnelle, participe à l’élaboration du programme de pastorale diocésaine, collabore notamment avec les organismes diocésains responsables de la pastorale familiale, de la catéchèse et de la pastorale des jeunes.


Dans les diocèses et les paroisses, il convient d’encourager et de soutenir les groupes de vocations qui proposent des parcours d’éducation chrétienne et de premier discernement vocationnel.


Les Centres nationaux ou interdiocésains des vocations, sur mandat des Conférences épiscopales et, normalement, sous la conduite d’un évêque, sont chargés de coordonner les Centres diocésains des vocations.


14. La grâce de l’appel trouve un terrain fécond dans une Église qui, à travers ses communautés et tous ses fidèles, crée de bonnes conditions pour des réponses vocationnelles libres et généreuses.


Le Bienheureux Jean-Paul II a demandé aux évêques : « de redynamiser le tissu social de la communauté chrétienne à travers l’évangélisation de la famille, d’aider les laïcs à diffuser les valeurs de la cohérence, de la justice et de la charité dans le monde des jeunes ».


Le témoignage de communautés chrétiennes capables de rendre raison de leur foi devient, à notre époque, encore plus indispensable si l’on veut que les Chrétiens, engagés à la suite du Christ, puissent transmettre son amour. La communion des croyants dans le Christ, prépare à recevoir l’appel du Seigneur qui invite à la consécration et à la mission. 


La promotion de la vocation sacerdotale se fait déjà dans les familles chrétiennes. Si elles sont animées d’un esprit de foi, de charité et de piété, elles constituent comme un “premier séminaire” (Optatam totius, n.2) et continuent « à offrir les conditions favorables pour la naissance des vocations ».


Même si les familles chrétiennes cultivent un sentiment de respect pour la figure du prêtre, elles manifestent, surtout en Occident, une certaine difficulté à accueillir la vocation au ministère sacerdotal ou à la vie consacrée de l’un de leurs enfants. 


Il existe un espace éducatif commun à la pastorale des familles et à celle des vocations. En ce sens, il convient de responsabiliser les parents à leur ministère d’éducateurs de la foi, enraciné dans le sacrement du mariage, afin qu’au cœur de la famille, se développent les conditions humaines et surnaturelles favorables à la découverte d’une vocation sacerdotale. 


La paroisse est, quant à elle, le lieu par excellence pour proclamer l’Évangile de la vocation chrétienne et, en particulier, présenter l’idéal du sacerdoce ministériel. Elle est le terrain fertile où peuvent germer et mûrir les vocations, à condition d’être « la famille de Dieu, fraternité qui n’a qu’une âme par le Christ, dans l’Esprit » , caractérisée par le style de vie des premières communautés chrétiennes (cf. Ac 2,42 ; 4,32). 


La paroisse illustre de manière évidente la variété des vocations et sensibilise fortement à l’urgence des vocations sacerdotales, nécessaires pour assurer la célébration de l’Eucharistie et le Sacrement de la réconciliation. 


La communauté paroissiale est un vivier fécond, capable de contribuer grandement à la formation humaine et spirituelle de ceux qui sont en chemin vers le ministère sacerdotal. 


Le rôle des prêtres et des consacrés, surtout ceux qui œuvrent dans les communautés paroissiales, est décisif pour proposer de manière explicite la vocation sacerdotale aux enfants, aux adolescents et aux jeunes, à travers une action éducative sage et convaincante, capable de faire émerger la question de la vocation. 


Dans les paroisses, les catéchistes et les animateurs de la pastorale, tout en faisant une proposition globale du message chrétien, peuvent repérer et indiquer de précieuses passerelles entre les thèmes de la catéchèse et la présentation des vocations spécifiques, surtout celle au sacerdoce. « En particulier les catéchistes, les enseignants, les éducateurs, les animateurs de la pastorale des jeunes, chacun avec ses ressources et ses capacités propres, ont une grande importance dans la pastorale des vocations sacerdotales. En effet, plus ils approfondiront le sens de leur vocation et de leur mission dans l'Église, plus ils pourront reconnaître la valeur et le caractère irremplaçable de la vocation et de la mission sacerdotale ». 


15. Il convient de rappeler aux séminaristes une vérité pastorale confirmée : « Personne plus que les jeunes, n’est apte à évangéliser les jeunes. Les jeunes étudiants qui se préparent au sacerdoce, les jeunes gens et jeunes filles en formation religieuse et missionnaire, à titre personnel et communautaire sont, parmi les autres jeunes les premiers et plus immédiats apôtres de la vocation ». Il faut, par ailleurs, tenir compte des groupes ecclésiaux organisés, des mouvements et des associations, qui constituent de précieux lieux pédagogiques de la proposition sacerdotale. La rencontre avec le Christ y est favorisée par une attention aux personnes, une proposition spirituelle claire et centrée sur la prière. Un grand nombre de vocations naît à partir de ces expériences.


A l’école, les enseignants engagés dans un service qui, par sa nature, est vocation et mission, peuvent élargir l’œuvre éducative de la famille dans l’horizon de la culture sans jamais oublier la dimension vocationnelle de l’existence. 


Leur service peut ouvrir au choix d’une vie totalement donnée à Dieu et aux frères, en communiquant « dans l'esprit des enfants et des jeunes, le désir d'accomplir la volonté de Dieu dans l'état de vie le plus adapté à chacun, sans jamais exclure la vocation au ministère sacerdotal ».


Dans de nombreux pays, la période universitaire est devenue, pour les jeunes, un temps fécond pour les choix de vie personnels. Cela demande notre plus grande attention : les années de la jeunesse sont précieuses et décisives dans la recherche du sens plénier de l’existence. 


Quant aux animateurs des activités de loisirs et sportives dans les institutions ecclésiales, au-delà de leurs motivations spécifiques et des valeurs humaines que ces activités permettent de développer, ils sont invités à ne pas perdre de vue un objectif supérieur : la formation intégrale et harmonieuse de la personne. Dans la mesure où elle rejoint la proposition éducative chrétienne, une telle formation humaine représente, de fait, un terrain fertile pour proposer la vocation sacerdotale.


La direction spirituelle est une forme privilégiée de discernement et d’accompagnement de la vocation. Elle demande de la part des prêtres une vraie disponibilité à l’écoute et au dialogue, la capacité de susciter et de donner des réponses aux interrogations fondamentales de l’existence, une indéniable sagesse pour aborder les questions inhérentes aux choix de vie et à la vocation au ministère sacerdotal.


La direction spirituelle et le conseil vocationnel doivent faire l’objet d’une préparation spécifique dans la formation initiale et permanente des prêtres. 


16. La promotion de la vocation sacerdotale trouve ses points d’appui dans les propositions de formation à la vie chrétienne, fondées sur l’écoute de la Parole, la participation à l’Eucharistie et l’exercice de la charité.


L’annonce de la Parole passe par la prédication qui amorce et indique les modes et les formes de mise en œuvre de l’Évangile dans la vie des fidèles et des communautés ecclésiales. « Il faut une prédication directe sur le mystère de la vocation dans l'Église, sur la valeur du sacerdoce ministériel, sur son urgente nécessité pour le peuple de Dieu ».


La catéchèse aussi est une voie ordinaire de la promotion des vocations, lorsqu’elle aide les enfants et les jeunes à évaluer la vie comme une réponse à l’appel de Dieu et à accueillir dans la foi le don de la vocation personnelle.


La catéchèse de préparation au sacrement de la confirmation donne l’occasion de faire connaître aux confirmands les dons de l’Esprit, les charismes, les ministères et les différents appels qui leur sont liés. 


Aucune forme de catéchèse ne doit négliger la présentation de la vocation sacerdotale. « Une catéchèse organique et offerte à tous les membres de l'Église dissipe les doutes, combat les idées unilatérales et déviées sur le ministère sacerdotal, ouvre également les cœurs des croyants à l'attente du don et crée des conditions favorables pour la naissance de nouvelles vocations ». 


L’Eucharistie, centre de la vie du chrétien et de la communauté, favorise la proposition d’un itinéraire liturgique sacramentel, susceptible de nourrir ordinairement le chemin de toute vocation.


La fréquentation constante et régulière du Sacrement de la réconciliation s’avère décisive dans le discernement de la vocation au sacerdoce. 


L’Année liturgique constitue l’école de foi permanente de la communauté chrétienne, elle rythme les temps et les moments de sa vie ordinaire et accompagne la maturation vocationnelle des fidèles.


Les différentes initiatives de prière, surtout l’adoration eucharistique, préparées et réalisées de manière significative et avec un profond sens liturgique, peuvent mettre en évidence l’importance extraordinaire de la vocation sacerdotale pour l’Église. 


Le témoignage de la charité connaît, dans l’Église, une expression multiforme et surprenante. Il est fondamental que ces initiatives d’engagement soient renforcées par des parcours de formation précis, qui invitent à la gratuité et au service du Royaume de Dieu et tendent à une configuration personnelle et communautaire au Christ. 


Les jeunes sont davantage sensibles à la condition des plus faibles et des pauvres. Beaucoup se révèlent prêts à servir, à partager avec le prochain les joies et les fatigues de la vie. 


Certains choisissent le bénévolat caritatif pour servir les personnes souffrantes, âgées ou pauvres. D’autres s’engagent dans l’éducation des jeunes à travers la catéchèse, les associations catholiques, les activités de loisirs. S’ajoutent à eux, ceux qui donnent le témoignage précieux du bénévolat missionnaire qui peut bouleverser la vie d’une personne, en lui ouvrant les yeux sur les besoins matériels et spirituels graves et urgents, dans les pays en voie de développement.


Les vocations qui s’épanouissent dans le cadre du témoignage de la charité chrétienne se révèlent solides et authentiques, orientées en profondeur vers le service. 



17. Dans les communautés ecclésiales, il faut encourager un vrai mouvement de prière pour demander des vocations au Seigneur. De fait, « une catéchèse organique et offerte à tous les membres de l'Église dissipe les doutes, combat les idées unilatérales et déviées sur le ministère sacerdotal, ouvre également les cœurs des croyants à l'attente du don et crée des conditions favorables pour la naissance de nouvelles vocations ».


Il convient de soutenir et d’intensifier les initiatives qui donnent l’exemple d’une communauté unie dans la prière pour les vocations. 


Le Centre diocésain des vocations pourrait ainsi proposer et organiser l’initiative du monastère invisible, par laquelle de nombreuses personnes, de jour et de nuit, s’engagent à la prière continue pour les vocations sacerdotales. 


Le jeudi pour les vocations représente un moment traditionnel de prière communautaire mensuelle pour les prêtres et les vocations sacerdotales, centrée sur l’adoration eucharistique.
La Journée mondiale de prière pour les vocations et la Journée du Séminaire représentent deux moments forts de prière, de catéchèse et d’annonce vocationnelle dans les communautés chrétiennes. 


18. Le service de l’autel est souvent la prémisse à d’autres formes de service dans la communauté chrétienne. Cette expérience, articulée avec sagesse à l’éducation à la prière liturgique, à l’écoute de la Parole et à la vie sacramentelle, peut être structurée selon un véritable itinéraire ouvert à la vocation sacerdotale.


C’est pourquoi la pastorale des vocations sacerdotales accorde une attention particulière aux servants de messe. De nombreux prêtres et séminaristes, avant d’entrer au séminaire, ont fait partie de groupes de servants et se sont engagés au service de l’autel. 


Les retraites et les exercices spirituels vocationnels, organisés pour les jeunes, jouent un rôle décisif en leur permettant de vivre une expérience de silence, de prière prolongée et de dialogue avec la Parole de Dieu. Ils peuvent représenter des moments forts de réflexion sur le projet de vie en tant que découverte de l’appel personnel à une vocation.


Les “communautés vocationnelles résidentielles” aident également les jeunes à s’orienter et à discerner leur vocation en vue du séminaire. Elles représentent une sorte de “pré-séminaire”, avec la présence stable de prêtres bien préparés, qui proposent une règle de vie rythmée par des moments de vie fraternelle, d’étude personnelle, de partage de la Parole, de prière personnelle et communautaire, de célébration eucharistique, et de direction spirituelle.



19. Le Petit Séminaire offre à des adolescents la possibilité d’être accompagnés, éduqués et formés pour discerner le désir de devenir prêtres. Par ailleurs, « par sa nature et par sa mission, il serait bon que le petit séminaire devienne dans le diocèse un point de référence valable de la pastorale vocationnelle, avec d’opportunes expériences de formation pour les garçons qui sont à la recherche du sens de leur vie, de leur vocation, ou qui sont déjà décidés à entreprendre la route du sacerdoce ministériel, mais qui ne peuvent encore commencer un vrai chemin de formation ».



CONCLUSION


20. Le souci des vocations sacerdotales est un défi permanent pour l’Église. 


A l’occasion du 70ème anniversaire de sa fondation, l’Œuvre Pontificale pour les Vocations Sacerdotales, afin d’encourager toutes les communautés chrétiennes et en leur sein les personnes particulièrement engagées dans la pastorale des vocations, propose ce document aux Églises particulières, comme un compendium de la promotion des vocations au sacerdoce ministériel.


Le milieu le plus favorable à la vocation au sacerdoce est une communauté chrétienne qui écoute la parole de Dieu, qui prie par la liturgie et qui témoigne par la charité. C’est dans ce contexte que la mission du prêtre est perçue et reconnue avec le plus d’évidence.


Ce document veut soutenir les communautés ecclésiales, les associations, les mouvements dans leur engagement en faveur des vocations, et orienter leurs efforts vers une pastorale des vocations capable de porter à maturation tous les choix de don de soi, et de favoriser en particulier l’accueil de l’appel de Dieu au ministère sacerdotal.



Le Saint-Père, au cours de l’audience accordée au soussigné Préfet, a approuvé le présent document et en a autorisé la publication.

Rome, le 25 mars 2012, en la Solennité de l’Annonciation du Seigneur.

Zenon Cardinal Grocholewski
Préfet

+Jean-Louis Bruguès
Secrétaire



SOMMAIRE


INTRODUCTION p. 2


 

La pastorale des vocations au ministère sacerdotal dans le monde p. 3



Vocation et identité du sacerdoce ministériel p. 8



Propositions pour la pastorale des vocations sacerdotales p. 17




CONCLUSION p. 31


 

Au gouvernail de la barque de Pierre, dans la tempête - Les dessous de l'éviction d'Ettore Gotti Tedeschi de l'IOR

dominicanus #actualités

Certains vont reprocher à Benoît XVI d'être faible dans le commandement. Mais ce n'est pas vrai. Tous les grands conflits de ce pontificat ont leur origine dans des décisions de gouvernement qu'il a prises. Des décisions fortes et à contre-courant. Les dessous de l'éviction d'Ettore Gotti Tedeschi de l'IOR 

 

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ROME, le 12 juin 2012 – Le désordre est grand sous le ciel, dans une curie vaticane déchirée par les conflits.

Actuellement le plus explosif de ces conflits a pour cadre le domaine de la finance. C’est un combat d’où sont absentes la charité et la vérité, en dépit du titre de l'encyclique que Benoît XVI a consacrée à l’éthique et à l’économie, "Caritas in veritate".

Ce conflit a étonné le monde en raison de la brutalité inouïe avec laquelle, le 24 mai, Ettore Gotti Tedeschi a été démis de ses fonctions de président et de membre de l'Institut pour les Œuvres de Religion [IOR], la banque du Vatican.

Mais il y a un côté encore plus étonnant dans ce conflit et dans d’autres qui sont actuellement en cours au sein de la curie et de l’Église : c’est qu’ils ont été provoqués par Benoît XVI.

Non pas en raison de la faiblesse de son commandement, comme tout le monde l’affirme, à tort.

Mais, bien au contraire, en raison des actes de gouvernement clairs et forts qu’il accomplit. Avec audace, tout en étant conscient des oppositions qu’il suscite.
 


FINANCES VATICANES. LE "MANDAT" DU PAPE


En effet les véritables raisons pour lesquelles le conseil de surveillance de l’IOR a évincé Gotti Tedeschi ne sont pas celles qui sont mentionnées dans la motion de défiance dont il a fait l’objet. Elles sont tout autres. Il s’agit des mêmes raisons qui avaient déjà provoqué, au mois de décembre d’il y a deux ans, le premier conflit sérieux entre le président de l’IOR et le secrétaire d’état Tarcisio Bertone.

Au mois de décembre 2010, le Vatican était prêt à promulguer de nouvelles normes destinées à ouvrir la voie à l’inscription du Saint-Siège sur la "white list" des états européens ayant les standards les plus élevés de transparence financière et donc de lutte contre le blanchiment de l’argent illégal.

Pour la rédaction de ces normes et en particulier de la loi à laquelle a été attribué par la suite le numéro 127, Gotti Tedeschi et le cardinal Attilio Nicora, qui était à ce moment-là président de l'Administration du Patrimoine du Siège Apostolique – un organisme du Vatican qui exerce, lui aussi, des fonctions bancaires – avaient fait appel aux deux experts italiens qui font le plus autorité en la matière, Marcello Condemi et Francesco De Pasquale.

Mais tout de suite, avant même la promulgation de ces normes et avant même la création de l'Autorité d’Information Financière [AIF] prévue par celles-ci, dotée de pouvoir d’inspection illimités sur chaque mouvement de fonds opéré par tout service interne au Saint-Siège ou lié à celui-ci, une opposition très dure s’est déchaînée contre ces deux nouveautés.

L'opposition la plus forte provenait du management de l’IOR. Et elle était soutenue par le cardinal Bertone.

Le directeur général de l’IOR, Paolo Cipriani, et les autres composantes du management de la banque opposaient une résistance acharnée à la suppression du secret sur les comptes ouverts à la banque, qu’ils soient ou non à numéro, dont certains font l’objet d’enquêtes menées par la justice italienne qui les soupçonne de servir à des d’affaires louches. Ils considéraient que le secret pratiqué par l’IOR était une base indispensable de l'autonomie de l’État de la Cité du Vatican en tant qu’état souverain. Leur conviction était que le secret et le caractère de banque "offshore" de l’IOR étaient aussi les éléments qui le rendaient plus attirant que d’autres banques pour sa clientèle internationale. Et que si ces caractéristiques disparaissaient, l’IOR serait condamné à fermer.

Mais, le 30 décembre 2010, Benoît XVI lui-même, par un motu proprio – c’est-à-dire un acte de gouvernement qu’il a signé personnellement – a promulgué les nouvelles normes sans changer une virgule à la rédaction qui avait soulevé tant d’opposition. Et il a créé l'AIF avec tous ses pouvoirs d’inspection, nommant à sa tête le cardinal Nicora.

À travers ce motu proprio et l'encyclique "Caritas in veritate", Benoît XVI a tracé une ligne de conduite très claire. Son objectif est de faire passer définitivement les activités financières réalisées au Vatican à un régime de transparence maximale, contrôlée et reconnue internationalement.

Mais l'opposition aux nouvelles normes et aux pouvoirs conférés à l'AIF n’a pas cessé après leur entrée en vigueur décidée par le pape. Au contraire, elle a augmenté d'intensité.

Au cours de l’automne dernier, la secrétairerie d’état et le gouvernorat de la Cité du Vatican, en accord avec le management de l’IOR, ont réécrit de fond en comble la loi 127. Et, le 25 janvier 2012, par décret, ils ont fait entrer en vigueur cette nouvelle version, qui limitait fortement les pouvoirs d’inspection de l'AIF.

Gotti Tedeschi et le cardinal Nicora ont vigoureusement contesté, avant et après sa mise en œuvre, ce renversement de ligne de conduite. Ils considèrent qu’il aura pour effet d’empêcher le Saint-Siège d’être inscrit sur la "white list", comme l’a déjà fait présager, au mois de mars dernier, une inspection qui a été effectuée au Vatican par Moneyval – le groupe du Conseil de l'Europe chargé d’évaluer les systèmes de lutte contre le blanchiment qui ont été mis en place par les différents pays – dont la conclusion a été un jugement négatif à propos de la seconde version de la loi 127 : huit notes négatives contre seulement deux positives, tandis que, pour la version précédente, il y avait eu six notes positives et quatre négatives.

Et l’on en arrive à l’éviction de Gotti Tedeschi. Convenue entre le conseil de surveillance de l’IOR et le cardinal Bertone, contrairement à ce qui a été affirmé en public par l’un des membres de ce conseil, l'Américain Carl Anderson, président des Chevaliers de Colomb.

Ce 24 mai, en effet, la réunion du conseil de surveillance de l’IOR au cours de laquelle Gotti Tedeschi a été désavoué – et dont le compte-rendu a été rendu public par le conseiller Anderson – a été précédée à 13h 30, une demi-heure avant qu’elle ne commence, par une réunion des conseillers autour du cardinal Bertone, convoquée par celui-ci et à laquelle était également présent le directeur de l’IOR, Cipriani.

Et, au cours des jours précédents, Anderson et un autre membre du conseil de surveillance, l’Allemand Ronaldo Hermann Schmitz, avaient écrit des lettres confidentielles au cardinal Bertone pour lui annoncer leur intention de voter une motion de défiance contre Gotti Tedeschi, "avec la certitude d’appuyer la juste indication donnée par Votre Éminence".

Dans ces mêmes lettres adressées au secrétaire d’état – elles ont été rendues publiques le 9 juin par le journal "Il Fatto Quotidiano" – Anderson et Schmitz faisaient état des préoccupations que leur inspirait l’isolement international croissant de l’IOR, en particulier le fait que la grande banque américaine J.P. Morgan avait interrompu ses rapports avec lui. Ce dont ils attribuaient la responsabilité à l’"extravagant" Gotti Tedeschi.

Mais, ici aussi, il est évident que la véritable cause de la baisse du rating international de l’IOR, ce n’est pas cela. C’est au contraire son côté anormal, son manque persistant de transparence.

Gotti Tedeschi avait toujours tenu le secrétaire personnel de Benoît XVI, Mgr Georg Gänswein, informé de son action à la présidence de l’IOR et des oppositions qu’il rencontrait.

Il avait reçu du pape lui-même, à plusieurs reprises, le "mandat" explicite d’agir pour parvenir à la pleine transparence.

Et, après avoir été chassé de l’IOR, Gotti Tedeschi voulait faire parvenir au pape un mémorandum complet à propos de toute l’affaire.

Mais aujourd’hui ses papiers et sa correspondance sont dans les mains de la justice italienne, ayant été saisis lors d’une inspection judiciaire qui a été effectuée, le 5 juin, dans sa maison de Piacenza et à son bureau de Milan.

Et des extraits de ses papiers et de l'interrogatoire ont immédiatement commencé à paraître dans les médias, comme cela se produit systématiquement en Italie, au mépris du secret de l’instruction.

Et des documents confidentiels ont également recommencé à sortir des bureaux du Vatican. En plus de la lettre d’Anderson et de celle de Schmitz, on en a également vu apparaître une qui avait été écrite en mars dernier au directeur général de l’IOR, Paolo Cipriani, par un psychothérapeute en qui il a confiance, Pietro Lasalvia. Ce dernier y donnait un diagnostic catastrophique de l’état de santé psychique de Gotti Tedeschi, qu’il avait pu observer occasionnellement dans le cadre d’une rencontre entre le président et le personnel de la banque vaticane pour les vœux de Noël dernier.
 

***

Dans le conflit déchaîné au Vatican par l'opération transparence, Benoît XVI a donc été non pas un spectateur, mais un protagoniste actif.

C’est de lui que vient la ligne de conduite qui a été tracée. C’est de lui que vient le motu proprio du 30 décembre 2010 qui a introduit les innovations.

En effet la revanche que prennent aujourd’hui les opposants ne peut pas faire disparaître l'orientation qui a été donnée par le pape. Celle-ci reste vivante, malgré tout. Et elle reste également vivante dans l’opinion publique, qui est convaincue que Benoît XVI veut la véritable transparence, alors que beaucoup d’autres personnalités du Vatican n’en veulent pas, même si en paroles ils s’en affirment partisans.



UN GOUVERNEMENT DOUX, MAIS FERME


Bien évidemment, le domaine financier n’est pas le seul dans lequel Benoît XVI soit intervenu au moyen d’actes de gouvernement, au cours de ses années de pontificat.

Dans d’autres domaines, qui ne sont pas moins importants, ce pape a pris des décisions fortes, à caractère normatif, en étant conscient que, par là même, il allait créer des résistances et des divisions.

En voici une énumération sommaire :

- En 2007, Benoît XVI, par le motu proprio "Summorum pontificum", a libéralisé l'usage du missel romain de l’ancien rite.

- En 2009, il a levé l’excommunication qui frappait les quatre évêques consacrés illicitement par l'archevêque Marcel Lefebvre et, par le motu proprio "Ecclesiæ unitatem", il a lancé la démarche ayant pour objectif le retour des lefebvristes à la pleine communion avec l’Église.

- Également en 2009, il a codifié, par la constitution apostolique "Anglicanorum coetibus", le passage de communautés anglicanes entières à l’Église catholique, avec leurs évêques, leurs prêtres et leurs fidèles.

- En 2010, il a promulgué de nouvelles  règles, très sévères, concernant les "delicta graviora" et en particulier les abus sexuels commis sur des mineurs.

- Également en 2010, il a promulgué le motu proprio déjà cité en matière de transparence financière.

- En 2011, par l'instruction "Universæ ecclesiæ", il a promulgué de nouvelles normes pour l’intégration de celles qui concernent la messe selon l’ancien rite.

Or il n’y a pas un seul de ces actes de gouvernement accomplis par Benoît XVI qui n’ait pas suscité des controverses, des oppositions, des conflits.

Mais attention. Benoît XVI n’a jamais envisagé de mettre fin à ces divisions en recourant à des mesures disciplinaires, ou encore par des nominations ou des destitutions spectaculaires.

Son art de gouverner consiste, depuis toujours, à accompagner les décisions normatives – telles que les motu proprio que l’on vient de citer – d’une action visant à convaincre les gens à propos des raisons profondes de ces décisions.

C’est ainsi, par exemple, que les initiatives qu’il a prises pour mettre fin au schisme des lefebvristes ont été précédées et expliquées par le mémorable discours qu’il avait adressé à la curie le 22 décembre 2005, à propos de l’interprétation du concile Vatican II comme "renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Église".

Sa libéralisation de l’usage du rite ancien de la messe est accompagnée d’une incessante présentation des richesses de chacun des deux rites, l'ancien et le moderne, dont il souhaite qu’ils se fécondent réciproquement, comme cela se fait déjà, sous les yeux de tous, dans les liturgies qu’il célèbre.

Sa décision d’instituer pour les communautés anglicanes entrées dans l’Église catholique des ordinariats ayant leur hiérarchie et leur rite propres est accompagnée d’une redéfinition "symphonique" de la démarche œcuménique accomplie avec les communautés chrétiennes séparées de Rome.

La courageuse action de direction qu’il mène pour traiter le scandale des abus sexuels est accompagnée d’un effort inlassable de régénération intellectuelle et morale du clergé, dont le point culminant a été l'indiction d’une année sacerdotale. De plus, Benoît XVI a mis en état de pénitence des Églises nationales au complet, comme celle d’Irlande. 

Enfin, les décisions qu’il a prises afin de favoriser une transparence maximale des activités financières du Saint-Siège sont inséparables de la lecture théologique qu’il a faite de ce domaine de l’activité humaine dans son encyclique "Caritas in veritate".

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. C’est la douce fermeté de gouvernement de ce pape.
www.chiesa



Pour d’autres détails à propos des conflits en cours à la curie romaine :

> Chasse aux voleurs au Vatican
 (31.5.2012)



Les deux lettres d’Anderson et de Schmitz au cardinal Bertone, rendues publiques le 9 juin par "Il Fatto Quotidiano", et le diagnostic sur l’état de santé psychique de Gotti Tedeschi, réalisé à son insu par le psychothérapeute Pietro Lasalvia :

> IOR, le lettere a Bertone#mce_temp_url#

Et la réponse du directeur général de l’IOR, Paolo Cipriani, aux accusations de non-transparence, dans une interview au "Corriere della Sera" du 10 juin :

> Gotti disse: "Meglio non sapere"


Quatre lectures précédentes de ce pontificat, sur www.chiesa :

> Au bout de sept ans. Le secret du pape Ratzinger (27.4.2012)

> Six ans sur la chaire de Pierre. Une interprétation (1.7.2011)

> "Pourquoi ils m'attaquent". Autobiographie d'un pontificat (3.9.2010)

> Comment piloter l'Église dans la tempête. Une leçon (18.3.2010)




Photo : le capitaine Achab interprété par Gregory Peck, dans le film "Moby Dick" réalisé par John Huston en 1956.



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

Benoît XVI, Importance de la fidélité dans l'Eglise et au Saint-Siège

dominicanus #actualités

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Benoît XVI a reçu ce lundi matin les membres de l’Académie pontificale ecclésiastique où est formé le personnel diplomatique du Saint-Siège. Dans son discours, le Pape a brossé le portrait idéal d’un diplomate du Saint-Siège. Sa vertu première devra être la fidélité. La fidélité qui se vit dans l’Église et au Saint-Siège – a-t-il précisé - n’est pas une loyauté « aveugle », puisqu’elle est illuminée par la foi de Celui qui a dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ». Benoît XVI a encouragé ses futurs représentants dans le monde à vivre le lien personnel avec le Vicaire du Christ comme une part de leur spiritualité. 

 
Il s'agissait d'une rencontre annuelle mais elle s’est déroulée avec en toile de fond la tempête qui agite actuellement le Vatican. Le Pape en a d’ailleurs profité pour exprimer sa gratitude et son estime aux nombreux collaborateurs de la Curie romaine et des représentations pontificales dans le monde. Benoît XVI compte sur eux pour son ministère universel. Il les exhorte à aider les Eglises locales à grandir dans la fidélité au Siège de Pierre et en communion avec l’Eglise universelle. Dans la mesure où vous serez fidèles, vous serez aussi dignes de foi – a-t-il lancé. 


« Vous aiderez le Successeur de Pierre lui-même à être fidèle à la mission reçue du Christ – a-t-il ajouté - en lui permettant de connaître au plus près le troupeau qui lui est confié et de le rejoindre plus efficacement avec sa parole, sa proximité, son affection ». 



**********



Traduction intégrale du discours du Pape

Chers frères dans l’Épiscopat,
Chers prêtres,

Je remercie avant tout Monseigneur Beniamino Stella pour les paroles courtoises qu’il m’a adressées au nom de vous tous qui êtes présents, comme aussi pour le précieux service qu’il accomplit. Je salue avec grande affection la communauté tout entière de l’Académie pontificale ecclésiastique. Je suis heureux de vous accueillir cette année aussi, au moment où se terminent les cours et où, pour quelques-uns, approche le jour du départ pour le service dans les Représentations pontificales présentes dans le monde entier. Le Pape compte aussi sur vous, pour être assisté dans la réalisation de son ministère universel. Je vous invite à ne pas avoir peur, vous préparant avec application et engagement à la mission qui vous attend, confiant dans la fidélité de Celui qui vous connaît depuis toujours et vous a appelés à la communion avec son Fils, Jésus-Christ (cf. 1 Co 1, 9).


La fidélité de Dieu est la clef et la source de notre fidélité. Je voudrais aujourd’hui attirer votre attention sur cette vertu, qui exprime bien le lien très particulier qui s’établit entre le Pape et ses collaborateurs directs, aussi bien dans la Curie romaine que dans les Représentations pontificales : un lien qui, pour beaucoup, s’enracine dans le caractère sacerdotal dont vous êtes investis, et se spécifie ensuite dans la mission particulière confiée à chacun au service du Successeur de Pierre.


Dans le contexte biblique, la fidélité est surtout un attribut divin : Dieu se fait connaître comme celui qui est fidèle pour toujours à l’alliance qu’il a conclue avec son peuple, malgré l’infidélité de celui-ci. Étant fidèle, Dieu garantit de conduire au terme son dessein d’amour, et pour cela Il est aussi digne de foi et véridique. C’est cette attitude divine qui crée dans l’homme la possibilité d’être, à son tour, fidèle. Appliquée à l’homme, la vertu de la fidélité est profondément liée au don surnaturel de la foi, devenant l’expression de cette solidité de celui qui a fondé en Dieu toute sa vie. Dans la foi, nous trouvons en effet l’unique garantie de notre stabilité (cf. Is 7, 9b), et seulement à partir d’elle nous pouvons à notre tour être vraiment fidèles : d’abord à Dieu, donc à sa famille, l’Église qui est mère et éducatrice, et en elle à notre vocation, à l’histoire dans laquelle le Seigneur nous a insérés.


Chers amis, dans cette optique je vous encourage à vivre le lien personnel avec le Vicaire du Christ comme une part de votre spiritualité. Il s’agit assurément d’un élément propre à chaque catholique, encore plus à chaque prêtre. Toutefois, pour ceux qui travaillent près le Saint-Siège, il assume un caractère particulier, du moment qu’ils mettent au service du Successeur de Pierre une bonne partie de leurs énergies, de leur temps et de leur ministère quotidien. Il s’agit d’une grave responsabilité, mais aussi d’un don spécial, qui, avec le temps, développe un lien affectif avec le Pape, de confiance intérieure, un sentir avec naturel, qui est bien exprimé par la parole « fidélité ».


Et de la fidélité à Pierre, qui vous envoie, dérive aussi une fidélité particulière envers ceux auxquels vous êtes envoyés : on demande en effet aux Représentants du Pontife romain, et à leurs collaborateurs, de se faire les interprètes de sa sollicitude pour toutes les Églises, comme aussi de la participation et de l’affection avec laquelle il suit le chemin de chaque peuple. Par conséquent, vous devrez nourrir un rapport de profonde estime et de bienveillance, je dirais d’amitié vraie, envers les Églises et les communautés auxquelles vous serez envoyés. Par rapport à elles aussi, vous avez un devoir de fidélité, qui se concrétise dans le dévouement assidu au travail quotidien, dans la présence parmi elles dans les moments joyeux et tristes, parfois même dramatiques de leur histoire, dans l’acquisition d’une connaissance approfondie de leur culture, du chemin ecclésial, dans le fait de savoir apprécier combien la grâce divine est à l’œuvre dans chaque peuple et nation.


Il s’agit d’une aide précieuse pour le ministère pétrinien, au sujet duquel le Serviteur de Dieu Paul VI disait : « En transmettant à son Vicaire les clefs du Royaume des cieux et en l’instituant pierre et fondement de son Église (cf. Mt 16, 18), le Pasteur éternel lui a donné mission de "affermir ses frères" (cf. Lc 22, 32), c’est-à-dire de les gouverner et, en son nom, de les rassembler dans l’unité, mais aussi de leur apporter aide et consolation, par sa parole et par sa présence même, d’une certaine manière » (Lett. Apost. Sollicitudo omnium ecclesiarum, 24 juin 1969 : AAS 61 (1969) 473-474).


De cette façon, vous encouragerez et vous stimulerez aussi les Églises particulières à grandir dans la fidélité au Pontife romain, et à trouver dans le principe de communion avec l’Église universelle une orientation sûre pour leur pèlerinage dans l’histoire. Et enfin, vous aiderez le Successeur de Pierre lui-même à être fidèle à la mission reçue du Christ, en lui permettant de connaître au plus près le troupeau qui lui est confié et de le rejoindre plus efficacement avec sa parole, sa proximité, son affection. Je pense en ce moment avec gratitude à l’aide que je reçois quotidiennement des nombreux collaborateurs de la Curie romaine et des Représentants pontificaux, comme aussi au soutien qui me vient de la prière des innombrables frères et sœurs du monde entier.


Chers amis, dans la mesure où vous serez fidèles, vous serez aussi dignes de foi. Nous savons d’ailleurs, que la fidélité qui se vit dans l’Église et au Saint-Siège n’est pas une loyauté « aveugle », puisqu’elle est illuminée par la foi de Celui qui a dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église » (Mt 16, 18). Engageons-nous tous sur ce chemin pour qu’un jour, nous puissions nous entendre appliquer les paroles de la parabole évangélique : « Serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton seigneur » (cf. Mt 25, 21).


Avec ces sentiments, je renouvelle à Monseigneur le Président, à ses collaborateurs, aux Sœur Franciscaines Missionnaires de Gesù Bambino et à toute la communauté de l’Académie ecclésiastique pontificale mon salut cordial, alors que je vous bénis de grand cœur. 

(Radio Vatican)

Journal du Vatican / Une gifle à Sant'Egidio, une aux jésuites

dominicanus #actualités

Deux documents, parmi ceux qui ont été l'objet de fuites au Vatican, mettent dans l'embarras l'un la communauté surnommée "l'ONU du Trastevere" et l'autre le général de la Compagnie de Jésus. Au profit de deux cardinaux: l'Américain George et le Néerlandais Eijk 

 

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CITÉ DU VATICAN, le 7 juin 2012 – Les fuites de documents confidentiels du Vatican continuent sans interruption. Et personne ne peut dire combien de temps cela va encore durer.

Il est certain que la masse de documents ayant fait l’objet des fuites est importante. Elle paraît comporter presque exclusivement des documents conservés au Palais Apostolique, cœur de la curie romaine. C’est dans ce bâtiment donnant sur la place Saint-Pierre qu’habitent Benoît XVI et son secrétaire particulier Georg Gänswein, que se trouvent les services de la secrétairerie d’état et que le secrétaire d’état Tarcisio Bertone a son logement et son bureau.

Jusqu’à maintenant, en effet, à peu près aucun des documents qui ont été publiés en vagues successives ne semble avoir été volé directement à d’autres dicastères ou services du Saint-Siège. Dans presque tous les cas, les documents émanant de ces services n’ont été livrés en pâture au public qu’après avoir transité par le Palais Apostolique.

Pour le moment, la seule personne soupçonnée d'avoir soustrait des documents est le majordome du pape, Paolo Gabriele, qui pouvait certainement avoir accès à une partie des documents publiés, mais pas à tous.

Il faut encore vérifier les motivations qui auraient poussé les voleurs de documents à faire ce qu’ils ont fait : l’argent, la volonté de "faire le ménage", ou autre chose. Et l’on ne sait pas si, derrière cette opération, il y a un projet unitaire ou une mise en scène occulte.

Sur ce point, les dessous de l’affaire font l’objet de présentations peu solides, aussi suggestives que pauvres en faits vérifiés. D’une part il y a des gens qui fantasment sur des complots "de droite” en cours, ayant pour but d’amener à la démission un pape considéré comme trop faible. D’autre part il y a ceux qui souhaitent que l’une des conséquences de cette grande confusion soit de retarder la pleine réintégration des lefebvristes dans l’Église catholique, événement envisagé avec horreur par les sphères progressistes du monde ecclésial.

Tandis que se poursuivent au Vatican les enquêtes menées par la commission cardinalice d’enquête et par la magistrature de l’État de la Cité du Vatican, le seul élément certain est donc constitué par les documents qui ont été rendus publics jusqu’à maintenant, dont l’authenticité n’a pas été démentie.

Certains de ces documents ont été présentés à grand fracas dans les médias par ceux qui les ont reçus et publiés. Ceux-ci, peu experts en questions vaticanes, ne sont pas toujours capables d’en mesurer pleinement la signification.

En revanche, les médias n’ont pas évoqué, parmi les documents volés, ceux qui concernent deux organismes occupant une place de premier plan dans l’Église catholique, l’un ancien et l’autre récent : la Compagnie de Jésus et la Communauté de Sant’Egidio.
 


SANT'EGIDIO


On sait que la Communauté de Sant'Egidio – surnommée "l’ONU du Trastevere" – exerce une activité diplomatique "parallèle" que les épiscopats locaux n’apprécient pas beaucoup et que le Saint-Siège a toujours considérée davantage comme un obstacle que comme une ressource. Il en est de même pour le dialogue interreligieux que pratique la communauté, en concurrence avec le dicastère chargé de cette question au Vatican.

Une preuve éclatante de l'irritation que suscite cet activisme de la communauté fondée par Andrea Riccardi – celui-ci est également, à l’heure actuelle, l’un des ministres du gouvernement italien – est justement fournie par l’un des documents du Vatican qui sont devenus publics aujourd’hui.

Il s’agit d’un télégramme chiffré que la nonciature apostolique de Washington a envoyé à la secrétairerie d’état du Vatican le 3 novembre 2011.

Il est question, dans ce document, de l’opposition du cardinal archevêque de Chicago, Francis E. George, à l’intention exprimée par la Communauté de Sant’Egidio de conférer une distinction au gouverneur de l’Illinois, le catholique Pat Quinn, pour avoir signé la loi par laquelle cet état a aboli la peine de mort.

Le cardinal qualifie d’"inopportune" l’attribution de cette distinction, parce que – explique-t-il – ce même Quinn a soutenu la loi sur le mariage homosexuel, qu’il est favorable à la liberté d’avortement et qu’il a exclu de fait les institutions ecclésiales des systèmes d’adoption de mineurs, en ne les exemptant pas de l’obligation de confier les enfants même à des couples gay.

George a une bonne connaissance non seulement du personnel politique de son état, mais également de Sant'Egidio, dans la mesure où il est le cardinal titulaire de l’église San Bartolomeo all’Isola Tiberina, à Rome, qui a été confiée à cette Communauté.

Et la nonciature apostolique de Washington a pris très au sérieux ses observations. Elle les a reprises à son compte et les a transmises à Rome, dans le télégramme signé par son premier conseiller, Mgr Jean-François Lantheaume. 

Il semble que ce double non ait été efficace. En effet il n’y a aucune information indiquant que la distinction ait été conférée au gouverneur Quinn.


LES JÉSUITES


L'autre document intéressant volé au Saint-Siège qui n’a pas eu d’écho dans les médias – à l'exception de ceux des Pays-Bas – est la lettre d’accompagnement avec laquelle le général des jésuites, Adolfo Nicolás, a fait parvenir à Benoît XVI un courrier écrit par un couple de Néerlandais très fortunés, Hubert et Aldegonde Brenninkmeijer.

Le successeur de saint Ignace, après avoir rappelé que les deux époux sont depuis longtemps de généreux bienfaiteurs de l’Église et de la Compagnie de Jésus, ne parle pas du contenu de leur lettre mais il souligne qu’il "partage les préoccupations" dont ils ont voulu informer directement le pape.

La lettre du père Nicolás, écrite en italien, a été rendue publique sous forme de photocopie. Ce n’est en revanche pas le cas de celle des époux, dont seule une traduction, dans un italien un peu hésitant, a été publiée.

Mais, en tout cas, le contenu de la lettre est clair. Elle constitue un sévère acte d’accusation contre la curie du Vatican et contre la hiérarchie catholique en général. Les riches époux Brenninkmeijer s’élèvent contre le fait que l’argent joue un rôle central dans différents services de la curie, dans certains diocèses d’Europe et dans le patriarcat de Jérusalem. Ils accusent le conseil pontifical pour la famille de faire appel à des collaborateurs crédules et dépourvus d’esprit critique au lieu d’employer des personnes qui puissent et qui veuillent agir dans le sens de l'"aggiornamento" de Vatican II. Ils insinuent que, dans l’entourage le plus restreint du pape, une quantité considérable de pouvoir se serait accumulée de manière visible et tangible, ajoutant qu’ils possèdent des preuves écrites leur permettant d’étayer leurs accusations.

Les Brenninkmeijer n’accusent personne nominativement, sauf dans un cas. Après avoir affirmé qu’il y a en Europe un nombre croissant de croyants instruits qui se séparent de l’Église hiérarchique sans, d’après eux, abandonner la foi, et après avoir déploré le manque de pasteurs "non fondamentalistes" capables de guider leurs ouailles selon des critères modernes, les deux époux font part au pape du découragement que leur inspire, de même qu’à de nombreux laïcs, prêtres, religieux et évêques, la nomination du nouvel archevêque d’Utrecht, Jacobus Eijk.

Cela, on peut le lire dans les deux documents. Mais personne n’a souligné ce qui s’était passé peu de temps après l’arrivée de ces lettres.

Willem Jacobus Eijk, 59 ans, savant mais "conservateur" aussi bien dans le domaine théologico-liturgique que dans celui de la morale, a été nommé archevêque d’Utrecht par Benoît XVI au mois de décembre 2007. La lettre du père Nicolás est parvenue au Vatican le 12 décembre 2011 et, comme on peut le voir sur la photocopie qui en a été publiée, elle a été lue et paraphée par le pape le 14 décembre 2011.

Or, juste à ce moment-là, la liste des cardinaux à créer lors du consistoire qui allait être annoncé le 6 janvier 2012 était en voie d’achèvement. Et parmi les candidats naturels à la pourpre il y avait justement Mgr Eijk, parce qu’une tradition consolidée fait d’Utrecht un siège cardinalice et que son prédécesseur, Adrianus Simonis, avait déjà atteint l’âge de 80 ans.

Et en effet, le 6 janvier de cette année, le nom d’Eijk a été inclus parmi ceux des ecclésiastiques qui allaient recevoir la barrette lors du consistoire du 19 février. Il est ainsi devenu le troisième plus jeune cardinal de l’actuel sacré collège.

Donc, les "préoccupations" exprimées à son sujet par les riches époux Brenninkmeijer et approuvées par le général des jésuites ne paraissent pas avoir entamé la conviction qu’avait le pape Joseph Ratzinger d’avoir choisi l’homme idoine pour diriger le plus important diocèse de l’Église des Pays-Bas.

Si tant est qu’elles aient eu un effet, ce serait d’avoir renforcé cette conviction.




À propos des frictions entre la secrétairerie d’état du Vatican et la Communauté de Sant'Egidio :

> Journal du Vatican / Sant'Egidio en liberté surveillée (29.12.2011)


Dans le "Corriere della Sera" du 4 juin, l’historien Alberto Melloni a tiré argument de la confusion actuelle pour souhaiter une réforme institutionnelle qui confierait la conduite de l’Église universelle à "un organisme collégial permanent" composé d’évêques et ayant des pouvoirs délibératifs :

> Le tre riforme urgenti in questo pandemonio

Le lendemain, l'archevêque Agostino Marchetto, l’un des critiques les plus sévères des thèses de Melloni et en particulier de son interprétation du concile Vatican II, lui a répondu :

> "Il pontefice sarà sempre un bersaglio"


Tous les articles de www.chiesa à propos du gouvernement central de l’Église catholique :

> Focus VATICAN



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Décès du Père Guy Bedouelle, o.p.

dominicanus #actualités
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Recteur de l'Université Catholique de l'Ouest de 2008 à 2011, le Père Guy Bedouelle, o.p., est décédé le 22 mai 2012 à Fribourg (Suisse). Ses obsèques ont eu lieu le 25 mai en l'église du Collège St-Michel à Fribourg (Suisse). Au même moment, Mgr Emmanuel Delmas, évêque d'Angers, Chancelier de l'UCO, a célébré une messe en union avec la sépulture, en la chapelle St-Thomas à Angers.

Dans un communiqué, le Rectorat de l'Université Catholique de l'Ouest (UCO) salue le « service constant de la mission d'éducation et d'enseignement supérieur confiée par l'Eglise catholique à notre université ». Le Père Guy Bedouelle, o.p., « a su affirmer avec calme et exigence intellectuelle le rôle de l'UCO » et, en collaboration avec le chancelier et le conseil supérieur de l'UCO « mettre en valeur notre spécificité aux plans local, national, international ».

Homme « de dialogue » et « de coopération », il a « manifesté une autorité bienveillante, une recherche de la décision juste, une préoccupation de chacune et de chacun. Il a apporté à ses collaborateurs et aux responsables qui ont été appelés à travailler avec lui une indispensable hauteur de vue et a été un témoin authentique de la foi qui l'animait ».

Dominicain, historien et théologien
Le Père Guy Bedouelle est né en 1940 à Lisieux, en Normandie. Après des études de droit et de sciences politiques, il entre dans l'ordre des dominicains en 1965. Il se consacre alors à la théologie au Centre d'études du Saulchoir, au Couvent Saint-Jacques à Paris, dont il deviendra le président, ainsi qu'à l'histoire religieuse à Paris, Genève et Fribourg. Docteur en théologie, en droit et en histoire, le Père Bedouelle est diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et a été admis à l'Ecole Nationale d'Administration (ENA). Il a été de 1977 à 2007 professeur d'histoire de l'Eglise à l'Université de Fribourg. Nommé en juillet 2007 recteur de l'Université Catholique de l'Ouest à Angers par la Congrégation romaine pour l'Education Catholique, responsabilité qu'il assumera dès janvier 2008. Il s'était retiré de sa fonction en août 2011 pour raisons de santé.

Guy Bedouelle marque également un intérêt particulier pour les rapports Eglises-Etat, et notamment les questions liées à la laïcité. Passionné par les liens entre l'Eglise, la culture et l'art, il est connu du public comme cinéphile, expert et chroniqueur régulier de cinéma, notamment dans la revue culturelle des jésuites "Choisir" à Genève.

Historien et théologien, maître en vie spirituelle jouissant d'une réputation internationale, le Père Bedouelle a été invité à donner des cours et des conférences dans de nombreux pays, dont la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Pologne et les Philippines. Il a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels: Le temps des Réformes et la Bible (1989) - L'histoire de l'Eglise (1997) - Les laïcités à la française (1998) - La réforme du catholicisme (2002) - Une République, des religions (2003) -L'invisible au cinéma (2006). Membre du comité de rédaction de la revue "Communio" depuis l'origine, il dirigeait également les revues "Mémoire dominicaine" et "Pierre d'Angle". Il avait récemment publié La liberté de l'intelligence chrétienne (2012) aux éditions L'échelle de Jacob.
(Source: http://www.eglise.catholique.fr/)

Le Père Bedouelle a été mon professeur d'Histoire de l'Église à l'Université de Fribourg. C'est lui qui a dirigé mon travail de licence sur saint François de Sales. Il était aussi mon père spirituel. R.I.P.

Mgr Anatrella, La théorie du genre et l'origine de l'homosexualité

dominicanus #actualités

 

Milan 2012 et le "mariage" homosexuel

 

tony anatrella



 

Propos recueillis par Anita Bourdin

ROME, mardi 5 juin 2012 (ZENIT.org) – Mgr Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, consulte et enseigne à Paris et il est, entre autres, consulteur du Conseil pontifical pour la Famille et du Conseil pontifical pour la Santé. Il a présenté son dernier livre paru en italien sous le titre : "La teoria del « gender » e l’origine dell’omosessualità" (« La théorie du genre et l’origine de l’homosexualité »), aux éditions San Paolo, au Centre Culturel de Milan le lundi 28 avril 2012, à la veille des 7èmes Rencontres Mondiales des Familles, devant un public constitué de nombreuses personnes parmi lesquelles des universitaires, des psychiatres et divers spécialistes de sciences humaines. Le Dr Marco Invernizzi et le Dr Roberto Marchesini ont su dégager les thèmes et les enjeux de ce livre. Mgr Jean-Marie Mupendawatu, Secrétaire du Conseil pontifical pour la Santé, a adressé un message aux participants de cette conférence montrant que le titre de l’ouvrage indiquait les problèmes anthropologiques soulevés par cette théorie et la valorisation actuelle de l’homosexualité.

Mgr Tony Anatrella a bien voulu présenter son livre au lecteurs de Zenit.

Zenit - Les 7èmes Rencontres Mondiales des Familles viennent de s’achever quelles conclusions pouvez-vous en tirer? On a eu l’impression que les Français n'étaient pas aussi nombreux que la proximité pouvait le laisser espérer, et que la presse a peu parlé de l’événement ?

Mgr Tony Anatrella - Ces journées ont été un beau succès et elles ont suscité un grand intérêt et la joie de se retrouver en Église. Le congrès de théologie pastorale a rassemblé 7.000 personnes autour du thème du travail et de la fête, ce qui a permis de prendre de la distance pour mieux comprendre la dynamique et les nécessités familiales. Je sais que certains ont regretté que les problématiques actuelles n’aient pas été suffisamment prises en compte au sujet des séparations, des divorces, de la préparation au mariage, des situations de « fait », de la militance en faveur du mariage homosexuel et l’approche anthropologique de la famille là où l’on a tendance à en rester à des constats sociologiques. La sociologie est intéressante pour observer des comportements et des pratiques, mais elle est insuffisante pour énoncer ce qui fonde le sens de la famille. C’est particulièrement important dans un contexte d’émiettement de la vie affective et de la famille. On ne peut pas baser la pastorale familiale sur un simple empilement d’observations sociologiques mais sur le sens de la famille que l’on veut promouvoir et qui prend en compte les besoins de la personne et le sens du bien commun. Lors de la messe de clôture qui a rassemblé plus d’un million de participants, le Pape a su redire les fondements anthropologiques du mariage et de la famille. De quoi argumenter les réflexions actuelles qui peuvent aussi s’inspirer de Familiaris consortio dont nous fêtons le 30ème anniversaire. Il a également insisté sur l’accueil des divorcés-remariés et sur l’esprit de créativité à développer là où des personnes ne peuvent pas avoir accès aux sacrements. Il peut y avoir d’autres façons de s’unir au Christ eucharistique, ce qui implique un approfondissement de la foi et du sens du sacrement de mariage.

 

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Les familles avec leurs enfants, accompagnées par de nombreux évêques et prêtres, sont venues des quatre coins du monde. Elles ont ainsi exprimé l’universalité de l’Église autour du Saint-Père. Elles lui ont manifesté de l’affection et un grand soutien au moment où le Pape est éprouvé par la trahison de l’un des siens. C’est souvent ainsi dans la vie ! Certains journalistes développent des commentaires fantaisistes et se complaisent dans la surinterprétation plutôt que de s’en tenir aux faits. Au lieu de parler de l’événement exemplaire de Milan et de ce qui se vivait, de nombreux articles ou de reportages radios et télévisés préféraient amplifier le vol de documents dans le bureau de Benoît XVI et épiloguaient sur l’idée d’un complot. C’est extraordinaire de voir comment on réécrit l’histoire quand on ne sait rien. Les dépêches de certaines agences étaient également pernicieuses en opposant au discours du Saint-Père sur le mariage et la famille, un discours militant en faveur du mariage homosexuel. La palme revient sans doute au chroniqueur religieux d’une grande radio périphérique qui, en direct de Milan, a sous-entendu à l’antenne le dimanche 3 juin au matin que les documents volés avaient été mis exprès dans l’appartement du majordome…

Enfin, il est vrai que les Français n’étaient pas aussi nombreux à Milan que pour les JMJ. Comment expliquer ce phénomène alors que ce type de rassemblement se prépare au moins sur deux ans à l’avance et que leur petit nombre n’est pas lié à des circonstances passagères ? La politique familiale et la pastorale de la famille reposent davantage en France sur des mouvements familiaux comme les AFC et ceux, entre autres, de la Communauté de l’Emmanuel, que sur les paroisses. Ce sont donc les mouvements qui ont su mobiliser les familles. Cela doit inciter les paroisses à investir davantage dans la pastorale de la famille, même si certaines le font déjà, car elle représente un enjeu d’avenir. La Nouvelle évangélisation doit se faire, entre autres, à partir de la famille et du suivi des personnes ainsi engagées et d’autres qui peuvent se trouver dans diverses situations. Il y a là un tissu humain à développer et à enrichir socialement et spirituellement.

Vous avez déjà publié de nombreux ouvrages sur la question du gender et de l’homosexualité (pour mémoire rappelons : La différence interdite, Flammarion. Époux, heureux époux, Flammarion. Le règne de Narcisse, Presses de la renaissance et qui vient d’être à nouveau édité en audio-livre aux éditions Saint-Léger-Productions. La tentation de Capoue, Cujas. Et plus récemment Le gender aux éditions Téqui, mais aussi aux éditions italiennes ESD) : quelle est la nouveauté de ce livre en italien?

Ce livre est inédit et il est pour l’instant uniquement publié en italien. Je fais une analyse de lathéorie du gender à partir des concepts de l’encyclique de Benoît XVI, Caritas in Veritate, qui permettent de souligner le caractère irréaliste et idéaliste de cette idéologie. Elle prétend que la personne humaine est un être uniquement construit culturellement et en particulier ce qui concerne le corps sexué, l’identité sexuelle et les relations sociales. C’est le rôle que la société assignerait à chaque personne, dite homme ou femme, qui ferait l’identité sexuelle de chacun et en même temps il revient à chacun de s’assumer en fonction d’une orientation sexuelle à partir de laquelle il souhaite vivre. Le corps sexué n’est pas reconnu pour lui-même comme un « fait » à partir duquel le sujet se développe mais comme un artifice défini par la société. Enfin la sexualité humaine ne serait plus définie à partir de l’identité de l’homme ou de la femme, mais à partir des orientations sexuelle comme par exemple l’homosexualité.

Autrement dit, dans le cadre de cours d’éducation sexuelle qui sont donnés à partir de cette théorie, on laisse entendre à des enfants et à des adolescents qu’ils croient être filles ou garçons alors que ce n’est pas certain. Tout dépend de l’orientation sexuelle qui apparaîtra en eux et à partir de laquelle ils auront à se définir. Cette vision est complétement déconnectée du réel et entraîne une division entre le corps réel, qui lui est sexué au masculin ou au féminin (nous ne sommes que mâles ou femelles et pas autre chose), tout en étant nié, au bénéfice d’un corps imaginé en dehors de sa condition sexuée avec tout ce qui en découle. Pour la théorie du gender, le corps s’arrête à la hauteur de la tête alors que le reste n’existe pas ou du moins il n’existe qu’en fonction des aléas des images corporelles que le sujet peut avoir selon le mouvement de ses affects et de ses représentations internes qui, elles, sont plus ou moins conflictuelles avec la réalité. C’est donc à partir des hésitations, bien connues, à l’égard du corps que l’enfant ou l’adolescent peuvent éprouver, que les théoriciens du gender en font une idéologie holistique allant jusqu’à remettre en question la réalité du corps sexué. Chacun est invité, ainsi que toute la société, à se redéfinir à partir d’un corps imaginaire, proche d’une vision psychotique, avec toutes les conséquences anthropologiques et sociales que ce système peut engendrer lorsque l’on tente de violer la réalité en nommant des choses qui n’existent pas.

Caritas in Veritate propose des réponses appropriées en soulignant que chaque époque secrète des idéologies qui s’éloignent des intérêts de l’homme et du bien commun. Le marxisme à travers le communisme et le socialisme, nous promettait un homme nouveau avec l’idée dépressive de « changer la vie » au lieu de l’assumer. Le nazisme en appelait à une race supérieure. Nous savons combien ces fausses idées ont été meurtrières à bien des égards. Et maintenant la théorie du gender veut nous libérer de la condition de notre corps sexué et de la différence sexuelle. Elles inspirent les institutions onusiennes, le Parlement européen, la Commission de Bruxelles et les lois des différents pays membres à travers la notion de parité, d’égalitarisme et d’orientations sexuelles appliquées de façon uniquement instrumentale et sans aucun discernement objectif. Elle est enseignée dans les écoles et inspire les programmes d’éducation sexuelle. Les organismes spécialisés de l’ONU à Genève ont voulu, en mars dernier, imposer aux pays membres la condamnation de toutes discriminations à l’égard du mariage en faveur des personnes de même sexe. L’opération s’est répétée dans la cadre de la Commission européenne auprès des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, elle a été rejetée. Des lois se préparent un peu partout dans le monde pour réprimer ce que l’on appelle « l’homophobie » sans savoir ce que l’on met sous ce terme au-delà du nécessaire respect de chacun. C’est une machine de guerre qui se met en place pour pénaliser tous les propos qui ne seraient pas en faveur de l’homosexualité : on crée ainsi un délit de penser.

Dans son encyclique le Pape Benoît XVI montre bien le rôle pervers du législateur lorsqu’il modifie les lois civiles dans l’idée de changer l’homme alors que son but est d’organiser la vie en société. Il précise en montrant que le concept de "progrès" conduit à une impasse surtout lorsque l’on insiste sur l’idée d’un homme construit culturellement et façonné par des lois civiles comme dans les pays totalitaires. Il préfère retenir la notion de "développement" qui est davantage pertinente pour comprendre que la réalité est un fait, un donné et une condition à partir de laquelle se développe chacun.

Dans votre livre vous consacrez également un long chapitre à l’origine de l’homosexualité. Pourriez-vous en préciser les thèmes ?

L’homosexualité est un des effets de la théorie du gender qui tente de définir la sexualité non pas à partir des deux seules identités sexuelles qui existent (l’homme et la femme), mais en fonction des orientations sexuelles, qui elles sont nombreuses et variées et relèvent du conflit plus ou moins remanié avec les pulsions partielles et les identifications primaires.

Lorsque l’on parle de l’homosexualité, il convient de distinguer l’aspect individuel de l’aspect social, notamment en ce qui concerne le mariage entre personnes de même sexe et l’adoption des enfants.

Sur le plan individuel, l’homosexualité a toujours existé et existera sans doute toujours plus ou moins. La plupart des études sérieuses indiquent qu’il n’y a pas d’origine génétique ou neurophysiologique à cette tendance particulière. Il est assez étonnant de constater que l’on nie la nature humaine avec des caractéristiques particulières à l’homme et à la femme et en même temps on voudrait affirmer qu’il existe une nature homosexuelle fondée sur du génétique ou du biologique comme pour montrer le caractère normal de cette inclination. Si la sexualité humaine est relativement conditionnée par des déterminants biologiques, elle dépend aussi et surtout de la représentation que chacun se fait de ses désirs. La vie pulsionnelle s’élabore dans un système de représentations liées aux diverses expériences que l’enfant et l’adolescent font de leur corps. Les premières identifications sont multiples et souvent en direction des personnes de même sexe pour conforter l’identité du garçon et de la fille. Et c’est lorsque des conflits internes se présentent et ne sont pas résolus que des orientations particulières peuvent apparaître en contradiction avec l’identité du sujet. Ce qui veut dire que l’homosexualité n’est pas une alternative à l’altérité sexuelle qui se noue uniquement entre un homme et une femme. Elle est davantage l’expression d’une fixation primitive au même et au semblable que soi, et relève d’une difficulté à intérioriser l’autre sexe.

Il y a différentes formes d’homosexualité : certaines peuvent évoluer et s’acheminer naturellement vers l’attrait de l’autre sexe pendant que d’autres sont moins mobiles. Le drame est que le contexte actuel ne favorise pas une interrogation sur soi à ce sujet afin de savoir à quoi correspond cette tendance. Or, de nombreuses personnes viennent souvent consulter dans l’espoir de modifier cette orientation et certains arrivent à la remanier. Mais il y a une sorte de tabou et d’interdit à penser que l’on pourrait changer une orientation homosexuelle alors que pourtant des personnes y parviennent. On admet facilement que quelqu’un qui est hétérosexuel puisse devenir homosexuel alors que l’inverse serait impossible.

Bien entendu, il ne s’agit pas d’utiliser des démarches et des pratiques d’autosuggestion mais de laisser la liberté de parole au sujet qui va chercher à prendre conscience de ce qui l’a conduit à s’organiser psychologiquement de cette façon et à décider ce qu’il peut vivre et assumer.

Il est vrai que l’influence sociale d’une société narcissique incline à se penser de façon confuse en matière sexuelle. Des adolescents et des jeunes consultent car après quelques échecs amoureux, ils s’imaginent qu’ils sont peut-être homosexuels et vivent même des expériences afin de savoir ce qu’ils sont. Ce qui montre combien les sujets actuels ont du mal à occuper leur intériorité et à savoir identifier leurs désirs ; tout devrait se jouer dans l’agir.

La question homosexuelle est insuffisamment travaillée afin de comprendre de quel fonctionnement psychique elle relève. Il y a également une sorte de paresse intellectuelle qui consiste à attribuer à la relation entre deux personnes de même sexe les mêmes caractéristiques qui sont celles, et de façon exclusive, propres au couple formé par un homme et une femme.

Dans ces conditions, pourquoi cette volonté de "marier" des personnes de même sexe ?

Nous passons ici sur le versant social de la question homosexuelle avec plusieurs réponses que j’ai déjà eu l’occasion de développer dans mes ouvrages et articles.

- Il y a derrière cette revendication une volonté d’être reconnu par la société et d’admettre l’homosexualité comme une autre forme de sexualité parmi d’autres. La question est de savoir si elle peut être considérée socialement comme une forme de sexualité comme une autre et de s’interroger aussi sur le fait suivant : à partir de quel type de sexualité la société s’organise ? L’homosexualité ne représente aucune nécessité sociale, c’est pourquoi toutes les sociétés se sont toujours organisées autour du mariage entre l’homme et la femme puisqu’ils sont les seuls à former un couple et à signifier l’altérité sexuelle dont le lien social a besoin.

- Il faut également considérer que le divorce a entraîné une dévalorisation du sens du mariage comme alliance entre un homme et une femme, du fait de l’affaiblissement de ses obligations et du laxisme de la loi et des juges qui ne les respectent plus. Sans doute parce que cet état de vie n’a pas été suffisamment préparé, la maturité restait encore fragile pour avoir le sens d’un engagement et que le projet de vie était à peine ébauché. De là est née une mentalité individualiste à partir de laquelle de nombreuses personnes ont eu du mal à accéder à la dimension sociale de la vie affective à travers le mariage et de sa responsabilité objective à l’égard de l’autre et des enfants. Le couple sentimental (en dehors de toute dimension sociale) s’est imposé au détriment du couple fondé sur une alliance (mariage). Il suffit ainsi d’éprouver de forts sentiments pour partager une vie commune sans avoir à l’inscrire dans le conjugal et le familial. D’où des formes d’unions de « fait » qui créent des confusions et ne favorisent pas le lien social. Le concubinage, les foyers monoparentaux et les couples dissociés, et pas davantage les duos entre personnes de même sexe, ne peuvent en aucun cas représenter des modèles cohérents d’avenir. Ils sont contextuels et, en eux-mêmes, ils ne sont pas structurants. Il suffit de constater que les foyers monoparentaux et les couples divorcés s’appauvrissent à bien des égards et notamment sur le plan économique pour réaliser qu’ils ne peuvent pas servir de référence. C’est bien souvent ce que disent des adultes issus de ces situations alors qu’ils étaient enfants, sans avoir à condamner ou à rejeter leurs parents. Mais ils savent qu’ils veulent vivre autrement dans l’intérêt de leur couple et de leurs enfants, et découvrent le sens du mariage et de la fidélité.

- Aujourd’hui,le mariage apparaît davantage comme la reconnaissance sociale des sentiments que comme l’expression de l’engagement irrévocable entre un homme et une femme et détaché de la procréation et donc de la filiation. Dans ces conditions purement sentimentales n’importe qui peut se marier avec n’importe qui, et n’importe qui peut se désigner père ou mère d’un enfant en dissociant la parenté (on a tort de parler de parentalité) de la fertilité et de l’acte sexuel. En manipulant le langage, il est possible de dire une chose et son contraire et de chercher à nommer l’impensable et ce qui n’existe pas en réalité. La nature du mariage ne se réduit donc pas à être la reconnaissance sociale des sentiments. Il est une institution dans laquelle un homme et une femme inscrivent leur conjugalité et la génération dans une continuité familiale et intergénérationnelle. Deux personnes de même sexe ne sont pas situées pour être capables d’assumer ces caractéristiques objectives du mariage. La filiation et l’intergénérationnel s’arrêtent à leur monosexualité.

-L’égalité des droits et la lutte contre les discriminations sont d’autres arguments utilisés pour justifier le mariage entre personnes de même sexe.

Si nous sommes tous égaux devant la loi, cela ne veut pas dire que toutes les situations de vie sont égales et ont la même valeur. Il y a ici un détournement du sens de l’égalité et des droits qui laisse entendre que toutes les associations affectives seraient de même nature et pourraient s’inscrire dans le mariage. Le mariage relève d’un droit uniquement réservé aux hommes et aux femmes puisqu’il correspond à l’alliance des sexes, mais il est actuellement instrumentalisé à des fins politiques comme pour normaliser l’homosexualité.

Les responsables politiques qui légifèrent ainsi sur toutes les failles et les points aveugles de la société, contribuent surtout à fragiliser le cadre porteur et à participer à la déstructuration des citoyens à commencer par les plus jeunes. Nous en payerons le coût humain et social sur les générations à venir dans trente à quarante ans.

Il n’y a rien de discriminatoire et c’est faire œuvre de raison que de soutenir que le mariage comme la conception et l’adoption des enfants ne se définissent uniquement qu’à partir d’un homme et d’une femme. En ce sens, l’enfant n’est pas un droit, alors que son droit et son intérêt supérieur sont d’être conçu et éduqué entre un homme et une femme, un père et une mère, qui vivent dans cette cohérence leur sexualité. L’adoption des enfants dans un univers monosexué est souvent présentée en termes purement affectifs plutôt que structurels : de quoi a besoin un enfant ?

- Ce détournement de sens du mariage s’est amplifié avec la création du Pacs, comme je l’avais dit à l’époque, en participant à la déstructuration du mariage jusqu’à favoriser son inutilité, voire sa disparition. Le mariage, qui est une institution, devient de plus en plus un contrat (comme un contrat de biens) qui va d’union en désunion au point de créer les conditions psychologiques d’une société d’instables affectifs, de polygames à travers le multipaternariat, de relations précaires et de confusions sexuelles.

En ce sens, le Pacs qui est plus facile à manier juridiquement, risque de se substituer au mariage en baisse constante, en devenant le signe de l’inconstance affective de l’époque contemporaine. Les pouvoirs publics prennent une grave responsabilité en dérégulant un système symbolique qui a mis des siècles à s’élaborer et à s’affiner au bénéfice de l’alliance entre l’homme et la femme. Le Pacs et le mariage entre personnes de même sexe va rendre inutile le mariage étant donné que divers contrats d’association se mettent en place. Dans ces conditions, il y a une forme d’injustice et de discrimination à obliger le mariage civil avant de se marier religieusement. Je l’avais évoqué dans mon livre « La différence interdite », qui est toujours d’actualité au moment où certains se demandent pourquoi on les oblige à se marier devant cette confusion légale.

- Le mariage entre personnes de même sexe représente une véritable incohérence qui porte atteinte à l’altérité sexuelle dont la société a besoin. Le signal qui est ainsi envoyé à la société laisse entendre que celle-ci valorise la recherche du même et du semblable et qu’elle le reconnaît dans la loi au détriment du sens de l’autre. A-t-on mesuré toutes les conséquences collatérales d’une telle vision restrictive des relations individuelles et du lien social ? Il suffit de réfléchir pour savoir comment nommer ce système dans lequel on voudrait nous enfermer.

Enfin il est assez étonnant de constater, au moment où l’implosion financière menace la planète, où la famille fondée par un homme et une femme a besoin d’être soutenue tout en accompagnant des situations particulières comme celles des foyers monoparentaux, alors que l’école, les programme scolaires et la transmission posent de grave problèmes et que nous allons vers un relatif effondrement de l’emploi, que pendant ce temps-là, les responsables politiques légifèrent sur des problèmes de mœurs manifestant ainsi leur impuissance à traiter l’essentiel. C’est de cela dont témoignent également les campagnes législatives dans de nombreux pays : les questions de fond ne sont pas abordées et les projets des candidats ne sont pas révélés dans l’espoir de remporter les suffrages. Il est assez inquiétant d’observer que la plupart des politiques ne cherchent pas à évaluer les conséquences quand, sous la pression des lobbies, ils imaginent marier les personnes de même sexe. Il n’y a pas un droit au mariage en dehors de certaines nécessités, encore faut-il être en condition pour se marier.

On l’aura compris, il est injuste de parler des « familles » en laissant entendre qu’il y aurait plusieurs modèles possibles alors qu’il s’agit de conditions singulières à partir desquelles la famille ne saurait se définir. Il est tout aussi inadéquat de parler de la « famille traditionnelle » en l’accolant à de soi-disant nouveaux modèles (concubinage, foyers monoparentaux, homoparentalité) alors qu’ils représentent une segmentation du sens de la famille à laquelle il deviendra de plus en plus difficile de s’identifier. Il convient surtout de parler de la famille à partir de l’identité qu’elle revêt. L’identité de la famille n’est pas dans ce qu’on en fait, mais dans ce qu’elle est intrinsèquement. Sinon on confond les aléas de l’existence, les affects et les situations singulières avec ce qui définit la famille.

C’est dans ce sens que le Pape Benoît XVI a parlé à Milan aux 7èmes Rencontres Mondiales des Familles en disant : « La famille doit être redécouverte en tant que patrimoine principal de l'humanité, signe d'une culture vraie et stable au profit de l’homme … L’État est appelé à reconnaître l’identité propre de la famille, fondée sur le mariage et ouverte à la vie, et le droit primordial des parents à la libre éducation des enfants, selon le projet éducatif qu’ils jugent valide et pertinent ».

Notification de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur le livre Just Love. A Framework for Christian Sexual Ethics de Sœur Margaret A. Farley, R.S.M. (2e partie)

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Levada, William Cardinal

 

 Les actes homosexuels

Sr Farley écrit : « De mon point de vue [...], les relations et les actes homosexuels peuvent être justifiés, en conformité à la même éthique sexuelle, tout comme les relations et les actes hétérosexuels. Par conséquent, les personnes présentant une orientation homosexuelle, ainsi que leurs actes respectifs, peuvent et doivent être respectés, qu’elles aient ou non la possibilité d’être autrement » (p. 295). Cette opinion n’est pas acceptable. En réalité, l’Église catholique distingue entre les personnes présentant des tendances homosexuelles et les actes homosexuels. Concernant les personnes présentant des tendances homosexuelles, le Catéchisme de l’Église catholique enseigne qu’elles doivent être accueillies « avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste»2. Par contre, concernant les actes homosexuels, le Catéchisme de l’Église catholique affirme : « S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui présente les relations homosexuelles comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés. Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas »3.


 Unions homosexuelles

Sr Farley écrit : « La législation sur la non-discrimination des homosexuels, mais aussi sur les unions de fait, les unions civiles et le mariage gay, peut jouer un rôle important dans la transformation de la haine, de la marginalisation et de la stigmatisation de gays et de lesbiennes, que renforcent aujourd’hui encore des enseignements concernant le sexe "contre nature", le désir désordonné et l’amour dangereux. […] Une des questions actuellement les plus urgentes aux yeux de l’opinion publique des États-Unis est le mariage entre des partenaires de même sexe – c’est-à-dire la concession d’une reconnaissance sociale et d’un statut légal aux unions entre lesbiennes et entre gays, comparables aux unions entre hétérosexuels » (p. 293).

Cette position est opposée à l’enseignement du Magistère : « L’Église enseigne que le respect envers les personnes homosexuelles ne peut en aucune façon conduire à l’approbation du comportement homosexuel ou à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles. Le bien commun exige que les lois reconnaissent, favorisent et protègent l’union matrimoniale comme base de la famille, cellule primordiale de la société. Reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage, signifierait non seulement approuver un comportement déviant, et par conséquent en faire un modèle dans la société actuelle, mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité. L’Église ne peut pas ne pas défendre de telles valeurs pour le bien des hommes et de toute la société »4. « On ne peut invoquer non plus en faveur de la légalisation des unions homosexuelles le principe du respect de la non-discrimination de toute personne. En effet, la distinction entre personnes, la négation d’une reconnaissance ou d’une prestation sociale sont inacceptables seulement si elles sont contraires à la justice. Ne pas attribuer le statut social et juridique de mariage aux formes de vie qui ne sont pas et ne peuvent être matrimoniales ne s’oppose pas à la justice. C’est elle – la justice – au contraire, qui l’exige »5.


Indissolubilité du mariage

Sr Farley écrit : « Ma position personnelle est que l’engagement matrimonial est sujet à la dissolution pour les mêmes raisons fondamentales permettant à tout engagement permanent, extrêmement sérieux et quasi inconditionnel, de cesser d’être contraignant. Cela implique qu’il peut effectivement y avoir des situations dans lesquelles trop de choses ont changé – l’un des partenaires ou les deux ont changé, leur relation a changé, la raison initiale de leur engagement semble avoir disparu complètement. Bien sûr, le sens d’un engagement permanent est de lier ceux qui le prennent, en dépit de tous les changements qui peuvent survenir. Mais peut-il toujours tenir ? Peut-il tenir absolument en présence d’un changement radical et imprévu ? Ma réponse est : parfois il ne le peut pas. Parfois, l’obligation doit être abandonnée, et l’engagement peut être légitiment modifié » (pp. 304-305).

Cette opinion est en contradiction avec la doctrine catholique concernant l’indissolubilité du mariage : « L’amour conjugal exige des époux, de par sa nature même, une fidélité inviolable. Ceci est la conséquence du don d’eux-mêmes que se font l’un à l’autre les époux. L’amour veut être définitif. Il ne peut être "jusqu’à nouvel ordre". Cette union intime, don réciproque de deux personnes, non moins que le bien des enfants, exigent l’entière fidélité des époux et requièrent leur indissoluble unité. Le motif le plus profond se trouve dans la fidélité de Dieu à son alliance, du Christ à son Église. Par le sacrement de mariage les époux sont habilités à représenter cette fidélité et à en témoigner. Par le sacrement, l’indissolubilité du mariage reçoit un sens nouveau et plus profond. Le Seigneur Jésus a insisté sur l’intention originelle du Créateur qui voulait un mariage indissoluble. Il abroge les tolérances qui s’étaient glissées dans la loi ancienne. Entre baptisés, le mariage conclu et consommé ne peut être dissout par aucune puissance humaine ni pour aucune cause, sauf par la mort »6.


 Divorce et remariage

Sr Farley écrit : « Si des enfants sont nés du mariage, les ex-époux se seront soutenus pendant des années, peut-être pendant la vie entière, dans le projet parental. De toute manière, une fois mariées l’une avec l’autre, les vies de deux personnes sont marquées pour toujours par l’expérience de ce mariage. La profondeur de ce qui demeure admet des degrés, mais quelque chose demeure. Mais ce qui demeure, empêche-t-il un second mariage ? À mon avis, non. Quelle que soit l’obligation permanente que comporte un lien résiduel, il ne doit pas inclure la prohibition d’un remariage – pas plus que l’union permanente entre des époux ne prohibe un second mariage pour celui des époux qui demeure en vie après le décès de l’un d’eux » (p. 310).

Cette approche contredit l’enseignement catholique qui exclut la possibilité du remariage après un divorce : « Nombreux sont aujourd’hui, dans bien des pays, les catholiques qui ont recours au divorce selon les lois civiles et qui contractent civilement une nouvelle union. L’Église maintient, par fidélité à la parole de Jésus Christ ("Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère à l’égard de la première ; et si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère" : Mc 10, 11-12), qu’elle ne peut reconnaître comme valide une nouvelle union, si le premier mariage l’était. Si les divorcés sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu. Dès lors ils ne peuvent pas accéder à la communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation. Pour la même raison ils ne peuvent pas exercer certaines responsabilités ecclésiales. La réconciliation par le sacrement de pénitence ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et se sont engagés à vivre dans une continence complète »7.


 Conclusion

Avec cette Notification, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi exprime un profond regret pour le fait qu’un membre d’un Institut de vie consacrée, Sr Margaret A. Farley, R.S.M., affirme des positions en contradiction directe avec la doctrine catholique dans le domaine de la morale sexuelle. La Congrégation avertit les fidèles que le livre Just Love. A Framework for Christian Sexual Ethics n’est pas conforme à la doctrine de l’Église. Par conséquent, il ne peut servir d’expression valide de l’enseignement catholique, ni pour la direction spirituelle et la formation, ni pour le dialogue interreligieux. Par ailleurs, la Congrégation désire encourager les théologiens afin qu’ils poursuivent la tâche d’étudier et d’enseigner la théologie morale en pleine conformité avec les principes de la doctrine catholique.

Le Souverain Pontife Benoît XVI, au cours de l’audience accordée le 16 mars 2012 au cardinal Préfet soussigné, a approuvé la présente Notification, qui avait été adoptée durant la Session Ordinaire de cette Congrégation en date du 14 mars 2012, et il en a ordonné la publication.

 À Rome, du siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 30 mars 2012.

William Cardinal Levada

Préfet

+ Luis F. Ladaria, S.I.

Archevêque titulaire de Thibica

Secrétaire

 


1 Catéchisme de l’Église catholique, n. 2352 ; cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration Persona humana sur certaines questions d’éthique sexuelle (29 décembre 1975), n. 9 : AAS 68 (1976), 85-87.

2 Catéchisme de l’Église catholique, n. 2358.

3 Catéchisme de l’Église Catholique, n. 2357 ; cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10 ; Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration Persona humana, n. 8 : AAS 68 (1976), 84-85 ; Id., Lettre Homosexualitatis problema sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles (1er octobre 1986) : AAS 79 (1987), 543-554.

4 Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles (3 juin 2003), n. 11 : AAS 96 (2004), 48.

5 Ibid., n. 8 : AAS 96 (2004), 46-47.

6 Catéchisme de l’Église catholique, nn. 1646-1647.2382 ; cf. Mt 5,31-32 ; 19,3-9 ; Mc 10,9 ; Lc 16,18 ; 1 Co 7,10-11 ; Concile œcuménique Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et spes sur l’Église dans le monde de ce temps, nn. 48-49 ; Code de droit canonique, can. 1141 ; Jean-Paul II, Exhortation apostolique Familiaris consortio sur les tâches de la famille chrétienne dans le monde d’aujourd’hui (22 novembre 1981), n. 13 : AAS 74 (1982), 93-96.

7 Catéchisme de l’Église catholique, n. 1650 ; cf. Jean-Paul II, Exhortation apostolique Familiaris consortio, n. 84 : AAS 74 (1982), 184-186 ; Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Annus Internationalis Familiae sur l’accès à la communion eucharistique de la part des fidèles divorcés-remariés (14 septembre 1994) : AAS 86 (1994), 974-979.


© Libreria Editrice Vaticana

Notification de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur le livre Just Love. A Framework for Christian Sexual Ethics de Sœur Margaret A. Farley, R.S.M.

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Introduction

Au terme d’un premier examen du livre de Sr Margaret A. Farley, R.S.M., Just Love. A Framework for Christian Sexual Ethics (New York : Continuum, 2006), la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a écrit le 29 mars 2010 à l’auteur, lui adressant par l’intermédiaire de Sr Mary Waskowiak, alors Supérieure générale des Sisters of Mercy of the Americas, une évaluation préliminaire du livre, en indiquant les problèmes doctrinaux présents dans le texte. La réponse de Sr Farley, datée du 28 octobre 2010, n’a pas clarifié ces problèmes de manière satisfaisante. Puisque ce cas concernait des erreurs doctrinales dans un livre dont la publication a été une source de confusion pour les fidèles, la Congrégation a décidé d’entreprendre un examen selon la « procédure d’urgence », conformément à la Procédure pour l’examen des doctrines (cf. chap. IV, art. 23-27).

À la suite de l’évaluation faite par une Commission d’experts (cf. art. 24), la Session Ordinaire de la Congrégation confirma, le 8 juin 2011, que le livre en question contenait des affirmations erronées, dont la diffusion risque de nuire gravement aux fidèles. Par lettre du 5 juillet 2011, la liste de ces propositions erronées fut adressée à Sr Waskowiak, en lui demandant d’inviter Sr Farley à corriger les thèses inacceptables contenues dans son livre (cf. art. 25-26).

Le 3 octobre 2011, Sr Patricia McDermott, qui a succédé à Sr Mary Waskowiak comme Supérieure générale des Sisters of Mercy of the Americas, transmit la réponse de Sr Farley à la Congrégation, accompagnée de son avis personnel et de celui de Sr. Waskowiak, conformément à l’art. 27 de ladite Procédure. Cette réponse, examinée par la Commission d’experts, fut soumise le 14 décembre 2011 à la décision de la Session Ordinaire. À cette occasion, tenant compte du fait que la réponse de Sr Farley ne clarifiait pas de manière adéquate les graves problèmes contenus dans son livre, les membres de la Congrégation décidèrent de procéder à la publication de la présente Notification.


1. Problèmes d’ordre général

L’auteur ne comprend pas correctement le rôle du Magistère de l’Église, comme enseignement autorisé des évêques en communion avec le Successeur de Pierre, enseignement qui guide la compréhension, toujours plus approfondie par l’Église, de la Parole de Dieu, telle qu’elle se trouve dans la Sainte Écriture et se transmet fidèlement dans la tradition vivante de l’Église. Sur différentes questions d’ordre moral, Sr Farley ignore l’enseignement constant du Magistère ou le traite comme une opinion parmi d’autres, quand elle a l’occasion de le mentionner. Une telle attitude n’est nullement justifiée, même dans la perspective œcuménique que l’auteur souhaite promouvoir. Sr Farley manifeste également une mauvaise compréhension de la nature objective de la loi morale naturelle, en choisissant plutôt d’argumenter sur la base de conclusions sélectionnées à partir de certains courants philosophiques ou à partir de sa propre compréhension de « l’expérience contemporaine ». Une telle approche n’est pas conforme à la théologie catholique authentique.


2. Problèmes spécifiques

Parmi les nombreuses erreurs et les ambiguïtés du livre, figurent les positions concernant la masturbation, les actes homosexuels, les unions homosexuelles, l’indissolubilité du mariage et le problème du divorce et du remariage.


Masturbation
Sr Farley écrit : « La masturbation [...] ne pose généralement aucun problème de moralité. [...] Il est certainement établi que beaucoup de femmes [...] ont trouvé un grand bien dans le plaisir auto-érotique – et peut-être justement dans la découverte de leurs propres capacités en ce qui concerne le plaisir –, quelque chose que beaucoup d’entre elles n’avaient ni expérimenté ni même connu dans leurs relations sexuelles ordinaires avec leurs époux ou leurs amants. En ce sens, on peut dire que la masturbation favorise réellement les relations, plus qu’elle ne les empêche. J’en conclus finalement que les critères de la justice, comme je les ai présentés, semblent applicables au choix d’éprouver un plaisir sexuel auto-érotique, seulement dans la mesure où cette activité peut favoriser ou nuire, aider ou limiter, le bien-être et la liberté d’esprit. Cela reste en grande partie une question empirique et non morale » (p. 236).

Ces affirmations ne sont pas conformes à la doctrine catholique : « Dans la ligne d’une tradition constante, tant le magistère de l’Église que le sens moral des fidèles ont affirmé sans hésitation que la masturbation est un acte intrinsèquement et gravement désordonné. Quel qu’en soit le motif, l’usage délibéré de la faculté sexuelle en dehors des rapports conjugaux normaux en contredit la finalité. La jouissance sexuelle y est recherchée en dehors de la relation sexuelle requise par l’ordre moral, celle qui réalise, dans le contexte d’un amour vrai, le sens intégral de la donation mutuelle et de la procréation humaine. Pour former un jugement équitable sur la responsabilité morale des sujets et pour orienter l’action pastorale, on tiendra compte de l’immaturité affective, de la force des habitudes contractées, de l’état d’angoisse ou des autres facteurs psychiques ou sociaux qui peuvent atténuer, voire même réduire au minimum la culpabilité morale »1.

(à suivre)

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