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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

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Le Pape Benoît XVI est toujours Pape - Brian Murphy

dominicanus #Benoit XVI, #actualités

Le but de cette vidéo est de fournir une démonstration claire et irréfutable que le pape Benoît XVI n'a pas renoncé de manière valide à la charge de la papauté en février 2013, et qu'il est donc toujours le Pape. 

Au mois d'octobre dernier, j'avais été invité à Rome pour contribuer à une conférence sur ce sujet:

 

LA RENONCIATION DU PAPE BENOÎT XVI à la lumière du Magistère du Pape Jean Paul II

LA RENONCIATION DU PAPE BENOÎT XVI à la lumière du Magistère du Pape Jean Paul II

 

Suite à cette conférence, j'ai été sollicité pour traduire la vidéo de Brian Murphy qui est en train de faire le tour du monde. Outre la version originale en anglais ont déjà été mises en ligne des versions sous-titrées en espagnol, italien, portugais et allemand. J'ai aujourd'hui la joie de vous présenter la traduction française. Elles se trouvent sur la chaîne Youtube de Brian Murphy. Des traductions en russe et en polonais sont en préparation. D'autres en arabe, hongrois, hindi et/ou swahili sont souhaitées.

Voici donc la transcription de ma traduction française. N'hésitez pas à la partager très largement sur les réseaux sociaux ou par courriel.

***

Bonjour, je suis Brian Murphy et je vous parle depuis mon bureau en Californie du Sud.

Le but de cette vidéo est de fournir une démonstration claire et irréfutable que le pape Benoît XVI n'a pas renoncé de manière valide à la charge de la papauté en février 2013 et qu'il est donc toujours le pape.

En tant que catholiques, nous avons toujours cru et croyons encore qu'il y a un Dieu, qu'il est le Créateur de tous, que son Fils s'est incarné pour sauver l'humanité, qu'il est mort et ressuscité des morts et qu'il a fondé la seule vraie religion pour le salut de tous, l'Église catholique.  Jésus est notre Seigneur et notre Sauveur. Il est le seul chef de l'Église. Cependant, pour protéger Son troupeau des faux bergers et des loups voraces, Il a donné à Simon Bar Jonas un don des plus étonnants, la charge d'être Son Vicaire sur Terre. Et Il a promis à l'homme qui s’acquitte de cette charge qu'il ne perdrait jamais la foi et que tout ce qu'il lierait sur Terre serait lié au Ciel.  Ce sont là des promesses formidables de la part d'un Dieu formidable. La fonction de Pierre, par conséquent, n'est pas quelque chose de coutumier, de traditionnel ou simplement d'utile. C'est un don de la bouche du Dieu vivant incarné pour nous aider à rester fidèles et pour protéger l'Église des portes du monde des ténèbres.  Savoir qui est le Pape est donc une nécessité de foi et de communion. Car si nous nous trompons, nous finirons par suivre un faux berger.  C'est pourquoi l'Église nous donne le Droit Canonique - pour nous dire quand et dans quelles conditions un homme devient le vrai pape, et quand et dans quelles conditions un vrai pape démissionne.

Peut-être le fait qu'il y ait deux papes au Vatican, le fait que Benoît continue à porter du blanc, à porter l'anneau papal, à porter et à signer de son nom papal de Benoît, à vivre au Vatican, à donner des bénédictions apostoliques que seul le pape peut donner, etc., vous laisse-t-il perplexe. En même temps, vous regardez peut-être avec consternation l'homme qui semble être le pape actuel, François (ou le Cardinal Bergoglio), qui conduit l'Église catholique dans un précipice avec son approbation de Communions sacrilèges, son refus de la légitimité de la loi naturelle de la peine de mort, sa promotion de l'idolâtrie païenne, et son programme global de franc-maçonnerie mondialiste, au lieu de l'Évangile de Jésus-Christ.

C'est un problème sérieux !  C'est un grand affront à la Justice Divine, et un danger pour les âmes, de croire que le pape n'est pas le pape, et de suivre quelqu'un d'autre comme s'il était le pape.  Chaque catholique doit savoir à qui il doit obéissance.
  
Il est possible de démontrer à partir du droit canonique que Benoît XVI n'a jamais validement renoncé à sa charge en février 2013.  De son ministère, oui, mais pas de la charge de la papauté. Nous verrons que cette distinction est cruciale pour comprendre pourquoi Benoît est toujours pape, et François (le cardinal Bergoglio) de ce fait un antipape sans aucune autorité dans l'Église.
   
Pourquoi la renonciation du pape Benoît XVI est-elle invalide ?

Pour comprendre cela, nous devons examiner l'Acte de renonciation de Benoît du 11 février 2013.  Le principal problème de cet Acte est qu'à aucun moment Benoît n'annonce qu'il renonce à la charge de la papauté. Le mot latin pour charge est "munus" qui se traduit aussi par honneur ou devoir.  En revanche, il annonce seulement qu'il renonce au ministère.
  
Pourquoi cette distinction est-elle importante ? Parce que ce à quoi vous ne renoncez pas, vous le gardez.  Pour que la renonciation à la papauté soit valide, l'homme qui est pape doit renoncer explicitement à la charge par son nom. C'est ce qui est dit en toute lettre dans le Code de droit canonique de 1983 (canon 332.2)

L'acte de renonciation de Benoît ne remplit donc pas les conditions d'une démission de la papauté et est donc invalide. Étant invalide, Benoît reste pape jusqu'à ce qu'il renonce à la charge ou bien quitte cette vie.

Vous vous demandez peut-être maintenant, pourquoi parler ainsi en 2019 ?  Pourquoi personne n'en a parlé en 2013 avant l'élection de Bergoglio ?  Notre affirmation est-elle peut-être une manière de se débarrasser des horreurs d'un pape mauvais mais valide ?

Non. En fait, dès que l'Acte de renonciation de Benoît XVI est sorti le 11 février 2013, la presse italienne et française ont publié par écrit en moins d'une journée des doutes sur la validité du texte de renonciation. De plus, le professeur Radaelli en Italie a écrit à Benoît pour l'avertir qu'un antipape serait élu à sa place s'il franchissait cette étape.  Notre affirmation n'est donc en aucun cas un recul artificiel par rapport à la réalité, comme l'accuseraient les défenseurs du régime bergoglien.

Examinons quelques objections courantes à notre affirmation de nullité, avancées en défense de la validité de la démission de Benoît.

L'erreur la plus fréquente que l'on fait pour affirmer que Benoît a validement démissionné est probablement l'affirmation que « munus » (charge) est à toutes fins utiles synonyme de « ministerium » (ministère). Ainsi dira-t-on que Benoît a en fait démissionné de manière valide.

Cet argument est de toute évidence en contradiction avec le droit canonique, qui définit le ministère et la charge dans deux canons distincts.  Nous ferons remarquer que les défenseurs de Bergoglio ne font jamais état de ces définitions canoniques, faisant plutôt appel aux dictionnaires latins populaires. Cependant, les seules définitions valables sont celles définies dans le Droit Canon.

Une autre objection à notre revendication est de dire que le Pape est au-dessus du Droit Canonique et peut démissionner comme bon lui semble. Il y a ici deux erreurs. La première erreur est de ne pas tenir compte de l'esprit du législateur dans la promulgation du droit canonique. Le canon couvrant la renonciation papale a été codifié par le pape Jean-Paul II en 1983.  Maintenant, il est vrai que Benoît en tant que pape est le législateur suprême de l'Église, mais pour cela il doit d'abord légiférer. Puisque dans ce cas il ne l'a pas fait, le canon 332.2 reste valide. Benoît aurait pu déroger à ce canon en démissionnant, mais là encore il ne l'a pas fait, et en tant que tel il reste soumis au droit en l'état. Notez aussi que l'acte de renonciation était l'acte de Benoît en tant qu'homme qui est pape, et non un acte juridique du pape.

La deuxième erreur est le mépris de la nature de la Charge tel qu'il a été établi par le Christ. Le Fils de Dieu a confié la charge pétrinienne à un seul homme, pour qu'il ne soit pas divisé ou partagé entre plusieurs. Le Droit Canon, basé comme il l'est sur la Loi Divine, doit pour être valide, refléter la volonté du Christ. Benoît a créé la situation où il y a deux papes, l'un qui occupe la charge, et l'autre qui est délégué au ministère.  Ceci est contraire à la volonté du Christ.

Donc, le Pape ne peut pas démissionner comme il veut.

Des explications canoniques détaillées sont disponibles pour tous ceux qui sont intéressés, à ce site web. ppbxvi.org (ce sera affiché à l'écran).

En contraste avec ces objections, la tradition canonique fait clairement état d'une mention de munus (ou un de ses synonymes) dans la renonciation à une charge, mais d'aucune mention de ministère.
  
Compte tenu de cette information, un catholique est tenu de se soumettre au droit canonique et de présumer que Benoît n'a en fait jamais renoncé à la charge de pape et qu'il est donc toujours pape.
  
Une autre objection à notre affirmation est de dire que les cardinaux agissent comme si la démission était valide.  Cependant, agir comme si elle était valide ne la rend pas valide.  Agir comme si un canon (ici, le canon 332.2) était respecté ne signifie pas qu'il a été respecté.

Une objection similaire à notre affirmation affirme que le fait qu'un conclave ait eu lieu en mars 2013 est la preuve que la démission de Benoît était valide.

Non. Premièrement, le fait que les cardinaux se soient rencontrés en mars 2013 ne signifie pas que le conclave était valide. En effet, selon le droit canonique, un conclave ne peut être convoqué tant que le siège de Pierre est encore occupé. Ainsi, le simple fait d'avoir un groupe de cardinaux réunis en secret ne signifie pas que le conclave est valide, et évidemment un conclave de validité douteuse ne peut pas être utilisé pour valider la démission de Benoît car il s'agit d'un raisonnement circulaire.  « La démission de Benoît était valide parce qu'il y a eu un conclave, et le conclave était valide parce que Benoît a démissionné. »  Nous devons plutôt nous tourner vers le droit canonique.  Le Canon 188 dit que la démission de Benoît était invalide, à cause d'une erreur substantielle, et donc tout conclave, convoqué alors qu'il est encore en vie, est invalide.

Une autre objection à notre affirmation : Benoît a demandé un conclave dans son acte de renonciation, donc il a dû démissionner.

Non. Pour être valable selon le droit canonique, Benoît devait renoncer au munus (charge), ce qu'il n'a pas fait. Lui aussi, étant toujours l'occupant du siège de Pierre, ne pouvait par la loi divine demander la tenue d'un conclave de son vivant.

Oui, il y a consenti, mais cela n'a pas d'incidence sur la validité de sa renonciation, puisque le munus a été omis dans la déclaration de la renonciation.

Nous signalons ici une autre erreur des apologistes bergogliens qui disent que Benoît a démissionné de telle manière qu'un conclave soit convoqué, montrant ainsi son intention de le faire.  Or, une chose aussi importante qu'une renonciation ne peut être jugée de manière fiable sur la base de l'intention.  Qui jugera de l'intention ?  Le droit canonique ne prévoit pas que l'on puisse juger de l’intention de quelqu'un.  Un tel processus serait malicieusement invisible pour l'Église universelle.  L'intention ne rend pas le siège vacant. Les mots sont nécessaires.  De même, l'intention de renoncer au ministère actif ne rend pas le siège vacant non plus.

Beaucoup de gens se demandent avec quelle rigueur le Droit Canon devrait être appliqué.  Ils pensent: oh… et bien, Benoît avait l'intention de démissionner.  Le Saint-Esprit était là...  Tout s'est arrangé...  Nous avons un nouveau Pape et tout va bien...  Il ne faut pas s'embarrasser des détails rigoureux de la loi.  Nous répondons: Attention!  Le Saint-Esprit ne cautionne pas les infractions à la loi.  Contourner la loi est un acte de l'homme - pas du Saint-Esprit.

 

Une question fondamentale se pose donc : quel degré de rigueur juridique doit être appliqué aux processus qui modifient la papauté ?  Nous pouvons nous faire une idée de cette question en examinant un exemple parallèle provenant d'un tout autre domaine.  Je suis un entrepreneur qui travaille dans une entreprise qui gère des essais cliniques pour de nouveaux médicaments fabriqués et testés par une société pharmaceutique.  Le principal document d'orientation de tout essai clinique est le protocole clinique.  Tout comme le droit canonique a été édité et ajusté pendant des siècles, le protocole est édité et ajusté pendant des mois par de nombreux experts en la matière, des médecins, des docteurs, des statisticiens et divers professionnels.  Il est considéré comme crucial par tous ceux qui sont impliqués que le protocole soit suivi rigoureusement pendant l'essai clinique.  Avant et pendant l'exécution de l'essai clinique, nous envoyons des moniteurs sur les sites cliniques dont le travail consiste à s'assurer que ces sites respectent chaque détail du protocole.  Un moniteur passera un, deux ou trois jours sur un site, à passer au crible les dossiers pour vérifier la conformité.  Tout écart mineur par rapport au protocole est consigné par écrit en toute transparence.  La société pharmaceutique doit vérifier l'impact et refaire certaines parties de l'essai clinique si elle le juge nécessaire.  Toutes ces informations sont minutieusement documentées en vue d'un éventuel audit par la Food and Drug Administration (FDA).  L'intention, ou l'acceptation universelle par le personnel du site clinique n'est jamais acceptée comme un substitut à un travail bâclé.  Si la FDA constate des irrégularités graves, l'approbation du médicament peut être refusée, ce qui peut coûter au promoteur 100 millions de dollars ou plus en coûts irrécupérables.

Les processus pour gouverner l'Église de Dieu ne devraient-ils pas être encore plus rigoureux que ceux requis pour les essais cliniques ?  Le droit canonique n'a-t-il pas évolué à partir de douloureux échecs historiques ?  S'il y a une renonciation papale, une commission d'experts en Droit Canonique ne devrait-elle pas être immédiatement convoquée pour analyser le document de renonciation et les événements qui l'entourent afin de détecter toute irrégularité ?  Ne devraient-ils pas signaler toute irrégularité avec transparence à l'Église universelle ?  Lorsque Benoît XVI a démissionné, pourquoi cela n'a-t-il pas eu lieu ?  Lorsque le cardinal Godfried Danneels a rapporté dans son autobiographie qu'un groupe de cardinaux qu’eux-mêmes ont appelé la Mafia de Saint Galien a fait du porte-à-porte pour obtenir des votes et s'est entendu pour faire élire le cardinal Jorge Bergoglio, en stricte violation des procédures connues pour les conclaves, avec une peine d'excommunication pour les contrevenants, pourquoi cela a-t-il pu se produire sans correction ?  Où était la commission de surveillance ?

Les prophéties de Notre-Dame du Bon Succès, approuvées par l'Église, ont fourni la réponse cruciale.  Au début du 17ème siècle, elle a dit à Mère Mariana que vers la fin du 20ème siècle, qui est notre époque, « la Franc-maçonnerie, qui sera alors au pouvoir, promulguera des lois iniques dans le but de supprimer ce Sacrement (en se référant au Sacrement du mariage), de rendre facile pour tous de vivre dans le péché et d'encourager la procréation d'enfants illégitimes nés sans la bénédiction de l’Église ».  Enfin, ce message s'accorde parfaitement avec son message dans le Troisième Secret de Fatima où elle disait : « Satan régnera dans les plus hautes sphères et réussira à s'infiltrer jusqu'au sommet de l’Eglise. »  Il est donc raisonnable de conclure que les francs-maçons sont au pouvoir au Vatican et qu'ils ont délibérément ou négligemment renoncé aux contrôles canoniques pour faire élire leur homme.  Pourquoi se préoccuper des irrégularités ?  Il suffit d'avancer comme si tout était et est normal.  C'est pourquoi, malgré les divers appels à tenir compte de ces questions, nous ne voyons aucune tentative sérieuse de le faire.  Pour répondre à l'avertissement de Marie, deux lois iniques qui suppriment le sacrement du mariage sont 1) l'acceptation par Bergoglio du remariage après le divorce dans Amoris Laetitia et 2) l'acceptation par Bergoglio de la contraception, le grand destructeur du mariage.

En tant que chrétiens, nous sommes obligés de lire les signes des temps. Nous savons par la Foi que Jésus sera toujours fidèle et nous donnera toujours un berger fidèle comme son Vicaire. Mais il n'est pas exagéré de dire que ce que nous voyons est un signe fort que cet homme que beaucoup pensent être le Pape, n'est pas le Pape, parce qu'il n'agit pas comme quelqu'un qui a reçu le don de la charge pétrinienne.

Les événements qui entourent la papauté continueront à s'aggraver.  À un moment donné, quand tout semble perdu, Marie a promis de restaurer l'Église « de façon merveilleuse ».  Alors que ce régime désastreux se déploie, des millions de personnes prient pour que cela se produise bientôt.  Elle peut la réparer.  Nous ne pouvons pas le faire seuls.  Cependant, nous pouvons jeter les bases de son intervention éventuelle par la prière, en particulier le chapelet et des actes courageux.  En attendant, il faut rester fidèle au vrai Pape. L'allégeance à un hérétique et à un schismatique fait d'une personne un hérétique et un schismatique.

Nous terminons par une prière pour le Pape Benoît XVI - au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Amen.  Dieu éternel et tout-puissant, aie pitié de Ton serviteur, Benoît, Ton Vicaire sur la terre, et dirige-le, selon Ta bienveillance, sur le chemin du salut éternel pour toute l'Église. Par ta grâce, qu'il désire toujours ce qui te plaît et qu'il l'accomplisse de toutes ses forces, par le Christ notre Seigneur. Amen.

Question : envoyez-moi un courriel à brian@godsplanforlife.org

LA RENONCIATION DU PAPE BENOÎT XVI à la lumière du Magistère du Pape Jean Paul II

dominicanus #actualités
LA RENONCIATION DU PAPE BENOÎT XVI à la lumière du Magistère du Pape Jean Paul II

Le prof. Eugenio Corecco (à gauche) avec Jean Paul II

 

Tout d’abord, permettez-moi de dédicacer ma modeste contribution à cette conférence, que vous avez eu la bonté de venir écouter, à Eugenio Corecco, mon professeur de droit canonique à Fribourg, nommé par la suite évêque de Lugano le 5 juin 1986, consacré évêque par Mgr Schwery (qui m’avait ordonné prêtre le 28 août 1983), le 29 juin et mort prématurément le 1er mars 1995. En 1982, peu de temps avant la publication du nouveau Code de Droit Canonique, le professeur Corecco avait fait part de ses remarques critiques à Jean Paul II. Celui-ci l’a alors appelé à Rome pour faire partie de la Commission pour l’examen du Code avant sa publication, et, après celle-ci, pour faire partie de la Commission pour l’interprétation du CIC. Dans son introduction, Fr A. Bugnolo a mentionné Stefano Violi. Il fut l’élève de Libero Gerosa, lui-même élève d’Eugenio Corecco. 

 

 

***

 

Lecture de l’Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean, 13, 1-17

01 Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.

02 Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer,

03 Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,

04 se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;

05 puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.

06 Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »

07 Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »

08 Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »a a

09 Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »

10 Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »

11 Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »

12 Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?

13 Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.

14 Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.

15 C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.

16 Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie.

17 Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites.

 

Retenez ce passage. Nous y reviendrons à la fin de mon exposé. 

Venons-en maintenant, sans autre préambule, au sujet qui nous occupe, et dont fr. Bugnolo vient de rappeler l’importance capitale, non seulement pour l’Église, mais pour le monde:

 

***

 

DECLARATIO du 11 février 2013

Fratres carissimi

Non solum propter tres canonizationes ad hoc Consistorium vos convocavi, sed etiam ut vobis decisionem magni momenti pro Ecclesiae vita communicem. Conscientia mea iterum atque iterum coram Deo explorata ad cognitionem certam perveni vires meas ingravescente aetate non iam aptas esse ad munus Petrinum aeque administrandum.

Bene conscius sum hoc munus secundum suam essentiam spiritualem non solum agendo et loquendo exsequi debere, sed non minus patiendo et orando. Attamen in mundo nostri temporis rapidis mutationibus subiecto et quaestionibus magni ponderis pro vita fidei perturbato ad navem Sancti Petri gubernandam et ad annuntiandum Evangelium etiam vigor quidam corporis et animae necessarius est, qui ultimis mensibus in me modo tali minuitur, ut incapacitatem meam ad ministerium mihi commissum bene administrandum agnoscere debeam. Quapropter bene conscius ponderis huius actus plena libertate declaro me ministerio Episcopi Romae, Successoris Sancti Petri, mihi per manus Cardinalium die 19 aprilis MMV commisso renuntiare ita ut a die 28 februarii MMXIII, hora 20, sedes Romae, sedes Sancti Petri vacet et Conclave ad eligendum novum Summum Pontificem ab his quibus competit convocandum esse.

Fratres carissimi, ex toto corde gratias ago vobis pro omni amore et labore, quo mecum pondus ministerii mei portastis et veniam peto pro omnibus defectibus meis. Nunc autem Sanctam Dei Ecclesiam curae Summi eius Pastoris, Domini nostri Iesu Christi confidimus sanctamque eius Matrem Mariam imploramus, ut patribus Cardinalibus in eligendo novo Summo Pontifice materna sua bonitate assistat. Quod ad me attinet etiam in futuro vita orationi dedicata Sanctae Ecclesiae Dei toto ex corde servire velim.

Ex Aedibus Vaticanis, die 10 mensis februarii MMXIII 

 

BENEDICTUS PP. XVI

 

***

 

Remarquons d’abord un élément de la plus haute importance et qui est passé largement inaperçu: c’est l’absence de toute référence au canon 332 $2. Benoît XVI ne le mentionne pas! C’est très étonnant, si l’on s’en tient à l’interprétation et la compréhension dominante de la Declaratio, selon laquelle Benoît XVI aurait renoncé au munus pétrinien, car c’est ce canon qui traite précisément de la renonciation du pape:

 

S’il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée, mais non pas qu’elle soit acceptée par qui que ce soit.

 

  Si contingat ut Romanus Pontifex muneri suo renuntiet, ad validitatem requiritur ut renuntiatio libere fiat et rite manifestetur, non vero ut a quopiam acceptetur.

 

 

Or, le canon 332 est le seul et unique canon qui traite de la renonciation du munus pétrinien. Il n’y en a pas d’autre! 

 

Que s’est-il donc passé? La grand majorité des observateurs et des médias se sont empressés d’annoncer que Benoît XVI a décidé de renoncer à sa charge, puisque, disait-on, il l’a fait librement et qu’il l’a dûment manifesté… Oui…, sauf que ce qu’il a fait librement et dûment manifesté, ce n’est pas la renonciation au munus pétrinien, mais à son ministerium!

 

Il n’est pas nécessaire d’être un docteur en droit canonique pour comprendre qu’il y a en fait non pas deux mais trois conditions pour qu’un pape renonce validement au munus pétrinien: non seulement qu’il le fasse librement et qu’il le manifeste dûment, mais que ce qu’il fait librement et manifeste dûment, ce soit … la renonciation à son munus.

 

Pas besoin d’être un docteur en droit canonique pour se rendre compte qu’il y a un problème, disais-je. Permettez-moi de vous raconter un petit souvenir banal de mon enfance. Lors d’une rencontre du Chiro, un mouvement de jeunesse catholique en Flandre, l’on nous posait la question suivante: Que faut-il pour chauffer un litre de lait? Réponse des enfants: une casserole, du gaz et des allumettes. Faux, disait l’animateur! Il faut aussi un litre de lait! Nous n’étions que des enfants, mais nous avons tous ri, et nous avons tous compris.

 

Maintenant, la question que je vous pose, à vous, ce soir: Quelles sont les conditions pour qu’un pape renonce validement à son munus? Si à cette question vous répondez: qu’il le fasse librement et qu’il le manifeste dûment, je vous dis de même : C’est faux! Il faut qu’il renonce à son munus (et non pas à son ministerium)! Si vous avez une casserole, du gaz et des allumettes, en ayant, non pas un litre de lait, mais un litre d’eau, vous ne pourrez pas chauffer un litre de lait! Si un pape renonce librement à un ministerium, et qu’il le manifeste dûment, il n’a pas renoncé validement à son munus et il est toujours pape!

*

 

Évidemment, pour un Pape renoncer à son munus est un petit peu plus complexe que de chauffer un litre de lait. C’est entendu. Certains ont donc objecté que l’on peut très bien considérer que munus et ministerium sont des synonymes, et que donc, en renonçant au ministerium, Benoît XVI a renoncé au munus. Ou encore que si le munus pétrinien comprend plusieurs ministères, ces ministères ne peuvent pas être partagés par plusieurs personnes. Donc un pape qui renonce au ministerium renonce forcément au munus.

 

Mais le canon 17 du CIC dit:

 

Les lois ecclésiastiques doivent être comprises selon le sens propre des mots dans le texte et le contexte; si le sens demeure douteux et obscur, il faut recourir aux lieux parallèles s’il y en a, à la fin et aux circonstances de la loi, et à l’esprit du législateur.

 

 

Or, l’objection de ceux qui prétendent que munus et ministerium sont des synonymes ne trouve aucun appui, ni dans le code de droit canonique, ni dans la tradition canonique. Dans aucune partie du Code un ministerium n’est dit être un munus, ou un munus être un ministerium. Le canon 145 $1, par exemple, dit:

 

Un office ecclésiastique est toute charge stable par disposition divine ou ecclésiastique pour être exercée en vue d’une fin spirituelle.

 

Officium ecclesiasticum est quodlibet munus ordinatione sive divina sive 

ecclesiastica stabiliter constitutum in finem spiritualem exercendum.  

 

 

Le commentaire de l’Université de Salamanque précise utilement:

 

Il existe donc une définition unique de l’office dans le présent Code de 1983, alors qu’on trouvait deux définitions de l’office dans le Code de 1917, cf. canon 145 (1917). Il n’est donc pas nécessaire qu’il y ait participation au pouvoir (elle l’était auparavant). En d’autres termes, la participation au pouvoir n’entre pas dans le concept de l’office, même si cette participation au pouvoir existe dans la plupart des offices.

 

 

À ce sujet, Stefano Violi observe à juste titre:

 

Lisant la renonciation sous l'optique de l'efficacité moderne, en effet, le ministre sacré est équivalent à l'administrateur délégué (le PDG) de la «Société Eglise» qui, quand il n'est plus en état, remet son mandat aux actionnaires: la renonciation, toujours considérée selon l'optique moderne, ferait sortir le Pape de la sphère du public, pour le faire retourner à sa vie privée. De telles logiques se concilient mal avec l'essence spirituelle du ministère spirituel, témoignée par Jean Paul II jusqu'à la mort. L'exemplum, ou le précédent autorisé du Bienheureux Jean Paul II qui, malgré son incapacité à gouverner, ne renonça pas à l'office, représentait précisément l'objection spirituelle la plus profonde à la renonciation.

En réalité, c'est justement la compréhension spirituelle du munus qui consent à Benoît XVI de fonder la légitimité de sa renonciation sans renier la choix de son prédécesseur: «Je suis bien conscient que ce ministère (), de par son essence spirituelle, doit être accompli (exequendum) non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière».

 

 

C’est donc en tant que Successeur de Saint Pierre, et pas seulement comme personne privée, que Benoît XVI, non plus par la parole et par les oeuvres, mais par la souffrance et la prière, continue d’exercer le munus pétrinien que Notre Seigneur lui a confié.

 

***

 

Dans ce bref exposé, je me suis efforcé de donner un aperçu aussi simple que possible, à la portée de tous, de ce que j’ai pu lire dans les exposés d’éminents canonistes sur un sujet aussi délicat, important et controversé. N’oublions pas ce que rappelait le prof. Corecco et qui est que le fidèle moyen, qui manque totalement de formation canonique, est néanmoins le sujet du droit qui compte le plus dans l’Église. « Le salut des âmes doit toujours être dans l’Église la loi suprême (can. 1752). 

 

***

 

Abordons maintenant un autre aspect important de la question de la validité de la renonciation de Benoît XVI: celle des langues et des traductions. Cet aspect est si important que je pense qu’il mériterait un article dans Babel (Revue Internationale  de la Traduction, publiée par la FIT - Fédération Internationale des Traducteurs).

 

Quand j’ai entamé mes études de traducteur à Anvers, je n’ai malheureusement pas choisi l’Italien, mais il y a une phrase très concise (et intraduisible) en italien que tous les étudiants traducteurs de toutes les langues apprennent dans tous les pays du monde. Cette courte phrase est: TRADUTTORE TRADITORE. (Rendons ici hommage au génie de la langue italienne qui a donné plusieurs autres expressions  du même type telles que « Chi disse donna disse danno » ou encore « Fratelli coltelli »…)

 

Tous les traducteurs sont donc des traîtres, bien malgré eux, bien sûr. Même saint Jérôme, leur saint patron, est un « traître ». C’est pourquoi sainte Thérèse de Lisieux disait qu’elle aurait aimé apprendre les langues bibliques.

 

Traduttore traditore… Depuis que j’ai appris cette expression il y a plus de quarante ans, je n’ai jamais rencontré d’exemple plus significatif qui la vérifie, non seulement parce que quand on doit traduire des textes d’une langue à une autre, il y a des trahisons inévitables, mais parce qu’il peut y avoir aussi des trahisons voulues. Pensons, par exemple à la traduction de la Bible par les Témoins de Jéhovah. Pensons aussi à la « traduction » que fait le serpent du Livre de la Genèse de la consigne donnée par le Seigneur à nos premiers parents dans le jardin d’Éden:

 

Gn 2, 16 Le Seigneur Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ;

17 mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. »

Traduction du serpent:

Gn 3, 01 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? »

 

Vous savez que la version latine du texte de la renonciation de Benoît XVI (la version qui fait foi), a été traduite officiellement en de nombreuses autres langues sur le site officiel du Saint-Siège http://w2.vatican.va/ Cela fait donc beaucoup de traductions et autant d’occasions de trahison, qu’elles soient inévitables ou voulues)! Sans pouvoir entrer dans tous les détails dans le cadre de ce bref exposé, voyons cela rapidement d’un peu plus près.

 

Dans toutes les traductions il se trouve deux erreurs, pour ne pas dire deux falsifications: une de vocabulaire, l’autre de syntaxe. On ne peut donc pas prétendre qu’il s’agit d’un hasard. Il est clair que l’on a délibérément mal traduit ce texte, et ceci dans toutes les langues vernaculaires, pour donner l’impression d’une parfaite conformité au CIC.

 

Pour faire bref, les erreurs sont les suivantes:

 

1. Dans toutes les traductions, la double occurrence du mot MUNUS, dans l’original latin, est dissimulée en traduisant MUNUS par le même mot que celui utilisé pour traduire le latine MINISTERIUM, qui apparaît trois fois dans le texte.

 

2. La syntaxe de la clause d’effet qui suit le verbe RENUNTIARE en latin a été modifiée pour donner l’impression de permettre une métonymie, alors que le latin ne permet pas cette syntaxe.

 

3. La syntaxe de la deuxième clause indépendante suivant le DECLARO a été modifiée pour la faire apparaître comme un ordre pour convoquer un conclave.

 

Puisque ces erreurs se trouvent dans toutes les traductions en langue vernaculaire, il apparaît clairement qu’elles ont été faites volontairement en vue de faire apparaître la renonciation de Benoît XVI comme conforme au can. 332 $2 du CIC.

 

En préparant cette partie de mon exposé m’est venu à l’esprit le passage de Gn 11: 

 

Et le Seigneur dit: Ils sont un seul peuple, ils ont tous la même langue: s’ils commencent ainsi, rien ne les empêchera désormais de faire tout ce qu’ils décideront. Allons! descendons, et là, embrouillons leur langue: qu’ils ne se comprennent plus les uns les autres. »

 

***

 

Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines, ni au bout de nos surprises. Je vous ai déjà rappelé que la version du fameux texte de la renonciation de Benoît XVI qui fait foi est la version latine. Eh bien, à la confusion générée par les traductions s’ajoute le fait étonnant que même dans ce texte latin, celui-là même qui fait (ou qui devrait faire) foi, il y a des fautes de latin (et, qu’en plus, le texte parlé - et enregistré - de la renonciation n’est pas identique au texte écrit, qui lui-même a subi des modifications par la suite)! 

 

C’est ironiquement le philologue communiste (mais scientifiquement très réputé), Luciano Canfora, professeur à l’université de Bari, qui les a relevées dans le Corriere della Sera, sous le titre « Un exemple de latin moderne ». (Ici, le passage biblique qui m’est venu à l’esprit, c’est épisode de l’ânesse de Balaam en Nb 22)… Pas besoin d’avoir la foi pour s’apercevoir qu’il y a des fautes de latin. Pas besoin d’avoir la foi non plus pour constater que les traductions sont erronées.

 

Or, c’est un principe certain dans le droit canon traditionnel que tout rescrit, bref ou bulle du pape qui contient une faute de latin est nul. Saint Grégoire VII (Registrum 1.33) déclara nul un privilège accordé à un monastère par son prédécesseur Alexandre II, « en raison de la corruption de la latinité », qui constitue « un signe tout à fait évident ».

 

La décrétale Ad audientiam du pape Lucius III, qui figure dans le corps du droit canon (Décrétales de Grégoire IX) pose que « la fausse latinité invalide un rescrit du pape ». Le pape interdit de prêter foi à une lettre pontificale « puisqu’elle contient une faute de construction évidente ». La glose (dans le texte officiel corrigé publié sur ordre du pape Grégoire XIII en 1582) explique à ce propos qu’un rescrit du pape « ne doit contenir aucune faute », puisqu’il est « élaboré avec beaucoup de temps ». 

 

Une faute de latin constitue une telle présomption de nullité qu’aucune preuve en sens contraire ne peut être admise.

 

 

Il est temps de conclure avec Stefano Voli, qui fait écho au passage de saint Jean que je vous ai lu au début:

 

 

La renonciation limitée à l’exercice actif du munus constitue la nouveauté absolue de la renonciation de Benoît XVI. En fondement juridique de son choix, alors, on ne trouve pas le canon 332 $2 qui règlemente un cas d’espèce de renonciation différent de celle prononcée par Benoît XVI. Le fondement théologico-juridique est la plenitudo potestatis sanctionnée par le canon 331:

 

L’Évêque de l’Église de Rome, en qui demeure la charge que le Seigneur a donnée d’une manière singulière à Pierre, premier des Apôtres, et qui doit être transmise à ses successeurs, est le chef du Collège des Évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’Église tout entière sur cette terre; c’est pourquoi il possède dans l’Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement.

 

Dans le faisceau des pouvoirs inhérents à l’Office est inclus aussi le pouvoir privatif, c’est-à-dire la faculté libre, impartageable, de renoncer à tous les pouvoirs sans renoncer au munus. 

 

Ayant pris conscience que ses forces n’étaient plus adaptées à l’administration du munus confié à lui, en un acte livre, Benoît XVI a exercé la plénitude de l’autorité, se privant de tous les pouvoirs inhérents à son Office, pour le bien de l’Église, sans toutefois abandonner le service de l’Église; ce service continue à travers l’exercice de la dimension plus éminemment spirituelle inhérente au munus à lui confié, auquel il n’a pas entendu renoncer.

 

L’acte suprême d’abnégation de soi pour le bien de l’Église constitue en réalité, de la part du Pape émérite, l’acte suprême de pouvoir placé en lui, ainsi que l’ultime acte solennel de son magistère.

 

Le munus spirituel, pour être pleinement accompli, peut comporter la renonciation à son administration: cette dernière ne détermine en aucune manière la renonciation à la mission inhérente à l’Office, mais en constitue l’accomplissement le plus vrai.

 

Avec le geste de la renonciation, Benoît a même incarné la forme la plus élevée du pouvoir dans l’Église, sur l’exemple de Celui qui, ayant tout le pouvoir dans ses mains, dépose ses vêtements, ne se démettant pas, mais portant à son accomplissement son office au service des hommes, c’est-à-dire notre salut. 

 

Je vous remercie de m'avoir écouté.

___________________________________

 

Conferenza sulla Rinuncia di Papa Benedetto XVI: Trascritto dei Interventi

 

Conferenza sulla Rinuncia di Papa Benedetto XVI, Hotel Massimo D’Azeglio, Sala Risorgimento, Roma  21 Ottobre 2019

Conferenza sulla Rinuncia di Papa Benedetto XVI, Hotel Massimo D’Azeglio, Sala Risorgimento, Roma 21 Ottobre 2019

L'immigration, l'Église et l'Occident. Une interview d'Ettore Gotti Tedeschi. Loin de la langue de bois, sur un sujet tabou

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L'immigration, l'Église et l'Occident. Une interview d'Ettore Gotti Tedeschi. Loin de la langue de bois, sur un sujet tabou

Dans un récent billet traduit ici (Vers une nouvelle religion?), Antonio Socci évoquait le Huitième rapport sur la doctrine sociale de l'Église dans le monde, de l'Observatoire Cardinal Van Thuan publié dans un livre intitulé “Il caos delle migrazioni, le migrazioni nel caos” , et en particulier la contribution d'Ettore Gotti Tedeschi.


L'ex-banquier de l'IOR est interviewé à ce sujet dans la revue mensuelle en ligne "Formiche". Et ce qu'il dit n'est pas vraiment politiquement correct... Dommage qu'on n'entende pas plus souvent des propos de ce genre en France.

 

L'IMMIGRATION, L'ÉGLISE ET L'OCCIDENT. 
ETTORE GOTTI TEDESCHI PARLE

Giovanni Bucchi
20 février 2017

 


* * *
 


L'ex-banquier de l'IOR explique à <Formiche.net> que les causes réelles de la migration ne sont pas d'ordre économique
Les raisons économiques ne suffisent pas à expliquer l'immigration de masse. C'est un phénomène «prévu et voulu pour modifier la structure sociale et religieuse de notre civilisation, concrètement, pour redimensionner le catholicisme». Ce sont les mots écrit noir sur blanc par Ettore Gotti Tedeschi dans le « Huitième rapport sur la Doctrine Sociale de l'Eglise dans le monde», présenté par l'Observatoire international Cardinal Van Thuan sur le thème de l'immigration. L'économiste et banquier catholique, ex-président de l'IOR, a confié à un court essai son évaluation qui, après la présentation du rapport à Rome, a suscité quelques critiques mais aussi des commentaires positifs.

- Gotti Tedeschi, dans votre intervention, vous parlez d'une «correction fraternelle» à certaines institutions de l'Église qui n'auraient pas compris le problème de l'immigration. En quoi consiste cette correction?

-- J'étais préoccupé par le zèle humanitaire plein d'émotivité qui tend à ignorer les chiffres du phénomène et n'affronte pas les causes du problème. On pourrait dire en effet qu'il y a trois «tabous» qu'aujourd'hui, on ne peut pas ou ne veut pas traiter de façon rationnelle et globale: le problème de la natalité, de l'environnement et des migrations. Il semblerait qu'il y ait une volonté supérieure répandue et imposée, qui ne veut pas que ces trois tabous soient discutés. Tout comme on dirait qu'il y a des "contrôleurs" prêts à utiliser tous les moyens, y compris l'intimidation, afin que sur ces tabous, on accepte une pensée unique: assez de naissances parce que l'homme détruit l'environnement, facilitons donc l'immigration parce que c'est la meilleure solution. Il y a beaucoup de points obscurs sur les trois tabous, mais pour ne pas nous écarter du sujet, il est bon de savoir que les données et les informations sur l'immigration régulière sont influencées par des accords, ou par un "chantage économique" avec les pays de provenance des migrations. Les données et les informations sur l'immigration clandestine sont encore moins claires; pensons que les débarquements illégaux en Italie en 2016 (181436) étaient quarante fois supérieurs à ceux de 2010 (4406). Et nous nous rendons compte que le phénomène de l'immigration clandestine est en augmentation et hors de contrôle. En 2015, le statut de réfugié a été reconnu dans seulement 5% des cas, 36% ont reçu une aide humanitaire et 59% ont été refusés, mais personne ne sait où ils sont. Et il s'agit de plus de 100 mille personnes (sur 153842 débarqué). En 2016, le chiffre a augmenté, 181436 personnes sont arrivées par mer (18% de plus qu'en 2015) et les irréguliers expulsés raccompagnés vers leur pays d'origine étaient seulement 5%. Dans la pratique, l'immigration dite irrégulière se développe à un rythme de 100 mille unités par an, et les pays voisins refusent les expatriés. Ce sont des chiffres fournis par le Haut Commissaire des Nations Unies sur les réfugiés.

- Pourquoi les raisons économiques ne suffisent-elles pas pour expliquer le phénomène migratoire?

-- Le phénomène migratoire est expliqué, ou plutôt laissé à deviner, avec trois causes principales: les conflits, la pauvreté, le besoin de main-d'œuvre. Il est évident que ces trois causes existent, mais par quoi elles s'expliquent, et si elles peuvent être résolues, est rarement discuté. Prenons la première, les conflits. Jusqu'à il y a une dizaine d'années, ils étaient "éteints" pratiquement dans l'oeuf; par la suite, on dirait qu'ils ont été tolérés (ou même causés, pensons à la Libye), tandis que les ventes d'armes à plusieurs pays augmentaient et on pense que ces armes peuvent avoir servi à Daesch. Les conflits qui ont généré les migrations pouvaient-ils être étouffés, oui ou non? Prenons la deuxième causse, la croissance de la pauvreté. Le problème ne semble pas si vrai, si l'on regarde les flux migratoires. Ceux provenant de pays en difficultés économiques réelles représentent entre 5 et 10%. Mais il est important de noter que cette pauvreté est également due à nos manquements au cours des dix dernières années. Qu'on voie les conclusions du fameux G8 pour l' Afrique, où nous nous sommes engagés à soutenir les investissements et les exportations des pays pauvres; qu'avons-nous fait? Pratiquement rien. Enfin, le besoin de main-d'œuvre; le déficit (gap) de population dû à l'effondrement démographique rend-il les migrations nécessaires? Mais qui, ou quoi, a provoqué ce déficit qu'aujourd'hui on prétend gérer? Qui a imposé la baisse du taux de natalité en Occident et prévoit maintenant de le compenser par l'immigration? À une époque de crise économique, avec un taux de chômage dans notre pays comme l'actuel? Avec un coût de l'accueil si onéreux pour notre budget? 
J'ai parlé de la nécessité de clarifier les causes réelles du problème, qui sinon ne sera pas résolu et même s'aggravera. Les doutes à propos du fait qu'on veut ignorer ces causes réelles résident aussi dans la confusion qui règne en Europe. Se peut-il qu'on n'ait jamais réfléchi au fait que les migrants sont principalement des jeunes en bonne santé? Les moins jeunes ne craindraient-ils pas les conflits et la faim?

- Venons-en au fait. Vous avez écrit qu'il y a un plan pour «redimensionner le catholicisme», vous avez parlé d'un projet de re-ingéniérisation gnostique mondial qui a un ennemi déclaré: l'Eglise catholique, et vous l'avez fait en citant le secrétaire de l'ONU Ban Ki-moon et le Rapport Kissinger de 1974 [NSSM200] (*). Pourquoi l'Eglise catholique est-elle la cible?

-- Je pense que le phénomène des migrations est l'une des (pires) conséquences des échecs de ce qu'on appelle Nouvel ordre économique mondial, instauré dans les années soixante-dix pour réguler le nécessaire processus de la mondialisation. J'invite à réfléchir sur le fait que tous les objectifs du Nouvel Ordre, non seulement ne sont pas réalisés, mais il s'est produit exactement le contraire: on voulait éteindre toutes les causes des conflits, les inégalités, la pauvreté, l'intolérance religieuse, le totalitarisme, et c'est le résultat opposé qui s'est produit, incluant un processus de migration forcée. Le vrai grand «succès» du Nouvel Ordre est d'avoir créé une crise économique mondiale, à son tour origine d'autres conséquences néfastes. Nous devons aussi reconnaître qu'il y a eu un autre «vrai succès»: celui lié au processus déclaré de relativisation des croyances religieuses, visant à la laïcisation de celles-ci, avec comme conséquences l'effondrement des valeurs morales et les changements au sein de l'Eglise catholique. Si nous regardons les conséquences de ces faits observés, on ne peut pas ne pas réfléchir au risque (pour certains) ou à l'opportunité (pour d'autres) d'un processus de ré-ingéniérie socio-religieuse [l'ingénierie sociale est une pratique visant à modifier à grande échelle certains comportements de groupes sociaux, ndt] certainement inspirée, et je dirais même gérée. Si nous avions la patience d'aller relire les déclarations faites par des leaders internationaux dans les quarante dernières années, nous trouverions matière d'analyse sur le fait que «rien n'arrive par hasard». Nous ne parlons pas de théories du complot, nous parlons de faits.

- En lisant votre essai, on pourrait penser que l'Église catholique, qui est la cible d'attaque, ne comprend pas ce qui se passe. C'est le cas?

-- Le catholicisme est une foi absolue et dogmatique qui exige des devoirs envers le Créateur. Le monde laïciste ne tolère pas ces «devoirs». Voyez-vous, le projet du Nouvel Ordre Mondial prévoyait plus d'objectifs stratégiques, allant du contrôle des naissances aux nouveaux paradigmes éthiques pour les confessions religieuses les plus dogmatiques, afin d'avoir une grande religion universelle. Au cours des quarante dernières années, on n'a rien fait d'autre que discuter de nouveaux objectifs pour l'humanité, puis nous avons eu le 11 Septembre et tout a changé, on a géré l'urgence de façon opportuniste ... On a bien fait comprendre que les droits civils que méritait le monde n'avait rien à voir avec ceux enseignées par la morale catholique, au point que le directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé est allé jusqu'à expliquer que l'éthique chrétienne ne devrait plus être appliquées à l'avenir. Et Obama en 2009 a déclaré que la santé est le bien-être bio-psycho-social, d'où feu vert pour l'avortement sans restriction, l'euthanasie grâve à la limitation des soins, le déni du droit [d'objection] de conscience. Il était évident que le catholicisme était attaqué, non? Ensuite, le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, dans son discours historique devant les chefs religieux à New York en 2000, est allé jusqu'à parler de syncrétisme religieux pour créer une nouvelle religion universelle, expliquant que les processus d'immigration aideraient à ce projet ...

- L'Église est restée à regarder?

-- Je ne me permets pas de critiquer les institutions religieuses, ni le Pape; que pourrait dire d'autre le Pape, sinon exhorter à la charité? Eventuellement, je reste perplexe face à des déclarations faites par des membres éminents d'institutions qui semblent vouloir ignorer les causes et faire des propositions génériquement humanitaires, indépendamment de ces causes. Avez-vous déjà vu résoudre un problème en agissant sur les effets plutôt que les causes? Comment peut-on penser résoudre les problèmes de misère matérielle et sociale sans résoudre d'abord les problèmes moraux? Mais ces illustres ecclésiastiques, ont-ils lu et médité sur Caritas in Veritate et Lumen Fidei ? Et puis je trouve déplacé d'utiliser des considérations moralo-humanitaires en faisant référence au sacré.

- Certains vous ont attaqué en disant que vos théories vont à l'encontre du message du Pape François et se rapprochent des thèses de Trump et de Salvini [leader de la Ligue du Nord]. Comment réagissez-vous?

-- Vous aurez remarqué que depuis un certain temps dans notre pays deux sports se sont développés: l' «interprétation du Saint-Père» et la «chasse aux dissidents» (réels ou inventés) de la pensée du pape. Manquant d'arguments, on invente des similitudes évocatrices et offensantes.

 

Benoit-et-moi 2017

 

NDT

(*) Le document "NSSM 200", connu sous le nom de Rapport du National Security Council ou de Rapport Kissinger, a pour titre Implications of Worldwide Population Growth for U.S. Security and Overseas Interests. Il a été élaboré en 1974 à la demande d'Henry Kissinger, alors Secrétaire d'État, et a été rendu public quinze ans plus tard. Il offre des lumières troublantes sur le rôle des États-Unis dans la contention de la natalité. Tenu secret jusqu'en 1989, ce rapport estime indispensable pour la sécurité des États-Unis, de mettre en oeuvre une politique de contrôle démographique dans les pays du tiers-monde. À côté de la pilule et de la stérilisation, mention est également faite de l'avortement (source).

[Il est difficile d'en trouver des traces sur Internet].

Traduction partielle en français ICI

Abbé Guy Pagès, De l’égorgement du père Hamel et du nôtre…

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Abbé Guy Pagès, De l’égorgement du père Hamel et du nôtre…

Le meurtre du père Hamel après le massacre de Nice confirme, s’il en était besoin, qu’Allah est insatiable… Comment expliquer que des jeunes gens, sortis de chez nous, souvent encore mineurs, acceptent de se laisser transformer en assassins, sinon parce que l’appel au jihad est enseigné dans le Coran, les hadiths, et toute la littérature ordinaire de l’islam, que tout un chacun peut aisément se procurer ? C’est pourquoi je trouve hypocrites les réactions apitoyées de tous ceux qui ne dénoncent pas l’islam en tant que tel. Dieu Se rit de ceux qui pleurent les conséquences dont ils chérissent les causes.

Que le cardinal Vingt-Trois ait souligné lors de la Messe d’hommage au père Hamel à la Cathédrale de  Paris que le « silence des élites devant les déviances des mœurs et la légalisation des déviances » façonne « les peurs multiples [qui] construisent la peur collective, et [que] la peur enferme. », ne suffisait certes pas à nommer l’islam, même si ces mots, évoquant sans doute d’autres réalités, pouvaient très bien dénoncer la complicité dont jouit l’islam et son caractère funeste. Le Pape François reconnaît que « le monde est en guerre », mais il en innocente l’islam, car pour lui « Toutes les religions veulent la paix »[1]… Mais si « la religion » n’était pas en cause dans ces actes abominables, pourquoi alors Mgr Dubost et le Vicaire général de Rouen, Philippe Maheut, veulent-ils renforcer le « dialogue inter-religieux » ? Pourquoi Anne Hildago tient-elle à dire que notre pays est « une terre de vivre-ensemble et de dialogue entre les religions » ? Hassan II, Roi du Maroc et Commandeur des croyants, a eu beau nous avertir queles musulmans ne s’intégreront jamais et ne deviendront jamais Français ; M. Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris et ex-directeur du CFCM a eu beau confesser que « L’islam est un phénomène socio-politique, une idéologie de lutte et d’agression (BFM-TV, 03.01.2011) », conformément à l’enseignement d’Allah qui commande : « Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que l’islam ! (Coran 2.193) », nous n’avons rien voulu entendre… La vérité est qu’« Il ne peut y avoir ni paix ni coexistence entre la religion islamique et des institutions politiques et sociales non-islamiques[…] Le soutien qu’un peuple musulman apporte effectivement à un régime en place est directement proportionnel au caractère islamique de ce dernier. […] Le mouvement islamique doit prendre le pouvoir dès qu’il est en situation morale et numérique suffisante pour lui permettre de renverser le gouvernement non-islamique. »[2]

Il est vain d’espérer que l’islam puisse jamais changer, puisqu’il est fondé sur le Coran, qui est la parole immuable d’Allah, et que d’autre part l’islam est dépourvu de magistère divinement institué, en sorte qu’aucune interprétation infaillible ne peut s’imposer légitimement à une conscience musulmane. De plus, alors que sa vie est remplie d’actes de barbarie des plus atroces, Mahomet est présenté comme des musulmans « le beau modèle (Coran 33.21) »… Les « terroristes » ne font que prendre au sérieux leur religion, et à la lettre ses enseignements.

Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, André Chassaigne, président du Groupe des députés Front de gauche, et tant d’autres personnalités ont dénoncé dans ces crimes une volonté deISLAM-RELIGION-DE-PAIX-ET-DE-DEMOCRATIE diviser les Français. Mais comment leurs incantations à conserver l’unité pourraient-elles ne pas rester vaines tant qu’Allah fera dire à tous les bons musulmans : « Entre nous et vous, c’est l’inimitié et la haine à jamais jusqu’à ce que vous croyez en Allah, seul ! (Coran 60.4) » ? Aussi, lorsque le Conseil français du culte musulman « appelle à nouveau la nation tout entière à l’unité et à la solidarité », ou que l’imam de la mosquée de Saint-Étienne-du-Rouvray se plaint de ce que l’islam soit instrumentalisé, que font-ils dautre sinon pratiquer la taqîya à l’adresse de tous les idiots utiles de l’islam ? Quel sens cela a-t-il de prétendre lutter contre « le radicalisme » tandis que l’on continue à entretenir la plante qui le produit ? 

Si donc ces jeunes Français ont voulu faire le djihad, et tuer le père Hamel au motif qu’il blasphémait en confessant le mystère de la Sainte Trinité, c’est parce qu’ils ont été convaincus, conformément à ce qu’enseigne le Coran, que c’était la seule façon pour eux d’être sûrs d’échapper à l’enfer promis aux mécréants, et de jouir au Paradis des houris promises. Allah s’est effet engagé à donner sa récompense à celui qui meurt au djihad (Coran 4.74,101). Car « Allah aime ceux qui vont jusqu’à tuer pour lui (Coran 61.4) ». Aussi, « Ceux qui combattent jusqu’à tuer dans la voie d’Allah, tuent et se font tuer.(Coran 9.111) ». Et pour finir d’aveugler le candidat au « martyr » (Quelle abomination d’user de ce mot si saint pour désigner un assassin !), l’héroïcité de son sacrifice est décuplée en libéralité par la promesse de sauver de l’enfer soixante dix membres de sa famille ! Comment résister à une offre si alléchante ? Voilà où est puisé le zèle de nos fervents musulmans. Pourquoi continuer à le nier ? 

Je ne comprends pas que le pape dise que cette guerre n’est pas religieuse, mais qu’elle relève de « questions d’intérêts, d’argent, d’accès aux ressources naturelles, de domination des peuples ». Est-ce pour de l’argent que ces deux gamins ont égorgé le père Hamel, ou bien pour plaire à Allah ? Allah commande-t-il la mort des non-musulmans et celle des chrétiens en particulier (Coran 9.5,14,29,111,124 ; 47.4…), oui ou non ? Que peut-on espérer des témoignages d’une misérable ignorance ou de honteux mensonges, suintant criminelles lâchetés et compromissions, sinon l’endurcissement dans le mépris et la haine ?

Que la France apostate, les États-Unis et les Franc-maçons appellent en la circonstance à « protéger la liberté religieuse pour tous les cultes » et sapent ainsi eux-mêmes les fondements de la vraie paix qui ne peut se trouver que dans la communion au Christ, mort et ressuscité, vainqueur de tout mal (Mt 28.20), n’a rien d’étonnant, mais que le Pape déclare que nous ne sommes pas engagés dans une guerre de religion, car « toutes les religions veulent la paix », ou que Mgr Pontier, Président, réélu, de la Conférence des évêques de France, dise que « ces fous qui sèment la mort ne peuvent pas vraiment se revendiquer de l’islam », voilà qui est pour moi incompréhensible ! Comment l’islam pourrait-il vouloir la paix en rejetant la Révélation chrétienne ? Le Coran est rempli de haine et d’appels au meurtre, et l’islam voudrait la paix ?! Le comportement de Mahomet, l’histoire, l’actualité, témoignent-ils en faveur du caractère irénique de l’islam ? En quel pays devenu musulman la liberté de conscience et de religion est-elle respectée ? Faut-il être aveugle ou menteur pour nier que « Cette religion monstrueuse a pour toute raison son ignorance, pour toute persuasion sa violence et sa tyrannie, pour tout miracle ses armes, qui font trembler le monde et rétablissent par force l’empire de Satan dans tout l’univers. »[3] !

Le premier pape tremblait de peur devant les proto-musulmans (déjà !) qu’étaient ces chrétiens voulant rester fidèles au judaïsme (Ga 2.11-14 ; Ac 11.3 ; 15.1+ ; 2 Co 11.13,26). De même que saint Pierre, un instant, s’était soumis à leurs vues[4], de même aujourd’hui certains croient bien faire, pour avoir la paix, de confesser la bonté de l’islam et d’encourager les musulmans à le pratiquer…

Mais ce qui m’inquiète plus que tout, ce n’est donc pas seulement le fait que les Pouvoirs publics continuent à favoriser l’islam, à l’instar de la paroisse qui avait cru bien faire que d’offrir le terrain pour la construction de la mosquée où grandirait l’assassin du père Hamel, mais que le Pape ne dise pas, uneLe-pape-Francois-recu-imam-Al-Azhar-lundi-23-Vatican_0_730_492 fois de plus[5], la vérité sur l’islam. Dire que toutes les religions veulent la paix revient à confesser leur bonté intrinsèque, car aucun arbre mauvais ne donne de bons fruits, et confesser la bonté de l’islam conduit sinon à le professer, du moins à en légitimer l’existence, car comment condamner ce qui est bon ? Or, qui peut venir APRÈS le Christ, sinon l’Antichrist (Ga 1.8-9 ; 1 Jn 2.22) ? Et que veut l’Antichrist sinon la mort de l’Église ? « Qu’Allah tue les chrétiens ! (Coran 9.30) » Prôner la bonté universelle des religions, et donc de l’islam en particulier, est suicidaire. Concomitamment, une telle affirmation occulte et l’annonce du caractère unique de la foi chrétienne, et sa nécessité absolue pour le salut… Comment un tel discours pourrait-il ne pas empêcher les musulmans de quitter l’islam, décontenancer ceux qui l’ont quitté pour devenir chrétiens, et ne pas conduire les chrétiens ignorants à embrasser « la dernière religion révélée », la « religion d’amour, de tolérance et de paix » ? Enfin, je crains que la profession du caractère également bon de toutes les religions ne participe à l’établissement de la « religion mondiale » composée de l’ensemble des religions, toutes nécessairement et également bonnes, de laquelle Shimon Pérès est justement un jour venu demander au Pape François d’assumer la direction (04.09.2014)… Cette nouvelle religion universelle ne serait-elle pas l’imposture religieuse qui doit survenir avant le retour du Christ, « apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité (Catéchisme de l’Eglise Catholique n°675) ? L’accueil toujours plus large en Europe de « migrants » musulmans, le brassage de populations et la destruction de leurs identités qu’il implique, tout comme la participation mutuelle des populations chrétiennes et musulmanes à leurs cultes respectifs, comment pourraient-ils ne pas être désirés par « la persécution qui accompagne le pèlerinage terrestre de l’Eglise (idem) » ? En tout cas, « la foi de nombreux croyants en est déjà bien ébranlée« … 

Le Magistère de l’Église ne peut que condamner « l’indifférentisme, cette opinion funeste répandue partout par la fourbe des méchants, [selon laquelle] on peut, par une profession de foi quelconque, obtenir le salut éternel de l’âme, pourvu qu’on ait des mœurs conformes à la justice et à la probité. L’Apôtre nous en avertit : « Il n’y a qu’un Dieu, qu’une foi, qu’un baptême (Ep 4.5) » ; qu’ils tremblent donc ceux qui s’imaginent que toute religion conduit par une voie facile au port de la félicité ; qu’ils réfléchissent sérieusement sur le témoignage du Sauveur lui-même : « qu’ils sont contre le Christ dès lors qu’ils ne sont pas avec le Christ (Lc 21.23) » ; qu’ils dissipent misérablement par là même qu’ils n’amassent point avec Lui, et que par conséquent, ils périront éternellement […] Ah ! « Quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l’erreur ! » disait saint Augustin. (Grégoire XVI, Mirari vos) » ; « Il s’en trouve beaucoup aujourd’hui pour oser enseigner que le meilleur régime politique et le progrès de la vie civile exigent absolument que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la Religion que si elle n’existait pas, ou du moins sans faire aucune différence entre la vraie et les fausses religions. (Pie IX[6]Quanta cura, n°5) ; « Convaincus qu’il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on les voit nourrir l’espoir qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences, religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. C’est pourquoi, ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre appréciable d’auditeurs, et, à leurs discussions, ils invitent tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ, et même ceux qui, par malheur, se sont séparés du Christ ou qui, avec âpreté et obstination, nient la divinité de sa nature et de sa mission. De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu’elles s’appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s’égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient […] (Pie XI, Mortalium animos) ; « Quand on ne confesse pas Jésus Christ, me vient la phrase de Léon Bloy : « Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable.«  (François, Homélie du 14 mars 2013) ».

Les participations respectives au culte des uns et des autres demandées par certaines autorités musulmanes et chrétiennes pour manifester un apparent désir de communion, ne sont-elles pas condamnées par ces enseignements ? Aux premiers temps de l’Église, pénitents et catéchumènes devaient quitter le saint lieu au moment de l’offrande du Sacrifice du Seigneur, parcequ’ils étaient reconnus spirituellement inaptes à y prendre part. Mais aujourd’hui, même ceux qui font profession de rejeter la foi chrétienne, considérée par eux comme l’abomination par excellence et le seul péché irrémissible (Coran 4.48), y sont invités… Comment ne pas voir là un signe éloquent que la perte de la foi fait venir l’islam ? Les Apôtres nous ont enseigné l’attitude à tenir à l’endroit de l’islam (2 Co 6.14-18 ; 2 Jn 1.7-11 ; Jude 1.23), dont la venue a été annoncée par Jésus (Mt 13.24-30, 36-43 ; Jn 16.2), mais qui se fait leur porte-voix ?

L’ignorance volontaire, la lâcheté, la couardise, et en fin de compte le manque de foi, mais aussi certainement un nombre encore insuffisant de victimes, empêchent les Pouvoirs publics de nommer et traiter à sa racine le problème de l’islam, en proscrivant définitivement son livre et son modèle. A leur décharge, il faut reconnaître qu’ils n’y sont pas aidés par l’Église, dont c’est pourtant une des missions. Si même l’Église est d’accord pour que l’islam se développe, qui pourrait trouver à y redire ?

Puissions-nous imiter la franchise de l’un des prédécesseurs de François, le pape Pie II, qui, écrivant au Sultan turc Mehmet II, ni ne louait la religion de celui-ci, ni ne se montrait dupe d’un accord possible entre eux : « La concorde ne sera que dans les mots ; mais sur le fond, c’est la guerre. »[7]

Abbé Guy Pagès

 

[1] Je passe sur le communiqué du Vatican disant que le pape François s’associait « à la douleur et à l’horreur ».
[2] In La Déclaration islamique d’Alija Izetbegovic, chef d’État de Bosnie-Herzégovine de 1990 à 2000.
[3] Bossuet, Panégyrique de saint Pierre Nolasque, Paris, église des Pères de la Merci, le 29 Janvier 1665.
[4] Musulman signifie soumis.
[5] Cf. La première et la seconde Lettre ouverte que je lui ai adressées.
[6] Je rappelle quelques condamnations du pape Pie IX, dans le Syllabus : « XV. Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il croit vraie d’après la lumière de la raison. XVI. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir le salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion. XVII. Au moins doit-on bien espérer du salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ. »
[7] Enea Silvio Piccolomini, Lettre à Mahomet II, Payot & Rivages, 2002, p.48.

 

Adil Kermiche et Abdel Malik Petitjean se sont filmés le mardi 26 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray avant de sortir affronter la BRI de Rouen et le RAID sur le parvis de l’église.

Adil Kermiche et Abdel Malik Petitjean se sont filmés le mardi 26 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray avant de sortir affronter la BRI de Rouen et le RAID sur le parvis de l’église.

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Walter Covens #actualités

Joachim Véliocas, Ces maires qui courtisent l'islamisme (en France, s'il vous plaît)

dominicanus #actualités

 

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"Ces maires qui courtisent l'islamisme" (en France, s'il vous plaît) de Joachim Véliocas

 

"Notre pays est vendu, morceau par morceau, par les politiques, prêts à tout pour accéder au pouvoir.
Nous vivons nos dernières années de "Français". Le pire reste à venir pour les enfants d'aujourd'hui et du futur...
Il faut que les citoyens de nos nations sachent que pour quelques bulletins de vote nos dirigeants sont prêts à toutes les compromissions !!!

 
Une enquête de 270 pages sur les subventions publiques aux islamistes censurée par les médias.
Une enquête, pourtant parue en librairie (Fnac, Virgin...) a démontré que des hautes personnalités politiques collaborent avec les Frères musulmans en France (incarnés par l'UOIF) en leur donnant des terrains publics pour des grandes mosquées ou subventionnant leurs "associations culturelles"...

Ce livre qui est une bombe politique aux effets potentiellement ravageurs pour l'UMP et le PS a été censuré par les grands médias. En effet, des élus comme Alain Juppé , Jean-Claude Gaudin ou Jean-Marc Ayrault sont gravement mis en cause par la révélation de documents inédits et irréfutables. Il s'agit du livre «Ces Maires qui courtisent l'islamisme», paru aux éditions Tatamis en octobre 2010, dont aucun journaliste ou "expert" de l'islam n'a pu contester les révélations. La meilleure preuve est sans doute l'absence de procès intenté à son auteur, Joachim Véliocas, pour diffamation par les hommes et formations politiques concernés, accusés ni plus ni moins de collaborer avec l'islamisme.

 
Des universitaires islamologues, tel le Palestinien Sami-Aldeeb, considéré comme un des meilleurs spécialistes du droit musulman, ont félicité l'auteur pour la qualité de son rigoureux travail d'enquête.


D'autres universitaires courageux se sont joints à l'auteur pour cosigner un appel à être ferme contre les Frères musulmans qui ont appelé à conquérir ROME depuis la France !


L'institut Hannah Arendt de l'université de Dresde, centre de recherche de référence en Allemagne sur l'analyse des totalitarismes, a commandé plusieurs exemplaires de l'ouvrage et va publier un compte-rendu dans sa revue...


En France, les groupes de presses, tous liés à des intérêts financiers et donc politiques, ont ostracisé sans surprise un livre qui pourrait bousculer les lignes politiques.


L'association Contribuables Associés (140 000 membres !), scandalisée, a consacré une page au livre dans son mensuel « Le Cri ».


L'ouvrage ne coûte que 19 euros, frais de port compris, pour 270 pages.


Après l'avoir lu, vous comprendrez comment l' UMP, PS, Modem, PCF sont prêts à brader toutes les valeurs de la république pour tenter d'obtenir les voix musulmanes aux élections !
Quitte à financer le diable, en l'occurrence ceux qui se réclament des Frères Musulmans, la plus grande nébuleuse islamiste du monde..."



> Tel : 03 87 50 30 34
> Fax: 03 87 56 10 63

Journal du Vatican / Les Italiens perdent quatre places

dominicanus #actualités

Les dernières nominations à la curie ont récompensé des hommes d'autres nationalités. De même, au prochain consistoire, les nouveaux cardinaux seront presque tous non-italiens. En ce qui concerne le secrétaire d'état, le moment du remplacement de Bertone semble s'éloigner 

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CITÉ DU VATICAN, le 23 juillet 2012 – La série de nominations à laquelle Benoît XVI a procédé, ces dernières semaines, à la curie romaine a été placée sous le signe d’une internationalisation accrue de celle-ci.

D’une part, les équilibres de nationalités entre les chefs de dicastère de la curie n’ont pas été modifiés par la nomination de l’Allemand Gerhard Ludwig Müller à la tête de la congrégation pour la doctrine de la foi, où il remplace l’Américain William J. Levada, et celle de l’Italien Vincenzo Paglia à la présidence du conseil pontifical pour la famille, où il succède à son compatriote Ennio Antonelli.

Mais, d’autre part, il y a trois cas où des ecclésiastiques italiens ont été remplacés par des non-italiens pour d’importantes fonctions curiales.

L’archevêque africain Protase Rugambwa a été rappelé de Tanzanie pour remplacer le lombard Pierluigi Vacchelli au poste de secrétaire adjoint de la congrégation "Propaganda Fide".

Le Polonais Krzysztof J. Nykiel a remplacé l’évêque franciscain conventuel italien Gianfranco Girotti comme régent de la pénitencerie apostolique.

Enfin un Espagnol, le père blanc Miguel Angel Ayuso Guixot, grand expert de l’islam, a succédé à l’archevêque toscan et ancien nonce Pierluigi Celata en tant que secrétaire du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Sans oublier que l’archevêque dominicain français Jean-Louis Bruguès a quitté ses fonctions de secrétaire de la congrégation pour l’éducation catholique et qu’il a remplacé le cardinal salésien italien Raffaele Farina en tant qu’Archiviste et Bibliothécaire de la Sainte Église Romaine (poste qui, en tout état de cause, ne fait pas partie de la curie romaine stricto sensu).

En conséquence, après ces changements intervenus aux postes de direction de la curie romaine proprement dite (secrétairerie d’état, congrégations, tribunaux, conseils pontificaux et trois services), les Italiens conservent une solide majorité. Ils occupent 13 de ces postes sur 28, soit 46,4 %, Alors que, au début du pontificat, en 2005, ils en occupaient 7 sur 27, soit 25,9 %.

En revanche, si l’on prend également en compte les numéros 2 (secrétaires et assimilés), la part des Italiens est en baisse significative : aujourd’hui ils sont 21 sur 58, soit 36,2 %, alors qu’en 2005 ils étaient 42 sur 83, soit 41,8 %. Et elle est également en baisse si l’on se réfère aux postes de dirigeants au niveau en-dessous (sous-secrétaires et assimilés) : ils sont 36 sur 88, soit 40,9 %, alors qu’en 2005 ils étaient 42 sur 83, soit 50,6 %.

Restent encore à attribuer, dans les organigrammes du Vatican, le poste de secrétaire de la congrégation pour l’éducation catholique (une candidature américaine semblait détenir la pole position, mais le cardinal préfet Zenon Grocholewski préférerait un latino-américain ayant sa confiance) et celui de sous-secrétaire du conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (poste vacant depuis la disparition, en 2010, de Mgr Eleuterio Fortino et pour lequel un Italien serait en course). Sans oublier le poste de régent de la maison pontificale, dont l’actuel détenteur, l’évêque Paolo De Nicolò, a atteint l’âge de 75 ans au mois de janvier et pourrait avoir comme successeur l’efficace père Leonardo Sapienza, religieux rogationiste du Cœur de Jésus.

Quoi qu’il en soit, en dehors de ces quelques postes qui sont encore à pourvoir, l'organigramme de la curie romaine paraît désormais largement stabilisé pour les deux ans à venir, étant donné que les prochains à atteindre l’âge de la retraite, 75 ans, seront les cardinaux Angelo Amato (causes des saints), Manuel Monteiro de Castro (pénitencerie), Antonio Maria Vegliò (migrants) et Francesco Coccopalmerio (textes législatifs) en 2013 et le cardinal Grocholewski en 2014. Mais, pour tous les cinq, on peut prévoir au moins une année de prorogation, conformément à la coutume.

Reste l’inconnue concernant le secrétaire d’état. Le cardinal Tarcisio Bertone aura 78 ans le 2 décembre et le petit mot de confirmation que le pape lui a fait parvenir au moment de partir pour Castel Gandolfo donne à penser qu’il est peu probable qu’il soit remplacé prochainement.

Il faut notamment avoir présent à l’esprit le fait que Benoît XVI a maintenu le précédent secrétaire d’état, le cardinal Angelo Sodano, dans ses fonctions jusqu’à l’âge de 78 ans et dix mois. Et, au cas où le pape ne voudrait pas congédier Bertone plus tôt que Sodano, l’actuel "premier ministre" pourrait conserver son poste jusqu’au mois d’octobre de l’année prochaine. 

Cette prolongation est rendue encore plus vraisemblable par le fait qu’il est encore difficile de définir le profil de l’ecclésiastique que le pape – se fondant sur l’estime, la connaissance et l’habitude de rapports personnels – pourrait appeler auprès de lui à la place de Bertone.

Corollaire de ce qui précède : le prochain consistoire pourrait avoir lieu alors que Bertone serait toujours secrétaire d’état, comme pour les trois consistoires précédents – ceux de novembre 2007, novembre 2010 et février 2012 – tandis que, pour celui de mars 2006, le secrétaire d’état était encore Sodano.

Lorsque le cardinal américain James F. Stafford atteindra l’âge de 80 ans, le 26 juillet prochain, le nombre de cardinaux ayant le droit de vote en cas de conclave redescendra à 120. Mais, étant donné que six autres prélats auront 80 ans au cours de l’année 2012, le nombre d’électeurs redescendra alors à 114. Et en 2013, le sacré collège ne comptera plus que 104 votants. Ainsi, dès la fin de cette année et plus encore l’année prochaine, l’effectif du collège cardinalice rendra possible un nouveau consistoire, le cinquième de ce pontificat, où Benoît XVI pourra créer de nouveaux cardinaux. Une dizaine si ce consistoire a lieu en novembre de cette année, une vingtaine s’il a lieu au cours du même mois en 2013.

Il s’agira en tout cas, selon toute probabilité, d’un consistoire plus international que les précédents. 

En effet, à la fin de 2012 – si l’on tient compte de la règle non écrite selon laquelle un cardinal ne peut être créé que dans les diocèses où il n’y en a pas déjà un autre ayant le droit de vote – des créations pourraient avoir lieu dans les sièges traditionnellement cardinalices que sont Bogota (Jesus Ruben Salazar Gomez), Rio de Janeiro (le cistercien Orani João Tempesta), Séoul (Andrew Yeom Soo-jung), Manille (Luis Antonio Tagle) et/ou Cebu (José Serofia Palma), Westminster (Vincent Nichols), Tolède (Braulio Rodriguez Plaza), Québec (Gérald Cyprien Lacroix, de l’Institut séculier Pie-X), Venise (Francesco Moraglia). 

Et à la fin de 2013 la pourpre pourrait être également attribuée aux archevêques de Turin (Cesare Nosiglia), São Salvador da Bahia (le dehonien Murilo Sebastiao Ramos Krieger), Santiago du Chili (le salésien Ricardo Ezzati Andrello), Malines-Bruxelles (André-Joseph Léonard), et Kiev-Haly? des Ukrainiens (Sviatoslav Schevchuk).

Au sein de la curie romaine l’Allemand Müller et le dominicain français Bruguès recevront certainement la pourpre.

En revanche on voit moins clairement s’il y aura des créations de cardinaux - et en faveur de qui - parmi les présidents de conseils pontificaux, fonctions qui, en elles-mêmes, n’entraînent pas automatiquement l’attribution de la pourpre.

Sont en course les Italiens Paglia et Rino Fisichella, ce dernier étant au conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation. Toutefois l’Italien Claudio Maria Celli (communications sociales) et le Polonais Zygmunt Zimowski (pastorale de la santé) ont plus d’ancienneté de services qu’eux.




Tous les articles de www.chiesa à propos du gouvernement central de l’Église catholique :

> Focus VATICAN


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

Journal du Vatican / La congrégation dotée d'une porte à tambour

dominicanus #actualités

C'est la congrégation pour le culte divin, compétente en matière de liturgie. Ses derniers secrétaires ont tous été remplacés avant le délai normal. Et ils n'ont presque jamais été d'accord avec leur préfet et avec le pape. En ce qui concerne celui qui vient d'être nommé, l'Anglais Roche, les paris sont ouverts 

 

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CITÉ DU VATICAN, le 3 juillet 2012 – La nomination d’un nouveau secrétaire de la congrégation pour le culte divin a été annoncée la semaine dernière. Il s’agit de l’évêque anglais Arthur Roche.

Il remplace Joseph Augustine Di Noia, qui a déclaré à Catholic News Service, l'agence de presse en ligne de la conférence des évêques de son pays, les États-Unis, qu’il était "flabbergasted", stupéfait, de devoir quitter ce poste au bout de trois ans seulement.

En effet, en sept ans de pontificat de Benoît XVI, Di Noia est le troisième ecclésiastique à quitter le poste de numéro deux de ce dicastère du Vatican avant la fin du mandat canonique de cinq ans. Un record anormal. D’autant plus que le dicastère en question est celui qui a des compétences spécifiques en matière de liturgie, une question à laquelle Benoît XVI attache une extrême importance.

 

***


Entre 1996 et aujourd’hui la congrégation pour le culte divin a changé trois fois de préfet. C’est en 1996, en effet, que Jean-Paul II a appelé à la direction de ce dicastère l’évêque chilien Jorge Arturo Medina Estevez qui, créé cardinal en 1998, est resté à son poste jusqu’au 1° octobre 2002, date à laquelle il a été remplacé par le cardinal africain Francis Arinze, qui y est resté jusqu’au 9 décembre 2008, lorsque Benoît XVI lui a donné comme successeur l’actuel préfet, le cardinal espagnol Antonio Cañizares Llovera.

Il s’agissait là de changements réglementaires, intervenus quand les préfets en question avaient dépassé l’âge de 75 ans prévu par le droit canonique, Medina de huit mois et Arinze de treize mois.

Ces changements ont eu lieu sans grandes secousses dans la ligne de gouvernement. En effet les trois préfets ont été porteurs d’une correction de trajectoire par rapport aux abus liturgiques découlant de la réforme liturgique qui a suivi le concile Vatican II, même si cela s’est fait de manière différente. Le plus agressif a été Medina. En 2001, il a fortement voulu l’instruction "Liturgiam autenthicam" tendant à une tradition plus fidèle issue du latin et, en 2002, il a mené à bien une troisième "editio typica" en latin du Missel Romain et institué au sein de la congrégation le comité "Vox clara" pour les traductions liturgiques en anglais, en guise de contrepoids du Vatican à l’International Commission on English in the Liturgy, organisme de coordination entre les conférences épiscopales anglophones – dominé par les progressistes – qui en avait le monopole jusqu’alors. Arinze a été plus modéré. Cañizares s’est montré – au moins jusqu’à présent – fort en paroles mais doux dans les faits.


***


En revanche les choses se sont passées différemment pour la succession des secrétaires de cette congrégation, beaucoup plus tourmentée et discutée. Il faut se rappeler que dans un dicastère, si c’est le préfet qui donne les directives, c’est le secrétaire qui a le pouvoir de les mettre ensuite en application.

Quand Medina est devenu préfet, il a trouvé comme secrétaire, en poste depuis 1991, le Brésilien Geraldo Majella Agnelo, aux idées assez progressistes, qui fut assez rapidement nommé, en janvier 1999, archevêque de São Salvador da Bahia et créé cardinal.

Mais avant de retourner au Brésil, Agnelo autorisa – à l’insu de Medina qui était au Chili pour les fêtes de fin d’année – le transfert de toutes les archives de la congrégation aux Archives Secrètes du Vatican, ce qui a eu pour résultat de les rendre inaccessibles. Certains ont fait le lien entre cette initiative et le fait que le secrétaire particulier de Medina avait publié un livre, fondé sur les carnets intimes inédits du cardinal Fernando Antonelli, très critique à propos de la réforme liturgique et surtout du rôle qu’y avait joué l’archevêque Annibale Bugnini.


***


Le nouveau secrétaire fut nommé en février 1999. C’était le bénédictin italien Francesco Pio Tamburrino, 60 ans, lui aussi progressiste, avec des idées plus proches de celles d’Agnelo que de celles de Medina. Il resta à ce poste un peu plus de quatre ans, après quoi, le 2 août 2003, il fut transféré à l’archevêché – qui n’est certes pas de premier plan – de Foggia-Bovino, où il se trouve encore aujourd’hui.

Son poste fut attribué à un autre ecclésiastique, lui aussi italien et ayant également des idées en matière de liturgie proches de celles de son prédécesseur. Il s’agissait de Mgr Domenico Sorrentino, 55 ans, qui avait collaboré, au cours des années précédentes, avec le service qui rédige les discours des papes et qui était à l’époque coordonné par l’archevêque Paolo Sardi, aujourd’hui cardinal.

Mais Sorrentino ne resta pas longtemps à ce poste. Le 19 avril 2005, Benoît XVI avait été élu pape et il montra qu’il avait des idées très nettes en matières de liturgie, semblables à celles de Medina (c’est peut-être aussi pour cette raison que ce dernier avait l’air visiblement satisfait lorsque, en tant que cardinal protodiacre, il proclama "Habemus papam"). Et juste sept mois plus tard, le 19 novembre, Sorrentino fut nommé évêque du diocèse prestigieux – mais pas cardinalice – d’Assise. Il était resté un peu plus de deux ans.

Au sein de la conférence des évêques d’Italie, Sorrentino et Tamburrino font partie de la commission pour la liturgie, mais pas l’évêque d’Albenga, Mario Olivieri, qui est depuis des années membre de la congrégation vaticane pour le culte.


***


Mais revenons à 2005. Le 10 décembre, le pape Joseph Ratzinger nomme secrétaire de la congrégation pour le culte divin le Sri lankais Malcolm Ranjith Patabendige Don, 58 ans, qu’il fait revenir de la nonciature en Indonésie, où il avait été envoyé en “exil” en avril 2004 après une expérience malheureuse en tant que secrétaire adjoint de la congrégation "de Propaganda Fide", où il ne s’était pas bien entendu avec celui qui en était alors le préfet, le cardinal Crescenzio Sepe, que Benoît XVI nommera archevêque de Naples en mai 2006.

Ranjith a des idées très claires en matière de liturgie et il est très estimé y compris dans le monde traditionaliste. C’est pourquoi quand, en 2008, Cañizares arrive d’Espagne, comme préfet, avec une réputation de “petit Ratzinger”, les partisans d’une "réforme de la réforme" dans le domaine liturgique pensent que la congrégation qui devrait être le moteur de cette réforme va être enfin dirigée par un tandem d’une efficacité certaine.

Mais ce n’est pas ce qui va se passer. Le 16 juin 2009, après moins de quatre ans, Ranjith quitte lui aussi ce poste de secrétaire. Benoît XVI a été persuadé, en dépit de l’avis contraire de Cañizares, que sa présence était plus importante dans sa patrie, le Sri Lanka, qu’à Rome dans le domaine liturgique. C’est ainsi que Ranjith est nommé archevêque de Colombo, à la satisfaction à peine dissimulée des progressistes. Et il est remplacé par le dominicain américain Di Noia, 66 ans, qui travaille à Rome depuis 2002 comme sous-secrétaire de la congrégation pour la doctrine de la foi, mais qui ne parle pas encore couramment la langue de Dante bien qu’ayant des parents Italiens.

Mais le pape Ratzinger accorde à Ranjith l’honneur de la pourpre, que n’avaient pas obtenu ses deux prédécesseurs immédiats. Benoît XVI le crée cardinal au premier consistoire utile, celui du 20 novembre 2010. Aucun des deux précédents archevêques de Colombo n’avait été fait cardinal.


***


Avec le tandem Cañizares-Di Noia au sommet, la congrégation semble tomber dans un cône d’ombre. Di Noia n’a pas la détermination d’un Ranjith. Et le cardinal espagnol – qui, par ailleurs, ne cache pas sa sympathie pour les néocatéchumènes, manifestée dans son indulgence pour leurs étranges liturgies – ne dédaigne pas de revenir souvent dans son pays, peut-être avec un œil sur Madrid où le cardinal Antonio Maria Rouco Varela achèvera en 2014 son mandat de président de la conférence des évêques d’Espagne et devrait donc, à 78 ans, abandonner la direction de ce diocèse.

C’est ainsi que l’idée proclamée de constituer, au sein de la congrégation pour le culte divin, un service qui s’occuperait de l’architecture et de l’art liturgiques perd de sa force notamment à cause de l'opposition du cardinal Gianfranco Ravasi – théologiquement et liturgiquement moins en harmonie avec Ratzinger que Cañizares – qui revendique la compétence en la matière pour son conseil pontifical pour la culture, bien que celui-ci soit de rang inférieur.

Encore une fois, donc, la congrégation pour le culte divin semble ne pas fonctionner. Voilà pourquoi, pour la quatrième fois en sept ans, on assiste à un changement de secrétaire avant la date normale. Di Noia a été transféré à la vice-présidence de la commission pontificale "Ecclesia Dei", poste non prévu par l’organigramme de cet organisme, restructuré en 2009 par le motu proprio "Ecclesiæ unitatem", qui est chargé de suivre les communautés traditionalistes et de réduire la fracture avec le monde lefebvriste. Poste qui, en soi, n’est pas cardinalice.

Et c’est un changement qui pourrait présenter les mêmes problèmes que les précédents. En effet l’évêque anglais Roche, 62 ans, qui vient d’être nommé est un protégé du cardinal émérite de Westminster, le "liberal" Cormac Murphy O’Connor, dont il a été l’auxiliaire. Déjà dans le passé, à la grande préoccupation des milieux les plus conservateurs de la curie romaine, son nom avait circulé pour le poste qu’il vient d’obtenir. Il faut toutefois souligner que la fermeté avec laquelle Roche,  en tant que président de l'International Commission on English in the Liturgy entre 2003 et 2012, a défendu la nouvelle traduction du missel en anglais, rédigée sous le signe d’une fidélité vraiment accrue à l’"editio typica" en latin, lui a valu l’hostilité de la composante la plus progressiste de l’épiscopat anglophone.

Quand il arrivera à Rome, Roche, qui a étudié la théologie spirituelle à l’Université Pontificale Grégorienne au début des années 90, aura la possibilité de faire connaître plus clairement sa ligne.

Il sera intéressant, par exemple, de vérifier comment il réagira à l’engagement de la congrégation quand il faudra donner sa "recognitio", c’est-à-dire le feu vert après une révision, à la traduction italienne du Missel, qui, dans la version approuvée par les évêques de la conférence épiscopale italienne, s’éloigne plus que la traduction anglaise de l’original latin.

Sans compter, bien entendu, qu’il sera également intéressant de voir si – après les quatre essais infructueux de Tamburrino, Sorrentino, Ranjith et Di Noia – Roche réussira enfin à aller jusqu’au bout de ses cinq années de mandat.




Tous les articles de www.chiesa à propos du gouvernement central de l’Église catholique :

> Focus VATICAN


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Des évêques sans pape. La voie chinoise vers le schisme

dominicanus #actualités

Encore un évêque ordonné en Chine sans l'approbation du pape. Les autorités de Pékin veulent absolument créer une Église indépendante de Rome. La diplomatie vaticane dans l’obscurité 

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ROME, le 9 juillet 2012 – Alors que la démarche de réconciliation entre l’Église catholique et la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X fondée par l'archevêque Marcel Lefebvre risque d’échouer au moment même où elle paraissait sur le point d’aboutir, il y a un autre schisme qui s’aggrave de jour en jour sur un autre front, celui de la Chine.

Le 6 juillet, à Harbin, ville de près de 10 millions d’habitants et chef-lieu de la province septentrionale du Heilongjiang, un évêque n’ayant pas obtenu l’approbation du pape a été ordonné de manière illicite.

Les cinq évêques qui l’ont ordonné étaient jusqu’à présent en communion avec Rome, mais, du fait de cette ordination, ils ont encouru eux aussi l’excommunication, venant ainsi s’ajouter au grand nombre d’évêques chinois en état de schisme.

L'ordination illicite qui a eu lieu à Harbin était annoncée depuis plusieurs mois. Au cours des deux dernières années, trois autres ordinations épiscopales illicites ont eu lieu, à Chengde, à Leshan (photo) et à Shantou. Elles ont été imposées par l'Association patriotique des catholiques chinois, organisme créé et étroitement contrôlé par le parti communiste, ayant pour but de constituer une Église nationale indépendante de Rome.

Pour y parvenir, les autorités communistes obligent non seulement les évêques qui sont déjà en état de schisme avec Rome mais également des évêques légitimes à participer aux ordinations illicites, contraignant ces derniers à rompre eux aussi avec le pape.

S’ils se repentent ou s’ils démontrent qu’ils ont cédé parce qu’ils y étaient contraints, Rome lève l’excommunication. Mais la position de chacun d’eux n’est pas toujours claire. Et cela augmente la confusion et les conflits entre le clergé, les fidèles et les évêques eux-mêmes.

 

***


Le 15 juin dernier, alors que l'ordination illicite de Harbin était sur le point d’avoir lieu, le secrétaire de la congrégation vaticane pour l'évangélisation des peuples, l'archevêque chinois Savio Hon Taifai a tenté de convaincre les autorités chinoises de renoncer à ce projet, dans une interview qu’il a accordée à l’agence "Asia News" de l’Institut Pontifical pour les Missions Étrangères.

Dans cette interview il disait, à propos des ordinations faites sans l’approbation du pape :

"Il y a différents problèmes. Le premier est que ces ordinations créent de la confusion et de la division au sein du peuple chrétien chinois, entre les officiels et les non-officiels. En particulier parmi les nouveaux baptisés, il y a ceux qui ne comprennent pas et qui restent perplexes. Malheureusement, cette confusion se manifeste aussi dans les communautés non officielles. Beaucoup d’entre elles ont toujours donné un magnifique témoignage de fidélité à l’Église. Mais il y en a qui ont du mal à pardonner ces situations, peut-être en raison de la fragilité humaine ou pour quelque autre motif, et elles se portent à l’autre extrême, qui n’est pas compatible avec les valeurs évangéliques.

"D’autre part une ordination illégitime porte atteinte aux espoirs de dialogue entre le gouvernement chinois et l’Église de Chine. Et le Saint-Siège reste lui aussi perplexe : la Chine d’aujourd’hui, tellement moderne et tolérante à bien des égards, continue en revanche à être en retard pour ce qui concerne le développement de l’Église catholique. Pékin ne parvient pas à comprendre que la nomination des évêques est une prérogative des catholiques et pas de l’État. S’il faut donner la liberté à l’Église en Chine, il faut aussi donner au pape la liberté de choisir les candidats à l'épiscopat. Tous ces gestes ont mis à mal l’espoir de relations entre le Saint-Siège et la Chine. Précédemment on apercevait peut-être une petite lueur, maintenant il n’y a plus que l’obscurité".

 

***


Initialement programmée pour le 29 juin, fête des saints Pierre et Paul, patrons de l’Église de Rome, l'ordination illicite de Harbin a été ensuite retardée de quelques jours.

Et, le 3 juillet, le Saint-Siège a fait une dernière tentative pour la faire annuler, par une note de la congrégation pour l'évangélisation des peuples qui mettait en garde aussi bien les évêques impliqués que les autorités chinoises contre les effets négatifs que ce geste comporterait.

Aux premiers il était rappelé qu’ils encourraient automatiquement l’excommunication. Aux secondes on disait :

"Les autorités gouvernementales ont été informées du fait que l'ordination épiscopale du Rév. Yue Fusheng n’a pas obtenu l'approbation du Saint-Père. Elle serait en contradiction avec les signes de ce dialogue, souhaité par la Chine et par le Saint-Siège, que l’on cherche à créer".


***


Mais même cette ultime pression est restée sans effet. Bien au contraire, depuis Pékin l'administration d’état chargée des affaires religieuses a répondu, le lendemain, à la note du Vatican par une déclaration qui liquidait comme "barbare et irrationnelle" la prise de position du Saint-Siège et qui accusait celui-ci de créer, par ses interférences, "des restrictions à la liberté et de l’intolérance, ce qui empêche un développement sain de l’Église catholique en Chine et n’apporte aucun bienfait à l’Église universelle".

Le prêtre Yue Fusheng a donc été ordonné évêque le 6 juillet à Harbin. Il avait été désigné par les autorités chinoises (par l’intermédiaire d’un comité local qui a voté pour sa nomination) sans l’approbation du pape.

Les cinq évêques qui l’ont ordonné sont Fang Xinyao de Linyi, dans le Shandong, Pei Junmin de Liaoning, Meng Qinglu de Hohhot, en Mongolie Intérieure, Wang Renlei de Xuzhou, dans le Jiangsu, et Yang Yongqiang de Zhoucun, dans le Shandong.

Le premier de ces cinq évêques est également président national de l'Association patriotique.

Tandis que le nouvel ordonné est vice-président de cette même organisation.

À côté d’eux, on trouve aujourd’hui dans le groupe dirigeant de l'Association patriotique quatre évêques n’ayant pas obtenu l'approbation du pape (Ma Yinglin, Lei Shiyin, Guo Jincai, Huang Bingzhang), deux évêques légitimement ordonnés mais ayant ensuite commis des actes graves de rupture avec Rome (Shen Bin de Haimen, Meng Qinglu de Hohhot), deux catholiques laïcs, Liu Yuanlong et Shu Nanwu, et une religieuse, Wu Lin.

Le nouvel évêque illicite, Yue Fusheng, 48 ans, a participé en 1995 aux Journées Mondiales de la Jeunesse de Manille, auxquelles une délégation chinoise avait été autorisée à se rendre, pour la première fois. Et, entre 1997 et 1998, il a été étudiant à l'université catholique de Louvain, en Belgique.

Il y a déjà, à Harbin, un administrateur apostolique reconnu par le Saint-Siège, Zhao Hongchun. Mais, en raison de son opposition à l'ordination du nouvel évêque, les autorités chinoises l’ont arrêté le 4 juillet et ne l’ont relâché qu’une fois cette ordination accomplie.


***


Les ordinations illicites de ces deux dernières années ont sérieusement compromis les efforts de l’Église de Rome pour amener la totalité des évêques chinois à la communion avec le pape.

Alors que, il y a trois ans, les évêques qui n’avaient pas obtenu l’approbation du pape se comptaient sur les doigts d’une seule main et semblaient en voie d’extinction, aujourd’hui leur nombre a fortement augmenté.

En Occident, on ne se rend pas bien compte de la gravité de ce schisme de fait, qui sépare de Rome une fraction non négligeable de l’Église chinoise.

Bien au contraire, on y constate une étrange tolérance vis-à-vis de cet abus de pouvoir des autorités d’état chinoises en ce qui concerne le choix des évêques. Une tolérance qui est exprimée précisément par des représentants de cette aile progressiste qui manifeste le plus son opposition à l’Église "constantinienne".

L’un d’eux est le professeur Alberto Melloni, chef de file de cette "école de Bologne" à laquelle on doit une histoire du concile Vatican II qui est la plus répandue et la plus influente de toutes celles qui ont été publiées jusqu’à présent.

Dans un article qui a été publié le 13 mars dernier par le "Corriere della Sera", Melloni a accusé le combatif cardinal Zen Zekiun, à cause de ses cris d’alarme à propos du schisme, "d’avoir fait preuve, vis-à-vis de Pékin, d’une fermeture si totale qu’il a mis en danger les résultats, parfois aussi petits qu’une semence, qui avaient été obtenus antérieurement par la diplomatie pontificale".

Et en ce qui concerne la prétention des autorités chinoises de choisir les évêques, il a fait comprendre qu’elle lui convenait, parce qu’il s’agit d’un choix "que, dans le monde chrétien, Rome a partagé avec les chapitres de cathédrales ou avec les monarchies catholiques et qui, dans la Chine de demain, ne pourra qu’être le fruit d’une sélection qualitative à plusieurs voix des candidats".

 

Sandro Magister

www.chiesa





L'interview accordée le 15 juin 2012 à "Asia News" par le secrétaire de la congrégation pour l'évangélisation des peuples :

> Mons. Savio Hon: Ordinazioni episcopali senza mandato del papa [Mgr Savio Hon : Ordinations épiscopales sans approbation du pape]

La note publiée le 3 juin 2012 par la congrégation pour l'évangélisation des peuples :

>> Note du Vatican relative à l’ordination épiscopale de Harbin, sans approbation du pape]

La réponse des autorités chinoises à la note du Vatican :

> Pechino: sull'ordinazione di Harbin il Vaticano è "barbaro e irrazionale" [Pékin : en ce qui concerne l’ordination de Harbin, le Vatican est "barbare et irrationnel"]

Pour d’autres détails à propos de l'ordination épiscopale de Harbin, sur "Asia News" :

> L'ordinazione illecita ad Harbin rafforza il partito degli "scomunicati" [L’ordination illicite à Harbin renforce le parti des "excommuniés"]



L'article d’Alberto Melloni paru dans le "Corriere della Sera" du 13 mars 2012 :

> Un cardinale per il dialogo con la Cina [Un cardinal pour le dialogue avec la Chine]




Du 23 au 25 avril derniers, la dernière session de la commission instituée par Benoît XVI pour examiner les questions concernant la vie de l’Église catholique en Chine a consacré une bonne partie de ses discussions précisément au risque d’un schisme, comme cela apparaît dans le communiqué final, publié en italien, en anglais et en chinois :

> Riunione plenaria della commissione per la Chiesa cattolica in Cina [Réunion plénière de la commission pour l’Église catholique en Chine]



Tous les articles de www.chiesa à ce sujet :

> Focus CHINE



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

Inquisitio : sexe, drogue et crime comme série de l’été sur France 2

dominicanus #actualités

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A quelques heures de la diffusion sur France du 1er épisode d’Inquisitio, présentée comme « série historique » sur l’Inquisition par les programmes télé, voici un premier petit billet pour se préparer psychologiquement. Accrochez vos ceintures de chasteté !

Lire le billet de Jean-Batiste Maillard (auteur de "Dieu et Internet")

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