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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR 2 968 Articles 1 000 656 Visites 2 502 274 Pages vues

PAPE ET ANTIPAPE : L’ENQUÊTE - DÉCODER LA NOUVELLE LETTRE DE BENOÎT XVI AU CARD. ROUCO ET LA 2e AU CARD. BRANDMÜLLER - 9ème partie

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #Porta fidei, #actualités
Traduction française autorisée : père Walter Covens

Traduction française autorisée : père Walter Covens

 

***

 

Hier, nous avons soumis ICI le "décodage" de la première lettre de Sa Sainteté au cardinal Brandmüller. De nombreux lecteurs ont été profondément fascinés par la subtilité logique de Benoît XVI et émus par le drame de la situation, mais avant de procéder à la lecture raisonnée de la deuxième lettre, nous devons donner une nouvelle exclusive et très récente pour l'Italie. Via les médias sociaux, un lecteur espagnol nous a informés qu'il y a quelques jours à peine, le Saint-Père a envoyé au cardinal espagnol Antonio Maria Rouco Varela, archevêque émérite de Madrid, une note de remerciement pour une série de vidéos le montrant lors des Journées mondiales de la jeunesse à Madrid en 2011. ICI

 

Le pape Ratzinger a écrit au cardinal Rouco :

 

"Une Église dans laquelle tant de jeunes se rassemblent joyeusement autour du Seigneur n'a rien à craindre pour son avenir, même si un DÉLUGE ARRIVE ET ESSAIE DE TOUT DÉTRUIRE".

 

Qui sait ce que le Pape Benoît a voulu dire par cette "pluie diluvienne"... Peut-être faisait-il référence à la pluie qui s'est réellement produite, ou fait-il référence au coup d'État anti-papal dont il a été victime et sur lequel nous avons écrit ICI ?

 

Un peu comme lorsque Benoît XVI dit que "le pape est unique", sans jamais expliquer lequel : une interprétation à double sens.

 

Notre lecteur espagnol donne cette lecture : "Le Pape raconte ce qui se passe en ce moment dans la vie de l'Église en utilisant la métaphore de ce qu'il a vécu aux JMJ de Madrid. Ce qui se passe est une tentative de désintégration des chrétiens. L'espoir est dans la semence de l'avenir pour la fidélité et la résistance fidèle".

 

Le message adressé au cardinal Rouco laisse l'interprétation libre, car il ne peut y avoir d'allusion que si elle s'inspire d'un fait réel. Nous procédons plutôt à un travail beaucoup plus "technique" - et sans ambiguïté - sur la deuxième lettre que le pape Benoît a envoyée, le 23 novembre 2017, au cardinal Brandmüller , son vieil ami qui, cependant, n'a jamais voulu accepter l'idée de "démission" qui, comme nous l'avons vu, n'en est pas une.

 

En lisant la lettre dans son intégralité, à première vue, on ne comprend rien ou presque.

 

"Votre Éminence ! De votre aimable lettre du 15 novembre, je suppose que je peux conclure qu'à l'avenir, vous ne ferez plus aucun commentaire public sur la question de ma démission, et je vous en remercie. La douleur profonde que la fin de mon pontificat a provoquée chez vous, comme chez beaucoup d'autres, je la comprends très bien. Mais la douleur de certains - et il me semble que c'est aussi votre cas - s'est transformée en colère, qui ne se limite plus à la démission, mais s'étend de plus en plus à ma personne et à mon pontificat dans son ensemble. De cette façon, un pontificat est dévalorisé et dissous dans la tristesse de la situation de l'Église aujourd'hui. De cette fusion émerge progressivement un nouveau type d'agitation, pour lequel le petit livre de Fabrizio Grasso, La Rinuncia (Algra Editore, Viagrande / Catane 2017), pourrait devenir emblématique. Tout cela me préoccupe et, pour cette raison, la fin de votre interview avec le FAZ [Frankfurter Allgemeine Zeitung, ndlr] m'a beaucoup contrarié, car elle ne peut finalement que favoriser le même type d'atmosphère. Prions, comme vous l'avez fait à la fin de votre lettre, pour que le Seigneur vienne en aide à son Église.

Avec ma bénédiction apostolique, je suis à vous.

Benoît XVI".

 

Maintenant, comme pour la première missive, procédons à l'"anatomie" de l'écriture et à son décodage, paragraphe par paragraphe, entre crochets.

 

"Votre Éminence ! De votre aimable lettre du 15 novembre, je suppose que je peux conclure qu'à l'avenir, vous ne ferez plus aucun commentaire public sur la question de ma démission, et je vous en remercie. La douleur profonde que la fin de mon pontificat a provoquée chez vous, comme chez beaucoup d'autres, je la comprends très bien. Mais la douleur de certains - et il me semble que c'est aussi votre cas - s'est transformée en colère, qui ne se limite plus à la résignation, mais s'étend de plus en plus à ma personne et à mon pontificat dans son ensemble. De cette façon, un pontificat est dévalorisé et dissous dans la tristesse de la situation de l'Église aujourd'hui." ...

 

["Merci de ne plus parler en public de mon 'renoncement'. Votre chagrin pour ce que, avec d'autres, vous croyez être la fin de mon pontificat s'est maintenant transformé en colère non seulement pour ma personne, MAIS AUSSI POUR MON PONTIFICAT DANS SON ENSEMBLE". Si le pape Benoît faisait référence à son propre pontificat, aujourd'hui révolu (2005-2013), comment la colère du cardinal pourrait-elle être dirigée contre l'ancien pontificat, étant donné que le cardinal l'aimait tellement qu'il s'est affligé de sa fin supposée ? A proprement parler, le courroux du cardinal Brandmüller ne devrait être dirigée que vers la PERSONNE de Ratzinger, qui aurait mis fin à un excellent pontificat. Le pape Benoît, en revanche, révèle au cardinal que son pontificat SE POURSUIT, se poursuit, bien que sous une forme différente et cachée, parce qu'il est resté LE PAPE. Il le confirme immédiatement après : "Par votre colère, AUJOURD'HUI vous dévalorisez et considérez comme "dissous" mon pontificat, qui en fait continue, même si j'ai dû me retirer du gouvernement de l'Église, le laissant tristement aux mains des usurpateurs"].

 


 ... "De cette fusion émerge progressivement un nouveau type d'agitation, dont le petit livre de Fabrizio Grasso, La Rinuncia (Algra Editore, Viagrande / Catane 2017), pourrait devenir emblématique."....

 

["Vous dissolvez mon pontificat et cela produit une nouvelle agitation". Maintenant, le contenu du livre de Grasso ICI est diriment : l'"agitation" exprimée dans le livre est que les catholiques peuvent être désorientés avec deux papes tous deux considérés comme valides. Mais le pape est resté, et il est unique: Benoît XVI. En outre, le sous-titre "emblématique" de la couverture du livre de Grasso est : "DIO E' STA SCONFITTO ?" (Dieu est-il vaincu ?), la même question que se posent de nombreux catholiques angoissés. "Non, Dieu n'a pas été vaincu - rassure Benoît XVI - parce que je suis resté LE PAPE"].

 


... "Tout cela me préoccupe et, précisément pour cette raison, la fin de votre interview avec le Frankfurter Allgemeine Zeitung m'a beaucoup contrarié, car elle ne peut finalement que favoriser le même type d'atmosphère. Prions, comme vous l'avez fait à la fin de votre lettre, pour que le Seigneur vienne en aide à son Église. Avec ma BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE, je suis à vous.                                                                                                             

                                                                                                                                          Benedikt XVI"

 

["Je suis inquiet que vous considériez mon pontificat comme dissous"]. Mais voyons ce qu'est Card. Brandmüller à la fin de l'interview citée ci-dessus :


Question : "Croyez-vous vraiment qu'un schisme est concevable ?

 

Le cardinal Brandmüller répond : "Que Dieu nous en préserve".

 

La réponse du cardinal dérange Benoît XVI car Dieu a permis plusieurs schismes dans l'histoire afin de purifier l'Eglise de l'hérésie, de la garder fidèle à l'enseignement du Christ et intègre dans la succession pétrinienne. Le Pape Ratzinger, en fait, n'a pas abdiqué spécifiquement pour produire un schisme dans ce sens, comme nous l'avons illustré ICI .

 

Ce concept a également été réitéré par lui dans sa dernière interview avec le Herder Korrespondenz : "Il ne s'agit donc pas de séparer les bons des mauvais, mais de diviser les croyants des non-croyants". ICI

 

Par conséquent, la crainte du cardinal d'un schisme dérange Benoît parce qu'elle ne fait que promouvoir et perpétuer "cette même atmosphère d'agitation" du livre de Grasso, selon laquelle "Dieu serait vaincu", avec deux papes considérés comme valides. C'est pourquoi, faisant écho à ce qu'écrit le cardinal dans sa lettre, Benoît XVI espère que le Seigneur viendra au secours de son Église, la véritable Église dont il est et reste lui-même le pape. EN PRATIQUE, BENOÎT XVI APPELLE AU SECOURS.

 

Comme si cela ne suffisait pas, le Pape Ratzinger prend congé du cardinal Brandmüller en lui donnant SA BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE, une prérogative absolue du pontife régnant, comme expliqué ICI . En conclusion, il l'a salué par "JE SUIS VOTRE Benoît XVI". Il est facile de supposer qu'elle veut dire : "Je suis votre PAPE Benoît XVI", puisque c'est son nom pontifical qu'il a voulu garder"].

 

 

Ces deux lettres sont un exemple typique de l'organisation du "Ratzinger code" : passages logiques, références à d'autres déclarations, utilisation infaillible du langage. Ce n'est qu'un des dizaines de messages composés de cette manière et dispersés au cours des huit dernières années. Nous vous présenterons une longue série, n'ayez aucun doute là-dessus.

 

Ce sont des questions subtiles pour lesquelles il faut faire un petit effort rationnel. La tentation pourrait être - par un brin de paresse - d'écarter la question en la qualifiant de "conspirations fantaisistes", selon un scénario abusif, aussi proposons-nous la réponse d'un professeur, le professeur Antonio Sánchez Sáez, professeur de droit à l'université de Séville :

 

"Cher Cionci, votre interprétation-décryptage raffinée des lettres de BXVI au cardinal Brandmüller est vraiment excellente. On peut se demander pourquoi Benoît XVI ne s'exprime pas plus clairement : je pense de plus en plus qu'ils ne laisseraient passer aucune de ses lettres si les personnes chargées de leur contrôle y trouvaient un quelconque "indice" les avertissant qu'il est dans une impasse. C'est pourquoi elles doivent être si subtiles".

 

Le professeur répond ainsi à une question qui revient sans cesse : "Alors pourquoi Benoît ne peut-il pas s'exprimer ?".

 

IL NE PEUT PAS, CAR LE 11 FÉVRIER 2013, IL NOUS A FAIT COMPRENDRE SANS AMBAGES AVEC LA DECLARATIO, QUE SON SIÈGE EST EMPÊCHÉ ET QU'IL NE PEUT PAS COMMUNIQUER LIBREMENT, NI EXERCER SON MINISTERIUM, c'est-à-dire l'exercice pratique du pouvoir, auquel il a déclaré renoncer de fait.

 

Si, finalement, vous avez été convaincus, si vous avez compris et que vous voulez rendre service à la Vérité, que vous soyez laïcs ou croyants, faites circuler ces articles et témoignez que vous aussi, vous avez saisi et compris la manière dont le Pape, empêché de gouverner, communique. C'est une question d'honnêteté et de légalité qui va au-delà de tout choix de foi.

 

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