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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

#homelies annee c (2009-2010)

C’est la grâce qui donne de la valeur à nos actions - Homélie 16° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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Un sarment ne peut pas porter du fruit s’il n’est pas relié à la vigne. Le Christ nous a rappelé cette vérité au cours de la Dernière Cène, disant qu’il était la vigne, et nous les sarments, et que nous devions toujours rester unis à la vigne. Sa rencontre avec Marthe et Marie dans l’Evangile de ce jour nous rappelle cette même leçon, une leçon que Marthe avait vraiment besoin d’apprendre. Ce que Marthe avait besoin d’apprendre n’est pas qu’il faut travailler pour le Christ. Cela, elle le faisait, et très généreusement. Ce qu’elle ne savait pas, ou qu’elle avait oublié, c’est que ce qu’elle faisait pour le Christ devait découler de ce qu’elle est pour lui : une amie vraie et dévouée.

 

Il est facile de surcharger notre agenda avec tant et tant d’activités et d’engagements - je parle d’activités qui sont bonnes, et d’engagements pour la bonne cause – mais de perdre de vue le vrai but de notre vie : connaître, aimer et suivre le Christ un peu plus chaque jour. Ce n’est qu’ainsi que notre vie prendra tout son sens. Ce n’est qu’ainsi que nous serons en mesure d’aider les autres à trouver le sens de leur vie. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons trouver la joie que nous désirons.

 

Jésus ne nous dit donc pas que nous ne devons rien faire, que nous ne devons pas rendre service, travailler dur et honorer nos engagements. Non, Jésus ne réprimande pas Marthe pour son travail. Il la réprimande parce qu’elle s’inquiète et s’agite dans son travail. Elle s’est tellement laissé prendre pour faire ce travail, qu’elle a perdu de vue la raison pour laquelle elle le fait. Elle est comme un sarment qui essaie désespérément de porter du fruit par lui-même.

 

Le résultat était prévisible : la frustration, l’énervement, l’impatience, la colère. A moins d’être "connecté" au Christ et à sa grâce, à moins de nous nourrir en permanence de sa Parole, à moins de faire tout ce que nous faisons par amitié pour lui (la seule chose nécessaire), aucune de nos actions, même nos BA (nos "bonnes" actions) ne peuvent avoir une valeur durable. Et seule cette valeur durable pour nous donner la paix du cœur.

 

C’est la leçon qu’enseignait aussi saint Philippe Néri. Sa sainteté et sa bonne humeur avait fait de lui le prêtre le plus recherché de la ville de Rome au milieu du 16e siècle. Il était le conseiller des papes et des cardinaux, des rois et des ducs, et aussi des mendiants et des boulangers. Aimé et respecté de tous, il a réformé une ville corrompue presqu’à lui tout seul.

 

Un jour, un jeune homme vient le voir. Il venait de réussir son examen au barreau. Après des années d’études, ce jeune homme avait enfin obtenu son diplôme, et était sur le point de commencer une carrière prometteuse. Il faisait aussi la cour à une belle jeune fille très convoitée. Il était débordant d’enthousiasme en décrivant ses projets optimistes : d’abord il voulait postuler pour un poste de greffier, et ensuite épouser cette jeune fille. Philippe Néri lui pose la question : "Et après ?" Alors le jeune homme poursuit, expliquant qu’il avait l’intention de gravir une à une les marches du succès professionnel et fonder une famille. Saint Philippe lui demande : "Et après ?" Le jeune homme fronce alors les sourcils et réfléchit un instant. Puis il commence à bredouiller en parlant de la perspective de devenir un juge célèbre et d’avoir des petits-enfants, mais ce n’était plus avec le même enthousiasme. Philippe sourit, le regarde droit dans les yeux, et dit : "Et après ?" Arrivé à ce point, le jeune homme regarde le saint avec confusion. Il était paniqué. Il n’avait jamais pensé aussi loin en avance. Il s’est éloigné lentement pour réfléchir. Le lendemain, il a rejoint L’Oratoire de saint Philippe et il est devenu un saint prêtre.

 

Nous ne sommes pas tous appelés à devenir prêtres ou à nous engager dans la vie consacrée, mais nous sommes tous appelés à mettre Jésus à la première place. Tôt ou tard, seule « la meilleure part » demeurera, et si ce n’est pas cette part que nous avons choisie, nous resterons à la porte, dans le froid.

 

Nous sommes tous unis à la vigne, ou, du moins, c’est ce que nous désirons. C’est pour cela que nous sommes ici. Mais il est possible que nous soyons des sarments desséchés, avec seulement un tout petit peu de sève. Si nous voulons que notre vie porte plus de fruit, nous avons besoin de beaucoup de sève, nous devons être davantage unis à la vigne. Voilà l’unique chose nécessaire.

 

La première chose que nous avons à faire en ce sens, c’est de faire le bilan de notre état spirituel. Il y a un thermomètre révélateur pour ce temps de vacances. Nous avons tous besoin de vacances. Nous avons besoin de "changer de têtes", de changer de rythme. Nous avons besoin de nous détendre, de profiter de la compagnie de bons amis et de notre famille, de profiter des beautés enchanteresses de la nature. C’est dans ce contexte que nous pouvons apprendre beaucoup sur nous-mêmes. Une des choses que nous pouvons voir clairement, c’est quelle est l’importance que nous accordons à l’amitié du Christ pour nous. Quand nous avons des vacances, on a plus de temps libre. Est-ce que nous consacrons une partie de ce temps pour être avec le Christ ? Nous avons à prendre des décisions concernant la destination de nos vacances et le genre d’activités. La possibilité de participer à la messe du dimanche fait-elle partie de nos préoccupations ? On a plus de temps pour lire ou peut-être regarder  des films, des  spectacles et des documentaires : la beauté de notre vocation chrétienne fait-elle partie de ses activités ?

 

Aujourd’hui, l’Eglise nous rappelle que ce qui est le plus nécessaire pour notre bien-être, c’est d’avoir une relation d’amitié intime et dynamique avec le Christ. Au cours de cette Messe, le Seigneur renouvelle son engagement envers nous. Faisons le point de l’état de nos cœurs, et si nous constatons avoir commis la même erreur que Marthe, promettons-lui d’apporter les corrections qui s’imposent au cours de cette nouvelle semaine. Jésus ne manquera pas de nous aider.

Jésus ne réprimande pas Marthe pour son travail. Il la réprimande parce qu’elle s’inquiète et s’agite dans son travail.
Jésus ne réprimande pas Marthe pour son travail. Il la réprimande parce qu’elle s’inquiète et s’agite dans son travail.

Jésus ne réprimande pas Marthe pour son travail. Il la réprimande parce qu’elle s’inquiète et s’agite dans son travail.

Une leçon de vie toute simple - Homélie 15° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
"Souvenez-vous la vie chrétienne est une vie d’action, et non de paroles et de rêves..."

"Souvenez-vous la vie chrétienne est une vie d’action, et non de paroles et de rêves..."

Une des propriétés essentielles de Dieu est sa simplicité. La leçon du Christ dans l'évangile d'aujourd'hui est toute simple !

 

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. »

 

Cette leçon est à la portée de tout le monde. Chacun peut la mettre en application, même un Samaritain. Les Samaritains étaient considérés par les Juifs du temps de Jésus comme des citoyens de seconde classe. Cette leçon résume tout le sens de la vie avec une simplicité tellement désarmante !

 

Malheureusement, nous n’aimons pas beaucoup la simplicité. Comme le docteur de la loi de l’évangile, nous harcelons Jésus de nos questions :

 

« Et qui donc est mon prochain ? »

 

Jésus ne perd pas patience avec ce docteur qui lui pose des questions. Il ne perd pas patience avec nous non plus. Il nous donne la parabole pour expliquer ce que cela veut dire. Et tout au long des siècles, il a continué de nous donner des explications complémentaires : les paroles et les exemples de milliers de saints, l’enseignement de l’Eglise à chaque époque, l’aiguillon de notre conscience…

 

Mais nous persistons à nous compliquer l’existence. Nous nous persuadons que c’est compliqué d’apprendre cette leçon, comme si une partie de nous-mêmes ne voulait pas l'apprendre. Pourquoi ? Qu’est-ce qui nous retient de faire nôtres une fois pour toutes les critères de Jésus ? Nous avons tous notre propre marque déposée d’égoïsme, et l’égoïsme engendre dans notre vie des zones d’ombre qui nous arrangent. Quand on s’y habitue et qu’on en prend son parti, la simple et limpide lumière de la vérité du Christ nous dérange et nous fait mal aux yeux. Mais au fond de notre cœur, nous percevons bien que cette simplicité sonne juste. Nous ne pouvons pas ne pas voir le portrait lumineux et clair du bon Samaritain. Nous comprenons parfaitement ce que cela veut dire. Et puis, nous entendons comment Jésus résume cette leçon de vie en disant:

 

« Va, et toi aussi fais de même. »

 

C’est exactement ce dont parle Moïse dans la première lecture. Le secret du bonheur et de l’accomplissement de la vie n’est pas au-dessus de nos forces. Il n’est pas hors de notre atteinte dans les cieux ou au-delà des mers. Il n’est pas nécessaire de partir à la recherche d’un  gourou insaisissable sur les sommets du Tibet, comme Bruce Wayne dans le film Batman Begins. Pas besoin de faire la chasse aux documents secrets cachés par des franc-maçons il y a 500 ans, comme le Da Vinci Code voudrait nous le faire croire. Nous n’avons pas à localiser un trésor enfoui quelque part, je ne sais où, contrairement à ce que pensaient les Pirates des Caraïbes :

 

" "Quinze marins, sur l'bahut du mort, yop la hou, une bouteille de rhum..."

 

Nous avons reçu le don de connaître le sens de la vie. Jésus nous en a fait cadeau avec le simple commandement :

 

« Fais ainsi et tu auras la vie. »

 

Ce qui est vraiment passionnant dans cette vie, ce dont on peut vraiment tirer satisfaction, ne vient pas d’une quête sans fin, tout comme le secret d’un bon repas n’est pas dans des mets raffinés achetés à prix d'or, mais dans le sens du partage :

 

« Mieux vaut un plat de légumes là où il y a de l’amour, qu’un bœuf gras assaisonné de haine » (Pr 15, 17).

 

C’est quand nous découvrons cette vérité et que nous essayons d’en vivre que commence vraiment la vie. Cela peut être impressionnant, car, comme le disait Spider-Man, une grande puissance va de pair avec une grande responsabilité. La vérité est la plus grande puissance qui soit. Le Christ nous l’offre dans une clarté, une simplicité parfaite. Recevoir ce cadeau veut dire en accepter la responsabilité. Nous aimons la parabole, mais la partie « Va, et toi aussi fais de même » nous dérange. Alors nous devons faire confiance au Seigneur pour commencer à vivre cette vérité simple et puissante. Saint Vincent Pallotti, un noble italien qui, devenu prêtre, a consacré sa vie au service des pauvres, disait ceci :

 

"Souvenez-vous la vie chrétienne est une vie d’action, et non de paroles et de rêves. Qu’il y ait peu de mots et beaucoup d’action, et que les actions soient bien faites. »

 

Notre mentalité moderne a érigé beaucoup d’obstacles qui nous empêchent de mettre en pratique cette simple consigne pour une vie pleine de sens. Parmi les plus grands, il y a la société de consommation. Il est heureux que la civilisation moderne a permis la production d’une abondance de biens matériels. Mais cette abondance n’est pas sans danger. Elle a créé une culture qui nous fait penser que nous avons besoin de nouveaux produits pour être heureux dans la vie. Insensiblement, cette société de consommation fait de nous des esclaves de la consommation. Que ce soit l’ordinateur dernier cri, le jeu vidéo qui vient de sortir, le dernier film, un nouveau gadget…, nous sommes constamment sollicités par des messages séducteurs qui essaient de nous convaincre que si nous l’avons, nous commencerons enfin à vivre. Mais la vraie vie n’est pas conditionnée par plus de biens de consommation. Ces biens ne sont pas mauvais en eux-mêmes, s’ils nous permettent de suivre le Christ en glorifiant Dieu. Mais ce n’est pas ce que nous dit la publicité…

 

La vraie vie, c’est de suivre le Christ, de vivre comme lui. Jésus promet au docteur de la loi que s’il met en pratique la simple formule d’aller et de "faire ainsi", il "vivra". Voilà ce que nous devons tous désirer : suivre le Christ, vivre notre vie selon le projet de Dieu. Moins nous serons esclaves de la société de consommation, plus nous serons libres pour mettre en pratique la simple formule du Christ.

 

Durant cette Messe, demandons au Seigneur de nous montrer comment simplifier notre vie. En le recevant dans la Sainte Communion, demandons-lui la force de combattre la société de consommation, le courage de gérer notre budget et notre temps, en famille et individuellement, pour que toutes nos ressources puissent nous aider à "à faire ainsi". Si nous faisons cela, Jésus nous assure que nous vivrons.

 

Qu’il y ait peu de mots et beaucoup d’action, et que les actions soient bien faites.

Qu’il y ait peu de mots et beaucoup d’action, et que les actions soient bien faites.

La Règle d’Or pour une vraie liberté - Homélie 13° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

 

13 TOC

 

 

Deux parmi les disciples les plus proches de Jésus, Jacques et Jean, n’ont toujours pas compris leur Maître. Même au moment où celui-ci prend « prend avec courage la route de Jérusalem », pour accepter de se faire rejeter, humilier, torturer et exécuter, ils en étaient toujours au point de vouloir défendre sa seigneurie par la violence et la force. Ils ne manquaient pas de raisons. Jésus est le Seigneur, et il mérite le plus grand respect. Et donc, en le rejetant, la ville des Samaritains méritait un châtiment.

 

Mais, d’autre part, le Christ avait expliqué à de multiples reprises qu’il prenait la route de Jérusalem précisément pour se soumettre à ce rejet de la part de tout le peuple. C’est ainsi qu’il allait nous manifester la profondeur de son amour, par sa patience et son pardon inlassable, en s’abstenant de traiter ses ennemis comme ils le méritent. Si Jacques et Jean avaient détruit la ville, ils auraient pris exactement le chemin opposé. Ils se seraient empêtrés dans les chaînes de la vengeance et des représailles.

 

Jésus ne le leur permet pas. Il leur rappelle que sa mission ne consiste pas à condamner les pécheurs, mais uniquement à annoncer la Bonne Nouvelle par la parole et par l’exemple. Il ne détruit pas son prochain comme son prochain veut le détruire. Il lui donne encore une chance.

 

Voilà la vraie liberté de la vie dans l’Esprit, comme l’affirme saint Paul. Le Christ vit pour le Royaume de Dieu, et non pas pour un royaume d’égoïsme. Il n’est donc pas esclave de la soif de popularité, de puissance et de succès mondain qui, si souvent, perpétuent le cycle de la violence dans notre monde déchu. En d’autres mots, Jésus enseigne la Règle d’Or en paroles, mais aussi par l’exemple, dans tout ce qu’il fait. Aujourd’hui, l’Eglise nous invite à faire de même.

 

Saint Paul s’efforce d’inculquer la même leçon dans les cœurs des Chrétiens de Galatie. Il a consacré les quatre premiers chapitres de sa lettre pour les convaincre de ne pas retourner à l’esclavage des lois de l’Ancien Testament, qui n’étaient qu’une préparation à la loi de l’Evangile, la loi de la liberté authentique.

 

Mais il se rend compte que certains risquent d’interpréter cette liberté de travers, la voyant comme un affranchissement de toute restriction morale, une liberté de suivre toutes leurs tendances égoïstes. Ce n’est pas ça du tout, évidemment. Le péché, l’égoïsme sous toutes ses formes sont des types d’esclavage. Voilà ce que saint Paul s’attache à expliquer. Chaque fois que les membres d’une communauté s’attachent à vouloir suivre leurs inclinations égoïstes, ils finissent par se mordre, se dévorer, se détruire les uns les autres. Au lieu d’être dociles à l’enseignement de Paul, les Galates sombrent dans les dissensions internes. Alors saint Paul les exhorte à se mettre « par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

 

Combien de fois nous est-il arrivé d’oublier cette règle fondamentale de la foi, quand, comme les Galates, nous nous mettons à compliquer les choses plus que de raison. Or, si suivre le Christ était compliqué, seuls les professeurs et les génies pourraient devenir des saints, ce qui n’est pas le cas du tout. La vie chrétienne n’est pas réservée aux super-intelligents. Elle est pour tout le monde, y compris vous et moi.

 

Nous reconnaissons tous la vérité derrière la Règle d’Or, et nous voulons faire l’expérience plus pleinement de la liberté qui en résulte. Mais personne d’entre nous ne la suit d’une manière parfaite. Comme Jacques et Jean, nous ne vivons pas intégralement selon la loi de l’Esprit. Quand d’autres nous maltraitent ou nous importunent, nous voulons les détruire. Habituellement nous n’appelons pas le feu du ciel sur eux, mais nous critiquons et nous jugeons les autres dans notre cœur et avec notre langue. Trop souvent, nous succombons à la tentation de dire du mal des autres, au sujet de ceux que nous connaissons personnellement ou des personnalités publiques que nous n’avons jamais rencontrées. Nous prenons du plaisir quand ils connaissent l’échec. Nous les considérons comme des adversaires, au lieu de les voir comme des frères et sœurs bien-aimés dans le Christ.

 

 

Changerons-nous un jour ? Le temps viendra-t-il où nous serons davantage semblables au Christ, donnant aux autres une nouvelle chance, autant qu’ils en ont besoin, comme Jésus le fait avec nous ? Nous le pouvons, avec la grâce de Dieu. Il a planté la semence de la vertu chrétienne en nos âmes, et il veut la faire grandir.

 

 

Une chose que nous pouvons faire pour la faire grandir plus rapidement est de faire attention à cet aspect de notre vie quand nous allons nous confesser. Dans ce sacrement, Dieu pardonne nos péchés et nous remplit de sa grâce sanctifiante au sein de notre faiblesse, exactement comme notre corps envoie du calcium vers un bras que nous avons cassé. Souvent, dans la confession, nous nous concentrons exclusivement sur les péchés évidents. A partir de maintenant, confessons aussi nos péchés plus subtils, les pensées destructives que nous entretenons, et les critiques destructives que nous répandons inutilement.

 

Si nous faisons cela, le Christ pourra nous envoyer sa grâce bienfaisante, là où nous en avons le plus besoin, pour que nous puissions mieux suivre son exemple, et ainsi faire l’expérience plus pleinement de la vraie liberté dans l’Esprit.

 

Deux parmi les disciples les plus proches de Jésus, Jacques et Jean, n’ont toujours pas compris leur Maître.
Deux parmi les disciples les plus proches de Jésus, Jacques et Jean, n’ont toujours pas compris leur Maître.

Deux parmi les disciples les plus proches de Jésus, Jacques et Jean, n’ont toujours pas compris leur Maître.

Jésus est là pour nous sauver - Homélie Fête-Dieu C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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Saint Luc nous dresse un tableau très réaliste de Jésus qui marche sur les routes poussiéreuses de son pays, pour parler « du règne de Dieu à la foule », guérissant « ceux qui en avaient besoin », s’assurant même qu’ils avaient suffisamment à manger. Ce tableau nous montre combien Jésus désire être près de chacun de nous. Voilà le message central de la Solennité de la Fête-Dieu que nous célébrons aujourd’hui.

 

Dans son pays, et à son époque, Jésus a passé tout son temps à faire des choses pour les autres. Toute sa vie était pour les autres, pour nous. Il est venu pour nous, pour être notre Sauveur et l’Ami qui ne nous laisse jamais tomber. Et il a voulu s’assurer que nous ne l’oublierons jamais. Il a trouvé un moyen pour rester avec nous, même après sa mort, sa résurrection et son ascension. Il est resté avec nous, pas seulement dans les Saintes Ecritures, pas seulement dans l’Eglise, et par l’exemple des saints, mais aussi sous les humbles et silencieuses apparences du pain et du vin.

 

C’est grâce à l’Eucharistie que Jésus est aussi proche de nous qu’il l’a été pour les gens qui ont marché avec lui sur les routes poussiéreuses de son pays. Ou plutôt, il est encore plus proche de nous. Car dans le passage de l’Evangile que nous venons d’entendre, les gens ont reçu du pain de ses mains, mais nous, nous recevons le Seigneur lui-même dans la Sainte Communion.

 

Qu’est-ce que Jésus aurait pu faire de plus pour nous montrer avec quel amour passionné il veut être proche de nous, pour nous guider, nous fortifier ? Depuis le jour où il a multiplié les pains pour la foule affamée, Jésus n’a pas changé. Il n’est pas devenu, d’un jour à l’autre, égoïste, dur et impitoyable. Il est toujours aussi bon et généreux maintenant qu’alors.

 

Dans sa dernière encyclique, saint Jean Paul II avait mis l’accent sur le désir du Christ de demeurer proche de nous, un désir qui se manifeste par excellence dans l’Eucharistie. Dès les premières lignes de l’encyclique il écrit comment

 

"dans l'Eucharistie, par la transformation du pain et du vin en corps et sang du Seigneur, (l’Eglise) jouit de cette présence avec une intensité unique. " (n. 1)

 

Dans son Exhortation Sacramentum caritatis Benoît XVI revient sur son thème préféré. Pour lui, l’amour de Dieu est la solution à chaque problème personnel et communautaire, et en même temps la réponse au désir de chaque cœur humain. Et il explique aussi, dès le début de son message, que l’Eucharistie est la manifestation ultime de cet amour. Voici ses propres paroles :

 

« Sacrement de l'amour,  la sainte Eucharistie est le don que Jésus Christ fait de lui-même, nous révélant l'amour infini de Dieu pour tout homme… Jésus continue de nous aimer "jusqu'au bout", jusqu'au don de son corps et de son sang. Quel émerveillement dut saisir le cœur des disciples face aux gestes et aux paroles du Seigneur au cours de la Cène! Quelle merveille doit susciter aussi dans notre cœur le Mystère eucharistique!

 

« Dans le Sacrement de l'autel, le Seigneur vient à la rencontre de l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, se faisant son compagnon de route. En effet, dans ce Sacrement, le Seigneur se fait nourriture pour l'homme assoiffé de vérité et de liberté. Puisque seule la vérité peut nous rendre vraiment libres, le Christ se fait pour nous nourriture de Vérité. » (n. 1-2)

 

Ce n’est pas seulement de la théorie. C’est la réalité. La présence intime de Jésus qui se manifeste par excellence dans l’Eucharistie, nous donne la force pour la mission et nous permet de trouver le bonheur qu’il désire pour nous. Comme le disait la Bienheureuse Mère Teresa, l’Eucharistie "est la nourriture spirituelle qui me soutient – sans laquelle je n’arriverais pas au bout d’une seule journée ou une seule heure de ma vie."

 

La présence réelle de l’Eucharistie est la manière pour Jésus de rester proche de ceux qui, comme nous, croient en lui. Mais comment reste-t-il proche de ceux qui ne croient pas en lui ? Comment fait-il connaître sa présence aux gens autour de nous qui cherchent le bonheur là où il ne se trouve pas ? Il le fait par nous. Par l’Eucharistie, Jésus vient habiter en nous, et ensuite, c’est à nous de le porter aux autres, par notre exemple, nos paroles, nos actions. Voilà pourquoi les premiers chrétiens disaient souvent que chaque chrétien, chaque disciple du Christ, est un autre Christ. L’Eucharistie est cette nourriture extraordinaire qui rend cela possible. La nourriture ordinaire est absorbée par nous et est transformée en notre corps. Mais quand nous recevons l’Eucharistie, c’est Jésus qui nous absorbe et nous transforme en lui-même, pour faire de nous des membres vivants de son corps.

 

Nous sommes donc des collaborateurs de Dieu. Dieu nous a faits pour que nous mettions nos talents à sa disposition, pour construire son Royaume. Et c’est alors, si nous prenons cette mission au sérieux, que nous trouvons le sens, la fécondité de notre vie. Voici comment la bienheureuse Mère Teresa disait cela :

 

"Chacun de nous est un collaborateur du Christ. Nous devons travailler dur pour le porter dans les cœurs de ceux qui ne le connaissent pas et ne l’aiment pas encore. Mais si  nous n’avons pas Jésus, nous ne pouvons pas le donner. C’est pour cela que nous avons besoin de l’Eucharistie. Passez le plus possible de temps à adorer le Très Saint Sacrement, et il vous remplira de sa force et de sa puissance."

 

Aujourd’hui, Jésus vient de nouveau vers nous dans la Sainte Communion. Remercions-le pour ce grand cadeau de sa Présence, et promettons-lui d’en faire un meilleur usage. Renouvelons notre engagement à être de fidèles collaborateurs de Dieu, grâce à la présence de Jésus.

La Création raconte la Gloire de Dieu - Homélie Trinité Année C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Un des exemples préférés de Benoît XVI pour parler de l’existence de Dieu est l’analogie de l’électricité. Personne, ne dit-il, ne voit l’électricité, mais nous voyons ses effets, et c’est ainsi que nous savons que Dieu existe : l’ampoule s’allume, l’aspirateur se met en marche, le réveil sonne. De la même manière, personne ne voit Dieu directement, face à face, mais nous pouvons voir les œuvres de Dieu : l’Eglise, les saints, et, bien sûr, les beautés merveilleuses de la création qui nous entoure.

 

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Un ami me disait un jour avoir été émerveillé avec sa famille par les chutes de Foz Do Iguaçu (80 mètres de dénivellation, contre 56 pour les chutes du Niagara !), situées sur la triple frontière Brésil – Argentine – Paraguay, avec le barrage hydro-électrique, le plus puissant du monde (en attendant la fin de la construction du barrage des 3 gorges en Chine), qui peut fournir trois fois plus d'énergie que le barrage d'Assouan en Egypte. Il alimente en électricité tout le sud du Brésil et l’ensemble du Paraguay.

 

Le Psaume qui nous a aidés à prier après la 1e lecture exprime ce sens de l’émerveillement que nous avons tous pu expérimenter à un moment donné de notre vie en admirant tel ou tel paysage de notre petite planète, ou même de l’univers que l’on commence tout juste à explorer.

 

 

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Cela a pu être un magnifique coucher de soleil ou un lever de lune, ou une vue sur l’océan qui nous a coupé le souffle. C’est l’expérience que décrit le psalmiste :

 

« A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,

la lune et les étoiles que tu fixas,

qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui,

le fils d'un homme, que tu en prennes souci ? »

 

C’est le même sentiment qui est évoqué dans la 1e lecture du Livre des Proverbes. Dans ce célèbre passage du chapitre 8, la Sagesse de Dieu est personnifiée et se décrit elle-même comme préexistant à toutes les merveilles mystérieuses du monde visible : les montagnes et les collines, les océans et les cieux, même les fondations de la terre…

 

Avant que tout cela n’existe, la Sagesse de Dieu était déjà à l’œuvre. Ce que l’auteur de ce livre veut dire, c’est que toutes ces choses magnifiques et merveilleuses, pour impressionnantes qu’elles soient, ne sont qu’un pâle reflet de la beauté de Dieu qui les a faites. Le soleil n’est que l’ombre de Dieu !

 

Aujourd’hui, l’Eglise nous invite à contempler la nature intime de Dieu lui-même, la Très Sainte Trinité, et elle le fait en nous demandant de nous émerveiller devant les splendeurs de la création.

 

C’est une chose que dont les saints ont toujours eu une conscience aigüe. Nous avons tous entendu les récits autour de S. François d’Assise, qui trouvait en chaque aspect de la création un frère ou une sœur. Il lui arrivait même de se baisser pour écarter de la route un vers de terre pour ne pas qu’il se fasse écraser. Il se souvenait du passage de la Bible qui dit que Jésus sur la Croix était considéré comme un vers, non comme un homme.

 

Cette capacité de voir Dieu dans sa création relève de l’un des sept dons du Saint Esprit, le don de science. Puisque tous les saints sont particulièrement dociles au Saint Esprit, ils sont aussi très sensibles à l’éloquence silencieuse de la nature pour parler de Dieu.

 

 

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Un exemple parmi d’autres est S. Jean Gualbert (fin 10e – début 11e siècle), abbé fondateur de la congrégation de Vallombreuse que le pape Pie XII a déclaré saint patron des forestiers italiens en 1951 et des forestiers brésiliens en 1957. C’était un noble de la région de Florence, en Italie, soldat violent jusqu’au jour où  il découvre sa vocation de commencer un monastère pour restaurer la vie monastique de la région dans sa pureté originelle. En ce qui concerne l’emplacement de ce monastère, il y avait un avantage et un inconvénient. L’avantage était que c’était à l’écart des bruits de la ville en plein essor. L’inconvénient était que le terrain était inculte et désert, sans aucun attrait. Jean était d’avis que si le terrain était mieux entretenu, cela faciliterait la contemplation et la vie spirituelle. Alors il engage les moines à planter des arbres (pins et sapins) partout dans la propriété pour en faire un parc, une réserve naturelle, et ainsi favoriser la prière. On peut encore visiter les lieux aujourd’hui.

 

 

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Voilà le sens de la beauté de la création : Dieu nous l’a donnée pour nous attirer à lui davantage.

 

Dieu nous a fait ce merveilleux cadeau de la création. Comment pouvons-nous en faire un meilleur usage ? D’abord en évitant deux extrêmes.

 

Le premier extrême, c’est de traiter la nature sans aucun respect, et de ne penser qu’à l’exploiter sauvagement. L’Eglise nous rappelle fréquemment que Dieu a fait des hommes les gardiens de la création. Cela veut dire que nous aurions tort d’abuser des ressources de la nature sans nous soucier d’en sauvegarder les richesses. Ca, c’est le premier extrême.

 

Mais il y en a un autre que nous devons éviter avec autant de soin. C’est celui de traiter la nature avec trop de respect. Nous vivons dans un monde qui passe. Ce monde ne durera pas. Chaque personne humaine durera davantage que les océans et les montagnes. Nous sommes tous appelés à ressusciter à la fin de l’histoire. Ceux qui seront morts en amitié avec le Christ ressusciteront pour la vie ; ceux qui meurent en dehors de cette amitié avec le Christ ressusciteront pour la mort éternelle. Le monde qui passe est un don de Dieu pour nous. Nous ne devons pas avoir peur d’en user, d’en profiter, de le cultiver. Les êtres humains ne sont pas des parasites de la planète terre. Nous en sommes les gardiens, les jardiniers. Ne faisons pas de la nature une idole. Ce qu’il y a de plus précieux dans la création, c’est l’être humain !

 

A l’approche des grandes vacances, et alors que le Christ va venir en nous par la Sainte Communion, par le "fruit de la terre" et le "fruit de la vigne", remercions-le de nous entourer avec tant de beauté. Et demandons-lui de nous ouvrir les yeux pour voir la planète terre (et l’univers tout entier) pour ce qu’elle est : une révélation de sa sagesse et de sa bonté.

Là où il y a un chrétien, il y a de l’espoir - Homélie pour la Pentecôte C (vigile)

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Lectures de la Vigile de Pentecôte

Lectures du jour

 

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Durant sept semaines nous avons vu la flamme du cierge pascal dans le sanctuaire chaque fois que l’eucharistie était célébrée. Cette vive flamme du cierge pascal nous a rappelé que le Christ est vivant, qu’il s’est levé d’entre les morts, tout comme le soleil, chaque matin, se lève pour mettre fin aux ténèbres de la nuit. La flamme de ce grand cierge blanc nous a rappelé la fidélité de Dieu à travers l’histoire. Ce cierge symbolise les deux colonnes – de fumée pendant le jour, et de feu pendant la nuit – qui ont guidé les Israélites dans leur sortie d’Egypte, et tout au long de leur traversée du désert jusqu’à la Terre Promise. Maintenant c’est le Christ, Seigneur ressuscité, qui est pour nous colonne de fumée et colonne de feu pour nous guider tout au long de notre libération de l’esclavage du péché, dans ce monde d’épreuves et de tentations, vers le Terre Promise du Ciel.


Demain, le cierge pascal ne sera plus là. Jusqu’à Pâques de l’année prochaine, il ne sera utilisé que pour les baptêmes et les funérailles. Cela signifie-t-il que le Christ ne sera plus avec nous ? Non ! La lampe du sanctuaire auprès du tabernacle nous rappelle que Jésus n’est pas parti en vacances. La  solennité de la Pentecôte, c’est le jour où la vie du Christ ressuscité est confiée à l’Eglise par le don du Saint Esprit, la troisième Personne de la Très Sainte Trinité, qui est descendu sous la forme de langues de feu sur le Apôtres, neuf jours après l’Ascension du Seigneur Jésus.


Cette nouvelle période dans la vie de l’Eglise correspond à un nouveau temps liturgique, le Temps Ordinaire. Le cierge pascal est retiré du sanctuaire, parce que nous-mêmes sommes devenus des lumières de Pâques, des vives flammes de sagesse, des colonnes de foi et d’amour pour répandre l’espérance du Christ dans le monde.


Là où il y a un chrétien, il y a de l’espoir, car Dieu lui-même est présent dans l’âme de ce chrétien. Cela signifie qu’un seul chrétien suffit pour commencer une révolution de la rédemption dans une famille, une communauté, ou même dans un tout un pays.


 

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Sainte Nina en est un exemple éloquent. Nina était une esclave chrétienne du 4e siècle en Géorgie, au sud de la Russie.  Elle était une servante modèle, très appliquée, et elle impressionnait tous ceux qui la fréquentaient par sa tempérance joyeuse, sa chasteté et sa piété. Quand on lui posait la question de sa foi, elle répondait tout simplement : "J’adore le Christ comme Dieu".


Un jour, une maman lui apporte un bébé malade, lui demandant que faire. Nina prend l’enfant dans ses bras, l’enveloppe de son manteau, et invoque le nom du Seigneur. Quand elle rend l’enfant à sa mère, il était parfaitement guéri.


La reine de Géorgie, qui souffrait d’une maladie mystérieuse et invalidante, entend parler du miracle, en envoie chercher Nina pour venir la guérir. Nina refuse. Alors, la reine, faisant un acte d’humilité et de foi, se rend auprès de la jeune vierge, et elle aussi est guérie. Elle en fait part au roi, qui, peu de temps après, est sauvé lui aussi après un accident de chasse. Le roi et la reine font alors publiquement part de leur décision de devenir chrétiens. Ils sont instruits par Nina, et ils envoient chercher un évêque et des prêtres à Constantinople et commencent la construction de la première église chrétienne en Géorgie.

Là où il y a un chrétien, il y a de l’espoir, parce que Dieu lui-même est présent. C’est là le sens de la Pentecôte.


Alors, comment pouvons-nous, nous aussi, devenir un cierge pascal pour le monde ? D’abord, nous devons garder la flamme allumée dans nos cœurs, en particulier par la prière quotidienne et une fréquentation fervente des sacrements. Mais la lumière, nous devons aussi la répandre. C’est pour cela qu’il y a la confirmation. Un auteur spirituel écrit que chaque chrétien doit apprendre à suivre son "saint mécontentement". Nous savons tous que beaucoup de choses vont de travers en ce monde. Mais nous ne sommes pas touchés par toutes les misères du monde avec la même intensité. Nous avons tous des domaines auxquels nous sommes particulièrement sensibles. Pour les uns, ce sont les sans abris ; pour d’autres ce sont les victimes de l’avortement, ou la question du "mariage pour tous", ou encore ceux qui manquent d’une solide formation chrétienne. Sans doute Dieu nous a-t-il donné une sensibilité particulière dans ce domaine pour que nous y fassions briller sa lumière.


Si, cette année, chacun de nous prenait l’engagement d’apporter la lumière du Christ dans une de ces parties ténébreuses du monde, pensez donc combien ce monde pourrait être plus lumineux dans douze mois.


Les chrétiens n’ont pas vocation à se plaindre sans arrêt. Les chrétiens sont appelés à être conquérants, comme le Christ. Nous sommes appelés à vaincre le mal et les ténèbres avec la puissance de vie de la Résurrection, avec le feu que le Saint Esprit vient allumer dans nos cœurs.


Prions aujourd’hui pour une nouvelle Pentecôte dans notre vie, notre paroisse, notre monde, et promettons de faire tout ce que nous pouvons, chacun sa part, pour que cette prière soit exaucée.

 

 

Etienne, prototype du chrétien - Homélie 7° dimanche de Pâques C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Au cours des ces sept semaines du temps pascal, l’Eglise nous a invité à contempler le Christ ressuscité. C’est ce que nous rappelle le cierge pascal, qui représente le Christ ressuscité. C’est aussi ce que rappelle la couleur blanche (ou dorée) des vêtements liturgiques, symbole de la gloire de la Résurrection, de la lumière que les ténèbres n’ont pu éteindre. Dans une semaine, après la Pentecôte, le cierge pascal sera rangé, et, sauf pour les solennités, nous retrouverons la couleur verte qui caractérise le Temps Ordinaire.


Au cours du Temps pascal, nous avons célébré la victoire du Christ. Durant le Temps ordinaire, nous célébrons les efforts de l’Eglise pour annoncer cette victoire. C’est donc à juste titre que, maintenant que s’approche la fin des célébrations pascales, l’Eglise nous rappelle saint Etienne, le premier martyr ("protomartyr") chrétien, qui a témoigné de la victoire du Christ par la parole, par l’exemple, et jusque dans la mort.

 

 

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Qui était saint Etienne, et pourquoi en est-il arrivé à être lapidé ? Les historiens nous apprennent qu’Etienne fut l’un des 72 disciples de Jésus. Les 12 Apôtres constituaient le cercle des plus proches disciples du Christ. Le cercle suivant était constitué par les 72. Ils ont suivi Jésus tout au long de sa vie publique et pris part aux premières activités missionnaires. Ainsi donc, saint Etienne a connu et suivi le Christ. Après la Pentecôte, alors que le nombre de chrétiens augmentait rapidement, le choix des Apôtres s’est porté naturellement sur pour faire partie des sept diacres à qui ils imposèrent les mains pour les assister dans leur ministère.


Mais Etienne était juif. Il brûlait d’un grand désir d’annoncer Jésus, le Messie, à ses frères de race. Et c’est ce qu’il a fait avec une éloquence inspirée, confirmée par des miracles. Malheureusement, beaucoup de Juifs n’étaient pas aussi zélés pour écouter sa prédication qu’Etienne pour la donner. Quand certains chef de la synagogue l’engagent dans un débat et qu’Etienne s’en sort très bien, ils ne l’ont pas digéré. Ils le font arrêter pour de fausses accusations et il est sommé de comparaître devant le Sanhédrin, la Cour Suprême de Jérusalem.


C’est là qu’Etienne fait un discours magistral qui résume toute l’histoire du salut, expliquant que Jésus est le Messie, et réfutant les objections des chefs de Jérusalem qui ne voulaient pas accepter le Christ.


Comment les membres du Sanhédrin réagissent-ils ? La Bible nous dit que leurs cœurs sont endurcis. Ils refusent de croire. Imaginez la douleur d’Etienne. Il a accompli des miracles au nom de Jésus, expliqué les Ecritures, réfuté tous leurs arguments et ouvert son cœur devant les dirigeants de son peuple, tout cela sans réussir à les convaincre. Ce disciple hors pair s’est heurté à un mur. Il ne serait pas étonnant si Etienne, à ce moment, a éprouvé une très grande tristesse, s’est senti découragé, jusqu’au désespoir. Il a pu penser que Dieu l’avait conduit devant le Sanhédrin justement pour convertir ces personnalités. Mais il avait failli. Il était un saint, mais humain aussi. Il a expérimenté la douleur du rejet, la frustration déconcertante de l’echec.


Voilà donc le contexte de la scène dont nous venons d’entendre le récit. Selon toutes les apparences, saint Etienne avait failli. Mais avait-il failli aux yeux du Christ ? Non! A ce moment crucial, où Etienne avait fait tout ce qui était en son pouvoir, et où les cœurs des Juifs étaient restés endurcis, Jésus vient à son secours.


Le Livre des Actes raconte qu’il


« regardait vers le ciel ; il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. »


Dans le Nouveau Testament, il y a plusieurs endroits où il est dit que Jésus est à la droite du Père, mais chaque fois, il est précisé qu’il est assis. Ceci est le seul passage où il est dit qu’il est debout. Il est debout pour venir au secours de son soldat, Etienne, qui souffre, dont le courage risque de flancher, qui ne sait plus quoi dire ni quoi faire sous le poids d’un échec apparent. Jésus renouvelle son courage et récompense sa fidélité.


Alors Etienne annonce ce qu’il voit, et les membres du Sanhédrin sont fous de rage. Ils se bouchent les oreilles, refusant d’entendre la vérité, exactement comme ils avaient fait avec Jésus. Ils courent vers Etienne et le saisissent, exactement comme avec Jésus. Ils le font mourir, comme ils ont fait mourir Jésus. Alors Etienne tombe à genoux, et perdant tout son sang, il achève son long plaidoyer en priant le Seigneur Jésus, attestant clairement par là sa divinité.


Et comme Jésus, mourant sur la croix, avait remis son esprit entre les mains du Père, ainsi Etienne recommande son âme entre les mains du Christ :


« Seigneur Jésus, reçois mon esprit. »


Puis, suivant toujours l’exemple de son Maître, lui aussi prie pour ses assassins :


« Seigneur, ne leur compte pas ce péché. »


Et c’est ainsi qu’il meurt.


Saint Etienne reproduit donc exactement la trame de la vie du Christ : tous les deux ont annoncé la Bonne Nouvelle, ont souffert à cause de cela, et aimé leurs ennemis. C’est aussi la trame de l’Eglise, qui, tout au long de l’histoire, annonce la Bonne Nouvelle, dans la souffrance et l’amour des pécheurs.

 

Chaque chrétien est l’Eglise en miniature, un autre Christ, et cette trame est aussi la voie de chaque chrétien vers la plénitude. Si nous passons notre vie en annonçant la Bonne Nouvelle du Christ par la parole et l’exemple, endurant toutes les souffrances dans la fidélité à la volonté de Dieu et l’enseignement de l’Eglise, souhaitant du bien à ceux qui nous veulent du mal, alors, tout comme Etienne, nous verrons le Christ en gloire. Nous aussi, nous recevrons la couronne de la victoire ("Etienne" veut dire "couronne" en grec), nous endormant dans le Seigneur, pour nous éveiller dans la maison du Père, pour le début d’une aventure sans fin.

La mission centrale de l’Eglise - Homélie pour l’Ascension du Seigneur C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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L’Ascension est un mystère que nous ne méditons pas assez souvent. En fait, seulement ceux qui prient le Rosaire y pensent régulièrement. Pourtant, c’est une partie essentielle de la mission et du message du Christ. C’est le moment culminant, la "finale", l’apogée, le moment où la victoire du Christ est scellée au ciel pour toujours. Jésus monte au ciel comme un sacrifice vivant qui est à jamais le pont entre Dieu et l’humanité jusqu’à la fin du temps. C’est la raison pour laquelle les paroles qu’il prononce à cette occasion sont de la plus haute importance. Alors, que dit-il ? Deux choses.

 

D’abord il résume le message du salut. Il rappelle à ses Apôtres qu’il est venu dans le monde pour annoncer le salut, et ensuite pour le réaliser, l’accomplir, par sa souffrance, sa mort et sa résurrection. C’est la condition absolue pour que l’humanité puisse faire l’expérience tant désirée d’être sauvée du péché et de l’ignorance et d’avoir la paix du cœur.

 

Deuxièmement, il donne du travail à ses disciples. Il les appelle à être témoins de ces choses. Comme ils ne pourront pas remplir cette mission d’eux-mêmes et qu’ils auront besoin du Saint Esprit, il leur promet « une force, celle du Saint Esprit ». Mais ensuite, ils devront aller vers « toutes les nations » pour témoigner du Christ.

 

Ainsi, avec l’Ascension de Notre Seigneur, nous sommes au cœur de tout l’Evangile : le message du salut du Christ transmis à tous les hommes par le témoignage de l’Eglise.

 

Mais de quoi exactement les chrétiens ont-ils à rendre témoignage ? Juste avant de monter au ciel, Jésus parle de « la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations ».

 

Si le Christ n’était pas monté au ciel, nous ne pourrions pas annoncer cette conversion. Son Ascension achève l’œuvre de la réconciliation de l’humanité au pouvoir du péché avec Dieu, car c’est elle qui rétablit notre nature humaine dans sa relation avec Dieu. L’Ascension est le garant que le sacrifice du Christ sur la croix est pleinement agréé par le Père.

 

La réconciliation de l’humanité pécheresse avec Dieu a toujours été le problème principal que les religions ont essayé de résoudre. Dans l’Ancien Testament, les Israélites ont essayé d’obtenir cette relation par le sacrifice d’expiation. Ce sacrifice avait lieu dans le Saint des Saints, l’espace central de la tente de la Rencontre de Moïse, et ensuite du Temple de Jérusalem. Le Saint des Saints était séparé de l’autel où l’on offrait l’encens par un grand et épais rideau. Seul le Grand Prêtre était autorisé à franchir le rideau, et seulement une fois par an, le Jour de l’Expiation. Cet ancien rituel était la préfiguration de l’Ascension. Le Christ pénètre alors le véritable Saint des Saints, le centre de tout l’univers, le Ciel même. Mais au lieu d’en ressortir, il y demeure, dans sa nature humaine, comme notre représentant, comme le pont de la réconciliation durable de l’humanité avec Dieu. Par notre foi en Jésus nous n’avons plus aucun doute concernant le pardon de nos péchés, nous n’avons pas besoin d’attendre le Jour des Expiations, nous pouvons vivre constamment en relation avec Dieu.

 

Voilà ce dont nous devons être témoins. Voilà le message dont nous sommes les dépositaires : le désir le plus fort du cœur humain est exaucé, car le sacrifice du Christ a été agréé par le Père.

 

Notre mission ici-bas consiste donc à rendre témoignage au Christ. Elle nous permet de partager la joie des disciples après l’Ascension de Jésus :

 

« Ils retournèrent à Jérusalem, remplis de joie. »

 

Mais nous ne pouvons être des témoins efficaces du Christ que si nous demeurons unis à lui. Nous avons besoin de sa force divine pour remplir cette mission divine. C’est pourquoi Jésus nous dit, dans la première lecture :

 

« Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous… »

 

Le Christ est vrai Dieu et vrai homme. Pour être ses témoins, nous devons non seulement partager sa nature humaine, mais aussi sa nature divine. C’est l’une des raisons principales de son Ascension. Comme le dit la Préface (II) de la Prière Eucharistique de la Solennité :

 

« Il est monté au ciel pour nous rendre participants de sa divinité ».

 

En ce jour où l’Eglise nous rappelle quelle est notre mission et nous encourage à nous en acquitter avec un enthousiasme renouvelé, renouvelons notre engagement à demeurer unis au Christ, notre engagement à la prière du cœur tous les jours. Renouvelons notre engagement à ne jamais cesser d’approfondir le trésor de notre foi catholique. Renouvelons notre résolution à faire un usage fréquent et sincère des sacrements que Jésus nous a donné par sa mort et sa résurrection, spécialement l’Eucharistie et la Réconciliation.

 

Le jour de l’Ascension, le Christ nous envoie dans le monde d’aujourd’hui pour être ses témoins, tout comme il a envoyé ses Apôtres il y a deux mille ans. Le succès de cette mission est la seule chose qui puisse répondre aux aspirations les plus profondes de notre cœur. Et tout ce que nous avons à faire pour réussir aussi bien que les premiers Apôtres, c’est de rester étroitement unis au Christ, notre Seigneur.

avec l’Ascension de Notre Seigneur, nous sommes au cœur de tout l’Evangile : le message du salut du Christ transmis à tous les hommes par le témoignage de l’Eglise.
avec l’Ascension de Notre Seigneur, nous sommes au cœur de tout l’Evangile : le message du salut du Christ transmis à tous les hommes par le témoignage de l’Eglise.

avec l’Ascension de Notre Seigneur, nous sommes au cœur de tout l’Evangile : le message du salut du Christ transmis à tous les hommes par le témoignage de l’Eglise.

L’Eglise est bien équipée - Homélie 6° dimanche de Pâques C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

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Que devons-nous faire dans l’Eglise en cas de divergences d’opinion ? C’est une question à laquelle était déjà confrontée la communauté chrétienne d’Antioche au premier siècle, comme saint Luc le relate dans le Livre des Actes. Contrairement à Jérusalem, Antioche était une ville cosmopolite, car située sur la route commerciale qui reliait les cités portuaires de la Palestine à l’Asie Mineure. Au sein d’une population païenne, composée de Grecs et de Romains y vivait une importante communauté juive. La première annonce de l’Evangile y avait suscité des conversions provenant de ces trois groupes : des Juifs, des Grecs et des Romains.

 

Au fur et à mesure que cette communauté chrétienne prenait de l’importance, un désaccord s’y faisait jour. Parmi les convertis d’origine juive, certains disaient que les païens qui devenaient chrétiens devaient observer la Loi mosaïque – la loi de l’Ancien Testament de la circoncision et les pratiques alimentaires. Mais d’autres étaient d’avis que, puisque le Christ a accompli toutes ces lois en lui-même, il n’était plus nécessaire de les observer. Les dissensions devenaient de plus en plus graves et menaçaient de diviser la communauté.

 

Le Saint Esprit avait-il commis une erreur ? Etait-il parti en vacances, incapable d’inspirer l’Eglise ? Non. Dieu savait que ce genre de désaccords surgiraient parmi les chrétiens, et il avait institué une structure hiérarchique par laquelle le Saint Esprit pourrait les résoudre. Les chrétiens d’Antioche envoient une délégation à Jérusalem, où Pierre et les autres Apôtres séjournent encore à ce moment-là. Pierre rassemble les Apôtres en une sorte de concile pour savoir comment gérer ce désaccord, et il est décidé que les chrétiens d’origine païenne ne devaient pas être soumis à la Loi de Moïse.

 

C’est ce que nous relate le passage des  Actes de ce jour. Il en ressort que les désaccords sont naturels et inévitables, et que, par sa structure hiérarchique, l’Eglise est bien équipée par Dieu pour les résoudre.

 

Une humble obéissance à la véritable Eglise du Christ est le signe d’un véritable amour pour le Christ. Cela se vérifie chez tous les saints dans leur manière de réagir dans les controverses qui n’ont pas manqué à chaque époque. Dans le Haut Moyen Âge, une des controverses majeures a été au sujet de l’Eucharistie. Parmi les chrétiens il y avait une proportion importante de convertis d’origine païenne qui avaient conservé des tendances superstitieuses. Ces tendances ont été la cause d’un déséquilibre dans la dévotion eucharistique des catholiques privés d’une bonne catéchèse. Au lieu de voir dans l’Eucharistie la présence sacramentelle et aimante du Christ, ils la considéraient comme une sorte de quimbois. L’Eglise s’est efforcée de corriger cette erreur. Mais certains théologiens on fait de l’excès de zèle, en exagérant en sens contraire, et disant que le Christ est présent dans l’Eucharistie de manière symbolique seulement. L’Eglise s’est efforcée de corriger cette erreur également.

 

 

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S. Thomas d'Aquin et le Pape Urbain IV

Lorenzo Lotto, 1508


 

Thomas d’Aquin, l’un des plus grands théologiens de l’Eglise, était plus intelligent et plus instruit que tous les papes de son époque. Et pourtant il a toujours défendu leur enseignement officiel, dans cette controverse, comme en d’autres. Ses dernières paroles en mourant montrent très bien comment une véritable amour du Christ se vérifie dans une humble docilité à l’enseignement du Magistère de l’Eglise du Christ. Voici ce qu’il dit au moment de recevoir la sainte communion pour la dernière fois :


"Je vous reçois, ô salut de mon âme. C'est par amour de vous que j'ai étudié, veillé des nuits entières et que je me suis épuisé ; c'est vous que j'ai prêché et enseigné. Jamais je n'ai dit un mot contre Vous. Je ne m'attache pas non plus obstinément à mon propre sens ; mais si jamais je me suis mal exprimé sur ce sacrement, je me soumets au jugement de la sainte Église romaine dans l'obéissance de laquelle je meurs."

 

Cette autorité pour résoudre les désaccords (le charisme certain de vérité), que le Christ a donnée à son Eglise, est la raison pour laquelle des pasteurs protestants se convertissent au catholicisme aujourd’hui encore.

 

 

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Parmi les plus connus il y a Marcus Grodi (photo), aux Etats-Unis, animateur d'une émission hebdomadaire sur EWTN, le plus important réseau de télévision catholique au monde. Sa conversion a commencé à l’occasion d’une crise alors qu’il était encore un pasteur presbytérien. (Les Presbytériens sont l’une des plus de 20.000 dénominations chrétiennes issues de la Réforme protestante.) Voici comment il exprime son dilemme :


“Chaque dimanche je me tenais à mon pupitre pour interpreter les Ecritures pour mon assemblée, sachant que dans un rayon de vingt kilometers de mon église, il y avait des douzaines d’autres pasteurs protestants qui tous croyaient que la Bible seule est l’unique autorité pour la doctrine et pour l’action, mais chacun enseignait quelque chose de différent de ce que moi, j’étais en train d’enseigner.

Mon interprétation de l’Ecriture est-elle la bonne, ou pas ? Voilà la question que je me posais. Peut-être un de ces autres pasteurs a-t-il raison, et alors je suis en train d’induire en erreur ces gens qui m’écoutent et me font confiance. Je savais aussi que j’aurais à rendre des comptes non seulement pour mes propres actes, mais pour ma manière de conduire le troupeau qu’il m’avait confié. Suis-je en train d’enseigner la vérité ou l’erreur ? C’est ce que je demandais continuellement au Seigneur. Je pensais être dans la vérité, mais comment pouvais-je en être sûr ?"


C’est comme s’il était dans la communauté d’Antioche, mais contrairement à Paul et Barnabé, il n’avait personne vers qui se tourner pour apaiser ses doutes et ses désaccords. Il était incapable de trouver la paix du cœur, parce que son église n’était pas équipée pour la lui donner. A la longue, Dieu l’a mené, à travers sa crise, vers l’Eglise catholique, l’Eglise que Jésus a équipée d’une autorité garantie par l’Esprit Saint.


Nous autres, nous sommes membres de la même Eglise que celle des chrétiens d’Antioche au premier siècle. Comme eux, et comme les chrétiens de tous les temps, nous avons nos désaccords, même si les sujets sont autres. Jusqu’il y a peu, par exemple, la recherche sur les cellules-souche et la contraception artificielle n’étaient même pas possible. Durant les époques à venir, les sujets seront encore autres, mais l’Eglise sera la même, toujours bien équipée pour résoudre les désaccords.

 

Si nous cherchons vraiment cette paix du cœur dont Jésus parle dans l’Evangile, sa paix à lui, et non pas celle du monde, si, vraiment, nous voulons faire l’expérience de cette paix, nous le pouvons. Tout ce que nous avons à faire est de nous laisser conduire par l’Esprit Saint. C’est lui que Jésus nous a donné pour nous rappeler tout ce qu’il nous a dit, et pour nous enseigner toute chose.


Et où pouvons-nous trouver le Saint Esprit ? Dans l’instrument qu’il s’est choisi : le Magistère de l’Eglise catholique. Ainsi, au milieu de nos propres difficultés et désaccords, nous devrions toujours faire ce que les chrétiens d’Antioche, saint Thomas d’Aquin, Marcus Grodi et tant d’autres ont toujours fait ou ont fini par faire : s’en référer à Pierre et aux Apôtres, au Pape et aux Evêques en communion avec le Pape. Leur enseignement officiel ne nous conduira jamais dans l’erreur, parce qu’il est garanti par le Christ lui-même. Mais si nous abandonnons cet enseignement pour suivre les modes éphémères et les gourous du moment, nous n’avons aucune garantie.


Nous sommes certains que le Christ vient à nous aujourd’hui dans la Sainte Communion, car c’est ce que l’Eglise nous enseigne. Quand il viendra à vous, renouvelez votre engagement à rester fidèles en étant fidèles à l’Eglise catholique, même en des moments difficiles – comme il y a eu des moments difficiles pour les chrétiens d’Antioche. Alors nous pourrons accueillir la paix que Jésus voudrait tant nous donner.

Par la Croix vers la Lumière - Homélie 5° dimanche de Pâques C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
la voie vers la Résurrection passe par les douleurs de la Croix

la voie vers la Résurrection passe par les douleurs de la Croix

L’Eglise, telle une bonne mère, est bien avisée de nous donner sept semaines pleines de Temps pascal. Nous avons bien besoin de ce temps prolongé pour méditer ce que le Christ nous enseigne par sa passion et sa résurrection. Les plantes ont besoin de passer du temps en pleine terre pour absorber progressivement la lumière du soleil et la transformer en nourriture. De la même manière, nos âmes ont besoin d’une exposition prolongée à la lumière de la révélation du Christ, pour pouvoir absorber les grâces que le Seigneur veut nous donner.

 

Aujourd’hui, particulièrement, il nous rappelle la structure fondamentale de la vie chrétienne : la Croix et la Résurrection. Nous avons déjà rencontré ce thème au cours des derniers dimanches, mais Dieu veut que nous y revenions.

 

Saint Luc, l’auteur de la Première Lecture tirée des Actes des Apôtres, résume la prédication de Paul et Barnabé en une seule phrase :

 

« ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant : "Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu." »

 

En d’autres mots, ce n’est que par la Croix que nous pouvons connaître la Résurrection ; ce n’est que par l’amour dans le renoncement que nous pouvons faire l’expérience de la joie chrétienne.

 

 

Jn 13

 

 

Dans la deuxième lecture, saint Jean nous transmet le même message, mais en sens inverse. Il décrit le ciel, là où les saints vivent en communion parfaite avec Dieu. La caractéristique principale de cette vie est que Dieu « essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort n'existera plus ; et il n'y aura plus de pleurs, de cris, ni de tristesse ; car la première création aura disparu. »

 

La première création, c’est celle que nous voyons de nos yeux. C’est notre vie ici et maintenant en tant que membres de l’Eglise encore en chemin. Cette vie-là passera ; elle ne durera pas toujours. Mais pour l’instant, elle est une "vallée de larmes", de douleur et de deuil.

 

Ceci est pour nous une grande consolation. Cela veut dire que nous n’avons pas à faire semblant de tout avoir. Cela veut dire que Dieu sait que la vie n’est pas facile, et tant mieux. Car c’est dans les difficultés de la vie qu’il veut nous enseigner son "art de vivre". Notre société est tellement obsédée par le plaisir, le confort, la santé, la hantise de rester jeune et les apparences que même les chrétiens ont tendance à l’oublier, et facilement nous nous laissons aller à penser que la seule vie qui vaille la peine d’être vécue est une vie sans douleurs.

 

L’exemple des saints est là pour nous rappeler qu’en fait, c’est le contraire qui est vrai : que ce n’est que par la Croix que nous pouvons atteindre la Lumière.

 

Vous avez peut-être déjà entendu parler de Marthe Robin. Le premier livre, ou, du moins, l’un des premiers livres qui ait été écrit sur elle après sa mort en 1981, est intitulé : « La Croix et la Joie ».

 

Née en 1902 ; elle lutte dès l’âge de 16 ans contre une maladie provoquant des douleurs intolérables, qu’on diagnostiquera en 1942 comme étant une "encéphalite épidémique". Alitée, elle perd peu à peu l’espoir d’une guérison. Le 29 mars 1928, elle dit :

 

« Pour moi, Pâques me trouvera dans mon lit, dans mon pauvre lit où j’y suis si mal, où je m’écorche tant ; enfin la vie est courte, une autre plus longue et plus heureuse nous attend ; quelle douce consolation, n’est-ce pas ? »

 

Avec la souffrance physique, il y a la solitude à assumer :

 

« Mes journées s’écoulent uniformément monotones et semblables, étant les trois quarts du temps seule… »

 

Quelques mois après, la maladie progressant, Marthe connaît le découragement :

 

« Les étapes de mon existence ont été écrites sur un tableau noir. La vie s’est chargée de m’enlever mes illusions et de détruire mes plans. » (18 août 1928)

 

Mais voilà que, un jour de décembre cette année-là, Marthe Robin vit, au moment de l’accueil du Sacrement des Malades un moment décisif à partir duquel tout va s’éclairer et prendre un sens. Cette maladie qui aurait pu la conduire à une lente et sûre destructions de sa personne à tous les niveaux devient, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le tremplin vers une nouvelle vie qui va se construire autrement :

 

« Après des années d’angoisses, après bien des épreuves, physiques et morales, j’ai osé, j’ai choisi le Christ Jésus… Le Cœur Sacré de Jésus en croix est la demeure inviolable que j’ai choisie sur la terre. »

 

Marthe a donc trouvé la réponse à la question du sens de son existence de malade. Sa vie continuera de se dérouler dans la maladie, mais désormais intégrée et acceptée dans la joie :

 

« Tout mon être accepte la souffrance, la presque entière incapacité physique plus généreusement, plus amoureusement toujours ; et dans un bien plus grand abandon, plus de détachement, plus de renoncement à tout. Néanmoins,  combien la pauvre nature a de la peine quelquefois à constater son entière impuissance et une infinité de choses qui font comme le canevas de la vie. Mais on demeure quand même très calme, on sourit avec joie et avec amour, malgré les douleurs qui étouffent, malgré les déchirements qui torturent et les souffrances lancinantes, malgré les désolantes épreuves et l’amer dégoût, quand on aime Jésus et qu’on l’aime d’amour pur. »

 

La vocation de Marthe Robin est hors du commun, mais son "canevas" est celui de toute vocation chrétienne, y compris celle de chacun de nous : la Croix et la Résurrection ; par la Croix vers la Lumière.

 

Aujourd’hui l’Eglise nous rappelle encore une fois que c’est le canevas de la vie chrétienne. On peut se demander pourquoi. D’une part, c’est un enseignement que nous avons tendance à oublier très facilement, et nous avons donc bien besoin de ce rappel. Mais d’autre part, Dieu veut que nous ne laissions pas passer cette occasion, et que nous n’oubliions pas encore cette fois.

 

Saint Luc écrit dans les Actes que Paul et Barnabé rendaient visite aux diverses communautés chrétiennes pour affermir le courage des disciples et pour les exhorter à persévérer dans la foi. Dieu ne nous demanderait-il pas de faire ce qu’ont fait Paul et Barnabé, et à affermir le courage de quelqu’un qui ploie sous le fardeau de sa croix ? Nous vivons tous avec des personnes qui ont besoin d’être encouragées par l’amour de Jésus.

 

N’est-ce pas pour cette raison, entre autres, que l’Eglise a choisi le passage de l’Evangile de ce jour dans lequel le Christ nous rappelle son "commandement nouveau" :

 

« Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. »

 

Aujourd’hui le Saint Esprit nous envoie, comme il a envoyé Paul et Barnabé, pour affermir et exhorter ceux qui sont peut-être en train de flancher. Il nous donnera pour cela la force et la sagesse mêmes du Christ dans la Sainte Communion. Promettons-lui d’en faire un bon usage, pour répandre au moins auprès d’une personne cette Bonne Nouvelle que la voie vers la Résurrection passe par les douleurs de la Croix.

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