Mgr Marian Eleganti, évêque auxiliaire émérite du diocèse de Coire (Suisse) est l'un des quatre prélats qui ont participé à la cérémonie de réparation de Pittsburgh suite au "pèlerinage jubilaire LGBT" au Vatican. Il avait aussi vivement critiqué le "pape François" pour son attitude lors de la plandémie du Covid et à propos de la publication de Fiducia Supplicans.
Il y a quatre jours, il a publié sur son blog personnel un article concernant la plaie de l'homosexualité dans le clergé catholique.
Ce qui échappe à Mgr Eleganti est que l'éléphant dans la maison de l'Église, c'est l'antipape Prevost qu'il appelle Pape.
Pour ceux qui lisent l'allemand, cliquez sur la capture d'écran ci-dessous.
Pour les autres, voici un résumé en français :
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J'y ajoute ma traduction intégrale, avec l'aimable autorisation de l'auteur :
Remarques préliminaires : Dans l’article suivant, les personnes ayant des tendances homosexuelles ne sont généralement pas mises au pilori. L’Église a toujours distingué entre la dignité (inviolable) de chaque personne humaine et ses penchants, qui peuvent être désordonnés. Les penchants sexuels désordonnés, présents aussi bien chez les hétérosexuels que chez les homosexuels, sont jugés par l’Église selon les mêmes critères moraux et, selon les circonstances, sont qualifiés de péchés ou considérés comme une faiblesse à corriger. Nous sommes tous confrontés à de telles tendances.
Lorsque ces tendances sont maîtrisées, elles améliorent grandement la moralité d'une personne et la conduisent à la sainteté. Cela s'applique aussi bien aux homosexuels qu'aux hétérosexuels. L'Église considère comme un péché le fait de vivre selon une inclination déréglée. Cependant, la voie de la conversion est toujours ouverte. Ici, l'Église fait preuve de miséricorde. Bien que le phénomène de l'homosexualité au sein du clergé soit examiné plus loin dans un contexte plus large, il ne concerne pas les homosexuels en général, mais seulement dans la mesure où ils commettent des abus. Les hétérosexuels ne sont ni moralement supérieurs aux homosexuels ni, en général, moins pécheurs qu'eux. L'homosexualité au sein du clergé est un phénomène sui generis. Il n'y a pas nécessairement de lien entre homosexualité et abus, tout comme il n'y a pas de lien entre hétérosexualité et abus.
Cependant, la fréquence statistique des victimes masculines du clergé est liée à ce phénomène et mérite une approche différenciée dans notre cas. Autrement dit : si nous ne nous attaquons pas au véritable problème (l'homosexualité au sein du clergé), nous ne pourrons jamais véritablement traiter la question des abus.
Voici les statistiques du rapport John Jay.
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The Causes and Context of sexual Abuse of Minors by Catholic Priests in the United States, 1950-2010. Report by John Joy College Research Team (2011). S. 11: https://www.usccb.org/sites/default/files/issues-and-action/child-and-youth-protection/upload/The-Causes-and-Context-of-Sexual-Abuse-of-Minors-by-Catholic-Priests-in-the-United-States-1950-2010.pdf.
Nota bene : Prêtez attention aux notes de bas de page !
Après ces importantes remarques préliminaires, allons droit au but :
À mon avis, l’homosexualité joue un rôle essentiel dans la restructuration de la société et de ses conceptions traditionnelles du mariage, de la famille et du genre. Les nouvelles normes sociales ne tombent pas du ciel ; elles sont en gestation depuis des décennies. Les (pré-)penseurs homosexuels y jouent un rôle majeur.
La sexualité occupe une place importante dans la pensée de l’École de Francfort [1] et de ses héritiers, les déconstructionnistes postmodernes [2]. Il est donc nécessaire d’examiner non seulement la philosophie de son penseur, mais aussi le « Sitz im Leben » (le lien biographique entre sexualité et pensée) de leur philosophie. C’est très éclairant. Bien qu'aucun représentant majeur de l'École de Francfort ne fût homosexuel, sa soi-disant Théorie Critique a ouvert la voie aux véritables Déconstructionnistes et aux Théoriciens du genre et de la théorie queer [3] (tous critiques, voire hostiles, aux préceptes « dogmatiques »). Parmi ces derniers figurent des homosexuels notoires. Foucault, Derrida et Butler ne peuvent être compris sans la théorie critique de l'École de Francfort. Ils partageaient sa méfiance envers la « raison objective ». Foucauld a été influencé par Marcuse. Derrida a radicalisé Foucauld. Sa philosophie, à son tour, a joué un rôle crucial dans le développement de la Théorie queer. Butler (non binaire, queer) relie Foucauld et Derrida. Foucauld et Barthe sont homosexuels. Butler vit en couple avec une personne de même sexe. Eve Kosofsky Sedgwick (bisexuelle) est une pionnière de la théorie queer. Paul B. Preciado (à l'origine Beatriz Preciado) est un homme transgenre (queer). Il va même au-delà de la théorie queer (post-queer ; techno-queer). Ces liens doivent être reconnus.
Le projet européen [4] « Union pour l'égalité » (Stratégie 2026-2030) tente d'instaurer une idéologie du genre au sein de l'Union européenne. Son objectif principal est de redéfinir le mariage, la famille et la sexualité. L'égalité des genres et l'orientation sexuelle doivent être mises en œuvre dans les États membres grâce à des efforts importants (financement d'ONG compétentes, programmes éducatifs, campagnes, etc.). Cela comprend des programmes d'éducation inclusive dès l'enfance ; les références aux différences naturelles entre hommes et femmes doivent être ignorées ; la réassignation sexuelle et les adaptations juridiques associées doivent être promues ; et la parentalité et la famille naturelles doivent être démantelées dans un esprit de diversité sexuelle.
Malheureusement, l'Église a également été contaminée par ce virus. Il s'agit soi-disant des « droits » et de l'« inclusion » des soi-disant « minorités ». Ce sont des paramètres marxistes de gauche qui ont profondément pénétré la pensée de l'Église, mais qui sont étrangers à son essence. Elles ne s'appliquent pas non plus à l'Église. Elles sont fausses. Surtout, l'Église exclut le péché et l'erreur – les pécheurs et les hérétiques – uniquement lorsqu'ils se montrent impénitents et non repentants. Cela n'a rien à voir avec la discrimination. L'accès exclusif aux offices ecclésiastiques (le sacerdoce) découle d'une compréhension correcte du sacrement et ne relève pas de l'inégalité juridique. L'Église réglemente toutes ces choses de manière juste, même si beaucoup, pour diverses raisons, ne le reconnaissent pas ou ne l'acceptent pas. La loi morale s'applique à tous les membres de l'Église sans distinction.
L'enseignement de l'Église concernant l'homosexualité demeure inchangé et n'a pas besoin d'être réitéré ici. Il se fonde sur l'Écriture et la Tradition, c'est-à-dire sur la révélation donnée en Jésus-Christ.
Le corps parle un langage très clair. L'homme et la femme sont complémentaires dans leur corporéité et capables, au sens biblique du terme, de devenir « une seule chair » (uns) et, par cet acte d'unification, de procréer. Ils se conforment ainsi à la volonté du Créateur et à l'ordre éternel qu'il a établi dans la nature humaine. Hétérosexuels et homosexuels sont, par leur propre corporéité, orientés vers cet accomplissement, qui ne peut se réaliser pleinement que dans le sexe opposé. Les homosexuels pratiquants vivent donc en contradiction flagrante avec l'enseignement de l'Église.
Ils doivent donc déconstruire le genre et la sexualité au sens traditionnel du terme. Les personnes homosexuelles constituent une minorité de plus en plus faible au sein de l'humanité. L'homosexualité ne peut donc avoir d'effet normatif sur la compréhension de la sexualité et du genre pour l'immense majorité des gens. En d'autres termes, au sens neutre du terme, elle ne deviendra jamais une norme universellement valable, ce qui continuera de soumettre les pratiques homosexuelles à des pressions de justification, que l'on le veuille ou non, et de l'exprimer. Un enfant élevé par des homosexuels mariés civilement devra continuer à s'expliquer, à lui-même et aux autres, pourquoi il vit ou grandit avec deux pères ou mères et non dans une « famille tout à fait normale » (« Ordinary people », 1980), comme la majorité des enfants le font avec leurs père et mère biologiques. Ces derniers demeurent la norme, bon gré mal gré, et le partenariat homosexuel avec adoption en constitue la déviation, sujette à des pressions de justification (en ce sens, l'a-normalité).
La seule voie vers la « normalité », au sens neutre du terme décrit ci-dessus, serait la conversion et l'abandon du mode de vie homosexuel.
Une sexualité définie exclusivement par le désir et la technologie mène à la déchéance, au malheur. Cela s'applique à tous (hétérosexuels et homosexuels) sans exception. Il est également reconnu que la sexualité masculine et féminine diffèrent. Il en va de même pour l'homosexualité. Une sexualité inspirée par l'Esprit – bibliquement parlant – n'est pas purement physique. Elle le devient à mesure que l'Esprit fait défaut. L'instinct pur est frustrant et destructeur.
De nombreuses amitiés affectives perdent leur signification et leur valeur justement parce qu'elles sont vécues sexuellement ou servent principalement le plaisir, comme c'est très souvent le cas chez les hommes homosexuels. Même dans l'hétérosexualité, un effort de chasteté est nécessaire pour ne pas – bibliquement parlant – éteindre l'Esprit par la simple présence physique.
Tout au long de l'histoire, il y a toujours eu d'excellentes et exemplaires amitiés entre deux hommes ou deux femmes : cependant, elles auraient perdu leur valeur si elles avaient été vécues sexuellement (homosexuellement ou lesbiennement). Le mariage entre un homme et une femme mérite un traitement particulier. Cependant, les relations homosexuelles, sans exception, manquent de nombreux aspects positifs du mariage hétérosexuel : deux hommes ne « font » pas une mère ; deux femmes ne « font » pas un père. Ils ne peuvent concevoir d'enfants par un acte d'amour sincère. La norme générale demeure le mariage hétérosexuel, la famille étant composée d'un père, d'une mère et d'un enfant. Si les homosexuels ne vivaient pas leur amour, s'il mérite ce nom, sexuellement, ils y gagneraient, à mon avis, plus qu'ils n'y perdraient.
Le péché existe partout, sans distinction. De même, l'appel à la sainteté s'applique à tous. Par conséquent, les homosexuels ne devraient pas être considérés comme un groupe particulier, quasi naturel. Physiquement, ce sont des hétérosexuels qui se sentent émotionnellement homosexuels, quelle qu'en soit la raison. Contrairement aux animaux, la sexualité humaine peut être façonnée et cultivée par l'individu. C'est d'ailleurs sa mission. Pour mériter le nom de mariage, il doit être conforme à la nature des choses (la vérité) et à la loi morale. Le bonheur de l'enfant, qui dépend d'un père et d'une mère pour son développement biologique et psychosocial, ne doit pas être exclu. Il est généralement préférable de l'élever avec son père et sa mère biologiques. Avec eux, il forme une famille et grandit en sécurité. Ce modèle est imbattable et devrait être promu par l'État. La famille naturelle, en ce sens, est supérieure à toutes les autres formes de cohabitation qui se qualifient de « famille ».
Après ces remarques, je quitterai la perspective générale pour aborder l'homosexualité dans le contexte ecclésiastique, ou plutôt, au sein du clergé.
Tout d'abord, il convient de souligner l'existence de forces puissantes au sein de l'Église qui tentent de normaliser l'homosexualité conformément aux normes laïques et sociétales, y compris en son sein, et d'annuler ou de réviser son enseignement sur ce sujet (péché grave ; inclination intrinsèquement désordonnée). Je ne crois pas que cela réussira. Cependant, l'hétérodoxie de certains sur cette question représente un problème majeur pour l'Église.
Toutes les études sur les abus commandées par les conférences épiscopales et qui ont déjà été menées démontrent qu'environ 80 % [5] des agressions sexuelles commises par des membres du clergé sont liées, de manière factuelle et non logique, à leur homosexualité : rapport John Jay (États-Unis, 2004) ; étude MHG (Allemagne, « Abus sexuels commis par le clergé catholique ») 2018 ; étude de la CIASE (France, 2021), pour ne citer que les plus importantes. Cela n'implique pas, comme nous l'avons déjà souligné au début, que les homosexuels commettent nécessairement des abus en raison de leur prédisposition. Nous notons simplement ici qu'un nombre frappant (et même la majorité) des victimes d'agressions sexuelles commises par des membres du clergé sont des hommes. Cela suggère une partialité des auteurs dans le choix de leurs victimes. Bien sûr, cela a également d'autres implications qui doivent être considérées comme problématiques, telles que les difficultés persistantes que ces prêtres éprouvent avec l'enseignement de l'Église sur ce sujet et d'autres, leur attitude envers le célibat, leur capacité à entretenir des relations, et bien plus encore. Il existe indéniablement des prêtres ayant des tendances homosexuelles qui mènent une vie chaste et suivent le chemin de la vertu.
Le 8 décembre 2016, le Vatican a publié le document « Le don de la vocation presbytérale – Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis » et l'a autorisé par le pape François. On y lit : « Concernant les personnes ayant des tendances homosexuelles qui s'adressent au séminaire ou qui découvrent au cours de leur formation qu'elles se trouvent dans une telle situation, l'Église – avec tout le respect dû aux personnes concernées –, conformément à son propre Magistère, ne peut admettre au séminaire et aux ordres sacrés ceux qui pratiquent l'homosexualité, ont des tendances homosexuelles profondément enracinées ou soutiennent une prétendue culture homosexuelle. » Malheureusement, même le Vatican ne respecte pas cette règle (cf. la tolérance du pèlerinage LGBTQ de l'Année Sainte 2025 et le passage de la Porte Sainte par ses militants).
Il faut donc constater avec grand regret que le « sujet tabou » (l'homosexualité répandue au sein du clergé et son importance dans la crise des abus) continue d'être ignoré ou, malgré un meilleur jugement, de ne pas être abordé nommément depuis le début de la crise des abus en 2009. Le « paravent » pertinent et la « stratégie d'immunisation » officielle sont, en un mot : « pédophilie », et non « homosexualité ».
La majorité des agressions sexuelles commises par des membres du clergé ne relèvent cependant pas de la pédophilie (l'orientation sexuelle des enfants prépubères, c'est-à-dire jusqu'à environ 11/12 ans) ; elles relèvent plutôt de l'éphébophilie (dans notre contexte, l'orientation sexuelle des jeunes hommes principalement pubères et postpubères). Néanmoins, elles se réfèrent unanimement à la pédophilie et suggèrent que toutes les agressions sexuelles commises par des membres du clergé touchent exclusivement les enfants (filles et garçons), ce qui revêt un poids moral particulièrement lourd pour le grand public et dissimule ou taboue l'homosexualité des auteurs. Même si le lien entre homosexualité et agression sexuelle n'est pas nécessaire, il joue un rôle secondaire dans la sélection des victimes : la préférence pour les victimes masculines et leur fréquence permettent de tirer des conclusions sur l'homosexualité des auteurs.
Malgré la tolérance zéro affichée et la condamnation des dissimulations, les dignitaires compromis ont manifestement été protégés dans notre contexte au cours du dernier pontificat. Les médias ont toléré chez le pape François ce qu'ils n'auraient jamais pardonné à Jean-Paul II et Benoît XVI, et ils auraient fait exploser l'affaire en un scandale monumental. De tous les papes récents, cependant, ce dernier est celui qui a le plus œuvré pour lutter contre les agressions sexuelles et les punir (cf. le nombre élevé de laïcisations de prêtres pour cette raison durant son pontificat). Les médias sont délibérément restés aveugles, car François était leur chouchou et la normalisation de l'homosexualité dans l'Église était à l'ordre du jour.
Nous attendons donc toujours, en vain, qu'un problème majeur de l'Église soit évoqué : la prévalence disproportionnée de l'homosexualité au sein du clergé, avec toutes ses conséquences négatives.
[1] Theodor W. Adorno. Max Horkheimer. Herbert Marcuse. Erich Fromm. Walter Benjamin. Plus tard Jürgen Habermas.
[2] Michel Foucauld. Jacques Derrida. Gilles Deleuze. Jean-François Lyotard. Roland Barthe.
[3] Judith Butler. Eve Kosofsky Sedgwick. Paul B. Preciado.
[4] À propos de ce qui suit : https://www.marcotosatti.com/2025/10/10/la-folle-agenda-lgbtq-delleuropa-36-miliardi-pro-vita-e-famiglia-generazione-voglio-vivere/
[5] John Jay (États-Unis, 2004) — L’étude de John Jay conclut clairement qu’environ 81 % des victimes présumées enregistrées dans leurs dossiers étaient des hommes (81 % d’hommes, 19 % de femmes). Étude MHG (Allemagne, 2018) — Dans les conclusions globales de l'étude MHG, 62,8 % des victimes sont des hommes (34,9 % de femmes, 2,3 % non spécifiés). Cependant, différents sous-projets fournissent des proportions différentes : dans le sous-projet 2, 76,6 % de victimes masculines ont été trouvées, et dans le sous-projet 3, même 80,2 % — ainsi, la proportion varie considérablement selon la source de données. Les victimes masculines prédominent dans tous les sous-projets. Rapport CIASE / Sauvé (France, 2021) — La CIASE note qu'historiquement, la majorité des victimes sont des garçons (généralement prépubères) ; cependant, le ratio varie considérablement au fil du temps et en fonction de l'ensemble de données. La Commission souligne que la proportion de victimes féminines a augmenté ces dernières périodes (et dans certains échantillons) et que différentes méthodes de collecte de données conduisent à des proportions différentes.