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C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez

Mgr Mutsaerts se range du côté des cardinaux Müller, Sarah et Mgr Eleganti, et contre Mgr Schneider

 

 Ces menteurs - les uns comme l'autre - veulent tous que les Catholiques acceptent le grand mensonge selon lequel le Conclave de 2025 était valide. Ils brûleront en enfer pour cela s'ils ne se repentent pas.

 

 

 

La FSSPX envisage d'ordonner des évêques sans mandat papal.

 

En droit canonique, l'excommunication et le schisme sont deux choses distinctes. Une ordination épiscopale non autorisée entraîne toujours l'excommunication, mais pas nécessairement un schisme formel. L'évêque qui ordonne une personne sans mandat papal et l'évêque ordonné sont automatiquement excommuniés. Ce fut le cas, par exemple, lors de l'ordination épiscopale de Marcel Lefèbvre (Ecclesia Dei) en 1988.

 

Le canon 751 définit le schisme comme : « Le refus de se soumettre au pape ou de communier avec les membres de l’Église qui lui sont soumis. » Ainsi, un schisme requiert une attitude de séparation, et non pas seulement un acte illégal.

 

Suite aux ordinations épiscopales de 1988, le pape Jean-Paul II a déclaré que l'acte de Lefèbvre était un « acte schismatique ». Cependant, Rome n'a pas formellement déclaré que la Fraternité sacerdotale Pie X dans son ensemble constitue une Église schismatique en tant qu'institution. La position générale à Rome depuis le pape Benoît XVI est la suivante : la FSSPX est canoniquement irrégulière, mais n'est pas formellement schismatique en tant que communauté.

 

Si la FSSPX ordonne à nouveau des évêques sans mandat, alors, canoniquement, les conséquences suivantes s'appliquent presque certainement : 1. Excommunication automatique des évêques ordonnateurs et des nouveaux évêques. 2. Rome pourrait qualifier cet acte de schismatique. 3. Toutefois, la question de savoir si la FSSPX dans son ensemble est déclarée schismatique dépend de :

a. leur intention concernant l'autorité papale, et b. la manière explicite dont ils rejettent cette autorité.

Le débat porte sur une distinction subtile mais importante en droit canonique : l'acte schismatique et la communauté schismatique. Depuis 2009, Rome a clairement indiqué que la situation de l'Église FSSPX est canoniquement irrégulière, mais qu'elle n'est pas formellement considérée comme une Église schismatique. Cette position s'est construite au fil de l'histoire.

 

Comme mentionné précédemment, en 1988, Lefèbvre a consacré quatre évêques sans mandat papal. Jean-Paul II a déclaré qu'il s'agissait d'un « acte schismatique » et que les évêques concernés étaient automatiquement excommuniés. Le pape a parlé de cet acte, sans évoquer explicitement un schisme complet du mouvement.

 

Un tournant décisif a eu lieu en 2009, lorsque le pape Benoît XVI a levé l'excommunication des quatre évêques de la FSSPX. Dans sa lettre aux évêques de l'Église universelle, il a affirmé simultanément deux choses : 1. La FSSPX n'a ​​aucun statut canonique au sein de l'Église catholique romaine. 2. Son clergé n'exerce aucune fonction légitime. Il a toutefois précisé que leur problème était d'ordre « doctrinal et disciplinaire », et non qu'ils constituent une Église séparée. Cette précision complexifie la situation. Depuis lors, Rome a généralement employé des termes tels que « canoniquement irrégulier » et « communion incomplète » plutôt que celui de schismatique.

 

Rome hésite à parler de schisme. La Fraternité Saint-Pie-X affirme reconnaître le pape (elle prie pour lui lors de la prière eucharistique), alors qu'un schisme implique un refus de soumission à l'autorité papale. Rome raisonne donc ainsi : il y a désobéissance, mais pas de rejet explicite de l'autorité papale. De plus, sous le pontificat du pape François, les prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X ont obtenu la faculté de confession et la possibilité d'officier lors des mariages sous certaines conditions. Si la confrérie était formellement schismatique (comme, par exemple, l'Église orthodoxe), Rome ne leur accorderait généralement pas de telles facultés. En qualifiant juridiquement la situation d'irrégulière mais non de schismatique, la porte reste ouverte à une solution canonique.

 

On pourrait se demander s'il n'existe pas, en réalité, un schisme de fait. Après tout, la FSSPX possède une hiérarchie parallèle (des évêques sans mandat papal). Elle procède à des ordinations sans juridiction et fait souvent fi des évêques locaux. La formulation la plus courante dans les documents officiels romains est que la FSSPX n'a ​​pas été déclarée schismatique, qu'elle est canoniquement irrégulière, qu'elle n'a ni mission ni juridiction canonique, mais qu'elle n'est pas totalement extérieure à l'Église.

 

Une nouvelle ordination épiscopale sans mandat papal serait aujourd'hui plus facilement perçue comme un schisme qu'en 1988. Cela tient principalement au contexte différent depuis les ordinations de Lefebvre. En 1988, Lefèbvre justifiait ces ordinations par un « état d'urgence » au sein de l'Église. Il affirmait que la préservation de la liturgie et de la doctrine traditionnelles était menacée. Or, depuis, la situation a évolué. La messe traditionnelle en latin est officiellement autorisée (Summorum Pontificum). De plus, des instituts traditionnels pleinement reconnus existent, tels que la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre et l'Institut du Christ-Roi. Pour ces raisons, l'argument de l'« état d'urgence » ne tient plus.

 

Depuis 2009, Rome a fait plusieurs gestes : la levée de l'excommunication, l'octroi de la faculté de confession et la possibilité d'une assistance au mariage selon la réglementation épiscopale. Si la FSSPX ordonnait à nouveau des évêques malgré ces ouvertures, cela pourrait être perçu comme une rupture délibérée avec Rome. Les premières ordinations (1988) pourraient encore être considérées comme une escalade dramatique du conflit. Une seconde vague d'ordinations épiscopales, prévue en juin, serait beaucoup plus difficile à interpréter autrement que comme la mise en place d'une hiérarchie parallèle structurelle et donc comme un schisme de fait. En droit canonique, la persistance dans la désobéissance joue un rôle majeur. Si un groupe a déjà commis un acte schismatique, en a été averti et récidive, il devient juridiquement plus aisé de conclure à une séparation délibérée.

 

Il y a aussi des risques pour Rome. Si Rome ne déclarait toujours pas de schisme après une seconde ordination épiscopale non autorisée, cela signifierait que des évêques pourraient être ordonnés sans mandat papal sans que cela n'entraîne un véritable schisme au sein de l'Église. Cela porterait gravement atteinte à la primauté du pape. C'est pourquoi je me range volontiers du côté des cardinaux Müller et Sarah sur cette question, et je considère que la position de Mgr Schneider relève davantage du vœu pieux que de la légitimité.

 

Il est à espérer que l'on n'en arrive pas là. Si une réconciliation complète devait un jour avoir lieu entre Rome et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, une structure pourrait certainement être mise en place à cet effet : une Prélature personnelle, comparable à celle de l'Opus Dei.

 

La Prélature est dirigée par un Prélat ; sa juridiction est personnelle et non territoriale ; les fidèles peuvent y adhérer tout en continuant de résider dans leur diocèse ; la Prélature dispose de ses propres prêtres et séminaires. La FSSPX pourrait alors fonctionner de manière relativement indépendante des évêques locaux, tout en restant sous l'autorité papale.

 

+Rob Mutsaerts

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