C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez
J'ai traduit cet article de Mgr Eleganti à titre d'information. Il est clair que son point de vue ne se défend que si l'élection du cardinal Prevost lors du Conclave de 2025 était valide, ce qu'elle n'est pas.
Selon le canon 1382 du Code de droit canonique, la consécration d'un évêque sans mandat papal entraîne l'excommunication automatique (latae sententiae) tant pour l'évêque ordonnant que pour le récipiendaire :
Canon 1382 : « L'évêque qui consacre quelqu'un comme évêque sans mandat papal, et de même quiconque reçoit la consécration de lui, encourt la peine d'excommunication réservée au Siège apostolique.»
Ceci est également confirmé par le canon 1013 :
« Nul évêque n'est autorisé à consacrer quelqu'un comme évêque sans mandat papal préalable.»
La validité du mandat papal s'exprime par un décret pontifical. Le mandat de consécration épiscopale doit indubitablement émaner du Pape. Quiconque sait qu'aucune nomination n'a été faite par le Pape remplit les conditions du schisme. Cela signifie un refus de se soumettre à la juridiction du Pape et le maintien de sa propre autonomie.
Pie XII enseigne (Mystici Corporis) que l'exercice du ministère dans l'Église repose sur une juridiction fondée sur la révélation et l'institution de Jésus-Christ. C'est pourquoi le concile de Trente anathématise quiconque soutient des évêques qui ne sont pas « dûment consacrés ou envoyés par l'autorité ecclésiastique canonique » (Denzinger-Schönmetz, n° 1777, affirme que seuls les évêques dûment ordonnés et nommés sont légitimes dans la charge apostolique). Le concile considère ces évêques comme des « voleurs et des brigands ». De tels actes affectent directement la constitution divine de l'Église, qui se manifeste par des liens juridiques. Le simple fait d'imposer une autonomie pratique et juridique par des consécrations épiscopales arbitraires non autorisées par le Pape revient à se couper de la communion visible et vécue du Corps mystique du Christ.
Je suppose que la FSSPX conservera sa pleine autonomie et son indépendance et, en ce sens, ne souhaite aucune réglementation de sa relation particulière avec l'Église universelle, car une telle réglementation impliquerait d'accepter des évêques nommés par le Pape pour présider et diriger l'Église, ou, s'ils sont issus de ses propres rangs, d'être soumis aux instructions du Pape et d'être nommés et dépendants de lui sur le plan juridictionnel. Mais la FSSPX peut avoir une perception différente de la situation de l'Église, ce qui explique son refus de cette dépendance.
Il est pourtant peu convaincant d'afficher l'image du Pape dans sa propre sacristie, de prier pour lui dans la prière eucharistique, d'affirmer et d'enseigner fondamentalement la structure hiérarchique de l'Église et de son Magistère, avec le Pape à sa tête, et de feindre la dévotion tout en se soustrayant complètement à son autorité et en gouvernant de manière indépendante. Cela inclut le développement d'une hiérarchie et d'une direction indépendantes de Rome, qui décident et exécutent elles-mêmes les actes juridiques (une auto-détermination fondée sur le souci du salut des âmes et sur une prétendue urgence ecclésiastique et personnelle). C'est un schisme. D'autres agissent de même, avec une rhétorique différente, ce qui est tout aussi répréhensible.
Une fois encore : l'Église universelle et le Pape feraient bien de prendre au sérieux les critiques légitimes formulées dans ce milieu et les préoccupations des fidèles concernant la liturgie, et de reconnaître enfin leurs propres manquements depuis le Concile Vatican II. Parmi ceux-ci figurent l'échec de la réforme liturgique et des efforts œcuméniques et interreligieux, qui n'ont pas conduit à l'unité dans la vérité, mais plutôt à un déclin sans précédent de la vie de foi des catholiques (connaissance rudimentaire de la foi et participation active malheureusement faible ; rejet de la morale sexuelle de l'Église et de pans essentiels de son credo). Il convient également de souligner la relativisation, historiquement inédite, au sein même de l'Église, de la médiation absolue et de la nécessité du salut par Jésus-Christ et son Église. Un simple coup d'œil à l'Allemagne suffit : les partisans du Chemin synodal ne représentent désormais qu'un programme social de gauche, étranger à la foi de l'Église, mais bien plus conforme aux valeurs du monde, et qui, idéologiquement, se passe parfaitement de Jésus-Christ. En effet, l'Antéchrist vient de nos propres rangs, ce qui prouve qu'il n'a jamais vraiment appartenu aux nôtres. Ces personnes et leurs hérésies doivent enfin être dénoncées et excommuniées avant qu'elles ne détruisent complètement le corps du Christ.
Nous ne pouvons qu'espérer que le Pape et les cardinaux, lors des prochains consistoires, reconnaîtront enfin la réalité désastreuse de l'Église catholique et trouveront le courage d'entreprendre de véritables réformes et clarifications. Parmi ces dernières, je n'inclus pas la synodalité proclamée par le pape François, qui n'a absolument rien fait pour la foi des catholiques ni pour mettre fin aux abus au sein de l'Église. Personne dans l'Église ne s'oppose à l'écoute de Dieu et de son prochain, comme l'écrivait Etty Hillesum : « La part la plus profonde de moi qui écoute la part la plus profonde de vous : Dieu à Dieu ! » Ne confondons pas notre esprit (ce que nous voulons) avec la volonté de Dieu (ce que Dieu veut).[1]
[1] Cf. Cardinal Zen dans son discours de trois minutes au Pape et aux cardinaux lors du dernier consistoire.