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Publié par dominicanus

Andrea Cionci
Codice Ratzinger, l'attacco-autogol del prof Zenone: “Benedetto XVI è sempre stato chiarissimo”. Appunto!

Écrit par Andrea Cionci (27/06/2022) - Traduction française autorisée: père Walter Covens

 

 

La rumeur circulait depuis un certain temps : le professeur Giovanni Zenone, philosophe et directeur de la maison d'édition "Fede e Cultura", allait bientôt publier une vidéo pour réfuter l'enquête de deux ans de l'auteur publiée dans le volume "Codice Ratzinger" (25 mai 2022, édition ByoBlu), actuellement, le deuxième best-seller italien, selon les classements Mondadori et Rizzoli ICI .

 

Nous attendions avec une certaine curiosité trépidante cette "bombe" : après les affirmations savantes telles que "Cionci ciancia" et "Cionci est un imbécile", enfin une personne éduquée et cultivée qui - nous l'imaginions - aborderait le fond de la question canonique, en analysant les écrits du pape Benoît XVI et en offrant une explication alternative à ces incohérences apparentes, construites dans le style du Christ, qui révèlent la réalité de son exil auto-imposé.  

 

Bref, l'affrontement s'annonçait très stimulant et nous nous attendions à une critique serrée de la reconstruction qui met en scène le cas du millénaire et la crise la plus grave pour l'Église depuis le Schisme d'Occident.

 

Eh bien, en écoutant ICI le discours du professeur Zenone intitulé "Le code Ratzinger est-il un canular ?", vous pouvez imaginer la déception mortifère de l'auteur

 

"Ils veulent me mettre dans leur poche", commence-t-il, "pour que je puisse répandre ces IDIOTIES. C'est absolument faux et invraisemblable. Je ne propagerai pas ces BESTIALITÉS. N'écoutez pas ce COMPLOTISME ECCLÉSIAL qui fait "rire les poules".

 

Et ensuite ? C'est tout, la fin, stop. Des arguments sur le fond ? EN-DESSOUS DE ZÉRO. Dix minutes durant lesquelles une superficialité embarrassante, une méconnaissance totale du sujet et une certaine arrogance professorale ont rivalisé, provoquant évidemment une avalanche de commentaires négatifs de la part des utilisateurs.

 

Et pourtant, le professeur nous a donné une perle :

 

"Le pape Benoît a toujours parlé si clairement que même les pierres comprenaient, il n'y a jamais eu de malentendus ; il a toujours parlé de manière à ce que tout le monde comprenne, même les ânes".

 

Excellent. Si le professeur avait daigné lire le livre, ou même seulement quelques articles, il aurait su que cet argument est EXACTEMENT l'un de ceux qui ont suscité ce travail d'investigation. Nous citons un article que nous avons réalisé le 9 janvier ICI :

 

Vous semble-t-il normal qu'un pape très cultivé et rigoureux, devenu trop vieux et désireux de quitter ses fonctions, fasse une déclaration dans un latin cucul plein d'erreurs, puis reste au Vatican, avec son nom de pontife, habillé de blanc, conservant ses armoiries, avec un titre ("émérite") qui n'a aucune jurisprudence, avec une démission programmée, qui n'est ensuite pas confirmée ? Vous semble-t-il normal qu'il continue ensuite à intervenir dans les activités de son successeur, à donner des interviews, à écrire des livres qui vont exactement à l'encontre de l'orientation prise par le pontife en fonction ? Vous semble-t-il normal qu'il parle avec une langue sibylline, répétant pendant huit ans "il n'y a qu'un seul pape" sans jamais dire lequel, même si on le lui arrachait avec des pinces ? Évidemment, il y a quelque chose qui ne va pas, n'est-ce pas ? [... ] Si nous devions croire que Benoît XVI a effectivement abdiqué, nous devrions accepter le fait que ce théologien austère, humble, bien informé, doux et sage s'est soudainement transformé en un vieil homme si extravagant et fou qu'il a écrit des incohérences totales, sans préparation, au point de commettre des erreurs flagrantes en latin, en histoire ecclésiastique et en droit canonique ; vaniteux et nostalgique au point de ne pas vouloir renoncer à certains des ornements de son ancienne dignité papale ; rancunier au point de jeter des millions de fidèles dans la consternation, l'incertitude et l'angoisse ; odieusement envahissant et jaloux au point de saboter le pontificat de son successeur légitime par des interventions continues et non sollicitées. Une folie malveillante, mais un courant alternatif, interrompu par des publications d'une profondeur et d'une lucidité lumineuses, pleines de sagesse et de doctrine. C'est une blague ?"

 

 

Laissons donc de côté les tons méprisants utilisés par le véronais Zenone à propos des "palermitani" (en référence au Père Minutella) et le vide torricellien sur la différence entre "messe invalide" et "messe illicite". Concernant l'importance de la communion avec le pape (le vrai, bien sûr), nous renvoyons le lecteur à un texte du cardinal Ratzinger ICI (NDT : voir ma traduction au bas de cette page).

 

Étant donné que le professeur Zenone a montré qu'il ne connaît rien à la question, nous lui enverrons un exemplaire du livre "Codice Ratzinger" et, avec des excuses pour les tons imprudemment offensifs et méprisants, nous accepterons volontiers, au cas où, des objections sur le fond d'une question qui peut sanctionner la fin de l'Église canonique, visible.

 

Une copie peut-être gaspillée, puisque, comme tous les autres prétendus intellectuels catholiques que nous avons approchés, il est probable que le rédacteur en chef de Fede e Cultura choisira la voie du "silence dédaigneux". C'est un classique de l'intelligentsia "una cum" : ces catholiques-conservateurs qui déversent de la boue toute la journée sur le "pape François", mais malheur à ceux qui remettent en question sa légitimité en tant que pontife. Stimulés alors à débattre, même sur des questions triviales, ils se taisent, comme l'a fait récemment La Nuova Bussola Quotidiana après notre lettre publique ICI .

 

La triste réalité - nous devons vous le dire - est qu'à l'exception de ceux qui ne comprennent tout simplement pas et de ceux qui sont sincèrement enchaînés à l'orgueil de leur propre pudeur intellectuelle, tous les autres ont des intérêts matériels liés à l'Église : ils ne peuvent pas se mettre à dos tel ou tel cardinal ; tel éditeur se retirerait ; puis il y a le beau-frère ou la sœur qui travaille à l'Opus Dei, et ainsi de suite.

 

Ensuite, si l'Église catholique prend fin et qu'un milliard de catholiques suivent un joueur de flûte de Hamelin avec leur religion à eux ICI, c'est un problème secondaire à leur petit jardin : le classique 'tengo famiglia' (NDT : Tengo Famiglia - L'Italia dei Parenti est le titre d'un livre de Carlo Puca, qui traite de l'influence du clan familial dans la société italienne, et qui met en évidence au moins deux problèmes sérieux, celui du mérite, qui est souvent le grand absent, et de l’opportunité refusée à ceux qui n’ont pas de famille proche.).

 

Ainsi, tous ceux-là - qui, eux aussi, veulent garder le pied sur deux étriers, reconnaître le "Pape François", mais dire du mal de lui et discréditer le Saint-Esprit - n'ont aucun scrupule à ignorer la Magna Quaestio, même en sachant que la ligne de succession papale pourrait être interrompue à la mort de Benoît XVI et qu'un prochain conclave illégitime comprenant quelque quatre-vingt-dix pseudo-cardinaux de nomination bergoglienne élira un autre antipape dépourvu du munus, et donc de l'assistance du Saint-Esprit et de l'infaillibilité ex cathedra.

 

De toute façon, "peu importe qui est le pape", comme le dit le rédacteur de Fede e Cultura : peut-être n'y a-t-il eu que 40 antipapes dans l'Église ? Peut-être que le Saint-Esprit ne s'y fera pas, en acceptant d'assister un usurpateur ?

 

Peut-être que si saint Bernard de Clairvaux et sainte Catherine de Sienne avaient écouté le philosophe Zenone, ils se seraient épargné tant d'efforts dans la lutte contre les antipapes qui occupaient illégalement le trône de saint Pierre.

 

***

 

 

Cardinal Ratzinger (1977) : La communion avec le Pape est une communion avec le tout, sans laquelle il n'y a pas de communion avec le Christ (Tiré de "Dieu nous est proche")

 


ÉGLISE DE TOUS LES LIEUX ET DE TOUS LES TEMPS

Célébration en communion avec le Pape

par le Cardinal Joseph Ratzinger

 

(Homélie à l'occasion du dimanche pour le Pape, le 10 juillet 1977, en l'église Saint-Michel de Munich)

 

 

Dans la prière fondamentale de l'Église, dans l'Eucharistie, le cœur de sa vie est non seulement exprimé, mais il s'accomplit jour après jour. L'Eucharistie n'a, dans sa profondeur, à voir qu'avec le Christ. Il prie pour nous, il dépose sa prière sur nos lèvres, car lui seul sait dire : ceci est mon corps, ceci est mon sang. Il nous entraîne dans sa vie, dans l'acte d'amour éternel, dans lequel il se confie au Père, afin que nous nous livrions à notre tour, avec lui, au Père et que nous recevions ainsi Jésus-Christ lui-même comme un don. L'Eucharistie est donc un sacrifice : se confier à Dieu en Jésus-Christ et recevoir ainsi son amour en cadeau.


Le Christ est celui qui donne et est, en même temps, le don : par lui, avec lui et en lui, nous célébrons l'Eucharistie. En elle, ce que dit l'épître d'aujourd'hui est continuellement présent et vrai : le Christ est la tête de l'Église, qu'il acquiert par son sang.


En même temps, dans chaque célébration eucharistique, suivant une très ancienne tradition, nous disons : nous célébrons en communion avec notre Pape... Le Christ se donne dans l'Eucharistie et est présent dans son intégralité, en tout lieu et, pour cette raison, il est partout présent, là où l'Eucharistie est célébrée, le mystère entier de l'Église.
 

Mais le Christ est aussi en tout lieu une seule personne et, pour cette raison, on ne peut le recevoir contre les autres, sans les autres. C'est précisément parce que dans l'Eucharistie se trouve le Christ tout entier, inséparable et indissociable, que l'Eucharistie ne peut être réalisée que si elle est célébrée avec toute l'Église. Nous n'avons le Christ que si nous l'avons avec d'autres. Parce que l'Eucharistie n'a de rapport qu'avec le Christ, elle est le sacrement de l'Église. Et pour cette raison même, elle ne peut être abordée que dans l'unité avec toute l'Église et son autorité.


C'est pourquoi la prière pour le pape fait partie du canon eucharistique, de la célébration eucharistique. La communion avec lui est une communion avec le tout, sans laquelle il n'y a pas de communion avec le Christ. La prière chrétienne et l'acte de foi impliquent d'entrer dans la totalité, de dépasser sa propre limitation. La liturgie n'est pas l'initiative organisationnelle d'un club ou d'un groupe d'amis ; nous la recevons dans sa totalité et nous devons la célébrer à partir de cette totalité et en référence à elle.
 

Ce n'est qu'alors que notre foi et notre prière sont correctement placées, lorsqu'elles vivent continuellement dans cet acte de dépassement de soi, d'auto-expropriation, qui atteint l'Église de tous les lieux et de tous les temps : telle est l'essence de la dimension catholique.
 

C'est de cela qu'il s'agit, lorsque nous dépassons notre propre petite réalité, en établissant un lien avec le Pape et en entrant ainsi dans l'Église de tous les peuples.

 

De Joseph Ratzinger, "Dieu nous est proche.", Editions Parole Et Silence 2016

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