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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

porta fidei

Pour Benoît XVI, la date de sa "démission" a également un lien avec le premier lundi du carnaval (lundi gras) MISE À JOUR

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #Porta fidei, #actualités

 

 

FR. ALEXIS BUGNOLO

LE PAPE BENOÏT XVI RECONNAÎT QU'IL A FAIT UNE BLAGUE DE CARNAVAL AUX CARDINAUX

 

Une fois de plus, l'intrépide Cionci, qui lit l'allemand, a déniché dans la Biographie-Interview officielle du Pape Benoît XVI une autre perle pour faire la lumière sur ce qu'il fait. Pour tous ceux qui exigent que Benoît XVI parle et s'explique, il l'a fait des dizaines de fois. C'est juste que ceux qui sont possédés par le diable, le mondialisme, la franc-maçonnerie et l'orgueil carriériste personnel, ne le voient pas.

 

Mais pour ceux qui admettent encore que la vérité existe et que les mots ont un sens, Cionci se concentre sur ce passage du livre "Les Dernières Conversations" de Peter Seewald.  Faites bien attention aux mots.

 

Seewald : "A l'origine, vous vouliez démissionner dès le mois de décembre, mais vous vous êtes décidé pour le 11 février, le lundi de carnaval, la fête de Notre-Dame de Lourdes. Est-ce que cela une signification symbolique ?"

 

Benoît XVI : "Que ce soit le lundi de carnaval, je n'en AVAIS pas conscience. En Allemagne, cela m'a également posé quelques problèmes. C'était le jour de Notre Dame de Lourdes. La fête de Bernadette de Lourdes, à son tour, coïncide avec mon anniversaire. C'est pourquoi il m'a semblé juste de choisir ce jour-là".

 

Seewald : " La datedonc .... "

 

Benoît XVI : " ...une connexion intérieure, oui ".

 

(...) Cionci, (...) souligne qu'aucun Allemand ne peut ignorer deux choses, que le 11 février 2013 était le jour du Carnaval, et qu'en Allemagne on se fait des blagues les uns aux autres, ce jour-là.

 

Je vais ajouter mon propre commentaire :  Puisque le 11 février commémore la première apparition de Notre-Dame à Lourdes, où elle a révélé son nom céleste, en disant "Je suis l'Immaculée Conception", un nom qui est tout à fait singulier dans toute l'humanité, alors le pape Benoît XVI, le 11 février 2013, a fait quelque chose de tout à fait singulier. De même que Satan a été écrasé par la pureté et la virginité de la Vierge, de même la race de Satan, qui s'est infiltrée dans le Collège des cardinaux, le Collège des évêques et le clergé du monde entier, pourrait être écrasée par sa ruse consistant à renoncer au ministère mais pas au munus, en restant le Pape et en laissant les méchants se faire avoir.

 

Pour ceux qui ont déjà succombé à la critique marxiste, les catholiques ne peuvent pas tromper les méchants, car c'est "injuste" et "malhonnête". Seuls les méchants ont le droit de mentir aux catholiques, les catholiques ont le devoir d'être 100% sincères et de dire toujours la vérité aux méchants, comme de bons petits serviteurs soumis.

 

Pour ceux qui sont des carriéristes dans l'Eglise, mais qui ne se soucient pas de Dieu, un Pape ne peut pas tromper le clergé, parce qu'il est de son devoir de toujours les récompenser et les honorer et de ne jamais les corriger, à moins qu'ils ne soient tous d'accord pour en chasser un ou deux de leur nombre, comme Don Minutella ou tous ces autres prêtres honnêtes après Vatican II qui ont dit que l'Aggiornamento était faux ou du diable.

 

Mais pour les catholiques, nous confessons que lorsqu'une classe entière est si moralement corrompue qu'elle a besoin d'être coupée du corps vivant de l'Église, et qu'elle est prête à s'en couper elle-même, en poursuivant avec abandon l'accaparement du pouvoir qui accompagne une démission papale, même si la démission n'est pas une abdication comme la loi l'exige, il est parfaitement légitime pour le Vicaire de Jésus-Christ d'être discret au point de permettre aux fous, aux idiots et aux méchants de suivre le mauvais chemin, jusqu'à leur propre destruction.

 

Si vous ne l'avez pas encore remarqué, nous vivons la fin des temps. La messe a été suspendue à Pâques et, dans de nombreuses régions du monde, même pendant une année entière. Il y a maintenant des ordres pour commettre quotidiennement des sacrilèges et des blasphèmes à l'église pendant la messe. Le clergé a adhéré à 99 % à cette nouvelle religion d'affrontement satanique avec le Dieu vivant.

 

Et pourtant, certaines âmes déloyalement fières et obstinées insistent encore pour que le Vicaire du Christ soit 100% sincère avec ceux qui sont 100% insincères, et 100% franc avec ceux qui sont 100% tordus.

 

Le Pape Benoît XVI a fait la plus grande blague au Diable dans l'histoire de l'Église après la Pentecôte. Et maintenant, nous, catholiques, avons le droit de rire avec lui de la chute de sa race.

 

Andrea Cionci

Pour Benoît XVI, la date de sa "démission" a également un lien avec le premier lundi du carnaval (lundi gras) 

 


Vous pensez que c'est un titre accrocheur ? Non. C'est exactement ce que c'est : du verbatim. Ce n'est qu'une des nombreuses phrases subtiles, humoristiques mais d'une logique implacable du pape Ratzinger contenues dans "Dernières Conversations", un livre d'entretiens de Peter Seewald paru en 2016.

 

Nous en faisons une copie intégrale :

 

Seewald : "A l'origine, vous vouliez démissionner dès le mois de décembre, mais vous vous êtes ensuite décidé pour le 11 février, le lundi de carnaval, la fête de Notre-Dame de Lourdes. Y A-t-il une signification symbolique ?"

 

Benoît XVI : "Je n'ÉTAIS pas au courant que c'était le lundi de Carnaval. En Allemagne, cela m'a également causé quelques problèmes. C'était le jour de Notre Dame de Lourdes. La fête de Bernadette de Lourdes, à son tour, coïncide avec mon anniversaire. C'est pourquoi il m'A SEMBLÉ juste de choisir ce jour-là".

 

Seewald : "La date A donc .... "

 

Benoît XVI : "... une connexion intérieure, oui".

 

A : indicatif présent (en allemand "hat"). Pourquoi pas "avait" ?

 

Puisque le pape Ratzinger n'a pas corrigé le journaliste, logiquement, si l'italien n'est pas une opinion, la date qu'il a choisie a (en 2016) un rapport intérieur avec :

 

1) Notre Dame de Lourdes,

 2) la fête de Sainte Bernadette,

3) son anniversaire

4) et aussi le premier lundi du carnaval.

 

De la fête allemande - dit-il - il avait en fait pris connaissance IMMÉDIATEMENT APRÈS la déclaration du 11 février, à cause des problèmes qui se posaient en Allemagne : quelqu'un avait en effet pensé que c'était une blague.

 

 

Pour exclure le Carnaval, il fallait poser la question de la manière suivante : "La date AVAIT donc...".

 

La date ne pourrait avoir un lien interne entre les trois premiers facteurs que SI elle est posée à l'imparfait, c'est-à-dire avant qu'il ne prenne conscience de la coïncidence avec le Carnaval.

 

Presque incroyable, d'ailleurs, que Benoît XVI n'ait pas su que le 11 février 2013 serait le premier lundi du Carnaval, le fameux "ROSENMONTAG" allemand qui tombe toujours le lundi avant le Carême.

 

L'échange avec le journaliste semble donc être soigneusement construit pour envoyer un message subtil, voilé, mais très précis. Benoît lui-même ne manque pas de nous faire savoir que, puisque quelqu'un en Allemagne avait pensé qu'il s'agissait d'une blague lorsque la nouvelle de sa "démission" a été annoncée (comme nous l'avons vérifié dans les nouvelles), il était immédiatement conscient d'avoir choisi - de manière inappropriée - ce jour de carnaval. Ainsi, sur un plan logique, la date A aujourd'hui, c'est-à-dire trois ans plus tard, lorsqu'il écrit avec du recul, un lien AUSSI avec le premier lundi de Carnaval. Personne ne pourra dire le contraire.

 

Beaucoup souriront : "Mais oui... ce sont des subtilités... Juste une coïncidence, une distraction...". Certainement : une des nombreuses négligences de cet étrange pape qui était auparavant considéré comme un théologien adamantin et teutoniquement scrupuleux dans le langage et qui, au contraire, à partir de 2013, devenu " moderniste " comme certains le disent, s'est laissé aller à de nombreuses distractions qui, par pure coïncidence, aboutissent toutes à la nullité de sa renonciation à la papauté.

 

Une distraction, comme lorsque Ratzinger a ACCIDENTELLEMENT confondu munus et ministerium dans la Declaratio, les inversant et impliquant ainsi - de manière importante - les canons 124, 332 § 2, 188, 17 du droit canonique qui, selon divers canonistes, rendent sa renonciation invalide ; une distraction comme lorsqu'il a salué le monde depuis Castel Gandolfo à 17:30 heures "oubliant" de confirmer sa renonciation à 20 heures, ce qui la rendait invalide, selon d'autres spécialistes ; tout comme il a oublié d'avoir fait deux grosses erreurs de latin dans la Declaratio au point que trois ans plus tard, il déclara au Corriere qu'il avait écrit sa démission en latin parce qu'il est un excellent latiniste. De même que, par oubli, il ne se souvient pas d'avoir visité la tombe de Célestin V (qui a abdiqué en 1294) en 2009, affirmant qu'"aucun pape n'a démissionné au cours des mille dernières années et que même au cours du premier millénaire, il s'agissait d'une "exception" (6 papes ont démissionné au cours du premier millénaire et 4 au cours du second) et laissant entendre sans équivoque qu'il a démissionné uniquement des fonctions pratiques, mais qu'il n'a absolument pas abdiqué en tant que pape.

 

Autant de distractions dont nous avons abondamment parlé ICI. 

 

Quel serait l'intérêt de cet énième message "cryptique", comme il y en a tant dans "Dernières Conversations" ? Plusieurs spécialistes répètent, sur la base d'éventualités BEAUCOUP PLUS EXPLICITES que ce message, que sa renonciation est complètement invalide, une "vaste blague", et selon toute vraisemblance, le pape Ratzinger l'a volontairement rendue invalide pour se défendre des modernistes qui l'ont forcé à démissionner, puisqu'il n'avait plus aucun pouvoir. En témoigne le fait, rapporté par les médias, que le secrétaire d'État avait torpillé le président de l'IOR, Gotti Tedeschi, sans que Benoît n'en sache rien. La Declaratio invalide - selon ces chercheurs - désormais définitivement reléguée dans l'histoire et le droit canonique, serait donc un piège pour laisser le temps à l'Église moderniste de se défaire, jusqu'à ce qu'on découvre un jour que le conclave de 2013 était complètement invalide.

La preuve juridique de l'avocate Acosta : la démission rendue invalide intentionnellement par le pape Benoît XVI lui-même

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #Porta fidei, #actualités

 

Pour lire l'original italien de l'article d'Andrea Cionci dans Il Libero : Il testo giuridico dell'avvocatessa Acosta: dimissioni rese invalide – apposta - da Benedetto XVI

Pour lire la traduction anglaise du Fr. Bugnolo sur FromRome.Info: NEW BOOK ON BENEDICT’S RENUNCIATION SUSTAINS BR. BUGNOLO’S VIEW

 

 

Introduction par FromRome.Info

 

Dans cet article, Cionci passe en revue le nouveau livre qui prouve que Benoît XVI est toujours le pape. Selon Cionci, la thèse de l'avocat Acosta, avocat de droit civil en Colombie, est la même que celle avancée en premier lieu par le Frère Bugnolo, à savoir que la Renonciation a été écrite avec l'intention précise de tromper la mafia de Saint-Gall et de faire apparaître sa validité aux yeux des fidèles du Christ, à temps, afin d'éviter que la fonction papale ne tombe entre les mains des ennemis de Dieu et de l'humanité. Cionci a résumé la thèse du Frère Bugnolo en anglais ici. - Le livre d'Acosta a été présenté par FromRome.info ici. (NDTR: traduction française ici)

 

TRADUCTION FRANÇAISE (Père Walter Covens)

 

AVERTISSEMENT : Ce qui suit, à première vue, semblera être une sorte de roman de Dan Brown, ou un désordre technico-juridique. Si vous n'êtes pas déjà un lecteur partial et hostile, qui nous reléguera immédiatement parmi les tenants de la théorie de la terre plate, suivez-nous avec un peu d'ouverture d'esprit. Cela en vaut vraiment la peine. Pour notre part, nous allons essayer de simplifier la chose à l'extrême, même avec des exemples "terre à terre".

 

 

Un pape émérite vraiment irritant....


"Il n'y a qu'un seul pape", dit Ratzinger depuis huit ans, mais il n'explique pas duquel il s'agit. Les grands médias essaient de lui faire dire à tout prix que le pape est François, mais ils n'y arrivent pas. Voilà.

 

Bref, ça l'énerve vraiment, ce "pape émérite" : il continue à porter du blanc, à porter le titre de Pontifex pontificum, à donner la bénédiction apostolique, à écrire des livres, à donner des interviews, à parler des questions morales et de la vie de l'Église. Bref, il continue fâcheusement à agir comme s'il était resté pape, bien qu'en retraite spirituelle. Et il n'admet JAMAIS que le seul pape est François. Il dit simplement et de façon sibylline que de pape IL N'Y EN A QU'UN, comme dans sa dernière interview au Corriere : ICI

 

Des provocations capricieuses et inutiles, donc, juste pour envoyer un milliard de catholiques chez le psychanalyste ? Même le Cardinal Pell a compris que Benoît XVI ne peut pas continuer avec ces "bizarreries" ambiguës. Essayons toutefois de nous rappeler qui était Ratzinger : pour certains, il était trop traditionaliste, pour d'autres crypto-moderniste, mais humainement parlant, tout le monde reconnaissait en lui un homme doux et humble, un philosophe rigoureux, un théologien avisé.

 

Alors, serait-il devenu un vieillard extravagant, rancunier et vaniteux ? Réfléchissons.

 

 

La thèse choquante, mais pas trop


Il n'y a qu'une seule hypothèse qui équilibre tous les récits et nous la résumons pour vous en quelques mots : la clé du mystère des deux papes se trouve dans la manière stratégique et intelligente dont Benoît a rédigé une démission spécialement invalidée et dans la façon dont il s'est comporté après cette démission.

 

À CREUSER  !

 

Concentrez-vous sur ce point : même si, au début, cela ressemble à une énigme, il y a une logique à cela, et nous la découvrirons avec ceux qui sont dans le métier.

 

 

Le "motif"


Mais immédiatement, l'objection surgira : pourquoi Benoît aurait-il manigancé tout cela ?

 

Peut-être, comme beaucoup le prétendent, parce qu'il était assiégé par une faction interne (la fameuse mafia de Saint-Gall) et/ou par la pression internationale, comme lorsqu'Obama a bloqué le code Swift des comptes du Vatican : ICI.

 

Selon certains, l'Eglise catholique "à l'ancienne" était le dernier obstacle aux desseins mondialistes et supranationaux visant à créer, en plus du reste, une nouvelle religion syncrétiste et éco-maçonnique. Voilà.

 

Par conséquent, le stratagème de la démission invalide était la seule chose que Ratzinger, laissé seul et entouré de médias hostiles, pouvait faire pour sauver l'Église.

 

Pendant huit ans, par son comportement, Benoît XVI a essayé de nous faire comprendre que le Pape, c'est LUI et SEULEMENT LUI, par des actes et des paroles.

 


Des fantasmes ? Parlons-en.
Le premier texte juridique qui confirme enfin la vérité

 

Cette thèse avait déjà été en partie avancée par nous ici dans un article où nous nous étions intéressés aux étranges fautes de latin de la déclaration de démission de Ratzinger : elles servaient à attirer l'attention sur un document écrit exprès et non valide.

 

Cette fois, pour confirmer l'hypothèse, vient le premier TEXTE JURIDIQUE consacré à la question : "Benoît XVI : Pape "émérite?", un volume de près de 300 pages publié en anglais, espagnol et portugais, également disponible en ebook, par l'avocate colombienne et ancienne professeure universitaire de droit civil et commercial Estefania Acosta.

 

 

Ce qui compte vraiment


Le livre aborde techniquement, toutes les objections qui ont été avancées jusqu'à présent contre l'élection de Bergoglio en 2013 : de l'intervention de la mafia saint-galloise - avec les déclarations retentissantes du Cardinal Danneels - à l'éventuel état d'excommunication de Bergoglio, jusqu'à son appartenance ventilée à la franc-maçonnerie, etc. etc.

 

L'avocat Acosta écarte beaucoup d'entre elles, en réduit certaines et en reconnaît d'autres comme vraies, mais non diriments d'un point de vue juridique.

 

La présentation du livre explique ce qui importe vraiment à Acosta : "C'est le premier livre à offrir, avec une rigueur académique et d'une manière systématique, la preuve canonique que Benoît XVI n'a jamais renoncé validement à la fonction de Pontife Romain et reste donc le seul et unique vrai Pape de l'Eglise Catholique, auquel tous les catholiques doivent allégeance et obéissance sous peine de schisme. En raison de cette irrégularité et d'autres irrégularités précédant et concomitantes à l'élection du cardinal Jorge Mario Bergoglio lors du conclave de 2013, "François" est bel et bien un antipape, c'est-à-dire qu'il occupe illégitimement la Chaire de Pierre et, par conséquent, le reconnaître comme pape est, à tout le moins, un déni objectif de la vérité."

 

 

Enquête sur la manière dont la démission est "construite".


L'avocat Acosta explique la chose comme suit : "Dans le livre, nous montrons comment le texte de la Declaratio écrite par Ratzinger a été soigneusement préparé pour que, dans un premier temps, on ne remarque pas que Benoît XVI ne démissionne pas du tout de la fonction de Pontife. En fait, nous voyons comment, dans les déclarations qui suivent sa démission, Benoît XVI fournira divers indices pour que cette réalité puisse être découverte par une analyse attentive du texte, qui - sans surprise - est plein de fautes de latin pour attirer l'attention. Des indices supplémentaires sont aussi le fait que Benoît continue à porter du blanc (se justifiant par la phrase surréaliste qu'"il n'a plus de soutanes noires dans son armoire" ndlr) ; puis il veut maintenir sa résidence au Vatican, son nom, sa bénédiction apostolique et continue à répéter avec insistance qu'"il n'y a qu'un seul pape" sans préciser lequel...".

 

(... en frappant sa main sur l'accoudoir, comme pour dire "Les nazes !", ndlr).

 

"Attention, poursuit Acosta, la clé de l'invalidité de la démission ne réside pas dans le fait que Benoît a été "forcé". Benoît a agi librement dans le sens où il savait très bien ce qu'il faisait, il savait qu'il continuerait à être le Pape parce qu'il ne démissionnait pas d'ÊTRE le Pape (munus) mais déclarait simplement qu'il renonçait à FAIRE le Pape (ministerium) ou à réaliser (d'ailleurs, seulement une partie) des actions pratiques que le pontife réalise. Et cela invalide sa démission, comme nous le verrons, puisque "être" et "faire" sont indivisibles pour le pape. Pour cette raison, Ratzinger vient, de manière cohérente, de déclarer au Corriere della Sera : "Il y a huit ans, j'ai fait mon choix en pleine conscience et j'ai la conscience droite".

 

Tout était prévu, donc, mais pas dans le sens où les médias conformistes veulent le voir. Probablement, Benoît XVI a suivi cette stratégie pour laisser l'"Église profonde", comme l'appelle Mgr Viganò, se révéler pour ce qu'elle est, et pour ses intentions. Il a adopté la tactique de Bergoglio consistant à "ouvrir des processus et ne pas occuper des espaces" : il a laissé les choses évoluer d'elles-mêmes et sur la conscience progressive des fidèles, puisqu'il ne lui est pas possible de proclamer de manière autonome une vérité qui serait réduite au silence par les gardiens du politiquement correct.

 

 

Le nœud juridique clé mis en évidence par Acosta


Le point clé est qu'on ne peut pas ÊTRE pape SANS ÊTRE AUSSI COMPLÈTEMENT pape parce que munus (être) et ministerium (faire) sont indivisibles, ce que le Secrétaire de la Nonciature Apostolique Mgr Sciacca a également rappelé en 2019, (ed.).

 

Ratzinger déclare dans sa démission - que, puisque l'exercice pratique (ministerium) qui consiste à ÊTRE le pape (munus) lui est devenu pesant, alors il renonce à FAIRE certaines choses en tant que pape (comme "annoncer l'Évangile et gouverner la barque de Pierre"). Cela ne lui a jamais pesé d'ÊTRE le pape. Cela lui pesait seulement de faire certaines des choses pratiques que le pape fait.

 

Mais cette déclaration de sa part n'implique PAS qu'il n'EST plus le pape.

 

Puisque le Munus et le ministerium sont indivisibles, pour qu'il ne soit pas pape, il n'a même pas besoin de faire quoi que ce soit en tant que pape.

 

Vous comprenez ? Si le pape veut démissionner, il ne peut pas garder le munus (l'ÊTRE) et ne renoncer qu'aux choses lourdes du ministerium (le FAIRE). Trop commode. C'est pourquoi la démission de Ratzinger est habilement et consciemment construite comme un non-sens JURIDIQUE.

 

Benoît XVI N'A JAMAIS DÉMISSIONNÉ parce que la démission est INVALIDE et que le Pape EST TOUJOURS LUI, et SEULEMENT LUI puisque, comme tout le monde le répète : le Pape EST - SEULEMENT - UN".

 

Et d'ailleurs, pour preuve, Benoît XVI continue "fâcheusement" à s'habiller en blanc, à se signer Pastor pastorum, etc.

 

Le Cardinal Pell proteste contre sa conduite et les grands médias tentent de le rafistoler, comme ci-dessus.

 

 

Une métaphore banale


Vous avez la tête qui tourne ? C'est compréhensible, mais essayons un exemple plus terre à terre, pour ne pas trop nous stresser. Imaginons un type qui s'appelle Carlo et qui dit :

 

"Tu sais : les choses à faire qui impliquent d'ÊTRE le mari de Lucie sont devenues très lourdes, alors je déclare que je renonce à les faire, donc je NE SUIS plus le mari de Lucie".

 

Cette phrase n'autorise pas Carlo à ne plus ÊTRE le mari de Lucie, même s'il ne fait plus certaines des choses les plus pénibles à faire en tant que mari.

 

Tant qu'il n'y a pas de divorce légal avec perte de tous les droits et devoirs conjugaux, Carlo est le mari de Lucia et elle ne peut pas épouser Franco son nouvel amant.

 

Si Franco prétend être le mari légitime de Lucie, sans que le divorce avec Carlo ait eu lieu, Franco ment et est passible de poursuites.

 

C'est subtil, mais essayez d'aller au tribunal avec votre femme et de vous déclarer déjà divorcés comme le propose Carlo : voyons ce que le juge répondra.

 

 

Conclusions


En résumé, Ratzinger ne s'est pas "accidentellement trompé" en écrivant sa démission, car elle est construite selon une logique juridique qui n'est pas accidentelle ; il continue à être le pape de manière cohérente et à le faire "à moitié", ce qui est juridiquement impossible. Donc s'il dit que le pape est un, il nous dit implicitement que sa démission n'est pas valide et qu'il a été contraint à cet artifice.

 

Or, au-delà de l'aspect technique, où l'on peut s'égarer un instant si l'on n'est pas juriste, le scénario esquissé, aussi incroyable soit-il, fait s'emboîter toutes les pièces du puzzle et, de fait, le docile Benoît - seul vicaire du Logos incarné restant sur terre -, hormis le fait de voiler son langage, a toujours dit la vérité, se comportant de manière cohérente avec sa déclaration et son style d'homme et de religieux. Un tour de passe-passe ? Non. Après tout, il devait faire, ou ne pas faire, quelque chose pour défendre l'Église contre ceux qui faisaient pression pour le renvoyer ? C'est la faute des "autres" si, aveuglés par leur soif de pouvoir, ils n'ont pas réalisé que la Declaratio n'était pas juridiquement valable et constitue, aujourd'hui, pour eux, une sorte de bombe à retardement.

 

Acosta conclut : "Ratzinger est ambigu pour ne pas mentir, sachant que dans certains cas et sous certaines conditions, l'ambiguïté est moralement justifiée. C'est pour cela qu'il ne répond jamais clairement, c'est pour cela que ses réponses sont énigmatiques, c'est pour cela que sa "démission" est tout aussi "codée" : il semblait qu'il renonçait à être le pape mais en réalité, ce qu'il fait c'est "renoncer" à certaines fonctions pratiques qui selon lui correspondent au pape. Et cette "renonciation" fractionnelle, incomplète ou partielle n'est pas valide parce qu'elle va à l'encontre de la loi divine : elle va à l'encontre de l'institution de la papauté qui repose sur une seule tête, ce que Jésus a fait en choisissant seulement Pierre comme pape, et elle va à l'encontre de la plénitude des pouvoirs dont, de droit divin, le pontificat jouit".

 

***

 

Voyons maintenant si certains conservateurs vont prendre la parole, peut-être même en reculant (avec une pincée de bonne volonté) de quelque position granitique et en risquant quelque chose, et voyons si les modernistes bergogliens sauront répondre sur le ton et démonter cette reconstruction.

 

Probablement les habituelles accusations méprisantes de conspiration, les murs d'indifférence, les attaques personnelles, ou peut-être des réponses inutiles du type : "Le pape est le pape" arriveront. Malheureusement, c'est précisément le doute.

 

De telles réactions seraient encore plus contre-productives que les objectifs déjà lourds, les plus récents et égoïstes de la pensée dominante, tous du côté de Bergoglio.

 

Il n'est pas nécessaire d'attaquer, nous sommes ouverts. Qu'il y ait un débat et que le meilleur gagne sur une base technico-juridique, pour autant que l'échange se fasse entre des personnes pertinentes, lucides, intellectuellement honnêtes et intéressées par la Vérité.

LE PAPE BENOÎT XVI A-T-IL REÇU DES INSTRUCTIONS DE ST. HILDEGARDE DE BINGEN POUR SA FAUSSE DÉMISSION ?

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #Porta fidei, #actualités

 

20 JUIN 2021
par le Frère Alexis Bugnolo

Traduction française: père Walter Covens

 

Dans la quête pour comprendre les événements qui ont entouré le 11 février 2013, de nombreux auteurs ont jusqu'à présent exploré presque tous les aspects des événements qui ont précédé et suivi. Mais un événement qui n'a pas encore été exploré pourrait avoir eu une influence cruciale sur la prise de décision du Pape Benoît XVI.

 

Il s'agit de l'événement suivant.

 

Le 7 octobre 2012, quatre mois et quatre jours avant la lecture de sa Declaratio, le pape Benoît XVI a déclaré sainte Hildegarde de Bingen docteur de l'Église.

 

Le fait qu'il ait choisi de le faire le jour de la fête de Notre-Dame des Victoires, alias la fête de Notre-Dame du Rosaire, qui commémorait cette année-là le 441e anniversaire de la victoire catholique à la bataille de Lépante, ne peut être un simple détail administratif.  Non, elle montre que la doctrine et l'enseignement de sainte Hildegarde, pour le pape Benoît XVI, sont intimement associés à la médiation et à l'intervention de la Vierge dans l'histoire.

 

En outre, le 10 mai 2012, au mois de mai, deux jours après la fête de Saint Michel Archange et trois jours avant la commémoration de la première apparition de la Vierge à Fatima, 95 ans auparavant, le pape Benoît XVI a étendu la fête de sainte Hildegarde à toute l'Église, faisant d'elle une sainte de facto.

 

Mais il convient de s'interroger sur la nature exacte de ce lien.

 

 

Qui était sainte Hildegarde de Bingen ?


Saluée même par les laïcs comme la femme la plus érudite du Moyen Âge, sainte Hildegarde est née vers 1098, l'année précédant la prise de Jérusalem par les croisés, sur ordre du bienheureux Urbain II, lors de la première croisade. Elle est morte à l'âge de 81 ans, en 1179, le 17 septembre, environ 7 ans avant la naissance de saint François d'Assise.

 

Sa fête, le 17 septembre, est donc la même que la fête de la stigmatisation de saint François, qui est célébrée ce jour-là, bien qu'elle ait eu lieu le 14 septembre.

 

À l'âge de 14 ans, elle prononça ses vœux de religieuse bénédictine au monastère de Disibodenberg, en 1112. Vingt-quatre ans plus tard, ses collègues moniales l'ont élue abbesse, titre et fonction qu'elle a occupés jusqu'à la fin de sa vie.

 

Sainte Hildegarde était une mystique, c'est-à-dire que dès son plus jeune âge, elle a fait l'expérience de grâces mystiques extraordinaires. La sienne était une participation habituelle à la vision béatifique, c'est-à-dire au niveau inférieur de connaissance des affaires humaines présentes et futures.  Notre Seigneur, en tant qu'Homme, avait aussi cette habitude, mais rares sont les Saints qui ont partagé ce charisme avec Son Humanité Sacrée. L'autre, que je connais, est la Bienheureuse Anna Maria Taïgi, membre du troisième ordre des Trinitaires.

 

Grâce à cette vision habituelle, sainte Hildegarde a pu devenir l'une des femmes les plus érudites de son époque et a écrit sur une grande variété de sujets, même si elle n'en parlait jamais et avait honte que les autres la trouvent étrange si elle admettait l'avoir.

 

 

Les visions de la fin des temps de sainte Hildegarde


Mais le sujet qui semble avoir le plus de rapport avec le pape Benoît XVI est le suivant : elle a écrit plus que tout autre saint de son époque sur l'Antéchrist et sa venue, et semble relater ce qu'elle a vu de l'avenir.  Le fait qu'elle ait fait cela il y a quelque 800 ans ajoute à la crédibilité de ses prophéties, car il est absolument impossible qu'elle ait pu connaître ou deviner les événements de notre époque, par simple sagesse humaine.

 

Pour démontrer la validité de ses pouvoirs de prévision, elle a prédit avec exactitude les événements suivants qui ont secoué le monde catholique :

 

  1. la dissolution du Saint Empire romain germanique
  2. l'abolition des monarchies catholiques par une secte diabolique qui s'est consacrée à la destruction de l'Église
  3. La perte des États pontificaux et le confinement des papes dans un petit territoire à Rome avec un certain nombre de petites juridictions dispersées autour.
  4. La révolution industrielle, au cours de laquelle l'approvisionnement en nourriture, en médicaments et en lois saines améliorera la vie quotidienne des pauvres dans le monde entier.
  5. L'émergence d'un empire mondial dirigé par les rois d'Angleterre.
  6. La montée d'États-nations dirigés par leurs propres leaders qui ne sont pas des monarques.

 

Ces prophéties sont contenues dans son traité sur l'Antéchrist, dans la partie III, Vision 5, de son œuvre monumentale, le Livre des œuvres divines, ou Liber Divinorum Operum.

 

Mais ce qu'elle dit de l'Antéchrist est complètement stupéfiant, et A. J. Baalman, qui a un exemplaire de ce livre en main, et moi-même, en discuterons dans une série d'émissions sur Ordo Militaris Radio, cette semaine.

 

 

Sainte Hildegarde a prophétisé les deux Papes


Mais pour l'instant, je ne veux parler que d'une seule de ses prophéties, dont personne n'a parlé jusqu'à présent : la prophétie de 2 papes, dont l'un serait un serviteur trompé de Satan et un antipape.

 

Cette prophétie est fondée dans le livre cité, dans l'édition publiée par la Catholic University Press, à la page 464, n. 29, et les mots en sont les suivants :

 

Prenez garde aussi que personne ne vous dispose à être trompé en quelque circonstance que ce soit par des actes illusoires ou fantaisistes. Car ce n'est que lorsque le temps sera venu où la sublimité de l'Église aura été dilapidée et la foi de la vérité écrasée sous les pieds - c'est ce que l'on entend par la révolte qui se produira au temps du fils maudit dont la mère est impure, puisqu'elle ne sait pas de qui elle (ici commence la p. 465) a conçu - alors sera révélé celui qui sera l'homme du péché, car il sera entièrement infusé dès le début par le péché, de sorte que, pécheur, il collectionnera et ensuite se vantera de ses péchés. ...
... En effet, au temps du fils de la perdition, la foi, qui a déjà perdu sa force, sera renversée et affaiblie. Car celui qui garde la sublimité de l'Église en Dieu et qui tient la foi droite garde quelque chose de grand, car c'est par ces choses qu'il entrera dans le royaume céleste. Mais celui qui ne garde pas la foi ne garde rien, car il ira à la perdition.

 

Je vais donner ici un exposé, ou une explication.

 

Lorsque sainte Hildegarde de Bingen parle de l'avenir, elle le fait de manière très abrégée, en mettant l'accent sur les vertus et les vices. Bien qu'elle parle dans l'ordre chronologique, elle s'intéresse ainsi davantage aux causes spirituelles.

 

Dans ce passage, elle utilise une phrase qu'il faut bien comprendre pour dégager le sens de son texte. Il s'agit de l'expression "sublimité de l'Église". En latin, ce qui est sublime est ce qui est le plus exalté, le plus haut et le plus supérieur. En tant que tel, c'est un terme qui fait référence à l'ordre suprême de la dignité dans une mesure ou une fonction quelconque.

 

Ainsi, dans un sens, ce terme peut faire référence à la nature exaltée de la vertu ou de la grâce de l'Église. Mais dans un autre sens, il peut se référer à la plus haute fonction hiérarchique, celle de la papauté.

 

Dans le passage ci-dessus. Sainte Hildegarde explique le texte de la Lettre de Saint Paul dans sa Seconde Lettre aux Thessaloniciens, chapitre 2, versets 2 à 4, qui concerne la propre prophétie de Saint Paul concernant l'Antéchrist et sa venue. Ainsi, puisque sainte Hildegarde commente ce passage précis de saint Paul, nous pouvons être sûrs qu'elle fait référence à la fin des temps et qu'elle ne se contente pas de commenter la corruption de l'Église à tout moment.

 

Ainsi, dans ce sens, lorsque la Sainte parle de "la sublimité de l'Eglise" qui "a été dilapidée et la foi de la vérité écrasée sous les pieds", on peut comprendre qu'elle parle de la saisie de la fonction papale, puisque dilapider une chose, c'est faire un mauvais usage d'une chose précieuse, et que tous ceux qui n'ont aucun droit sur une chose, en font un mauvais usage dans la mesure où ils l'utilisent sans avoir le droit de la détenir, de la posséder et de l'exercer.

 

La Sainte établit ensuite un lien avec la grande révolte dont parle saint Jean dans l'Apocalypse, lorsque la queue du Dragon frappera dans le ciel un tiers des étoiles qui s'y trouvent - un passage que les Pères de l'Église rapportent à l'apostasie massive du Clergé à la fin des temps.

 

Or, c'est ce que nous avons vu précisément au cours de ces 8 années et plus manifestement au cours de ces 15 derniers mois. Parce que tout le clergé a suivi l'antipape, en étant trompé volontairement ou non par des menteurs, qui sont les fils du Dragon.  En effet, dans les exorcismes, Satan a appelé les francs-maçons ses "enfants bien-aimés", et donc les francs-maçons de la Hiérarchie peuvent à juste titre être compris comme étant sa queue. En outre, à la demande de Bergoglio, tout le clergé du monde a cessé d'offrir la messe publique, ce qui est le signe des temps de l'antéchrist prédit par le prophète Daniel lorsqu'il parle de la cessation des sacrifices publics.

 

Et la vérité de la Foi a très certainement été écrasée sous les pieds pendant cette période où Bergoglio a dilapidé la sublimité de la Foi.

 

Puis, après avoir parlé de l'Antéchrist et de sa mère, la Sainte parle clairement de notre époque, lorsqu'elle dit : "Au temps du fils de la perdition, la foi, qui a déjà perdu sa force, sera renversée et affaiblie". - C'est une description très précise de l'ère post-Vatican II.  Le verbe "renverser" signifie "renverser" ou "frapper", et c'est clairement ce que Vatican II a fait. Et l'Aggiornamento a clairement affaibli la foi partout.

 

Ensuite, elle parle de 2 papes, le vrai et le faux.  D'abord du vrai :

 

Car celui qui garde la sublimité de l'Eglise en Dieu et tient la foi droite garde quelque chose de grand, car c'est par ces choses qu'il entrera dans le royaume céleste.

 

Elle parle ici, à mon avis, du pape Benoît XVI, qui, en tant que pape, se trouve au sommet de l'ordre hiérarchique terrestre de l'Église. Il garde la bonne foi, pas la fausse prêchée par d'autres, et garde quelque chose de grand, c'est-à-dire le munus pétrinien. Et sa douce souffrance de la persécution et de l'emprisonnement comme Pape, lui méritera le salut éternel.

 

Mais ensuite elle parle de l'antipape :

 

Mais celui qui ne garde pas la foi ne tient à rien, car il ira à la perdition.

 

Ici, en identifiant Bergoglio avec le masculin singulier, "celui qui" et "ne garde pas la foi" - comme cela est évident pour tous ceux qui croient - ne détient PAS le munus pétrinien, ("ne tient à rien"), et ira à la damnation pour son usurpation.

 

 

Le Pape Benoît XVI et Sainte Hildegarde


Il est clair que le pape Benoît XVI était conscient que la foi avait été gravement affaiblie et endommagée après Vatican II. En fait, il en a parlé précisément le 14 février 2013, trois jours seulement après avoir lu sa Declaratio.

 

Il a déclaré Sainte Hildegarde Docteur de l'Église, pour laquelle nous pouvons être certains qu'il avait non seulement lu ces paroles de la Sainte que nous venons de lire, mais qu'il les appréciait au plus haut point.

 

Enfin, en tant que théologien ayant écrit de nombreux articles sur le munus pétrinien, en tant que chose détenue, et le ministère pétrinien en tant que chose à faire, nous pouvons dire avec une forte probabilité que le Pape Benoît XVI a pu comprendre ce même passage de la manière que j'ai proposée, comme faisant référence à un temps futur dans lequel il y aurait 2 papes. L'un avec le Munus Pétrinien et la Foi Catholique qui a été promis par Dieu à travers St. Hildegarde au salut éternel, et l'autre sans le Munus et la Foi, qui irait à la perdition.

 

Ainsi, en déclarant Sainte Hlidegarde de Bingen Docteur de l'Eglise en la fête de Notre Dame des Victoires, le Pape Benoît XVI envoie-t-il un signe au monde catholique tout entier - dans cette distinction entre munus et ministerium, d'un Pape qui reste fidèle et conserve le premier, et d'un faux Pape qui n'a ni l'un ni l'autre - qu'il a trouvé dans ses écrits le grand stratagème par lequel il renversera l'œuvre de la franc-maçonnerie ? de la démasquer au monde entier ? de protéger la Sainte Mère l'Église dans sa vérité, et de la séparer du collège corrompu de cardinaux et d'évêques qui s'est attaqué aux enfants et aux fidèles pendant de nombreuses décennies ?

 

Étant donné que le pape Benoît XVI, en tant que théologien, était un ferme partisan de la nécessité pour l'Église à la fin des temps de se séparer de l'Église de l'Antéchrist, cette possibilité semble être quelque chose que nous ne pouvons plus ignorer.

LE CARDINAL BURKE DOUTE DE LA VALIDITÉ DE LA RENONCIATION DE BENOÎT XVI

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #Porta fidei, #actualités

Article en anglais par le Frère Alexis Bugnolo

Traduction française : Père Walter Covens

 

 

Mardi de la neuvaine de Pentecôte, 2021. -_- Comme les lecteurs de FromRome.Info le savent, le cardinal Burke a exprimé ses doutes sur la validité de la renonciation du pape Benoît XVI lors d'une visite au diocèse de Phoenix, Arizona, USA, en 2016, selon le témoignage personnel d'un monseigneur de ce diocèse, qui jusqu'à présent n'a pas voulu s'exprimer à ce sujet, mais qui a parlé avec un lecteur de FromRome.Info.

 

Mais maintenant, je peux confirmer de mes sources ici à Rome, que le cardinal Burke doute effectivement de la validité de la renonciation et ce depuis février 2013 !

 

Dans une affaire aussi grave que la démission incomplète ou douteuse d'un Pontife romain, notre devoir en tant que catholiques, qui ont reçu le don du Saint-Esprit dans le sacrement de confirmation, est de ne pas cacher de tels doutes mais d'en parler ouvertement. En effet, c'est une grave violation du devoir d'un homme de Dieu, que dans une matière qui touche au salut de milliards d'âmes, qu'il soit réticent ou silencieux ou qu'il conçoive une discrétion qu'il serait vertueux de faire ainsi.

 

Ceci est d'autant plus vrai que les principes mêmes du droit (ius) enseignent que l'on ne doit pas présumer que le droit d'autrui a cessé : de iuris cessione non presumat ! Ce principe est affirmé au canon 21, qui dit : "Dans le doute, la révocation d'une loi préexistante n'est pas présumée" (In dubio revocatio legis praeexistentis non presumat). Elle est renforcée par le canon 124 §2, qui dit que les actes juridiques qui sont posés de manière régulière selon les normes du droit doivent être présumés valides : par conséquent, s'il y a une divergence prima facie entre le texte de l'acte et la norme du droit, il est licite de présumer qu'il est invalide.  Ceci est encore confirmé par le Code de 1983, dans les canons 40 et 41, qui concèdent le droit à un sujet de douter de la validité d'un acte administratif qui est, respectivement, soit nullus (qui n'est pas un acte administratif), soit contient une circonstance ou un détail indu. -- Il s'agit là d'une marge d'appréciation importante et remarquable. -- Ainsi, dans le cas de l'homme qui est le Pape, en renonçant, s'il ne remplit pas objectivement les conditions du canon 332 § 2, on peut licitement et légitimement douter qu'il ait renoncé. -- Et je suppose que c'est là le raisonnement de la position de Burke.

 

En fait, je peux affirmer que, selon mes sources, le doute du Cardinal Burke est fondé sur le fait que Joseph Ratzinger a renoncé au ministerium et non au munus de la fonction papale. - Cela fait de lui l'un des tout premiers à le faire, selon l'histoire.

 

Je peux en outre affirmer que, selon mes sources, le cardinal Burke a parlé à de nombreuses personnes de ses doutes, non seulement en février 2013, mais aussi avant et après le Conclave de 2013.

 

Pour cette raison, je peux avec une grande probabilité supposer, maintenant, que la raison pour laquelle le Vatican ne tolérera pas ou n'entrera pas dans une discussion sur l'invalidité de la Renonciation est précisément parce que la Mafia de Saint-Gall craint qu'une telle discussion ou enquête trouve que Benoît XVI est le vrai pape et que le Conclave de 2013 est anti-canonique en raison de la renonciation incomplète.

 

C'est pourquoi, par amour pour le Christ et son Église, je demande maintenant à tous les membres de la hiérarchie sacrée, à tous les canonistes et théologiens, et à tous les clercs, religieux ou laïcs, qui en savent plus sur ces questions de parler ouvertement de ce qu'ils savent et de cesser cette prétention vaine et destructrice à la discrétion.

 

Tous les fidèles ont le grave devoir solennel de rester en communion avec le vrai pape, et de se soumettre à lui, selon l'enseignement magistériel du pape Boniface VIII dans Unam Sanctam. En conséquence, chaque membre de l'Église catholique A LE DROIT DIVIN de savoir qui est le vrai pape. Le silence ou la discrétion qui entrave ce droit EST UN CRIME GRAVE CONTRE LA COMMUNION DES SAINTS !

 

Enfin, je souhaite présenter publiquement mes excuses à Son Éminence, le cardinal Burke, pour avoir critiqué publiquement et en privé son silence ou son manque de volonté de reconnaître l'invalidité de la renonciation. J'ai eu tort d'interpréter mon manque d'information sur sa position comme quelque chose de plus que cela.

Andrea Conci, L'exemple du coucou : pourquoi "un pape mort n'en fait pas un autre". Un pape élu de manière invalide ne bénéficie pas de l'assistance du Saint-Esprit.

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #Porta fidei

Je propose à mes lecteurs ma traduction française de l'article d'Andrea Conci publié en italien sur son blog de Libero Quotidiano ce 13 mai 2021. 

 

 


Alors que le schisme de fait avec l'Église allemande est en train de se consommer - à cause des bénédictions de couples homosexuels par une centaine de prêtres jusqu'à présent non sanctionnés - il y aurait une question de fond à se poser : si un pape n'abdique pas, celui qui prend sa place n'est pas assisté par le Saint-Esprit.

 

Il y a quelques jours, il est apparu que le pape Benoît a écrit dans le livre "Dernières Conversations" de Peter Seewald, en référence à sa propre démission : "Aucun pape n'a démissionné depuis mille ans et même au premier millénaire, c'était une exception". Puisque 6 papes ont démissionné au cours du premier millénaire et 4 au cours du second, il est évident que le mot "démission", pour Ratzinger, ne peut être compris comme une "abdication". En fait, il a lui-même déclaré qu'il ne renonce qu'au ministerium, aux fonctions pratiques, (quelque chose de connu, qui passe pour une coquille) mais conserve le munus, le titre de pape. La comparaison historique revient : au premier millénaire, seul le pape Benoît VIII a renoncé au ministerium et non au munus, à cause d'un antipape.

 

Nous avons écrit à ce sujet ICI

 

Jusqu'à présent, personne n'a été en mesure de fournir des explications alternatives. Quoi qu'il en soit, une déclaration clé comme celle-ci, pour l'instant, a disparu, tout comme tant d'autres discrétions sans précédent sur lesquelles nous avons enquêté ICI (NDTR : traduction française ici)

 

 "Mais, au bout du compte, qu'est-ce que ça change ?" se demandent beaucoup de gens, amenés à croire que la question de la validité de la renonciation est une question de "cheveux blancs", une disquisition académique-juridique stérile pour les fans incurables du pape Ratzinger qui ne veulent pas accepter les "réformes" de François.

 

Malheureusement, il est nécessaire de rappeler un concept désagréable : au-delà du fait que François peut être plus ou moins aimé, selon les propensions de chacun, si Benoît XVI n'a pas abdiqué, le pape est toujours Ratzinger (bien que dépourvu de fonctions pratiques) et le conclave de 2013 est invalide. Ainsi, François est un antipape et - théologiquement -NE PEUT ËTRES ASSISTÉ PAR LE SAINT-ESPRIT. Ergo, 1,285 milliards de catholiques partent tranquillement "vagabonder", en suivant un cardinal qui n'est pas le pape.

 

Cette situation ne devrait-elle pas être quelque peu troublante pour ceux qui sont les "bergers des âmes" ? Pourtant, y a-t-il un ecclésiastique qui ait montré des signes de curiosité, surtout face aux dernières acquisitions ? Un débat s'est-il instauré ?

 

Non. Silence. Des "buissons qui roulent dans le désert". Comme si rien ne s'était passé. Et pourtant, ces questions ont été reprises par les plus grands vaticanistes italiens, comme Aldo Maria Valli et Marco Tosatti, très suivis dans la sphère religieuse.

 

Ignorer la question n'est pas fructueux, non seulement parce que le silence est aussi une forme de communication, mais aussi parce qu'il y a le risque de ne pas identifier le destin exterminateur vers lequel est projeté le clergé qui veut rester juste un peu catholique.

 

Nous allons essayer d'illustrer cela par une comparaison tirée du monde naturel.

 

Tout le monde connaît le coucou, cet oiseau grisâtre qui a l'habitude de pondre un œuf dans le nid d'autres oiseaux, par exemple les moineaux. Lorsque l'œuf du coucou éclot, le poussin jette les autres œufs hors du nid, prétendant être le bébé habituel des moineaux en se faisant nourrir par les parents adoptifs qui ne se doutent de rien. Mais c'est un oiseau d'une autre espèce : de ce nid sortira non pas un moineau, mais un coucou, qui donnera naissance à d'autres coucous.

 

Donc, (l'argument est valable pour les croyants) si le pape Benoît n'a pas abdiqué, la succession papale a été interrompue pour toujours (telle que nous la connaissons). C'est-à-dire qu'un conclave invalide, celui de 2013, a mis un "coucou" sur le trône, un étranger à "l'espèce pétrinienne" élu SANS l'assistance du Saint-Esprit.  

 

Il n'y aura jamais un autre pape catholique au Vatican. Environ 80 cardinaux invalides, nommés par un pape invalide, ne seront pas en mesure d'élire un vrai pape ; toute la ligne de succession de Bergoglio sera constituée d'antipapes qui NE SERONT PAS INFAILLIBLES ex cathedra, NI ordinairement ASSISTÉS PAR LE SAINT-ESPRIT.

 

Un antipape n'a pas, en effet, cette "garantie de qualité" spéciale qui vient du Ciel, (c'est du moins ce que dit la doctrine catholique).

 

En outre, la voie empruntée par Bergoglio n'est pas exactement celle du traditionalisme le plus strict, et le dernier épisode, en Allemagne, de bénédictions à ce que la doctrine rapporte comme l'un des "quatre péchés qui crient vengeance au Ciel" montre à quel point les instances et les questions seront de plus en plus étouffantes pour le clergé catholique orthodoxe qui sera confronté à des choix inéluctables.

 

La dynamique réformiste-moderniste est, comme on le voit, spiraloïde, implosive : si l'Esprit Saint ne "veille" pas, il arrivera un moment où les innovations - ou omissions - doctrinales de la nouvelle Église obligeront prêtres, évêques et cardinaux à faire un choix définitif de terrain.

 

Bientôt, de nombreux clercs seront acculés : pour eux, au-delà d'un certain seuil de compromis, il ne sera plus possible de descendre et ils ne pourront plus rester en communion avec François. Et alors - paradoxalement - ce seront eux qui seront expulsés de l'Église, excommuniés, jetés dans le vide comme les œufs des moineaux poussés par le coucou.

 

Un "petit reste catholique" devra donc se réorganiser "dans les catacombes", comme l'a prédit le pape Ratzinger, abandonnant le Vatican, les basiliques, les églises, les palais, les couvents, les musées et les trésors.  

 

C'est pourquoi il n'est pas commode de faire l'autruche et d'ignorer le problème.

 

Le seul moyen de se sauver ? Celle d'identifier à temps le coucou comme étranger à la "couvée pétrinienne", c'est-à-dire de reconnaître que l'excommunicateur potentiel n'a pas le droit d'excommunier parce qu'il n'est pas le vrai pape.

 

ET LE NŒUD FONDAMENTAL EST DE VÉRIFIER SI LE PAPE BENOÎT A ABDIQUÉ OU NON. La clé de tout se trouve dans cet acte juridique.

 

Il est donc inutile de faire l'imbécile, de contourner les problèmes : si le clergé véritablement catholique ne veut pas être définitivement expulsé du "Nid de Saint Pierre", il doit demander au Pape Benoît une clarification publique MAINTENANT - avec une conférence de presse au-dessus de tout soupçon - avant qu'il ne soit trop tard.

 

Sinon, nous ferions mieux de commencer à repeindre les catacombes.

CIONCI RÉPOND À LA QUESTION DE VALLI : POURQUOI BENOÎT XVI AURAIT-IL DÉMISSIONNÉ INVALIDEMENT?

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #Porta fidei, #actualités


* 07.05.2021


Après l'article d'il y a quelques jours (traduit en quatre langues) sur un message sans équivoque de Benoît XVI identifié dans "Dernières conversations" (Seewald-Ratzinger 2016), de plus en plus de personnes sont convaincues que Ratzinger non seulement n'a jamais abdiqué, mais qu'en 2013 il a délibérément organisé une démission invalide, comme le soutient également la juriste Estefania Acosta dans son livre "Benoît XVI : pape émérite ?

 

 

(NDTR: On parlait de démission invalide depuis 2013, mais seulement l’année dernière, sur Libero, a été publiée la thèse du Frère Alexis Bugnolo qui montrait pour la première fois que les erreurs latines insérées dans la Déclaration de "démission » avaient été insérées par le pape, non pas par hasard, mais pour attirer l’attention sur une abdication qui n’a jamais eu lieu : ANDREA CIONCI: LE CAS ETRANGE DE LA RENONCIATION DE BXVI. UNE NOUVELLE EXPLICATION. Dès lors, il y a eu une émergence continue d’indices de plus en plus évidents et palpitants sur le fait que toute l’opération aurait pu être organisée à dessein par Ratzinger, une hypothèse qui a culminé dans le livre de la juriste Estefania Acosta, Benoît XVI : pape émérite?.)

 

L'ensemble de l'opération "Plan B" a été "reconstruit" (NDTR: traduction française ici) , en ordonnant des faits et des documents et, même ceux qui n'étaient pas convaincus, n'ont cependant pas été en mesure de le contester en apportant des arguments qui pourraient fournir une explication alternative aux faits rapportés. Et ceci, pour l'instant, constitue un problème auquel s'ajoute le fait que ni les démentis, ni - chose étrange à dire - les attaques personnelles qui sont une réaction typique dans ces cas, ne sont venus.  Mais nous sommes confiants.

Pour les observateurs intellectuellement honnêtes, une dernière hésitation demeure avant tout :

 

"Oui, d'accord, mais pourquoi Ratzinger aurait-il préparé tout cela ?".

 

Nous en avons parlé sur le blog Duc in Altum d'Aldo Maria Valli qui nous a gentiment accueillis. Honneur au collègue faisant autorité qui aborde au moins la question en permettant - espérons-le - un débat équitable dans lequel des arguments solides et opposés sont apportés.

 

En attendant, nous pourrions nous arrêter aux faits - qui sont suffisants et avancent - mais, cependant, nous pouvons déjà hasarder quelques hypothèses sur les raisons pour lesquelles Benoît XVI aurait donné au peuple catholique huit ans de vacances (au sens large du terme) avec une démission spécifiquement invalide.

 

Depuis au moins 2500 ans, un moment de grande crise est annoncé pour l'Église, avec une prise de pouvoir par des forces dites anti-christiques. Nous avons l'avènement d'un "berger idolâtre" (le prophète Zacharie dans l'Ancien Testament), d'un "faux prophète" (Apocalypse de saint Jean), d'une "fausse église extravagante" (la bienheureuse Katharina Emmerich), d'un "siège de l'Antéchrist à Rome" (Notre-Dame de la Salette), d'un "évêque vêtu de blanc" (Fatima), d'un "pape de l'église de propagande" (Fr. Julio Meinvielle), de "la fumée de Satan est entrée dans l'Eglise" (Paul VI), d'une "épreuve finale avec l'apostasie de l'intérieur" (Art. 675 du Catéchisme de 1992), d'une "Anti-Eglise et d'un anti-évangile" (St. Jean Paul II) de "Satan au sommet de l'Eglise" (Don Stefano Gobbi) ...

 

En bref, la possibilité d'un coup d'État anti-christique n'est certainement pas nouvelle et est connue dans l'Église depuis un certain temps. Nous signalons également le récent roman d'un prêtre, Don Sabino Decorato, qui s'intitule "GOLPE IN VATICAN". Ils ont écrit à ce sujet sur Stilum Curiae.

 

Donc nous voulons croire que le card. Ratzinger et Saint Jean-Paul II étaient restés inertes sans préparer un plan "B", une urgence ?

 

Déjà en 1983, ils ont élaboré (peut-être par anticipation ?) la diversification "hypnotique" entre munus et ministerium de la fonction papale : si efficace qu'aujourd'hui encore, même les experts, parfois, s'y perdent. Sur Libero, nous avons émis l'hypothèse qu'il pourrait s'agir d'un "mécanisme de miroir entre le vrai et le faux" inspiré par la vision dans le miroir de "l'évêque vêtu de blanc" des enfants bergers de Fatima.

 

Par conséquent, si l'on considère que les attaques (documentées) de la mafia de Saint-Gall provenaient de l'intérieur de l'Église, et si l'on suppose qu'elles étaient l'expression de ce qui a été prophétisé depuis 2000 ans, d'un point de vue stratégique, le meilleur système de réaction pour le pape Ratzinger ne pouvait certainement PAS être celui d'une CONTRAPOSITION FRONTALE ET ASYMÉTRIQUE. Peut-on imaginer - comme l'auraient voulu certains sédévacantistes - Benoît XVI en 2005, avec le monde entier qui le dépeint comme un pape sinistre, obscurantiste et rétrograde, décidé à faire pleuvoir les excommunications sur les modernistes, à suspendre par ci, à mettre dehors par là ? Absurde.

 

Cela aurait été un suicide politique : il n'aurait fait que renforcer la propagande de ses ennemis, à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église, se condamnant lui-même, mais aussi préparant, peut-être, en réaction, une succession légale avec un pape moderniste.

 

Lorsque Mgr Viganò identifie le Concile comme la racine de la dérive actuelle, il n'a pas tort et, certainement, en 2013, la métastase du modernisme néo-arien-luthérien, (avec une homosexualité du clergé désormais endémique) avait désormais atteint un état qui exigeait une décision drastique. Vatileaks avait même mis en évidence une guerre féroce entre les factions et avait même allégué des plans pour éliminer physiquement le Pape.

 

Lorsque le moment est arrivé, Benoît XVI a probablement tiré le "levier d'urgence" sans hésitation, volontairement, en toute bonne conscience.  La manière la plus intelligente, la plus efficace et la moins sanglante de réagir était celle d'une retraite (un mot qu'il utilise souvent), pas avant d'avoir "miné" le terrain d'invasion ennemi. Dans les études stratégiques, cela s'appellerait un "plan de déception" avec "retraite élastique" et "fausse cible". 

 

Il faut sortir d'une vision irénique et doucereuse d'une Église tout en roses et en fleurs : il y avait et il y a toujours un GUERRE féroce et totale. Et Benoît, malgré son apparence douce et fragile, s'est révélé être un super-combattant.

 

Ratzinger a nourri les loups qui l'assiégeaient du "L'APPÂT" du ministerium en leur faisant croire que cela équivalait à une abdication et, se retirant dans un rôle de prétendu pape émérite, il a préservé le munus, donnant aux forces ennemies au sein de l'Église un temps d'expérimentation, pour se révéler, afin que le peuple catholique puisse comprendre de près le vide et le contenu théologiquement destructeur du modernisme maçonnique asservi au globalisme. 

 

Les fidèles ont dû voir l'idole païenne trônant à Saint-Pierre, la "Madone métisse, secours des migrants", les bouleversements doctrinaux, les modifications politiquement correctes du missel, la rosée ésotérico-maçonnique dans la prière eucharistique, et mille autres inversions inouïes de la saine doctrine. 

 

L'Église, esclave du "monde", amie des avorteurs et des homosexualistes, devait être révélée, les catholiques devaient toucher le fond, comme le fils prodigue, ils devaient finir par "être des porcs" avant de prendre conscience et de revenir dans la maison ... du Pape.

 

En 2013 - si l'on s'en souvient - personne, parmi les intellectuels, les théologiens, les vaticanistes et les simples fidèles n'était aussi exaspéré, ni animé d'un "zèle héroïque". Personne n'aurait risqué sa carrière, des prêtres se seraient fait excommunier, comme don Minutella et don Bernasconi, pour n'en citer que quelques-uns, et des groupes de résistance se seraient coagulés comme dans une "nouvelle croisade des pauvres". Personne n'aurait compris la réalité et accepté les vérités de la foi catholique s'il n'avait pas été exaspéré, scandalisé, outragé, épuisé par le nouveau cours des choses.

 

Ratzinger savait comment les choses allaient se passer, et il avait tout sécurisé : sa démission n'était absolument pas valable et on le découvrirait au fur et à mesure que les différents Enzo Bianchi imploseraient d'eux-mêmes, que la " fausse Église " se noyait dans de féroces conflits internes, dans des scandales financiers et sexuels, dans des gaffes grotesques et des contradictions patentes.

 

Et la démission de Benoît serait à jamais invalide, même après sa mort. Un plan définitif pour séparer le bon grain de l'ivraie.

 

Risqué ? Pour l'instant - à l'heure où nous écrivons ces lignes - le plan a fonctionné, du moins dans sa première partie. Son jeu a été découvert, huit ans trop tard, mais la vérité - jusqu'ici incontestée et peut-être indiscutable - de certains faits fait le tour du monde. Et Benoît XVI est toujours vivant et lucide, mais précisément le problème subsistera même à son départ.  

 

Il est entendu que l'Eglise est sur le point d'être définitivement purifiée, au prix d'un SCHISME, cette fois-ci utile et nécessaire, aussi douloureux soit-il. Nous en avons parlé en février et, après avoir été assaillis de critiques, aujourd'hui personne ne parle d'autre chose. La différence, c'est qu'avant le schisme, on pouvait se mettre d'accord, aujourd'hui, avec la question de la bénédiction des couples homosexuels, on en est venu aux mains : mors tua, vita mea. Le dernier affrontement porterait précisément sur la sexualité et la famille, comme l'ont prédit divers mystiques.

 

 

Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre pour voir si ce sont les traditionalistes ou les modernistes qui quitteront l'Église (en tant que siège). 

 

Et le pivot de tout cela est, une fois de plus, l'invalidité de la démission de Benoît XVI.

 

Si Ratzinger ne démissionne pas, Bergoglio, ses cardinaux, ses théologiens, ses nominations, ses innovations doctrinales disparaîtront dans un souffle, comme la poussière dans le vent, "brûlés eschatologiquement" par le droit canonique. Ils formeront, tout au plus, une nouvelle "Église maçonnique", luthérienne et mondialiste, et rejoindront les protestants européens. Ils deviendront sans objet d'ici quelques années, comme toutes les églises protestantes.

 

Sinon, si personne n'aura la force de vérifier la démission, ce sera à l'Église romaine d'abandonner le siège, de quitter les cathédrales, les basiliques, les églises, les abbayes, les couvents et les palais, de reprendre au moins la foi, comme saint Athanase, de retourner dans les catacombes, comme l'a également prédit Ratzinger.

 

En tout cas, ce sera un schisme purificateur, à espérer, dira-t-on. En effet, nous sommes non seulement en présence de deux RELIGIONS DIFFÉRENTES, mais aussi complètement ANTI-THÉTIQUES qui ne peuvent plus coexister.

 

Maintenant, à ce stade, les évêques et les cardinaux ne devraient pas nécessairement faire un choix décisif de terrain, comme beaucoup l'invoquent. Ce n'est pas encore nécessaire. Il leur suffirait de demander une clarification, de manière neutre, une OPÉRATION DE VÉRITÉ sur la "démission" de Benoît XVI.

 

Si Bergoglio n'est pas le pape, il ne pourrait certainement pas excommunier un cardinal qui a demandé la vérification de l'abdication - ou de la renonciation - de Ratzinger, à moins qu'il ne sorte du bois.

 

Dans ce cas, se demander pourquoi Benoît XVI ne parle pas directement et spontanément n'a aucun sens : il ne serait pas libre, mais plutôt un "otage" de l'antagoniste.

 

Ce qu'il faut donc, pour dissiper toute ombre, c'est une CONFÉRENCE DE PRESSE PUBLIQUE de Benoît XVI avec des garanties médicales et de sécurité. Ou une confrontation publique entre canonistes, ou un synode avec des cardinaux nommés avant 2013. Une opération de transparence absolue et rigoureuse devrait être d'abord dans l'intérêt de Bergoglio, s'il est le vrai pape, et aussi de son successeur, étant donné que l'ombre de la renonciation de Benoît XVI assombrirait même un futur pontife.

 

Bien sûr, cette fois-ci, on ne peut pas s'en sortir avec les titres de Vatican News  avec des petites lettres rapportées par tel ou tel et jamais montrées dans l'original, ou en appelant l'habituel journaliste d'un quotidien pro-Bergoglio qui interprète à sa façon des paroles d'une ambivalence raffinée.

 

La vérité de l'opération devra être claire, nette, au-dessus de tout soupçon et définitive. Et ensuite, quand on aura compris quelle faction devra "faire ses valises", chacun ira droit devant soi, et tout le monde sera heureux.

 

L'histoire révélera de manière "darwinienne" laquelle des deux églises était la vraie.

 

*Dans la photo d'en-tête : Etude du portrait d'Innocent X par Francis Bacon - Portrait de Benoît XVI par Natalia Tsarkova


 

"Aucun pape n'a démissionné depuis 1000 ans...". Benoît XVI explique qu'il n'a jamais abdiqué

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"Aucun pape n'a démissionné depuis 1000 ans...". Benoît XVI explique qu'il n'a jamais abdiqué

Si un pape n'abdique pas, il ne peut y avoir de nouveau conclave. Bergoglio serait invalide.

Nous n'aurions pas deux papes, mais un "demi-pape" : un pape sans exercice concret du pouvoir.

 

par Andrea Cionci, Libero Quotidiano, 4 mai 2021

Traduction autorisée du père Walter Covens

 

"Il n'y a qu'un seul pape", répète Benoît XVI depuis huit ans, sans jamais expliquer duquel il s'agit.

 

 

"Il n'y a qu'un seul pape", répète Benoît XVI depuis huit ans, sans jamais expliquer duquel il s'agit. Au sujet de sa démission qui fait débat, beaucoup demandent, avec impatience : "S'il est toujours le pape, pourquoi ne le dit-il pas ouvertement ?"

 

Peut-être ne le peut-il pas, mais nous avons repéré un texte où Ratzinger explique que, si avec la Declaratio de 2013 il a démissionné, renonçant à son "ministerium", ses fonctions pratiques, à l'inverse il n'a pas du tout abdiqué son "munus", le titre divin de pape. (Les mots sont importants : démissionner, c'est abandonner ses fonctions, abdiquer, c'est renoncer au titre de souverain).

 

Des "légalismes cléricaux" ennuyeux, comme le dit Bergoglio ? Non. Il s'agit d'un énorme problème - qui est soigneusement évité dans le débat public - car si un pape vivant n'abdique pas son munus en se dépouillant complètement, un autre conclave ne peut être convoqué. Toujours d'un point de vue théologique, le Saint-Esprit ne dirige pas l'élection du pape lors d'un conclave illégitime, ni ne l'assiste. Le "pape François" n'aurait donc jamais existé, il ne serait qu'un "évêque vêtu de blanc", comme dans le troisième secret de Fatima, et personne d'autre dans sa ligne de succession ne serait un vrai pape. Il vaut donc la peine de s'y intéresser.

 

Mais venons-en au document : à la page 26 de "Dernières conversations" (Fayard 2016), un livre-interview de Peter Seewald, le journaliste demande à Benoît XVI : " Avec vous, pour la première fois dans l'histoire de l'Église, un pontife dans l'exercice plein et effectif de ses fonctions a démissionné de son "office". Y avait-il un conflit intérieur autour de cette décision ?".

 

Réponse du pape Ratzinger : "Ce n'est pas si simple, bien sûr. Aucun pape n'a démissionné depuis mille ans et même au premier millénaire, c'était une exception : une telle décision doit donc être longuement réfléchie. Pour moi, cependant, cela semblait si évident qu'il n'y avait pas de conflit intérieur douloureux".

 

UNE AFFIRMATION ABSURDE, si l'on prend le mot "démission" dans le sens qu'il a dans le langage courant : au cours des mille dernières années (1016-2016), pas moins de quatre papes ont renoncé au trône (dont le célèbre Célestin V, en 1294) et, au cours du premier millénaire de la papauté (33-1033), il y en a eu six autres. Peut-être Ratzinger ne connaît-il pas bien l'histoire de l'Église ?

 

Sa phrase a, au contraire, un sens parfaitement cohérent si l'on comprend que "démissionner" du ministerium - comme l'a fait Ratzinger - ne signifie pas du tout "abdiquer" le munus. Cela peut même être le contraire. La distinction - vaguement (et peut-être intentionnellement) hypnotique ICI - entre munus et ministerium a été formalisée au niveau canonique en 1983, mais il est utile à Benoît XVI de faire passer un message très clair : lui, en effet, ne nous parle pas des papes qui ont abdiqué, mais de ceux qui ont démissionné comme lui, c'est-à-dire ceux qui ont perdu le ministerium, les fonctions, SANS ABDIQUER.

 

Tout concorde : l'"exception" du premier millénaire dont parle Ratzinger est celle de BENOÎT VIII, connu sous le nom de THÉOPHYLACTE DE TUSCULUM qui, évincé en 1012 par l'antipape Grégoire VI, en fuite, dut renoncer au ministerium pendant quelques mois, mais ne perdit pas du tout le munus de pape, au point d'être ensuite rétabli sur le trône par le saint empereur Henri II. Au cours du deuxième millénaire, cependant, aucun pape n'a jamais renoncé au seul ministerium, tandis que quatre pontifes ont, au contraire, abdiqué, renonçant au munus.

 

Consulté sur la question historique, le professeur Francesco Mores, professeur d'histoire de l'Église à l'université de Milan, confirme : "Il y a bien cette différence entre le premier et le deuxième millénaire. La jonction décisive est la réforme "grégorienne" (de 1073). Bien qu'en conflit avec les pouvoirs séculiers, les papes du deuxième millénaire ont toujours maintenu un minimum d'exercice pratique de leur pouvoir (c'est pourquoi ils n'ont pas renoncé au ministerium (note de l'éd.), à la différence de très rares cas dans le premier millénaire : Pontien, Silvère, mais surtout Benoît VIII".

 

Benoît XVI nous dit clairement qu'il a dû renoncer au ministerium comme son ancien prédécesseur homonyme et qu'aucun d'eux n'a jamais abdiqué le munus.

 

Si ce n'était pas le cas, comment Ratzinger pourrait-il affirmer qu'en démissionnant comme il l'a fait, aucun pape n'a démissionné au cours du deuxième millénaire et qu'au cours du premier millénaire, il s'agissait d'une exception ?

Aucune échappatoire.

 

 

Une autre confirmation vient de l'autre livre d'entretiens de Seewald, "Ein Leben", où, à la page 1204, Benoît XVI prend ses distances avec Célestin V, qui a légalement abdiqué au cours du deuxième millénaire (1294) : "La situation de Célestin V était extrêmement particulière et ne pouvait en aucun cas être invoquée comme (mon) précédent".

 

Toujours dans Ein Leben, le mot "abdication" apparaît huit fois - neuf dans l'édition allemande ("Abdankung") - et ne fait jamais référence à Ratzinger, mais uniquement aux papes qui ont abdiqué pour de bon, comme Célestin, ou qui ont voulu le faire sérieusement, comme Pie XII pour échapper aux nazis. Pour Ratzinger, en revanche, il n'est question que de démission ("Rücktritt").

 

Aujourd'hui, nous n'aurions donc pas "deux papes", mais un "demi" pape : seulement Benoît XVI, dépourvu de pouvoir pratique. C'est pourquoi il continue à porter du blanc (mais sans la mozzetta), à se signer P.P. (Pontifex Pontificum), à vivre au Vatican et à jouir inexplicablement d'autres prérogatives pontificales. Y a-t-il d'autres explications ?

 

La question ne peut pas passer à la trappe : 1,285 milliard de catholiques ont le droit de savoir qui est le pape. ICI Peut-être une conférence de presse du pape Benoît, par exemple, ou un synode avec une discussion publique entre les évêques et les cardinaux nommés avant 2013 : la clarification - de manière absolument transparente - ne peut plus être différée.

    

***

 

APPROFONDISSEMENT

 

(Le paragraphe suivant, tiré du blog Stilum Curiae du vaticaniste renommé Marco Tosatti ICI est réservé à ceux qui veulent reconstruire avec plus de détails, mais la lecture peut aussi se poursuivre directement en allant au dernier "aparté" sur les prophéties de la bienheureuse Katharina Emmerich).

 

Répondant à Seewald, à propos de la démission de sa charge, Ratzinger précise aussitôt, en effet : "Ce n'est pas si "simple"", c'est-à-dire que "la charge papale n'est pas "d'un seul tenant"" car en 1983, la distinction a été faite, en droit canonique, entre munus et ministerium, c'est-à-dire entre titre divin et exercice pratique. Certains canonistes bergogliens prétendent que Benoît XVI a démissionné parce que le ministerium et le munus sont inséparables. Bien sûr : ceux-ci ne sont inséparables qu'en tant que " droit initial " du pontife, en ce sens qu'un pape nouvellement élu a, en plus du titre, par nécessité, le droit d'exercer aussi le ministerium, le pouvoir pratique. Cependant, les deux entités ne sont pas équivalentes, ni inséparables, étant donné que si un pape renonce au munus il perd évidemment aussi le ministerium, et vice versa il peut très bien renoncer au ministerium tout en gardant le munus et en restant pape.

 

Un exemple ? Un nouveau père a certes le droit inaliénable d'éduquer son fils, mais s'il ne peut le faire pour diverses raisons, il peut déléguer cette tâche à d'autres. Mais il reste toujours le père.

 

Ratzinger lui-même dans "Dernières conversations" à la page 33 cite l'exemple : "Même un père cesse d'agir comme un père. Il ne cesse pas de l'être, mais il quitte les responsabilités concrètes. Il continue à être un père dans un sens plus profond, plus intime, avec une relation et une responsabilité particulières, mais sans les tâches d'un père".

 

Revenons à la référence historique et nous verrons que les comptes s'additionnent.

 

Ratzinger a ensuite résumé dans sa phrase comment aucun pape n'a abandonné le ministerium (restant ainsi pape à toutes fins utiles) en mille ans (entre 1016 et 2016) alors que, dans le premier millénaire (33-1033), c'était une exception. C'est vrai. Il renonce au ministerium seul comme ces quelques papes du premier millénaire, la différence étant qu'il le fait volontairement. La propre question de M. Seewald le précise : "Avec vous, pour la première fois dans l'histoire de l'Église, un pontife dans l'exercice plein et effectif de ses fonctions a démissionné de sa charge".

 

Et voici l'explication complète du professeur Francesco Mores, professeur d'histoire de l'Église à l'université de Milan : "Il y a effectivement cette différence entre le premier et le deuxième millénaire concernant le fonctionnement de l'institution papale. La jonction décisive est la réforme du XIe siècle, que nous appelons aussi "grégorienne" (par le pape Grégoire VII, évêque de l'Église de Rome de 1073 à 1085) : un renforcement dans un sens hiérarchique du rôle du pape. Avec l'institution d'une première forme de "clergé cardinal", à partir de 1059, les papes ont pu structurer et contrôler certains offices, grâce aussi à la création d'une hiérarchie officielle. Bien qu'en conflit avec les pouvoirs séculiers, les évêques de l'Église de Rome ont toujours maintenu un minimum d'exercice pratique de leur pouvoir, à l'exception de très rares cas au cours du premier millénaire : ceux des papes Pontien et Silvère - qui furent peut-être déposés à l'initiative du pouvoir impérial - et du pape Benoît VIII, qui fut soutenu par Henri II contre l'" antipape " Grégoire, soutenu par la famille romaine des Crescenzi. Élu peut-être en 1012, Benoît VIII ne se trouve pas par hasard au seuil de la transformation de l'institution papale qui s'est produite entre le premier et le deuxième millénaire".

 

En guise de confirmation supplémentaire, le médiéviste Roberto Rusconi écrit dans son livre " Il Gran rifiuto " (Morcelliana 2013) : " Dans les premiers siècles, les renonciations des papes étaient provoquées de manière forcée dans le contexte de la persécution impériale [...] Il s'agissait parfois de renonciations explicites, parfois de suppressions de facto ".

 

Le professeur Agostino Paravicini Baragliani, l'un des plus grands spécialistes de la papauté, ajoute : "[Pour les papes à partir de 1016] il ne me semble pas que le problème de la perte de leur fonction puisse être posé, certainement pas pour les papes qui ont été victorieux".

 

La déclaration de Benoît XVI n'est donc parfaitement correcte que si l'on comprend sa "démission" comme une renonciation au ministerium, sans abdication du munus, comme il l'a en fait écrit dans la Declaratio.

 

Et nous en arrivons à ces "exceptions" de papes qui ont "démissionné" comme Benoît XVI : le pape Pontien (?-235), qui fut déporté en Sardaigne et renonça pendant quelques mois au ministère avant d'abdiquer spontanément et légalement, abandonnant la fonction. Le pape Silvère, (480-537), déporté dans l'île de Patare, qui fut privé du ministerium du 11 mars au 11 novembre 537, jusqu'à ce qu'il abdique volontairement. Le cas le plus significatif concerne un autre Benoît VIII, né Théophylacte II des comtes de Tusculum

 

En 1012, il fut évincé par l'antipape Grégoire VI et contraint de fuir Rome, laissant le ministerium aux mains de son adversaire pendant quelques mois, jusqu'à ce que le saint empereur Henri II fasse justice en évinçant l'antipape Grégoire et en le réinstallant sur le trône de Pierre. Benoît VIII est donc resté TOUJOURS LE PAPE, et s'il a été contraint pendant quelques mois d'abandonner le ministère, il n'a jamais abdiqué.

 

 

En conclusion

Avec sa réponse à Seewald, Benoît XVI a mis noir sur blanc, avec une référence historique sans équivoque, bien que liée à une distinctio de 1983, qu'il a annoncé qu'il renonce au seul ministerium et que, n'ayant pas abdiqué, il est toujours le seul et unique pape. C'est pourquoi il ne cesse de dire qu'il n'y a qu'un seul pape sans expliquer lequel.

 

S'il avait démissionné dans le sens d'"abdiquer", Ratzinger n'aurait jamais pu affirmer que "dans les mille dernières années, aucun pape n'a démissionné", puisqu'il existe le cas bien connu du refus de Célestin V (1294). Et voici, en effet, comme preuve supplémentaire, ce que Ratzinger déclare dans le livre d'entretiens "Ein Leben" de Peter Seewald (2020).

 

Question de Seewald : "En 2009, vous vous êtes rendu sur la tombe du pape Célestin V, le seul pape avant vous à avoir démissionné ; aujourd'hui encore, on s'interroge sur la signification de cette visite. Qu'y avait-il derrière ?"

 

Réponse de Benoît XVI : "La visite à la tombe du pape Célestin V a été en fait un événement fortuit ; de toute façon, j'étais bien conscient du fait que la situation de Célestin V était extrêmement particulière et ne pouvait donc en aucun cas être invoquée comme un précédent".

 

Célestin abdique en effet en écrivant : "... j'abandonne librement et spontanément le pontificat et renonce expressément au trône, à la dignité, à la charge et à l'honneur qu'il comporte".

 

Au lieu de cela, Ratzinger a déclaré "renoncer au ministère(ium) d'évêque de Rome". Ainsi, il conserve la robe blanche et diverses autres prérogatives pontificales car il n'a jamais abdiqué.

 

 

Une dernière considération

En marge, une note à prendre sous bénéfice d'inventaire toujours nécessaire lorsqu'on parle de prophéties, mais aussi de saints et de mystiques reconnus par l'Église. Le langage imagé de ces messages ne se prête pas à des interprétations littérales, mais on ne peut manquer de noter comment dans les prophéties de la mystique Katharina Emmerich, béatifiée par Jean-Paul II, il y a des références qui peuvent être adaptées à l'histoire et à la figure du pape Benoît VIII de Tusculum, dont la "redécouverte", comme nous l'avons vu, pourrait avoir des conséquences perturbatrices.

 

Emmerich note : "J'ai eu une vision du saint empereur Henri II. Je l'ai vu la nuit, seul, à genoux au pied du maître-autel d'une grande et belle église... et j'ai vu la Sainte Vierge descendre seule. Elle étendit sur l'autel une nappe rouge recouverte de lin blanc, plaça un livre incrusté de pierres précieuses et alluma les cierges et la lampe perpétuelle".

 

La mystique fait également référence à une sorte de grand pontife qui viendra remettre les choses en ordre dans l'Église : "J'ai vu un nouveau pape qui sera très strict. Il s'aliénera les évêques froids et tièdes. Il n'est pas romain, mais il est italien. Il vient d'un endroit qui n'est pas loin de Rome, et je crois qu'il vient d'une famille pieuse de sang royal. Mais pendant un certain temps encore, il y aura beaucoup de conflits et d'agitation." (27 janvier 1822).

 

La figure d'un pape fort et sauveur se retrouve également dans le message de Notre Dame du Bon Succès, reconnu par l'Eglise, (apparition de 1594 à Quito). "Nombreux seront les facteurs qui coopéreront à la vengeance de Marie et à la restauration de l'Église et de la chrétienté, mais un seul, décisif, est énoncé par la Vierge : le rôle qu'aura un homme privilégié, un "grand prélat".

 

Or, c'est l'empereur Henri II qui a remis sur le trône le vrai pape Benoît VIII, Théophylacte des comtes de Tusculum, seigneurs féodaux de Tusculum, à quelques kilomètres de Rome.

 

Théophylacte était un descendant d'un autre pape, Jean XII de Tusculum, et était apparenté à Hugues de Provence, roi d'Italie de 926 à 947 : peut-être était-il donc de sang "royal" ?

 

Benoît VIII fut un pape très ferme : il s'engagea dans la mer Tyrrhénienne contre les Sarrasins, soutint les révoltes anti-byzantines en Italie du Sud, condamna la simonie et... réaffirma le célibat du clergé. Cela vous semble familier ?

 

On pourrait aussi fantasmer que Notre-Dame arrivant "dans la nuit de l'Église" pour répondre aux prières d'Henri II veuille montrer un cardinal abusivement vêtu de blanc, (le tissu rouge couvert par le lin blanc) et que le livre précieux soit le Code de droit canonique et la lampe, la lumière de la raison ou de la dévotion pour un pape défunt.

 

L'"arrivée" de ce "grand prélat salvateur" serait-elle donc dans la redécouverte de cette référence nodale à Benoît VIII ? D'autres prophéties font référence à une église qui, comme un aigle aux yeux bandés et ligotés, attend d'être libérée pour prendre son envol. Et dans les armoiries de Benoît VIII, on trouve justement un aigle (l'animal de Saint Jean) noir sur un champ d'or.

 

Après tout, vous semble-t-il réaliste que dans les prochaines années, un évêque de sang royal puisse émerger de Bracciano, Marino, Monteporzio ou d'une autre ville proche de Rome ?

 

Évidemment, ce ne sont que des suppositions, et il ne pourrait en être autrement s'agissant des prophéties. Certes, la redécouverte du cas exceptionnel du pape Benoît VIII évoqué par Ratzinger pourrait générer une série de phénomènes en chaîne. Si le grand prélat est Théophylacte, l'histoire nous le dira.

 

Traduction anglaise : https://www.fromrome.info/2021/05/04/pope-benedict-xvi-i-have-not-abdicated/

Traduction espagnole : https://katejon.com.br/.../2021/05/4_5805264602581175211.pdf

Traduction portugaise : https://katejon.com.br/wordpress/?p=1849

Un « Manifeste pour la foi » pour l’Église d’aujourd’hui par le cardinal Müller

dominicanus #Porta fidei

 

S’il y a bien un précurseur de ce « Manifeste pour la foi » du cardinal Gerhard Müller aujourd’hui publié dans le monde entier, c’est le « Credo du Peuple de Dieu » proclamé par Paul VI en 1968.

À l’époque comme aujourd’hui, l’Église était au beau milieu de la tempête et sa propre foi vacillait. Paul VI se sentit le devoir de réaffirmer les socles de la doctrine de l’Église.  Aujourd’hui, c’est le cardinal qui a été préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 2012 à 2017 qui donne publiquement ce témoignage de foi.

Le cardinal Müller s’est décidé à franchir ce pas sur la demande insistante de « Nombreux évêques, prêtres, religieux et laïcs de l’Église catholique » préoccupés par « confusion qui se répand dans l’enseignement de la foi ».

Paul VI avait choisi le « Credo » du concile de Nicée comme trame de son « Credo du Peuple de Dieu ». Quant à lui, le cardinal Müller a choisi de suivre fil conducteur pour ce « Manifeste pour la foi » le Catéchisme de l’Église catholique auquel les numéros entre parenthèses dans le texte font référence.

Depuis son origine, l’Église a été éprouvée dans les fondements de la foi, comme l’apôtre Paul l’écrivait à Timothée (2 Tm 4,3-5) :

« Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. Ils refuseront d’entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques. Mais toi, en toute chose garde la mesure, supporte la souffrance, fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère ».

Dans le « Manifeste » qui va suivre, le cardinal Müller a voulu accomplir aujourd’hui ce mandat que l’apôtre a confié à son disciple.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

*

Manifeste pour la foi

« Que votre cœur ne soit pas bouleversé » (Jn 14, 1)

Face à la confusion qui se répand dans l’enseignement de la foi, de nombreux évêques, prêtres, religieux et fidèles laïcs de l’Eglise catholique m’ont demandé de rendre témoignage publiquement à la vérité de la Révélation. Les Pasteurs ont l’obligation de guider ceux qui leur sont confiés sur le chemin du Salut. Cela n’est possible que si cette voie est connue et qu’ils la suivent. A ce sujet, voici ce que l’Apôtre affirme : « Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu » (1 Co 15, 3). Aujourd’hui, beaucoup de chrétiens ne sont même plus conscients des enseignements fondamentaux de la foi, de sorte qu’ils risquent toujours plus de s’écarter du chemin qui mène à la vie éternelle. Pourtant, la mission première de l’Eglise est de conduire les hommes à Jésus-Christ, la Lumière des nations (cf. Lumen Gentium, 1). Une telle situation pose la question de la direction qu’il faut suivre. Selon Jean-Paul II, le « Catéchisme de l’Église catholique » est une « norme sûre pour l’enseignement de la foi » (Fidei Depositum, IV). Il a été publié pour renforcer la fidélité de nos frères et sœurs chrétiens dont la foi est gravement remise en question par la « dictature du relativisme ».

1.  Le Dieu unique et trinitaire, révélé en Jésus-Christ

La confession de la Très Sainte Trinité se situe au cœur de la foi de tous les chrétiens. Nous sommes devenus disciples de Jésus, enfants et amis de Dieu, par le baptême au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. La distinction entre les trois Personnes dans l’unité du même Dieu (254) établit une différence fondamentale entre le christianisme et les autres religions tant au niveau de la croyance en Dieu que de la compréhension de ce qu’est l’homme. Les esprits se divisent lorsqu’il s’agit de confesser Jésus le Christ. Il est vrai Dieu et vrai homme, conçu du Saint-Esprit et né de la Vierge Marie. Le Verbe fait chair, le Fils de Dieu, est le seul Rédempteur du monde (679) et le seul Médiateur entre Dieu et les hommes (846). Par conséquent, la première épître de saint Jean présente celui qui nie sa divinité comme l’Antichrist (1 Jn 2, 22), puisque Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est de toute éternité un seul et même Etre avec Dieu, son Père (663). La rechute dans les anciennes hérésies, qui ne voyaient en Jésus-Christ qu’un homme bon, un frère et un ami, un prophète et un moraliste, doit être combattue avec une franche et claire détermination. Jésus-Christ est essentiellement le Verbe qui était avec Dieu et qui est Dieu, le Fils du Père, qui a pris notre nature humaine pour nous racheter, et qui viendra juger les vivants et les morts. C’est Lui seul que nous adorons comme l’unique et vrai Dieu dans l’unité du Père et de l’Esprit Saint (691).

2.  L’Eglise

Jésus-Christ a fondé l’Église en tant que signe visible et instrument du Salut. Cette Eglise est réalisée dans l’Église catholique (816). Il a donné une constitution sacramentelle à son Église, qui est née « du côté du Christ endormi sur la croix » (766), et qui demeure jusqu’au plein achèvement du Royaume (765). Le Christ-Tête et les fidèles de l’Eglise en tant que membres du Corps, constituent le « Christ total » (795) ; c’est pourquoi l’Église est sainte, parce que le seul et unique Médiateur a constitué et soutient continuellement sa structure visible (771). Par l’Eglise, l’œuvre de la Rédemption du Christ est rendue présente dans le temps et dans l’espace dans la célébration des sacrements, en particulier dans le Sacrifice eucharistique, la Sainte Messe (1330). Par l’autorité du Christ, l’Église transmet la Révélation divine qui s’étend à tous les éléments qui composent sa doctrine, « y compris morale, sans lesquels les vérités salutaires de la foi ne peuvent être gardées, exposées ou observées » (2035).

3.  L’ordre sacramentel

L’Église est le sacrement universel du Salut en Jésus-Christ (776). Elle ne brille pas par elle-même, mais elle reflète la lumière du Christ qui resplendit sur son visage. Cette réalité ne dépend ni de la majorité des opinions, ni de l’esprit du temps, mais uniquement de la vérité qui est révélée en Jésus-Christ et qui devient ainsi le point de référence, car le Christ a confié à l’Église catholique la plénitude de la grâce et de la vérité (819) : Lui-même est présent dans les sacrements de l’Église.

L’Église n’est pas une association créée par l’homme, dont la structure serait soumise à la volonté et au vote de ses membres. Elle est d’origine divine. « Le Christ est Lui-même la source du ministère dans l’Église. Il l’a instituée, lui a donné autorité et mission, orientation et finalité » (874). L’avertissement de l’Apôtre, selon lequel quiconque annonce un Evangile différent, « y compris nous-mêmes ou un ange du ciel » (Ga 1,8), est toujours d’actualité. La médiation de la foi est indissociablement liée à la fiabilité de ses messagers qui, dans certains cas, ont abandonné ceux qui leur avaient été confiés, les ont déstabilisés et ont gravement abîmé leur foi. A ce propos, la Parole de la Sainte Ecriture s’adresse à ceux qui ne se conforment pas à la vérité et, ne suivant que leurs propres caprices, flattent les oreilles de ceux qui ne supportent plus l’enseignement de la saine doctrine (cf. 2 Tm 4, 3-4).

La tâche du Magistère de l’Église est de « protéger le peuple des déviations et des défaillances, et lui garantir la possibilité objective de professer sans erreur la foi authentique » (890). Cela est particulièrement vrai en ce qui concerne les sept sacrements. La Sainte Eucharistie est « la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (1324). Le Sacrifice eucharistique, dans lequel le Christ nous unit à son Sacrifice accompli sur la Croix, vise à notre union la plus intime avec le Christ (1382). C’est pourquoi, au sujet de la réception de la sainte Communion, la Sainte Ecriture contient cette mise en garde : « Celui qui mange le pain ou boit à la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du Corps et du Sang du Seigneur » (1 Co 11, 27). « Celui qui est conscient d’un péché grave doit recevoir le sacrement de la Réconciliation avant d’accéder à la communion » (1385). Il résulte clairement de la logique interne du Sacrement que les chrétiens divorcés civilement, dont le mariage sacramentel existe devant Dieu, de même que les chrétiens qui ne sont pas pleinement unis à la foi catholique et à l’Église, comme tous ceux qui ne sont pas aptes à communier, ne reçoivent pas avec fruit la Sainte Eucharistie (1457) ; en effet, celle-ci ne leur procure pas le Salut. Affirmer cela fait partie des œuvres spirituelles de miséricorde.

L’aveu des péchés dans la sainte confession, au moins une fois par an, fait partie des commandements de l’Eglise (2042). Lorsque les croyants ne confessent plus leurs péchés et ne font plus l’expérience de l’absolution des péchés, alors la Rédemption tombe dans le vide, car Jésus-Christ s’est fait homme pour nous racheter de nos péchés. Le pouvoir de pardonner, que le Seigneur ressuscité a conféré aux apôtres et à leurs successeurs dans le ministère des évêques et des prêtres, s’applique autant aux péchés graves que véniels que nous commettons après le baptême. La pratique actuelle de la confession montre clairement que la conscience des fidèles n’est pas suffisamment formée. La miséricorde de Dieu nous est offerte afin qu’en obéissant à ses commandements, nous ne fassions qu’un avec sa sainte Volonté, et non pas pour nous dispenser de l’appel à nous repentir (1458).

« Le prêtre continue l’œuvre de la Rédemption sur la terre » (1589). L’ordination sacerdotale « lui confère un pouvoir sacré » (1592), qui est irremplaçable, parce que par elle Jésus-Christ devient sacramentellement présent dans son action salvifique. C’est pourquoi les prêtres choisissent volontairement le célibat comme « signe d’une vie nouvelle » (1579). En effet, il s’agit du don de soi-même au service du Christ et de son Royaume à venir. Pour conférer les trois degrés de ce sacrement, l’Eglise se sait « liée par le choix du Seigneur lui-même. C’est pourquoi l’ordination des femmes n’est pas possible » (1577). Ceux qui estiment qu’il s’agit d’une discrimination à l’égard des femmes ne font que montrer leur méconnaissance de ce sacrement, qui n’a pas pour objet un pouvoir terrestre, mais la représentation du Christ, l’Epoux de l’Eglise.

4.  La loi morale

La foi et la vie sont inséparables, car la foi privée des œuvres accomplies dans le Seigneur est morte (1815). La loi morale est l’œuvre de la Sagesse divine et elle mène l’homme à la Béatitude promise (1950). Ainsi, « la connaissance de la loi morale divine et naturelle montre à l’homme la voie à suivre pour pratiquer le bien et atteindre sa fin » (1955). Pour obtenir le Salut, tous les hommes de bonne volonté sont tenus de l’observer. En effet, ceux qui meurent dans le péché mortel sans s’être repentis sont séparés de Dieu pour toujours (1033). Il en résulte, dans la vie des chrétiens, des conséquences pratiques, en particulier celles-ci qui, de nos jours, sont souvent occultées (cf. 2270-2283; 2350-2381). La loi morale n’est pas un fardeau, mais un élément essentiel de cette vérité qui nous rend libres (cf. Jn 8, 32), grâce à laquelle le chrétien marche sur le chemin qui le conduit au Salut ; c’est pourquoi, elle ne doit en aucun cas être relativisée.

5.  La vie éternelle

Face à des évêques qui préfèrent la politique à la proclamation de l’Évangile en tant que maîtres de la foi, beaucoup se demandent aujourd’hui à quoi sert l’Eglise. Pour ne pas brouiller notre regard par des éléments que l’on peut qualifier de négligeables, il convient de rappeler ce qui constitue le caractère propre de l’Eglise. Chaque personne a une âme immortelle, qui, dans la mort, est séparée de son corps ; elle espère que son âme s’unira de nouveau à son corps lors de la résurrection des morts (366). Au moment de la mort, la décision de l’homme pour ou contre Dieu, est définitive.

Immédiatement après sa mort, toute personne doit se présenter devant Dieu pour y être jugée (1021). Alors, soit une purification est nécessaire, soit l’homme entre directement dans le Béatitude du Ciel où il peut contempler Dieu face à face. Il y a aussi la terrible possibilité qu’un être humain s’obstine dans son refus de Dieu jusqu’au bout et, en refusant définitivement son Amour, « se damne immédiatement pour toujours » (1022). « Dieu nous a créés sans nous, Il n’a pas voulu nous sauver sans nous » (1847). L’existence du châtiment de l’enfer et de son éternité est une réalité terrible qui, selon le témoignage de la Sainte Ecriture, concerne tous ceux qui « meurent en état de péché mortel » (1035). Le chrétien préfère passer par la porte étroite, car « elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent » (Mt 7,13).

Garder le silence sur ces vérités et d’autres vérités de la foi, et enseigner avec cette disposition d’esprit, est la pire des impostures au sujet de laquelle le « Catéchisme » nous met en garde avec vigueur. Elle fait partie de l’épreuve finale de l’Église et conduit à une forme d’imposture religieuse de mensonge, « au prix de l’apostasie de la vérité » (675) ; c’est la duperie de l’Antichrist. « Il séduira avec toute la séduction du mal, ceux qui se perdent du fait qu’ils n’ont pas accueilli l’amour de la vérité, ce qui les aurait sauvés » (2 Th 2, 10).

Appel

En tant qu’ouvriers envoyés dans la vigne du Seigneur, nous tous avons la responsabilité de rappeler ces vérités fondamentales en adhérant fermement à ce que nous-mêmes avons reçu. Nous voulons encourager les hommes de notre temps à suivre le chemin de Jésus-Christ avec détermination afin qu’ils puissent obtenir la vie éternelle en obéissant à ses commandements (2075).

Demandons au Seigneur de nous faire connaître la grandeur du don de la foi catholique, qui nous ouvre la porte de la vie éternelle. « Car celui qui a honte de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges » (Mc 8,38). Par conséquent, nous nous engageons à renforcer la foi en confessant la vérité qui est Jésus-Christ Lui-même.

Nous, évêques et prêtres, nous sommes plus particulièrement interpellés par cet avertissement que saint Paul, l’Apôtre de Jésus-Christ, adresse à son collaborateur et successeur Timothée : « Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. Ils refuseront d’entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques. Mais toi, en toute chose garde la mesure, supporte la souffrance, fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère » (2 Tm 4, 1-5).

Que Marie, la Mère de Dieu, implore pour nous la grâce de demeurer fidèles à la vérité de Jésus-Christ sans vaciller.

Unis dans la foi et la prière.

Gerhard Cardinal Müller
Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de 2012 à 2017

https://www.diakonos.be/settimo-cielo/

 

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À comparer avec :

 

Il ne dit jamais tout ce qu’il a dans la tête, il le laisse seulement deviner. Il accepte que l’on remette tout en discussion. Ainsi tout devient discutable, dans une Église où chacun fait ce qu’il veut 

Benoît XVI, Les vocations, signe de l’espérance fondée sur la foi, Message pour la journée mondiale de prière pour les vocations

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Le message du Pape pour la journée mondiale de prière pour les vocations a été publié samedi. Elle sera célébrée le 21 avril prochain, quatrième dimanche de Pâques. A l’occasion de cette 50ème édition, Benoît XVI invite à une réflexion sur le thème «Les vocations, signe de l’espérance fondée sur la foi». Un thème qui s’inscrit dans le contexte de l’Année de la Foi et du cinquantenaire de l’ouverture du Concile Vatican II. 
 

Compte rendu d'Olivier Bonnel (Radio Vatican) : >>   

Voici le texte intégral du Message de Benoît XVI :


MESSAGE DU SAINT-PÈRE POUR LA JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS 21 AVRIL 2013 – IVe DIMANCHE DE PÂQUES

Thème: Les vocations, signe de l’espérance fondée sur la foi

Chers frères et sœurs,


En cette 50ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, célébrée le 21 avril 2013, quatrième dimanche de Pâques, je voudrais vous inviter à réfléchir sur le thème: «Les vocations, signe de l’espérance fondée sur la foi», qui s’inscrit bien dans le contexte de l’Année de la Foi et dans le 50ème anniversaire de l’ouverture du Concile Œcuménique Vatican II. Le Serviteur de Dieu Paul VI, pendant l’Assemblée conciliaire, institua cette Journée d’invocations unanimes adressées à Dieu le Père pour qu’il continue d’envoyer des ouvriers pour son Eglise (cf. Mt 9,38). «Le problème du nombre suffisant de prêtres – soulignait alors le Pontife – touche de près tous les fidèles: non seulement parce que l’avenir religieux de la société chrétienne en dépend, mais aussi parce que ce problème est le signe précis et indéniable de la vitalité de la foi et de l’amour des communautés paroissiales et diocésaines particulières, et le témoignage de la santé morale des familles chrétiennes. Là où l’on vit généreusement selon l’Evangile, là jaillissent de nombreuses vocations à l’état clérical et religieux» (PAUL VI, Radio message, 11 avril 1964).


Ces dernières décennies, les diverses communautés ecclésiales répandues dans le monde entier se sont retrouvées spirituellement unies chaque année, le quatrième dimanche de Pâques, pour implorer de Dieu le don de saintes vocations et pour proposer à nouveau à la réflexion de tous l’urgence de la réponse à l’appel divin. Ce rendez-vous annuel significatif a favorisé, en effet, un engagement fort pour mettre toujours plus au centre de la spiritualité, de l’action pastorale et de la prière des fidèles, l’importance des vocations au sacerdoce et à la vie consacrée.L’espérance est attente de quelque chose de positif pour l’avenir, mais qui en même temps doit soutenir notre présent, souvent marqué par les insatisfactions et les insuccès. Où se fonde notre espérance? En regardant l’histoire du peuple d’Israël racontée dans l’Ancien Testament, nous voyons émerger, même dans les moments de plus grande difficulté comme ceux de l’exil, un élément constant, rappelé en particulier par les prophètes: la mémoire des promesses faites par Dieu aux Patriarches; mémoire qui requiert d’imiter l’attitude exemplaire d’Abraham, rappelée par l’Apôtre Paul, «espérant contre toute espérance, il crut et devint ainsi père d'une multitude de peuples, selon qu'il fut dit: telle sera ta descendance» (Rm 4,18). Une vérité éclairante et consolante qui émerge de toute l’histoire du salut est la fidélité de Dieu à l’alliance, dans laquelle il s’est engagé et qu’il a renouvelée chaque fois que l’homme l’a trahie par l’infidélité, le péché, de l’époque du déluge (cf. Gn 8,21-22) à celle de l’exode et de la traversée du désert (cf. Dt 9,7); fidélité de Dieu qui est allée jusqu’à sceller la nouvelle et éternelle alliance avec l’homme, à travers le sang de son Fils, mort et ressuscité pour notre salut.


A tout moment, surtout dans les moments les plus difficiles, c’est toujours la fidélité de Dieu, authentique force motrice de l’histoire et du salut, qui fait vibrer les cœurs des hommes et des femmes et qui les confirme dans l’espérance de rejoindre un jour la «Terre promise». Là se trouve le fondement sûr de toute espérance: Dieu ne nous laisse jamais seuls et il est fidèle à la parole donnée. Pour cette raison, en toute situation, heureuse ou défavorable, nous pouvons nourrir une solide espérance et prier avec le psalmiste: «En Dieu seul repose-toi, mon âme, de lui vient mon espoir» (Ps 62,6). Espérer signifie donc se confier dans le Dieu fidèle, qui garde les promesses de l’alliance. Foi et espérance sont ainsi étroitement unies. «De fait ‘espérance’ est un mot central de la foi biblique – au point que, dans certains passages, les mots ‘foi’ et ‘espérance’ semblent interchangeables. Ainsi, la Lettre aux Hébreux lie étroitement à la ‘plénitude de la foi’ (10, 22) ‘l'indéfectible profession de l'espérance’ (10, 23). De même, lorsque la Première Épître de Pierre exhorte les chrétiens à être toujours prêts à rendre une réponse à propos du logos – le sens et la raison – de leur espérance (cf. 3, 15), ‘espérance’ est équivalent de ‘foi’» (Enc. Spe salvi, n. 2).


Chers frères et sœurs, en quoi consiste la fidélité de Dieu à laquelle nous devons nous confier avec une ferme espérance? En son amour. Lui, qui est Père, répand son amour dans notre être le plus profond, par l’Esprit Saint (cf. Rm 5,5). Et cet amour précisément, manifesté pleinement en Jésus Christ, interpelle notre existence, requiert une réponse sur ce que chacun veut faire de sa propre vie, sur ce qu’il est disposé à mettre en jeu pour la réaliser pleinement. L’amour de Dieu suit parfois des chemins impensables, mais rejoint toujours ceux qui se laissent trouver. L’espérance se nourrit donc de cette certitude : «Et nous, nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru» (1 Jn 4,16). Et cet amour exigeant, profond, qui dépasse la superficialité, nous donne courage, nous fait espérer dans le chemin de la vie et dans l’avenir, nous fait avoir confiance en nous-mêmes, dans l’histoire et dans les autres. Je voudrais m’adresser tout particulièrement à vous les jeunes et vous redire: «Que serait votre vie sans cet amour? Dieu prend soin de l’homme de la création jusqu’à la fin des temps, lorsqu’il mènera à bien son projet de salut. Dans le Seigneur ressuscité nous avons la certitude de notre espérance!» (Discours aux jeunes du diocèse de San Marino-Montefeltro, 19 juin 2011).


Comme il advint dans le cours de son existence terrestre, aujourd’hui encore Jésus, le Ressuscité, marche au long des routes de notre vie, et nous voit plongés dans nos activités, avec nos désirs et nos besoins. C’est justement dans le quotidien qu’il continue de nous adresser sa parole; il nous appelle à réaliser notre vie avec Lui, le seul qui soit capable d’étancher notre soif d’espérance. Aujourd’hui encore, Vivant dans la communauté des disciples qui est l’Eglise, il appelle à le suive. Et cet appel peut nous rejoindre à n’importe quel moment. Aujourd’hui encore Jésus répète: «Viens! Suis-moi!» (Mc 10,21). Pour accueillir cette invitation, il faut ne plus choisir soi-même son propre chemin. Le suivre signifie immerger sa propre volonté dans la volonté de Jésus, lui donner vraiment la priorité, le mettre à la première place par rapport à tout ce qui fait partie de notre vie: la famille, le travail, les intérêts personnels, soi même. Cela signifie Lui remettre notre propre vie, vivre avec Lui dans une intimité profonde, entrer à travers Lui en communion avec le Père dans l’Esprit Saint et, en conséquence, avec les frères et sœurs. Cette communion de vie avec Jésus est le «lieu» privilégié où l’on fait l’expérience de l’espérance et où se réalisera une vie libre et remplie!


Les vocations sacerdotales et religieuses naissent de l’expérience de la rencontre personnelle avec le Christ, du dialogue sincère et confiant avec Lui, pour entrer dans sa volonté. Il est donc nécessaire de grandir dans l’expérience de la foi, comprise comme relation profonde avec Jésus, comme écoute intérieure de sa voix, qui résonne en nous. Ce chemin, qui rend capable d’accueillir l’appel de Dieu, peut advenir à l’intérieur de communautés chrétiennes qui vivent un intense climat de foi, un témoignage généreux d’adhésion à l’Evangile, une passion missionnaire qui conduit au don total de soi pour le Royaume de Dieu, alimenté par la fréquentation des Sacrements, en particulier de l’Eucharistie, et par une fervente vie de prière. Cette dernière «doit, d'une part, être très personnelle, une confrontation de mon moi avec Dieu, avec le Dieu vivant. D'autre part, cependant, elle doit toujours être à nouveau guidée et éclairée par les grandes prières de l'Église et des saints, par la prière liturgique, dans laquelle le Seigneur nous enseigne continuellement à prier de façon juste» (Enc. Spe salvi, n. 34).


La prière constante et profonde fait croître la foi de la communauté chrétienne, dans la certitude toujours renouvelée que Dieu n’abandonne jamais son peuple et qu’il le soutient en suscitant des vocations spéciales, au sacerdoce et à la vie consacrée, pour qu’elles soient signes d’espérance pour le monde. Les prêtres et les religieux, en effet, sont appelés à se donner d’une manière inconditionnée au peuple de Dieu, dans un service d’amour de l’Evangile et de l’Eglise, un service de cette ferme espérance que seule l’ouverture à l’horizon de Dieu peut donner. Ainsi, avec le témoignage de leur foi et avec leur ferveur apostolique, ils peuvent transmettre, particulièrement aux nouvelles générations, le vif désir de répondre généreusement et promptement au Christ qui appelle à le suivre de plus près. Quand un disciple de Jésus accueille l’appel divin pour se dédier au ministère sacerdotal ou à la vie consacrée, se manifeste un des fruits les plus mûrs de la communauté chrétienne, qui aide à regarder avec une particulière confiance et espérance vers l’avenir de l’Eglise et vers sa mission d’évangélisation. 


Cela nécessite toujours en effet de nouveaux ouvriers pour la prédication de l’Evangile, pour la célébration de l’Eucharistie, pour le Sacrement de la Réconciliation. Par conséquent, que ne manquent pas les prêtres zélés, qui sachent accompagner les jeunes comme «compagnons de voyage» pour les aider à reconnaître, sur le chemin souvent tortueux et obscur de la vie, le Christ, Voie, Vérité et Vie (cf. Jn 14,6); pour leur proposer, avec courage évangélique, la beauté du service de Dieu, de la communauté chrétienne, des frères! Des prêtres qui montrent la fécondité d’un engagement enthousiasmant, donnant un sens plénier à leur propre existence, parce que fondé sur la foi en celui qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4,19)! Je souhaite également que les jeunes, au milieu de tant de propositions superficielles et éphémères, sachent cultiver l’attrait pour les valeurs, les buts élevés, les choix radicaux, pour un service des autres sur les pas de Jésus. Chers jeunes, n’ayez pas peur de le suivre et de parcourir les voies exigeantes et courageuses de la charité et de l’engagement généreux! Ainsi vous serez heureux de servir, vous serez témoins de cette joie que le monde ne peut donner, vous serez les flammes vives d’un amour infini et éternel, vous apprendrez à «rendre raison de l’espérance qui est en vous» (1 P 3, 15)!


Du Vatican, le 6 octobre 2012

Benoît XVI, Homélie pour l'ouverture de l'Année de la Foi

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"Vénérés frères
Chers frères et sœurs,

 
"À 50 ans de l’ouverture du Concile Œcuménique Vatican II, c’est avec une joie profonde que nous inaugurons aujourd’hui l’Année de la foi. Je suis heureux de saluer toutes les personnes présentes, en particulier Sa Sainteté Bartholomée I, Patriarche de Constantinople, ainsi que Sa Grâce Rowan Williams, Archevêque de Canterbury. J’ai une pensée spéciale pour les Patriarches et les Archevêques majeurs des Églises orientales catholiques et pour les Présidents des Conférences épiscopales. Pour faire mémoire du Concile, que certains d’entre nous ici présents – et que je salue affectueusement – ont eu la grâce de vivre personnellement, cette célébration est encore enrichie par quelques signes spécifiques : la procession initiale qui rappelle la procession inoubliable des Pères conciliaires lorsqu’ils firent leur entrée solennelle dans cette Basilique ; l’intronisation de l’Evangéliaire, copie de celui-là même qui a été utilisé durant le Concile ; les sept Messages finaux du Concile ainsi que le Catéchisme de l’Église catholique que je remettrai à la fin de la Messe, avant la Bénédiction. Non seulement ces signes nous rappellent le devoir de commémoration qui est le nôtre, mais ils nous offrent aussi l’opportunité de dépasser cette perspective pour aller au-delà. Ils nous invitent à entrer plus avant dans le mouvement spirituel qui a caractérisé Vatican II, pour se l’approprier et lui donner tout son sens. Ce sens fut et demeure la foi en Christ, la foi apostolique, animée par l’élan intérieur qui pousse à annoncer le Christ à chaque homme et à tous les hommes pendant le pèlerinage de l’Église sur les chemins de l’histoire.

 
"La cohérence entre l’Année de la foi que nous ouvrons aujourd’hui et le chemin que l’Église a parcouru depuis les 50 dernières années est évidente : à commencer par le Concile, puis à travers le Magistère du Serviteur de Dieu Paul VI qui, déjà en 1967, avait proclamé une « Année de la foi », jusqu’au Grand Jubilée de l’an 2000 par lequel le Bienheureux Jean-Paul II a proposé à nouveau à toute l’humanité Jésus-Christ comme unique Sauveur, hier, aujourd’hui et pour toujours. Entre ces deux pontifes, Paul VI et Jean-Paul II, existe une convergence totale et profonde précisément au sujet du Christ, centre du cosmos et de l’histoire, ainsi qu’au regard du zèle apostolique qui les a portés à l’annoncer au monde. Jésus est le centre de la foi chrétienne. Le chrétien croit en Dieu par Jésus qui nous en a révélé le visage. Il est l’accomplissement des Écritures et leur interprète définitif. Jésus-Christ n’est pas seulement objet de la foi mais, comme le dit la Lettre aux Hébreux, il est « celui qui donne origine à la foi et la porte à sa plénitude » (He 12,2). 

 
"L’Évangile de ce jour nous dit que Jésus, consacré par le Père dans l’Esprit-Saint, est le sujet véritable et pérenne de l’évangélisation. « L’Esprit du Seigneur est sur moi pour cela il m’a consacré par l’onction et m’a envoyé annoncer aux pauvres une bonne nouvelle » (Lc 4,18). Cette mission du Christ, ce mouvement, se poursuit dans l’espace et dans le temps, il traverse les siècles et les continents. C’est un mouvement qui part du Père et, avec la force de l’Esprit, porte la bonne nouvelle aux pauvres de tous les temps, au sens matériel et spirituel. L’Église est l’instrument premier et nécessaire de cette œuvre du Christ parce qu’elle est unie à Lui comme le corps l’est à la tête. « Comme le Père m’a envoyé, moi-aussi je vous envoie » (Jn 20, 21). C’est ce qu’a dit le Ressuscité aux disciples et, soufflant sur eux, il ajouta : « Recevez l’Esprit Saint » (v. 22). C’est Dieu le sujet principal de l’évangélisation du monde, à travers Jésus-Christ ; mais le Christ lui-même a voulu transmettre à l’Église sa propre mission, il l’a fait et continue de le faire jusqu’à la fin des temps en répandant l’Esprit-Saint sur les disciples, ce même Esprit qui se posa sur Lui et demeura en Lui durant toute sa vie terrestre, Lui donnant la force de « proclamer aux prisonniers la libération et aux aveugles la vue », de « remettre en liberté les opprimés » et de « proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4, 18-19).


"Le Concile Vatican II n’a pas voulu consacrer un document spécifique au thème de la foi. Pourtant, il a été entièrement animé par la conscience et le désir de devoir, pour ainsi dire, s’immerger à nouveau dans le mystère chrétien, afin d’être en mesure de le proposer à nouveau efficacement à l’homme contemporain. A cet égard, le Serviteur de Dieu Paul VI déclarait deux ans après la clôture de l’Assise conciliaire : « Si le Concile ne traite pas expressément de la foi, il en parle à chaque page, il en reconnait le caractère vital et surnaturel, il la répute entière et forte et établit sur elle toutes ses affirmations doctrinales. Il suffirait de rappeler quelques affirmations conciliaires […] pour se rendre compte de l’importance essentielle que le Concile, en cohérence avec la tradition doctrinale de l’Église, attribue à la foi, à la vraie foi, celle qui a pour source le Christ et pour canal le magistère de l’Eglise (Catéchèse de l’Audience générale du 8 mars 1967). Ainsi s’exprimait Paul VI.


"Mais nous devons maintenant remonter à celui qui a convoqué le Concile Vatican II et qui l’ouvrit : le Bienheureux Jean XXIII. Dans son discours inaugural, celui-ci présenta le but principal du Concile en ces termes : « Voici ce qui intéresse le Concile Œcuménique : que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne soit défendu et enseigné de façon plus efficace. (…) Le but principal de ce Concile n’est donc pas la discussion de tel ou tel thème de doctrine … pour cela il n’est pas besoin d’un Concile … Il est nécessaire que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être fidèlement respectée, soit approfondie et présentée de façon à répondre aux exigences de notre temps » (AAS 54 [1962], 790.791-792).


"À la lumière de ces paroles, on comprend ce que j’ai moi-même eu l’occasion d’expérimenter : durant le Concile il y avait une tension émouvante face au devoir commun de faire resplendir la vérité et la beauté de la foi dans l’aujourd’hui de notre temps, sans pour autant sacrifier aux exigences du moment présent ni la confiner au passé : dans la foi résonne l’éternel présent de Dieu, qui transcende le temps et qui pourtant ne peut être accueillie par nous que dans notre aujourd’hui qui est unique. C’est pourquoi je considère que la chose la plus importante, surtout pour un anniversaire aussi significatif que celui-ci, est de raviver dans toute l’Église cette tension positive, ce désir d’annoncer à nouveau le Christ à l’homme contemporain. Mais afin que cet élan intérieur pour la nouvelle évangélisation ne reste pas seulement virtuel ou ne soit entaché de confusion, il faut qu’il s’appuie sur un fondement concret et précis, et ce fondement est constitué par les documents du Concile Vatican II dans lesquels il a trouvé son expression. Pour cette raison, j’ai insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de revenir, pour ainsi dire, à la “ lettre ” du Concile – c’est-à-dire à ses textes – pour en découvrir aussi l’esprit authentique, et j’ai répété que le véritable héritage du Concile réside en eux. La référence aux documents protège des excès ou d’une nostalgie anachronique et ou de courses en avant et permets d’en saisir la nouveauté dans la continuité. Le Concile n’a rien produit de nouveau en matière de foi et n’a pas voulu en ôter ce qui est antique. Il s’est plutôt préoccupé de faire en sorte que la même foi continue à être vécue dans l’aujourd’hui, continue à être une foi vivante dans un monde en mutation. 


"Si nous acceptons la direction authentique que le Bienheureux Jean XXIII a voulu imprimer à Vatican II, nous pourrons la rendre actuelle durant toute cette Année de la foi, dans l’unique voie de l’Église qui veut continuellement approfondir le dépôt de la foi que le Christ lui a confié. Les Pères conciliaires entendaient présenter la foi de façon efficace. Et s’ils se sont ouverts dans la confiance au dialogue avec le monde moderne c’est justement parce qu’ils étaient sûrs de leur foi, de la solidité du roc sur lequel ils s’appuyaient. En revanche, dans les années qui ont suivi, beaucoup ont accueilli sans discernement la mentalité dominante, mettant en discussion les fondements même du depositum fidei qu’ils ne ressentaient malheureusement plus comme leurs dans toute leur vérité.


"Si aujourd’hui l’Église propose une nouvelle Année de la foi ainsi que la nouvelle évangélisation, ce n’est pas pour célébrer un anniversaire, mais parce que c’est une nécessité, plus encore qu’il y a 50 ans ! Et la réponse à donner à cette nécessité est celle voulue par les Papes et par les Pères du Concile, contenue dans ses documents. L’initiative même de créer un Conseil Pontifical destiné à promouvoir la nouvelle évangélisation, que je remercie pour les efforts déployés pour l’Année de la foi, entre dans cette perspective. Les dernières décennies ont connu une « désertification » spirituelle. Ce que pouvait signifier une vie, un monde sans Dieu, au temps du Concile, on pouvait déjà le percevoir à travers certaines pages tragiques de l’histoire, mais aujourd’hui nous le voyons malheureusement tous les jours autour de nous. C’est le vide qui s’est propagé. Mais c’est justement à partir de l’expérience de ce désert, de ce vide, que nous pouvons découvrir de nouveau la joie de croire, son importance vitale pour nous, les hommes et les femmes. Dans le désert on redécouvre la valeur de ce qui est essentiel pour vivre ; ainsi dans le monde contemporain les signes de la soif de Dieu, du sens ultime de la vie, sont innombrables bien que souvent exprimés de façon implicite ou négative. Et dans le désert il faut surtout des personnes de foi qui, par l’exemple de leur vie, montrent le chemin vers la Terre promise et ainsi tiennent en éveil l’espérance. La foi vécue ouvre le cœur à la Grâce de Dieu qui libère du pessimisme. Aujourd’hui plus que jamais évangéliser signifie rendre témoignage d’une vie nouvelle, transformée par Dieu, et ainsi indiquer le chemin. La première Lecture nous a parlé de la Sagesse du voyageur (cf. Sir 34,9-13) : le voyage est une métaphore de la vie et le voyageur sage est celui qui a appris l’art de vivre et est capable de le partager avec ses frères – comme c’est le cas pour les pèlerins sur le Chemin de Saint-Jacques ou sur les autres voies qui ont connu récemment, non par hasard, un regain de fréquentation. Comment se fait-il que tant de personnes ressentent le besoin de parcourir ces chemins ? Ne serait-ce pas parce qu’il trouvent là, ou au moins y perçoivent quelque chose du sens de notre être au monde ? Voici alors la façon dont nous pouvons penser cette Année de la foi : un pèlerinage dans les déserts du monde contemporain, au cours duquel il nous faut emporter seulement ce qui est essentiel : ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent et n’ayez pas deux tuniques – comme dit le Seigneur à ses Apôtres en les envoyant en mission (cf. Lc 9,3) – mais l’Évangile et la foi de l’Église dont les documents du Concile Œcuménique Vatican II sont l’expression lumineuse, comme l’est également le Catéchisme de l’Église catholique, publié il y a 20 ans maintenant.


"Vénérés et chers Frères, le 11 octobre 1962 on célébrait la fête de la Vierge Marie, Mère de Dieu. C’est à elle que nous confions l’Année de la foi, comme je l’ai fait il y a une semaine lorsque je suis allé en pèlerinage à Lorette. Que la Vierge Marie brille toujours comme l’étoile sur le chemin de la nouvelle évangélisation. Qu’elle nous aide à mettre en pratique l’exhortation de l’Apôtre Paul : « Que la Parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres avec une vraie sagesse… Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus Christ, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père » (Col 3,16-17). Amen."

 

 



(Photo : la procession des Cardinaux jeudi matin, avant la messe du Pape à l'occasion du début de l'Année de la foi)

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