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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR 2 968 Articles 1 000 656 Visites 2 502 274 Pages vues

Don Minutella, Fatima et le Troisième Secret

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #actualités, #Évènements
Titolo PIETRO DOVE SEI ? DON MINUTELLA Editore GAMBA ISBN 9788888351681, pp. 206-222. Traduit de l'italien par le Père Walter Covens, avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Titolo PIETRO DOVE SEI ? DON MINUTELLA Editore GAMBA ISBN 9788888351681, pp. 206-222. Traduit de l'italien par le Père Walter Covens, avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Après la LA QUESTION DE LA MESSE « UNA CUM ». PEUT-ON ALLER À LA MESSE EN COMMUNION AVEC FRANÇOIS ?, dont j'ai publié ici ma traduction il y a quelques jours, voici le passage du livre où l'auteur traite de la question du Troisième Secret de Fatima.

À Fatima, de mai à octobre 1917, la Sainte Vierge est apparue à trois enfants sur un chêne vert. Les apparitions ont été reconnues comme authentiques par l'Église. Dans la vision du 13 juillet 1917, après avoir montré l'enfer, la Vierge a donné à Lucie, Jacinthe et François le fameux "troisième secret". Depuis cette date, et jusqu'à nos jours, ce secret caractérise l'histoire que nous vivons dans l'Église.

 

Le traitement du secret, probablement en raison de son contenu exceptionnel, a été mal mené par la hiérarchie. Nous savons avec un certain degré de fiabilité qu'en 1960, la Sainte Vierge a demandé à Sœur Lucie (qui est restée porte-parole du secret jusqu'à sa mort le 13 février 2005) que le pape fasse connaître au monde le contenu du message. Jean XXIII, après avoir lu le troisième secret, a décidé de l'archiver, laissant à son successeur le soin de décider de le faire connaître.

 

A la lecture du secret était présent, entre autres, le Père Malachi Martin, jésuite polyglotte, professeur à l'Institut Biblique Pontifical, collaborateur du Cardinal Augustin Bea, qui, scandalisé par la manipulation maçonnique du secret, a décidé de quitter immédiatement le Vatican et de se réfugier aux États-Unis, d'où il fera connaître le contenu, dans l'interview avec Art Bell, diffusée le 13 juillet 1998, qui concerne, en quelques mots, l'apostasie de la foi, l'avènement d'un faux pape avec une fausse Église, l'avènement de l'Antéchrist, préparé, dans la hiérarchie catholique, par ceux que Sœur Lucie appelle "partisans du diable".

 


Les propos tenus par le père Malachi Martin frappent par leur pertinence. Il déclare : "Certains évêques et prélats, ainsi que leurs assistants, se sont élevés au rang d'anti-Eglise au sein de l'Eglise. Ils ne veulent pas abandonner l'Église. Ils n'ont pas l'intention de se séparer. Ils n'ont pas l'intention d'ébranler l'unité de l'Église. Ils n'ont pas l'intention d'effacer l'Église, mais de la changer selon leurs propres plans ; et c'est jusqu'à ce jour un lieu commun dans leur esprit que leurs plans sont inconciliables avec le plan de Dieu révélé jusqu'à ce jour par le Successeur de Pierre et son autorité magistérielle... Ils sont convaincus qu'ils peuvent réconcilier cette Église et ses ennemis par un "compromis décent", qu'eux seuls comprennent ce qui se passe, et qu'eux seuls peuvent assurer le succès de l'Église du Christ en la compactant avec celle des dirigeants du monde. Mais en créant avec dévotion l'anti-Église au sein de l'Église - du Vatican jusqu'au niveau de la vie paroissiale - ils ont finalement sapé l'unité de l'Église" ("The Keys to this Blood", Simon & Schuster 1990, p.662).

 

Dans l'entretien avec Art Bell, documenté sur les réseaux, le père Martin rend également compte de la réaction de Jean XXIII : "le cardinal qui me l'a montré était présent à la réunion tenue par le pape Jean XXIll en cette année 1960, pour faire connaître à un certain nombre de cardinaux et de prélats ce qu'il entendait faire du Secret. Mais Jean XXIII, le pape Jean XXIll, qui était pape en 1960, ne pensait pas que le secret devait être publié. À cette époque, cela aurait compromis ses négociations en cours avec Nikita Kruschev, le leader de tous les Russes. Il avait aussi un point de vue différent sur la vie et il l'a répété, très succinctement et même avec mépris, deux ans plus tard, à l'ouverture du concile du Vatican, au milieu de son discours du 11 octobre 1962 à Saint-Pierre devant les évêques réunis, rassemblés pour le concile du Vatican, et les visiteurs (l'immense basilique était bondée) ; il s'est moqué, avec arrogance, et s'est opposé à ceux qu'il appelait les "prophètes de malheur". Et personne, dans son propre esprit, n'a été touché par le doute qu'il parlait des trois prophètes de Fatima".

 

Jean XXIII, probablement traumatisé par le contenu du troisième secret (on dit qu'il s'est évanoui), prendra une direction complètement opposée (peut-être par autodéfense), appelant le Concile Vatican II et condamnant les "prophètes de malheur", une allusion claire à Sœur Lucie qui, en fait, dans la période post-conciliaire, subira une délégitimation progressive dans l'Église.

 

Paul VI n'a jamais fait de référence directe au troisième secret. Le traumatisme de son prédécesseur s'était transformé, chez lui, en boycott radical. Et pourtant, dans les accents métis de l'après-Concile, il semble avoir fait explicitement référence au troisième secret, lorsqu'il a parlé de la "fumée de Satan" (29 juin 1972) et d'une saison qui, annoncée comme le printemps, avait introduit dans l'Église un hiver sombre et profond. Paul VI part en 1978, sans que le secret ne soit accepté par l'Église, entre-temps secouée par les premiers drames post-conciliaires.

 

En seulement 33 jours de pontificat, Jean-Paul Ier a été, plus que ses prédécesseurs, lié à Fatima. Il rencontre Sœur Lucie, à la demande de la même religieuse visionnaire, qui lui prophétise un bref pontificat et le martyre. C'est ce qui s'est passé. Le 28 septembre 1978, le pape Luciani est retrouvé mort. Aujourd'hui encore, les soupçons d'un empoisonnement, par la franc-maçonnerie, demeurent.

 

Puis vint le long pontificat de Jean-Paul II, qui a enregistré des hauts et des bas, des contradictions et des ouvertures sensationnelles en ce qui concerne le troisième secret. C'est comme si Wojtyla était attiré, en raison de sa forte dévotion mariale, par le message de Fatima, mais aussi retenu par son entourage (NDTR: en français dans le texte). Après l'attentat sur la place Saint-Pierre, le 13 mai 1981, jour anniversaire de la première apparition de Fatima, auquel Woytjla a miraculeusement survécu, depuis l'hôpital Gemelli, où il était hospitalisé pour les séquelles de l'attentat, il a fait savoir qu'il avait demandé le contenu du troisième secret afin d'en savoir plus. Il a affirmé : "J'ai vu dans tout ce qui s'est passé - je ne me lasserai pas de le répéter - une protection maternelle spéciale de la part de la Vierge. Et par coïncidence - et il n'y a pas de simples coïncidences dans les desseins de la Providence divine - j'ai également vu un appel et, qui sait, une demande d'attention pour le message qui a commencé là il y a soixante-cinq ans, à travers trois enfants". S'ensuit une longue histoire, aussi longue que son pontificat, de déclarations, d'attitudes, de déplacements, de décisions et de gestes qui sont attestés par une masse impressionnante de documents, sans équivalent dans l'histoire de la papauté et qui, pourtant, n'ont en rien résolu le mystère du troisième secret, bien au contraire, ils l'ont épaissi. Il se rendit à Fatima en mai 1982, pour remercier la Sainte Vierge d'être resté en vie, mais subit, peu avant la messe, au pied de l'autel, une nouvelle attaque d'un prêtre espagnol du nom de Juan María Fernández y Krohn qui, avec une baïonnette, tenta de le tuer.

 

Au cours du Jubilé de l'an 2000, Jean-Paul II a décidé, de manière inattendue, de faire connaître le troisième secret, mais ce fut immédiatement une profonde déception, car, même avec l'assurance que tout avait finalement été fait au sujet du troisième secret, l'idée que le secret concernait l'attentat de la place Saint-Pierre, avec la vision de l'évêque vêtu de blanc mortellement blessé, suivi d'une procession d'évêques, de prêtres, de religieuses et de laïcs, en haut d'une haute montagne, au lieu de convaincre les sceptiques, a augmenté le scepticisme. La mise en scène du dévoilement du troisième secret en 2000 a été spectaculaire. Le secrétaire d'État du Vatican, le cardinal Sodano, et le préfet de la Congrégation pour la foi, le cardinal Ratzinger, sont intervenus et ont clairement déclaré que le troisième secret avait été révélé dans son intégralité et qu'il n'y avait rien à ajouter. Un geste, manifestement conçu dans le dos de Jean-Paul II, qui a fini par rendre plausibles les doutes largement répandus sur une falsification maçonnique du secret. Le Pape s'est rendu à Fatima pour la troisième fois et a fait don à Notre Dame de Fatima de ses précieux bijoux, parmi lesquels l'anneau Totus Tuus, qui lui avait été donné par le Cardinal Wiszinski, décidant également que l'image de la Chapelle des Apparitions soit apportée au Vatican pour la deuxième fois, à l'occasion de la clôture de l'Année Sainte célébrée par la fête de Notre Dame du Rosaire en présence d'environ 1500 évêques, le plus grand rassemblement épiscopal depuis le Concile Vatican II.

 

Cependant, au-delà de ces initiatives louables, une question demeure : pourquoi le pape a-t-il autorisé le boycott du contenu le plus dramatique du troisième secret qui, comme nous le savons maintenant, concerne l'apostasie de la foi, l'avènement d'un faux pape et l'entrée de l'antéchrist ? Jean-Paul II a-t-il soutenu l'embargo médiatique sur le véritable contenu du secret ? Lorsque les cardinaux concernés, y compris Ratzinger, ont déclaré que tout avait été révélé, étaient-ils conscients qu'ils disaient un mensonge ? Surtout, pourquoi a-t-il été décidé, et par qui, que le troisième secret ne devait pas être révélé du tout ? Ce sont des questions qui, aujourd'hui, n'ont pas de réponse, également parce que, entre-temps, Jean-Paul II, gravement malade dès 2000, se dirigeait vers un lent et inexorable déclin, au point qu'il est devenu évident que le véritable gouvernement du Vatican était plutôt dirigé par le secrétaire d'État du Vatican et quelques cardinaux. Peut-être Jean-Paul II a-t-il décidé d'occulter la question du véritable contenu de Fatima pour des raisons pastorales, c'est-à-dire pour ne pas effrayer les masses catholiques, manifestement peu préparées à des questions aussi délicates, et surtout pour ne pas donner l'impression que le Saint-Siège lui-même accréditait une version aussi nettement apocalyptique.

 

Comme l'a déclaré entre-temps Vittorio Messori dans le Corriere della sera (21 novembre 2006), "on a eu recours à un stratagème : ne révéler qu'une partie du texte, en faisant croire qu'il se référait au passé. Les autres contenus auraient été révélés non pas explicitement mais implicitement, dans les homélies, les discours, les documents du pape Wojtyla et du préfet de la foi. Que ceux qui peuvent comprendre, comprennent".

 

Mais il s'agissait d'une erreur, en quelque sorte amortie par la décision, toujours sage et éclairée, du cardinal Ratzinger d'insérer dans le Catéchisme de l'Église catholique, rédigé en 1992, une référence explicite au contenu du troisième secret, lorsqu'aux numéros 675-677, celui-ci parle, dans un contexte d'ailleurs marqué par le registre magistériel, d'une "épreuve finale" pour l'Église, de "persécution", d'"imposture religieuse", d'"apostasie de la vérité", d'"antéchrist". Le cardinal Ratzinger avait ainsi réussi à filtrer, de quelque manière que ce soit, le véritable contenu du troisième secret.

 

Même dans ce cas, ce serait un geste qui lui coûterait cher ; le parti maçonnique présent au Vatican ne lui pardonnerait pas un démenti aussi clivant. Mais encore une fois, pour conclure avec Jean-Paul II, il faut se rappeler que, lors du voyage apostolique effectué à Fulda (Allemagne) en 1980, interrogé par des journalistes sur le troisième secret, il a montré, à tout le moins, qu'il le connaît dans son ensemble. Nous rapportons la chronique de ce dialogue.

 

"On a demandé au Saint-Père : 'Que pouvez-vous nous dire sur le troisième secret de Fatima ? N'aurait-il pas dû être publié en 1960 ?' Le pape Jean-Paul II a répondu : 'Compte tenu de la gravité de son contenu, mes prédécesseurs sur le trône pontifical ont préféré la solution diplomatique consistant à en différer la publication, afin de ne pas encourager la puissance mondiale du communisme à faire certains gestes. D'autre part, il devrait suffire à chaque chrétien de savoir ceci : s'il existe un message dans lequel il est écrit que les océans inonderont des zones entières de la terre, et que des millions de personnes perdront la vie soudainement, d'une minute à l'autre, alors vraiment la publication d'un tel message n'est plus quelque chose de si souhaitable'. Le Pape a poursuivi : 'Beaucoup veulent savoir uniquement par curiosité et par goût du sensationnel, mais ils oublient que la connaissance comporte aussi une responsabilité. Ils veulent seulement satisfaire leur curiosité, et c'est dangereux si, en même temps, ils ne veulent rien faire, et s'ils sont convaincus qu'il est impossible de faire quoi que ce soit contre le mal'. À ce moment-là, le Pape a pris le chapelet et a dit : 'Voici le remède contre ce mal ! Priez, priez, et ne demandez rien de plus. Laissez tout le reste à Notre Dame' ! Le Saint-Père a ensuite été interrogé sur ce qu'il adviendrait de l'Église et a répondu : 'Nous devons nous préparer à affronter d'ici peu de temps de grandes épreuves, qui pourraient même exiger le sacrifice de notre vie et notre don total au Christ et pour le Christ".

 

Le récit de l'interview révèle enfin la vérité. Jean-Paul II connaissait le troisième secret avant même l'attentat de 1981, mais, influencé de manière compréhensible par ce qui s'est passé ce 13 mai, il a voulu le relire, croyant devoir en faire une nouvelle lecture. Pour Woytjla, le véritable ennemi reste le communisme, qui a même organisé l'attaque, tandis que l'idée d'un ennemi intérieur, fait de kippas rouges en mouvement, commence à passer au second plan. L'apostasie est maintenant celle du communisme, tandis que celle de l'intérieur de l'Église, faite de calottes rouges en mouvement, finit par perdre de son importance. Une grande erreur de perspective, car si l'ennemi dont parle Fatima se trouve à l'intérieur du Vatican, Jean-Paul II parvient à le voir dans le lointain Kremlin. D'ailleurs, lorsqu'il a affirmé à Fulda : "nous devons nous préparer à affronter avant longtemps de grandes épreuves, qui peuvent exiger jusqu'au sacrifice de notre vie et notre don total au Christ et pour le Christ", il est évident qu'après l'attentat, il a dû considérer qu'il se référait à lui-même le contenu de ces paroles. La consécration à la Russie a été faite, en communion avec les évêques du monde entier, sur la place Saint-Pierre, le 24 mars 1984, même si certains mouvements fatimistes ont résisté et nié sa validité, puisque, de fait, le nom de Russie n'apparaissait pas dans le texte officiel de la consécration.


Il reste, cependant, sur toute l'interprétation passée pour "officielle", en 2000, pendant le Jubilé, à propos du troisième secret qui, pour la première fois, a été connu, mais pas dans son intégralité. Les cercles dits fatimistes avaient raison, dénonçant l'omission coupable de la partie la plus importante du secret, qui concernait l'apostasie dans l'Église. De toute évidence, le cardinal Bertone a traité l'affaire de manière incompétente.

 

La version officielle, encouragée par Jean-Paul II, indique : "Après les deux parties que j'ai déjà exposées, nous avons vu à la gauche de la Vierge, un peu plus haut, un ange avec une épée de feu dans la main gauche ; il scintillait et émettait des flammes qui semblaient embraser le monde ; mais elles s'éteignirent au contact de la splendeur que la Vierge émanait de sa main droite vers lui : l'Ange montrant la terre de sa main droite vers, d'une voix forte dit : Pénitence, Pénitence, Pénitence ! Et nous avons vu dans une immense lumière qui est Dieu : ‘quelque chose comme la façon dont on voit les gens dans un miroir quand ils passent devant vous ‘un évêque habillé en blanc’ nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint Père ". Plusieurs autres évêques, prêtres, religieux et religieuses ont gravi une montagne escarpée, au sommet de laquelle se trouvait une Croix faite de rondins grossiers comme si elle était faite de liège avec de l'écorce ; le Saint-Père, avant de l'atteindre, a traversé une grande ville à moitié en ruines et à moitié tremblant, d'un pas chancelant, affligé de douleur et de chagrin, il a prié pour les âmes des cadavres qu'il a rencontrés sur son chemin ; Lorsqu'il atteignit le sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande croix, il fut tué par un groupe de soldats qui lui tirèrent plusieurs coups de feu et flèches, et de la même manière, les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses et diverses personnes séculières, hommes et femmes de différentes classes et positions, moururent les uns après les autres. Sous les deux bras de la croix, il y avait deux Anges, chacun avec un arrosoir en cristal dans la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s'approchaient de Dieu".

 

C'est le texte du troisième secret rendu public le 13 mai 2000 et confirmé par Sœur Lucie elle-même. La manipulation, nous ne savons pas si elle est consciente ou non, du secret est confirmée par ce qu'a dit le cardinal Sodano, secrétaire d'État du Vatican : "la vision de Fatima concerne avant tout la lutte des systèmes athées contre l'Église et les chrétiens et décrit l'immense souffrance des témoins de la foi dans le dernier siècle du deuxième millénaire. C'est un interminable chemin de croix mené par les papes du vingtième siècle."

 

Comme on peut le constater, le secret renvoie aux ennemis "externes", c'est-à-dire aux systèmes athée et communiste qui, de plus, étaient déjà en profond déclin (le mur de Berlin est tombé en 1989 et en 1991 le drapeau rouge a été baissé au Kremlin), tandis qu'il n'y a pas la moindre trace du véritable ennemi dont parle le troisième secret, c'est-à-dire l'ennemi "interne" qui occuperait le trône de Pierre et lancerait officiellement la saison diabolique de l'apostasie anti-christique. Pas un mot là-dessus. Erreur inexcusable, bien que motivée par la protection des masses catholiques, jugées inaptes à recevoir ces informations. La faute en revient entièrement aux systèmes athées, et l'on a le sentiment, en ce qui concerne la gestion du secret par le Vatican, de classer l'affaire une fois pour toutes.

 

Le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, s'est également soumis à cette manœuvre clairement pilotée (mais l'a ensuite démentie, comme nous le verrons, de manière retentissante, une fois devenu pape). Dans son commentaire théologique sur le troisième secret, Ratzinger affirme que le secret a été "publié dans son intégralité" (il prouvera lui-même, en mai 2010, que ce n'est pas vrai), et ce qui suit est particulièrement surprenant : "nous en sommes donc arrivés à une dernière question : que signifie le ‘secret’ de Fatima dans son ensemble (dans ses trois parties) ? Qu'est-ce qu'il nous dit ? Tout d'abord, nous devons affirmer avec le cardinal Sodano : ‘les événements auxquels se réfère la troisième partie du secret de Fatima semblent désormais appartenir au passé".

 

Ce sont des affirmations documentées, qui restent dans le portail officiel du Saint-Siège et qui démontrent les pressions et les contrastes internes profonds et latents dans la gestion du secret. Dans un mouvement stratégique raffiné, le Saint-Siège ne dit pas réellement que le secret appartient au passé mais qu'il semble appartenir au passé. Pourquoi cette subtile distinction ? Car, en réalité, le secret n'appartenait pas au passé mais à l'avenir de l'Église, et tant Sodano que Ratzinger, ainsi que probablement Jean-Paul II lui-même, le savaient bien.

 

Ratzinger devait par la suite montrer qu'il ne s'agissait que d'une interprétation au rabais du secret lui-même, probablement pour ne pas effrayer les fidèles catholiques. Était-ce une sage décision ? La raison pastorale, prévalant sur la volonté du Ciel lui-même, s'est-elle avérée fructueuse ?

 

Le 19 avril 2005, sur la loggia de Saint-Pierre, apparaît le cardinal Ratzinger, timide et quelque peu maladroit, élu pape sous le nom de Benoît XVI. L'humble "ouvrier dans la vigne du Seigneur" allait devenir, peut-être malgré lui, le véritable interprète du troisième secret, avec un courage sans précédent, jusqu'à l'abnégation. En tant que cardinal, en tant que Préfet de la Congrégation pour la Foi, Ratzinger, surtout de manière officielle en 2000, avait publiquement affirmé que le troisième secret avait été entièrement révélé, mais avait réussi le projet de codifier son véritable contenu jusque dans le Catéchisme. Lors du voyage à Lisbonne, qui le conduira à Fatima, en mai 2010, lui, devenu pape, avec à ses côtés un cardinal Bertone déconcerté, interrogé sur le troisième secret, a dit qu'il était encore devant nous, qu'il devait s'accomplir, que tout n'avait pas été révélé, qu'il concernait notamment l'apostasie de la foi. Ses propos étaient péremptoires : "Il se leurrerait celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est terminée !". Bertone pâlit à ces paroles inattendues, et avec lui évidemment tout l'objectif réel du troisième secret, habilement gardé dans l'ombre, sous le prétexte d'attribuer toute la responsabilité aux communistes soviétiques. En réalité, la Vierge regardait les ennemis au sein de l'Église, la franc-maçonnerie ecclésiastique, les "partisans du diable" (Sœur Lucie) qui planifiaient lentement un contrôle presque total de l'Église catholique. Pour la première fois, Benoît XVI a le courage de révéler, même si c'est en quelques mots, le véritable contenu du troisième secret.

 

On peut considérer que, précisément à partir de cette révélation, Ratzinger a fait la guerre aux ennemis de l'Église, les révélant comme les véritables adversaires du catholicisme romain. Bertone lui-même, en 2006, donc après à peine un an de règne de Benoît XVI, est allé sur "Porta a Porta" (fin mai 2007), pour réfuter la thèse selon laquelle en 2000 seul un fragment du troisième secret a été divulgué. Six ans plus tard, Benoît XVI, se reniant lui-même, renie également de manière flagrante le staff du Vatican. En tant que cardinal, à travers de nombreux entretiens (dont ceux, célèbres, avec Vittorio Messori), Ratzinger n'a pas caché le contenu du troisième secret, se référant aux thèmes bibliques de l'apostasie de la foi, de l'abomination de la désolation, d'une Église qui deviendra minoritaire et persécutée, jusqu'à devenir un "petit reste", avec la constitution à la place d'une fausse Église mondaine et apostate qui recevra le soutien souriant des puissances fortes. En bref, une authentique entrée de l'antéchrist dans Rome.

 

Benoît XVI, courageux témoin du troisième secret, a entre-temps été progressivement encerclé, menacé psychologiquement, isolé et traqué, une machine à fange a été mise en place contre lui qui, grâce aux médias, l'a présenté au monde comme un homme froid et glacé qui condamne et juge. Le trône vide, à partir du 28 février 2013, était finalement, précisément, la réalisation plastique de ce que la Vierge avait annoncé à Fatima à trois petits enfants : Satan entrerait au Vatican, s'assiérait sur le trône de Pierre et préparerait, avec son gouvernement hérétique et idolâtre, la voie à l'antéchrist.

 

 

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