Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

la vache qui rumine a 2011

Fabrice Hadjadj, Satanisme pontifical 2

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

fabrice-hadjadj.jpg

 

... Cette mondanité qui ovudrait aménager la Croix en transat, Jésus l'assimile à l'enfer même. Ici, selon ses propres termes, ce qui est des hommes est aussi ce qui est de Satan. Et nous voici face à un mystère inscrutable : ce qui est satanique, en l'occurence, ce n'est plus seulement de conduire à la Croix, c'est de l'empêcher ; ce n'est plus seulement la cruauté du bourreau, c'est la compassion du sentimental. Et cette compassion fausse peut correspondre à la cruauté la pire, car, avec ses mille caresses, elle fait manquer la vraie Vie. On en peut tirer cette conclusion très probable : dans sa double science, le démon cherche autant à faire assassiner le Christ qu'à le faire aimer de la mauvaise manière. En le protégeant contre cette atroce humiliation par laquelle il sauvera les hommes, il pourrait le faire proclamer roi temporel d'Israël. Il rassemble donc les foules autour de lui, le fait acclamer comme thaumaturge, poursuivre comme zélote victorieux, admirer comme le plus grand sage de ce monde. Commentant l'allégorie de la Caverne, Heidegger note que la façon contemporaine de mettre à mort le philosophe, c'est de le rendre célèbre. Rien de plus efficace pour effacer le sage que d'en faire un people, rien de mieux non plus pour éclipser son étoile que de le médiatiser en star. Sa parole une fois débitée en slogans qu'on serine de bouche en bouche, il n'y a plus rien à craindre. Elle ne met plus à la question, elle contribue au bavardage. Qui sait si cette renommée fondée sur le malentendu n'est pas une des premières visées du diable ? Et qui sait si certains pseudo-apôtres, de nos jours, n'en restent pas à cette foi-là ?

Fabrice Hadjadj, Satanisme pontifical 1

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

fabrice-hadjadj-la-foi-des-demons.jpg

 

Celui qui vient d'être institué prince des Apôtres se voit ravalé d'un coup au rang du prince des Ténèbres. Mais il faut tout de suite préciser cette différence avec le Vade retro de la Tentation au désert chez Matthieu : ce sont les mêmes mots, avec cette incise en plus - derrière moi - ce qui modifie la signification de l'ordre. Satan doit se retirer, rien de plus. Pierre doit se retirer pour passer derrière Jésus. Cette accusation d'être un Adversaire est ici une admonition de l'Amour. Loin de l'écarter, elle l'attire et précise le sens de son institution comme vicaire du Christ. Car l'expression revient au verset qui suit et qui parle de suivre, justement, explicitant ce "derrière" ou "après moi" : Appelant auprès de lui la foule avec ses disciples, il leur dit : "Si quelqu'un veut suivre derrière moi, qu'il renonce à ses propres vues, et qu'il porte sa croix, et qu'il me suive" (Mc 8, 34)

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du dimanche des Rameaux A - 2

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

L’un des douze, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? »


En ce dimanche des Rameaux et de la Passion, nous entrons dans la semaine sainte, par la passion en saint Matthieu et, dès le départ, l’évangéliste va nous faire saisir toute la dramatique de l’histoire du Salut dans les derniers instants de Jésus.


Les foules rencontrées, d’abord accueillantes, sont ensuite retournées par la manipulation des chefs des prêtres. De plus en plus Jésus et ses disciples perçoivent cette opposition grandissante qui va devenir rapidement haineuse. Mais le comble n’est pas là encore : la trahison par un chrétien, Judas, puis le reniement déclaré par le plus familier des disciples, Pierre, représentant de l’Église future, et le délaissement par tous, vont consommer la solitude insoutenable de Jésus face à l’humanité. Qui de nous résisterait à un tel écrasement ?


Mais Jésus sait qu’il doit aller jusqu’au bout. La charge du péché du monde s’accentue et va culminer avec le silence de son Père. Le poids en devient insupportable : « Si cela est possible, que cette coupe passe loin de moi ».


Mais celui qui s’est déjà livré eucharistiquement, doit prendre sur lui tout ce qui est pour nous, insoutenable. Le reniement de l’homme envers Dieu, jusqu’en sa propre humanité est sur les épaules du Christ. 


S’il veut sauver l’humanité, il doit tenir, dans cet anéantissement de son être dans la mort, et se relever et être relevé, entraînant ainsi toute l’humanité à être re-suscitée avec lui. 


Il ne s’agit pas d’un exploit héroïque mais d’un sacrifice : se laisser anéantir, en tant que Fils de l’Homme, pour que le néant disparaisse de l’homme. Et ainsi que seule la vie, la vie de Dieu, transforme le temps humain déchu en éternité d’amour. 

(à suivre)

Louis-Joseph CHIAVARINO - La cause principale de la damnation

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

Le Disciple. – Mon Père, voudriez vous bien me dire le pourquoi du titre de ce livre * ?


Le Maître. – Voici : On raconte qu’une jeune fille, étant malheureusement tombée dans un des péchés les plus honteux, menait une vie toute triste et désolée. Plusieurs mois se passèrent de la sorte, sans qu’aucune des ses compagnes réussit à connaître la cause de son affliction. Entre temps, sa plus chère amie, une jeune fille vertueuse et très pieuse, vint à mourir, d’une mort de prédestinée ; Quelques jours après l’enterrement, une nuit, pendant que la jeune fille dormait, elle entend qu’on l’appelle par son nom, et reconnaît la voix de son amie morte, qui lui dit, à plusieurs reprises : « Confesse-toi bien…. Si tu savais comme Jésus est bon ! » La jeune fille écouta cette voix comme une invitation du Ciel ; elle s’arma de courage et, résolument, alla confesser le péché qui lui causait tant de honte et pour lequel elle avait versé tant de larmes. Dès ce moment, elle éprouva un tel soulagement et une telle consolation, qu’elle raconta la chose à tout le monde, répétant à son tour : « Essayez ! vous verrez combien Jésus est bon !... »


Le Disciple. – Pour moi, j’y crois fermement, car j’ai expérimenté mille fois cette vérité.


Le Maître. – Remercies-en le Bon Dieu et continue à bien te confesser. Malheur à qui commence à cheminer dans la voie des sacrilèges qui conduit certainement à l’Enfer !


Le Disciple. – Une confession mal faite est donc un si grand mal ?!


Le Maître. – Sûrement ! C’est la cause principale de la damnation !


Le Disciple. – Vraiment ? mon Père ?


Le Maître. – Hélas ! Oui ! Les confessions mal faites sont souvent la cause de la perte d’une âme.


Le Disciple. – Mais c’est de l’exagération !


Le Maître. – Pas du tout ! Je n’exagère pas. D’ailleurs, ce n’est pas moi qui le dis, mais les Saints les plus habitués au maniement des âmes l’affirment, et sainte Thérèse d’Avila en a eu la révélation.

 


Sainte Thérèse était un jour en prière, et voilà que tout à coup, un abîme très profond rempli de feu et de flammes s’ouvre devant ses yeux ! Les pauvres âmes y tombaient, comme tombent à terre les flocons de neige.


Effrayée, la Sainte lève les yeux au Ciel, en s’écriant : « Mon Dieu ! Que vois-je ? Qui sont ces âmes qui tombent en Enfer ? Peut-être sont-ce des âmes de Turcs, de Juifs ou d’infidèles ! »

Non, Thérèse, non ! lui répondit le Seigneur. Les âmes que tu vois tomber ainsi en Enfer sont toutes des âmes chrétiennes comme toi.


Mais alors, ce sont des âmes de personnes non pratiquantes, qui n’allaient jamais se confesser, ni communier !


Non, Thérèse, non ! Ce sont toutes des âmes de chrétiens baptisés comme toi, croyantes et pratiquantes lorsqu’elles étaient sur la terre.


Mais alors, elles ne se sont jamais confessées, même à l’heure de la mort.

Si, si ! Elles se sont confessées avant de mourir…


Mais alors, mon Dieu, pourquoi se damnent-elles ?


Parce qu’elles se sont mal confessées… Va, Thérèse, raconte cette vision, et conjure les Evêques et les Prêtres de ne jamais cesser de prêcher sur l’importance de la Confession et le danger des confessions mal faites, afin que les chrétiens, mes fils très chers, ne changent point le remède en poison, en se servant mal de ce Sacrement qui est le Sacrement de la miséricorde et du pardon.


Le Disciple. – Pauvre cher Jésus !... il y a donc beaucoup de confessions mal faites ?!


Le Maître. – Saint Alphonse, saint Philippe Néri, saint Léonard de Port-Maurice s’accordent à dire que, malheureusement, les confessions mal faites sont innombrables. Leur vie se passait au confessionnal et auprès des mourants, aussi savaient-ils ce qu’ils disaient. Et nous aussi, qui allons d’un pays à l’autre, d’une ville à l’autre, prêchant Exercices et Missions, nous devons affirmer la même chose. Le Père Sarnelli, religieux très connu, s’écrie dans son livre intitulé : « Le monde sanctifié » : « Hélas ! Les âmes qui font des sacrilèges en Confession sont innombrables ! Les Missionnaires qui ont une longue expérience le savent bien, et chacun l’apprendra avec stupeur dans la Vallée de Josaphat. Ce n’est pas seulement dans les villes, mais dans les petits villages, voire même dans les communautés, et parmi les personnes qu’on croit pieuses, que les sacrilèges se commettent à foison ».

 


Le Père Tranquillini, de la Compagnie de Jésus, appelé auprès d’une dame gravement malade, y accourt avec empressement, et la confesse, mais au moment de l’absoudre, il sent comme une main de fer l’arrêter.


Madame, dit-il, vous avez peut-être oublié quelque chose…


Mais non, mon Père, voilà huit jours que je me prépare.


Après une courte prière, le Père recommence, mais voilà que la même main de fer l’arrête de nouveau.


Pardon, Madame… Peut-être n’osez-vous point accuser quelque péché…


Que dites-vous, mon Père ! Vous me blessez au vif. Pouvez-vous supposer que je me confesse en faisant un sacrilège ?


Le Père essaie une troisième fois de l’absoudre, mais il en est encore empêché. Ne pouvant arriver à comprendre ce mystère si extraordinaire, il se jette à genoux en pleurant et il supplie la dame de ne pas trahir son âme, de ne pas se damner.


Mon Père, s’écrie-t-elle alors, voilà quinze ans que je me confesse mal !

 


Vous voyez donc qu’il n’est pas difficile de trouver quelqu’un qui se confesse mal !


Le Disciple. – De grâce, mon Père ! Taisez-vous ! Vous m’effrayez !


Le Maître. – Il est préférable d’avoir peur ici-bas, que de brûler en Enfer !...


Tenez ! Il me vient à la pensée le témoignage de saint Jean Bosco, qui, dans l’un de ses petits traités, ayant rapport à la confession, nous dit textuellement : « Je vous assure que pendant que je vous écris, ma main tremble en pensant au nombre de chrétiens qui se perdent, rien que pour s’être tus en confession sur certains péchés, ou bien pour ne pas les avoir accusés sincèrement ».


Le Disciple. – Vous dîtes : « même pour ne pas les avoir accusés sincèrement ? »


Le Maître. – Bien sûr ! Par exemple ce lui qui ne s’accuserait que des pensées mauvaises, tandis qu’il aurait commis des actes, par exemple des actes impurs ; celui qui confesserait les avoir commis tout seul, tandis qu’il les aurait commis avec d’autres ; celui qui omet d’accuser leur nombre connu, ou les circonstances des péchés même ; ou bien qui ne répond pas sincèrement à ce que le confesseur lui demande… tous ceux-là font de mauvaises confessions.


Le Disciple. – A quoi pensent-ils ?


Le Maître. – Ils pensent réparer à l’avenir, c’est-à-dire, ainsi que le note saint Philippe Néri, ils se confessent pour vivre, tandis que chaque confession devrait être faite comme si c’était la dernière.

 

Un jour, une bonne femme du peuple se confesse à un missionnaire ; en revenant du confessionnal, elle trébuche et tombe sur une pierre sépulcrale. Cette pierre, usée par le temps, cède brusquement, et la bonne femme passe sous le pavé, se retrouvant ainsi parmi les restes des morts que la pierre recouvrait.


Pensez quelle épouvante pour tous, mais pour elle surtout !... On finit par la retirer de sa prison ; et cette femme qui, grâce à Dieu, ne s’était fait pas trop de mal, se précipita de nouveau au confessionnal en s’écriant : « Mon Père ! mon Père ! Jusqu’à présent je m’étais toujours confessé pour vivre, mais maintenant  j’ai vu la mort de si près, que je veux me confesser pour mourir ». Aussi voulut-elle refaire la confession qu’elle disait avoir faite.


Le Disciple. – Oh ! la pensée de la mort est, en effet, bien terrible !


Le Maître. – Oui, mais en même temps, très salutaire : nous devrions l’avoir présente chaque fois que nous allons à confesse.

 


Pour plusieurs faits merveilleux qu’on raconte de saint Jean Bosco, on lit celui-ci :


A l’Oratoire Salésien de Turin, on était en train de prêcher les Saints Exercices, et pendant que tous, élèves et autres, suivaient la retraite avec grande attention et tâchaient d’en tirer le plus grand profit, un jeune homme, résistant à toutes les exhortations et aux appels les plus affectueux de D. Bosco et des autres supérieurs, s’obstinait à ne vouloir point se confesser dans cette circonstance. Les bons Pères avaient fait de leur mieux pour le faire changer d’avis, mais inutilement !... Il répétait sans cesse : « Une autre fois ! Cette fois, non !... »


J’y penserai… Je ne puis m’y résoudre pour le moment !...


Sur ces entrefaites, le dernier jour de la Retraite était arrivé : alors, D. Bosco recourut à un piège innocent. Il prit un bout de papier et y traça ces mots : « Si je mourrais cette nuit ?... » Puis il alla le glisser entre les draps et l’oreiller du lit de ce pauvre jeune homme. Le soir venu, tous vont se coucher, et notre étourdi en fait autant : mais voilà qu’au moment de se glisser dans son lit, le petit bout de papier apparaît.


Oh ! », s’écrie le jeune homme stupéfait. Il prend le papier, l’examine et y lit ces mots : « Si je mourrais cette nuit ?!... D. Bosco ».


Qu’est-ce ?... a cette heure !... Ah ! c’est toi !... que veux-tu ?


Oh ! D. Bosco, je veux me confesser !


Viens, viens, mon cher enfant. Si tu savais avec quel cœur je t’ai attendu !

 

Une fois introduit dans l’antichambre, je jeune homme se jette à genoux : il fait sa douloureuse et sincère confession et puis retourne se coucher, rempli de consolation, avec le pardon de Jésus au cœur. Il ne craint plus ! La mort ne l’effraie plus, et il s’écrie : « Que je suis donc content ! Si même je devais mourir, que m’importe ?! Je suis en grâce avec Jésus. Je suis l’ami de Jésus ». Tranquillement il s’endort et il rêve au Paradis ouvert… aux anges qui le fêtent, en volant vers lui et en chantant leurs plus beaux cantiques, et leurs hymnes les plus joyeuses.


Le Disciple. – Heureux jeune homme !


Le Maître. – Heureux comme tous ceux qui croient au bienfait immense de la Confession et qui en profitent, évitant ainsi leur propre damnation, ce qui, hélas ! n’arriva pas à la misérable dont nous allons parler !

 


Saint Léonard de Port-Maurice appelé auprès d’une mourante, y accourut aussitôt, accompagné d’un frère laïc. Une fois la malade confessée, il sort tranquillement et, rejoignant son compagnon qui l’attendant dans l’antichambre, il s’achemine vers la sortie lorsque ce dernier, tout enrayé et triste, lui dit : « Père Léonard, que signifie ce que je viens de voir ? »


Qu’as-tu vu ?


J’ai vu une main horriblement noire, qui tournoyait dans l’antichambre et qui, à peine étiez-vous sorti de la chambre de la malade, y est entrée, rapide comme un éclair.


Saint Léonard, entendant cela, revient auprès de la malade mourante et voit en effet que cette horrible main étranglait la malheureuse qui, les yeux hors de l’orbite et la langue pendante, se mourrait en s’écriant : « Maudits sacrilèges ! maudits sacrilèges !... »


Le Disciple. – Oh, Père ! c’est donc vrai que les confessions mal faites sont la cause principale de la Damnation !


Le Maître. – Guerre au mensonge, mon enfant, et sincérité parfaite à confesse !


 

* Abbé Louis-Joseph CHIAVARINO, Pour réussir une bonne et sainte confession – Editons Saint-Jean – Librairie Chrétienne 2007

ISBN 978 6 2 6 916075 6 19 68

Benoît XVI, La grâce de faire une profonde expérience de Dieu et le chemin de la foi

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

benoit16.angelus.jpg

 

Tandis qu'ils se tenaient, stupéfaits, aux côtés du Seigneur transfiguré qui s'entretenait avec Moïse et Elie, Pierre, Jacques et Jean furent soudain enveloppés d'une nuée, dont sortit une voix qui proclama:  "Celui-ci est mon Fils bien-aimé; écoutez-le" (Mc 9, 7).


Lorsque l'on a la grâce de faire une profonde expérience de Dieu, c'est comme si l'on vivait quelque chose d'analogue à ce qui eut lieu pour les disciples au cours de la Transfiguration:  pendant quelques instants, l'on a un avant-goût de ce qui constituera la béatitude du paradis. Il s'agit en général de brèves expériences, que Dieu concède parfois, en particulier en vue d'épreuves difficiles. Toutefois, il n'est donné à personne de vivre "sur le Thabor", tant que l'on se trouve sur cette terre. En effet, l'existence humaine est un chemin de foi et, en tant que tel, avance davantage dans l'ombre que dans la lumière, non sans moments d'obscurité, mais également d'intenses ténèbres. Tant que nous nous trouvons ici-bas, notre relation avec Dieu a lieu davantage dans l'écoute que dans la vision; et la contemplation elle-même se réalise, pourrait-on dire, les yeux fermés, grâce à la lumière intérieure allumée en nous par la Parole de Dieu.


La Vierge Marie elle-même, tout en étant de toutes les créatures celle qui est la plus proche de Dieu, a marché jour après jour comme dans un pèlerinage de foi (cf. Lumen gentium, n. 58), conservant et méditant sans cesse dans son coeur la Parole que Dieu lui adressait, aussi bien à travers les Saintes Ecritures qu'à travers les événements de la vie de son Fils, dans lesquels elle reconnaissait et accueillait la voix mystérieuse du Seigneur. Tels sont alors le don et l'engagement de chacun de nous au cours du temps du Carême:  écouter le Christ, comme Marie. L'écouter à travers sa Parole, conservée dans les Saintes Ecritures. L'écouter dans les événements mêmes de notre vie, en cherchant à y lire les messages de la Providence. Enfin, l'écouter dans nos frères, en particulier dans les petits et les  pauvres, dans lesquels Jésus lui-même demande notre amour concret. Ecouter  le  Christ  et obéir à sa voix:  telle est la voie maîtresse, l'unique, qui conduit à la plénitude de la joie et de l'amour.

Benoît XVI, Catéchèse sur le Carême

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

pape-careme-vierge-marie.JPG

 

 

Chers frères et sœurs,


Aujourd'hui, marqués par le symbole austère des cendres, nous entrons dans le temps du carême, en commençant un itinéraire spirituel qui nous prépare à célébrer dignement les mystères pascals. La cendre bénie, imposée sur notre tête, est un signe qui nous rappelle notre condition de créatures, nous invite à la pénitence et à intensifier l'engagement de conversion pour suivre toujours plus le Seigneur.

 

Le carême est un chemin, qui consiste à accompagner Jésus qui monte à Jérusalem, lieu de l'accomplissement de son mystère de passion, de mort et de résurrection ; il nous rappelle que la vie chrétienne est un « chemin » à parcourir, qui consiste moins en une loi à observer que dans la personne même du Christ à rencontrer, à accueillir, à suivre. En effet, Jésus nous dit : « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix chaque jour, et qu'il me suive » (Lc 9, 23). C'est-à-dire qu'il nous dit que pour arriver avec Lui à la lumière et à la joie de la résurrection, à la victoire de la vie, de l'amour, du bien, nous devons nous aussi nous charger de la croix de chaque jour, comme nous y exhorte une belle page de l'Imitation de Jésus Christ : « Prenez donc votre Croix et suivez Jésus, et vous parviendrez à l'éternelle félicité. Il vous a précédés portant sa Croix (Jn 19, 17) et il est mort pour vous sur la Croix afin que vous aussi vous portiez votre Croix, et que vous aspiriez à mourir sur la Croix. Car si vous mourez avec lui, vous vivrez aussi avec lui ; et si vous partagez ses souffrances, vous partagerez sa gloire » (Livre 2, chap. 12, n. 2).

 

Dans la Messe du premier dimanche de Carême, nous prions : « Accorde-nous, Dieu tout-puissant, tout au long de ce Carême, de progresser dans la connaissance de Jésus Christ et de nous ouvrir à sa lumière par une vie de plus en plus fidèle » (Collecte). Il s'agit d'une invocation que nous adressons à Dieu car nous savons que Lui seul peut convertir notre cœur. Et c'est surtout dans la liturgie, dans la participation aux saints mystères, que nous sommes conduits à parcourir ce chemin avec le Seigneur ; nous devons nous mettre à l'école de Jésus, parcourir à nouveau les événements qui nous ont apporté le salut, mais pas comme une simple commémoration, un souvenir des faits passés. Dans les actions liturgiques, le Christ se rend présent à travers l'œuvre de l'Esprit Saint, les événements salvifiques deviennent actuels. Il existe un mot-clé qui revient souvent dans la liturgie pour indiquer cela : le mot « aujourd'hui » ; et celui-ci doit être entendu dans son sens originel et concret, et non pas métaphorique. Aujourd'hui, Dieu révèle sa loi et il nous est donné de choisir entre le bien et le mal, entre la vie et la mort (cf. Dt 30, 19) ; aujourd'hui « le Royaume de Dieu est tout proche : repentez-vous et croyez à l'Évangile » (Mc 1, 15) ; aujourd'hui le Christ est mort sur le Calvaire et il est ressuscité d'entre les morts ; il est monté au ciel et siège à la droite du Père ; aujourd'hui, l'Esprit Saint nous est donné ; aujourd'hui est le temps favorable. Participer à la liturgie signifie alors plonger sa vie dans le mystère du Christ, parcourir un chemin dans lequel nous entrons dans sa mort et sa résurrection pour avoir la vie.


Les dimanches de Carême, de manière tout à fait particulière en cette année liturgique du cycle A, nous sommes amenés à vivre un itinéraire baptismal, comme à parcourir à nouveau le chemin des catéchumènes, de ceux qui se préparent à recevoir le Baptême, pour raviver en nous ce don et pour faire en sorte que notre vie retrouve les exigences et les engagements de ce sacrement, qui est à la base de notre vie chrétienne. Dans le Message que j'ai envoyé pour ce Carême, j'ai voulu rappeler le lien particulier qui lie le Temps quadragésimal au Baptême. Depuis toujours, l'Église associe la Veillée pascale à la célébration du Baptême : en lui se réalise ce grand mystère en raison duquel l'homme, mort au péché, participe à la vie nouvelle dans le Christ ressuscité et reçoit l'Esprit de Dieu qui a ressuscité Jésus d'entre les morts (cf. Rm 8, 11). Les lectures que nous écouterons les prochains dimanches et auxquelles je vous invite à prêter une attention particulière, sont reprises de la tradition antique, qui accompagnait le catéchumène dans la découverte du Baptême : il s'agit de la grande annonce de ce que Dieu fait dans ce Sacrement, une extraordinaire catéchèse baptismale adressée à chacun de nous. Le premier dimanche, appelé Dimanche de la tentation, parce qu'il présente les tentations de Jésus dans le désert, nous invite à renouveler notre décision définitive pour Dieu et à affronter avec courage la lutte qui nous attend pour lui demeurer fidèles. Il y a toujours cette nécessité de décision, de résister au mal, de suivre Jésus. En ce dimanche, l'Église, après avoir entendu le témoignage des parrains et des catéchistes, célèbre l'élection de ceux qui sont admis aux sacrements pascals. Le deuxième dimanche est dit d'Abraham ou de la Transfiguration. Le baptême est le sacrement de la foi et de la filiation divine ; comme Abraham, père des croyants, nous aussi nous sommes invités à partir, à sortir de notre terre, à quitter les sécurités que nous nous sommes construites, pour placer notre confiance en Dieu ; le but s'entrevoit dans la transfiguration du Christ, le Fils bien aimé, dans lequel nous aussi nous devenons « fils de Dieu » . Les dimanches suivants, le baptême est présenté à travers les images de l'eau, de la lumière et de la vie. Le troisième dimanche nous fait rencontrer la Samaritaine (cf. Jn 4,5-42). Comme Israël lors de l'Exode, nous aussi dans le Baptême nous avons reçu l'eau qui sauve ; Jésus, comme il le dit à la Samaritaine, a une eau de vie, qui étanche toutes les soifs ; cette eau c'est son Esprit lui-même. L'Église en ce dimanche célèbre le premier scrutin des catéchumènes, et pendant la semaine elle leur remet le Symbole : la profession de foi, le Credo. Le quatrième dimanche nous fait réfléchir sur l'expérience de l'« Aveugle de naissance » (cf. Jn 9, 1-41). Dans le Baptême nous sommes libérés des ténèbres du mal et nous recevons la lumière du Christ pour vivre en fils de la lumière. Nous aussi devons apprendre à voir la présence de Dieu sur le visage du Christ et ainsi la lumière. Dans le chemin des catéchumènes est célébré le second scrutin. Enfin, le cinquième dimanche nous présente la résurrection de Lazare (cf. Jn 11, 1-45). A travers le Baptême, nous sommes passés de la mort à la vie et nous sommes à présent en mesure de plaire à Dieu, de faire mourir le vieil homme pour vivre de l'Esprit du Ressuscité. Pour les catéchumènes, est célébré le troisième scrutin et au cours de la semaine leur est remis la prière du Seigneur : le Notre Père.

 

Cet itinéraire quadragésimal que nous sommes invités à parcourir au cours du Carême se caractérise, dans la tradition de l'Église, par certaines pratiques : le jeûne, l'aumône et la prière. Le jeûne signifie l'abstinence de nourriture, mais il comprend d'autres formes de privation pour une vie plus sobre. Mais tout cela n'est pas encore la pleine réalité du jeûne : c'est le signe extérieur d'une réalité intérieure, de notre engagement, avec l'aide de Dieu, de nous abstenir du mal et de vivre de l'Évangile. Personne ne jeûne vraiment s'il ne sait pas se nourrir de la Parole de Dieu.

 

Le jeûne, dans la tradition chrétienne, est ensuite étroitement lié à l'aumône. Saint Léon le Grand enseignait dans l'un de ses discours sur le Carême : « Ce que chaque chrétien est tenu de faire en chaque moment, il doit à présent le pratiquer avec une plus grande sollicitude et dévotion, pour que s'accomplisse la règle apostolique du jeûne quadragésimal qui consiste dans l'abstinence non seulement de la nourriture, mais aussi et surtout des péchés. Ensuite, on ne peut associer aucune œuvre plus utile que l'aumône à ces saints jeûnes que l'on doit respecter, celle-ci embrassant de nombreuses bonnes œuvres sous le nom unique de "miséricorde". Le domaine des œuvres de miséricorde est immense. Il n'y a pas que les riches et ceux qui ont des possessions qui peuvent faire du bien aux autres avec l'aumône, mais aussi ceux de condition modeste et pauvre. Ainsi, inégaux dans les biens de la richesse, tous peuvent être égaux dans les sentiments de piété de l'âme » (Discours 6 sur le Carême, 2 : PL 54, 286). Saint Grégoire le Grand rappelait, dans sa Règle pastorale, que le jeûne est rendu saint par les vertus qui l'accompagnent, en particulier par la charité, par chaque geste de générosité, qui donne aux pauvres et aux indigents le fruit d'une privation (cf. 19, 10-11).

 

En outre, le Carême est un temps privilégié pour la prière. Saint Augustin dit que le jeûne et l'aumône sont « les deux ailes de la prière » qui lui permettent de prendre plus facilement son élan et de parvenir jusqu'à Dieu. Il affirme : « De cette manière notre prière, faite en humilité et en charité, dans le jeûne et dans l'aumône, dans la tempérance et dans le pardon des offenses, en donnant de bonnes choses et en ne rendant pas les mauvaises, en s'éloignant du mal et en faisant le bien, recherche la paix et l'obtient. Avec les ailes de ces vertus, notre prière vole de manière assurée et est conduite plus facilement jusqu'au ciel, où le Christ notre paix nous a précédés » (Sermon 206, 3 sur le Carême : PL 38, 1042). L'Église sait qu'en raison de notre faiblesse il est difficile d'être en silence pour se présenter devant Dieu et prendre conscience de notre condition de créatures qui dépendent de Lui et de pécheurs ayant besoin de son amour : c'est pourquoi, en ce Carême, elle nous invite à une prière plus fidèle et intense et à une méditation prolongée sur la Parole de Dieu. Saint Jean Chrysostome nous exhorte : « Embellis ta maison de modestie et d'humilité avec la pratique de la prière. Rends ton habitation splendide avec la lumière de la justice : orne tes murs avec les bonnes œuvres comme une patine d'or pur et, à la place des murs et des pierres précieuses, place la foi et la magnanimité surnaturelle, en mettant au dessus de tout, sur le fait, la prière pour parfaire la décoration de tout l'ensemble. Ainsi tu prépares une demeure digne pour le Seigneur, ainsi tu l'accueilles dans un palais splendide. Il t'accordera de transformer ton âme en temple de sa présence » (Homélie 6 sur la prière : PG 64, 446).

 

Chers amis, sur ce chemin quadragésimal soyons attentifs à saisir l'invitation du Christ à le suivre de manière plus décidée et cohérente, en renouvelant la grâce et les engagements de notre baptême, pour abandonner le vieil homme qui est en nous et nous revêtir du Christ, afin d'arriver renouvelés à la Pâque et pouvoir dire avec saint Paul : « Je vis mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Bon chemin de carême à tous ! Merci !


 

© Copyright du texte original plurilingue : Libreria Editrice Vaticana

Congrégation pour le clergé, Homélie pour l'Epiphanie du Seigneur - 1

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

bible.jpg

 

 

« Les rois de Tarsis et des îles apportent leur tribut, les rois de Saba et de Seba offrent leurs dons. Que tous les rois se prosternent devant lui, que toutes les nations le servent » (cf. Ps 71). La Solennité d'aujourd'hui nous montre l'accomplissement de cette prophétie dans l'événement des Mages, ces savants « païens » qui arrivèrent à l’étable de Bethléem. La naissance du Sauveur apparaît, ainsi, comme l'Événement qui concerne non seulement le Peuple d'Israël, mais chaque homme en tant que tel. La Liturgie présente un fait particulier - l'adoration des Mages - et, à travers lui, nous attire dans la Réalité divine. C’est la méthode de Dieu : l'Incarnation.


Les trois Mages, dont les dépouilles mortelles sont gardées dans la Cathédrale de Cologne, étaient des hommes en profonde attente, qui scrutaient le ciel, en cherchant à y apercevoir les signes du Créateur. Pour se faire rencontrer même par eux, le Seigneur utilise ce qui leur est plus familier : l'étoile. C’est une étoile de luminosité et de dimensions semblables à toute autre, mais, en même temps, absolument unique : en brillant sur leurs visages, en effet, elle réveille le coeur, en montrant pour quelle Lumière ils étaient vraiment faits et en les mettant ainsi en chemin.


Il s'agissait donc d'un « signe » : quelque chose d’absolument mesurable, mais qui renvoie à une Réalité plus grande.

 

(à suivre)

Benoît XVI, Message de Noël prononcé avant la bénédiction urbi et orbi - 3

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

« Le Verbe s'est fait chair ». L'annonce de Noël est aussi lumière pour les peuples, pour la marche collective de l'humanité. L'"Emmanuel", Dieu-avec-nous, est venu comme Roi de justice et de paix. Son Royaume - nous le savons - n'est pas de ce monde, et pourtant il est plus important que tous les royaumes de ce monde. Il est comme le levain de l'humanité ; s'il venait à manquer, la force qui fait avancer le véritable développement ferait défaut : l'élan pour collaborer au bien commun, au service désintéressé du prochain, à la lutte pacifique pour la justice. Croire en Dieu qui a voulu partager notre histoire est un encouragement constant à s'y engager, même au milieu de ses contradictions. C'est un motif d'espérance pour tous ceux dont la dignité est offensée et violée, parce que Celui qui est né à Bethléem est venu libérer l'homme de la racine de tout esclavage.

Puisse la lumière de Noël resplendir de nouveau sur cette Terre où Jésus est né et inspirer Israéliens et Palestiniens dans leur recherche d'une cohabitation juste et pacifique ! Que l'annonce consolante de la venue de l'Emmanuel allège leur douleur et réconforte dans leurs épreuves les chères communautés chrétiennes en Irak et dans tout le Moyen-Orient, leur donnant apaisement et espérance pour l'avenir et stimulant les Responsables des Nations à une solidarité active envers eux. Que cela se passe aussi en faveur de ceux qui, en Haïti, souffrent encore des conséquences du tremblement de terre dévastateur et de la récente épidémie de choléra. Que ne soient pas non plus oubliés ceux qui, en Colombie et au Venezuela, mais aussi au Guatemala et au Costa Rica, ont subi récemment des calamités naturelles.

Puisse la naissance du Sauveur ouvrir des perspectives de paix durable et de progrès authentique aux populations de la Somalie, du Darfour et de la Côte d'Ivoire ; promouvoir la stabilité politique et sociale de Madagascar ; apporter sécurité et respect des droits humains en Afghanistan et au Pakistan ; encourager le dialogue entre le Nicaragua et le Costa Rica ; favoriser la réconciliation dans la Péninsule Coréenne.

Puisse la célébration de la naissance du Rédempteur renforcer l'esprit de foi, de patience et de courage chez les fidèles de l'Église en Chine Continentale, afin qu'ils ne se découragent pas à cause des limitations de leur liberté de religion et de conscience et, persévérant dans la fidélité au Christ et à son Église, qu'ils maintiennent vive la flamme de l'espérance. Que l'amour du « Dieu avec nous » donne persévérance à toutes les communautés chrétiennes qui souffrent la discrimination et la persécution, et inspire les responsables politiques et religieux à s'engager pour le plein respect de la liberté religieuse de tous.

Chers frères et sœurs, « le Verbe s'est fait chair », Il est venu habiter parmi nous ; Il est l'Emmanuel, le Dieu qui s'est fait proche de nous. Contemplons ensemble ce grand mystère d'amour, laissons-nous illuminer le cœur par la lumière qui brille dans la grotte de Bethléem ! Joyeux Noël à tous !

© Copyright 2010 : Libreria Editrice Vaticana

Traduction française distribuée par la salle de presse du Saint-Siège

Benoît XVI, Message de Noël prononcé avant la bénédiction urbi et orbi - 2

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

« Le Verbe s'est fait chair ». Devant cette révélation, resurgit encore une fois en nous la question : comment est-ce possible ? Le Verbe et la chair sont des réalités opposées entre elles ; comment la Parole éternelle et toute-puissante peut-elle devenir un homme fragile et mortel ? Il n'y a qu'une réponse : l'Amour. Celui qui aime veut partager avec l'aimé, veut être uni à lui, et la Sainte Écriture nous présente justement la grande histoire de l'amour de Dieu pour son peuple, qui culmine en Jésus Christ.

En réalité, Dieu ne change pas : Il est fidèle à Lui-même. Celui qui a créé le monde est le même qui a appelé Abraham et qui a révélé son Nom à Moïse : Je suis celui qui suis ... le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ... Dieu miséricordieux et compatissant, riche d'amour et de fidélité (cf. Ex 3, 14-15 ; 34, 6). Dieu ne varie pas, Il est Amour depuis toujours et pour toujours. Il est en Lui-même Communion, Unité dans la Trinité, et chacune de ses œuvres et de ses paroles vise à la communion. L'incarnation est le sommet de la création. Quand dans le sein de Marie, par la volonté du Père et l'action de l'Esprit-Saint, se forma Jésus, Fils de Dieu fait homme, la création atteignit son sommet. Le principe ordonnateur de l'univers, le Logos, commençait d'exister dans le monde, dans un temps et dans un espace.

« Le Verbe s'est fait chair ». La lumière de cette vérité se manifeste à celui qui l'accueille avec foi, parce qu'elle est un mystère d'amour. Seulement tous ceux qui s'ouvrent à l'amour sont enveloppés de la lumière de Noël. Il en fut ainsi dans la nuit de Bethléem, et il en est encore ainsi aujourd'hui. L'incarnation du Fils de Dieu est un évènement qui s'est produit dans l'histoire, mais qui en même temps la dépasse. Dans la nuit du monde, s'allume une lumière nouvelle, qui se laisse voir par les yeux simples de la foi, par le cœur doux et humble de celui qui attend le Sauveur. Si la vérité avait été seulement une formule mathématique, en un certain sens elle s'imposerait d'elle-même. Si au contraire, la Vérité est Amour, elle demande la foi, le " oui " de notre cœur.

Et que cherche en effet, notre cœur, sinon une Vérité qui soit Amour ? Il la cherche, l'enfant, avec ses questions si désarmantes et stimulantes ; il la cherche, le jeune, qui a besoin de trouver le sens profond de sa vie ; ils la cherchent, l'homme et la femme dans leur maturité, pour guider et soutenir leur engagement au sein de la famille et au travail ; elle la cherche la personne âgée, pour donner un accomplissement à son existence terrestre.


Benoît XVI, Message de Noël prononcé avant la bénédiction urbi et orbi - 1

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

bethlehem-geboortekerk.jpg

 

ROME, Samedi 25 décembre 2010 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral du Message de Noël que Benoît XVI a prononcé ce 25 décembre depuis la loggia des bénédictions de la Basilique Saint-Pierre, avant de donner sa bénédiction urbi et orbi.

« Verbum caro factum est » - « Le Verbe s'est fait chair » (Jn  1, 14)

Chers frères et Sœurs, qui m'écoutez à Rome et dans le monde entier, je vous annonce avec joie le message de Noël : Dieu s'est fait homme, il est venu habiter parmi nous. Dieu n'est pas lointain : il est proche, ou mieux, il est l'"Emmanuel", Dieu-avec-nous. Il n'est pas un inconnu : il a un visage, celui de Jésus.

C'est un message toujours nouveau, toujours surprenant, parce qu'il dépasse notre espérance la plus audacieuse. Surtout parce qu'il n'est pas seulement une annonce : il est un évènement, un fait, que des témoins crédibles ont vu, entendu, touché dans la Personne de Jésus de Nazareth ! Étant avec Lui, observant ses actes et écoutant ses paroles, ils ont reconnu en Jésus le Messie ; et le voyant ressuscité, après qu'il ait été crucifié, ils ont eu la certitude que Lui, vrai homme, était en même temps vrai Dieu, le Fils unique venu du Père, plein de grâce et de vérité (cf. Jn 1, 14).


Afficher plus d'articles

<< < 1 2 3 > >>
RSS Contact