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Publié par dominicanus

 

An interview with attorney Estefanía Acosta
BENEDICT XVI IS THE TRUE POPE? The evidence and answers to objections. Part two

Écrit par Estefania Acosta et Patrick Coffin (08/03/2022)

Traduction française autorisée: père Walter Covens


Nous poursuivons avec la deuxième partie de mon entretien avec l'auteur et avocate colombienne Estefanía Acosta. Si vous avez manqué la première partie, elle se trouve ICI.

 

 

À ce stade, quelqu'un demandera : "Traitez-vous le pape Benoît de menteur ? Il a dit à plusieurs reprises qu'il n'est plus le pape, et que sa Declaratio indiquait que la Chaire serait vide après le 28 février 2013 ?". Que répondez-vous ?

 


En effet, après le 28 février 2013, la Chaire était vide en fait (de facto), et non en droit (de iure). Sa Sainteté Benoît XVI s'est effectivement retiré de l'exercice de ses fonctions, s'exilant dans le monastère Mater Ecclesiae, et les cardinaux, n'ayant pas compris (ou prétendant ne pas comprendre, ou refusant de comprendre) le véritable sens de la Declaratio, selon sa formulation originale en latin, ont matériellement tenu un Conclave dépourvu de toute valeur canonique, d'où serait élu un anti-Pape, c'est-à-dire un Pape de pure apparence, dépourvu de véritable autorité devant la loi, Dieu et l'Église. 

 

Juridiquement, cependant, Benoît XVI continuait à être le seul titulaire du Siège, le seul Pontife romain légitime. Il faut lire non seulement la Declaratio mais aussi, par exemple, le discours prononcé par l'archevêque Georg Gänswein, en mai 2016, à l'Université pontificale grégorienne, où il a déclaré :

 

"Comme au temps de Pierre, aujourd'hui aussi l'Église une, sainte, catholique et apostolique continue à avoir un seul pape légitime. Mais aujourd'hui, nous vivons avec deux successeurs vivants de Pierre parmi nous - qui ne sont pas dans une relation de concurrence entre eux, et qui ont pourtant tous deux une présence extraordinaire !".

 

Benoît XVI n'a pas "menti" alors dans sa Declaratio, et il ne l'a pas fait non plus tout au long de ces neuf années. Il a eu recours, oui, à une certaine ambiguïté, à travers des mots et des gestes qui semblent s'exclure mutuellement. Il porte intentionnellement les vêtements, le nom, le titre, la résidence, le traitement protocolaire du Pontife Romain. Il s'adresse à un autre homme ("François") en tant que Saint-Père. 

 

Et malgré son traitement bienveillant envers "François", et ses déclarations sur "l'unité de vision" qu'il maintient avec le "pontificat" de son "successeur", il n'hésite pas à contredire d'un trait de plume le faux magistère de ce dernier. Est-il impossible pour nous de comprendre que sous toute cette ambiguïté se cache un message de fond cohérent ? A savoir, la coexistence de "deux Papes", l'un vrai et l'autre faux, qui, bien que remplissant des rôles radicalement différents, convergent dans le même plan divin de la purification finale de l'Eglise.

 

Dans l'ordre moral, nous pouvons appliquer les enseignements proposés par plusieurs théologiens catholiques sur les réserves mentales. Nierons-nous que Benoît XVI s'est trouvé dans une situation d'extrême nécessité, même dès le début de son pontificat, lorsqu'il a demandé la prière des fidèles pour ne pas fuir devant les "loups" ? N'a-t-il pas expliqué plus tard, dans le livre biographique de Peter Seewald mentionné plus haut (Ein Leben), que le danger spirituel contre lequel il demandait la prière n'était autre que l'influence de l'Antéchrist, socialement opérant à notre époque ? En vérité, ce qu'a fait Benoît XVI n'est pas un "mensonge". Au contraire, pour sauvegarder juridiquement et spirituellement la barre de l'Église contre les menaces des enfants des ténèbres, et s'offrir pour elle comme victime devant Dieu, le Pape s'est moqué du mal d'une manière qui, de toute façon, a été parfaitement perceptible pour ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre.

 

Enfin, la validité ou l'invalidité de la Declaratio n'a rien à voir avec la mention qui y est faite du futur "Siège vacant". Le "Siège vacant" est en fait une conséquence juridique qui ne pourrait se produire que si l'acte juridique de "démission du pontificat" avait existé en droit canonique. Mais puisque, comme nous l'avons vu, une telle "démission du pontificat" n'a jamais existé (parce que Sa Sainteté a soigneusement préservé le munus pétrinien), la conséquence juridique de la vacance ne pourrait pas non plus se produire, même si elle était explicitement mentionnée. 

 

Prenons un exemple plus simple. Supposons qu'un prêtre catholique donne sa bénédiction (sic) à un couple homosexuel, les déclarant "mari et mari". La première chose que nous aurions à dire est qu'une personne ne devient le "mari" d'une autre que si un acte juridique matrimonial est célébré dans le plein respect des exigences pertinentes du droit naturel et du droit canonique, dont l'une est évidemment de sexe opposé. 

 

Ici, la conséquence prononcée par le prêtre ne peut exister car le couple est de même sexe et ne peut donc pas se marier validement. Quel chrétien oserait dire qu'une telle déclaration du prêtre impliquera, en soi, que les hommes concernés deviennent réellement "mari et mari" ? Ces hommes ne seront jamais "mari et mari" - pas même si le monde entier, "clergé catholique" et systèmes juridiques étatiques inclus, les traitait comme tels. De la même manière, la simple mention par Benoît XVI de la vacance du Siège ne pourra jamais aboutir à cette vacance dans les faits.

 

 

 

Il devrait être clair à ce stade que la non-renonciation à la fonction d'une papauté est suffisante pour invalider l'élection de la papauté suivante, même si la seconde est détenue par un homme saint et orthodoxe. C'est assez choquant. Mais il existe un autre facteur d'invalidation, à savoir le comportement conspirateur des cardinaux de la mafia de Saint-Gall avant et pendant le conclave qui a donné au cardinal Bergoglio l'entéléchie "François". La plupart de mes lecteurs connaissent la Mafia de Saint-Gall (une clique de prélats de gauche), mais en quoi leur comportement invalide-t-il l'élection de Bergoglio, et comment le savons-nous ?

 


Si vous le permettez, sur ce point, je préfère simplement renvoyer vos lecteurs à notre livre, mais brièvement : d'abord, comme vous l'avez dit à juste titre, les irrégularités survenues avant et pendant le conclave de 2013, y compris celles de la mafia de Saint-Gall, sont une question totalement secondaire dans le débat qui nous préoccupe. 

 

Bien que dans notre livre nous ayons voulu offrir une documentation à cet égard par souci d'exhaustivité, la vérité est que les événements liés à ladite mafia ont récemment été utilisés par diverses personnalités du monde catholique comme un écran de fumée pour détourner l'attention du point central de la crise actuelle de la papauté, qui est la Declaratio de "démission" émise par le pape Benoît XVI. Je crois que nous devons absolument nous distancer de cette tendance à la distraction et concentrer notre regard sur qui est vraiment le Pape légitime actuel de l'Église catholique (Benoît XVI), et non sur qui ne l'est pas (François).

 

Deuxièmement, les informations que l'on peut obtenir sur la mafia ne sont qu'indicatives, étant donné la nature illégale et clandestine des opérations de ce groupe. Il est difficile d'établir, sur un plan factuel, si le cardinal élu au conclave de 2013 (Jorge Bergoglio) a participé, et dans quelle mesure, à de telles opérations conspiratoires, et si, en conséquence, il a encouru la peine d'excommunication latae sententiae prescrite par le canon 81 d'UDG du pape Jean-Paul II.

 

Enfin, les discussions sur la question de savoir si les cardinaux de Saint-Gall, se retrouvant excommuniés latae sententiae au moment du conclave de 2013, pouvaient ou non prendre validement une part active au vote, et ainsi de suite, sont aussi lourdes que stériles. Toute la question du conclave est secondaire, et comporte des marges d'incertitude quant à la probabilité d'établir des faits en l'espèce. Cette question a cependant une valeur académique, et j'en parle longuement dans la section IV-C de notre livre.

 

 

 

J'aimerais vous interroger sur la juridiction fournie, ou ecclesia supplet. Le canon 144 §1 dit : " En cas d’erreur commune de fait ou de droit, comme en cas de doute positif et probable de droit ou de fait, l’Église supplée le pouvoir exécutif de gouvernement tant au for externe qu’au for interne." (supplet Ecclesia, pro tam externo quam interno, potestatem regiminis exsecutivam). Donc, dans le cas de François en tant qu'antipape, est-ce que ecclesia supplet signifie que ses élévations d'évêques et ses nominations de cardinaux sont légitimes, ou sont-elles nulles et non avenues ?

 

En cas de doute de droit, les lois même irritantes ou inhabilitantes n’obligent pas ; en cas de doute de fait, les Ordinaires peuvent en dispenser pourvu que, s’il s’agit d’une dispense réservée, l’autorité à qui elle est réservée ait coutume de concéder cette dispense.


Le canon que vous citez parle de la fourniture du "pouvoir exécutif du régime", alors comprenons ce que cela implique. En vertu du sacrement de l'Ordre, les prêtres et les évêques ont essentiellement trois fonctions : sanctifier (tout ce qui concerne la liturgie et les sacrements), enseigner (magistère), et gouverner (aspect juridique/bureaucratique/administratif/gouvernemental, qui comprend les branches législative, exécutive et judiciaire). 

 

Or, le canon 144 §1 prévoit l'attribution de la juridiction pour les cas spécifiques où ceux qui doivent se soumettre à un pouvoir exécutif croient, avec un fondement solide, qu'un certain ministre est investi de ce pouvoir, alors qu'il ne l'est pas. Le même canon, dans son §2, étend cette substitution sous certaines conditions aux domaines de la Confession, de la Confirmation et du Mariage. Selon ce principe (supplet Ecclesia), l'Église entre donc en jeu pour fournir la juridiction (pouvoir exécutif) qui manque au ministre en question, en vue du bien commun impliqué dans chaque situation.

 

Nous en arrivons à la question des nominations d'évêques et de cardinaux sous François. L'attribution de la juridiction a lieu pour des cas spécifiques, particuliers, liés à une erreur commune ou probablement à un doute de fait ou de droit. Avec Bergoglio, nous parlons d'une juridiction pontificale inexistante. On ne pourra jamais recourir au principe Ecclesia supplet pour légitimer toute la para-structure, la fausse ou l'anti-Église construite par "François" sur les ruines (matérielles) de la vraie Église dont le chef visible, bien qu'empêché, continue d'être Sa Sainteté Benoît XVI.

 

Ceci est d'autant plus vrai que cette para-structure répand le soutien à l'anti-évangile, à l'anti-liturgie, à l'anti-loi et à l'anti-Christ. Une telle application de l'approvisionnement constituerait non seulement une déformation totale du principe, mais aussi une atteinte très grave au bien commun pour la défense duquel il est établi.

 

Pour en revenir à votre question, la réponse est la suivante : tous les cardinaux désignés par François sont invalides, de même que les évêques, du point de vue juridique - bien que, du point de vue sacramentel, il soit possible qu'ils aient reçu validement l'ordination épiscopale, si les conditions pertinentes ont été remplies dans chaque cas (imposition des mains, prière de consécration appropriée, etc.)

 

 

 

Certains critiques ont dit que toute cette argumentation prône le sédévacantisme. Quelle est la différence entre le sédévacantisme et un Siège Apostolique empêché ?

 


Le terme "sédévacantiste" se réfère typiquement à ceux qui soutiennent à tort que le Siège Pétrinien est vacant depuis la mort du Vénérable Pie XII en 1958, et qui se trouvent par conséquent dans une situation de schisme par rapport aux Papes validement et successivement élus depuis cette année (Jean XXIII, Paul VI, Jean Paul I, Jean Paul II et Benoît XVI). 

 

Cette erreur grossière repose, en substance, sur la prémisse hérétique selon laquelle l'Église et la papauté auraient échoué dans la seconde moitié du XXe siècle, ce qui est évidemment impossible, étant donné, entre autres, le caractère indéfectible de la première et l'institution à perpétuité de la seconde par le Christ. Maintenant, de manière plus générale, on dit que "l'erreur sédévacantiste" se produit chaque fois qu'un groupe de personnes, à partir d'un jugement privé, refuse de reconnaître un Pape qui a été validement élu, c'est-à-dire dans le plein respect des normes canoniques qui régissent les élections papales, et accepté par l'Église de manière pacifique et universelle. 

 

 

 

Ce qui m'amène à m'interroger sur le principe de pacifica universalis ecclesiae adhaesio, qui est parfois invoqué pour valider François comme étant en quelque sorte universellement et pacifiquement accepté comme Pape. Que signifie-t-il et comment s'applique-t-il ?

 


Oui, une question importante. Pacifica universalis ecclesiae adhaesio indique que le fait que l'élection d'un certain Pape ne soit pas immédiatement contestée (ou soit universellement acceptée par l'Eglise, sous le critère d'une unanimité morale et pas nécessairement mathématique), au moment même où une telle élection est connue, est un signe infaillible que toutes les conditions canoniques nécessaires à sa validité ont été remplies. 

 

Naturellement, le refus d'accepter Bergoglio comme le véritable Pontife romain, dit-on, va à l'encontre du principe de la pacifica universalis ecclesiae adhaesio. Cette position soutient que, puisque l'élection du 13 mars 2013 n'a pas été immédiatement contestée mais a été universellement acceptée par l'Église par une unanimité morale, on doit conclure qu'elle était nécessairement valide, et que ceux qui la remettent en question ou s'y opposent sont coupables de sédévacantisme. Cette accusation se retrouve dans le surnom de "bénevacantistes" dont on nous affuble parfois, nous qui considérons Benoît XVI comme le pape légitime actuel. 

 

N'oubliez pas que la doctrine de "l'acceptation pacifique et universelle par l'Église", bien qu'elle ait été énoncée et communément acceptée comme un fait dogmatique, n'a jamais été définie précisément dans chacun de ses termes, et donc son application dans des cas spécifiques, et en particulier celle de François, devient extrêmement controversée.

 

Il est affirmé que les contestations d'une certaine élection papale doivent avoir lieu "immédiatement", sinon la doctrine adhaesio enseigne que le Pape est le Pape. Ce qui soulève la question suivante : que signifie "immédiatement" ? Certains experts pro-François disent "des semaines et des mois après" l'élection respective, mais personne ne peut dire avec autorité combien de semaines, ou combien de mois, ni qui peut déterminer ce délai - et sur quelle base ?

 

Le fait est que la légitimité de l'élection de Bergoglio/Francis a été contestée dès le premier jour, c'est-à-dire avant que son "pontificat" ne suscite des perplexités en matière de doctrine, de liturgie et de juridiction, et même, dans certains cas, avant que le conclave au cours duquel il a été élu n'ait lieu le 13 mars 2013. 

 

Nous ne devons pas oublier que la Declaratio de Benoît XVI elle-même a rapidement commencé à susciter des soupçons publics d'invalidité, liés à des facteurs de diverses natures : métaphysiques ou ecclésiologiques, comme dans le cas de ceux qui ont nié la possibilité même d'une démission papale ; linguistiques, pour ceux qui se sont focalisés sur les erreurs de latin du texte ; juridique et symbolique, liée, d'une part, à la spécification de Benoît XVI lors de sa dernière audience générale (27/08/2013), en ce sens que sa démission concernait l'exercice actif du ministère (qui, comme nous l'avons vu, est clairement différent de la charge ecclésiastique ou de la fonction de Pontife Romain), et d'autre part, aux éléments typiques de la dignité pontificale que le "renonçant" a décidé de maintenir (les titres de Sa Sainteté et de Pape émérite, les armoiries, etc.)

 

Nous ne pouvons pas considérer que l'"élection pontificale" de François est la "position officielle de l'Église" puisque, dans son cas, la pacifica n'a pas été configurée, et encore moins émise par les autorités ecclésiastiques compétentes réunies dans un forum canonique, ce qui constitue une prise de position définitive et juridiquement contraignante pour l'Église universelle à cet égard. 

 

Il est intéressant de noter que jusqu'à présent, nos recherches n'ont pas été invalidées par des arguments sérieux et que, pour la plupart, elles ont simplement été ignorées ou réduites au silence. Notre contribution est d'œuvrer pour le jour où un tel forum pourra être constitué, et où les fidèles pourront recevoir la pleine vérité sur la crise actuelle du Pontificat. Des saints tels que Catherine de Sienne et Bernard de Clairvaux l'ont en effet fait à leur manière, à une époque où la hiérarchie ecclésiastique n'était pas infiltrée par la franc-maçonnerie au point où elle l'est aujourd'hui.

 

Comme vous l'avez dit, nous ne soutenons en aucun cas que le Siège est vacant, car en réalité il est empêché : Benoît XVI n'a jamais renoncé à être le Pape et continue donc à être l'occupant juridiquement légitime du Siège. Mais en se retirant matériellement de ses fonctions et en s'exilant au Vatican, le Siège a été laissé paralysé et usurpé par "François". Ce n'est pas que la plus haute autorité ecclésiale soit inexistante, méconnaissable ou invisible face au corps universel de l'Église, mais plutôt que son exercice légitime soit empêché. En bref, nous ne sommes pas sédévacantistes. Habemus Papam : Sa Sainteté, Benoît XVI !

 

 

 

L'Église catholique a traversé plus de 30 fois dans le passé la crise des hommes faussement considérés comme le pape. Comment résoudre la crise actuelle ? Quelle est la procédure appropriée pour nous sortir de ce désordre chaotique, et est-ce que cela importe de savoir qui meurt en premier, le Pape Benoît XVI ou Bergoglio ?

 


Le Code de droit canonique ne contient pas d'indications sur la façon dont (ni par qui) une déclaration faisant autorité et contraignante devrait être émise dans le cas d'une papauté contestée comme celle-ci. Des recherches théologiques et historiques plus approfondies sur le sujet seront utiles pour résoudre l'impasse actuelle. Pour ma part, je n'ai aucune expertise en la matière, et je ne peux donc pas dire grand-chose à ce sujet.

 

Une solution possible serait qu'à la mort du Pape Benoît XVI, les vrais cardinaux - c'est-à-dire ceux qui ont été nommés par Benoît lui-même ou par le Pape Jean-Paul II - se réunissent en conclave selon les normes d'UDG, pour l'élection du nouveau Pontife Romain. Je peux également affirmer que tout conclave tenu dans l'une des circonstances suivantes serait juridiquement invalide : tant que le pontificat de Benoît XVI reste juridiquement en vigueur ; avec la participation des "cardinaux" désignés par "François" ; et/ou conformément à toute disposition émise par ce dernier aux fins d'un tel conclave. La personne élue dans l'une de ces conditions, ainsi que ses successeurs éventuels, seraient nécessairement des antipapes.

 

 

 

Dernière question. L'idée même que François soit notre dernier antipape fait peur à de nombreux catholiques, comme si une trappe s'était ouverte sous leurs pieds. Certains se sentent abandonnés, confus et perturbés. Pourquoi pensez-vous le contraire, et quels mots d'espoir et d'encouragement pourriez-vous avoir ?

 


D'abord, demandons-nous : que peuvent attendre de Dieu le monde et l'Église dans le moment présent ? Nous avons un Dieu infiniment sage, aimant et puissant ; il est à la fois miséricordieux et juste. En justice, étant donné notre comportement en tant que créatures/fils de Dieu, que méritons-nous de Lui aujourd'hui, ou qu'avons-nous gagné ? Nous savons que les pires châtiments divins ont lieu de manière passive : lorsqu'une génération rejette le Seigneur encore et encore et que l'homme se dégrade à un niveau inférieur à celui des bêtes et se prosterne devant toutes sortes de faux dieux, Dieu l'abandonne "à ses passions honteuses" et "à son esprit dépravé" (Rm 1, 18-21). 

 

Les choses empirent rapidement. Dans les temps du retour glorieux imminent du Seigneur, période de pointe de la dégradation humaine "il faut que vienne d’abord l’apostasie, et que se révèle l’Homme de l’impiété, le fils de perdition". Dieu "enverra une force d'égarement qui les fait croire au mensonge. Ainsi seront jugés tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui se sont complus dans le mal." (2 Th 2, 1-12). C'est donc sur la toile de fond de la colère divine, dans des temps manifestement apocalyptiques, qu'il faut lire le triomphe temporel que les ennemis de Dieu et de son Église ont obtenu en installant sur le trône pétrinien un homme dont l'objectif singulier est la destruction de la foi catholique, et dont les œuvres ont trompé, scandalisé et déçu - si l'on peut dire - de nombreux croyants. 

 

D'autre part, la vérité la plus profonde est que Dieu est véridique, fidèle et loyal, et que toutes ses promesses se réalisent à la lettre. L'une de ces promesses est précisément l'indéfectibilité de l'Église, édifiée sur le rocher de la papauté comme garantie que "les portes de l'enfer [les hérésies] ne prévaudront pas sur elle" (Mt 16, 18). Cette promesse est inconditionnelle, totalement indépendante du comportement de l'homme envers son Dieu. La Sainte Église du Christ est par essence indestructible, comme l'est aussi, par nature, son Divin Époux.

 

Comment tenir ensemble ces deux points de vue ? Nous devons garder à l'esprit que la justice divine est inextricablement liée à la miséricorde, et que son but n'est pas la destruction définitive mais le renouvellement, la restauration de toutes choses dans le Christ. Dieu a permis que la Sainte Mère l'Église soit infiltrée au plus haut niveau afin que tous ceux qui "sont sortis de nous, mais n'étaient pas des nôtres" (1 Jn 2, 19) se révèlent et soient finalement vaincus, tandis que les vrais croyants sont de plus en plus purifiés, en vue de recevoir le Sauveur lors de sa seconde venue. Le Seigneur a pris soin de retirer sa main, ses grâces surnaturelles et, plus particulièrement, le pouvoir des clés, à celui qui a osé usurper la place de son Vicaire. Le fait que la foudre soit tombée deux fois sur la basilique Saint-Pierre en ce 11 février 2013 nous dit-il quelque chose ? 

 

Réjouissons-nous donc ! L'Église et la papauté restent debout. Nous n'avons pas de "pape apostat" parce que cela n'existe pas. C'est un oxymore. Nous avons un Pape, matériellement empêché, certes, mais souffrant et priant, à l'imitation du Maître. Les choses deviendront de plus en plus difficiles, Patrick, c'est vrai ; mais, bien qu'il semble que l'Église s'effondre, la vision surnaturelle nous dit qu'en réalité, l'Église est en train de se purifier, au milieu de la bataille finale contre le mal, dont elle sortira victorieuse et pleinement préparée pour les Noces de l'Agneau. 

 

Que ce moment nous trouve, si nous en sommes témoins, en train de crier vers le Ciel : Viens, Seigneur Jésus !

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