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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

la vache qui rumine c 2010

Benoît XVI, L'amour de Dieu et l'amour du prochain - 3

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Dans le développement de cette rencontre, il apparaît clairement que l’amour n’est pas seulement un sentiment. Les sentiments vont et viennent. Le sentiment peut être une merveilleuse étincelle initiale, mais il n’est pas la totalité de l’amour. Au début, nous avons parlé du processus des purifications et des maturations, à travers lesquelles l’eros devient pleinement lui-même, devient amour au sens plein du terme. C’est le propre de la maturité de l’amour d’impliquer toutes les potentialités de l’homme, et d’inclure, pour ainsi dire, l’homme dans son intégralité. La rencontre des manifestations visibles de l’amour de Dieu peut susciter en nous un sentiment de joie, qui naît de l’expérience d’être aimé. Mais cette rencontre requiert aussi notre volonté et notre intelligence. La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement: l’amour n’est jamais «achevé» ni complet; il se transforme au cours de l’existence, il mûrit et c’est justement pour cela qu’il demeure fidèle à lui-même. Idem velle atque idem nolle – vouloir la même chose et ne pas vouloir la même chose; voilà ce que les anciens ont reconnu comme l’authentique contenu de l’amour: devenir l’un semblable à l’autre, ce qui conduit à une communauté de volonté et de pensée. L’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste justement dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus: la volonté de Dieu n’est plus pour moi une volonté étrangère, que les commandements m’imposent de l’extérieur, mais elle est ma propre volonté, sur la base de l’expérience que, de fait, Dieu est plus intime à moi-même que je ne le suis à moi-même. C’est alors que grandit l’abandon en Dieu et que Dieu devient notre joie (cf. Ps 72,23-28) (Ps 73).

 

Deus caritas est 17 - suite

 

 

Benoît XVI, L'amour de Dieu et l'amour du prochain - 2

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

En effet, personne n’a jamais vu Dieu tel qu’il est en lui-même. Cependant, Dieu n’est pas pour nous totalement invisible, il n’est pas resté pour nous simplement inaccessible. Dieu nous a aimés le premier, dit la Lettre de Jean qui vient d’être citée (cf. Jn 4,10) et cet amour de Dieu s’est manifesté parmi nous, il s’est rendu visible car Il «a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui» (1Jn 4,9). Dieu s’est rendu visible: en Jésus nous pouvons voir le Père (cf. Jn 14,9). En fait, Dieu se rend visible de multiples manières. Dans l’histoire d’amour que la Bible nous raconte, Il vient à notre rencontre, Il cherche à nous conquérir – jusqu’à la dernière Cène, jusqu’au Coeur transpercé sur la croix, jusqu’aux apparitions du Ressuscité et aux grandes oeuvres par lesquelles, à travers l’action des Apôtres, Il a guidé le chemin de l’Église naissante. Et de même, par la suite, dans l’histoire de l’Église, le Seigneur n’a jamais été absent: il vient toujours de nouveau à notre rencontre – par des hommes à travers lesquels il transparaît, ainsi que par sa Parole, dans les Sacrements, spécialement dans l’Eucharistie. Dans la liturgie de l’Église, dans sa prière, dans la communauté vivante des croyants, nous faisons l’expérience de l’amour de Dieu, nous percevons sa présence et nous apprenons aussi de cette façon à la reconnaître dans notre vie quotidienne. Le premier, il nous a aimés et il continue à nous aimer le premier; c’est pourquoi, nous aussi, nous pouvons répondre par l’amour. Dieu ne nous prescrit pas un sentiment que nous ne pouvons pas susciter en nous-mêmes. Il nous aime, il nous fait voir son amour et nous pouvons l’éprouver, et à partir de cet «amour premier de Dieu», en réponse, l’amour peut aussi jaillir en nous.

 

 

Deus caritas est 17 - à suivre

 

Dans le développement de cette rencontre, il apparaît clairement que l’amour n’est pas seulement un sentiment. Les sentiments vont et viennent. Le sentiment peut être une merveilleuse étincelle initiale, mais il n’est pas la totalité de l’amour. Au début, nous avons parlé du processus des purifications et des maturations, à travers lesquelles l’eros devient pleinement lui-même, devient amour au sens plein du terme. C’est le propre de la maturité de l’amour d’impliquer toutes les potentialités de l’homme, et d’inclure, pour ainsi dire, l’homme dans son intégralité. La rencontre des manifestations visibles de l’amour de Dieu peut susciter en nous un sentiment de joie, qui naît de l’expérience d’être aimé. Mais cette rencontre requiert aussi notre volonté et notre intelligence. La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement: l’amour n’est jamais «achevé» ni complet; il se transforme au cours de l’existence, il mûrit et c’est justement pour cela qu’il demeure fidèle à lui-même. Idem velle atque idem nolle – vouloir la même chose et ne pas vouloir la même chose; voilà ce que les anciens ont reconnu comme l’authentique contenu de l’amour: devenir l’un semblable à l’autre, ce qui conduit à une communauté de volonté et de pensée. L’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste justement dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus: la volonté de Dieu n’est plus pour moi une volonté étrangère, que les commandements m’imposent de l’extérieur, mais elle est ma propre volonté, sur la base de l’expérience que, de fait, Dieu est plus intime à moi-même que je ne le suis à moi-même. C’est alors que grandit l’abandon en Dieu et que Dieu devient notre joie (cf. Ps 72,23-28) (Ps 73).

 

Deus caritas est 17 - suite

 

 

L’amour du prochain se révèle ainsi possible au sens défini par la Bible, par Jésus. Il consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu’à toucher le sentiment. J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus-Christ. Son ami est mon ami. Au-delà de l’apparence extérieure de l’autre, jaillit son attente intérieure d’un geste d’amour, d’un geste d’attention, que je ne lui donne pas seulement à travers des organisations créées à cet effet, l’acceptant peut-être comme une nécessité politique. Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires: je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin. Ici apparaît l’interaction nécessaire entre amour de Dieu et amour du prochain, sur laquelle insiste tant la Première Lettre de Jean. Si le contact avec Dieu me fait complètement défaut dans ma vie, je ne peux jamais voir en l’autre que l’autre, et je ne réussis pas à reconnaître en lui l’image divine. Si par contre dans ma vie je néglige complètement l’attention à l’autre, désirant seulement être «pieux» et accomplir mes «devoirs religieux», alors même ma relation à Dieu se dessèche. Alors, cette relation est seulement «correcte», mais sans amour. Seule ma disponibilité à aller à la rencontre du prochain, à lui témoigner de l’amour, me rend aussi sensible devant Dieu. Seul le service du prochain ouvre mes yeux sur ce que Dieu fait pour moi et sur sa manière à Lui de m’aimer. Les saints – pensons par exemple à la bienheureuse Teresa de Calcutta – ont puisé dans la rencontre avec le Seigneur dans l’Eucharistie leur capacité à aimer le prochain de manière toujours nouvelle, et réciproquement cette rencontre a acquis son réalisme et sa profondeur précisément grâce à leur service des autres. Amour de Dieu et amour du prochain sont inséparables, c’est un unique commandement. Tous les deux cependant vivent de l’amour prévenant de Dieu qui nous a aimés le premier. Ainsi, il n’est plus question d’un «commandement» qui nous prescrit l’impossible de l’extérieur, mais au contraire d’une expérience de l’amour, donnée de l’intérieur, un amour qui, de par sa nature, doit par la suite être partagé à d’autres. L’amour grandit par l’amour. L’amour est «divin» parce qu’il vient de Dieu et qu’il nous unit à Dieu, et, à travers ce processus d’unification, il nous transforme en un Nous, qui surpasse nos divisions et qui nous fait devenir un, jusqu’à ce que, à la fin, Dieu soit «tout en tous» (1Co 15,28).

 

 

Deus caritas est 18

Benoît XVI, L'amour de Dieu et l'amour du prochain - 1

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

 

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Après avoir réfléchi sur l’essence de l’amour et sur sa signification dans la foi biblique, une double question concernant notre comportement subsiste : Est-il vraiment possible d’aimer Dieu alors qu’on ne le voit pas ? Et puis: l’amour peut-il se commander ? Au double commandement de l’amour, on peut répliquer par une double objection, qui résonne dans ces questions. Dieu, nul ne l’a jamais vu – comment pourrions-nous l’aimer ? Et, d’autre part : l’amour ne peut pas se commander; c’est en définitive un sentiment qui peut être ou ne pas être, mais qui ne peut pas être créé par la volonté. L’Écriture semble confirmer la première objection quand elle dit: « Si quelqu’un dit: "J’aime Dieu", alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas» (1Jn 4,20). Mais ce texte n’exclut absolument pas l’amour de Dieu comme quelque chose d’impossible; au contraire, dans le contexte global de la Première Lettre de Jean, qui vient d’être citée, cet amour est explicitement requis. C’est le lien inséparable entre amour de Dieu et amour du prochain qui est souligné. Tous les deux s’appellent si étroitement que l’affirmation de l’amour de Dieu devient un mensonge si l’homme se ferme à son prochain ou plus encore s’il le hait. On doit plutôt interpréter le verset johannique dans le sens où aimer son prochain est aussi une route pour rencontrer Dieu, et où fermer les yeux sur son prochain rend aveugle aussi devant Dieu.

 

Deus caritas est 16

 

 

Jean-Baptiste Maillard, Dieu est de retour, La nouvelle évangélisation de la France

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Dieu est-il vraiment de retour dans l’Hexagone  ? C’est la conviction prophétique de Jean-Baptiste Maillard, jeune auteur, jeune évangélisateur et jeune père de famille qui vient de publier aux Éditions de l’Œuvre une enquête remarquable. Son sujet  ? L’évangélisation made in France. Ne confondons pas trop vite jeunesse et naïveté, car ce blogueur de 29 ans n’est pas un blagueur. Un découvreur plutôt. Il nous présente un feu d’artifice d’initiatives, plus audacieuses les unes que les autres. Elles visent toutes à faire connaître le Christ à nos contemporains. Ils sont faits pour Lui, ceux qui regardent le 20 heures et qui ne connaissent souvent du christianisme qu’une citation tronquée du pape sur le préservatif  ! Jean-Baptiste Maillard le sait  : les évangélisateurs ont du pain sur la planche. Il nous parle de leurs exploits cachés et du travail actif de la grâce. Sur les routes, les plages ou les pavés, dans les boîtes de nuit ou les méandres des cités. Une hirondelle ne fait certes pas le printemps. Mais plusieurs  ? Il faut être attentifs à ces signes des temps que Jean-Baptiste Maillard est parti cueillir aux quatre coins de la France, de la communauté des Béatitudes sur la côte d’Azur, au groupe Glorious à Lyon, de l’école d’évangélisation à Paray-le-Monial au porte-à-porte paroissial à Rueil-Malmaison.


Ces jeunes pousses sont encore dispersées, isolées, bien fragiles. La plume de Jean-Baptiste Maillard ne triche pas, elle n’invente pas. Elle relate. Au fil des portraits et des entretiens, elle dessine le paradoxe de notre époque. Nous vivons une sorte de saison de transition. Et ce livre apparaît comme un instantané, une étape entre les frimas des années 70 (la mission directe était taxée souvent de croisade) et la canicule qui correspondra au retour du Christ. L’auteur explique  : «  Nous touchons là notre histoire récente, notamment un certain ‘enfouissement’ de la foi qui, à force de trop vouloir être le ‘levain dans la pâte’, s’est pratiquement dissoute comme beurre dans une soupe bien chaude. Résultat  : nous en avons presque oublié la mission première de l’Église.  » L’auteur, en tous les cas, n’est pas du genre amnésique. Lui-même a été témoin de ce réchauffement christique. Son histoire a commencé dans le sillage de Mgr Rey, champion toutes catégories de l’évangélisation au sein de l’épiscopat français  : «  Je suis tombé dans l’évangélisation en l’an 2000, comme Obélix dans la potion magique, j’ai eu la chance de rencontrer de nombreux missionnaires notamment dans le cadre de Communion Évangélisation. Cet événement lancé en 2002 par l’évêque de Fréjus-Toulon réunit chaque année des évangélisateurs venus de toute la France et même d’autres pays.  » De fil en aiguille, Jean-Baptiste Maillard a fondé Anuncioblog. Il a occupé le terrain virtuel de la toile, glanant chaque jour quelques nouveaux fruits. À force, il a accumulé une véritable somme apostolique. Alors que beaucoup de catholiques ne voient que l’avancée du désert, le manque de prêtres, la chute des mariages et des baptêmes, ce blogueur pas comme les autres nous parle d’un autre climat. La porte du paradis n’est pas fermée et les amis du Christ font déjà germer un peu partout son Royaume.


Il faut saluer le sérieux de sa démarche mais aussi sa générosité. Jean-Baptiste, digne de son saint patron, nous donne des munitions contre le défaitisme ambiant. Non, le recul de la foi dans notre pays n’a rien d’inéluctable. À preuve ce motard nommé Jean-Michel qui a rencontré le Christ en chevauchant sa Harley. À preuve, l’itinéraire de Romain-Alain Dupré, le fondateur des Semeurs d’Espérance, qui ne sépare pas l’adoration eucharistique et la rencontre des sans-abri de la capitale. Vous l’avez compris, Jean-Baptiste Maillard a pris sa canne et son chapeau pour arpenter le maquis apostolique. Oui, Dieu est de retour. Les indices sont indubitables. Pour autant, Il n’est pas encore arrivé partout. Loin s’en faut  ! L’auteur ignore comme nous la date de la Parousie. Cela ne l’empêche pas de collectionner ces perce-neiges qui poussent dans notre belle France, terre de mission.


Quelle est la condition de l’efficacité  ? Elle a un seul nom  : la sainteté. «  L’évangélisateur n’a pas toujours le cœur pur, affirme le cardinal Barbarin. S’il est conquérant plus que serviteur, rien de son message ne passera car l’orgueil pourrit tout  ». Au final, Jean-Baptiste Maillard nous offre un prolongement actuel des Actes des Apôtres. Tous les chapitres ne sont pas encore écrits  ! Le mystère de la Pentecôte n’a pas fini de connaître des répliques, en écho au tremblement de terre des origines à Jérusalem. Comme l’affirme Mgr Rey, interrogé lui aussi par l’auteur  : «  La tentation est grande de faire de l’Église un camp retranché, un bocal dans lequel on se replie. L’Église n’est pas un fan club.  » L’ouverture catholique s’avère autre chose qu’une stratégie politique. Elle incarne une logique profonde, celle du salut. Impossible de le garder pour soi.


Georges Bataille


Jean-Baptiste Maillard, Dieu est de retour, La nouvelle évangélisation de la France, éditions de l’œuvre, 380 pages, 20 €.


Pour poursuivre l’aventure  :

www.anuncioblog.com

et

www.dieuestderetour.com.


Source: France catholique

Jean-Baptiste Maillard, Dieu est de retour

dominicanus #La vache qui rumine C 2010


Qu’est-ce que l’amour ? Comment embrasser ? Qui est Dieu ? De toutes les questions que se posent les internautes dans le monde entier, ces trois-là reviennent le plus souvent. Le lecteur nous excusera de ne pas prêter trop d’attention à la seconde, cependant arrêtons-nous un instant sur les deux autres. C’est l’exercice auquel s’est prêté Jean-Baptiste Maillard.


Tout commence dans les pas de Mgr Rey dans le cadre de Communion Évangélisation, événement lancé en 2002 par l’évêque, qui réunit chaque année des évangélisateurs venus de toute la France. « La nouvelle évangélisation, c’est le travail des apôtres avec de nouveaux moyens », déclare l’évêque de Frejus-Toulon. Encore jeune étudiant en informatique, Jean-Baptiste Maillard reçoit cette phrase comme un appel : « Internet fait partie de ces nouveaux moyens. C’est une place publique où nous devons être présents pour répondre aux questions que les gens se posent », se dit-il. Dès lors, il se lance dans la grande aventure de l’évangélisation sur le Net. En 2002, à la sortie du film Amen de Costa-Gavras, il tente de rétablir la vérité sur le pape Pie XII en créant un blog qui est encore aujourd’hui le plus visité sur le sujet. De sites en sites, il lance en 2006 Anuncioblog, un blog entièrement consacré à l’évangélisation. Au cœur de son message, une merveilleuse espérance. « Quand on possède un trésor, il est impossible de le garder pour soi », confie-t-il.

A présent Jean-Baptiste Maillard est marié et père d’un petit Karol. Son quotidien est consacré à la communication de l’Évangile. S’il a récemment créé sa propre boîte Chronoblog, spécialisée dans la création de sites internet, il n’oublie pas que le devoir premier du chrétien est d’annoncer le Christ à tous les peuples. Pour cela il part à la rencontre des gens dans la rue, fait du porte-à-porte et témoigne de l’amour du Christ : « Beaucoup de personnes sont très heureuses de rencontrer un catho à qui poser toutes les questions qui les travaillent, témoigne-t-il. Avant de les rencontrer sur la toile, il faut savoir les rencontrer dans la rue ».


Pour aller plus au fond des choses, Jean-Baptiste Maillard publie en mai dernier, aux Éditions de L’œuvre, une enquête sur la nouvelle évangélisation en France (1). Fort de son expérience, il souhaite révéler les richesses de l’Église à travers de multiples initiatives visant à faire connaître le Christ au monde. Dieu est de retour, ou la nouvelle évangélisation de la France, donne la parole aux cardinaux, aux évêques, aux prêtres, aux militants associatifs, aux intellectuels catholiques, aux paroissiens. Pas besoin de longs discours, les témoignages suffisent. Que ce soit en boîte de nuit, en auto-stop, auprès des SDF, par la musique ou sur la plage, toutes les occasions sont bonnes pour proclamer le règne du Christ. Recueil de portraits et d’expériences, Dieu est de retour porte un message d’espérance contre le défaitisme ambiant. Un appel à l’engagement et à la formation. « La foi s’affermit quand on la donne », disait Jean-Paul II. Mais le témoignage ne suffit pas.

Pour Jean-Baptiste Maillard, avant toute évangélisation, il faut une rencontre personnelle avec le Christ : « La prière est à la base de tout, assure-t-il. Le problème des catholiques c’est qu’ils ne prient pas assez ». Portés par une société qui refuse l’idée-même de Dieu, ils en arrivent à renoncer à l’apostolat de peur d’essuyer moquerie, refus ou incompréhension : « L’évangélisation de rue effraie, mais elle nous met face à nous-même, face à notre foi. Il faut oublier son orgueil, surtout celui de réussir du premier coup, confie Jean-Baptiste Maillard.


Au-delà de l’apostolat, le chrétien a un devoir de vérité. Notre jeune évangélisateur sait combien les personnes sont ignorantes, combien les fausses informations sur le pape ou le Christ salissent l’image de l’Église, combien il est difficile de communiquer la Révélation. « Il ne s’agit pas de prosélytisme mais de bonheur à transmettre, l’annonce d’une bonne nouvelle qui réjouit le cœur et apaise l’âme ». Qu’est ce que l’amour donc, sinon cette force qui permet de se donner aux autres ?

(1) Dieu est de retour, L’œuvre, 2009, 380 pages, 20 euros.


Source : La Nef n°207 de septembre 2009


 

Comment se porte l'Eglise en France? - Réponse de Jean-Baptiste Maillard - 5

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

ZENIT - En Europe en général, les vocations diminuent ainsi que la pratique religieuse. Dans certains pays d'Amérique latine, d'Afrique, d'Asie, la croissance est en revanche étonnante. Pensez-vous que l'Europe puisse en tirer une leçon ? Ces pays évangélisent-ils davantage ?


J.-B. Maillard - Il est certain que ces pays connaissent une « nouvelle jeunesse ». Peut-être est-ce dû à leur récente évangélisation, quand l'Europe est une « ancienne » sur le plan spirituel, ce qui veut dire qu'un enrichissement mutuel est possible. Je connais mal ces pays, mais prenons par exemple le Brésil, où j'ai accompagné un évêque français en 2007 pour y visiter les communautés nouvelles. Bien que toutes très différentes, j'ai été impressionné par leur zèle missionnaire et le nombre de vocations. Dans toutes ces communautés, l'existence de chapelles vivantes, en permanence habitées par la présence priante de leurs membres, m'a beaucoup donné à réfléchir. J'ai visité notamment la chaîne de télévision de la communauté Cançao Nova (« Chant nouveau »), qui bénéficie d'une fréquence sur les ondes nationales, et qui ne vit que de dons, comme Zenit. Elle a été créée dans un objectif d'évangélisation par les mass media, après que son fondateur se soit penché sur l'exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi de Paul VI, consacrée à l'évangélisation dans le monde moderne (Benoît XVI la cite d'ailleurs dans sa dernière encyclique et dans son message pour la Journée mondiale des missions 2009, le 19 octobre prochain). Aujourd'hui, Cançao Nova touche 50 millions de téléspectateurs et 2,5 millions d'internautes par semaine. Quand ils organisent un événement pour les jeunes, ceux-ci viennent depuis tout le Brésil, et ils remplissent leur hall de 70.000 places. Sur cet exemple, nous avons beaucoup de leçons à tirer : bien sûr qu'il faudrait adapter le contenu des émissions brésiliennes au public européen : une inculturation est toujours nécessaire. Mais ce ne doit pas être un prétexte pour nous contenter, avec nos médias actuels, de simplement revigorer la foi des catholiques « existants ». Dans ce domaine, il faudrait au minimum que chaque pays ait une chaîne d'évangélisation sur les ondes nationales, une radio et un site Internet pour évangéliser les masses.


Un autre exemple : fin septembre, à Brasilia, a eu lieu un événement diocésain d'évangélisation des foules, le 14ème « Hallel » (Alléluia), premier rassemblement musical chrétien d'Amérique latine. C'est un séminariste français étudiant là-bas qui nous le raconte sur Anuncioblog : « A grands renforts d'artistes catholiques brésiliens et de nombreux orateurs, ce sont plus de 200.000 personnes qui sont passées sur le site tout au long de la journée, inaugurée par la messe présidée par l'archevêque de Brasilia. Une grande chapelle montée pour l'occasion accueillait le Saint Sacrement exposé durant toute la durée de l'événement. A côté de l'exposition se tenait le lieu dévolu aux confessions, où entre 2000 et 3000 personnes ont pu se réconcilier avec Dieu. Tous les mouvements, pastorales, congrégations religieuses, communautés nouvelles et paroisses du diocèse étaient présents, pour témoigner de leur foi et annoncer l'Evangile au tout-venant. » Ce concept est pourtant venu de France, mais les Brésiliens ont su le développer avec une ardeur nouvelle. D'une manière générale, l'Europe doit apprendre, comme eux, à parler à tous. Et elle doit surtout apprendre à se dégager de son intellectualisme. La France est restée très cartésienne : il faut tout expliquer, y compris les plus grands mystères de Dieu. Or la foi ne s'explique pas ! La foi est un don de Dieu qui répond au oui de chacun. Et voilà ce que nous apprennent ces communautés : il faut se laisser saisir par l'amour de Dieu.


C'est pourquoi, en France comme en Europe, l'évangélisation nécessite un changement de paradigme au niveau des méthodes : il faut une annonce explicite, kérygmatique, de la Bonne Nouvelle du salut, à tous nos contemporains éloignés de Dieu, sans exception. Nous ne pouvons pas rester repliés sur nous-mêmes, sur nos paroisses, nos mouvements, nos associations, et nous devons sans cesse garder à l'esprit toutes les âmes qui attendent, à deux pas - de porte-à-porte ? - de chez nous, qu'on vienne leur parler du Christ. Evangéliser, ce n'est pas une affaire de sensibilité ou même d'émotion. Evangéliser, c'est avant tout aimer. Proposer une rencontre née d'une autre rencontre. Et c'est répondre à l'appel du Christ : « Allez par toutes les nations, faites des disciples, et baptisez-les, au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit » (Mt 28, 19).


Références :


Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de la France, éditions de l'Oeuvre, juin 2009, 280 pages, 20 €.


Le blog : http://www.dieuestderetour.com


Propos recueillis par Gisèle Plantec


Comment se porte l'Eglise en France? - Réponse de Jean-Baptiste Maillard - 4

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

ZENIT - Où sont selon vous les difficultés les plus grandes, les principaux obstacles à l'évangélisation ?


J.-B. Maillard - Le principal obstacle de l'évangélisation, comme pour la sainteté, c'est soi-même. Comment va notre relation personnelle avec Jésus ? Profitons-nous vraiment des sacrements qu'Il nous donne à travers ses ministres ? Savons-nous nous laisser regarder par Lui à travers l'adoration ? Dans son encyclique Redemptoris missio sur la mission du Christ rédempteur, très d'actualité avec l'année sacerdotale, Jean-Paul II disait que le plus grand missionnaire, c'est le saint. Il expliquait aussi que la contemplation est le moteur de l'évangélisation. Il faut que la Présence réelle et l'adoration soient au cœur de nos paroisses, de nos dispositifs, de nos rencontres. Chacun - et moi le premier ! - doit se rappeler que la charité, comme nous le dit Benoît XVI, est l'âme de la mission. Aussi devons-nous être plus aimants au seuil et à l'intérieur de l'Eglise, jusque dans nos familles. Enfin, peut-être que la grâce de l'époque que nous traversons est de pouvoir retrouver une meilleure compréhension de la mission que le Christ nous a confiée, comme le dit Sœur Anne-Claire dans mon livre. Nous devons nous « ouvrir » à tout cela.


 

Comment se porte l'Eglise en France? - Réponse de Jean-Baptiste Maillard - 3

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

ZENIT - Quels sont les signes les plus positifs de la vitalité de l'Eglise en France, selon vous ?


J.-B. Maillard - Regardez ces enfants qui reçoivent chaque mois leur « colis-mission » : ils évangélisent leur entourage, et même leurs copains de classe ! N'est-ce pas un signe de vitalité ? Il y a partout des « Semeurs d'Espérance » inconnus qui font avancer le Royaume. C'est ce que j'ai voulu montrer avec Dieu est de retour. Une nouvelle génération de catholiques est en train de se lever, comme nous l'explique bien « Glorious », dont la formule paroissiale « Lyon centre » connaît un vif succès. Autre exemple, le Festival « Anuncio », qui, depuis deux ans, propose chaque été à plus de trois cents jeunes une première expérience d'évangélisation de terrain : c'est une initiative très riche de sens. Sans le oublier le Festival Marial international, que l'on peut interpréter comme un « signe » de l'accomplissement de la prophétie de Marthe Robin : elle voyait la France se relever en appelant à l'aide la Sainte Vierge. Mais pour moi, le signe le plus positif est le nombre croissant de lieux d'adoration, parallèlement à une nouvelle prise de conscience de notre mission première : l'annonce du Christ.


 

Comment se porte l'Eglise en France? - Réponse de Jean-Baptiste Maillard - 2

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

ZENIT - Quel conseil donneriez-vous à un chrétien, à un prêtre ou même un évêque, découragé, qui a le sentiment que l'Eglise est en train de disparaître autour de lui ?


J.-B. Maillard - Je suis bien mal placé pour donner des conseils, mais puisque vous me demandez mon avis, je dirais qu'aujourd'hui tout est donné aux chrétiens pour « changer le monde ». L'Evangile a ce magnifique « pouvoir ». Dieu est de retour dans le cœur de nos contemporains qui l'avaient rejeté, de nombreux signes en témoignent chaque jour. La moisson des âmes est abondante et il ne reste qu'à récolter, c'est-à-dire annoncer. Alors, à un chrétien, je lui rappellerais que seul, il est en danger. Qu'il rejoigne une paroisse, un mouvement, dont l'évangélisation est la première priorité, pour recevoir le soutien de ses frères, être encouragé dans sa vie de prière et son apostolat. A un prêtre, qu'il redouble de prière envers Celui à qui il a donné sa vie, et trouve de nouveaux moyens concrets pour évangéliser avec ses fidèles, là où le Seigneur l'a placé. A un évêque, enfin, j'aurais envie de lui dire que sa mission, comme successeur des apôtres, fait de lui un premier de cordée dans l'évangélisation. L'Esprit Saint aidant, il saura ouvrir de nouveaux chantiers, loin de nos habitudes !

 

Comment se porte l'Eglise en France? - Réponse de Jean-Baptiste Maillard - 1

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

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ROME, Lundi 12 octobre 2009 (ZENIT.org) - « En France, l'Eglise se porte bien quand elle évangélise ». C'est ce qu'a constaté Jean-Baptiste Maillard, auteur de « Dieu est de retour », un ouvrage qu'il a écrit après une véritable enquête sur le terrain, à la découverte de l'Eglise en France, aujourd'hui. Il a répondu aux questions de ZENIT.


ZENIT - Cet ouvrage est le fruit d'une enquête sur le terrain. Vous avez voulu voir de vos propres yeux comment se portait l'Eglise de France. Quelles sont vos impressions ?


J.-B. Maillard - J'ai pu constater qu'en France, l'Eglise se porte bien quand elle évangélise. Que de richesses insoupçonnées ! Imaginez-vous en boîte de nuit en train d'évangéliser : c'est ce que fait toutes les fins de semaines le Père Axel, que j'ai eu la joie d'accompagner, découvrant ainsi la présence de Dieu dans un lieu pour le moins inattendu. Eh oui, Dieu est partout, il est de retour, et nous en sommes les témoins ! Que diriez-vous aussi si vous preniez en autostop un jeune séminariste qui veut vous faire rencontrer Jésus et prie pour vous Notre Dame de l'auto-stop ? Si au cours d'un pèlerinage à Medjugorge avec le Club Medj, un chauffeur de car vous propose une virée en moto pour emmener des non-croyants ? Croiriez-vous ce jeune rabbin récemment converti au catholicisme qui lisait la Bible en cachette dès l'âge de huit ans ? Ou bien cette religieuse du monastère cistercien Notre Dame de Bonneval, où il n'y avait pas eu de vocation depuis trente ans, vous parler d'évangélisation. Et encore, cette nouvelle communauté, la Société des missionnaires de la Miséricorde Divine, attachée à la forme extraordinaire du rite, et dont l'évêque vient d'ordonner deux de leurs dix séminaristes proposant le Christ aux musulmans ? (cf. : www.annuncioblog.com) Ce sont toutes ces personnes que j'ai interrogées dans Dieu est de retour.


Le constat est simple : on peut annoncer le Christ à tout le monde, que ce soit aux SDF, aux couples, aux enfants, à ses collègues de travail, à des passants... et ça marche ! Il y a des conversions, fulgurantes ou discrètes. Cela dit, « la moisson est abondante, et les ouvriers peu nombreux » (Mt 9,37). L'Eglise a besoin d'une dynamique de croissance, pour reprendre l'expression du Père Mario Saint Pierre, docteur en théologie, que j'ai interrogé sur la question de la formation. Cela s'applique à toute notre évangélisation : « Le disciple n'est pas au-dessus du maître » (Lc 6,40) : si Jésus va rechercher les brebis une par une, nous aussi devons faire de même !


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