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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

la vache qui rumine c 2010

Jean Paul II, La règle d'or pour les rapports que le chrétien doit avoir avec ceux qui ont une foi différente - 7

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

5, Aujourd'hui, même si vos communautés sont modestes, elles sont riches de la présence de diverses traditions et elles sont constituées par des personnes provenant de nombreuses parties du monde. Cela vous donne l'occasion dé vous exprimer réciproquement votre foi et votre espérance et de donner ici un important témoignage d'unité et de fraternité.



Ayez toujours le courage et la fierté de votre foi. Approfondissez-la. Approchez-vous sans cesse du Christ, la pierre angulaire, comme des pierres vivantes, sûrs de remporter la fin de votre foi, le salut de vos âmes. Dès maintenant le Seigneur Jésus fait de vous les membres de son corps ; Fils de Dieu, il vous fait participer à sa nature divine, il vous donne part à son Esprit. Puisez avec joie à la source jaillissante qu'est son Eucharistie. Qu'il vous comble de sa charité ! Ayez aussi le sentiment d'être en communion avec l'Église universelle que le pape représente devant vous, dans son humble personne. Votre témoignage est d'autant plus précieux qu'il est restreint en nombre, mais non dans sa qualité.



Pour moi, je tenais à vous dire ma profonde affection et ma confiance. Restons très unis par le lien de la prière. Je recommande au Christ Jésus et à sa très sainte Mère tous les besoins humains et spirituels de vos communautés, de chacune de vos familles. J'ai une pensée spéciale pour vos enfants, vos malades, ceux qui sont éprouvés. Qu'ils soient réconfortés par l'amour de Dieu et l'entraide de leurs frères ! De tout coeur, je vous bénis, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
citées (cf. 32, 8).


 

Discours à la communauté catholique d'Ankara (Turquie)

29 novembre 1979

Jean Paul II, La règle d'or pour les rapports que le chrétien doit avoir avec ceux qui ont une foi différente - 6

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

4. Cette attitude, chers frères et soeurs, va de pair avec la fidélité déjà si méritoire de vos communautés chrétiennes ici représentées. Cette fidélité hérite d'un grand passé. Nous avons déjà parlé de la lettre de saint Pierre ; on pourrait s'étendre sur la dilection de saint Paul, de saint Jean pour les Églises d'Asie mineure. Un auteur profane du début du second siècle, Pline le Jeune, décrivait la vie des disciples du Christ avec étonnement, dans un témoignage qui reste précieux aux yeux de l'histoire. Mais comment oublier la période florissante qui a suivi, et particulièrement le temps des Pères de l'Église ? Et puisque saint Pierre parle de la Cappadoce, ma pensée va spontanément à saint Basile le Grand (329-379), l'une des gloires les plus remarquables de l'Église de cette région, d'autant plus que survient cette année le seizième centenaire de sa mort : je suis heureux de vous annoncer qu'un document pontifical, illustrant la figure de ce très grand Docteur, viendra couronner ce mémorable anniversaire.


Jean Paul II, La règle d'or pour les rapports que le chrétien doit avoir avec ceux qui ont une foi différente - 5

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Je voudrais profiter de cette rencontre et de l'occasion que m'offrent les paroles écrites par saint Pierre à vos prédécesseurs pour vous inviter à considérer chaque jour les racines profondes de la foi en Dieu dans lequel croient aussi vos concitoyens musulmans, pour en tirer le principe d'une collaboration en vue du progrès de l'homme, de l'émulation dans le bien, de l'extension de la paix et de la fraternité dans la libre profession de la foi propre à chacun.


Jean Paul II, La règle d'or pour les rapports que le chrétien doit avoir avec ceux qui ont une foi différente - 4

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

3. Mes frères, quand je pense à ce patrimoine spirituel et à la valeur qu'il a pour l'homme et pour la société, à sa capacité d'offrir, surtout aux jeunes, une orientation de vie, de combler le vide laissé par le matérialisme, de donner un fondement sûr à l'organisation sociale et juridique, je me demande s'il n'est pas urgent, précisément aujourd'hui où chrétiens et musulmans sont entrés dans une nouvelle période de l'histoire, de reconnaître et de développer les liens spirituels qui nous unissent, afin de « protéger et de promouvoir ensemble, pour tous les hommes — comme nous y invite le Concile — la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté » (Déclaration Nostra aetate, ibid.).



La foi en Dieu, que professent les descendants spirituels d'Abraham, chrétiens, musulmans et juifs, quand elle est vécue sincèrement, qu'elle pénètre la vie, est un fondement assuré de la dignité, de la fraternité et de la liberté des hommes et un principe de rectitude pour la conduite morale et la vie en société. Et il y a plus : par suite de cette foi au Dieu créateur et transcendant, l'homme se trouve au sommet de la création. Il a été créé, enseigne la Bible, « à l'image et à la ressemblance de Dieu » (Gn 1,27) ; pour le Coran, livre sacré des musulmans, bien que l'homme soit fait de poussière, « Dieu lui a insufflé son esprit et l'a doté de l'ouïe, de la vue et du coeur », c'est-à-dire d'intelligence (Sourate
32, 8).




L'univers, pour le musulman, est destiné à être soumis à l'homme en tant que représentant de Dieu ; la Bible affirme que Dieu a ordonné à l'homme de soumettre la terre, mais aussi de la « cultiver et de la garder » (Gn 2,15). En tant que créature de Dieu, l'homme a des droits qui ne peuvent être violés, mais il est également tenu à la loi du bien et du mal qui se fonde sur l'ordre établi par Dieu. Grâce à cette loi, l'homme ne se soumettra jamais à aucune idole. Le chrétien s'en tient au commandement solennel : « Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi » (Ex 20,30). De son côté, le musulman dira toujours: « Dieu est le plus grand ».


Jean Paul II, La règle d'or pour les rapports que le chrétien doit avoir avec ceux qui ont une foi différente - 3

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Permettez-moi de rappeler ici devant vous ces paroles de la déclaration conciliaire Nostra aetate : « L'Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent ("avec nous" lit-on dans un autre texte du Concile, constitution Lumen gentium, LG 16) le Dieu un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu même s'ils sont cachés, comme s'est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu'ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même ils l'invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes ressuscites. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l'aumône et le jeûne » (Déclaration Nostra aetate, NAE 3).



C'est donc en pensant à vos concitoyens, mais aussi au vaste monde islamique, que j'exprime à nouveau, aujourd'hui, l'estime de l'Église catholique pour ces valeurs religieuses.


Jean Paul II, La règle d'or pour les rapports que le chrétien doit avoir avec ceux qui ont une foi différente - 2

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Oui, je voudrais vous inviter à considérer comme particulièrement vôtre cette lettre écrite à ceux qui vous ont précédés sur cette terre, à la relire attentivement, à en méditer chaque affirmation. J'attire à présent votre attention sur une de ses exhortations : « Soyez toujours prêts à répondre à quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous. Mais que ce soit avec douceur et respect, en possession d'une bonne conscience » (Ibid. 3, 15-16).



2. Ces paroles sont la règle d'or pour les rapports et les contacts que le chrétien doit avoir avec ses concitoyens qui ont une foi différente. Aujourd'hui, pour vous, chrétiens résidant ici en Turquie, votre sort est de vivre dans le cadre d'un État moderne — qui prévoit pour tous la libre expression de leur foi sans s'identifier avec aucune — et avec des personnes qui, dans leur grande majorité, tout en ne partageant pas la foi chrétienne, se déclarent obéissants envers Dieu, « soumis a Dieu », et même « serviteurs de Dieu », selon leurs propres paroles, qui rejoignent celle de saint Pierre déjàibid. 2, 16) ; ils ont donc, comme vous, la foi d'Abraham dans le Dieu unique tout-puissant et miséricordieux. Vous savez que le concile Vatican II s'est prononcé ouvertement sur ce sujet, et moi-même, j'ai rappelé dans ma première encyclique Redemptor hominis que « le Concile… a exprimé son estime pour les croyants de l'Islam dont la foi se réfère aussi à Abraham » (n. 11).


Jean Paul II, La règle d'or pour les rapports que le chrétien doit avoir avec ceux qui ont une foi différente - 1

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

 

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Chers frères et fils, Chers amis,



1. C'est une immense joie pour moi, successeur de saint Pierre dans le Collège apostolique et sur le siège de Rome, de m'adresser aujourd'hui à vous avec les paroles mêmes que saint Pierre adressait il y a dix-neuf siècles aux chrétiens qui formaient alors, comme aujourd'hui, une minorité sur cette terre, « dispersés et étrangers dans les régions du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce... : A vous grâce et paix en abondance » (1P 1,1-2).



Comme Pierre, je voudrais d'abord rendre grâce pour l'espérance vivante qui est en vous et qui vient du Christ ressuscité ; je voudrais exhorter chacun d'entre vous à être reconnaissant à Dieu et ferme dans la foi, tels « des enfants obéissants », maintenant vos âmes pures dans l'obéissance à la vérité, dans une fraternité sincère avec une bonne conduite au milieu des nations... afin que, voyant vos bonnes oeuvres, les hommes glorifient Dieu (cf. ibid. 1, 3. 14, 22 ; 2, 12).



L'Apôtre prenait même soin de mentionner la loyauté envers les autorités civiles. « Agissez, disait-il, en hommes libres, non pas en hommes qui font de la liberté un voile sur leur malice, mais en serviteurs de Dieu » (l P 2, 16).


Pierre et Jésus - 7

dominicanus #La vache qui rumine C 2010
La relation avec le Ressuscité

 

pierre-jesus



Après la Résurrection Pierre avait appris ce que c’est que d’affronter Satan en comptant sur ses propres forces. Il a vu le Seigneur ressuscité comme il l’avait annoncé. Et selon saint Jean, Jésus avait déjà soufflé sur lui et sur les autres en disant : « Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20, 21-22). C’est alors que commence pour Pierre la troisième phase de sa relation avec Jésus, sous la mouvance de l’Esprit Saint. Il ne pourra attraper du poisson que sur la parole de Jésus.
Comme le passage précédent, celui-ci peut avoir plusieurs sens : un sens littéral, et un sens spirituel. Saint Jérôme nous apprend que les 153 poissons que Pierre attrape dans ses filets correspond au nombre d’espèces de poisson connues de ce temps-là. Ce qui signifierait alors l’universalité de la mission reçue du Seigneur. En Mt 13, 47-48, Jésus compare le Royaume  « à un filet qu’on jette en mer et qui ramène toutes sortes de choses. Quand il est plein, les pêcheurs le tirent sur le rivage ... » Après le déjeuner, Jésus questionne Pierre pour susciter une réponse de foi et d’amour dans l’Esprit. « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Jésus voulait savoir s’il, en se comparant aux autres, il se croyait encore supérieur, en se fiant à lui-même. « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. » « Pais mes agneaux. » On pourrait penser, et peut-être Pierre l’a pensé, qu’avec cette charge écrasante, Jésus allait donner quelques précieux conseils pour paître ses agneaux. Mais non ! Jésus revient à la question précédente, non pas une mais encore deux fois.


On dit que dans cette triple question il y a une allusion au triple reniement de Pierre. Mais il est vrai aussi que par cette triple question Jésus enseigne à Pierre quelle est la chose la plus importante pour être le Pasteur des brebis.


Comme un homme pratique Pierre aurait pu penser aux efforts concrets, aux choses matérielles à faire pour remplir sa mission. Jésus lui dit que ses brebis seraient nourries non par le service de Pierre en tant que tel, mais par sa foi aimante pour Jésus. Ceci jette une lumière nouvelle sur le passage d’Ézéchiel 34, 11- 16. Jésus ne délègue pas ses fonctions à Pierre et aux autres. Il décrit sa manière d’être présent.


Cette leçon est soulignée encore par ce qui suit. « En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. » Un autre, c’est l’Esprit, qui le relie au Seigneur comme une ceinture. C’était la mort de Pierre, mais une mort graduelle. Il devait mourir à sa propre volonté, même à sa propre générosité impétueuse, pour que le Berger puisse le conduire par l’Esprit.


Dans cette troisième phase nous voyons Pierre et les disciples donner à Jésus un nouveau nom, donné seulement à Dieu : Seigneur. « Personne ne peut dire que Jésus est Seigneur si ce n’est dans l’Esprit Saint » (1 Co 12, 3). C’est ce qui conduira les générations suivantes de croyants à dire que Jésus est « Dieu, né de Dieu, Lumière, né de la Lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, de même nature que le Père par qui tout a été fait. »

Pierre et Jésus - 6

dominicanus #La vache qui rumine C 2010
Suivre un fantôme : pas évident !
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À certains moments, Pierre a dû se dire qu’il y avait quelque chose d’absurde à être le compagnon de Jésus, comme s’il s’agissait de suivre un fantôme qu’il faut suivre en marchant sur l’eau. C’est Matthieu qui raconte cet épisode. Jésus s’était retiré de la compagnie de ses disciples pour aller sur la montagne, prier à l’écart. Il envoie ses disciples dans la barque sur l’autre rive. Un peu avant l’aube il les rattrape et « les disciples, le voyant marcher sur la mer, furent troublés. C’est un fantôme, disaient-ils. » (Mt 14, 26). Pierre, lui, perçoit que c’est peut-être Jésus : « Seigneur, si c’est bien toi, donne-moi l’ordre de venir à toi sur les eaux. » Pierre anticipait, un peu prématurément, semble-t-il, l’accomplissement de la promesse de Jésus : « Celui qui croit en moi, fera les mêmes œuvres que moi, il en fera même de plus grandes » (Jn 14, 12). À la Pentecôte cette promesse se réalisera, non parce que Pierre imiterait matériellement son Seigneur, mais parce qu’il sera animé du même Esprit que lui. Un jour Pierre quittera ces rivages familiers, poussé par l’Esprit, pour aller annoncer le nom de Jésus dans des pays étrangers. Pour l’instant il perçoit l’Esprit (le vent) comme ne force hostile : « Mais, voyant le vent, il prit peur et, commençant à couler, il s’écria : Seigneur, sauve-moi ! » Par contraste avec Pierre et les autres qui luttaient contre le vent, Jésus, lui, est porté par le même vent par-dessus les vagues. Les disciples pour aller sur l’autre rive et Pierre pour aller vers Jésus comptent encore sur leurs propres forces. En vain. Pierre apprend à ses dépens l’impossibilité de suivre Jésus sur la base de sa propre affection, intention ou force.

 

 

Pierre et Jésus - 5

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

 

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Immédiatement avant la prédiction de Jésus que ses disciples les plus intimes l’abandonneraient, une dispute avait éclaté entre eux, selon saint Luc, pour savoir lequel d’entre eux serait le plus grand. Ceci est un autre indice qui nous révèle le stade de développement de leur foi. Ils ne voient toujours pas que la vie du Royaume consiste à se laisser envahis par l’amour de Jésus, plutôt qu’à réaliser des performances pour lui. Aussi longtemps qu’ils se regardaient eux-mêmes et leurs performances, en se comparant entre eux, leur attention n’était plus sur Jésus, sur les besoins du prochain, et ils ne pouvaient pas recevoir la variété des dons de l’Esprit pour les mettre au service du Royaume.


Jésus se tourne vers Pierre au moment de la dispute et dit : « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22, 31-34). Notons d’abord que Jésus emploie le nom précédent de Pierre, suggérant par là qu’il y a eu comme un retour en arrière, comme si Satan avait momentanément réussi à se rendre maître du jugement de Pierre. Mais Jésus laisse entendre que, grâce à sa prière, et grâce à sa mort et à sa résurrection, cette victoire ne sera pas définitive. Une fois que Pierre aura réalisé que le Messie avait beaucoup à souffrir pour entres dans sa gloire, et qu’il se sera débarrassé de son autosuffisance, de sa présomption, il deviendra alors vraiment le roc, quelqu’un capable d’affermir ses frères.

 

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