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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Scott Hahn, De la foi de Luther à la foi de Pierre 4

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Environ un mois plus tard, nous avons passé trois ou quatre heures au téléphone, jusqu'à trois heures du matin. Après quoi, je me glissai silencieusement dans le lit, afin de ne pas réveiller Kimberley.


Elle murmura : « Comment ça a été ? » Elle était tout à fait réveillée.


« Ça a été merveilleusement. »


Elle s'assit dans le lit. Vraiment ? Je savais que le Seigneur entendrait mes prières et que Gerry aiderait.

-       Gerry m’aide. Il a lu entièrement chacun des livres.

-       Scott, il te prend vraiment au sérieux.

-       Oh ! C'est sûr.


Elle me demanda : « Et alors, qu'est-ce qu'il en pense ?

-       Eh bien ! Il dit que pour l'instant, il n'a trouvé aucune doctrine catholique qui n'ait pas de fondement dans l'Ecriture Sainte. »


Ce n'était pas ce à quoi Kimberly s'attendait.

« Quoi ? » dit-elle.


Je sentis dans le noir qu'elle se laissait retomber dans le lit. Elle enfouit son visage dans son oreiller et commença à sangloter. J'essayai de la consoler, mais elle me dit : « Ne me touche pas. Je me sens complètement trahie.

-       Je suis désolé. Je suis désolé. Gerry travaille toujours la question. Ne désespère pas. »


Gerry, qui était censé venir à ma rescousse, se retrouvait emporté lui aussi. Il commença sa propre étude approfondie de l'Ecriture Sainte et découvrit, par conséquent, combien la foi catholique prenait toute sa signification à la lumière de la théologie de l'alliance et des premiers Pères de l'Eglise.


Nous discutâmes au téléphone de nombreuses fois, cherchant ensemble à discerner où l'Eglise catholique pouvait bien être dans l'erreur. Il fallait qu'elle le soit. C'était le point de départ. Comment pouvions-nous le démontrer ? Chaque fois que nous pensions avoir découvert son talon d'Achille, nous trouvions non seulement une réponse, mais une réponse irréfutable. Nous commencions à être inquiets.


Entre-temps, Kimberley venait de donner naissance à notre deuxième enfant, Gabriel. Avoir un nouveau fils signifiait plus de joie que jamais, mais l'événement rendait plus urgente la nécessité d'une solution. Toute à son rôle de mère active, ayant peu de temps libre pour étudier la théologie, Kimberley était de plus en plus anxieuse et troublée. Pour ma part, je continuai à foncer, tout rempli de zèle.

C'était difficile, car Kimberly ne voulait vraiment pas parler de l'Eglise catholique. C'était encore plus difficile du fait que plusieurs prêtres que je rencontrai ne voulaient pas non plus parler de l'Eglise. Il m'arrivait de m'échapper à la recherche d'un prêtre à qui je pourrais poser les questions qui me restaient. Et, l'un après l'autre, ils me décourageaient.


Je demandais à l'un d'eux : « Père Jim, comment devrais-je m'y prendre pour me convertir à l'Eglise catholique ? »

- « D'abord, ne m'appelez surtout pas "Père". Ensuite, je ne crois pas qu'il vous soit nécessaire de vous convertir. Depuis Vatican II, ce n'est pas œcuménique de se convertir ! La meilleure chose que vous ayez à faire, c'est d'être le meilleur presbytérien possible. Vous ferez plus de bien à l'Eglise catholique en demeurant là où vous êtes. »


Stupéfaits, je répondis : « Ecoutez, Père, je ne vous demande pas de me prendre par la force pour m'obliger à devenir catholique. Je pense que Dieu m'appelle peut-être à entrer dans l'Eglise, où j'ai trouvé mon foyer, ma famille par alliance. »


Il répondit froidement : « Eh bien ! Si vous voulez vraiment trouver quelqu'un qui vous aide à vous convertir, vous avez frappé à la mauvaise porte ! »

J'étais sidéré.

En rentrant à la maison, je priai le Seigneur de me conduire vers quelqu'un qui puisse répondre à mes questions. L'idée me vint alors de m'inscrire à des cours de théologie dans une université catholique.


Je me présentai en doctorat à l'université Duquesne de Pittsburgh. Je fus accepté et on m’attribua à une bourse d'étude. Chaque semaine, je me rendais en voiture à mes cours. J'étais le seul protestant dans certains groupes et le seul étudiant à prendre la défense du pape Jean-Paul II ! C'était bizarre. Je me retrouvais à expliquer à des prêtres comment certaines croyances catholiques étaient fondées sur l'Ecriture sainte, en particulier la théologie de l'alliance. Il ne paraissait pas évident que je puisse trouver là des réponses à mes questions.


Parfois un ami catholique de Grove City m'emmenait à Pittsburgh où il rencontrait le Père John Debicki, prêtre de l'Opus Dei. Je n'avais jamais entendu parler de son mouvement auparavant, mais ce que je sais, c'est que c'est lui qui me qui a pris mes questions au sérieux. À chacune de nos rencontres, il me donnait des réponses réfléchies et m'assurait de plus de sa prière. Il était si humble que je ne découvrais que plus tard qu'il avait étudié la théologie à Rome où il avait obtenu son doctorat.


Plusieurs catholiques de l'université m'abordèrent discrètement pour me dire : « Vous faites vraiment vibrer l'Ecriture sainte. Vous lui donnez une intonation catholique quand vous parlez. »

Je répondis : « Je pense qu'elle est catholique. »


Ce soir-là, je me demandai tout haut devant Kimberly : « Pourquoi Gerry et moi sommes les seuls à trouver toutes ces idées catholiques dans l'Ecriture sainte ? »


Kimberly répliqua avec un certain cynisme : « Peut-être bien que l'Eglise dont il est question dans vos lectures n'existe plus. »


Je me demandai si elle n'avait pas raison. C'était effrayant. Je savais que Kimberley priait pour que je reçoive de l'aide. Moi aussi je priais beaucoup.

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